Sainte Lydwine de Schiedam/Appendice

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Plon-Nourrit (p. 347-372).



APPENDICE



Il m’a paru intéressant de rechercher quelle avait été autrefois et quelle est maintenant la situation de sainte Lydwine, au point de vue liturgique.

Voici les quelques renseignements que j’ai pu me procurer :

Dans ses « Natales sanctorum Belgii » Joannes Molanus nous apprend, à la date du 14 avril, que l’on ornait la chapelle et la tombe de Lydwine, non ce jour-là, mais le quatrième jour après Pâques et qu’on célébrait, sur le rit solennel, en son honneur, l’office de la Trinité.

De leur côté, les Bollandistes nous ont conservé la séquence « De aima virgine Lydwina » qui se chantait jadis, au temps Paschal, dans la Hollande et les Flandres. Nous en donnons ci-après le texte, avec une traduction, incomplète de quelques strophes, du Cardinal Dom Pitra.

En somme, de l’année 1616, à partir de laquelle fut autorisé le culte de Lydwine, jusqu’à l’année 1892, il n’y eut pas d’office particulier pour la Bienheureuse dans le missel et dans le bréviaire des catholiques des Pays-Bas ; mais, ce qui est plus singulier, c’est qu’un office propre a existé dans l’ancien bréviaire janséniste d’Utrecht et de Harlem.

Je suis parvenu à mettre la main sur ce livre ; j’en extrais, à titre de curiosité, le texte relatif à la sainte et j’y joins une traduction.

Enfin, après la canonisation de Lydwine, un office spécial fut concédé par la sacrée Congrégation des Rites ; il a commencé d’être célébré, à partir de l’année 1892.

Cet appendice en détient le texte en latin et en français.

La messe est la messe « Dilexisti » du Commun des Vierges non martyres, avec l’oraison propre de l’office et l’Évangile selon saint Mathieu « Videns Jesus turbas » qui est l’Évangile de la Toussaint.



SÉQUENCE DE LA BIENHEUREUSE
VIERGE LYDIE OU LYDEWIDE
XVIIe SIÈCLE
SEQUENTIA DE ALMA VIRGINE LYDWINA


Alleluia festivale
Tempus exigit Paschale,
Voce, votis, jubilo ;
Benedictione plenus
Jam refulsit sol serenus,
Pulso noctis nubilo.
Coronatur gloria
Christus pro victoria,
Victor victis inferis :
Deus surgens creditur,
Honor regni redditur
Fitque pax cum Superis.
Expectatio Mariæ
Consolatur ipsam pie
Tristem hanc inveniens
Fit solatium beatis,
In extremo mundi natis
Omnes nos deliniens.
Gaudent Archangeli,
Fantur et Angeli
Virgini Lydiæ :
Hæccine Lydia
Vernat ut lilia
Santæ Cæciliæ ?
Intra cujus cameram
Senserat Tiburtius
Rosam odoriferam.
Stupens vehementius.
Catharinæ virginis
Juxta natalitia
Fructum divi seminis
Metit hæc Cæcilia.
Lydewidis humilis
Nata Christo Domino,
Sanctis extat similis
Regnans sine termino :
Miræ patientiæ
Vixit in hoc tempore,
Nimiæ miseriæ
Particeps in corpore.
Non murmur resonat,
Non querimonia,
Sed laudem personat
Devota Lydia
De data gratia.
O vere humilem,
Quæ nunquam deficit
Quam Christus debilem
Seipso reficit ;
Hinc virgo proficit
Per se Jesus hanc invisit,
Consolationem misit ;

Circa lectum hujus sedens,
Et ab ea non recedens,
Donec ipsam pasceret :
Quæstione quadam facta
De nativitate nacta
Opus Verbi Incarnati,
Hæc adscripsit Trinitati.
Sic ut quærens quæreret
Radiosi luminis
Talis doctrix numinis
Impetret quod poscimus :
Solem sic inspicere
Ne contingat perdere
Lumen quod nos cupimus,
Trinitatem speculari,
Unitatemque mirari,
Quæ consistit in Divinis,
Quo dictaminis est finis.
Vale felix Lydewidis,
Quam non ligat nexus Stygis
Poscas nobis cum Maria,
Ut cantemus Alleluia

Amen.



