Shiji/II

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Chapitre II
Annales des origines II
Les Xia
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史記卷二
Mémoires historiques – Chapitre II
本紀第二 夏
Annales des origines II – Les Xia
夏禹,名曰文命。禹之父曰鯀,鯀之父曰帝顓頊,顓頊之父曰昌意,昌意之父曰黃帝。禹者,黃帝之玄孫而帝顓頊之孫也。禹之曾大父昌意及父鯀皆不得在帝位,為人臣。當帝堯之時,鴻水滔天,浩浩懷山襄陵,下民其憂。堯求能治水者,群臣四嶽皆曰鯀可。堯曰:「鯀為人負命毀族,不可。」四嶽曰:「等之未有賢於鯀者,原帝試之。」於是堯聽四嶽,用鯀治水。九年而水不息,功用不成。於是帝堯乃求人,更得舜。舜登用,攝行天子之政,巡狩。行視鯀之治水無狀,乃殛鯀於羽山以死。天下皆以舜之誅為是。於是舜舉鯀子禹,而使續鯀之業。

Yu (), (comte de) Xia 101, avait pour nom personnel Wenming 102 (文命). Le père de Yu s’appelait Gun 103 () ; le père de Gun s’appelait l’empereur Zhuanxu 104 (顓頊) ; le père de Zhuanxu s’appelait Changyi (昌意) ; le père de Changyi s’appelait Huangdi (黃帝). Yu était donc l’arrière-arrière-petit-fils de Huangdi et le petit-fils de l’empereur Zhuanxu. Ni l’arrière-grand-père de Yu, Changyi, ni son père, Gun, n’eurent la dignité impériale ; ils furent sujets du souverain.

C’était au temps de l’empereur Yao () ; [ 105 les eaux énormes s’élevèrent jusqu’au ciel ; l’immense nappe entoura les montagnes et submergea les collines. A cause de cela, le peuple de la plaine fut dans l’affliction.] Yao demanda quelqu’un qui pût réprimer les eaux. La foule de ses officiers et les (chefs des) quatre montagnes dirent tous :

Gun en est capable.

Yao dit :

Gun est un homme qui rejette mes ordres et il est funeste à ses collègues. C’est impossible.

Les (chefs des) quatre montagnes dirent :

— Parmi les autres, il n’y en a aucun qui soit plus sage que Gun. Nous désirons que l’empereur le mette à l’essai.

Alors Yao écouta l’avis des (chefs des) quatre montagnes et se servit de Gun pour réprimer les eaux. Au bout de neuf ans les eaux ne s’étaient point arrêtées et les travaux (de Gun) n’eurent aucun succès.]

Alors l’empereur Yao chercha un autre homme et trouva Shun (). Shun fut élevé aux emplois ; il exerça par procuration le gouvernement de Fils du ciel ; il inspecta les fiefs ; sur son passage il reconnut que les travaux que Gun avait faits pour réprimer les eaux n’étaient pas dignes de louange ; c’est pourquoi [ 106 il exila Gun sur la montagne Yu] pour qu’il y mourût. Tout l’empire approuva la condamnation prononcée par Shun. Puis Shun promut Yu, fils de Gun, et le chargea de continuer la tâche de Gun.

堯崩,帝舜問四嶽曰:「有能成美堯之事者使居官?」皆曰:「伯禹為司空,可成美堯之功。」舜曰:「嗟,然!」命禹:「女平水土,維是勉之。」禹拜稽首,讓於契、後稷、皋陶。舜曰:「女其往視爾事矣。」

Yao mourut. L’empereur [ 107 Shun interrogea les chefs des quatre montagnes, disant :

— Y a-t il quelqu’un qui soit capable de mener à bien et d’illustrer les entreprises de Yao ? je le mettrai en charge.

Tous dirent :

— Le comte Yu est intendant des travaux publics ; il peut mener à bien et illustrer l’œuvre glorieuse de Yao. Shun dit :

— Ah ! c’est bien.

Il donna donc cet ordre à Yu :

— Vous réglerez les eaux et les terres ; ne songez qu’à faire tous vos efforts.

Yu salua et se prosterna, voulant se retirer devant Xie (契), le prince Ji (稷) ou Gaoyao (皋陶). Shun lui dit :

— Allez veiller à vos occupations.]

禹為人敏給克勤;其德不違,其仁可親,其言可信;聲為律,身為度,稱以出;亹亹穆穆,為綱為紀。

Yu était un homme [ 108 actif, serviable, capable et diligent ; sa vertu n’évitait pas la peine ; sa bonté le rendait digne d’affection ; sa parole était digne de foi. Sa voix était l’étalon des sons ; son corps était l’étalon des mesures de longueur109 ; les mesures de poids dérivaient de lui. Très infatigable et très majestueux, il s’occupait de l’ensemble et des détails.]

