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A.

Abattoir (rue de l’).

Commence à la rue de La Fayette ; finit à la rue du Faubourg-Poissonnière. Pas encore de numéro. Sa longueur est de 552 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Une ordonnance royale du 31 janvier 1827 autorisa MM. André et Cottier à ouvrir, sur leurs terrains, treize rues indiquées au plan par des numéros. Cette autorisation fut accordée aux conditions suivantes : — d’abandonner gratuitement le sol des nouvelles rues ; de supporter les premiers frais de pavage et d’éclairage, ainsi que ceux des travaux à faire pour l’écoulement souterrain ou à ciel ouvert des eaux pluviales et ménagères ; d’établir, de chaque côté, des trottoirs en pierre dure dont les dimensions seront indiquées par l’administration ; de tenir fermées de portes, de grilles, ou de toute autre manière, les portions de rues qui ne pourraient quant à présent avoir de débouché, et ce jusqu’à ce que les propriétaires sur les terrains desquels lesdites rues devraient se continuer, eussent librement consenti à livrer passage à ces rues suivant les directions arrêtées par le plan ; enfin de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris.

Ces divers percements furent immédiatement tracés ; et pour les distinguer, MM. André et Cottier leur assignèrent provisoirement les dénominations suivantes : rues de l’Abattoir, du Delta La Fayette, de la Barrière-Saint-Denis, du Chevet-de-l’Église, du Gazomètre, des Petits-Hôtels, des Jardins, des Magasins, du Nord. La rue en prolongement de celle de la Butte-Chaumont en a retenu le nom. Les deux rues latérales à la nouvelle église Saint-Vincent-de-Paul n’ont pas encore de dénomination. Leur largeur, fixée originairement à 14 m., a été portée à 19 m. 20 c., en vertu d’une ordonnance royale du 2 février 1839. Enfin, la voie publique tracée dans la direction de la rue d’Hauteville, et destinée à communiquer entre les rues du Chevet-de-l’Église et de l’Abattoir, n’est pas dénommée.

L’emplacement sur lequel ces rues ont été ouvertes provenait de l’ancien clos Saint-Lazare, vendu par le domaine de l’État.

À l’égard de celle qui fait l’objet du présent article, elle n’est point encore entièrement bordée de constructions. Elle porte le nom de rue de l’Abattoir, parce qu’elle se dirige vers l’abattoir Montmartre. Sa largeur est de 12 m. Cette voie publique se prolonge comme impasse entre les rues de La Fayette et du Faubourg-Saint-Martin, dans une longueur de 219 m.

Abattoirs.

La création des abattoirs, comme tout ce qui émanait de la toute-puissance impériale, est empreinte d’un caractère grandiose qui décèle la hardiesse du génie.

Si l’on interroge le passé, les tueries, placées dans l’intérieur de la ville, étaient de véritables cloaques qui changeaient en poison l’élément nécessaire à la vie de l’homme.

Mercier, dans son Tableau de Paris, édition de 1783, parle ainsi des boucheries : « Le sang ruisselle dans les rues, il se caille sous vos pieds, et vos souliers en sont rougis. En passant, vous êtes tout-à-coup frappé de mugissements plaintifs. Un jeune bœuf est terrassé, et la tête armée est liée avec des cordes contre la terre ; une lourde massue lui brise le crâne ; un large couteau lui fait au gosier une plaie profonde ; son sang qui fume coule à gros bouillons avec sa vie. Mais ses douloureux gémissements, ses muscles qui tremblent et s’agitent par de terribles convulsions, ses abois, les derniers efforts qu’il fait pour s’arracher à une mort inévitable ; tout annonce la violence de ses angoisses et les souffrances de son agonie, etc…

Quelquefois le bœuf, étourdi du coup et non terrassé, brise ses liens, et, furieux, s’échappe de l’antre du trépas ; il fuit ses bourreaux, et frappe tous ceux qu’il rencontre, comme les ministres ou les complices de sa mort ; il répand la terreur et l’on fuit devant l’animal qui, la veille, était venu à la boucherie d’un pas docile et lent.

Des femmes, des enfants qui se trouvent sur son passage, sont blessés ; et les bouchers qui courent après la victime échappée, sont aussi dangereux dans leur course brutale que l’animal que guident la douleur et la rage. »

À différentes époques, surtout sous le règne de Louis XV, des tentatives avaient été faites par la prévôté des marchands, à l’effet de transporter aux extrémités de la ville les boucheries qui, placées dans l’intérieur, compromettaient la santé publique. L’esprit de routine, la pénurie d’argent, firent ajourner tous les projets. La question du déplacement des tueries fut enfin soumise à l’empereur, qui faucha l’ancien abus, et dicta ces décrets qui n’admettaient pas de réplique.

9 février 1810. — « Napoléon, etc. — Article ler. Il sera fondé à Paris cinq tueries ; trois sur la rive droite de la Seine, deux sur la rive gauche. — Art. 2. Les trois tueries sur la rive droite seront, deux de vingt-quatre échaudoirs et une de douze. — Art. 3. La première pierre des quatre tueries qui sont à construire, sera posée le 25 mars par notre ministre de l’intérieur, qui ordonnera les dispositions nécessaires. — Art. 4. La corporation des bouchers de Paris sera maitresse de faire construire les cinq tueries à ses frais, et elle en aura le privilège exclusif ; sinon, les travaux seront faits sur les fonds de notre domaine extraordinaire et à son profit. »

Décret du 19 juillet 1810. — « Article ler. Le plan de l’emplacement des quatre abattoirs, dont nous avons ordonné la construction dans notre bonne ville de Paris, est approuvé tel qu’il est annexé au présent décret. — Art. 2. Notre ministre de l’intérieur est chargé de l’exécution du présent décret, etc. »

Décret du 24 février 1811, §4. Des abattoirs. — « Art. 39. L’accroissement de 1,500,000 francs de revenus, qui résulte pour la ville de Paris du rétablissement de la caisse de Poissy, sera d’abord employé à terminer les abattoirs. La construction du cinquième abattoir sera commencée cette année ; celle des quatre autres sera continuée avec toute l’activité possible, et de manière qu’ils soient terminés en 1812. Après l’achèvement des abattoirs, les produits de la caisse de Poissy augmenteront, dans la caisse de la ville, les fonds destinés à de nouveaux travaux. »

Cinq architectes furent chargés de l’exécution des abattoirs. Nous croyons devoir extraire de l’ouvrage que M. le chevalier Bruyère a publié sous le titre d’Études relatives à l’art des constructions, 1823, deux volumes in-folio, les passages suivants, concernant ces vastes établissements d’utilité publique. « Les architectes, d’après les ordres du ministre, se réunirent en commission, à la tête de laquelle était le vice-président du conseil des bâtiments civils, et dont le secrétaire du même conseil et le sieur Combault, maitre boucher, firent partie. La première chose dont la commission devait s’occuper était d’arrêter un programme, ce qu’elle fit dans sa séance du 14 octobre 1810.

Ce programme était l’ouvrage du sieur Combault, dont la longue expérience dans la pratique de l’art du boucher pouvait inspirer toute confiance. M. Gauché, l’un des architectes nommés par le ministre, fut chargé d’indiquer les premières dispositions, ainsi que de rédiger les plans généraux, qui devaient être conformes au programme et l’accompagner.

Il s’en acquitta avec le talent qu’on lui connaît. Ces plans comprenaient tous les édifices qui doivent composer un abattoir général. Leur disposition, dont on s’est peu écarté dans l’exécution, était largement tracée. Tous les édifices étaient isolés et entourés de rues ou de places spacieuses ; et l’on peut dire que sous ce rapport ces établissements ne laissaient rien à désirer. Sous d’autres rapports, il semble que le programme, quoique rédigé par un homme du métier, porte l’empreinte d’une opinion particulière. On pouvait croire qu’il existait une arrière-pensée, et que l’on regardait comme possible qu’une compagnie fut chargée de l’exploitation générale des abattoirs. Cette pensée, si elle a existé, était contraire à la promesse faite aux bouchers de les laisser jouir dans les abattoirs généraux de la même liberté que dans leurs ateliers, et elle a pu influer sur quelques dispositions. D’un autre côté, les bouchers, dont les nouveaux établissements contrariaient les habitudes, parurent éviter de prendre aucune part aux projets qu’on allait arrêter, espérant que leur exécution, qui exigeait de grandes dépenses, ne serait jamais terminée. Les emplacements furent cependant fixés et les terrains acquis. L’un des abattoirs, celui de Montmartre, était même déjà commencé, lorsqu’en janvier 1811 je fus chargé de la direction des travaux de Paris. Il m’était difficile dans les premiers moments où les affaires exigeaient la plus grande partie de mon temps, et où j’avais à m’occuper à la fois d’un grand nombre d’édifices, de me pénétrer profondément des conditions auxquelles il me fallait satisfaire dans la construction de toutes les parties d’un abattoir général. Ce ne fut qu’après avoir visité les anciens établissements conféré avec plusieurs maîtres bouchers, que je crus reconnaître quelques vices de dispositions, notamment dans ce qu’on appelle assez improprement les échaudoirs (lieu où l’on abat). Il était bien tard, car les constructions étaient déjà avancées, principalement à l’abattoir de Ménilmontant ; mais les observations qui m’avaient été faites me parurent importantes, et le succès des abattoirs tellement compromis, surtout avec l’opposition connue des bouchers, que je regardai comme indispensable de changer le premier projet adopté pour les échaudoirs. Suivant ce projet, chaque corps de bâtiment ne contenait que six cases dont une partie était mal éclairée. Trois ou quatre bouchers devaient abattre dans la même case, et les bœufs abattus auraient été suspendus aux mêmes pentes, ce qui aurait donné lieu à des débats multiplies, à cause du mélange des viandes, des langes, des instruments et de l’affluence des garçons bouchers dans un même passage. Dans la nouvelle disposition, seize échaudoirs, ou cases plus petites que celles du projet précédent, sont placés sur une vaste cour de travail, et l’on trouve à l’étage au-dessus des serres fermées par des grillages en fer, dans lesquelles chaque boucher peut déposer son suif en branches et tout ce qu’il juge convenable.

L’étendue des abattoirs a été proportionnée aux quartiers qu’ils étaient destinés à desservir. Ceux du Roule et de Villejuif, qui sont à peu près semblables, contiennent chacun trente-deux échaudoirs, celui de Grenelle quarante-huit, et ceux de Ménilmontant et de Montmartre, chacun soixante-quatre ; au total, deux cent quarante échaudoirs. Ce nombre est encore inférieur à celui des bouchers ; mais plusieurs font tuer par leurs confrères et il y a quelques échaudoirs communs à deux bouchers. Les bouveries et bergeries ont la même étendue que les corps d’échaudoirs. On trouve en outre dans chacun des cinq abattoirs, des fondoirs pour le suif, des réservoirs et des conduites en plomb qui fournissent l’eau dans toutes les parties des édifices, des voiries ou cours de vidange, des écuries et remises pour le service particulier des bouchers, des lieux d’aisances publics, des parcs aux bœufs, des logements pour les agents ; enfin, un aqueduc voûté conduit toutes les eaux de pluie et de lavage dans les égouts de Paris. On y a ajouté depuis quelque temps des triperies qu’on avait cru dans l’origine devoir en exclure. »

Après quelques autres détails sur la disposition générale des abattoirs, M, Bruyère continue ainsi :

« On peut seulement regretter que la commission ait été privée des renseignements qu’auraient pu donner les bouchers eux-mêmes, si l’esprit qui les animait leur eut permis d’avoir une opinion unanime sur les perfectionnements dont chaque partie de ces établissements était susceptible. La commission avait éprouvé, et j’ai éprouvé avec elle, combien il est difficile de combattre l’esprit de routine et les intérêts particuliers. »

Les architectes qui on fait exécuter ces abattoirs sont : MM. Petit-Radel, Leloir, Gisors, Happe et Poidevin. Ils ont eu pour collaborateurs, MM. les inspecteurs Malary, Colson, Menager, Turmeau, Coussin, Altiret, Clochard et Guénepin.

Au mot Abattoir, on trouve dans le Dictionnaire de l’Industrie, ouvrage in-octavo, dont le premier volume a été publié en 1833, deux articles très curieux concernant ces établissements en général. Le premier, qui a rapport à l’hygiène, est rédigé par M. Parent-Duchâtelet ; le second, qui traite de la construction, est de M. Gourlier, architecte. Nous croyons devoir rapporter ici le paragraphe suivant, qui termine l’article de M. Gourlier.

« La totalité des acquisitions de terrains faites pour l’établissement des abattoirs, a coûté environ 900 000 et la totalité des constructions, environ 17 000 000. Ensemble 17 900 000, qu’il convient de porter, y compris les intérêts depuis le commencement des travaux jusqu’en 1818, époque de l’entrée en jouissance, à 2 000 000.

La surface totale renfermée dans l’enceinte des cinq abattoirs est d’environ 156 500 mètres carrés.

Chaque mètre carré de cette surface revient donc moyennement à 128 francs, dont on peut compter pour la valeur du terrain 6, pour la valeur des constructions 109 et pour les intérêts pendant l’exécution 13. Somme égale à 128.

La surface totale des constructions est d’environ 43 100 mètres carrés.

Chaque mètre carré de ces constructions revient donc pour construction seulement à 395 fr.

Les cinq abattoirs rapportent année commune, pour droits sur les bestiaux, issues et suif, environ 900 000 sur quoi il faut déduire, d’abord pour frais d’entretien et réparation des bâtiments, machines, etc., environ 30 000 et pour frais d’exploitation tant en personnel qu’en matériel, environ 140 000. Ensemble 170 000, ce qui réduit le revenu à 730 000.

Comparativement à la somme totale des dépenses, ce revenu représente un intérêt annuel d’environ trois et deux tiers pour cent, taux qui serait sans doute très faible comme résultat d’une opération purement fiscale, mais qui ne laisse pas d’être satisfaisant, ajouté aux autres avantages que la capitale a recueillis de cette belle création. »

Les cinq abattoirs ont été terminés en 1818 ; une ordonnance de police du 11 septembre de cette année fixa au 15 de ce mois l’époque ou ils seraient livrés aux bouchers de Paris, et ordonna qu’à partir de ce même jour les bestiaux ne pourraient plus être conduits dans l’intérieur de cette ville aux étables et abattoirs particuliers.

En 1839, les cinq abattoirs ont rapporté à la ville de Paris un bénéfice de 1 074 475 fr. 50 c. (voir les articles particuliers pour chaque abattoir).

Abbaye (passage de l’).

Commence à la rue Sainte-Marguerite, entre les nos 13 et 15 ; finit à la rue du Four, no 18. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Il a été formé en 1841 sur la propriété de M. Mathias, et doit son nom à la prison de l’Abbaye, dont il est voisin.

Abbaye (prison de l’).

Située place Sainte-Marguerite, no 10. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Le pilori de l’ancienne Abbaye Saint-Germain-des-Prés existait encore en cet endroit au XVIe siècle.

Il fut remplacé par une prison destinée aux militaires. Le bâtiment, de forme carrée, a trois étages.

Au commencement de la révolution, l’Abbaye devint le théâtre de scènes affreuses et sanglantes. En septembre 1792, un grand nombre de détenus, parmi lesquels on comptait quelques ecclésiastiques, y furent massacrés. Parmi les victimes, se trouvaient le comte de Montmorin de Saint-Hérem, ministre des affaires étrangères sous Louis XVI, et l’abbé l’Enfant, prédicateur de Joseph II.

Mesdemoiselles de Sombreuil et Cazotte, qui nous ont laissé de touchants exemples de piété filiale, furent également enfermées à l’Abbaye.

Le 10 novembre 1794, madame Roland sortit de celle prison pour monter sur l’échafaud.

Abbaye (rue de l’).

Commence à la rue de l’Échaudé, nos 16 et 18 ; finit à la rue Saint-Germain-des-Prés, nos 13 et 15. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair est 18. Sa longueur est de 168 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

L’Abbaye Saint-Germain-des-Prés, supprimée en 1790, devint propriété nationale. Pour faciliter l’aliénation de ce vaste domaine, les administrateurs des biens nationaux firent dresser un plan sur lequel on traça deux rues.

La 1re, partant de la place Saint-Germain-des-Prés, devait se terminer à la rue des Petits-Augustins ;

La 2me, prenant naissance à la rue de l’Échaudé, devait aboutir à la rue Saint-Benoît, en coupant, pour atteindre cette dernière voie publique, une partie des propriétés portant aujourd’hui les nos 9 et 11.

Presque tous les actes de vente renfermèrent l’obligation de livrer sans indemnité le terrain nécessaire aux rues projetées.

La 1re reçut son exécution et fut ouverte telle qu’on l’avait tracée sur les plans annexés aux ventes (c’est aujourd’hui la rue Saint-Germain-des-Prés) ;

La 2me, celle qui nous occupe, ne fut percée que jusqu’à sa rencontre avec la rue Saint-Germain-des-Prés.

On lui donna d’abord le nom de rue de la Paix, puis celui de rue de l’Abbaye.

Une décision ministérielle du 9 floréal an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 9 m. 74 c. Cette largeur a été maintenue par une ordonnance royale du 29 avril 1839, qui autorise le prolongement de la rue de l’Abbaye jusqu’à la rue Saint-Benoit. Toutefois, cette disposition ne peut être exécutée qu’après que la ville de Paris aura été autorisée à acquérir les immeubles ou portions d’immeubles qui ne sont pas grevés de la servitude de livrer sans indemnité le terrain nécessaire à ce prolongement.

Les constructions de la rue de l’Abbaye sont toutes à l’alignement. Il existe sous cette voie publique une conduite des eaux de l’Ourcq (voir Germain-des-Prés, église Saint).

Acacias (petite rue des).

Commence au boulevart des Invalides, no 24 ; finit à la place de Breteuil. Pas de numéro. Sa longueur est de 240 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Ouverte en 1790, elle porta d’abord le nom d’avenue Montmorin. M. le comte de Montmorin de Saint-Hérem, ministre des affaires étrangères sous Louis XVI, était propriétaire de terrains situés près de cette communication.

Elle prit ensuite le nom de Petite-rue-des-Acacias (voyez l’article suivant).

La largeur de cette voie publique est de 17 m. 55 c. Quelques portions de terrain sont sujettes à retranchement. Il existe sous cette rue une conduite des eaux de l’Ourcq (partie comprise entre le boulevart des Invalides et la rue Masseran.)

Acacias (rue des).

Commence à la rue Neuve-Plumet, no 5 ; finit à la rue de Sèvres, nos 112 et 114. Pas de numéro. Sa longueur est de 315 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

En vertu des lettres-patentes du 13 septembre 1782, registrées au Parlement le 20 du même mois, les administrateurs de l’Hôtel-Royal des Invalides furent autorisés à aliéner, soit à vie, soit à bail emphythéolique, des terrains situés entre cet hôtel, l’École-Militaire et le Gros-Caillou.

Par suite de ces lettres-patentes, un plan fut dressé. Il contenait l’indication de plusieurs percements.

Le sieur Alexandre-Théodose Brongniart, architecte du roi et propriétaire de terrains voisins de ceux qu’on avait aliénés, voulut de son côté coopérer à l’exécution du plan. À cet effet, il demanda une autorisation qui lui fut accordée par arrêt du conseil du 30 juin 1790.

En vertu de cet arrêt, le sieur Brongniart fit ouvrir quatre communications, dont trois furent plantées d’arbres. Ce propriétaire était tenu d’établir à ses frais le premier pavage des nouvelles voies publiques.

La rue qui fait l’objet du présent article, et dont la largeur était fixée à 17 m. 55 c., fut appelée rue des Acacias, en raison de la nature des arbres qui bordaient ses deux côtés. Les trois autres voies publiques sont ainsi désignées : Petite-rue-des-Acacias, rues Masseran et Neuve-Plumet.

Une décision ministérielle du 12 décembre 1822 prescrivit la réduction de la largeur de la rue des Acacias à 12 m. En vertu d’une ordonnance royale du 20 septembre 1842, la largeur de cette voie publique est définitivement fixée à 17 m. 50 c.

Les propriétés riveraines sont alignées, à l’exception de celles qui sont situées sur le côté gauche, entre la Petite-rue-des-Acacias et la rue Neuve-Plumet. — Conduite d’eau dans la partie qui s’étend de la Petite-rue-des-Acacias à la rue de Sèvres.

Accouchement (hospice de l’).

Situé rue de la Bourbe, no 3 — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Cet hospice occupe les bâtiments de l’ancienne abbaye de Port-Royal. Fondéé en 1204, par Mathieu de Montmorenci, seigneur de Marly, et par Mathilde Garlande, sa femme, dans le fief de Porrois ou Port-Royal, près de Chevreuse, cette abbaye fut transférée à Paris en 1625, dans la maison de Clagny, située à l’extrémité du faubourg Saint-Jacques. L’église, commencée en 1648, fut terminée la même année. Le pape permit qu’on établit dans ce monastère l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement. On conservait dans l’église une épine de la sainte-couronne. L’abbaye de Port-Royal fut supprimée en 1790.

Pendant le régime de la terreur, cette maison reçut le nom de Port-Libre, et fut convertie en prison. Il est assez difficile de comprendre l’espèce de liberté dont jouissaient les prisonniers dans cet établissement. Peu de temps après, on y enferma les militaires.

Arrêté du comité du salut public. — 13 brumaire an IV (Convention Nationale).

« Le comité du salut public voulant prévenir l’exécution du décret du 10 de ce mois, arrête :

» Article 1er. La commission des secours publics fera transférer dans le plus court délai, dans la maison de Port-Libre, rue de la Bourbe, les nourrices et les enfants actuellement placés dans celle dite du Val-de-Grâce ; en conséquence, les prisonniers qui se trouvent dans ladite maison seront évacués.

» Art. 2. Elle fera également les dispositions nécessaires pour rétablir les femmes en couche dans la maison du ci-devant institut de l’Oratoire. L’autorise à cet effet à donner congé aux locataires qui l’occupent ; à traiter de gré à gré ou à dire d’experts, des indemnités qui pourraient leur être dues, et à leur en payer le montant sur les fonds mis à sa disposition.

» Art. 3. Les ouvrages qu’exigera la nouvelle destination des maisons ci-dessus, seront exécutés par la commission des travaux publics, sur les plans et devis qui leur en seront remis par celle des secours.

» Art. 4. Charge ces deux commissions et celle de police, chacune en ce qui la concerne, de l’exécution du présent arrêté. » (Extrait du Moniteur, 13 brumaire an IV.)

Cet établissement porta plus tard, avec la maison de l’Allaitement ; le nom d’Hospice de la Maternité.

Dans la maison de la Maternité, rue d’Enfer, étaient les élèves de l’école d’accouchement, et dans celle de la Maternité, rue de la Bourbe, logeaient les femmes dont l’accouchement était prochain, ainsi que les enfants nouveau-nés. On y plaça dans la suite des enfants trouvés. Depuis 1814, cet état de choses a été modifié. Les deux établissements sont distincts et indépendants l’un de l’autre : les femmes enceintes, les femmes en couche et les élèves sages-femmes sont réunies dans l’ancienne maison de Port-Royal, et les enfants nouveau-nés ont été transférés dans la maison de l’Oratoire, rue d’Enfer, no 74. Les pauvres femmes accouchaient autrefois à l’Hôtel-Dieu. Il n’y avait pour elles que 106 lits. Les plus grands contenaient souvent quatre femmes en couche.

Occupées à des travaux en rapport avec leur position, ces femmes en reçoivent un salaire. On leur fournit du linge et même des vêtements. Elles doivent sortir de l’hospice huit jours après leur délivrance, à moins d’ordre contraire du médecin.

Cet hospice compte 450 lits environ, et occupe 60 employés.

L’école d’accouchement est comprise dans cet établissement. Les préfets doivent y envoyer chaque année une ou plusieurs élèves, selon les fonds dont ils peuvent disposer. Pour être admises, ces femmes doivent être âgées de 18 à 35 ans au plus. Outre la pension de 600 fr., chaque élève reçoit en arrivant une somme suffisante pour acheter des livres. Elles sont nourries, logées, éclairées et fournies de linge. À la fin de l’année, les élèves subissent un examen devant un jury compose de médecins et de chirurgiens, qui décerne des prix aux plus habiles.

Affaires Étrangères (ministère des).

Situé rue Neuve-des-Capucines, no 18, à l’angle du boulevart. — 1er arrondissement, quartier de la place Vendôme.

Ce ministère comprend les quatre directions suivantes : politique, commerciale, archives et chancelleries, comptabilité.

Le bureau de la chancellerie est le seul ouvert au public. Il est chargé, sous les ordres du directeur des archives, de la correspondance concernant les réclamations particulières des sujets français contre les étrangers, ainsi que des travaux relatifs aux passeports et légalisations, à l’état civil, aux commissions rogatoires, à la transmission des actes judiciaires, aux significations à l’étranger, etc.

Ce ministère est établi dans l’ancien hôtel Bertin. Connue sous le nom d’hôtel de la Colonnade, cette propriété, construite par un duc et pair, embellie par M. de Reuilly, fermier général, fut quelque temps habitée sous la Convention par le jeune général qui venait de la sauver dans la journée du 13 vendémiaire.

Dans cet hôtel furent déposées les armes enlevées aux sections.

Quelques jours après, un enfant de dix à douze ans se présente à l’hôtel de la Colonnade. Il demande à parler au général Bonaparte.

La douceur de son visage, la distinction de sa personne excitent l’intérêt et la sympathie.

Un aide-de-camp le conduit dans le cabinet de Napoléon.

Le général en chef de l’armée de l’intérieur était entouré d’officiers qui commençaient à adorer cette étoile naissante.

L’enfant, troublé un instant, se recueille et s’avance vers Bonaparte

« Citoyen général, dit-il, je m’appelle Eugène Beauharnais ; mon père était, comme vous, un digne défenseur de la république. Dénoncé au comité du salut public, il est mort sur l’échafaud ! Il est mort, ne laissant pour tout patrimoine à son fils que son épée. Citoyen général, on nous a enlevé cette épée, et je viens, au nom de votre gloire vous la redemander. »

Ces paroles, pleines de noblesse et de fierté, devaient plaire à Napoléon. Sa physionomie, si calme d’ordinaire, respirait un air de satisfaction.

« C’est bien jeune homme, c’est très bien ce courage et cette tendresse filiale vous honorent. L’épée de votre père vous sera rendue. »

Puis, faisant signe à un aide-de-camp, il lui dit quelques mots à voix basse. L’officier sort et reparait bientôt avec une épée que Bonaparte remet lui-même au jeune Beauharnais. Eugène la saisit avidement, la serre contre son cœur, puis la baise avec respect.

Napoléon, visiblement ému, encourage le jeune Beauharnais à suivre le noble exemple de son père, puis il le congédie en l’invitant à venir le voir.

Ce fut à ce même hôtel de la Colonnade que s’accomplit le mariage de la mère d’Eugène avec Bonaparte, le 9 mars 1796. Le jour même, les nouveaux époux allèrent habiter la petite maison de la rue Chantereine, dont Napoléon avait déjà fait l’acquisition.

Aguesseau (d’), voyez Daguesseau.

Aiguillerie (rue de l’).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 71 et 75 ; finit à la rue Sainte-Opportune, nos 2 et 4. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 47 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

On la nommait en 1220 rue Alain de Dampierre ; en 1449, cloître Sainte-Opportune. En 1650, elle portait le nom de l’Esguillerie, en raison, dit Sauval, des marchands d’esguilles (aiguilles) qui y demeuraient.

Une décision ministérielle du 21 prairial an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 7 m.

Une ordonnance royale du 16 août 1836 a porté cette largeur à 14 m., en prescrivant l’élargissement immédiat de la rue de l’Aiguillerie, au moyen de l’acquisition, pour cause d’utilité publique, des immeubles situés sur le côté gauche. Cette amélioration a été exécutée. Les constructions du côté des numéros impairs ne sont pas soumises à retranchement. La propriété no 3 devra même, pour exécuter l’alignement, avancer sur ses vestiges actuels de 1 m. 60 c. à 3 m. 50 c. ; sur le côté opposé, la maison no 10 est alignée. Les autres constructions de ce côté sont assujetties à un retranchement qui varie de 2 m. 90 c. à 3 m. 65 c. — Éclairage au gaz (compe Anglaise). — La rue de l’Aiguillerie, avant le percement de la rue Sainte-Opportune, débouchait par un retour d’équerre sur la place du même nom. Ce débouché est confondu aujourd’hui dans la rue Sainte-Opportune.

Air (avenue du Bel).

Commence à la place du Trône, nos 12 et 14 ; finit à l’avenue de Saint-Mandé. Le dernier impair est 3 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 234 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Cette avenue, tracée sur le plan de Jaillot, n’avait point alors de dénomination. Sa position un peu élevée et découverte lui a fait donner le nom qu’elle porte. Une décision ministérielle à la date du 23 ventôse an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de celle voie publique à 39 m. Les constructions riveraines ne sont soumises qu’à un léger redressement.

Air (cour du Bel).

Située dans la rue du Faubourg-Saint-Antoine, no 58. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Son nom lui vient de l’hôtel du Bel-Air.

Albouy (rue).

Commence à la rue des Marais-du-Temple, nos 56 et 58 ; finit à la rue des Vinaigriers, nos 17 et 19. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 180 m. — 5e arrondissement, quartier de la porte Saint-Martin.

Une ordonnance royale du 31 mars 1824, a autorisé le sieur Albouy à ouvrir sur les terrains dont il était propriétaire, une rue de 10 m. de largeur.

Cette autorisation a été accordée à la charge par l’impétrant de supporter les frais du premier pavage et du premier établissement de l’éclairage de la nouvelle rue, et en outre de se soumettre aux lois et règlements sur la voirie de Paris. Ce percement a été immédiatement exécuté. — Les constructions riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).

Alger (rue d’).

Commence à la rue de Rivoli, no 30 bis ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 335 et 335 bis. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 128 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Les sieurs Périer frères et Chéronnet, propriétaires de l’ancien hôtel de Noailles et de ses dépendances, obtinrent à la date du 20 septembre 1830, une ordonnance royale portant autorisation d’ouvrir sur cet emplacement une rue de 10 m. de largeur. Suivant cette ordonnance, les constructions en bordure ne devaient pas excéder 15 m. de hauteur, sauf les maisons aux encoignures des rues de Rivoli et Saint-Honoré, qui pourraient avoir 18 m. d’élévation dans une profondeur de 15 m.

Ce percement fut immédiatement exécuté ; il porta jusqu’en 1832 le nom de rue Louis-Philippe 1er. À cette époque la rue Lappe, située dans le faubourg Saint-Antoine, ayant pris par une circonstance toute particulière le nom du roi, on donna à la voie publique, faisant l’objet du présent article, la dénomination de rue d’Alger, en mémoire de la prise de cette ville par l’armée française, le 5 juillet 1830. Une ordonnance royale du 16 novembre 1834 porte que la hauteur des maisons riveraines de la rue d’Alger pourra être élevée à 16 m. Toutes les constructions bordant cette voie publique sont à l’alignement. — Éclairage au gaz (compe Anglaise). — Égout et conduite d’eau.

Alibert (rue).

Commence au quai de Jemmapes ; finit à la rue Bichat. Pas de numéro. Sa longueur est de 153 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

En 1740, c’était la ruelle Dagouri, peu de temps après la rue Notre-Dame, puis la ruelle des Postes, et enfin l’impasse Saint-Louis, en raison de sa proximité de l’hôpital de ce nom. Le 28 vendémiaire an XI, une décision ministérielle, signée Chaptal, avait fixé à 10 m. la largeur de cette impasse qui devait être prolongée jusqu’à la rue Saint-Maur.

Une ordonnance royale, à la date du 6 décembre 1827, confirma cette dernière disposition qui n’est pas encore exécutée, et porta la largeur de cette voie publique à 13 m. La rue Bichat, dont l’ouverture eut lieu en 1824, convertit en rue l’impasse Saint-Louis. En vertu d’une décision du roi, du 19 janvier 1840, cette voie publique reçut la dénomination d’Alibert. J.-L. Alibert, célèbre médecin, auteur du Traité des Fièvres intermittentes pernicieuses, fit pendant longtemps à l’hôpital Saint-Louis une excellente clinique sur les maladies cutanées. Il naquit le 12 mai 1766, et mourut le 5 novembre 1837 d’une affection cancéreuse à l’estomac. — Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception d’une maison située sur le côté droit près de la rue Bichat.

Aligre (passage de l’hôtel d’).

Commence à la rue Bailleul, no 12 ; finit à la rue Saint-Honoré, no 123. — 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

Ainsi nommé parce qu’il traverse l’ancien hôtel d’Aligre.

Le grand conseil a tenu longtemps ses séances dans cet hôtel.

Aligre (rue d’).

Commence à la rue de Charenton, nos 101 et 103 ; finit à la place du marché Beauveau, nos 1 et 2. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 112 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Cette rue, ouverte en décembre 1778, sur les dépendances de l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs, avait été autorisée par des lettres-patentes du 17 février 1777, enregistrées au parlement le 24 août de la même année.

Fixée à 42 pieds de largeur, elle ne fut cependant exécutée qu’à 13 m. 50 c. Cette dimension a été maintenue par une décision ministérielle du 17 brumaire an XII, signée Chaptal. La dénomination affectée à cette voie publique rappelle Étienne-François d’Aligre, né en 1726, et qui fut président à mortier en 1768, et premier président au parlement de Paris. D’Aligre mourut à Brunswick en 1798 (voyez Beauveau, marché).

Les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau.

Allée (passage de la Longue).

Commence à la rue du Ponceau, entre les nos 14 et 16 ; finit à la rue Neuve-Saint-Denis, entre les nos 9 et 11. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Son premier nom fut celui de passage de l’Égout. Il a été construit sur les dépendances du couvent des dames Saint-Chaumont.

Alouette (rue du Champ-de-l’).

Commence à la rue de Lourcine, nos 95 et 97 ; finit au boulevart des Gobelins, nos 12 et 14. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 14. Sa longueur est de 583 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel. ; le dernier pair est 14. Sa longueur est de 583 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.


Elle doit son nom à un champ très vaste sur lequel elle fut ouverte. Elle porta d’abord le nom de rue Saint-Louis. Une décision ministérielle à la date du 23 ventôse an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Quelques constructions sont alignées.

Conduite d’eau depuis la rue de Lourcine jusqu’à la rue du Petit-Champ.

Amandiers (barrière des).

Située à l’extrémité de la rue du même nom.

Cette barrière, qui doit son nom à la rue des Amandiers, n’a qu’un bâtiment rectangulaire surmonté d’un couronnement (voir l’article Barrières).

Amandiers (chemin de ronde de la barrière des).

Commence aux rue et barrière des Amandiers ; finit aux rue et barrière de Ménilmontant. Pas de numéro. Sa longueur est de 540 m. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

L’alignement de ce chemin de ronde est exécuté dans les deux tiers de son étendue (voyez l’article Chemins de ronde).

Amandiers-Popincourt (rue des).

Commence à la rue Popincourt, nos 38 et 40 ; finit aux chemins de ronde des barrières des Amandiers et d’Aunay. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 900 m. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Ce n’était encore qu’un chemin sous le règne de Louis XIII. Il a pris son nom de la quantité d’amandiers qu’on voyait dans le terrain sur lequel elle fut ouverte. Une décision ministérielle du 23 messidor an IX, signée Chaptal, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1827, cette dimension est maintenue pour la partie comprise entre les rues Popincourt et Saint-Maur ; le surplus a été porté à 13 m. de largeur. Les maisons portant les numéros ci-après sont alignées 1, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 31, 33, 35 et 37 ; et le terrain à l’encoignure du chemin de ronde, 2, 8, 10, 30, 32, 34, 36, 40 et 42. — Égout depuis la rue Popincourt jusqu’à l’avenue Parmentier, et conduite d’eau depuis cette avenue jusqu’à la rue Folie-Regnault.

Amandiers-Sainte-Geneviève (rue des).

Commence à la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, nos 82 et 82 bis ; finit à la rue des Sept-Voies, nos 17 et 19. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 95 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

On l’appelait en 1300, rue de l’Allemandier ; en 1334, des Amandiers ; en 1386, rue des Allemandiers ; en 1392 et depuis, la rue des Amandiers. Une décision ministérielle du 8 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. La maison no 2 est alignée. Celles nos 16 et 18 ne sont soumises qu’à un très faible retranchement. — Éclairage au gaz (compe Parisienne). — Le collége des Grassins était situé dans cette rue, au no 14. Il fut fondé en 1569, par Pierre Grassin, conseiller au parlement. Ses descendants augmentèrent cet établissement. Devenu propriété nationale, il a été vendu en trois lots le 8 octobre 1833.

Ambigu-Comique (théâtre de l’).

Situé boulevart Saint-Martin, à l’angle de la rue de Bondy. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Le sieur Audinot, acteur de la comédie italienne, est le fondateur de l’Ambigu-Comique. Il ouvrit, au mois de février 1759, un théâtre à la foire Saint-Germain ; puis, sur le boulevart, un spectacle de marionnettes auxquelles il substitua des enfants. Grâce à la gentillesse et à l’intelligence précoce des jeunes artistes, ce spectacle fit fureur. Audinot donna à son théâtre cette devise, dans laquelle se trouvait son nom Sicut infantes audi nos. Un poète, l’abbé Delille, a peint l’empressement du public dans ce joli vers

« Chez Audinot, l’enfance attire la vieillesse. »

Tout Paris courut à ce théâtre ; l’Opéra resta désert. Les administrateurs du Grand-Théâtre, jaloux des succès d’Audinot, obtinrent à la fin de l’année 1771, un arrêt du conseil qui réduisit l’Ambigu-Comique à l’état de spectacle de dernière classe. On lui ordonna de supprimer les danses ainsi qu’une grande partie de son orchestre. Cette mesure, regardée comme une injustice, causa alors une grande rumeur. Peu de temps après, le théâtre d’Audinot parvint à recouvrer son ancienne liberté, moyennant une contribution annuelle de 12 000 livres qu’il dut payer à l’Opéra. La comtesse Du Barry, pour égayer le roi Louis XV, fit venir, au mois d’avril 1772, la troupe d’Audinot à Choisy. Un incendie, qui éclata en 1827, dévora complètement les bâtiments de ce théâtre ; sa reconstruction ne put avoir lieu sur le boulevart du Temple ; l’isolement qui était imposé aurait trop restreint les proportions des bâtiments : on fut donc forcé de rebâtir l’Ambigu-Comique dans un autre endroit ; on fit choix de l’emplacement actuel, qui offre toute la sécurité désirable. Les divers planchers de ce théâtre sont construits en fer et maçonnés en poteries ; les combles sont également en fer et couverts en ardoises ; le mur au droit de l’avant-scène, et séparant le théâtre de la salle, s’élève en gradins au-dessus des combles de ces deux parties ; enfin un rideau mobile en treillis de fer a été disposé en cet endroit. L’emplacement occupé par l’Ambigu a été acheté 385 515 fr. ; la démolition des anciennes constructions et l’exécution de la totalité des travaux ont eu lieu en moins de dix mois, et ont coûté 1 347 944 fr. ; les machines figurent pour 69 000 fr., et la peinture de décor a coûté 17 000 fr. Cette salle, construite de 1827 à 1828, par MM. Hittorf et Lecointe, architectes, peut contenir 2 000 personnes ; elle a été livrée au public le 8 juin 1828. Prix des places en 1843 : avant-scène des 1res, 5 fr. ; id. des 2es, 2 fr. 50 c. ; balcon des 1res 2 fr. ; stalle de balcon, 2 fr. ; stalles d’orchestre et de 1re galerie, 2 fr. 50 c. ; 1re loge de face, 3 fr. 50 c. ; 1re de côté et 2e de face, 2 fr. 50 c. ; baignoire de face, 2 fr. 50 c. ; baignoire de côté, orchestre et 1re galerie, 2 fr. ; 2e galerie, 1 fr. 50 c.; parterre, 1 fr. 25 c.

Amboise (impasse d’).

Située place Maubert, entre les nos 1 et 3. Le dernier impair est 3 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 39 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Elle a pris son nom de l’hôtel d’Amboise qui y était situé au XIVe siècle.

Une décision ministérielle du 6 vendémiaire an XIV, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 40 c. à 1 m. 80 c. — Le collége grec ou de Constantinople était anciennement dans cette impasse ; il fut fondé en 1206, et réuni, en 1420, au collége de la Marche, dont nous parlerons à l’article Geneviève (rue de la Montagne Sainte-).

Amboise (rue d’).

Commence à la rue de Richelieu, nos 103 et 105 ; finit à la rue Favart, nos 10 et 12. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 95 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Des lettres-patentes, à la date du 14 octobre 1780, autorisèrent le percement de cette rue sur les terrains appartenant à M. Étienne-François de Choiseul, duc de Choiseul-Amboise, pair de France, marquis de Stainville et de la Bourdaisières, et ministre d’état. Ces lettres-patentes portent que la rue nouvelle sera nommée rue d’Amboise ; ce percement, dont la largeur était fixée à 25 pieds, a été exécuté en 1781 sur une dimension de 8 m., qui a été maintenue par une décision ministérielle du 3 frimaire an X, signée Chaptal. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Anglaise). (Voyez Opéra-Comique, théâtre de l’).

Ambroise (église Saint-).

Située à l’angle des rues Popincourt et Saint-Ambroise. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Cette église, bâtie en 1659, servait autrefois de chapelle aux religieuses Annonciades du Saint-Esprit. L’ordre des Annonciades fut fondé par Jeanne de France, fille de Louis XI et première femme de Louis XII. Établies d’abord à Bourges, ces religieuses quittèrent cette ville pour venir à Paris, rue de Sèvres, occuper une maison qu’elles cédèrent peu de temps après à l’Abbaye-aux-Bois. Le 12 août 1636, elles s’installèrent à Popincourt, où elles demeurèrent jusqu’en 1780, époque de la suppression de leur communauté. En 1781, deux rues furent tracées sur l’emplacement de cette maison. — La première a pris le nom de rue Saint-Ambroise (voir cet article) ; la deuxième, appelée de Beauharnais, a été supprimée par décision ministérielle du 9 octobre 1818. La chapelle, qui était propriété nationale, fut vendue le 2 prairial an V, et devint en 1802 la seconde succursale de la paroisse Sainte-Marguerite.

L’église Saint-Ambroise a été rachetée par la ville de Paris, le 31 août 1811, moyennant 67 500 fr.

Elle a été restaurée et considérablement agrandie par M. Godde, architecte ; elle a été bénite le 15 novembre 1818.

Ambroise (impasse Saint-).

Située dans la rue de ce nom, no 10. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 8. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Cette impasse, qui est une propriété particulière, a été formée il y a une vingtaine d’années.

Ambroise (rue Saint-).

Commence à la rue Popincourt, nos 54 et 56 ; finit à la rue Saint-Maur, no 3. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 369 m. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Elle a été percée, vers 1783, sur l’emplacement du couvent des religieuses Annonciades du Saint-Esprit ; sa largeur fut alors fixée à 9 m. 74 c. En 1802, elle reçut la dénomination de rue Saint-Ambroise, en raison de sa proximité de l’église des Annonciades, dédiée à saint Ambroise. Une décision ministérielle du 6 pluviôse an IX, signée Chaptal, a maintenu la largeur de 9 m. 74 c. Les constructions ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau. Éclairage au gaz (compe de Belleville). (Voir Ambroise, Église Saint-).

Amélie (rue).

Commence à la rue Saint-Dominique, nos 165 et 167 ; finit à la rue de Grenelle, nos 174 et 176. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 6. Sa longueur est de 180 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Les sieurs Wauthy et Fabus de Maisoncelle, propriétaires de terrains situés entre les rues Saint-Dominique et de Grenelle, au Gros-Caillou, obtinrent, le 6 septembre 1772, des lettres-patentes qui autorisaient le percement d’une rue de 24 pieds de largeur. Ces deux propriétaires devaient concéder gratuitement, et chacun par moitié, l’emplacement nécessaire à l’exécution du percement. Ces lettres-patentes furent enregistrées au parlement, le 23 août 1774. Un seul propriétaire exécuta cette condition ; il en résulta que la rue ne fut ouverte que sur la moitié de la largeur fixée par les lettres patentes. Cet état de choses durait encore en 1823 ; à cette époque, M. Pihan de Laforest, propriétaire riverain, et un grand nombre d’habitants, s’adressèrent à l’autorité supérieure, et demandèrent l’exécution complète des lettres-patentes de 1772. Cette demande fut accueillie favorablement, et le ministre de l’intérieur décida, le 12 juin 1824, que la rue, qui jusqu’alors n’était connue sur les plans que sous le nom de rue projetée, s’appellerait désormais rue Amélie : c’était le nom de baptême de la fille de M. Pihan de Laforest. Enlevée à l’âge de quinze ans, cette jeune personne réunissait toutes les vertus chrétiennes. Mais les clauses insérées dans les lettres-patentes ne furent point exécutées ; des contestations s’élevèrent entre la ville de Paris et les propriétaires du terrain qui devait être livré pour l’exécution complète du percement. Un jugement du tribunal de première instance débouta, en 1826, la ville de ses prétentions, et en 1832, un arrêté du préfet de la Seine a prescrit la clôture à ses deux extrémités de la rue Amélie.

Amelot (rue).

Commence au quai de Valmy ; finit à la rue Saint-Sébastien, no 2. Pas de numéro impair. Ce côté est bordé, dans la plus grande partie de son étendue, par le mur de soutènement du boulevart Beaumarchais ; le dernier pair est 68. Sa longueur est de 654 m. — 8e arrondissement ; la partie comprise entre le quai et la rue Daval est du quartier du faubourg Saint-Antoine, le surplus dépend du quartier Popincourt.

Au mois de mai 1777, le roi ordonna, par lettres-patentes, que les fossés de la ville en toute leur étendue, depuis le pont Saint-Antoine jusqu’au grand égout, seraient remplis au moyen des gravois et des décharges publiques, jusqu’à la hauteur du chemin de la Contrescarpe ; et à six pieds ou environ plus bas que le sol du rempart. Par ces mêmes lettres-patentes, il fut arrêté que les terrains des fossés seraient divisés en plusieurs rues, dont l’une aurait son ouverture dans la demi-lune à l’entrée du faubourg Saint-Antoine et aboutirait à la rue Saint-Sébastien, serait appelée rue Amelot, et aurait 36 pieds de largeur. M. Amelot était en 1777 ministre secrétaire d’état au département de Paris. Ce percement fut effectué en 1781. Une décision ministérielle du 25 messidor an X signée Chaptal, a maintenu sa largeur primitive. Lors de l’exécution du canal Saint-Martin, la partie de la rue Amelot débouchant sur la place de la Bastille a été supprimée. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Égout depuis la rue du Chemin-Vert jusqu’à la rue Saint-Sébastien. Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Amsterdam (rue d’).

Commence à la rue Saint-Lazare, no 120 ; finit à la rue Neuve-de-Clichy, no 9. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 615 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

En vertu d’une ordonnance royale du 2 février 1826, MM. Jonas Hagerman et Sylvain Mignon furent autorisés à former sur leurs terrains les rues, portions de rues, de boulevart et place ci-après indiquées : Amsterdam (rue d’), Berlin (rue de), Bruxelles (rue de), Constantinople (rue de), Europe (place d’), Florence (rue de), Fontaine (rue), Gênes (rue de), Hambourg (rue de), Lisbonne (rue de), Londres (rue de), Madrid (rue de), Malesherbes (prolongement du boulevart), Messine (rue de), Miroménil (prolongement de la rue de), Munich (rue de), Naples (rue de), Pétersbourg (rue de Saint-), Plaisance (rue de), Rocher (prolongement de la rue du), Rome (rue de), Tivoli (rue de), Turin (rue de), Vienne (rue de). Ces dénominations furent approuvées par une décision ministérielle du 5 août 1826. L’ordonnance précitée imposa aux impétrants, entre autres conditions, celles de faire établir à leurs frais, de chaque côté des nouvelles voies, des trottoirs en pierre dure, d’une largeur de 2 m. dans les rues de 15 m., et de 1 m. 60 c. dans celles de 12 m. ; de supporter les frais d’établissement de pavage et d’éclairage ; de fermer par des grilles en fer ou par des portes l’entrée des rues qui ne pourraient, quant à présent, avoir de débouchés ; de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris. La rue d’Amsterdam, telle qu’elle avait été autorisée sur les terrains de MM. Hagerman et Mignon, formait deux impasses séparées par le carrefour où viennent aboutir les rues de Londres, de Stockolm et de Tivoli. L’impasse qui prenait naissance à la rue de Tivoli, et dont la longueur était de 141 m., a été prolongée récemment sur les terrains appartenant à divers particuliers, jusqu’à la rue Neuve-de-Clichy. L’autre impasse, qui avait son entrée entre les rues de Londres et de Stockolm, vient d’être continuée jusqu’à la rue Saint-Lazare, en vertu d’une ordonnance royale du 17 juillet 1843, qui a déclaré d’utilité publique l’exécution immédiate de ce percement.

La rue d’Amsterdam doit sa dénomination à la capitale de la Hollande. Sa largeur est fixée à 12 m. Les constructions riveraines sont alignées. La rue de Munich n’a pas été ouverte ; celles de Florence, de Gênes, de Naples et de Turin avaient été tracées seulement sur le terrain. Leur emplacement est occupè aujourd’hui par une partie du chemin de fer de Paris à Saint-Germain.

Anastase (rue Neuve-Sainte-).

Commence à la rue Saint-Paul, no 33 ; finit à la rue des Prêtres-Saint-Paul, nos 6 et 8. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 39 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Le titre le plus ancien qui constate l’existence de cette rue est un censier de Saint-Éloy, de 1367, qui l’indique sous le nom de ruelle Saint-Paul.

Nous la croyons pourtant construite bien avant cette époque ; elle doit son nom actuel à une statue de Sainte-Anastase ; la qualification de Neuve ne saurait lui convenir aujourd’hui, attendu qu’elle est beaucoup plus ancienne que la rue Sainte-Anastase, au Marais.

