Utilisateur:Seudo/Dico3

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Dico4  ►
Dico3

voie publique à 6 m. En 1810, la partie comprise entre la rue d’Arras et celle Descartes, a été presqu’entièrement supprimée. Deux faibles portions ont été cependant conservées ; celle qui donne sur la rue Descartes a pris le nom d’impasse Clopin. — Une ordonnance royale à la date du 2 décembre 1829, a fixé la largeur de la rue Clopin à 10 m. La maison située sur le côté droit à l’encoignure de la rue des Fossés-Saint-Victor et celle portant le no 1 bis sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue des Fossés-Saint-Victor.

Clotaire (rue).

Commence à la place du Panthéon, no 7 ; finit à la rue des Fossés-Saint-Jacques, nos 15 et 17. Pas de numéro. Sa longueur est de 38 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Dès le 30 floréal an XIII, le ministre de l’intérieur Champagny, pour améliorer les abords du Panthéon, prescrivit l’ouverture de cette rue dont la largeur fut fixée à 10 m. — Une autre décision rendue par le même ministre, le 13 juin 1807, confirma ces dispositions. Le procès-verbal d’alignement dressé par le conseil des bâtiments civils indique ce percement sous le nom de rue Clotaire. Cependant cette voie publique n’a été ouverte qu’en 1832, par suite des ventes faites par le domaine de l’État les 1er mars 1831 et 13 mars 1832. — Clotaire Ier, quatrième fils de Clovis, naquit en 497, et mourut à Compiègne en 558.

Clotilde (rue).

Commence à la rue Clovis ; finit à la rue de la Vieille-Estrapade. Pas de numéro. Sa longueur est de 173 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Le projet de ce percement figure sur un plan des abords du Panthéon, approuvé par le ministre de l’intérieur Champagny, le 30 floréal an XIII. Un procès verbal, dressé par le conseil des bâtiments civils dans sa séance du 4 juin 1807 et approuvé le 13 du même mois par le ministre de l’intérieur, porte ce qui suit : « Il sera ouvert à travers le jardin de la cy-devant abbaye Sainte-Geneviève, une nouvelle rue, laquelle sera nommée rue de Clotilde, pour correspondre à celle du Cheval-Vert (aujourd’hui rue des Irlandais). Cette nouvelle rue aura 10 m. de largeur et sera comprise entre deux lignes parallèles. » Ce percement n’a été exécuté qu’en 1841 ; on lui a donné 12 m. de largeur. Les terrains nécessaires à la formation de cette rue ont été cédés gratuitement par le domaine de l’État. — Sainte-Clotilde, épouse de Clovis Ier, mourut le 3 juin 543. Elle fut enterrée dans l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, nommée depuis Sainte-Geneviève.

Clovis (rue).

Commence à la rue des Fossés-Saint-Victor, nos 22 et 24 ; finit à la rue Clotilde et au carré Sainte-Geneviève. Pas de numéro. Sa longueur est de 237 m. — 12e arrondissement. La partie qui communique de la rue des Fossés-Saint-Victor à celle Descartes est du quartier du Jardin-du-Roi ; l’autre partie dépend du quartier Saint-Jacques.

1re partie comprise entre le carré Sainte-Geneviève et la rue Descartes.

Dès le 30 floréal an XIII, le projet de ce percement fut approuvé par le ministre de l’intérieur Champagny. Conformément au plan approuvé le 13 juin 1807, cette partie de rue a été ouverte dans le courant de la même année sur l’emplacement de l’église et des dépendances de l’abbaye de Sainte-Geneviève (voir l’article du Collége royal Henri IV). Ce percement fut exécuté sur une largeur de 10 m. ; mais lors de la reconstruction de la façade du collége Henri IV, on reconnut que cette largeur était insuffisante, et les nouveaux bâtiments furent élevés d’après un alignement à 12 m. de largeur. Cette voie publique reçut la dénomination de rue Clovis, en mémoire de Clovis, premier roi chrétien et fondateur de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul nommée depuis Sainte-Geneviève. Ce monarque y fut enterré avec la reine Clotilde son épouse. Leurs tombeaux furent découverts en 1807, lorsqu’on fit des fouilles pour le percement de cette voie publique.

2e partie comprise entre les rues Descartes et des Fossés-Saint-Victor.

Un décret rendu au palais des Tuileries le 7 février 1809, porte — « Art. 2°. La nouvelle rue Clovis ouverte sur l’emplacement de l’ancienne église Sainte-Geneviève sera prolongée depuis la rue Descartes jusqu’à celle des Fossés-Saint-Victor, en remplacement de celle Clopin, supprimée par l’art. 1er. En conséquence, on prendra la partie nécessaire de la maison appartenant au collége des Irlandais, à estimation, suivant la loi du 16 septembre 1807, etc. » — Le plan approuvé par le ministre assignait à la nouvelle rue une largeur de 10 m. qui a été maintenue par une décision ministérielle du 23 novembre 1818. Ce percement a été exécuté en partie sur les dépendances du collége de Boncourt.

Cluny (rue de).

Commence à la rue des Poirées et à la place Sorbonne ; finit à la rue des Grés, nos 14 et 16. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 59 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Yves de Vergy, abbé de Cluny, fonda en 1269 un collége en faveur des religieux de Cluny. La voie publique qui longeait le côté à l’est de cet établissement prit alors le nom de rue de Cluny. Guillot l’appelle vers l’année 1300, rue à l’abbé de Cligny. — Une décision ministérielle du 8 ventôse an XIII, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 9 août 1826, cette rue devra être continuée depuis la rue des Grés jusqu’au prolongement de la rue Soufflot, sur les terrains provenant de l’ancien couvent des Jacobins. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 3 m. à 4 m. 30 c. ; celles du côté opposé sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Cocatrix (rue).

Commence à la rue de Constantine ; finit à la rue des Trois-Canettes, no 4. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 32 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Cette rue, qui formait un retour d’équerre, tire son nom du fief Cocatrix, qui était situé entre la partie méridionale de la rue d’Arcole et la rue des Deux-Ermites. En 1300, un nommé Cocatrix y demeurait. — Une décision ministérielle du 13 ventôse an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. En 1843, la partie qui formait retour sur la rue d’Arcole a été supprimée. Les propriétés du côté des numéros impairs ont avancé sur l’alignement de la rue de Constantine. La maison no 7 n’est pas soumise à retranchement.

Cochin (hospice).

Situé dans la rue du Faubourg-Saint-Jacques, no 45. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

En parlant de cet établissement consacré à la bienfaisance publique, c’est un devoir pour nous de rappeler l’existence modeste de son fondateur. Jean-Denis Cochin naquit à Paris le 17 janvier 1726, dans le voisinage de l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas, dont il devait être curé pendant les vingt-sept dernières années de sa vie. Accueilli dans son enfance par le supérieur-général des Chartreux, le jeune Cochin sentit bientôt se révéler en lui une vocation décidée pour l’état ecclésiastique. Il fut élevé au séminaire Saint-Magloire et reçu docteur avec distinction. Bienfaisant par caractère, on le vit bientôt se dévouer à l’instruction des pauvres. Cochin avait à peine trente ans, lorsqu’il eut l’honneur d’être appelé à la cure de Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Dix ans après, vers 1765, sévissait à Paris une contagion meurtrière, si heureusement neutralisée depuis par l’inoculation de la vaccine. Ce fut pour le curé Cochin une occasion de déployer le zèle et la charité qui remplissaient son âme. De nombreux amis lui proposèrent de déléguer le soin des malades variolés à ceux de ses vicaires qui déjà avaient subi l’influence de la maladie : « Nullement, répondit le pasteur ; que diriez-vous d’un soldat qui demanderait son congé en temps de guerre ? » — Le dévouement de Cochin pour ses paroissiens, loin de s’affaiblir, devenait chaque jour plus ingénieux et plus actif. Le faubourg Saint-Jacques était habité en grande partie par des ouvriers qui travaillaient aux carrières voisines. Le quartier ne possédait point d’infirmerie, et l’on était obligé de transporter les pauvres blessés à l’Hôtel-Dieu. Souvent les secours étaient donnés trop tard. La sollicitude du bon curé remédia à cet état de choses. Se souvenant de cette parole du Seigneur : « Quiconque ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple, » Cochin aliéna sa fortune, c’est-à-dire quinze cents livres de revenu, employa l’argent à l’acquisition d’un terrain sur lequel s’éleva un établissement que le modeste fondateur appelait Hospice de la paroisse Saint-Jacques-du-Haut-Pas. La première pierre fut posée par deux pauvres de la paroisse, élus en assemblée de charité, comme étant les plus dignes d’être distingués par leurs vertus. M. Viel, architecte, ami du fondateur, fit les plans et surveilla gratuitement tous les travaux de l’édifice. Commencé vers 1779, cet hospice fut construit, meublé et doté de quinze mille livres de rente dans l’espace de trois années. Le curé Cochin mourut le 3 juin 1783. Son œuvre devait lui survivre. Vers 1784, on donna à cet établissement le nom de son fondateur. L’hospice Cochin ne renferma d’abord que 38 malades ; la Convention Nationale en porta le nombre à 80. Il dépasse aujourd’hui le chiffre de 135. Cet hospice est desservi par les sœurs de Sainte-Marthe.

Cœur-Volant (rue du).

Commence à la rue des Boucheries, nos 25 et 27 ; finit à la rue des Quatre-Vents, nos 18 et 20. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 99 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Avant le XVIe siècle, elle était indiquée sous les noms de ruelle de la Voirie, de la Boucherie et de rue de la Tuerie. Depuis cette époque, elle porte la dénomination de rue du Cœur-Volant, en raison d’une enseigne représentant un cœur ailé ou cœur volant. — Une décision ministérielle, à la date du 8 nivôse an IX, signée Chaptal fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 12 mai 1841, cette dimension est portée à 10 m. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement.

Colbert (galerie).

Commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs, no 6 ; finit à la rue Vivienne, no 4. — 3e arrondissement, quartier du Mail.

Bâtie en 1826, par MM. Adam et compagnie, elle a été ouverte au public dans le courant de septembre 1827.

Colbert (passage).

Commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs, no 6 ; finit à la galerie Colbert. — 3e arrondissement, quartier du Mail.

Il a été bâti en 1828, par MM. Adam et compagnie.

Colbert (rue).

Commence à la rue Vivienne, nos 9 et 11 ; finit à la rue de Richelieu, nos 58 et 60. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 93 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

« Sur la requête à nous présentée par messire Jean-Baptiste Colbert, chevalier, marquis de Chasteau-Neuf, conseiller ordinaire du roi en tous ses conseils, secrétaire et ministre d’Estat, commandeur et grand trésorier de ses ordres, contrôleur général des finances, sur-intendant des bâtiments de sa majesté, arts et manufactures de France, etc… Nous, ayant égard à la d. requête avons au d. sieur Colbert permis et permettons de faire faire l’ouverture d’une rue, sur les d. places à lui appartenantes, la quelle sera nommée la rue Mazarin, et de 3 toises 1/2 de large pour communiquer de la rue Vivien dans celle de Richelieu traversant sous la galerie de l’hôtel de Nevers, conformément au rapport du d. maître-général des œuvres de maçonnerie ; à l’effet de quoi ordonnons qu’alignement lui sera donné tant pour l’ouverture de la d. rue que pour la construction des bâtiments à faire sur les d. places tant sur la d. rue Vivien que sur la d. nouvelle rue, en présence des sieurs commissaires assistés du procureur du roi pour ce commis à l’exercice de la voirie, comme pareillement ordonnons qu’icelle rue sera pavée en toute son étendue de bon pavé neuf, sable nécessaire, et qu’à cette fin alignement sera donné comme dessus dit par le maître des œuvres du pavé des bâtiments du roi, à la charge de récollement en la manière accoutumée les d. ouvrages étant faits. Signé Auget, rapporteur ; 18 janvier 1683. » (Bureau des finances, année 1683, f° 13). — La rue fut immédiatement percée, mais elle ne porta que peu de temps le nom de Mazarin, qui fut remplacé par celui de Colbert. Ce grand administrateur naquit à Reims, le 29 août 1619 et mourut en 1683. — Une décision ministérielle du 3 ventôse an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertus d’une ordonnance royale du 4 mai 1826, cette largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées, sauf redressement ; celles du côté opposé devront subir un retranchement de 3 m. 20 c. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Colbert (rue de l’Hôtel-).

Commence au quai de Montebello, nos 25 et 27 ; finit à la rue Galande, nos 28 et 30. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 118 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Cette rue a été ouverte en 1203 sur le clos Mauvoisin qui faisait partie de la seigneurie de Garlande (voir l’article de la rue du Fouarre). Le poète Guillot la nomme rue d’Arras. Dans un censier de Sainte-Geneviève elle est désignée en 1520 sous la dénomination de rue des Rats. Vers 1680, la partie de cette voie publique qui commencé à la rue de la Bûcherie et aboutit au quai portait le nom de rue des Petits-Dégrés. En 1829, les propriétaires des maisons situées dans la rue des Rats adressèrent une réclamation à l’autorité, à l’effet de changer la dénomination de cette voie publique. Le 28 décembre 1829, le ministre accueillit leur demande et arrêta que le nom de rue de l’Hôtel-Colbert serait substitué à celui de rue des Rats. Cette dénomination rappelle le grand Colbert, qui possédait dans cette rue un hôtel qui porte aujourd’hui le no 20. On y admire plusieurs bas-reliefs d’une excellente composition. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, avait fixé la moindre largeur des rues des Rats et des Petits-Degrés à 7 m. Les propriétés nos 1, 15, 2, 4 et 6 sont alignées ; celles nos 16 et 18 ne sont soumises qu’à un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Bucherie jusqu’à la rue Galande.

Colisée (rue du).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 109 bis et 111 ; finit à l’avenue des Champs-Élysées, nos 50 et 52. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 431 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

C’était anciennement le chemin des Gourdes. Un arrêt du conseil d’État du roi, du 25 août 1769, porte ce qui suit : — « Le chemin ou ruelle dite des Gourdes, formant aujourd’hui une voie sinueuse entre les marais, et qui communique de la rue du Faubourg-Saint-Honoré dans la grande allée des Champs-Élysées sera élargie pour former une rue dite du Collisée, laquelle aura trente pieds de largeur et sera dirigée d’une seule ligne droite dans toute sa longueur, etc. ; veut et entend sa majesté que les particuliers propriétaires des terrains le long de la dite nouvelle rue ne puissent user de la liberté que sa majesté a bien voulu leur accorder d’y bâtir, en dérogeant aux lois par lesquelles elle avoit, en d’autres temps, prescrit le contraire, y élever aucun édifice ni clôture qu’en se conformant au d. alignement et en fournissant chacun endroit soi le terrain nécessaire, et sans pouvoir répéter rien les uns contre les autres pour le plus ou le moins de superficie qui leur aurait été pris, sa majesté consentant à cet effet que la dite rue passe en entier sur la partie du terrain qui lui appartient du côté de l’avenue. » — Cet arrêt fut registré au bureau de la ville, le 5 septembre suivant, et la rue fut tracée à la fin de la même année, mais on n’y bâtit des maisons qu’en 1810. Aujourd’hui elle est entièrement bordée de constructions. Par décision ministérielle du 17 brumaire an XII, signée Chaptal, la largeur primitive a été maintenue. Toutes les constructions riveraines sont alignées. Le nom de rue du Colisée, donné à cette voie publique, lui vint de sa proximité de l’établissement du Colisée, en construction en 1769 et qui terminé en 1772, servit à des divertissements de tous genres. Il fut supprimé en 1780. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Collégiale (place de la).

Commence à la rue des Francs-Bourgeois-Saint-Marcel, nos 13 et 18 ; finit à la rue Pierre-Lombard, nos 13 et 12. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle portait autrefois le nom de place Saint-Marcel, parce que l’église collégiale de Saint-Marcel y était située. — Une décision ministérielle du 8 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 47 m. Les maisons nos 1, 3, 5 et 9 ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau.

Nous ne reproduirons pas ici toutes les opinions de nos écrivains qui semblent, en traçant l’origine de l’église Saint-Marcel, avoir pris à tâche de se contredire. Il est certain cependant que saint Marcellus ou Marcel, évêque de Paris, fut enterré vers l’an 436 dans cet endroit, sur une éminence appelée Mons Cetardus (Mont-Cétard), depuis, par altération, Mouffetard. Le tombeau de l’évêque, bientôt illustré par des miracles, attirait un grand concours de fidèles qui construisirent autour du mausolée, des habitations qui peu à peu formèrent un bourg ou village que Grégoire de Tours appelle vicus Parisiensis civitatis. Sous nos rois de la première race, la tombe de saint Marcel avait disparu et sur son emplacement s’élevait un oratoire dédié au pieux évêque. Vers cette époque le bourg de Mont-Cétard avait change de nom et portait celui de Chambois. La petite rivière de Bièvre le séparait du bourg de Saint-Médard. Ce village de Chambois, dans les siècles suivants, eut sa juridiction particulière et fut même entouré de fossés. Dès le XIe siècle il portait le nom de Saint-Marcel, et s’accrut tellement par la suite qu’il fut considéré comme une ville. Les lettres-patentes de Charles VI, de l’année 1410, le désignent sous ce titre. Le roi, par ces lettres, confirme l’octroi par lui fait aux manants et habitants d’icelle ville de Saint-Marcel, d’un marché chaque semaine et de deux foires par an. Au XVe siècle, la capitale avait déjà absorbe plusieurs villages environnants et atteignait la petite ville de Saint-Marcel. Envahie bientôt par cette marée montante, elle perdit ses privilèges et devint faubourg de Paris. L’église Saint-Marcel avait été détruite par les Normands ; elle fut reconstruite au milieu de XIe siècle ainsi que le prouvent certaines parties de l’édifice, notamment les chapiteaux déposés aujourd’hui dans une des cours du palais des Beaux-Arts. On voyait au milieu de cette église le tombeau de Pierre Lombard, surnommé le maître des sentences. Supprimée en 1790, l’église Saint-Marcel, qui contenait en superficie 590 m. fut abattue vers 1804 et son emplacement vendu le 30 germinal an XIII. La propriété no 5 a été construite en partie sur le terrain occupé par cet édifice. On recueillit lors de la démolition, outre les chapiteaux dont nous avons parlé, un bloc de pierre de Saint-Leu. Une de ses faces présente, en demi-relief grossièrement sculpté, un taureau couché. Suivant la tradition populaire, on avait placé cette pierre en ce lieu comme un monument de la vertu miraculeuse de saint Marcel. Un bœuf échappé des boucheries répandait dans Paris l’effroi et la mort ; les habitants implorèrent l’assistance de saint Marcel. Aussitôt le pieux évêque, revêtu de ses habits pontificaux, se dirige vers l’animal furieux qui soudain s’apaise et se couche aux pieds de saint Marcel.

L’église Saint-Martin était également située sur cette place. Vers 1158, elle avait le titre de chapelle. Elle fut érigée en paroisse vers 1220 et dédiée en 1480. Supprimée en 1790, cette église, qui contenait en superficie 245 m., devint propriété nationale, fut vendue le 8 ventôse an X, et démolie vers 1806. Sur une partie de son emplacement ont été construites les maisons qui portent les nos 4 et 6.

Colombe (rue de la).

Commence au quai Napoléon, nos 19 et 21 ; finit aux rues Chanoinesse, no 23, et des Marmousets, no 2. Un seul numéro impair, qui est 1 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 73 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

En 1223 elle portait déjà ce nom qu’elle doit vraisemblablement à une enseigne. — Une décision ministérielle du 26 prairial an XI, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions situées sur les deux côtés, entre le quai Napoléon et la rue Basse-des-Ursins, et les maisons sur le côté gauche aux angles de cette dernière voie publique et de la rue Chanoinesse, sont alignées. — Conduite d’eau.

Colombier (caserne de la rue du Vieux-).

Située au no 15. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

C’était autrefois le couvent des orphelins de Saint-Sulpice ou de la Mère-de-Dieu. Le sieur Ollier, curé de Saint-Sulpice, fonda en 1648 cet établissement pour les orphelins des deux sexes de la paroisse. Après avoir été placé en plusieurs endroits, ce couvent fut définitivement fixé en 1678 dans la rue du Vieux-Colombier. Les enfants étaient sous la direction de huit sœurs. Cette maison, supprimée en 1790, fut occupée vers 1802 par des sœurs de la Charité. En 1813, ces sœurs ayant été transférées dans la rue du Bac, no 152, les bâtiments ont été convertis en une caserne de Pompiers. La ville de Paris, en vertu d’une ordonnance royale du 5 novembre 1823, a fait l’acquisition des bâtiments de cette caserne, qui appartenaient aux hospices.

Colombier (rue du Vieux-).

Commence à la place Saint-Sulpice ; finit aux rues du Cherche-Midi, no 1, et du Four, no 81. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 36. Sa longueur est de 247 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Elle doit son nom à un colombier que les religieux de Saint-Germain-des-Prés avaient fait bâtir au XVe siècle. On la nommait quelquefois rue de Cassel, parce qu’elle conduisait à l’hôtel de ce nom. En 1453, on lit : rue de Cassel, dite du Colombier. Il est certain, ainsi que le prouvent plusieurs titres, que la partie de cette rue située entre celle Férou et la rue du Pot-de-Fer, se nommait rue du Puits-Mauconseil, en raison d’un puits public qu’on voyait en cet endroit. Lorsqu’on creusa des fossés autour de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, on lui donna le nom de rue du Vieux-Colombier, pour la distinguer de la nouvelle (aujourd’hui rue Jacob). — Une décision ministérielle à la date du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur a été portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 7 mai 1828. Les constructions nos 15, 17, 19, 21, 21 bis, la maison située entre les nos 27 et 29, et la propriété no 31, sont alignées. Les constructions du côté des numéros pairs devront subir un fort retranchement. Conduite d’eau entre la rue Neuve-Guillemin et les deux bornes-fontaines. Éclairage au gaz (compe Française).

Le couvent des religieuses de la Miséricorde était situé dans cette rue sur une partie de l’emplacement de la maison nos 8 et 10. Anne d’Autriche fit venir d’Aix en Provence, vers 1649, quelques religieuses de cet ordre, qui achetèrent en 1651 une grande propriété. Ces religieuses suivaient la règle de saint Augustin. Le but de leur fondation était de procurer un asile et la subsistance à des filles de qualité qui n’avaient pas de ressources suffisantes pour suivre leur vocation et se consacrer à Dieu. Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut vendu le 8 thermidor an IV.

Colonnes (rue des).

Commence à la rue des Filles-Saint-Thomas, nos 14 et 16 ; finit à la rue Feydeau, nos 21 et 23. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 94 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

« Séance du 26 vendémiaire an VI. L’administration centrale du département de la Seine, lecture faite de l’arrêté pris par l’administration le 26 floréal dernier portant qu’il n’y a lieu à délibérer sur la pétition du citoyen Baudecourt, tendant à faire comprendre au nombre des rues de Paris le passage dit des Colonnes, près le théâtre Feydeau, et qui oblige ce propriétaire à faire poser des grilles à chaque extrémité de cette communication, sur le fondement qu’elle n’a que 24 pieds de largeur, et que suivant la déclaration du 10 avril 1783 (vieux style), il ne peut être ouvert aucune rue nouvelle dans Paris à moins de 30 pieds ; ensemble du rapport qui a précédé cet arrêté ; lecture également faite de la nouvelle pétition du citoyen Baudecourt, contenant que le passage dont est question a 42 pieds y compris les galeries couvertes, lesquelles sont infiniment utiles pour le débouché du théâtre Feydeau, à cause de l’abri qu’elles procurent au public pour le garantir des voitures, et des facilités qu’elles offrent à ceux qui s’en servent, les colonnes n’empêchant point la libre communication des galeries couvertes, avec le passage des voitures ; vu aussi la soumission faite par le citoyen Baudecourt, le 25 de ce mois, d’entretenir à ses frais des réverbères pour ces galeries ; vu enfin les deux lettres du ministre de l’intérieur des 8 thermidor dernier et 2 de ce mois, qui renvoie à l’administration cette pétition pour en faire l’objet d’une nouvelle délibération ; considérant : 1o que la déclaration du 10 avril 1783 (vieux style) n’a pas prévu le cas où il serait établi des galeries en forme de trottoir, et que la largeur déterminée par cette loi, pour l’ouverture des rues nouvelles, n’est que de 30 pieds, tandis que celle dont il s’agit en a 42 y compris ces galeries ; 2o que l’on doit les considérer comme partie intégrante de la rue, au moyen de ce qu’elles donnent au public la faculté de circuler à l’abri des voitures et du mauvais temps ; 3o que le théâtre Feydeau est très fréquenté et que sous ce rapport, l’administration doit surveiller les accès de ce théâtre et favoriser tout ce qui tend à lui procurer des débouchés sûrs et commodes ; le commissaire du Directoire-Exécutif entendu, arrête ce qui suit : — Article 1er. La communication ouverte entre la rue des Filles-Thomas et celle Feydeau, est comprise au nombre des rues de Paris, aux conditions ci-après. — Art. 2. Les galeries qui la bordent feront dorénavant partie intégrante de la rue, au moyen de quoi les règlements de voirie seront applicables à ces galeries de même qu’aux autres murs de face sur rue. — Art. 3. Il sera établi et entretenu sous ces galeries, aux frais des propriétaires des maisons ou bâtiments qui bordent cette communication, suivant les offres du citoyen Baudecourt, par l’entrepreneur de l’illumination de Paris, un nombre suffisant de réverbères pour les éclairer convenablement pendant la nuit ; chacun des d. propriétaires sera tenu d’y contribuer annuellement au prorata des toises de face de leur propriété et d’en faire à cet effet leur soumission à l’administration du département. — Art. 4. Les frais de premier établissement pour le pavé et l’illumination de la rue seront également à la charge des d. propriétaires et la réception en sera faite à la manière accoutumée. — Art. 5. Cette rue portera le nom de rue des Colonnes. Cette inscription sera mise aux frais de ses propriétaires, sur chaque encoignure de cette rue. Ils feront également inscrire sur les autres encoignures les noms des rues auxquelles aboutit celle-ci, etc. » — (Registre 16e, page 79.) — Une ordonnance royale du 4 mai 1826 a maintenu les dimensions actuelles de cette voie publique. — Conduite d’eau dans une partie de cette rue. Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Combat (barrière du).

Située à l’extrémité de la rue Grange-aux-Belles.

Cette barrière, qui consiste en un bâtiment surmonté d’un dôme, porta d’abord le nom de Pantin. Sa dénomination actuelle lui vient du combat du taureau dont le spectacle se donnait près de cet endroit. (Voir l’article Barrières)

Combat (chemin de ronde de la barrière du).

Commence à la rue Grange-aux-Belles et à la barrière du Combat ; finit aux rue et barrière de la Butte-Chaumont. Pas de numéro. Sa longueur est de 81 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Voir l’article Chemins de ronde.

Comédie (rue de l’Ancienne-).

Commence aux rues Saint-André-des-Arts, no 79, et de Buci, no 1 finit aux rues de l’École-de-Médecine, no 38, et des Boucheries, no 2. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 150 m. — Les numéros impairs sont du 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine ; les numéros pairs, du 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Cette rue a été formée en 1560, sur l’emplacement du mur d’enceinte construit sous Philippe-Auguste. Dans le procès-verbal d’alignement dressé le 21 janvier de cette année, elle est indiquée sous le nom de rue des Fossés. En 1688, les comédiens français ayant acheté le terrain occupé par le jeu de paume de l’Étoile, y firent construire un théâtre et la rue prit plus tard à cette occasion le nom de l’Ancienne-Comédie. Cependant des titres des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que les ventes domaniales, la désignent sous la dénomination de rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés. — Une décision ministérielle du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 11 m. 69 c. En vertu d’une autre décision ministérielle du 21 mai 1834, signée A. Thiers, elle a repris le nom de rue de l’Ancienne-Comédie. Les maisons nos 17, 19, 23, 25, 27, 29, 31 ; 12, 14, 18 et 26 ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Comète (rue de la).

Commence à la rue Saint-Dominique, nos 151 et 153 ; finit à la rue de Grenelle, nos 164 et 166. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 192 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Versailles, 18 septembre 1769. « Sur ce qui a été représenté au roi étant en son conseil, qu’il n’y a point de rue de traverse qui communique de celle de Saint-Dominique à celle de Grenelle, dans le quartier du Gros-Caillou ; qu’il en résulte journellement des retardements dans l’administration des secours spirituels ou temporels qu’il convient de donner aux malades et qui demandent souvent la plus grande célérité, etc. ; que le véritable et unique moyen de prévenir les accidents qui pourroient en résulter, seroit d’ouvrir une rue dans l’endroit qui seroit jugé le plus convenable, entre la rue Saint-Dominique et celle de Grenelle, afin que l’on pût facilement communiquer d’un lieu à l’autre ; que c’étoit dans cette vue que les desservants et marguilliers de l’église de Notre-Dame de Bonne-Délivrance, ayde de la paroisse de Saint-Sulpice, au Gros-Caillou, ainsi que les bourgeois et habitants du d. lieu, s’étoient adressés au bureau des trésoriers de France de la généralité de Paris, qui par sentence du 11 juillet 1749 auroient ordonné qu’avant faire droit, ils se retireroient devers sa majesté, afin d’obtenir lettres pour l’ouverture de la rue en question, à quoi désirant subvenir ; après avoir vu la sentence des trésoriers de France, etc., les lettres-patentes au sujet du don de l’Ile des Cygnes, fait par sa majesté à la ville de Paris, le 27 septembre 1723, etc., ensemble l’avis des prévôt des marchands et échevins du 18 octobre 1758 et la délibération prise le 27 juillet 1769 par les propriétaires des terrains et emplacements au travers desquels doit passer la nouvelle rue, par laquelle ils renoncent à toute indemnité et promettent faire faire à leurs dépens le premier pavé de la d. rue, etc. Le roi étant en son conseil, a ordonné et ordonne qu’il sera ouvert une rue, terrain du Gros-Caillou, faubourg Saint-Germain, sur la masse d’héritages étant entre les rues Saint-Dominique et de Grenelle, à prendre en ligne droite de la rue Saint-Dominique entre les possessions des héritiers Lefranc et Roussin, et celles du nommé Godefroi, à la rue de Grenelle, entre les possessions du sieur Petit et celles du sieur Housset, et de vingt-quatre pieds de largeur, etc., laquelle rue sera nommée rue de la Comète, etc. » — Cet arrêt fut confirmé par lettres-patentes du 25 avril 1770, qui ne reçurent leur exécution qu’au mois de novembre 1775. — Une décision ministérielle du 3 germinal en IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées, sauf redressement ; celles du côté opposé devront subir, dans certaines parties, un retranchement qui n’excède pas 50 c. — Conduite d’eau.

Commerce (ministère du).

Situé dans la rue de Varenne, no 26. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Ce ministère comprend les directions du secrétariat général et du commerce extérieur ; les divisions de l’agriculture et des haras, du commerce intérieur et des manufactures, de la comptabilité.

Commerce (rue du).

Située dans l’enclos de la Trinité. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Voir l’article Trinité (passages de la).

Commerce et de l’Industrie (galeries du).

Situées boulevart Bonne-Nouvelle, no 20. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Ce superbe bazar a été construit en 1837, sur les dessins de MM. Lance, architectes.

Commerce Saint-André-des-Arts (cour du).

Commence au passage du Commerce ; finit à la rue de l’Ancienne-Comédie, no 21. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Le mur d’enceinte de Paris construit sous Philippe-Auguste, occupait l’emplacement sur lequel cette cour a été bâtie. Elle fut ouverte en 1776, sur des terrains faisant partie de deux jeux de paume.

Commerce Saint-André-des-Arts (passage du).

Commence à la rue Saint-André-des-Arts, no 71 ; finit à la rue de l’École-de-Médecine, no 30. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Il faisait partie de la cour du Commerce. Son débouché dans la rue Saint-André-des-Arts n’a été formé qu’au mois de juin 1823.

Commerce-Saint-Martin-des-Champs (cour ou passage du).

Commence au passage Frépillon et à l’impasse de Rome ; finit à la rue Phelipeaux, no 27. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

C’était avant 1806 le passage de la Marmite ; il devait ce nom à une enseigne.

Comte (théâtre de M.).

Situé dans le passage Choiseul. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

En 1814, M. Comte, physicien, conçut le projet de former une troupe de jeunes artistes. Peu de temps après, ayant mis ce projet à exécution, il fit représenter quelques intermèdes dans l’hôtel des Fermes, où il donnait alors ses séances. Ce genre de spectacle obtînt la faveur du public, et M. Comte se décida, en 1818, à faire construire une salle dans le passage des Panoramas. Des vaudevilles et des pièces féeries composèrent dès ce moment le répertoire de ce théâtre. En 1826, M. Comte fit bâtir une nouvelle salle dans le passage Choiseul. L’inauguration a eu lieu le 23 décembre de la même année.

Concorde (place de la).

Située entre le jardin des Tuileries, les Champs-Élysées, le pont de la Concorde et la rue Royale. Le dernier numéro est 10. — 1er arrondissement. Le no 2 est du quartier des Tuileries ; les numéros de 4 à 10 dépendent du quartier des Champs-Élysées.

Paris, sous les premiers Valois, refluait vers l’orient de la ville, et le vieux Louvre de Philippe-Auguste était délaissé pour l’hôtel de Saint-Paul. Alors le terrain occupé par cette place, où tant de dorure étincelle aujourd’hui, se trouvait perdu au milieu des bas-fonds marécageux livrés au hasard des débordements du fleuve.

Catherine de Médicis ramena la royauté dans le palais du Louvre, et pour la surveiller plus à son aise, elle bâtit à côté de la demeure de son fils un nouveau palais dont la splendeur rayonna bientôt sur tout ce qui l’entourait.

Déjà, sous Louis XIV, la ville débordait à droite et à gauche, poussant en avant ses quais, ses rues, ses maisons de plaisance. Le flot de cette marée montante atteignait les terrains de la place au moment où le grand siècle venait de finir.

À la mort de Louis XIV, toute l’affection du peuple se porta avec ardeur sur le seul rejeton de la famille royale, échappé comme par miracle au fatal destin des autres héritiers de la couronne.

Louis XV débutait par des triomphes, lorsqu’il fut attaqué à Metz d’une fièvre putride. La douleur du peuple fut vive et sincère : les Parisiens décernèrent à leur roi mourant le surnom de Bien-Aimé. Quand il fut rétabli, la joie de la nation parut aussi grande que sa douleur avait été profonde. « Paris, dit un écrivain contemporain, n’était qu’une enceinte immense pleine de fous. » Le roi, vivement ému de ces marques d’affection, dit en versant des larmes : « Qu’ai-je donc fait pour être aimé ainsi ? » Alors les prévôt des marchands et échevins votèrent une statue équestre en l’honneur du Bien-Aimé, et pour la recevoir le roi fit don à sa bonne ville de Paris d’un vaste emplacement situé à l’extrémité du jardin des Tuileries.

Nous rapportons ici les lettres-patentes relatives à cette donation.

« Louis, etc… Ayant agréé la délibération prise par nos chers et bien-amés les prévost des marchands et échevins de notre bonne ville de Paris, le 27 juin 1748, tendante à ce qu’il nous plut leur permettre de transmettre à la postérité leur zèle pour notre gloire, la reconnaissance et l’amour de nos sujets, par un monument décoré de notre statue équestre, en telle forme et dans tel emplacement de cette capitale qu’il nous plairoit d’ordonner, nous aurions en conséquence déterminé comme le plus convenable à l’embellissement de notre dite ville, au bien public et à la commodité de ses habitants, l’emplacement qui nous appartient entre le fossé qui termine le jardin de notre palais des Tuileries, l’ancienne porte et faubourg Saint-Honoré, les allées de l’ancien et nouveau cours et le quai qui borde la rivière ; et permis à cet effet aux dits prévost des marchands et échevins de faire établir les fondations et constructions du piédestal destiné à recevoir notre statue équestre dans le point dudit emplacement, etc…, voulons et nous plait :

Article 1er. Que la place destinée à recevoir le monument que nous avons bien voulu agréer, continuera d’être formée et construite jusqu’à son entière perfection dans l’emplacement par nous désigné, etc., et que tous les ouvrages de constructions et décorations nécessaires pour la formation et perfection de la dite place, seront faits par les ordres et par les soins des prévost des marchands et échevins et exécutés par le maitre général des bâtiments de la ville, sous la conduite et inspection du sieur Gabriel, notre premier architecte, etc.

Art. 2. À l’effet de quoi, nous avons par ces présentes cédé, abandonné, cédons et abandonnons, même faisons tous dons et délaissons aux dits prévost des marchands et échevins de l’entier terrain à nous appartenant dans l’étendue de ladite esplanade et contenu dans l’espace de 183 toises de longueur ou environ, etc.

Art. 8. Notre intention étant que les constructions des façades décorées des bâtiments qui termineront la place ainsi que celles des maisons qui seront élevées, tant sur les faces des arrière-corps que sur celles des nouvelles rues, soient entièrement conformes aux dessins par nous approuvés et ci-attachés sous le contre-scel de notre chancellerie, nous ordonnons aux dits prévost des marchands et échevins d’y tenir la main, d’y assujettir les propriétaires particuliers des terrains auxquels ils jugeront à propos de permettre de construire eux-mêmes les façades de leurs maisons, tant sur la place que sur les rues y aboutissantes. — Donné à Versailles, le 21e jour de juin, l’an de grâce 1757, et de notre règne le 42e. Signé Louis, etc… »

Le 20 juin 1763, on découvrit la statue équestre de Louis XV, modelée par le célèbre Bouchardon. Elle avait été fondue d’un seul jet par Gor, commissaire des fontes de l’artillerie. Le roi, couronné de lauriers et coiffé à la moderne, portait le vêtement romain. Le cheval seul se distinguait par la beauté et l’élégance de ses formes ; Bouchardon était mort avant devoir terminé son œuvre. Pigalle, qui lui succéda, fut chargé d’exécuter aux quatre angles du piédestal, des figures en forme de caryatides représentant la Paix, la Prudence, la Force et la Justice.

Cette statue était venue trop tard. À madame de Châteauroux avait succédé la fille du boucher Poisson, la trop célèbre marquise de Pompadour. La luxure royale, en perdant toute pudeur, affligeait les mœurs et l’esprit public. Aussi le peuple, le vrai peuple, resta froid devant tout ce bronze. Les quatre vertus du piédestal attirèrent au roi de malignes allusions.

La plus sanglante est celle-ci :

O la belle statue ! ô le beau piédestal !
Les vertus sont à pied, le vice est à cheval.

Après que le burin official du graveur-juré de la bonne ville de Paris, eût creusé dans le piédestal cette inscription : Hoc pietalis publicæ monumentum, præfectus et ædiles decreverunt anno 1748, posuerunt anno 1763, un individu monta sur le cheval, banda les yeux du monarque, lui attacha au cou une boite de ferblanc et lui mit sur la poitrine cet écriteau. N’oubliez pas ce pauvre aveugle, s’il vous plait !

Cependant l’architecte Gabriel se mit à l’œuvre pour préparer à la statue son encadrement. L’imagination de l’ordonnateur avait beau jeu ; le champ était vaste. Gabriel entoura son plan d’une espèce de fosse de place forte, avec un revêtement en maçonnerie et une balustrade en pierre. Puis, de chacun des angles, il fit partir vers le centre une large bande coupant l’enceinte, qui se trouva fractionnée ainsi en huit petits fosses, termines chacun par un pavillon. Ce plan, ingénieusement imité de la rose des vents, n’était coquet que sur le papier. Lorsque les travaux furent achevés en 1772, on entrevoyait à peine les fossés et les pavillons. Heureusement Gabriel vint rehausser ces décorations liliputiennes en élevant au fond de la place deux magnifiques hôtels. Ces constructions d’une rare élégance, reposent agréablement l’œil fatigué du vide.

Les ouvriers étaient encore à l’œuvre quand arriva cette nuit fatale du 30 au 31 mai 1770. La France mariait son dauphin, et la prévôté des marchands, jalouse d’égayer la fête, avait préparé des jeux publics et commandé un magnifique feu d’artifice. La jeune archiduchesse arrivait confiante dans l’avenir, et se demandait, toute joyeuse des applaudissements du peuple, ce qu’elle avait fait pour mériter tant d’amour.

La dernière étincelle venait de s’éteindre dans les airs, lorsqu’une masse composée de plus de deux cent mille personnes, s’ébranla pour faire retraite. Un fossé de la place qu’on n’avait pas comblé, des maisons en construction dans la rue Royale, arrêtaient la foule qui se porta dans cette rue et s’y entassa. L’encombrement devint affreux. Un flot de curieux, qui arrivait des boulevarts, pour avoir sa part des débris de la fête, vint tout à coup barrer le passage. La mêlée devint horrible. Quiconque trébuchait était mort. On vit des furieux, l’épée à la main, frapper devant eux pour se faire jour. Le lendemain, cent trente-trois cadavres étaient étendus sur la place. « J’ai vu, dit Mercier (l’auteur du Tableau de Paris), plusieurs personnes languir pendant trente mois des suites de cette presse épouvantable, porter sur leurs corps l’empreinte forte des objets qui les avaient comprimés. D’autres ont achevé de mourir au bout de dix années. Cette presse coûta la vie à plus de douze cents infortunés, et je n’exagère point. Une famille entière disparut. Point de maison qui n’eut à pleurer un parent, un ami. »

Les morts enterrés, la scène change. La place Louis XV se peuple de danseurs de corde, d’avaleurs de sabres, de mangeurs de serpents, de marchands de pain d’épices, de pantins ; nous sommes à la foire Saint-Ovide. Les cris des saltimbanques étourdissent les nobles propriétaires des hôtels voisins qui adressent leurs plaintes à l’autorité. Il était question de débarrasser la place Louis XV de ces hôtes incommodes lorsque, dans la nuit du 22 au 23 septembre 1777, le feu se mit aux baraques. Le lendemain la place était nette.

Quinze années se sont écoulées. Nous sommes sur la place de la Révolution. Le peuple est en train d’abattre la statue du roi bien-aimé. Un des pieds du cheval résiste à la destruction et fait dire à un plaisant : la royauté a encore un pied dans l’étrier. La place a pris un aspect sombre et terrible. Le temps où l’on voyait la foire Saint-Ovide est bien loin : plus de danseurs, plus de pantins, mais une liberté assise appuyée sur une haste antique et le bonnet phrygien sur le front. Devant elle, la guillotine et maitre Sanson, le bourreau, qui exécute cet arrêté de la commune :

« Séance du 23 août 1792. — Le procureur de la commune entendu, le conseil général arrête que la guillotine restera dressée jusqu’à ce qu’il en ait été autrement ordonné, à l’exception néanmoins du coutelas que l’exécuteur des hautes-œuvres sera autorisé d’enlever après chaque exécution. (Registre de la commune, t. 9, p. 350.) »

Que de force, de courage, de beauté, de génie même cette place a dévorés ! L’impulsion était donnée ; on administrait, on tuait avec un ensemble effrayant, et le soir la commune réglait ses comptes avec l’exécuteur. Celui-ci présentait aux magistrats ses états de services. On le payait sur le vu des ordres semblables à celui que nous reproduisons.

Lazare - Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844, p.153.jpg

Cette place n’était pas au bout de ses métamorphoses patronimiques ; chaque révolution, chaque déplacement de pouvoir lui apportait un nouveau baptème. Une loi du 26 octobre 1795 lui donna le nom de place de la Concorde. Quelques jours après, des ouvriers, en restaurant la statue de la Liberté, trouvèrent dans le globe qui tenait la déesse, un nid de tourterelles. L’augure parut favorable et confirma cette dénomination.

Le 9 thermidor avait annonceé à la France une ère nouvelle. La révolution terminait sa marche ascendante, le Directoire devait être après la Convention ce que la régence avait été après Louis XIV. Le nouveau pouvoir, par ses débauches fastueuses et ses vices trop connus, ménageait une transition facile de la terreur au Consulat, d’une tyrannie de fait au despotisme organisé. Tous les chefs de parti avaient disparu emportés par la tourmente, un soldat resta seul sur la brèche. Il commença par chasser la statue de la Liberté qui n’avait plus de sens, et le ministre de l’intérieur fut chargé de poser sur la place de la Concorde la première pierre d’une colonne triomphale. Cependant le consulat même à vie ne suffisait plus au vainqueur de Marengo, il pose lui-même sur son front la couronne impériale et bientôt Paris s’apprête à recevoir dignement une nouvelle impératrice. Déjà la blonde Autrichienne fait rouler son carrosse doré sur ces mêmes pavés qui ont reçu la tête de sa tante. Rien ne manque à la fête officielle, hors les sympathies du peuple, dont les regrets accompagnent la femme, qui va dans l’exil, à la Malmaison, expier son impériale stérilité. Mais d’autres fêtes s’apprêtent, l’homme qui avait nivelé les Alpes comme Charlemagne, effacé les Pyrénées comme Louis XIV, qui chaque année avait reculé les frontières de son empire bien au-delà des limites naturelles que Dieu a données à la France, ce colosse, à l’étroit dans un monde, vient d’être perfidement jeté sur une île de la Méditerranée. Son empire est morcelé, sa capitale violée. Sur un autel dressé au milieu de la place de la Concorde, des prêtres chantent un Te Deum dans un rite étranger. Les armées russe, prussienne et autrichienne défilent en poussant des hourra sauvages. Quelques jours après l’inscription républicaine a disparu et le nom de Louis XV est rendu à cette place. — Il nous reste encore d’autres changements à enregistrer : le 27 avril 1826, le roi Charles X rendait une ordonnance ainsi conçue :

« Charles, etc…, vu l’article 3e de la loi du 19 janvier 1816, sur le rapport de notre ministre secrétaire d’État au département de l’intérieur ;

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Il sera élevé un monument à la mémoire de Louis XVI, au centre de la place située entre les Tuileries et les Champs-Élysées, laquelle prendra le nom de place Louis XVI. La première pierre de ce monument sera posée le 3 mai prochain, etc…

Donné au château des Tuileries, le 27 avril, l’an de grâce 1826, et de notre règne le 2e. Signé Charles. »

Cette ordonnance n’a pas été exécutée.

Enfin la propriété de cette place et des Champs-Élysées qui avait été réunie au domaine national par la loi du 27 novembre 1793, a été concédée à la ville de Paris à la charge de divers travaux et constructions, par la loi dont nous rapportons le texte :

« Au château de Saint-Cloud, le 20 aout 1828. — Charles, etc… — Article unique. Sont concédées à la ville de Paris, à titre de propriété, la place Louis XV, la promenade dite des Champs-Élysées telles qu’elles sont désignées au plan annexé à la présente loi, y compris les constructions dont la propriété appartient à l’État, et à l’exception des deux fosses de la place Louis XV, qui bordent le jardin des Tuileries. Ladite concession est faite à la charge par la ville de Paris : 1o de fournir aux frais de surveillance et d’entretien des lieux ci-dessus désignés ; 2o d’y faire dans un délai de cinq ans des travaux d’embellissement jusques à la concurrence de deux millions deux cent trente mille francs au moins ; 3o de conserver leur destination actuelle aux terrains concédés, lesquels ne pourront être aliénés en tout ou en partie, etc. Signé Charles. »

La révolution de 1830 a d’abord rétabli le nom de place de la Concorde. On allait se mettre à l’œuvre et commencer les embellissements, lorsque l’invasion du choléra vint retarder les travaux. Les dépenses qui furent faites pour combattre le fléau dépassèrent le chiffre d’un million. Les sacrifices que la ville s’imposait alors si noblement ne lui permirent pas de consacrer plus tard à l’embellissement de la place de la Concorde la somme fixée par la loi de 1828. En 1834 fut promulguée une nouvelle loi qui réduisait la dépense. Voici un extrait de cette loi :

« Au palais des Tuileries, le 31 mai 1834. Louis-Philippe, etc… — Article 1er. Il est accordé à la ville de Paris un délai de cinq ans, à partir du 20 août 1833, pour l’exécution des travaux d’embellissement qu’elle doit faire aux Champs-Élysées et à la place de la Concorde, conformément à la loi du 20 août 1828.

Art. 2. La somme de deux millions deux cent trente mille francs que la ville devait employer à ces travaux, est réduite à quinze cent mille francs.

