Premier recueil de diverses poésies tant du feu sieur de Sponde que des sieurs Du Perron, de Bertaud, de Porchères et autres, non encor imprimées, recueillies par Raphaël Du Petit Val, 1604/Les Amours/Sonnet XX

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, François d'Arbaud de Porchères
Premier recueil de diverses poésiesImprimerie Du Petit Val (p. 16).

XX.


Les Toscans batailloyent donnant droit dedans Rome
Les armes à la main, la fureur sur le front,
Quand on veit un Horace avancé sur le pont,
Et d’un coup arrester tant d’hommes par un homme.

Apres un long combat & brave qu’on renomme
Vaincu non de valeur, mais d’un grand nombre il rompt
De sa main le passage & s’eslance d’un bond
Dans le Tybre, se sauve, et sauve tout en somme,

Mon amour n’est pas moindre, et quoy qu’il soit surpris
De la foule d’ennuis qui troublent mes esprits,
Il fait ferme & se bat avec tant de constance

Que pres des coups il est esloingné de danger,
Et s’il se doit enfin dans ses larmes plonger,
Le dernier desespoir sera son esperance.