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Sonnet onze de vingt neuf

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Toi qui oys mes soupirs, ne me sois rigoureux
Si mes larmes à part toutes miennes je verse,
Si mon amour ne suit en sa douleur diverse
Du Florentin transi les regrets langoureux,

Ni de Catulle aussi, le folâtre amoureux,
Qui le cœur de sa dame en chatouillant lui perce,
Ni le savant amour du demi-Grec Properce,
Ils n’aiment pas pour moi, je n’aime pas pour eux.

Qui pourra sur autrui ses douleurs limiter,
Celui pourra d’autrui les plaintes imiter :
Chacun sent son tourment et sait ce qu’il endure

Chacun parla d’amour ainsi qu’il l’entendit.
Je dis ce que mon cœur, ce que mon mal me dit.
Que celui aime peu, qui aime à la mesure.