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prit le nom de ce patron. Ainsi que nous l’apprend Jaillot, cette maison n’était point une communauté religieuse. Dans deux arrêts du parlement, le maître de Saint-Lazare n’est appelé que le prétendu prieur du soit disant prieuré Saint-Lazare. L’évêque avait seul le droit de nommer le prieur ou plutôt le chef, le régisseur de la maison. Le prélat avait en outre la faculté de le suspendre, de visiter la maison, et d’en modifier les règlements. L’évêque de Paris, vers 1515, introduisit les chanoines réguliers de Saint-Victor dans la maison Saint-Lazare ; l’administration de ces chanoines ne fut pas, à ce qu’il paraît, exempte de reproches. Un arrêt du parlement du 9 février 1566, ordonna que le tiers des revenus de Saint-Lazare serait employé à la nourriture et entretènement des pauvres lépreux. Les désordres continuèrent dans la gestion de cet établissement. En 1632, Adrien Lebon, principal, offrit sa maison à l’illustre Vincent-de-Paul, instituteur des prêtres de la Mission ; ces religieux s’installèrent à Saint-Lazare, en vertu d’un décret d’union donné par l’archevêque de Paris. Le principal emploi de cette congrégation était de travailler à l’instruction des pauvres habitants des campagnes qui n’avaient ni évêché ni présidial. Dans l’enclos Saint-Lazare, le plus vaste qu’il y eût dans Paris, se trouvait un bâtiment appelé le logis du roi. Ordinairement les rois et les reines s’y rendaient pour recevoir le serment de fidélité des habitants de Paris avant de faire leur entrée dans cette ville. Les dépouilles mortelles des rois de France étaient déposées pendant quelques heures dans la maison Saint-Lazare, et tous les prélats du royaume allaient jeter de l’eau bénite sur ces restes que les caveaux de Saint-Denis devaient renfermer. Vers la fin du XVIIe siècle, cet établissement tombait en ruines ; les prêtres de la Mission songèrent à le reconstruire. Ils firent élever, de 1681 à 1684, les vastes bâtiments qui existent encore aujourd’hui ; l’église qui avait été réparée au commencement du XVIIe siècle fut conservée. — Le 14 juillet 1789, Saint-Lazare fut pillé, incendié par une troupe de malfaiteurs ; la milice parisienne, instituée le même jour, vint heureusement arrêter les progrès de la dévastation. En 1793, cet établissement fut converti en prison, on y renferma plus de douze cents personnes. Nougaret, qui écrivait pendant la révolution, nous donne quelques détails sur cette prison. « Une chose assez comique, dit-il, c’était les écrous. Ici on lisait : Vivian, perruquier, prévenu d’imbécillité et de peu de civisme (ce malheureux est resté un an au secret). Dans les derniers temps Hermeau, président des commissions populaires, venait faire un travail sur les listes qui lui étaient présentées. C’était Verner qui était directeur général des interrogatoires qu’on faisait subir aux prisonniers. On leur demandait : « As-tu voté pour Raffet ou pour Henrion ? as-tu dit du mal de Robespierre ou du tribunal révolutionnaire ? combien as-tu dénoncé de modérés, de nobles, ou de prêtres dans la section ? » Voilà quel était le cercle ordinaire des demandes qui, au surplus, ne se faisaient que pour la forme ; car une fois les listes arrêtées, ceux qui y étaient signalés avec la croix fatale étaient bien sûrs d’être égorgés. » — Un des prisonniers qui ont excité le plus d’intérêt est Roucher, l’auteur des Mois ; il passait le temps à former la jeunesse d’un de ses enfants nommé Émile, et cette occupation charmait les ennuis de sa captivité. Le jour qu’il reçut son acte d’accusation, il prévit bien le triste sort qui l’attendait ; il renvoya son fils à qui il donna son portrait pour le remettre à son épouse. Cet envoi était accompagné du quatrain suivant adressé à sa femme et à ses enfants :

« Ne vous étonnez pas, objets charmants et doux,
» Si quelqu’air de tristesse obscurcit mon visage ;
» Lorsqu’un savant crayon dessinait cette image,
» On dressait l’échafaud, et je pensais à vous. »

André Chénier fut également enfermé à Saint-Lazare et n’en sortit que pour monter sur l’échafaud.

Cet établissement est aujourd’hui affecté aux femmes prévenues de délits ou de crimes, ainsi qu’aux filles publiques. La population annuelle de cette prison s’élève à huit ou neuf cents. — L’ancienne église Saint-Lazare qui depuis la révolution servait de succursale à la paroisse Saint-Laurent, a été démolie en 1823 ; on a construit ensuite une chapelle et une infirmerie. Dans ces dernières années, cet établissement a été augmenté au moyen de plusieurs acquisitions, entr’autres d’une propriété portant le no 113 sur la rue du Faubourg-Saint-Denis et appartenant aux hospices (voir l’article prison des Jeunes-Détenus) et de terrains provenant du comte Charpentier. Ordinairement la dépense concernant les prisons est acquittée sur les fonds départementaux, mais ces fonds s’étant trouvés insuffisants, la ville de Paris a contribué aux travaux des bâtiments-Saint Lazare pour une somme de 283,199 fr. 18 c.

Lazare (rue Saint-).

Commence aux rues Bourdaloue, no 7, et Notre-Dame-de-Lorette, no 1 ; finit aux rues de l’Arcade, no 40, et du Rocher, no 2. Le dernier impair est 139 ; le dernier pair, 148. Sa longueur est de 1,080 m. — De 1 à 79 et de 2 à 78, 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin ; de 81 à la fin, 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme ; de 80 à la fin, 1er arrondissement, quartier du Roule.

Vers 1700, on la nommait rue des Porcherons. Elle était aussi appelée rue d’Argenteuil, parce qu’elle conduisait à ce village. En 1734, cette voie publique n’était encore bordée que de rares constructions. En 1770, elle reçut la dénomination de rue Saint-Lazare, en raison de sa direction vers la maison Saint-Lazare. — Une décision ministérielle du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur est portée 11 m. en vertu d’une ordonnance royale du 3 août 1838. Le numérotage de la rue Saint-Lazare a été régularisé conformément à un arrêté préfectoral du 29 mars 1841.

Une ordonnance royale du 3 septembre 1843 a déclaré d’utilité publique l’élargissement à 20 m. de la rue Saint-Lazare, au droit des propriétés nos 115, 117, 119 et 121 (voyez l’article de la rue du Havre). Cette importante amélioration sera prochainement exécutée. — Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : nos 9, 13, 21, de 27 à 37 inclus, encoignure gauche de la rue des Trois-Frères, de 43 à 55 inclus, de 81 à 105 inclus, 109, 113, 129, 131, 133 ; de 2 à 10 inclus, 22, 54, 56, 58, partie du no 60, 62, 70, de 80 à 144 inclus et 148. — Égout et conduite d’eau dans une grande partie de la rue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Lazary (théâtre).

Situé sur le boulevart du Temple, no 58. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

C’était autrefois un théâtre de marionnettes. Depuis 1830, on y représente des vaudevilles et des petits drames.

Leclerc (rue).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Jacques, no 38, et à l’impasse Longue-Avoine ; finit au boulevart Saint-Jacques, no 10. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 93 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Tracée à la fin du dernier siècle, cette rue doit vraisemblablement son nom à un propriétaire. — Une décision ministérielle du 6 pluviôse an XI, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette largeur est portée à 12 m. Les constructions du côté gauche sont alignées, sauf redressement ; celles du côté opposé devront subir un retranchement de 2 m.

Légion-d’Honneur (palais de la).

Situé dans la rue de Lille, no 70. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Bâti en 1786, par Rousseau, architecte, pour le prince de Salm, il porta le nom d’hôtel de Salm. Napoléon ayant fondé la Légion-d’Honneur, le 29 floréal an X (19 mai 1802), le centre de cette administration fut placé à l’hôtel de Salm, qui prit alors le nom de Palais de la Légion-d’Honneur.

D’après l’état des membres de la Légion-d’Honneur, joint au budget de 1844, voici le nombre des personnes décorées à l’époque du 1er janvier 1843 :

Grand’Croix 89 dont 7 sans traitement
Grands-Officiers 221 43
Commandeurs 804 235
Officiers 4,531 2,185
Chevaliers 44,610 25,702

50,255 membres de l’Ordre, dont 22,083 sont rétribués, et 28,172 ne le sont pas.

Sur les 82 grand’croix payés, 5 touchent le traitement de 20,000 fr., 1 touche 15,000 fr., 35 reçoivent 5,000 fr., 24 touchent 2,000 fr., 12 touchent 1,000 fr., et 5 touchent 250 fr. ; c’est-à-dire que la plupart sont payés comme grands-officiers, commandeurs, officiers et chevaliers seulement.

Des 178 grands-officiers, 64 touchent 5,000 fr. (traitement fixé par les statuts de l’Empire), 80 reçoivent 1,000 fr., et 33 touchent 250 fr.

Des 2,185 officiers payés, 700 touchent 1,000 fr., et le reste 250 fr.

Des 18,908 chevaliers payés, 1 reçoit 1,500 fr., comme le plus ancien chevalier de l’ordre, et tous les autres touchent le traitement constitutif de 250 fr.

Enfin, les légionnaires sont portés au budget de 1844 pour la somme de 7,337,698 fr.

Ce tableau, comparé à la population actuelle de la France, déduction faite des femmes et des enfants, on trouve que les 50,000 légionnaires représentent 1 décoré sur 350 hommes faits ou vieillards.

Lemoine (passage).

Commence à la rue Saint-Denis, no 380 ; finit au passage de la Longue-Allée, no 2. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

C’était anciennement la rue du Houssaie ; elle devait ce nom à Étienne Houssaie, qui y fit, en 1658, l’acquisition d’une maison dite la Longue-Allée. Elle prit ensuite le nom de passage de la Longue-Allée. M. Lemoine, qui en devint propriétaire, lui donna son nom.

Lemoine (rue du cardinal).

Commence à la rue des Fossés-Saint-Bernard ; finit à la rue de Poissy. Pas de numéro. Sa longueur est de 179 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

« Le roy estant informé par les prevost des marchands et eschevins de sa bonne ville de Paris, qu’en exécution des arrests du conseil de sa majesté, ils faisoient travailler à l’ouverture et élargissement de la rue des Nonnaindières et à former le terre-plein qui doit estre en face des aisles du Pont-Marie, et vers l’hostel de Sens pour la communication de l’île Nostre-Dame au quartier Saint-Antoine et Marais-du-Temple par la place Royalle, et que pour la plus grande commodité publique et décoration de la ville, on pourroit faire ouverture d’une rue nouvelle au bout du pont de la Tournelle sur le quay, qui communiquerait à travers les chantiers et anciens ramparts de la ville aux quartiers Saint-Victor et Saint-Marceau, par la nouvelle rue des Fossés-des-Angloises, qui se rencontrant de droite ligne au dit pont de la Tournelle, aligneront pareillement la rue des Nonnaindières jusques à la rue Saint-Antoine, en indemnisant les propriétaires des maisons qu’il conviendroit démolir à cet effet, tant des deniers patrimoniaux de la ville que de ceux qui proviendroient des contributions qui seront faites par les propriétaires des maisons du quai de la Tournelle, à proportion de l’avantage qu’ils recevroient de l’ouverture de cette rue. Sa majesté auroit eu ce dessein agréable, et voulant qu’il soit exécuté, sa majesté estant en son conseil a ordonné et ordonne que la dite rue sera ouverte à travers les héritages, chantiers et marais estant vis-à-vis le pont de la Tournelle, et qu’à cet effet les maisons marquées sur le plan que les prevost des marchands et eschevins en ont fait lever par ses ordres seront démolies, etc… Fait au conseil d’état du roy, le 8 novembre 1687. » — Cet arrêt ne fut pas exécuté.

Une ordonnance royale du 7 juillet 1824 porte ce qui suit : « Vu les plans et procès-verbaux d’alignement des rues à former sur l’emplacement de l’ancien collége du cardinal Lemoine à Paris ; vu les contrats domaniaux des 18 frimaire an V, 9 brumaire an IX et 13 germinal an XIII, portant vente de cet emplacement, à charge par les acquéreurs de fournir le terrain nécessaire à l’ouverture des rues dont il s’agit, etc… ; nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : — Article 1er. Les alignements des trois rues à former sur l’emplacement de l’ancien collége du cardinal Lemoine à Paris, sont arrêtés conformément aux lignes noires tracées sur les plans ci-joints, et qui donnent à chacune des deux rues 12 m. de largeur. — Art. 2e. Elles seront ouvertes, quant à présent, sur les terrains qui devront être livrés gratuitement à la ville ; quant à celle de ces trois rues désignée sous le nom de rue du Cardinal Lemoine, et qui exigera des acquisitions de propriétés particulières, il sera pourvu à son achèvement, soit par mesure de voirie, soit en traitant de gré à gré avec les propriétaires des bâtiments à acquérir, soit en procédant, s’il y a lieu, à l’expropriation suivant les formes prescrites par la loi du 8 mars 1810. » — Des trois rues dont l’ouverture a été prescrite par cette ordonnance, une seule a été exécutée. Cette rue a 12 m. de largeur, et n’est pas entièrement bordée de constructions. Elle est fermée depuis 1838.

Collége du cardinal Lemoine. — La voie publique dont nous venons de parler ayant été ouverte sur l’emplacement de ce collége, nous allons rappeler ici son origine. Il fut fondé par Jean Lemoine, cardinal, qui vint en France en qualité de légat pour terminer la fameuse querelle qui s’était élevée entre Boniface VIII et Philippe-le-Bel. Le cardinal, pour établir son collége, fit choix de l’emplacement autrefois occupé par les Augustins et donna, dans les années 1302 et 1308, des règlements dans lesquels il désignait ainsi ceux qui habitaient cet établissement : les pauvres maîtres et écoliers de la maisons du Chardonnet.

Jean Lemoine mourut en 1313 ; son corps fut transporté dans la chapelle du collége qu’il avait fondé. Les parents du cardinal augmentèrent par de nouveaux bienfaits les revenus et le nombre des boursiers de ce collége. Un des descendants de Jean Lemoine établit, en mémoire du fondateur, une fête annuelle qu’on nomma la Solennité du cardinal Lemoine. La cérémonie avait lieu le 13 janvier. Un familier du collége jouait pendant la fête le personnage du cardinal. Revêtu d’habits pontificaux, il le représentait à l’église et à table, et recevait avec gravité les compliments en vers et en prose que lui adressaient humblement les élèves.

Les comédiens de l’hôtel de Bourgogne assistaient à la célébration d’une messe solennelle en exécutant des morceaux de musique et de chant en l’honneur du cardinal. C’était un tribut de reconnaissance que ces artistes acquittaient pour les bienfaits que leur théâtre avait reçus de la famille du prélat, qui possédait dans leur salle une loge longtemps appelée loge du cardinal Lemoine. — Trois hommes célèbres, Turnèbe, Buchanan et Muret ont étudié dans ce collége, dont les bâtiments furent réparés vers 1757. Cet établissement, qui occupait une superficie de 4,160 m. environ, fut supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut vendu le 21 messidor an V, à la condition suivante : « Que l’adjudicataire serait tenu de subir le retranchement pour le percement et l’alignement des rues projetées, sans avoir à prétendre pour raison de ce aucune indemnité contre la république vengeresse. » — Cette clause a été exécutée en partie par suite de l’ouverture de la rue du Cardinal-Lemoine.

Lenoir-Saint-Antoine (rue).

Commence à la place du Marché-Beauveau, nos 10 et 11 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, nos 152 et 154. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 158 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Elle a été ouverte en décembre 1778, sur les dépendances de l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs. Les lettres-patentes qui autorisent ce percement sont à la date du 17 février 1777 ; elles furent registrées au parlement le 24 août de la même année. Cette voie publique, dont la largeur avait été fixée à 44 pieds, ne fut exécutée que sur une dimension de 13 m. 50 c., maintenue par une décision ministérielle du 17 brumaire an XII, signée Chaptal. Les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau.

Nicolas Lenoir, architecte, surnommé le Romarin, naquit en 1726, et mourut le 30 juin 1810. Le marché Beauveau a été construit sur les dessins de cet artiste.

Lenoir-Saint-Honoré (rue).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 14 et 16 ; finit à la rue de la Poterie, nos 11 et 13. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 38 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Elle a été ouverte en 1787. La partie qui s’étend de la rue au Lard à celle de la Poterie, n’était anciennement qu’un petit passage qu’on nommait de l’Échaudé. — Une décision ministérielle du 24 juin 1817 et une ordonnance royale du 29 avril 1839, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Propriété no 1, retranch. 70 c. à 1 m. 50 c. ; no 3, ret. 60 c. ; no 2, alignée ; no 4, ret. 1 m. 30 c. à 2 m. 30 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Jean-Charles-Pierre Lenoir, né à Paris en 1732, mort en 1807, fut successivement conseiller au Châtelet, lieutenant-criminel, maître des requêtes, lieutenant-général de police, conseiller d’état, bibliothécaire du roi et président de la commission des finances. Dans toutes ses fonctions et principalement dans celle de lieutenant-général de police, Lenoir montra un désintéressement et un zèle à toute épreuve. Il contribua puissamment à la fondation du Mont-de-Piété.

Le Peletier (quai).

Commence à la place de l’Hôtel-de-Ville, no 1 ; finit à la rue de la Planche-Mibray, no 2. Le dernier numéro est 44 ; Sa longueur est de 148 m. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

« 15 juillet 1673. Le roy s’étant fait représenter en son conseil l’arrêt rendu en icelui le xviiie mars dernier par le quel sa majesté auroit ordonné l’exécution du plan que les prévost des marchands et échevins de sa bonne ville de Paris, avoient fait faire pour la construction d’un nouveau quai commençant sur le pont Notre-Dame vis-à-vis de la rue de Gesvres et continuant jusqu’à la Grève ; et le résultat du conseil de ville assemblé pour l’exécution du dit arrêt, et sur les remontrances faites aux d. prevost des marchands et échevins par les propriétaires des maisons de la rue de la Tannerie, qui doivent être retranchées pour former le d. quai, qu’il leur seroit très avantageux que la ville fît travailler successivement à la construction d’un mur de quai, qu’il faut construire de neuf, depuis la culée de la première arche du pont Notre-Dame jusqu’aux quais des maisons de la d. rue de la Tannerie qui se trouvent déjà faits, et être dans l’alignement du d. plan, d’autant que cet ouvrage étant fait, il faudroit moins de temps pour parachever le surplus de la construction du dit quai, et qu’ils seroient en état de pouvoir plutôt faire réédifier leurs maisons et en jouir des loyers, ce qui diminueroit même le dédommagement qui leur pourroit être dû par la d. ville, par le quel il auroit été arrêté sous le bon plaisir de sa majesté qu’il seroit incessamment mis ouvriers pour la construction du mur de quai depuis la d. culée de la première arche du pont Notre-Dame jusqu’aux quais étant au derrière des maisons de la d. rue de la Tannerie où sont les fossés plains des tanneurs et ouvrages de teinturiers ; et voulant sa majesté autoriser les d. prévost des marchands et échevins pour l’exécution d’un dessein qui doit contribuer notablement à la salubrité de la d. ville, au dégagement du pont Notre-Dame et à la communication du quartier Saint-Antoine à son château du Louvre, et faire une des plus grandes commodités et beautés de Paris. Sa majesté étant en son conseil a ordonné et ordonne que le résultat du d. conseil de ville du xxxe juin dernier, sera exécuté, et que les prévost des marchands et échevins feront successivement travailler à la fondation et construction du dit mur de quai à faire de neuf, depuis la d. culée de la première arche du pont Notre-Dame jusqu’aux quais qui se trouvent pouvoir subsister au derrière des maisons de la d. rue de la Tannerie, et qu’en conséquence les propriétaires des maisons de la d. rue seront tenus, conformément à l’arrêt de son conseil du d. jour xviiie mars dernier, de faire abattre et retirer leurs maisons suivant l’alignement du d. plan, en sorte que dans le quinze avril prochain, au quel temps les tanneurs et teinturiers doivent être établis au faubourg Saint-Marcel ou à Chaillot, suivant l’arrêt de son conseil du 24 février dernier, les places nécessaires pour la perfection du d. quai, soient entièrement libres. Sera le présent arrêt exécuté, nonobstant oppositions ou appellations quelconques, etc… Signé Colbert, d’Aligre et Poncet. » Cet arrêt fut immédiatement exécuté. Le quai fut construit sous la direction de Bullet, architecte, et reçut la dénomination de quai Le Peletier, en l’honneur de Claude Le Peletier, président, aux enquêtes, président à mortier, ministre d’état et contrôleur-général, qui fut prévôt des marchands depuis 1668 jusqu’à 1676. Ce magistrat naquit en 1631, et mourut le 10 août 1711. — Une décision ministérielle du 5 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de ce quai à 11 m. En décembre 1830, on commença les travaux de reconstruction du parapet. Ces travaux durèrent deux ans. Il en résulta pour cette voie publique un élargissement de 11 m. environ qui fut pris entièrement aux dépens de la rivière. Les travaux occasionnèrent une dépense de 678,863 fr. 40 c. Dans le courant de l’année 1835, ce quai a été bordé de trottoirs et d’une plantation. En vertu d’une ordonnance royale du 22 mai 1837, les maisons bordant le quai Le Peletier ne sont point soumises à retranchement. La moindre largeur du quai est aujourd’hui de 20 m. 85 c. — Éclairage au gaz (compe Française).

Le Peletier (rue).

Commence au boulevart des Italiens, nos 4 et 6 ; finit à la rue de Provence, nos 23 et 25. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 259 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

1re Partie comprise entre le boulevart et la rue Pinon. — « Louis, etc… Notre très cher et bien amé Joseph de la Borde, vidame de Chartres, marquis de la Borde, baron, vicomte et haut châtelain de Mereville, seigneur de Saint-Père et autres lieux, nous a fait exposer qu’il a fait acquisition d’une portion de terrain au fond du jardin de l’hôtel de Choiseul, rue Grange-Batelière, et traité pour reprendre dès à présent une autre partie de terrain joignante dont le fond lui appartenait déjà, mais qui avait été par lui engagée à vie, que ces deux portions d’emplacements ont une façade de 43 toises d’étendue sur le rempart entre les rues Grange-Batelière et d’Artois, et aboutissant sur la rue Pinon nouvellement ouverte ; que leur profondeur réunie est si considérable que l’exposant n’en pourrait tirer aucun parti s’il n’y était percé une nouvelle rue, etc… Permettons et autorisons, voulons et nous plaît ce qui suit : Article 1er. Il sera par le sieur Jean-Joseph de la Borde et à ses frais, ouvert une nouvelle rue en face du bâtiment du théâtre Italien, débouchant d’un côté sur la place du Rempart, et de l’autre dans la rue Pinon, à travers un terrain qui lui appartient entre la rue Grange-Batelière et celle d’Artois. — Art. 2e. La d. rue sera nommée Le Peletier ; elle sera d’un droit alignement et sur la largeur que nous avons fixée à 36 pieds ; il sera établi de chaque côté, également aux frais du d. sieur de la Borde, des trottoirs à l’usage des gens de pied ; ces trottoirs, de 4 pieds de large sur 10 à 12 pouces au moins de haut avec une bordure de pierre propre à les soutenir, seront couverts d’un pavé à chaux et ciment et défendus dans toute leur longueur par de petites bornes posées à une certaine distance les unes des autres, etc… Donné à Versailles, le 8e jour du mois d’avril, l’an de grâce 1786, et de notre règne le 12e. Signé Louis. » — Ces lettres-patentes furent immédiatement exécutées.

2e Partie comprise entre la rue Pinon et celle de Provence. — « Après avoir entendu le rapport des administrateurs du département des travaux publics et ouï sur ce le procureur de la commune, le corps municipal arrête ce qui suit : Article 1er. Il sera ouvert aux frais de la citoyenne Boulanger, veuve Pinon, et du citoyen Thévenin, sur le terrain dont ils sont propriétaires en commun, situé entre les rues Pinon et de Provence, deux nouvelles rues, suivant le plan par eux présenté et qui a été certifié véritable par le citoyen Thévenin, lequel a été visé par le citoyen maire et le secrétaire greffier ne varietur. — Art. 2e. Chacune des d. rues aura 30 pieds de large ; la première, qui sera nommée rue Boulanger, formera le prolongement de la rue Le Pelletier, et il sera établi aux frais des d. propriétaires des trottoirs de chaque côté de cette rue, de la même largeur que ceux qui bordent la d. rue Le Pelletier, en observant des pentes douces au droit des portes cochères pour éviter les ressauts. Les d. trottoirs seront également entretenus aux frais des d. propriétaires, etc… Signé Pache, maire ; Coulombeau, secrétaire. » — Cette autorisation ayant été confirmée par un arrêté du directoire du département de Paris, en date du 8 octobre suivant, ce prolongement fut immédiatement exécuté, mais sur une largeur de 36 pieds, conformément au plan du sieur Thévenin, et reçut le nom de rue Le Peletier. — Une décision ministérielle du 8 septembre 1821, et une ordonnance royale du 16 avril 1831, ont maintenu cette voie publique suivant la largeur de 36 pieds (11 m. 69 c.). Les constructions riveraines de la rue Le Peletier sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue Pinon. — Conduite d’eau depuis la rue de Provence jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Messire Louis Le Peletier, chevalier, marquis de Montméliant, seigneur de Mortefontaine, conseiller d’état, fut prévôt des marchands de 1784 à 1789.

Lescot (rue Pierre-).

Commence à la place de l’Oratoire ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 213 et 215. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 24. La longueur du côté gauche est de 93 m. ; celle du côté droit de 52 m. — 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

Cette rue existait déjà en 1267 ; elle était alors située hors des murs de Paris et portait le nom de Jean-Saint-Denis, qu’elle devait sans doute à Jean de Saint-Denis, chanoine de Saint-Honoré en 1258. Cette rue servit d’asile aux filles publiques. — Une décision ministérielle du 28 prairial an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette rue à 7 m. En 1807, les propriétaires riverains s’adressèrent à l’autorité supérieure pour obtenir le changement du nom de cette rue ; parce que, disaient-ils, la dénomination de Jean-Saint-Denis était proscrite dans l’opinion, cette rue ayant été habitée par des filles publiques. Par décision en date du 23 mai de la même année, le ministre de l’intérieur Champagny assigna à cette voie publique le nom de Pierre-Lescot en mémoire du célèbre Pierre Lescot, seigneur de Clagny et de Clermont, conseiller au parlement et chanoine de Paris, né en 1518 et mort en 1578. Il fut le premier architecte du Louvre.

La maison no 27 est alignée, toutes les autres constructions sont soumises à un retranchement de 1 m. 70 c. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Lesdiguières (rue de).

Commence à la rue de la Cerisaie, no 2 ; finit à la rue Saint-Antoine, nos 226 et 228. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 170 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Ce n’était primitivement qu’un passage ouvert en 1765, et qui fut converti en rue en 1792. Son nom lui vient de l’hôtel du duc de Lesdiguières, qui était situé dans la rue de la Cerisaie (voyez cet article). — Une décision ministérielle à la date du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 octobre 1830, cette largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. à 2 m. 40 c. ; pour le côté opposé, le retranchement est de 2 m. — Conduite d’eau depuis la rue de la Cerisaie jusqu’à la borne-fontaine.

François de Bonne, duc de Lesdiguières, naquit en 1543, à Saint-Bonnet-de-Champsaut, dans le Haut-Dauphiné. Sa brillante valeur le fit choisir pour chef par les Calvinistes, après la mort de Montbrun ; il triompha dans le Dauphiné, et conquit plusieurs places importantes. Henri IV, qui faisait grand cas de son habileté, le nomma lieutenant-général de ses armées de Piémont, de Savoie et de Dauphiné. Lesdiguières battit le duc de Savoie en plusieurs rencontres : aux combats d’Esparron en 1591, de Vigort en 1592, de Gresilane en 1597. Sa réputation devint si grande en Europe que la reine Élisabeth avait coutume de dire : « Si la France possédait deux Lesdiguières, j’en demanderais un à Henri IV. » En 1622, Louis XIII lui envoya l’épée de Connétable. Au siège de Valence, Lesdiguières fut attaqué d’une maladie dont il mourut en 1626.

Leu et Saint-Gilles (église Saint-).

Située dans la rue Saint-Denis, entre les nos 80 bis et 82 bis. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Les religieux de Saint-Magloire permirent, en 1235, au curé de Saint-Barthélemy (paroisse de la Cité) d’établir dans la rue Saint-Denis une chapelle succursale. Dédiée à Saint-Leu, elle fut reconstruite en 1320 ; Henri de Gondi, cardinal et évêque de Paris, l’érigea en paroisse en 1617 ; on fit à cette église, en 1727, plusieurs réparations considérables. La charpente du clocher de l’horloge fut transportée la même année, de la tour sur laquelle elle était et qui menaçait ruine, sur une autre tour nouvellement bâtie. Cette opération bien difficile alors fut exécutée avec le plus grand talent par Guillaume Guérin, charpentier. Dans le temps qu’on faisait ces réparations, on détruisit une pierre qui se trouvait au second pilier à droite en entrant par la nef ; sur cette pierre étaient les armes et l’épitaphe de Jean Louchart et de Marie de Brix, sa femme. Ce Jean Louchart était un des plus fougueux ligueurs ; il dirigea les assassins qui massacrèrent le président Brisson, Claude Larcher et le président Tardif ; il fut aussi l’un des quatre factieux que le duc de Mayenne fit pendre dans la salle basse du Louvre, le 4 décembre 1591. En 1780, de nouvelles réparations furent faites dans le chœur de cette église sous la direction de M. de Wailly. Le sol du sanctuaire fut exhaussé et l’on pratiqua une chapelle souterraine dans laquelle on descend par deux escaliers. Cette église, supprimée vers 1790, devint propriété nationale, et fut vendue le 18 floréal an V. La ville de Paris, en vertu du décret du 20 juin 1810, a été mise en possession de cet édifice, suivant jugement du tribunal civil de la Seine, en date du 19 février 1813, moyennant 209,312 francs.

Licorne (rue de la).

Commence à la rue des Marmousets, nos 29 et 31 ; finit à la rue Saint-Christophe, nos 14 et 16. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 98 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

On l’appelait, en 1269, rue près le chevet de la Madeleine, parce qu’elle passait derrière l’église de ce nom. En 1300 et même avant cette époque, elle était désignée sous le nom de rue As Oubloyers, en raison des pâtissiers ou faiseurs d’oublies qui y demeuraient alors. Elle prit, en 1397, le nom qu’elle porte encore aujourd’hui, d’une ruelle qui y aboutissait, et dans laquelle pendait une enseigne de la Licorne. — Une décision ministérielle du 13 ventôse an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les propriétés situées aux quatre encoignures de la rue de Constantine et les maisons nos 7, 9 et 9 bis sont alignées. — Conduite d’eau depuis la rue des Marmousets jusqu’à celle des Trois-Canettes.

Lilas (impasse des).

Située dans la petite rue Saint-Pierre, entre les nos 6 et 8. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 134 m. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Cette impasse est indiquée sur le plan de Verniquet. Elle doit son nom à une plantation de lilas. Elle n’est point reconnue voie publique. Sa largeur actuelle est de 3 m.

Lille (rue de).

Commence à la rue des Saints-Pères, nos 4 et 6 ; finit à la rue de Bourgogne, nos 1 et 3. Le dernier impair est 105 ; le dernier pair 100. Sa longueur est de 1,069 m. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Ouverte en 1640, sur une partie de l’emplacement du grand Pré-aux-Clercs, elle reçut le nom de rue de Bourbon, en l’honneur de Henri de Bourbon, abbé de Saint-Germain-des-Prés. — Un arrêt du conseil du 18 octobre 1704, qui prescrivit l’ouverture de la rue de Bourgogne, ordonna également que la rue de Bourbon serait prolongée jusqu’à cette nouvelle voie publique. Dans sa séance du 27 octobre 1792, le conseil général de la commune décida que la rue de Bourbon prendrait le nom de rue de Lille. Cette dénomination avait pour but de rappeler la vigoureuse résistance que les braves Lillois opposèrent, en 1792, à l’armée autrichienne. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de la rue de Lille à 10 m. Une deuxième décision du 17 messidor an XI, réduisit cette largeur à 9 m. 74 c. Un arrêté préfectoral du 27 avril 1814 rendit à cette rue sa dénomination primitive. En vertu d’une ordonnance royale du 7 mars 1827, la largeur de 9 m. 74 c. a été maintenue. Conformément à une décision ministérielle du 1er septembre 1830, cette voie publique a repris le nom de rue de Lille. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau dans plusieurs parties. — Éclairage au gaz (compe Française).

Limace (rue de la).

Commence à la rue des Déchargeurs, nos 11 et 13 ; finit à la rue des Bourdonnais, nos 14 et 16. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 74 m — 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

C’est sans doute la rue que Guillot appelle la Mancherie. En 1412, elle portait déjà le nom de la Limace, qu’elle devait à une enseigne. Cette rue faisait autrefois partie de la place aux Pourceaux, nommée depuis place aux Chats ; on la trouve nommée rue aux Chats, rue de la Place-aux-Chats. En 1575, c’était la place aux Pourceaux, autrement dite de la Limace et de la vieille place aux Pourceaux. — Une décision ministérielle du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette rue à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranch. qui varie de 1 m. 70 c. à 2 m. 30 c. ; de 2 à 20 inclus, ret. 2 m. 60 c. à 3 m. 60 c. ; nos 22 et 24, ret. réduit, 1 m. 80 c. ; maison no 26 alignée. — Conduite d’eau depuis la rue des Bourdonnais jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Limoges (rue de).

Commence à la rue de Poitou, nos 6 et 8 ; finit à la rue de Bretagne, nos 11 et 13. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 79 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Cette rue, tracée en 1626 sur la culture du Temple, doit son nom à la capitale d’une de nos anciennes provinces de France. — Une décision ministérielle à la date du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835, cette dimension est portée à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 10 c. à 1 m. 20 c. ; celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 30 c. à 1 m. 60 c. — Conduite d’eau depuis la rue de Poitou jusqu’aux deux bornes fontaines. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Linge (halle au Vieux-).

Située dans la rue du Temple, entre celles Perrée et Dupetit-Thouars. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Saint-Cloud, le 29 vendémiaire an XI de la république une et indivisible. — Les consuls de la république, sur le rapport du ministre de l’intérieur, arrêtent : Article 1er. L’emplacement situé dans l’enclos du temple, à gauche de la chaussée, et compris entre la barraque 6, la maison no 66, et celles nos 20 et 22, ainsi qu’il est désigné dans le rapport du citoyen Aubert, et dont le plan sera dressé et le bornage fait incessamment à la diligence de l’administration du domaine et aux frais de la ville de Paris, sera concédé pour 99 ans, par le préfet à la dite ville de Paris, moyennant une redevance annuelle. L’emplacement ne pourra être consacré à aucun autre usage, etc… Art. 3e. L’étalage des vieux linges, hardes et chiffons, provisoirement placé sur le marché des Innocents et sur la place aux Veaux, sera transféré, à compter du 1er frimaire prochain, dans l’emplacement indiqué par l’article 1er, etc… Le premier consul, signé Bonaparte. » (Extrait du registre des délibérations des consuls).

« Au camp impérial d’Osterade, le 16 mars 1807. — Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons. Article 1er. La portion de l’enclos du Temple à Paris, destinée à recevoir les marchés aux vieux linges et hardes, etc…, aura une étendue superficielle de 9036 m. au lieu de celle de 450 m., qui lui a été seulement donnée par le plan qui a servi de base à l’arrêté du gouvernement du 29 vendémiaire an XI, etc… Signé Napoléon. » — La halle au vieux linge a été commencée en 1809, et terminée en 1811, sur les dessins de Molinos, architecte. Elle contient 1888 places divisées en deux séries de chacune 944 places. Sa superficie est de 10,920 m.

Voies publiques ouvertes sur l’enclos du Temple. — Dès le 28 prairial an VIII, le conseil des bâtiments civils s’occupa de régulariser les projets de percements à faire sur ces terrains. Le plan approuvé par le ministre de l’intérieur Chaptal, le 8 floréal suivant, contenait l’indication d’une place et de cinq rues. Ces dispositions durent nécessairement subir d’importantes modifications par suite du projet d’établissement d’un marché. Le conseil des bâtiments civils soumit au ministre de l’intérieur, Fouché, un nouveau plan qui fut définitivement arrêté le 9 septembre 1809. Ce plan indique : 1o la formation de la place de la Rotonde du Temple ; 2o l’alignement de la place de la Corderie ; 3o le percement des rues Caffarelli (nommée depuis par erreur rue de la Rotonde), Dugommier, Dupetit-Thouars, Dupuis, Perrée et de la petite Corderie. Ces divers percements ont été immédiatement exécutés, à l’exception de la rue Dugommier qui devait traverser le jardin du palais du grand prieur (voir l’article de la Chapelle du Temple, pour l’historique de l’ordre des Templiers).

Lingerie (rue de la).

Commence aux rues Saint-Honoré, no 2, et de la Ferronnerie, no 14 ; finit aux rues de la Grande-Friperie, no 1, et aux Fers, no 50. Le dernier impair est 17 ; le seul pair 2. Sa longueur est de 92 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Elle doit son nom aux lingères auxquelles saint Louis permit d’étaler leurs marchandises le long du cimetière des Innocents jusqu’au marché aux Poirées. Les gantiers étaient établis de l’autre côté de cette rue. Les boutiques des lingères subsistèrent en cet endroit jusqu’au règne de Henri II. Ce prince ayant racheté toutes les halles, vendit cet emplacement à plusieurs particuliers à la charge d’y construire des maisons qui ont formé une rue appelée de la Lingerie. Il n’existe pas d’alignement pour cette voie publique. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Française).

Lion-Saint-Sauveur (rue du Petit-).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 223 et 225 ; finit aux rues Pavée, no 1, et des Deux-Portes, no 2. Le dernier, impair est 23 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 126 m. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.


Dans un amortissement pour les Célestins, enregistré à la chambre des comptes le 14 septembre 1330, elle est appelée rue du Lion-d’Or outre la porte Saint-Denis. Sauval prétend qu’elle se nommait anciennement rue de l’Arbalète, parce que les arbalétriers s’exerçaient près de cette rue le long des murs ou dans les fossés d’enceinte de Paris. On voit dans un compte de confiscation de 1421, que les maisons de cette rue aboutissaient par derrière au grand jardin du maître des arbalétriers. En 1474, deux enseignes des grand et petit lions lui firent donner successivement ces deux noms, dont le dernier subsiste encore aujourd’hui. — Une décision ministérielle du 25 ventôse an XIII, signée Champagny, avait fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette largeur a été portée à 11 m. Propriété nos 1 et 3, retranch. réduit 1 m. 50 c. ; 5, ret. réduit 2 m. 50 c. ; 7, ret. réduit 3 m. 20 c. ; de 9 à la fin, ret. 3 m. 50 c. à 4 m. 30 c. ; 2, alignée ; 6, ret. réduit 2 m. ; 8, ret. réduit 1 m. 40 c. ; de 12 à 20, ret. 65 c. à 1 m. 10 c. ; 22, alignée ; de 24 à la fin, redress. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Denis jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Lion-Saint-Sulpice (rue du Petit-).

Commence à la rue de Condé, nos 2 et 6 ; finit aux rues de Seine, no 101, et de Tournon, no 1. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 81 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Anciennement elle était nommée ruelle descendant à la rue Neuve à la Foire, et ruelle allant à la Foire. Au commencement du XVIIe siècle c’était la rue du Petit-Lion, en raison d’une enseigne. — Une décision ministérielle du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 26 février 1844, cette dimension est maintenue, mais le tracé de l’alignement est modifié. Les constructions du côté des numéros pairs ne sont pas soumises à retranchement ; la propriété à l’encoignure de la rue de Condé devra même avancer de 70 c. sur ses vestiges actuels ; les maisons du côté des numéros impairs sont assujetties à un reculement de 1 m. 70 c. — Conduite d’eau depuis la rue de Seine jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Lions (rue des).

Commence à la rue du Petit-Musc, no 1 ; finit à la rue Saint-Paul, nos 6 et 8. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 176 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Cette rue fut tracée en 1551, sur l’emplacement de l’hôtel royal Saint-Paul. Terminée en 1564, elle prit sa dénomination du bâtiment et des cours où étaient renfermés les grands et petits lions du roi. — Une décision ministérielle du 13 ventôse an VII, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de la rue des Lions à 9 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 20 novembre 1830. La propriété no 1 est alignée ; celles nos 8 et 10 ne sont soumises qu’à un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Paul jusqu’à la borne-fontaine.

Lisbonne (rue de).

Commence à la rue Malesherbes ; finit à la rue de Valois. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 525 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Elle a été tracée en 1826, sur les terrains appartenant à MM. Hagerman et Mignon. L’ordonnance royale d’autorisation est à la date du 2 février 1826 (voyez rue d’Amsterdam). Sa largeur est de 15 m. Cette voie publique porte le nom de la capitale du royaume de Portugal.

Lobau (rue de).

Commence au quai de la Grève, no 68 ; finit à la rue de la Tixéranderie, no 56. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par la façade orientale de l’Hôtel-de-Ville. Le dernier pair, 6. Sa longueur est de 160 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Les rues Pernelle, de la Levrette et du Tourniquet-Saint-Jean, ayant été réunies sous la même dénomination de rue de Lobau, nous ne ferons qu’une courte analyse de ces anciennes voies publiques.

Vers l’an 1300, Guillot nommait la rue Pernelle, ruele de Saine. Cette voie publique commençait au quai de la Grève, et se terminait à la rue de la Mortellerie. On la trouve indiquée dans les siècles suivants sous les dénominations de ruelle du Port-au-Blé, de rue Perronnelle, Prunier et Pernelle. Sa largeur fut fixée à 6 m., par une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau.

La rue de la Levrette qui faisait le prolongement de la rue Pernelle jusqu’à celle du Martroi (supprimée pour l’agrandissement de l’Hôtel-de-Ville), s’appelait également, en 1552, rue Pernelle. Elle prit sa dernière dénomination d’une enseigne de la Levrette. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixa sa largeur à 6 m.

La rue du Tourniquet-Saint-Jean porta d’abord le nom singulier de Pet-au-Diable. Sauval prétend que cette dénomination lui a été donnée en raison d’une tour carrée qui se nommait anciennement la Synagogue, le Martelet-Saint-Jean, le Vieux-Temple et l’hôtel du Pet-au-Diable, par dérision pour les Juifs qui y avaient une synagogue. D’autres auteurs croient que cette tour et la maison appartenaient à un nommé Pétau, que sa méchanceté avait fait surnommer le Diable. Vers 1300, Guillot la désigne ainsi :

En une ruele tournai
Qui de Saint-Jehan voie à porte.

On la trouve aussi nommée rue au chevet Saint-Jean, du Cloître Saint-Jean. — Par décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, la moindre largeur de cette voie publique fut fixée à 6 m. — « Paris, le 28 mars 1807. Le ministre de l’intérieur au préfet de la Seine. Je vois avec plaisir qu’il se présente une occasion de changer le nom trivial et barbare de la rue du Pet-au-Diable, et j’applaudis à l’idée que vous avez eue de lui donner le nom de rue du Sanhédrin. Signé Champagny. » Cette dénomination fut affectée à cette voie publique, parce que le premier des tribunaux chez les Juifs (le Sanhédrin) y tenait ses séances. En 1815, elle prit le nom de rue du Tourniquet, en raison d’un tourniquet qu’on y voyait au coin de la rue du Martroi.

Une ordonnance royale à la date du 24 août 1836, fixa la largeur des rues Pernelle et de la Levrette à 18 m., et déclara d’utilité publique l’exécution immédiate de l’alignement. Cette amélioration ne tarda pas à être réalisée.

« Paris, le 22 décembre 1838. — Monsieur le préfet, vous avez proposé de profiter du moment où l’on s’occupe de restaurer et d’agrandir l’Hôtel-de-Ville, pour changer les noms bizarres et insignifiants que portent plusieurs des rues qui entourent ce monument et y substituer ceux d’hommes qui ont rendu d’éminens services à la ville, ou contribué à son embellissement, et parmi lesquels vous placez au premier rang l’illustre commandant de la garde nationale, dont Paris et la France entière déplorent si vivement la perte. D’après le compte que j’en ai rendu au roi, sa majesté a décidé, le 14 de ce mois, que le nom de Lobau serait donné à la rue bordant la façade orientale de l’Hôtel-de-Ville, et formée des trois rues actuellement dénommées Pernelle, de la Levrette et du Tourniquet. » (Extrait d’une lettre du ministre de l’intérieur).

Une ordonnance royale du 1er mai 1842 porte ce qui suit : « Article 1er. Les alignements de la rue de Lobau pour la partie comprise entre la rue François-Miron et la rue de la Tixéranderie, sont arrêtés suivant les lignes noires du plan ci-joint qui forment un pan coupé sur la rue de la Tixéranderie. — Art. 2e. Est déclarée d’utilité publique l’exécution immédiate des alignements ci-dessus arrêtés. » — Cette ordonnance a été exécutée en 1843. On nivelle en ce moment le sol de la rue de Lobau. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Georges Mouton, comte de Lobau, maréchal, pair de France, grand’croix de la Légion-d’Honneur, naquit le 21 février 1770, à Phalsbourg. Il se destinait au commerce ; mais dès que la première coalition menaça la France, il se fit soldat. Sa bravoure à l’armée du Rhin lui valut le grade d’officier. À la bataille de Novi, nous le retrouvons aide-de-camp du général Joubert qui tomba mort dans ses bras. Mouton fut nommé colonel en 1800. Le 11 avril, sur la Verreira, à la tête de son régiment, il livre aux Autrichiens un combat long et opiniâtre, renverse tout devant lui, force l’ennemi à abandonner cette position en laissant sur le champ de bataille six drapeaux et 1500 prisonniers. Eh 1805, l’empereur le prit pour aide-de-camp et le nomma général de brigade. Nous passons plusieurs brillants faits d’armes pour arriver plus vite à l’action qui lui valut le titre de comte de Lobau. En 1809, pendant la campagne d’Autriche, la veille de la bataille d’Eckmüll, le général Hiller manoeuvrant pour opérer sa jonction avec le prince Charles, s’était jeté dans Landshut, derrière l’Iser, puis avait fait mettre le feu au pont. Le général Mouton comprenant toute l’importance de ce mouvement, s’élance à la tête du 7e de ligne, passe l’arme au bras sur le pont enflammé, pénètre dans la ville. Par cette attaque si hardie que Napoléon n’avait pas cru devoir l’ordonner, il sépare les deux armées ; les ennemis en déroute s’enfuient du côté d’Octing et abandonnent 25 pièces de canon, et 10,000 hommes hors de combat. Le 22 mai, l’archiduc Charles attaque Essling, qu’il réussit à enlever pour la sixième fois ; si on le laisse maître de ce poste, rien ne saurait l’empêcher de déboucher, et d’acculer au Danube les débris de nos troupes qui se sacrifient avec tant de dévouement. Napoléon lance une dernière fois l’intrépide général Mouton à la tête des fusiliers de la garde et les grenadiers ennemis sont partout culbutés. Malgré tant de brillants combats, notre armée affaiblie est obligée de se renfermer dans l’île de Lobau. Cernée de toutes parts, elle voit ses ponts coupés et reste exposée au feu de deux armées autrichiennes, établies sur les rives du Danube. Le général Mouton, quoique souffrant d’une blessure qu’il vient de recevoir, se distingue encore parmi les plus braves.

Au retour de cette immortelle campagne où il avait fait tant de prodiges de valeur, le général Mouton fut nommé comte de Lobau, « pour avoir sept fois repoussé l’ennemi et par là assuré la gloire de nos armes. » Tels sont les termes du décret.

Peu de jours après l’empereur apercevant la comtesse de Lobau s’approcha d’elle et lui dit devant toute la cour : « Votre mari est brave comme son épée ; et lui aussi méritait d’être prince d’Essling. »

Après 1830, le comte de Lobau fut appelé au commandement en chef de la garde nationale du département de la Seine. Élevé en 1831 à la dignité de maréchal, et peu de temps après à celle de pair de France, il mourut le 27 novembre 1838.

Lobineau (rue).

Commence à la rue de Seine, nos 70 et 72 ; finit à la rue Mabillon. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Cette rue est presqu’entièrement bordée d’un côté par le marché Saint-Germain, et de l’autre par une boucherie dépendant du même marché. Sa longueur est de 116 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Elle a été ouverte en 1817, sur une partie de l’emplacement de l’ancienne foire Saint-Germain-des-Prés. — Une décision ministérielle du 12 novembre 1817 a largeur a été maintenue par une ordonnance royale du 12 mai 1841. Les constructions riveraines sont alignées. — Égout entre les rues de Seine et Félibien. — Conduite d’eau dans toute l’étendue, — Éclairage au gaz (compe Française).

Guy Alexis Lobineau, religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, naquit à Rennes en 1666, et mourut en 1727, à l’abbaye de Saint-Jagut, près de Saint-Malo. Son histoire de Bretagne, ses recherches sur Paris, commencées par Félibien, passent pour ses meilleurs ouvrages.

Lodi (rue du Pont-de-).

Commence à la rue des Grands-Augustins, nos 6 et 8 ; finit à la rue Dauphine, nos 19 et 21. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 101 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Le couvent des Grands-Augustins, devenu propriété nationale, fut vendu en 5 lots le 1er brumaire an VI. Une clause de la vente prescrivit aux acquéreurs l’obligation de livrer gratuitement le terrain nécessaire à couverture d’une rue de 30 pieds de largeur. Cette condition fut exécutée immédiatement, mais la rue ne fut pas entièrement formée, attendu qu’il fallait traverser deux propriétés particulières dont l’acquisition ne put avoir lieu à cette époque. — « Administration centrale. Séance du 26 prairial an VI. — L’administration centrale du département de la Seine, considérant qu’il convient de donner un nom aux nouvelles rues de Paris ; voulant aussi que cette dénomination rappelle le souvenir de l’une des victoires éclatantes remportées par les armées de la république ; le commissaire du Directoire Exécutif entendu, arrête que la rue qui doit être ouverte à travers le terrain des ci-devant Augustins, pour communiquer de la rue des Grands-Augustins à celle de Thionville, prendra le nom de rue du Pont-de-Lodi. Les propriétaires de ce terrain feront mettre cette inscription à leurs frais à chaque extrémité de cette rue. » (Registre 23, page 150.) — Cette dénomination rappelle la glorieuse bataille du Pont-de-Lodi, gagnée le 10 mai 1796 par les Français sur les Autrichiens. Le 13 brumaire an X, le ministre de l’intérieur, Chaptal, approuva définitivement le plan de cette rue. Peu de temps après elle fut livrée à la circulation. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. (Voir l’article du Marché à la Volaille.)

Lombard (rue Pierre-).

Commence à la place de la Collégiale, no 11 ; finit à la rue Mouffetard, nos 233 et 235. Les numéros continuent la série de la place de la Collégiale. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 39 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Ouverte en 1770, elle prit d’abord le nom de Petite rue Saint-Martin, parce qu’elle conduisait à l’église ainsi appelée, qui était située dans le cloître Saint-Marcel. En 1806, on lui donna le nom de Pierre-Lombard, en mémoire de l’évêque de Paris, Pierre Lombard, surnommé le maître des sentences. Ce grand théologien mourut en 1164, et fut inhumé dans le chœur de l’église Saint-Marcel. — Une décision ministérielle du 8 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions du côté droit ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau.

Lombards (rue des).

