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Recueil des lettres missives de Henri IV/1584/24 juin ― À messieurs de la noblesse des eglises reformées

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1584. — 21 juin. — Ire.

Orig. — Collection de M. de Saint-Thomas, à Lyon. — Copie transmise par M. le préfet du Rhône.


À MESSRS DE LA NOBLESSE DES EGLISES REFORMÉES

DU GOUVERNEMENT DE LYONNOIS.

Messrs, Par ce que le Roy mon seigneur m’a permis de faire une convocation et assemblée generale des depputez des Eglises de la France, pour, d’un commun accord et consentement, adviser et se resouldre de ce qu’il convient faire pour l’entiere observation et execution des edicts de pacification et conferences, et pour parvenir à ung bon affermissement et perpetuel establissement du repos commun et tranquilité publique avec la conservation et seureté des dictes eglises, en rendant l’obeyssance deue à l’autorité souveraine de Sa Majesté, j’ay advisé de faire, au quinziesme du moys d’aoust prochain, la dicte assemblée en la salle de Montauban, qui m’a semblé estre propre pour cest effect, et le temps convenable et suffisant pour donner le loysir et moyen aux provinces loingtaines d’y envoyer et faire trouver leurs depputez. Par mesme moyen on pourra en la dicte assemblée terminer les differends et plainctes sur les departemens et cotisations faictes en vertu de la commission de Sa Majesté, pour l’acquit et payement des debtes des estrangers, en quoy aulcunes des dictes eglises dyent avoir esté surchargées, ou n’avoir esté ouyes en aulcune assemblée precedente, lorsque les dicts departemens furent faicts. Et partant, je vous ay bien voulu escrire la presente pour vous advertir, Messrs, d’envoyer au dict temps et lieu un depputé, ou des depputez, de la qualité, fidelité et suffisance acquises pour un si bon, utile et notable effect, avec bons memoires, pouvoirs et instructions, pour recueillir à l’advenir le fruict que les gens de bien esperent et desirent de la dicte assemblée. Ce que m’asseurant que vous ferez, je ne vous en diray davantaige, si ce n’est pour vous prier de faire tousjours estat de ma bonne volonté en vostre endroict, comme aussy je prie Dieu vous tenir, Messrs, en sa saincte et digne garde. De Pamiers, le xxiiije jour de juing 1584.

Vostre plus afectionné et asseuré amy,


HENRY.