Une décision ministérielle du 8 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 4 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 août 1838, l’îlot des maisons qui sépare la rue Neuve-Sainte-Anastase de celle des Prêtres-Saint-Paul, doit être démoli pour former sur ce point une petite place. Les constructions, du côté droit de cette voie publique ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue des Prêtres-Saint-Paul jusqu’à la borne-fontaine.

Anastase (rue Sainte-).

Commence à la rue Saint-Louis, nos 49 et 51 ; finit aux rues Thorigny, no 14, et Saint-Gervais, no 2. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 112 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Ce nom lui vient des religieuses hospitalières de Sainte-Anastase, dites depuis de Saint-Gervais. Un procès-verbal d’alignement constate qu’en 1620, des constructions commencèrent à s’élever sur la culture Saint-Gervais.

Dans cette pièce, qui est datée du 4 juillet de la même année, il est dit « qu’on a jugé nécessaire d’ouvrir sur les terrains de cette culture une rue de vingt pieds de large, qu’on appellera rue Sainte-Anastase. »

Une décision ministérielle du 13 fructidor an VII, signée Quinette, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835, cette largeur est portée à 10 m.

Les maisons du côté des numéros pairs ne sont soumises qu’à un léger redressement ; celles du côté des numéros impairs devront reculer de 2 m. 10 c. à 2 m. 30 c.

Ancre (passage de l’).

Commence à la rue Saint-Martin, no 171 ; finit à la rue Bourg-l’Abbé, no 34. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Il doit son nom à une enseigne. De 1792 à 1805, on l’appela passage de l’Ancre Nationale.

André-des-Arts (place Saint-).

Située dans la rue de ce nom, entre les nos 25 et 29. Le dernier numéro est 15. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

La nouvelle enceinte de Paris, dont Philippe-Auguste avait ordonné la construction, morcelait les propriétés et les terres seigneuriales. Des contestations s’élevèrent entre l’évêque de Paris et l’abbé de Saint-Germain-des-Prés. Ces différends furent terminés par une sentence arbitrale, rendue au mois de janvier de l’an 1210, par laquelle il fut dit que la juridiction spirituelle appartiendrait à l’évêque de Paris dans l’étendue du territoire qui venait d’être renfermé dans la nouvelle enceinte, mais que l’abbé de Saint-Germain, par compensation, y pourrait faire bâtir deux églises ; l’une fut celle de Saint-André-des-Arts, et l’autre de Saint-Côme et de Saint-Damien. On choisit, pour élever cette première église, un emplacement où, depuis le VIe siècle, existait un oratoire sous l’invocation de Saint-Andéol, dont on fit Saint-Andeu, Saint-Andri, enfin Saint-André. Cette chapelle se trouvait sur le territoire de Laas ou de Lias, dont le nom par corruption devint Ars, Arcs et en dernier lieu Arts. Au XVIe siècle, une grande partie de cette église et la nef entière furent reconstruites ; la façade principale était un ouvrage du XVIIe siècle. Devenue propriété nationale, cette église fût vendue le 4 fructidor an V (21 août 1797), et abattue quelques années après. Par décision du 15 prairial an XIII, le ministre Champagny prescrivit la formation d’une place. Un arrêté préfectoral du 24 mars 1809 porte ce qui suit : « Le terrain de l’ancienne église Saint-André-des-Arts, appartenant à M. Parrein, général de brigade, et aux héritiers Bouret, est acquis par la ville de Paris pour être réuni à la voie publique et former la place Saint-André-des-Arts. Signé Frochot. » Une ordonnance royale du 22 août 1840 a déterminé les alignements de cette voie publique.

Les maisons nos 1, 3, 5 et 7 sont alignées. Les autres constructions ne sont soumises qu’à un faible retranchement. — Égout et conduite d’eau. Éclairage au gaz (compe Parisienne).

André-des-Arts (rue du cimetière Saint-).

Commence à la place Saint-André-des-Arts, nos 13 et 15 ; finit à la rue de l’Éperon, nos 3 et 5. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 133 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Elle fut ouverte en 1179, sur le territoire de Laas. En 1255 on la nommait rue aux Sachettes, en raison de certaines religieuses revêtues de robes en forme de sacs, et qui vers cette époque, avaient établi un couvent en cet endroit. Tous les matins, ces sœurs, ainsi que nous le voyons dans les Crieries de Paris, parcouraient les rues de cette ville, quêtaient leur nourriture en chantant :

« Ça du pain por Dieu aux sachesses,
Par ces rues sont granz les presses. »

Cette congrégation, n’étant pas légalement autorisée, fut supprimée vers 1350. La rue changea alors sa dénomination, et prit celle de rue des Deux-Portes, jusqu’en 1356, époque de la formation du cimetière de la paroisse Saint-André-des-Arts. Une décision ministérielle en date du 15 floréal an V, signée Benezech, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur est portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840. Les maisons nos 11 et 13 ne sont soumises qu’à un très faible retranchement. — Au no 3, était situé le collége de Boissi. Il fut fondé en 1358 par Étienne Vidé, natif de Boissi-le-Sec, chanoine de l’église de Chartres et clerc du roi. Ce collége a été réuni en 1764 à l’Université.

André-des-Arts (rue Saint-).

Commence à la rue de la Vieille-Bouclerie, no 2, et à la place du Pont-Saint-Michel, no 52 ; finit aux rues de l’Ancienne-Comédie, no 1, et Dauphine, no 65. Le dernier impair est 79 ; le dernier pair, 80. Sa longueur est de 422 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Le territoire de Laas, couvert de vignes, fut aliéné en 1179, par Hugues, abbé de Saint-Germain-des-Prés, à la charge d’y construire des maisons. Plusieurs rues furent promptement ouvertes. L’une d’elles, qui touchait à l’oratoire de Saint-Andéol prit le nom de Saint-Andéol-de-Laas, dont on fit bientôt Saint-André-de-Laas. — En 1332, cette voie publique s’appelait rue Saint-Germain-des-Prés. Depuis, on la nomma rue Saint-André-des-Arts.

La partie de cette voie publique comprise entre les rues de la Vieille-Bouclerie et Mâcon fut appelée, au XVe siècle, rue de la Clef, en raison, dit Sauval, de Perrinet-le-Clerc, qui jeta les clefs de la ville par dessus la porte Buci, pour favoriser l’entrée des Bourguignons dans Paris. — Une décision ministérielle du 19 pluviôse an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. — Cette largeur est portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1836. — Une autre ordonnance royale du 21 novembre 1837, a déclaré d’utilité publique l’exécution immédiate de l’alignement de la partie de cette rue comprise entre la place Saint-André-des-Arts et celle du pont Saint-Michel ; en conséquence, la ville de Paris a été autorisée à acquérir à l’amiable ou par voie d’expropriation, les maisons du côté gauche de ladite rue, portant les nos 5, 7, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23, 25 et 27. Cette amélioration a été complètement exécutée en 1841. Outre ces propriétés, celles qui portent les numéros ci-après sont alignées : 71, 73, 75 ; 2, 18, 20, 22, 24 et 30. — Égout depuis la place du pont Saint-Michel jusqu’à la rue Git-le-Cœur. — Conduite d’eau depuis la place du pont Saint-Michel jusqu’à la rue de l’Éperon. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

La porte Buci était située dans la rue Saint-André-des-Arts, près celle Contrescarpe. Sa construction, commencée en 1209, n’était pas encore terminée lorsque Philippe-Auguste la donna à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, en dédommagement des terrains qu’il avait fallu prendre à ces religieux pour la construction de la nouvelle enceinte de Paris. Elle fut appelée porte Saint-Germain jusqu’en 1352. À cette époque, Jean, abbé de Saint-Germain-des-Prés, la vendit à Simon de Buci, premier président au Parlement. Elle acquit, au commencement du XVe siècle, une triste célébrité par la trahison de Perrinet-le-Clerc. Quelques Parisiens, excités par la faction de Bourgogne, allèrent secrètement, au nombre de sept ou huit, trouver à Pontoise le seigneur de l’Isle-Adam, gouverneur de cette ville pour le duc de Bourgogne et convinrent avec lui du jour, de l’heure et du lieu où ce commandant se présenterait sous les murs de Paris, avec toutes les troupes qu’il pourrait réunir. Dans la nuit du 28 au 29 mai 1418, l’Isle-Adam, suivi de huit cents soldats, arrive sans être aperçu jusqu’à la porte Buci. Perrinet-le-Clerc, qui a dérobé à son père la clef de cette porte, introduit les Bourguignons. Ces derniers, que l’obscurité favoris, s’avancent en silence jusqu’au Châtelet. Là, douze cents Parisiens les rejoignent ; alors de concert, ils s’écrient : Nostre-Dame-la-Paix !… Vive le Roi !… Vive le Dauphin ! Les séditieux, dont le nombre s’accroît à chaque instant, se portent en fureur à l’hôtel Saint-Paul, en brisent les portes, pénètrent jusqu’au roi. Ce malheureux prince, dont les chagrins avaient augmenté la folie, les regarde d’un air insouciant, et ne sait pas répondre aux questions qui lui sont adressées. Ne pouvant rien en tirer, les conjurés le jettent sur un cheval et vont le montrer au peuple.

À la nouvelle de ce malheur, le connétable d’Armagnac se réfugie rue des Bons-Enfants, chez un maçon qui eut la lâcheté de le livrer. — Tanneguy-Duchâtel, prévôt de Paris, parvient à sauver le Dauphin, le transporte à la bastille Saint-Antoine, puis le conduit à Melun, où il fut en sûreté. Le 12 juin 1418, le connétable d’Armagnac, le chancelier de Marie, l’évêque de Coutances son fils, furent massacrés à la Conciergerie, et leurs corps dépouillés restèrent exposés plusieurs jours aux outrages d’une troupe furieuse. Le nombre des prisonniers qui, par suite de ces événements, perdirent la vie par l’eau, par le fer et par le feu, se monta à quinze cent dix-huit. La porte Buci fut fermée quelque temps après cette catastrophe. François 1er la fit rouvrir ; on l’abattit en 1672, en vertu d’un arrêt du 19 août de cette année. — Au no 30 était situé le collége d’Autun. Il fut fondé, en 1341, par le cardinal Bertrand, évêque d’Autun. En 1764, il fut réuni au collége Louis-le-Grand. Ses bâtiments, devenus propriété de l’État, ont été vendus le 28 mars 1807.

Andrelas (impasse).

Située dans la rue Mouffetard, entre les nos 217 et 219. Pas de numéro. Sa longueur est de 16 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette impasse, qui n’a jamais été alignée, doit probablement sa dénomination à un propriétaire riverain. Sa largeur actuelle est de 2 m. 50 c.

Angiviller (rue d’).

Commence à la place de l’Oratoire et à la rue des Poulies, no 1 ; finit à la rue de l’Oratoire, nos 4 et 6. Pas de numéro impairs ; le dernier pair est 18. Sa longueur est de 80 m. — 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

« Louis, etc…, voulons et nous plaît ce qui suit : Il sera ouvert, aux frais des sieurs Navau et compagnie, une rue de 24 pieds de largeur, dont l’alignement sera droit et les deux côtés parallèles, sur le terrain qui leur appartient, entre la rue des Poulies et celle de l’Oratoire, laquelle sera nommée rue d’Angiviller, et aura son entrée d’un bout au coin de ladite rue des Poulies et de la place de la Colonnade-du-Louvre, et de l’autre dans la rue de l’Oratoire, le plus près possible de celle Saint-Honoré, etc. Donné à Versailles le 12e jour du mois de mai de l’an de grâce 1780 et de notre règne le septième. Signé Louis. » (Extrait des lettres-patentes.) Procès-verbal d’alignement de cette rue fut dressé par le bureau de la ville, le 29 septembre suivant. Une décision ministérielle du 17 brumaire an XI, signée Chaptal, maintint la largeur primitive, qui a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828. Toutes les constructions du côté des numéros pairs sont alignées. Celles du côté opposé devront reculer de 2 m. 40 c.

Le comte de la Billardrie d’Angiviller était directeur et ordonnateur général des bâtiments du roi Louis XVI.

Conduite d’eau depuis la rue des Poulies jusqu’à la borne-fontaine. Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Anglade (rue de l’).

Commence aux rues de l’Évêque, no 2, et des Frondeurs, no 6 ; finit à la rue Traversière, nos 7 et 9. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 27 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Sa dénomination lui vient d’un propriétaire, fabricant de cartes, qui acheta, en 1639, un terrain situé rue des Moulins, sur lequel on forma depuis cette rue. En 1645 on l’appelait rue du Chemin-Gilbert. Un censier de l’archevêché la désigne, en 1663, sous le nom de rue d’Anglas. Depuis, c’est toujours rue de l’Anglade qu’on la nomme. Une décision ministérielle du 3 nivôse an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur est portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826. Les maisons du côté des numéros impairs sont alignées. Celles du côté opposé sont soumises à un retranchement de 3 m. 10 c. — Égout et borne-fontaine. Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Anglais (impasse des).

Située dans la rue Beaubourg, entre les nos 47 et 49. Le dernier impair est 7. Pas de numéro pair. Sa longueur est de 56 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

En 1260 on l’appelait le cul-de-sac Sans-Tête ; en 1370, petit-cul-de-sac près la poterne, et petit-cul-de-sac près la fausse poterne, Nicolas Hydron ou Huidelon ; en 1550, c’était le cul-de-sac du Tripot-de-Bertaut, parce qu’un nommé Bertaut y avait établi un jeu de paume ; enfin cul-de-sac des Anglais, à cause de sa proximité de la cour du More, dite aussi cour des Anglais. Une décision ministérielle du 18 octobre 1808, signée Cretet, a fixé sa largeur à 7 m. Les constructions riveraines devront reculer de 2 m. 20 c.

Anglais (rue des).

Commence à la rue Galande, nos 19 et 23 finit à la rue des Noyers, nos 28 et 30. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 97 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Son nom lui vient des écoliers anglais que la célébrité de l’Université de Paris attirait dans cette ville. La rue des Anglais était en partie construite sous Philippe-Auguste. Une décision ministérielle du 8 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé sa largeur à 6 m. Les maisons nos 7, 2, 4 et 8 sont alignées.

Anglaises (rue des).

Commence à la rue de Lourcine, nos 101 et 103 ; finit à la rue du Petit-Champ. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 206 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle tire son nom du couvent des Filles-Anglaises. Une décision ministérielle du 23 ventôse an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. La maison formant l’encoignure gauche de la rue Dervillé, celle qui est située à l’angle de la rue du Petit-Champ et les propriétés nos 2 et 4 ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue du Petit-Champ jusqu’à la borne-fontaine.

Au no 20 était située la maison des Filles-Anglaises. Les lettres-patentes pour la confirmation de leur établissement sont du mois de décembre 1677. Connues sous le nom de Religieuses-Bénédictines-Anglaises, elles dépendaient de l’archevêque de Paris. Par un des articles de leurs statuts, elles devaient prier pour le rétablissement de la religion catholique en Angleterre. Leur couvent, qui contenait en superficie 8 790 m., était circonscrit par les rues des Anglaises, du Petit-Champ et de la Glacière. Supprimé en 1790, il devint propriété nationale et fut vendu le 1er brumaire an VIII.

Angoulême (place d’).

Située dans la rue des Fossés-du-Temple, entre les nos 22 et 30. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Des lettres-patentes, à la date du 13 octobre 1781, avaient autorisé la formation d’une place à la rencontre des rues d’Angoulême, de Malte et du Grand-Prieuré. Cette place fut tracée en 1782, mais non construite. Peu de temps après on vendit le terrain sur lequel on devait la former, et le ministre Chaptal sanctionna cette suppression. Suivant ces lettres-patentes, qui avaient autorisé l’ouverture de la rue d’Angoulême, il devait être établi, aux encoignures de cette rue et de celle des Fossés-du-Temple, des tours creuses de 9 toises (17 m. 54 c.) de rayon et dont le centre serait placé à l’intersection des axes de ces deux rues. Cette disposition fut exécutée en 1783, et le 1er brumaire an XII, elle fut maintenue par le ministre Chaptal. Quelques années après, cette place reçut le nom d’Angoulême, qu’elle conserve encore aujourd’hui. Les constructions de cette voie publique sont alignées. Voyez Angoulême-du-Temple (rue d’). — Conduite d’eau. Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Angoulême (rue Neuve d’).

Commence à la rue de Ménilmontant, nos 27 et 29 ; finit à la rue d’Angoulême prolongée, nos 24 et 26. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 169 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Ouverte sans autorisation en 1826, sur les terrains appartenant à M. Martin, elle était connue alors sous le nom de passage du Bon Charles X. En 1830, elle prit la dénomination de La Fayette, et peu de temps après, celle de rue Neuve-d’Angoulême. Un arrêté préfectoral du 7 décembre 1840 a prescrit l’établissement de clôtures aux deux extrémités de cette rue, qui n’est point considérée comme voie publique par l’administration.

Angoulême-du-Temple (rue d’).

Commence au boulevart du Temple, nos 20 et 22 ; finit à la rue Folie-Méricourt, nos 15 et 17. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 335 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

« Louis, etc., à nos amés, et féaux conseillers, les gens tenant notre cour de parlement à Paris, salut. Notre cher et bien amé Alexandre-Emmanuel, chevalier de Crussol, brigadier de nos armées, chevalier non profès de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, capitaine des gardes de notre très cher et très amé frère le comte d’Artois, et administrateur général du grands prieuré de France pour notre très cher et très amé neveu le duc d’Angoulême, grand-prieur de France, nous a fait exposer que, depuis que nous ayons bien voulu lui confier l’administration du grand-prieuré de France, par nos lettre-patentes du 13 mars 1777, il s’est occupé des différents moyens d’en améliorer les revenus et qu’il a particulièrement porté ses vues sur les marais du Temple, qui lui ont paru susceptibles d’une amélioration considérable : que ces marais, qui contiennent en superficie plus de vingt-quatre mille toises, sont dans la position la plus avantageuse pour être bâtis ; qu’ils sont situés au bas du boulevart du Temple, dans la partie la plus fréquentée, bordés, d’un côté, par la rue des Fossés-du-Temple, qui est aujourd’hui prolongée jusqu’à la porte Saint-Antoine par la rue Amelot, et de l’autre par la rue Folie-Moricourt qui, par de nouveaux percements, peut faire la communication la plus facile et la plus commode des faubourgs Saint-Martin et du Temple avec celui de Saint-Antoine ; que d’un bout ils donnent sur la rue du Chemin-de-Ménilmontant, dont la partie opposée aux marais est déjà bâtie, et qu’enfin l’autre bout tient aux terres de différents particuliers ; qu’il a obtenu du grand-maitre de l’ordre de Malthe et de son conseil un bref d’autorisation pour donner les terrains dont il s’agit à bail emphytéotique, à la charge d’y bâtir ; et que pour parvenir à une bâtisse régulière et qui puisse en même temps contribuer à l’embellissement de la ville, il a fait dresser, par le sieur Perard de Montreuil, architecte du grand-prieuré, un plan de tous les terrains des marais du Temple, sur lequel sont tracées différentes places et rues qu’il se propose, sous notre bon plaisir, de faire ouvrir, etc., autorisons, voulons et nous plaît ce qui suit : — Article 1er. Il sera pratiqué et ouvert, aux frais du grand-prieuré, sur les terrains et marais appartenant audit grand-prieuré, appelés les Marais-du-Temple : 1o une place qui sera nommée place d’Angoulême, dont la dimension sera de trente-cinq toises sur vingt-cinq ; 2o trois rues qui traverseront lesd. marais dans leur largeur depuis la rue des Fossés-du-Temple jusqu’à celle de la Folie-Moricourt ; la première de ces rues sera nommée rue de Latour ; celle du milieu, allant à la place, rue d’Angoulême, et la troisième, proche l’ancien réservoir de la ville, rue de Crussol ; 3o deux autres rues transversales qui prendront de la rue du Chemin-de-Ménilmontant jusqu’au terrain des particuliers, et même pourront être prolongées au travers des terrains desd. particuliers jusqu’à la rue du Faubourg-du-Temple, lesquelles deux rues porteront la dénomination, savoir : la première, au-dessus du réservoir, de rue de Malthe, et la deuxième, celle de rue du Grand-Prieuré ; le tout ainsi qu’il est tracé au plan ci-dessus énoncé. Lesd. cinq rues auront chacune, conformément à notre déclaration du 16 mai 1765, cinq toises de large, à l’exception de la rue d’Angoulême, qui en aura six, comme étant la principale. — Art. 2. Pour faciliter d’autant les issues et débouchés de ces différentes rues, permettons aud. sieur chevalier de Crussol d’ouvrir une autre rue ou allée également aux frais du grand-prieuré, laquelle descendra du boulevart sur la rue des Fossés-du-Temple, vis-à-vis et dans l’alignement de la nouvelle rue d’Angoulême ; l’autorisons à cet effet à traiter à l’amiable avec les propriétaires du terrain sur lequel cette dernière rue ou allée sera ouverte pour les dédommagements et indemnités qui leur sont dus. — Art. 3. Voulons et entendons que tous les maisons et bâtiments à construire sur led. terrain des marais du Temple soient exempts du logement des gardes françaises et suisses, et autres gens de guerre, jusqu’à la première vente, comme aussi que les acquéreurs des terrains soient dispensés de tous les droits de police et de grande et de petite voiries pour les premières constructions qu’ils feront, et ce, pendant l’espace de six années seulement, à compter du 1er janvier prochain. — Art. 4. Le premier pavé tant de la place que des différentes rues à ouvrir sur ledit terrain des marais du Temple sera fait aux dépens dudit grand prieuré, conformément aux clauses du bail du pavé de Paris, et ledit pavé sera ensuite employé dans les états d’entretien et renouvellement à notre charge, etc. Donné à Versailles, le 13e jour d’octobre, l’an de grâce 1781 et de notre règne le 8e. Signé Louis, et plus bas, par le Roy, Amelot, et scellé. — À côté est écrit : Registrées, ce consentant le procureur-général du Roy, pour jouir par l’impétrant de leur effet et contenu, et être exécutées selon leur forme et teneur aux charges et conditions y portées suivant l’arrêt de ce jour. À Paris, en parlement, le 26 février 1782, signé Isabeau. »

Procès-verbal d’alignement des rues nouvelles fut dressé par le bureau de la ville, le 28 février 1783. — Une décision ministérielle du 1er brumaire an XII, signée Chaptal, a maintenu la largeur primitive de la rue d’Angoulême. La partie comprise entre le boulevart et la rue des Fossés-du-Temple n’a été percée qu’en 1790, ainsi que le constate un procès-verbal émané du département des travaux publics, à la date du 9 septembre de la même année. Depuis 1825, on a prolongé la rue d’Angoulême à partir de la rue Folie-Méricourt. Ce prolongement, dirigé vers la barrière des Trois-Couronnes, ne forme encore aujourd’hui qu’une impasse dont la longueur est de 251 m. environ. — Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception des bâtiments situés sur le côté gauche, entre le quai de Jemmapes et la rue Folie-Méricourt et de ceux qui portent le no 2 ; ces derniers sont soumis à un retranchement de 1 m. 10 c. à 1 m. 60 c. — Louis-Antoine d’Artois, duc d’Angoulême, est né à Versailles le 6 août 1775. Ce prince est en exil depuis 1830. — Conduite d’eau. Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Angoulême-Saint-Honoré (rue d’).

Commence à l’avenue des Champs-Élysées ; finit aux rues du Faubourg-du-Roule, no 1er, et du Faubourg-Saint-Honoré, no 127. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 420 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

« Louis, etc. ; notre très cher et très amé frère Charles Philippe, fils de France, comte d’Artois, nous a fait exposer que, devenu propriétaire du terrain connu sous le nom de l’Ancienne Pépinière, situé à Paris, faubourg Saint-Honoré, il se proposait d’ouvrir une rue au lieu appelé l’ancien chemin du Roule, laquelle rue porterait à l’avenir le nom d’Angoulême, aurait 30 pieds de large, et serait d’une ligne droite etc. ; permettons notre dit frère le comte d’Artois de percer et ouvrir une rue au lieu connu sous le nom de l’ancien chemin du Roule, laquelle rue portera à l’avenir le nom d’Angoulême et sera sur une ligne droite de 30 pieds de largeur, etc. 29 novembre 1777, signé Louis. » — Ces lettres-patentes furent renouvelées le 4 avril 1778 (voyez Berri, rue Neuve-de-) ; et procès-verbal d’alignement fut dressé par le bureau de la ville, le 24 novembre suivant. — Une décision ministérielle, du 6 nivôse an XII, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. — Sous la république et l’empire, elle a porté le nom de rue de l’Union. — En 1815, elle reprit sa dénomination primitive. Après la révolution de 1830 on l’a appelée pendant quelque temps rue de la Charte. Enfin on lui a rendu le nom d’Angoulême.

Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celles qui sont situées sur le côté gauche et dans une étendue de 75 m., à partir de l’encoignure de la rue du Faubourg-du-Roule (voyez pour l’étymologie, l’article précédent). — Conduite d’eau. Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).


Anjou (quai d’).

Commence à la rue Saint-Louis, no 2, et au pont de Damiette ; finit à la rue des Deux-Ponts, no 40, et au pont Marie. Le dernier n° est 37. Sa longueur est de 314 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Île-Saint-Louis.

Ce quai fut commencé, en 1614, par Christophe Marie, entrepreneur général des ponts de France, continué, en 1623, par Lagrange, repris par Marie et ses associés en 1627, il fut enfin achevé en 1647, par Hébert et autres propriétaires de l’île ; on donna alors à sa partie orientale le nom d’Anjou, à sa partie occidentale le nom d’Alençon ; en 1780, la seule dénomination d’Anjou prévalut en 1792, il prit le nom de quai de l’Union, qu’il changea, en 1805, pour reprendre la dénomination de quai d’Anjou qu’il conserve encore aujourd’hui. — Deux décisions ministérielles, l’une du 24 frimaire an XIII signée Champagny, l’autre du 9 mai 1818, ainsi qu’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. — D’après les alignements arrêtés, les maisons no 19 bis, 19 ter et 21, sont seules soumises à un faible retranchement.


Anjou au Marais (rue d’).

Commence aux rues d’Orléans, no 17, et de Berri, no 1 ; finit aux rues du Grand-Chantier, no 18, et des Enfants-Rouges, no 2. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 133 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Henri IV avait conçu le projet d’ouvrir au Marais une place d’une vaste étendue, qui aurait été appelée place de France ; l’an 1608, ce prince en fit tracer le plan en sa présence. Huit rues larges de 10 toises devaient y aboutir ces voies publiques, bordées de bâtiments uniformes, devaient porter les noms de nos grandes provinces ; la mort funeste de ce monarque empêcha l’exécution de cet utile projet. — Louis XIII permit plus tard de bâtir sur l’emplacement qui avait été réservé. On changea alors les alignements en conservant néanmoins aux rues qu’on bâtit en 1626, et depuis, les noms d’Anjou, de Bretagne, de Normandie, etc., indiqués sur le travail approuvé par Henri IV. — Une décision ministérielle du 13 fructidor an VII, signée Quinette, fixa la largeur de la rue d’Anjou à 10 m. Cette largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835. Les constructions de 1 à 19 devront reculer de 1 m. 20 c. à 1 m. 30 c. ; de 21 à la fin, de 1 m. 20 c. à 2 m. 20 c. ; les propriétés du côté des numéros pairs sont soumises à un retranchement de 3 m. 20 c. environ. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Anjou-Dauphine (rue d’).

Commence à la rue Dauphine, nos 28 et 30 ; finit à l’impasse de Nevers et à la rue du même nom, no 19. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 71 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

L’hôtel ou collége Saint-Denis, qui fut bâti par Mathieu de Vendôme, près de la porte Buci, sur des terres amorties qu’il prit à cens et à rentes en 1263 et 1268, fut vendu par arrêt du parlement du 9 avril 1595 et démoli aussitôt ; sur son emplacement on construisit en 1607 plusieurs rues. L’une d’elles reçut le nom d’Anjou, en l’honneur de Gaston (Jean-Baptiste), duc d’Anjou, second fils d’Henri IV. — Une décision ministérielle du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. — La maison no 7 est alignée. Les autres constructions riveraines devront reculer de 1 m. 20 c. environ. — Conduite d’eau. Éclairage au gaz (compe Française).


Anjou-Saint-Honoré (rue d’).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 42 et 44 ; finit à la rue de la Pépinière, nos 13 et 15. Le dernier impair est 53 ; le dernier pair, 64. Sa longueur est de 684 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette voie publique, dans la partie comprise entre la rue du Faubourg-Saint-Honoré et celle de la Ville-l’Évêque, était connue dès la fin du XVIe siècle, sous le nom de rue d’Anjou ; elle portait aussi la dénomination de rue des Morfondus. — Un arrêt du conseil, à la date du 4 décembre 1720, ordonna le prolongement de cette rue jusqu’au canal du grand égout ; cette disposition, confirmée par un autre arrêt du 22 juillet 1721, qui fixait la largeur de ce prolongement à 4 toises, ne tarda pas à être exécutée. — En 1778, sur la demande de plusieurs propriétaires, le roi prescrivit la continuation de la rue d’Anjou, depuis le grand égout jusqu’à la rue de la Hoche (aujourd’hui rue du Rocher). Il fut décidé que ce percement aurait 30 pieds de largeur et recevrait la dénomination de rue Quatremère, en l’honneur de François Bernard Quatremère de l’Épine, qui avait rempli les fonctions d’échevin de la Ville de Paris de 1772 à 1774. — Ce percement ne fut exécuté que jusqu’à la rue de la Pépinière. — En 1796, la rue qui nous occupe portait dans toute son étendue le nom de rue d’Anjou. — Une décision ministérielle à la date du 22 prairial an V, signée Benezech, fixa, ainsi qu’il suit, la largeur de cette voie publique : pour la partie comprise entre les rues du Faubourg-Saint-Honoré et de la Ville-l’Évêque, à 8 m. moindre largeur ; depuis la rue de la Ville-l’Évêque jusqu’à celle de la Pépinière, à 8 m. 44 c. — Conformément à une ordonnance royale du 23 septembre 1825, la rue d’Anjou doit être alignée d’après une largeur uniforme de 10 m. Les constructions ci-après sont alignées : 7, 9, 41 bis ; 44, 46, 48, 54, 56, 58, 60 et 64, et les deux maisons aux encoignures de la rue Lavoisier. — Égout et conduite d’eau dans une partie de la rue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise). — Dans l’hôtel portant le no 6, le général La Fayette est mort le 20 mai 1834, à l’âge de 77 ans.


Anne en la Cité (rue Sainte-).

Commence à la rue formant la limite méridionale du Palais de Justice ; finit au quai des Orfèvres, nos 12 et 14. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 31 m. — 11e arrondissement, quartier du Palais-de-Justice.

Juin 1630, lettres-patentes. « Louis, etc… ayant par brevet du 25 juin 1624, permis à nostre amé et féal conseiller en nos conseils, et président en nostre parlement de Paris, le sieur Lejay, de faire pour la commodité publique, desmolir et abbattre en l’enclos de nostre palais deux maisons prosche la fontaine d’icelluy, occupées par Mes Antoine Mareschal et Nicolas Formé, chanoines de la Sainte-Chapelle, et faire ouverture d’une grande porte et un passage de rue pour servir d’entrée et sortie au dit palais, en faisant par lui toutes les dépenses à ce nécessaires, à l’exécution duquel lesdits Mareschal s’estant opposés en nostre chambre des comptes, par arrest du 24 octobre 1628 ; nostre chambre auroit ordonné que les parties se trouveroient par devers nous pour leur estre pourveu. Sur quoy nous estant fait représenter les dites causes et moyens d’oppositions, etc… avons dit, déclaré… voulons et nous plaît qu’ouverture soit faite en la cour et murs de nostre dit palais pour un passage dans la rue Neuve-Saint-Louis, qui sera de la largeur de 3 toises, et que pour cet effect les deux maisons affectées aux prébendes dont jouissent les dits sieurs Mareschal et Formé, seront desmolies et abattues et qu’au lieu d’icelles sera basty un grand pavillon en forme de corps de logis sur la largeur des dites deux maisons du costé de la cour du palais, au milieu du quel il y aura une voulte et arcade pour servir de passage et closture au dit palais, de la hauteur et largeur spécifiées par les dessins et devis faits pour la construction d’icelluy, etc…

Données à Lyon au mois de juin, l’an de grâce 1630 et de nostre règne le vingtième signé : Louis.

Registré en parlement le cinquième septembre 1630, signé : Dutillet. »

Cette rue porte le nom de Sainte-Anne, pour faire honneur, dit Sauval, à la reine Anne d’Autriche.

Une décision ministérielle du 31 août 1819 a fixé la largeur de la rue Sainte-Anne à 8 mètres.

Une partie de cette voie publique a été supprimée pour faciliter les abords du Palais-de-Justice.

La maison no 11 et celles qui forment les encoignures de la rue nouvelle, sont alignées.


Anne-Saint-Honoré (rue Sainte-).

Commence à la rue de l’Anglade, nos 1 et 3 ; finit à la rue Neuve-Saint-Augustin, nos 9 et 11. Le dernier impair est 79 ; le dernier pair, 68. Sa longueur est de 520 m. — 2e arrondissement. Les numéros impairs et pairs, depuis la rue de l’Anglade jusqu’à la rue Neuve-des-Petits-Champs, sont du quartier du Palais-Royal ; le surplus dépend du quartier Feydeau.

Cette voie publique, dans la partie comprise entre les rues de l’Anglade et du Clos-Georgeau, fut percée en 1633, et reçut le nom de Sainte-Anne en l’honneur d’Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII. Elle porta aussi la dénomination de rue des Moulins, en raison de deux moulins qui étaient situés dans la rue du Clos-Georgeau. La partie qui s’étend de la rue Neuve-des-Petits-Champs à la rue Neuve-Saint-Augustin, s’appelait rue de Lionne. Elle devait cette dénomination à sa proximité de l’hôtel de M. de Lionne, secrétaire d’état.

Séance du 20 septembre 1792. « Le conseil général, le procureur de la commune entendu, arrête : que la rue Sainte-Anne, dans laquelle est né le philosophe Helvétius, portera dorénavant le nom d’Helvétius » — Claude-Adrien Helvétius, auteur du livre intitulé de l’Esprit, était né en 1715 ; il mourut le 26 décembre 1771. — Une décision ministérielle à la date du 18 pluviôse an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. — Le 27 avril 1814, un arrêté préfectoral rendit à cette rue la dénomination de Sainte-Anne. — En vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826, la moindre largeur de cette rue est fixée à 10 m. Les maisons nos 49, 49 bis, 51, 51 bis ; 2, 20, 22, 24, 26, 28, 30, 32, 34, 36, 38, 40, 42, 44, 46, 48, 50, 52, 54, 56, 58, 60, 62, 64, 66 et 68, sont alignées. Celle no 1 est soumise à un retranchement qui varie de 1 m. 30 c. à 3 m. 80 c. ; de 3 à 19, retranchement 1 m. 20 c. à 1 m. 60 c. ; de 21 à 25, retranchement 1 m. 50 c. à 2 m. 20 c. ; de 27 à 47, retranchement 2 m. 20 c. à 2 m. 40 c. ; de 53 à 79, retranchement 2 m. 10 c. à 2 m. 46 c. Les maisons de 4 à 18 sont assujetties à un redressement qui n’excède pas 30 c. — Égout depuis la rue Neuve-Saint-Augustin jusqu’à la rue Grétry.

Conduite d’eau : 1o depuis la rue de l’Anglade jusqu’à la borne-fontaine placée au-delà de la rue des Orties ; 2o depuis la rue Thérèse jusqu’à la rue Chabannais. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

La communauté des Nouvelles Catholique était située dans cette rue. Elle fut établie pour la propagation de la religion catholique, par le père Hyacinthe, franciscain, la sœur Garnier et la demoiselle Gaspi. Autorisée en 1634 par l’archevêque de Paris, cette communauté fut placée rue des Fossoyeurs (aujourd’hui rue Servandoni). En 1647, cet établissement était situé dans la rue Pavée, au Marais. Peu de temps après il fut transféré dans la rue Sainte-Avoie. En 1651, il se trouvait dans la rue Neuve-Saint-Eustache. Ces religieuses achetèrent en 1672 un terrain dans la rue Sainte-Anne, où elles firent construire une maison et une chapelle sous le vocable de l’Exaltation de la Sainte-Croix et de sainte Clotilde. Cette communauté jouissait du privilège accordé aux maisons de fondations royales. Supprimée en 1790, elle devint propriété nationale et fut vendue le 28 floréal an V. Elle occupait une superficie de 510 m. 68 c. — C’est aujourd’hui une maison particulière portant le no 63.


Antin (allée d’).

Commence au quai de la Conférence ; finit au rond-point des Champs-Élysées. Le dernier impair est 21 ; pas de numéro pair. Ce côté est bordé par les Champs-Élysées. Sa longueur est de 340 m. — 1e arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle a été plantée en 1723, par les ordres du duc d’Antin, surintendant des bâtiments du roi. L’alignement arrêté en vertu d’une décision ministérielle du 14 vendémiaire an XI, signée Chaptal, passe sur le nu des constructions actuelles. — Égout depuis le Cours-la-Reine jusqu’à la rue Jean-Goujon.


Antin (cité d’).

Commence à la rue de Provence, nos 59 et 63 ; finit à la rue de la Chaussée-d’Antin, no 40. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Elle a été bâtie de 1829 à 1830.


Antin (impasse d’).

Située dans l’allée d’Antin, entre les nos 11 et 13. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Cette impasse qui n’est pas reconnue voie publique, a été formée au commencement de ce siècle.


Antin (rue d’).

Commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs, nos 60 et 62 ; finit à la rue du Port-Mahon, nos 5 et 7. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 213 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Première partie, comprise entre les rues Neuve-des-Petits-Champs et Neuve-Saint-Augustin. — « Le Roi s’étant fait représenter en son conseil le plan du quartier de Gaillon, que les Prévôt des Marchands et Échevins de Paris en ont fait lever de nouveau en conséquence des ordres de Sa Majesté ; ouï le rapport du sieur Desmarets, conseiller ordinaire au Conseil royal ; Sa Majesté étant en son conseil, a ordonné et ordonne que le nouveau plan du quartier de Gaillon, attaché à la minute du présent arrêt, sera exécuté, et que, suivant icelui, la rue Saint-Augustin sera continuée de ligne droite de 5 toises de large parallèle depuis le carrefour Gaillon, à prendre de l’encoignure de la basse-cour de l’ancien hôtel de Gaillon à celle de face du portail du dit hôtel, et en retour de pareille largeur, jusqu’à la rencontre de la rue Louis-le-Grand, et d’une autre rue qui sera formée aussi en ligne droite de 5 toises de large en face du portail du d. hôtel jusqu’à la rue Neuve-des-Petits-Champs, dont le point milieu sera à 15 pieds du devant du mur, etc. Fait au conseil d’État du Roi, Sa Majesté y étant, tenu à Versailles, le 14 mars 1713. »

Ce percement fut immédiatement exécuté. — Une décision ministérielle du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, ainsi qu’une ordonnance royale du 4 octobre 1826, ont maintenu la largeur primitive de cette partie. — Le surplus de cette voie publique a été ouvert, en 1840, sur les terrains appartenant à M. Crapez, et provenant de l’ancien hôtel de Richelieu. L’ordonnance royale qui autorisa ce percement d’après une largeur de 12 m., est à la date du 8 septembre 1839.

Aucune construction riveraine n’est soumise à retranchement. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Antin (rue de la Chaussée d’).

Commence à la rue Basse-du-Rempart, no 2, et au boulevart des Italiens, no 28 ; finit à la rue Saint-Lazare, nos 79 et 81 ; le dernier impair est 63 ; le dernier pair, 72. Sa longueur est de 608 m. — Les numéros impairs sont du 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme ; les numéros pairs, du 2e, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Cette rue, aujourd’hui l’une des plus belles de la capitale, n’était encore, à la fin du XVIIe siècle, qu’un chemin tortueux qui commençait à la porte Gaillon et conduisait aux Percherons. On l’appelait alors chemin de l’Égout-de-Gaillon, des Porcherons, de la Chaussée-de-Gaillon.

Le Pré-des-Porcherons était pour les roués de la régence ce que le Pré-aux-Clercs avait été pour les raffinés de la ligue, un rendez-vous de débauches et de duels.

Au commencement du XVIIe siècle, le quartier Gaillon cherchait à s’étendre et brisait la digue que lui opposait le rempart. Un arrêt du conseil, du 31 juillet 1720, ordonna de redresser le chemin de Gaillon jusqu’à la barrière des Porcherons (située rue Saint-Lazare), dans la largeur de 10 toises, et de planter ledit chemin d’un rang d’arbres de chaque côté. Mais le bureau de la ville ayant représenté qu’il serait plus convenable et plus utile de faire une rue droite de 8 toises de large, et de redresser l’égout jusqu’à la barrière, une ordonnance du 4 décembre de la même année autorisa ce changement : l’égout fut revêtu de murs et voûté, et la rue percée et alignée d’après le plan présenté.

On la nomma rue de l’Hôtel-Dieu, parce qu’elle conduisait à une ferme appartenant à cet hôpital, puis rue de la Chaussée-d’Antin, parce qu’elle commençait au rempart en face duquel avait été bâti l’hôtel d’Antin, depuis de Richelieu. Mais cette voie publique n’était pas au bout de ses métamorphoses patronymiques.

Paris, le 5 avril 1791 : « Messieurs, l’Assemblée nationale et la ville de Paris ont rendu à M. Mirabeau les honneurs funèbres. Sa cendre sera déposée dans la basilique destinée aux grands hommes, et elle y sera placée la première. Cette reconnaissance publique est un devoir de la patrie ; elle est en même temps la politique d’un pays où l’on veut former les hommes. Une des destinations durables et publiques que l’on peut rendre à l’homme qui a si bien servi la constitution française serait de donner son nom à la rue où il a habité et où nous l’avons perdu. On se rappellera toujours qu’il y a vécu. La tradition y conservera son nom. Il me parait honorable pour la municipalité de l’y fixer. J’ai en conséquence l’honneur de proposer au conseil-général d’arrêter que la rue de la Chaussée-d’Antin sera désormais appelée la rue de Mirabeau et qu’une inscription conforme y sera sur-le-champ apposée.

Je suis avec respect, Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur, Bailly. » Et plus bas, MM. du conseil-général de la commune.

« Le conseil-général délibérant sur la proposition de M. le maire, y a généralement applaudi, et d’une voix unanime a arrêté que la rue de la Chaussée-d’Antin sera désormais appelée la rue de Mirabeau, et qu’il y sera sur-le-champ apposé une inscription conforme. Charge le corps municipal de tenir la main à l’exécution du présent arrêté, qui sera imprimé, affiché et envoyé aux quarante-huit comités des sections. Approuvé, Oudet-Dejoly, secrétaire-greffier. » Peu de temps après, au-dessus de la porte de cet hôtel, qui porte aujourd’hui le no 42, fut scellée une table de marbre noir sur laquelle on grava en lettres d’or ces deux vers de Chénier :

L’âme de Mirabeau s’exhala dans ces lieux !
Hommes libres, pleurez ! Tyrans, baissa les yeux !

Cette inscription fut enlevée en 1793, et la rue porta le nom du Mont-Blanc, en mémoire de la réunion de ce département à la France, par décret du 27 novembre 1792.

En 1816, la municipalité parisienne passa l’éponge sur l’inscription révolutionnaire, et cette voie publique reprit sa monarchique appellation.

Une décision ministérielle, du 28 février 1807, signée Champagny, a fixé la moindre largeur de la rue de la Chaussée-d’Antin à 13 m. 61 c. La maison no 66 est seule soumise à un faible retranchement. — Égout ; conduite-maîtresse d’eau ; éclairage au gaz (compe Anglaise).

La grande figure de Mirabeau n’est pas la seule illustration que rappelle à notre souvenir la rue de la Chaussée-d’Antin.

Un ministre financier, une danseuse célèbre, un prélat, cardinal par la grâce de son neveu, une séduisante et douce créole, depuis impératrice, un valeureux soldat de l’empire, qui devint sous la restauration l’orateur le plus brillant et le plus populaire, ont successivement habité cette rue.

Le financier s’appelait Necker ; son hôtel porte aujourd’hui le no 7. Ce fut ensuite l’hôtel Récamier.

L’hôtel du no 9, le palais de la danseuse, était plus somptueux que celui de l’ancien contrôleur général des finances. Mlle Guymard sut gagner, à la pointe de ses pirouettes, sa réputation, sa fortune et le cœur de cet excellent prince de Soubise, qui était plus à son aise aux pieds d’une danseuse, qu’à la bataille de Rosbach, en face du grand Frédéric. Un jour la jeune et belle damnée, en s’éveillant, se dégoûta de sa maison de Pantin qui sentait la roture ; elle voulut un hôtel dans cette rue que hantait le beau monde. Ledoux se mit à l’œuvre et bientôt une fête merveilleuse inaugura le temple de la déesse. Cet hôtel contenait un théâtre assez vaste pour loger cinq cents personnes.

Après le ballet, Mlle Guymard se donnait le délassement de la comédie jouée par l’élite des pensionnaires du roi.

La maison no 62 a été construite en 1826 sur l’emplacement d’un petit hôtel habité par Joséphine avant son mariage avec Bonaparte.

Dans ce même hôtel mourut, le 26 novembre 1825, l’illustre général Foy, à l’âge de cinquante ans.

Quatre mots suffisent pour rappeler cette noble existence courage, talent, franchise et loyauté !

Cette rue, qui commençait à l’hôtel de Montmorency et finissait à celui du cardinal Fesch, compte aujourd’hui soixante-sept propriétés qui rapportent plus au fisc que quatre cent cinquante maisons du quartier Saint-Marcel.


Antoine (hôpital Saint-).

Situé dans la rue du Faubourg-Saint-Antoine, entre les nos 206 et 208. — 8e arrondissement, quartier-des Quinze-Vingts.

Cet hôpital occupe une partie de l’emplacement de l’ancienne abbaye Saint-Antoine-des-Champs, dont nous traçons ici l’origine.

Un pauvre curé de Neuilly-sur-Marne, nommé Foulques, vint à Paris vers 1198. L’éloquence de ses prédications apostoliques étonna tous les habitants. Il prêchait avec tant de véhémence contre les usuriers et les femmes adonnées à la débauche, qu’il fit bientôt de nombreuses conversions. Les filles de mauvaise vie profitaient surtout de ses pieuses instructions ; plusieurs abjurèrent la débauche et se coupèrent les cheveux en signe de pénitence. Foulques de Neuilly pourvut à l’entretien de celles qui voulaient se séparer entièrement de la vie mondaine. Pour ces dernières fut construite l’abbaye Saint-Antoine. La première chapelle de ce monastère fut bâtie par Robert de Mauvoisin. La grande église était due à la pieuse munificence de saint Louis. Ce fut vers les fossés de cette abbaye que Louis XI conclut en 1465 une trêve avec les princes qui s’étaient armés contre lui pendant la guerre dite du bien public. Le roi prétendit que la trêve avait été violée, et, pour perpétuer le souvenir de cette félonie, fit élever en ce lieu une croix en pierre. En fouillant le sol, on trouva en 1562 cette inscription « L’an MCCCCLXV fut ici tenu le landit des trahisons et fut par unes trosves qui furent données, maudit soit qui en fut cause. » Ce monument ne fut construit qu’en 1479, comme le prouve le compte du domaine de cette année. On y lit « À Jean Chevrin, maçon, pour avoir assis par ordonnance du roi une croix et épitaphe dans un lieu appelé le Fossé des Trahisons, derrière Saint-Antoine-des-Champs. » Les bâtiments du monastère et le sanctuaire de son église furent reconstruits vers 1770, sur les dessins de l’architecte Lenoir, surnommé le Romain. L’église était richement décorée ; on y voyait plusieurs tombeaux, entre autres ceux de Jeanne et de Bonne de France, filles de Charles V. La chapelle Saint-Pierre, supprimée en 1790, devint propriété nationale et fut vendue le 3 vendémiaire an V. Elle a été démolie. Son emplacement forme aujourd’hui la petite place où se trouve l’entrée de l’hôpital. Tout le vaste terrain connu autrefois sous le nom de Clos-de-l’Abbaye fut aliéné en cinq lots, le 29 messidor an VI.

Un décret de la Convention, du 17 juin 1795, convertit les bâtiments de l’abbaye en hôpital assimilé à celui de l’Hôtel-Dieu. Cet établissement contient deux cent soixante-deux lits. Il est desservi par les sœurs de Sainte-Marthe.


Antoine (passage du Petit-Saint-).

Commence à la rue Saint-Antoine, no 69 ; finit à la rue du Roi-de-Sicile, no 25. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Ce passage a été formé vers 1806, sur l’emplacement du couvent du Petit-Saint-Antoine, dont nous rappelons ici la fondation. Les hospitaliers de Saint-Antoine, dont la maison principale était à Vienne en Dauphiné, vers la fin du règne du roi Jean, vinrent fonder un petit hospice à Paris. Charles V, alors régent du royaume, favorisa cet établissement, en lui donnant un manoir nommé la Saussaie. Cette propriété, située dans les rues Saint-Antoine et du Roi-de-Sicile avait été confisquée par le roi sur Drogon-Garrel et sur Jean Devaux, partisans de Chartes-le-Mauvais, roi de Navarre. Cet établissement fut érigé en commanderie en 1365. On y fit entrer quelques religieux qui exercèrent l’hospitalité envers les pauvres attaqués de la maladie appelée feu sacré ou feu Saint-Antoine. Le roi Charles V fit bâtir l’église qui fut achevée en 1368. En 1615, le titre de la commanderie de Paris fut supprimé, et l’on convertit cette maison en un collége pour l’instruction des jeunes religieux de l’ordre. Dans la suite les biens de la commanderie Saint-Antoine furent réunis à l’ordre de Malte qui accorda des pensions aux religieux Antonins et leur donna le droit de porter la croix de Malte. Cette maison religieuse, supprimée en 1790, devint propriété nationale et fut vendue en deux lots le 7 messidor an VI.