Commence aux rues des Arcis, no 39, et Saint-Martin, no 1 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 70 et 72. Le dernier impair est 51 ; le dernier pair, 54. Sa longueur est de 171 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Cette rue était complètement bâtie en 1250. En 1300, elle se nommait de la Buffeterie. C’était la rue de la Pourpointerie en 1612 et 1636. Elle tire sa dernière dénomination des usuriers lombards qui vinrent s’établir à Paris, à la fin du XIIe siècle, et dont une grande partie habita cette rue au commencement du XIVe. — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la largeur de cette rue à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, sa moindre largeur a été portée à 13 m. Les maisons nos 1, 3, 5 et 7 sont alignées. Les autres propriétés sont généralement soumises à un fort retranchement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

La maison du poids du Roi existait encore dans cette rue au XVIIe siècle. Jusqu’au règne de Louis VII, nos rois étaient demeurés seuls propriétaires de cet établissement et des privilèges qui y étaient attachés. Ils en cédèrent depuis la propriété qui, passant de main en main, fut définitivement acquise par le chapitre Notre-Dame. Le droit de visiter les poids et balances de tous les artisans appartint aussi au corps des épiciers. Le prévôt de Paris, en 1321, sur l’ordre qu’il en reçut du parlement, fit ajuster les poids à la Monnaie. Il fut fait trois étalons dont l’un fut remis aux épiciers, et les deux autres déposés à la Monnaie et au poids du roi. En 1484, ce droit leur fut conféré par de nouvelles ordonnances ; ils l’exerçaient à l’égard de toute espèce de marchands ; les orfèvres seuls relevaient directement de la Monnaie. Les épiciers étaient accompagnés, dans leurs visites, d’un juré-balancier nommé par le prévôt de Paris, sur leur présentation. Jusqu’en 1434, les poids dont on se servait n’étaient que des masses de pierre, façonnées et ajustées. Philippe-le-Long, par son règlement de 1321, avait formé le dessein d’établir en France une seule et même mesure. Pour les frais de cette réforme, il proposa un subside ; l’impôt ne put se lever, et l’ordonnance tomba dans l’oubli. Louis XI eut plus tard la même pensée ; la noblesse s’opposa ainsi que le clergé à cette améliorations La Convention, par un décret du 1er août 1793, ordonna cette uniformité, et par son décret du 18 germinal an III (7 avril 1795), fixa l’époque où elle deviendrait obligatoire. — C’est au savant Prieur de la Côte-d’Or qu’est dû ce magnifique travail.

Londres (passage de).

Commence à la rue Saint-Lazare, entre les nos 96 et 98 ; finit à la rue de Londres, no 13. Pas de numéro. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Il a été formé en 1840, par M. Tessier, propriétaire. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Londres (rue de).

Commence à la rue de Clichy, nos 1 et 3 ; finit à la place d’Europe. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 52. Sa longueur est de 510 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette rue, autorisée par une ordonnance royale du 2 février 1826, a été ouverte dans le courant de cette même année, sur les terrains appartenant à MM. Jonas Hagerman et Sylvain Mignon. Sa largeur est de 15 m. Elle porte le nom de la capitale de l’Angleterre. Toutes les constructions riveraines sont alignées. (Voyez rue d’Amsterdam.)

Longchamp (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue du même nom.

Cette barrière, décorée d’un bâtiment à quatre frontons et quatre arcades, doit son nom à l’abbaye de Longchamp, vers laquelle on se dirige en la traversant. Cette abbaye, fondée en 1261, par Isabelle de France, sœur de saint Louis, était ainsi appelée en raison de sa situation dans une plaine longue et étroite. (Voir l’article Barrières.)

Longchamp (chemin de ronde de la barrière de).

Commence aux rues et barrière de Longchamp ; finit à la rue de Lubeck et la barrière Sainte-Marie. Pas de numéro. Sa longueur est de 400 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Voyez l’article Chemins de ronde.

Longchamp (rue de).

Commence à la rue des Batailles, no 2, et à l’impasse de la Croix-Boissière ; finit aux chemins de ronde des barrières de Longchamp et des Bassins. Le dernier impair est 65 ; le dernier pair, 58. Sa longueur est de 388 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Cette rue est ainsi nommée parce qu’elle aboutit à la barrière de Longchamp. On ne voyait que de légères constructions dans cette voie publique, à la fin du règne de Louis XV. Ce ne fut que sous Louis XVI, lorsque le village de Chaillot fut renfermé dans la capitale, qu’on y construisit des maisons plus importantes. — Une décision ministérielle à la date du 3 vendémiaire an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception des propriétés de 6 à 16, qui devront subir un faible retranchement.

Louis (avenue de l’hôpital Saint-).

Commence au quai de Jemmapes ; finit à la rue Bichat. Pas de numéro. Sa longueur est de 123 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Elle a été formée, en 1836, sur les terrains appartenant aux hospices civils de Paris. Par trois arrêtés des 4 août 1824, 11 août 1830, et 8 juillet 1835, l’administration des hospices avait provoqué l’ouverture de cette avenue dont la largeur a été fixée en dernier lieu à 20 m. Cette voie publique, située en face de l’entrée principale de l’hôpital Saint-Louis, et tracée en prolongement de l’axe de cet établissement, a été dénommée en 1840. — Égout. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).

Louis (collége royal Saint-).

Situé dans la rue de la Harpe, no 94. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Cet établissement occupe une partie de l’emplacement sur lequel on voyait autrefois les colléges d’Harcourt, de Justice, et le jardin des Cordeliers.

Le collége d’Harcourt avait été fondé, en 1280, par Raoul d’Harcourt, chanoine de l’église de Paris, pour les pauvres écoliers des diocèses de Coutances, d’Évreux, de Bayeux et de Rouen. Cet établissement figurait parmi les grands colléges de l’Université.

La fondation du collége de Justice datait de l’année 1354. Elle avait eu lieu en exécution du testament de Jean de Justice, chanoine de l’église de Paris.

Les colléges d’Harcourt et de Justice, supprimés vers 1790, devinrent propriétés nationales et furent vendus les 3 nivôse an III, 25 thermidor an IV, et 15 thermidor an XIII.

Lycée dans le collége d’Harcourt.

« Au palais de l’Élysée, le 21 mars 1812. — Article 3. Il sera fait aux bâtiments actuels les additions et dispositions nécessaires pour contenir 400 élèves. — Art. 4. La maison du sieur Leprêtre et l’ancien collége de Justice seront réunis aux bâtiments du collége d’Harcourt et acquis pour cause d’utilité publique. — Art. 5. La portion du jardin des ci-devant Cordeliers, désignée sur le plan annexé au présent décret par les lettres A, B, C, D, E, F, G, H, sera remise au Lycée. Signé Napoléon. »

Toutes ces dispositions ne furent point immédiatement exécutées, ainsi que nous le voyons par le décret suivant :

« Au quartier général impérial de Dresde, le 14 mai 1813. — Napoléon, etc… Article 1er. Le collége d’Harcourt sera disposé dans le courant de cette année de manière à recevoir un lycée de 400 élèves. »

Aux termes d’une transaction passée entre l’Université et la ville de Paris, le 1er avril 1838, transaction approuvée par ordonnance royale du 6 novembre 1839, les bâtiments du collége Saint-Louis ont été transférés régulièrement et à titre gratuit à la ville de Paris.

Louis (hôpital Saint-).

Situé dans la rue Bichat. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

En 1606 et 1607, la peste se déclara dans la capitale. L’Hôtel-Dieu ne pouvant contenir tous les malheureux atteints par le fléau, Henri IV résolut de faire construire un hôpital pour les pestiférés. Par un édit du mois de mai 1607, il attribua à l’Hôtel-Dieu 10 sols à prendre sur chaque minot de sel qui se vendrait dans tous les greniers à sel de la généralité de Paris, pendant quinze ans, et 5 sols à perpétuité après l’expiration de ce délai. Le roi ne fit ces donations qu’à la charge par l’Hôtel-Dieu de bâtir hors de la ville, entre les portes du Temple et Saint-Martin, un hôpital de santé ; de payer les gages de tous les employés et de fournir les meubles et ustensiles nécessaires. Là première pierre de la chapelle fut posée le 13 juillet de la même année. Chastillon, architecte, fournit les dessins. Les travaux furent exécutés sous la direction de Claude Vellefaux. — Cet établissement reçut le nom d’hôpital Saint-Louis, en l’honneur de saint Louis, mort de la peste à Tunis. Depuis 1619, cet hôpital a toujours été en activité. En 1787, il ne renfermait que 300 lits. Pendant la révolution, il porta le nom d’hospice du Nord. Il compte aujourd’hui 1,100 lits. Les maladies cutanées y sont spécialement traitées ; 700 lits sont affectés aux galeux, 400 pour les hommes, 300 pour les femmes ; 200 lits sont destinés aux blessés, aux malades affligés d’ulcères, de dartres et de cancers ; enfin, 200 lits sont réservés aux scrofuleux, teigneux et fiévreux. Cet établissement est l’un des hôpitaux les plus importants de la capitale. En 1835, la mortalité a été de 1 sur 17/88 ; en 1842, de 1 sur 20/55. Ces deux années ont présenté les chiffres suivants sous le rapport de la dépense : 1835, 523,082 fr. 88 c. ; 1842, 541,260 fr. 04 c.

Louis-de-l’Arsenal (passage Saint-).

Situé rue Saint-Paul, no 45. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Formé vers le milieu du XVIIe siècle, il conduit à l’église Saint-Louis et Saint-Paul.

Louis-Faubourg-Saint-Antoine (passage Saint-).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, no 47 ; finit à la rue Louis-Philippe, no 34. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Des titres de propriété constatent l’existence de cette cour ou passage, dès l’année 1700. Il résulte également de ces actes que sa dénomination lui vient d’une enseigne représentant saint Louis.

Louis-au-Marais (rue Saint-).

Commence aux rues de l’Écharpe, no 2, et Neuve-Sainte-Catherine, no 2 ; finit aux rues des Filles-du-Calvaire, no 2, et Vieille-du-Temple, no 144. Le dernier impair est 89 ; le dernier pair, 80. Sa longueur est de 603 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

On la nomma d’abord rue de l’Égout, puis rue de l’Égout-Couvert, ensuite rue Neuve-Saint-Louis, et simplement Saint-Louis. Procès-verbal d’alignement de cette rue a été dressé par le bureau de la ville au mois d’avril 1616 — « Paris, le 14 vendémiaire an IX. — La rue Saint-Louis-au-Marais vient de recevoir le nom de Turenne. — L’hôtel Turenne où ce grand homme logeait, dans cette même rue, fut vendu, en 1684, par le cardinal de Bouillon à des religieuses qui y établirent leur demeure. » (Moniteur du 15 vendémiaire.) — (Voir l’article de l’église Saint-Denis-du-Saint-Sacrement.) — Un arrêté préfectoral du 27 avril 1814 rendit à cette voie publique la dénomination de rue Saint-Louis. — Une décision ministérielle du 4 floréal an VIII, signée L. Bonaparte, et une ordonnance royale du 8 juin 1834, ont fixé la moindre largeur de cette rue à 15 m. Propriétés nos 1 et 3, alignées ; 5 et 7, redr. ; 9, 11 et 13, alignées ; de 15 à 25, retranch. 25 c. à 60 c. ; de 27 à 31, alignées ; 33, redr. ; 35 et 37, alignées ; de 39 à 57, retranch. 24 c. à 60 c. ; 59, alignée ; de 61 à 87, redr. ; 89, alignée. Les constructions du côté des numéros pairs sont alignées, à l’exception de celles nos 8, 10 et 12 qui devront subir un léger redressement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Louis-d’Antin (église Saint-).

Située dans la rue Sainte-Croix. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

L’accroissement de la population dans la Chaussée-d’Antin détermina, vers la fin du XVIIIe siècle, l’administration à bâtir dans ce nouveau quartier une chapelle succursale de Saint-Eustache. On décida en même temps que les capucins du faubourg Saint-Jacques seraient transférés dans un couvent construit à côté de cette chapelle. Voici l’acte relatif à ce changement. « Louis, etc. Les religieux capucins de la province de Paris, nommés et députés par acte du chapitre provincial tenu le 7 juillet 1779 pour suivre la délibération capitulaire du dit chapitre, nous ont fait représenter que par la dite délibération ils auraient consenti à ce que leur couvent du faubourg Saint-Jacques de la dite ville, fût transféré dans le nouveau quartier de la Chaussée-d’Antin où il n’y avait point d’église, et à ce que l’emplacement et bâtiments de la rue du Faubourg-Saint-Jacques fussent vendus pour le prix qui en proviendrait être employé à leur translation, aux conditions qu’il nous plairait agréer ; que par arrêts rendus en notre conseil les 6 août 1779 et 18 février 1780, nous aurions nommé des commissaires pour acquérir en notre nom, dans le dit quartier de la Chaussée-d’Antin, des terrains suffisants à l’effet d’y faire construire une église et des bâtiments pour y loger commodément le même nombre de religieux qui se trouveraient dans le couvent du faubourg Saint-Jacques, et procurer aux habitants de ce nouveau quartier, qui se peuple de plus en plus, les secours spirituels qu’ils ne peuvent avoir que dans des églises éloignées ; qu’en exécution des dits arrêts les sieurs commissaires ont, par contrat passé le 8 juin 1780, acquis du sieur de Sainte-Croix, 2,050 toises de superficie de terrain pour y placer la dite église, bâtiments et dépendances, etc. ; que la dite église et bâtiments sont entièrement construits et achevés, etc. À ces causes, etc., voulons et nous plaît que les religieux capucins du faubourg Saint-Jacques se retirent incessamment dans le couvent qui leur est destiné, près la Chaussée-d’Antin, etc. » (Extrait des lettres-patentes de novembre 1782). Le 15 septembre 1783, les capucins du faubourg Saint-Jacques sortirent de leur ancien couvent pour venir occuper celui de la Chaussée-d’Antin. Supprimée vers 1790, cette maison religieuse devint propriété nationale. Pendant quelques années, les bâtiments furent affectés à un hospice où l’on soigna les maladies vénériennes. En vertu de la loi du 1er mai 1802, on y établit un des quatre lycées de Paris (voir l’article du Collége royal de Bourbon). La chapelle des Capucins, construite, ainsi que le couvent, sur les dessins de l’architecte Brongniart, ne manque point d’élégance. C’est aujourd’hui la première succursale de la Madeleine, sous le titre d’église Saint-Louis. Suivant la coutume de l’ordre séraphique, cet édifice n’a qu’un bas-côté, et seulement une corniche d’ordre dorique avec des traits d’appareils sur les arcades. On y remarque un tableau de Gassier représentant saint Louis visitant des soldats malades de la peste. Un cippe en marbre noir, surmonté d’un vase cinéraire, y conserve le cœur du comte de Choiseul-Gouffier.

Louis-en-l’Île (église Saint-).

Située dans la rue Saint-Louis, à l’angle de la rue Poulletier. — 9e arrondissement, quartier de l’Île-Saint-Louis.

À la fin du XVIe siècle, quelques masures côtoyaient seulement les rives de cette île. Un maître couvreur, nommé Nicolas, y construisit, en 1616, une petite chapelle. Vers 1622, la population, attirée par les nouvelles maisons qu’on venait de bâtir, rendit nécessaire l’agrandissement de cette chapelle. Le procès-verbal que fit dresser à ce sujet l’archevêque de Paris, le 3 avril 1623, porte : qu’elle était large de six ou sept toises sur dix ou douze de longueur, vitrée, couverte en ardoises et ornée d’un tableau représentant saint Louis et sainte Cécile. Le 14 juillet de la même année, elle fut érigée en paroisse sous le titre de Notre-Dame-de-l’Île, dénomination qu’elle quitta vingt ans après pour prendre celle de Saint-Louis-en-l’Île. Hébert et plusieurs autres habitants du nouveau quartier qui s’étaient chargés d’en achever la construction, entreprirent de rebâtir cette église. On commença par élever le chœur dont la première pierre fut posée le 1er octobre 1664, par M. de Péréfixe, archevêque de Paris ; de la chapelle on fit la nef ; ces deux constructions étaient disparates. La nef, partie ancienne, tombait en ruines, il fallut la reconstruire. L’architecte Le Veau fournit les dessins ; enfin l’église, achevée par Leduc, fut bénite le 14 juillet 1726. Le clocher, bâti en pierre, a la forme d’un obélisque percé à jour dans plusieurs parties de sa longueur. L’église Saint-Louis n’offre, du reste, rien de remarquable. Supprimée pendant la révolution, elle devint propriété nationale et fut vendue le 13 thermidor an VI. Elle a été rachetée par la ville le 15 septembre 1817, moyennant 120,000 fr. C’est aujourd’hui la première succursale de la paroisse Notre-Dame.

Louis-en-l’Île (rue Saint-).

Commence aux quais de Béthune, no 2, et d’Anjou, no 1 ; finit aux quais d’Orléans, no 32, et de Bourbon, no 53. Le dernier impair est 79 ; le dernier pair, 104. Sa longueur est de 551 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Île-Saint-Louis.

Cette rue a été commencée en 1614, et terminée en 1646. À cette dernière époque on lui donnait deux dénominations. Dans la partie comprise entre le quai de Béthune et la rue des Deux-Ponts, c’était la rue Palatine ; le surplus s’appelait rue Carelle. En 1654, elle portait le nom de rue Marie. Quelques années après, elle reçut la dénomination de rue Saint-Louis, en raison de l’église ainsi appelée. En 1793, c’était la rue de la Fraternité. — Une décision ministérielle du 24 frimaire an XIII, signée Champagny, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. En 1806, elle reçut le nom de rue Blanche-de-Castille, mère de saint Louis. — Un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, lui rendit sa dénomination de rue Saint-Louis. Deux décisions ministérielles des 5 février 1817 et 9 mai 1818, réduisirent sa largeur à 8 m. Enfin une ordonnance royale du 9 décembre 1838, a maintenu cette rue dans son état actuel. Sa moindre largeur est de 7 m. 80 c. Les constructions riveraines sont alignées. — Portion d’égout du côté du quai de Bourbon. — Conduite d’eau entre la rue de Bretonvilliers et l’école chrétienne.

Au no 2 est situé l’hôtel Lambert. Cette magnifique habitation, construite par Louis Le Veau pour le président Lambert de Thorigny, appartint ensuite au fermier général Dupin et au marquis du Châtelet-Laumont. La cour est entourée de bâtiments décorés d’ordre dorique. Un perron, placé en face de la porte, conduit à un grand pallier où prennent naissance deux escaliers qui mènent aux appartements. Dans un renfoncement cintré, on voit une grisaille de Lesueur ; elle représente un fleuve et une Naïade. D’admirables tableaux ornaient cette magnifique résidence. On y admirait le chef-d’œuvre du Bassan, l’enlèvement des Sabines ; des paysages d’Herman et de Patel, cinq tableaux de l’histoire d’Énée, par Romanelli. Ces richesses furent données en partie au roi Louis XVI, pour le musée du Louvre, par la famille de la Haye, propriétaire de l’hôtel.

Les plus belles peintures conservées dans cette habitation se trouvent dans les salles de l’amour et dans le cabinet des bains. Au premier étage on voit la galerie dite de Lebrun. Ce grand artiste a dessiné sur le plafond, avec toute la vigueur de son coloris, neuf travaux d’Hercule. L’hôtel Lambert vient d’être acheté par madame la princesse Txartoryska, qui y fait exécuter en ce moment de grands travaux de restauration.

Louis et Saint-Paul (église Saint-).

Située dans la rue Saint-Antoine, entre les nos 120 et 122. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Nous parlerons à l’article du collége royal Louis-le-Grand de l’établissement des Jésuites à Paris. Ces pères, après avoir consolidé leur collége de la rue Saint-Jacques, cherchèrent les moyens de fonder également un couvent, une maison professe. Le 12 janvier 1580, le cardinal de Bourbon leur céda un grand hôtel situé dans la rue Saint-Antoine. Ils construisirent sur-le-champ une petite église qui, dès l’année 1582, avait reçu, ainsi que le couvent, le nom de Saint-Louis. Les bienfaits du roi Louis XIII élevèrent cette maison au plus haut degré de prospérité. Il fit construire l’église qui se voit encore aujourd’hui ; la première pierre fut posée en 1627. On grava à cette occasion, sur une médaille de Louis XIII, cette inscription : Vicit ut David, ædificat ut Salomon ! Richelieu fit élever à ses frais le portail, en 1634. L’église ne fut terminée qu’en 1641. Le 9 mai de cette année, le cardinal y célébra la messe en présence du roi, de la reine et de Gaston d’Orléans. Tous trois reçurent la communion des mains du cardinal-ministre. Le père François Derrand fut l’architecte de cette église, dont la façade se compose de trois ordres d’architecture. Les deux premiers sont corinthiens, l’autre supérieur est composite. L’église est en forme de croix romaine avec un dôme sur pendentifs au milieu de la croisée. Auprès du maître-autel était déposé le cœur de Louis XIII, dans un monument commandé par la reine sa veuve, et pour lequel Sarrazin mit en œuvre tout son génie inventif. Les Jésuites ayant été bannis de France, cette maison fut cédée aux chanoines réguliers de la culture Sainte-Catherine. Nous citons un extrait des lettres-patentes relatives à ce déplacement. « Louis, etc. — Article 1er. L’église, terrain, bâtiments, circonstances et dépendances, formant ci-devant la maison professe des Jésuites, situés dans la rue Saint-Antoine de notre bonne ville de Paris, abandonnés aux créanciers de la dite société par arrêt de notre cour de parlement du 12 mars 1764, seront acquis en notre nom pour les chanoines réguliers du prieuré de Sainte-Catherine de Paris, par les commissaires que nous nommerions cet effet, et dans la forme et manière accoutumées pour et moyennant le prix et somme de 400,000 livres, payables dans les temps qui seront par nous réglés, etc. Donné à Marly, le 23 mai 1767, signé Louis. » Les chanoines réguliers de Sainte-Catherine furent supprimés en 1790. Après la démolition de l’ancienne église Saint-Paul qui avait été vendue comme propriété nationale le 6 nivôse an V, le culte fut transféré dans l’église des Jésuites, qui reçut alors le titre d’église Saint-Louis et Saint-Paul. C’est aujourd’hui la troisième succursale de Notre-Dame. Dans une partie des bâtiments du couvent fut établi le collége royal Charlemagne. (Voir cet article.)

Louis-le-Grand (collége royal).

Situé dans la rue Saint-Jacques, no 123. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

La société de Jésus fut approuvée en 1540 et 1549 par deux bulles de Paul III. Le fondateur, Ignace de Loyola, envoya sur-le-champ quelques uns de ses disciples à Paris. Plusieurs historiens ont prétendu qu’aussitôt après la publication de la première bulle, ces religieux se logèrent au collége des Trésoriers, puis vers 1542 au collége des Lombards, et en 1550 dans l’hôtel de Clermont qui appartenait au cardinal Duprat. Son éminence qui témoignait à ces pères le plus vif intérêt, leur concilia la protection du cardinal de Lorraine. Ils obtinrent en 1551, par les soins du chef de cette puissante maison, des lettres-patentes qui autorisèrent leur établissement, mais dans Paris seulement. Les oppositions de l’évêque, du parlement et de l’université suspendirent l’effet de cette faveur. Soutenus par les princes Lorrains qui régnaient sous le nom de François II, les Jésuites allaient triompher de tous les obstacles, lorsque la mort du jeune monarque vint leur susciter de nouveaux embarras. Malgré les lettres de jussion, adressées au parlement par Charles IX, les juges hostiles à la nouvelle société décidèrent que le droit d’approuver cette compagnie appartenait seul à l’assemblée générale du clergé, tenue à Poissy et présidée par le cardinal de Lorraine ; le colloque de Poissy admit l’institution des Jésuites en France à titre de société religieuse et de collége. Ce ne fut qu’en 1562 que le parlement consentit à l’enregistrement de cette décision. On doit donc fixer à cette époque l’établissement légal des Jésuites à Paris. Le cardinal Duprat leur avait fait en mourant plusieurs legs considérables pour les aider à fonder un collége. Les Jésuites, jaloux de remplir les dernières intentions de leur bienfaiteur, achetèrent un grand hôtel situé dans la rue Saint-Jacques. Cette maison avait appartenu à Bernard de la Tour, évêque de Langres. Le recteur de l’université accorda aux Jésuites la permission d’enseigner. Ces pères ouvrirent des cours et donnèrent à leur maison le nom de collége de Clermont de la société de Jésus. À peine avaient-ils commencé leurs leçons, qu’un nouveau recteur leur défendit l’exercice des classes. Alors s’élevèrent de nouvelles contestations. Heureusement pour eux, la cause fut appointée, et ces pères, en attendant la décision, se crurent autorisés à continuer les leçons publiques qu’ils avaient commencées. Le talent des professeurs qu’ils employaient attirèrent bientôt dans leur collége un si grand nombre d’écoliers, qu’il fallut penser à augmenter les bâtiments de cette maison. Les Jésuites achetèrent à cet effet plusieurs propriétés voisines en 1578 et 1582. Il firent dans le courant de cette dernière année construire une chapelle dont la première pierre fut posée par Henri III. Tous ces édifices furent reconstruits en 1698.

Les Jésuites suivirent le parti de la ligue, et montrèrent du zèle pour la cause catholique. Tout en paraissant très échauffés, ils firent en sorte cependant de ne point compromettre leurs intérêts de fortune. Le 15 juin 1590, on avait tenu au palais une assemblée où l’on avait arrêté : « que les communautés religieuses seraient obligées de nourrir les pauvres, et qu’il serait fait en conséquence une visite dans les couvents pour constater la quantité de denrées qu’ils renfermaient. » Les Jésuites redoutaient grandement cette visite. Tyrius, recteur du collége de Clermont, accompagné du père Bellarmin, vint supplier le légat d’en exempter leur maison. Le prévôt des marchands, Michel Marteau, sieur de la Chapelle, indigné de cette demande, dit tout haut : « Monsieur le recteur, votre requête n’est civile ni chrétienne. Tous ceux qui avaient du blé ont été forcés de l’exposer en vente pour subvenir aux besoins, publics, pourquoi seriez-vous exempts de cette visite ? Votre vie est-elle de plus grand prix que la nôtre ? » La visite eut lieu ! « On y trouva, dit l’Estoile, quantité de blé et de biscuit pour les nourrir pendant plus d’un an, quantité de chair salée, de légumes, de foin, et en plus grande quantité qu’aux quatre meilleures maisons de la ville. » Trois mois après, le 10 septembre, les Jésuites se conduisirent plus noblement dans une attaque nocturne dirigée contre la porte Saint-Jacques, par les troupes de Henri IV, qui assiéraient Paris. Les ennemis ayant commencé par donner une fausse alerte, les bourgeois s’étaient retirés. Quelques Jésuites seuls étaient restés sur le rempart. Ils aperçurent dans l’obscurité les assiégeants qui étaient revenus sous les murs, et dressaient plusieurs échelles pour les escalader, quelques uns même étaient déjà dans la ville ! Ces pères accoururent, les combattirent vaillamment, les tinrent en échec jusqu’à l’arrivée des troupes de la Ligue. Henri IV étant monté sur le trône, la réaction qui s’opéra contre la Ligue fut également funeste aux Jésuites. Le parlement voulut les faire sortir du royaume. Henri IV suspendit l’arrêt de bannissement. Peu de temps après eut lieu la tentative de meurtre commise par Jean Chastel sur la personne du roi. L’assassin subit le dernier supplice, et par arrêt du 28 décembre 1594, tous les prestres et escholiers du collége de Clermont et tous autres soy disants de la société de Jésus, furent condamnés comme corrupteurs de la jeunesse, perturbateurs du repos public, ennemis du roi et de l’état, à sortir dans trois jours de Paris et dans quinze du royaume. Les Jésuites plièrent devant l’orage, mais ne se découragèrent pas. Ils eurent, suivant leur habitude, recours à l’adresse ; ce genre d’habileté mielleuse leur valut le surnom bien mérité de Pères de la Ruse. À force de patience et de persévérance, ils obtinrent de Henri IV la permission de rentrer en France. Après huit années d’exil, ils revinrent le 25 septembre 1603, mais ce ne fut qu’après la mort du roi qu’ils obtinrent la faveur de tenir un collége et d’instruire la jeunesse. Cette permission leur fut accordée vers 1618. La Sorbonne et l’Université leur suscitèrent de nouveaux embarras qu’ils parvinrent à étouffer. Sous le règne de Louis XIV, les Jésuites prirent un immense ascendant. Le roi leur donna 53,000 livres. Cet argent les aida à acquérir plusieurs maisons ainsi que les bâtiments des colléges de Marmoutiers et du Mans. Ces pères invitérent Louis XIV à assister à une tragédie représentée par leurs élèves. Le roi fut satisfait de la pièce, et dit à un seigneur qui lui parlait du succès de cette représentation : « Faut-il s’en étonner, c’est mon collége ! » Le recteur attentif à ces paroles du monarque saisit avec habileté l’occasion de flatter sa royale vanité. Après le départ de Louis XIV, il fit enlever l’ancienne inscription : collegium Claramontanum, societatis Jesu, et pendant toute la nuit, des ouvriers furent employés à graver sur une table de marbre noir, ces mots en grandes lettres d’or : Collegium Ludovici Magni. Un élève de ce collége, âgé, dit-on, de seize ans, composa également dans la nuit, pendant que les ouvriers travaillaient, le distique suivant :

Substulit hinc Jesum, posuitque insignia regis,
Impia gens alium nescit habere Deum.

« Tu ôtes le nom de Jésus pour y substituer les armes et le nom de Louis : tu ne connais, ô race impie, d’autre divinité que ce roi. » — Une traduction en vers courut également dans tout Paris, la voici :

» La croix fait place au lis et Jésus-Christ au roi ;
» Louis, ô race impie, est le seul dieu chez toi.

L’ordre des Jésuites fut supprimé en 1762. Ces pères furent chassés pour la seconde fois de Paris et de la France en 1763 ; alors on transféra dans leur collége celui de Lisieux. L’université y tint aussi quelque temps ses séances. En 1792, organisé sous une forme nouvelle, il reçut le nom de Collége de l’Égalité ; en 1800 celui de Prytanée. En 1805 on l’appela Lycée Impérial. On lui rendit, en 1814, le nom de Collége royal Louis-le-Grand.

Louis-le-Grand (place du collége).

Située entre la rue Saint-Jacques, nos 130 et 136, et les rues des Poirées et Neuve-des-Poirées. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 38 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Cette place a été formée en 1839, et substituée une partie de la rue des Poirées. Elle est située vis-à-vis du collége royal Louis-le-Grand dont elle a reçu la dénomination. Cet établissement a contribué à l’acquisition des bâtiments dont l’emplacement a servi à la formation de cette voie publique. La largeur de cette place est fixée à 21 m. par une délibération du conseil municipal du 3 août 1838. Les maisons du côté des numéros pairs restent sous l’influence de l’alignement approuvé par une ordonnance royale du 29 décembre 1824, pour la rue des Poirées. Les propriétés nos 4 et 6 sont alignées ; celles nos 2 et 8 sont soumises à un retranchement qui n’excède pas 40 c. (Voyez rue des Poirées.)

Louis-le-Grand (rue).

Commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs, nos 72 et 74 ; finit aux boulevarts des Capucines, no 1, et des Italiens, no 29. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 370 m. — Les numéros impairs sont du 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme ; les nos pairs, du 2e arrondissement, quartier Feydeau.

« Le roi ayant, par arrêt de son conseil du 22 mars 1701, ordonné pour la commodité des habitants des quartiers de Saint-Roch et de Saint-Honoré, que la rue Neuve-Saint-Augustin seroit continuée depuis la rue Neuve-Saint-Roch ou Gaillon, de quatre toises et demie de largeur à prendre en ligne droite depuis l’encoignure, et suivant l’alignement du devant du mur de face de l’hôtel de Lorges jusqu’à la distance d’environ onze toises du mur de clôture du couvent des Capucines, et que de cet endroit il seroit formé une autre rue en retour de cinq toises, parallèle, à la même distance d’onze toises ou environ du mur de l’enclos des Capucines, laquelle seroit appellée rue de Louis-le-Grand, pour communiquer à la rue Neuve des-Petits-Champs et conduire à la place de Louis-le-Grand ; et sa majesté étant informée qu’il seroit nécessaire, pour la commodité de ce quartier, de continuer la dite rue de Louis-le-Grand sur la même largeur de cinq toises jusqu’au boulevart, comme de supprimer la dite rue de Gaillon depuis le coin du dit hôtel de Lorges jusqu’au rempart par où les eaux des rues voisines s’écoulent présentement avec peine, etc. À quoi sa majesté voulant pourvoir et vu sur ce l’avis des sieurs prévôt des marchands et échevins de Paris ; ouï le rapport du sieur Fleuriau d’Armenonville, conseiller ordinaire au conseil royal, directeur des finances ; sa majesté, étant en son conseil, a ordonné et ordonne que, conformément au dit arrêt du conseil du 22 mars 1701, la dite rue Neuve-Saint-Augustin sera continuée depuis la rue Neuve-Saint-Roch ou de Gaillon, de quatre toises et demie de largeur à prendre en ligne droite et suivant l’alignement du devant du mur de face de l’hôtel de Lorges, jusqu’à la rencontre de la rue qui doit être appellée de Louis-le-Grand, laquelle rue sera ouverte de cinq toises de largeur à douze toises ou environ du mur des Capucines, et continuée depuis la rue Neuve-des-Petits-Champs jusqu’au rempart, près la barrière de Gaillon, etc. Fait au conseil d’état du roi, sa majesté y étant, tenu à Marly le 3 juillet 1703. » La rue Louis-le-Grand fut ouverte conformément à cet arrêt. Le procès-verbal qui constate ce percement est à la date du 8 octobre 1703. Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, et une ordonnance royale du 4 octobre 1826, ont maintenu la largeur primitive de cette voie publique. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Égout entre la rue Neuve-Saint-Augustin et le boulevart. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Louis-Philippe (pont).

Situé entre les quais de la Grève et Napoléon.

Une ordonnance royale du 13 août 1833 a autorisé la construction de ce pont, dont MM. Callou, Collin et Séguin frères ont été déclarés concessionnaires. Commencé en 1833, sous la direction de MM. Séguin frères, il a été inauguré le 26 juillet 1834. Le terme de la concession est de 49 années qui ont commencé au 13 août 1835, et doivent expirer au 13 août 1884. Ce pont, suspendu en fil de fer, est composé de deux travées ; l’une de 71 m. 13 c., l’autre de 72 m. 50 c. Sa largeur, entre les garde-corps est de 8 m.

Louis-Philippe (rue).

Commence à la rue de la Roquette, nos 32 et 31 ; finit à la rue de Charonne, nos 15 et 17. Le dernier impair est 55 ; le dernier pair, 48. Sa longueur est de 266 m. — 8e arrondissement ; les numéros impairs sont du quartier Popincourt ; les pairs, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

C’était autrefois la rue Lappe. Dans un registre des ensaisinements de Saint-Éloi (archives de l’archevêché) on lit ce qui suit : « Le 22 décembre 1635, les chanoinesses régulières de Saint-Augustin (les filles Anglaises de Notre-Dame de Sion) achetèrent à Bertrand Ferrier, marchand épicier, cinq arpents de terre, hors la porte Saint-Antoine, sur le chemin de Charonne, au lieu dit l’Eau qui dort, tenant d’une part à Girard Lappe, maître jardinier, d’autre au chemin de Paris, tendant à la Roquette, etc. » — Sur cet emplacement cette rue fut tracée ; quelques plans la désignent sous le nom de Gaillard, en raison de l’abbé Gaillard qui y avait fondé une communauté où l’on apprenait à lire et à écrire aux pauvres enfants du faubourg Saint-Antoine. Le plan de Verniquet, qui fait autorité, la nomme néanmoins rue Lappe. — « Séance du 13 avril 1793. Surle rapport des administrateurs au département des travaux publics, concernant les alignements à suivre pour les reconstructions à faire dans la rue de Lappe, faubourg Saint-Antoine, le corps municipal ayant reconnu d’après le plan de la d. rue qu’elle a dix-huit pieds de largeur, et que sa direction n’offre ni plis, ni coudes, et considérant que cette rue qui ne débouche que vers le bas des rues de la Roquette et de Charonne, n’est pas assez fréquentée pour exiger que sa largeur soit portée à vingt-quatre pieds ; après avoir entendu sur ce le Procureur de la commune, a arrêté que la largeur de la rue de Lappe sera fixée définitivement à dix-huit pieds. » (Registre du corps municipal, t. 39, pag. 6448). — En vertu d’une décision ministérielle du 3 prairial an IX, signée Chaptal, cette largeur fut portée à 8 m. — Une ordonnance royale du 6 mai 1827 a définitivement fixé la largeur de cette voie publique à 10 m.

Le passage du roi dans la rue Lappe, le 23 décembre 1830, lors de la visite qu’il fit au faubourg Saint-Antoine, excita chez les habitants de cette rue un enthousiasme universel, qui se manifesta par des cris unanimes d’amour et de reconnaissance et ensuite par une illumination générale et spontanée. Les propriétaires et les habitants de la rue Lappe, désirant éterniser la mémoire de cette visite bienveillante, résolurent de demander qu’au nom de cette rue fût substitué celui de Louis-Philippe. Le roi consulté sur cette détermination et instruit des circonstances qui l’avaient amenée, daigna répondre qu’il autoriserait volontiers cette nouvelle dénomination. — En vertu d’une décision ministérielle du 27 janvier 1831, le nom de Louis-Philippe fut définitivement assigné à cette voie publique. — La propriété no 31 devra reculer de 1 m. 90 c. ; toutes les autres constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement de 4 m. Les propriétés du côté opposé sont alignées, à l’exception des maisons portant les nos de 4 à 24, qui devront subir un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Roquette jusqu’à la borne-fontaine.

Louis-Philippe (rue du Pont-).

Commence à la rue des Barres et au quai de la Grève, no 14 ; finit à la rue Saint-Antoine, no 20. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 169 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Une ordonnance royale du 13 août 1833 porte ce qui suit : « Article 1er. L’adjudication passée le 18 juillet 1833, par le préfet de la Seine, pour l’ouverture d’une nouvelle rue en prolongement de la rue Vieille-du-Temple jusqu’au quai de la Grève, et pour la construction d’un pont suspendu sur la Seine, depuis ce quai jusqu’au quai de la Cité, est et demeure approuvée. — Art 2e. L’ouverture de la nouvelle rue depuis la rue Saint-Antoine jusqu’au quai de la Grève, sera effectuée sur une largeur de 13 m. II est déclaré qu’il y a utilité publique à la d. rue, etc. »

Cette ordonnance fut immédiatement exécutée et l’on donna à la nouvelle communication le nom de rue du Pont-Louis-Philippe, parce qu’elle débouche vis-à-vis du pont ainsi appelé. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Louis-Saint-Honoré (rue Saint-).

Commence à la rue de l’Échelle, nos 6 et 8 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 271 et 273. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 42 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

On présume que cette voie publique tire sa dénomination du voisinage de l’hôpital des Quinze-Vingts, fondé par saint Louis. Quelques écrivains pensent qu’elle doit ce nom à la rue Saint-Honoré, qu’on appelait dans cet endroit Grand’rue Saint-Louis. Les plans de Gomboust et de Bullet la nomment rue de l’Échaudé. Dans un censier de l’archevêché de 1663, elle est écrite rue des Tuileries. — Une décision ministérielle en date du 18 thermidor an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette dimension est portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826. Les maisons du côté des numéros impairs ne sont pas soumises à retranchement ; celles du côté opposé doivent reculer de 3 m. à 4 m. 20 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Lourcine (barrière de).

Située entre les boulevarts des Gobelins et Saint-Jacques.

Elle porta d’abord le nom de la Glacière ; on traverse cette barrière pour aller au village de la Glacière. Sa dénomination actuelle lui vient de sa proximité de la rue de Lourcine. Cette barrière n’a qu’un seul bâtiment à deux péristyles chacun de trois colonnes. (Voir l’article Barrières.)

Lourcine (hôpital de).

Situé dans la rue de Lourcine, no 95. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Il occupe une partie de l’emplacement du couvent des Cordelières, dont nous parlerons à l’article de la rue Pascal.

Cet établissement, qui sert d’annexe à l’hôpital du Midi, est destiné aux femmes atteintes de maladies vénériennes. Il a été inauguré le 28 janvier 1836, et contient 300 lits.

En 1842, la mortalité a été de 1 sur 29,14 ; la dépense s’est élevée à 156,292 fr. 13 c.

Lourcine (rue de).

Commence à la rue Mouffetard, nos 151 et 156 ; finit à la rue de la Santé, nos 15 et 17. Le dernier impair est 115 ; le dernier pair, 122 bis. Sa longueur est de 1,000 m. — 12e arrondissement ; les numéros impairs, quartier Saint-Marcel ; les numéros pairs, quartier de l’Observatoire.

Cette rue a été formée sur le territoire appelé, vers 1182, Laorcine (de Laorcinis). Selon Sauval on nommait, en 1404, l’endroit où elle est située, la ville de Lourcine lès Saint-Marcel. Ensuite elle fut désignée sous la dénomination de rue du Clos-de-Ganay, en raison du Chancelier de Ganay qui y possédait une maison de plaisance. Dans plusieurs actes, elle est appelée rue Franchise. Cette voie publique dépendait du fief de Lourcine, appartenant à la commanderie de Saint-Jean-de-Latran, et les compagnons artisans avaient droit de franchise sur ce territoire. Enfin le plan de Dheulland l’indique sous le titre de rue des Cordelières. Le couvent de ces religieuses était situé dans cette voie publique (voyez rue Pascal). — Une décision ministérielle du 6 pluviôse an XI, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de la rue de Lourcine à 10 m. Cette moindre largeur est portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : nos 63, l’hôpital de Lourcine, 6, 8, 12, 14, 24, 26, 32, 34, 40, 46, 46 bis, 52, 54, partie de la caserne, 94, 110, 116, 118, 120, 120 bis et 122. — Égout entre les rues Mouffetard et Saint-Hippolyte. — Conduite d’eau depuis la rue Mouffetard jusqu’à celle des Anglaises.

Louviers (île).

Située entre l’île Saint-Louis et le pont d’Austerlitz. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Les voies publiques qui doivent être établies sur l’emplacement de l’île Louviers, n’étant pas encore tracées, nous avons dû conserver l’ancienne dénomination, afin de rendre les recherches-plus faciles.

En 1370, on la nommait l’île des Javeaux ; en 1445, l’île aux meules des Javeaux, depuis simplement l’île aux Meules. Javeau est le nom qu’on donne à une île formée de sable et de limon par un débordement. Vers 1465, elle portait la dénomination de Louviers, parce que Nicolas de Louviers, seigneur de Cannes, qui fut prévôt des marchands en 1468, en était alors propriétaire. En 1549, la ville fit élever sur cette île un fort, un pont et une espèce de hâvre pour donner à Henri II et à Catherine de Médicis le spectacle d’un combat naval et de la prise d’une forteresse. — « Arrêt du conseil (2 octobre 1671). — Sur ce qui a esté représenté au roy en son conseil, par les prévost des marchands et eschevins de sa bonne ville de Paris, que pour establir une meilleure police sur les ports et les débarrasser des marchandises que les marchands forains font arriver en cette ville pour sa provision, qui causoient dans les ports une confusion et des embarras, dont le publicq recevoit un notable préjudice, ils auroient pris la cession du bail judiciaire de l’isle Louviers, saisie réellement sur les héritiers du sieur d’Antragues, dans la quelle isle depuis le dit bail, les d. marchands forains auroient fait descharger leurs marchandises pour l’enlèvement des quelles ils auroient faict faire un pont de batteaux aux frais de la ville, sur le bras d’eau qui sépare la d. isle du port Saint-Paul, ce qui auroit produit beaucoup d’utilité, mais comme les différents incidents qui se forment pendant les criées, et le cours des baux judiciaires pourroient empercher que le publicq ne jouist de l’avantage de ce nouvel établissement de port, etc… ; le roy estant en son conseil a ordonné et ordonne aux sieurs prévost des marchands et eschevins d’acquérir la dite isle Louviers, etc. Signé Séguier et Colbert. » (Archives du royaume, section administ., série E, no 1761). — La ville de Paris ne devint propriétaire de l’île Louviers qu’en 1700, moyennant la somme de 61,500 livres.

La loi du 24 août 1793 enleva aux communes la propriété de leurs biens pour les réunir au domaine national (art. 90, 91 et 92), à l’exception des biens communaux dont le partage avait été décrété par la loi du 20 juin précédent, et des objets destinés aux établissements publics. Par une fausse application de cette loi, le domaine s’empara de l’île Louviers, alors affectée à un service d’utilité publique. Celle affaire fut soumise au conseil d’état dont nous reproduisons l’opinion : « Extrait du registre des délibérations. Séance du 5 avril 1806. — Avis. Le conseil d’état, qui d’après le renvoi ordonné par sa majesté l’empereur et roi, a entendu le rapport de la section des finances sur celui du ministre de ce département, relatif à la location de l’île Louviers ; est d’avis qu’elle doit être considérée comme une place de marché, et abandonnée à la ville de Paris. »

Les terrains de l’île Louviers furent affermés par la ville, aux marchands de bois de Paris, moyennant 40,000 fr. de location annuelle. Le produit de cette location a été abandonné ensuite aux hospices civils de Paris, par arrêté du préfet de la Seine du 10 mai 1813, approuvé par le ministre de l’intérieur le 27 du même mois, et en exécution des décrets des 24 et 27 février 1811, relatifs à l’aliénation des maisons urbaines des hospices, et pour remplacer au profit de cette administration le produit de cette aliénation. — Par ordonnance royale du 10 février 1841, le marché au bois à brûler a été supprimé. Un délai de deux ans à partir de la date de cette ordonnance a été accordé aux marchands de bois pour l’abandon complet des terrains par eux occupés dans l’île Louviers. En 1843, on a comblé le petit bras de rivière et construit un nouveau quai.

Par délibération du 7 juillet de la même année, le conseil municipal a adopté l’ouverture de deux rues sur ces terrains pour communiquer du nouveau quai au boulevart Morland. D’après une autre délibération du 23 février 1844, ces deux rues doivent prendre les noms de Coligny et de l’île Louviers. Le nouveau quai s’appellera quai Henri IV.

Louvois (rue de).

Commence aux rues Lulli et de Richelieu, no 77 ; finit à la rue Sainte-Anne, nos 60 et 62. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 12. La longueur du côté gauche qui est bordé par la place de Richelieu est de 49 m. ; celle du côté droit, de 116 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Louis-Sophie Le Tellier, marquis de Louvois, brigadier des armées du roi, était, en 1784, propriétaire d’un hôtel ayant son entrée dans la rue de Richelieu et qui s’étendait jusqu’à la rue Sainte-Anne. Il sollicita et obtint de sa majesté l’autorisation d’ouvrir une rue sur l’emplacement de cet hôtel. Les lettres-patentes furent expédiées le 30 avril 1784. Elles portent : « Article 1er. Il sera ouvert aux frais du sieur marquis de Louvois, sur le terrain de l’hôtel à lui appartenant, rue de Richelieu, une nouvelle rue de 30 pieds de largeur qui traversera le d. hôtel et conduira de la d. rue de Richelieu à la rue Sainte-Anne. — Art. 2e. La dite rue sera nommée rue de Louvois, etc. — Art. 5e. Voulons et entendons que les propriétaires des maisons, formant tant à droite qu’à gauche la façade de la d. rue, soient tenus de construire un trottoir le long des dites maisons, dont la largeur sera de 4 pieds et la hauteur de 10 à 12 pouces au moins, avec une bordure de pierres, propre à soutenir le d. trottoir, lequel sera en outre couvert d’un pavé uni et défendu dans toute sa longueur de petites bornes qui seront posées à une certaine distance les unes des autres, telle qu’elle sera déterminée, etc. » — Ces lettres-patentes reçurent leur exécution au mois de novembre 1784. La rue fut ouverte sur une largeur de 9 m. 60 c., dimension qui a été maintenue par une ordonnance royale du 16 avril 1831. Les propriétés riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Le théâtre de Louvois était situé dans cette rue, au no 6. Il avait été construit, en 1791, sur les dessins de Brongniart, architecte. Son inauguration eut lieu le 1er juillet 1793. Fermé pendant quelque temps, il fut rouvert le 7 mai 1801. On y joua jusqu’en 1808. Vers 1820, par suite de l’interdiction de la salle de l’Opéra, les acteurs de ce théâtre donnèrent quelques représentations sur le théâtre de Louvois, qui a été transformé depuis en maison particulière.

Louvre (palais du).

Entrée principale, place du Louvre. — 4e arrondissement.

En quittant la rive gauche, de la Seine au quai d’Orsay, quel imposant tableau attire les regards ! Le palais du Louvre, celui des Tuileries, l’Arc-de-Triomphe, la Madeleine, toutes ces richesses si heureusement groupées, forment un ensemble unique dans l’univers entier. — L’histoire du Louvre, c’est l’histoire de la France tracée sur des murailles. Quand la royauté voulut sortir de tutelle, un château s’éleva, prison toute préparée. Philippe-Auguste montrait aux grands vassaux révoltés son épée de Bouvines et la tour du Louvre. Trois siècles sont écoulés : le vieux château-fort de Philippe-Auguste a passé de mode. François Ier veut oublier Pavie. S’il n’a pu vaincre Charles-Quint, il veut être l’émule des Médicis et des Léon X. Il lui faut de nobles portiques, de précieux bas-reliefs, des frises élégantes. Un nouveau Louvre s’élève, et chaque royauté va lui porter son offrande.

L’origine du Louvre se perd dans la nuit des temps. Les historiens ne sont pas même d’accord sur son étymologie. Les uns font dériver son nom d’un seigneur de Louvres, sur le terrain duquel le premier château fut bâti ; les autres, des loups qui peuplaient la forêt voisine ; quelques uns du vieux mot français ouvre, de sorte qu’on aura dit plus tard l’ouvre pour l’œuvre, l’ouvrage par excellence ; enfin, il en est un petit nombre, et ceux-là nous semblent avancer l’opinion la moins invraisemblable, qui prétendent trouver la racine de ce nom dans le mot saxon lower, qui signifie château. L’existence du Louvre remonterait à Dagobert, s’il fallait en croire une charte de ce roi, citée dans l’histoire de l’Université, par Duboullay ; mais d’autres savants ont contesté l’authenticité de cette pièce. Plusieurs écrivains ont attribué la construction de ce château à Childebert Ier ; enfin Duchêne, dans sa Géographie manuscrite de Paris, prétend que Louis-le-Gros fit entourer le Louvre de murailles ; et qu’il y recevait le serment de fidélité des grands vassaux de la couronne. Il est un fait constant, c’est que l’existence du Louvre est antérieure au règne de Philippe-Auguste. Les bornes de cet article ne nous permettent point de faire ici une description de cette forteresse, on peut d’ailleurs s’en faire une idée en visitant ce qui nous reste du château de Vincennes. — François Ier résolut de faire abattre le Louvre et de construire sur son emplacement un édifice plus élégant. Ce prince en confia l’exécution à Sébastien Serlio, italien. Cet habile architecte, auquel on avait montré le dessin de Pierre Lescot, seigneur de Clagny, eut la générosité d’avouer au roi que le projet de l’artiste français était préférable au sien. Ce fut donc d’après les plans de Pierre Lescot que fut commencé le palais nommé depuis le Vieux-Louvre, pour le distinguer des bâtiments qui furent élevés sous les règnes suivants. Cet édifice ne devait s’étendre, dans le principe, que depuis le pavillon formant l’angle du côté de la rivière, jusqu’à celui qui fait aujourd’hui le milieu de la grande cour. Ce palais, dans lequel on entrait par la salle connue sous le nom des Antiques, devait être composé d’une grande galerie ayant deux pavillons. Celui du côté de la Seine était destiné à l’habitation, et celui du côté opposé était affecté à la chapelle et contenait le grand escalier. La façade principale, décorée de deux ordres d’architecture et d’un attique au-dessus, indiquait clairement que le rez-de-chaussée était destiné au service du palais ; le premier étage à l’habitation du souverain, et l’attique aux logements de sa suite. Henri II fit continuer cet édifice, l’augmenta d’une aile qui s’étendait au midi, du côté de la rivière. Cette aile devait être sans doute répétée dans la partie opposée en prolongement du pavillon du côté du nord. L’escalier et la belle salle nommée aujourd’hui des Cariatides ont été bâtis également sous Henri II. Les sculptures sont dues au ciseau du célèbre Jean Goujon. Sous le règne de Charles IX fut construite la portion de bâtiment en aile qui existe aujourd’hui du côté du jardin de l’Infante, et en retour sur le bord de la rivière jusqu’au guichet du petit clocher.

