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Quinze-Vingts, en vertu des lettres-patentes du 16 décembre 1779, registrées au parlement le 31 du même mois, cette rue fut exécutée sur une largeur de 7 m. 80 c. (Voir l’article de la rue de Beaujolais-Saint-Honoré.) — Elle doit sa dénomination à Louis-Réné-Édouard de Rohan-Guéménée, alors cardinal, grand aumônier de France, et en cette dernière qualité supérieur immédiat de l’hôpital royal des Quinze-Vingts. Le cardinal de Rohan, qui figura dans l’affaire du collier de la reine, était né le 23 septembre 1733, et mourut à Ettenheim le 17 février 1802. — Sous le règne de Louis XIII, les princes de Rohan avaient adopté cette devise :

« Roi ne puis,
» Duc ne daigne,
» Rohan je suis. »

Par arrêté de l’administration centrale du département de la Seine, en date du 12 thermidor an VI, cette voie publique prit le nom de Marceau, en mémoire de François-Séverin Desgraviers de Marceau, né à Chartres en 1769. Ce général se distingua en Vendée, fut blessé mortellement dans les défilés d’Altenkirchen, et expira le 21 septembre 1796, à l’âge de 27 ans. — Une décision ministérielle du 3 messidor an IX, signée Chaptal, porta à 10 m. la largeur de cette voie publique dont une partie du côté gauche fut démolie pour la formation de la place du Carrousel et du prolongement de la rue de Rivoli. En vertu d’un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, elle reprit sa première dénomination. Les constructions du côté des numéros impairs devront reculer de 1 m. 70 c. à 2 m. ; de 2 à 10, retranch. 1 m. 30 c. ; 12, ret. réduit 1 m. ; 14, ret. réduit 70 c. ; 16, 18, ret. réduit 40 c. ; de 20 à 24, redress. ; de 26 à la fin, ret. 50 c. à 1 m. — Égout et conduite d’eau entre les rues de Rivoli et Saint-Honoré. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Roi (rue du Jardin-du-).

Commence aux rues du Fer-à-Moulin et de Poliveau, no 26 ; finit aux rues Cuvier, no 37, et Copeau. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 450 m.12e arrondissement : les numéros impairs et les pairs de 2 à 16 sont du quartier Saint-Marcel ; le surplus de ce côté est du quartier du Jardin-du-Roi.

Les papiers terriers de Sainte-Geneviève la nomment, en 1603, rue des Coipeaux, parce qu’elle traversait le territoire dit Coipeaux, depuis des Coupeaux, et en dernier lieu Copeau. Sa dénomination actuelle lui a été donnée en 1636, époque de la formation du Jardin-du-Roi. — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 24 avril 1837, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 1 à 9 inclus ; 19, 21, les bâtiments de la Pitié à l’encoignure de la rue d’Orléans, et les dépendances du Jardin-des-Plantes. — Égout entre la rue de Buffon et la Bièvre. — Conduite d’eau dans toute l’étendue.

Roi-de-Sicile (rue du).

Commence à la rue des Ballets, nos 3 et 8 ; finit à la rue Vieille-du-Temple, nos 16 et 20. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 60. Sa longueur est de 329 m.7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Charles, comte d’Anjou, frère de saint Louis, fut couronné à Rome, en 1266, roi de Naples et de Sicile. Son hôtel situé à Paris, près de la rue Saint-Antoine, fut appelé palais de Sicile. Quelque temps après, on donna le même nom à la rue dans laquelle il était situé. Le palais de Sicile (aujourd’hui prison de la Force) porta successivement les noms des seigneurs qui l’habitèrent. Malgré ces changements, la rue conserva son ancienne dénomination, mais souvent abrégée ou altérée. Guillot l’indique ainsi dans le Dit des rues de Paris, vers l’année 1300 :

« En la rue du Temple alai
» Isnélement sans nul délai,
» En la rue au Roi-de-Sézille. »

Pendant la révolution, elle porta le nom de rue des Droits-de-l’Homme. — Une décision ministérielle du 23 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de la rue du Roi-de-Sicile à 8 m. Cette largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 15 octobre 1830. Propriétés de 1 à 5, retranch. 3 m. 10 c. à 4 m. ; 7, ret. réduit 4 m. 80 c. ; encoignure gauche de la rue Pavée, ret. 5 m. 90 c. ; de 13 à 35, ret. 5 m. à 6 m. ; de 37 à 43, ret. 4 m. 80 c. à 5 m. 40 c. ; maison à l’encoignure droite de la rue Cloche-Perce, 45 bis et 47, alignées ; 2, 4, ret. 3 m. 20 c. à 4 m. 90 c. ; terrain entre les nos 4 et 12, aligné ; 12, ret. réduit 1 m. 60 c. ; 14, ret. réduit 60 c. ; 16, alignée ; 18, ret. réduit 70 c. ; 20, 22, alignées ; 24, ret. 1 m. ; 26, ret. 40 c. ; 26 bis, alignée ; de 28 à 36, ret. 78 c. à 1 m. 30 c. ; de 40 à 52, alignées ; 54, 56, ret. 1 m. 03 c. à 1 m. 32 c. ; 58. 60, alignées. — Conduite d’eau dans une partie. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Roi-Doré (rue du).

Commence à la rue Saint-Louis-au-Marais, nos 59 et 61 ; finit à la rue Saint-Gervais, nos 4 et 8. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 59 m.8e arrondissement, quartier du Marais.

Elle a été ouverte en 1620. On la nomma d’abord rue Saint-François et Françoise, ensuite rue du Roi-Doré, en raison d’un buste doré de Louis XIII placé à l’une de ses extrémités. — Une décision ministérielle du 8 ventôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833. Les constructions du côté des numéros pairs sont alignées ; celles du côté opposé devront subir un retranchement de 2 m. 50 c. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Rollin (collége).

Situé rue des Postes, no 34. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Il occupe l’emplacement de la communauté dite de la Présentation Notre-Dame ou des Bénédictines Mitigées.

