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Récits de voyages d’un Arabe/Description de la ville sainte de Jérusalem

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Traduction par Olga de Lébédew.
(p. 7-33).


AU NOM DU DIEU UNIQUE, ÉTERNEL, EN LUI EST MON ESPÉRANCE !


Commençons, avec l’aide du Dieu Très-Haut, la description de la ville sainte de Jérusalem, de toutes ses églises, de ses couvents, disons leur nombre ; parlons des villages environnants, des lieux saints et de leurs églises. Que Dieu nous trouve digne d’en retirer quelque bénédiction !

Cette description est compilée par un pieux chrétien.

Écoutez, vous tous, pieux Chrétiens, hommes et femmes, grands et petits, la description suivante des lieux saints, où ont marché notre Seigneur Jésus-Christ, Sa Mère la sainte Vierge, tous les saints apôtres et tous les prophètes inspirés de Dieu. Le lieu le plus saint d’entre eux, constituant, pour ainsi dire, leur tête et leur chef-lieu, c’est la ville de Jérusalem qui s’appelle aussi la ville du Grand Seigneur et Roi, c’est-à-dire de Dieu, selon ce qui est écrit dans le saint et divin Évangile. Mais ce n’est pas Jérusalem seule qui s’appelle la ville sainte ; c’est encore toutes les habitations environnantes et tous les saints lieux qui renferment tout ce qui est décrit dans l’Ancien Testament sous la dénomination de Terre Promise, de laquelle Dieu a dit : « Ceci est la terre qui abonde en miel et en lait ».

Ainsi, la ville sainte de Jérusalem et ses alentours sont lieux élus et sacrés, non seulement par le Nouveau Testament, mais aussi par l’Ancien. Voilà pourquoi nous voyons toutes les nations et toutes les tribus s’y rassembler de toutes parts de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Midi, et non seulement les croyants, mais les hérétiques et les non croyants.


Sur la sainte ville de Jérusalem.


Jérusalem se trouve au centre de la terre, comme le dit le Prophète David : « Dieu est notre Roi avant les siècles. Il a choisi le centre du monde pour être le lieu du salut de l’humanité ».

Elle est située sur un bel endroit élevé dominant la vallée. Elle possède une ancienne forteresse grandiose et une muraille à quatre portes : celle de l’Occident s’appelle la Porte de David ; celle de l’Orient est nommée Porte de Gethsémané ; celle du Sud est la Porte de Damas et celle du Nord la Porte du saint Sion. Il y a dans la muraille encore deux portes plus petites, portant les noms de Porte des Maghrébites (Marocains) et de Porte des Fleurs.


Sur la forteresse et la maison de David.


Au commencement de la forteresse se trouve la maison de David. Cette même forteresse possède des tours solides et imprenables : elle est entourée d’un fossé et d’une muraille solide. La maison de David est du côté occidental de la forteresse. Il s’y trouve la salle de réception de David ; c’est là qu’il a écrit ses Psaumes. Pendant la nuit, on y allume des lampes, que l’on voit de la ville. En ce moment cette maison est occupée par les Musulmans.


Sur le saint Temple de la Résurrection et sur le Saint Sépulcre.


En se dirigeant d’ici à cent portées de flèche vers l’Orient, tu arriveras au saint temple de la Résurrection, construit par Sainte-Hélène, épouse du grand roi Constantin. Ce temple majestueux a deux coupoles dont l’une est recouverte de terre battue (c’est la coupole du temple orthodoxe), et l’autre est ouverte au sommet (avec une vitre ronde) ; intérieurement elle est faite de bois de jonc et à l’extérieur elle est recouverte de plomb. Sous cette grande coupole se trouve le sépulcre du Christ, source de vie. Autour de cette coupole il y a vingt-cinq grandes fenêtres. Au dedans, les Prophètes y sont représentés en mosaïque sur un fond d’or. Au Sud est représenté Constantin et au Nord Sainte-Hélène ; les Prophètes sont au milieu.

La coupole est soutenue par huit colonnes de marbre et dix pilastres, qui ont dix-sept arceaux, derrière lesquels se trouvent les galeries du Saint Sépulcre.

Sous ces colonnes, il y en a dix-huit autres plus grosses, qui servent de base aux premières. Ces colonnes-là possèdent dix-sept arceaux.

Le sol sous la coupole est orné de marbre. Au milieu se trouve la coupole du Saint Sépulcre, derrière lequel se trouve l’église des Coptes (une petite chapelle adossée au Sépulcre) ; vis-à-vis de celle-ci on voit l’église des Syriens monophysites, avec les tombeaux de Joseph et de Nicodème qui ont déposé le Christ au tombeau. Sa distance du Saint Sépulcre est de soixante-cinq pas. À droite du Saint Sépulcre, il y a un escalier avec trente-huit marches, conduisant aux galeries qui constituent l’église arménienne ; et en bas, auprès de cet escalier, c’est l’église abyssinienne, à quarante pas du Saint Sépulcre, à sa gauche il y a un morceau de marbre rond au-dessus duquel brûlent deux lampes ; c’est ici que les saintes femmes (porteuses de myrrhe) se tinrent lorsqu’elles vinrent au tombeau du Christ.

À vingt pas d’ici tu trouveras l’église latine où se trouve un débris du poteau auquel Jésus fut lié pendant la flagellation.

Le terrain situé autour de cette église appartient aux Maronites.

Toutes ces églises entourent le Saint Sépulcre qui se trouve au milieu.