M. Quatremère de Quincy s’exprime ainsi sur les constructions du vieux Louvre : « Il faut rendre à Lescot la justice de dire qu’il déploya dans son ordonnance, autant de connaissance des principes de la belle architecture, qu’aucun de ses plus habiles prédécesseurs. Les portiques dont il forma l’étage du rez-de-chaussée offrent d’aussi justes proportions des rapports aussi heureux, et des détails aussi corrects que dans les meilleurs ouvrages connus. Il y employa l’ordre corinthien dans toute sa pureté, les profils sont d’une parfaite régularité.

» On voit que son intention fut de porter dans l’ensemble de sa composition la plus grande richesse. Ce fut à cet effet qu’il plaça au rez-de-chaussée l’ordre corinthien, se réservant d’enchérir sur le luxe de cet étage, selon les idées alors reçues, par l’ordre prétendu qu’on appela composite, pour l’étage principal. Effectivement, cet étage l’emporte sur l’inférieur, par le luxe de ses chambranles, comme par l’élégance des festons de sa frise. Qu’il y ait, à vrai dire, un peu trop de ressemblance ou d’égalité de style et de goût d’ornement, ainsi que de proportion, entre les deux étages ou les deux ordres, c’est bien ce qu’il faut reconnaître ; mais chacun pris en particulier n’en dénote pas moins un architecte nourri des meilleures doctrines, rempli des beautés de l’antiquité, et possédant tous les secrets de son art.

» Ce fut par suite de son système de luxe progressif du bas en haut, que Lescot prodigua dans son attique ou étage de nécessité, une telle richesse qu’on n’imagine pas qu’il soit possible d’en mettre davantage. Cependant un certain genre de convenance semble prescrire, dans la devanture d’un palais, le degré de richesse applicable à l’importance de chaque étage ; et sans doute Lescot, indépendamment de quelques autres considérations, força toute mesure dans la décoration de son attique. Ceci conduit au second point de vue.

» Il faut se rapporter au siècle de Lescot, où tous les arts se trouvaient réunis dans la pratique du dessin, par de communes études chez le même artiste. Nul doute ainsi que Lescot n’ait été grand dessinateur, et comme tel n’ait été singulièrement versé dans le genre de la décoration. À part le trop d’ornements et l’excès de détails qu’on peut reprocher au petit étage qui couronne son édifice, on est tenu de reconnaître qu’il n’y a pas un seul de ses détails d’ornement qui ne soit grandement imaginé et d’une exécution supérieure, dans sa totalité comme dans chacune de ses parties. Disons aussi qu’il eut à sa disposition le ciseau des sculpteurs les plus habiles, tant pour le grandiose et la hardiesse de l’exécution que pour la finesse, l’élégance et la pureté du goût. On croit voir qu’il voulut préparer à ces rares talents des motifs variés et de nombreuses occasions de s’exercer et de se produire sous des proportions diverses. Qui oserait aujourd’hui se plaindre d’un superflu décoratif, auquel on doit de semblables beautés ?

» Nous ne devons pas omettre ici la mention de la grande salle construite par Pierre Lescot, et qui occupe à rez-de-chaussée presque toute la longueur de la façade dont on vient de parler. Elle est aussi remarquable par sa composition que par les objets de sa décoration. L’ordre qui y règne est une sorte de dorique composé, dont les colonnes sont distribuées et groupées d’une façon assez particulière. Il faut admirer la manière noble et ingénieuse dont se trouvent terminées les deux extrémités de cette vaste salle. D’un côté, la sculpture a décoré avec une très grande magnificence la cheminée en face de la tribune située à l’autre extrémité. Je parle de cette belle tribune dont les supports sont des cariatides colossales, ouvrages de Jean Goujon, qui, associé à Lescot dans les travaux du Louvre, a donné tant de prix à son architecture, etc… »

Les bâtiments qui forment l’entrée du Musée furent achevés par Henri IV, qui eut le premier la pensée de réunir le Louvre aux Tuileries. Ce prince ajouta une salle de spectacle dans l’espace occupé aujourd’hui par le grand escalier. Il acheva également la galerie qui borde la rivière. Louis XIII termina le pavillon de l’Horloge et la façade de ce côté. Il entreprit les deux autres corps de bâtiments au nord et au levant, prolongea celui du midi ; ainsi le plan carré de la cour du Louvre, telle qu’on la voit aujourd’hui, est l’ouvrage des rois Henri IV et Louis XIII. Le cardinal Mazarin concourut aussi à l’achèvement du Louvre. Ce ministre chargea l’architecte Le Veau d’élever la façade du côté de la Seine. Il ne faut pas confondre ce bâtiment avec celui qui existe aujourd’hui. Ce dernier a été bâti beaucoup plus près de la rivière. Colbert, appelé au ministère et à l’intendance des bâtiments du roi en 1664, n’approuva point les projets de Le Veau pour l’agrandissement du Louvre. Les dessins de cet architecte offraient d’heureux détails, mais l’ensemble était mesquin et peu digne d’un monarque dont la gloire et la magnificence jetaient déjà un si vif éclat. Sans repousser toutefois le plan de cet artiste, Colbert crut devoir ouvrir un concours pour cette grande entreprise. Ce fut pour la première fois qu’on suivit en France une marche aussi solennelle, dans l’érection d’un monument aussi grandiose. Le modèle en bois de Le Veau fut exposé et condamné d’une voix unanime. Parmi les autres projets conçus par les plus habiles architectes, un dessin fut remarqué. Il ne portait pas de nom d’auteur. On sut bientôt qu’il était de Claude Perrault, médecin, qui par goût s’occupait d’architecture. Ce projet, que favorisa tout-à-coup l’opinion générale, avait aussi frappé Colbert. Les autres artistes, jaloux d’un si beau travail, firent entendre au ministre qu’un tel plan n’était qu’un charmant dessin, fait uniquement pour éblouir les yeux mais qu’au fond il était d’une exécution impossible, et ne supportait point un examen approfondi. Ces observations ébranlèrent le ministre. Pour se tirer d’embarras, Colbert résolut de prendre l’avis des meilleurs architectes d’Italie. Par une bizarrerie difficile à expliquer, ce fut le dessin de Le Veau qu’on envoya. Les artistes étrangers, au lieu d’examiner l’ouvrage, donnèrent plusieurs plans. Celui de Bernini obtint la préférence, et Louis XIV demanda l’architecte habile dont il avait admiré le travail. Bernini arriva en France. On lui fit une réception magnifique et digne d’un prince du sang. Des officiers envoyés par la cour apprêtaient à manger sur la route. L’artiste était complimenté et recevait des présents dans toutes les villes où il passait. Quand il approcha de Paris, on envoya au-devant de lui M. de Chantelou, maître d’hôtel du roi. Ce seigneur qui savait l’Italien, reçut l’ordre d’accompagner Bernini tout le temps que cet artiste daignerait séjourner dans la capitale. Les honneurs prodigieux qu’on rendit à cet étranger excitèrent la jalousie des architectes français. Cette jalousie se changea bientôt en haine, lorsqu’ils entendirent Bernini louer avec emphase les seuls monuments de l’Italie. Voici le portrait qu’un historien contemporain nous a laissé de cet architecte : « Bernini avait une taille au-dessous de la moyenne, bonne mine, un air hardi. Son âge avancé et sa bonne réputation lui donnaient encore beaucoup de confiance. Il avait l’esprit vif, brillant, et un grand talent pour se faire valoir. Beau parleur, tout plein de sentences, de paraboles, d’historiettes et de bons mots dont il assaisonnait la plupart de ses réponses. Il ne louait et ne prisait guère que les hommes et les ouvrages de son pays. Il citait souvent Michel-Ange. On l’entendait presque toujours dire : « Sicome diceva il Michel-Angelo Buonarotti. » — Les ennemis de l’Italien surent faire remarquer ses défauts, raillèrent sa personne, l’abreuvèrent de dégoûts, et le forcèrent enfin à demander sa retraite. Après huit mois de séjour en France, Bernini retourna en Italie, comblé d’honneurs et de pensions, mais forcé d’abandonner aux architectes français un champ que sa réputation lui avait acquis et que sa vanité lui avait fait perdre. Colbert favorisa alors ouvertement le projet de Perrault, et le fit approuver par le roi. Mais dans la crainte qu’un médecin ne pût réunir tous les talents nécessaires pour construire un monument aussi important, on lui adjoignit un conseil composé de Le Veau, de Dorbay, architectes, et du peintre Lebrun. Colbert présidait les séances de ce conseil qui se tenait deux fois par semaine. Le génie de Perrault ne put néanmoins s’assujettir aux calculs pécuniaires, aux convenances locales. Il vit et exécuta son sujet en artiste habitué à saisir avant tout le côté poétique. L’idée qu’il s’était faite du palais d’un grand empire était empreinte de ce caractère grandiose et majestueux qui domine le spectateur et lui donne une haute opinion du maître qui l’habite. En vain chercherait-on à critiquer le péristyle du Louvre en disant que les colonnes accouplées le déparent, que le soubassement trop élevé est défectueux ; ce qui constitue les chefs-d’œuvre n’est point l’absence des défauts, mais bien la présence des beautés du premier ordre, placées par la main du génie avec cette hardiesse qui commande l’admiration. Cet artiste éminent a fait revivre avec une grande habileté la justesse et la beauté des proportions antiques. Il a porté le bon goût des ornements, la pureté des formes, le fini d’exécution à ce haut degré qui est peut-être la dernière limite que le génie ne saurait franchir impunément. Perrault érigea également une partie de la façade en retour du côté de la rivière. Mais les dépenses excessives des bâtiments de Versailles, entrepris à la même époque, et surtout les frais occasionnés par les guerres, firent suspendre les travaux du Louvre.

La régence dédaigna de purifier les richesses éphémères créées par le système de Law, en les employant à l’achèvement de nos édifices nationaux. Louis XV résolut de continuer le Louvre ; Gabriel et Soufflot furent chargés successivement d’en diriger les constructions d’après les projets de Perrault. On bâtit alors le troisième ordre de la face intérieure, derrière la colonnade, le fronton dans la cour du midi, celui du nord et le vestibule de la rue du Coq. Mais bientôt le Louvre fut livré à d’obscurs favoris qui s’y formèrent des habitations en rapport avec leur taille, rien ne fut respecté ; on perça les murs principaux pour faire des distributions nouvelles, les poutres des planchers furent coupées pour livrer passage à des tuyaux de cheminées, puis les voûtes, les piliers, soutiens de l’édifice, furent altérés, mutilés ; des maisons particulières obstruèrent aussi la cour, les façades furent couvertes dans le bas par des barraques informes et dégoûtantes ; en un mot, ce superbe monument ressemblait à un géant attaqué par des pygmées. L’infortuné et vertueux Louis XVI doit être mis au nombre des souverains qui se sont imposé la glorieuse obligation de terminer le Louvre ; ce palais commençait à se débarrasser des cahutes qui l’emprisonnaient, lorsque les troubles politiques vinrent encore suspendre les travaux. La république échangea ses richesses contre du fer, et dédaigna de s’occuper de ce palais, après en avoir tué le maître.

Napoléon, qui cherchait à rattacher le présent au passé, résolut de terminer un palais auquel sept rois ses prédécesseurs avaient travaillé. L’empereur s’exprimait ainsi devant MM. Percier et Fontaine, sur la destination future du Louvre : « Que la majesté et la grandeur soient le caractère distinctif de ce palais, où le souverain ne viendra que passagèrement recevoir les hommages et les respects dus à son rang ; car c’est dans une demeure d’une proportion moins vaste, c’est hors du trône et de la représentation dont il ne peut se passer, qu’il ira chercher toutes ses aises et le bien-être de la vie privée. » — Napoléon décida qu’on garderait la façade de l’horloge, du côté du couchant, comme modèle de l’ancien Louvre, bien supérieur au Louvre nouveau, et que les trois autres façades au midi, au nord, et au levant, ouvrages du règne de Louis XIV, seraient achevées, améliorées et raccordées à la première. Cette détermination fut exécutée ; trois façades du Louvre, décorées de trois ordres d’architecture, sont entièrement pareilles ; la quatrième avec deux ordres, un attique et un pavillon couronné d’un dôme au milieu de l’aile, a été rétablie d’après les plans de Pierre Lescot.

Réunion des deux palais du Louvre et des Tuileries.

Le Louvre et les Tuileries qui sont destinés à ne former qu’un seul édifice, n’ayant pas été construits par un seul monarque et sur un plan bien arrêté, les architectes auront de la peine à vaincre les difficultés que présentent les dispositions irrégulières de ces deux monuments. — « Le Louvre, qu’il faut considérer (disent MM. Percier et Fontaine) comme la restauration d’un vieux château, avait été élevé à l’extrémité de la ville, près des bords de la Seine, et en partie sur des fondations anciennes. Le château des Tuileries, dont on avait voulu faire une habitation de campagne agréable, était bâti isolément hors de la ville, sans aucun rapport avec la position du Louvre. Ainsi il est résulté que tout, dans la situation respective de ces deux édifices, est l’effet de plusieurs hasards contraires. L’ordonnance, la décoration, les hauteurs des façades ne s’accordent sur aucun plan ; les axes du milieu des deux palais ne se correspondent point, le parallélisme des deux façades est disparate. Le sol même en plusieurs parties varie au point que, des rez-de-chaussée de la galerie du Musée au niveau de la cour du Louvre, on trouve près de 3 m. de différence. — L’empereur, après s’être fait rendre un compte exact de ces deux palais, décida que le plan général pour la réunion du Louvre et des Tuileries serait exécuté ainsi que nous allons l’indiquer. Les deux palais du Louvre et des Tuileries seront séparés par une ligne transversale, qui contiendra au premier la bibliothèque nationale avec tout ce qui en dépend, et qui au rez-de-chaussée aura un large portique traversant la place du Carrousel jusqu’au quai. L’aile neuve des Tuileries, destinée à loger les services administratifs de la maison, sera continuée jusqu’à la rencontre du portique de l’aile transversale. Une fontaine publique, de forme ronde, placée au point d’intersection de l’axe des deux palais, entre l’arc de triomphe de l’entrée de la cour des Tuileries et l’aile de la bibliothèque, empêchera que d’aucun point on ne puisse découvrir en même temps les deux milieux et par conséquent leur irrégularité. Toutes les différences du parallélisme, de disposition locale et d’ordonnance, seront ainsi rejetées dans les divisions des murs et des pièces sur la largeur de l’aile transversale. La décoration extérieure des trois ailes au midi, au nord et au levant du château, sera semblable et conforme à ce qui est fait dans l’aile du Musée et dans l’aile neuve, presqu’entièrement bâtie en face. L’aile du Louvre du côté des Tuileries, autrement dite l’aile de l’horloge, sera précédée d’une avant-cour entourée de portiques et de bâtiments dont le plan et l’ordonnance sont indiqués par l’état de la décoration des constructions premières et par la disposition du pavillon de l’entrée du Musée. Ces bâtiments contiendront des salles d’assemblées et d’expositions pour les corps savants, l’Université, l’Institut, les corporations utiles et les établissements qui ont pour objet l’encouragement des arts et de l’industrie ; plus un appartement d’honneur, plusieurs autres appartements et logements de suite ; les écuries, les remises et tout ce qui dépend de ce service, occuperont l’étage bas de la cour, entre l’aile du midi de l’avant-cour du Louvre et la galerie du Musée. La salle de théâtre de l’Opéra, bâtie isolément sur la place du Palais-Royal, et faisant face à l’entrée principale de ce palais, communiquera à l’aile des fêtes par un arc couvert ; un pavillon pareil à celui de l’entrée du Musée, formera de l’autre côté le porche de l’église du Louvre, commencée pour remplacer celle de Saint-Germain-l’Auxerrois qui sera démolie lorsqu’on exécutera la place et le percement de la rue du Trône. » — Tel était le magnifique programme arrêté par Napoléon. Les deux palais du Louvre et des Tuileries, unis, confondus, devaient former un seul monument dont les proportions eussent répondu à la grandeur de la capitale. L’empire a disparu et le Louvre reste inachevé. Il appartient à la royauté nouvelle de terminer cet édifice et d’inscrire glorieusement son nom sur le plus beau monument de la France.

Louvre (place du).

Commence aux quais du Louvre et de l’École, no 34 ; finit à la place de l’Oratoire et à la rue des Poulies, no 2. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par la colonnade du Louvre ; le dernier pair est 26. Sa longueur est de 205 m. — 4e arrondissement ; le côté gauche et les numéros de 2 à 10 sont du quartier du Louvre ; les numéros de 12 à 26 dépendent du quartier Saint-Honoré.

En 1300 et 1313, une voie publique nommée Osteriche, depuis Autriche, régnait le long de l’ancien Louvre et aboutissait au quai. Elle prit plus tard la dénomination de rue du Petit-Bourbon, en raison de l’hôtel du Petit-Bourbon, dont nous parlerons dans le cours du présent article. En 1806, on lui donna le nom de place d’Iéna ; en 1814, celui du Louvre. — Une décision ministérielle du 17 frimaire an XI, signée Chaptal, a fixé l’alignement de cette voie publique. Propriétés de 2 à 6, retranch. 6 m. à 8 m. 50 c. ; maison à l’encoignure gauche de la place Saint-Germain-l’Auxerrois, ret. réduit 2 m. 20 c. ; celles de 8 à 18 devront avancer sur leurs vestiges actuels ; 20, alignée ; 22, redress. ; 24, ret. 60 c. ; 26, alignée. — Égout entre le quai et la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Dans la rue d’Autriche on voyait l’hôtel du Petit-Bourbon, ainsi dénommé parce qu’il servait de demeure aux ducs de Bourbon. Cet hôtel avait été bâti peu de temps après que Philippe-Auguste eût fait augmenter le Louvre. Il fut réparé sous les règnes de Charles V et Charles VI. Le connétable de Bourbon ayant été déclaré criminel de lèse-majesté, une partie de la demeure du Petit-Bourbon fut démolie en 1527, et l’on sema du sel sur ce terrain ; la couverture et les moulures de la porte principale furent barbouillées de ce jaune infamant dont le bourreau brossait les maisons des criminels de lèse-majesté. On voyait encore du temps de Sauval des armoiries brisées et à demi-effacées ; une tour en partie rasée se trouvait près de la rivière. Parmi les bâtiments conservés, on remarquait aussi une galerie d’une grande étendue ; on y tint, en 1614 et 1615, l’assemblée des états ; plus tard elle servit de théâtre, et la cour y donnait des fêtes. Plusieurs fois Louis XIV, dans sa jeunesse, vint danser publiquement dans cette salle. Ce théâtre fut accordé, en 1658, à la troupe de Molière. Deux ans après, les comédiens abandonnèrent ce local qui fut détruit ; on plaça dans les autres corps de logis les écuries de la reine et les meubles de la couronne. Louis XIV ordonna, en 1665, la démolition des bâtiments qui restaient de l’ancien hôtel du Petit-Bourbon ; sur ce terrain on construisit la colonnade du Louvre, et on forma aussi la place dont nous nous occupons. — Mercier, l’auteur du Tableau de Paris, nous rappelle ainsi le genre de commerce qu’on faisait encore en 1788 sur la place du Louvre. « En face de la superbe colonnade, dit cet écrivain, on voit beaucoup de vieilles hardes, qui suspendues à des ficelles et tournant au vent, forment un étalage hideux. Cette friperie a tout à la fois un air sale et indécent. Là, tous les courtauds de boutiques, les maçons et les portefaix vont se recruter en culottes qui ont manifestement servi ; les neuves y sont de contrebande, il y en a de toutes les formes, de toutes couleurs et de toute vétusté exposées aux chastes regards du soleil et des jolies femmes, soit anglaises, soit italiennes, soit espagnoles, qui ne peuvent admirer le péristyle du Louvre sans voir en même temps ces échoppes si ridiculement ornées. Des parasols chinois en toile cirée, de dix pieds de haut, mais grossièrement travaillés, servent d’abri à cette multitude de fripiers, étalant là des nippes ou plutôt des haillons. Lorsque ces parasols sont baissés la nuit, ils forment dans l’obscurité comme des géants immobiles rangés sur deux files, qu’on dirait garder le Louvre ; quand on n’est pas averti, on recule dans les ténèbres au premier aspect et l’on ne saurait deviner ce que c’est que ces fantômes. » — Cette place a été dégagée des guenilles qui l’obstruaient ; une grille de fer orne la place, au droit du péristyle du Louvre, mais une portion, au côté gauche de l’édifice, n’est encore protégée que par une misérable palissade en bois, appuyée sur des pierres que le temps a disjointes. Un terrain a été ménagé entre cette clôture et le palais ; pendant plusieurs années il fut occupé par les tombeaux des citoyens morts dans les journées de juillet 1830. Les restes de ces combattants ont été déposés dans les caveaux de la colonne de la Bastille.

Louvre (quai du).

Commence à la place du Louvre et au quai de l’École ; finit au quai des Tuileries. Sa longueur est de 264 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.
Lettres missives du roi aux prévôt des marchands et échevins.

« (15 mars 1527). De par le roy. Très chers et bien amez, pour ce que nostre intention est de doresnavant faire la plus part de nostre demeure et séjour en nostre bonne ville et cité de Paris, et alentour plus qu’en aultre lieu de royaulme, cognaissant nostre chastel du Louvre, estre le lieu plus commode et à propos pour nous loger, à ceste cause avons délibéré, faire réparer et mettre en ordre le dit chastel, et faire clore la place estant devant icelluy, pour nous en aider et jouir, nous avons bien voulu advertir à ce que advisiez un chemyn le long de la tour respondant sur la rivière, près la fausse porte par où l’on a accoustume passer les chevaulz tirant les basteaux, afin que trente chevaulz puissent doresnavant par le dit chemyn avoir leur passage, etc… Donné à Saint-Germain-en-Laye, le 15e jour de mars 1527. Signé François. » — On voit dans les registres de l’Hôtel-de-Ville que les constructions de ce quai avaient déjà occasionné, en 1537, une dépense de 10,000 écus. Les travaux ne pouvaient être achevés qu’en y employant une pareille somme. — En vertu d’une ordonnance du bureau de la ville du 8 août 1622, ce quai fut élargi pour la commodité de la navigation. À la fin du XVIIIe siècle, on le nomma quai du Muséum ; depuis on l’appelle quai du Louvre, parce qu’il longe la grande galerie de ce palais ; il a été reconstruit depuis 1810. Il n’existe pas d’alignement pour cette voie publique. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Lowendal (avenue de).

Commence à l’avenue de Tourville ; finit aux chemins de ronde des barrières des Paillassons et de l’École-Militaire. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 10 ; ce côté est en grande partie bordé par les bâtiments de l’École-Militaire. Sa longueur est de 812 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Cette avenue a été formée vers 1770. Jusqu’en 1838, la partie qui s’étend de l’avenue de Tourville à la place de Fontenoi porta le nom de Boufflers, en mémoire de Louis-François duc de Boufflers, pair et maréchal de France, né en 1644, mort à Fontainebleau en 1711. — En vertu de la loi du 19 mars 1838, l’avenue de Lowendal a été cédée par l’État à la ville de Paris. Suivant le plan annexé à cette loi, l’avenue de Boufflers est confondue dans l’avenue de Lowendal. — Conduite d’eau entre la place de Fontenoi et l’avenue Suffren.

Ulric-Frédéric Woldemar de Lowendal naquit à Hambourg en 1700. Son père étant tombé en disgrâce se réfugia en Saxe. Le jeune Lowendal voulut suivre la carrière des armes et se distingua dans les rangs de l’armée impériale. À Peterwaradin, à Belgrade, il attira sur lui les regards du prince Eugène. Après une expédition glorieuse qu’il fit en Sicile, il fut nommé officier général. Le maréchal de Saxe, son ami d’enfance, l’engagea bientôt à venir en France, et lui fit donner le grade de lieutenant-général. À Fontenoi, Lowendal commandait une division, et décida du succès de la bataille en venant tout-à-coup se joindre à la maison du roi, au moment où elle exécutait cette charge si brillante qui fit reculer les ennemis. Lowendal recueillit les fruits de la victoire, en s’emparant des villes d’Oudenarde, d’Ostende et de Nieuport. La campagne qui suivit ne fut pas moins heureuse pour ce général, qui enleva par un coup de main hardi l’importante place de Berg-op-Zoom. Le bâton de maréchal fut la récompense de son courage. Il concourut cette même année à la prise de Maëstricht, et le traité d’Aix-la-Chapelle, conclu en 1748, lui permit de goûteur quelques années de repos. Lowendal mourut à Paris le 27 mai 1755.

Lubeck (rue de).

Commence à la rue de la Croix-Boissière ; finit aux chemins de ronde des barrières Sainte-Marie et de Longchamp. Pas de numéro. Sa longueur est de 592 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

En vertu d’une décision ministérielle du 19 juillet 1806, signée Champagny, la partie de cette rue comprise entre celle de Longchamp et la barrière Sainte-Marie, a été tracée vers 1807, sur les terrains provenant de la communauté dés filles de la Visitation Sainte-Marie. Sa largeur a été fixée à 13 m. 64 c. Les constructions riveraines sont alignées. — La deuxième partie qui, de la rue de la Croix-Boissière aboutit à celle de Longchamp, est indiquée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. Elle a été fixée à 8 m. de largeur par une décision ministérielle du 7 août 1818. Les constructions riveraines de cette partie sont à l’alignement. Cette rue n’est encore ni pavée ni éclairée. Son nom rappelle le glorieux combat de Lubeck des 6 et 7 novembre 1806.

Lulli (rue).

Commence à la rue Rameau, no 2 ; finit à la rue de Louvois, no 1. Le seul impair est 1 ; pas de numéro pair ; ce côté est bordé par la place de Richelieu. Sa longueur est de 38 m. — 2e arrondissement quartier Feydeau.

« Administration centrale. — Séance du 29 nivôse an V. L’administration centrale du département de la Seine, sur le rapport fait, qu’en exécution de l’autorisation donnée au citoyen Cottin, par l’ancienne municipalité de Paris, d’ouvrir deux nouvelles rues sur un terrain du ci-devant hôtel de Louvois, situé entre les rues de Richelieu et Helvétius (Sainte-Anne), dont l’une serait parallèle à la rue de Louvois, l’autre pour servir de prolongement à la rue de Chabanais, le d. citoyen Cottin aurait fait ouvrir ces deux rues, mais que l’entrepreneur des bâtiments construits sur cette dernière ayant commis une erreur dans le percement, il était inévitable d’y remédier par un biais ; que pour être autorisé à cette mesure, le d. citoyen Cottin agissant pour les administrateurs de la ci-devant caisse d’escompte, s’était pourvu à cet effet auprès de l’ancienne municipalité ; qu’en conséquence le bureau municipal avait adopté, par un arrêté du 30 juillet 1793 (vieux style), la proposition faite par les ci-devant administrateurs de la caisse d’escompte, de sauver par un biais l’erreur qui s’était glissée lors de la plantation de la continuation de la rue de Chabanais, conformément au plan annexé à leur demande, etc. Vu aussi la demande du citoyen Psalmon, se disant maintenant propriétaire de la portion de terrain située à l’angle de la rue projetée, ensemble le rapport de l’inspecteur général de la voirie ; considérant que le moyen proposé pour le percement nécessaire au prolongement de la rue de Chabanais ne peut être adopté comme irrégulier et incommode au public ; ouï le commissaire du directoire exécutif ; arrête que le percement à faire pour le prolongement de la rue de Chabanais ne pourra être exécuté par le biais proposé, mais par une ligne droite prise de droite et de gauche en prolongation et même direction que le nud des murs de face des maisons construites rue de Chabanais, etc. » (registre 13, page 60). Il parait qu’on ne tint aucun compte de cette défense, car la rue fut maintenue avec le biais signalé dans la pièce qui précède. Sa largeur avait été fixée à 24 pieds. Cette voie publique qui longeait l’ancienne salle de l’Opéra, reçut le nom de Lulli, en mémoire de Jean Lulli, célèbre compositeur de musique, né à Florence en 1633, mort à Paris en 1687. — Une ordonnance royale du 16 avril 1831 a maintenu les constructions de la rue Lulli dans leur état actuel. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Lune (rue de la).

Commence à la rue Beauregard, no 47, et au boulevart Bonne-Nouvelle, no 5 bis ; finit à la rue Poissonnière, nos 38 et 40. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 267 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

La construction de cette rue, commencée en 1630, fut achevée vers 1648. Elle tire vraisemblablement sa dénomination d’une enseigne. — Une décision ministérielle du 3 vendémiaire an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, sa moindre largeur a été portée à 10 m. L’église, les maisons nos 32 et 38 sont alignées ; les propriétés nos 3, 5, 17, 19, 40 et 42, ne devront subir qu’un léger redressement. — Égout entre les rues Notre-Dame-de-Recouvrance et Poissonnière. — Conduite d’eau depuis la rue Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Dans cette rue, au no 32, était la principale entrée de la communauté des Filles de la Petite-Union-Chrétienne, connue également sous le nom de Petit-Saint-Chaumont. Jean-Antoine Le Vacher, prêtre, qui contribua par son zèle à la formation de l’établissement religieux dont nous avons parlé à l’article du passage Saint-Chaumont, résolut d’en former un second sur le même modèle. Il sut intéresser plusieurs personnes puissantes à la nouvelle fondation. Louis-Antoine de Noailles, évêque de Châlons, la duchesse sa mère et mademoiselle de Lamoignon, s’en déclarèrent protecteurs. Les membres de cette association jetèrent les yeux sur une maison située rue de la Lune. Cette propriété avait été bâtie par François Berthelot, secrétaire de la dauphine, pour recevoir cinquante soldats blessés dans les dernières campagnes. La construction de l’hôtel royal des Invalides ayant rendu cette maison inutile, elle fut vendue en 1682 aux filles de l’Union-Chrétienne. Sainte Anne était la patronne titulaire de cette communauté, dans laquelle on recevait les jeunes filles nouvellement converties au catholicisme, et qui avaient besoin de conseils et de protection. Les jeunes personnes qui, cherchant à se mettre en condition, manquaient de toutes les ressources nécessaires à la vie, y trouvaient également un asile. Cette communauté, supprimée en 1790, devint propriété nationale et fut vendue le 7 germinal an III. Elle contenait alors une superficie de 638 m. 645 millim. Les bâtiments ont été démolis en 1822 et remplacés par une maison particulière.

Luxembourg (palais du).

Situé dans la rue de Vaugirard, en face de la rue de Tournon. — 11e arrondissement.

Sur une partie de l’emplacement occupé par le palais du Luxembourg, Robert de Harlay de Sanci fit bâtir, vers le milieu du XVIe siècle, une grande maison accompagnée de jardins. Dans un arrêt de la cour des aides, rendu en 1564, cette propriété est qualifiée d’Hôtel bâti de neuf. Le duc de Pinci-Luxembourg en fit l’acquisition, et ajouta en 1583 et 1585 plusieurs terrains contigus pour l’agrandissement des jardins. Ce domaine passa ensuite à la reine Marie de Médicis, qui l’acheta le 2 avril 1612 moyennant 90,000 livres. Ce fut sur ce vaste emplacement que la veuve de Henri IV conçut le projet de faire construire une habitation toute royale. Jacques de Brosse fournit les dessins du monument, et dirigea les travaux avec tant d’activité, qu’en peu d’années l’édifice se trouva complètement terminé. Il devait porter le nom de palais Medicis, mais la reine l’ayant légué à Gaston de France, duc d’Orléans, son second fils, il prit la dénomination de palais d’Orléans, ainsi que le prouvait une inscription qui demeura sur la principale porte jusqu’au commencement de la révolution, mais l’ancien nom de Luxembourg à prévalu et sert encore à désigner ce monument. Après la mort du second fils de Henri IV, ce palais échut par moitié à la duchesse de Montpensier, l’autre partie lui fut abandonnée moyennant la somme de 500,000 livres. Une transaction le fit passer en 1672 à Élisabeth, duchesse d’Orléans et d’Alençon, qui le céda au roi en mai 1694. Ce palais fut depuis occupé par la duchesse de Brunswick et par Mademoiselle d’Orléans, reine douairière d’Espagne. Il rentra à la mort de cette princesse dans le domaine royal, et Louis XVI le donna, par édit du mois de décembre 1778, à Louis-Stanislas-Xavier, fils de France, Monsieur, à titre et par augmentation d’apanage. Le palais du Luxembourg devint au commencement de la révolution propriété nationale. En 1792, il fut converti en prison. Le 4 novembre 1794 le directoire exécutif s’y installa.

« Conseil des Cinq-Cents. Commission législative. Séance du 3 nivôse an VIII. Projet de résolution adopté. — Article 1er. Le sénat conservateur et les consuls entreront en fonctions le 4 nivôse an VIII, etc. — Art. 7e. Les édifices nationaux ci-après désignés seront affectés aux diverses autorités constituées : 1o le palais du Luxembourg, au sénat conservateur ; 2o le palais des Tuileries, aux consuls ; 3o le palais des Cinq-Cents, au Corps-Législatif ; 4o le palais Égalité, au Tribunat, etc. » (Extrait du Moniteur du 3 nivôse an VIII.)

Après la chute de l’empire, le palais du Luxembourg reçut une nouvelle destination. — Ordonnance royale du 4 juin 1814. « Louis, etc. Voulant pourvoir à ce que la chambre des pairs de France soit environnée dès son entrée en fonctions de tout ce qui peut annoncer à nos sujets la hauteur de sa destination, nous avons déclaré et déclarons, ordonné et ordonnons ce qui suit : — Article 1er. Le palais du Luxembourg et ses dépendances telles qu’elles seront par nous désignées, sont affectés à la Chambre des Pairs, tant pour y tenir ses séances, y déposer ses archives, que pour le logement des officiers, ainsi que le tout sera par nous réglé et établi. — Art. 2e. La garde du palais de la Chambre des Pairs, celle de ses archives, le service de ses messagers d’état et huissiers, sont sous la direction d’un pair de France, choisi par nous, sous la dénomination de Grand-Référendaire de la Chambre des Pairs. — Art. 3e. Il résidera au palais, et ne pourra s’absenter sans notre permission expresse, etc. Signé Louis. »

Ce palais, dont nous venons de tracer rapidement l’origine, est sans contredit un des plus beaux de l’Europe ; et cependant on ignore jusqu’au lieu et jusqu’à la date de la naissance et de la mort de l’illustre architecte qui le construisit.

Marie de Médicis avait habité, à Florence, le palais Pitti, séjour habituel des grands ducs de Toscane. La veuve de Henri IV voulut que le palais de ses pères servît de type à l’édifice que Jacques de Brosse allait élever. Mais le génie du grand architecte ne put s’assujettir au programme arrêté par la reine.

« Si l’on excepte, en effet, dit M. Quatremère de Quincy, ce style de bossages dans lequel l’architecte français resta, quant au goût colossal du genre, à un degré fort inférieur à ce qui put lui servir de modèle chez l’architecte Florentin, on sera obligé de dire que les deux édifices ont les plus grandes dissemblances dans le plan général, dans l’ensemble des élévations variées, et tant à l’intérieur que dans les distributions intérieures. Bernini, qui vit le bâtiment terminé lors de son voyage, à Paris, convenait qu’il n’y avait nulle part de palais, ni mieux bâti, ni plus régulier.

» La plus grande dimension du palais du Luxembourg est de 180 pieds ; la moindre, c’est-à-dire celle de la face qui regarde la rue qui y aboutit est de 150 pieds. Son plan général forme un carré presque exact, dont toutes les parties sont en symétrie les unes avec les autres (on parle du plan général avant les modifications opérées par les nouvelles destinations). Sa simplicité répond à sa régularité. Il consiste en une très grande cour, environnée de portiques et flanquée dans ses angles de quatre bâtiments carrés qu’on appelle pavillons. Les vastes et spacieuses galeries qui font au rez-de-chaussée parcourir à couvert toute l’étendue du bâtiment, lui donnent un grand air de magnificence. La partie la moins heureuse de la disposition générale consiste, sur le jardin, dans la répétition de deux pavillons qui de ce côté composent la façade. Ces deux gros pavillons, trop voisins des deux qu’ils semblent doubler, se communiquent dans leur aspect une pesanteur réciproque. L’extérieur seul s’est conservé intact, et cette partie est celle qui constitue plus spécialement l’architecture. On peut considérer celle-ci sous deux rapports, savoir : la composition ou l’ensemble des masses et leur décoration.

» Sous le premier point de vue, ce palais mérite les plus grands éloges. On ne citerait guère en aucun pays un aussi grand ensemble, qui offrît avec autant d’unité et de régularité un aspect à la fois plus varié et plus pittoresque, surtout dans sa façade d’entrée. Cet effet résulte de l’avant-corps du milieu, couronné par cette coupole qui se trouve liée fort heureusement aux deux pavillons d’angle, et sert ainsi ou de motif, ou de raccordement à leur hauteur. De Brosse, en entremêlant sa composition de ces énormes pavillons, ne fit que suivre une des traditions des anciens châteaux forts dont la France était encore couverte. Mais ce qui aurait pu n’offrir que des disparates et des masses décousues, comme on le pratiquait autrefois, est devenu, au palais du Luxembourg, la source même d’une des beautés de sa composition, dans l’ensemble et l’effet de l’élévation. Loin donc que l’homme de goût se plaigne de leur répétition, il regretterait de ne les y pas trouver, ou qu’on les supprimât, tant l’architecte a su les rendre nécessaires à l’ordonnance générale.

» Quant à la décoration du palais, même esprit de régularité et d’unité. Les mêmes ordres règnent au-dehors de l’édifice, et dans toute son étendue, comme dans l’intérieur de la cour. Tout le rez-de-chaussée est en arcades formées par des pieds droits, ornés de pilastres plus ou moins accouplés, selon le plus ou moins de largeur du champ qu’ils occupent. L’ordre régnant partout au rez-de-chaussée est une sorte de prétendu toscan, coupé par des bossages, et de la manière la plus uniforme dans tout le développement de l’édifice.

» Le second ordre ou celui du premier étage se trouve appliqué avec la même uniformité en pilastres, sur toutes les parties de trumeaux entre les fenêtres, et en colonnes adossées dans toutes les masses formant avant-corps. Cet ordre est dorique ; son entablement est orné de triglyphes et de métopes, dont la distribution est devenue souvent irrégulière par l’effet de tous les ressauts partiels, qu’on ne pouvait guère éviter dans un ensemble composé de tant de masses diverses. Les bossages qui règnent dans toute l’ordonnance de cet étage, au lieu d’être continus en hauteur, sont à bandes alternatives, autant sur les trumeaux que sur les colonnes et les pilastres. Partout les bossages ont leurs angles arrondis. »

Des travaux considérables d’agrandissement ont été commencés en 1837 au Luxembourg, sous la direction de M. de Gisors. Ces travaux, achevés en 1842, ont coûté 300,000 francs pour les constructions, et 800,000 francs pour tous les objets d’art.

La décoration de la nouvelle salle des séances est remarquable. La voûte surtout est d’une grande magnificence. Quatre pendentifs, dans lesquels sont représentées la Sagesse, la Loi, la Justice et la Patrie, ont été exécutés par M. Abel de Pujol. Les trois grands médaillons et les six compartiments des fenêtres où l’on voit la Prudence, la Vérité et la Confiance, et les six plus illustres législateurs de l’antiquité, Moïse, Dracon, Solon, Lycurge, Numa et Justinien, ont été exécutés par M. Vauchelet. De chaque côté de l’hémicycle sont des sujets allégoriques peints par M. Blondel. Près du centre de la voûte, dans six médaillons, ont été placés les portraits couleur de bronze de Charles V, Louis XII, François Ier, Louis XIV, Napoléon et Louis XVIII.

Jardin du Luxembourg. — L’antique destination d’une partie de ce jardin serait demeurée dans l’oubli, si des embellissements exécutés n’eussent occasionné de grands mouvements dans le sol, et exhumé une vérité enfouie depuis des siècles dans le sein de la terre. Sauval nous apprend qu’à l’époque où l’on jeta les fondements du palais du Luxembourg, on découvrit une figure en bronze représentant Mercure. « Quant au Mercure de bronze, dit-il, qu’on rencontra dans les fondations du palais d’Orléans, au commencement de la régence de Marie de Médicis, il n’avait pas plus de cinq à six pouces de haut ; à l’ordinaire il était nud et un pied en l’air ou pour marcher ou pour voler, mais contre la coutume il n’avait point de bonnet ; les ailes lui sortaient de la tête, et sur la paulme de la main droite il portait une bourse toute pleine. » — Dans les fouilles exécutées en 1801, on déterra quelques figurines de divinités, une petite idole de Mercure, une tête de Cybèle, toutes deux en bronze, et quelques instruments sans doute affectés aux sacrifices. Des objets servant à préparer des repas y furent trouvés en abondance. On y déterra un nombre infini d’autres ustensiles plus particulièrement destinés aux militaires et à leur habillement, tels qu’agraphes, boucles de différents genres avec leurs ardillons que les Romains nommaient fibulæ ; des boutons, des ornements de ceinturons, des harnais de chevaux et un bout de fourreau d’épée ; toutes ces découvertes semblent indiquer que l’emplacement où nous voyons aujourd’hui le jardin du Luxembourg, était occupé par un camp à l’époque de la domination romaine. Cette opinion se fortifie par suite des découvertes qui furent faites au mois d’octobre 1836. En creusant les fondements de la nouvelle Chambre des Pairs, M. de Gisors, architecte, a trouvé une série de puisards, une masse énorme de tuiles romaines, des débris de vases antiques, plusieurs statuettes en pierre et de nombreux fragments de poterie ; enfin, tout récemment, en fouillant le sol dans la partie du jardin du Luxembourg où l’on construisit l’Orangerie, on a trouvé à une profondeur d’environ 1 m. 50 c., quelques fragments de plâtrages revêtus encore de peintures, ainsi qu’un vase d’argent renfermant un grand nombre de médailles romaines.

Le jardin du Luxembourg est un des plus beaux de l’Europe. Dans les années 1793 et 1794, on se servit pour son agrandissement de l’enclos du couvent des Chartreux, sur lequel on construisit aussi des ateliers d’armes. Après la Terreur, ces ateliers furent abattus ; on conserva pourtant la pépinière des Chartreux, qui devint un des principaux ornements de ce jardin. À la fin de l’année 1795 on traça la magnifique avenue qui rattache le Luxembourg à l’Observatoire. Ce jardin fut aussi amélioré sous l’Empire. Les travaux, dirigés d’abord par Chalgrin, furent continués par Baraguei, architecte du palais des Pairs. Le plan de Jacques de Brosse a été presqu’entièrement modifié. Son ordonnance actuelle se compose d’un parterre entouré de plates-bandes, au milieu desquelles se trouve un grand bassin octogone. Des terrasses bordées de balustrades et recourbées en pente douce, entourent le parterre et le dominent.

Petit Luxembourg. — Ce petit palais, dont l’entrée est dans la rue de Vaugirard, à l’ouest du Luxembourg, fut construit vers l’année 1629, par ordre du cardinal de Richelieu, qui l’habita pendant qu’on bâtissait le Palais-Cardinal. Cet édifice terminé, son Éminence donna son hôtel de la rue de Vaugirard à la duchesse d’Aiguillon, sa nièce. Cette habitation prit alors le nom d’hôtel d’Aiguillon. Il passa plus tard à titre d’hérédité, au prince Henri-Jules de Bourbon-Condé, et reçut à cette occasion le nom d’hôtel du Petit-Bourbon. La princesse Anne, palatine de Bavière, veuve de Jules de Bourbon, le choisit pour sa demeure ordinaire. Elle y fit exécuter des réparations et accroissements considérables sous la direction de l’architecte Germain Boffrand, qui construisit le délicieux petit cloître situé entre l’hôtel et l’Orangerie.

La Société des Arts, fondée vers 1730, sous la protection de Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont, tenait ses séances le dimanche et le jeudi de chaque semaine dans cet hôtel.

Le Petit-Luxembourg devint le siège du gouvernement directorial. Quatre des directeurs l’habitaient, le cinquième logeait dans le grand palais. Pendant les dix premiers mois de son consulat, Bonaparte demeura dans cet hôtel qui fut ensuite successivement occupé par son frère Joseph, roi de Naples, et par la reine d’Espagne. Le Petit-Luxembourg est maintenant la résidence du chancelier de France, président de la Chambre des Pairs. En 1812 et 1813, on a démoli les bâtiments qui établissaient une communication entre le grand palais et cet hôtel. Depuis 1830, il a été restauré de fond en comble, et une communication nouvelle par un jardin dessiné à l’anglaise vient d’être créée entre cet hôtel et le grand palais.

Luxembourg (rue Neuve-).

Commence à la rue de Rivoli, no 50 ; finit au boulevart de la Madeleine, no 1, et à la rue Neuve-des-Capucines, no 15. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 459 m. — 1er arrondissement : les numéros de 1 à 5 et de 2 à 12, sont du quartier des Tuileries ; le surplus est du quartier de la Place-Vendôme.

« Louis, etc… Nous estant fait représenter en nostre conseil le plan général des quartiers appellés la place de Louis-le-Grand, porte et rempart de Saint-Honoré et des Capucins que les prévost des marchands et échevins de notre bonne ville de Paris ont fait lever par le maître général de ses bâtiments, et estant informé de la difficulté du passage de la porte Saint-Honoré qui est très fréquentée et souvent embarrassée par le grand nombre des voitures, et ayant appris que l’emplacement de l’hôtel de Luxembourg, qui est entre la place de Louis-le-Grand et la porte Saint-Honoré, est vendu et que le sieur Leduc, architecte, acquéreur, offre à la ville de donner l’ouverture d’une rue à travers le d. emplacement de cinq toises de large, qui communiqueroit de la rue Saint-Honoré au rempart, à la rencontre de celle des Petits-Champs, ce qui seroit un très grand dégagement et commodité pour le quartier de Louis-le-Grand, et voulant contribuer à la perfection et embellissement de ce quartier, nous avons par arrest de notre conseil du 22 aoust dernier ordonné que le nouveau plan du quartier de Saint-Honoré et de la place de Louis-le-Grand seroit exécuté, et que suivant icelui, la rue seroit ouverte de ligne droite dans l’emplacement de l’hôtel de Luxembourg, de cinq toises de large et nommée de ce nom, depuis la rue Saint-Honoré jusqu’au rempart, etc. À ces causes, et de l’avis de notre très cher et très amé oncle le duc d’Orléans, petit-fils de France, régent de notre royaume, de notre très cher et très amé oncle le duc de Chartres, premier prince de notre sang, de notre très cher et très amé cousin le prince de Conty, prince de notre sang, de notre très cher et très amé oncle le comte de Toulouse, prince légitime, et autres pairs de France, grands et notables personnages de notre royaume, qui ouïs, etc… nous avons ordonné et ordonnons par ces présentes signées de notre main, que le nouveau plan du quartier de Saint-Honoré et de la place de Louis-le-Grand sera exécuté, et que conformément à icelui, la rue sera ouverte de ligne droite dans l’emplacement de l’hôtel de Luxembourg, de cinq toises de large et nommée de ce nom, etc… Donné à Paris, le 3e jour de septembre de l’an de grâce 1719, et de notre règne le 5e. Signé Louis. » — Ces lettres-patentes ne furent registrées en parlement que le 7 août 1722. Peu de temps après, on ouvrit cette rue sur une largeur de 9 m. 74 c, qui fut portée à 10 m. par une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal. En vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826, la largeur primitive a été maintenue. — Le prolongement de cette voie publique, depuis la rue Saint-Honoré jusqu’à celle de Rivoli, a été formé en vertu de l’arrêté des consuls du 1er floréal an X, sur l’emplacement du couvent de l’Assomption dont nous avons tracé l’origine à l’article de l’église qui en a retenu le nom. Par l’ordonnance précitée, la largeur de cette partie de rue a été fixée aussi à 9 m. 74 c. Les maisons de la rue Neuve-Luxembourg sont alignées. — Égout entre les rues de Rivoli et du Mont-Thabor. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Luxembourg (théâtre du).

Situé dans la rue de Fleurus. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

C’était autrefois un spectacle forain, dirigé par un nommé Bobineau, qui faisait exécuter des pantomimes et des danses sur la corde. Depuis 1830, on y représente des vaudevilles et des drames.

Lycée (passage du).

Commence à la rue Neuve-des-Bons-Enfants, no 25 ; finit à la rue de Valois-Palais-Royal, entre les nos 14 et 16. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Il doit son nom à la rue de Valois, qui s’est appelée rue du Lycée.

Lyonnais (rue des).

Commence à la rue de Lourcine, nos 34 et 36 ; finit à la rue des Charbonniers, nos 1 bis et 3. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 158 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Elle a été ouverte en 1605. — Une décision ministérielle à la date du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons nos 2, 4, 6, 8, 10, 20, 26, 28 et 30 sont alignées ; celles nos 21 et 12 ne devront subir qu’un léger redressement.

Mai 1844.


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M.


Mabillon (rue).

Commence à la rue du Four, nos 15 et 17 ; finit à la rue du Petit-Bourbon, nos 14 et 16. Le dernier impair est 3 ; ce côté est en grande partie bordé par le marché Saint-Germain ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 162 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette rue a été ouverte, en 1817, sur l’emplacement de l’ancienne foire Saint-Germain-des-Prés. — Mabillon (Jean), prêtre et religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, qui a donné son nom à cette voie publique, naquit le 23 novembre 1632, à Saint-Pierre-Mont, diocèse de Reims, et mourut le 27 décembre 1707, à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. Il fut enterré dans la chapelle Notre-Dame. Cette abbaye devenue propriété nationale, il fut exhumé le 3 vendémiaire an VIII, et transporté au Musée des monuments français. Le 26 février 1819, ses cendres, ainsi que celles de Montfaucon et de Descartes, furent recueillies et déposées en grande pompe dans l’église Saint-Germain-des-Prés. — Le principal ouvrage de Mabillon est intitulé : la Diplomatique. — Une décision ministérielle en date du 12 novembre 1817, et une ordonnance royale du 12 mai 1841, ont fixé la largeur de la rue Mabillon à 11 m. 50 c. Les propriétés nos 1 et 2 sont seules soumises à retranchement. — Portion d’égout. — Conduite d’eau entre les rues du Four et Lobineau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Mâcon (rue).

Commence à la rue Saint-André-des-Arts, nos 17 et 21 ; finit aux rues de la Vieille-Bouclerie, no 24, et de la Harpe, no 2. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 95 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.


Cette rue était presqu’entièrement bâtie à la fin du XIIe siècle. Elle doit son nom aux comtes de Mâcon, dont l’hôtel bordait une partie de cette voie publique. Dans le terrier de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, à l’année 1523, on lit : rue Vieille-Bouclerie, dite Mâcon, entre deux portes, maison aboutissant par derrière à celle de la rue de la Harpe. — Une décision ministérielle du 15 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840, cette dimension est portée à 10 m. Les maisons nos 5 et 9 sont alignées. La propriété no 1 ne devra subir qu’un léger redressement. Le surplus de ce côté est soumis à un retranchement qui varie de 1 m. 70 à 3 m. 50 c. Les constructions du côté des numéros pairs devront reculer de 3 m. 60 c. à 5 m.

Maçons (rue des).

