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les établissements utiles créés à chaque époque témoignent assez de leur zèle et de leur intelligence. Le 14 juillet 1789, jour de la prise de la Bastille, un comité municipal, composé des échevins et des électeurs des députés aux états généraux, était réuni, sous la présidence du prévôt des marchands, dans la grande salle de l’Hôtel-de-Ville. L’émeute grondait dans la rue.

Dans la situation difficile où le plaçait la crise imminente qui se préparait, Jacques de Flesselles avait cru devoir continuer ses fonctions et favorisait secrètement les projets de la cour. Vivement interpellé par un des électeurs sur ses dangereuses relations, le prévôt balbutia, puis quitta la salle pour se rendre au Palais-Royal. Il atteignait à peine le bas de l’escalier de l’Hôtel-de-Ville, lorsqu’un jeune homme lui tira à bout portant un coup de pistolet. Flesselles tombe mortellement blessé, son cadavre est traîné dans la boue et sa tête, séparée du corps, est promenée dans les rues de Paris. Telle fut la fin du dernier prévôt des marchands.


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Liste chronologique


des prévôts des marchands et échevins de la ville de Paris depuis 1268 jusqu’en 1789.


Prévôts
Échevins
1268.
Jehan AUGIER.
Lazare-295-Jehan Augier-coat of arms.jpg
1276.
Guillaume PISDOÉ.
Lazare-295-Guillaume Pisdoé-coat of arms.jpg
1280.
Guillaume BOURDON.
Lazare-295-Guillaume Bourdon-coat of arms.jpg
1280.
Jehan Augier (neveu du prévôt) ; Jehan Barbette ; Jehan Arrode ; Jehan Bigues.
1289.
Jehan ARRODE.
1293.
Jehan POPIN.
1293.
Thomas de Saint-Benoast ; Estienne Barbette ; Adam Paon ; Guillaume Pisdoé.
1296.
Guillaume BOURDON, réélu.
1296.
Adam Paon ; Thomas de Saint-Benoast ; Estienne Barbette ; Guillaume Pisdoé.
1298.
Estienne BARBETTE.
1304.
Guillaume PISDOÉ,
réélu.
1304.
Jehan Gentien.
1314.
Estienne BARBETTE.
1321.
Jehan GENTIEN.
1355.
Jean CULDOÉ.
Maître
Estienne MARCEL.
1359.
Jean DESMARETS.
1371.
Jean FLEURY.

Le 27 janvier 1382, le roi Charles VI, pour punir les Parisiens de la révolte des Maillotins, supprima la prévôté des marchands et en réunit les attributions à la prévôté de Paris, alors confiée à messire Audouyn Chauveron, auquel succédèrent en 1388, Messire Jean de Folleville ; en 1389, Jean Juvénal des Ursins ; en 1404, Charles Culdoé.

Par lettres-patentes en forme d’édit du 27 janvier 1411, Charles VI rendit à la ville de Paris la prévôté des marchands, l’échevinage, etc.

Sire Pierre GENTIEN,
fut élu prévôt des marchands.
Maître Jean de Troyes ; Jean de Lolive ; Denis de Saint-Yon ; Robert de BELLON.
1411.
(Sire Pierre Gentien quitte sa place de prévôt des marchands.)
André d’ESPERNON
est élu.
1412.
Pierre Augier ; Guillaume Kiriasse.
1413.
Sire Pierre GENTIEN est remis en sa place le 9 septembre.
1413.
Guillaume Kiriasse ; Jean Marceau.
1414.
André d’Espernon ; Pierre de Grandrues.
1415 (10 octobre).
Philippe de BRÉBANT.
1415 (10 octobre).
Jean de Louviers (le Jeune) ; Regnault Pisdoé.
1416.
Estienne de Bonpuis ; Jean du Pré.
1417 (12 septembre).
Sire Guillaume KIRIASSE.
1417 (12 septembre).
Simon de Terrennes ; Henri Moloue.
1418 (6 juin).
Noël PRÉVOST.
1418 (6 juin).
Pierre Voyer ; Michel Thibert ; Marcelet Testart ; Jean de Louviers.
1419 (26 décembre).
Maître Hugues LE COQ.
Lazare-296-Hugues Le Coq-coat of arms.jpg
1419.
Imbert des Champs ; Jean de Saint-Yon.
1420.
Sire
Guillaume SANGUIN.
1420.
Sire Jean de Lolive ; Jean de Dammartin.
1421.
Maître
Hugues RAPIOULT.
1421.
Jean de Cerisy ; Jean de Compans.
1422.
Garnier de Saint-Yon ; Jean de Bellon.
1423.
Raoul Dourdin ; Jean de La Poterne.
(La suite des échevins manque pendant cinq années.)
1429.
Imbert des Champs ; Jean de Dampierre ; Raymond Marc ; Nicolas de Neufville.
1430.
Marcelet Testart ; Guillaume de Troyes.
1431.
Robert Climent ; Henri Aufroy.
1432.
Louis Gobert ; Jacques de Roye.
1433.
Garnier de Saint-Yon ; Jean de la Poterne.
1434.
Louis Gellée ; Luques Dupleis.
1435.
(Les noms manquent.)
La Période de 1422 à 1436, pendant laquelle manquent la suite entière des prévôts des marchands et une partie de celle des échevins, embrasse tout le temps de l’occupation de la capitale par les Anglais. Cette ville ne rentra sous l’obéissance de Charles VII que le mercredi 23 juillet 1436.
Sire Michel LAILLIER, qui contribua à l’expulsion des Anglais, fut élu prévôt des marchands.
Jean de Bellon ; Nicolas de Neufville ; Pierre des Landes ; Jean de Grandrues.
1437.
Simon du Martray ; Jean Luillier.
1438.
Sire
Pierre des LANDES.
1438.
Jean de Grandrues (continué) ; Jean Augier ; Jean Thiessac ; Jacques de La Fontaine.
1439.
Nicolas Bailly ; Jean de La Porte.
1440.
Pierre des Landes
(continué).
1440.
Michel Culdoé ; Jean de Calais.
1441.
Guillaume Nicolas ; Jean de Livres.
1442.
Pierre des LANDES
(continué).
1442.
Nicolas de Neufville ; Jean de Marle.
1443.
Jean Luillier, réélu ; Jacques de La Fontaine, réélu.
1444.
Maître Jean BAILLET,
conseiller au parlement.
1444.
Nicolas de Louviers ; Jean de Chanteprime.
1445.
Jean Luillier, réélu ; Jacques de La Fontaine, réélu.
1446.
Jean BAILLET (continué).
1446.
Pierre de Vaudetart ; Jacques de Camlers.
1447.
Jean Luillier, réélu ; Michel de Camlers ; Germain de Braque, élu en remplacement de Jean Luillier.
1448.
Jean Baillet (continué).
1448.
Guillaume Nicolas ; Enguerrand de Thumery.
1449.
Jean de Marle ; Nicolas de Louviers.

Le lundi 17 août 1450, les prévôt des marchands, échevins, conseillers, quartiniers et bourgeois de Paris, réunis en assemblée solennelle à l’Hôtel-de-Ville sous la présidence de M. Arnould de Marle, conseiller du roi et président de la cour du parlement, arrêtent : « Que conformément aux anciens usages et enseignements cités par le procureur du roy et de la ville, et contrairement à l’avis de plusieurs qui soutenoient qu’on pouvoit élire les prévôt et échevins d’une autre nation que Paris, on procéderoit à l’élection d’un prévôt des marchands et de deux échevins le lendemain de l’Assomption de Notre-Dame, 16 d’aoust, qui seroient natifs de Paris et non d’ailleurs ainsi qu’il étoit accoutumé. »

Et furent élus ce jour-là :

Maître Jean BURREAU, trésorier de France.
Nicolas Bailly ; Jean Chesnard.
1451.
Germain de Braque ; Henri de La Cloche.
1452 (19 août).
DREUX-BUDÉ, audiencier de France.
1452.
Hugues Ferret ; Jean Le Riche.
1453.
Henri de La Cloche (continué) ; Arnault de Luillier.
1454.
DREUX-BUDÉ (continué).
1454.
Hugues Ferret (continué) ; de Clerbourg.
1455.
Pierre Gallié ; Philippe Lallement.
1456 (16 août).
Maître
Jean de Nanterre, président aux requêtes.
1456.
Jacques de Hacqueville ; Michel de La Grange.
1457.
Pierre Gallié ; Michel Laisié.
1458 (16 août).
Jean de NANTERRE (continué).
1458.
Guillaume Le Maçon ; Jacques d’Erpy.
1459.
Jean de Clerbourg ; Pierre Mesnard.
1460.
Maître
Henri de LIVRES.
1460.
Jacques de La Fontaine ; Antoine de Vauboulon.
1461.
Hugues Ferret ; Henry de Paris.
1462.
De LIVRES (continué).
1462.
Germain de Braque ; Guillaume de Longuejoue.
1463.
Jean de Clerbourg ; André d’Azy.
1464.
De LIVRES (continué).
1464.
Jean de Harlay, chevalier du guet ; Denis Gilbert.
1465.
(Pas d’élection à cause des guerres.)
1466.
Sire
Michel de LA GRANGE, seigneur de Trianon, maître de la chambre aux deniers du roi, et général des monnaies.
1466.
Nicolas Potier ; Gérard de Vauboulon.
1467.
Pierre Gallié ; Jacques de Hacqueville.
1468 (16 août).
Sire
Nicolas de LOUVIERS, seigneur de Cannes, conseiller du roi et maître de ses comptes.
1468.
Pierre Mesnard ; Denis-le-Breton.
1469.
Jean de Harlay, réélu ; Arnault de Cambray.
1470.
Sire Denis HESSELIN, écuyer, panetier du roi.
1470.
Denis-le-Breton (continué) ; Simon de Grégy.
1471.
Jean Colletier ; Jean des Portes.
1472.
HESSELIN (continué).
1472.
Jean de Brebant ; Gancher Hébert.
1473.
Jean Colletier (continué) ; Jacques Le Maire.
1474.
Sire
Guillaume LE COMTE, conseiller du roi et grainetier de Paris.
1474.
Germain de Marle ; Guillaume Le Jay.
1475.
Jean Colletier (continué) ; Jean des Portes.
1476.
Maître
Henri de LIVRES, conseiller du roi.
1476.
Germain de Marle ; Jean des Vignes.
1477.
Jean Colletier (continué) ; Henri Le Breton.
1478.
De LIVRES (continué).
1478.
Germain de Marle ; Jean des Vignes (continué).
1479.
Jean Colletier (continué) ; Simon de Neufville.
1480.
De LIVRES (continué).
1480.
Jean des Vignes (continué) ; Imbert Luillier.
1481.
Jean Colletier (continué) ; Simon de Neufville (continué).
1482.
De LIVRES (continué).
1482.
Imbert Luillier ; Nicolas du Hamel.
1483.
Jean Colletier (continué) ; Simon de Neufville.
1484.
Maître
Guillaume de LA HAYE, conseiller du roi et président des requêtes du palais.
1484.
Gancher Hébert ; Jacques Nicolas.
1485.
Jean de Harlay ; Jean de Ruel.
1486
Maître Jean du DRAC, vicomte d’Ay et seigneur de Mareuil.
Lazare-298-Jean du Drac-coat of arms.jpg
1486.
Guillaume de Hacqueville ; Jacques Vaulquier.
1487.
Denis Thumery ; Nicolas Ferret.
1488.
Du DRAC (continué).
1488.
Jacques Testes ; Louis de Montmiral.
1489.
Gancher Hébert ; Jacques Vaulquier.
1490.
Maître
Pierre POIGNANT, conseiller au parlement.
1490.
Simon Malingre ; Charles Le Coq, général des monnaies.
1491.
Pierre de La Poterne ; Jean Le Lièvre.
1492.
Maître
Jacques PIÉDEFER, avocat en parlement.
1492.
Jacques Vaulquier ; Raoul de Hacqueville.
1493.
Pierre Raoulin ; Jean Brulart.
1494.
Nicolas VIOLE, correcteur des comptes.
1494.
Pierre de Ruel ; Jacques Nicolas.
1495.
Jean des Landes ; Audry Guyart.
1496.
Maître
Jean de MONTMIRAL, avocat en parlement.
1496.
Jean Le Jay ; Michel Le Riche.
1497.
Étienne Boucher ; Simon Aimé.
1498.
Maître
Jacques PIÉDEFER, avocat en parlement.
1498.
Antoine Malingre ; Louis du Harlay.
1499.
Pierre Turquant ; Bernard Ripault.
1500.
Nicolas POTIER, général des monnaies.
1500.
Jean de La Pite ; Jean de Marle ; Jean Le Lièvre ; Jean de Lolive.
1501.
(Ces quatre échevins sont continués).
1502.
Sire
Germain de MARLE, général des monnaies.
1502.
Charles des Moulins ; Jean Paillard ; Jean Croquet ; Nicolas Berthillon.
1503.
Henri Le Bègue ; Étienne Huré.
1504.
Maître
Eustache LUILLIER, seigneur de St-Mesmin et maître des comptes.
1504.
Pierre Le Maçon ; Jean Hébert.
1505.
Pierre Paulmier, conseiller au Châtelet ; Jean Le Lièvre.
1506.
Messire
DREUX-RAGUIER, escuyer, seigneur de Temmelle, conseiller du roi et maître de ses eaux et forêts.
1506.
Nicolas Séguier ; Hugues de Neufville.
1507.
Étienne Savin ; Étienne Huré.
1508.
Maître
Pierre LE GENDRE, trésorier de France.
1508.
Mery Bureau ; Pierre Turquant.
1509.
François Chouart ; Regnault Anthoulet.
1510.
Maître
Robert TURQUANT, conseiller au parlement.
1510.
Charles de Montmiral ; Jean Croquet.
1511.
Antoine Disomme ; Geoffroy du Souchay.
1512.
Maître Roger BARME, avocat général au parlement.
1512.
Nicolas de Crespy ; Jean Olivier.
1513.
Guillaume Parent ; Robert Le Lieur.
1514.
Maître Jean BOULART, conseiller au parlement.
1514.
Mery Bureau ; Jean Bazanier.
1515.
Maître Pierre CLUTIN, conseiller au parlement, fut élu pour achever le temps de Boulart, décédé.
1515.
Jacques Le Lièvre ; Miles Perrot.
1516.
CLUTIN (continué).
1516.
Jean du Bus ; Geoffroy du Souchay.
1517.
Claude Olivier ; Pierre de Soulfour.
1518.
Maître Pierre LESCOT, seigneur de Lyssy, conseiller du roi et procureur général en la cour des aydes.
1518.
Jean Turquant ; Jean Allard.
1519.
Nicolas Le Cointe ; Nicolas Charpentier.
1520.
Messire
Antoine LE VISTE, conseiller et maître des requêtes ordinaires de l’hôtel du roi.
1520.
Jean Palluau ; Jean Bazanier.
1521.
Gaillard Spifame, seigneur de Dissaulx, général de France, outre-Seine ; Nicolas Chevalier, bourgeois.
1522.
Guillaume BUDÉ, seigneur de Merly-la-Ville, maître des requêtes ordinaires de l’hôtel du roi, et maître de sa librairie.
1522.
Maître Jean Morin, lieutenant du bailly du palais, et aussi lieutenant général du grand réformateur des eaux et forêts ; Jean Croquet, bourgeois.
1523.
Sire Claude Sanguin, marchand et bourgeois de Paris ; maître Jean Le Clerc, seigneur d’Armendelle, et auditeur aux comptes.
1524.
Maître Jean MORIN, lieutenant aux baillages de Paris et du palais.
1524.
Guillaume Séguier ; Claude Le Lièvre.
1525.
Maître Pierre Lormier, commissaire au Châtelet de Paris ; sire Claude Foucault, seigneur de Mondétour ; sire Jean Turquant, quartinier et bourgeois.

(Le premier de ces trois échevins, Pierre Lormier, fut élu pour un an, afin d’achever le temps de Guillaume Séguier, décédé.)

1526.
Maître Germain de MARLE, seigneur de Thillay, notaire et secrétaire du roi et général des monnaies.
1526.
Germain Le Lieur ; Jacques Pinet.
1527.
Maître Nicole Guesdon, avocat au parlement ; maître François Gayant, auditeur aux comptes.
1528.
Maître
Gaillard SPIFAME, seigneur de Pisseaux, et général de France, outre-Seine.
1528.
Sire Claude Maciot, quartinier ; Pierre Fournier.
1529.
Maître Regnault Picard, notaire et secrétaire du roi ; Pierre Hennequin, avocat au parlement.
1530.
Maître Jean LUILLIER, conseiller du roi et maître ordinaire des comptes.
1530.
Sire Jean de Moussy ; maître Simon Teste, conseiller du roi.
1531.
Sire Gervais Larcher ; sire Jacques Boursier.
1532.
Pierre VIOLE, conseiller du roi au parlement.
1532.
Maître Claude Daniel, conseiller du roi ; sire Jean Barthélemi, quartinier, bourgeois et marchand.
1533.
Maître Martin Bragelongne, conseiller du roi au baillage du palais ; Jean Courtin, conseiller du roi.
1534.
Maître Jean TRONÇON, conseiller du roi.
1534.
Maître Guillaume Quinotte, receveur des généraux, des aydes et quartinier ; sire Jean Arroger, bourgeois.
1535.
Christophe de Thou, avocat du roi ès-eaux et forêts ; Eustache Le Picard, notaire et secrétaire du roi.
1536.
TRONÇON (continué).
1536.
Sire Claude Le Lièvre ; Pierre Raoul.
1537.
Maître Jacques Paillard, seigneur de Jumeauville ; Nicole de Hacqueville, avocat au parlement.
1538.
Maître
Augustin de THOU, conseiller au parlement.
1538.
Sire Jean Crochet ; Guillaume Danès, quartinier.
1539.
Maître Antoine Le Coincte, conseiller du roi au Châtelet de Paris ; sire Jean Parfait.
1540.
Maître Étienne de MONTMIRAL, conseiller du roi au parlement.
1540.
Sire Guillaume Le Bras ; Guichard Courtin, quartinier.
1541.
Maître Thomas de Bragelongne, conseiller du roi en la conservation des privilèges de l’Université ; sire Nicolas Perrot.
1542.
Maître
André GUILLARD, conseiller du roi et maître des requêtes ordinaires de son hôtel.
1542.
Maître Denis Picot, conseiller du roi ; sire Henri Godefroy, quartinier.
1543.
Pierre Séguier, lieutenant criminel au Châtelet de Paris ; sire Jean Choppin, marchand et bourgeois.
1544.
Maître Jean MORIN, lieutenant civil de la prévôté de Paris.
1544.
Sire Jean de Saint-Germain ; Jean Barthélemi.
1545.
Maître Jacques Aubery ; maître Denis Tanneguy, avocat au parlement.
1546.
Maître Louis GAYANT, conseiller du roi au parlement.
1546.
Sire Denis Barthélemi, quartinier ; sire Fiacre Charpentier.
1547.
Maître Nicole Le Cirier, avocat en parlement ; maître sieur Michel Vioelart.
1548.
Maître Claude GUYOT, conseiller notaire et secrétaire du roi.
1548.
Sire Guillaume Pommereu ; Guichard Courtin, quartinier.
1549.
Sire Antoine Soly ; Guillaume Choart, marchand drapier.
1550.
GUYOT (continué).
1550.
Sire Jean Le Jay, marchand ; sire maître Cosme Luillier, bourgeois.
1551.
Maître Guy Lormier ; sire Robert des Prez, bourgeois.
1552.
Maître Christophe de THOU, notaire et secrétaire du roi, avocat au parlement.
1552.
Sire Thomas Le Lorrain, quartinier ; sire Jean de Breda, marchand.
1553.
Sire Claude Le Sueur ; maître Jean de Soulfour.
1554.
Maître Nicole de LIVRES, notaire et secrétaire du roi.
1554.
Maître Jean Palluau, notaire et secrétaire du roi ; Jean Lescalopier, marchand.
1555.
Sire Germain Bourcier, marchand ; Michel du Ru.
1556.
Maître Nicolas PERROT, conseiller au parlement.
1556.
Maître Guillaume de Courlay ; sire Jean Messier.
1557.
Maître Augustin de Thou, avocat en parlement ; sire Claude Marcel, marchand bourgeois.
1558.
Maître Martin de Bragelongne, lieutenant particulier civil et criminel.
1558.
Pierre Prévost, élu de Paris ; sire Guillaume Larcher.
1559.
Sire Jean Aubery ; Nicolas Godefroy.
1560.
Maître Guillaume de Marle, seigneur de Versigny.
1560.
Maître Jean Sanguin, secrétaire du roi ; sire Nicolas Hae.
1561.
Maître Christophe Lasnier ; sire Henri Ladvocat.
1562.
De MARLE (continué).
1562.
Maître Jean Lescalopier ; maître Mathurin Le Camus.
1563.
Sire Jean Merault ; sire Jean Le Sueur.
1564.
Maître Guillaume GUYOT, seigneur de Charmaux.
1564.
Maître Pierre Prévost, élu de Paris ; Jean Sanguin, secrétaire du roi.
1565.
Maître Philippe Le Lièvre ; sire Pierre de La Cour.
1566.
Messire Nicolas LE GENDRE, seigneur de Villeroy.
1566.
Nicolas Bourgeois ; Jean de Bray.
1567.
Maître Jacques Sanguin, seigneur de Livry ; sire Claude Hervy.
1568.
LE GENDRE (continué).
1568.
Jacques Kerver ; maître Hierome de Varade.
1569.
Sire Pierre Poullin ; maître François Dauvergne.
1570.
Claude MARCEL, général des monnaies.
1570.
Maître Simon Bouquet ; sire Simon de Cressé.
1571.
Maître Guillaume Le Clerc ; Nicolas Lescalopier, conseiller du roi, trésorier général de France en la généralité de Caen.
1572.
Maître Jean LE CHARRON, président en la cour des aydes.
Lazare-301-Jean le Charron-coat of arms.jpg
1572.
Maître Jean de Bragelongne ; Robert Danès, greffier des comptes.
1573.
Sire Jean Le Jay, seigneur de Dugy ; maître Jacques Perdrier, secrétaire du roi.
1574.
LE CHARRON (continué).
1574.
Maître Claude Daubray, secrétaire du roi ; sire Guillaume Parfait.
1575.
Maître Augustin Le Prévost, secrétaire du roi ; Jean Le Gresle, seigneur de Beaupré.
1576.
Messire Nicolas Luillier, président aux comptes, seigneur de Boulencourt.
1576.
Sire Guillaume Guerrier ; maître Antoine Mesmin, avocat au parlement.
1577.
Jean Boué, avocat au parlement, procureur du roi au baillage du palais ; sire Louis Abelly.
1578.
Maître Claude DAUBRAY, conseiller notaire et secrétaire du roi.
1578.
Sire Jean Le Comte, quartinier ; maître René Haudart.
1579.
Jean Gedoin ; sieur de Graville ; Pierre Laisné, conseiller au Châtelet.
1580.
Maître Augustin de THOU, conseiller du roi en son conseil d’état, et avocat général au parlement.
1580.
Antoine Mesmin, rééélu ; Nicolas Bourgeois.
1581.
René Poussepin, conseiller du roi au Châtelet ; Denis Mamyneau, conseiller du roi, auditeur aux comptes.
1582.
Messire Étienne de NEULLY, premier président de la cour des aydes.
1582.
Maître Jean de Loynes, avocat au parlement ; sire Antoine Huot.
1583.
Maître Hector Guedouin ; Jacques de La Fau.
1584.
De NEULLY (continué).
1584.
Pierre Le Goix ; Rémond Bourgeois.
1585.
Maître Philippe Hotman, conseiller au Châtelet ; Jean de La Barre, avocat au parlement.
1586.
Messire Nicolas-Hector, seigneur de PÉREUSE et de Beaubourg, conseiller d’état et maître des requêtes.
1586.
Maître Louis de Saint-Yon ; Pierre Lucoly, conseiller du roi et lieutenant général en la prévôté de l’Hôtel.
1587.
Jean Le Comte, vendeur de marée, quartinier ; François Bonnard, même profession.

Le 12 mai 1588, après la journée des barricades, messire Nicolas de Péreuse, prévôt des marchands, fut mis à la Bastille, les échevins furent destitués. Vers la fin du même mois, d’après les ordres du duc de Guise, une réunion générale des notables bourgeois de tous les quartiers de Paris eut lieu à l’Hôtel-de-Ville, à l’effet de procéder à l’élection des nouveaux prévôt des marchands et échevins ; et pour mettre les électeurs dans l’impossibilité de donner leurs voix à d’autres qu’à des partisans bien connus de la Ligue, il fut arrêté que, contrairement aux principes suivis jusqu’alors, il ne serait fait usage de billets ni de scrutin, mais que chacun voterait publiquement et à haute voix. Cette infraction aux anciens règlements fut colorée du prétexte d’urgence. Un sieur de Marchaumont réunit le premier jour la majorité des suffrages ; mais interrogé par plusieurs membres sur le lieu de sa naissance, il avoua qu’il n’était pas né à Paris. L’élection fut annulée et remise au lendemain ; en présence du duc de Guise, de son fils et de plusieurs autres seigneurs, furent élus à la pluralité des voix :

Maître Michel MARTEAU, sieur de La Chapelle, conseiller du roi, et maître ordinaire en la chambre des comptes.
Maître Nicolas Rolland, sieur du Plessis ; Jean Compans, marchand ; François Cotte Blanche, marchand ; Robert des Prés, marchand.

Les nouveaux magistrats prêtèrent serment entre les mains du duc de Guise ; toutefois ils déclarèrent qu’ils n’acceptaient leur charge que par provision, attendu l’urgence des affaires de la ville, et jusqu’à ce qu’il en fût autrement ordonné par le roi. Ils demandèrent ensuite qu’on prît acte de cette déclaration dont minute fut dressée, puis signée par eux et déposée au greffe de la ville.

Au mois de juillet, après la publication de l’édit de pacification, les prévôt des marchands et échevins se démirent de leur charge entre les mains de la reine-mère qui, tout en déclarant qu’elle avait pour agréable cet acte de soumission et qu’elle le porterait à la connaissance du roi son fils, leur enjoignit néanmoins, par un mandement signé de sa main, en date du 11 juillet 1588, de continuer l’exercice de leurs fonctions jusqu’à réception de la réponse de sa majesté.

Le 20 du même mois, d’après l’ordre du roi, Catherine de Médicis fit venir au palais, maîtres Marteau, N. Rolland, F. Cotte Blanche et R. des Prés, et leur annonça : « que sa majesté avait eu aussi pour très agréable leur démission et obéissance ; elle voulait qu’ils continuassent leurs charges jusqu’au 16 août 1590. » Ils prêtèrent donc serment de nouveau entre les mains de la reine-mère. Acte de cette prestation fut dressé, signé par eux tous et déposé au greffe de la ville.

Au mois de septembre 1588, maîtres Marteau et Jean Compans furent députés aux états-généraux convoqués à Blois, où le tiers-état choisit le prévôt pour son président.

Le 1er jour du mois d’août de l’année suivante, Henri III fut tué à Saint-Cloud par Jacques Clément.

1590 (18 octobre).
Maître Charles BOUCHER, sieur d’Orsay, conseiller du roi, président au grand conseil et maître des requêtes ordinaires.
1590.
Maître Jacques Brette, conseiller notaire et secrétaire du roi ; Pierre Poncher, marchand et bourgeois de Paris ; maître Robert des Prez, avocat au parlement ; Martin Langlois, avocat au parlement.

L’absence du duc de Mayenne et des échevins, avait nécessité le renvoi au mois d’octobre, de l’élection qui, selon les anciens usages, devait avoir lieu le 16 août. Afin de rendre à l’avenir les élections conformes à celles d’autrefois, il fut arrêté que des Prez et Langlois, qui avaient obtenu le moins de voix, ne seraient élus que pour un an seulement.

1591.
Robert des Prez (continué) ; Martin Langlois.

(Quelques jours après leur élection, ces deux échevins se démirent de leurs fonctions).

1591.
Maitre Denis Lemoine, sieur de Vaux ; Antoine Hotman.

(Ces deux échevins furent élus pour remplacer des Prez et Langlois, mais Hotman ayant accepté les fonctions d’avocat général au parlement de Paris, il fut procédé à une nouvelle élection, et Martin Langlois fut réélu).

1592 (16 août).

Point d’élection en raison de l’absence du duc de Mayenne, lieutenant-général du royaume.

1592 (9 novembre).
Maître Jean LUILLIER, sieur d’Orville et de Visseau, conseiller du roi et maître ordinaire en la chambre des comptes.
1592.
Denis Neret, marchand ; maître Jean Pichonnat, avocat au parlement.
1593.
(Point d’élection).

Le 22 mars 1594, Paris ouvrit ses portes à Henri IV. Le prévôt des marchands Luillier, les échevins Langlois et Neret, coopérèrent à la reddition de la capitale. Le 28 du même mois parut l’édit d’abolition, qui conserva tous les officiers publics dans leurs fonctions. Les prévôt des marchands et échevins furent maintenus après avoir prêté serment au roi entre tes mains de François d’O, chevalier des ordres de sa sa majesté, gouverneur et lieutenant-général de l’Isle de France.

1594 (16 août).
Maître Martin LANGLOIS, sieur de Beaurepaire, conseiller du roi et maître des requêtes ordinaires de son hôtel.
1594.
Jean Le Comte, quartinier ; maître Robert Besle, conseiller au Châtelet.
1595.
Omer Talon, avocat au parlement ; Thomas de Rochefort, avocat au parlement.
1596.
Maître LANGLOIS (continué).
1596.
Maître André Canaye, teinturier ; Clause Josse, receveur des bois.
1597.
Antoine Abelly, bourgeois ; Jean Roullier, bourgeois.
1598.
Messire Jacques DANÈS, seigneur de Marly, conseiller d’état et président des comptes.
1598.
Nicolas Bourlon, bourgeois ; Valentin Targer, bourgeois.
1599.
Maître Guillaume Robineau, avocat du roi en l’élection et grenier à sel de Paris ; Louis Vivien, seigneur de Saint-Marc.
1600.
Messire Antoine GUYOT, seigneur de Charmeaux, conseiller d’état et président des comptes.
1600.
Maître Jean Garnier, auditeur des comptes ; Jacques des Jardins, sieur des Marchets, conseiller au Châtelet.
1601.
Jean Baptiste Champin, secrétaire du roi ; Claude de Choilly.
1602.
Messire Martin de BRAGELONGNE, sieur de Charonne, conseiller d’état, président aux enquêtes.
1602.
Gilles Durant, avocat du roi ès-eaux et forêts ; Nicolas Quetin, conseiller au Châtelet.
1603.
Maître Louis Le Lièvre, substitut du procureur-général ; Léon Dollet, avocat au parlement.
1604.
Messire François MYRON, chevalier, seigneur du Tremblay, conseiller-d’état et lieutenant civil.
1604.
Sire Pierre Saintot, bourgeois ; Jean de La Haye.
1605.
Gabriel de Flexelles ; maître Nicolas Belut, conseiller au trésor.
1606.
Maître Jacques SANGUIN, seigneur de Livry, conseiller au parlement.
1606.
Germain Gouffé, substitut du procureur au Châtelet ; Jean de Vailly, sieur du Breul-du-Pont.
1607.
Maître Pierre Parfait, greffier de l’élection ; Charles de Charbonnières, auditeur des comptes.
1608.
SANGUIN (confirmé).
1608.
Maître Jean Lambert, bourgeois ; Jean Thévenot, conseiller au Châtelet.
1609.
Maître Jean Perrot ; Jean de La Noue, avocat au parlement.

La mort de Henri IV, assassiné par Ravaillac le 14 mai 1610, ne permit pas de procéder aux élections. La régente Marie de Médicis envoya ses ordres au bureau de la ville. Les prévôt et échevins furent continués dans leurs charges ; Sanguin, prévôt des marchands, Perrot et de La Noue, pour deux années, et Lambert et Thévenot pour un an seulement.

1611.
Sire Jean Fontaine, maître juré, charpentier du roi ; maître Nicolas Poussepin ; sieur de Belais, conseiller au Châtelet.
1612 (16 août).
Maître Gaston de Grieu, sieur de Saint-Aguin, conseiller du roi en la cour du parlement.
1612.
Noble homme maître Robert des Prez, avocat en parlement ; Claude Merault, conseiller du roi et auditeur aux comptes, seigneur de Fossée.
1613.
Maître Israël Desneux, grainetier ; Pierre Chapisson, conseiller au Châtelet.
1614.
Messire Robert Myron, seigneur du Tremblay, conseiller du roi en ses conseils d’état et privé, conseiller au parlement et président aux enquêtes.
1614.
Jacques Huot, quartinier ; Guy Pasquier, seigneur de Bussy, conseiller du roi.
1615.
Jacques Le Bret, conseiller au Châtelet ; sire François Fréron, marchand bourgeois.
1616.
Maître Antoine BOUCHET, seigneur de Bouville, conseiller du roi au parlement.
1616.
Sire Nicolas de Paris, bourgeois ; noble homme maître Philippe Pietre, avocat au parlement.
1617.
Noble homme maître Pierre du Plessis, seigneur de La Saussaye, conseiller du roi au Châtelet ; sire Jacques de Creil, bourgeois.
1618.
Messire Henri de MESMES, chevalier seigneur d’Irval, conseiller du roi, en ses conseils d’état et privé, lieutenant civil de la ville, prévôté et vicomté de Paris.
1618.
Maître Jacques de Loynes, conseiller du roi, et substitut du procureur général au parlement ; sire Glaude Gonyer, bourgeois.
1619.
Noble homme maître Louys Damours, conseiller au Châtelet ; sire Pierre Buisson, bourgeois.
1620.
Henri de MESMES (continué).
1620.
Noble homme maître Guillaume Lamy, sieur de Villiers-Adam, conseiller et secrétaire du roi, contrôleur de la chancellerie ; Pierre Gouyon, bourgeois.
1621.
Noble homme maître Jean Le Prestre, auditeur aux comptes ; maître Robert Danès, secrétaire du roi.
1622.
Messire Nicolas de Bailleul, seigneur de Watrelos-sur-Mer et de Choisy-sur-Seine, conseiller du roi et lieutenant civil.
1622.
Jacques Montrouge, vendeur de marée ; maître Louis Daviau, conseiller au parlement.
1623.
Charles Dolet, avocat au parlement ; Simon Marcez, marchand et bourgeois.
1624.
De BAILLEUL (continué).
1624.
Maître Prospère de Motte, conseiller au Châtelet ; Pierre Perrier, marchand et bourgeois.
1625.
Maître Jean-Baptiste Hautin, conseiller au Châtelet ; André Langlois, marchand et bourgeois.
1626.
De BAILLEUL (continué).
1626.
Pierre Parfait, marchand et bourgeois ; maître Denis Maillet, avocat au parlement.
1627.
Maître Augustin Le Roux, conseiller au Châtelet ; Nicolas de Laistre, marchand et bourgeois.
1628.
Messire Christophe SANGUIN, seigneur de Livry, conseiller d’état, président des comptes.
1628.
Sire Étienne Heurlot, bourgeois ; noble homme maître Léonard Renard, conseiller du roi et son procurer au trésor.
1629.
Pamphile de La Court, marchand bourgeois, conseiller de la ville ; maître Antoine de Paris, procureur à la chambre des comptes.
1630.
SANGUIN(continué).
1630.
Noble homme maître Jean Pepin, conseiller au Châtelet ; sire Jean Tronchot, marchand bourgeois, conseiller de la ville.
1631.
Philippe Le Gangneux, quartinier ; sire Nicolas de Poix, marchand et bourgeois ; maître Claude Le Tourneau, conseiller de la ville, élu pour un an en remplacement de Tronchot qui mourut le 16 juin 1631.
1632.
Messire Michel MAUREAU, conseiller du roi aux conseils d’état et privé, lieutenant privé.
1632.
Noble homme Hilaire Marcez, conseiller au Châtelet ; Jean Bazin, sieur de Chambuisson, conseiller de la ville.
1633.
Jean Garnier, bourgeois de Paris ; noble homme Jacques Doujat, conseiller et secrétaire du roi.
1634.
MAUREAU (continué).
1634.
Nicolas de Creil, marchand bourgeois ; maître Jean Toucquoy, avocat au parlement, conseiller et maître des requêtes de la reine.
1635.
Noble homme Joseph Charlot, écuyer ; sieur de Pincé, conseiller du roi au Châtelet ; Jean de Bourges, bourgeois.
1636.
MAUREAU (continué) ; il mourut en octobre 1637.
1636.
Étienne Geoffroy, bourgeois ; maître Claude de Baussay, conseiller du roi et auditeur aux comptes.
1637 (le 28 octobre).
Oudard LE FÉRON, seigneur d’Orville et de Louvre-en-Parisis, conseiller aux conseils d’état et privé, président aux enquêtes en la cour de parlement.
1637.
Maître Germain Piêtre, conseiller au Châtelet ; Jacques Tartarin, marchand et bourgeois.
1638.
(Oudard Le Féron avait été élu tant pour achever le temps de Maureau, décédé, que pour deux autres années encore, à partir du 16 août 1638).
1638 (16 août).
Noble homme Claude Galland, conseiller du roi et auditeur aux comptes ; Clause Boüe, marchand et bourgeois.
1639.
Maître Pierre de La Tour, conseiller et secrétaire du roi ; maître Jean Chuppin, bourgeois de Paris et conseiller de la ville.
1640.
Pierre Eustache ; Charles Coiffier, commissaire au Châtelet.
1641 (25 février).
Christophe PERROT, seigneur de La Malmaison, conseiller de la grand’chambre du parlement.
1641.
Sébastien Cramoisi, imprimeur ordinaire du roi ; Jacques de Monhers.
1641 (22 avril).
Macé LE BOULANGER, président aux enquêtes.
1642.
(Il fut nommé pour achever le temps de MM. Le Féron et Perrot, décédés, et pour deux années ensuite.)
1642.
Remy Tronchot, receveur général des tailles à Paris ; Guillaume Baillon.
1643.
Claude de Bourges, payeur du bureau des trésoriers de France, à Orléans ; Adrien de Vinx.
1644.
Jean SCARRON, seigneur de Mendiné, conseiller de la grand’chambre du parlement.
1644.
Gabriel Langlois, conseiller au Châtelet ; Martin du Fresnoy.
1645.
Jean de Gaigny, commissaire au Châtelet et conseiller de la ville ; René de la Haye.
1646 (26 février).
Hiérome LE FÉRON, seigneur d’Orville et de Louvre-en-Parisis, président aux enquêtes.
1646.
Jean de Bourges, docteur en médecine ; Geoffroy Yon, bourgeois.
1647.
(Il fut nommé pour achever le temps de Scarron, décédé, et pour deux années ensuite.)
1647.
Gabriel Fournier, président en l’élection de Paris ; Pierre Helyot, conseiller de la ville.
1648.
LE FÉRON (continué).
1648.
Pierre Hachette, conseiller au Châtelet ; Raymond Lescot, conseiller de ville.
1649.
Claude Boucot, secrétaire du roi, seigneur du Clos Gaillard ; Robert de Sequeville, bourgeois.
1650.
Antoine LE FEBVRE, conseiller au parlement.
1650.
Michel Guillois, conseiller au Châtelet ; Nicolas Philippe.
1651.
André Le Vieux, conseiller de la ville ; Pierre Denison.

« Le 14 juillet 1652, le prince de Condé et le duc de Beaufort s’étaient rendus à l’Hôtel-de-Ville où les prévôt et échevins étaient réunis en assemblée générale. Plusieurs personnes crièrent « La salle est pleine de Mazarins ! » Ces mots furent comme des signaux de guerre donnés à la foule des mécontents, des gens sans aveu, des soldats déguisés qui, depuis le matin, s’agitaient sur la place de la Grève. Les invectives commencèrent, puis une grêle de pierres brisa les fenêtres de la maison de ville. Les mutins allèrent prendre du bois sur le port, l’amoncelèrent devant la porte et y mirent le feu. La fumée se répandit dans les salles, et les magistrats qui cherchaient à se sauver furent massacrés.

Après cet événement auquel il n’était pas étranger, le prince de Condé fit élire par une assemblée fort peu nombreuse, réunie à l’Hôtel-de-Ville, pour gouverneur de Paris, le duc de Beaufort, pour prévôt des marchands Pierre Broussel, et pour échevins, le 16 août suivant, MM. Gervais et Orry ; mais peu de temps après son entrée à Paris, le roi tint un lit de justice où furent annulées les élections faites par le prince. En vertu d’un mandement du roi, furent réélus : »

1652 (le 18 octobre).
Antoine LE FEBVRE, conseiller au parlement.
1652.
Michel Guillois, conseiller au Châtelet ; Nicolas Philippe.

(Chacun pour une année seulement).