La dame Marie Courtin, veuve du sieur Billard de Carrouge, voulant favoriser sa nièce, religieuse du couvent des Bénédictines-Mitigées d’Arcisse, résolut de fonder à Paris une maison du même ordre dont cette parente serait prieure perpétuelle. Elle proposa en conséquence à plusieurs religieuses de se joindre à cette nièce, nommée Catherine Bachelier, à laquelle la dame Courtin fit en raison de cette réunion, une donation entre vifs de 900 livres de rente. Le contrat fut passé en 1649, et Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, permit à ces religieuses de s’établir dans une maison qu’elles avaient louée dans la rue des Postes, sous la condition qu’après la mort de sœur Bachelier, leur prieure serait triennale. La division s’étant mise entr’elles, l’archevêque fut obligé d’intervenir et de permettre à la sœur Bachelier de s’établir dans un autre endroit. Elle se plaça dans la rue d’Orléans-Saint-Marcel, avec une compagne qu’elle avait amenée d’Arcisse. Grâce aux libéralités de madame de Carrouge qui avait bien voulu élever jusqu’à la somme de 2,000 livres la rente qu’elle avait accordée, sa nièce se vit en état de demander la confirmation de son établissement ; ce qui lui fut accordé par lettres-patentes de 1656. Cette communauté s’augmenta rapidement, le local qu’elle occupait se trouvant trop étroit, elle acheta, en 1671, une maison et un jardin dans la rue des Postes. Cette propriété fut cédée par M. Olivier, greffier civil et criminel de la cour des aides, moyennant une rente de 615 fr., et sous la condition qu’on recevrait dans la communauté une jeune fille pour être religieuse de chœur, laquelle ne paierait que 200 livres de rente ; il s’en réserva la nomination sa vie durant, et après lui à ses enfants seulement.

Supprimée en 1790, cette communauté religieuse dont l’emplacement contenait une superficie de 7710 mètres, devint propriété nationale et fut vendue le 11 messidor an V. Une institution de jeunes gens s’y établit bientôt sous la direction de M. Parmentier. Acquise ensuite par une association d’anciens élèves de la communauté de Sainte-Barbe, à la tête de laquelle étaient MM. Nicolle frères, cet établissement devint collége de plein exercice en 1821, sous le nom de collége Sainte-Barbe. En 1826, la ville de Paris, déjà propriétaire des bâtiments, acheta le droit d’exploitation, et à partir de ce moment cet établissement fut administré par un comité composé de six membres choisis par le conseil municipal dans son sein. À la révolution de juillet, pour éviter toute confusion avec une autre institution également célèbre, le nom de collége Rollin fut substitué à celui de collége Sainte-Barbe. Il compte 400 pensionnaires et ne reçoit pas d’externes. On reconstruit en ce moment une grande partie des bâtiments de ce collége.

Charles Rollin, historien et recteur de l’Université de Paris, où il naquit le 30 janvier 1661, était fils d’un coutelier, et fut reçu maître dans la même profession dès son enfance. Un bénédictin des Blancs-Manteaux, dont il servait la messe, ayant reconnu dans ce jeune homme d’heureuses dispositions, lui fit donner une bourse pour faire ses études au collége du Plessis. Successivement professeur d’humanités, de rhétorique et d’éloquence, Rollin mourut en 1741.

Rollin-Prend-Gage (impasse).

Située dans la rue des Lavandières-Sainte-Opportune, entre les nos 37 et 39. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair 4. Sa longueur est de 30 m.4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

Elle existait déjà en 1280. Guillot, vers l’année 1300, la nomme rue Baudoin-Prengaie. Le registre du parlement de l’an 1311 l’appelle Rollin-Prend-Gaige. Les censiers de l’évêché lui donnent encore ce nom en 1581. Elle aboutissait à cette époque à la rue des Déchargeurs. Peu de temps après elle fut fermée de ce côté. Elle doit sa dénomination à un usurier ou prêteur sur gages qui l’habitait au commencement du XIVe siècle. Par décision du 24 juin 1826, le ministre de l’intérieur a prescrit la fermeture de cette impasse. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour l’impasse Rollin-Prend-Gage, dont la largeur n’est que de 2 m. 40 c.

Romain (rue Saint-).

Commence à la rue de Sèvres, nos 109 et 111 ; finit à la rue du Cherche-Midi, nos 102 et 104. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 164 m.10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Cette rue, ouverte au commencement du XVIIe siècle, doit son nom à Romain Rodayer, prieur de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés ; depuis, par altération, on l’appelle Saint-Romain. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de la rue Saint-Romain à 10 m. Les propriétés du côté des numéros impairs, celle no 4 et les deux murs de clôture contigus à ce numéro, sont alignés ; le surplus devra reculer de 2 m. à 2 m. 40 c. — Égout. — Conduite d’eau.

Rome (impasse de).

Située entre la rue Frépillon, no 2, et la rue au Maire, no 1. Le dernier numéro est 3. Sa longueur est de 18 m.6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

La rue au Maire se prolongeait autrefois jusqu’à celle du Temple, et depuis cette rue jusqu’à celle Frépillon, on la nommait au XIVe siècle rue des Cordiers. Cette partie fut plus tard convertie en une impasse, et prit d’une enseigne le nom du Puits-de-Rome. Depuis 1806, on dit simplement impasse de Rome. — Une ordonnance royale du 16 mai 1833 a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Sa largeur actuelle n’est que de 1 m. 70 c. environ. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranchement de 6 m. environ ; celles du côté droit devront reculer de 2 m. 60 c. environ.

Rome (passage et cour de).

Commencent à la rue des Vertus, no 7 ; finissent à la rue des Gravilliers, no 28, et à l’impasse de Rome, no 1 bis. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Ils ont été formés au commencement de ce siècle, et doivent leur nom à l’impasse de Rome.

Rome (rue de).

Commence à la rue de Stockolm ; finit à la place d’Europe. Pas de numéro. Sa longueur est de 115 m.1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette rue a été ouverte sur les terrains appartenant à MM. Jonas Hagerman et Sylvain Mignon, en vertu de l’ordonnance royale du 2 février 1826. Elle a 15 m. de largeur. Sa dénomination est celle de la capitale des états de l’Église. (Voyez rue d’Amsterdam.)