Art. 3. Les travaux devront être exécutés annuellement par cinquième, et il devra être employé annuellement trois cent mille francs, etc., etc… Signé Louis-Philippe. »

Au milieu de la place de la Concorde s’élève l’obélisque de Louqsor, présent du pacha d’Égypte. Au mois d’avril 1831, un bâtiment fut envoyé à Alexandrie, sous le commandement de M. Verninhac-Saint-Maur, pour amener en France le monolithe égyptien. M. Lebas, ingénieur de la marine, fut chargé des opérations d’abattage et d’embarquement. Après des travaux et des difficultés sans nombre, on parvint à embarquer le monolithe qui arriva à Paris le 23 décembre 1833. Trois années s’écoulèrent avant que l’obélisque fut dressé. On construisit dans l’intervalle les fondations et l’on prépara le piédestal qui est formé d’un seul bloc de granit ayant 5 mètres de hauteur sur 3 de largeur et pesant cent mille kilogrammes. Le 25 décembre 1836, au milieu d’un immense concours de spectateurs, en présence de la famille royale, M. Lebas procéda à l’érection de l’obélisque. Cette opération, conçue avec toute l’habileté qu’on devait attendre du savant ingénieur, fut exécutée avec une merveilleuse précision. — L’obélisque décorait à Thèbes le palais de Louqsor. Il a 23 mètres de hauteur et pèse à peu près 250 000 kilogrammes. Trois rangées verticales d’hiéroglyphes couvrent ses faces. La rangée du milieu est creusée à la profondeur de 15 c. ; les deux autres sont à peine taillées. Les cartouches multipliées sur les quatre faces, présentent toutes le nom et le prénom de Rhamessès ou Sésostris, premier roi de la 19e dynastie de Manéthon, et contiennent les louanges et le récit de ses travaux.

Avant de juger l’ensemble des décorations de cette place, nous allons donner l’état des dépenses en y joignant celles qui ont rapport aux Champs-Élysées.

Les travaux d’embellissement, commencés en 1836, ont été terminés en 1840. Ils ont été ainsi classés dans l’ouvrage de M. Saint-Léon.

fr. c.
Projets et études 3 350. 77

Service des ingénieurs
Égouts et décharges d’eau 147 032. 25
Conduites et travaux hydrauliques 268 725. 66
Plantations dans les Champs-Élysées 4 507. »
Travaux d’assainissement dans les Champs-Élysées 2 806. 07

Service des architectes
Travaux à l’occasion de l’obélisque 8 559. »
Trottoirs en asphalte et granit 245 022. 46
Fontaines monumentales 367 630. »
Colonnes rostrales et candélabres 121 749. 92
Restauration des huit pavillons 13 850. »
Huit statues pour les pavillons 64 000. »
Marbrerie 3 500 »
Jardinage dans les fossés 6 481. »
Corps-de-garde 11 788. »
Terrasses et travaux divers 153 283. 63
Candélabres aux Champs-Élysées 33 512. »
Frais d’agence 60 259. 77
Total 1 516 057. 53

En 1843 il restait encore dû environ 160 000 fr. pour lesquels il y a contestation avec les entrepreneurs.

Nous n’avons plus à faire maintenant qu’une appréciation succincte des travaux d’embellissement sous le rapport de l’art, et d’abord nous croyons devoir rappeler les principales dispositions du plan primitif présenté par l’administration et adopté par le conseil municipal dans sa délibération du 24 avril 1835. Il nous a paru regrettable qu’on, ait abandonné ce plan dans quelques-unes de ses parties. — « Article 5. Vu les nouveaux plans présentés par M. le préfet, desquels il résulte, entr’autres dispositions, que la place serait maintenue dans sa forme octogone avec les fosses qui l’entourent, dont le fond nivelé serait converti en compartiments de gazons avec plate-bandes de fleurs ; que les entrées diagonales seraient complétées au moyen de terre-pleins soutenus par des murs pareils à ceux des fossés couronnés de balustrades avec galerie souterraine pour la communication des fossés ; que les huit pavillons accusant les pans coupés de la place seraient restaurés et surmontés de statues assises qui par leurs attributs représenteraient huit des principales villes de France ; que les entrées de la place du côté de la rue Royale et du côté du pont Louis XVI seraient décorées de statues couchées, coulées en bronze et représentant les quatre principaux fleuves de France ; celles perpendiculaires, de sphinx sculptés en granit de Brest, pareil au piédestal de obélisque ; et celles diagonales, de lions couchés ; que deux fontaines monumentales seraient érigées sur le grand axe de la place aux points d’intersection, donnés par les entrées diagonales ; que des trottoirs construits en granit de Brest et pierres de Volvic, produisant l’effet d’une mosaïque, comprendraient dans une même figure l’obélisque et les deux fontaines, et formeraient le pourtour intérieur de la place et la bordure des huit compartiments que dessinent les entrées perpendiculaires et diagonales, etc… »

En comparant l’état présent de la place avec le projet de 1835, la supériorité appartient sans conteste au premier plan adopté par le conseil municipal. Ces compartiments de gazons avec plate-bande de fleurs, en reposant les regards, eussent répandu quelque fraîcheur et brisé heureusement l’uniformité de la place. Des statues de bronze, représentant les quatre principaux fleuves qui arrosent la France, des lions couchés, des sphinx sculptés en granit de Brest, eussent donné à la place un peu de cette grandeur sévère qui lui manque aujourd’hui. En regardant la décoration actuelle, on éprouve d’abord une espèce d’éblouissement qui bientôt amène la fatigue. On sent que toutes ces richesses, toutes ces dorures perdues dans le vide semblent jetées à profusion pour masquer l’impuissance de l’artiste.

Ces candélabres étincelants et rangés avec symétrie ressemblent à des échecs sur un damier. L’obélisque, qui eût été si bien placé dans la cour du Louvre, semble perdu dans l’immensité. Pourquoi ne lui avoir pas au moins donné les quatre sphinx ses gardiens naturels, ses compatriotes pour ainsi dire ? Ces fontaines, dont les panaches seuls offrent de l’élégance, n’ont rien de monumental. L’exiguïté des bassins est telle qu’au moindre vent les gerbes inondent les promeneurs.

L’architecte, qui s’est inspiré sans nul doute de la cour qui précède Saint-Pierre de Rome pour asseoir ces fontaines, ne s’est pas assez souvenu que cette cour est entourée d’une galerie ouverte, et qu’il fallait avant tout isoler et fermer la place, sous peine de produire une œuvre tout-à-fait choquante.

Quant aux huit statues placées sur les pavillons de Gabriel, deux d’entr’elles méritent d’être distinguées ; nous voulons parler des statues de Strasbourg et Lille, dues au ciseau exercé de M. Pradier. — Pourquoi l’artiste chargé de la décoration a-t-il dédaigné d’interroger l’histoire de la place ? Pourquoi ne s’est-il pas inspiré de la beauté mâle et sévère de son entourage ; il eut senti alors combien toute cette richesse de parvenu, toutes ces lanternes de bronze et d’or devaient blesser le goût et le véritable sentiment de l’art ?

Quant à nous, nos yeux bientôt fatigués sentent le besoin de quitter toutes ces petitesses de l’œuvre moderne pour se reposer en contemplant les grandeurs du passé. Alors nos âmes s’élèvent émues par la pompe du spectacle. Au midi la chambre des députés, au nord deux palais jumeaux, puis la Madeleine, avec sa voie romaine ; à l’est, les arbres centenaires du jardin tracé par Lenôtre, puis au fond le palais des Tuileries sur lequel le temps a répandu cette teinte sombre et sévère qui fait de la vieillesse des monuments l’âge de leur beauté ; enfin, à l’ouest, cette magnifique avenue si heureusement complétée par l’arc-de-triomphe. En contemplant tant de merveilles, on sent qu’une nation qui élève de tels édifices a reçu de Dieu la puissance du glaive ainsi que le sceptre des arts.

Concorde (pont de la).

Situé entré les quais des Tuileries et d’Orsay.

La ville de Paris, dès l’année 1722, avait été autorisée par lettres-patentes à contracter un emprunt pour l’établissement d’un pont en cet endroit. Ce projet n’eut pas de suite. — Un édit du mois de septembre 1786, rappelant plusieurs dispositions des anciennes lettres-patentes, ordonna un second emprunt de trente millions dont une partie devait servir aux embellissements de Paris. Douze cent mille francs furent affectés à la construction de ce pont. M. Perronnet, ingénieur, fournit les dessins. On commença le 10 juin 1787 à battre les pieux des pilotis ; les travaux furent achevés à la fin de l’année 1790. Alors on lui donna le nom de pont Louis XVI. En 1792, il prit la dénomination de pont de la Révolution. Une loi du 26 octobre 1795 ayant ordonné que la place de la Révolution porterait désormais le nom de place de la Concorde, la même dénomination fut donnée au pont. — « Au palais des Tuileries, le 1er Janvier 1810. Napoléon, etc., nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Les statues des généraux Saint-Hilaire, Espagne, Lasalle, Lapisse, Cervoni, Colbert, Lacour, Hervo, morts au champ d’honneur, seront placées sur le pont de la Concorde, conformément au projet qui nous a été présenté par notre ministre de l’intérieur. Signé Napoléon. » — Dans les premiers jours d’avril 1814, le pont de la Concorde reprit son ancien nom de pont Louis XVI. En vertu des ordonnances royales des 19 janvier et 14 février 1816, il fut arrêté qu’on y élèverait douze statues en l’honneur des hommes les plus illustres de la France. Ces ordonnances ne reçurent leur exécution qu’en 1828. Les statues qui représentaient Sully, l’abbé Suger, Duguesclin, Colbert, Turenne, Duguay-Trouin, Suffren, Bayard, Condé, Duquesne, Tourville et Richelieu, sont dues aux ciseaux de MM. Espercieux, Stouf, Briant fils, Milhomme, Gois, Dupasquier, Lesueur, Montoni, David, Roquier, Marin et Ramey. Ces statues dont les dimensions colossales écrasaient le pont, furent, en 1837, descendues de leurs piédestaux, puis transposées à Versailles dans la cour d’honneur du palais.

On employa pour la construction de ce pont une partie des matériaux provenant de la démolition de la Bastille. Il est fondé sur pilotis et grillage, il a cinq arches surbaissées qui offrent une portion de cercle. L’arche du milieu a 31 m. d’ouverture, les arches latérales ont 27 m. et les deux autres attenantes aux culées ont chacune 26 m. La longueur totale entre les culées est de 150 m. Chaque pile a 3 m. d’épaisseur ; leurs avant-becs et arrière-becs présentent des colonnes engagées qui contiennent une corniche couronnée par une balustrade qui sert de parapet aux trottoirs. — Depuis 1830, il a repris sa dénomination de pont de la Concorde.

Condamnés (dépôt des).

Situé dans la rue de la Roquette. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Cette prison, construite sous la direction de M. Gau, architecte, a coûté plus d’un million. Elle remplace le dépôt de Bicêtre, dont les bâtiments ont été rendus à l’hospice de la Vieillesse (hommes) et des aliénés. On y renferme provisoirement les condamnés jusqu’à ce qu’ils soient envoyés aux bagnes ou dans les maisons centrales de réclusion. Cette prison est composée d’un bâtiment carré à quatre étages. Au centre est un vaste préau. Les malades sont traités dans une infirmerie placée à la suite du bâtiment principal et séparée de ce bâtiment par la chapelle.

Condé (rue de).

Commence au carrefour de l’Odéon et à la rue des Quatre-vents, no 1 ; finit à la rue de Vaugirard, nos 22 et 22 bis. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 267 m. — 11e arrondissement. Les impairs sont du quartier de l’École-de-Médecine ; les pairs du quartier du Luxembourg.

Formée vers l’année 1500, sur le Clos-Bruneau, elle en reçut la dénomination. En 1510, on l’appelait rue Neuve-de-la-Foire. Quelques années après, elle prit le nom de rue Neuve-Saint-Lambert. En 1612, Henri de Bourbon, prince de Condé, ayant acheté l’hôtel bâti originairement pour Antoine de Corbie et occupé ensuite par le duc de Retz, maréchal de France, la rue qui nous occupe, reçut le nom de rue de Condé. (Voir l’article du Théâtre de l’Odéon.) En 1792, cette voie publique fut appelée rue de l’Égalité. Dès 1801, elle avait quitté ce nom pour reprendre celui de Condé. — Une décision ministérielle, à la date du 4 nivôse an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 12 mai 1841, ont fixé la moindre largeur de cette rue à 10 m. Les maisons nos 1, 3, 17, 19 ; 2, et de 14 à la fin sont alignées. — Égout depuis la rue des Quatre-Vents jusqu’à la rue Regnard. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Conférence (quai de la).

Commence au pont de la Concorde et à la place du même nom ; finit à la rue Jean-Goujon et au quai Billy. Pas de numéro. Sa longueur est de 1360 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Lettrès-patentes. 22 avril 1769. « Louis, etc… Il sera construit un quai au devant de la place que nous avons agréée par nos lettres-patentes du 21 janvier 1757, à l’effet de répondre à la décoration de la dite place et contribuer à la sûreté de la route de Versailles, etc. » Son mur de terrasse, entrepris sous le Directoire, ne fut achevé que sous l’empire. Ce quai doit son nom à la porte de la Conférence, construite en 1633, à l’ouest de la terrasse des Tuileries, sur la place Louis XV (aujourd’hui de la Concorde). Cette porte a été démolie vers 1730. — Le côté opposé à la rivière est bordé par les Champs-Élysées.

Conseil d’État et de la Cour des Comptes (palais du).

Situé entre les rues de Poitiers, de Belle-Chasse, de Lille et le quai d’Orsay. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Ce palais, destiné au ministère des affaires étrangères, a été commencé en 1810. Les travaux furent payés jusqu’en 1820, sur les crédits ouverts à ce département. Les dépenses s’élevaient à cette dernière époque, y compris l’acquisition de terrains, à la somme de 5,354.101 fr. En vertu d’une loi du 19 juillet 1820, la direction des travaux de ce bâtiment fut mise dans les attributions du ministère de l’intérieur. Le projet d’établir dans ce palais le ministère des affaires étrangères fut abandonné en 1821. Depuis et jusqu’à l’année 1833, une somme de 316,379 fr. y fut employée. En 1833, une nouvelle destination fut proposée, de nouveaux fonds furent demandés pour terminer l’édifice et pour loger dans ce palais le ministère du commerce et des travaux publiès, l’école des mines, les ponts-et-chaussées, etc. Un crédit de 3,600,000 fr., ouvert à cet effet, devint insuffisant et une loi de 1836 alloua une nouvelle somme de 607,000 fr. En additionnant toutes ces sommes on voit que ce palais a coûté 9,877,480 fr. Une ordonnance royale du 5 mars 1842 porte ce qui suite : — « Article 1 er. À partir du quinze avril prochain, la Cour des Comptes tiendra ses séances dans le palais du quai d’Orsay. — Art. 2 : Les papiers contenus dans les dépôts et archives de la cour, seront transportés dans les galeries de ce palais, destinées à leur conservation. La translation s’opérera sous la surveillance du greffier en chef et sous l’autorité du premier président, etc. » Le conseil d’État tient également ses séances dans ce palais. — Les travaux de construction, commencés sous la direction de M. Bonard, architecte, ont été terminés par M. Lacornée, son élève.

Constantine (passerelle de).

Située entre les quais de Béthune et Saint-Bernard.

Par acte du 18 janvier 1836, M. de Beaumont s’est rendu concessionnaire de deux passerelles à établir entre les quais des Célestins et Saint-Bernard. Celle dont nous parlons ici fut commencée en 1836, sous la direction de l’ingénieur Surville, et livrée à la circulation dans le courant de janvier 1838. Cette passerelle, suspendue en fil de fer, est composée d’une travée de 102 m. et de deux demi-travées de 23 m. On lui donna le nom de Constantine pour consacrer le souvenir du glorieux fait d’armes de la prise de Constantine par l’armée française, le 13 octobre 1837. La dépense des deux passerelles de Constantine et de Damiette est évaluée à 380,000 fr.

Constantine (rue de).

Commence à la rue d’Arcole, doit finir à la place du Palais-de-Justice. Pas encore de numéro. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

La Cité, qui fut longtemps tout Paris, ne suffisait plus à ses habitants sous le règne de Philippe-Auguste. Le vase trop plein commençait à déborder. Les communautés religieuses, trop exposées au bruit, abandonnèrent cet endroit pour aller former de nouveaux établissements du côté de la montagne Sainte-Geneviève. Le commerce et l’industrie traversèrent le fleuve, puis s’arrêtèrent au chemin qui conduisait à l’abbaye de Saint-Denis. Ce chemin bientôt devint la grande artère qui porta la richesse au nord de la ville. Il ne resta plus à la Cité qu’une population composée de bateliers, d’artisans et de prostituées, qui naissait, vivait et mourait sans sortir de cette atmosphère putride.

Toute tentative d’amélioration avortait devant l’insouciance, le mauvais vouloir ou la pauvreté des propriétaires. Cependant en 1784, M. de Caumartin, prévôt des marchands, voulut faire pénétrer un peu d’air dans ce cloaque. L’honorable magistrat s’adressa au roi Louis XVI, qui s’empressa d’accueillir sa juste demande.

« Versailles, 3 juin 1787. — Le roy étant en son conseil a ordonné et ordonne qu’en conformité du plan dressé par le sieur Desmaisons, l’un des architectes de son académie, lequel sa majesté a approuvé et approuve, il sera incessamment formé en face de la grille de la cour du May et servant d’entrée principale au palais de Paris, une place demi-circulaire ayant 19 toises, etc… au milieu de laquelle place il sera ouvert une rue de quarante-deux pieds de largeur qui sera substituée à celle dite de la Vieille-Draperie et sera prolongée jusqu’à la rue de la Juiverie (aujourd’hui de la Cité). Veut sa majesté en conséquence que les maisons dont les emplacements sont nécessaires à la formation de la d. place et à l’ouverture de la nouvelle rue, soient acquises au nom de sa majesté pour en être les terrains employés jusqu’à concurrence de l’exécution du projet ordonné par le présent arrêt, etc. »

Ce percement ou plutôt cet élargissement ne fut exécuté que jusqu’à la rue Saint-Éloi, et conserva le nom de rue de la Vieille-Draperie. Sous la république, on projeta de continuer cette rue jusqu’au pont de la Cité. Une décision ministérielle du 13 brumaire an X, signée Chaptal, approuva cette disposition, qui néanmoins ne fut point exécutée. — En vertu d’une ordonnance royale du 15 juin 1838, le préfet de la Seine a été autorisé, au nom de la ville de Paris, à acquérir, soit par voie d’expropriation pour cause d’utilité publique, soit de gré à gré, les immeubles ou portions d’immeubles dont l’occupation serait nécessaire pour l’ouverture d’une nouvelle rue dans l’axe du Palais-de-Justice, pour communiquer à la rue d’Arcole. — Ce percement sera prochainement achevé. Les expropriations atteignent aujourd’hui les immeubles situés entre la rue de la Cité et la rue commencée sous Louis XVI. — L’ouverture de la rue de Constantine et la formation de la rue d’Arcole ont changé l’aspect du vieux quartier de la Cité, qui était resté jusqu’alors étranger aux améliorations exécutées dans les autres parties de la capitale. Ces travaux importants font le plus grand honneur à l’administration actuelle.

Le passage de la Madeleine, formé vers 1794, sur l’emplacement de l’église du même nom, et qui communiquait à la rue de la Cité entre les nos 19 et 21, a été confondu dans la rue de Constantine.

L’église de la Madeleine avait remplacé une synagogue, ainsi que le constatent les lettres d’Eudes de Sully, évêque de Paris en 1205. Elle jouissait du titre d’église archi-presbytérale. Supprimée en 1790, elle devint propriété nationale et fut vendue le 21 août 1793.

Constantinople (rue de).

Commence à la place d’Europe ; finit à la place au-devant de la barrière de Monceau. Pas de numéro. Sa longueur est de 441 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette rue, tracée en 1826 sur les terrains appartenant à MM. Jonas Hagerman et Sylvain Mignon, a été autorisée par une ordonnance royale du 2 février de la même année. On n’a commencé à y bâtir qu’en 1838. Sa largeur est de 15 m. Elle porte le nom de la capitale de l’empire Ottoman. (Voyez rue d’Amsterdam.)

Conté (rue).

Commence à la rue Montgolfier et à la place de l’ancien marché Saint-Martin, no 12 ; finit aux rues de Breteuil et Vaucanson. Le dernier impair est 3 ; pas de numéro pair ; ce côté est bordé par le marché Saint-Martin. Sa longueur est de 61 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle a été ouverte en 1817. Sa moindre largeur avait été fixée à 15 m. par le ministre de l’intérieur le 9 octobre 1816. Sa dénomination lui a été donnée en vertu d’une décision ministérielle du 27 septembre 1817. Conté (Nicolas-Jacques) ; peintre, chimiste et mécanicien, naquit en Normandie en 1755. Il fit partie de la commission des sciences et arts attachée à l’expédition d’Égypte, et mourut en 1805. — Une ordonnance royale du 14 janvier 1829 a porté la largeur de la rue Conté à 29 m. Les constructions situées sur le côté des numéros impairs ne sont pas alignées. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Conti (impasse de).

Située sur le quai de Conti, no 13. Le dernier numéro est 3. Sa longueur est de 45 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Elle a été formée en 1771, lors de la construction de l’hôtel des Monnaies. On la nomme également impasse de la Monnaie. — Une décision ministérielle du 7 juillet 1817 a fixé la moindre largeur de cette impasse à 7 m. 70 c.

Conti (quai de).

Commence à la rue Dauphine et au Pont-Neuf ; finit au pont des Arts et à l’Institut de France. Le dernier numéro est 19. Sa longueur est de 228 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

« Bureau de la ville. — Nous, ce jour, estant allez visiter ce qu’il est nécessaire de faire pour l’embellissement et décoration de la ville, le quay de là rivière, despuis le bout du Pont-Neuf jusques à la porte du Nesle, suivant les résolutions pour ce prises au bureau de la ville, à la prière et requeste de M. du Plessis de Guénégaud, secrétaire d’Estat ; ce considéré que la maison appellée le Château-Gaillard empeschait en quelleque façon l’ornement du dit quay qui ne sert d’ailleurs qu’à des divertissements publiques parmy lesquels il s’y trouve tousjours quelques désordres, joinct que la ville qui en a faict concession n’en retire pas grande utilité ; nous avons, en conséquence d’autres précédentes délibérations, résolu de la faire abbattre et de se servir des démolissions qui en proviendront pour l’establissement d’un quay qui prendra despuis le dict lieu jusques à la porte de Nesle, en desdommageant les particuliers qui y ont basty par la permission de la ville ; et vu la nécessité qui’il y avait de faire promptement travailler au dit quay et soustenir les terres qui y ont esté apportées, ce qui pourrait gaster la rivière, avons ordonné qu’il soit procédé au plustot à la construction du dit quay. Fait au bureau de la ville, le 5 novembre 1655. »

« Bureau de la ville. — Nous estant ce jour assemblés au bureau de la ville pour donner notre advis sur les propositions et dessins qui nous ont esté présentés pour la construction de certains bastiments sur et le long du quay Malaquais, joignant la porte de Nesle, depuis icelle jusques à l’entrée de la rue de Seine, etc., sommes d’avis que l’on doit continuer le quay encommancé du costé du Pont-Neuf jusques à la tour de Nesle, et despuis ycelle le conduire aussi en ligne droite jusques à la rue des Petits-Augustins, laissant au-devant de la rue un quay de la largeur de 10 à 12 thoises, conformément aux dessins ci-devant arrestez, et les alignements donnés en conséquence aux propriétaires des maisons sur le dit quay. Fait au bureau de la ville, le 10 juillet 1662. »

Ce quai d’abord nommé de Nesle, en raison de l’hôtel de Nesle qui en occupait toute la longueur, prit au XVIIe siècle le nom de Guénegaud. On le désigna enfin sous celui de Conti, parce que l’hôtel de ce nom y avait sa principale entrée.

« 22 avril 1769. — Le quai Conti sera élargi depuis l’entrée de la rue Dauphine jusqu’à la rue Guénégaud, pour suivre l’alignement du nouvel hôtel des Monnaies, qui se construit actuellement sur l’emplacement de l’ancien hôtel de Conti, en exécution de nos lettres-patentes du mois d’avril 1768, et il sera fait au mur du dit quai les changements et rectifications convenables et relatifs à la disposition de la façade du dit hôtel des Monnaies ; et il sera alors fait un pan coupé des deux côtés de la rue Dauphine, en face du Pont-Neuf. Ce même quai sera aussi élargi suivant l’alignement du nouvel hôtel des Monnaies par la suppression des deux bâtiments qui bordent les deux côtés de la place du collége Mazarin, au moyen de quoi il sera pratiqué une sortie directe de la rue de Seine sur le quai en face du Louvre, nous réservant d’ordonner par la suite une communication de la rue de Seine avec la rue de Tournon, qui se trouvent l’une et l’autre dans la même direction vers notre palais dit Luxembourg. Signé Louis. » (Extrait des lettres-patentes). Il est à regretter que des dispositions aussi utiles n’aient pas été exécutées. — Administration centrale. Séance du 14 fructidor an VI. « L’administration centrale du département. Vu la lettre du commissaire du Directoire Exécutif près l’administration municipale du 10e arrondissement, qui propose de changer la dénomination du quai de Conti ; le commissaire du Directoire Exécutif entendu, arrête : que ce quai prendra le nom de quai de la Monnaie. Le citoyen Molinos demeure chargé de l’exécution du présent arrêté. » (Registre 27, page 33.) — Deux décisions ministérielles, l’une en date du 13 février 1810, signée Montalivet ; l’autre en date du 7 juillet 1817, ont déterminé l’alignement de ce quai. L’hôtel des Monnaies et les constructions situées entre l’impasse de Nevers et l’Institut sont alignées ; le surplus est soumis à un retranchement considérable. — Un arrêté préfectoral, du 27 avril 1814, rendit à cette voie publique le nom de quai de Conti. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

L’hôtel de Nesle dont cette voie publique a longtemps porté le nom, était l’un des plus vastes parmi ceux qui faisaient l’ornement du vieux Paris. Les rues de Nevers, d’Anjou et de Guénégaud ont été en partie percées et bâties sur son emplacement. Il se prolongeait le long de la rivière jusqu’à la porte et la tour nommées Philippe Hamelin, dites depuis de Nesle, et à la place desquelles on a bâti le pavillon à gauche du collége Mazarin. Brantôme nous parle d’une reine « qui se tenait à l’hôtel de Nesle, laquelle faisait le guet aux passants, et ceux qui lui plaisaient et agréaient le plus, de quelque sorte de gens que ce fussent, les faisait appeler et venir à elle, et après en avoir tiré ce qu’elle en voulait, les faisait précipiter de la tour en bas dans l’eau. Je ne peux pas dire, ajoute-t-il, que cela soit vrai ; mais la plupart de Paris l’affirme, et il n’y a personne qui ne le dise en montrant la Tour. » Le poète Villon, dans sa ballade aux dames, composée en 1641, en parle ainsi :

____Où est la reine,
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?

Si ce fait est exact, la messaline dont il est ici question, est Jeanne, comtesse de Bourgogne et d’Artois, reine de France. Elle habita l’hôtel de Nesle après la mort de Philippe-le-Long, son mari, et y mourut en 1329. Jean Buridan, de Béthune en Artois, était un des meilleurs élèves de l’Université de Paris. S’il fut jeté dans le fleuve il parvint à se sauver, car il en est parlé en 1348. — Ce fut aussi à l’hôtel de Nesle, qu’Henriette de Clèves, femme de Louis de Gonzague, duc de Nevers, apporta la tête de Coconas, son amant, qu’on avait exposée sur un poteau, dans la place de Grève. La femme adultère alla seule pendant la nuit enlever cette tête qu’elle fit embaumer. Longtemps elle la garda dans l’armoire d’un cabinet, derrière son lit. Cette même chambre fut arrosée des larmes de sa petite-fille, Marie-Louise de Gonzague de Clèves, dont l’amant, Cinq-Mars, fut décapité en 1642. — Au quai de Conti se rattachent encore d’autres souvenirs.

La maison no 5 à l’angle de la rue de Nevers, fut quelque temps habitée par Bonaparte. Dans une mansarde éclairée par une fenêtre faisant saillie sur le toit, Napoléon, cadet gentilhomme à l’école militaire en 1785, venait méditer et se reposer de ses études.

Contrat-Social (rue du).

Commence à la rue de la Tonnellerie, nos 23 et 25 ; finit à la rue des Prouvaires, nos 13 et 14. Le dernier pair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 58 m. — 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.


Cette voie publique fut percée vers 1786, et devait avoir 9 m. 75 c. de largeur ; mais elle ne fut point exécutée d’après cette dimension. Cette rue porta d’abord le nom de Calonne. M. de Calonne était alors ministre des finances. En 1790, on lui donna le nom de La Fayette. En 1792 elle prit celui de rue du Contrat-Social, qui rappelle un des ouvrages de Jean-Jacques Rousseau. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour la rue du Contrat-Social. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Contrescarpe-Saint-André (rue de la).

Commence à la rue Dauphine, nos 49 et 51 ; finit à la rue Saint-André-des-Arts, nos 72 et 74. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 68 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Elle doit son nom à son ancienne situation le long des murs de l’enceinte de Philippe-Auguste, près de la contrescarpe. Dans un procès-verbal de 1636, on l’appelle rue de la Basoche. — Une décision ministérielle à la date du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Contrescarpe-Saint-Antoine (rue de la).

Commence au quai de la Rapée ; finit à la rue de Charenton, no 2. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par la gare de l’Arsenal. Le dernier pair est 72. Sa longueur est de 710 m. — De 2 à 70, 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal ; le no 72, 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Lettre du ministre de la guerre au prévôt des marchands. « Versailles le 4 juin 1781. — J’ai reçu, monsieur, la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 8 mai dernier, par laquelle vous m’informez que le bureau de la ville désire l’approbation du roi pour prolonger jusqu’à la chaussée de Bercy, la nouvelle rue du Faubourg-Saint-Antoine, en rétrécissant le fossé de la Bastille. Je me suis fait rendre compte de ce local, par M. Larcher Daubancourt, lieutenant-colonel au corps royal du génie, qui m’a fait observer qu’il n’y aurait aucun inconvénient pour le service à ce rétrécissement du fossé. M. Delaunay m’assura aussi que les officiers de l’état-major de la Bastille n’auront aucune représentation à faire sur l’indemnité que le bureau de la ville se porte à leur procurer pour la destruction de quelques murs de leurs échoppes actuelles. Sur le compte que j’en ai rendu au roi, sa majesté veut bien permettre au bureau de la ville de prolonger l’alignement de la rue Amelot jusqu’à la chaussée de Bercy en reculant dans le fossé la contrescarpe du bastion détaché de la demi-lune de la Bastille, autant qu’il sera nécessaire pour que les échoppes à construire sur le bord de ce fossé, et qui auront 12 pieds de profondeur prise sur la largeur du fossé, ayant leur face du dehors dans l’alignement de la rue Amelot, etc. » — Vers 1790, cette partie prit le nom de rue de la Contrescarpe. Cette dénomination rappelle l’emplacement sur lequel elle fut ouverte. — Conformément aux décrets des 14 février 1806 et 24 février 1811, le ministre de l’intérieur Montalivet approuva, le 23 novembre 1811, un alignement tracé à 74 m. de distance de l’axe de la gare de l’Arsenal. Les propriétés de 2 à 6 inclus, de 38 à 48 inclus, et de 52 à la fin sont alignées. — Conduite d’eau.

Un arrêté préfectoral du 14 septembre 1843 a prescrit la publication du plan indiquant le projet d’achèvement de la rue de la Contrescarpe, au moyen de l’exécution immédiate de l’alignement au droit des immeubles en saillie. Cette importante amélioration devra être effectuée par mesure d’expropriation pour cause d’utilité publique.

Contrescarpe-Saint-Marcel (rue de la).

Commence à la rue des Fossés-Saint-Victor, nos 37 et 39 ; finit aux rues Neuve-Sainte-Geneviève, no 1, et Fourcy. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 157 m. — 12e arrondissement ; de 1 à 13 et de 2 à 6, quartier du Jardin-du-Roi ; de 15 à la fin, quartier de l’Observatoire ; de 8 à la fin, quartier Saint-Jacques.

Cette rue doit son nom à sa situation sur les fossés de l’Estrapade. Avant que ces fossés, creusés entre les portes Saint-Victor et Saint-Jacques, fussent comblés et couverts de maisons, ce terrain, extrêmement élevé, formait un chemin difficile à monter. M. de Fourcy, prévôt des marchands, ayant conçu le projet de lui donner une pente plus douce, obtint en 1685 un arrêt du conseil, confirmé par lettres-patentes registrées en 1686. Cet arrêt autorisait la démolition de la porte Saint-Marcel, et ordonnait de reprendre à 15 pieds sous œuvre les maisons de la rue de la Contrescarpe, en indemnisant les propriétaires. Cette amélioration fut exécutée peu de temps après. Une décision ministérielle, à la date du 2 thermidor an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Sur le côté gauche, la maison à l’encoignure droite de la rue Neuve-Sainte-Étienne, et celle à l’encoignure de la rue Neuve-Sainte-Geneviève, sont alignées. Sur le côté droit, les maisons nos 2, 4 et 6 ne sont pas soumises à retranchement. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Copeau (rue).

Commence aux rues du Jardin-du-Roi et Saint-Victor, no 1 ; finit à la rue Mouffetard, nos 17 et 19. Le dernier impair est 57 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 416 m. — 12e arrondissement. La Pitié dépend du quartier Saint-Marcel ; le surplus est du quartier du Jardin-du-Roi.

Son nom lui vient d’un moulin qui était sur la petite rivière de Bièvre, et qu’on nommait au XIIe siècle Moulin de Cupels ; on donna son nom au chemin qui y conduisait. Plus tard, cette dénomination fut changée en celle de Coupols, Coupeaulz, Coippeaulz, et en dernier lieu Copeau. — Une décision ministérielle, à la date du 13 germinal an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : nos 21, 23, 25, 27, 29, et le bâtiment qui porte le no 30. — Conduite d’eau entre les rues du Jardin-du-Roi et du Battoir.

Coq-Héron (rue).

Commence à la rue Coquillière, nos 28 et 30 ; finit aux rues Pagevin, no 1, et Verdelet. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 138 m. — 3e arrondissement. Les impairs sont du quartier du Mail, et les pairs, du quartier Saint-Eustache.

Ce n’était en 1298 qu’une impasse nommée Coq-Héron. François Ier, par lettres-patentes du mois de septembre 1543, ordonna que l’hôtel de Flandres serait démoli, et son terrain divisé en plusieurs lots que l’on vendrait à divers particuliers. Sur une partie de cet emplacement, l’impasse Coq-Héron fut convertie en rue sur une largeur de 8 m. En 1546, cette voie publique était presqu’entièrement bordée de constructions. — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette rue à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840, cette largeur a été portée à 10 m. Les maisons nos 1 bis, 3 et 3 bis sont alignées ; les autres constructions de ce côté devront subir un retranchement qui n’excède pas 70 c. La propriété no 10 est à l’alignement ; le surplus est soumis à un retranchement de 2 m. environ. — Égout — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Coq-Saint-Honoré (rue du).

Commence à la place de l’Oratoire, nos 2 et 4 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 165 et 173. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 88 m. — 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

C’était une impasse connue en 1271 sous le nom de Richebourg. En 1376, une adjudication par décret, faite au Châtelet, indique une maison sise rue du Coq ou de Richebourg. Elle doit ces deux noms à deux familles qui y ont demeuré. Dès l’année 1372, Jean-le-Coq avait une maison au coin de cette rue, et Rogier-le-Coq une autre au coin opposé. Des lettres-patentes, à la date du 12 mai 1767, ordonnèrent l’élargissement de la rue dite cul-de-sac du Coq, en seize pied six pouces de largeur de chaque côté de la ligne capitale du milieu du Louvre. Cet élargissement ne fut effectué qu’en 1780. Les deux côtés de cette voie publique ne sont pas tout-à-fait parallèles. La moindre largeur est de 10 m. 25 c. ; la plus grande est de 10 m. 70 c. — Une ordonnance royale du 22 août 1840 a maintenu ces dimensions. Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau depuis la place de l’Oratoire jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Coq-Saint-Jean (rue du).

Commence à la rue de la Tixéranderie, nos 29 et 31 ; finit à la rue de la Verrerie, nos 41 et 43. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 80 m. — 7e arrondissement. Les impairs sont du quartier des Arcis, et les pairs du quartier du Marché-Saint-Jean.

Quelques constructions bordaient déjà cette rue sous le règne de Louis-le-Jeune. Son premier nom est celui d’André-Malet ; elle est ainsi désignée dans un acte de 1243. On voit dans l’Accord de Philippe-le-Hardi avec le chapitre de Saint-Merri, en 1273, que cette rue est énoncée sous le nom de Lambert-de-Râle ou André-Malet. Guillot lui donne cette dernière dénomination. Dès 1416, elle prit d’une enseigne le nom de rue du Coq. — Une décision ministérielle, à la date du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur est portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 12 juillet 1837. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Verrerie jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Coquenard (impasse).

Située dans la rue Neuve-Coquenard, entre les nos 20 et 22. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Elle fut construite de 1812 à 1813, par MM. Dié et Saulnier. Elle dut sa dénomination à sa proximité de la rue Coquenard.

Coquenard (rue).

Commence aux rues Cadet, no 35, et Rochechouart, no 1 ; finit aux rues du Faubourg-Montmartre, no 80, et des Martyrs, no 2. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 64. Sa longueur est de 341 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Ouverte sur un territoire appelé Coquenard, elle en reçut la dénomination. Au milieu du XVIIe siècle, elle prit le nom de rue Notre-Dame-de-Lorette, qu’elle dut à une chapelle placée sous ce vocable et dont nous parlerons à la fin du présent article. Vers 1792, on lui rendit sa première dénomination. — Une décision ministérielle, à la date du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, et une ordonnance royale du 23 août 1833, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 5, 7, 9, de 13 à 37 inclusivement ; 6, 8, de 12 à 22 inclusivement, 28, 46, 54, 56 et 64, ne sont pas soumises à retranchement. — Égout entre les rues Neuve-Coquenard et du Faubourg-Montmartre. — Conduite d’eau depuis la rue Cadet jusqu’à la rue Neuve-Coquenard. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

La chapelle Notre-Dame-de-Lorette était située dans cette rue. On ignore et le nom de son fondateur et la date précise de sa construction. Cependant elle était bâtie en 1646, car le 13 juillet de la même année l’archevêque de Paris permit aux habitants des Porcherons et des paroisses de Saint-Eustache d’y établir une confrérie sous le titre de Notre-Dame-de-Lorette. Cette chapelle fut supprimée en 1790 et devint propriété nationale. Les bâtiments de cette chapelle, ainsi que le presbytère et ses dépendances qui contenaient ensemble une superficie de 595 m. 41 c., furent vendus le 3 messidor an IV, par le domaine de l’État. La maison portant aujourd’hui le no 54 a été construite, en 1822, sur le terrain qui servait d’entrée à cette chapelle.

Coquenard (rue Neuve-).

Commence à la rue Coquenard, nos 26 et 28 ; finit à la rue de la Tour-d’Auvergne, no 21. Le dernier impair est 25 bis ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 305 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Vers l’année 1790, c’était une impasse ayant son entrée dans la rue Coquenard. Sous la république, on la nomma impasse Brutus. Elle fut comprise au nombre des voies publiques de Paris, en vertu d’une décision ministérielle du 6 vendémiaire an XIV, signée Champagny, qui fixa sa largeur à 7 m. — En 1819, le sieur Digeon, propriétaire de terrains situés entre le fond de l’impasse et la rue de la Tour-d’Auvergne, conçut le projet de prolonger l’impasse sur cet emplacement. Sans réclamer l’autorisation nécessaire, il mit ce projet à exécution et ne donna que 8 m. de largeur au prolongement dont la direction fut un peu biaisée à droite. L’administration n’a pas encore reçu ce prolongement au nombre des voies communales, et un arrêté préfectoral du 7 décembre 1840, a prescrit la fermeture de ce percement. À l’égard de la partie formant autrefois impasse, les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau depuis la rue Coquenard jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Coquerelle (impasse).

Située entre les rues des Juifs, no 26, et des Rosiers, no 2. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 47 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

En 1400, c’était la rue de la Lamproie ; en 1415, la rue de la Coquerée (Archives du Temple). Elle aboutissait alors dans la rue Culture-Sainte-Catherine. Dans le Terrier du roi de 1540, elle est nommée rue de la Coquerie. Elle fut convertie en impasse en 1604. — Une ordonnance royale du 15 octobre 1830 a fixé la largeur de cette voie publique à 11 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement considérable.

Coquilles (rue des).

Commence à la rue de la Tixéranderie, nos 17 et 21 ; finit à la rue de la Verrerie, nos 57 et 59. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 70 m. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Sous le règne de Philippe-Auguste, elle était déjà bordée de constructions. Les actes du XIVe siècle lui donnent le nom de ruelle Gentien. Le Cartulaire de Saint-Maur fait mention de Pierre Gentien, dont la maison, située dans la rue de la Tixéranderie, vis-à-vis celle des Coquilles, était occupée par des Lombards (usuriers). On l’a depuis nommée ruelle Jean-Gentien, et Jacques-Gentien. Elle tient sa dénomination actuelle des Coquilles qui ornent la porte et les fenêtres d’un hôtel situé au coin de la rue de la Tixéranderie. — Une décision ministérielle, à la date du 25 octobre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. À cette époque elle n’avait que 3 m. de largeur. De 1815 à 1821, les maisons qui bordaient cette rue furent presque toutes reconstruites à l’alignement approuvé par le ministre. — Une ordonnance royale, à la date du 6 mai 1836, a maintenu la largeur de 10 m. Toutes les constructions du côté des numéros impairs, et une partie de celles du côté opposé, sont alignées ; la maison no 4 devra subir un faible retranchement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Coquillière (rue).

Commence aux rues du Four, no 49, et du Jour, no 1 ; finit à la rue Croix-des-Petits-Champs, nos 48 et 50. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 48. Sa longueur est de 295 m. Les impairs sont du 4e arrondissement, quartier de la Banque, et les pairs, du 3e arrondissement ; de 2 à 28, quartier Saint-Eustache, et de 30 à la fin, quartier du Mail.

Le mur d’enceinte de Paris, construit sous Philippe-Auguste, s’étendait entre les rues de Grenelle et d’Orléans-Saint-Honoré, plus près de la première que de la seconde jusqu’au carrefour où aboutissent les rues de Grenelle, Sartine, Jean-Jacques Rousseau et Coquillière. Là était une porte de la ville appelée Coquillier ou Coquillière. Elle devait ce nom, ainsi que la rue, à la famille Coquillier. Cette rue, ou plutôt ce chemin, qui conduisait sous Philippe-Auguste à la ville, ne fut entièrement bordé de constructions qu’en 1292. Nous en avons la preuve dans un acte de cette année, par lequel Pierre Coquillier vend à Gui de Dampierre une maison qu’il avait fait bâtir dans cette rue alors esdifiée. — Une décision ministérielle du 8 septembre 1821 avait fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. D’après un projet publié en vertu d’un arrêté préfectoral du 10 août 1843, la largeur de la rue Coquillière doit être portée à 13 m. Suivant cet alignement, les propriétés nos 5 et 12 ne sont pas soumises à retranchement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Corbeau (rue).

Commence à la rue Bichat, nos 18 et 20 ; finit à la rue Saint-Maur, no 69. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 262 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Une ordonnance royale du 27 septembre 1826 a autorisé l’administration des hospices et M. Corbeau, propriétaire, à ouvrir sur leurs terrains une rue de 13 m, de largeur destinée à communiquer entre les rues Bichat et Saint-Maur. Cette autorisation a été accordée à la charge par les impétrants : — de livrer gratuitement à la voie publique, le terrain nécessaire à ce percement ; d’établir de chaque côté de la nouvelle rue des trottoirs en pierre dure de 2 m. de largeur ; de supporter les frais de premier établissement du pavage et de l’éclairage, ainsi que ceux des travaux à faire pour l’écoulement souterrain, ou à ciel ouvert, des eaux pluviales et ménagères ; enfin de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris. — Ce percement fut immédiatement exécuté ; il reçut en 1830 le nom de rue Corbeau. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau.

Corby (passage).

Commence à la rue Montpensier-Palais-Royal, no 7 ; finit à la rue de Richelieu, no 10. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Ce passage a été construit en 1720. Il a pris sa dénomination actuelle d’un propriétaire.

Cordelières (rue des).

Commence à la rue Pascal, no 37 ; finit à la rue du Champ-de-l’Alouette. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 400 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle a été percée, en 1825, sur les terrains appartenant à MM. Marcellot et Salleron et provenant de l’ancien couvent des Cordelières. Cette rue, qui n’est pas encore reconnue comme voie publique par l’administration municipale, a 12 m. environ de largeur et sa forme est presque circulaire (voir pour l’historique du couvent des Cordelières, l’article de la rue Pascal).

Corderie (place de la).

Commence à la rue Dupetit-Thouars, nos 23 et 27 ; finit à la rue de la Petite-Corderie, nos 1 et 3. Sa longueur est de 44 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Cette place était depuis un temps immémorial habitée par des Cordiers. Elle faisait partie de l’enclos du Temple. Sa forme est irrégulière. — Une décision ministérielle du 9 septembre 1800, signée Fouché, et une ordonnance royale du 16 novembre 1834, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. Le bâtiment situé à droite en entrant par la rue Dupetit-Thouars, est seul soumis à retranchement.

Corderie (petite rue de la).

Commence à la place de la Rotonde-du-Temple, nos 38 et 90 ; finit à la place de la Corderie. Le dernier numéro est 4. Sa longueur est de 58 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Elle a été percée en 1809, sur une partie de l’enclos du Temple (voyez Linge, halle au vieux). Son voisinage de la place de la Corderie lui a fait donner le nom qu’elle porte. — Une décision ministérielle en date du 7 septembre 1809, signée Fouché, et une ordonnance royale du 16 novembre 1834, ont fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. 10 c. Les constructions du côté gauche devront subir un léger redressement ; celles du côté opposé sont à l’alignement. — Conduite d’eau depuis la rue Dupuis jusqu’à la borne-fontaine.

Corderie-au-Marais (rue de la).

Commence aux rues de Beauce, no 9, et Caffarelli ; finit à la rue du Temple, no 78. Le dernier impair est 23 ; pas de numéro pair, ce côté est bordé par le mur de clôture du couvent du Saint-Sacrement. Sa longueur est de 203 m. — Les numéros impairs sont du 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété ; le côté opposé est du 6e arrondissement, quartier du Temple.

Elle doit cette dénomination aux cordiers qui travaillaient le long des murs du Temple. — Une décision ministérielle à la date du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, cette moindre largeur est portée à 10 m. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Corderie-Saint-Honoré (impasse de la).

Située dans la place du Marché-Saint-Honoré. Les numéros continuent la série de la rue du Marché-Saint-Honoré. Sa longueur est de 27 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

C’est la partie qui provenait de l’ancien cul-de-sac de la Corderie ou Péronelle (voyez l’article suivant). Une ordonnance royale du 4 octobre 1826 a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Elle a été élargie en 1829, et les maisons riveraines ne sont aujourd’hui soumises à aucun retranchement. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Corderie-Saint-Honoré (rue de la).

Commence à la rue Neuve-Saint-Roch, nos 45 et 47 ; finit à la place du Marché-Saint-Honoré, nos 40 et 42. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 67 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.


C’était anciennement le cul-de-sac de la Corderie, on l’appelait aussi cul-de-sac Péronelle. — Un arrêt du conseil du 22 avril 1679, prescrivit l’élargissement de la partie comprise entre la rue Neuve-Saint-Roch et celle de la Sourdière. Par suite de l’établissement du marché et de la place qui l’entoure, ce cul-de-sac fut divisé en deux parties, dont l’une prit le nom de rue de la Corderie, et l’autre conserva le nom primitif. — Une ordonnance royale, à la date du 4 octobre 1826, a fixé la largeur de la rue de la Corderie à 10 m. La maison no 1 est seule soumise à retranchement. Bassin d’égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Cordiers (rue des).

Commence à la rue Saint-Jacques, nos 144 et 146 ; finit à la rue de Cluny, nos 3 et 5. Le dernier impair est 23, le dernier pair, 14. Sa longueur est de 105 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Cette rue était bâtie presque entièrement en 1250. Le poète Guillot l’appelle rue des Cordiers. Elle doit sans doute cette dénomination à des cordiers qui vinrent l’habiter. — Une décision ministérielle à la date du 8 nivôse an XIII, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons nos 9 et 11 ne sont pas soumises à retranchement. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Jacques.

Cordonnerie (rue de la).