SÉQUENCE DE LA BIENHEUREUSE
VIERGE LYDWINE


<poem>C’est le joyeux alleluia Qu’appelle le temps Pascal, De voix et de cœur réjouissons-nous. Plein de bénédictions A brillé un soleil pur, Chassant l’ombre nocturne, Et couronné de gloire Le Christ a triomphé. Vainqueur de l’Enfer vaincu, Il se lève, il est Dieu, croyons ! Il a repris l’honneur de son trône Il fait régner la paix dans le cœur, Et cesser l’attente de sa Mère Qu’il console avec amour. Et les archanges se réjouissent Et les anges en chœur Disent à la vierge Lydie : Est-ce donc là Lydie ? Elle est blanche comme les lys De Sainte Cécile ! Cécile en sa demeure Fit sentir à Tiburce Le parfum de la rose Et le remplit de stupeur. Cécile, au jour où naquit au Ciel La Vierge Catherine Recueillit le fruit Que sema la grâce de Dieu, L’humble Lydwine Que le Christ fit naître pour Lui Est semblable à ses Saints Et règne à jamais. Exemple étonnant de patience, Elle a vécu en nos jours, Portant dans son corps D’intolérables souffrances. On n’entendit ni murmure Ni plainte aucune ; On n’entendit que les chants De la pieuse Lydwine

· · · · · · · · · ·

Adieu, Bienheureuse Lydwine, Toi que la mort n’a pas retenue captive ; Veuille nous obtenir qu’avec Marie Nous chantions : Dieu soit loué Alleluia. — Amen.

(Dom Pitra, Hollande Catholique, p. 136.)
BRÉVIAIRE JANSÉNISTE
XVIIIe SIÈCLE
OFFICE PROPRE DE LA BIENHEUREUSE LIDUINE


Breviarium ecclesiasticum ad usum Metropolitanæ ecclesiæ Ultrajectensis et cathedralis ecclesiæ Harlemensis accommodatum — pars Verna — jussu superiorum, MDCCXLIV.
Bréviaire ecclésiastique, à l’usage de l’église métropolitaine d’Utrecht et de l’église cathédrale de Harlem. — Partie du Printemps, imprimée par ordre des supérieurs, 1744.

Festum subsequens in diocaesi Ultrajectensi recitari poterit ad libitum

La fête suivante pourra être récitée ad libitum dans le diocèse d’Utrecht.


Die xiv maii
14 mai
In festo beatæ Liduinæ virginis
Semi duplex ad libitum
En la fête de la Bienheureuse Liduine, vierge,
demi-double ad libitum
Omnia de communi Virginum non mart. præter sequentia
In I Vesperis et Laudibus.
Tout du commun des Vierges non martyres, sauf ce qui suit aux premières Vêpres et aux Laudes.


Hymnus
Hymne

Ut semper in suis Deus
Miranda præstat ! infima
E fæce mundi seligens
Ut altiora deprimat !

Comme toujours Dieu opère des merveilles dans les siens ! c’est au plus profond de la boue du monde qu’il va chercher ce qui doit abaisser la superbe !

Longis malis exercita
Liduina, tandem Numinis
Agnoscit occultam manum ;
Tollit crucem, sese abnegat ;

Longuement exercée par les maladies, Liduine reconnaît enfin la main qui se dissimulait de Dieu ; elle prend sa croix et se renonce.

Dextræ o Dei mutatio !
Qui nauseam dabat calix
Jam corde toto sumitur,
Jesuque amore inebriat.

Ô divin changement, ce calice qui lui donnait des nausées, elle le vide de tout cœur, maintenant que c’est cette main qui le lui présente et elle s’enivre de l’amour de Jésus.