La coupole du Saint Sépulcre est fort belle ; elle est entourée d’une rangée de douze colonnes de marbre ; son extérieur et son sol sont recouverts de marbre bigarré. Au-dessus de cette coupole s’élève la grande coupole dont nous avons parlé. Dix-huit lampes sont suspendues à la coupole du Saint Sépulcre, qui est recouverte de plomb. Avant d’entrer sous la voûte où se trouve le Saint Sépulcre, tu dois passer sous une autre voûte et faire six pas pour arriver à l’endroit où s’élève la pierre sacrée que Joseph avait mise à l’ouverture du tombeau de Jésus. Au-dessus de cette pierre brûlent dix-sept lampes appartenant aux Grecs orthodoxes, cinq aux latins, cinq aux Arméniens, deux aux Syriens monophysites, une aux Coptes et deux aux Abyssins. À trois pas de la pierre se trouve une autre petite porte qui mène au Saint Sépulcre, que tu verras à ta droite. Il est fait d’un beau marbre blanc. Sa longueur est de dix empans et sa largeur est de quatre. Au-dessus du Saint Sépulcre brûlent quarante-quatre lampes dont seize appartiennent aux orthodoxes, treize aux latins, trois aux Arméniens, quatre aux Coptes, trois aux Syriens et cinq aux Abyssins. En sortant de dessous la coupole tu verras deux estrades, l’une à droite et l’autre à gauche. En avançant de trente-trois pas vers l’Orient, tu trouveras une table en pierre avec un groupe de lampes. À côté se trouve un grand lustre et au milieu est suspendu un autre lustre. Au tour du lustre il y a deux rangées de lampes : l’une en comprend trente-six et l’autre vingt-quatre. C’est sur cette table que se tient le Patriarche lorsqu’il passe le feu sacré aux orthodoxes.

Cette table se trouve devant l’entrée de la cathédrale (orthodoxe).

À vingt et un pas en arrière de cette table sacrée, on voit un bloc de marbre entier au milieu duquel il y a un trou, et à côté se dresse une petite colonne : c’est exactement là le milieu de la terre. Au-dessus de cet endroit est suspendu un grand et beau lustre en cuivre jaune, au milieu duquel se trouve un autre lustre plus petit mais travaillé avec plus d’art. Celui-ci a trente-deux places pour les cierges et l’autre en a soixante-quatre.

Le troisième cercle destiné aux lampes, en contient vingt-trois. Ce lustre est suspendu à trois chaînes au milieu de la coupole, qui a seize grandes fenêtres, maintenant fermées.

Cette église a quarante-huit belles colonnes et son sol est recouvert de beau marbre. Tu feras vingt-six pas à compter de la nef et tu arriveras à un escalier de quelques degrés, que tu graviras ; après avoir fait dix-huit pas, tu trouveras encore quelques marches ; entre ces deux groupes de marches tu verras quatre trônes de Patriarches, l’un des deux qui sont disposés à droite, appartient au Patriarche de Jérusalem et l’autre à celui d’Alexandrie. Le premier est surmonté d’une joli dais doré.

Ceux de gauche appartiennent aux Patriarches de Constantinople et d’Antioche. Au-dessus et entre les trônes sont suspendus des lustres, dont l’un a quarante-deux lampes.

Auprès du trône du Patriarche d’Alexandrie, il y a un escalier de vingt marches par lequel le diacre monte en chaire pour lire l’Évangile.

Au-dessus de la chaire, se trouve un dais en forme de croix, orné de fresques que le temps a beaucoup endommagées. En bas, devant l’autel, sont posés de grands chandeliers en marbre avec de grands cierges, dont quelques-uns ont huit pieds de long.

L’autel est doré et très beau, il a trois portes, surmontées de six grandes images devant lesquelles sont suspendues six grandes lampes d’argent, et au-dessus de celles-ci, il y en a encore vingt-huit. La seconde rangée comprend seize images, représentant les grandes fêtes, et d’autres. Au-dessus de tout ceci est posé un grand crucifix admirablement peint. Son expression est imposante. Une grande lampe et quatre chandeliers sont posés devant lui.

En entrant par quatre marches dans la « Porte Royale », tu te trouveras devant un grand et splendide maître-autel avec un dais en bois doré, appuyé sur des colonnes dorées. Six lampes sont suspendues au-dessus. Derrière le maître-autel se tient le trône du Patriarche, trône auquel on accède par un escalier de sept marches. Ces marches entourent tout l’autel (en amphithéâtre). Elles sont surmontées de huit colonnes, au-dessus desquelles sont les arceaux de l’autel. Du côté gauche du maître-autel se trouve un autre bel autel, surmonté d’un dais comme le premier. En descendant les marches de cet autel on se trouve vis-à-vis d’une des portes intérieures de l’église. La longueur de la cathédrale orthodoxe est de deux cents dix-huit pas et sa largeur est de quarante-cinq pas. Elle a quatre portes. La première est en face du Saint Sépulcre ; la seconde, qui est en face de la pierre des ablutions (sur laquelle on a lavé le Christ après sa mort) ; la troisième est vis-à-vis du Saint Sépulcre et la quatrième conduit à la chapelle de Notre-Dame. Tout l’espace depuis la grande coupole jusqu’à cette chapelle appartient aux orthodoxes.


Sur l’église de Notre-Dame et la grotte de la Croix.