1653.
Julien Gervais, contrôleur des mesures au grenier à sel ; Gabriel de Moucheny.
1654 (16 août).
Alexandre de SÈVE, chevalier, seigneur de Chastignonville, maître des requêtes honoraire.
1654.
Vincent Heron, conseiller de ville ; Jean Rousseau.
1655.
Antoine de La Porte, quartinier ; Claude de Santeul, ci-devant conseiller de ville.
1656.
De SÈVE (continué).
1656.
Philippe Gervais, conseiller de ville ; Jacques Regnard, conseiller au Châtelet.
1657.
Jean de Faverolles, intendant de la maison de la Reine ; Jacques Regnard, sieur de la Noue.
1658.
De SÈVE (continué).
1658.
Jean Le Vieux, quartinier ; Nicolas Baudequin, conseiller de ville.
1659.
Claude Prevost ; Charles du Jour, conseiller au Châtelet.
1660.
De SÈVE (continué).
1660.
Pierre Delamouche, auditeur aux comptes ; Jean Hélissant, conseiller de ville.
1661.
Jean de Monhers, avocat ; Eustache de Faverolles.
1662.
Daniel VOISIN, chevalier, seigneur de Cerisay, maître des requêtes.
1662.
Pierre Brigalier, avocat du roi au Châtelet ; Jean Gaillard, conseiller de ville.
1663.
Nicolas Souplet, quartinier ; Pierre Charlot, secrétaire du roi.
1664.
Daniel VOISIN (continué).
1664.
Laurent de Faverolles, auditeur des comptes ; Jean de La Balle, notaire et conseiller de ville.
1665.
François Le Foing, notaire au Châtelet ; Robert Hamonin, contrôleur et garde des registres à la chambre des comptes.
1666.
VOISIN (continué).
1666.
Hugues de Santeul, conseiller de ville ; Nicolas Lusson, conseiller au Châtelet.
1667.
Guillaume de Faverolles, quartinier ; Réné Gaillard sieur de Montmire.
1668.
Claude LE PELETIER, président aux enquêtes, depuis président à mortier, ministre d’état et contrôleur général.
1668.
Claude Belin, conseiller au Châtelet ; Nicolas Picques, conseiller de ville.
1669.
Henri de Santeul, quartinier ; Réné Accard, substitut du procureur général.
1670.
LE PELETIER (continué).
1670.
Nicolas Chanlatte, directeur du commerce des Indes ; Guillaume Amy, substitut du procureur général.
1671.
Louis Pasquier, contrôleur au grenier à sel ; Claude Le Gendre, interprète de sa majesté pour les langues orientales.
1672.
LE PELETIER (continué).
1672.
Pierre Richer, greffier en chef de la chambre des comptes ; Martin Bellier, quartinier.
1673.
François Bachelier, conseiller au Châtelet ; Charles Clerembault, conseiller de ville.
1674.
LE PELETIER (continué).
1674.
Pierre Picquet, quartinier ; Jacques Trois-Dames.
1675.
Jacques Favier ; Estienne Galliot, commissaire au Châtelet.
1676.
Auguste-Robert de POMMEREU, seigneur de La Bretèche, conseiller d’état.
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1676.
Pierre de Beyne, quartinier ; Jean de La Porte, conseiller au Châtelet.
1677.
Alexandre de Vinx, conseiller de ville ; Antoine Magneux, intendant du duc de La Trémoille.
1678.
De POMMEREU(continué).
1678.
Philippe L’Évesque, quartinier ; Jacques Pousset de Montauban, avocat.
1679.
Simon Gillot, conseiller de ville ; Antoine de Groisy.
1680.
De POMMEREU(continué).
1680.
Jean de Vinx, quartinier ; Louis Roberge.
1681.
Jean-Baptiste Helissant, conseiller de ville ; Antoine Robert Baglan.
1682.
De POMMEREU (continué).
1682.
Charles Lebrun ; Michel Gamare.
1683.
Michel Chauvin, conseiller de ville ; Pierre Parques, notaire.
1684.
Henri de FOURCY, chevalier, seigneur de Chessy, président aux enquêtes.
1684.
Denis Rousseau, quartinier ; Jean Chuppin, notaire au Châtelet.
1685.
Mathieu-François Geoffroy ; Jean-Jacques Gayot, conseiller de ville.
1686.
De FOURCY (continué).
1686.
Nicolas Chuppin, quartinier ; Jean-Gabril de Sanguinière, sieur de Chavausac, conseiller au Châtelet.
1687.
Henri Herleau, conseiller de ville ; Pierre Le Noir.
1688.
De FOURCY (continué).
1688.
Claude Bellier, quartinier ; Vincent Marescal.
1689.
Pierre Presty, conseiller de ville ; Toussaint Millet, conseiller au Châtelet.
1690.
De FOURCY (continué).
1690.
Pierre Chauvin, quartinier ; Pierre Savalette, notaire au Châtelet.
1691.
Thomas Tardif, conseiller de ville ; Jean de Laleu.
1692.
Claude BOSC, seigneur d’Ivry-sur-Seine, procureur général de la cour des aydes.
1692.
Simon Moufle, notaire au Châtelet ; Guillaume Tartarin, avocat.
1693.
Toussaint-Simon Bazin, conseiller de ville ; Claude Puylon, docteur en médecine.
1694.
BOSC (continué).
1694.
Charles Sanfray, notaire au Châtelet ; Louis Baudran, substitut du procureur général de la cour des aydes.
1695.
Jean-Baptiste Le Tourneur, conseiller de ville ; Nicolas de Brussel, conseiller de ville.
1696.
BOSC (continué).
1696.
Mathurin Barroy, quartinier ; Guillaume Hesme.
1697.
Jean-François Sautreau, conseiller de ville ; Antoine de La Loire, procureur de la chambre des comptes.
1698.
BOSC (continué).
1698.
François Regnault, quartinier ; François-Jean Dionis, notaire au Châtelet.
1699.
Léonard Chauvin, conseiller de ville ; Jean Hallé.
1700.
Charles BOUCHER, chevalier, seigneur d’Orsay, conseiller au parlement.
1700.
Guillaume-André Hébert, quartinier ; François Crevon.
1701.
Claude de Santeul, conseiller de ville ; Claude Guillebon.
1702.
BOUCHER (continué).
1702.
Michel Boutet, quartinier ; Hugues Desnots.
1703.
Marc-François Lay, quartinier ; Denis-François Regnard, conseiller de ville.
1704.
BOUCHER (continué).
1704.
Martin-Joseph Bellier, quartinier ; Antoine Baudin.
1705.
Antoine Melin, notaire au Châtelet, conseiller de la ville ; Henri Boutet, notaire au Châtelet.
1706.
BOUCHER (continué).
1706.
Guillaume Scourjon, quartinier, écuyer ; Nicolas Denis, huissier ordinaire des conseils du roi.
1707.
Étienne Perichon, notaire au Châtelet, conseiller de ville ; Jacques Pyart.
1708.
Jérôme BIGNON, conseiller d’état.
1708.
René-Michel Blouin, quartinier ; Philippe Regnault.
1709.
Pierre Chauvin, conseiller de ville ; Claude Le Roy, seigneur de Champ, greffier, conseiller du roi, notaire au Châtelet.
1710.
BIGNON (continué)
1710.
Michel-Louis Hazon, quartinier ; Pierre-Jacques Brillon, avocat au parlement.
1711.
Nicolas Tardif, conseiller de ville ; Charles Baudoin-Presty.
1712.
BIGNON (continué).
1712.
Louis Boiseau, conseiller, notaire au Châtelet, quartinier ; Louis Duranz, conseiller du roi, notaire au Châtelet.
1713.
Hector-Bernard Bonnet, conseiller de ville ; René-François Coüet de Montbayeux, avocat au parlement et au conseil du roi.
1714.
BIGNON (continué).
1714.
Jacques de Beyne, quartinier ; Guillaume de Laleu, conseiller, notaire au Châtelet.
1715.
Simon Fayolle, conseiller de ville ; Charles-Damien Foucault, conseiller du roi, notaire au Châtelet.
1716.
Charles TRUDAINE, conseiller d’état.
1716.
Antoine de Serre, quartinier ; Charles-Pierre Hüet.
1717.
Jean Gaschier, conseiller du roi, de la ville, notaire au Châtelet ; Pierre Masson, avocat au parlement, greffier de la 5e chambre des enquêtes.
1718.
TRUDAINE (continué).
1718.
Henri de Rosnet, quartinier ; Paul Ballin, conseiller du roi, notaire au Châtelet.
1719.
Pierre Sautreau, conseiller de ville ; Jean-Jacques Belichon.
1720.
Pierre-Antoine de CASTAGNÈRE, chevalier, marquis de Châteauneuf et de Marolles, conseiller d’état.
1720.
Jean Denis, quartinier ; Charles-Louis Chauvin.
1721.
Jacques Roussel, conseiller du roi, notaire au Châtelet ; Antoine Sautreau.
1722.
De CASTAGNÈRE (continué).
1722.
Jean Du Quesnoy ; Jean Sauvage.
1723.
Estienne Laurent, conseiller de la ville ; Mathieu Goudin, conseiller du roi, notaire au Châtelet.
1724.
De CASTAGNÈRE (continué).
1724.
Jean Hébert, quartinier ; Jean-François Bouquet.
1725 (lundi 27 août).
Nicolas LAMBERT, président de la 2e chambre des requêtes.
1725.
Jacques Corps, conseiller de ville ; Nicolas Maheu.
(Cette élection fut faite par suite d’une lettre du cachet du roi qui porte : que vu le grand âge de M. de Castagnère, l’intention de sa majesté est qu’il soit procédé à une nouvelle élection.)
1726.
Claude Sauvage, quartinier ; Gilles-François Boulduc.
1727.
Philippe Legras, conseiller de ville ; Jean-François Maultrot.
1728 (16 août).
LAMBERT (continué).
1728.
Alexandre-Jean Remy, quartinier ; Étienne Le Roy.
1729 (14 juillet).
Messire Étienne TURGOT, chevalier, marquis de Sousmons, seigneur de Saint-Germain-sur-Eaulne, Vatierville, etc., conseiller d’état.
1729 (16 août).
Gabriel-René Mesnil, conseiller de ville ; Nicolas Besnier.
(L’élection eut lieu avant le temps accoutumé, attendu la mort de N. Lambert, survenue le 10 juillet 1729.)
1730.
René Rossignol, quartinier ; Léonor Lagneau.
1731.
Jean-Louis Pelet, conseiller de ville ; Claude-Joseph Geoffroy.
1732.
TURGOT (continué).
1732.
Henri Millon, quartinier ; Philippe Lefort.
1733.
Jean-Claude Fauconnet-de-Vildé, conseiller de ville ; Claude-Augustin Josset, avocat en parlement, conseiller du roi.
1734.
TURGOT (continué).
1734.
Claude Petit, quartinier ; Jean-Baptiste de Santeul.
1735.
Jean-Baptiste Tripart, conseiller de ville ; Francis Thouvenot, notaire.
1736.
TURGOT (continué).
1736.
Pierre-Jacques Coucicault, conseiller du roi, quartinier ; Charles Levesque.
1737.
Louis-Henri Veron, conseiller de ville ; Edme-Louis Meny, avocat au parlement.
1738.
TURGOT (continué).
1738.
Louis Le Roy-de-Feteuil, conseiller du roi, quartinier ; Thomas Germain, orfèvre ordinaire du roi.
1739.
Jean-Joseph Sainfray, notaire, conseiller de ville ; Michel Lenfant.
1740.
Messire Félix AUBERY, chevalier, marquis de Vastan, baron de Vieux-Pont, conseiller du roi, maître des requêtes honoraire de son hôtel.
1740.
Thomas-Léonor Lagneau, conseiller du roi, quartinier ; Étienne-Pierre Darlu.
1741.
André Germain, avocat au parlement, huissier honoraire des conseils du roi, conseiller de ville ; Pierre-Yves de Bougainville, notaire au Châtelet.
1742.
AUBERY (continué).
1742.
Jean-Baptiste Hurel, quartinier ; Belichon.
1743 (26 juillet).
Messire Louis-Basile de Bernage, chevalier, seigneur de Saint-Maurice, Vaux, etc., conseiller d’état.

(Cette élection eut lieu par suite de la mort d’Aubery ; arrivée le 20 du même mois.)

1743.
Jean-Baptiste-Claude Baizé, avocat au parlement, conseiller du roi et de la ville ; Jean Pierre ; Pierre-Yves de Bougainville, notaire au Châtelet.

(Ce dernier échevin fut réélu pour remplacer Belichon, démissionnaire.)

1744.
Claude Sauvage, quartinier ; Jean-Charles Hüet.
1745.
Pierre-François Duboc, conseiller du roi et de la ville ; François-Marguerin Brion.
1746.
De BERNAGE (continué).
1746.
Guillaume-Joseph Lhomme, conseiller du roi, quartinier ; Jacques Bricault, conseiller du roi, notaire au Châtelet.
1747.
Hilaire Triperet, avocat au parlement, conseiller du roi et de la ville ; Dominque Crestiennot, avocat au parlement, conseiller du roi et de la ville, payeur des rentes.
1748.
De BERNAGE (continué).
1748.
André de Santeul, conseiller du roi, quartinier ; Claude-Denis Cochin.
1749.
Michel Ruelle, conseiller du roi et de la ville ; Charles Allen, procurer en la chambre des comptes.
1750.
De BERNAGE (continué).
1750.
Henri-Maximilien Gaucherel, conseiller du roi, quartinier ; Jean-Nicolas Bontemps, notaire au Châtelet.
1751.
Jean-Daniel Gillet, conseiller du roi ; Claude-Denis Mirey.
1752.
De BERNAGE (continué).
1752.
Claude-Éléonor de La Frenaye, conseiller du roi, quartinier ; Pierre-Philippe Andrieu, seigneur de Maucheux, avocat.
1753.
Noël-Pierre-Paschalis Desbaudotes, conseiller du roi et de la ville ; Jean-François Caron, conseiller du roi, notaire au Châtelet.
1754.
De BERNAGE (continué).
1754.
Jean Stocart, quartinier ; Pierre Gillet, avocat au parlement.
1755.
Jean-François Quesnon, avocat au parlement, conseiller du roi et de la ville, notaire au Châtelet ; Louis-François Mettra.
1756.
De BERNAGE (continué).
1756.
Jean-Denis Lempereur, conseiller du roi, quartinier ; Claude Tribard, avocat au parlement.
1757.
Jean-François Brallet, conseiller du roi et de la ville ; Jean-Baptiste Vernay.
1758.
Messire Jean-Baptiste-Élie CAMUS de PONTCARRÉ, chevalier, seigneur de Viarme, etc., conseiller d’état.
1758.
Jean-Olivier Boutray, conseiller du roi, quartinier ; Jean André, avocat au parlement et aux conseils du roi.
1759.
Pierre Le Blocteur, avocat au parlement, conseiller du roi et de la ville ; Louis-Denis Chomel, conseiller du roi et de la ville, notaire au Châtelet.
1760.
CAMUS de PONTCARRÉ (continué).
1760.
Pierre-Julie Darlu, conseiller du roi, quartinier ; Jean Boyer de Saint-Leu.
1761.
Louis Mercier, conseiller du roi ; Laurent-Jean Babille, avocat au parlement.
1762.
CAMUL de PONTCARRÉ (continué).
1762.
Pierre Devarenne, avocat au parlement, conseiller du roi, quartinier ; Deshayez, notaire.
1763.
Clément-Denis Poultier, avocat, conseiller de ville ; Nicolas-Daniel Philippes de La Marnière.
1764.
Messire Armand Jérosme BIGNON, seigneur et patron de la Meaufle, Semilly, etc., conseiller d’état.
1764.
Michel Martel, avocat, notaire honoraire, conseiller du roi ; Jean-Charles-Alexis Gauthier de Rougemont.
1765.
Paul Larsonnyer, avocat, conseiller de la ville ; Jacques Merlet, ancien avocat.
1766.
BIGNON (continué).
1766.
Pierre-Hubert BIGOT, conseiller du roi, quartinier ; Guillaume Charlier, conseiller du roi, notaire honoraire.
1767.
Olivier-Clément Vieillard, conseiller du roi et de la ville ; Antoine-Gaspard-Boucher d’Argis, avocat, ancien conseiller.
1768.
BIGNON (continué).
1768.
Jacques-Antoine de Lens, conseiller du roi, quartinier ; Louis Raymond de la Rivière.
1769.
Georges-François Sarazin, conseiller de la ville ; Alexis-Claude Basly, contrôleur général des rentes.
1770.
BIGNON (continué).
1770.
Hubert-Louis Cheval, sieur de Saint-Hubert, conseiller du roi, quartinier ; Philippes-Nicolas Piat.
1771.
Thomas Bellet, conseiller du roi et de la ville ; Étienne-René Viel, ancien avocat au parlement.
1772.
Messire Jean-Baptiste DELAMICHODIÈRE, chevalier, comte d’Hauteville, seigneur de Romène, etc., conseiller d’état.
1772.
Louis-Dominique Sprole, conseiller du roi, quartinier ; François-Bernard Quatremère-de-l’Épine.
1773.
Pierre-Richard Boucher, conseiller du roi et de la ville ; Henri-Isaac Estienne, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats au parlement de PAris.
1774 (16 août).
DELAMICHODIÈRE.
1774.
Étienne Vernay-de-Chedeville, conseiller du roi, quartinier ; Jacques-François Trudon.
1775.
Jacques-Nicolas-Roettiers Delatour, conseiller du roi et de la ville ; Charles-Pierre Angelesme de Saint-Sarin, ancien avocat au parlement.
1776.
DELAMICHODIÈRE (continué).
1776.
Jean-Denis Levé, conseiller du roi, quartinier ; Guillaume-Gabriel Chapus-de-Malassis.
1777.
Antoine-François Daval, avocat en parlement, conseiller du roi et de la ville ; Michel-Pierre Guyot, avocat en parlement, conseiller du roi, commissaire au Châtelet.
1778.
Messire Antoine-Louis LE FEBVRE de CAUMARTIN, chevalier, marquis de Saint-Ange, comte de Moret, seigneur de Caumartin, conseiller du roi.
1778.
Jacques Chauchat, avocat en parlement, conseiller du roi, quartinier ; Balthazar Incelin, avocat en parlement.
1779.
Jean-Baptiste-André Pochet, conseiller du roi et de la ville ; Jean-Jacques Blacque, conseiller du roi, notaire honoraire.
1780.
De CAUMARTIN (continué).
1780.
Jean-Charles Richer, avocat en parlement, conseiller du roi, quartinier ; Toussaint de La Bordenave, professeur de chirurgie.
1781.
Louis-Cæsar Famin, conseiller du roi et de la ville ; Antoine-Édouard Magimel.
1782.
De CAUMARTIN (continué).
1782.
Jacques-Philippe Desvaux, avocat en parlement, quartinier ; Pierre-Jacques Pelé, avocat en parlement et aux conseils du roi.
1783.
Nicolas-Jean Mercier, conseiller du roi et de la ville ; François Cosseron.
1784.
Messire Louis LE PELETIER, chevalier, marquis de Montméliant, seigneur de Mortefontaine, etc., conseiller d’état.
1784.
Pierre-François Mitouart, conseiller du roi, docteur en médecine, quartinier ; Marie-Nicolas Pigeon, avocat en parlement, conseiller du roi.
1785.
François-Pierre Goblet, avocat du roi au grenier à sel de Paris, et son conseiller à l’Hôtel-de-Ville ; Denis de la Voiepierre.
1786.
LE PELETIER (continué).
1786.
Jean-Baptiste Guyot, conseiller du roi, quartinier ; Jean-Baptiste Dorival, conseiller du roi, avocat, commissaire du Châtelet.
1787.
Jean-Baptiste Buffault, chevalier de l’ordre du roi, trésorier honoraire de la ville ; Charles-Barnabé Sageret.
1788.
Jean-Joseph Vergne, avocat, conseiller du roi, quartinier ; Denis-André Rouen, avocat au parlement, notaire.
1789 (28 avril).
Messire Jacques de FLESSELLES, chevalier, conseiller de la grand’chambre, maître honoraire des requêtes, conseiller d’état.



Après la mort de messire de Flesselles, le ministre

Necker divisa Paris en soixante districts, pour procéder à la nomination des électeurs qui devaient choisir les quarante députés de la ville aux états-généraux. Le 15 juillet 1789, le lendemain de la prise de la Bastille, quatre cents électeurs se réunirent spontanément à l’Hôtel-de-Ville, et administrèrent la capitale au milieu du désordre qui croissait à chaque instant.

Le 25 du même mois, cette assemblée fut remplacée par une municipalité provisoire composée de cent vingt députés des districts, sous le titre de Représentants de la Commune, qui eux-mêmes devaient céder la place à des autorités constituées par la loi ; enfin un décret de l’Assemblée Constituante du 14 décembre abolit toutes les municipalités du royaume, et les recomposa sur une base nouvelle.

On avait senti les fâcheux effets de la centralisation des intendances, on tomba dans l’excès contraire en plaçant l’exécution dans les corps délibérants. La capitale eut beaucoup à souffrir de cette mesure. Nous avons dit qu’elle était divisée en soixante districts qui formèrent bientôt autant de petites républiques fédératives. Chaque district avait un conseil, dont il nommait le président et le vice-président. Ce conseil s’occupait de toutes les affaires de police administrative, et le district disposait en outre d’une force militaire composée de cinq compagnies de cent hommes chacune, dont quatre de volontaires et une soldée ; les officiers étaient nommés par les districts. Cette multitude d’administrations particulières amenèrent de graves désordres ; enfin de tous côtés on réclama la création d’une municipalité définitive à Paris. L’organisation en fut confiée à des hommes recommandables qui donnèrent un travail qui servit de base à la loi du 21 mai 1790. Aux termes de cette loi, la municipalité parisienne fut composée : d’un maire, de seize administrateurs, de trente-deux conseillers, de quatre-vingt-seize notables et d’un procureur de la commune.

Le maire, les administrateurs, les conseillers, les notables et le procureur de la commune, étaient élus par les citoyens actifs, et ne pouvaient être destitués que pour forfaitures préalablement jugées.

Le maire et les seize administrateurs composant le bureau, les trente-deux conseillers réunis à ce bureau, formaient le conseil municipal. On donnait la dénomination de Conseil général, à la réunion du conseil municipal et des quatre-vingt-seize notables.

Le travail était divisé en cinq départements : 1o des subsistances ; 2o de la police ; 3o des finances ; 4o des établissements publics ; 5o des travaux publics. Chaque département devait rendre compte de son travail au conseil municipal, et le maire surveillait ; enfin la loi créait une force militaire sous le nom de garde nationale parisienne, dont elle donnait la direction et le commandement au conseil municipal. Par l’effet de cette organisation, la police passait dans les attributions des magistrats de la ville. Le département dit de la police en était chargé, et le maire l’exerçait sous la surveillance du conseil municipal.

Cette forme d’administration vraiment populaire était le produit complet de l’élection ; aussi pendant les deux années qu’elle subsista, la ville de Paris fut administrée avec ordre, justice et économie. Au 10 août 1792, les quarante-huit sections qui composaient Paris nommèrent chacune un membre pour remplir les fonctions d’administrateur du département. De cette nomination et de la loi des 30 août et 2 septembre naquit la trop célèbre commune de Paris, devant laquelle se courba la France entière. Après le 9 thermidor, la capitale fut administrée par des commissions nationales nommées par la Convention ; il en fut ainsi jusqu’à l’an IV, époque de la création du Directoire. La ville de Paris fut alors divisée en douze municipalités, dont la direction fut confiée au département de la Seine, composé de sept administrateurs, parmi lesquels trois furent spécialement chargés de l’administration de la commune : le premier pour les contributions ; le deuxième pour les travaux, les secours publics, l’enseignement public ; le troisième pour la police administrative, civile et militaire, et les subsistances.

La loi du 28 pluviôse an VIII renouvela tout le système administratif de la France, et substitua aux anciens magistrats deux préfets, l’un du département, remplissant en partie les fonctions du prévôt des marchands, et l’autre de la police, représentant à peu près l’ancien lieutenant général de police ; ces deux fonctions dépendantes de l’autorité supérieure, firent disparaître les derniers vestiges du régime municipal.

Cette loi renferme à peine quelques articles sur l’organisation de la capitale : elle établit, art. 16 : « À Paris, dans chacun des arrondissements municipaux, un maire et deux adjoints seront chargés de la partie administrative et des fonctions relatives à l’état-civil.

Un préfet de police sera chargé de ce qui concerne la police, et aura sous ses ordres des commissaires distribués dans les douze municipalités. — Art. 17. À Paris, le conseil du département remplira les fonctions de conseil municipal. »

L’article 2 de la même loi qui fixe à 24 le nombre des membres du conseil municipal se trouve contraire à l’art. 15, qui détermine que le conseil municipal des villes au-dessus de cinq mille âmes, est porté à trente membres.

Ces dispositions brièvement énoncées laissèrent un champ libre à l’extension des pouvoirs dans les autorités supérieures. Ainsi les attributions des maires, mal fixées, mal définies, se trouvèrent réduites à peu près aux registres de l’état-civil et à la présidence des bureaux de bienfaisance (décret du 4 juin 1806 ; ordonnance du 8 août 1821).

Le conseil municipal fut également restreint et dans son nombre et dans ses attributions ; il ne fut composé que de vingt-quatre membres présents, et bientôt réduit à seize par l’arrêté du 25 vendémiaire an IX ; ses attributions consistaient simplement à délibérer et à voter sur les questions qui lui étaient soumises, sans aucune initiative ni contrôle des actes de l’administration. Les membres de ce conseil, nommés d’ailleurs par le chef de l’État sur la présentation du préfet, se trouvaient entièrement sous sa dépendance ; et d’un autre côté, la juridiction de la police tendait à s’accroître indéfiniment par l’importance que l’empereur attachait à cette magistrature et à l’action directe qu’il était bien aise d’exercer par elle.

La Restauration n’apporta aucun changement à l’ancien état de choses, mais elle eut l’honneur de conserver à la tête des affaires de la ville un administrateur d’un grand talent, qui profita de son influence pour doter la capitale d’améliorations utiles.

Après la révolution de juillet, on sentit la nécessité d’une loi, d’une organisation qui ne laissât plus rien au caprice et à l’arbitraire. La loi départementale pour tout le royaume comprit d’abord quelques articles relatifs à Paris, ainsi que l’avait fait la loi de pluviôse an VIII, mais on reconnut bientôt qu’il fallait pour des intérêts si différents une loi spéciale qui répondît à l’importance d’une ville dont la richesse et la prospérité exercent une influence immense sur le pays tout entier.

Loi sur l’organisation du conseil général et des conseils d’arrondissements de la Seine, et l’organisation municipale de la ville de Paris.

« Au palais des Tuileries, le 20 avril 1834. Louis-Philippe, etc… Les chambres ont adopté, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

TITRE PREMIER.
Du conseil général du département de la Seine.

» Article 1er. Le conseil général du département de la Seine se compose de quarante-quatre membres.

» Art. 2. Les douze arrondissements de la ville de Paris nomment chacun trois membres du conseil général du département, et les deux arrondissements de Sceaux et de Saint-Denis chacun quatre. Les membres choisis par les arrondissements de Paris sont pris parmi les éligibles ayant leur domicile réel à Paris.

» Art. 3. Les élections sont faites dans chaque arrondissement par des assemblées électorales convoquées par le préfet de la Seine. Sont appelés à ces assemblées : 1o tous les citoyens portés sur les listes électorales formées en vertu des dispositions de la loi du 19 avril 1831 ; 2o les électeurs qui, ayant leur domicile réel à Paris, ne sont pas portés sur ces listes, parce qu’ils ont leur domicile politique dans un autre département, où ils exercent et continueront d’exercer tous leurs droits d’électeurs conformément aux lois existantes ; 3o les officiers des armées de terre et de mer en retraite, jouissant d’une pension de retraite de 1,200 fr. au moins, et ayant, depuis cinq ans, leur domicile réel dans le département de la Seine ; 4o les membres des cours, ceux des tribunaux de première instance et de commerce siégeant à Paris ; 5o les membres de l’Institut et autres sociétés savantes instituées par une loi ; 6o les avocats aux conseils du roi et à la cour de cassation, les notaires et les avoués après trois ans d’exercice de leurs fonctions dans le département de la Seine ; 7o les docteurs et licenciés en droit, inscrits depuis dix années non interrompues sur le tableau des avocats près les cours et tribunaux dans le département de la Seine ; 8o les professeurs au collége de France, au muséum d’histoire naturelle, à l’école polytechnique, et les docteurs et licenciés d’une ou de plusieurs des facultés de droit, de médecine, des sciences et des lettres, titulaires des chaires d’enseignement supérieur ou secondaire dans les écoles de l’état situées dans le département de la Seine ; 9o les docteurs en médecine, après un exercice de dix années consécutives dans la ville de Paris, dûment constaté par le paiement ou par l’exemption régulière du droit de patente.

» Art. 4. Sont appliquées à la confection des listes, les dispositions de la loi du 19 avril 1831 qui y sont relatives.

» Art. 5. Aucun scrutin n’est valable si la moitié plus un des électeurs inscrits n’a voté. Nul n’est élu s’il ne réunit la majorité absolue des suffrages exprimés. Lorsqu’il y aura plusieurs membres du conseil général à élire, on procédera par scrutin de liste. Après les deux premiers tours de scrutin, si l’élection n’est point faite, le bureau proclame les noms des candidats qui ont obtenu le plus de suffrages, en nombre double de celui des membres à élire. Au troisième tour de scrutin, les suffrages ne pourront être valablement donnés qu’aux candidats ainsi proclamés. Lorsque l’élection n’a pu être faite faute d’un nombre suffisant d’électeurs ou est déclarée nulle pour quelque cause que ce soit, le préfet du département de la Seine assigne un jour dans la quinzaine suivante, pour procéder de nouveau à l’élection.

» Art. 6. Les colléges électoraux et leurs sections sont présidés par le maire, par ses adjoints, suivant l’ordre de leur nomination, et par les conseillers municipaux de l’arrondissement ou de la commune où l’élection a lieu, suivant l’ordre de leur inscription au tableau. Les quatre scrutateurs sont les deux plus âgés et les deux plus jeunes des électeurs présents ; le bureau ainsi constitué, désigne le secrétaire. L’élection a lieu par un seul collége dans chacun des arrondissements de Sceaux et de Saint-Denis.

» Art. 7. La tenue des assemblées électorales a lieu conformément aux dispositions contenues dans les articles 41 43, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 56 et 58 de la loi du 19 avril 1831, et les articles 50 et 51 de la loi du 21 mars 1831.

TITRE II.
Des conseils d’arrondissement du département de la Seine.

» Art. 8. Les conseillers d’arrondissement sont élus dans chacun des cantons des arrondissements de Sceaux et de Saint-Denis ; par des assemblées électorales composées des électeurs appartenant à chaque canton, et portés sur les listes, conformément aux dispositions des articles 3 et 4 de la présente loi.

» Art. 9. Il n’y aura point de conseil d’arrondissement pour la ville de Paris.

» Art. 10. Toutes les dispositions de la loi du 22 juin 1833, sur l’organisation départementale qui ne sont pas contraires aux dispositions précédentes, sont applicables au conseil général du département de la Seine et aux conseils des arrondissements de Sceaux et de Saint-Denis.

TITRE III.
De l’organisation municipale de la ville de Paris.

» Art. 11. Le corps municipal de Paris se compose du préfet du département de la Seine, du préfet de police, des maires, des adjoints et des conseillers élus par la ville de Paris.

» Art. 12. Il y a un maire et deux adjoints pour chacun des douze arrondissements de Paris. Ils sont choisis par le roi pour chaque arrondissement, sur une liste de douze candidats nommés par les électeurs de l’arrondissement ; ils sont nommés pour trois ans et toujours révocables.

» Art. 13. En exécution de l’article précédent, les électeurs qui ont concouru à Paris à la nomination des membres du conseil général, sont convoqués tous les trois ans pour procéder, par un scrutin de liste, à la désignation de douze citoyens réunissant les conditions d’éligibilité que la loi a déterminées pour les membres du conseil général ; ces candidats sont indéfiniment rééligibles. Pour que le scrutin soit valable, la majorité absolue des votes exprimés est nécessaire au premier tour ; la majorité relative suffit au second tour de scrutin.

» Art. 14 Le conseil municipal de la ville de Paris se compose des trente-six membres qui, en exécution des articles 2 et 3, sont élus par les douze arrondissements de Paris pour faire partie du conseil général du département de la Seine.

» Art. 15. Le roi nomme, chaque année, parmi les membres du conseil municipal, le président et le vice-président de ce conseil. Le secrétaire est élu chaque année par les membres du conseil et parmi eux.

» Art. 16. Le préfet de la Seine et le préfet de police peuvent assister aux séances du conseil municipal ; ils y ont voix consultative.

» Art. 17. Le conseil municipal ne s’assemble que sur la convocation du préfet de la Seine. Il ne peut délibérer que sur les questions que lui soumet le préfet, et lorsque la majorité de ses membres assiste à la séance.

» Art. 18. Il y a chaque année une session ordinaire, qui est spécialement consacrée à la présentation et à la discussion du budget. Cette session ne peut durer plus de six semaines. L’époque de la convocation doit être notifiée à chaque membre du conseil un mois au moins à l’avance.

» Art. 19. Lorsqu’un membre du conseil a manqué à une session ordinaire et à trois convocations extraordinaires consécutives sans excuses légitimes ou empêchements admis par le conseil, il est déclaré démissionnaire par un arrêté du préfet, et il sera procédé à une élection nouvelle.

» Art. 20. Les membres du conseil municipal prêtent serment la première fois qu’ils prennent séance, s’ils ne l’ont déjà prêté en qualité de membres du conseil général.

» Art. 21. Les dispositions des articles 5, 6, 18, 19, 20, 21, de la loi du 21 mars 1831, relatifs aux incompatibilités, et l’article 2 de la loi du 22 juin 1833, relatif aux cas de vacance, sont applicables aux maires et adjoints et aux membres du conseil municipal de la ville de Paris. Il en est de même des articles 27, 28, 29 et 30 de la loi du 21 mars 1831, relatifs à l’irrégularité des délibérations des conseils municipaux et à leur dissolution.

» Art. 22. La présente loi sera mise à exécution avant le 1er janvier 1835, etc…

» Signé Louis-Philippe. »

La loi du 18 juillet 1836, sur l’administration municipale, porte : titre VIII, art. 74. « Il sera statué par une loi spéciale sur l’administration municipale de la ville de Paris. »

Voici les noms des administrateurs qui ont rempli les plus hautes fonctions municipales depuis la révolution jusqu’à cette époque :

Jean-Sylvain Bailly, élu maire de Paris en 1789.

Jérôme Pétion de Villeneuve, le 17 novembre 1791.

Nicolas Chambon, 1792.

J.-N. Pache, 1793.

Jean-Baptiste-Edmond Fleuriot-Lescot, 1794.

Administrateurs du Département.

Nicoleau, élu en 1795.

Dememiée, 1797.

Joubert, en l’an VII.

Lecoulteulx, an VII.

PRÉFETS :
Sous l’Empire.

Nicolas-Thérèze-Benoît Frochot, de 1804 à 1812.

Sous l’Empire et la Restauration.

Gilbert-Joseph-Gaspard Chabrol de Volvic, de 1812 à 1830.

Depuis juillet 1830.

Le comte Delaborde, du 28 juillet au 23 août 1830.

Odilon Barrot, du 24 août 1830 au 22 février 1831.

Le comte de Bondy, du 23 février 1831 au 25 juin 1833.

Le comte de Rambuteau, nommé le 22 juin 1833, entré en fonctions le 26 du même mois.

De Jussieu, secrétaire-général, nommé le 1er janvier 1831.

Conseillers de Préfecture (1844).

De la Morélie.

Laffon-de-Ladebat.

De Maupas.

Lucas de Montigny.

Molin.

Noms des Membres du Conseil Général du Département de la Seine en 1844.
VILLE DE PARIS.
1er arrondissement.


MM.

Hérard.

Lafaulotte.

Marcellot.

2e arrondissement.

Ganneron.

Sanson-Davillier.

Thayer (Édouard).

3e arrondissement.

Besson.

Boutron.

Ternaux-Mortimer.

4e arrondissement.

Lahure.

Journet.

Legros.

5e arrondissement.

Ferron.

Grillon.

Say (Horace).

6e arrondissement.

Arago.

Aubé.

Husson.

7e arrondissement.


MM.

Jouet.

Michau (David).

Périer.

8e arrondissement.

Bouvattier.

Moreau (Frédéric).

Perret.

9e arrondissement.

Galis.

Lanquetin.

Thierry.

10e arrondissement.

Beau.

Considérant.

Robinet.

11e arrondissement.

Boulay de la Meurthe.

Gillet.

Séguier.

12e arrondissement.

Pellassy de l’Ousle.

Preschez.

Méder.

ARRONDISSEMENTS DE SAINT-DENIS ET DE SCEAUX.

Possoz.

Benoist.

Sommier.

Duc de Trévise.

Libert.

Lejemptel.

Riant.

Bronzac.

Nous ne terminerons pas cette partie concernant l’institution municipale sans rappeler ses époques les plus glorieuses.

Nous avons payé le premier tribut d’éloges aux prévôts des marchands, parce que les hommes des premières luttes sont grands, même parmi les plus grands. Les privilèges qu’ils ont su conquérir un à un ont facilité les développements de la capitale en contribuant à la prospérité de la France. De leur vivant on leur a rendu cet éclatant hommage, qu’il était impossible de trouver ailleurs plus de talents et plus d’honneur.

Leurs vertus étaient si pures qu’elles commandaient le respect même aux écrivains qui raillaient les plus hautes illustrations. Un historien du XVIe siècle, raconteur cynique, qui moulait les vices des grands comme on prend l’empreinte du visage des morts, s’exprimait ainsi sur ces magistrats : « On espluche avec tant de soin la vie de ceux qui aspirent à ces belles dignitez, qu’il est impossible, que homme y puisse parvenir, qui soit le moins du monde marqué de quelque note d’infamie, ressentant denigrement de renommée, ou qui pour quelque mesfaict, et fust-il léger, auroit esté mis en prison, tant est saincte ceste authorité et honneur d’échevinages, que la seule opinion de vice luy peut donner empêchement, etc… »

Ceux qui ont étudié cette institution connaissent le secret de sa durée. Elle a vécu tant de siècles, parce que l’élection était une sève puissante qui répandait dans tout le corps municipal une activité, une force qui se renouvelaient sans cesse. Aussi le jour où le pouvoir a détruit cette prérogative, la prévôté des marchands a perdu son véritable caractère ; cette première pierre détachée a fait crouler tout l’édifice.

Louis XVI écrivait le 16 mai 1778, au bureau de la ville : « Nous désirons que dans l’assemblée qui doit être tenue au mois d’août prochain, pour procéder à l’élection du prévôt, vous ayez à donner vos voix au sieur Lefebvre de Caumartin, car tel est notre plaisir. »

Le 14 juillet 1789, l’institution n’existait plus, et le dernier prévôt des marchands expirait sur les degrés du palais municipal.

Justice rendue à cette grande institution, on ne saurait songer ensuite à son rétablissement ; tout ce qui la soutenait, tout ce qui la fortifiait, a disparu !… La révolution qui poursuivait son grand système de centralisation, ne pouvait admettre la prévôté vivant en dehors avec ses anciennes franchises. Il fallait, pour donner de la sécurité, de la force au pouvoir exécutif, qu’il pût pénétrer partout, et sentir sous sa main battre le cœur de la France.

Cette nécessité admise, le droit d’initiative accordé au gouvernement dans la loi municipale, il était nécessaire de lui poser des limites et de créer une nouvelle puissance émanant de l’élection pour juger et contrôler les actes du pouvoir. Avant d’obtenir ces précieux avantages, l’institution municipale a dû subir un demi-siècle d’épreuves ; ainsi l’ancienne loi du 21 mai 1790 embarrassait le gouvernement ; celle du 28 pluviôse an VIII n’admettait aucune liberté. Cependant à ces deux époques, on a vu s’élever des hommes remarquables par leur courage, des magistrats distingués par leurs talents ; les premiers, aux prises avec une population affamée, ne pouvaient construire sur un sol qui tremblait, les seconds, placés dans une situation favorable aux développements de leurs projets, ont eu l’honneur d’augmenter la richesse de la capitale.

Mais pour faire durer une institution, les hommes de courage, les magistrats habiles ne suffisent pas ; il faut que les lois pénètrent profondément dans le sol, qu’elles y prennent racine sans que leur sève absorbe ou détruise tout ce qui a droit de vivre sous le même soleil.

Ces pensées semblent avoir dominé les législateurs auxquels nous devons la nouvelle institution municipale. Aussi la loi de 1834 a-t-elle produit de grands résultats ; que ceux qui doutent, lèvent les yeux et regardent : Paris est un livre ouvert.

Le quartier de la Cité, avec sa population infime, qui, depuis tant de siècles, naissait, souffrait, mourait sans sortir d’une atmosphère putride, a senti dans son sein pénétrer l’air et la vie. Des rues étroites et fangeuses ont disparu, remplacées par deux larges voies publiques. D’autres parties de la capitale ont également senti l’heureuse influence d’une législation dont la force se renouvelle chaque jour.

Les quartiers Sainte-Avoie, des Lombards et des Marchés, renfermant un peuple d’ouvriers, d’artisans, demeuraient depuis longtemps étrangers à toute espèce d’amélioration tandis que le luxe, la richesse inondaient certaines parties de la ville qui n’offraient encore au commencement de notre siècle que des terrains en friche.

Cette inégalité choquante a provoqué la sollicitude de la nouvelle administration, qui sut improviser une communication facile entre ces quartiers et le grand centre d’approvisionnement de la capitale.

La rue de Rambuteau a été ouverte, et cette importante voie de circulation, qui rattache le Marais aux Halles et à la Bourse, est devenue la grande artère qui répand l’aisance et la prospérité autour d’elle.

Dans l’espace de dix années, d’autres travaux importants ont été exécutés : nous les mentionnerons après avoir constaté les sacrifices que la Ville s’est glorieusement imposés pour procurer aux voies publiques les améliorations que nécessitaient les besoins toujours croissants de la circulation.

De 1834 à 1843 inclus, la Ville a dépensé, pour les élargissements par mesure ordinaire de voirie, une somme de 
 5,322,094. 16
Dans la même période, les frais d’expropriations ou d’acquisitions à l’amiable, se sont élevés à 
 19,333,269. 38

Total général 
 24,655,363. 54

(De 1816 à 1830 inclus, les améliorations de la voie publique avaient occasionné une dépense de 10,241,588 fr. 33 c.)

Parmi les percements ou élargissements exécutés par expropriation, il convient de citer les rues Saint-André-des-Arts, de l’Arcade (prolongement), d’Arcole, des Bourguignons (prolongement), Jacques de Brosse, de Chabanois (prolongement), de Constantine, Croix-des-Petits-Champs, d’Erfurth, de la Harpe, Saint-Hippolyte, Jacob, de Lobau, de Mazagran, du Cloître-Saint-Merri, Neuve-Notre-Dame, Sainte-Opportune, Pavée-au-Marais (prolongement), des Prêtres-Saint-Séverin, de Rambuteau, du Renard-Saint-Merri, Tirechape, quai de Montebello, les trois rues ouvertes aux abords de la nouvelle prison de la Force, etc. Nous devons comprendre aussi les rues Guy-de-la-Brosse, Jussieu et les cinq voies publiques formées aux environs des greniers de réserve.

Après ces grands et utiles travaux, il convient de parler des voies publiques dont l’administration a favorisé l’ouverture en accordant aux propriétaires un concours bienveillant et éclairé.

Dans cette catégorie figurent les rues d’Antin (prolongement), de l’Aqueduc, Barbet de Jouy, des Bassins, de Berlin (prolongement), Boursault, Geoffroy-Marie, Greffulhe, Lavoisier, Mayet, de Milan, de Mulhouse, de Nemours, Newton, Pauquet de Villejust, Rumfort, de Trévise, etc.

Si l’on ajoute à cette nomenclature les travaux d’agrandissement de l’Hôtel-de-Ville, de construction de la nouvelle prison de la Force, ceux de pavage, de conduites d’eau, d’égouts, de nivellement et de plantation des quais, etc. ; alors on peut dire que la nouvelle administration a fait plus pour la salubrité, pour la splendeur de la capitale pendant les dix années qui viennent de s’écouler, que l’ancien pouvoir municipal dans l’espace d’un demi-siècle ordinaire de royauté.

2e Partie. — Constructions. — Documents administratifs.

La Hanse Parisienne occupait anciennement une maison située à la vallée de Misère, sur le bord de la Seine, à l’ouest du grand Châtelet. Le bâtiment était appelé Maison de la Marchandise. Dubreuil pense que les marchands tinrent plus tard leurs assemblées dans une propriété située entre le grand Châtelet et la chapelle Saint-Leufroy ; on appelait dès lors Parlouer aux Bourgeois (locutium civium), l’ancienne maison de la marchandise, qu’on transféra sous le même nom de Parlouer aux Bourgeois, près de l’enclos des Jacobins, entre la place Saint-Michel et la rue Saint-Jacques, apparemment vers l’endroit où la rue Saint-Hyacinthe aboutit à la place Saint-Michel. Mais cet emplacement ne répondant point à la dignité du premier corps de la ville, on résolut d’en choisir un plus convenable.

« À la place de Grève, dit Félibien, il y avoit autresfois une maison qui en portoit le nom, et que Philippe-Auguste acheta de Suger Clayon ou Cluyn, chanoine de Paris, vers 1212. L’abbé de Preuilly reconnut que le roy y avoit haute, moyenne et basse justice. Cette maison fut depuis appellée la Maison aux Piliers (domus ad piloria), parce qu’elle estoit portée pardevant sur une suite de gros piliers, etc… Philippe-de-Valois donna cette maison, en 1322, à Clémence de Hongrie, veuve et seconde femme de Louis-le-Hutin ; elle ne mourut qu’en 1328, et nonobstant le don que Philippe-de-Valois lui avoit fait de la Maison aux Piliers, il donna la mesme maison, en 1324, à Gui, dauphin de Viennois, et en renouvella le don à Humbert en 1355. Ce fut pour cela qu’on appella cette maison, la maison aux Dauphins, à cause qu’elle appartint aux deux derniers princes souverains de Dauphiné et à Charles de France, dauphin, duc de Normandie et régent du royaume, qui la donna en 1356 à Jean d’Auxerre, receveur des gabelles de la prévosté et vicomté de Paris, en considération des services qu’il lui avoit rendus. »

Cette maison fut vendue à la ville par Jean d’Auxerre et Marie sa femme, par contrat du 7 juillet 1357, moyennant la somme de « deux mille huit cent quatre-vingts livres parisis, forte monnoie, payée en deux mille quatre cents florins d’or au mouton, par Estienne Marcel, prévost des marchands. »

Sauval nous donne ainsi la description de l’hôtel aux Dauphins : « Il y avoit deux cours, un poulailler, des cuisines hautes, basses, grandes et petites, des étuves accompagnées de chaudières et de baignoires, une chambre de parade, une d’audience appelée plaidoyer, une salle couverte d’ardoises, longue de cinq toises et large de trois, et plusieurs autres commodités.

Au commencement du XVIe siècle ces constructions étaient devenues insuffisantes.

« En l’an 1553, le 15 juillet (dit Dubreuil), fut posée la première pierre du nouveau bastiment de l’Hostel-de-Ville, par MM. Maistre Pierre Viole, sieur d’Athis, conseiller du roy, notre sire en sa cour de parlement à Paris, prévost des marchands, et maistres Gervais Larcher, Jacques Boursier, Claude Daniel et Jean Barthélemy, eschevins, lesquels avoient chacun une truelle argentée pour prendre du morlier fait de sable et de chaux. Sur laquelle pierre estoit une lame de cuivre, où estoient gravées les armes du roy, et aux deux costés les armes de la ville avec cet escrit : Facta fuerunt hæc fundamenta, etc. ; pendant que l’on faisoit l’assiette de cette pierre, sonnoient les fifres, tambourins, trompettes et clairons, artillerie, cinquante hacquebutes à croq de la ville, avec les hacquebutiers d’icelle ville qui sont en grand nombre ; et aussi sonnoient à carrillon les cloches de Saint-Jean-de-Grève, du Saint-Esprit et de Saint-Jacques-de-la-Boucherie. Aussi, au milieu de la Grève, il y avait vin défoncé, tables dressées, pain et vin pour donner à boire à tous venants, en criant par le menu peuple à haute voix : Vive le roy et messieurs de la ville. »

Le premier et le second étages étaient construits en 1549. L’architecte avait alors 250 livres de gages ; Asselin, maître des œuvres de la ville et commis à la surintendance de la charpente, en avait 75 ; et Chambiche, tailleur de pierres, maçon et conducteur des ouvriers, 25 sols par jour. Un nouveau plan qui modifiait le premier fut présenté à Henri II. Un artiste italien, Dominique Boccardo dit Corlone, auteur de ce plan, fut chargé de l’exécution, que les guerres civiles des règnes de Charles IX et de Henri III firent suspendre. L’Hôtel-de-Ville fut enfin achevé en 1606, sous le règne de Henri IV, par les soins de François Myron, et sous la direction d’André du Cerceau, qui fit quelques changements au plan de l’architecte italien. Le vénérable prévôt des marchands donna neuf cents livres de ses propres deniers et plus de vingt-deux mille livres de droits attachés à sa charge pour les derniers travaux de la façade. Il fit faire les ornements, le grand perron, les escaliers, le portique, et plaça sur le cintre qui surmonte la porte d’entrée la statue équestre de Henri IV. Cette statue, ouvrage de Pierre Biard, fut mutilée, pendant la révolution.

Un arrêté de la commune, à la date du 22 août 1792, porte ce qui suit :

« Le procureur de la commune propose de remplacer le cheval de bronze qui est sur la porte de la maison commune, par une table de marbre sur laquelle sera gravée en lettres d’or cette inscription :

« Obéissez au peuple, écoutez ses décrets,
» Il fut des citoyens avant qu’il fut des maîtres,
» Nous rentrons dans les droits qu’ont perdus nos ancêtres ;
» Le peuple par les rois fut longtemps abusé,
» II s’est lassé du sceptre et le sceptre est brisé.»

La statue de Henri IV fut restaurée en 1815, coulée en bronze, puis rétablie à l’endroit où nous la voyons.

L’ancienne façade de l’Hôtel-de-Ville présente un corps de bâtiment flanqué de deux pavillons, et dont les combles, suivant l’usage du temps, sont d’une grande hauteur. Cette façade, percée de treize fenêtres au premier étage, est surmontée d’une campanille où fut placée vers 1781 une horloge ouvrage remarquable de Lepaute.

On montait à l’Hôtel-de-Ville par un perron extérieur. Après avoir traversé le vestibule, un second escalier vous conduit à la cour. Entourée de portiques d’un style plein de noblesse, cette cour a la forme d’un trapèze. La frise contenait autrefois trente inscriptions gravées en lettres d’or, et qui rappelaient les principaux événements du règne de Louis XIV. Ces inscriptions étaient dues au savant André Félibien, père de l’historien de ce nom. Sous l’arcade qui fait face à l’entrée de l’Hôtel, entre deux colonnes ioniques de marbre, avec chapiteaux et ornements de bronze, on voit la statue pédestre de Louis XIV, ouvrage d’Antoine Coysevox. Le grand roi, habillé en triomphateur romain, porte l’énorme perruque en usage au XVIIe siècle. Il s’appuie d’une main sur un faisceau d’armes qui s’élève au milieu d’un trophée, et de l’autre il semble donner des ordres. Le piédestal est de marbre blanc. Avant la révolution, ses faces étaient chargées de deux bas reliefs et de deux inscriptions. Le premier bas-relief représentait le roi distribuant du pain aux pauvres. Le second montrait la religion triomphante de l’hérésie qu’elle foudroyait. (Ce dernier morceau de sculpture faisait allusion à la révocation de l’édit de Nantes, en 1685.) Voici l’inscription qu’on lisait sur le devant de la statue :

LUDOVICO MAGNO,
VICTORI PERPETUO, SEMPER PACIFICO,
ECCLESIÆ ET REGUM DIGNITATIS ASSERTORI,
PRÆFECTUS ET EDILES ÆTEUNUM HOC FIDEI OBSEQUENTIÆ,

Pietatis et memores animi, monumentum posuerunt ; anno R. S. H. M. D. C. L. XXXIX.