Commence à la rue du Marché-aux-Poirées, nos 1 et 3 ; finit à la rue de la Tonnellerie, nos 22 et 21. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 107 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Les cordonniers habitaient au XIIIe siècle la rue des Fourreurs dite alors de la Cordouannerie. Vers 1295, les cordonniers cédèrent aux pelletiers la place qu’ils occupaient, pour venir occuper les environs de la halle, qui devenait alors le centre du commerce parisien. Le commissaire Delamare s’est trompé en fixant la construction de cette rue au XIIe siècle. Son origine ne remonte qu’à la fin du XIIIe. Le premier titre qui en fasse mention est tiré du Cartulaire de Saint-Magloire, et indique à l’année 1295 une maison sise en la rue Neuve-de-la-Cordouannerie. C’est par altération qu’on écrit aujourd’hui Cordonnerie ; le véritable nom est Cordouannerie, ainsi qu’on le disait autrefois ; parce que les premiers cuirs qu’on employa à la confection des chaussures étaient tirés de Cordoue et s’appelaient du Cordouan. Les statuts que les maîtres de la communauté des cordonniers présentèrent aux États-Généraux sous Charles IX, furent approuvés et confirmés par lettres-patentes données à Fontainebleau en 1573, registrées au parlement l’année suivante. Tous les maîtres, même les privilégiés qui vendaient leurs ouvrages aux halliers, étaient tenus de les marquer des deux premières lettres de leurs noms. Ils avaient la jouissance de dix-sept piliers, rue de la Tonnellerie, pour y vendre des souliers, seulement les jours de marché. Chaque maître ne pouvait avoir qu’une boutique, mais autant de compagnons que bon lui semblait. Les apprentis de Paris devaient être préférés aux étrangers. Tous les compagnons qui avaient été trois jours sans travailler étaient conduits dans les prisons du Châtelet. Celui qui quittait son maître pour s’établir ne pouvait prendre une boutique dans le même quartier. L’apprentissage était de quatre années, le brevet coûtait 30 livres et la maîtrise 578 livres. — Une décision ministérielle à la date du 25 messidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de la rue de la Cordonnerie à 8 m. Les constructions du côté des numéros impairs devront reculer de 1 m. 70 c. ; celles du côté opposé ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Corneille (rue).

Commence à la place de l’Odéon, no 5 ; finit à la rue de Vaugirard, no 16. Le dernier impair est 7 ; pas de numéro pair ; ce côté est bordé par le théâtre de l’Odéon. Sa longueur est de 55 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

L’ouverture de cette rue sur l’emplacement de l’hôtel de Condé, a été autorisée par lettres-patentes du 10 août 1779, registrées au parlement le 7 septembre suivant, et sa largeur fixée à 30 pieds. Cependant elle ne fut exécutée que sur une largeur de 9 m. 70 c. Sa dénomination rappelle Pierre Corneille, né à Rouen le 6 juin 1606, mort doyen de l’Académie Française le 1er octobre 1684. Il est regardé comme le créateur de l’art dramatique en France. — Une décision ministérielle du 4 nivôse an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale à la date du 12 mai 1841, ont maintenu la largeur primitive de la rue Corneille. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne). (Voyez Odéon, théâtre de l’).

Cornes (rue des).

Commence à la rue du Banquier, no 2 ; finit à la rue des Fossés-Saint-Marcel, nos 33 et 35. Pas de numéro. Sa longueur est de 204 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

En 1789, c’était la rue de la Voie-Creuse ou des Cornes ; cette dernière dénomination avait été donnée à cette rue parce qu’elle était bordée par des murs de clôture faits avec des cornes de bœufs. Une décision ministérielle à la date du 23 germinal an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale à la date du 27 janvier 1837, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Plusieurs constructions sont alignées.

Corroierie (rue de la).

Commence à la rue Beaubourg, nos 7 et 9 ; finit à la rue Saint-Martin, no 60 et 62. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 104 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.


Elle était entièrement bordée de constructions vers l’année 1280. En 1300, on la nommait la Plâtrière. Elle tire sa dénomination actuelle des corroyeurs qui vinrent l’habiter au commencement du XIVe siècle. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an V, signée Benezech, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les maisons nos 9 et 11 sont alignées ; le surplus de ce côté est soumis à un retranchement qui varie de 1 m. 30 c. à 2 m. 50 c. Les constructions du côté opposé devront reculer de 1 m. 30 c. à 2 m. — Conduite d’eau depuis la rue Beaubourg jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Cossonnerie (rue de la).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 113 et 115 ; finit aux rues du Marché-aux-Poirées, no 24, et des Piliers-aux-Potiers-d’Étain, no 2. Le dernier impair est 39 ; le dernier pair, 41. Sa longueur est de 138 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Déjà construite en 1183, cette rue s’appelait alors via Cochonneria. En 1300, c’était la rue de la Coçonnerie. — « Anciennement, dit Sauval, cossonniers et cochonnerie voulaient dire la même chose que poulaillers et poullaillerie, j’apprends même de quelques vieillards, qu’à certains jours de la semaine, on y tenait un marché de cochons et de volailles, et de plus ils m’ont assuré qu’étant jeunes, ils y ont vu étaler dans des paniers et sur le pavé des poulets, des chapons et tout le reste que les poulaillers d’aujourd’hui ont étalé sur le pavé et dans leurs paniers à la Vallée-de-Misère, et depuis, le long du quai des Augustins. Enfin j’ai lu dans le livre rouge neuf du procureur du roi, une ordonnance qui défend, tant aux rôtisseurs qu’aux autres marchands qui venoient étaler à la rue de la Cossonnerie, d’aller avant l’heure au devant des marchandises. » — Une décision ministérielle à la date du 2 germinal an XI signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 1, 21 et 10 sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Française).

Cotte (rue).

Commence à la rue Trouvée, no 9, et à la place du Marché-Beauveau, no 9 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, nos 140 et 142. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 157 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Elle a été ouverte en décembre 1778, sur les dépendances de l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs. Les lettres-patentes qui autorisèrent ce percement sont datées de Versailles, le 17 février 1777. Elles furent registrées au parlement le 24 août de la même année. La largeur assignée à cette voie publique fut de 30 pieds. Cette dimension a été maintenue par une décision ministérielle du 17 brumaire an XII, signée Chaptal. — Portion d’égout du côté de la rue du Faubourg-Saint-Antoine. — Conduite d’eau.

Jules-François de Cotte était président au grand-conseil sous le règne de Louis XVI (voyez Marché Beauveau).

Courbaton (impasse).

Située dans la rue de l’Arbre-Sec, entre les nos 23 et 25. Pas de numéro. Sa longueur est de 11 m. 50 c. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Elle formait autrefois avec l’impasse Sourdis, une rue qui aboutissait à celle de l’Arbre-Sec. Au XVIe siècle, c’était l’impasse Courbaton. Par brevet du mois de mai 1608, Henri IV, voulant récompenser les services du marquis de Sourdis, donna à sa veuve la totalité du cul-de-sac Courbâton, qui formait une petite ruelle. Ce brevet fut confirmé par Louis XIII le 31 mai 1621, et par Louis XIV en octobre 1657. Un arrêt du conseil à la date du 3 juillet 1781, sans s’arrêter aux brevets dont il vient d’être parlé, ordonna que la portion du cul-de-sac Courbaton, qui se trouvait alors libre, serait réunie au domaine de sa majesté. Cette impasse n’a jamais été alignée.

Courcelles (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue de Chartres-du-Roule.

Cette barrière, qui est décorée d’un bâtiment dont le pourtour est orné de 24 colonnes, doit son nom au village de Courcelles, vers lequel on se dirige en la traversant. (Voyez l’article Barrières.)

Courcelles (chemin de ronde de la barrière de).

Commence à la rue de Chartres et à la barrière de Courcelles ; finit à la rue du Faubourg-du-Roule et à la barrière du Roule. Pas de numéro. Sa longueur est de 369 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Voir l’article Chemins de ronde.

Courcelles (rue de).

Commence à la rue de la Pépinière, nos 78 et 80 ; finit aux rues de Monceau, no 10, et de Valois, no 2. Le dernier impair est 67 ; le dernier pair, 58. Sa longueur est de 439 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

C’était originairement le chemin de Villiers. Vers 1730, on lui donna le nom de rue de Courcelles. Elle se dirige vers le village ainsi appelé. — Une décision ministérielle à la date du 25 messidor an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés ci-après désignées sont à l’alignement : nos 1, 3, 5, 19, 21, 23, 25, 27, 29, 31, 37 ; 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 22, 30, 32, 36, 38, 40, 44, 48 et 52. — Égout depuis la rue de la Pépinière jusqu’à la fontaine. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Couronnes (barrière des Trois-).

Située à l’extrémité de la rue du même nom.

Cette barrière qui tire son nom de l’enseigne d’un cabaret voisin, consiste en un bâtiment avec arcades et colonnes. — (Voyez l’article Barrières).

Couronnes (chemin de ronde de la barrière des Trois-).

Commence aux rue et barrière des Trois-Couronnes ; finit à la rue de l’Orillon et à la barrière Ramponeau. Pas de numéro. Sa longueur est de 263 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Voir l’article Chemins de ronde.

Couronnes-Faubourg-du-Temple (rue des Trois-).

Commence à la rue Saint-Maur, nos 58 et 60 ; finit aux chemins de ronde des barrières des Trois-Couronnes et de Ménilmontant. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 373 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Cet emplacement était autrefois occupé par des carrières et fours à plâtre. Le plan de Jaillot l’indique comme un chemin sans dénomination. Le nom des Trois-Couronnes lui vient de l’enseigne d’un cabaret. La moindre largeur de cette voie publique a été fixée à 10 m., par une décision ministérielle en date du 23 germinal an IX, signée Chaptal. Les maisons de 9 à 41, 4, 4 bis, 4 ter, 10, 12, 14, 24, 26, 28, et partie de la propriété no 42, ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Maur jusqu’à la borne-fontaine.

Couronnes-Saint-Marcel (rue des Trois-).

Commence à la rue Mouffetard, nos 226 et 228 ; finit aux rues Saint-Hippolyte, no 2, et Pierre-Assis, no 2. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 52 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Au XVIIe siècle, elle était encore comprise dans la rue Saint-Hippolyte. Son nom actuel lui vient d’une enseigne. — Une décision ministérielle à la date du 8 ventôse an IX, signée Chaptal, avait fixé à 10 m. la largeur de cette voie publique. Cette largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 27 janvier 1837. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 3 m. 70 c. à 5 m. ; celles du côté opposé devront reculer de 3 m. 40 c. à 4 m. 70 c. — Conduite d’eau.

Courtalon (rue).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 65 et 67 ; finit à la place Sainte-Opportune, nos 6 et 8. Le dernier impair est 3 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 32 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Elle était entièrement bordée de constructions en 1284. Guillot la nomme en 1300 rue à petits Soulers de Bazenne. Elle prit au milieu du XVIe siècle le nom de Courtalon, en raison de Guillaume Courtalon, qui possédait deux maisons au coin de la rue des Lavandières. — Une décision ministérielle du 21 prairial an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les propriétés du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 80 c. à 4 m. 20 c. ; celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 10 c. au plus. — Conduite d’eau.

Courty (rue).

Commence à la rue de Lille, nos 97 et 99 ; finit à la rue de l’Université, nos 108 et 110. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 68 m. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Lettres patentes. — « Louis, etc… De l’avis de notre conseil, nous avons ordonné et ordonnons que le passage de 21 à 22 pieds de largeur dans toute sa longueur, et tel qu’il a été ouvert en vertu de notre permission (en 1777), sur un terrain acquis par le sieur de Courty de Romange et compe, faubourg Saint-Germain, où était ci-devant le petit hôtel du Maine ; lequel passage, conformément au plan qui nous a été représenté, débouche de la rue de Bourbon à celle de l’Université, sera à l’avenir au rang des rues de notre capitale et sera nommé rue de Courty ; en conséquence dispensons les d. sieur de Courty et compe d’y placer des portes ou grilles. Ordonnons qu’ils seront tenus de faire la première dépense du pavé de lad. rue, lequel sera ensuite entretenu à nos frais et porté à cet effet sur l’état du pavé de Paris. Sera au surplus lad. rue éclairée et nétoyée comme toutes les autres de notre capitale, et seront les propriétaires, locataires et habitants d’icelle, soumis au rachat de l’imposition des boues et lanternes, etc… Donné à Versailles le 29e jour du mois de septembre l’an de grâce 1780 et de notre règne le 7e. Signé Louis. » Le 18 messidor an IX, une décision ministérielle, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. — Une ordonnance royale du 7 mars 1827 a porté sa moindre largeur à 10 m. Les constructions du côté des numéros pairs sont alignées ; celles du côté opposé sont soumises à un fort retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue de Lille jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française)

Coutellerie (rue de la).

Commence aux rues Jean-de-l’Épine, nos 23, et Jean-Pain-Mollet, no 1 ; finit à la rue de la Vannerie, nos 38 et 40. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 98 m. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Cette rue était en partie construite sous le règne de Louis-le-Jeune. Elle fut désignée au XIIIe siècle sous le nom de Vieille-Oreille et par corruption Guignoreille, Vers l’an 1300, c’était la rue des Commanderesses. Des couteliers qui vinrent s’y établir sous le règne de Henri II, lui firent donner le nom qu’elle porte encore aujourd’hui. Elle fut élargie en 1564. — Une décision ministérielle à la date du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 31 décembre 1832, cette largeur a été portée à 12 m. La maison no 2 est alignée. Les autres constructions de ce côté devront subir un retranchement qui varie de 3 m. 10 c. à 5 m. ; de 1 à 19 inclus. ret. 2 m. 80 c. à 4 m. 20 c. ; de 21 à 27 ret. 2 m. 20 c. à 2 m. 80 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Crébillon (rue de).

Commence à la rue de Condé, nos 15 et 15 bis ; finit à la place de l’Odéon, nos 2 et 4. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 62 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Cette rue a été ouverte sur l’emplacement de l’hôtel de Condé, en vertu des lettres-patentes du 10 août 1779, registrées au parlement le 7 septembre suivant. Elle fut exécutée sur une largeur de 30 pieds. Cette dimension a été maintenue par une décision ministérielle du 4 nivôse an IX, signée Chaptal, et par une ordonnance royale du 12 mai 1841. (Voyez l’article Odéon, théâtre de l’.) — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Prosper Jolyot de Crébillon, célèbre auteur tragique, naquit à Dijon, le 15 février 1674, et mourut à Paris, le 17 juin 1762.

Cretet (rue).

Commence à la rue Bochart-de-Saron ; finit à la rue Beauregard-des-Martyrs. Pas de numéro. Sa longueur est de 44 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Une décision ministérielle à la date du 29 mai 1821, a prescrit l’ouverture de cette rue sur une largeur de 12 m. Cette disposition a été confirmée par une ordonnance royale du 23 août 1833. Toutefois, il n’existe pas encore de constructions dans cette rue.

Emmanuel Cretet, comte de l’empire et ministre de l’intérieur sous Napoléon, est connu par de longs et utiles travaux administratifs. Il fut spécialement chargé, par un décret du 9 février 1809, de diriger la construction de l’abattoir Montmartre, dont il posa la première pierre.

Croissant (rue du).

Commence à la rue du Gros-Chenet, no 13 et 15 ; finit à la rue Montmartre, nos 146 et 148. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 177 m. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Cette rue a pris d’une enseigne le nom du croissant qu’elle porte depuis 1612. — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. — Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826. Les maisons nos 7, 9, 11 et 22 sont alignées. — Égout du côté de la rue Montmartre. — Éclairage au gaz (compe Française).

Croix (rue de la).

Commence à la rue Phelipeaux, nos 40 et 44 ; finit aux rues du Vertbois, no 1, et Neuve-Saint-Laurent, no 33. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 183 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle fut ouverte au XIVe siècle sur un canton de la Courtille Saint-Martin, nommé la Croix-Neuve, et situé hors des murs de la ville. — Une décision ministérielle à la date du 4 floréal an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons nos 6, 6 bis, 18 et 20 ne sont pas soumises à retranchement. — Portion d’égout du côté de la rue du Vertbois. — Conduite d’eau dans une partie. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Croix-Blanche (rue de la).

Commence à la rue Vieille-du-Temple, nos 17 et 19 ; finit à la rue Bourtibourg, nos 2 et 4. Pas de numéro. Sa longueur est de 81 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

À la fin du XIIIe siècle, elle était connue sous le nom d’Augustin-le-Faucheur. Elle est ainsi désignée dans les lettres de Philippe-le-Hardi du mois d’août 1280. Dans un bail du 8 juillet 1448 et dans une sentence de licitation du 27 août 1639, elle est appelée rue de la Croix-Blanche. Suivant une décision ministérielle du 23 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, la rue de Bercy devait être supprimée et la rue de la Croix-Blanche conservée et portée à 8 m. de largeur. En vertu d’une ordonnance royale du 12 juillet 1837, l’ilot de maisons qui sépare ces deux rues doit être supprimé pour ne faire qu’une seule communication de 12 m. 50 c. dans sa moindre largeur. (Voyez Bercy-au-Marais, rue de.) — La rue de la Croix-Blanche, dont la largeur n’est que de 2 m. environ, est aujourd’hui fermée à ses deux extrémités. Les constructions du côté droit devront subir un retranchement de 1 m. 70 c. au plus. — Conduite d’eau depuis la rue Bourtibourg jusqu’à la borne-fontaine.

Croix-Boissière (impasse de la).

Située dans la rue de Longchamp, no 2. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 49 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle faisait partie du village de Chaillot (voir l’article suivant). — Une décision ministérielle du 7 août 1818 avait fixé la largeur de cette impasse à 7 m. Le conseil municipal, dans sa séance du 4 mars 1836, a délibéré que l’impasse de la Croix-Boissière ne serait pas considérée comme voie publique, et qu’il ne serait délivré à l’avenir aucun alignement dans cette localité. La largeur actuelle de cette impasse est de 4 m.

Croix-Boissière (rue de la).

Commence à la rue de Longchamp, no 4 ; finit au chemin de ronde de la barrière des Bassins. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 356 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle a été tracée vers 1780. Elle se terminait alors dans les champs. Son nom lui vient d’une croix boissière plantée sur le terrain où elle a été construite. On voit encore cette croix figurer sur les plans qui représentent Paris à la fin du XVIIIe siècle. On donnait le nom de boissière aux croix auxquelles on allait attacher du buis le jour des Rameaux. — Une décision ministérielle à la date du 7 août 1818, a fixé à 7 m. la largeur de cette voie publique dans la partie comprise entre les rues de Longchamp et de Lubeck.

Croix-d’Antin (rue Sainte-), voyez SAINTE-CROIX.

Croix-de-la Bretonnerie (passage Sainte-).

Commence à la rue des Billettes, nos 13 et 15 ; finit à la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, nos 39 et 41. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 10. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Ce passage a été construit, vers 1810, sur l’emplacement du couvent des chanoines de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Voici en quels termes le sire de Joinville rapporte la fondation de cette maison religieuse : « Revint une autre manière de frères qui se fesoient appeler frères de Sainte-Croix, et portoient la croix devant leur piz (poitrine), et requistrent que le roy leur aidaast. Le roi le fit volontiers et les héberga en une rue appelée le quarrefour du Temple qui ore est appelée Sainte-Croix. »

L’église bâtie par le célèbre Eudes de Montreuil avait son entrée principale dans la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Sur la grande porte, on lisait cette inscription : Hic est domus Domini, 1689. Dans cette église avait été inhumé Barnabé Brisson, second président au parlement de Paris et l’un des quatre magistrats qui furent pendus le 15 novembre 1591, par ordre des Seize, à une poutre de la grand’chambre du Châtelet.

Supprimé en 1790, le couvent de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie devint propriété nationale et fut vendu le 19 avril 1793. Les constructions établies sur l’emplacement de ce couvent ont formé un passage au moyen de la communication avec le renfoncement ou espèce d’impasse ayant son entrée dans la rue des Billettes.

Croix-de-la-Bretonnerie (rue Sainte-).

Commence à la rue Vieille-du-Temple, nos 35 et 37 ; finit aux rues Barre-du-Bec, no 16, et Sainte-Avoie, nos 2. Le dernier impair est 53 ; le dernier pair, 60. Sa longueur est de 371 m. — 7e arrondissement. Les numéros impairs sont du quartier du Marché-Saint-Jean ; les pairs, du quartier du Mont-de-Piété.

Elle était construite en 1230 et se nommait rue de Lagny, dite la Grande-Bretonnerie, parce qu’elle était située sur le fief de Saint-Pierre-de-Lagny et sur le territoire dit le Champ-aux-Bretons. — Les chanoines de Sainte-Croix étant venus former un établissement dans cette rue, vers 1258, elle prit en 1314 la dénomination de rue Sainte-Croix, puis celle de rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. — Une décision ministérielle du 3 prairial an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. Une ordonnance royale du 12 juillet 1837 en a porté la moindre largeur à 12 m. Les maisons nos 54, 58 et 60 sont alignées. — Portions d’égout du côté des rues Vieille-du-Temple et Barre-du-Bec. — Conduite d’eau entre les rues des Singes et de l’Homme-Armé. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Croix-du-Roule (rue de la).

Commence à la rue du Faubourg-du-Roule, nos 98 et 100 ; finit à la rue de Chartres, no 21. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 269 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Ouverte à la fin du XVIIIe siècle, elle porta le nom de rue de la Croix. En 1796, on lui donna la dénomination de rue de Milan, en mémoire de la prise de cette ville par l’armée française, le 14 mai de la même année. En 1815, elle reprit le nom de rue de la Croix. — Une décision ministérielle du 4 mai 1816, signée Vaublanc, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement.

Croix-en-la-Cité (rue Sainte-).

Commence à la rue Gervais-Laurent, nos 1 et 3 ; finit à la rue de la Vieille-Draperie, nos 4 et 6. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 37 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Bâtie au XIIe siècle, elle portait le nom de rue Sainte-Croix, en raison de l’église ainsi appelée qu’on voyait encore au commencement de la révolution à l’est de cette rue. — Une décision ministérielle du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. La largeur actuelle de la rue Sainte-Croix varie de 1 m. 70 c. à 2 m. — Conduite d’eau.

Une bulle d’Innocent II, de l’année 1136, mentionne pour la première fois l’église Sainte-Croix. Érigée en paroisse au XVe siècle, elle fut reconstruite en 1529. En 1790, on la supprima, et le 2 mars 1792, elle fut vendue comme propriété nationale. Les murs de cette église existent encore en partie du côté de la rue Sainte-Croix. La maison no 4, dans la rue de la Vieille-Draperie, a été bâtie sur son emplacement.

Croix-Rouge (carrefour de la).

Situé à la jonction des rues du Four, du Dragon, de Grenelle, de Sèvres, du Cherche-Midi et du Vieux-Colombier. — 10e arrondissement, quartiers de la Monnaie et Saint-Thomas-d’Aquin ; 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

C’était au XVe siècle le carrefour de la Maladrerie, en raison de plusieurs granges bâties au coin de la rue du Four pour loger les pauvres atteints du mal de Naples. Sa dénomination actuelle lui vient d’une croix peinte en rouge qu’on avait élevée sur ce carrefour. En 1793, c’était le carrefour du Bonnet-Rouge. Une décision ministérielle du 23 frimaire an IX, signée Chaptal, a déterminé pour cette voie publique un alignement qui soumet à un fort retranchement les propriétés situées aux encoignures des rues du Four et du Vieux-Colombier, de Sèvres et de Grenelle. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Française).

Croulebarbe (barrière).

Située sur le boulevart des Gobelins, no 5.

Aucun bâtiment ne décore cette barrière, qui doit son nom à la rue Croulebarbe.

Croulebarbe (rue).

Commence à la rue Mouffetard, nos 270 et 272 ; finit à la rue du Champ-de-l’Alouette. Le dernier impair est 19 ; le seul pair, 2 ; ce côté est bordé, en partie, par la manufacture des Gobelins et la rivière de Bièvre. Sa longueur est de 550 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Plusieurs titres de 1214 font mention du moulin de Croulebarbe sur la rivière de Bièvre ; d’autres, en 1243, parlent des vignes de Croulebarbe. Ce moulin, qui existait encore en 1840, servait à faire mouvoir des mécaniques. — Une décision ministérielle, à la date du 10 juin 1819, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Plusieurs propriétés sont alignées.

Crucifix (rue du Petit-).

Commence à la rue Saint-Jacques-la-Boucherie, nos 18 et 22 ; finit à la place Saint-Jacques-la-Boucherie. Le dernier impair est 7 ; pas de numéro pair. Sa longueur est de 53 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Plusieurs actes prouvent que cette rue était entièrement bâtie vers 1250. Elle tire son nom du fief du Crucifix, dont la principale maison, qui avait un crucifix pour enseigne, était située au coin de la rue Saint-Jacques-la-Boucherie. En 1270, elle était désignée sous le nom de petite rue en face le portail de l’église Saint-Jacques. On la nomma également rue du Porce et Porche Saint-Jacques. Elle fut élargie en 1564. — Une décision ministérielle à la date du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, sa moindre largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un fort retranchement ; celles du côté opposé sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Crussol (passage).

Commence à la rue de Ménilmontant, no 5 ; finit à la rue Crussol, no 8. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Bâti en 1827, sur l’emplacement d’une ancienne fabrique de porcelaine, il prit le nom de passage Biette, du propriétaire qui l’avait fait construire. Dès 1829, on commença à le désigner sous le nom de passage Crussol. (Voir pour l’étymologie l’article suivant).

Crussol (rue).

Commence à la rue des Fossés-du-Temple, no 12 ; finit à la rue Folie-Méricourt, nos 5 et 7. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 314 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Autorisée et dénommée par lettres-patentes du 13 octobre 1781, registrées au parlement le 26 février suivant, cette rue fut ouverte en 1783, sur les marais du Temple, appartenant au GRAND PRIEURÉ DE FRANCE. Sa largeur était fixée à 5 toises (9 m. 74 c.) — Le nom donné à cette voie publique est celui de M. Alexandre-Emmanuel Chevalier de Crussol, brigadier des armées de France, chevalier non-profès de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, capitaine des gardes du comte d’Artois et administrateur-général du grand-prieuré de France. Il avait été nommé à ce dernier emploi par lettres-patentes du 13 mars 1777. (Voyez l’article de la rue d’Angoulême-du-Temple.) — Une décision ministérielle du 28 fructidor an X, signée Chaptal, fixa la largeur de la rue Crussol à 10 m. — Cette décision porte ce qui suit à : « D’après la demande des propriétaires de la rue de Crussol et autres riverains, cette rue doit être prolongée jusqu’à la contre-allée du boulevart. Ce prolongement qui aura 11 m. 69 c. de large, suivra la même direction que cette rue ; et attendu l’avantage qui en résultera pour eux, il a été proposé de les charger de l’acquittement des indemnités à payer au propriétaire d’une maison et terrain particuliers qu’il faudra traverser. » En vertu d’une autre décision ministérielle du 16 frimaire an XIV, la largeur de 9 m. 74 c., fixée par les lettres-patentes pour la rue Crussol, a été maintenue. Les constructions riveraines sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue des Fossés-du-Temple. — Conduite d’eau depuis la rue de Malte jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Le plan indiquant le projet de prolongement de la rue Crussol jusqu’au boulevart du Temple et d’établissement de constructions sur une partie de la contre-allée, a été déposé à la mairie du 6e arrondissement, conformément à un arrêté préfectoral du 22 août 1842. Ce prolongement aura 12 m. de largeur.

Cuirs (halle aux).

Située dans les rues Françoise, no 3, et Mauconseil no 34. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Elle a été bâtie en 1784, sur l’emplacement de l’ancien hôtel de Bourgogne et du théâtre des Italiens. Elle était située précédemment dans la rue de la Lingerie. — « Ordonnance de police du 27 frimaire an XIV. Le préfet de police, vu les articles 2 et 32 de l’arrêté du gouvernement du 12 messidor an VIII, ordonne ce qui suit : — Article 1er. Les cuirs et peaux continueront d’être vendus à la halle située rue et division de Bon-Conseil. — Art. 2e. La halle sera ouverte pour la réception des marchandises, tous les jours, depuis le lever jusqu’au coucher du soleil. — Art. 3e. La vente aura lieu tous les jours, excepté les dimanches et fêtes, depuis 10 heures du matin jusqu’à 3 heures de relevée, etc. » (Extrait.) Moniteur du 1er nivôse an XIV (1805).

Cunette (barrière de la).

Située à l’extrémité du quai d’Orsay.

Elle se compose d’un bâtiment à deux arcades, colonnes et frontons. Une cunette établie en cet endroit lui a donné son nom. On appelle cunette un fossé de 6 m. de large pratiqué dans le milieu du fossé sec d’une place. — (Voir l’article Barrières).

Cuvier (rue).

Commence au quai Saint-Bernard ; finit aux rues du Jardin-du-Roi et Saint-Victor. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 531 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

On ne l’appelait anciennement que rue ou chemin devers Seine. En 1552, on disait simplement rue derrière les murs de Saint-Victor. Ensuite on la nomma rue du Ponceau, en raison d’un petit pont qu’on avait jeté vers le milieu de cette rue, sur la petite rivière de Bièvre, lorsqu’elle traversait l’enclos Saint-Victor. — Une décision ministérielle à la date du 2 septembre 1818, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 22 juin 1837, la partie comprise entre les rues Jussieu et Saint-Victor, doit avoir 12 m. de largeur. La rue qui nous occupe a reçu en vertu d’une décision du roi, du 8 novembre 1838, le nom de rue Cuvier. Georges-Léopold-Frédéric-Chrétien-Dagobert Cuvier naquit à Montbéliard le 23 août 1769, la même année que Canning, Humboldt, Walter Scott et Napoléon, et mourut à 63 ans comme Aristote. — Les constructions riveraines sont presque toutes à l’alignement. — Égout du côté du quai.

La fontaine Cuvier, située à l’angle de la rue Saint-Victor, a été construite en 1840, par M. Lemaire. La statue qui décore ce petit monument a coûté 2 500 fr.

Dans cette rue était le couvent des Nouveaux-Convertis. — Le père Hyacinthe de Paris, capucin très zélé pour la conversion des protestants, forma en 1632 une société qu’il enflamma de son zèle. L’archevêque de Paris, Jean-François de Gondy, autorisa le 6 mai 1634 cette association, à laquelle il donna le titre de Congrégation de la propagation de la foi et le vocable de l’exaltation de la croix. Le pape, par une bulle du 3 juin de la même année et le roi par lettres-patentes de 1635 autorisèrent cet établissement. Les protestants, disposés à se convertir, furent d’abord réunis dans une maison située dans la cité, puis transférés dans la rue de Seine-Saint-Victor. Ce couvent, devenu propriété nationale, fut vendu le 30 mars 1793. Une partie de son emplacement a servi à l’agrandissement du Jardin-des-Plantes.

Cygne (rue du).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 179 et 183 finit à la rue Mondétour, nos 26 et 28. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 102 m. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Plusieurs titres consignés dans le Cartulaire de Saint-Magloire, nous permettent d’affirmer que cette rue n’a été entièrement construite qu’en 1280. Sauval s’est trompé en distant qu’elle n’a porté le nom de Cygne qu’à partir du XVIe siècle ; dès la fin du XIIIe on connaissait la maison o cingne. Le poète Guillot, vers l’année 1300, en parle ainsi :

La rue o Cingne, ce me samble,
Encontre Mondestour assamble.

De plus, le rôle de 1313 indique la rue au Cygne. — Une décision ministérielle à la date du 13 vendémiaire an X, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1836. Les maisons nos 2, 4, 8, 10 ; 11, 13 ; celle sur le côté gauche à l’encoignure droite de la rue Saint-Jacques-l’Hôpital et la propriété située sur le côté droit à l’encoignure gauche de cette rue sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Française).

Janvier 1844.
----


D.

Daguesseau (marché).

Situé dans la cité Berryer. — 1er arrondissement, quartier de la place Vendôme.

« Louis, etc… Par nos lettres-patentes du 6 février 1723, nous aurions accordé à notre amé et féal Joseph-Antoine Daguesseau, conseiller-honoraire en notre cour de parlement, à notre amé et féal Gilles Coste de Champeron, aussi conseiller en notre dite cour, et notre amée Hélène-Geneviève de Noïel, sa femme, et à notre amée Elisabeth Billet, épouse séparée quant aux biens de Pierre Lavergne, notre conseiller au Châtelet, la permission d’établir un marché public dans un terrain à eux appartenant au Faubourg-Saint-Honoré, pour l’avantage des habitants dudit quartier, et à la décoration et commodité de notre bonne ville de Paris, mais le d. établissement n’ayant pu être conduit à sa perfection à cause des défenses de bâtir dans les faubourgs, survenues l’année dernière, qui empêchèrent que les environs du d. marché fussent remplis de bâtiments, soit parce que le terrain où il était placé se trouvait trop éloigné de la partie la plus habitée du d. quartier : notre très cher et féal le sieur Daguesseau, chevalier, chancelier de France, commandeur de nos ordres, donataire entre-vifs et héritier sous bénéfice d’inventaire du d. sieur Joseph-Antoine Daguesseau, son frère, et les autres propriétaires du d. marché dans le dessein d’achever un établissement si utile au public, se seraient déterminés à acquérir une place située à l’entrée du d. quartier et appartenant à André Mol de Qurieux, notre conseiller, secrétaire, maison et couronne de France et de nos finances, et avocat en nos conseils, et à Marie-Catherine Paulmier sa femme, lesquels, la leur auraient cédée moyennant entr’autres choses, l’abandon que les d. propriétaires leur auraient fait du quart dans le privilège porté par les d. lettres-patentes ; au moyen de quoi ils nous ont, conjointement avec les d. sieur Mol et sa femme, très humblement supplié de transférer le d. privilège sur la d. nouvelle place, etc. À ces causes avons permis et permettons de faire construire dans le d. terrain six étaux de boucheries et toutes échoppes, baraques ou étalages convenables pour les boulangers, poissonniers, fruitiers et autres et en général pour le débit des denrées et autres marchandises qui pourront être portées dans le d. marché ; pour en jouir par notre très féal chancelier de France le sieur Daguesseau, notre amé et féal conseiller en notre parlement le sieur Coste de Champeron, et sa femme, notre amée Elisabeth-Billet, veuve de Pierre Lavergne, et notre amé sieur Mol de Qurieux et sa femme, chacun pour un quart, à l’instar des autres marchés et étaux de notre bonne ville de Paris, etc. Donné au camp d’Alost, le 16 août 1745 : signé Louis. » — (Archives du royaume, section administrative, reg. E, no 3431). Ces lettres-patentes furent registrées au parlement le 6 septembre suivant et le nouveau marché fut inauguré le 2 juillet 1746.

Daguesseau (rue).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 58 et 60 ; finit à la rue de Surène, nos 31 et 33. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 175 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Elle a été ouverte en 1723, sur les terrains appartenant à Joseph-Antoine Daguesseau, conseiller honoraire au parlement. (Voyez l’article qui précède.) La largeur assignée à ce percement fut de 7 m. 80 c. Cette dimension a été maintenue par une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux. En vertu d’une ordonnance royale du 25 novembre 1836, la moindre largeur de cette voie publique est fixée à 10 m. Les maisons, nos 1, 3, 5, 7 et 9 sont alignées ; le surplus de ce côté est soumis à un retranchement qui varie de 20 c. à 1 m. 20 c. Les constructions du côté opposé devront reculer de 1 m. 10 c. à 2 m. 40 c. — Conduite d’eau. — La superbe chapelle de l’église royale épiscopale d’Angleterre est située dans cette rue, au no 5.

Daguesseau (rue du Marché-).

Commence à la rue Daguesseau, nos 13 et 15 ; finit à la rue des Saussaies, nos 10 et 12. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 153 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Elle fut ouverte en 1723, et reçut le nom de rue du Marché-Daguesseau, parce qu’elle conduisait au marché ainsi appelé, dont la formation avait été autorisée par lettres-patentes du 6 février 1723. En 1746, cet établissement ayant été transféré dans l’endroit où nous le voyons aujourd’hui, la rue qui nous occupe fut prolongée jusqu’à la rue des Saussaies, sur l’emplacement de l’ancien marché. La largeur assignée à cette voie publique fut de 7 m. 80 c. Une décision ministérielle, à la date du 29 thermidor an XI, signée Chaptal, maintint cette largeur, qui a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 25 novembre 1836. Toutes les constructions du côté des numéros impairs et celles nos 2, 4, 6, 8, 10 et 12, sont alignées. Le surplus est soumis à un retranchement qui varie de 2 m. 15 à 2 m. 40 c. — Égout du côté de la rue des Saussaies. — Conduite d’eau entre les rues Daguesseau et de Duras.

Dalayrac (rue).

Commence à la rue Méhul, no 4 ; finit à la rue Monsigny, no 2. Pas de numéro impair, ce côté est bordé par le théâtre des Italiens. Le dernier pair est 50. Sa longueur est de 100 m. — 2e arrondissement quartier Feydeau.

Une ordonnance royale, à la date du 26 janvier 1825, avait autorisé les sieurs Mallet frères et Lemercier de Nerville à ouvrir une rue de 12 m. de largeur sur les terrains des anciens hôtels des Finances, de la Loterie et de Radepont, pour communiquer de la rue Neuve-des-Petits-Champs à la rue Neuve-Saint-Augustin. Ce percement ayant été ajourné, une autre ordonnance royale fut rendue à la date du 8 octobre 1826 ; elle renferme les dispositions suivantes : La nouvelle salle de l’Opéra-Comique sera placée dans l’axe de la rue Ventadour, à quarante mètres environ de la rue Neuve-des-Petits-Champs, et sera isolée au-devant par une place d’environ dix-huit mètres de largeur ; à droite, derrière et à gauche, par des rues larges, environ les deux premières de douze mètres, et la dernière de onze mètres. La délibération prise par le conseil municipal à l’effet de contribuer pour une somme de cinq cent mille francs aux dépenses des abords de la nouvelle salle, est approuvée. Cette ordonnance reçut immédiatement son exécution. On construisit en conséquence le théâtre qui est aujourd’hui occupé par les artistes italiens. Les rues aux abords furent tracées aussitôt. Elles reçurent en 1829 les dénominations de Dalayrac, Marsollier, Méhul et Monsigny. La voie publique qui fait l’objet du présent article a 10 m. dans sa moindre largeur. — Égout et conduite d’eau du côté de la rue Méhul. — (Éclairage au gaz (compe Anglaise). — Dalayrac (Nicolas), célèbre compositeur de musique, né à Muret en Cominge, le 13 juin 1753, mourut à Paris le 27 novembre 1809.

Dames de la Visitation Sainte-Marie (rue des).

Commence au passage Sainte-Marie, nos 9 et 11 finit à la rue de Grenelle, nos 92 et 94. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 88 m. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Une ordonnance royale du 19 mars 1823 porte qu’il sera ouvert une rue de 9 m. 75 c. de largeur sur l’emplacement de la Communauté des dames de la visitation Sainte-Marie, laquelle voie publique communiquera de la rue Saint-Dominique à celle de Grenelle. Par la même ordonnance, le préfet est autorisé à traiter pour l’acquisition des terrains nécessaires à l’exécution de cette rue, outre ceux que les possesseurs actuels du domaine sont tenus de fournir gratuitement aux termes du contrat primitif. Cette ordonnance a reçu son exécution seulement en ce qui concerne la partie comprise entre la rue de Grenelle et le passage Sainte-Marie. — Conduite d’eau du côté de la rue de Grenelle.

Damiette (passerelle de).

Située entre les quais des Célestins et d’Anjou.

Par acte du 18 juin 1836, M. de Beaumont a été déclaré concessionnaire de deux passerelles à établir entre les quais des Célestins et Saint-Bernard. Commencée en 1836 sous la direction de M. Surville, ingénieur, celle dont nous nous occupons a été livrée à la circulation en janvier 1838. Cette passerelle suspendue en fil de fer est composée de deux travées, l’une de 76 m. 66 c. l’autre de 58 m. Cette dernière du côté du quai des Célestins. Sa largeur entre les garde-corps est de 3 m. Sa dénomination rappelle la prise de Damiette par les Français sous les ordres du général en chef Bonaparte. La dépense des deux passerelles de Constantine et de Damiette est évaluée à 380 000 fr.

Damiette (rue de).

Commence à la cour des Miracles, no 11, et à la rue des Forges ; finit à la rue de Bourbon-Villeneuve, no 18, et à la rue du Caire, no 35. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 56 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Des lettres-patentes du 21 août 1781, ordonnèrent la construction « d’une nouvelle halle à la marée et à la saline sur le terrain appelé la cour des Miracles. » Cette halle est indiquée sur le plan de Verniquet. Nous lisons ce qui suit dans un rapport dressé le 8 prairial an VIII : « Le conseil des bâtiments civils consulte de nouveau sur les alignements à suivre pour former le dégagement de l’emplacement sur lequel on avait établi le marché du Petit-Carreau, pense : qu’au moyen de la suppression du corps-de-garde et de sa translation dans un autre local, toute la partie du terrain qu’il occupait, doit rester libre pour la circulation publique ; que la façade de ce carrefour, du côté de l’ancien marché, doit suivre le même alignement que le côté septentrional de la rue du Caire ; que la rue qui circulera au pourtour du reste de l’emplacement du marché, doit avoir 7 m. de largeur parallèle, etc… » Ces dispositions furent approuvées par le ministre de l’intérieur, L. Bonaparte, le 2 messidor an VIII. En 1808, la communication dont il vient d’être parlé et qui se trouve divisée en deux parties par la cour des Miracles, reçut les dénominations de rues de Damiette et des Forges. Les constructions de la rue de Damiette sont alignées, à l’exception de la maison no 3. (Voyez, pour l’étymologie, l’article précédent). — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Damois (passage).

Commence à la place de la Bastille, no 5 ; finit à la rue Daval, no 7. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Il a été bâti par M. Damois vers 1770.

Dany (impasse).

Située dans la rue du Rocher, nos 42 et 44. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 16. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette impasse qui n’est pas voie publique, a été formée vers 1821 sur les terrains appartenant à M. Dany.

Dauphin (rue du).

Commence à la rue de Rivoli, nos 18 et 22 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 307 et 311. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 94 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Cette rue, dont l’existence ne date que du XVIIe siècle, a subi cependant plusieurs métamorphoses. En 1675, on la nommait rue Saint-Vincent. Elle conserva cette dénomination jusqu’au mois de novembre 1744. Vers cette époque le Dauphin avait pris l’habitude de traverser la rue Saint-Vincent, lorsqu’il allait entendre la messe à Saint-Roch. Un jour qu’il se rendait à cette église le peuple profita des instants que le prince employait à la prière pour enlever l’inscription de rue Saint-Vincent et lui substituer celle de rue du Dauphin.

Cette voie publique fut calme et silencieuse jusqu’à l’année 1795. La rue du Dauphin alors figura sur le plan de défense que le jeune Bonaparte improvisa pour sauver la Convention dans la journée du 13 vendémiaire.

Le parti royaliste après la mort de Robespierre avait repris courage. Il se réorganisa bientôt et acquit une telle puissance, que la Convention en dut être effrayée. La constitution de l’an III, soumise à la sanction du peuple, excita dans la capitale un grand tumulte. La section Le Peletier (autrefois des Filles-Saint-Thomas), se mit à la tête du mouvement, se déclara en permanence, puis appela aux armes tous les bourgeois de Paris. Pour augmenter le nombre de ses partisans, elle annonça dans ses proclamations que le pouvoir devait armer les terroristes pour rétablir le régime de Robespierre. La Convention menacée fit choix pour sa défense du général Menou, qui reçut l’ordre d’employer la force pour dissiper les attroupements. Ce général n’obéit qu’avec répugnance et pactisa même avec la révolte. Cette faiblesse accrut l’audace des insurgés qui fermèrent les barrières et s’emparèrent de la trésorerie nationale. La situation devenait critique ; l’assemblée délibérait en tumulte sans prendre un parti. Enfin, à quatre heures et demie du matin, le nom de Barras est prononcé par plusieurs représentants. On lui offre le commandement des troupes dont la Convention peut disposer. Barras accepte et demande pour second le général Bonaparte. Le jeune Napoléon est chargé du soin de la défense. Il expédie en toute hâte le chef d’escadron Murat avec trois cents chevaux à la plaine des Sablons pour en ramener quarante pièces d’artillerie.

L’armée conventionnelle ne se composait que de cinq mille hommes. Bonaparte les renforce de quinze cents volontaires organisés en trois bataillons, puis il fait porter des fusils dans le palais des Tuileries pour armer en cas de besoin les représentants eux-mêmes.

À deux heures après midi, les insurgés commandés par le comte de Maulevrier, un jeune émigré nommé Lafond et les généraux Danican et Duhoux commencent les hostilités. Ils forcent les troupes de la Convention, qui occupent le Pont-Neuf, à se replier sur le Louvre. En ce moment Danican somme la Convention de céder aux sectionnaires. Plusieurs députés proposent des mesures de conciliation. Aussitôt Marie-Joseph Chénier, frère de l’illustre poète, s’élance à la tribune : « Point de transaction, s’écrie le courageux représentant, la Convention nationale doit vaincre ou mourir. »

Il était quatre heures et demie. Les insurgés commencent une nouvelle attaque du côté de la rue Saint-Honoré. Un de leurs bataillons, placé sur les degrés de l’église Saint-Roch, engage une vive fusillade. Bonaparte, sans s’inquiéter du feu des révoltés, fait avancer des pièces de canon dans la rue du Dauphin, et couvre les insurgés de mitraille ; puis, sans leur donner le temps de se reconnaître, il débouche dans la rue Saint-Honoré et les disperse. À sept heures du soir le calme était rétabli. Vingt-et-un jours après le triomphe de la Convention, les représentants étaient réunis en séance extraordinaire ; à deux heures et demie, le président se lève et prononce au milieu du calme de l’assemblée la formule suivante : « La Convention nationale déclare que sa mission est remplie et que la session est terminée. »

Peu de temps après le 13 vendémiaire, la rue du Dauphin recevait le nom de rue de la Convention. — Une décision ministérielle du 7 mars 1807, signée Champagny, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur fut réduite à 8 m. par une autre décision du 18 décembre 1808, signée Cretet. En vertu d’un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, cette voie publique reprit le nom de rue du Dauphin. Une ordonnance royale du 22 juin 1825 porte que la rue du Dauphin prendra à l’avenir le nom de Trocadéro ; que cette voie publique sera élargie au moyen de l’acquisition et de la démolition des propriétés situées sur le côté gauche de ladite rue dont la dimension est fixée à 11 m. 57 c. À la fin de l’année 1830, cette voie publique reprit le nom de rue du Dauphin. L’ordonnance royale précitée n’a reçu son exécution qu’en 1841. Les propriétés riveraines sont alignées à l’exception des maisons nos 6, 8 et 10, qui devront subir un léger redressement. — Égout. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Honoré jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Dauphine (passage).

Commence à la rue Dauphine, no 38 ; finit à la rue Mazarine, no 29. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Il a été ouvert en 1825. — Éclairage au gaz (compe Française).

Dauphine (place).

Commence à la rue Harlay, nos 10 et 12 ; finit à la place du Pont-neuf, nos 13 et 15. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair 26. Sa longueur est de 121 m. — 11e arrondissement, quartier du Palais-de-Justice.

Sur le terrain occupé par cette place, on voyait autrefois deux îles ; la plus grande s’appelait l’île au Bureau. Elle tirait sa dénomination de Hugues Bureau qui, le 6 février 1462, acheta cet emplacement moyennant 12 deniers de cens et 10 sols de rente annuelle. L’île voisine était moins large, mais plus longue, son nom d’île à la Gourdaine lui venait du moulin dit de la Gourdaine.