À gauche de la cathédrale, à trente-trois pas de distance, se trouve l’église de Notre-Dame. Elle est longue de quinze pas et sa largeur est la même. Il y brûle sept lampes. C’est ici que la Sainte Vierge se tenait lorsqu’elle regardait Jésus crucifié. En sortant de l’église, tu verras à gauche une dalle en pierre appuyée sur trois colonnes, comme une table, sous laquelle les gens passent : celui qui s’est confessé y passe facilement, tandis que celui qui ne s’est pas confessé n’y passe pas. Deux lampes brûlent au-dessus de cette dalle. À l’Orient, auprès de l’autel de la cathédrale, il y a une espèce d’autel : c’est l’endroit où les soldats se sont partagé les vêtements de Jésus. Un peu plus loin, derrière l’autel de la cathédrale, en descendant vingt marches, tu trouveras l’église de St-Jean le frère du Seigneur. Elle est toute appuyée sur des colonnes et des pilastres et se trouve entièrement sous terre, moins sa coupole. C’est ici que la reine Hélène se tenait et jetait de l’or à terre pendant qu’on creusait pour y chercher la sainte Croix ; d’ici (de la grotte supérieure), on voit l’endroit où était enfouie la croix. À droite de l’église de la grotte supérieure, il y a un escalier naturel de onze marches taillé dans le roc. En y descendant tu verras l’endroit où se trouvait la croix. C’est une grande grotte appartenant aux orthodoxes : il y brûle treize lampes ; et le côté gauche appartient aux latins et il y brûle dix lampes. En montant de cette grotte, en prenant à gauche (derrière l’autel des latins), tu verras un endroit séparé par une cage : il s’y trouve un morceau de la pierre sacrée sur laquelle on fit asseoir Jésus lorsqu’on l’eut revêtu de la pourpre.


Du saint Golgotha et de ce qui s’y trouve.


À droite de la cathédrale (orthodoxe), il y a un escalier de dix-huit marches par lequel on monte au saint Golgotha, où notre Seigneur Jésus-Christ a été crucifié corporellement, pour notre salut. Cet endroit possède en ce moment une église fort belle, de la longueur de trente-huit pas et de la largeur de trente-cinq. À droite se trouve le maître-autel et à gauche le saint autel[1].

Tout le Golgotha est un rocher orné de marbre ; on voit au milieu de cette église une ouverture dans laquelle les Juifs impies avaient élevé la croix de Jésus-Christ notre Sauveur. Cette ouverture est ronde et entourée d’un cercle en argent ; il s’en exhale un délicieux parfum. Devant l’ouverture, à terre, est représenté un crucifix.

À droite de l’ouverture, à la distance de six empans, on voit le rocher fendu jusqu’à la terre : c’est le rocher qui s’est fendu pendant le crucifiement. La fente est couverte d’un filet en fer et il en sort un parfum délicieux. C’est ici que se trouve le crâne d’Adam et c’est pour cela même que cet endroit s’appelle « joumjoumet » en arabe, et Cranion en grec. Il y a douze lampes allumées sur le Golgotha, et un peu en avant, encore quatorze lampes. Le plafond est de la forme d’une croix et orné de mosaïque. Le Golgotha a deux lustres splendides, et le sol est orné de beau marbre bigarré. À droite du Golgotha il y a une fenêtre par laquelle on voit le trône de Sainte Hélène. Il y a en tout quatre-vingt-six lampes dans l’église du Golgotha. Sous le saint Golgotha se trouve l’église orthodoxe de St-Jean-Baptiste. Derrière le maitre-autel de cette église on voit par la fenêtre les fentes du rocher, et c’est ici qu’est déposé le crâne d’Adam, au-dessus duquel quinze lampes sont allumées. En dehors de cette église, à l’Occident, se dresse la pierre des ablutions, sur laquelle Joseph et Nicodème enveloppèrent d’un linceul le corps de Jésus-Christ, lorsqu’ils l’eurent enlevé de la Croix. C’est une belle dalle en marbre de la longueur de neuf empans et de la largeur de deux empans et demi ; elle est entourée d’une grille en fer. Huit lampes brûlent au-dessus, dont trois appartiennent aux orthodoxes, une aux latins, une aux Arméniens, une aux Coptes, une aux Syriens et une aux Abyssins. Au Nord de la pierre des ablutions se trouve la porte principale par laquelle on entre. Elle est éloignée de trente pas de la porte et de quatre-vingt-cinq pas du Saint Sépulcre. La longueur de tout le temple est de deux cents quatre-vingt-cinq pas et la largeur de quatre-vingt-cinq. — De la cathédrale à la sainte porte principale, il y a soixante-dix pas, et du Golgotha au Saint Sépulcre il y a cent trente pas et du Saint Sépulcre au poteau de la flagellation, il y a cent soixante-dix-huit pas. Du Saint Sépulcre à la grotte de la Croix il y a deux cents pas et trente marches. Du Saint Sépulcre à l’endroit où l’on a partagé les vêtements du Seigneur, il y a cent quatre-vingt-treize pas ; jusqu’à l’église de la Sainte Vierge il y a cent trente pas ; et jusqu’à l’endroit où se sont tenues les femmes porteuses de parfums, il y a trente-huit pas.