La statue de Coysevox, mutilée en 1793, resta cachée dans les magasins du Roule. Replacée en 1814, elle a été restaurée par MM. Dupasquier, sculpteur, et Thomire, fondeur.

La cour de l’Hôtel-de-Ville, remarquable par ses fenêtres d’un style gracieux et élégant, était entourée des portraits en médaillons de plusieurs prévôts des marchands. On en voyait encore quelques uns en 1817. Depuis on a eu la maladresse de les faire disparaître à force de reblanchir et de gratter la pierre.

L’Hôtel-de-Ville, enrichi et décoré avec soin sous les successeurs de François Myron, a été dépouillé, pendant la révolution, de presque tous les ouvrages d’art qui rappelaient le gouvernement déchu. L’antichambre de la salle des gouverneurs était ornée d’un tableau peint par de Troy, à l’occasion de la naissance du duc de Bourgogne, père de Louis XV. La salle au fond de la cour renfermait les portraits en pied des gouverneurs de Paris, à partir du duc de Bournonville ; sur la cheminée étaient placés le portrait de Louis XV, donné en 1736 par ce roi, et un grand tableau de Carle Vanloo, représentant le même monarque assis sur son trône, recevant les hommages des prévôt et échevins de la ville de Paris, à l’occasion de la paix de 1739. Dans la salle d’audience ou du conseil, on remarquait l’entrée de Henri IV à Paris.

Dans la grande salle, nommée Salle du Trône, on voyait deux magnifiques tableaux peints par Largillière ; le premier rappelait le festin donné par la ville à Louis XIV, et le second, le mariage du duc de Bourgogne avec Marie-Adélaïde de Savoie. Dans le fond on distinguait de belles peintures de François Porbus, dit le Jeune, représentant des prévôts et des échevins ; ces dernières toiles étaient si remarquables, que les autres tableaux placés à côté de ceux de Porbus ne paraissoient, dit Sauval, que des peintures de village ou du pont Notre-Dame. Cette magnifique salle du trône est terminée à chaque extrémité, par une vaste cheminée, ornée de persiques, de cariatides bronzées, et de figures allégoriques, couchées sur des plans inclinés ; ces cheminées datent du règne de Henri IV.

Mais si l’hôtel municipal était remarquable par les ouvrages d’art qu’il renfermait, depuis longtemps ses constructions ne répondaient plus à la grandeur de la capitale.

Il avait été question, vers le milieu du siècle dernier, de faire construire un nouvel Hôtel-de-Ville sur le terrain occupé aujourd’hui par les bâtiments de la Monnaie. L’administration fut même autorisée par un arrêt du conseil du 22 août 1750, à faire l’acquisition de l’emplacement moyennant la somme de 160,000 livres. Ce projet fut heureusement abandonné, et l’édifice de Dominique Boccardo resta la maison commune.

Un arrêt du conseil, à la date du 11 janvier 1770, prescrivit l’agrandissement de l’Hôtel-de-Ville. Dans cet acte il est dit : « Sur ce que les prevost des marchands et échevins de la ville ont représenté que l’hôtel commun n’est pas d’une étendue proportionnée à la magnificence de la capitale, et ses bâtiments se trouvant d’ailleurs insuffisants pour les opérations qui s’y font journellement, et notamment pour le paiement des rentes dues par sa majesté, il doit être, conformément au dit plan, construit une nouvelle façade au dit Hôtel-de-Ville en face de la rivière, et ajouté une aile à la jonction des rues Jean-de-l’Épine et de la Vannerie, etc… » La pénurie d’argent fit abandonner ce projet ; et les prévôts des marchands furent obligés de louer plusieurs maisons qui servirent à placer quelques bureaux.

Sous le consulat, le préfet du département de la Seine vint prendre possession de l’ancienne demeure du prévôt des marchands.

Une délibération des consuls, à la date du 5 frimaire an XI, porte ce qui suit : « Article 1er. Les bureaux de la préfecture du département de la Seine, ceux de la commission des contributions et du conseil de préfecture, seront transférés à l’Hôtel-de-Ville de Paris, et dans les bâtiments du Saint-Esprit avant le 1er germinal. — Art. 2e. Les registres et papiers du domaine national seront transférés dans les bâtiments de Saint-Jean-en-Grève. Le premier consul signé Bonaparte. » — Dans un décret de l’empire du 24 février 1811, on lit ce qui suit : « § V, art. 40. — Il sera fait à l’Hôtel-de-Ville de Paris les augmentations convenables pour que dorénavant dans les fêtes municipales, il ne soit plus nécessaire de faire des constructions provisoires. Ces travaux seront commencés cette année. Signé Napoléon. » Des agrandissements furent entrepris à cette époque sous la direction de M. Molinos, architecte. Une distribution nouvelle eut lieu dans les principales parties de l’édifice, ses dépendances furent considérablement augmentées par la réunion des bâtiments de l’hôpital du Saint-Esprit et de Saint-Jean-en-Grève.

On construisit l’hôtel particulier du préfet de la Seine, sur l’emplacement de l’hôpital du Saint-Esprit. On y remarquait trois pièces, qui, décorées d’un style uniforme, et séparées par des cloisons mobiles, ne faisaient à volonté qu’une seule pièce nommée salle des Fastes.

La salle Saint-Jean (autrefois chapelle de la communion de l’église Saint-Jean) offrait un vaste parallélogramme, éclairé par le haut et décoré de douze colonnes corinthiennes, en arrière desquelles régnait une galerie latérale ; cette salle était destinée aux assemblées publiques et aux séances solennelles de diverses sociétés savantes. Une autre pièce très vaste, pratiquée dans les galeries Saint-Jean, fut affectée en 1817 à la bibliothèque de la ville qui occupait encore ce local en 1837. — La salle du Zodiaque, à côté de la grande salle, servait de cabinet au secrétaire général, et le salon vert était devenu le cabinet du préfet. Enfin, pour la célébration des fêtes qui furent données par la ville en l’honneur du duc d’Angoulême à son retour d’Espagne, on construisit une vaste salle sous le nom de salle du Trocadero ou d’Angoulême. Depuis 1830, elle avait pris le nom de Salon du Jardin ou de Grand Salon.

Tel on voyait l’ancien Hôtel-de-Ville dont les bâtiments occupaient une superficie de 5961 m.

Malgré les travaux entrepris sous l’empire et la restauration, cet édifice ne suffisait point encore à l’accroissement des différents services administratifs. On fut obligé de faire l’acquisition d’une propriété et de louer une maison de la rue de Lobau. Cependant le poids public, les bureaux de l’octroi ne pouvaient trouver place dans l’hôtel, et leur éloignement gênait une administration qui, vivant d’ordre, avait par conséquent besoin de simplicité dans les moyens et d’unité dans l’action.

À cette nécessité de centralisation venait se joindre une question d’économie qu’il était important de résoudre. Les salons étaient trop étroits, insuffisants, et chaque fois qu’on donnait une fête, il fallait improviser des constructions à grands frais ; la fête terminée, on démolissait ce qui avait été bâti la veille ; aussi dans les dépenses faites à l’occasion des cérémonies qui eurent lieu à l’Hôtel-de-Ville depuis le gouvernement impérial jusqu’à nos jours, et dont nous fournirons ci-après le détail, figure une somme de 4,000,000 fr. pour ces constructions provisoires. Voici la désignation de ces fêtes :

Sacre de Napoléon 
 1,745,646. »
Mariage de Marie-Louise 
 2,670,932. »
Naissance du roi de Rome 
 600,000. »
Baptême du duc de Bordeaux 
 668,000. »
Fête du Trocadero 
 800,000. »
Sacre de Charles X 
 1,164,000. »
Mariage du duc d’Orléans 
 878,613. »

Total 
 8,527,191. »

Il appartenait à l’administration actuelle de remédier à d’aussi graves inconvénients, de placer sous sa main les nombreux et importants services dont elle est chargée et de mettre enfin les bâtiments nouveaux en harmonie avec la splendeur de la capitale.

Le conseil municipal donna son approbation au projet d’agrandissement de l’Hôtel-de-Ville dont le périmètre fut déterminé par une ordonnance royale du 24 août 1836, et les travaux commencèrent sous la direction de MM. Godde et Lesueur, architectes.

Dans le courant des mois de mai et juin 1837, on démolit les maisons dont l’emplacement était nécessaire aux nouvelles constructions, et le conseil municipal vota, le 9 juin de la même année, une somme de 6,959,818 fr.

Il nous reste maintenant à juger l’Hôtel-de-Ville dans son ensemble ; mais avant de commencer cette appréciation et pour la rendre plus équitable, il nous parait utile d’ajouter quelques lignes à la description que nous avons déjà faite de l’ancien édifice.

Ce fut par l’influence de Catherine de Médicis que Dominique Boccardo fut désigné pour construire l’Hôtel-de-Ville. On a peine à comprendre aujourd’hui la préférence accordée, par l’épouse de Henri II, à l’artiste étranger. Boccardo n’avait produit aucun ouvrage remarquable qui vînt constater sa supériorité sur les architectes français. Il ignorait nos habitudes nos usages, nos lois. Dans les œuvres de nos grands artistes on devine une pensée-mère qui ne se retrouve point dans le monument de l’Hôtel-de-Ville. Le vieux Louvre offre, pour ainsi dire, le caractère de la force, de la majesté royale, comme on aperçoit sur les pierres de l’hôtel des Invalides le symbole de la gloire. L’architecture d’un édifice destiné à la prévôté des marchands, à cette belle et forte institution, devait être avant tout, simple et sévère. Boccardo construisit un hôtel gracieux, élégant, plein de coquetterie, mais dépourvu de grandeur et de majesté. Aussi le corps de la ville fut-il mécontent de cet ouvrage, et maître François Myron, en regardant l’hôtel inachevé de l’Italien, disait avec sa franchise un peu sévère : « À quoi diable pensait cet étranger, sa construction est bonne à loger des ribaudes et non des magistrats. » Puis il donna l’ordre à Du Cerceau de modifier quelques parties défectueuses de l’édifice.

Le temps, des événements importants ont fait grandir l’œuvre de l’artiste italien, mais si on la dégage de tous ces prestiges, il ne lui reste aucune de ces mâles beautés que le génie improvise avec cette hardiesse qui commande le respect et l’admiration.

Tel qu’il était, le monument élevé par Boccardo méritait cependant d’être conservé par la délicatesse de ses détails, par ses ornements gracieux qui peuvent servir à l’histoire de l’art. Les architectes chargés de son agrandissement ont dû chercher, en se conformant au programme, à rattacher les nouveaux bâtiments aux constructions primitives de manière à donner à l’ensemble un caractère d’unité.

En quittant le quai Le Peletier pour entrer sur la place, l’Hôtel-de-Ville apparaît dans tout le développement de ses deux façades de l’Ouest et du Midi.

L’œuvre en s’augmentant a pris de la majesté, mais les anciennes sculptures semblent avoir perdu de leur élégance. Le joli clocher qui complétait agréablement l’ancien hôtel, n’est plus en rapport avec les constructions nouvelles. En s’approchant on aperçoit seize statues dont les niches sont trop petites pour la façade actuelle. Voici les noms des personnages historiques dont la reconnaissance municipale a fait choix ; Saint Landry, fondateur de l’Hôtel-Dieu ; l’évêque Gozlin qui défendit Paris contre les attaques des Normands ; le pieux évêque Maurice de Sully ; les prévôts de Paris Étienne Boileau et Hugues Aubriot ; Jean Juvénal des Ursins, qui remplit les deux fonctions de prévôt de Paris et de prévôt des marchands ; de Viole et François Myron, prévôts des marchands ; l’immortel sculpteur Jean Goujon ; les architectes Pierre Lescot et Philibert Delorme ; les peintres Lebrun et Lesueur ; l’ingénieur Perronnet ; Turgot et Bailly.

On doit ajouter prochainement à ces statues celles de saint Vincent-de-Paul, Robert-Étienne, Guillaume Budé, Michel Laillier, Hardouin Mansart, d’Argenson, Mathieu-Molé, l’abbé de l’Épée, Jean de La Vaquerie et Jean Aubry.

L’Hôtel-de-Ville comprendra dans son ensemble, après l’achèvement de toutes ses parties :

1o Une grande salle destinée aux fêtes données par la ville de Paris. Elle occupera avec ses vestibules, antichambres et salons, tout le premier étage de la façade sur la rue de Lobau ;

2o Les salles de lecture et de dépôt pour la bibliothèque, seront situées sur le comble de la salle des fêtes ;

3o Les cuisines et dépendances, placées au rez-de-chaussée de la façade sur le quai de la Grève ;

4o Au-dessus, les appartements particuliers du préfet ;

5o Au deuxième étage, les appartements affectés aux réceptions ordinaires du préfet, repas, soirées et bals ;

6o Les salles du conseil municipal et de ses diverses commissions, situées sur la cour d’honneur et occupant les deux façades du midi et du couchant ;

7o Enfin les bureaux de la Préfecture de la Seine, placés dans les bâtiments ayant façade sur la rue de la Tixéranderie.

On remarque dans les constructions que nous venons d’énumérer, le grand escalier de la salle des fêtes dont les voûtes reposent sur des colonnes en marbre des Pyrénées, l’escalier d’honneur conduisant aux appartements du préfet, ainsi qu’aux salons de réception, et les peintures exécutées par MM. Hesse, Schopin, Vauchelet, etc.

Enfin tous les détails du monument qui occupe une superficie de 8,850 m., ont été étudiés avec soin, et l’exécution fait le plus grand honneur à MM. Godde est Lesueur, qui ont été secondés avec intelligence par M. Vivenel, entrepreneur.

La dépense pour les nouvelles constructions, en y comprenant les frais d’ameublement, de décorations, de peintures, etc., s’élève à 
 10,850,000. »
Celle qui reste à faire pour rattacher les bâtiments anciens aux nouveaux, doit monter à 
 1,150,000. »
On avait employé en acquisition de propriétés. 
 2,863,435. 85

Total 
 14,863,435. 85


3e Partie. — Établissements religieux et voies publiques dont les emplacements sont compris aujourd’hui dans l’Hôtel-de-Ville.

Église Saint-Jean-en-Grève. Cette église n’était dans l’origine que la chapelle baptismale de Saint-Gervais. Après la construction de l’enceinte de Paris, sous Philippe-Auguste, cette chapelle devint église paroissiale. Elle fut reconstruite en 1326 dans des proportions plus vastes. Son architecture était assez remarquable, et les connaisseurs estimaient surtout la tribune de l’orgue, élevée sous la direction de Pasquier de Lille, et exécutée par Dailly.

Cette église fut restaurée en 1724, et sur une partie de son cimetière, on construisit en 1734 la chapelle dite de la communion, qui passait pour un excellent ouvrage de François Blondel.

L’église Saint-Jean-en-Grève fut vendue par le domaine national le 17 nivôse an VIII, et démolie quelque temps après ; une partie de son emplacement servit à élargir la rue du Tourniquet-Saint-Jean ; le surplus fut réuni à l’Hôtel-de-Ville. La chapelle de la communion, transformée en salle d’assemblée et de concert, a été démolie en 1837 pour faire place aux nouveaux bâtiments de l’Hôtel-de-Ville.

Hôpital du Saint-Esprit. Cet établissement avait été fondé en 1362 ; la construction de son église datait de 1406. Quelques personnes charitables, touchées de l’abandon de plusieurs orphelins qui mouraient de faim dans les rues de Paris, achetèrent une maison et une grange à la place de Grève. Le pape Urbain V approuva la fondation de cet hôpital destiné aux orphelins des deux sexes nés de légitime mariage, et dont les père et mère étaient décédés à l’Hôtel-Dieu. Les enfants étaient reçus jusqu’à l’âge de neuf ans, et donnaient en entrant une somme de 150 livres. Cet argent, qui leur était rendu à leur sortie de cet hôpital, les aidait à apprendre un métier. — Par lettres-patentes du 23 mai 1679, cet établissement fut réuni à l’hôpital général. Un décret du 5 avril 1792 supprima les prêtres du Saint-Esprit. L’église et les bâtiments qui en dépendaient ont été démolis en 1798 ; sur leur emplacement on éleva en 1810 diverses constructions, notamment l’hôtel du préfet de la Seine. Ces nouveaux bâtiments ont été abattus en 1841 pour l’agrandissement de l’Hôtel-de-Ville.

Chapelle et Hôpital des Haudriettes. Le plus ancien document qui mentionne cet hôpital est une charte de Philippe-le-Bel donnée à Milly, au mois d’avril 1306. Dans cet acte, ce prince permet à Étienne Haudri, son panetier, de bâtir une chapelle sur la place qu’il a nouvellement acquise à la Grève, tenant d’un long à l’hôpital des pauvres, qu’il a fondé. Cet hôpital qui existait avant la chapelle, était destiné à recueillir un certain nombre de femmes pauvres et veuves. Dans une bulle de Clément VII, on voit que cet établissement contenait trente-deux veuves qui sont qualifiées de bonnes femmes de la chapelle d’Étienne Haudri.

Les religieuses hospitalières qui administraient cette maison, furent transférées en 1622 dans le couvent de l’Assomption de la rue Saint-Honoré. L’emplacement de cet hôpital fait partie aujourd’hui de l’Hôtel-de-Ville.

Rue des Haudriettes. — Elle commençait au quai de la Grève et finissait à la rue de la Mortellerie. Son nom lui avait été donné en raison de l’hôpital dont nous venons de parler. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, avait fixé à 6 m. la largeur de cette rue qui a été supprimée en 1837, et dont l’emplacement est confondu dans le jardin de l’Hôtel-de-Ville.

Rue des Vieilles-Garnisons. Cette voie publique commençait à la rue du Tourniquet-Saint-Jean, formait retour d’équerre et se terminait à la rue de la Tixéranderie. Dès le XIIIe siècle, on la désignait sous le nom du Marteret. Un compte de la prévôté de 1448, l’appelle rue des Garnisons. En 1522, on la nommait rue du Saint-Esprit, en raison de sa proximité de l’hôpital du Saint-Esprit. Cette rue dont la largeur fut fixée à 6 m., par décision ministérielle du 28 brumaire an VI, a été supprimée vers 1810. Son emplacement servit à former le jardin de la préfecture qui a été détruit en 1838, pour recevoir les nouvelles constructions de l’Hôtel-de-Ville.

Rue du Martroi. Elle prenait naissance à la rue de la Levrette (confondue aujourd’hui dans la rue de Lobau), et débouchait sous une arcade dans la place de l’Hôtel-de-Ville. Le censier de l’évêché de 1372 la nomme le Martelet-Saint-Jean, on l’appela plus tard rue du Martroi. Suivant Jaillot ce nom dérive de Martyrium, qui signifie lieu du supplice. En effet cette voie publique reçut cette dénomination lorsque la place de Grève fut affectée à l’exécution des criminels. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, avait fixé à 10 m. la largeur de la rue du Martroi qui a été supprimée en 1837.

Rue de la Mortellerie. Vingt-et-une maisons de cette voie publique ont été démolies en 1837, pour faciliter l’agrandissement de l’Hôtel-de-Ville.

Rue de la Tixéranderie. Trois maisons de cette rue ont dû également disparaître pour le même objet.


Hôtel de Ville (place de l’).

Située entre les quais Le Peletier et de la Grève, les rues du Mouton et de la Tixéranderie. Le dernier impair est 39 ; pas de numéro pair, ce côté est bordé par l’Hôtel-de-Ville. — Les numéros impairs sont du 7e arrondissement, quartier des Arcis. L’Hôtel-de-Ville est du 9e arrondissement.

Au commencement du XIIe siècle, un marché public existait sur cette place, qui portait, en raison de sa proximité du fleuve, la nom de place de Grève. Une charte de 1141, donnée par Louis-le-Jeune sur la demande des bourgeois de la Grève et du Monceau, supprima ce marché moyennant 70 livres une fois payées au trésor royal. — La place de Grève fut élargie vers 1770, en vertu des lettres-patentes du 22 avril 1769. — Une décision ministérielle du 20 septembre 1817 a fixé la largeur de cette voie publique à 67 m. Pour les propriétés de 1 à 7, le retranchement varie de 1 m. 30 c. à 4 m. 70 c., les autres constructions devront subir un reculement considérable ou être supprimées entièrement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compes Française et Lacarrière).

On ignore à quelle époque la place de Grève servit pour la première fois de lieu patibulaire. Une hérétique appelée Marguerite Porette y fut brûlée en 1310. À cette malheureuse commence la nomenclature des exécutions de la justice.

Chaque année, la veille de la fête de Saint-Jean, une cérémonie bizarre avait lieu sur cette place ; les magistrats de la ville faisaient entasser des fagots au milieu desquels était planté un arbre de 30 m. de hauteur, orné de bouquets, de couronnes et de guirlandes de roses. On attachait à l’arbre un panier qui contenait deux douzaines de chats et un renard. Aussitôt que les trompettes annonçaient l’arrivée du roi, le prévôt des marchands et les échevins, portant des torches de cire jaune, s’avançaient vers l’arbre et présentaient au monarque une torche de cire blanche, garnie de deux poignées de velours rouge, et sa majesté venait allumer le feu. Les chats brûlés vifs au milieu des acclamations de la multitude, le roi montait à l’Hôtel-de-Ville où il trouvait une collation composée de dragées musquées, de confitures sèches, de massepins, etc… — Dans un compte de la ville, à la date de 1573, nous lisons à l’article concernant cette cérémonie. « À Lucas Pommereux, l’un des commissaires des quais de la ville, cents sols parisis, pour avoir fourni durant trois années tous les chats qu’il falloit au dit feu, comme de coutume même pour avoir fourni il y a un an où le roi assista, un renard pour donner plaisir à sa majesté, et pour avoir fourni un grand sac de toile où étoient les dits chats. »

Nous avons rappelé à l’article de l’Hôtel-de-Ville les principaux événements dont cet édifice fut le théâtre. Plusieurs de ces drames lugubres ont commencé dans les salons de l’hôtel ; mais la foule qui se trouvait sur la place, intervenait quelquefois au dénouement.

« Là, dit Mercier (l’auteur du Tableau de Paris), sont venus tous ceux qui se flattaient de l’impunité : un Cartouche, un Ravaillac, un Nivet, un Damiens ; et plus scélérat qu’eux tous un Desrues. Il y montra la froide intrépidité et le courage tranquille de l’hypocrisie ; je l’ai vu et entendu au Châtelet, car il se trouvait alors dans la même prison avec l’auteur de la philosophie de la nature, quand j’allais visiter l’écrivain, etc…

» Nos femmes, dont l’âme est si sensible, le genre nerveux si délicat, qui s’évanouissent devant une araignée, ont assisté à l’exécution de Damiens, etc… Des lunettes d’approche entre leurs mains amenaient, sous leurs regards, les bourreaux et les angoisses du supplicié. Leurs yeux ne se détournèrent pas de cet amas de tourments recherchés ; la pitié et la commisération s’étaient envolées de la place où le criminel expiait son forfait par le plus long et le plus cruel des supplices. Il fut tel que la postérité frémira ! »

Nous rapportons les détails de cette exécution :

Le supplice commença vers 5 heures. La main droite du patient qui tenait un couteau, fut brûlée lentement ; les atteintes de la flamme lui arrachèrent un cri horrible. Dans cet instant le greffier s’approcha du condamné, et le somma de nouveau de désigner ses complices ; il protesta qu’il n’en avait pas : « Au même instant le dit condamné a été tenaillé aux mamelles, bras, cuisses et gras des jambes, et sur les dits endroits a été jeté du plomb fondu, de l’huile bouillante de la poix brûlante, de la cire et du soufre fondus ensemble, pendant lequel supplice le condamné s’est écrié à plusieurs fois : Mon Dieu, la force, la force !… Seigneur mon Dieu, ayez pitié de moi !… Seigneur mon Dieu, que je souffre !… Seigneur mon Dieu, donnez moi la patience !… À chaque tenaillement, on l’entendait crier douloureusement ; mais de même qu’il avait fait lorsque sa main avait été brûlée, il regarda chaque plaie, et ses cris cessaient aussitôt que le tenaillement était fini. Enfin on procéda aux ligatures des bras, des jambes et des cuisses pour opérer l’écartèlement. Cette préparation fut très longue et très douloureuse. Les cordes étroitement liées, portant sur les plaies si récentes, cela arracha de nouveaux cris au patient, mais ne l’empêcha pas de se considérer avec une curiosité singulière. Les chevaux ayant été attachés, les tirades furent réitérées longtemps avec des cris affreux de la part du supplicié. L’extension des membres fut incroyable ; mais rien n’annonçait le démembrement. Malgré les efforts des chevaux qui étaient jeunes, peut-être trop, cette dernière partie du supplice durait depuis plus d’une heure sans qu’on pût en prévoir la fin. Les médecins et chirurgiens attestèrent aux commissaires, qu’il était presqu’impossible d’opérer le démembrement, si l’on ne facilitait l’action des chevaux, en coupant les nerfs principaux qui pouvaient bien s’allonger prodigieusement, mais non pas être séparés sans une amputation. Sur ce témoignage, les commissaires firent donner ordre à l’exécuteur de faire cette amputation, d’autant plus que la nuit approchait et qu’il leur parut convenable que le supplice fut terminé auparavant. En conséquence de cet ordre, aux jointures des bras et des cuisses, on coupa les nerfs au patient, on fit alors tirer les chevaux. Après plusieurs secousses, on vit se détacher une cuisse et un bras. Le supplicié regarda encore cette douloureuse séparation ; il parut conserver la connaissance après les deux cuisses et un bras séparés du tronc, et ce ne fut qu’au dernier bras qu’il expira ! » — Les membres et le corps furent brûlés sur un bûcher. — Cet épouvantable supplice de Damiens eut lieu sur la place de Grève, le 28 mars 1757. — Le soir, les courtisans racontaient avec complaisance dans les salons de Versailles, tous les détails de cette longue torture. Une jeune duchesse se fit remarquer par la grâce et la vérité avec laquelle elle retraçait les moindres phases de l’agonie de Damiens.

Le 19 février 1789, la foule accourait de nouveau sur la place de l’Hôtel-de-Ville. Cette fois elle était encore plus avide, plus joyeuse qu’au supplice de Damiens, on allait pendre un marquis !

Le condamné descendit du Châtelet et s’avança entre deux haies de soldats. Sa démarche et son maintien témoignaient de la distinction de son rang ; il paraissait âgé de quarante-cinq ans. C’était Thomas Mahi, marquis de Favras, que la chambre du conseil du Châtelet de Paris avait condamné à être amené et conduit dans un tombereau, après amende honorable, à la place de Grève pour y être pendu et étranglé.

Le matin, après la lecture de l’arrêt, le marquis de Favras avait remis lui-même au greffier sa croix de Saint-Louis. La foule, en apercevant le condamné, battit des mains ; ces applaudissements devinrent plus frénétiques lorsque le marquis vint faire amende honorable sur le Parvis-Notre-Dame. Cette joie du peuple ne sembla ni l’affliger ni l’irriter. Le greffier lut alors la sentence. Favras était convaincu : « D’avoir tenté de mettre à exécution un projet de contre-révolution, qui devait avoir lieu en rassemblant les mécontents des différentes provinces, en donnant entrée dans le royaume à des troupes étrangères, en gagnant une partie des ci-devant gardes-françaises, en mettant la division dans la garde nationale, en attentant à la vie de trois des principaux chefs de l’administration, en enlevant le roi et la famille royale pour les mener à Péronne, en dissolvant l’Assemblée Nationale, et en marchant en force vers la ville de Paris, ou en lui coupant les vivres pour la réduire. »

Conduit à la Grève, Favras monta à l’Hôtel-de-Ville, et fit son testament.

« La nuit étant venue, dit un historien contemporain, on a distribué des lampions sur la place de Grève, et on en a mis jusque sur la potence. Il est descendu de l’Hôtel-de-Ville, marchant d’un pas assuré. Au pied du gibet, il a élevé la voix en disant : « Citoyens, je meurs innocent, priez Dieu pour moi ! » Vers le second échelon, il a dit d’un ton aussi élevé ; « Citoyens, je vous demande le secours de vos prières, je meurs innocent ! » Au dernier échelon il a dit : « Citoyens, je meurs innocent, priez Dieu pour moi ! » Puis s’adressant au bourreau : « Et toi, fais ton devoir. »

D’autres victimes montèrent bientôt sur l’échafaud, et le marquis de Favras fut oublié. — L’hôtel-de-Ville devint le palais de la révolution. Là trônait la Commune de Paris. Sur la place de Grève, le désordre, le pillage et le meurtre préparaient leurs moyens de destruction.

Un arrêté du conseil général de la commune, à la date du 13 août 1793, porte ce qui suit :

« Il sera brûlé publiquement sur la place de Grève les drapeaux souillés des signes de la féodalité, les titres de noblesse, les brevets et décorations des chevaliers de Saint-Louis. »

Cette voie publique prit une nouvelle physionomie sous l’empire. Lors du sacre de Napoléon, la ville voulut aussi donner sa fête, l’hôtel de la préfecture apparaissait radieux de lumières. Une ligne de feu s’étendait le long des quais jusqu’au palais des Tuileries, et de vastes trépieds antiques supportaient des gerbes de flammes. Tout Paris a gardé la mémoire de ce magnifique feu d’artifice représentant le Mont-Saint-Bernard. Pendant que nos soldats gravissaient ces montagnes étincelantes, on voyait se détacher au sommet une figure bien connue ; sur le fleuve, une flotille pavoisée de reflets lumineux répondait par de continuelles éruptions à la mousqueterie et aux canons qui tonnaient sur la cime. C’était de l’histoire écrite en caractères de flammes.

Vingt-six années se sont écoulées, l’empire n’existe plus et la restauration va finir. Sur la place de Grève se livre un combat terrible, les traces en sont partout. Tant que le drapeau tricolore ne flotta pas sur l’Hôtel-de-Ville, rien ne fut décidé.

Pour les combattants, le palais de la bourgeoisie était plus précieux que les Tuileries et le Louvre.

Après la lutte, on comprit que le sang des criminels ne devait pas souiller plus longtemps les pavés de cette place, et l’on porta au loin l’instrument du supplice.

Aujourd’hui cette voie publique a pris un nouveau nom, mais elle est toujours le vaste caravansérail d’une grande partie de la classe laborieuse. Les ouvriers employés aux constructions s’y réunissent : faire Grève, est une expression consacrée pour peindre la situation d’un ouvrier sans travail. Ainsi sur cette même place, où il y vint si vaillamment combattre pour la liberté, le peuple vient encore demander et chercher de l’ouvrage.

Hôtel-de-Ville (rue de l’).

Commence aux rues de l’Étoile, no 3, et du Figuier, no 1 ; finit à la rue de Lobau, nos 2 et 4. Le dernier impair est 137 ; le dernier pair, 132. Sa longueur est de 526 m. — 9e arrondissement : les numéros de 1 à 21 et de 2 à 6, sont du quartier de l’Arsenal ; le surplus dépend du quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Elle portait en 1212 le nom de rue de la Mortellerie. Vers l’année 1300, le poète Guillot en parle ainsi

« Je ving en la Mortelerie,
» Où a mainte teinturerie. »

Quelques auteurs prétendent que cette dénomination lui avait été donnée en raison des meurtres qui s’y commettaient la nuit. Sauval pense qu’elle doit tout naturellement ce nom à un des ancêtres de Richard le Mortelier, bourgeois de Paris, qui y demeurait en 1348. Selon Jaillot, mortelier, en vieux langage, signifie maçon, celui qui fait le mortier ; en effet, de temps immémorial, cette rue a été habitée par ces ouvriers dont le bureau était situé au no 151. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. Cette moindre largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 29 mai 1830. Conformément à une décision ministérielle du 16 février 1835, cette voie publique a reçu la dénomination de rue de l’Hôtel-de-Ville, parce qu’elle débouche en face de cet édifice. En 1837, vingt-et-une maisons de cette rue ont été démolies pour faciliter l’agrandissement de l’Hôtel-de-Ville et l’ouverture de la rue de Lobau. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : 11, 13, 75, 77, 83, 85, encoignure droite de la rue des Barres, 121, 125, 127, encoignure de la rue de Lobau ; partie des nos 2, 60, 62, 64, 66, 68, encoignure droite de la rue du Pont-Louis-Philippe, 78, 80 et 108. — Portion d’égout. — Conduite d’eau depuis la rue de Lobau jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Entre les nos 18 et 20 était située l’impasse d’Aumont, qui devait sa dénomination à un hôtel ayant entrée par la rue de Jouy. — Une décision ministérielle du 6 vendémiaire an XIV, signée Champagny, avait fixé à 6 m. la largeur de cette impasse qui a été supprimée en vertu d’une ordonnance royale du 4 février 1843. Le sol de cette voie publique a été cédé à un propriétaire riverain.

En 1832, la population de la rue de la Mortellerie fut décimée par un fléau redoutable qui porta le trouble et la désolation dans Paris. Du mois de mars au mois de septembre (189 jours), le choléra-morbus enleva 18,402 habitants à la capitale. Le quartier de l’Hôtel-de-Ville fut un de ceux où cette horrible maladie exerça ses plus cruels ravages. Sur une population de 12,740 personnes, on compta 671 décès (53 sur 1,000). La rue de la Mortellerie seule perdit 304 habitants sur 4,688 (64 par 1,000).

Hôtel-Dieu.

Situé sur le Parvis-Notre-Dame. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

La fondation de l’Hôtel-Dieu remonte à Saint-Landry, huitième évêque de Paris.

Les chanoines de Notre-Dame ne possédaient dans le principe que la moitié de cet établissement, l’autre partie leur fut cédée en 1202 par Renaud, évêque de Paris. L’Hôtel-Dieu n’était pas seulement affecté aux pauvres malades, on y admettait également des pauvres valides. Adam, clerc du roi, fit don à cet hôpital, la fin du XIIe siècle, de deux maisons dans Paris, avec cette condition qu’on fournirait, au jour de son anniversaire, aux pauvres malades, tous les mets qu’ils pourraient désirer. Philippe-Auguste est le premier de nos rois qui ait fait quelques libéralités à l’Hôtel-Dieu. Dans une de ses lettres on lit : « Nous donnons à la maison de Dieu de Paris, située devant l’église de la bienheureuse Marie, pour les pauvres qui s’y trouvent, toute la paille de notre chambre et de notre maison de Paris, chaque fois que nous partirons de celle ville pour aller coucher ailleurs. » — Par un acte capitulaire de l’église de Paris, l’évêque Maurique et son chapitre arrêtèrent d’un commun accord, qu’au décès de l’évêque ou d’un chanoine, leur lit appartiendrait à l’Hôtel-Dieu. Mais l’accroissement de la population rendit bientôt insuffisant le service de cet hôpital. En 1217, le doyen Étienne, conjointement avec le chapitre, chargea par un statut quatre prêtres et quatre clercs des soins spirituels. Trente prêtres et vingt-cinq sœurs, également laïcs, durent pourvoir aux besoins des malades. On exigea d’eux la chasteté, et ils furent soumis à une loi disciplinaire sous la surveillance du chapitre et du maître de la maison de Dieu, titre qu’on donnait au membre qui avait la direction de l’établissement. Saint Louis est regardé à juste titre comme le bienfaiteur de cet hôpital qui, d’après son désir, prit le nom d’Hôtel Notre-Dame ou de la bienheureuse Vierge Marie. Par ses ordres, il fut exempté des droits d’entrée et de toutes impositions, et les bâtiments qu’il augmenta atteignirent le Petit-Pont. En 1531, les administrateurs de l’Hôtel-Dieu achetèrent une maison située sur le Petit-Pont, joignant le nouveau portail. Sur l’emplacement de cette maison qui avait appartenu à la Sainte-Chapelle, le cardinal Antoine Duprat, légat en France, fit bâtir la salle qu’on nommait avant la révolution, salle du Légat. En 1606, Henri IV fit reconstruire la salle Saint-Thomas. La même année la salle Saint-Charles, qui donna son nom à un nouveau pont dont les piliers avaient été bâtis sous ce règne, fut achevée par les libéralités de Pomponne de Bellièvre. En 1634 on termina un autre pont qui fut nommé Pont-au-Double. Ainsi cet établissement s’agrandissait à mesure que les maux se multipliaient, et la charité croissait à l’égal des douleurs.

Louis XIV voulut aussi favoriser les développements de cet hôpital. — « Don à l’Hôtel-Dieu du Petit-Châtelet (novembre 1684). — Louis, etc… Ayant reconnu par nous-même, il y a quelques années, que l’Hôtel-Dieu de notre bonne ville de Paris n’avait point assez d’étendue pour contenir commodément le grand nombre des pauvres malades qu’on y amène tous les jours, lesquels y sont reçus et traités jusques à leur entière convalescence, de quelque pays, nation et religion qu’ils soient, par le bon ordre et l’économie qu’entretiennent dans cette maison les personnes qui en règlent l’administration ; nous aurions dès lors pensé chercher les moyens de procurer l’augmentation des bâtiments du dit Hôtel-Dieu, et ayant jugé que rien n’était plus avantageux pour exécuter cette charitable entreprise que de faire don au dit Hôtel-Dieu du Petit-Châtelet de notre dite ville de Paris. À ces causes désirant, à l’imitation des rois nos prédécesseurs, donner au dit Hôtel-Dieu des marques de notre protection et munificence royale, en confirmant notre brevet du 18 septembre de la même année, ci-attaché sous le contr’scel de notre chancellerie, nous avons par ces présentes, signées de notre main, accordé et fait don au dit Hôtel-Dieu du Petit-Châtelet de notre dite ville, appartenances et dépendances, pour y être construits tels bâtiments que les administrateurs d’icelui aviseront pour la commodité des pauvres malades ; voulons et nous plaît que le dit Hôtel-Dieu jouisse pleinement, paisiblement et perpétuellement du dit Petit-Châtelet, etc… Donné à Versailles, au mois de novembre, l’an de grâce 1684, et de notre règne le 42e. Signé Louis. » (Archives du royaume, section administrative, série E, no 3,370.) — En 1737 et 1772, deux incendies causèrent de grands ravages à l’Hôtel-Dieu ; le dernier surtout entraîna la mort d’un grand nombre de malades. Vers cette époque, l’encombrement était devenu si grand à l’Hôtel-Dieu, qu’on avait été forcé de faire coucher huit malades dans le même lit, et presque toujours, le lendemain, trois ou quatre avaient cessé de vivre. L’Hôtel-Dieu qui ressemblait à un vaste tombeau, était une cause permanente d’infection pour la Cité.

On résolut à cette époque de supprimer cet établissement et de transporter les malades, partie à l’hôpital Saint-Louis, partie à la maison dite de Santé.

Des lettres-patentes furent rendues à cet effet au mois de mai de l’année 1773. De vives réclamations s’élevèrent contre ce déplacement. Il était à craindre que les blessés, les malades des quartiers du centre, transportés au loin, ne mourussent pendant le trajet. Ces considérations firent abandonner ce projet, et un système d’administration plus juste et plus en rapport avec les besoins des malades fut pratiqué dans cet ancien établissement.

Jusqu’à l’époque de la révolution, l’histoire de cet hôpital ne nous fournit aucun fait qui mérite d’être rapporté.

Mais au commencement de la Terreur, on ordonna la fermeture de nos églises, et tout ce qui rappelait la foi de nos pères fut proscrit.

« Séance du duodi, de la 3e décade de brumaire an II. — Le procureur de la commune requiert que l’on change dans les hôpitaux les noms des salles des malades, et que l’Hôtel-Dieu soit appelé Maison de l’Humanité. Arrêté et envoyé aux travaux publics pour l’exécution. Signé Lubin, vice-président ; Dorat-Cubières, secrétaire. » Le 1er vendémiaire an XII, le ministre de l’intérieur posa la première pierre du portique de l’Hôtel-Dieu, qui fut élevé sur les dessins et sous la direction de M. Clavareau, architecte de cet hôpital. Ce portique est composé de trois colonnes doriques sans canelures ; elles supportent une frise et un fronton sans ornement. Cette entrée de l’établissement est d’une belle simplicité. La construction de l’hôpital Beaujon, la formation de l’hôpital Saint-Antoine, permirent bientôt de démolir les parties les plus malsaines de l’Hôtel-Dieu, et d’essayer plusieurs systèmes d’assainissement qui ont réduit ses tables de mortalité au chiffre des hôpitaux les plus favorablement situés.

En pénétrant sous le péristyle de l’Hôtel-Dieu, on aperçoit à gauche la statue de saint Vincent-de-Paul, à droite est celle de Monthyon. On voit ensuite un grand vestibule sur lequel ouvrent les bureaux, les salles de garde, les amphithéâtres, deux grandes salles de chirurgie. Le grand escalier est décoré des portraits des médecins et chirurgiens les plus célèbres de cet hôpital. Plusieurs tables d’inscriptions rappellent les diverses ordonnances relatives aux dotations de cet établissement, depuis celle de Philippe-Auguste jusqu’à celles de Louis XVI. — Une dernière inscription reproduit en entier cette ode célèbre que Gilbert composa à l’Hôtel-Dieu :

« Au banquet de la vie infortuné convive,
» J’apparus un jour… et je meurs !…
» Je meurs, et sur ma tombe où lentement j’arrive
» Nul ne tiendra verser des pleurs !… »
٠٠٠٠٠٠٠٠٠٠٠٠٠٠٠

Au dessous est écrit : Gilbert, 8 jours avant sa mort, 22 ans.

En 1842, la dépense s’est élevée pour l’Hôtel-Dieu, à 
 462,512. 99
Pour l’annexe, à 
 227,546. 19

Ensemble 
 690,059. 18

La mortalité dans l’Hôtel-Dieu a été de 1 sur 7/59.

Dans l’annexe de 1 sur 11/04.

Voici l’état des dépenses faites pour les hôpitaux et hospices dans le courant des années ci-après, savoir :

1810 
 9,349,163. 41
1820 
 9,405,084. 60
1830 
 10,654,623. 97
1840 
 12,259,976. 92

Pendant ces dernières années, l’administration des hospices a réalisé de grandes améliorations : un établissement annexe de l’Hôtel-Dieu, organisé dans la rue de Charenton, a déjà produit d’heureux résultats. Plusieurs autres travaux importants ont été exécutés. Sur le Pont-au-Double s’élevait un bâtiment contenant des salles de malades. Cette construction malsaine vient d’être détruite. Les deux bâtiments bordant la rivière ont été diminués de longueur pour rendre le Pont-au-Double en entier à la circulation. Les constructions de la rive droite ne communiquaient à la rive opposée qu’au moyen du pont Saint-Charles, sur lequel on avait établi une galerie vitrée ; mais depuis longtemps l’administration municipale désirait former sur la rive gauche un quai en prolongement de celui de Montebello ; l’exécution en avait même été prescrite par une ordonnance royale du 22 mai 1837. Ce projet vient d’être réalisé au moyen du dédoublement du bâtiment Saint-Charles, opéré en 1840. Avant de faire ce changement qui devait diminuer de 200 lits environ le nombre nécessaire au service de l’hôpital, on construisit un bâtiment parallèle à celui Saint-Charles et qui aboutit à la rue du Fouarre. Cette création se rattache à un système d’ensemble dont nous allons parler. Il est question de placer en entier l’Hôtel-Dieu sur la rive gauche de la Seine. Ses constructions seraient limitées par les rues du Fouarre, Galande, du Petit-Pont et le quai de Montebello en supprimant les rues de la Bûcherie et Saint-Julien. On établirait trois autres corps de bâtiments en harmonie avec celui qui vient d’être élevé dans la rue du Fouarre. Les nouveaux bâtiments contiendraient ensemble 360 lits qui, ajoutés aux 264 que renferment les constructions du quai, formeraient un total de 624. Le bâtiment de la rue du Fouarre a été élevé sous la direction de M. Huvé, architecte, auteur du projet que nous venons d’indiquer.

Hôtels (rue des Petits-).

Commence à la rue des Magasins ; finit à la place de La Fayette, no 5. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 228 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Cette rue a été ouverte en 1827, sur les terrains appartenant à MM. André et Cottier. L’ordonnance royale d’autorisation est à la date du 31 janvier 1827. Cette voie publique a pris sa dénomination des petits hôtels qui y furent construits. Sa largeur est de 12 m. — Éclairage au gaz (compe Française). (Voyez Abattoir, rue de l’).

Houssay (rue du).

Commence à la rue de Provence, nos 46 et 48 ; finit à la rue de la Victoire, nos 27 et 29. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 99 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

« Louis, etc… Notre bien aimé Gabriel, Isaac Duée de la Boulaye, chevalier, conseiller en nos conseils, maître des requêtes ordinaire de notre hôtel, intendant de justice, police et finances en notre province de Béarn, nous ayant fait représenter qu’il est propriétaire d’un terrain situé rue de Provence et aboutissant rue Chantereine, en face de la rue des Trois-Frères, dont l’alignement a été marqué en exécution de nos lettres-patentes du 25 octobre 1777 ; qu’il a établi sur le dit terrain dont l’étendue est médiocre, un corps d’hôtel pour sa demeure dans les constructions duquel il n’a pu se conformer entièrement à la projection de l’alignement indiqué pour la dite rue des Trois-Frères ; que connaissant cependant combien il serait utile et convenable à la commodité de ce nouveau quartier que la jonction de la rue Taitbout à la rue des Trois-Frères ne fût point interceptée, il offre pour satisfaire à cet objet de donner et sacrifier à l’avantage public ; autant qu’à son usage particulier, une partie de terrain dont il reste propriétaire pour former une rue sous la dénomination de rue du Houssay ; nous observant cependant que par la disposition actuelle du local, la dite nouvelle rue ne pourrait arriver en face de la dite rue des Trois-Frères, à moins qu’il ne nous plût en dérogeant au contenu en nos dites lettres-patentes du 25 octobre 1777, à l’égard de son débouché dans la rue Chantereine, ordonner que l’ouverture de la dite rue serait reportée de 30 pieds ou environ du côté du couchant pour arriver en face de la d. nouvelle rue du Houssay, etc… Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : il sera ouvert aux frais du sieur de la Boulaye, et sur le terrain qui lui appartient au faubourg Montmartre, entre les rues de Provence et Chanteroine, une nouvelle rue nommée rue du Houssay, laquelle aura 30 pieds de largeur, et sera dirigée pour avoir son ouverture sur la d. rue de Provence, en face de la rue Taitbout, et son débouché sur la d. rue Chantereine à 30 pieds ou environ du côté du couchant de la rue des Trois-Frères, etc… Donné à Versailles, le 17e jour de février, l’an de grâce 1781 et de notre règne le 7e. Signé Louis. » Ces lettres patentes registrées au parlement le 27 mars suivant, reçurent leur exécution au mois de mai de la même année. — Une ordonnance royale en date du 16 avril 1831, a maintenu la largeur primitive de cette rue qui doit son nom à l’un des membres de la famille Lepeletier du Houssay. — Égout dans toute l’étendue. — Conduite d’eau depuis la rue de Provence jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Huchette (rue de la).

