La Négresse blonde (recueil)/Pseudo-sonnet pessimiste et objurgatoire

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PSEUDO-SONNET
PESSIMISTE ET OBJURGATOIRE


Itaque multi exstitere qui non nasci optimum senserent aut quam ocissime aboleri.
Pline l’ancien.


Père qui m’engendras du tarse au métacarpe
malgré Shopenhaüer et la loi de Malthus ; —
toi, mon appartement lorsque j’étais fœtus,
ma Mère ; — et toi, Parrain dénommé Polycarpe ;

maître qui m’enseignas, ô merci que la carpe
est un cyprinoïde et qu’en latin hortus
traduit le mot jardin ; Flamande sans astuce[1]
nourrice au lait crémeux, simple enfant de la Scarpe ;


prêtre qui m’aspergeas de l’eau du baptistère
et par qui je connus, (sublime et doux mystère !)
vers l’âge de douze ans la saveur du Sauveur !

hélas ! ne pouviez-vous, me prenant par l’échine,
quand je bavais, môme gluant, déjà rêveur,
m’offrir à des cochons, comme l’on fait en Chine



  1. Rime audacieuse j’aime à le croire.
    (Note de l’Auteur.)