Symphonie héroïque/La Dame de printemps

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Œuvres de Albert SamainMercure de FranceLe Chariot d’or. La Symphonie héroïque. Aux flancs du vase (p. 183-184).

La Dame de printemps


 
Ses longs cheveux d’aurore ogivant son front lisse,
La dame de printemps, en un songe éternel,
Au bord du lac où sonnent les cors d’Avenel
Mire les fleurs de sa robe de haute lisse.

Parmi l’avril épars, et les tièdes délices,
Limpide, elle sourit à l’azur fraternel.
Ses yeux ont la couleur du lac originel,
Et son corps se balance au rythme des calices.


L’étendard bleu frissonne au vent sur les tourelles :
Or le doux mal qui chante au cœur des tourterelles
En son cœur berce un rêve ineffable à saisir.

C’est la langueur d’aimer qui brame sur la berge,
Et de ses longues mains, elle flatte, la vierge,
À ses pieds allongé son tigre, le désir.