Commence aux place et rue du Petit-Pont, nos 6 et 10 ; finit à la place du Pont-Saint-Michel, no 45, et à la rue de la Vieille-Bouclerie, no 1. Le dernier impair est 39 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 150 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Elle faisait anciennement partie du territoire de Laas appartenant à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. Vers 1179, l’abbé Hugues aliéna la plus grande partie de ce territoire à la charge d’y bâtir. Un chemin fut tracé vers 1185 ; il était déjà bordé de constructions vers 1210, on le désignait à cette époque sous le nom de rue de Laas. En 1284, c’était la rue de la Huchette ; elle devait cette dénomination à l’enseigne d’une maison appartenant au chapitre de Notre-Dame. Au commencement du XVIIe siècle on la nommait quelquefois rue des Rôtisseurs, en raison du grand nombre de rôtisseurs qui étaient venus l’habiter. — Sauval nous rapporte que le père Bonaventure Calatagirone, général des cordeliers, l’un des négociateurs de la paix de Vervins, avait été si frappé de la rôtisserie de la rue de la Huchette, qu’à son retour en Italie, c’était la seule merveille de Paris qu’il se plût à rappeler : « Veramente, disait-il, queste rotisserie sono cosa stupenda. » Il paraît que les pensées du bon père s’appliquaient admirablement au solide. — « Les Turcs (dit le spirituel auteur du Tableau de Paris), qui vinrent à la suite du dernier ambassadeur Ottoman, ne trouvèrent rien de plus agréable à Paris que la rue de la Huchette, en raison des boutiques de rôtisseurs et de la fumée succulente qui s’en exhale. On dit que les Limousins y viennent manger leur pain à l’odeur du rôt. À toute heure du jour on y trouve des volailles cuites, les broches ne désemparent point le foyer le plus ardent ; un tournebroche éternel qui ressemble à la roue d’Ixion, entretient la torréfaction. La fournaise des cheminées ne s’éteint que pendant le carême ; si le feu prenait dans cette rue dangereuse par la construction de ses antiques maisons, l’incendie serait inextinguible. »

Une décision ministérielle du 29 nivôse an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de la rue de la Huchette à 8 m. Les maisons nos 1 11, 13, l’encoignure droite de la rue Zacharie, 25, 27, 29, 31, 33, 35, 37 ; 4, 40, et celle qui forme l’encoignure de la place Saint-Michel, ne sont pas soumises à retranchement ; celles nos 15 et 17 ne devront éprouver qu’un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue du Petit-Pont jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Hugues (rue Saint-).

Commence à la rue Bailly, nos 6 et 8 ; finit à la rue Royale, nos 7 et 9. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 28 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Formée vers 1780 sur les terrains dépendant du prieuré Saint-Martin-des-Champs, cette rue doit son nom à Saint-Hugues de Cluny, né en 1024, mort en 1109. Saint-Hugues fut chargé en 1079 de substituer aux religieux qui se trouvaient alors dans l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs, les moines de l’ordre de Cluny (voyez Martin, place de l’ancien marché Saint-). — Une décision ministérielle du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Cette largeur est portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 14 janvier 1829. Les maisons du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement de 3 m. 45 c. ; celles du côté opposé, de 2 m. 80 c. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Hulot (passage).

Commence à la rue de Montpensier-Palais-Royal, no 27 ; finit à la rue de Richelieu, no 34. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Ce passage, ouvert en 1787, doit sa dénomination actuelle à M. Hulot. L’inscription suivante a été placée en 1843, sur la façade de la propriété rue de Richelieu, no 34 :

« Molière est mort dans cette maison le 17 février 1673, à l’âge de 51 ans. » (Voir l’article de la rue de la Fontaine-Molière).

Hurleur (rue du Grand-).

Commence à la rue Saint-Martin, nos 183 et 185 ; finit à la rue Bourg-l’Abbé, nos 42 et 44. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair 26. Sa longueur est de 136 m. — 6e arrondissement, quartier de la porte Saint-Denis.

Elle faisait partie de l’ancien Bourg-l’Abbé qui existait déjà sous nos rois de la seconde race. En 1210 ce bourg était compris dans l’enceinte de Paris. L’étymologie de la rue qui nous occupe a donné lieu à plusieurs interprétations. Un bail à cens du mois de février 1253, la nomme rue de Heuleu et Huleu. Piganiol prétend, après Adrien le Valois, que le nom de cette rue est altéré et qu’il faut dire Heu-le. Selon ces écrivains cette rue était autrefois habitée par des filles publiques et dès que le peuple y voyait entrer un homme, il excitait les enfants à se moquer du nouveau venu en disant : heu-le ! (crie après lui, raille-le !). Cette opinion ne nous semble pas vraisemblable ; nous ferons observer que l’ordonnance de saint Louis qui affectait certaines voies publiques aux femmes de mauvaise vie, est datée de 1254, et que cette rue, dès 1253 et même avant, était désignée sous le nom de Heuleu. Il est plus naturel de croire que cette rue a dû sa dénomination à un particulier. « Il est certain, dit Jaillot, qu’anciennement on disait Heu pour Hugues, et Leu pour Loup. » On trouve un amortissement fait par un chevalier nommé Heu-Loup (Hugo-Lupus), d’un don accordé à l’église Saint-Magloire, au mois de mars 1231. Dans un acte de concession d’un moulin, au profit de l’abbaye d’Hières, vers l’an 1150, on voit que Clémence, abbesse, était sœur de Heu-Leu (Hugonis-Lupi). Par ces motifs nous pensons que l’orthographe usitée du temps de saint Louis est la seule véritable. Dans des actes de 1627 et 1643, on la nomme rue des Innocents, autrement dite du Grand-Heuleu. Depuis, par altération, c’est la rue du Grand-Hurleur. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. — Une ordonnance royale du 21 juin 1826 a porté sa moindre largeur à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement considérable ; celles no 2, 4, 6, 12, 24 et 24 bis, sont alignées. — Conduite d’eau dans une partie de la rue. — Éclairage au gaz (compe Française).

Hurleur (rue du Petit-).

Commence à la rue Bourg-l’Abbé, nos 17 et 19 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 230 et 232. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 72 m — 6e arrondissement, quartier de la porte Saint-Denis.

Cette rue faisait également partie de l’ancien Bourg l’Abbé. Dès 1242 jusqu’en 1540, c’était la rue Palée ou Jean-Palée. Elle devait son nom à Jean Palée, fondateur de l’hôpital de la Trinité, situé autrefois au coin des rues Saint-Denis et Greneta ; quant à sa dernière dénomination elle provient, sans doute, de sa proximité de la rue du Grand-Hurleur. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur fut portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826. Conformément à une ordonnance royale du 12 juillet 1843, la largeur de la rue du Petit-Hurleur est fixée à 11 m., et l’élargissement immédiat de cette rue est déclaré d’utilité publique. Pour exécuter cette opération, la ville de Paris est autorisée à appliquer aux propriétés riveraines et à celles des rues du Petit-Lion et Bourg-l’Abbé qui doivent augmenter de valeur par suite de la réalisation de l’alignement arrêté, les dispositions des articles 30 et 31 de la loi du 16 septembre 1807. — Les propriétés du côté des numéros impairs devront être supprimées entièrement ; les maisons nos 2, 4, 6 et 8 sont alignées ; no 10, redressement ; no 12, retranchement réduit 50 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Hyacinthe-Saint-Honoré (rue Saint-).

Commence à la rue de la Sourdière, nos 13 et 15 ; finit à la rue du Marché-Saint-Honoré, nos 8 et 10. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 66 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

C’était anciennement une impasse au fond de laquelle se trouvait une grille servant d’entrée au couvent des Jacobins. Vers 1807 elle fut prolongée sur l’emplacement d’une partie de cette communauté. Elle doit sa dénomination à Saint-Hyacinthe, religieux de l’ordre de Saint-Dominique, et qui fut en grande vénération chez les Jacobins. — Une décision ministérielle du 31 janvier 1807, signée Champagny, et une ordonnance royale du 4 octobre 1826, ont fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Propriété no 1, retranchement 30 c. ; 3, retranchement réduit 1 m. ; 5 et 7, alignées ; 2 et 4, retranchement 1 m. 50 c. à 1 m. 90  ; 6 et 8, retranchement 80 c. à 1 m. 30 c. ; 10 et 12, alignées. — Conduite d’eau depuis la rue du Marché jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Hyacinthe-Saint-Michel (rue Saint-).

Commence aux rues de la Harpe, no 127, et d’Enfer, no 1 ; finit à la rue Saint-Jacques, nos 184 et 186. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 234 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne..

Elle a été percée vers 1650, sur l’emplacement des fossés de l’enceinte de Philippe-Auguste, dont le roi avait fait don à la ville de Paris par lettres-patentes du 7 juillet 1646. On la désigna d’abord sous le nom de rue sur le Rempart ; elle fut appelée ensuite rue des Fossés et rue des Fossés-Saint-Michel. Enfin elle prit la dénomination de rue Saint-Hyacinthe, en raison de sa proximité du couvent des Jacobins (voir pour l’étymologie, l’article précédent). — Une décision ministérielle du 28 vendémiaire an VIII, signée Quinette, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 5, 7, 9, 11, devront avancer sur leurs vestiges actuels, celles nos 21, 23, 25, 27, 29 ; 2, 4, 6, 8, partie des nos 10, 12, 14, 28 et 30, ne sont pas soumises à retranchement.

Avril 1844.
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I.

Iéna (pont d’).

Situé entre les quais Billy et d’Orsay.

« Loi du 27 mars 1806. — Art. 1er. Il sera construit un pont sur la Seine vis-à-vis de l’École-Militaire. — Art. 2. Une taxe semblable à celle statuée par la loi du 24 ventôse an IX sera établie sur ce pont. — Art. 3. La perception de cette taxe pourra être concédée aux particuliers qui fourniraient tout ou partie des fonds nécessaires pour la construction du pont. — Art. 4. Les conditions de la concession et la durée de la perception seront déterminées par un règlement d’administration publique. — Art. 5. Si la construction du pont nécessite des achats, des démolitions de maisons, les propriétaires seront tenus de les céder au prix d’estimation et à la charge du paiement préalable, et en observant les conditions prescrites par les lois pour les cas d’aliénation pour cause d’utilité publique. »

« Au palais de Varsovie, le 13 janvier 1807. Napoléon, etc. Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Art. 1er. Le pont construit sur la Seine en face le Champ-de-Mars s’appellera pont d’Iéna, etc. Signé Napoléon. » La célèbre bataille d’Iéna avait été gagnée le 14 octobre 1806, sur les Prussiens.

« Toulouse, le 27 juillet 1808. Napoléon, etc. Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Art. 1er. Le pont d’Iéna en cinq arches de pierre, avec piles et culées en maçonnerie, les ouvrages accessoires, quais, chemin de halage et rampes aux abords de ce pont, seront exécutés conformément aux projets rédigés le 18 mars dernier, par le sieur Lamandé, ingénieur en chef des ponts et chaussées, chargé spécialement de cette construction, et aux modifications indiquées par l’avis du conseil général des ponts et chaussées du 15 juin suivant, notamment celle qui substitue des arches en pierre à celles en fer, le tout sauf néanmoins une longueur de 200 m. de quai en aval dont la construction sera ajournée jusqu’à nouvel ordre, etc. Signé Napoléon. » Le devis des travaux de construction fut arrêté en 1809 à la somme de 6,175,128 fr. 75 c. Le pont d’Iéna a été terminé en 1813. Il est formé de cinq arches égales de 28 m. d’ouverture dont la courbe directrice est une portion de cercle de 3 m. 30 c. de flèche. La largeur des piles au niveau des naissances est de 3 m., et l’épaisseur de chaque culée de 15 m. La largeur d’une tête à l’autre est de 14 m. La longueur totale est de 140 m. Les demi-piles projetées d’abord en avant de chaque culée ont été supprimées et remplacées par des corps carrés au-dessus desquels s’élèvent des piédestaux destinés à porter des statues équestres.

En 1814, époque de nos revers, l’armée prussienne voulut détruire ce pont. Des ouvriers commandés par un officier, commencèrent à miner la partie inférieure des piles. Les procédés employés exigèrent heureusement un temps assez long pendant lequel Louis XVIII protesta contre ce vandalisme. Le pont fut sauvé, mais, en vertu d’une ordonnance royale du mois de juillet 1814, il dut prendre la dénomination de pont des Invalides. Depuis 1830, on lui a rendu le nom d’Iéna.

Iéna (rue d’).

Commence au quai d’Orsay, no 41 ; finit à la rue de Grenelle, no 150. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par l’esplanade des Invalides ; le dernier pair est 34. Sa longueur est de 519 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Elle est indiquée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. En 1806, on lui donna le nom de rue d’Iéna (voyez l’article précédent). L’alignement approuvé par le ministre de l’intérieur Cretet, le 19 septembre 1807, ne fait subir qu’un faible retranchement aux maisons nos 16, 18 et 20. Toutes les autres constructions sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Française).

Imprimerie royale.

Située dans la rue Vieille-du-Temple, no 89. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

L’origine de l’imprimerie royale ne remonte pas au règne de François Ier, ainsi que l’ont avancé plusieurs historiens. Cette fondation ne date que du ministère du duc de Luynes. Le 2 février 1620, Louis XIII rendit l’ordonnance qui constitua le premier privilège des imprimeurs royaux. On lit dans cet acte que les sieurs Nurel et Mettayer, imprimeurs ordinaires du roi, pourront seuls imprimer les édits, ordonnances, règlements, déclarations, etc. Richelieu devenu premier ministre en 1621 s’empara de cette belle création et sut lui donner plus tard de grands développements. L’imprimerie royale fut définitivement organisée en 1642. Sur la présentation du cardinal, Sublet des Noyers reçut le titre d’intendant, Trichet-Dufrène fut nommé correcteur, et Sébastien Cramoisy, imprimeur. On consacra pour ainsi dire ce bel établissement en commençant ses travaux par l’impression de l’Imitation de Jésus-Christ. D’abord établie au Louvre, l’imprimerie royale fut transférée à l’hôtel de Toulouse (aujourd’hui la Banque de France). Un décret du 6 mars 1809 affecta à l’imprimerie royale une partie de l’hôtel de Soubise. Cette dépendance était appelée Palais-Cardinal, en raison d’Armand Gaston, cardinal de Rohan, qui en avait ordonné la construction en 1712. En fondant l’imprimerie royale, la pensée des rois avait pour but de créer cet établissement dans l’intérêt des lettres, et non pour l’utilité des services publics. Cette imprimerie n’avait alors qu’un petit nombre de travaux pour le compte de l’État, et son directeur n’était qu’une espèce d’entrepreneur à qui on livrait un matériel précieux et unique en lui imposant certaines charges. La famille Anisson Duperron, en possession du privilège depuis 1691, employa tous les moyens pour centraliser dans cet établissement toutes les impressions affectées aux services publics.

Un arrêt du 22 mai 1775 réunit à l’imprimerie royale celle qui avait été formée dès 1683 dans l’Hôtel de la Guerre à Versailles, chargée d’imprimer les différents ouvrages relatifs aux départements de la Guerre et de la Marine. Un autre arrêt du conseil, de 1789, y réunit aussi l’imprimerie dite du cabinet, à Versailles. L’Assemblée Constituante conserva l’administration générale de l’imprimerie, mais ne poursuivit pas l’idée d’y réunir toutes les impressions des services publics. La Convention sut réaliser complètement cette idée et constitua, en 1795, l’imprimerie de la république, qu’elle destina à tous les besoins du gouvernement. Le 22 mai 1804, l’imprimerie de la république prit le titre d’imprimerie impériale. Un décret du 24 mars 1809 modifia son organisation, et lui donna plus d’unité. Cette imprimerie resta exclusivement chargée des impressions du ministère, du service de la maison impériale, de celui du conseil d’état, et de l’impression du Bulletin des lois. La restauration, préférant les idées de l’ancienne monarchie, déclara, dans une ordonnance du 28 décembre 1814, que l’imprimerie royale cesserait d’être régie aux frais de l’état. Un directeur dut prendre pour son compte cette administration. Il gardait, en qualité d’usufruitier, les poinçons et tout le matériel de l’administration. Des plaintes nombreuses s’élevèrent contre un pareil état de choses, et une ordonnance royale de 1823 réorganisa l’imprimerie sur le pied où elle est encore aujourd’hui. Après la révolution de juillet, quelques réformateurs imprudents demandèrent la suppression de l’imprimerie, sous prétexte qu’elle était inutile, dispendieuse ou nuisible à l’intérêt privé. Une commission fut nommée ; après un examen approfondi, elle fut d’avis de conserver cette belle institution : — L’administration de l’imprimerie royale est confiée à un fonctionnaire qui porte le titre de directeur. Cinq employés supérieurs dirigent sous ses ordres les diverses parties du service. Ce sont les chefs de la typographie, du Bulletin des lois et des travaux accessoires, du service intérieur, de la comptabilité et du contrôle. Ces employés sont désignés par le garde-des-sceaux. Le directeur est nommé par le roi, entre les mains duquel il prête serment. Le budget des dépenses de l’imprimerie royale a été, pour l’exercice de 1837, de 1 971 200 francs. Les recettes effectives sont évaluées à 2 050 000 francs. L’imprimerie royale occupe 125 presses ordinaires et deux presses mécaniques mues par la vapeur. Elle emploie à son exploitation environ 456 000 kilogrammes de caractères, et conserve annuellement dans sa réserve 5 à 6 000 formes composées dans toutes les dimensions, pour les besoins instantanés des administrations financières. Son cabinet de poinçons possède, pour la typographie étrangère : 1o quarante caractères ou alphabets différents, chacun sur plusieurs corps (on en compte 92), et formant ensemble 9 386 poinçons et 13 632 matrices ; 2o deux corps de chinois gravés anciennement et formant 126 590 groupes en bois ; 3o un autre corps de chinois exécuté d’après un nouveau système, au moyen duquel on pourra avec 5 ou 6 000 groupes en représenter 60 000 ; chacun de ces groupes étant formé de signes mobiles qui peuvent se décomposer selon les exigences de la langue chinoise. Le nombre des poinçons de ce caractère gravé jusqu’à ce jour, est de 5 547. On grave en ce moment deux nouveaux corps de géorgien, un caractère guzarati et l’on frappe deux nouveaux corps de caractères hébreux. La typographie étrangère vient en outre d’être augmentée de neuf corps, nouvelle gravure, de caractères allemands. La typographie française se compose de cinquante-sept corps de caractères romains, dont seize de nouvelle gravure. Les caractères de l’imprimerie royale ont été en grande partie renouvelés dans ces dernières années. La valeur du matériel de l’imprimerie royale était estimée, au 31 décembre 1836, à 1 544 714 fr. 75 cent., dont environ 280 000 francs pour les poinçons, 200 000 francs pour les papiers en magasin, et 300 000 francs pour le dépôt du Bulletin des lois et autres ouvrages. Les caractères sont évalués seulement à 531 624 francs 67 cent., à raison de 1 fr. 20 cent. le kilogramme, ce qui ne représente que la valeur brute. Quant à l’immeuble affecté au service de l’imprimerie royale, le tableau officiel des propriétés mobilières appartenant à l’État l’évalue à 1 038 000 fr.

Incurables-Femmes (hospice des).

Situé dans la rue de Sèvres, no 55. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

En 1632, Marguerite Rouillé, épouse d’un conseiller au Châtelet, donna à l’Hôtel-Dieu plusieurs terrains et bâtiments situés à Chaillot, sous la condition qu’il y serait fondé un hôpital pour les pauvres gens des deux sexes, atteints de maladies incurables. Cet établissement devait porter le titre de Pauvres incurables de Sainte-Marguerite. Vers la même époque, Jean Goullet, prêtre, avait légué une somme considérable pour la création d’un hôpital qui devait avoir une destination à peu près semblable. Le cardinal de La Rochefoucauld résolut de faire exécuter ce legs, en l’augmentant de ses propres deniers. Il acheta de l’Hôtel-Dieu plusieurs terrains d’une grande étendue, et bordant le chemin de Sèvres au-delà des petites-maisons. Marguerite Rouillé, sur les instances de ce prélat, consentit à transférer en cet endroit la pieuse fondation qu’elle avait entreprise à Chaillot. Les constructions furent commencées ; puis, en 1637, des lettres-patentes confirmèrent cet établissement. L’Hospice des incurables ne contenait alors que 36 lits. Ce nombre s’accrut progressivement. Avant la révolution, il était de 400 ; en 1790 on en comptait 441. Les incurables-hommes furent transférés en 1802 au faubourg Saint-Martin, dans l’emplacement occupé autrefois par les religieux récollets. Depuis cette époque, l’établissement qui nous occupe est spécialement destiné aux femmes, dont le nombre s’élève aujourd’hui à 500. En 1842, la mortalité a été de 1 sur 8/70 ; la dépense s’est élevée à 217 580 fr.

Incurables-Hommes (hospice des).

Situé dans la rue du Faubourg-Saint-Martin, no 150. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Cet hospice ayant été établi dans les bâtiments occupés par les Récollets, nous donnons ici l’historique de cette communauté religieuse. — La congrégation des Récollets (Recollecti, recueillis) fut fondée en Espagne dans le courant de l’année 1496, par un cordelier qui désirait faire revivre l’austérité primitive de la règle de Saint-François. En 1600, plusieurs religieux de cet ordre vinrent à Paris chercher un établissement convenable. Le 4 décembre 1603, les époux Cottard leur donnèrent une vaste maison située au faubourg Saint-Martin. Par lettres-patentes du 6 janvier suivant, Henri IV leur accorda l’autorisation nécessaire, et les religieux firent alors construire une petite chapelle ; bientôt Marie de Médicis leur facilita les moyens d’élever une église spacieuse, qui fut dédiée le 30 août 1614, sous le vocable de l’Annonciation de la Sainte-Vierge. Plus tard, les bâtiments du monastère furent reconstruits par la munificence du surintendant Bullion et du chancelier Séguier. L’établissement des Récollets, confirmé par lettres-patentes du mois de mars 1688, fut supprimé en 1790. En 1802, on y transféra les Incurables-Hommes, qui occupaient en commun avec les femmes la maison de la rue de Sèvres. Cet établissement renferme 500 vieillards pauvres et indigents atteints de maladies graves ou incurables. En 1842, la mortalité a été de 1 sur 7/97 ; la dépense, de 195 846 fr. 60 c.

Industrie (passage de l’).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Martin, no 43 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Denis, no 42. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Ce passage a été construit en 1827. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).

Industrie-Française (bazar de l’).

Commence à la rue Montmartre, no 180 ; finit au boulevart Poissonnière, no 27. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Commencé en 1827, ce bazar a été inauguré le 15 avril 1829. On y vend de la quincaillerie et des ustensiles de ménage.

Innocents (marché des).

Limité par les rues de la Lingerie, de la Ferronnerie, Saint-Denis et du Charnier-des-Innocents. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Ce marché a été formé sur l’emplacement de l’église et du cimetière des Saints-Innocents. Plusieurs historiens, parmi lesquels nous citons Dubreuil et Malingre, prétendent que la fondation de cette église est due à Philippe-Auguste, « qui employa pour sa construction une partie de l’argent qu’il tira de la vente des biens confisqués sur les Juifs. Le roi voulait y placer le corps de saint Richard, qui avait souffert le martyre à Pontoise. » Mais plusieurs diplômes des années 1159 et 1178, mentionnant expressément cette église, cette fondation remonterait au règne de Louis-le-Jeune, qui avait, disent les chroniqueurs, une dévotion particulière pour les Saints-Innocents, ou comme il les désignait, pour les saints de Bethléem. Si Philippe-Auguste n’est point le fondateur de cette église, il est certain du moins qu’il la fit rebâtir ou agrandir, et qu’il employa effectivement à cette pieuse destination une partie des biens dont il avait dépouillé les Juifs. Le corps de saint Richard y fut inhumé peu d’années après cette reconstruction. Ces reliques étaient en si grande vénération dans le moyen-âge, que les Anglais, devenus maîtres de Paris, firent exhumer le corps du saint, le transportèrent dans leur île, ne laissant que la tête dans cette église. Les bâtiments furent réparés à diverses époques, comme semblaient l’indiquer les différences très apparentes de ses parties. Ce fut après une de ces réparations, qu’en 1445, Denis Dumoulin, évêque de Paris, en fit la dédicace. L’histoire nous apprend que Louis XI portait un intérêt tout particulier l’église des Innocents. Il fit don à la fabrique de plusieurs droits de voirie, dont le produit servit à l’entretien de six enfants de chœur. Ce qu’on retira de ces droits, ainsi que de la location de plusieurs échoppes dans la rue de la Ferronnerie, se trouva excéder la somme nécessaire à cette fondation ; le surplus fut employé à établir et entretenir une musique qui se fit entendre jusqu’à la démolition de l’église. Louis XI y laissa encore d’autres traces de sa libéralité. Il fit élever à Alix la Burgotte, récluse des Innocents, un tombeau de marbre supporté par quatre lions en cuivre. On lisait l’inscription suivante sur ce mausolée :

En ce lieu gist sœur Alix la Burgotte,
A son vivant récluse très dévotte.
Rendue à Dieu femme de bonne vie
En cet hostel voulut être asservie,

Où a régné humblement et longtemps
Et demeuré bien quarante et six ans,
En servant Dieu augmentée en renom
Le roi Loys, onsièsme de ce nom,
Considérant sa très grande préfecture,
A fait élever icy sa sépulture.
Elle trépassa céans en son séjour,
Le dimanche vingt-neuvième jour,
Mois de juin mil quatre cent soixante et six,
Le doux Jésus la mette en paradis.

Amen !

Cette récluse avait pour demeure une espèce de cellule étroite où le jour et l’air ne pénétraient que par deux meurtrières grillées, dont l’une ouvrait sur la voie publique et servait à la récluse pour recevoir ses aliments, et l’autre, pratiquée dans l’église même, lui permettait de prendre part aux cérémonies religieuses. Il y eut aussi des récluses volontaires ou forcées dans les autres églises de Paris. Parmi ces dernières était Renée de Vendomois, femme noble, adultère, voleuse, qui fit assassiner son mari, Marguerite de Barthélemi, seigneur de Souldai. Le roi, en 1485, lui fit grâce de la vie, et le parlement la condamna à demeurer perpétuellement récluse et emmurée au cimetière des Saints-innocents à Paris, en une petite maison qui lui sera faicte à ses dépens et des premiers deniers venans de ses biens, joignant l’église, ainsi que anciennement elle estoit. À côté de cette église, se trouvait un cimetière dont l’origine remonte à la plus haute antiquité. On sait que les premiers chrétiens, à l’exemple des Romains, n’ensevelissaient pas leurs morts dans les villes. Ils élevaient les tombeaux au milieu des champs, ou sur le bord des grandes routes. Les rois, les princes, les grands de l’église, avaient seuls le privilège d’être inhumés dans la crypte des basiliques. Le cimetière des Innocents, réservé ensuite aux seuls paroissiens de Saint-Germain-l’Auxerrois, servit plus tard aux autres paroisses qui furent séparées de cette église. Après l’établissement des halles, ce cimetière fut perpétuellement traversé pendant le jour par une population commerçante. Les animaux séjournaient dans la partie la moins fréquentée et déterraient les cadavres ; les voleurs s’y cachaient la nuit et pillaient les imprudents qui s’y risquaient. Philippe-Auguste, en 1186, fit cesser le scandale et entoura le cimetière d’une clôture en pierre. Dans la suite on construisit autour de cette muraille une galerie voûtée appelée les Charniers. C’est là qu’on enterrait ceux que la fortune séparait encore du commun des morts. Cette galerie sombre, humide, malsaine, servait de passage aux piétons ; elle était pavée de tombeaux, tapissée de monuments funèbres et bordée d’étroites boutiques de modes, de lingerie, de mercerie et de bureaux d’écrivains publics. Elle avait été construite par le maréchal de Boucicaut et Nicolas Flamel. Cette galerie occupait une partie de la largeur actuelle de la rue de la Ferronnerie, et de ce côté était peinte la fameuse danse Macabre ou danse des morts. Cette danse offrait une série de tableaux représentant la mort qui frappe indifféremment toutes les classes de la société, et qui entraîne avec elle dans son branle terrible tous les âges et toutes les conditions. C’était une consolation bien grande pour l’homme du peuple, accablé de souffrances et de misère, de voir ce grand niveleur jeter au favori de la fortune ces leçons ironiques et de sentir qu’il exposait aux grands de la terre l’avertissement de leur commune destinée. On a dit que ce ne fut point la peinture qui la première conçut la pensée d’une danse bizarre dans laquelle la mort se faisait successivement la partenaire de tout être humain, elle n’aurait fait en cela que reproduire des mascarades en usage au XIVe siècle. Selon d’autres écrivains, la peinture de la danse macabre était une traduction fidèle représentant par des images les poèmes d’un troubadour appelé Macabrus, dont le nom serait ainsi resté à ses inventions fantastiques. L’immense mortalité qui désola les XIVe et XVe siècles développa sans doute cette idée du poète qui fut accueillie par le peuple, dont elle caressait si agréablement les instincts d’égalité absolue. Ces compositions, qui dans le principe n’avaient été destinées qu’à la décoration des lieux funèbres, ne tardèrent point à prendre une telle extension, qu’on les retrouva bientôt dans les marchés, dans tous les lieux publics les plus fréquentés et jusque dans les palais des rois. La miniature les reproduisit sur les marges des heures et des missels, et dans le XVIe siècle, elles ornaient les gardes des épées et les fourreaux des poignards. Sur les tombes qui tapissaient les charniers des Innocents, on lisait plusieurs épitaphes ; on remarquait celle-ci :

Cy gist Yollande Bailly,
Qui trépassa l’an 1514, la 82e année de son âge
Et la 42e de son veuvage laquelle a vit ou a pu voir
Deux cent quatre-vingt-treize enfants issus d’elle.

Parmi les morts illustres enterrés dans le cimetière ou dans ces charniers, on distinguait les tombes de Jean le Boullanger, premier président au parlement ; Nicolas le Fêvre, habile critique, et François Eudes de Mézerai, célèbre historiographe de France. Le cimetière des Innocents, situé dans un quartier populeux et au centre de Paris, compromettait depuis longtemps la santé publique.

« Arrêt du conseil, 9 novembre 1785. Le roy s’étant fait représenter en son conseil le plan des halles de la ville de Paris, sa majesté a reconnu que malgré les changements et démolitions par elle précédemment ordonnés, pour en augmenter l’étendue, le terrain sur lequel elles sont situées ne présente pas encore un espace suffisant pour y placer le marché aux herbes et légumes qui se déposent journellement dans les rues adjacentes, notamment dans les rues Saint-Denis et de la Ferronnerie où elles occasionnent un engagement considérable et quelquefois dangereux ; sa majesté, toujours attentive à ce qui peut être utile aux habitants de sa bonne ville de Paris, a déterminé de transférer le marché aux herbes et légumes dans le terrain connu sous le nom de cimetière des Saints-Innocents, déclaré domanial par arrêt du 25 octobre 1785. Ce terrain a paru d’autant plus convenable à cette destination, que se trouvant à la proximité des halles dont il formera la continuation, il procurera aux habitants l’avantage de trouver réunies dans un même arrondissement, les denrées nécessaires à leur consommation. À quoi voulant pourvoir ; ouï le rapport. Le roy étant en son conseil, a ordonné et ordonne que le marché aux herbes et légumes qui se tient actuellement tous les matins dans les rues Saint-Denis et de la Féronnerie d’autres adjacentes, sera transféré et établi sur le terrain qui formait ci-devant le cimetière des Saints-Innocents ; après néanmoins que toutes les formalités et conditions prescrites par les lois canoniques et civiles, pour autoriser sa nouvelle destination, auront été remplies et que le dit terrain aura été disposé conformément aux plans qui ont été adoptés pour que le d. marché y soit établi de la manière la plus commode pour le public. Signé Hue de Miroménil et de Calonne.» (Archives du royaume, section administrative, registre E, no 2613). En 1786 l’église et les charniers des Innocents furent démolis ; on enleva les ossements et plusieurs pieds de terrain de ce cimetière, qu’on transporta hors de la barrière Saint-Jacques, dans les carrières voisines de la maison dite de la Tombe-Issoire. Toutes les constructions hideuses disparurent pour faire place à un établissement d’une grande utilité publique, le sol fut renouvelé, exhaussé, pavé. En 1813, on construisit autour de ce marché des galeries en bois où les marchands sont abrités. Le matin on vend en gros les denrées qui sont débitées en détail dans le cours de la journée.

Le marché des Innocents a été cédé à la ville de Paris, en vertu d’un décret impérial du 30 janvier 1811.

La perception du prix des places dans cet établissement a produit, en 1840, une somme de 68 320 fr. 80 c.

À l’angle formé par la rencontre des rues aux Fers et Saint-Denis, on voyait une jolie fontaine adossée à l’église des Innocents. Cette belle construction était due aux talents réunis de Pierre Lescot et de Jean Goujon. Lors de la démolition de l’église, on chercha les moyens de conserver ce précieux monument de la sculpture du XVIe siècle. Un ingénieur nommé Six proposa d’ériger une fontaine au centre du marché des Innocents, et de conserver pour la construction tous les éléments reproduits dans le gracieux monument de la rue aux Fers. Sa proposition fut heureusement adoptée ; on démolit d’abord, ou plutôt on détacha lentement et avec précision toutes les parties qui formaient la décoration de cette fontaine. Mais les deux faces de la décoration ancienne étaient insuffisantes pour orner les quatre côtés de la nouvelle fontaine, il fallait y suppléer par de nouveaux pilastres, de nouveaux bas-reliefs, ajouter, et c’était là le plus difficile, aux cinq figures de Naïades exécutées avec tant de grâce, par Jean Goujon, trois autres Naïades dans le même style. Voici de quelle manière on opéra : les pierres des deux faces anciennes furent employées à la construction des quatre faces, on les mêla alternativement avec des pierres nouvelles et toutes préparées, on donna aux unes et aux autres une teinte générale qui détruisit la différence de leur couleur. Par cet amalgame de pierres, par cette teinte commune qu’elles reçurent, l’ensemble du monument fut en harmonie parfaite avec ses anciennes parties, et son architecture conserva son caractère primitif, sans qu’on pût apercevoir aucun des nouveaux raccords. Les trois Naïades ajoutées sont dues à M. Sajou. L’artiste n’a pu leur donner cette beauté pleine de grâces et de naïveté qui distingue les compositions de Jean Goujon. Les sieurs L’Huillier, Mezières et Danjon ont exécuté les ornements et bas-reliefs qui restaient à faire. Cette fontaine est la plus jolie, la plus coquette de toutes celles qui décorent la capitale.

Innocents (passage du charnier des).

Commence à la rue Saint-Denis ; finit à la rue de la Lingerie, no 2. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

La formation de ce passage, qui doit son nom au Charnier des Innocents, a été autorisée en vertu de l’arrêt du conseil du 18 octobre 1669, dont nous avons donné un extrait à l’article de la rue de la Ferronnerie. Le grand bâtiment sous lequel se trouve ce passage appartenait, en 1789, au chapitre de Notre-Dame. Devenu propriété nationale, il fut vendu en 1791 avec l’obligation suivante commune à tous les acquéreurs : « L’adjudicataire sera tenu de contribuer pour un septième à l’entretien du grand passage de 4 pieds de largeur, régnant dans toute la longueur de la masse totale du bâtiment situé le long de la rue de la Ferronnerie et du marché des Innocents. Il sera aussi tenu de le laisser libre et ouvert au public tout le temps du jour qu’il est d’usage et de contribuer également pour un septième à l’entretien du pavé, dans toute sa longueur, ainsi qu’à celui des quatre grilles qui le ferment aux deux extrémités et sur le grand passage du milieu de la masse totale dudit bâtiment. »

Innocents (rue du charnier des).

Commence à la rue Saint-Denis ; finit à la rue de la Lingerie, no 2. Le dernier impair est 25. Pas de numéro pair ; ce côté est bordé par le marché des Innocents. Sa longueur est de 120 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Elle a été livrée à la circulation vers 1786, époque de la formation du marché des Innocents. Les constructions qui bordent le côté gauche de cette rue ont été élevées en vertu de l’arrêt du conseil du 18 octobre 1669, que nous avons cité à l’article de la rue de la Ferronnerie. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette voie publique. Portions d’égout et de conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Institut (place de l’).

Située sur le quai de Conti. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Elle a été formée à la même époque que le palais dont elle tire son nom. Un mandement du roi, à la date du 8 août 1662, prescrivit au prévôt des marchands de n’apporter aucun retard à la construction de cette place. Des lettres-patentes du 22 avril 1769, que nous avons rapportées à l’article du quai de Conti, ordonnèrent la démolition des deux pavillons qui bordent cette place. Cette disposition n’a pas été exécutée. — Conformément à une décision ministérielle du 12 février 1810, la première arcade de chacun des pavillons de l’Institut doit être démolie et l’on ouvrira, sous l’arcade contiguë, un passage couvert pour les piétons. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Institut de France.

Situé sur le quai de Conti. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.
1re partie. — Collége Mazarin.

Le 6 mars 1661, dans une des salles de l’antique forteresse de Vincennes, le cardinal Mazarin s’apprêtait à mourir. Le ministre fit venir maîtres Nicolas le Vasseur et François le Fouin, notaires, garde notes du Chastelet de Paris. Il déclara qu’il avait depuis longtemps formé le dessein d’employer en œuvres de piété et de charité une somme considérable, des grands biens qu’il tenait de la divine providence et de la bonté du roi. Il ajouta qu’il n’avait trouvé rien de plus utile que la fondation d’un collége et d’une académie pour l’instruction des enfants des gentilshommes ou des principaux bourgeois de Pignerol et de son territoire, d’Alsace et pays d’Allemagne, de l’état ecclésiastique, de Flandre et de Roussillon. Dans l’acte de fondation que le cardinal fit dresser, il est dit : « Que des soixante écoliers qui doivent être entretenus et instruits dans le dit collége, il y en ait quinze de Pignerol ; territoire et vallées y jointes, et de l’état ecclésiastique en Italie préférant ceux de Pignerol à tous les autres, les Romains ensuite, et au défaut d’eux, ceux des autres provinces de l’état ecclésiastique en Italie ; quinze du pays d’Alsace et autres pays d’Allemagne contigus, vingt du pays de Flandres, Artois, Hainaut et Luxembourg, et dix du pays de Roussillon, Conflans et Sardaigne. Les quinze personnes pour l’académie seront tirées du collége sans aucune distinction des dites nations, et si le collége n’en peut fournir un si grand nombre, le surplus jusqu’au dit nombre de quinze sera pris des personnes d’ocelles nations, quoiqu’elles n’aient pas étudié au dit collége. Les soixante écoliers du collége et les quinze personnes de l’académie seront logés, nourris et instruits gratuitement, au moyen de la présente fondation. Les gentilshommes seront toujours préférés aux bourgeois, tant pour le collége que pour l’académie, et ceux qui auront le plus longtemps étudié au dit collége, préférés à ceux qui auront le moins étudié pour être admis à l’académie, pourvu que ceux qui auront le plus étudié soient également propres pour l’académie. Son éminence se réserve le nom et le titre de fondateur du dit collége de l’académie, et à son défaut l’aîné de ceux qui porteront son nom et ses armes, aura les mêmes droits avec toutes les prérogatives des fondateurs. » — Pour consolider à jamais cette fondation, le cardinal légua deux millions en argent, plus 45 000 livres de rente sur l’Hôtel-de-Ville de Paris. Ce contrat de fondation fut confirmé, loué et approuvé par lettres-patentes du roi, datées de Saint-Germain-en-Laye, au mois de juin 1665. De nouvelles lettres-patentes interprétant les premières furent données en juin 1669. Nous en rapportons un extrait : « Louis, par la grâce de Dieu, etc., à tous présents et avenir, salut. Nous avons par nos lettres-patentes du mois de juin 1665, registrées en notre cour de parlement, le 14 août de la même année, confirmé la fondation faite par feu notre très cher et très amé cousin le cardinal Mazarini, duc de Nivernois, etc. d’un collége et académie dans notre bonne ville de Paris pour y instruire et élever gratuitement aux exercices de corps et d’esprit convenables à la noblesse, les jeunes gentilshommes qui auraient pris naissance ès villes et pays cédés à la couronne par les traités de Munster et des Pyrénées savoir, en la ville de Pignerolles, son territoire et vallées y jointes, avec l’état ecclésiastique en Italie, et provinces d’Alsace et pays d’Allemagne qui y sont contigus, et à partie des provinces de Flandre, Artois, Hainaut, Luxembourg, Roussillon, Conflans et Sardaigne cédés par le dit traité le tout aux clauses du contrat passé par devant le Vasseur et le Fouin, notaires au Chastelet, le 6 mars 1661, par lequel don est fait au dit collége d’une bibliothèque et académie nommées Mazarini, et la fondation censée et réputée royale et jouir des mêmes avantages, privilèges et prérogatives dont jouissent celles qui ont été fondées par les rois nos prédécesseurs ou par nous, et d’autant plus que depuis les dites lettres, les bâtiments de l’église, du collége et de la bibliothèque sont tellement avancés qu’il y a lieu d’espérer que dans peu l’on pourra célébrer la sainte messe dans l’église commencée, les exercices dans le collége et que tous les livres légués et donnés seront placés et rangés dans la nouvelle bibliothèque qui doit être publique deux jours de chacune semaine, que ces lieux étant situés vis-à-vis notre château du Louvre, y apportent un fort bel ornement ; que le dit établissement sera d’une très grande utilité au public, et que nous désirons d’ailleurs donner en toutes choses les marques de l’estime que nous conservons pour la mémoire de notre dit cousin le cardinal Mazarini, et pour l’affection qu’il a témoignée au public par une fondation si illustre et si peu commune et vu le contrat de fondation, lettres-patentes et autres pièces ci-attachés sous le contre-scel de notre chancellerie ; à ces causes et mettant en considération les services notables que nous a rendus notre dit cousin le cardinal Mazarini, et de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, en interprétant et amplifiant nos lettres du mois de juin 1665, nous avons ordonné et par ces présentes signées de notre main, ordonnons, voulons et nous plaît que le dit collége, bibliothèque et académie, ensemble les places et maisons y appartenant, soient sous notre protection, justice, voirie et censive, comme faisant partie de l’ancien hôtel de Nesle, nonobstant tous actes, contrats, transactions, arrêts, jugements, sentences et possessions contraires que nous ne voulons nuire, ni préjudicier à la dite fondation ; ce faisant avons amorti, amortissons à perpétuité tous les dits lieux, sans qu’à présent ni à l’avenir il puisse être prétendu aucun droit pour le dit amortissement, etc… Sera loisible aux libraires et imprimeurs d’habiter et s’établir aux maisons et boutiques qui sont aux deux pavillons et en la grande place du dit collége, pour y vendre et débiter des livres ainsi qu’ils pourraient faire dans l’étendue de l’Université, etc… Accordons au dit collége les droits et privilèges dont jouissent les colléges les plus célèbres ; ce faisant, le déclarons être du corps de l’Université, avec pouvoir d’y admettre toutes sortes de pensionnaires et écoliers, et d’y faire tous les actes et exercices qui se font aux colléges les plus fameux. Accordons pareillement à la dite académie tous les droits et privilèges dont jouissent les autres académies de notre royaume ; et sera la dite bibliothèque publiquement ouverte aux jours et heures qui seront marqués en chacune semaine par les exécuteurs de la fondation, etc… Donné à Saint-Germain-en-Laye, au mois de juin 1669, et de notre règne le 27e, signé Louis… Par le roi, signé Colbert, et scellé du grand sceau de cire verte. »

Un plan avait été dressé le 23 juin 1665, par Louis Levau, architecte du roi. Il fut exécuté par Lambert et d’Orbay. La façade principale placée sur le quai est de forme demi-circulaire ; elle est composée d’un avant corps d’ordonnance corinthienne qui en occupe le centre et de deux ailes dont la courbe se termine en avant sur le quai, et ne laisse en cet endroit qu’une route trop étroite. L’avant-corps qui formait le portail de l’église fut couronné d’un fronton et surmonté d’un dôme circulaire qui est terminé par une lanterne. Ce dôme, qui présente à l’extérieur une forme circulaire, a dans l’intérieur une forme elliptique. À droite du sanctuaire on voyait le tombeau du cardinal Mazarin ; ce tombeau, un des beaux ouvrages de Coysevox, avait été transféré au musée des monuments français. Ce mausolée fait actuellement partie du musée de Versailles. Le collége Mazarin, auquel on avait aussi donné le nom de Collége des quatre Nations, pour indiquer les pays auxquels appartenait le bénéfice de cette fondation, ne subit aucun changement jusqu’à l’époque de la révolution.

Bibliothèque Mazarine. — Le cardinal Mazarin posséda successivement deux bibliothèques ; l’une et l’autre furent formées par Gabriel Naudé, l’homme de son temps qui se connaissait le mieux en livres. Ce savant parlait de la première collection comme étant la plus curieuse des bibliothèques de l’Europe. Elle était, disait-il, composée de plus de 40 000 volumes. Un arrêt du parlement de Paris, lors des troubles de la Fronde, en ordonna, en 1652 la confiscation et la vente. Le cardinal Mazarin étant rentré dans Paris, plus fort et plus puissant qu’il n’avait jamais été, chargea encore Naudé de rassembler les livres qu’il pourrait retrouver de l’ancienne collection ; cet infatigable bibliographe, aidé de Lapoterie, réunit un grand nombre de précieux ouvrages. Ce savant étant mort le 30 juillet 1633, Lapoterie continua son œuvre. « Le syndic de la librairie (dit Guy Patin) s’y employa tout de bon. On acheta pour augmenter cette collection la bibliothèque de Descordes, chanoine de Limoges, moyennant la somme de 19 000 livres. Déjà le cardinal, par les conseils de Lapoterie, avait fait l’acquisition de la bibliothèque de Naudé pour la somme de 20 000 livres. Le même Guy Patin dit « qu’elle était très pleine de petits livres bons, rares, curieux qui ne se pourraient qu’avec grande peine retrouver ni rencontrer ailleurs. » Cette bibliothèque fut confiée à l’administration et à la direction de la société de Sorbonne, le 14 avril 1688, jusqu’au 7 mai 1791. À cette époque Luce-Joseph Hooke en fit la remise à l’occasion de son refus de prêter serment à la constitution civile du clergé.