Anciennement le temple avait sept portes, mais aujourd’hui il n’en reste qu’une seule d’ouverte, dont la hauteur est de dix-neuf empans et la largeur de treize. Les musulmans (portiers du Saint Sépulcre) reçoivent un salaire fixe. Ils ouvrent la porte le soir pour laisser les gens entrer et la referment ; puis ils reviennent la matin pour laisser sortir les visiteurs, et après avoir fermé la porte, ils y apposent des scellés. Tel est l’usage ici. Il y a toujours auprès du Saint Sépulcre des orthodoxes, des latins, des Arméniens, des Coptes et des Abyssins qui entretiennent leurs églises respectives. Toutes les lampes appartenant aux orthodoxes sont au nombre de trois cent quatre-vingt-cinq, dont vingt-huit ne cessent jamais de brûler. En sortant de la Porte Sainte on voit à sa gauche trois colonnes de marbre blanc fendues, car c’est de l’intérieur de ces colonnes que le feu sacré est sorti anciennement.

À côté de la Porte Sainte il y a une autre porte (fermée) à droite ; entre ces deux portes s’élèvent trois colonnes de marbre vert. C’est par cette porte que Sainte Marie l’Égyptienne a voulu entrer au temple pour prier, mais elle en fut empêchée par une force invisible ; alors, elle s’arrêta en dehors de la porte et, en levant les yeux, elle vit au-dessus de la porte l’image de la Sainte Vierge ; elle lui adressa une prière, après quoi elle put entrer au temple, selon ce qu’on en dit dans sa biographie. Devant cette porte s’élèvent douze colonnes, et à sa droite il y a un escalier en pierre qui mène à une chambre habitée, et ceci est précisément le trône de Sainte Hélène. Cette chambre a une coupole en pierre. C’est ici que la reine était assise lorsqu’elle jugeait les Juifs pour la sainte croix. Sous cette chambre se trouve une chapelle abyssinienne. À gauche de la Porte Sainte il y a un clocher adossé au mur du Grand Temple[2] : il se compose de plusieurs arceaux et de jolies colonnes de marbre, au nombre de quatre-vingt-six. Jadis il y en avait une centaine mais maintenant elles n’existent plus. Il y a quatre-vingt-treize marches. Sous le clocher se trouve l’église de Saint Jean le Théologien, et l’église de la Résurrection est à côté. C’est ici que le Messie rencontra Sa Mère et Marie-Madeleine, en disant : « Réjouissez-vous », et quelles Le saluèrent. La coupole de cette église est détruite ; néanmoins, les chrétiens s’y rassemblent pour prier. À côté de celle-ci se trouve l’église de St-Jacques le frère du Seigneur, où sa tête est conservée. Toutes ces trois églises étant adjacentes l’une à l’autre, n’ont qu’une seule porte qui s’ouvre de la Place Sainte. En dedans, vis-à-vis de l’église du milieu, il y a un escalier qui mène à la résidence du Patriarche, à trois églises et au Synode du Patriarche. Ce dernier a deux balcons superposés : le balcon supérieur est d’un beau travail, et le balcon inférieur est celui du logement du Patriarche. De là on voit l’église de St-Jacques. Au-dessus du Synode est situé le réfectoire du Patriarche.


Sur l’église de St-Constantin et le couvent de Notre-Dame.


L’église de St-Constantin est, en ce moment, l’église du Patriarche. Elle est adossée au mur du Grand Temple (de la Résurrection), et donne sur la Place Sainte. Dans l’autel de cette église, non loin du petit autel, il y a deux fenêtres, dont l’une donne sur le Saint Sépulcre et l’autre sur le chœur. Dix-huit lampes brûlent dans cette église ; six ne s’éteignent jamais.

À cent portées de flèches du logement du Patriarche, se trouve le couvent de Notre-Dame des Religieuses, où demeurait Sainte Mélanie avec huit autres vierges.


Sur le Saint des Saints et sur le Grand Temple.


À l’Orient du Saint Sépulcre, à peu près à un mille de distance, se trouve le Saint des Saints, où avait demeuré la Sainte Vierge à l’âge de douze ans et où elle fut nourrie par un ange. C’est ici que sacrifiait le Prophète Zaccharie, et c’est ici que Siméon reçut l’enfant Jésus dans ses bras ; c’est ici que se tenaient le Tabernacle, l’Arche de l’Alliance renfermant les deux Tables de la Loi, une jarre en or avec de la manne, le bâton d’Aaron, un encensoir d’or et tous les objets antiques, symboles qui annonçaient la Sainte Vierge. Lorsque la vérité et la grâce vinrent — les symboles disparurent. Le toit de ce magnifique temple est recouvert de plomb. Il a quatre portes. Celle par laquelle le Christ est entré à Jérusalem à dos d’âne, rencontré par des gens qui jetaient des palmes sur son chemin, est fermée aujourd’hui. À côté de ce temple, est situé le temple dans lequel Jésus avait enseigné la Bonne Parole aux Juifs récalcitrants. Il est recouvert de plomb comme l’autre. Du côté Nord de la place du temple se tient le puits dans lequel les Juifs ont jeté le Prophète Jérémie. En sortant du temple, on se dirige vers la maison de Joachim et d’Anna et des parents de la Sainte Vierge. En ce moment c’est une grotte profonde où, à ce que l’on dit, Anna mit au monde la Sainte Vierge. Plus tard, les rois chrétiens l’ont transformée en couvent et en église, mais à l’heure qu’il est, elle est entre les mains des musulmans.