Qui virginis pœnas Deus
Pænis tuis inunxeras
Fac nos dolores quoslibet
Amore pro tuo pati.

Seigneur qui as uni à tes peines celles de cette vierge, fais que nous supportions pour ton amour, nos douleurs.

Qui traditum Cruci Pater
Nobis redonas Filium,
Da carnis angores sacro
Commitigari Spiritu.

Père qui as livré pour nous ton Fils au supplice de la Croix, permets à l’Esprit-Saint de pacifier les souffrances de notre chair.

Amen.
Amen.


Oratio ut infra ad Laudes
L’oraison comme plus bas à Laudes


Ad Nocturnum
À Nocturne

Invit. Agnum quem sequuntur Virgines, * Venite adoremus, Alleluia. — Apoc., XIV.

Invitatoire. « Il est l’agneau que suivent les Vierges » — * Venez, adorons-le. Alleluia — Apocalypse, XIV.


Ps. 94. — Venite
Hymnus ex laudibus de Communi
Ant. ℣ ℟℟℟.
Lectio de Scriptura occurrente tribus in unam redactis.
Psaume 94. — Venez, réjouissons-nous devant le Seigneur, etc.
Hymne des Laudes, au Commun, Antiennes, versets, répons également.
Ire leçon de l’Écriture occurrente dont les trois leçons sont réunies en une.


Lectio ii
2e Leçon

Liduina, virgo Schiedamensis, insignis futura Dominicæ Passionis imitatrix, sæculo

Liduine, vierge de Schiedam, qui devait être une insigne imitatrice de la Passion du

decimo quarto in lucem edita fuit, die Dominica Palmarum, ipso sacrificii Missæ tempore, dum Passio Dominici nostri Jesu Christi in ecclesia recitabatur, parentibus pietate magis quant seculari nobilitate conspicuis. Ab infantia, singulari devotione erga, Deiparem Virginem ferebatur ; eamque perpetuæ virginitatis proposito imitari studebat. Cumque pater tenellam filiam ad conjugium adhortaretur, ipsa ferventi prece a Deo obtinuit ut in sancto proposito firmaretur, carnis mortificatione id agens, ut species sua qua placere hominibus posset, periret. Piis conatibus atque gemitibus, opitulatus est Dominus, qui castitatem virginis variis ægritudinibus, tanquam lilium inter spinas, custodivit. Anno siquidem ætatis decimo quinto, cum forte per hiemalem glaciem puella incederet, costulam dextri lateris cadendo fregit, quam læsionem continua series morborum et cruciatum per annos triginta octo secuta est. Febris æstuens, intensus capitis dolor, hydrops, calculus, vermium scaturigo, pulmonum et hepatis per particulas ejectio et quod tandem morbi genus eam non afflixit, omni interim remedio ac requie, sed et ad fundandam humilitatem, animi
Christ naquit, au XIVe siècle, le dimanche des Rameaux, à l’heure même où, pendant la messe, l’on récitait à l’église la Passion de Notre-Seigneur. Ses parents valaient plus par leur piété que par leur naissance. Dès son enfance, elle professa une dévotion singulière pour la Vierge, Mère de Dieu, et elle s’étudia à l’imiter, en se consacrant à son Fils par un vœu de virginité perpétuelle. Et comme son père l’exhortait au mariage, elle obtint d’être affermie dans sa pieuse résolution, par la ferveur de ses prières et en pratiquant la mortification de sa chair, d’être délivrée de cette beauté qui pouvait plaire aux hommes. Le Seigneur fut vaincu par la générosité de ses efforts et par ses gémissements. De même qu’il protège un lys, en le plaçant au milieu d’un taillis d’épines, de même il préserva sa virginité, en l’entourant d’un buisson de maux. Elle avait atteint sa quinzième année, lorsque, marchant, par hasard, sur la glace, elle tomba et se brisa une côte du flanc droit. Cette lésion engendra une série de maladies et de tortures qui dura trente-huit ans. Fièvres dévorantes, douleurs de tête aiguës, hydropisie, coliques néphrétiques, parturition de vers, éjection
etiam, consolatione destitutam ?
de fragments des poumons et du foie, de quel genre d’affections ne fut-elle pas atteinte ? — et, pendant ce temps, elle demeurait privée de tout remède, sans repos et même, pour bien établir son humilité, sans consolations !