La bibliothèque Mazarine a reçu depuis la révolution des accroissements considérables. Elle possède aujourd’hui près de cent mille volumes imprimés et quatre mille cinq cents manuscrits. Outre cette bibliothèque, le même édifice en renferme une seconde, c’est celle de l’Institut. Quoique moins nombreuse, elle est précieuse par le nombre des ouvrages modernes qui y sont déposés. Ces deux bibliothèques avaient été réunies par ordonnance du 16 décembre 1819. Elles ont été séparées par une autre ordonnance du 26 décembre 1821, et chacune d’elles est placée sous un régime administratif particulier. Le personnel de la bibliothèque Mazarine se compose d’un bibliothécaire administrateur, de cinq conservateurs et de deux sous-bibliothécaires. Elle est ouverte au public tous les jours, excepté les dimanches et fêtes. Les vacances commencent le 15 août et finissent le 1er octobre.

2e Partie. — Académie Française. — Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres. — Académie des Sciences. — Académie royale de Peinture et Sculpture. — Académie royale d’Architecture. — Institut de France.

Nous allons parler des différentes académies qui, supprimées au commencement de la révolution, ont été depuis organisées sous la dénomination d’Institut de France. Nous nous occuperons d’abord de l’Académie Française. — Un littérateur parisien, Valentin Conrart, conseiller et secrétaire du roi, avait réuni, dès 1632, dans une petite maison de la rue Saint-Denis, une société de gens de lettres. Ces conférences n’avaient pour objet que le mérite des compositions, les délicatesses fleuries du style et les intérêts de la grammaire. Dans cette agréable réunion, on distinguait Godeau, Gombault, Chapelain, Giry, Habert, l’abbé de Cérisy, tous gens instruits et spirituels. Lorsqu’un membre de cette société avait composé un ouvrage, il le communiquait à ses collègues qui lui donnaient librement leurs avis. Les conférences étaient suivies tantôt d’une promenade, tantôt d’une collation. « Ils s’assemblèrent ainsi durant trois ou quatre ans (dit Pellisson, le premier historien de l’Académie Française) et comme j’ai ouï dire à plusieurs d’entr’eux, avec un profit et un plaisir incroyable, de sorte que quand ils parlent aujourd’hui de ce temps-là, ils en parlent comme d’un âge d’or, durant lequel avec toute l’innocence et la liberté des premiers siècles, sans bruit et sans pompe, et sans autres lois que celles de l’amitié, ils goûtaient ensemble tout ce que la société des esprits et la vie raisonnable ont de plus doux et de plus charmant. » Cette agréable réunion devait être bientôt troublée. Un nommé Faret introduisit dans la société Bois-Robert, l’un des poètes aux gages du cardinal de Richelieu. Ce nouveau membre parla bientôt de cette compagnie au ministre. Richelieu engagea Bois-Robert à demander à ces hommes de lettres s’ils voulaient former un corps et s’assembler régulièrement sous la protection de l’autorité. « M. de Bois-Robert, ajoute Pellisson, ayant répondu qu’à son avis cette proposition serait reçue avec joie, il lui demanda de la faire et d’offrir à ces Messieurs sa protection pour leur compagnie qu’il ferait établir par lettres-patentes, et à chacun d’eux en particulier son affection qu’il leur témoignerait en toute rencontre. » On devine tout l’intérêt que le cardinal-ministre attachait au succès de sa proposition. Résister à l’affection calculée de Richelieu, c’était engager la lutte et se perdre. « Cependant, continue Pélisson, à peine y eut-il aucun de ces messieurs qui n’en témoignât du déplaisir et ne regrettât que l’honneur qu’on leur faisait vînt troubler la douceur et la familiarité de leurs conférences. » La proposition du ministre fut discutée dans une réunion solennelle. Plusieurs membres voulaient qu’on refusât l’offre du cardinal. Chapelain prit la parole : « À la vérité, Messieurs, dit-il, nous nous serions bien passés de l’éclat qu’on veut donner à nos conférences, mais dans l’état actuel des choses, voyons si nous sommes libres de suivre le parti qui nous parait le plus agréable. Nous avons affaire à un homme qui ne veut pas médiocrement ce qu’il a arrêté ; il n’est pas, vous le savez, habitué à la résistance, et ne la souffre pas impunément. Il regardera comme une injure le mépris que vous feriez de sa protection, et chacun de nous pourrait en ressentir les terribles effets. D’après les lois du royaume, toutes les assemblées qui s’organisent en dehors de l’autorité du souverain peuvent être défendues. Il sera fort aisé à monseigneur le cardinal, si l’envie lui en prend, de rompre notre société que chacun de nous en particulier désire être éternelle. » Ces raisons déterminèrent l’assemblée ; M. de Bois-Robert fut prié de remercier très humblement M. le cardinal de l’honneur qu’il leur faisait, et de l’assurer qu’encore ils n’eussent jamais eu une si haute pensée, et qu’ils fussent fort surpris du dessein de son éminence, ils étaient très résolus de suivre ses volontés.

Sur le rapport de son premier ministre, Louis XIII donna, au mois de janvier 1635, des lettres-patentes, portant qu’il serait formé une société de gens de lettres au nombre de quarante, sous le nom d’Académie française. Ces lettres ne furent enregistrées que le 10 juillet 1637, après une longue résistance du parlement, qui voulut qu’on insérât cette clause : Que l’Académie ne pourrait connaître que de la langue française et des livres qu’elle aurait faits ou qu’on exposerait à son jugement. L’opinion publique ne fut pas entièrement favorable à la nouvelle institution. Les partisans de Richelieu en parlaient avec admiration c’était une pensée sublime, une émanation du génie. Ses adversaires n’y voyaient qu’un appui redoutable prêté à la dévorante ambition du cardinal. D’autres s’en moquaient comme d’une chose sans portée. Jean Scarron, conseiller de la grand’chambre du parlement, père du poète burlesque, ayant été appelé pour donner son avis sur la vérification des lettres-patentes portant établissement de l’Académie, s’exprima en ces termes : « Cette rencontre me remet en mémoire ce qu’avait fait autrefois un empereur romain qui, après avoir ôté au sénat la connaissance des affaires publiques, l’avait consulté sur la sauce qu’il devait faire à un grand turbot qu’on lui avait apporté de bien loin. » Ce rapprochement exprimé avec tant de hardiesse excita la haine du ministre, qui priva le conseiller de sa charge et l’envoya en exil. La faveur publique dédommagea plus tard Jean Scarron, qui fut élevé en 1644 à la haute fonction de prévôt des marchands. L’Académie tint encore ses séances chez un de ses membres, ou chez Richelieu lui-même. Après la mort du cardinal, le chancelier Séguier, qui avait brigué l’honneur d’entrer à l’Académie, leur prêta une salle de son vaste hôtel. Le roi Louis XIV s’étant déclaré protecteur de cette compagnie, le titre d’académicien devint un objet d’envie. Des ministres, des grands seigneurs, des prélats voulurent se mettre sur les rangs. Cette condescendance flatta la vanité des académiciens roturiers, qui ne s’aperçurent pas que l’admission de ces hommes puissants les mettrait sous la dépendance du gouvernement. Patru, l’ami de Racine et de Boileau, leur fit sentir ce danger par un apologue. Il était question de recevoir un gentilhomme dont l’esprit n’était pas très cultivé. « Messieurs, dit Patru, un ancien Grec avait une lyre admirable, une corde se rompit ; au lieu d’en remettre une de boyau, il en prit une d’argent, et la lyre perdit son harmonie. » L’apologue de Patru fit sensation ; cependant la corde d’argent eut la préférence. — En 1673, l’Académie française vint occuper une des salles du Louvre. Cette salle fut ornée des portraits des académiciens, de ceux de Richelieu, de Pierre Séguier, de Christine de Suède, etc. L’Académie française, après avoir jeté un vif éclat durant le règne de Louis XIV, tomba bientôt dans une obscurité qui dura près d’un demi-siècle. Sa régénération commença lorsqu’elle proposa à l’éloquence des éloges tels que ceux de Descartes, de Fénelon, de Catinat et de l’abbé Suger.

Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres. — Louis XIV ayant désiré qu’une société de gens de lettres s’occupât du soin de recueillir des médailles et d’inscrire sur les monuments, sur les tapisseries de ses palais, tout ce qui pouvait immortaliser son règne et la gloire de la nation, Colbert choisit parmi les membres de l’Académie française ceux qu’il crut les plus habiles à ce genre de travail. Chapelain, Charles Perrault, l’abbé Cassagne et l’abbé Bourleix, formèrent une réunion à laquelle on donna le nom de Petite Académie. Établie en 1663, elle tint ses séances dans la bibliothèque de Colbert, rue Vivienne. Le nombre des académiciens, d’abord fixé à quatre, fut porté à huit. Un nouveau règlement du 16 mai 1701 fixa le nombre des membres à quarante ; savoir dix honoraires, dix pensionnaires, dix associés et dix élèves. Des lettres-patentes confirmèrent leur organisation. Le nom de Petite Académie, ne pouvant plus convenir, fut changé en celui d’Académie des Sciences et des Médailles, puis en celui d’Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres. Le premier ouvrage publié par cette académie est l’Histoire de la numismatique sous le règne de Louis XIV. La première édition, qui parut en 1703, comprend 286 médailles. La seconde, imprimée vers 1723, renferme la collection entière des médailles qui ont été frappées pour retracer les événements du règne de ce prince ; elle se compose de 318 médailles. Ces travaux importants ne mirent pas néanmoins les académiciens à l’abri des railleries des écrivains. Piron avait commencé l’attaque, en composant cette épitaphe :

Ci-git un antiquaire opiniâtre et brusque,
Il est esprit et corps dans une cruche étrusque.

Cependant l’on ne saurait oublier les services rendus aux sciences historiques par l’ancienne Académie des Inscriptions, où siégeaient encore au moment où elle fut supprimée, l’abbé Barthélemy, Bréquigny, la Porte-Dutheil, Choiseul-Gouffier, de Laverdy, de Paulmy, Bailly, D. Poirier, D. Clément, Dacier, Sylvestre de Sacy.

Académie des Sciences. — Après avoir établi l’Académie des Inscriptions, Colbert, qui savait deviner les grandes idées de Louis XIV, chercha les moyens de donner de nouveaux développements aux sciences. Pour atteindre son but, ce grand ministre se fit faire un rapport sur tous les savants qui s’assemblaient chez M. de Montmort, conseiller d’État, puis demanda Huyghens, Duclos, Bourdelin, Delachambre, Auzout et plusieurs autres, et leur proposa de les réunir en un corps sous la dénomination d’Académie des Sciences, en leur disant qu’ils féconderaient par l’association des travaux que l’isolement devait toujours paralyser. Cette Académie devait s’occuper de cinq sciences principales : des mathématiques, de l’astronomie, de la botanique, de la chimie et de l’anatomie. On proposa de joindre à ces sciences celle de la théologie ; les observations de la Sorbonne firent repousser cette proposition. L’Académie des Sciences occupa d’abord une des salles basses de la bibliothèque du roi. Jusqu’en 1699, cette société ne subsista qu’en vertu d’une simple autorisation du roi. À cette époque, elle reçut une existence légale, et on lui donna un appartement au Louvre. Ces avantages furent confirmés par lettres-patentes de février 1713. L’Académie des Sciences comptait à cette époque parmi ses membres, Fontenelle, Tournefort, Mallebranche, Ozanam, Réaumur et plusieurs autres savants distingués. Elle s’était associé Boërhaave, Leibnitz, Maupertuis et les hommes les plus illustres de l’Europe. Dans les dernières années de son existence, son illustration ne s’était point affaiblie ; on citait parmi ses membres, Lalande, Daubenton, Portal, de Jussieu, Darcet, Buffon, Cassini, Monge, Berthollet, Fourcroy, Haüy, etc.

Académie royale de Peinture et de Sculpture. — Il fallait un complément aux corps savants et littéraires. Colbert voulut élever les arts au même rang. Une querelle survenue entre les peintres de cette époque fournit au ministre l’occasion de féconder sa pensée. Ces artistes étaient alors divisés en deux classes. On désignait ceux qui faisaient partie de la première par le nom de maîtres. Ceux de la seconde étaient appelés peintres sans maîtrise ou privilégiés. Lebrun, à la tête des peintres privilégiés, était parvenu, par la protection du chancelier Séguier, à former une société qu’il fit autoriser par un arrêt du conseil privé et confirmer par lettres-patentes. On avait accordé à ces artistes la galerie du collége de France. Colbert, qui venait de créer une école de peinture et de sculpture à Rome pour former des élèves entretenus par le roi, réunit bientôt cette dernière à la compagnie de Lebrun et fonda ainsi l’Académie royale de Peinture et de Sculpture qui occupa six grandes pièces du Louvre. Il lui adjoignit l’ancienne académie de Saint-Luc, et cette réunion éteignit l’ancienne querelle. L’Académie royale de Peinture et de Sculpture se maintint sans éprouver de changement jusqu’à l’époque de la révolution.

Académie royale d’Architecture. — Projetée en 1671 par Colbert, cette Académie se forma avec une simple autorisation jusqu’au mois de février 1717, époque où elle reçut une existence légale. L’Académie royale d’Architecture eut alors, comme l’Académie de Peinture et de Sculpture, ses écoles, ses prix et ses pensionnaires à Rome. Elle tenait aussi ses séances au Louvre et continua de former un corps séparé jusqu’à sa suppression.

Institut de France. — Au commencement de la révolution, les académies délaissées poursuivaient néanmoins leurs travaux. Dès 1791, leurs dépenses furent fixées provisoirement. Grégoire, en 1793, fit prononcer leur suppression et apposer les scellés sur le lieu de leurs séances. Une députation de l’Académie des Sciences, admise à la barre de la Convention, obtint pour elle et pour les autres Académies la faculté de continuer leurs travaux avec des règlements provisoires. La promulgation de la Constitution de l’an III porte, au titre 10 : « il y aura pour toute la République un Institut national chargé de recueillir les découvertes, de perfectionner les arts et les sciences. » Un nouvel ordre de choses commandait la réorganisation des anciennes académies. C’est alors que fut arrêté le projet de l’Institut national, admirable conception qui, en réunissant par un lien commun les diverses parties des connaissances humaines, depuis l’observation matérielle jusqu’aux sublimes émanations du génie, les fortifiait, les attachait l’une à l’autre pour les porter au plus haut point de développement. La loi du 3 brumaire suivant, promulguée le 1er vendémiaire an IV (23 octobre 1795), sur l’instruction publique, donna, dans son titre 4, l’organisation de l’Institut. Il fut divisé en trois classes : la première, sciences physiques et mathématiques ; la seconde, sciences morales et politiques ; la troisième, littérature et beaux-arts. La première classe, qui comprenait l’ancienne Académie des Sciences, était composée de 60 membres et de 60 associés. La seconde, qui correspondait à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, comptait 36 membres et 36 associés. La troisième, qui réunissait l’Académie française et celles de Peinture, de Sculpture et d’Architecture, avait 48 membres et 48 associés. Les voyages à faire pour les progrès des sciences, les encouragements et les concours furent aussi soumis à des règles par cette loi. L’Institut tint ses premières séances au Louvre. En 1803, Bonaparte introduisit quelques changements dans cette organisation. Il divisa l’Institut en quatre classes, en séparant les beaux-arts, la littérature et l’histoire. Par décret impérial du 1er mai 1806, l’Institut fut transféré au collége Mazarin ; tous les gouvernements introduisirent ensuite leurs innovations dans cette société de savants et de littérateurs. En 1815, on lui conserva le nom d’Institut, mais on rendit aux quatre classes qui le composaient leurs anciennes dénominations. La première classe fut nommée Académie des Sciences ; la deuxième, Académie française ; la troisième, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, et la quatrième, Académie de Peinture et Sculpture ; enfin, une ordonnance royale du 27 octobre 1833 rétablit l’ancienne Académie des Sciences morales et politiques, et l’Institut se trouva composé de cinq classes. Cet état de choses subsiste encore aujourd’hui.

Instruction publique (ministère de l’).

Situé dans la rue de Grenelle-Saint-Germain, no 116. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Voici les plus importantes attributions de ce ministère : enseignements supérieur et secondaire, facultés, colléges, instruction primaire, établissements scientifiques et littéraires, bibliothèques publiques, travaux historiques, comités historiques, écoles des Chartes.

Intérieur (ministère de l’).

Situé dans la rue de Grenelle-Saint-Germain, no 101. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin. Les bureaux de ce ministère sont dans la même rue au no 103.

Dans les attributions de ce ministère, sont compris : le personnel et la nomination des préfets, sous-préfets, secrétaires généraux, conseillers de préfecture, le travail général relatif aux nominations dans l’ordre royal de la Légion-d’Honneur, les gardes nationales du royaume, leur recensement, leur organisation, la direction de la police générale du royaume, l’administration communale, la voirie urbaine, la direction des Beaux-Arts, l’administration des lignes télégraphiques, les archives du royaume, etc.

Invalides (boulevart des).

Commence à la rue de Grenelle-Saint-Germain, no 121 ; finit à la rue de Sèvres, nos 104 et 106. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 1 250 m. — 10e arrondissement ; de 1 à 9 inclus et tous les numéros pairs sont du quartier des Invalides ; de 11 à la fin, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Il a été formé, en vertu des lettres-patentes du 9 août 1760, registrées au parlement le 26 novembre suivant (voyez Enfer, boulevart d’). Sa dénomination lui vient de sa proximité de l’hôtel royal des Invalides. La largeur de la chaussée est de 19 m. 50 c. — En vertu d’une décision ministérielle du 14 vendémiaire an XI, les constructions riveraines doivent être établies à 4 m. de distance des arbres des contr’allées. Les propriétés bordant le boulevart des Invalides sont presque toutes sur cet alignement. Celles qui portent les numéros de 1 à 9 inclus devront reculer de 1 m. 30 c. à 2 m. 30 c. — Égout entre les rues de Grenelle et Plumet, bassin d’égout dans le surplus. — Conduite d’eau dans une petite partie. — Éclairage au gaz (compe Française).

Invalides (hôtel royal des).

Circonscrit par la rue de Grenelle, le boulevart des Invalides, l’avenue de Tourville et le boulevart Latour-Maubourg. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

La sollicitude des rois de France cherchait depuis longtemps à améliorer le sort de nos vieux soldats qui, après avoir consumé leurs plus belles années au service de l’État, étaient souvent réduits dans leurs vieux jours à mendier leur pain. Henri IV plaça quelques invalides dans la maison de la Charité, située dans la rue de Lourcine. Animé du même esprit d’équité et de reconnaissance, Louis XIII leur destina le château de Bicêtre. En 1634 on y fit par son ordre des réparations considérables ; on y ajouta de nouveaux bâtiments, et cette maison fut appelée la commanderie de Saint-Louis. La mort du fils de Henri IV, les troubles qui survinrent, paralysèrent l’exécution complète de ce dessein ; Louis XIV disposa de la maison de Bicêtre en faveur de l’hôpital-général et résolut de créer un établissement qui répondit à la grandeur de la nation.

Édit du roi du mois d’avril 1674, registré au parlement le 5 juin suivant. « Considérant que rien n’est plus capable de détourner ceux qui auraient la volonté de porter les armes, d’embrasser cette profession, que de voir la méchante position où se trouveraient réduits la plupart de ceux qui s’y étaient engagés, et n’ayant point de biens, y auraient vieilli ou été estropiés, si l’on n’avait point soin de leur subsistance et entretènement ; nous avons pris la résolution d’y pourvoir. Nous, de l’avis de notre conseil, avons par ce présent édit perpétuel et irrévocable, fondé, établi et affecté, fondons, établissons et affectons à perpétuité l’Hôtel Royal, que nous avons qualifié du titre des Invalides, lequel nous faisons construire au bout du faubourg Saint-Germain, pour le logement, subsistance et entretènement de tous les pauvres officiers et soldats de nos troupes, qui ont été ou seront estropiés, ou qui ayant vieilli dans le service en icelles, ne seront plus capables de nous en rendre ; duquel hôtel, comme fondateur, nous voulons être aussi le protecteur et conservateur immédiat, sans qu’il dépende d’aucun de nos officiers, et soit sujet à la visite et juridiction de notre grand-aumônier, ni autres ; et afin que le dit hôtel royal soit doté d’un revenu suffisant et assuré, qui ne puisse jamais manquer pour la subsistance et entretènement dans icelui des dits officiers et soldats invalides, nous y avons affecté et affectons à perpétuité, par ce présent édit, tous les deniers provenant des pensions, des places, des religieux laïcs, des abbayes et prieurés de notre royaume, qui en peuvent et doivent porter selon et ainsi qu’il a été réglé par nous, tant par notre déclaration du mois de janvier 1670, que par les arrêts de notre conseil d’état des 24 janvier 1670 et 27 avril 1672, etc. »

Louis XIV sut donner à l’institution dont la pensée appartenait à ses prédécesseurs les développements qu’entraînait l’accroissement des forces militaires de la France. Le roi avait posé, en 1670, la première pierre de l’Hôtel royal des Invalides. Dès l’année 1674, les bâtiments étaient assez avancés pour contenir une certaine quantité d’officiers et de soldats ; mais ce ne fut que trente ans plus tard que ce grand établissement put être achevé dans tout son ensemble, d’après les plans et sous la direction de Jules Hardouin Mansart. La façade qui regarde le septentrion a 390 m. d’étendue. La statue équestre de Louis XIV est placée au-dessus de la porte principale ; on entre ensuite dans la cour royale, qui a 118 m. de longueur sur 62 de largeur. Elle est entourée de quatre corps de logis ayant chacun deux rangs d’arcades l’un sur l’autre formant galerie. Le milieu de chaque face est accompagné d’une espèce de corps avancé avec un fronton. Quel goût dans cette simplicité ! quelle beauté dans cette cour qui n’est pourtant qu’un cloître militaire, où l’art a mêlé les idées guerrières aux souvenirs attendrissants d’un hospice. — Le grand état-major de l’hôtel habite les bâtiments de l’aile droite et de l’aile gauche de la façade. Du côté de la plaine de Grenelle sont disposés des appartements particuliers pour loger les officiers supérieurs et quelques officiers subalternes. Les autres chambres sont là pour la plupart en commun, mais leur arrangement est si bien ordonné que les militaires qui les occupent n’éprouvent aucune gêne. Dans les corps de bâtiments qu’on voit à droite et à gauche de la cour principale se trouvent quatre réfectoires où l’on remarque des peintures à fresque, représentant les sièges et les batailles les plus mémorables du règne de Louis XIV. Des galeries latérales conduisent de la cour principale à six autres cours qui ont toutes leurs destinations particulières. Les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul soignent les malades avec un zèle admirable ; ces religieuses, qui sont au nombre de 28, occupent un bâtiment entièrement séparé des autres.

Au fond de la cour royale, on aperçoit l’entrée de l’église ; cet édifice, heureux complément de l’Hôtel royal des Invalides, fut commencé en 1675 ; les travaux durèrent trente ans. Il se compose d’une grande nef et de deux bas-côtés, décorés de pilastres corinthiens ; cette église est surmontée d’un magnifique dôme. Sa forme majestueuse s’élève à 71 m. et domine Paris ; la façade est tournée vers le midi ; cet édifice a 58 m. 50 c. de largeur, et 31 m. 18 c. de hauteur. Il est élevé sur un perron de plusieurs degrés, décoré des ordres dorique et corinthien, couronnés par un fronton triangulaire. Deux niches, placées à l’entrée du portail, sont remplies par les deux statues colossales de Charlemagne et de saint Louis. Un troisième ordre de colonnes corinthiennes règne autour du dôme. Les victoires de la révolution, du consulat et de l’empire, avaient orné la nef de 960 drapeaux et étendards arrachés à l’ennemi ; ces trophées disparurent en 1814. Ne voulant pas supporter l’humiliation de les rendre aux vainqueurs, les invalides les brûlèrent eux-mêmes ; 179 drapeaux ont déjà remplacé les premiers.

Dans cette magnifique église ont été déposés, le 15 décembre 1840, les restes de Napoléon. En ce moment l’art élève sous le dôme, au milieu de ce temple consacré par la religion au Dieu des armées un tombeau digne du nom qui doit y être gravé.

Ce monument, dont la construction est confiée à M. Visconti, se distinguera par une beauté simple, par des formes grandes et cet aspect de solidité inébranlable qui semble braver l’action du temps.

Les caveaux renferment les dépouilles mortelles de plusieurs maréchaux de France et officiers généraux morts gouverneurs de l’hôtel. Le nombre des invalides est de trois mille environ dans cet établissement ; pour avoir droit d’admission, il faut compter 30 ans de service et soixante ans d’âge, ou avoir perdu un ou plusieurs membres. — Lorsque le roi entrait dans l’hôtel, la garde ordinaire du prince cessait toutes ses fonctions pour être relevée sur-le-champ par une compagnie de ces vieux soldats. Cet usage prit naissance dans les premiers temps que Louis XIV alla visiter cet établissement. Les invalides qui se pressaient autour du roi, se voyant repoussés un peu brutalement par la garde, furent sensibles à cette espèce d’affront. Louis XIV s’en aperçut et, avec cette bienveillance si naturelle à la grandeur, il ordonna qu’on traitât plus doucement ses anciens serviteurs, déclarant qu’il était toujours en sûreté au milieu d’eux. — En 1800, le premier consul fit établir une batterie sur l’esplanade des Invalides. Depuis 1830, cette batterie s’est augmentée des bouches à feu de divers calibres, provenant de la conquête d’Alger. Le canon des Invalides annonce à la grande cité les réjouissances publiques, les victoires remportées par nos armées et la naissance des princes.

Le nombre effectif des anciens militaires entretenus à l’hôtel des Invalides, se compose de : 1 colonel, 1 chef de bataillon, 16 capitaines, 65 lieutenants, 49 sous-lieutenants, 24 chefs de division et adjudants, 12 adjudants sous-officiers, 71 capitaines honoraires, 267 lieutenants honoraires, 51 sergents majors, 260 sergents, 1603 soldats, 16 tambours ; — 17 sont épileptiques, 10 sont privés des deux jambes, 365 sont privés d’une jambe, 5 ont les deux bras coupés, 255 sont privés d’un bras, 180 sont aveugles, 154 sont affligés de blessures diverses réputées équivalentes à la perte d’un membre. Il y a 667 vieillards âgés de plus de 70 ans ; les chevaliers de Saint-Louis sont au nombre de 16 ; les membres de la Légion d’Honneur sont au nombre de 211.

La rouille des siècles, qui commence à couvrir le monument de Louis XIV, lui donne de nobles rapports avec ces vétérans, ruines animées qui se promènent sous ses vieux portiques. Dans les avant-cours, tout retrace l’idée des combats : fossés, glacis, remparts, canons, tentes, sentinelles. Lorsqu’on pénètre plus avant, le bruit s’affaiblit par dégrès et va se perdre à l’église, où règne un profond silence. Ce bâtiment religieux est placé derrière les constructions militaires comme l’image du repos et de l’espérance au fond d’une vie pleine de troubles et de périls.

L’or du commerce anglais a élevé les fastueuses colonnades de l’hôpital de Greenwich ; mais il y a quelque chose de plus fier et de plus noble dans la masse des Invalides. Placée admirablement dans le magnifique panorama de Paris, elle excite profondément l’imagination. C’est un de ces traits imposants qui donnent une physionomie toute particulière à une grande cité ; c’est l’accident le plus heureux, le plus pittoresque, le plus caractéristique de l’ensemble de Paris.

Invalides (pont des).

Situé entre le quai de la Conférence et le quai d’Orsay.

Une ordonnance royale du 6 décembre 1827 a autorisé la construction de ce pont, dont M. Desjardins a été déclaré concessionnaire. La durée de cette concession est fixée à quarante-cinq années qui, partant du 1er janvier 1831, doivent expirer le 2 janvier 1876. Élevé sous la direction de MM. Vergez et Bayard, ce pont suspendu en chaînes de fer, est composé d’une travée de 67 m. 80 c. et de deux demi-travées ayant, l’une 27 m. 33 c., l’autre 24 m. 70 c. d’ouverture. Sa largeur entre les garde-corps est de 7 m. 95 c. Commencé en 1828, il a été livré à la circulation en 1829. La dépense s’est élevée à plus de 600 000 fr. On lui donne également le nom de pont d’Antin.

Irlandais (rue des).

Commence à la rue de la Vieille-Estrapade, nos 15 et 17 ; finit à la rue des Postes, nos 9 et 11. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 93 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Dans les censiers de sainte Geneviève, à l’année 1602, elle est appelée rue du Cheval-Vert. Elle devait ce nom à une enseigne. — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Par un arrêté préfectoral du 6 février 1807, rendu sur la demande du proviseur du collége des Irlandais, Anglais et Écossais réunis, la rue qui nous occupe dut prendre la dénomination de rue des Irlandais. — La propriété no 3, celle qui est située sur le côté droit à l’angle de la rue de la Vieille-Estrapade et le mur de clôture à l’angle de la rue des Postes, sont à l’alignement.

Le collége des Irlandais situé au no 3, a été établi par arrêtés des 19 fructidor an IX 24 vendémiaire, 3 messidor an XI et 28 floréal an XIII. Il est sous la surveillance de l’Université, en vertu d’une décision du gouvernement en date du 11 décembre 1808.

Italie (barrière d’).

Située à l’extrémité de la rue Mouffetard.

C’était anciennement la barrière Mouffetard. Elle fut ensuite appelée barrière de Fontainebleau. Son nom actuel, donné depuis 1806, indique sa direction vers l’Italie (voir l’article Barrières).

Italie (place de la barrière d’).

Située à l’extrémité de la rue Mouffetard. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette place est indiquée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. Sa forme est circulaire. — Une ordonnance royale du 27 janvier 1837 a déterminé l’alignement de cette voie publique par une parallèle au centre des arbres des contr’allées et à 4 m. de distance. Les constructions situées entre la barrière d’Italie et le boulevart des Gobelins sont seules soumises à retranchement. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Italiens (boulevart des).

Commence aux rues de Richelieu, no 113, et Grange-Batelière, no 1 ; finit aux rues Louis-le-Grand, no 32, et de la Chaussée-d’Antin, no 2. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 425 m. — 2e arrondissement ; les numéros impairs sont du quartier Feydeau ; les numéros pairs dépendent du quartier de la Chaussée-d’Antin.

Il a été formé en vertu des lettres-patentes du mois de juillet 1676. Il doit sa dénomination au théâtre des Italiens, occupé aujourd’hui par les artistes de l’Opéra-Comique. — Une ordonnance royale du 16 avril 1831 a déterminé l’alignement de ce boulevart, dont la largeur est fixée à 35 m. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. La largeur de la chaussée est de 19 m. 50 c. — Égout du côté de la rue Louis-le-Grand. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Italiens (place des).

Située au-devant du théâtre de l’Opéra-Comique. Le dernier numéro est 3 bis. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Des lettres-patentes, données à Marly le 14 octobre 1780 et registrées au parlement le 24 du même mois, autorisèrent la compagnie Reboul de Villeneuve à faire construire, sur l’emplacement de l’hôtel de Choiseul, une salle de spectacle pour la Comédie-Italienne, et à former au-devant une place de 400 toises de superficie. Ces lettres-patentes reçurent immédiatement leur exécution. Cette voie publique devrait porter le nom de place de l’Opéra-Comique, les artistes de ce théâtre ayant remplacé les acteurs italiens. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Italiens (théâtre des).

Situé entre les rues Dalayrac et Marsollier. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Une ordonnance royale du 8 octobre 1826 porte : « Article 1er. La nouvelle salle du théâtre royal de l’Opéra-Comique sera placée dans l’axe de la rue Ventadour, à 40 m. environ de la rue Neuve-des-Petits-Champs, et sera isolée au-devant par une place d’environ 18 m. de largeur ; à droite, derrière et à gauche, par des rues larges environ, les deux premières de 12 m. et la dernière de 11 m., le tout conformément au plan ci-annexé. — Art. 2e. La délibération prise par le conseil municipal de notre bonne ville de Paris, à l’effet de contribuer pour une somme de 500 000 fr., aux dépenses des abords de la nouvelle salle, est approuvée. — Art. 3. Les plans définitifs de la construction de la nouvelle salle seront communiqués à notre ministre de l’intérieur pour être adoptés par lui en tout ce qui peut intéresser la sûreté et la salubrité publiques, etc. »

En vertu de cette ordonnance on a ouvert les rues Dalayrac, Marsollier, Méhul et Monsigny. — La nouvelle salle fut construite sur les dessins de MM. Huvé et Guerchy, architectes. Les acteurs de l’Opéra-Comique y restèrent jusqu’au mois de septembre 1832, puis allèrent occuper le théâtre de la place de la Bourse. En 1833, la salle Ventadour portait le titre de Théâtre-Nautique. La nouvelle entreprise eut peu de succès. Cet édifice remarquable ne servit plus qu’à des bals publics ou à de grandes réunions. Après l’incendie de la salle Favart, les artistes italiens y donnèrent des représentations. M. Anténor Joly obtint un privilège qui lui permettait de jouer le drame, l’opéra de genre, la comédie, etc. Après quelques changements intérieurs, la salle fut ouverte de nouveau, le 8 novembre 1838, sous le nom de Théâtre de la Renaissance. L’habile direction de M. Anténor Joly lutta vainement contre la mauvaise fortune. Son théâtre fut fermé en 1840. En 1841, une nouvelle tentative eut lieu et n’obtint aucun succès. Enfin au mois d’octobre de la même année, les artistes Italiens sont venus s’installer définitivement dans cette salle qui contient 1 700 personnes. — Prix des places en 1844 : stalles d’orchestre et de balcon, 1eres loges, 2mes loges de face et rez-de-chaussée de face, 10 fr. ; rez-de-chaussée et 2mes de côté, 7 fr. 50 c. ; 3mes loges de face, 6 fr. ; 3mes loges de côté, 5 fr. ; 4mes loges et parterre, 4 fr.

Ivry (barrière d’).

Située à l’extrémité des rues d’Austerlitz et de l’Hôpital-Général.

Cette barrière qui était autrefois située sur le boulevart de l’Hôpital, a été construite à l’endroit où nous la voyons aujourd’hui, lorsque le village d’Austerlitz a été réuni à la ville de Paris. Elle n’est décorée d’aucune construction monumentale. (Voir l’article de la Grande rue d’Austerlitz.)

Ivry (chemin de ronde de la barrière d’).

Commence à la barrière d’Ivry et à la rue de l’Hôpital-Général ; finit à la barrière d’Italie et à la place de la barrière d’Italie. Pas de numéro. Sa longueur est de 362 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Il a été formé, vers 1818, sur une partie du village d’Austerlitz. Les propriétés particulières sont alignées. (Voyez Grande rue d’Austerlitz.)

Ivry (place de la barrière d’).

Pas de numéro. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Une décision ministérielle du 18 octobre 1822 a prescrit la formation de cette place qui est circulaire et dont le rayon est de 32 m. Cette voie publique, nommée aussi place des Deux-Moulins n’est pas entièrement construite. L’emplacement qu’elle occupe dépendait du village d’Austerlitz. (Voyez l’article de la Grande rue d’Austerlitz.)

Ivry (rue d’).

Commence à la rue du Banquier, no 1 ; finit au boulevart de l’Hôpital. Pas de numéro. Sa longueur est de 52 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Construite à la fin du XVIIIe siècle, cette rue doit son nom à l’ancienne barrière d’Ivry. — Une décision ministérielle du 28 prairial an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 27 janvier 1837, cette largeur est portée à 10 m. Les propriétés du côté gauche en entrant par la rue du Banquier sont à l’alignement. Celles du côté opposé sont soumises à un retranchement de 2 m. 20 c.

Avril 1844.
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J.

Jaback (passage).

Commence à la rue Neuve-Saint-Merri, no 46 ; finit à la rue Saint-Martin, no 36. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Il a été formé en 1824 par MM. Rougevin, Mélier et Néron, sur l’emplacement de l’ancien hôtel Jaback.

Jacinthe (rue).

Commence à la rue des Trois-Portes, nos 9 et 11 ; finit à la rue Galande, nos 18 et 20. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 23 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Cette rue a été tracée en 1202 sur le clos Mauvoisin qui faisait partie de la seigneurie de Garlande (voir l’article de la rue du Fouarre). — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 20 c. à 1 m. 60 c. Celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 60 c. à 2 m. 20 c.

Jacob (rue).

Commence à la rue de Seine, nos 44 et 46 ; finit à la rue des Saints-Pères, nos 27 et 29. Le dernier impair est 51 ; le dernier pair, 60. Sa longueur est de 418 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

D’après la demande de plusieurs propriétaires riverains, une décision ministérielle du 14 juillet 1836 ayant autorisé la réunion de la rue du Colombier à la rue Jacob, sous la seule dénomination de cette dernière rue, on procéda à la régularisation du numérotage en vertu d’un arrêté préfectoral du 26 août suivant. Une ordonnance royale du 29 avril 1839 a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. 70 c. Propriété no 1, alignée 3 et 5, retranch. réduit, 1 m. 80 c. ; de 7 à 17 inclus, ret. 2 m. à 2 m. 40 c. ; de 21 à 27 inclus, alignées ; 29, ret. 3 m. 20 c. ; de 31 à la fin, alignées. La propriété no 2 doit être supprimée ; de 4 à 32 inclus, ret. 80 c. à 1 m. ; de 34 à la fin, alignées. — Égout entre les rues Saint-Germain-des-Prés et des Saints-Pères. — Conduite d’eau dans une partie. — Éclairage au gaz (compe Française).

Dans cette rue, entre le no 43 et l’hôpital de la Charité, était située la rue des Deux-Anges qui se terminait par un retour d’équerre à la rue Saint-Benoit, nos 4 et 6. Cette voie publique devait sa dénomination à deux statues d’anges, placées aux encoignures de la rue Jacob. Elle a été supprimée en vertu d’une ordonnance royale du 5 août 1839, qui a autorisé la ville de Paris à céder le sol de cette rue tant aux propriétaires riverains qu’aux hospices civils.

Nous allons maintenant rappeler l’origine des rues du Colombier et Jacob. — Jaillot prétend avoir vu plusieurs titres qui indiquaient une maison dite le Colombier, près les murs de l’abbaye. Sauvai affirme, suivant un registre du Trésor des Chartes, qu’il est fait mention à l’année 1317 d’une maison et dépendances sises à Saint-Germain-des-Prés, au lieu nommé le Colombier. Telle est sans doute l’origine de la dénomination affectée à la voie publique qui nous occupe. Cette rue, ou plutôt ce chemin, était, avant cette époque, plus reculé du côté de la rivière. Charles V avait ordonné de creuser des fossés autour de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés ; ces fossés devenus plus tard inutiles, les religieux les firent combler, excepté dans une longueur de cent toises qu’ils réservèrent pour faire un vivier. Sur l’emplacement autrefois occupé par ce vivier, le bailli de Saint-Germain fit tracer, en 1585, l’alignement d’un nouveau chemin auquel on donna le nom de Pré-aux-Clercs. Plus tard et à différentes époques, les religieux permirent à des particuliers d’y bâtir ; mais les habitants furent souvent troublés par les écoliers de l’Université. Nous voyons qu’en 1641 le parlement rendit un arrêt qui obligeait les propriétaires à terminer les maisons déjà commencées. Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 mètres.

La rue Jacob doit son nom à l’autel de Jacob que la reine Marguerite de Valois, première femme de Henri IV, avait fait vœu de bâtir. Cette reine accomplit son vœu par la construction du couvent et de l’église des Petits-Augustins. Ce ne fut qu’en 1640 que cette rue fut bâtie. Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, avait fixé à 10 m. la moindre largeur de cette voie publique.

Jacques (boulevart Saint-).

Commence à la rue de la Glacière et à la barrière de Lourcine ; finit aux rue et barrière d’Enfer. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par le mur d’enceinte. Le dernier pair est 16. Sa longueur est de 905 m. — 12e arrondissement. Les nos 2 et 4 sont du quartier Saint-Marcel. Le surplus dépend du quartier de l’Observatoire.

Il a été formé en vertu des lettres-patentes données à Versailles le 9 août 1760 (voyez Enfer, boulevart d’). Une ordonnance royale en date du 9 décembre 1838 a déterminé l’alignement de ce boulevart. La propriété à l’encoignure de la rue de la Glacière devra reculer de 7 m. 60. Les bâtiments à la suite, la propriété à l’encoignure gauche de la rue de la Santé, la propriété qui est située entre les nos 6 bis et 8, les constructions à l’encoignure droite de la rue Leclerc et la maison no 14, sont à l’alignement. Les autres immeubles ne sont assujettis qu’à un retranchement de 1 m. au plus.

Jacques (place Saint-).

Située à l’extrémité de la rue du Faubourg-Saint-Jacques. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Elle est indiquée sur le plan de Verniquet. Sa forme est demi-circulaire. — Une ordonnance royale en date du 9 décembre 1838 a déterminé l’alignement de cette voie publique. Les constructions du côté droit, en entrant par la rue du Faubourg-Saint-Jacques, et celles qui sont situées sur le côté gauche, à l’encoignure de ce faubourg, sont alignées. La propriété à l’angle du boulevart Saint-Jacques est soumise à un retranch. de 1 m. 50 c.

Un arrêté préfectoral du 20 janvier 1832, approuvé par décision ministérielle du 23 du même mois, ordonna que l’exécution des condamnés à la peine capitale aurait lieu sur cette place.

Jacques (rue des Fossés-Saint-).

Commence à la rue Saint-Jacques, nos 161 et 163 ; finit aux rues de la Vieille-Estrapade et des Postes, no 2. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 183 m. — 12e arrondissement. Les numéros impairs sont du quartier Saint-Jacques, et les pairs du quartier de l’Observatoire.

Cette rue prend naissance à l’endroit où se trouvait l’ancienne porte Saint-Jacques, qui séparait la ville du faubourg. Cette voie publique fut construite sur les fossés qui entouraient les murs de l’enceinte de Philippe-Auguste. — Une décision ministérielle du 25 messidor an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Les propriétés nos 1, 11, 11 bis, 13, les deux encoignures de la rue Clotaire, 17, 19 et 20 sont alignées. Les autres constructions ne sont assujetties qu’à un faible retranchement.

Jacques (rue du Faubourg-Saint-).

Commence aux rues des Capucins et de la Bourbe, no 1 ; finit à la place Saint-Jacques. Le dernier impair est 59 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 602 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Cette voie publique prenait autrefois naissance à la rue Saint-Hyacinthe, où était située la porte Saint-Jacques. Elle n’est plus désignée, depuis 1806, sous le nom de rue du Faubourg-Saint-Jacques, qu’à partir de la rue de la Bourbe et de celle des Capucins (voir l’article suivant). — Une décision ministérielle du 5 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, cette moindre largeur est portée à 12 m. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranch. : nos 19, 21, 35, 45, 49, 51, 57 et 59 ; 12, 30 et 38. Les propriétés nos 37, 39, 41, 43, 55 et 36 ne devront subir qu’un faible reculement.

Jacques (rue Saint-).

Commence aux rues Galande, no 79, et Saint-Severin, no 3 ; finit aux rues des Capucins et de la Bourbe, no 2. Le dernier impair est 309 ; le dernier pair, 358. Sa longueur est de 1562 m. — De 1 à 161, 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques ; de 163 à la fin, 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire ; de 2 à 202, 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne ; de 204 à la fin, 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Au XIIe siècle c’était la Grand’rue du Petit-Pont. Elle prit au XIIIe siècle en ses diverses parties les noms de Grand’rue Saint-Jacques-des-Prêcheurs, Grand’rue Saint-Étienne-des-Grés, Grand’rue près Saint-Benoît-le-Beslournet, Grand’rue près du chevet de l’église Saint-Severin, Grand’rue outre Petit-Pont, Grand’rue vers Saint-Mathelin, Grand’rue Saint-Benoît, enfin Grand’rue Saint-Jacques, en raison de la chapelle Saint-Jacques, où les religieux Dominicains, frères Prêcheurs, dits depuis Jacobins, s’établirent en 1218. Depuis 1806, le nom de rue Saint-Jacques lui a été donné jusqu’à la rue de la Bourbe ; avant cette époque cette voie publique ne portait cette dénomination que jusqu’aux rues Saint-Hyacinthe et des Fossés-Saint-Jacques, où l’on voyait anciennement une porte de l’enceinte construite par Philippe-Auguste. Nous en parlerons dans le cours de cet article. — Une décision ministérielle du 5 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur est portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 3 février 1836. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : encoignure gauche de la rue des Noyers, les dépendances du collége de France, 113, encoignure gauche de la rue Soufflet, 193, 243, le mur de clôture du Val-de-Grâce ; 136, 156, 158, 160, 170, 172, 174, 176, 178 ; 180, 182, 184, 218, 232, dépendances de l’institution des Sourds-Muets, 286, et 318. Les propriétés nos 161, 208, 210, 212, 214, et 316 ne devront subir qu’un faible redressement. — Égout : 1o depuis la rue Galande jusqu’à celle des Grés ; 2o au-devant du Val-de-Grâce. — Conduite d’eau entre les rues de la Parcheminerie et du Foin. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

À l’encoignure gauche de la rue des Noyers était située la chapelle Saint-Yves. Elle fut fondée et bâtie en 1348, un an après la canonisation de Saint-Yves, par Clément VI. Des écoliers Bretons, qui étudiaient à Paris, firent les frais de cette fondation. Saint-Yves, dont le nom de famille était Hélor, naquit auprès de Tréguier ; son père était seigneur de Kermartin. Saint-Yves vint à Paris à l’âge de 14 ans, pour apprendre la philosophie, la théologie et le droit canon ; à vingt-quatre ans il alla étudier le droit civil à Orléans ; et fut ensuite official de l’évêque de Rennes, puis de celui de Tréguier, et enfin curé de Lohance. Il mourut le 19 mai 1303. Les infortunés ne réclamèrent jamais en vain les conseils et la bienfaisance de Saint-Yves, qui mérita le beau nom d’Avocat des Pauvres. Les procureurs et les avocats l’adoptèrent pour patron, mais l’imitèrent rarement. Ils établirent une confrérie dans cette chapelle qui était d’une construction élégante ; sur le portail on voyait les statues de Jean VI, duc de Bourgogne, et de Jeanne de France sa femme. En 1790, cette chapelle, fut supprimée. Devenue propriété nationale, elle fut vendue le 6 mai 1793, et démolie en 1796 ; la maison qui porte sur la rue des Noyers le no 56 a été bâtie sur son emplacement.