Non loin de là, se trouve la piscine miraculeuse, auprès de laquelle Jésus, ayant trouvé le paralytique, qui y restait depuis trente-huit ans, le guérit. À côté, se trouve encore le bain de la famille de la Sainte Vierge, et en faisant quelques pas à l’Occident, on arrive à la maison de Pilate qui donne sur la rue ; elle a un grand arc appuyé à un autre édifice. Cette maison avait une colonne ; on dit que c’est la colonne à laquelle Pilate avait fait attacher Jésus pour le torturer. De là tu iras vers la maison des Grand Prêtres impies, Hanna et Caïphe. C’est endroit est maintenant très négligé et sert de réceptacle aux détritus de la ville.


Sur le nombre des églises orthodoxes qui existent, à l’heure qu’il est, à Jérusalem.


Il y a à Jérusalem, aujourd’hui, avec l’aide de Jésus, dix-huit églises orthodoxes. La première, c’est le Saint Sépulcre, source de vie. On trouve ensuite : 1) celle de St-Jean l’Évangéliste ; 2) de la Sainte Résurrection ; 3) de St-Jacques ; 4) de Constantin le Grand ; 5) de Notre-Dame ; 6) du Précurseur ; 7) de St-Georges, dans le quartier juif ; 8) de Ste-Thécla ; 9) de St-Démétrius ; 10) de St-Nicolas ; 11) de Ste-Anna ; 12) de St-Euphème ; 13) de Ste-Catherine ; 14) de St-Michel, du couvent de St-Saba ; 15) de St-Georges ; 16) de St-Théodore ; 17) de St-Basile. On dit que dans l’antiquité il y avait trois cents soixante-cinq églises à Jérusalem.


Les environs de Jérusalem.


Mentionnons, avant tout, le Saint Sion, au Nord de Jérusalem. C’est ici que se trouvait la maison de Zébédée, et c’est ici qu’eut lieu la Sainte Cène et que Jésus lava les pieds de ses disciples. C’est en cette même maison que Jésus leur apparut après Sa Résurrection, les portes étant fermées, et que l’apôtre Thomas toucha Ses plaies.

Les tombeaux de David, de Salomon et de St-Etienne sont ici. La Sainte Vierge y a demeuré depuis l’Assomption de Jésus, jusqu’à Sa mort. Les apôtres y sont apparus dans les nuages pour ensevelir le corps de Notre-Dame. Aujourd’hui, cet endroit est entre les mains des Ismaélites qui n’y laissent entrer personne excepté les musulmans. En descendant un peu au Nord de Sion, tu verras le champ du potier, — cimetière des étrangers. C’est le champ qui a été acheté au prix des trente pièces d’argent qui avaient payé à Judas sa trahison du Christ. On y enterre les moines. Cet endroit est à un mille et trois portées de flèches du Saint Sépulcre. De là, on descend dans la vallée où se trouve le puits de Job. On dit qu’il s’y produit un grand miracle : dans les années heureuses le puits se remplit tellement qu’il déborde, et l’eau coule dans la vallée des Larmes ; et dans les années malheureuses, l’eau n’en déborde point. Un peu plus haut et plus près de la ville, là où l’on a scié les membres du Prophète Isaïe, se trouve son tombeau. Encore plus haut, on voit la source de Siloam, ce qui signifie en arabe « l’envoyé ». C’est ici que Jésus envoya l’aveugle qui recouvra la vue quand il s’eut lavé le visage. L’eau de cette source coule trois fois par jour, puis elle diminue. La distance du Saint Sépulcre est d’un mille et de deux portées de flèches.


Sur Gethsémané.


Au pied du mont des Oliviers est située Gethsémané, qui fut jadis un village. C’est ici que se cachèrent dans une grotte les disciples de Jésus, au moment de Son arrestation. Le jardin dans lequel Judas livra Jésus aux Juifs impies, est à côté de cette grotte. Un peu plus haut on voit l’endroit où Jésus pria pendant qu’il souffrait pour notre salut. On voit aussi le rocher où Jésus laissa ses apôtres Pierre, Jacques et Jean, qu’il trouva endormis et auxquels ils dit : « Levez-vous, veillez et priez ». — À quelques pas du jardin se tient l’église de Notre-Dame, où elle est ensevelie. Cette église est profonde, on y descend par cinquante marches ; au milieu de cet escalier se trouvent, à droite, les tombeaux de Joachim et d’Anne, et en bas, près de l’autel, s’élève un mausolée taillé dans le roc, où est le tombeau de la Sainte Vierge, recouvert d’une dalle de marbre. À certaines époques, il s’en exhale des parfums pénétrants. Dix-huit lampes brûlent au-dessus du tombeau, dont six appartiennent aux orthodoxes, trois aux latins, trois aux Arméniens, trois aux Coptes et trois aux Syriens. La partie antérieure appartient aux orthodoxes, et la partie postérieure aux hérétiques, qui y font leurs offices. — Un peu plus loin de l’église de Gethsémané s’étend la vallée des Larmes, où coulera la rivière de la Géhenne, préparée pour les pécheurs et les hérétiques.

La distance de Gethsémané au Saint Sépulcre est d’un mille.


Du mont des Oliviers, de la grotte de Ste-Pélagie, de la vallée du Jourdain et de la Petite Galilée.


De Gethsémané on monte au mont des Oliviers, sur le sommet duquel a eu lieu l’Assomption de notre Seigneur Jésus-Christ. Anciennement il y avait ici un grand et beau temple, détruit par les mécréants. Il n’en est resté qu’une chapelle en voûte, entourée de douze colonnes de marbre blanc, avec leurs arceaux et leurs piédestaux. On peut voir dans cette chapelle l’endroit où Jésus se tenait au moment de Son Assomption. Les traces de Ses pieds sacrés sont imprimées sur le roc ; l’une d’elle s’y trouve encore, tandis que l’autre a été depuis longtemps emportée par les Francs. Cet endroit exhale un parfum exquis. La Sainte Vierge est venue ici avant sa mort ; elle y a rencontré l’Archange Gabriel qui la salua et lui donna une branche de palmier, en lui annonçant qu’elle allait quitter la terre pour monter au ciel.

En dehors de l’église on voit une pierre de la grotte qu’habitait Sainte Pélagie ; elle est enfermée dans une propriété des musulmans qui n’y admettent personne.

On voit sur cette pierre la trace d’un pied que l’on dit être celui d’un ange.

En avançant un peu du lieu de l’Assomption, on peut voir la vallée du Jourdain, et à droite de la montagne — un endroit élevé comme une montagne, avec une tour : c’est la Petite Galilée, où Jésus apparut à Ses apôtres après Sa Résurrection, et d’où Il leur ordonna d’aller prêcher l’Évangile et baptiser les peuples au nom de la Sainte Trinité, comme il est dit dans le Nouveau Testament.

Derrière la montagne des Oliviers est située Béthanie, le village de St-Lazare, où se trouve le tombeau d’où Jésus l’a ressuscité. Là se trouve aujourd’hui la grotte où sont enterrées Marie et Marthe, les sœurs de Lazare. Il y a une ouverture qui donne sur le tombeau de Lazare ; cet endroit avait été une église qui est tombée en ruines et appartient aux musulmans.

Plus bas que Béthanie on voit la pierre sur laquelle Jésus était assis lorsqu’il reçut Marie et Marthe qui lui dirent : « Seigneur ! si tu avait été ici, notre frère ne serait pas mort, » après quoi Jésus l’a ressuscité bien qu’il fut mort et enseveli depuis quatre jours.

Le lendemain de la résurrection de Lazare, Jésus rentra à Jérusalem, monté sur une ânesse que ses disciples lui avaient amenée. Le peuple alla à sa rencontre en lui jetant des branches de palmiers et en criant : « Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ! » Béthanie est à quinze portées de flèches de Jérusalem. En descendant de Béthanie, tu verras le chemin qui mène à Jéricho et au Jourdain.

Jéricho est une plaine facile à traverser ; la montagne où Jésus jeûna pendant quarante jours et où il fut tenté par Satan, selon l’Évangile, est au-dessus de Jéricho. Le chemin qui y mène est tellement ardu qu’on y monte avec peine. Au pied de la montagne il y a une source d’eau rendue douce par le Prophète Élisée. Sacchée, l’homme qui grimpa sur un sycomore pour apercevoir Jésus-Christ, était natif de Jéricho.

C’est ici que Josué fils de Noûn vit l’Archange Michel avec un glaive, lorsqu’il assiégeait Jéricho. Il y a vingt-cinq milles de là à Jérusalem. De Jéricho on va à l’Orient vers le Jourdain, où Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Dieu, fut baptisé. Cet endroit s’appelle en grec « Catholicon » ; il est connu. C’est là qu’apparut le Dieu unique en Sa Sainte Trinité. Vis-à-vis de cet endroit s’élève la Petite Montagne d’où le Prophète fit son ascension. La rivière du Jourdain coule directement du Nord au Midi et se jette dans la Mer Morte, mais on dit que le fleuve ne mêle pas ses eaux à celles de la mer, mais qu’il la traverse et en sort à un autre endroit.

Non loin du Jourdain est situé le couvent de St-Jean le Précurseur, où ont demeuré des anachorètes thaumaturges et le Père Sosime qui a trouvé Marie l’Égyptienne au désert, non loin de ce couvent.

Ce couvent est en face de la grotte du Précurseur. Trois montagnes élevées se dressent en face du Jourdain, au sommet desquelles le Prophète Moïse aperçut la Terre Promise ; il y mourut et y fut enseveli par un ange de Dieu.

Il y a trente milles du Jourdain à Jérusalem.


Sur la Mer Morte, ses environs, et sur Sodome et Gomorrhe.


La Mer Morte se trouve à l’embouchure du Jourdain. Elle fut nommée ainsi parce que aucun être vivant ne peut y exister. C’est ici que se trouvaient les villes de Sodome et de Gomorrhe qui furent brûlées. Elles étaient entourées de cinq autres villes, et c’est dans ces contrées qu’avait habité Lot, le neveu d’Abraham. Dieu a noyé ces villes dans les flammes à cause des péchés de leurs habitants, et surtout pour leur amour pour les garçons.

La circonférence de la Mer Morte est de six cents milles. Son eau exhale une odeur désagréable à cause de la résine qui nage à sa surface. Les pierres de ces localités sont noires ; si on les met au feu elles brûlent et sentent si mauvais qu’on ne peut pas en supporter l’odeur.

Dieu a manifesté sa colère dans ces lieux, pour que les pécheurs et les mécréants aient peur du feu de l’enfer et mènent une vie innocente.


Sur le couvent de Saint Gérasyme et sur la source qu’a fait jaillir son disciple.


Le couvent de Saint Gérasyme, qui était servi par un lion grâce à ses vertus, se trouve auprès du Jourdain, et à deux milles du couvent coule une source que son disciple, nommé Sabatius, a fait jaillir par sa prière, et elle existe jusqu’à aujourd’hui, par la grâce de Jésus, auprès du lac de Tibériade, de Bethsaïda, de Gennézaret et de toute la Galilée.

