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La rivière de Bièvre, qui passait autrefois en cet endroit, lui a fait donner le nom de rue de Bièvre, qu’elle portait déjà en 1250. Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Les maisons nos 23, 25, 27, 29 et 2 sont alignées ; celles qui portent les nos 11, 13, 15 et 37 ne sont soumises qu’à un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Victor jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Billettes (rue des).

Commence à la rue de la Verrerie, nos 26 et 28 ; finit à la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, nos 31 et 33. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 126 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Dans les lettres de Philippe-Auguste, du mois de décembre 1299, elle est appelée rue des Jardins (vicus Jardinorum, ou de Jardinis). Dans plusieurs actes du XVe siècle, on la trouve indiquée sous le nom de rue où Dieu fut bouilli, du Dieu bouliz. Cette dénomination lui avait été donnée pour rappeler le sacrilège commis par un juif nommé Jonathas, qui plongea dans une chaudière d’eau bouillante une hostie consacrée. Enfin Corrozet l’indique sous le nom de rue des Billettes. Cette rue, selon Sauval, tire sa dénomination d’une espèce de péage qu’on appelait encore de son temps billettes, on raison d’un billot de bois qu’un suspendait à la porte de la maison où ce droit devait être payé. Pour appuyer son opinion, il dit que, la rue de la Verrerie conduisant à l’ancienne porte Saint-Merri, on acquittait sans doute le péage dans une maison de cette rue située au coin de celle des Jardins ; c’est pour ce motif que cette dernière a reçu le nom de rue des Billettes. Jaillot critique cette opinion à peu près en ces termes : Il est vrai qu’on a donné le nom de billette à une petite enseigne posée aux endroits où l’on devait le péage ; mais la rue de la Verrerie n’était pas un chemin royal où l’on pût établir un bureau pour la perception d’un droit pareil. Quant aux marchandises qui devaient acquitter les droits avant d’entrer dans Paris, le paiement devait en être effectué d’un côté de la ville à la porte Baudet (Baudoyer), et de l’autre à la porte Saint-Merri. — Il nous semble plus naturel de dire que cette rue doit son nom aux religieux hospitaliers de Notre-Dame, qui précédèrent les Carmes dans la possession du couvent situé dans cette rue. Nous croyons que ces hospitaliers, qui dans l’origine n’étaient ni tout à fait religieux, ni exactement séculiers, portaient des billettes sur leurs habits, comme des signes propres à les faire reconnaître. Ce fut sans doute par ce motif que le peuple leur a donné ce nom. Billette est un terme de blason donné autrefois à une petite pièce carrée qu’on mettait sur un écu pour signifier constance et fermeté. On donnait aussi le même nom à de petits scapulaires qui avaient une forme toute semblable (voir l’article suivant). — Une décision ministérielle du 28 prairial an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 9 m. par une autre décision ministérielle du 18 mai 1818, signée comte Chabrol. — Les maisons nos 6, 8, 9 et 26 ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Verrerie jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Billettes (temple des).

Situé dans la rue des Billettes, no 18. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

C’était autrefois l’église du couvent des Carmes-Billettes. Voici de quelle manière les principaux historiens nous racontent l’origine de cette communauté religieuse : Le 12 avril 1290, un juif nommé Jonathas commit un sacrilège en plongeant, comme nous l’avons dit plus haut, une hostie consacrée dans un vase rempli d’eau bouillante. Le peuple, furieux, se rassembla, pénétra de vive-force dans la maison. Le juif est arrêté, condamné, puis brûlé vif. La propriété de la rue des Jardins et les autres biens de Jonathas furent confisqués au profit du roi Philippe-le-Bel. La maison où le crime avait été commis fut donnée par le roi à Reinier Flaming, bourgeois de Paris, qui fit construire, en 1294, sur son emplacement, une chapelle qu’on nomma la maison des Miracles. Cette fondation fut autorisée par une bulle du pape, donnée le 17 juillet 1295. — Guy de Joinville, seigneur de Dongeux ou Dongiers, avait, en 1286, fait bâtir à Boucheraumont, dans le diocèse de Châlons-sur-Marne, un hôpital pour y recevoir les malades et les pauvres passants. Cet hôpital était desservi par une communauté séculière d’hommes et ce femmes, sous le titre et la protection de la Sainte-Vierge ; leurs belles attributions leur avaient fait donner le nom d’Hospitaliers de la Charité-Notre-Dame. Le succès de cet établissement fit naître au fondateur la pensée d’en former un semblable à Paris ; il jeta les yeux sur la maison des Miracles, que Reinier Flaming consentit à lui céder.

Ces religieux n’appartenaient à aucun ordre connu ; ils portaient sur leurs habits de petits scapulaires ou billettes, et le peuple les désigna bientôt sous le nom de religieux des Billettes. Le pape, en 1346, les exempta des censures encourues par l’irrégularité de leur fondation, et leur imposa la règle de saint Augustin. La reine Clémence de Hongrie, épouse de Louis X, enrichit cette communauté qu’on désignait alors sous le nom de couvent où Dieu fut bouilli. Le 26 juillet 1631, ces religieux furent remplacés par les Carmes réformés de l’observance de Rennes. — Le cœur d’Eudes Mézerai, historiographe de France, mort le 10 juillet 1683, fut déposé dans leur église. Au-dessus de l’ancienne chapelle des Miracles, on lisait encore en 1685 cette inscription « Ci-dessous le juif fit bouillir la sainte hostie. » L’église fut rebâtie en 1754, sur les dessins d’un religieux dominicain nommé Claude. En 1790, le couvent des Carmes-Billettes fut supprimé et devint propriété nationale. Une partie de ses bâtiments ainsi que son église furent vendues les 17 avril 1793 et 26 ventôse an III. L’église, rachetée par la Ville le 26 novembre 1808, moyennant 73,000 fr., fut affectée en 1812 au culte luthérien. L’acquisition de cette église avait été autorisée par un décret impérial rendu à Bayonne et daté du 28 juillet 1808.


Billy (quai).

Commence à la rue Bizet, no 1 ; finit à la barrière de Passy. Le dernier numéro est 50 bis. Sa longueur est de 1,204 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

On commença à le construire en 1572. Il prit le nom de quai des Bons-Hommes, en raison de sa proximité du couvent des religieux Minimes dits vulgairement Bons-Hommes. On le désigna ensuite sous les dénominations de quai de la Conférence et de Chaillot. Quelques plans l’indiquent également sous le nom de la Savonnerie, en raison d’une manufacture de tapis dits de la Savonnerie. — Une décision ministérielle du 13 fructidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de ce quai à 17 m. 70 c. À cette époque, il se nommait quai de Chaillot, ou chemin de Paris à Versailles. — « Au palais de Varsovie, le 13 janvier 1807. Napoléon, empereur des Français, roi d’Italie, etc. Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Article 1er. Le pont construit sur la Seine, en face le Champ-de-Mars, s’appellera pont d’Iéna. — Art. 2. Le quai sur lequel il doit s’appuyer du côté de Chaillot, et qui doit être élargi et refait dans une nouvelle direction, s’appellera, dans la partie comprise entre la barrière et la pompe à feu, quai de Billy, du nom du général tué dans cette bataille. Signé Napoléon. Par l’empereur, le secrétaire d’État, signé H.-B. Maret (Extrait du décret). » — Ce quai reçut alors une largeur depuis longtemps désirée. On porta le mur de terrasse au milieu du cours de la Seine, dont on déploya le lit aux dépens de la rive opposée. Ce mur de terrasse vient se rattacher à la culée du pont d’Iéna, dont il facilite les abords. Une ordonnance royale à la date du 27 septembre 1826, a fixé la moindre largeur de ce quai à 27 m. Les propriétés nos 4, 6, 8, 10, 12, 14, 24, 26, 28, 32, 38, 50 et 50 bis ne sont pas soumises à retranchement. — Le grand égout de ceinture visent aboutir à la rivière, vis-à-vis l’hôtel des subsistances militaires. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Au no 4 est une pompe à feu, due à l’habileté de MM. Perrier frères. Par le moyen de tuyaux à embouchure recourbée, qui se prolongent jusqu’au milieu de la Seine, cette pompe aspire l’eau et la fait monter dans des réservoirs construits sur la hauteur de Chaillot. Cette montagne est élevée de 37 m. environ au-dessus du niveau de la rivière.

Au no 26 est situé l’hôtel des subsistances militaires, qui a remplacé l’ancienne manufacture royale de la Savonnerie.


Biron (rue).

Commence à la rue de la Santé ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Jacques, no 57. Pas de numéro. Sa longueur est de 343 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Sur le plan de Jaillot, elle est indiquée comme un chemin sans dénomination. Nous ignorons d’où lui vient le nom de rue Biron, qu’elle portait dès l’année 1790. — Une décision ministérielle à la date du 6 pluviôse an XI, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, cette dimension est portée à 12 m. Toutes les constructions du côté gauche sont alignées ; celles du côté droit devront subir un retranchement de 2 m. environ.


Bizet (rue).

Commence au quai Billy, no 2, et à l’allée des Veuves, no 1 ; finit à la rue de Chaillot, nos 44 et 48. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 397 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

C’était autrefois la ruelle du Tourniquet, puis celle des Blanchisseuses. Elle devait sa première dénomination à un tourniquet qui se trouvait à l’entrée de la rue de Chaillot. Des blanchisseuses qui prenaient ce chemin pour aller laver leur linge à la rivière, lui ont fait donner sa seconde dénomination. — Une décision ministérielle du 13 fructidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m.

Ce n’était encore en 1826 qu’une ruelle étroite et tortueuse. À cette époque M. Bizet, propriétaire des terrains voisins de cette communication, proposa d’en changer la direction. L’autorisation lui fut accordée par une ordonnance royale du 9 août de la même année. Cette ordonnance porte que la nouvelle rue, destinée à remplacer celle des Blanchisseuses, aura 10 m. de largeur, et que le sieur Bizet devra pourvoir aux frais de premier établissement de pavage. Elle prescrit aussi que l’emplacement de la rue des Blanchisseuses, qui rentrera dans la propriété du sieur Bizet, sera concédé à ce propriétaire à titre d’échange contre le terrain qu’il abandonnera à la voie publique et sauf paiement de soulte s’il y a lieu. — Cette ordonnance ayant reçu son exécution, une décision ministérielle signée d’Argout, à la date du 23 janvier 1832 assigna à la voie publique dont il s’agit le nom de rue Bizet. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue Marbeuf jusqu’à celle de Chaillot. — Éclairage au gaz entre le quai Billy et la rue Marbeuf (compe de l’Ouest).


Blanche (barrière).

Située à l’extrémité de la rue du même nom.

Cette barrière, qui se compose d’un seul bâtiment avec trois arcades au rez-de-chaussée, portait autrefois le nom de la Croix-Blanche ; dénomination primitive affectée à la rue Blanche. (Voyez l’article Barrière.)


Blanche (chemin de ronde de la barrière).

Commence aux rue et barrière Blanche ; finit aux rue et barrière de Clichy. Pas de numéro. Sa longueur est de 412 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Une ordonnance royale à la date du 28 février 1837, a maintenu la largeur de 11 m. 69 c. fixée en 1789 par le bureau des finances. Les constructions qui bordent ce chemin à partir de la place de la barrière Blanche, et dans une étendue de 170 m., sont alignées. (Voir l’article Chemins de ronde.)


Blanche (place de la barrière).

Située à l’extrémité de la rue Blanche. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Dès le 28 vendémiaire an XI, le ministre Chaptal prescrivit la formation de cette place ; il ordonna qu’elle serait demi-circulaire, et qu’elle aurait 30 m. de rayon. Elle fut exécutée d’après ces dispositions, qui ont été maintenues par une ordonnance royale du 28 février 1837.


Blanche (rue).

Commence à la rue Saint-Lazare, nos 68 et 68 bis ; finit à la place de la Barrière-Blanche. Le dernier impair est 61 ; le dernier pair, 44. Sa longueur est de 764 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Son premier nom était rue de la Croix-Blanche. — Une décision ministérielle, à la date du 28 vendémiaire an XI, signée Chaptal, ainsi qu’une ordonnance royale du 28 février 1837, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions portant les numéros ci-après ne sont pas soumises à retranchement : partie du no 3, 13, 15, 17, 19, 21, 23, 25, 27, 29, 31, 33, 35, 37, 39, 43, 43 bis, 45, 47, 49, 51, 53, 61 ; 2, 4, 6, 8, 10, 12, second no 10, bâtiment no 14, 16, 18, 20, 22, 24, 26, 30, 32, 34, 36, 38, 40, 42, 42 bis et 44. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Lazare. — Conduite d’eau entre cette rue et l’aqueduc de ceinture. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Blanchisseuses (impasse des).

Située dans la rue Bizet. Pas de numéro. Sa longueur est de 110 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle tire cette dénomination de la ruelle des Blanchisseuses, aujourd’hui rue Bizet (voyez cet article). Il n’existe point d’alignement pour cette impasse dont la largeur actuelle est de 4 m.


Blé (halle au).

Située rue de Viarmes. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

La Halle au Blé a été construite sur l’emplacement de l’hôtel de Soissons. Cet hôtel n’est pas sans quelque célébrité dans nos annales parisiennes ; il occupait tout l’emplacement limité par les rues du Four, des Deux-Écus et de Grenelle ; son entrée principale était par la rue du Four. Les cours et les jardins s’étendaient depuis la rue d’Orléans jusqu’à la Croix-Neuve, près de la place Saint-Eustache. Ses dépendances avoisinaient l’église de ce nom et la rue Coquillière.

L’histoire de cette vaste habitation se divise en cinq parties. Elle fut connue successivement sous les noms d’hôtel de Nesle, de Bohême, d’Orléans, de la Reine et de Soissons.

Jean II, seigneur de Nesle, fit construire, au commencement du XIIIe siècle, une petite habitation sur un terrain planté de vignes. Ce premier hôtel consistait en un simple bâtiment flanqué de quatre tours. En 1232 le seigneur de Nesle en fit présent à saint Louis. Par une charte de la même année, le roi céda cet hôtel à sa mère, Blanche de Castille.

En 1296, Philippe-le-Bel le donna à Charles, comte de Valois, son frère, qui le céda à Philippe, son fils.

Par lettres datées du Louvre-lez-Paris, Philippe, régent du royaume, en fit don à Jean de Luxembourg, roi de Bohême, fils de l’empereur Henri VIII. Ces lettres sont ainsi conçues : « Philippe Quens de Valois et d’Anjou, regens les royaumes de France et de Navarre, faisons sçavoir à tous présents et à venir, que nous, de notre propre libéralité, avons donné et donnons à noble prince, notre tres chier et féal Jehan, roi de Behaigne, et à ses hoirs nés et à nestre, descendant de droite ligne de son propre corps, héréditablement et perpétuellement, nostre meson qui est dicte Néelle, séant à Paris, entre la porte Saint-Honoré et la porte de Montmartre, ensemble tous nos jardins et les appartenances tenant à la dicte meson, sans rien retenir à nous en possession ne en propriété, excepté la justice de la souveraineté, laquelle nous réservons et retenons par devers nous, etc… »

Cette habitation prit alors le nom d’hôtel de Bohême. Le 26 août 1336, Jean de Luxembourg fut tué à la bataille de Crécy. La propriété de l’hôtel de Bohême revint à la couronne par le mariage de Bonne de Luxembourg, fille du roi de Bohème, avec Jean, duc de Normandie. Devenu roi, Jean habita quelque temps l’hôtel de Bohême ou de Nesle, ainsi que le constatent des lettres patentes du mois de novembre 1356, données Parisis. in hospitio nostro de Negella.

Le 5 février 1355, le roi Jean fit cession au comte de Savoie, Amédée II, de son hôtel de Bohême, qui passa ensuite à Louis, deuxième fils du roi Jean. La veuve de Louis d’Anjou, tante de Charles VI, vendit cette habitation au roi moyennant 1,200 livres. Charles VI la céda à Louis de France, alors duc de Touraine, depuis duc d’Orléans.

L’hôtel de Bohème changea son nom et prit celui d’Orléans.

Il appartenait en 1499 au roi Louis XII. L’année suivante le roi donna une partie de son hôtel d’Orléans aux religieuses Pénitentes, et céda l’autre partie à Robert de Framezelles.

Aucun changement n’eut lieu jusqu’au règne de Charles IX.

Les astrologues avaient prédit à Catherine de Médicis qu’elle mourrait près d’un endroit qui porterait le nom de Saint-Germain. Aussitôt la reine-mère voulut quitter les habitations qui rappelaient Saint-Germain. On la vit abandonner successivement le Louvre et les Tuileries, en raison de leur proximité de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois.

Catherine de Médicis jeta les yeux alors sur le couvent des Filles-Pénitentes. Le 4 novembre 1572, un contrat d’échange fut passé entre la reine-mère, les religieux de Saint-Magloire qui habitaient la rue Saint-Denis, et les Filles-Pénitentes.

Au mois de décembre suivant, Charles IX ratifia cet échange, par lequel la reine abandonna aux religieux de Saint-Magloire un terrain situé près de l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas. En contre-échange, ces religieux laissèrent aux Filles-Pénitentes leur monastère de la rue Saint-Denis, et la reine prit possession du couvent de la rue du Four. Catherine acheta l’hôtel d’Albret, fit supprimer une partie des rues d’Orléans et des Étuves et prolonger celle des Deux-Écus, depuis la rue d’Orléans jusqu’à la rue de Grenelle. Alors s’éleva un hôtel magnifique, bâti sur les dessins de Jean Bullant et de Salomon de Bresse. L’habitation de Catherine reçut le nom d’hôtel de la Reine. « Le bâtiment qu’elle entreprit, dit Sauval, parut si magnifique, que dans tout le royaume, alors, il ne le cédait qu’au Louvre et à son palais des Tuileries ; elle le rendit si commode qu’on y compte cinq appartements des plus grands… On y entre par un portail aussi grand que superbe ; quoiqu’imité de celui du palais de Farnèse à Caprarolle, il passe néanmoins pour un des chefs-d’œuvre de Salomon de Bresse, l’un des meilleurs architectes de notre temps, etc… »

Après la mort de Catherine de Médicis, son hôtel échut par succession à sa petite-fille, Christine de Lorraine, femme de Ferdinand Ier, grand duc de Toscane.

Mais la reine-mère avait laissé des dettes si considérables, qu’on fut obligé de vendre son hôtel. Catherine de Bourbon, sœur de Henri IV et créancière de la défunte, l’acheta en 1601. Il fut adjugé, par décret du 21 janvier 1606, à Charles de Bourbon, comte de Soissons. Cette résidence, réparée et agrandie, prit le nom d’hôtel de Soissons, qui lui est resté jusqu’à l’époque de sa démolition. Au commencement du XVIIIe siècle, il passa au prince de Carignan, et sous la régence, Law en fit la succursale de ses opérations financières. Par suite du discrédit des actions de la banque, le prince de Carignan fut ruiné et son hôtel vendu après sa mort à divers particuliers.

Lettres-patentes du roi en forme de déclaration portant établissement dans la ville de Paris, d’une nouvelle halle aux bleds et d’une gare pour les bateaux. Données à Versailles le 25 novembre 1762.

« Louis, etc… Occupés à l’exemple des rois nos prédécesseurs de tout ce qui peut augmenter la splendeur de la capitale de notre royaume, et procurer à ses habitants de nouveaux agréments et de plus grandes commodités, nous avons porté successivement notre attention sur les différents objets d’utilité et de décoration qui peuvent encore rester à désirer parmi tant d’édifices et de monuments consacrés à la piété, à l’utilité et à la magnificence publique, entrepris ou achevés de notre règne. Nous n’avons jamais perdu de vue ceux qui peuvent assurer et augmenter l’abondance des choses nécessaires à la vie des citoyens, et qui par l’affection réciproque que nous devons à nos peuples tiendront toujours le premier rang dans notre cœur ; c’est dans cet esprit que pour suppléer au peu de commodité des halles actuelles, devenues beaucoup trop resserrées par l’agrandissement successif de Paris, nous avons dès le mois d’août 1755, par nos lettres-patentes enregistrées au parlement, ordonné à nos très chers et bien amés les prévôt des marchands et échevins de notre bonne ville de Paris, de faire l’acquisition du terrain où était ci-devant l’hôtel de Soissons, et de l’employer à la construction d’une nouvelle halle, etc. À ces causes, etc. — Article 1er. Lesdits prévôt des marchands et échevins feront incessamment construire une halle pour les grains et farines dans l’emplacement de l’hôtel de Soissons, dans un espace de 1,800 toises de superficie, conformément au plan qui sera par nous adopté, etc… — Art. 14. Ordonnons qu’en présence desdits prévôt des marchands et échevins, et en celle de M. Deniset, président des trésoriers de France, que nous avons commis à cet effet, il sera par le maître-général des bâtiments de la ville, tracé de nouvelles rues pour les abords et au pourtour de ladite halle, ensemble une nouvelle place au milieu d’icelle, le tout dans les endroits, longueurs et dimensions indiquées par le plan qui sera par nous approuvé. Voulons que les acquéreurs des terrains dont nous avons ordonné la revente par l’article 4me des présentes, soient tenus de prendre pour les maisons, clôtures et autres bâtiments qu’ils y feront construire, les alignements qui leur seront donnés et établis par M. le maître-général des bâtiments, en présence des susdits commissaires, et quant aux pentes du pavé desdites nouvelles place et rues, voulons qu’elles soient établies et réglées en présence des mêmes commissaires par ledit maître-général des bâtiments de la ville, et par l’inspecteur-général du pavé d’icelle, etc… Données à Versailles, le 25me jour de novembre, l’an de grâce 1762, et de notre règne le 48me  : signé Louis. »

Les nouveaux percements indiqués dans ces lettres patentes furent exécutés en 1765, et reçurent les noms de Babille, Devarenne, Mercier, Oblin, Sartines, Vannes et de Viarmes.

La Halle au Blé, commencée en 1763, fut terminée en 1767, sur les dessins et sous la direction de Camus de Mézières. C’est un bâtiment de forme circulaire, ayant 68 m. de diamètre hors œuvre. Il est percé de 25 arcades. On monte par deux escaliers d’une construction remarquable, à une galerie où sont déposés les menus grains dans des corridors voûtés et construits en briques. Pour mettre à l’abri les marchandises déposées dans la cour, on résolut de couvrir cette construction d’une coupole. MM. Legrand et Molinos s’acquittèrent avec talent de ce travail, qui fut terminé en 1783. Cette coupole, construite en bois, fut incendiée en 1802.

Un décret impérial du 4 septembre 1807, porte ce qui suit :

« La Halle aux Bleds de la ville de Paris sera couverte au moyen d’une charpente en fer, dont les arcs verticaux seront en fer fondu. Elle sera couverte en planches de cuivre étamé. Signé Napoléon. »

Cette charpente, exécutée sous la direction de M. Brunet, a été terminée à la fin de 1811. Les 25 fenêtres de l’ancienne coupole ont été remplacées par une lanterne qui éclaire la rotonde.

Un débris curieux de l’ancien hôtel de la Reine est adossé à la Halle au Blé, c’est la colonne dite de Médicis. Elle est surmontée d’un chapiteau toscan. Ses cannelures étaient couvertes d’emblèmes sculptés, tels que lacs d’amour, couronnes et fleurs de lys, miroirs brisés, chiffres enlacés (C. H.). Une sphère d’un diamètre considérable dominait la plate-forme à laquelle on montait par un escalier à vis pratiqué dans l’intérieur du fût. Cette colonne, construite par Bullant, servait d’observatoire à la veuve de Henri II, qui s’y livrait à des études astrologiques. — Lors de la démolition de l’hôtel de Soissons, la colonne de Médicis aurait été détruite par le vandalisme, si un amateur éclairé des arts, M. Petit de Bachaumont, n’eût acheté ce reste précieux de l’architecture du XVIe siècle. Cet honorable citoyen en fit hommage à la ville de Paris. Les prévôt des marchands et échevins n’acceptèrent l’offre de M. de Bachaumont qu’à la condition de lui rembourser le prix de son acquisition qui s’élevait à 1800 livres. C’est sous la prévôté de messire Armand-Jérôme Bignon, que la colonne de Médicis fut adossée à la Halle au Blé.


Bleue (rue).

Commence à la rue du Faubourg-Poissonnière, nos 43 et 45 ; finit à la rue Cadet, nos 34 et 36. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 306 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Elle portait originairement le nom de rue d’Enfer. Le vacarme occasionné par les soldats qui revenaient à leur caserne de la Nouvelle-France, après avoir fait de copieuses libations dans les guinguettes des Porcherons, lui avait sans douté valu cette dénomination. — Une décision ministérielle à la date du 18 messidor an IX, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En 1802, M. Stery fonda une manufacture de boules bleues dans cette rue, qui prit alors le nom de rue Bleue. La moindre largeur de 10 m. a été maintenue par une ordonnance royale du 22 août 1833. La propriété no 1 devra reculer de 1 m. 30 c. à 2 m. 20 c : ; les maisons nos 11, 13, 15 ; 18, 20, 22 et 24 sont soumises à un léger redressement. Toutes les autres constructions sont alignées. — Égout entre les rues du Faubourg-Poissonnière et Ribouté. — Portion d’égout du côté de la rue Cadet. — Conduite d’eau depuis la rue de Trévise jusqu’à la rue Cadet. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Bleus (cour des).

Située dans l’enclos de la Trinité. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Le nom de cette cour rappelle les jeunes pensionnaires de l’hôpital de la Trinité, connus sous le nom d’enfants bleus, en raison de la couleur de leurs vêtements. (Voir l’article Trinité, passages de la.)


Bochart de Saron (rue).

Commence à l’avenue Trudaine ; finit au chemin de ronde de la barrière Rochechouart. Pas de numéro. Le côté droit est bordé par l’abattoir Montmartre. Sa longueur est de 112 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

La formation de cette rue a été prescrite par une décision ministérielle du 29 mai 1821. Sa largeur, fixée alors à 20 m., a été maintenue par une ordonnance royale du 23 août 1833. Le côté gauche de cette voie publique n’est pas encore construit. Jean-Baptiste-Gaspard Bochart-de-Saron, savant mathématicien et premier président au parlement de Paris, naquit dans cette ville le 16 janvier 1730. Il périt sur l’échafaud le 20 avril 1794.

Bœuf (impasse du).

Située dans la rue Neuve-Saint-Merri, entre les nos 10 et 12. Pas de numéro. Sa longueur est de 44 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Elle existait à la fin du XIIIe siècle. C’était en 1305 le cul-de-sac Bec-Oie, puis celui de la rue Neuve-Saint-Merri. Son nom actuel vient d’une enseigne. — Une ordonnance du bureau des finances, en date du 20 décembre 1774, a prescrit la fermeture de cette impasse, qui n’a jamais été alignée, et dont la largeur actuelle est de 2 m. 50 c.


Bœufs (impasse des).

Située dans la rue des Sept-Voies entre les nos 1 et 3. Pas de numéro. Sa longueur est de 77 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

C’était, au XIVe siècle, une rue qui ne portait pas de nom. Au XVIe siècle, on l’appelait rue aux Bœufs. Des étables dans lesquelles étaient renfermés des bœufs lui avaient fait donner cette dénomination. Au XVIIe siècle, c’était la cour des Bœufs. — Une décision ministérielle du 13 janvier 1807, signée Champagny, a fixé la largeur de cette impasse à 7 m.


Bois (église de l’Abbaye-aux-).

Située dans la rue de Sèvres, no 16. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

C’était, avant la révolution, l’église d’une communauté religieuse dont nous traçons ici l’origine. Ce monastère avait été fondé en Picardie vers 1202, par Jean, seigneur de Nesle, dans un lieu nommé Batiz (au milieu des bois). Les guerres civiles qui désolèrent la régence d’Anne d’Autriche, et le passage très fréquent des gens de guerre, forcèrent ces religieuses à quitter cette maison. En 1650, elles se réfugièrent à Compiègne. Elles achetèrent en 1654, moyennant 50,000 écus, le monastère des Annonciades des Dix-Vertus de Notre-Dame, situé dans la rue de Sèvres. — Des lettres-patentes d’avril 1658 confirmèrent cette acquisition en y joignant même plusieurs privilèges. Malgré ces avantages, plusieurs de ces religieuses, après la publication du traité de paix des Pyrénées, retournèrent dans leur ancienne abbaye ; mais un incendie ayant consumé leur église, elles furent forcées de revenir à Paris et obtinrent en 1667 la translation du titre de leur abbaye à leur maison de la capitale. On sait que ces religieuses suivaient la règle de l’ordre de Cîteaux. Cette communauté religieuse, qui contenait en superficie 4,203 m., fut supprimée en 1790 ; devenue propriété nationale, elle fut vendue le 5 frimaire an VI. Depuis 1802 l’église est la première succursale de la paroisse Saint-Thomas-d’Aquin. Le document suivant sert à compléter l’historique de ce couvent. — « Au château des Tuileries, le 18 novembre 1827. Charles, par la grâce de Dieu, roi de France, etc… Vu la loi du 24 mai 1825 ; vu la déclaration des religieuses de Notre-Dame, chanoinesses de Saint-Augustin, établies dans la maison de l’Abbaye-aux-Bois, rue de Sèvres, no 16, à Paris, qu’elles adoptent et s’engagent à suivre les statuts conformes à ceux enregistrés au conseil d’État, d’après notre ordonnance royale du 7 mai 1826, pour les sœurs de Notre-Dame, chanoinesses de Saint-Augustin, existant à Paris, rue de Sèvres, no 16 ; vu la délibération du conseil général du département de la Seine, faisant les fonctions de conseil municipal, du 12 octobre 1827, tendant à ce que cet établissement soit autorisé ; vu le consentement de l’archevêque de Paris du 22 mai 1827 ; sur le rapport de notre ministre secrétaire d’État au département de l’intérieur, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : — Article Ier. La communauté des religieuses de Notre-Dame, chanoinesses de Saint-Augustin, établie dans la maison de l’Abbaye-aux-Bois rue de Sèvres, no 16, à Paris, gouvernée par une supérieure locale, est définitivement autorisée. Art. 2. Notre ministre secrétaire d’État au département des affaires ecclésiastiques et de l’instruction publique est chargé de l’exécution de la présente ordonnance, qui sera insérée au Bulletin des Lois. — Donné en notre château des Tuileries, le 18e jour du mois de novembre de l’an de grâce 1827, et de notre règne le 4me. Signé Charles. — Par le roi le ministre secrétaire d’État au département des affaires ecclésiastiques et de l’instruction publique. Signé ✝ D., évêque d’Hermopolis. » — Une partie des anciens bâtiments de l’Abbaye-aux-Bois est aussi habitée par des dames réunies en communauté. Cette maison a acquis de nos jours une grande célébrité par la réunion des personnages qui viennent briller dans les salons de Mme Récamier. Le duc de Doudeauville, Mathieu de Montmorency, Châteaubriand, Ballanche ont fait longtemps partie de ces réunions. « Aujourd’hui, dit Charles Nodier, les saintes filles n’habitent plus qu’une partie de la sainte maison, mais la protection divine sous laquelle elles l’avaient placée ne l’a pas abandonnée ; on y entend, comme autrefois, des voix fortes et solennelles qui attestent la grandeur de Dieu ; celles de Châteaubriand et de Ballanche ! »


Boisseau (rue Guérin-).

Commence à la rue Saint-Martin, nos 233 et 235 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 318 et 320. Le dernier impair est 49 ; le dernier pair, 52. Sa longueur est de 193 m. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Bâtie avant 1250, les actes de cette époque en font mention sous le nom de Vicus Guerini Bucelli. Au commencement du siècle suivant, on disait rue Guérin-Boucel, et dès 1345, rue Guérin-Boisseau. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 4 à 6 m. 30 c. Les maisons nos 2, 4, 22, 24 et 26 sont alignées ; celles nos 18 et 20 ne sont assujetties qu’à un faible redressement. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Denis. — Conduite d’eau depuis cette rue jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).


Bon (rue Saint-).

Commence à la rue Jean-Pain-Mollet, nos 18 et 20 ; finit à la rue de la Verrerie, nos 91 et 93. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 88 m. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Cette rue a pris son nom de la chapelle Saint-Bon. Quoique Guillot ne fasse pas mention de cette voie publique dans son ouvrage écrit vers l’an 1280, et intitulé le Dit des rues de Paris, il est certain qu’elle existait avant cette époque. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, avait fixé à 6 m. la largeur de cette voie publique. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 22 mai 1837. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Dans une bulle du pape Innocent II, de l’année 1136, il est fait mention pour la première fois de la chapelle Saint-Bon appartenant à l’abbaye de Saint-Maur-des-Fossés. Petite, d’une construction très ancienne, son sol était plus bas que le pavé des rues et prouvait l’exhaussement progressif de Paris. On y voyait une tour qui avait été probablement construite vers le XIe siècle. Cette chapelle, démolie en 1792, fut remplacée par un corps-de-garde, puis par une maison particulière qui porte aujourd’hui le no 8.


Bondy (rue de).

Commence au boulevart Saint-Martin et à la rue du Faubourg-du-Temple, no 1 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Martin, no 2. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 92. Sa longueur est de 699 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Cette voie publique, qui commençait à la rue du Faubourg-Saint-Martin et aboutissait à une voirie, était connue primitivement sous le nom de chemin de la Voirie. On la nomma ensuite rue des Fossés-Saint-Martin, et depuis elle fut prolongée jusqu’à la barrière du Temple, sous le nom de rue Basse-Saint-Martin, parce qu’elle est en effet plus basse que le boulevart le long duquel elle est située. C’est ainsi qu’on la désigne dans un arrêt du conseil du 7 août 1769. En vertu d’un autre arrêt du 17 mars 1770, il fut ordonné qu’elle serait continuée en ligne droite parallèlement à la grande allée du Rempart, jusqu’au faubourg du Temple. Un arrêt du conseil, du mois de décembre 1771, changea la dénomination de rue Basse-Saint-Martin en celle de rue de Bondy. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an V, signée Benezech, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés du côté des numéros impairs sont alignées, à l’exception d’une partie du théâtre de la Porte-Saint-Martin. Les maisons de 4 à 32 inclusivement, 36, 44, 46, 48, et de 64 à 90, ne sont pas soumises à retranchement. Portion d’égout du côté de la rue Lancry. — Conduite d’eau entre les rues du Faubourg-du-Temple et Lancry. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Bony (impasse).

Située dans la rue Saint-Lazare, entre les nos 124 et 126. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 18. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette impasse, qui n’est pas reconnue voie publique, a été construite de 1826 à 1827, par M. Bony, qui lui a donné son nom.


Borda (rue).

Commence à la rue de la Croix, nos 11 et 13 ; finit à la rue Montgolfier, nos 10 et 12. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 35 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle a été ouverte en 1817. Sa largeur avait été fixée à 16 m. par une décision ministérielle du 9 octobre 1816. Le nom qu’elle porte lui a été donné par le ministre de l’intérieur, le 27 septembre 1817. — Borda (Jean-Charles), aussi profond mathématicien que physicien habile, naquit à Dax le 4 mai 1733, et mourut le 20 février 1799. — Une ordonnance royale du 14 janvier 1829 a maintenu la largeur de 16 m. Les constructions qui bordent cette voie publique sont alignées, à l’exception de la maison no 1, à l’encoignure de la rue de la Croix. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière.) — (Voyez Martin, marché Saint-).


Bornes (rue des Trois-).

Commence à la rue Folie-Méricourt, no 12 ; finit à la rue Saint-Maur, nos 25 et 25 bis. Le dernier impair est 39 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 348 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Elle fut tracée vers la fin du XVIe siècle. Ce n’était alors qu’un chemin, qui en 1730 prit le nom de rue des Trois-Bornes, en raison sans doute de trois bornes qui marquaient la limite de plusieurs propriétés particulières. — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celles qui portent les nos 2, 4, 6, 8, 10 et 22, qui devront reculer de 2 m. 20 c. à 2 m. 60 c. — Égout depuis la rue Folie-Méricourt jusqu’à cette d’Angoulême prolongée. — Conduite d’eau dans toute l’étendue.

Bossuet (rue).

Commence aux quais de l’Archevêché et Napoléon ; finit aux rues Chanoinesse et du Cloître-Notre-Dame. Pas de numéro impair. Ce côté est bordé par le jardin de Notre-Dame. Un seul pair qui est 2. Sa longueur est de 56 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Elle a été percée en vertu d’une décision ministérielle du 19 prairial an XII, signée Chaptal, et sa largeur a été fixée à 12 m. — Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — La dénomination affectée à cette voie publique rappelle le célèbre évêque de Meaux, né à Dijon en 1627, mort en 1704.


Boucher (rue).

Commence à la rue de la Monnaie, nos 16 et 18 ; finit aux rues Béthisy, no 1, et Thibault-aux-Dez, no 23. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 106 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Les prévôt des marchands et échevins de la ville de Paris ayant acquis, conformément aux lettres-patentes du 16 avril 1768, les maisons enclavées dans l’hôtel de Conti, cédèrent au roi cette propriété et ses dépendances, afin d’y établir le nouvel hôtel des Monnaies. Sa majesté donna en échange aux prévôt des marchands et échevins l’hôtel ancien des Monnaies avec plusieurs maisons qui y attenaient et en dépendaient. Désirant utiliser cet emplacement, ces magistrats sollicitèrent et obtinrent au mois d’août 1776 des lettres-patentes qui portent : — « Article 1er. Permettons aux sieurs prévôt des marchands et échevins de notre bonne ville de Paris, d’ouvrir et former une rue de 24 pieds de largeur, laquelle sera nommée rue Boucher, aura son ouverture rue de la Monnaie et aboutira rue Bétizy, près le carrefour de la rue des Bourdonnais, etc. — Art. 2. Il pourra aussi être formé un passage en partie couvert, pour communiquer de la rue Bétizy dans la d. nouvelle rue, lequel sera nommé passage Estienne, aura 12 pieds de largeur, etc. » Ces lettres-patentes, qui subirent quelques modifications, notamment en ce qui concerne le passage Estienne, furent immédiatement exécutées. Le nom de la rue qui fait objet du présent article est celui de Pierre-Richard Boucher, écuyer, conseiller du roi et de la ville, échevin de 1773 à 1775, sous la prévôté de Jean-Baptiste-François Delamichodière. — Une décision ministérielle du 13 floréal an IX, signée Chaptal, conserva la largeur primitive assignée à la rue Boucher. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette dimension est portée à 12 m. pour la partie comprise entre les rues de la Monnaie et Estienne, et à 10 m. pour le surplus. La maison no 1 est soumise à un retranchement de 3 m. 20 c. pour les autres maisons de ce côté, le retranchement est de 1 m. 20 c. Toutes les constructions du côté droit devront reculer de 1 m. 20 c. — Conduite d’eau depuis la rue Béthisy jusqu’à là borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglkise).


Boucherat (rue).

Commence aux rues Vieille-du-Temple, no 147, et des Filles-du-Calvaire, no 1 ; finit à la rue Charlot, no 26. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 282 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Le roi, par son arrêt du conseil du 23 novembre 1694, et par celui du 16 août 1696, avait ordonné que la rue Saint-Louis serait continuée jusqu’au nouveau cours et de là en retour jusqu’à la rue du Temple. La ville fut autorisée l’année suivante à faire quelques modifications à ce plan. La partie de la rue qui devait être continuée jusqu’au rempart, sous la dénomination de rue Neuve-Saint-Louis, le fut sous le nom de Boucherat, alors chancelier. Le procès-verbal d’alignement est du 12 août 1697 et l’arrêt confirmatif du 12 juillet 1698. — Une décision ministérielle du 4 floréal an XIII, signée L. Bonaparte, et une ordonnance royale du 8 juin 1834, ont fixé à 15 m. la moindre largeur de cette voie publique. À l’exception d’une partie de la propriété no 1, qui devra subir un léger redressement, les constructions de la rue Boucherat ne sont pas soumises à retranchement. — Égout du côté de la rue des Filles-du-Calvaire. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Boucherie (passage de la Petite-).

Commence à la rue de l’Abbaye, nos 1 et 3 ; finit à la place Sainte-Marguerite, no 6. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Le cardinal de Furstenberg, abbé de Saint-Germain-des-Prés, aliéna en 1699 plusieurs places de l’enclos abbatial, à la charge par les acquéreurs d’y construire trois rues, qu’on a nommées Abbatiale, Cardinale et de Furstenberg. La première prit plus tard le nom de passage de la Petite-Boucherie, en raison d’une boucherie qui y était située.


Boucherie-des-Invalides (rue de la).

Commence au quai d’Orsay, nos 55 et 57 ; finit à la rue Saint-Dominique, nos 148 et 150. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 265 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Située en face de la boucherie des Invalides, cette voie publique en a pris la dénomination. — Une décision ministérielle à la date du 1er messidor an XII, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette rue à 11 m. 69 c. Toutes les constructions du côté des numéros impairs, ainsi que la plus grande partie de celles du côté opposé, sont alignées. — Égout et conduite d’eau.


Boucheries (rue des).

Commence au carrefour de l’Odéon, no 2, et à la rue de l’Ancienne-Comédie, no 28 ; finit aux rues Montfaucon, no 1, et de Buci, no 43. Le dernier impair est 65 ; le dernier-pair, 56. Sa longueur est de 226 m. — Les numéros impairs sont du 11e arrondissement, quartier du Luxembourg ; les numéros pairs, du 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.


Elle tire son nom des boucheries de Saint-Germain-des-Prés, qui, de temps immémorial, étaient établies en cet endroit. La moitié de cette voie publique a été construite sur un terrain qui faisait partie de la garenne de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. — Une décision ministérielle du 24 messidor an V, signée Benezech, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. Cette moindre largeur a été portée à 11 m., en vertu d’une ordonnance royale du 27 mars 1831. Un arrêté préfectoral du 24 avril 1837 a prescrit la régularisation d’une partie du numérotage de cette rue. Les maisons nos 47, 65, 2, 6, 8 et 10, sont alignées ; les propriétés nos 61, 63, 12 et 14, ne sont assujetties qu’à un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue de Seine jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz : entre les rues de l’Ancienne-Comédie et de Seine (compe Parisienne) ; pour le surplus (compe Française).


Bouclerie (rue de la Vieille-).

Commence aux rues de la Huchette, no 39, et Saint-André-des-Arts, no 1er ; finit aux rues Saint-Séverin, no 30, et Macon, no 15. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 76 m. — 11e arrondissement. Les numéros impairs sont du quartier de la Sorbonne ; les numéros pairs, quartier de l’École-de-Médecine.

Elle était désignée au XIIIe siècle sous les noms de Bouclerie, Vieille-Bouclerie, Vieille-Boucherie et de l’Abreuvoir-Macon. En 1439, on l’appelait rue de la Porte-Bouclerière, ou rue Neuve outre la porte Saint-Michel. En 1574, c’était la rue de l’Abreuvoir-Macon, dite la Vieille-Boucherie. — Une décision ministérielle du 3 ventôse an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840, cette dimension est portée à 13 m. Les maisons, depuis le no 1 jusqu’au no 17, sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. à 3 m. ; no 19, retranchement réduit 1 m. 40 c ; nos 21 et 23, fort retranchement ; les propriétés du côté des numéros pairs devront reculer de 2 m. 60 c. à 3 m. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Boudreau (rue).

Commence à la rue Trudon, nos 1 et 2 ; finit à la rue de Caumartin, nos 28 et 30. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 59 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

« Louis, etc. Voulons et nous plait ce qui suit : — Article 1er. Il sera ouvert aux frais des sieurs Delahaye et Aubert, sur les terrains à eux appartenant, qui ont leur entrée sur le rempart, en face de la rue des Capucines et de celle Neuve-du-Luxembourg, trois rues de 30 pieds de large, chacune conformément à notre déclaration du 16 mai 1765, la première desquelles marquée sur le d. plan A, A, sera nommée rue de Caumartin et donnera d’une part sur le boulevart, et de l’autre dans la rue Neuve-des-Mathurins, en face de la rue Thiroux ; la deuxième, marquée B, B, qui sera nommée rue Boudreau dans la longueur de 82 toises, conduira de la d. rue de Caumartin au passage du sieur Sandrier, et sera formée dès à présent sur la portion de terrain appartenant au sieur Aubert, et par la suite sur le terrain joignant qu’il se propose d’acquérir ; et la troisième, marquée C, C, et qui sera nommée rue Trudon, aboutira d’une part à la d. rue Neuve-des-Mathurins, et de l’autre à lad. rue Boudreau ; le tout conformément au plan attaché sous le contr’-scel des présentes. — Art. 2. Le premier pavé des trois nouvelles rues sera également établi aux frais des sieurs Delahaye et Aubert, ou de leur ayant-cause, des qualités et conditions portées au bail du pavé de Paris, et le d. pavé sera employé dans les états d’entretien et renouvellement à notre charge, ainsi que le nétoiement et illumination et sûreté des d. trois rues, etc. — Donné à Versailles, le 3e jour du mois de juillet, l’an de grâce 1779, et de notre règne le 6e. Signé Louis. » Ces lettres-patentes furent exécutées en avril 1780. Cette voie publique porte le nom de M. Boudreau, alors greffier de la ville de Paris. Elle n’a pas été exécutée jusqu’au passage Sandrié. — Une décision ministérielle du 26 brumaire an VI, signée Letourneux, a maintenu la largeur de 30 pieds. Toutes les constructions riveraines sont alignées.