Antoine (place de l’Hôpital-Saint-).

Située dans la rue du Faubourg-Saint-Antoine, entre les nos 206 et 208. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Nous avons parlé à l’article de l’hôpital Saint-Antoine de l’ancienne chapelle Saint-Pierre supprimée vers 1790 ; elle devint propriété nationale et fut vendue le 3 vendémiaire an V. L’acquéreur était obligé par son contrat de livrer sans indemnité un passage de 48 pieds de large sur toute la profondeur de son terrain. Cette clause fut exécutée peu de temps après. La grande place devant l’abbaye sert aujourd’hui de jardin à l’hôpital et est fermée par une grille. Le passage de 48 pieds de largeur prit le nom de place de l’Hôpital-Saint-Antoine.

Une ordonnance royale, en date du 30 avril 1838, a fixé la largeur de cette place à 16 m. 32 c. Le surplus de l’emplacement de la chapelle Saint-Pierre est occupé aujourd’hui par une maison qui porte le no 208 sur la rue du Faubourg-Saint-Antoine.


Antoine (rue du Faubourg-Saint-).

Commence aux rues de la Roquette, no 2, et de Charenton, no 1 ; finit à la place du Trône. Le dernier impair est 337 ; le dernier pair, 286. Sa longueur est de 1 810 m. — 8e arrondissement. Les nos impairs sont du quartier du faubourg Saint-Antoine, les pairs du quartier des Quinze-Vingts.

Cette voie publique doit son nom à l’abbaye Saint-Antoine. En 1633 elle portait encore le nom de Chaussée-Saint-Antoine jusqu’à l’abbaye, et de chemin de Vincennes jusqu’à l’endroit où se trouve aujourd’hui la place du Trône. En 1635 on y avait construit 150 maisons. Elle était presqu’achevée en 1637. Une ordonnance royale du 30 avril 1838 a fixé sa moindre largeur à 17 m. Les constructions ci-après sont alignées : de 1 à 35 inclusivement, de 39 à 65 inclusivement, de 181 à 195 inclusivement, 203, 233, 267, 269, 289, 325, 327 ; de 2 à 80 inclusivement, de 86 à 118 inclusivement, de 136 à 152 inclusivement, 162, 164, 204, 206 ; de 212 à 222 inclusivement, 278, 280 et 282.

Les propriétés de 271 à 289, 82, 84, 166, 168, et de 248 à 276, devront, pour exécuter l’alignement, avancer sur la voie publique.

La partie de la rue du Faubourg-Saint-Antoine comprise entre la rue de Picpus et la place du Trône, a été plantée d’arbres en 1841.

Égout depuis la rue de Charonne jusqu’à celle de Reuilly ; conduite d’eau depuis la rue de la Roquette jusqu’à celle de Picpus ; éclairage au gaz depuis la rue de la Roquette jusqu’à celle de Reuilly (compe Parisienne).

Le 2 juillet 1652, le vicomte de Turenne, commandant les troupes royales, livra dans ce faubourg un combat sanglant qui faillit anéantir l’armée des princes. Condé s’était emparé de Charenton, de Neuilly et de Saint-Cloud. Après la retraite du duc de Lorraine, Condé avait rassemblé toutes ses forces dans ce dernier village développant sa position jusqu’à Surènes. Le vicomte de Turenne, renforcé d’un corps de troupes que lui avait amené le maréchal de la Ferté, occupait Chevrette, à une lieue de Saint-Denis. La rivière séparait les deux armées. Toute l’attention de Turenne se portait à placer son adversaire entre l’armée royale et les murs de Paris. Condé comprit tout le péril de sa position, leva son camp et chercha à gagner Charenton, pour se poster sur le terrain près duquel s’opère la jonction de la Seine à la Marne. Turenne, instruit de la marche du prince, avait détaché quelques escadrons pour le harceler dans sa retraite. L’arrière-garde de l’armée de Condé, plusieurs fois chargée et rompue, se rallia avec peine et gagna le faubourg Saint-Antoine.

Le prince, alors convaincu de l’impossibilité de continuer cette retraite, fait replier son avant-garde et son corps de bataille, s’empare de quelques retranchements que les habitants avaient élevés pour se garantir des insultes des troupes lorraines, place son canon et ses soldats à l’entrée des rues du Faubourg-Saint-Antoine, de Charonne et de Charenton, et attend de pied ferme l’armée royale. Turenne arrive jusqu’à l’abbaye Saint-Antoine, fait pointer son canon contre les barricades ; les boulets sillonnent une partie de la rue, écrasent les soldats de Condé. Le prince, foudroyé de tous côtés, conserve son sang-froid, fait percer plusieurs maisons, met son avant-garde à l’abri, et l’artillerie du vicomte est inutile. Un instant de répit succède au carnage. Turenne donne l’ordre d’avancer et de franchir les anciennes barricades ; alors recommence un combat plus furieux et plus sanglant encore, dans lequel ces deux capitaines épuisent à l’envi toute la science de l’attaque et tout l’art de la défense. Aux soldats de Condé une mauvaise barrière improvisée, des pans de muraille, suffisent pour faire tête aux bataillons ennemis. On perce les maisons on s’y bat à travers les brèches faites aux cloisons. Le prince est partout ; son courage le multiplie ; quand ses soldats accablés cèdent le pas, sa voix, son exemple, les rappellent. Il se met à leur tête et d’assiégés ils deviennent assaillants. Malgré ses efforts, Condé voit tomber à ses côtés ses meilleurs officiers. Le vicomte de Turenne s’apprête à porter un coup décisif. Déjà les royalistes défilent à droite et à gauche, par Conflans et Popincourt ; en se rapprochant, ils doivent envelopper le faubourg Saint-Antoine. Cette manœuvre est exécutée, les soldats de Condé vont être écrasés. En ce moment on entend le canon de la Bastille, Mademoiselle fait ouvrir la porte Saint-Antoine aux troupes du Prince. « Il y entra des derniers, dit un acteur de cette terrible scène, comme un dieu Mars, monté sur un cheval tout couvert d’écume. Fier encore de l’action qu’il venait de faire, le grand capitaine portait la tête haute et élevée ; il tenait son épée toute ensanglantée à la main, traversant ainsi les rues de Paris au milieu des acclamations et des louanges qu’on ne pouvait se dispenser de donner à sa brillante valeur. » Des mousquetaires placés sur les remparts arrêtèrent les royalistes qui poursuivaient l’arrière-garde du prince, et le canon de la Bastille tonna contre les troupes de Turenne. Au commencement du combat, le cardinal Mazarin était placé avec le roi sur les hauteurs de Ménilmontant. Les regards du ministre embrassaient les mouvements des deux armées. Vers la fin de l’action, un courrier apporta une dépêche du vicomte de Turenne. Le cardinal en prit lecture. Un dernier coup de canon se fit entendre, puis le ministre, se tournant vers un groupe d’officiers généraux, dit en souriant, de ce sourire qui annonçait une vengeance : « Mademoiselle a eu la prétention d’épouser le roi, ce boulet de canon vient de tuer son mari. » — Une autre scène également déplorable eut lieu au faubourg Saint-Antoine le 27 avril 1789. Un riche fabricant de papiers peints, Réveillon, qui, par son habileté commerciale, fournissait du travail à plus de trois cents ouvriers, fut accusé d’avoir cherché à réduire les salaires à moitié prix. La populace se porta avec fureur à sa maison et la détruisit de fond en comble.

La rue du Faubourg-Saint-Antoine fut longtemps le forum où grondait la colère du peuple.

La maison no 232 appartenait en 1791 au fameux Santerre, qui s’élança d’une brasserie pour diriger les masses qui attaquèrent, au 10 août, le palais des Tuileries.

Santerre, général, se distingua dans la guerre de la Vendée. Son ancienne profession lui valut cette épitaphe grotesque que l’histoire effacera peut-être :

« Ci-git le général Santerre
Qui n’eut de Mars que la bierre. »

Au no 333, à l’angle de la rue des Boulets, on voit une maison d’assez belle apparence, mais dont les fenêtres sont garnies de barreaux de fer.

Une inscription est placée au-dessus de la porte d’entrée ; on y lit ces trois mots : maison de santé. En effet, depuis longtemps cette propriété est affectée au traitement des aliénés.

Il y trente et un ans environ, un général compromis dans un complot républicain avait été enfermé la Force ; sur sa demande, il fut transféré en 1812 dans la maison de santé du faubourg Saint-Antoine.

Là, sans argent, privé de sa liberté, seul il conçut le projet de renverser le gouvernement impérial.

Ce conspirateur, ce général était Malet.

Il s’ouvrit à un certain abbé Lafon.

Malet était républicain et le prêtre royaliste, mais tous deux abhorraient Napoléon.

Voici quel était le plan du général.

Il supposait l’empereur mort le 8 octobre sous les murs de Moscou ; le sénat devait être investi du pouvoir suprême. Ce fut donc par l’organe du sénat qu’il résolut de parler à la nation. Il rédigea pour l’armée une proclamation dans laquelle, tout en déplorant la perte du chef de l’État, il annonçait l’abolition du régime impérial et le rétablissement de la république. Cette proclamation était signée par tous les sénateurs. Un décret nommait le général Malet gouverneur de Paris et commandant de la 1re division militaire. D’autres décrets donnaient des grades de nouveaux commandements à tous ceux que Malet comptait faire servir à l’exécution de ses desseins.

Les bases ainsi fixées, Malet n’attendit plus qu’une circonstance favorable pour agir.

Le dernier bulletin de l’armée, daté du 27 septembre, avait annoncé en même temps que l’entrée des Français à Moscou, le terrible incendie qui avait détruit cet unique refuge de nos soldats.

Ce triste événement avait produit une profonde sensation dans la capitale.

On était au 15 octobre, et depuis trois semaines le gouvernement n’avait publié aucune nouvelle.

Les fonctionnaires ne cachaient point leurs vives appréhensions.

Tout paraissait favoriser l’exécution du plan de Malet. Le soir du 22 octobre ses dispositions sont arrêtées. Vers minuit, à un signal convenu, le jardinier applique une échelle sur le mur de clôture bordant la rue des Boulets.

Malet descend le premier dans la rue, l’abbé Lafon le suit ; et tous deux se dirigent vers la place de la Bastille. Ils arrivent bientôt dans la rue Neuve-Saint-Gilles, chez un prêtre nommé Caamagno, où se trouvent le caporal Rateau et le répétiteur Boutreux, fidèles au rendez-vous que le général leur avait assigné la veille.

Rateau livre à Malet les mots d’ordre et de ralliement. Le général annonce la mort de Napoléon et les conséquences qu’elle doit produire. Il nomme Rateau son aide-de-camp et Boutreux commissaire de police. Après avoir endossé les uniformes qui ont été préparés, tous se rendent à la caserne Popincourt, occupée par la 10me cohorte de la garde nationale. Il était deux heures du matin.

Malet se présente au nom du commandant de Paris. Il est introduit sans difficulté. Soulié, le chef de cette cohorte, était retenu au lit par une fièvre ardente ; Malet lui apprend la mort de l’empereur et lui ordonne de faire prendre les armes à ses soldats. Soulié obéit, et Malet, suivi d’une partie de la 10me cohorte, arrive à la Force et oblige le directeur à délivrer les généraux de brigade Lahorie et Guidal.

Le premier est nommé ministre de la police ; le second est appelé au commandement de la nouvelle garde du sénat ; Boccheampe, autre prisonnier, est désigné pour remplir la fonction de préfet de la Seine. Boutreux doit remplacer le préfet de police Pasquier.

Les rôles ainsi distribués, Lahorie et Guidal, avec un bataillon de la 10me cohorte, marchent sur l’hôtel du ministère de la police, situé quai Malaquais.

De son côté, Boutreux s’empare de la préfecture de police. M. Pasquier est conduit à la Force.

Au ministère de la police même succès. Savary est enfermé avec M. Pasquier. Ainsi l’autorité qui répondait de la tranquillité de Paris était anéantie, et pour obtenir cet important résultat quelques heures avaient suffi et pas une goutte de sang n’avait été versée.

Il fallait ensuite s’emparer de l’autorité militaire. Malet s’était réservé cette opération difficile.

Il se dirige vers la place Vendôme où se trouve l’état-major de la 1re division militaire. Le général Hulin remplaçait alors Junot. Malet, s’adressant au général qui était encore au lit, lui annonce sa destitution et lui demande son épée et le cachet de la 1re division. Hulin, un instant troublé, demande à voir les ordres du gouvernement ; alors Malet lui tire à bout portant un coup de pistolet. Au bruit de la détonation, l’épouse du général Hulin jette des cris affreux. Malet l’enferme avec son mari, et se rend aussitôt chez l’adjudant-général Doucet. Cet officier, qui reposait encore, reçoit l’ordre de mettre aux arrêts l’adjudant Laborde, dont l’activité pouvait être nuisible au complot. Ce dernier résiste, une discussion s’engage, il se retire enfin. Au bas de l’escalier, il aperçoit l’inspecteur-général de police Pasques, auquel on refusait l’entrée de l’état-major. Laborde le fait entrer, lui raconte ce qui se passe et le conduit jusqu’à la chambre de Doucet. À peine l’agent Pasques est-il entré, que Malet se trouble. Cependant il saisit son second pistolet, mais Laborde s’élance sur lui et le fait arrêter ainsi que Rateau. Ils sont conduits sous bonne escorte au ministère de la police. Laborde se dirige immédiatement vers l’Hôtel-de-Ville occupé déjà par Boccheampe, que Malet avait nommé Préfet de la Seine, en remplacement du comte Frochot. Boccheampe est arrêté. On s’empare également de Guidal et de Lahorie. À onze heures du matin les fils de la conspiration étaient rompus. À midi tout rentrait dans l’ordre.

Les prisonniers furent transférés le lendemain à l’Abbaye. Le 28 octobre, les accusés, au nombre de vingt-quatre, comparaissaient devant une commission militaire présidée par le général Dejean, sénateur grand-officier de l’empire et premier inspecteur du génie. Malet est interrogé. À cette question : « Quels étaient vos complices ? » Il répond : « La France entière et vous-même tout le premier, monsieur le comte, si j’avais réussi. » Les autres accusés sont entendus, presque tous n’ont point de défendeurs.

Le 29, à huit heures du matin, la commission se retire pour délibérer. À quatre heures elle rentre en séance, et le président prononce le jugement qui condamne quatorze accusés à la peine de mort ; les dix autres sont acquittés à l’unanimité.

Le même jour, à quatre heures de l’après-midi, de forts détachements de la garnison de Paris sont réunis à la plaine de Grenelle. Au milieu du carré formé par ces troupes, on voit deux pelotons. Le premier est composé de cent vingt hommes, et le second de trente seulement. Ils ont été désignés pour exécuter le jugement.

Les condamnés arrivent ; tous, la tête découverte, marchent d’un pas ferme. Ils s’arrêtent ! on les place sur un seul rang, adossés au mur d’enceinte qui séparé le boulevart extérieur du chemin de ronde de la barrière de l’École-Militaire.

Malet s’avance et demande à commander le feu : « Peloton, attention, » s’écrie-t-il d’une voix pleine et sonore, « portez armes !… apprêtez… armes !… Cela ne vaut rien nous allons recommencer. L’arme au bras, tout le monde. » Plusieurs vétérans sont troublés, quelques armes vacillent. « Attention, cette fois, » reprend Malet : « Portez armes !… apprêtez armes !… À la bonne heure, c’est bien. Joue… feu ! » Cent vingt balles criblent à l’instant ces malheureux. Malet seul est resté debout, il n’est que blessé. « Et moi donc, mes amis, » dit-il aux vétérans, « vous m’avez oublié ; à moi le peloton de réserve ! » Les soldats s’avancent. À cette seconde décharge, Malet tombe la face contre terre ; il respire encore ! on l’achève à bout portant.

Quelques moments après cette horrible exécution, trois charrettes suivaient lentement le chemin qui conduit au cimetière de Clamart !

On a dit que la conspiration Malet ne fut qu’une échauffourée. Napoléon en jugea autrement. Il sentit que le trône impérial avait tremblé sur sa base.


Antoine (rue Saint-).

Commence à la place Baudoyer, no 9, et à la rue des Barres, no 34 ; finit aux boulevarts Beaumarchais, no 1, et Bourdon. Le dernier impair est 233 ; le dernier pair, 234. Sa longueur est de 986 m. — Les nos impairs de 1 à 99, 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean ; de 101 à la fin, 8e arrondissement, quartier du Marais. Les numéros pairs sont du 9e arrondissement, de 2 à 78, quartier du Marais ; de 80 à la fin, quartier de l’Arsenal.

Elle doit son nom à l’abbaye Saint-Antoine, à laquelle elle conduisait. Aux XIIIe et XIVe siècles, la partie qui s’étend de la rue des Barres à celle Culture-Sainte-Catherine se nommait rue de la Porte-Baudel parce qu’elle conduisait à cette porte d’enceinte, située en face de la rue Culture-Sainte-Catherine. On l’appelait aussi de l’Aigle, d’une maison située au coin de la rue de Jouy. Au milieu du XIVe siècle, de la porte Baudet à la porte Saint-Antoine, on la désignait sous le nom de rue du Pont-Perrin, dénomination qu’elle tirait d’un hôtel.

Une ordonnance royale du 4 août 1838 a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. 50 c. Les maisons ci-après sont alignées : 51, 69, 85, 109, 113, 115, 133, 135, de 173 à 183 inclusivement, 203, 205, 209, 219 ; 22, 42, 56, 58, 132, 134, 136, 138, 170, 172 ; et de 180 à 208 inclusivement. — Égout depuis la place Baudoyer jusqu’à la rue Tiron, et depuis la rue Fourcy jusqu’à la place de la Bastille. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Dans cette rue, près la première porte ou bastille Saint-Antoine, fut massacrés le fameux Étienne Marcel, prévôt des marchands. Le peuple, dont il avait été l’idole, finit par le détester, lorsque ce prévôt donna au roi de Navarre, Charles-le-Mauvais, le titre de gouverneur de Paris. Le Dauphin, depuis Charles V, sut profiter habilement de l’animosité des Parisiens, en leur faisant promettre une amnistie, s’ils lui livraient Marcel et douze de ses complices. Le prévôt, pénétrant ce dessein, se décide à livrer la ville au roi de Navarre et lui promet, en outre, de le faire couronner roi de France, s’il veut le protéger contre les fureurs de ce peuple détrompé. Il prend toutes les mesures nécessaires pour parvenir à son but, et fait avertir Charles-le-Mauvais, qui s’approcha secrètement de Paris, suivi d’un corps de ses meilleures troupes. Dans l’après-midi du dernier jour de juillet 1358, Marcel veut s’assurer des portes de Paris pour en confier la garde à des hommes dévoués. Il se dirige vers la porte ou bastille Saint-Denis, ordonne à ceux qui la gardent d’en remettre les clefs à Joceran de Mascon, trésorier du roi de Navarre. On refuse de lui obéir, une altercation s’élève, le bruit attire le commandant du quartier, c’était Jean Maillard. « Estienne, lui dit-il, que faites-vous ici à cette heure ? — Jean, répondit le prévôt, à vous qu’importe de le savoir ; je suis ici pour prendre garde à la ville dont j’ai le commandement. — Pardieu, reprit Maillard, il n’en va mie ainsi, ains n’êtes ici à cette heure pour nul bien et je vous montrerai, continua-t-il en s’adressant à ceux qui l’entouraient, comme il tient les clefs en ses mains pour trahir la ville. — Jean, vous mentés, s’écria le prévôt. — Mais vous, Estienne, mentés, s’écria Maillard. » Aussitôt ce dernier monte à cheval, fait flotter la bannière de France, et suivi des siens, parcourt les rues en s’écriant : « Montjoie ; Saint-Denis au Roi et au Duc !… » Il annonce sur son chemin que Marcel veut ouvrir les portes aux troupes anglaises et navarraises, et arrivé ainsi aux halles où un attroupement se forme. Cependant le prévôt des marchands n’ayant pu obtenir les clefs de la porte Saint-Denis, s’adresse aux autres gardes, il essuie partout les mêmes refus. Sans se décourager, il se rend alors à la porte Saint-Antoine pour renouveler ses instances. Dans le même moment, quelques partisans du Dauphin, profitant de cet événement, avaient pris les armes et marchaient vers l’hôtel de Joceran de Mascon, situé près de Saint-Eustache, dans le dessein de se défaire de ce trésorier ; ne l’y trouvant pas ils vont à l’hôtel Saint-Paul, prennent une bannière de France, et se dirigent ainsi vers la porte Saint-Antoine. Deux gentilhommes étaient à leur tête, Pépin des Essarts et Jean de Charny. Arrivés à cette bastille, ils y trouvent Maillard disposé à leur prêter main-forte. Marcel, tenant en main les clefs de cette porte et monté sur l’escalier, oppose quelque résistance. Bientôt on entend ces cris : « À mort ! à mort ! Tuez le prévôt des marchands et ses complices ! » Marcel effrayé veut fuir ; alors Jean de Charny s’avance lui porte un coup de hache d’armes, et le peuple l’achève ! Les compagnons du prévôt, tels que Philippe Guiffard, Jean de Lille, Jean Poiret, Simon le Péronier, éprouvent le même sort. Tous ceux qui, au nombre de cinquante-quatre, accompagnaient Marcel sont massacrés. Leurs corps furent trainés honteusement devant l’église Sainte-Catherine du Val-des-Écoliers et exposés aux mêmes insultes que Marcel et ses complices avaient prodiguées aux cadavres du comte de Clermont et de Jean de Conflans.

Ce fut encore dans la rue Saint-Antoine que le roi Henri II fut blessé à mort par le comte de Montgommery, dans un tournoi dont le spectacle fut offert aux Parisiens le 29 juin 1559. Ce monarque, porté sans connaissance au palais des Tournelles, vécut encore quelques jours, mais dans une léthargie complète ; il mourut enfin le 10 juillet 1559, et laissa son royaume livré à toutes les horreurs de la guerre civile.


Appoline (rue Sainte-).

Commence à la rue Saint-Martin, nos 309 et 311 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 396 et 398. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 211 m. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

On la trouve indiquée sous le nom de rue Sainte-Appoline ou de Bourbon, dans le plan de la Caille. Une décision ministérielle, à la date du 23 brumaire an VIII, signée Quinette, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette largeur est portée à 11 m. 40 c. Les maisons nos 5, 11, 17, 19, 21 23, 25, 27, 29 et 31 sont alignées. Celles nos 1 et 3 devront reculer de 2 m. 34 c. à 2 m. 80 c. ; nos 7 et 9, de 1 m. 91 c. à 2 m. 37 c. ; nos 13 et 15, de 1 m. 40 c. à 1 m. 83 c. ; no 33, redressement ; no 2, retranchement, réduit 1 m. ; de 4 à 10, retranchement de 1 m. 20 c. à 1 m. 90 c. ; de 12 à 16 inclusivement, retranchement 1 m. 90 c. à 2 m. 50 c. ; de 18 à 24, retranchement 2 m. 50 c. à 3 m. 50 c. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Martin jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Française).

Aqueduc (rue de l’).

Commence à la rue Fontaine, finit à la rue Blanche. Pas encore de numéro. Sa longueur est de 124 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Cette rue a été ouverte en 1841 sur les terrains appartenants à MM. Riant et Mignon. L’ordonnance royale qui autorisa ce percement est à la date du 22 janvier 1841, et imposa aux impétrants les conditions suivantes : de supporter les premiers frais de nivellement, ceux de pavage en chaussée bombée en pavé neuf d’échantillon dur et de relevée à bout, ainsi que ceux des trottoirs en granit ; les premiers frais d’établissement d’éclairage ; de se soumettre, pour les constructions, aux règlements de voirie, et d’acquitter les droits auxquels ces règlements donneront lieu ; jusqu’à réception définitive de la rue par l’administration, de la tenir fermée à ses extrémités, par des clôtures à demeure. La dénomination provisoire donnée par les propriétaires, indique la position de cette rue sur l’aqueduc de ceinture.


Arbalète (rue de l’).

Commence à la rue Mouffetard, nos 122 et 124 ; finit à la rue des Charbonniers, nos 1 et 2. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 374 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

On la nommait, au XIVe siècle, rue des Sept-Voies. Au milieu du XVIe siècle, c’était la rue de l’Arbalète, dénomination qu’elle tirait d’une enseigne. Une décision ministérielle du 28 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les constructions nos 1 et de 13 à la fin ne sont pas soumises à retranchement. — Égout depuis la rue Mouffetard jusqu’à à celle des Postes. — Au no 13 est l’école de Pharmacie. — Aux nos 24 et 26 était situé le couvent des Filles-de-la-Providence. Sa fondation est due à Marie Lumagne, veuve de François de Pollalion, gentilhomme ordinaire du roi et conseiller d’état. Les lettres-patentes autorisant cet établissement sont du mois de janvier 1643. Cette maison avait été créée dans le but de retirer du libertinage les jeunes filles qui n’avaient pu résister à la séduction ou à la misère. Cette communauté religieuse, supprimée en 1790, devint propriété nationale, et fut vendue le 1er prairial an V.


Arbre-Sec (rue de l’).

Commence à la rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 16 et 18 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 109 et 111. Le dernier impair est 51 ; le dernier pair, 68. Sa longueur est de 270 m. — 4e arrondissement, nos 1 à 29 et de 2 à 40, quartier du Louvre ; le surplus des impairs est du quartier Saint-Honoré.

Elle doit son nom à une enseigne qu’on voyait encore en 1660 sur une vieille maison près de Saint-Germain-l’Auxerrois. Cette rue était en partie construite vers la fin du XIIIe siècle. Une décision ministérielle du 13 floréal an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 11 m. Une ordonnance royale du 23 juillet 1828 a porté cette moindre largeur à 12 m. Les maisons nos 29, 49, 51, 52, 54, 56 et 62 sont alignées. Les propriétés nos 25, 48 et 50 devront, pour exécuter l’alignement, avancer sur leurs vestiges actuels. — Égout depuis la rue des Prêtres jusqu’à celle des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois. — Conduite d’eau dans toute l’étendue de la rue. Éclairage au gaz (compe Anglaise).

À l’extrémité de la rue de l’Arbre-Sec, à l’angle de la rue Saint-Honoré, on remarque une belle fontaine. Elle se trouvait autrefois au milieu de la rue : François Myron la fit transporter, en 1606, à l’endroit où nous la voyons aujourd’hui. — La Croix du Trahoir, érigée sur la même place, a quelque célébrité dans les annales des exécutions judiciaires : c’est là qu’étaient mis à mort les condamnés de la juridiction de Saint-Germain-l’Auxerrois. — Dans le commencement de la guerre civile de la Fronde, la rue de l’Arbre-Sec fut le théâtre d’une émeute. Deux conseillers au parlement s’étaient fait remarquer par leur courage à défendre les lois, en résistant aux empiétements du cardinal Mazarin : l’un était René Potier de Blancménil ; l’autre, Pierre Broussel, qu’on nomma le père du peuple. Irritée de l’opposition de ces magistrats, dont l’influence entraînait la majorité de leur compagnie, Anne d’Autriche, par les conseils de son ministre, eut l’imprudence de les faire arrêter, le 26 août 1648. Dès que le peuple connut l’emprisonnement des deux conseillers, des attroupements se formèrent. La sévérité dont on usa pour les dissiper, le sang qui fut versé, augmentèrent à tel point l’animosité, qu’on vit alors presque tous les habitants de Paris s’armer pour en tirer vengeance. Dans toutes les rues, des chaînes sont tendues ; plus de deux cents barricades, ornées de drapeaux, sont fortifiées aux cris de vive le Roi ! point de Mazarin ! Le parlement vint en corps au Palais-Royal demander la liberté des prisonniers. Le premier président Mathieu Molé porta la parole. Il représenta à la régente que cette concession était le seul moyen de calmer le mécontentement général, en dissipant à l’instant le feu de la rébellion. Anne d’Autriche refusa avec beaucoup d’aigreur, en disant : « Que les membres du parlement étaient les vrais auteurs de la sédition par leur désobéissance aux ordres de la cour. » Une seconde tentative de la part du premier président n’eut pas un meilleur résultat. Les membres du parlement, ainsi congédiés, s’en retournent à pied à leur palais. Ils parviennent sans peine jusqu’à la troisième barricade qui se trouvait à la Croix du Trahoir ; là cette compagnie est arrêtée. Un marchand de fer, nommé Raguenet, capitaine de ce quartier, saisit le premier président par le bras ; et appuyant un pistolet sur le visage de Mathieu Molé : « Tourne, traître, lui dit-il, si tu ne veux être massacré toi et les tiens ; ramène-nous Broussel, ou le Mazarin et le chancelier en otages !… » Molé, sans se déconcerter, écarte le pistolet, et, conservant toute la dignité de la magistrature, rallie les membres effrayés de sa compagnie, et retourne au Palais-Royal à petits pas au milieu des injures et des blasphèmes de ce peuple en courroux. Pour la troisième fois, il expose à la régente l’irritation des esprits et la résistance que sa compagnie vient d’épouser dans la rue de l’Arbre-Sec. La reine fait encore des difficultés. Le parlement, pour délibérer sur ce nouveau refus, tint séance dans la galerie du Palais-Royal. Le duc d’Orléans, le cardinal Mazarin assistèrent à cette conférence. Il fut décidé que les conseillers arrêtés seraient rendus à la liberté. La régente y consentit enfin. L’ordre en est expédié sur-le-champ. Cette décision fut aussitôt signifiée au peuple ; mais les Parisiens, peu confiants en la sincérité de la cour, déclarèrent qu’ils resteraient armés jusqu’à ce qu’ils vissent Broussel en liberté. Ce conseiller parut le lendemain matin : alors, des salves d’artillerie se firent entendre ; la joie publique se manifesta par de bruyantes acclamations. Le peuple porta ce magistrat en triomphe jusqu’à sa maison. Ainsi se termina la fameuse journée du 27 août de l’année 1648, connue dans l’Histoire sous le nom de journée des Barricades.


Arcade (rue de l’).

Commence au boulevart Malesherbes ; finit aux rues de la Pépinière, no 1, et Saint-Lazare, no 139. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 511 m. — 1er arrondissement : les nos impairs sont du quartier du Roule ; les nos pairs, du quartier de la Place-Vendôme.

Cette rue doit sa dénomination à une arcade ou voûte qui servait de communication aux jardins des religieuses de la Ville-l’Évêque. Jaillot l’indique ainsi : rue de l’Arcade ou de la Pologne. Une décision ministérielle du 21 prairial an X, signée Chaptal, ainsi qu’une ordonnance royale du 25 novembre 1836, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette ordonnance approuva le prolongement de cette rue jusqu’au boulevart Malesherbes. Une seconde ordonnance, à la date du 11 février 1840, prescrivit la suppression de la partie de la rue de l’Arcade formant retour sur la rue de la Madeleine. Cette disposition, ainsi que celle ayant rapport au prolongement jusqu’au boulevart Malesherbes, ont été exécutées en 1811.

Le numérotage de cette voie publique étant très irrégulier, nous ne pouvons indiquer d’une manière précise les propriétés qui sont à l’alignement. — Égout depuis la rue Neuve-des-Mathurins jusqu’à celle de la Pépinière. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Nicolas jusqu’à celle de la Pépinière. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Arche-Marion (rue de l’).

Commence au quai de la Mégisserie, nos 66 et 68 ; finit à la rue Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 77 et 79. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 30 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

En 1300, elle portait le nom de rue de l’Abreuvoir Thibault-aux-Dés. En 1442, c’était la rue des Jardins. À la fin du XVe siècle, elle fut appelée ruelle qui fut Jean de la Poterne, du nom d’un particulier qui avait établi des bains. En 1530, on l’appelait ruelle des Étuves. Enfin, on la trouve nommée, dans un titre de 1565, rue de l’Arche-Marion et de l’Abreuvoir-Marion, parce qu’une femme ainsi appelée y tenait alors ces étuves. Une décision ministérielle du 24 frimaire an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. La plus grande partie du côté droit est à l’alignement. Les autres constructions devront reculer de 70 c. à 1 m. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Arche-Pépin (rue de l’).

Commence au quai de la Mégisserie, nos 18 et 21 ; finit à la rue Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 27 et 31. Le dernier impair est 3 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 37 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

C’est par altération qu’on l’appelle rue de l’Arche-Pépin. Tous les anciens titres la nomment rue de l’Abreuvoir ou de l’Arche-Popin. Celle dénomination lui vient de la famille des Popin, très connue au XIIIe siècle. Jehan Popin fut prévôt des marchands sous Philippe-le-Bel. Une décision ministérielle du 24 frimaire an XI, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 août 1836, cette largeur est portée à 12 m. Cette ordonnance a autorisé l’acquisition de la maison bâtie sur l’Arche-Pépin et dont la démolition était nécessaire pour procurer à la rue qui nous occupe un débouché sur le quai de la Mégisserie. Cette amélioration a été exécutée. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement considérable ; celles du côté opposé ne devront reculer que de 20 à 30 c. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Archevêché (pont de l’).

Situé entre les quais de l’Archevêché et de Montebello.

Une ordonnance royale du 6 décembre 1827 a autorisé la construction de ce pont qui est soumis au péage. Commencé en 1828, il a été livré à la circulation le 4 novembre de la même année. M. Desjardins en a été déclaré concessionaire pour 45 années qui ont commencé le 1er janvier 1831, et doivent expirer le 1er janvier 1876. Ce pont, construit en maçonnerie, est composé de trois arches en arc de cercle, ayant celle du milieu 17 m. et les deux autres 15 m. d’ouverture. Il doit sa dénomination au quai où il prend naissance. On peut traverser les deux ponts de l’Archevêché et Louis-Philippe en ne donnant qu’une rétribution de 5 c.


Archevêché (quai de l’).

Commence au pont de la Cité, finit au Pont-au-Double. Pas de numéro. Sa longueur est de 340 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Une partie de ce quai à la pointe de l’Ile se nommait en 1258 la Motte aux Papelards. Un siècle après, ce quai était réuni à l’emplacement dit le Terrain et en portait le nom. Il fut dans la suite enfermé dans le jardin des chanoines de Notre-Dame. Il a été nommé en l’an XII quai Catinat. — Nicolas Catinat naquit à Paris en 1637 ; fut fait lieutenant-général en 1688 et maréchal de France en 1693. Le héros de Stafarde et de la Marsaille mourut à sa terre de Saint-Gratien, en 1712. — Ce quai prit quelque temps après le nom de l’Archevêché. — « Au palais des Tuileries, le 29 mars 1809. — Napoléon, empereur des Français, etc. ; sur le rapport de notre ministre de l’intérieur, nous avons décrété et décrétons : — Article 1er. Les alignements du quai de l’Archevêché et de l’Hôtel-Dieu, entre le pont de la Cité et le Petit-Pont, seront exécutés tels qu’ils sont tracés sur le plan proposé par l’ingénieur en chef du département de la Seine, le 21 septembre 1808, approuvé le 19 janvier 1809 par le directeur-général des ponts-et-chaussées. — Art. 2. Notre ministre de l’intérieur est chargé de l’exécution du présent arrêté : Signé Napoléon. » (Extrait du décret). Cette amélioration était exécutée à la fin de 1813.

Nous allons tracer ici l’historique de l’ancien palais de l’Archevêché. — Dans l’origine la maison de l’évêque était située près de l’église de Saint Étienne, première cathédrale, sur une partie de l’emplacement occupé par la seconde cour de l’archevêché. Le nom de Port-l’Évêque que portait cet endroit peut servir à confirmer cette opinion. Nos premiers rois ne faisant que de rares séjours dans la ville de Paris, leur absence fût cause que son siège épiscopal parut trop peu important pour qu’on l’érigeât en métropole. Il resta donc soumis à l’archevêché de Sens. — Paris ne se développa que sous les rois de la troisième race lorsque cette ville devint la capitale du royaume, son siège épiscopal acquit bientôt une grande importance, plutôt par son heureuse situation que par l’étendue, la quantité des domaines de l’évêque. Dans un diplôme de Louis VI de l’an 1110, les seigneuries de l’évêque, sans compter son droit de censive dans la Cité, étaient celles de Saint-Germain, de Saint-Éloy, de Saint-Marcel, Saint-Cloud et Saint-Martin. Vers l’an 1161, Maurice de Sully, évêque de Paris, fit bâtir sur une ligne parallèle à la cathédrale, le palais épiscopal et deux chapelles. Dans la chapelle basse étaient des chapelains établis par les évêques. Le Jeudi-Saint on y lavait les pieds des enfants de chœur, et tous les dimanches on célébrait une messe pour les prisonniers de l’évêché. La chapelle supérieure servait aux ordinations, au sacre des évêques et à d’autres assemblées solennelles. Dans ces anciens bâtiments étaient les salles des officialités métropolitaine et diocésaine du baillage de la duché-pairie de l’archevêque et la bibliothèque des avocats. Dans la première cour du palais de l’évêque, au lieu où se trouvait autrefois le siège de l’officialité, se faisaient au moyen-âge les monomachies ou duels judiciaires. — Les droits de l’évêque étaient devenus si grands à la fin du XIe siècle, que la ville de Paris était pour ainsi dire partagée en deux parties, dont l’une était sous la domination du roi et l’autre sous celle du prélat. Cette juridiction temporelle reçut bientôt de graves atteintes par suite des transactions qui eurent lieu entre nos rois et nos évêques.

Ainsi le territoire de Saint-Germain-l’Auxerrois qui était dans la censive de l’évêque, devint si considérable par son commerce, que l’évêque Étienne crut devoir, pour en maintenir la prospérité, associer le roi Louis-le-Gros aux deux tiers du profit dans tout le clos fermé de fossés qu’on appelait Champeaux. Ce traité, fait du consentement du chapitre, est de l’année 1136. Guillaume de Seignelay, évêque en 1222, conclut un accord avec Philippe-Auguste. Par ce traité, ce prince fut reconnu avoir la justice de rapt et de meurtre dans le bourg Saint-Germain et dans la Culture-l’Évêque. Il pouvait également lever des impôts sur les habitants pour dépenses de guerre et chevauchées, et avait droit de justice sur tout ce qui était relatif aux marchandises. Cette juridiction temporelle fut peu à peu enlevée aux évêques par nos rois, lorsqu’ils la trouvèrent moins nécessaire dans les mains des prélats au maintien de l’ordre et à l’existence de la société. Pierre de Gondy, évêque de Paris en 1558, se trouvant trop mesquinement logé, ajouta à son palais une maison canoniale, située près du jardin des chanoines, et l’augmenta d’un corps de logis qui aboutissait l’église de Saint-Denis-du-Pas. En 1622, cet évêché soumis à la métropole de Sens, en fut séparé par Grégoire XV et érigé en archevêché. Cette érection fut faite en faveur de Jean-François de Gondy. Il fut peu après homme commandeur des ordres du roi. Louis XIV accorda une distinction encore plus flatteuse à M. de Harlay de Chanvalon, en érigeant pour lui et les archevêques de Paris, la terre de Saint-Cloud en duché-pairie. Le cardinal de Noailles fit abattre en 1697 les différents bâtiments de l’archevêché, construits par ses prédécesseurs, depuis le chevet de la chapelle, et les remplaça par le palais qu’on voyait encore il y a quelques années. M. de Beaumont, qui occupa le siège de Paris depuis 1746 jusqu’en 1781, voulant que le palais archiépiscopal fut en état de recevoir le roi et les seigneurs de la cour dans les grandes solennités, fit bâtir sur les dessins de Pierre Desmaisons, architecte du roi, le grand escalier à deux rampes qui devint l’objet de l’admiration des connaisseurs. Ce prélat rendit également plus commode la distribution des appartements qui furent décorés et meublés avec magnificence. L’archevêché de Paris se divisait en trois archidiaconés, Paris, Josas et Brie. Ces archidiaconés se divisaient eux-mêmes en sept doyennés : Chelles, Corbeil, Champeaux, Châteaufort, Lagny et Montlhéry, sans y comprendre la ville et la banlieue de Paris. L’archevêque jouissait avant 1789 de 200 000 livres de revenu, et le chapitre, de 180 000 livres, outre les maisons canoniales.

Durant la révolution, le palais archiépiscopal servit aux séances de l’Assemblée Constituante, puis d’habitation au chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu ; la chapelle fut convertie en un amphithéâtre d’anatomie jusqu’en 1802. À cette époque, M. de Belloy, prélat presque centenaire, vint en prendre possession. Vers 1809 des travaux considérables de restauration et d’embellissement y furent faits sous la conduite du sieur Poyet, architecte. Il fallut encore en 1818 étayer et reprendre plusieurs parties du bâtiment qui fléchissaient. Ce palais, dont l’architecture n’offrait rien de remarquable, était accompagné d’un beau jardin dessiné et planté par Gabriel Thouiri. — Le 14 février 1831, le curé de Saint-Germain-l’Auxerrois célébra un service funèbre en commémoration de la mort du duc de Berri. Le buste de ce prince fut promené dans l’église. Cette manifestation, aussi imprudente que coupable, servit de prétexte à quelques agitateurs pour se livrer aux excès les plus révoltants. La croix qui surmontait l’édifice est renversée, l’église dévastée de fond en comble ; quand l’émeute n’a plus de belles sculptures à mutiler, de tableaux à déchirer, elle se porte en foule au palais archiépiscopal, en hurlant : « Mort à l’archevêque ! » Elle recommence alors les mêmes profanations : les statues, les meubles, les livres sont jetés dans le fleuve. Les appartements dépouillés, elle s’en prend aux pierres ; la démolition commence avec un ensemble, un sang-froid extraordinaires. M. de Quélen fut sauvé par un savant illustre.

Une année après cet odieux attentat, un fléau épouvantable, le choléra, décimait la population parisienne. Aussitôt l’archevêque reparaît, non pour demander justice des hommes qui ont dévasté, pillé, détruit son palais ; il ne vient pas se venger de ceux qui ont voulu l’assassiner, il vient pour soulager et bénir. C’est à l’Hôtel-Dieu qu’on voit M. de Quélen au milieu des morts et des mourants entassés par la contagion. Il n’est pas encore satisfait des secours abondants que la charité chrétienne lui donne à distribuer, il abandonne son traitement ; il veut que sa maison de Conflans devienne une maison de convalescents, et que le séminaire de Saint-Sulpice soit transformé en infirmerie. On le voit transporter des cholériques dans ses bras ! L’un d’eux qu’il bénissait lui dit : « Éloignez-vous de moi, je suis un des pillards de l’archevêché. — Mon frère, répond l’archevêque, c’est une raison de plus de me réconcilier avec vous et de vous réconcilier avec Dieu !… » — L’emplacement occupé par l’ancien manoir des archevêques de Paris, a été cédé gratuitement par l’État à la ville de Paris par la loi du 8 juin 1837, à la charge par ladite ville d’y établir une promenade. Cet embellissement est en voie d’exécution.


Archives du royaume.

Situées dans les rues de Paradis et du Chaume, no 12. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

1re Partie. — Hôtel de Soubise. — L’emplacement occupé aujourd’hui par les Archives du royaume, réunissait dans son enceinte plusieurs hôtels, souvent mentionnés dans l’histoire de Paris. Au coin de la rue des Quatre-Fils et de celle du Chaume, se trouvait une vaste propriété appelée le grand chantier du Temple. — Le connétable de Clisson fit construire sur cet emplacement un hôtel qui, après sa mort, fut possédé par le comte de Penthièvre. Ce gentilhomme étant demeuré fidèle à Charles VII, les Anglais, devenus maîtres de Paris, confisquèrent tous ses biens, et louèrent l’hôtel de la rue des Quatre-Fils dix livres parisis. À partir de l’époque de cette confiscation, l’histoire se tait pendant plus d’un siècle. Cette propriété appartenait en 1552 au sieur Rabon de la Bourdaisière qui, par contrat du 15 juin 1553, la vendit moyennant 16 000 livres, à Anne d’Est, épouse de François de Lorraine, duc de Guise, qui la donna le 27 octobre 1556 au cardinal de Lorraine. Celui-ci la céda le 4 novembre suivant à Henri de Lorraine, prince de Joinville, son neveu.

L’ambitieuse maison de Guise ne pouvait se contenter du modeste manoir de Clisson.

Du côté de la rue de Paradis s’élevait l’hôtel des rois de Navarre de la maison d’Évreux. Il devint la propriété du duc de Nemours comte d’Armagnac. Convaincu du crime de haute trahison, ce seigneur eut la tête tranchée, et l’on confisqua tous ses biens. Cet hôtel passa alors au comte de Laval, qui le vendit en 1545 au sieur Brinon, conseiller au parlement de Paris. Il fut ensuite acquis par Charles de Lorraine. Ce cardinal en fit cession le 11 juin 1556 à François, son frère. En 1557, le même cardinal acquit de Louis Doulcet la moitié d’une maison aboutissant à la rue des Quatre-Fils, et côtoyant l’ancien hôtel de Clisson. En 1561, il fit l’acquisition dé l’autre moitié. François de Lorraine avait acheté, le 15 juin 1560, l’hôtel de la Roche-Guyon, qui appartenait alors, à Louis de Rohan, comte de Montbazon. Cette propriété se trouvait dans la rue Vieille-du-Temple, en face de celle Barbette ; elle communiquait à la maison de Guise. Les princes lorrains ayant réuni tous ces bâtiments à la propriété de Louis Doulcet, composèrent une vaste habitation d’où le chef de cette orgueilleuse famille dictait ses volontés au faible Henri III. — Le fameux duc de Guise était là pendant les barricades. — Le principal corps de logis qui s’étend depuis la rue du Chaume jusqu’à l’endroit où commençait l’ancien jardin, et dont la façade régnait le long du passage qui conduisait à la rue Vieille-du-Temple, avait été construit par Henri, duc de Guise sur les dessins de Lemaire, célèbre architecte du temps. Nicolo décora la chapelle des peintures à fresque qu’on y voyait encore avant la révolution. Les Guise firent aussi construire la rampe en fer et l’escalier par lequel on montait dans les appartements donnant sur la rue du Chaume ; les croix de Lorraine qui en forment un des ornements, ne laissent aucun doute à cet égard. Les bâtiments qui sont à l’angle de la rue du Chaume et de celle des Quatre-Fils, ont été construits aussi par les princes de cette maison. En 1697, François de Rohan, prince de Soubise, acheta cette propriété des héritiers de la duchesse de Guise. Il prit dès lors le nom d’hôtel de Soubise qu’il conserva jusqu’à nos jours. Le prince chercha à donner un ensemble régulier aux divers bâtiments de son hôtel. Les travaux commencèrent en 1706. La principale porte qui se présentait en pan coupé sur l’angle de la rue du Chaume et du passage, et qui était flanquée de deux tourelles qui subsistent encore, fut fermée pour en ouvrir une nouvelle dans l’alignement de la rue du Chaume, faisant face à la rue de Braque, et destinée à desservir le passage. La porte principale fut pratiquée dans la rue de Paradis. On la décora de colonnes accouplées, d’ordre composite à l’intérieur et corinthien à l’extérieur, avec couronnement en ressaut, formant sur chaque face un avant-corps dont l’attique était peint aux armes du prince. Les statues d’Hercule et de Pallas, sculptées par Coustou jeune et par Bourdy, figuraient sur l’avant-corps. La façade de l’ancien bâtiment fut décorée au rez-de-chaussée de seize colonnes d’ordre composite, accouplées, dont huit présentent au milieu un avant-corps surmonté d’un second ordre de colonnes corinthiennes que couronne un fronton. Les huit colonnes du rez-de-chaussée supportent quatre statues qui représentent les quatre saisons. Deux autres statues allégoriques dominent le fronton. L’intérieur de l’hôtel fut magnifiquement décoré. La chapelle et ses peintures à fresque furent conservées. Plusieurs artistes célèbres contribuèrent à la décoration et à l’embellissement des appartements. Natoire, Bouchet, Trémollière, Carle-Vanloo, Bertout, etc., en firent un séjour d’une magnificence presque royale. Tel on voyait encore l’hôtel, ou plutôt le palais de Soubise, au moment où la révolution en fit une propriété nationale.

2e Partie. — Archives du royaume. — Les renseignements qui suivent ont été extraits en partie d’une brochure publiée par M. Dessalles, employé distingué des archives. — Dans la solitude des cloitres qui furent longtemps les seuls foyers de lumières, les moines élaborèrent quelques vastes compositions historiques pour lesquelles l’existence humaine était souvent insuffisante. — Il était difficile, presque impossible aux hommes de lettres, de rassembler les matériaux nécessaires à composer notre histoire nationale ou administrative.

Cette admirable et précieuse collection de titres et de documents généraux que nous devons à la révolution était autrefois disséminée dans un grand nombre d’établissements religieux, et enfouie dans plusieurs édifices de nos grandes villes. — Les archives ne furent d’abord que le dépôt des papiers de l’Assemblée Constituante. Par un article de son règlement du 29 juillet 1789, cette assemblée, en créant cet établissement, ordonna qu’on y conserverait les pièces originales qui lui seraient adressées, et l’une des deux minutes du procès-verbal de ses séances. Ce dépôt fut définitivement constitué sous le nom d’Archives nationales, par décret du 7 septembre 1789, sanctionné par le roi le 12 du même mois. Tant que la représentation nationale résida à Versailles, les archives furent placées dans une salle voisine de la sienne. Lorsque cette assemblée vint à Paris, les archives furent immédiatement transportées dans la bibliothèque des Feuillants, puis aux Capucins de la rue Saint-Honoré. Le 1er juin 1790, la Constituante ordonna qu’on y déposerait les formes, planches, et tout ce qui avait servi à la confection des assignats de la première émission ; enfin, le 27 février 1791, on y transporta les caractères de l’imprimerie du Louvre, les machines de l’Académie des Sciences, et les minutes des greffes des commissions extraordinaires du conseil d’État. Les archives reçurent encore de nouvelles richesses par les offrandes de livres, de médailles, d’estampes et de bustes qui furent faites à l’assemblée. — Ce ne fut qu’à partir de l’année 1793 qu’on songea à faire des archives le centre de tous les dépôts appartenant à l’État.

