« Page:Voltaire - La Raison par alphabet, 6e édition, Cramer, 1769, tome 1.djvu/100 » : différence entre les versions

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{{tiret2|na|ture ?}} Un homme né violent, emporté, se présente devant François premier Roi de France, pour se plaindre d’un passe-droit ; le visage du prince, le maintien respectueux des courtisans, le lieu même où il est, font une impression puissante sur cet homme ; il baisse machinalement les yeux, sa voix rude s’adoucit, il présente humblement sa requête, on le croirait né aussi doux que le sont (dans ce moment au moins) les courtisans, au milieu desquels il est même déconcerté ; mais si François premier se connaît en physionomies, il découvre aisément dans ses yeux baissés, mais allumés d’un feu sombre, dans les muscles tendus de son visage, dans ses lèvres serrées l’une contre l’autre, que cet homme n’est pas si doux qu’il est forcé de le paraître. Cet homme le suit à Pavie, est pris avec lui, mené avec lui en prison à Madrid ; la majesté de François premier ne fait plus sur lui la même impression ; il se familiarise avec l’objet de son respect. Un jour en tirant les bottes du Roi, & les tirant mal, le roi aigri par son malheur se fâche, mon homme envoie promener le roi, & jette ses bottes par la fenêtre.
{{tiret2|na|ture ?}} Un homme né violent, emporté, se présente devant François premier Roi de France, pour se plaindre d’un passe-droit ; le visage du prince, le maintien respectueux des courtisans, le lieu même où il est, font une impression puissante sur cet homme ; il baisse machinalement les yeux, sa voix rude s’adoucit, il présente humblement sa requête, on le croirait né aussi doux que le sont (dans ce moment au moins) les courtisans, au milieu desquels il est même déconcerté ; mais si François premier se connaît en physionomies, il découvre aisément dans ses yeux baissés, mais allumés d’un feu sombre, dans les muscles tendus de son visage, dans ses lèvres serrées l’une contre l’autre, que cet homme n’est pas si doux qu’il est forcé de le paraître. Cet homme le suit à Pavie, est pris avec lui, mené avec lui en prison à Madrid ; la majesté de François premier ne fait plus sur lui la même impression ; il se familiarise avec l’objet de son respect. Un jour en tirant les bottes du Roi, & les tirant mal, le roi aigri par son malheur se fâche, mon homme envoie promener le roi, & jette ses bottes par la fenêtre.


Sixte-Quint était né pétulant, opiniâtre, altier, impétueux, vindicatif, arrogant ; ce caractère semble adouci dans les épreuves de son noviciat. Commence-t-il à jouir de quelque crédit dans son ordre ? il s’emporte contre un gardien & l’assomme à coups de poings : est-il inquisiteur à Venise ? il exerce sa charge avec insolence : le voilà cardinal, il est possédé {{tiret|''dell''|''rabbia''}}
Sixte-Quint était né pétulant, opiniâtre, altier, impétueux, vindicatif, arrogant ; ce caractère semble adouci dans les épreuves de son noviciat. Commence-t-il à jouir de quelque crédit dans son ordre ? il s’emporte contre un gardien & l’assomme à coups de poings : est-il inquisiteur à Venise ? il exerce sa charge avec insolence : le voilà cardinal, il est possédé ''dell-''

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