Théorie de la musique (Danhauser, 1889)/III/13

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Lemoine et Fils, Éditeurs (p. 70-72).

13e Leçon.

DES GAMMES ENHARMONIQUES.

156. On nomme gammes enharmoniques deux gammes dont les degrés qui se correspondent sont en rapport enharmonique. (Revoir : De l’enharmonie. — 2e partie ; 3eleçon.)

Exemple.

\new StaffGroup \with {
  systemStartDelimiter = #'SystemStartSquare
} <<
  \new Staff \relative c' {
    \override Staff.TimeSignature #'stencil = ##f
    \cadenzaOn
    cis1^\markup{Gamme d’\bold ut \sharp majeur}_\markup{\small "enharmonique de"} dis eis fis gis ais bis cis
    \bar "||"
  }
  \new Staff \relative c' {
    \override Staff.TimeSignature #'stencil = ##f
    \cadenzaOn
    des1^\markup{Gamme de\bold ré \flat majeur} es f ges as bes c des
    \bar "||"
  }
>>

UTILITÉ DES GAMMES ENHARMONIQUES.

157. Au moyen de l’enharmonie, on ramène à 12, nombre réel des sons contenus dans la gamme chromatique, les 15 gammes majeures ainsi que les 15 gammes mineures.

On a vu, (3e partie, 10e leçon), qu’il y avait 15 gammes, dont

1 sans altération.
7 ayant des dièses à la clé,
et 7 ayant des bémols à la clé.


Exemple.
Branche des bémols. sans altération. Branche des dièses.
7 6 5 4 3 2 1 1 2 3 4 5 6 7
UT Bémol.svg SOL Bémol.svg Bémol.svg LA Bémol.svg MI Bémol.svg SI Bémol.svg FA Flèche à gauche.svgutFlèche à droite.svg SOL LA MI SI FA Dièse.svg UT Dièse.svg


Or, puisqu’il n’y a en réalité que douze sons, douze points de départ, pour les gammes du mode majeur ainsi que pour celles du mode mineur, chacun de ces sons pourra être une tonique commune à deux gammes enharmoniques entre elles.

158. En inclinant l’une vers l’autre les deux branches de l’exemple précédent, celle des dièses et celle des bémols, ces branches se rencontreront à l’enharmonie Fa Dièse.svg et Sol Bémol.svg, puis s’entrelaçant réciproquement, de nouvelles enharmonies se présenteront, Ut Dièse.svg rencontrera son enharmonie Bémol.svg, tandis que Ut Bémol.svg rencontrera son enharmonie Si : etc.

Exemple.
Cycle des gammes enharmoniques, alt.svg

159. On voit par cette figure qu’en partant de l’ut par l’ordre des dièses, on reviendra par l’ordre des bémols, toute marche en avant dans l’ordre des dièses étant une marche rétrograde dans l’ordre des bémols. On voit également qu’en partant de l’ut par l’ordre des bémols, on reviendra au point de départ par l’ordre des dièses, toute marche en avant dans l’ordre des bémols étant une marche rétrograde dans l’ordre des dièses.[1]

160. Les gammes enharmoniques peuvent se remplacer réciproquement, et par ce moyen, on évite les tons contenant un trop grand nombre d’accidents et on rend ainsi la lecture plus facile.

161. L’enharmonie est le complément du système tonal moderne. Elle est le lien par lequel l’ordre des dièses s’enchaîne à l’ordre des bémols. Par elle, les gammes se pénètrent réciproquement, et au moyen de cette pénétration, partant du même point par deux routes opposées, elles reviennent à leur point de départ lorsqu’elles en paraissent le plus éloignées.


EXERCICE.

Reproduisez le tableau des gammes majeures et mineures (3e partie, 10e leçon) et en regard de chacune de ces gammes, écrivez sa gamme enharmonique.

  1. On remarquera aussi, (comme mnémonique), que les dièses et les bémols formant l’armure de la clé de deux gammes enharmoniques, complètent le nombre 12. Ainsi la gamme de FA Dièse.svg a 6 dièses à la clé, et son enharmonique, la gamme de SOL Bémol.svg, a 6 bémols, total 12.