Sur un miroir (d’Ételan)

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Sur un miroir
Bachelin-Deflorenne (2p. 52-53).

Miroir, peintre et portrait qui donnes, qui reçois,
Et qui porte en tous lieux avec toy mon image ,

Qui peux tout exprimer excepté le langage ,
Et pour estre animé n’as besoin que de voix ;
 
Tu peux seul me montrer, quand chez toy je me vois,
Toutes mes passions peintes sur mon visage ;
Tu suis d’un pas égal mon humeur et mon âge
Et dans leurs changemens jamais tu ne déçois.

Les mains d’un artisan au labeur obstinées,
D’un pénible travail font en plusieurs années
Un portrait qui ne peut ressembler qu’un instant ;

Mais toy, peintre brillant, d’un art inimitable,
Tu fais, sans nul effort, un ouvrage inconstant
Qui ressemble toujours et n’est jamais semblable.

Les manuscrits de G, et de F. Colletet conservent un autre sonnet du comte d’Ételan. Nous avons lu du même (Recueil de Conrart, tome XXI ) un troisième sonnet, sur le fameux poëme de Chapelain ; or, Chapelain répondit par un sonnet.

— Ces deux sonnets du comte d’Ételan ne feront pas oublier celui du Miroir. — Tallemant des Réaux attribue au même poëte un autre sonnet, sans doute contre le duc de la Rochefoucauld, sonnet qui a tant couru et qui court encore puisque nous n’avons pu le trouver.

Goujet dit que François Colletet, filleul de François Ogier, de Paris, a recueilli dix-huit sonnets de son parrain dans les Mvses illvstres. Ayant compté beaucoup mieux , nous en avons trouvé vingt-cinq ; ces sonnets, probablement oeuvres de jeunesse, parfois impies, tantôt crédules, ne sont jamais licencieux, ce qui est remarquable pour le temps. Les Annales poétiques reproduisent cependant un sonnet assez leste de ce poëte. Ogier avait quelque valeur poétique ; mais, non moins orgueilleux que Malherbe et autres, il s’exprimait ainsi dans un sonnet à son filleul :

Faut-il en prose, en vers, te façonner la main ? Ton exemple est tout prest , suis seulement la trace De Colletet ton perc-, et d’Ogier ton parrain. II }.