Poèmes et Sylves/Le Pèlerin passionné/Jonchée/Le trophée
Apparence
LE TROPHÉE
Mirage coloré, fragrance
De jeunes jardins, et de carrefour rance ;
Doux frôler susurré comme d’une source,
Râper anxieux comme d’une étoffe rebourse :
Il est un Monstre.
Ô toi, ô toi, ton âge le connut
Alors que fleur il eut,
Et jusqu’au seuil de son automne empressé.
Ah toi, bénie qu’elle soit, la tutélaire voix
Qui terrassé le fit sur les pavois
Bruissant à ta fortune.
Car n’es-tu pas celui pour qui ores en vain
Saturne vente à la poupe,
et qui peut, s’il le veut, goûter l’instant frivole comme un vin
Qui rit dedans la coupe !