La porte Saint-Jacques était située vers le milieu de l’espace qui se trouve entre la rue Soufflot et celle des Fossés-Saint-Jacques ; on l’appela aussi porte de Notre-Dame-des-Champs, parce qu’on y passait pour aller au faubourg et au monastère de ce nom. Elle faisait partie de l’enceinte de Philippe-Auguste. Ce fut par la porte Saint-Jacques que les troupes de Charles VII entrèrent dans Paris, le vendredi 13 avril 1436 ; cette porte fut abattue en 1684.

Au no 193 était situé le couvent des religieuses de la Visitation Sainte-Marie. À l’article du temple Sainte-Marie, nous parlerons de l’établissement de ces religieuses à Paris, vers 1619. Le nombre s’étant considérablement augmenté, l’archevêque de Paris leur accorda la permission, en 1623, d’établir un nouveau monastère. Elles achetèrent dans la rue Saint-Jacques la maison dite de Saint-André, dans laquelle elles entrèrent le 13 août 1626. Cet établissement fut confirmé en 1660, par lettres-patentes ; leur communauté fut supprimée en 1790, et vendue le 4 prairial an V. D’après l’acte d’aliénation, l’acquéreur était tenu de livrer sans indemnité le terrain nécessaire pour les nouveaux percements de rues. — « Au camp impérial de Varsovie, le 25 janvier 1807. Napoléon, etc…. Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Article 1er. La rue, qui aux termes du contrat primitif de vente, doit être formée à travers les bâtiments et terrains de l’ancien couvent de Sainte-Marie, dit les Visitandines, à l’entrée du faubourg Saint-Jacques, n’aura son exécution qu’autant que les dames du refuge, dites de Saint-Michel, qui y ont établi depuis peu leur institution, cesseront d’être propriétaires de cet ancien couvent, etc… » — Ces dames se consacrent à l’éducation de la jeunesse ; leur couvent sert aussi de maison de correction pour les jeunes filles repenties, et pour celles qui sont détenues par mesure de police ou par inconduite, à la demande de leurs parents.

Au no 269 était situé le couvent des Bénédictins anglais. Par suite de la persécution que le roi Henri VIII exerça contre les catholiques, les bénédictins anglais, ainsi que tous les autres religieux du culte romain, se virent forcés de se cacher ou d’aller chercher un asile hors de l’Angleterre. Marie de Lorraine, abbesse de Chelles, en fit venir six à Paris, qu’elle établit, en 1615, au collége de Montaigu, puis elle les en tira pour les installer dans une maison du faubourg Saint-Jacques ; mais le refus qu’ils firent, en 1618, de se prêter à une nouvelle translation, les brouilla avec leur bienfaitrice et tarit la source de ses libéralités. Dans l’indigence où cet abandon les laissa réduits, ces religieux furent secourus par le père Gabriel Gifford, alors chef de trois congrégations italienne, espagnole et anglaise, qu’on avait réunies, en 1617, sous le nom de Congrégation Bénédictine anglaise. Il les logea d’abord dans une maison rue de Vaugirard, puis les transféra rue d’Enfer ; ils habitèrent ensuite une propriété que les Feuillantines avaient occupée ; enfin le père Gifford, devenu archevêque de Reims, leur acheta, en 1640, trois maisons rue du Faubourg Saint-Jacques où ils purent se fixer définitivement. Ces religieux obtinrent, en 1642, de l’archevêque de Paris, la permission de célébrer l’office divin dans leur chapelle, ce qui leur fut confirmé par des lettres-patentes de Louis XIV. En 1674, ils démolirent l’ancienne maison et la salle qui servait de chapelle ; puis construisirent de nouveaux bâtiments et commencèrent l’église. La première pierre en fut posée par mademoiselle Louise d’Orléans, depuis reine d’Espagne, et le roi contribua à la dépense pour une somme de sept mille livres. Cette église fut achevée et bénite le 28 février 1677, sous le titre de Saint-Edmond. Elle contenait le corps du malheureux Jacques II, roi de la Grande-Bretagne, mort à Saint-Germain-en-Laye le 6 septembre 1701. Son tombeau ne portait que cette inscription : Ci-gist Jacques II, roi de la Grande-Bretagne. — Le couvent des Bénédictins, supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut vendu le 13 fructidor an VII. — Un arrêté des Consuls, du 3 pluviôse an X, prononça la déchéance de l’acquéreur et les bénédictins anglais rentrèrent en possession de leur ancien établissement en vertu d’un autre arrêté des Consuls du 3 messidor an XI.

Jacques-du-Haut-Pas (église Saint-).

Située dans la rue Saint-Jacques, entre les nos 252 et 254. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Cette église doit son nom à la chapelle Saint-Jacques-du-Haut-Pas dont nous parlerons à l’article de l’institution des Sourds-Muets. — Vers le milieu du XVe siècle, les habitants des faubourgs Saint-Jacques et Saint-Michel, trop éloignés des églises Saint-Médard, Saint-Hippolyte et Saint-Benoit, sollicitèrent l’érection de cette chapelle en succursale. Cette demande leur fut accordée en 1566. La sentence de l’official de Paris est ainsi conçue : « Avons permis et permettons aux manants et habitants des dits faubourgs de la porte Saint-Jacques et de Notre-Dame-des-Champs, avoir à leurs dépens autres personnes, qui dient, chantent et célèbrent à haute voix et avec chants, les dits offices divins. » — Dès l’époque de l’établissement de cette succursale, le prêtre qui la desservait avait pris le titre de curé. Cette cure était alors à la nomination du trésorier de la Sainte-Chapelle. La population s’étant considérablement augmentée dans le faubourg Saint-Jacques, on résolut, en 1603, de bâtir une église plus vaste. La première pierre ne fut pourtant posée que le 2 septembre 1630, par Monsieur, frère du roi Louis XIII. Ce fut seulement alors que les habitants obtinrent l’érection de leur église en paroisse. Les travaux, commencés d’abord avec beaucoup d’ardeur, furent longtemps suspendus faute de secours. On les reprit en 1675. Le chœur était seulement construit à cette époque. On doit la continuation de cette église à madame Anne-Geneviève de Bourbon, princesse du sang, duchesse douairière de Longueville, qui vint plusieurs fois au secours de la fabrique. Mais la plus grande partie de la dépense fut faite par les paroissiens. Il est peu d’exemples dans notre histoire d’un zèle de piété plus unanime et plus touchant. Les carriers, qui étaient en grand nombre dans ce quartier, fournirent gratuitement toute la pierre dont cet édifice est pavé ; et les ouvriers employés à sa construction travaillèrent chacun un jour par semaine, sans vouloir en recevoir le salaire. Le portail, décoré de quatre colonnes doriques, et la tour, d’une forme carrée, furent construits sur les dessins de l’architecte Guittard, membre de l’Académie. On commença en 1688 la chapelle de la Vierge, située dans le fond du chœur. L’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas est aujourd’hui la seconde succursale de la paroisse Saint-Étienne-du-Mont.

Jacques-la-Boucherie (marché Saint-).

Situé dans la rue des Arcis. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Ce marché a été construit sur l’emplacement occupé par l’ancienne église Saint-Jacques-la-Boucherie. Les écrivains qui ont fait de l’histoire de Paris une étude spéciale n’ont pu préciser l’époque de la fondation de cette église. On croit généralement qu’à l’endroit où elle fut construite se trouvait une chapelle qu’on y voyait vers 954, sous le règne de Lothaire Ier. — Dans une bulle du pape Callixte II, en 1119, il est fait mention pour la première fois de l’église Saint-Jacques-la-Boucherie. Ce nom de la Boucherie lui vient de son voisinage de l’Apport-Paris, où se trouvait la plus ancienne et la plus considérable des boucheries de la ville. Cette église fut érigée en paroisse sous Philippe-Auguste, vers l’an 1200. Ses bâtiments avaient alors peu d’étendue, ils furent agrandis successivement aux XIVe et XVe siècles. Nicolas Flamel fit construire à ses frais le petit portail qu’on voyait dans la rue des Écrivains. L’histoire de cet homme est singulière. Il était né sans biens, de parents obscurs, et sa profession d’écrivain n’avait pu lui donner les moyens d’acquérir de grandes richesses. Cependant on le vit tout-à-coup, par ses libéralités, déceler une fortune immense. On crut à cette époque, en le voyant si riche, qu’il avait découvert la pierre philosophale. Flamel employa d’une manière honorable les biens qu’il possédait : une honnête famille tombée dans la misère, une jeune fille que l’indigence allait peut-être entraîner dans les désordres, le marchand et l’ouvrier chargés d’enfants, la veuve et l’orphelin, voilà sur qui tombèrent les bienfaits de Nicolas Flamel. Il fut enterré le 24 mars 1417, dans l’église Saint-Jacques-la-Boucherie qu’il avait embellie. Cet édifice avait droit d’asile ; en 1405 on y fit même construire une chambre qu’on réserva à ceux qui venaient s’y mettre en franchise. La justice ne respecta pas toujours cet asile. — Voici deux faits historiques qui le prouvent : — Le 14 janvier 1358, Jean Baillet, trésorier général des finances, passant dans la rue Saint-Merri, fut assassiné par un changeur nommé Perrin Macé. Le meurtrier se sauva dans l’église Saint-Jacques-la-Boucherie. Le Dauphin, depuis Charles VI, irrité de cet attentat, envoya Robert de Clermont, maréchal de France, Jean de Châlons et Guillaume Staise, prévôt de Paris, avec l’ordre de s’emparer du coupable. Il fallut l’arracher de l’église ; le lendemain on lui fit couper le poing à l’endroit où il avait commis le crime, puis on le conduisit au gibet où il fut étranglé. Dès que Meulan, évêque de Paris, connut cette violation des privilèges ecclésiastiques, il fit détacher du gibet le corps du supplicié, et ordonna qu’il fut inhumé avec pompe dans l’église Saint-Jacques-la-Boucherie. Le prévôt des marchands et ceux de sa faction assistèrent à cette cérémonie dans le même temps que le dauphin honorait de sa présence les funérailles de Jean Baillet. — En 1406, un autre criminel fut également arraché de cette église ; l’évêque d’Orgemont fit suspendre aussitôt le service divin ; il fallut avant de continuer les cérémonies religieuses, que le parlement condamnât cette violation. — Ce droit d’asile fut introduit en France à cette époque de la conquête où les vaincus n’avaient pas d’autre refuge contre les violences de leurs vainqueurs ; la religion alors pouvait couvrir les malheureux de sa puissante égide. Le mal n’existant plus, le droit d’asile devrait s’éteindre également et cesser d’offrir aux scélérats cette chance d’impunité. Un des caveaux de l’église Saint-Jacques-la-Boucherie renfermait les dépouilles mortelles de l’illustre Jean Fernel, médecin de Henri II et accoucheur de la reine Catherine de Médicis. Cette princesse était si contente de son habileté, qu’elle lui donnait à chaque couche la somme très forte alors, de douze mille écus d’or. — L’église Saint-Jacques-la-Boucherie qui n’avait été achevée que sous le règne de François Ier, fut supprimée en 1790. Devenue propriété nationale, elle fut vendue le 11 floréal an V, et démolie peu de temps après. Sur son emplacement un particulier fit construire, d’après les plans de M. Lelong, architecte, un marché dont l’inauguration eut lieu le 13 octobre 1824. Dans cet établissement, qui occupe une superficie de 1,400 m., l’on vend du linge et des habits.

Jacques-la-Boucherie (place Saint-).

Située à l’angle des rues des Écrivains et du Petit-Crucifix. Les numéros continuent la série de la rue du Petit-Crucifix. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Cette petite place a été formée en 1497, par suite de la démolition de deux propriétés formant alors le coin des rues des Écrivains et du Petit-Crucifix (voir pour l’étymologie, l’article précédent). — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, a fixé la largeur de cette voie publique à 18 m. La propriété à l’angle de la rue du Petit-Crucifix est soumise à un faible retranchement ; celle qui fait l’encoignure de la rue des Écrivains, est alignée. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Jacques-la-Boucherie (rue Saint-).

Commence aux rues de la Planche-Mibray, no 21, et des Arcis, no 1 ; finit à la rue Saint-Denis, no 6. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 52. Sa longueur est de 153 m. — De 1 à 27, 7e arrondissement, quartier des Arcis ; de 29 à la fin, 4e arrondissement, quartier du Louvre. Tous les numéros pairs, 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Des l’année 1300, Guillot en parle ainsi :

En la rue Saint-Jaque et ou Porce
M’en ving, n’avoie sac ne poce.

À la fin de ce siècle on la trouve nommée de la Vannerie ; on ne la distinguait point alors de cette voie publique dont elle fait la continuation. Elle tire son nom actuel de la grande boucherie qui y était située, et de sa proximité de l’église Saint-Jacques. Une décision ministérielle du 11 octobre 1806, signée Champagny, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, cette moindre largeur est portée à 10 m. Les maisons nos 29, 31, 33 ; 4 et 14 ne sont pas soumises à retranch. ; celles nos 2, 6, 8, 10, 12, 16, 18 et 22 ne devront subir qu’un faible redressement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Jacques-la-Boucherie (tour Saint-).

Ayant son entrée par la rue du Petit-Crucifix. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Cette tour, l’une des plus hautes de Paris, rivalise avec celles de l’église de Notre-Dame. Sa construction commencée en 1508, fut achevée en 1522 ; sa hauteur depuis le sol de la rue jusqu’à la balustrade est de 52 m. Elle est carrée et chacun de ses côtés a hors-d’œuvre 10 m. 40 c. À son sommet on voyait la statue de Saint-Jacques, dessinée par un nommé Raoult, sculpteur d’images. L’église Saint-Jacques-la-Boucherie, ainsi que nous l’avons dit plus haut, supprimée en 1790, devint propriété nationale et fut vendue le 11 floréal an V. La tour avait été comprise dans cette vente, aucune clause n’imposait à l’acquéreur l’obligation de la conserver. La ville de Paris, jalouse de réparer cette omission, l’acheta des héritiers Dubois, le 27 août 1836, moyennant 250,100 fr.

Jacques-l’Hôpital (rue Saint-).

Commence à la rue de la Grande-Truanderie, nos 16 et 22 ; finit à la rue Mauconseil, nos 1 bis et 3. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair 12. Sa longueur est de 98 m. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Cette rue a été percée sur l’emplacement du cloître Saint-Jacques-l’Hôpital, en vertu d’une décision ministérielle du 15 octobre 1814, signée Montesquiou. La largeur assignée à ce percement est de 10 m. Sa dénomination qui rappelle l’établissement religieux sur lequel elle fut ouverte, a été proposée par le conseil des bâtiments civils, dans sa séance du 23 décembre 1813. Une ordonnance royale du 29 avril 1839 a maintenu la largeur de 10 m. Les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau entre la rue de la Grande-Truanderie et les deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Française).

Dès le IXe siècle, les pèlerinages à Saint-Jacques-de-Compostelle devinrent très fréquents. Des bourgeois de Paris se réunirent en confrérie, et achetèrent, en 1319, un emplacement dans la rue Saint-Denis, près de la Porte-aux-Peintres ; l’église fut dédiée en 1327, par Jean de Marigny, évêque de Beauvais. La reine Jeanne de Bourgogne fut une des bienfaitrices de cet établissement, et lui donna deux reliques qui furent conservées précieusement. En 1383, les rentes de cet hôpital, s’élevaient à la somme de 474 livres. On y comptait 40 lits ; chaque nuit 60 à 80 pauvres y étaient admis, et recevaient le matin en sortant le quart d’un pain, d’un denier, et le tiers d’une chopine de vin. Le défaut de surveillance fit perdre dans la suite à cet établissement, son caractère de maison d’asile pour les voyageurs. La confrérie de Saint-Jacques-l’Hôpital fut supprimée en 1790 ; le cloître et ses dépendances ont été aliénés par l’administration des hospices de 1812 à 1817. Sur leur emplacement ont été formées les rues Saint-Jacques-l’Hôpital et des Pèlerins ; on a exécuté aussi le prolongement de la rue Mondétour, depuis la rue du Cygne jusqu’à celle Mauconseil.

Jardinet (rue du).

Commence à la rue Mignon, nos 7 et 2 ; finit à l’impasse de la cour de Rouen, et à la rue de l’Éperon, no 11. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 97 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Cette rue se prolongeait autrefois jusqu’à la rue Hautefeuille ; ce prolongement portait le nom de rue des Petits-Champs. Depuis on l’appela rue de l’Escureul et des Escureux ; enfin rue du Jardinet, en raison, dit Jaillot, du jardin de l’hôtel et collége de Vendôme, situé entre cette rue et celle du Battoir. Ce collége fut démoli en 1441, aucun titre ne mentionnait l’époque de sa fondation. — Une décision ministérielle du 28 prairial an IX, signée Chaptal, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. Une ordonnance royale du 22 août 1840 a porté sa largeur à 10 m. Les maisons nos 9, 11 et 13, sont alignées ; celles de 1 à 7 sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 70 c. à 2 m. 40 c. ; les constructions du côté droit devront reculer de 2 m. 20 c. à 3 m. 40 c. — Conduite d’eau entre les rues Mignon et du Paon.

Jardiniers (impasse des).

Située dans la rue de Charenton, entre les nos 172 et 174. Le dernier numéro est 15. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Cette impasse existait dès 1760. Elle doit vraisemblablement son nom à des jardiniers qui vinrent l’habiter. Elle n’est point reconnue voie publique.

Jardins-Poissonnière (rue des).

Commence à la rue du Gazomètre, nos 4 et 9 ; finit à la rue de l’Abattoir. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 238 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Cette rue a été ouverte en 1827, sur les terrains appartenant à MM. André et Cottier. L’ordonnance royale d’autorisation est à la date du 31 janvier 1827 ; cependant on n’a commencé à bâtir dans cette rue qu’en 1838. Le nom qui a été donné à cette voie publique rappelle l’emplacement sur lequel elle a été percée. Elle a 12 m. de largeur. (Voyez rue de l’Abattoir.)

Jardins-Saint-Paul (rue des).

Commence à la rue des Barrés, nos 16 et 18 ; finit à la rue des Prêtres-Saint-Paul, nos 9 et 11. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair 22. Sa longueur est de 135 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Elle doit son nom à des jardins qui touchaient aux murs d’enceinte de Philippe-Auguste, sur une partie desquels elle fut construite. Deux contrats de vente de 1277 et 1298, lui donnent déjà cette dénomination, Le bon curé de Meudon, l’illustre Rabelais, a demeuré dans cette rue. Il y mourut le 9 avril 1553. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 4 août 1838. De 1 à 5, retranch. 2 m. à 2 m. 80 c. ; 7 et 9, ret. 1 m. 50 c. ; 11 et 13, ret. 2 m. 70 c. à 3 m. 40 ; de 15 à la fin, ret. 1 m. 90 c. à 2 m. 70. Les constructions du côté des numéros pairs devront reculer de 1 m. 80 à 3 m. 20.

Jarente (rue).

Commence à la rue du Val-Sainte-Catherine, nos 9 et 11 ; finit à la rue Culture-Sainte-Catherine, nos 12 et 16. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair 12. Sa longueur est de 98 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

L’abbé de Jarente proposa l’ouverture de cette rue, qui fut autorisée par lettres-patentes du 6 janvier 1781. Elle fut formée en 1784, sur l’emplacement du prieuré royal de la Couture-Sainte-Catherine. On lui donna le nom de Jarente, en l’honneur de Louis-François-Alexandre de Jarente, Senas d’Orgeval, évêque d’Olba, coadjuteur de l’évêché d’Orléans et prieur commendataire du prieuré royal de la couture Sainte-Catherine. Le percement qui nous occupe ne fut point effectué sur une largeur uniforme ; il ne débouchait même, dans la rue Culture-Sainte-Catherine, que sous la voûte d’une maison de cette dernière voie publique. On n’obtint la régularisation de ce débouché qu’en 1840, au moyen de la démolition de la maison dont il s’agit. Une décision ministérielle du 22 juillet 1823 a fixé la largeur de la rue Jarente à 10 m. (voyez Catherine, marché Sainte-). Les constructions du côté des numéros impairs ne sont pas soumises à retranchement. Celles de 2 à 8 devront reculer de 3 m. 20 c. environ. La maison no 10 est alignée. La propriété à l’angle de la rue Culture-Sainte-Catherine n’est assujettie qu’à un faible retranchement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne)

Jean (place du Marché-Saint-).

Située entre les rues Renaud-le-Fèvre et celles de la Verrerie et de Bercy. Le dernier impair est 39 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 72 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Sous Philippe-le-Hardi près de la rue Renaud-le-Fèvre, se trouvait une petite place qui bordait un cimetière ; des constructions en diminuaient chaque année l’étendue. En 1280 et 1300 on l’appelait place du Vieux-Cimetière. En 1313 elle servait à un marché que le rôle de taxe de cette année appelle le Marciai Saint Jean. Les biens de Pierre de Craon, assassin du connétable de Clisson, ayant été confisqués, son hôtel, situé au coin de la rue de la Verrerie, fut abattu en 1392. L’église Saint-Jean parvint à obtenir de Charles VI l’emplacement que la démolition de cet hôtel laissa vide. Dans les lettres d’amortissement qui furent données à ce sujet le 16 mai 1393, il est dit « que le roi a ordonné que cet hôtel fût démoli et que l’emplacement en fût donné (excepté les vergers et jardins) aux marguilliers de Saint-Jean, pour y faire un cimetière qui serait appelé le cimetière neuf de Saint-Jean ». Ces lettres furent enregistrées à la chambre des comptes, le 21 octobre 1393, et depuis ce temps cet emplacement qui était de 815 mètres, réuni à l’ancien marché, fut destiné à un cimetière que les titres et les plans appelaient le cimetière Vert. En 1772, il fut converti en un marché public. — « Séance du primidi, 21 brumaire an II : La société populaire de la section des droits de l’homme, chargée par cette section, vient annoncer au conseil que, suivant le grand exemple donné par les autorités constituées de Paris, elle ne reconnaît plus d’autre culte que celui de la liberté et de la raison. Le conseil reçoit avec plaisir cette déclaration, et en arrête mention civique et insertion aux affiches, et sur l’observation de cette section que le marché Saint-Jean devrait s’appeler place des Droits de l’Homme ; le Conseil arrête que le marché Saint-Jean se nommera désormais place des Droits de l’Homme. » (Registre de la commune, page 13304, t. 22.) — Une décision ministérielle à la date du 13 ventôse an VII, signée François de Neufchâteau, et une ordonnance royale du 12 juillet 1837, ont déterminé les alignements de la place du marché Saint-Jean. D’après les dispositions arrêtées, la moindre largeur de cette voie publique est fixée à 44 m. Les maisons nos 1, 3, 5, 7, 9, 37 et 39 sont alignées ; les autres constructions de ce côté sont soumises à un retranchement qui n’excède pas 70 c. Les maisons du côté des numéros pairs devront subir un fort retranchement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Par décret du 30 janvier 1811, Napoléon avait ordonné la construction de bâtiments destinés à servir à la vente qui se faisait dans cette voie publique. Ce projet fut abandonné en vertu d’un autre décret du 21 mars 1813, qui prescrivit l’établissement du marché des Blancs-Manteaux (voir cet article). Le marché Saint-Jean a été supprimé en 1818.

Jean (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 63 et 65 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Denis, nos 70 et 74. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 217 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Elle a été percée, vers 1780, sur une partie du grand égout, et doit sans doute sa dénomination à une enseigne. — Une décision ministérielle du 25 messidor an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette rue à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 6 mars 1828, cette dimension est portée à 12 m. À cette époque, la largeur de la rue Neuve-Saint-Jean variait de 2 m. 30 c. à 4 m. 50 c. seulement. — Une ordonnance royale du 29 novembre 1840 a déclaré d’utilité publique l’élargissement de cette rue au droit des maisons nos 2, 4 et 6 et de la propriété no 65, sur la rue du Faubourg-Saint-Martin. Cette importante amélioration a été complétement exécutée en 1843. La maison située sur le côté des numéros impairs à l’encoignure de la rue du Faubourg-Saint-Martin, devra reculer de 2 m. 40 c. à 2 m. 60 c. Les maisons nos 3 bis, 5, 7 et 9 sont soumises à un retranchement qui varie de 3 m. à 4 m. Toutes les autres propriétés sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).

Jean (rue Saint-).

Commence au quai d’Orsay ; finit à la rue Saint-Dominique, nos 170 et 172. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 297 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Partie comprise entre les rues de l’Université et Saint-Dominique. Elle se nommait anciennement rue des Cygnes, en raison de sa proximité de l’île des Cygnes. Sa dénomination actuelle lui a été donnée en 1738. On voit encore une statue de saint Jean à l’angle de la rue Saint-Dominique. — Une décision ministérielle en date du 8 brumaire an X, signée Chaptal, a maintenu la largeur de cette partie de rue, qui est de 11 m. 62 c.

Partie comprise entre le quai d’Orsay et la rue de l’Université. — Un décret impérial du 10 février 1812 porte, entr’autres dispositions : que la rue de la Pompe sera supprimée, et son emplacement réuni à la Manufacture des Tabacs ; qu’une voie de 10 m. de largeur sera ouverte en prolongement de la rue Saint-Jean jusqu’au quai d’Orsay. Ce décret ne fut point exécuté. — Une ordonnance royale du 26 juillet 1826 renouvela les dispositions précitées en assignant toutefois une largeur de 13 m. au prolongement de la rue Saint-Jean. Ce percement fut immédiatement effectué. Les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau entre la rue Saint-Dominique et celle de la Triperie.

Jean-Baptiste (rue Saint-).

Commence à la rue de la Pépinière, nos 38 et 40 ; finit à la rue Saint-Michel, nos 6 et 11. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 90 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette rue, ouverte en 1788, doit son nom à une enseigne. — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Toutes les constructions du côté des numéros impairs et celles nos 2 et 4 sont alignées. Le surplus n’est soumis qu’à un faible redressement. — Bassin d’égout.

Jeannisson (rue).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 234 et 236 ; finit à la rue de Richelieu, nos 13 et 13 bis. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 97 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.


En 1638, elle portait le nom de rue des Boucheries, et les registres des ensaisinements de l’archevêché l’indiquent comme étant nouvellement construite. Cette dénomination lui avait été donnée parce qu’elle aboutissait en face des boucheries des Quinze-Vingts, situées dans la rue Saint-Honoré. — Une décision ministérielle du 3 frimaire an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826, cette largeur est portée à 10 m. Conformément à une décision rendue par le ministre de l’intérieur le 12 février 1831, la rue qui nous occupe a pris le nom de Jeannisson, en mémoire de l’un des combattants de Juillet 1830. Après avoir lutté bravement contre les troupes royales, Jeannisson, propriétaire dans le passage Saint-Guillaume, fut blessé mortellement dans la rue de Richelieu, au coin de celle des Boucheries.

La maison no 5 est alignée. Les autres constructions de ce côté sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 70 c. à 3 m. ; les maisons du côté des numéros pairs devront reculer de 1 m. 70 c. à 2 m. 80 c. — Conduite d’eau depuis la rue de Richelieu jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Jemmapes (quai de).

Commence à la place de la Bastille ; finit à la barrière de Pantin. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par le canal Saint-Martin ; le dernier pair est 254. Sa longueur est de 3,454 m. — De 2 à 84, 8e arrondissement, quartier Popincourt ; de 86 à 142, 6e arrondissement, quartier du Temple ; de 144 à la fin, 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Il a été formé vers 1822, lors de la construction du canal Saint-Martin. — Une lettre ministérielle du 31 décembre 1824 porte ce qui suit : « Le Roi a daigné consentir à ce que la grande rue ouverte sur les terrains des sieurs André et Cottier, pour communiquer du faubourg Saint-Martin au faubourg Poissonnière, reçut le nom de rue Charles X ; que le même nom fût donné au quai de l’est du canal Saint-Martin, et enfin que le quai de l’ouest du même canal fût nommé quai Louis XVIII. » En 1830, le quai Louis XVIII prit la dénomination de quai de Jemmapes, en mémoire de la bataille de Jemmapes, gagnée le 6 novembre 1792, par les Français sur les Autrichiens. — L’alignement du quai de Jemmapes est déterminé ainsi qu’il suit, savoir : de la place de la Bastille à la rue de la Butte-Chaumont, par une parallèle à l’axe du canal, et à 30 m. de distance ; de la rue de la Butte-Chaumont à la fin, par une parallèle audit axe et à 56 m. 15 c. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 2 à 28 inclusivement, 34, de 38 à 56 inclus., de 62 à 72 inclus., 84, de 88 à 126 inclus., de 130 à 160 inclus., de 168 à 228 inclus., et de 232 à la fin (voyez l’article du Canal Saint-Martin) — Égout et conduite d’eau depuis la place de la Bastille jusqu’à la rue des Récollets.

Jérôme (rue Saint-).

Commence au quai de Gesvres, nos 24 et 26 ; finit à la rue de la Vieille-Lanterne. Un seul impair qui est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 22 m. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Nous avons dit à l’article du quai de Gesvres que toute cette partie de terrain portait le nom de l’Écorcherie, et que M. de Gesvres obtint la permission d’y bâtir. Une de ces voies publiques fut désignée sous le nom de rue ou ruelle de Gesvres. La malpropreté qui régnait la fit appeler par le peuple rue Merderet. Plus tard une statue de Saint-Jérôme, placée à un des angles de l’ancienne rue de Gesvres, lui fit donner le nom qu’elle porte aujourd’hui. — Une décision ministérielle du 11 octobre 1806, signé Champagny, et une ordonnance royale du 9 décembre 1838, ont fixé la largeur de la rue Saint-Jérôme à 6 m. Les maisons riveraines sont bâties d’après cette dimension.

Jérusalem (rue de).

Commence au quai des Orfèvres, nos 24 et 26 ; finit à la rue de Nazareth. Le dernier impair est 7 ; pas de numéro pair. Sa longueur est de 58 m. — 11e arrondissement, quartier du Palais-de-Justice.

Elle tire sa dénomination des pèlerins qui, à leur retour de Jérusalem étaient logés dans cette rue. — « Séance du 22 mai 1793. — Sur le rapport des administrateurs des travaux publics et vu le plan de l’intérieur du Palais-de-Justice, le bureau national arrête que la rue de Jérusalem ne sera dorénavant considérée que comme un passage public et non comme une rue, et que les propriétaires riverains de cette rue pourront y disposer de leurs terrains comme bon leur semblera, pourvu qu’ils n’anticipent pas sur le terrain dudit passage et se conforment aux lois des bâtiments. » (Registre du bureau municipal, tome 51, page 76.) — Une décision ministérielle du 31 août 1819 fixa la largeur de cette rue à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 26 mai 1840, elle doit être supprimée pour faciliter l’agrandissement du Palais-de-Justice et de ses abords. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Française).

Jeûneurs (rue des).

Commence aux rues du Gros-Chenet, no 23, et du Sentier, no 1 ; finit à la rue Montmartre, nos 158 et 160. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 227 m. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Son véritable nom est celui de rue des Jeux-Neufs, qu’elle porta dès 1643. Elle fut construite sur l’emplacement de deux jeux de boules. C’est par altération qu’on dit aujourd’hui rue des Jeûneurs. Par décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, la moindre largeur de cette voie publique fut fixée à 8 m. Cette moindre largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826. Les propriétés nos 1, 1 bis, 3, 7, 9, 9 bis, 13, 15 ; 4, 6, 14 et 16 ne sont pas soumises à retranchement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Joaillerie (rue de la).

Commence à la place du Châtelet et à la rue de la Vieille-Place-aux-Veaux, no 1 ; finit à la rue Saint-Jacques-la-Boucherie, no 27. Pas de numéro. Sa longueur est de 15 m. — Le côté gauche est du 4e arrondissement, quartier du Louvre ; le côté opposé est du 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Selon Sauval, c’était en 1300 la rue du Chevet-Saint-Leufroi, parce qu’elle passait près du chevet de la chapelle de ce nom. En 1313, elle ne s’étendait pas encore jusqu’à la rue Saint-Jacques-la-Boucherie. Le terrain sur lequel on l’a prolongée de ce côté était occupé par un four, indiqué par nos historiens sous les noms de four d’Enfer et de four du Métier. Il fut détruit sous le règne de Charles V, par Hugues Aubriot, prévôt de Paris. Cette démolition procurant un passage direct au Pont-au-Change, on nomma cette voie publique rue du Pont-au-Change. Elle a pris son dernier nom des orfèvres et joailliers qui vinrent s’y établir après l’incendie du Pont-au-Change en 1621. Lors de la démolition du grand Châtelet, la plus grande partie de la rue de la Joaillerie fut supprimée. — Une décision ministérielle du 11 octobre 1806, signée Champagny, et une ordonnance royale du 29 avril 1839, ont maintenu cette voie publique suivant sa largeur actuelle qui est de 13 m. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Joinville (passage de).

Commence à la rue du Faubourg-du-Temple, nos 49 et 53 ; finit à la rue Corbeau, no 10. Le dernier impair est 3 bis. Pas de numéro pair ; ce côté est bordé par une clôture en planches. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Il a été formé en 1843, sur les terrains appartenant à M. Chaulot. Ce passage qui est éclairé au gaz (compe de Belleville), doit son nom à François-Ferdinand-Philippe-Louis-Marie d’Orléans, prince de Joinville, né à Neuilly le 14 octobre 1818.

Joquelet (rue).

Commence à la rue Montmartre, nos 123 et 125 ; finit à la rue Notre-Dame-des-Victoires, nos 28 et 30. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 100 m. — 3e arrondissement, quartier du Mail.

Cette rue doit son nom à un propriétaire qui y fit bâtir plusieurs maisons, au commencement du XVIIe siècle. — Une décision ministérielle du 23 pluviôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En 1817, on commença à l’élargir ; elle n’avait à cette époque que 3 m. environ. En vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826, sa largeur fut portée à 10 m. Une autre ordonnance du 21 novembre 1837 a déclaré d’utilité publique l’exécution immédiate de l’alignement de la rue Joquelet. Cette importante amélioration a été complètement réalisée en 1841. Aujourd’hui toutes les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Joseph (cour Saint-).

Située dans la rue de Charonne, no 7. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Elle doit son nom à une enseigne représentant saint Joseph. — Un plan de 1790 l’indique sous la dénomination de cul-de-sac Saint-Joseph.

Joseph (marché Saint-).

Situé dans la rue Montmartre, no 144. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Ce marché a été construit vers 1806, sur l’emplacement de la chapelle Saint-Joseph dont nous traçons ici l’origine. Le cimetière de la paroisse Saint-Eustache se trouvait, en 1625, dans la rue du Bouloi, derrière l’hôtel du chancelier Séguier. Ce terrain, qui contenait environ 600 m. de superficie, était nécessaire à l’agrandissement de la maison de ce magistrat. Le chancelier fit en conséquence un traité avec les marguilliers de Saint-Eustache, par lequel ils lui cédèrent l’emplacement de leur cimetière, à la charge par lui d’en donner un autre dans le faubourg Montmartre et d’y faire construire une chapelle sous l’invocation de Saint-Joseph ; cette convention, quoique ratifiée le 24 août 1625, par l’archevêque de Paris, ne fut exécutée que le 14 juillet 1640. Le chancelier Séguier posa alors la première pierre de la chapelle, qui fut bénite par le curé de Saint-Eustache. Le cimetière de la rue du Bouloi fut en même temps transféré à côté de cette chapelle. Les tombeaux de deux hommes illustres lui donnèrent une grande célébrité. C’est là que furent enterrés Molière et Lafontaine : le premier en 1673, le second en 1695. — « La veuve de Molière (rapporte Titon du Tillet) fit porter une grande tombe de pierre qu’on plaça au milieu du cimetière de Saint-Joseph, où on la voit encore (en 1732). Cette pierre est fendue par le milieu ; ce qui fut occasionné par une action très belle et très remarquable de cette dame. Deux ou trois ans après la mort de Molière, il y eut un hiver très froid ; elle fit voiturer cent voies de bois dans le dit cimetière, lequel bois fut brûlé sur la tombe de son mari, pour chauffer tous les pauvres du quartier. La grande chaleur ouvrit cette tombe en deux ; voilà ce que j’ai appris, il y a environ vingt ans, d’un ancien desservant de la dite chapelle, qui me dit avoir assisté à l’enterrement de Molière, et qu’il n’était pas inhumé sous cette tombe, mais dans un endroit plus éloigné attenant à la maison du chapelain.» — L’enterrement avait eu lieu le 21 février 1673 à 7 heures du soir. — La chapelle Saint-Joseph, supprimée en 1790, devint propriété nationale et fut vendue le 18 floréal an V, ainsi que le cimetière et la petite maison du chapelain, près de laquelle Molière avait été enterré. Cet emplacement contenait en superficie 950 m. ; les tombeaux de La Fontaine et de Molière ont été transférés au musée des monuments Français, puis, en 1818, au cimetière du Père-Lachaise.

« Ordonnance de police du 13 frimaire an XIV. — Le Préfet de police. Vu les articles 32 et 33 de l’arrêté du gouvernement du 12 messidor an VIII, ordonne ce qui suit : Article 1er. Il sera établi un Marché pour la vente en détail des beurres, œufs, fromages, fruits, légumes, poissons et autres comestibles, sur l’emplacement de la cidevant église Saint-Joseph, et des terrains et bâtiments en dépendant, situés rue Montmartre, entre celles de Saint-Joseph et du Croissant. — Art. 2e. Il sera ouvert à compter du 1er nivôse prochain. — Art. 3e. À compter du dit jour, il ne pourra être fait sur la voie publique, dans les rues Montmartre, faubourg Montmartre et autres adjacentes, aucun étalage de comestibles de telle espèce que ce soit. — Art. 4e. Le marché Saint-Joseph est assujetti aux dispositions des règlements relatifs aux autres marchés, etc. » Cet établissement a été restauré à la fin de l’année 1843.

Joseph (rue Saint-).

Commence à la rue du Gros-Chenet, nos 7 et 9 ; finit à la rue Montmartre, nos 142 et 144. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 161 m. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Un acte de l’évêché du 15 juin 1595, indique que cette voie publique était presque entièrement bordée de constructions, et qu’elle se nommait rue du Temps-Perdu. Un autre contrat du 13 juillet 1646 lui donne le nom de rue Saint-Joseph, qu’elle doit à la chapelle de ce nom (voir l’article qui précède). — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 6 septembre 1826. De 1 à 9, retranch. 4. m. 80 c. ; 11, aligné ; de 13 à la fin, ret. 4 m. 95 à 5 m. 50 c. ; de 2 à 8, ret. 45 c. à 80 c. ; 10 et 12 alignés ; de 14 à la fin, redressement. — Portion d’égout du côté de la rue Montmartre. — Éclairage au gaz (compe Française)

Madame de Montespan a demeuré dans cette rue ; elle y mourut en 1709.

Josset (passage).

Commence aux passages Saint-Antoine et de la Bonne-Graine ; finit à la rue de Charonne, entre les nos 38 et 40. Pas de numéro. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Il a été formé en 1835, sur les terrains appartenant M. Josset, marchand de bois.

Joubert (rue).

Commence à la rue de la Chaussée-d’Antin, nos 39 et 41, finit à la rue Sainte-Croix, nos 8 et 10. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 288 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

« Louis, etc… Nous ayant été représenté que par les arrêts de notre conseil des 6 août 1779 et 18 février 1780, nous aurions commis les sieurs Joly de Fleury et Taboureau, conseillers d’état, et le sieur Lenoir, aussi conseiller d’état, lieutenant général de police de la ville de Paris, pour acquérir en notre nom dans le nouveau quartier étant au-delà du rempart de la Chaussée-d’Antin, des terrains suffisants à l’effet d’y construire une église et un bâtiment pour y transférer et loger commodément le même nombre de religieux capucins qui se trouvent aujourd’hui dans le couvent de la rue Saint-Jacques, etc… Par ces présentes, signées de notre main, ordonnons : Article 1er. Qu’il sera ouvert sur la direction de la rue Thiroux, une nouvelle rue de 5 toises de large, qui règnera le long de la face de l’église et bâtiments des capucins, et arrivera à la rue Saint-Lazare, à travers les terrains du d. sieur de Sainte-Croix, laquelle sera nommée Sainte-Croix, comme aussi une autre rue en face des d. bâtimens et perpendiculaire sur celle de Sainte-Croix, aussi de 5 toises de large, qui sortira sur la Chaussée-d’Antin, etc., laquelle sera nommée rue Neuve-des-Capucins, pareillement ouverte sur les terrains du d. sieur de Sainte-Croix et de l’Hôtel-Dieu, et ce conformément au plan que nous avons vu et signé, lequel demeurera annexé à nos présentes lettres. En conséquence, autorisons les administrateurs de l’Hôtel-Dieu, à vendre et aliéner au d. sieur de Sainte-Croix, sur l’estimation qui en sera faite par l’inspecteur des bâtiments du d. Hôtel-Dieu, les terrains par eux loués, etc. — Art. 2e. Que pour indemniser les propriétaires de la valeur des terrains des deux nouvelles rues à ouvrir, dont ils consentent l’abandon gratuitement, faisant en superficie 1,350 toises, toutes les premières maisons à y construire seront jusqu’à la première vente qui en sera faite, exemptes du logement des Gardes Françaises, Suisses et autres gens de guerre. — Art. 3e. Que la dépense du premier pavé des rues Sainte-Croix et Neuve-des-Capucins sera payée des fonds que nous destinerons à cet effet, et que les d. rues seront, pour leur entretien, employées sur les états des ponts et chaussées de la ville. — Art. 4e. Que pour procurer aux propriétaires des maisons et terrains des d. rues, la faculté de faire des bâtiments d’une construction agréable, les d. propriétaires seront dispensés du paiement de tous droits de police et de grande et petite voiries pour les premières constructions et pendant le cours de six années à compter du 1er janvier prochain, etc… Donné à Versailles le 9e jour de juin l’an de grâce 1780, et de notre règne le 7e. Signé Louis. » — Les deux rues dont il s’agit furent immédiatement exécutées. — Une décision ministérielle du 22 prairial an V, signée Benezech, fixa la largeur de la rue Neuve-des-Capucins à 10 m. « Paris 26 brumaire an VIII. — La rue Neuve-des-Capucins où demeurent la veuve et la famille Joubert, a pris le nom de ce général. » {Moniteur du 27 brumaire.) — Conduite d’eau depuis la rue Sainte-Croix jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Barthélemi-Catherine Joubert, naquit à Pont-de-Vaux en 1769 ; il s’enrôla comme volontaire en 1791. Il était lieutenant-général en 1795. Successivement général de division, général en chef des armées de Hollande, de Mayence et d’Italie, Joubert fut blessé mortellement à la bataille de Novi. Il n’avait que 30 ans.

Jour (rue du).

Commence aux rues Coquillière, no 2, et Traînée ; finit à la rue Montmartre, nos 9 et 11. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 127 m. — 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.

Cette rue touchait à l’enceinte de Philippe-Auguste. On la nommait en 1250 et 1260 rue Raoul-Roissolle, en raison d’un particulier ainsi appelé qui y possédait plusieurs maisons. Le poète Guillot en parle ainsi vers l’année 1300 :

Par la rue de la Croix-Neuve
Ving en la rue Raoul-Roissolle.

En 1370, Charles V y fit construire, de la rue Montmartre à celle Coquillière, un manège, des écuries et autres bâtiments appelés le séjour du roi ; elle prit à cette occasion le nom de rue du Séjour, que le peuple changea plus tard en celui du Jour qui lui est resté. — Une décision ministérielle du 6 fructidor an XIII, signée Champagny, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. Suivant cet alignement, les propriétés de 1 à 15 seraient supprimées afin de former une place devant l’Église Saint-Eustache ; de 17 à la fin, retranch. 2 m. 10 c. à 2 m. 70 ; 2, 4 et 6, redres. ; 8, alignée ; 10, retranch. 70 c. — Portion d’égout du côté de la rue Montmartre. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe anglaise).

Jouy (rue de).

Commence aux rues des Nonnains-d’Hyères, no 37, et Fourcy, no 1 ; finit à la rue Saint-Antoine, no 48 et 50. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair 18. Sa longueur est de 131 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Elle doit son nom à l’hôtel que l’abbé de Jouy possédait dans cette rue, au XIIIe siècle. Cet hôtel fut aliéné en 1658 par Pierre de Bellièvre, abbé commendataire. La rue de Jouy se prolongeait anciennement jusqu’aux murs de l’enceinte de Philippe-Auguste. En 1366, elle avait deux noms ; depuis la rue Saint-Antoine, jusqu’au couvent des Béguines (aujourd’hui caserne de l’Ave-Maria), elle était désignée sous le nom de rue de Jouy, à l’abbé de Jouy. La seconde partie, jusqu’à la rue Saint-Paul, était appelée rue de la Fausse-Poterne-St-Paul, en raison d’une petite porte de ville construite en cet endroit pour la commodité du quartier. — Une décision ministérielle du 8 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. Cette moindre largeur a été portée à 11 m. en vertu d’une ordonnance royale du 12 juillet 1837. Les maisons de 1 à 7 inclus, 11 et 16 sont alignées. — Bassin et portion d’égout. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe parisienne).

Juifs (rue des).

Commence à la rue du Roi-de-Sicile, nos 26 et 26 bis ; finit à la rue des Rosiers, no 1, et à l’impasse Coquerelle. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 112 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Cette rue, qui était presque entièrement bâtie en 1230, était alors confondue avec la rue des Rosiers. Sous le règne de Louis XII on l’appela rue des Juifs, en raison des Juifs qui vinrent l’habiter. — Une décision ministérielle du 13 ventôse an VII, signée François de Neufchâteau, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Cette moindre largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 12 juillet 1837. — Propriété no 1, redressement ; 3, alignée ; 5 et 7, retranch. 30 c. à 58 c. ; 9 et 11, alignées ; de 13 à 17, ret. 49 c. à 80 c. ; 19, ret. moyen 50 c ; 21, alignée encoignure de la rue des Rosiers, red. ; de 2 à 20 ret. 2 m. 10 c. ; de 22 à la fin, ret. 2 m. 10 c. à 4 m. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Juillet (rue du 29).

