Revue Musicale de Lyon 1903-12-15/Nouvelles diverses

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Nouvelles Diverses

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Saint-Étienne. – Dimanche a eu lieu un grand concert donné par l’Association symphonique et des chœurs mixtes sous la direction de M. A. Mariotte.

Le programme comprenait l’exécution intégrale du Déluge de Saint-Saëns et de Rebecca de César Franck.

Le Mémorial de la Loire apprécie en ces termes César Franck et Rebecca dont l’interprétation a été excellente :

« Ceux qui l’ignorent (César Franck) – et ils sont si nombreux ! – le déclarent obscur, et il est lumineux comme le soleil, comme le génie, comme l’évidence. Qui pourra dire avec des mots, le charme du chœur qui sert de début et de final ; qui pourra faire comprendre le pittoresque et le coloré du chœur des Chameliers ? Et qui surtout pourra dire jusqu’à quel point César Franck a fait sienne l’âme du Temple ?

« Quels sons de lis ! quelle harmonie de rêve écrite par un séraphin avec la mémoire lointaine des chants qui bercent la gloire du Très-Haut !

« Et là dedans quelle mine pour les inféconds ! que de choses qu’on a revues ailleurs depuis et dont César Franck est le vrai père.

« Le musicien de Rebecca n’est pas obscur… il est inconnu de la foule – ce n’est pas la même chose. On peut donc prendre chez lui… et il est si riche qu’il lui reste encore de quoi éblouir… »

Nous ne pouvons que nous associer à cette excellente appréciation de la musique du Père Franck et adresser à M. Mariotte nos félicitations pour son ardeur à propager dans le public de Lyon et de Saint-Étienne le goût des œuvres vraiment belles.

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Chambéry. — Le 6 décembre a été donnée dans la salle de concert annexée au théâtre une soirée musicale des plus intéressantes. Mme Evrot, la cantatrice mondaine si appréciée à Chambéry, a fait, une fois de plus, valoir sa belle voix de soprano, chaude et puissante servie par une diction impeccable, dans l’air de Brunehilde de Sigurd, l’air des Cigales de Madame Chrysanthème de Messager et dans la scène de la mort de Thaïs où elle avait pour partenaire un autre jeune amateur plein d’avenir, M. Meige, doué d’une belle voix de baryton. Ce dernier fut très fêté après son interprétation de « Vision fugitive » d’Hérodiade.

Parmi les autres artistes qui ont pris part à ce concert, citons Mlle Dardel, excellente dans la 12e Rapsodie de Liszt et M. Pizzi, violoniste, dans les Poèmes hongrois de Hubay et une sonate de Charles René.

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Les frères Isola, directeurs du théâtre-lyrique de la Gaieté, songent à monter, l’année prochaine, les quatre ouvrages suivants : Armide de Gluck ; Aphrodite, de Camille Erlanger ; Marie-Madeleine, de Massenet et la Vie du Poète, de Charpentier.

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Louise a été jouée la semaine dernière à Dijon avec le plus grand succès. L’œuvre de Charpentier était interprétée par Mlle Gril, de l’Opéra-Comique, M. Cremel (Julien), et Simon (le père).

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Offenbach a publié en 1855, dans l’Artiste quelques articles de critique musicale dont nous extrayons l’appréciation suivante sur l’Enfance du Christ de Berlioz :

« Hector Berlioz se console d’être repoussé de l’Académie, en obtenant un immense succès avec son Enfance du Christ… Nous ne pouvons nous étendre aujourd’hui… sur cette vaste composition, où la science de l’harmonie et de l’orchestre semble le disputer à la grâce et à l’originalité de la mélodie. C’est surtout dans la seconde partie que nous avons remarqué ces qualités précieuses, si rares aujourd’hui. Tout le récit chanté par Jourdan est d’une poésie idyllique et d’une naïveté primitive ; l’on dirait une page prise à Rameau ou au divin Baptiste, comme disait Madame de Sévigné en parlant de Lully. Berlioz a conquis les sympathies de tout le public musical, dont une partie avait essayé jusqu’à ce jour de protester contre ce talent viril si élevé et si savant, mais qui avait un tort sérieux comme symphoniste, c’est d’être Français. »

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Un fait amusant s’est dernièrement passé au théâtre de Genève :

Pour ne pas surmener Mme Talexis, la direction du théâtre avait proposé à cette dernière de la décharger du rôle d’Elsa, de Lohengrin, qui fut distribué à Mlle Milcamps.

Mme Talexis accepta tout d’abord. Puis, se ravisant, elle arriva à la répétition du lendemain, décidée à revendiquer ce qu’elle considérait comme un droit. De son côté, Mlle Milcamps avait reçu l’ordre de répéter le rôle d’Elsa. Ce qui fait que toutes deux chantèrent à l’unisson, ni l’une ni l’autre ne voulant céder la place.

Y aura-t-il deux Elsa à la représentation, également ? Ce serait pour le moins nouveau.

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Sait-on quels amusants sous-titres portaient souvent autrefois les affiches théâtrales ? En voici quelques exemples :

Robert le diable fut annoncé avec ce titre : ou le jeune homme qui se débat entre le vice et la vertu ! La Dame Blanche était suivie de cette étiquette : ou les aventures galantes d’un lieutenant d’infanterie légère, « grand opéra de Scribe. »

Savourez d’autre part ce commentaire à Guillaume Tell : « L’Helvétie, délivrée du tyran farouche qui voulait faire saluer son chapeau, ou les prodiges de l’amour filial, poème de M. de Jouy et de M. Hippolyte Bis dont cette pièce fait toujours répéter le nom (!) musique de M. Rossini, dont le talent a obtenu l’approbation des amateurs de cette ville. »

Le Duc d’Olonne, musique d’Auber, était souligné de ces mots : Les inconvénients de se marier sans regarder sa femme ou l’époux perfide voulant séduire sa légitime croyant qu’elle ne lui était de rien.

Nous sommes bien loin de ces bonnes naïvetés de jadis !

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M. Humperdinck, l’auteur de Haensel et Gretel, termine un nouvel opéra dont le livret est emprunté à la pièce de Dumas, les Demoiselles de Saint-Cyr.

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Au cours de sa dernière tournée, Mme Adeline Patti, aujourd’hui baronne de Cederstroem, fut engagée à donner un seul et unique concert au West-End Theater de New-York.

La baronne de Cederstroem consentit à chanter moyennant un cachet de 20.000 fr. Une heure avant le lever du rideau, elle apprit qu’il n’y avait que 12.000 francs en caisse.

Elle mit aussitôt MM. Weber et Fields, directeurs du West-End, en demeure de lui compter le prix de son cachet. Force fut aux directeurs de s’exécuter.

Et Adeline Patti chanta quatre chansons. Un statisticien a calculé que les quatre chansons ont coûté à MM. Weber et Fields, huit cents francs par minute.

Si encore à ce prix-là le vénérable rossignol chantait ! mais il y a beau temps qu’elle n’a plus que l’ombre de sa fameuse voix.

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M. Conried, directeur du Métropolitan-Opéra-House, pourra représenter, à New-York, Parsifal dont il avait annoncé la création pour le 24 décembre. Les tribunaux de New-York auxquels Mme Cosima Wagner s’était finalement adressée pour empêcher cette représentation, ont en effet déclaré qu’ils ne pouvaient légalement l’interdire.

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