Roquepine (rue de).

Commence à la rue d’Astorg, nos 19 et 21 ; finit à la rue de la Ville-l’Évêque, nos 48 et 50. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 111 m.1er arrondissement, quartier du Roule.

Autorisée par lettres-patentes du 4 mars 1774, registrées au parlement le 6 septembre 1775, cette voie publique fut ouverte en mai 1776, sur les terrains appartenant en partie à Louis d’Astorg d’Aubarède, marquis de Roquepine, lieutenant-général des armées du roi. La largeur de cette rue fut fixée à 30 pieds. D’autres lettres-patentes à la date du 24 juillet 1778, ordonnèrent que cette rue serait prolongée jusqu’à celle d’Anjou. Ce projet ne fut point exécuté (voyez rue d’Astorg). La largeur primitive de la rue de Roquepine a été portée à 10 m., en vertu d’une décision ministérielle du 1er messidor an XII, signée Chaptal, et à 12 m. par une ordonnance royale du 27 septembre 1836. Les propriétés du côté des numéros impairs et celles nos 12 et 14 sont alignées ; le surplus devra reculer de 1 m. 90 c. à 2 m. 40 c. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Roquette (rue de la).

Commence à la place de la Bastille, no 9, et à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, no 1 ; finit au chemin de ronde de la barrière d’Aunay. Deux séries de numéros : le dernier impair jusqu’à la rue de la Folie-Regnault est 113 ; le dernier pair, 112 bis. Depuis cette rue jusqu’au chemin de ronde, le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 1,520 m. — 8e arrondissement : de 1 à 15 et de 2 à 32, quartier du Faubourg-Saint-Antoine ; le surplus dépend du quartier Popincourt.

1re Partie comprise entre la place de la Bastille et la rue des Murs-de-la-Roquette. — Elle a été ouverte sur le territoire de la Roquette. Roquette est une plante crucifères à fleurs jaunes qui croît abondamment dans les lieux incultes. — Une décision ministérielle du 3 prairial an IX, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m.

2e Partie comprise entre la rue des Murs-de-la-Roquette et celle de la Folie-Regnault. — Une décision ministérielle du 12 décembre 1818 prescrivit la formation de cette rue sur l’emplacement du couvent des religieuses hospitalières de la Roquette. La largeur de ce percement fut fixée à 10 m.

3e Partie comprise entre la rue de la Folie-Regnault et le chemin de ronde. — Son emplacement était occupé en partie par la rue Saint-André, mais cette voie publique dut changer de direction pour se rattacher au prolongement dont il est parlé au paragraphe précédent.

Une ordonnance royale du 6 mai 1827 a fixé, ainsi qu’il suit, l’alignement de la partie de la rue de la Roquette qui s’étend de la rue Louis-Philippe au chemin de ronde, savoir : depuis la rue Louis-Philippe jusqu’à celle des Murs-de-la-Roquette, à 13 m., moindre largeur ; depuis cette dernière jusqu’aux rues Saint-Maur et de la Muette, à 10 m. ; à partir de ces dernières jusqu’à la rue de la Folie-Regnault, à 30 m., et depuis cette rue jusqu’au chemin de ronde, à 10 m. Pour le surplus de la rue de la Roquette, c’est la décision ministérielle de l’an IX qui est encore en vigueur. Suivant cette décision et l’ordonnance précitée, les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 1 à 13 inclus ; partie du no 17, 19 ; de 41 à 55 inclus ; 67, 67 bis, 67 ter ; de 83 à 111, et de la rue de la Folie-Regnault au chemin de ronde ; de 2 à 30 inclus ; de 46 à 50 inclus ; partie de 52 ; de 54 à 58 inclus ; 78 bis ; de 82 à 88 bis, 90, et de 92 au chemin de ronde. — Égout et conduite d’eau depuis la place de la Bastille jusqu’aux deux prisons. — Éclairage au gaz entre la place et la rue Daval (compe Parisienne) ; surplus (compe de Belleville).

La propriété no 51 a été longtemps habitée par Michel-Jean Sédaine, l’un des créateurs de l’Opéra-Comique. Ses pièces font encore la richesse de ce théâtre. Il suffira de citer Richard-Cœur-de-Lion et le Déserteur. Sédaine a donné aux Français deux charmantes comédies qui sont restées au répertoire : le Philosophe sans le savoir et la Gageure imprévue.

Couvent des Hospitalières de la Roquette. — Les Hospitalières-de-la-Charité-Notre-Dame, aidées par la duchesse de Mercœur, achetèrent, le 30 janvier 1636, une autre maison située dans le territoire de Popincourt, et connue sous le nom de la Rochette ou la Roquette. Ces religieuses y établirent un nouvel hôpital avec une chapelle dédiée à saint Joseph. Les lettres-patentes confirmant cette fondation, sont du mois d’octobre 1639. Les deux maisons de la place Royale et de la Roquette ne formaient qu’un seul établissement ; mais en 1690, les religieuses de la Roquette, dont le nombre s’élevait à quatre-vingts, obtinrent de l’archevêque de Paris un décret qui ordonna leur séparation. Les religieuses de la Roquette étaient désignées sous le nom d’Hospitalières-Saint-Joseph, pour les distinguer des Hospitalières-de-la-Charité-Notre-Dame. Cet hôpital contenait avant la révolution dix-neuf lits destinés aux femmes vieilles et infirmes. Supprimé vers 1790, il devint plus tard propriété des hospices et fut aliéné en huit lots les 16 septembre 1817 et 8 avril 1823. Sur son emplacement ont été prolongées les rues de la Roquette et Saint-Maur.

Roquette (rue des Murs-de-la-).

Commence à la rue de la Roquette, no 110 ; finit à la rue de la Muette, no 31. Pas de numéro. Sa longueur est de 326 m.8e arrondissement, quartier Popincourt.