« L’an mil six cent sept, Henry, par la grâce de Dieu, etc… Veu le contract cy attaché soub le contr’scel de nostre chancellerie, fait et passé entre les sieurs de Bellièvre, chevallier, chancellier de France, et de Sully, pair de France, et Isaac Arnaud nostre conseiller, pour nous et en nostre nom… d’une part et nostre amé et féal conseiller en nos conseils et premier président en nostre cour de parlement, messire Achille de Harlay… d’autre part ; pour raison de touttes et chacunes les places contenues entre les deux rivières de l’isle du palais de cette ville de Paris à nous appartenant, commençant depuis le bas du jardin du baillage jusques au Pont-Neuf et le long des deux quais qui environnent la d. isle de part et d’autre ; touttes les d. places contenant ensemble 3 120 toises 1/2, pour en jouir par le d. premier président, ses hoirs et ayans causes aux charges et conditions exprimées au d. contract d’adjudication du 10 mars 1607 par Mrs les commissaires du roi ; avons y celui loué, gréé et ratifié ; louons, gréons et ratifions par ces présentes, voulons et nous plait qu’il soit exécutté selon sa forme et teneur, et en ce fesant que mondit sieur premier président, ses hoirs, successeurs et ayans causes jouissent perpétuellement et à tous jours des d. places en plaine propriété avec pouvoir d’en disposer comme de choses à lui appartenantes, en payant à la recette de notre domaine, au jour de la Saint-Jean-Baptiste d’un sol par chacune toise cy dessus de cens et rente foncière annuelle et perpétuelle, iceulz cens et rente portant lods et vente, et en outre à la charge par le d. premier président de faire bastir les d. places cy dessus, suivant le plan et devis qui en a esté dressé, le tout conformément au d. contract. Données à Paris, le 28 mai, l’an de grâce 1607, et de nostre règne le 18e, signé Henry. Régistrées en la cour de parlement le 15 novembre 1607. » — Suivant les plans annexés à ces lettres-patentes, les constructions de la place furent exécutées en pierres et briques, et de même symétrie. Cette voie publique fut appelée Place Dauphine, en l’honneur du dauphin, depuis Louis XIII. En 1792 c’était la Place de Thionville (voir l’article suivant). En 1814 elle reprit sa première dénomination.

La fontaine située au centre de cette voie publique, a été élevée en 1802 sur les dessins de MM. Percier et Fontaine, à la mémoire du général Desaix, tué à Marengo. — Deux décisions ministérielles l’une du 14 floréal an XI, l’autre du 31 août 1819, ont maintenu les dimensions de cette place. Cette voie publique a 68 m. dans sa plus grande largeur. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Dauphine (rue).

Commence aux quais des Augustins, nos 63, et de Conti, no 1 ; finit aux rues Saint-André-des-Arts, no 80, et Mazarine, no 57. Le dernier impair est 65 bis ; le dernier pair, 58. Sa longueur est de 293 m. — Les impairs sont du 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine. Les pairs, du 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Protégée par Henri IV, une compagnie, dont Nicolas Carrel était le chef, se chargea d’ouvrir une nouvelle rue dans la direction du Pont-Neuf ; en conséquence, elle acheta, en 1606, l’hôtel ou collége de l’abbé de Saint-Denis, une ruelle qui touchait à l’hôtel de Nevers et la maison de Chappes ; le tout moyennant 76 500 livres. On prit du jardin des Augustins, 58 m. 50 c. en longueur, sur 10 m. 75 c. de largeur. Pour estimer ce terrain, on nomma des experts qui allouèrent 30 000 livres tournois à ces religieux. Cette estimation fut faite aux conditions suivantes (dit l’Estoile) « Que les matériaux provenant des démolitions resteraient aux Augustins ; que les murs de clôture des deux côtés de la dite rue, seraient élevés de 3 toises, aux dépens de sa majesté, et qu’il serait fait deux voûtes sous la dite rue, pour communiquer aisément avec les maisons des dits religieux qui sont auprès de l’hôtel de Nevers, toujours aux frais de sa majesté, etc. » — Ces religieux allèrent néanmoins trouver le roi et lui dirent que, par suite de ce projet, ils seraient privés de leur jardin. « Ventre-Saint-Gris, mes pères, répliqua Henri IV en colère, les maisons que vous bâtirez, sur la nouvelle rue, vaudront mieux que le produit de vos choux. » — Le traité avec les Augustins ne fut conclu que le 6 février 1607. La rue fut ouverte immédiatement ; elle avait alors 9 m. 74 c. de largeur — En vertu d’un arrêt du conseil du 24 septembre de la même année, le nom de Dauphine lui fut donné en l’honneur du Dauphin, depuis Louis XIII. — Mais la révolution ne pouvait adopter cette monarchique dénomination.

« Le samedi soir, 27 octobre 1792 (1er de la république française), le conseil général assemblé en la forme ordinaire et présidé par le citoyen Darnaudery, a ouvert sa séance à 6 heures du soir. Le conseil général, jaloux de prouver aux départements le désir qu’il a d’assurer par toutes les marques de fraternité, l’unité de la république, dont toute la force est dans l’union ; le procureur de la commune entendu, arrête que sous huit jours, le ministère public lui présentera quatre-vingt-deux rues qui, choisies dans les sections porteront le nom des quatre-vingt-deux départements ; et voulant encore donner un témoignage éternel de sa reconnaissance aux villes qui ont été les boulevarts de la liberté : arrête en outre que la rue Bourbon s’appellera la rue de Lille, et la rue Dauphine, la rue de Thionville. » (Extrait du registre du conseil général de la commune.) — Une décision ministérielle en date du 29 nivôse an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 12 m. En vertu d’un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, elle reprit sa dénomination de rue Dauphine. — Une ordonnance royale du 25 octobre 1829, a porté sa largeur à 14 m. Les maisons nos 17 et 19 sont alignées. Les autres constructions de ce côté devront reculer de 1 m. à 1 m. 20 c. Les propriétés du côté des numéros pairs sont soumises à un retranchement de 3 m. 40 c. — Bassin d’égout entre le quai et la rue Christine. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Française).

Daval (rue).

Commence aux rues Saint-Sabin, no 1, et de la Roquette, no 15 ; finit à la rue Amelot, no 8, 14 et 16. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 226 m. — 8e arrondissement. Les numéros impairs sont du quartier du Faubourg-Saint-Antoine ; les pairs, du quartier Popincourt.

« Louis, etc. Ordonnons, voulons et nous plait ce qui suit : Il sera ouvert une nouvelle rue de trente pieds de largeur sur l’emplacement des fossés de la ville, porte Saint-Antoine, dont le comblement a été ordonné par nos lettres-patentes du mois de mai 1777 ; laquelle rue sera nommée rue Daval. Donné à Versailles, le 2e jour du mois de septembre, l’an de grâce 1780, et de notre règne le 7e. Signé Louis. » (Extrait.) Ce percement fut immédiatement exécuté. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal a maintenu sa largeur primitive. — Égout entre la rue Saint-Sabin et le quai de Jemmapes. — Conduite d’eau entre ce quai et les deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz entre le quai de Valmy et la rue Amelot (compe Lacarrière).

Antoine-François Daval, écuyer, avocat en parlement, conseiller du roi et de la ville, fut échevin de 1777 à 1779, sous la prévôté de Jean-Baptiste-François Delamichodière.

Déchargeurs (rue des).

Commence à la rue des Mauvaises-Paroles, nos 16 et 18 ; finit aux rues Saint-Honoré, no 1, et de la Ferronnerie, no 39. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 106 m. — 4e arrondissement. Tous les numéros impairs et les pairs de 2 à 12 inclusivement sont du quartier Saint-Honoré ; le surplus dépend du quartier des Marchés.

En 1300 et 1313 on la nommait le siège aux Déchargeurs, et depuis rue du Siège et du Viel aux Déchargeurs. Enfin simplement rue des Déchargeurs. Dans la partie comprise entre la rue de la Ferronnerie et l’impasse des Bourdonnais, était une place appelée anciennement place aux Pourciaux, et ensuite place aux Chais. — Une décision ministérielle à la date du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Le corps des drapiers avait son bureau dans la rue des Déchargeurs, au no 11. C’était un monument remarquable par la richesse de son frontispice. Il avait été construit vers le milieu du XVIIe siècle, sur les dessins de Libéral Bruant, architecte.

Degrés (rue des).

Commence à la rue Beauregard, nos 52 et 54 ; finit à la rue de Cléry, nos 87 et 89. Pas de numéro. Sa longueur est de 7 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Elle est indiquée sur le plan de Jaillot, mais sans dénomination. Le nom qu’elle a reçu depuis lui vient des degrés ou marches qu’on a construits pour adoucir la pente qui existe entre les rues Beauregard et de Cléry. — II n’existe pas d’alignement pour la rue des Degrés dont la largeur actuelle est de 3 m. 30 c.

Degrés (rue des Grands-).

Commence à la rue de Bièvre, no 2, et au quai de Montebello, no 13 ; finit à la rue Pavée, no 5, et à la place Maubert, no 1. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 201 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Au XIVe siècle, on la nommait rue Saint-Bernard, en raison de sa proximité du couvent des Bernardins ; ensuite on l’appela rue Pavée. Au commencement du XVIIIe siècle, elle prit la dénomination qu’elle porte des degrés d’un escalier en pierre conduisant à la Seine. — Deux décisions ministérielles, l’une du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, l’autre du 5 octobre 1818, ont fixé la largeur de cette rue à 10 m. — Une ordonnance royale du 29 avril 1839 a déclaré d’utilité publique, l’exécution du prolongement du quai de Montebello sur l’emplacement occupé par les maisons nos 2, 4, 6, 8, 10, 12 et 14 de la rue des Grands-Degrés. Cette amélioration a été exécutée en 1842. Les maisons nos 22 et 24 sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Delaborde (place).

Située entre la rue du même nom et la petite rue de la Voirie. Le dernier numéro est 20. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Le sol de cette place était occupé autrefois par la voirie dite des Grésillons. — Une décision ministérielle en date du 12 juillet 1816, a déterminé l’alignement de cette voie publique. Toutes les constructions de cette place sont alignées. — Conduite d’eau.

En vertu d’une décision ministérielle du 10 janvier 1837, elle reçut le nom de place Delaborde, en l’honneur de M. Alexandre Delaborde qui avait été préfet de la Seine en 1830. M. Delaborde est mort en 1843.

Delaborde (rue).

Commence à la rue du Rocher, nos 13 et 13 bis ; finit à la rue de Miroménil, nos 40 et 42. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 518 m. — 10e arrondissement, quartier du Roule.

Ouverte en 1788, elle reçut la dénomination de rue des Grésillons, parce qu’elle longeait la voirie dite des Grésillons. — Une décision ministérielle en date du 2 thermidor an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions situées vis-à-vis de la place, sont soumises à un faible retranchement, le surplus est aligné. En 1837, cette voie publique a pris le nom de rue Delaborde (voyez l’article précédent). — Conduite d’eau entre la rue d’Astorg et la borne-fontaine.

Delamichodière (rue).

Commence à la rue Neuve-Saint-Augustin, no 26 ; finit au boulevart des Italiens, nos 25 et 27. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 217 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

« Louis etc… Ordonnons ce qui suit : — Article 1er. Il sera ouvert et formé une nouvelle rue sous le nom de rue Delamichodière, sur l’emplacement des bâtiments, cours et jardins de l’hôtel de Deux-Ponts, dont un côté aboutira rue Neuve-Saint-Augustin en face de la rue de Gaillon, et l’autre sur le rempart de la ville, près la Chaussée-d’Antin ; la dite nouvelle rue sera alignée dans la direction de celle de Gaillon, dans la moitié environ de sa longueur où elle formera coude et sera continuée jusqu’au rempart dans une direction parallèle au mur qui sépare actuellement le d. hôtel de Deux-Ponts de l’hôtel de Richelieu, sans aucun pli ni coude, sa largeur sera de vingt-quatre pieds, etc. — Art. 3e. Le premier pavé de la d. rue étant fait aux dépens des propriétaires actuels (les héritiers de Christian IV, duc de Deux-Ponts), ou de ceux qui acquerront les emplacements le long de la d. rue, et suivant les conditions du bail du pavé de Paris, sera à l’avenir, pour son entretien et renouvellement, compris en l’état du pavé à notre charge, etc. Donné à Versailles le 8e jour d’avril, l’an de grâce 1778, signé Louis ; et plus bas, par le roi, signé Amelot. » — Ces lettres-patentes furent registrées au parlement le 17 juin suivant, et la rue fut ouverte au mois d’août de la même année. — Messire Jean-Baptiste Delamichodière, chevalier, comte d’Hauteville, etc…, conseiller d’état, exerça les fonctions de prévôt des marchands de 1772 à 1778. — Une décision ministérielle du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 1, 3 et 23 sont alignées ; celle no 10 n’est soumise qu’à un faible retranchement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Délassements-Comiques (théâtre des).

Situé boulevart du Temple, no 60. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

En 1768, un théâtre fut ouvert en cet endroit, sous le titre de théâtre des Associés. — Un sieur Beauvisage, qui desservait la foire Saint-Germain et le boulevart, faisait représenter sur cette salle des parades, des comédies et des tragédies. L’arlequin Sallé, qui fut le successeur de Beauvisage, désigna son spectacle sous le nom de théâtre patriotique du sieur Sallé. — En 1795, Prévot, comédien de province, avait la direction de cette entreprise connue alors sous le nom de Théâtre-sans-Prétention. — Le décret impérial de 1807 ordonna la fermeture de ce théâtre qui fut remplacé par le café d’Apollon. — En 1815, Mme Saqui obtint le droit d’y établir une salle de spectacle acrobate et de pantomimes arlequinades. Vers 1830, les danses et voltiges sur la corde furent remplacées par des vaudevilles et des drames. Ce théâtre fut démoli en 1841. Reconstruite dans l’espace de trois mois, la nouvelle salle a été inaugurée sous le titre de théâtre des Délassements-Comiques. On y représente des comédies-vaudevilles. Il contient 1 270 places.

Delatour (rue).

Commence à la rue des Fossés-du-Temple, nos 38 et 40 ; finit à la rue Folie-Méricourt, nos 25 et 27. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 257 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Cette rue a été ouverte en 1783 sur les marais du Temple appartenant au grand prieuré de France. Les lettres-patentes qui autorisent et dénomment cette voie publique sont à la date du 13 octobre 1781 ; elles furent registrées au parlement le 26 février suivant, et fixèrent à 5 toises (9 m. 74 c.) la largeur de la nouvelle rue. Sa dénomination est celle de M. Roëttiers Delatour (Jacques-Nicolas), qui fut échevin de la ville de Paris de 1775 à 1777, sous la prévôté de M. Delamichodière. — Une décision ministérielle du 28 fructidor an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Cette dimension a été réduite à 9 m. 82 c. par une autre décision du 5 août 1823. Les constructions riveraines sont alignées sauf redressement. — Conduite d’eau entre les rues des Fossés-du-Temple et de Malte. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière). — (Voyez Angoulême-du-Temple, rue d’).

Delaunay (impasse).

Située dans la rue de Charonne entre les nos 121 et 123. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 69 m. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Elle s’appelait originairement impasse de la Croix-Faubin. Elle devait cette dénomination à un petit hameau qui a été réuni au faubourg Saint-Antoine. Son nom actuel lui vient de M. Mordant Delaunay, l’un des propriétaires riverains. — Une décision ministérielle à la date du 8 mai 1811, signée Montalivet, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1827, cette dimension est portée à 8 m. Les maisons nos 11 et 2 sont alignées.

Delorme (galerie).

Commence à la rue de Rivoli, no 12 ; finit à la rue Saint-Honoré, no 287. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Elle a été construite en 1808 par M. Delorme.

Delta (rue du).

Commence à la rue du Faubourg-Poissonnière, nos 109 et 109 bis ; finit à la rue Rochechouart, nos 60 et 62. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 203 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Cette rue a été ouverte sur les terrains appartenant à MM. Lambin et Louis Guillaume. Sa largeur est de 12 m. L’ordonnance royale d’autorisation est du 2 février 1825, et a imposé à ces propriétaires les conditions suivantes : — de supporter les frais de premier établissement du pavage et de l’éclairage de la nouvelle rue ; — d’établir de chaque côté des trottoirs de 1 m. 50 c. de largeur, ce qui laissera une largeur de 9 m. à la chaussée réservée aux voitures ; — de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris, etc… — Cette ordonnance fut immédiatement exécutée, et la rue nouvelle reçut, en vertu d’une décision ministérielle du 16 août 1825, la dénomination de rue du Delta, afin de rappeler l’emplacement sur lequel ce percement a été effectué. (Le jardin du Delta était un établissement où l’on donnait des fêtes dans le genre de celles qui eurent tant de vogue au jardin de Tivoli.)

Delta (rue Neuve du).

Commence à la rue du Faubourg-Poissonnière, nos 103 et 105 ; finit à la rue Rochechouart, nos 56 bis et 58. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 18. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Cette rue, qui n’est pas reconnue voie publique, a été ouverte en 1839 sur des terrains appartenant au sieur Poirier.

Delta-La-Fayette (rue du).

Commence à la rue des Magasins, no 17 ; finit à la rue du Nord. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 113 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Cette voie publique a été ouverte en 1827, sur les terrains appartenant à MM. André et Cottier. L’ordonnance royale qui autorise ce percement est à la date du 31 janvier 1827. (Voyez Abattoir, rue de l’). Sa largeur est de 12 m. Elle se prolonge comme impasse dans la rue des Magasins, sur une longueur de 26 m. On a donné à cette rue le nom du Delta, parce qu’il existe à son débouché, dans la rue du Nord, une petite place ayant la forme d’un Δ (delta). — Éclairage au gaz (compe Française).

Denis (barrière Saint-).

Située à l’extrémité de la rue du Faubourg-Saint-Denis.

Elle est décorée d’un bâtiment à quatre façades, d’un attique et d’un couronnement. (Voir l’article Barrières).

Denis (boulevart Saint-).

Commence aux rues Saint-Martin, no 315, et du Faubourg-Saint-Martin, no 1 ; finit aux rues Saint-Denis, no 402, et du Faubourg-Saint-Denis no 2. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 210 m. — Les numéros impairs sont du 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis. Les numéros pairs dépendent du 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

L’établissement et la plantation de ce boulevart ont été ordonnés par lettres-patentes du mois de juillet 1676. — Une décision ministérielle, du 28 messidor an X, signée Chaptal, détermina l’alignement de ce boulevart. La largeur de la chaussée est de 18 m. — En 1826 on a exécuté de grands travaux de nivellement. — Une ordonnance royale du 6 mai 1836 a fixé définitivement pour cette voie publique un nouvel alignement d’après lequel les constructions du côté gauche sont alignées à l’exception de celle qui forme l’encoignure de la rue Saint-Martin. Les maisons situées sur le côté opposé sont soumises à un retranchement considérable. Elles dépendaient de la rue Neuve-d’Orléans qui, plus basse que le boulevart, en était séparée par un mur de soutènement. Cette rue existait dès le XVIe siècle. Lors du nivellement le mur fut détruit, et l’on réunit la rue Neuve-d’Orléans au boulevart Saint-Denis. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Denis (chemin de ronde de la barrière Saint-).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Denis et à la barrière Saint-Denis ; finit à la rue du Faubourg-Poissonnière et à la barrière Poissonnière. Pas de numéro. Sa longueur est de 715 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Voir l’article Chemins de ronde.

Denis (passage Saint-).

Commence à la rue Greneta, no 2 ; finit au passage Basfour, no 17. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Ce passage n’est point tracé sur le plan de Verniquet. Il doit sa dénomination à la rue Saint-Denis, dont il est voisin.

Denis (porte Saint-).

Située à la jonction des boulevarts Bonne-Nouvelle et Saint-Denis. — 6e arrondissement.

Sous le règne de Louis XIV, la France offrait un magnifique spectacle : ses poètes, ses artistes, ses généraux remplissaient l’Europe. À ces époques de grandeur où la sève est si puissante, parfois il arrive qu’un double génie rayonne au front de quelques privilégiés qui tracent pour l’honneur de leur patrie un double sillon de gloire. François Blondel fut un de ces élus. Sa bravoure chevaleresque, ses talents militaires l’élevèrent au rang de maréchal des camps et armées du roi ; son chef-d’œuvre de la porte Saint-Denis l’a placé parmi les plus grands artistes.

Nous parlerons à l’article de la rue Saint-Denis des portes qui furent successivement construites dans cette voie publique. En 1671, les prévôt des marchands et échevins décidèrent qu’on érigerait un arc de triomphe en mémoire des glorieux exploits de Louis XIV, dans la Flandre et la Franche-Comté. François Blondel s’exprime ainsi dans son Cours d’architecture publié en 1698 : « Dans la construction de la porte Saint-Denis, qui est peut-être un des plus grands ouvrages qui soient de cette nature au reste du monde, sa masse ayant plus dfe 23 m. 40 c. de hauteur et autant de largeur, avec une ouverture de plus de 7 m. 80 c. dans le milieu, je me suis principalement appliqué à la rendre plus considérable par la justesse des proportions qu’elle a, du tout à ses parties et de ses parties entr’elles, que par la quantité d’ornements dont elle aurait pu être chargée. J’ai même recherché avec soin que le peu d’ornements dont elle est parée fut extraordinaire et choisi parmi ceux qui ont eu et ont encore le plus de réputation dans les ouvrages des anciens. Et comme tout le monde tombe d’accord qu’il n’y a rien de plus beau parmi les restes de l’antique que la colonne Trajane, que les obélisques qui ont été transférés d’Égypte en la ville de Rome, et ce reste de la colonne rostrale que l’on voit encore au Capitole, j’ai voulu que l’ornement de la porte Saint-Saint-Denis fut composé de parties copiées sur ces beaux originaux. Pour cet effet j’ai placé deux pyramides aux côtés de l’ouverture de la porte, que j’ai engagées suffisamment dans le mur du massif et qui, posées sur des piédestaux semblables à celui de la colonne Trajane, s’étendent avec leur amortissement jusqu’au-dessous de l’architrave du grand entablement, et tiennent pour ainsi dire la place des colonnes, sans être néanmoins obligées de rien porter, parce que l’entablement n’a de saillie que ce qui lui en faut pour être distingué du massif sur lequel il est entièrement assis. Pour donner plus de grâce aux pyramides, je les avais fait accompagner de trois rangs de rostres, c’est-à-dire de proues ou de pouppes de galères antiques semblables à celle de la colonne rostrale, et faisant face de trois côtés dans chaque rang, c’est-à-dire sur le devant de la pyramide… Mais la rapidité des conquêtes du roi dans son voyage de Hollande, et ce fameux passage du Rhin à Tholus, qui arriva dans l’année que la porte Saint-Denis fut commencée, nous obligea de prendre d’autres mesures. Messieurs les prévôt des marchands et échevins crurent que l’on ne pouvait point accompagner la porte Saint-Denis d’autres ornements, ni plus heureux, ni plus magnifiques que de ceux qui pourraient servir de marques de ces grandes actions et de ces victoires. J’ai cru que je ne pouvais mieux faire que d’attacher sur les pyramides et aux distances où j’avais voulu placer les rostres des galères, des masses de trophées antiques, pendues à des cordons noués à leur sommet, entremêlés de boucliers chargés des armes des provinces et des villes principales que le roi avait subjuguées. J’ai même fait asseoir des figures colossales au bas des mêmes pyramides, à l’exemple des excellents revers de médailles que nous avons d’Auguste et de Titus, où l’on voit des figures de femmes assises aux pieds des trophées ou des palmiers, et qui marquent ou la conquête de l’Égypte par Auguste ou celle de la Judée par Titus. C’est ainsi que d’un côté j’ai fait mettre une statue de femme affligée assise sur un lion demi-mort qui d’une de ses pattes tient une épée rompue et de l’autre un trousseau de flèches brisées et en partie renversées, et de l’autre la figure d’un fleuve étonné. Et dans l’espace qui se trouve entre le haut de l’arc de la porte et l’entablement, j’ai trouvé place pour un grand cadre de bas relief où j’ai fait tracer cette action si surprenante du passage du Rhin à Tholus. »

La ville de Paris fit les frais de cette construction. Ils s’élevèrent à 500 122 fr. Les sculptures, commencées par Girardon et d’après les dessins donnés par François Blondel, furent achevées par Michel Anguier. Cet arc de triomphe a été restauré en 1807 par M. Cellerier.

Denis (rue de la barrière Saint-).

Commence à la rue de La Fayette ; finit à la rue de l’Abattoir. Pas de numéro. Sa longueur est de 192 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Elle a été ouverte en 1827 sur les terrains appartenant à MM. André et Cottier. L’ordonnance royale qui autorise ce percement est à la date du 31 janvier 1827 (voyez Abattoir, rue de l’). Sa largeur est fixée à 15 m. Elle se prolonge comme impasse dans la rue de l’Abattoir sur une longueur de 28 m. Cette voie publique a reçu la dénomination de rue de la Barrière-Saint-Denis, parce qu’elle se dirige vers cette barrière. — Portion d’égout du côté de la rue de La Fayette.

Denis (rue du Faubourg-Saint-).

Commence aux boulevarts Bonne-Nouvelle, no 2, et Saint-Denis, no 32 ; finit aux chemins de ronde des barrières Saint-Denis et des Vertus. Le dernier impair est 193 bis ; le dernier pair, 224. Sa longueur est de 1 672 m. — Les numéros impairs sont du 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière ; les numéros pairs, du 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

On ne peut préciser l’époque de la construction de cette rue. Ce n’était dans l’origine qu’un chemin qui conduisait à la ville de Saint-Denis. Presque toutes les grandes communications des faubourgs de Paris doivent leur origine à des abbayes célèbres. De la maison Saint-Lazare à la barrière, cette voie publique porta les noms de rue du Faubourg-Saint-Lazare et du Faubourg-de-Gloire. En 1793, on la nomma Franciade, ainsi que la ville de Saint-Denis. — Une décision ministérielle, à la date du 26 brumaire an XI, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 22 août 1837, ont fixé la moindre largeur de la rue du Faubourg-Saint-Denis à 14 m. 60 c. Les maisons ci-après ne sont pas soumises à retranchement : 37, 39, 41, 43, 49, 79, 101, 113, 127, 133, de 143 à 191 inclusivement, et 193 ; 24, 46, 48, 62, 70, 76, 78, 80, 84, 92, 94, 96, 100, 102, 104 bis, 106, 108, 110, 112, 122, de 142 à 158 inclusivement, et de 162 à la fin. — Égout entre les boulevarts et la rue de Paradis. — Conduite d’eau depuis les boulevarts jusqu’à la rue Saint-Laurent. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).

Au no 112 est situé l’hospice Dubois. Cet établissement a été construit sur une partie de l’emplacement de la communauté des filles de la Charité. Supprimée en 1792, cette maison religieuse devint propriété nationale et fut vendue en plusieurs lots. Nous en tracerons l’historique à la rue de la Fidélité cette voie publique ayant été ouverte sur la plus grande partie des terrains dépendant de cette communauté.

Denis (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue Saint-Martin, nos 303 et 305 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 386 et 388. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 215 m. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Un plan de 1560 indique six maisons dans cette rue. Elle prit le nom des Deux-Portes sous Charles IX, en raison des portes Saint-Denis et Saint-Martin qui furent placées à cette époque aux-deux extrémités de cette voie publique. Ces portes ayant été reculées au milieu du XVIIe siècle, la rue quitta cette dénomination pour prendre celle de rue Neuve-Saint-Denis. — Une décision ministérielle du 23 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, et une ordonnance royale du 21 juin 1826, ont fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les maisons nos 3, 5, 7, 9, 21, 25 ; 12, 12 bis, 18, 20 et 40, ne sont pas soumises à retranchement. — Éclairage au gaz (compe Française).

Denis (rue Saint-).

Commence à la rue Pierre-à-Poisson, no 2, et à la place du Châtelet, no 3 ; finit aux boulevarts Bonne-Nouvelle, no 1, et Saint-Denis, no 19. Le dernier impair est 393 ; le dernier pair, 402. Sa longueur est de 1 349 m. — Du no 1 à 23, 4e arrondissement, quartier du Louvre ; de 25 à 145, 4e arrondissement, quartier des Marchés ; de 147 à 295, 5e arrondissement, quartier Montorgueil ; de 297 à la fin, 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle ; le no 2 est du 4e arrondissement, quartier du Louvre ; de 6 à 202, 6e arrondissement, quartier des Lombards ; de 204 à la fin, 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

L’ancien village nommé Catalocum prit la dénomination de Saint-Denis, lorsque le saint martyr qui avait prêché la foi chrétienne dans les Gaules y fut inhumé. Son tombeau vénéré attira bientôt un immense concours de fidèles. Le chemin qui conduisait à ce mausolée se couvrit bientôt d’habitations. Dès 1134 une rue remplaçait le chemin, elle aboutissait à la rue d’Avignon ; en cet endroit on voyait une porte de ville qui faisait partie de la deuxième enceinte de Paris. Vers 1197, la rue Saint-Denis atteignait la rue Mauconseil où se trouvait une porte de la troisième enceinte de Paris commencée en 1188, par ordre de Philippe-Auguste. En 1418, cette voie publique était presqu’entièrement bordée de constructions jusqu’à la rue des Deux-Portes, aujourd’hui Neuve-Saint-Denis ; là, s’élevait une porte qui faisait partie de la quatrième enceinte construite sous les rois Charles V et Charles VI ; enfin, sous Louis XIV, la rue Saint-Denis était bâtie dans toute l’étendue qu’elle occupe encore aujourd’hui. Quant aux dénominations qu’elle a successivement portées, des actes nous apprennent que la partie située entre la place du Châtelet et la rue de la Ferronnerie, s’appelait en 1284 la Sellerie de Paris ; en 1393, la Sellerie de la Grand’rue en 1311, la Grand’rue des Saints-Innocents ; elle prit ensuite dans toute son étendue le nom de la Grant-chaussée de Monsieur Saint-Denis, puis celui de Grant-rue Saint-Denis, et enfin simplement la dénomination de rue Saint-Denis. — Une décision ministérielle du 22 prairial an V, signée Benezech, et une ordonnance royale du 31 janvier 1837, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 13 m. Les maisons ci-après ne sont pas soumises à retranchement : nos 1, 67, 75, 77, 105, 107, 109, 111, 177, 183, 193, 199, 201, 203, 205, 207, 225, 227, 229, 237, 245, 247, 263, 271, 273, 275, 277, 279, 281, 283, 285, 293, 297, 299, 301, 303, 313, 331, 337, 339, 341, 343, 355, 379, 393 ; 2, 22, 122, 124, 126, 128, 130, 136, 148, les deux propriétés à l’encoignure gauche de la rue de Rambuteau, 158, 164, 192, 224, 226, 240, 242, 244, 264, 266, 268, 270, 272, 320, 322, 342, 344, 356, 358, 360, 384, 400 et 402. — Égout, 1o entre la place du Châtelet et la rue du Caire ; 2o depuis la rue Sainte-Foy jusqu’aux boulevarts. — Conduite d’eau entre la place du Châtelet et la rue des Filles-Dieu. — Éclairage au gaz (compe Française).

C’était, par la rue Saint-Denis que les rois et les reines entraient solennellement dans Paris. Toutes les rues, sur leur passage, jusqu’à la cathédrale, étaient tapissées d’étoffes de soie et de draps camelotés. Des jets d’eau de senteur embaumaient l’atmosphère ; le vin, l’hypocras et le lait coulaient de toutes les fontaines. Les députés des six corps de marchands portaient le dais royal ; les corps des métiers suivaient, représentant en habits de caractère, les sept Péchés mortels, les sept Vertus et la Mort, le Purgatoire, l’Enfer et le Paradis. Des théâtres étaient dressés de distance en distance ; on y jouait des scènes tirées de l’ancien et du nouveau Testament. Des chœurs de musique se faisaient entendre dans les intermèdes. — Froissard nous apprend qu’à l’entrée d’Isabelle de Bavière, il y avait à la Port-aux-Peintres rue Saint-Denis, « un ciel nué et étoilé très richement, et Dieu par figure séant en sa majesté le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et dans ce ciel, petits enfants de chœur chantoient moult doucement en forme d’anges et lorsque la reine passa dans sa litière découverte, sous la porte de ce paradis, deux anges descendirent d’en haut, tenant en leur main une très riche couronne d’or, garnie de pierres précieuses, et la mirent moult doucement sur le chef de la reine en chantant ces vers :

Dame enclose entre fleurs de lys,
Reine êtes-vous de Paradis ?
De France et de tout le pays,
Nous remontons en Paradis. »

À l’angle méridional formé par les rues Saint-Denis et des Lombards, était située la principale entrée de l’hôpital Sainte-Catherine. L’époque exacte de sa fondation est inconnue. Les premiers documents qui mentionnent cet établissement sont deux lettres de Maurice de Sully, écrite en 1188. Le pape Honoré III voulut placer en 1222 cet hôpital sous la protection spéciale du saint-siège. Cette maison porta d’abord le titre d’hôpital des pauvres de Sainte-Opportune puis le nom de Sainte-Catherine. Administré en premier lieu par des religieux et des sœurs, cet établissement, à partir du XVIe siècle, ne fut confié qu’à des religieuses de l’ordre de saint Augustin, sous l’autorité d’un supérieur ecclésiastique nommé par l’évêque. Des lettres patentes données à Versailles au mois de mars 1688, confirmèrent l’établissement de ces religieuses ; leurs principales fonctions consistaient à loger, à nourrir les femmes qui cherchaient à entrer en condition, à faire enterrer au cimetière des Saint-Innocents les personnes tuées par accident dans les rues de Paris. La porte de cet hôpital était décorée d’une statue de sainte Catherine, sculptée en 1704 par Thomas Renaudin ; le peuple aimait beaucoup ces religieuses et les appelait ses Catherinettes. Cet hôpital fut supprimé au commencement de la révolution.

Une loi du 10 thermidor an III porte : — « Article 14. Le local occupé par les ci-devant Catherinettes, section des Lombards, où se trouvent actuellement les aveugles-travailleurs, est définitivement affecté à cet institut, à la réserve des grands corps de logis qui règnent le long des rues des Lombards et Saint-Denis et de ce qui, dans l’intérieur, serait inutile à leurs logements et ateliers. » Ces bâtiments furent vendus les 24 avril, 15 mai et 3 juillet 1812, par l’administration des hospices ; leur emplacement est représenté aujourd’hui par les nos 39, 41, 43, 45, 47 et 49 de la rue des Lombards. — Une ordonnance royale du 24 décembre 1817, autorisa l’administration de l’institut des Jeunes-Aveugles à aliéner ce qui restait de l’ancienne maison de Sainte-Catherine, pour en affecter le produit à l’achat de l’ancien collége Saint-Firmin. Cette vente fut effectuée le 6 août 1818, moyennant la somme de 193 000 francs.

La maison no 277 a été construite sur l’emplacement de l’église Saint-Sauveur, dont nous traçons ici l’origine. C’était, dans le principe, un oratoire connu sous le nom de Chapelle de la Tour, en raison d’une tour carrée qui y était contiguë, et qui ne fut démolie qu’en 1778. Dès le commencement du XIIIe siècle, cette chapelle était une succursale de Saint-Germain-l’Auxerrois. Il est présumable qu’elle fut érigée en paroisse vers 1250. Les bâtiments de cette église, en partie reconstruits sous le règne de François Ier, ne furent jamais achevés. L’église Saint-Sauveur renfermait les sépultures de plusieurs comédiens célèbres, tels que Turlupin, Gaultier-Garguille, Gros-Guillaume, Guillot-Gorju et Raimond-Poisson. Cette église ayant été ébranlée, lors de la démolition de la tour dont nous avons parlé, on fut obligé de l’abattre en 1787. On la reconstruisait sur les dessins de M. Poyet, architecte, lorsque la révolution ordonna la suspension des travaux. Devenue alors propriété nationale, elle fut vendue le 13 pluviôse an VIII.

Denis-du-Saint-Sacrement (église Saint-).

Située dans la rue Saint-Louis, entre les nos 48 et 50. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Sur l’emplacement occupé par cette église, s’élevait autrefois l’hôtel du vicomte de Turenne.

Le cardinal de Bouillon, neveu et héritier du vicomte, céda cette propriété à la duchesse d’Aiguillon qui, réunie à d’autres personnes pieuses, établit en cet endroit, vers 1684, les religieuses Bénédictines du Saint-Sacrement. Leur couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale. — En vertu d’une ordonnance royale du 29 mai 1822, la ville de Paris fit l’acquisition du domaine de l’État, des bâtiments de cette communauté, moyennant 115 000 francs. Le contrat est à la date du 21 mai 1823. Les anciennes constructions furent abattues vers 1826. Alors, sur ce terrain, M. Godde, architecte, fut chargé de construire une église qui a été livrée au culte le jour de Pâques 1835, sous le vocable de Saint-Denis-du-Saint-Sacrement.

Cette église a coûté 1 347 380 fr. 93 c.

Denis-Faubourg-Saint-Antoine (rue Saint-).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, nos 331 et 333 ; finit à la rue de Montreuil, nos 60 et 62. Pas de numéro. Sa longueur est de 170 m. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Ce n’était qu’un chemin au milieu du XVIIIe siècle. On le désignait alors sous le nom de rue du Trône. Vers la fin du même siècle, on lui donna le nom de rue Saint-Denis. — Une ordonnance royale du 6 mai 1827 a fixé la largeur de cette voie publique à 13 m. La plus grande partie du côté gauche en entrant par la rue du Faubourg-Saint-Antoine, est à l’alignement. Les constructions du côté opposé sont soumises à un retranchement de 3 m. environ. — Conduite d’eau.

Députés (palais des).

Situé quai d’Orsay, en face du pont de la Concorde. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Ce palais a été commencé vers 1722, par Girardini, architecte italien, pour la duchesse de Bourbon. Il fut continué par Lassurance, et successivement augmenté par Gabriel Barreau, Charpentier et Bélisart. Aux constructions nouvelles, on réunit l’hôtel de Lassai, de manière à ne former qu’un ensemble de bâtiments dans lesquels les princes de la maison de Condé rassemblèrent ce que le luxe produisait de plus somptueux et de plus élégant. Malheureusement, l’extérieur de cette habitation ne répondait pas à la richesse des appartements. La façade qui regarde la Seine se composait de deux pavillons en longueur, symétriques par la dimension seulement, et formés chacun d’un simple rez-de-chaussée. Cette composition était sans grandeur, et devint plus mesquine encore, lorsque Louis XVI eut fait bâtir le pont qui porte aujourd’hui le nom de la Concorde. On avait été obligé d’exhausser le terrain, et la façade entière du palais se trouva masquée dans son soubassement et parut de loin comme enterrée. Le prince de Condé se proposait de faire disparaître ces défauts, lorsque la révolution mit la main sur son palais. — « Convention Nationale. Séance du 27 ventôse an II. — La Convention Nationale, après avoir entendu le rapport du comité de salut public, décrète : — Article 1er. Les citoyens Fleuriot-Lescaut, Dejean et Le Camus sont nommés pour remplir les fonctions de commissaires des travaux publics. — Art. 2. Le palais ci-devant de Bourbon, appelé Maison de la Révolution, est consacré à la commission des travaux publics. »

Ce palais devait subir de nouvelles transformations. Un Directoire exécutif, deux conseils, l’un des Anciens, l’autre des Cinq-Cents, avaient été créés par la constitution de l’an III. Le Directoire exécutif occupa l’hôtel du Petit-Luxembourg, le conseil des Anciens s’établit aux Tuileries dans la pièce où la Convention avait siégé, et le conseil des Cinq-Cents pris possession de la salle dite du Manège. Les Cinq-Cents quittèrent bientôt ce local et vinrent habiter le palais de Bourbon. La salle d’assemblée avait été construite par MM. Gisors et Lecomte. En 1807, on éleva sur les dessins de M. Poyet, le magnifique péristyle que nous voyons encore aujourd’hui.

Après 1814, le prince de Condé rentrait en possession de ses biens. Vers 1827, il vendit à l’État une partie de sa propriété du quai d’Orsay. En 1828, on commença la reconstruction de ce palais. Presque tous les planchers des voûtes, et principalement la coupole de la salle des séances, ont été établis en fer et en poteries creuses. Les couvertures sont en cuivre. Ces travaux ont occasionné une dépense de 4 420 000 fr. Enfin une loi du 30 juin 1843 approuva la vente faite par S. A. R. le duc d’Aumale au profit de l’État, moyennant le prix de 5 047 475 fr., de toutes les portions de l’ancien palais de Bourbon, appartenant au prince comme héritier du dernier des Condé. Il a été pourvu à cette dépense au moyen du prélèvement d’une somme égale, due au domaine de l’État par le duc d’Aumale, comme engagiste des forêts du Clermontois.

Dervilliers (rue).

Commence à la rue du Champ-de-l’Alouette, no 2 ; finit à la rue des Anglaises, nos 1 bis et 3. Pas de numéro. Sa longueur est de 39 m. 50 c. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Quelques actes la désignent sous les dénominations de ruelle ou petite rue des Filles-Anglaises et de petite rue Saint-Jean-de-Latran. Elle a pris son nom actuel d’un propriétaire qui l’habitait en 1780. — Une décision ministérielle, à la date du 23 ventôse an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté droit, en entrant par la rue du Champ-de-l’Alouette, sont alignées ; celles du côté opposé sont soumises à un retranchement de 2 m. 60 c. — Conduite d’eau.

Desaix (quai).

Commence au pont Notre-Dame, finit au Pont-au-Change. Pas de construction. Sa longueur est de 137 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Le premier document qui se rattache à cette voie publique se trouve dans le testament du président Turgot. Nous rapportons un extrait de cette pièce. — « 22 avril 1763. Je donne et lègue la somme de cent mille livres une fois payée à l’hôtel-de-ville de Paris, et je prie MM. les prévôt des marchands et échevins de l’employer à la construction du quai projeté par mon père, qui doit prendre au bout du quai de l’Horloge et aboutir au pont Notre-Dame, vis-à-vis Saint-Denis de la Chartre. Signé le président Turgot. » (Extrait du testament olographe). — Dans sa séance du 4 mars 1774, le bureau de la ville délibérant sur le legs fait par M. le président Turgot, fut d’avis de ne point l’accepter, « attendu qu’il paraissait peu convenable à la dignité du corps de ville de la capitale du royaume, d’accepter le d. legs sans l’employer sur-le-champ à l’objet désigné ; que le bureau ne pouvait se dissimuler qu’il lui serait impossible d’ici à un très grand nombre d’années, de s’occuper de la construction du quai projeté par M. Turgot, lorsqu’il était prévôt des marchands, attendu que cette construction exigeait une dépense très considérable, non seulement pour les ouvrages de construction, mais encore pour les acquisitions de terrains et des maisons nécessaires à la formation de ce quai ; que les affaires de la ville ne lui permettaient pas d’ici à très longtemps de faire une pareille dépense, et que d’ailleurs, lorsque les dettes exigibles seraient payées, il était d’une bonne administration de mettre à fin les ouvrages entrepris pour la décoration et la commodité de ses habitants, etc. »

« Septembre 1786. — Article 3e. Il sera procédé à la démolition des maisons de la rue de la Pelleterie, sur le bord de la rivière, à la place desquelles maisons il sera édifié un nouveau quai avec un parapet d’alignement à celui du quai de l’Horloge. » (Extrait de l’édit du roi.)

« 18 avril 1788. — Article 1er. La rue de la Pelleterie sera supprimée jusques près de l’angle de l’église Saint-Barthélémy, ainsi qu’il est indiqué sur le plan côté A, joint à la délibération des prévôt des marchands et échevins, et qui sera annexé à la minute du présent arrêt. La partie réservée de la d. rue sera nommée cul-de-sac Saint-Barthélemy. — Art. 2. Pour remplacer la d. rue de la Pelleterie, il sera établi un passage de vingt pieds de largeur dont l’alignement sera tiré sur une ligne droite de la rue Saint-Barthélemy à la rue de la Lanterne, etc. — Art. 9. Conformément à ce qui a été ordonné par l’art. 3 de l’édit du mois de septembre 1786, sur l’emplacement des maisons de la rue de la Pelleterie, du côté de la rivière, il sera établi un nouveau quai avec un parapet d’alignement à celui du quai de l’Horloge. — Art. 10. Le d. nouveau quai aura 44 pieds de largeur : l’architecture et la façade seront conformes au plan d’élévation du d. quai, qui sera pareillement annexé à la minute du présent arrêt, et il sera nommé quai de Breteuil. » (Extrait de l’arrêt du Conseil.) Cet arrêt ne fut point encore exécuté.

« 24 messidor an VIII. Le quai de la Pelleterie, dont la première pierre a été posée aujourd’hui par le ministre de l’intérieur, portera le nom de quai Desaix. » (Extrait du Moniteur du 25 messidor.) — Une décision ministérielle, du 13 brumaire an X, signée Chaptal, fixa la largeur de ce quai à 15 m. Cette voie publique fut exécutée lors de la formation du marché aux Fleurs. Le général Desaix de Voycoux (Louis-Charles-Antoine) naquit en 1768 à Saint-Hilaire d’Ayat en Auvergne, et fut tué à la bataille de Marengo, le 14 juin 1800.

Desaix (rue).

Commence à l’avenue de Suffren ; finit au chemin de ronde de la barrière de Grenelle. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 402 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Elle est indiquée sur le plan de Verniquet comme une ruelle sans dénomination. — Une décision ministérielle, à la date du 7 fructidor an X signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 12 m. En vertu d’une autre décision du 14 du même mois, elle a reçu le nom de rue Desaix (voyez l’article qui précède). Les propriétés du côté droit devront, presque toutes, avancer sur leurs vestiges actuels.

Descartes (rue).

Commence à la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève finit aux rues des Fossés-Saint-Victor, no 38, et Fourcy, no 2. Le dernier impair est 53 ; le dernier pair, 52. Sa longueur est de 260 m. — 12e arrondissement. Les numéros impairs sont du quartier du Jardin-du-Roi ; les pairs, du quartier Saint-Jacques.

Cette voie publique, dont il est fait mention dès le milieu du XIIIe siècle, porta le nom de rue Bordet ou Bordeille, qu’elle devait à un propriétaire qui y demeurait. — Une décision ministérielle à la date du 8 nivôse an X, signée Laplace, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. — « Au palais des Tuileries le 7 février 1809, Napoléon, empereur, etc… La rue Bordet portera désormais le nom de rue Descartes. Signé Napoléon. » (Extrait.) Une ordonnance royale du 2 décembre 1829, a fixé la moindre largeur de la rue Descartes à 12 m. Les constructions depuis la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève jusqu’à l’impasse Clopin, ne sont pas soumises à retranchement. Les propriétés nos 21, 39, 41, 43 ; 34, 50 et 52 sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

René Descartes, naquit le 31 mars 1596 à La Haye en Touraine, et mourut en Suède le 11 février 1650. Le chevalier de Torlon, ambassadeur de Louis XIV, fit exhumer le corps de Descartes qu’on avait déposé dans le cimetière du Nord-Malme à Stockolm. Les dépouilles mortelles du philosophe furent transportées en France, au commencement de janvier 1667, et déposées dans l’ancienne église Sainte-Geneviève. — « 2 octobre 1793. La Convention Nationale, après avoir entendu son comité d’instruction publique, décrète. — Article 1er. René Descartes a mérité les honneurs dus aux grands hommes. — Art. 2. Le corps de ce philosophe sera transféré au Panthéon français. — Art. 3. Sur le tombeau de Descartes seront gravés ces mots : Au nom du peuple français la Convention Nationale à René Descartes, l’an II de la république. » Le 3 vendémiaire an VIII les restes de Descartes furent portés au Musée des Monuments français. Une troisième exhumation eut lieu et les cendres du philosophe furent déposées en grande pompe, le 26 février 1819, dans l’église Saint-Germain-des-Prés.

La porte Bordet était située à l’extrémité de la rue de ce nom, près de l’endroit où la rue Descartes débouche dans la rue des Fossés-Saint-Victor. Cette porte se composait d’un édifice flanqué de tours. On y arrivait par un pont de bois et un pont-levis. Elle fut démolie en 1683.

Le collége de Boncourt était situé dans la rue Bordet. Il fut fondé en 1353 par Pierre Becoud, seigneur de Fléchinel, qui donna, avec quelques revenus, la maison qu’il possédait, pour l’entretien et l’enseignement de huit écoliers du diocèse de Thérouenne. Le nom de ce fondateur fut altéré, de Becoud on fit Beaucourt puis Boncourt. Au XVIe siècle on représenta dans ce collége des comédies et des tragédies. Étienne Jodelle, poète, après avoir fait jouer sa tragédie de Cléopâtre à l’hôtel de Reims, la fit représenter également au collége de Boncourt. En 1668 il reçut de nouveaux règlements. Pierre Galand en fit continuer les bâtiments où sont établis aujourd’hui les bureaux de l’École Polytechnique.

Le collége de Tournay, situé également dans la rue Bordet, était contigu au collége de Boncourt. Fondé en 1353 par un évêque de Tournay qui donna une maison pour cet établissement, ce collége fut réuni plus tard à celui de Navarre. Aujourd’hui les bâtiments de ces deux colléges dépendent de l’École Polytechnique.

Desèze (rue).

Commence au boulevart de la Madeleine, nos 64 et 66 ; finit à la place de la Madeleine, nos 22 et 24. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 135 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Une ordonnance royale du 2 juin 1824 relative à la formation des abords de l’église de la Madeleine, porte qu’il sera ouvert dans le prolongement du côté septentrional de la place de la Madeleine et à droite, une rue qui portera le nom de rue Desèze et se terminera au boulevart à l’extrémité de la rue de Caumartin. En vertu d’une autre ordonnance du 6 septembre 1826, l’exécution de ce percement a été déclarée d’utilité publique. La nouvelle rue ne fut cependant pas formée jusqu’au boulevart ; elle débouche encore dans cette voie publique par un passage provisoire.