Boufflers (impasse).

Située dans la rue Dupetit-Thouars, nos 20 et 21. Le dernier numéro est 8. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Formée en 1841, elle tire son nom de l’hôtel Boufflers. L’entrée est fermée par une grille.


Boulangers (rue des).

Commence à la rue Saint-Victor, nos 33 et 35 ; finit à la rue des Fossés-Saint-Victor, nos 19 et 21. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 244 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Cette rue était presque entièrement construite vers 1350. — Elle était connue alors sous le nom de rue Neuve-Saint-Victor. — Une décision ministérielle du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de la rue des Boulangers à 7 m. Les constructions nos 15, 17, 19, 4 et 6, ne sont soumises qu’à un léger redressement.


Boule-Blanche (passage de la).

Commence à la rue de Charenton, no 51 ; finit à celle du Faubourg-Saint-Antoine, no 52. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

« 5 juin 1700. Arrêt du conseil. — Le roi étant en son conseil a ordonné et ordonne qu’il sera ouvert vis-à-vis la principale entrée de l’hôtel des Mousquetaires, rue de Charenton, au faubourg Saint-Antoine, une rue de 6 toises de largeur pour se rendre en droite ligne dans la grande rue de ce faubourg, laquelle sera percée au travers de la maison de la boule blanche, etc. — Fait au conseil d’État du roi, etc. » — Peu de temps après ce percement fut exécuté, mais non sur la largeur indiquée par l’arrêt précité. On lui donna la dénomination de passage de la Boule-Blanche.


Boule-Rouge (rue de la).

Commence aux rues Geoffroy-Marie, no 2, et du Faubourg-Montmartre, no 18 ; finit à la rue Richer, no 13. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 209 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Cette rue, qui forme retour d’équerre, a été percée sur les terrains appartenant aux hospices civils de Paris. Sa dénomination provient d’une enseigne. — Une décision ministérielle en date du 23 janvier 1817, ainsi qu’une ordonnance royale du 23 août 1833, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Elle a été considérablement élargie depuis 1841, et aujourd’hui presque toutes les propriétés riveraines sont alignées. — Portions d’égout et de conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Boules (passage du Jeu de).

Commence à la rue des Fossés-du-Temple, no 32 ; finit à celle de Malte, nos 29 et 31. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 14. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Il a été ouvert en 1826, sur les terrains appartenant à MM. Barat et Mignon. Son nom lui vient d’un jeu de boules sur l’emplacement duquel il a été formé. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Boules (rue des Deux-).

Commence à la rue des Lavandières, nos 13 et 15 ; finit à la rue Bertin-Poirée, nos 20 et 22. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 88 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Le poète Guillot et les Titres du XIIIe siècle la désignent sous le nom de Guillaume-Porée. Aux XIIe et XIIIe siècles, elle se nommait rue Mauconseil ou Maleparole (Archives Saint-Martin). Dans des actes postérieurs et en 1546, elle est appelée rue Guillaume-Porée, autrement Maleparole, et Guillaume-Porée, dite des Deux-Boules. Cette dernière dénomination venant d’une enseigne a prévalu. — Une décision ministérielle en date du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé à 7 m. la largeur de cette voie publique. — Une ordonnance royale du 9 décembre 1838 a porté cette largeur à 10 m. Les propriétés nos 1, 3, 5 et 7, ne sont soumises qu’à un léger redressement ; celle no 2 devra reculer de 5 m. 30 c. à 6 m. 50 c. les autres constructions de ce côté éprouveront un retranchement qui varie de 3 m. 80 c. à 5 m. 30 c. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Boulets (rue des).

Commence à la rue de Montreuil, nos 83 et 85 ; finit à la rue de Charonne, nos 110 et 112. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 561 m. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Elle doit son nom au territoire sur lequel elle fut tracée. D’anciennes déclarations du XVIe siècle désignent ainsi ce territoire : lieu dit les Boulets, anciennement les Basses-Vignoles. Ce n’était encore qu’un chemin au commencement du XVIIIe siècle. — En vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1827, la moindre largeur de cette voie publique est portée à 13 m. Les maisons nos 21, 23 ; 10 et 12, et plusieurs murs de clôture, sont à l’alignement. — Conduite d’eau.


Boulogne (passage du Bois de).

Commence au boulevart Saint-Denis, no 22 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Denis, no 12. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Ce passage a été construit vers l’année 1785. Il a pris sa dénomination d’un bal public qui y existait, connu alors sous le nom de bal du Bois-de-Boulogne.


Bouloi (rue du).

Commence à la rue Croix-des-Petits-Champs, nos 14 et 16 ; finit à la rue Coquillière, nos 29 et 31. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 194 m. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

En 1359, elle est désignée sous le nom de rue aux Bouliers, dite la cour Basile. Au XVe siècle, c’était la rue de Baizile. Au XVIe siècle, on la nommait rue des Buliers dite la cour Basile. Depuis on l’a toujours appelée rue du Bouloi. — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. 79 c. Cette largeur est portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840. Les maisons nos 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23, 25, 27 et 29, et celle no 2, sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue Croix-des-Petits-Champs. — Conduite d’eau entre la rue Coquillière et les deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Bouquet-de-Longchamp (rue du).

Commence à la rue de Longchamp, nos 22 et 22 bis ; finit à la rue de la Croix-Boissière. Le dernier impair est 23 ; pas de numéro pair. Sa longueur est de 151 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

C’était une ruelle de l’ancien village de Chaillot. — Une décision ministérielle du 18 juin 1817 a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m.


Bouquet-des-Champs (rue du).

Commence à la rue de Longchamp ; finit au chemin de ronde de la barrière des Bassins. Pas de numéro. Sa longueur est de 111 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle faisait partie du territoire de Chaillot. — Une délibération du conseil municipal, en date du 4 mars 1836, porte ce qui suit : — « À l’avenir il ne sera délivré aucun alignement dans les rues des Champs, du Bouquet-des-Champs et dans l’impasse de la Croix-Boissière à Chaillot, et l’administration s’abstiendra de tout acte de voirie dans lesdites rues et impasse, etc. »


Bourbe (rue de la).

Commence aux rues Saint-Jacques, no 360, et du Faubourg-Saint-Jacques, no 2 ; finit à la rue d’Enfer, nos 77 et 79. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 159 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Ce n’était qu’un chemin au XVIe siècle. Le plan de Gomboust de 1652 la nomme rue de la Bourbe, et dans d’autres titres elle est écrite rue de la Boue. Son nom lui vient sans doute de la quantité d’immondices qu’on voyait dans cette rue, qui resta longtemps sans être pavée. Une décision ministérielle, à la date du 2 germinal an XI, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 12 m. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement, à l’exception de celles qui sont situées sur le côté des numéros pairs, à l’encoignure de la rue d’Enfer, et qui devront avancer sur leurs vestiges actuels.

Les malheureuses qui veulent solliciter un lit de douleur à l’hospice de l’accouchement, sont forcées de demander en rougissant le nom de la rue de la Bourbe. Cette dénomination qui est une insulte au malheur, pourrait être remplacée par celle de la Maternité.


Bourbon (collége royal de).

Situé dans la rue Sainte-Croix. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Le couvent des Capucins, supprimé en 1790, devint propriété nationale. Les bâtiments furent alors affectés à un hospice, où l’on traita les maladies vénériennes. En vertu de la loi du 1er mai 1802, on y établit le lycée Bonaparte. Dans les premiers jours d’avril 1814, sa dénomination fut changée en celle de collége royal de Bourbon. (Voir l’article Louis-d’Antin, église Saint-).


Bourbon (place du palais de).

Située rue de l’Université, entre les nos 79 et 103. Les numéros continuent la série de ceux de la rue de l’Université. — 10e arrondissement ; du no 81 à 91, quartier du Faubourg-Saint-Germain ; du no 93 à 101, quartier des Invalides.

Par lettres-patentes données à Fontainebleau en novembre 1775, Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, fut autorisé : 1o à changer la direction d’une partie de la rue de Bourgogne ; 2o à former une place demi-circulaire au-devant de l’entrée de son palais. Ces lettres-patentes furent registrées au bureau de la Ville le 12 janvier 1776, et au parlement le 28 mars suivant. En 1778, la place reçut un commencement d’exécution ; cependant quelques années après on jugea convenable de substituer à la forme demi-circulaire une place rectiligne formant évasement du côté du palais. Les constructions riveraines furent établies d’après cette nouvelle disposition, qui a été maintenue par une décision ministérielle du 2 thermidor an V, signée Benezech, et par une ordonnance royale du 7 mars 1827. Dans l’origine, cette voie publique porta le nom de place du Palais-de-Bourbon. Par un arrêté du 29 nivôse an VI (18 janvier 1798), le conseil des Cinq-Cents décida qu’elle prendrait le nom de place du Conseil des Cinq-Cents. Sous l’empire, on l’appela place du Palais du Corps-Législatif. Enfin, un arrêté préfectoral du 27 avril 1814 lui a rendu sa dénomination de place du Palais-de-Bourbon. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).


Bourbon (quai de).

Commence à la rue des Deux-Ponts, no 37, et au Pont-Marie ; finit à la rue Saint-Louis, no 104, et au pont de la Cité. Le dernier numéro est 53. Sa longueur est de 367 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Île-Saint-Louis.

Sa construction, commencée en 1614, fut terminée en 1646. On lui donna d’abord le nom de Bourbon. En 1792, c’était le quai de la République. Peu de temps après, on l’appela quai d’Alençon. — Un arrêté préfectoral du 27 avril 1814 lui rendit sa dénomination de Bourbon. Par une décision ministérielle en date du 24 frimaire an XIII, signée Champagny, la moindre largeur de cette voie publique avait été fixée à 12 m. Conformément à une autre décision du ministre de l’intérieur du 9 mai 1818, et en vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, cette largeur est réduite à 8 m. Les maisons portant les nos 21, 23, 25, 27, 29, 31, 33, 35, 37, 39, 41, 43, 45, 49, 51 et 53 sont alignées.


Bourbon (rue du Petit-).

Commence aux rues de Tournon, no 2, et de Seine, no 72 ; finit à la place Saint-Sulpice, no 2. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 210 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Les rues des Aveugles et du Petit-Bourbon formaient, avant 1816, deux rues distinctes.

Dans plusieurs titres de 1636, la première de ces deux voies publiques est nommée rue de l’Aveugle ; en 1642, elle s’appelait rue des Prêtres. Selon l’auteur du dénombrement des rues de Paris imprimé chez Valleyre, un cimetière qui longeait cette rue et qui fut béni le 10 juin 1664, lui fit donner le nom de rue du Cimetière-Saint-Sulpice. Ce ne fut qu’en 1697 qu’elle prit le nom de rue des Aveugles. Vers le milieu du XVIIIe siècle, elle se prolongeait jusqu’à la rue des Canettes ; mais à cette époque, M. Lau, curé de Saint-Sulpice, fit abattre quelques maisons pour construire en cet endroit une petite place qui fait maintenant partie de la place Saint-Sulpice.

La rue du Petit-Bourbon a pris vraisemblablement son nom de Louis de Bourbon, duc de Montpensier. Son hôtel occupait l’espace renfermé entre les rues de Tournon et Garancière. — Sauval dit que la duchesse de Montpensier y demeurait en 1588. Lorsqu’elle reçut la nouvelle de la mort des Guise, tués à Blois les 23 et 24 décembre de la même année, elle parcourut la ville en ameutant la populace contre Henri III. En apprenant l’assassinat de ce roi, cette duchesse embrassa avec transport le messager. — « Ah ! mon ami, s’écria-telle ; mais est-il bien vrai au moins ? ce méchant, ce perfide ce tyran est bien mort ! Dieu que vous me faites aise ! Je ne suis marrie que d’une chose, c’est qu’il n’ait sçu avant de mourir que c’est moi qui l’ait fait faire. »

Dans un acte de 1779 relatif à l’hôtel de Condé, il est parlé de la rue du Petit-Bourbon, autrefois ruelle de Saint-Sulpice. En 1792, elle prit la même dénomination que la rue du Petit-Lion, dont elle forme le prolongement. En 1793, on la désigna sous le nom de rue du 31 Mai, pour rappeler la chute des Girondins. En 1815, elle reprit son premier nom de rue du Petit-Bourbon. — « Nous, conseiller d’État, préfet : vu la pétition du 17 septembre dernier, par laquelle les propriétaires des maisons de la rue des Aveugles demandent la suppression de la dénomination de cette rue, etc., arrêtons ce qui suit : — Article 1er. La dénomination de la rue des Aveugles est supprimée, et celle de la rue du Petit-Bourbon sera prolongée jusqu’à la place Saint-Sulpice. Paris, le 19 octobre 1816, signé Chabrol. » — Une décision ministérielle, du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons portant les numéros impairs et cclles qui sont situées sur le côté opposé, entre la rue Mabillon et la place Saint-Sulpice, sont alignées ; le surplus est soumis à un retranchement considérable. — Égout entre les rues de Seine et Mabillon. — Éclairage au gaz (compe Française).


Bourbon-le-Château (rue de).

Commence à la rue de Buci, nos 32 et 34 ; finit à la rue de l’Échaudé, nos 15 et 17. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 37 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Elle doit ce nom au cardinal de Bourbon, abbé de Saint-Germain-des-Prés, qui fit bâtir en 1586 le palais abbatial. Sur un plan de 1652, cette rue est nommée rue Bourbon-le-Château. De 1793 à 1806, elle a porté le nom de rue de la Chaumière. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En 1806, elle reçut la dénomination de rue de l’Abbaye. Elle a repris son premier nom en 1814. — Une ordonnance royale, à la date du 29 mars 1827, a porté la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. — La maison no 2 est alignée. — Conduite d’eau.


Bourbon-Villeneuve (rue de).

Commence à la rue des Petits-Carreaux, nos 42 et 44 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 383 et 387. Le dernier impair est 65 ; le dernier pair, 60. Sa longueur est de 387 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Cette rue portait anciennement le nom de Saint-Côme du milieu des Fossés ; au commencement du XVIIe siècle, celui de Bourbon, en l’honneur de Jeanne de Bourbon, abbesse de Fontevrault ; elle prit ensuite la dénomination de Bourbon-Villeneuve, parce qu’elle se trouve dans le quartier dit autrefois la Ville-Neuve. En 1793, on lui donna le nom de rue Neuve-Égalité ; en 1807, on la désigna sous la dénomination d’Aboukir, en mémoire du célèbre combat livré le 19 juillet 1799. — Un arrêté préfectoral du 27 avril 1814 rendit à cette voie publique sa dénomination de Bourbon-Villeneuve. En 1830 on effaça le mot Bourbon ; il a été rétabli en 1837. — Une décision ministérielle, à la date du 23 brumaire an VIII, signée Quinette, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Cette dimension est portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826. Les maisons nos 43, 63 et 65 sont alignées ; les autres constructions de ce côté sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 30 c. à 1 m. 60 c. Les maisons du côté des numéros pairs devront éprouver un reculement de 1 m. à 1 m. 40 c. — Égout entre les rues Saint-Philippe et Saint-Denis. — Conduite d’eau dans une grande partie. — Éclairage au gaz (compe Française).


Bourdaloue (rue).

Commence à la rue Ollivier, no 6 bis ; finit à la rue Saint-Lazare, no 1. Le dernier impair est 7 ; pas de numéro pair. Ce côté est bordé par l’église Notre-Dame-de-Lorette. Sa longueur est de 74 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Ouverte en vertu de l’ordonnance royale du 21 juillet 1824, relative aux abords de l’église Notre-Dame-de-Lorette, cette rue porte le nom du célèbre Bourdaloue (Louis), jésuite, né à Bourges en 1632, mort le 13 mai 1704. On appela Bourdaloue le roi des prédicateurs et le prédicateur des rois. — Cette voie publique est entièrement exécutée sur une largeur de 10 m. Portion d’égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Bourdin (impasse).

Située dans l’allée des Veuves, no 71. — 10e arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Ouverte au commencement de notre siècle, sur le marais des Gourdes ; elle doit son nom à un propriétaire.


Bourdon (boulevart).

Commence au quai Morland ; finit à la rue Saint-Antoine, no 134, et à la place de la Bastille. Le dernier numéro est 12. Sa longueur est de 638 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

« Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Le boulevart de la porte Saint-Antoine sera prolongé jusqu’à la rivière, au travers de l’emplacement de la Bastille, dans l’alignement de la courtine des fossés, sur 28 m. de largeur et 670 m. environ de longueur, à partir de la façade extérieure de l’hôtel de Montbarey. Ce boulevart sera nommé Boulevart Bourdon, en mémoire du colonel du 11e régiment de dragons, tué à la grande armée. Une grande allée et deux autres allées formeront ce boulevart ; les plantations en seront exécutées avant le printemps prochain. — Au palais des Tuileries, le 14 février 1806, Signé Napoléon. Par l’Empereur : le secrétaire d’état, signé H.-B. Maret. » (Extrait du décret.) — L’alignement, approuvé par le ministre de l’intérieur Montalivet le 23 novembre 1811, est exécuté au droit des propriétés voisines de la place de la Bastille, et dans une étendue de 83 m. Les autres constructions particulières sont soumises à retranchement. — Égout dans toute l’étendue. — Conduite d’eau depuis la rue de la Cerisaie jusqu’à la place de la Bastille.


Bourdonnais (impasse des).

Située dans la rue des Bourdonnais, entre les no 19 et 21. Le dernier impair est 5, le dernier pair, 8. Sa longueur est de 52 m. — 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

C’était anciennement une rue qui se prolongeait jusqu’à celle Tirechape. La place où cette impasse est située était hors la seconde enceinte et servait de voirie, ce qui a fait donner à tout cet endroit le nom de Marché aux Pourceaux, de la Place aux Chais, de la Fosse aux Chiens. Dès le commencement du XVIe siècle, c’était une impasse. En 1421, on l’appelait rue du Cul-de-Sac. En 1423, ruelle qui aboutit en la rue des Bourdonnais, et depuis, Cul-de-Sac de la Fosse-aux-Chiens. En 1808, plusieurs propriétaires de cette impasse sollicitèrent l’autorisation de changer le nom de la Fosse-aux-Chiens en celui des Bourdonnais. Cette autorisation fut accordée par M. Frochot, préfet, le 1er avril de la même année. — Une décision ministérielle du 7 août 1818, signée comte Chabrol, a fixé à 7 m. la largeur de cette impasse. — Conduite d’eau.


Bourdonnais (rue des).

Commence aux rues Béthisy, no 2, et Bertin-Poirée, no 24 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 31 et 33. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 145 m. — 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

Guillot l’appelle rue à Bourdonnas ; Sauval dit qu’en 1297 elle se nommait rue Adam-Bourdon et Sire Guillaume-Bourdon ; et en 1300, rue des Bourdonnais. Depuis cette époque c’est la rue des Bourdonnais. — Une décision ministérielle, du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m. par une ordonnance royale du 29 avril 1839. — Les maisons no 19, 6 et 14 sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

On vient de démolir, dans la rue des Bourdonnais, la maison dite des Carnaux, qui avait pour enseigne une couronne d’or. Paris n’avait point de bâtiment plus remarquable par la grâce et la délicatesse des ornements. On ignore par qui cette propriété avait été bâtie. Ce qui est certain, c’est qu’elle fut habitée en 1380 par Philippe, duc de Touraine, et depuis duc d’Orléans, frère du roi Jean, qui en avait fait l’acquisition le 1er octobre 1363. Ce prince la vendit au fameux Guy de la Trémouille, qui l’occupait en 1398. Elle devint l’hôtel seigneurial de cette illustre famille. L’hôtel de la Trémouille s’étendait alors le long de la rue Béthisy jusqu’à celle Tirechape. Il appartint ensuite au chancelier Dubourg, puis au président de Bellièvre.


Bourdonnaye (avenue de la).

Commence au quai d’Orsay, no 91 ; finit à l’avenue de la Motte-Picquet, no 18. Le dernier impair est 51 ; pas de numéro pair. Ce côté est bordé par le Champ-de-Mars. Sa longueur est de 982 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Les avenues et places situées aux abords de l’hôtel royal des Invalides ont été presque toutes formées peu de temps après la construction de ce monument, c’est à-dire vers 1680. Celles qui avoisinent l’École-Militaire ont été tracées vers 1770. — Longtemps elles restèrent sans dénomination. À l’Empire appartient l’honneur d’avoir décoré de noms illustres ces larges et magnifiques avenues, qui répondent dignement à la grandeur du monument de Louis XIV. Toutes ces avenues ne sont pas voies publiques. Nous donnons ci-après le texte de la loi qui en a fait entrer une partie dans le domaine communal. Le surplus est encore la propriété de l’État. — « Au palais des Tuileries, le 19 mars 1838. Louis-Philippe, roi des Français, à tous présents et à venir, salut. Nous avons proposé, les Chambres ont adopté, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : — Article 1er. Le ministre des finances est autorisé à céder, gratuitement, au nom de l’État à la ville de Paris, les avenues de Saxe, de Tourville ; de La Bourdonnaie, de Lowendal, de Suffren, de la Mothe-Piquet, et la partie de l’avenue de Breteuil, comprise entre la place de ce nom et la barrière de Sèvres, ainsi que le boulevart de Latour-Maubourg, les places de Fontenoy, de Breteuil, et la partie de celle de Vauban, traversée par l’avenue de Tourville, dans la largeur de cette avenue seulement : le tout, conformément aux indications du plan annexé à la présente loi. — Art. 2. Au moyen de cette cession, la ville demeure chargée de pourvoir à l’entretien de ces emplacements. Elle est tenue, en outre, expressément, de leur conserver les formes et dimensions actuelles. — La présente loi, discutée, délibérée et adoptée par la chambre des pairs et par celle des députés, et sanctionnée par nous, cejourd’hui, sera exécutée comme loi de l’État, etc… Signé Louis-Philippe. — Par le roi, le ministre secrétaire d’état au département des finances, signé Laplagne. — Le garde des sceaux de France, ministre secrétaire d’État au département de la justice et des cultes, signé Barthe. » — Les avenues indiquées dans cette loi présentaient sous le rapport des lignes des irrégularités assez choquantes que l’administration a le projet de faire disparaître. Afin d’arriver à ce résultat, des alignements ont été tracés pour ces voies publiques ; ils seront prochainement sanctionnés par ordonnance royale. — L’avenue de La Bourdonnaye se terminait originairement à celle Lowendal. La partie comprise entre cette avenue et celle de Tourville fut supprimée et son emplacement servit à établir un polygone pour les élèves de l’École-Militaire (voyez l’article ci-après.) Il existe dans l’avenue de la Bourdonnaye une conduite d’eau entre les rues de l’Université et Saint-Dominique.

Bernard-François Mahé de La Bourdonnaye naquit à Saint-Malo, en 1699. Il fut successivement capitaine de vaisseau et gouverneur des îles de France et de Bourbon. La guerre ayant éclaté, La Bourdonnaye, avec une flotte de cinq vaisseaux et une frégate, prit la supériorité dans les mers de l’Inde, et après avoir dispersé les vaisseaux ennemis, il vint assiéger Madras par terre et par mer. Cette ville fut obligée de se rendre. La capitulation portait que Madras serait restituée aux Anglais, moyennant une rançon ; mais le gouvernement de Pondichéri cassa cette capitulation et conserva Madras. Ce fut la cause des malheurs de La Bourdonnaye. Ses succès avaient excité l’envie. De retour en France, il fut accusé de concussion. Un jugement le déclara innocent. Mais le coup était porté. La Bourdonnaye mourut de chagrin, en 1754.


Bourdonnaye (rue de la).

Commence à l’avenue de Tourville, no 2 ; finit à l’avenue Lowendal, no 10. Pas de numéro. Le côté droit est bordé par le mur de clôture de l’École-Militaire. Sa longueur est de 204 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Cette rue, qui est indiquée sur le plan de Verniquet, a été formée sur l’emplacement d’une partie du polygone destiné aux élèves de l’École-Militaire. — Une décision ministérielle, en date du 18 juin 1817, à maintenu cette voie publique suivant sa largeur actuelle, qui est de 12 m. (Voir l’article précédent.)


Bourgeois-au-Marais (rue des Francs-).

Commence aux rues Pavée, no 17, et Payenne, no 1 ; finit à la rue Vieille-du-Temple, nos 66 et 68. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 263 m. — Les impairs sont du 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean ; et les pairs, du 8e arrondissement, quartier du Marais.

Elle était bordée de constructions en 1258 et portait à cette époque le nom de rue des Viez-Poulies. Selon Sauval, un jeu nommé les Poulies était alors en usage, et l’établissement où se faisait cet exercice produisait 20 sols parisis de rente que Jean Gennis et sa femme donnèrent aux Templiers en 1271. Cette rue prit plus tard le nom des Francs-Bourgeois, à l’occasion d’un hôtel qui y fut construit en 1350, par Jean Roussel et Alix sa femme, dans le but d’y recevoir vingt-quatre pauvres. En 1415, Pierre-le-Mazurier et sa femme, fille de Jean Roussel, donnèrent cet hôpital au grand-prieur de France, avec 70 livres de rente, à condition de loger deux pauvres dans chaque chambre. Cet asile fit donnar à cette rue le nom des Francs-Bourgeois, parce que les pauvres qui demeuraient dans cet hôpital étaient francs, exempts par leur misère de toutes taxes et impositions. — Une décision ministérielle, à la date du 23 ventôse an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’une ordonnance royale du 27 septembre 1826, cette moindre largeur a été portée à 10 m. Les maisons situées sur le côté des numéros impairs aux encoignures de la rue des Hospitalières-Saint-Gervais, et celle no 8, sont alignées. — Égout entre les rues des Hospitalières-Saint-Gervais et Vieille-du-Temple. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Dans cette rue demeurait Michel Le Tellier, chancelier sous Louis XIV.


Bourgeois-Saint-Marcel (rue des Francs-).

Commence à la rue des Fossés-Saint-Marcel, nos 14 et 16 ; finit à la place de la Collégiale, nos 1 et 2. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 182 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Un arrêt du parlement de l’année 1296, ayant déclaré que le territoire de Saint-Marcel ne faisait point partie des faubourgs de Paris, exempta les habitants de toutes taxes. Un chemin enclavé dans le territoire de Saint-Marcel prit à cette occasion le nom de rue des Francs-Bourgeois. — « Séance du 9 nivôse an II. Sur le rapport des administrateurs au département des travaux publics, relatif aux accidents fréquents qui arrivent dans la rue des Francs-Bourgeois-Saint-Marcel, à cause de ses largeurs inégales, le corps municipal arrête que cette rue sera et demeurera fixée à trente pieds dans sa moindre largeur, conformément au plan annexé audit rapport. » (Registre 41e du corps municipal, page 7082). Une décision ministérielle du 8 ventôse an IX, signée Chaptal, a porté cette moindre largeur à 10 m.


Bourgeois-Saint-Michel (rue des Francs-).

Commence aux rues Monsieur-le-Prince, no 55, et de Vaugirard, no 1er ; finit à la place Saint-Michel, nos 6 et 8. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 80 m. — 11e arrondissement. Les numéros impairs sont du quartier de l’École-de-Médecine ; les pairs, du quartier de la Sorbonne.

On ne la distinguait point au XVIIe siècle de la rue Monsieur-le-Prince. Elle tire son nom de la confrérie aux bourgeois, qui avait acheté une portion d’un clos sur laquelle elle fut construite. — Une décision ministérielle, à la date du 23 frimaire an IX, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 12 mai 1841, cette moindre largeur est portée à 12 m. Les constructions de 1 à 13 devront reculer de 1 m. 30 c. à 2 m. 80 c. ; no 13, retranchement réduit 0 m. 90 c. ; no 15, retranchement 0 m. 40 c. Les maisons du côté opposé sont soumises à un retranchement de 0 m. 80 c. à 1 m. 20 c. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Bourg-l’Abbé (passage).

Commence à la rue Bourg-l’Abbé, no 23 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 238 et 240. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Bâti en 1828, il doit son nom à la rue Bourg-l’Abbé, où il prend naissance.


Bourg-l’Abbé (rue).

Commence à la rue aux Ours, nos 32 et 34 ; finit à la rue Greneta, nos 43 et 45. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 56. Sa longueur est de 207 m. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Le bourg l’Abbé, ainsi appelé parce qu’il dépendait de l’abbé de Saint-Martin, existait déjà sous les rois de la seconde race. Il fut enfermé dans Paris sous le règne de Philippe-Auguste, et le principal chemin de ce bourg prit, en 1210, le nom de rue Bourg-l’Abbé. Cette rue était autrefois affectée à la débauche. À tort ou à raison, ses habitants n’avaient point alors une réputation de chasteté ; leur esprit était aussi l’objet d’un doute. Voici de quelle manière on désigna longtemps à Paris les imbéciles et les libertins : « Ce sont gens de la rue Bourg-l’-Abbé ; ils ne demandent qu’amour et simplesse. » — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette largeur a été portée à 10 m. 66 c. La maison no 13 est alignée. Les propriétés de à 11 devront éprouver un retranchement qui varie de 2 m. 50 c. à 3 m. 93 c. ; de 15 à la fin, le reculement varie de 4 m. à 4 m. 50 c. ; de 2 à 22, retranchement 1 m. 30 c. à 2 m. ; de 26 à 38, retranchement 50 c. à 1 m. 10 c. ; nos 46 et 48, retranchement réduit 40 c. ; de 52 à la fin, retranchement 70 c. à 1 m. 10. Les maisons nos 24 et 50 sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).


Bourg-l’Abbé (rue Neuve-).

Commence à la rue Saint-Martin, nos 151 et 153 ; finit à la rue Bourg-l’Abbé, nos 24 et 28. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 115 m. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Elle a été ouverte en 1829, sur les terrains appartenant à M. le marquis de Verac et à M. le comte Dumanoir. L’ordonnance royale d’autorisation est à la date du 28 mai 1829, et porte que la nouvelle rue aura 10 m. de largeur. Cette ordonnance a imposé aux propriétaires les conditions suivantes : de supporter les frais de premier établissement du pavage et de l’éclairage de cette rue ; de faire établir de chaque côté des trottoirs en pierre dure, conformément aux indications qui leur seront données par l’administration ; de ne pouvoir élever, eux ou leurs ayant-droit, les maisons à construire le long de ladite rue, au-delà de la hauteur de seize mètres, mesurée à partir du sol jusqu’à l’entablement, y compris attique ou mansarde. Les contractions riveraines de la rue Neuve-Bourg-l’Abbé sont à l’alignement. — Conduite d’eau depuis la rue Bourg-l’Abbé jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).


Bourgogne (cour de).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, nos 80 ; finit à celle de Charenton, no 61. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

C’était autrefois la Cour des Miracles. Elle n’a pris son nom actuel qu’en 1814.


Bourgogne (rue de).

Commence au quai d’Orsay ; finit à la rue de Varennes, nos 32 et 34. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 753 m. — 10e arrondissement. Les numéros impairs de 1 à 23 sont du quartier du Faubourg-Saint-Germain ; de 23 bis à la fin, quartier Saint-Thomas-d’Aquin ; et tous les numéros pairs, quartier des Invalides.

Un arrêt du conseil, en date du 23 août 1707, relatif aux améliorations à exécuter dans le faubourg Saint-Germain, porte ce qui suit : « Ordonne sa majesté que depuis la rue de Varennes il soit formé une grande rue de 8 toises de largeur qui sera nommée rue de Bourgogne, se terminera au nouveau quai (d’Orsay), et aura pour point de vue le nouveau cours près la porte Saint-Honoré. » Cet arrêt fut confirmé les 1er décembre 1715 et 10 janvier 1716. Le 15 mars 1717, un arrêt du conseil réduisit la largeur de la rue de Bourgogne à 5 toises. Procès-verbal des alignements de cette voie publique fut dressé par Jean Beausire, le 20 mars 1719. Un arrêt du conseil, du 13 mars 1720, prescrivit le prolongement de cette rue, depuis la rue de Varennes jusqu’à celle Plumet. En 1723, on abandonna ce projet qui avait déjà reçu un commencement d’exécution. Par lettres-patentes données au mois de novembre 1775, et registrées en parlement le 28 mars 1776, Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, fut autorisé : 1o à changer la direction de la partie de la rue de Bourgogne comprise entre celles de l’Université et Saint-Dominique ; 2o à former une place demi-circulaire au-devant de l’entrée de son palais. Ces lettres-patentes furent exécutées en 1778. Une décision ministérielle, en date du 2 thermidor an V, signée Benezech, fixa la moindre largeur de la rue de Bourgogne à 10 m. Conformément à un arrêté du conseil des Cinq-Cents, du 29 nivôse an VI, cette voie publique porta le nom de rue du Conseil-des-Cinq-Cents ; depuis elle a repris sa première dénomination. En vertu d’une ordonnance royale du 7 mars 1827, la largeur de la partie comprise entre le quai et la place est portée à 12 m. ; le surplus est maintenu conformément à la décision ministérielle. — Les maisons ci-après sont alignées : 7, 9, 11, 17, 19, 19 bis, 21, 21 bis, 21 ter, 23 et de 23 bis à la fin ; 2, 4, 6, 8, 12, 30 et 38. Les constructions du côté des numéros impairs, entre le quai d’Orsay et la rue de l’Université, sont soumises à un retranchement de 2 m. 40 c. — Égout entre les rues de Lille et Saint-Dominique. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).


Bourguignons (rue des).

Commence à la rue de Lourcine, nos 48 et 52 ; finit aux rues de la Santé, no 1, et du Champ-des-Capucins. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 371 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Gilles Corrozet la nomme rue de Bourgogne. Ce n’était encore, à l’époque où vivait ce savant libraire, qu’un chemin bordé de quelques constructions légères. — Une décision ministérielle, à la date du 2 germinal an XI, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette moindre largeur est portée à 12 m. Les maisons nos 20, 24 et 24 bis, ainsi que le mur de clôture du Val-de-Grâce, sont à l’alignement. — La maison no 28 a été habitée par le diacre Paris, dont nous parlerons à l’article de l’église Saint-Médard. — Une ordonnance royale, à la date du 5 septembre 1843, a déclaré d’utilité publique l’ouverture d’une rue à travers les terrains offerts à cet effet par le sieur Vaillant. Ce percement est destiné à former le prolongement de la rue des Bourguignons jusqu’à la rue Pascal, et sa largeur est fixée à 12 m. Toutefois l’alignement ne sera exécutoire sur le bâtiment formant saillie sur le côté gauche, que dans trois ans, à partir du dernier paiement de l’indemnité due par la ville de Paris au sieur Vaillant.

L’indemnité accordée à ce propriétaire est fixée à 40,000 fr.

Les conditions suivantes ont été imposées au sieur Vaillant : de faire à ses frais, risques et périls, l’acquisition de la propriété dont l’emplacement est nécessaire en partie pour opérer le débouché de la rue projetée sur la rue Pascal ; de supporter les frais de pavage et d’éclairage de la nouvelle rue et ceux de l’établissement des trottoirs de deux mètres sur les deux côtés ; de faire également les frais de relevé-à-bout du dit pavage, lequel devra être fait en chaussée bombée et sera établi, ainsi que les trottoirs, sous la direction des ingénieurs du pavé de Paris et avec les matériaux agréés par eux ; d’établir des égouts dans la nouvelle rue, si cette construction est reconnue nécessaire à l’écoulement des eaux, et d’acquitter les droits de voirie.

Ce prolongement sera prochainement exécuté.


Boursault (rue).

Commence à la rue Pigalle, nos 17 et 19 ; finit à la rue Blanche, nos 20 et 22. Pas encore de numéro. Sa longueur est de 174 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

En vertu d’une ordonnance royale du 25 février 1839, M. Boursault, propriétaire, a été autorisé à ouvrir sur ses terrains une rue destinée à communiquer entre les rues de La Rochefoucauld et Blanche.

Les largeurs de ce percement ont été fixées, savoir : à 10 m. pour la partie qui s’étend de la rue de La Rochefoucauld à la rue Pigalle, et à 12 m. pour le surplus.

La première partie a reçu le nom de rue La Bruyère (voyez cet article).

Les conditions suivantes furent imposées au sieur Boursault : d’abandonner gratuitement le sol de la nouvelle rue ; de supporter les frais de premier établissement du pavage en pavés durs, y compris ceux de relevé-à-bout et les frais de premier établissement de l’éclairage et des trottoirs, le tout suivant les prescriptions de l’administration ; d’établir à ses frais, s’il est reconnu nécessaire par l’administration, des bornes-fontaines sur les points qui seront désignés ; de donner au nivellement la pente qui sera indiquée et reconnue nécessaire par les ingénieurs du pavé d’exécuter les travaux de pavage en chaussée bombée ; d’éclairer la nouvelle rue par des moyens provisoires jusqu’à ce que les conduits principaux de gaz permettent d’employer cet éclairage.

L’ordonnance précitée porte que le retranchement imposé à la maison située rue Blanche no 20, pour exécuter l’alignement de la nouvelle rue, ne pourra être exigé avant douze ans.

Ce percement est en cours d’exécution.

Bourse et Tribunal de Commerce.

Situés place de la Bourse. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Ce palais ayant été construit sur la plus grande partie de l’emplacement occupé par le couvent des Filles-de-Saint-Thomas-d’Aquin, nous tracerons ici l’origine de cette communauté religieuse. Ces filles, de l’ordre de Saint-Dominique, furent établies à Paris, par Anne de Caumont, épouse de François d’Orléans, comte de Saint-Pol et duc de Fronsac. Cette dame ayant obtenu du cardinal Barberini, légat du pape Urbain VIII, la permission nécessaire, fit venir de Toulouse sept religieuses qui arrivèrent à Paris le 27 novembre 1626. Elles furent installées dans une maison située dans la rue Neuve-Sainte-Geneviève. Cette propriété portait alors le nom d’hôtel du Bon-Air. Ces religieuses y demeurèrent jusqu’en 1632 ; alors elles s’établirent dans la rue Vieille-du-Temple. Cette maison n’étant pas d’une distribution assez commode pour une communauté, elles firent construire un couvent à l’extrémité de la rue Neuve-Saint-Augustin, depuis nommée, dans cette partie, rue des Filles-Saint-Thomas. Ayant pris possession de leur nouvelle maison le 7 mars 1642, jour que l’Église consacre à la célébration de la fête de saint Thomas, ces religieuses se donnèrent le nom de ce saint docteur. L’église, qui ne fut achevée qu’en 1715, n’offrait de curieux que le tombeau de la comtesse de Saint-Pol. Supprimé en 1790, ce couvent devint propriété nationale. Une partie de son emplacement a été cédé par l’État à la ville de Paris pour construire le monument dont nous allons nous occuper. — La Bourse de Paris, si magnifiquement logée aujourd’hui, a été longtemps placée de la manière la plus incommode et la moins convenable. On la mit d’abord dans une partie de l’ancien hôtel Mazarin, où l’on a vu le Trésor Royal ; puis durant la révolution, dans l’église des Petits-Pères ; enfin, pendant la construction de l’édifice actuel, on la relégua dans l’ancien magasin des décors de l’Opéra. Le tribunal de commerce n’était pas logé plus honorablement dans un ancien hôtel derrière l’église Saint-Merri. — Un décret impérial, du 16 mars 1808, ordonna enfin la construction sur l’emplacement de l’ancien couvent des Filles-de-Saint-Thomas, d’un palais destiné à réunir ces deux importants établissements. La première pierre en fut posée le 24 du même mois, et les travaux commencèrent immédiatement. L’architecte Brongniart avait donné les plans de cet édifice et dirigea les travaux jusqu’en 1813, époque de sa mort. Le 8 juin, le convoi funèbre fit une station devant le monument que Brongniart avait commencé ; les ouvriers quittèrent aussitôt leur travail, formèrent la haie ; tous, la tête découverte, rendirent hommage, par leur contenance respectueuse, aux qualités de l’artiste qu’ils avaient perdu. Les constructions étaient alors élevées jusqu’à deux ou trois mètres au-dessus du soubassement. Les travaux de construction, poussés avec activité par M. Labarre, furent ralentis à l’époque de nos désastres. Repris depuis avec une nouvelle activité, surtout à partir de l’année 1821, ils ont été achevés en 1827.

L’installation de la Bourse et du Tribunal de Commerce avait eu lieu dans le monument élevé par MM. Brongniart et Labarre, le 3 novembre 1826.

« Charles, etc. Nous avons proposé, les chambres ont adopté…

LOI.

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : — Article unique. Le ministre des finances est autorisée à abandonner en toute propriété, au nom de l’État, à la ville de Paris, l’emplacement occupé par le palais de la Bourse et ses abords, ainsi que les constructions élevées aux frais du gouvernement et les terrains acquis par l’État pour cette destination, ou provenant de l’ancien couvent des Filles-Saint-Thomas, et qui se trouvent en dehors des alignements, soit du palais, soit de la place.

Au moyen de cet abandon, la ville de Paris devra faire terminer à ses frais le palais de la Bourse et ses abords, et demeurera seule chargée de son entretien.

Donné en notre château de Saint-Cloud, le 17e jour de juin, l’an de grâce 1829, et de notre règne le 5e. Signé Charles. »

Cet édifice, situé au centre d’une belle place, plantée et entourée elle-même de magnifiques maisons, occupe un parallélogramme d’environ 71 m. de longueur, sur 49 m. de largeur, ce qui donne une surface de près de 3,005 m. carrés. Sa hauteur est d’environ 19 m. au-dessus du pavé de la place, mesurés au droit des faces extérieures, et de 30 m. mesurés au sommet du comble. L’ordonnance corinthienne qui préside à la décoration extérieure comportait par elle-même de la richesse et de l’élégance, mais l’architecte a eu le bon esprit de les réduire à l’expression la plus simple et la mieux entendue. On regrette de ne pas voir encore sur les piédestaux qui accompagnent les deux perrons, quatre grandes statues allégoriques en marbre.

Une telle construction devait nécessairement entraîner une dépense considérable ; elle a été, indépendamment de la valeur de l’emplacement, dont la presque totalité a été concédée à la ville de Paris par l’État, de 
 8,149,192
dont le gouvernement a payé 
 3,789,386
La ville de Paris 
 2,266,180
et le commerce de Paris, principalement au moyen d’un supplément d’impôt sur les patentes pendant plusieurs années 
 2,093,626.

Somme égale 
 8,149,192.

Dans un rapport du préfet au conseil municipal, rapport du 7 décembre 1834, on lit ce qui suit :

Honoraires et appointements des architectes, inspecteurs et autres agents attachés aux travaux pendant leur durée (19 années) 
 459,000.
Sommes payées à quatorze artistes, cinq peintres et neuf statuaires 
 186,400.
Les sculptures d’ornements pour les chapitaux, frises, etc…, ont coûté 
 282,600.

L’horloge, ouvrage de Lepaute, 12,000 fr. ; les marbres des Pyrénées, pour matière seulement, 79,400 fr. ; les glaces employées au vitrage, 87,300 fr. ; la couverture en cuivre, pour matière, 77,900 fr. ; pour main d’œuvre, 27,500 fr. ; et enfin l’établissement du chauffage à la vapeur, à peu près pour premier établissement, 86,000 fr. ; pour améliorations et extensions, 34,000 fr.


Bourse (place de la).

Entourant le palais de ce nom. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Elle a été formée à la même époque que le palais dont elle tire sa dénomination. — Une décision ministérielle du 15 février 1809, signée Cretet, ainsi qu’une ordonnance royale du 16 juin 1824, ont déterminé les alignements de cette voie publique. Suivant les dispositions arrêtées, le côté faisant face à l’entrée du palais est en prolongement de la rue Vivienne. Les maisons riveraines ne sont point soumises à retranchement. Le côté parallèle à la face latérale à gauche du même édifice, est à 62 m. de distance de l’axe du palais. Cet alignement est exécuté. Le côté opposé au précédent doit être à la même distance de l’axe du palais. Les bâtiments riverains dépendent de la rue des Filles-Saint-Thomas, et sont assujétis à un faible retranchement. Enfin, le quatrième côté fait face à l’entrée du Tribunal de Commerce. Les constructions dépendent de la rue Notre-Dame-des-Victoires (voir cet article). — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Bourse (rue de la).

Commence à la place de la Bourse, nos 29 et 31 ; finit à la rue de Richelieu, nos 76 et 80. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 96 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Une ordonnance royale du 16 juin 1824, avait adopté entre autres dispositions, l’ouverture d’une rue qui, tracée dans l’axe du palais de la Bourse, se dirigerait vers la rue Grammont. Une autre ordonnance, en date du 17 janvier 1830, porte que la rue projetée vis-à-vis la façade principale du palais, s’arrêtera à la rue de Richelieu. L’exécution de ce percement, dont la largeur est fixé à 16 m., est déclarée d’utilité publique. En conséquence de cette dernière disposition, cette rue a été exécutée, et en 1833, le 8 juillet, une décision ministérielle, signée Thiers, lui assigna la dénomination de rue de la Bourse. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Bourtibourg (rue).

Commence aux rues de la Verrerie, no 2, et de Bercy, no 20 ; finit à la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, nos 9 et 11. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 136 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Cette rue était complètement bâtie sous le règne de Louis-le-Jeune. Elle doit son nom à un petit bourg, qui tenait lui-même sa dénomination d’un nommé Thiboud ou Thibourg. — Une décision ministérielle, à la date du 13 ventôse an VII, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’une ordonnance royale du 28 octobre 1838, cette largeur a été portée à 10 m. La maison no 14 n’est pas soumise à retranchement ; celles no 4 et 16 ne sont soumises qu’à un faible retranchement. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Boutebrie (rue).