Le côté gauche de cette rue était bordé par les murs du couvent des religieuses hospitalières de la Roquette. Elle est ainsi indiquée sur les plans de Jaillot et de Verniquet. — Une ordonnance royale du 6 mai 1827 a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions du côté gauche devront reculer de 4 m. à 4 m. 40 c. ; celles du côté opposé sont à l’alignement.

La rue des Murs-de-la-Roquette, qui forme équerre, est fermée à ses deux extrémités ; elle n’est ni pavée ni éclairée.

Rosiers (rue des).

Commence à la rue des Juifs, no 21, et à l’impasse Coquerelle ; finit à la rue Vieille-du-Temple, nos 50 et 52. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 48. Sa longueur est de 171 m.7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Cette rue, presqu’entièrement bâtie en 1230, portait en 1233 le nom de rue des Rosiers ; elle faisait un retour d’équerre et aboutissait à la rue du Roi-de-Sicile. Cette dernière partie forme aujourd’hui la rue des Juifs. — Une décision ministérielle du 13 ventôse an VII, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 15 octobre 1830, sa moindre largeur est portée à 11 m. Maison à l’encoignure de la rue des Juifs, retranch. réduit 3 m. 90 c. ; 3, ret. réduit 3 m. 40 c. ; 5, ret. réduit 2 m. 70 c. ; 7, 9, ret. réduit 1 m. 60 c. ; 11, ret. réduit 50 c. ; 13, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 15, ret. réduit 2 m. ; 17, ret. réduit 5 m. ; 19, ret. réduit 4 m. ; 21, ret. réduit 3 m. 40 c. ; 23, ret. réduit 2 m. 90 c. ; 25, ret. réduit 2 m. 10 c. ; 27, redress. ; 29, 31, alignées ; 33, ret. 50 c. ; 35, ret. 30 c. ; 2, ret. réduit 60 c. ; 4, ret. réduit 1 m. 10 c. ; 6, 8, ret. 1 m. 30 c. à 2 m. ; 10, ret. réduit 2 m. 40 c. ; 14, ret. réduit 3 m. 30 c. ; 18, ret. réduit 4 m. ; 20, ret. réduit 3 m. 90 c. ; 24, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 26, ret. réduit 80 c. ; de 28 à 32, redress. ; 34, ret. réduit 60 c. ; 36, ret. réduit 1 m. 50 c. ; 38, ret. réduit 2 m. 30 c. ; 42, ret. réduit 4 m. 70 c. ; 44, ret. réduit 5 m. 80 c. ; 46, 48, ret. 6 m. 70 c. à 7 m. 90 c. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Rouen (impasse de la cour de).

Située entre les rues du Jardinet, no 13, et de l’Éperon, no 10. Sa longueur est de 71 m.11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Elle tire sa dénomination de sa proximité de l’hôtel de l’archevêque de Rouen. Henri II avait fait construire dans cette cour plusieurs grands bâtiments pour sa maîtresse Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois. — Une décision ministérielle du 28 prairial an IX, signée Chaptal, a fixé à 7 m. la moindre largeur de cette impasse.

Rougemont (rue).

Commence au boulevart Poissonnière, nos 14 et 22 ; finit à la rue Bergère, nos 7 ter et 11. Pas encore de numéro. Sa longueur est de 114 m.2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

En 1843, on admirait encore sur le boulevart Poissonnière un magnifique jardin qui précédait un hôtel dont l’entrée était dans la rue Bergère. Cette belle propriété appartenait, en 1765, à M. Lenormant de Mézière, qui avait fait construire les bâtiments vers 1754. Cet immeuble fut possédé successivement par MM. Marquet de Peyre, fermier-général, de Boulainvilliers et de Cavanac. En 1807, M. Rougemont de Lowenberg en fit l’acquisition. Après la mort de ce dernier, ses héritiers conçurent le projet d’ouvrir une rue sur l’emplacement de cette propriété.

Une ordonnance royale du 31 janvier 1844, porte : « Article 1er. Les héritiers Rougemont de Lowenberg sont autorisés à ouvrir sur des terrains qui leur appartiennent une rue de 13 m. de largeur, etc… La présente autorisation leur est accordée à la charge par eux de céder gratuitement à la Ville le sol de la voie nouvelle et de se conformer, en outre, à toutes les conditions énoncées tant dans la délibération du conseil municipal, en date du 23 avril 1843, que dans l’avis du conseil des bâtiments civils en date du 31 juillet de la même année, etc. »

Les principales conditions imposées par le conseil municipal aux héritiers Rougemont, sont celles ci-après : « de faire établir à leurs frais le premier pavage de la d. rue en chaussée bombée et en pavés durs d’échantillon ; de supporter les frais de relevé à bout de ce pavage, ceux d’établissement des bornes-fontaines nécessaires au lavage des ruisseaux, même dans le cas où le sommet des pentes exigerait qu’elles fussent posées dans les rues voisines ; de supporter pareillement les frais d’établissement, depuis la conduite la plus voisine, des tuyaux nécessaires à l’alimentation de ces bornes-fontaines et à la distribution des eaux dans toute la longueur de la rue ; de faire établir les embranchements et les bouches d’égout indispensables pour l’absorption des eaux de la nouvelle rue ; les d. travaux de pavage, de bornes-fontaines, de tuyaux et d’égouts devront être exécutés sous la direction des ingénieurs, conformément aux plans et dans les dimensions qui seront arrêtées par l’administration ; de supporter les frais d’établissement et de pose du matériel pour l’éclairage au gaz ; de faire de chaque côté de la nouvelle rue des trottoirs en granit avec ruisseaux refouillés dans les bordures, suivant le plan qui en sera arrêté par l’administration ; d’assurer à toujours, par les soins d’un cantonnier, le balayage de la chaussée, des trottoirs et des ruisseaux aux frais des propriétaires riverains et conformément aux prescriptions de la police. »

Les autres conditions se rattachent au mode des constructions à établir dans la nouvelle rue.

Ce percement, immédiatement exécuté, a reçu, en vertu d’une décision ministérielle du 21 juin 1844, le nom de rue Rougemont.

M. Rougemont de Lowenherg, Neufchâtellois, banquier à Paris pendant plus de 50 ans, est mort le 5 août 1839.

Roule (abattoir du).