禹乃遂與益、後稷奉帝命,命諸侯百姓興人徒以傅土,行山表木,定高山大川。禹傷先人父鯀功之不成受誅,乃勞身焦思,居外十三年,過家門不敢入。薄衣食,致孝於鬼神。卑宮室,致費於溝淢。陸行乘車,水行乘船,泥行乘橇,山行乘暐。左準繩,右規矩,載四時,以開九州,通九道,陂九澤,度九山。令益予眾庶稻,可種卑濕。命後稷予眾庶難得之食。食少,調有餘相給,以均諸侯。禹乃行相地宜所有以貢,及山川之便利。

Alors Yu, avec Yi 110 (益) et le prince Ji 111, s’acquitta du mandat de l’empereur ; il donna des ordres aux seigneurs et aux cent familles ; il mit sur pied des multitudes d’hommes à qui [ (112) il confia (113) les terres ; il parcourut les montagnes et fit des marques sur les arbres114. Il détermina les hautes montagnes et les grands fleuves.]

Yu était affligé de ce que, avant lui, son père Gun, pour n’avoir pas réussi dans sa tâche, avait reçu la mort. Il accabla donc de fatigues son corps ; sa pensée fut dévorée par les soucis. Il resta hors de chez lui treize années115 ; quand il passait devant la porte de sa demeure il n’osait pas y entrer. Il restreignait ses vêtements et sa nourriture, mais il montrait une extrême piété pour les génies et les dieux ; il n’avait qu’une humble demeure, mais il faisait les plus grandes dépenses pour des fossés et des canaux. Pour aller sur la terre ferme, il se servait d’un char ; pour aller sur l’eau, il se servait d’un bateau ; pour aller sur la boue, il se servait d’une sorte de van ; pour aller sur les montagnes, il se servait de crampons116. [ 117 À gauche il y avait des limites régulières ; à droite118 il y avait des règles certaines. Il tint compte des quatre saisons. Pour ouvrir les neuf provinces, il rendit les neuf chemins praticables, il endigua les neuf marais, il nivela les neuf montagnes.] [ 119 Il commanda à Yi de donner au peuple du riz] pour qu’il pût le planter dans des lieux bas et humides ; [il chargea le prince Ji de donner au peuple la nourriture qu’il lui était difficile de trouver ; ceux qui avaient peu de nourriture rétablirent l’accord en échangeant avec les autres les objets qu’ils avaient en trop ;] ainsi l’égalité fut établie parmi les seigneurs.

Alors Yu fit une tournée pour examiner ce qu’il était convenable que la terre produisît, afin d’en déterminer le tribut ; il examina aussi quels étaient les avantages qu’offraient les montagnes et les cours d’eau.

禹行自冀州始。冀州:既載壺口,治梁及岐。既脩太原,至於岳陽。覃懷致功,至於衡漳。其土白壤。賦上上錯,田中中,常、衛既從,大陸既為。鳥夷皮服。夾右碣石,入於海。

La tournée de Yu commença à la province de Ji 120 (冀州). [ 121 Province de Ji 122 : quand il eut travaillé à (la montagne) Hukou (壺口), — il mit l’ordre sur les monts Liang (梁) et Qi 123 (岐). — Ayant fait des réparations à Taiyuan (太原), — il arriva à Yueyang 124 (岳陽). — A Tanhuai (覃懷), il eut le plus grand mérite125 ; — il arriva jusqu’aux (rivières) Heng (衡) et Zhang 126 (漳). — La terre y est blanche et friable ; les redevances y sont en somme au premier rang127 ; les champs y sont au cinquième rang. (Les rivières) Chang 128 (常) et Wei (衛) suivirent un cours régulier ; — Dalu 129 (大陸) fut mis en culture. — Les barbares Niao 130 (鳥) (apportent) des vêtements de fourrure ; ils longent de près à leur droite le Jieshi (碣石) et entrent dans la mer.


濟、河維沇州:九河既道,雷夏既澤,雍、沮會同,桑土既蠶,於是民得下丘居土。其土黑墳,草繇木條。田中下,賦貞,作十有三年乃同。其貢漆絲,其篚織文。浮於濟、漯,通於河。

Le Ji (濟) et le He (河) délimitent la province de Yan 131 (沇州). Les neuf (branches du) He prirent un cours régulier132 ; — Leixia (雷夏) devint un lac133 ; — (les rivières) Yong (雍) et Ju (沮) s’y réunirent134 ; — la terre propre aux mûriers fut peuplée de vers à soie. — Alors le peuple put descendre des collines pour demeurer dans la plaine135. La terre y est noire et forme des mottes ; les herbes y sont luxuriantes et les arbres élevés ; les champs y sont au sixième rang ; les redevances furent exactement (au même rang que la province) ; celle-ci fut mise en culture la treizième année et alors celles-là (furent exigées) comme (pour les autres provinces)136. Le tribut (de cette province) consiste en laque et en soie137 ; ses mannes138 contiennent des tissus ornés139. En naviguant sur le Ji et le Ta (漯), on pénètre dans le He 140.

