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Sapho, dompteuse/1-03

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A. Méricant (p. 31-54).

CHAPITRE III

LE SOUPER

La dompteuse s’est laissé habiller par son amie, qui l’a gainée dans une robe de liberty soufre, ennuagée de mousseline de soie, sous un précieux treillis de filet d’Irlande. Un gros bouquet de roses thé s’épanouit dans les dentelles du corsage, et la toison rousse flambe sur tout cela, négligemment massée sous un grand chapeau à plumes noires.

Melcy est charmante aussi ; mais d’une grâce plus frêle, plus nébuleuse avec ses cheveux fins d’un blond argenté et ses yeux pâles couleur de fleur de lin.

Elle est vêtue de bleu mourant, comme une ingénue, et semble descendre d’un ciel d’été avec des sourires de nuées blanches sur des rayons de lune.

Melcy également est une des gloires du champ de foire. Le pitre qui fait le boniment, devant sa baraque, raconte qu’elle commande aux éléments, qu’elle est en relations suivies avec les puissances infernales pour soumettre les êtres et les choses à son pouvoir magique.

D’un geste de son petit doigt elle fait ramper, danser, virevolter d’affreux serpents dont la vue seule communique le frisson de la petite mort.

Les monstres s’agitent d’abord, furieusement, cherchent à planter leurs crocs venimeux dans la chair liliale de la charmeuse ; mais elle leur présente une longue plume de paon, leur chatouille délicatement la tête et le cou, tout en prononçant des incantations mystérieuses ; et les voilà domptés. La flamme de leurs petits yeux glauques s’éteint ; ils ondulent, se tordent, se trémoussent, comme des odalisques aux sons des flûtes et des tambourins. Puis, ils enlacent le corps charmant ; lui font des colliers, des écharpes, des ceintures de soie vivante tachée, ocellée, rayée de couleurs vives. Ils dressent, vers sa bouche, leur langue fourchue dans un voluptueux délire.

Melcy se renverse, pâmée, comme Sapho avec la panthère ; elle semble abîmée de luxure ou accablée de souffrance, car son visage soudain est pâle comme un lis.

Mais, d’un sursaut brusque, d’une torsion des reins, elle se remet debout, empoigne les reptiles à quelques centimètres de la tête, les détache de sa poitrine, de son ventre, de ses jambes, de ses bras, et bondit en agitant triomphalement sa poignée de serpents.

Elle possède des crotales d’un gris jaunâtre, strié de losanges verts et noirs, des hajés d’Égypte d’une teinte bleuâtre, mouchetée de fauve, des cobras indous, aux reflets d’acier, des dasypellis, semblables à des rubans d’argent pailleté, des ophiophages aux taches glauques et brunes, des vipères sombres. Il y en a de tous les pays et de toutes les tailles ; mais les mauvaises langues prétendent que tous ces ophidiens ont perdu leurs crochets et ne sont plus à craindre.

La grande allée de Neuilly est déserte, maintenant ; les baraques ont éteint leurs rampes de gaz et, seul, le rugissement des fauves s’élève encore derrière les toiles tendues aux badigeons de chrome et d’indigo.

Dans une salle, destinée aux repas de noces, des jeunes gens attendent, devant un souper froid, les étoiles de la fête. Ces étoiles sont Sapho, Melcy, mesdemoiselles Arlette, une acrobate, Malaga, une jongleuse, Faustine, une diseuse de bonne aventure, somnambule et chiromancienne, et Miette, une écuyère de treize ans qui monte les poneys du cirque Salvator.

Il fait une de ces soirées accablantes où l’activité et le ressort des Parisiens, même habitués aux longues veilles, sont comme anesthésiés, une de cet nuits veules, pendant lesquelles tout ce qui s’amuse est sans entrain, où l’air capiteux de la ville semble charrier des bouffées de paresse.