Circonscrit par les avenues de Munich, de Plaisance, les rues de la Bienfaisance et de Miroménil. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cet abattoir, qui a été construit sous la direction de M. Petit-Radel, architecte, et dont la première pierre a été posée le 10 avril 1810, occupe une superficie de 23,000 m. Dans l’ouvrage que nous avons cité à l’article Abattoirs, M. Bruyère s’exprime ainsi sur cet établissement : « L’abattoir du Roule, placé sur un terrain en pente, a exigé une forte coupure dont les déblais ont servi à niveler le sol, et à former une esplanade en avant de l’entrée. On y parvient par une belle avenue, et des plantations faites au pourtour l’isoleront des habitations dont il pourra être environné par la suite. Des voûtes adossées à la montagne soutiennent les terres, servent de remises et d’écuries, et offrent dans leurs parties supérieures une terrasse spacieuse plantée d’arbres. Ces avantages particuliers lui donnent un aspect plus agréable qu’on ne l’attendait d’un édifice de cette espèce. » (Voir l’article Abattoirs.)

Roule (barrière du).

Située à l’extrémité de la rue du Faubourg-du-Roule.

Cette barrière consiste en un bâtiment décoré de quatre avant-corps, avec couronnement et dôme. Elle renferme dans Paris, depuis 1780, l’ancien village du Roule, dont elle a pris le nom et qui avait été érigé en faubourg, en vertu des lettres-patentes du 12 février 1722. Ce village était, selon l’opinion d’un grand nombre de savants, le Crioilum dont il est parlé dans la vie de saint Éloi. Des actes du XIIIe siècle nomment ce hameau Rolus, Rotulus, dont on a fait Rolle, et en dernier lieu Roule. (Voir l’article Barrières.)

Roule (chemin de ronde de la barrière du).

Commence à la rue du Faubourg-du-Roule et à la barrière du Roule ; finit à l’avenue des Champs-Élysées et à la barrière de l’Étoile. Pas de numéro. Sa longueur est de 488 m.1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

La partie circulaire de ce chemin est indiquée sur le plan de Verniquet. Le surplus n’était point ouvert en 1789. On n’a commencé à y bâtir qu’en 1837. (Voir l’article Chemins de ronde.)

Roule (rue du).

Commence aux rues des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, no 4, et Béthisy, no 20 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 77 et 79. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 116 m.4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

Arrêt du conseil-d’état du roi. — « Sur ce qui auroit été représenté au roi en son conseil par les prévôt des marchands et échevins de sa bonne ville de Paris, que quelques entrepreneurs de maisons à Paris ayant fait l’acquisition de l’hôtel du sieur Président des Maisons, rue Béthisy, où étoit ci-devant la douane, y désireroient faire ouverture d’une nouvelle rue en face de la rue des Prouvaires, rue Saint-Honoré, qui conduiroit à travers de la rue de la Monnaie au bout du Pont-Neuf, et par ce moyen donneroit une très grande et facile communication du quartier Saint-Eustache au faubourg Saint-Germain, ce qui ne seroit pas seulement une belle décoration pour la ville, mais une très grande commodité pour le public, etc. Le roi étant en son conseil a ordonné et ordonne que la dite nouvelle rue sera ouverte suivant le plan (qui fixait la largeur à 5 toises), etc… Fait au conseil-d’état du roi le dernier janvier 1689. » — Ce percement si utile ne tarda pas être exécuté. On lui donna le nom de rue du Roule, en raison de l’ancien fief du Roule. Le chef-lieu de ce fief était situé à l’encoignure des rues du Roule et des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois. — Une décision ministérielle du 20 mai 1817 fixa la largeur de la rue du Roule à 11 m. En vertu d’une ordonnance royale du 15 janvier 1844, cette largeur est portée à 13 m. Propriétés du côté des numéros impairs, retranch. 1 m. 90 c. à 2 m. 30 c. ; propriétés du côté opposé, ret. 1 m. 10 c. à 1 m. 60 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Roule (rue du Faubourg-du-).

Commence aux rues d’Angoulême, no 33, et de la Pépinière, no 86 ; finit aux chemins de ronde des barrières du Roule et de Courcelles. Le dernier impair est 87 ; le dernier pair, 112. Sa longueur est de 1,050 m. — 1er arrondissement : les numéros impairs, quartier des Champs-Élysées ; les numéros pairs, quartier du Roule.

Des actes du XIIIe siècle indiquent un village nommé Rolus, Rotulus, dont on a fait par corruption Rolle, et ensuite Roule. Par lettres-patentes du 12 février 1722, il fut érigé en faubourg de Paris. En vertu d’une déclaration du 10 février 1765, le roi permit d’établir des constructions dans la rue du Faubourg-du-Roule, depuis la rue de la Pépinière jusqu’à celle de Chaillot. — Deux décisions ministérielles, l’une du 28 messidor an V, signée Benezech, l’autre du 4 mars 1822, ont fixé la moindre largeur de la rue du Faubourg-du-Roule à 13 m. Les maisons ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 1 à 21 inclus ; de 31 à 37 inclus ; de 47 à 55 inclus ; partie de 57, 59 ; 63, 65, partie de 69 ; de 73 à 77 inclus ; de 83 à la fin ; 20, 22 ; de 26 à 36 inclus ; 46, 48, 48 bis ; 52, 54 ; 76 ; de 86 à la fin. — Portion d’égout du côté de la rue d’Angoulême. — Conduite d’eau depuis cette rue jusqu’aux deux bornes-fontaines situées près de l’avenue Sainte-Marie. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Rousseau (rue Jean-Jacques-).

Commence à la rue Coquillière, nos 16 et 18 ; finit à la rue Montmartre, nos 25 et 27. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 197 m.3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.