Commence à la rue de la Parcheminerie, nos 16 et 18 ; finit à la rue du Foin, nos 23 et 25. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 93 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Cette rue était en partie construite dès 1250. En 1284, elle fut appelée rue Érembourg-de-Brie, du nom d’un propriétaire qui l’habitait alors. Dans un compte de recette du domaine de la ville, à la date de 1573, elle est nommée rue des Enlumineurs, en raison des enlumineurs jurés de l’Université, qui y avaient fixé leur demeure. Son nom actuel est une altération du premier. D’Érembourg-de-Brie on a fait Boutebrie. — Une décision ministérielle, du 23 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840, cette largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 50 c. à 6 m. 50 c. Celles de 2 à 14 devront éprouver un retranchement dont la moyenne est de 1 m. ; de 16 à la fin, retranchement 1 m. 50 c. à 4 m.


Bouteille (impasse de la).

Située dans la rue Montorgueil, no 33. Pas de numéro. — 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.

Cette impasse, qui règne le long des anciens murs de l’enceinte de Philippe-Auguste, existait déjà au XVIe siècle. En 1650, on la nommait rue de la Cueiller, en raison d’une maison dite de la cueiller de bois, qui y était située en 1627. En 1690, c’était la rue Commune. Vers 1750, elle prit d’une enseigne le nom qu’elle porte encore aujourd’hui. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette impasse.


Bouvart (impasse).

Située dans la rue Saint-Hilaire, entre les nos 8 et 10. Sa longueur est de 26 m. Pas de numéro. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Ce n’était dans l’origine qu’un chemin qui descendait jusqu’à la rue des Noyers, et qu’on nommait en 1380 la Longue-Allée. Au XVe siècle, c’était la ruelle Josselin, Jousselin et Jusseline ; en 1539, la ruelle Saint-Hilaire. Elle prit d’un propriétaire le nom qu’elle porte actuellement. — Une décision ministérielle en date du 4 septembre 1818, a fixé la largeur de cette impasse à 6 m. Sa largeur actuelle n’est que de 1 m. 50 c. environ.


Brady (passage).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Martin, no 45 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Denis, no 46. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Ce passage, bâti par M. Brady, a été ouvert le 15 avril 1828.


Braque (rue de).

Commence à la rue du Chaume, nos 23 et 25 ; finit à la rue Sainte-Avoie, nos 50 et 52. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 118 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Son premier nom est rue des Bouchers, des Boucheries-du-Temple, en raison des boucheries que les chevaliers du Temple y avaient fait construire en 1182 ; cette voie publique se prolongeait alors jusqu’à la rue Vieille-du-Temple. Elle doit la dénomination qu’elle porte encore aujourd’hui à Arnould de Braque, qui en 1348 y fit bâtir une chapelle et un hôpital. Un Germain de Braque était échevin de la ville de Paris en 1447. — Une décision ministérielle en date du 13 fructidor an VII, signée Quinette, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 12 juillet 1837. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. à 2 m. 80 c. Celles no 2, 4, 6 et 8, ne devront subir qu’un faible redressement ; le surplus de ce côté est passible d’un retranchement de 0 m. 50 c. à 1 m. 70 c. — Portion d’égout du côté de la rue Sainte-Avoie. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Brasserie (impasse de la).

Située dans la rue de la Fontaine-Molière, entre les nos 4 et 6. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 81 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Elle tire son nom de la rue Traversière, aujourd’hui Fontaine-Molière, qui s’appelait aussi en 1720 rue de la Brasserie. — Une ordonnance royale du 4 octobre 1826 a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 80 c. à 3 m. 30 c. Celles du côté opposé ne devront reculer que de 0 m. 40 c. environ.


Breda (place).

Située à la jonction des rues Breda et Neuve-Breda. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

La formation de cette place a été autorisée en 1830 sur les terrains de M. Breda. Elle n’a été dénommée qu’en 1840 (voyez l’article suivant). — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Breda (rue).

Commence à la rue Notre-Dame-de-Lorette, nos 31 et 36 ; finit à la rue Laval, no 19. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 208 m — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

En vertu d’une ordonnance royale du 21 avril 1830, M. Breda a été autorisé à convertir le passage qui portait son nom en deux rues publiques, l’une de 11 m. 69 c. ; l’autre de 9 m. 75 c de largeur, formant à leur jonction une place triangulaire. Les conditions suivantes furent imposées à ce propriétaire : de livrer gratuitement à la ville de Paris le sol des deux rues et de la place triangulaire qui sera formée à leur rencontre ; de supporter les premiers frais de pavage, d’éclairage et d’établissement de trottoirs ; de ne pas élever au-delà de seize mètres de hauteur les maisons à construire dans la rue qui débouchera sur la rue des Martyrs, et qui n’aura quem. 75 c. de largeur. — L’élargissement à 11 m. 69 c. de l’autre rue aura lieu immédiatement sur tous les terrains appartenant actuellement à M. Breda et seulement par mesure de voirie, au-devant des propriétés qui n’appartiennent plus à M. Breda. — La rue qui fait l’objet du présent article est fixée à 11 m. 69 c. de largeur. La propriété no 18 bis est soumise à retranchement. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Le passage Breda avait été formé en 1822.


Breda (rue Neuve-).

Commence à la rue des Martyrs, nos 39 et 41 ; finit aux rue et place Breda. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 184 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Autorisée par l’ordonnance royale que nous avons indiquée à l’article précédent, cette voie publique a 9 m. 75 c. de largeur. Les constructions riveraines ne doivent pas excéder 16 m. de hauteur.

Bretagne (cour de).

Située dans la rue du Faubourg-du-Temple, no 95. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Elle portait autrefois le nom de cour des États-Réunis. Vers l’année 1829 elle prit la dénomination de cour de Bretagne.

Bretagne (rue de).

Commence à la rue Vieille-du-Temple, nos 145 et 147 ; finit aux rues de Beauce, no 10, et Caffarelli, no 2. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 60. Sa longueur est de 250 m. — Les numéros impairs sont du 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété ; et les pairs du 6e arrondissement, quartier du Temple.

Ouverte en 1626 sur la culture du Temple, elle prit le nom de Bretagne d’une des anciennes provinces de France. — Une décision ministérielle du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, ainsi qu’une ordonnance royale du 16 mai 1833, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions portant les nos 39 et 41 sont alignées ; les autres constructions devront reculer de 0 m. 50 c. environ. Les maisons nos 2 et 4 sont alignées. Pour le surplus, le retranchement est de 0 m. 50 c. — Égout entre les rues Vieille-du-Temple et de Berri. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Bretagne (rue Neuve-de-).

Commence aux rues des Filles-du-Calvaire, no 2, et Saint-Louis, no 80 ; finit à la rue Neuve-de-Ménilmontant, no 3. Un seul numéro pair qui est 2. Sa longueur est de 37 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Ouverte sans autorisation, en 1804, sur une partie de l’emplacement de la communauté religieuse des Filles-du-Calvaire, elle prit sa dénomination de la rue de Bretagne, dont elle est le prolongement. En vertu d’une décision ministérielle, à la date du 23 août 1806, elle fut classée au nombre des voies publiques de la capitale. Sa largeur fut alors fixée à 10 m. Cette largeur a été maintenue par une autre décision ministérielle du 1er  décembre 1821. Les constructions qui bordent cette voie publique ne sont pas soumises à retranchement.

Breteuil (avenue de).

Commence à la place Vauban, nos 1 et 3 ; finit à la rue de Sèvres, nos 128 et 130. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 58. Sa longueur est de 848 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Elle a été formée vers 1680. Le plan de Verniquet l’indique sous sa dénomination actuelle, qu’elle doit à Louis-Auguste le Tonnelier, baron de Breteuil, né à Preuilly, en Touraine, en 1723, mort à Paris, le 2 novembre 1807. Le baron de Breteuil remplit les hauts emplois de la diplomatie et fut nommé, en 1783, ministre de la maison du roi et de Paris, en remplacement d’Amelot. Il eut le mérite de se faire aimer des Parisiens, par plusieurs embellissements dont il orna la capitale ; les gens de lettres surtout et les artistes trouvèrent en lui un protecteur éclairé. — En vertu d’une loi du 19 mars 1838, la partie de l’avenue de Breteuil comprise entre la place de ce nom et la rue de Sèvres, a été cédée à la ville de Paris. Le surplus appartient encore à l’État (voyez Bourdonnaye, avenue de La). — Égout depuis la rue d’Estrées jusqu’à la place de Breteuil. — Conduite d’eau entre cette place et la rue Neuve-Plumet.

Breteuil (place de).

Située à la jonction des avenues de Breteuil et de Saxe, et de la Petite-rue-des-Acacias. Pas de numéro. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Cette place, qui est de forme circulaire, a été tracée en 1782 (voyez pour l’étymologie l’article précédent). Elle a été cédée par l’État à la ville de Paris, en vertu d’une loi du 19 mars 1838 (voyez Bourdonnaye, avenue de La). — Égout et conduite d’eau.

Breteuil (rue de).

Commence à la rue Royale, nos 16 et 18 ; finit aux rues Vaucanson, no 1, et Conté, no 3. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 59 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle a été ouverte vers 1780, sur les terrains dépendant du prieuré de Saint-Martin-des-Champs. Cette rue doit sa dénomination à M. Élizabeth-Théodore le Tonnelier de Breteuil, prêtre du diocèse de Paris et prieur-commandataire du prieuré de Saint-Martin-des-Champs (voyez Martin, place de l’ancien Marché Saint-). — Une décision ministérielle, en date du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 14 janvier 1829, la moindre largeur de la rue de Breteuil est portée à 7 m. Il résulte de l’alignement arrêté, que l’impasse Saint-Martin sera confondue dans la rue de Breteuil, lors de la démolition de la maison no 18 de la rue Royale. Les constructions du côté droit de la rue de Breteuil sont presque toutes à l’alignement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Bretonvilliers (rue de).

Commence au quai de Béthune, nos 2 et 4 ; finit à la rue Saint-Louis-en-l’Île, nos 3 et 5. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 75 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Île-Saint-Louis.

Commencée en 1614, cette rue ne fut achevée qu’en 1643. Elle porte le nom de M. le Ragois de Bretonvilliers, président de la chambre des comptes, qui y fit bâtir, sur les dessins du célèbre architecte Du Cerceau, un hôtel qui existe encore aujourd’hui et qui porte le no 2. — Deux décisions ministérielles, la première en date du 24 frimaire an XIII, signée Champagny ; la deuxième, du 9 mai 1818, ainsi qu’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, ont fixé à 8 m. 20 c. environ la largeur de cette voie publique. Les maisons riveraines sont alignées, à l’exception de l’arcade dite de Bretonvilliers, qui devra être supprimée. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Louis jusqu’à la borne-fontaine.

Briare (impasse).

Située dans la rue Rochechouart, no 9. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Construite à la fin du XVIIe siècle, elle porta d’abord le nom d’impasse Sifflet. Elle fut augmentée dans la suite de plusieurs bâtiments, et on lui donna le nom de Briare, qui est sans doute celui d’un des propriétaires de cette impasse. — Elle n’est pas reconnue voie publique par l’administration.

Brise-Miche (rue).

Commence à la rue du Cloître-Saint-Merri, nos 12 et 14 ; finit à la rue Neuve-Saint-Merri, nos 31 et 33. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 78 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Dans la rue Taille-Pain, appelée en 1207 rue Baille-Heu, depuis Baille-Hoë, on voyait une impasse qui se trouvait confondue avec cette voie publique. Cette impasse fut prolongée et ouverte au XIVe siècle du côté du cloître Saint-Merri, et l’on commença à donner en 1420, à la partie nouvellement construite, le nom de rue Brise-Miche. La distribution des pains ou miches de chapitre, qu’on faisait suivant l’usage aux chanoines de la collégiale de Saint-Merri, lui avait fait donner cette dénomination. Le nom de rue Baille-Hoë fut néanmoins conservé à la partie qui venait aboutir à la rue Neuve-Saint-Merri. La rue Brise-Miche a été longtemps affectée à la débauche. — Une décision ministérielle du 13 vendémiaire an X, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur est portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 22 mai 1837. La maison située sur le côté gauche à l’encoignure de la rue Neuve-Saint-Merri et le bâtiment no 6, sont alignés ; toutes les autres constructions devront subir un retranchement considérable. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Brodeurs (rue des).

Commence aux rue et impasse Plumet ; finit à la rue de Sèvres, nos 64 et 66. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 229 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Dans un titre de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, de 1642, on l’appelle rue de Brodeval derrière les Incurables. En 1644, elle est indiquée sous le nom de rue du Lude. Peu de temps après, on lui donna la dénomination de rue des Brodeurs ; elle s’étendait alors jusqu’à la rue de Babylone. Vers 1783, la partie de cette voie publique comprise entre les rues Plumet et de Babylone, reçut le nom de rue Pochet. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, fixa la largeur de la rue des Brodeurs à 8 m. En 1806, la partie qui avait reçu la dénomination de rue Pochet fut de nouveau confondue avec la rue des Brodeurs, dont elle reprit le nom. — En vertu d’une décision ministérielle du 14 septembre 1829, cette partie a été désignée sous la dénomination de Petite-rue-Mademoiselle (voyez cet article). Les maisons nos 25 et 27 ne sont pas soumises à retranchement. Le surplus, de ce côté, devra reculer de 1 m. 40 c. Les maisons nos 18, 20, 24, 26 et 28 sont alignées ; les autres constructions de ce côté subiront un retranchement de 1 m. 40 c. — Égout et conduite d’eau.

Brosse (rue Guy-de-la-).

Commence à la rue Jussieu ; finit à la rue Saint-Victor, nos 14 et 16. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 103 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Une ordonnance royale, à la date du 22 juin 1837, autorisa la ville de Paris à vendre les terrains provenant de l’ancienne abbaye Saint-Victor. Un plan fut dressé, qui contenait l’indication de deux rues à ouvrir. Les terrains furent vendus les 15 mai et 30 octobre 1838, et on commença immédiatement à y bâtir. La voie publique, qui fait l’objet du présent article et dont la largeur est de 13 m., reçut, en vertu d’une décision royale du 29 avril 1839, le nom de rue Guy-de-la-Brosse ; l’autre rue a pris la dénomination de rue Jussieu. — Les constructions riveraines sont à l’alignement. — Conduite d’eau. — Guy de la Brosse, grand-oncle du célèbre Fagon, naquit à Rouen. Dans l’intention de faciliter l’étude de la botanique, il donna au roi Louis XIII, dont il était le médecin, le terrain où fut établi le jardin des Plantes. Il obtint du cardinal de Richelieu les moyens d’embellir ce nouveau jardin dont la fondation fut autorisée par un édit de janvier 1626. Guy de la Brosse en fut le premier intendant. Toute sa vie fut consacrée à enrichir cet établissement des plantes les plus rares dont il donna une description en 1636. Il mourut en 1641 et fut enterré dans la chapelle de cet établissement.

Brosse (rue Jacques-de-).

Commence au quai de la Grève, nos 44 et 52 ; finit aux rues François-Myron, no 14, et du Pourtour, no 2. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 92 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

C’était anciennement la rue aux Moines-de-Long-Pont. Ces religieux y avaient établi un hospice. On la nomma ensuite rue de Long-Pont. — Une décision ministérielle à la date du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 15 m. en vertu d’une ordonnance royale du 19 mai 1838, qui déclara d’utilité publique l’élargissement de cette rue dans la partie comprise entre le quai de la Grève et la rue de l’Hôtel-de-Ville. Cette dernière disposition a été exécutée en 1840. — « Paris, le 22 décembre 1838. Monsieur le préfet, sa majesté a approuvé, ainsi que vous l’aviez proposé, que le nom de rue de Long-Pont fût changé en celui de Jacques-de-Brosse, l’architecte si distingué de l’église Saint-Gervais etc. » (Extrait de la lettre ministérielle). — Égout et conduite d’eau entre ce quai et la rue de l’Hôtel-de-Ville.

Bruant (rue).

Commence au chemin de ronde de la barrière de la Gare ; finit à la rue des Deux-Moulins. Pas de numéro. Sa longueur est de 280 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Ce n’était qu’un chemin en 1789. Elle faisait partie du petit village d’Austerlitz qui fut renfermé dans Paris en 1818. Au commencement de l’année 1819, elle reçut la dénomination de rue Bruant, en mémoire de Libéral Bruant, architecte, auquel on attribue la construction de l’Hôpital-Général (aujourd’hui la Salpétrière). — Une décision ministérielle du 30 juillet 1819, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions du côté gauche ne sont soumises qu’à un faible retranchement ; celles du côté opposé sont alignées (voyez Austerlitz, Grande-rue-d’).

Bruneau (rue du Clos-).

Commence à la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, nos 36 et 38 ; finit à la rue des Carmes, nos 17 et 21. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 85 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Elle a été bâtie sur le clos Bruneau. Les Cartulaires de Sainte-Geneviève de 1243 et 1248, la nomment rue Judas ; on croit qu’elle était autrefois habitée par des juifs. — Une décision ministérielle, à la date du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Conformément à une ordonnance royale du 9 janvier 1828, cette dimension est portée à 10 m. En vertu d’une décision du ministre de l’intérieur du 2 août 1838, la rue qui nous occupe a reçu la dénomination de rue du Clos-Bruneau. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 3 m. 30 c. à 4 m. 60 c. La maison située sur le côté droit à l’encoignure de la rue des Carmes est alignée ; le surplus de ce côté devra subir un retranchement de 1 m. 90 c. à 3 m. 85 c. — Conduite d’eau depuis la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève jusqu’à à la borne-fontaine.

Bruxelles (rue de).

Doit commencer à la rue de Clichy et finir à la rue du Rocher. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Suivant le plan approuvé par l’ordonnance royale du 2 février 1826, l’ouverture de cette voie publique était autorisée sur les terrains de MM. Hagerman et Mignon, savoir : comme rue depuis la rue de Gênes jusqu’à celle de Valois, comme impasse depuis la première de ces rues et dans une longueur de 214 m. Sa largeur a été fixée à 12 m. Il n’existe encore aucune construction dans cette rue qui doit son nom à la capitale du royaume des Belges (voyez Amsterdam, rue d’).

Bûcherie (rue de la).

Commence à la place Maubert, no 4, et à la rue Pavée ; finit à la rue du Petit-Pont, no 13, et à la place du Petit-Pont. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 238 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Elle était construite à la fin du XIIe siècle. Son nom lui vint du port aux Bûches, qui se trouvait près de cette voie publique. — Deux décisions ministérielles, l’une du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, l’autre du 5 octobre 1818, ont fixé la moindre largeur de la rue de la Bûcherie à 8 m. Les maisons nos 15, 17, 35, 37 ; 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 18, ainsi que le mur de clôture à l’encoignure gauche de la rue Saint-Julien, sont à l’alignement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

L’école de médecine avait été établie en 1472 dans cette rue. L’ancien amphithéâtre subsiste encore au no 13. Il devint propriété nationale, et fut vendu le 28 décembre 1810.

Buci (rue de).

Commence aux rues de l’Ancienne-Comédie, no 2, et Mazarine, no 86 ; finit à la rue des Boucheries, no 56, et à la place Sainte-Marguerite, no 2. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 200 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Sauval s’est trompé en disant que cette rue portait le nom de Saint-Germain dès 1209 ; elle n’existait point encore à cette époque. On commença seulement à bâtir des maisons dans cette rue en 1351. On n’y comptait que dix maisons en 1388, et on l’indiquait alors sous le nom de rue qui tend du pilori à la porte de Buci. Ce pilori, dont cette rue avait pris le nom, était situé au carrefour où elle aboutit. Il parait que ce fut un droit accordé à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés par la charte de Philippe-le-Hardi, du mois d’août 1275, d’avoir un pilori en cet endroit. Dès 1523, on la nommait rue de Buci. En 1555, on commença à la paver. Elle tire sa dénomination de Simon de Buci, qui acheta en 1350 la porte Saint-Germain à laquelle il donna également son nom. — Nous avons préféré tracer l’historique de cette porte à l’article de la rue Saint-André-des-Arts, parce qu’elle se trouvait plus près de cette voie publique que de la rue de Buci. — Une décision ministérielle, à la date du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, ainsi qu’une ordonnance royale du 29 mars 1827, ont fixé à 10 m. la moindre largeur de la rue de Buci. Les maisons nos 13, 23, 25 et 27 ; 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20 et 32, sont alignées ; celles nos 24, 26, 28 et 30 ne devront éprouver qu’un faible retranchement. — Égout. — Conduite d’eau entre les rues de l’Ancienne-Comédie et de Bourbon-le-Château. — Éclairage au gaz (compe Française).

Buffault (rue).

Commence à la rue du Faubourg-Montmartre, nos 46 et 48 ; finit à la rue Coquenard, nos 11 et 13. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 197 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Lettres-patentes. — « Louis, etc… Nous avons ordonné ce qui suit : — Article 1er. Il sera ouvert, aux frais du sieur Lenoir, sur un terrain par lui acquis à titre de bail emphytéotique des religieuses et administratrice de l’hôpital de Sainte-Catherine, une rue de trente pieds de largeur, laquelle sera nommée rue Buffault, etc. — Art. 2. Ladite rue étant établie aux frais dudit sieur Lenoir et sur la demande du sieur Pigeot de Carcy, le pavé d’icelle sera fait pour la première fois à leurs dépens, etc. Donné à Versailles, le 4 juillet 1777. Signé Louis. » — Ce percement fut tracé le 30 septembre de la même année. — Une décision ministérielle, du 28 fructidor an X, signée Chaptal, ainsi qu’une ordonnance royale du 23 août 1833, ont maintenu la largeur primitive. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Jean-Baptiste Buffault, chevalier de l’ordre du roi, son conseiller en l’hôtel-de-ville de Paris, fut trésorier honoraire et échevin de 1787 à 1789.

Buffon (rue de).

Commence au boulevart de l’Hôpital et à la place Valhubert ; finit à la rue du Jardin-du-Roi, no 16. Le dernier impair est 25 ; pas de numéro pair ; ce côté est bordé par le jardin des Plantes. Sa longueur est de 616 m. — 12e arrondissement. Les impairs sont du quartier Saint-Marcel ; le côté opposé dépend du quartier du Jardin-du-Roi.

Elle a été percée vers 1790. — Une décision ministérielle, du 26 brumaire an XI, signée Chaptal, ainsi qu’une ordonnance royale du 24 avril 1837, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. — Les propriétés ci-après sont alignées : nos 1, 3, 5, 9, 11, 13, 15, 15 bis, 17, 17 bis et 25. — Égout. — Conduite d’eau.

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon, le grand naturaliste, naquit à Montbard, en Bourgogne, le 7 septembre 1707, et mourut à Paris le 16 avril 1788.

Buisson (impasse du Vert-).

Située dans la rue de l’Université, no 109. Sa longueur est de 43 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Cette impasse, qui n’est pas reconnue voie publique, doit son nom a un jardin entouré de buissons. Sa largeur actuelle est de 4 m.

Buisson-Saint-Louis (rue du).

Commence à la rue Saint-Maur, nos 130 et 132 ; finit à la barrière de la Chopinette. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 302 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Le plan de Verniquet l’indique sous cette dénomination, qu’elle doit sans doute à sa situation dans les champs et à sa proximité de l’hôpital Saint-Louis. — Une décision ministérielle, à la date du 16 floréal an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Parties des propriétés nos 3 et 20 sont à l’alignement.

Butte-Chaumont (barrière de la).

Située à l’extrémité de la rue de ce nom.

Cette barrière, qui consiste en un bâtiment, a porté d’abord le nom de la Boyauderie, en raison d’une filature de boyaux établie dans la rue de la Butte-Chaumont, nommée également alors de la Boyauderie. Son nom actuel lui vient de son voisinage de la Butte-Chaumont (voir l’article Barrières).

Butte-Chaumont (chemin de ronde de la barrière de la).

Commence aux rue et barrière de la Butte-Chaumont ; finit à la rue du Chemin-de-Pantin et à la barrière de Pantin. Sa longueur est de 481 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Voir l’article Chemins de ronde.

Butte-Chaumont (rue de la).

Commence aux chemins de ronde des barrières du Combat et de la Butte-Chaumont ; finit à la rue de La Fayette. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 16 bis. Sa longueur est de 628 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Le plan de Verniquet l’indique sous le nom de rue de la Voirie. À l’extrémité de cette voie publique, du côté de la barrière, on déchargeait les vidanges de Paris. Aux abords de ce dépôt d’immondices, des fabriques de cordes à boyaux furent établies. La rue qui nous occupe reçut alors le nom de rue de la Boyauterie ou Boyauderie. — Une décision ministérielle, à la date du 28 fructidor an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 12 m. Cependant M. Dubois, préfet de police, ayant pris un arrêté qui défendait de travailler les boyaux dans Paris, les propriétaires de cette rue, pour témoigner leur reconnaissance à ce magistrat, enlevèrent les inscriptions de rue de la Boyauterie, et les remplacèrent par de nouvelles plaques portant le nom de rue Dubois. Cette dénomination resta pendant cinq années. Cette voie publique reprit ensuite le nom de rue de la Boyauderie. Elle a reçu la dénomination de rue de la Butte-Chaumont en vertu d’une décision ministérielle du 2 octobre 1821. — Une ordonnance royale du 23 juillet 1828 a porté la largeur de cette voie publique à 13 m. À cette époque, elle s’arrêtait à la rue du Faubourg-Saint-Martin. Elle fut alors prolongée sur les terrains appartenant à MM. André et Cottier. L’ordonnance royale d’autorisation est à la date du 31 janvier 1827 (voyez Abattoir, rue de l’). Ce prolongement forme encore une impasse ; il doit être continué jusqu’à la rue de Château-Landon, au moyen de l’acquisition d’un terrain bordant cette voie publique. — Les constructions du côté des numéros pairs de la rue de la Butte-Chaumont sont alignées. Sur le côté opposé, les bâtiment et mur de clôture, situés à l’encoignure du quai de Valmy, sont à l’alignement. Les autres propriétés de ce côté devront reculer de 1 m. 50 c. environ. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).

Buttes (rue des).

Commence à la Grande-rue-de-Reuilly, nos 91 et 93 ; finit à la rue de Picpus, nos 8 et 16. Le dernier impair est 3 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 367 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Le plan de Jaillot l’indique sous cette dénomination, qui provient sans doute des inégalités du sol originaire de cette voie publique. — Une décision ministérielle, à la date du 28 fructidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette rue à 8 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 1 m. 20 c.

Byron (avenue lord-).

Commence et finit à l’avenue Châteaubriand. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Cette avenue a été percée en 1825, ainsi que les avenues Châteaubriand et Fortunée, sur l’emplacement de l’ancien jardin de l’hôtel Beaujon. Elle n’est point reconnue voie publique par l’administration. — Noël Byron, l’un des plus grands génies de l’Angleterre, naquit à l’abbaye de Newsteat, en Écosse, le 2 janvier 1788, et mourut à Missolonghi, le 19 avril 1824.

Décembre 1843.
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C.

Cadet (rue).

Commence aux rues du Faubourg-Montmartre, no 36, et Richer, no 42 ; finit aux rues Coquenard, no 1, et Montholon, no 25. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 296 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Elle était appelée originairement rue de la Voirie, parce qu’elle avait été percée sur l’emplacement d’une voirie. Elle doit à un particulier, propriétaire d’un clos voisin, le nom de rue Cadet. — Une décision ministérielle, à la date du 21 prairial an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons no 1, 7, 11, et de 27 à la fin ; 2, 6, 8, et de 30 à la fin, ne sont pas soumises à retranchement. — Égout dans toute l’étendue. — Conduite d’eau entre les rues Bleue et Montholon. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Cadran (rue du).

Commence aux rues Montorgueil, no 77, et des Petits-Carreaux, no 1 ; finit à la rue Montmartre, nos 88 bis et 90. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 50. Sa longueur est de 205 m. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Cette rue était presque entièrement bâtie en 1450. On la nommait, en 1489, ruelle des Aigoux ; en 1564, rue où soulaient être les égouts de la ville. On la trouve ensuite désignée sous le nom de rue du Bout-du-Monde, qu’elle tirait d’une enseigne. — Une décision ministérielle, du 19 pluviôse an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En 1807, les propriétaires riverains demandèrent le changement du nom de Bout-du-Monde en celui du Cadran, parce qu’il existait un grand cadran dans cette rue. Le 23 mai de la même année, le ministre de l’intérieur Champagny autorisa ce changement. Le pavé de cette rue fut exhaussé en 1815, pour faciliter la construction d’un égout couvert. — Une ordonnance royale du 23 juillet 1828 a maintenu la moindre largeur de 10 m. Les maisons nos 7, 25, 29, 31 ; 14, 14 bis, 16 et 24, sont à l’alignement. — Égout. — Conduite d’eau depuis la rue Montmartre jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Caffarelli (rue).

Commence aux rues de la Corderie, no 2, et de Bretagne, no 60 ; finit à la place de la Rotonde-du-Temple. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par le mur de clôture du couvent de l’Adoration du Saint-Sacrement. Le dernier pair est 14. Sa longueur est de 88 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Ouverte en 1809, sur une partie de l’enclos du Temple, cette voie publique a pris le nom de rue Caffarelli, en vertu d’une décision ministérielle du 9 septembre de la même année. C’est par erreur que les inscriptions placées aux angles de cette voie publique l’indiquent sous le nom de rue de la Rotonde-du-Temple. Nous n’avons trouvé aucun acte émanant de l’autorité compétente qui prescrivît ce changement de dénomination. — Une décision ministérielle du 9 septembre 1809, signée Fouché, ainsi qu’une ordonnance royale du 16 mai 1833, ont fixé la largeur de la rue Caffarelli à 10 m. Une partie de la propriété no 2 est seule soumise à retranchements — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Caffarelli (Louis-Marie-Joseph-Maximilien) naquit au Falga, dans le Haut-Languedoc, le 13 février 1756. Il se distingua en 1796 à l’armée du Rhin où un boulet de canon lui brisa la jambe gauche. Il subit l’amputation. Caffarelli fut un des officiers supérieurs que choisit Bonaparte pour l’accompagner en Égypte. Il partit en qualité de commandant du génie. On connaît toutes les privations que nos troupes eurent à supporter en traversant le désert. Au milieu de cette mer de sable sans limite, sous un ciel dévorant, Caffarelli donnait l’exemple du courage et de la résignation.

Les soldats en voulaient surtout à ce général qu’ils croyaient un des auteurs de l’expédition ; aussi lorsqu’ils le voyaient passer, trainant sa jambe de bois, ils disaient : « Celui-là se moque bien de ce qui arrivera, il est toujours bien sûr d’avoir un pied en France. » Caffarelli se couvrit de gloire à l’attaque de Saint-Jean-d’Acre. Plusieurs fois renversé et foulé aux pieds, il s’opiniâtrait à commander, lorsqu’une balle vint lui fracasser le coude. Il subit une nouvelle amputation et mourut le 27 avril 1799.

Caille (rue la).

Commence au boulevart d’Enfer ; finit à la rue de ce nom, nos 92 et 94. Pas de numéro. Sa longueur est de 125 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Tracée sur le plan de Verniquet, cette rue y figure sans dénomination. — Une décision ministérielle du 4 octobre 1817, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette dimension est portée à 10 m. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement. Nicolas-Jean-Louis de la Caille, célèbre astronome, naquit le 15 mars 1713, et mourut le 21 mars 1762.

Caire (passages du).

La grande ligne commence à la rue Saint-Denis, no 333, la seconde prend naissance à la rue des Filles-Dieu : toutes deux aboutissent à la place du Caire, no 2 ; enfin une troisième ligne communique à la rue du Caire. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Ils ont été construits en 1799 (voir l’article rue du Caire).

Caire (place du).

Située à l’extrémité de la rue de ce nom. Un seul numéro qui est 2. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Elle a été formée également en 1799 (voir l’article suivant). — Conduite d’eau — Éclairage au gaz (compe Française).

Caire (rue du).

Commence à la rue Saint-Denis, no 325 et 327 ; finit à la rue des Forges et à la place du Caire, no 2. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 36. Sa longueur est de 219 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Cette rue a été ouverte à la fin de l’année 1799, sur une partie des bâtiments et jardins du couvent des Filles-Dieu. Elle fut exécutée sur une largeur de 9 m. 74 c. et le nom du Caire lui fut donné en mémoire de l’entrée victorieuse des troupes françaises au Caire, le 23 juillet 1798. La largeur de cette voie publique a été maintenue par une décision ministérielle du 2 messidor an VIII, signée L. Bonaparte, et par une ordonnance royale du 21 juin 1826. Les constructions de la rue du Caire sont alignées, à l’exception des propriétés nos 1 et 2. La première est soumise à un léger redressement ; la seconde devra avancer sur ses vestiges actuels. — Éclairage au gaz (compe Française).

La rue qui nous occupe ayant pris au couvent des Filles-Dieu la plus grande partie de son emplacement, nous avons jugé convenable de tracer ici l’historique de cette communauté religieuse. — Guillaume III, évêque de Paris, ayant converti plusieurs femmes ou filles débauchées leur fit bâtir une maison hors de Paris, sur un terrain voisin de Saint-Lazare. Cette maison, qui devait servir d’hôpital, était en voie de construction en 1226, lorsque le prieur de Saint-Martin-des-Champs et le curé de Saint-Laurent s’opposèrent à son établissement ; mais enfin, entraînés par les prières de plusieurs personnes recommandables, ils donnèrent leur désistement et l’on acheva les bâtiments de cet hôpital, auquel fut d’abord donné le nom d’hôpital des nouvelles Converties. Le but de cette fondation était, selon un écrivain du temps, de retirer des pécheresses qui pendant toute leur vie avaient abusé de leur corps et à la fin étaient en mendicité. Ces femmes nouvellement converties prirent plus tard le nom de Filles-Dieu. Cette bizarre dénomination excita la verve satirique de l’auteur des Ordres de Paris.

Rutebœuf parle ainsi des Filles-Dieu :

Diez a non de fille avoir,
Mès je ne pois onques savoir
Que Diez eust fame en sa vie.

Une cession fut faite en 1232 aux Filles-Dieu, par les frères et prieur de Saint-Lazare, de quatre arpents de terre avec la censive et la justice qu’ils exerçaient, moyennant 12 livres de rente (Dubreuil). Elles achetèrent également en 1253 huit arpents de terre contigus aux précédents, et le roi saint Louis les dota de 400 livres de rente à prendre sur son trésor. Dans l’acte de dotation, le nombre de ces religieuses est fixé à deux-cents. Les Filles-Dieu occupèrent ce monastère jusqu’à l’époque où la France perdit la malheureuse bataille de Poitiers. Les Parisiens, épouvantés et croyant déjà voir l’ennemi au pied de leurs murailles, prirent la résolution d’accroître les fortifications de Paris, brûlèrent les faubourgs peu considérables qui se trouvaient autour de l’enceinte méridionale, et réunirent aux fossés et arrière-fossés les faubourgs beaucoup plus étendus qui s’étaient formés au nord de la ville. D’après le plan arrêté, les arrière-fossés devaient traverser l’enclos des Filles-Dieu ; ces religieuses furent donc obligées de quitter leur maison, de la faire démolir et de se retirer dans la ville. Jean de Meulan, alors Évêque de Paris, les transféra dans un hôpital situé près de la porte Saint-Denis, et fondé en 1316 par Imbert de Lyons ou de Lyon. Le but qu’on s’était proposé en créant cet ancien hôpital, avait été de procurer l’hospitalité aux femmes mendiantes qui traversaient Paris. Elles devaient être logées une seule nuit et congédiées le lendemain, avec un pain et un denier. L’évêque, en rétablissant les Filles-Dieu dans ce nouvel asile, fonda une chapelle sous le nom de la Madeleine, et ordonna qu’il y serait établi douze lits pour autant de pauvres femmes mendiantes. Les désordres qui peu à peu s’introduisirent dans cette maison, forcèrent d’y appeler des religieuses réformées de Fontevrault qui, au nombre de huit, y furent installées en 1497. Charles VIII posa la première pierre de l’église, qui ne fut achevée qu’en 1508. Le 24 mars 1648, les sieurs de Chamoy et de Saint-Ange, armés et accompagnés d’une nombreuse suite, pénétrèrent dans ce couvent pendant la nuit et violèrent plusieurs religieuses. — À la face extérieure du chevet de l’église des Filles-Dieu, se trouvait un crucifix devant lequel on conduisait autrefois les condamnés qu’on allait exécuter à Montfaucon. Ces malheureux venaient baiser la croix, on leur donnait de l’eau bénite, et les Filles-Dieu leur portaient trois morceaux de pain et une coupe pleine de vin. Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut vendu le 14 vendémiaire an VI. Sur son emplacement, la rue, la place et les passages du Caire furent bâtis comme nous l’avons dit plus haut.

Calandre (rue de la).

Commence à la rue de la Cité, nos 50 et 52 ; finit à la rue de la Barillerie, nos 23 et 25. Le dernier impair est 55 ; le dernier pair, 54. Sa longueur est de 171 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

En 1250, elle n’était désignée dans toute son étendue que sous cette dénomination rue qui va du Petit-Pont à la place Saint-Michel (c’était la place devant la chapelle Saint-Michel-du-Palais). Elle est nommée en 1300, par le poète Guillot, rue de Kalendre. Elle devait sans doute sa dénomination à un des ancêtres de Jean de la Kalendre, dont il est fait mention dans le Censier de saint Éloi, en 1343. D’autres historiens ont pensé qu’elle tirait son nom d’une machine à lustrer le drap et qu’on appelait calandre. La première opinion nous parait plus vraisemblable. On croit que Saint-Marcel, évêque de Paris, naquit dans une maison de cette rue. Le jour de l’Ascension, le clergé de Notre-Dame y faisait une station. Saint Marcel fut inhumé en 436, dans l’endroit où l’on éleva depuis l’église de ce nom. — Une décision ministérielle, du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de la rue de la Calandre à 8 m. Les maisons nos 41, 41 bis, 49, 51, 55 et 54, ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Calvaire (boulevart des Filles du).

Commence aux rues du Pont-aux-Choux, no 1, et Saint-Sébastien ; finit à la rue des Filles-du-Calvaire, no 18, et au boulevart du Temple, no 2. Le dernier impair est 19 ; pas de numéro pair : ce côté est bordé par une plantation. Sa longueur est de 232 m. — Les numéros impairs sont du 8e arrondissement, quartier du Marais ; le côté droit, depuis la rue Saint-Sébastien jusqu’à celle de Ménilmontant, fait partie du même arrondissement, quartier Popincourt ; le surplus de ce côté dépend du 6e arrondissement, quartier du Temple.

Un arrêt du conseil, à la date du 7 juin 1670, prescrivit la formation de ce boulevart, qui dut son nom à sa proximité du couvent des Filles-du-Calvaire. La largeur de la chaussée est de 20 m. Les constructions qui bordent le côté des numéros impairs sont établies à 2 m. de distance du centre des arbres de la contre-allée. — Une ordonnance royale du 8 juin 1834 a maintenu ces constructions dans leur état actuel. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Au mois d’avril 1843, une enquête a été ouverte, à la mairie du 8e arrondissement, sur le projet de suppression et d’aliénation des contre-allées des boulevarts de Beaumarchais et des Filles-du-Calvaire, depuis la rue Daval jusqu’à celle de Ménilmontant.

Calvaire (rue des Filles-du-).

Commence aux rues Boucherat, no 2, et Saint-Louis, no 80 ; finit aux boulevarts du Temple, no 1, et des Filles-du-Calvaire, no 19. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 167 m. — Les impairs sont du 6e arrondissement, quartier du Temple ; les pairs, du 8e arrondissement, quartier du Marais.

L’ouverture en fut ordonnée par arrêt du conseil du 7 août 1696. Son alignement fut confirmé par un autre arrêt du 12 juillet 1698. Elle fut percée sur une moindre largeur de 14 m. environ. On décida que le nom de rue des Filles-du-Calvaire lui serait donné, en raison du monastère de ce nom qui y était situé. Nous parlerons de cette communauté religieuse à l’article de la rue Neuve-de-Ménilmontant, qui a été ouverte sur la plus grande partie de son emplacement. — Une décision ministérielle, du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, ainsi qu’une ordonnance royale à la date du 8 juin 1834, ont maintenu la largeur primitive. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celles nos 23, 25, 27 et 29, qui devront subir un léger redressement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière)

Cambray (place).

Commence à la rue Saint-Jean-de-Latran, nos 8 et 9 ; finit à la rue Saint-Jacques, no 87. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par le collége de France ; le dernier pair est 14. Sa longueur est de 76 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Cette place faisait autrefois partie de la rue Saint-Jean-de-Latran, dont elle portait la dénomination. — Un arrêt du conseil, du 12 février 1715, ordonna son élargissement (voir l’article Jean-de-Latran, rue Saint-). Cette place doit son nom à la maison de l’évêque de Cambray que remplaça le collége de France. — Une décision ministérielle, à la date du 13 fructidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de cette place à 12 m. La maison no 6 est alignée ; le surplus du côté droit ne devra subir qu’un faible retranchement. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Jacques. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Campagne-Première (rue).

Commence au boulevart du Mont-Parnasse, nos 40 et 42 ; finit au boulevart d’Enfer. Pas de numéro. Sa longueur est de 266 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Elle est indiquée sur le plan de Verniquet mais sans dénomination. Ce n’était encore en 1827 qu’une ruelle de 3 à 4 m. de largeur. — Une ordonnance royale, du 31 septembre de la même année, fixa la largeur de cette ruelle à 12 m. En 1835 et 1836, elle a été considérablement élargie, et elle porte depuis ce temps le nom de rue Campagne-Première, dont nous n’avons pu connaître l’étymologie. Les propriétés du côté droit, et celles qui sont situées sur le côte opposé près du boulevart, sont alignées ; le surplus est soumis à un fort retranchement.

Canettes (rue des).

Commence à la rue du Four-Saint-Germain, nos 29 et 31 ; finit à la place Saint-Sulpice, nos 6 et 8. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 132 m. – 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Elle portait en 1630 le nom de rue Saint-Sulpice. Sur un plan manuscrit de 1651, c’est la rue Neuve-Saint-Sulpice. Sa dénomination actuelle lui vient de l’enseigne des Canettes. — Une décision ministérielle, du 15 floréal an V, signée Benezech, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Cette moindre largeur a été portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 27 septembre 1838. Les maisons nos 7, 9, 27, sont alignées ; celles du côté des numéros pairs sont soumises à un retranchement qui commence à 2 m. 60 c. du côté de la rue du Four, et se termine à 6 m 20 c., à l’encoignure de la place Saint-Sulpice. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Canettes (rue des Trois-).

Commence à la rue Saint-Christophe, nos 4 et 6 ; finit à la rue de la Licorne, nos 9 bis et 11. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 90 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Guillot la nomme, en 1300, rue de la Pomme. En 1480, elle est désignée sous les deux noms de la Pomme-Rouge et des Canettes. Elle doit sa dénomination à trois maisons dites les grandes et petite Canettes. — Une décision ministérielle, à la date du 13 fructidor an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la moindre largeur dé cette voie publique à 6 m. La moindre largeur de cette rue est aujourd’hui de 1 m. 20 c. ; sa plus grande, de 4 m. Les constructions situées sur le côté droit, et dans une longueur de 14 m. 70 c., à partir de l’encoignure de la rue de la Licorne, sont alignées. — Conduite d’eau depuis la rue de la Licorne jusqu’à la borne-fontaine.

Canivet (rue du).

Commence à la rue Servandoni, nos 12 et 14 ; finit à la rue Férou, nos 9 et 11. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 45 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Elle est indiquée sous cette dénomination sur un plan manuscrit de 1636. Canivet, en vieux langage, signifiait canif ou petit couteau. — Une décision ministérielle, à la date du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur est portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 3 avril 1843. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 00 c. à 2 m. 50 c. — Portion d’égout du côté de la rue Férou.

Capucines (boulevart des).

Commence aux rues Louis-le-Grand, no 35 bis, et de la Chaussée-d’Antin, no 1 ; finit aux rues Neuve-des-Capucines, no 18, et Caumartin, no 2. Le dernier impair est 29 ; pas de numéro pair : ce côté n’est point bordé de constructions. Sa longueur est de 445 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Ce boulevart a été formé en vertu des lettres-patentes du mois de juillet 1676. Il doit sa dénomination au couvent des Capucines, qui s’étendait jusqu’à cet endroit. La largeur de la chaussée est de 19 m. Une ordonnance royale, du 24 août 1833, a déterminé l’alignement du côté gauche de cette voie publique par une parallèle au centre des arbres de la contre-allée, et à 2 m. de distance. Les propriétés nos 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23, 25 et 27, sont alignées. Les autres constructions devront éprouver un retranchement qui n’excède pas 30 m. — Égout entre les rues Louis-le-Grand et de la Paix. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

En 1839, l’administration municipale a fait exécuter les travaux d’abaissement du sol de ce boulevart.

Capucines (rue Neuve-des-).