海岱維青州:堣夷既略,濰、淄其道。其土白墳,海濱廣潟,厥田斥鹵。田上下,賦中上。厥貢鹽絺,海物維錯,岱畎絲、枲、鉛、松、怪石,萊夷為牧,其篚酓絲。浮於汶,通於濟。

La mer et (la montagne) Dai 141 (岱) délimitent la province de Qing142 (青州). (Le territoire de) Yuyi (143) fut rapidement aménagé ; — le Wei (濰) et le Zi (淄) suivirent leur cours régulier144. — La terre y est blanche et forme des mottes ; le long de la mer il y a de vastes étendues salées ;] les champs y sont couverts de sel (145). [Les champs y sont au troisième rang ; les redevances y sont au quatrième rang. Le tribut (de cette province) consiste en sel, en toile fine, en produits de la mer, mais il est variable146 ; les vallées de la montagne Dai () fournissent de la soie, du chanvre, du plomb, des pins et des pierres singulières. Les barbares Lai 147 (萊夷) sont pasteurs. Les mannes (de cette province) (148) contiennent la soie (que donnent les vers nourris avec) le mûrier des montagnes (149). En naviguant sur (la rivière) Wen 150 (汶), on pénètre dans (la rivière) Ji.

海岱及淮維徐州:淮、沂其治,蒙、羽其藝。大野既都,東原厎平。其土赤埴墳,草木漸包。其田上中,賦中中。貢維土五色,羽畎夏狄,嶧陽孤桐,泗濱浮磬,淮夷蠙珠臮魚,其篚玄纖縞。浮於淮、泗,通於河。

La mer, (la montagne) Dai et (la rivière) Huai (淮) délimitent la province de Xu (151). (Les rivières) Huai et Yi (沂) furent dirigées152 dans leurs lits ; — Meng (蒙) et Yu (羽) furent ensemencés (153) ; — (le lac) Daye 154 (大野) fut enfermé dans des limites fixes ; — Dongyuan (東原) put être une plaine cultivée155. — La terre y est rouge, argileuse et forme des mottes ; les herbes et les arbres s’y multiplient de plus en plus. Les champs y sont au second rang ; les redevances y sont au cinquième rang. Le tribut consiste en terres des cinq couleurs156, en faisans des vallées de la montagne Yu 157 (羽), en Paulownias solitaires du sud de la montagne Yi 158 (嶧), en pierres sonores qui se trouvent posées sur les bords de la rivière Si 159 (泗). Les barbares du Huai 160 (apportent) des perles prises dans les huîtres et des poissons. Les mannes (de cette province) contiennent des soieries foncées, des soieries fines161) et des soieries blanches. En naviguant sur (les rivières) Huai et Si, on pénètre dans le He 162.

淮海維揚州:彭蠡既都,陽鳥所居。三江既入,震澤致定。竹箭既布。其草惟夭,其木惟喬,其土塗泥。田下下,賦下上上雜。貢金三品,瑤、琨、竹箭,齒、革、羽、旄,島夷卉服,其篚織貝,其包橘、柚錫貢。均江海,通淮、泗。

(La rivière) Huai et la mer délimitent la province de Yang 163 (揚州). — (Le lac) Pengli (彭蠡) fut enfermé dans des limites restreintes164 ; — les oiseaux migrateurs s’y établirent. — Les trois Jiang entrèrent dans la mer165 ; — le lac de Zhen (震) parvint à être calmé166. — Les fins bambous se multiplièrent ; les herbes y furent minces et longues ; les arbres y furent élevés. Le sol y est épais et boueux. Les champs sont au neuvième rang ; les redevances sont au septième rang et parfois au rang supérieur. Le tribut consiste en métaux des trois qualités, en pierres des espèces yao (瑤) et kun (琨), en fins bambous167, en dents, en cuir, en plumes et en queues168. Les barbares des îles169 (apportent) des vêtements faits avec des matières végétales. Les mannes (de cette province) sont pleines de tissus fabriqués avec des soies de couleurs variées170 ; ses paquets renferment des mandarines et des pamplemousses, mais c’est un tribut qu’ils n’apportent que quand ils en sont requis171. En suivant le Jiang et la mer, on arrive dans les rivières Huai et Si 172.

荊及衡陽維荊州:江、漢朝宗於海。九江甚中,沱、涔已道,雲土、夢為治。其土塗泥。田下中,賦上下。貢羽、旄、齒、革,金三品,杶、榦、栝、柏,礪、砥、砮、丹,維箘簬、楛,三國致貢其名,包匭菁茅,其篚玄纁璣組,九江入賜大龜。浮于江、沱、涔、漢,逾於雒,至於南河。