Un arrêté préfectoral du 24 mai 1843 a prescrit la publication du plan parcellaire des immeubles à exproprier pour compléter le percement de la rue Desèze.

Cette opération sera prochainement exécutée. — Conduite d’eau entre la rue Godot-de-Mauroy et la place. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Romain ou Raymond, comte Desèze, naquit à Bordeaux en 1750, fut premier président de la Cour de cassation, membre de l’Académie Française et de la Chambre des Pairs. Desèze eut l’insigne honneur de défendre Louis XVI devant la Convention. Il mourut à Paris le 2 mai 1828.

Désir (passage du).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Martin, no 89 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Denis, no 88. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 14. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

C’était autrefois le passage du Puits, en raison d’un puits public qui s’y trouvait. Il fut élargi en 1826. Ce passage est traversé par la rue Neuve-de-la-Fidélité.

Détenus (pénitencier des Jeunes).

Situé rue de la Roquette, à gauche, près de la rue Saint-Maur. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Le couvent des hospitalières de la Roquette, supprimé vers 1790, devint propriété nationale. Il fit partie des biens qui furent donnés à l’administration des hospices par la loi du 16 vendémiaire an V (7 octobre 1796), et par l’arrêté du gouvernement du 27 prairial an IX (16 juin 1801).

Aux termes de deux actes des 10 novembre 1829 et 30 avril 1831, approuvés par ordonnances royales les 14 juillet 1830 et 1er août 1831, le département de la Seine a cédé, à titre d’échange, à l’administration des hospices, les terrains et bâtiments composant la prison de Bicêtre, moyennant le prix d’un million de francs. En contre-échange, l’administration des hospices a cède au département de la Seine :

1o un terrain de 34 830 m. de superficie, situé à Paris, à gauche de la rue de la Roquette en montant à la barrière, pour l’établissement d’une maison de correction de femmes, et pour l’ouverture d’une place au pourtour et des rues qui doivent l’en ceindre en trois sens, moyennant le prix principal de

450 000 fr.

2o Une maison située à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, no 113, pour l’agrandissement de la prison de femmes, dite de Saint-Lazare, moyennant le prix principal de

40 000

Ensemble

490 000

La construction de la prison de la rue de la Roquette fut aussitôt commencée sous la direction de M. H. Lebas. Cet établissement occupe une largeur de 136 mètres sur une longueur de 182. Sa figure est hexagone. À chacun des angles s’élève une tourelle. Au centre se trouve une rotonde sous laquelle la chapelle est placée. Aujourd’hui on enferme dans cette prison les jeunes garçons qui se sont rendus coupables de crimes ou délits.

Le conseil général du département de la Seine, dans sa séance du 27 octobre 1843, a délibéré : — « Article 1er. Il y a lieu de céder à l’État l’établissement connu sous le nom de Pénitencier des jeunes Détenus. — Art. 2. La vente de cet immeuble d’une contenance primitive de 34 830 m. et réduit aujourd’hui à 31 590 m. par suite de l’affectation de 3 240 m. à l’élargissement de la rue de la Roquette, sera faite moyennant le prix principal de 1 685 670 fr. dont 1 275 000 pour les constructions et 410 670 pour le terrain. »

En face de cet établissement, on voit une autre prison construite aussi sur un terrain provenant des religieuses de la Roquette. L’administration des hospices, propriétaire de cet emplacement, qui contenait 20 691 m. de superficie, le céda au département de la Seine, par acte du 14 août 1834, moyennant la somme de 125 000 fr., qui vint en déduction de celle de 510 000 fr. dont cette administration était restée débitrice. Voir l’article Condamnés (dépôt des).

Devarenne (rue).

Commence à la rue des Deux-Écus, nos 22 et 24 ; finit à la rue de Viarme, nos 1 et 2. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 15 m. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Ouverte en avril 1765, sur l’emplacement de l’hôtel de Soissons, cette rue avait été autorisée par lettres patentes du 25 novembre 1762, registrées au parlement le 22 décembre suivant ; sa largeur, fixée à 24 pieds, a été maintenue par une décision ministérielle du 9 germinal an XIII, signée Champagny. — Éclairage au gaz (compos Anglaise).

Pierre Devarenne, écuyer, avocat au parlement, conseiller du roi, quartenier, fut échevin de la ville de Paris en 1762 et 1763, sous la prévôté de Camus de Pontcarré, seigneur de Viarme (voyez l’article de la Halle au Blé).

Diamants (rue des Cinq-).

Commence à la rue des Lombards, nos 16 et 18 ; finit à la rue Aubry-le-Boucher, nos 15 et 17. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 123 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

On la connaissait anciennement sous le nom de Courroierie, de la vieille Courroierie, en raison des corroyeurs qui l’habitaient. Depuis le XVIe siècle elle porte le nom des Cinq-Diamants, qu’elle doit à une enseigne. — Une décision ministérielle à la date du 21 prairial an X, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement. — Conduite d’eau entre les rues des Lombards et Ogniard. — Éclairage au gaz (compe Française).

Dominique (impasse Saint-).

Située dans la rue de ce nom, entre les nos 15 et 17. Le dernier numéro est 6. Sa longueur est de 84 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Cette impasse existait en 1590. Elle porta d’abord le nom de cul-de-sac de la Madeleine, puis celui de Sainte-Catherine, dénomination également affectée à la rue qu’elle prolonge. Sa situation dans la rue Saint-Dominique lui adonné son nom actuel (voir l’article suivant). — Une décision ministérielle du 8 nivôse an XIII, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté gauche sont alignées ; celles du côté opposé sont soumises à un retranchement de 1 m. environ.

Dominique-d’Enfer (rue Saint-).

Commence à la rue Saint-Jacques, nos 202 et 204 ; finit à la rue d’Enfer, nos 13 et 15. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 186 m. — Les numéros impairs sont du 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire ; les numéros pairs, du 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Cette rue a été bâtie sur un clos de vignes appartenant aux Dominicains dits Jacobins. Ces religieux avaient obtenu, le 18 mars 1546, des lettres-patentes de François Ier, qui leur permettaient d’aliéner ce terrain à la charge d’y bâtir. La rue qui nous occupe, commencée en 1550, ne fut entièrement construite qu’en 1586. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an XIII, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. La maison no 5 est alignée.

Dominique-Saint-Germain (rue Saint-).

Commence à la rue Saint-Dominique, nos 42 et 44 ; finit à l’avenue de La Bourdonnaye. Le dernier impair est 231 ; le dernier pair, 222. Sa longueur est de 2 429 m. — 10e arrondissement de 1 à 103, et de 2 à 92 quartier du Faubourg-Saint-Germain ; le surplus est du quartier des Invalides.

Ce n’était au commencement du XVIe siècle qu’un chemin nommé vers 1542 chemin aux Vaches ; plus tard il prit le nom de chemin de la Justice, parce que le siège de la juridiction de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés était établi à l’extrémité de ce chemin. En 1631, les Jacobins de l’ordre de Saint-Dominique se fixèrent en cet endroit ; ces religieux obtinrent la permission de l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, de faire sceller aux deux extrémités de cette rue deux tables de marbre, sur lesquelles on sculpta en gros caractères l’inscription suivante rue Saint-Dominique jadis des Vaches.

Jusqu’en 1838, la communication qui nous occupe était divisée en deux parties séparées par l’esplanade des Invalides ; la première appelée rue Saint-Dominique-Saint-Germain, la seconde nommée rue Saint-Dominique au Gros-Caillou ; chaque portion de rue avait un numérotage particulier. En vertu d’un arrêté préfectoral du 31 août de cette année, ces deux parties ont été réunies. — Une décision ministérielle du 15 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, et une ordonnance royale du 7 mars 1827, ont fixé à 10 m. la moindre largeur de la rue Saint-Dominique, depuis la rue des Saints-Pères jusqu’à l’esplanade des Invalides. Cette même largeur a été assignée au surplus de cette communication, par une décision ministérielle du 3 germinal an IX, signée Chaptal, et par ordonnance royale du 25 mai 1828. Les maisons ci-après ne sont pas soumises à retranchement 13, 35, 37, 79, 85, 87, 89, 91, 93, 95, 97, 99, 109, 111, 121, 123, 149, 151, 167, 169, 171, 173, 175, 177, 179, 181, 185, 187, 189, 191, 193, 195, 197, 199, 211, 213, 215, 217, 219, 221, 223, 225, 227, 229, 231 ; 2, 4, 26, 42, 58, 60, 62, encoignure droite de la rue de Bellechasse, 74, 76, 78, 80, 82, 84, 86, 88, 96, 98, 132, 134, 136, 138, 140, 142, 144, 146, 148, 154, 168, 176, 184, 186, 194, 218, et la propriété à l’encoignure de l’avenue de La Bourdonnaye. — Égout entre la place de Bellechasse et la rue de Bourgogne. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Française).

Aux nos 82, 84 et 86, était situé le couvent des Filles de Saint-Joseph ou de la Providence. Cette communauté de filles séculières devait son origine à Marie Delpech, connue sous le nom de mademoiselle de Létan ; leur établissement dans la rue Saint-Dominique date du 3 février 1640. Les Filles de la Providence instruisaient les pauvres orphelines, qui étaient reçues dans leur établissement dès l’âge de neuf ans. Supprimée en 1790, cette maison devint propriété nationale. Une partie fut vendue le 8 novembre 1806, à la mère de l’empereur Napoléon ; aujourd’hui les bureaux du ministère de la guerre occupent la totalité des anciens bâtiments des Filles de Saint-Joseph.

Dormesson (rue).

Commence à la rue du Val-Sainte-Catherine, no 3 ; finit à la rue Culture-Sainte-Catherine, nos 2 et 6. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 95 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

L’ouverture de cette voie publique fut définitivement autorisée par lettres-patentes du 15 février 1783, qui approuvèrent le plan du marché Sainte-Catherine. Formée en 1784, sur l’emplacement du prieuré royal de la Couture Sainte-Catherine, elle fut exécutée sur une largeur de 6 m. 80 c. environ. On lui donna la dénomination de rue Dormesson, en l’honneur de Louis-François-de-Paule Lefebvre Dormesson, alors contrôleur-général, qui, le 20 août 1783, avait posé la première pierre du marché Sainte-Catherine. — Dormesson naquit à Paris le 7 mai 1712, devint premier président du parlement en 1788, et mourut le 2 février 1789. — Une décision ministérielle du 22 juillet 1823, a fixé la largeur de la rue Dormesson à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées ; celles du côté opposé devront subir un léger redressement, à l’exception de la propriété à l’angle de la rue Culture-Sainte-Catherine, dont le retranchement est de 2 m. 50 c. environ. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Double (pont au).

Situé entre les quais de l’Archevêché et de Montebello.

Il a été construit en 1634. Des lettres-patentes du roi, datées de Fontainebleau au mois de mai de la même année, ordonnent : « Que les gens de pied qui traverseraient ce pont, devront donner un double tournois. » — En 1835, les bâtiments qu’on voyait sur ce pont furent abattus.

Doyenné (impasse du).

Située dans la rue de ce nom, no 8. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

C’était autrefois la rue du Doyenné. Elle avait été percée sur l’emplacement de la maison du Doyen de Saint-Thomas. — Cette impasse, qui n’est pas reconnue voie publique, sera confondue dans la place du Carrousel.

Doyenné (rue du).

Commence à l’impasse du Doyenné ; finit à la rue du Carrousel. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 12. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

C’était anciennement le cul-de-sac Saint-Thomas, ainsi nommé en raison de sa proximité de l’église Saint-Thomas, appelée depuis Saint-Louis. Par suite de la formation de la rue du Carrousel, ce cul-de-sac fut converti en une rue à laquelle on donna la dénomination du Doyenné. Cette rue, qui n’est pas reconnue voie publique, doit être supprimée et le terrain réuni à la place du Carrousel.

Dragon (cour du).

Commence aux rues de l’Égout, no 2, et Saint-Benoit, no 42 ; finit à la rue du Dragon, no 7. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 10. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Cette cour, qui est propriété particulière, doit son nom à un dragon sculpté sur l’une de ses portes.

Dragon (rue du).

Commence à la grande rue Taranne, nos 15 et 17 ; finit aux rues du Four, no 90 ; et de Grenelle, no 2. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 44. Sa longueur est de 215 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Elle porta d’abord le nom de rue du Sépulcre, en raison d’une propriété habitée au commencement du XVe siècle par des chanoines du Saint-Sépulcre. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an IX, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En 1808, les propriétaires riverains demandèrent le changement du nom de cette rue. L’autorité compétente accueillit cette réclamation, et la dénomination de rue du Sépulcre fut remplacée par celle de rue du Dragon (pour l’étymologie, voyez l’article qui précède). La largeur de cette voie publique a été fixée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839. Les maisons nos 9 et 42 sont alignées ; celles nos 11, 13, 15, 17, et partie du no 19, devront avancer sur leurs vestiges actuels. Les propriétés nos 5, 7, 36 et 38 ne sont soumises qu’à un léger redressement. — Éclairage au gaz (compe Française).

Draperie (rue de la Vieille).

Commence à la rue de la Cité, nos 14 et 16 ; finit à la place du Palais-de-Justice, nos 1 et 2. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 127 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Cette rue doit sa dénomination aux drapiers qui vinrent s’y établir vers l’an 1183. Elle fut élargie en vertu des arrêts du conseil, en date des 2 octobre 1672 et 23 juillet 1693. La partie comprise entre la rue Saint-Éloi et la place du Palais-de-Justice, a été formée suivant arrêt du conseil du 3 juin 1787. Elle prendra prochainement le nom de rue de Constantine. (Voyez cet article.) — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Draps et Toiles (halle aux).

Située dans la rue de la Poterie-des-Halles. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Avant de nous occuper de la construction de cette halle, il nous parait utile d’écrire quelques lignes sur la corporation des drapiers et sur les marchands de toiles.

La communauté des drapiers était la première des six corps marchands de Paris. Philippe-Auguste, en 1183, céda aux drapiers, moyennant 100 livres parisis de cens, vingt-quatre maisons confisquées sur des juifs. Ce prince leur donna en outre la Halle aux Draps. Ils en nommaient le garde, ainsi que les vingt-quatre courtiers et auneurs de Paris. Le corps de la draperie était composé autrefois de deux communautés distinctes, l’une des drapiers proprement dits, l’autre des drapiers-chaussetiers. La vanité et l’intérêt firent naître de longues querelles entre ces deux corporations qui se réconcilièrent en 1633. Les deux confréries, qui jusqu’alors avaient été séparées, se réunirent dans l’église de Sainte-Marie-Égyptienne. Le bureau de la draperie était situé dans la rue des Déchargeurs. Suivant la concession de messire Christophe Sanguin, prévôt des marchands, en date du 27 juin 1629, la draperie avait pour armoirie un navire d’argent à la bannière de France, en champ d’azur, un œil en chef, avec cette légende non spécifiée dans la concession ut cœteros dirigat, pour donner à entendre que ce corps avait le pas sur tous les autres. On n’était admis dans le corps des drapiers qu’après avoir fait un apprentissage de trois ans et servi pendant deux années comme garçon. Le brevet coûtait 300 livres ; la maîtrise 2 500 livres.

Les marchands de toiles, appelés autrefois tisserands, faisaient partie du corps des merciers. Leurs premiers statuts datent de 1586 sous Henri III. Ils ont été confirmés sous Henri IV et Louis XIII. Dans l’acte constitutif ils sont qualifiés maîtres tisserands en toiles, canevas, linge, etc… Les maîtres qui n’avaient pas atteint 50 ans, ne pouvaient avoir que deux apprentis ; ceux qui avaient passé cet âge pouvaient en prendre trois. L’apprentissage était de quatre ans ainsi que le compagnonnage. Le brevet coûtait 30 livres ; la maîtrise, 300.

Le vaste bâtiment de la halle aux draps et toiles, d’après ce qui subsiste encore de son ancienne construction, parait remonter à une époque très reculée et avoir été affecté à un autre usage. Cette halle a 122 m. de longueur sur 17 de largeur. Elle contenait dans le principe un rez-de-chaussée et un grenier au-dessus. Ce rez-de-chaussée était divisé en deux nefs par un rang de piliers formant des travées de planchers supportés par des poutres, le tout couvert à pan droit très élevé avec pignon en pointe aux deux extrémités. Vers l’année 1780, la halle dont il est question fut restaurée ; MM. Legrand et Molinos, architectes distingués, ont donné à cet ancien bâtiment un caractère monumental, en conservant toutefois son ancienne disposition, c’est-à-dire les murs de face et les piliers soulageant la portée des poutres. Le comble a été entièrement détruit et remplacé par un comble cintré construit en planches, selon le système de Philibert Delorme. Des travaux de consolidation et d’amélioration ont été exécutés de 1837 à 1838 sous la direction de M. Lahure, architecte.

Droit (école de).

Située place du Panthéon, no 8. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Depuis longtemps la science du droit ecclésiastique et du droit canon était enseignée dans la capitale, lorsque deux savants, Gilbert et Philippe Ponce, obtinrent, en 1384, l’autorisation de créer pour cet enseignement une école spéciale qu’ils placèrent dans une maison de la rue Saint-Jean-de-Beauvais, où depuis le célèbre imprimeur Robert Estienne établit ses ateliers.

Cette première école était uniquement destinée à des cours de droit-canon. Le pape Honorius, dans une bulle de 1216, avait défendu, sous les peines les plus sévères, l’étude du droit civil. Au XIVe siècle, cette prohibition était encore en vigueur, et les écoliers, pour étudier le droit civil, étaient obligés d’aller en province. Cependant, vers 1563 et 1565, le parlement permit à plusieurs légistes de professer à Paris le droit civil ; mais cette autorisation dut expirer à l’année 1572. Alors la défense fut maintenue avec une nouvelle rigueur. L’article 59 de l’ordonnance rendue à Blois en 1576, « fait défense à ceux de l’Université d’élire ou graduer en droit civil. »

De nouveaux statuts pour la faculté du droit canon furent publiés en 1600, sous Henri IV. On comptait six professeurs. Les articles 34 et 35 de ces statuts réglaient le cérémonial et la réception des docteurs. Le candidat était revêtu d’une longue robe d’écarlate, qu’on disait avoir servi au fameux Cujas. On lui présentait ensuite un livre fermé que l’on ouvrait aussitôt : par là, on indiquait que le candidat par l’assiduité de son travail, avait acquis la connaissance des canons. Après quoi le bonnet de docteur était placé sur sa tête. On lui passait au doigt un anneau d’or, puis les docteurs venaient l’embrasser.

Louis XIV ordonna, en 1679, le rétablissement de la chaire de droit romain, et vers 1680, il plaça un professeur de droit français dans chaque université. Ce professeur était nommé par le chancelier et portait le titre de professeur royal. Les autres chaires de la Faculté se donnaient au concours. Outre le professeur de droit français, il y en avait deux pour l’explication des Institutes de Justinien, un pour les Décrétales de Grégoire IX, un pour le décret de Gratien et deux autres pour le Digeste.

L’étude du droit durait trois années et se comptait par douze trimestres. Au commencement de chaque trimestre, les étudiants devaient se faire inscrire sur les registres de la Faculté et payer chaque inscription. Ceux de la première année étaient admis à subir un examen dit de baccalauréat au commencement d’août. Dans l’intervalle du baccalauréat à la licence, ils étaient forcés d’assister aux thèses et d’y soutenir des discussions. On obtenait le grade de docteur une année après celui de licencié.

Pendant la révolution les écoles de droit furent suspendues ; cependant deux écoles particulières s’établirent, l’une dans la rue Vendôme, l’autre dans les bâtiments du collége d’Harcourt, rue de la Harpe. La première avait le titre d’Académie de Législation, la seconde portait le nom d’Université de Jurisprudence.

Un décret du 22 ventôse an XII (13 mars 1804), réorganisa l’école de droit. Depuis cette époque les études sont devenues plus vastes. L’enseignement comprenait, d’après le décret de 1804, le droit romain, le droit civil français, le droit commercial, la procédure et le droit criminel. En 1820, conformément au vœu exprimé par le décret du 22 ventôse an XII, on y ajouta des cours de droit naturel et des gens et de droit administratif. En 1834 fut créée une chaire d’Histoire du droit constitutionnel des Français ; enfin, une ordonnance du 22 mars 1840 autorisa les professeurs agrégés de la Faculté a ouvrir des cours supplémentaires non obligatoires pour les étudiants. — Les bâtiments de l’École de Droit n’ont rien de remarquable, quoiqu’ils soient l’ouvrage de Soufflot. En 1820, ils ne pouvaient plus contenir le nombre toujours croissant des élèves ; alors on transféra plusieurs cours à la Sorbonne, puis au collége du Plessis ; enfin, vers 1830, on augmenta l’École d’un vaste amphithéâtre, où se tiennent, outre les cours, les assemblées municipales du 12e arrondissement.

Ducolombier (rue).

Commence à la rue Saint-Antoine, nos 113 et 115 ; finit à la rue Dormesson, nos 9 et 11. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 41 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Autorisée par lettres-patentes du 15 février 1783, cette rue a été ouverte en 1784 sur l’emplacement du prieuré royal de la Couture-Sainte-Catherine et d’après une largeur de 7 m. 80 c. On lui donna le nom de rue Ducolombier, en l’honneur de Marchand Ducolombier, avocat, conseiller du roi et assesseur de l’hôtel-de-ville d’Arras, qui avait fait l’acquisition d’une grande partie des terrains du prieuré de Sainte-Catherine. Les plaques portent par erreur rue Neuve-du-Colombier. — Une décision ministérielle du 22 juillet 1823 a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m.

Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 1 m. 10 c. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Antoine. — Éclairage au gaz (compe Parisienne). — Voyez l’article du Marché Sainte-Catherine.

Duguay-Trouin (rue).

Commence à la rue de l’Ouest, nos 8 et 10 ; finit à la rue de Fleurus. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 150 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette rue a été ouverte en 1790, sur une partie du jardin du Luxembourg, dont la vente avait été faite par S. A. R. Monsieur (depuis Louis XVIII). — Une décision ministérielle du 12 juin 1818 a fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. 74 c.

Les constructions du côté des numéros pairs sont alignées ; celles du côté opposé sont soumises à un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue de l’Ouest jusqu’à la borne-fontaine.

Duguay-Trouin (René), dont le nom est si justement célèbre dans les fastes de la marine française, naquit à Saint-Malo le 10 juin 1673. À l’âge de vingt-et-un ans, il prit le commandement d’un vaisseau du roi, alla croiser sur les côtes d’Angleterre et d’Irlande, et s’empara de six bâtiments. Peu de temps après, Duguay-Trouin rencontrait une flotte marchande escortée par deux vaisseaux de guerre ; sans s’inquiéter de la supériorité de l’ennemi, l’intrépide marin attaque les deux vaisseaux et s’en rend maître.

Duguay-Trouin se distingua dans la guerre de la succession d’Espagne. En 1707, il fut nommé chevalier-de Saint-Louis et reçut en 1709 des lettres de noblesse. Le roi lui permit d’ajouter à ses armes deux fleurs-de-lys d’or, et d’y mettre au cimier pour devise :

dedit hæc insigna virtus.

Louis XIV aimait à entendre de la bouche de ses officiers le récit de leurs actions militaires. Un jour que Duguay-Trouin racontait un combat où se trouvait un vaisseau nommé la Gloire : « J’ordonnai, dit-il, à la Gloire de me suivre. — Elle vous fut fidèle, reprit le roi. »

L’expédition la plus brillante de Duguay-Trouin fut celle de Rio-Janeiro qui coûta aux Portugais plus de vingt-cinq millions.

Nommé le 1er mars 1728 commandeur de l’ordre de Saint-Louis, et le 27 du même mois lieutenant-général, Duguay-Trouin mourut le 27 septembre 1736.

Duguesclin (rue).

Commence à la rue de Bayard ; finit à la rue Dupleix. Pas de numéro. Sa longueur est de 69 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Cette communication existait dès 1789, mais elle n’était pas alors dénommée. — Une décision ministérielle du 31 août 1816 a fixé sa largeur à 10 m. et lui a donné le nom qu’elle porte. Les constructions du côté droit sont alignées ; les propriétés du côté opposé devront reculer de 3 m. environ.

Bertrand Duguesclin ou plutôt Du Guesclin, connétable de France et de Castille, naquit en Bretagne en 1311 et mourut devant Châteauneuf-de-Randon en 1380. « Ce grand capitaine (dit un historien du temps), avait une âme forte, nourrie dans le fer, pétrie sous des palmes, dans laquelle Mars fit école longtemps. La Bretagne en fut l’essai, l’Anglois son boute-hors, la Castille son chef-d’œuvre, dont les actions n’étoient que hérauts de sa gloire ; les défaveurs, théâtres élevés à sa constance, le cercueil, embrassement d’un immortel trophées. ».

Dupetit-Thouars (rue).

Commence à la place de la Rotonde-du-Temple ; finit à la rue du Temple, nos 86 et 88. La série des numéros dont le dernier est 39, commence par erreur à la rue du Temple. Sa longueur est de 184 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Cette rue qui longe un des côtés de la halle au vieux linge, a été ouverte en 1809 sur une partie de l’enclos du Temple. (Voyez l’article de la Halle au vieux linge). — Une décision ministérielle du 9 septembre 1809, signée Fouché, avait fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, cette largeur est portée à 13 m. en prenant l’élargissement sur le marché. La maison située sur le côté droit à l’angle de la rue du Temple est seule soumise à retranchement. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Aristide Dupetit-Thouars, capitaine de vaisseau, s’embarqua à Brest en 1792, pour aller à la recherche de Lapérouse ; ses efforts furent sans résultat. Plus tard il fit partie de l’expédition d’Égypte. Au combat naval d’Aboukir où la France perdit du sang, non de la gloire, Dupetit-Thouars commandait le vaisseau le Tonnant et reçut une mort sublime. Criblé de blessures, cet intrépide marin continue de son poste à diriger le combat. Au milieu de l’ouragan de fer qui foudroie son équipage, il reste calme et inébranlable : tout son corps est mutilé, ses deux bras sont coupés par les boulets, ses cuisses sont elles-mêmes emportées, et cet énergique capitaine semble survivre à lui-même pour veiller sur l’honneur de son vaisseau. Placé dans un baril de son, il parvient ainsi, en arrêtant la fuite de son sang, à prolonger de quelques instants sa vie. De cette couche héroïque, il fait promettre à son état-major de ne point rendre son vaisseau : « Et si l’ennemi, ajoute-t-il, tente enfin de l’enlever à l’abordage, jurez-moi, mes amis, de jeter à la mer notre pavillon et mon cadavre. » Ceux-ci ont juré, il expire !

Duphot (rue).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 382 et 384 ; finit au boulevart de la Madeleine, nos 11 et 13. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 21. Sa longueur est de 190 m. — 1er arrond., quartier de la place Vendôme.

Cette rue ayant été ouverte sur l’emplacement du couvent de la Conception, nous donnons ici l’historique de cette communauté religieuse. Le tiers-ordre de Saint-François avait formé plusieurs établissements en France. En 1635, madame Anne Petau, veuve du sieur Regnaut de Traversé, conseiller au parlement, donna au couvent de Toulouse une somme de 40 000 livres pour en obtenir treize religieuses du tiers-ordre. Au mois de septembre de la même année, ces religieuses furent installées dans l’hôtel de Nesmond ; elles firent bientôt construire une église et des bâtiments convenables. Ces dépenses inévitables, mais qui n’étaient point en rapport avec les revenus, devaient infailliblement entraîner la ruine des Filles de la Conception, si M. d’Argenson ne fut venu à leur secours. Sur sa demande, sa majesté accorda une loterie de 1 080 000 livres, dont le bénéfice servit à consolider cet établissement et à le maintenir dans un état prospère. Cette communauté fut supprimée en 1790. Les bâtiments et terrains qui la composaient devinrent propriétés nationales et furent vendus le 5 fructidor an IV. Ils contenaient en superficie 3 491 m. Une des clauses du contrat de vente est ainsi conçue : « L’acquéreur sera tenu de fournir les terrains nécessaires pour l’ouverture des deux nouvelles rues et ce sans prétendre d’indemnité de la république. » Au mois de prairial an VIII, le ministre de l’intérieur L. Bonaparte approuva le plan des percements à former sur cet emplacement : quatre rues devaient être ouvertes. — « Paris, 3 frimaire an XI. Le ministre de l’intérieur arrête ce qui suit : — Article 1er. Les deux rues à percer sur les terrains du ci-devant couvent de la Conception, et qui sont obligatoires aux termes du contrat d’acquisition du citoyen Dewinck, recevront leur exécution ; la première, sur la direction et la largeur de la rue Saint-Florentin, allant aboutir au boulevart ; la seconde, en ligne droite jusqu’au même boulevart, en suivant la direction du petit axe de la place Vendôme. — Art. 2. Il sera substitué aux deux autres rues qui n’étaient devenues obligatoires que par l’approbation donnée au plan, une seule rue diagonale qui prendra de la rue Saint-Honoré près de celle de Luxembourg, et aboutira perpendiculairement sur le boulevart de la Madeleine, etc… Signé Chaptal. » Dans sa séance du 11 du même mois le conseil des bâtiments civils détermina les alignements et les dénominations de ces trois voies publiques. La largeur de la rue Duphot fut fixée à 10 m. La largeur de la rue Richepance à 12 m. Enfin la dimension de la troisième qui devait être ouverte dans le prolongement du petit axe de la place Vendôme, était approuvée à 12 m. Ce percement, qui n’a point été exécuté, aurait pris la dénomination de rue Championnet. Le 19 septembre 1807, ces dispositions reçurent l’assentiment du ministre de l’intérieur, et les rues Duphot et Richepance furent immédiatement ouvertes. La rue Duphot est exécutée sur deux largeurs différentes. Depuis la rue Saint-Honoré jusqu’à celle Richepance, elle a 10 m. de largeur, et dans le surplus 12 m. 90 c. — Une ordonnance royale du 24 août 1833 maintenu les constructions actuelles qui sont établies d’après ces dimensions. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Le général Duphot naquit à Lyon. Il fut assassiné à Rome, dans une émeute, le 28 décembre 1797.

Dupleix (place).

Située dans la rue de ce nom. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 121 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

C’était autrefois la place de Grenelle. Cette dénomination lui venait du château de Grenelle qu’on voyait en cet endroit. Vers 1815, cette voie publique reçut le nom de place Dupleix (voyez pour l’étymologie l’article suivant). — Une décision ministérielle du 31 août 1816 a fixé la largeur de cette place à 74 m. Les constructions riveraines sont alignées.

Dupleix (rue).

Commence à la rue Kléber ; finit aux chemins de ronde des barrières de l’École-Militaire et de Grenelle. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 481 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Elle est indiquée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. Vers 1815, elle reçut le nom de rue Dupleix. — Une décision ministérielle en date du 31 août 1816, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. — Conduite d’eau depuis la rue Kléber jusqu’aux deux bornes-fontaines.

Joseph-François Dupleix, gouverneur-général des établissements français dans l’Inde, fut nommé, en 1720, premier conseiller au conseil supérieur de Pondichéry et commissaire des guerres. En 1731, il obtint le titre de commandant à Chandernagor. En 1742, Dupleix fut nommé gouverneur de Pondichéry. Sa première pensée fut d’en rétablir les fortifications, mais il reçut l’ordre de suspendre les travaux. Dupleix désobéit, car il avait pressenti une prochaine collision entre la France et l’Angleterre. En effet, les hostilités commencèrent bientôt. La prise de Madras fut un des plus beaux faits d’armes de l’époque. Les Anglais voulurent se venger en s’emparant de Pondichéry, mais le léopard britannique fut obligé de fuir après une attaque sans succès. Convaincu par l’expérience que sans possessions dans l’Inde le commerce anglais se trouverait réduit à une complète nullité, Dupleix ménageait adroitement des alliances avec les princes indiens et en obtenait la cession de plusieurs provinces. Des succès aussi brillants portèrent ombrage à la compagnie anglaise, qui demanda et obtint le rappel de Dupleix. Cette honteuse faiblesse du gouvernement français, qui voulait la paix à tout prix, ruina notre crédit dans l’Inde. À son retour en France, Dupleix se vit en butte à mille tracasseries. On lui reprocha une fortune honorablement acquise. Il mourut de chagrin en 1763, avant d’avoir obtenu justice et dans un état voisin de la misère.

Dupleix (ruelle).

Commence à l’avenue de La Motte-Picquet, no 30 ; finit à la place Dupleix. Pas de numéro. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Elle a été formée, il y a quelques années, sur des terrains appartenant à divers particuliers, et n’est point reconnue voie publique.

Dupont (rue).

Commence à la rue Basse-Saint-Pierre ; finit à la rue de Chaillot, nos 10 et 12. Pas de numéro. Sa longueur est de 40 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Le plan de Verniquet l’indique sous cette dénomination qu’elle doit sans doute à un propriétaire riverain. — Une décision ministérielle en date du 15 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 1 m. 30 c.

Dupuis (rue).

Commence à la rue Dupetit-Thouars, nos 37 et 38 ; finit à la rue Vendôme, nos 9 et 11. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 110 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Elle a été percée en 1809, sur une partie de l’enclos du Temple (voir l’article de la Halle au vieux linge). — Une décision ministérielle du 9 septembre 1809, signée Fouché et une ordonnance royale du 16 mai 1833, ont fixé à 10 m. la largeur de cette rue qui est exécutée d’après cette dimension. — Conduite d’eau depuis la rue de la Petite-Corderie jusqu’à la rue Vendôme. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Charles-François Dupuis, membre de l’Institut, naquit le 26 octobre 1742. Il fut élu membre du conseil des Cinq-Cents, en l’an IV, et envoyé par le département de Seine-et-Oise au Corps Législatif, dont il devint président. Dupuis mourut le 29 septembre 1809.

Duras (rue de).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 72 et 74 ; finit à la rue du Marché-Daguesseau, nos 13 et 15. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 84 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Elle a été ouverte en 1723 sur une partie de l’emplacement de l’hôtel de Duras. Ce percement fut effectué dans le but de faciliter les abords du marché Daguesseau, dont la formation en cet endroit avait été autorisée par lettres-patentes du 6 février 1723. — Une décision ministérielle du 29 thermidor an XI, signée Chaptal, maintint la largeur de 7 m. 80 c. ; dimension qui avait été donnée à cette rue, lors de son ouverture. Une ordonnance royale du 27 septembre 1836, a porté cette largeur à 10 m. Toutes les constructions du côté des numéros pairs sont alignées ; celles du côté opposé devront subir un retranchement de 2 m. 20 c. environ. — Conduite d’eau.

Janvier 1844.
----

E.

Écharpe (rue de l’).

Commence à la place Royale, nos 19 et 24 ; finit aux rues du Val-Sainte-Catherine, no 18, et Saint-Louis, no 2. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 32 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Tracée en 1606 sur l’emplacement de l’ancien palais des Tournelles, elle fut d’abord appelée rue Henri IV. Une enseigne lui fit donner, en 1636, le nom de l’Écharpe-Blanche qu’on abrégea depuis. — Une décision ministérielle du 23 ventôse an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 8 juin 1834, cette largeur a été réduite à 9 m. 74 c. La maison no 1 devra reculer de 50 c. réduits ; celle no 2 est alignée. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Échaudé-au-Marais (rue de l’).

Commence à la rue Vieille-du-Temple, nos 131 et 133 ; finit à la rue de Poitou, nos 1 et 3. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 21 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Elle a été ouverte en 1626 sur la culture du Temple. Jaillot nomme Échaudé un îlot de maisons qui forme un triangle. En effet, cette voie publique figure un triangle avec les rues de Poitou et Vieille-du-Temple. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835, cette dimension est portée à 10 m. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 80 c. à 2 m. 50 c. ; celles du côté opposé devront reculer de 50 c. environ. — Conduite d’eau.

Échaudé-Saint-Germain (rue de l’).

Commence à la rue de Seine, nos 36 et 38 ; finit à la place Sainte-Marguerite, nos 2 et 6. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 205 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

En 1551, c’était une ruelle qui allait du guichet de l’abbaye à la rue de Seine. On la nomma ensuite cul-de-sac du Guichet. Vers 1669 cette impasse, par suite de l’ouverture de la rue de Bourbon-le-Château, fut séparée en deux parties. La première, comprise entre la rue de Seine et celle de Bourbon-le-Château, fut nommée de l’Échaudé (voir pour l’étymologie l’article qui précède). La deuxième partie resta dans son état d’impasse et porta les noms de cul-de-sac du Guichet et de l’Échaudé. En 1790, l’abbaye Saint-Germain-des-Prés devint propriété nationale ; la maison qui terminait l’impasse, et qui dépendait de cette abbaye, fut aliénée par l’État, le 14 thermidor an V. Une clause ainsi conçue fut insérée dans l’acte : « L’acquéreur sera tenu de fournir le terrain nécessaire pour le débouché du cul-de-sac de l’Échaudé et ce sans aucun recours en indemnité. » Cette condition fut exécutée, et l’ancienne impasse fait aujourd’hui partie de la rue de l’Échaudé. Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En 1806, la rue de l’Échaudé prit la dénomination de rue de Durnstein, pour rappeler la victoire de Durnstein, gagnée par les Français sur les Autrichiens le 11 novembre 1805. Depuis 1814, elle a repris son nom de l’Échaudé. — Conformément à un projet publié en vertu d’un arrêté préfectoral du 29 avril 1843, la moindre largeur de cette voie publique serait fixée à 12 m, et on supprimerait : 1o l’îlot situé entre cette rue et celles de Seine et Jacob ; 2o les deux îlots séparant la rue de l’Échaudé de la rue Cardinale et du passage de la Petite-Boucherie. Les propriétés nos 9, 11, 11 bis, 15, 17, 19 et 6 ne sont pas soumises à retranchement, d’après ce projet. — Conduite d’eau depuis la rue Jacob jusqu’à la place.

Échelle (rue de l’).

Commence à la rue de Rivoli, nos 8 et 10 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 277 et 279. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 67 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Cette rue, tracée sur le plan de Gomboust en 1652, ne porte aucune dénomination. Le Censier de l’archevêché de 1663 est le premier document qui la désigne sous le nom de l’Échelle. Autrefois les évêques de Paris avaient une échelle patibulaire dans cette rue. — Une décision ministérielle du 18 thermidor an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 4 octobre 1826 ; ont fixé la largeur de cette voie publique à 13 m. Les maisons nos 1, 3 ; 2, 4 et 6 ne sont pas soumises à retranchement ; celle no 8 devra reculer de 3 m. 30 c. — Bassin d’égout. — Conduite d’eau depuis la rue de Rivoli jusqu’aux deux bornes-fontaines. Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Échiquier (impasse de l’).

Située dans la rue du Temple, entre les nos 24 et 26. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4 bis. Sa longueur est de 42 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Des titres constatent son existence dès 1305. Elle doit son nom à une enseigne. Il n’existe pas d’alignement pour cette impasse dont la largeur actuelle est de 5 m. 60 c.

Échiquier (rue de l’).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Denis, nos 37 et 39 ; finit à la rue du Faubourg-Poissonnière, nos 16 et 18. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 396 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Un arrêt du conseil d’état du roi, à la date du 15 août 1772, autorisa les prieure et religieuses du prieuré royal des Filles-Dieu et Claude-Martin Goupy, entrepreneur des bâtiments de sa majesté, à ouvrir sur leurs terrains deux rues de 30 pieds de largeur au moins, l’une qui, formant le prolongement de la rue Bergère, traverserait la maison dite de l’Échiquier, et aboutirait à la rue du Faubourg-Saint-Denis ; la seconde, qui commencerait à la rue Basse-Saint-Denis et se terminerait à la rue de Paradis. Cet arrêt fut suivi de lettres-patentes, données à Fontainebleau le 14 octobre de la même année. Il est dit dans ces lettres patentes, que la rue nouvelle formant le prolongement de la rue Bergère prendrait le nom de rue d’Enghien, et que l’autre voie publique s’appellerait rue Delamichodière. Registrées au parlement le 23 juillet 1773, ces lettres-patentes ne reçurent pas alors d’exécution. Par d’autres lettres-patentes données au mois d’août 1779, les religieuses Filles-Dieu furent autorisées à vendre tous leurs terrains. En 1783, ces religieuses ayant reconnu que les deux rues dont il vient d’être parlé n’étaient point suffisantes pour donner au quartier les débouchés nécessaires et leur fournir les moyens de tirer un parti avantageux des terrains qui leur restaient, demandèrent à sa majesté l’autorisation d’ouvrir une troisième rue depuis la rue du Faubourg-Poissonnière jusqu’à celle du Faubourg-Saint-Denis ; ces religieuses pensaient que l’ouverture de cette troisième rue serait d’autant plus aisée à faire qu’elle serait entièrement prise sur leurs terrains. Elles demandèrent, en outre, que cette nouvelle voie portât le nom de rue d’Enghien, et que celle déjà appelée rue d’Enghien prit le nom de rue de l’Échiquier, afin de conserver le souvenir DE LA MAISON DE L’ÉCHIQUIER, qui avait toujours été le chef-lieu du fief de leur communauté. D’un autre côté, les prévôt des marchands et échevins remontrèrent au roi que la dénomination de rue Delamichodière, donnée à l’une des rues autorisées par les lettres-patentes du 14 octobre 1772, ne pourrait subsister sans inconvénient, une autre rue du même nom ayant été ouverte dans le quartier de Louis-le-Grand, ce qui produirait des méprises et de la confusion, tant sur les possessions que sur la demeure des citoyens, dans l’une ou l’autre de ces rues dont la situation est presque dans le même quartier. Sur cette demande, des lettres-patentes furent rendues à Versailles le 8 août 1783. En voici un extrait : — « Autorisons et confirmons l’ouverture et la formation de la rue ci-devant permise, en prolongation de la rue Bergère, à prendre depuis la rue du Faubourg-Poissonnière jusqu’à la rue du Faubourg-Saint-Denis, passant par la maison de l’Échiquier, et d’une autre rue à prendre depuis la rue Basse-Saint-Denis jusqu’à celle de Paradis, dans la forme et ainsi qu’il est prescrit par les lettres-patentes du 14 octobre 1772, à l’exception de la dénomination des d. deux rues, dont les circonstances nous ont déterminé à ordonner le changement, et que nous voulons être nommées, la rue d’Enghien rue de l’Échiquier, et la rue Delamichodière rue d’Hauteville, etc. — Art. 3. Interprétant et étendant en tant que de besoin le contenu aux d. lettres-patentes du 14 octobre 1772, autorisons les d. prieure, sous-prieure et religieuses à ouvrir une troisième rue parallèle à la rue de l’Échiquier, dans les terrains qui leur appartiennent ; la quelle rue aura l’un de ses débouchés dans la rue du Faubourg-Poissonnière, à 21 toises ou environ de la rue Bergère, la quelle nouvelle rue aura trente pieds de largeur et sera nommée rue d’Enghien, etc. » Ces lettres-patentes, en ce qui touche cette dernière rue, ne furent point immédiatement exécutées ainsi que nous le voyons dans un arrêté du bureau de féodalité en date du 9 septembre 1791, qui prescrit l’ouverture de cette rue et l’achèvement de celle d’Hauteville. À l’égard de la rue de l’Échiquier, elle était entièrement ouverte à cette époque. — Une décision ministérielle du 28 juillet 1821, a maintenu la largeur de 30 pieds, assignée à cette voie publique. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Égoût depuis la rue du Faubourg-Saint-Denis jusqu’à la rue de Mazagran. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

École (impasse de l’).

Située dans la rue Neuve-Coquenard, no 17. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Elle a été formée en 1820. On y construisit en 1831 une école et l’année suivante, elle prit le nom d’impasse de l’École. Cette impasse n’est pas reconnue voie publique.

École (place de l’).

Commence au quai de l’École, nos 12 et 14 ; finit à la rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 9 et 11. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 31 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

C’était en 1510 la place aux Marchands. Elle tire sa dénomination actuelle de l’école de Saint-Germain-l’Auxerrois. Cet établissement a donné aussi son nom au quai sur lequel il était situé. — Une décision ministérielle à la date du 13 floréal an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 22 m. En vertu d’une ordonnance royale du 3 novembre 1835, cette largeur à été réduite à 19 m. Les maisons nos 1, 6 et 8 devront avancer sur leurs vestiges actuels. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

On remarque au milieu de cette place une fontaine monumentale construite en 1806, sur les dessins de M. Bralle.

École (quai de l’).

Commence au Pont-Neuf et à la place des Trois-Maries, no 1 ; finit aux quai et place du Louvre, no 2. Le dernier numéro est 34. Sa longueur est de 190 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

C’était en 1290 la grande rue de l’École-Saint-Germain. Guillot, vers l’an 1300, l’appelle l’Escole ; ce quai a été redressé et élargi sous le règne de François Ier. Il fut restauré en vertu des lettres-patentes du 25 mars 1719. — Une décision ministérielle du 11 mai 1815, signée Carnot, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 17 m. En 1836, 37 et 38, l’administration a fait construire un nouveau parapet, niveler et planter ce quai, dont la moindre largeur a été portée à 27 m., en vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840. — Les constructions de 2 à 12 sont soumises un retranchement qui varie de 2 m. 10 c. à 3 m. 50 c. ; la maison no 14 doit avancer sur ses vestiges actuels, celle no 30 est alignée. Les nos 32 et 34 subiront un léger redressement. — Conduite d’eau entre les places des Trois-Maries et de l’École. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Écosse (rue d’).

Commence à la rue Saint-Hilaire, nos 3 et 5 ; finit à la rue du Four, nos 1 et 8. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 55 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Elle existait dès 1290. Au commencement du XIVe siècle on la nommait rue du Chaudron. Elle doit sa dénomination actuelle aux écoliers Écossais qui vinrent l’habiter, en raison de sa proximité de leur collège situé rue des Amandiers. — Une décision ministérielle du 13 juin 1807, signée Champagny, a fixé à 7 m. la largeur de cette voie publique. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 1 m. 70 c.

Écouffes (rue des).

Commence à la rue du Roi-de-Sicile, nos 36 et 40 ; finit à la rue des Rosiers, nos 15 et 17. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est 130 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Cette rue était presqu’entièrement bâtie vers l’année 1200. En 1233, on l’appelait de l’Écofle ; au XIVe siècle, de l’Escoufle, des Escoufles ; au XVIe siècle, des Escoffles, et depuis des Écouffes. Nous pensons que cette voie publique doit son nom à l’enseigne d’un Milan, qu’on appelait autrefois Escofles. — Une décision ministérielle du 8 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette rue à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 16 août 1836. La maison no 1 est alignée ; les autres constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 50 c. à 3 m. 20 c. Les maisons nos 8 et 10 sont alignées ; le surplus de ce côté devra reculer de 1 m. 40 c. à 2 m. 30 c. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Écrivains (rue des).

Commence à la rue des Arcis, nos 9 et 11 ; finit aux rues de la Savonnerie, no 18, et de la Vieille-Monnaie, no 2. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 95 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

L’emplacement occupé par cette rue s’appelait la Pierre-au-Lait en 1254. En 1439 on la trouve indiquée sous le nom de rue de la Pierre-au-Lait, dite des Écrivains. Ce dernier nom lui vient des écrivains qui s’établirent dans de petites échoppes, près de l’église Saint-Jacques-la-Boucherie. — Une décision ministérielle en date du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions du côté des numéros impairs ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau entre les rues Marivaux et de la Vieille-Monnaie. — Éclairage au gaz (compe Française).

Écuries (cour et passage des Petites-).

Commencent à la rue du Faubourg-Saint-Denis, no 67 ; finissent aux rues des Petites-Écuries, no 17, et d’Enghien, no 18. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Ils ont pris leur nom de la rue des Petites-Écuries (voir l’article suivant). Dans le principe on avait, en cet endroit, établi des ateliers pour la confection des carrosses et harnais à l’usage de la maison du roi Louis XVI. Cette cour n’avait alors que deux issues ; depuis 1819 il en existe une troisième dans la rue d’Enghien.

Écuries (rue des Petites-).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Denis, nos 77 et 79 ; finit à la rue du Faubourg-Poissonnière, nos 42 et 44. Le dernier impair est 53 ; le dernier pair, 52. Sa longueur est de 486 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Ouverte en 1780, elle reçut la dénomination de rue des Petites-Écuries, parce qu’elle longeait les bâtiments des petites écuries du roi. — Une décision ministérielle du 18 thermidor an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés ci-après sont alignées ; partie du no 3, 11 bis, 21, 25, 29, 39, 41, 41 bis, 41 ter, 47, 49, 51 ; de 2 à 32 inclusivement, 38 et 38 bis. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Écuries-d’Artois (rue des).