Commence à la place Vendôme, no 25, et à la rue de la Paix, no 1 ; finit à la rue Neuve-Luxembourg, no 28, et au boulevart des Capucines, no 29. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 201 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Cette rue a été ouverte sur une largeur de 9 m. 74 c., en vertu d’un arrêt du 5 juin 1700, dont nous donnons ici un extrait : — « Ordonne sa majesté, pour faciliter aux bourgeois et habitants de ces quartiers la communication des cours pour leur servir de promenade et de commodité par rapport aux issues du cours, que la rue Neuve-des-Petits-Champs sera continuée en droite ligne de la même largeur, depuis l’encoignure du couvent des religieuses Capucines jusqu’à la rencontre du cours, suivant le plan qui en a été dressé par les prévôt des marchands et échevins de la dite ville. Fait au conseil d’État du roi, sa majesté y étant, à Versailles, le 5e jour de juin 1700. Signé Phélipeaux. » Ce prolongement de la rue Neuve-des-Petits-Champs reçut quelque temps après le nom de rue Neuve-des-Capucines en raison du couvent ainsi appelé, dont les bâtiments longeaient une partie du côté droit de cette voie publique. — Une décision ministérielle à la date du 3 octobre 1809, signée Fouché, ainsi qu’une ordonnance royale du 24 août 1833, ont porté la moindre largeur de cette rue à 12 m. Suivant les alignements approuvés, les maisons du côté des numéros impairs sont maintenues dans leur état actuel. Les maisons nos 2, 8 et 12, sont alignées le surplus de ce côté est soumis à un retranchement de 2 m. 50 c. environ. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Capucins (rue des).

Commence à la rue du Champ-des-Capucins ; finit à la rue Saint-Jacques, no 309, et à celle du Faubourg-Saint-Jacques, no 1. Pas de numéro. Sa longueur est de 44 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

C’était autrefois l’entrée du champ des Capucins. Vers 1800, on lui a donné le nom de rue des Capucins, parce qu’elle avoisine l’ancien couvent des Capucins, aujourd’hui l’hôpital du Midi. — Une décision ministérielle, à la date du 28 vendémiaire an XI, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 9 m. 74 c. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette dimension est portée à 12 m. Les constructions du côté droit devront avancer sur leurs vestiges actuels.

Capucins (rue du Champ-des-).

Commence aux rues de la Santé, no 2, et des Bourguignons ; finit à la rue des Capucins. Les numéros continuent la série de la rue des Bourguignons. Sa longueur est de 147 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Cette rue a été tracée sur l’ancien champ des Capucins, dont elle a retenu le nom. Les constructions un peu importantes élevées dans cette rue datent de 1822 et 1823. En cet endroit et le long des murs du Val-de-Grâce, on avait projeté et ordonné, en 1704, de faire passer le boulevart qui devait environner la ville dans sa partie méridionale. — Une décision ministérielle, du 2 germinal an XI, signée Chaptal, ainsi qu’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, ont fixé la largeur de la rue du Champ-des-Capucins à 50 m. Il existe une plantation d’arbres au milieu de cette voie publique. Les constructions du côté droit, formant retour sur la rue des Capucins, devront éprouver un reculement assez considérable. Le surplus n’est pas soumis à retranchement.

Cardinale (rue).

Commence à la rue de Fürstenberg, nos 3 et 5 ; finit à la rue de l’Abbaye, nos 2 et 4. Le dernier impair est 7 le dernier pair, 6. Sa longueur est de 61 m.. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Le cardinal de Furstenberg, abbé de Saint-Germain-des-Prés, aliéna, en 1699, un terrain vague qui dépendait de son palais abbatial, à la condition d’y bâtir une rue qui fut achevée en 1701, et à laquelle on donna le nom de Cardinale. En 1806, elle prit la dénomination de Guntzbourg, en mémoire du célèbre combat livré le 9 octobre 1805. On lui rendit son premier nom en 1814. — Une décision ministérielle, du 21 août 1817, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté des numéros pairs ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue de l’Abbaye jusqu’à la borne-fontaine.

Cargaisons (rue des).

Commence au quai du Marché-Neuf, nos 21 et 26 ; finit à la rue de la Calandre, nos 21 et 23. Pas de numéro. Sa longueur est de 48 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Le nom de cette rue, dont l’orthographe a souvent varié, dérive probablement du vieux mot français carguer, charger. En effet, à l’extrémité de cette rue, du côté du quai, on chargeait des marchandises. Sur un plan terrier de 1700, elle figure sous le titre de rue de la Femme-Écartelée. — Une décision ministérielle, à la date du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m.

Paris le 7 juin 1825. — « Nous, conseiller d’État, préfet de police, vu la lettre de notre collègue, M. le conseiller d’État, préfet de la Seine, en date du 28 mars 1825, et la décision de son excellence le ministre de l’intérieur, du 21 mai suivant, etc. ; arrêtons : — Article 1er. Les propriétaires riverains de la rue des Cargaisons sont autorisés à fermer cette rue, à ses deux extrémités, par des portes ou barrières en charpente à hauteur de clôture et de solidité suffisante, qu’ils feront établir et entretenir à leurs frais. Néanmoins, la rue des Cargaisons ne cessera pas d’être considérée comme voie publique et comme telle soumise aux alignements arrêtés. En conséquence, il est interdit aux riverains de faire aucune reprise, réconfortation, ni construction intérieure, dans les parties sujettes à retranchement, et ils seront tenus de donner en tout temps accès dans ladite rue, aux agents de la voirie chargés d’y exercer leur surveillance etc… Signé G. Delavau. » La largeur actuelle de la rue des Cargaisons varie de 1 m. 10 c. à 1 m. 76 c.

Carmélites (impasse des).

Située dans la rue Saint-Jacques, entre les nos 284 et 286. Pas de numéro. Sa longueur est de 16 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Cette impasse fut formée en 1604, lorsque Marie de Médicis augmenta les bâtiments des Carmélites. C’était plutôt une ruelle qu’une impasse. Elle aboutissait à la rue d’Enfer, était bornée au nord par le séminaire Saint-Magloire et l’hôtel de Chaulnes, et au midi par la maison des Carmélites, qui lui a donné son nom. Nous parlerons de ce couvent à l’article de la rue du Val-de-Grâce, cette voie publique ayant été ouverte en grande partie sur l’emplacement occupé par la communauté des Carmélites. La largeur actuelle de cette impasse est de 6 m. 50 c.

Carmes (marché des).

Situé dans la rue des Noyers. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Ce marché a été formé sur l’emplacement du couvent des Carmes.

Six religieux du Mont-Carmel vinrent en France à la suite du roi saint Louis, lors de sa première croisade en 1254 ; le roi les logea dans une maison du port Saint-Paul où furent depuis les Célestins. En 1309, l’incommodité de cette maison et son éloignement de l’Université furent les principales causes qui déterminèrent ces religieux à solliciter de Philippe-le-Bel l’autorisation de s’établir dans un endroit plus convenable. Ce monarque accueillit favorablement leur demande. Par lettres du mois d’avril de la même année, il leur donna la maison dite du Lion, située dans la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Le 13 mars 1310, Clément V autorisa ces religieux à bâtir un nouveau monastère. Les libéralités de Philippe permirent d’augmenter l’emplacement de leur maison. La chapelle que les Carmes firent élever peu de temps après devint bientôt trop petite. Jeanne d’Évreux leur fournit les moyens de construire une église spacieuse dont la dédicace eut lieu le 16 mars 1353, sous l’invocation de la Sainte-Vierge. En 1386, les carmes augmentèrent leur couvent par l’acquisition du collège de Dace. Ces religieux, qui jouèrent un grand rôle dans l’histoire de l’Université, furent supprimés en 1790. Leur église, après avoir servi d’atelier pour une manufacture d’armes, a été démolie en 1811. — « Au palais des Tuileries, le 30 janvier 1811. Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit, etc… — Art. 5. Le marché actuel de la place Maubert sera transféré sur l’emplacement de l’ancien couvent des Carmes, près de cette place, et dont, à cet effet, nous faisons don à notre bonne ville de Paris. — Art. 6. Ce marché sera bordé par les rues de la Montagne-Sainte-Geneviève, des Noyers, et par une rue à ouvrir entre l’ancien collége de Laon, pour communiquer, ladite rue à ouvrir, à celle de la Montagne-Sainte-Geneviève. Pour l’exécution de cette disposition, la ville de Paris acquerra les maisons ayant face sur la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, et qui sont indiquées sur le plan annexé au présent décret, etc. » Un autre décret, du 24 février suivant, ordonna que ce marché serait terminé au 1er juin de la même année. Cependant la première pierre ne fut posée que le 15 août 1813. M. Vaudoyer, architecte, fut chargé de la direction des travaux dont l’achèvement eut lieu en 1818. Les constructions qui ressemblent à celles du marché Saint-Germain ont coûté environ 728,000 fr. L’acquisition de diverses propriétés particulières a nécessité une dépense de 200,000 fr. Ce marché a été inauguré le 15 février 1819, en vertu d’une ordonnance de police du 4 du même mois. Il occupe une superficie de 2,842 m.

Carmes (rue Basse-des-).

Commence à la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, no 20 ; finit à la rue des Carmes, no 5. Pas de numéro. Sa longueur est de 70 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Le décret du 30 janvier 1811, que nous avons cité à l’article précédent, ordonna l’ouverture de cette rue. — Elle fut exécutée vers l’année 1818. Sa largeur varie de 11 m. 70 c. à 12 m. Cette voie publique, ayant été bâtie sur l’emplacement du couvent des Carmes, et sur un terrain plus bas que celui des rues où elle aboutit, a reçu pour ces motifs le nom de rue Basse-des-Carmes. — Portion d’égout du côté de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève.

Carmes (rue des).

Commence à la rue des Noyers, no 9 ; finit aux rues des Sept-Voies, no 1, et Saint-Hilaire, no 2. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 215 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Bâtie vers 1250 sur le clos Bruneau, qui faisait partie de la seigneurie de Garlande, dont on a fait Galande, cette voie publique a porté pour cette raison le nom de rue du Clos-Bruneau. Dans les lettres-patentes de Philippe-le-Long, du mois de décembre 1317, et dans le Censier de l’archevêché de 1372, elle est indiquée sous la dénomination de rue Saint-Hilaire, parce qu’elle aboutissait à l’église ainsi appelée. Elle doit son nom actuel aux religieux carmes, qui vinrent s’y établir en 1318 (voir l’article Marché des Carmes). — Une décision ministérielle, à la date du 3 vendémiaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. — Les propriétés nos 13, 15 et 17 sont à l’alignement. — Portion d’égout du côté de la rue des Noyers.

Dans cette rue était situé le collége de Dace. Fondé en 1275 par un Danois pour les écoliers du royaume de Dace (Danemarck), il fut vendu en 1384 au collége de Laon. En vertu d’un arrêt du 9 août 1386, les carmes en firent l’acquisition pour l’agrandissement de leur couvent.

Au no 6 était situé le collége de Presles. Guy, chanoine de Laon, et Raoul de Presles, secrétaire de Philippe-le-Bel, avait fondé en 1314, dans la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, un collége destiné à recevoir les pauvres écoliers des diocèses de Laon et de Soissons. L’imprévoyance des deux fondateurs, amena en 1323 la division de cet établissement en colléges de Laon et de Presles, ou de Soissons. Ce dernier fut transporté alors dans la rue des Carmes, nommée à cette époque rue Saint-Hilaire. Lors du massacre de la Saint-Barthélemi, le célèbre professeur Pierre Ramus ou la Ramée, protestant, se cacha, pour éviter la mort, dans les caves du collége de Presles. Découvert, il voulut racheter sa vie ; les assassins touchèrent le prix de sa rançon et le poignardèrent ensuite. Son cadavre fut trainé dans la boue par les écoliers, qui lui firent subir toutes sortes d’outrages. Presque tous les historiens accusent Charpentier d’avoir guidé lui-même les assassins pour se venger de Ramus, qui avait voulu l’éloigner du collége de France, comme incapable de professer. Le collége de Presles, qui contenait en superficie 369 m. 327 mil., fut réuni en 1764 à celui de Louis-le-Grand. Devenu propriété nationale, l’ancien établissement fondé par le secrétaire de Philippe-le-Bel fut vendu le 3 thermidor an IV.

Au no 23 était situé le collège des Lombards. Il fut fondé en 1334, par André Chini, Florentin, évêque de Tournay, depuis cardinal, auxquels s’adjoignirent trois autres Italiens. Ce collége s’appelait alors la maison des pauvres Italiens de la charité de la bienheureuse Marie. Les bâtiments tombaient en ruine, lorsque deux prêtres irlandais conçurent le projet de les faire reconstruire en faveur des prêtres et étudiants de leur nation. Dans le testament d’un nommé Patrice Maginn, du 3 juillet 1683, il est dit : « Conjointement avec le sieur Malachie Kelli, j’ai obtenu des lettres-patentes du roi, des mois d’août 1677 et mars 1681, vérifiées en la cour les 9 février 1681 et 19 août 1682, pour rebâtir et rétablir le collège des Lombards, afin d’y donner retraite à ceux de notre pays qui étudieraient en l’Université, et se rendraient capables d’aller porter la foi dans ledit pays etc. » Le collège des Lombards dépend aujourd’hui de la maison dos Irlandais, Anglais et Écossais réunis.

Caron (rue).

Commence à la place du Marché-Sainte-Catherine, nos 9 et 8 ; finit à la rue Jarente, nos 7 et 9. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 15 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

En 1783, le sieur Marchant-Ducolombier, acquéreur des terrains du prieuré royal de la couture Sainte-Catherine, proposa l’ouverture de cette rue, qui fut autorisée par lettres-patentes données à Versailles le 15 février de la même année. Ce percement a été effectué en 1784, sur une largeur de 8 m. C’est à tort que plusieurs auteurs, et notamment La Tynna, ont prétendu que cette rue devait sa dénomination à Caron de Beaumarchais. Le nom qu’elle porte est celui de monsieur Caron, maître-général des bâtiments du roi Louis XVI, ainsi que des ponts-et-chaussées de France. M. Caron avait dressé un plan de construction pour le marché Sainte-Catherine, mais ce projet, dont l’exécution devait entraîner des dépenses trop fortes, ne fut point exécuté. — Par décision ministérielle du 22 juillet 1823, la largeur de la rue Caron a été portée à 10 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 1 m. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Charpentier (rue).

Commence à la rue du Gindre, nos 8 et 10 ; finit à la rue Cassette, nos 9 et 11. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 78 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Un procès-verbal de 1636 la désigne sous le nom de Charpentier. Un autre de 1640 l’appelle rue Charpentière. Une décision ministérielle du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur est portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 12 mai 1841. La maison no 4 est alignée ; les autres constructions sont soumises à un retranchement de 3 m. 60 c. environ.

Carreaux (rue des Petits-).

Commence aux rues du Cadran, no 2, et Saint-Sauveur, no 38 ; finit à la rue de Cléry, nos 44 et 46. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 50. Sa longueur est de 228 m. Les numéros impairs sont du 3e arrondissement, quartier Montmartre, et les pairs sont du 5e arrondissement : de 2 à 22 inclusivement, quartier Montorgueil ; de 24 à la fin, quartier Bonne-Nouvelle.

Les plans de Boisseau, de Gomboust, de 1652, ne la distinguent point de la rue Montorgueil ; mais le Censier de l’évêché de 1575 indique une maison située dans la rue Montorgueil, au lieu dit les Petits-Carreaux. La partie de cette voie publique qui avoisine la rue Poissonnière, s’appelait, en 1637, rue des Boucheries. Son nom actuel lui vient d’une enseigne des Petits-Carreaux, qu’on voyait encore il y a quelques années sur la boutique d’un marchand de vin. — Une décision ministérielle à la date du 3 ventôse an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 11 m. 50 c. Les maisons nos 5, 7, 2 et 12 sont alignées, celles nos 1, 3, 21, 23, 25, 27, 29, 31, 33, 35 ; 4, 6, 8 et 10 ne sont assujetties qu’à un léger redressement. Les propriétés de 14 à 36, inclusivement, devront, pour exécuter l’alignement, avancer sur leurs vestiges actuels. — Égout entre les rues du Cadran et de Bourbon-Villeneuve. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Française).

Carrousel (place du).

En face du palais des Tuileries. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

C’était autrefois un terrain vague qui existait entre les anciens murs de Paris et le palais des Tuileries. On y traça en 1600 un jardin qui plus tard fut nommé le jardin de Mademoiselle, parce que mademoiselle de Montpensier habitait le palais des Tuileries et possédait ce jardin, qui fut détruit en 1655. Louis XIV choisit cet emplacement et voulut y donner, les 5 et 16 juin 1622, une fête ou spectacle composé de courses et de ballets. Cette fête, nommée Carrousel, donna son nom à cette place. « Le roi, à la fleur de l’âge (dit Félibien, auquel nous empruntons ce récit), invita ceux de son sang, et les premiers officiers de ses troupes, à une course de bagues et de têtes, organisée suivant le projet imaginé par son ingénieur le sieur Vigarani. Les seigneurs de la cour désignés pour entrer en lice, furent divisés en cinq brigades représentant diverses nations, dont ils portoient les habits et les armes. Le roy, chef de la première brigade, étoit vêtu à la romaine, ainsi que tous les chevaliers de sa suite, au nombre de dix, sans compter un maréchal-de-champ, plusieurs trompettes et timbales. Les quatre autres brigades, sous des habits de Persans, de Turcs, d’Arméniens et de sauvages, étoient composées d’un pareil nombre de seigneurs et avoient à leur tête quelqu’un des princes du sang, avec des devises et des livrées particulières. Le cortège du roy étoit composé de plusieurs écuyers, vingt-quatre pages, cinquante chevaux de main, conduits chacun par deux palefreniers portant des faisceaux d’armes dorées. Monsieur, frère du roy, avoit à sa suite plusieurs écuyers, dix-huit pages, vingt chevaux conduits par quarante palefreniers, et vingt-quatre esclaves avec l’arc et le carquois à la façon des Perses. Le prince de Condé, le duc d’Enghien et le duc de Guise, chefs des trois autres brigades, étoient dans un équipage convenable à leur rang, et chaque cavalier étoit escorté de deux pages, deux chevaux de main et quatre palefreniers, tous équipés avec tant de magnificence qu’il sembloit qu’on eût rassemblé tout ce qu’il y avoit au monde de pierreries et de rubans pour l’ornement de cette fête. L’or et l’argent étoient employés avec une si grande profusion sur les habits et les housses des chevaux, qu’à peine pouvoit-on discerner le fond de l’étoffe d’avec la broderie dont elle étoit couverte. Le roy et les princes brilloient extraordinairement par la quantité prodigieuse des diamants dont leurs armes et les harnois de leurs chevaux étoient enrichis. Le duc de Grammont, qui faisoit l’office de maréchal-de-camp, marchoit en tête de cette pompeuse cavalcade, qui, s’étant réunie au marché aux chevaux, derrière l’hôtel de Vendôme, au bout du faubourg Saint-Honoré, continua sa marche par la rue de Richelieu, à l’extrémité de laquelle elle entra dans le champ de bataille, sur une place située devant le château des Tuileries et appelée autrefois le jardin de Mademoiselle. Les quatre côtés du champ de bataille étoient environnés d’une galerie de 70 toises de long sur chaque face, dans laquelle se plaça un nombre infini de spectateurs. Le roy commença la course avec trois cavaliers de sa brigade, armés chacun d’une lance et d’un dard pour emporter et darder les têtes de Maure et de Méduse, posées sur des bustes de bois doré. Les autres cavaliers le suivirent quatre à quatre, et presque tous signalèrent leur adresse aussi bien du reste que le roy qui en fit paroitre beaucoup. L’honneur de la journée fut cependant déféré au marquis de Bellefonds de la brigade de Monsieur, frère du roy. Il en reçut le prix des mains de la reine ; c’étoit une boite à portrait, garnie de diamants. La fête recommença le lendemain et se termina comme le premier jour, par un splendide souper chez la reine. » — Le nom de cette place, qui rappelait une fête d’une somptuosité toute royale, ne pouvait être conservé par la révolution. — « Séance du 19 janvier 1793. Le conseil général, après avoir entendu la lecture de l’adresse des défenseurs de la république une et indivisible, des 84 départements, séant aux Jacobins, arrête, conformément au vœu qu’ils ont exprimé, que l’arbre de la fraternité qui doit être planté sur la place du Carrousel sera entouré de quatre-vingt-quatre piques formant un faisceau et portant le nom de chaque département, et en outre que la place du Carrousel sera dorénavant nommée la place de la Fraternité. » (Registre de la commune, tome XIII, page 358.) Cette place, à laquelle on rendit bientôt la dénomination du Carrousel, a été successivement agrandie par la démolition d’une partie des maisons de la rue Saint-Nicaise et de plusieurs hôtels qui encombraient cette voie publique.

« Décret impérial du 26 février 1806. — Art. 5e. Il sera élevé un arc-de-triomphe à la gloire de nos armées à la grande entrée de notre palais des Tuileries sur le Carrousel. — Art. 6e. Cet arc-de-triomphe sera élevé avant le 1er novembre ; les travaux d’arts seront commandés et devront être achevés et placés avant le 1er janvier 1809. » (Extrait). Cet arc-de triomphe est sans contredit une des plus belles productions de l’architecture française. Cet ouvrage valut à MM. Percier et Fontaine, le grand prix de première classe au concours décennal de 1810. Le 7 juillet 1806, des médailles furent déposées dans une des assises du soubassement. Le prix de la construction de ce monument n’excéda pas un million ; cette somme provenait de la conquête de la Hollande. Le plan de cet arc-de triomphe présente un parallélogramme ouvert de trois arcades dans sa longueur, dont une grande au milieu de 4 m. 55 c., et les deux qui l’accompagnent, de 2 m. 76 c. Cet arc-de-triomphe a cela de différent des arcs à trois ouvertures des anciens, que ses pieds droits sont ouverts dans leurs faces latérales, ce qui établit un passage dans le sens de son épaisseur ; ces arcades latérales ont comme les autres 2 m. 76 c. de largeur. Sur les deux faces principales en avant des pieds droits, sont quatre piédestaux engagés et des colonnes isolées. La décoration extérieure de ce monument se compose : 1o d’une ordonnance de huit colonnes corinthiennes (celles déjà mentionnées) dont l’entablement complet porte au droit des ressauts huit statues des soldats français de différentes armes ; 2o d’un attique qui reçoit la dédicace et des bas-reliefs allégoriques ; 3o d’un double socle élevé au-dessus de l’arcade. Les massifs sont en pierres de liais, les colonnes en marbre rouge de Languedoc, et leurs bases et chapiteaux en bronze ; la frise de l’entablement est en griotte d’Italie.

Ce monument présente dans son ensemble les formes et les proportions de l’arc de Septime-Sévère, dont on voit les ruines dans le Campo-Vaccino, à Rome. Six bas-reliefs en marbre blanc décoraient notre arc triomphal. Il était surmonté d’un quadrige qui était lui-même un trophée. Ce char et ces quatre chevaux ornaient autrefois le temple du Soleil à Corinthe. Ils furent transportés à Rome sous le règne de Néron, à Venise par le doge Dandolo, et à Paris par Napoléon. — Les revers de 1814 et de 1815 firent disparaître le char et les bas-reliefs. Ces derniers furent remplacés en 1825 par d’autres représentant les hauts-faits de la campagne du duc d’Angoulême en Espagne. En 1830, ils furent brisés et l’on remit les anciens que nous voyons encore aujourd’hui. Depuis 1836, le double socle est surmonté d’un nouveau quadrige que nous devons à M. Bosio. La hauteur totale du monument est de 14 m. 60 c., non compris le double socle. Sa longueur est de 17 m. 60 c. et sa profondeur de 10 m.

Carrousel (pont du).

Situé entre les quais du Louvre et de Voltaire.

Une ordonnance royale du 11 octobre 1831, autorisant la construction de ce pont, en a déclaré concessionnaire le sieur Rangot qui a passé ses droits à M. Borde. Depuis le 13 mai 1837, il appartient à une société anonyme. La durée de cette concession a été fixée à 34 années 10 mois, qui, partant du 1er janvier 1833, doivent expirer au 1er novembre 1867. Ce pont, commencé en 1832, sous la direction habile de l’ingénieur Polonceau, a été livré à la circulation le 30 octobre 1834. Il est ouvert aux piétons et aux voitures, qui doivent acquitter un droit. Il est en fer fondu et composé de trois arches de 47 m. 67 c. d’ouverture ; ces arches sont formées par des arcs en fonte ayant la forme de tuyaux courbés à section elliptique. Sa largeur entre les garde-corps est de 11 m. 85 c. Il a coûté 900,000 fr. Outre cette dépense, la compagnie a été tenue de verser au trésor une somme de 80,000 fr. destinée à l’ornement du pont. L’administration doit faire exécuter elle-même ces travaux d’embellissement.

Carrousel (rue du).

Commence aux place et rue du Musée ; finit à la place du Carrousel. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

« Au palais des Tuileries, le 26 février 1806. Il sera ouvert une rue de la largeur de 17 m. sur la direction du milieu du palais des Tuileries et du milieu de celui du Louvre. Les maisons qui se trouvent sur l’alignement de cette rue seront démolies et la rue percée avant le 1er novembre prochain. La nouvelle rue prendra le nom de rue Impériale. Les façades de cette rue seront bâties sur un plan régulier qui sera proposé par l’architecte de notre palais des Tuileries. Signé Napoléon. (Extrait du décret). — La rue fut immédiatement percée, mais les dispositions de ce décret en ce qui concernait l’établissement des façades régulières et la largeur de la rue ne reçurent point leur exécution. En 1815, cette communication qui n’est point reconnue voie publique par l’administration municipale, prit le nom de rue du Carrousel (voyez l’article de la place du Carrousel).

Cassette (rue).

Commence à la rue du Vieux-Colombier, nos 21 et 23 ; finit à la rue de Vaugirard, nos 66 et 68. Le dernier impair est 39 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 368 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Dès 1546 elle portait le nom de rue de Cassel, qu’elle devait à l’hôtel qui y était situé. La dénomination de Cassette n’est qu’une altération. La largeur de cette voie publique a été fixée à 6 m. 8 déc., par arrêté de l’administration des travaux publics et par une décision ministérielle du 2 thermidor an V, signée Benezech. Les maisons portant les nos 1, 21, 23, 25, 27, 29, 31, 33, 35, 37 et 39 ; 6 et 12, sont alignées. — Conduite d’eau entre les rues Carpentier et Honoré-Chevalier. — Éclairage au gaz (compe Française).

Les propriétés portant aujourd’hui les nos 18, 20, 22 et 24 représentent l’emplacement occupé avant 1790 par le couvent des Filles-du-Saint-Sacrement, dont nous traçons ici l’origine. Les religieuses connues sous le nom de Bénédictines de la Conception de Notre-Dame de Rambervilliers, quittèrent leur pays dévasté par les gens de guerre. En 1643, elle se retirèrent à Saint-Maur, près Paris. En 1650, elles habitaient une maison de la rue du Bac, qu’elles quittèrent pour aller dans la rue Férou. Les lettres-patentes qui confirmaient leur établissement sont du mois de mai 1653. Le 12 mars 1654, la croix fut posée dans la chapelle de ce couvent, dont la reine Anne d’Autriche s’était déclarée protectrice. Cette reine tenant un cierge à la main vint expier solennellement les outrages faits au Saint-Sacrement pendant la guerre civile. Une de ces religieuses devait répéter chaque jour la même expiation. Elle venait, la corde au cou, portant à la main une torche allumée, se mettre à genoux devant un poteau dressé au milieu du chœur et faisait amende honorable à Dieu des outrages commis contre le Saint-Sacrement. Leur maison de la rue Férou se trouvant trop petite, ces religieuses la quittèrent pour aller en occuper une plus vaste et plus commode dans la rue Cassette. Cette communauté fut supprimée en 1790. Devenue propriété nationale, la plus grande partie de cette maison religieuse fut vendue le 27 prairial an IV.

Cassini (rue).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Jacques, nos 20 et 22 ; finit à la rue d’Enfer, no 85. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 207 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Jusqu’en 1790 on l’appelait rue des Deux-Anges ou Maillet.

« Moniteur du 27 juin 1790. — Il y a longtemps que l’on a remarqué que les noms des grands hommes donnés aux rues de Paris, seraient un monument de notre gloire et un objet d’émulation. On a profité des nouvelles rues qui avoisinent le théâtre Français et le théâtre Italien, pour rendre ce tribut à nos auteurs dramatiques, mais on n’a rien fait dans ce genre en l’honneur des sciences. M. de La Lande a demandé à M. le maire et au bureau de la ville que la rue voisine de l’Observatoire fût appelée rue de Cassini, au lieu de rue Maillet. Le nom de Cassini, depuis quatre générations, illustre ce quartier et le nom est identifié, pour ainsi dire, avec l’astronomie ; aussi cette motion a-t-elle été accueillie, et l’on a placé de suite les nouveaux écriteaux. » — Jean-Dominique Cassini, célèbre astronome, naquit à Périnaldo, dans le comté de Nice, le 8 juin 1625. Il mourut en 1712. — Une décision ministérielle du 26 vendémiaire an XII, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. ; cette largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838. La maison située sur le côté droit, à l’encoignure de la rue d’Enfer, est alignée. Les constructions situées sur le côté gauche, entre la rue du Faubourg-Saint-Jacques et le carrefour de l’Observatoire sont soumises à un retranchement de 4 m. à 5 m. 70 c. ; le surplus de ce côté devra au contraire avancer sur la voie publique.

Castellane (rue).

Commence à la rue Tronchet ; finit à la rue de l’Arcade, nos 12 et 14. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 136 m. — 1er arrondissement, quartier de la place Vendôme.

Une ordonnance royale du 24 mars 1825 autorisa les sieurs comte de Castellane et Gouin à ouvrir sur leurs terrains une rue de 12 m. de largeur, pour communiquer de la rue de l’Arcade à la rue Tronchet. Cette autorisation fut accordée, à la charge par les propriétaires de supporter les frais de premier établissement du pavage et de l’éclairage de la nouvelle rue ; de faire concorder les moyens d’écoulement d’eau au-dessus et au-dessous du sol dans ladite rue avec le système général des conduites d’eau souterraines adopté par le préfet du département, et sous la direction des architectes de la ville ; de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris ; et d’établir de chaque côté de ladite rue des trottoirs de 1 m. 50 c. de largeur. Ce percement fut immédiatement tracé. — M. le comte de Castellane était alors colonel des hussards de la garde royale. On ne commença à bâtir des maisons dans cette rue qu’en 1834. Aujourd’hui elle est entièrement bordée de constructions qui sont toutes alignées. — Conduite d’eau entre les rues Tronchet et Greffulhe. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Castex (rue).

Commence à la rue de la Cerisaie, nos 4 et 6 ; finit à la rue Saint-Antoine, no 218. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 158 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Cette rue a été ouverte en 1805, sur l’emplacement de l’ancien couvent de la Visitation des Filles-Sainte-Marie. — « Au palais de Saint-Cloud, le 11 juin 1806. Napoléon, empereur des Français, sur le rapport de notre ministre de l’intérieur, décrétons ce qui suit : — Article 1er. La rue bordant la partie latérale gauche de l’ancienne église des Dames-Sainte-Marie, allant de la rue Saint-Antoine à celle de la Cerisaie, et devant être prolongée jusqu’au quai Morland, prendra dans toute sa longueur, de la rue Saint-Antoine au quai, le nom de rue Castex, en mémoire du colonel du 13e régiment d’infanterie légère, tué à la bataille d’Austerlitz. — Art. 2. Notre ministre de l’intérieur est chargé de l’exécution du présent décret, signé Napoléon. Par l’empereur, le secrétaire d’état, signé H.-B. Maret. » Le prolongement de la rue Castex jusqu’au quai Morland n’a pas été exécuté. — Une décision ministérielle du 15 août 1809, et une ordonnance royale du 4 août 1838, ont maintenu la largeur primitive de la rue Castex qui est de 10 m. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Cerisaie jusqu’aux deux bornes-fontaines.

Castiglione (rue de).

Commence à la rue de Rivoli, nos 46 et 48 ; finit à la rue Saint-Honoré, no 349 et 351. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 155 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

« Paris le 17 vendémiaire an X de la république. — Les consuls de la république arrêtent : — Article 1er. Il sera percé une rue dans l’alignement de celle de la place Vendôme, sur les terrains des Feuillants et ceux du Manège jusqu’à la terrasse des Tuileries. — Art. 2. Les maisons et terrains environnants, mis à la disposition du gouvernement par la loi du 3 nivôse an VIII, seront vendus sur adjudication par la régie du domaine, avec charge aux acquéreurs de bâtir sur les plans et façades donnés par l’architecte du gouvernement, etc. — Le premier consul, signé Bonaparte. » — (Consulter l’arrêté des consuls du 1er floréal an X et le décret impérial du 11 juin 1811, à l’article de la rue de Rivoli). On donna à cette voie publique le nom de Castiglione, pour perpétuer le souvenir de cette bataille gagnée le 5 août 1796 par les Français sur les Autrichiens commandés par le feldmaréchal Wurmser. La rue de Castiglione est exécutée sur une largeur de 22 m. 50 c., non compris les portiques. — Une ordonnance royale du 4 octobre 1826 a maintenu la largeur de cette voie publique. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Catacombes (les).

Principale entrée dans la cour du pavillon ouest de la barrière d’Enfer.

Les catacombes sont d’immenses carrières dans lesquelles sont déposés les ossements extraits des églises et des cimetières détruits depuis plus de quarante années. — Dès le commencement du XIVe siècle, on voulut exploiter les bancs calcaires des carrières trouvées sous le faubourg Saint-Jacques, les territoires de Mont-Souris et de Gentilly. Ces exploitations furent faites sans surveillance et sans méthode. L’Observatoire, le Luxembourg, l’Odéon, le Val-de-Grâce, le Panthéon, l’église Saint-Sulpice et les voies publiques qui serpentent autour de ces monuments, étaient suspendus sur des abymes. Laissons parler M. Héricart-de-Thury : « Les souterrains dans lesquels sont établies les catacombes, dit ce savant, après avoir fourni les matériaux de construction de nos temples, de tous nos édifices, ont ensuite servi à recueillir les restes de nos ayeux, derniers vestiges de ces générations multipliées, enfouies et ensuite exhumées du sol de notre ville, où elles s’étaient succédé pendant un si grand nombre de siècles. L’idée de former dans les anciennes carrières de Paris ce monument unique est due à M. Le Noir, lieutenant-général de police. Ce fut lui qui en provoqua la mesure en demandant la suppression de l’église des Innocents, l’exhumation de son antique cimetière et sa conversion en voie publique. En 1780, la généralité des habitants, effrayée des accidents qui eurent lieu dans les caves de plusieurs maisons de la rue de la Lingerie, par le voisinage d’une fosse commune ouverte vers la fin de 1779 et destinée à contenir plus de deux mille corps, s’adressa au lieutenant-général de police, en démontrant les dangers, dont la salubrité publique était menacée par ce foyer de corruption, dans lequel, portait la supplique, le nombre des corps déposés excédant toute mesure et ne pouvant se calculer, en avait exhaussé le sol de plus de huit pieds au dessus des rues et habitations voisines. » Le cimetière des Innocents a dû, pendant sept siècles, dévorer douze cent mille cadavres. M. de Crosne, successeur de M. Le Noir, fit nommer par la société royale de médecine, une commission chargée de déterminer les moyens de parvenir à supprimer le cimetière des Innocents. On désigna pour recevoir les ossements du charnier des Innocents, les anciennes carrières situées dans la plaine de Mont-Souris, au lieu dit la Tombe-Isoire ou Isoard, ainsi appelée, dit-on, du nom d’un brigand qui exerçait ses rapines aux environs. « M. Guillaumot, premier inspecteur général ajoute M. Héricart de Thury, fit exécuter au commencement de 1786 les travaux nécessaires, pour disposer d’une manière convenable le lieu destiné à recueillir les ossements exhumés du cimetière des Innocents, et successivement ceux qui seraient retirés de tous les autres cimetières, charniers et chapelles sépulcrales de la ville de Paris. L’état de ces carrières abandonnées depuis plusieurs siècles, la faiblesse des piliers, leur écrasement, l’affaiblissement du ciel dans un grand nombre d’endroits, les excavations jusqu’alors inconnues des carrières inférieures, les dangers qu’elles présentaient, les piliers des ateliers supérieurs portant à faux, le plus souvent sur les vides des ateliers de dessous, les infiltrations et les pertes du grand aqueduc d’Arcueil, etc., furent autant de motifs qui déterminèrent l’inspection à apporter la plus grande activité dans ses travaux. Après avoir fait l’acquisition de la maison connue sous le nom de Tombe-Isoire ou Isoard, située dans la plaine de Mont-Souris, sur l’ancienne route d’Orléans, dite la Voie-Creuse, on fit un escalier de soixante-dix-sept marches, pour descendre dans les excavations à dix-sept mètres environ de profondeur et un puits muraillé pour la jetée des ossements. Durant ces premières dispositions, divers ateliers d’ouvriers étaient occupés, les uns à faire des piliers de maçonnerie, pour assurer la conservation du ciel des carrières dont on redoutait l’affaiblissement ; d’autres à faire communiquer ensemble les excavations supérieures et inférieures pour en former deux étages de catacombes ; d’autres enfin à construire les murs d’enceinte, destinés à cerner toute l’étendue que devait comprendre le nouvel ossuaire. » Ce grand travail fut achevé dans les derniers jours de mars 1786. Durant la révolution, les catacombes servirent aussi de sépulture à un grand nombre de victimes. En 1792, on supprima plusieurs églises et cimetières ; les ossements qu’ils contenaient furent portés au grand ossuaire des catacombes. En 1804, de nouvelles suppressions d’églises, en 1808, 1809 et 1811 des constructions faites dans la rue Saint-Denis, sur la place des Innocents, et sur l’ancien cimetière de l’île Saint-Louis, exigèrent de nouveaux transports. On doit à M. Frochot, préfet de la Seine, le bienfait d’avoir rendu intéressantes de vastes et sombres cavernes tapissées de têtes et d’ossements humains. — Trente à quarante générations sont venues s’y engloutir, et l’on a estimé que cette population souterraine est huit fois plus nombreuse que celle qui respire à la surface du sol de Paris. On descend dans les catacombes par trois escaliers différents : le premier est situé, comme nous l’avons dit, dans la cour du pavillon occidental de la barrière d’Enfer ; le second, à la tombe Isoard ; le troisième, dans la plaine de Mont-Souris. Il y a trois portes : l’une appelée la porte de l’Ouest ; l’autre à l’est, nommée porte de Port-Mahon la troisième au sud, sous la Tombe-Isoire. — On trouve aux catacombes deux collections fort intéressantes : 1o une collection minéralogique qui offre une série complète de tous les échantillons des bancs de terre et de pierre qui constituent le sol des catacombes ; 2o une collection pathologique, où sont classées avec méthode toutes les espèces d’ossements déformés par quelques maladies. En parcourant ces souterrains funèbres, on reçoit à chaque instant des leçons salutaires. Quelle reconnaissance ne devons-nous pas aussi à ces hommes bienfaisants, à ces administrateurs dont les travaux ont eu pour résultat d’assurer la sécurité des habitants de la rive gauche, menacés à chaque instant d’être engloutis dans les entrailles de la terre : Écoutons encore M. Héricart de Thury. — « Dans nos recherches et nos travaux, dit-il, nous nous sommes particulièrement attachés à établir le rapport le plus rigoureux, ou, si l’on me permet l’emploi de ce mot, la corrélation la plus intime et la plus réciproque des détails de la surface et de l’état des vides. C’est en suivant ce plan d’une manière uniforme, que nous avons tracé, ouvert et conservé au-dessous et à l’aplomb de chaque rue, une ou deux galeries, suivant la largeur de la voie, de manière à diviser respectivement les quartiers, à isoler les massifs, à préparer la reconnaissance des propriétés, à déterminer leur étendue, à fixer leurs limites au-dessous de celles de la surface ; à tracer à plus de quatre-vingts pieds de profondeur, le milieu des murs mitoyens, sous le milieu même de leur épaisseur, à rapporter le numéro de chaque maison exactement au-dessous de celui de la propriété ; enfin, je le répète, à établir un tel rapport entre le dessous et le dessus, qu’on peut en voir et en vérifier la rigoureuse correspondance sur les plans de l’inspection. »

Catherine (marché Sainte-).

Situé entre les rues Ducolombier, Dormesson et Caron. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Ce marché a été ouvert sur une partie de l’emplacement de l’ancien couvent de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers.

L’ordre du Val-des-Écoliers fut fondé vers l’an 1201, par quatre célèbres professeurs de Paris, dans une vallée du diocèse de Langres. Ils y bâtirent quelques maisons, élevèrent un oratoire, et choisirent sainte Catherine pour patronne. Bientôt cet ordre se répandit dans plusieurs provinces, et l’ancien prieuré fut transféré, en 1224, dans une vallée de l’autre côté de la Marne. Ces religieux, désirant avoir un établissement à Paris, y envoyèrent un de leurs élèves.

Nicolas Gibouin, bourgeois de cette ville, à la prière du chevalier Jean de Milly, ci-devant trésorier du Temple, donna à la congrégation du Val-des-Écoliers, trois arpents de terre qu’il possédait à côté de la porte Baudeer (Baudoyer).

Dans le même temps, les archers de la garde du roi, dits gens d’armes, trouvèrent dans ce nouvel établissement, l’occasion de s’acquitter d’un vœu qu’ils avaient fait à la bataille de Bouvines, lorsque passant sur un pont et voyant Philippe-Auguste en danger, ils promirent de bâtir une église, si Dieu sauvait le roi.

Les sergents d’armes, après avoir obtenu le consentement de Guillaume, évêque de Paris, bâtirent l’église sur une partie du terrain qui avait été donné aux chanoines du Val-des-Écoliers.

Deux pierres scellées sur le portail, rappelaient la fondation de cette église. D’un côté, on voyait le roi saint Louis, entre deux archers de sa garde, tenant chacun une massue ; et de l’autre, un chanoine régulier, revêtu de sa chape, ayant près de lui deux hommes armés de pied en cap.

Les inscriptions portaient :

À la prière des sergents d’armes, monsieur sainct Loys fonda ceste église, et y mist la première pierre. Ce fust pour la joie de la vittoire qui fust au pont de Bovines, l’an 1214. Les sergents d’armes pour le temps gardaient le dit pont, et vouèrent que si Dieu leur donnait vittoire, ils fonderaient une église en l’honneur de madame saincte Katherine ; ainsi fust il.

La maison de sainte Catherine fut considérée plus tard comme le collége de tout l’ordre du Val-des-Écoliers. Les jeunes religieux qui l’habitaient furent admis aux degrés de l’Université.

L’église, achevée en 1229, servit aux sergents d’armes et aux chanoines réguliers. Après les funérailles de chaque sergent, son écu et sa masse étaient suspendus à la voûte de l’église. — Le dernier jour de juillet 1358, Étienne Marcel, prévôt des marchands, voulant livrer Paris aux troupes de Charles-le-Mauvais, roi de Navarre, fut tué près de la première porte ou bastille Saint-Antoine d’un coup de hache-d’armes, par Jean de Charny. Le cadavre du prévôt et ceux de ses complices, au nombre de cinquante-quatre, furent exposés devant l’église Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers. — Le général de cette congrégation introduisit la réforme dans ce prieuré et dans toutes les maisons qui en dépendaient. Le 25 avril 1629, le père Faure, premier supérieur-général, instituteur d’une nouvelle congrégation de chanoines de la réforme de Sainte-Geneviève, passa un contrat avec les religieux de Sainte-Catherine, et prit possession de leur couvent. Cette maison, gouvernée alors par un prieur, servait de noviciat à ceux qui aspiraient au titre de chanoine régulier. Le portail de l’église Sainte-Catherine avait été élevé sur les dessins du père de Creil, chanoine de Sainte-Geneviève, architecte assez célèbre, né en 1633, et mort en 1708. — Par lettres-patentes du 23 mai 1767, le roi ordonna que les religieux de Sainte-Catherine feraient en son nom l’acquisition de l’église, terrain, bâtiments et dépendances, formant ci-devant la maison-professe des jésuites, et qu’ils seraient tenus d’y habiter et demeurer à perpétuité. Sa majesté décida, en outre, qu’aussitôt cette translation opérée, il serait établi sur l’emplacement du prieuré de la Couture, un marché en remplacement de celui qui se tenait dans la rue Saint-Antoine. Le célèbre architecte Soufflot était chargé de fournir les dessins du nouveau marché. La démolition des bâtiments du prieuré eut lieu de 1773 à 1774. Cependant l’église subsistait encore en 1777, lorsque de nouvelles lettres-patentes, données à Fontainebleau le 18 octobre, ordonnèrent la démolition de cet édifice et la vente aux enchères des terrains du prieuré. Ces mêmes lettres-patentes ordonnèrent également que les deniers provenant de cette aliénation seraient destinés à la construction de la nouvelle église Sainte-Geneviève. Les adjudicataires devaient procéder immédiatement à la construction du nouveau marché et à l’ouverture de plusieurs rues pour en faciliter l’accès, conformément au plan dressé par Soufflot. Les dispositions qui précèdent ne furent point exécutées, et le 6 octobre 1781, sa majesté ordonna l’exécution d’un nouveau plan tracé par le sieur Brébion, architecte. Ce plan fut encore modifié. Enfin des lettres-patentes du 15 février 1783 reçurent leur pleine et entière exécution. Le 20 avril de la même année, M. Dormesson, contrôleur-général des finances, posa la première pierre du marché. Les voies publiques qui furent formées sur l’emplacement du prieuré de Sainte-Catherine, sont : la place du Marché, les rues Caron, Dormesson, Ducolombier, Jarente, Necker, et l’impasse de la Poissonnerie.