Le décret dont nous transcrivons les principales dispositions, organisa les archives sur des bases toutes nouvelles.

« 7 messidor an II. La Convention Nationale, après avoir entendu le rapport fait au nom de la commission des archives et des cinq comités du salut public, des domaines et aliénations, de législation, d’instruction publique et des finances, décrète :

Art. 1er. Les archives établies auprès de la représentation nationale, sont un dépôt central pour toute la république.

Art. 2. Ce dépôt renferme : 1o la collection des travaux préliminaires aux états-généraux de 1789, depuis leur convocation jusqu’à leur ouverture. Le commissaire des administrations civiles de police et des tribunaux, fera établir aux archives tout ce que le département de la justice avait retenu ou distrait de cette collection ; 2o les travaux des assemblées nationales et de leurs divers comités ; 3o les procès-verbaux des corps électoraux ; 4o les sceaux de la république ; 5o les types des monnaies ; 6o les étalons des poids et mesures ; on y déposera 7o les procès-verbaux des assemblées chargées d’élire les membres des corps législatifs et ceux du conseil exécutif ; 8o les traités avec les autres nations ; 9o le titre général tant de la fortune que de la dette publique. » (Extrait des procès-verbaux de la Convention).

Un des articles de ce décret ordonnait aussi que les couvents seraient ouverts à une commission créée sous le nom d’Agence temporaire du triage des titres. Les archives, ainsi que nous l’avons dit plus haut, suivirent la Constituante lorsque cette assemblée se rendit à Paris ; elles furent toujours placées dans les mêmes bâtiments que ceux des grands pouvoirs qui dirigeaient la république. On transporta les archives, après le 10 août, dans une salle des Tuileries lorsque l’Assemblée Nationale se fut établie dans l’ancienne demeure de nos rois. Le premier consul et son collègue Lebrun étant venus habiter ce palais, la représentation nationale occupa le palais Bourbon, qui reçut le nom de palais du Corps-Législatif. Les archives y furent encore réunies. — « Napoléon, etc. Art. 3. L’hôtel Soubise et le palais Cardinal seront achetés par notre ministre des finances et réunis au domaine, moyennant le paiement d’une somme de 690 000 francs, etc. Art. 5. Toutes les archives existant à Paris, sous quelque dénomination que ce puisse être, seront placées dans celui de ces palais qui ne sera pas occupé par l’imprimerie royale, etc. Signé Napoléon. » (Extrait du décret du 6 mars 1808).

Les archives furent considérablement augmentées pendant les années 1810, 1811 et 1812. On transporta à l’hôtel de Soubise 102 435 liasses, registres ou volumes d’archives pontificales, 12 049 liasses des archives du Piémont, 35 239 d’archives germaniques, une portion des archives espagnoles et 5 000 cartons du ministère de l’intérieur. Pour classer tant de richesses, il fallut songer à l’agrandissement de l’hôtel de Soubise. On commença d’abord par garnir de rayons les péristyles de la cour. On fut ensuite obligé de construire au milieu de cette cour deux pavillons provisoires. Ces augmentations furent encore insuffisantes. On créa une succursale de l’hôtel de Soubise dans les bâtiments des Minimes de la place Royale, et l’on fut obligé de louer deux maisons dans la rue des Quatre-Fils où l’on plaça quelques bureaux. Toutes ces demi-mesures ne pouvaient convenir à l’empereur dont tous les actes étaient empreints d’un caractère grandiose et surtout unitaire ; il rendit le décret suivant :

« Au palais de l’Élysée (le 21 mars 1812), Napoléon, empereur des Français etc. nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

Titre 1er. Archives impériales.

Art. 1er. Il sera construit entre le pont d’Iéna et le pont de la Concorde, sur le quai de la rive gauche de la Seine, un édifice destiné à recevoir toutes les archives de l’empire, et devant contenir un emplacement de 100 000 m. cubes.

Art. 2. Les plans seront conçus de manière que le quart de cet établissement puisse être utilisé dès que la construction en sera achevée et que l’on puisse successivement procéder ainsi à la construction des autres quarts. Des espaces seront même réservés en forme de jardins, afin que par la suite des temps on puisse doubler l’établissement si cela devient nécessaire.

Art. 3. Ces bâtiments seront construits tout en pierre et en fer, sans qu’il entre aucun bois dans la construction.

Art. 4. Les plans nous seront soumis avant le 1er mai prochain, et le fonds de 200 000 fr. que nous avons accordé par notre décret du 6 de ce mois sur les fonds spéciaux de Paris sera affecté aux premiers travaux de cette construction etc. Signé Napoléon. »

La chute de l’empire fit abandonner l’exécution de ce projet, et les archives restèrent dans l’ancien hôtel de Soubise. Les principales richesses déposées dans cet établissement furent enlevées. Les ennemis de la France ne furent pas les seuls à exiger des restitutions. Tous les accroissements de cette admirable collection péniblement amassée, se fondirent par suite de réclamations toujours écoutées. Les établissements publics eux-mêmes n’eurent pas l’honneur de rester étrangers à ce pillage.

L’Université en 1820 se fit livrer une partie des documents précieux qui composaient une collection ayant pour titre Instruction publique. Ce fut également vers cette époque que l’établissement dont nous nous occupons prit le nom d’Archives du royaume.

Organisation actuelle des archives du royaume.

L’organisation actuelle des archives du royaume est due aux lumières d’un savant dont on déplore la perte. À M. Daunou appartient seul l’idée d’une classification exacte et commode. Les archives sont divisées en six sections, savoir : 1o la section législative ; 2o la section administrative ; 3o la section historique ; 4o la section topographique ; 5o la section domaniale ; 6o la section judiciaire. Ces six sections furent en outre subdivisées en vingt-quatre séries désignées par les vingt-quatre lettres de l’alphabet.

Section législative. — Elle se divise en quatre séries représentées par les lettres A B C et D. Le nombre des cartons, registres et volumes s’élève à près de 7 000, contenant huit collections différentes de lois, cinq collections des procès-verbaux des assemblées nationales, des papiers des comités et des députés en mission, ceux de la chambre des députés et de celle des pairs, et le Bulletin des lois.

Section administrative. — Elle est divisée en quatre séries sous les lettres E F G H : La première E, administration générale, gouvernement et maison royale ; la deuxième F, s’intitule ministères ; la troisième G, a trait aux administrations spéciales, et la quatrième, sous la lettre H, réunit les papiers concernant les administrations locales. Parmi les collections précieuses, il faut distinguer celle des arrêts du conseil depuis 1593 jusqu’en 1791. Cette section renferme 40 000 cartons, registres ou portefeuilles.

Seclion historique. — Elle se compose également de quatre séries sous les lettres J K L M. Elle forme un total de 1 053 cartons renfermant le Trésor des Chartes et son supplément, 300 registres provenant de la chancellerie du royaume depuis le XIIe siècle jusqu’à Charles IX, 1 555 cartons, registres ou liasses contenant les monuments historiques, les actes des rois de France depuis les Mérovingiens jusqu’à Louis XIV. Le plus ancien de ces actes est à la date de 620 ; 1 700 autres cartons, registres ou liasses concernant les monuments ecclésiastiques, les mélanges, l’instruction publique, les ordres militaires et religieux et la généalogie, comportent 1 128 cartons et registres. Indépendamment de ces précieuses collections, la section historique posséde la fameuse armoire de fer, construite en vertu du décret du 30 novembre 1790, et dans laquelle sont renfermés les sceaux et les bulles d’or, une grande partie des clefs de la Bastille, les clefs en argent remises à Louis XIV lors de la prise de Namur, les fameux livres rouges trouvés à Versailles, les testaments de Louis XVI et de Marie-Antoinette, le journal de Louis XVI écrit de sa main, les traités avec des boites en argent renfermant des sceaux, les médailles concernant la première campagne d’Italie, déposées en vertu d’un décret de l’an VI, la matrice de la médaille du serment du jeu de paume, les étalons du mètre, du gramme et du décagramme en platine, des monnaies d’or et d’argent, et une foule d’autres objets précieux. Une collection de portraits de personnages célèbres orne cette importante et magnifique section.

Section topographique. — Elle est divisée en deux séries sous les lettres N O. La première se compose des cartes géographiques, hydrographiques, astronomiques et historiques ; et la seconde, de plans et cartes qui ont rapport à la description de la France et des mémoires de statistique, le tout pouvant représenter 4 616 articles. Cette section a en dépôt un exemplaire de la carte de France exécutée sous les ordres du ministre de la guerre.

Section domaniale. — Les lettres P Q R S T représentent les cinq séries dont elle se compose, réunissant 26 000 cartons, liasses ou registres qui sont : la chambre des comptes, les titres domaniaux distribués par département, les titres spéciaux des domaines des princes, ceux des biens des communautés religieuses, et les papiers du séquestre, confiscations et ventes.

Section judiciaire. — Cette section, dont une partie au Palais-de-Justice, se divise en cinq séries sous les lettres ci-après, savoir : la lettre V contient la grande chancellerie et conseils ; la lettre X, parlement de Paris ; Y, châtelet ; Z, cours et juridictions diverses ; E T C, tribunaux criminels extraordinaires. Elle représente un total de plus de 63 000 cartons, liasses et registres. À ce monument prodigieux d’assemblage est jointe une bibliothèque de 13 à 14 000 volumes ayant trait en partie à l’histoire nationale. — Constructions nouvelles. Architectes, MM. Charles Lelong et Adolphe Gréterin. Les travaux d’agrandissement et d’appropriation spéciale en dépôts d’archives, ont été commencés au mois de septembre 1838. Le million voté pour l’édification de ces bâtiments a été dépensé pendant les exercices 1838, 1839, 1840 et 1841. Un crédit de 800 000 fr. est nécessaire, tant pour parachever les constructions nouvelles et pour l’établissement des casiers, que pour la restauration des anciens bâtiments (hôtel de Soubise), et pour réquisition d’une maison contiguë à la cour de cet hôtel, sise rue de Paradis. Cette maison est destinée à recevoir les bureaux des diverses sections, et à loger le garde général des archives. Les nouvelles constructions exécutées occupent une superficie de 1 000 m. carrés. Tous les murs sont en pierre de taille. Des voûtes en poterie et fer portent les planchers. Les combles sont en fer. La couverture est en zinc. Tous les travaux seront terminés en 1845.


Arcis (rue des).

Commence aux rues Saint-Jacques-la-Boucherie, no 2 et de la Vannerie, no 50 ; finit aux rues des Lombards, no 1, et de la Verrerie, no 101. Le dernier impair est 39, le dernier pair, 64. Sa longueur est de 175 m. — Les impairs sont du 6e arrondissement, quartier des Lombards ; les pairs, du 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Cette rue existait déjà en 1130. Son étymologie a soulevé de longues discussions. Nous ne citerons ici que l’opinion de M. Johanneau, censeur royal. Le mot Arcis, selon ce célèbre antiquaire, signifie arc, arcade, d’où viennent arcueil, les grottes d’arcis, l’archet Saint-Merri, etc…

Cette étymologie nous paraît assez vraisemblable. On sait que l’archet Saint-Merri, où se trouvait une porte de Paris, sous les rois de la première race, formait une des arcades qui ont pu donner leur nom à cette voie publique. — Un arrêt du conseil, du 31 décembre 1670, prescrivit l’élargissement de cette rue ; cette amélioration ne fut exécutée qu’en 1673. Une décision ministérielle du 28 messidor an V, signée Benezech, fixa la moindre largeur de cette rue à 12 m. Cette largeur a été portée à 14 m., par une ordonnance royale du 22 mai 1837. — Les constructions dépendant du marché Saint-Jacques-la-Boucherie et celles de 11 à 17 inclus sont alignées. Les propriétés de 1 à 7 devront reculer de 2 m. 15 c. à 2 m. 40 c. ; de 19 à 29, retranchement 1 m. 60 c. à 2 m. 25 c. ; de 31 à 39, retranchement 1 m. 60 c. à 3 m. ; les maisons du côté des numéros pairs sont soumises à un retranchement qui varie de 4 m. à 6 m. 30 c. environ. — Conduite d’eau depuis la rue de la Vannerie jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Française).


Arcole (pont d’).

Une ordonnance royale en date du 6 décembre 1827 a autorisé la construction de ce pont. — Commencé en 1828 il a été livré à la circulation le 21 décembre de la même année. M. Desjardins en a obtenu la concession pour 45 années à partir du 1er janvier 1831 jusqu’au 2 janvier 1876. — Ce pont, qui ne sert qu’aux piétons, est suspendu en chaines de fer et composé de deux demi-travées de 40 m. 17 c. et de 39 m. 75 d’ouverture. Sa largeur entre les garde-corps est de 3 m. 50 c. — Il prit d’abord le nom de pont de la Grève ; le 28 juillet 1830, un jeune homme nommé d’Arcole, s’élançant sur ce pont à la tête de plusieurs combattants qui se dirigeaient sur l’Hôtel-de-Ville, tomba mort percé d’une balle. Pour perpétuer ce souvenir, on donna à ce pont le nom d’Arcole.


Arcole (rue d’).

Commence au quai Napoléon, nos 21 et 23 ; finit aux rues du Cloître-Notre-Dame, no 28, et Saint-Christophe, no 2. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 165 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Une ordonnance royale du 4 mars 1834 fixa les alignements des rues du Chevet-Saint-Landry et Saint-Pierre-aux-Bœufs, à 12 m. de largeur ; d’après cette disposition les deux rues étaient tracées sur une seule ligne droite. — En vertu d’une autre ordonnance royale du 13 mai 1836, l’exécution de ces alignements fut déclarée d’utilité publique. — Le ministre de l’intérieur (Gasparin) décida, le 13 février 1837, que les rues du Chevet-Saint-Landry et Saint-Pierre-aux-Bœufs prendraient la seule dénomination de rue d’Arcole (voyez l’article qui précède).

Les travaux autorisés par l’ordonnance royale de 1837 furent conduits avec la plus grande activité ; bientôt une voie publique propre, large et bordée de constructions modernes, remplaça deux ruelles étroites où la circulation était difficile et dangereuse. — La rue du Chevet-Saint-Landry portait déjà ce nom au XIIIe siècle, parce que le fond ou le chevet de l’église Saint-Landry se trouvait dans cette rue.

Dans un bail fait en 1451 par l’abbé de Saint-Victor, elle est appelée rue de la Couronne. — La rue Saint-Pierre-aux-Bœufs est connue sous ce nom dès 1206 ; Guillot l’appelle rue Saint-Pierre à Beus. — Les prisons du chapitre de Notre-Dame étaient situées dans cette rue. — L’église qui a donné son nom à la rue Saint-Pierre-aux-Bœufs était un de ces édifices religieux dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Plusieurs auteurs (Sainte-Foix entre autres) ont pensé qu’elle avait été autrefois la paroisse des bouchers de la Cité, parce que deux têtes de bœufs étaient sculptées sur son portail. D’autres ont prétendu qu’on y marquait les bœufs avec une clef ardente pour les préserver de certaines maladies. Quelques-uns se sont imaginé qu’elle devait son nom à l’ancienne famille des Lebœuf. — Quoi qu’il en soit, une bulle d’Innocent II, de l’an 1136, l’appelle Capella Sancti Petri de Bovibus. Peu de temps après elle fut érigée en paroisse. L’évêque de Paris avait droit de nommer à sa cure. — Cette église fut supprimée en 1790. Devenue propriété nationale, elle fut vendue le 8 fructidor an IV. Aucune clause n’imposa à l’acquéreur l’obligation de conserver le portail de cette église, chef-d’œuvre de goût et d’élégance. — L’administration municipale, jalouse de réparer cette omission, l’acheta en 1837, et le fit transporter à l’église Saint-Séverin, dont il est aujourd’hui un des plus beaux ornements. La maison no 15 remplace aujourd’hui l’ancienne église Saint-Pierre-aux-Bœufs. — Les propriétés portant les nos 6, 10 et 12 sont seules soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis l’impasse Sainte-Marine jusqu’à la rue du Cloître-Notre-Dame. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Arcueil (barrière d’).

Située sur le boulevart Saint-Jacques.

Elle tire son nom du beau village d’Arcueil si renommé par la bonté de ses eaux et le grandiose de son aqueduc. Cette barrière consiste en un bâtiment à huit arcades et à deux frontons (voyez l’article Barrières.)


Argenson (impasse d’).

Située rue Vieille-du-Temple, entre les nos 22 et 26. Pas de numéro. Sa longueur est de 37 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Elle doit sa dénomination à M. d’Argenson qui était garde-des-sceaux en 1722. — Cette impasse conduisait à l’hôtel de ce magistrat. Elle n’a jamais été alignée. — Sa largeur actuelle est de 3 m. 20 c.


Argenteuil (impasse d’).

Située entre les rues du Rocher, no 2, et Saint-Lazare, no 148. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 102 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Elle est indiquée sur le plan de Jaillot, qui ne donne point de dénomination à cette voie publique. En raison de sa situation dans la rue Saint-Lazare, qui portait autrefois le nom de rue d’Argenteuil, cette impasse prit la dénomination d’Argenteuil. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté droit sont presque toutes à l’alignement.


Argenteuil (rue d’).

Commence à la rue des Frondeurs, nos 3 et 5 ; finit à la rue Neuve-Saint-Roch, nos 16 et 18. Le dernier impair est 51 ; le dernier pair, 62. Sa longueur est de 286 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Bâtie sur une partie de l’ancien chemin qui conduisait à Argenteuil, elle en retint la dénomination. Ce chemin se trouvait à droite en sortant de l’ancienne porte Saint-Honoré, qui existait encore vers l’année 1500. — Entre cette voie publique et celles des Moineaux et des Orties, était placé au XVIIe siècle le marché aux chevaux, qui resta en cet endroit jusqu’en 1667. — Un acte du 12 mars 1564 désigne cet emplacement sous le nom de haute voirie Saincte-Honoré. — Une décision ministérielle à la date du 3 nivôse an X, signée Chaptal, ainsi qu’une ordonnance royale du 4 octobre 1826, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. — La maison no 45, et celles depuis 2 jusqu’à 28 inclusivement, sont alignées. — Conduite d’eau depuis la rue des Orties jusqu’à la rue Neuve-Saint-Roch. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

On a découvert il y a quelques années la maison où mourut le grand Corneille. Elle porte aujourd’hui le no 18. Le propriétaire a fait placer au fond de la cour de cette maison une inscription gravée sur une table de marbre noir. Elle indique que Pierre Corneille y est mort le 1er octobre 1684, et qu’elle a été érigée en 1826. Un buste du célèbre poète est placé au-dessus de l’inscription de la cour, et sur une couronne de lauriers posée un peu plus haut que ce buste, on lit ces mots « Le Cid. — 1636. » Ce prodigieux génie, qui avait relevé si haut la majesté du cothurne quelques jours avant sa mort, descendait lentement cette rue et s’arrêtait devant l’échoppe d’un savetier pour faire raccommoder sa chaussure !… — Un courtisan, nommé Dangeau, qui s’était enrichi en fréquentant les brelans, ayant appris la mort de Corneille, tira négligemment son calepin de sa poche, crayonna quelques mots, puis bégaya ainsi l’oraison funèbre du grand poète : « Le bonhomme Corneille est mort hier ; il était un des plus habiles de notre temps à faire des comédies. »


Arras (rue d’).

Commence à la rue Saint-Victor, nos 89 et 91 ; finit à la rue et à l’impasse Clopin. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 156 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Un des côtés de cette voie publique bordait les murs de l’enceinte de Philippe-Auguste ; elle porta, en raison de cette situation, le nom de rue des Murs. Le collége d’Arras s’y étant établi en 1332, cette voie publique prit le nom de ce collége. — En 1515, on l’appelait indifféremment rue d’Arras, du Puits et du Champ-Gaillard ; ce dernier nom lui avait été donné parce qu’elle servait de réunion aux femmes débauchées. — Un acte du parlement, du 4 décembre 1555, parle de cette voie publique comme d’une rue affectée à la prostitution. — Une décision ministérielle en date du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les maisons portant les nos 6 et 8, ainsi que les constructions dépendant de l’École-Polytechnique, ne sont pas soumises à retranchement. Les autres propriétés de ce côté devront reculer de 80 c. au plus. Les maisons du côté des numéros impairs sont assujetties à un retranchement qui n’excède pas 40 c. — Au no 4 était situé le collége d’Arras, fondé en 1330 par Nicolas le Cauderlier, abbé de Saint-Vaast d’Arras, pour quelques pauvres écoliers de cette ville. — Il fut d’abord établi dans la rue Chartière, puis transféré rue d’Arras en 1332. — On le réunit au collége Louis-le-Grand en 1763. — Les bâtiments du collége d’Arras devinrent, en 1790, propriétés nationales, et furent vendus les 9 et 29 germinal an II.


Arsenal (bibliothèque de l’).

Située dans la rue de Sully. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Avant de parler de cette collection intéressante en documents historiques et en littérature étrangère, il n’est pas inutile de tracer ici quelques lignes sur l’ancien Arsenal. — La ville de Paris possédait autrefois un arsenal particulier. On comptait anciennement, outre son hôtel, plusieurs emplacements qui servaient de dépôts d’armes et de munitions de guerre. — Son établissement le plus vaste était situé derrière le couvent des Célestins, dans une partie de terrain connu anciennement sous le nom de Champ-au-Plâtre. Le surplus de cet emplacement fut possédé par la ville jusqu’en 1533. À cette époque, François Ier ayant résolu de faire fondre des canons, emprunta une des granges qu’on y avait élevées. — Le roi demanda quelque temps après une seconde grange. — La ville ne la céda cette fois qu’avec répugnance. En effet, François Ier n’accorda aucun dédommagement. — Henri II construisit sur ce terrain plusieurs logements pour les officiers de l’artillerie, sept moulins à poudre, deux grandes halles et plusieurs autres bâtiments. Toutes ces constructions furent ruinées le 28 janvier 1562, par l’explosion de vingt milliers de poudre. — Henri IV ayant fait l’acquisition d’un vaste terrain appartenant aux Célestins, augmenta l’étendue de l’Arsenal, l’embellit d’un jardin, et fit planter le long de la rivière un mail qui fut détruit vers le milieu du siècle dernier.

Louis XIII et Louis XIV ajoutèrent quelques embellissements à l’Arsenal.

En 1713 on détruisit une grande partie des anciens bâtiments. En 1718 on éleva de nouvelles constructions sous la direction de l’architecte Germain Boffrand. — Édit portant suppression de l’Arsenal, de son gouvernement et de sa juridiction. — « Louis par la grâce de Dieu, etc… Le dessein de procurer du soulagement à nos peuples en appliquant aux dépenses de l’État les revenus ou le produit d’anciens établissements devenus inutiles, nous a déterminé à supprimer l’Arsenal de Paris près de notre château de la Bastille, ainsi que les offices militaires et de justice qui y sont attachés. Cet établissement, essentiel dans son origine, a cessé d’être nécessaire au moyen des fonderies, des forges et des manufactures d’armes et de poudre établies dans différentes provinces de notre royaume. — Par la réunion à notre personne de la charge de grand-maître et capitaine général de l’artillerie, les fonctions des officiers militaires et de justice sont restées sans objet ou ne sont plus relatives à l’institution des offices, etc. — À ces causes etc. — Art. 1er. Nous avons supprimé et supprimons dès maintenant et à toujours le gouverneur et grand-maître de l’Arsenal, le gouvernement, la garde ordinaire, etc… — Art. 5. Il sera incessamment et sans délai à la diligence du procureur du roi et de la ville de Paris, fait un état des terrains bâtiments et logements qui sont renfermés dans l’enclos dudit Arsenal, et tous les terrains et bâtiments et celui des fossés qui le bordent, seront divisés par plusieurs rues de largeur suffisante, formées dans la direction la plus utile et la plus convenable, conformément aux plans qui nous seront présentés et qui seront par nous agréés. Donné à Versailles, l’an de grâce 1788, et de notre règne le 14e, signé Louis. » (Voir les articles Greniers de réserve, rue de Sully, etc.)

Bibliothèque de l’Arsenal. — Le marquis de Paulmy d’Argenson, riche et aimant les livres, forma cette bibliothèque. Pendant ses diverses ambassades il recueillit tout ce qu’il trouva d’intéressant, soit en monuments historiques, soit en littérature étrangère. Le comte d’Artois en fit l’acquisition en 1785 et en réserva l’usufruit au marquis de Paulmy, qui mourut peu de temps après. Cette bibliothèque fut alors déposée dans les bâtiments du grand Arsenal, et prit le nom de bibliothèque de Monsieur. En 1787 on joignit à cette collection la seconde partie de la bibliothèque du duc de La Vallière. Après la bibliothèque Royale, celle de l’Arsenal est la plus complète. Elle renferme 200 000 volumes et 10 000 manuscrits.

Ordonnance royale du 23 novembre 1830.

« Louis-Philippe, etc. Sur le compte qui nous a été rendu par notre ministre secrétaire d’État de l’intérieur ;

Voulant favoriser les recherches scientifiques dans les quatre bibliothèques de Paris ;

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

La bibliothèque du Roi, la bibliothèque Mazarine, celles de l’Arsenal et de Sainte-Geneviève, seront ouvertes tous les jours au public (les fêtes exceptées), depuis dix heures jusqu’à trois.

Signé Louis-Philippe. »


Arts (école des Beaux-).

Située dans la rue des Petits-Augustins, entre les nos 12 et 20. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie,

Le couvent des Petits-Augustins, sur l’emplacement duquel a été établie l’École des Beaux-Arts, fut fondé par Marguerite de Valois, première femme du roi Henri IV. Cette princesse, menacée de mort dans son château d’Usson en Auvergne, fit vœu, si Dieu la délivrait de ce péril, de fonder un monastère. Elle réalisa cette promesse et jeta les yeux sur les Augustins déchaussés, dont la réforme commençait à s’établir en France. Marguerite fit venir les pères François Amet et Mathieu de Sainte-Françoise, et les logea dans son hôtel de la rue de Seine. Dès l’année 1606, elle avait acheté la maison et les jardins qu’occupaient les frères de la Charité, et ce fut sur une partie de cet emplacement qu’elle fit construire la chapelle des Augustins. Mais bientôt la capricieuse Marguerite révoqua la donation qu’elle avait stipulée en faveur de ces pères, auxquels elle substitua, par contrat du 12 avril 1613, les Augustins réformés de la province de Bourges. Anne d’Autriche posa la première pierre de leur église le 15 mai 1617. Peu de temps après elle fut bénite sous le nom de Saint-Nicolas-de-Tolentin. Le 27 juin 1619, Henri d’Amboise, marquis de Bissy, posa la première pierre du cloître et des autres bâtiments de cette communauté. Ce couvent fut supprimé en 1790. On s’occupa quelque temps après de la conservation des monuments dont on avait dépouillé les édifices religieux. Une commission, composée de savants et d’artistes, fut spécialement chargée de ce soin. On choisit les bâtiments des Petits-Augustins pour recevoir les tableaux et les monuments de sculpture. Le 4 janvier 1791, Alexandre Lenoir en fut nommé conservateur. Ce savant, cet homme de bien s’exprime ainsi dans l’avant-propos de la description qu’il fit de ces monuments (7e édition, 1803): « L’on parvint, dit-il, à arrêter le bras de la sottise qui abattait les statues, déchirait les tableaux les plus précieux, et fondait les plus beaux bronzes de l’abbaye de Saint-Denis, que le feu semble avoir incendiée du sommet des voûtes jusqu’au fond des tombeaux. J’ai retiré les magnifiques mausolées de Louis XII, de François Ier, de Henri II, de Turenne, etc. O malheur ! ces chefs d’œuvre de l’art avaient déjà éprouvé la fureur des barbares. Une grande partie de ces monuments qui attestaient la gloire de la nation mutilés et leurs ruines éparses dans un cimetière, étaient cachés sous l’herbe et recouverts de mousse.

Ainsi, par un système désorganisateur, on voyait le chardon prendre la place du laurier et couronner Charlemagne et Duguesclin. J’en ai recueilli les restes précieux que je puis restaurer. Déjà les tombeaux de François Ier et de Louis XII sont rendus à leur splendeur première, heureux si je puis faire oublier à la postérité ces destructions de l’ignorance !… Enfin à force de soins et de sollicitude, je suis parvenu à recueillir plus de quatre cents monuments de la monarchie française.

Une masse aussi imposante de monuments de tous les siècles, me fit naître l’idée d’en former un musée particulier, etc. » — Le Musée des Monuments français fut ouvert au public pour la première fois le 15 fructidor an III (1er septembre 1795).

Quelle reconnaissance ne devons-nous pas au zèle éclairé d’un administrateur qui a préservé de la destruction tant de chefs-d’œuvre destinés à guider encore le génie de nos artistes ! — Il faut espérer que l’on pressera les rangs des statues qui doivent orner les quatres côtés de l’Hôtel-de-Ville de Paris, et que parmi ces bienheureux on réservera une place à l’architecte Alexandre Lenoir. — Par suite du concordat du 9 avril 1802, qui donna une nouvelle organisation au culte catholique, plusieurs monuments de sculpture furent rendus aux églises.

En 1815, la suppression de ce musée fut décidée. Une grande partie de ses richesses fut dispersée ; toutes celles qui ornaient autrefois les sépultures des princes et princesses furent transférées, au nombre de cent cinquante, dans l’église de l’abbaye royale de Saint-Denis. — Un décret du 24 février 1811 porte ce qui suit : « On s’occupera cette année de la construction d’une École des Beaux-Arts. Cet édifice devra contenir, d’abord les salles communes destinées aux leçons des professeurs et aux concours de l’école, et ensuite les beaux ateliers que nous nous réservons de distribuer, comme récompenses aux principaux artistes, peintres et statuaires. »

Une ordonnance royale du 24 avril 1816 porte : qu’il sera établi dans l’emplacement du musée des Augustins une École royale des Beaux-Arts ; qu’au 15 octobre cette école occupera la totalité des bâtiments du musée ; et qu’il sera construit sur la place du jardin un édifice destiné à cette école. — Le 3 mai 1820, le ministre de l’intérieur vint poser en grande pompe la première pierre de ce bâtiment, qui fut construit sur les dessins de M. Debret, architecte.

La disposition de cet édifice fut établie sur un plan beaucoup plus restreint que celui d’après lequel il a été continué depuis sous l’habile et savante direction de M. Duban : — L’École des Beaux-Arts occupe tout l’emplacement de l’ancien couvent des Petits-Augustins. Elle contient une superficie de 14 300 m. Quelques parties de l’ancienne communauté religieuse ont été conservées, notamment l’église, au fond de laquelle on a placé la copie faite par Sigalon, du jugement dernier de Michel-Ange. — La première cour a 35 m. de largeur et 50 m. de profondeur. — Elle est séparée de la seconde ou plutôt de l’enceinte, contenant l’édifice principal, par la façade de l’ancien château de Gaillon.

Cet édifice est rectangulaire. Il a 73 m. de face et 47 de profondeur. Il se compose de quatre corps de bâtiments contigus renfermant une cour pavée en marbre de 42 m. sur 19 m. — Le bâtiment du devant contient un grand vestibule auquel sont adossés les deux principaux escaliers ayant, chacun, deux rampes directes arrivant aux galeries donnant entrée aux pièces du premier étage. — Les bâtiments latéraux contiennent des salles d’exposition, et celui du fond un vaste amphithéâtre précédé de deux grandes pièces. — À gauche de cet édifice est un bâtiment élevé de plusieurs étages, affecté spécialement aux élèves et contenant les loges des peintres, des sculpteurs et des architectes. Ce bâtiment, derrière lequel sont quelques cours de service, a 60 m. de longueur de face et 8 de profondeur.


Arts (passages des Beaux-).

Commence à la rue de Seine, nos 12 et 14 ; finit à la rue des Petits-Augustins, nos 13 et 15. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 138 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

En 1825, M. Detroyes, propriétaire de l’ancien hôtel de Larochefoucauld, conçut le projet d’ouvrir sur cet emplacement une rue de 10 m. de largeur. Ce propriétaire, sans une autorisation préalable de l’administration, exécuta immédiatement son projet, et la rue nouvelle reçut le nom de rue des Beaux-Arts, en raison de son débouché en face de l’entrée de l’École des Beaux-Arts. Mais l’autorité supérieure ne voulut point recevoir cette nouvelle communication au nombre des voies publiques de la ville de Paris, attendu que M. Detroyes ne consentait pas à se soumettre aux conditions imposées en pareil cas. En conséquence, une décision ministérielle, à la date de 1826, prescrivit la conversion de cette rue en un passage fermé par des grilles. — Cette prescription fut en partie éludée ; des clôtures en planches furent posées, mais presque aussitôt enlevées. — En 1832 intervint une nouvelle décision ministérielle qui a été exécutée en 1839. — Éclairage au gaz (compe Française).


Arts (pont des).

Situé entre les quais du Louvre et de Conti.

Ce pont, qui a droit de péage, a été construit en vertu d’une loi du 15 mars 1801, par une compagnie anonyme dont la concession ne doit expirer qu’au 30 juin 1897. — Commencé en 1802, il a été terminé en 1803, sous la direction de l’ingénieur Demoutier. Sa largeur est de 10 m. et sa longueur de 130 m. — Ce pont, qui ne sert qu’aux piétons, a neuf arches de fer fondu de 16 m. 80 c. d’ouverture. — Son nom lui vient du Louvre, qui portait le titre de Palais des Arts avant qu’on l’eût donné à l’édifice des Quatre-Nations.


Arts (rue des).

Située dans l’enclos de la Trinité. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

C’était en 1790 la rue Saint-Michel ; depuis 1793 on la nomme rue des Arts (voir l’article Trinité, passage de la).


Arts-et-Métiers (conservatoire des).

Situé dans la rue Saint-Martin, aux nos 208 et 210. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Le Conservatoire des Arts-et-Métiers occupant aujourd’hui une partie des bâtiments de Saint-Martin-des-Champs, nous tracerons ici l’origine de ce prieuré célèbre. Le culte de saint Martin fut en honneur dès les premiers temps de la monarchie. On portait sa chape à la tête des armées, et nos rois la regardaient comme l’étendard de la victoire. Ce saint personnage, vers 385, guérit, suivant la tradition, un lépreux dans la campagne près de la ville. Un oratoire construit avec quelques branches d’arbres consacra le souvenir de ce miracle. Cet oratoire, dont parle Grégoire de Tours en racontant l’incendie qui désola Paris en 586, a été sans doute l’origine du monastère de Saint-Martin-des-Champs. Dagobert, dans un diplôme de l’an 629, accorde une foire à l’abbaye de Saint-Denis, et en fixe le champ dans un lieu nommé le pas ou le pont Saint-Martin. Dans un autre diplôme de Childebert III, on lit : que ce champ de foire se trouvait entre les basiliques de Saint-Martin et de Saint-Laurent. Cette basilique qui avait succédé à l’oratoire primitif dont nous venons de parler, fut détruite par les Normands, ainsi que le prouve un diplôme de 1060, dans lequel Henri Ier, attestant sa ruine, promet de la réédifier. Ce prince plaça des chanoines séculiers à Saint-Martin-des-Champs. La construction de l’église fut terminée en 1067 ; cette année fut aussi l’époque de sa dédicace, son nom de Saint-Martin-des-Champs indiquait sa situation hors de la ville. Les maisons des vassaux du monastère peu à peu formèrent un village autour de l’église et de la demeure des chanoines.

Philippe Ier, en 1079, substitua aux chanoines les religieux de Cluny. Ce changement fit perdre à cette communauté son titre d’abbaye. Ce ne fut plus alors qu’un prieuré qui resta le second de cet ordre. L’acte de 1079, relatif ce changement, fut ratifié en 1097 par une bulle du pape Urbain II. Ces religieux étaient seigneurs dans leur enclos ; ils y avaient un bailliage et une geôle ou prison. Ce bailliage connaissait de toutes les causes civiles ou criminelles dans l’étendue de son ressort ; les appels se relevaient au parlement. Le prieur et les moines de Saint-Martin avaient aussi leur champ-clos situé dans remplacement où fut depuis le premier marché Saint-Martin.

La fureur des duels judiciaires devint si grande, que Louis-le-Jeune se vit forcé de prohiber le combat dans les contestations au-dessous de cinq sous. Cette défense n’eut pourtant aucun résultat. Plus tard Saint-Louis essaya de détruire cet usage barbare, en ordonnant que la preuve par témoins serait substituée aux combats judiciaires. Son ordonnance ne fut observée que dans les domaines royaux mais les seigneurs l’éludèrent dans leurs seigneuries parce qu’elle les privait des bénéfices qu’ils tiraient de ces luttes. Nous voyons dans Sauval que lorsqu’il y avait gages de bataille, l’amende à payer par le vaincu roturier était de 60 sous, celle du vaincu gentilhomme de 60 livres. Cette coutume a sans doute donné naissance au proverbe les vaincus paient l’amende.

Le cloître du prieuré Saint-Martin-des-Champs, commencé en 1702, fut achevé en 1720. Le marché, dont nous avons parlé, qui servit longtemps de champ-clos et qu’on voyait sur la rue Saint-Martin, fut remplacé en 1765 par un autre qui formait une place où aboutissaient plusieurs rues. Ce prieuré fut supprimé en 1790. Devenu propriété nationale, une partie des bâtiments et des terrains qui le composaient fut vendue les 3, 15 février 1791, 19 août 1796 et 14 mai 1798. Les parties conservées furent plus tard affectées aux bureaux de la mairie du 6e arrondissement, maintenant rue de Vendôme. L’église servit de conservatoire des arts et métiers. En parlant de ce dernier établissement qui occupe aujourd’hui la plus grande partie des bâtiments conservés, nous terminons l’historique du prieuré de Saint-Martin-des-Champs : Grégoire, ancien évêque de Blois, provoqua le premier, au comité d’instruction publique de la Convention Nationale, la formation d’un conservatoire des arts et métiers. Il fit à cette occasion un rapport d’après lequel ce grand pouvoir consentit à cet établissement le 19 vendémiaire an III (10 octobre 1794).

« Conseil des Cinq-Cents, séance du 26 germinal an VI. — Article Ier. Les parties de bâtiments de la ci-devant abbaye Saint-Martin-des-Champs et de terrains, indiquées par une teinte rouge-pâle dans le plan annexé à la présente résolution, sont mises à la disposition du Directoire exécutif pour placer le Conservatoire des Arts-et-Métiers etc. »

Ordonnance royale : — « Louis, etc… Le Conservatoire des Arts-et-Métiers a rendu depuis son institution d’importants services, mais pour atteindre complètement le but de sa fondation, il y a manqué jusqu’ici une haute école d’application des connaissances scientifiques au commerce et à l’industrie ;

Voulant pourvoir à ces besoins, remplir le vœu des hommes éclairés et contribuer de tout notre pouvoir aux moyens d’accroître l’industrie nationale ;

Sur le rapport de notre ministre secrétaire d’État de l’intérieur :

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Il sera établi au Conservatoire des Arts-et-Métiers un enseignement public et gratuit pour l’application des sciences aux arts industriels.

Cet enseignement se composera de trois cours savoir : un cours de mécanique, un cours de chimie, appliquées aux arts et un cours d’économie industrielle.

Donné à Paris, au château des Tuileries le 25 novembre 1819, et de notre règne le 25me. Signé Louis ; par le roi le ministre secrétaire d’État de l’intérieur, signé, Decazes. »

Ordonnance royale : — « Louis-Philippe, etc… Sur le rapport de notre ministre secrétaire d’État du département du commerce et des travaux publics ;

Vu les ordonnances des 25 novembre 1819, 31 août 1828 et 9 novembre 1831, etc. — Article 1er. Il sera établi au Conservatoire des Arts-et-Métiers un enseignement public et gratuit pour l’agriculture etc.

Fait à Neuilly, le 25 août 1836.

Signé Louis-Philippe. »


Asile (passage de l’).

Commence au passage du Chemin-Vert ; finit à la rue Popincourt, no 41. Pas de numéro. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Il a été percé en 1834 sur les terrains appartenant à M. Mouffle, ancien maire du 8e arrondissement. Ce passage, qui n’est pas reconnu voie publique par l’administration, doit son nom une salle d’asile pour les pauvres.


Assas (rue d’).

Commence à la rue du Cherche-Midi, nos 25 et 27 ; finit à la rue de Vaugirard, nos 72 et 72 bis. Le dernier impairs est 11 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 308 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Les couvents des Carmes et du Cherche-Midi, supprimés en 1790, devinrent propriétés nationales, et furent vendus les 15 brumaire et 21 thermidor an V. Les contrats de vente imposèrent aux acquéreurs l’obligation de livrer gratuitement le terrain nécessaire à deux rues projetées. Une seule fut ouverte en 1806, et reçut la dénomination de rue d’Assas, en mémoire de Nicolas, chevalier d’Assas, né au Vigan, capitaine dans le régiment d’Auvergne mort à Closter-Camp, le 16 octobre 1760, où il commandait une compagnie d’avant-garde. Étant allé au point du jour reconnaître les postes, ce capitaine tomba dans une colonne ennemie qui s’avançait en silence pour surprendre l’armée française. Aussitôt des grenadiers le saisissent et le menacent de l’égorger s’il dit un seul mot. Il y allait du salut de l’armée française ; d’Assas se recueille un instant, et s’écrie : « À moi, Auvergne ! faites feu, ce sont les ennemis ! » Il tombe aussitôt percé de coups. Ce trait de courage héroïque, longtemps oublié, dut à Voltaire la popularité dont il jouit dans l’histoire moderne. — La largeur de la rue d’Assas est de 12 m. Quelques constructions devront subir un faible retranchement. — Éclairage au gaz (compe Parisienne). (Voir pour le couvent des Carmes la rue de Vaugirard, et pour celui du Cherche-Midi, la rue qui rappelle sa dénomination.)


Assomption (église de l’).

Située dans la rue Saint-Honoré, entre les nos 369 et 371. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

C’était autrefois l’église d’une communauté religieuse établie, en 1632, par le cardinal François de Larochefoucauld. Les religieuses n’eurent d’abord qu’une petite chapelle ; mais bientôt elles achetèrent un hôtel voisin, sur l’emplacement duquel elles firent construire l’église que nous voyons aujourd’hui. L’architecte Charles Érard, directeur de l’Académie Française à Rome, fournit les dessins. Cet édifice fut achevé en 1676. Le 14 août de cette année, la veille de l’Assomption, l’église fut bénite par l’archevêque de Bourges qui, le lendemain, y officia pontificalement. Supprimée en 1790, cette maison religieuse devint propriété nationale. — Un arrêté des consuls, du 1er floréal an X de la république, cité à l’article de la rue de Rivoli, prescrivit la vente de ce domaine, sur l’emplacement duquel une partie des rues Neuve-Luxembourg, du Mont-Thabor et toute la rue de Mondovi furent ouvertes. L’église, conservée, servit pendant la révolution de magasin de décors. Napoléon, qui avait placé son patron à la date du 15 août, jour de la fête de l’Assomption, décida que cette église serait, à l’avenir, la paroisse du 1er arrondissement, et qu’elle remplacerait l’église de la Madeleine de la Ville-l’Évêque, dont elle reçut officiellement la dénomination. L’usage a fait prévaloir le nom de l’Assomption.

À côté du maître-autel, sur une table de marbre noir, est gravée l’inscription suivante : « Ici est déposé le cœur de monseigneur Jean-François Hyacinthe Feutrier, évêque de Beauvais, pair de France, ministre des affaires ecclésiastiques, ancien curé de la Madeleine, décédé à Paris, le 26 juin 1830, à l’âge de 45 ans ; sa mémoire sera toujours en bénédiction. » — Sur une portion de terrain, faisant autrefois partie de la maison de l’Assomption, on construisit une caserne qu’on affecta, sous la restauration, à la garde à pied. Elle est occupée aujourd’hui par un bataillon de la ligne. Depuis l’achèvement de la Madeleine, le culte a été transféré dans cette église. L’Assomption est aujourd’hui fermée.


Astorg (rue d’).

Commence à la rue de la Ville-l’Évêque, nos 26 et 28 ; finit à la rue Delaborde, nos 13 et 15. Le dernier impair est 55 ; le dernier pair, 54. Sa longueur est de 303 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Première partie, comprise entre les rues de la Ville-l’Évêque et de Roquepine. — « Louis, etc… Par arrêt rendu en notre conseil d’État aujourd’hui, nous y étant, sur la requête de nos chers et bien-amés Louis d’Astorg d’Aubarède, marquis de Roquepine, lieutenant général de nos armées, comme ayant des droits considérables de propriété sur un grand terrain contigu aux rues Verte et de la Ville-l’Évêque, appartenant, pour la majeure partie, aux héritiers Belloy, et se portant fort pour eux, Louis-Charles Froment et Marie-Anne-Élisabeth Louvet, sa femme, Chartes Lemaître, Jean Toray, François Drouet et Marie-Marthe Louvet, sa femme, et autres copropriétaires de différents terrains contigus auxdites rues, et ayant consenti d’abandonner gratuitement les portions nécessaires à la formation d’icelles, même de contribuer à la dépense du premier pavé et des terrasses, par acte passé devant notaire, à Paris, le 4 novembre 1773, etc ;… ordonnons que la rue Verte sera prolongée (voyez rue Roquepine). Comme aussi, ordonnons qu’il sera ouvert, sur le terrain de la succession de Belloy, une nouvelle rue sous le nom d’Astorg, qui commencera par embranchement à la rue de la Ville-l’Évêque, et qui finira à la continuation de la rue Verte ; voulons que la largeur de ladite rue d’Astorg soit fixée à 30 pieds, etc… Donné à Versailles, le 4 mars 1774. » (Extrait des lettres-patentes.) — Elles furent registrées en cour de parlement le 6 septembre 1775, et la rue fut ouverte en mai 1776.

Deuxième partie, comprise entre les rues de Roquepine et de la Pépinière. — « Louis, etc…, Nous étant fait représenter les plans du faubourg Saint-Honoré et des nouvelle rue d’Astorg et prolongation de la rue Verte, formées en conséquence des lettres-patentes du 4 mars 1774, nous aurions reconnu que, pour rendre ce quartier plus commode, donner les accès et débouchés qui y sont nécessaires, faciliter à nos gardes françaises, qui sont casernées rue Neuve-Saint-Charles (aujourd’hui de la Pépinière) et rue Verte, les moyens de se rendre aux exercices qui se font dans les Champs-Élysées et aux lieux où leur service peut les appeler, en évitant aux soldats l’occasion de passer et traverser les marais où, malgré toutes leurs précautions, ils ne peuvent s’empêcher d’occasionner beaucoup de dégâts ; il serait également utile, et dans l’intention desdites lettres-patentes, que ces deux rues fussent prolongées, la première pour avoir son ouverture dans la rue Neuve-Saint-Charles, près de ladite caserne, et la deuxième (voir rue de Roquepine), etc. ; ordonnons que la rue d’Astorg sera prolongée et ouverte à travers les terrains appartenant aux sieurs Louvet et Moreau, et sur celui appartenant à la compagnie des monnayeurs et ajusteurs de la Monnaie de Paris, etc… Donné à Versailles, le 24 juillet 1778. » (Extrait des lettres-patentes.)

Ces lettres-patentes, soumises aux trésoriers de France, donnèrent lieu à plusieurs observations consignées dans un rapport du 30 janvier 1779 et qui ne furent point accueillies. — Cette seconde partie de la rue d’Astorg fut pavée en vertu d’un arrêt du conseil d’État du 28 mars 1780. — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale à la date du 27 septembre 1836, ont fixé à 10 m. la largeur des deux parties dont il vient d’être parlé. — Aucune construction riveraine n’est soumise à retranchement ; celle no 2 est seule sujette à un léger redressement.

Troisième partie entre la rue de la Pépinière et celle Delaborde. Elle a été ouverte quelques années après la seconde partie ; elle reçut le nom de rue Maison-Neuve. — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, a fixé sa largeur à 10 m. — En 1840, elle a pris le nom de rue d’Astorg. Les maisons nos 37 et 48 comprises dans cette partie de rue sont à l’alignement. — Égout et conduite d’eau depuis la rue de Roquepine jusqu’à celle Delaborde. — Éclairage au gaz depuis la rue de la Ville-l’Évêque jusqu’à celle de la Pépinière (compe Anglaise).


Athènes (passage d’).

Commence à la rue Saint-Honoré, no 178 ; finit au cloître Saint-Honoré, no 16. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Bâti en 1793, ce passage a pris sa dénomination actuelle de l’hôtel d’Athènes.


Aubert (passage).

Commence à la rue Saint-Denis entre les nos 355 et 357 ; finit à la rue Sainte-Foy, no 14. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

C’était anciennement le passage Sainte-Marguerite. — Il fut reconstruit vers 1813 par M. Aubert qui lui donna son nom.


Aubry-le-Boucher (rue).

Commence à la rue Saint-Martin, nos 43 et 47 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 108 et 110. Le dernier impair est 55 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 171 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Dans un acte passé en 1273 entre Philippe-le-Hardi et le chapitre Saint-Merri, elle est appelée Vicus Alberici carnificis. — 4 juin 1679. Arrêt du Conseil. — « Sa Majesté estant en son conseil a ordonné et ordonne que la rue Aubry-Boucher sera incessamment eslargie, etc. Signé Le Tellier et Colbert. » — Une décision ministérielle en date du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette largeur est portée à 12 m. — Les maisons nos 3, 5, 7, 9, 11, 27, 29, 31, 33, 35, 37, 39, 41, 43, 45, 47, 49, 51, 53, 55 et 57 sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française). — À l’angle des rues Aubry-le-Boucher et Quincampoix était située l’église Saint-Josse. Chapelle au Xe siècle, elle devint église paroissiale en 1260, fut reconstruite en 1679, supprimée en 1790, et vendue comme propriété nationale le 18 octobre 1791.