(La montagne) Jing (荊) et le sud de (la montagne) Heng (衡) délimitent la province de Jing 173 (荊州). — Le Jiang et le Han 174 (漢) se rendirent à la mer comme les seigneurs vont aux audiences impériales du printemps et de l’été175. — Les neuf Jiang furent exactement ce qu’ils devaient être176. — Le Tuo (沱) et le Qian (涔) eurent un cours régulier177. — La terre de Yun (雲) Meng (夢) fut mise en culture et bien réglée178. — Le sol y est épais et boueux. Les champs y sont au huitième rang ; les redevances y sont au troisième rang. Le tribut consiste en plumes, en queues, en dents, en cuir, en métaux des trois qualités, en arbres chun (杶), gan (榦), kuai (栝) et po 179 (柏), en pierres meulières grossières et fines, en pierres servant à faire des pointes de flèches et en cinabre. Quant aux bambous des espèces jun (箘) et lu (180) (簬), et à l’arbre hu (楛), les trois royaumes181 en envoient les spécimens les plus renommés comme tribut. Ils enveloppent, après les avoir liées en faisceaux, les herbes Jingmao 182 (菁茅). Leurs mannes sont remplies d’étoffes bleu foncé et rouges et de rangées de perles qui ne sont pas rondes. La contrée des neuf Jiang 183 apporte, en présent extraordinaire, la grande tortue184. En naviguant sur le Jiang, le Tuo ou le Qian, puis sur le Han 185, et en traversant le pays jusqu’au Luo (雒), on arrive à la partie méridionale du He.

荊河惟豫州:伊、雒、瀍、澗既入於河,滎播既都,道荷澤,被明都。其土壤,下土墳壚。田中上,賦雜上中。貢漆、絲、絺、紵,其篚纖絮,錫貢磬錯。浮於雒,達於河。

(La montagne) Jing 186, et le He délimitent la province de Yu (豫州).— Le Yi, le Luo, le Chan (瀍) et le Jian 187 (澗) — se rendirent dans le He. — Les eaux débordées du (lac) Yong 188, furent enfermées dans des limites fixes ; — il (Yu) conduisit (les eaux du) lac Ke (荷) jusqu’au lac Mingdu 189 (明都). Le sol y est friable ; dans les parties basses, il forme des mottes et il est pauvre. — Les champs sont au quatrième rang ; les redevances sont en moyenne au second rang. — Le tribut consiste en laque, en soie190, en toile fine, en gros chanvre ; les mannes sont remplies de tissus en soie191 et de bourre de soie. (Cette province) apporte en tribut, lorsqu’elle en est requise, des pierres qui servent à polir les pierres sonores. — En naviguant sur le Luo, on arrive dans le He.

華陽黑水惟梁州:汶、嶓既藝,沱、涔既道,蔡、蒙旅平,和夷厎績。其土青驪。田下上,賦下中三錯。貢璆、鐵、銀、鏤、砮、磬,熊、羆、狐、貍、織皮。西傾因桓是來,浮於潛,逾於沔,入於渭,亂於河。

Le sud (de la montagne) Hua 192 (華) et la rivière Hei 193 (黑) délimitent la province de Liang (梁州). Min (汶) et Bo (嶓) furent mis en culture194. — (Les rivières) Tuo et Qian 195 eurent un cours régulier. — A Cai (蔡) et à Meng 196 (蒙), il (Yu) célébra par des sacrifices le rétablissement de l’ordre. — À Heyi 197 (和夷), il put exécuter des travaux. — Le sol y est vert et noir198. Les champs sont au septième rang ; les redevances sont au huitième rang et tantôt au rang supérieur, tantôt au rang inférieur199. Le tribut consiste en pierres précieuses200, en fer, en argent201, en acier, en pierres destinées à faire des pointes de flèches et en pierres musicales, en peaux d’ours communs et d’ours rayés, de renards et de chats sauvages et en tissus faits avec leurs poils. (Partant du) Xiqing 202 (西傾), ils viennent en suivant le cours de la rivière Huan (桓) : ils naviguent sur la rivière Qian (潛) ; ils font un portage jusqu’à la rivière Mian (沔), pénètrent dans la rivière Wei (渭) et traversent le He.

黑水西河惟雍州:弱水既西,涇屬渭汭。漆、沮既從,灃水所同。荊、岐已旅,終南、敦物至於鳥鼠。原隰厎績,至於都野。三危既度,三苗大序。其土黃壤。田上上,賦中下。貢璆、琳、琅玕。浮于積石,至於龍門西河,會於渭汭。織皮昆侖、析支、渠搜,西戎即序。

La rivière Hei 203 (黑) et le He occidental 204 délimitent la province de Yong 205 (雍州). — La rivière Ruo 206 (弱) se dirigea vers l’ouest ; — le Jing (涇) fut amené à se réunir au Wei 207. — Le Qi (漆) et le Ju (沮) firent de même208. — Ce fut là aussi que la rivière Feng (灃) vint se jeter209. — Sur (les montagnes) Jing et Qi (岐), il (Yu) fit des sacrifices210. — (Il fit de même sur les montagnes) Zhongnan (終南), Dunwu (敦物) — et jusqu’à (la montagne) Niaoshu 211 (鳥鼠). — Il exécuta des travaux dans les plaines212 et les marécages — et jusqu’à Duye 213 (都野). — Le territoire de Sanwei (三危) fut réglé ; — un ordre général fut établi chez les Sanmiao 214 (三苗). — Le sol y est jaune et friable. Les champs y sont au premier rang ; les redevances y sont au sixième rang. Le tribut consiste en pierres précieuses des espèces qiu (璆), lin (琳) et langgan 215 (琅玕). Ils (les gens de cette province) naviguent depuis le Jishi 216 (積石) jusqu’à Longmen (龍門) qui est sur le He occidental 217. D’autres les retrouvent au confluent de la rivière Wei 218. Les Kunlun (昆侖) qui ont des tissus faits de peaux, — les Xizhi (析支), les Qusou (渠搜) — et les Rong (戎) de l’ouest furent soumis à la règle.