Catherine (place du Marché Sainte-).

Commence à la rue Dormesson, nos 4 et 8 ; finit à la rue Caron, nos 1 et 2. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 8. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Formée en vertu des lettres-patentes du 15 avril 1783, cette place a été exécutée en 1784, sur l’emplacement du prieuré royal de la couture Sainte-Catherine. — Une décision ministérielle du 22 juillet 1823 a maintenu cette place dans son état actuel. Sa largeur est de 29 m. — Conduite d’eau. Éclairage au gaz (compe Parisienne). (Voyez l’article précédent.)

Catherine (rue Culture-Sainte-).

Commence à la rue Saint-Antoine, nos 99 et 101 ; finit à la rue du Parc-Royal, no 1. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 54. Sa longueur est de 386 m. — Les impairs, de 1 à 23 inclusivement, sont du 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean ; de 25 à la fin et tous les pairs, 8e arrondissement, quartier du Marais.

Dans les actes du XIIIe siècle, elle est nommée Culture et Couture-Saincte-Katherine. De la rue des Francs-Bourgeois à celle du Parc-Royal, elle est indiquée sur quelques plans sous le nom de rue du Val. Sa dénomination lui vient des chanoines réguliers de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers (voyez l’article Catherine, marché Sainte-). — Une décision ministérielle, du 13 fructidor an VII, signée Quinette, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 1, 3, 5, 7, 9, 21, 21 bis, 23 ; 8, 10, 12, 38, 40, 42, 44, 46, 48, 50, 52 et 54 sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue Neuve-Sainte-Catherine. — Conduite d’eau entre cette voie publique et la rue Saint-Antoine. — Éclairage au gaz (compes Parisienne et Lacarrière).

Cette rue fut en 1391 le théâtre d’un assassinat ; en voici la cause. Le duc d’Orléans, frère de Charles VI, était amoureux d’une juive qu’il allait souvent visiter secrètement. Pierre de Craon, seigneur de Sablé et de la Ferté-Bernard, son chambellan et son favori, eut l’indiscrétion d’avertir la duchesse de l’infidélité de son mari. Ce seigneur raconta non-seulement toute cette intrigue à la duchesse, mais encore il en amusa tous les courtisans. Le connétable de Clisson qui se trouvait parmi les auditeurs, rapporta de point en point toute la conversation de Craon au duc d’Orléans qui, irrité contre son favori, le chassa honteusement de sa maison. Pierre de Craon résolut de tirer vengeance du tort que le connétable lui avait fait dans l’esprit du duc son maître. La nuit du 13 au 14 juin 1391, Craon attendit le connétable dans la rue Culture-Sainte-Catherine ; le voyant passer suivi de deux domestiques, il fondit sur lui à la tête d’une vingtaine d’assassins. Clisson, qui n’avait pour toute arme qu’un simple coutelas, se défendit néanmoins avec vigueur, mais attaqué de tous côtés, et percé de trois coups d’épée, il tomba de cheval et donna de la tête dans une porte qui s’ouvrit. « La besogne est faite, dit alors Craon, allons-nous en, le connétable a été frappé de bon bras. » — Le bruit de cet assassinat parvint aussitôt aux oreilles du roi, qui allait se mettre au lit. Il se revêtit d’une houppelande ; on lui bouta ses souliers ès-pieds, et il courut à l’endroit où on disait que son connétable venait d’être occis. Charles VI le trouva baigné dans son sang, dans la boutique d’un boulanger. Le roi fit visiter les blessures qui heureusement se trouvèrent peu dangereuses. — « Connétable, lui dit-il, oncques chose ne fut telle, ni ne sera si fort amendée. » Trois des meurtriers furent pris et exécutés ; mais le plus coupable, Pierre de Craon, parvint à se réfugier auprès du duc de Bretagne. Son hôtel fut démoli et l’emplacement donné pour servir de cimetière à la paroisse Saint-Jean. Ce cimetière a été changé depuis en marché. À la prière du roi d’Angleterre, cet assassin obtint sa grâce en 1395.

Au no 23 on remarque l’hôtel de Carnavalet. Commencé par Bullant, continué par Du Cerceau, cet hôtel fut achevé par François Mansart. Madame de Sévigné et sa fille l’habitèrent quelques temps. On y admire les statues de la Force et de la Vigilance, dues au ciseau du célèbre Jean Goujon.

Les maisons portant les nos 25 et 27 ont été bâties sur l’emplacement du couvent des Annonciades célestes, dites Filles-Bleues. Ce couvent fut fondé par la marquise de Verneuil. Le roi autorisa cet établissement par lettres-patentes, enregistrées le 31 août 1623. Ces nouvelles religieuses achetèrent en 1626 l’hôtel de Dainville, moyennant 96,000 livres. Elles portaient un habit blanc, un manteau et un scapulaire bleus, ce qui leur avait fait donner le nom d’Annonciades célestes, et vulgairement celui de Filles-Bleues. On allait à l’église des Annonciades pour admirer le tableau du maître-autel, représentant une Annonciation peinte par le Poussin. Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut vendu le 29 fructidor an IV.

Catherine (rue Neuve-Sainte-).

Commence aux rues du Val-Sainte-Catherine, no 23, et Saint-Louis, no 1er ; finit aux rues Pavée, no 24, et Payenne, no 2. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 193 m. — Les numéros impairs de 1 à 23 et tous les pairs sont du 8e arrondissement, quartier du Marais ; les constructions portant le no 25 dépendent du 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Elle faisait autrefois partie de la rue des Francs-Bourgeois, dont elle portait le nom. Vers la fin du XVIIIe siècle, elle prit la dénomination qu’elle conserve encore aujourd’hui, parce qu’elle longeait le couvent des chanoines réguliers de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers. — Une décision ministérielle, à la date du 23 ventôse an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’une ordonnance royale du 27 septembre 1826, cette largeur est portée à 10 m. Les constructions nos 25, 2 et 18 sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Catherine (rue Sainte-).

Commence à la rue Saint-Thomas, nos 9 et 11 ; finit à la rue Saint-Dominique, nos 14 et 16. Le dernier impair est 1 bis ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 68 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

L’emplacement occupé aujourd’hui par cette voie publique faisait anciennement partie d’un clos de vignes appartenant aux Dominicains dits depuis Jacobins. Ces religieux obtinrent, le 18 mars 1546, des lettres-patentes de François Ier, qui leur permettaient d’aliéner ce terrain. La vente en fut faite en 1550, et la condition d’ouvrir plusieurs rues fut imposée aux acquéreurs. Celle qui nous occupe ne fut entièrement bordée de constructions qu’en 1588. Elle prit d’une enseigne le nom de Sainte-Catherine. — Une décision ministérielle à la date du 8 nivôse an XIII, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons situées sur le côté gauche sont alignées. Celles du côté opposé devront subir un retranchement de 1 m. 10 c.

Caumartin (rue de).

Commence à la rue Basse-du-Rempart, nos 58 et 60 ; finit à la rue Neuve-des-Mathurins, nos 55 et 57. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 315 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Autorisée et dénommée par lettres-patentes du 3 juillet 1779, cette rue a été ouverte en avril 1780 sur les terrains appartenant à MM. Charles-Marin Delahaye, fermier-général, et André Aubert, architecte. La largeur assignée à ce percement était de 30 pieds (voyez Boudreau, rue). — La copie de la lettre du roi qui désigna M. de Caumartin à la place de prévôt des marchands mérite d’être rapportée. — « À nos chers et bien amés les prévôt des marchands et échevins, conseillers, quarteniers, dixainiers et cinquanteniers de notre bonne ville de Paris. De par le roi, très chers et bien amés, voulant pourvoir à ce que la charge de prévôt des marchands de notre bonne ville de Paris, que notre amé et féal le sieur de La Michodière, conseiller ordinaire en notre conseil d’État, exerce depuis plus de six ans d’une manière si digne de notre confiance, soit remplie par une personne qui puisse s’en acquitter avec le même zèle pour notre service, maintenir l’ordre et concourir à ce qui peut concerner l’avantage de notre ville, nous avons fait choix de notre amé et féal le sieur Lefebvre de Caumartin, conseiller en tous nos conseils, maître des requêtes honoraire de notre hôtel qui, dans toutes les charges et emplois dont il a été successivement revêtu et particulièrement dans les intendances de Metz et de Lille, nous a toujours donné des preuves de son zèle invariable pour notre service et de notre intention sur tout ce qui pouvait intéresser le bien public, nous désirons que dans l’assemblée qui doit être tenue au mois d’août 1778 pour procéder à l’élection du dit prévôt des marchands, vous ayez donner vos voix au dit sieur Lefebvre de Caumartin, afin que par vos suffrages et selon la forme accoutumée, il soit élu en la dite charge, si n’y faites faute, car tel est notre plaisir. Donné à Versailles le 16 mai 1778. Signé Louis. » — M. de Caumartin remplit l’importante fonction de prévôt des marchands jusqu’en 1784. — Une décision ministérielle du 22 plairial an V, signée Benezech, a maintenu la largeur fixée par les lettres-patentes. — Conduite d’eau depuis la rue Basse-du-Rempart jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Célestins (caserne des).

Située dans la rue du Petit-Musc, no 2. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Cette caserne occupe une partie des anciens bâtiments du couvent des Célestins, dont nous traçons ici l’origine. Saint Louis avait amené de la Palestine six religieux du Mont-Carmel, depuis connus sous le nom de Carmes et qu’on appelait alors les Barrés en raison de leurs manteaux rayés de noir et de blanc. Le roi donna d’abord il ces religieux un vaste terrain qui faisait partie du Champ-au-Plâtre. Ces moines ayant abandonné cet endroit pour aller à la place Maubert, vendirent l’emplacement qu’ils venaient de quitter à Jacques Marcel, bourgeois de Paris. Ce nouveau propriétaire fit bâtir sur ce terrain deux chapelles et les dota chacune de 20 livres de rentes amorties. L’acte de fondation fut approuvé le 1er juin 1319 par l’évêque de Paris. Le terrain et les deux chapelles passèrent à Garnier Marcel, fils du précédent, qui les donna aux Célestins par contrat du 10 novembre 1352. Ces moines étaient ainsi nommés parce qu’ils avaient été institués par le pape Célestin V. Touché de leur piété, le roi Charles V ordonna la construction d’une nouvelle église, dont il posa la première pierre, le 24 mars 1367. Guillaume de Melun, archevêque de Sens, qui consacra l’église, donna une image de saint Pierre en argent. Le jour de cette consécration le roi présenta à l’offrande une grande croix d’argent doré, et la reine une image de la Vierge, aussi d’argent doré. Les bienfaits du monarque et de son épouse leur firent donner le titre de fondateurs, et leurs statues, en pierre, ornèrent le portail de cette église. Les secrétaires du roi fondèrent dans cette église une confrérie dont ils étaient tous membres. Les Célestins furent exemptés de toutes contributions publiques, même des taxes que payait ordinairement le clergé. Charles VI, dans des lettres du 26 septembre 1413, en octroyant une certaine quantité de sel, les appelle nos biens amez chapelains et orateurs en Dieu, les religieux, prieur et couvent de nostre prieuré et monastère de Nostre-Dame des Célestins de Paris. — Ces religieux avaient en outre la jouissance d’une charge de secrétaire du roi.

Un nombre considérable de princes et de princesses avaient leur sépulture dans cette église. Parmi tous leurs fastueux mausolées, on distinguait une tombe modeste. Au-dessus était une urne toute petite et aussi simple que la tombe. Cette urne renfermait le cœur d’un enfant, duc de Valois, et portait cette épitaphe :

blandulus, eximius, pulcher, dulcissimus infans,
deliciæ matris, deliciæque patris,
hic situs est, teneris raptus Valesius annis,
ut rosa quæ subitis imbribus icta cadit.

Le cloître des Célestins, construit en 1539, était un des plus beaux de Paris. Le plafond de l’escalier, peint par Bon Boulogne, représentait l’apothéose du fondateur de l’ordre, Pierre Moron, enlevé dans les cieux par un groupe d’anges. Leur jardin spacieux et bien situé régnait le long des murs de l’Arsenal. Les Célestins furent supprimés en 1779. Les Cordeliers vinrent quelque temps les remplacer, mais on permit bientôt aux Célestins de rentrer dans leur couvent. Supprimée en 1790, cette maison devint propriété nationale. Les ouvrages d’art que renfermait l’église furent transportés au musée des monuments français. Depuis, les bâtiments furent affectés à une caserne.

En vertu d’une ordonnance royale du 5 février 1841, trois immeubles ont été cédés par l’État à la ville de Paris pour la caserne des Célestins :

1o La caserne proprement dite, moyennant le prix de 
 1,277,385 fr. 34 c.
3o Un bâtiment contigu dépendant de la bibliothèque de l’Arsenal, moyennant 
 74,480 fr. 95 c.
3o Une maison domaniale sur la rue de Sully, moyennant 
 15,774 fr. 50 c.

Total 
 1,367,640 fr. 79 c.

Cette caserne est occupée aujourd’hui par la garde municipale.

Célestins (quai des).

Commence à la rue de Sully et au quai Morland ; finit à la rue Saint-Paul, no 2. Le dernier numéro est 30. Sa longueur est de 170 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Son nom lui vient des religieux Célestins qui s’y établirent en 1352. Ce quai fut refait et pavé en 1705. — Une décision ministérielle du 5 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, avait déterminé pour cette voie publique un alignement qui faisait subir aux propriétés riveraines un retranchement considérable. Cet alignement a été modifié en vertu d’une ordonnance royale du 4 août 1838, et les constructions ne devront éprouver aucun retranchement. Les maisons nos 16 et 18 sont seules assujetties à un léger redressement. — Égout. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Paul jusqu’à la borne-fontaine.

La principale entrée de l’hôtel de Saint-Paul se trouvant anciennement sur le quai des Célestins, nous allons tracer l’historique de cette maison royale. Son vaste emplacement s’étendait depuis le cours de la Seine jusqu’à la rue Saint-Antoine, et depuis la rue Saint-Paul jusqu’aux fossés de l’Arsenal et de la Bastille. Le dauphin Charles, régent du royaume pendant la captivité du roi Jean, acheta plusieurs hôtels, maisons et jardins, dont il forma un ensemble auquel il donna le nom d’hôtel de Saint-Paul, en raison du voisinage de l’église ainsi appelée. Par lettres datées de juillet 1364, Charles V réunit l’hôtel de Saint-Paul au domaine de la couronne, et l’érigea en habitation du roi pour tenir rang après le Palais-Royal (aujourd’hui le Palais-de-Justice). Dans le préambule de l’acte de réunion, on lit : Considérant que nostre hostel de Paris, l’hostel Saint-Paul, le quel nous avons acheté et fait édifier de nos propres deniers, est l’hostel solemnel des grands esbatements et auquel nous auons eu plusieurs plaisirs, etc. Le même roi agrandit sa demeure, de l’hôtel des archevêques de Sens, situé sur le quai des Célestins, de celui de l’abbé de Saint-Maur et de celui de Put-y-Musse. Charles son fils occupa l’hôtel de Saint-Maur, situé sur l’emplacement où depuis a été percée la rue Neuve-Saint-Paul. Sur ces vastes terrains, il fit aussi construire l’hôtel de la Reine, les bâtiments dits de Beautreillis, des Lions, de la Pissotte, et l’hôtel neuf du Pont-Perrin. Ces constructions, d’un genre différent, réunies dans une même enceinte et élevées à diverses époques, ne purent jamais former un ensemble régulier. Charles V logeait dans l’hôtel de l’archevêque de Sens, qui se trouvait sur le quai des Célestins. Les historiens nous ont conservé quelques détails assez curieux sur l’appartement du roi. Il consistait d’abord en une vaste antichambre et une chambre de parade appelée la chambre à parer. Cette pièce, qui avait 30 m. de longueur sur 12 de largeur, était aussi nommée chambre de Charlemagne. À la suite de cette pièce on trouvait successivement celle du gîte du roi, celle des nappes, la chambre d’étude, celle des bains, etc. Les poutres et solives des principaux appartements étaient ornées de fleurs de lys d’étain doré. Il y avait des barreaux de fer à chaque fenêtre, avec un treillage de fil de fer pour empêcher les oiseaux de venir faire leurs ordures dans les chambres. Les vitres, peintes de différentes couleurs et chargées d’armoiries, de devises et d’images de saints, étaient semblables aux vitraux de nos anciennes basiliques. On n’y voyait d’autres sièges que des bancs ou des escabelles ; le roi seul avait des chaises à bras garnies de cuir rouge avec franges de soie. Les lits, qu’on nommait couches alors, étaient recouverts d’un drap d’or. Les mémoires du temps nous apprennent que les chenets de fer de la chambre du roi pesaient 180 livres. Dans l’hôtel de Saint-Maur, aussi nommé de la Conciergerie, où logeaient le Dauphin Charles et Louis, duc d’Orléans, on remarquait une pièce appelée le retrait où dit les heures Monsieur Louis de France. Les jardins n’étaient point plantés d’ifs et de tilleuls, mais de pommiers, de poiriers, de vignes et de cerisiers. On y voyait la lavande, le romarin, des fèves, de longues treilles. On sait que c’est d’une belle treille qui faisait le principal ornement de ces jardins et d’une belle allée plantée de cerisiers, que l’hôtel, la rue Beautreillis et celle de la Cerisaie ont pris leurs noms. Les basses-cours étaient flanquées de colombiers et remplies de volailles que les fermiers des terres et domaines du roi étaient tenus de lui envoyer, et qu’on engraissait pour sa table et pour celle de ses commensaux. On y voyait aussi une volière, une ménagerie pour les grands et petits lions. Cet hôtel, comme toutes les maisons royales de ce temps, était flanqué de grosses tours ; l’on trouvait alors que ces constructions massives donnaient à de tels édifices un caractère de puissance et de majesté. Le roi, la reine, les enfants de France, les princes du sang, les connétables, les chanceliers et les grands en faveur, y avaient d’immenses appartements, accompagnés de chapelles, de jardins, de préaux, de galeries ; on y comptait plusieurs grandes cours, une entre autres si spacieuse qu’on y faisait les exercices de chevalerie et qu’elle en avait pris le nom de cour des joûtes. Dans la suite, l’hôtel de Saint-Paul où l’on respirait un air fétide, produit par le voisinage des égouts et des fossés de la ville, fut abandonné par nos rois, qui préférèrent le palais des Tournelles. L’hôtel de Saint-Paul abandonné tombait en ruine lorsqu’on 1516 François Ier voulut en vendre une partie à Jacques Genouillac, dit Gaillot, grand-maître de l’artillerie. Sur cet emplacement on établit dans la suite l’Arsenal. Toutes les autres parties de cette habitation furent successivement vendues, et aux XVIe et XVIIe siècles on ouvrit sur leur terrain des rues dont les noms rappellent les principaux ornements du palais de Charles V.

Cendrier (rue du).

Commence à la rue du Marché-aux-Chevaux, nos 20 et 22 ; finit à la rue des Fossés-Saint-Marcel, nos 25 et 27. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 2 bis. Sa longueur est de 77 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette rue a été ouverte sur le clos de la Cendrée (locus Cinerum). Le nom de Cendrier n’est qu’une altération. — Une décision ministérielle à la date du 7 septembre 1818, et une ordonnance royale du 24 avril 1837, ont fixé la largeur de cette voie publique à 12 m. La propriété no 1 est alignée ; celle no 3 est soumise à un retranchement de 3 m. 40 c. environ. Les constructions du côté opposé ne devront subir qu’un léger redressement.

Censier (rue).

Commence à la rue du Jardin-du-Roi, nos 21 et 23 ; finit à la rue Mouffetard, nos 175 et 177. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 480 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

On la nomma d’abord rue Sans-Chef (c’était une impasse) ; puis, par corruption, Sencée, Sentier, et enfin Censier. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé à 7 m. la moindre largeur de cette voie publique. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées, sauf redressement qui n’excède pas 40 c. Les maisons nos 8, 16, 18 et 20 ne sont pas soumises à retranchement ; le surplus devra reculer de 70 c. à 1 m. — Égout et conduite d’eau.

Au no 11 était la principale entrée de l’hôpital de la Miséricorde. Une inscription placée dans la chapelle de cet établissement, portait ce qui suit : Le 17 janvier 1624, M. Antoine Séguier fonda et fit bâtir cet hôpital pour cent pauvres orphelines. Le roi ordonna par lettres patentes du 22 avril 1656, que les compagnons d’arts et métiers, qui, après avoir fait leur apprentissage, épouseraient les filles de cette maison, seraient reçus maîtres sans faire de chef-d’œuvre et sans payer aucun droit de réception. Cette maison fut supprimée pendant la révolution.

Cerf (passage de l’Ancien Grand-).

Commence à la rue Saint-Denis, no 237 ; finit à la rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, no 8. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Ce passage, construit sur l’ancien roulage du Grand-Cerf, qui lui a donné son nom, a été commencé en 1824 et terminé en 1825 par M. Devaux.

Cerisaie (rue de la).

Commence au boulevart Bourdon, no 12 ; finit à la rue du Petit-Musc, nos 8 et 10. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 264 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Ouverte en 1516, sur une partie du jardin de l’hôtel royal de Saint-Paul, cette rue a remplacé une belle allée de cerisiers dont elle a retenu le nom. Depuis, elle a été prolongée de la rue de Lesdiguières au boulevart Bourdon. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 23, 25, 27, 29, 31, 33, 35 et 37 sont alignées ; le surplus de ce côté n’est soumis qu’à un faible retranchement. Les propriétés du côté des numéros pairs devront reculer de 2 m. environ. — Conduite d’eau.

L’hôtel de Lesdiguières avait son entrée dans cette rue. Il avait été construit par le fameux financier Sébastien Zamet. Ses héritiers le vendirent à François de Bonne, duc de Lesdiguières et connétable de France. Il passa ensuite par succession dans la maison de Villeroy et subit enfin le sort de toutes les grandes propriétés, qui furent morcelées pendant la révolution. Pierre-le-Grand y avait logé en 1717. En 1742, ses magnifiques jardins ne contenaient plus qu’un seul monument : c’était le tombeau d’une chatte qui avait appartenu à Françoise-Marguerite de Gondy, veuve d’Emmanuel de Créqui, duc de Lesdiguières. On y lisait une épitaphe dont le tour élégant révèle un égoïsme bien naïf :

Cy gist une chatte jolie.
Sa maîtresse qui n’aima rien
L’aima jusqu’à la folie.
Pourquoi le dire ? on le voit bien.

Chabanois (rue de).

Commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs, nos 22 et 21 ; finit aux rues Rameau, nos 9 et 11, et Sainte-Anne, nos 52 et 54. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 165 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

« Louis, par la grâce de Dieu, etc… Ordonnons, voulons et nous plait ce qui suit : — Article 1er. Il sera ouvert aux frais du sieur Claude-Théophile-Gilbert Colbert, marquis de Chabanois, sur le terrain de l’hôtel de Saint-Pouanges à lui appartenant, sis rue Neuve-des-Petits-Champs, une nouvelle rue formant équerre, donnant d’un bout dans la rue Neuve-des-Petits-Champs et de l’autre dans la rue Sainte-Anne, et ayant dans toute son étendue vingt-quatre pieds de largeur, laquelle portera le nom de Chabanois, etc. Donné à Versailles, le 10e jour d’avril, l’an de grâce 1773, et de notre règne le 58e. Signé Louis. » (Extrait des lettres-patentes.) — M. le marquis de Chabanois n’ayant pas profité immédiatement de cette autorisation, de nouvelles lettres-patentes lui furent accordées le 4 juin 1775. Registrées au parlement le 13 juillet suivant, ces lettres-patentes furent exécutées en 1776, ainsi que le constate un procès-verbal d’alignement dressé par le bureau de la ville le 21 mai de cette année. Une ordonnance royale, en date du 4 octobre 1826, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Une autre ordonnance du 26 mai 1838 a prescrit le prolongement en ligne droite jusqu’à la rue Rameau, de la partie de la rue de Chabanois prenant naissance à la rue Neuve-des-Petits-Champs. Cette ordonnance a autorisé le préfet de la Seine à accepter le montant des souscriptions qui avaient été offertes à la ville par les propriétaires riverains de la rue de Chabanois, pour contribuer aux frais du nouveau percement et qui avaient été versées par eux dans la caisse du receveur municipal. Ce prolongement a été immédiatement exécuté. La rue de Chabanois forme aujourd’hui deux parties bien distinctes : il faudrait à chacune un nom particulier. Les maisons du côté des numéros pairs sont alignées ; celles du côté opposé devront subir un retranchement qui varie de 2 m. à 2 m. 30 c. — Conduite d’eau entre la rue Sainte-Anne et les deux bornes fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Chabrol (rue).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Denis, nos 127 et 129 ; finit à la rue de La Fayette, no 4. Le dernier impair est 67 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 460 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Une ordonnance royale à la date du 29 mai 1822, a autorisé M. le comte Charpentier à ouvrir sur ses terrains une rue de 12 m. de largeur pour communiquer de la rue du Faubourg-Poissonnière, vis-à-vis la rue Bellefond, au faubourg Saint-Denis.

Cette ordonnance porte que sur les 12 m. auxquels la largeur de la rue est fixée, le comte Charpentier fournira 10 m. sur toute la longueur de sa propriété ; le surplus lui sera payé à raison de 7 m. 86 c. le mètre carré.

Toutes les dépenses exigées par l’ouverture de la rue, telles que déblais, remblais, premier pavage, etc., devaient être supportées, savoir : cinq sixièmes par le comte Charpentier, et un sixième par la ville de Paris.

Cette rue fut immédiatement tracée, et reçut, en vertu d’une décision ministérielle du 1er juillet suivant, le nom de rue Chabrol. Peu de temps après la révolution de 1830, les habitants du quartier donnèrent à cette voie publique le nom de M. Delaborde, chargé provisoirement alors de la préfecture de la Seine. Le 12 août 1835, une décision ministérielle, signée Gasparin, lui a rendu sa première dénomination. En vertu d’un arrêté préfectoral du 10 octobre suivant, on a procédé à la régularisation du numérotage de cette rue. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Égout entre les rues d’Hauteville et du Faubourg-Poissonnière. — Conduite d’eau depuis cette rue jusqu’à celle des Magasins. — Éclairage au gaz (compe Française).

Gilbert-Joseph-Gaspard Chabrol-de-Volvic naquit en Auvergne et fut d’abord élève de l’école polytechnique. Il fit partie de l’expédition d’Égypte comme ingénieur et coopéra au grand ouvrage sur cette contrée. Le 18 brumaire an VIII, il fut nommé sous-préfet et en 1806 préfet de Montenotte. Il remplaça en 1812 le comte Frochot à la préfecture de la Seine, qu’il dirigea jusqu’en 1830. La ville de Paris doit de nombreuses améliorations à M. Chabrol et le regarde à juste titre comme un de ses meilleurs administrateurs. M. Chabrol est mort à Paris le 30 avril 1843.

Chabrol (rue Neuve-).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 137 et 139 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Denis, nos 122 et 128. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 8 bis. Sa longueur est de 228 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Elle a été ouverte sans autorisation, en 1826, sur les terrains appartenant à madame la baronne de Bellecôte et à MM. Chobert et Philippon. Ces terrains provenaient de l’ancienne foire de Saint-Laurent. — Un arrêté préfectoral, en date du 7 décembre 1840, a prescrit l’établissement de clôtures aux deux extrémités de cette rue qui forme le prolongement de la rue Chabrol. Portion d’égout du côté de la rue du Faubourg-Saint-Martin. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).

Chaillot (rue de).

Commence à l’impasse de la Croix-Boissière et à la rue Gasté ; finit à l’avenue des Champs-Élysées, nos 105 et 107. Le dernier impair est 107 ; le dernier pair, 78 ter. Sa longueur est de 896 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

On ne voyait anciennement sur la côte qui s’étend jusqu’au-delà du bois de Boulogne, qu’un seul village qui au VIIe siècle s’appelait en latin Nimio, dont on fit en français Nijon. Dans un testament de Bertram, évêque du Mans, qui mourut en 623, ce saint homme lègue à l’évêque de Paris ce village de Nimio, dont il était devenu propriétaire tant par acquisition que par donation de Clotaire II. Plus tard les habitants de Nijon se répandirent sur les deux côtés de la colline ; les uns se dirigèrent vers l’occident, y bâtirent peu à peu un village qui prit le nom d’Auteuil ; les autres s’établirent un peu plus près de Paris, sur la partie orientale de la côte, dans un endroit où l’on venait d’abattre une partie de la forêt nommée le Rouvret. Ce second village prit le nom de Chail, que les titres du XIVe siècle traduisent en latin par destructio arborum. De Chail on a fait Chaillot. Ce hameau faisait partie du domaine du roi. Avant l’origine des affranchissements, c’est-à-dire au XIIe siècle, il y régnait une coutume, nommée Béfert ou Béfeht, qui mérite d’être rapportée. La femme et les enfants, contre l’usage ordinaire, suivaient le sort du mari quant à la servitude ; par exemple, une femme de Chaillot, serve du roi par naissance, qui épousait un homme serf de Sainte-Geneviève à Auteuil, devenait serve de l’abbaye de Sainte-Geneviève, ainsi que tous les enfants qu’elle mettait au monde ; et réciproquement, si une femme d’Auteuil épousait un homme serf du village de Chaillot, la femme et les enfants devenaient esclaves du roi. En 1659, le village de Chaillot fut déclaré faubourg de Paris, sous le nom de la Conférence. Ce faubourg fut enfermé dans la capitale par le mur d’octroi construit sous Louis XVI. La principale rue de cet ancien village conserve encore aujourd’hui le nom de Chaillot. — Une décision ministérielle du 15 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions portant les numéros ci-après ne sont pas soumises à retranchement : 17, 19, 45, 47, 103, 105, 107 ; 2, 4, 6, 8, 10, 22, 24, 28, 46, 78 bis et 78 ter. — Égout entre l’avenue des Champs-Élysées et la rue des Vignes. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Au no 99 est l’institution de Sainte-Périne, dont nous traçons ici l’origine. Des religieuses chanoinesses de l’ordre de Saint-Augustin, établies en 1638 à Nanterre, furent transférées à Chaillot en 1659. Cette translation ne fut autorisée par lettres-patentes qu’au mois de juillet 1671. Cette abbaye de Sainte-Geneviève, longtemps connue sous le nom de Notre-Dame-de-la-Paix, prit la dénomination de Sainte-Périne, lorsqu’en 1746, on réunit à cette communauté l’abbaye de Sainte-Périne de La Villette. Cette maison religieuse fut supprimée en 1790. Devenue propriété nationale, elle fut vendue le 11 pluviôse an V. Depuis 1806, c’est un établissement consacré aux personnes des deux sexes, âgées ou infirmes, qui paient une pension ou donnent un capital lors de leur admission dans cette maison.

Chaise (passage de la Petite-).

Commence à la rue de la Planche-Mibray, no 15 ; finit à la rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie, no 3. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Il existe depuis 1800 et a pris son nom d’une enseigne.

Chaise (rue de la).

Commence à la rue de Grenelle-Saint-Germain, nos 31 et 33 ; finit à la rue de Sèvres, nos 160. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 256 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

C’était autrefois le chemin de la Maladrerie. On l’appela ensuite rue des Teigneux. Elle devait ces deux noms à un hôpital dont l’emplacement est occupé aujourd’hui par l’hospice des Ménages. Son nom actuel lui vient d’une enseigne. — Une décision ministérielle, à la date du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Le mur de clôture de l’Abbaye-aux-Bois est à l’alignement. Les propriétés de 2 à 24 sont alignées sauf redressement. Les autres constructions du côté des numéros pairs devront avancer sur leurs vestiges actuels. — Égout et conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Champ (rue du Petit-).

Commence à la rue du Champ-de-l’Alouette, no 6 ; finit à la rue de la Glacière, no 9. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 210 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle porta d’abord le nom de rue Payen. Elle tenait cette dénomination du propriétaire d’un clos nommé Payen. Dès 1636, elle est appelée rue de la Barrière. Elle doit sans doute son nom actuel au champ sur lequel on l’a bâtie. — Une décision ministérielle du 23 ventôse an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Le côté gauche est presque entièrement aligné. Depuis 1827, on construit sur le côté opposé, d’après un alignement, à 13 m. de largeur. — Conduite d’eau.

Champ-de-Mars (le).

Situé entre le quai d’Orsay et l’École-Militaire. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Ce n’était encore en 1770 qu’un terrain occupé par des maraîchers. À cette époque on y traça un immense parallélogramme de 1,000 m. de longueur, sur 500 m. de largeur. Destiné alors aux élèves de l’École-Militaire, on le décora du titre de Champ-de-Mars. Le physicien Charles y fit, en 1783, la première expérience aérostatique. Cette immense plaine fut le théâtre d’un grand nombre d’événements importants, parmi lesquels nous retraçons la fameuse fédération du 14 juillet 1790. La municipalité de Paris avait conçu le projet de réunir les députés de tous les corps de l’armée et de toutes les gardes nationales de France, pour cimenter une union qui devait rendre au pays le calme et la prospérité. La Fayette fut chargé de tout le soin de la fête, et nommé chef de la fédération en sa qualité de commandant de la garde parisienne. La cérémonie avait été fixée au 14 juillet, jour anniversaire de la prise de la Bastille. Déjà les fédérés arrivaient de toutes les parties du royaume ; on les logeait chez des bourgeois, qui s’empressaient de leur rendre agréable le séjour de la capitale. La fête devait avoir lieu au Champ-de-Mars. On avait projeté de creuser cette plaine et de transporter la terre sur les côtés pour en former un large et magnifique amphithéâtre. Douze mille ouvriers, dépourvus d’autre besogne, y étaient employés ; mais ce travail mercenaire n’avançait pas et il était immense. Dans cet embarras, les districts invitent au nom de la patrie les bons citoyens à aider les ouvriers. Cette invitation électrise tous les cœurs ; les femmes propagent l’enthousiasme. Aussitôt on voit sortir de tous les quartiers de la grande cité, des citoyens marchant deux à deux. Des séminaristes, des écoliers, des manœuvres, des militaires, des chartreux vieillis dans la solitude, courent au Champ-de-Mars, une pelle sur le dos. Là, tous les citoyens sont mêlés, confondus, et forment un atelier immense, mobile. La courtisane agaçante se trouve à côté de la jeune fille pudibonde qu’elle respecte ; le capucin traine la brouette avec le chevalier de Saint-Louis, le portefaix avec l’élégant du Palais-Royal ; la robuste harengère travaille avec la jeune dame délicate et à vapeurs. Des tavernes ambulantes, des boutiques portatives, augmentent la variété du tableau. On entend un bruit confus de cris, de chants, de tambours, auxquels se mêle la voix des travailleurs qui s’appellent ou s’encouragent. L’âme était profondément émue en contemplant un peuple qui semblait revenir aux doux sentiments d’une fraternité primitive ! Neuf heures sonnent !… Les groupes se séparent. Chaque citoyen regagne l’endroit où sa section doit se placer et va se réunir à sa famille. Le 14 arrive enfin. Tous les fédérés, députés des provinces et de l’armée, se rangent sous leurs bannières, et partent de la place de la Bastille pour se rendre aux Tuileries. Les envoyés du Béarn, en passant dans la rue de la Ferronnerie, où le bon Henri avait été assassiné, pleurent d’attendrissement en parlant de ses vertus. Les fédérés, arrivés au jardin des Tuileries, ouvrent leurs rangs et reçoivent la municipalité et l’assemblée. Le chemin qui conduit au Champ-de-Mars était couvert de peuple qui battait des mains. Les hauteurs de Passy présentaient un vaste amphithéâtre rempli de spectateurs. Un pont jeté en quelques jours sur la Seine, aboutissait en face du champ de la Fédération. Le cortège le traverse et chacun prend place. Un amphithéâtre magnifique, disposé dans le fond, avait été destiné aux autorités nationales. Le roi, la reine et le président étaient assis à côté l’un de l’autre, sur des sièges pareils, semés de fleurs-de-lys d’or. La reine était derrière Louis XVI, sur un balcon qui portait aussi les dames de la cour. Les ministres se trouvaient à quelque distance du roi, et les députés étaient rangés des deux côtés. Quatre cent mille spectateurs remplissaient les amphithéâtres latéraux. Au centre s’élevait le magnifique autel de la patrie. Trois cents prêtres, revêtus d’aubes blanches et d’écharpes tricolores, en couvraient les marches et devaient servir la messe. L’arrivée des fédérés dura trois heures. Le temps était sombre et la pluie tombait par torrents. Enfin la cérémonie commence. Le ciel tout à coup se découvre et illumine de son brillant éclat cette scène imposante. L’évêque d’Autun commence la messe. Les chœurs accompagnent la voix du pontife ! Le canon mêle son bruit solennel ! Le saint sacrifice s’achève ! La Fayette descend alors de cheval et va recevoir les ordres du roi, qui lui donne la formule du serment. Le général la transmet à l’autel. Dans ce moment, toutes les bannières s’agitent, tous les sabres étincellent. Le général, l’armée, le président, les députés crient : Je le jure ! Le roi, debout, la main élevée sur l’autel, dit : « Moi roi des Français, je jure d’employer le pouvoir que m’a délégué l’acte constitutionnel de l’État, à maintenir la constitution décrétée par l’Assemblée Nationale et acceptée par moi. » Dans ce moment, la reine, entraînée par l’émotion générale, saisit dans ses bras l’auguste enfant, héritier du trône, et, du haut du balcon où elle est placée, le montre à la nation assemblée. Ce mouvement inattendu est payé de mille cris de Vive le Roi ! vive la Reine ! vive le Dauphin !… Les fêtes durèrent plusieurs jours, et l’accord qui régnait dans Paris semblait annoncer que les haines étaient éteintes. Cette joie, ce bonheur furent de courte durée. Les fédérés quittèrent la capitale et la lutte recommença.

Le 17 septembre de la même année eut lieu sur le champ de la Fédération une cérémonie funèbre relative aux massacres de Nancy, où le jeune Désilles perdit la vie. Le 17 juillet 1791, un grand nombre de citoyens se réunirent dans cette plaine pour signer une pétition contre le décret qui, au lieu de juger le roi sur sa fuite, suspendait provisoirement l’exercice de son pouvoir. Une émeute éclata. Le maire de Paris, Bailly, et le général La Fayette firent exécuter la loi martiale. Il y périt un grand nombre de factieux. Cet exemple sévère apaisa pour quelque temps les agitateurs.

Le 30 frimaire an II eut lieu la fête civique en l’honneur de Chalier, qui eut la tête tranchée à Lyon. Le 10 nivôse, on y célébra l’abolition de l’esclavage. Le 1er vendémiaire an VII eut lieu sur cette place la première exposition de l’industrie française. Le 3 novembre 1804, le lendemain du couronnement de Napoléon, l’empereur fit au Champ-de-Mars la distribution de ses aigles. Le 1er mai 1815, on y proclama l’acte additionnel aux constitutions de l’Empire.

Le Champ-de-Mars fut encore en 1837, le théâtre d’un déplorable événement. À l’occasion de la fête donnée par la ville de Paris pour célébrer le mariage du duc d’Orléans, cette place fut choisie pour représenter la prise de la citadelle d’Anvers. Des fortifications en terre avaient été préparées dans ce but, et devaient être attaquées dans la soirée du jeudi 15 juin. Des précautions avaient été prises par l’autorité militaire et par la police afin que les feux n’atteignissent aucun spectateur. Cette petite guerre se termina, en effet, sans accident. Mais bientôt des cris sinistres, partis de différents points, viennent répandre l’effroi dans une foule composée de plus de deux cent mille personnes. Elle s’ébranle, se presse, se heurte dans toutes les directions pour gagner les issues qui sont encombrées. Plusieurs personnes sont étouffées et foulées aux pieds. Ce fut à la grille qui se trouve en face de la rue Saint-Dominique, et surtout à celle qui avoisine l’École-Militaire, qu’on eut à déplorer les plus grands malheurs.

Champs (rue Croix-des-Petits-).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 172 et 174 ; finit à la place des Victoires, nos 1 et 3. Le dernier impair est 55 ; le dernier pair, 54. Sa longueur est de 373 m. — Tous les impairs et les pairs de 2 à 48 inclusivement sont du 4e arrondissement, quartier de la Banque ; les nos 50, 52 et 54, 3e arrondissement, quartier du Mail.

La construction d’une partie de cette voie publique remonte aux dernières années du règne de Philippe-Auguste. Elle fut ouverte sur un terrain qui consistait en jardins, en petits champs, dont elle a tiré une partie de son nom. Une croix placée à côté de la seconde maison, après la rue du Pélican, a complété sa dénomination. — Arrêt du conseil. — « Sa majesté estant en son conseil a ordonné et ordonne que les maisons construites en la dite rue des Petits-Champs, du costé de la rue Coquillère, depuis la maison de la dame Hotman, seront incessamment retranchées jusques à l’extrémité de celle appartenant au sieur Poix, pour donner le point de veue à l’endroit où sera posée dans la dite place, la statue de sa majesté ; et qu’à ceste fin les propriétaires seront tenus de démolir et faire retrancher leurs bâtiments, suivant les alignemens marquez sur le dit plan, etc. Fait au conseil d’État du roy, sa majesté y étant, tenu à Versailles, le 22e jour de juin 1685, signé Louis. — » (Bureau de la ville, registre H, no 1830). La partie de cette voie publique qui fait l’objet du présent arrêt porta le nom d’Aubusson, en l’honneur du vicomte d’Aubusson, duc de la Feuillade, qui faisait alors bâtir la place des Victoires. Quelque temps après, le nom de rue Croix-des-Petits-Champs prévalut et servit à désigner cette voie publique dans toute son étendue. Une décision ministérielle, en date du 3 germinal an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de la rue Croix-des-Petits-Champs à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 2 mai 1837, cette moindre largeur est portée à 12 m. — Cette ordonnance prescrivit l’élargissement de cette rue dans la partie comprise entre la rue Saint-Honoré et le passage Véro-Dodat, au moyen de l’exécution immédiate de l’alignement. Cette importante amélioration a été immédiatement exécutée. Les maisons ci-après désignées sont à l’alignement : nos 37, 43, 45 ; 2, 4, 6, 8, 10, 12 et 52. Les propriétés nos 41, 30, 32, 34, 36, 38, 40, 42, 44, 46 et 48, ne sont soumises qu’à un léger redressement. — Égout entre les rues Saint-Honoré et du Bouloi. — Conduites d’eau entre les rues Saint-Honoré et de Montesquieu, et depuis la borne-fontaine près de la rue Coquillière jusqu’à la place des Victoires. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Champs (rue des).

Commence aux rues de Longchamp, no 6, et de la Croix-Boissière ; finit à la rue de Lubeck, no 6. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 156 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Son premier nom est celui des Carrières. Une décision ministérielle, à la date du 7 août 1818, fixa la largeur de cette rue à 6 m. Le conseil municipal, dans sa séance du 4 mars 1836, a délibéré qu’il ne serait délivré à l’avenir aucun alignement dans cette rue, et que l’administration s’abstiendrait de tout acte de voirie.

Champs (rue des Petits-).

Commence à la rue Beaubourg, nos 39 et 41 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 90 et 92. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 125 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

En 1273, elle est indiquée sous ce nom dans l’Accord de Philippe-le-Hardi avec le chapitre de Saint-Merri (vicus de Parvis Campis). — Une décision ministérielle, à la date du 18 pluviôse an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 22 mai 1837, cette dimension est portée à 12 m. Les maisons situées sur le côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 7 m. 20 c. à 9 m. 50 c. Sur le côté opposé, les maisons nos 8 et 12 devront seules éprouver un faible reculement. — Conduite d’eau depuis la rue Beaubourg jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Champs (rue Neuve-des-Petits-).

Commence à la rue Neuve-des-Bons-Enfants, no 37, et au passage des Petits-Pères, no 1 ; finit à la place Vendôme, no 26, et à la rue de la Paix, no 2. Le dernier impair est 103 ; le dernier pair, 84. Sa longueur est de 721 m. — Les impairs sont du 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal ; les numéros pairs, de 2 à 6 inclusivement, 3e arrondissement, quartier du Mail ; de 8 à 72 inclusivement, 2e arrondissement, quartier Feydeau ; de 74 à la fin, 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Cette rue a été ouverte en août 1634, sur des marais et jardins potagers, en vertu d’un arrêt du conseil, du 23 novembre 1633, registré au parlement le 5 juillet suivant. On lui donna la qualification de Neuve pour la distinguer de la rue des Petits-Champs, depuis Croix-des-Petits-Champs, qui avait été construite avant cette époque. — Une décision ministérielle, en date du 3 octobre 1809, signée Fouché, et une ordonnance royale du 4 octobre 1826, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Les maisons ci-après sont alignées : 27, 29, 31, 33, 35, 37, 39, 41, 43, 45, 55, 57, 59, 103 ; 4, 36, 40, 42, 44, 46, 48 et 62 ; celles qui portent les nos 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23, 25, 47, 49, 51, 53, 61, 99 et 101, ne sont soumises qu’à un léger redressement. — Égout entre le passage des Petits-Pères et la rue Vivienne, et depuis la rue de Richelieu jusqu’à la rue Gaillon. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz depuis le passage des Petits-Pères jusqu’à la rue Vivienne (compe Française) ; pour le surplus (compe Anglaise).