Lectio iii
3e Leçon


Post annos probationis quatuor, famulæ suæ misertus Dominus animum ejus sic erexit ministerio Joannis Pot, magnæ pietatis viri, ut omni deinceps in Deo solo fiducia collocata, ex contemplatione Christi patientis tota in amorem Sponsi crucifixi inardesceret, parata jam, si Sponse liberet, immissos cruciatus ad indefinitam annorum longitudinem ferre. Triginta ergo annis continuis lecto tanquam Cruci eam affixit infirmitas, quorum ferme viginti solius capitis se brachii sinistri mobilitate peregit ; cor ejus interim sacrosancta Eucharistia ad patientiam stabiliente, debili vero stomacho, ut fertur, omnem alium cibum recusante. Donec, cursu peracto feria tertia, post Pascha absque arbitrio, quod quadrienni prece a Deo postularat, et appropinquante morte, ut ita contingeret, ipsa procurarat, obdormivit in Domino, decima quarta aprilis, anno millesimo

Après quatre ans de ce noviciat de douleurs, le Seigneur eut pitié de sa servante et, pour relever son âme abattue, il se servit d’un prêtre d’une grande piété, Jan Pot. Depuis lors, mettant en Dieu seul sa confiance, absorbée dans la contemplation des tortures du Christ et incendiée d’amour pour l’Époux crucifié, elle fut prête à supporter, aussi longtemps qu’il lui plairait, les plus cruels des supplices. Trente années durant, elle fut clouée sur son lit comme sur une croix par les infirmités ; pendant vingt de ces années, elle ne put remuer que son bras gauche et sa tête ; elle puisait dans la Très Sainte Eucharistie la force nécessaire pour se soutenir, car son estomac débile refusait, dit-on, toute autre nourriture. Enfin, la 3e férie après Pâques, sans témoins — par quatre ans de prières elle l’avait demandé à Dieu et, aux approches de la mort elle-même s’était arrangée de telle

quadringentesimo trigesimo tertio, annos nata quinquaginta tres. Variis post mortern miraculis clara, quorum aliqua refert oculatus testis Thomas A Kempis, illico cives suos habuit cultores, erecto in ecclesia sancti Joannis Baptisti speciali sacello ad annuam ejus memoriam celebrandam, quam nec jussit, nec impedivit Sancta Sedes. Beatæ Liduinæ ædes quam desideravit pauperibus ad refugium deservire, conversa fuit in xenodochium. Ejus reliquiæ, anno millesimo sexcentesimo decimo quinto subductæ fuere Bruxellas sub Mathia Hovio, archiepiscopo Mechliniensi qui ad vota Archiducum Alberti et Isabellæ, edito Pastorali decreto, publicum eis cultum impendi permisit.
sorte qu’elle put rester seule — elle s’endormit dans le Seigneur, le quatorze avril de l’an mil quatre cent trente-trois. Elle était âgée de cinquante-trois ans. Après son décès, de nombreux miracles accrurent sa renommée ; quelques-uns d’entre eux nous ont été rapportés par Thomas A Kempis qui en fut le témoin oculaire ; aussitôt ses concitoyens la révérèrent, en élevant dans l’église de saint-Jean-Baptiste une chapelle spéciale pour y célébrer chaque année sa mémoire — et ce, sans qu’il y eût approbation ou défense du Saint-Siège. La demeure de la Bienheureuse Liduine, dont elle avait désiré faire un refuge pour les pauvres, fut convertie en hôpital. Les reliques furent transférées à Bruxelles, en 1615, Mathias Hovius étant alors archevêque de Malines. Celui-ci, sur la prière de l’archiduc Albert et de sa femme Isabelle, publia un décret pastoral pour permettre qu’un culte public leur fût rendu.