Augustin (rue Neuve Saint-).

Commence à la rue de Richelieu, nos 85 et 87 ; finit au boulevart des Capucines, nos 27 et 29. Le dernier impair est 59 ; le dernier pair, 56. Sa longueur est de 646 m. Les numéros depuis la rue de Richelieu jusqu’à celle Louis-le-Grand sont du 2e arrondissement, quartier Feydeau. — Le surplus dépend du 1er arrondissement, quartier de la place Vendôme.

Première partie comprise entre la rue de Richelieu et celle Gaillon. Elle fut percée vers 1650 et reçut la dénomination de rue Neuve-Saint-Augustin, parce qu’elle avoisinait le couvent des religieux Augustins dits Petits-Pères. — Une décision ministérielle du 21 prairial an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette partie de rue à 8 m. — En vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826, cette largeur est portée à 10 m. — Deuxième partie comprise entre les rues Gaillon et Louis-le-Grand. L’ouverture en fut prescrite par un arrêt du conseil, du 22 mars 1701, qui ordonnait aussi le percement de la rue Louis-le-Grand. Cet arrêt fut renouvelé par d’autres arrêts des 3 juillet 1703, 4 octobre 1704, 19 avril 1707, 29 avril 1710 et 14 mars 1713. Cette partie de rue fut complètement ouverte en 1714 sur une largeur de 9 m. 74 c. — Troisième partie comprise entre la rue Louis-le-Grand et le boulevart des Capucines. Un décret impérial du 19 février 1806 contient la disposition suivante « Il sera ouvert de la rue Louis-le-Grand au boulevart du Nord, une rue transversale coupant à angle droit la nouvelle rue à ouvrir de la rue Neuve-des-Capucines au boulevart, sur l’emplacement de l’ancien couvent des Capucines ; en conséquence, la maison située rue Louis-le-Grand et indiquée au plan général no 1 annexé au présent décret, sera achetée au compte du gouvernement, et payée sur le produit de la vente des terrains et bâtiments des Capucines. » (Voir l’article rue de la Paix, où nous donnons l’historique de cet établissement religieux). — Une décision ministérielle du 30 juin suivant a fixé à 10 m. la largeur de cette partie de rue dont l’exécution a été commencée en 1807. — Les maisons portant les numéros ci-après sont à l’alignement : partie des nos 3, 5, 7 et de 17 à la fin ; 6, la maison à l’encoignure gauche de la rue Grammont, 18, et de 22 à la fin ; les propriétés nos 8, 10, 12, et 20 ne sont soumises qu’à un faible redressement. — Égout entre les rues de Richelieu et Monsigny. — Conduite d’eau depuis la rue Gaillon jusqu’à celle de la Paix. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Augustins (quai des Grands-).

Commence à la place du Pont Saint-Michel, no 44, et au pont du même nom ; finit au Pont-Neuf et à la rue Dauphine, no 1. Le dernier n° est 63. Sa longueur est de 380 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Ce quai doit soit nom aux religieux Augustins, qui vinrent s’y établir. Nous parlerons de cette communauté à l’article du Marché à la Volaille. Avant le règne de Philippe-le-Bel, ce n’était qu’un terrain planté de saules et qui servait de promenade aux habitants du voisinage. Les inondations en rendaient l’accès difficile et ruinaient les maisons riveraines. Ces inconvénients devinrent si grands que Philippe-le-Bel ordonna par lettres du 9 juin 1231, au prévôt des marchands, d’y faire construire un quai. On voit également par d’autres lettres du 20 mai de l’année suivante que ce monarque reproche au magistrat sa lenteur à exécuter les ordres qu’il lui avait donnés. Ce quai ne fut achevé que vers l’année 1389 ; on le nomma alors rue de Seine par où l’on va aux Augustins ; ensuite, rue du Pont-Neuf qui va aux Augustins (le pont Saint-Michel se nommait alors le Pont-Neuf). La rue du Hurepoix s’étendait autrefois du pont Saint-Michel à la rue Git-le-Cœur. Le côté droit de cette rue ayant été démoli en 1806, alors le quai commença au pont Saint-Michel. — Une décision ministérielle du 29 nivôse an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de ce quai à 9 m. 40 c. ; et sa plus grande à 26 m. Les propriétés nos 1, 3, 7, le marché à la volaille et la maison no 55, ne sont pas soumises à retranchement. — Égout et conduite d’eau sous une partie de ce quai. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Augustins (rue des Grands-).

Commence au quai des Grands-Augustins, nos 51 et 53 ; finit à la rue Saint-André-des-Arts, nos 60 et 62. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 213 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

On nommait cette voie publique en 1269, rue à l’Abbé de Saint-Denis, des Écoles et des Écoliers-Saint-Denis, parce que le collége de ces religieux était en partie situé dans cette rue. Au commencement du XIVe siècle, elle prit du couvent des Grands-Augustins la dénomination qu’elle conserve encore aujourd’hui. — Une décision ministérielle du 13 fructidor an VII, signée Quinette, avait fixé à 8 m. la moindre largeur de la rue des Grands-Augustins. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840. Les constructions du marché à la volaille sont alignées. — Conduite d’eau depuis le quai jusqu’à la borne-fontaine placée en face de la rue Christine.


Augustins (rue des Petits-).

Commence au quai Malaquais, nos 7 et 9 ; finit à la rue Jacob, nos 32 et 34. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 253 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Cette rue fût ouverte au commencement du XVIIe siècle, sur le Petit-Pré-aux-Clercs. Ce pré avait été donné en 1368 à l’Université en échange du terrain que les religieux de Saint-Germain-des-Prés avaient été obligés d’acheter pour faire creuser des fossés autour de leur abbaye. Il était séparé du Grand-Pré-aux-Clercs par un canal de 27 m. de largeur qui aboutissait aux fossés. Ce canal s’appelait la Petite-Seine, et traversait le terrain qui servit depuis de cloître aux Petits-Augustins. Ce nom de Petite-Seine fut d’abord donné à la rue dont nous parlons lorsqu’on bâtit sur le Petit-Pré, après avoir comblé le canal. À partir de l’année 1664, cette voie publique fut appelée communément rue des Petits-Augustins, en raison du couvent qui y était situé et dont nous avons parlé à l’article École des Beaux-Arts. Une décision ministérielle en date du 2 thermidor an V, signée Benezech, fixa la largeur de cette voie publique à 16 m. Cette largeur est portées à 11 m. en vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839. Une partie de la maison no 7, les propriétés nos 13 et 17, et le mur de clôture de l’école des Beaux-Arts, ne sont pas soumis à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue Jacob jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Française).


Augustins (rue des Vieux-).

Commence à la rue Coquillière, nos 44 et 46 ; finit à la rue Montmartre, nos 71 et 73. Le dernier impair est 71 ; le dernier pair, 66. Sa longueur est de 317 m. — 3e arrondissement, quartier du Mail.

Quelques moines Augustins vinrent d’Italie en France, attirés dans ce pays par la protection que le roi saint Louis accordait à tous les religieux. Ils s’établirent d’abord à Paris au-delà de la porte Saint-Eustache, dans un lieu environné de bois où se trouvait une chapelle dédiée à Sainte-Marie Égyptienne. Joinville parle ainsi de cet établissement : « Le roi pourvut les frères Augustins et leur acheta la granche à un bourjois de Paris et toutes les appartenances et leur fit faire un moustièr dehors la porte Montmartre. »

Vers l’année 1285 ces religieux quittèrent cet endroit pour aller s’établir dans le clos du Chardonnet. Peu de temps après le départ de ces religieux, une rue fut ouverte à côté de leur ancienne demeure. On donna à cette voie publique deux dénominations : celle des Augustins à la partie comprise entre les rues Montmartre et Pagevin, et au surplus, jusqu’à la rue Coquillière, le nom de Pagevin. Ce ne fut qu’au XVIIIe siècle que la communication dont il s’agit s’appela dans toute son étendue rue des Vieux-Augustins. — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828 cette largeur a été portée à 10 m. Les maisons nos 7, 71, et 22 sont alignées ; les constructions du côté des nos impairs, depuis la rue du Petit-Reposoir jusqu’à la maison no 71, ne sont soumises qu’à un retranchement moyen de 25 c. ; celles de 2 à 20 devront reculer de 1 m. 20 c. à 1 m. 70 c. ; de 24 à la fin, de 1 m. 70 c. à 2 m. 70 c. — Égout et conduite d’eau sous une partie de cette rue. — Éclairage au gaz depuis la rue Coquillière jusqu’à celle du Petit-Reposoir (compe Anglaise) ; pour le surplus (compe Française).


Aunay (barrière d’).

Située entre les barrières des Rats et de la Roquette.

On la nomma en 1790, barrière Folie-Regnault. Elle porta ensuite le nom de Saint-André. — Sa dénomination actuelle lui vient de la ferme d’Aunay, située à un quart de lieue de Paris. — Cette barrière, qui est fermée, se compose d’un bâtiment avec deux péristyles (voyez l’article Barrières).


Aunay (chemin de ronde de la barrière d’).

Commence à la barrière d’Aunay ; finit aux rue et barrière de la Roquette. Pas de numéro. Sa longueur est de 55 m. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Les constructions riveraines sont alignées (voir l’article Chemins de ronde).


Austerlitz (grande rue d’).

Commence au chemin de ronde de la barrière de la Gare et à la petite rue d’Austerlitz ; finit à la rue des Deux-Moulins et au boulevart de l’Hôpital. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 354 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

L’espace compris aujourd’hui entre l’hôpital de la Salpêtrière, le mur d’enceinte et le boulevart de l’Hôpital, dépendait d’un petit village nommé Austerlitz, qui se composait de plusieurs guinguettes. Vers l’année 1818, ce village fut enfermé dans Paris ; le mur d’enceinte qui se trouvait alors sur le boulevart de l’Hôpital, fut reporté beaucoup plus loin. Le village d’Austerlitz ne comptait que trois rues. La principale se nommait grande rue d’Austerlitz ; les deux autres étaient appelées rue du Chemin-des-Étroites-Ruelles (voyez l’article qui suit) et rue des Deux-Moulins. Deux chemins dépendaient également de ce village. Ils ont été convertis en rues sous les noms de Bellièvre et Bruant. — Une décision ministérielle, en date du 3 février 1821, a fixé la largeur de la grande rue d’Austerlitz à 10 m. Le numérotage de cette voie publique a été fait pour la première fois en 1825. Il a été rectifié en 1837, par suite des nouvelles constructions qui ont été élevées dans cette rue. Les propriétés nos 13, 15, 20 et 22, sont seules soumises à retranchement — Sur l’emplacement du village d’Austerlitz, on a formé les chemins de ronde des barrières de la Gare et d’Ivry, la place de la Barrière-d’Ivry, les rues de la Barrière-des-Gobelins, de l’Hôpital-Général et de Villejuif ; on a construit la barrière d’Ivry et l’abattoir de Villejuif.


Austerlitz (petite rue d’).

Commence à la rue de l’Hôpital-Général et à la grande rue d’Austerlitz, no 1 ; finit au boulevart de l’Hôpital. Pas de numéro. Sa longueur est de 264 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

C’était une des rues du village d’Austerlitz (voyez l’article qui précède). Elle portait le nom de rue du Chemin-des-Étroites-Ruelles. Les plaques l’indiquent encore sous cette dénomination ridicule. Cependant plusieurs pièces authentiques lui donnent le nom de petite-rue d’Austerlitz que nous avons dû conserver. — Une décision ministérielle, du 3 février 1821, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. — Toutes les propriétés sont à l’alignement.


Austerlitz (pont d’).

Situé entre le quai de la Rapée et la place Valhubert.

« Au nom du peuple français, Bonaparte, premier consul, proclame loi de la république le décret suivant, rendu par le Corps-Législatif, le 24 ventôse an IX, conformément à la proposition faite par le gouvernement le 18 dudit mois, communiquée au Tribunat le lendemain. — Article 1er. Il sera établi trois ponts à Paris, sur la Seine : le premier, entre le Jardin des Plantes et l’Arsenal ; le second, entre les îles de la Cité et de la Fraternité ; le troisième, pour un passage à pied entre le Louvre et le quai des Quatre-Nations, etc… » — Commencé en 1802, celui qui nous occupe fut, le 1er juin 1806, ouvert aux piétons, et le 5 mars 1807, les voitures purent le traverser. On lui donna alors la dénomination d’Austerlitz, en mémoire de la célèbre bataille gagnée le 2 décembre 1805, par les Français sur les Russes et les Autrichiens. Son nom fut changé en 1815 : on l’appela pont du Jardin-du-Roi. En 1830, il reprit le nom d’Austerlitz. — Il a été construit sous la direction de M. Lamandé, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées, d’après les dessins de M. Becquey-Beaupré, aux frais d’une société anonyme, qui en a obtenu la concession jusqu’au 30 juin 1897. — Ce pont, où l’on perçoit un péage, a cinq arches en fer fondu, de 32 m. 36 c. d’ouverture. Sa largeur est de 13 m., et sa longueur totale entre les culées est de 130 m.


Austerlitz (quai d’).

Commence au chemin de ronde de la barrière de la Gare ; finit à la place Valhubert et au pont d’Austerlitz. Le dernier numéro est 39. Sa longueur est de 950 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Ce quai portait originairement le nom de quai de l’Hôpital, en raison de sa proximité de l’hôpital dit la Salpêtrière. Après l’achèvement du pont d’Austerlitz, il en prit la dénomination (voir l’article qui précède). En 1815, on lui rendit son premier nom. L’alignement de ce quai a été fixé par une décision ministérielle du 30 avril 1819. Les propriétés nos 13, 23, 25, 27 et 31, devront seules subir un retranchement. Il a repris la dénomination de quai d’Austerlitz en vertu d’une autorisation du ministre du commerce et des travaux publics, à la date du 6 avril 1832.


Austerlitz (rue d’).

Commence au quai d’Orsay ; finit à la rue de Grenelle, no 138. Le dernier impair est 13 ; pas de numéro pair. Ce côté est bordé par l’esplanade des Invalides. Sa longueur est de 468 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Elle est indiquée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. En 1806, elle reçut le nom de rue d’Austerlitz (voyez l’article Austerlitz, pont d’). L’alignement, approuvé par le ministre de l’intérieur Cretet, à la date du 19 septembre 1807, passe sur le nu des constructions actuelles. — Égout — Éclairage au gaz (compe Française).


Aval (rue d’), voyez Daval.


Ave-Maria (caserne de l’).

Située dans la rue des Barrés, no 21. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

C’était autrefois un couvent de Béguines, fondé par saint Louis vers l’année 1264. Ce prince acheta d’Étienne, abbé de Tiron, une propriété pour les y établir. Dans la vie de ce monarque, par le confesseur de la reine Marguerite, on lit : « De rechief il fonda la méson des Béguines de Paris delez la porte Barbeel. » — Ce couvent comptait dans l’origine quatre cents religieuses. Leur nombre diminua bientôt ; il ne restait plus que trois personnes dans cette maison, lorsque Louis XI, en 1471, jugea à propos de la donner aux religieuses de la Tierce-Ordre pénitente et observance de Saint-François. Il ordonna, en outre, qu’on appelât ce couvent, monastère de l’Ave-Maria. On sait que Louis XI institua, le 1er mai 1472, au son de la grosse cloche de la cathédrale, les trois récitations de l’Ave-Maria. Mathieu Molé, garde-des-sceaux si distingué par sa fermeté pendant les troubles de la Fronde, fut enterré dans le chapitre de ce couvent, en vertu d’un privilège accordé par le pape. Cette communauté religieuse a été supprimée en 1790. Ses bâtiments ont été affectés peu de temps après à une caserne d’infanterie.


Aveugles (institution des Jeunes).

Située dans la rue Saint-Victor, no 68. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-des-Plantes.

Cet établissement occupe aujourd’hui une partie des bâtiments de l’ancien collége des Bons-Enfants, depuis séminaire de la Mission ou de Saint-Firmin.

Ce collége était regardé comme l’un des plus anciens de Paris, mais l’absence de documents ne permet pas d’assigner à son origine une époque antérieure au XIIIe siècle.

Dans une bulle d’Innocent IV, donnée à Lyon, le 24 novembre 1248, le souverain pontife permet à Gautier, administrateur de la maison des Bons-Enfants, de construire une chapelle.

Ce collége était presque abandonné, lorsque Vincent-de-Paul en fut nommé principal et chapelain, le 1er mars 1624. C’est là que ce prêtre vénérable jeta les premiers fondements de la Mission à laquelle ce collége fut réuni par décret du 8 juin 1627. Dès lors cette maison fut considérée comme un véritable séminaire. On y formait de jeunes ecclésiastiques qui allaient porter dans les campagnes la parole de Dieu.

Ce changement de collége des Bons-Enfants en séminaire Saint-Firmin, ne fut légalement autorisé qu’en 1707.

Les lettres-patentes du 21 novembre 1763, qui réunissaient à l’Université tous les colléges sans exercice n’avaient pas fait d’exception pour la maison des Bons-Enfants : mais le roi, par de nouvelles lettres du 22 avril 1773, ordonna que la principauté, la chapellenie et les terrains et bâtiments de ce collége resteraient attachés à la congrégation de la Mission, en réunissant néanmoins les autres biens et les bourses du collége à celui de Louis-le-Grand, conformément aux lettres-patentes du 21 novembre 1763, et à l’arrêt du parlement du 8 mai 1769.

Le célèbre réformateur Jean Calvin habita quelque temps ce séminaire, dont la chapelle était dédiée à saint Firmin.

Le séminaire de la Mission fut supprimé en 1790. Il servit de prison pendant la terreur. Des prêtres y furent massacrés dans les journées de septembre.

Nougaret, un des écrivains de l’époque, nous raconte ainsi ces horribles scènes :

« Au séminaire de Saint-Firmin, les bourreaux, las de massacrer leurs victimes, se précipitèrent dans l’intérieur de la maison, qui bientôt ne fut plus qu’une vaste boucherie.

Le sang ruisselait à grands flots sur les lits, dans les chambres, dans les escaliers… Ici, des hommes vivants étaient jetés pêle-mêle avec des hommes morts ou mourants par les fenêtres, et tombaient sur des piques, des baïonnettes, des faulx ou des hallebardes. Des prêtres furent massacrés sur l’autel qui leur servait d’asyle au moment où, à genoux, les mains placées sur la poitrine, les yeux dirigés vers le ciel, ils recevaient la bénédiction du plus ancien d’entre eux et demandaient au Dieu de la nature de pardonner à leurs assassins…

Dans le nombre des quatre-vingt-onze prêtres égorgés à Saint-Firmin, un des plus remarquables est Joseph-Marie Gros, curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, député à l’Assemblée Constituante, pasteur qui avait pour ses paroissiens la tendresse d’un père pour ses enfants. Parmi ses bourreaux, il reconnut un de ses paroissiens, et lui dit : « Mon ami, je te reconnais. — Eh oui ! lui répondit l’anthropophage, et moi aussi, je vous reconnais : je sais que dans plusieurs occasions vous m’avez rendu service. — Comme tu m’en paies ! répliqua le bon curé. — Je ne saurais qu’y faire, reprit le bourreau : ce n’est point ma faute ; la nation le veut ainsi, et la nation me paie. » Ayant achevé ces mots, le cannibale fit signe à ses camarades ; tous ensemble saisirent ce vénérable prêtre et le jetèrent par la fenêtre ; sa cervelle se répandit sur le pavé, ses membres palpitèrent pendant plusieurs minutes. Depuis sa mort on a ouvert son testament, on a trouvé qu’il léguait tous ses biens aux pauvres de sa paroisse. »

La pièce suivante mérite d’être reproduite.

« Commune de Paris

« M. le trésorier de la commune payera à M. Gilbert Petit 48 livres pour prix du temps qu’ils ont mis, lui et trois de ses camarades, à l’expédition des prêtres de Saint-Firmin pendant deux jours. À la maison commune, ce 4 septembre l’an IV de la liberté et Ier de l’égalité, suivant la réquisition qui nous est faite par la section des sans-culottes qui les a mis en ouvrage. Signé Nicout, Jérôme Lamark, commissaires de la commune. » (Suit la légalisation des signatures). Au dos est écrit « Reçu la somme de 48 livres ; et au-dessous Gilbert Petit a fait sa croix. »

Les bâtiments de Saint-Firmin ont été vendus par le domaine de l’État ainsi qu’il suit : Le premier contrat, à la date du 17 thermidor an IV, porte dans sa désignation église et bâtiments du collége Saint-Firmin ; le second indique ainsi les portions aliénées : maisons dite le collége des Bons-Enfans, jardin et dépendances. La vente est du 29 avril 1808. Les maisons portant les nos 70, 72 et 74 représentent aujourd’hui les immeubles aliénés en l’an IV ; et les nos 66 et 68 ceux qui ont été vendus en 1808. Dans ces derniers bâtiments a été placée l’institution des Jeunes-Aveugles dont nous rappelons ici l’origine.

Le fils d’un pauvre paysan de la Picardie, Valentin Haüy, rendit aux aveugles par d’ingénieux procédés les mêmes services que l’abbé de l’Épée avait rendus aux Sourds-Muets.

Ainsi que ce bienfaiteur de l’humanité nous l’apprend lui-même, un hasard assez singulier amena la fondation de l’établissement des Jeunes-Aveugles.

En 1783, Mlle Paradis, aveugle, célèbre pianiste de Vienne, vint donner des concerts à Paris. Avec des épingles placées en forme de lettres sur de grandes pelotes, elle lisait rapidement, de même qu’elle expliquait la géographie par le moyen de cartes en relief, dont l’invention appartient à un aveugle, Weissembourg de Manheim. Ayant eu l’occasion d’entendre plusieurs fois Mlle Paradis, Valentin Haüy comprit tout le parti que l’on pouvait tirer de cette ingénieuse méthode pour l’enseignement des infortunés qui sont privés de la vue. Pénétré de la sainte mission qu’il avait à remplir, il y consacra tous ses instants. En 1786 Haüy publia une brochure sur les moyens d’instruire les aveugles. Un jour, à la porte de l’église Saint-Germain-des-Prés, il rencontra un enfant, un pauvre aveugle qui demandait l’aumône pour sa vieille mère infirme ; Haüy donna du pain à la femme et emmena le fils dans sa maison. Là, tout entier à son œuvre, il s’appliqua à réveiller tous les instincts, toutes les sensations si vives dans une nature incomplète ; il chercha les moyens d’éclairer cette jeune intelligence, il y parvint !… Fier de son élève, Haüy le présenta bientôt à la société philanthropique qui, satisfaite de ce premier essai, donna des fonds à l’instituteur et une maison située dans la rue Notre-Dame-des-Victoires, où furent admis douze élèves.

Le succès dépassa toutes les espérances. Haüy et ses écoliers furent présentés au roi et à la cour. Les résultats vraiment étonnants de leurs exercices excitèrent un intérêt général. Haüy reçut de nouveaux encouragements qui lui permirent d’augmenter le nombre de ses élèves.

L’institution des Jeunes-Aveugles fut soutenue par l’Assemblée Constituante qui la réunit à l’établissement des Sourds-Muets. Placés aux Célestins, les Jeunes-Aveugles furent ensuite transférés à l’hôpital Sainte-Catherine, situé au coin des rues Saint-Denis et des Lombards. Un arrêté des Consuls, du 26 pluviôse an IX, prescrivit leur réunion à l’hospice des Quinze-Vingts.

Une ordonnance royale du 24 décembre 1817 autorisa l’administration de l’Institut royal des Jeunes-Aveugles, à aliéner aux enchères publiques, sur la mise à prix de 220 000 francs, l’ancien hôpital Sainte-Catherine. La même ordonnance permettait d’affecter le produit de cette vente à l’acquisition des bâtiments de l’ancien collége Saint-Firmin. Une seconde ordonnance du 20 mai 1818 modifia celle qui précède, seulement en ce qui concernait l’obligation de vendre aux enchères publiques l’ancienne maison Sainte-Catherine.

En vertu d’une ordonnance royale du 11 août 1838, l’État s’est rendu acquéreur le 25 septembre suivant d’un terrain situé rue Masseran, et qui contient en superficie 11 805 m. Des constructions ont été élevées, et bientôt l’institution des Jeunes-Aveugles y sera transférée. Les bâtiments ont été exécutés sous la direction et d’après les dessins de M. Philippon, architecte. La façade principale donne sur le boulevart des Invalides, celle qui lui est opposée regarde la rue Masseran, et les deux côtés sont sur la rue de Sèvres et la Petite-rue-des-Acacias. Le développement des bâtiments est de 460 m. Le fronton de l’édifice est dû au ciseau de M. Jouffroy, sculpteur. Le sujet choisi par l’artiste est en parfaite harmonie avec l’établissement : d’un côté, on voit Valentin Haüy qui instruit ses élèves ; de l’autre, une femme donne des leçons aux jeunes filles aveugles. Au milieu apparaît la religion qui les encourage et les protège.


Avignon (rue d’).

Commence à la rue Saint-Denis, no 20 ; finit à la rue de la Savonnerie, nos 15 et 17. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 63 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Vers l’an 1300, une partie de cette voie publique se nommait rue Jean-le-Comte et Philippe-le-Comte ; une autre partie était indiquée sous la dénomination de la Bazenherie. Elle faisait autrefois dans la rue de la Heaumerie un retour d’équerre qui subsiste aujourd’hui sous le nom de rue Trognon. — Une décision ministérielle, du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de la rue d’Avignon à 6 m. Cette largeur été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement considérable. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).


Avoie (passage Sainte-).

Commence à la rue de Rambuteau, no 6 ; finit à la rue Sainte-Avoie, no 41. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 8. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Il a été formé en 1828, sur l’emplacement des hôtels de Mesmes et Augran-Dalleray, vendus par le domaine de l’État, le 7 mars 1826. L’hôtel de Mesmes avait originairement servi de demeure au connétable de Montmorency. Henri II y venait assez souvent et l’habita même quelque temps ; ce qui lui fit donner le nom de logis du Roi. Le connétable de Montmorency mourut dans cet hôtel, avec toute la dignité d’un héros chrétien, le 12 novembre 1567, des blessures qu’il avait reçues, deux jours avant, à la bataille de Saint-Denis. Ce vieillard, couvert de sang, ayant son épée brisée, en donna un si furieux coup de pommeau dans le visage de Robert-Stuart, qui lui disait de se rendre, qu’il lui cassa deux dents et le renversa de cheval. Au même instant, un des soldats de Stuart lui tira dans les reins un coup de pistolet chargé de trois balles. — Anne de Montmorency avait servi sous cinq rois, s’était trouvé à près de deux cents combats, à huit batailles rangées et avait été employé à dix traités de paix.


Avoie (rue Sainte-).

Commence aux rues Neuve-Saint-Merri, no 2, et Sainte Croix-de-la-Bretonnerie, no 60 ; finit aux rues Michel-le-Comte, no 1, et des Vieilles-Haudriettes, no 9. Le dernier impair est 73 ; le dernier pair, 66. Sa longueur est de 391 m. — 7e arrondissement ; les numéros impairs sont du quartier Sainte-Avoie, et les pairs du quartier du Mont-de-Piété.

On ne la connaissait anciennement que sous le nom de la grande rue du Temple. En 1515, on l’appelait indifféremment rue du Temple et rue Sainte-Avoie. Ce dernier nom lui avait été donné lors de la fondation d’un établissement religieux, dont la chapelle était sous l’invocation de la bienheureuse Avoie ou sainte Hedwige, qui vivait en 1198, et qui fut canonisée en 1266 (voir l’article de la rue de Rambuteau, où nous tracerons l’origine de ce couvent). — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, fixa la moindre largeur de la rue Sainte-Avoie à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 28 juin 1826, cette largeur est portée à 12 m. Les maisons nos 2, 22, 40, 41 et 42 sont alignées. — Égout et conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Avoine (impasse Longue-).

Située entre les rues Leclerc et du Faubourg-Saint-Jacques, no 36. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 127 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Jusqu’en 1795, c’était une ruelle qui débouchait dans la rue de l’Observatoire (cette dernière voie publique a été supprimée).

Des accidents graves étant arrivés dans la ruelle Longue-Avoine, la commission des travaux publics arrêta qu’elle serait murée du côté de la rue de l’Observatoire. Cet arrêté fut confirmé par un jugement du tribunal de police correctionnelle du 16 germinal an III, et la ruelle fut réduite à l’état d’impasse.

Par une décision du 8 août 1807, le ministre de l’intérieur Champagny fixa la largeur de cette voie publique à 9 m., et arrêta en principe qu’elle serait prolongée jusqu’à la rue d’Enfer.

En vertu d’une autre décision du 4 octobre 1817, la moindre largeur de l’impasse Longue-Avoine est réduite à 6 m. 66 c. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celles qui sont situées à l’extrémité du côté gauche.

Novembre 1843.
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B.


Babille (rue).

Commence à la rue des Deux-Écus, nos 30 et 32 ; finit à la rue de Viarme, nos 3 et 5. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 27 m. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Cette rue a été percée en avril 1765, sur l’emplacement de l’Hôtel de Soissons. Les lettres-patentes autorisant ce percement sont à la date du 25 novembre 1762, et furent registrées au parlement le 22 décembre suivant. La largeur assignée à cette voie publique fut de 24 pieds. — D’après les contrats primitifs, les bâtiments en bordure doivent conserver leur décoration symétrique. — Une décision ministérielle du 9 germinal an XIII, signée Champagny, a maintenu la largeur prescrite par les lettres-patentes. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Laurent-Jean Babille, écuyer, avocat au parlement, fut échevin de la ville de Paris, en 1762 et 1763, sous la prévôté de Camus de Pontcarré, seigneur de Viarme (voyez Blé, halle au).


Babylone (rue de).

Commence à la rue du Bac, nos 120 et 122 ; finit au boulevart des Invalides. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 636 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Elle s’appela d’abord rue de la Fresnaie, ensuite petite rue de Grenelle ou de la Maladrerie jusqu’en 1669. — En 1673, on la trouve pour la première fois indiquée sous le nom de rue de Babylone. Elle doit cette dernière dénomination à Bernard de Sainte-Thérèse, évêque de Babylone, qui possédait plusieurs maisons et jardins sur l’emplacement desquels fut construit le séminaire des Missions-Étrangères. En 1765, elle n’était encore bordée de constructions que dans la partie comprise entre la rue du Bac et celle des Brodeurs. Des lettres-patentes, à la date du 7 novembre 1778, portent : — « Art. 2. La rue de Babylone sera, quand il y aura lieu, mise en ligne droite sur 30 pieds de largeur jusqu’au rempart, en formant sur le terrain acquis par M. le comte de Provence (depuis Louis XVIII) les retranchements nécessaires. » — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : 9, partie de celle no 11, 21, 23, 25, 27, 29, 35 ; 2, 16, 18, 20, 22, 32, partie du no 36, 38. Celles nos 17, 19 et 4 ne devront éprouver qu’un faible redressement. — Égout depuis la rue Monsieur jusqu’au boulevart. — Conduite d’eau entre la rue Vanneau et le boulevart. — Éclairage au gaz (compe Française).


Bac (petite rue du).

Commence à la rue de Sèvres, nos 47 et 49 ; finit à la rue du Cherche-Midi, nos 48 et 50. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 144 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

On a commencé à bâtir dans cette rue au milieu du XVIIe siècle. Peu de temps après, on la nomma petite rue du Barc et du Petit-Bac. — Sauval dit « Quelque nouvelle que soit la petite rue du Bac, elle a changé de nom et s’appelle la rue du Baril-Neuf. » — Sa dénomination lui vient de la rue du Bac, dont elle fait presque la continuation. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an IX ; signée Chaptal, a maintenu cette voie publique dans sa largeur actuelle, qui est de 8 m. 9 déc. — Éclairage au gaz (compe Française).


Bac (rue du).

Commence aux quais de Voltaire, no 27, et d’Orsay, no 1 ; finit à la rue de Sèvres, nos 34 et 36. Le dernier impair est 133 ; le dernier pair, 140. Sa longueur est de 1 150 m. — 10e arrondissement, les impairs, de 1 à 61, et les pairs, de 2 à 78, sont du quartier du Faubourg-Saint-Germain ; le surplus est du quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Son nom lui vient d’un bac qui fut établi, en 1550, en face de cette rue. — Une décision ministérielle en date du 2 thermidor an V, signée Benezech, avait fixé sa moindre largeur à 10 m. Cette largeur a été portée à 13 m., en vertu d’une ordonnance royale du 17 juin 1829.

Voici la situation des propriétés riveraines sous le rapport des alignements arrêtés : De 1 à 11, retranchement 2 m. 80 c. ; 11 bis et 13 ; retranchement 2 m. 30 c. à 2 m. 90 c. ; de 15 à 21, retranchement 1 m. 70 c. à 2 m. 20 c. ; no 23, retranchement de 2 m. à 2 m. 50 c. ; de 25 à 35, retranchement 2 m. 75 c. à 3 m. 40 c. ; 37, retranchement 3 m. 60 c. ; de 39 à 61, retranchement 3 m. 80 c. à 4 m. 20 c. ; 63, retranchement 3 m. 50 c. ; 65, retranchement 2 m, 30 c. ; 67, 67 bis, 69, 71, 71 bis, 73 et 75, alignées ; 75 bis, retranchement 0 m. 70 c., réduits ; 77, alignée ; 79, retranchement 2 m. ; 81 et 83, pas de retranchement ; de 85 à 101, retranchement 3 m. ; 20 c. à 3 m. 80 c. ; 103, retranchement 2 m. 70 c. ; 105, retranchement 4 m. 10 c. ; 107, 109, 111, 113, 115, 117 et 119, alignées de 121 à la fin ; retranchement 3 m. 50 c. à 4 m. ; 2, redressement ; 4 et 6, retranchement réduit 40 c. ; de 8 à 18, retranchement de 55 c. à 82 c. ; 20, alignés ; de 22 à 28, retranchement 1 m. à 1 m. 60 c. ; 30, alignée ; 32 et 34, retranchement 1 m. à 1 m. 50 c. ; 36, 36 bis et 38, alignées ; de 38 bis à 50, retranchement 30 c. à 65 c. ; 52, 54 et 56, retranchement qui n’excède pas 25 c. ; de 58 à 80, alignées ; 82, retranchement 2 m. 70 c. ; 84 et 84 bis, alignées ; 86, retranchement 3 m. ; 88, alignée ; 90, 92, 94, retranchement 1 m. 40 c. à 2 m. 30 c. ; 96, retranchement 1 m. ; de 98 à 104, alignées ; 106, retranchement 40 c : ; 110 et 112, alignées ; 114, 116 et 118, retranchement qui n’excède pas 30 c. ; 120, alignée ; 122 et 124, redressement qui n’excède pas 11 c. ; 126, alignée ; 128, 130 et 132, retranchement réduit 30 c. ; de 134 à la fin, retranchement 40 c. à 70 c. — Égout entre la rue de Lille et celle de Sèvres. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Française).

Au no 75 se trouvait le monastère royal de l’Immaculée-Conception. — En vertu des lettres-patentes du roi, données à Versailles au mois de mai 1626, ces religieuses s’établirent à Paris vers 1637. Leur maison fut déclarée de fondation royale, en 1664. La construction de leur église date de 1693. Supprimé en 1790, ce couvent devint propriété nationale, et fut vendu les 21 pluviôse, 25 germinal an VI, et 23 nivôse an VIII. — Les maisons nos 67, 69, 71, 73, 75 et 77 sur la rue du Bac, et celles 25 et 27 sur la rue de la Planche, proviennent de cette communauté.

Au no 98 était situé l’hospice des Convalescents. Les lettres-patentes, autorisant la fondation de cet établissement, sont de l’année 1628. Elles furent registrées au parlement en 1631. — Les religieux de la Charité eurent, en 1635, la direction de cet hospice, qui fut supprimé en 1792. — Aujourd’hui l’État loue à divers particuliers les bâtiments qui le composaient.


Bagneux (rue de).

Commence à la rue du Cherche-Midi, nos 85 et 87 ; finit à la rue de Vaugirard, nos 104 et 106. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 165 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Cette rue est désignée sous ce nom sur les plans de Jouvin et de Bullet, publiés en 1676. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an IX, signée Chaptal, a maintenu cette voie publique dans sa largeur actuelle, qui est de 7 m. 7 déc. — Égout et conduite d’eau.


Baillet (rue).

Commence à la rue de la Monnaie, nos 13 et 19 ; finit à la rue de l’Arbre-Sec, nos 22 et 24. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 73 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

En 1297, elle s’appelait rue Dame-Gloriette, et rue Gloriette en 1300. Vers 1350, elle prit le nom de Baillet, parce que Jean Baillet, trésorier du Dauphin (depuis Charles V), y avait une propriété. — Une décision ministérielle du 13 floréal an IX, signée Chaptal, avait fixé à 7 m. la largeur de cette voie publique. Cette largeur a été portée à 10 m., par une ordonnance royale du 23 juillet 1828. La grande propriété située sur le côté gauche, à l’encoignure de la rue de la Monnaie, est alignée. La maison no 5 devra reculer de 1 m. réduit ; celle no 7, de 1 m. 70 c. réduit. Les constructions du côté des numéros pairs sont soumises à un retranchement de 3 m. 80 c. à 4 m. 70 c. — Portion d’égout du côté de la rue de l’Arbre-Sec. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Bailleul (rue).

Commence à la rue de l’Arbre-Sec, nos 37 et 39 ; finit à la rue des Poulies, nos 4 et 6. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 100 m. — 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

En 1271, 1300, 1315, et même dans les premières années du siècle suivant, on l’appelait rue d’Averon, d’Avron et Daveron. — En 1423, elle prit le nom de Bailleul, en raison de Robert Bailleul, clerc des comptes, qui habitait une maison faisant le coin de cette rue et de celle des Poulies.

Une décision ministérielle du 26 brumaire an XI, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828. — La maison no 13 est à l’alignement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Baillif (rue).

Commence aux rues Neuve-des-Bons-Enfants et des Bons-Enfants, no 36 ; finit à la rue Croix-des-Petits-Champs, no 45. Pas de numéro impair : ce côté est bordé par les dépendances de la Banque ; le dernier pair est 12. Sa longueur est de 67 m. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Cette rue a pris son nom de Claude Bailliffre ou Baïf, surintendant de la musique du roi, auquel Henri IV donna un grand terrain situé dans cette rue. Ce Claude Baïf était fils de Jean-Antoine Baïf, poète et musicien célèbre sous les règnes de Charles IX et de Henri III. — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. ; cette moindre largeur a été portée à 10 m., par ordonnance royale du 23 juillet 1828. — La maison no 2 et les dépendances de la Banque sont à l’alignement. — Égout, conduite d’eau du côté de la rue Croix-des-Petits-Champs. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Bailly (rue).

Commence à la rue Saint-Paxent, nos 1 et 2 ; finit à la rue Henri Ier, nos 1 et 2. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa largeur est de 69 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle a été formée vers 1780, sur les terrains dépendant du prieuré de Saint-Martin-des-Champs. (voyez Martin, place de l’Ancien Marché Saint-). — Une décision ministérielle du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 14 janvier 1829, cette largeur est portée à 7 m. Les maisons du côté des numéros impairs, et celle qui porte le no 4, sont alignées ; les autres constructions sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 74 c. à 2 m. — Conduite d’eau depuis la rue Henri Ier jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Ballets (rue des).

Commence à la rue Saint-Antoine, nos 91 et 93 ; finit à la rue du Roi-de-Sicile, nos 1 et 2. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 34 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Guillot et le rôle de taxe de 1313 n’en font pas mention ; le censier de l’archevêché de 1495 la désigne sous le nom de rue des Ballays. — Une décision ministérielle à la date du 23 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 15 octobre 1830. Les maisons du côté des numéros impairs sont à l’alignement ; celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 80 c. à 2 m. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Banque (rue de la).

Commence à la rue de Lavrillière, nos 4 et 6 ; finit à la place des Victoires, nos 1 et 2. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 29 m. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

La place des Victoires n’avait point dans l’origine d’issue du côté de l’hôtel de Lavrillière. On voyait même anciennement un corps de logis bâti dans la rue de Lavrillière sur la partie du terrain occupée par la rue des Fossés-Montmartre, lorsqu’elle se prolongeait jusqu’à cet endroit. M. Phélipeaux obtint la permission de démolir ce bâtiment, et procura par ce dégagement une vue plus agréable à son hôtel.

Cette nouvelle issue fut d’abord nommée rue Percée puis petite rue Lavrillière. — Une décision ministérielle du 1er août 1821, ainsi qu’une ordonnance royale du 23 juillet 1828, ont maintenu cette voie publique suivant sa largeur primitive, qui est de 9 m. 45 c. En vertu d’une décision du ministre de l’intérieur, du 19 novembre 1838, cette voie publique a reçu la dénomination de rue de la Banque. Elle est située en face de cet établissement. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Banque de France.

Située dans la rue de Lavrillière, no 1er. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

L’hôtel occupé depuis 1812 par cet établissement fut bâti en 1620, sur les dessins de François Mansart, pour le secrétaire d’État Raymond Phélipeaux de Lavrillière. En 1701, il fut vendu à M. Rouillé. Le comté de Toulouse l’acheta en 1713. Le duc de Penthièvre, son fils, habitait cet hôtel avec la princesse de Lamballe avant la révolution. Cet hôtel, devenu propriété nationale, servit à l’imprimerie du gouvernement. — Décret impérial du 6 mars 1808. « La régie de l’enregistrement et du domaine est autorisée à céder l’hôtel de Toulouse et ses dépendances à la Banque de France. — Cette cession sera faite moyennant le versement par la Banque de France à la caisse d’amortissement d’une somme de 2 000 000 francs, dont le paiement aura lieu, savoir : un million avant le 1er avril prochain, un million avant le 1er janvier 1809. » En 1812, la Banque de France abandonna l’hôtel Massiac, situé place des Victoires, au coin de la rue des Fossés-Montmartre, pour venir habiter l’hôtel de Toulouse. — La Banque de France a été constituée par les lois des 24 germinal an XII (14 avril 1803) et 22 avril 1806. Son privilège accordé pour quarante années, à partir du 1er vendémiaire an XII, a été renouvelé en vertu de la loi du 30 juin 1840 jusqu’au 31 décembre 1867. Les opérations de la Banque consistent : 1o à escompter les effets de commerce ; 2o à faire des avances sur les fonds publics en recouvrement et à époques déterminées ; 3o à tenir une caisse de dépôt pour tous effets, titres, matières d’or et d’argent ; 4o à se charger des recouvrements et paiements pour le compte des particuliers et des administrations. — Les capitalistes, qui ont concouru à l’établissement de la Banque, ont reçu en échange de leurs valeurs des actions qui rapportent un intérêt réglé tous les six mois et basé sur la masse plus ou moins grande des bénéfices. L’administration supérieure de la Banque est confiée à quinze régents, trois censeurs et un gouverneur.


Banquier (rue du).

Commence à la rue du Marché-aux-Chevaux, no 26 ; finit à la rue Mouffetard, nos 291 et 293. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 403 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Vers l’an 1650, ce n’était encore qu’un chemin qui conduisait à Villejuif, mais dès 1676, il portait le nom de rue du Banquier. — Une décision ministérielle, du 28 prairial an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 27 janvier 1837, ont fixé la moindre largeur de cette rue à 10 m. Les propriétés situées sur le côté des numéros pairs, depuis la rue du Marché aux Chevaux jusqu’en face de celle des Vignes, devront pour exécuter l’alignement, avancer sur la voie publique.


Banquier (rue du Petit-).

Commence à la rue du Banquier, nos 13 et 15 ; finit au boulevart de l’Hôpital, nos 40 et 42. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 145 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Ce n’était en 1760 qu’une ruelle. En vertu d’une ordonnance du bureau des finances, du 21 juin 1774, elle fut fermée à ses deux extrémités ; rouverte en 1788, elle tire son nom actuel de la rue du Banquier, où elle prend naissance. — Une décision ministérielle, à la date du 28 prairial an IX, signée Chaptal, ainsi qu’une ordonnance royale du 27 janvier 1837, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. — La plus grande partie du côté des numéros impairs est à l’alignement ; le surplus devra reculer de 50 c. seulement. Une portion de la propriété no 6 est alignée ; les autres constructions sont assujetties à un retranchement de 1 m. 15 c. au plus.


Barbe (rue Sainte-).

Commence à la rue Beauregard, nos 5 et 7 ; finit au boulevart Bonne-Nouvelle, nos 31 et 35. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 111 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Dès 1540, cette rue était connue sous ce nom qu’elle tirait de la chapelle érigée sous l’invocation de saint Louis et de sainte Barbe dont nous parlerons à l’article Église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle. — Une décision ministérielle du 3 vendémiaire an X, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. ; cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826. — Les maisons nos 13, 16 et 18 sont alignées ; celles qui portent les nos 1, 3, 5, 7, 9 et 11, devront reculer de 4 m. environ. Les propriétés nos 2, 4, 6, 8, 10, 12 et 14 sont soumises à un retranchement qui n’excède pas 35 c. — Conduite d’eau depuis la rue de la Lune jusqu’au boulevart. — Éclairage au gaz (compe Française).


Barbet de Jouy (rue).

Commence à la rue de Varennes, nos 33 et 35 ; finit à la rue de Babylone, nos 32 et 36. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 400 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Cette rue a été ouverte et dénommée en vertu d’une ordonnance royale du 8 mai 1838, qui a imposé au sieur Barbet de Jouy, propriétaire, les conditions suivantes : de céder gratuitement à la ville de Paris le sol de la nouvelle voie publique ; — de supporter les frais de premier établissement de pavage et d’éclairage par le gaz et de trottoirs, y compris les frais de relevé à bout de pavage ; en outre, les frais de premier établissement de deux bornes-fontaines ; — de donner au nivellement une pente d’un centimètre au moins par mètre, et d’exécuter les travaux de pavage en chaussée bombée, ceux des trottoirs et des bornes-fontaines, suivant les plans et sous la surveillance des ingénieurs de la ville de Paris ; — enfin, de n’élever qu’à une hauteur de 16 m. 50 c. les bâtiments qui seront construits dans la nouvelle rue. — Conduite d’eau depuis la rue de Varennes jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Française).


Barbette (rue).

Commence à la rue des Trois-Pavillons, nos 7 et 9 ; finit à la rue Vieille-du-Temple, nos 82 et 84. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 165 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

L’hôtel Barbette, qui a donné son nom à cette voie publique, tirait sa dénominations d’Étienne Barbette, maître des monnaies en 1298. Le roi Philippe-le-Bel, conseillé, dit-on, par ce financier, altéra trois fois les monnaies. Le peuple, pour en tirer vengeance, se porta en foule à l’hôtel Barbette, brûla, détruisit cette maison de plaisance, et arracha tous les arbres du jardin. Le roi, pendant cette émeute, s’était réfugié au Temple avec ses barons ; une partie des insurgés vint l’y assiéger en proférant ces cris : À bas Philippe-le-Bel ; à bas le faux monnoyeur !… — La sédition s’étant calmée, le roi fit pendre vingt-huit prisonniers aux quatre entrées de Paris. — Cet hôtel appartint, en 1403, à Jean de Montagu, souverain maître d’hôtel du roi et vidame de Laonois, qui le vendit cette même année à la reine Isabeau de Bavière, femme de Charles VI. — C’est là, dit Sauval, qu’en 1407 elle accoucha d’un enfant mort. En sortant de cet hôtel le 23 novembre 1407, le duc d’Orléans fut assassiné à la porte Barbette (voir l’article de la rue Vieille-du-Temple). L’hôtel Barbette, en changeant de propriétaires, conserva néanmoins son nom primitif. Il passa à Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, maîtresse d’Henri II. Les duchesses d’Aumale et de Bouillon le vendirent en 1561 à plusieurs particuliers, qui couvrirent son emplacement de maisons, et percèrent une rue qui fut achevée en 1563. On lui donna le nom de rue Neuve-Barbette, pour la distinguer de la rue Vieille Barbette (c’était la dénomination affectée alors à une partie de la rue Vieille-du-Temple). — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VII, signée Quinette, avait fixé sa largeur à 8 m. ; cette largeur a été portée à 10 m. par une ordonnance royale du 12 juillet 1837. Les maisons de cette rue sont soumises à un retranchement de 1 m. 50 c. — Conduite d’eau depuis la rue Vieille-du-Temple jusqu’à la borne-fontaine.


Barillerie (rue de la).

Commence aux quais Desaix et de l’Horloge ; finit aux quais du Marché-Neuf, no 54, et des Orfèvres, no 2. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 219 m. — Les nos impairs sont du 9e arrondissement, quartier de la Cité ; le côté opposé dépend du 11e arrondissement, quartier du Palais-de-Justice.