Champs-Élysées (les).

Sont limités au sud par le quai de la Conférence, au nord par l’avenue Gabriel, à l’est par la place de la Concorde, et à l’ouest par l’allée des Veuves. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Le Cours-la-Reine étant confondu aujourd’hui dans les Champs-Élysées, nous allons d’abord dire quelques mots sur son origine. Il commençait autrefois à l’endroit où nous voyons la place de la Concorde, bordait la rivière et se terminait au quai des Bons-Hommes, nommé aujourd’hui quai Billy. Marie de Médicis fit tracer et planter ce cours en 1616. Cette promenade était fermée à ses extrémités par des grilles et à ses côtés par des fossés. Les arbres du Cours-la-Reine furent renouvelés en 1724, par le duc d’Antin. — Avant 1670, l’ancien emplacement des Champs-Élysées était encore en culture. On n’y voyait que des maisonnettes et de grands jardins. On commença vers cette époque à y tracer des allées et à planter des arbres. Cette promenade fut d’abord nommée le Grand-Cours pour la distinguer du Cours-la-Reine, qui lui était contigu. Dans la suite les arbres prêtèrent leur ombrage et répandirent de l’agrément en cet endroit, auquel on donna le nom qu’il conserve encore aujourd’hui, par allusion à l’Élysée, aux Champs-Élysées, séjour heureux des ombres vertueuses dans les religions de l’antiquité. En 1770, les plantations de cette promenade furent entièrement renouvelées. Pendant l’hiver de 1818 à 1819, on a exhaussé, affermi et sablé toutes les allées des Champs-Élysées. À l’entrée de cette belle promenade par la place de la Concorde, aux deux côtés de la route, sont élevés sur des piédestaux remarquables par la beauté de leurs proportions, deux groupes en marbre représentant chacun un cheval fougueux arrêté par un homme. Ces groupes, dont les figures sont colossales, correspondent aux deux chevaux de marbre placés à l’entrée occidentale du jardin des Tuileries. Ils ont été sculptés par Coustou le jeune. Placés en 1745 aux deux côtés de l’abreuvoir de Marly, ils ont été transférés à Paris en 1794. Les Champs-Élysées, avant 1792, faisaient partie du domaine de la couronne ; ils furent réunis au domaine national par la loi du 27 novembre 1792. — « Au château de Saint-Cloud, le 20 août 1828. Charles, etc. — Article unique. Sont concédés à la ville de Paris, à titre de propriété, la place Louis XVI et la promenade dite des Champs-Élysées, telles qu’elles sont désignées au plan annexé à la présente loi, y compris les constructions dont la propriété appartient à l’État, et à l’exception des deux fossés de la place Louis XVI qui bordent le jardin des Tuileries. Ladite concession est faite à la charge par la ville de Paris : 1o de pourvoir aux frais de surveillance et d’entretien des lieux ci-dessus désignés ; 2o d’y faire dans un délai de cinq ans des travaux d’embellissement jusques à concurrence d’une somme de deux millions deux cent trente mille francs au moins ; 3o de conserver leur destination actuelle aux terrains concédés, lesquels ne pourront être aliénés en tout ou en partie, etc. Signé Charles. » — (Extrait de la loi.)

En 1838 et 1839 la ville a fait établir dans les Champs-Élysées cinq fontaines dont la dépense s’est élevée à 105,932 fr. Des candélabres et des lanternes ont été placés aussi par ses soins et ont coûté 51,169 fr. 29 c. Des bordures en granit longent les deux côtés de l’allée principale. Le milieu des contre-allées est occupé par des trottoirs en bitume. Enfin la ville a concédé à plusieurs particuliers dix emplacements à la charge d’y construire des pavillons d’après les plans fournis par l’administration. Cette concession a été faite pour 36 années ; sept pavillons sont aujourd’hui entièrement terminés. Il existe dans les Champs-Élysées plusieurs égouts et conduites d’eau. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Champs-Élysées (avenue des).

Commence à la place de la Concorde ; finit aux chemins de ronde des barrières du Roule et de Neuilly. Le dernier impair est 133 ; le dernier pair, 180. Sa longueur est de 1810 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Cette avenue, dont l’existence date de la première plantation des Champs-Élysées, portait autrefois le nom d’allée du Roule. Elle consiste en quatre rangées d’arbres régulièrement plantés, et formant au milieu de deux grandes allées une vaste chaussée. Cette avenue, qui est dans l’alignement de la principale allée du jardin des Tuileries, forme une perspective magnifique que complète admirablement l’Arc-de-Triomphe. On voyait autrefois dans cette promenade le jardin Beaujon, qui fut ensuite occupé par les montagnes Françaises, et le jardin Marbeuf qu’on avait disposé en hippodrome et dans lequel on donnait aussi des fêtes publiques. Ces établissements ont été successivement détruits, et sur leur emplacement on a percé les avenues Lord-Byron, Châteaubriand, Fortunée et Marbeuf. L’avenue des Champs-Élysées est toujours animée par le passage des équipages. C’est aussi dans cette promenade que s’arrête et tournoie encore maintenant le pèlerinage un peu négligé de Longchamp. Cette avenue n’est bordée de constructions que depuis le rond-point des Champs-Élysées jusqu’aux chemins de ronde. Les constructions riveraines sont établies à 4 m. de distance du centre des arbres des contre-allées, sauf toutefois dans la partie du côté des numéros pairs, comprise entre la rue de l’Oratoire et le chemin de ronde, où cette distance est portée à 17 et 19 m. 20 c. Les constructions de l’avenue des Champs-Élysées sont élevées d’après ces alignements, à l’exception de celle qui est située à l’encoignure gauche de la rue Marbeuf. — Égout et conduite d’eau dans presque toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Champs-Élysées (rond-point des).

Où viennent aboutir les allées d’Antin et des Veuves, les avenues des Champs-Élysées et Matignon, et la rue Montaigne. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 14. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

On voyait autrefois en cet endroit un petit pont de pierre dit pont d’Antin, jeté en 1710 sur l’égout qui passait sur cet emplacement. Cette partie des Champs-Élysées, replantée en 1764, n’a point de dénomination sur le plan de Verniquet. — Une ordonnance royale du 22 avril 1828 prescrivit l’érection de la statue équestre de Louis XV au rond-point des Champs-Élysées. Cette statue n’a point été élevée. On a construit depuis une fontaine. — Égout et conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Champs-Élysées (rue des).

Commence à l’avenue Gabriel et à la place de la Concorde, no 10 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 15 et 17. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 171 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Ce n’était autrefois qu’un chemin nommé de l’Abreuvoir-l’Évêque. Au commencement du XVIIIe siècle, il prit le nom de Bonne-Morue. En vertu des lettres-patentes du 21 juin 1757, les prévôt des marchands et échevins furent autorisés par le roi à disposer de remplacement de la rue de la Bonne-Morue, nécessaire pour les constructions à établir en arrière-corps sur la place Louis XV. L’art. 8 est ainsi conçu : — « Notre intention étant que les constructions des façades décorées des bâtiments qui termineront la place, ainsi que celles des maisons qui seront élevées, tant sur les faces des arrière-corps que sur celles des nouvelles rues, soient entièrement conformes aux dessins par nous approuvés et cy-attachés sous le contr’scel de notre chancellerie, nous ordonnons aux dits prévôt des marchands et échevins d’y tenir la main et d’y assujétir les propriétaires particuliers des terrains auxquels ils jugeront à propos de permettre de construire eux-mêmes les façades de leurs maisons, tant sur la place que sur les rues aboutissantes. » — Suivant le plan annexé à ces lettres-patentes, la rue de la Bonne-Morue devait prendre la dénomination de rue Dauphine.

Les dispositions relatives à la symétrie des bâtiments à construire furent modifiées par des lettres-patentes du 30 octobre 1758, qui portent : — « Art. 2. Les parties des bâtiments qui doivent former la place et ses abords ne seront sujettes à décoration et uniformité que dans les parties ci-après expliquées et suivant les plans attachés sous le contr’-scel de notre chancellerie ; savoir : les façades des grands bâtiments dans toute leur étendue sur la place et leurs retours sur les rues de la Bonne-Morue et de l’Orangerie, à 20 toises ou environ de largeur à prendre du devant des murs de face des colonnades. » La rue qui nous occupe reçut, conformément à un arrêt du conseil d’État du roi du 11 mars 1768, le nom de rue des Champs-Élysées. — Par décision ministérielle du 22 prairial an V, signée Benezech, la largeur de cette voie publique a été fixée à 13 m. Les constructions particulières sont alignées. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Chandeliers (rue des Trois-).

Commence au quai Saint-Michel, nos 9 et 11 ; finit à la rue de la Huchette, nos 18 et 20. Pas de numéro. Sa longueur est de 28 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Nous n’avons pu trouver aucun acte antérieur à 1350 qui vînt constater l’existence de cette rue. C’était autrefois un petit chemin, une descente de la rue de la Huchette à la rivière. Son premier nom fut celui de rue Berthe. Dans un compte cité par Sauval, on énonce la rue et le port des Bouticles. En 1366, ce dernier nom était affecté à cette ruelle. À son extrémité se trouvaient des boutiques ou bateaux dans lesquels on conservait du poisson. Son nom actuel lui vient d’une enseigne des Trois-Chandeliers. Le 13 août 1611, les prévôt des marchands et échevins autorisèrent la fermeture de cette rue où il arrivait de fréquents accidents. — Une ordonnance des trésoriers de France, à la date du 22 septembre 1654, prescrivit de nouveau la clôture, « pour éviter, est-il dit, aux accidents qui arrivent journellement par la mort de plusieurs personnes qui sont tuées de nuit. » — Par décision ministérielle du 29 nivôse an VIII, signée L. Bonaparte, la largeur de cette voie publique a été fixée à 7 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. à 3 m. 10 c.

Chandelles (rue des Trois-).

Commence à la rue Montgallet, no 4 ; finit à la rue des Quatre-Chemins, no 1. Pas de numéro. Sa longueur est de 410 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Ce n’était encore qu’un petit chemin vers 1815. Quelques légères constructions bordent à peine aujourd’hui cette voie publique, qui a pris son nom d’une enseigne. Il n’existe pas d’alignement pour cette rue, dont la largeur actuelle varie de 2 m. à 3 m.

Change (pont au).

Situé entre la place du Châtelet et les quais Desaix et de l’Horloge.

Ce pont, dont l’origine remonte à la domination romaine, n’a pas de nom plus ancien que celui de Grand-Pont. Il servait, ainsi que le Petit-Pont, de passage aux habitants de Lutèce pour aller dans la campagne. Louis VII ayant ordonné en 1141 que tous les changeurs y fussent établis, il prit alors le nom de pont aux Changeurs, au Change, et de la Marchandise. La reine Isabeau de Bavière, femme de Charles VI, lors de son entrée à Paris en 1389, passa sur le pont au Change. Au moment où elle arrivait au milieu, un homme tenant un flambeau allumé dans chaque main, descendit sur une corde fixée au sommet d’une des tours de la cathédrale, et vint poser une couronne sur la tête de la nouvelle reine de France. Les fêtes et dimanches les oiseliers venaient y vendre toutes sortes d’oiseaux. Cette permission leur avait été accordée sous la condition d’en lâcher deux cents douzaines au moment où les rois et les reines passeraient sur ce pont, lors de leurs entrées solennelles. Le jour du carnaval on dressait le long du pont au Change des tables sur lesquelles les amateurs venaient jouer aux dés. Cet usage, fort ancien, fut interrompu en mars 1604. L’Estoile dit à ce sujet que ceux dudit pont, étant interrogés sur cette suspension de jeux, répondirent malignement qu’ils voulaient être sages désormais et bons ménagers puisque le roi (Henri IV) leur en montrait l’exemple. On sait qu’un des défauts de ce grand roi était de jouer gros jeu. Il serait ici trop long de retracer les diverses chutes et reconstructions de ce pont ; il suffira de dire que le 30 janvier 1616 un affreux débordement l’endommagea considérablement. Ce sinistre fut bientôt réparé. Dans la nuit du 23 au 24 octobre 1621, le feu ayant pris au pont Marchand qui n’en était séparé que par un espace d’environ 15 m., les flammes, poussées par un vent d’ouest, atteignirent aussitôt le pont au Change, et en moins de trois heures il fut réduit en cendres. On ne commença à le reconstruire qu’en 1639 ; il ne fut achevé qu’en 1647. Il était en pierre et bordé de maisons.

Le quai des Morfondus, aujourd’hui de l’Horloge, était autrefois très étroit ; des embarras de voitures amenaient souvent des accidents très graves. Pour les faire cesser, on acheta en 1738 les quatre dernières maisons du pont au Change ; on les abattit et leur emplacement forma un utile dégagement. Ce pont, à son extrémité septentrionale, avait deux entrées formées par un groupe triangulaire de maisons ; l’une communiquait à la rue et au quai de Gesvres ; l’autre se dirigeait vers le grand Châtelet. La façade de ces maisons, qui correspondait au milieu de la voute de ce pont, était ornée d’un groupe de trois figures en bronze, sur un fond de marbre noir, représentant Louis XIII, Anne d’Autriche son épouse, et leur fils Louis XIV âgé de dix ans. Il était l’ouvrage de Simon Guillain. Au-dessous de ces figures se trouvait un bas-relief représentant deux esclaves ; cet ouvrage était du plus beau style. — Par un édit du mois de septembre 1786, le roi ordonna la démolition des maisons qui bordaient le pont au Change. Cette disposition fut immédiatement exécutée. Ce pont, composé de sept arches à plein cintre, a 123 m. 75 c. de longueur entre les culées, et 32 m. 60 c. de largeur. Cet édifice est le plus large des ponts de Paris.

Chanoinesse (rue).

Commence à la rue du Cloître-Notre-Dame, no 2 ; finit aux rues des Marmousets, no 1, et de la Colombe. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 175 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Voisine de la cathédrale, elle a pris son nom des chanoines qui l’habitaient. — Une décision ministérielle du 26 prairial an XI, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons nos 6, 10, 12 et 22 ne sont pas soumises à retranchement.

Au no 22 était située la chapelle Saint-Agnan. Elle fut fondée vers l’année 1120, par Étienne de Garlande, archidiacre de Paris et doyen de Saint-Agnan d’Orléans. Il donna pour sa dotation la maison qu’il possédait dans le cloitre Notre-Dame et trois clos de vignes, dont deux étaient situés au bas de la montagne Sainte-Geneviève, et l’autre à Vitry. Le pavé de cette chapelle offrait un témoignage de l’exhaussement considérable du sol de la Cité. Cette chapelle, supprimée en 1790, devint propriété nationale, fut vendue le 28 septembre 1791, et abattue en 1795. C’est aujourd’hui une propriété particulière. En 1799, dans les fondations d’une maison voisine, on découvrit plusieurs petits pots de terre cuite, tels qu’il s’en trouve dans quelques tombeaux du moyen-âge, ce qui a fait présumer qu’on enterrait autour de cette chapelle.

Chantier (cour du).

Rue Guérin-Boisseau, no 21. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Elle a été bâtie vers 1785. Son nom lui vient d’un chantier, sur l’emplacement duquel cette cour a été construite.

Chantier (rue du Grand-).

Commence aux rues des Vieilles-Haudriettes, no 2, et des Quatre-Fils, no 22 ; finit aux rues Pastourelle, no 1, et d’Anjou, no 23. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 182 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Un chantier qui se trouvait dans cette rue, et qui appartenait aux chevaliers du Temple, lui fit donner le nom qu’elle porte encore aujourd’hui. Elle se prolongeait anciennement sous cette même dénomination jusqu’aux murs du Temple. — Une décision ministérielle à la date du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. 50 c. Cette largeur a été portée à 11 m., en vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835. Les maisons du côté gauche sont alignées, sauf redressement ; celles du côté opposé sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 50 c. à 2 m. 70 c. — Égout du côté de la rue des Vieilles-Haudriettes. — Conduite d’eau depuis cette rue jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Lacarriere).

Chantre (rue du).

Commence à la place de l’Oratoire ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 205 et 207. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 101 m. — 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

Elle était entièrement construite en 1250, et portait le nom de rue au Chantre en raison d’un chantre de Saint-Honoré qui y demeurait. Sa largeur a été fixée à 8 m., en vertu d’une décision ministérielle du 18 pluviôse an X, signée Chaptal. Une grande partie de cette voie publique a été démolie pour faciliter l’exécution de la grande galerie septentrionale qui réunira le Louvre aux Tuileries. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 1 m. 40 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Chantres (rue des).

Commence à la rue Basse-des-Ursins ; finit à la rue Chanoinesse, nos 6 et 8. Pas de numéro. Sa longueur est de 50 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Un titre de 1540 lui donne cette dénomination qu’elle doit aux chantres de Notre-Dame, qui vinrent l’habiter. — Par décision ministérielle du 10 prairial an XII, signée Chaptal, la largeur de cette voie publique a été fixée à 7 m. — Les constructions du côté gauche devront reculer de 70 c. à 2 m. 10 c. ; celles du côté opposé sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. à 4 m. 10 c.

Chanverrie (rue de la).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 145 et 147 ; finit à la rue Mondétour, nos 6 et 8. Le dernier pair est 28. Sa longueur est de 108 m. — Le côté gauche est du 4e arrondissement, quartier des Marchés ; les numéros pairs dépendent du 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Tant d’opinions diverses ont été avancées sur l’étymologie du nom de cette rue, qu’il serait trop long de faire ici l’analyse de chacune d’elles. La plus rationnelle, selon nous, est celle de Jaillot, qui prétend trouver la racine de ce nom dans le mot Chanvre. En effet, dans des lettres de Pierre de Nemours, évêque de Paris, du mois de juin 1218, il est fait mention d’une maison in vico de Canaberia, prope Sanctum Meglorium. Dans un amortissement du mois d’octobre 1295, elle est nommée rue Canaberie ; et afin qu’on ne la confonde pas avec une autre, elle y est indiquée in Censiva Morinensi (dans la Censive de Thérouenne). De plus le poète Guillot écrit vers 1300 :

« Puis alai en la Chanverie
» Assez près trouvai Mondestour. »

Un acte d’amortissement du 12 juin 1252 indique que la rue de la Chanverrie était complètement bordée de constructions à cette époque. Par décision ministérielle du 26 frimaire an IX, signée Chaptal, la largeur de cette rue avait été fixée à 10 m. Cette voie publique sera très prochainement confondue dans la rue de Rambuteau, dont la formation a été autorisée et déclarée d’utilité publique par l’ordonnance royale du 5 mars 1838. Déjà presque toutes les maisons du côté gauche sont démolies. Suivant les alignements arrêtés, les propriétés de 2 à 20 devront avancer sur leurs vestiges actuels. — Conduite d’eau depuis la rue Mondétour jusqu’à la borne-fontaine.

Chapelle (rue de la).

Commence à la rue de La Fayette, no 2, finit au chemin de ronde de la barrière des Vertus. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 396 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Ce n’était au commencement de notre siècle qu’un chemin où l’on ne voyait que de chétives constructions. Cette voie publique tire sa dénomination de son voisinage du chemin qui mène au village de La Chapelle. — Une décision ministérielle à la date du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 29 novembre 1826, cette dimension est portée à 13 m. Les propriétés nos 2, 6, 8, et les bâtiments et murs de clôture situés sur le côté gauche à l’encoignure de la rue des Fossés-Saint-Martin, sont à l’alignement.

Chapelle expiatoire.

Située dans la rue de l’Arcade. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

« Louis, etc… Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : Art. 4. Il sera également élevé un monument, au nom et aux frais de la nation à la mémoire de Louis XVI, de la Reine Marie-Antoinette et de Madame Elisabeth, etc…

» Donné au château des Tuileries, le 19e jour de janvier, l’an de grâce 1816, et de notre règne le 21e. Signé Louis. »

La chapelle expiatoire a été construite sur l’emplacement de l’ancien cimetière de la Madeleine, dans lequel avaient été inhumés Louis XVI et Marie-Antoinette. Leurs dépouilles mortelles furent retrouvées à l’endroit occupé maintenant par l’autel placé dans la crypte au-dessous de la chapelle même ; elles ont été transférées dans l’église royale de Saint-Denis. Ce monument a coûté environ deux millions. Les constructions ont été exécutées sous la direction de M. Fontaine, architecte, ayant pour inspecteur M. Lebas. Cette chapelle ne doit pas entrer en parallèle avec les monuments des anciens. L’auteur a tout créé et approprié à son sujet. Le monument est isolé par des allées sur les deux côtés, et par une avenue au devant. Le pourtour est planté de cyprès. On arrive à l’édifice par trois issues : sur la façade par la rue de l’Arcade, sur le côté par la rue de la Madeleine, et derrière par la rue d’Anjou. Au-dessus de la porte d’entrée, on lit cette inscription dédicatoire :

Le roi Louis XVIII a élevé ce monument pour consacrer le lieu où les dépouilles mortelles du roi Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette, transférées le 21 janvier 1815 dans la sépulture royale de Saint-Denis, ont reposé pendant 21 ans ; il a été achevé la deuxième année du règne du roi Charles X, l’an de grâce 1826.

On ne peut arriver dans l’enceinte sacrée sans éprouver une sensation profonde, un sentiment de respect et de vénération. La situation du lieu les objets qui l’entourent ; enfin, la disposition générale, tout impose et commande le recueillement.

Chapon (rue).

Commence à la rue du Temple, nos 27 et 29 ; finit à la rue Transnonnain, nos 16 et 18. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 238 m. — Les numéros pairs sont du 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs ; les impairs, du 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

En 1293, c’était la rue Robert-Bégon, Béguon ou Capon. Le continuateur de Dubreuil l’appelle rue du Coq. Sous le règne de Philippe-le-Bel, on nommait par dérision une synagogue la maison de la société des Capons. Cette rue a été longtemps affectée à la débauche. — Une décision ministérielle à la date du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 14 janvier 1829. Les maisons nos 2 et 6 sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au au gaz (compe Lacarrière).

Le second couvent des Carmélites était situé dans cette rue. Autorisées à former un nouvel établissement de leur ordre à Paris, les Carmélites de la rue Saint-Jacques réunirent, en 1617, quelques-unes de leurs sœurs dans une maison de la rue Chapon. Aidées par les libéralités de la duchesse de Longueville et du duc son fils, elles firent construire un couvent, puis bâtir une église qui fut dédiée en 1625. Cet établissement fut confirmé par lettres-patentes données à Versailles au mois d’avril 1688. Cette communauté, supprimée en 1790, devint propriété nationale et fut vendue le 23 prairial an IV. Le couvent des Dames-Carmélites et l’hôtel qui en dépendait, occupaient tout le terrain compris dans le périmètre suivant sur la rue Chapon, une ligne partant depuis la jambe-étrière, commune aux maisons nos 13 et 15, passant sur les propriétés 15, 17, 19, 21, 23, jusqu’à l’angle formé par cette rue et celle Transnonnain ; sur la rue Transnonnain, la partie comprise entre les rues Chapon et Montmorency, dont les maisons portent les nos 12, 14 et 16 ; enfin, sur la rue Montmorency, la partie occupée aujourd’hui par les maisons 16, 18, 20, 22, 24, 26 et 28. La superficie totale de cette communauté religieuse était de 3 387 m.

Chaptal (rue).

Commence aux rues Pigalle, no 23, et Fontaine, no 1 ; finit à la rue Blanche, nos 34 et 36. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 249 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

En vertu d’une ordonnance royale du 12 janvier 1825, MM. Alexandre Delessert et Lavocat ont été autorisés à ouvrir sur leurs terrains une rue qui communiquerait de la rue Blanche à la rue Pigalle. Cette autorisation leur a été accordée à la charge de border la rue de chaque côté d’un trottoir de 1 m. 60 c. de largeur ; de supporter les frais du premier établissement de l’éclairage et du pavage ; de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris. Cette ordonnance fut immédiatement exécutée, et la rue nouvelle ouverte sur une largeur de 12 m. 60 c., reçut le nom de rue Chaptal, parce que M. le vicomte Chaptal était aussi propriétaire des terrains qui furent traversés par ce percement.

Charbonniers-Saint-Antoine (rue des).

Commence à la rue de Bercy, nos 47 et 49 ; finit à la rue de Charenton, no 114. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 2 bis. Sa longueur est de 460 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.


Les anciens plans la désignent sous les noms de rue du Port-au-Plâtre et Clochepin. Le plan de Verniquet l’indique sous la dénomination des Charbonniers ; ce n’était alors qu’un chemin bordé de constructions légères. — Une décision ministérielle, à la date du 16 ventôse an XII, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. — En vertu d’une ordonnance royale du le juin 1828, cette largeur est portée à 14 m. — Quelques constructions sont alignées. — Conduite d’eau.

Charbonniers-Saint-Marcel (rue des).

Commence à la rue de l’Arbalète, nos 23 et 28 ; finit à la rue des Bourguignons, nos 20 et 22. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 162 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

En 1540, c’était le chemin des Charbonniers, ainsi que nous le voyons dans le Terrier du roi de cette année. Au XVIIe siècle ce chemin fut bordé de constructions, et prit alors le nom de rue des Charbonniers. — Une décision ministérielle, à la date du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Les propriétés nos 1, 3 et 7, sont alignées.

Charenton (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue de Charenton.

Elle se compose de deux bâtiments ayant chacun deux péristyles de six colonnes. Elle doit son nom au village de Charenton auquel elle conduit. Le premier consul, après la bataille de Marengo, livrée le 14 juin 1800, rentra dans Paris par cette barrière, et le 3 juillet de la même année, elle prit le nom de Marengo. — En 1815, on lui rendit sa première dénomination. — (Voir l’article Barrières.)

Charenton (chemin de ronde de la barrière de).

Commence aux rue et barrière de Charenton ; finit aux rue et barrière de Reuilly. Pas de numéro. Sa longueur est de 472 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Il est presque entièrement aligné. (Voir l’article Chemins de Ronde.)

Charenton (rue de).

Commence aux rues du Faubourg-Saint-Antoine, no 2, et de la Contrescarpe, nos 72 ; finit à la place au-devant de la barrière de Charenton. Le dernier impair est 187 ; le dernier pair, 194. Sa longueur est de 2 080 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Son nom lui vient du village de Charenton auquel elle conduit. De la petite rue de Reuilly à celle Montgallet on la trouve désignée sous le nom de la Planchette, et de la rue Montgallet jusqu’à le barrière elle se nommait de la Vallée de Fécamp. Cette dernière dénomination lui avait été donnée parce qu’elle avait été bâtie sur un terrain appelé au XVe siècle le Bas-Fécamp. — Une décision ministérielle du 16 ventôse an XII, signée Chaptal et une ordonnance royale à la date du 1er juin 1828, ont fixé à 12 m. la moindre largeur de la rue de Charenton. Les constructions portant les numéros ci-après ne sont pas soumises à retranchement 31, 33, 49, 51, 85, 87, 89 ; de 95 à 113 inclusivement, 123, 125, de 137 à 151 bis inclusivement, 155, 157, 181, 16, 18, 50, 70, 76, 82, 94, 100, 102 ; de 120 à 134, 140, 142 ; de 162 à 168, et la propriété à l’encoignure de la place devant la barrière. — Égout entre les rues Moreau et Beauveau. — Conduite d’eau dans presque toute l’étendue. — Éclairage au gaz dans une partie de cette rue (compe Parisienne).

La vallée de Fécamp est devenue tristement célèbre par le massacre des protestants. Le dimanche 26 septembre 1621, ces religionnaires revenaient de leur prêche situé à Charenton. Arrivés au Bas-Fécamp, ils furent assaillis par une troupe de furieux, de vagabonds et de voleurs armés. Ces brigands attaquèrent d’abord ceux qui étaient en carrosse ; mais la résistance qu’on leur opposa les contraignit à se retirer. Ils résolurent alors d’aller piller ceux qui se trouvaient sans armes. Sur leur chemin ils arrêtèrent plusieurs bourgeois qui n’étaient pas protestants, et, sous le prétexte de s’assurer s’ils étaient bons catholiques, s’ils portaient des chapelets, ils leur enlevèrent leurs bourses qui pendaient alors à la ceinture. Cependant les protestants, après avoir soutenu le combat de la vallée de Fécamp, se disposaient à rentrer dans Paris par la porte Saint-Antoine lorsqu’ils furent assaillis de nouveau près de cette porte. Le ministre protestant cherche à calmer ces furieux en leur disant : « Ah messieurs, faut-il massacrer des hommes !… Le roi l’a-t-il commandé ?… » Alors ces pages, ces laquais, ces crocheteurs se jettent sur le ministre en criant : « C’est la mort du duc de Mayenne qui est venue jusqu’ici !… » Avec leurs épées ils lui coupent le nez et les oreilles, le mutilent d’une manière horrible, et vont promener ces glorieux débris dans la capitale.

Au coin de la rue Moreau, no 10, était situé le couvent des Filles-Anglaises, dont nous traçons ici l’origine. Les désordres de la guerre forcèrent ces religieuses à quitter Nieuport ; elles se réfugièrent à Paris en 1658 et logèrent dans une maison du faubourg Saint-Jacques. Deux ans après elles achetèrent rue de Charenton une maison et un jardin, et leur établissement fut confirmé par lettres de 1670. La première pierre de leur église avait été posée le 2 juin 1672. Ce couvent, qui avait reçu le nom de Bethléem, fut supprimé en 1790. Devenu propriété nationale il fut vendu en trois lots les 7 et 17 vendémiaire an VIII.

Charité (hôpital de la).

Situé dans la rue des Saints-Pères, entre les nos 51 et 53. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Au XVIe siècle, un Portugais nommé Jean-de-Dieu forma une association dans le but de soigner les pauvres malades. La congrégation de Jean-de-Dieu fit bientôt de rapides progrès. En 1602, Marie de Médicis installa cinq de ces religieux dans la rue où furent depuis les Petits-Augustins. En 1607, les frères de la Charité qui, suivant leurs règlements, devaient être chirurgiens et pharmaciens, furent transférés dans la rue des Saint-Pères, près de la chapelle Saint-Pierre, où ils célébraient l’office divin. Cependant ils firent construire en 1613 une nouvelle église dont la dédicace sous l’invocation de saint Jean-Baptiste n’eut lieu qu’au mois de juillet 1621. Le nombre des frères de la Charité augmenta rapidement. On compta jusqu’à soixante religieux. Les libéralités de plusieurs personnes puissantes leur fournirent les moyens d’agrandir leur hôpital. En 1774, il y avait dans cet établissement 199 lits. Pendant la révolution on lui donna le nom d’Hospice de l’Unité. Sous le consulat sa dénomination primitive lui fut rendue. Cet hôpital compte aujourd’hui 350 lits, dont 250 pour les hommes et 100 pour les femmes qui n’y étaient point admises autrefois. En 1841, on a exécuté des travaux de construction nécessités par l’agrandissement de cet établissement.

Charité (rue de la).

Commence aux rue et place de la Fidélité, nos 6 et 8 ; finit à la rue Saint-Laurent, no 13. Pas de numéro impair ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 44 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Le domaine national aliéna, les 4 floréal, 27 messidor an V, et 21 thermidor an VI, trois propriétés provenant de la fabrique Saint-Laurent.

Dans les contrats de vente, l’obligation suivante fut imposée à chaque acquéreur : « Il sera tenu de fournir quand il en sera requis, et ce, sans indemnité, le terrain nécessaire pour l’ouverture d’une nouvelle rue. »

Le domaine national vendit également le 28 germinal an V, l’église, bâtiments et filature que possédaient les Filles de la Charité. Le contrat d’aliénation renfermait la clause suivante : « L’acquéreur sera tenu de supporter le percement de la nouvelle rue qui, partant de celle Saint-Laurent, ira aboutir à la demi-portion circulaire formant la nouvelle place projetée au-devant du portail de l’église. » Le plan approuvé par un arrêté du directoire exécutif, du 3 frimaire an VI, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Sa dénomination rappelle le couvent des Filles de la Charité dont cette rue occupe une petite partie de l’emplacement.

Charlemagne (collége royal).

Situé dans la rue Saint-Antoine, no 120. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Il occupe les bâtiments de l’ancienne maison professe des Jésuites. (Voir l’article Louis et Saint-Paul, église Saint-).

C’est un des quatre colléges créés par la loi du 1er mai 1802. Le nom illustre de Charlemagne lui a été donné, pour honorer la mémoire de cet empereur, fondateur en 781 d’une école qui fut le berceau de l’Université de Paris.

Au palais de l’Élysée, le 21 mars 1812. — « Napoléon empereur, etc… nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Art. 2. Les lycées Charlemagne, Impérial et Napoléon sont agrandis, etc… — Art. 12. Le lycée Charlemagne sera agrandi de manière à recevoir 400 élèves pensionnaires. — Art. 13. Les trois propriétés appartenant aux sieurs Leclerc, Debret et héritiers Legros, et terminées par les rues des Prêtres-Saint-Paul et Percée, seront réunies à ce lycée et acquises pour cause d’utilité publique, etc. Signé Napoléon. » — Ce décret a été modifié en ce qui concernait les pensionnaires seulement.

Le collége Charlemagne, qui ne reçoit que des externes, compte 830 élèves. Il obtient chaque année au concours les plus brillants succès.

Charlemagne (passage).

Commence à la rue des Prêtres-Saint-Paul, no 18 ; finit à la rue Saint-Antoine, no 102. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Ce passage, qui tire son nom du collége Charlemagne près duquel il est situé, n’est public que depuis 1825.

Charles (cité Saint-).

Située dans la rue Saint-Dominique-Saint-Germain, no 115. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

C’était autrefois une cour des Miracles qui servait de rendez-vous aux gueux de toute espèce. À l’époque de la révolution, on n’y voyait qu’un amas de bicoques où logeaient des conducteurs de voitures et des blanchisseuses. Cette propriété, mise alors en loterie, fut gagnée par un nommé Osmond, porteur de chaises. En 1826, elle prit la dénomination de cité Saint-Charles, et fut augmentée vers 1830 d’un grand bâtiment par le propriétaire actuel.

Charlot (rue).

Commence à la rue de Bretagne, nos 36 et 38 ; finit au boulevart du Temple, nos 25 et 29. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 322 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Ouverte en 1626 sur la culture du Temple, elle reçut alors le nom de rue d’Angoumois. Sa largeur fut fixée à 7 m. 60 c. — Claude Charlot, qui de pauvre paysan du Languedoc devint riche financier, ayant fait bâtir plusieurs maisons dans cette rue, le peuple lui donna le nom de Charlot. En 1694 cette voie publique fut prolongée depuis les rues Vendôme et Boucherat jusqu’au boulevart ; l’administration donna alors à cette nouvelle partie le nom de rue Bosc. — Claude Bosc, seigneur d’Ivry-sur-Seine, procureur-général de la cour des aides, fut élu prévôt des marchands le 16 août 1692 et remplit cette importante fonction jusqu’au 16 août 1700. Il fut nommé conseiller d’État. Le nom de Bosc fut bientôt oublié, et le peuple s’obstina à donner à toute cette voie publique la dénomination de rue Charlot que le temps a consacrée. — Une décision ministérielle du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Cette moindre largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 6 février 1828. Les maisons nos 4, 45 et 47 ne sont pas soumises à retranchement ; le surplus des constructions du côté des nos impairs devra reculer de 1 m. 10 c. à 1 m. 70 c. La maison no 2 devra reculer de 1 m. 30 c. ; celles de 6 à 24, retranchement de 80 c. à 1 m. 10 c. enfin la propriété no 26 est assujettie à un reculement de 2 m. 20 c. — Conduite d’eau depuis la rue Boucherat jusqu’au boulevart. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Charonne (rue de).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, nos 65 et 67 ; finit aux chemins de ronde des barrières de Fontarabie et de Montreuil. Le dernier impair est 203 ; le dernier pair, 184. Sa longueur est de 1607 m. — 8e arrondissement. Les nos 1 à 15 et tous les pairs sont du quartier du Faubourg-Saint-Antoine ; les nos 17 jusqu’à 203 font partie du quartier Popincourt.

Ce n’était qu’un chemin sous le règne de Louis XIII. Cette voie publique doit son nom au village de Charonne auquel elle conduit. — Une décision ministérielle du 18 messidor an IX, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Cette moindre largeur est portée à 14 m., en vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1827. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : 11, 19, 21, 23 ; les deux encoignures de la rue Neuve-Lappe, 39, 73, 75, 95, 97, 99, 135, 145, 149, 163, 165, de 2 à 18 inclusivement, 40, 58, 92, de 138 à 146, 168, 170, 172 et 174. — Égout depuis la rue du Faubourg-Saint-Antoine jusqu’à la rue Basfroi. — Conduite d’eau dans presque toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compo de Belleville).

Au no 86 est située l’entrée de la communauté des Filles de la Croix. Ces religieuses de l’ordre de Saint-Dominique habitèrent d’abord une maison dans le faubourg Saint-Marcel. En 1636 elles s’établirent dans la rue Plâtrière (aujourd’hui Jean-Jacques Rousseau), puis dans la rue Matignon du Louvre ; Le 21 juin 1639, ces religieuses achetèrent une maison située rue de Charonne, où elles firent construire un monastère qu’elles vinrent occuper au mois d’août 1641. Mademoiselle Ruzé d’Effiat fournit aux frais de ce dernier établissement, dont elle est considérée à juste titre comme fondatrice. Son cœur a été déposé dans le sanctuaire de l’église. Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale, mais ne fut point aliéné.

Le 17 mars 1817, les religieuses de la Croix rentrèrent en possession de leur couvent.

Au no 88, on voyait l’entrée de la communauté des religieuses de la Madeleine de Trainel. Elle fut fondée en Champagne au lieu dit de Trainel, vers le milieu du XIIe siècle. En 1654, elle achetèrent une grande propriété située dans la rue de Charonne et y firent bâtir une chapelle dont la reine Anne d’Autriche posa la première pierre. Ces religieuses étaient soumises à la juridiction de l’archevêque ; le garde-des-sceaux d’Argenson fut un de leurs bienfaiteurs. Ce magistrat augmenta les bâtiments et les revenus de ce couvent, fit décorer l’église, et suivant ses dernières volontés son cœur fut déposé dans la chapelle de Saint-Réné. Dans la suite la duchesse d’Orléans, qui avait fixé son séjour dans cette maison, y fit construire plusieurs vastes bâtiments. Cette communauté, qui contenait en superficie 16 153 m., fut supprimée en 1790, devint propriété nationale, et fut vendue le 5 brumaire an X.

Au no 95 était situé le prieuré de Notre-Dame de Bon-Secours. Il fut fondé en 1648 par la dame Claude de Bouchavanne, veuve du sieur Vignez, conseiller du roi. Ayant obtenu l’autorisation nécessaire, elle acheta une maison située dans la rue de Charonne et y plaça en qualité de prieure Madeleine-Emmanuelle de Bouchavanne, sa sœur, qui avait été religieuse au monastère de Notre-Dame de Soissons. Cet établissement fut approuvé en juillet 1667, par lettres-patentes enregistrées le 16 mai 1670. L’église et le couvent réparés, agrandis en 1770 et 1780 par l’architecte Louis, furent supprimés en 1790. Devenue propriété nationale cette maison religieuse qui contenait en superficie 13 502 m., fut vendue en deux lots les 21 floréal an VIII et 5 brumaire an X. Dans les bâtiments de ce monastère, un des hommes dont l’industrie française doit le plus s’honorer, Richard-Lenoir créa un magnifique établissement destiné à la filature du coton, et concourut noblement à affranchir son pays du tribut qu’il payait à la fabrication étrangère. Aussi l’empereur dans les courts instants qu’il dérobait à sa gloire militaire, voulut-il récompenser dignement l’habile filateur.

Un jour il se rendit, accompagné de sa famille, à une fête magnifique préparée par Richard-Lenoir. Là, l’empereur, après avoir complimenté l’honorable fabricant, lui remit lui-même la décoration de la Légion d’Honneur, en ajoutant ces paroles flatteuses « Nous avons fait l’un et l’autre une rude guerre à l’industrie anglaise, mais jusqu’à présent le fabricant a été plus heureux que l’empereur. » — Les événements politiques ont entraîné la ruine de l’établissement de Richard-Lenoir et tranché trop tôt cette honorable existence.

Dans les bâtiments jadis occupés par la belle filature dont nous venons de parler, existe depuis quelques années une institution dont la nature et l’importance ne sont pas sans quelque analogie avec ce qui précédait : nous voulons parler de l’École des arts industriels et du commerce, fondée en 1832 par M. Pinel-Grandchamp et dirigée par lui avec un zèle et une habileté qui ont imprimé à cette création un caractère remarquable d’utilité publique. Grâce à l’enseignement de toutes les sciences qui se rattachent à la haute industrie, comme aussi par la force des études, par la distinction des professeurs et la composition du conseil de perfectionnement où figurent les sommités de la science, cette institution a pris rang parmi les établissements qui répondent le mieux aux besoins de l’époque actuelle. — La galerie magnifique où fut donnée la fête impériale a été conservée presque dans son état primitif ; elle forme aujourd’hui une espèce d’académie de dessin. Ce respect, cette religion des souvenirs, honorent le fondateur de cet établissement. Il a senti qu’il existait entre la pratique des arts industriels et leur enseignement des rapports si intimes que la gloire de la première se reflète sur l’autre ; et puis c’est une heureuse manière de stimuler le zèle des élèves que d’honorer la mémoire des hommes qui ont, comme Richard-Lenoir, si noblement concouru aux progrès de notre industrie nationale.

Chartière (rue).

Commence aux rues Saint-Hilaire, no 11, et Fromentel ; finit à la rue de Reims, no 8. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 110 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Cette rue était presque entièrement bordée de constructions vers 1260. En 1300 elle s’appelait, selon Sauval de la Charretière. Guillot et le Rôle de 1313 écrivent de la Chareterie. Elle est nommée rue de la Charrière dans l’acte de fondation du collége de Marmoutiers en 1328, et des Charettes par Gilles Corrozet. — Une décision ministérielle du 13 fructidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les propriétés situées sur les deux côtés aux encoignures de la rue de Reims, sont à l’alignement.

Chartres-du-Roule (rue de).

Commence aux rues de Monceau, no 25, et de Valois, no 1 ; finit au chemin de ronde de la barrière de Courcelles et à la barrière de ce nom. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 439 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

C’était, avant 1778, le chemin de Courcelles. À cette époque, M. le duc d’Orléans fit élargir ce chemin et lui donna le nom de rue de Chartres, en l’honneur de son fils aîné. Un arrêté de l’administration centrale du département de la Seine, en date du 12 thermidor an VI, porte « La rue de Chartres située à Monceau prendra le nom de rue de Mantoue.» Cette dénomination lui fut donnée en mémoire de la reddition de la ville de Mantoue par les Autrichiens à l’armée Française le 14 pluviôse an V. Une décision ministérielle du 25 messidor an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, elle a repris sa dénomination primitive. Aucune construction du côté des numéros pairs ne devra subir de retranchement ; le côté opposé est presque entièrement aligné. — Conduite d’eau depuis la rue de Monceau jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Au no 4 est l’entrée du parc de Monceau que M. le duc d’Orléans fit dessiner en 1778.

Chartres-Saint-Honoré (rue de).

Commence à la rue Rohan, no 2, et à la place du Carrousel ; finit à la place du Palais-Royal, no 237, et à la rue Saint-Thomas du Louvre, no 19. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 123 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Elle a été ouverte sur l’emplacement de l’hôpital royal des Quinze-Vingts, en vertu des lettres-patentes du 16 décembre 1779, registrées au parlement le 31 du même mois. Cette rue fut exécutée sur une moindre largeur de 7 m. 80 c., et reçut le nom de Chartres (voyez l’article précédent). — Par arrêté de l’administration centrale du département de la Seine, en date du 2 thermidor an VI, elle prit le nom de rue de Malte en commémoration de la prise de Malte par les Français le 12 juin 1798, lors de l’expédition d’Égypte. — Un arrêté préfectoral du 27 avril 1814 a rendu à cette voie publique sa dénomination primitive. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette rue. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Chartreux (passage des).

Commence à la rue de la Tonnellerie, nos 61 et 63 ; finit à la rue Traînée, nos 7 et 9. Sa longueur est de 52 m. — 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.

Lettres-patentes. — « Louis…, voulons et nous plaît ce qui suit : Il sera ouvert, rue Traînée, vis-à-vis la porte latérale de l’église Saint-Eustache, suivant la direction indiquée au plan qu’ont fait dresser les curé et marguilliers un passage de dix pieds de largeur, lequel sera dirigé dans la longueur de deux maisons ; l’une appartenant au sieur Carré, l’autre aux chartreux, et débouchera sous les piliers des halles, au coude qui se trouve rue de la Tonnellerie. Les chartreux pourront faire reconstruire, aux deux côtés du passage, un puits et une pompe en remplacement du puits de la pointe Sainte-Eustache, etc. Donné à Versailles, au mois de Juillet de l’an de grâce 1779, et de notre règne, le 6e. Signé Louis. » Ces lettres-patentes reçurent immédiatement leur exécution.