Les hommes, des viveurs de vingt à trente ans, fument mollement, les coudes sur la nappe. Ils sont tellement perdus dans les nuages que produisent leurs cigares qu’ils semblent des corps immatériels et que leurs voix résonnent plus lugubrement, parties de ces bouches presque invisibles.

— L’on étouffe ici, fit l’un d’eux. Ouvre donc les fenêtres, Ludovic.

Ludovic s’exécuta avec un bâillement profond.

— Nos princesses sont en retard, reprit le jeune homme qui avait déjà parlé, un étudiant de vingt-deux ans, maigre et blafard, qui dépensait en fêtes de toutes sortes l’argent envoyé par sa famille.

— Moi, reprit Ludovic Nandel, le plus âgé de la bande, je me suis offert Faustine, la femme fatale au marc de café.

— Peuh !… Je préfère Arlette, la rieuse, malgré son manque certain de distinction.

— Et que pensez-vous de Malaga ?

— Malaga est une belle fille aux lignes souples et harmonieuses ; mais les acrobates craignent toujours de se fatiguer… Elles ne sont drôles qu’en public.

À ce moment Faustine et Arlette firent leur entrée, appuyées l’une à l’autre, la cigarette aux lèvres.

Faustine, la magicienne, exhibait une robe sévère de tulle noir, brodée de chauve-souris métalliques qui étincelaient. Son col jeune et gracieux supportait un collier composé de quatre rangs de divinités bizarres, d’amulettes en cornaline et en lapis-lazuli.

Une ceinture de gemmes multicolores, fermée par un scarabée d’émail, enserrait sa taille mince ; de grands cercles d’or tremblaient sur ses joues.

Elle avait le nez droit et fin, la bouche charnue, violemment colorée et de beaux yeux glauques entre deux lignes d’antimoine qui les continuaient sur les tempes jusque sous les boucles mordorées des cheveux.

Arlette, sa compagne, était également mince et nerveuse avec moins de régularité dans les traits. Mais sa peau était blanche comme le lait, et rien n’égalait la grâce de ses mouvements, l’harmonie de sa démarche lente et balancée.

Une robe de linon rose, couverte de panneaux d’Irlande, épousait amoureusement ses formes impeccables ; un grand chapeau empanaché d’aigrettes et de plumes ondoyantes couvrait ses cheveux blonds savamment oxygénés.

— Enfin ! s’écria Ludovic Nandel, en embrassant Faustine, qui lui rendit son baiser, nous ne mourrons pas d’ennui, ce soir !…

Yves Renaud, l’étudiant pâle, s’était emparé d’Arlette et la lutinait en riant.

— Grand fou ! dit-elle, en lui pinçant le bras, tu vois bien que tu chiffonnes ma robe ; or, mon cher, c’est ma plus chic !

— Je t’en donnerai une autre.

— Avec quoi ?

— Avec l’argent du paternel, pardi.

— Oh ! il t’a rogné les vivres.

— Oui, mais je lui ai offert le grand jeu : maladie, remèdes, médecin, etc…

— Ça ne prend plus…

— Je t’assure…

— D’ailleurs, tu ne mentais peut-être pas autant que tu te l’imaginais, car tu as vraiment une singulière figure ?…

Yves se regarda dans la glace, criblée d’inscriptions et de maculatures diverses.

— Tu trouves ?… Voyons, René, Ludovic, ai-je vraiment si mauvaise mine ?…

— Mais non, mais non, firent les jeunes gens avec indifférence, tu peux bien faire la fête pendant une semaine ou deux, encore…

— Dans quinze jours j’aurai quitté Paris, soupira Arlette.

— Et tu m’auras remplacé ?

— Dame… il faut vivre. Les acrobates, à présent, sont si peu payées.

— Plus encore que les jongleuses, s’écria Malaga qui venait d’entrer avec Miette, l’écuyère du cirque Salvator.