La première partie de cette rue voisine du pont au Change, portait anciennement la dénomination de rue Saint-Barthélemy, parce que l’église paroissiale et royale de ce nom y était située (voir article Flore, passage de). La deuxième partie, depuis la rue de la Calandre jusqu’au pont Saint-Michel, était appelée, dès l’an 1280, Barilleria. Le poète Guillot, à la même époque, la nomme la Grand’Barisserie. Cette qualification de grande, lui a été donnée sans doute pour la distinguer d’une ruelle de la Barillerie qui lui était parallèle et qui allait de la rue de la Calandre à la rivière. Cette même partie se nommait, en 1398, rue du Pont-Saint-Michel. Quelques auteurs prétendent que le nom de Barillerie lui fut donné parce qu’elle était habitée par des marchands de tonneaux et de barriques. — Arrêt du conseil. Versailles, 25 septembre 1784. — « Le roi étant en son conseil, a ordonné et ordonne que sous la conduite et la direction des sieurs Desmaisons et Antoine, architectes de sa majesté, etc… il serait incessamment construit dans toute la longueur de la rue de la Barillerie, à partir de l’un des pavillons formant aujourd’hui l’entrée de la cour du May jusqu’à la rue Saint-Louis, et dans la rue Saint-Barthélemy, à partir de l’autre pavillon jusqu’à l’autre partie occupée par les requêtes de l’hôtel, deux nouveaux corps de bâtiments tels qu’ils sont figurés aux plans et élévations qui en ont été dressés par lesdits sieurs Desmaisons et Antoine, etc… Veut en conséquence, sa majesté, que pour former devant la partie de ces nouveaux bâtiments, qui doit régner le long de la rue de la Barillerie, à partir de l’entrée de la cour du May jusques à l’encoignure de la rue Saint-Louis, une rue de 36 pieds de largeur, les maisons au nombre de seize, situées dans ladite rue de la Barillerie, et faisant face aux murs actuels du palais de Paris, à partir de la rue de la Calandre jusqu’à celle qui conduit au Marché-Neuf, seront incessamment acquises, pour en être les emplacements et terrains employés au redressement et à l’alignement de ladite rue de la Barillerie, etc. Signé Hue de Miroménil et de Calonne. » — Cette amélioration fut exécutée peu de temps après. — Une décision ministérielle en date du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a maintenu la largeur de 36 pieds (11 m. 69 c.). — Égout depuis la rue de la Pelleterie jusqu’à celle de la Calandre. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Française).


Barnabites (passage des).

Commence à la place du Palais-de-Justice, no 1, finit à la rue de la Calandre, no 54. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Ce passage doit son nom au couvent des Barnabites qui y était situé. — Saint Éloi, orfèvre, obtint de Dagobert une maison assez vaste, située en face du Palais. Il établit dans sa propriété une communauté de filles sous l’invocation de saint Martial, évêque de Limoges. L’espace s’étant trouvé trop étroit pour contenir le grand nombre de prosélytes qu’attirait la célébrité de cette maison religieuse, le pieux orfèvre eut recours à la bonté du roi, qui lui donna tout le terrain circonscrit aujourd’hui par les rues de la Barillerie, de la Calandre, aux Fèves et de la Vieille-Draperie. Cet emplacement fut désigné bientôt dans tous les titres sous le nom de ceinture Saint-Éloi. Ce monastère qui garda longtemps le nom de Saint-Martial, prit ensuite le nom de son fondateur. Au commencement du XIIe siècle, de graves désordres eurent lieu dans ce monastère ; l’évêque de Paris fut obligé d’employer la rigueur pour en arrêter le scandale. Les religieuses furent dispersées en divers monastères éloignés. L’abbaye fut donnée à Thibaud, abbé de Saint-Pierre-des-Fossés, sous la condition d’y mettre un prieur et douze religieux de son ordre. Ces changements eurent lieu en 1107. Cet abbé la remit dix-huit ans après entre les mains de l’évêque de Paris, Étienne de Senlis, qui la garda neuf ans. Dans cet intervalle, l’église qui était d’une grande étendue et qui tombait en ruine, fut coupée par une rue qui subsiste encore sous le nom de Saint-Éloi. Le chevet forma une église nouvelle sous le vocable de l’ancien patron saint Martial, et de la nef on fit une seconde église sur une partie de laquelle fut bâtie plus tard celle des Barnabites. En 1134, l’évêque donna de nouveau ce monastère aux religieux de Saint-Pierre. Jusqu’en 1530, ces moines occupèrent cette communauté. À cette époque, leur principale abbaye, nommée alors Saint-Maur-des-Fossés, fut réunie avec ses dépendances à l’évêché de Paris. L’office fut célébré par quelques prêtres séculiers ; enfin, cet édifice tombait en ruine lorsqu’en 1629 M. de Gondi, premier archevêque de Paris, le destina à la congrégation des clercs réguliers de Saint-Paul, dits Barnabites, que le roi Henri IV avait appelés en France vers 1608. Ces religieux, qui se consacraient aux missions, firent successivement rebâtir l’église et la communauté. Le portail de l’église fut élevé en 1704. Le couvent des Barnabites, supprimé en 1790, devint propriété nationale. Une partie fut aliénée les 6 prairial, 1er messidor an V, et 11 thermidor an VI. — L’église sert de dépôt général des comptabilités de France.


Barouillère (rue de la).

Commence à la rue de Sèvres, nos 117 et 119 ; finit à la rue du Cherche-Midi, nos 106 et 108. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 166 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Quelques plans du XVIIe siècle l’indiquent sous le nom de rue des Vieilles-Thuileries. Sur un plan manuscrit de 1651, elle est désignée simplement sous le nom de rue projetée Saint-Michel. On ignore à quelle époque elle prit son dernier nom, mais il est certain qu’elle doit cette dénomination à Nicolas Richard de la Barouillère, auquel l’abbé de Saint-Germain-des-Prés céda, en 1644, un grand terrain en cet endroit, à la charge, entre autres conditions, d’y bâtir des maisons. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an IX, signée Chaptal a fixé sa largeur à 8 m. Toutes les constructions du côté des numéros pairs, et les maisons nos 1 et 3 sont à l’alignement ; les propriétés nos 5 et 7 sont soumises à un redressement qui n’excède pas 20 c.


Barre-du-Bec (rue).

Commence à la rue de la Verrerie, nos 42 et 46 ; finit aux rues Neuve-Saint-Merri, no 1, et Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, no 53. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 16. Sa longueur et de 118 m. — 7e arrondissement, les impairs sont du quartier Sainte-Avoie ; les pairs, du quartier du Marché-Saint-Jean.

Elle est ainsi nommée de l’abbé du Bec, qui avait sa barre ou siège de justice dans cette rue, à l’endroit où nous voyons aujourd’hui la maison no 19. — Par arrêt du conseil, en date du 10 mai 1677, le roi ordonna que la rue Barre-du-Bec serait élargie. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur a été portée à 13 m. 50 c., par une ordonnance royale du 28 juin 1826. En vertu d’une autre ordonnance, à la date du 28 mai 1843, l’exécution immédiate des alignements de la rue Barre-du-Bec, au droit des maisons nos 3, 17, 19, 21, 23, 25, 27 et 29, est déclarée d’utilité publique. En conséquence, le préfet de la Seine est autorisé à acquérir, soit à l’amiable, soit par voie d’expropriation, les portions de ces propriétés qui doivent être réunies au sol de ladite rue. Les maisons nos 1, 9, 11, 13, 15 ; 2, 2 bis, et partie de celle no 4, sont alignées. — Égout et conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Barres (rue des).

Commence au quai de la Grève, no 22, et à la rue du Pont-Louis-Philippe, no 1 ; finit à la place Baudoyer, no 6, et à la rue Saint-Antoine, no 2. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 156 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

En 1250, on l’appelait la ruelle aux Moulins des Barres, en raison des moulins situés sur la rivière à l’endroit qu’on appelait les Barres. En 1293, on l’appelait ruelle des Moulins du Temple, parce qu’alors ces moulins appartenaient aux Templiers. En 1362, on lui donne, dans un titre passé sous le règne de Charles V, la dénomination de rue qui va de la Seine à la porte Baudet. En 1386, on la nommait rue du Chevet-Saint-Gervais, et parfois rue des Barres. Au XVIe siècle, de la rue de la Mortellerie (aujourd’hui de l’Hôtel-de-Ville), à la rivière, c’était la rue Malivaux ; ce nom lui venait des moulins de Malivaux, placés sur la rivière, vis-à-vis de cette rue. Enfin, au XVIIe siècle, dans toute sa longueur, c’était la rue des Barres. — Une décision ministérielle, en date du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 mai 1838, sa moindre largeur est portée à 10 m. Les maisons nos 2, 4, 8, 10, 24, 26, 28, 30, 32 et 34 sont alignées.

L’hôtel des Barres fut bâti vers 1250. En 1362, les moines de Saint-Maur l’achetèrent avec les moulins qui en dépendaient. On l’appela alors l’hôtel Saint-Maur ; cet hôtel fut habité plus tard par Louis de Bourdon, l’un des amants d’Isabeau de Bavière, femme de Charles VI. Allant un jour visiter la reine au château de Vincennes, ce gentilhomme rencontra le roi ; sans descendre de son cheval, sans en arrêter le pas, il se contenta de saluer Charles VI. Ce monarque l’ayant reconnu, ordonna à Tanneguy Duchâtel, prévôt de Paris, de s’emparer de sa personne. La nuit, Louis de Bourdon fut mis à la question, enfermé dans un sac et jeté dans la Seine, avec ces mots sur son linceul : Laissez passer la justice du roi. — Cet hôtel devint par la suite une propriété des seigneurs de Charni, qui lui donnèrent leur nom que l’habitude a conservé jusqu’à nos jours. Au XVIIIe siècle, on y avait établi le bureau de l’administration générale des aides. Il servit pendant une partie de la révolution de justice de paix, et devint après une maison particulière portant le no 4. La plus grande partie de cet hôtel a été démolie pour livrer passage à la rue du Pont-Louis-Philippe.

Le couvent des Filles de la Croix était situé dans cette rue. Ces religieuses, établies en 1664, avaient mission de s’occuper de l’instruction religieuse des jeunes personnes de leur sexe. Cette communauté fut supprimée en 1790. Devenue propriété nationale, elle fut vendue le 16 vendémiaire an IV. Elle porte aujourd’hui le no 14.


Barrés (rue des).

Commence à la rue Saint-Paul, nos 3 et 5 ; finit aux rues de l’Étoile, no 8, et du Fauconnier, no 2. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 121 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Cette rue doit son nom aux Carmes, qu’on désignait sous le nom de Barrés, en raison de leurs manteaux peints de différentes couleurs qui formaient des barres. On sait que ces moines, lors de leur arrivée à Paris, furent établis dans l’endroit occupé depuis par les Célestins. La rue dont nous parlons conduisait alors à leur couvent. On donna quelque temps à la rue des Barrés le nom de rue des Béguines, parce que le couvent de ces religieuses, aujourd’hui la caserne de l’Ave-Maria, y était situé. Elle reprit sous François Ier son ancienne dénomination de rue des Barrés, qu’elle conserve encore aujourd’hui. — Une décision ministérielle à la date du 8 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, avait fixé sa moindre largeur à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 août 1838, cette largeur est portée à 12 m. Les bâtiments de la caserne sont à l’alignement. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Paul jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Barrières.

Avant 1784, la capitale n’avait pour limites que des murailles informes et grossières, et plus souvent encore de faibles cloisons de planches mal jointes.

Les fermiers-généraux, voulant arrêter les progrès toujours croissants de la contrebande, et faire payer les droits d’entrée à un plus grand nombre de consommateurs, obtinrent en 1784, de M. de Calonne, l’autorisation d’enfermer les faubourgs dans un nouveau mur d’enceinte. Les travaux furent commencés au mois de mai de cette même année, seulement alors du côté de l’Hôpital-Général (la Salpêtrière).

En 1786, l’enceinte méridionale était achevée. Les Parisiens commencèrent alors à faire éclater leur mécontentement par des plaisanteries et des jeux de mots, tels que ceux-ci :

« Le mur murant Paris rend Paris murmurant. »

_____« Pour augmenter son numéraire
_____» Et raccourcir notre horizon,
_____» La Ferme a jugé nécessaire
_____» De mettre Paris en prison. »

Le Doux, architecte de la Ferme générale, après avoir terminé ce mur d’enceinte, fut chargé de bâtir plus de soixante monuments pour servir d’entrées à la capitale. Cet artiste a montré en plusieurs circonstances une grande habileté.

En 1787, M. de Brienne, archevêque de Toulouse, effrayé des dépenses énormes qui dépassaient déjà vingt-cinq millions, fit ordonner, par un arrêt du conseil du 7 septembre, la suspension des travaux. Le 8 novembre de la même année, ce ministre, accompagné de plusieurs fonctionnaires, vint visiter ces barrières. Son indignation fut si vive en voyant avec quelle prodigalité les travaux avaient été exécutés, qu’il voulut, dans les premiers moments de sa colère, faire démolir cette muraille et en vendre les matériaux. L’ouvrage était alors trop avancé. L’archevêque de Toulouse dut se borner à faire prendre, le 25 du même mois, un nouvel arrêté qui suspendit les travaux. Avant leur continuation, de nouvelles dispositions furent prescrites.

Le 1er mai 1791, les droits d’entrée furent abolis.

Un décret de la Convention, du 13 messidor an II, contient ce qui suit : « Les bâtiments nationaux, désignés sous le nom de Barrières de Paris, sont érigés en monuments publics. Les diverses époques de la révolution et les victoires remportées par les armées de la république sur les tyrans y seront gravées incessamment en caractères de bronze. Le comité du Salut-Public est autorisé à prendre toutes les mesures pour la prompte exécution du présent décret, en invitant les gens de lettres et les artistes à concourir et à former les inscriptions. »

Conseil des Cinq-Cents. Séance du 27 fructidor an VI. — « Le conseil adopte le projet d’Aubert dans les termes suivants. Article 1er. Il sera perçu par la commune de Paris un octroi municipal et de bienfaisance, conformément au tarif annexé à la présente loi, spécialement et uniquement destiné à l’acquit de ses dépenses locales, et de préférence à celles de ses hospices et des secours à domicile, etc… »

En vertu de la loi du 29 ventôse an XII, proclamée le 9 germinal suivant, le ministre des finances, autorisé à cet effet, a concédé à la ville de Paris les barrières et murs d’enceinte formant la clôture de ladite ville et de ses faubourgs. Sous le règne de Napoléon, on consolida les murailles et l’on perfectionna la perception des droits d’entrée aux barrières de Paris.


Bart (rue Jean-).

Commence à la rue de Vaugirard, nos 39 et 41 ; finit à la rue de Fleurus, nos 6 et 8. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 116 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Elle a été tracée vers 1790, sur une partie du jardin du Luxembourg, dont l’aliénation avait été faite à divers particuliers par S. A. R. Monsieur.

En 1801, elle n’était ni pavée ni éclairée. Cette voie publique fut exécutée sur une largeur de 9 m. 74 c. — Une décision ministérielle à la date du 17 brumaire an XII, signée Chaptal, maintint cette largeur. En vertu d’une ordonnance royale du 12 mai 1841, elle est fixée à 12 m. — Toutes les maisons du côté gauche et celle no 2 sont alignées. Les autres propriétés devront reculer de 2 m. 20 c. — Jean-Bart, fils d’un simple pécheur, naquit à Dunkerque en 1651 ; il devint chef d’escadre, et mourut en 1702.


Barthélemy (rue).

Commence à l’avenue de Breteuil ; finit au chemin de ronde de la barrière de Sèvres. Pas de numéro. Sa longueur est de 106 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Dans le but de faciliter la circulation aux abords de l’abattoir de Grenelle, l’administration municipale conçut le projet d’ouvrir trois rues de 10 m. de largeur au pourtour de cet établissement. — Par une décision en date du 23 octobre 1817, le ministre de l’intérieur adopta ce projet. Le 26 janvier suivant, il fut arrêté par le même ministre que les trois nouvelles rues recevraient les dénominations de Barlhélemy, Bellart et Pérignon, alors membres du conseil-général du département de la Seine. Ces percements ne furent exécutés qu’en 1820, et ils n’ont point encore la largeur assignée par le plan de 1817.


Basfour (passage).

Commence au passage Saint-Denis ; finit à la rue Saint-Denis, nos 300 et 302. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 106 m. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Au milieu du XIVe siècle, on le nommait ruelle sans chef aboutissant à la Trinité. Vers la fin du même siècle, on commença à lui donner le nom de Basfour, en raison d’un four situé dans ce passage. Sa largeur actuelle varie de 2 m. 60 c. à 5 m. — Éclairage au gaz (compe Française).


Basfroi (rue).

Commence à la rue de Charonne, no 63 ; finit à la rue de la Roquette, nos 82 et 84. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 389 m. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Elle doit sa dénomination au terrain sur lequel elle a été bâtie. — Une décision ministérielle du 3 fructidor an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 6 mai 1827, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 21, 41, 43, 45 et 47, sont alignées. Les autres constructions du côté des numéros impairs devront reculer de 1 m. 20 c. à 1 m. 45 c. Celles qui portent les nos 18, 20, 38, 40, 42, 44 et 46, et deux murs de clôture situés près de la rue de Charonne, sont à l’alignement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).


Bassins (barrière des).

Située à l’extrémité de la rue du chemin de Versailles.

Cette barrière, aujourd’hui fermée, consiste en un bâtiment composé de quatre frontons surmontés d’un tambour. Elle a pris son nom des bassins ou réservoirs de la pompe à feu de Chaillot. (Voir l’article Barrières.)


Bassins (chemin de ronde de la barrière des).

Commence à la rue du chemin de Versailles et à la barrière des Bassins ; finit aux rue et barrière de Longchamp. Pas de numéro. Sa longueur est de 463 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

(Voir l’article Chemins de ronde.)


Bassins (rue des).

Commence à la rue Newton ; finit au chemin de ronde de la barrière de l’Étoile. Pas de numéro. Sa longueur est de 276 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

En vertu d’une ordonnance royale du 18 mars 1836, MM. Dumoustier, Laurent et Grassal, ont obtenu l’autorisation d’ouvrir sur leurs terrains trois rues de chacune 12 m. de largeur, et désignées sous les noms de Pauquet, Newton et des Bassins. L’autorisation résultant de cette ordonnance ne leur a été accordée qu’à la charge par eux de livrer sans indemnité à la ville de Paris, le sol qui sera occupé par les nouvelles voies publiques ; de supporter les frais de pavage et d’éclairage desdites rues ; d’y établir des trottoirs en pierre dure, de la forme et de la largeur qui seront déterminés par l’autorité municipale ; de pourvoir à l’écoulement souterrain, ou à ciel ouvert, des eaux pluviales et ménagères ; de ne pouvoir élever les constructions riveraines au-delà de la hauteur de douze mètres. Cette ordonnance royale a été immédiatement exécutée. (Voir l’article de la barrière des Bassins.)


Bastille (impasse de la Petite-).

Située dans la rue de l’Arbre-Sec, entre les nos 36 et 38. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

En 1499, dans les censiers de l’évêché, c’était la ruelle sans bout. En 1540, on la désignait sous le nom de ruelle Jean-de-Charonne. Sa dénomination actuelle lui vient d’un cabaret qui se trouvait encore en 1788 dans le fond de cette impasse. — Une décision ministérielle, en date du 13 février 1810, signée Montalivet, a fixé sa largeur à 7 m. 60 c. Les constructions du côté gauche ne sont pas soumises à retranchement.


Bastille (place de la).

Située à l’extrémité de la rue Saint-Antoine. Le dernier numéro est 9. — 8e arrondissement, quartiers du faubourg Saint-Antoine et du Marais ; 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Une colonne triomphale s’élève aujourd’hui sur ce terrain où pesa, durant plus de quatre siècles, un monument redoutable.

Étienne Marcel, prévôt des marchands, avait fait bâtir une porte fortifiée qui défendait la rue Saint-Antoine. Cette porte était flanquée d’une bastille ou petit bastion. Charles V, voulant préserver son hôtel de Saint-Paul d’une attaque subite, ordonna de reconstruire ces fortifications sur un plan beaucoup plus vaste.

Hugues Aubriot, prévôt de Paris, en posa la première pierre le 22 avril 1370.

Cette forteresse n’avait, dans l’origine, que deux tours ; on en ajouta bientôt deux autres. Vers l’année 1383, Charles VI en fit bâtir quatre nouvelles, les réunit par de gros murs et les entoura d’un fossé. Sous Henri II, en 1553, on éleva de nouvelles fortifications qui furent achevées en 1559. Ces travaux consistaient en une courtine flanquée de bastions, bordée de larges fossés à fond de cuve. Les propriétaires furent taxés pour cette dépense, depuis 4 livres jusqu’à 24, suivant le produit qu’ils tiraient de la location de leurs maisons.

Au mois d’août 1418, les Bourguignons assiégèrent la Bastille pour s’emparer des Armagnacs qui s’y étaient réfugiés ; les portes furent brisées. On voulut transférer les prisonniers au Grand-Châtelet ; l’escorte fut attaquée, et le peuple massacra les malheureux Armagnacs.

Cette bastille, qui avait été construite pour mettre la capitale à l’abri des attaques des Bourguignons et des Anglais, servit de prison d’État lorsque la crainte de ces agressions n’exista plus. De grands noms se rattachent à l’histoire de cette forteresse. Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, connétable de France sous Louis XI, fut mis à la Bastille, le 27 novembre 1475, pour crime de lèse-majesté. Il eut la tête tranchée en place de Grève, le 19 décembre de la même année.

Jacques d’Armagnac, duc de Nemours et comte de la Marche, y fut également emprisonné pour crime de haute-trahison. Il fut décapité aux halles, le 4 août 1477.

La cruauté du roi Louis XI se montra ingénieuse dans la punition qu’infligea ce prince à Guillaume de Harancourt, évêque de Verdun. On lit dans les Comptes et ordinaires de la prévôté de Paris : « Pour avoir fait de neuf une grande cage de bois de grosses solives, membrures et sablières, contenant neuf pieds de long sur huit pieds de lè (large), et de hauteur sept pieds entre deux planchers, lissée et boujonnée à gros boujons de fer, laquelle a été assise entre une chambre, étant en l’une des tours de la Bastille Saint-Antoine, à Paris, par devers la porte dudit Saint-Antoine, en laquelle cage, est mis et détenu prisonnier, par le commandement du roi, notre dit seigneur l’évesque de Verdun. Fut employé à ladite cage, quatre-vingt-seize solives de couche et cinquante-deux solives debout, dix sablières à trois toises de long, et furent occupés dix-neuf charpentiers pour équarrir, ouvrer et tailler tout ledit bois en la cour de la Bastille pendant vingt jours. Il y avoit à cette cage deux cent vingt gros bonjons de fer, les uns de neuf pieds de long, les autres de huit, et les autres moyens, avec les rouelles, les pommelles et contrebandes servants auxdits bonjons, pesant, tout ledit fer, 3 735 livres, entre huit grosses équières de fer servant à attacher ladite cage, avec les crampons et cloux pesants ensemble 218 livres de fer, sans compter le fer des treillis des fenestres de la chambre où elle fut posée, des barres de fer de la porte de la chambre et autres choses, revient à 317 livres 5 sols 7 deniers. Et fut payé, outre cela, à un maçon, pour le plancher de la chambre où était la cage, 27 livres 14 sols parisis, parce que le plancher n’eût pu porter cette cage à cause de sa pesanteur, et pour faire des trous pour poser les grilles des fenestres, et à un menuisier la somme de 90 livres 2 sols parisis pour portes, fenestres, couche, selle percée, et autres choses ; plus 46 sols 8 deniers parisis à un vitrier pour les vitres de ladite chambre. Ainsi, monte la dépense, tant de la chambre que de la cage, à la somme de 367 livres 8 sols 3 deniers parisis, etc… » Sauval, tome 3, page 428.

Comme on l’indique, les prisons de la Bastille ne restèrent pas dégarnies sous ce règne ; Louis XI enfonçait aussi bien ses griffes de fer dans les camails soyeux des évêques que dans les manteaux dorés des ducs et pairs. Si quelqu’imprudent avait un instant rêvé un joyau de sa couronne, Louis XI le devinait ; fût-il l’allié, le frère ou l’ami du roi, l’étreinte était cruelle, l’imprudent ne bougeait plus.

Au commencement de l’année 1589, le parlement de Paris fut enfermé à la Bastille ; voici à quelle occasion : Bussi-Leclerc, qui de maître-d’armes était devenu procureur au parlement, fut, après l’évasion de Henri III, élevé par la Ligue à la dignité de gouverneur de la Bastille. Le 16 janvier, Bussi-Leclerc, accompagné de 25 hommes, tous déterminés ligueurs, se transporte au palais, pénètre dans la grand’chambre, le pistolet à la main : « Conformément au décret de la Sorbonne, » dit-il insolemment, « que tous les Français soient déliés du serment de fidélité et d’obéissance envers le roi, et qu’on ne mette plus son nom dans les arrêts. » Il se retire alors, rentre peu de temps après suivi de sa troupe, et s’écrie, avec l’accent de la plus vive colère : « Puisque vous délibérez aussi longtemps sur une requête aussi juste, vous prouvez par là qu’il existe des traîtres parmi vous. » Alors, tirant un papier de sa poche : « Que ceux dont je vais appeler les noms me suivent à l’Hôtel-de-Ville, où le peuple les demande. » Le premier président de Harlay est aussitôt nommé. Alors tous les conseillers se lèvent : « Nous n’avons pas besoin, » disent-ils, « d’une plus longue lecture, nous suivrons tous notre président. » L’assemblée comptait ce jour-là plus de 60 membres ; Bussi-Leclerc se met à leur tête. Ils traversent le pont au Change, au milieu des flots de la populace qui les accabla d’outrages. Ils arrivent enfin sur la place de l’Hôtel-de-Ville, où les clameurs augmentent. Bussi leur fait prendre le chemin de la Bastille. À peine sont-ils arrivés, qu’il intime l’ordre de les enfermer tous. Pour les obliger à se racheter plus tôt, le gouverneur ne leur fit donner que du pain et de l’eau, et le peuple exprimai sa satisfaction dans des couplets où Bussi-Leclerc était désigné sous le nom de grand pénitencier du parlement.

Charles de Gontaut, duc de Biron, pair et maréchal de France, convaincu d’intelligence avec l’étranger, eut la tête tranchée dans la cour de la Bastille, le 31 juillet 1602.

Il avait été condamné la veille. Dans cet intervalle, ses parents s’étaient adressés au roi pour demander que l’exécution eût lieu à la Bastille, afin d’épargner au maréchal la honte d’un supplice en place de Grève. Henri IV accorda cette triste faveur à Biron. Quand on lut au maréchal ce passage de la sentence : pour avoir attenté à la personne du roi : — « Il n’en est rien, s’écria-t-il, cela est faux ! ôtez cela ! » — Il répéta allant au supplice : — « À la vérité, j’ai failli ; mais pour la personne du roi, jamais ! non, jamais ! » — Quelques moments après, ses gardes consternés viennent lui baiser la main. Il monte sur l’échafaud, regarde autour de lui d’un air inquiet, cherchant la hache du bourreau qu’on cache à ses yeux. Alors un tremblement général le saisit, il tombe à genoux. Au moment où l’on s’approche du maréchal pour lui couper les cheveux, il s’écrie d’une voix tonnante : « Qu’on ne m’approche pas ! si je me mets en fougue, j’étrangle la moitié des gens qui sont ici. » — Son œil étincelant, son geste, sa menace glacent d’effroi les plus hardis. Peu à peu il se calme, se remet à genoux, et le bourreau lui abat la tête d’un seul coup.

Le roi ne se montra pas aussi sévère à l’égard des autres coupables.

Charles de Valois, comte d’Auvergne et duc d’Angoulême, un des complices du maréchal, plus coupable que Biron, eut néanmoins la vie sauve. Il était frère utérin d’Henriette d’Entragues, marquise de Verneuil, maitresse de Henri IV.

Quoique la Bastille fût affectée principalement aux prisonniers d’État, cependant le roi Henri IV y fit garder le trésor royal ; c’est ce que nous apprend le poète Regnier, dans sa treizième satire :

« Prenez-moi ces abbés, ces fils de financiers,
Dont depuis cinquante ans les pères usuriers,
Volant de toutes mains, ont mis en leur famille
Plus d’argent que le roi n’en a dans la Bastille. »

Sully nous dit dans ses Mémoires : « Vers l’an 1610 le roi avoit pour lors quinze millions huit cent soixante-dix-huit mille livres d’argent comptant dans les chambres voûtées, coffres et caques étant en la Bastille, outre dix millions qu’on avoit tirés pour bailler au trésorier de l’épargne. »

Victime de la haine du cardinal de Richelieu, le célèbre maréchal de Bassompierre fut mis à la Bastille en 1631, et n’en sortit qu’à la mort du ministre. La délivrance du maréchal inspira ces vers à un poète ; c’est Bassompierre qui parle :

« Enfin dans l’arrière-saison,
La fortune d’Armand s’accorde avec la mienne.
France, je sors de prison
Quand son âme sort de la sienne. »

Le roi Louis XIII accueillit favorablement Bassompierre et lui demanda son âge. Le maréchal, qui avait alors soixante ans, dit à sa majesté qu’il n’en avait que cinquante. Cette réponse surprenait le roi. — « Sire, » ajouta l’habile courtisan, « je retranche dix années passées à la Bastille, parce que je ne les ai pas employées au service de votre majesté. »

En 1634 on fit quelques réparations à la Bastille tant pour fortifier ce château que pour en agrandir les dépendances. Le 18 juin 1663, Nicolas Fouquet, surintendant-général des finances, accusé de concussion, fut transféré de Vincennes à la Bastille, sur un ordre du roi, contresigné Le Tellier.

La disgrâce de Fouquet nous rappelle Pellisson, dont l’infortune, moins méritée, fut supportée aussi honorablement. Lors de la chute du surintendant, Pellisson, premier commis de Fouquet, resta fidèle au malheur. Il fut mis à la Bastille ; là tous les moyens furent employés pour lui arracher les secrets de son bienfaiteur. On lui offrit sa liberté, de l’or ; Pellisson résista. Dans le même cachot fut enfermé un allemand chargé de rapporter toutes les paroles qui échappent parfois à la captivité trop confiante. Pellisson le devina et bientôt sa résignation, sa bonté gagnèrent le cœur de cet homme, qu’il réhabilita en l’associant à son infortune. À l’aide de cet agent, Pellisson répandit dans le public trois mémoires en faveur de Fouquet. Louis XIV, irrité, donna l’ordre de traiter le prisonnier avec la dernière rigueur ; l’encre et le papier qui lui servaient à défendre son ami lui furent enlevés. On lui laissa seulement quelques ouvrages des Pères de l’Église et plusieurs livres de controverse. Un basque grossier et stupide, qui tirait des sons monotones d’une musette, n’offrait au pauvre prisonnier qu’une faible distraction contre la solitude. Pellisson sut bientôt se créer une nouvelle société : dans un soupirail qui reflétait une lumière douteuse sur sa prison, une araignée avait tendu sa toile ; Pellisson résolut d’apprivoiser l’insecte. Au moment où le basque jouait de son instrument, Pellisson plaçait des mouches sur le bord du soupirail, l’araignée peu à peu s’enhardissait, et allait saisir sa proie que le prisonnier éloignait pour familiariser l’insecte. Au bout de quelques mois, l’araignée était habituée au son de la musette, et allait saisir la mouche jusque sur les genoux du prisonnier. D’autres consolations pénétrèrent dans cette triste demeure. Le public applaudissait à la noble conduite de Pellisson et de nombreux amis sollicitaient sa liberté. Louis XIV, revenu de ses préventions, finit par l’accorder. Pellisson consacra le souvenir de sa délivrance en brisant tous les ans à la même époque, les chaînes de quelques prisonniers.

L’homme au masque de fer entra à la Bastille le 18 septembre 1698, à trois heures après midi. Il portait an masque de velours noir, bien attaché sur le visage, et qu’un ressort tenait derrière la tête. Il logeait dans la tour de la Bertaudière. Sa mort arriva presque subitement le 19 novembre 1703. Il fut enseveli dans un linceul de toile neuve et enterré à Saint-Paul le lendemain, à quatre heures, sous le nom de Marchiali, en présence de M. Rosarges, major du château, et du sieur Beilh, chirurgien-major de la Bastille, qui ont signé sur les registres de Saint-Paul. Son enterrement a coûté 40 livres.

François-Marie-Arouet de Voltaire, âgé de 22 ans, fut mis à la Bastille le 17 mai 1717, pour avoir composé des poésies contre le régent et la duchesse de Berri. L’une de ces pièces avait pour titre : Puero regnante. Sorti de prison le 11 avril 1718, il fut mis de nouveau à la Bastille, le 28 mars 1726 ; voici à quelle occasion : Voltaire avait été insulté d’une manière indigne par M. de Rohan-Chabot. Il fut arrêté et conduit dans cette forteresse pour avoir cherché le moyen de se venger. À peine fut-il en prison, qu’il écrivit une lettre au ministre du département de Paris, au sujet de son incarcération. Nous nous bornerons à citer un fragment de cette lettre : « Je remontre très humblement à son excellence que j’ai été assassiné par le brave chevalier de Rohan, assisté de six coupe-jarrets, derrière lesquels il était hardiment posté. J’ai toujours cherché depuis ce temps l’occasion de réparer, non mon honneur, mais le sien, ce qui était trop difficile, etc. » Voltaire sortit de prison le 29 avril suivant.

Thomas Arthur de Lally, âgé de 61 ans, natif de Romans en Dauphiné, grand’croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, lieutenant-général des armées du roi, fut arrêté à Fontainebleau par un officier de la prévôté de l’hôtel, et conduit à la Bastille le 1er novembre 1762, en vertu d’un ordre du roi expédié par M. de Choiseul. Il fut accusé d’avoir été la cause de la perte de tous les établissements français dans l’Inde. Le parlement lui fit son procès ; il fut condamnée avoir la tête tranchée en place de Grève, par arrêt du 6 mai 1766. Le jugement fut exécuté le 9 du même mois, à cinq heures du soir. — Nous nous sommes attachés à ne citer que les principaux personnages enfermés dans cette forteresse, pour ne pas sortir des limites que nous nous sommes tracées.

Ce fut sous le règne de Louis XV que M. Phélipeaux de Saint-Florentin fit élever plusieurs bâtiments pour servir de logements aux officiers de l’état-major. La Bastille offrait un vaste édifice dont le plan aurait figuré un parallélogramme régulier, si les deux tours du milieu n’eussent formé une espèce d’avant-corps. On y comptait huit grosses tours.

Du côté de la Ville.
1o La tour du Puits ;
2o De la Liberté ;
3o De la Bertaudière ;
4o De la Bassinière.
Du côté du Faubourg.
1o La tour du Coin ;
2o De la Chapelle ;
3o Du Trésor ;
4o De la Comté.

Le nom de la première tour du côté de la ville lui vint d’un puits qui servait à l’usage des cuisines. On ignore ce qui a pu faire donner à la seconde, dite de la Liberté, un nom si peu fait pour elle. La troisième devait sans doute sa dénomination à quelque prisonnier. La quatrième était ainsi appelée, parce que M. de la Bassinière y fut enfermé en 1663. La position de la première tour du côté de la campagne, formant le coin de la forteresse, lui a sans doute fait donner cette dénomination. Le nom de la seconde lui vint de sa proximité de la chapelle, qui se trouvait sous la voute de l’ancienne porte de ville. Lors de la démolition, on y a trouvé les débris d’un autel. On avait construit une autre chapelle vis-à-vis de l’ancienne, auprès de la tour de la Liberté ; dans le mur d’un des côtés de cette chapelle, étaient pratiquées six petites niches, dont chacune ne pouvait contenir qu’un seul prisonnier, et ceux à qui l’on permettait d’y entendre la messe, n’avaient là ni air, ni jour ; on ouvrait un rideau qui couvrait une étroite lucarne vitrée et grillée, à travers laquelle on entrevoyait, comme avec une lorgnette, le prêtre officiant. Le nom de la troisième tour du même côté lui fut donné sans doute, parce que Henri IV y fit enfermer le trésor royal ; celui de la quatrième indique suffisamment son affectation.

Voici la liste des principaux gouverneurs de la Bastille à peu près depuis sa fondation : en 1385, Jean de la Personne, vicomte d’Acy ; en 1404, le sire de Saint-Georges ; en 1413, Louis de Bavière, oncle du Dauphin ; en 1416, Thomas de Beaumont ; sous Louis XI, ce poste important fut confié à Philippe l’Huillier ; en 1588, le duc de Guise, maître de Paris, nomma Bussi-Leclerc gouverneur de la Bastille ; Dubourg en était gouverneur en 1594, lors de l’entrée de Henri IV à Paris ; le roi nomma de Vic pour le remplacer ; Sully lui succéda en 1601 ; Marie de Médicis, pendant la régence, y plaça, comme capitaine, M. de Châteauvieux ; en 1617, Bassompierre, Vitry et le duc de Luynes, successivement gouverneurs, furent remplacés, d’abord par le duc de Luxembourg, puis par le maréchal de l’Hôpital ; Leclerc du Tremblay eut la garde de cette forteresse sous la Fronde ; Rouvière, fils du célèbre conseiller Pierre Broussel, lui succéda ; Baisemaux occupa ensuite cette place et la conserva jusqu’à sa mort ; il fut remplacé par le fameux Cinq-Mars ; Bernaville remplissait cette fonction en 1717. Les derniers gouverneurs de la Bastille furent Pierre Baisle, François d’Abadie, de Jumilhac, et enfin l’infortuné Jourdan de Launay. Le gouverneur de la Bastille recevait une somme proportionnée à la qualité des prisonniers : c’était un écu pour un homme sans état ; 5 livres pour un bourgeois, pour un procureur, un avocat ; la taxe d’un prêtre, d’un financier et d’un juge ordinaire, était une pistole ; d’un conseiller au parlement, 15 liv. ; d’un lieutenant-général des armées, 24 liv. ; d’un maréchal de France, 36 liv. On allouait au gouverneur dix places qui lui étaient payées, occupées ou non, sur le pied de 10 liv. par jour. Le gouvernement de la Bastille rapportait 60 000 liv. Le lieutenant du roi et tous les officiers de l’état-major avaient, ainsi que le gouverneur, la croix de Saint-Louis. Le lieutenant-général de police était le véritable chef de la Bastille ; c’était par lui que passaient tous les ordres. Quand le parlement acceptait des commissions pour juger les prisonniers, il n’était pas permis aux juges d’entrer dans le château ; c’était en dehors qu’ils tenaient leurs assises et qu’on leur amenait l’accusé.

Quelques années avant la révolution, l’avocat Linguet fut mis à la Bastille. Là, ce prisonnier s’amusait à écrire des mémoires contre le gouvernement. Un jour un homme pâle, grand et fluet, entra dans son cachot : — « Pourquoi me dérangez-vous ? » dit Linguet, avec l’accent de la colère. — « Monsieur, je suis le barbier de la Bastille », répondit le Figaro des prisonniers d’état. — « Ceci est différent, mon cher ; puisque vous êtes le barbier de la Bastille, faites-moi le plaisir de la raser ». Et Linguet se remit à écrire. Le 14 juillet 1789, le peuple se chargea de cette opération.

Le 14 août suivant, les ouvriers employés à sa démolition trouvèrent, dans la partie de la tour de la Comté, cinq boulets incrustés dans la pierre ; on a pensé qu’ils avaient été lancés en cet endroit lors de la bataille Saint-Antoine. Ces boulets ont été offerts par les architectes à M. de La Fayette. Une partie des matériaux qu’on tira de la démolition de cette forteresse servit à construire le pont Louis XVI (aujourd’hui de la Concorde).

Au sud-est de la place de la Bastille, on voit un éléphant colossal auquel se rattachent quelques souvenirs de gloire. Un décret impérial, rendu au palais des Tuileries le 24 février 1811, porte ce qui suit : « L’éléphant destiné à orner la fontaine de la Bastille sera coulé en bronze. La matière de ce monument ne sera pas comprise dans la dépense ; elle sera fournie par nos arsenaux, et notre ministre de la guerre affectera à cette destination les pièces de bronze qui ont été prises dans la campagne de Friedland. » Ce monument a été exécuté en plâtre. Il y a quelques mois, on avait projeté de nouveau de le couler en bronze et de le transporter à la place du Trône ; cet embellissement a été ajourné. — Une ordonnance royale, du 6 juillet 1831, a prescrit l’érection d’un monument funéraire en l’honneur des victimes des trois journées. La première pierre a été posée par le roi, le 27 du même mois. La colonne de juillet est d’ordre corinthien ; des inscriptions, des palmes, des couronnes d’immortelles, des rameaux de chêne, les armes de la Ville, le coq gaulois et le lion, symbole astronomique du mois de juillet, ornent le piédestal. Sur le fût, divisé en trois parties, sont gravés en lettres d’or les noms des victimes. Le chapiteau supporte une statue exécutée par M. Dumont : c’est le génie de la Liberté tenant un flambeau d’une main, des fers brisés dans l’autre, et déployant ses ailes. On monte deux cent quarante marches pour arriver au sommet. Enfin, tout le bronze employé présente une masse effrayante de 179 500 kilogrammes. À partir du sol jusqu’au flambeau que tient la statue, le monument a 50 m. 33 c. de hauteur. Les plans sont de M. Alavoine ; M. Barye a modelé les coqs et le lion du piédestal ; les pièces ornées de la colonne sortent des ateliers de MM. Ingé et Soyer. Le chapiteau seul pèse 12 000 kilogrammes. Les forges de Fourchambault ont fourni les tambours-lisses qui sont fort remarquables par leur précision ; M. Saulnier, mécanicien, en a fait l’ajustage et la pose. Le monument a été terminé au commencement de 1840, et le 29 juillet de la même année les cendres des victimes furent placées sous la colonne, dans les caveaux construits à cet effet.

La seconde porte Saint-Antoine était située au-delà des fossés de la Bastille. On la construisit sous Henri II, afin d’enfermer la forteresse dans Paris. Ce fut également sous ce règne qu’on décora cette porte d’un arc-de-triomphe dont les sculptures étaient du célèbre Jean Goujon. Sous cette porte, le duc d’Anjou, depuis Henri III, fit son entrée triomphale à l’occasion de son élection au trône de Pologne. La porte Saint-Antoine fut restaurée et agrandie dans les années 1670 et et 1671, par l’architecte Blondel. Des lettres-patentes du mois de mai 1777 ordonnèrent la démolition de cette porte, qui gênait la circulation dans ce quartier populeux. L’emplacement qu’elle occupait forme également aujourd’hui une partie de la place de la Bastille. — Une ordonnance royale, en date du 24 septembre 1836, a déterminé les alignements de cette voie publique.


Basville (rue de).

Commence à la cour Lamoignon, no 11 ; finit à la cour Harlay, no 18. Pas de numéro. — 11e arrondissement, quartier du Palais-de-Justice.

Cette rue, ou plutôt ce passage a été ouvert sur l’emplacement de la basse-cour de l’ancien hôtel du baillage, laquelle était comprise dans la concession faite par le roi à M. de Lamoignon, suivant bail à cens du 26 février 1671, confirmé par lettres-patentes du même mois. Cette concession avait été faite à la charge d’établir diverses cours, galeries, ouvertures, etc.

Dans un procès-verbal d’expertise, dressé le 17 juin 1682 pour la réception des travaux et constructions imposés au concessionnaire, on lit ce qui suit : « Avons trouvé que ladite tour de la connestablie a esté percée et ouverte conformément audit contrat, au droit de la quelle gallerie pour passer en celle du pallais a esté fait de neuf une grande arcade de pierre de taille entre la dite tour au-dessus et au travers de la court basse du dit hostel du bailliage, et au-dessus de laquelle arcade a esté fait des petits logements et boutiques servans de continuation à la dite gallerie jusques à la dite tour de la connestablie, et la quelle voûte a esté posée sur un gros mur basty de pierres de taille, sous la quelle haute gallerie avons aussi trouvé qu’il a été observé au rez-de-chaussée de la dite grande court, deux passages pour la commodité du public, dont l’un du costé des maisons de la rue du Harlay pour entrée de la dite grande court dans la rue de La Moignon, et par l’autre bout vers la court basse du dit hostel du bailliage, une petite rue appelée la rue de Basville, pour communiquer de la petite place au bout de la rue de La Moignon, dans ladite grande court, les quelles rues et petites places sont pavées de gros pavez de grais, et à cet égard y a esté satisfait. »

La rue de Basville doit son nom à Guillaume de Lamoignon, seigneur de Basville, né en 1617, nommé premier président du parlement en 1658, et mort en 1677.

D’après l’ordonnance royale du 26 mai 1840, qui a déterminé le nouveau périmètre du Palais-de-Justice, la rue de Basville doit être supprimée, et son emplacement sera confondu dans l’enceinte dudit palais. Le passage dans la cour Harlay est déjà intercepté.


Batailles (rue des).

Commence à la rue Gasté et à celle de Longchamp, no 1 ; finit au chemin de ronde de la barrière Sainte-Marie. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 635 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Il est nécessaire, pour bien comprendre l’origine de cette voie publique, de la diviser en deux parties. La première, qui prend naissance à la rue de Longchamp et finit à celle de Magdebourg, n’était anciennement qu’un chemin qui faisait partie du village de Chaillot, dont nous parlerons à la grande voie publique qui en a conservé la dénomination. Un plan moderne indique aussi cette portion de rue sous le nom de Marle. — Une décision ministérielle à la date du 3 vendémiaire an X, signée Chaptal, a fixé sa moindre largeur à 12 m. Les maisons nos 5, 7, 9, 11, partie du no 17, 21, 23 ; 8, 8 bis, 10, 14, 18 et 20, sont alignées. Les propriétés nos 1, 12 et 16 devront, pour exécuter l’alignement, avancer sur leurs vestiges actuels. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

La deuxième partie, qui n’est pas encore construite, a été tracée, il y a quelques années, sur remplacement de la ruelle Sainte-Marie et de la communauté du même nom. Nous donnons ici l’historique de la maison religieuse de la Visitation-de-Sainte-Marie :

Elle fut fondée par Henriette de France, fille de Henri IV et veuve de Charles Ier, roi d’Angleterre. Cette princesse obtint, par lettres-patentes registrées au parlement le 19 janvier 1652, l’autorisation nécessaire pour établir un couvent de la Visitation dans la paroisse de Chaillot. Elle fit en conséquence l’acquisition d’une grande maison bâtie par la reine Catherine de Médicis, et qui avait appartenu, après la mort de la veuve de Henri II, au maréchal de Bassompierre. Ce fut dans cette communauté que Bossuet prononça, le 16 novembre 1669, en présence des principaux seigneurs de la cour, l’oraison funèbre de la reine d’Angleterre. En 1704, Nicolas Frémond, garde du trésor royal, fit rebâtir entièrement l’église. Cette maison religieuse fut supprimée en 1790. Une partie de ses biens fut vendue. On projeta sous l’empire de construite sur l’emplacement de cette ancienne communauté un palais destiné au roi de Rome. Les malheurs de la dynastie impériale empêchèrent l’exécution de ce projet. On a prolongé, comme nous l’avons dit plus haut, la rue des Batailles sur cet emplacement ; quelques avenues ont été également tracées ; et l’État loue à divers particuliers les terrains qui les avoisinent.


Batave (cour).

Située rue Saint-Denis, no 124 — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Elle a été ouverte sur remplacement de l’église et dépendances de la confrérie du Saint-Sépulcre, dont nous traçons ici l’origine. Quelques fidèles, de retour d’un pélerinage à Jérusalem, se formèrent en confrérie au commencement du XIVe siècle. Louis de Bourbon, comte de la Marche et de Clermont, leur donna 200 livres parisis au mois de janvier 1325. Le derniers jour d’octobre de la même année, ils achetèrent dans la rue Saint-Denis, de Jean Chaumont, de Garmont de Saint-Quentin et de Jeanne-la-Maupetite, l’emplacement nécessaire pour bâtir une église. La première pierre de cet édifice fut posée le 18 mai 1326, par l’archevêque d’Auch, assisté des évêques d’Amiens, d’Autun, de Tréguier et de Mende. Cette cérémonie eut lieu en présence de Louis de Bourbon, de Clémence, reine de France, d’Isabelle, reine d’Angleterre, et de Blanche de Bretagne, veuve de Philippe d’Artois. Cette confrérie, autorisée en 1329 par lettres du roi Philippe VI, lutta longtemps avec le chapitre de Saint-Merri et celui de Notre-Dame. L’église, dédiée en 1526, ne fut entièrement terminée qu’en 1655. Le portail, historié avec goût, était une œuvre remarquable. Les bâtiments de l’ancienne confrérie du Saint-Sépulcre devinrent en 1790 propriétés nationales et furent vendus le 2 juillet 1791. L’acquéreur céda sa propriété à une compagnie hollandaise ou batave, qui fit construire les bâtiments de cette cour et une partie du passage, sous la direction des architectes Sobre et Happe. Les constructions étaient achevées en 1795. — Éclairage au gaz (compe Française).


Battoir-Saint-André (rue du).

Commence à la rue Hautefeuille, nos 10 et 12 ; finit à la rue de l’Éperon, no 9. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 152 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Guillot, dans son Dit des rues de Paris, composé vers l’année 1300, la nomme rue de la Plâtrière. Dans plusieurs titres de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, et notamment dans un terrier de 1523, elle est désignée sous le nom de Haute-Rue, dite du Battouer, autrement la Vieille-Plâtrière. Dans les lettres d’amortissement de l’hôtel des religieux de Vendôme, elle est indiquée sous la même dénomination de Vicus Alius. Le nom de rue du Battoir, qui lui fut donné peu de temps après, lui vient d’une enseigne. — Une décision ministérielle du 23 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons nos 4, 6, 8, 10 et 18 ne sont pas soumises à retranchement. Celles nos 2 et 12 ne sont assujetties qu’à un faible redressement. — Conduite d’eau depuis la rue Hautefeuille jusqu’à la borne fontaine.


Battoir-Saint-Victor (rue du).

Commence à la rue du Puits-l’Hermite, no 2 ; finit à la rue Copeau, nos 1 et 3 : Le dernier impair est 13 ; pas de numéro pair ; ce côté est bordé par les bâtiments de la Pitié. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

On ne commença à bâtir sur le clos du Chardonnet que sous le règne de François Ier. L’abbé et les religieux de Sainte-Geneviève donnèrent d’abord une grande partie de ce clos aux sieurs d’Albiac et René d’Ablon. Ce dernier fit ouvrir des rues en 1540 et construire vingt-quatre maisons, puis céda le reste à cens à divers particuliers. Ce territoire reçut d’abord le nom de Villeneuve-Saint-René, et depuis on en fit un bourg dans lequel le fief d’Albiac se trouva enclavé. Ce terrain comprenait tout l’espace borné par les rues du Jardin-du-Roi, d’Orléans, Mouffetard et Copeau. Un des chemins qui traversait ce bourg se nommait en 1588 rue Neuve-Saint-René. Une enseigne, en 1603, lui fit prendre le nom de rue du Battoir. Jusqu’en 1782, la rue du Battoir commençait à la rue Copeau et aboutissait à la rue d’Orléans. En vertu des lettres-patentes du 22 août 1782, registrées au parlement le 3 septembre de la même année, la partie de la rue du Battoir située entre la rue du Puits-l’Hermite et celle d’Orléans, fut supprimée et affectée à l’agrandissement de l’hôpital de la Pitié. — Une décision ministérielle à la date du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé à 7 m. la largeur de la rue du Battoir. La maison située à l’encoignure de la rue du Puits-l’Hermite et les bâtiments de la Pitié sont à l’alignement ; les autres propriétés devront reculer de 1 m. 06 c. à 1 m. 60 c. — Conduite d’eau.