Commence à la rue des Mathurins, nos 17 et 19 ; finit à la place Sorbonne, no 4, et à la rue Neuve-de-Richelieu, no 2. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 189 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

L’emplacement de cette rue se trouvait compris anciennement dans l’enceinte du palais des Thermes. Elle était entièrement construite au commencement du XIIIe siècle. En 1254 et 1263 on l’appelait rue des Maçons. Cette rue se prolongeait autrefois jusqu’à celle des Poirées ; une partie en a été retranchée pour former la place Sorbonne. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an XIII, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 70 c. à 2 m. 80 c. Les maisons nos 6 bis, 8 et 10 sont alignées. Le surplus, de ce côté, devra reculer de 50 c. environ.

Madame (rue).

Commence à la rue Mézières, nos 5 et 7 ; finit à la rue de l’Ouest, nos 9 et 11. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 477 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Partie comprise entre les rues de Vaugirard et de l’Ouest. — Elle a été ouverte, en 1790, sur l’emplacement d’une partie du jardin du Luxembourg, appartenant alors à son A. R. Monsieur. Ce prince, qui régna depuis sous le nom de Louis XVIII, appela la nouvelle voie publique rue Madame, en l’honneur de Marie-Joséphine Louise de Savoie, princesse de Sardaigne, Madame, son épouse.

En 1793, cette rue, dont la largeur était fixée à 11 m. 69 c., reçut la dénomination de rue des Citoyennes. En 1806 elle reprit son premier nom. La largeur de 11 m. 69 c. a été maintenue par une ordonnance royale du 12 mai 1841.

Partie comprise entre la rue Mézières et cette de Vaugirard. — Une ordonnance royale du 6 octobre 1824 porte ce qui suit : « Vu les contrats de vente des anciens couvents du Précieux-Sang et du Noviciat des Jésuites à Paris, en date des 4 et 21 fructidor an V, contenant la condition par les acquéreurs de livrer le terrain nécessaire à la formation d’une nouvelle rue de 30 pieds de large, dans le prolongement de la rue Madame jusqu’à la rue Mézières, vis-à-vis celle du Gindre ; vu le plan de ce prolongement arrêté par le ministre de l’intérieur, le 14 vendémiaire an XIII, et qui en portait la largeur à 10 m. ; vu la proposition du préfet de la Seine, de donner à cette nouvelle rue une largeur de 11 m. 69 c. (36 pieds) égale à celle de la rue Madame, etc… ; nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : — Article 1er. La rue Madame, à Paris, sera prolongée sur une même largeur de 11 m. 69 c. jusqu’à la rue Mézières. — Art. 2. Les propriétaires riverains qui, aux termes de leurs contrats d’acquisition, sont tenus de fournir le terrain nécessaire à la nouvelle rue sur 30 pieds de largeur, seront indemnisés du surplus à dire d’experts, etc. » En vertu d’un arrêté préfectoral du 11 septembre 1837, on a procédé à la régularisation du numérotage de la rue Madame. Les constructions riveraines de cette voie publique sont alignées. — Égout entre les rues Honoré-Chevalier et de l’Ouest. — Conduite d’eau depuis la rue Mézières jusqu’à celle de Vaugirard. — Éclairage au gaz (compe Française).

Couvent des religieuses du Précieux-Sang. — La réforme ayant été introduite dans un couvent de l’ordre de Cîteaux de la ville de Grenoble, plusieurs religieuses, désirant fonder un établissement à Paris, s’adressèrent à l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, afin d’en obtenir l’autorisation. Le 20 décembre 1635, permission leur fut accordée. Elles achetèrent alors une maison située à l’encoignure des rues du Pot-de-Fer et Mézières, et s’y installèrent en 1636 après avoir reçu de la duchesse d’Aiguillon une somme de 8,050 livres. Dans l’espace de vingt années, les religieuses contractèrent des dettes si considérables qu’elles furent obligées d’abandonner leur maison. En 1656, elles prirent à loyer une propriété située dans la rue du Bac. Des personnes charitables vinrent à leur secours et par leurs libéralités fournirent à ces religieuses la facilité d’acquérir, dans la rue de Vaugirard, une maison qu’elles disposèrent suivant leurs besoins. Elles tirent construire une chapelle qui fut bénite le 20 février 1659, sous le vocable du précieux sang de Notre Seigneur, et le même jour elles prirent possession de leur nouveau monastère. Cette communauté ayant été supprimée en 1790, devint propriété nationale, et fut vendue en deux lots, le 4 fructidor an V. Elle contenait une superficie de 2,642 m. 84 c.

Noviciat des Jésuites. Profitant de l’édit de septembre 1603, qui les établissait en France, les Jésuites, qui n’avaient à Paris que deux établissements, le collége et la maison professe, conçurent le projet de fonder un noviciat. Un brevet du roi du 17 mars 1610, leur en accorda l’autorisation. En 1612, madame Luillier, veuve du sieur de Sainte-Beuve, leur donna l’ancien hôtel Mézières où ils vinrent s’installer. François Sublet des Noyers fit élever à ses frais une église dont la première pierre fut posée le 10 avril 1630, par Henri de Bourbon, abbé de Saint-Germain-des-Prés. Cet édifice, construit sous la direction de frère Martel Ange, fut achevé en 1642, et consacré sous l’invocation de saint François-Xavier. Les bâtiments et terrains du noviciat des Jésuites étant devenus propriétés nationales, furent vendus en 4 lots le 21 fructidor an V. Ils contenaient en superficie 3,192 m. 46 c.

Madeleine (boulevart de la).

Commence aux rues Neuve-Luxembourg, no 35, et de Caumartin ; finit à la place de la Madeleine, no 10. Le dernier impair est 17. Pas de numéro pair ; ce côté dépend de la rue Basse-du-Rempart. Sa longueur est de 250 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Il a été formé en vertu des lettres-patentes du mois de juillet 1676. La largeur de la chaussée est de 19 m. Ce boulevart doit sa dénomination à l’église de la Madeleine, à laquelle il aboutit. — Une ordonnance royale du 24 août 1833 a fixé pour cette voie publique un alignement parallèle aux arbres de la contr’allée et à 2 m. de distance. Les propriétés nos 1, 3 et 5, sont soumises à un redressement qui n’excède pas 30 c. ; le surplus est aligné. Le sol de ce boulevart a été nivelé en 1839. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Madeleine (église de la).

Située sur la place du même nom. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

« Versailles, le 6 février 1763. — Louis, etc… À nos amez et féaux conseillers, les gens tenant notre cour de parlement et chambre de nos comptes à Paris ; salut. La protection singulière que nous avons toujours accordée aux établissements destinés pour le culte de la religion et l’utilité de nos sujets, nous a fait mettre en considération les très humbles remontrances qui nous ont été faites par notre cher et bien amé le sieur Cathlin, curé de la paroisse de la Madeleine de la Ville-l’Évêque, de notre bonne ville de Paris, sur la nécessité de faire reconstruire une nouvelle église, pour la dite paroisse qui est une des plus considérables de cette ville, soit par le nombre, soit par la qualité de ses habitants, celle actuellement existante et qui n’a pas plus d’étendue qu’une simple chapelle, étant beaucoup trop petite, eu égard au nombre des paroissiens ; nous aurions à cet effet fixé par nos lettres-patentes du 21 juin 1757, l’emplacement sur lequel nous avons jugé devoir être construite la nouvelle église, à l’extrémité de la rue Royale, entre le rempart et la rue de Chevilly, et nous aurions destiné des fonds pour cette entreprise, le tout conformément aux plans par nous agréés que nous lui avons fait remettre. Mais comme les bâtiments et terrains qu’il est nécessaire d’acquérir pour l’exécution des dits plans, appartiennent en partye à gens de main-morte, tels que les religieux titulaires dits Mathurins, les religieuses Bénédictines de la Ville-l’Évêque, et le domaine de la cure de la Ville-l’Évêque ; tous les quels ne peuvent vendre ni aliéner les dits biens sans y être par nous autorisés, que même le sieur curé de la Madeleine de la Ville-l’Évêque ne peut faire les dites acquisitions sans une pareille autorisation de notre part. À ces causes, de l’avis de notre conseil et de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, nous avons par ces présentes signées de notre main, statué et ordonné, statuons et ordonnons, voulons et nous plait : Article 1er. Que tous les ouvrages nécessaires pour la construction d’une nouvelle église paroissiale de la Madeleine de la Ville-l’Évêque, d’un presbytère, place et rues adjacentes, soient faits dans le lieu désigné par nos lettres-patentes du 21 juin 1757, par les ordres du sieur curé de la Madeleine de la Ville-l’Évêque, et exécutés par les soins du sieur Cathlin, avocat au parlement, sous la conduite et inspection du sieur Contant d’Ivry, l’un de nos architectes de l’académie royale d’architecture, conformément aux plans et dessins par nous approuvés et cy-attachés sous le contr’scel de notre chancellerie. — Art. 2e. À l’effet de quoi, permettons au sieur curé de la Madeleine de la Ville-l’Évêque, d’acquérir tous les bâtiments et terrains appartenant à des particuliers, même aux supérieures, communauté et religieuses Bénédictines de la Ville-l’Évêque, qui pourront lui être nécessaires pour la construction de la dite église, presbytère, place et rues adjacentes, circonstances et dépendances, et dans le cas où quelques parties des terrains se trouveraient inutiles pour la construction des dites église et dépendances, lui permettons de les vendre, céder et échanger, et le produit en sera par lui employé aux dépenses nécessaires pour la dite construction et ses dépendances, etc… Signé Louis. » (Archives du royaume, série E, no 3449).

Louis XV posa la première pierre de l’église de la Madeleine le 3 avril 1764. Contant d’Ivry, architecte, qui avait fourni les plans, fut chargé de la direction des travaux. Cette basilique devait surpasser en grandeur et en majesté toutes les églises ses sœurs. Conçue dans le style du monument de Sainte-Geneviève, elle aurait rappelé aussi, dans quelques unes de ses parties, l’église des Invalides. Au centre d’une croix latine s’élevait un vaste dôme ; à l’abside du monument, deux petites tourelles étaient destinées à servir de clochers ; la façade, la partie importante de l’édifice, était d’un grand et majestueux effet.

La mort de Contant d’Ivry empêcha l’exécution de ce plan magnifique. La continuation des travaux fut accordée par le roi à M. Couture, qui renversa tout ce que son prédécesseur avait fait. La décoration intérieure de l’église fut entièrement changée, l’extérieur du monument lui-même fut tellement défiguré, que l’œuvre du premier architecte devint méconnaissable.

Les colonnes s’élevaient aux deux tiers de leur hauteur quand la révolution, qui grondait sourdement, éclata tout à coup. La maison de Dieu n’était pas encore sanctifiée, on l’épargna ! Ce ne fut qu’en 1799 que ses ruines si jeunes attirèrent l’attention du gouvernement. Plusieurs projets furent soumis. M. de Gisors proposa de faire de la Madeleine une bibliothèque nationale, et M. Vaudoyer un monument dans le genre du Panthéon de Rome. Les plans des deux architectes furent froidement accueillis. — Le consulat finissait, et l’empire nous arrivait avec toutes ses gloires.

« Au camp impérial de Posen, le 2 décembre 1806. — Napoléon, etc., nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Article 1er. Il sera établi, sur l’emplacement de la Madeleine de notre bonne ville de Paris, aux frais du trésor de notre couronne, un monument dédié à la grande armée, portant sur le fronton : L’empereur Napoléon aux soldats de la Grande-Armée ! — Art. 2. Dans l’intérieur du monument seront inscrits sur des tables de marbre, les noms de tous les hommes, par corps d’armée et par régiment, qui ont assisté aux batailles d’Ulm, d’Austerlitz et d’Iéna, et sur des tables d’or massif les noms de tous ceux qui sont morts sur les champs de bataille ; sur des tables d’argent sera gravée la récapitulation, par département, des soldats que chaque département a fournis à la Grande-Armée. — Art. 3. Autour de la salle seront sculptés des bas-reliefs où seront représentés les colonels de chacun des régiments de la Grande-Armée, avec leurs noms ; ces bas-reliefs seront faits de manière que les colonels soient groupés autour de leurs généraux de division et de brigade, par corps d’armée. Les statues, en marbre, des maréchaux qui ont commandé des corps ou qui ont fait partie de la Grande-Armée, seront placées dans l’intérieur de la salle. — Art. 4. Les armures, statues, monuments de toute espèce, enlevés par la Grande-Armée dans ces deux campagnes, les drapeaux, étendars et tymbales conquis par la Grande-Armée, avec les noms des régiments ennemis auxquels ils appartenaient, seront déposés dans l’intérieur du monument. — Art. 5. Tous les ans, aux anniversaires des batailles d’Austerlitz et d’Iéna, le monument sera illuminé, et il sera donné un concert précédé d’un discours sur les vertus nécessaires au soldat, et d’un éloge de ceux qui périrent sur le champ de bataille dans ces journées mémorables. Un mois avant, un concours sera ouvert pour recevoir la meilleure pièce de musique analogue aux circonstances. Une médaille d’or, de 150 doubles Napoléons, sera donnée aux auteurs de chacune de ces pièces qui auront remporté le prix. Dans les discours et odes, il est expressément défendu de faire aucune mention de l’empereur. — Art. 6. Notre ministre de l’intérieur ouvrira, sans délai, un concours d’architecture, pour choisir le meilleur projet pour l’exécution de ce monument. Une des conditions du prospectus sera de conserver la partie du bâtiment de la Madeleine qui existe aujourd’hui, et que la dépense ne dépasse pas trois millions. Une commission de la classe des beaux-arts de notre Institut sera chargée de faire un rapport notre ministre de l’intérieur, avant le mois de mars 1807, sur les projets soumis au concours. Les travaux commenceront le 1er mai et devront être achevés avant l’an 1809. Notre ministre de l’intérieur sera chargé de tous les détails relatifs à la construction du monument, et le directeur de nos musées de tous les détails des bas-reliefs, statues et tableaux. — Art. 7. Il sera acheté cent mille francs de rente en inscriptions sur le grand-livre, pour servir à la dotation du monument et à son entretien annuel. — Art. 8. Une fois le monument construit, le grand conseil de la Légion-d’Honneur sera spécialement chargé de sa garde, de sa conservation et de tout ce qui est relatif au concours annuel. — Art. 9. Notre ministre de l’intérieur et l’intendant des biens de notre couronne seront chargés de l’exécution du présent décret. Signé, Napoléon. »

Cent vingt-sept concurrents présentèrent à la commission, composée des membres de la quatrième classe de l’Institut, cent vingt-sept plans différents. Le premier prix fut décerné, par l’Académie, à M. de Beaumont, dont le travail paraissait avoir le mieux répondu aux conditions du programme.

Mais l’approbation de l’Empereur était indispensable, et le ministre de l’intérieur dut envoyer à Tilsitt les projets des architectes, accompagnés du jugement de la commission.

Le plan de Pierre Vignon attira de suite l’attention de l’Empereur, qui dicta quelques jours après la dépêche suivante, adressée à M. de Champagny :

« Au quartier-impérial de Finckenstein, le 30 mai 1807.

» Monsieur de Champagny, après avoir examiné attentivement les différents plans du monument dédié à la Grande-Armée, je n’ai pas été un moment en doute, celui de M. Vignon est le seul qui remplisse mes intentions : c’est un temple que j’avais demandé et non une église. Que pouvait-on faire dans le genre des églises, qui fût dans le cas de lutter avec Sainte-Geneviève, même avec Notre-Dame, et surtout avec Saint-Pierre de Rome ? Le projet de M. Vignon réunit, à beaucoup d’avantages, celui de s’accorder mieux avec le Palais-Législatif et de ne pas écraser les Tuileries.

» Lorsque j’ai fixé la dépense à trois millions, j’ai entendu que ce temple ne devait pas coûter plus que ceux d’Athènes, dont la construction ne s’élevait pas à la moitié de cette somme.

» Il m’a paru que l’entrée de la cour devait avoir lieu par l’escalier vis-à-vis le trône, de manière qu’il n’y eût qu’à descendre et à traverser la salle pour se rendre au trône. Il faut que dans les projets définitifs, M. Vignon s’arrange pour qu’on descende à couvert ; il faut aussi que l’appartement soit le plus beau possible ; M. Vignon pourrait peut-être le faire double, puisque la salle est déjà trop longue. Il sera également facile d’ajouter quelques tribunes.

» Les spectateurs doivent être placés sur des gradins de marbre formant les amphithéâtres destinés au public, et les personnes nécessaires à la cérémonie seront sur des bancs, de manière que la distinction de ces deux sortes de spectateurs soit très sensible. Les amphithéâtres garnis de femmes feront un contraste avec le costume grave et sévère des personnes nécessaires à la cérémonie. La tribune de l’orateur doit être fixe et d’un beau travail. Rien dans ce temple ne doit être mobile et changeant ; tout, au contraire, doit y être fixe à sa place.

» S’il était possible de placer à l’entrée du temple le Nil et le Tibre, qui ont été apportés de Rome, cela serait d’un très bon effet ; il faut que M. Vignon tâche de les faire entrer dans son projet définitif, ainsi que les statues équestres qu’on placerait au-dehors, puisque réellement elles seraient mal dans l’intérieur. Il faut aussi désigner le lieu où l’on placera l’armure de François Ier, prise à Vienne, et le quadrige de Berlin.

» Il ne faut pas de bois dans la construction de ce temple. Pourquoi n’emploierait-on pas pour la voûte, qui a fait un objet de discussion, du fer ou même des pots de terre ? Ces matières ne seraient-elles pas préférables à du bois ? Dans un temple qui est destiné à durer plusieurs milliers d’années, il faut chercher la plus grande solidité possible, éviter toute construction qui pourrait être mise en problème par les gens de l’art, et porter la plus grande attention au choix des matériaux : du granit et du fer, tels devraient être ceux de ce monument. On objectera que les colonnes actuelles ne sont pas de granit ; mais cette objection ne serait pas bonne, puisque avec le temps on peut renouveler ces colonnes sans nuire au monument. Cependant, si l’on prouvait que le granit entraînât dans une trop grande dépense et dans de longs délais, il faudrait y renoncer ; car la condition principale du programme, c’est qu’il soit exécuté en trois ou quatre ans, et au plus, en cinq ans. Ce monument tient en quelque chose à la politique : il est dès lors du nombre de ceux qui doivent se faire vite. Il convient néanmoins de s’occuper à chercher du granit pour d’autres monuments que j’ordonnerai, et qui, par leur nature, peuvent permettre de donner trente, quarante ou cinquante ans à leur construction.

» Je suppose que toutes les sculptures intérieures seront en marbre ; et qu’on ne me propose pas des sculptures propres aux salons et aux salles à manger des femmes de banquiers de Paris. Tout ce qui est futile n’est pas simple et noble ; tout ce qui n’est pas de longue durée ne doit pas être employé dans ce monument. Il n’y faut aucune espèce de meubles, pas même de rideaux.

» Quant au projet qui a obtenu le prix, il n’atteint pas mon but, c’est le premier que j’ai écarté. Il est vrai que j’ai donné pour base de conserver la partie du bâtiment de la Madeleine qui existe aujourd’hui ; mais cette expression est une ellipse : il était sous-entendu que l’on conserverait de ce bâtiment le plus possible ; autrement il n’y aurait pas eu besoin de programme ; il n’y avait qu’à se borner à suivre le plan primitif. Mon intention était de n’avoir pas une église, mais un temple ; et je ne voulais ni qu’on rasât tout, ni qu’on conservât tout. Si les deux propositions étaient incompatibles, savoir : celle d’avoir un temple et celle de conserver les constructions actuelles de la Madeleine, il était simple de s’attacher à la définition d’un temple ; par exemple, j’ai entendu un monument tel qu’il y en avait à Athènes, et qu’il n’y en a pas à Paris. Il y a beaucoup d’églises à Paris ; il y en a dans tous les villages ; je n’aurais assurément pas trouvé mauvais que les architectes eussent observé qu’il y avait une contradiction entre l’idée d’avoir un temple, et l’intention de conserver les constructions bâties pour une église. La première était l’idée principale, la seconde l’idée accessoire. M. Vignon a donc deviné ce que je voulais.

» Quant à la dépense fixée à trois millions, je n’en fais pas une condition absolue. J’ai entendu qu’il ne fallait pas faire un autre Panthéon ; celui de Sainte-Geneviève a déjà coûté plus de quinze millions. Mais en disant trois millions, je n’ai pas entendu qu’un ou deux millions de plus ou de moins entrassent en concurrence avec la convenance d’avoir un monument plus ou moins beau. Je pourrai autoriser une dépense de cinq ou six millions si elle est nécessaire, et c’est ce que le devis définitif me prouvera.

» Vous ne manquerez pas de dire à la quatrième classe de l’Institut, que c’est dans son rapport même que j’ai trouvé les motifs qui m’ont déterminé. Sur ce, je prie Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde. Signé Napoléon. »

Nous avons cru devoir reproduire cette lettre dans son entier ; non seulement elle fait connaître de quelle manière l’empereur concevait et dirigeait les immenses travaux que Paris doit à son règne, mais elle peut répondre encore à plusieurs critiques injustement adressées aux architectes qui succédèrent à Contant d’Ivry.

C'était un temple et non une église que Napoléon voulait ; Pierre Vignon dut se conformer au programme, en élevant un monument dans le goût des édifices d’Athènes.

Les constructions étaient déjà bien avancées, lorsque les désastres de 1814 et 1815 arrivèrent. L’ennemi, qui souillait notre capitale, nous enleva les magnifiques trophées destinés à parer le Temple de la Gloire, qui redevint par une ordonnance royale du 14 février 1816, l’église royale de la Madeleine. Il était question alors d’élever dans cette basilique les monuments expiatoires de Louis XVI, de Marie-Antoinette, de Louis XVII, de Madame Élisabeth et du duc d’Enghien, et l’architecte dut se borner à approprier l’ancien temple à sa nouvelle destination. Vignon continua les travaux jusqu’en 1828, année de sa mort. Depuis cette époque jusqu’à l’achèvement de l’édifice, M. Huvé a dirigé toutes les constructions.

Avant de parler de l’architecture de ce monument, nous allons reproduire les actes qui compléteront la partie administrative.

« Charles, etc…. Nous avons proposé, les chambres ont adopté, nous avons ordonné et ordonnons ce qui qui suit : — Titre unique. Le ministre des finances est autorisé à abandonner au nom de l’État, à la ville de Paris, les terrains précédemment acquis par le gouvernement pour les abords de l’église de la Madeleine, lesquels abords cesseront d’être à la charge de l’État. La présente loi discutée, délibérée et adoptée par la Chambre des Pairs et celle des Députés, et sanctionnée par nous aujourd’hui, sera exécutée comme loi de l’État ; etc… Donné en notre château de Saint-Cloud, le 27e jour du mois de mai, l’an de grâce 1827, et de notre règne le 3e. Signé Charles. »

» Au palais des Tuileries, le 23 mars 1842. Louis-Philippe, etc… Nous avons proposé, les chambres ont adopté, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : Article 1er. Il est fait concession à la ville de Paris, à titre de propriété, de l’église de la Madeleine, pour être affectée au service de la paroisse principale du 1er arrondissement. La d. concession est faite à la charge, par la ville, de pourvoir aux dépenses des abords de l’édifice et de son appropriation au service religieux. — Art. 2e. Les travaux restant à faire à l’église de la Madeleine, aux frais de l’État, sur les crédits précédemment alloués, et ceux qui sont mis à la charge de la ville de Paris, continueront à être exécutés par l’architecte du gouvernement, sous la surveillance et l’autorité directe du ministre des travaux publics ; et à l’avenir aucune modification ne pourra être apportée à l’édifice, sans l’approbation expresse du même ministre, etc. Signé Louis-Philippe. »

L’extérieur de ce monument a toute la mâle sévérité, toute la noblesse des temples antiques. Il est entouré de colonnes d’ordre corinthien, surmontées de chapiteaux d’une richesse remarquable. L’édifice qui se développe du sud au nord a 79 m. 30 c. de longueur, sa largeur est de 21 m. 40 c., et sa hauteur, mesurée sous les coupoles, est de 30 m. 30 c. Dans les bas-côtés des portiques et des galeries en face des entrecolonnements, ont été taillées des niches qui renferment des statues de saints.

En pénétrant sous le portique principal, c’est-à-dire sous celui du midi, on voit à droite la statue de saint Philippe, par M. Nanteuil, à gauche saint Louis, par le même.

Le portique septentrional est décoré de quatre statues ; à droite : saint Mathieu, par M. Desprez, et saint Marc, par M. Lemaire ; à gauche, saint Jean et saint Luc, par M. Ramey.

La galerie de droite en renferme quatorze : saint Gabriel, par M. Duret ; saint Bernard, par M. Husson ; sainte Thérèse, par M. Feuchère ; saint Hilaire, par M. Huguenin ; sainte Cécile, par M. Dumont ; saint Irénée, par M. Gourdel ; sainte Adélaïde, par M. Bosio neveu : saint François de Sales, par M Molcheneht ; sainte Hélène, par M. Mercier ; saint Martin de Tours, par M. Grenevich ; sainte Agathe, par M. Dantan jeune ; saint Grégoire, par M. Thérasse ; sainte Agnès, par M. Du Seigneur ; saint Raphaël, par M. Dantan aîné.

Les quatorze statues de la galerie de gauche sont : saint Michel, par M. Raggi ; saint Denis, par M. Debay fils ; sainte Anne, par M. Desbœufs ; saint Charles Borromée, par M. Jouffroy ; sainte Élisabeth, par M. Caillouete ; saint Ferdinand, par M. Jaley ; sainte Christine, par M. Walcher ; saint Jérôme, par M. Lanno ; sainte Jeanne de Valois, par M. A. Guillot ; saint Grégoire de Valois, par M. Maindron ; sainte Geneviève, par M. Debay père ; saint Jean Chrisostôme, par M. Gœcther ; sainte Marguerite d’Écosse, par M. Caunois ; et l’Ange Gardien, par M. Bra.

La frise qui règne autour de l’édifice, est ornée d’anges, de médaillons, de guirlandes d’un travail remarquable. Un fronton sans sculpture surmonte le portique du nord ; sur le tympan du fronton méridional sont gravés ces mots en lettres d’or :

D. O. M. SUB INVOCATIONE SANCTÆ MAGDALENÆ.
Au Dieu très bon, très grand, sous l’invocation de sainte Madeleine.

Au-dessus se déroule une des plus grandes pages de la statuaire moderne. Cette composition a 38 m. 350 mil. de longueur, sur 7 m. 150 mil. de hauteur à l’angle.

Le Christ debout, ayant à ses pieds la Madeleine repentante, occupe le milieu du fronton ; à droite du Dieu qui pardonne, l’ange des miséricordes et l’Innocence, soutenue par la Foi et l’Espérance, se montrent suivis de la Charité, entourée de deux pauvres enfants qu’elle protège. Dans le coin de l’angle, occupé par un ange qui fait sortir une âme juste du tombeau, et lui dévoile les félicités éternelles, on lit ces mots : Ecce dies salutis ! Tous les vices personnifiés, chassés par l’ange des vengeances, occupent la gauche du Christ ; ce côté du bas-relief est terminé par une figure que l’ange des ténèbres précipite dans l’abime, et sous laquelle on lit Væ impio !

Cette large composition fait le plus grand honneur à M. Lemaire. La tête du Christ, le corps de la Madeleine, la figure de la Charité offrent de grandes beautés. On pénètre dans l’église par une porte ouverte sous le fronton méridional. Cette porte a 10 m. 430 mil. d’élévation, sur 5 m. 40 mil. de largeur ; elle est en bronze fondu ciselé, et présente sur ses quatre compartiments des scènes tirées des commandements de Dieu. Cet ouvrage remarquable est de M. Triquetti.

L’intérieur de l’église présente cinq travées, qui toutes, à l’exception de la première, sont surmontées de coupoles entièrement dorées. Les revêtements des murs sont en marbre. Les colonnes qui soutiennent la galerie des tribunes, celles des petites chapelles, sont d’ordre ionique et également revêtues de marbre et d’or. La peinture concourt pour une large part à la décoration intérieure de l’église, mais les travaux confiés à plusieurs artistes manquent d’harmonie. M. Ziegler a peint, sur les murs de l’abside, l’histoire du Christianisme. Six grands tableaux complètent la décoration intérieure de l’église. Parmi ces compositions on remarque la Madeleine dans le désert de M. Abel de Pujol ; la Madeleine aux pieds du Christ de M. Couder, et la mort de la Madeleine de M. Signol.

Une place importante a été réservée aussi à la sculpture dans l’intérieur de l’édifice : au premier rang figurent les magnifiques bénitiers de M. Antonin Moine. Le ravissement de la Madeleine occupe l’autel principal. La chapelle des mariages renferme un groupe en marbre blanc représentant le mariage de la Vierge ; ce travail est de M. Pradier. La chapelle des fonts baptismaux est également ornée d’un groupe en marbre blanc représentant le baptême de Jésus-Christ, dû au ciseau de M. Rude.

Les sculptures des trois chapelles de la travée de de droite, sont : sainte Amélie, par M. Bra ; la Sainte-Vierge, par M. Seurre ; sainte Clotilde, par M. Barrye. Celles de la travée de gauche, sont : saint Vincent-de-Paul, par M. Raggi ; le Christ, par M. Duret, et saint Augustin, par M. Etex.

Telles sont les principales compositions qui décorent l’intérieur de cet édifice ; malgré toutes ses richesses de marbre et d’or, la volonté humaine devait être impuissante à faire du Temple de la Gloire, une église qui fût en harmonie avec notre ciel, avec notre religion ; une église enfin devant laquelle l’artiste s’arrête pour admirer, et le chrétien pour penser à Dieu.

Madeleine (marché de la).

Situé place de la Madeleine, no 17. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Ce marché, construit en 1835 sur les terrains appartenant à la société Chabert, occupe une superficie de 4,130 m. On y vend des comestibles.

Madeleine (passage de la).

Commence à la place du même nom, nos 7 et 9 ; finit à la rue de l’Arcade, nos 4 et 4 bis. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Formé en 1815, ce passage était alors étroit et sombre. Il a été élargi depuis quelques années, et doit son nom à l’église de la Madeleine. Ce passage n’est point fermé.

Madeleine (place de la).

Située à l’extrémité du boulevart du même nom. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 28. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Elle a été formée sur une partie de l’emplacement du prieuré de Notre-Dame-de-Grâce, dit de la Ville-l’Évêque. Ce prieuré, fondé le 12 avril 1613, par deux sœurs, Catherine et Marguerite d’Orléans-Longueville, suivait la règle de saint Benoît. Les religieuses portaient le nom de Bénédictines de la Ville-l’Évêque. Supprimé en 1790, ce prieuré devint propriété nationale. Les bâtiments furent vendus le 18 floréal an VI. Nous donnons ici un extrait de la clause imposée aux acquéreurs : « Les acquéreurs ou ayant-droits seront expressément tenus, ainsi que lesdits acquéreurs l’ont proposé et consenti, de fournir au gouvernement, à la première réquisition qui leur en sera faite et au même prix de leur acquisition, tout le terrain bâti et non bâti qui sera jugé nécessaire, tant pour l’exécution et l’accomplissement des projets d’embellissements de Paris que pour la place nouvelle que pourra nécessiter le monument de la ci-devant église de la Madeleine, dont les constructions sont restées suspendues. » — « Au palais impérial de Saint-Cloud, le 10 septembre 1808. — Napoléon, empereur, etc… Sur le rapport de notre ministre de l’intérieur, nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Article 1er. Il sera formé une place autour du Temple de la Gloire à ériger dans l’emplacement de l’église de la Madeleine à Paris et dont le plan a été par nous arrêté. — Art. 2. Les côtés de la place seront parallèles à ceux du temple, et en seront distants d’une fois sa largeur, prise du dehors de ses péristyles, le fond en sera distant d’une fois et demie cette largeur. — Art. 3. Il sera ouvert au fond de la place, jusqu’à la rue Neuve-des-Mathurins, et dans le prolongement de l’axe du temple de la Gloire, une rue égale en largeur à la rue de la Concorde. — Art. 4. Il sera établi un boulevart se dirigeant vers Monceaux, à angle correspondant au boulevart actuel dit de la Madeleine. — Art. 5. Il sera statué ultérieurement sur la forme à donner à la place, vis-à-vis la face méridionale du temple. — Art. 6. Les façades à construire sur cette place seront assujetties à la décoration qui sera adoptée par notre ministre de l’intérieur, etc… » Ce décret ne fut point exécuté.

Une ordonnance royale du 2 juin 1824 porte : « Article 1er. Sont approuvés les alignements tracés par des lignes noires sur le plan ci-joint, et dont les dispositions consistent : 1o à former autour du monument de la Madeleine une place de forme carrée, et dont les côtés seront parallèles à ceux du temple, etc… » — Une autre ordonnance en date du 6 septembre 1826 déclara d’utilité publique l’exécution de ce plan. L’alignement de la place de la Madeleine est entièrement exécuté. — Égout. — Conduite d’eau dans une partie. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Madeleine (rue de la).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 22 et 24 ; finit à la rue Neuve-des-Mathurins, nos 110 et 97. Le dernier impair est 59 ; le dernier pair, 76. Sa longueur est de 519 m. — 1er arrondissement : tous les numéros impairs et les pairs de 24 à 76, quartier du Roule ; de 2 à 22, quartier de la Place-Vendôme.

La partie de cette voie publique comprise entre la rue du Faubourg-Saint-Honoré et celles de la Ville-l’Évêque et de l’Arcade, s’appelait anciennement rue l’Évêque, parce qu’elle dépendait du territoire dit la Ville-l’Évêque. On la trouve aussi indiquée sous le nom de rue de l’Abreuvoir-l’Évêque. Elle figure sous ce dernier titre dans plusieurs procès-verbaux de 1637 et 1642. La dénomination de rue de la Madeleine lui fut donnée parce qu’elle aboutissait en face de l’ancienne église de ce nom. — Une décision ministérielle du 23 germinal an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 11 m. En vertu d’une ordonnance royale du 5 juin 1839, cette largeur a été portée à 13 m.

Le surplus de la rue de la Madeleine a été ouvert sur les terrains appartenant à M. de Montessuy, et provenant du couvent des religieuses bénédictines de la Ville-l’Évêque. Une délibération du corps municipal en date du 16 février 1792, autorisa l’ouverture de cette rue, dont procès-verbal de réception fut dressé le 29 du même mois. Sa largeur était alors fixée à 9 m. 74 c. Cette largeur, maintenue par une décision ministérielle du 19 juillet 1808, signée Cretet, a été portée à 12 m., en vertu de l’ordonnance royale précitée du 5 juin 1839. Les maisons ci-après sont alignées : 17, 23, 25, 27 et toutes les propriétés du côté des numéros impairs, entre les rues de la Ville-l’Évêque et Neuve-des-Mathurins ; sur le côté opposé, les bâtiments qui s’étendent du boulevart de Malesherbes au no 72 inclus, ne sont pas soumis à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Ville-l’Évêque jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

À l’angle de la rue de la Ville-l’Évêque et de la deuxième partie de la rue de la Madeleine, était située l’ancienne église de la Madeleine.

Vers la fin du XVe siècle, Charles VIII fit construire sur l’emplacement d’un oratoire, que le temps avait détruit, une chapelle destinée à la confrérie de la Madeleine. Cette chapelle devint église paroissiale en 1639, et fut reconstruite vingt ans après, par les soins de Marie-Louise d’Orléans de Montpensier, et de M. Sevin, coadjuteur de Sarlat, qui en posèrent la première pierre le 8 juillet 1651. Supprimée en 1790, cette église devint propriété nationale et fut vendue le 4 pluviôse an V (voir l’article de l’église de la Madeleine).

Madelonnettes (prison des).

Située dans la rue des Fontaines, no 14. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

C’était autrefois le couvent des Filles de la Madeleine. En 1618, Robert Montri, riche marchand de vins, ayant rencontré deux filles publiques qui manifestaient le désir de mener une vie régulière, les reçut dans sa maison, située près du carrefour de la Croix-Rouge. Trois autres personnes bienfaisantes, le curé de Saint-Nicolas-des-Champs, un capucin et un officier des gardes-du-corps, se joignirent à Robert Montri pour créer un établissement de filles repenties. La marquise de Maignelay, sœur du cardinal de Gondy, acheta en 1620, pour les y placer, une maison dans la rue des Fontaines, et leur fit un legs montant à 101,600 livres. Le roi donna d’autres secours, et le 20 juillet 1629, on tira de la Visitation-Saint-Antoine quatre religieuses pour gouverner cette maison qui, dans la suite, fut divisée en trois classes de filles. La première, la plus nombreuse, était celle des filles mises en réclusion pour y faire pénitence ; elles conservaient l’habit séculier. La seconde classe était celle des filles éprouvées par la pénitence, et qu’on nommait la Congrégation ; elles portaient un vêtement gris. La troisième classe comprenait les filles dont la conversion était sincère ; elles étaient admises à prononcer des vœux. L’église du monastère fut bâtie en 1680 et dédiée à la Vierge. Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut converti vers 1793, en prison publique. En 1795, on y renferma les femmes prévenues de délits, et cette destination lui fut conservée jusqu’en 1830. Les Jeunes Détenus vinrent ensuite aux Madelonnettes, et cette prison n’a pas cessé d’être occupée par eux tout le temps de leur prévention. Seulement, vers 1836, alors que la Force regorgeait de prisonniers, on prit le parti de lui adjoindre ce vieux couvent pour succursale et d’y introduire des hommes.

Mademoiselle (Petite rue).

Commence à la rue de Babylone, nos 21 et 23 ; finit aux rue et impasse Plumet. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 126 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Elle faisait originairement partie de la rue des Brodeurs dont elle portait le nom (voyez cet article). En vertu d’un arrêt du conseil du 1er juillet 1780, elle reçut la dénomination de rue Pochet, en l’honneur de Jean-Baptiste-André Pochet, écuyer, conseiller du roi et alors échevin de la ville de Paris. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, a maintenu à 7 m. 70 c. la largeur de cette voie publique. — En 1806, elle fut de nouveau confondue avec la rue des Brodeurs. Conformément à une décision ministérielle du 14 septembre 1829, cette voie publique reçut le nom de Petite-rue-Mademoiselle parce qu’elle prolongeait la rue Mademoiselle (appelée aujourd’hui rue Vanneau ; voyez cet article). Les constructions riveraines sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau.

Madrid (rue de).

Commence à la place d’Europe. Pas de numéro. Sa longueur est de 98 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette voie publique, qui n’est encore aujourd’hui qu’à l’état d’impasse, a été tracée, en 1826, sur les terrains appartenant à MM. Hagerman et Mignon. Sa largeur est de 15 m. L’ordonnance royale d’autorisation est à la date du 2 février 1826. Cette voie publique porte le nom de la capitale de l’Espagne, et doit être incessamment prolongée jusqu’à la rue de Malesherbes (voyez rue d’Amsterdam).

Magasins (rue des).

Commence à la rue Chabrol ; finit à la rue de La Fayette. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 249 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Elle a été ouverte en 1827, sur les terrains appartenant à MM. André et Cottier. L’ordonnance royale d’autorisation est à la date du 31 janvier de la même année. Cette rue, dont la largeur est de 12 m., doit son nom aux magasins et ateliers qui y furent construits dans l’origine. — Conduite d’eau entre les rues Chabrol et des Petits-Hôtels. — Éclairage au gaz (compe Française). (Voyez rue de l’Abattoir.)

Magdebourg (rue de).

Commence au quai Billy ; finit à la rue des Batailles. Pas de numéro. Sa longueur est de 113 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Le plan de Verniquet l’indique sous la dénomination de ruelle d’Hérivault. — Une décision ministérielle du 7 fructidor an XII, signée Portalis, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En 1806, elle a reçu le nom de rue de Magdebourg, en mémoire de la prise de cette ville par les Français, le 8 novembre de la même année. La rue de Magdebourg, dont la pente est extrêmement rapide, n’est ni pavée ni éclairée.

Magloire (rue Saint-).

Commence à la rue Salle-au-Comte, no 1 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 166 et 108. Le dernier impair est 3 bis ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 44 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

En 1426, c’était la rue Saint-Leu, ensuite Saint-Gilles, en raison de sa proximité de l’église Saint-Leu et Saint-Gilles. En 1585, on la nommait rue Neuve-Saint-Magloire. Elle a été élargie en 1737, par suite de la suppression d’une maison qui faisait l’encoignure de la rue Saint-Denis. Son nom actuel lui vient du couvent des Filles-Saint-Magloire, qui longeait un des côtés de cette rue. — Une décision ministérielle à la date du 18 octobre 1808, signée Cretet, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette largeur a été portée à 10 m. Propriétés nos 1 et 3, retranch. 2 m. 50 c., surplus de ce côté ret. réduit 60 c. ; côté des numéros pairs, ret. 2 m. 20 c. à 3 m. — Éclairage au gaz (compe Française).

Couvent Saint-Magloire. Dès le IXe siècle, on voyait sur le chemin qui conduit de Paris à Saint-Denis, un oratoire dédié à Saint-Georges, et qui avait été construit au milieu d’un cimetière appartenant à la communauté de Saint-Barthélemi. Salvator, évêque d’Aleth, qui s’était réfugié à Paris avec les reliques de Saint-Magloire, fut inhumé dans ce cimetière. Vers 1117, les religieux de Saint-Barthélemi, grâce aux libéralités de Henri le Lorrain, établirent en cet endroit un monastère qu’ils vinrent habiter en 1138, et qui prit le nom de Saint-Magloire. Il y restèrent jusqu’en 1572 ; à cette époque, et d’après les ordres de Catherine de Médicis, ils furent transférés dans un emplacement situé près de l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Les Filles-Pénitentes qui habitaient l’hôtel d’Orléans, s’installèrent alors dans le couvent de la rue Saint-Denis. Tous les historiens font honneur de la fondation de la communauté des Filles-Pénitentes à un cordelier appelé Jean Tisserand, prédicateur célèbre, qui parla avec tant d’éloquence contre les excès du libertinage que plusieurs filles de mauvaise vie résolurent de réparer le scandale de leur conduite passée. Le nombre de ces pénitentes augmenta tellement qu’on jugea nécessaire de les réunir dans un seul local. Charles VIII, par lettres-patentes du 14 septembre 1496, autorisa leur établissement, et Louis XII leur céda, en 1500, la moitié de son hôtel. En quittant cette habitation, les Pénitentes prirent le titre de Filles-de-Saint-Magloire. Leur communauté, supprimée en 1790, devint propriété nationale, et fut vendue le 6 vendémiaire an V. Sur une partie de cet emplacement, l’acquéreur forma, vers 1807, l’impasse Saint-Magloire qui a été prolongée, en 1843, jusqu’à la rue de Rambuteau.

Mail (rue du).

Commence à la place des Petits-Pères, no 9, et à la rue Vide-Gousset, no 4 ; finit à la rue Montmartre, nos 91 et 93. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 218 m. — 3e arrondissement, quartier du Mail.

Cette rue a été ouverte en août 1634, conformément à un arrêt du conseil du 23 novembre 1633, sur l’emplacement d’un mail, qui s’étendait de la porte Montmartre à la porte Saint-Honoré. — Une décision ministérielle, à la date du 3 fructidor an IX, signée Chaptal, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur a été portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828. Propriétés de 1 à 11, retranch. 3 m. à 3 m. 30 c. ; 13 et 15, ret. 2 m. 30 c. ; de 17 à 25, ret. 3 m. 20 c. à 4 m. 40 c. ; 29, ret. réduit 2 m. 20 c. ; 31, ret. réduit 80 c. ; 33, ret. réduit 40 c. ; 35, redress. ; 37, alignée ; de 2 à 10, alignées ; de 12 à 22, redr. ; 24 et 26, ret. qui n’exeède pas 28 c. ; 28 et 30 alignées ; 34, 36 et 38, redr. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Main-d’Or (cour de la).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, no 147 ; finit à la rue de Charonne, no 52. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Son nom lui vient de l’ancienne auberge de la Main-d’Or. Elle communique à la rue de Charonne par un chantier découvert.

Maine (avenue du).

Commence au boulevart du Montparnasse, nos 8 et 10 ; finit aux chemins de ronde des barrières du Montparnasse et du Maine. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 8. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette avenue tracée sur le plan de Verniquet, n’est indiquée que sous le nom de Route. Elle doit sa dénomination actuelle à la barrière du Maine à laquelle elle aboutit. — Une décision ministérielle du 15 septembre 1821, a fixé la largeur de cette voie publique à 31 m. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Française).

Maine (barrière du).

Située à l’extrémité de l’avenue du même nom.

Cette barrière, qui se compose de deux bâtiments décorés de colonnes et de sculptures, est ainsi nommée parce qu’en la traversant on se dirige vers l’ancienne province du Maine (voir l’article Barrières).

Maine (chemin de ronde de la barrière du).

Commence aux barrière et avenue du Maine ; finit aux barrière et rue des Fourneaux. Pas de numéro. Sa longueur est de 633 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

(Voyez l’article Chemins de Ronde).

Maire (passage au).

Commence à la rue au Maire, nos 32 ; finit à la rue Bailly, no 5. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs,

Il a été formé en vertu d’un acte passé le 21 mars 1767, par devant Poultier, notaire, entre M. de Sartine, stipulant au nom de sa majesté, et M. Turpin, propriétaire, rue au Maire. Il est dit dans cet acte, que le sieur Turpin « vend le droit de passage à travers sa propriété, et pour les piétons seulement ; que le pavé du dit passage sera fait et entretenu aux dépens du roi, etc…» Ce passage tire sa dénomination de la rue au Maire.

Maire (rue au).

Commence à l’impasse de Rome, et à la rue Frépillon, no 1 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 192 et 194. Le dernier impair est 63 ; le dernier pair, 52. Sa longueur est de 241 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Cette rue était presqu’entièrement construite dès 1280. Elle est ainsi appelée, parce que le maire ou bailli de Saint-Martin-des-Champs y demeurait et y donnait ses audiences. — Une décision ministérielle en date du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette dimension est portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833. La maison située sur le côté des numéros pairs à l’encoignure droite du cloître Saint-Nicolas, est alignée. — Conduite d’eau depuis la rue Transnonnain jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compo Lacarrière).

Mairies des 12 arrondissements.

Nous avons rappelé à l’article de l’Hôtel-de-Ville, les diverses phases de l’institution municipale ; nous nous bornerons à indiquer ici la situation du chef-lieu de chaque arrondissement :

1er, rue d’Anjou-Saint-Honoré, no 9.

2e, rue Pinon, no 2.

3e, place des Petits-Pères.

4e, place du Chevalier-du-Guet, no 4.

5e, rue de Bondy, no 20.

6e, rue de Vendôme, no 11.

7e, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, no 20.

8e, Place-Royale, no 14.

9e, rue Geoffroy-Lasnier, no 25.

10e, rue de Grenelle-Saint-Germain, no 7.

11e, rue Garancière, no 10.

12e, rue Saint-Jacques, no 262.

Maisons (passage des Douze).

Commence à l’allée des Veuves, no 21 ; finit à la rue Marbeuf, no 2. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Tout le vaste terrain circonscrit au midi par le quai Billy, au nord par le rond-point des Champs-Élysées, à l’est par l’allée des Veuves, et à l’ouest par la rue Marbeuf, était connu avant la révolution sous le nom de Marais-des-Gourdes. Il appartenait encore en 1789 aux dames de la Visitation Sainte-Marie de Chaillot ; leur communauté ayant été supprimée en 1790, tous leurs biens devinrent propriétés nationales. Une partie de ce terrain fut vendue le 17 juillet 1792, à Jean Étienne Lesecq, banquier à Paris. Ce financier traça d’abord un chemin sur lequel il construisit douze bâtiments, qui firent donner à cette localité le nom de passage des Douze-Maisons.

Malaquais (quai).

Commence à la rue de Seine, no 2, et au quai de Conti ; finit à la rue des Saints-Pères, no 1, et au quai de Voltaire. Le dernier numéro est 23. Sa longueur est de 235 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.


Avant la construction de ce quai, le bord de la Seine se nommait en cet endroit le port Malaquest, et une partie de l’espace qui forme le quai s’appelait l’Écorcherie ou la Sablonnière. Des titres qui proviennent des archives de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, indiquent plusieurs baux de terrains, faits en 1540, à la charge de bâtir le long de la rivière. On appela alors cette communication quai de la Reine Marguerite, parce que l’hôtel de cette princesse, première femme de Henri IV, était situé à l’angle de la rue de Seine ; ce quai reprit ensuite son premier nom, et fut pavé sous Louis XIV, par arrêt du conseil du 10 juillet 1669. Le 13 février 1810, le ministre de l’intérieur, Montalivet, adopta un alignement d’après lequel la moindre largeur de ce quai est fixée à 24. m. Les propriétés de 9 à 23 inclus, sont alignées. — Égout entre les rues de Seine et des Petits-Augustins. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Malar (rue).

Commence au quai d’Orsay ; finit à la rue Saint-Dominique, nos 186 et 188. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 261 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Partie comprise entre les rues Saint-Dominique et de l’Université. — Une ordonnance royale du 11 septembre 1816, porte : « Article 1er. La dame Tiby, veuve Malar, est autorisée à ouvrir une rue sur le terrain dont elle est propriétaire, et qui est situé entre les rues Saint-Dominique et de l’Université. — Art. 2e. Cette autorisation n’est accordée qu’à la charge par la dite dame Malar, de donner à la rue à ouvrir une largeur de dix mètres, ainsi qu’il est prescrit par la déclaration du 10 avril 1783, et de se conformer aux autres règlements sur la grande voirie de Paris, etc. » Cette ordonnance reçut immédiatement son exécution. — Le prolongement depuis la rue de l’Université jusqu’à la rue de la Triperie, a été effectué en 1829, sur les terrains provenant de l’île des Cygnes, et appartenant à la ville de Paris. Enfin, le prolongement jusqu’au quai a été ouvert en 1832. Ces deux prolongements ont 15 m. de largeur.

Malesherbes (boulevart de).

Commence à la place de la Madeleine ; finit aux rues de Surêne et de la Madeleine. Pas de numéro impair ; un seul pair qui est 2. Sa longueur est de 100 m. — 1er arrondissement, quartiers du Roule et de la Place-Vendôme.