Chastillon (rue).

Commence aux rue Saint-Maur et Grange-aux-Belles, no 40 ; finit au chemin de ronde de la barrière de la Chopinette. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 243 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Une ordonnance royale, du 8 juin 1825 autorisa MM. Davaux, Bart, Callou et Loire, à ouvrir sur leurs terrains situés entre les rues Saint-Maur, de la Champinette, de l’Hôpital-Saint-Louis (aujourd’hui rue Grange-aux-Belles) et le chemin de ronde, deux rues de chacune 12 m. de largeur. Les conditions suivantes furent imposées à ces propriétaires : de supporter les frais de premier établissement du pavage et de l’éclairage des nouvelles rues, avec le système général des conduites d’eaux souterraines, adopté par l’administration et sous la direction des architectes de la ville ; de se conformer aux lois en vigueur sur la voirie de Paris. Ces deux rues furent immédiatement tracées, et on eut l’intention de leur donner les noms des architectes qui avaient fait construire l’hôpital Saint-Louis. On en fit, en conséquence, inscrire les noms de Chatillon et Claude Villefosse. En 1840, lors du renouvellement des plaques de ces deux voies publiques, on a reconnu que l’orthographe de ces noms était vicieuse, et la véritable a été rétablie. Ce fut Claude Chastillon, né à Châlons en Champagne, en 1547, qui donna les dessins pour la construction de l’hôpital Saint-Louis. Cet architecte mourut en 1616. Claude Vellefaux suivit les travaux de construction.

Chat-Blanc (impasse du).

Située dans la rue Saint-Jacques-la-Boucherie, entre les nos 42 et 44. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 23 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Elle existait vers l’année 1300 et doit son nom à Gilles Chablanc, qui était boucher à la grande boucherie en 1315. La dénomination actuelle n’est qu’une altération de la première. — En vertu d’une décision ministérielle du 22 avril 1826, et d’un arrêté du préfet de police en date du 12 mai suivant, l’entrée de cette impasse est fermée par une grille. Sa largeur actuelle est de 1 m. 20 c. Elle n’a jamais été alignée.

Châteaubriand (avenue).

Commence à la rue de l’Oratoire ; finit à l’avenue des Champs-Élysées, no 156. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 460 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle a été ouverte en 1825, sur l’emplacement de l’ancien jardin Beaujon. Sa largeur est de 14 m. C’est une propriété particulière. On lui a donné le nom de l’illustre auteur du Génie du Christianisme.

Château-Landon (rue de).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 287 et 289 ; finit aux chemins de ronde des barrières des Vertus et de La Villette. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 494 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Le plan de Jaillot l’indique comme un chemin sans dénomination. Verniquet la désigne sous le nom de rue du Château-Landon. Cette rue est ainsi appelée parce quelle se dirige vers le village de Château-Landon. — Deux décisions ministérielles, l’une à la date du 13 thermidor an VI, l’autre du 6 mars 1820, fixèrent la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 29 novembre 1826, cette moindre largeur est portée à 15 m. Les propriétés nos 2, 6 et 14 sont alignées. — Conduite d’eau dans une partie de cette voie publique.

Châtelet (place du).

Commence aux quais de la Mégisserie et de Gesvres ; finit aux rues Saint-Denis et de la Vieille-Place-aux-Veaux. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6 — Les impairs sont du 4e arrondissement, quartier du Louvre ; les pairs, du 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Elle a été formée sur l’emplacement du grand Châtelet, démoli en 1802. Nous donnons ici quelques détails sur cette ancien édifice et sur l’origine des rues qui ont été supprimées entièrement ou en partie pour donner à cette place une figure régulière. Nous ne suivrons pas tous les écrivains dans leurs dissertations plus ou moins obscures sur l’origine du Châtelet. Gilles Corrozet a pensé que, si Julien l’Apostat n’en était point le fondateur, ce titre appartenait sans doute à l’un des princes qui lui succédèrent. Malingre et le commissaire Delamare en font remonter l’origine à César. Le nom de chambre de César que portait de temps immémorial une des salles de ce monument et l’inscription Titulum Cæsaris, gravée sous une arcade et qui subsistait encore à la fin du XVIe siècle, semblaient donner à cette assertion une espèce de vraisemblance, mais ces conjectures n’ont pu paraitre suffisantes au savant et judicieux Jaillot. Cet écrivain pense qu’en nommant ainsi cette chambre, et en gravant ces mots sur la porte d’un bureau, on a seulement voulu indiquer le droit du prince auquel le tribut était dû et l’endroit où il se percevait. Ce tribut des Parisiens devait être acquitté à l’entrée de la ville ou de la cité, sur les marchandises qui arrivaient par eau en cet endroit, « d’où quelques auteurs, ajoute Jaillot, l’ont appelé, quoique mal à propos, l’apport de Paris. Le parloir aux bourgeois, c’est-à-dire la juridiction de la ville y était située, et ces deux circonstances suffisent pour autoriser la dénomination de chambre de César et l’inscription Tilulum Césaris. » Ce n’est qu’à partir du règne de Louis VII, fils de Louis-le-Gros, qu’on trouve des preuves certaines de l’existence du Châtelet. Dans une charte de ce roi de l’an 1147, on lit qu’il fit don à l’abbaye de Montmartre de la place des Pécheurs sise entre la maison des Boucliers et le Châtelet du roi, inter domum carnificium et regis castellucium ; ces mots, châtelet du roi, qui, dans aucun acte postérieur ne sont plus réunies, semblent indiquer le Châtelet bâti par le roi. Il nous paraît donc probable que Louis-le-Gros, à la place d’une tour en bois qui s’élevait sous la seconde race à l’extrémité septentrionale du Pont-au-Change, fit construire une autre tour ou forteresse beaucoup plus grande. Le Châtelet, siège du prévôt, fut agrandi par suite des acquisitions qui furent faites en 1242, 1257, 1258, 1260 et 1265. Les bâtiments du grand Châtelet tombaient en ruines en 1460, Charles VII transféra sa juridiction au Louvre. Malgré les dons considérables que fit Charles VIII, en 1485, pour subvenir à la dépense qu’occasionnaient les réparations du Châtelet, cet édifice ne se trouva dans une situation convenable qu’en 1507. Louis XII ordonna alors aux officiers du Châtelet d’aller y continuer leurs séances. En 1657, de nouvelles réparations obligèrent d’en faire sortir ce tribunal qui, cette fois, fut établi aux Grands-Augustins. En 1672, le roi manifesta l’intention de faire construire un nouveau Châtelet plus spacieux, plus commode que l’ancien. En 1684, l’exécution de ce projet fut commencée. On acheta trois maisons ainsi que l’église Saint-Leufroy. Les salles furent reconstruites et leur nombre augmenté ; il ne resta que plusieurs tours de l’ancien édifice sous lequel était pratiqué un passage étroit, obscur, qu’on était obligé de traverser pour communiquer du Pont-au-Change à la rue Saint-Denis.

Juridiction du Châtelet. — Pour se livrer aux seules fonctions militaires, les comtes abandonnèrent le soin de rendre la justice à des substituts ou lieutenants qui, dans le Languedoc et dans plusieurs autres provinces voisines, étaient appelés Viguiers, et partout ailleurs, Prévôts. Le comté de Paris fut réuni à la couronne sous Hugues-Capet. On y établit un prévôt, c’est-à-dire un lieutenant préposé par le roi pour rendre la justice au nom du monarque. On ignore l’époque précise de cet établissement à Paris, mais il est certain qu’il subsistait en 1060 et 1067. Deux chartres datées de ces mêmes années, et données en faveur de Saint-Martin-des-Champs par les rois Henri Ier et Philippe Ier, sont souscrites par Étienne, prévôt de Paris, Præposilus Parisiensis. L’auteur du Grand-Coutumier, qui écrivait sous Charles VI, nous apprend que le prévôt de Paris avait trois juridictions, l’une ordinaire qui était la connaissance du siège du Châtelet, et deux déléguées qui étaient la conservation des privilèges royaux, de l’Université et la criée des maisons ; c’était la seule juridiction du royaume qui eût le droit d’avoir continuellement un dais au-dessus de son principal siège, comme étant la place du roi. À l’entrée de Charles VII, le 12 novembre 1437, le Châtelet marchait après la ville et avant le parlement ; on sait que dans ces sortes de cérémonies le dernier rang était le plus honorable. Le prévôt de Paris était chef de la noblesse et commandait à l’arrière banc, sans être, comme les baillis et sénéchaux, assujetti aux gouverneurs. Il avait le droit d’assister aux états généraux, comme premier juge ordinaire et politique de la capitale du royaume. Son habillement était semblables tout à celui des ducs et pairs. Il portait un bâton de commandement couvert d’une toile d’argent ou de velours blanc. Il avait douze gardes de toute ancienneté qui, en vertu d’un arrêt de 1566, portaient hoquetons et hallebardes, le suivaient à l’audience et l’escortaient dans la ville. Le prévôt, gardien des privilèges des bourgeois de Paris, avait seul le droit de faire arrêter leurs débiteurs forains ; ce droit lui avait été donné par Louis-le-Gros en 1134. La charge de prévôt était toujours remplie. Dès qu’on apprenait la mort ou la démission du titulaire, elle passait au procureur du parlement. Le roi reprenait le bâton de commandement qu’il remettait lui-même à celui qu’il nommait à cette haute fonction. Le prévôt de Paris était, comme nous l’avons dit, le conservateur des privilèges de l’Université, et c’est pour cette conservation que Philippe-Auguste ordonna par ses lettres de l’an 1200, que le prévôt de Paris prêterait serment à l’avenir entre les mains du recteur de l’Université. Le prévôt de Paris était installé au Châtelet par un président à mortier et par quatre conseillers de la grand’chambre du parlement de Paris. Le président à mortier lui disait alors : « Je vous installe dans la charge de prévôt de Paris, pour l’exercer dignement et au contentement du roi et du public. » — Le roi Henri II, par son édit du mois de mars 1551, établit un présidial au Châtelet. Il était composé de vingt-quatre conseillers. Louis XIV, par édit du mois de février de l’an 1674, supprima presque toutes les justices particulières possédées par divers seigneurs dans la ville, faubourgs et banlieue de Paris, et les incorpora à la justice du Châtelet. Par un autre édit du mois d’août de la même année, sa majesté créa un nouveau présidial, et voulut qu’il eut les mêmes pouvoirs et autant d’officiers que l’ancien Châtelet. Il mit également des bornes au ressort de l’un et de l’autre ; mais l’expérience ayant fait connaître les inconvénients de ces deux tribunaux toujours en rivalité, un édit du roi, de septembre 1684, cassa le nouveau Châtelet et le réunit à l’ancien pour exercer désormais la juridiction dans toute l’étendue de la prévôté et vicomté de Paris. La justice était rendue au Châtelet par un lieutenant-général civil un lieutenant-général de police, un lieutenant-criminel, deux lieutenants particuliers, cinquante-quatre conseillers, dont un d’épée créé en 1691, quatre avocats du roi, un procureur du roi, huit substituts, un greffier en chef, un premier huissier audiencier, plusieurs autres huissiers audienciers, un juge auditeur pour les affaires de 50 livres, un greffier en chef des auditeurs, quarante-huit commissaires, cent treize notaires, deux cent trente-cinq-procureurs, trois cent quatre-vingts huissiers à cheval, deux cent quarante huissiers à verge et cent vingt huissiers-priseurs.

Prisons du Châtelet. — Tous les lieux de justice possédaient autrefois leurs prisons ; celles du Châtelet révoltaient la vue et l’odorat. Les prévenus devaient y expier leurs crimes par les tortures de leur emprisonnement préventif. Ces prisons étaient au nombre de huit, selon Sauval ; on les appelait le Berccau, le Paradis, la Grièche, la Gourdaine, le Puits, les Chaînes, la Boucherie, les Oubliettes. — Dans l’ordonnance que Henri VI, roi de France et d’Angleterre, donna au mois de mai 1425, les prisons du Châtelet se trouvaient en plus grand nombre. On en comptait quinze ; dix d’entre elles devaient être les moins horribles, les lits y étaient payés plus cher, voici leurs noms : les Chaînes, Beauvoir, la Motte, la Salle, les Boucheries, Beaumont, la Grièche, Barbarie, Beauvais et Gloriette. — Dans les comptes de la prévôté, on lit cet article Poulie de cuivre servant à la prison de la fosse du Châtelet ; on descendait les prisonniers dans ce cachot, par une ouverture pratiquée à la voûte du souterrain, de la même manière qu’on descend un sceau dans un puits.

Cette fosse du Châtelet était peut-être celle qu’on nommait Chausse-d’Hypocras, où les prisonniers avaient les pieds dans l’eau croupie ; ordinairement, les malheureux qu’on y renfermait mouraient après quinze jours de détention. Un autre cachot avait reçu le nom de Fin-d’Aise ; il était rempli d’ordures et de reptiles. — Une déclaration royale du 23 août 1780, ordonna la destruction de tous les cachots construits sous terre.

Événements historiques. — Après la trahison de Périnet-le-Clerc, qui livra la porte de Buci aux troupes anglaises et bourguignonnes, les prisonniers Armagnacs furent renfermés au Châtelet. Une affreuse disette se faisait alors sentir dans la capitale. Les Parisiens voulurent se venger des Armagnacs du dehors qui ravageaient la campagne, sur les Armagnacs du dedans vaincus et malheureux. Le 21 août 1418, une troupe de furieux, dirigée par plusieurs maîtres bouchers, dits cabochons, vint mettre le siège devant le grand Châtelet, dans l’intention d’en égorger les prisonniers. Ces malheureux, instruits du péril qui les menace, soutiennent l’assaut en lançant des tuiles et des pierres sur leurs ennemis ; ces faibles moyens de défense ne font qu’irriter les assaillants, ils égorgent les prisonniers ou les jettent vivants du haut des fenêtres ; leurs corps en tombant sont reçus sur la pointe des piques, ou percés à coups d’épées ou de poignards. Telle fut la principale scène de l’entrée des Anglais et des Bourguignons dans Paris.

Le 14 novembre 1591, le Conseil des Seize fit arrêter et pendre sans autre forme de procès, dans la chambre du grand Châtelet, Brisson, Claude Larcher, conseillers au parlement, et Jean Tardif, conseiller au Châtelet ; ces magistrats étaient soupçonnés de favoriser le parti du roi.

Rues qui sont entrées dans la circonscription de la Place

1o La rue de la Joaillerie. — Une partie de cette voie publique ayant été conservée, nous en tracerons l’origine à son ordre alphabétique.

2o La rue Saint-Leufroy. — Elle était située en face du Pont-au-Change. On passait en la traversant sous une voûte du grand Châtelet. En 1313, on la nommait rue devant le Chastel. Elle devait son dernier nom à l’église Saint-Leufroy, qui y était située, et qui fut démolie en 1684 pour l’agrandissement du Châtelet. — Le parloir aux bourgeois resta longtemps dans cette rue.

3o La rue du Pied-de-Bœuf. — Le premier titre qui mentionne cette voie publique est de 1437. Elle tenait son nom d’une enseigne.

4o La rue de la Triperie. — Elle était presque entièrement bâtie à la fin du XIIe siècle. On l’appelait, en 1210, rue des Bouticles, en raison des petites boutiques de tripiers qui y existaient. Au XVe siècle c’était la rue de l’Araigne ; c’est ainsi qu’on désignait une espèce de croc de fer à plusieurs branches, dont se servaient les bouchers pour attacher leurs viandes. On la trouve aussi sous la dénomination de rue du Pied-de-Bœuf, et en dernier lieu, sous celle de la Triperie.

5o La rue trop va qui dure. — C’était plutôt un chemin qui régnait le long du grand Châtelet jusqu’à la rue Saint-Leufroy. Nous n’avons pu trouver l’origine de cette dénomination bizarre. Elle n’était connue anciennement que sous le nom général de chemin ou grand’rue le long de la Seine. Dans un procès-verbal de 1636, elle est nommée rue de la Descente de la Vallée de Misère.

Documents administratifs. — Un plan approuvé par le ministre de l’intérieur Champagny, le 11 octobre 1806, fixa la largeur de la place du Châtelet à 62 m. 50 c. Ces alignements furent modifiés par le ministre, le 21 juin 1817. On reconnut à cette époque que la fontaine du Palmier n’avait pas été construite exactement dans l’axe de la place ; il résulta de cette rectification que la largeur de la place fut réduite à 61 m. 40 c. Cette disposition, qui reçut immédiatement son exécution, a été confirmée par une ordonnance royale du 16 mai 1836. Les maisons riveraines de la place sont toutes à l’alignement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Fontaine du Palmier. — Elle a été élevée en 1808 sur les dessins de Bralle. Elle est entrecoupée de bracelets sur lesquels sont inscrits les noms des plus glorieuses batailles gagnées sous la république et l’empire. Le chapiteau de la colonne est formé de feuilles de palmier et surmonté d’une boule sur laquelle s’élève une renommée distribuant des couronnes ; cette figure et celles de la base sont de M. Bosio.

Chat-qui-Pêche (rue du).

Commence au quai Saint-Michel, nos 5 et 7 ; finit à la rue de la Huchette, nos 14 et 16. Pas de numéro. Sa longueur est de 29 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Le Censier de Sainte-Geneviève, de 1540, la nomme ruelle des Étuves. Plus tard on l’appela rue du Renard. Sa dénomination actuelle lui vient d’une enseigne. — Une décision ministérielle, du 29 nivôse an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Depuis le mois d’avril 1832, cette rue est fermée à ses deux extrémités. La propriété située sur le côté gauche, à l’encoignure du quai, est alignée. Les autres constructions devront reculer de 2 m. 70 c. à 3 m. 50 c.

Chauchat (rue).

Commence à la rue Pinon, nos 6 et 8 ; finit à la rue de la Victoire, nos 5 et 7. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 215 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Des lettres-patentes, à la date du 7 mai 1779, registrées au parlement le 29 juillet suivant, autorisèrent Jean-Joseph de La Borde, seigneur de la Ferté, vidame, conseiller, secrétaire, maison, couronne de France et des finances, à ouvrir sur ses terrains une rue de 30 pieds de largeur, qui serait nommée rue Chauchat, et communiquerait de la rue Chantereine (aujourd’hui de la Victoire) à celle de Provence. Ce percement fut exécuté en octobre 1779. — Le 29 juillet 1793 (an II de la république), le corps municipal, sur la demande de la citoyenne Boulanger, veuve Pinon, et du citoyen Thévenin, copropriétaires d’un terrain situé entre les rues Pinon et de Provence, leur accorda l’autorisation d’ouvrir une nouvelle communication de 30 pieds de largeur, en prolongement de la rue Chauchat jusqu’à la rue Pinon. Cette autorisation, confirmée par un arrêté du département de Paris, en date du 8 octobre 1793, n’eut point alors de suite. Ce projet, repris en 1821, donna lieu à une décision ministérielle du 27 janvier de cette année, qui fixa la largeur de ce prolongement à 9 m. 75 c. Enfin, une ordonnance royale du 3 octobre suivant autorisa le préfet de la Seine, au nom de la ville de Paris, à acquérir les portions de terrains nécessaires à l’exécution de ce projet. Ces acquisitions furent faites aussitôt. La largeur assignée à cette partie de la rue Chauchat est de 12 m. Les constructions situées sur le côté droit, à l’encoignure de la rue de Provence, devront reculer de 2 m. 40 c. Les autres propriétés ne sont pas soumises à retranchement. — Égout entre les rues Pinon et de Provence. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Chauchat (Jacques), écuyer, avocat au parlement, conseiller du roi, quartenier, fut élu échevin le 17 août 1778, sous la prévôté de M. de Caumartin. Il exerça cette importante fonction jusqu’en 1780.

Dans cette rue est située la nouvelle église évangélique de la Rédemption. Cette église, qui occupe les anciens bâtiments de la douane, a été inaugurée le 25 juin 1843, jour anniversaire de la présentation de la confession d’Augsbourg à l’empereur Charles-Quint.

Chaudron (rue).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 239 et 241 ; finit à la rue de Château-Landon, nos 22 et 24. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 223 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Cette rue, formée au commencement du XVIIIe siècle, doit son nom à Joseph Chaudron, qui fit construire en 1718 la fontaine située à l’encoignure des rues du Chemin-de-Pantin et du Faubourg-Saint-Martin. — Une décision ministérielle du 11 juin 1812, signée Montalivet, a fixé la largeur de la rue Chaudron à 10 m. Plusieurs constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement.

Chaume (rue du).

Commence à la rue des Blancs-Manteaux, nos 28 et 30 ; finit aux rues des Vieilles-Haudriettes, no 1, et des Quatre-Fils, no 23. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 251 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Des actes de 1290 font déjà mention de cette rue. Le mur de l’enceinte de Philippe-Auguste aboutissait dans la rue du Chaume, à l’angle qu’elle forme avec la rue de Paradis. Sous le règne de Philippe-le-Bel, une porte fut pratiquée à peu près en cet endroit. Elle fut appelée indifféremment Porte de Braque ou du Chaume ; et la rue dans laquelle on la voyait, porta successivement les noms de rue de la Porte-du-Chaume, de la Porte-Neuve et Neuve-Poterne. Sur le plan de Saint-Victor, elle est nommée Grande rue de Braque, et dans Corrozet, rue de la Chapelle-de-Braque. Lorsqu’elle fut prolongée jusqu’aux murs du Temple, elle prit dans toute son étendue, la dénomination de rue du Grand-Chantier-du-Temple, en raison d’un ancien bâtiment que les Templiers avaient fait construire, et dont l’emplacement est aujourd’hui compris dans l’hôtel des Archives du Royaume. Les actes du XVIe siècle donnent ordinairement à cette voie publique le nom de rue du Chaume. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 12 juillet 1837, sa largeur a été portée à 11 m. Les maisons nos 1, 3, 9, 11, 13, 15, et la maison à l’encoignure droite de la rue de Rambuteau, sont alignées ; celles nos 2, 4 et 6 devront reculer de 4 m. 50 c. à 5 m. — Égout entre la rue des Blancs-Manteaux et celle de Rambuteau. — Conduite d’eau entre les rues de Paradis et des Vieilles-Haudriettes. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière)

Le couvent des religieux de la Merci, ou de Notre-Dame de la Rédemption-des-Captifs, était situé dans cette rue, au coin de celle de Braque. À l’article de cette dernière voie publique, nous avons dit qu’Arnould de Braque y avait fondé une chapelle et un hôpital. On lit dans les registres de la chambre des comptes, que le 7 juillet 1384, Charles VI donna à Nicolas de Braque, fils du précédent, moyennant 12 deniers de cens annuel, les anciens murs avec les tours ou tourelles et les places vagues entre la porte du Chaume et celle du Temple. Nicolas de Braque y fit bâtir un hôtel, et augmenta la chapelle et l’hôpital. Ce dernier établissement était déjà détruit au commencement du XVIIe siècle, mais la chapelle, suffisamment dotée par cette famille, était encore à cette époque desservie par quatre chapelains.

Les historiens ne nous font pas connaître l’époque précise de l’introduction des religieux de la Merci en France, mais on sait d’une manière positive, que dès l’année 1515, ils avaient à Paris une maison et un collége situés dans la rue des Sept-Voies. Ils durent leur second établissement dans la rue du Chaume, à Marie de Médicis, qui leur fit donner les anciens bâtiments possédés par la famille de Braque. Le 4 novembre 1613, l’évêque de Paris approuva ce changement, qui fut autorisé par lettres-patentes du 1er août 1618. À la place des anciennes constructions, on bâtit une église et un monastère. L’ordre de la Merci, qui prit naissance à Barcelone en 1218, n’était dans son origine, qu’une congrégation de gentilshommes qui, pour imiter la charité de saint Pierre Nolasque, leur fondateur, consacrèrent leurs personnes et leurs biens à la délivrance des captifs chrétiens. Cet ordre fut approuvé par Grégoire IX, qui leur fit suivre la règle de saint Augustin.

Dans une pièce de poésie ayant pour titre : Influence de la civilisation chrétienne en Orient, M. Alfred des Essarts a consacré quelques beaux vers à la louange des frères de la Merci. Nous les transcrivons ici :

« Mais si le roi Louis, quittant son héritage,
» Alla chercher la mort aux lieux où fut Carthage ;
» Si dans Byzance en feu, le Turc à sa fureur
» Immola sans pitié le dernier empereur ;
» Si Rhodes, à son tour, cette île-forteresse,
» D’où sortit tant de fois la foudre vengeresse,
» Perdit ses chevaliers, Spartiates chrétiens ;
» La charité du moins put rompre des liens ;
» Elle dompta la force et fit tomber les armes
» Devant la croix du prêtre et son tribut de larmes.
» Frères de la Merci ! Jamais nom respecté
» Ne s’inscrira plus près de la Divinité…
» Relevant par un mot le courage qui ploie,
» Des ongles du lion ils arrachaient la proie,
» Et ramenaient ensuite, heureux et triomphants,
» Aux femmes leurs époux, aux mères leurs enfants.
» Jamais la charité n’eut un plus beau symbole :
» Car ils touchaient les rois par des récits plaintifs,
» Et du pauvre lui-même acceptant une obole,
» Quêtaient par l’univers la rançon des captifs !…
» Leur immense tendresse étonnait l’infidèle ;
» Ni les lointaines mers, ni la dure saison
» Ne suspendaient leurs pas ou n’émoussaient leur zèle ;
» Et souvent on les vit réclamer la prison
» D’un esclave ignoré que sa longue souffrance
» Avait dépossédé des biens de l’espérance,
» Et qui se demandait en entendant leur voix
» Si Dieu s’était fait homme une seconde fois !… »

Le couvent de la Merci fut supprimé en 1790 et devint propriété nationale. Les bâtiments de cette communauté furent aliénés le 15 brumaire an VI. L’église et ses dépendances furent vendues le 9 ventôse de la même année. La longueur de la façade de cette maison religieuse était de 52 m. 10 c. sur la rue du Chaume, et de 24 m. sur la rue de Braque. Les bâtiments de ce couvent, ainsi que son église, ont été démolis quelques années après leur vente. Un marchand de charbons occupe aujourd’hui une partie de l’emplacement de l’ancienne communauté des religieux de la Merci.

Chaumière (rue de la Grande-).

Commence à la rue Notre-Dame-des-Champs, nos 38 ter et 40 ; finit au boulevart du Mont-Parnasse, nos 51 et 53. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 137 m. — XIe arrondissement, quartier du Luxembourg.

Ouverte sans autorisation en 1830, sur les terrains appartenant au sieur Chamon aîné elle reçut le nom de ce propriétaire. En 1839 elle prit la dénomination de rue de la Grande-Chaumière, en raison de sa proximité d’un bal public ainsi appelé et fréquenté principalement par les étudiants. Cette rue a été classée au nombre des voies publiques de Paris, en vertu d’une ordonnance royale du 14 décembre 1842, qui a imposé à Madame veuve Laplace, substituée aux droits du sieur Chamon, les conditions suivantes : de céder gratuitement à la ville le sol de la rue ; de pourvoir aux premiers frais de l’éclairage et du pavage ; de faire établir des trottoirs ; de substituer la ville aux droits que ladite dame pourrait avoir sur les propriétés dépassant l’alignement de la nouvelle rue dont la largeur est fixée à 10 m. — Cette ordonnance oblige aussi la ville à ne céder des droits de jour et de sortie aux propriétaires dont les constructions forment saillie sur la nouvelle rue, qu’autant qu’ils consentiraient à se retirer à l’alignement.

Ces constructions en saillie sont situées sur le côté gauche et dans une étendue de 60 m. À partir de la rue Notre-Dame-des-Champs : elles devront reculer de 25 à 50 c. Les autres propriétés de la rue de la Grande-Chaumière sont alignées.

Chaumont (passage Saint-).

Commence à la rue du Ponceau, no 18 ; finit à la rue Saint-Denis, no 374. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Ce passage a été ouvert en 1798, sur une partie de l’emplacement de la maison religieuse des Filles-de-Saint-Chaumont ou de l’Union-Chrétienne. Nous avons dit à l’article de la rue de l’Arbalète, en parlant du couvent de la Providence, que la veuve Pollalion, avait jeté dans cette maison les fondements d’une institution dont l’objet était d’instruire les jeunes filles nouvellement converties au catholicisme, et celles qui se trouvaient sans fortune et sans appui. Anne de Croze voulut suivre le bel exemple qu’avait donné la veuve Pollalion. Elle créa un nouvel établissement dont le but était d’étendre cette bienfaisante institution. Des lettres-patentes de 1673 autorisèrent l’établissement d’une nouvelle communauté. Plusieurs legs considérables permirent à ces religieuses d’acheter l’hôtel de Saint-Chaumont. Une partie de l’emplacement que cette propriété occupait se nommait au commencement du XVIIe siècle cour Bellot. — Melchior Mitte, marquis de Saint-Chaumont, l’acheta en 1631, ainsi que dix autres maisons voisines. Ayant fait abattre quelques années après ces anciennes constructions, il fit bâtir un hôtel sur ce vaste terrain. Les sœurs de l’Union-Chrétienne, par contrat du 21 août 1683, en firent l’acquisition moyennant 72 000 livres. Cette maison religieuse fut supprimée en 1790. Devenue propriété nationale, elle fut vendue en trois lots le 8 messidor an III.

Chausson (passage).

Commence à la rue Neuve-Saint-Nicolas, no 22 bis ; finit à la rue des Marais, no 27. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Ce passage a été construit en 1835 par M. Chausson.

Chauveau-Lagarde (rue).

Commence à la place de la Madeleine, nos 11 et 13 ; finit à la rue de l’Arcade, nos 6 et 8. Le dernier impair est 5, le dernier pair, 8. Sa longueur est de 59 m. — 1er arrondissement, quartier de la place Vendôme.

Une ordonnance royale à la date du 2 juin 1824 porte qu’il sera ouvert du côté septentrional de la place de la Madeleine, à gauche et dans la largeur de 10 m. une rue sous la dénomination de rue Chauveau-Lagarde, aboutissant au nouveau boulevart (Malesherbes). Une autre ordonnance à la date du 2 septembre 1829, décida que cette rue s’arrêterait à celle de la Madeleine. Cependant elle n’a été exécutée que jusqu’à la rue de l’Arcade. Elle a été livrée à la circulation dans le courant de février 1832. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Les terrains sur lesquels cette rue a été ouverte provenaient de la maison conventuelle de Notre-Dame-de-Grâce, dite de la Ville-l’Évêque, dont la vente, comme propriété nationale, avait eu lieu en l’an VI.

Chauveau-Lagarde, avocat, puis conseiller à la cour de cassation, est mort à Paris le 19 février 1842, à l’âge de 85 ans. Il défendit Marie-Antoinette et Charlotte-Corday, devant le tribunal révolutionnaire.

Chemins (rue des Quatre-).

Commence au chemin de ronde de la barrière de Charenton ; finit à la grande rue de Reuilly. Pas de numéro. Sa longueur est de 428 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

En 1789 c’était un chemin sans dénomination. Le nom qu’elle porte aujourd’hui lui a été donné en raison des quatre branches du carrefour formé par cette voie publique, les rues des Trois-Chandelles et des Trois-Sabres. On ne voit qu’un petit nombre de constructions dans la rue des Quatre-Chemins. Depuis douze ans, plusieurs clôtures ont été établies d’après un alignement qui assigné à cette voie publique une largeur de 13 m.

Chemins de ronde.

Nous avons dit à l’article Barrières, que les fermiers généraux commencèrent dès 1784, la formation de la nouvelle enceinte de Paris. Ils firent l’acquisition d’une grande quantité de terrains nécessaires à l’exécution de ce vaste projet. Le premier contrat porte la date du 29 janvier 1787 ; le dernier est du 21 février 1791. Dans cet intervalle fut rendue l’ordonnance suivante dont nous transcrivons un extrait : « De par le roi, etc. — Sur ce qui a été représenté au bureau par le procureur du roi que sa majesté avoit ordonné qu’il seroit fait une nouvelle enceinte de Paris, dont une partie étoit déjà circonscrite par des murs et que le surplus seroit au plus tôt provisoirement achevé en planches ; qu’il seroit aussi fait un boulevard de 15 toises de largeur pour enceindre extérieurement cette clôture et qu’il seroit réservé 36 pieds de largeur au long et en dedans de la nouvelle enceinte pour former un chemin d’isolement qui pût se convertir par la suite en une rue et que sa majesté avoit encore ordonné qu’il ne seroit point élevé de constructions sur les terrains qui resteront hors l’enceinte, qu’à 50 toises de distance de la clôture ; et dans Paris qu’à 36 pieds de distance etc. Sur quoi vu le réquisitoire, la déclaration du roi du 10 avril 1783 et autres règlements, et ouï le rapport de maître Nicolas-Jacques Hébert de Hauteclair, trésorier de France, commissaire du conseil pour la direction du pavé de la ville, faubourg et banlieue de Paris, le bureau fait défenses d’élever ou de réparer aucuns murs de clôture et bâtiments hors la nouvelle enceinte de Paris qu’à la distance de 50 toises de la clôture et en dedans de ladite enceinte qu’à 36 pieds d’éloignement de ladite clôture ; en conséquence fait aussi défenses sous les peines portées par la déclaration du roi du 10 avril 1783 à tous propriétaires, entrepreneurs et ouvriers, d’en commencer aucunes fouilles et constructions au dedans et au dehors de ladite nouvelle enceinte sans avoir préalablement pris les permissions et alignements nécessaires. Fait pareillement défenses sous les mêmes peines de continuer aucune construction qui y soit en commencée avant d’avoir pris lesd. permissions et alignements, et ordonne que la présente sera imprimée et affichée partout où besoin sera, notamment sur les nouvelles clôtures de Paris. — Fait au bureau des finances de Paris le 16 janvier 1789. » — Cette ordonnance en ce qui concerne la largeur des chemins de ronde, a été confirmée par une décision ministérielle en date du 18 messidor an IX.

Les fermiers-généraux n’ont acheté que la moitié des terrains nécessaires à la formation des chemins de ronde, c’est-à-dire une zône de 5 m. 84 c. à partir du mur d’enceinte. Il en résulte que la ville a payé et paie les terrains qui sont livrés par les propriétaires pour l’exécution complète de l’alignement.

On compte 46 chemins de ronde dont la longueur totale est de 19 908 m. Il n’en existe pas, d’une part : entre la barrière d’Italie et le poste d’observation de la barrière d’Enfer (Les boulevarts des Gobelins, Saint-Jacques et d’Enfer forment sur ce point la limite de Paris) ; et d’autre part : entre les barrières de Monceau et de Courcelles, où se trouve le parc de Monceau. Ces terrains occupent une longueur de 3 460 m.

La superficie des terrains à retrancher pour l’entière exécution de l’alignement des chemins de ronde est de 8 000 m. environ.

Les chemins de ronde sur les deux rives, prennent leur dénomination de la barrière la plus rapprochée de l’amont de la Seine. Ainsi, sur la rive droite, le chemin qui s’étend de la barrière de la Rapée à celle de Bercy, s’appelle chemin de ronde de la barrière de la Rapée… etc. ; sur la rive gauche, le chemin entre les barrières de la Gare et d’Ivry porte le nom de chemin de ronde de la barrière de la Gare, etc.

Les chemins de ronde ne sont pas encore pavés.

Chemin-Vert (passage du).

Commence à la rue de ce nom, no 29 ; finit au quai de Jemmapes. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 6. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Formé en 1834, sur les terrains appartenant à M. Mouffle, ancien maire du 8e arrondissement, ce passage doit sa dénomination à la rue du Chemin-Vert où il prend naissance.

Chemin-Vert (rue du).

Commence à la rue Amelot, nos 22 et 24 ; finit à la rue Popincourt, nos 31 et 33. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 562 m. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Ce n’était encore qu’un chemin sinueux vers le milieu du XVIIIe siècle. Il traversait un marais couvert d’herbages ; de là est venue sa dénomination. En 1777, on l’appelait rue Verte. Des lettres-patentes du mois de mai de la même année ordonnèrent que cette rue serait prolongée jusqu’au rempart, que son débouché serait vis-à-vis de la rue du Pas-de-la-Mule et qu’elle prendrait le nom de rue Levé. En assignant ce nom à la rue qui nous occupe, on avait l’intention d’honorer Jean-Denis Levé, écuyer, conseiller du roi, alors échevin de la ville de Paris. D’autres lettres-patentes, à la date du 2 mai 1780, changèrent la direction approuvée par les précédentes. Quant à la dénomination de rue Levé, elle ne fut jamais inscrite. — Une décision ministérielle à la date du 23 germinal an XI, signée Chaptal, ainsi qu’une ordonnance royale du 6 mai 1827, ont fixé à 10 m. la largeur de la rue du Chemin-Vert. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception des propriétés nos 17, 19, 21, 23, et d’une partie du no 29, qui devront subir un faible retranchement. — Égout dans toute l’étendue. — Conduite d’eau entre la rue Amelot et le quai de Valmy. — Éclairage au gaz dans cette partie (compe Lacarrière).

Chemin Vicinal (ruelle du).

Commence à la rue de Picpus, nos 5 et 7 ; finit à la place du Trône. Pas de numéro. Sa longueur est de 125 m. — 8e arrondissement quartier des Quinze-Vingts.

Le plan de Verniquet l’indique comme un chemin bordé de vignes. La largeur actuelle de cette voie publique varie de 2 m. à 3 m. 50 c. Il n’existe pas encore d’alignement arrêté pour cette ruelle.

Chenet (rue du Gros-).

Commence à la rue de Cléry, nos 13 et 15 ; finit aux rues des Jeûneurs, no 1, et Saint-Roch, no 7. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 150 m. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

D’anciens plans ne la distinguent point de la rue du Sentier, dont elle forme le prolongement. Elle doit son nom à une enseigne que portait autrefois une maison située au coin de la rue Saint-Roch. — Une décision ministérielle, à la date du 8 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Cette moindre largeur est portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826. Les maisons nos 9, 11, 13, 15, 21, 2 et 2 bis, sont alignées. La propriété no 17 n’est soumise qu’à un léger redressement. — Conduite d’eau entre la rue du Croissant et celle des Jeûneurs. — Éclairage au gaz (compe Française).

Cherche-Midi (rue du).

Commence aux rues du Vieux-Colombier, no 33, et de Sèvres, no 1er ; finit à la rue de Vaugirard, no 134. Le dernier impair est 119 ; le dernier pair, 126. Sa longueur est de 1 202 m. — Les impairs de 1 à 37 sont du 11e arrondissement, quartier du Luxembourg ; de 39 à la fin, et tous les numéros pairs sont du 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Les rues du Cherche-Midi, des Vieilles-Tuileries et du Petit-Vaugirard, formant avant 1832 trois voies publiques distinctes, nous allons tracer un court historique de chacune d’elles : 1o la rue du Cherche-Midi doit son nom à un cadran, près duquel on avait peint des gens qui cherchaient midi à quatorze heures ; 2o la rue des Vieilles-Tuileries était ainsi nommée en raison de son voisinage de plusieurs tuileries ; 3o la rue du Petit-Vaugirard tenait son nom du village de Vaugirard, auquel elle conduit. L’adjectif petit servait à la distinguer de la rue de Vaugirard. — Une décision ministérielle du 5 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de ces trois voies publiques à 10 m. — En vertu d’une autre décision du ministre du commerce et des travaux publics, à la date du 5 juin 1832, et signée d’Argout, elles ont été confondues sous la seule et même dénomination de rue du Cherche-Midi. Par suite de cette décision, le numérotage été régularisé conformément à un arrêté préfectoral du 29 juin 1833. — Les constructions portant les numéros ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 11 à 21 inclusivement ; de 31 à 85 inclusivement ; de 93 à 101 inclusivement ; 107, 119 ; de 14 à 34 inclusivement ; 66, 76, 86, 100, 104, 106, 110, 112 et 122. — Égout : 1o entre les rues de Sèvres et du Regard ; 2o depuis la rue de Bagneux jusqu’au boulevart du Mont-Parnasse. — Conduite d’eau : 1o entre les rues d’Assas et de la Barouillère ; 2o depuis la rue Mayet jusqu’au boulevart. — Éclairage au gaz (compe Française).

Au no 23 était situé le prieuré de Notre-Dame de Consolation, dit du Cherche-Midi. Des religieuses Augustines de la congrégation de Notre-Dame, établies à Laon pour l’instruction des jeunes filles, vinrent à Paris en 1633 afin d’y former un couvent. Le 13 mai 1634, elles achetèrent des sieur et dame Barbier un emplacement dans la rue du Cherche-Midi. Autorisées par l’abbé de Saint-Germain et munies de lettres patentes du roi, elles firent construire un monastère. Leur chapelle fut bénite sous l’invocation de Saint-Joseph, dont elles ajoutèrent le nom à celui de leur Institut. Supprimé en 1790, ce couvent qui contenait en superficie 2 714 m. fut vendu les 9 fructidor an IV, 15 brumaire an V, 24 vendémiaire, 25 pluviôse, 6 germinal, 29 prairial an VI et 8 fructidor an VIII. Dans le contrat de vente du 15 brumaire an V, l’obligation suivante fut imposée à l’acquéreur : Il sera tenu de donner le terrain nécessaire pour l’ouverture des deux rues projetées, ainsi que le tout est indiqué sur le plan, attendu que ce terrain ne fait point partie de la présente vente, etc. Cette clause n’a reçu que la moitié de son exécution. Une seule voie publique, la rue d’Assas fut ouverte sur l’emplacement du couvent du Cherche-Midi, et sur celui des Carmes, vendus l’un et l’autre avec la même obligation de livrer le terrain pour deux rues projetées. Dans les autres actes qui portent les dates des 6 germinal, 29 prairial an VI, et 8 fructidor an VIII, il est dit que l’acquéreur sera tenu de se conformer sans indemnité aux alignements arrêtés, ou qui pourraient l’être dans la suite par la commission des travaux publics.

Au no 38 était situé le couvent du Bon-Pasteur. Marie-Madeleine de Ciz, veuve du sieur Adrien de Combé, protestante nouvellement convertie au catholicisme, fonda cet établissement en retirant chez elle quelques filles débauchées et repentantes. Louis XIV l’encouragea et l’autorisa en lui donnant une maison confisquée sur un protestant, et une somme de 1 500 livres pour la réparer convenablement. On y construisit une chapelle, et la messe y fut dite pour la première fois le jour de la Pentecôte de l’année 1686. Cet utile établissement fut confirmé par lettres-patentes du mois de juin 1698. Plusieurs personnes, excitées par l’exemple du monarque, ajoutèrent des dons considérables qui fournirent à la vertueuse et bienfaisante fondatrice les moyens d’augmenter les bâtiments et d’y loger jusqu’à 200 filles. La maison du Bon-Pasteur était composée de deux espèces de personnes : de filles qu’on nommait sœurs, dont la conduite avait toujours été régulière et qui se consacraient à la conversion des pénitentes, et de personnes qui, revenues des égarements de leur jeunesse, suivaient de leur plein gré les exemples des premières. Ce couvent jouissait d’un revenu de 10 000 liv. Il fut supprimé en 1790. Ses bâtiments sont maintenant occupés par l’entrepôt des subsistances des troupes qui composent la garnison de Paris.

Cheval-Blanc (passage du).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, no 23 ; finit à la rue de la Roquette, nos 2 et 4. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Construit de 1824 à 1825, il doit son nom au chantier du Cheval-Blanc, sur lequel il a été bâti.

Chevalier-du-Guet (impasse du).

Située dans la place de ce nom, entre les nos 9 et 8. Pas de numéro. Sa longueur est de 22 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

C’était en 1339 une ruelle qui n’avait alors aucune dénomination. En 1450, elle prit le nom de ruelle de la Saunerie ; elle aboutissait vis-à-vis de la rue ainsi appelée. En 1776, elle fut réduite à l’état d’impasse. Elle n’a jamais été alignée ; aujourd’hui elle est fermée.

Chevalier-du-Guet (place du).

Située entre les rues du Chevalier-du-Guet, no 1, et Perrin-Gasselin, no 7. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 30 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Elle faisait anciennement partie du territoire dit Perrin-Gasselin. Jusqu’au milieu du XVIe siècle cette place ne fut connue que sous cette dénomination générale, qu’elle quitta alors pour prendre celle du Chevalier-du-Guet. (Voir pour l’étymologie l’article suivant.) — Une décision ministérielle en date du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. 50 c. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté gauche sont soumises un retranchement qui varie de 50 c. à 1 m. 10 c. Celles du côté droit devront reculer de 80 c. à 1 m. 60 c. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Chevalier-du-Guet (rue du).

Commence à la place du même nom, no 2, et à la rue de la Vieille-Harengerie, no 1 ; finit à la rue des Lavandières, nos 16 et 18. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 47 m. — 4e arrondissement. Les impairs sont du quartier du Louvre ; les pairs, du quartier des Marchés.