道九山:汧及岐至于荆山,逾于河;壶口、雷首 至于太岳;砥柱、析城至于王屋;太行、常山至于碣石,入于海;西倾、硃圉、鸟鼠 至于太华;熊耳、外方、桐柏至于负尾;道嶓冢,至于荆山;内方至于大别;汶山之阳至衡山,过九江,至于敷浅原。

Il (Yu) parcourut les neuf montagnes 220 :

(La première chaîne comprend) le Qian (于), puis le Qi (岐) ; elle s’étend jusqu’à la montagne Jing 220. (La seconde chaîne comprend) de l’autre côté du He, le Hukou (壶口), le Leishou (雷首) et s’étend jusqu’au Taiyue (太岳) 221. (La troisième chaîne comprend) le Dizhu (砥柱), le Xicheng (析城) et s’étend jusqu’au Wangwu (王屋) 222. (La quatrième chaîne comprend) le Taihang (太行), le Changshan (常山), s’étend jusqu’au Jieshi et entre dans la mer 223. (La cinquième chaîne comprend) le Xiqing, le Zhuyu (硃圉), le Niaoshu (鸟鼠) et s’étend jusqu’au Taihuai (太华) 224. (La sixième chaîne comprend) le Xionger (熊耳), le Waifang (外方), le Tongbai (桐柏) et s’étend jusqu’au Peiwei (负尾) 225. (La septième chaîne) passe 226 au Bozhong (嶓冢) 227 et s’étend jusqu’au Jingshan. (La huitième chaîne comprend) le Neifang (内方) et s’étend jusqu’au Dabie (大别)228. (La neuvième chaîne comprend) le sud de la montagne Min, s’étend jusqu’au Hengshan (衡山), traverse les neuf Jiang et s’étend jusqu’au plateau de Fujian (敷浅) 229.

道九川:弱水至於合黎,馀波入于流沙。道黑水,至于三危,入于南海。道河积石,至于龙门,南至华阴,东至砥柱,又东至于盟津,东过雒汭,至于大邳,北过降水,至于大陆,北播为九河,同为逆河,入于海。嶓冢道瀁,东流为汉,又东为苍浪之水,过三澨,入于大别,南入于江,东汇泽为彭蠡,东为北江,入于海。汶山道江,东别为沱,又东至于醴,过九江,至于东陵,东迤北会于汇,东为中江,入于梅。道沇水,东为济,入于河,泆为荥,东出陶丘北,又东至于荷,又东北会于汶,又东北入于海。道淮自桐柏,东会于泗、沂,东入于海。道渭自鸟鼠同穴,东会于沣,又东北至于泾,东过漆、沮,入于河。道雒自熊耳,东北会于涧、瀍,又东会于伊,东北入于河。

Il (Yu) parcourut les neuf cours d’eau 230.

La rivière Ruo passe par (la montagne) Heli (合黎) ; le surplus de ses eaux entre dans les Sables mouvants 231. — (Yu) parcourut la rivière Hei ; elle passe par Sanwei et entre dans la mer du Sud 232. — (Yu) parcourut le He ; du Jishi (积石), il va jusqu’à Longmen (龙门) ; au sud, il arrive au nord du Hua (华) ; à l’est, il arrive au (mont) Dizhu ; encore plus à l’est, il arrive au gué de Meng (盟); à l’est, il dépasse son confluent avec (la rivière) Luo et arrive à Dapei (大邳) ; au nord, il dépasse la rivière Jiang et arrive au Dalu (大陆) ; au nord, il se divise en neuf He ; ceux-ci se réunissent pour former le Nihe qui se jette dans la mer 233. — A partir du Bozhong, (Yu) parcourut (la rivière) Yang (瀁); elle coule à l’est et devient le Han ; plus à l’est, (ce cours d’eau) devient la rivière de Canglang (苍浪) ; il dépasse les trois Shi (澨) et entre dans le (territoire de) Dabie ; au sud, il entre dans le Jiang. A l’est, le marais de Hui (汇) devient le Pengli. A l’est, il devient le Jiang septentrional (北江) et se jette dans la mer 234. — A partir de la montagne Min, (Yu) parcourut le Jiang ; à l’est, il envoie une branche distincte qui est le Tuo ; plus à l’est, il arrive au Li (醴); il dépasse les neuf Jiang et arrive au Dongling (东陵); plus à l’est, il tend vers le nord et se réunit au Hui ; plus à l’est, il devient le Jiang central et se jette dans la mer 235. — (Yu) parcourut la rivière Yan (沇); à l’est, elle devient le Ji (济) qui entre dans le He, puis en ressort pour former le Yong (荥); à l’est, (ce cours d’eau) sort au nord du Taoqiu (陶丘); plus à l’est, il arrive au (marais de) Ke (荷); plus au nord-est, il se réunit à (la rivière) Wen; plus au nord, il entre à l’est dans la mer 236. — (Yu) parcourut le Hui (会); il part du (mont) Tongbai; à l’est, il se réunit aux (rivières) Si et Yi; à l’est, il entre dans la mer 237. — (Yu) parcourut le Wei; il part du (mont) Niaoshu tongxue (鸟鼠同穴); à l’est, il se réunit au Feng (沣); plus au nord-est, il arrive à (la rivière) Jing ; à l’est, il dépasse le Qi (漆) et le Ju et entre dans le He 238. — (Yu) parcourut le Luo ; il vient du (mont) Xionger 239; au nord-est, il se réunit au Jian (涧) et au Chen (瀍); plus à l’est, il se réunit à (la rivière) Yi (伊); au nord-est, il entre dans le fleuve.