Et du côté du Nord, à la distance de trois jours, se trouve le lac de Tibériade, un bien grand lac. Son eau est douce, et il a été nommé lac à cause de sa dimension ; il est situé dans le désert et c’est auprès de ce lac que Jésus rencontra Pierre et André, occupés à pécher. Il les appela, et ils le suivirent immédiatement. Et c’est ici qu’il a trouvé Jean et Jacques, les fils de Zébédée, qu’il appela et qui le suivirent. Et c’est ici même que Jésus allait souvent en barque avec ses apôtres. Et c’est encore ici qu’il apparut à ses disciples après sa Résurrection, pendant qu’ils péchaient, et qu’il demanda à Pierre : « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? » etc.

Ce lac se trouve en Galilée, tout près de Bethsaïda, la ville natale de Pierre et André. Un peu plus haut se trouve Gennézaret. La distance de ce lac jusqu’à Jérusalem est de cent milles, c’est-à-dire de trois journées. Et à l’Occident du lac de Tibériade se trouvent Nazareth, le Mont Thabor et Cana de Galilée et le Mont Carmel.

C’est à Nazareth qu’eut lieu l’annonciation faite à la Mère de Dieu par l’ange Gabriel, et c’est là que fut élevé le Messie. Non loin de là on voit le Mont Thabor, sur lequel le Messie fut transfiguré.

Ce mont est situé entre Damas et Jérusalem, et de là ou va à Cana de Galilée où le Messie changea, à une noce, l’eau en vin rouge, selon les paroles de l’Évangile.

Quant au Mont Carmel, il est du côté du Jourdain.


Sur Bethléem, sur le couvent de Saint Élie le Prophète, le village de Beïtjâla et le couvent de Saint Georges.


Parlons maintenant de Bethléem et disons ce qui suit :

Bethléem se trouve à droite de Jérusalem, du côté Sud. À mi-chemin on voit le couvent de Saint Élie le Prophète. Il possède un grand et beau temple avec une coupole.

Sa longueur est de quatre-vingt-seize pas, et sa largeur de cinquante-trois, et il contient beaucoup de moines. En dehors du couvent, sur la route (de Jérusalem à Bethléem) se trouve l’endroit où dormait le Prophète, sur un rocher, sur lequel on voit encore distinctement l’empreinte de son corps.

On dit qu’un ange de Dieu lui est apparu et lui dit : « Lève-toi, mange et bois, parce que tu dois faire un long voyage ». Et entre Bethléem et le couvent de Saint Élie se trouve le tombeau de Rachel, la seconde femme de Jacob. Et à sa gauche s’élève le village de Béïtjâla qu’on appelait anciennement Béït-Ifrate, et quelques-uns pensent que ce village a vu naître certains prophètes.

Au-dessus se trouve le couvent de Saint Georges, avec une église ronde surmontée d’une coupole ; on y montre un morceau de chaîne à laquelle fut lié ce saint pendant son martyre ; cette chaîne accomplit des miracles envers les croyants et les non-croyants, par la grâce de ce saint.


Description de Bethléem, de ses édifices et de leurs particularités ; de son emplacement, du couvent des catholiques et de la grotte où s’est abritée la Sainte Vierge.


Ainsi, c’est à Bethléem qu’est né notre Seigneur et notre Dieu Jésus-Christ, corporellement, de sa sainte mère Marie.

Dans ce lieu se trouve un grand temple remarquablement beau, en forme de dôme ; son plafond est en bois, mais extérieurement il est recouvert de plomb ; une partie du sol de l’église et de l’autel est pavée de marbre, et le reste est fait de terre battue ; et toutes ses murailles sont peintes de fresques très fines et dorées et de figures diverses.

Il y a cinquante colonnes dans cette église, vingt-cinq d’un côté et vingt-cinq de l’autre.

Et la grotte sacrée se trouve dans un souterrain devant l’autel.

C’est là que notre Seigneur et notre Dieu est né corporellement. La grotte a deux portes ; celle de gauche est au Sud et celle de droite au Nord, et elle est entièrement recouverte de beau marbre à l’intérieur comme à l’extérieur. Veux-tu y entrer, tu dois descendre quinze marches du côté de l’Orient ; et la crèche est du côté du Sud ; un parfum exquis et pénétrant s’exhale de là ; la crèche est ornée de pierres précieuses ; six lampes suspendues au plafond, et quatre au-dessus de la crèche, sont toujours allumées.

Le nombre de toutes les lampes de la grotte sacrée s’élève à trente-huit. Dans un des coins de la grotte se trouve la place où la blanchisseuse lava les langes de Jésus. Et de là s’exhalent des parfums.

Dans l’intérieur du temple, à droite, il y a un petit escalier devant lequel il faut passer pour aller à l’église de Saint Georges ; puis on voit un autre escalier qui mène à la tour dans laquelle se trouvent les cellules des moines. La longueur de l’église catholique est de cent soixante-cinq pas, et sa largeur est de quatre-vingt-dix. Au Nord du temple se trouve un endroit séparé qui appartient aux hérétiques[3].

Ils y disent leurs offices et cet endroit est tout à fait isolé de l’église. Quant au monastère des latins, il est en dehors de l’enceinte de l’autre couvent, vers l’Orient, éloigné de Bethléem d’une portée de flèche. Il s’y trouve une grande grotte où Notre-Dame est entrée avec l’enfant Jésus, lors de sa fuite en Égypte. Il se détache de ses murs de la terre glaise blanche qu’on appelle « le lait de Notre-Dame », qu’on emporte en souvenir et qui opère des guérisons.