En 1300 et jusqu’au milieu du XVIe siècle, c’était la rue Perrin-Gasselin. Le nom qu’elle porte maintenant lui vient d’une maison que le roi avait acquise pour y loger le commandant ou chevalier du guet. « Il y a grande apparence, dit Jaillot, que ce fut en conséquence de l’ordonnance du roi Jean, du 6 mai 1363, que cette maison fut achetée et destinée pour les chefs de cette compagnie. » — La rue du Chevalier-du-Guet n’a été ainsi nommée qu’au commencement du XVIIe siècle. — Une décision ministérielle du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838. Les maisons nos 4, 8 et 10 sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Il est parlé du guet de Paris dans les Olim du parlement (ce sont les plus anciens registres du royaume). Il y avait le guet assis et le guet royal. Les communautés des marchands et artisans étaient obligées de fournir un certain nombre d’hommes. Le chiffre en était fixé par le prévôt de Paris. Ces soldats, qui devaient se rendre à des corps-de-garde fixes, formaient ce qu’on appelait le guet assis. Le guet royal était ainsi nommé parce qu’il était composé de militaires entretenus aux frais du roi. Il comptait dans l’origine vingt sergents à cheval et vingt-six sergents à pied. Cette compagnie faisait les rondes. Le commandant est nommé Miles-Gueti, chevalier du guet, dans une ordonnance de saint Louis, de l’année 1254. Lorsque Charles VII supprima l’ordre de l’Étoile, sa majesté voulut qu’il fût conservé seulement dans la personne du chevalier du guet. Cette charge donnait de très belles prérogatives. Celui qui en était revêtu, pouvait entrer chez le roi à toute heure, et même en bottes. Il rendait compte directement à sa majesté et prenait ses ordres. Les officiers et archers qui composaient la compagnie avaient aussi beaucoup de privilèges. À la mort du sieur Choppin de Goussangré, dernier chevalier du guet, le roi, par arrêté du 31 mars 1733, ordonna le remboursement de sa charge à ses héritiers, ne jugeant pas à propos de lui donner un successeur. On réunit dans un seul officier le commandement de toutes les compagnies d’ordonnance, tant à pied qu’à cheval. À l’époque de la révolution, le guet de Paris se composait de 69 archers à pied, de 111 à cheval et d’une troupe d’infanterie de 852 hommes.

Cheval-Rouge (passage du).

Commence à la rue Saint-Martin, no 271 ; finit à la rue du Ponceau, no 19. — 6e arrondissement, quartier de la Porte Saint-Denis.

Bâti vers l’année 1800, il a pris son nom d’une enseigne.

Chevaux (marché aux).

Commence au boulevart de l’Hôpital, no 28 ; finit à la rue du Marché aux Chevaux. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 16. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Sous le règne de Henri III, un Marché-aux-Chevaux fut construit sur une partie de l’emplacement de l’hôtel des Tournelles. Cet établissement occupait en 1605 un terrain qui fait aujourd’hui partie du boulevart des Capucines.

Bureau de la ville. — « Veu le placet présenté au Roi, par François Baraujon son appotiquaire et vallet de chambre, affin d’avoir permission et pouvoir de faire construire et rétablir le mercredy de chacune septmaine, un second marché en l’un des fauxbourgs de ceste ville de Paris, comme Saint-Jacques, Saint-Victor, ou Saint-Marceau, pour y vendre et exposer chevaux et autres bestiaux à pied fourché. Veu le renvoy à nous faict par sa majesté, etc. Sommes d’avis, après avoir faict descente sur les lieux et au faux bourg Saint-Victor à son bout près la Croix-de-Clamart, que le marché que prestend establir le d. Baraujon, soit faiet et construit au dit lieu et au bout du d. faubourg, prosche la Croix-de-Clamart, etc. Fait au bureau de la ville le 12e avril 1639. » — Des lettres-patentes de 1659 registrées au parlement l’année suivante confirmèrent cet établissement. En 1760, on fit bâtir à l’une de ses extrémités un pavillon dont nous indiquerons la destination. Le roi voulant que ce marché ne pût être déplacé, ordonna au lieutenant-général de police d’en faire l’acquisition des sieur et dame Guillotte. Le contrat fut dressé le 7 septembre 1787, par Gérard, notaire à Paris. Le Marché-aux-Chevaux était alors planté de quatre rangs d’arbres, formant une allée principale et deux contre allées. Des poteaux, placés de distance en distance, servaient à attacher un nombre plus ou moins considérable de chevaux dont on ne pouvait approcher sans danger. Les premiers travaux d’amélioration ont été autorisés en 1817, et pendant leur exécution, le marché a été transféré sur le boulevart de l’Hôpital. En 1824, les travaux concernant l’essai des chevaux de trait ont été entrepris ; enfin en 1830, on a déblayé un terrain sur lequel on devait faire des constructions. Le Marché-aux-Chevaux se compose de trois parties contiguës : la première, qui comprend le marché proprement dit, a son entrée principale par la rue du Marché-aux-Chevaux et occupe un espace de 55 m. de largeur sur 206 de longueur ; la seconde partie, formant hache à droite, est affectée à l’essai des chevaux de trait ; elle a son entrée par le marché et occupe un espace de 58 m. de longueur, ayant une largeur réduite de 50 m. ; la troisième partie, servant à la vente des voitures, a son entrée principale par le boulevart de l’Hôpital ; sa largeur est de 55 m. et sa longueur de 50. La première partie de cet établissement, qui est affectée spécialement à la vente des chevaux, forme une espèce de cirque composé de deux chaussées parallèles, dont la ligne de séparation devait être ornée de trois fontaines ; l’une monumentale et les deux autres portant les armatures des réverbères ; ces deux dernières sont exécutées et le surplus de la ligne de séparation est indiqué par des barrières et terminé par de fortes bornes. Les chevaux sont attachés à des barrières placées sur quatre rangs qui en contiennent chacun 34 et ensemble 136. Moitié de ces barrières d’attache est à droite et l’autre moitié à gauche des chaussées servant à essayer les chevaux. Presque toutes les barrières contiennent quatre chevaux et elles sont garnies de traverses mobiles et de poteaux pour garantir les passages qui sont réservés entre elles. Enfin cette partie du Marché-aux-Chevaux est plantée de six rangs d’arbres formant une allée principale et deux contre-allées doubles abritant les chevaux. Des retranchements qui sont encore à faire aux propriétés contiguës, ont empêché de placer vingt-et-une barrières faisant partie du second rang. La seconde partie, servant à l’essai des chevaux de trait, présente un plan elliptique, dont le grand axe correspond à une des fontaines ci-dessus décrites, et contient deux rampes en fer-à-cheval. Entre ces rampes est un plateau au fond duquel on a pratiqué, sous l’emplacement où les rampes se joignent, une serre voûtée contenant les voitures et les harnais servant à essayer les chevaux. La troisième partie est affectée, ainsi que nous l’avons dit, à la vente des voitures à l’encan par le ministère des commissaires-priseurs. On peut considérer comme une dépendance de ce vaste établissement le pavillon situé dans la rue du Marché-aux-Chevaux, en face de l’entrée principale ; ce pavillon, construit en 1760 et dont il a été parlé au commencement de cet article, est une propriété communale occupée par le commissaire de police. Tous les travaux du Marché-aux-Chevaux ont été dirigés par M. Lahure, architecte.

Cet établissement a été concédé à la ville de Paris, par décret impérial du 30 janvier 1811, titre V, art. 15. — Une ordonnance de police du mois de mars 1830 porte ce qui suit : — « À partir du 1er lundi de mars, il sera ouvert à Paris un marché affecté exclusivement à la vente des chevaux fins ou de luxe. Ce marché se tiendra, tous les premiers lundis de chaque mois, dans l’intérieur du Marché-aux-Chevaux, situé entre la rue du Marché-aux-Chevaux et le boulevart du Midi. » Cet établissement avait été affermé, moyennant un loyer annuel de 17 753 fr. suivant adjudication du 24 mars 1832, à partir du 1er avril, pour 3, 6, ou 9 années. Ce bail a été renouvelé le 22 mars 1841, pour le même laps de temps et moyennant 18 525 fr. par an. — Conduite d’eau depuis la rue du marché jusqu’à la fontaine.

Chevaux (passage du Marché-aux-).

Commence à la rue des Fossés-Saint-Marcel, no 21 ; finit à la rue du Marché-aux-Chevaux, nos 16 et 18. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Le plan de Verniquet l’indique comme une impasse sans dénomination. Elle a été convertie en passage il y a quelques années.

Chevaux (rue du Marché-aux-).

Commence à la rue Poliveau, nos 29 et 31 ; finit au boulevart de l’Hôpital, nos 36 bis et 38. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est 431 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

La partie de cette voie publique comprise entre la rue Poliveau et le marché fut percée vers 1640 et reçut la dénomination de rue Maquignogne. Quelques années après on lui donna le nom de rue du Marché-aux-Chevaux. La deuxième partie, celle qui aboutit au boulevart, s’appelait originairement rue du Chemin de Gentilly. En 1737, elle fut désignée sous le nom de rue du Gros-Caillou. — Une décision ministérielle en date du 28 prairial an IX, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de ces deux voies publiques à 10 m. Elles ont été réunies en 1806 sous la seule et même dénomination de rue du Marché-aux-Chevaux. Les propriétés nos 1, 3, 11 ; partie du no 18, 20, 22 bis, 24 et 26 ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau entre la rue Poliveau et le marché.

Chevert (petite-rue).

Commence à la rue Chevert, no 8 ; finit à l’avenue La Motte-Picquet. Pas de numéro. Sa longueur est de 36 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Une décision ministérielle du 28 vendémiaire an XIII, signée Portalis, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Sa largeur actuelle est de 5 m. (Voyez l’article suivant).

Chevert (rue).

Commence à l’avenue La Motte-Picquet ; finit à l’avenue de Tourville. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 349 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Le plan de Jaillot et celui de Verniquet l’indiquent comme un chemin sans dénomination. Le nom de Chevert lui fut donné vers 1802. François Chevert, lieutenant-général des armées du roi, naquit à Verdun-sur-Meuse, le 2 février 1699 ; il mourut à Paris le 24 janvier 1769. — Une décision ministérielle à la date du 28 vendémiaire an XIII, signée Portalis, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions situées sur le côté des numéros pairs, entre l’avenue La Motte-Picquet et la Petite-rue-Chevert, sont alignées.

Chevreuse (rue de).

Commence à la rue Notre-Dame-des-Champs, nos 42 et 42 bis ; finit au boulevart du Mont-Parnasse, nos 59 et 61. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 70 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Le plan de Verniquet l’indique sous cette dénomination dont l’étymologie nous est inconnue. — Une décision ministérielle à la date du 13 vendémiaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. La maison située sur le côté des numéros impairs à l’angle du boulevart et toutes les constructions du côté opposé sont alignées. Le surplus devra reculer de 2 m. 20 c.

Childebert (rue).

Commence à la rue d’Erfurth, nos 2 et 4 ; finit à la rue Sainte-Marthe, nos 4 et 9. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 79 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Cette rue a été ouverte en 1715 sur l’enclos de l’abbaye, par les soins du cardinal de Bissy, alors abbé de Saint-Germain-des-Prés. Son nom lui fut donné en mémoire de Childebert Ier, roi de France et fondateur de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, où il fut enterré en 558. — Une décision ministérielle du 21 août 1817 a fixé à 10 m. la largeur de cette voie publique. Les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau entre la rue d’Erfurth et la place Saint-Germain-des-Prés.

Chilpéric (rue).

Commence à la rue de l’Arbre-Sec, no 9 ; finit à la place Saint-Germain-l’Auxerrois, no 22. Pas de numéro impair. Ce côté est bordé par l’église Saint-Germain-L'auxerrois. Le dernier pair est 20. Sa longueur est de 82 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Elle faisait anciennement partie du cloître Saint-Germain-l’Auxerrois. Elle porte depuis 1800 le nom de Chilpéric, roi de Soissons, mort en 584, auquel on attribue la fondation de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. Sa largeur actuelle varie de 4 à 7 m. — Égout du côté de la rue de l’Arbre-Sec. — Conduite d’eau depuis cette rue jusqu’à celle du Demi-Saint. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Choiseul (passage de).

Commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs, no 44 ; finit à la rue Neuve-Saint-Augustin, no 19. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Ce passage, commencé en 1825 sur les terrains appartenant à MM. Mallet frères, a été termine en 1827. Les travaux ont été dirigés par M. Tavernier, architecte. Ce passage a pris sa dénomination de la rue de Choiseul dont il fait le prolongement.

Choiseul (rue de).

Commence à la rue Neuve-Saint-Augustin, nos 14 et 16 ; finit au boulevart des Italiens, nos 19 et 21. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 243 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Madame la comtesse de Choiseul, douairière, et M. le comte de Choiseul, son fils, propriétaires d’un hôtel dont le jardin s’étendait jusqu’au rempart, obtinrent, par arrêt du conseil du 26 avril 1776, l’autorisation d’ouvrir un renfoncement ou impasse de 24 pieds de largeur. Cette impasse fut immédiatement construite. Le 19 juin 1779, ils obtinrent des lettres-patentes ainsi conçues : — « Article 1er. Il sera ouvert et formé, en continuité du renfoncement dont la permission a été accordée à la dame comtesse de Choiseul, douairière, et comte de Choiseul-Gouffier, son fils, une nouvelle rue sur le terrain des jardins et bâtiments de leur hôtel, et à leurs dépens, dont l’une des issues sera sur le rempart, et l’autre rue Neuve-Saint-Augustin ; la dite rue sera nommée rue de Choiseul. Sa largeur sera de 24 pieds et son alignement droit et parallèle dans toute sa longueur. — Art. 2. Le nouveau pavé de la rue sera établi également aux frais des sieur et dame de Choiseul, etc. » — Ces lettres-patentes furent exécutées en août 1779.

Marie-Gabriel-Auguste, comte de Choiseul-Gouffier, naquit en 1752. Il fut nommé membre de l’Académie Française en 1784, puis ambassadeur à Constantinople. Pendant la révolution, le comte de Choiseul se réfugia en Russie. Il rentra en France en 1802 et mourut en 1817.

Une décision ministérielle du 23 floréal an X, signée Chaptal, fixa la largeur de la rue de Choiseul à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 27 mars 1831, cette largeur est portée à 10 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. à 1 m. 30 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Cholets (rue des).

Commence à la rue de Reims, no 7 ; finit à la rue Saint-Étienne-des-Grès. Le dernier impair est 3 ; pas de numéro pair. Ce côté est bordé par les dépendances du collége Louis-le-Grand. Sa longueur est de 69 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

L’emplacement circonscrit par les rues des Cholets, de Reims, des Sept-Voies et Saint-Étienne-des-Grès, était au XIe siècle un clos planté de vignes. On voyait à son extrémité occidentale une petite chapelle dédiée à saint Symphorien. — À la fin du siècle suivant, un chemin avait été tracé en cet endroit et portait le nom de Saint-Symphorien. Vers 1295 ce chemin, bordé de constructions, recevait le nom des Cholets, en raison du collége des Cholets dont nous tracerons l’origine. — Une décision ministérielle, à la date du 13 juin 1807, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement de 2 m. 40 c. environ. Celles du côté opposé ne sont assujetties qu’à un léger redressement.

La chapelle de Saint-Symphorien dont nous avons parlé, remontait à la plus haute antiquité. Aucun historien n’a pu fixer l’époque de sa fondation. Le premier titre qui l’indique d’une manière positive est une charte de Philippe-Auguste, de 1185. Cette chapelle tombait en ruines au milieu du XVIIe siècle et fut vendue au collége de Montaigu, par contrat du 9 septembre 1662.

Le collége des Cholets était situé dans cette rue, au no 2. Sa fondation est due à Jean Cholet, cardinal et légat du pape en France. Ce prélat, mort le 2 août 1291, avait légué par son testament une somme de 6 000 livres pour fournir aux frais de la croisade publiée contre Pierre d’Aragon. Cette guerre se trouvant terminée à la mort de Jean Cholet, ses exécuteurs testamentaires, Jean de Bulles, archidiacre du Grand-Caux dans l’église de Rouen, et deux chanoines de l’église de Beauvais, résolurent d’affecter cette somme à la fondation d’un collége en faveur des étudiants des diocèses de Beauvais et d’Amiens. En 1504, la chapelle fut construite et dédiée à sainte Cécile. Le collége des Cholets fut réuni à l’Université en exécution des lettres-patentes du 21 novembre 1763. Les bâtiments devinrent propriétés nationales en 1792. Une partie de ce collége, la moins importante, fut vendue. Ce qui en restait fut loué par l’État. L’ordonnance royale qui suit complète l’historique de cet ancien établissement. — « Louis, etc. Vu l’article 23 du décret du 17 septembre 1808, portant que les bâtiments des Académies seront entretenus aux frais des villes où ils seront établis ; vu le décret du 11 décembre suivant, qui donne à l’Université de France les biens meubles et immeubles ayant appartenu aux anciennes universités, académies et colléges, et celui du 9 avril 1811, qui concède aux départements, arrondissements et communes les bâtiments occupés pour le service de l’instruction publique, etc., nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : — Article 1er. Les bâtiments de l’ancien collége des Cholets à Paris, sont, conformément au décret du 11 décembre 1808, réunis aux biens composant la dotation de l’Université qui sera mise immédiatement en possession. Les bâtiments seront concédés gratuitement par l’Université à notre bonne ville de Paris, à la charge par la dite ville d’en effectuer la démolition et d’en réunir le terrain au collége royal de Louis-le-Grand, sauf le retranchement nécessaire pour l’élargissement des rues des Cholets et de Saint-Étienne, etc. Donné à Paris, le 26 juin de l’an de grâce 1821 et de notre règne le 27e, signé Louis. — Par le roi : le ministre secrétaire d’État de l’intérieur, signé Siméon. »

Chopinette (barrière de la).

Située à l’extrémité de la rue du Buisson-Saint-Louis.

Décorée d’un bâtiment avec deux arcades entourées chacune de six colonnes, cette barrière tire son nom des guinguettes situées dans son voisinage, et fréquentées par le peuple qui va, surtout les jours de fêtes, y vider de nombreuses chopines ou chopinettes. (Voir l’article Barrières.)

Chopinette (chemin de ronde de la barrière de la).

Commence à la rue du Buisson-Saint-Louis et à la barrière de la Chopinette ; finit à la rue Grange-aux-Belles et à la barrière du Combat. Pas de numéro. Sa longueur est de 574 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Voir l’article Chemins de ronde.

Chopinette (rue de la).

Commence à la rue Saint-Maur, finit au chemin de ronde de la barrière de la Chopinette. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 388 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

C’était autrefois un chemin. On n’a commencé à y bâtir que vers 1795 (même étymologie que celle de l’article de la Barrière). — Une décision ministérielle du 7 fructidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. D’après les alignements arrêtés, les constructions riveraines ne sont généralement assujéties qu’à un faible retranchement.

Choux (rue du Pont-aux-).

Commence aux boulevarts de Beaumarchais, no 85, et des Filles-du-Calvaire, no 1 ; finit à la rue Saint-Louis, nos 74 et 76. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 171 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

À la fin du XVIe siècle, ce n’était qu’un chemin qui conduisait à des marais où l’on cultivait des choux et autres légumes. — À l’endroit où cette rue prend naissance était un ponceau ou petit pont qui servait à traverser l’égout que la rue Saint-Louis couvre aujourd’hui. Dans un procès-verbal d’arpentage du 2 janvier 1624, on voit que la rue du Pont-aux-Choux était presque entièrement construite. — Une décision ministérielle à la date du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 21, 14 et 20 sont alignées ; le surplus des constructions n’est soumis qu’à un faible retranchement. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Louis. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Christine (rue).

Commence à la rue des Grands-Augustins, no 12 et 14 ; finit à la rue Dauphine, nos 35 et 37. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 96 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

L’hôtel et collége de Saint-Denis furent vendus en vertu d’un arrêt du parlement du 9 avril 1595. Les bâtiments furent démolis et sur une partie de leur emplacement, on traça deux rues qui furent bordées de constructions vers 1607. On donna à la première le nom de rue Dauphine ; la deuxième, ouverte sur une largeur de 5 m. 84 c., fut appelée rue Christine en l’honneur de Christine de France, seconde fille de Henri IV et de Marie-de-Médicis. Christine naquit en 1606, épousa en 1619 Victor-Amédée, duc de Savoie, et mourut en 1663.

Une décision ministérielle à la date du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de la rue Christine à 7 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées. Celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 10 c. — Bassin d’égout. — Conduite d’eau depuis la rue Dauphine jusqu’à la borne-fontaine.

Christophe (rue Saint-).

Commence au parvis Notre-Dame et à la rue d’Arcole, no 24 ; finit à la rue de la Cité, no 51. Le côté gauche est bordé par les bâtiments de l’administration des Hospices. Le dernier pair est 18. Sa longueur est de 87 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

C’était en 1218, 1248 et 1265 la Regraterie. Guillot, vers l’an 1300, l’appela la grand’rue Saint-Christofle : elle tenait cette dénomination de l’église Saint-Christophe. — Une décision ministérielle du 13 ventôse an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. La maison à l’encoignure de la rue d’Arcole, celles nos 6, 8, 10, 18, la propriété à l’angle de la rue de la Cité et les bâtiments de l’administration des Hospices, sont alignés. — Conduite d’eau.

La charte de Vandemir de 690 nous apprend qu’à cette époque il existait, à l’endroit où fut depuis l’église Saint-Christophe, une chapelle dont l’abbesse se nommait Landetrude. Ce monastère avait été placé à la proximité de la principale église, afin que les religieuses prissent soin de ses ornements et de sa lingerie, suivant l’usage établi dans plusieurs cathédrales. D’autres femmes ayant été plus tard chargées de cet entretien, le monastère fut destiné par l’évêque de Paris à servir d’hôpital. L’historien Lebeuf pense que ce changement eut lieu immédiatement après le concile d’Aix-la-Chapelle, tenu en 817. Il est certain qu’en 829 les chanoines de la cathédrale étaient dans l’usage de laver les pieds des pauvres, dans ce lieu appelé Memoria Sancti-Christophi. La petite église ou chapelle était alors desservie, de semaine en semaine, par deux prêtres nommés par les chanoines de Notre-Dame. Le chapitre possédait la moitié de l’hospice de Saint-Christophe, l’évêque de Paris était propriétaire de l’autre ; mais sous le roi Robert, l’évêque Renaud donna l’établissement en entier à six chanoines, et peu après l’évêque Guillaume leur céda l’église elle-même. Elle fut rebâtie de 1494 à 1510, dans un style assez gracieux. Sauval rapporte : « qu’en 1502, il existait près de Saint-Christophe un pilier et carcan où fut attaché Guillaume Dubois, valet-boucher, le jour de Pasques, pour blasphèmes de Dieu, par lui faits et commis, et icelui gardé pendant qu’on disait la grand’messe, depuis huit heures jusqu’à onze. » L’église Saint-Christophe fut démolie en 1747, pour agrandir le parvis Notre-Dame. Une partie de son emplacement servit aussi à la reconstruction de la chapelle des Enfants-Trouvés.

Cirque-Olympique.

Situé boulevart du Temple, no 80. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Vers 1780, un anglais nommé Astley établit dans la rue du Faubourg-du-Temple, no 24, un manège et un spectacle de voltiges. Franconi père, chef d’une famille d’écuyers dont la réputation est européenne, le remplaça en 1784 et augmenta l’importance de ce théâtre, qui fut transféré, en 1802, dans le jardin des Capucines, et dans la rue du Mont-Thabor en 1807. Peu de temps après, MM Franconi fils retournèrent au cirque de la rue du Faubourg-du-Temple. Ce théâtre jouissait de la faveur du public, lorsqu’il fut détruit par un incendie dans la nuit du 15 au 16 mai 1826. Une nouvelle salle fut bâtie sur le boulevart du Temple et son ouverture eut lieu le 31 mars 1827. De tous les théâtres du boulevart du Temple, le Cirque-Olympique est sans contredit celui qui exerce l’influence la plus salutaire sur l’esprit de son public. Les pièces qu’on y représente sont tirées de nos annales et rappellent souvent la gloire militaire de la République et de l’Empire. On y joue quelquefois des féeries ; le luxe de leur mise en scène rivalise avec celui que déploient nos grands théâtres.

Le Cirque du boulevart du Temple est fermé pendant l’été ; c’est le moment où les écuyers, les clowns vont faire admirer au théâtre des Champs-Élysées leur force et leur agilité.

Théâtre du Boulevart. — Prix des places en 1843 : Avant-scènes et stalles du 1er rang, 4 fr. ; loges de face, 3 fr. ; stalles du 1er amphithéâtre et loges de côté, 2 fr. 50 c. ; balcons, 2 fr. ; 1re galerie du rez-de-chaussée, 1 fr. 50 c. ; 2e galerie et 2e avant-scènes, 1 fr. 25 c. ; 2e amphithéâtre, 1 fr.

Cirque des Champs-Élysées. — Pourtour, 2 fr. ; amphithéâtre, 1 fr.

Ciseaux (rue des).

Commence à la rue Sainte-Marguerite, nos 23 et 25 ; finit à la rue du Four, nos 32 et 34. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 63 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Ce nom lui vient d’un hôtel des Ciseaux, dont il est fait mention dans les titres de Saint-Germain-des-Près. Le procès-verbal de 1636 la nomme rue des Fossés-Saint-Germain. Depuis on l’a toujours désignée sous le nom de rue des Ciseaux. — Une décision ministérielle du 15 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement de 1 m. 50 c. ; celles du côté opposé doivent reculer de 1 m. 10 c. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Française).

Cité (passerelle de la).

Située entre les quais de l’Archevêché et de Bourbon.

Autrefois on voyait près de cet endroit un pont construit en bois et nommé Pont-Rouge. Dans les premières années de la révolution, il fut emporté par les eaux. Une loi du 24 ventôse an IX (15 mars 1801), ordonna la construction d’un nouveau pont. Les travaux furent exécutés sous la direction de M. Demoutier, ingénieur, et aux frais d’une société anonyme dont la concession, avec droit de péage, ne doit expirer qu’au 30 juin 1897. Ce pont était composé de deux travées en charpente de 31 m. chacune, sur piles et culées en maçonnerie. Dans le courant de 1842, ce pont tombait en ruine et les concessionnaires ont été autorisés à le convertir en une passerelle suspendue en fil de fer et n’ayant qu’une seule travée. Les travaux ont été achevés au mois de décembre de la même année.

Cité (rue de la).

Commence aux rues du Haut-Moulin, no 13, et de la Pelleterie, no 1 ; finit au Petit-Pont. Le dernier impair est 51 ; le dernier pair, 76. Sa longueur est de 232 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Les rues de la Lanterne, de la Juiverie et du Marché-Palu ayant été confondues sous une seule et même dénomination, nous allons rappeler l’origine de chacune d’elles.

Rue de la Lanterne. — On la désignait anciennement sous les noms de place Saint-Denis-de-la-Chartre, place devant la croix Saint-Denis, et place devant l’église Saint-Denis-de-la-Chartre. On la nommait aussi rue de la Jusrie (Juiverie). On la désigna également sous la dénomination de rue du Pont-Notre-Dame, parce qu’elle conduit directement au pont ainsi appelé. Dès l’année 1326, elle avait pris d’une enseigne le nom de la Lanterne. — Au coin septentrional de la rue du Haut-Moulin, étaient situés l’église et prieuré de Saint-Denis-de-la-Chartre. Cette église, voisine d’une prison, et dédiée à saint Denis, existait probablement sous la première race de nos rois. Louis-le-Gros et la reine Adélaïde, voulant former un monastère de religieuses de l’ordre de saint Benoit, firent l’acquisition du territoire de Montmartre, des moines de Saint-Martin-des-Champs qui reçurent en dédommagement l’église de Saint-Denis-de-la-Chartre. Elle porta dès lors le titre de prieuré et fut sous la dépendance de Saint-Martin. En 1704, le prieuré de Saint-Denis fut uni à la communauté de Saint-François-de-Sales, établie vers cette époque pour servir de retraite aux prêtres infirmes ; l’église conserva cependant sa destination primitive. L’épitaphe d’un des prieurs de Saint-Denis-de-la-Chartre, prouvait que cette église avait été rebâtie au XIVe siècle. Suivant un usage assez fréquent dans les constructions de cette époque, l’église était double et dans un des côtés de la nef était une paroisse sous le titre de Saint-Gilles et Saint-Leu, dont la cure fut transférée en 1618 dans l’église de Saint-Symphorien de la Cité. En 1665, Anne d’Autriche fit rebâtir l’autel. Au-dessus de la porte on remarquait un bas-relief représentant des personnages chargés de ventres très proéminents ; ces bas-reliefs dataient du règne de Louis XI, temps où les ventres postiches étaient en pleine faveur. Comme toutes les anciennes églises, Saint-Denis-de-la-Chartre avait une crypte ou chapelle souterraine, et l’on croit qu’en 1564 existait dans cette église une confrérie de drapiers chaussiers dite de Notre-Dame-des-Voûtes, en raison des voûtes souterraines de la crypte. L’enceinte des maisons qui environnaient cette église et qu’on appelait le Bas-Saint-Denis, était un lieu privilégié dépendant du prieuré. Les ouvriers pouvaient y travailler avec sureté sans avoir besoin d’obtenir la maitrise. L’église de Saint-Denis-de-la-Chartre qui contenait, avec ses dépendances, une superficie de 1 982 m., fut supprimée en 1790. Devenue propriété nationale, elle fut vendue en deux lots le 29 frimaire an VII et démolie peu de temps après. Une partie de son emplacement est représentée aujourd’hui par une propriété portant, sur le quai Napoléon, le no 33.

Rue de la Juiverie. — Elle était ainsi nommée parce qu’elle était habitée au XIIe siècle par des Juifs. En horreur au peuple, exposés sans cesse à des avanies, les malheureux Juifs servaient de jouet à l’avarice des princes qui les chassaient de leur territoire pour leur prendre leurs biens et les rappelaient pour les pressurer plus tard. Les plus riches demeuraient dans les rues de la Pelleterie, de la Tixéranderie et surtout dans la rue de la Juiverie. Leurs artisans, leurs fripiers occupaient les halles ou les rues malsaines qui y aboutissaient. Ils avaient leurs écoles dans les rues Saint-Bon et de la Tacherie ; leur synagogue était située dans la rue du Pet-au-Diable. Il ne leur était pas permis de paraître en public sans une marque jaune sur l’estomac. Philippe-le-Hardi les obligea même à porter une corne sur la tête. Défense leur était faite de se baigner dans la Seine, et quand on leur faisait l’honneur de les pendre, c’était toujours entre deux chiens qu’on mettait le patient. Sous le règne de Philippe-le-Bel leur communauté s’appelait societas caponum d’où provient sans doute l’épithète injurieuse de capon. Il y avait dans la rue de la Juiverie un marché au blé qu’on appelait la Halle de Beauce. Philippe-Auguste la donna à son échanson, qui la céda à Philippe de Convers, chanoine de Notre-Dame. — Un arrêt du parlement, à la date du 23 juillet 1507, ordonna l’élargissement de la rue de la Juiverie, suivant le second alignement du maître des œuvres de la ville. L’arrêt porte « qu’à cet effet les maisons de la dite rue seront retranchées de part et d’autre jusqu’à la largeur de trois toises deux pieds. » Dans cette rue était située l’église de la Madeleine. (Voir l’article de la rue de Constantine.)

Rue du Marché-Palu. — Elle dut ce nom qu’elle porta dès le XIIIe siècle, au marché qu’on y voyait de temps immémorial ; son surnom de Palu lui venait de l’humidité de son emplacement qui resta longtemps sans être pavé.

Une décision ministérielle du 26 prairial an XI signée Chaptal, fixa la largeur des rues de la Lanterne, de la Juiverie et du Marché-Palu, à 12 m.

Le 13 mai 1834, sur la demande des propriétaires riverains, le ministre de l’intérieur décida que ces trois voies publiques prendraient la seule et même dénomination de rue de la Cité. — Un arrêté préfectoral en date du 12 août suivant a prescrit la régularisation du numérotage.

En vertu d’une ordonnance royale du 21 mai 1843, la largeur de la rue de la Cité est portée à 15 m. pour la partie comprise entre la rue de la Pelleterie et celle du Marché-Neuf. Suivant cette ordonnance, l’exécution immédiate de l’alignement sur le côté des numéros pairs est déclarée d’utilité publique et le préfet de la Seine est autorisé à acquérir, soit à l’amiable, soit par voie d’expropriation, conformément à la loi du 3 mai 1841, les immeubles ou portions d’immeubles qui rentrent dans cet alignement. — D’après le tracé approuvé par cette ordonnance, les bâtiments nos 19, 23, 25, 27, 41, le mur de clôture de l’administration des hospices, 10, 12, 24, 26, 28, 30, 32, 36, 38, 40, 42, 46, 56, 58 et 60, ne sont pas soumis à retranchement. — Conduite d’eau : 1o entre le quai Napoléon et la rue de la Vieille-Draperie ; 2o depuis la rue de la Calandre jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Clairvaux (impasse).

Située dans la rue Saint-Martin entre les nos 106 et 108. Pas de numéro. Sa longueur est de 27 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Elle était bâtie en 1330 et formait une ruelle qui aboutissait à la rue Beaubourg. Les papiers-terriers de Saint-Martin, des années 1338 et 1355, en font mention sous le nom de Ruelle de la Petite-Troussevache. Les abbés de Clairvaux convertirent cette ruelle en impasse en faisant bâtir du côté de la rue Beaubourg un hôtel dont le nom rappelle ces religieux. Les abbés de Clairvaux cédèrent cette propriété aux moines de Rigny, qui la vendirent, les 19 mars et 12 avril 1788, avec d’autres bâtiments qui en dépendaient, au sieur Hussenot, marchand de dentelles, moyennant une rente foncière et non rachetable de 8 000 livres. Le sieur Hussenot obtint des lettres-patentes le 20 juin 1788, qui confirmèrent la vente faite par les religieux de Rigny. La largeur actuelle de cette impasse est de 2 m. 40 c.

Claude au Marais (impasse Saint-).

Située dans la rue Saint-Claude, entre les nos 8 et 10. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 46 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Mêmes étymologie et origine que celles de la rue Saint-Claude au Marais. — Une décision ministérielle à la date du 7 fructidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté gauche sont alignées ; celles du côté opposé devront, dans la partie voisine de la rue Saint-Claude subir un retranchement de 50 c. environ. Le surplus de ce côté devra avancer sur le sol de l’impasse.

Claude au Marais (rue Saint-).

Commence au boulevart de Beaumarchais, nos 73 et 75 ; finit à la rue Saint-Louis, no 52. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 186 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Elle a été ouverte en 1640 sur le clos Margot qui appartenait aux Célestins. En 1644, on y comptait plusieurs maisons. Elle doit son nom à une statue de Saint-Claude, qu’on voyait au coin de l’impasse ainsi appelée. Une décision ministérielle à la date du 7 fructidor an X, signée Chaptal, fixa la largeur de la rue Saint-Claude à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 8 juin 1834, cette largeur est portée à 10 m. Sur le côté des numéros impairs, les constructions de l’église du Saint-Sacrement sont alignées ; le surplus de ce côté est soumis à un retranchement de 3 m. 30 c. environ. Les maisons du côté des numéros pairs ne devront éprouver qu’un retranchement de 30 c. environ. — Égout entre le boulevart et la rue Harlay. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Louis jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Claude-Bonne-Nouvelle (rue Saint-).

Commence à la rue Sainte-Foy, nos 25 et 27 ; finit à la rue de Cléry, nos 94 et 96. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 71 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Ouverte en 1660, elle prit d’abord le nom de rue Sainte-Anne. Sa dénomination actuelle lui vient d’une image de Saint-Claude qu’on voyait au coin de la rue de Bourbon-Villeneuve. — Une décision ministérielle à la date du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, et une ordonnance royale du 21 juin 1826, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés nos 1, 2 et 4 devront reculer de 50 c. à 1 m. La maison no 6 est alignée ; les autres constructions ne sont soumises qu’à un léger redressement. — Conduite d’eau.

Claude-Montmartre (impasse Saint-).

Située dans la rue Montmartre, entre les nos 77 et 79. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 41 m. — 3e arrondissement, quartier du Mail.

C’était autrefois la rue du Rempart. Elle faisait un retour d’équerre, et aboutissait aux murs d’enceinte que la rue des Fossés-Montmartre a depuis remplacés. On la nomma ensuite rue du Puits. En 1641, elle fut convertie en impasse et appelée cul-de-sac du Bout-du-Monde, en raison de sa situation en face de la rue du Cadran qu’on désignait alors sous le nom de rue du Bout-du-Monde. Une enseigne de Saint-Claude lui a fait donner sa dénomination actuelle. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m.

Clef (rue de la).

Commence à la rue d’Orléans, nos 18 et 20 ; finit à la rue Copeau, nos 15 et 17. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 282 m. — 12e arrondissement. Les nos de 1 à 17 et de 2 à 14, sont du quartier Saint-Marcel ; de 19 à la fin, quartier du Jardin-du-Roi.

Elle porta d’abord le nom de rue Saint-Médard, parce qu’elle conduit à cette église. Une enseigne lui a fait donner sa dénomination actuelle. — Une décision ministérielle du 7 fructidor an X, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 24 avril 1837. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 80 c. à 2 m. 40 ; celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 70 c. à 2 m. 90.

Clément (rue).

Commence à la rue de Seine, nos 66 et 68 ; finit à la rue Mabillon. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 120 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette rue a été ouverte, en 1817, sur l’emplacement de l’ancienne foire Saint-Germain-des-Prés. — Clément (François), religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, naquit à Bèze près de Dijon, en 1714. Parmi les ouvrages qui ont illustré ce savant, celui qui a pour titre : l’Art de vérifier les dates est placé en première ligne. — Clément mourut le 29 mars 1793. Cette voie publique a été exécutée sur une largeur de 11 m. 50 c. conformément à une décision ministérielle du 12 novembre 1817. Cette dimension est maintenue par une ordonnance royale du 12 mai 1841. — Égout entre les rues de Seine et Montfaucon.

Cléry (rue de).

Commence à la rue Montmartre, no 108 et 110 ; finit à la rue Beauregard, no 62, et au boulevart Bonne-Nouvelle, no 5. Le dernier impair est 97 ; le dernier pair, 100. Sa longueur est de 604 m. — Les impairs de 1 à 29 inclusivement, et les pairs de 2 à 41 inclusivement, sont du 3e arrondissement, quartier Montmartre ; le surplus dépend du 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Cette rue fut ouverte en août 1634, en vertu d’un arrêt du conseil du 23 novembre 1633, registré au parlement le 5 juillet de l’année suivante. Elle était en partie bordée d’habitations en 1636. Son nom lui vient de l’hôtel de Cléry, dont les dépendances aboutissaient alors aux fossés de la ville. La partie qui de la rue Poissonnière aboutit à la porte Saint-Denis, s’est appelée quelque temps rue Mouffetard. — Une décision ministérielle du 3 fructidor an XI, signée Chaptal, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur a été portée à 10 m. 70 c. en vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826. Les maisons nos 15, 19, 21, 23, 25, 27, 29 ; 12, 14, 16, 18, 20, 22, 62 bis, 98, 100, et la propriété à l’encoignure du boulevart sont alignées. Celles nos 93, 95 et 97 seront supprimées entièrement pour l’exécution d’un pan coupé à l’angle de la rue Beauregard. — Conduite d’eau : 1o entre la rue Poissonnière et celle de Mulhouse ; 2o depuis la rue du Gros-Chenet jusqu’à la rue Montmartre. — Éclairage au gaz (compe Française).

Clichy (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue de Clichy.

Elle se compose d’un seul bâtiment avec deux péristyles de six colonnes chaque. En 1814, une partie de la garde nationale parisienne, commandée par l’illustre maréchal Moncey, défendait la capitale de ce côté. Elle combattit avec la plus grande bravoure et ne céda qu’après l’arrivée du message qui annonçait la capitulation de Paris. Le pinceau d’un de nos plus habiles artistes a retracé avec bonheur cette page de notre histoire. (Voir l’article Barrières.)

Clichy (chemin de ronde de la barrière de).

Commence aux rue et barrière de Clichy finit à la rue de Constantinople et à la barrière de Monceau. Pas de numéro. Sa longueur est de 820 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Voir l’article Chemins de ronde.

Clichy (rue de).

Commence à la rue Saint-Lazare, no 80 ; finit aux chemins de ronde des barrières de Clichy et Blanche. Le dernier impair est 67 ; le dernier pair, 88. Sa longueur est de 807 m. — Les numéros impairs sont du 1er arrondissement, quartier du Roule ; les numéros pairs dépendent du 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

C’était originairement le chemin de Clichy. Le plan de Jaillot l’indique sous la dénomination de rue du Cocq. Cette voie publique aboutissait à un château ainsi appelé, et dont l’entrée se trouvait dans la rue Saint-Lazare. Le nom de Clichy qu’elle porte actuellement lui vient de sa direction vers le village de Clichy. — Une décision ministérielle à la date du 28 fructidor an XII, signée Portalis, ainsi qu’une ordonnance royale du 23 mai 1837, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Les propriétés ci-après sont alignées 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 21, 23, 25, 27, 29, 31, 33, 35, 37, 39, 41, 43, 45, 47, 49, 51, 53, 53 bis, 55, 57, 57 bis, 59, 61, 63, 65, 67 ; 16, 20, 22, 28, 34, 36, 38, 40, 42, 44, 46, 48, 50, 52, 58, 60, 62, 64, 66, 68, 70, 72 et 74. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Au no 6 est une caserne d’infanterie. — L’entrée de la prison pour dettes se trouve au no 68. Le 10 juin 1826, la ville de Paris a fait l’acquisition, du baron Saillard, moyennant la somme de 399 200 fr., de deux hôtels sur l’emplacement desquels cette prison a été établie. — Vergniaud, l’éloquent orateur de la Gironde, demeurait dans cette rue lorsqu’il fut mis en état d’arrestation, le 17 juin 1793.

Clichy (rue Neuve-de-).

Commence à la rue de Clichy, nos 53 et 53 bis ; finit à la rue d’Amsterdam, nos 29 et 30. Le dernier impair est 9 le dernier pair, 4. Sa longueur est de 91 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette rue, qui n’est pas reconnue voie publique par l’administration, a été ouverte en 1839, sur les terrains appartenant à MM. Lehr et Singer. Elle a 12 m. de largeur et doit son nom à la rue de Clichy, où elle prend naissance.

Cloche-Perce (rue).

Commence à la rue Saint-Antoine, nos 27 et 29 ; finit à la rue du Roi-de-Sicile, nos 43 et 45. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 85 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Cette rue était bordée de constructions dès 1250. Guillot et les rôles de taxe de 1300 et 1313 l’indiquent sous le nom de Renaut-le-Fevre (Renaut le fabricant). Un procès-verbal de 1636 lui donne la dénomination de la Cloche-Percée dont on a fait Cloche-Perce par altération. Elle tirait ce nom d’une enseigne. — Une décision ministérielle du 8 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 12 juillet 1837, cette largeur a été portée à 10 m. Les maisons riveraines sont soumises à un fort retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Antoine jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Clopin (impasse).

Située dans la rue Descartes, nos 13 et 17. Pas de numéro. Sa longueur est de 19 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

« Au palais des Tuileries, le 7 février 1809. Napoléon, etc. Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Article 1er. La Petite-rue-Clopin, qui communique de la rue Bordet (aujourd’hui Descartes) à celle des Fossés-Saint-Victor, sera supprimée dans toute la partie qui sépare l’ancien collége de Boncourt du ci-devant collége de Navarre, depuis la rue Bordet jusqu’à l’angle de la maison no 6 de la même rue Clopin. Le terrain de la rue fera partie de l’enceinte de l’école, afin d’opérer la réunion des bâtiments et terrains de ces deux colléges maintenant affectés à l’école impériale Polytechnique, etc. Ce décret ayant été exécuté, il n’est resté de cette partie de la rue Clopin que deux portions formant impasses. Celle donnant sur la rue Descartes est appelée impasse Clopin ; l’autre portion est confondue dans la rue Clopin. — Une ordonnance royale, du 2 décembre 1829, a fixé la largeur de l’impasse Clopin à 6 m. Les constructions du côté gauche sont alignées. (Voyez l’article qui suit.)

Clopin (rue).

Commence à la rue des Fossés-Saint-Victor, nos 18 et 20 ; finit à la rue d’Arras, no 29. Le dernier impair est 5 le seul pair, 2. Sa longueur est de 63 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Cette rue doit son nom à un logis bâti en 1258 et qu’on appelait la grande maison Clopin. Plusieurs actes du XIIIe siècle la désignent sous cette dénomination qu’on lui donnait encore dans les deux siècles suivants. Mais dès 1505 on la trouve indiquée sous le nom du Champ-Gaillard ou du Chemin-Gaillard. On appelait ainsi le chemin qui régnait en cet endroit le long des murs et la place où la rue Clopin aboutissait. Lorsqu’au XVIIe siècle on abattit les murs, les fossés furent également comblés pour y bâtir des maisons, et cette rue fut prolongée jusqu’à celle des Fossés-Saint-Victor et nommée alors rue des Anglaises, parce qu’elle aboutissait en face du couvent de ces religieuses. Depuis elle a repris son premier nom dans toute son étendue. — Une décision ministérielle à la date du 3 vendémiaire an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette