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Recueil des lettres missives de Henri IV/1570/13 septembre ― À mon cousin monsieur le duc de Montmorency

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1570. — 13 septembre. — IIme.

Orig. – B. R. Fonds Béthune, Ms. 8757, fol. 1 recto.


À MON COUSIN MONSR LE DUC DE MONTMORENCY,

MARESCHAL DE FRANCE[1].

Mon Cousin, Je vous escripvis dernierement pour mon frere, le bastard de Bourbon, et vous fis amplement entendre le juste droict qu’il a pour estre remis en son evesché, et le peu de fondement qu’a le bastard de Lansac de l’en vouloir spolier[2]. Et pour ce que ses brigues et menées qu’il en a faictes sont, comme j’entends, grandement favorisées et soustenues par aulcuns qui ne taschent qu’à rendre odieuse la cause de mondict frere envers Sa Majesté (à laquelle j’ay escript et la supplie trez humblement de se ramentevoir les bonnes considerations pour lesquelles cest evesché fut baillé à mondict frere, qui estoit pour recompense des services du feu Roy mon pere, et comme, en faveur de la Royne ma mere, il luy plust confirmer le don dudict evesché, et qu’il ne seroit pas raisonnable qu’un bastard de Lansac eust cest advantage sur un bastard de la maison de Bourbon, qui a cest honneur d’appartenir à celle de France, pour estre privé d’un bien que Sa dicte Majesté luy a faict, et dont il n’a donné aulcune occasion d’en estre privé, et que je ne puis, luy faisant ce tort, que je ne m’en ressente comme celuy à qui il attouche), je vous prie bien fort de favoriser ce faict, comme je sais que vous pouvés envers Sa dicte Majesté, et fortifier ces bonnes considerations par vostre bon advis, pour faire remectre mondict frere audict evesché, comme je prendray tousjours plaisir, et m’employeray volontairement es choses qui se presenteront pour vostre particulier, là où j’en auray le moyen. Mais ce sera d’aussi bon cœur que je fais priere au Createur vous tenir, mon Cousin, en sa saincte garde. De Lusy, ce xiije jour de septembre 1570.

Vostre bien bon cousin et meilleur amy,
HENRY.


  1. François de Montmorency, fils aîné du connétable Anne de Montmorency et de Madeleine de Savoie, né en 1530, gouverneur de Paris et de l’Île-de-France, en 1556, épousa, en 1557, Diane d’Angoulême, fille de Henri II, fut fait maréchal de France en 1559, et mourut sans enfants, à Ecouen, le 15 mai 1579.
  2. Voyez la lettre précédente. Quant à la première lettre au duc de Montmorency, à laquelle il est fait allusion, elle ne s’est pas retrouvée.