Sur le couvent de Théodore le Grand et le couvent de Saint Saba et sa distance de Jérusalem ; sur son constructeur et touchant les églises qu’il contient, et le tombeau du saint ; et la source sacrée qu’il a fait jaillir par sa prière, et ses tours et tout ce qui s’y trouve.


Si tu descends du côté oriental de cette grotte, tu trouveras le couvent de Saint Théodose[4], le fondateur des cénobites.

Sa distance de Jérusalem est de huit milles. En descendant à peu près quatre milles, tu trouveras le couvent de Saint Saba.

C’est ici que furent tués de pieux ascètes par des Arabes mécréants. Ce couvent est situé sur un rocher escarpé dont l’accès est aussi difficile que dangereux. Il possède une belle église avec une coupole peinte en azur clair. Le fondateur de cette église était le pieux roi Manuel Porphyrogénète.

Derrière l’autel de l’église, en bas, à côté de la rivière desséchée, se trouve la grotte de laquelle Saint Saba a fait jaillir l’eau bénite, qui coule sans cesse sans augmenter en hiver et sans diminuer en été. En dehors de la nef de l’église se trouve le tombeau de Saint Saba, surmonté d’une coupole en roc. Ce saint a vu dans ce lieu une colonne de feu que Dieu lui envoyait pour le guider. Il construisit une église sous le nom de l’Annonciation de la Sainte Vierge.

À côté se trouve la chapelle de Saint Nicolas, dans une grande grotte. C’est dans l’enceinte de ce couvent que se trouve la cellule de Saint Jean Damascène, où il a écrit son « Octoïkhos » et bien d’autres livres, et à côté se trouve la cellule de Saint Cosme, son ami. En ce moment ces deux cellules sont transformées en églises.

Il y a beaucoup d’églises dans ce couvent ; aujourd’hui, on y trouve deux tours pour servir de défense contre les Bédouins.

Sa distance de Jérusalem est de douze milles.


Sur les couvents des Saints Euphème et Chariton.


À six milles de là, vers le Nord, s’élève le couvent de Saint Euphème et au Sud, plus haut, celui de Saint Chariton, où se trouve une source d’eau bénite dont la distance de Jérusalem est de huit milles.


Sur Abraham et le chêne noir et l’endroit où il voulut sacrifier son fils Isaac.


D’ici, au Sud de Jérusalem, se trouve le chêne noir, où demeurait le père des pères, Abraham. Sa maison est ici ainsi que sa tombe et celles de sa femme et de quelques autres membres de sa famille.

C’est ici qu’il a reçu à sa table la Sainte Trinité.

Les pèlerins viennent ici pour se prosterner devant ces tombes.

Cet endroit est éloigné de trente milles de Jérusalem. Quant à l’endroit où Abraham voulait sacrifier son fils Isaac, on dit que ce n’est autre que le mont sacré du Golgotha, mais St-Jean Chrysostome dit que c’est sur le mont Samaritain.


Sur le pays montagneux, la maison de Zaccharie et le lieu où naquit St-Jean Baptiste, et le rocher qui s’est fendu pour recevoir sa mère qui s’est enfuie avec lui ; et sur l’eau bénite qui s’y trouve, et sur son père Zaccharie, et sur la source dans laquelle Philippe baptisa l’eunuque.


Le pays montagneux est à l’Occident de Jérusalem.

C’est là que se trouve la maison de Zaccharie, transformée en une grande église, où naquit Jean Baptiste, et c’est ici que vint Notre-Dame et qu’elle salua Élisabeth, qui sentit l’enfant remuer en elle de joie, et c’est là qu’elle resta pendant trois mois.

Plus tard une église fut érigée en ce lieu par de pieux rois.

Dans l’intérieur de l’église, à gauche, se trouve dans le mur de la cathédrale un escalier qui mène à la grotte où naquit St-Jean, et près d’elle il y a une autre grande église.

À l’Occident, à la distance de deux milles, se trouve sur la montagne le rocher qui se fendit lorsque Élisabeth s’enfuit, et qui la reçut avec son fils qu’elle tenait dans ses bras, pendant le massacre des Innocents.

Il en coule une source sacrée. (Le père de Jean, Zaccharie, fit un sacrifice de la part d’Hérode au temple de Jérusalem.)

Un peu plus au Sud d’ici, se trouve la source dans laquelle l’apôtre Philippe baptisa l’eunuque abyssinien.


Sur le couvent de la Sainte Croix, son église et son autel, et sur ce qui se trouve sous la table de l’autel. Sur l’église de St-Michel et ce qu’elle contient et sur ses possesseurs.


À huit milles de Jérusalem se trouve le couvent de la Sainte Croix, qui appartient aux Géorgiens[5].

Il contient une grande et superbe église avec une coupole ; le sol de cette église est en mosaïque et dans le saint autel, sous la sainte table, se trouve l’endroit où Lot a planté trois bâtons : de cyprès, de cèdre et d’une autre espèce de cyprès qui devinrent…

À cet endroit le manuscrit est tellement effacé qu’il a été impossible de le déchiffrer.

  1. Table dans le sanctuaire.
  2. Nous appelons Temple la réunion tout les édifices religieux.
  3. Arméniens, Coptes, Jacobites, tous monophysites.
  4. Le couvent a été restauré en 1899.
  5. Depuis la fin du XVIIIe siècle il appartient aux Grecs.