Dès le 19 pluviôse an VIII, Lucien Bonaparte, ministre de l’intérieur, approuva le projet de formation d’un boulevart, depuis la place de la Madeleine jusqu’à la barrière de Monceau. — Un décret impérial rendu à Saint-Cloud, le 10 septembre 1808, porte : « Art. 4e. Il sera établi un boulevart se dirigeant vers Monceau à angle correspondant au boulevart actuel dit de la Madeleine, etc. » En vertu d’une décision ministérielle de l’année 1819, ce nouveau boulevart, lors de son exécution, devait prendre le nom de boulevart de Malesherbes. — L’article 1er d’une ordonnance royale du 22 juin 1824, est ainsi conçu : « Sont approuvés les alignements tracés par les lignes noires sur le plan ci-joint dont les dispositions consistent… : 4o à former jusqu’à la rencontre de la rue d’Anjou un boulevart, sous la dénomination de boulevart Malesherbes, à angle correspondant au boulevart de la Madeleine, et sur une largeur de 43 m. pareille à celle de ce dernier boulevart. » L’ordonnance royale en date du 2 février 1826, qui autorisa MM. Hagerman et Mignon à ouvrir plusieurs rues sur leurs terrains (voyez rue d’Amsterdam), imposa à ces propriétaires l’obligation suivante : « de céder gratuitement le terrain indiqué au plan comme devant servir à la formation du prolongement du boulevart projeté depuis la place de la Madeleine jusqu’à la barrière de Monceau. » — La portion qui devait être concédée par MM. Hagerman et Mignon aurait servi à prolonger le boulevart, depuis la rue de la Bienfaisance jusqu’à la barrière. — Une ordonnance royale du 27 septembre de la même année déclara d’utilité publique l’exécution des dispositions consacrées par l’ordonnance du 2 juin 1824. Enfin, une ordonnance royale du 2 septembre 1829, vint encore modifier le projet primitif ; elle porte : « Vu la proposition faite par le conseil municipal, dans ses délibérations des 13 février et 24 avril 1829, tendant à limiter à la rue de la Madeleine le nouveau boulevart Malesherbes, qui devait s’étendre jusqu’à la rue d’Anjou, etc… Art. 1er. Le plan d’alignement des abords de la Madeleine à Paris, arrêté par notre ordonnance royale du 2 juin 1824, est rectifié en ce qui concerne le nouveau boulevart Malesherbes et la rue Chauveau-Lagarde, conformément au plan ci-annexé. » — C’est ainsi que de restriction en restriction, un projet grandiose, dont l’exécution aurait été peu onéreuse, alors que la ligne de ce magnifique boulevart ne traversait que des terrains non bâtis, a été complètement défiguré et n’a produit qu’une espèce d’impasse, aussi désagréable à l’œil que peu en harmonie avec le superbe monument de la Madeleine. — Le côté droit de ce boulevart est seul exécuté. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, né à Paris, le 16 décembre 1721, fut d’abord substitut du procureur général, puis conseiller au parlement de Paris, enfin premier président de la Cour-des-Aides en 1750. Il fut au nombre des trois défenseurs qui s’efforcèrent, mais en vain, de sauver l’infortuné Louis XVI. Traduit au tribunal révolutionnaire, avec sa fille et sa petite-fille, tous trois furent condamnés à mort ; un seul jour devait dévorer trois générations. En sortant de la Conciergerie pour monter sur la fatale charrette, Malesherbes heurta du pied le seuil très élevé d’une porte, et faillit tomber. — « Oh ! oh ! s’écria-t-il en souriant, voilà ce qu’on peut appeler un funeste présage. Un romain à ma place serait rentré chez lui. » Une demi-heure après l’auguste vieillard avait cessé de vivre.

Malesherbes (rue de).

Commence à la rue de la Bienfaisance, no 14 ; finit à la rue de Valois. Pas de numéro. Sa longueur est de 442 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette rue, qui remplace une partie du boulevart de Malesherbes, a été formée, en 1840, sur les terrains appartenant aux héritiers Mignon. Elle n’est pas encore autorisée. Sa largeur est de 15 m. (Voyez l’article qui précède).

Malte (rue de).

Commence à la rue de Ménilmontant, nos 13 et 15 ; finit à la rue Delatour, nos 14 et 16. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 36. Sa longueur est de 330 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Elle fut ouverte en 1783, sur les terrains des marais du Temple appartenant à l’ordre de Malte. Les lettres-patentes qui autorisèrent et dénommèrent cette rue, sont à la date du 13 octobre 1781. Elles furent registrées au parlement le 26 février suivant (voyez rue d’Angoulême-du-Temple). — Une décision ministérielle du 28 fructidor an X, signée Chaptal, a fixé sa largeur à 10 m. Les constructions riveraines sont presque toutes alignées ; les autres ne devront subir qu’un léger redressement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Mandar (rue).

Commence à la rue Montorgueil, nos 59 et 61 ; finit à la rue Montmartre, nos 72 et 74. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 162 m. — 3e arrondissement ; les numéros impairs sont du quartier Saint-Eustache ; les pairs, du quartier Montmartre.

Cette rue a été ouverte, en 1790, sur les terrains appartenant à M. Lecouteux. Elle a porté d’abord le nom de cour Mandar. C’était alors une propriété particulière fermée à ses deux extrémités par des grilles.

Une lettre ministérielle du 3 thermidor an IX porte ce qui suit : « D’après les observations, citoyen préfet, qui m’ont été faites sur l’utilité pour le quartier des halles, de la communication connue sous le nom de cour Mandar, j’ai décidé qu’elle serait mise au nombre des rues de Paris, et comme telle, pavée, éclairée et nettoyée aux frais de la commune. Je vous invite, citoyen préfet, à prendre, en ce qui vous concerne, les mesures nécessaires pour l’exécution de cette décision et notamment pour que les grilles placées aux deux extrémités de la communication dont il s’agit, qui prendra le nom de rue Mandar, soient promptement enlevées et pour que le pavé en soit entretenu avec soin, etc. : Signé Chaptal. » La largeur de cette rue est de 7 m. 80 c. et les propriétés riveraines ont été établies d’après une décoration symétrique. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

M. Mandar, architecte et ingénieur habile, qui a construit les maisons de cette voie publique, y demeure au no 9.

Mandé (avenue de Saint-).

Commence à la rue de Picpus, nos 5 bis et 9 ; finit aux chemins de ronde des barrières de Saint-Mandé et de Picpus. Le dernier impair est 9 bis ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 495 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Le plan de Verniquet la désigne sous cette dénomination qu’elle doit à sa proximité du village de Saint-Mandé. — Une décision ministérielle du 19 mai 1821, a fixé la largeur de cette avenue à 39 m. Jusqu’en 1840, elle ne débouchait dans la rue de Picpus que par une ruelle étroite et formant un coude. À cette époque, l’alignement de cette avenue a été exécuté sur les terrains dépendant de l’ancien couvent des chanoinesses de Picpus et a procuré un dégagement convenable. — Les propriétés riveraines de l’avenue de Saint-Mandé ne sont pas soumises à retranchement. — Égout.

Mandé (barrière de Saint-).

Située à l’extrémité de l’avenue du même nom.

Elle est décorée d’un bâtiment avec deux façades (même étymologie que celle de l’article qui précède). (Voir l’article Barrières.)

Mandé (chemin de ronde de la barrière de Saint-).

Commence aux avenue et barrière de Saint-Mandé ; finit à la barrière de Vincennes et à la place du Trône. Pas de numéro. Sa longueur est de 433 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

(Voir l’article Chemins de Ronde).

Manteaux (église des Blancs-).

Située dans la rue du même nom, entre les nos 10 et 12. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Des religieux mendiants, qui se donnaient le nom de Serfs de la Vierge-Marie, et suivaient la règle de saint Augustin, vinrent s’établir à Paris en 1258. Ces moines portant alors des manteaux blancs, le peuple, pour les distinguer des autres religieux, les appela les blancs-manteaux. Saint Louis est regardé comme leur principal fondateur par les grâces qu’il leur accorda. Joinville en parle ainsi : « Revint une autre manière de frères que l’on appelle l’ordre des Blancs-Manteaux, et requistrent au roy qu’il leur aidast qu’ils peussent demeurer à Paris. Le roy leur acheta une méson et vielz places entour pour eux herberger, de lez la viex porte du Temple à Paris, assez prés des tissarans. » Leur maison fut bâtie sur un emplacement situé dans Paris, près du mur d’enceinte de la ville. Le roi fut obligé de vaincre les difficultés que les seigneurs ecclésiastiques opposèrent à cet établissement. En 1274, le pape Grégoire X, dans le deuxième concile de Lyon, supprima tous les ordres religieux mendiants, excepté les Carmes, les Cordeliers et les Jacobins. Les Serfs de la Vierge-Marie cessèrent donc d’exister en communauté. En 1297, d’autres religieux, autorisés par un autre pape, remplacèrent les Serfs de la Vierge-Marie ; ils se nommaient Guillemites. Le peuple, sans avoir égard à ce changement, les appela comme leurs prédécesseurs les Blancs-Manteaux. En 1618, les Guillemites furent réformés et réunis aux Bénédictins, suivant la réforme de saint Vannes de Verdun. On lit dans l’ouvrage intitulé : Gallia Christiana, que la première église des Blancs-Manteaux fut dédiée le 30 novembre 1397. Cette église s’élevait alors le long de la rue des Blancs-Manteaux, et touchait presqu’à la porte Barbette. L’église et le monastère furent reconstruits en 1685 ; la première pierre en fut posée par le chancelier Le Tellier, et par Élisabeth Turpin sa femme. La maison des Blancs-Manteaux servit de retraite à plusieurs bénédictins estimés par leurs vertus et leur érudition. C’est là que furent composés les ouvrages ayant pour titres l’Art de vérifier les Dates, la nouvelle Diplomatique, et la Collection des Historiens de France. Ce monastère, supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut aliéné les 12 vendémiaire et 8 prairial an V ; l’église fut également comprise dans la vente. Rachetée par la ville le 2 novembre 1807, elle a été érigée en succursale de la paroisse Saint-Merri, sous le titre de Notre-Dame des Blancs-Manteaux.

Manteaux (marché des Blancs-).

Situé dans la rue Vieille-du-Temple. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Ce marché a été construit sur l’emplacement de la communauté des Hospitalières de Sainte-Anastase ou de Saint-Gervais dont nous rappelons l’origine. En 1171, un maçon, nommé Garin, et Harcher son gendre, donnèrent une maison qu’ils possédaient au parvis Saint-Gervais, pour loger et soigner les pauvres passants. Cette pieuse fondation fut favorisée par Robert, comte de Dreux. Une bulle du pape Nicolas IV, du 10 septembre 1190, plaça cet hôpital sous la protection du Saint-Siège. L’administration fut confiée à un maître ou procureur. Au milieu du XIVe siècle, Foulques de Chanac, évêque de Paris, introduisit dans cette maison quatre religieuses avec un maître et un procureur. En 1608, le cardinal de Gondy supprima ces deux derniers pour le mauvais gouvernement et consommation des biens qu’ils faisoient, et se réserva le droit de commettre quelqu’un pour recevoir les vœux des religieuses et les comptes qu’elles devoient rendre de leur gestion. Ces religieuses, qui suivaient la règle de saint Augustin, achetèrent le 7 juillet 1655, moyennant 135,000 livres, l’hôtel d’O, situé dans la rue Vieille-du-Temple, entre celles des Rosiers et des Francs-Bourgeois. Leur communauté fut supprimée par une loi du 18 ventôse an III.

« Au palais de Trianon, le 21 mars 1813. — Napoléon, etc. ; nous avons décrété et décrétons… : Article 2e. Le marché qui, aux termes de notre décret du 30 janvier 1811, devait être construit sur la place Saint-Jean, sera transféré dans l’emplacement de l’ancien hospice Saint-Gervais, situé rue Vieille-du-Temple, en face de celle des Blancs-Manteaux. Cet emplacement, qui appartient aux hospices, sera acquis par notre bonne ville de Paris, etc. » — En conformité de ce décret et par acte administratif du 19 mai 1813, cet emplacement a été acheté par la ville moyennant 120,000 fr. La première pierre fut posée par le ministre de l’intérieur le 15 août suivant. M. Labarre, chargé dans l’origine de diriger les travaux, fut remplacé par M. Delespine, qui commença et termina ce marché. L’inauguration eut lieu le 24 août 1819, en vertu d’une ordonnance de police du 19 du même mois. Ce marché, construit en pierres de taille, et entièrement couvert, est composé de trois nefs ; celle du milieu ayant une fois plus de largeur que les deux autres. Il contient huit rangs de places d’environ 2 m. en carré, desservis par quatre passages longitudinaux et un transversal de 2 m. de largeur, le tout composant 154 places. La disposition de la couverture, dont la partie centrale n’ayant pas été plus élevée que la partie portant sur les murs, a sans doute été la cause des avaries qui se sont manifestées dans la charpente. En 1840, elle a été remplacée par une couverture en fer qui a coûté 82,586 fr. 54 c. On a exécuté en même temps des travaux de dallage dont la dépense s’est élevée à 38,270 fr. 28 c. Ce marché occupe une superficie de 1,247 m. — Pour faciliter les abords de cet établissement, le ministre de l’intérieur avait, le 23 juillet 1817, prescrit la formation de trois nouvelles rues ; savoir : une de 10 m. de largeur, pour communiquer de la rue des Rosiers à celle des Francs-Bourgeois, et les deux autres de chacune 7 m. destinées à longer les façades latérales du marché. Ce plan fut immédiatement exécuté. La première de ces nouvelles voies publiques a reçu le nom de rue des Hospitalières-Saint-Gervais ; les deux autres ne sont point encore dénommées.

La boucherie, qui est séparée du marché par la rue des Hospitalières-Saint-Gervais, est construite en pierres de taille. Elle contient quatorze boutiques. Sa superficie est de 434 m. Le bâtiment est isolé par deux passages latéraux, ayant chacun 6 m. 50 c., moindre largeur, et au fond par une place dont la longueur est de 25 m. 40 c., et la moindre largeur de 22 m. Cette halle a été inaugurée le 5 juin 1823.

Manteaux (rue des Blancs-).

Commence à la rue Vieille-du-Temple, nos 53 et 55 ; finit à la rue Sainte-Avoie, nos 20 et 22. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 330 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Au XIIIe siècle, elle était connue sous les noms de rue de la Parcheminerie et de la Petite-Parcheminerie. On la désignait sous ces dénominations dès l’année 1268 (Archives du Temple). En 1289, elle prit le nom de rue des Blancs-Manteaux. — Une décision ministérielle du 22 prairial an V, signée Benezech, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les propriétés ci-après sont alignées : l’école des frères, nos 5, 37, 41, 43 ; 10, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24, 26 et 46. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Marais-du-Temple (rue des).

Commence à la rue du Faubourg-du-Temple, nos 1 et 3 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 92 et 94. Le dernier impair est 53 ; le dernier pair, 78 bis. Sa longueur est de 742 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Ouverte sur des terrains en nature de marais, elle en a retenu le nom. En 1772, elle n’était encore bordée que par un petit nombre de constructions. — Une décision ministérielle à la date du 4 ventôse an XI, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. 74 c. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celles qui portent les nos 1, 3, 23, 33, 37, 41, 43, 45, partie du no 49, la maison à l’encoignure de la rue du Faubourg-Saint-Martin ; 2, 4, 6, 12 et 14. — Égout entre les rues Lancry et Albouy. — Conduite d’eau dans une grande partie de la rue. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).

Marais-Saint-Germain (rue des).

Commence à la rue de Seine, nos 20 et 22 ; finit à la rue des Petits-Augustins, nos 19 et 21. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 176 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Elle a été ouverte, en 1540, sur une partie de l’emplacement du petit Pré-aux-Clercs. Sa dénomination lui vient des terrains marécageux qui l’environnaient. — Une décision ministérielle à la date du 15 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839, cette dimension est portée à 10 m. La propriété no 17 bis est alignée. Toutes les autres constructions devront subir un retranchement de 3 m. 10 c. — Conduite d’eau depuis la rue des Petits-Augustins jusqu’à la borne-fontaine.

Marbeuf (passage).

Commence à la rue Marbeuf, no 15 ; finit à l’avenue des Champs-Élysées, nos 67 et 69. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 12. — 10e arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Dès 1812, une compagnie ayant acquis la propriété du jardin Marbeuf, résolut d’exploiter la partie inférieure de cet immense terrain, en le divisant par lots et en ménageant un passage ou avenue pour créer des façades aux nouvelles constructions. Ce projet fut exécuté et le passage fut ouvert sur une largeur de 8 m. environ. — Un arrêté préfectoral du 7 décembre 1840 a prescrit l’établissement de barrières aux deux extrémités de cette communication qui forme retour d’équerre, et n’est point reconnue voie publique par l’administration. — Conduite d’eau depuis l’avenue des Champs-Élysées jusqu’aux deux bornes-fontaines.

Marbeuf (rue).

Commence à la rue Bizet ; finit à l’avenue des Champs-Élysées, nos 57 et 59. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 633 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle a été formée, vers 1798, sur l’emplacement d’un chemin bordant le grand égout. Elle prit la dénomination de rue des Gourdes, en raison des gourdes que l’on cultivait en cet endroit. — Une décision ministérielle du 8 frimaire an VIII, signée Laplace, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Conformément à une autre décision ministérielle du 19 octobre 1829, signée La Bourdonnaye, elle a reçu la dénomination de rue Marbeuf, en raison de sa proximité de l’ancien jardin Marbeuf. Depuis 1831, on construit d’après un alignement qui assigne à cette voie publique une largeur de 13 m. Toutes les constructions du côté des numéros impairs et celles du côté opposé, à l’exception des propriétés de 2 à 6 inclus, et du bâtiment qui forme l’encoignure de l’avenue des Champs-Élysées, sont établies d’après ce nouvel alignement. Le retranchement que devront subir ces propriétés varie de 3 à 4 m. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Marc (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue de Richelieu, nos 99 et 101 ; finit à la rue Favart, nos 8 et 10. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 94 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Des lettres-patentes à la date du 18 février 1780, portent qu’il sera ouvert aux frais du duc de Choiseul-Amboise et de son épouse, sur le terrain de leur hôtel et jardin, et en continuité de la rue Saint-Marc, une rue de 25 pieds de largeur, qui sera nommée rue Neuve-Saint-Marc. Ce percement fut immédiatement exécuté. — Une décision ministérielle du 3 frimaire an X, signée Chaptal, maintint la largeur primitive qui a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 16 avril 1831. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 1 m. environ. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Marc (rue Saint-).

Commence aux rues Feydeau, no 2, et Montmartre, no 157 ; finit à la rue de Richelieu, nos 94 et 96. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 214 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Elle a été construite vers 1650, et doit sa dénomination à une enseigne. — Une décision ministérielle à la date du 5 germinal an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826, cette dimension est portée à 10 m. Toutes les constructions du côté des numéros impairs sont alignées. Propriété no 2, retranch. réduit 3 m. 80 c. ; 4, ret. 2 m. 40 c. ; 6, alignée ; 8 et 10, ret. 2 m. à 2 m. 30 c. ; maison à l’encoignure gauche de la rue Vivienne, alignée ; de 14 à la fin, ret. 2 m. 30 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Marcel (rue des Fossés-Saint-).

Commence aux rues Poliveau, no 1, et du Fer-à-Moulin, no 1 ; finit à la rue Mouffetard, nos 291 et 293. Le dernier impair est 53 ; le dernier pair, 58. Sa longueur est de 591 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette rue était autrefois divisée en deux parties. De la rue de la Muette (aujourd’hui rue du Fer-à-Moulin) à celle des Francs-Bourgeois, elle a porté le nom de rue de Fer. Le surplus était encore désigné en 1789, sur le plan de Verniquet, sous le nom de rue des Hauts-Fossés-Saint-Marcel. Ce dernier nom provenait de ce qu’elle avait été bâtie sur les fossés qui environnaient le territoire de Saint-Marcel. Depuis on la nomme dans toute sa longueur rue des Fossés-Saint-Marcel. — Une décision ministérielle du 24 messidor an V, signée Benezech, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 1 à 19 inclusivement ; 23, 25 ; de 33 à 41 inclusivement ; de 45 à 51 inclus. ; de 2 à 8 inclus. ; de 12 à 18 inclus. ; 34, 36, 38, 52 et 56. — Conduite d’eau entre la rue du Marché-aux-Chevaux et celle de la Reine-Blanche.

Au milieu du XVIIe siècle, on voyait dans cette rue une riche habitation nommée l’hôtel de Clamart. À côté de cette demeure se trouvait un cimetière qu’on fut obligé de fermer en 1793, pour cause d’encombrement. Pour remplacer le cimetière de Clamart, il fallut en ouvrir un nouveau qui prit le nom de cimetière Sainte-Catherine. Destiné dans l’origine aux classes pauvres, ce cimetière devint le dernier asile des coupables que la loi retranche de la société. Depuis quelques années, il est fermé, et l’on a construit sur une partie de son emplacement des salles de dissection.

Parmi les tombes qui peuplaient ce cimetière, on distinguait celle d’un homme dont la gloire fut longtemps associée à celle des généraux français qui combattirent avec honneur pour la liberté de leur patrie. Voici l’inscription de son tombeau :

« Ici reposent les cendres de Charles Pichegru, général en chef des armées françaises, né à Arbois, département du Jura, le 14 février 1761, mort à Paris, le 5 avril 1804. »

Marcel (rue Saint-).

Commence à la place de la Collégiale, nos 5 et 9 ; finit à la rue Mouffetard, nos 251 bis et 255. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 38 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle doit son nom à l’église Saint-Marcel, à laquelle elle conduisait. — Une décision ministérielle du 8 ventôse an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 24 avril 1837. La propriété no 7 est seule soumise à retranchement.

Marcel (théâtre Saint-).

Située dans la rue Pascal, entre les no 23 et 25. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Ce théâtre, construit de 1837 à 1838 sous la direction de M. Allart, architecte, a été inauguré le samedi 22 décembre 1838. On y joue des drames et des comédies-vaudevilles.

Marche (rue de la).

Commence à la rue de Poitou, nos 18 et 20 ; finit à la rue de Bretagne, nos 19 et 21. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 103 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Cette rue ouverte en 1626, sur la culture du Temple, prit le nom d’une de nos anciennes provinces de France. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835, cette largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 10 c. à 1 m. 50 c. ; celles du côté opposé devront reculer de 1 m. à 1 m. 30 c. — Conduite d’eau depuis la rue de Poitou jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Marché-Neuf (le).

Situé sur le quai du même nom. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Un arrêt du conseil du 4 juin 1568, ordonna aux marchands d’herbes et de poissons, qui se tenaient près du petit Châtelet, d’aller occuper le nouveau marché de la rue de l’Orberie, qui prit à cette occasion le nom de Marché-Neuf. (Registre de la ville). Lettres-patentes (9 septembre 1734). — « Louis, etc. Nos très chers et bien amez les prévôts des marchands et échevins de notre bonne ville de Paris nous ont très humblement fait représenter qu’ayant constaté le mauvais état de douze maisons, sises au Marché-Neuf, ayant face d’un costé sur le bassin de la rivière, entre le Petit-Pont et celui appelé de Saint-Michel, et de l’autre sur le dit marché, ils auroient pensé qu’il pouvoit estre très avantageux aux habitants de ce quartier et aux malades de l’Hôtel-Dieu de ne les point reconstruire, etc… À ces causes et autres, nous avons, par ces présentes signées de notre main, dit et ordonné, disons et ordonnons, voulons et nous plait : — Article 1er. Qu’incessamment, et dans un mois au plus tard, les dites maisons sises au Marché-Neuf de notre bonne ville de Paris, soient démolies, et qu’en la place il soit fait un mur de parapet depuis le corps de bâtiment nouvellement construit, appartenant à la ville à l’encoignure du dit marché jusques à la boucherie dépendant du domaine, près et joignant le pont Saint-Michel. — Art. 2e. Voulons pareillement qu’il soit laissé un espace de cinq toises de l’alignement des maisons sises au dit marché et parallèles à la rivière pour le passage des voitures et la plus grande facilité du dégagement du dit marché, etc… Donné à Versailles, le 9e jour de septembre, l’an de grâce 1734, et de notre règne le 19e. Signé Louis. » — Ces lettres-patentes furent registrées au parlement le 11 septembre suivant. Le Marché-Neuf, qui n’est orné d’aucune constructions, a été tarifé au profit de la ville de Paris, à raison de 10 centimes par 4 m. superficiels, et en vertu de deux décisions ministérielles des 2 mars 1840 et 16 septembre 1842. La perception a commencé le 12 juin 1843, conformément à une ordonnance de police du 1er du même mois.

Marché-Neuf (quai du).

Commence à la rue du Marché-Neuf, nos 12 et 13 ; finit au pont Saint-Michel et à la rue de la Barillerie. Les numéros continuent la série de la rue du Marché-Neuf ; le dernier est 56. Sa longueur est de 138 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

On confondait encore avant le mois d’avril 1840, sous la seule dénomination de rue du Marché-Neuf, la voie publique ainsi désignée aujourd’hui et le quai lui servant de prolongement. L’emplacement qu’ils occupaient se nommait en 1210 de l’Orberie (de l’Herberie). On lui donna en 1568 le nom de rue du Marché-Neuf, parce qu’on forma à cette époque un marché que nous voyons sur le quai. — « 22 avril 1769. Louis, etc… Les maisons qui sont à la suite du pont Saint-Michel du côté du Marché-Neuf, seront démolies et supprimées, etc. Il sera aussi fait aux maisons ayant face sur le Marché-Neuf le retranchement nécessaire pour les mettre en ligne droite, depuis l’encoignure de la rue de la Barillerie jusqu’à l’église Saint-Germain-le-Vieil. » Ces lettres-patentes ne furent point exécutées. — « Au camp de Tilsit, le 7 juillet 1807. Napoléon, empereur des Français, roi d’Italie, etc. Sur le rapport de notre ministre de l’intérieur, nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Article 1er. Les maisons domaniales et autres qui couvrent le pont Saint-Michel, etc., ainsi que celles en retour sur le Marché Neuf, seront démolies. — Art. 2. Les démolitions commenceront par les maisons qui couvrent le pont Saint-Michel, le 1er septembre prochain, et pour les autres désignées dans l’article ci-dessus, le 1er janvier 1808. Signé Napoléon. » Cette disposition a été réalisée immédiatement. — Une décision ministérielle du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé l’alignement du quai du Marché-Neuf. Les maisons de 52 à 56 devront avancer sur leurs vestiges actuels. Les autres propriétés sont généralement soumises à un fort retranchement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Marché-Neuf (rue du).

Commence à la rue de la Cité, nos 58 et 62 ; finit au quai du Marché-Neuf. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 64 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Son origine et son étymologie sont les mêmes que celles de l’article précédent. La partie qui prend naissance à la rue de la Cité, nommée autrefois en cet endroit du marché Palu, formait une impasse qui fut convertie en rue en 1558. Deux propriétés avaient été abattues au commencement de cette année pour opérer cet utile dégagement. — Une décision ministérielle à la date du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Les maisons nos 2, 4 et 6 sont à l’alignement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Les maisons nos 4 et 6 ont été construites sur l’emplacement de l’église Saint-Germain-le-Vieux dont nous traçons ici l’origine. Cette église n’était dans le principe qu’une chapelle baptismale sous la dépendance de Notre-Dame. Elle portait le titre de Saint-Jean-Baptiste. L’histoire nous fournit des preuves de son existence dès la fin du IXe siècle. Il est certain aussi qu’elle servit d’asile aux religieux de Saint-Germain-des-Prés à l’époque où les incursions des Normands obligèrent ces moines à mettre à l’abri, dans l’île de la Cité, le corps de leur patron. En reconnaissance de l’hospitalité qu’ils reçurent dans cet oratoire, ces religieux laissèrent aux prêtres qui le desservaient un bras de saint Germain. L’explication du titre de cet oratoire est difficile à donner. Dès le XIIe siècle, on trouve des actes qui en font mention sous le nom de Saint-Germain-le-Vieux, Sanctus-Germanus-Vetus, mais il n’en est aucun qui indique la cause de ce surnom. Parmi les diverses opinions émises à ce sujet, nous avons fait choix de celle de Jaillot, que nous trouvons au moins vraisemblable. « C’était une tradition reçue, dit ce savant, que saint Germain, évêque de Paris, s’y était retiré au VIe siècle. C’en était assez pour considérer cette chapelle comme la plus ancienne, comme antérieure aux deux églises connues sous le même nom, et pour lui donner le surnom de Vieux, qui d’ailleurs était nécessaire pour la distinguer de Saint-Germain-le-Neuf. » En 1368, l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés céda à l’Université les droits qu’elle possédait sur cette petite église, et depuis cette époque, le recteur nommait seul à sa cure ; l’église fut agrandie en 1458. Le portail et le clocher ne dataient que de 1560. Supprimée en 1790, l’église Saint-Germain-le-Vieux, qui contenait en superficie 563 m. 67 c. en y comprenant la maison curiale et la propriété sur la rue de la Calandre, servant à la communauté des prêtres, fut vendue le 12 fructidor an IV.

Marcoul (rue Saint-).

Commence à la rue Bailly, no 3 2 et 4 ; finit à la rue Royale, nos 5 et 7. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 27 m. – 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.


Construite vers 1780, sur une partie du prieuré de Saint-Martin-des-Champs, cette voie publique doit son nom à saint Marcoul (Marculphus), mort en 558. Ce saint était particulièrement honoré à Saint-Martin-des-Champs (voyez place de l’ancien marché Saint-Martin). — Une décision ministérielle du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, et une ordonnance royale du 14 janvier 1829, ont fixé la largeur de la rue Saint-Marcoul à 6 m. La maison no 1 est alignée ; les autres constructions devront subir un retranchement de 90 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Marguerite (église Sainte-).

Située dans la rue Saint-Bernard, entre les nos 28 et 30. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Le curé de Saint-Paul, Antoine Faget, fit bâtir sur ce territoire une chapelle vers l’année 1625 ; elle fut dédiée à sainte Marguerite. L’intention du fondateur était qu’elle servît à la sépulture de tous les membres de sa famille. Les habitants de ce quartier, fort éloignés de l’église Saint-Paul, leur paroisse, désirant célébrer l’office divin dans cette chapelle, demandèrent en conséquence à l’archevêque de Paris, qu’elle fût érigée en succursale. Des marguilliers de Saint-Paul formèrent opposition à cette demande. Un arrêt du 26 juillet 1629 ordonna d’abord qu’elle resterait simple chapelle. Un autre arrêt du 6 août 1631 annula le premier ; il portait que cette chapelle serait érigée en succursale. Ce ne fut pourtant qu’en 1634, que toutes les difficultés furent aplanies ; on construisit une église à côté de la chapelle bâtie par Antoine Faget. En 1712, la succursale fut entièrement séparée de Saint-Paul, et forma une cure particulière. L’accroissement de la population de ce quartier devint bientôt si considérable, que le nombre des habitants s’éleva au milieu du XVIIIe siècle, à plus de quarante mille. Le territoire s’étendait d’un côté, depuis la porte Saint-Antoine jusqu’au-delà du couvent de Picpus ; et de l’autre, depuis le petit Bercy jusqu’aux moulins de Ménilmontant. On fut donc obligé de faire à cette église des agrandissements successifs ; les plus importants eurent lieu en 1713 et 1765 ; ces augmentations furent si considérables qu’à cette dernière époque la chapelle primitive ne formait plus que la dixième partie de l’église. On prit également, en 1765, une portion du cimetière contigu, et l’architecte Louis y construisit une chapelle, curieuse par son style qu’on pourrait appeler sépulcral ; éclairée par une seule ouverture pratiquée à la voûte, elle est remplie d’inscriptions. Les murs extérieurs sont décorés de peintures à fresque exécutées par Brunetti. Sur un médaillon ménagé entre les arcades qui forment l’entrée, on a sculpté le portrait de Vaucanson, célèbre mécanicien mort en 1782. Le 11 mai 1792, le vicaire de Sainte-Marguerite présenta sa femme et son beau-père à la barre de l’assemblée législative. Un tonnerre d’applaudissements accueillit alors ce premier exemple d’un prêtre catholique qui repoussait le célibat. — L’église Sainte-Marguerite qui porta en 1793 le nom de Temple de la Liberté et de l’Égalité, est aujourd’hui la paroisse du 8e arrondissement.

Marguerite-Saint-Antoine (rue Sainte-).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, nos 155 et 157 ; finit à la rue de Charonne, nos 58 et 60. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 56. Sa longueur est de 291 m. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Ce n’était qu’un chemin à la fin du XVIe siècle. Après la construction de la chapelle Sainte-Marguerite en 1625, il forma une rue à laquelle on donna le nom de Sainte-Marguerite. — Une décision ministérielle du 26 brumaire an XI, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1827, cette largeur est portée à 10 m. La maison no 37 est alignée ; les autres constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranch. de 3 m. 50 c. Les maisons nos 2, 4, 6, 8, 16, 34 et 36, sont alignées ; le surplus de ce côté devra reculer de 50 c. environ. — Conduite d’eau.

Marguerite-Saint-Germain (place Sainte-).

Commence aux rues du Four, nos 2, et de Buci, no 46 ; finit à la rue Sainte-Marguerite, nos 11 et 14. Sa longueur est de 40 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Sur le plan de Verniquet elle se trouve confondue avec la rue Sainte-Marguerite dont elle portait la dénomination. Conformément à une décision ministérielle du 2 messidor an VIII, signée L. Bonaparte, la forme de cette place devait être circulaire. Cette disposition a été modifiée par une ordonnance royale du 29 avril 1839, qui assigne à cette voie publique une moindre largeur de 32 m. Les bâtiments de la prison de l’Abbaye sont alignés. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Marguerite-Saint-Germain (rue Sainte-).

Commence à la place Sainte-Marguerite, nos 9 et 12 ; finit aux rues de l’Égout, no 1, et Saint-Benoît, no 25. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 224 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

En 1312, c’était la rue Madame-la-Valence. Elle fut supprimée en 1368, et remplacée par un fossé que l’abbé Richard fit creuser pour ceindre l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. Le 1er juillet 1635, en vertu d’une transaction passée entre les religieux et leur abbé, il fut stipulé que ce fossé serait comblé et que, sur son emplacement, il serait ouvert une rue de 4 toises de largeur. On assignait à ce percement le nom de rue Sainte-Marguerite. Cette transaction ayant été homologuée par un arrêt du parlement en date du 26 février 1637, la rue fut immédiatement ouverte. — Une décision ministérielle à la date du 2 messidor an VIII, signée L. Bonaparte, et une ordonnance royale du 29 avril 1839, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. La maison no 23 et les dépendances de la prison de l’Abbaye sont à l’alignement. — Égout et conduite d’eau dans une partie. — Éclairage au gaz (compe Française).

Marie (avenue Sainte-).

Commence à la rue du Faubourg-du-Roule, no 73 ter ; finit au chemin de ronde de la barrière du Roule. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 48. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Cette avenue, qui est propriété particulière, fut ouverte en 1822 par M. Estienne, qui lui a donné le nom de sa fille Marie. À ses deux extrémités sont des grilles que l’on ferme pendant la nuit.

Marie (barrière Sainte-).

Située à l’extrémité de la rue de Lubeck.

Elle consiste en deux bâtiments avec façade couronnée d’un cintre et doit son nom à l’ancien couvent de la Visitation dit de Sainte-Marie. Cette barrière est aujourd’hui fermée. (Voir l’article Barrières.)

Marie (chemin de ronde de la barrière Sainte-).

Commence à la barrière Sainte-Marie ; finit à la barrière Francklin. Pas de numéro. Sa longueur est de 390 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Une partie de ce chemin de ronde est impraticable en raison de la pente très rapide des hauteurs de Chaillot. (Voir l’article Chemins de ronde.)

Marie (pont).

Situé entre le quai des Ormes et ceux d’Anjou et de Bourbon.

En 1371, dit Sauval, à peu près en cet endroit se trouvait un pont connu sous le nom de pont de Fust (de bois), d’après saint Bernard aux Barrés. — « Ordonnance du bureau de la ville, 27 juin 1618. Veu les lettres-patentes du 6 may 1614 pour la construction d’un pont de pierre à travers la rivière de Seyne, en conséquence du contract faict par sa majesté au sieur Marie (Christophe). Veu le rapport à nous addressé, avons ordonné qu’iceluy pont sera basty et construict vis-à-vis de la rue des Nonnains-d’Hyerres, pour aller de droict alignement au travers de la rivière sur le quai de la Tournelle, etc. Fait au bureau de la ville les d. jour, mois et an que dessus. » La construction du pont, suspendue et reprise à différentes époques, fut achevée en 1635. Ce pont était bordé de maisons des deux côtés. Le 1er mars 1658, la Seine extraordinairement débordée, détruisit deux arches du côté de l’île. Plusieurs personnes périrent. Il s’y trouvait deux maisons habitées par des notaires, l’une d’elles fut engloutie avec les arches du pont, et le notaire fut entraîné avec tous ses papiers. — Le roi ordonna la reconstruction de ces deux arches ; en attendant que cet ordre fut exécuté, on rétablit à leur place les arches en bois, et sur le pont un péage qui devait se percevoir sur les passants pendant dix ans, et dont le produit devait être employé à la construction des arches abattues. Sa restauration s’exécuta à l’expiration de ces dix années. On rebâtit les arches en pierre sans toutefois élever des maisons dessus, de sorte que depuis 1670 jusqu’à la fin de l’année 1788, ce pont resta en partie couvert de constructions, tandis que le surplus laissait un vide qui faisait désirer la destruction de celles qui existaient encore. Un édit du mois de septembre 1786 porte ce qui suit : « Il sera procédé à la démolition des maisons sur le Pont-Marie et des ailes qui en dépendent. » — Au commencement de l’année 1789 le pont fut entièrement débarrassé de maisons. On les remplaça par des trottoirs commodes, la route fut élargie, la pente adoucie. Le pont Marie est composé de cinq arches en plein cintre de 12 m. 80 c. à 14 m. 20 c. d’ouverture ; les piles sont décorées comme celles du pont Saint-Michel. La largeur d’une tête à l’autre est de 23 m. 70 c. Sa longueur entre les culées est de 93 m. 97 c.

Marie (temple Sainte-).

Situé dans la rue Saint-Antoine, entre les nos 214 et 216. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

C’était autrefois l’église du couvent de la Visitation des Filles-Sainte-Marie. Saint François de Sales, évêque de Genève, fut le fondateur de cette communauté. Ces religieuses s’établirent d’abord dans la petite ville d’Anneci. On leur donna le nom de Filles de la Visitation, parce qu’elles visitaient les pauvres malades et leur prodiguaient les soins les plus touchants. Jeanne-Françoise Frémiot, veuve du baron de Chantal, conduisit de Bourges, par ordre de François de Sales, trois religieuses qui, le 6 avril 1619, arrivèrent à Paris. Elles se logèrent d’abord dans le faubourg Saint-Marcel. En 1621, elles vinrent habiter une maison appelée l’hôtel du Petit-Bourbon, situé dans les rues du Petit-Musc et de la Cerisaie. Le nombre des prosélytes augmentant chaque jour, ces religieuses furent forcées de changer encore d’habitation. La supérieure Hélène-Angélique l’Huillier acheta, en 1628, pour sa communauté, l’hôtel de Cossé, rue Saint-Antoine. En 1632, on y fit bâtir une église sur le modèle de Notre-Dame-de-la-Rotonde à Rome, et sur les dessins du célèbre François Mansart. Achevée en 1634, on lui donna le nom de Notre-Dame-des-Anges. Dans la nef, on voyait le tombeau de Nicolas Fouquet, mort en 1680, dans la citadelle de Pignerol, où il avait été enfermé sans jugement pour avoir abusé des finances de l’État. Ce couvent fut supprimé en 1790. Devenu propriété nationale, il fut vendu à divers particuliers, à l’exception de l’église, les 10 mars 1792, 6 juin, 10, 25 juillet et 28 août 1796. Sur une partie de ces terrains on a ouvert la rue Castex (voyez cet article), et un arrêté des consuls du 12 frimaire an XI, a concédé à la ville de Paris l’église Sainte-Marie, pour être affectée à l’exercice du culte réformé.

Marie à Chaillot (rue Sainte-).

Commence à la rue des Batailles, no 20 ; finit à la rue de Lubeck. Pas de numéro. Sa longueur est de 150 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Cette rue ou plutôt ce chemin qui conduisait au couvent de Sainte-Marie ou de la Visitation, a retenu le nom de cette communauté religieuse supprimée en 1790. Par décision ministérielle du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, la largeur de cette voie publique avait été fixée à 10 m. — Une ordonnance royale du 27 septembre 1837 a porté sa moindre largeur à 12 m. La plus grande partie du côté droit est à l’alignement. Le côté opposé est bordé par des terrains en culture. Cette rue n’est ni pavée ni éclairée.

Marie Popincourt (passage Sainte-).

Commence à la rue de Charonne, no 23 ; finit à la rue Louis-Philippe, no 37. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Formé il y a quelques années, ce passage doit son nom à une enseigne.

Marie-Saint-Germain (passage Sainte-).

Commence à la rue du Bac, no 51 ; finit à la rue des Dames-de-la-Visitation-Sainte-Marie. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 20. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Ce passage a été formé à la fin du siècle dernier, sur une partie de l’emplacement du couvent des religieuses de la Visitation ou des Dames-Sainte-Marie, dont nous traçons ci-après l’historique. Il fut fondé par Geneviève Derval Pourtel, veuve du comte d’Enfreville Ciséi. Pour réaliser le vœu de son mari, cette dame passa le 6 septembre 1657 un contrat avec les religieuses de la Visitation du faubourg Saint-Jacques. Les vicaires-généraux du cardinal de Retz, archevêque de Paris, l’approuvèrent et l’homologuèrent le 24 avril 1658. Les religieuses de ce couvent vinrent en conséquence s’établir en 1660 dans une propriété située rue Montorgueil ; s’y trouvant trop à l’étroit, elles l’abandonnèrent en 1673 pour aller rue du Bac, où elles firent construire une chapelle et les bâtiments nécessaires. En 1775, elles élevèrent une nouvelle église dont la reine posa la première pierre le 30 octobre de la même année. Le sieur Hélin en fut l’architecte. Supprimé en 1790, ce couvent devint propriété nationale et fut vendu par le domaine le 5 thermidor an IV, à la charge par l’acquéreur de fournir sur cet emplacement le terrain nécessaire à l’ouverture de deux rues de 30 pieds de largeur. L’une de ces rues devait communiquer de la rue du Bac à celle de Bourgogne ; l’autre aurait commencé à la rue de Grenelle et aurait débouché dans la rue Saint-Dominique. L’adjudicataire ne remplit point les conditions qui lui étaient imposées ; il exécuta seulement un passage qui, prenant naissance à la rue du Bac, se terminait par un retour d’équerre à la rue de Grenelle.

Cette 2e partie est devenue la rue des Dames de la Visitation-Sainte-Marie (voyez cet article). — Il existe un égout dans le passage Sainte-Marie.

Marie-Saint-Germain (rue Sainte-).

Commence à la rue de Lille, nos 15 et 17 ; finit à la rue de Verneuil, nos 20 et 22. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 4. Sa longueur est de 63 m ; — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

On voyait encore, en 1652, entre la rue de Bourbon (aujourd’hui rue de Lille) et celle de Verneuil, une chapelle en l’honneur de la Sainte-Vierge. Cet oratoire dépendait de l’église Saint-Sulpice. Il fut démoli et l’on perça sur son emplacement une rue qui prit le nom de Sainte-Marie. — Une décision ministérielle, en date du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839, cette largeur est portée à 10 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 3 m. 20 c. — Conduite d’eau.

Maries (place des Trois-).

Commence aux quais de l’École, no 2, et de la Mégisserie, no 84 ; finit aux rues des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois, no 1, et Saint-Germain-l’Auxerrois, no 93. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 36 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

En 1320, c’était la rue au Foin ; elle conduisait alors au port au foin, situé sur le quai de l’École. Plusieurs maisons de cette rue ayant été démolies en 1565, laissèrent un emplacement vide qu’on désigna sous le nom de place des Trois-Maries, en raison d’une enseigne qu’on voyait à l’une de ses extrémités. — Une décision ministérielle du 20 mai 1817, fixa la largeur de cette voie publique à 17 m. En vertu d’une ordonnance royale du 15 janvier 1844, cette dimension est portée à 19 m. Les constructions du côté des numéros impairs devront reculer de 1 m. 80 c. à 2 m. Maison no 2, retranch. réduit 2 m. 20 c. ; 4, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 6, ret. réduit 50 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Marigny (avenue de).

Commence à l’avenue Gabriel, finit à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 65 et 67. Le dernier impair est 11. Pas de numéro pair ; ce côté est bordé par les dépendances du palais de l’Élysée. Sa longueur est de 240 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle a été formée vers 1767, sur les dépendances de l’hôtel des Ambassadeurs étrangers (aujourd’hui Palais-de-l’Élysée). Elle doit son nom au marquis de Marigny, directeur général des bâtiments et jardins de Louis XV. — Une décision ministérielle du 6 nivôse an XII, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 36 m. La plus grande partie des constructions du côté des numéros impairs est à l’alignement ; celles du côté opposé devront reculer de 3 m. 70 c. à 7 m. — Égout. — Conduite d’eau.

Marine (impasse Sainte-).

Située dans la rue d’Arcole, entre les nos 11 et 13. Le dernier numéro est 6. Sa longueur est de 50 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles, c’était la ruelle et la rue Sainte-Marine. En 1417, elle fut fermée à une de ses extrémités. Elle tire son nom de la petite église Sainte-Marine, dont nous tracerons ci-après l’origine. — Une décision ministérielle du 13 germinal an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Dans sa séance du 18 décembre 1835, le conseil municipal a délibéré ce qui suit : « L’impasse Sainte-Marine ne sera soumise à aucun alignement. » La largeur actuelle de cette impasse varie de 3 m. 20 c. à 7 m. — Conduite d’eau.

Il est fait mention de l’église Sainte-Marine pour la première fois, en l’année 1036, dans un acte en vertu duquel Henri Ier fait don de cette église à Imbert, évêque de Paris. Les personnes qui avaient été condamnées à se marier par le tribunal de l’officialité recevaient la bénédiction nuptiale dans cette église. Le pasteur exhortait les époux à vivre en bonne intelligence ; il les conjurait de sauver par une conduite plus régulière, l’honneur de leur famille, et il leur passait au doigt un anneau de paille qu’on brisait ensuite ; c’était un emblème expressif de la fragilité des liens qu’ils avaient contractés sans l’aveu de la religion et de la société. — Cette église, qui contenait en superficie 62 m. 75 c., fut supprimée en 1790, et vendue comme propriété nationale le 2 mars 1792. L’église Sainte-Marine existe encore en partie et sert d’atelier de teinture. Cette propriété particulière porte aujourd’hui le no 6.

Marine (ministère de la).

Entrée rue Royale, no 2. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Les lettres-patentes du 21 juin 1757, relatives à la formation de la place Louis XV, prescrivirent la construction d’édifices symétriques, destinés à l’ornement de la nouvelle place et de ses abords. Ces bâtiments remarquables ont été élevés d’après les dessins de Gabriel, premier architecte de sa majesté. Dans l’édifice qui est à droite de la rue Royale, on établit vers 1770 le garde-meuble de la couronne qui, sous l’empire, a été remplacé par le ministère de la marine et des colonies. Ce ministère a pour principales attributions : le personnel et le matériel de la marine royale ; l’entretien et le mouvement des forces navales ; l’entretien des ports militaires ; l’inscription maritime ; l’administration et la police des bagnes ; l’administration militaire, civile et judiciaire et la défense des colonies.

Marivaux (Petite rue).

Commence à la rue Marivaux, nos 15 et 17 ; finit à la rue de la Vieille-Monnaie, nos 8 et 10. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 4. Sa longueur est de 51 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Le terrain sur lequel cette voie publique a été construite s’appelait Marivas, en 1254 et 1273. Dès l’année 1300, elle se nommait le Petit-Marivaux. — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, avait fixé à 6 m. la largeur de cette rue, qui a été fermée à ses deux extrémités, en vertu d’un arrêté du préfet de police du 25 juin 1812. Une ordonnance royale du 9 décembre 1838 a porté la largeur de cette voie publique à 10 m. Elle n’a encore aujourd’hui que 1 m. 40 c. à 1 m. 80 c. de largeur. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranch. qui varie de 4 m. à 5 m. 30 c. ; celles du côté opposé devront reculer de 3 m. 10 c. à 4 m. 50 c.

Marivaux-des-Italiens (rue de).

Commence à la rue Grétry, nos 2 et 4 ; finit au boulevart des Italiens, nos 11 et 13. Le dernier impair est 13 ; le seul pair, 2 ; ce côté est presqu’entièrement bordé par le théâtre de l’Opéra-Comique. Sa longueur est de 119 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Cette rue a été ouverte en 1781, sur les dépendances de l’hôtel de Choiseul-Amboise. Les lettres-patentes autorisant ce percement sont à la date du 14 août 1780. Elles fixent à trente pieds la largeur de la nouvelle rue et lui assignent le nom de Marivaux. — Égout entre la rue Grétry et la place des Italiens. — Conduite d’eau depuis le boulevart jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, poète dramatique, naquit à Paris en 1688 et mourut dans la même ville le 11 février 1763.

Parmi les pièces qu’il a composées, quelques unes sont restées au théâtre ; nous citerons : les Jeux de l’Amour et du Hasard et les Fausses Confidences.

Mademoiselle Guimard, danseuse de l’Opéra, disait à propos des petits chefs-d’œuvre de Marivaux : c’est le cœur dévoilé par l’esprit.

Marivaux-des-Lombards (rue).

Commence à la rue des Écrivains, nos 14 et 16 ; finit à la rue des Lombards, nos 7 et 9. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 107 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Elle était complètement bâtie en 1280 (même étymologie que celle de la Petite rue Marivaux). Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur est portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840. Propriétés de 1 à 15, retranch. 6 m. 30 c. à 7 m. ; de 17 à 23, ret. 4 m. 40 c. à 4 m. 70 c. ; de 25 à la fin, ret. 5 m. à 5 m. 70 c. ; 2 et 4, pas de ret. ; 6, redress. ; 8 et 10, ret. 40 c. ; 12 et 14, ret. réduit 80 c. ; 16, ret. réduit 1 m. 40 c. ; de 18 à 22, ret. 1 m. 70 c. à 2 m. 33 c. La maison no 26 et celle qui forme l’encoignure de la rue des Lombards sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Française).

Marmousets en la Cité (rue des).

Commence aux rues Chanoinesse, no 11, et de la Colombe, no 10 ; finit à la rue de la Cité, nos 15 et 17. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 40. Sa longueur est de 170 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Une maison dite des Marmousets existait dans cette rue en 1206. Guillot la nomme du Marmouzet ; le rôle des taxes de 1313, des Marmozets, et la liste des rues du XVe siècle, des Marmouzettes. C’est enfin aujourd’hui la rue des Marmousets. — On lit le fait suivant dans le traité de la police : « Ceux d’entre nous, dit le commissaire Delamare, qui ont vu le commencement du règne de sa majesté Louis XIV, se souviennent encore que les rues de Paris étaient si remplies de fange, que la nécessité avait introduit l’usage, de ne sortir qu’en bottes ; et quant à l’infection que cela causait dans l’air, le sieur Courtois, médecin, qui demeurait rue des Marmousets, a fait cette petite expérience par laquelle on jugera du reste. Il avait dans sa salle sur la rue, de gros chenets à pommes de cuivre, et il a dit plusieurs fois aux magistrats et à ses amis, que tous les matins il les trouvait couverts d’une teinture de vert-de-gris, assez épaisse, qu’il faisait nétoyer pour faire l’expérience le jour suivant, et que depuis l’année 1663 que la police du nétoiement des rues a été établie, ces taches n’avaient plus paru. Il en tirait cette conséquence, que l’air corrompu que nous respirons fait d’autant plus d’impressions malignes sur les poumons et sur les autres viscères, que ces parties sont incomparablement plus délicates que le cuivre, et que c’était la cause immédiate de plusieurs maladies. » — Une décision ministérielle du 13 ventôse an VII signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de la rue des Marmousets à 7 m. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : nos 7, 9, 11, encoignure droite de la rue de Perpignan ; sur le côté opposé, l’encoignure droite de la rue d’Arcole, 18, 20, 22, 28, 30 et 32. — Conduite d’eau.

Marmousets-Saint-Marcel (rue des).

Commence à la rue des Gobelins, no 20 ; finit à la rue Saint-Hippolyte, nos 5 et 7. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 60 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Dès 1540, elle portait ce nom qu’elle doit à une enseigne. On la trouve aussi indiquée anciennement sous le nom des Marionnettes et des Mariettes. — Une décision ministérielle du 8 ventôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 26 mars 1843, cette largeur est portée à 10 m. Les deux maisons situées sur le côté des numéros impairs, l’une à l’angle de la rue des Gobelins, l’autre à l’encoignure de la rue Saint-Hippolyte, sont à l’alignement. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Hippolyte jusqu’à la borne fontaine.

Marqfoy (rue).