Commence à la rue de Rivoli, nos 28 et 28 bis ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 327 et 331. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 116 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Conformément à un arrêté des Consuls du 1er floréal an X, la communication à former sur l’emplacement du couvent des Jacobins, devait être prolongée jusqu’à la rue de Rivoli. Ce projet n’eut point alors de suite, et fut même abandonné par une ordonnance royale du 16 octobre 1822. Repris en 1826, il donna lieu à une ordonnance du 14 mai qui est ainsi conçue : « Il sera ouvert dans notre bonne ville de Paris une nouvelle rue qui formera le prolongement de la rue du Marché-Saint-Honoré jusques à la rue de Rivoli, et qui prendra le nom de rue du Duc de Bordeaux. Est approuvée la délibération du conseil municipal, qui destine une somme de 300,000 fr. à l’exécution de ce projet. Le surplus des dépenses de toute nature auxquelles il pourra donner lieu, sera supporté par notre liste civile. » Ce percement fut immédiatement effectué sur une largeur de 10 m. En vertu d’une décision ministérielle du 19 août 1830, signée Guizot, cette voie publique prit le nom de rue du 29 Juillet, pour rappeler une des journées de la révolution de 1830. Les constructions riveraines sont alignées. — Égout dans toute l’étendue. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Honoré jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Juiverie (cour de la).

Située dans la rue de la Contrescarpe, entre les nos 70 et 72. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Construite vers 1632, cette cour doit son nom aux juifs qui vinrent l’habiter.

Jules (rue Saint-).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, nos 235 et 237 ; finit à la rue de Montreuil, no 2. Pas de numéro. Sa longueur est de 10 m. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Cette rue, qui doit son nom à une enseigne, est formée d’un côté par les bâtiments de l’ancienne boucherie Saint-Antoine, et de l’autre par le pan coupé à l’encoignure des rues du Faubourg-Saint-Antoine et de Montreuil. Sa largeur varie de 11 m. 40 c. à 13 m. 10 c. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau.

Julien (rue Saint-).

Commence à la rue de la Bûcherie, no 37 ; finit à la rue Galande, nos 54 et 56. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 67 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Elle doit son nom au prieuré Saint-Julien-le-Pauvre dont nous parlerons à l’article suivant. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. « Paris, le 6e juillet 1824. Monsieur le préfet, je ne vois point d’inconvénient à ce que, conformément à la proposition contenue dans votre lettre du 1er mai, la rue Saint-Julien-le-Pauvre soit nommée simplement rue Saint-Julien. Je vous autorise en conséquence à faire opérer ce changement. Le ministre, secrétaire d’état au département de l’intérieur, signé Corbière. » Les constructions nos 3 et 2 sont alignées. Toutes les autres devront subir un retranchement moyen de 2 m. 20 c. — Conduite d’eau depuis la rue Galande jusqu’à la borne-fontaine.

Julien-le-Pauvre (église Saint-).

Située dans la rue Saint-Julien, au fond de la cour de la maison no 11. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

L’église Saint-Julien-le-Pauvre est encore un monument apporté en dot, par la religion, à notre vieux Paris, et comme partout ce monument est une œuvre de charité ; c’est ainsi que le christianisme s’est annoncé au monde ! Grégoire de Tours est le premier historien qui parle de cette église ou basilique. Il nous apprend qu’il logeait, lorsqu’il venait à Paris, dans les bâtiments qui en dépendaient et qu’on affectait au soulagement des pauvres pèlerins. Nous avons plusieurs exemples d’hospices et d’hôtelleries construits à côté des églises dédiées à saint Julien, dont le nom était invoqué par les voyageurs pour obtenir bon gîte. Plusieurs circonstances du récit de l’historien tendent à prouver que cette église existait avant l’année 580. Les Normands ruinèrent les bâtiments de la basilique de Saint-Julien. Ses biens, qui étaient pourtant le patrimoine des pauvres, furent à la fin de la première race, usurpés par les seigneurs laïques. Par une charte de 1031 ou 1032, Henri Ier fit don de cette église à l’évêque de Paris, à condition qu’un clerc nommé Girauld aurait pendant toute sa vie la jouissance de son revenu. Dans le commencement du XIIe siècle, les biens de l’église Saint-Julien étaient possédés par Étienne de Vitry et Hugues de Munteler, qui les cédèrent à l’abbaye de Longpont ; cette église rebâtie alors parait avoir été érigée à cette époque en prieuré. L’Université, dans le siècle suivant, y tint ses séances qu’elle transféra aux Mathurins, puis au collége Louis-le-Grand. En 1655 le prieuré fut réuni à l’Hôtel-Dieu en vertu d’un traité passé entre les administrateurs de cette maison et les religieux de Longpont. Le roi n’accorda néanmoins ses lettres-patentes qu’en 1697. L’église ne fut alors desservie que par un chapelain que la paroisse Saint-Severin avait seule le droit de nommer. À côté de Saint-Julien-le-Pauvre était située la chapelle de Saint-Blaise et de Saint-Louis qui en dépendait. Les maçons et les charpentiers y établirent leur confrérie en 1476. Rebâtie en 1684, elle fut démolie à la fin du siècle dernier, et le service en fut transféré dans la chapelle Saint-Yves. L’église Saint-Julien était aussi le lieu de rassemblement des confréries de Notre-Dame-des-Vertus, des couvreurs, des marchands papetiers et des fondeurs ; l’on y faisait les catéchisme et retraite des savoyards, en exécution d’une fondation faite par l’abbé de Pontbriand. La partie du portail de Saint-Julien-le-Pauvre qui existe encore aujourd’hui, paraît se rapporter par les caractères de son architecture, à la fin du XIIIe siècle. Cette petite église, du style le plus gracieux et le plus élégant, sert aujourd’hui de chapelle à l’Hôtel-Dieu.

Julienne (rue).

Commence à la rue Pascal ; finit à la rue de Lourcine, no 93. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par les bâtiments de l’hôpital de Lourcine ; le dernier pair est 6. Sa longueur est de 112 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle a été ouverte sur l’emplacement du couvent des Cordelières, en vertu d’une décision ministérielle du 6 pluviôse an XIII, signée Champagny, qui a fixé sa largeur à 10 m. Les constructions du côté gauche et une partie du côté opposé près de la rue de Lourcine, sont alignées ; le surplus devra reculer de 3 m. 60 c. à 6 m. 30 c. Cette voie publique doit sa dénomination M. de Julienne, célèbre artiste sous Louis XV, et qui possédait un secret pour la teinture en écarlate et en bleu de roi. Ce secret, malheureusement pour la science, disparut avec M. de Julienne. On remarquait son tombeau dans l’église Saint-Hippolyte. (Voyez l’article de la rue Pascal).

Jussienne (rue de la).

Commence aux rues Pagevin, no 2, et Verdelet, no 10 ; finit à la rue Montmartre, nos 49 et 51. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 113 m. — 3e arrondissement, les numéros impairs, quartier du Mail ; les numéros pairs, quartier Saint-Eustache.

Son vrai nom est rue Sainte-Marie-l’Égyptienne, qu’elle dut à la chapelle dédiée à cette Sainte. Le nom de Jussienne n’est qu’une altération. — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840. De 1 à 7, redress. ; 9 aligné ; 11 et 13, redress. ; 15 et 17, retranch. qui n’excède pas 45 c. ; de 19 à la fin, alignés ; 2, retranch. 1 m. 90 c. ; 4, aligné ; de 6 à la fin, retranch. 2 m. 20 c. à 2 m. 80 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

La chapelle Sainte-Marie-l’Égyptienne était située au coin de la rue Montmartre. Elle existait déjà du temps de saint Louis, fut reconstruite au XIVe siècle, et servait à la communauté des drapiers de Paris. En 1790 elle devint propriété nationale, fut vendue le 18 décembre 1791, et démolie au mois de juin suivant. Les maisons nos 23 et 25 ont été bâties sur son emplacement.

Jussieu (rue).

Commence à la rue Cuvier ; finit à la rue Saint-Victor. Le dernier impair est 11. Pas de numéro pair ; ce côté est bordé par la halle au vin. Sa longueur est de 171 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Cette rue a été ouverte en 1838, sur les terrains provenant de l’ancienne abbaye Saint-Victor. Elle a 13 m. de largeur. — Égout. — Conduite d’eau depuis la rue Guy-de-la-Brosse jusqu’à la fontaine-marchande. — Une décision royale, à la date du 8 novembre 1838, a donné à cette voie publique le nom de rue Jussieu, en l’honneur d’Antoine-Laurent de Jussieu, membre de l’Académie des Sciences, professeur de botanique au Muséum de Paris, né à Lyon en 1747, mort à Paris le 17 septembre 1836 (voyez rue Guy de la Brosse).

Justice (ministère de la).

Situé place Vendôme. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Personnel de la magistrature et des officiers publics et ministériels. Direction des affaires civiles et du sceau, affaires criminelles, affaires ecclésiastiques : telles sont les principales attributions de ce ministère.

Justice (palais de).

Il était réservé à notre époque de continuer l’œuvre inachevée des siècles précédents, et de mettre la dernière main à des monuments vénérables sans leur ravir le cachet précieux des temps où ils ont été élevés.

L’État, le département de la Seine et la ville de Paris doivent concourir pour des parts proportionnelles à l’agrandissement et à l’isolement du Palais-de-Justice. Grâce à cet heureux accord, la capitale de la France comptera bientôt un monument complet de plus.

Nous allons jeter un regard rétrospectif sur l’origine et les phases du Palais-de-Justice. Peut-être le moment où l’édifice va changer d’aspect est-il le plus favorable pour écrire son histoire.

Le Palais-de-Justice est presqu’aussi vieux que celui des Thermes. Il était édifice public même avant l’invasion des Francs dans les Gaules. En preuve de cette assertion, nous allons rappeler une circonstance récente.

En 1784, on découvrit à une grande profondeur, dans une fouille qui fut faite sous les bâtiments qui bordent la rue de la Barillerie, en avant de la Sainte-Chapelle, un cippe quadrangulaire haut d’environ trois mètres. Ce monument ne porte aucune inscription et présente sur ses quatre faces, des figures ayant 1 m. 80 c. de hauteur. Sur l’un de ses côtés, on reconnaît facilement le dieu Mercure, qui est représenté avec tous ses attributs. Sur une autre face, on voit une image d’Apollon armé de l’arc et du carquois. Il tient d’une main un poisson, et de l’autre s’appuie sur un gouvernail. Cette réunion d’attributs dans le même personnage a fait penser avec raison que cette figure était l’emblème de la navigation sur la Seine. Le troisième côté du cippe représente une femme qui porte un caducée, attribut qui paraît s’appliquer à Maïa, mère du dieu Mercure. Enfin sur la dernière face se trouve un jeune homme couvert du paludamentum. Il a des ailes et tient de la main droite un globe. Il pose le pied sur un gradin, et semble prêt à s’élancer dans les airs. Nos historiens ont pensé que cette figure était l’emblème du soleil au printemps ; ses ailes indiquent la vélocité de sa course, et le disque la rotondité de l’univers. Ce cippe est d’une pierre commune pareille à celle des sculptures de l’autel des Nautes Parisiens, trouvé en 1711 sous le chœur de l’église Notre-Dame. M. Grivaud de la Vincelle, qui a donné la description de ce monument, en fait remonter la construction à l’époque où fut érigé l’autel des Nautes, c’est-à-dire sous le règne de Tibère. Ce cippe, transporté à la Bibliothèque royale, est placé au bas de l’escalier qui conduit aux salles de lecture.

Ce curieux débris nous démontre, outre l’ancienneté du palais, que l’importance de Lutèce était tout entière dans son commerce par eau. En effet, sa situation excellente pour le commerce fluvial n’offrait pas, surtout au premier âge de la ville, les mêmes avantages au transport des marchandises par terre ; la Cité, qui se trouvait dans un fond marécageux, était environnée de bois très épais et de montagnes très fatigantes à gravir. Arrêtés par ces obstacles, les Parisiens durent préférer le commerce par eau qui, n’offrant aucune difficulté, se faisait avec plus de promptitude. Il paraît certain que, sous la domination romaine, le palais fut habité par des officiers municipaux connus sous le nom de défenseurs de la Cité. Ces magistrats populaires, dont les fonctions étaient mixtes, tenaient lieu de juges ordinaires et de police, et d’officiers de finance sous l’autorité de l’unique magistrat de province, c’est-à-dire du Proconsul romain. Ils étaient toujours nommés de droit par le peuple, et cette élection n’était regardée comme valable que lorsqu’elle était consentie par tous les citoyens. Leurs attributions embrassaient la justice sommaire sur toute espèce de contestations entre les habitants, la justice commerciale, les fonctions municipales et le recouvrement des impôts. Les défenseurs de la Cité étaient élus ordinairement parmi les Nautes Parisiens, qui devaient compter dans leur corporation les citoyens les plus notables.

Le palais de la Cité fut réparé, agrandi ou rebâti par les maires qui s’emparèrent du pouvoir sous les rois de la première race. Après son avènement au trône, Hugues Capet abandonna le palais des Thermes pour habiter celui de la Cité.

À dater du règne de Robert-le-Pieux, l’histoire du Palais marche avec plus de sécurité. Ce prince fit construire la chambre de la Conciergerie, qui fut depuis la chambre nuptiale de saint Louis ; ensuite la chapelle de la Conciergerie et celle de la Chancellerie. Robert fonda également une autre chapelle dédiée à saint Nicolas. Sur son emplacement, autrefois béni, fut bâtie la salle des Pas-Perdus. La chicane et la controverse aiguisent aujourd’hui leurs armes les plus acérées à l’endroit où jadis on prêchait la paix évangélique et l’oubli des injures.

En 1137, Louis-le-Gros mourut dans le Palais. L’histoire a conservé de lui de nobles paroles prononcées au dernier moment. « Souvenez-vous, disait-il à son fils, et ayez toujours devant les yeux que la royauté n’est qu’une fonction publique dont vous rendrez compte à Dieu. »

Le roi Louis-le-Jeune n’oublia pas les conseils paternels : le choix qu’il fit de l’abbé Suger pour ministre prouve qu’il avait à cœur la félicité de ses peuples. Le fils de Louis-le-Gros mourut au palais en 1180.

Après lui régna Philippe-Auguste, le bienfaiteur de Paris. C’est au palais qu’il épousa en secondes noces Ingelburghe, sœur de Canut, roi de Danemarck.

Mais nous avons hâte d’arriver à Louis IX, à ce roi qui fut la fois un saint, un législateur, un héros. Pour recevoir dignement les précieuses reliques apportées d’Orient, la Sainte-Chapelle s’éleva, chef d’œuvre admirable, où se sont rencontrés fondus d’un seul jet, le génie d’un grand artiste et la piété d’un grand roi. Ce gracieux monument passe pour le type le plus pur de cette architecture dont Philippe-Auguste et saint Louis surprirent le secret chez les Sarrazins. Aux grosses colonnes à chapiteaux, à la colonnette écourtée et sans grâce, avaient succédé les minces et longues colonnes en faisceaux ramifiées à leurs sommets, s’épanouissant en fusées, projetant dans les airs leurs délicates nervures. Au plein-cintre des arches, aux voussures en anse de panier, on substitua les ogives, arceaux en forme d’arête, dont l’origine est peut-être persane, et le patron la feuille du mûrier indien. Le cercle, figure géométrique rigoureuse, ne laissait rien au caprice ; le cercle fut remplacé par l’ellipse, courbe flexible qui s’enfle ou se redresse sous la main de l’artiste, faculté qui laisse un jeu immense et permet au génie de rayonner partout. En imitant les constructions sarrasines, les architectes chrétiens les exhaussèrent et les dilatèrent. Ils plantèrent mosquées sur mosquées, colonnes sur colonnes, galeries sur galeries ; ils attachèrent des ailes aux deux côtés du chœur, et des chapelles aux ailes. Partout la ligne spirale remplaça la ligne droite ; au lieu du toit plat, se creusa une voûte fermée en cercueil ou en carène de vaisseau.

L’art architectonique avait, au moyen-âge, une grande puissance. Le génie se développait sans entrave, aussi pas un seul monument ne ressemblait à l’autre, et dans chaque monument aucun détail n’était exactement symétrique. À ces édifices, qui encadraient si bien notre religion et nos mœurs, nous avons substitué, par un déplorable amour de l’architecture bâtarde romaine, des monuments qui ne sont ni en harmonie avec notre ciel, ni appropriés à nos besoins ; froide et servile copie, laquelle a porté le mensonge dans nos arts, comme le calque de la littérature latine a fait disparaître l’originalité du génie Franck.

Les artistes du moyen-âge admiraient aussi les Grecs et les Romains ; ils étudiaient leurs ouvrages, mais au lieu de s’en laisser dominer, ils les maîtrisaient, les façonnaient à leur guise, les rendaient Français en augmentant leur beauté par une métamorphose pleine de création et d’indépendance.

Si l’on daigne regarder un instant une de nos églises modernes, on demande d’abord si le monument qu’on a devant les yeux est un théâtre, une bourse ou une salle de concert, et par curiosité si l’on pénètre dans le sanctuaire, il faut trouver la croix, car si elle ne brillait pas, l’on serait tenté de croire que nous avons renié le Dieu de nos pères. Qu’un homme, étranger à nos habitudes parisiennes, soit placé tout-à-coup devant la Sainte-Chapelle, puis en présence d’une de nos églises modernes si étrangement façonnées, il dira en contemplant la première : ici l’on doit implorer la divinité ; en regardant la seconde, ses premières paroles seront : on danse là dedans.

L’architecte de la Sainte-Chapelle n’a pas demandé seulement à la peinture ses vives couleurs, à l’or ses effets étincelants, parures d’emprunt qui couvrent aujourd’hui l’indigence de nos architectes. Des blocs de pierre ont suffi à Pierre de Montreuil, et son génie a déployé librement ses ailes. Tantôt la pierre se dresse en faisceaux de colonnettes sveltes et minces, puis se projette par une courbe flexible en arceaux à vive-arête ; tantôt elle se divise, se réunit, s’intersecte avec une grâce infinie ; plus loin, on la voit s’épanouir en rosaces brillantes, se posant, se prolongeant, se découpant en élégante balustrade, se transformant en bouquets de sculpture, limite indécise entre l’art du statuaire et celui de l’architecte ; quelquefois elle serpente en festons, s’agence en guirlandes, en couronnes, se couvre comme une étoffe légère, de mille dessins à souhait pour le plaisir des yeux, s’assouplit, s’anime pour reproduire les fantaisies d’une imagination libre et inépuisable.

La première flèche de la Sainte-Chapelle était un modèle de grâce aérienne ; on eût dit de la dentelle de pierre. Sauval l’appelait une des merveilles du monde ; elle fut détruite par le feu en 1630.

Dans les jours de grandes solennités religieuses, un ange se détachait de la voûte et faisait tomber de l’eau d’un vase d’or sur les mains du pontife qui officiait dans la haute chapelle.

Le clergé de la Sainte-Chapelle jouissait de nombreuses prérogatives. L’archi-chapelain marchait l’égal des évêques. — Mais bientôt la pensée nous conduit au lutrin chanté par Boileau. La mort eut bien vite fait raison aux chantres et aux chanoines de celui qui avait tant égayé le public à leurs dépens. En 1711, une dépouille mortelle arrivait à leur porte : c’était celle de Boileau. Ils lui donnèrent sous une de leurs dalles l’hospitalité glacée du tombeau.

Après la construction de la Sainte-Chapelle, saint Louis ajouta au palais la salle, la chambre, les cuisines qui portent son nom, et la grand’chambre du parlement, plus tard restaurée par Louis XII, et où siège en ce moment la chambre criminelle de la cour de cassation. Derrière le palais se trouvait le jardin des rois, séparé par un ruisseau de deux petites îles qui cherchaient à se confondre. Dans ce jardin saint Louis reçut l’hommage de son grand vassal Henri III d’Angleterre. — « Le bon roi Loys avoit coutume (dit Joinville dans ses mémoires), de nous envoyer les sieurs de Soissons, de Nesle et moy, ouïr les plaids de la porte, et puis il nous envoyoit quérir, et nous demandoit comme tout se portoit, et s’il y avoit aucune affaire qu’on ne pût dépêcher sans luy, et plusieurs fois, selon notre rapport, il envoyoit quérir les plaidoyans, les contentoit, et les mettoit en raison et droiture. »

Si l’espace nous le permettait, nous pourrions exhumer maint fait vieux, attrayant, et qu’on aimerait à son parfum historique ; mais il nous faut arriver bien vite au règne de Philippe-le-Bel. Enguerrand de Marigny, comte de Longueville, chambellan de France, surintendant des finances et bâtiments du roi, fit en 1298 d’immenses réparations au palais de la Cité. Il ordonna la destruction de presque tous les vieux bâtiments et fit disparaître aussi les tours et tourelles qui flanquaient cette antique demeure de nos rois, des maires du palais et des comtes de Paris. Le logis du roi, situé au fond de la cour, était parallèle à la rue de la Barillerie, appelée alors dans cette partie rue Saint-Barthélemi. Cette habitation d’un aspect sombre et sévère, était remarquable par ses portes d’airain, ses cinquante-quatre fenêtres sur trois rangs en ogives. Il fallait monter quarante-huit degrés de pierre avant de pénétrer dans cette demeure. À droite s’élevaient, du côté de la Sainte-Chapelle, de vastes constructions qui servaient aux officiers subalternes, aux cuisines et aux écuries.

Le côté gauche du palais était réservé exclusivement à la justice et aux plaideurs. Là se trouvaient réunies les salles de plaidoiries, de committimus, d’attendamus, la grand’chambre d’une richesse si imposante, la grand’salle si vénérable et si sombre ; puis en cet endroit prenaient naissance tous ces escaliers noirs, tortueux qui semblaient faits exprès pour le temple de la chicane.

Par les soins d’Enguerrand de Marigny, la grand’salle fut ornée des statues des rois depuis Pharamond jusqu’à Philippe-le-Bel.

En 1320, Robert, comte de Flandres, vint au palais faire hommage à Philippe-le-Long, et maria son petit fils, Louis de Crécy, à Marguerite, fille du roi.

En 1375, pendant la captivité du roi Jean, le Dauphin Charles, son fils, demeurait au palais, qu’il quitta pour venir habiter son hôtel de Saint-Paul. Lorsque l’empereur Charles IV vint à Paris avec son fils Venceslas, le roi Charles V déploya pour recevoir dignement ses hôtes un luxe inaccoutumé. Dans la salle où se trouvent aujourd’hui les 2e et 3e chambres, on voyait une immense table de marbre. Au milieu du repas, glissa tout-à-coup sur la table un vaisseau mû par des ressorts secrets ; bientôt apparut la cité de Jérusalem avec ses tours chargées de Sarrasins. Godefroy de Bouillon descendit du navire à la tête de ses guerriers, des échelles furent appuyées aux murailles, puis un combat furieux s’engagea ; mais bientôt les infidèles renversés et vaincus abandonnèrent les lieux saints aux chevaliers. Le soir, de nouveaux plaisirs se préparaient ; mais l’empereur fatigué sans doute de tant d’honneurs demanda à rentrer dans son appartement.

Quand la haute politique faisait trêve de solennités, quand les rois descendaient de la table de marbre, la basoche y montait. Les clercs commencèrent à donner des représentations publiques sous le règne de Louis XI. Les clercs du parlement jouaient sur la célèbre table de marbre, et ceux du Châtelet élevaient un théâtre devant la porte de ce tribunal. Les pièces représentées étaient à peu près improvisées ; les jeunes comédiens stigmatisaient tous les abus, raillaient tous les ridicules de l’époque avec l’audace et la franchise de leur âge. On lit dans les registres du parlement à la date du 15 mai 1476 : « La cour, par certaines considérations à ce mouvans, a deffendu et deffend à tous les clercs et serviteurs tant du palais que du chastelet de Paris, de quelque estat qu’ils soient, que doresnavant ils ne jouent publiquement au dict palais et chastelet, ne ailleurs, ne en lieux publiqs, farces, soties, moralisez, ne aultre jeux à convocation de peuple, sur peine de bannissement de ce royaume et de confiscation de tous leurs biens, et qu’ils ne demandent congié de ce faire à la dicte cour ne à autre, sur peine d’estre privez à tous jours tant du dict palais que du dict Chastelet. »

Ils tentèrent encore sous Charles VIII de donner quelques représentations publiques ; mais leur critique s’étant exercée sur les actes du gouvernement, le roi, par lettres-patentes du 8 mai 1486, fit enfermer dans les prisons du Châtelet et du Palais, cinq acteurs nommés Baude, Regnaux, Savin, Duluc et Dupuis.

Les théâtres de la basoche jouirent d’une entière liberté sous le règne de Louis XII. Les clercs tournèrent en ridicule les vues d’économie du roi. « J’aime beaucoup mieux, disait Louis XII, faire rire ces enfants de mon avarice, que faire pleurer le peuple de mes profusions. »

Sous François Ier, la cour prit des mesures sévères contre les clercs de la basoche. On lit dans les registres du parlement, à la date du 23 janvier 1538 : « Ce jour après avoir veu par la cour le cry ou jeu présenté à icelle par les receveurs de la basoche pour jouer jeudy prochain ; la dicte cour a permis auxdits receveurs iceluy cry ou jeu faire jouer à la table de marbre, en la manière accoutumée, ainsi qu’il est à présent, hormis les choses rayées ; leur a faict deffenses sous peine de prison et de punition corporelle de faire jouer autre chose que ce qui est, hormis les dictes choses rayées. »

Il fallait voir au printemps, les enfants de la basoche, revêtus de leur costume éclatant, et leur roi en tête, partir à cheval pour la forêt de Bondy. Ils y coupaient trois grands arbres, en vendaient deux pour faire face aux dépenses de la compagnie. Quelques vieillards se souviennent avoir vu, en face du siège actuel de la police municipale, le dernier de ces arbres, entre deux cartouches représentant les armes de la basoche qui étaient d’azur, à trois écritoires d’or avec deux anges pour supports.

Parmi les rois curieux d’embellir et d’honorer le palais, Louis XII doit être mis au premier rang. Sa prédilection pour cet édifice et pour l’auguste sénat qui y siégeait allait même si loin, qu’il se faisait un devoir de venir passer des heures entières dans une tribune qu’il avait fait construire au milieu de la grand’chambre. Quand des rois et des princes étrangers le venaient visiter, il les menait d’abord à la salle des plaids, et avait coutume de leur dire, émerveillés qu’il les voyait de la noble attitude des magistrats et de l’éloquence du barreau : « n’est-ce pas, mes frères, qu’on est heureux et fier d’être roi de France !… »

Cet amour pour le palais alla si loin, que ce roi, dont les courtisans raillaient l’économie, sema avec profusion la richesse dans le sanctuaire de la justice. Louis XII fit peindre en or et en azur la grand’chambre.

Le splendide hôtel de la Cour-des-Comptes fut aussi construit par les ordres de ce prince. Rien ne fut épargné pour donner au bâtiment la majesté et la grandeur que réclamaient son importance et son utilité. De vastes salles, de somptueux appartements ornés de tout ce que le luxe du XVIe siècle pouvait imaginer de plus élégant, témoignaient encore dans ces derniers temps, de la sollicitude du fondateur de la Cour-des-Comptes.

Au dehors, une façade sévère rehaussée par des bas-reliefs et des sculptures d’un grand mérite, arrêtait l’œil du curieux.

Du côté faisant face à la cour, on remarque cinq statues : la première représente la Tempérance, qui tient une horloge et des lunettes. Au-dessus est écrit :

Temperantia
Mihi spreta voluptia.

La Prudence, qui est la seconde figure, tient en ses mains un miroir et un crible, avec cette légende au dessous :

Prudentia
Consiliis verum speculor.

La Justice est représentée par la troisième figure avec une balance et une épée :

Justitia
Sum cuique ministro.

La quatrième figure est la Force, qui tient une tour d’une main, et de l’autre étouffe un serpent :

Fortitudo
Me dolor atque metus me fugiunt.

La cinquième statue, posée au milieu, représentait Louis XII, le père du peuple, vêtu d’un manteau dont le fond était d’argent avec des fleurs de lys d’or. Il tenait son sceptre et la main de justice avec cette inscription au bas :

Ludovicus
hujus nominis duodecimus, anno ætatis 46.

Un peu plus bas étaient gravés ces deux vers :

Quatuor has comites foveo, celestia dona :
Innocuæ pacis prospera sceptra gerens.

Au-dessus de la première porte de la chambre de Comptes, au haut du grand degré, on voyait un porc-épic qui portait les armes de France, entourées de cerfs-volants. Au bas ces deux vers :

Regia Francorum probitas, Ludovicus honesti
Cultor, et ætheræ religionis apex.

L’hôtel du premier président du parlement touchait

presque à celui de la Cour-des-Comptes. C’était, dans l’origine, un manoir enfumé qui servait de résidence au baillif du palais, sous les rois de la seconde race. Cet emplacement fut choisi par Achille de Harlay, qui fit élever les bâtiments destinés à la présidence du parlement. Ils sont occupés aujourd’hui par la Préfecture de police, à laquelle nous consacrerons un article particulier.

Telles étaient encore les principales constructions du Palais-de-Justice au commencement du XVIIe siècle.

Le 7 mars 1618, elles furent en partie détruites par un incendie. « Le feu, dit Félibien, prit d’abord à la charpente de la grand’salle ; et comme il faisoit beaucoup de vent, tout le lambris qui étoit d’un bois sec et vernissé, s’embrasa en peu de temps. Les solives et les poutres qui soustenoient le comble tombèrent par grosses pièces sur les boutiques des marchands, sur les bancs des procureurs et sur la chapelle remplie alors de cierges et de torches qui s’enflammèrent à l’instant et augmentèrent l’incendie.

Les marchands, accourus au bruit du feu, ne purent presque rien sauver de leurs marchandises. On sauva seulement les registres de quelques greffes qui n’estoient pas dans la grande salle. L’embrasement augmentant par un vent du midi fort violent, consuma en moins d’une demi-heure les requestes de l’hostel, le greffe du trésor, la première chambre des enquêtes et le parquet des huissiers. Le feu prit incontinent à une tourelle près de la Conciergerie et en des greffes dont les papiers furent brûlés. Alors s’éleva une clameur des prisonniers qui crièrent que la fumée les étouffoit. Plusieurs se sauvèrent malgré le geôlier, mais le procureur-général fit conduire les principaux au Chastelet et dans les autres prisons de Paris. Le vent devint si violent, qu’il porta des ardoises jusques vers Saint-Eustache. Lorsque le reste du comble de la grand’chambre vint à tomber, un brandon enflammé, emporté par le vent, alla mettre le feu à un nid d’oiseau au haut de la tour de l’Horloge, qui eust couru grand risque si on n’eust descouvert la tour pour couper le cours du feu. »

Le greffier Voisin sauva les registres du parlement. On n’a jamais pu connaître la cause de ce sinistre. Les uns disent que ce fut par la faute d’une servante, les autres l’attribuent à l’imprudence d’un marchand qui avait laissé du feu dans sa boutique ; enfin le bruit courut que les complices de l’assassinat de Henri IV avaient voulu anéantir le greffe et les pièces du procès de Ravaillac, en mettant le feu au palais. Un joyeux compère, Théophile, qui ne s’occupait pas de politique et aimait à passer gaîment sa vie, improvisa le quatrain suivant :

Certes, ce fut un triste jeu,
Quand, à Paris, dame Justice,
Pour avoir trop mangé d’épice
Se mit le Palais tout en feu.

Jacques de Brosse, architecte du palais du Luxembourg, fut chargé de la reconstruction de la grand’salle, qui fut achevée en 1622. Elle se compose de deux grandes nefs séparées par un rang d’arcades appuyées sur des piliers.

En 1683 on fit encore d’autres réparations à cette salle. Outre les six ouvertures qui furent pratiquées à la voûte, on éleva une riche chapelle de menuiserie avec des balustrades de fer doré. Au milieu on voyait un écusson aux armes de M. de Novion, premier président. Une horloge pour régler l’heure des audiences était placée au-dessus de la chapelle. Autour du cadran fut gravé ce vers élégant que Montmort, un des fondateurs de l’Académie, avait composé exprès :

Sacra Themis mores, ut pendula horas.

La chambre des enquêtes, celle des requêtes de l’hôtel, et le parquet des huissiers furent aussi réparés et rebâtis plus magnifiques qu’auparavant.

Nous allons maintenant donner quelques détails sur les rues comprises dans l’enceinte du palais, et parler ensuite des constructions qui furent ajoutées à l’édifice. — La rue Harlay avait été bâtie en vertu des lettres patentes du 28 mai 1607. Vers 1631 on ouvrit la rue Sainte-Anne, dont la formation avait été ordonnée par lettres-patentes de juin 1630.

La partie occidentale du palais, c’est-à-dire le portail et l’arcade de la rue Harlay, la cour du même nom, la rue de Basville, la cour Lamoignon et les galeries supérieures furent établies sur l’emplacement du jardin de l’ancien hôtel du baillage ; voici dans quelles circonstances et à quelle époque :

En l’année 1671, M. de Lamoignon, alors premier président, conçut un projet d’agrandissement du palais ; il proposa ses vues, fit dresser un plan pour leur exécution, et le présenta à Louis XIV qui l’agréa.

En conséquence, des commissaires nommés par le roi, et parmi eux Colbert, furent chargés de céder et transporter à titre de cens et aliénation à perpétuité à M. de Lamoignon, ses hoirs ou ayans cause, 1549 toises 1/2, 15 p. 1/4 en superficie à prendre dans le contour de l’ancien jardin de l’hôtel du bailliage du palais pour jouir de la d. superficie, ensemble des bâtiments qui seroient construits sur icelle, en toute propriété.

Le contrat de cession fut réalisé le 23 février 1671 devant Gallois et son confrère, notaires au Châtelet, et confirmé par lettres-patentes du même mois.

Le préambule de ces lettres-patentes est trop remarquable, il porte à un trop haut point le cachet de grandeur qui marquait tous les actes publics de ce siècle, pour ne pas être cité.

« Louis, etc…, comme rien n’est si digne des grands roys et si avantageux pour les peuples qui jouissent d’une profonde paix que les ouvrages des bâtiments publics, nous croions aussi qu’il est de notre gloire et de la grandeur de notre royaume, d’orner les principales villes, de nouveaux édifices et particulièrement notre bonne ville de Paris, afin de témoigner l’affection que nous avons pour elle, et d’y laisser des monuments éternels de la félicité de notre règne, et pour exciter nos sujets à nous servir dans ce dessein, nous avons toujours traité favorablement ceux qui nous ont proposé les moyens d’augmenter la décoration et la commodité publiques. Pour cet effet, nous étant fait représenter les diverses propositions qu’on nous a fait depuis quelques années, de dégager les avenues du palais qui est aujourd’hui le centre de la ville et le lieu du plus grand concours de ses habitants, en y faisant de nouvelles entrées, l’une au bout de la place Dauphine et l’autre sur l’un des quays et par l’ancien jardin de notre hôtel du bailliage, affecté au logement des premiers présidents de notre parlement, etc. »

Le contrat imposait au concessionnaire diverses obligations, entre autres celles : 1o de payer à la recette du domaine du roi douze deniers de cens pour chacune toise qui serait bâtie ; 2o de faire pratiquer une ouverture avec grande arcade et portail dans la rue Harlay vis-à-vis de la place Dauphine ; 3o de faire construire autour d’une nouvelle place (c’est la cour Harlay qui fut d’abord appelée cour Neuve), des bâtiments et boutiques pour des marchands.

Les autres clauses prescrivaient l’établissement de la cour Lamoignon ainsi que des galeries supérieures, la construction d’escaliers pour monter à ces galeries et pénétrer au palais ; enfin l’ouverture d’un passage sur le quai de l’Horloge, et d’un aqueduc souterrain pour l’écoulement des eaux dans la rivière.

Toutes ces conditions furent exécutées, ainsi que le constate le procès-verbal de réception des travaux du 17 juin 1682, et il en résulte l’état présent des choses dans cette partie du palais. — L’histoire de cet édifice n’offre aucun fait digne d’être rapporté jusqu’à 1776.

Dans la nuit du 10 au 11 janvier de cette année, le feu prit une seconde fois au Palais-de-Justice. Malgré la promptitude des secours, l’incendie consuma toutes les constructions qui s’étendaient depuis la galerie dite des prisonniers, jusqu’à la Sainte-Chapelle. Les bâtiments incendiés durent être reconstruits sur un nouveau plan. Quatre membres de l’académie d’architecture : Moreau, Desmaisons, Couture et Antoine furent chargés de la direction des travaux.

La nouvelle façade du Palais présente un avant-corps orné de quatre colonnes doriques. Au-dessus de l’entablement règne une balustrade, et quatre piédestaux supportent les statues allégoriques de la Force, de l’Abondance, de la Justice et de la Prudence, qui se dessinent sur un fond lisse de maçonnerie supportant un dôme quadrangulaire.

Avant de parler des constructions qui doivent être ajoutées au Palais-de-Justie, nous dirons quelques mots sur la Conciergerie.

Cette prison, ainsi que nous l’indique sa dénomination, servait dans l’origine de logement au concierge du palais. Les cuisines se trouvaient également en cet endroit. L’antique demeure de nos rois ayant été abandonnée au tribunal souverain de la justice, la Conciergerie devint une prison. Il en est fait mention pour la première fois dans les registres de la Tournelle, au 23 décembre 1392, à l’occasion de plusieurs habitants de Nevers et de ses environs, qui y furent enfermés pour cause de rébellion envers l’évêque, le doyen et le chapitre de Nevers. Plusieurs actes constatent l’insalubrité de cette prison. Au mois d’août 1548, une contagion décima les prisonniers ; le parlement fut alors obligé d’employer son autorité pour faire assainir les cachots.

Sous Charles VI, la Conciergerie fut envahie par la populace ameutée ; la trahison de Perrinet-le-Clerc, qui livra aux Anglais et aux Bourguignons la clef de la porte de Buci, anéantit le parti des Armagnacs. Le connétable de ce nom, qu’on avait vainement cherché dans sa demeure, fut livré par un traître et conduit prisonnier à la Conciergerie. Le 12 juin 1418, l’horrible milice des bouchers, bannie de la ville par les Armagnacs, rentra triomphante dans Paris. Ces assassins répandent aussitôt des bruits sinistres qui se grossissent en volant de bouche en bouche ; la multitude est bientôt persuadée que son salut dépend de l’entière extermination des Armagnacs. Le peuple se porte en fureur à la Conciergerie, enfonce les portes ! Armagnacs, Bourguignons, criminels, débiteurs, femmes, enfants, tous sont égorgés sans distinction. Le connétable d’Armagnac, le chancelier de Marle, l’évêque de Coutances, six évêques, plusieurs membres du parlement expirent, percés de mille coups ; les cadavres des victimes sont traînés dans les rues fangeuses de Paris. La populace, après avoir joué pendant trois jours avec ces débris humains, alla les jeter à la voirie.

Le sol de la Conciergerie est plus bas que celui de la rivière, cependant les caves et souterrains en pierre pratiqués au-dessous interceptent un peu l’humidité ; les autres cachots construits au pied des tours et au niveau du fleuve étaient très malsains ; ils sont aujourd’hui presque tous hors d’usage. À l’orient de cette prison et au sud d’une cour, sont des cellules pour les femmes qui sont ainsi séparées des hommes. — Sous la porte même de l’entrée de cette prison, à quinze mètres au-dessous du sol, se trouvaient les fameuses oubliettes du Palais. Sur le bord de la rivière, on voit encore la grille par laquelle on emportait les corps, soit pour les noyer, soit pour les inhumer. M. Peyre, architecte, a transformé ces oubliettes en un aqueduc.

La Tour de César est à droite en entrant dans la cour ; on la nommait autrefois tour de Montgommeri parce que Gabriel de Lorges, comte de Montgommeri, le même qui avait blessé mortellement le roi Henri II, dans un tournoi, y fut enfermé en 1574, après avoir été défait en Normandie. — Cartouche et Damiens furent conduits dans cette tour. En 1794, les cent trente-deux Nantais amenés à Paris y furent enfermés ; le célèbre Ouvrard y fut incarcéré pour dettes. À droite en entrant se trouve le guichet extérieur de la prison ; un espace d’un mètre environ le sépare d’une grille qui donne accès sur un petit escalier aboutissant à une grande salle noire enfumée, qu’on appelle l’avant-greffe, ou le parloir libre. À l’angle nord-ouest du préau, on voit la tour de Bombée ; elle servit de cachot à Ravaillac, alors le jour n’y pénétrait pas. — Louvel y a été enfermé tout le temps qui précéda son jugement. Le rez-de-chaussée du bâtiment au sud se compose de plusieurs cellules à l’est ; puis sont deux chambres de surveillants à l’ouest. Au fond d’un corridor où le jour pénètre à peine, de l’autre côté des cellules, se trouve le cachot où fut enfermée Marie Antoinette. Dans la chambre à l’est de ce cachot, se tenaient les soldats chargés de la garde de la reine ; enfin se trouve à côté l’affreux réduit où fut enfermée madame Élisabeth.

Pendant la révolution, la Conciergerie a reçu moins de coupables que d’illustres victimes. Bailly, Malesherbes, Mme Roland, Camille Desmoulins, Danton, André Chénier, Fabre d’Églantine ont été enfermés dans cette prison. Les malheureux Girondins, tirés du Luxembourg, avaient été également transférés à la Conciergerie ; leur amitié adoucit les approches de la mort ; ils se familiarisèrent avec ces idées lugubres, et improvisèrent alors des drames singuliers, terribles, dont leur commune destinée et la révolution formaient les tristes sujets. Chaque prisonnier avait son rôle à remplir et concourait à l’ensemble de cette tragédie ; ils représentaient tour à tour les juges et les jurés du sanglant tribunal révolutionnaire, et l’accusateur public lui-même. Deux acteurs entraient en scène, l’un représentait l’accusé, l’autre le défenseur. L’accusé pouvait à peine murmurer quelques paroles ; à chaque instant le défenseur était interrompu, et le tribunal se disant suffisamment éclairé, concluait toujours à la peine de mort. Étendu sur une planche de lit qu’on renversait pour cet usage, le patient semblait supporter le supplice dans ses plus petits détails. Venait ensuite le tour de l’accusateur qui subissait lui-même le châtiment réservé à son iniquité puis au milieu de cris lamentables, on l’entraînait dans l’abîme. Les Girondins étaient au nombre de vingt-et-un, voici leurs noms : Brissot, Boileau, Boyer-Fonfrède, Antiboul, Gardien, Lasource, Vergniaud, Gensonné, Lehardy, Mainvielle, Ducos, Duchastel, Duperré, Carra, Valazé, Lacase, Duprat, Sillery, Fauchet, Lesterpt, Beauvais et Vigée. Ils furent exécutés sur la place de la Révolution, le 31 octobre 1793. — Georges Cadoudal, Bories et les trois autres sergents de la Rochelle, plus récemment Fieschi, Alibaud, Meunier, ont été enfermés dans la Conciergerie.

Agrandissement du Palais-de-Justice.

Depuis longtemps cet édifice ne pouvait contenir tous les nombreux services judiciaires. M. Huyot, architecte, fut chargé, en 1835, d’étudier un projet de construction nouvelle. Le plan qu’il présenta fut adopté par le conseil municipal, et sanctionné par une ordonnance royale que nous rapportons.

« Louis-Philippe, roi des Français, etc… — Article 1er. Le périmètre des constructions, tant anciennes que nouvelles, affectées au Palais-de-Justice de Paris, y compris la préfecture de police et la maison de justice et d’arrêt dite la Conciergerie, est arrêté suivant les lignes A B C D tracées au plan ci-annexé.

« Art. 2. Il sera formé : 1o le long de la façade latérale de l’édifice du midi, une rue d’isolement de 15 m. de largeur ; 2o une autre rue également de 15 m. de largeur longeant la façade principale vers l’ouest ; 3o une place entre cette nouvelle rue et celle du Harlay, et dont les côtés nord et sud se termineront par deux larges pans coupés vers la première ; le tout dans les directions et suivant les alignements indiqués par le plan. — Art. 3. L’exécution de ce projet est déclarée d’utilité publique ; en conséquence, le préfet de la Seine est autorisé à acquérir au nom du département, soit à l’amiable, soit par voie d’expropriation forcée, les immeubles ou portions d’immeubles sur lesquels doivent s’étendre les nouvelles constructions, ou qui sont nécessaires à la formation des voies publiques projetées. Le prix de ces acquisitions sera payé au moyen des ressources indiquées dans la délibération du conseil général du département de la Seine, en date du 28 octobre 1838. — Art. 4. La ville de Paris est autorisée à concourir à la dépense : 1o pour un contingent de 100,000 fr. applicables au tribunal de police municipale ; 2o pour moitié dans le prix d’acquisition des propriétés particulières sur lesquelles seront ouvertes les deux rues, ainsi qu’il est réglé par les délibérations des 22 février et 26 avril 1839, dont les dispositions sont approuvées, etc. — Neuilly, le 26 mai 1840. Signé Louis-Philippe. »

Après la mort de M. Huyot, la direction des travaux pour l’agrandissement du Palais-de-Justice a été confiée à MM. Duc et Dommey. Les dépenses sont évaluées à 14 millions, savoir : 10 millions pour les constructions et 4 millions pour achat de diverses propriétés. Les bâtiments réservés sont : la cour de cassation, la cour royale et les constructions occupées aujourd’hui par le tribunal de première instance, les bâtiments sur la rue de la Barillerie, la Sainte-Chapelle et une grande partie de la Cour-des-Comptes. Tous les anciens bâtiments respectés se trouveront presque renfermés dans un triangle, formé d’un côté par le quai de l’Horloge, de l’autre par la rue de la Barillerie et fermé par une diagonale partant de l’angle de la nouvelle rue, et aboutissant sur le quai des Orfèvres, près de l’arcade Lamoignon.

Les nouveaux bâtiments consisteront : en deux façades neuves, l’une sur la rue qui vient d’être ouverte au sud du palais, l’autre au couchant, sur les rue et place Harlay. Des restaurations importantes seront faites aux façades du quai de l’Horloge et de la rue de la Barillerie. Le Palais-de-Justice se trouvera complètement isolé. Il renfermera au nord, sur le quai de l’Horloge, la cour de cassation ; au couchant, attenant et sur la nouvelle place Harlay, se trouveront les deux salles d’assises et la cour royale. Au midi, sur le quai des Orfèvres, la préfecture de police ; à la suite, sur la rue nouvelle, les chambres de police correctionnelle ; au levant, rue de la Barillerie, le procureur du roi et les juges d’instruction ; enfin, attenant à la tour de l’Horloge, le tribunal de première instance. De vastes galeries bien éclairées donneront accès à toutes ces divisions, et aboutiront à la grande salle des Pas-Perdus. Deux façades monumentales seront construites, l’une sur le quai des Orfèvres et sur la rue nouvelle, l’autre sur la place Harlay. On regrette que des motifs d’économie aient empêché les architectes de disposer de tout le terrain compris entre la Sainte-Chapelle et le quai des Orfèvres : il serait résulté de cette disposition du plan assez d’avantages pour compenser ce surcroit de dépense. — La superficie totale du Palais-de-Justice sera de 30 000 m. environ.