Cette rue, habitée dès 1283, s’appelait rue Maverse où il y une Plâtrière ; ensuite rue Plâtrière seulement. Elle devait ce nom à une plâtrière qu’on y avait établie au commencement du XIIIe siècle. Le corps municipal, dans sa séance du 4 mai 1791, arrêta que cette voie publique prendrait le nom de rue Jean-Jacques-Rousseau, en mémoire de l’immortel auteur d’Emile, qui habita un petit appartement au 4e étage de la maison no 2. — Une décision ministérielle du 25 ventôse an XIII, signée Champagny, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Dans le courant de l’année 1816, un arrêté avait été pris par l’administration pour rendre à cette rue son nom primitif de Plâtrière, mais cet arrêté fut presqu’immédiatement rapporté. — En vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828, la largeur de la rue Jean-Jacques-Rousseau a été portée à 11 m. Maisons de 1 à 5, retranchement 2 m. à 2 m. 90 c. ; dépendances des Postes, ret. 70 c. à 2 m. ; de 11 à 21, ret. 60 c. à 80 c. ; 23, ret. réduit 1 m. ; 2, ret. 1 m. 50 c. ; 4, ret. 90 c. ; 4 bis, alignée ; de 6 à 10, ret. 1 m. 60 c. à 2 m. ; 12, 14, ret. 2 m. à 2 m. 30 c. ; 16, ret. 1 m. ; 18, 20, ret. 2 m. 50 c. à 2 m. 90 c. ; de 22 à la fin, ret. 2 m. 90 c. à 3 m. 40 c. — Conduite d’eau depuis la rue Coquillière jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compes Française et Anglaise).

Jean-Jacques Rousseau naquit à Genève le 28 juin 1712, et mourut à Ermenonville le 3 juillet 1778.

Au no 20 était située la communauté de Sainte-Agnès. Léonard de Lamet, curé de Saint-Eustache, avait conçu l’idée d’un établissement dont le but était de procurer aux jeunes filles pauvres de ce quartier un moyen honnête d’existence, en leur apprenant gratuitement la couture, la broderie et la tapisserie. Plusieurs dames pieuses lui donnèrent les moyens de mettre ce projet à exécution. Cette maison ne fut d’abord composée que de trois sœurs mais en 1681, trois années après sa fondation, on y comptait déjà quinze sœurs-maîtresses qui donnaient des leçons à plus de deux cents jeunes filles. Le roi Louis XIV, convaincu des avantages que la classe indigente devait retirer d’un établissement si utile, le confirma par lettres-patentes du mois de mars 1682, registrées le 28 août 1683. La même année, l’illustre Colbert leur fit don de 500 livres de rente. La communauté de Sainte-Agnès fut supprimée en 1790 ; les bâtiments devinrent propriétés nationales et furent vendus le 23 ventôse an III.

Rousselet-Champs-Élysées (rue).

Commence à l’avenue Matignon, no 15, et à la rue Matignon, no 1 ; finit à la rue Montaigne, nos 22 et 24. Pas de numéro. Sa longueur est de 118 m.1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

En 1769, on la trouve indiquée sous le nom de ruelle Rousselet ; elle s’étendait alors jusqu’au chemin remplacé depuis par la rue du Colisée. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour la rue Rousselet, dont la largeur actuelle est de 9 m. 80 c.

Rousselet-Saint-Germain (rue).

Commence à la rue Plumet, nos 17 et 19 ; finit à la rue de Sèvres, nos 88 et 90. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 274 m.10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

En 1672, c’était un chemin appelé chemin des Vachers, aux vaches. En 1721, elle reçut d’un propriétaire le nom de rue Rousselet. — Une décision ministérielle du 3 prairial an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les maisons du côté des numéros impairs et celles nos 8, 10, 12 et 14 ne sont pas soumises à retranchement. Le surplus devra reculer de 1 m. 10 c. à 1 m. 40 c.

Royale (place).

Commence à la rue Royale, nos 11 bis et 18 ; finit à la rue de la Chaussée-des-Minimes, nos 1 et 2. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 28. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

§ Ier. — Palais des Tournelles.Marché aux Chevaux. — Faits historiques.

La place Royale occupe une partie du terrain sur lequel s’élevait l’ancien palais des Tournelles. Cette demeure royale, dont nous allons rappeler l’origine, était située en face de l’hôtel Saint-Paul, et renfermait l’emplacement aujourd’hui limité par les rues des Tournelles, Neuve-Saint-Gilles, Saint-Louis, du Val-Sainte-Catherine et Saint-Antoine.

Le palais des Tournelles n’était au commencement du XIVe siècle qu’un simple hôtel que Pierre d’Orgemont, seigneur de Chantilly, chancelier de France et de Dauphiné, fit rebâtir vers 1390. Pierre d’Orgemont, évêque de Paris et fils du précédent, vendit le 16 mai 1402 cette habitation au duc de Berri, frère de Charles V, moyennant 14,000 écus d’or. Cet hôtel appartint ensuite au roi Charles VI, et dans les registres capitulaires de Notre-Dame il est qualifié, en 1417, de Maison royale des Tournelles.

Charles VI, pendant sa démence, et le duc de Bedfort, régent de France pour le roi d’Angleterre, ont habité l’hôtel des Tournelles.

Bedfort comptait si bien sur la puissance anglaise, qu’il voulut faire réparer et agrandir pour son usage particulier la demeure des rois de France. À cet effet, il acheta aux religieux de Sainte-Catherine, moyennant la somme de deux cents livres, douze arpents de terre qui faisaient partie de leur culture. Mais bientôt, grâce au courage d’une jeune paysanne, Charles VII ramena sa bannière triomphante dans le palais des Tournelles.

Cette habitation était aussi riche et aussi vaste que l’hôtel Saint-Paul. Elle renfermait plusieurs corps de bâtiments avec chapelles. On y comptait douze galeries, deux parcs, sept jardins, et la distribution des appartements était semblable à celle des autres maisons royales.

On y remarquait la chambre du conseil dont les ornements étaient de la plus grande magnificence ; la galerie des Courges, ainsi nommée des courges vertes peintes sur les murailles. Cette galerie avait été élevée par l’ordre du duc de Bedfort, en 1432. Sur le comble couvert de tuiles, étaient dessinées les armes du régent et ses devises environnées de six bannières avec ses armoiries.