Malaga était d’une chaude et vivace beauté avec d’épais cheveux noirs et des yeux de flamme. Tout son corps, moulé dans un crêpe de Chine blanc, aux soyeuses broderies, avait de frémissantes impatiences. Elle semblait toujours jongler avec des boules d’or ou danser la séguidille.

Miette prenait des mines de petit chat. Elle était toute fluette encore dans une robe de foulard bleu, trop courte, et ses longues boucles de cheveux pâles tombaient en désordre sur ses épaules.

— J’ai faim ! dit-elle, une faim de loup ! Est-ce qu’on se met à table ?

— Mon Dieu ! Si pressée que cela ?… fit Arlette, en riant.

— Toute la journée j’ai travaillé sur mon nouveau poney ; j’ai bataillé pour le faire obéir, car il est têtu comme un âne ! Nous avons tourné dans le manège comme des enragés, et finalement il m’a jetée par terre… Tenez, j’ai une bosse au front !…

Elle relevait ses cheveux emmêlés, montrant une ecchymose toute fraîche.

— Ma pauvre Miette ! tu vas te faire tuer !…

— Coco est tout petit, heureusement. Le clown Théodore le prend presque sur son dos.

— Oh ! alors, c’est comme si tu jouais avec un chien.

— Oui, un méchant chien, très rageur.

— Qui attendons-nous encore ? demanda René de Pragues qui s’était emparé de l’Espagnole et l’avait assise sur ses genoux pour lui faire vider une coupe de vin mousseux.

— Sapho et Melcy sont en retard, fit Arlette… Peut-être Sapho a-t-elle été dévorée par sa panthère. Elle est si imprudente !…

— Deux jolies bêtes de joie !

— J’aime mieux le fauve, dit la chiromancienne.

— Moi, je préfère la fille, déclara Ludovic.

— On la dit sage ?

— Mais oui ; jusqu’à présent elle a repoussé toutes les propositions.

— C’est une étrange nature ; car on sait bien qu’une femme seule dans la vie se tire rarement d’affaire.

— Elle gagne de l’argent.

— Relativement ; car il faut du courage pour faire ce qu’elle fait… La panthère noire, surtout, est terrible !
— Tu auras un atelier et une négresse.

— Mais non, au contraire. Seulement elle ne souffre aucune rivalité !

Deux fois, déjà, Sapho a failli être mangée, par Fatma, la lionne, et Mirah est jalouse. Malgré cela, elle a toujours défendu sa maîtresse.

— J’ai vu la dompteuse le lendemain de l’accident, elle avait une balafre énorme au flanc et s’étirait mollement sans plus de souci de sa blessure.

— Peut-être même cherche-t-elle le danger. C’est une nature inquiète et changeante.

Mais on fit silence, car Sapho venait d’entrer avec Melcy et son regard aigu dévisageait les soupeurs, soudain un peu inquiets.

— Je parie qu’on parlait de moi ?…

— De qui pourrait-on parler quand on n’attend que toi pour réjouir les yeux et les cœurs, fit Ludovic, galant.

— Peste ! quel décolletage ! s’exclama René en reluquant la poitrine de la belle fille.

En effet, le corselet de Sapho s’échancrait généreusement découvrant les seins jusqu’à leurs pointes roses, semblables à des fleurs mi-closes.

Ce fut une folie. Les femmes, sur le divan, se décolletèrent de même, à grand renfort d’épingles, assurant qu’elles ne craignaient pas la comparaison. Elles avaient passé un nuage de poudre de riz sur leurs épaules et s’étaient retouché les yeux et les lèvres, en se prêtant le crayon noir et le crayon rouge que possédait Malaga.

Miette faisait des culbutes, marchait à quatre pattes en imitant le rugissement du lion.

Malaga la prit dans ses bras.

— Tu ne seras donc jamais sérieuse ?… Il y a des messieurs, ici, qu’il faut séduire, et ce n’est pas en faisant la bête que tu trouveras un galant.

— Je me moque bien des hommes ! s’écria la gamine, en embrassant sa grande amie. Est-ce qu’on ne peut pas s’en passer quand on travaille et qu’on est honnête ?…

— Les amoureux donnent de belles robes et des bijoux.

— Bah ! les femmes en donnent aussi, quelquefois, et elles sont bien plus gentilles… Je ne te quitterai plus, Malaga ; je serai ton petit page… Comme dans la féerie qu’on joue au théâtre du « Prince Charmant »… Veux-tu ?…

L’Espagnole embrassa la fillette, qui, très fatiguée, commençait à avoir sommeil.

De violentes senteurs flottaient dans l’air : odeurs de chairs, de fards et d’aromates, mêlées aux relents des cigares. Les lueurs des globes électriques piquaient des éclairs sur les seaux argentés où se gelait l’extra-dry.

Arlette et Faustine, maintenant, se bourraient de concombres et de tomates crues. Malaga mangeait des piments doux et des olives, grise déjà de baisers et de rires.

— Attendez donc, vous n’aurez plus faim pour le reste, fit Ludovic.

— Moi, je n’aime que la salade très vinaigrée, le beurre et les radis roses.

— Oh ! la salade ! je ferais des folies pour en grignoter sur pied, comme les escargots, s’écria Arlette qui mangeait les hors-d’œuvre à même le ravier.

Mais l’on servait la viande froide, les tranches de filets roses, les ailes de poulet dans la gelée tremblotante, des écrevisses, des pâtés truffés, et les hommes, à leur tour, firent honneur au souper.

Sapho, seule, touchait à peine aux mets qu’on lui servait.

— Qu’as-tu donc ?… demanda Malaga, la bouche pleine. Est-ce l’amour qui te rend muette ?…

— Non, c’est le contraire, répondit la dompteuse.

— La haine, alors ?…

— La haine ou quelque chose d’approchant.

— Explique-toi. Un drame s’est-il passé dans ta vie ?… Si tu détestes quelqu’un, c’est donc que tu es jalouse ?…

— Je ne déteste personne ; mais un homme, à Paris, souhaite ma mort. Il a parié que je serais dévorée par Mirah.

— L’imbécile ! s’écria René. Ce serait vraiment dommage !… Toi, si charmante, servir de bifteack à tes fauves !… Il ne t’a donc pas regardée, ce malotru sénile !…

— Je connais le sujet, fit Ludovic… Je puis vous dire son nom, car un de mes amis, qui est médecin-aliéniste, l’a soigné, pendant deux ans : c’est Christian de Sazy, que l’abus de la morphine a rendu fou.

— Christian de Sazy ?… N’est-ce pas ce type qui a tué sa maîtresse, ou à peu près, pour se procurer des sensations rares ?…

— Oui, et on l’a enfermé pour cet exploit. La femme, d’ailleurs, n’était pas sans reproches, car elle le trompait indignement pour exaspérer sa jalousie.

— C’est égal, la punition était un peu sévère. Si les hommes tuaient toutes les infidèles, il n’y aurait plus de femmes sur la terre !

Arlette et Malaga riaient, renversées sur les coussins. Miette dormait, pour de bon, la tête sur les genoux de sa grande amie.

L’on avait fermé les portes ; les jolies filles, presque nues, s’offraient aux baisers et aux caresses.

— Je vais vous dire la bonne aventure ! s’écria Faustine, aussi grise que ses compagnes. Toi, Arlette, tu feras fortune. Tu auras des bijoux, des autos, un petit hôtel et de nombreux domestiques.

— C’est dans ma main que tu vois tout cela, fit la petite, en examinant à son tour ses doigts roses.

— C’est dans ta main, dans ton sourire, dans tes yeux… Tu as tout ce qu’il faut pour réussir et plumer les pigeons naïfs !… Ton nez friand de vice et d’intelligence, ton minois futé, jusqu’à ta voix un peu rauque, te vouent aux destinées glorieuses.