Baudoyer (place).

Commence aux rues du Pourtour, no 1, et de la Tixéranderie, no 92 ; finit aux rues des Barres, no 17, et Saint-Antoine, no 1. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 6. — Les numéros impairs sont du 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean ; et les pairs du 9e, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Cette place doit son nom à la première porte Baudoyer qui était située dans la rue Saint-Antoine, entre les rues Geoffroy-Lasnier et de Jouy. Une seconde porte du même nom fut construite sous Philippe-Auguste, entre la maison professe des Jésuites et la rue Culture-Sainte-Catherine. — L’abbé Lebœuf pense que la porte Baudoyer tire sa dénomination de Baudacharius (défenseur de Paris), officier ou magistrat dont les fonctions étaient très importantes et dont le nom se trouve inscrit dans le testament d’une dame Hermentrude, de l’an 700. Ainsi, de Baudacharius on a fait, par contraction, Baudarius, Baudaire, Baudaier ; de ce dernier nom est venu Baudoyer, qu’on lit dans une charte de Charles V, en 1336. — Deux ordonnances royales, en date des 4 mars 1836 et 4 août 1838, ont déterminé les alignements de cette place. Les maisons du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de·50 c. à 1 m. 50 c. ; celles du côté opposé sont alignées. — Égout et conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Baudroirie (impasse de la).

Située dans la rue de la Corroierie, entre les nos 3 et 5. Pas de numéro. Sa longueur est de 18 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Cette impasse, connue dès l’année 1300, a pris sa dénomination des corroyeurs qui vinrent l’habiter. En effet, le nom de Baudroyers était donné aux marchands ou apprêteurs de cuirs. — Une décision ministérielle, à la date du 16 floréal an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette impasse à 6 m. La maison située sur le côté droit, à l’encoignure de la rue de la Corroierie, est alignée.


Bayard-Champs-Élysées (rue de).

Commence au quai de la Conférence ; finit à l’allée des Veuves, nos 50 et 52. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 285 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

En vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1823, une compagnie, représentée par M. Constantin, a été autorisée à ouvrir sur ses terrains : 1o deux rues de chacune 14 m. 60 c. de largeur ; 2o une place circulaire de 40 m. 90 c. de diamètre. Cette autorisation a été accordée aux conditions suivantes : de fournir gratuitement le terrain nécessaire auxdites rues et place ; de faire les frais du premier pavage et éclairage ; de pratiquer, sur les côtés des nouvelles voies ouvertes, des trottoirs en dalles, et en outre de se soumettre aux lois et règlements sur la voirie de Paris, etc. — Cette ordonnance fut immédiatement exécutée : les deux rues ont reçu les noms de Bayard et de Jean-Goujon ; la place celui de François Ier. — Pierre du Terrail, seigneur de Bayard, né en 1476, au château de Bayard, dans la vallée de Grésivaudan, fut blessé à mort le 30 août 1524, au passage de la Sésia. Ce héros, surnommé à juste titre le Chevalier sans peur et sans reproche, fut inhumé à Grenoble, dans l’église des Minimes. — Il existe une conduite d’eau dans la rue de Bayard.


Bayard-Grenelle (rue de).

Commence à la rue Kléber, finit à la rue Duguesclin. Pas de numéro. Sa longueur est de 116 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Cette communication existait dès 1789, mais elle n’avait point alors de dénomination. À cette époque elle débouchait sur la place Dupleix. — Cette voie publique n’a été alignée qu’en 1816, par décision ministérielle du 31 août, qui fixe sa largeur à 10 m. Immédiatement après elle a reçu le nom de Bayard (voyez l’article précédent). — Les constructions riveraines ne sont soumises qu’à un faible retranchement.


Beaubourg (rue).

Commence aux rues Maubué, no 2, et Simon-le-Franc, no 22 ; finit aux rues Grenier-Saint-Lazare, no 1, et Michel-le-Comte, no 39. Le dernier impair est 65 ; le dernier pair, 64. Sa longueur est de 282 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Au commencement du XIe siècle, quelques paysans vinrent bâtir en cet endroit plusieurs chaumières, dont le nombre augmenta rapidement. Ces habitations formèrent, vers le milieu du XIIe siècle, un village assez étendu auquel on donna bientôt le nom de Beau-Bourg. Ce bourg comprenait l’espace aujourd’hui limité par les rues Maubué, Grenier-Saint-Lazare, Saint-Martin et Sainte-Avoie. Ce territoire fut en partie renfermé dans Paris, sous Philippe-Auguste, par la nouvelle enceinte bâtie de 1190 à 1210. La moitié de cette rue, qui était dans la capitale, se nommait alors rue de la Poterne, en raison d’une des portes de la ville qu’on voyait dans cette voie publique, entre les rues Grenier-Saint-Lazare et Michel-le-Comte. L’autre moitié de cette voie publique, qui se trouvait hors Paris, avait la dénomination de rue outre la poterne Nicolas-Hydron. — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la moindre largeur de la rue Beaubourg à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 22 mai 1837. — Les maisons situées aux quatre encoignures de la rue de Rambuteau et la propriété no 45, sont à l’alignement. — Conduite d’eau depuis la rue Maubué jusqu’à celle du Maure. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Beauce (rue de).

Commence à la rue d’Anjou, nos 8 et 10 ; finit aux rues de la Corderie, no 18, et de Bretagne, no 2. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 135 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Cette rue, tracée en 1626, sur la culture du Temple, fut achevée en 1630. Son nom rappelle une des provinces les plus fertiles de la France. Une décision ministérielle du 4 floréal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur est portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835. Depuis 1832, elle est fermée par des grilles. Sa largeur actuelle n’est que de 3 m. 50 c. environ. La propriété no 10 n’est soumise qu’à un retranchement de 30 c. réduits. — Conduite d’eau depuis la rue de Bretagne jusqu’à la borne-fontaine.


Beauce (rue Jean-de-).

Commence à la rue de la Petite-Friperie, no 1 ; finit à la rue de la Cordonnerie, nos 1 et 3. Le dernier impair est 3 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 36 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Le premier acte qui constate l’existence de cette rue est de 1320 ; nous croyons néanmoins sa construction antérieure à cette époque. Son emplacement était occupé par des Juifs durant les premières années du règne de Philippe-Auguste. Elle doit son nom à un boucher, qui y fit construire un étal. Il n’existe pas d’alignement pour cette voie publique, dont la largeur actuelle varie de 4 à 6 m. — Conduite d’eau depuis la rue de la Petite-Friperie jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).


Beaucourt (impasse).

Située dans la rue du Faubourg-du-Roule, no 94. Pas de numéro. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette impasse a été formée en 1825, sur des terrains appartenant à M. Beaucourt. Elle n’est point reconnue voie publique par l’administration.


Beaufort (impasse).

Située dans le passage du même nom, no 2. Pas de numéro. Sa longueur est de 40 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

On la nommait anciennement ruelle derrière Saint-Leu et Saint-Gilles. Elle tire son nom actuel de l’hôtel Beaufort, qu’on y voyait en 1575. Cette impasse n’a jamais été alignée ; sa largeur est de 3 m. environ. — La prison Saint-Magloire, située à l’angle du passage, a été vendue par le domaine de l’État, le 21 vendémiaire an VI.


Beaufort (passage).

Commence à la rue Quincampoix, no 63 ; finit à la rue Salle-au-Comte, entre les nos 8 et 10. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Même étymologie que l’article qui précède.


Beaujolais (passage de).

Commence à la rue de Beaujolais, no 48 ; finit à celle de Richelieu, no 52. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Ce passage, construit en 1812, a pris le nom de la rue dans laquelle il débouche.


Beaujolais au Marais (rue de).

Commence à la rue de Bretagne, nos 48 et 50 ; finit à la place de la Rotonde-du-Temple, no 1, et à la rue du Forez, no 1. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 83 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Ouverte en 1626, sur la culture du Temple, elle prit le nom d’une de nos provinces de France. Elle était entièrement construite en 1630. — « Séance du 12 thermidor an VI de la république française, une et indivisible. L’administration centrale du département arrête : que la rue dite de Beaujolais, près celle de Bretagne, 6e arrondissement municipal, prendra le nom de rue des Alpes. » Par décision ministérielle du 5 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, la largeur de cette voie publique fut fixée à 8 m. Un arrêté préfectoral du 27 avril 1814 lui rendit sa première dénomination. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, sa largeur a été portée à 10 m. Les maisons du côté des numéros pairs sont alignées ; celles du côté des numéros impairs devront subir un retranchement de 4 m. 30 c. — Conduite d’eau depuis la rue de Bretagne jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Beaujolais-Palais-Royal (rue de).

Commence à la rue de Valois, nos 43 et 48 ; finit à la rue de Montpensier, nos 38 et 41. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 128 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Elle a été ouverte en 1784, sur une partie de l’emplacement du jardin du Palais-Royal. Elle fut exécutée sur une largeur de 8 m. 78 c., et reçut la dénomination de passage Beaujolais, en l’honneur du comte de Beaujolais, fils du duc d’Orléans. — « L’administration centrale du département de la Seine, lecture faite des pétitions qui lui ont été adressées, afin de changer la dénomination de certaines rues dans Paris ; voulant effacer tout ce qui tend à perpétuer la mémoire des cy-devant princes ; ouï le commissaire du Directoire Exécutif ; arrête que la rue de Beaujolais, quartier du Palais-Égalité, prendra le nom de rue d’Arcole. Fait au département, le 2 thermidor an VI. » Cette dénomination avait pour but d’éterniser le souvenir de la célèbre bataille d’Arcole, gagnée sur les Autrichiens, le 25 brumaire an V (15 novembre 1796). — Un arrêté préfectoral, en date du 27 avril 1814, rendit à cette rue son premier nom. Par une ordonnance royale du 22 août 1840, la largeur de 8 m. 78 c. a été maintenue. — Égout depuis la rue du Perron jusqu’à celle de Montpensier. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Beaujolais-Saint-Honoré (rue de).

Commence à la rue de Chartres, nos 23 et 23 bis ; finit à la rue de Valois, nos 2 et 4. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 37 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Des lettres-patentes, à la date du 16 décembre 1779, registrées au parlement le 31 du même mois, ordonnèrent de transférer l’hôpital royal des Quinze-Vingts, situé rue Saint-Honoré, dans l’hôtel des mousquetaires noirs de la rue de Charenton. Ces mêmes lettres-patentes autorisèrent le cardinal de Rohan, grand-aumônier de France et supérieur immédiat dudit hôpital, à vendre tous les terrains et bâtiments formant l’enclos de cet établissement. Les acquéreurs des terrains étaient tenus d’ouvrir les rues et passage désignés au plan arrêté par le roi ; ce plan tracé par M. Lenoir, architecte, indiquait cinq rues sous les dénominations de Beaujolais, de Chartres, Montpensier, Rohan et Valois ainsi qu’un passage entre les rues Rohan et Saint-Nicaise. Lors de l’exécution, quelques changements furent faits à ce plan ; le passage dut être supprimé, et l’on forma la rue des Quinze-Vingts. À l’égard de la voie publique qui fait l’objet du présent article, elle fut tracée le 3 juillet 1781, conformément au plan de M. Lenoir, et sur une largeur de 18 pieds. Dans la partie débouchant sur la rue de Valois, elle forme un passage dont la largeur est de 3 m. 60 c.

Le nom de Beaujolais lui a été donné en l’honneur du comte de Beaujolais, fils du duc d’Orléans. — En vertu d’un arrêté de l’administration centrale du département de la Seine à la date du 12 thermidor an VI, elle prit la dénomination de rue Hoche, en mémoire du célèbre Lazare Hoche, né à Montreuil, près Versailles, le 24 février 1768, mort le 15 septembre 1797. Son titre le plus glorieux à la reconnaissance de sa patrie est la pacification de la Vendée. — Une décision ministérielle, en date du 3 messidor an IX, signée Chaptal, a porté à 7 m. la largeur de cette voie publique, dans toute son étendue. Conformément à un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, elle reprit sa première dénomination. Les maisons nos 2 et 4 ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue de Chartres jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Beaujon (hôpital).

Situé dans la rue du Faubourg-du-Roule, no 54. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

« Louis, etc. Le sr Nicolas Beaujon, notre conseiller d’État, trésorier, commandeur de notre ordre militaire de Saint-Louis, notre conseiller, secrétaire, maison, couronne de France, et de nos finances, receveur général de nos finances de la généralité de Rouen, nous a très humblement fait représenter qu’ayant formé depuis longtemps le projet d’établir et fonder dans la paroisse de Saint-Philippe-du-Roule, dont les besoins lui sont connus, un hospice pour y faire nourrir et instruire vingt-quatre pauvres enfants, orphelins, ou autres, natifs de ladite paroisse, moitié garçons et moitié filles, dans lequel hospice, les habitants de cette même paroisse pourront envoyer leurs enfants pour y être instruits gratuitement, et trouveront dans la chapelle d’icelui en cas de nécessité, le secours de messes et offices, lorsqu’ils ne pourront se rendre à l’église paroissiale déjà trop peu spacieuse ; et désirant former cet utile établissement d’une manière solide et durable, dont les moyens nous ont été présentés dans un projet d’acte de fondation attaché sous le contre-scel des présentes ; il nous a fait supplier de l’autoriser à effectuer ladite fondation, et à donner audit projet la forme authentique et stable qu’il ne peut avoir sans nos lettres-patentes sur ce nécessaires ; à ces causes et autres à ce nous mouvant, vu ledit projet d’acte de fondation, attaché sous le contre-scel des présentes, et voulant marquer audit sieur Beaujon, dont l’attachement et le zèle au bien de notre service nous sont connus depuis longtemps, la satisfaction que nous avons du noble et pieux dessein qu’il a conçu pour un établissement si digne de notre protection, nous avons de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, dit, statué et ordonné, disons, statuons et ordonnons, nous plait ce qui suit : Art. 1er. Avons permis et permettons, par ces présentes, audit sieur Beaujon, d’établir et fonder à perpétuité, dans la paroisse de Saint-Philippe-du-Roule, de notre bonne ville de Paris, sur le terrain où sont établis actuellement les bâtiments et jardins, clos de murs, situés dans la grande rue du Faubourg-du-Roule, un hôpital ou hospice pour entretenir et faire instruire vingt-quatre pauvres enfants de ladite paroisse, dont douze garçons et douze filles, choisis par préférence parmi ceux orphelins etc… Art. 3. Autorisons le sieur Beaujon à faire devant notaire et tous notaires passer acte, sous l’acceptation des administrateurs, contenant donation entre-vifs, audit hospice pour l’établissement et dotation d’icelui, tant de la chapelle Saint-Nicolas que le sieur Beaujon a fait construire au faubourg du Roule, vis-à-vis les bâtiments dudit hospice, vases et ornements d’icelle, que des bâtiments, jardin et terrains, clos de murs, le tout établi sur les terrains acquis par ledit sieur Beaujon du sieur baron d’Arcy, par deux contrats des 23 juillet 1783 et 1er août 1784, ensemble de 25 000 liv. de rente, au principal de 625 000 liv. à prendre dans celle créée à 4 pour cent sur nos aides et gabelles, et nos autres revenus au profit du sieur Beaujon, etc. — Donné à Versailles au mois de mai de l’an de grâce 1785. — Signé Louis. »

Cet hospice fut construit par l’architecte Girardin. — Un décret de la Convention, du 17 janvier 1795, changea la destination de cet hospice ; cette maison fut alors désignée sous le titre d’hôpital du Roule et affectée aux malades. Le conseil-général des hospices, par un respect fort bien entendu pour la mémoire du fondateur, fit rendre à cet établissement le nom de Beaujon. Cet hôpital est desservi depuis 1813 par les sœurs de Sainte-Marthe. La proportion générale de la mortalité qui était dans cet hôpital d’environ 1 sur 6 malades il y a vingt ans, n’a été que de 1 sur 7,06 en 1833 ; 1 sur 7,46, en 1834, et 1 sur 8,28, en 1835.


Beaumarchais (boulevart de).

Commence à la rue Saint-Antoine, no 223, et au quai de Valmy, no 1 ; finit à la rue du Pont-aux-Choux, no 1. Le dernier impair est 85 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 780 m. — 8e arrondissement ; les numéros impairs sont du quartier du Marais ; les numéros pairs, depuis le quai de Valmy jusqu’à la rue Daval, dépendent du quartier du Faubourg-Saint-Antoine ; le surplus est du quartier Popincourt.

La formation de ce boulevart a été ordonnée par un arrêt du conseil en date du 7 juin 1670. On lui donna le nom de boulevart Saint-Antoine, parce qu’il commençait à la porte ainsi appelée. — « Paris, le 22 janvier 1831. Monsieur le préfet, par votre lettre du 10 courant et d’après la demande que vous ont adressée plusieurs propriétaires, vous proposez de donner le nom de Beaumarchais au boulevart Saint-Antoine. Il résulte de l’enquête faite à ce sujet, par le maire du 8e arrondissement, que cette mesure n’a rencontré aucune opposition. D’après ces considérations, je vous autorise à substituer le nom de boulevart Beaumarchais à celui de boulevart Saint-Antoine. Recevez, etc. Le ministre secrétaire-d’État de l’intérieur, signé Montalivet. » Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, auteur du Barbier de Séville, du Mariage de Figaro et de la Mère coupable, naquit à Paris, le 24 janvier 1732. Il mourut le 19 mai 1799.

Beaumarchais s’était rendu propriétaire, suivant adjudication faite le 26 juin 1787, par le bureau de la Ville, d’une maison et dépendances contenant 4 000 m. environ de superficie. Cette propriété comprenait tout l’espace alors limité par la rue Daval, le boulevart, la rue Amelot et la place Saint-Antoine. Elle fut rachetée par la Ville, moyennant 508 300 fr., le 28 mai 1818, de M. Delarue, et d’Amélie-Eugénie Caron de Beaumarchais, son épouse, pour faciliter l’ouverture du canal Saint-Martin. Sur le terrain restant, on construisit un grenier à sel qui fut abattu en 1841. La ville de Paris a vendu en six lots, le 1er juillet 1842, les terrains sur lesquels s’élevait cet établissement remplacé aujourd’hui par les maisons portant les nos 10, 12, 14, 16, 18, 20 et une partie du no 22. L’emplacement non bâti devra recevoir les nos 6 et 8. — Une ordonnance royale du 8 juin 1834, a déterminé pour le boulevart Beaumarchais un alignement d’après lequel les maisons nos 1, 3 et 5 sont soumises à un fort retranchement ; les propriétés portant les nos 27, 31, 33, 37, 43, 47, 49, 51, ne devront subir qu’un léger redressement ; le surplus n’est pas soumis à retranchement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz depuis la rue Saint-Antoine jusqu’à celle du Pas-de-la-Mule (compe Parisienne) ; pour le surplus (compe Lacarrière).

Au mois d’avril 1843, une enquête a été ouverte à la mairie du 8e arrondissement, sur le projet de suppression et d’aliénation des contr’allées des boulevarts de Beaumarchais et des Filles-du-Calvaire, depuis la rue Daval jusqu’à celle de Ménilmontant.


Beaumarchais (théâtre de).

Situé boulevart du même nom. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Ce théâtre, construit en quarante-trois jours, a été inauguré le 3 décembre 1835. Il porta d’abord le nom de théâtre de la Porte-Saint-Antoine. On y représente des drames et des comédies-vaudevilles.


Beaune (rue de).

Commence au quai de Voltaire, nos 23 et 25 ; finit à la rue de l’Université, nos 38 et 42. Le dernier impair est 39 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 215 m. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Cette rue a été ouverte sur une largeur de 7 m. 70 c. En 1640, elle s’appelait rue du Pont, parce qu’elle aboutissait au pont Barbier, communément appelé Pont-Rouge ; depuis elle a toujours été nommée rue de Beaune. La largeur de 7 m. 70 c. a été maintenue par une décision ministérielle du 28 vendémiaire an X, signée Chaptal. Les maisons nos 9, 37, 39, celle qui est située sur le côté des numéros pairs, à l’encoignure droite de la rue de Lille, et la propriété no 10, ont été reconstruites, depuis quelques années, d’après un alignement qui assigne à la rue de Beaune une largeur de 10 m. Les autres constructions de cette voie publique devront, pour exécuter cet alignement, reculer de 1 m. 15 c. — Égout depuis la rue de Lille jusqu’à celle de l’Université. — Conduite d’eau entre la rue de l’Université et les deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Française).


Beauregard-des-Martyrs (rue).

Commence à l’avenue Trudaine ; finit au chemin de ronde de la barrière Rochechouart. Pas de numéro. Sa longueur est de 133 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Le plan de Verniquet l’indique comme un chemin sans dénomination. Placée sur un des points culminants de la capitale, cette voie publique a reçu le nom de rue Beauregard. Une décision ministérielle, à la date du 21 mai 1821, fixa la largeur de cette rue à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 23 août 1833, cette largeur est portée à 12 m. — Les constructions qui bordent cette voie publique sont à l’alignement.


Beauregard-Poissonnière (rue).

Commence à la rue Poissonnière, nos 16 et 18 ; finit au boulevart Bonne-Nouvelle et à la rue de Cléry, no 97. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 62. Sa longueur est de 274 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

On la connaissait sous ce nom dès le XVIe siècle. — Une décision ministérielle du 3 vendémiaire an X, signée Chaptal, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m. par une ordonnance royale du 21 juin 1826.

Voici la situation des propriétés riveraines par rapport à l’alignement : no 1, retranchement 30 c. ; de 3 à 9, retranchement 26 c. ; nos 11 et 13, alignés ; no 15, retranchement réduit 30 c. ; 17 et 19, retranchement réduit, 80 c. ; terrain entre l’église et le no 25, retranchement réduit, 1 m. 50 c. ; no 25, retranchement réduit 2 m. ; no 27, retranchement réduit 2 m. 20 c. ; de 29 à 35, retranchement 1 m. 30 c. à 2 m. ; no 37, retranchement réduit 2 m. 50 c. ; no 39, retranchement réduit 3 m. ; de 41 à 45, retranchement 3 m. 25 c. à 4 m. 50 c. ; la maison no 47 doit être supprimée ; no 2, aligné ; de 4 à 28, retranchement 1 m. 42 c. à 1 m. 90 c. ; de 30 à 42, retranchement 1 m. 80 c. à 2 m. ; no 44, retranchement réduit 1 m. 70 c. ; no 46, retranchement réduit 1 m. 10 c. ; 48, retranchement réduit 50 c. ; 50 et 52, retranchement réduit 25 c. Une partie de la propriété no 54 doit être supprimée pour la formation du pan coupé à l’angle des rues Beauregard et de Cléry. L’emplacement actuel des maisons nos 56, 58, 60 et 62 sera réuni à la voie publique. — Conduite d’eau depuis la rue Notre-Dame-de-Recouvrance jusqu’à la rue de Cléry. — Éclairage au gaz (compe Française).


Beaurepaire (rue).

Commence à la rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, nos 9 et 11 ; finit à la rue Montorgueil, nos 88 et 90. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 118 m. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Cette rue, qui existait déjà en 1255, se trouve indiquée dans les cartulaire de l’évêché de cette année sous la dénomination de Bellus Locus. On la trouve aussi dans un acte de 1258, sous le nom de vicus qui dicitur Bellus Reditus. En 1313 cette rue avait changé son nom latin et pris celui de Beaurepaire, qui signifie également belle demeure, belle retraite. — Une décision ministérielle du 29 nivôse an VIII, signée L. Bonaparte, et une ordonnance royale du 21 juin 1826, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 5, 7, 9, 2 et 34 sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue Montorgueil. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (Compe Française).


Beausire (impasse Jean-).

Située dans la rue de ce nom. Les numéros continuent la série de ceux de la rue Jean-Beausire. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 37 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Sa largeur actuelle est de 7 m. 50 c. (Voyez l’article qui suit.)


Beausire (rue Jean-).

Commence à la rue Saint-Antoine, nos 217 et 219 ; finit au boulevart de Beaumarchais, nos 15 et 17. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 130 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Cette voie publique forme retour d’équerre. — Au XIVe siècle elle s’appelait rue d’Espagne. Le plan de Boisseau lui donne le nom de rue du Rempart. En 1538 on commençait à la désigner sous la dénomination de Jean-Beausire. — Deux arrêts du conseil, des 10 avril et 16 août 1672, ordonnèrent que la partie de la rue Jean-Beausire prenant naissance à la rue Saint-Antoine, serait prolongée jusqu’à la rue Saint-Gilles, sur une largeur de 4 toises et demie. Ce prolongement fut immédiatement commencé ; mais vers 1685 on jugea convenable d’en suspendre l’exécution. Cette partie non achevée a reçu depuis le nom d’impasse Jean-Beausire. — Une ordonnance royale, en date du 16 novembre 1836, a fixé la largeur de la rue Jean-Beausire à 10 m. La maison située sur le côté droit, à l’encoignure de la rue Saint-Antoine, et celle qui porte le no 4, sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Antoine.


Beautreillis (rue).

Commence à la rue des Lions, nos 2 et 4 ; finit à la rue Saint-Antoine, nos 186 et 188. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 231 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Les rues Beautreillis et Gérard Beauquet n’ayant plus aujourd’hui qu’une seule et même dénomination, nous allons tracer l’historique de chacune de ces voies publiques, en commençant par la rue Beautreillis. C’est à tort que plusieurs auteurs ont avancé que cette rue fut percée en 1551. Au mois de décembre 1548, le roi Henri II ordonna l’aliénation de l’hôtel Beautreillis. Le 12 avril de l’année suivante, le parlement jugea qu’il était nécessaire de faire une information préalable à ce sujet. On voit par le procès-verbal dressé le 3 avril 1554 que cet hôtel, construit en 1519 sur l’emplacement d’une partie de la maison royale de Saint-Paul, tombait déjà en ruine, et qu’il était utile qu’une rue fût ouverte sur son jardin. Ce percement fut effectué en 1555, et l’on donna à la nouvelle rue le nom de l’hôtel qu’on avait démoli. Cet hôtel avait lui-même pris sa dénomination d’une belle treille qui faisait le principal ornement du jardin de l’hôtel royal de Saint-Paul. — Une décision ministérielle du 13 ventôse an VII, signée François de Neufchâteau, avait fixé à 8 m. la largeur de cette rue et de celle Gérard-Beauquet. Une ordonnance royale du 10 mars 1836 a porté la largeur de ces deux voies publiques à 10 m. — La rue Gérard-Beauquet n’était pas distincte, dans le principe, de la rue Beautreillis. Elle fut plus tard nommée rue du Pistolet, enfin rue Gérard-Beauquet. Elle dut sa dernière dénomination à un des acquéreurs des terrains de l’hôtel royal de Saint-Paul. — En vertu d’une décision ministérielle du 6 septembre 1838, signée Molé, chargé par intérim du département de l’intérieur, la rue Gérard-Beauquet a pris le nom de Beautreillis. En conséquence de cette décision, un arrêté préfectoral, en date du 5 juillet 1839, a prescrit la régularisation du numérotage de cette voie publique. Les maisons nos 13, 14 et 20 sont alignées. — Conduite d’eau depuis la rue Neuve-Saint-Paul jusqu’à la borne-fontaine.


Beauvais (rue Jean-de-).

Commence à la rue des Noyers, nos 19 et 23 ; finit aux rues Saint-Hilaire, no 18, et Saint-Jean-de-Latran, no 2. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 40. Sa longueur est de 188 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Ouverte au commencement du XIVe siècle, sur le clos Bruneau, cette voie publique en porta d’abord la dénomination. Elle doit son nom actuel, selon Jaillot, à Jean-de-Beauvais, libraire, qui demeurait au coin de la rue des Noyers. D’autres auteurs ont pensé que le collège de Dormans-Beauvais lui avait donné sa dénomination. — Une décision ministérielle, à la date du 13 fructidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Une partie de la propriété no 5 et les maisons nos 2 et 40 sont à l’alignement. — Portion d’égout et de conduite d’eau du côté de la rue des Noyers. Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Aux nos 3, 5, 7, 9 et 11 était situé le collège de Lisieux. Il fut fondé en 1336 par Guy d’Harcourt, évêque de Lisieux, qui laissa par testament la somme de cent livres parisis pour l’enseignement et la nourriture de vingt-quatre pauvres écoliers, et cent livres parisis pour leur logement. Établi d’abord près de Saint-Séverin, dans la rue des Prêtres, ce collège fut transféré ensuite dans la rue Saint-Étienne-des-Grés. En 1764, ses bâtiments devant être démolis pour former une place devant la nouvelle église Sainte-Geneviève, l’institution vint occuper le collège de Dormans, dont les écoliers furent incorporés à Louis-le-Grand. Ce collège sert aujourd’hui de magasin central des hôpitaux militaires.

Au no 7 était situé le collège de Dormans-Beauvais. Il fut fondé en 1370, par Jean de Dormans, évêque de Beauvais et chancelier, pour douze boursiers nés dans la paroisse de Dormans en Champagne, ou à leur défaut dans le diocèse de Soissons. Charles V posa la première pierre de leur chapelle qui fut construite aux frais de Miles de Dormans, neveu du fondateur et dédiée en 1380 sous l’invocation de Saint-Jean-l’Évangéliste. Au commencement du XVIe siècle, ce collège devint public. Il fut entièrement reconstruit sous le règne de François Ier, et réuni en 1597 au collège de Presles. Il en fut séparé en 1699 et prit le nom de Dormans-Beauvais. Il a été réuni au collège Louis-le-Grand. Ce fut dans la chapelle de ce collège qu’on installa, le 1er septembre 1815, la première école élémentaire d’après la méthode de Lancastre. Cette école existe toujours en cet endroit.


Beauveau (marché).

Situé dans la place de ce nom. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

« Louis, etc… Nos amées et chères les abbesse, prieure et religieuses de l’abbaye royale de Saint-Antoine-des-Champs de Paris, nous ont fait représenter que le marché public pour la vente des denrées dans le faubourg Saint-Antoine de notre bonne ville de Paris, auroit été établi dans la grande rue du faubourg vis-à-vis la d. abbaye, en vertu des lettres-patentes du roi Louis XIII du 2 mars 1643, enregistrées au parlement ; que ce marché étant absolument abandonné depuis un temps immémorial, à cause du peu d’étendue de son emplacement, il en résultoit que les vendeurs et les acheteurs qui se placent pour le débit des denrées, sur le pavé, le long de la grande rue du faubourg, embarrassent la voie publique et se trouvent exposés à des dangers tant par le passage continuel des voitures que par le séjour de celles qui amènent des fourrages pour être vendus sur le carreau ; que désirant concourir à l’avantage et à l’utilité publics en rétablissant un nouveau marché, elles auroient résolu de destiner à cet objet une portion de leur enclos et un marais de dix arpents, dans lequel elles se proposent de faire faire l’ouverture des cinq rues qui communiqueroient au marché, conformément au plan qu’elles nous ont fait représenter ; mais en même temps les d. impétrantes nous auroient fait supplier de ratifier et approuver la vente qu’elles ont faite du terrain nécessaire pour faciliter la construction du d. marché, sous la réserve d’un cens portant droits de lods et ventes, ainsi qu’il résulte de deux actes notariés, d’indemniser les propriétaires de quatre maisons qu’il conviendroit d’acquérir et abattre pour l’ouverture des deux rues principales du marché, etc… Article 1er. Avons approuvé et autorisé, approuvons et autorisons le contrat de vente fait par les abbesse, prieure et religieuses de l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs, au sieur Chomel-de-Cerville, le 27 avril 1776, etc. Art. 2. Les 4,330 toises réservées par le d. contrat de vente pour l’établissement du d. marché et la surface des cinq rues adjacentes, seront employées à leur destination conformément au plan que nous avons agréé et que nous avons fait attacher sous le contre-scel des présentes, pour être exécuté dans le cours de deux années du jour de l’enregistrement de nos présentes lettres ; voulons que le d. marché soit à l’avenir public de toutes les denrées et comestibles et la rue désignée, pour être appelée de Beauveau, le lieu de la vente du foin et de la paille pour le faubourg Saint-Antoine ; faisons défenses à toutes personnes de vendre ni étaler aucunes des denrées ci-dessus mentionnées, le long de la grande rue du Faubourg-Saint-Antoine, ni dans d’autres rues et places du dit faubourg, à peine de saisie et vente des d. denrées au profit de la d. communauté, n’entendant néanmoins comprendre dans la d. défense les ventes de comestibles en maison et boutique, qui continueront de se faire comme par le passé, etc… — Donné à Versailles, le 17e jour de février 1777. Signé Louis. » — On commença immédiatement, d’après les dessins de l’architecte Lenoir, la construction du marché et de la place. Les alignements des rues, aux abords de cet établissement, furent tracés sur le terrain le 24 décembre 1778. En vertu d’un arrêt du conseil, du 8 janvier 1780, le marché et la place qui l’entoure devaient être appelés marché et place du marché de l’abbaye Saint-Antoine. Les rues nouvelles étaient désignées sous les noms de rues d’Aligre, Beauveau, Cotte, Lenoir et Trouvée. Cet arrêt n’a pas été suivi en ce qui concerne les deux premières dénominations. Le nom de Beauveau, assigné aujourd’hui à ce marché, rappelle madame de Beauveau-Craon, abbesse de Saint-Antoine-des-Champs, en 1778. Le marché Beauveau a été concédé à la ville de Paris par décret impérial du 30 janvier 1811 (tit. v, art. xv).


Beauveau (place).

Située dans la rue du Faubourg-Saint-Honoré, entre les nos 84 et 94. Les numéros de cette place continuent ceux de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette place, dont la forme est demi-circulaire, tire son nom de l’hôtel que M. le marquis de Beauveau y fit construire. — Les alignements arrêtés par le ministre de l’intérieur Benezech, le 28 messidor an V, et par une ordonnance royale du 27 septembre 1836, passent sur le nu des constructions actuelles de cette voie publique. – Égout, conduite d’eau. – Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Beauveau (place du Marché-).

Commence à la rue d’Aligre ; finit à la rue Lenoir. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Cette place a été formée en décembre 1778, sur les dépendances de l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs. Les lettres-patentes d’autorisation datées de Versailles, le 17 février 1777, furent registrées au parlement le 27 août de la même année. — Une décision ministérielle du 17 brumaire an XII, signée Chaptal, a maintenu la dimension prescrite par les lettres-patentes précitées. — Conduite d’eau. (Voyez Beauveau, marché.)


Beauveau (rue).

Commence à la rue de Charenton, nos 111 et 111 bis ; finit à la place du Marché-Beauveau, nos 4 et 6. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 264 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Cette rue a été percée en décembre 1778, sur les dépendances de l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs. Les lettres-patentes d’autorisation qui sont à la date du 17 février 1777 furent registrées au parlement le 27 août de la même année. Fixée à 42 pieds de largeur, cette voie publique ne fut cependant exécutée que sur une largeur de 11 m. 69 c. Cette largeur a été maintenue par une décision ministérielle du 17 brumaire an XII, signée Chaptal. — Conduite d’eau depuis la place du marché jusqu’à la borne-fontaine. (Voyez Beauveau, marché.)


Bellart (rue).

Commence à la rue Pérignon ; finit au chemin de ronde de la barrière de Sèvres. Pas de numéro. Le côté gauche est bordé par l’abattoir de Grenelle. Sa longueur est de 172 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Autorisée par une décision ministérielle en date du 10 novembre 1817, cette rue n’est pas encore bordée de constructions particulières. Sa largeur a été fixée à 10 m. (voyez Barthélemy, rue). — Bellart (Nicolas-François) naquit à Paris, le 20 septembre 1761, et mourut le 8 juillet 1826. Il fut successivement procureur-général, membre de la chambre des députés et président du conseil-général du département de la Seine.


Bellechasse (place de).

Commence à la rue Saint-Dominique-Saint-Germain, nos 99 et 101 ; finit aux rues Las-Cases et Martignac, no 2. Le dernier impair est 5 ; pas de numéro pair. Sa longueur est de 130 m. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Cette place, dont la largeur est de 66 m, a été formée en 1828, sur les dépendances du couvent des religieuses de Bellechasse (voyez l’article suivant). — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).


Bellechasse (rue de).

Commence au quai d’Orsay ; finit à la rue de Grenelle, nos 110 et 112. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 544 m. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

1re partie, comprise entre le quai d’Orsay et la rue Saint-Dominique. — Elle doit sa dénomination au clos de Bellechasse, sur lequel on établit le couvent des religieuses du Saint-Sépulcre, vulgairement appelées religieuses de Bellechasse, dont nous parlerons dans le cours du présent article. — Une décision ministérielle, à la date du 19 pluviôse an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 7 mars 1827, cette largeur a été maintenue pour la partie comprise entre les rues Saint-Dominique et de Lille. La partie qui s’étend de cette dernière rue au quai a été portée à 12 m. de largeur. Les maisons nos 10, 12, 14, 18 et partie du no 21 sont alignées.

2e partie, comprise entre les rues Saint-Dominique et de Grenelle. — Elle a été percée vers 1805, sur l’emplacement des terrains et bâtiments dépendant du couvent des religieuses de Bellechasse et de l’abbaye de Pentemont. Nous donnons ci-après l’historique de ces deux communautés. L’ordre des religieuses chanoinesses du Saint-Sépulcre, vulgairement appelées religieuses de Bellechasse, fut institué en Palestine, vers la fin du XIe siècle, par les rois de Jérusalem. En 1632, la baronne de Planci fit venir à Paris cinq de ces religieuses. Le 16 juillet 1635, elles achetèrent une propriété appelée le Clos de Bellechasse. Par lettres-patentes du mois de mai 1637, Louis XIII confirma cet établissement, et les religieuses durent porter le nom de Chanoinesses régulières de l’ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Cette communauté, supprimée en 1790, devint propriété nationale. Une partie des bâtiments et terrains (2,259 m.) fut vendue par le domaine, les 13 thermidor an VI, 15 brumaire, 29 prairial an XI, et 3 prairial an XII. Les actes de vente prescrivaient aux acquéreurs l’obligation de fournir sans indemnité le terrain nécessaire à l’ouverture d’une rue projetée en prolongement de celle de Bellechasse. — Par une décision en date du 19 pluviôse an VIII, le ministre de l’intérieur L. Bonaparte avait fixè la largeur de ce percement à 10 m. L’État, qui s’était réservé une partie de l’emplacement occupé par cette communauté, y fit établir un dépôt de fourrages. Une loi du 13 mai 1825 ordonna la vente de ces terrains et de ceux qui provenaient du couvent des religieuses Carmélites. Le 5 mai 1826, le ministre de la guerre approuva un plan indiquant le lotissement des terrains à aliéner et le projet de formation de plusieurs rues et place. La vente fut effectuée les 3, 4 et 9 juin 1828. À la fin de la même année les percements furent exécutés. Trois ont reçu les noms de Las Cases, Marlignac et Casimir-Périer. Un quatrième percement, parallèle à la rue de Grenelle, n’est pas encore dénommé. La place a été appelée place de Bellechasse. De tous les terrains qui composaient la communauté des religieuses de Bellechasse, il ne reste plus aujourd’hui qu’une superficie de 3,880 m. Le conseil municipal, dans ses séances des 16 février 1827 et 13 mai 1841, a été d’avis de faire l’acquisition de cet emplacement, sur lequel on devait construire une église.

Abbaye de Notre-Dame de Pentemont. — Cette abbaye fut fondée en 1217, par Philippe-de-Dreux, évêque de Beauvais, pour des religieuses bénédictines. Leur couvent était construit sur le versant de la montagne de Saint-Symphorien, près de Beauvais. En raison de cette situation, elles étaient appelées religieuses de Pente-Mont. Les débordements de la rivière ayant dégradé leurs bâtiments, ces religieuses furent obligées de se réfugier, en 1646, dans un des faubourgs de Beauvais ; des lettres-patentes du mois d’août 1672, leur accordèrent la permission de venir à Paris. Elles achetèrent de l’hôpital général le couvent des religieuses du Verbe-Incarné, situé dans la rue de Grenelle, et dont l’établissement avait eu lieu en cet endroit dans le courant de l’année 1644. Ce couvent avait été supprimé en 1671. L’église de l’abbaye de Pentemont fut reconstruite en 1755. Cette abbaye, supprimée en 1790, devint propriété nationale. Une portion des terrains (2,803 m. 52 c.) fut vendue les 29 prairial an XI et 25 frimaire an XII, en imposant aux acquéreurs l’obligation de fournir sans indemnité le terrain nécessaire à l’ouverture d’une rue en prolongement de celle de Bellechasse. Le surplus de ce domaine a été réservé par l’État, qui a établi sur cet emplacement une caserne. L’église subsiste encore et sert de dépôt de fournitures militaires. — Une ordonnance royale du 7 mars 1827 a maintenu la largeur de cette partie de rue à 10 m.

Les constructions de cette deuxième partie de la rue de Bellechasse sont alignées, à l’exception de celles qui sont situées sur le côté gauche et dans une étendue de 42 m. à partir de la rue Saint-Dominique.

Égout depuis le quai d’Orsay jusqu’à la rue Las-Cases. — Éclairage au gaz (compe Française).


Bellefond (rue).

Commence à la rue du Faubourg-Poissonnière, nos 75 et 77 ; finit à la rue Rochechouart, nos 28 et 30. Le dernier impair est 39 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 305 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Elle doit son nom à madame de Bellefond, abbesse de Montmartre. — Une décision ministérielle à la date du 13 floréal an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 23 août 1833, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 35, 12, 14, 16, 22, 22 bis, 24, 26, 28, 30 et 32 sont alignées. Les propriétés nos 13, 15, 17, 19 et 21 ne sont soumises qu’à un léger redressement. – Conduite d’eau. – Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Belleville (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue du Faubourg-du-Temple.

Cette barrière tire son nom du village de Belleville, dont le territoire s’étend jusqu’au mur d’enceinte de Paris. Elle est composée de deux bâtiments avec colonnes et arcades ; on l’appelle aussi barrière de la Courlille. (Voir l’article Barrières.)


Belleville (chemin de ronde de la barrière de).

Commence à la rue du Faubourg-du-Temple et à la barrière de Belleville ; finit à la rue du Buisson-Saint-Louis et à la barrière de la Chopinette. Pas de numéro. Sa longueur est de 217 m. – 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Les constructions qui bordent cette voie publique sont alignées. (Voir l’article Chemins de ronde.)


Bellièvre (rue de).

Commence au quai d’Austerlitz, finit à la rue Neuve de la Gare. Pas de numéro, sa longueur est de 150 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Indiquée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination, cette rue faisait partie du petit village d’Austerlitz, qui fut compris dans l’enceinte de Paris vers 1818. Elle reçut au commencement de l’année 1819 la dénomination de rue de Bellièvre. Pompone de Bellièvre fut premier président au parlement de Paris. Ce magistrat contribua puissamment à la fondation de l’hôpital général (la Salpétrière), et mourut sans postérité en 1657. – Une décision ministérielle du 30 juillet 1819 a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Dans l’origine, la rue de Bellièvre s’étendait jusqu’à la rue Bruant ; vers 1838, la partie comprise entre cette dernière et la rue Neuve de la Gare, a été supprimée pour livrer passage au chemin de fer de Paris à Orléans. Les constructions du côté droit de la rue de Bellièvre sont à l’alignement.


Benoît (impasse Saint-).

Située dans la rue de la Tacherie, entre les nos 12 et 14. Pas de numéro. Sa longueur est de 10 m. 60 c. – 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Elle se nommait autrefois ruelle des Bons-Enfants, La Caille rappelle rue de la Petite-Tacherie. Elle a pris sa dénomination actuelle d’une enseigne représentant saint Benoit. – Sa largeur n’est que de 2 m. – Elle est fermée par une porte et n’a jamais été alignée.


Benoît (place du Cloître-Saint-).

Située entre le passage Saint-Benoît et la rue du Cloître-Saint-Benoît. Le côté gauche est bordé par le théâtre du Panthéon. Les numéros du côté droit continuent la série des numéros impairs de la rue du Cloître. Sa longueur est de 25 m. – 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Du temps de saint Louis, un marché public existait dans ce cloître. Ce monarque permit aux chanoines de Notre-Dame de percevoir dans ce marché un droit sur le pain et le vin. Le vaste cloître de Saint-Benoît recevait également au moyen-âge, dans ses granges, les redevances en grains et en vins dues aux chanoines. Les propriétés provenant du chapitre Saint-Benoît ont été vendues les 5, 8 octobre 1791 et 9 vendémiaire an VII. – Une décision ministérielle du 29 nivôse an XIII, signée Champagny, a fixé la largeur de la place du Cloître-Saint-Benoît à 14 m. 50 c. Les maisons nos 13, 15 et 17 sont alignées ; celles qui portent les nos 19 et 21 ne devront subir qu’un faible retranchement ; les constructions du théâtre du Panthéon devront reculer de 80 c. environ. – Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Benoît (rue du Cimetière-Saint-).

Commence à la rue Fromentel ; finit à la rue Saint-Jacques, nos 109 et 115. Pas de numéro. Sa longueur est de 85 m. – 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

En 1300, c’était la rue de l’Oseraie ; plus tard on la nomma rue Breneuse puis rue des Poirées ; enfin en 1615, elle prit, en raison de sa position, le nom de rue du Cimetière-Saint-Benoît. – Une décision ministérielle, à la date du 13 fructidor an VII, signée Quinette, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Une ordonnance royale du 7 octobre 1814 autorisa la ville de Paris à substituer aux rues Fromentel et du Cimetière-Saint-Benoît, une seule rue en ligne droite et de 7 m. de largeur, pour aboutir à la rue Chartière. Cette ordonnance n’a pas été exécutée. La rue du Cimetière-Saint-Benoît a été considérablement élargie en 1820 et 1836. Les constructions du côté gauche, et une partie de celles du côté droit, ne sont pas soumises à retranchement. Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Benoît (rue du Cloître-Saint-).

Commence à la rue des Mathurins, nos 1 et 3 ; finit au passage Sorbonne. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 112 m. – 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Dans un acte de donation du mois de novembre 1243, on la nomme rue André-Machel, en raison d’un riche propriétaire ainsi appelé, qui y demeurait. Sa dénomination actuelle indique sa direction vers le cloître Saint-Benoît. – Une décision ministérielle, du 29 nivôse an XIII, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 5 et 10 sont alignées. Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Benoît-Saint-Germain (passage Saint-).

Commence à la rue Saint-Benoît, no 15 ; finit à la place Saint-Germain-des-Prés, no 10. – 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Ce passage était, en 1789, une dépendance de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. Il doit son nom à la rue Saint-Benoît, où il prend naissance.


Benoît-Saint-Germain (rue Saint-).

Commence à la rue Jacob, nos 29 et 31 ; finit aux rues Sainte-Marguerite, no 42, et de l’Égout, no 2. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 234 m. – 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Les religieux de Saint-Germain-des-Prés, voulant racheter la baronie de Cordon, qu’ils possédaient autrefois, vendirent, en 1637, avec la permission du roi, un jardin clos de murs contenant trois arpents. Ce terrain était situé dans le voisinage de leur abbaye. L’acquisition en fut faite, moyennant 50,000 livres, par différents particuliers qui y firent bâtir une rue. En 1640, on donna à cette nouvelle voie publique le nom de rue de l’Égout, en raison d’un égout qui y passait, et dont la rue qui en fait le prolongement a conservé le nom. En 1740, l’égout ayant été couvert, elle prit le nom de rue des Fossés-Saint-Germain. Lorsqu’on aliéna l’année suivante l’hôtel Bourbon, et qu’on ouvrit une porte de l’abbaye en perçant les nouveaux murs de clôture, la rue changea de nom et prit celui de Saint-Benoît. Cette dénomination rappelle les religieux de Saint-Germain-des-Prés, qui suivaient la règle de saint Benoît. – Une décision ministérielle, du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 11 m. Cette moindre largeur a été portée à 12 m. par une ordonnance royale du 29 avril 1839. La maison no 5, partie de celle no 7, et les propriétés nos 2, 4, 6, 8, 8 bis, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24, 26, 28, 30, 32, 34 et 36, sont alignées.

Dans la partie voisine des rues Sainte-Marguerite et de l’Égout, la rue Saint-Benoît forme un évasement ou petite place. Les constructions du côté gauche sont encore sous l’influence de l’alignement ministériel de l’an VIII. La propriété no 25 est alignée. Les maisons qui portent les nos 38, 40 et 42 dépendent de l’alignement de la rue de l’Égout, approuvé par l’ordonnance royale du 29 avril 1839, et devront reculer de 3 m. 20 c. à 3 m. 80 c. – Égout. – Éclairage au gaz (compe Française).


Benoît-Saint-Martin (rue Saint-).

Commence à la rue Royale, nos 4 et 6 ; finit à la rue Conté, no 1. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 39 m. – 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle a été construite vers 1780, sur une partie de l’enclos du prieuré Saint-Martin-des-Champs. – Une décision ministérielle du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, ainsi qu’une ordonnance royale du 14 janvier 1829, ont fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. La rue Saint-Benoît débouche sous une voûte dans la rue Conté. – Conduite d’eau depuis la rue Royale jusqu’à la borne-fontaine. (Voyez Martin, place de l’Ancien-Marché-Saint-.)


