Recueil des lettres missives de Henri IV/1582/14 janvier ― À monsieur du Plessis

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche



[1582. — 14 janvier.]

Imprimé. — Mémoires de messire Philippes de Mornay, seigneur du Plessis Marli, etc. t. I, p. 72. Édit. in-4°, 1624.


À MONSR DU PLESSIS,

MON CONSEILLER ET CHAMBELLAN.

Monsr du Plessis, Avant la reception de vostre lettre et celles que m’ont escrit monsieur le prince d’Orange et messieurs des Estats des Païs-Bas, j’estois sur le point de vous en envoïer une des miennes, pour vous prier de me venir trouver, suivant la promesse que vous m’aviés faicte. Mais puisqu’ils ont si grand besoin de vous en la conduite et direction de leurs affaires, où les Eglises de ce Royaume ont un si grand interest, et qu’ils me prient avec une si grande affection vous permettre de demeurer de par delà quelque temps, je leur accorde qu’ils puissent vous y retenir six mois durant, si tant ils en ont besoin. Par quoy je vous prie de les satisfaire, et vous accommoder en cela à leurs desirs et intentions. Et ce faisant, je vous en sçauray aussy bon gré que si c’estoit pour mes affaires particulieres. Mais je vous prie, le terme expiré, de me venir retrouver, et croire que vous serés le tres-que bien venu. Cependant faites-moi ce plaisir de continuer à m’escrire tout ce que vous apprendrés de plus important, sous cette asseurance que vous pouvés faire autant d’estat de mon amitié que de personne de ce monde, et que je la vous feray paroistre en tout ce que j’en auray le moïen, et que vous le sçauriés desirer de moy, qui prie Dieu vous avoir, Monsr du Plessis, en sa saincte et digne garde. À Nerac, etc.

Vostre bien affectionné amy,


HENRY.


Monsr du Plessis, si avec le gré et consentement de messrs des Estats de ce païs-là vous pouviés revenir plus tost, j’en serois fort ayse. Je vous prie me tenir en bonne volonté et affection envers eux. Moïennés aussy, je vous prie, avec le sr de Valsingam, que je puisse ravoir mes bagues engagées en Angleterre, et asseurés vous, si vous pouviés moïenner cela, que je le recognoistrois.