Commence à la rue d’Angoulême-Saint-Honoré, nos 25 et 27 ; finit à la rue de l’Oratoire, nos 62 et 66. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 380 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Partie comprise entre les rues d’Angoulême et Neuve-de-Berri. — En vertu des lettres-patentes du 4 avril 1778, S. A. R. Charles-Philippe, fils de France, comte d’Artois, avait été autorisé à ouvrir sur les terrains de l’ancienne Pépinière plusieurs rues, dont une de 30 pieds de large, qui communiquerait de la rue d’Angoulême à la rue Neuve-de-Berri, et serait nommée rue Neuve-de-Poitiers (voyez Berri, rue Neuve-de-). Le prince n’usa pas alors de cette autorisation. En 1793, le fief de la Pépinière ayant été déclaré domaine national, fut vendu les 21 prairial et 17 messidor an IV, à la charge par les acquéreurs de fournir le terrain nécessaire à l’ouverture de la rue autorisée par les lettres-patentes précitées.

Cette nouvelle rue fut approuvée le 6 nivôse an XII par le ministre de l’intérieur Chaptal. Diverses circonstances vinrent mettre obstacle à l’exécution de ce projet qui ne fut repris qu’en 1821. Par une décision ministérielle du 11 mai 1822, la largeur de la rue Neuve-de-Poitiers fut fixée à 13 m. Enfin, une ordonnance royale à la date du 8 janvier 1823 porte ce qui suit : — « Article 1er. L’élargissement de la rue Neuve-de-Poitiers est déclaré d’utilité publique. Art. 2. Cette rue prendra le nom de rue des Écuries-d’Artois, et sa largeur sera fixée à 13 mètres. L’excédant de 10 pieds environ qu’offre cette dernière largeur sur celle fixée par les lettres-patentes du 4 avril 1778, sera pris sur les propriétés qui bordent la rue du côté du midi, à charge par la Ville de payer aux riverains des indemnités, tant pour le terrain que pour le déplacement des murs, qui seront réglées conformément aux lois. » Ces dispositions furent immédiatement exécutées.

Partie comprise entre les rues Neuve-de-Berri et de l’Oratoire. — Elle est indiquée sur le plan de Verniquet et a été formée à la fin du siècle dernier sur des terrains appartenant aux religieux de l’Oratoire. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celles qui bordent le côté droit entre les rues Neuve-de-Berri et de l’Oratoire. Ces propriétés sont soumises à un faible retranchement. — Égout et conduite d’eau entre les rues d’Angoulême et Fortin.

Écus (rue des Deux-).

Commence à la rue des Prouvaires, no 19 ; finit aux rues de Grenelle, no 24, et Mercier, no 15. Le dernier impair est 35 le dernier pair, 48. Sa longueur est de 245 m. — Les nos de 1 à 11, 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache ; le surplus dépend du 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Vers l’année 1300, le poète Guillot l’appelle rue des Escus. Au XVe siècle elle portait le nom de Traversaine ou Traversine, et de la rue des Étuves à celle d’Orléans, celui de la Hache ou des Deux-Haches. Quant à la partie qui s’étend de la rue d’Orléans à celle de Grenelle, elle a été ouverte en 1577 sur l’emplacement du monastère des Filles-Pénitentes. Voici la lettre adressée à ce sujet par Catherine de Médicis au prévôt des marchands : « Monsieur le prevost, pour ce que je désire faire fermer la rue qui est près ma petite maison et au mesme instant faire ouvrir celle que j’ay ordonné estre faicte où estoit la porte de l’hostel des Pénitantes, qui passera entre la rue de Grenelles ; j’ai donné charge à Marcel, mon receveur-général, de vous aller trouver et vous bailler la présente que je vous faict à ceste fin en vous priant de ma part comme je fais par ycelle de bailler incontinent la permission nécessaire pour fermer la dicte rue et ouvrir l’austre, et pour que vous entendiez par eun bien au long mon intention la dessus, je ne vous ferez la présente plus longue que pour prier Dieu, monsieur le prevost, vous tenir en sa saincte et digne garde : ce faict à Poictiers le 6je jour de septembre 1577. Signé Catherine. » Conformément aux ordres donnés par la reine-mère, on supprima la partie de la rue des Vieilles-Étuves comprise entre les rues des Deux-Écus et d’Orléans, et l’on prolongea la rue des Deux-Écus jusqu’à celle de Grenelle. — Une décision ministérielle à la date du 9 germinal an XIII, signée Champagny, a fixé la moindre largeur de la rue des Deux-Écus à 9 m. Les propriétés situées sur le côté gauche, entre les rues des Prouvaires et du Four, sont soumises à un retranchement réduit de 2 m. 40 c. Depuis la rue du Four jusqu’à celle des Vieilles-Étuves, retranchement 2 m. à 3 m. 20 c. ; de la rue des Vieilles-Étuves à celle d’Orléans, retranchement 1 m. 50 c. à 2 m. 10 c ; depuis la rue d’Orléans jusqu’à celle de Grenelle, retranchement réduit 1 m. 70 c. ; sur le côté droit, entre les rues du Four et Babille, retranchement 30 c. à l m. 50 c., et de la rue Babille à la rue Mercier, retranchement réduit 1 m. 50 c. — Égout. — Conduite d’eau du côté de la rue de Grenelle. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Église (rue de l’).

Commence à la rue Saint-Dominique, nos 191 et 193 ; finit à l’avenue La Motte-Picquet, no 8. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 431 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Partie comprise entre les rues Saint-Dominique et de Grenelle. — Formée vers 1738, elle reçut d’abord le nom de rue Neuve, puis celui de l’Église, parce qu’elle conduit à l’église Saint-Pierre-Gros-Caillou. — Une décision ministérielle du 15 vendémiaire an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Une partie de la propriété no 1 est alignée, le surplus de ce côté est soumis à un retranchement de 1 m. 10 c. Les constructions du côté opposé devront reculer de 1 m. 20 c. — Partie comprise entre la rue de Grenelle et l’avenue La Motte-Picquet. — Elle a été ouverte sur les terrains appartenant à M. Lutherott. Sa largeur est de 13 m. L’ordonnance royale d’autorisation, rendue le 9 août 1826, a imposé à l’impétrant les conditions suivantes : d’établir de chaque côté de la nouvelle rue des trottoirs en pierre dure dont les dimensions lui seront ultérieurement indiquées ; de pourvoir aux frais de premier établissement du pavage et de l’éclairage, et à ceux que pourront exiger les travaux à faire pour faciliter l’écoulement souterrain des eaux pluviales et ménagères de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris. Ce percement a été immédiatement exécuté. — Conduite d’eau.

Église (rue du Chevet de l’).

Commence à la rue du Nord ; finit à la rue des Jardins. Pas de numéro. Sa longueur est de 192 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Elle a été ouverte en 1827, sur les terrains appartenant à MM. André et Cottier ; cependant on n’a commencé à bâtir dans cette rue qu’en 1837. L’ordonnance royale qui a autorisé ce percement est à la date du 31 janvier 1827. Cette voie publique longe le chevet de la nouvelle église Saint-Vincent-de-Paul. Sa largeur est de 12 m. Cette rue se prolonge comme impasse dans une longueur de 31 m. — Les constructions riveraines sont alignées. — Égout. (Voyez Abattoir, rue de l’.)

Églises (rue des Deux-).

Commence à la rue Saint-Jacques, nos 252 et 254 ; finit à la rue d’Enfer, nos 55 et 57. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 10. Sa longueur est de 161 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Ouverte en 1567, on la nomma d’abord ruelle Saint-Jacques-du-Haut-Pas, parce qu’elle longeait un des côtés de l’église ainsi appelée. On la désigna également sous le nom de ruelle du Cimetière, parce qu’elle conduisait à un cimetière qui était situé sur l’emplacement occupé depuis par le jardin du séminaire Saint-Magloire. Sa dénomination dernière lui fut donnée en raison de sa situation entre les deux églises Saint-Jacques-du-Haut-Pas et Saint-Magloire. — Une décision ministérielle du 18 brumaire an XIV, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les bâtiments de l’institution des Sourds-Muets, l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas et les propriétés nos 4 6 et 8, ne sont pas soumis à retranchement.

Égout (impasse de l’).

Située dans la rue du Faubourg-Saint-Martin, entre les nos 21 et 23. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 78 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Elle est ainsi nommée en raison du voisinage d’une branche du grand égout. — Une décision ministérielle en date du 16 floréal an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement.

Égout (rue de l’).

Commence aux rues Sainte-Marguerite, no 3, et Saint-Benoît, no 2 ; finit à la rue du Four, nos 52 et 54. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 99 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Son premier nom est rue Forestier. On l’appela ensuite rue de la Courtille, parce qu’elle conduisait à la courtille de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. Au XVe siècle, c’était la rue de Tarennes, en raison de sa direction vers une grande maison dite l’hôtel de Tarennes, qui a donné depuis son nom à deux rues voisines (les grande et petite rues Taranne). Dès le commencement du XVIIe siècle, c’était la rue de l’Égout. — Une décision ministérielle du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé à 8 m. la moindre largeur de cette voie publique. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839. La maison située sur le côté gauche, à l’encoignure de la rue Sainte-Marguerite, et la propriété no 10 sont à l’alignement. — Égout. — Conduite d’eau.

Élisabeth (église Sainte-).

Située dans la rue du Temple, entre les nos 107 et 109. — 6e arrondissement, quartier du Temple

C’était autrefois l’église du couvent de Sainte-Élisabeth ou du Tiers-Ordre de Saint-François. Le père Vincent Mussart, qui rétablit en France la réforme du tiers-ordre de Saint-François, étendit également son zèle sur les monastères de femmes. Le premier couvent de la réforme fut fondé en 1604, à Verceil, près de Besançon, puis transféré à Salins en 1608. Les religieuses qui avaient suivi cette réforme mirent leur couvent sous le vocable de sainte Élisabeth, reine de Hongrie. Revenu à Paris, le père Mussart reçut plusieurs contrats de donation pour établir un couvent dans la capitale. Ayant obtenu en 1614 des lettres-patentes de Louis XIII, ce zélé religieux acheta une maison dans la rue Neuve-Saint-Laurent, afin d’y établir douze novices, à la tête desquelles il plaça la mère Marguerite Borrei ; ces religieuses augmentèrent ce nouvel emplacement, tirent construire le monastère et l’église de Sainte-Élisabeth. Marie-de-Médicis, qui s’était déclarée, en 1614, fondatrice de cette communauté, posa la première pierre de l’église et du monastère le 14 avril 1628, qui furent achevés en 1630. L’église fut dédiée le 14 juillet 1646, par le coadjuteur Jean-François-Paul de Gondi, sous les titre et invocation de Notre-Dame-de-Pitié et de Sainte-Élisabeth de Hongrie. — Ce couvent, supprimé en 1790, devint la propriété de l’État qui, sur une partie de son emplacement, fit ouvrir la rue Sainte-Élisabeth. L’église servit longtemps de magasin de farine. C’est aujourd’hui la seconde succursale de la paroisse Saint-Nicolas-des-Champs. — La ville de Paris a dépensé en 1831 et 1835, pour augmenter et embellir l’église Sainte-Élisabeth, 71,719 fr. 55 c.

Élisabeth (rue Sainte-).

Commence à la rue des Fontaines, nos 8 et 10 ; finit à la rue Neuve-Saint-Laurent, nos 7 et 9. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 113 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Le couvent de Sainte-Élisabeth, supprimé en 1790, devint propriété nationale. Par suite d’une expertise, faite le 14 décembre 1792, l’État conçut le projet de percer une rue qui, partant de celle des Fontaines, passerait par la rue Neuve-Saint-Laurent, et de là, traversant le couvent des pères de Nazareth, irait aboutir à la rue Notre-Dame-de-Nazareth. Ce percement ne fut effectué que jusqu’à la rue Neuve-Saint-Laurent. Son ouverture et sa dénomination furent autorisées par une décision ministérielle du 25 avril 1807, signée Champagny. Sa largeur fut fixée à 10 m. Cette largeur a été maintenue par une ordonnance royale du 14 janvier 1829. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Éloi (rue Saint-).

Commence à la rue de la Vieille-Draperie, nos 23 et 25 ; finit à la rue de la Calandre, nos 20 et 22. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 110 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Cette rue a été ouverte sur une partie de l’église et du monastère bâtis par saint Éloi, orfèvre et trésorier du roi Dagobert. — Suivant un concordat passé entre Philippe-le-Hardi et l’abbaye de Saint-Maur-des-Fossés en 1280, cette rue s’appelait alors Savateria. Un plan de 1738 l’indique encore sous le nom de la Savaterie, auquel on a substitué celui de Saint-Éloi. — Une décision ministérielle à la date du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons nos 2, 4 et 6 devront avancer sur la voie publique. La propriété située entre les nos 6 et 16 et la maison no 4 sont alignées. — Conduite d’eau.

Dans cette rue était située l’église Saint-Martial. Elle fut bâtie sous le règne de Dagobert, devint paroisse en 1107 et fut démolie en 1722.


Élysée (palais de l’).

Situé dans la rue du Faubourg-Saint-Honoré, no 59. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Ce palais fut bâti par le comte d’Évreux en 1718, sur les dessins de l’architecte Molet. Madame de Pompadour en étant devenue propriétaire, l’augmenta, l’embellit et l’occupa jusqu’à sa mort. Louis XV l’acheta du marquis de Marigny, pour en faire l’hôtel des ambassadeurs extraordinaires. On changea ensuite sa destination, et cet hôtel servit de garde-meuble de la couronne en attendant qu’on eût achevé le bâtiment de la place Louis XV (aujourd’hui de la Concorde). Enfin, en 1773, il eut pour propriétaire M. de Beaujon, qui en fit son séjour ordinaire et y réunit tout ce que les arts et le luxe pouvaient produire de plus exquis. Nicolas Beaujon le vendit, le 12 août 1786, au sieur Joseph Durney, qui l’acheta pour le compte de sa majesté. Il est dit dans l’arrêt du 3 novembre de la même année : « que le roi destine ce palais pour loger les princes et princesses que leurs voyages amèneront à Paris, ainsi que les ambassadeurs extraordinaires. » — Au commencement de la révolution, ce palais devint propriété nationale et fut vendu le 25 ventôse an VI. — Napoléon Bonaparte et plusieurs membres de sa famille ont successivement habité cet hôtel. L’empereur de Russie y logea en 1815, et le duc de Berri au commencement de la restauration. — Le palais de l’Élysée appartient à la liste civile.


Empereur (passage de l’).

Commence à la rue Saint-Denis, no 41 ; finit à la rue de la Vieille-Harengerie, no 2. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Dès l’année 1372 il est fait mention de ce passage qui doit son nom à une enseigne.


Enfant-Jésus (impasse de l’).

Située dans la rue de Vaugirard, entre les nos 134 et 136. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 137 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Elle est indiquée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. Celle de l’Enfant-Jésus lui a été donnée en raison de sa proximité de l’hôpital des Enfants-Malades, nommé autrefois de l’Enfant-Jésus. — Une décision ministérielle du 26 avril 1808, signée Cretet, a fixé la largeur de cette impasse à 8 m.


Enfants (rue des Bons-).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 192 et 194 ; finit aux rues Neuve-des-Bons-Enfants, no 1, et Baillif, no 2. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 36. Sa longueur est de 242 m. — Les numéros impairs sont du 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal ; les numéros pairs, du 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Au XIIe siècle on la nommait chemin qui va à Clichy. Au commencement du XIIIe, elle portait la dénomination de ruelle par où l’on va au collége des Bons-Enfants. Au XIVe siècle c’était la rue aux Écoliers-Saint-Honoré, et en dernier lieu, la rue des Bons-Enfants. — « Arrêt du conseil d’état du roi (8 janvier 1680). Sa majesté estant en son conseil, a ordonné et ordonne que les propriétaires de la rue des Bons-Enfants, des deux côtés d’ycelle, seront tenus de faire retrancher leurs bastimens suivant les alignemens marquez au plan, et les propriétaires remboursez à cause du retranchement. Ordonne en outre sa majesté, que le bastiment dépendant du Palais-Royal et faisant enclave sur la d. rue, sera desmoly et retranché dans toute l’étendue de la place nécessaire pour l’élargissement de la d. rue des Bons-Enfants, suivant le d. plan, et que les propriétaires des maisons de la d. rue et celles des rues Neuve-des-Bons-Enfants et Saint-Honoré, qui sont à l’opposite des deux bouts de la d. rue, seront tenus de contribuer suivant les advantages qu’ils en retireront. Fait au conseil d’état du roi, sa majesté y étant, tenu à Saint-Germain-en-Laye, le 8 janvier 1680. » (Extrait). — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, avait fixé la largeur de la rue des Bons-Enfants à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828, cette largeur est portée à 10 m. Les maisons nos 28, 34 et 36 ne sont pas soumises à retranchement. — Égoût entre les rues Saint-Honoré et de Montesquieu. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Périnet-le-Clerc ayant livré dans la nuit du 28 au 29 mai 1418, la porte de Buci aux troupes Bourguignonnes, le connétable Bernard d’Armagnac, chef du parti opposé à Jean-Sans-Peur, se sauva déguisé dans la maison d’un maçon de la rue des Bons-Enfants. Trahi par ce misérable, d’Armagnac fut pris et enfermé à la Conciergerie. Le 12 juin, la populace força cette prison, se rua sur le connétable et le perça de mille coups ; son cadavre, traîné dans les rues de Paris, fut ensuite jeté à la voirie. Telle fut la fin d’un des descendants de Clovis par Charibert, frère de Dagobert.

Le collége des Bons-Enfants était dans cette rue. En 1208, à l’époque où l’on achevait l’église Saint-Honoré, fondée par Renold Chereins, un bourgeois de Paris, nommé Belot, et Ada, sa femme, résolurent de former un collége à côté de cette église. Ils firent construire en conséquence une maison pour servir à treize pauvres étudiants de Paris, qu’ils confièrent à un chanoine de Saint-Honoré. Ce collège reçut d’abord la dénomination d’Hôpital des pauvres Écoliers ; ce nom indiquait la triste situation de ces élèves qui allaient quêter leur nourriture dans les rues de la capitale. La pièce intitulée les Crieries de Paris nous en fournit ainsi la preuve :

« Les bons enfants orrer crier,
Du pain nes veuil pas oublier. »

L’établissement des Bons-Enfants acquit peu-à-peu une aisance suffisante, grâce aux libéralités de plusieurs personnes, entr’autres de Jacques-Cœur, l’argentier de Charles VII. Ce collége fut réuni, en 1602, à l’église Saint-Honoré. On voyait près de la maison des Bons-Enfants une chapelle qui en dépendait et dont on attribue l’érection à Jacques-Cœur. Elle fut d’abord placée sous l’invocation de la Vierge, mais une confrérie qui s’y établit le 29 octobre 1486, choisit Sainte-Claire pour patronne. Supprimée en 1790, cette chapelle, qui contenait en superficie 89 m. 34 c., devint propriété nationale, et fut vendue le 17 avril 1792.


Enfants (rue Neuve-des-Bons-).

Commence aux rues des Bons-Enfants, no 31, et Baillif ; finit aux rues Neuve-des-Petits-Champs, no 1, et de Lavrillière, no 3. Le dernier impair est 37 ; le seul pair, 2 ; ce côté est bordé par les dépendances de la Banque. Sa longueur est de 183 m. — Les numéros impairs sont du 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal ; le côté opposé dépend du 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Elle été ouverte en 1640, sur un terrain de 1,422 m. de superficie, que le cardinal de Richelieu avait acheté en 1634, et qu’il céda en 1638 au sieur Barbier. La qualification de Neuve lui a été donnée pour la distinguer de la rue des Bons-Enfants, beaucoup plus ancienne. — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840, sa moindre largeur est portée à 10 m. Toutes les constructions du côté des numéros impairs sont alignées ; celles du côté opposé sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 30 c. à 3 m. — Conduite d’eau entre la rue Neuve-des-Petits-Champs et les deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Enfants-malades (hôpital des).

Situé dans la rue de Sèvres. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

C’était autrefois la communauté des Filles de l’Enfant-Jésus. — « Bureau de la ville (19 mai 1752). Veu au bureau de la ville les lettres-patentes du roy données à Versailles au mois de décembre dernier (1751), signées Louis, obtenues par Jean-Joseph Languet, archevêque de Sens, portant confirmation de l’établissement de la maison de l’Enfant-Jésus en cette ville, ainsi qu’il est plus au long porté aux dites lettres-patentes ; l’arrêt du dit présent mois, par lequel la cour a ordonné que les lettres-patentes nous seroient communiquées pour donner notre avis sur le contenu en icelles. Veu aussi la requeste à nous présentée à cet effet. Nous croyons avoir lieu de penser que la cour sera très satisfaite de l’établissement qui lui est proposé. Il présente deux objets prétieux qui sont les seuls qui soient à désirer ; d’une part, la subsistance et l’éducation d’un nombre considérale de personnes du sexe que la misère et le défaut d’occupations pourroient plonger dans le désordre, et d’autre, l’éducation d’un nombre de seize demoiselles d’extraction noble, aux quelles leurs parents ne pourroient en procurer une convenable à leur naissance, sans que les unes et les autres soient attachées à la maison par aucun vœu ou autre lien quelconque. C’est ainsi que, bien loin de présumer qu’il en puisse résulter aucun inconvénient, il nous paroît au contraire du bien de la religion et de celui de l’État, que cet établissement soit rendu stable. La seule observation que nous nous sentions obligés de faire à la cour sur ce point de stabilité en ce qui concerne la seconde vue de cet établissement, est l’obstacle que la succession des temps nous semble pouvoir apporter à l’admission des demoiselles dans cette maison ; elles y seront reçues aujourd’hui en prouvant deux cents ans de noblesse ; mais si dans un ou deux siècles, il étoit exigé des preuves de trois ou quatre cents ans, il pourroit être alors à craindre de voir dégénérer un établissement aussi utile ; du moins est-ce l’idée que nous a paru offrir l’époque de 1550, déterminément fixée par l’art. 5e des lettres-patentes. Nous devons toutes fois soumettre cette simple réflexion aux lumières de la cour. Sous ces observations, nous estimons, sous le bon plaisir de la cour, que les lettres-patentes portant confirmation de l’établissement de la maison de l’Enfant-Jésus en cette ville, peuvent être registrées pour être exécutées selon leur forme et teneur. Signé de Bernage, Gillet et Moriau. » — Cette maison fut dans la suite convertie en hospice d’orphelins. — Au mois de juin 1802, le conseil général des hospices destina cette maison à des enfants malades. On ne put d’abord y admettre que ceux qui étaient atteints de maladies aiguës et 300 lits furent établis pour eux. Le nombre des lits s’accrut rapidement jusqu’à près de 600. Les enfants attaqués de maladies qui paraissent contagieuses, sont renfermés dans des bâtiments isolés et séparés de l’hôpital par de grands jardins. Il y a 212 lits pour ceux qui sont atteints de maladies aiguës, 129 pour les garçons et 83 pour les filles. Pour les maladies qui réclament les secours de la chirurgie, il y a 70 lits, dont 40 pour les garçons, et le reste pour les maladies chroniques, la teigne et les scrofules. En 1834 la mortalité a été de 1 sur 6-18, en 1842 de 1 sur 6-29.


Enfants-Rouges (marché des).

Situé dans la rue de Bretagne, no 39. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Il a été établi en 1628. Dans les lettres de permission du roi il est dit : « Que ce marché sera construit sur une place contenant 263 toises ou environ, tenant d’un côté à la maison de M. Claude Charlot, rue de Bretagne, et de l’autre à la grande rue de Berri. » Il prit d’abord le nom de petit marché du Marais. Son nom actuel lui vient de sa proximité de l’hôpital des Enfants-Rouges. C’est encore une propriété particulière.


Enfants-Rouges (rue des).

Commence aux rues Pastourelle, no 2, et d’Anjou, no 10 ; finit aux rues Portefoin, no 1, et Molay, no 2. Le dernier impair est 13  bis ; le dernier pair, 10 bis. Sa longueur est de 92 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Elle faisait anciennement partie de la rue du Chantier-du-Temple. En 1536 elle prit le nom de rue des Enfants-Rouges en raison de la fondation de cet hôpital, situé rue Portefoin. Cet établissement ayant été réuni en 1772 à l’hospice des Enfants-Trouvés, cette rue reprit sa première dénomination de rue du Grand-Chantier, sous laquelle le plan de Verniquet l’indique encore. Vers 1805, on la trouve désignée de nouveau sous le nom de rue des Enfants-Rouges. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. 50 c. Cette largeur a été portée à 11 m., en vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835. La maison no 4 est alignée. — Conduite d’eau depuis la rue Portefoin jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Enfants-Trouvés (hospice des).

Situé dans la rue d’Enfer, no 74. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

L’établissement des Enfants-Trouvés est un bienfait dont l’honneur appartient à la charité chrétienne. « Dans cette Rome payenne (dit Saint-Victor), dans cette Rome si fière de sa police et de ses lois, des pères dénaturés exposaient leurs enfants, et un gouvernement non moins barbare les laissait impitoyablement périr. Des hommes qui exerçaient un infâme métier allaient quelquefois recueillir ces innocentes victimes, et les élevaient pour les prostituer. »

L’évêque de Paris et le chapitre de Notre-Dame pourvurent les premiers à l’établissement d’un hospice pour les enfants trouvés. Ils donnèrent pour cet usage un bâtiment situé au Port-l’Évêque, qu’on appela maison de la Crèche. On plaça dans la cathédrale un vaste berceau dans lequel on mettait ces enfants pour faire un appel à la pieuse libéralité des fidèles. Ce dernier asile fit appeler ces innocentes créatures les pauvres enfants trouvés de Notre-Dame. Isabelle de Bavière, femme de Charles VI, leur fit un legs de huit francs par son testament du 2 septembre 1431. Suivant un ancien usage, les seigneurs hauts-justiciers devaient contribuer à l’entretien des enfants trouvés ; mais plus tard, on les vit refuser leur cotisation, en donnant pour excuse que cette charge devait être supportée par l’archevêque et le chapitre de Notre-Dame.

Un arrêt du parlement, en date du 13 août 1552, ordonna que les enfants trouvés seraient mis à l’hôpital de la Trinité, et que les seigneurs donneraient une somme de 960 livres par an, répartie entre eux d’après l’étendue de leur justice. Toutefois on dut conserver à Notre-Dame le bureau établi pour recevoir ces enfants et les aumônes qu’on leur faisait. En 1570, ils furent transférés dans deux maisons situées au port Saint-Landry, et qui appartenaient au chapitre de Notre-Dame ; mais le sort de ces infortunés ne fut guère amélioré. Les servantes chargées de veiller sur eux se fatiguaient de leur donner dès soins. Tantôt, elles les vendaient à des femmes qui avaient besoin de se faire sucer un lait corrompu, souvent elles en tiraient profit en les remettant à des nourrices qui voulaient remplacer les enfants qu’elles avaient laissé mourir par leur négligence. Ce trafic infâme ne s’arrêtait pas là ; ces femmes vendaient également ces pauvres enfants à des bateleurs, à des mendiants qui, pour exciter la charité publique, mutilaient ces innocentes créatures ; enfin, dans les maisons du port Saint-Landry, le prix courant des enfants trouvés était de 20 sols. Le petit nombre de ceux qui survivaient dans cet établissement, garçons ou filles, allaient grossir la multitude des mendiants, des voleurs et des femmes perdues qui infestaient la capitale : en sorte que l’on pouvait dire que la misère et le vice se perpétuaient ainsi par leurs propres œuvres.

Le fils d’un pauvre paysan des Landes, Vincent-dePaul, vint mettre un terme à ces scandaleux désordres. Plusieurs dames pieuses, touchées des vertus du saint homme, voulurent s’associer à son œuvre de charité. Vincent-de-Paul les rassembla dans l’église Notre-Dame, où se trouvaient exposés ces enfants abandonnés. Après avoir fait une peinture énergique des vices de la société : « Or sus, mesdames, s’écria-t-il, voyez si vous voulez délaisser à votre tour ces petits innocents dont vous êtes devenues les mères selon la grâce, après qu’ils ont été abandonnés par leurs mères selon la nature. » Saint Vincent-de-Paul fonda, en 1638, un nouvel hospice près de la porte Saint-Victor, pour les enfants trouvés, et mit à la tête de cet établissement les Dames de la Charité ; mais les ressources étaient encore insuffisantes, et les administrateurs prirent le parti de tirer au sort les enfants qui devaient être nourris, les autres (dit l’historien de saint Vincent-de-Paul) étaient abandonnés, c’est-à-dire qu’on les laissait mourir faute de nourriture. Vincent-de-Paul, à force de zèle et de patience, parvint à assurer le sort de ces pauvres enfants. En 1641, le roi leur donna 4,000 livres de rente ; trois ans après, cet établissement reçut une nouvelle rente de 8,000 livres, et en 1648 le château de Bicêtre fut affecté au logement des enfants trouvés. L’air trop vif étant nuisible à leur santé, ils furent transférés dans une maison près de Saint-Lazare, et placés sous la direction des sœurs de la Charité. — Un arrêt du parlement du 3 mai 1667 ordonna que les seigneurs hauts justiciers seraient obligés de payer annuellement pour l’entretien des enfants trouvés la somme de 15,000 livres ; cet arrêt fut confirmé par le conseil d’état le 20 novembre 1668. On acheta enfin l’année suivante une maison et un vaste terrain situés dans la rue du Faubourg-Saint-Antoine, où l’on plaça l’établissement des Enfants-Trouvés.

Lettres-patentes en forme d’édit, portant établissement de l’hôpital des Enfants-Trouvés, et union d’icelui à l’hôpital général. — « (Juin 1670). Louis, etc…, comme il n’y a pas de devoir plus naturel, ni plus conforme à la piété chrétienne, que d’avoir soin des pauvres enfants exposés que la faiblesse et leur infortune rendent également dignes de compassion, les rois nos prédécesseurs ont pourvu à l’établissement et à la fondation de certaines maisons et hôpitaux, où ils pussent être reçus pour y être élevés avec piété ; en quoi, leurs bonnes intentions ont été suivies par notre cour de parlement de Paris, qui, conformément aux anciennes coutumes de notre royaume, auroit ordonné par son arrêt du 13 août 1552, que les seigneurs hauts-justiciers, dans l’étendue de notre bonne ville de Paris et ses faubourgs, contribueroient chacun de quelque somme, aux frais nécessaires pour l’entretien, subsistance et éducation des enfants exposés dans l’étendue de leur haute justice ; et depuis, le feu roi notre très honoré seigneur et père, voyant combien il étoit important de conserver la vie de ces malheureux destitués des secours des personnes mêmes desquelles ils l’auroient reçue, leur auroit donné la somme de 3,000 livres et 1,000 livres aux sœurs de la Charité qui les servent, à prendre chaque année par forme de fief et aumône sur le domaine de Gonesse ; et considérant combien leur conservation étoit avantageuse, puisque les uns pouvoient devenir soldats et servir dans nos troupes, les autres, ouvriers et habitans des colonies que nous établissons pour le bien de notre royaume, nous leur aurions encore donné par nos lettres-patentes du mois de juin 1644, 8,000 livres à prendre chacun an sur nos cinq grosses fermes, etc… Mais comme l’établissement de cette maison n’a point été spécialement autorisé par nos lettres-patentes, quoique nous l’ayons approuvé par les dons que nous y avons faits, étant bien aise de maintenir et confirmer une si bonne œuvre, et de l’établir le plus solidement qu’il nous sera possible ; à ces causes et autres bonnes considérations, à ce nous mouvant, nous avons par ces présentes signées de notre main, dit, déclaré, statué et ordonné, disons, déclarons, statuons et ordonnons : l’hôpital des Enfants-Trouvés, l’un des hôpitaux de notre bonne ville de Paris, pourra agir, contracter, vendre, aliéner, acheter, acquérir, comparoir en jugement et y procéder, recevoir toutes donations et legs universels, particuliers, et généralement faire tous autres actes dont les hôpitaux de notre ville et faubourgs de Paris sont capables, confirmons, etc… Ordonnons que la direction du d. hôpital des Enfants-Trouvés sera faite par les directeurs de l’hôpital général auquel nous l’avons uni, etc… Voulons que notre premier président et notre procureur général en notre parlement de Paris, en prennent soin avec quatre directeurs du d. hôpital général qui seront nommés au bureau d’icelui, ainsi que les commissaires des autres maisons du d. hôpital général, et y serviront pendant trois ans, etc… ; et comme plusieurs dames de piété ont pris très grand soin jusqu’à présent des d. enfants trouvés, et contribué notablement à leur nourriture et éducation, nous les exhortons, autant qu’il nous est possible, de continuer leur zèle et charités et soins envers les d. enfants trouvés, pour avoir part à la d. administration suivant les articles de règlement ci attaché sous le contr’scel de notre chancellerie, que nous voulons être exécutées selon leur forme et teneur. Donné à Saint-Germain-en-Laye, au mois de juin 1670. » — On construisit dans le faubourg Saint-Antoine pour les enfants trouvés, un vaste bâtiment et une église dont la reine Marie-Thérèse d’Autriche posa la première pierre en 1676. Étienne d’Aligre, chancelier de France, Élisabeth Luillier, sa femme, et le président de Bercy, enrichirent cette maison. — Le gouvernement républicain voulut aussi pourvoir aux besoins de ces infortunés.

Loi du 27 frimaire an V, relative aux enfants abandonnés. — « Le conseil des Cinq-Cents, après avoir entendu dans ses séances des 13 messidor, 2 thermidor et 11 fructidor, les trois lectures d’un projet de résolution présenté par la commission de l’organisation des secours, déclare qu’il n’y a pas lieu à l’ajournement, et prend la résolution suivante : — Article 1er. Les enfants abandonnés nouvellement nés seront reçus gratuitement dans les hospices civils de la république. — Art. 2e. Le trésor national fournira à la dépense de ceux qui seront portés dans les hospices qui n’ont pas de fonds affectés à ce sujet. — Art. 3e. Le Directoire est chargé de faire un règlement sur la manière dont les enfants abandonnés seront élevés et instruits. — Art. 4e. Les enfants abandonnés seront jusqu’à majorité ou émancipation sous la tutelle du président de l’administration municipale, dans l’arrondissement de laquelle sera l’hospice où ils auront été portés. Les membres de l’administration seront les conseils de la tutelle. — Art. 5e. Celui qui portera un enfant abandonné ailleurs qu’à l’hospice civil le plus voisin, sera puni d’une détention de trois décades, par voie de police correctionnelle ; celui qui l’en aura chargé sera puni de la même peine. — Art. 6e. La présente résolution sera imprimée, etc. »

30 ventôse an V, Arrêté du Directoire exécutif concernant la manière d’élever et d’instruire les enfants abandonnés. — « Le Directoire exécutif, considérant que par la loi du 27 frimaire dernier, il est chargé de déterminer par un règlement la manière dont seront élevés et instruits les enfants abandonnés ; considérant également combien il importe de fixer promptement la marche des autorités constituées sur cette partie de l’administration générale de l’état ; arrête ce qui suit : — Article 1er. Les enfants abandonnés et désignés par la loi du 27 frimaire an V, ne seront point conservés dans les hospices où ils auront été déposés, excepté le cas de maladies ou d’accidents graves qui en empêchent le transport ; ce premier asile ne devant être considéré que comme un dépôt en attendant que ces enfants puissent être placés, suivant leur âge, chez des nourrices, ou mis en pension chez des particuliers. — Art. 2e. Les commissions administratives des hospices civils, dans lesquels seront conduits des enfants abandonnés, sont spécialement chargées de les placer chez des nourrices ou autres habitants des campagnes et de pourvoir, en attendant, à tous leurs besoins sous la surveillance des autorités dont elles dépendent. — Art. 3e. Les nourrices ou autres habitants chargés d’enfants abandonnés, seront tenus de représenter tous les trois mois les enfants qui leur auront été confiés, à l’agent de leur commune, qui certifiera que ces enfants ont été traités avec humanité, et qu’ils sont instruits et élevés conformément aux dispositions du présent règlement ; ils seront en outre tenus de les représenter à la première réquisition du commissaire du Directoire exécutif, près l’administration municipale du canton ou des autorités auxquelles leur tutelle est déléguée par la loi. — Art. 4e. Les nourrices et autres personnes qui représenteront les certificats mentionnés dans l’article précédent, recevront, outre le prix des mois de nourrice, une indemnité de 18 francs, payable par tiers de trois mois en trois mois. Ceux qui auront conservé des enfants jusqu’à l’âge de douze ans et qui les auront préservés jusqu’à cet âge d’accidents provenant de défaut de soins, recevront à cette époque une autre indemnité de 50 francs, à la charge par eux de rapporter un certificat ainsi qu’il est dit en l’article précédent. — Art. 5e. Les commissions des hospices civils pourvoiront pour des enfants confiés à des nourrices ou à d’autres habitants des campagnes, au paiement des prix déterminés par la fixation approuvée pour les départements dans l’arrondissement desquels ces enfants seront placés, etc… » (Extrait du Bulletin des Lois). — Depuis 1800, l’hospice des Enfants-Trouvés a été transféré rue d’Enfer, dans les bâtiments construits de 1650 à 1657, et primitivement occupés par l’institution de l’Oratoire, qui servait de noviciat aux personnes qui se destinaient à cette congrégation.

La dépense des Enfants-Trouvés est à la charge des fonds départementaux ; néanmoins les communes doivent contribuer pour un cinquième de cette dépense. Les Enfants-Trouvés figurent par an au budget de la Ville, pour une somme de 
 200,000 fr.
Les fonds départementaux fournissent de leur côté 
 400,000 fr.
Enfin le revenu des biens provenant de fondations en faveur des Enfants-Trouvés et celui des amendes qui leur sont attribuées, s’élèvent à 
 260,000 fr.

Total des fonds spéciaux 
 860,000 fr.

Mais cette somme ne pouvant suffire à la dépense qui excède 1,800,000 fr., le surplus est pris sur les fonds généraux.

Le nombre toujours croissant des enfants trouvés, des enfants abandonnés et des orphelins, dont l’administration devrait prendre soin, allait annuellement au-delà de 6,000. Dans le but de diminuer ce chiffre, le conseil général prit, le 25 janvier 1837, un arrêté qui fut approuvé par le ministre de l’intérieur. Cet arrêté, qui rappelle dans ses dispositions plusieurs lois et décrets antérieurs, porte : qu’aucun enfant ne pourra être admis à l’hospice que sur un procès-verbal d’un commissaire de police, constatant les circonstances de son exposition ou de son abandon. Ce même arrête oblige les femmes qui accouchent dans les hôpitaux à nourrir leurs nouveau-nés, à moins d’impossibilité reconnue par les médecins.

Le conseil-général, en prenant cet arrêté, avait l’espoir de réduire de moitié, le nombre de ces enfants mis à la charge de l’administration. Les mesures prescrites ont été rigoureusement observées, et cependant le nombre des abandonnés dépasse déjà 4,000. On attribue avec raison une partie de cet accroissement au grand nombre d’ouvriers employés aux travaux des fortifications et des chemins de fer, ainsi qu’à l’augmentation de la troupe qui compose la garnison de Paris.

Le nombre des enfants trouvés en 1842 a été de 4,095, savoir

Enfants provenant de la maison d’accouchement 
 1,333
Enfants provenant de la préfecture de police 
 134
Enfants provenant des hôpitaux de Paris 
 342
Nés à Paris avec leur acte de naissance 
 1,967
Nés à Paris sans acte de naissance 
 » »
Nés hors de Paris et déposés avec leur acte de naissance 
 221
Nés hors de Paris et déposés sans acte de naissance 
 » »
Déposés sans renseignements 
 98

4,095

Sur ce nombre de 4,095 enfants, 199 sont présumés légitimes et 3,896 sont supposés naturels.

La mortalité en 1842 a été de 1 sur 4-17.


Enfer (barrière d’).

Située à l’extrémité de la rue d’Enfer.

Elle se compose de deux pavillons (voyez l’article Barrières).


Enfer (boulevart d’).

Commence au boulevart du Mont-Parnasse, no 28 ; finit aux rue et barrière d’Enfer. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 850 m. — De 1 à 7 et de 2 à 12, 11e arrondissement, quartier du Luxembourg ; le surplus dépend du 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Dès l’année 1707 on s’occupa de l’établissement des boulevarts du midi. Cette grande opération, ajournée durant plus de 50 années, fut reprise en vertu des lettres-patentes ci-après : — « Louis, etc… Par arrêt aujourd’hui rendu en notre conseil d’état, nous y étant, nous avons ordonné l’établissement et la construction d’un nouveau rempart au midi de notre bonne ville de Paris, pour la commodité des abords et l’embellissement de cette partie de la capitale de notre royaume, et pour cet effet, après avoir donné nos ordres aux prévôt des marchands et échevins de la d. ville, en exécution desquels ils nous ont fait remettre le plan qu’ils ont fait dresser, des alignements à donner au d. nouveau rempart, relativement à la situation actuelle des rues et bâtiments de la partie méridionale de la d. ville, ensemble le devis de différents ouvrages d’art, de terrasse, plantation d’arbres et autres à y faire ; au bas duquel devis est la soumission du sieur Outrequin, en date du 15 avril, acceptée par délibération du bureau de la Ville du 22 juillet 1760 ; nous avons pourvu à tout ce qui concerne l’exécution des d. plan et devis et au paiement des indemnités qui seront dues aux propriétaires des différentes parties de terrains sur lesquelles passera le d. rempart, et des murs, bâtiments, édifices qui se trouveront dans son alignement, et qu’il sera nécessaire d’abattre ; et voulant que le d. arrêt ait sa pleine et entière exécution, nous avons dit, déclaré et ordonné, et par ces présentes signées de notre main, disons, déclarons et ordonnons et nous plaît ce qui suit : — Article 1er. Il sera incessamment ouvert et construit un nouveau rempart au midi de Paris, suivant les plan et devis par nous approuvés, et ce sous les ordres du prévôt des marchands et échevins de notre d. ville, et par le sieur Outrequin dont nous avons agréé et agréons la soumission. Article 2. Le dit rempart, commencera à la barrière de la rue de Varennes, du côté des Invalides, et finira au bord de la rivière de Seine sur le port hors tournelle, en suivant les alignements et dimensions tracés au d. plan. – Art. 3. Conformément aux d. alignements, la partie du d. rempart, depuis la rue de Varennes jusqu’à la rue d’Enfer, sera plantée de quatre rangées d’arbres et le surplus, à commencer de l’embranchement qui sera pris sur le d. rempart à l’endroit appelé la butte du Mont-Parnasse, en continuant jusqu’au bord de la rivière sur le port hors tournelle, sera seulement plantée de deux rangées d’arbres, et ce par provision jusqu’à ce qu’il en ait été par nous autrement ordonné. — Art. 4. Les propriétaires des terrains sur lesquels sera construit le d. rempart, ensemble des murs de clôture, bâtiments et autres édifices qui se trouveront sur la ligne d’icelui et qu’il sera nécessaire d’abattre, seront indemnisés par les d. prévôt des marchands et échevins, suivant l’estimation de leurs propriétés portées au d. devis, et en cas de contestations de leur part, suivant la nouvelle estimation qui en sera faite par l’un de nos architectes, conjointement avec le maître général des bâtiments de la Ville. — Art. 5. Ordonnons que l’alignement du d. nouveau rempart formera à l’avenir l’enceinte et les limites de la ville de Paris, dans la partie depuis la rue de Varennes jusqu’à la rue d’Enfer, etc… Données à Versailles le 9e jour d’août l’an de grâce 1760 et de notre règne le 45e. Signé Louis. »

« Le roi étant informé que l’établissement du rempart entrepris par les prévôt des marchands et échevins de sa bonne ville de Paris, au midi de la d. ville, conformément aux arrêt du conseil et lettres-patentes du 9 août 1760, ayant eu l’exécution la plus conforme aux vues de commodité et de décoration publiques, et par les quelles sa majesté s’est déterminée à favoriser cette entreprise ; les habitants de la capitale de son royaume, et les étrangers qui y arrivent fréquemment de ce côté, commenceraient à jouir des avantages et du progrès des plantations et de la disposition de ce rempart, si les particuliers dont les terrains y ont face, en établissant des clôtures et édifices de l’un et de l’autre côtés, n’en resserraient trop la largeur, et si par l’élévation, la forme et l’étendue de ces constructions, l’aspect de la campagne se trouvait borné et les arbres trop gênés pour parvenir à l’effet qu’on en peut attendre ; connaissant aussi que pour l’achèvement entier et la plus grande perfection de ce rempart, il conviendrait que dans toute son étendue il fût planté de quatre rangs d’arbres, comme il l’est en partie ; et sur ce qui a été représenté à sa majesté par les prévôt des marchands et échevins, qu’ils ne se croyaient pas suffisamment autorisés par les d. arrêt et lettres-patentes, pour s’opposer à ces entreprises dont la continuation préjudicierait essentiellement à un établissement si utile et si agréable, et pour procurer au rempart la perfection qui y semble nécessaire ; à quoi voulant pourvoir, sa majesté étant en son conseil a ordonné et ordonne : — Article 1er. Que les alignements des bâtiments qui pourront être élevés le long du d. rempart, du côté de la ville, dans la partie plantée de quatre rangs d’arbres, depuis la rue de Grenelle jusqu’à la rue d’Enfer, conformément à l’art. 5 des lettres-patentes du 9 août 1760, et les clôtures en cette partie du côté de la campagne seront fixées à 10 pieds 1/2 de distance du point milieu du rang d’arbres extérieur des contr’allées. — Art. 2. Veut et entend sa majesté que la partie du d. rempart, depuis le lieu dit le Mont-Parnasse jusqu’à la rivière, qui n’est aujourd’hui plantée que de deux rangs d’arbres, le soit à l’avenir de quatre rangs, dans les mêmes distances et dispositions qui ont été suivies pour la première partie, à l’effet de quoi les particuliers sur les terrains desquels il serait nécessaire de prendre du terrain, et qui jouissent de l’avantage de cet établissement, seront tenus de les fournir sans pouvoir prétendre aucun paiement, indemnité pour raison de la d. superficie, etc… Fait au conseil d’état du roi, sa majesté y étant, tenu à Marly le 19 mai 1767. Signé Louis. » (Extrait).

Le côté droit du boulevart d’Enfer est bordé en grande partie par le mur d’enceinte. Les propriétés particulières sont presque toutes à l’alignement.


Enfer (chemin de ronde du poste d’observation de la barrière d’).

Commence au boulevart d’Enfer ; finit aux rue et barrière du Mont-Parnasse. Pas de numéro. Sa longueur est de 436 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Voir l’article Chemins de ronde.


Enfer (place de la barrière d’).

Située à l’extrémité de la rue d’Enfer. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Elle a été établie lors de la construction du mur d’enceinte. — Une ordonnance royale du 19 juillet 1840 a maintenu les formes et dimensions actuelles de cette voie publique.


Enfer (rue d’).

Commence aux rues Saint-Hyacinthe, no 2, et des Francs-Bourgeois, no 16 ; finit aux boulevarts Saint-Jacques, no 16, et d’Enfer. Le dernier impair est 109 ; le dernier pair, 102. Sa longueur est de 1 608 m. — Les nos de 1 à 15 et de 2 à 30 sont du 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne ; les autres numéros dépendent du 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Ce n’était au XIIIe siècle qu’un chemin nommé de Vanves et d’Issy parce qu’il conduisait à ces deux villages. Plus tard on le désigna sous la dénomination de Vauvert, parce qu’il se dirigeait vers le château sur l’emplacement duquel les Chartreux bâtirent leur couvent. Cette voie publique fut ensuite connue sous les noms de rue de la Porte-Gibard, de rue Saint-Michel et du Faubourg-Saint-Michel. Plusieurs opinions ont été émises sur l’étymologie de cette rue. Nous ne citerons que celles qui ne choquent pas la vraisemblance. Huet, évêque d’Avranches, prétend qu’elle a été ainsi dénommée parce qu’elle fut longtemps un lieu de débauches et de voleries. La seconde opinion, qui nous parait plus sérieuse, est celle-ci : On sait que la rue Saint-Jacques parallèle à celle d’Enfer, s’est nommée via superior ; cette dernière, par opposition, fut désignée sous le nom de via inferior, via infera, dont la dénomination actuelle peut bien n’être qu’une altération. — Une décision ministérielle en date du 3 germinal an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Les constructions portant les numéros ci-après ne sont pas soumises à retranchement : 5, 63, 65, 67, 69, 71, 73, 75, 77, 79, 81, 83, 85, l’École des Mines ; 30, 48, 50, 52, 54, 56, 58, 60, 62, 64, 66, 68, 70, 74, 76, 80, 80 bis, 82, 84, 86, 92, 94, 96, 98, 100 et.102. — Égoût dans une partie de cette rue. — Éclairage au gaz entre la place Saint-Michel et la rue Saint-Dominique (compe Parisienne).