Et moi, fit Malaga, en tendant ses paumes, tandis qu’Arlette, toute joyeuse, sautait sur les genoux d’Yves Renaud et l’embrassait derrière l’oreille.

— Toi, tu aimes trop l’amour pour savoir t’en servir. Qui se donne trop ne glane rien.

— Comment, rien ?… Est-ce que je finirai dans la misère ?

— Presque… à moins que tu ne changes avant la chute de tes charmes, ce qui est peu probable.

— Quoi ?… Les hommes seraient à ce point ingrats ?…

— Certes, et plus encore.

— Hé !… là… Nous protestons !… s’écrièrent Ludovic et René, sans grande conviction, d’ailleurs.

— Mais, alors, je ne serai pas prise au sérieux ?… demanda l’amoureuse.

— Si, pendant… Quelques fois avant, jamais après.

— J’aime bien Malaga, fit René de Pragues.

— Le « bien » est superflu.

— Ah ! zut ! fit le jeune homme en riant.

Melcy, à son tour, s’était approchée.

— Et moi ?… Peux-tu me dire quelle sera ma destinée ?…

— Bientôt tu cesseras de charmer les serpents.

— Vraiment ?…

— Tu deviendras une femme à la mode comme Ida de Percigny et Claudia de Tours… Tu auras un atelier superbe et une négresse pour te servir… Même, quelques petits serpents se cacheront dans les coins pour effrayer les visiteurs. Ce sera une originalité de plus.

— Et, ferai-je fortune ?…

— Certes.

— Serai-je heureuse ?…

— Oui et non.

— Retire-lui ta main, fit Malaga ; elle va te prédire une catastrophe épouvantable !…

— Oh ! je suis brave.

— Si tu le préfères, nous en resterons là, dit la chiromancienne, moqueuse… Et puis, tu sais, ma science n’est pas infaillible.

— Je m’en doute… Selon le caractère des gens, il n’est pas bien difficile de deviner ce qu’ils deviendront.

— Il y a les événements qui changent les destinées, répliqua Faustine, vexée. Le hasard joue un grand rôle dans la vie… Mais, ce qui paraît le hasard est gravé dans la main de l’homme…

— Et tu peux expliquer l’inexplicable, fit Malaga avec ironie.

— Je n’explique pas, je constate.

Melcy haussa les épaules.

— Eh bien, mon existence sera à peu près semblable à celle de toutes les femmes qui ne sont ni sottes, ni disgraciées de la nature ; j’aurai des amants, plus ou moins généreux ;
Elle s’étirait mollement.
je mettrai de l’argent de côté pour mes vieux jours et je mourrai dans la peau d’une dévote, revenue des choses d’ici-bas et sans pitié pour les péchés des autres.

— Non, dit Faustine, tu n’iras pas jusque-là…

— Je partirai jeune, alors, de la poitrine, comme toutes les amoureuses qui se respectent ?… Il me semble que j’ai déjà des cavernes… Cela siffle dans mes poumons !… Vrai, on dirait que j’ai avalé mes serpents ! Elle enflait sa poitrine, en riant, prenait une aspiration profonde.

— Tu ne mourras pas de la poitrine.

— Alors, j’aurai une maladie de cœur, une méningite ou une fièvre typhoïde ?…

— Non.

— Tu me fais frémir !… Serai-je piquée par un aspic ou écrasée par un autobus ?…

— Rien de tout cela.

— Alors ?…

— Tu seras assassinée !…

— Faustine, tu es sinistre !… Laisse-nous tranquilles, dirent les petites, plus émues qu’elles ne voulaient le paraître.

— C’est vrai, nous étions sans souci, heureuses de l’heure présente, et cette sotte vient nous terroriser avec ses histoires de l’autre monde.