Commence à la rue du Grand-Saint-Michel, no 9 ; finit à la rue des Écluses-Saint-Martin, nos 11 et 15. Pas de numéro. Sa longueur est de 181 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Une ordonnance royale du 22 mai 1825 porte ce qui suit : « Article 1er. Les sieurs Bégé et Marqfoy sont autorisés à ouvrir sur leurs terrains, depuis la rue des Morts (aujourd’hui des Écluses-Saint-Martin) jusqu’à la rencontre du prolongement de l’impasse du Grand-Saint-Michel, une rue de douze mètres de largeur, etc. — Art. 2e. Cette autorisation est accordée à la charge par les impétrants : 1o de supporter les frais de premier établissement de pavage et d’éclairage ; 2o de se conformer aux règlements sur la voirie de Paris, et sous la réserve de tous les droits résultant du traité fait entre eux et la compagnie du canal, etc. » Cette ordonnance a été immédiatement exécutée. (Voyez l’article de la rue du Grand-Saint-Michel.)

Marsollier (rue).

Commence à la rue Méhul, no 1 ; finit à la rue Monsigny, nos 1. Le dernier impair est 17 ; pas de numéro pair : ce côté est bordé par le théâtre des Italiens. Sa longueur est de 100 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Cette rue a été ouverte en vertu d’une ordonnance royale du 8 octobre 1826 ; elle n’a été dénommée qu’en 1829. Sa largeur est de 12 m. Les constructions riveraines sont alignées. — Portion d’égout. — Conduite d’eau depuis la rue Méhul jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Benoît-Joseph Marsollier des Vivetières, auteur dramatique, naquit à Paris en 1750. Il fit plusieurs pièces qui furent jouées avec succès. En 1786, Nina ou la folle par Amour, vint mettre le sceau à sa réputation et le déterminer à se vouer à la carrière théâtrale. En 1789, les Deux petits Savoyards furent aussi très bien accueillis. On lui doit Camille ou le souterrain, Adolphe et Clara, opéras-comiques qui sont toujours vus avec plaisir. Méhul, Gaveaux et Dalayrac se sont associés comme musiciens aux succès de Marsollier, qui mourut à Versailles le 22 avril 1817.

Martel (rue).

Commence à la rue des Petites-Écuries, nos 12 et 14 ; finit à la rue de Paradis, nos 15 et 17. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 155 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

« Louis, etc… Ordonnons qu’il sera ouvert aux frais des sieurs Lefaivre, Louis et Gandelet, et sur le terrain à eux appartenant, une rue de trente pieds de largeur, conformément à la déclaration du 16 mai 1765, qui sera nommée rue Martel, et aboutira d’un bout dans la rue des Petites-Écuries-du-Roi et de l’autre dans la rue de Paradis, la quelle sera aussi pavée à leurs frais et dans toute son étendue, et ensuite entretenue à nos frais, etc… Donné à Versailles le 6 septembre, l’an de grâce 1777, et de notre règne le 4e. Signé Louis. » — Ces lettres-patentes furent exécutées au mois de septembre 1778. — Une décision ministérielle, en date du 28 vendémiaire an X, signée Chaptal, a maintenu la largeur de 30 pieds. — Conduite d’eau depuis la rue de Paradis jusqu’à la borne fontaine.

Michel Martel, écuyer, avocat en parlement, notaire honoraire, conseiller du roi, quartinier, fut échevin de la ville de Paris de 1764 à 1766.

Marthe (rue Sainte-), voyez SAINTE-MARTHE.

Martial (impasse Saint-).

Située dans la rue Saint-Éloi, entre les nos 9 et 11. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 21 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

C’était, en 1398, la ruelle Saint-Martial. Elle aboutissait alors à la rue aux Fèves. En 1459, on la nommait rue Saint-Martial. Elle fut convertie en impasse à la fin du XVIe siècle. Elle tire son nom de l’église Saint-Martial, située dans la rue Saint-Éloi, à côté de cette impasse. — Une décision ministérielle du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranchement qui varie de 30 c. à 1 m. 60 c. celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 50 c. à 1 m. 70 c.

Martignac (rue de).

Commence à la place de Bellechasse ; finit à la rue de Grenelle-Saint-Germain, nos 128 bis et 130. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 167 m. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Elle a été ouverte, en 1828, sur les terrains dépendant des couvents de Bellechasse et des Carmélites (voir pour l’historique du premier de ces deux couvents, l’article de la rue de Bellechasse ; nous parlerons de la maison des Carmélites dans le cours du présent article). — La voie publique qui nous occupe, entièrement exécutée sur une largeur de 13 m., a reçu, en vertu d’une décision du roi en date du 15 avril 1839, le nom de Martignac. — Éclairage au gaz (compe Française).

Jean-Baptiste Silvère Gaye, vicomte de Martignac, naquit à Bordeaux le 20 juin 1770, et mourut le 3 avril 1832. Il fut successivement secrétaire de l’abbé Sièyes, procureur-général près la cour de Limoges, député du Lot-et-Garonne, commissaire civil à l’armée d’Espagne en 1823, directeur-général de l’enregistrement et des domaines et ministre de l’inférieur.

Couvent des Carmélites. — Des religieuses carmélites établies dans la rue Notre-Dame-des-Champs, désirant avoir dans l’intérieur de la ville une maison de refuge, sollicitèrent et obtinrent, en 1656, des lettres-patentes qui leur permirent de fonder un monastère dans la rue du Bouloi. Toutefois, elles ne pouvaient y recevoir que des novices, professes ou religieuses envoyées par le couvent de Notre-Dame-des-Champs. Ces entraves subsistèrent jusqu’en 1663. À cette époque, la reine Marie-Thérèse d’Autriche voulut, en l’honneur de sa patronne, fonder un nouveau couvent des Carmélites. Elle fit expédier en décembre de la même année, des lettres-patentes qui autorisaient l’établissement d’un second monastère dans la rue du Bouloi. Cette communauté devait être tout-à-fait indépendante de celle de Notre-Dame-des-Champs. La première pierre de l’église de ces nouvelles religieuses fut posée le 20 janvier 1664. Cependant leur habitation étant trop petite, elles demandèrent la permission de s’établir dans la rue de Grenelle-Saint-Germain. Cette autorisation leur fut accordée par lettres-patentes données à Compiègne au mois d’octobre 1688. — La communauté des Carmélites, supprimée en 1790, devint propriété nationale. Les bâtiments et terrains furent affectés au service du ministère de la guerre. On y établit la garde des consuls, puis un dépôt de fourrages. Enfin les 3, 4 et 9 juin 1828, ils furent vendus avec ceux qui provenaient du couvent de Bellechasse. Sur leur emplacement, on a formé plusieurs rues et une place dont nous avons donné la désignation à l’article de la rue de Bellechasse.

Martin (boulevart Saint-).

Commence aux rues du Temple, no 139, et de Bondy ; finit aux rues Saint-Martin, no 260, et de Bondy, no 23. Le dernier impair est 61 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 601 m. — Les numéros impairs sont du 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs ; les numéros pairs dépendent du 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Un arrêt du conseil du 7 juin 1670 prescrivit la formation de ce boulevart. Cette voie publique doit son nom à la porte Saint-Martin. — Une décision ministérielle du 28 messidor an X, signée Chaptal, a déterminé l’alignement de ce boulevart par une parallèle au centre des arbres des contr’allées, et à 2 m. de distance. Les constructions riveraines, à l’exception du théâtre de la porte Saint-Martin, ne sont pas soumises à retranchement. La largeur de la chaussée est de 19 m. En 1841, on a exécuté dans cette voie publique d’importants travaux de nivellement. — Conduite d’eau dans une partie. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

On remarque sur ce boulevart le Château-d’Eau, alimenté par le bassin de la Villette. Il est composé de trois socles circulaires au milieu desquels on voit une double coupe en bronze entourée de quatre têtes de lions accouplés, qui lancent de l’eau. Cette fontaine a été inaugurée le 15 août 1811.

Martin (canal Saint-).

De la place de la Bastille à la barrière de Pantin.

« Loi du 29 floréal an X. — Article 1er. Il sera ouvert un canal de dérivation de la rivière d’Ourcq, elle sera amenée à Paris dans un bassin près de la Villette. — Article 2e. Il sera ouvert un canal de navigation qui partira de la Seine au-dessous du bastion de d’Arsenal, se rendra dans les bassins de partage de la Villette et continuera par Saint-Denis, la vallée de Montmorency et aboutira à la rivière d’Oise près Pontoise, etc. »

« 25 thermidor an X. Les Consuls de la république arrêtent : — Article 1er. Les travaux relatifs à la dérivation de la rivière d’Ourcq, ordonnée par la loi du 29 floréal an X, seront commencés le 1er vendémiaire an XI, et dirigés de manière que les eaux soient arrivées à la Villette à la fin de l’an XIII, etc. »

« Toulouse le 27 juillet 1808. — Napoléon, etc… Article 1er. Le plan général du canal de navigation depuis le bassin de la Villette jusqu’à la place de la Bastille, annexé au présent décret, est approuvé, etc. »

Un autre décret du 20 février 1810 ordonna que les travaux seraient terminés en 1817. — Toutes les prescriptions que nous venons de rappeler ne furent point exécutées.

« Loi du 5 août 1821. Article 1er. La ville de Paris est autorisée, conformément à la délibération du conseil municipal du 7 juin 1821, à créer 400,000 fr. de rentes et à les négocier avec publicité et concurrence, dans la proportion des besoins, pour acquitter : 1o la valeur des propriétés à acquérir sur la ligne du canal Saint-Martin ; 2o le prix des travaux nécessaires à l’ouverture et à la confection de ce canal, etc… — Art. 3e. Le traité à conclure pour l’exécution des travaux du canal Saint-Martin sera fait sous l’approbation du gouvernement avec publicité et concurrence, et pourra contenir la concession du d. canal pour une durée de 99 ans au plus. — Art. 4e. Le tarif des droits de navigation et de stationnement établis par la loi du 20 mai 1818 sur le canal Saint-Denis, sera applicable au canal Saint-Martin, etc. »

En vertu de cette loi, un traité passé le 1er mars 1822, entre le préfet de la Seine et la compagnie des canaux, fixa la durée de la concession à 99 années à partir du 1er janvier 1823.

La première pierre du canal Saint-Martin fut posée le 3 mai 1822. Les travaux ont été exécutés sous la direction de M. Devilliers, ingénieur en chef, et sous la surveillance de MM. Tarbé et Brémontier. Cent soixante-huit propriétés ont été acquises pour la formation de ce canal, dont l’inauguration a eu lieu le 4 novembre 1825. Il a été livré au commerce le 15 novembre 1826. La longueur du canal Saint-Martin est de 3,200 m. environ ; il est bordé d’un côté par le quai de Valmy, de l’autre par le quai de Jemmapes. Sa largeur entre les murs de ces quais est de 27 m. ; la largeur depuis ces murs jusqu’aux maisons, est de 16 m. 50 c. de chaque côté. Les arbres qui longent le canal sont à 5 m. de distance des murs des quais. La pente totale du canal est de 25 m. et se trouve répartie entre dix écluses, non compris celle de garde de la gare de l’Arsenal.

Cette gare relie le canal Saint-Martin à la Seine. Elle a été établie en vertu du décret suivant :

« 14 février 1806. — Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit :… Art. 8e. Il sera formé une gare de sûreté dans les fossés de l’Arsenal ; elle sera alimentée par une dérivation des eaux de l’Ourcq, et communiquera à la rivière par des écluses. Le ministre de l’intérieur nous soumettra, avant le premier septembre prochain, les projets de l’établissement de la gare. Les murs actuels d’escarpe et de contrescarpe seront conservés, etc… » — Cette gare a 586 m. de longueur ; elle ne peut contenir que 70 à 80 bateaux, parce que son milieu doit être laissé libre pour le passage des bateaux.

Martin (impasse Saint-).

Située dans la rue Royale, entre les nos 16 et 18. Le dernier numéro est 3. Sa longueur est de 15 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle a été formée vers 1780 sur une partie du prieuré de Saint-Martin-des-Champs (voyez place de l’ancien marché Saint-Martin). — Une décision ministérielle du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Il résulte d’une ordonnance royale du 14 janvier 1829, que l’impasse Saint-Martin sera confondue dans la rue de Breteuil, lors de la démolition de la maison portant sur la rue Royale le no 18. Les constructions du côté gauche de l’impasse ne sont pas soumises à retranchement.

Martin (marché Saint-).

Limité par les rues Conté, Vaucanson, Ferdinand-Berthoud et Montgolfier. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Ce marché a été construit pour remplacer celui qui se tenait dans le voisinage et dont nous parlerons à l’article suivant.

« Au Palais des Tuileries, le 30 janvier 1811. — Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Article 1er. Il sera établi un marché pour notre bonne ville de Paris dans le jardin de l’ancienne abbaye Saint-Martin, dont nous faisons don à cet effet à la dite ville. — Art. 2e. Le marché Saint-Martin actuellement existant sera acquis par notre bonne ville de Paris, pour cause d’utilité publique, selon la loi de mars 1810, et en suivant les formes qu’elle a prescrites. — Art. 3e. Le plan du marché dont la construction est ordonnée par l’article 1er, et le devis des dépenses, nous seront incessamment soumis pour y être statué en notre conseil. — Art. 4e. Les marchés qui se sont établis sans autorisation et par usage sur la voie publique dans les rues Saint-Martin et Saint-Denis, seront entièrement supprimés quand le dit marché sera établi. Signé Napoléon. » — Un autre décret du 24 février suivant ordonna que ce marché serait terminé au 1er juin 1811. Cependant la première pierre ne fut posée que le 15 août de la même année. — « Au palais de Trianon, le 21 mars 1813. — Napoléon, etc… Sur le rapport de notre ministre de l’intérieur, nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Article 1er. Il sera ajouté au marché Saint-Martin un corps d’étaux de boucherie, tant dans l’emplacement de l’ancien marché que dans la maison particulière côtée A sur le plan. Il sera ouvert pour les débouchés de ce marché trois nouvelles rues, savoir : une à droite du Conservatoire des Arts et Métiers pour la communication avec la rue du Vertbois ; une autre à gauche du Conservatoire, coupant la rue Royale et sur le prolongement de la rue Transnonnain ; et la troisième sur l’axe du marché et du Conservatoire, débouchant sur la rue des Fontaines, et établissant une communication directe avec le quartier du Temple. À cet effet, les bâtiments désignés au plan par la cote A, et par les nos 5, 8, 15 et 19, seront acquis par notre bonne ville de Paris, pour cause d’utilité publique, etc… Signé Napoléon. » — Les travaux de construction du marché Saint-Martin furent dirigés par M. Peyre, architecte, qui les termina en 1816. L’inauguration eut lieu le 20 juillet en vertu d’une ordonnance de police du 12 du même mois. À cette époque, on s’occupa des percements qui devaient faciliter les abords de cet établissement. Le plan décrété par l’empereur fut modifié par celui qui fut approuvé ministériellement le 9 octobre 1816. Suivant ce dernier projet, cinq nouvelles communications durent être ouvertes. En vertu d’une décision du ministre de l’intérieur du 27 septembre 1817, les noms de Ferdinand-Berthoud, Borda, Conté, Montgolfier et Vaucanson furent assignés à ces voies publiques. C’était une heureuse idée inspirée par le voisinage du Conservatoire, où les chefs-d’œuvre de ces savants sont conservés avec un soin religieux.

Le marché Saint-Martin est composé de deux corps de bâtiments entièrement isolés, de chacun 22 m. de largeur et de 62 m. de longueur, et séparés par une cour de 58 m. de largeur. Ils sont divisés chacun en trois nefs d’égale largeur et en neuf travées composant 27 espaces carrés formés par les murs de face, percés dans leur pourtour de 60 arcades, les unes servant d’entrées, les autres fermées par des persiennes. Le tout est couvert d’un comble dont la partie, posant sur les murs de face, est en appentis, et dont la partie centrale portant sur seize piliers est à deux égouts. Cette dernière, plus élevée que la première, laisse un espace vide qui éclaire la partie supérieure du bâtiment. La fontaine occupe le centre de la cour. La superficie du marché Saint-Martin est de 6,324 m.

Martin (place de l’ancien marché Saint-).

Située entre les rues du Marché-Saint-Martin, Royale, Conté et Montgolfier. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 88 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

« 25 mars 1765. — Louis, etc… Les officiers chargés sous nos ordres de la police de Paris, désiraient depuis longtemps l’établissement d’un marché dans le quartier Saint-Martin-des-Champs, où, faute d’un terrain qui y fût destiné, les vendeurs et les acheteurs ne pouvant se placer que dans les rues les plus fréquentées, se trouvaient exposés à de grandes incommodités, à de véritables risques, par le passage continuel des voitures, etc. À ces causes : Article 1er. Avons approuvé et autorisé, approuvons et autorisons le contrat d’échange attaché sous le contr’scel des présentes, par lequel le sieur abbé de Breteuil, en vue de l’établissement d’un marché dans le quartier Saint-Martin-des-Champs, a cédé aux religieux, moyennant 8,000 liv. de rente perpétuelle, la totalité de l’emplacement de son hôtel, au prieuré de Saint-Martin-des-Champs, bâtiments et jardins en dépendant, ainsi qu’un grand terrain vague en forme de marais, contigu au d. hôtel prieural. Voulons que le d. échange sorte son plein et entier effet, et que nonobstant notre édit du mois d’août 1749, enregistré au parlement, aux dispositions duquel nous dérogeons pour ce regard en considération de l’utilité publique, lesd. religieux demeurent propriétaires des terrains et bâtiments à eux cédés, sur partie de l’emplacement desquels il sera incessamment établi un marché suivant l’offre des d. religieux, etc. — Art. 3e. La principale entrée du dit marché sera par la porte de l’enclos qui donne sur la rue Saint-Martin, et il sera ouvert deux autres passages, un dans la rue Frépillon et l’autre dans la rue Aumaire, vis-à-vis la rue Transnonnain, à la charge néanmoins que l’estimation des maisons qu’il sera nécessaire d’abattre pour former les d. passages, sera convenue de gré à gré entre le lieutenant-général de police et les propriétaires des dites maisons, ou réglée par experts nommés d’office, etc… — Art. 7e. Permettons aux d. religieux, dans le surplus du terrain à eux concédé, de construire tels bâtiments qu’ils jugeront à propos, des quels bâtiments qu’ils pourront louer à leur profit, la propriété leur appartiendra incommutablement en vertu des présentes, etc. » (Extrait de la déclaration du roi, Archives du royaume, série E, no 3451, section administrative). — Cette déclaration fut enregistrée au bureau de la ville le 30 avril suivant. On commença immédiatement à construire le marché ainsi que les issues qui devaient y aboutir ; ces issues furent d’abord au nombre de trois, savoir : rues Royale, du Marché-Saint-Martin et passage au Maire. Toutefois le marché ayant attiré un surcroit de population dans le quartier, les religieux profitèrent de l’autorisation qui leur avait été accordée par l’article 7e de la déclaration précitée. Vers 1780, ils firent percer sur l’emplacement resté disponible, plusieurs rues, impasses et place dont les dénominations se rattachent presque toutes à l’histoire de l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs. Telles sont : les rues Bailly, Saint-Benoît, de Breteuil, Henri Ier, Saint-Hugues, Saint-Marcoul, Saint-Maur, Saint-Paxent, Saint-Philippe, Royale, Saint-Vannes ; les impasses Saint-Martin, Saint-Nicolas, la place Saint-Vannes. (Les rue et place Saint-Vannes ont été supprimées lors de la formation de la rue Conté.)

Un demi-siècle n’était pas écoulé depuis la construction du marché Saint-Martin, lorsqu’on ressentit l’insuffisance de son emplacement. Napoléon ordonna la construction d’un nouvel établissement dans des proportions beaucoup plus vastes. Le marché ouvert en 1765 fut abandonné à la fin de juillet 1816. Les bâtiments qui le composaient furent démolis, et sur le terrain qu’ils laissèrent vide, on forma la place dont nous nous occupons. — Suivant les alignements approuvés par une décision ministérielle du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, et par une ordonnance royale du 14 janvier 1829, les constructions riveraines de cette voie publique sont alignées, à l’exception de celles nos 10 et 12, qui devront subir un faible retranchement. Au milieu de cette place on a planté des arbres. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Martin (porte Saint-).

Située entre les rues Saint-Martin et du Faubourg-Saint-Martin.

La porte Saint-Martin de la deuxième enceinte de Paris était située dans la rue du même nom, vis-à-vis de la rue Neuve-Saint-Merri, à l’endroit appelé autrefois l’archet Saint-Merri. Elle fut donnée par Dagobert à l’abbaye de Saint-Denis. Les droits d’entrée qui s’y percevaient en 1147 montaient à 50 livres ; elle ne produisait avant cette époque que 12 livres annuellement. Philippe-Auguste, vers l’an 1200, fit reculer cette porte jusqu’à l’endroit où aboutit, dans la rue Saint-Martin, la rue Grenier-Saint-Lazare. Sous les rois Charles V et Charles VI, elle fut élevée près du coin septentrional de la rue Neuve-Saint-Denis. La porte ou plutôt l’arc de triomphe que nous voyons aujourd’hui fut construit en 1674, sur les dessins de Pierre Bullet, élève de François Blondel, auteur de l’arc de triomphe de la porte Saint-Denis. Ce monument a 18 m. de large sur autant d’élévation, y compris l’attique, dont la hauteur est de 3 m. 70 c. Cette construction est percée de trois arcades ; celle du milieu a 4 m. 30 c. de largeur, et 8 m. 60 c. d’élévation. Les arcades latérales ont chacune 2 m. 60 c. de largeur et 5 m. 20 c. de hauteur. Les pieds-droits qui, aux extrémités, s’élèvent jusqu’à l’entablement, et ceux qui supportent l’arcade du milieu, ainsi que le bandeau de cette arcade, ont une largeur semblable, et sont en bossages rustiques vermiculés ; ce genre d’ornement simple et noble produit en cette circonstance un fort bon effet ; au-dessus est un entablement à grandes consoles, le tout est surmonté d’un attique. Dans les deux espaces qui se trouvent entre les pieds-droits, le bandeau de la grande arcade et l’entablement, sont deux bas-reliefs qui ont rapport aux conquêtes de Louis XIV. Dans un de ces bas-reliefs, du côté de la ville, on voit ce monarque assis sur son trône, ayant à ses pieds une nation à genoux qui l’implore et lui présente avec humilité le traité de la triple alliance. L’autre bas-relief nous montre encore Louis XIV sous les traits d’Hercule. Le demi-dieu tient dans sa main une massue, foule aux pieds des cadavres ; la Victoire qui descend du ciel, tenant des palmes d’une main, pose de l’autre sur la tête du roi une couronne de lauriers ; ce bas-relief est une allégorie de la conquête de la Franche-Comté. Du côté du faubourg, les deux bas-reliefs représentent de semblables allégories : la prise de Limbourg et la défaite des Allemands. Ces bas-reliefs sont dus à Desjardins, Marsy, le Hongre et Legros. Entre les consoles de l’entablement, sont divers attributs guerriers, et entre celles du milieu est le soleil, symbole du grand roi. Dans les années 1819 et 1820, on a réparé cet édifice.

Martin (rue des Écluses Saint-).

Commence, à la rue Grange-aux-Belles, nos 61 et 63 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 200 et 202. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 40. Sa longueur est de 520 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Elle faisait autrefois partie de la rue Saint-Maur-Popincourt (voir cet article). En 1789, c’était la rue des Morts. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une autre décision ministérielle du 28 février 1831, signée Montalivet, elle a reçu la dénomination de rue des Écluses-Saint-Martin. Cette voie publique est coupée par le canal Saint-Martin. — Propriétés de 1 à 19 ter inclus, pas de retranch. ; 21, 23 et 25, redress. ; 2, 2 bis, 2 ter, 2 quater, 4, 4 bis, encoignure du quai de Valmy, 16, 20, 22, 28, 30 bis et 34, pas de retranch. Les autres constructions ne devront subir qu’un faible reculement. — Conduite d’eau entre la rue Grange-aux-Belles et le quai de Valmy.

Martin (rue des Fossés-Saint-).

Commence à la rue de la Chapelle, no 13 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Denis, no 218. Pas de numéro. Sa longueur est de 161 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Le plan de Verniquet l’indique sous le nom de Chemin de la Voirie. Sa dénomination actuelle lui vient de son voisinage des fossés dans lesquels on déchargeait autrefois les immondices. — Une décision ministérielle en date du 1er novembre 1808, signée Cretet, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés riveraines ne sont pas soumises à retranchement.

Martin (rue du Canal-Saint-).

Commence au quay de Valmy, no 177 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 226 et 228. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 200 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.


Une ordonnance royale du 1er mars 1826 porte ce qui suit : « Article 1er. Les sieurs Alexandre Delessert et Paravey sont autorisés à ouvrir sur leurs terrains une rue de treize mètres de largeur, pour communiquer du quai du canal à la rue du Faubourg-Saint-Martin. — Art. 2e. Cette autorisation est accordée à la charge par les impétrants : 1o de border la rue nouvelle de trottoirs en pierre dure d’une largeur qui sera déterminée par l’administration ; 2o de supporter les frais du premier établissement du pavage et de l’éclairage ; 3o de supporter également les dépenses des travaux à faire pour l’écoulement souterrain ou à ciel ouvert des eaux pluviales et ménagères ; 4o de se soumettre aux lois et règlements de la voirie de Paris. » — Cette ordonnance reçut immédiatement son exécution, et la rue nouvelle fut appelée rue du Canal-Saint-Martin en raison de sa proximité de ce canal. — Conduite d’eau.

Martin (rue du Faubourg-Saint-).

Commence au boulevart Saint-Denis, no 2, et à la rue de Bondy, no 92 ; finit aux chemins de ronde des barrières de la Villette et de Pantin. Le dernier impair est 261 ; le dernier pair, 274. Sa longueur est de 1878 m. — 5e arrondissement : les impairs sont du quartier du Faubourg-Saint-Denis ; les pairs dépendent du quartier de la Porte-Saint-Martin.

Cette voie publique est ainsi nommée parce qu’elle prolonge la rue Saint-Martin, en traversant le faubourg du même nom. De l’église Saint-Laurent à la barrière, elle était encore indiquée à la fin du siècle dernier sous la dénomination de Faubourg-Saint-Laurent. — Une décision ministérielle du 28 messidor an V, signée Benezech, et une ordonnance royale du 4 novembre 1829, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 18 m. et la plus grande à 36 m. Propriétés de 1 à 5, redress. ; 7 et 9, alignées ; 11, retranch. réduit 40 c. ; de 13 à 23, alignées ; de 25 à 29, redress. ; 31, 33, ret. 20 c. à 28 c. ; 35, alignée ; de 37 à 41, ret. 30 c. à 38 c. ; 43, 45, alignées ; 47, 49, ret. 30 c. à 37 c. ; 51, alignée ; de 53 à 57, ret. 35 c. ; de 59 à 63, redress. ; encoignure droite de la rue Neuve-Saint-Jean, alignée ; de 67 à 73, ret. 30 c à 70 c. ; 75 et 77, ret. 60 c. à 70 c. ; 79, ret. réduit 40 c. ; 81, 83, alignées ; 85, redr. ; 87, ret. réduit 50 c. ; 89, ret. réduit 1 m. ; 91, ret. réduit 1 m. 70 c. ; de 93 à 109, ret. 2 m. à 3 m. 20 c. ; 111, 113, 115, alignées ; 117, ret. réduit 50 c. ; de 119 à la fin, alignées. De 2 à 6, ret. réduit 1 m. ; de 8 à 12, redr. ; 14, 16, ret. réduit 30 c. ; 18, 20, ret. réduit 60 c. ; de 22 à 38, ret. 80 c. à 1 m. 30 c. ; 40, alignée ; de 42 à 54, ret. 90 c. à 1 m. 38 c. ; 56, alignée ; de 58 à 64, ret. 60 à 98 c. ; 66, 68, ret. 50 c. ; 70, alignée ; de 72 à 76, ret. 30 c. environ ; de 78 à 92, et l’encoignure gauche de la rue des Marais, alignées ; 94, redr. ; 96, alignée ; 98, ret. 50 c. ; partie du no 100, alignée ; surplus ret. 90 c. ; 102, 104, alignées ; de 106 à 114, ret. 1 m. 77 c. à 2 m. 20 c. ; 116, ret. 1 m. 50 c. ; 118, ret. 2 m. 20 c. ; 120, ret. réduit 1 m. 60 c. ; 122, 124, alignées ; 126, 128, ret. 40 c. environ ; de 130 à 136, ret. 90 c. à 1 m. 20 c. ; 138, ret. réduit 60 c. ; 140, ret. réduit 30 c. ; de 142 à 148, alignées ; dépendances des Incurables, alignées en grande partie ; de 152 à 158, red. ; de 160 à la fin, alignées. — Égout et conduite d’eau dans plusieurs parties. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).

On exécute en ce moment de grands travaux de pavage, nivellement, remaniement et élargissement de la chaussée. De larges trottoirs avec bordures à refouillement dans la partie inférieure, et un dallage en bitume dans la partie supérieure, seront établis dans toute l’étendue de la rue. Depuis les rues de la Fidélité et des Récollets jusqu’à la barrière, une ligne d’arbres sera plantée de chaque côté de la chaussée. Ces travaux importants, votés par le conseil municipal, dans sa séance du 31 mars 1843, et approuvés par le ministre de l’intérieur le 11 juillet suivant, seront prochainement terminés. Cette opération occasionnera une dépense de 440,000 fr., qui sera supportée savoir : par l’État 80,000 fr., par les riverains 100,000 fr., par la ville 260,000 fr.

Martin (rue du Marché-Saint-).

Commence à la rue Frépillon, nos 11 et 13 ; finit à la place de l’ancien Marché-Saint-Martin. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 29 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle a été ouverte, en 1765, sur une partie de l’emplacement du prieuré de Saint-Martin-des-Champs. (Voyez place de l’ancien Marché-Saint-Martin.) — Une décision ministérielle du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, et une ordonnance royale du 29 décembre 1824, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 30 c. à 2 m. 10 c. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Martin (rue Neuve-Saint-).

Commence aux rue et impasse du Pont-aux-Biches ; finit à la rue Saint-Martin, nos 240 et 242. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 36. Sa longueur est de 251 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle a été ouverte sur le territoire de la Pissotte Saint-Martin. Dès 1421, elle portait la dénomination de rue Neuve-Saint-Martin, et se prolongeait alors sous ce nom jusqu’à la rue du Temple. Dans un procès verbal de 1638, elle est appelée rue du Mûrier dite Neuve-Saint-Martin. — Une décision ministérielle à la date du 4 floréal an VIII, signée L. Bonaparte, et une ordonnance royale du 14 janvier 1829, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 11 m. Propriétés de 1 à 5 bis inclus, alignées ; 7, redress. ; de 9 à 19, ret. 35 c à 65 c. ; 21 et partie du no 23, alignées ; de 23 à 29, ret. 70 c. à 80 c. ; 31 et 33, alignées ; 2 et 4, redress. ; de 6 à 14, ret. 25 c. à 40 c. ; de 16 à 30, ret. 40 c. à 50 c. ; 32, ret. 90 c. ; 34, 34 bis et 36, ret. 1 m. à 2 m. 25 c. — Égout. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Martin jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Martin (rue Saint-).

Commence aux rues des Lombards, no 2, et de la Verrerie, no 78 ; finit aux boulevarts Saint-Denis, no 1, et Saint-Martin, no 61. Le dernier impair est 315 ; le dernier pair, 260. Sa longueur est de 1,160 m. — De 1 à 135, 6e arrondissement, quartier des Lombards ; de 137 à la fin, 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis ; de 2 à 160, 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie ; de 162 à la fin, 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Presque toutes les grandes voies publiques de Paris n’étaient, dans le principe, que de simples chemins qui conduisaient à des abbayes célèbres ; ainsi les rues Saint-Martin, Saint-Denis, Saint-Antoine, etc., doivent leur origine ou leur développement aux abbayes de Saint-Martin, de Saint-Denis et de Saint-Antoine. Vers 1147, la rue Saint-Martin, qui commençait à la rivière, était presqu’entièrement bâtie jusqu’à la rue Neuve-Saint-Merri ; en cet endroit était une porte de la seconde enceinte de Paris. La construction des halles, sous Philippe-Auguste, avait attiré une grande partie de la population parisienne sur la rive droite de la Seine, et la rue Saint-Martin, voisine de cet immense bazar, en recueillit aussitôt de précieux avantages. Vers l’année 1200, elle était presque complètement bordée de constructions jusqu’à la rue Grenier-Saint-Lazare ; là, était une porte de ville qui faisait partie de la troisième enceinte de Paris. En 1418, la rue Saint-Martin se prolongeait jusqu’à la rue Neuve-Saint-Denis. Ce fut enfin sous le règne de Louis XIII qu’elle atteignit l’emplacement qui lui sert encore aujourd’hui de limite. — Une décision ministérielle du 28 messidor an V, signée Benezech, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. En vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1836, cette moindre largeur a été portée à 14 m. Propriétés de 1 à 31, retranchement 4 m. 40 c. à 5 m. 10 c. ; 33, 35, ret. 3 m. 50 c. à 4 m. 20 c. ; 37, 39 seront supprimées pour exécuter l’alignement de la rue Ogniard ; 41, 43, ret. 2 m. à 2 m. 60 c. ; de 47 à 65, ret. 1 m. 70 c. à 2 m. ; de 67 à 73, ret. 2 m. à 3 m. ; de 75 à 81, ret. 3 m. à 3 m. 50 c. ; 83, alignée ; 85, ret. réduit 2 m. 70 c. ; les deux encoignures de la rue de Rambuteau, alignées ; 95, ret. réduit 50 c. ; 97, 99, ret. 30 c. à 50 c. ; 101, ret. réduit 80 c ; 103, ret. réduit 1 m. 60 c. ; de 105 à 115, ret. 2 m. à 2 m. 75 c. ; 117, 119, ret. 2 m. 75 c. à 3 m. 50 c. ; de 121 à 133, ret. 3 m. 50 c. à 4 m. 40 c. ; 135, ret. réduit 3 m. 50 c. ; de 137 à 145, ret. 2 m. 57 c. à 2 m. 80 c. ; 147, alignée ; 149, ret. 3 m. 30 c. à 4 m. ; 151, ret. 4 m. à 4 m. 30 c. ; 153, alignée ; de 155 à 161, ret. 3 m. 50 c. à 3 m. 80 c. ; 163, ret. 3 m. 30 c. ; de 165 à 173, ret. 2 m. 30 à 3 m. 10 c. ; 175, 177, alignées ; de 179 à 183, ret. 2 m. 26 c. à 2 m. 40 c. ; 185, alignée ; de 189 à 195, ret. 1 m. 70 c. à 2 m. 05 c. ; 197, 199, ret. 1 m. 20 c. à 1 m. 70 c. ; 201, ret. 1 m. ; 203, ret. réduit 1 m. 10 c. ; 205, ret. réduit 2 m. ; 207, ret. réduit 2 m. 70 c. ; 209, ret. réduit 3 m. 40 c. ; 211, ret. réduit 4 m. 30 c. ; 213, ret. réduit 4 m. 40 c. ; 215, 217, ret. 4 m. 80 c. à 5 m. 80 c. ; 219 doit être supprimée pour l’exécution d’un grand pan coupé à l’encoignure de la rue Greneta ; 221, ret. 1 m. 70 c. ; 223, alignée ; de 225 à 231, ret. 70 c. à 1 m. 50. c. ; 233 doit être supprimée pour l’exécution de l’alignement de la rue Guérin-Boisseau ; 235, ret. réduit 90 c. ; 237, ret. réduit 50 c. ; 239, ret. réduit 25 c. ; 241, ret. 80 c. ; 243, 245, alignées ; 247, ret. réduit 60 c. ; 249, alignée ; 251, ret. 1 m. ; de 253 à 267, alignées ; 269, ret. 30 c. ; 271, alignée ; de 273 à 283, ret. 75 c. à 1 m. 40 c. ; 285, ret. réduit 60 c. ; 287, ret. réduit 25 c. ; 289, alignée ; de 291 à 303, redress. ; 305, 307, ret. réduit 30 c. ; de 309 à la fin, ret. 1 m. à 1 m. 50 c. ; — 2, ret. 2 m. ; 4, ret. 1 m. 20 c. ; 6 doit être supprimée pour l’exécution de l’alignement de la rue du Cloître-Saint-Merri ; de 8 à 26, ret. 75 c. à 1 m. 20 c. ; de 28 à 42, ret. 1 m. 80 c. à 2 m. 30 c. ; de 44 à 64, ret. 2 m. à 2 m. 50 c. ; de 66 à 76, ret. 2 m. 40 c. à 3 m. 10 c. ; 78, 82, alignées ; 84, ret. 2 m. 80 c. ; 86, 88, ret. réduit 2 m. 10 c. ; 90 doit être supprimée pour l’exécution de l’alignement de la rue des Petits-Champs ; 92, ret. 1 m. 20 c. ; 94, alignée ; 96, 98, ret. 90 c. ; 100, 102, alignées ; 104, 106, ret. réduit 30 c. ; 108, 110, redr. ; de 112 à 116, ret. 25 c. ; 118, 120, ret. 40 c. ; 122, redr. ; 124, alignée ; 126, redr. ; de 130 à 144, alignées ; 144 bis et 146, redr. ; 148, ret. 40 c. ; de 150 à 154, ret. 40 c. à 70 c. ; de 156 à 166, ret. 70 c. à 1 m. ; 168, ret. réduit 50 c. ; 170, alignée ; de 172 à 182, ret. 20 c. à 30 c. ; 184, alignée ; de 186 à 192, ret. 30 c. à 50 c. ; de 194 à 198, pas de ret. ; 202, ret. 3 m. 30 c. ; de 208 à 222, ret. 3 m. 40 c. à 4 m. 30 c. ; 222 bis, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 224, ret. réduit 2 m. ; 226, ret. réduit 1 m. 30 c. ; 228, ret. réduit 60 c. ; 230, alignée ; 232, ret. réduit 30 c. ; 234, ret. réduit 1 m. 70 c. ; 236, 238, ret. 2 m. 40 c. à 2 m. 80 c. ; 240, alignée ; de 242 à 248, ret. 1 m. 30 c. à 1 m. 50 c. ; de 250 à la fin, alignées. — Égout et conduite d’eau dans une grande partie. — Éclairage au gaz : côté des numéros impairs (compe Française) ; côté des numéros pairs (compe Lacarrière).

Au no 96 on voyait, avant la révolution, l’église Saint-Julien-des-Ménétriers. — « L’an de grâce 1328, (dit Dubreuil), le mardi devant la Saincte-Croix, en septembre il y avait en la rue Saint-Martin-des-Champs, deux compagnons ménestrels qui s’entr’aymoient parfaictement et estoient toujours ensemble. L’un estoit de Lombardie et s’appeloit Jacques Graze de Pistoie, autrement dit Lappe ; l’autre estoit de Lorraine et avoit nom Huet, le guette du palais du roi. Or advint que le dit jour après disner, ces deux compagnons estant assis sur le siège de la maison du dit Lappe et parlans de leur besongne, virent de l’autre part de la voye, une pauvre femme appelée Fleurie de Chartres, la quelle estoit en une petite charrette, et n’en bougeoit jour et nuict, comme entreprise d’une partie de ses membres, et là, vivoit des aumosnes des bonnes gens. Ces deux, esmeus de pitié, s’enquirent à qui appartenoit la place, désirants l’accepter et y bastir quelque petit hospital. Et après avoir entendu que c’estoit à l’abbesse de Montmartre, ils l’allèrent trouver ; et pour le faire court, elle leur quitta le lieu à perpétuité, à la charge de payer par chacun an cent sols de rente, et huict livres d’amendement dedans six ans seulement, et sur ce, leur fit expédier lettres, en octobre, le dimanche devant la Sainct-Denys 1330. Le lendemain, les dits Lappe et Huet prindrent possession du dit lieu, et pour la mémoire et souvenance firent festin à leurs amis. » — Telle fut l’origine de l’église et de l’hôpital de Saint-Julien. Quelques ménétriers se réunirent aux deux fondateurs et firent construire le petit hôpital, dont la pauvre Fleurie occupa jusqu’à sa mort le premier lit. Les ménétriers achetèrent ensuite au prix de douze livres et douze sols de rente par an, une maison sise au coin de la rue Palée (aujourd’hui du Maure), et obtinrent la permission de faire bâtir une chapelle. L’hôpital reçut les noms de Saint-Julien et Saint-Genest, et la chapelle ajouta à ses titres celui de Saint-Georges. L’architecture de la petite église de Saint-Julien devait exciter la curiosité des artistes. Sa façade pittoresque était d’une délicatesse remarquable. Elle consistait en une grande arcade accompagnée de quatre niches. La frise de l’arcade était remplie de petits anges qui jouaient de plusieurs instruments, alors en usage, tels que l’orgue, la harpe, le violon, le rebec à trois cordes, la vielle, la mandoline, le psaltérion, la musette, le cor, le hautbois, la flûte de Pan, la flûte à bec, le luth et le tympanon. Dans la niche à gauche était la statue de saint Julien ; à droite, celle du martyr saint Genest, comédien à Rome, sous le règne de Dioclétien. Ce saint, protecteur des musiciens et des histrions, était coiffé d’une espèce de toque et couvert d’un simple manteau. Il tenait à la main un violon. Les ménétriers et les jongleurs demeuraient presque tous dans la rue qui porta leur nom, et qui se trouve aujourd’hui confondue dans la rue de Rambuteau. Réunis en confrérie dès l’année 1331, ils signèrent au nombre de trente-sept, un règlement qui fut enregistré au parlement, le 23 novembre de cette année. Les jongleurs et ménétriers de la corporation de Paris avaient seuls le droit de se présenter aux fêtes qui se célébraient dans cette ville. Les ménétriers étrangers ne pouvaient exercer leur industrie, sous peine d’être bannis de Paris pendant un an et un jour et de payer une amende. Cependant, lorsqu’ils ne faisaient que passer par la ville, ils étaient hébergés aux frais de l’hôpital fondé par Lappe et Huet. La corporation des ménétriers était gouvernée par un roi et par le prévôt de Saint-Julien. Constantin, célèbre violoniste de la cour de Louis XIII, fut élu roi des musiciens de Paris. À sa mort, arrivée en 1657, Dumanoir lui succéda sous le nom de Guillaume Ier ; son fils, Guillaume II, qui le remplaça, abdiqua volontairement en 1685. Le royaume des ménétriers tomba dans l’anarchie jusqu’en 1741. À cette époque, le célèbre Guignon monta sur le trône, mais les vapeurs de la royauté excitèrent son insolent despotisme. Une insurrection générale força l’imprudent monarque à signer son abdication. Le titre de roi des musiciens fut supprimé en 1773. Dès l’année 1744, l’archevêque de Paris avait ordonné aux prêtres de la Doctrine Chrétienne de célébrer le service divin dans la chapelle de Saint-Julien. Le 17 décembre 1789, une députation des confrères de Saint-Julien-des-Ménétriers se présenta à la barre de l’Assemblée Nationale, et lui fit hommage de leur église. Ce curieux monument, qui contenait en superficie 148 m., fut vendu le 25 février 1792 et abattu quelques années après.

Martin (théâtre de la Porte-Saint-).

Situé sur le boulevart Saint-Martin, entre les nos 14 et 16. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Il a été bâti, en 1781, sur les dessins de Lenoir, dit le Romain, pour remplacer la salle de l’Opéra qui venait d’être incendiée ; soixante-quinze jours suffirent à l’architecte pour terminer la nouvelle construction. Cette salle fut inaugurée le 27 octobre 1781. Les acteurs de l’Opéra y donnèrent des représentations jusqu’en 1794. À cette époque, ils prirent possession de la salle Montansier, située rue de Richelieu. Le théâtre de la Porte-Saint-Martin fut ouvert le 14 septembre 1808, par le nouveau spectacle des Jeux Gymniques. La direction de ce théâtre, exploitée depuis ce temps par divers particuliers, a subi le sort de toutes les entreprises dramatiques. On y représente aujourd’hui des drames, des comédies-vaudevilles et des ballets. Ce théâtre contient 1,803 places, dont les prix sont ainsi fixés, savoir : avant-scène des 1res, du rez-de-chaussée, des 2mes avec salon, et des 1res loges grillées de face, 5 fr. ; 1res découvertes, 2mes grillées de face et stalles de balcon d’avant-scène, 4 fr. ; stalles d’orchestre et stalles de balcon de face, 3 fr. ; orchestre, baignoires, 1res galeries, loges découvertes (2e rang) et avant-scène des 3mes, 2 fr. 50 c. ; 2mes loges et loges du cintre, 2 fr. ; parterre et amphithéâtre, 1 fr. 50 c. ; 2me galerie, 1 fr. ; 2me amphithéâtre, 50 c.

Martyrs (barrière des).

Située à l’extrémité de la rue du même nom.

Elle a d’abord porté le nom de Montmartre. On l’a depuis appelée des Martyrs, en mémoire de saint Denis et de ses compagnons qui, suivant la légende, ont été décapités à Montmartre. Cette barrière consiste en un bâtiment présentant un grand cintre avec pilastre. (Voir l’article Barrières.)

Martyrs (chemin de ronde de la barrière des).

Commence aux rue et barrière des Martyrs ; finit à la rue Pigalle et à la barrière Montmartre. Pas de numéro. Sa longueur est de 159 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Une ordonnance royale du 28 janvier 1837 a maintenu la largeur de 11 m. 69 c., fixée par l’ordonnance du bureau des finances du 16 janvier 1789. Les constructions voisines de la barrière Montmartre sont alignées. (Voyez l’article Chemins de ronde.)

Martyrs (rue des).

Commence aux rues Notre-Dame-de-Lorette, no 2, et Coquenard, no 64 ; finit aux chemins de ronde des barrières des Martyrs et Poissonnière. Le dernier impair est 69 ; le dernier pair, 70. Sa longueur est de 580 m. — 2e arrondissement : les numéros impairs sont du quartier de la Chaussée-d’Antin ; les numéros pairs dépendent du quartier du Faubourg-Montmartre.

Sur plusieurs plans elle est confondue avec la rue du Faubourg-Montmartre, dont elle forme le prolongement. D’autres lui donnent la dénomination de rue des Porcherons. Elle a reçu le nom de rue des Martyrs, parce qu’elle se dirige sur le village de Montmartre, où saint Denis et ses compagnons subirent le martyre. — Une décision ministérielle du 23 germinal an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 22 août 1837, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Propriétés nos 1, 3, alignées ; de 5 à 13, redress. ; de 15 à 41, pas de retranch. ; mur de clôture à la suite, redr, ; 43 et encoignure droite de la rue de Navarin, alignées ; 45, 47, ret. 70 c. à 80 c ; partie de 49, alignée ; surplus et 51, ret. 50 c. ; partie du no 53, alignée ; 55 et 57, redress. ; de 59 à la fin, pas de ret. ; — de 2 à 34, alignées ; 36, ret. 30 c. ; 38, redr. ; 40, 42, 44, alignées ; 46, 48, ret. moyen 50 c. ; 50, 52, 54, alignées ; 56, 58, redr. ; 60, 62, alignées ; 64, 66, ret. 1 m. 40 c. à 2 m. 20 c. ; 68, ret. moyen 1 m. 30 c. ; 70, ret. 50 c. environ. — Égout entre la rue Coquenard et celle de la Tour-d’Auvergne. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Masseran (rue).

Commence à la rue Neuve-Plumet ; finit à la rue de Sèvres, nos 106 et 108. Le dernier impair est 3 ; un seul pair, qui est 2. Sa longueur est de 303 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Ouverte à 17 m. 55 c. de largeur, en vertu d’un arrêt du conseil du 30 juin 1790, sur les terrains appartenant au sieur Brongniart, architecte du roi et de l’hôtel des Invalides ; cette rue doit son nom à M. le prince Masseran ou Massérano, qui y possédait une propriété à l’angle de la petite rue des Acacias. — Une décision ministérielle du 12 décembre 1822 prescrivit la réduction de cette voie publique à 12 m. de largeur. — Une ordonnance royale du 20 septembre 1842 a porté cette dimension à 17 m. 50 c. Toutes les constructions du côté gauche sont alignées ; celles du côté opposé devront reculer, savoir : dans la partie comprise entre la rue Neuve-Plumet et la Petite rue des Acacias, de 1 m. 50 c. à 3 m. ; dans le surplus, de 5 m. 10 c. à 7 m. 20 c. — Conduite d’eau entre la Petite rue des Acacias et la rue de Sèvres.

Massillon (rue).

Commence à la rue Chanoinesse, nos 3 et 5 ; finit aux rues Bossuet, nos 4, et du Cloître-Notre-Dame, nos 2 et 4. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 52 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Elle faisait autrefois partie du cloître Notre-Dame. Le plan de Verniquet ne lui donne aucune dénomination. Le nom qu’elle porte aujourd’hui rappelle le célèbre prédicateur Massillon, né à Hyères en Provence, en 1663, et mort à Paris en 1742. Massillon a fait quelques oraisons funèbres ; elles passent pour être inférieures à ses autres discours. Son éloge de Louis XIV est remarquable surtout par la première phrase : Dieu seul est grand, mes frères ! Ces paroles sont superbes, prononcées en regardant le cercueil de celui qui avait pris le soleil pour emblème. — Une décision ministérielle du 26 prairial an XI, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. La plus grande partie des numéros impairs est alignée ; le surplus de ce côté devra reculer de 1 m. 20 c. environ ; sur le côté droit les constructions sont soumises à un retranchement de 2 m. 60 c. au plus.

Masure (rue de la).

Commence au quai des Ormes, nos 34 et 36 ; finit à la rue de l’Hôtel-de-Ville, nos 27 et 29. Pas de numéro. Sa longueur est de 21 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Le libraire Gilles Corrozet la désigne sous le nom de Descente à la rivière. — Une décision ministérielle à la date du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m.

Mathurins (rue de la Ferme-des-).

Commence à la rue Basse-du-Rempart, nos 76 et 78 ; finit à la rue Saint-Nicolas, nos 59 et 61. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 60. Sa longueur est de 491 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Partie comprise entre les rues Neuve-des-Mathurins et Saint-Nicolas. — Elle a été ouverte, en 1775, sur un terrain dépendant d’une ferme appartenant aux religieux Mathurins. Ce percement fut exécuté sur une largeur de 9 m. 74 c. — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, maintint cette largeur qui a été portée à 15 m. par une ordonnance royale du 14 novembre 1839.

Partie comprise entre le boulevart et la rue Neuve-des-Mathurins. — Une ordonnance royale du 5 novembre 1823 porte ce qui suit : « Article 1er. Les sieurs Lafaulotte frères, et Godot-de-Mauroy frères, sont autorisés à ouvrir sur leurs terrains une rue de douze mètres de largeur, pour communiquer de la rue Basse-du-Rempart à l’impasse de la Ferme-des-Mathurins, etc. — Art. 2. Cette autorisation est accordée à la charge, par les impétrants, de supporter les frais de premier pavage et de premier éclairage de la rue, et, en outre, de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris. » Cette ordonnance fut immédiatement exécutée. Le nouveau percement reçut d’abord le nom de rue Neuve-de-la-Ferme-des-Mathurins. — Les deux parties ont été réunies, il y a quelques années, sous une seule et même dénomination.

Propriétés de 1 à 35, alignées ; 37, retranch. 3 m. 07 c. ; 37 bis, 39, 39 bis alignées ; du second no 39 à la fin, ret. 4 m. 10 c. ; de 2 à 44, pas de ret. ; 46, ret. 1 m. 20 c. ; de 48 à 58, alignées ; 60, ret. 1 m. 20 c. — Égout et conduite d’eau entre les rues Neuve-des-Mathurins et Saint-Nicolas. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Mathurins (rue Neuve-des-).

Commence à la rue de la Chaussée d’Antin, nos 15 et 17 ; finit à la rue de la Madeleine, nos 59 et 76. Le dernier impair est 97 ; le dernier pair, 110. Sa longueur est de 711 m. — 1er arrondissement : de 1 à 91 et de 2 à 102, quartier de la Place-Vendôme ; le surplus dépend du quartier du Roule.