Le 23 août 1451 eut lieu, au palais des Tournelles, la représentation de la danse macabre devant le duc Charles d’Orléans. Guillemin Girost et ses compagnons, qui exécutèrent cette danse, reçurent une gratification de 4 livres 2 sols 6 deniers tournois.

Une partie de l’hôtel des Tournelles portait le nom de logis du Roi. La porte d’entrée était décorée d’un écusson aux armes de France, peint par Jean de Boulogne. — Louis XI y fit construire une galerie qui traversait la rue Saint-Antoine et aboutissait à l’hôtel de Madame d’Étampes.

Louis XII mourut au palais des Tournelles, le 1er janvier 1515. « Lorsque les clocheteurs des trépassés, dit un historien contemporain, allèrent par les rues avec les clochettes, sonnant et criant : le bon roy Loys, le père du peuple, est mort, ce fut une désolation dans Paris, telle qu’on n’en avoit jamais vue au trépassement d’aucun roy.»

François Ier vint rarement habiter ce manoir qu’il dédaignait pour s’occuper de Fontainebleau et du Louvre. Son successeur Henri II y ramena les plaisirs, et le palais des Tournelles jeta son plus vif et son dernier éclat.

Chaque jour le roi se plaisait à inventer des fêtes, des tournois, des joutes d’amour en l’honneur des dames. — À l’un de ces tournois où la cour était présente, au plus bel instant de la joie générale, sous les yeux et sous l’admiration de la belle duchesse de Valentinois, dont il portait les couleurs, le roi Henri voulut joûter avec le comte de Montgommeri, capitaine de la garde écossaisse. Le choc fut si violent, qu’un des éclats de la lance du comte atteignit le visage du roi, après avoir brisé la visière de son casque. Henri fut porté sans connaissance à l’hôtel des Tournelles, où il expira le 15 juillet 1559. — À dater de cette mort, ce palais devint comme un lieu de malédiction. Mille terreurs superstitieuses assiégeaient les habitants de ce triste manoir qui fut bientôt abandonné.

Lettres-patentes pour la vente des places de l’hôtel des Tournelles et d’Angoulême.

28 janvier 1563. — « Charles, par la grâce de Dieu, Roy de France, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. — Nous avons été bien et dûment avertis et informez qu’en notre ville de Paris, il y a plusieurs places et maisons étant de notre vray et ancien domaine qui de présent sont rendues inutiles et ruineuses dont ne tirent aucun profit et bien petit de commodité, et néantmoins seroient fort propres et utiles et convenables à bâtir et édifier plusieurs beaux logis et demeures fort nécessaires, pour y retirer bon nombre de peuple qui afflue de jour en jour et vient habiter en notre dite ville dont la plus part sont contraints faire maisons et bâtiments hors le tour et enclos d’icelle, pour n’y pouvoir plus trouver place à bâtir, et même notre hôtel des Tournelles et d’Angoulesme assis rue Saint-Antoine, lesquels, comme il est évident, tombent chacun jour partie après l’autre, et est impossible de les pouvoir réparer ni mettre en sûr état pour y habiter, sans y employer une si grande somme de deniers qu’il nous est à présent du tout impossible d’y faire fournir, ayant égard à l’état de nos finances et à nos urgentes affaires ainsi pressez que chacun sait. Par quoy, pour éviter la totalle ruine des dits hôtels et la perte des matériaux des bâtiments qui y restent à présent debout, est requis et nécessaire faire bailler et distribuer nos dits hôtels des Tournelles et d’Angoulesmes, ainsi qu’ils se poursuivent et comportent avec les appartenances et dépendances par places et portions divisées et séparées à cens et perpétuité portant lods et ventes, saisines et amendes, et moyennant aussi quelques sommes de deniers pour une fois de sort principal et achat qui s’en fera dont nous en reviendroit de gros deniers des quels nous nous pourrions prévaloir et ayder en nos dites affaires mêmement à édifier et construire notre château du Louvre et autres bâtiments que nous voulons être construits en notre dite ville de Paris, èsquels nous avons délibéré loger et non plus aux d. Tournelles, etc. — Pour ces causes et autres bonnes et justes considérations à ce nous mouvant, avons par l’avis de notre Reyne, notre très honnorée dame et mère, des princes de notre sang et autres seigneurs de notre privé conseil, dit, etc… que notre d. hôtel des Tournelles, ainsi qu’il se poursuit et comporte, appartenances et dépendances d’iceluy, soient et demeurent disjoints et désunis hors de notre domaine et vendus et alliénez à perpétuité, et à cette fin adjugez aux plus offrants et derniers enchérisseurs, etc. — Donné à Saint-Maur-des-Fossés, ce vingt-huitième jour de janvier, l’an de grâce 1563 et de notre règne le quatrième, signé Charles. » — (Archives du royaume, section domaniale, série 9, no 1, 234.)

Ces lettres-patentes furent exécutées. Sur une partie de l’emplacement du parc des Tournelles on établit un Marché aux Chevaux, qui devint sous le règne de Henri III le théâtre d’un duel fameux. — La reine de Navarre, sœur du roi, qui partageait la haine de la reine-mère contre les Mignons dont l’outrecuidance était désordonnée, excita, dit-on, à dessein, une querelle qui s’éleva dans la cour du Louvre, entre Quélus, favori du roi, et Balzac d’Entragues, attaché au duc de Guise. Le 27 avril 1578, à cinq heures du matin, Quélus, accompagné de Maugiron et Livarot, attendait son adversaire au coin du Marché aux Chevaux. D’Entragues arriva bientôt suivi de Riberac et de Scomberg. Ils croisent le fer ! « Maugiron et Scomberg, qui n’avaient que dix-huit ans, furent tués roides, dit Saint-Foix. Riberac mourut le lendemain. Livarot, d’un coup sur la tête, resta six semaines au lit. D’Entragues ne fut que légèrement blessé. Quélus, de dix-neuf coups qu’il avait reçus, languit trente-trois jours et mourut entre les bras du roi, le 29 mai, à l’hôtel de Boissy, dans une chambre qu’on peut dire avoir été sanctifiée depuis, servant à présent de chœur aux filles de la Visitation Sainte-Marie. » — Henri III fit faire de magnifiques funérailles en d’honneurs de ses favoris, leur éleva des tombeaux de marbre dans l’église Saint-Paul, que l’Estoile appela le sérail des Mignons.