於是九州攸同,四奥既居,九山■旅,九川涤原,九泽既陂,四海会同。六府甚脩,众土交正,致慎财赋,咸则三壤成赋。中国赐土姓:“祗台德先,不距朕行。”

Alors les neuf provinces furent réglées d’une manière uniforme : dans les quatre directions, les terrains bas furent habités ; sur les neuf montagnes on entailla les arbres 240 et on fit le sacrifice  ; les neuf cours d’eau furent nettoyés jusqu’à leurs sources ; les neuf lacs furent endigués ; dans (l’intérieur des) quatre mers tout fut uni et harmonieux 241 ; les six domaines (de la nature) 242 furent dans un ordre parfait. Les diverses terres furent déterminées à leur valeur relative et, pour payer leurs contributions, eurent soin d’apporter la redevance de leurs productions ; pour toutes, la redevance fut fixée suivant celle des trois catégories 243 dans laquelle elles étaient rangées.

Dans l'Empire du Milieu 244 (l’empereur) conféra des terres et des noms de clan ; on se plut 245 avec respect à prendre sa vertu pour guide : qu’on ne s’écarte point, (dit-il), de ma ligne de conduite.]

令天子之国以外五百里甸服:百里赋纳裛,二百里纳铚,三百里纳秸服,四百里粟,五百里米。甸服外五百里侯服:百里采,二百里任国,三百里诸侯。侯服外五百里绥服:三百里揆文教,二百里奋武卫。绥服外五百里要服:三百里夷,二百里蔡。要服外五百里荒服:三百里蛮,二百里流。东渐于海,西被于流沙,朔、南暨:声教讫于四海。於是帝锡禹玄圭,以告成功于天下。天下於是太平治。

Il établit pour le royaume du Fils du ciel et pour ceux qui lui sont extérieurs la règle suivante 246 : [Cinq cents li constituent le domaine impérial : dans les cent premiers li, on apporte en redevance la céréale tout entière ; dans la seconde centaine de li on apporte les épis ; dans la troisième centaine de li, on apporte le chaume, mais on est sujet à des corvées 247 ; dans la quatrième centaine de li, le grain n’est pas décortiqué ; dans la cinquième centaine de li, il est décortiqué 248. — Sur un espace de cinq cents li en dehors du domaine impérial, c’est le domaine des seigneurs : dans les cent premiers li, on apporte des présents 249 ; dans la seconde centaine de li, sont ceux qui ont une charge publique 250 ; dans les trois autres centaines de li, sont les seigneurs. — Sur un espace de cinq cents li en dehors du domaine des seigneurs, c’est le domaine de la paix : dans les trois premières centaines de li, on impose la règle par une instruction douce ; dans les deux autres centaines de li, on déploie les garnisons militaires 251. — Sur un espace de cinq cents li en dehors du domaine de la paix, c’est le domaine de la contrainte : dans les trois premières centaines de li sont les barbares Yi; dans les deux autres centaines de li sont les bannis. — Sur un espace de cinq cents li en dehors du domaine de la contrainte, c’est le domaine inculte ; dans les trois premières centaines de li sont les barbares Man 252 ; dans les deux autres centaines de li sont les peuples errants 253.

A l’est, (Yu) s’avança jusqu’à la mer ; à l’ouest, il alla jusqu’aux sables mouvants ; au nord et au sud, dans les lieux qu’éclaire le soleil, sa renommée fut un enseignement 254 ; il pénétra 255 jusqu’aux quatre mers.

Alors l’empereur conféra à Yu un insigne en jade noir afin d’informer le monde que son œuvre était bien accomplie 256.] A la suite de cela, le monde fut gouverné en grande paix.