Au no 2 était situé le collège du Mans. Il fut fondé dans la rue de Reims en exécution du testament du cardinal Philippe de Luxembourg, évêque du Mans, en date de 1519. Il fut transféré dans la rue d’Enfer en 1683, et occupa l’emplacement de l’hôtel de Marillac. On le réunit à l’Université en 1764.

Au no 8 était situé le séminaire Saint-Pierre et Saint-Louis. Il doit sa fondation à François de Chansiergues, diacre. Il fut d’abord installé dans une maison de la rue du Pot-de-Fer, puis en 1687 dans une propriété de la rue d’Enfer. Cet établissement fut confirmé par lettres-patentes du mois de décembre 1696, registrées le 28 février suivant. Ce séminaire fut supprimé en 1790. Les bâtiments qui sont encore aujourd’hui propriétés de l’État ont été affectés à une caserne.

Au no 45 était situé le couvent des Feuillants, c’était le second établissement de cet ordre à Paris. Autorisés par l’archevêque, ces religieux achetèrent en 1630 un emplacement situé dans la rue d’Enfer, sur lequel ils firent construire un monastère dont la première pierre fut posée le 21 juin 1633. D’abord instituée pour servir de noviciat aux Feuillants de la rue Saint-Honoré, cette maison cessa bientôt d’avoir cette destination. Le 18 juin 1659, la première pierre de leur église fut posée ; elle n’offrait rien de remarquable. Supprimé en 1790, ce couvent, qui contenait en superficie 2,015 m., devint propriété nationale et fut vendu le 21 thermidor an IV.


Enghien (rue d’).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Denis, nos 49 et 51 ; finit à la rue du Faubourg-Poissonnière, nos 20 et 22. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 40. Sa longueur est de 414 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Autorisée et dénommée par lettres-patentes du 8 août 1783, cette rue n’était point encore ouverte en 1791 ; elle le fut en 1792 sur une largeur de 9 m. 74 c. (voyez l’article de la rue de l’Échiquier). À cette époque on lui donna le nom de rue de Mably, en mémoire de Gabriel Bonnot de Mably, ancien chanoine de l’église abbatiale de l’île Barbe, né à Grenoble le 14 mars 1709, mort à Paris le 23 avril 1785. En vertu d’un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, elle reprit la dénomination de rue d’Enghien. Louis-Antoine-Henri de Bourbon, duc d’Enghien, fils de Louis-Henri-Joseph de Bourbon et de Louise-Thérèse-Mathilde d’Orléans, naquit à Chantilly le 2 août 1772 ; condamné à mort, il périt fusillé dans les fossés du château de Vincennes. — Une décision ministérielle à la date du 8 juillet 1821, a maintenu la largeur primitive de la rue d’Enghien. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celle qui porte le no 2. — Égoût du côté des rues d’Hauteville et du Faubourg-Poissonnière. — Conduite d’eau entre le passage des Petites-Écuries et la rue d’Hauteville. — Éclairage au gaz (compe Française).


Entrepôt (rue de l’).

Commence à la rue Neuve-Sanson, no 3 ; finit à la rue Lacasse, no 1. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 10 ; ce côté est bordé par les bâtiments de la Douane et de l’Entrepôt. Sa longueur est de 251 m. — 5e arrondissement, quartier de la porte Saint-Martin.

Une ordonnance royale du 20 février 1825, relative aux abords du canal Saint-Martin, prescrivit l’ouverture de cette voie publique dont la largeur fut fixée à 12 m. On a commencé à bâtir dans cette rue en 1828. Les constructions riveraines sont établies d’après un alignement à 15 m. de largeur. Cette rue a été dénommée en 1840. — Conduite d’eau depuis la rue Neuve-Sanson jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).


Épée-de-Bois (rue de l’).

Commence à la rue Gracieuse ; finit à la rue Mouffetard, nos 89 et 91. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 141 m. — 12e arrondissement. Les impairs sont du quartier Saint-Marcel ; les pairs, du quartier du Jardin-du-Roi.

Cette rue, qui aboutissait au champ d’Albiac, a porté le nom de rue du Petit-Champ. Sa dénomination actuelle lui vient d’une enseigne. — Une décision ministérielle à la date du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une autre décision ministérielle du 2 germinal an XIII, signée Champagny, la place dite du Petit-Champ-d’Albiac, située sur le côté gauche de la rue de l’Épée-de-Bois à l’angle de celle du Noir (aujourd’hui Gracieuse), a été supprimée. Une partie de la propriété no 4 est alignée.


Éperon (rue de l’).

Commence à la rue Saint-André-des-Arts, nos 51 et 53 ; finit à l’impasse de la cour de Rouen et la rue du Jardinet, no 12. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10 bis. Sa longueur est de 109 m. – 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Elle est désignée en 1269 sous le nom de Gaugain. En 1636 elle prit le nom de rue de l’Éperon qu’elle doit à une enseigne. — Une décision ministérielle à la date du 15 floréal an V, signée Benezech, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celles nos 3, 4 et 6. — Conduite d’eau entre la rue Saint-André-des-Arts et celle du Cimetière.


Épine (rue Jean-de-l’).

Commence à la rue de la Vannerie, no 4, et à la place de l’Hôtel-de-Ville, no 19 ; finit aux rues de la Coutellerie, no 1, et de la Tixéranderie, no 2. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 74 m. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Dès 1280, elle portait ce nom qu’elle doit à Jean de l’Épine, bourgeois de Paris, dont la maison, suivant un cartulaire de Saint-Maur, avait une sortie sur la place de Grève (aujourd’hui de l’Hôtel-de-ville). Au XVe siècle c’était la rue Philippe-de-l’Épine. Une décision ministérielle en date du 14 juillet 1816, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1836. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 3 m. 20 c. à 6 m. ; la maison no 20 est alignée, le surplus de ce côté devra subir un retranchement qui n’excède pas 70 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Erfurth (rue d’).

Commence à l’église Saint-Germain-des-Prés ; finit à la rue Sainte-Marguerite, nos 21 et 26. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 52 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Le cardinal de Bissy, abbé de Saint-Germain-des-Prés, fit ouvrir cette rue en 1715. On lui donna le nom de Petite rue Sainte-Marguerite, qu’on changea en 1807 en celui d’Erfurth, afin de rappeler la célèbre capitulation conclue le 16 octobre 1806. — Une décision ministérielle du 21 août 1817 et une ordonnance royale du 29 avril 1839 ont fixé la largeur de cette rue à 10 m. En vertu d’une autre ordonnance du 13 mai 1841, l’élargissement de la rue d’Erfurth, au moyen de la démolition des échoppes situées sur le côté des numéros impairs, a été déclaré d’utilité publique. Cette amélioration a été exécutée en 1842. Les constructions qui bordent le côté droit à l’encoignure de la rue Sainte-Marguerite sont seules soumises à un retranchement. — Égout et conduite d’eau.


Ermites (rue des Deux-).

Commence à la rue des Marmousets, nos 13 et 15 ; finit à la rue de Constantine. Pas de numéro. Sa longueur est de 13 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Cette voie publique était construite au XIIe siècle. En 1300 on l’appelait rue de la Confrérie-Notre-Dame. En 1640 elle est indiquée dans les rôles des commissaires de ce quartier, sous la dénomination des Deux-Serviteurs. Les serfs ou serviteurs de la Vierge-Marie étaient sans doute de cette confrérie. Le nom de rue des Deux-Ermites lui vient d’une enseigne. — Une décision ministérielle du 13 ventôse an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées. Une grande partie de cette voie publique a été supprimée pour le percement de la rue de Constantine. — Conduite d’eau.


Essai (rue de l’).

Commence à la rue Poliveau, nos 23 et 25 ; finit au Marché-aux-Chevaux. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 87 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Percée au XVIIe siècle, elle prit le nom de rue Maquignonne, en raison de sa proximité du Marché-aux-Chevaux. Depuis 1806 elle est appelée rue de l’Essai, parce qu’elle est voisine de l’endroit où l’on essaie les chevaux. — Une décision ministérielle du 18 octobre 1808, signée Cretet, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranchement qui n’excède pas 40 c. ; celles du côté opposé sont alignées.


Est (rue de l’).

Commence à la rue d’Enfer, nos 46 et 48 ; finit au carrefour de l’Observatoire. Le dernier impair est 33. Pas de numéro pair ; ce côté est bordé par le mur du jardin du Luxembourg. Sa longueur est de 352 m. — Les impairs sont du 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire ; le côté opposé dépend du 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette rue a été ouverte sur une partie de l’emplacement du couvent des chartreux.

Le fondateur de cet ordre célèbre, saint Bruno, naquit à Cologne vers 1060. Il fit ses premières études à Paris, fut nommé chanoine à Cologne, puis à Reims. Bientôt on le jugea digne d’occuper les fonctions de chancelier de cette dernière église. L’archevêque Mannassès, qui la gouvernait en tyran, força l’illustre chanoine à se démettre de son emploi. Des lors, saint Bruno prit la résolution de quitter le monde. La première solitude qu’il vint habiter fut Saisse-Fontaine, dans le diocèse de Langres. Il quitta cet endroit, vers l’an 1084, pour aller se réfugier dans le désert de la Chartreuse, près de Grenoble. Saint Bruno ne fit point de règles particulières pour ses disciples, mais il leur donna celle de saint Benoit, qu’ils observèrent dans toute sa rigueur. Les Chartreux ont donné au monde l’unique exemple d’une congrégation qui a duré sept siècles, sans avoir besoin de réforme.

On sait que le roi saint Louis signala sa piété par la fondation d’un grand nombre d’établissements religieux. Le récit de la vie pénitente et solitaire des disciples de saint Bruno fit une impression si vive sur l’esprit du roi, qu’en 1257 il demanda à dom Bernard de La Tour, prieur de la grande Chartreuse, quelques-uns de ses frères pour les établir près de Paris. Le prieur envoya cinq religieux qui vinrent occuper une propriété sise à Gentilly. Un an après, les chartreux prièrent Louis IX de leur céder un vaste château appelé Vauvert ou Valvert, en raison des prairies verdoyantes qui l’entouraient. Cette habitation avait été construite au commencement du XIe siècle pour le prince Robert, fils de Hugues Capet. Des diables, assurait-on, avaient établi leur séjour dans le château. En effet, depuis l’arrivée des religieux on entendait tous les soirs d’affreux hurlements. On y voyait des spectres épouvantables qui traînaient des chaînes, et qui paraissaient obéir à un monstre vert, dont le corps hideux se terminait en queue de serpent. Les villageois ne passaient qu’en tremblant près des hautes murailles de ce château redoutable, et le souvenir de la terreur qu’il inspirait se conserva dans un proverbe : ainsi, lorsqu’on voulait se débarrasser d’une personne qui fatiguait, on se servait de ces mots : Allez au diable Vauvert, comme on dit aujourd’hui, par altération, allez au diable Auvert.

Les chartreux en possession du château de Vauvert, bâtirent à la hâte quelques cellules. La chapelle, qui tombait en ruine, ne pouvait servir longtemps leur pieux exercices. Saint Louis alors posa la première pierre d’un nouveau temple. Les constructions furent faites sur les dessins du célèbre Eudes de Montreuil. Cette église, achevée en 1324, fut dédiée l’année suivante, sous l’invocation de saint Jean-Baptiste et de la Sainte-Vierge. L’ancienne chapelle de Vauvert servit depuis de réfectoire : les religieux y mangeaient ensemble les dimanches, les fêtes et les jeudis ; les autres jours, chacun prenait ses repas en particulier dans sa cellule. Le grand portail de l’église était situé dans la rue d’Enfer. Une avenue conduisait à la porte intérieure de la maison. On entrait alors dans la première cour où l’on remarquait à gauche une chapelle assez vaste, qu’on nommait la Chapelle des femmes, parce que c’était le seul endroit du couvent où il leur fut permis de pénétrer. Sur la porte de la seconde cour, on avait sculpté un bas-relief, dont le fond était orné de fleurs-de-lis il représentait saint Jean-Baptiste et l’agneau, saint Hugues et le cygne, saint Antoine et le porc. On y voyait aussi le roi Louis XI offrant six chartreux à la Vierge. Les fameux tableaux sur bois de Lesueur, représentant la vie de saint Bruno, étaient encastrés dans les arcs du petit cloitre, qui était orné de pilastres d’ordre dorique. En 1648, Lesueur exécuta ses vingt-cinq tableaux sur bois qui furent donnés au roi par les chartreux. On les plaça d’abord dans la galerie du Luxembourg, puis au Louvre où ils sont aujourd’hui. Vers 1750, on comptait en France soixante dix-sept couvents de chartreux. Cet ordre religieux fut supprimé en 1790. Les biens qui lui appartenaient devinrent propriétés nationales et furent successivement vendus pendant la révolution.

Loi du 27 germinal, l’an VI de la république française une et indivisible. — « Le conseil des Anciens, adoptant les motifs de la déclaration d’urgence qui précède la résolution ci-après, approuve l’acte d’urgence. Suit la teneur de la déclaration d’urgence et de la résolution : — Du 23 frimaire an VI. Le conseil des Cinq-Cents adoptant, après avoir entendu le rapport d’une commission spéciale chargée d’examiner le message du Directoire exécutif du 29 germinal an V, sur la distribution et l’emploi de l’enclos des ci-devant chartreux de Paris, et relatif à plusieurs soumissions faites de partie de ce terrain. Considérant que la vente des portions de ce domaine non utiles au service public étant suspendue, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le plan général proposé pour la distribution et percement de cet enclos, et les communications plus commodes qu’ils procureront entre la route d’Orléans et le faubourg Saint-Germain, sans dépense notable, et même avec avantage, par l’augmentation du produit des ventes des différents domaines nationaux situés dans la partie méridionale de Paris déclare qu’il y a urgence et prend la résolution suivante : — Article 1er. Conformément au plan annexé à la présente, il sera formé une place circulaire au pourtour de l’Observatoire de Paris. — Art. 2. L’avenue du palais directorial, du côté du jardin, sera prolongée jusqu’à la place de l’Observatoire, et passera à travers les boulevards dits du Mont-Parnasse. — Art. 3. En deçà des boulevards, il sera établi une place triangulaire au point marqué sur le même plan. Une rue parallèle à celle dite d’Enfer sera ouverte dans la même direction, et communiquera de la place triangulaire à celle dite Saint-Michel. Une autre rue partant de la même place, et dans la direction de celle de Notre-Dame-des-Champs, communiquera à la rue de Vaugirard. — Art. 4. Le terrain qui se trouve entre les deux rues neuves et le jardin du palais directorial, ne sera point vendu, il sera conservé pour être employé à des pépinières ou autres établissements pour l’instruction des citoyens, l’amélioration ou l’encouragement de l’agriculture, etc… Après une seconde lecture le conseil des Anciens approuve la résolution ci-dessus. Le 27 germinal an VI de la république française. Signé Mollevaud, président, J.-H. Artauld, Mailly, Havin, secrétaires. — Le Directoire exécutif ordonne que la loi ci-dessus sera publiée, exécutée et qu’elle sera munie du sceau de la république. Fait au palais national du Directoire exécutif, le 28 germinal an VI de la république française une et indivisible. Pour expédition conforme, le président du Directoire exécutif : signé Merlin. » En vertu de cette loi, on a percé les rues de l’Est et de l’Ouest, qui doivent ces dénominations à leur situation, par rapport au jardin du Luxembourg. L’avenue de l’Observatoire a été également formée, mais la place circulaire n’a pas été exécutée. La place triangulaire porte aujourd’hui le nom de carrefour de l’Observatoire. Les autres terrains provenant des chartreux ont été réunis au jardin du Luxembourg. La rue de l’Est a été exécutée sur une largeur de 14 m. ; cette largeur a été maintenue par une décision ministérielle du 3 décembre 1817.


Estienne (rue).

Commence à la rue Boucher, nos 1 bis et 3 ; finit à la rue Béthisy, nos 11 et 13. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 52 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Elle a été ouverte sur l’emplacement de l’ancien hôtel des Monnaies, en vertu des lettres-patentes du mois d’août 1776, que nous avons citées à l’article de la rue Boucher. — Une décision ministérielle du 13 floréal an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette largeur est portée à 12 m. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranchement de 5 m. ; celles du côté droit devront reculer de 2 m. — Conduite d’eau depuis la rue Béthisy jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Henry-Isaac Estienne, écuyer, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats au parlement de Paris, fut échevin de 1773 à 1775.


Estrapade (rue de la Vieille-).

Commence aux rues Neuve-Sainte-Geneviève, no 2 et Fourcy ; finit aux rues des Postes, no 1 et des Fossés-Saint-Jacques, no 19. Le dernier impair est 29. Pas de numéro pair ; ce côté est bordé par des murs de clôture. Sa longueur est de 204 m. — 12e arrondissement. Les numéros impairs sont du quartier de l’Observatoire ; le côté opposé dépend du quartier Saint-Jacques.

Bâtie sur l’emplacement du mur d’enceinte de Philippe-Auguste, elle prit d’abord le nom de rue des Fossés-Saint-Marcel. On la désigna ensuite sous le nom de rue de l’Estrapade, en raison du supplice barbare de l’estrapade qu’on y infligeait autrefois aux soldats. Ce supplice consistait à lier les mains du condamné derrière le dos et à l’élever à une certaine hauteur d’où on le laissait tomber violemment près de la terre ; cette secousse lui disloquait les bras. — Une décision ministérielle du 25 messidor an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de la rue de la Vieille-Estrapade à 9 m. 60 c. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement.

Diderot a demeuré dans cette rue. Son modeste logement fut ensuite occupé par l’ingénieuse Biheron qui, sans maître, était parvenue à créer avec une pâte de sa composition toutes les pièces d’un système complet d’anatomie.

La porte Papale était située à la jonction des rues des Fossés-Saint-Jacques, des Postes et de la Vieille-Estrapade. Elle faisait partie de l’enceinte de Philippe-Auguste. Au commencement du XVIIe siècle elle fut démolie.


Estrées (rue d’).

Commence au boulevart des Invalides, nos 6 et 8 ; finit à la place de Fontenoy, nos 1 et 3. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 521 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

La partie comprise entre la place de Fontenoy et l’avenue de Breteuil est indiquée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. Dès l’année 1800, elle prit le nom de rue Neuve-de-Babylone, parce qu’elle prolonge la rue de Babylone. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m., et prescrivit sa continuation depuis l’avenue de Breteuil jusqu’au boulevart des Invalides. Ce percement a été effectué en 1817 sur les terrains appartenant à l’État et au sieur Juliot. En 1819, cette voie publique a reçu dans toute son étendue la dénomination de rue d’Estrées. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — Égout entre le boulevart des Invalides et l’avenue de Breteuil. — Conduite d’eau depuis le boulevart jusqu’à l’avenue de Villars.

Jean d’Estrées, duc et pair, maréchal de France, vice-amiral et vice-roi d’Amérique, naquit en 1624, et mourut le 19 mai 1707.


Étienne-Bonne-Nouvelle (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue Beauregard, nos 5 et 7 ; finit au boulevart Bonne-Nouvelle, nos 31 et 35. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 123 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Cette rue était bâtie au milieu du XVIe siècle. Ses maisons furent abattues en 1594, lorsque le roi Henri IV vint assiéger Paris. Rebâtie en 1630, cette voie publique prit d’une enseigne le nom de Saint-Ëlienne. Le corps municipal, dans sa séance du 11 juillet 1793, arrêta que la rue Neuve-Saint-Étienne aurait 6 m. de largeur. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an V, signée Benezech, confirma cet arrêté. — En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette dimension est portée à 8 m. Les constructions du côté des numéros impairs devront éprouver un retranchement qui varie de 2 m. à 2 m. 50 c. Les maisons nos 2, 4, 6, 8, 14 et 16 sont alignées ; les autres constructions ne sont soumises qu’à un léger redressement. — Conduite d’eau. — Éclairage au (gaz, compe Française).


Étienne-des-Grés (rue Saint-).

Commence à la place du Panthéon, nos 6 et 8 ; finit à la rue Saint-Jacques, nos 141 et 143. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 99 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Elle est désignée en 1230 sous le nom de rue par où l’on va de l’église Sainte-Geneviève à celle Saint-Étienne. En 1243, c’était la rue des Grés, en raison de l’ancienne église Saint-Étienne-des-Grés dont nous traçons ici l’origine. — Le titre le plus ancien qui atteste l’existence de cet édifice est un acte de donation plusieurs fois mentionné, par lequel Henri Ier accorde en 1031 à l’évêque de Paris plusieurs églises abandonnées, parmi lesquelles il comprend Saint-Étienne. Il parait que des degrés qui de la rue Saint-Jacques conduisaient à cette église, lui ont fait donner ce surnom de Saint-Étienne-des-Grés. Elle devint collégiale au XIe siècle. En 1300, elle était entourée de vignes, et près de son bâtiment on voyait le pressoir du roi où l’on vendait les vendanges recueillies dans le Clos-le-Roi et le Clos-Mureaux. Cette église, qui n’offrait rien de remarquable, fut supprimée en 1790. Devenue propriété nationale, elle fut vendue en deux lots les 16 et 17 avril 1792 et abattue peu de temps après. La maison qui porte aujourd’hui le no 9 a été bâtie sur son emplacement. — Une partie du côté gauche de la rue Saint-Étienne-du-Grés a été démolie pour l’agrandissement de la place du Panthéon. — Une décision ministérielle du 13 juin 1807, signée Champagny, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Sur le côté des numéros impairs, les dépendances de l’École-de-Droit et la maison no 9 sont alignées ; le surplus devra reculer de 1 m. environ. Sur le côté opposé, les constructions situées à l’encoignure gauche de la rue des Cholets sont alignées ; le surplus est soumis à un retranchement de 3 m. à 5 m. 30 c.


Étienne-du-Mont (église Saint-).

Située carré Sainte-Geneviève. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Avant la construction de l’enceinte de Paris, sous Philippe-Auguste, cet emplacement était couvert de vignes. La crypte ou église inférieure de Sainte-Geneviève suffisait alors aux besoins religieux. Mais après l’achèvement de la nouvelle clôture, les Parisiens bâtirent en cet endroit un grand nombre d’habitations, et bientôt on sentit la nécessité de construire une nouvelle église paroissiale. À cet effet les chanoines de Sainte-Geneviève cédèrent un terrain contigu à leur église, sur lequel on éleva une chapelle pour servir de paroisse. Cette chapelle était dédiée à Saint-Étienne en 1221 ainsi que nous l’apprend Guillaume-le-Breton. L’historien de Philippe-Auguste en parle ainsi : « La foudre tomba en 1221 sur une maison de charité située devant l’église Saint-Étienne-du-Mont. »

Cette paroisse resta longtemps sous la dépendance de Sainte-Geneviève. Il fallait traverser un passage pratiqué dans cette église pour entrer dans Saint-Étienne-du-Mont dont les fonts baptismaux existèrent pendant quatre siècles dans Sainte-Geneviève.

La reconstruction de la chapelle Saint-Étienne-du-Mont date de François Ier, vers 1517. On éleva d’abord les parties orientales ; en 1588 on bâtit l’aile et les chapelles méridionales ; enfin, sous les règnes de Henri II et Charles IX, on construisit les parties occidentales de l’édifice ; mais l’architecte, gêné par le portail de Sainte-Geneviève, fut forcé de donner à la nef de l’église Saint-Étienne un axe différent de celui du chœur. La chapelle de la communion et les charniers sont de l’année 1606 ; et ce fut Marguerite de Valois, première femme de Henri IV, qui posa vers 1610 la première pierre du portail.

Cette église est un des plus curieux monuments de Paris, il offre un mélange heureux des deux styles gothique et de la renaissance. Les voûtes en ogive de la nef et les bas-côtés sont pleins de hardiesse et d’élégance. Le magnifique jubé sert de modèle à nos artistes. On remarque aussi les deux beaux escaliers qui se roulent en spirale autour du fût de deux colonnes, et qui conduisent aux galeries et au sommet du jubé. Le crucifix qui décore le jubé était attribué à Jean Goujon : on a reconnu qu’il était l’ouvrage de Biart père. La chaire, l’une des plus belles que nous ayons, a été sculptée par Claude Lestocard d’Arras, sur les dessins de Laurent de la Hire.

Des vitraux, d’un coloris remarquable, décorent également Saint-Étienne-du-Mont. Les plus beaux sont dus à Nicolas Pinaigrier, verrier du XVIe siècle. Ils représentent le jugement dernier ; enfin, parmi les tableaux qui ornent cette église, nous citerons celui de de Troy, un tableau de Largillière, et un Saint-Étienne prêchant l’Évangile dû au pinceau de M. Abel de Pujol. Dans cette église avaient été inhumés Eustache Lesueur, l’un des plus grands peintres de l’école française, mort en 1655 ; Blaise Pascal, mort en 1662 ; Jean Racine, mort en 1699, et Joseph Pitton de Tournefort, célèbre botaniste décédé en 1708.

La nouvelle église de Sainte-Geneviève (aujourd’hui le Panthéon) était depuis 1822 la paroisse du 12e arrondissement ; mais en 1830 le Panthéon cessa d’être consacré au culte. L’église Saint-Étienne-du-Mont sert aujourd’hui de paroisse à cet arrondissement.


Étienne-du-Mont (impasse saint-).

Située dans la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève entre les nos 84 et 86 ; Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 13 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Elle tire son nom de sa proximité de l’église Saint-Étienne-du-Mont. Sa largeur est de 7 m. 80 c. Cette impasse devra être supprimée lors de l’exécution des alignements de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève et du carré Sainte-Geneviève.


Étienne-du-Mont (rue des Prêtres Saint-).

Commence à la rue Descartes, nos 24 et 26 ; finit à la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, no 85. Le seul impair est 1, ce côté est bordé presqu’entièrement par le mur de l’église ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 76 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

En 1248 c’était la rue du Moutier (monastère). En 1267 on la désignait sous le nom de ruelle Sainte-Geneviève. Sa dénomination actuelle lui vient des prêtres de l’église Saint-Étienne-du-Mont qui y demeuraient autrefois. — Une décision ministérielle à la date du 8 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Sur le côté gauche la maison no 1 est seule soumise à retranchement. Les constructions du côté des numéros pairs devront reculer de 3 m. environ.


Étienne-du-Mont (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue Copeau, nos 8 et 10 ; finit à la rue de la Contrescarpe, nos 5 et 7. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 358 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

On la désignait autrefois sous les noms de chemin du moulin à vent, parce qu’elle conduisait à un moulin ; de rue du Puits-de-Fer, en raison d’un puits public qu’on voyait en 1539. Son nom actuel lui vient de l’église Saint-Étienne-du-Mont située près de cette rue. — Une décision ministérielle du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons nos 18 et 20 sont à l’alignement ; celles nos 8, 10, 12, 14 et 16 ne sont soumises qu’à un très faible retranchement.

Au no 6 était située la maison des filles de la congrégation de Notre-Dame. — Bureau de la Ville. — « Veu les lettres-patentes obtenues au mois de janvier 1645 par les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, par les quelles sa majesté auroist permis aux dites religieuses de s’établir en cette ville de Paris, et d’y construire un monastère suivant les conditions et consentement donnez par l’archevesque de Paris ; les lettres de surannation d’icelle du 2 août 1664 et les contrats de donation et fondation du d. monastère. Veu l’arrest de la cour du parlement du 3 mars 1667, par lequel la cour, avant de procéder à l’enregistrement des d. lettres-patentes, a ordonné qu’elles nous seraient communiquées pour donner notre advis, et la requeste à nous présentée par les dites religieuses aux fins du d. advis. Sommes d’advis, sous le bon plaisir de la cour, qu’il y a lieu d’accorder aux dites religieuses l’enregistrement des d. lettres patentes, leur rétablissement estant assez ancien, puis ce qu’il paroist qu’elles se sont établies en cette ville depuis plus de 22 ans, joint à ce que le public en reçoit quelqu’utilité pour l’instruction qu’elles donnent gratuitement aux jeunes filles et qu’elles sont obligées de continuer par leurs vœux et institut. Fait au bureau de la Ville le 7 décembre 1667. » Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale, et fut vendu le 12 messidor an IV.

La maison no 14 a été longtemps habitée par Rollin. On fit encore au-dessus d’une porte intérieure ce distique qu’il avait fait placer :

Ante alias dilecta domus quâ ruris et urbis
Incola tranquilles trieque Deoque fruor.

Rollin nous a donné la description de cette demeure qu’il occupa pendant près d’un demi-siècle. Il écrivait en 1697 à M. Le Pelletier, le protecteur de sa jeunesse, devenu son ami. « Je commence à sentir et à aimer plus que jamais la douceur de la vie rustique, depuis que j’ai un petit jardin qui me tient lieu de maison de campagne. Je n’ai point de longues allées à perte de vue, mais deux petites seulement, dont l’une me donne de l’ombre sous un berceau assez propre, et l’autre, exposée au midi, me fournit du soleil pendant une bonne partie de la journée. Un petit espalier couvert de cinq abricotiers et de dix pêchers, fait tout mon fruitier. Je n’ai point de ruches à miel, mais j’ai le plaisir tous les jours de voir les abeilles voltiger sur les fleurs de mes arbres, et attachées à leur proie, s’enrichir du suc qu’elles en tirent sans me faire aucun tort. Ma joie n’est pourtant pas sans inquiétude, et la tendresse que j’ai pour mon petit espalier et pour mes millets, me fait craindre pour eux le froid de la nuit que je ne sentirais pas sans cela. »

Nous avons visité la maison de Rollin. Maintenant le petit jardin est inculte et la propriété, mal tenue, est occupée par un nourrisseur de bestiaux.


Étoile (barrière de l’).

Située à l’extrémité de l’avenue des Champs-Élysées.

Elle a été construite en 1787 sur les dessins de Ledoux. Elle est décorée de deux bâtiments ornés chacun dans leur pourtour de vingt colonnes. Un couronnement circulaire termine ces édifices. Cette barrière porte le nom de l’Étoile, parce qu’elle est située à l’entrée d’une grande place coupée en forme d’étoile par plusieurs avenues et boulevarts. On l’appelle aussi barrière de Neuilly. (Voir l’article Barrières.)

Au milieu de la place de l’Étoile s’élève avec majesté l’un des plus beaux monuments dont la France puisse s’enorgueillir. — Un décret impérial du 18 février 1806 ordonna la construction de cet édifice destiné à perpétuer le souvenir des victoires des armées françaises. Le ministre de l’intérieur confia à MM. Raymond et Chalgrin les travaux de l’Arc-de-Triomphe de l’Êtoile. Ces artistes distingués présentèrent chacun un projet ; celui de M. Raymond obtint la préférence. Mais le système de concurrence et d’association devait amener des différences d’opinions entre les deux architectes. Cette espèce de lutte et les variations d’idées qui en furent la suite affectèrent vivement M. Raymond, dont l’opinion, comme artiste, était fixée. Il ne se plaignit pas, mais il donna en cette occasion une nouvelle preuve de son désintéressement et de l’amour qu’il avait pour son art. Au commencement de 1810, il se démit du titre d’architecte de l’Arc-de-Triomphe de l’Étoile. Par suite de cette démission, M. Chalgrin dirigea seul les travaux qui furent interrompus en 1814. Ils ne furent repris qu’en vertu d’une ordonnance royale du 9 octobre 1823. Alors on décida que cet arc triomphal consacrerait la mémoire de l’expédition d’Espagne. MM. Huyot et Goust devaient diriger les nouveaux ouvrages, mais M. Huyot ayant présenté un projet qui s’écartait du plan primitif, M. Goust fut chargé de la direction sous la surveillance d’une commission composée de MM. Fontaine, Debret, Gisors et Labarre. L’Arc-de-Triomphe fut élevé alors jusqu’à la première assise de l’architrave de l’entablement. L’édifice ne se poursuivait qu’avec lenteur, lorsque la révolution de juillet éclata. Le nouveau gouvernement le rendit à sa destination première. M. Blouet, architecte, fut chargé de la direction des travaux. L’Arc-de-Triomphe fut inauguré le 29 juillet 1836. Tous les frais depuis sa fondation se sont élevés à près de dix millions. Les proportions colossales de ce monument surpassent de beaucoup celles de tous les arcs connus. Sa hauteur est de 49 m., sa largeur de 45 m., les faces latérales ont 22 m. Le grand arc, qui s’élève sur l’axe de la route de Neuilly, a 29 m. de hauteur sur 14 m. 50 c. de largeur. Les arcs latéraux ont 28 m. 50 c. de hauteur sur 8 m. 50 c. Les fondations ont 8 m. de profondeur au-dessous du sol sur 35 m. de longueur et 38 m. de largeur. Parmi les bas-reliefs qui ornent cet édifice on distingue celui qui rappelle le départ des volontaires en 1792. L’Arc-de-Triomphe doit être entouré de statues représentant les principales illustrations militaires de la république et de l’empire.


Étoile (chemin de ronde de la barrière de l’).

Commence à l’avenue des Champs-Élysées et à la barrière de l’Étoile ; finit à la barrière des Bassins et au chemin de ronde de cette barrière. Sa longueur est de 630 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Voir l’article Chemins de ronde.


Étoile (rue de l’).

Commence aux quais des Ormes, no 2, et Saint-Paul, no 22 ; finit aux rues de l’Hôtel-de-Ville, no 1, et des Barrés, no 23. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 43 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

On la trouve désignée sous ces différents noms : des Barrés, parce qu’elle fait la continuation de cette rue ; des Barrières, dénomination affectée également à la rue des Barrés ; de Petite ruelle descendant au Chantier du Roi, de l’Arche-Doré et de l’Arche-Beaufils. Elle tient sa dénomination actuelle d’une maison nommée le Château de l’Étoile, qui y était située. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale en date du 4 août 1838. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées ; toutefois la maison no 3 devra subir un fort retranchement pour l’exécution de l’alignement de la rue de l’Hôtel-de-Ville. Les maisons du côté opposé sont soumises à un retranchement de 5 m. 30 c. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Étoile-Bonne-Nouvelle (impasse de l’).

Située dans la rue Thévenot entre les nos 26 et 28. Le dernier impair est 7 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 77 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

C’était en 1372 le cul de sac des Cordiers, de la Corderie. La rue Thévenot fut ouverte en 1676 sur une partie de cette impasse. La portion qui resta prit le nom de l’Étoile qu’elle doit à une enseigne. — Arrêt du conseil. « Le roy ayant esté informé que le cul-de-sac de l’Étoile, au quartier Montorgueil près la Ville-Neuve, servoit de retraite presque toutes les nuits à toutes sortes de gens de mauvaise vie, et qu’il s’y commettoit quantité de désordres au préjudice de la sûreté publique et des bourgeois qui y ont leurs entrées et issues, et qu’il seroit très facile d’y remédier en l’élargissant pour y mettre une porte de fer à son entrée, dont les propriétaires qui y ont des maisons, auroient chacun une clef ; à quoy voulant remédier. Le roy étant en son conseil, de l’avis du duc d’Orléans, régent, a ordonné et ordonne que par les prévôt des marchands et échevins, il sera donné avis à sa majesté de la commodité ou incommodité de l’élargissement et de la fermeture par une porte de fer du dit cul-de-sac de l’Étoile, proposez par les habitants du quartier Montorgueil ; pour le d. avis être veu et rapporté à sa majesté et être par elle ordonné ce qu’il appartiendra. Fait au conseil d’État, sa majesté y estant, tenu à Versailles, le 11e jour de may 1716. Signé Louis. » (Bureau de la Ville, registre H, no 1846.) Cette impasse n’a jamais été alignée. Sa largeur actuelle est de 4 m. environ.


Étuves (impasse des).

Située dans la rue Marivaux, entre les nos 23 et 25. Pas de numéro. Sa longueur est de 20 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Au XVe siècle, c’était une rue qui aboutissait à celle de la Vieille-Monnaie. Elle doit son nom à des étuves, ou bains qu’on y voyait alors. — Une décision ministérielle du 23 floréal an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette impasse à 6 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 2 m. 30 c. environ.


Étuves-Saint-Honoré (rue des Vieilles-).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 96 et 98 ; finit à la rue des Deux-Écus, nos 23 et 25. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est 79 m. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Cette rue, construite au milieu du XIIIe siècle, doit son nom à des étuves ou bains établis en cet endroit. En 1350, on l’appelait rue des Vieilles-Estuves.

Cette voie publique aboutissait anciennement à la rue d’Orléans (nommée de Nesle). La partie de la rue des Vieilles-Étuves, comprise entre la rue d’Orléans et celle des Deux-Écus, fut supprimée vers 1577, pour agrandir l’hôtel de Catherine de Médicis (voir les articles de la Halle-au-Blé et de la rue des Deux-Écus). — Une décision ministérielle du 3 germinal an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de la rue des Vieilles-Étuves à 8 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées ; celles du côté opposé devront reculer de 2 m. 60 c. environ sauf la maison no 2, qui n’est assujétie qu’à un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Honoré jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Paris a subi de si nombreuses transformations, qu’il devient difficile aujourd’hui d’esquisser son ancienne physionomie : chaque jour une nouvelle couche efface le Paris du moyen-âge ; heureux encore lorsqu’il reste un nom à l’aide duquel on évoque des souvenirs !

En sortant de la rue du Chastiau-Fétu (nom que portait la partie de la rue Saint-Honoré située entre la rue Tirechape et celle de l’Arbre-Sec), en quittant ses hautes maisons à pignons historiés, aux façades couvertes de gracieuses figurines, on entrait, en tournant à droite, dans la rue des Vieilles-Estuves. Le matin, une heure après l’ouverture des boutiques, on entendait le barbier étuviste qui vous criait :

Seignor, quar vous allez baingner ;
Et eztuver sanz délayer,
Li bains sont chaut, c’est sans mentir.

En ce moment, de joyeux étudiants, couverts de capes ou de mantes déchirées, entraient dans ces étuves en fredonnant l’acrostiche suivant, composé sous le règne de Louis XII, pour-le blason de la ville de Paris :

Paisible domaine,
Amoureux vergier,
Repos sans dangier,
Iustice certaine,
Science hautaine,
C’est Paris entier.

D’autres clercs s’arrêtaient devant un homme portant un broc d’une main et tenant de l’autre un panier rempli de cornes semblables à celles des moissonneurs. Le marchand hurlait à tue-tête :

Bon vin à bouche bien espicé.

Puis des femmes de la halle, aux larges épaules, aux manches retroussées, criaient de toute la force de leurs poumons :

J’ai châtaignes de Lumbardie.
J’ai roisin d’outremer — roisin !
J’ai porées et j’ai naviaux,
J’ai pois en cosse tous noviaux.

Plus loin on voyait une grosse et joyeuse commère qui portait sur le ventre tout l’attirail d’un restaurateur. Elle arrêtait les passants, en leur débitant cette petite chanson :

Chaudes oublées renforcies,
Galètes chaudes, eschaudez,
Roinssolles, ça denrée aux dez.

Parfois de jeunes et jolies filles de la campagne venaient offrir les plus belles fleurs et les meilleurs fruits de la saison, en murmurant d’une voix douce :

____Aiglantier…
Verjux de grain à fère aillie.
__Alies i a d’alisier.

Souvent on voyait quelques fripiers échappés de la rue Tirechape qui arrêtaient les clercs aux mantes râpées, en leur disant :

Cote et surcot rafeteroie (je raccommode).

Et comme ces écoliers avaient plus de trous aux genoux et aux coudes que de blancs d’Angelots ou de sols Parisis dans leurs surcots, ils s’esquivaient tout honteux pour se soustraire à l’importunité de ces chevaliers de l’aiguille.

Telle était, aux XIVe et XVe siècles, la physionomie de la rue des Vieilles-Étuves.

Le droit de tenir des bains appartenait à la communauté des maîtres barbiers et perruquiers. On lisait sur leur enseigne : Céans, on fait le poil proprement et l’on tient bains et estuves.

Dans la haute société, les personnes que l’on priait à dîner ou à souper étaient en même temps invitées à se baigner. « Le roi et la reine (dit la Chronique de Louis XI) firent de grandes chères dans plusieurs hôtels de leurs serviteurs et officiers de Paris, entr’autres le dixième de septembre 1467, la reine, accompagnée de Madame de Bourbon, de Mademoiselle Bonne de Savoie, sa sœur, et de plusieurs autres Dames, soupa en l’hôtel de maître Jean Dauvet, premier président au parlement, où elles furent reçues et festoyées très noblement, et on y fit quatre beaux bains richement ornés, croyant que la reine s’y baignerait, ce qu’elle ne fit pas, se sentant un peu mal à l’aise et aussi parce que le temps était dangereux, et en l’un des dits bains se baignèrent Madame de Bourbon et Mademoiselle de Savoie et dans l’autre bain, à côté, se baignèrent Madame de Monglat et Perrette de Châlons, bourgeoises de Paris… Le mois suivant, le roi soupa à l’hôtel de sire Denis Hesselin, son panetier, où il fit grande chère et trouva trois beaux bains richement tendus pour y prendre son plaisir de se baigner, ce qu’il ne fit pas parce qu’il était enrhumé et qu’aussi le temps était dangereux. »

La cérémonie du bain était une de celles qu’on observait le plus exactement à la réception d’un chevalier. Charles VI voulant faire chevaliers Louis et Charles d’Anjou, « ces deux princes (dit la Chronique) parurent d’abord comme de simples écuyers, n’étant vêtus que d’une longue tunique de drap gris-brun sans aucun ornement. On les mena dans leur chambre où leurs bains étaient préparés ; ils s’y plongèrent. On leur donna ensuite l’habit de chevalier, de soie vermeille (cramoisie), fourré de menu-vair (petit-gris) ; la robe traînante avec le manteau fait en manière de chappe. Après le souper on les conduisit à l’église pour y passer la nuit en prières, selon la coutume. Le lendemain matin, le roi revêtu du manteau royal entra dans l’église, précédé de deux écuyers qui portaient deux épées nues, la garde en haut et d’où pendaient deux paires d’éperons d’or ; il leur donna l’accolade et leur ceignit le baudrier de chevalerie. Le sire de Chauvigni leur chaussa les éperons et l’évêque leur donna la bénédiction. »

« Pendant le repas (dit une ancienne ordonnance), le nouveau chevalier ne mangera, ni ne boira, ni ne se remuera, ni ne regardera ça et là non plus qu’une nouvelle mariée. »

Les étuves ou bains publics servaient de rendez-vous, et les femmes galantes venaient y cacher leurs dérèglements. On aurait pu donner à ces lieux de plaisir et de prostitution un nom moins honnête. Maillard, dans un sermon remarquable par une énergique crudité d’expressions, s’éleva contre ces désordres. « Mesdames (dit-il), n’allez-vous pas aux estuves et n’y faites-vous pas ce que vous savez. »

Les bains se maintinrent longtemps. On cessa cependant d’y aller vers la fin du XVIIe siècle et auparavant les estuves élaient si communes (dit Sauvai) qu’on ne pouvait faire un pas sans en trouver.


Étuves-Saint-Martin (rue des Vieilles-).

Commence à la rue Beaubourg, nos 11 et 13 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 64 et 66. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 110 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Cette rue était déjà construite en 1280. Son nom lui vient des estuves aux femmes, qu’on voyait au coin de la rue Beaubourg. Ces bains, dont il est fait mention dans des lettres de Philippe-le-Bel en 1313, avaient pour enseigne le Lion d’Argent. En 1350 c’était la rue Geoffroy-des-Bains ou des Estuves. On voyait autrefois dans cette rue une petite maison vieille et sans apparence. Sur la porte était scellée une table de marbre noir portant cette inscription :

Dieu tient le cœur des rois en ses mains de clémence,
Soit chrétien, soit payen, leur pouvoir vient d’en haut,
Et nul mortel ne peut (c’est un faire le faut)
Dispenser leurs sujets du joug d’obéissance.

D’après une tradition populaire, cette maison avait été bâtie par un architecte de Henri IV. — Une décision ministérielle du 15 messidor an XII, signée Chaptal, a fixé à 7 m. la largeur de la rue des Vieilles-Étuves. Les maisons du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 70 c. à 2 m. 80 c. Celles du côté opposé devront reculer de 90 c. à 2 m. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Europe (place d’).

Située à la jonction des rues de Berlin, de Constantinople, de Londres, de Madrid, de Rome, de Saint-Pétersbourg et de Vienne. Pas de numéro. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

La formation de cette place, sur les terrains de MM. Jonas Hagerman et Sylvain Mignon, a été autorisée par une ordonnance royale du 2 février 1826. Elle est octogone et a 130 m. de diamètre. On lui a donné la dénomination de place d’Europe, parce que plusieurs rues portant les noms des capitales de cette partie du monde viennent y aboutir. Parmi les conditions imposées par l’ordonnance royale, il en est une qui oblige MM. Hagerman et Mignon à établir sur le terrain réservé au milieu de la place un jardin entouré de grilles, dont lesdits entrepreneurs conserveront la propriété, si mieux n’aime le conseil municipal de la ville de Paris se faire concéder ledit terrain, en se chargeant de la dépense d’établissement et d’entretien. Dans le premier cas il est entendu que les entrepreneurs ne pourront jamais changer la destination dudit jardin. Cette condition n’est pas encore exécutée ; l’espace réservé pour le jardin est entouré par un mur de clôture. (Voyez Amsterdam, rue d’.)


Eustache (église paroissiale de Saint-).

Située dans les rues Traînée et du Jour. — 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.

Plus les âges qui ont élevé nos églises ont eu de piété, plus ces monuments ont été frappants par la grandeur et la noblesse de leur caractère. On a beau construire aujourd’hui des temples grecs, superbes au dehors, bien dorés au dedans, le peuple préférera toujours ces basiliques moussues, toutes remplies des générations des décédés et des âmes de ses pères.

En pénétrant dans cette sombre et vaste église dont nous allons tracer l’histoire, on éprouve une sorte de frémissement, un sentiment vague de la Divinité.

Au commencement du XIIIe siècle, s’élevait en cet endroit une petite chapelle dédiée à Sainte-Agnès. En février 1214, une sentence arbitrale rendue par l’abbé de Sainte-Geneviève et le doyen de Chartres, la qualifie de chapelle neuve de Sainte-Agnès. Elle était alors sous la dépendance des chanoines de Saint-Germain-l’Auxerrois. Dès 1223 cette chapelle était remplacée par une église sous le vocable de Saint-Eustache, « apparemment (dit Jaillot) à l’occasion de quelques reliques de Saint-Eustache qu’elle obtint de l’abbaye de Saint-Denis, où le corps du martyr avait été déposé.»