Le plan de Jaillot l’indique sous le nom de ruelle des Mathurins. Elle était ainsi appelée parce qu’elle longeait des terrains appartenant aux religieux Mathurins. La partie de cette voie publique, comprise entre les rues de l’Arcade et de la Madeleine, a été ouverte, en 1792, sur les dépendances du couvent des Bénédictines de la Ville-l’Évêque, et dont M. de Montessuy était alors propriétaire. Ce percement fut autorisé par délibération du corps municipal du 16 février 1792. — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, a fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. 74 c. Les maisons riveraines ne sont point soumises à retranchement. — Égout et conduite d’eau dans la plus grande partie. — Éclairage au gaz (compe anglaise).

Mathurins-Saint-Jacques (rue des).

Commence à la rue Saint-Jacques, nos 62 et 64 ; finit à la rue de la Harpe, nos 75 et 77. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 186 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

On la désignait, en 1220, sous le nom de rue du Palais-des-Thermes, en raison de la principale entrée de cet édifice qui se trouvait alors dans cette rue. Elle doit son nom actuel au couvent des Mathurins. En vertu des lettres-patentes du 3 décembre 1672, renouvelées le 29 janvier 1676, cette voie publique a été élargie. — Une décision ministérielle du 24 messidor an V, signée Benezech, a fixé la moindre largeur de la rue des Mathurins à 9 m. Les maisons nos 11, 2, 4 et 6, sont alignées. — Conduite d’eau depuis la rue de la Harpe jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Conformément à un arrêté préfectoral du 20 mai 1844, une enquête est ouverte à la mairie du 11e arrondissement, sur le projet d’alignement de la rue des Mathurins. Ce projet qui serait déclaré d’utilité publique, consiste : 1o à donner 12 m. de largeur à la rue, en prenant tout le retranchement sur le côté des numéros impairs ; 2o à exécuter l’alignement par voie d’expropriation dans le délai de six années, à partir de l’ordonnance royale qui approuvera le projet.

Couvent des Mathurins. — Le récit des tortures dont les musulmans accablaient leurs captifs chrétiens pendant les croisades, suggéra à la charité toujours ingénieuse les moyens de procurer la liberté à ces pauvres prisonniers. L’ordre religieux qui eut cette belle mission à remplir avait été fondé par Jean de Matha et Félix de Valois ; il fut approuvé, le 18 décembre 1198, par le pape Innocent III. Ces pères, appelés d’abord religieux de la très Sainte-Trinité de la rédemption des captifs, ajoutèrent à leur nom celui de Mathurins lorsqu’ils vinrent occuper à Paris les bâtiments d’une aumônerie, dont la chapelle était dédiée à saint Mathurin. Ces moines vivaient d’une manière simple et austère ; il leur était défendu de voyager à cheval, et la seule monture qui leur fut permise leur avait fait donner le surnom de Frères-aux-Ânes. Rutebœuf, dans sa pièce de vers intitulée les Ordres de Paris, donne des éloges à ces religieux. L’épitaphe suivante gravée sur une table de bronze, scellée dans le mur du cloître, atteste que ces moines se faisaient honneur des travaux les plus humbles, les plus serviles :

« Ci gist le léal Mathurin,
» Sans reprouche bon serviteur,
» Qui céans garda pain et vin,
» Et fut des portes gouverneur.
» Paniers ou hottes, par honneur,
» Au marchié volontiers portoit ;
» Fort diligent et bon sonneur :
» Dieu pardon à l’âme lui soit !… »

Au bout de ce cloître, on voyait une tombe plate, sur laquelle étaient représentés des hommes enveloppés dans des suaires. Sur une table de bronze fixée dans la muraille, on lisait cette épitaphe :

« Ci-dessous gissent Léger du Moussel et Olivier Bourgeois, jadis clercs et escholiers, étudiants en l’Université de Paris, furent restituez et amenez au parvis de Notre-Dame, et rendus à l’évêque de Paris, comme clercs, et au recteur et aux députez de l’Université comme suppôts d’icelle à très grande solemnité, et delà en ce lieu-ci furent amenez pour être mis en sépulture, l’an 1408, le 16e jour de may, et furent les dits prévost et son lieutenant démis de leurs offices à la d. poursuite, comme plus, à plein appert par lettres-patentes et instruments sur ce cas. — Priez Dieu qu’il leur pardonne leurs péchés. Amen. »

Voici l’explication de cette épitaphe : Deux écoliers avaient volé, assassiné des marchands sur un chemin ; ils furent poursuivis, arrêtés. L’Université les réclama, le prévôt de Paris sans se soucier de la réclamation, fit pendre les deux coupables. Aussitôt l’Université cesse tous ses exercices. Le conseil du roi demeurant inébranlable, le corps Universitaire annonce que si justice est refusée, il abandonnera le royaume, pour aller s’établir dans un pays où l’on saura mieux respecter ses privilèges. Cette menace fit impression, le prévôt de Paris, Guillaume de Tignonville, fut destitué de sa charge ; puis condamné à détacher les deux corps du gibet de Montfaucon, les baiser sur la bouche et à les mettre sur un chariot couvert de drap noir. Ce magistrat fut contraint en outre de les accompagner à la tête de ses sergents et archers jusqu’au parvis Notre-Dame, où il fit amende honorable, puis il les ramena à petits pas aux Mathurins, où le recteur les reçut de ses mains pour les ensevelir honorablement.

Les marbres précieux abondaient dans l’église des Mathurins. Quatre colonnes composites de grandes proportions, en brocatelle antique, décoraient le grand autel. Le tabernacle était orné de dix autres colonnes de marbre de Sicile. Le couvent des Mathurins qui contenait en superficie 3,946 m., fut supprimé en 1790. Devenu propriété nationale, il fut vendu le 27 ventôse an VII. Les maisons qui portent les nos 2, 4, 6, 8 et 10, occupent une partie de son emplacement.

Au no 12 est situé l’hôtel de Cluny (voir l’art. Musées).

Matignon (avenue).

Commence au rond-point des Champs-Élysées, no 2, et à l’avenue Gabriel ; finit aux rues Rousselet et Matignon. Le dernier impair est 17 ; pas de numéro pair. Sa longueur est de 176 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle a été ouverte à la même époque que l’allée des Veuves, dont elle a porté la dénomination jusqu’en 1837. À partir de cette année, elle a pris le nom d’avenue Matignon (voir l’article suivant). Les constructions de cette avenue sont établies sur deux lignes droites et parallèles dont la distance est de 40 m. 50 c. Il n’existe pas d’alignement approuvé pour cette avenue. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Matignon (rue).

Commence à la rue Rousselet et à l’avenue Matignon ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 91 et 93. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 173 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Dès 1774, le sieur Jacques Millet, maître menuisier, fit commencer, sur ses terrains, la construction de cette rue à laquelle il donna 24 pieds de largeur. Trois ordonnances du bureau des finances, en date des 14 mai 1774, 27 avril 1779 et 5 septembre 1780, défendirent la continuation des ouvrages relatifs à ce percement. Le sieur Millet n’en tint aucun compte. Le bureau de la ville, consulté sur l’ouverture de cette rue, fut d’avis, dans sa séance du 30 mars 1781, qu’il n’y avait pas lieu de la comprendre au nombre des voies publiques de Paris. « Louis, etc… À nos amés et féaux conseillers les gens tenant notre cour de parlement séant à Troyes, salut, etc. ; ordonnons ce qui suit : Article 1er. Approuvons et autorisons l’ouverture de la nouvelle rue faite sur le terrain du sieur Millet, donnant d’un côté sur la rue du Faubourg-Saint-Honoré, de l’autre sur les Champs-Élysées ; voulons toutefois que la largeur de la dite rue soit portée à trente pieds, en prenant autant que besoin sera sur le côté des terrains qui ne sont pas encore bâtis. — Art. 2e. La dite rue sera nommée rue de Matignon, etc. Donné à Versailles le 8e jour de septembre, l’an de grâce 1787, et de notre règne le 14e. Signée, Louis. » — Une décision ministérielle du 2 messidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. La maison située sur le côté gauche, à l’encoignure de la rue Rousselet, est alignée. Le surplus de ce côté devra reculer de 90 c. à 2 m. 60 c. Les constructions du côté des numéros pairs sont alignées, à l’exception de celles qui portent les nos 16 et 18 soumises à un retranchement qui varie de 59 c. à 98 c.

Matignon (Charles-Augustin de), comte de Gacé, maréchal de France, naquit en 1647 et mourut en 1729.

Maubert (place).

Commence aux rues des Grands-Degrés, no 15, et de la Bûcherie, no 1 ; finit aux rues de Bièvre, no 40, et des Noyers, no 2. Le dernier impair est 51 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 133 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

En 1210 on construisit des maisons sur cette place, qui fut appelée place Aubert. Elle devait cette dénomination, selon Jaillot, à Aubert, second abbé de Sainte-Geneviève, qui, au XIIe siècle, avait permis de construire des étaux de boucherie sur ce terrain, compris dans la censive de Sainte-Geneviève. Le nom actuel de cette place n’est qu’une altération. — Une décision ministérielle à la date du 8 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 20 m. 50 c. Les maisons nos 39, 41 et 38 sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Ce fut à la place Maubert que s’éleva, le 12 mai 1588, la première barricade des Ligueurs. — Avant 1818, cette place servait de marché au pain et à la vente des fruits et légumes. Il a été supprimé lors de l’ouverture du marché des Carmes.

Maubuée (rue).

Commence aux rues du Poirier, no 19, et Beaubourg, no 1 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 40 et 48. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 90m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.


Elle était bordée de constructions dès l’année 1300. C’était la rue Maubuée dès 1323. Guillot, qui écrivait en 1300, n’en fait point mention. Nous croyons qu’il a confondu cette voie publique avec celle Simon-le-Franc. En 1357 c’était la rue de la Fontaine-Maubuée. De 1398 à 1533, les censiers de Saint-Merri l’indiquent sous le nom de la Baudroierie. Son ancien nom a prévalu. Maubué, en vieux langage, signifiait mal-propre. — Une décision ministérielle du 13 vendémiaire an X, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, cette largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 90 c. à 3 m. 70 c. Celles du côté opposé devront reculer de 2 m. 20 c. à 2 m. 80 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Mauconseil (impasse).

Située dans la rue Saint-Denis, entre les nos 269 et 271. Le dernier impair est 5 ; le dernier-pair, 6. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Elle existait déjà en 1350. En 1391 c’était la ruelle de l’Empereur. Elle aboutissait alors à la rue Saint-Sauveur. Des titres du XVIe siècle la nomment rue des Cordiers ou de la Corderie dite de l’Empereur. En 1657, on construisit une maison rue Saint-Sauveur qui la ferma de ce côté ; alors, et pour ce motif, elle prit le nom de cul-de-sac de l’Empereur. Depuis 1806, on l’appelle impasse Mauconseil. — Une décision ministérielle du 23 germinal an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette largeur est porté à 8 m. Les constructions riveraines sont soumises un retranchement qui varie de 2 m. 60 c. à 2 m. 90 c.

Mauconseil (rue).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 193 et 195 ; finit à la rue Montorgueil, nos 38 et 40. Le dernier impair est 39 ; le dernier pair, 44. Sa longueur est de 247 m. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Cette rue, en partie construite dès 1250, portait déjà le nom de rue Mauconseil. Sauval pense que cette dénomination lui vient d’un seigneur de Mauconseil. De 1792 à 1806, elle se nomma Bonconseil, ainsi que la section dont elle faisait partie. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette dimension est portée à 10 m. Les maisons nos 1, 3, 5, second no 5, 7, 9, 2, 10 et 12 sont à l’alignement. Celles nos 25 et 27 ne devront subir qu’un léger redressement. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Denis. — Conduite d’eau depuis cette rue jusqu’à la rue Françoise. — Éclairage au gaz (compe Française).

Maur (marché Saint-).

Situé dans la rue Saint-Maur-Popincourt, no 134. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Une ordonnance royale du 24 janvier 1834 autorisa M. Bessas Lamégie à construire un marché de comestibles. La durée de la concession est de 70 ans. Cet établissement a été ouvert le 16 mai 1837 en vertu d’un arrêté du préfet de police du 15 du même mois. Sa superficie est de 1,380 m. environ.

Maure (rue du).

Commence à la rue Beaubourg, nos 43 et 45 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 96 et 98. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 131 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Le poète Guillot, qui écrivait en 1300, ne fait pas mention de cette rue. En 1313 c’était la rue Jehan Palée, plus tard rue Palée simplement, la rue ou ruelle Saint-Julien, la rue de la Poterne ou Fausse-Poterne ; cette dernière dénomination lui avait été donnée, parce que cette voie publique se trouvait à peu de distance de la poterne ou fausse porte Nicolas Huidelon. En 1606 on la désignait sous le nom de cour ou rue du Maure. En 1640 c’était la cour du More dite des Anglais, et depuis la rue du Maure. Elle doit ce dernier nom à une enseigne. — Une décision ministérielle du 15 messidor an XII, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, cette largeur est portée à 9 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. à 5 m. 60 c. Celles du côté opposé devront reculer de 2 m. à 4 m. 60 c. — Conduite d’eau depuis la rue Beaubourg jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Maures (rue des Trois-).

Commence à la rue des Lombards, nos 28 et 30 ; finit à la rue La Reynie, no 13 et 15. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 56 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

On la trouve désignée à la fin du XIIIe siècle sous le nom de Guillaume Josse ou Joce. En 1300 c’était la rue du Vin-le-Roi, en raison de plusieurs caves du roi qui y étaient situées. L’enseigne d’une auberge des Trois-Maures lui a donné ce dernier nom qu’elle porte depuis 1636. — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1836. La rue des Trois-Maures n’a encore aujourd’hui que 3 m. 50 c. environ de largeur. Les constructions du côté des numéros impairs devront reculer de 2 m. 40 c. à 3 m. 80 c. Celles du côté opposé sont soumises à un retranchement qui varie de 3 m. à 4 m. 50 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Maures (ruelle des Trois-).

Commence au quai de la Grève, nos 36 et 38 ; finit à la rue de l’Hôtel-de-Ville, nos 103 et 105. Pas de numéro. Sa longueur est de 15 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Ce n’est qu’une communication étroite entre les gros murs des maisons voisines. Elle doit son nom à une enseigne des Trois-Maures, qu’on voyait dans la rue de la Mortellerie (aujourd’hui de l’Hôtel-de-Ville). — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette ruelle à 6 m. Dans sa séance du 26 mai 1837, le conseil municipal a voté la suppression de cette ruelle comme voie publique, sauf à en aliéner le sol au profit des propriétaires riverains. Elle est aujourd’hui fermée à ses deux extrémités. Sa largeur actuelle n’est que de 1 m. 50 c.

Maur-Popincourt (rue Saint-).

Commence à la rue de la Roquette ; finit à la rue Grange-aux-Belles, nos 38 et 40. Le dernier impair est 89 ; le dernier pair, 156. Sa longueur est de 2223 m. — De la rue de la Roquette à celle des Amandiers et les numéros de 1 à 17 et de 2 à 38 ter, 8e arrondissement, quartier Popincourt ; du second numéro 17 à 51 et de 42 à 112, 6e arrondissement, quartier du Temple ; le surplus, 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

C’était autrefois un chemin que les actes nommaient chemin de Saint-Denis. La partie qui de la rue des Amandiers aboutit à celle de Ménilmontant, ne fut bâtie que vers la fin du règne de Louis XV. Cette voie publique portait avant la révolution plusieurs dénominations, ainsi que le constate le titre suivant : « 2 thermidor an VI. L’administration centrale du département de la Seine, Ouï le commissaire du directoire exécutif, arrête : Que la rue Maur ou des Morts, conservera le nom de rue Maur dans toute l’étendue du 5e arrondissement. Celui de rue du Chemin-Denis demeure aussi conservé dans l’étendue de la municipalité du 6e arrondissement, celui de rue du Bas-Pincourt sera également conservé dans l’étendue de la municipalité du 8e arrondissement. » — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé à 10 m. la moindre largeur de ces trois parties qui ont été réunies en 1806, sous la seule et même dénomination de rue Saint-Maur. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 1 à 9, 15, 17, 17 bis, 17 ter, (17), 19, 25, 25 bis, encoignure gauche de la rue Fontaine-au-Roi, 45, 45 bis, 45 ter, 45 quater, (45), 47, 51, de 53 à 61, de 69 à la fin ; 2, 2 bis, 12, 14, 18, 20, 22, 34, 36, 38, 38 bis, 38 ter, partie du no 42, 44, 54, 56, 58, de 60 à 76, 86, 116, 118, de 134 à la fin.

La partie de la rue Saint-Maur comprise entre la rue de la Roquette et celle des Amandiers, a été ouverte en 1823, sur l’emplacement du couvent des Hospitalières de la Roquette, dont la vente avait été effectuée par l’administration des hospices en 1817 et 1823 (voir l’article de la rue de la Roquette). Cette partie de rue possède un numérotage spécial, dont le dernier impair est 11, et le seul pair 2. Une ordonnance royale du 6 mai 1827 a fixé sa largeur à 13 m. Les propriétés nos 1, 3, 5 et 11, sont alignées ; le côté opposé n’est pas soumis à retranchement. — Conduite d’eau dans toute l’étendue de la rue Saint-Maur.

Maur-Saint-Germain (rue Saint-).

Commence à la rue de Sèvres, nos 73 et 75 ; finit à la rue du Cherche-Midi, nos 64 et 66. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair 12. Sa longueur est de 154 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

L’abbé de Saint-Germain-des-Prés donna en 1644, par bail à cens et à rente, une assez grande quantité de terrain à un épicier nommé Pierre Le Jai, à la charge d’y bâtir et de percer deux rues qui porteraient les noms de Saint-Maur et de Saint-Placide, célèbres disciples de Saint-Benoît. Les bénédictins qui vinrent occuper l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés étaient de la congrégation de Saint-Maur. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Toutes les constructions du côté des numéros impairs et la propriété située sur le côté droit à l’encoignure de la rue du Cherche-Midi, sont alignées ; le surplus devra reculer de 80 c.

Maur-Saint-Martin (rue Saint-).

Commence à la rue Royale, nos 2 et 4 ; finit à la rue Conté. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair 8. Sa longueur est de 41 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle a été formée vers 1780 sur les terrains dépendant du prieuré de Saint-Martin-des-Champs (voyez place de l’ancien marché Saint-Martin). — Une décision ministérielle du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, et une ordonnance royale du 14 janvier 1829, ont fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 50 c. à 1 m. ; celles du côté opposé sont à l’alignement. — Conduite d’eau depuis la rue Royale jusqu’à la borne fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Le nom assigné à cette rue est celui de saint Maur, célèbre disciple de saint Benoît, et abbé de Glanfeuil, mort en 584.

Mayet (rue).

Commence à la rue de Sèvres, nos 131 et 133 ; finit à la rue du Cherche-Midi, nos 112 et 114. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 188 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Une ordonnance royale du 8 décembre 1840 porte ce qui suit : « Article 1er. Les sieurs Journault frères et Mayet sont autorisés à ouvrir sur des terrains, dont ils sont propriétaires à Paris, une rue de 11 m. de largeur, devant communiquer de la rue de Sèvres à celle du Cherche-Midi, etc… — Art. 2e. L’autorisation ci-dessus est accordée à la charge par les sieurs Journault frères et Mayet de céder à la ville de Paris, que nous autorisons à cet effet, le sol de la nouvelle voie publique, et de se conformer en outre à toutes les clauses et conditions exprimées dans la délibération du conseil municipal en date du 10 avril 1840, etc. » — Entr’autres conditions imposées à ces propriétaires on remarque celle de ne pouvoir donner plus de seize mètres cinquante centimètres de hauteur aux bâtiments qui seront élevés en bordure sur la rue. — Cette communication a été immédiatement exécutée, et a reçu le nom de rue Mayet. Elle a été comprise au nombre des voies publiques de Paris, en vertu d’un arrêté préfectoral du 27 septembre 1843, et à partir du 16 août précédent. — Éclairage au gaz (compe Française).

Mazagran (rue de).

Commence au boulevart Bonne-Nouvelle, no 18 ; finit à la rue de l’Échiquier, nos 7 et 11. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 129 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Une ordonnance royale du 31 décembre 1840 porte ce qui suit : — « Article 1er. L’impasse Saint-Laurent à Paris est supprimée. — Art. 2. Est autorisée l’ouverture d’une rue de douze mètres de largeur, destinée à établir une communication entre le boulevart Bonne-Nouvelle et la rue de l’Échiquier, etc. — Art. 3. L’exécution des mesures autorisées par les art. 1 et 2 ci-dessus est déclarée d’utilité publique. — Art. 4. Est approuvé le traité sous signatures privées, passé le 11 mai 1840 entre le préfet de la Seine et le sieur Léonard-François Dufaud, d’après lequel ce dernier a pris l’engagement, moyennant une somme de soixante mille francs et la cession gratuite de tous les droits que la ville aurait sur le sol de l’impasse Saint-Laurent, d’effectuer, à ses risques et périls, l’établissement de la rue dont l’ouverture est présentement autorisée, et de supprimer le puisard qui existe dans la d. impasse, ainsi que le tout est d’ailleurs stipulé dans une délibération du conseil municipal de Paris, en date du 20 mars 1840, et conformément aux clauses et conditions qui s’y trouvent énoncées. — Art. 5. Le dit sieur Dufaud est, en conséquence, substitué, aux termes de l’art. 63 de la loi du 7 juillet 1833, aux lieu et place de la ville de Paris, à tous ses droits pour poursuivre, s’il y a lieu, à ses risques et périls, l’expropriation des maisons et terrains dont l’emplacement serait nécessaire pour parvenir à l’ouverture de la rue nouvelle et à la suppression de l’impasse Saint-Laurent. » — La délibération du conseil municipal en date du 20 mars 1840, porte que ce percement prendra le nom de rue de Mazagran. Les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

L’impasse Saint-Laurent, supprimée en 1841, avait été formée, en 1697, sur des terrains appartenant aux Filles-Dieu.

« Ordre de l’armée. — Paris le 12 mars 1840. Les acclamations publiques ont déjà fait connaître la glorieuse défense de la garnison de Mazagran. 123 braves de la 10e compagnie du 1er bataillon d’infanterie légère d’Afrique, à peine couverts par une faible muraille en pierres sèches, ébréchée par le canon, ont repoussé pendant quatre jours les assauts de plusieurs milliers d’arabes. Le roi s’est empressé de décerner des récompenses aux militaires qui lui ont été signalés comme s’étant plus particulièrement fait remarquer au milieu de cette poignée de soldats intrépides, et pour ajouter encore au prix de ces récompenses, sa majesté a voulu qu’elles fussent mises à l’ordre du jour de l’armée, ainsi que les noms des soldats qui ont été cités dans le rapport de leur chef. Dans les congés qui leur seront accordés lors de leur sortie du service militaire, il sera fait mention expresse qu’ils étaient au nombre des 123 défenseurs de Mazagran. Le capitaine Lelièvre, commandant cette garnison, a été promu chef-de-bataillon ; le lieutenant Magnien, capitaine ; Durand, sous-lieutenant ; Villemot, sergent-major, et Giroud, sergent, ont été nommés chevaliers de l’ordre royal de la légion-d’honneur. Sont cités dans le rapport du lieutenant-général Gueheneuc : Taine, fourrier ; Muster, caporal ; Leborgne, Courtes, Edet, Gagfer, Vomillon, Renaud, Hermel, Marcot, Varent et Flarnon, tous de la 10e compagnie du 1er bataillon d’infanterie légère d’Afrique. La 10e compagnie est autorisée à conserver dans ses rangs le drapeau criblé de balles qui flottait sur le réduit de Mazagran pendant les journées des 3, 4, 5 et 6 février 1840, et à chaque anniversaire de cette dernière journée, le présent ordre du jour sera lu devant le front du bataillon. Ce brillant fait d’armes continue la série des belles actions qui, de tout temps, ont honoré l’armée française, et lui ont mérité le respect de l’étranger, et la reconnaissance de la patrie. Le pair de France, ministre secrétaire d’état de la guerre, signé Cubières. »

Mazarine (rue).

Commence à la rue de Seine, nos 3 et 5 ; finit aux rues Dauphine, no 58, et de Buci, no 2. Le dernier impair est 57 ; le dernier pair, 86. Sa longueur est de 414 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Elle doit son nom à l’ancien collége Mazarin (aujourd’hui palais de l’Institut), dont les dépendances occupent une partie de cette voie publique. On la nomma d’abord rue du Fossé. Presque tous les plans représentant Paris à la fin du XVIIe siècle, la désignent sous cette dénomination. Elle n’a point été bâtie sur le fossé même de l’enceinte de Philippe-Auguste, ainsi que l’ont avancé plusieurs historiens, mais sur le chemin qui bordait le fossé, et qu’on appelait anciennement chemin des Buttes, en raison des monticules formés en cet endroit, par les débris de plusieurs tuileries voisines. En 1540, le retour d’équerre, du côté de la rue de Seine, portait le nom de rue Traversine. Dans le procès-verbal de 1636, il est nommé rue de Nesle ou Petite rue de Nesle, parce qu’il conduisait directement à la porte de Nesle, qui se trouvait à l’endroit où nous voyons aujourd’hui le pavillon Est du palais de l’Institut. — Une décision ministérielle du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Les maisons de 1 à 15 inclus, 45, 47 sont alignées. Le surplus de ce côté est soumis à un retranchement qui n’excède pas 40 c. Partie des nos 30, 32, 34, 60, 62, 64, 66, et de 72 à la fin, sont alignées. Celles de 44 à 62 inclus ne sont assujetties qu’à un faible redressement. — Portion d’égout du côté de la rue de Seine. — Conduite d’eau entre les rues Guénégaud et Dauphine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Le fameux girondin Barbaroux demeurait dans cette rue, au no 20.

Mazas (boulevart).

Commence au quai de la Rapée ; finit à la rue Traversière. Pas de numéro. Sa longueur est de 120 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Une ordonnance royale du 15 octobre 1814 porte ce qui suit : — « Article 1er. La promenade publique projetée le long de la place Mazas, en face du pont du Jardin du Roi, dont la formation avait été ordonnée par décret du 24 février 1811, est définitivement supprimée. — Art. 2. La portion de terrain acquise du sieur Sellier pour la formation de la d. promenade supprimée par l’article précédent, sera vendue par adjudication publique, par devant le préfet du département de la Seine, suivant les formes accoutumées, au profit de notre bonne ville de Paris. — Art. 3. La direction d’un boulevart qui doit joindre les deux places Mazas et du Trône, et dont l’axe unique et rectiligne vient aboutir au centre de cette dernière place, est adoptée, conformément au projet approuvé par notre directeur des ponts-et-chaussées. Les travaux resteront néanmoins ajournés jusqu’à ce que la ville de Paris, qui doit supporter la dépense à faire pour la formation du boulevart, ait acquitté les indemnités des diverses propriétés à acquérir pour son exécution, au moyen des fonds qui pourront être alloués dans son budget, tant pour les indemnités que pour les travaux. — Art. 4. Toute construction nouvelle sur l’emplacement que doit occuper ce boulevart est interdite à compter de ce jour, mais cette interdiction ne pourra point préjudicier aux propriétaires des terrains situés sur la ligne du projet approuvé, et ceux qui se croiraient lésés auront la faculté de contraindre la ville de Paris à faire l’acquisition de leurs propriétés, d’après une expertise contradictoire, et conformément à la loi du 8 mars 1810, etc. Signé Louis. » — Cette ordonnance n’a encore reçu qu’un commencement d’exécution. La largeur du boulevart est fixée à 31 m. 80 c. La prison dite de la nouvelle Force est établie sur le côté gauche de cette voie publique entre la rue de Bercy et celle des Charbonniers.

Suivant un projet publié en vertu d’un arrêté préfectoral du 11 mai 1843, et adopté par délibérations du conseil municipal des 16 avril 1841 et 21 janvier 1842, le boulevart Mazas doit être remplacé par une rue de 15 m. de largeur.

Mazas (place).

Située entre le quai de la Rapée et le pont d’Austerlitz. Pas de numéro. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

« Au palais des Tuileries, le 14 février 1806. Napoléon, etc. Nous avons décrété et décrétons ce qui suit — Article 4, § 1er. Il sera formé vis-à-vis le pont du Jardin-des-Plantes, sur la rive droite, une place terminée en arc de cercle, d’un rayon de 55 m., dont le centre est pris à 29 m. du parement extérieur de la culée. Cette place communiquera provisoirement à la rue de Charenton par le cul-de-sac Saint-Claude. Cette place sera nommée place du colonel Mazas, en mémoire du colonel du 14e régiment de ligne, tué à Austerlitz, etc. Signé Napoléon. » Ce décret ne reçut pas son exécution. Il y a quelques années, le terrain compris entre le quai de la Rapée et le pont d’Austerlitz a été nivelé, et planté d’arbres pour servir de promenade. Cet emplacement a pris le nom de place Mazas. (Voyez l’article précédent.)

Mécaniques (rue des).

Située dans l’enclos de la Trinité. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

C’était en 1790 la rue Saint-Jean. Depuis 1793 on la nomme des Mécaniques. (Voyez passages de la Trinité.)

Méchain (rue).

Commence à la rue de la Santé, nos 10 et 12 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Jacques, nos 45 et 47. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 282 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Le plan de Verniquet l’indique sous le nom de ruelle des Capucins. — Une décision ministérielle du 28 vendémiaire an XI, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Vers 1806, elle reçut la dénomination de rue Méchain, en l’honneur de Pierre-François-André Méchain, célèbre astronome, né à Laon en 1744, mort à Castellon de la Plana, en 1805. — En vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, la largeur de cette rue est portée à 12 m. Les constructions devront subir des retranchements inégaux dont la quotité la plus forte est, pour le côté des numéros impairs, de 2 m. 40 c., et pour le côté opposé, de 6 m. 20 c.

Médard (église Saint-).

Située dans la rue Mouffetard. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Ce n’était encore au XIIe siècle qu’une chapelle qui dépendait de l’abbaye de Sainte-Geneviève. Cette chapelle devint par la suite l’église paroissiale d’un bourg ou village appelé Richebourg, village de Saint-Mard ou de Saint-Médard. Ce bourg ne se composait, au XIIe siècle, que d’un petit nombre d’habitations, et ne fut réellement peuplé qu’au XVIe siècle. Les clos du Chardonnet, du Breuil, de Copeau, de Gratard, des Saussayes, de la Cendrée (ou Locus Cinerum), étaient compris dans son territoire. Les bâtiments de l’église Saint-Médard réparés, agrandis à différentes époques, présentent plusieurs genres d’architecture. Le grand autel a été entièrement reconstruit en 1655. En 1784, l’architecte Petit-Radel, voulut décorer cet édifice en ajoutant à sa construction primitive des ornements grecs et en transformant ses piliers en colonnes cannelées. — Olivier Patru, célèbre avocat, et Pierre Nicole, connu par des essais de morale, ont été enterrés dans cette église. C’est aujourd’hui la troisième succursale de la paroisse Saint-Étienne-du-Mont.

À côté de l’église Saint-Médard, on remarquait au milieu de son petit cimetière, une tombe modeste ; c’était celle de François Pâris. Fils d’un conseiller au parlement, Pâris fit à son frère l’abandon de tout ce qui lui revenait dans la succession paternelle ; il était diacre, et, par humilité, il ne voulut jamais prétendre à la prêtrise. Renonçant au monde, Pâris se retira dans une maison du faubourg Saint-Marcel ; là, se livrant à la plus austère pénitence, il soulageait les pauvres, instruisait leurs enfants et encourageait les ouvriers en travaillant avec eux. Cet excellent homme mourut le 1er mai 1727, dans un temps où les Jansénistes cherchant à repousser la bulle Unigenitus, gémissaient sous l’oppression la plus rigoureuse. La mémoire du diacre Pâris devint chère à ces hommes persécutés ; il avait partagé leurs opinions et leurs maux, il s’était distingué par ses vertus modestes : ils voulurent l’honorer comme un saint. Quand un sentiment généreux au fond devient exagéré, on est sûr que la contagion commence par les femmes. Parmi ces enthousiastes, on voyait quelques jeunes filles qui, fortement émues par la persécution qu’exerçait le gouvernement, ou déjà atteintes de convulsions naturelles à leur âge, en éprouvèrent d’extraordinaires en priant Dieu sur cette tombe. Dans le commencement, le nombre des actrices qui piétinaient sur ce théâtre sépulcral fut peu considérable ; il augmenta tellement dans la suite, qu’en 1729 plus de huit cents personnes se dirent atteintes de convulsions sur ce tombeau. À peine les jeunes filles avaient-elles touché la pierre de ce monument qu’elles éprouvaient de violentes agitations, faisaient des mouvements extraordinaires qui nuisaient un peu à l’harmonie de leur costume. Il y avait alors, comme aujourd’hui, des libertins dont les regards profitaient du désordre produit par cette exaltation religieuse. À ces filles qui gambadaient ainsi, on donnait le nom de Sauteuses ; celles qui hurlaient et poussaient des cris étranges, ou imitaient l’aboiement des chiens, le miaulement des chats, reçurent les qualifications d’aboyeuses ou de miaulantes. Le remède à un tel mal devait être l’indifférence ou le ridicule.

Voltaire usa de ce dernier moyen et composa ces vers :

« Un grand tombeau, sans ornement, sans art,
» Est élevé non loin de Saint-Médard ;
» L’esprit divin, pour éclairer la France,
» Sous cette tombe enferme sa puissance.
» L’aveugle y court, et d’un pas chancelant
» Aux Quinze-Vingts retourne en tâtonnant ;
» Le boiteux vient, clopinant sur la tombe,
» Crie : Hozanna !… Saute, gigotte et tombe ;
» Le sourd approche, écoute et n’entend rien.
» Tout aussitôt de pauvres gens de bien
» D’aise pâmés, vrais témoins du miracle,
» Du bon Pâris baisent le tabernacle. »

Le quatrain suivant attribué à la spirituelle duchesse du Maine, fut publié sur le même sujet :

« Un décrotteur à la royale,
» Du talon gauche estropié,
» Obtint par grâce spéciale
» D’être boiteux de l’autre pied. »

Le gouvernement, instruit de ces scènes ridicules, employa, à tort, la force pour les faire cesser. Par ordonnance du 27 janvier 1733, il prescrivit la fermeture du cimetière Saint-Médard. Le lendemain on trouva sur la porte du cimetière l’épigramme suivante :

« De par le roi, défense à Dieu
» De faire miracle en ce lieu. »

Les convulsionnaires tombèrent alors dans l’oubli, et l’épigramme y contribua bien plus que l’ordonnance.

Médard (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue Gracieuse, nos 13 et 15 ; finit à la rue Mouffetard, nos 37 et 39. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 150 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Cette rue a été percée en 1635 sur le territoire d’Ablon, dont les vignes célèbres au XIIe siècle appartenaient l’abbaye Sainte-Geneviève. Cette voie publique porta, en raison de sa situation, le nom de rue d’Ablon. Elle prit à la fin du XVIe siècle le nom de rue Neuve-Saint-Médard parce qu’elle aboutit à la rue Gracieuse, appelée en 1589, dans plusieurs titres, rue Saint-Médard. — Une décision ministérielle à la date du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. La propriété située sur le côté des numéros pairs, à l’encoignure de la rue Gracieuse, et celles nos 8 et 20 sont alignées. Les autres constructions, à l’exception des nos 21 et 23, ne sont soumises qu’à un faible retranchement.

Médecine (école de).

1re Partie. — Hôtel de Bourgogne. — École de Médecine. — Documents administratifs.

L’École de Médecine a été construite sur l’emplacement du collége de Bourgogne, dont nous rappelons l’origine. Jeanne de Bourgogne, reine de France, comtesse d’Artois et de Bourgogne, épouse de Philippe de Valois, donna, par son testament de l’an 1332, son hôtel de Nesle, et voulut que le produit de sa vente fut employé à la fondation d’un collége destiné aux pauvres écoliers séculiers et réguliers du comté de Bourgogne. Les exécuteurs testamentaires firent en conséquence l’acquisition d’une propriété située vis-à-vis du couvent des Cordeliers. On appela cette propriété la maison des écoliers de madame Jehanne de Bourgogne, reine de France. Le collége de Bourgogne fut, en 1763, réuni à l’Université.

Arrêt du conseil (7 décembre 1768). — « Vu au conseil d’état du roi, sa majesté y étant, le plan levé par M. Le Camus de Mézières, architecte de la maison appelée le collége de Bourgogne, rue des Cordeliers, aboutissant au cul-de-sac du Paon, et de quatre maisons y contiguës appartenant au dit collége réuni à celui de Louis-le-Grand, par lettres-patentes du 21 novembre 1763 ; desquelles quatre maisons, trois ont leur situation rue des Cordeliers, et la quatrième a son entrée dans le dit cul-de-sac du Paon. Vu la délibération prise le 1er décembre 1768, par laquelle, sur la proposition faite de céder au roi, pour l’emplacement des écoles de chirurgie, les terrains et bâtiments appelés le collége de Bourgogne, et les quatre maisons y contiguës, moyennant une rente en grains. Le roi étant en son conseil ; considérant la nécessité qu’il y a de transporter ailleurs les écoles de chirurgie placées aujourd’hui dans une rue fort resserrée, sur un terrain dont l’étendue n’est pas suffisante pour contenir le grand nombre d’étudiants que la célébrité de ces écoles y attire de toutes les provinces du royaume, et même des pays étrangers ; et voulant donner à l’académie royale de chirurgie, rétablie par les lettres-patentes du 8 juillet 1748, de nouveaux témoignages de sa bienveillance pour les services qu’elle rend journellement au public, a ordonné et ordonne que sur les terrains de la maison du collége de Bourgogne et des quatre maisons y contiguës situées sur la rue des Cordeliers et le cul-de-sac du Paon, appartenant au dit collége, dont l’étendue est déterminée dans le plan qui en a été levé, il sera élevé un amphithéâtre pour servir aux leçons d’anatomie, et il sera fait toutes les constructions de bâtiments nécessaires pour la tenue des assemblées de la dite académie royale et pour les écoles de chirurgie, et ce suivant les plans qui en seront arrêtés et approuvés. Ordonne sa majesté que les lods et ventes, droits d’indemnité et tous autres qui pourraient être dus par la dite académie, à l’occasion de l’établissement et transport du dit chef-lieu et des écoles de chirurgie, seront acquittés des deniers qu’elle destinera à cet effet. » (Archives du royaume, section administrative, regist. 2445). — L’exécution de ce monument, commencée en 1769, fut confiée à Gondouin, qui s’acquitta de sa tâche en architecte habile. L’édifice se compose de quatre corps de bâtiments, au milieu desquels se trouve une cour de 21 m. de profondeur sur 31 de largeur. La longueur de la façade sur la rue est de 57 m. ; cette façade présente une galerie à quatre rangs de colonnes ioniques, dont l’ordonnance règne sur toute la longueur. Ces colonnes sont en partie isolées, en partie engagées dans les deux massifs qui accompagnent la porte d’entrée, et dans les pieds-droits des trois arcades qui s’ouvrent à chaque extrémité du bâtiment. Sur l’entablement qui couronne cette colonnade, s’élève un étage en manière d’attique de douze fenêtres interrompues au-dessus de la porte par un grand bas-relief. La même ordonnance de colonnes ioniques appuyées sur les pieds-droits des arcades, règne dans l’intérieur de la cour. Elles supportent également un rang de fenêtres, qui n’est interrompu dans la façade du fond de la cour que par le beau frontispice corinthien dont nous allons nous occuper. Cette partie de l’édifice est très remarquable ; elle comprend le grand amphithéâtre qui peut contenir 1200 personnes, et qui reçoit le jour d’en haut ; il est précédé d’un fort beau péristyle de six colonnes corinthiennes. Un magnifique fronton dont la base se trouve au niveau de l’entablement général de la cour, vient couronner noblement ce péristyle. Le tympan du fronton se trouve rempli par un bas-relief d’une exécution pleine de pureté, et le mur du fond du péristyle est orné dans sa partie supérieure de cinq médaillons accompagnés d’un feston continu, qui supportent les portraits de cinq chirurgiens célèbres ; en un mot l’édifice de l’École de Médecine est l’ouvrage le plus classique du XVIIIe siècle.

Décret de la Convention, 12 frimaire an III. — « La Convention Nationale, après avoir entendu le rapport de ses comités de salut public et d’instruction publique réunis, décrète ce qui suit : Article 1er. Il sera établi une École de Santé à Paris, à Montpellier et à Strasbourg. Ces trois écoles seront destinées à former des officiers de santé pour les hôpitaux et hospices, et spécialement des hôpitaux militaires et de la marine. — Art. 2e. Les bâtiments destinés jusqu’ici aux écoles de médecine et de chirurgie dans les communes de Montpellier et de Strasbourg, seront consacrés à ces écoles. Celles de Paris seront placées dans le local de la ci-devant académie de chirurgie, auquel on réunira le ci-devant couvent des Cordeliers, etc. — Art. 7e. Les écoles de santé de Paris, de Montpellier et de Strasbourg seront ouvertes dans le courant de pluviôse prochain, etc. — Art. 8e. Les écoles de chirurgie situées à Paris, à Montpellier et à Strasbourg, seront supprimées et refondues avec les nouvelles écoles de santé qui vont y être établie d’après notre décret, etc. — Art. 10e. Les écoles de santé seront placées sous l’autorité de la commission d’instruction publique qui en fera acquitter les dépenses sur les fonds qui seront mis à sa disposition, etc. » (Extrait du Moniteur du 6 décembre 1794.)

2e Partie. — Médecins, chirurgiens et barbiers.

Dans les premiers temps de la monarchie, tous ceux qui exerçaient la profession de médecins étaient clercs, et forcés de garder le célibat. Cet art tomba bientôt en discrédit, et ne fit point partie des sciences libérales. L’église le frappa de ses redoutables censures. En 1131, défense fut faite aux moines d’étudier la médecine. Dans Je concile tenu à Tours en 1163, le pape Alexandre III déclara qu’on devait regarder comme excommuniés tous les religieux qui prenaient des leçons de droit et de médecine. De pauvres clercs raillés, bafoués par les poètes satyriques étaient les seuls praticiens. Cependant sous Philippe-Auguste cette faculté faisait partie de l’Université, mais il n’y avait point à cette époque d’établissement affecté aux écoles de médecine. Les professeurs donnaient leurs leçons chez eux. « Le nombre des écoliers s’étant augmenté, dit Jaillot, on loua des maisons particulières pour les y rassembler. J’ai quelque peine à croire qu’on ait enseigné la médecine dans les écoles de la cathédrale, encore moins à l’entrée de l’église. On a pu s’assembler et prendre des décisions près le bénitier, sans conclure qu’on y donnât des leçons. Il en est de même de l’église de Sainte-Geneviève des Ardents, de Saint-Éloi, de Saint-Julien-le-Pauvre, des Bernardins, des Mathurins, de Saint-Yves, etc… Tous ces endroits ne me paraissent pas devoir être considérés comme des écoles, mais comme des lieux d’assemblée de la faculté, où elle se réunissait pour traiter des affaires de son corps, ou pour faire des actes de religion. Jusqu’au milieu du XIIIe siècle, toutes les facultés qui composaient l’Université ne formaient qu’un corps dont les membres réunis n’étaient distingués que par la différence des études auxquelles ils s’étaient consacrés. Ce fut alors qu’ils se formèrent en compagnies distinctes et qu’ils eurent des écoles spécialement affectées. La théologie dut les siennes à Robert Sorbon ; les professeurs en droit eurent les leurs au Clos-Bruneau (rue Saint-Jean-de-Beauvais). La faculté des arts tint les siennes rue du Fouarre ; comme aucun acte ne nous indique où la faculté de médecine eut les siennes, on peut conjecturer qu’étant unie et comprise dans celle des Arts, elle eut aussi ses écoles dans la rue au Feurre depuis nommée rue du Fouarre. » — Le crédit des médecins augmenta vers le XVe siècle ; ils résolurent alors d’avoir des écoles spéciales. Dans une assemblée du 20 mars 1469, ils arrêtèrent l’acquisition d’une vieille maison située dans la rue de la Bûcherie et voisine d’une autre propriété que possédait déjà la faculté. Les Chartreux cédèrent cette maison moyennant 10 livres tournois de rente. De nouvelles constructions, commencées en 1472, furent achevées en 1477 ; les exercices eurent lieu en 1481 ; plusieurs acquisitions successives rendirent les logements plus convenables et permirent à la faculté d’avoir un jardin pour les plantes médicinales. — Autorisé par lettres-patentes données par Henri IV, en 1608, Nicolas Jabot, doyen de la faculté, fit l’acquisition d’une maison ayant pour enseigne : l’Image de Sainte-Catherine, et qui formait le coin des rues du Fouarre et de la Bûcherie. En 1617, on y construisit un amphithéâtre plus solide et plus spacieux que celui qui avait été bâti en 1604. En 1678, on reconstruisit les bâtiments de cette école, et en 1774, on éleva un nouvel amphithéâtre qui reçut le jour par les fenêtres d’un dôme. Cet amphithéâtre, aliéné par le domaine de l’État en 1810, subsiste encore au no 13, rue de la Bûcherie. On voit au-dessus de la porte qui donne sur une petite cour, l’inscription suivante en partie cachée par des constructions élevées depuis peu :

Amphitheatrum… collapsus ære suo restituerunt Medici Parisienses… 1774.
M. Eliacol de Villars, Decano (doyen).

L’ancienne porte d’entrée de l’école subsiste encore ; sa construction date du XVe siècle. On lit au-dessus en caractères gothiques :

Scholæ Medicorum.

Les bâtiments devenus trop étroits, la faculté transféra, en 1778, sa bibliothèque dans l’ancienne école de droit située alors dans la rue Saint-Jean-de-Beauvais. On fit également plusieurs cours en cet endroit ; cependant les professeurs d’anatomie et d’accouchement fréquentèrent, ainsi que leurs élèves, pendant quelques années encore, l’ancien amphithéâtre de la rue de la Bûcherie.

Le plus ancien document qui mentionne les chirurgiens ou mires, est un arrêté du prévôt de Paris. Cet acte, qui remonte au XIIIe siècle, nous démontre qu’avant cette époque ils n’avaient point de maîtres jurés. Jean Pitard, chirurgien de saint Louis, obtint du roi la permission d’établir une confrérie de chirurgiens, en les soumettant toutefois à des règlements dont la sévérité devait prévenir les nombreux abus qui s’étaient glissés dans la pratique de cet art. Les confrères étaient tenus de visiter, le premier lundi de chaque mois, tous les pauvres qui se présentaient à l’église de Saint-Côme, où se réunissait leur corporation, et ils juraient de se soumettre aux règles établies par les statuts. Les privilèges de la corporation de Saint-Côme furent confirmés par les successeurs de saint Louis. Philippe-le-Bel défend, au mois de novembre 1311, « à quelque homme ou femme que ce soit d’exercer l’art de chirurgie en public ou en particulier, s’ils n’ont esté auparavant examinez et approuvez par les chirurgiens-jurés de Paris, appelez par maître Jean Pitard, chirurgien du roy au Chastelet de Paris, ou par ses successeurs dans cet office. » En 1437, les maitres-chirurgiens furent admis au nombre des écoliers et suppôts de l’Université, pour jouir de ses immunités et privilèges, à condition d’assister, comme les autres écoliers, aux leçons qui se faisaient chaque jour aux écoles de médecine, et de prendre des attestations des professeurs. En 1544, Guillaume Vavasseur, chirurgien ordinaire de François Ier, obtint du roi des lettres-patentes qui unissaient plus intimement la confrérie à l’Université, à condition que personne ne pourrait prendre les degrés de bachelier, de licencié et de maître en chirurgie qu’il ne fût bien instruit des règles de la grammaire et de la langue latine. En participant aux privilèges universitaires, les chirurgiens durent subir des examens plus sévères. Un arrêt du parlement, du 10 février 1552, fit défense aux chirurgiens du roi au Châtelet de Paris, de procéder à la réception et maîtrise de chaque aspirant, sans en avertir au préalable la faculté de médecine, qui choisissait quatre docteurs pour participer à l’examen. Ces privilèges accordés aux médecins les rendirent plus exigeants encore. Les docteurs firent peser un joug de fer sur la chirurgie ; cette branche de l’art de guérir était trop faible pour résister au despotisme des médecins. Enfin apparut un puissant génie qui devait relever la chirurgie et la faire briller d’un vif éclat. Dans un petit hameau nommé le Bourg-Hersent, près de Laval, ville de l’ancienne province du Maine, naquit, au commencement du XVIe siècle, un enfant dont le nom devait passer à la postérité cet enfant, c’était Ambroise Paré. L’humanité souffrante fut redevable à ce chirurgien des plus importantes améliorations. À cette époque presque toutes les opérations étaient plus dignes d’un barbare que d’un chirurgien. Les malades préféraient souvent mourir plutôt que de se soumettre à ces tortures. Paré simplifia le pansement des plaies, bannit de leur traitement les emplâtres, les onguents, les huiles bouillantes, détruisit les erreurs relatives aux plaies d’armes à feu, que l’on croyait généralement empoisonnées et accompagnées de brûlure. On pansait toutes ces plaies avec des huiles de sambuc, des caustiques actifs et d’autres applications irritantes. Les chirurgiens avaient l’habitude, pour prévenir ou arrêter les hémorragies après les amputations, de plonger le membre dans l’huile bouillante pour le cautériser. Paré supprima cette coutume barbare et la remplaça par la ligature des vaisseaux. Le premier il fit l’amputation dans l’articulation de l’épaule. La réduction des luxations était opérée d’une manière cruelle, Ambroise Paré la réforma. Il avait sur les fractures des membres les idées les plus justes, et en cela, comme en beaucoup d’autres choses, il devançait son siècle. Son génie se rehaussait encore par sa modestie. Lorsqu’on félicitait Ambroise Paré d’un pansement difficile, d’une cure merveilleuse, il répondait : « Je le pansay, Dieu le guarit ». Ambroise Paré fut chirurgien de Henri II, de François II, de Charles IX, et de Henri III. On sait que Charles IX le sauva pendant l’affreuse nuit de la Saint-Barthélemy. « Le roi n’en voulut jamais sauver aucun, dit Brantôme, sinon maistre Ambroise Paré, son premier chirurgien et le premier de la chrétienté, et l’envoya quérir et venir le soir dans sa chambre et garde-robe, lui commandant de n’en bouger, et disoit qu’il n’estoit raisonnable qu’un qui pouvoit servir à tout un petit monde fust ainsi massacré. »

Les lettres-patentes accordées par François Ier aux chirurgiens, furent confirmées en 1576 par Henri III, en 1594 par le pape Clément VIII, et en 1611 par Louis XIII. Ce dernier prince, qui était né le jour de la saint Côme et saint Damien, se fit inscrire parmi les membres de la confrérie, et ajouta aux armes de la corporation une fleur de lys rayonnante.