Ad Laudes
À Laudes
Hymnus « Ut semper in suis »
supra ad I Vesperas
Hymne « Comme toujours Dieu opère » — voir plus haut aux premières Vêpres.


Oratio
Oraison

Domine Deus noster, qui beatam Liduinam virginem ab illecebris sæculi

Seigneur, notre Dieu, qui préservas des vanités du siècle la Bienheureuse Liduine

præservatam, ad tuæ Crucis amplexum toto corde transire docuisti ; concede ut ejus meritis atque exemplo discamus et perituras mundi calcare delicias et Crucis tuæ amore omnia nobis adversantia superare, qui vivis et regnas, etc.
et lui appris à leur préférer l’amoureuse étreinte de ta croix, accorde-nous, par son exemple et ses mérites, d’apprendre, nous aussi, à fouler aux pieds les délices périssables de ce monde et à surmonter, par l’amour de ta croix, toutes nos adversités. Toi qui vis et règnes, etc.


Reliqua omnia de Communi.
Tout le reste du Commun.



BRÉVIAIRE CATHOLIQUE
XIXe SIÈCLE
OFFICE DE SAINTE LIDUINE
concédé aux églises de la hollande, par décret
de la sacrée congrégation des rites
en date du 24 mai 1892


Die XIV aprilis

XIV avril.
In festo B. Liduinæ virginis Schiedamensis
En la fête de la B. Liduine, vierge de Schiedam


Pro civitate Schiedamensi
Duplex ij classis
Pro diocœsi Harlemensi et pro monasterio Carmelitarum Bruxellensium
Duplex majus
Pour la ville de Schiedam
Double de 2e classe
Pour le diocèse d’Harlem et pour le monastère des Carmélites déchaussées de Bruxelles
Double majeur


Omnia de communi Virginum non Martyrum, præter sequentia :
Tout du commun des Vierges non martyres, excepté ce qui suit :


Oratio
Oraison

Deus qui B. Liduinam virginem, admirabilis patientæ et charitatis victimam effecisti, tribue, quæsumus, ut ejus exemplo et intercessione,

Seigneur qui fis de la B. vierge Lydwine une victime admirable de patience et de charité, permets, nous t’en supplions, que, par son

hujus vitæ ærumnas pro tua voluntate perferentes et proximis nostris propter Te succurrentes, æterna gaudia consequi mereamur. Per Dominum, etc.
exemple et son intercession, après avoir supporté pour ta volonté les misères de cette vie et secouru en ton Nom notre prochain, nous soyons trouvés dignes de parvenir aux joies éternelles. Par Notre Seigneur, etc.


In I Nocturno
Lectiones de Virginibus ut in Communi.
In II Nocturno
Au I Nocturne
Leçons des Vierges comme au commun
Au II Nocturne
Lectio iv
Leçon iv

Liduina virgo Schiedami, in Hollandia, nata est, die Palmarum, ipso tempore quo in oppidi ecclesia inter Missæ sacrificium Passio Domini decantabatur, re quasi jam præsagiente, quam insignis illa Christi pro humano genere patientis futura esset imitatrix. A prima ætate variis virtutibus conspicua, virginitatem perpetuo custodiendam sibi etiam statuit. Quum itaque duodennis, ut pote egregiis animi corporisque dotibus instructa, a pluribus honestate ac divitiis præstantibus, in conjugern peteretur, cælesti tamen quern elegerat Sponso fidelis permansit Deumque exoravit ut, ne quispiam deinceps conjugium sibi offerret deformitate potius morbisque afficeretur. Voti compos facta est, atque quintodecimo ætatis anno, infauste casu,