皋陶作士以理民。帝舜朝,禹、伯夷、皋陶相与语帝前。皋陶述其谋曰:“信其道德,谋明辅和。”禹曰:“然,如何?”皋陶曰:“於!慎其身脩,思长,敦序九族,众明高翼,近可远在已。”禹拜美言,曰:“然。”皋陶曰:“於!在知人,在安民。”禹曰:“吁!皆若是,惟帝其难之。知人则智,能官人;能安民则惠,黎民怀之。能知能惠,何忧乎驩兜,何迁乎有苗,何畏乎巧言善色佞人?”皋陶曰:“然,於!亦行有九德,亦言其有德。”乃言曰:“始事事,宽而栗,柔而立,愿而共,治而敬,扰而毅,直而温,简而廉,刚而实,彊而义,章其有常,吉哉。日宣三德,蚤夜翊明有家。日严振敬六德,亮采有国。

Gaoyao exerça les fonctions de chef chargé de rendre la justice dans le peuple. L’empereur Shun tint une audience ; Yu, Boyi (伯夷) et Gaoyao discoururent entre eux en présence de l’empereur ; Gaoyao exposa ses idées en ces termes :

[— Si (le souverain) reste fidèle à sa direction et à sa vertu, les conseils qu’on lui donnera seront sages, l’assistance qu’on lui prêtera sera harmonieuse 257.

Yu dit :

— Sans doute ; mais qu’entendez-vous par là ?

Gaoyao dit :

— Oh ! S’il veille à la bonne conduite de sa personne, ses pensées seront profondes ; il fera observer la sincérité et les rangs aux neuf degrés de parenté ; tous les sages seront les ailes sur lesquelles il s’élèvera ; ce qui est près sera digne d’approbation, ce qui est loin sera sous sa main 258.

Yu loua ce discours en saluant et dit :

— C’est vrai.

Gaoyao dit :

— Oh ! L’essentiel est qu’il se connaisse en hommes, l’essentiel est qu’il donne le calme au peuple.

Yu dit :

— Hé ! Qu’il en soit absolument ainsi, c’est ce que l’empereur lui-même a trouvé difficile 259. Quand (le souverain) se connaît en hommes, alors il est prudent et sait nommer aux charges les hommes (qu’il faut) ; quand il sait donner le calme au peuple, alors il est bon et le peuple aux cheveux noirs l’aime. Quand, il sait être bon, quand il sait être prudent, comment serait-il inquiété par Huan Dou (驩兜), comment serait-il troublé 260 par (San) miao, comment serait-il effrayé par l’homme trompeur aux paroles artificieuses et à l’extérieur agréable 261 ?

Gaoyao dit :

— Oui. Hé ! si, d’une part il y a dans la conduite (de l’homme) neuf vertus, d’autre part 262 quand on parle de ses vertus, on s’exprime en disant qu’il se livre à telle ou telle action : il est indulgent, mais énergique ; il est doux, mais ferme ; il est hardi, mais respectueux ; il est autoritaire, mais circonspect ; il est soumis, mais résolu ; il est inflexible, mais affable ; il est indifférent aux détails, mais attentif ; il est fort, mais sincère ; il est puissant, mais juste. Celui qui resplendit de ces vertus et qui les possède perpétuellement, c’est l’homme excellent. Celui qui, journellement manifeste trois de ces vertus, celui-là, matin et soir, est attentif 263 et intelligent et il sera mis à la tête d’une maison 264 ; celui qui, chaque jour, pratique strictement et avec ardeur six de ces vertus, celui-là est un serviteur fidèle et sera mis à la tête d’un royaume.

令天子之国以外五百里甸服:百里赋纳裛,二百里纳铚,三百里纳秸服,四百里粟,五百里米。甸服外五百里侯服:百里采,二百里任国,三百里诸侯。侯服外五百里绥服:三百里揆文教,二百里奋武卫。绥服外五百里要服:三百里夷,二百里蔡。要服外五百里荒服:三百里蛮,二百里流。东渐于海,西被于流沙,朔、南暨:声教讫于四海。於是帝锡禹玄圭,以告成功于天下。天下於是太平治。

Il établit pour le royaume du Fils du ciel et pour ceux qui lui sont extérieurs la règle suivante 246 : [Cinq cents li constituent le domaine impérial : dans les cent premiers li, on apporte en redevance la céréale tout entière ; dans la seconde centaine de li on apporte les épis ; dans la troisième centaine de li, on apporte le chaume, mais on est sujet à des corvées 247 ; dans la quatrième centaine de li, le grain n’est pas décortiqué ; dans la cinquième centaine de li, il est décortiqué 248. — Sur un espace de cinq cents li en dehors du domaine impérial, c’est le domaine des seigneurs : dans les cent premiers li, on apporte des présents 249 ; dans la seconde centaine de li, sont ceux qui ont une charge publique 250 ; dans les trois autres centaines de li, sont les seigneurs. — Sur un espace de cinq cents li en dehors du domaine des seigneurs, c’est le domaine de la paix : dans les trois premières centaines de li, on impose la règle par une instruction douce ; dans les deux autres centaines de li, on déploie les garnisons militaires 251. — Sur un espace de cinq cents li en dehors du domaine de la paix, c’est le domaine de la contrainte : dans les trois premières centaines de li sont les barbares Yi; dans les deux autres centaines de li sont les bannis. — Sur un espace de cinq cents li en dehors du domaine de la contrainte, c’est le domaine inculte ; dans les trois premières centaines de li sont les barbares Man 252 ; dans les deux autres centaines de li sont les peuples errants 253.

A l’est, (Yu) s’avança jusqu’à la mer ; à l’ouest, il alla jusqu’aux sables mouvants ; au nord et au sud, dans les lieux qu’éclaire le soleil, sa renommée fut un enseignement 254 ; il pénétra 255 jusqu’aux quatre mers.