Les barbiers, au moyen-âge, étaient presque tous chirurgiens, ce qui souvent fit naître des querelles entre les deux corporations. Les chirurgiens, protégés par le prévôt, firent signer, en 1301, à tous les barbiers, au nombre de vingt-six, la déclaration suivante : « L’an de grâce mil trois cens et un, le lundi après la mi-aoust, furent semons tuit li barbier qui s’entremêtent de cirurgie dont les noms sont ci deseuz escritz, et leur fust desfendu suz peine de cors et de avoir, que cil qui se dient cirurgier barbier que ils ne ouvreront de l’art de cirurgie, devant ce que il soit examinez des mestres de cirurgie savoir ou non, se il est suffisant au dit mestier faire ; item que nul barbier se ce n’est en aucun besoin, d’estancher le blescié, il ne s’en pourra entremestre du dit mestier, et si tost que il aura atenchié ou afeté, il le fera à sçavoir à joustice, c’est à sçavoir au prévost de Paris ou à son lieutenant, sus la peine desus dite. » En 1597, Jean de Pracontal, premier barbier du roi, était leur chef. La faculté de médecine reconnut alors deux espèces de chirurgiens : ceux de robe longue et ceux de robe courte, qui s’étaient enfin réunis, lorsqu’en 1660 un arrêt du parlement défendit aux barbiers-chirurgiens de prendre la qualité de bacheliers, licenciés, docteurs, etc. ; on les autorisa seulement à porter le titre d’aspirants. On lisait autrefois sur les enseignes des barbiers : Céans on fait le poil proprement et l’on tient bains et étuves. Le barbier du roi a été longtemps considéré comme son premier chirurgien, et cette place lui donnait la primauté sur tous ceux de sa profession. En 1731, Maréchal, premier chirurgien du roi, et la Peyronie, arrêtèrent le règlement qu’on voulait établir pour la chirurgie. Le 31 décembre eut lieu la première séance académique. On y lut le règlement, ainsi qu’une lettre de M. de Maurepas, qui annonçait l’approbation du roi, puis une déclaration où l’on reconnaît le style et le bon esprit de M. Daguesseau. D’autres édits complétèrent cet utile établissement. La compagnie fut composée d’un directeur et d’un vice-directeur, d’un secrétaire et d’un commissaire pour la correspondance, de huit conseillers-vétérans, de quarante conseillers du comité, de vingt adjoints, de douze associés régnicoles, et de seize associés étrangers. La Peyronie légua un fonds nécessaire pour les jetons de présence de quarante membres et les appointements d’un secrétaire perpétuel. Il fonda en outre sept prix. Houstel, ancien directeur de l’Académie, créa ensuite huit prix pour les jeunes gens de l’école pratique de chirurgie. Quatorze professeurs donnaient des leçons de physiologie, de pathologie, d’hygiène, d’anatomie, de maladie d’yeux et d’accouchement. Louis XVI nomma un professeur pour la chimie.

Académie de Médecine. — C’est une institution fondée le 20 décembre 1820 par le roi Louis XVIII. Cette Académie est spécialement établie pour répondre aux demandes du gouvernement sur tout ce qui peut intéresser la santé publique, et principalement sur les épidémies, les maladies particulières à certaines contrées, les épizooties, les différents cas de médecine légale, la propagation de la vaccine, l’examen des remèdes nouveaux. Elle est en outre chargée de continuer les travaux de la Société royale de Médecine et de l’Académie royale de Chirurgie ; elle s’occupe de tous les objets qui peuvent faciliter les progrès des différentes branches de l’art de guérir. Elle se compose de soixante-quinze académiciens titulaires, soixante honoraires, trente associés libres, et d’environ quatre-vingts associés ordinaires. Elle se divise en trois sections consacrées à la médecine, à la chirurgie, à la pharmacie. Les séances ont lieu le premier mardi de chaque mois.

Faculté de Médecine. — La Faculté de Médecine, constituée au moment de la réorganisation universitaire, avait été supprimée en 1822 par ordonnance du roi. Rétablie quelque temps après, une nouvelle ordonnance royale du 2 février 1823 la réforma. La Faculté de Médecine se compose de vingt-trois professeurs, chargés des diverses parties de l’enseignement, de trente-six agrégés dont un tiers en stage et deux tiers en exercice, et d’un nombre indéterminé d’agrégés libres. Les agrégés en exercice sont appelés à suppléer les professeurs. Le grade d’agrégés n’est conféré qu’à des docteurs en médecine et en chirurgie, âgés de 25 ans au moins. Le doyen est chef de la Faculté. Les chaires de la Faculté sont divisées ainsi qu’il suit : 1o anatomie, 2o physiologie, 3o chimie médicale, 4o physique médicale, 5o histoire naturelle médicale, 6o pharmacologie, 7o hygiène, 8o pathologie médicale, 9o opérations et appareils, 10o thérapeutique et matière médicale, 11o médecine légale, 12o accouchements, maladies des femmes en couche et des enfants nouveau-nés. Deux professeurs sont attachés à la chaire de pathologie chirurgicale, deux à la chaire de pathologie médicale, et un seul à chacune des autres. Indépendamment des cours que nous venons de nommer, quatre professeurs sont chargés de la clinique médicale et un de la clinique des accouchements.

Hôpital et Clinique de la Faculté de Médecine. — Cet établissement a été formé sur une partie de l’emplacement de l’ancien couvent des Cordeliers. Son entrée, qui a remplacé la fontaine en cascade, se trouve en face du portique de l’École de Médecine. Le péristyle est décoré d’une statue d’Esculape. L’intérieur de cet hôpital présente, au rez-de-chaussée, quatre galeries au milieu desquelles se trouve un jardin. Les salles renferment cent quarante lits ; soixante-dix pour les hommes, autant pour les femmes. Les élèves peuvent acquérir, en fréquentant assidûment cet hôpital, une excellente instruction pratique. Plusieurs pavillons sont affectés aux travaux anatomiques. On a aussi construit plusieurs amphithéâtres pour les cours particuliers.

Médecine (place de l’École-de-).

Située au-devant de l’École de Médecine. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Cette place a été formée au commencement de notre siècle, lors de la démolition d’une partie de l’église du couvent des Cordeliers, dont nous traçons ici l’origine. Cet ordre religieux fut institué en 1208, par saint François d’Assise. Ces moines avaient pris d’abord le nom de Prédicateurs de la Pénitence, mais leur instituteur voulut, par humilité, qu’ils s’appelassent Frères mineurs. Plus tard, on les désigna sous le nom de Cordeliers, parce qu’à l’exemple de leur patron, ils portaient une corde en guise de ceinture. Ils arrivèrent à Paris en 1217, et parvinrent à obtenir de l’abbaye Saint=Germain-des-Prés un modeste emplacement, sous la condition expresse qu’ils n’auraient ni cloches, ni cimetière, ni autel consacré. Ces religieux passèrent plusieurs années dans cet état assujettissant ; ils s’adressèrent à saint Louis qui détermina l’abbé de Saint-Germain-des-Prés à se montrer moins rigoureux. Louis IX fournit également aux frais de la construction de leur église en leur accordant une partie de l’amende de dix mille livres, à laquelle avait été condamné Enguerrand de Coucy, pour avoir fait pendre, sans autre forme de procès, trois jeunes gens qui avaient chassé sur ses terres. Le pieux monarque leur permit, en outre, de couper dans ses forêts tous les bois nécessaires à la charpente de cette église, qui fut dédiée, en 1262, sous le nom de Sainte-Madeleine. En 1580, l’église des Cordeliers devint la proie des flammes. Un novice, étourdi par le vin, s’endormit dans une stalle du chœur, laissant à ses côtés un cierge allumé ; le feu atteignit la boiserie du jubé qui s’enflamma ; en moins de trois heures l’édifice fut réduit en cendres. Le feu calcina les marbres des tombeaux, fondit les bronzes et les cloches. Henri III donna des sommes considérables pour la reconstruction de cette église. L’ordre du Saint-Esprit, nouvellement institué par ce monarque, contribua au rétablissement du reste de l’édifice. Dans la chaleur de la reconnaissance, les Cordeliers firent placer au-dessus du grand hôtel la figure de Henri III. L’ingratitude et la haine étouffèrent bientôt ce noble sentiment. Le 5 juillet 1589, les Cordeliers, enrichis par Henri III, renversèrent sa statue et lui coupèrent la tête !… — L’église avait 97 m. de longueur et 26 m. de largeur. Le chapitre de l’ordre de Saint-Michel se tenait dans une des salles de ce couvent. Dans une autre pièce, qui servait d’école aux jeunes religieux, fut établi au commencement de la révolution, le fameux district des Cordeliers qui balança, pour un temps, le club des Jacobins. Quand les Cordeliers s’élevèrent, les Jacobins étaient déjà puissants par le nombre et l’énergie, aussi leur rivalité fut-elle permanente jusqu’au moment où la métropole étouffa la colonie.

Près du club des Cordeliers, on voyait la demeure du fougueux rédacteur de l’Ami du Peuple. Le 13 juillet 1793, à huit heures du soir, une jeune femme, Charlotte Corday, entrait dans cette maison : elle monte au deuxième étage, et demande à parler à Marat, ayant, disait-elle, d’importants secrets à lui révéler. Elle est introduite ! Restée seule avec Marat, elle raconte ce qu’elle a vu à Caen. — « Quels sont les noms des députés présents dans cette ville, demande aussitôt Marat ? » Charlotte Corday les nomme et lui prenant un crayon, se met à les écrire en disant froidement : — « Ils iront tous à la guillotine ! » — À la guillotine ! répète la jeune fille indignée ; alors tirant un couteau de son sein, elle en frappe ce tribun, qui expire presque aussitôt. Le rapport de la Commune sur les honneurs funèbres rendus à Marat, est un document si curieux, qu’il nous a paru convenable de le reproduire en entier. — Obsèques de Marat. — 16 juillet 1793. « La dépouille mortelle de Marat a été portée en pompe jusque dans la cour des Cordeliers ; mais cette pompe n’avait rien que de simple et de patriotique ; le peuple, rassemblé sous les bannières des sections, les suivait paisiblement et avec un désordre touchant d’où résultait le tableau le plus pittoresque. Il n’est rien arrivé dans la marche du cortège, si ce n’est qu’elle a duré depuis environ six heures du soir jusqu’à minuit. Cette marche était composée des citoyens des sections, des membres de la Convention, de ceux de la Commune, de ceux du département, des électeurs et des sociétés populaires. Arrivé dans le jardin des Cordeliers, le corps de Marat a été déposé sous les arbres dont les feuilles tremblantes réfléchissaient et multipliaient une douce lumière. Le peuple a environné le sarcophage et s’est tenu autour de lui debout en silence et avec respect. Le président de la Convention a d’abord fait un discours éloquent, dans lequel il a annoncé que le temps arriverait bientôt où Marat serait vengé, mais qu’il ne fallait pas par des démarches hâtives et inconsidérées, s’attirer des reproches de la part de nos ennemis ; il a dit que la liberté ne pouvait périr, et que la mort de Marat ne ferait que la consolider au lieu de la détruire. Dufourmy, membre du département, après avoir payé à Marat le tribut de douleur qui lui était dû, après avoir interprété éloquemment les regrets du peuple, a demandé que ses œuvres qui avaient été cause de sa mort, fussent ensevelies avec lui, afin que la postérité pût juger s’il méritait une mort aussi cruelle. Varlet a parlé ensuite. Son discours qui a été couvert des plus vifs applaudissements, a été terminé de la manière la plus heureuse et la moins attendue. Citoyens, dit-il, lorsque Marat, décrété d’accusation, revenait en triomphe aux Jacobins, après avoir couvert de honte ses calomniateurs, à peine entré dans la salle, des enfants lui présentèrent des couronnes. — Elles ne sont faites, dit Marat en les refusant, que pour les morts illustres et qui ont bien mérité de la patrie ! — Citoyens, a repris Varlet, Marat n’est plus ! Marat a bien mérité de la patrie, et je dépose la couronne sur le front de Marat !… — Tous les discours ont été fort applaudis et n’ont été interrompus que par les cris de vive la République !… Le corps de Marat a été enfin déposé dans la fosse, et des larmes ont coulé de tous les yeux. Le chirurgien qui avait embaumé son corps a dit qu’il avait embaumé son cœur à part, et l’avait confié au citoyen Berger. Deux boîtes étaient à côté du corps de Marat, et le chirurgien a ajouté : dans l’une de ces boîtes sont les entrailles de Marat et dans l’autre ses poumons. Il a dit, et la terre a couvert les restes de ce grand homme ! Il a été inhumé à l’endroit même où, rassemblant le peuple autour de lui, il lui lisait les feuilles, et faisait passer dans tous les cœurs le patriotisme qui l’enflammait. — Signé Dorat-Cubières et Bernard. » (Registre 31, fo 61.) — Quelques années après cette cérémonie le corps de Marat fut exhumé, puis jeté dans l’égout de la rue Montmartre.

Il ne reste presque rien aujourd’hui des bâtiments du couvent des Cordeliers. On a utilisé les jardins en y élevant plusieurs pavillons de dissection. Le réfectoire qui était situé en face de la rue Hautefeuille, a été heureusement transformé en un beau musée médical qui porte le nom de Musée Dupuytren. Sur une partie de l’emplacement du cloître, on a établi divers bâtiments : un hôpital où se fait un cours de clinique chirurgicale, un cours de chimie, d’anatomie et de chirurgie. Ces bâtiments ont été réparés et agrandis en 1834. — Une ordonnance royale du 27 septembre 1836, a fixé la moindre largeur de la place de l’École-de-Médecine à 23 m. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (cormpe Parisienne).

Médecine (rue de l’École-de-).

Commence aux rues Racine, no 2, et de la Harpe, no 78 ; finit au carrefour de l’Odéon, no 1, et à la rue de l’Ancienne-Comédie, no 1. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 342 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

C’était, en 1300, la rue des Cordèles (Cordeliers). Le couvent de ces religieux était situé dans cette rue. En 1304, c’était la rue Saint-Côme et Saint-Damien, en raison de l’église ainsi appelée qu’on voyait au coin de la rue de la Harpe. Jusqu’en 1672, on la désigna sous la dénomination de rue Saint-Germain ; elle conduisait à la porte de ce nom. De 1672 à 1790, c’était la rue des Cordeliers. Elle prit alors le nom de rue de l’École-de-Médecine, qu’elle conserva jusqu’en 1793.

« Séance du 25 juillet 1793. — Une députation de la section du théâtre Français (Odéon) demande que la rue des Cordeliers soit appelée maintenant du nom de Marat. Elle annonce, en outre, l’offre du citoyen Palloi de plusieurs pierres de la Bastille pour l’exécution de ce projet. Le conseil adopte à l’unanimité cette demande, et arrête en conséquence que la rue nommée des Cordeliers, s’appellera rue Marat, et la rue de l’Observance place de l’Ami du Peuple. Signé Pache et Dorat-Cubières. » (Registre de la Commune, tome 19, page 88.) — Marat demeurait dans cette rue au no 18. — Depuis le 9 thermidor, époque de la chute de Robespierre jusqu’au 1er floréal an IV, elle prit le nom de rue de l’École de Santé. Une lettre émanée du bureau central du canton de Paris, constate néanmoins qu’à cette époque cette rue portait encore le nom de Marat. Elle prit peu de temps après le nom de rue de l’École-de-Médecine. — Une décision ministérielle du 24 messidor an V, signée Benezech, fixa la largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’un arrêté préfectoral du 15 septembre 1836, le numérotage de cette voie publique a été régularisé. — Une ordonnance royale du 27 du même mois, a porté la moindre largeur de cette rue à 10 m. Propriété no 1, alignée ; de 3 à 13, retranch. 2 m. 05 c. à 2 m. 80 c. ; 15 et 17, alignées ; 19, ret. 4 m. 40 c. à 5 m. 50 c. ; 21, ret. réduit 4 m. ; 23, ret. réduit 3 m. 40 c. ; 25, ret. réduit 2 m. 40 c. ; 27, 29, 31, alignées ; 33, ret. 2 m. ; 35 et 37, ret. 1 m. 30 à 1 m. 90 c. ; 39, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 41 et 43 doivent être supprimées pour l’exécution de l’alignement du carrefour de l’Odéon ; de 2 à 6, alignées ; 8, ret. 2 m. ; 10, ret. réduit 1 m. 70 c. ; École de Médecine, alignée ; 12 et 14, ret. réduit 30 c. ; 16, ret. réduit 50 c. ; 18, ret. réduit 1 m. 40 c. ; 20, ret. 1 m. 90 c. à 2 m. 40 c. ; de 22 à 34, ret. 1 m. à 2 m. 20 c. ; 36 et 38, ret. 1 m. — Égout entre la place et le carrefour de l’Odéon. — Conduite d’eau depuis la rue Hautefeuille jusqu’à la place. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

À l’angle de la rue de l’École-de-Médecine et de celle de la Harpe était située l’église Saint-Côme et Saint-Damien dont nous rappelons ici l’origine. La nouvelle enceinte de Paris dont Philippe-Auguste avait ordonné la construction, morcelait les propriétés et les terres seigneuriales. Des différends s’élevèrent entre l’évêque de Paris et l’abbé de Saint-Germain-des-Prés. Ces contestations furent terminées par une sentence arbitrale, rendue au mois de janvier de l’an 1210, par laquelle il fut dit que la juridiction spirituelle appartiendrait à l’évêque de Paris, dans l’étendue du territoire qui venait d’être compris dans la nouvelle enceinte, mais que l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, par compensation, y pourrait faire bâtir deux églises ; l’une fut celle de Saint-André-des-Arts et l’autre devint l’église Saint-Côme et Saint-Damien.

En vertu d’un arrêt du parlement, à l’année 1343, l’Université nommait à la cure de Saint-Côme. Quoique les dépendances de cette église fussent peu étendues, on y voyait cependant un cimetière, des charniers, ainsi qu’un petit bâtiment construit en 1561. Le lundi de chaque semaine, les chirurgiens y venaient visiter les pauvres blessés auxquels ils donnaient des consultations gratuites.

« En 1255 fut érigée, dit Sauval, la confrérie de Saint-Côme et de Saint-Damien, patrons des chirurgiens. » En 1555, Nicolas Langlois, prévôt des chirurgiens, affecta une rente de cinquante livres à cet utile établissement. Un mémorial en caractères gothiques, rappelant cette pieuse fondation, était placé sous les charniers. Ces chirurgiens avaient succédé aux chanoines qui exerçaient cet office charitable à l’entrée de la cathédrale.

Parmi les personnages célèbres enterrés dans cette église, on remarquait le tombeau d’Omer Talon, avocat au parlement, auteur de mémoires très curieux, mort en 1652, et celui de La Peyronie, créateur de l’Académie de chirurgie, mort en 1747. — On voyait aussi dans cette église une épitaphe assez curieuse que nous citons d’après Saint-Foix :

« Dans ce petit endroit, à part,
Gît un très singulier cornard ;
Car il l’étoit sans avoir femme ;
Passants, priez Dieu pour son âme !

» Le malheureux que l’on avait ainsi bafoué, ajoute le même historien, était un pauvre diable que les gens du maréchal de Beaumanoir lui avaient amené pendant qu’il chassait dans une forêt du Maine, en 1599. Ils l’avaient rencontré endormi dans un buisson, et trouvant sa figure fort singulière, ils l’avaient conduit au maréchal. En effet, il avait au haut du front deux cornes faites et placées comme celles d’un bélier ; il était fort chauve, et avait au bas du menton une barbe rousse et par flocons, comme on peint celle des satyres. Le maréchal le présenta à Henri IV, qui le donna, dit Pierre l’Estoile, à un de ses valets pour en tirer profit. L’infortuné Trouillac, promené de foire en foire, en conçut tant de chagrin, qu’il mourut au bout de trois mois. »

L’église Saint-Côme et Saint-Damien supprimée en 1790, devint propriété nationale, et fut vendue, ainsi que son cimetière, le 12 nivôse an V. La clause suivante est insérée dans l’acte : « L’acquéreur sera tenu de donner le terrain nécessaire pour l’ouverture d’une nouvelle rue projetée, sans pouvoir exiger aucune indemnité ni diminution sur le prix de la présente vente. » — Jusqu’en 1836, l’église fut occupée par un atelier de menuiserie. À cette

époque, on la détruisit pour faciliter le prolongement de la rue Racine. Sur ses dépendances ont été bâties les maisons portant aujourd’hui les nos 1, 3 et 5 de la rue de l’École-de-Médecine.

Au no 4 était situé le collége de Daimville. Il fut fondé, en 1380, par Michel de Daimville, archidiacre de l’église d’Arras, clerc ou chapelain de Charles V, pour douze écoliers ; six du diocèse d’Arras et six de celui de Noyon. En 1762, il fut réuni à l’Université. Devenus propriétés nationales, les bâtiments et dépendances de ce collége furent vendus le 28 prairial an X ; démolis en 1820, ils ont été remplacés par une maison particulière.

La porte Saint-Germain, nommée successivement porte des Cordèles, des Frères Mineurs, était située un peu au-dessus de la rue du Paon, où se trouve maintenant une fontaine. Cette porte faisait partie de l’enceinte de Philippe-Auguste. On voit dans les registres de la ville qu’en 1586, on ordonna de la fermer, et d’ouvrir celle de Buci. Elle ne fut abattue néanmoins qu’en 1672.


Mégisserie (quai de la).

Commence à la place du Châtelet, no 1, et au Pont-au-Change ; finit à la place des Trois-Maries, no 2 et au Pont-Neuf. Le dernier numéro est 84 ; Sa longueur est de 338 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Ce quai a été construit, en 1369, sous le règne de Charles V. On le nomma d’abord de la Saunerie, en raison de sa proximité du grenier à sel. Il fut reconstruit en 1529. On exécuta cette année de grands travaux sur toute cette ligne de quais. — On lit en effet dans Sauval : « Des registres de l’Hôtel-de-Ville, dressés sous François, on apprend qu’alors le prévôt des marchands fit faire et paver les quais larges de cinq toises, qui sont entre le Pont-au-Change et le pont des Tuileries. » — La partie qui, de la place du Châtelet s’étend à la rue de l’Arche-Pépin, se nommait de la Vallée de Misère où de la Poulaillerie. L’autre partie se nommait de la Mégisserie, en raison des mégissiers qui étaient venus l’habiter, et qui l’occupèrent jusqu’en 1673, époque où l’on parvint à les reléguer au faubourg Saint-Marceau. Ce quai fut élargi en avril 1769. On le désigna plus tard sous le nom de la Ferraille, en raison des marchands de vieux fers qui étalaient leurs marchandises le long du parapet. — Une décision ministérielle en date du 24 frimaire an XI, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de ce quai à 9 m. De 1833 à 1835, on a construit un nouveau mur de parapet, qui a procuré à cette voie publique un élargissement convenable. On a exécuté aussi des travaux de nivellement, de trottoirs, de plantation, etc… Ces opérations importantes ont occasionné une dépense de 700,000 fr. En vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839, la moindre largeur du quai de la Mégisserie est portée à 23 m. 40 c. — Maison no 2, alignée ; 4 doit être supprimée pour l’exécution de l’alignement de la rue de la Saunerie ; de 6 à 18, retranch. 50 c. à 1 m. 34 c. ; de 24 à 46, ret. 1 m. 30 c. à 1 m. 44 c. ; 52, ret. réduit 1 m. 30 c. ; 54, ret. réduit 1 m. 10 c. ; 56, ret. réduit 60 c. ; de 58 à 66, redress. ; 68, ret. réduit 1 m. 10 c. ; 70, ret. réduit 1 m. 80 c. ; de 72 à 76, ret. 2 m. 05 à 3 m. 75 c. ; de 78 à la fin, ret. 3 m. 75 c. à 4 m. 60 c. — Égout et conduite d’eau dans plusieurs parties. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Sous la régence du duc d’Orléans et sous Louis XV, ce quai avait une physionomie toute particulière. Les racoleurs avaient placé en cet endroit le siège de leur commerce. Ils achetaient et revendaient publiquement les hommes vingt ou trente livres la pièce, suivant leur taille ou la force de leurs muscles. Ce trafic, plus infâme encore que grotesque, était autorisé, appuyé par le gouvernement. En usant d’un moyen aussi odieux, on espérait peupler et défendre nos colonies. Le racoleur se promenait fièrement le chapeau sur le coin de l’oreille, l’épée sur les hanches, et fredonnait une chanson guerrière, avec un accent qui trahissait les bords de la Garonne. Appelant tout haut les jeunes gens qui passaient, il employait, pour les attirer à lui, tout le miel de son éloquence. Quelques racoleurs avaient des boutiques, des cabanes de toile. Au-dessus de la porte flottait un drapeau. Mercier dit avoir vu une de ces boutiques sur laquelle était inscrit ce vers de Voltaire :

« Le premier qui fut roi fut un soldat heureux ! »

À toute heure du jour un cercle de curieux entourait le racoleur. Il pérorait perché ordinairement sur un tonneau qui portait cette inscription : vin d’Arbois. L’assemblée en plein vent était toujours composée de jeunes gens curieux et ignorants, d’étudiants flâneurs et débauchés, de filles publiques payées par le recruteur, et d’ouvriers trop pauvres pour acheter des maîtrises. Après avoir promené lentement un regard de protection sur son nombreux auditoire, l’orateur commençait ainsi : « Avec l’autorisation de sa majesté, je viens vous expliquer les avantages qu’elle daigne accorder en vous admettant dans ses colonies. Jeunes gens qui m’entourez, et qui êtes tous lettrés, vous avez entendu parler du pays de Cocagne ; c’est dans l’Inde, mes amis, que vous trouverez ce fortuné pays. Souhaitez-vous de l’or, des perles, des diamants : les chemins en sont pavés, il n’y a qu’à se baisser pour en prendre ; je me trompe, les sauvages vont les ramasser pour vous !… Je ne vous parlerai pas ici des grenades, des oranges, des ananas, de mille fruits savoureux qui viennent sans culture dans ce paradis terrestre ; je laisse tout cela… Je m’adresse à des hommes. Fils de famille, je connais tous les efforts que font ordinairement vos parents pour vous détourner de la voie qui seule peut vous conduire en peu d’instants à la fortune et surtout à la gloire. Je respecte leur faiblesse, mais soyez plus raisonnables, plus forts que les papas et surtout que les mamans !… Ils vous diront que les sauvages mangent les Européens à la croque-au-sel ! Erreur, erreur complète !… Ce sont des balivernes. Tout cela était bon du temps de Christophe Colomb ou de Robinson Crusoé !… Aujourd’hui les sauvages sont doux comme des agneaux et nous aiment comme des frères !… Je ne vous en dirai pas davantage ; ceux qui veulent se rafraîchir n’ont qu’à parler ! »

Méhul (rue).

Commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs, nos 44 et 46 ; finit aux rues Marsollier, no 1, et Dalayrac, no 2. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 20 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Ouverte en 1826, conformément à une ordonnance royale du 8 octobre de la même année, cette voie publique n’a été dénommée qu’en 1829. (Voyez rue Dalayrac.) Sa largeur est de 12 m. Les constructions riveraines sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Étienne-Henri Méhul, célèbre compositeur de musique, né à Laval, en 1763, mort à Paris en 1818, était élève de Gluck. Son premier opéra Euphrosine et Coradin, représenté en 1790, eut un brillant succès. Ses autres ouvrages ne firent qu’ajouter à sa réputation.

Ménages (hospice des).

Situé dans la rue de la Chaise, no 28. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Cet emplacement fut occupé, dès le XIe siècle, par l’hôpital connu sous le nom de la Maladrerie Saint-Germain. Il était affecté aux lépreux. En 1544, le parlement nomma quatre commissaires pour inspecter les hôpitaux. Ces membres ayant déclaré que cette maladrerie n’avait plus de revenus, la cour ordonna que les bâtiments seraient détruits. En 1557, l’Hôtel-de-Ville racheta les matériaux et l’emplacement, et y fit bâtir la maison que nous voyons aujourd’hui. Elle fut d’abord destinée à renfermer les mendiants incorrigibles, les indigents vieux et infirmes, les femmes sujettes au mal caduc, les teigneux et les fous. Cette dernière destination donna naissance à un proverbe encore en usage : quand on parle d’un extravagant, d’un fou, on dit : « C’est un échappé des Petites-Maisons. » — Jean Luillier de Boulencourt, président de la chambre des comptes, contribua par ses libéralités à soutenir ce pieux et charitable établissement. Non seulement il lui affecta des rentes, lui donna des meubles, mais encore il fit élever à ses frais plusieurs bâtiments. La forme de leur construction les fit nommer les Petites-Maisons. La chapelle fut rebâtie en 1615. — Une ordonnance du 10 octobre 1801, décida que cet hospice serait désormais affecté aux ménages. L’année suivante, les malades et les fous furent transférés dans d’autres maisons. Pour être admis aujourd’hui dans l’Hospice des Ménages, l’un des époux doit avoir au moins 60 ans et l’autre 70. Les veufs et les veuves y sont reçus à l’âge de 60 ans. On leur donne, outre une certaine quantité de pain et de viande crue, trois francs en argent tous les dix jours, deux stères de bois et quatre de charbon tous les ans. L’habillement est à leurs frais. Par un arrêté du 11 avril 1804, cet établissement doit contenir 160 grandes chambres pour des ménages ; 100 petites chambres pour les veufs et les veuves, et 250 lits dans les chambres des dortoirs. — En vertu d’une ordonnance royale du mois de mars 1817, la chapelle, qui avait servi d’orangerie pendant la révolution, fut rendue à sa véritable destination. — En 1842, la mortalité dans cet hospice a été de 1 sur 6/86. La dépense s’est élevée à 264,457 fr. 56 c.

Ménars (rue).

Commence à la rue de Richelieu, nos 89 et 91 ; finit à la rue Grammont, nos 6 et 8. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 141 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

En 1726, c’était une impasse qui avait été formée sur les terrains de l’hôtel du président Ménars. Des lettres-patentes, à la date du 19 février de la même année, ordonnèrent que cette impasse serait prolongée sur l’emplacement de l’hôtel de Grammont ; que cette nouvelle rue porterait la dénomination de rue de Ménars et aurait une largeur de 4 toises. Cette disposition n’eut point alors de suite, mais renouvelée par lettres-patentes du 1er juillet 1765, elle reçut son exécution le 30 septembre suivant. — Une décision ministérielle du 3 frimaire an X, signée Chaptal, avait maintenu la largeur primitive de cette voie publique. En vertu d’une ordonnance royale du 16 avril 1831, cette largeur a été portée à 10 m. (Voyez rue Grammont.) Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées ; celles du côté opposé sont soumises à un retranchement de 2 m. 50 c. environ. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Ménilmontant (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue du même nom.

Cette barrière est ornée de deux bâtiments ayant chacun trente-deux colonnes avec arcades. Elle tire son nom du village de Ménilmontant. (Voir l’article Barrières.)

Ménilmontant (chemin de ronde de la barrière de).

Commence aux rue et barrière de Ménilmontant ; finit aux rue et barrière des Trois-Couronnes. Pas de numéro. Sa longueur est de 248 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

(Voir l’article Chemins de Ronde.)

Ménilmontant (impasse de).

Située dans la rue du même nom, no 100. Le dernier numéro est 15. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Formée vers 1805, elle tire son nom de la rue où elle est située.

Ménilmontant (rue de).

Commence aux rues des Fossés-du-Temple, no 2, et Saint-Pierre, no 24 ; finit aux chemins de ronde des barrières de Ménilmontant et des Amandiers. Le dernier impair est 101 ; le dernier pair, 128. Sa longueur est de 1,234 m. — Les numéros impairs sont du 6e arrondissement, quartier du Temple ; les numéros pairs du 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Elle est ainsi nommée parce qu’elle conduit au village de Ménilmontant. Mesnil signifiait une habitation, une maison de campagne ; on s’est servi souvent du mot latin masnilium, pour indiquer un hameau, un petit village. Tous les titres anciens qui indiquent ce hameau, situé au nord-est de Paris, l’appellent le Mesnil-Maudan. Il devait sa dénomination à un riche propriétaire, qui possédait sans doute une grande partie de ce territoire. Si l’on a changé son nom primitif en celui de Ménilmontant, cette altération se trouve en quelque sorte justifiée par la position élevée de ce village. Le chemin qui y conduisait était également raide et escarpé ; la pente en fut adoucie en 1732. — En vertu d’une ordonnance du bureau de la ville du 30 janvier 1733, il fut redressé et élargi. Avant 1777, le rempart touchait à la naissance de ce chemin ; des lettres-patentes, dont nous citons un extrait, constatent l’agrandissement de cette voie par suite du nivellement du rempart. « Le chemin désigné sous le nom de chemin de Ménilmontant, sera continué sur le rempart, et la dite rue sera nommée rue Chapus, depuis la rue Popincourt jusqu’au rempart. » (Mai 1777.) — Guillaume-Gabriel Chapus fut échevin de la ville de Paris de 1776 à 1778. — Le prolongement fut effectué, mais le nom de Chapus ne fut jamais inscrit. À cette époque et jusqu’en 1806, la rue de Ménilmontant avait trois dénominations distinctes. La première partie comprise entre le boulevart et les rues Folie-Méricourt et Popincourt, s’appelait rue du chemin de Ménilmontant. — La deuxième partie se terminant à la rue Saint-Maur, où l’on voyait autrefois une barrière, était nommée rue de la Roulette. Ce titre lui venait des anciens commis des fermes qui étaient montés sur des roulettes, afin d’être transportés plus rapidement d’un endroit à un autre. — La troisième partie portait le nom de la Haute-Borne, qu’elle devait à un lieu dit la Haute-Borne, connu par quelques cabarets dans l’un desquels le fameux Cartouche fut pris. Depuis 1806, cette voie publique porte dans toute sa longueur la dénomination de rue de Ménilmontant. — Deux décisions ministérielles, signées Chaptal, des 13 germinal et 23 floréal an X, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 1 à 17 ter inclus ; de 21 à 47 bis ; de 53 à 67 inclus ; 79, 81, et de 85 à la fin ; — de 16 à 32 inclus ; 46 bis (46), 48, 50, 56, 58 bis, 62, 64 ; de 68 à 80 inclus ; de 84 à 90 inclus ; tous les nos 98, 100, 104 et de 108 à la fin. — Égout entre le quai de Jemmapes et la rue Neuve d’Angoulême. — Conduite d’eau depuis la rue de Malte jusqu’à la barrière. — Éclairage au gaz : de la rue des Fossés-du-Temple au quai de Valmy (compe Lacarrière) ; le surplus (compe de Belleville).

Ménilmontant (rue Neuve-de-).

Commence à la rue Saint-Louis-au-Marais, nos 78 et 80 ; finit au boulevart des Filles-du-Calvaire, nos 11 et 13. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 170 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Cette rue a été ouverte sur une partie du couvent des Filles-du-Calvaire, dont nous rappelons l’origine. Nous aurons l’occasion de parler, à l’article de la rue de Vaugirard, de la création du premier couvent de cet ordre, établi à Paris en 1620. Ce fut le père Joseph, ce capucin si fameux par les négociations importantes auxquelles l’employa le cardinal de Richelieu, qui conçut le projet de fonder une seconde maison de cet ordre à Paris. Il choisit, à cet effet, une grande propriété qu’on appelait l’hôtel d’Ardoise. Cette demeure, située vers l’extrémité de la rue Vieille-du-Temple, fut achetée 37,000 livres par la congrégation des Bénédictines du Calvaire. L’établissement de ces religieuses, dans cette seconde maison, date de 1633. La première pierre de leur église fut posée en 1635, et douze religieuses, tirées du couvent du Calvaire, vinrent habiter leur nouveau couvent le 10 avril 1637. Cette maison devait porter le nom de Crucifixion, pour la distinguer de celle de la rue de Vaugirard ; pour cette raison fut placée sur la porte cette inscription :

Jésus amor noster crucifixus est.

Cependant l’église fut consacrée, en 1650, sous le titre de la Transfiguration. Supprimé en 1790, ce couvent devint propriété nationale et fut vendu le 8 vendémiaire an V. Deux rues furent percées sans autorisation, en 1804, sur une partie de son emplacement. Le ministre de l’intérieur décida, le 23 août 1806, que ces deux rues seraient considérées comme voies publiques, et auraient une largeur uniforme de 10 m. Celle dont nous nous occupons ne fut exécutée que sur une largeur de 9 m. 70 c., qui a été maintenue par une décision ministérielle du 1er décembre 1821. Cette voie publique reçut le nom de rue Neuve-de-Ménilmontant, parce qu’elle débouche vis-à-vis de la rue de Ménilmontant. Elle ne fut entièrement bordée de constructions que vers 1810. — Bassin d’égout. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Mercier (rue).

Commence à la rue de Viarme, nos 11 et 13 ; finit aux rues des Deux-Écus, no 48, et de Grenelle, no 26. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 53 m. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.


Elle a été ouverte en avril 1765, sur l’emplacement de l’hôtel de Soissons. Les lettres-patentes autorisant ce percement sont à la date du 25 novembre 1762 ; elles furent registrées au parlement le 22 décembre suivant. Sa largeur était fixée à 24 pieds. Cette dimension a été maintenue par une décision ministérielle du 9 germinal an XIII, signée Champagny. Les constructions riveraines, qui sont assujetties à une décoration symétrique, sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue des Deux-Écus. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Louis Mercier, écuyer, conseiller du roi en l’Hôtel-de-Ville, fut échevin de la ville de Paris, pendant les années 1761 et 1762, sous la prévôté de Camus de Pontcarré, seigneur de Viarme. (Voyez Halle au Blé.)

Méricourt (rue de la Folie-).

Commence à la rue de Ménilmontant, nos 23 et 25 ; finit aux rues du Faubourg-du-Temple, no 30, et Fontaine-au-Roi, no 2. Le dernier impair est 51 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 52 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Elle tire son nom d’un propriétaire qui possédait en cet endroit une folie (maison de campagne). Ce nom a varié ; on disait d’abord rue Folie-Marcaut, et d’altération en altération, on a fini par écrire rue Folie-Méricourt. — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 1 à 25 inclus ; encoignure droite de la rue Delatour, de 31 à 41 inclus, 51 ; de 2 à 24 inclus et de 30 à la fin. — Portions d’égout et de conduites d’eau.

Merri (église Saint-).

Située dans la rue Saint-Martin, entre les nos 2 et 4. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Cette église a été bâtie sur l’emplacement d’une ancienne chapelle dédiée à saint Pierre. On ignore l’origine et le nom du fondateur de cet oratoire. Cependant on lit dans la vie de saint Merri ou Médéric, que ce pieux personnage, après avoir quitté le monastère de Saint-Martin d’Autun, vint habiter, à Paris, avec Frodulfe, son disciple, une cellule construite à côté de la chapelle Saint-Pierre. Saint-Merri demeura pendant trois années en cet endroit, y mourut en odeur de sainteté et fut inhumé dans cette chapelle. Son historien fixant la date de sa mort au 29 août de l’an 700, cette époque établit nécessairement l’existence antérieure de cet oratoire. En 884, ce saint lieu fut doté par un comte nommé Adalard. Cette dotation, confirmée, en 885, par le roi Carloman et, en 936, par Louis d’Outre-Mer, procura bientôt un peu d’aisance aux desservants de cette chapelle, qui fut à peu près en ce même temps érigée en collégiale. L’édifice fut alors reconstruit aux frais d’un nommé Odon-le-Fauconnier, qui y reçut la sépulture. Sous le règne de François Ier, lorsqu’on abattit une partie de ce monument, pour en construire un nouveau sur des proportions plus vastes, on découvrit, en 1520, dans un tombeau de pierre, le corps d’un guerrier dont les jambes étaient recouvertes de bottines de cuir doré. Une inscription qui se trouvait sur ce cercueil était ainsi conçue : Hic jacet vir bonæ memoriæ Odo Falconarius, fundalor hujus ecclesiæ. On croit que cet Odon ou Eudes-le-Faucon nier était le même guerrier qui, avec Godefroi, défendit, en 886, Paris contre les attaques des Normands.

L’église Saint-Merri fut terminée en 1612.

À l’époque où l’on exécutait la reconstruction de cet édifice, le genre grec commençait à prévaloir en France ; cependant le style gothique, si bien en harmonie avec la destination de nos monuments chrétiens, lui fut heureusement préféré.

L’architecture de Saint-Merri est gracieuse, élégante. L’édifice se développe sur cinq nefs en ogives qui viennent aboutir à la croisée. L’hémicycle du chœur est formé de treize ogives. La tour carrée qui s’élève à gauche du portail, construite dans le style de la renaissance, paraît un peu lourde, et les ornements encore inachevés qui la décorent n’ont pas la légèreté de la petite tourelle gothique de droite. Des clochetons, des gorges feuillées qui courent le long du portail à trois portes, complètent la façade du monument. Ce portail, dont l’ensemble est d’un excellent style, était couronné par un grand clocheton qui portait douze statues et deux cordons ogivaux de saints et d’anges, détruits pendant la révolution.

La nef ogivale est formée de grosses colonnes à fûts multiples, mais à angles à vive arête, et à colonnettes concaves et inégales sans chapiteaux ; dans le fût viennent se confondre les nervures des voûtes, toutes anguleuses, à vive arête, et ordinairement concaves ainsi que les colonnes, au lieu d’être cylindriques comme les colonnettes et nervures du style catholique du XIe au XIVe siècle. Les clefs, où viennent se rejoindre les nervures des voûtes, sont larges, plates, ornées de feuillages ou d’armoiries sculptées ; un pendentif qui descend au centre de la croisée, complète la décoration. Toutes ces compositions semblent appartenir au XVIe siècle. On y cherche vainement la puissance noble et bien posée du XIe et du XIIe siècles, la grâce naïve et élégante des XIIIe et XIVe siècles, la richesse d’ornements et la hardiesse des sculptures du XVe siècle ; néanmoins ce style qui, par ses ornements, conserve encore la forme générale chrétienne, est très utile à l’étude de l’art architectonique.

« Devant l’église, il y avoit autrefois, dit Sauval, une espèce de parvis qui ressentoit fort la primitive église ; surtout ces deux lions qui en gardoient les deux côtés de l’entrée, étoient une auguste et terrible marque de ce saint lieu, et donnoient une certaine terreur et respect aux passants. »

Les fenêtres en ogives, ouvertes-sur la nef principale, et qui sont coupées de meneaux entrelacés en lignes ondulées, étaient autrefois ornées de vitraux exécutés par Pinaigrier et Parray. D’autres vitraux, représentant l’histoire de Suzanne, étaient dus à Jean Nogase ; mais vers le milieu du siècle dernier, le chapitre eut la maladresse de les remplacer en grande partie par des vitres blanches. Parmi les fragments qui restent, on remarque une vitrière mutilée dans la chapelle de saint Vincent de Paul ; elle représente l’ensevelissement de Jésus-Christ. Les figures sont d’une noble et belle expression.

Vers la même époque, les frères Slodtz ont décoré le chœur, et construit la chaire. Les travaux ne manquent pas de goût, mais il est à regretter que pour revêtir de stuc les colonnes, il ait fallu briser leurs moulures.

En 1742, le chapitre fit percer le mur de la nef et élever la chapelle de la communion, qui communique avec l’église par deux ogives transformées en plein cintre. Sur les quatre faces de la croisée, on éleva quatre autels dédiés à saint Pierre, à la Sainte-Vierge, à saint Charles et à saint Merri. Ces autels sont surmontés de frontons grecs qui reposent sur des colonnes de marbre ; enfin, à l’entrée du chœur, on admire deux tableaux de Carle Vanloo, représentant, le premier, la Vierge et l’Enfant-Jésus ; le second, saint Charles Borromée, archevêque de Milan.

L’église saint Merri, qui portait le nom de Temple du Commerce en 1793, est aujourd’hui la paroisse du 7e arrondissement.

Merri (rue du Cloître-Saint-).

Commence à la rue du Renard, nos 3 et 5 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 4 et 6. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 132 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Le cloitre Saint-Merri comprenait autrefois dans son périmètre, les rues Brisemiche et Taillepain. Du côte de la rue Saint-Martin on voyait une porte ou barrière qui avait fait donner à cet endroit le nom de la Barre Saint-Merri. Cette dénomination venait sans doute de la juridiction temporelle que les chanoines de Saint-Merri y faisaient exercer. Les prisons du chapitre étaient situées en cet endroit ; on y tenait également les assemblées capitulaires. La partie de cet emplacement qui avoisine la rue Saint-Merri se nommait rue des Consuls. La maison affectée à la juridiction consulaire y était située, à l’angle de la rue de la Verrerie ; nous en parlerons dans le cours de cet article. — Une décision ministérielle du 13 vendémiaire an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En 1837, la partie qui débouche dans la rue Saint-Martin fut prolongée jusqu’à celle du Renard. Un traité passé entre l’administration et le sieur Guelle, propriétaire, a facilité cette amélioration. — Une ordonnance royale du 13 juin 1839, a fixé à 12 m. de largeur la partie comprise entre les rues Saint-Martin et du Renard. Le surplus, qui prend naissance à la rue de la Verrerie, doit former une place pour dégager le chevet de l’église Saint-Merri, et sa largeur est fixée à 14 m. Les constructions du côté droit de cette partie sont alignées. Celles du côté opposé sont soumises à un retranchement qui varie de 9 m. 50 c. à 10 m. 50 c. À l’égard du percement exécuté en 1837, les maisons riveraines sont alignées. Enfin, pour l’ancienne partie débouchant dans la rue Saint-Martin, les constructions du côté des numéros impairs ne sont pas soumises à retranchement. Celles du côté opposé devront reculer de 4 m. 50 c. à 8 m. 80 c. — Conduite d’eau du côté de la rue de la Verrerie. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Ainsi que nous l’avons dit plus haut, la maison des consuls était située dans le cloître Saint-Merri. La première juridiction des consuls en France fut établie à Toulouse, par édit du mois de juillet 1549. La ville de Paris n’obtint cet avantage qu’en 1563. Cette justice connaissait de toutes les causes ou procès concernant le commerce et le fait de marchandise. Les appels étaient portés en parlement. La juridiction consulaire fut toujours exercée par cinq marchands ; le premier se nommait juge et les autres consuls. Ces fonctions étaient électives et les magistrats renouvelés tous les ans, le 28 janvier. Le juge devait avoir quarante ans, et les consuls vingt-sept.

Merri (rue Neuve-Saint-).

Commence aux rues Barre-du-Bec, no 29, et Sainte-Avoie, no 1 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 26 et 28. Le dernier impair est 55 ; le dernier pair, 52. Sa longueur est de 231 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Elle était déjà bâtie en 1210, peu de temps après la nouvelle enceinte dont Philippe-Auguste avait ordonné la construction. On donna à cette voie publique la qualification de Neuve, non seulement parce qu’elle était nouvellement bâtie, mais encore pour la distinguer de la rue de la Verrerie qu’on appelait rue Saint-Merri dans sa partie occidentale. Par un arrêt du conseil du 7 janvier 1677, le roi ordonna l’élargissement de la rue Neuve-Saint-Merri, dans la partie comprise entre celles du Renard et Saint-Martin. — Une décision ministérielle du 3 prairial an IX, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. Cette largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 28 février 1837. Propriétés de 1 à 15, retranchement 2 m. 50 c. à 3 m. 40 c. ; 19, alignée ; de 21 à 31, ret. 2 m. 60 c. à 3 m. ; encoignure droite de la rue Brisemiche et maison no 37, alignées ; de 39 à 43, ret. 3 m. 40 c. à 3 m. 80 c. ; 45, ret. réduit 2 m. 70 c. ; 47, alignée ; 49, ret. réduit 1 m. 50 c. ; 51, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 53, ret. réduit 70 c. ; 55, redress. ; de 2 à 40, ret. 1 m. 70 c. à 2 m. 20 c. ; de 42 à 46, ret. 2 m. à 3 m. 20 c. ; de 48 à la fin, ret. 3 m. 20 c. à 4 m. 50 c. — Portion d’égout du côté de la rue Barre-du-Bec. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Meslay (rue de).

Commence à la rue du Temple, nos 123 et 125 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 258 et 260. Le dernier impair est 71 ; le dernier pair, 64. Sa longueur est de 556 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Un arrêt du conseil, en date du 22 décembre 1696, qui prescrivit l’ouverture de la rue Vendôme, porte ce qui suit : « À l’endroit où se terminera cette nouvelle rue, il en sera formé une autre vis-à-vis, de pareille largeur de 6 toises, traversant de la rue du Temple à celle de Saint-Martin, sur le terrain de la place, d’entre le cours et le derrière des maisons de la rue Neusve-Saint-Martin, à l’effet de quoy seront, les terres de la bulle Saint-Martin, transportées sur les lieux qui seront à ce destinez. » En 1723, cette rue n’était point encore ouverte entièrement, et portait déjà le nom de Meslay qu’elle devait au sieur Rouillé de Meslay, l’un des principaux propriétaires riverains. Le 6 mars de la même année, un arrêt du conseil prescrivit l’acquisition de deux maisons, afin de déboucher cette rue du côté de la rue Saint-Martin. Pour couvrir les frais de cette acquisition, un rôle arrêté au conseil royal des finances, détermina une contribution à laquelle dut concourir chaque propriétaire de la rue de Meslay. — Une décision ministérielle du 23 brumaire an VIII, signée Quinette, et une ordonnance royale du 14 janvier 1829, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 11 m. 50 c. Presque toutes les constructions riveraines sont alignées ; la maison no 71 devra reculer de 1 m. 50 c. Le surplus n’est soumis qu’à un léger redressement. — Portion d’égout du côté de la rue du Temple. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Martin jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Messageries (rue des).

Commence à la rue d’Hauteville, nos 73 et 75 ; finit à la rue du Faubourg-Poissonnière, nos 72 et 74. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 181 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

C’était, en 1792, un passage de 21 pieds de largeur formant retour d’équerre et communiquant de la rue de Paradis à celle du Faubourg-Poissonnière. Il était fermé à ses deux extrémités par des grilles en fer, et portait le nom de passage des Messageries. À cette époque les propriétaires riverains sollicitèrent de l’autorité, la conversion de ce passage en rue. Cette autorisation fut accordée par le corps municipal dans sa séance du 18 juin 1792. « Le corps municipal a arrêté : 1o que le passage des Messageries qui communique de la rue de Paradis à celle Poissonnière (du faubourg), sera converti en rue, et qu’à cet effet, les pavillons et les grilles qui en ferment les extrémités, seront supprimés aux frais des propriétaires ; 2o que la dite rue sera portée à trente pieds de largeur, et qu’à cet effet les propriétaires sur l’un et l’autre côtés ne pourront faire aucunes constructions ou reconstructions, ni ouvrages tendant à réconforter le mur de face, au préjudice du retranchement de quatre pieds et demi que chacun d’eux sera obligé de subir gratuitement, et à fur et à mesure des dites constructions, reconstructions ou confortations pour donner trente pieds à la dite communication qui n’en a que vingt-un dans l’état actuel. Que le présent arrêté sera renvoyé au bureau municipal, pour donner le nom à la rue. » — Les conditions résultant de cet arrêté ayant été acceptées par les propriétaires, la conversion du passage en rue fut définitivement accordée, et les grilles furent supprimées. — Une ordonnance royale à la date du 27 septembre 1826, fixa à 10 m. la largeur de cette voie publique. La même ordonnance ayant autorisé le prolongement de la rue d’Hauteville jusqu’à la place de La Fayette, la partie de la rue des Messageries faisant suite à la dite rue d’Hauteville, dut prendre la dénomination de cette dernière voie publique (voyez rue d’Hauteville). Les propriétés riveraines de la rue des Messageries devront fournir gratuitement l’élargissement à 30 pieds, prescrit par le corps municipal. Les maisons portant les nos 11, 13, 29 ; 14, 16, 18 et 28, ont été rebâties à l’alignement approuvé par ordonnance royale ; les autres constructions devront subir un retranchement qui varie de 1 m. 60 c. à 1 m. 70 c. — Conduite d’eau depuis la rue d’Hauteville jusqu’à la borne-fontaine.

Messageries-Générales (passage des).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 128 et 130 ; finit à la rue de Grenelle, no 18. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Ce passage qui traverse la cour des Messageries-Générales, a été construit ainsi que cet établissement, dans le courant de l’année 1828 (voir l’article suivant). — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Messageries-Royales (passage des).

Commence à la rue Montmartre, nos 107 et 109 ; finit à la rue Notre-Dame-des-Victoires, no 22. — 3e arrondissement, quartier du Mail.

L’Université, lors de sa première institution, avait établi des messagers qui se chargeaient d’aller chercher dans les provinces et de conduire à Paris, les jeunes gens qui désiraient étudier dans la capitale. Il s’établit aussi une correspondance entre les écoliers et leurs familles. Le public prit confiance dans ces messagers, alors l’Université exploita plus en grand cette entreprise, qui lui valut des bénéfices considérables ; l’Université a constamment joui du droit des postes et messageries jusqu’en 1719, époque où fut établie l’administration des messageries et postes royales. Pour l’indemniser