Sonnet vingt-neuf de vingt neuf

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Jà reluisait la benoîte journée
Que la nature au monde te devait,
Quand des trésors qu’elle te réservait
Sa grande clé, te fut abandonnée.

Tu pris la grâce à toi seule ordonnée,
Tu pillas tant de beautés qu’elle avait :
Tant qu’elle, fière, alors qu’elle te voit
En est parfois, elle-même étonnée.

Ta main de prendre enfin se contenta :
Mais la nature encor te présenta,
Pour t’enrichir cette terre où nous sommes.

Tu n’en pris rien : mais en toi tu t’en ris,
Te sentant bien en avoir assez pris
Pour être ici reine du cœur des hommes.