Justice (place du Palais-de-).

Située en face du Palais-de-Justice. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Elle a été formée en vertu des arrêts du conseil en date des 3 juin 1787, 20 février 1788 et 23 janvier 1791, qui imposèrent aux propriétaires l’obligation de construire des façades symétriques. Cette place est demi-circulaire. — Une décision ministérielle du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a maintenu les dispositions prescrites par les arrêts précités. (Voyez rue de Constantine.) — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Avril 1844.
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K.


Kléber (rue).

Commence au quai d’Orsay, nos 109 ; finit à l’avenue Suffren. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 673 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Elle est indiquée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. Dans plusieurs contrats domaniaux elle est appelée ruelle descendant à la rivière. — Une décision ministérielle du 7 fructidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette rue à 10 m. En vertu d’une autre décision du 14 du même mois, elle a reçu le nom de rue Kléber. Presque toutes les propriétés riveraines sont à l’alignement.

Jean-Baptiste Kléber, fils d’un terrassier de la maison de Rohan, naquit à Strasbourg, en 1754, et fut d’abord officier au service de l’Autriche. Ayant donné sa démission, il revint en France et obtint une place d’inspecteur des bâtiments publics. En 1792, Kléber s’engagea comme simple grenadier dans un régiment de volontaires du Haut-Rhin ; grâce à sa brillante valeur, il obtint bientôt le grade de général de division, et s’illustra successivement aux armées du Nord et de Sambre-et-Meuse. Il suivit Bonaparte en Égypte. À son départ pour l’Europe, Bonaparte lui remit le commandement en chef. Kléber fut assassiné au Caire, le 14 juin 1800, par un jeune Turc, nommé Soleiman. — L’empereur, à Sainte-Hélène, s’exprimait ainsi sur ce général : « Kléber, c’était le Dieu Mars en uniforme : courage, conception, il avait tout. J’étais jaloux de me l’attacher ; je lui proposai de faire partie de l’expédition dont nous menacions l’Angleterre. — Je le voudrais, me dit-il ; mais si je le demande, les avocats me refuseront. — Je m’en charge, lui répliquai-je. — Eh bien ! si vous jetez un brûlot sur la Tamise, mettez Kléber dedans, vous verrez ce qu’il sait faire. »

Avril 1844.


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L.


La Bruyère (rue).

Commence à la rue Notre-Dame-de-Lorette, nos 27 et 29 ; finit à la rue Pigalle, nos 18 et 20. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 233 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

1re Partie comprise entre les rues Notre-Dame-de-Lorette et La Rochefoucauld. — Elle a été ouverte, en 1824, sur les terrains appartenant à la compagnie Dosne, Loignon, Censier et Constantin. L’ordonnance royale qui autorisa ce percement sur une largeur de 9 m. 75 c., est à la date du 21 avril 1824 (voyez place Saint-Georges). Cette voie publique se trouvant à peu de distance de la rue Fontaine, la compagnie Dosne avait projeté de lui donner le nom de rue Percier ; mais ce célèbre architecte ayant refusé cet honneur, on assigna au percement dont il s’agit la dénomination de rue La Bruyère.

2e Partie comprise entre les rues La Rochefoucauld et Pigalle. Elle a été formée sur les terrains de M. Boursault, en vertu d’une ordonnance royale du 25 février 1839. Sa largeur est de 10 m. La hauteur des constructions riveraines ne doit pas excéder seize mètres cinquante centimètres (voyez rue Boursault). Toutes les propriétés de la rue La Bruyère sont alignées. — Conduite d’eau entre les rues Notre-Dame-de-Lorette et La Rochefoucauld.

Jean de La Bruyère naquit en 1644, aux environs de Dourdan, et mourut en 1696. Son ouvrage le plus remarquable est intitulé : Caractères de Théophraste.

Lacasse (rue).

Commence à la rue de l’Entrepôt ; finit à la rue Grange-aux-Belles, nos 8 et 10. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 45 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

L’ouverture de cette rue a été approuvée par l’ordonnance royale du 20 février 1825, relative au canal Saint-Martin. La largeur fixée pour cette voie publique est de 12 m. Elle porte le nom du propriétaire sur les terrains duquel le percement a été effectué. Les constructions riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).

Lacuée (rue).

Commence au quai de la Rapée, nos 3 et 5 ; finit à la rue de Bercy, nos 34 et 36. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 154 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

« Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Il sera ultérieurement ouvert une rue de quinze mètres de largeur, en prolongement de l’axe du pont d’Austerlitz, jusqu’à la grande rue du Faubourg-Saint-Antoine ; cette rue sera appelée rue du colonel Lacuée, en mémoire du colonel du 59e régiment de ligne tué au combat de Guntzbourg. — Au palais des Tuileries, le 14 février 1806. Signé Napoléon. » — Ce décret ne fut exécuté qu’en partie ; la rue fut ouverte entre le quai et la rue de Bercy, mais non sur une largeur de 15 m. L’impasse Saint-Claude que nous voyons indiquée sur le plan de Verniquet, et qui avait son entrée dans la rue de Bercy, a été confondue dans la rue Lacuée. — Une ordonnance royale, à la date du 1er juin 1828, a maintenu la largeur de 15 m., fixée par le décret précité. La rue Lacuée a été considérablement élargie en 1836, 38 et 40. La propriété no 11 devra reculer de 1 m 20 c. environ ; celle no 12 est soumise à un retranch. réduit de 2 m. 30 c. Toutes les autres constructions sont alignées.

La Fayette (place de).

Située à la jonction des rues de La Fayette, du Gazomètre, des Petits-Hôtels et d’Hauteville. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Par une ordonnance royale en date du 27 novembre 1822, MM. André et Cottier furent autorisés à former sur leurs terrains une place circulaire de 30 m. de rayon. En 1825, elle reçut le nom de place Charles X. — Une autre ordonnance royale du 31 janvier 1827, relative au percement de plusieurs rues sur les terrains de ces mêmes propriétaires, approuva l’agrandissement de la place dont il s’agit. Après 1830, elle prit le nom de place de La Fayette. — Enfin, une troisième ordonnance royale du 2 février 1839 apporta quelques changements dans le tracé de cette voie publique (voyez l’article suivant). — Les propriétés riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Française).

La Fayette (rue de).

Commence à la rue du Faubourg-Poissonnière, no 84 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 223 et 225. Le dernier impair est 79 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 1,287 m. — La partie comprise entre la rue du Faubourg-Poissonnière et celle du Faubourg-Saint-Denis, est du 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière ; le surplus dépend du 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Une ordonnance royale du 27 novembre 1822 porte : « Article 1er. Les sieurs André et Cottier sont autorisés à ouvrir sur leurs terrains une rue de 20 m. de largeur, qui communiquera de la rue du Faubourg-Poissonnière à celle du Faubourg-Saint-Martin, conformément au plan ci-joint, à charge par eux de livrer gratuitement l’emplacement nécessaire pour prolonger la rue Hauteville jusqu’à la nouvelle rue, et de former au point de jonction une place circulaire de 30 m. au plus de rayon. — Art. 2e. La ville de Paris contribuera aux dépenses de toute nature qu’exigeront les percements dont il s’agit, jusqu’à concurrence d’une somme de cent cinquante mille francs, conformément à la délibération du conseil municipal du 15 septembre 1822. » — Dans une dépêche ministérielle du 31 décembre 1824, nous lisons ce qui suit : « Le roi a daigné consentir, par décision du 19 de ce mois, à ce que la grande rue ouverte sur les terrains des sieurs André et Cottier, pour communiquer du faubourg Saint-Martin au faubourg Poissonnière, reçût le nom de rue Charles X, etc… » — Une ordonnance royale du 6 janvier 1825 renferme les dispositions ci-après : « Article 1er. L’exécution de la rue ouverte dans la direction de la rue du Chemin-de-Pantin, depuis la rue du Faubourg-Saint-Martin jusqu’à la rue du Faubourg-Poissonnière, etc., est déclarée d’utilité publique, et le préfet de la Seine est autorisé à y appliquer ou faire appliquer les mesures voulues par la loi du 8 mars 1810. — Art. 2e. La largeur de ladite rue, fixée par l’art. 1er de l’ordonnance du 27 novembre 1822 à 20 m., est réduite à 19 m. 50 c., largeur de la rue du Cheminde-Pantin, etc… » — Peu de temps après la révolution de 1830, cette voie publique reçut le nom de rue de La Fayette, en l’honneur de Gilbert Motier, marquis de La Fayette, né le 1er septembre 1757, à Chavagnac, près de Brioude (Haute-Loire), mort à Paris le 20 mai 1834.

La rue de La Fayette est bordée de chaque côté par une rangée d’arbres. Les constructions riveraines sont alignées. — Égout et bassin d’égout entre la place et la rue du Faubourg-Saint-Denis. — Éclairage au gaz depuis la rue du Faubourg-Poissonnière jusqu’à celle du Faubourg-Saint-Denis (compe Française).

L’impasse Saint-Lazare qui était située rue du Faubourg-Saint-Denis, au no 170, a été confondue dans la rue de La Fayette. Elle devait son nom à sa proximité de la maison Saint-Lazare.

Laferrière (rue).

Commence à la rue Notre-Dame de Lorette, nos 18 et 20 ; finit à la rue Breda. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 32. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Ouverte sans autorisation en 1832, sur les terrains appartenant à MM. Dosne, Loignon, Censier et Constantin, cette rue a la forme d’un demi-cercle. Elle a reçu la dénomination de rue Laferrière, en vertu d’une délibération de l’état-major de la garde nationale du 2e arrondissement. Laferrière, général sous l’empire, est mort à Paris du choléra. — Un arrêté préfectoral du 7 décembre 1840, a prescrit la fermeture de cette rue qui n’est pas reconnue voie publique par l’administration.

Laffitte (passage).

Commence à la rue Le Peletier, no 11 ; finit à la rue Laffitte, no 16. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Bâti vers l’année 1824, il fut nommé passage d’Artois (c’était alors la dénomination de la rue Laffitte, dans laquelle il débouche). Depuis 1830, il a pris le nom de passage Laffitte (voir l’article suivant).

Laffitte (rue).

Commence au boulevart des Italiens, nos 10 et 12 ; finit à la rue Ollivier, nos 1 et 3. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 56. Sa longueur est de 481 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

1re Partie comprise entre le boulevart et la rue de Provence. « Louis, etc… Notre amé et féal secrétaire Jean-Joseph de Laborde, propriétaire de son chef de terrains situés en notre bonne ville de Paris, entre la rue Neuve-Grange-Batellière et la Chaussée-d’Antin, et d’un autre bout sur l’égout d’entre le faubourg Montmartre et la d. Chaussée-d’Antin, et comme subrogé aux droits du sieur Bouret de Vezelay auquel la ville a concédé la propriété de la superficie du grand égout en toute sa largeur entre le pontceau de la Chaussée-d’Antin et la partie déjà voûtée du faubourg Montmartre, nous auroit fait exposer que les terrains dont il est propriétaire, sont devenus, par l’extension successive de la ville, propres à former des habitations aussi commodes qu’agréable et utiles, la proximité du quartier, la pureté de l’air et la promenade des remparts, y faisant désirer à nombre de citoyens d’y établir leur demeure ; mais que ces terrains n’étant traversés d’aucune rue et n’y ayant aucun débouché commode entre le faubourg Montmartre et la Chaussée-d’Antin, ils ne pourroient être divisés en portions de grandeur convenable à ceux qui voudroient en acquérir et y bâtir d’une manière proportionnée à leurs facultés et à leurs besoins, et qu’en concourront par le d. exposant à la décoration de la ville et à la commodité du public, il retireroit un plus grand avantage de ses terrains s’il nous plaisoit lui permettre d’ouvrir deux rues nouvelles, etc… à ces causes, etc. ; voulons et nous plaît ce qui suit : Article 1er. Il sera ouvert aux frais du sieur de Laborde deux rues de 30 pieds de large chacune, conformément à notre déclaration du 16 mai 1765, l’une qui sera nommée rue d’Artois, à travers ses terrains à prendre du rempart de la d. ville, en face de la nouvelle rue de Grammont et qui ira aboutir sur l’égout, et l’autre qui sera nommée rue de Provence sur le terrain du d. égout, à prendre de la Chaussée-d’Antin au faubourg Montmartre, etc. — Art. 2e L’ouverture des dites deux rues et le pavé d’icelles, pour la première fois étant établi aux frais du dit sieur de Laborde ou ayans causes, etc… Donné à Versailles, le 15e jour du mois de décembre, l’an de grâce 1770, et de notre règne le 56e. Signé Louis. » — Ces lettres-patentes furent registrées au parlement le 6 septembre 1771, et reçurent leur exécution au mois de décembre de la même année. En 1792 la rue d’Artois quitta cette dénomination pour prendre celle de rue Cérutti, en mémoire de Joseph-Antoine Cérutti, jésuite, né en Piémont le 13 juin 1738, mort à Paris le 3 février 1792, et qui fut membre de la commune de Paris et député à l’Assemblée législative. Son hôtel était situé dans la rue d’Artois, à l’encoignure du boulevart ; il a été démoli en 1839, et remplacé par la maison dorée, appelée ainsi en raison des dorures dont elle est ornée. — Une décision ministérielle, en date du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, a maintenu la largeur assignée à cette voie publique par les lettres-patentes précitées. En vertu d’un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, elle reprit la dénomination de rue d’Artois.

2e Partie comprise entre les rues de Provence et de la Victoire. — Une ordonnance royale du 30 juillet 1823, porte : « Article 1er. Le sieur Berchut est autorisé à ouvrir sur les terrains qui lui appartiennent une rue qui formera le prolongement de la rue d’Artois à Paris, sur une même largeur de 9 mètres 74 centimètres (30 pieds), etc… Art. 2e. Cette autorisation est accordée aux conditions exprimées dans la demande de l’impétrant et, en outre, à la charge par lui de se conformer aux lois est règlements sur la voirie de Paris, etc… » Cette ordonnance fut immédiatement exécutée. L’emplacement traversé par ce percement était occupé par l’hôtel Thélusson, vendu par le domaine de l’état au sieur Berchut.

3e Partie comprise entre les rues de la Victoire et Ollivier. — Elle a été formée en vertu d’une ordonnance royale du 21 juillet 1824, relative aux abords de l’église Notre-Dame-de-Lorette. Sa largeur est de 13 m. En 1830, la rue d’Artois prit dans toute son étendue la dénomination de rue Laffitte, en l’honneur de Jacques Laffitte, qui contribua si puissamment au succès de la révolution de juillet. M. Laffitte a été ministre des finances ; il est aujourd’hui député de la ville de Rouen.

Les constructions riveraines de la rue Laffitte ne sont pas soumises à retranchement. — Égout entre les rues de Provence et Ollivier. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Lagny (rue du Chemin-de-).

Commence à l’avenue des Ormeaux, nos 1 et 3 ; finit à la rue des Ormeaux, no 2. Pas de numéro. Sa longueur est de 28 m. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Tracée à la fin du siècle dernier, cette rue tire son nom de sa proximité d’un chemin ainsi appelé et qui se dirige sur la petite ville de Lagny. — Un décret impérial du 14 mars 1808 autorisa la suppression de cette rue. Ce décret n’a pas été exécuté. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour la rue du Chemin-de-Lagny, dont la largeur varie de 7 m. 40 c. à 11 m.

Laiterie (rue de la).

Située dans l’Enclos de la Trinité. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

C’était en 1790 la rue Saint-Pierre. Depuis 1793, on la nomme de la Laiterie. (Voir l’article Trinité, passages de la.)

Lamoignon (cour).

Située entre le quai de l’Horloge, no 45, et la cour Harlay, nos 6 et 7. Le dernier numéro est 39. — 11e arrondissement, quartier du Palais-de-Justice.

Cette cour a été formée, en 1671, sur l’emplacement du jardin de l’hôtel du Baillage. Elle est comprise dans l’enceinte du Palais-de-Justice, et doit son nom à Guillaume de Lamoignon, seigneur de Basville, nommé premier président au parlement de Paris en 1658, mort en 1677. Cette cour n’est point reconnue voie publique par l’administration. En vertu d’une ordonnance royale du 26 mai 1840, elle doit être supprimée pour faciliter l’agrandissement du Palais-de-Justice.

Lancry (rue).

Commence à la rue de Bondy, nos 46 et 48 ; finit à la rue des Marais, nos 23 et 25. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 262 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

« Louis, etc… Nous avons ordonné par ces présentes signées de notre main, ordonnons qu’il sera ouvert une rue dans la masse du terrain appartenant aux sieurs Lancry et Lollot, enfermée par la rue de Bondi et la ruelle Saint-Nicolas, à commencer du côté du boulevart, vers le milieu de cette masse entre la porte Saint-Martin et la rue du Temple, allant en ligne droite dans la dite ruelle Saint-Nicolas ; le tout aux frais des dits sieurs Lancry et Lollot ou de leurs représentans, lesquels seront tenus à cet effet de fournir tout le pavé et terrasse nécessaires ; voulons que la nouvelle rue soit fixée à trente pieds, conformément à la déclaration du 16 mai 1765, etc… Donné à Versailles, le 22e jour de novembre, l’an de grâce 1776, et de notre règne le 3e. Signé Louis, et scellées du grand sceau de cire jaune. » — Ces lettres-patentes, registrées au parlement le 12 mars 1777, furent immédiatement exécutées. À la fin de cette année, le sieur Lancry s’étant rendu acquéreur des terrains situés entre la ruelle Saint-Nicolas et la rue des Marais, prolongea sur cet emplacement la nouvelle rue autorisée par les lettres-patentes précitées. — Une décision ministérielle du 23 floréal an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés riveraines sont presque toutes à l’alignement. Celles nos 23 et 25 devront reculer de 30 c. à 46 c. ; le surplus n’est soumis qu’à un léger redressement. — Égout entre les rues Neuve-Saint-Nicolas et des Marais. — Conduite d’eau depuis la rue de Bondy jusqu’à la rue Neuve-Saint-Nicolas. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Landry (rue Saint-).

Commence au quai Napoléon, nos 23 et 25 ; finit à la rue des Marmousets, nos 16 et 18. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 80 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Elle était anciennement désignée sous le nom de Port Notre-Dame et de Port Saint-Landry. En 1267, plusieurs titres la nomment Terra ad Batellos. L’extrémité de cette rue vers la rivière s’appelait, en 1248, rue du Fumer. Sa dénomination actuelle lui vient de l’église Saint-Landry, dont nous parlerons à la fin du présent article. — Une décision ministérielle, en date du 26 prairial an XI, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette dimension est portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 4 mars 1834. Les maisons nos 1, 3, 4, 6, 8, 10 et 12, sont alignées ; no 5, retranch. réduit, 2 m. 20 c. ; nos 7 et 9, ret. 5 m. 60 c. ; propriété sur le côté droit à l’angle du quai, ret. 70 c. — Égout entre le quai Napoléon et la rue Haute-des-Ursins. — Conduite d’eau depuis cette rue jusqu’à celle des Marmousets.

L’église Saint-Landry, qui a donné son nom à cette voie publique, exerça longtemps l’imagination des savants. Dulaure croit qu’une chapelle de Saint-Nicolas existait sur son emplacement vers la fin du VIIIe siècle. Dès le commencement du IXe, avant le siège de Paris par les Normands, les prêtres de Saint-Germain-le-Rond (Saint-Germain-l’Auxerrois), voulant préserver le corps de saint Landry des insultes des barbares, le transportèrent en la Cité, dans la chapelle de Saint-Nicolas, qui prit à cette occasion le nom de Saint-Landry qu’elle a toujours porté depuis. Le plus ancien titre qui fasse mention de cette église, est un acte de l’année 1160 ; on y trouve que le prêtre de Saint-Landry est appelé Jean. Dans les lettres de l’évêque, Maurice de Sully, de l’an 1171, on lit « Que Jean, prêtre de Saint-Landry, vendit une vigne située sur le territoire de Laas, moyennant 20 livres. » Les reliques de saint Landry étaient perdues ou enlevées, lorsqu’en 1408, Pierre d’Orgemont, évêque de Paris, donna quelques ossements qu’il tira de la châsse de ce Saint, conservée dans l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. — Pierre Broussel, conseiller au parlement, fut enterré dans l’église Saint-Landry, dont la suppression eut lieu en 1790. Devenue propriété nationale, elle fut vendue le 24 mai 1792. La maison no 1 occupe une partie de son emplacement.

Lanterne (rue de la).

Commence à la rue Saint-Bon, nos 7 et 9 ; finit à la rue des Arcis, nos 44 et 48. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 38 m. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Dès 1250 on la connaissait sous le nom de ruelle Saint-Bon, en raison de la chapelle Saint-Bon qui se trouvait vis-à-vis de cette ruelle. En 1440, elle prit d’une enseigne la dénomination de rue de la Lanterne. — Une décision ministérielle du 1er messidor an XII, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 8 m. en vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. à 2 m. 70 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Lanterne (rue de la Vieille-).

Commence à la place du Châtelet, nos 2 et 4 ; finit à la rue de la Vieille-Place-aux-Veaux, nos 20 et 22. Pas de numéro impair ; un seul pair qui est 2. Sa longueur est de 30 m. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Vers l’année 1300, c’était la rue de l’Escorcherie. En 1512 c’était la rue des Lessives ou de l’Ecorcherie. Elle était alors habitée par des bouchers et des blanchisseuses. Sa dénomination actuelle lui vient d’une enseigne. — Deux décisions ministérielles des 11 octobre 1806 et 21 juin 1817, ont fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. La maison no 2 est alignée. — Égout du côté de la rue Saint-Jérôme.

Lantier (rue Jean-).

Commence à la rue des Lavandières-Sainte-Opportune, nos 13 et 15 ; finit à la rue Bertin-Poirée, nos 10 et 14. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 80 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Son véritable nom est Jean-Lointier, qu’elle devait à un riche habitant de cette rue. Elle est ainsi indiquée dans les actes des XIIIe et XIVe siècles. C’est la rue Philippe Lointier dans la liste des rues du XVe siècle. Le nom qu’elle porte aujourd’hui n’est qu’une altération du premier. — Une décision ministérielle du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé à 6 m. la largeur de cette voie publique. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838. La maison no 1 est soumise à un retranchement qui varie de 4 m. 50 c. à 5 m. 30 c. ; celle no 3 devra reculer de 3 m. 50 c. ; celle no 5 est alignée. Sur le côté droit, la maison formant l’encoignure de la rue des Lavandières est alignée ; no 2, retranch. moyen 2 m. ; les autres constructions de ce côté devront reculer de 2 m. 40 c. à 3 m. 30 c. — Conduite d’eau entre les rues des Orfèvres et Bertin-Poirée. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Lappe (rue Neuve-).

Commence à la rue de Charonne, nos 27 et 29 ; finit à la rue de la Roquette, nos 54 et 56. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 252 m. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Une ordonnance royale du 15 juillet 1829 contient les dispositions suivantes : — « Article 1er. Les sieurs Roard de Clichy et Duboc Taffinier sont autorisés à ouvrir sur leurs propriétés une rue de 10 m. de largeur, qui portera le nom de rue Neuve de Lappe, et servira de communication entre les rues de la Roquette et de Charonne. Cette autorisation est accordée à la charge par les impétrants : 1o de n’élever (eux ou leurs ayant-droit) les constructions riveraines de la nouvelle rue à plus de quinze mètres de hauteur, mesurées du niveau du pavé, jusqu’à l’entablement y compris attiques ou mansardes ; 2o d’établir à mesure des constructions des trottoirs en pierre dure, conformément aux prescriptions de l’administration ; 3o de supporter les frais de premier établissement du pavage et de l’éclairage, ainsi que ceux des travaux nécessaires pour faire concorder les pentes avec le système général d’écoulement des eaux souterraines. » — Ce percement a été immédiatement exécuté. Le nom de rue Neuve-Lappe lui fut donné en raison de sa proximité de la rue Lappe, qui porte aujourd’hui la dénomination de rue Louis-Philippe. (Voyez cet article). — Conduite d’eau.

Lard (impasse au).

Située dans la rue Lenoir-Saint-Honoré, entre les nos 1 et 3. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 9 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Dans cette impasse, qui fait la continuation de la rue au Lard, était située l’ancienne boucherie de Beauvais. — Une décision ministérielle, à la date du 24 juin 1817, a fixé la largeur de cette impasse à 8 m.

Les constructions du côté gauche devront reculer de 3 m. Celles du côté opposé ne sont pas soumises à retranchement.

Lard (rue au).

Commence à la rue de la Lingerie, nos 13 et 15 ; finit à la rue Lenoir, nos 2 et 4. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 42 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Elle a été ainsi nommée parce qu’on y vendait du lard et de la charcuterie. — Une décision ministérielle du 24 juin 1817 fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Dans sa séance du 10 janvier 1840, le conseil municipal a délibéré que la rue au Lard ne serait soumise à aucun alignement. La largeur actuelle de cette voie publique qui débouche sous une arcade dans la rue de la Lingerie, est de 5 m. à 5 m. 50 c. — Éclairage au gaz (compe Française).

Las-Cases (rue).

Commence à la rue de Bellechasse, nos 34 et 36 ; finit à la rue Casimir-Périer, no 7, et à la place de Bellechasse. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 200 m. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Elle a été ouverte, en 1828, sur une partie des terrains dépendant du couvent des religieuses de Bellechasse, et dont la vente avait été effectuée par le domaine de l’État Ies 3, 4 et 9 juin de la même année. Cette voie publique est entièrement exécutée sur une largeur de 13 m. ; elle se prolonge comme impasse dans la rue Martignac. En 1830, elle a reçu le nom de rue Las-Cases. M. le comte de Las-Cases, dont le dévouement à l’empereur a été si honorable, est mort en 1842. (Voyez l’article de la rue de Bellechasse). — Portion d’égout du côté de la rue Casimir-Périer. — Conduite d’eau depuis cette rue jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe française).

Latour-Maubourg (boulevart).

Commence à l’avenue de Tourville, no 7 ; finit à l’avenue La Motte-Piquet, no 1. Pas de numéro impair ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 321 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Une ordonnance royale du 11 juillet 1827 porte ce qui suit : « Vu l’arrêté du gouvernement du 15 avril 1798 (26 germinal an VI), qui ordonne l’ouverture d’un boulevart sur le côté occidental de l’hôtel des militaires-invalides à Paris ; vu le décret du 25 mars 1811, qui a modifié les dispositions de cet arrêté, etc. ; vu la délibération du conseil municipal de Paris en date du 24 novembre 1826 ; notre conseil d’état entendu, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : Article 1er. Il sera ouvert sur le côté occidental de l’Hôtel royal des Invalides, à Paris, un nouveau boulevart, conformément au plan ci-annexé, depuis l’avenue Tourville jusqu’à celle de La Motte-Piquet. — Art. 2. Les frais de pavage et de plantation de ce boulevart seront supportés par la ville de Paris, etc. » — « Séance du 24 novembre 1826. Le conseil municipal émet le vœu que ce nouveau boulevart prenne le nom de Latour-Maubourg, comme un hommage dû au gouverneur actuel de l’hôtel royal des militaires-invalides ». (Extrait de la délibération). L’ordonnance précitée fut immédiatement exécutée. — En vertu d’une loi du 19 mars 1838, le ministre des finances, au nom de l’État, a été autorisé à céder gratuitement à la ville de Paris le boulevart Latour-Maubourg. La ville est tenue expressément de conserver les formes et dimensions actuelles de cette voie publique, dont la largeur est de 27 m. 50 c. —

Latran (enclos et passage Saint-Jean-de-).

Situés dans la place Cambray, no 4, et dans la rue Saint-Jean-de-Beauvais, nos 22 et 34. Le dernier numéro est 23. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Les croisades ont donné naissance aux hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, ainsi qu’aux frères de la milice du Temple. L’institution de ces deux ordres était cependant différente. Les Templiers, plutôt soldats que religieux, veillaient à la sûreté des chemins, et protégeaient, l’épée à la main, les pèlerins qui allaient visiter les saints lieux. Les hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, depuis nommés chevaliers de Rhodes et enfin chevaliers de Malte, se rapprochaient davantage de l’état religieux ; ils s’engageaient, ainsi que leur premier nom nous l’indique, à loger et défrayer les pélerins. Quelques historiens ont prétendu que la maison des hospitaliers existait à Paris, dans le clos Bruneau, depuis 1130. Les raisonnements qu’ils ont pu fournir ont été combattus victorieusement par Jaillot, qui fixe, ainsi que Sauval, leur premier établissement à l’année 1171. Saint Jean était le patron des hospitaliers, leur chapelle principale ou commanderie en porta également le nom. Vers la fin du XVIe siècle, cet ordre, appelé jusqu’alors Saint-Jean-de-Jérusalem, prit le nom de Saint-Jean-de-Latran. « Ne faudrait-il pas voir dans ce changement de dénomination, dit M. Géraud dans son ouvrage ayant pour titre : Paris sous Philippe-le-Bel, un témoignage de reconnaissance pour le dix-neuvième concile de Latran, tenu en 1517, qui, en se séparant, vota une imposition de décimes pour soutenir la guerre que le grand-maître des hospitaliers, Villiers de l’Île-Adam, faisait aux infidèles. » La commanderie de Saint-Jean-de-Latran occupait un vaste emplacement. Le clos contenait le grand hôtel habité par le commandeur. Il avait été bâti sous le magister de Jacques de Souvré. On y voyait aussi plusieurs maisons mal construites, et qui bordaient une grande cour où logeaient toutes sortes d’artisans qui jouissaient des mêmes droits de franchise que les habitants de l’enclos du temple. Une immense tour carrée, à quatre étages, était destinée aux pèlerins et aux malades qui demandaient l’hospitalité. L’église, desservie par un chapelain de l’ordre de Malte, servait de paroisse à tous les habitants de Saint-Jean-de-Latran. Le commandeur jouissait dans cet enclos de la justice haute, moyenne et basse. La commanderie rapportait 12,000 livres de rente au titulaire. Le commandeur pourvu de ce bénéfice, avait de plus deux maisons d’agrément : l’une située dans la rue de Lourcine, l’autre dite la Tombe-Isoire, au-dehors de la barrière Saint-Jacques. L’ordre de Saint-Jean-de-Latran fut supprimé en 1790. L’enclos et les maisons qui en dépendaient devinrent propriétés nationales. Une faible partie fut vendue le 11 thermidor an V, et tout l’enclos fut aliéné en 7 lots le 9 pluviôse an VI. L’église a été démolie vers 1824.

Latran (rue Saint-Jean-de-).

Commence aux rues Saint-Jean-de-Beauvais, no 40, et Fromentel, no 2 ; finit à la place Cambray, nos 1 et 2. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 55 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

En 1175, cette voie publique se nommait rue de l’Hôpital, en raison des hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, nommés depuis Saint-Jean-de-Latran, qui s’y étaient établis vers 1171. En 1370, c’était la rue Saint-Jean-de-l’Hôpital ou Saint-Jean-de-Jérusalem, et en dernier lieu Saint-Jean-de-Latran. Elle se prolongeait anciennement sous cette dénomination jusqu’à la rue Saint-Jacques. — Un arrêt du conseil du 7 septembre 1688 ordonna l’élargissement de la rue Saint-Jean-de-Latran. Cette amélioration ne fut exécutée qu’en 1715, en vertu d’un second arrêt dont nous donnons ici un extrait : « Le roy en son conseil a ordonné et ordonne que l’arrêt du conseil du 7 septembre 1688, et le contrat fait entre les prévôt des marchands et échevins et les supérieurs et boursiers du collége de Tréguier et de celui de Kérambert, ensemble le plan y mentionné seront exécutez selon leur forme et teneur, et en conséquence, que par les dits prévôt des marchands et les échevins, il sera passé contrat de constitution aux supérieur, visiteur, réformateur et correcteur du collége de Tréguier uny au collége royal de France et aux boursiers du dit collége et de celui de Kérambert, de 220 livres de rente au denier 25, au principal de 5,500 livres sur les droits attribuez des octrois, pour le prix de 27 toises, ou environ de place qu’il convient de retrancher des maisons du dit collége, pour l’élargissement de la rue Saint-Jean-de-Latran, lequel retranchement sera fait quant à présent par une clôture de planches, conformément au dit plan et au contrat. Fait au conseil d’état du roy, tenu à Versailles, le 2e jour de février 1715. Signé Louis. » (Bureau de la ville, reg. H, no 1846, fo 181.) — La partie de la rue Saint-Jean-de-Latran, qui fut élargie en vertu de cet arrêt, est connue aujourd’hui sous le nom de place Cambray. Nous n’avons mentionné cet acte que pour indiquer l’état ancien de la rue Saint-Jean-de-Latran. Quant aux colléges de Tréguier et de Kérambert, cités dans le document qui précède, nous en avons tracé l’origine à l’article du collége de France, qui occupe aujourd’hui la plus grande partie de leur emplacement. — Une décision ministérielle du 13 fructidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de la rue Saint-Jean-de-Latran à 9 m. Les maisons nos 6 et 8 sont à l’alignement. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Laurent (église Saint-).

Située place de la Fidélité. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

L’origine et la position de cette église ont soulevé de nombreuses discussions. Elle existait au VIe siècle, si l’on admet le témoignagne de Grégoire de Tours, lorsqu’il en parle dans le cours d’un récit qu’il nous a laissé, sur un débordement de la Seine et de la Marne, arrivé en 583. On convient assez généralement que l’église Saint-Laurent était située dans le faubourg Saint-Denis, et qu’elle occupait dans les premiers temps l’emplacement actuel de la maison Saint-Lazare. Les historiens affirment également que le cimetière de cette église était situé à droite de la route de Saint-Denis et que, dans la suite, on y éleva une seconde église dédiée aussi à Saint-Laurent. Cette opinion est appuyée par une découverte qui eut lieu au commencement du XVIIIe siècle. Nicolas Gobillon faisant exécuter des réparations derrière la seconde église, les ouvriers déterrèrent plusieurs cercueils dans lesquels on trouva des corps dont les vêtements noirs étaient semblables à ceux des moines ; ces corps tombèrent en poussière dès qu’on les exposa au grand air. On pensa que ces tombeaux pouvaient avoir neuf cents ans d’antiquité. L’église Saint-Laurent, érigée en paroisse vers l’année 1180, fut rebâtie et dédiée le 19 juin 1429, par Jacques de Chastellier, évêque de Paris. On l’augmenta encore en 1548 ; enfin, on la rebâtit presque entièrement, en 1595, au moyen des aumônes et charités des bourgeois de Paris. La construction du grand portail ne date que de 1622. L’église Saint-Laurent, qui portait en 1793 le nom de Temple de l’Hymen et de la Fidélité, est maintenant la Paroisse du 5e arrondissement.

Laurent (marché Saint-).

Situé entre les rues Saint-Laurent et Neuve-Chabrol. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Il a été construit en 1836, sur une partie de l’ancienne foire Saint-Laurent dont nous rappelons l’origine. — Louis-le-Gros avait accordé à la léproserie de Saint-Lazare le droit de foire. Ce droit fut confirmé par Louis-le-Jeune. En 1181, Philippe-Auguste acheta cette foire et la transféra aux halles, dans le territoire de Champeaux. Ce roi, dans l’acte d’acquisition, accorda à Saint-Lazare un jour de foire dans le local de Saint-Laurent. Dans la suite, la durée de cette dernière foire fut augmentée ; au lieu d’un jour elle en eut huit, puis quinze. Les prêtres de la Mission, qui prirent la place des religieux de Saint-Lazare, obtinrent au mois d’octobre 1661 des lettres-patentes, qui les confirmèrent dans la possession de cette foire et dans tous les droits et privilèges qui y étaient attachés. Ces religieux consacrèrent à cet objet un emplacement de cinq arpents entourés de murs, où ils firent construire des boutiques et ouvrir des rues bordées d’arbres. Cette foire durait trois mois, depuis le 1er juillet jusqu’au 30 septembre. Abandonnée en 1775, cette foire fut rétablie le 17 août 1778, eut la vogue pendant quelques années, puis fut supprimée vers 1789. Le terrain qu’elle occupait resta vague jusqu’en 1826. À cette époque, madame la baronne de Bellecôte, propriétaire de cet emplacement, fit ouvrir, sans autorisation, deux rues qui portent aujourd’hui les noms de Neuve-Chabrol et du Marché-Saint-Laurent. En 1835, on commença la construction d’un marché de comestibles d’après les dessins de M. Philippon, architecte. Cet établissement, qui se compose d’un corps de halle de 43 m. 35 c. de longueur sur 14 m. 25 c. de largeur, a été inauguré le 9 août 1836.

Laurent (rue du Marché-Saint-).

Commence à la rue Saint-Laurent, no 24 ; finit à la rue Neuve-Chabrol, no 11. Le dernier impair est 9 ; pas de numéro pair : ce côté est borde par le marché. Sa longueur est de 68 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Formée sans autorisation en 1826 sur les terrains appartenant à Madame la baronne de Bellecôte, et qui provenaient de l’ancienne foire Saint-Laurent, cette rue qui a 12 m. environ de largeur, n’est point reconnue voie publique par l’administration. (Voyez l’article qui précède).

Laurent (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue du Temple, nos 111 et 113 ; finit aux rues de la Croix, no 20, et du Pont-aux-Biches, no 2. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 224 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Ouverte sur la culture Saint-Martin, elle en portait le nom au commencement du XVe siècle. En 1546 on la nommait rue Neuve-Saint-Laurent dite du Vertbois ; sans doute parce qu’elle fait le prolongement de cette dernière voie publique. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la largeur de la rue Neuve-Saint-Laurent à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 23 janvier 1828, cette largeur a été portée, savoir : depuis la rue du Temple jusqu’à la rue Sainte-Élisabeth à 11 m., et depuis cette dernière jusqu’aux rues de la Croix et du Pont-aux-Biches à 10 m. Propriétés de 1 à 7, retranch. 3 m. à 3 m. 80 c. ; encoignure gauche de la rue Sainte-Élisabeth, alignée ; 11 et 13, ret. 3 m. 20 c. environ ; dépendances des Madelonnettes, alignées ; le surplus de ce côté ret. 2 m. 30 c. à 2 m. 80 c. De 2 à 6, ret. 90 c. à 2 m. 20 c. ; 8, 8 bis et 8 ter, alignées ; de 10 à 14, ret. 30 c. au plus ; 16, alignée ; de 18 à 32, ret. 45 c. à 1 m. 35 c. ; 34, alignée. Maison à l’encoignure de la rue du Pont-aux-Biches, ret. 1 m. 50 c. — Conduite d’eau entre les rues du Temple et Sainte-Élisabeth. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Laurent (rue Saint-).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 133 et 135 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Denis, nos 112 et 114. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 209 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Ce n’était qu’une ruelle en 1652. Au commencement du XVIIIe siècle, des habitations s’élevèrent dans cette rue qui tire son nom de l’église Saint-Laurent dont elle est voisine. — Une décision ministérielle du 7 juin 1808, signée Cretet, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés nos 15, 17, 4 et 10, le marché et la maison no 32 et celle qui fait l’encoignure de la rue du Faubourg-Saint-Denis ne sont pas soumis à retranchement. Celles no 13 et 6 ne devront subir qu’un léger redressement. — Conduite d’eau.

Laurette (passage).

Commence à la rue de l’Ouest, nos 48 et 50 ; finit à la rue Notre-Dame-des-Champs, nos 51 et 53. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 6. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Il a été ouvert en 1800 par Me Guerinet, notaire, sur des terrains qu’il avait acquis de Hus-Leliévre, apothicaire de Louis XVI. Ce passage doit son nom à Laurette Delatte, femme Guerinet. — Un arrêté préfectoral du 7 décembre 1840 a prescrit l’établissement de clôtures aux deux extrémités de ce passage qui a 12 m. de largeur.

Laval (rue).

Commence à la rue des Martyrs, nos 59 et 61 ; finit à la rue Pigalle, nos 26 et 28. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair 26. Sa longueur est de 306 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Elle a été ouverte en 1777 sous le nom de Ferrand. — Une décision ministérielle du 28 janvier 1817 fixa la largeur de cette voie publique à 9 m. 23 c. En vertu d’une ordonnance royale du 1er juillet 1834, cette dimension est portée à 10 m. Toutes les propriétés du côté des numéros impairs, et celles nos 16, 18, 22 et 26 sont à l’alignement. — L’aqueduc de ceinture passe sous cette rue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Lavandières-Place-Maubert (rue des).

Commence à la place Maubert, no 18, et à la rue Galande, no 1 ; finit à la rue des Noyers, nos 16 et 18. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 77 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Elle était bordée de constructions vers 1230. Sa dénomination lui vient des lavandières ou blanchisseuses, que le voisinage de la rivière avait attirées en cet endroit. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons nos 4, 6, 8, 10 et 12 sont alignées. — Conduite d’eau depuis la rue des Noyers jusqu’à la borne-fontaine.

Lavandières-Sainte-Opportune (rue des).

Commence à la rue Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 34 et 36 ; finit aux rues des Fourreurs, no 1, et de la Tabletterie, no 17. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 187 m. — 4e arrondissement, de 1 à 17 et de 2 à 16, quartier du Louvre ; de 18 à la fin, quartier des Marchés ; de 19 à la fin, quartier Saint-Honoré.

Elle était entièrement construite en 1244 (même étymologie que la rue qui précède). — Une décision ministérielle du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1836. Les maisons nos 1 et 15 sont alignées ; celles du côté des numéros pairs devront subir un retranchement considérable. — Égout entre les rues Jean-Lantier et de la Tabletterie. — Conduite d’eau depuis la rue du Chevalier-du-Guet jusqu’à celle du Plat-d’Étain. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Lavoisier (rue).

Commence à la rue d’Anjou-Saint-Honoré, nos 39 et 39 bis ; finit à la rue d’Astorg, nos 22 et 28. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 210 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Une ordonnance royale du 22 janvier 1840 porte ce qui suit : « Le sieur Léon de Chazelles est autorisé à ouvrir à ses frais sur des terrains qui lui appartiennent dans la ville de Paris, deux rues destinées à communiquer, l’une de la rue d’Anjou à la rue d’Astorg, l’autre à celle de la Pépinière. Les alignements de ces deux voies publiques sont arrêtés suivant le tracé des lignes noires sur les plans, et conformément aux procès-verbaux des points de repère, d’après lesquels la largeur de l’une est fixée à 12 m., et celle de la seconde à 15 m. chacune dans tout son parcours. — Art. 2e. L’autorisation ci-dessus accordée ne profitera audit sieur de Chazelles qu’à la charge par lui de remplir les clauses et conditions insérées dans la délibération du conseil municipal de Paris du 16 août 1839, entr’autres d’abandonner gratuitement à cette ville la portion de terrain indiquée dans cette délibération, et de plus, à la condition de donner un écoulement souterrain à l’eau des ruisseaux qui seront placés sur les côtés de la chaussée, etc… Donné au palais des Tuileries, le 22 janvier 1840, signé Louis-Philippe. » M. Léon de Chazelles, sans attendre cette autorisation, avait fait percer en 1838 les deux rues dont il s’agit. Celle qui fait l’objet du présent article a reçu, en vertu d’une décision du roi à la date du 29 avril 1840, le nom de rue Lavoisier. Antoine-Laurent Lavoisier, célèbre chimiste, naquit à Paris le 16 août 1743. Il avait à peine 23 ans, lorsqu’il remporta le prix proposé par l’académie des sciences, sur le meilleur mode d’éclairage à donner à la ville de Paris. En 1769, Lavoisier obtint la place de fermier général, et fit paraître en 1789 son Traité élémentaire de Chimie. Traduit au tribunal révolutionnaire avec les autres fermiers-généraux, Lavoisier fut condamné à mort. Plus soucieux de la science que de sa vie, il réclama vainement quelques jours de délai pour terminer les expériences qu’il continuait au fond de son cachot. On lui fit réponse que la république pouvait se passer de savants, et le 8 mai 1794, la tête de Lavoisier tomba sur l’échafaud.

Les constructions riveraines de la rue Lavoisier sont alignées. — Portion d’égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Lavrillière (rue de).

Commence à la rue Croix-des-Petits-Champs, no 53 ; finit aux rues Neuve-des-Bons-Enfants, et de la Feuillade, no 5. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 112 m. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Cette voie publique faisait anciennement partie de la rue Neuve-des-Petits-Champs. Elle doit son nom au secrétaire d’état Phélypeaux de Lavrillière, comte de Saint-Florentin, qui fit bâtir un superbe hôtel occupé aujourd’hui par la Banque de France. — Une décision ministérielle du 1er août 1821, et une ordonnance royale du 23 juillet 1828, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées ; celles du côté des numéros pairs ne sont soumises qu’à un retranchement de 50 c. — Conduite d’eau depuis l’entrée de la Banque jusqu’à la rue Neuve-des-Bons-Enfants. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Lazare (maison Saint-).

Située dans la rue du Faubourg-Saint-Denis, no 117. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

On ignore l’origine de la maison Saint-Lazare ; le plus ancien titre qui mentionne cet établissement est de l’année 1110. C’était un hôpital de pauvres lépreux, sous l’invocation de Saint-Ladre ou Saint-Lazare. Pour soutenir cette maladrerie, le roi Louis-le-Gros établit en sa faveur une foire dont elle touchait les revenus. Louis VII, avant son départ pour la croisade, visita cette léproserie et y laissa des marques de sa libéralité. La foire Saint-Lazare qui avait été donnée à cet hôpital, durait huit jours et se tenait sur le chemin qui de Saint-Denis conduit à Paris. Philippe-Auguste l’acheta en 1183, et la transféra dans la capitale, au lieu dit les Champeaux. Plusieurs historiens ont pensé que l’abbaye Saint-Laurent ayant été abandonnée, l’évêque de Paris y établit plus tard une léproserie. On sait que, dans le moyen-âge, tous les établissements avaient un caractère religieux ; dans la suite cette léproserie, qui avait une chapelle particulière dédiée à saint-Ladre,