Benoît-Sorbonne (passage Saint-).

Commence à la rue Saint-Jacques, no 96 ; finit à la place du Cloître-Saint-Benoît, no 21. Pas de numéro. – 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Ce passage tire son nom de l’église Saint-Benoît, à laquelle il conduisait.


Bercy (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue de Bercy.

Cette barrière, qui doit son nom au village de Bercy, est ornée de deux bâtiments ayant chacun deux péristyles et douze colonnes. (Voir l’article Barrières.)


Bercy (chemin de ronde de la barrière de).

Commence aux rue et barrière de Bercy ; finit aux rue et barrière de Charenton. Pas de numéro. Sa longueur est de 770 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Plusieurs constructions de cette voie publique sont à l’alignement. (Voir l’article Chemins de ronde.)


Bercy-au-Marais (rue de).

Commence à la rue Vieille-du-Temple, no 15 ; finit à la place du Marché-Saint-Jean, no 24, et à la rue Bourtibourg, no 2. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 70 m. – 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Dès le règne de Louis-le-Jeune, quelques constructions bordaient cette rue. – En 1350, on la nommait rue du Hoqueton (casaque d’archer). Le plan de Boisseau l’indique sous la dénomination de la Réale. Le ministre de l’intérieur (François de Neufchâteau) décida, le 23 prairial an VII, que la rue de Bercy serait supprimée et celle de la Croix-Blanche portée à 8 m. de largeur. Ces dispositions n’ont point été exécutées, et une ordonnance royale du 12 juillet 1837 a autorisé la suppression de l’îlot de maisons qui sépare ces deux voies publiques, afin d’établir une seule et même communication dont la moindre largeur est fixée à 12 m. 50 c. Toutefois cette suppression ne pourra être effectuée qu’après que la ville de Paris aura été autorisée spécialement à acquérir, soit de gré à gré, soit par voie d’expropriation, les immeubles compris dans ledit îlot. Les constructions du côté des numéros impairs de la rue de Bercy ne sont pas soumises à retranchement. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Bercy-Faubourg-Saint-Antoine (rue de).

Commence à la rue de la Contrescarpe, nos 32 et 34 ; finit aux chemins de ronde des barrières de Bercy et de la Rapée. Le dernier impair est 59 ; le dernier pair, 72. Sa longueur est de 1,195 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Elle doit son nom au village de Bercy, auquel elle conduit. Ce n’était encore qu’un chemin sous le règne de Louis XIII. Quelques plans du siècle dernier la désignent sous la dénomination de rue de la Râpée, parce qu’elle est voisine du quai de la Rapée, qui lui est parallèle. — Une décision ministérielle, du 16 ventôse an XII signée Chaptal, ainsi qu’une ordonnance royale du 1er juin 1828, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 14 m. Les propriétés portant les numéros ci-après sont alignées : 17, 19, 21, 23, 29, 31, 33, 35, 37, 39, 41, 43, 45, 47, 49, 51, 53, 55, 57, 59, et le grand mur de clôture situé à l’encoignure droite de la rue de Rambouillet : 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24, 26, 28, 30, 32, 34, 36, 38, 40, 42, 44, 46, 50, 50 bis, le magasin à fourrages et la propriété no 72. Les maisons nos 1, 2, 4, et partie de celle no 6, devront être réunies à la voie publique pour faciliter l’exécution de l’alignement de la rue de la Contrescarpe. — Égout entre les rues Lacuée et des Charbonniers. — Conduite d’eau depuis la rue des Charbonniers jusqu’à la barrière.

À l’extrémité de cette rue, en sortant de Paris, était la Grange aux Merciers, fameuse par les assemblées qui eurent lieu sous le règne de Louis XI. Les princes révoltés, que l’ambition seule avait armés, donnèrent à leur association, pour en colorer la perfidie, le nom de Ligue du bien public.


Bergère (cité).

Commence à la rue du Faubourg-Montmartre, no 6 ; finit à la rue Bergère, no 15. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Elle a été construite en 1825.


Bergère (galerie).

Commence à la rue de la Boule-Rouge, no 7 ; finit à la rue Geoffroy-Marie, no 10 bis. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Elle a été construite en 1842.


Bergère (rue).

Commence à la rue du Faubourg-Poissonnière, nos 9 et 11 ; finit à la rue du Faubourg-Montmartre, nos 12 et 14. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 342 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Elle a été tracée sur le clos aux Halliers. En 1734, on ne comptait que trois maisons dans cette rue, dont l’étymologie nous est inconnue. — Une décision ministérielle du 29 nivôse an XIII, signée Champagny, et une ordonnance royale du 23 août 1833, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés nos 7 bis, 7 ter, 9, 11, 11 bis, 13, 15, 17, 21, 23, 25, 27 et 29, et toutes celles du côté des numéros pairs sont alignées. Les maisons de 1 à 7 devront reculer de 1 m. 70 c. à 2 m. 30 c. Celle qui porte le no 19 est soumise à un retranchement de 2 m. 20 c. — Portions d’égout du côté des rues du Faubourg-Montmartre et du Faubourg-Poissonnière. — Conduite d’eau du côté de cette dernière rue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Berlin (rue de).

Commence à la rue de Clichy, nos 37 et 39 ; finit à la place d’Europe. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 362 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette voie publique, dans la partie qui débouche sur la place d’Europe, a été tracée en 1826, sur les terrains appartenant à MM. Hagerman et Mignon. — L’ordonnance royale d’autorisation est à la date du 2 février de la même année (voyez Amsterdam, rue d’). Vers 1830, cette partie qui formait impasse a été prolongée jusqu’à la rue d’Amsterdam, sur les terrains appartenant aux sieurs Mallet, Guichard et Mellier. Ces deux parties sont exécutées sur une largeur de 15 m.

La partie comprise entre les rues d’Amsterdam et de Clichy dépendait du passage Grammont. En vertu d’une ordonnance royale du 21 septembre 1841, MM. Mallet frères et Mme veuve Debelle ont été autorisés à convertir ce passage, qui était leur propriété, en une rue de douze mètres de largeur et aux conditions suivantes : de céder gratuitement à la ville de Paris le sol de la nouvelle voie publique ; de démolir dans un délai de quatre années, à partir de la promulgation de l’ordonnance royale, les bâtiments situés sur le côté droit, à l’encoignure de la rue de Clichy, sans que sous aucun prétexte ce délai puisse être prolongé (ces bâtiments sont en avant de l’alignement arrêté et réduisent à 9 m. 40 c. la largeur de la rue eu cet endroit) ; de supporter, conformément aux prescriptions de l’administration, les frais de nivellement, ceux du pavage en chaussée bombée en pavé dur d’échantillon avec sous-pavage sous les ruisseaux, ceux d’établissement des bornes-fontaines et du matériel pour l’éclairage au gaz ; de supporter également la dépense des trottoirs en granit, dont le montant sera versé à la caisse municipale et dont la construction sera ensuite exécutée par les soins de l’administration. — Portion d’égout du côté de la rue de Clichy. — Conduite d’eau entre les rues de Clichy et d’Amsterdam.– — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Bernard (impasse Saint-).

Située dans la rue Saint-Bernard, entre les nos 10 et 12. Pas de numéro. Sa longueur est de 173 m. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.


Elle porta d’abord le nom du Petit-Jardinet ; on la nomma ensuite impasse Sainte-Marguerite, en raison de sa proximité de l’église Sainte-Marguerite ; enfin, impasse Saint-Bernard, parce qu’elle a son entrée dans cette rue. — Une décision ministérielle du 29 nivôse an XIII, signée Champagny, fixa la largeur de l’impasse Saint-Bernard à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1827, cette largeur est portée à 10 m. Depuis plusieurs années, il existe une clôture à l’entrée de cette impasse qui n’a encore aujourd’hui que 2 m. environ de largeur.


Bernard (quai Saint-).

Commence à la rue des Fossés-Saint-Bernard et au quai de la Tournelle ; finit au pont d’Austerlitz et à la place Valhubert. Pas de numéro. Ce quai est bordé par la halle au Vin et le jardin des Plantes. Sa longueur est de 810 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

C’était anciennement le vieux chemin d’Ivry, parce qu’il conduit au village de ce nom. Sa dénomination actuelle lui vint de sa proximité du couvent des Bernardins. — Lettres-patentes du 22 avril 1769 : « L’ouverture du nouveau boulevart aboutissant à la rivière ayant rendu le quai hors Tournelles extrêmement fréquenté, et ce quai formant aujourd’hui un des débouchés les plus importants de la Ville, le commerce de bois et de vins qui s’y fait étant d’ailleurs très actif, ce quai ne se trouve pas avoir une largeur suffisante ; pourquoi nous ordonnons qu’il sera élargi dans toute sa longueur, en prenant sur les maisons qui le bordent le terrain nécessaire, de manière qu’il ait partout huit toises de largeur pour la voie publique, et qu’il soit d’un alignement droit depuis la rue des Fossés-Saint-Bernard jusqu’à la rue de Seine. » (Extrait). — Les alignements de cette voie publique ont été fixés par deux décisions ministérielles ; l’une en date du 28 pluviôse an X, signée Chaptal, l’autre du 7 mai 1821. Le quai Saint-Bernard a été complètement élargi en 1839 ; depuis il a été bordé d’un parapet et planté d’arbres. — Égout entre les rues des Fossés-Saint-Bernard et Cuvier. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Bernard (rue des Fossés-Saint-).

Commence aux quais Saint-Bernard et de la Tournelle, no 1 ; finit à la rue Saint-Victor, no 62. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par la halle au Vin ; le dernier pair est 32. Sa longueur est de 324 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Construite sur l’emplacement des fossés creusés sous le règne de Charles V et dans le voisinage du couvent des Bernardins, cette voie publique fut nommée rue des Fossés-Saint-Bernard. La Caille et quelques autres l’appellent rue Neuve-des-Fossés-Saint-Bernard. Gomboust la nomme rue des Fossés. Elle fut bordée de maisons du côté de l’abbaye Saint-Victor (aujourd’hui la halle au Vin) sous le règne de Louis XIII, et de l’autre côté, en vertu de lettres-patentes du mois de juin 1660, registrées au parlement le 11 septembre 1672. — Une décision ministérielle du 13 germinal an V, signée Benezech, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 13 m. — Les maisons du côté gauche ont été démolies pour l’agrandissement de la halle au Vin. Les propriétés nos 16, 18, 20, 22 et 24, et celle qui forme l’encoignure gauche de la rue du Cardinal-Lemoine, ne sont pas soumises à retranchement. — Portion d’égout du côté des quais. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Bernard (rue Saint-).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, nos 195 et 197 ; finit à la rue de Charonne, nos 70 et 72. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 383 m. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Ce n’était qu’un chemin sous le règne de Louis XIII. Cette rue tire son nom de sa proximité de l’ancienne abbaye Saint-Antoine qui était soumise à la règle de saint Bernard. — Une décision ministérielle à la date du 13 germinal an X, signée Chaptal, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1827. Les propriétés nos 1, 7, 19, 28, et le mur de clôture contigu à l’église Sainte-Marguerite, sont à l’alignement. — Portion d’égout du côté de la rue du Faubourg-Saint-Antoine.

Le couvent des Filles-Sainte-Marguerite ou de Notre-Dame-des-Vertus, était situé dans cette rue, au no 26.

Vers 1679, quelques religieuses de la maison de Notre-Dame-des-Vertus d’Aubervilliers, attirées par la protection de plusieurs dames pieuses, s’établirent à Paris dans la rue Basfroi. Elles se destinaient à l’éducation des filles pauvres du faubourg Saint-Antoine. En 1681, l’abbé Mazure, curé de Saint-Paul, voulant donner plus d’extension à cet utile établissement, lui fit don d’une propriété qu’il possédait dans la rue Saint-Bernard. Ces religieuses vinrent l’habiter en 1685. Mais à la mort de l’abbé Mazure, ses héritiers attaquèrent la donation. Ils gagnèrent leur procès, et firent vendre la maison en 1690. M. Bragelonge, conseiller à la cour des aidés, vint au secours de la communauté, et fit l’acquisition de cette propriété qu’il donna aux religieuses ainsi qu’une rente pour l’entretien de sept sœurs.

Supprimé en 1790, ce couvent devint propriété nationale et fut vendu le 21 vendémiaire an V.


Bernardins (rue des).

Commence au quai de la Tournelle, nos 3 et 5 ; finit à la rue Saint-Victor, nos 108 et 110. Le dernier Impair est 21 ; le dernier pair, 40. Sa longueur est de 242 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.


Cette rue a été ouverte en 1246, sur le clos du Chardonnet. À partir de 1427, on la trouve indiquée sous les deux noms de rues des Bernardins et de Saint-Nicolas-du-Chardonnet (voir pour l’historique du couvent des Bernardins la rue de Pontoise). — Une décision ministérielle à la date du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de la rue des Bernardins à 8 m. Les constructions portant les nos 11, 13 ; 2, 4, 6, 10, 24, 26, 28, 30, 32, 34 et 36, ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Victor jusqu’à la borne-fontaine.

Dans la rue des Bernardins fut jouée une des scènes de la Fronde. Nous lisons dans les Mémoires de Joli (année 1649) : « Le cardinal de Retz et les Frondeurs, cherchant à exciter une nouvelle sédition, voulurent faire croire que la cour était dans l’intention de faire assassiner Joli, conseiller au Châtelet, syndic pour les rentes sur la ville et l’un des hommes les plus accrédités parmi le peuple. On plaça son pourpoint et son manteau sur un morceau de bois, dans une certaine attitude ; d’Estainville tira un coup de pistolet, avec tant de justesse, sur une des manches qu’on avoit remplie de foin, qu’il la perça précisément où il le falloit ; après quoi il fut arrêté entre lui et Joli, que le véritable coup seroit tiré le lendemain à sept heures et demie du matin, dans la rue des Bernardins. La chose fut faite comme on l’avait projetée. D’Estainville s’approcha du carrosse, Joli se baissa, le coup passa par-dessus sa tête et fut si bien ajusté qu’il se rapportoit parfaitement à la situation où il devoit être dans le carrosse. Il fut conduit chez un chirurgien vis-à-vis Saint-Nicolas-du-Chardonnet, où ayant été déshabillé, on lui trouva au bras gauche, à l’endroit où les balles devoient avoir passé, une espèce de plaie qu’il s’étoit faite lui-même la nuit avec des pierres à fusil, de sorte que le chirurgien ne douta pas que ce ne fût l’effet du coup, et y mit un appareil dans les formes ; tandis que d’Argenteuil disoit et faisoit tout ce qu’il pouvoit pour insinuer que cette entreprise n’avoit pu venir que de la part de la cour, qui vouloit se défaire de celui des syndics qui paraissoit le plus fermé et le plus affectionné au bien public. »

Bernardins (rue du Cloître-des-).

Commence à la rue de Pontoise, nos 12 et 16, finit à celle des Bernardins, no 21. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 122 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

On l’indiquait en 1789 sous le nom de passage conduisant au cloître des Bernardins. — C’était encore à cette époque une propriété appartenant à ces religieux. Le ministre de l’intérieur Cretet considéra le passage des Bernardins comme voie publique et approuva, le 3 octobre 1807, l’alignement à 10 m. de largeur, résultant d’une proposition faite par le conseil des bâtiments civils, le 21 septembre précédent. Les constructions du côté droit près de la rue de Pontoise sont alignées ; le surplus de ce côté n’est soumis qu’à un faible retranchement. — Égout et conduite d’eau.


Berri (rue de).

Commence aux rues d’Anjou, no 2, et de Poitou, no 38 ; finit à la rue de Bretagne, nos 37 et 39. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 137 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Ouverte en 1626, elle prit d’une de nos provinces de France le nom de Berri. — Une décision ministérielle, du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 6 février 1828. Les constructions du côté gauche devront subir un retranchement de 1 m. 05 c. La maison no 2 est alignée ; le surplus du côté droit est soumis à un retranchement de 1 m. à 1 m. 35 c. — Portion d’égout du côté de la rue de Bretagne. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière)


Berri (rue Neuve-de-).

Commence à l’avenue des Champs-Élysées, nos 92 et 94 ; finit à la rue du Faubourg-du-Roule, nos 23 et 25. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 431 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

C’était anciennement la ruelle de l’Oratoire, parce qu’elle longeait des terrains appartenant aux pères de l’Oratoire.

« Louis, etc… Notre très cher et très amé frère Philippe, fils de France, comte d’Artois, nous a fait exposer que, devenu propriétaire du terrain connu sous le nom de l’ancienne Pépinière, situé à Paris faubourg Saint-Honoré, il croyait être du bien et de la commodité publique de redresser et élargir les voies appelées le chemin du Roule bordant le d. terrain au levant, et rue de l’Oratoire qui en fait la limite au couchant, etc. — Nous avons permis, et par ces présentes signées de notre main permettons et autorisons notre frère le comte d’Artois à percer et ouvrir deux nouvelles rues transversales sur le terrain de l’ancienne Pépinière qui lui appartient, parallèles à l’avenue de Neuilly et à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, pour diviser en trois parties le d. emplacement, lesquelles deux nouvelles rues seront de ligne droite et les deux côtés parallèles dans toute leur longueur, aboutissant d’un côté dans la rue qui s’est appelée jusqu’à présent ruelle de Chaillot ou de l’Oratoire, et de l’autre dans le chemin du Roule, le long de l’égout ; la largeur desquelles rues sera fixée à 30 pieds ; celle des d. rues, la plus voisine de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, sera nommée rue Neuve-de-Poitiers, et l’autre sera nommée rue de Ponthieu. Voulons et ordonnons que le chemin du Roule, le long de l’égout, soit aligné et dressé de ligne droite dans toute sa longueur, depuis la d. rue du Faubourg-Saint-Honoré jusques à l’extrémité du d. emplacement de la Pépinière sur l’avenue de Neuilly, et que les deux côtés en soient établis parallèlement aussi à 30 pieds de distance, pour former à l’avenir une rue qui sera nommée rue d’Angoulême, et que, pour parvenir à diriger la d. rue de ligne droite, il soit retranché ou ajouté les portions d’emplacements nécessaires et convenables au bien public et à celui des propriétaires des terrains bordant ladite rue. Ordonnons pareillement que la rue de Chaillot ou de l’Oratoire soit également établie de ligne droite en poursuivant la direction de la partie du mur actuel de la Pépinière, depuis le lieu où débouchera la d. rue de Poitiers jusques au pavillon nouvellement construit du côté de la grille de Chaillot, pour former la continuité de la d. rue jusques à celle du Faubourg-Saint-Honoré, en retranchant dans les temps et par les moyens convenables sur les terrains et bâtiments existant en cette partie dépendant de la d. Pépinière ; l’autre côté de la quelle rue sera dirigé aussi dans les temps convenables de ligne droite parallèle à 30 pieds de distance ; la quelle rue sera nommée rue Neuve-de-Berri, etc. Donné à Versailles, le 4e jour d’avril l’an de grâce 1778, et de notre règne le 4e, signé Louis. Par le roi, signé Amelot. » Ces lettres-patentes furent registrées au parlement le 26 mai suivant, et reçurent immédiatement leur exécution. La voie publique désignée sous le nom de Neuve-de-Poitiers s’appelle aujourd’hui rue des Écuries-d’Artois. À l’égard de celle qui fait l’objet du présent article, sa moindre largeur a été fixée à 10 m., par une décision ministérielle du 6 nivôse an XII, signée Chaptal. Cette voie publique doit sa dénomination à Charles-Ferdinand-d’Artois, duc de Berri, né à Versailles le 24 janvier 1778, et assassiné par Louvel le 13 février 1820. Les propriétés du côté gauche de la rue Neuve-de-Berri sont alignées, à l’exception de celles qui sont situées à l’encoignure de la rue du Faubourg-du-Roule. Quelques constructions du côté droit près de la rue de Ponthieu et celles qui bordent les deux côtés aux encoignures de la rue du Faubourg-du-Roule, sont soumises à retranchement. Le surplus est aligné. — Conduite d’eau entre l’avenue des Champs-Élysées et la rue de Ponthieu, et depuis la rue des Écuries-d’Artois jusqu’à celle du Faubourg-du-Roule.


Berryer (cité).

Située dans la rue Royale, no 23. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

C’était autrefois le passage du Marché-d’Aguesseau. Depuis 1837, on l’appelle cité Berryer, du nom de l’illustre avocat, représentant de Marseille, l’un des plus grands orateurs de la Chambre des Députés.


Berthaud (impasse).

Située dans la rue Beaubourg, nos 32 et 34. Le dernier numéro est 8. Sa longueur est de 108 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Cette impasse, qui forme retour d’équerre, était déjà construite en 1273. Sa dénomination lui vient d’un nommé Berthaud, qui dirigeait un jeu de paume dans cette impasse. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an XIII, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière)..


Berthoud (rue Ferdinand-).

Commence à la rue Montgolfier ; finit à la rue Vaucanson, no 4. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par le marché Saint-Martin. Le dernier pair est 4. Sa longueur est de 61 m — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Autorisée par une décision ministérielle du 9 octobre 1816, qui fixa sa moindre largeur à 11 m. 50 c., cette rue fut ouverte au commencement de l’année 1817. Sa dénomination lui fut donnée en vertu d’une autorisation du ministre de l’intérieur, du 27 septembre suivant. — Ferdinand Berthoud, mécanicien de la marine et membre de l’Institut, naquit à Plancemont-Couvet, comte de Neufchâtel, en 1727, et mourut à Groslay, en 1807. Berthoud nous a laissé un ouvrage excellent et qui a pour titre : Essai sur les Horloges. — Une ordonnance royale du 16 mai 1833 a maintenu la largeur primitive de cette rue. — Conduite d’eau depuis la rue Vaucanson jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière) (voyez Martin, marché Saint-).


Bertin-Poirée (place).

Commence au quai de la Mégisserie, nos 46 et 50 ; finit à la rue Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 51 et 57. Le dernier impair est 3 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 35 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

La démolition des maisons formant le côté gauche de la rue des Quenouilles, et le côté droit de celle des Fuseaux, laissa un terrain vague qui, le 30 mai 1839, fut nommé place Bertin-Poirée. Nous donnons ici une courte analyse de ces deux anciennes rues. Les constructions qui furent élevées successivement sur le quai de la Mégisserie forçaient les teinturiers et corroyeurs, qui habitaient au XIVe siècle la rue Saint-Germain-l’Auxerrois, à prendre un long détour pour aller laver leurs étoffes et leurs cuirs à la rivière. Pour remédier à cet inconvénient, deux ruelles furent percées vers 1371. On donna à la première le nom de Simon-Delille, en raison d’un riche teinturier qui avait contribué à sa formation. Au XVIe siècle, une enseigne lui fit donner le nom de rue des Trois-Quenouilles, qui fut abrégé dans la suite. — Par décision ministérielle du 24 frimaire an XI, signée Chaptal, la largeur de cette voie publique fut maintenue. Elle n’était alors que de 1 m. 40 c.

La seconde ruelle fut appelée Jean-du-Mesnil, du nom d’un autre fabricant par les soins duquel elle fut ouverte. Quelques années après sa formation, elle prit aussi d’une enseigne le nom de rue des Fuseaux. — La décision ministérielle précitée fixa la largeur de cette voie publique à 7 m.

La largeur actuelle de la place Bertin-Poirée est de 13 m. environ. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Bertin-Poirée (rue).

Commence à la rue Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 50 et 54 ; finit aux rues Thibault-aux-Dez, no 20, et des Bourdonnais, no 2. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 135 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Cette rue, qui portait déjà le nom de Bertin-Poirée en 1240, le tenait d’un bourgeois qui y demeurait. On la nommait, en 1493, rue Bertin-Poirée. — Une décision ministérielle, du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 2 juin 1841, la moindre largeur de la partie compris entre la rue Saint Germain-l’Auxerrois et celle des Deux-Boules, est portée à 10 m., le surplus à 12 m. La propriété qui devra prendre le no 2, et les maisons nos 8 et 10, sont alignées ; les autres constructions du côté des numéros pairs sont soumises à un fort retranchement ; une partie de la propriété no 5, et celles nos 7, 9 et 11, auront à avancer sur la voie publique pour exécuter l’alignement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Béthisy (rue).

Commence aux rues Boucher, no 11, et des Bourdonnais, no 1 ; finit aux rues de la Monnaie, no 32, et du Roule, no 2. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 109 m. — 4e arrondissement ; les impairs sont du quartier du Louvre ; les pairs, du quartier Saint-Honoré.

Elle se prolongeait autrefois jusqu’à la rue de l’Arbre-Sec. En 1300, la partie située entre cette voie publique et les rues de la Monnaie et du Roule, se nommait rue au Comte de Pontis ; le poète Guillot dit en vieux style : rue au Quens de Pontis. La deuxième partie, à peu près à la même époque, était désignée sous le nom de la Charpenterie. En 1416, ces deux parties réunies avaient la même dénomination de rue Béthisy.

Jacques de Béthisy, avocat au parlement de Paris, y possédait alors un hôtel. — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Cette moindre largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839. Les maisons nos 11 et 21 sont alignées ; les propriétés du côté des numéros pairs sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 20 c. à 3 m. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Plusieurs historiens ont prétendu que la maison no 20 avait remplacé la partie de l’hôtel où l’amiral de Coligny fut assassiné ; c’est une erreur que nous constatons ici. Nous parlerons du meurtre de l’amiral à l’article de la rue des Fossés-St-Germain-l’Auxerrois.


Béthune (quai de).

Commence au pont de Damiette et à la rue Saint-Louis-en-l’Île, no 1 ; finit au pont de la Tournelle et à la rue des Deux-Ponts, no 2. Le dernier numéro est 28. Sa longueur est de 412 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Île-Saint-Louis.

Sa construction, commencée en 1614, fut achevée en 1646. Ce quai prit d’abord le nom de Dauphin ou des Balcons, puis celui de Béthune. En 1792, on l’appela quai de la Liberté. Le nom de Béthune lui a été rendu dès 1806. — Maximilien de Béthune, duc de Sully, le ministre, l’ami de Henri IV, naquit en 1560, au château de Rosny, et mourut le 21 décembre 1641. Par une décision ministérielle du 24 frimaire an XIII, signée Champagny, la moindre largeur de ce quai fut fixée à 12 m. Par une autre décision du 9 mai 1818, et conformément à une ordonnance royale du 9 décembre 1838, cette dimension est réduite à 7 m. 80 c. Quelques constructions dépendant de la propriété no 2 sont soumises à un faible retranchement ; le surplus du quai est aligné.


Beurrière (rue).

Commence à la rue du Four, nos 59 et 61 ; finit à la rue du Vieux-Colombier, nos 20 et 22. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 95 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

En 1680 on l’appelait rue de la Petite-Corne. Cette qualification de Petite lui avait été donnée pour la distinguer d’une autre voie publique qui lui était parallèle, et qu’on nommait alors rue de la Corne (aujourd’hui rue Neuve-Guillemin). Au commencement du XVIIIe siècle, elle était généralement connue sous le nom de rue Beurrière. — Une décision ministérielle à la date du 23 frimaire an IX, signée Chaptal, a fixé sa moindre largeur à 6 m. Les maisons nos 1, 3, 5 et 7 ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau.


Bibliothèque (rue de la).

Commence à la place de l’Oratoire, no 6 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 187 et 189. Le dernier impair est 25 bis ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 91 m. — 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

Cette rue, ouverte sur une partie du parc qui dépendait du château du Louvre, servit durant plusieurs siècles de repaire aux femmes de mauvaise vie. Elle porta d’abord le nom de rue du Champ-Fleuri. Un décret du 21 mars 1801 ayant ordonné de placer la bibliothèque nationale dans le palais du Louvre, la rue du Champ-Fleuri fut nommée alors rue de la Bibliothèque. Une partie de cette voie publique, du côté méridional, a été abattue pour faciliter la réunion du Louvre au château des Tuileries. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an X, signée Chaptal, avait fixé la largeur de la rue de la Bibliothèque à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840, cette largeur a été portée à 10 m. Les maisons nos 2, 10 et 16 sont alignées ; le retranchement à opérer sur le côté des numéros impairs varie de 4 m. 10 c. à 5 m. 70. c. — Conduite d’eau depuis la place de l’Oratoire jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise),


Bibliothèque Royale.

Située dans la rue de Richelieu, no 58. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Cette admirable collection occupe à juste titre le premier rang parmi les grands dépôts littéraires de l’Europe.

Pour trouver l’origine de la Bibliothèque du Roi, il faut remonter au règne de Charles V. Saint Louis, avant cette époque, avait réuni quelques livres plus ou moins curieux, mais ce prince se plaisait à distribuer ces ouvrages aux seigneurs et aux savants de sa cour.

La bibliothèque du roi Jean ne se composait que de huit ou dix volumes. À la mort de Charles V, on comptait neuf cents manuscrits. Cette augmentation atteste tout l’intérêt que ce prince portait aux lettres. Ces richesses littéraires, confiées à Gilles Mallet, valet de chambre du roi, furent déposées au Louvre, dans une tour qui prit à cette occasion le nom de tour de la Librairie. Ces manuscrits occupaient trois salles. Des barreaux de fer protégeaient les fenêtres. Les lambris des murs étaient de bois d’Irlande ; la voûte lambrissée de bois de cyprès, était enrichie de sculptures en bas-reliefs. Ce sanctuaire réservé à la science était éclairé par trente petits chandeliers, au milice desquels brûlait une lampe d’argent. Cette bibliothèque, dont Gilles Mallet avait dressé l’inventaire, était estimée 2,323 livres 4 sols. Cette collection disparut pendant le séjour des Anglais à Paris. Le duc de Bedfort l’acheta 1,200 livres. Cette somme fut payée à l’entrepreneur du mausolée de Charles VI et d’Isabelle de Bavière.

Charles VII, qui avait un royaume à reconquérir, ne put songer à réparer cette perte. Mais bientôt la découverte de l’imprimerie vint favoriser les développements de la Bibliothèque Royale. Louis XI couvrit de sa protection tous ceux qui cherchaient à répandre dans son royaume les produits de cet art merveilleux ; savant lui-même et bon littérateur, il rassembla tous les volumes qui étaient enfouis dans les maisons royales. L’histoire nous fournit une preuve du désir qu’il avait d’augmenter les richesses littéraires de la France. Pierre Schæffer, allemand, l’un des inventeurs de l’art typographique, ou du moins l’un de ceux qui le perfectionnèrent, avait envoyé, de concert avec Conrad Hanequis, son associé, un nommé Herman de Stathoen vendre à Paris plusieurs ouvrages. Cet agent mourut peu de temps après son arrivée. Alors les officiers du roi, en vertu du droit d’aubaine, s’emparèrent des biens et de l’argent qu’avait laissés le défunt. Schæffer et son associé protestèrent contre cette spoliation. Louis accueillit favorablement leur réclamation, rendit l’argent et paya les livres qu’il garda pour sa bibliothèque. Dans les lettres-patentes du 21 avril 1475, rendues en faveur des deux associés, le roi s’exprime ainsi : « Ayant considération de la peine et labeur que les d. exposants ont pris pour le d. art et industrie de l’impression, et du profit et utilité qui en vient et peut en venir à toute la chose publique, tant pour l’augmentation de la science que autrement ; etc…, nous sommes libéralement condescendus à faire restituer au d. Conrad Hanequis la somme de deux mille quatre cent vingt-cinq écus et trois sous tournois, etc…»

Louis XII fit transporter au château de Blois les volumes que ses prédécesseurs avaient réunis au Louvre.

François Ier, prince élégant et de nobles manières, instruit et bien disant, créa en 1544 une bibliothèque à Fontainebleau, et l’augmenta plus tard de tous les livres que Louis XII avait déposés dans le château de Blois. La bibliothèque de Blois, dont l’inventaire fut fait alors, se composait d’environ 1,890 volumes, dont 109 imprimés et près de 40 manuscrits grecs, apportés de Naples par le célèbre Lascaris. François Ier enrichit encore la bibliothèque de Fontainebleau d’environ 60 manuscrits, que Jérôme Fondul avait achetés dans les pays étrangers. Jean de Pins, Georges d’Armagnac et Guillaume Pellicier, ambassadeurs de France à Rome et à Venise, achetèrent pour le compte du roi tous les livres grecs qu’ils purent trouver. Le catalogue dressé à cet effet constate l’acquisition de 260 volumes. Guillaume Postel, Pierre Gille et Juste Tenelle nous rapportèrent du Levant 400 manuscrits, et 40 environ de l’Orient. Les livres du connétable de Bourbon augmentèrent encore la collection de Fontainebleau.

Jusqu’à cette époque, un simple garde en titre avait été le seul administrateur de la bibliothèque de nos rois. François Ier donna au savant Guillaume Budé la place de bibliothécaire en chef, avec le titre de maître de la Bibliothèque du Roi. Parmi les successeurs de Guillaume Budé, on cite avec éloge Pierre Duchâtel, Mellin de Saint-Gelais et Pierre de Montdoré.

Les principales richesses de la Bibliothèque consistaient alors en manuscrits. Henri II, conseillé par le savant Raoul Spifame, ordonna, vers 1556, à tous les libraires, de fournir à chacune des bibliothèques royales, un exemplaire en vélin et relié de tous les ouvrages imprimés par privilège. Cette ordonnance ne fut pas exécutée rigoureusement.

Sous Henri III, la Bibliothèque fut envahie par les ligueurs. Dans une note que Jean Gosselin, alors gardien de la Bibliothèque, eut la précaution d’écrire sur un manuscrit ayant pour titre : Marguerite historiale, par Jean Massüe, on lit : que le président de Nully, fameux ligueur, se saisit, en 1593, de la librairie du roi, en fit rompre les murailles et la garda jusqu’à la fin de mars 1594 ; que pendant cet espace de temps, on enleva le premier cahier du manuscrit de Massüe ; que Guillaume Rose, évêque de Senlis, et Pigenat, autres furieux ligueurs, firent dans un autre temps plusieurs tentatives pour envahir la Bibliothèque Royale, et qu’ils en furent empêchés par le président Brisson, et par lui Gosselin.

Henri IV, maître de Paris, ordonna par lettres du 14 mai 1594, que la bibliothèque de Fontainebleau serait transférée dans la capitale et déposée dans les bâtiments du collége de Clermont, que les jésuites venaient de quitter. Elle acquit à cette époque de nouvelles richesses. Le maréchal Strozzi avait fait l’acquisition, du cardinal Ridolfi, neveu du pape Léon X, d’une collection de manuscrits hébreux, grecs, latins, arabes, français, italiens, au nombre de plus de 800. À la mort de Strozzi, la reine-mère s’appropria les livres du maréchal, sous le vain prétexte que ces ouvrages provenaient de la bibliothèque des Médicis. Le 4 novembre 1598, Henri IV écrivait à M. de Thou, son bibliothécaire : « Je vous ai ci-devant écrit pour retirer des mains du neveu du feu abbé de Bellebranche, la librairie de la feue reine, mère du roi, mon seigneur ; ce que je vous prie et commande encore un coup de faire, si jà ne l’avez fait, comme chose que je désire et affectionne et veux, afin que rien esgare et que vous la fassiez mettre avec la mienne. Adieu. »

Deux arrêts du parlement, le premier à la date du 25 janvier, le second au 30 avril 1599, ordonnèrent la remise de ces livres à la Bibliothèque du Roi. Les jésuites, rentrés en France, reprirent possession de leur collége, et la Bibliothèque fut transférée dans une des salles du couvent des Cordeliers. Henri IV cherchait à placer convenablement cette précieuse collection, et voulait supprimer les collèges de Tréguier et de Cambrai pour placer la Bibliothèque dans une partie de leurs bâtiments, lorsque la mort vint le frapper.

Sous le règne suivant, la Bibliothèque fut enrichie des livres de Philippe Hurault, évêque de Chartres. C’est à Louis XIII qu’on doit attribuer l’accroissement rapide de nos richesses littéraires. Ce prince rendit en 1617 une ordonnance qui porte : « Qu’à l’avenir ne sera octroyé à quelque personne que ce soit, aucun privilége pour faire imprimer ou exposer en vente aucun livre, sinon à la charge d’en mettre gratuitement deux exemplaires en la Bibliothèque du Roi. » À la fin de ce règne, la Bibliothèque se composait de 16,700 volumes.

Sous Louis XIV, la Bibliothèque fut rendue accessible au public. Depuis longtemps la maison des Cordeliers était trop petite pour contenir cette collection. Colbert la fit placer dans deux propriétés voisines de son hôtel. Ces deux maisons, situées rue Vivienne, avaient été achetées des héritiers Beautra. La translation eut lieu en 1666. La Bibliothèque occupa cet hôtel jusqu’en 1721. À cette époque, on voyait dans la rue de Richelieu un hôtel immense ; il renfermait tout l’espace compris entre cette voie publique, les rues Neuve-des-Petits-Champs, Vivienne et Colbert. C’était l’ancienne demeure du cardinal Mazarin. Plus de quatre cents statues ou bustes, chefs-d’œuvre de la Grèce et de Rome, décoraient cette habitation toute royale. On y voyait cinq cents tableaux, ouvrages de cent vingt peintres. Parmi ces tableaux on en comptait sept de Raphaël, huit du Titien, trois du Corrège et cinq de Paul Véronèse. Après la mort du cardinal-ministre, ce palais fut divisé en deux parties. La première, la plus considérable, conserva le nom de Mazarin. Le roi l’acheta en 1719 et la donna à la compagnie des Indes. En 1724, la Bourse y fut placée. La seconde partie échut par succession au marquis de Mancini, duc de Nevers, neveu du cardinal, et on la nomma hôtel de Nevers. Le roi en fit ensuite l’acquisition, y établit la Banque Royale, et en dernier lieu la Bibliothèque.

Pour rester dans les limites que nous nous sommes tracées, nous indiquerons seulement les principales acquisitions, les présents les plus considérables qui vinrent successivement grossir notre dépôt littéraire.

En 1662, le roi acheta du comte de Brienne 360 manuscrits sur l’histoire de France.

Le comte de Béthune, chevalier des ordres de sa majesté, légua en 1665 à la Bibliothèque 1,923 volumes manuscrits. Plus de onze cents renferment des lettres et pièces originales sur l’histoire de France.

Charles d’Hozier, célèbre généalogiste, vendit au roi son cabinet, qui renfermait les ouvrages les plus curieux.

À ces collections, il faut ajouter celles qui provenaient de l’abbé de Louvois, de Colbert, de Dupuy, de Baluze, de Lancelot, de l’église de Paris, de Saint-Martial de Limoges, de Fontanieu, de la Vallière, etc. Le cardinal Fleury et M. de Maurépas envoyèrent en Orient MM. Sévin et Fourmont, qui achetèrent un grand nombre de manuscrits grecs et orientaux.

En 1790, époque de la suppression des maisons religieuses, la Bibliothèque s’accrut d’un grand nombre de livres manuscrits et imprimés provenant de ces établissements.

Avant la révolution, on évaluait le nombre des livres imprimés, en excluant les pièces détachées, à deux cent mille environ. On y compte aujourd’hui plus de sept cent mille volumes imprimés, et pareil nombre de pièces fugitives. La Bibliothèque Royale s’accroît chaque année de neuf mille ouvrages français et de trois mille étrangers.

Dans cinquante ans ce magnifique bazar littéraire aura doublé ses richesses.

Avant 1789, la Bibliothèque se divisait en cinq dépôts : les livres imprimés, les manuscrits, les médailles et les antiques, les gravures, les titres et généalogies. Ce dernier dépôt a été supprimé.

La collection des manuscrits occupe cinq pièces, dont l’une est l’ancienne galerie du palais Mazarin. Le plafond, peint à fresque en 1651, est l’ouvrage de Romanelli. Il représente plusieurs sujets de la fable. Les manuscrits sont divisés par fonds, parmi lesquels on distingue ceux de Dupuy, de Béthune, de Brienne, de Gaignières, de Mesmes, de Colbert, de Doat, de Cangé, de Lancelot, de Baluze. Le nombre des manuscrits est évalué à quatre-vingt mille. Les plus curieux sont ceux des VIe et VIIe siècles. Ils sont écrits en or sur du vélin pourpre ; ou en argent sur parchemin noir. On distingue aussi la Bible dite de Charles-le-Chauve, et les Heures d’Anne de Bretagne.

Le cabinet des médailles et des antiques est également remarquable.

François Ier possédait vingt médailles en or et une centaine en argent. Il les fit enchâsser dans des ouvrages d’orfèvrerie. Henri II joignit aux médailles qui avaient appartenu à François Ier celles qui composaient la riche collection apportée d’Italie par Catherine de Médicis. Charles IX augmenta ces richesses et leur destina un local particulier dans le Louvre. Le premier, il créa une place spéciale pour leur conservation. Pendant les troubles de la Ligue, les médailles furent dispersées. Henri IV et Louis XIII essayèrent de réparer ces pertes. À Louis XIV appartient l’honneur d’avoir rassemblé les collections disséminées dans les résidences royales, et d’avoir créé au Louvre le cabinet des antiques.

Au mois de novembre 1666, l’abbé Bruneau, gardien des médailles, fut assassiné dans le Louvre. Les meurtriers s’emparèrent d’une partie de nos richesses numismatiques. Peu de temps après, la collection fut transportée à la Bibliothèque Royale.

En 1831, le cabinet des médailles éprouva de nouvelles pertes. Une tentative de vol fut accomplie avec une audace étonnante. Des objets rares et précieux furent enlevés. Il résulte d’un état dressé par les conservateurs, que le nombre des médailles dérobées et non recouvrées, s’élève à deux mille sept cent soixante-deux. Cependant cette collection est riche encore aujourd’hui. On compte dans ce cabinet plus de quatre-vingt mille médailles.

On remarque dans une des galeries des imprimés un monument appelé le Parnasse français, composé par Titon du Tillet. Ce Parnasse a été érigé à la gloire de Louis XIV et des littérateurs de son siècle. Depuis on y a ajouté les figures de Rousseau, de Crébillon et de Voltaire.

Dans la pièce affectée aux livres de géographie, on voit deux globes immenses. Ils furent commencés à Venise par Marc-Vincent Coronelli, d’après l’ordre du cardinal d’Estrées, qui en fit hommage à Louis XIV.

Sur des lames de cuivre doré, le cardinal d’Estrées fit graver deux inscriptions. Voici celle du globe céleste :

À L’AUGUSTE MAJESTÉ
DE LOUIS-LE-GRAND,
L’INVINCIBLE, L’HEUREUX,
LE SAGE, LE CONQUÉRANT,

César cardinal d’Estrées a consacré ce globe céleste où toutes les étoiles du firmament et les planètes sont placées au lieu même où elles étoient à la naissance de ce fameux monarque, afin de conserver à l’éternité une image fixe de cette heureuse disposition sous laquelle la France a reçu le plus grand présent que le ciel ait jamais fait à la terre. M. DC. LXXXIII.

L’inscription du globe terrestre est ainsi conçue :

À L’AUGUSTE MAJESTÉ
DE LOUIS-LE-GRAND,
L’INVINCIBLE, L’HEUREUX,
LE SAGE, LE CONQUÉRANT,

César cardinal d’Estrées a consacré ce globe terrestre pour rendre un continuel hommage à sa gloire et à ses héroïques vertus, en montrant les pays où mille grandes actions ont été exécutées et par lui-même et par ses ordres à l’étonnement de tant de nations qu’il aurait pu soumettre à son empire, si sa modération n’eût arrêté le cours de ses conquêtes et prescrit des bornes à sa valeur plus encore que sa fortune. M. DC. LXXXIII.

Plusieurs projets relatifs au déplacement de la Bibliothèque ont été successivement présentés. Napoléon, en arrêtant la réunion des palais du Louvre et des Tuileries, avait décidé que ces deux monuments seraient séparés par une ligne transversale de bâtiments qui contiendraient la Bibliothèque nationale. Il est à regretter que ce changement n’ait pas eu lieu ; le local actuel de la Bibliothèque n’est plus en rapport avec les richesses qu’il est appelé à renfermer. — Une ordonnance royale du 14 novembre 1832 confia l’administration de cet établissement aux conservateurs et à leurs adjoints, qui forment un conseil sous la présidence d’un directeur. L’organisation établie par cette ordonnance fut modifiée par une autre ordonnance royale du 22 février 1839, qui nommait un administrateur général de la Bibliothèque. L’ancien état de choses a été rétabli par M. Villemain. La Bibliothèque Royale est ouverte tous les jours de dix heures à trois, les dimanches et fêtes exceptés.


Bichat (rue).

Commence à la rue du Faubourg-du-Temple, nos 43 et 45 ; finit à la rue Grange-aux-Belles, no 34. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 566 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Partie comprise entre les rues du Faubourg-du-Temple et Alibert. — Une ordonnance royale du 30 août 1824, a autorisé M. Davaux à ouvrir sur son terrain une rue de 12 m. de largeur, pour communiquer de la rue du Faubourg-du-Temple à l’impasse Saint-Louis (aujourd’hui rue Alibert). Cette autorisation a été accordée à la charge par ce propriétaire de supporter les frais d’établissement du premier pavage et du premier éclairage de la nouvelle rue, et de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris. Cette ordonnance fut immédiatement exécutée, et le nouveau percement reçut le nom de rue Bichat en mémoire de Marie-François-Xavier Bichat, célèbre chirurgien né à Thoirette (Ain) le 11 novembre 1771, et enlevé prématurément à la science le 22 juillet 1802.

Partie comprise entre la rue Alibert et l’avenue de l’Hôpital-Saint-Louis. — Elle a été ouverte en 1836, sur les terrains appartenant aux hospices de Paris, et a reçu le nom de rue Bichat en mai 1840. Sa largeur est de 15 m.

Partie comprise entre l’avenue de l’Hôpital-Saint-Louis et la rue Grange-aux-Belles. — Elle provient de la rue Carême-Prenant. Cette voie publique a été supprimée presque entièrement lors de la formation du canal Saint-Martin. Cette partie a reçu la dénomination de rue Bichat en mai 1840. Sa largeur varie de 11 à 13 m.

Portion d’égout du côté de la rue Grange-aux-Belles. — Conduite d’eau entre cette voie publique et la rue Corbeau. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).


Biches (impasse du Pont-aux-).

Située entre les rues Neuve-Saint-Martin, no 2, et Notre-Dame-de-Nazareth, no 38. Pas de numéro. Sa longueur est de 31 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

C’était dans l’origine le cul-de-sac de la Chiffonnerie. — Une sentence de police, du 18 juillet 1727, désigne ainsi cette impasse, qui tire son nom actuel de sa situation en face de la rue du Pont-aux-Biches. Cette impasse est fermée. Sa largeur actuelle est de 5 m. 70 c.


Biches-Saint-Marcel (rue du Pont-aux-).

Commence à la rue Censier, nos 11 et 13 ; finit à la rue du Fer-à-Moulin, nos 2 et 4. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 8. Sa longueur est de 162 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle tire son nom d’un pont sur la Bièvre qui passait au milieu de cette rue. On lui donna aussi la dénomination de rue de la Miséricorde, en raison de l’hôpital de ce nom dit les Cent-Filles qui y fut établi en 1627 (voir la rue Censier.) En 1603, elle ne faisait qu’une seule et même voie publique avec la rue qu’on appelle Vieille-Notre-Dame. Depuis 1700, elle a toujours été désignée sous le nom de rue du Pont-aux-Biches. — Une décision ministérielle du 7 fructidor an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 27 janvier 1837, cette dimension est portée à 10 m. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 40 c. à 1 m. 80 c. Une partie de la maison no 4 est alignée ; les autres constructions devront éprouver un retranchement de 1 m. 75 c. à 2 m. 30 c. — Égout et conduite d’eau.


Biches-Saint-Martin (rue du Pont-aux-).

Commence aux rues du Vertbois, no 2, et Neuve-Saint-Laurent, no 34 ; finit aux rues Neuve-Saint-Martin, no 1, et Notre-Dame-de-Nazareth, no 31. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 45 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle tire son nom d’un petit pont jeté sur un ancien égout et d’une enseigne des Biches. — Une décision ministérielle, à la date du 4 floréal an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 90 c. à 2 m. 40 c. La plus grande partie du côté droit est alignée ; le surplus ne devra subir qu’un reculement de 22 c. à 55 c. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Bienfaisance (rue de la).

Commence à la rue du Rocher, nos 19 et 21 ; finit à la rue de Plaisance. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 36, Sa longueur est de 635 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Elle est indiquée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. — « Séance du 9 février 1793. Sur le rapport des administrateurs des travaux publics, le bureau municipal les autorise à faire exécuter, sous la direction de l’inspecteur du pavé de Paris, les talus, nivellement et déblais qui restent à faire pour rendre la rue de l’Observance, qui aboutit d’un côté dans la rue des Rochers et de l’autre dans celle de Miroménil, praticable et pour en achever le percement jusqu’à la rencontre de celle de Miroménil, etc. » (Registre du bureau municipal, tome 51, page 20). Cette voie publique prit le nom de rue de la Bienfaisance, en l’honneur de M. Gœtz, médecin, mort en 1813, et connu par ses nombreux actes de bienfaisance. M. Gœtz habitait la maison no 5. — Lors de la construction de l’abattoir du Roule, la rue de la Bienfaisance fut prolongée jusqu’à l’avenue latérale à gauche de cet établissement. — Une décision ministérielle, du 12 juillet 1816, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Toutes les constructions du côté des numéros impairs sont alignées ; plusieurs constructions du côté opposé ont été bâties récemment, d’après un alignement qui porte à 12 m. la largeur de la rue de la Bienfaisance. — Portion d’égout du côté de la rue Miroménil. — Conduite d’eau dans toute l’étendue.


Bièvre (rue de).

Commence au quai de la Tournelle, no 11, et à la rue des Grands-Degrés, no 1 ; finit à la rue Saint-Victor, no 130, et à la place Maubert, no 51. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 40. Sa longueur est de 197 m. — 12e arrondissement. Les impairs sont du quartier du Jardin-du-Roi ; les pairs, du quartier Saint-Jacques.