Premier recueil de diverses poésies tant du feu sieur de Sponde que des sieurs Du Perron, de Bertaud, de Porchères et autres, non encor imprimées, recueillies par Raphaël Du Petit Val, 1604/Les Amours/Sonnet X

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, François d'Arbaud de Porchères
Premier recueil de diverses poésies tant du feu sieur de Sponde que des sieurs Du Perron, de Bertaud, de Porchères et autres, non encor imprimées, recueillies par Raphaël Du Petit ValImprimerie Du Petit Val (p. 11).

X.


Je ne bouge non plus qu’un escueil dedans l’onde
Qui fait fort à l'orage, & le fait reculer,
Il me trouve affermi, qui cherche à m'esbranler,
Deusse-je voir bransler contre moy tout le monde.

Chacun qui voit combien tous les jours je me fonde
Sur ce constant dessein, se mesle d'en parler,
Trouble la terre & l'air afin de me troubler
Et ne pouvant rien plus, pour le moins il en gronde.

Mais je n'escoute point, que pour le mespriser,
Ce propos enchanteur qui tend a mabuser
Et me ravir le bien que leur rage m'envie.

Laissons laissons le dire un seul mot me suffit
Qu'en la guerre d'amour une ame bien nourrie
Emporte tout l'honneur emportant le profit.