La vierge Liduine naquit à Schiedam, en Hollande, le jour des Rameaux, à l’heure même où dans l’église de la ville, pendant le sacrifice de la messe, l’on chantait la Passion du Seigneur ; elle sembla présager ainsi quelle insigne imitatrice elle devait être du Christ souffrant pour le genre humain. Dès son premier âge, elle résolut de garder la virginité perpétuelle et comme, au point de vue spirituel et corporel, elle était douée des plus enviables dons, plusieurs personnes riches et bien famées de la ville, la demandèrent en mariage ; mais elle resta fidèle au divin Époux qu’elle s’était choisi, et pria Dieu, pour éviter les démarches de nouveaux prétendants, de l’affliger de difformités et de l’enlaidir par des maladies. Sa prière fut exaucée ; elle avait

dexteri lateris costa confracta est. Mox, per reliquum vitæ tempus, octo nempe et triginta annos tam incredibili morborum et dolorum multitudine atque vi exagitata fuit eosque tam invicto imo lubenti animo toleravit, ut humanæ miseriæ simul et heroicæ patientiæ prodigium æstimaretur. Tota enim mente cœlestia mysteria, Dominicam præsertim Passionem assidue contemplans, quum vel acerbissime cruciaretur, quandoque etiam interna consolatione careret, Deo placide gratias agens, tribulationes augeri sibi magis quam minui optabat.
quinze ans lorsqu’une chute malheureuse lui brisa une côte du flanc droit. Durant le reste de sa vie, c’est-à-dire pendant trente-huit ans, elle endura un nombre si incroyable de douleurs et de maux, avec tant de courage et de joie, qu’elle fut considérée telle qu’un prodige de misère humaine et d’héroïque patience. Son esprit tout entier s’absorbait dans la contemplation assidue des célestes mystères et surtout de la Passion du Sauveur. Lorsque ses souffrances devenaient plus acerbes, ou bien encore lorsque les consolations intérieures la délaissaient, elle rendait, sans s’émouvoir, grâces à Dieu et souhaitait l’augmentation de ses tourments plutôt que leur diminution.


Lectio v
Leçon v

Animi demissione, obedientia ac mansuetudine in exemplum prædita atque Dei amore flagrans, eximia etiam proximorum inimicorum, licet et persequentium, dilectione refulsit. Pauperes, ipsa pauper, de sibi erogatis eleemosynis sustentabat ; spirituali qualicumque ope indigentes, omni quo poterat modo adjuvabat, maxime si de homine a vitæ pravitate convertendo, vel anima e Purgatorio exsolvenda

Modèle d’humilité, d’obéissance, de mansuétude d’âme embrasée par l’amour divin, elle témoignait à ceux qui l’approchaient et qui étaient devenus ses ennemis et même ses persécuteurs, une affection extraordinaire. Pauvre, elle-même, elle soulageait les pauvres avec les aumônes qu’elle recevait. Quiconque avait besoin d’un secours spirituel était assuré de le trouver près d’elle, surtout s’il s’agissait de

ageretur. Variis insuper prodigiis insolitisque gratiis, diu jam ante obitum late innotuit. Altissimæ, inter alia, contemplationis dono gaudens, multoties in extasin rapta, cælestibus sæpe apparitionibus familiari imprimis Angeli sui societate honorata, cordium abscondita perspiciens, prophetico spiritu absentia et futura revelavit. Plures mirabili ejus interventu, corporis animæve sanitatem obtinuerunt. Tandem Dei famula, passionibus et meritis cumulata, piisime in cœlum migravit, decimo octavo calendas Majas, anno Domini millesimo quadringentesimo tricesimo tertio. Corpus integrum, et decorum repertum, ingenti hominum concursu tumulatum ; sepulchrum, sacello desuper erecto atque majori loco ecclesiæ conjuncto, multis miraculis claruit.
la conversion d’un homme de mauvaise vie ou de la délivrance d’une âme du Purgatoire. Longtemps déjà avant sa mort, divers prodiges et d’exceptionnelles grâces l’avaient fait connaître au loin ; douée du don de la plus haute contemplation et fréquemment ravie en extase, souvent favorisée d’apparitions divines, et vivant surtout dans la société familière de son ange, elle pénétrait les secrets des cœurs et révélait prophétiquement le passé et l’avenir. Un grand nombre de personnes obtinrent par sa merveilleuse intercession la santé de l’âme et du corps. Enfin, la servante de Dieu, après avoir accumulé les souffrances et les mérites, s’en alla pieusement au ciel, le dix-huit des calendes de mai, l’an du Seigneur, mil quatre cent trente-trois. Lorsque son corps, rétabli dans son initiale beauté, fut enseveli, il y eut pour assister aux funérailles un grand concours de peuple. Son tombeau sur lequel s’éleva une chapelle que l’on rejoignit à l’église plus spacieuse, fut glorifié par de nombreux miracles.


