« Ainsi parlait Zarathoustra/Deuxième partie/Des savants » : différence entre les versions

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Tandis que j'étais endormi, une brebis s'est mise à brouter la couronne de lierre qui ornait ma tête, - et en mangeant elle disait : "Zarathoustra n'est plus un savant."
 
Après quoi, elle s'en alla, dédaigneuse et fière. Voilà ce qu'un enfant m'a raconté.
Je suis encore un savant pour les enfants et aussi pour les chardons et les pavots rouges. Ils sont innocents, même dans leur méchanceté.
 
Je ne suis plus un savant pour les brebis : ainsi le veut mon sort. - Qu'il soit béni !
 
Car ceci est la vérité : je suis sorti de la maison des savants en claquant la porte derrière moi.
Ce sont de bonnes pendules : pourvu que l'on ait soin de les bien remonter ! Alors elles indiquent l'heure sans se tromper et font entendre en même temps un modeste tic-tac.
 
Ils travaillent, semblables à des moulins et à des pilons : qu'on leur jette seulement du grain ! - ils s'entendent à moudre le grain et à le transformer en blanche farine.
 
Avec méfiance, ils se surveillent les doigts les uns aux autres. Inventifs et petites malices, ils épient ceux dont la science est boiteuse - ils guettent comme des araignées.
 
Je les ai toujours vu préparer leurs poisons avec précaution ; et toujours ils couvraient leurs doigts de gants de verre.
Ainsi ils ont étouffé le bruit de mes pas ; et jusqu'à présent ce sont les plus savants qui m'ont le moins bien entendu.
 
Ils ont mis entre eux et moi toutes les faiblesses et toutes les fautes des hommes : - dans leurs demeures ils appellent cela "faux plancher".
 
Mais malgré tout je marche au-dessus de leur tête avec mes pensées ; et si je voulais même marcher sur mes propres défauts, je marcherais encore au-dessus d'eux et de leur tête.
 
Car les hommes ne sont point égaux : ainsi parle la justice. Et ce que je veux ils n'auraient pas le droit de le vouloir ! -
 
 
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