Alors l’empereur conféra à Yu un insigne en jade noir afin d’informer le monde que son œuvre était bien accomplie 256.] A la suite de cela, le monde fut gouverné en grande paix.

皋陶作士以理民。帝舜朝,禹、伯夷、皋陶相与语帝前。皋陶述其谋曰:“信其道德,谋明辅和。”禹曰:“然,如何?”皋陶曰:“於!慎其身脩,思长,敦序九族,众明高翼,近可远在已。”禹拜美言,曰:“然。”

Gaoyao exerça les fonctions de chef chargé de rendre la justice dans le peuple. L’empereur Shun tint une audience ; Yu, Boyi (伯夷) et Gaoyao discoururent entre eux en présence de l’empereur ; Gaoyao exposa ses idées en ces termes :

[— Si (le souverain) reste fidèle à sa direction et à sa vertu, les conseils qu’on lui donnera seront sages, l’assistance qu’on lui prêtera sera harmonieuse 257.

Yu dit :

— Sans doute ; mais qu’entendez-vous par là ?

Gaoyao dit :

— Oh ! S’il veille à la bonne conduite de sa personne, ses pensées seront profondes ; il fera observer la sincérité et les rangs aux neuf degrés de parenté ; tous les sages seront les ailes sur lesquelles il s’élèvera ; ce qui est près sera digne d’approbation, ce qui est loin sera sous sa main 258.

Yu loua ce discours en saluant et dit :

— C’est vrai.

皋陶曰:“於!在知人,在安民。”禹曰:“吁!皆若是,惟帝其难之。知人则智,能官人;能安民则惠,黎民怀之。能知能惠,何忧乎驩兜,何迁乎有苗,何畏乎巧言善色佞人?”

Gaoyao dit :

— Oh ! L’essentiel est qu’il se connaisse en hommes, l’essentiel est qu’il donne le calme au peuple.

Yu dit :

— Hé ! Qu’il en soit absolument ainsi, c’est ce que l’empereur lui-même a trouvé difficile 259. Quand (le souverain) se connaît en hommes, alors il est prudent et sait nommer aux charges les hommes (qu’il faut) ; quand il sait donner le calme au peuple, alors il est bon et le peuple aux cheveux noirs l’aime. Quand, il sait être bon, quand il sait être prudent, comment serait-il inquiété par Huan Dou (驩兜), comment serait-il troublé 260 par (San) miao, comment serait-il effrayé par l’homme trompeur aux paroles artificieuses et à l’extérieur agréable 261 ?

皋陶曰:“然,於!亦行有九德,亦言其有德。”乃言曰:“始事事,宽而栗,柔而立,愿而共,治而敬,扰而毅,直而温,简而廉,刚而实,彊而义,章其有常,吉哉。日宣三德,蚤夜翊明有家。日严振敬六德,亮采有国。翕受普施,九德咸事,俊乂在官,百吏肃谨。毋教邪淫奇谋。非其人居其官,是谓乱天事。天讨有罪,五刑五用哉。吾言厎可行乎?”禹曰:“女言致可绩行。”皋陶曰:“余未有知,思赞道哉。”

Gaoyao dit :

— Oui. Hé ! si, d’une part il y a dans la conduite (de l’homme) neuf vertus, d’autre part 262 quand on parle de ses vertus, on s’exprime en disant qu’il se livre à telle ou telle action : il est indulgent, mais énergique ; il est doux, mais ferme ; il est hardi, mais respectueux ; il est autoritaire, mais circonspect ; il est soumis, mais résolu ; il est inflexible, mais affable ; il est indifférent aux détails, mais attentif ; il est fort, mais sincère ; il est puissant, mais juste. Celui qui resplendit de ces vertus et qui les possède perpétuellement, c’est l’homme excellent. Celui qui, journellement manifeste trois de ces vertus, celui-là, matin et soir, est attentif 263 et intelligent et il sera mis à la tête d’une maison 264 ; celui qui, chaque jour, pratique strictement et avec ardeur six de ces vertus, celui-là est un serviteur fidèle et sera mis à la tête d’un royaume.Si (le souverain) réunit et recueille de tels hommes pour administrer 265, (ceux qui possèdent) les neuf vertus seront tous à son service ; les hommes qui en valent mille 266 et les hommes qui en valent cent rempliront les fonctions publiques ; les cent officiers seront respectueux et diligents ; ils n’enseigneront point les mauvaises pratiques ni les conseils artificieux ; si ce ne sont pas de tels hommes qui occupent les charges qui leur reviennent, c’est ce qu’on appelle troubler l’ordre céleste 267. Le Ciel punit le crime : les cinq châtiments ont leurs cinq applications ! Mes paroles peuvent-elles être mises à exécution dans la pratique ?

Yu dit :

— Vos paroles peuvent au plus haut point être mises à exécution avec succès.

Gaoyao dit :

— Pour moi, je n’en sais encore rien ; mais j’aide à marcher dans le droit chemin 268.]