Lectio vi
Leçon vi

Post duo fere sæcula, sacello ab acatholicis occupato, ob sanctitatis vero et

Après environ deux siècles, la chapelle devint la propriété des hérétiques ; cependant l’

miraculorum famam virginis memoria cultuque perdurante, sacræ ejus reliquiæ Bruxellas translatæ et ab Archiepiscopo Mechliniensi recognitæ sunt. Majorem partem Belgii gubernatrix, Archiducissa Isabella, Carmelitidum discalceatarum conventui Bruxellensi tradidit ; cujus ordinis et conventus moniales, quum deinde per duo iterum cum dimidio sæcula, pretiosum illud depositum fidelissime asservassent et coluissent, Summus Pontifex Pius Nonus, Episcopali Harlemensi rogatu, insignes aliquot B. Liduinæ reliquias, e prædicto monasterio in Virginis natalem urbem, ad parochialem S. Mariæ de Visitatione ecclesiam deferi concessit. Quo facto, crescente in dies erga eam devotione, Episcopi Harlemensis, cujus precibus ceteri Nederlandiæ Episcopi una cum Archiepiscopo Mechliniensi suas libentissime preces conjunxerunt, vota suscipiens summus Pontifex Leo decimus tertius Liduinæ cultum confirmavit et in ejus honorem Missam celebrari et proprium officium recitari pro Nederlandiæ regno indulsit.
éclat de la sainteté et des miracles de la vierge avaient conservé sa mémoire et son culte ; ses saintes reliques furent transférées à Bruxelles et reconnues par l’archevêque de Malines. L’archiduchesse Isabelle, gouvernante de Belgique, en donna la plus grande partie aux Carmélites déchaussées de Bruxelles. Les moniales de cet ordre et de ce couvent conservèrent pendant deux siècles et demi et honorèrent avec fidélité ce précieux dépôt. Puis le pape Pie IX, sur les instances de l’évêque de Harlem, permit de transporter, de ce monastère dans la ville natale de la vierge, à l’église paroissiale de sainte-Marie de la Visitation, quelques importantes reliques de la B. Liduine. Comme à la suite de cette illation, la dévotion qu’elle inspirait augmentait chaque jour, l’Évêque de Harlem assisté des autres évêques de la Néerlande et de l’archevêque de Malines qui avaient joint très volontiers leurs prières aux siennes, obtint du Souverain Pontife Léon XIII la confirmation du culte de Liduine. La célébration d’une messe en son honneur et la récitation d’un office propre furent également accordées par le Saint-Père au royaume de la Hollande.

In III Nocturno
Lectio sancti Evangelii secundum Matthæum
Lectio VII — Cap. V.
De homilia S. Augustini Episcopi
Lib. I de sermone Domini in monte c. IV.
Au IIIe Nocturne
Lecture du Saint Évangile selon Saint Mathieu
Lecture VII — Chapitre V.
De l’Homélie de Saint Augustin, évêque. — Du sermon du Seigneur sur la montagne c. IV.