« Fables et opuscules pédagogiques » : différence entre les versions

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Le [[Soleil]], ayant laissé le vaste tour du ciel en paix, avait fini sa course, et plongé ses chevaux fougueux dans le sein des ondes de l'Hespérie.
 
Le bord de l'horizon était encore rouge comme la pourpre, et enflamé de rayons ardents qu'il y avait répandus sur son passage.
 
La brûlante Canicule desséchait la terre ; toutes les plantes altérées languissaient ; les fleurs, ternies, penchaient leurs têtes, et leurs tiges, malades, ne pouvaient plus les soutenir ; les [[Zéphyrs]] mêmes, retenaient leurs douces haleines ; l'air que les animaux respiraient, était semblable à de l'eau tiède.
 
La Nuit, qui répand avec ses ombres une douce fraîcheur, ne pouvait tempérer la chaleur dévorante que le jour avait causée : elle ne pouvait verser sur les hommes, abattus et défaillants, ni la rosée qu'elle fait distiller quand [[Vesper]] brille à la queue des autres étoiles, ni cette moisson de pavots, qui font sentir les charmes du sommeil à toute la nature fatiguée.
 
Le Soleil seul, dans le sein de [[Téthys]], jouissait d'un profond repos ; mais ensuite, quand il fut obligé de remonter sur son char, attelé par les [[Heures]] et devancé par l'[[Aurore]], qui sème son chemin de roses, il aperçut tout l'Olympe couvert de nuages ; il vit les restes d'une tempête qui avait effrayé les mortels pendant la nuit.
 
Les nuages étaient encore empestés de l'odeur des vapeurs soufrées qui avaient allumé les éclairs et fait gronder le menaçant tonnerre ; les Vents, séditieux, ayant rompu leurs chaînes et forcé leurs cachots profonds, mugissaient encore dans les vastes plaines de l'air ; des torrents tombaient des montagnes dans tous les vallons.
 
Celui dont l'œil plein de rayons anime toute la nature, voyait de toutes parts, en se levant, le reste d'un cruel orage.
 
Mais, ce qui l'émut davantage, il vit un jeune nourrissondesnourrisson des Muses, qui lui était fort cher,chèr et à qui la tempête avait dérobé le sommeil, lorsqu'il commençait déjà à étendre ses sombres ailes sur ses paupières.
 
Il fut sur le point de ramener ses chevaux en arrière, et de retarder le jour, pour rendre le repos à celui qui l'avait perdu.
 
" Je veux dit-il, qu'il dorme : le sommeil rafraîchira son sang, apaisera sa bile, lui donnera la santé et la force dont il aura besoin pour imiter les travaux d'[[Hercule]], lui inspirera je ne sais quelle douceur tendre qui pourrait seule lui manquer. Pourvu qu'il dorme, qu'il rie, qu'il adoucisse son tempérament, qu'il aime les jeux de la société, qu'il prenne plaisir à aimer les hommes et à se faire aimer d'eux, toutes les grâces de l'esprit et du corps viendront en foule pour l'orner. "</div>
 
" Je veux, dit-il, qu'il dorme : le sommeil rafraîchira son sang, apaisera sa bile, lui donnera la santé et la force dont il aura besoin pour imiter les travaux d'[[Hercule]], lui inspirera, je ne sais quelle douceur tendre qui pourrait seule lui manquer. Pourvu qu'il dorme, qu'il rie, qu'il adoucisse son tempérament, qu'il aime les jeux de la société, qu'il prenne plaisir à aimer les hommes et à se faire aimer d'eux, toutes les grâces de l'esprit et du corps viendront en foule pour l'orner. "</div>
 
==L'ABEILLE ET LA MOUCHE==
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