Vers cette époque, le prêtre qui desservait cette chapelle, voulut prendre le titre de curé. Cette qualité lui fut vivement contestée par le doyen de Saint-Germain-l’Auxerrois. Alors les prérogatives dont jouissait l’église Saint-Eustache, disparurent une à une, et son état de sujétion donna naissance à ce proverbe longtemps en usage « Il faut être fou pour être curé de Saint-Eustache. »

Dans cette église fut jouée une des scènes de la fameuse croisade des Pastoureaux. Cet étonnant épisode de l’histoire du moyen-âge mérite d’être ici raconté. On appelait Pastoureaux les hommes possédés d’un enthousiasme fanatique ; les gens simples de la campagne, les petits cultivateurs et surtout les bergers éprouvèrent les effets de cette contagion. Louis IX avait quitté son royaume pour aller conquérir la Palestine, la France était alors dégarnie de troupes. L’association de ces paysans fut la suite des exhortations d’un moine appelé Jacob, échappé des cloîtres de Cîteaux. Le visage décharné de cet homme paraissait inspiré, son éloquence mâle et sauvage lui gagna la multitude. « Je suis l’homme de Dieu, disait-il, je suis le maître de Hongrie ; j’ai vu les anges, la Vierge Marie, ils m’ont ordonné de prêcher une croisade ! Je ne veux pas de gentilshommes : Dieu méprise leur orgueil ! Aux pauvres et aux petits est réservé l’honneur de délivrer le roi et les Lieux-Saints. » Ce nouveau prophète, environné de disciples, traina bientôt à sa suite plus de cent mille hommes. Il leur distribua des drapeaux chargés de devises, leur donna des chefs, tous exaltés comme lui. Jacob alla prêcher à Orléans. Un clerc ayant eu la hardiesse de vouloir réfuter le maître de Hongrie, un des satellites du moine fendit d’un coup de hache la tête de l’imprudent. La régente toléra d’abord le rassemblement de ces nouveaux croisés, elle espérait en tirer de prompts secours pour son fils. Mais les disciples de ce moine se donnèrent bientôt comme lui la licence d’exercer, quoique laïcs, des fonctions sacerdotales. Ils confessèrent, dépéçairent les mariages, et accommodèrent la morale chrétienne à leurs idées et à leurs intérêts. Jacob, à la tête de sa troupe, vint à Paris, puis se rendit dans l’église Saint-Eustache ; là, il fit poignarder plusieurs prêtres et chasser ceux qu’il ne craignait pas. Certain alors de trouver dans la multitude une obéissance aveugle, son langage devint plus terrible. « Votre riche clergé, disait-il, est semblable à une brebis galeuse. Vos prêtres, ces papelards qui ne sont bons qu’à boire du vin de Pierrefitte, communiquent à toute la France la contagion de leurs exemples pernicieux. Ils corrompent les habitants, les dévorent et les entraînent dans l’abime ! tuez-les !… » Puis en parlant des nobles : « Avez-vous une maison ? les nobles vous la prennent ! Avez-vous une fille ? malheur si elle est belle ; un noble la souillera. Ce champ cultivé par vous, que vos sueurs vont féconder, qui viendra recueillir ses produits ? un noble, toujours un noble ! Et pourtant combien faut-il au bûcheron de coups de cognée pour abattre le chêne le plus fort ! dix au moins ! Enfants, il n’en faut qu’un pour trancher la tête d’un seigneur. » Ces recommandations furent malheureusement suivies. Nobles et manants se firent une guerre acharnée, des flots de sang furent répandus. Ces excès réveillèrent enfin la régente qui s’empara des chefs de la croisade, et les fit exécuter. Blanche en même temps donna des ordres pour laisser passer ceux qui voulaient quitter le royaume.

Après la mort de leurs chefs, les bergers et les paysans se dispersèrent, et bientôt s’écoula ce torrent qui menaçait de tout envahir.

Cent soixante-huit ans après la révolte des Pastoureaux, Paris assistait à un drame lugubre. Les Anglais et les Bourguignons étaient maîtres de la capitale. Les agents du duc de Bourgogne, dans le but de diriger plus facilement les Parisiens, voulurent les réunir sous une même bannière. Dans l’église Saint-Eustache fut instituée une confrérie de Saint-André ; chaque associé devait orner sa tête d’une couronne de roses ; on en fabriqua soixante douzaines dans l’espace d’une heure ; ce nombre était trop petit pour satisfaire le zèle des associés ; néanmoins ces fleurs furent assez abondantes pour parfumer l’église. La tête couverte de ces roses printanières, les bouchers de Paris, qui formaient le noyau de cette confrérie redoutable, coururent égorger les prisonniers Armagnacs.

Mais quittons cette funeste époque, pour nous occuper un moment de l’architecture de cet édifice. À différentes époques, cette église avait été agrandie et réparée. Au commencement du XVIe siècle, elle ne pouvait contenir le nombre toujours croissant de ses paroissiens. On résolut alors de la reconstruire sur un plan beaucoup plus vaste. Là première pierre de l’église que nous voyons aujourd’hui fut posée le 19 août 1532 par Jean de la Barre, comte d’Étampes, prévôt de Paris. On ne conserva de l’ancien monument qu’une partie du pilastre de la tour qui était surmontée d’une pyramide. Ce débris existe encore sur le côté du portail méridional de la croisée. Grâce à la libéralité du surintendant Bullion et du chancelier Séguier, l’édifice était achevé vers 1642, à l’exception du portail actuel dont nous parlerons bientôt.

Après la cathédrale, Saint-Eustache est l’église la plus vaste de Paris ; mais placée au centre d’un quartier populeux, elle perd de sa grandeur et de sa beauté. Cependant on admire les grandes roses des deux portails de la croisée, les tourelles de l’escalier et les ornements pleins d’élégance qui décorent le portail méridional.

Le portail actuel commencé en 1752, sur les dessins de Mansart de Jouy, fut repris en 1772 et continué jusqu’en 1788 par Moreau. La tour du nord est complètement achevée, mais celle du midi est encore à construire.

Un auteur moderne a jugé de la manière suivante le portail de Saint-Eustache : « Cette composition n’a pour tout mérite que d’être exécutée sur une grande échelle ; la largeur beaucoup trop grande de ses entre-colonnements, surtout au second ordre, entraînera sa destruction ; et déjà le poids énorme de la plate-bande qui supporte le fronton la fait se rompre, et semble écraser les maigres colonnes qui la soutiennent. Le genre de cette architecture massive, qui n’est ni antique ni moderne, n’a aucune espèce de rapport avec le reste de l’édifice, etc… »

Mais lorsqu’on entre dans l’église Saint-Eustache, la critique se tait et l’émotion vous gagne en présence de cette large nef, de ces nombreux piliers qui supportent une voûte pleine de hardiesse et de grandeur ; puis, si la pensée descend aux détails, on admire ces sculptures élégantes et capricieuses qui grimpent, se poursuivent, se perdent en jouant sur les piliers.

Le chœur surtout est merveilleusement orné. Un pendentif splendide, supporté par des anges, décore le sanctuaire. Les vitraux des fenêtres représentent les douze apôtres. La chaire a été construite sur les dessins de Lebrun, et l’œuvre a été exécutée par Le Pautre, d’après Cartaud. Le maître-autel est orné d’un corps d’architecture supporté par quatre colonnes de marbre d’ordre corinthien. Les dix statues groupées autour de l’autel sont de Jacques Sarrazin. Cet artiste a représenté saint Louis sous les traits de Louis XIII, la Vierge sous la figure d’Anne d’Autriche, et le petit Jésus, qu’elle porte dans ses bras, rappelle le jeune Louis XIV ; plus haut, on aperçoit les statues de saint Eustache et de sainte Agnès ; enfin, sur le dernier plan, ont été placés deux anges en adoration.

La chapelle de la Vierge, reconstruite au commencement de notre siècle, a été consacrée par le pape Pie VII, le 28 décembre 1804. Elle est décorée de plusieurs tableaux représentant le martyre de sainte Agnès ; le baptême de Jésus-Christ, par Stella ; Moïse dans le désert, par Lagrenée ; la guérison des lépreux, par Vanloo ; enfin, une statue en marbre de la Vierge, par Pigalle, complète les ornements de cette chapelle.

En 1834, on a placé à l’entrée du portail au nord de l’église, un bénitier qui représente le pape Alexandre II, distribuant l’eau bénite. Deux anges soutiennent le pontife, qui foule aux pieds le démon exorcisé. Ce morceau de sculpture est dû au ciseau de M. Eugène Bion.

Saint-Eustache est sans contredit la plus riche église de Paris, en œuvres des grands-maîtres. Mais nous sortirions des limites que nous nous sommes tracées, en analysant ici tant de productions remarquables.

D’illustres personnages ont leurs monuments funèbres dans cette église ou y furent inhumés. Nous devons citer : Anne-Hilarion de Cotentin, comte de Tourville, vice-amiral et maréchal de France, mort en 1701, à l’âge de 59 ans.

Dans le mur de la façade intérieure à droite, on voit le tombeau et le buste de Chevert. Son épitaphe, composée par d’Alembert, mérite d’être rapportée : — « Ci-gît François Chevert, commandeur, grand’croix de l’ordre de Saint-Louis, chevalier de l’Aigle-Blanc de Pologne, gouverneur de Givet et de Charlemont, lieutenant-général des armées du roi.

Sans aïeux, sans fortune, sans appui, orphelin dès l’enfance, il entra au service à l’âge de onze ans ; il s’éleva malgré l’envie, à force de mérite, et chaque grade fut le prix d’une action d’éclat. Le seul titre de maréchal de France a manqué, non pas à sa gloire, mais à l’exemple de ceux qui le prendront pour modèle. — Il était né à Verdun-sur-Meuse, le 2 février 1699. Il mourut à Paris, le 24 janvier 1769. »

Un autre monument plus somptueux, et qui porte aussi le nom d’un grand homme, décore la chapelle de la Vierge. C’est le mausolée de Colbert, exécuté par Baptiste Tuby et Antoine Coysevox, sur les dessins de Lebrun. — En face de la tombe du grand ministre, on voyait un petit monument bien simple ; c’était celui de Marin Cureau de La Chambre, médecin ordinaire de Louis XIV. Les traits du savant docteur étaient reproduits dans un médaillon que portait le génie de l’immortalité. On lisait dans un cartouche cette inscription :

Spes illorum immortalitate plena est.

et plus bas :

Marinus de La Chambre, obiit 1669, ætatis 75.

Le roi consultait toujours son médecin sur le choix de ses ministres. Il existait entre Louis XIV et Cureau de La Chambre une correspondance secrète sur cet objet. On y lisait cette phrase du docteur : « Si je meurs avant sa majesté, elle court grand risque de faire à l’avenir de mauvais choix. »

Saint-Eustache compte plusieurs curés célèbres parmi lesquels on cite le fameux René Benoit, que ses paroissiens appelaient le pape des halles ; le savant jurisconsulte Cosme Guymier et Jean Balue, parent du cardinal de ce nom.

L’attachement des habitants de cette paroisse pour leurs pasteurs était si grand, qu’il était souvent impossible de les changer de cure. L’histoire nous fournit un exemple de cette tendresse. Vers le milieu du XVIIe siècle, le curé de Saint-Eustache, appelé Merlin, tomba malade et mourut. L’archevêque de Paris nomma bientôt un successeur, qui vint pour prendre possession de sa cure. Le neveu de Merlin, simple prêtre, crut devoir s’y opposer, et donna pour raison que cette cure lui appartenait en vertu d’une résignation que son oncle lui avait faite.

Cet argument n’était pas des meilleurs ; cependant fortifié par la bienveillance des dames de la halle, comptant sur l’appui des paroissiens, le neveu de Merlin persista. Bientôt toute la population du quartier s’assemble en tumulte pour le protéger, met en fuite les soldats, puis installe le neveu de l’ancien curé.

Ce désordre dura trois jours. Enfin, les dames de la halle envoyèrent une députation à la reine.

L’orateur en jupons, après avoir expliqué les causes de l’émeute, résuma ainsi son discours : « Le bon curé Merlin a reconnu son neveu pour successeur ; d’ailleurs, les Merlin ont toujours été curés de Saint-Eustache, de père en fils, et les paroissiens n’en souffriront pas d’autres. »

La reine ne put leur promettre une entière satisfaction. Alors l’émeute devint sérieuse. Déjà les bourgeois commençaient à barricader les rues, lorsqu’on apprit que l’archevêque venait de céder.

Merlin remplaça son oncle et le calme se rétablit. Le lendemain, quelques plaisants firent placarder sur l’église une affiche ainsi conçue :

AVIS.
La cure de Saint-Eustache est à la nomination des dames de la halle.


Eustache (impasse Saint-).

Située dans la rue Montmartre entre les nos 1 et 3. Pas de numéro. Sa longueur est de 37 m. — 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.

Elle a été formée vers 1642 et doit son nom à l’église Saint-Eustache. Sa largeur actuelle est de 5 m. Il n’existe pas d’alignement pour cette impasse.


Eustache (place de la Pointe-Saint-).

Commence à la rue de la Tonnellerie, nos 79 et 81 ; finit aux rues Traînée, no 1 et Montorgueil, no 8. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 48 m. — Les numéros impairs sont du 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache. Les pairs du 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Son nom lui vient du clocher de l’église Saint-Eustache qui est bâti en pointe ou pyramide. Le poète Guillot, en 1300, parle ainsi de ce carrefour :

Ving à la pointe Saint-Huitasse
Droit et avant sui ma trace.

Cette place a été élargie en vertu de lettres-patentes du mois de juillet 1779. — Une décision ministérielle du 23 brumaire an VIII, signée Quinette, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 22 m. Les maisons, nos 2, 4 et 6 sont alignées. Celles du côté opposé sont soumises à un fort retranchement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Eustache (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue Montmartre, nos 92 et 96 ; finit à la rue des Petits-Carreaux, nos 41 et 43. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 56. Sa longueur est de 248 m. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Cette rue fut ouverte au mois d’août 1634, en vertu d’un arrêt du conseil du 23 novembre 1633, registré au parlement le 5 juillet de l’année suivante. Elle fut bâtie sur l’emplacement des fossés de l’enceinte de Paris, construite sous les rois Charles V et Charles VI. En 1636 cette rue était presqu’entièrement bâtie. En 1641 elle prit le nom de rue Neuve-Saint-Eustache en raison de sa proximité du Petit-Saint-Eustache appelé depuis chapelle Saint-Joseph. — Une décision ministérielle du 23 brumaire an VIII, signée Quinette, avait fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Cette largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826. La maison no 5 est alignée. Les autres propriétés de ce côté devront subir un retranchement qui varie de 1 m. à 1 m. 50 c. Les constructions du côté des numéros pairs devront reculer de 1 m. 20 c. à 1 m. 80 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).


Évêque (rue de l’).

Commence aux rues des Frondeurs, no 5, et de l’Anglade, no 1 ; finit à la rue des Orties, nos 4 et 6. Le dernier impair est 21 le dernier pair, 20. Sa longueur est de 120 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Plusieurs titres provenant des archives de l’archévêché, constatent que cette rue était en partie construite au commencement du règne de Louis XIII. Elle était alors désignée sous le nom de Culloir. Celui de l’Évêque lui a été donné, parce qu’elle fut ouverte sur la haute voirie qui appartenait à l’évêque de Paris. — Une décision ministérielle, à la date du 18 fructidor an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826, cette largeur a été portée à 9 m. La maison no 4 est alignée. — Éclairage au gaz (compe Anglaise)


Février 1844.


----



Faron (impasse Saint-).

Située dans la rue de la Tixéranderie, no 49. Les premiers numéros commencent au fond de l’impasse. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 51 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

En 1295 c’était la rue de l’Esguillerie (des marchands d’aiguilles). En 1313 on la nommait rue de la Violette, puis Cul-de-Sac et rue des Juifs, ruelle Barentin ; en dernier lieu impasse Saint-Faron, en raison de l’hôtel des abbés de Saint-Faron qui y était situé. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette voie publique.


Fauconnier (rue du).

Commence aux rues du Figuier, no 2, et des Barrés ; finit à la rue des Prêtres-Saint-Paul, nos 13 et 15. Le dernier impair est 9 ; pas de numéro pair ; ce côté est bordé par la caserne de l’Ave-Maria. Sa longueur est de 108 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Au mois d’avril 1265, les béguines acquirent une maison en la censive de Tiron, rue aux Fauconniers. Guillot la met au nombre des rues habitées, en 1300, par des filles publiques. — Une décision ministérielle à la date du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchateau, avait fixé la largeur de cette rue à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m. par une ordonnance royale du 4 août 1838. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement. Portion d’égout du côté de la rue du Figuier.


Favart (rue).

Commence à la rue Grétry, nos 1 et 2 ; finit au boulevart des Italiens, nos 9 et 11. Le seul impair est 1 ; ce côté est bordé, en grande partie, par le théâtre de l’Opéra-Comique ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 147 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Des lettres-patentes, en date du 14 octobre 1780, autorisèrent et dénommèrent ce percement qui fut exécuté en 1781, sur les terrains appartenant à Étienne-François de Choiseul-Amboise, marquis de Stainville et de la Bourdaisière (voyez Opéra-Comique, théâtre de l’). La largeur de la rue Favart fut fixée à 30 pieds. Les constructions riveraines sont établies d’après cette dimension. — Portion d’égoût du côté de la rue Neuve-Saint-Marc. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Favart (Charles-Simon), poète dramatique, naquit le 13 novembre 1710, et mourut le 18 mai 1792.


Félibien (rue).

Commence à la rue Clément, no 1 ; finit à la rue Lobineau, no 2. Le dernier impair est 3. Pas de numéro pair ; ce côté est bordé par le marché Saint-Germain. Sa longueur est de 74 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette rue a été ouverte en 1817, sur l’emplacement de l’ancienne foire Saint-Germain-des-Prés. Conformément à une décision ministérielle du 12 novembre 1817, la rue Félibien a été exécutée sur une largeur de 11 m. 50 c. qui a été maintenue par une ordonnance royale du 12 mai 1841. — Portion d’égout.

Félibien (Michel), religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, était né à Chartres le 14 septembre 1666. Les échevins de Paris, informés de son mérite, le choisirent pour écrire l’histoire de cette ville. Félibien mourut à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, le 25 septembre 1719.


Femme-sans-Tête (rue de la).

Commence à la rue Saint-Louis, nos 78 et 80 ; finit au quai de Bourbon, nos 19 bis et 21. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 63 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Île-Saint-Louis.

Construite de 1614 à 1646, on ne la distinguait point alors de la rue Regrattier. Sa dénomination actuelle lui vient d’une enseigne représentant une femme sans tête et tenant un verre à la main. Au-dessous on avait écrit ces mots : Tout en est bon. — Une décision ministérielle du 24 frimaire an XIII, signée Champagny, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette dimension fut réduite à 7 m. par une autre décision ministérielle du 9 mai 1818. Enfin une ordonnance royale du 9 décembre 1838 a maintenu cette rue dans son état actuel. Sa moindre largeur est de 6 m. 80 c. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Louis jusqu’à la borne-fontaine.


Fer (galeries de).

Commencent à la rue de Choiseul, no 12 ; finissent au boulevart des Italiens, no 19. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

C’était autrefois le passage Boufflers, en raison de l’hôtel Boufflers, sur les dépendances duquel il avait été bâti. Incendié en 1828, il fut reconstruit en fer en 1829, par M. Lainé, entrepreneur. Depuis cette époque il porte la dénomination de Galeries de Fer.


Fer-à-Moulin (rue du).

Commence aux rues du Jardin-du-Roi, no 1, et des Fossés-Saint-Marcel, no 2 ; finit à la rue Mouffetard, nos 189 et 191. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 423 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette rue, qui faisait partie du bourg Saint-Marcel, fut construite au XIIe siècle. Elle porta quelque temps après le nom de rue au Comte-de-Boulogne, en raison des seigneurs de Boulogne qui possédaient un hôtel en cet endroit. Selon Sauval, elle a pris aussi la dénomination de rue de Richebourg, qu’elle a communiquée à un petit pont sur la Bièvre, nommé depuis pont aux Tripes. En 1713, cette rue divisée en deux parties avait deux dénominations : la première partie comprise entre la rue du Jardin-du-Roi et celle du Pont-aux-Biches, se nommait rue des Morts, parce qu’elle longeait le cimetière de Clamart ; la deuxième partie s’appelait rue Permoulin ; nous croyons que ce nom lui venait d’un propriétaire. En 1780, le nom de rue des Morts fut changé en celui de rue Muette ou de la Muette, et la dénomination de Permoulin fut remplacée parcelle de Fer-à-Moulin. À cette époque les marchandises destinées à l’hôpital général, arrivant ordinairement par eau, étaient déchargées sur un port situé près de la Gare. Pour les transporter à la maison Scipion, qui servait d’entrepôt à cet hôpital, on était obligé de prendre par la barrière Saint-Victor et de remonter ensuite plusieurs rues tortueuses du faubourg Saint-Marcel. Pour abréger la longueur du chemin, les administrateurs résolurent d’élargir la rue de la Muette, qui alors ne pouvait servir qu’aux piétons. À cet effet, ils proposèrent à l’administration de l’Hôtel-Dieu de leur laisser prendre sur le cimetière de Clamart autant de terrain qu’il leur serait nécessaire, pour donner à ladite ruelle 24 pieds de largeur, leur offrant en échange la même contenance à prendre sur l’emplacement qui leur appartenait, et qui était situé en face de la maison Scipion. Des lettres-patentes autorisèrent ainsi cet échange ; — « Louis, etc… — Article 1er. Approuvons et autorisons l’échange des terrains convenu entre les administrateurs de l’hôpital général de Paris, et les administrateurs de l’Hôtel-Dieu de la même ville, pour être exécuté aux clauses charges et conditions portées en leurs délibérations des 30 août, 5 septembre 1781 et 12 juin 1782. — Art. 2e. Il sera formé au lieu de la ruelle dite de la Muette, une nouvelle rue de même nom, pour l’établissement de laquelle il sera ajouté à l’emplacement et largeur actuelle de la d. ruelle, une lisière à prendre sur le terrain du cimetière de Clamart et sur celui appartenant à l’hôpital général, telle et ainsi qu’il est figuré au plan attaché sous le contr’scel des présentes, pour donner à la d. rue de ce côté, un alignement droit dans toute sa longueur, depuis la rue Saint-Victor (aujourd’hui du Jardin-du-Roi) jusqu’à la rue devant Scipion, et 24 pieds de largeur, etc. Donné à Versailles, le 14e jour de mars de l’an de grâce 1783, et de notre règne le 9e. Signé Louis. » — Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de ces deux voies publiques à 10 m. En 1806, lors du nouveau numérotage de Paris, elles furent réunies sous la seule et même dénomination de rue du Fer-à-Moulin. Une partie de la propriété no 5, la maison no 6 et le mur de clôture du cimetière de Clamart sont à l’alignement. — Égout entre les rues du Pont-aux-Biches et Mouffetard. — Conduite d’eau.


Ferdinand (rue).

Commence à la rue des Trois-Couronnes, nos 15 et 17 ; finit à la rue de l’Orillon, nos 6 bis et 8. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 252 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

C’était en 1789 une ruelle sans dénomination. En 1809, elle portait le nom de rue Ferdinand, qu’elle devait sans doute à un propriétaire riverain, — Une décision ministérielle du 18 avril de la même année, signée Cretet, a fixé à 10 m. la largeur de cette voie publique, dont l’alignement est tracé en une seule ligne droite pour chaque côté. Depuis cette époque elle a été considérablement élargie. Les propriétés nos 5, 9, 11, 21, 21 bis, 23, et de 4 à la fin, sont alignées. Pour procurer à la rue Ferdinand un débouché direct dans la rue des Trois-Couronnes, il faudrait traverser la propriété portant le no 17 sur cette voie publique.


Fermes (passage de l’Hôtel-des-).

Commence à la rue de Grenelle-Saint-Honoré, no 51 ; finit à la rue du Bouloi, no 24. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Ce passage a été construit sur l’emplacement de l’ancien hôtel des Fermes. On lit dans Sauval, qu’Isabelle Gaillard, femme du président Baillet, vendit deux maisons rue de Grenelle, à Françoise d’Orléans, veuve de Louis de Bourbon, premier prince de Condé. Cette vente fut faite en 1573. Cet hôtel passa ensuite à Charles de Soissons. L’amoureux gentilhomme se plaisait à répandre de tous côtés, sur les vitres, les plafonds et les lambris, d’ingénieux emblèmes, de galantes devises et ses chiffres enlacés avec ceux de Catherine de Navarre, sœur de Henri IV. En 1605 cette propriété fut vendue à Henri de Bourbon, duc de Montpensier. Henriette de Joyeuse, sa veuve, s’étant remariée au duc de Guise, la revendit en 1612 à Roger de Saint-Larri, duc de Bellegarde, grand écuyer de France, ce courtisan si aimable, si poli, cet amant chéri de Gabrielle d’Estrées, de mademoiselle de Guise et de tant d’autres. Le chancelier Séguier fit, en 1633, l’acquisition de cette superbe demeure qui devint, après la mort du Cardinal de Richelieu, l’asile des muses. Là, s’assemblèrent, les Racan, les Sarrazin et tous les beaux-esprits de l’époque. Le duc de Bellegarde avait fait agrandir cette résidence par le célèbre architecte Androuet du Cerceau ; Séguier l’embellit encore. Ce magistrat eut plusieurs fois l’honneur d’y recevoir Louis XIV et la famille royale. Cet hôtel fut ensuite occupé par la ferme générale. « Je ne passe jamais devant l’hôtel des Fermes, disait Mercier, l’auteur du Tableau de Paris, sans pousser un profond soupir. Je me dis : Là, s’engouffre l’argent arraché avec violence de toutes les parties du royaume pour qu’après ce long et pénible voyage, il rentre altéré dans les coffres du roi. Quel marché ruineux ! quel contrat funeste et illusoire a signé le souverain ! Il a consenti à la misère publique, pour être moins riche lui-même. Je voudrais pouvoir renverser cette immense et infernale machine qui saisit à la gorge chaque citoyen, pompe son sang, sans qu’il puisse résister, et le dispense à deux ou trois cents particuliers qui possèdent la masse entière des richesses. Chaque plume de commis est un tube meurtrier qui écrase le commerce, l’activité, l’industrie. La Ferme est l’épouvantail qui comprime tous les desseins hardis et généreux. On ne songe plus dans cette anarchie qu’à se jeter dans le parti des voleurs ; et l’horrible finance se soutient par ses déprédations mêmes !… Là, enfin on tient école de pillages raffinés ! Là, on offre des plans plus oppressifs les uns que les autres. La finance est le ver solitaire qui énerve le corps politique. Ce ver absorbe les principaux sucs, fait naître de fausses faims et tue enfin le sein qui le renferme ! » — L’hôtel des Fermes devint propriété nationale et fut vendu le 19 fructidor an IV. Il est occupé maintenant par des messageries, par une imprimerie, et les bureaux du journal le Courrier Français.


Férou (impasse).

Située dans la rue Férou, no 24. Sa longueur est de 69 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

C’était anciennement la rue Saint-Pierre, parce qu’elle conduisait à une chapelle de ce nom. En 1680, elle fut convertie en impasse. Sa dénomination actuelle lui vient de la rue Férou. — Une décision ministérielle du 16 octobre 1817, a fixé la largeur de cette impasse à 7 m. Elle est aujourd’hui fermée par une grille.


Férou (rue).

Commence à la place Saint-Sulpice, no 3 ; finit à la rue de Vaugirard, nos 48 et 50. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 144 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Jusqu’en 1500, le bourg de Saint-Germain, du côté méridional, était limité par l’église Saint-Sulpice. Les vastes emplacements qui avoisinaient cet édifice consistaient alors en terres labourables, clos et jardins enfermés par des murs ou des haies. L’un de ces clos, qui se trouve aujourd’hui circonscrit par les rues Férou, de Vaugirard, du Pot-de-Fer et la place Saint-Sulpice, appartenait depuis longtemps à la famille Férou. En 1500, maître Étienne Férou, procureur, était encore propriétaire d’une grande partie de ce clos, sur lequel on forma peu de temps après la rue qui porte son nom. — Une décision ministérielle du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa à 8 m., la largeur de cette rue, dont une assez grande partie a été supprimée pour l’agrandissement de la place Saint-Sulpice. En vertu d’une ordonnance royale du 12 mai 1841, la largeur de la rue Férou est portée à 12 m. Une partie de la propriété no 9 devra avancer sur ses vestiges actuels ; la maison no 11 devra reculer de 3 m. 20 c. environ. Les autres constructions de ce côté sont soumises à un retranchement qui varie de 4 m. 20 c. à 7 m. 20 c. Sur le côté opposé, le séminaire est aligné, et le plus fort retranchement à opérer sur les autres propriétés n’excède pas 2 m. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Française).


Ferronnerie (rue de la).

Commence à la rue Saint-Denis, no 87 ; finit aux rues des Déchargeurs, no 20, et de la Lingerie, no 2. Le dernier impair est 39 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 120 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Avant saint Louis, c’était la rue de la Charonnerie (vicus Karonnorum). Ce roi ayant permis à de pauvres ferrons (marchands de fers) d’occuper les places qui régnaient le long des Charniers, la rue prit à cette occasion le nom de la Ferronnerie. Un titre de l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs, de 1229, constate cette dénomination. Ces ferrons bâtirent quelque temps après des boutiques en bois. En 1474, Louis XI accorda ce même emplacement aux marguilliers des Saints-Innocents, et leur permit d’y faire construire plusieurs petits bâtiments en bois, ayant la même largeur que les auvents qu’ils devaient remplacer. À ces constructions légères succédèrent bientôt de véritables maisons qui obstruèrent tellement cette rue, que le roi Henri II voulut y remédier par son édit du 14 mai 1554. La négligence des prévôt des marchands et échevins causa plus tard un grand malheur. Le vendredi 14 mai 1610, à quatre heures après midi, le roi Henri IV se rendait du Louvre à l’Arsenal, et passait par la rue de la Ferronnerie. Un embarras de voitures ayant arrêté son carrosse, ses valets de pied quittèrent la rue et passèrent par une des galeries du charnier des Innocents. Dans ce moment, le roi se penchait pour causer avec le duc d’Épernon ; alors un homme s’avance, monte sur les roues de la voiture, porte au roi, à l’endroit du cœur, un coup de couteau qui lui arrache ces mots, les derniers qu’il ait prononcés : « Je suis blessé ! » Sans se déconcerter, l’assassin donne un second coup ; le premier était mortel, le second ne l’était pas ; un troisième est encore porté, mais le roi parvint à l’esquiver. — « Chose surprenante (dit l’Estoile), nul des seigneurs qui étaient dans le carrosse n’a vu frapper le roi, et si ce monstre d’enfer eût jeté son couteau, on n’aurait su à qui s’en prendre, mais il s’est tenu là pour se faire voir et pour se glorifier du plus grand des assassinats. » — Par une coïncidence bizarre, l’édit de Henri II, qui prescrivait l’élargissement de la rue de la Ferronnerie, avait été rendu le 14 mai 1554, et Henri IV fut assassiné le 14 mai 1610. Cette perte cruelle ne servit pourtant pas de leçon, et la rue ne fut élargie qu’en 1671, conformément à l’arrêt du conseil dont nous transcrivons un extrait :

« Le roi ayant aucunement esgard aux requestes qui luy ont esté présentées par les doyens, chanoines et chappitre de Saint-Germain-l’Auxerrois, a ordonné et ordonne que suivant leurs offres, ils feront travailler incessamment à leurs dépens, à l’ouverture et eslargissement de la rue de la Ferronnerie en toute sa longueur, et à la construction des maisons qui termineront lad. rue du costé du cimetière des Saincts-Innocents, et pour cet effet, ordonne sad. Majesté, que lad. rue sera eslargie et conduitte en droitte alignement, depuis l’extrémité et encoignure de lad. rue de la Lingerie jusqu’à l’autre extrémité du costé de la rue Saint-Denis, à chacune desquelles extrémitez aura lad. rue trente pieds de largeur, et pour ce faire seront démolies les petites maisons, boutiques et échoppes qui sont en lad. rue de la Ferronnerie, adossées contre les murs du charnier dud. cimetière, etc…, et pour terminer lad. rue de la Ferronnerie, du costé dud. cimetière, sera faitte une fassade de bastiment de pierre de taille de douze corps de logis double, outre un demy qui sera à chaque bout, lesquels corps de logis seront de trente trois pieds de profondeur chacun hors d’œuvre par bas et outre ce auront trois pieds de saillie audedans dud. cimetière et au-dessus du charnier, desquels corps de logis la face du costé de la rue de la Ferronnerie sera accompagnée d’ornement d’architecture, conformément au plan et dessein qui sera paraphé, etc… Ordonne sad. majesté qu’au lieu des charniers qui sont présentement, en seront bastis d’autres au-dessous desd. corps de logis, etc. Fait au conseil d’État du roy, le 18e octobre 1669. Signé Pussort, Séguier, Colbert. »

Avant la révolution, près de l’endroit où l’assassinat de Henri IV fut commis, dans la rue Saint-Honoré, un propriétaire plaça sur sa maison, qui porte le no 3, le buste du Béarnais, au bas duquel il fit graver l’inscription suivante :

Henrici-Magni recreat presentia cives,
Quos illi æterno fœdere junxit amor.

Enlevée pendant la révolution, elle fut replacée vers 1816. — Une décision ministérielle du 28 messidor an V, signée Benezech, avait fixé à 12 m. la moindre largeur de la rue de la Ferronnerie. En vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, cette moindre largeur est portée à 16 m. 60 c. Les maisons de 1 à 15 devront reculer de 4 m. 10 c. à 6 m. 60 c. ; celles nos 17, la maison à l’encoignure gauche de la rue Sainte-Opportune et les propriétés 27, 33 et 35 ne sont pas soumises à retranchement. Toutes les constructions du côté des numéros pairs, exécutées suivant l’arrêt du 18 octobre 1669, sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Fers (rue aux).

Commence à la rue Saint-Denis, no 89 ; finit aux rues de la Lingerie et du Marché-aux-Poirées, no 2. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par le marché des Innocents ; le dernier pair est 50. Sa longueur est de 118 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Cette rue comptait déjà quelques habitations en 1250. Plusieurs opinions ont été avancées sur son étymologie. Jaillot prétend que son véritable nom est celui de rue au Fèvre, qu’on écrivait rue au Feure ; la consonne v ne se distinguait point alors de la voyelle u ; dans ce sens, le mot fèvre signifiait un artisan, un fabricant, en latin faber. Un autre savant, Saint-Victor, a pensé que le mot feurre signifiait paille. Nous croyons devoir adopter cette seconde opinion ; en voici le motif : Lorsque Philippe-Auguste eut terminé la construction des halles sur le territoire de Champeaux, ces nouveaux marchés centralisèrent de ce côté tout le commerce parisien. D’anciennes rues ou plutôt d’anciens chemins où l’on ne voyait çà et là que de chétives habitations où se cachaient des Juifs, se peuplèrent tout à coup. De nouvelles rues furent bâties, et chacune d’elles, habitée par un corps, par une seule espèce de marchands, prit le nom de la marchandise qu’on y débitait ; de là, les dénominations de la Chanverrerie, de la Cordonnerie, de la Poterie, de la Fromagerie, de la Tonnellerie, etc… Nous croyons que la rue qui nous occupe, bâtie à peu près à la même époque que les précédentes, tira comme elles sa dénomination du genre de commerce qu’on y exploitait. On l’appela donc rue au Feurre ou Feure, parce qu’on y vendait alors du foin, de l’avoine et de la paille. — Une décision ministérielle du 5 mai 1812, signée Montalivet, a fixé la largeur de cette voie publique à 12 m. Les propriétés de la rue aux Fers sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 30 c. à 3 m. 50 c. — Portion d’égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).


Feuillade (rue de la).

Commence à la place des Victoires, nos 4 et 6 ; finit aux rues de Lavrillière, no 10, et des Petits-Pères, no 2. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 55 m. — Les impairs sont du 4e arrondissement, quartier de la Banque. Les pairs du 3e arrondissement, quartier du Mail.

On la nomma d’abord rue des Jardins. On lui donna, en 1685, le nom de la Feuillade, en l’honneur de François, vicomte d’Aubusson, duc de la Feuillade, pair et maréchal de France, auquel nous devons la construction de la place des Victoires. — Une décision ministérielle à la date du 3 fructidor an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 23 juillet 1828, ont fixé la largeur de cette voie publique à 11 m. La maison no 5 est alignée. Les autres constructions de ce côté ne sont soumises qu’à un faible retranchement. Les propriétés du côté des numéros pairs devront reculer de 1 m. 20 c. environ. — Conduite d’eau depuis le passage des Petits-Pères jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compes Française et Anglaise).


Feuillantines (impasse des).

Située dans la rue Saint-Jacques, entre les nos 261 et 263. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 143 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Elle tire son nom des religieuses Feuillantines qui avaient leur couvent dans cette impasse, au no 12. Le 30 frimaire an XIV, le ministre Champagny a décidé que cette impasse serait convertie en une rue de 10 m. de largeur, qui déboucherait dans la rue à ouvrir en prolongement du petit axe du Panthéon (voyez l’article de la rue d’Ulm). — Cette disposition, confirmée par une décision ministérielle du 17 novembre 1818, n’est pas encore exécutée. Tout le côté droit et une partie du côté gauche sont à l’alignement.

Le couvent des Feuillantines fut fondé vers 1622. Anne Gobelin, veuve du sieur d’Estourmel de Plainville, capitaine des gardes du roi, forma le projet d’attirer des Feuillantines à Paris. Prévoyant les difficultés qu’elle éprouverait de la part des Feuillants, elle détermina la reine Anne d’Autriche à écrire à ces religieux. Cette lettre eut un plein succès. Le 30 juillet de cette année, les supérieurs firent partir de Toulouse six religieuses qui arrivèrent à Paris au mois de novembre suivant. Elles descendirent chez les Carmélites, d’où elles furent conduites en grande pompe par trente religieux Feuillants à la maison qui leur était destinée. Madame d’Estourmel acheva de consolider cet établissement par un don de 27,000 livres et une rente de 2,000 livres qu’elle leur assura. L’église fut bâtie et dédiée en 1719 et la dépense couverte au moyen d’une loterie accordée par arrêt du conseil du 29 mars 1713. Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale. Une partie du jardin des Feuillantines a été vendue le 2 fructidor an IV, par le domaine de l’État. Les bâtiments furent cédés, sous le directoire, en échange de l’hôtel de Castries.


Feuillet (passages).

Le premier commence à la rue des Écluses-Saint-Martin, nos 22 et 24 ; finit à la rue du Canal-Saint-Martin, nos 7 et 9. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 6. Le deuxième commence au quai de Jemmapes, no 175 ; finit au premier passage. Un seul impair, qui est 1 ; pas de numéro pair. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Vers 1830, M. Alceandre Delessert fit ouvrir sur ses terrains deux rues de chacune 12 m. de largeur. Ce propriétaire n’ayant pas exécuté les conditions imposées par l’administration municipale, les deux percements ont été fermés par des grilles. Ils ne sont pas reçus au nombre des voies publiques de Paris, et doivent leur dénomination actuelle à un propriétaire riverain.


Fèves (rue aux).

Commence à la rue de la Vieille-Draperie, nos 5 et 7 ; finit à la rue de la Calandre, nos 14 et 16. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 93 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Les plus anciens titres qui mentionnent cette voie publique sont des lettres de Saint-Louis, datées de 1260, par lesquelles il cède 30 sols de cens sur une maison rue aux Febvres près de Saint-Martial. En effet, cette voie publique était alors habitée par des marchands ou fabricants de draps, qu’on nommait les Febvres. C’est par corruption qu’elle porte aujourd’hui le nom de rue aux Fèves. — Une décision ministérielle à la date du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. La propriété située sur le côté des numéros impairs, à l’encoignure droite de la rue de Constantine, et la maison no 9 ne sont pas soumises à retranchement. Celle no 11 ne devra subir qu’un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Vieille-Draperie jusqu’aux deux bornes-fontaines.


Feydeau (rue).

Commence aux rues Montmartre, no 153, et Saint-Marc, no 1 ; finit à la rue de Richelieu, nos 80 et 82. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 241 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

En 1675, elle portait le nom de rue Neuve-des-Fossés-Montmartre. Quelques années après elle prit la dénomination de rue Feydeau, qu’elle doit à une famille célèbre dont plusieurs membres ont occupé les premières charges de la magistrature. — Une décision ministérielle à la date du 5 germinal an VI, signée Letourneux, et une ordonnance royale du 4 mai 1826, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Les propriétés nos 1, 30, 32 et 34, sont seules soumises à retranchement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Fiacre (impasse Saint-).

Située dans la rue Saint-Martin, entre les nos 23 et 25. Pas de numéro. Sa longueur est de 20 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Dans le censier de Saint-Merri, à l’année 1412, on lui donne le nom de ruelle Saint-Fiacre ; elle aboutissait alors à la rue de la Vieille-Courroirie, (aujourd’hui des Cinq-Diamants). Elle a été convertie en impasse en 1648. Il n’existe pas d’alignement pour cette voie publique, dont la largeur actuelle varie de 1 m. 70 c. à 2 m. Elle a été fermée par une grille, en vertu d’une décision ministérielle du 8 décembre 1843.


Fiacre (rue Saint-).

Commence à la rue des Jeûneurs, nos 4 et 6 ; finit au boulevart Poissonnière, nos 9 et 11. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 171 m. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Elle doit son nom au fief Saint-Fiacre, sur lequel elle a été bâtie. Déjà connue en 1630, on l’appelait quelquefois alors rue du Figuier. Nous rapportons ici le dispositif d’une permission accordée par les trésoriers de France, le 3 septembre 1699, relativement à la fermeture de cette voie publique. — « Nous, attendu qu’il nous appert que la rue Saint-Fiacre est peu praticable, qu’elle est remplie d’immondices et sert de retraite aux vagabonds, avons permis et permettons de la faire fermer par deux portes ou grilles de fer, l’une du costé du cours et l’autre environ à 12 toises de long de la d. rue où finit le pavé d’icelle, par la rue des Jeux-Neufs ; lesquelles portes ou grilles seront ouvertes pendant le jour et fermées tous les soirs, etc. Signé Rabouin. » Trois arrêts du conseil d’État, des 24 août 1715, 20 juin et 3 août 1716, prescrivirent de nouveau la fermeture de cette ruelle. Une délibération du bureau de la Ville, du 7 juin 1749, maintint cette disposition, et les grilles ne furent enlevées qu’à la fin du siècle dernier. — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826. Depuis cette année jusqu’en 1835, la rue Saint-Fiacre a été considérablement élargie. Les maisons nos 1, 3, 5, 7, 9, 16, 18 et 20 sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue des Jeûneurs. — Éclairage au gaz (compe Française).


Fidélité (place de la).

Située en face de l’église Saint-Laurent. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 10. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Un arrêté du Directoire exécutif, du 3 frimaire an VI, approuva la formation de cette place. Le 25 du même mois, le domaine de l’État aliéna un terrain faisant partie du cimetière Saint-Laurent. Dans le contrat de vente il est dit : « Que l’acquéreur sera tenu de se conformer aux alignements arrêtés par la commission des travaux publics, lorsqu’il en sera requis et ce sans indemnité. » Un deuxième contrat du 7 messidor an VI, pour la vente d’un terrain provenant de la cure Saint-Laurent, porte l’obligation suivante : « Par suite du percement de la nouvelle rue dans le terrain des ci-devant sœurs-grises et du projet de la place demi-circulaire, l’acquéreur sera tenu de fournir le terrain tel qu’il est déterminé sur le plan, etc… » — Cette voie publique a reçu le nom de place de la Fidélité, en vertu d’un arrêté de l’administration centrale du département de la Seine, en date du 4 nivôse an VII. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).


Fidélité (rue de la).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 125 et 127 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Denis, nos 100 et 102. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 261 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

1re partie comprise entre la place de la Fidélité et la rue du Faubourg-Saint-Denis. — Elle a été ouverte sur les terrains et bâtiments formant autrefois la communauté des Filles de la Charité. Vincent de Paul et Louise de Marillac fondèrent cet établissement dans une maison située près de Saint-Nicolas-du-Chardonnet ; cette communauté fut transférée à la Villette au mois d’avril 1636. Louise de Marillac désirant se rapprocher de la maison de Saint-Lazare, acheta, le 1er avril 1653, des supérieurs de cette congrégation, plusieurs propriétés situées dans la rue du Faubourg-Saint-Denis. Des lettres-patentes du 14 novembre 1757, registrées au parlement le 16 décembre 1758, confirmèrent cet établissement auquel l’humanité souffrante devait déjà de si grands soulagements. Ces religieuses, nommées vulgairement sœurs-grises, se consacraient au service des pauvres. Elles avaient établi dans un de leurs bâtiments une pharmacie où l’on pansait tous les blessés, et deux écoles pour les enfants de la paroisse. Ces saintes filles distribuaient aussi chaque semaine 1,200 livres de pain aux pauvres de tous les quartiers de Paris. Enfin leur maison servait de retraite aux sœurs que leur âge ou des infirmités rendaient incapables de continuer plus longtemps leurs pénibles travaux. Cette admirable institution fut supprimée en 1792. Malgré les efforts du bureau général de bienfaisance de la commune de Paris, qui désirait faire rentrer cette maison dans le domaine des pauvres, les bâtiments et dépendances, devenus propriétés nationales, furent mis en vente. Les actes d’aliénation des 27 brumaire et 4 frimaire an V, les procès-verbaux de mise en possession des 28 et 29 vendémiaire de la même année, imposèrent aux acquéreurs l’obligation de livrer sans indemnité le terrain nécessaire pour l’ouverture d’une rue projetée. Le plan fut définitivement approuvé par un arrêté du directoire exécutif du 3 frimaire an VI, qui fixa la largeur de cette portion de rue à 9 m. 75 c.

2e partie comprise entre la rue du Faubourg-Saint-Martin et la place de la Fidélité. — Elle a été formée sur l’emplacement de deux propriétés nationales provenant de la fabrique Saint-Laurent. Les actes de vente, qui portent les dates des 4 messidor an V et 7 messidor an VI, obligeaient les acquéreurs à livrer sans indemnité le terrain nécessaire au percement de cette partie de rue. En vertu d’un arrêté de l’administration centrale du département de la Seine, en date du 4 nivôse an VII, cette voie publique reçut la dénomination de rue de la Fidélité, en raison de sa proximité de l’église Saint-Laurent, appelée alors temple de l’Hymen et de la Fidélité. En 1803, cette voie publique ne débouchait pas encore dans la rue du Faubourg-Saint-Martin, et le percement ne fut complété qu’en 1806. — Conduite d’eau depuis la place jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe de Belleville),

Il nous reste à dire quelques mots sur les sœurs de la Charité. Une maison, chef-lieu de leur ordre, fut dans la suite rétablie dans la rue du Vieux-Colombier, no 15, et en 1813, dans la rue du Bac, no 132, à l’ancien hôtel de la Vallière. On compte aujourd’hui 2,500 sœurs de la Charité. Elles sont distribuées dans les paroisses où elles dirigent gratuitement les écoles des jeunes filles, soignent les malades et portent des secours à domicile. Elles desservent aussi presque tous les hôpitaux de Paris.


Fidélité (rue Neuve-de-la).

Commence à la rue Neuve-Saint-Jean, nos 14 et 16 ; finit à la rue de la Fidélité, nos 7 et 9. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 268 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Lorsque la ville de Paris fit construire l’aqueduc Saint-Laurent, elle fut obligée de traiter avec plusieurs propriétaires, de l’acquisition des terrains que cet aqueduc devait traverser. Les constructions terminées, l’administration vendit les emplacements qu’elle n’avait point utilisés. Les acquéreurs des terrains compris entre la rue de la Fidélité et le passage du Désir, se hâtèrent de construire les maisons qui formèrent l’impasse de la Fidélité ; mais ces nouveaux propriétaires ne s’étaient point occupés de l’écoulement des eaux, et cette négligence compromettait la santé publique. L’administration alors forma le projet de convertir cette impasse en une rue, au moyen de son prolongement jusqu’à la rue Neuve-Saint-Jean. L’ordonnance royale qui autorisa cette amélioration est à la date du 2 décembre 1829 et renferme les dispositions suivantes : L’impasse de la Fidélité sera convertie en une rue de 10 m. de largeur, au moyen du prolongement de ladite impasse jusqu’à la rue Neuve-Saint-Jean. Le préfet du département est autorisé à accepter, au nom de la Ville, les offres faites par les propriétaires riverains et voisins de l’impasse, suivant les deux soumissions qu’ils ont souscrites : 1o de concourir pour une somme de dix-huit mille francs aux dépenses que l’exécution de ce projet exigera ; 2o à acquérir des sieurs Grouvelle, Margarittis, Julmasse, Ollive et Chevalier, aux prix portés dans leurs offres, les portions de terrains nécessaires à la prolongation de l’impasse. Le surplus de la dépense, évalué à la somme de cinquante-trois mille francs, sera supporté par la Ville, aux frais de laquelle sera construite en outre une portion d’égout, pour dessécher le puisard établi dans la propriété des sieurs Margarittis et Julmasse et en conduire les eaux jusqu’à l’aqueduc Saint-Laurent. Les propriétaires riverains, tant de l’impasse que de son prolongement, seront tenus de supporter, chacun devant sa propriété et en raison de l’étendue de sa façade, les frais des travaux de nivellement du sol et du premier établissement du pavage, etc… Ce prolongement fut immédiatement exécuté, et la nouvelle communication reçut, en vertu d’une décision ministérielle du 11 novembre 1833, le nom de rue Neuve-de-la-Fidélité. Les propriétés riveraines sont alignées, à l’exception de celle no 19 qui devra subir un faible retranchement. — Égout. — Conduite d’eau.


Figuier (rue du).

Commence aux rues de l’Hôtel-de-Ville, no 2, et du Fauconnier, no 1 ; finit à la rue des Prêtres-Saint-Paul, nos 21 et 23. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 116 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Dès l’année 1300, cette rue était construite et habitée. Elle portait le nom de rue du Figuier, qu’elle conserve encore aujourd’hui. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. Cette moindre largeur a été portée à 11 m., en vertu d’une ordonnance royale du 4 août 1838. L’hôtel de Sens est maintenu sur ses vestiges. Toutes les autres constructions devront subir un retranchement considérable.