§ II. — Place Royale.

Parmi les rois jaloux d’embellir la capitale, Henri IV doit être mis au premier rang. Le document suivant atteste également toute la sollicitude du prince pour le commerce et les manufactures.

Lettres-patentes confirmant les contrats faits à divers des terrains de la Place Royale.

Juillet 1605. « Henry, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à tous présents et advenir, salut. Ayant délibéré pour la commodité et l’ornement de nostre bonne ville de Paris, d’y faire une grande place bastye des quatre costez, la quelle puisse estre propre pour ayder à establir les manufactures des draps de soye et loger les ouvriers que nous voullons attirer en ce royaume, le plus qu’il se pourra et par mesme moyen puisse servir de promenoir aux habitans de nostre ville, les quelz sont fort pressez en leurs maisons à cause de la multitude du peuple qui y afflue de tous costez, comme aussy aux jours de réjouissances lorsqu’il se faict de grandes assemblées et à plusieurs autres occasions qui se rencontrent aux quelles telles places sont du tout nécessaires, nous avons résolu en nostre conseil au quel estoient plusieurs princes, officiers de nostre couronne et aultres de nostre dict conseil, de destiner à cest effect le lieu à présent appelé le Marché aux-Chevaulz, anciennement le parc des Tournelles, et que nous voullons estre doresnavant nommé la Place Royalle, et par leur advis avons faict marquer une grande place vis-à-vis du logis qui a esté basty depuis peu par les entrepreneurs des manufactures, contenant soixante-douze thoises en carré, et avons baillé les places qui se sont trouvées nous appartenir autour du dict carré et celles pour les quelles nous avons récompensé les particuliers à ceulz qui se sont présentez pour y bastir selon nostre desseing, et pour cest effect leur avons délaissé les dictes places comme il est porté par les contractz attachez soubz nostre contrescel, à la charge de païer par an pour chacune des dictes places en la recepte de nostre domaine de Paris, ung escu d’or sol, et en oultre de bastir sur la face des dictes places chacun ung pavillon ayant la muraille de devant de pierre de taille et de brique, ouverte en arcades et des galleryes en dessoubs avec des boutiques pour la commodité des marchandises selon le plan et les ellévations qui en ont été figurées, tellement que les trois costez qui sont à faire pour le tour de la dicte place devant le dict logis des manufactures soient tous bastiz d’une mesme cimettrie pour la décoration de nostre dicte ville, pour le plus grand ornement de la quelle nous avons désir faict les marchez pour faire bastir ung pavillon à noz despens à l’entrée de la dicte place sur la rue que nous faisons percer pour y entrer par la rue Sainct-Anthoine. A ces causes avons par nostre présent édict perpétuel et irrévocable, dict, statué et ordonné, disons, statuons et ordonnons, voulons et nous plaist que les dictes places par nous vendues, ceddées, etc… soient et demeurent à perpétuité aux personnes y dénommées pour culz, leurs hoirs et ayant cause, à la charge d’en païer par chacun an le dict escu d’or de cens, portant lods, vente, saisine, quand le cas y escherra, selon les us et coutumes de nostre dicte bonne ville, prévosté et vicomté de Paris, et oultre à la charge d’y faire les bâtiments contenuz aux dictz contractz par les quelz nous leur avons transporté comme nous faisons par nostre présent édict, tous les droicts de propriettez des dictes places, et sans que les dicts pavillons estans sur la face de la dicte place Royale puissent estre divisés et séparés entre cohéritiers ny aultres, voullant que pour la conservation des chambres respondantes sur la dicte place, les quelles pourroient estre gastées par les partages et séparations, les dicts cohéritiers ou aultres en jouissent par indivis ou s’en donnent récompense. — Donné à Paris au mois de juillet, l’an de grâce mil six cent cinq, et de nostre règne le seizième ; signé Henry. Signé sur le reply, par le roy : de Neufville, à costé visa et scellées sur lacz de soye rouge et verd en cire verte du grand scel. Enregistré, ouy le procureur général du roy à Paris en parlement, le cinquième jour d’aoust, l’an mil six cent cinq. Signé Voisin. » (Archives du royaume, section judiciaire. Ordonnances de Henry IV. 3e volume, XX, fo 284).

La joie du Parisien fut bien vive, lorsqu’il vit s’élever pour remplacer des maisons tristes et malsaines, de superbes habitations, au milieu desquelles on lui avait réservé un espace ouvert à la promenade, au repos, aux doux loisirs. C’était la première fois que la royauté s’occupait avec tant de sollicitude du public.

Sous la régence de Marie de Médicis, en 1612, la place Royale fut le théâtre d’une fête donnée en réjouissance du traité de paix avec l’Espagne. — « La reine, dit M. Bazin, avait commandé au duc de Guise, au duc de Nevers et au comte de Bassompierre, d’être les tenants d’un divertissement en forme de carrousel ou tournoi ; mais seulement pour courir la quintaine et la bague, sans combat d’homme à homme, dont la lice serait dans la place Royale depuis peu bâtie par Henri IV, s’en rapportant, disait-elle, à ces trois seigneurs pour surpasser tout ce que pourraient faire à Madrid les Espagnols. » Le prince de Joinville et le comte de la Châtaigneraie se joignirent aux tenants et arrêtèrent le programme du spectacle. On les appelait Chevaliers de la Gloire. Chargés de la garde du Temple de la Félicité, ils étaient prêts à combattre contre tous ceux qui tenteraient d’y pénétrer. Leur défi était signé : Alcindor, Léontide, Alphée, Lysandre, Argant ; le lieu indiqué, à la place Royale de l’abrégé du monde. Tous les grands seigneurs jeunes, alertes, se disposèrent à se ruiner pour paraître galamment à cette joyeuse solennité. On bâtit sur cette place le palais allégorique. Autour du camp gardé par des soldats, s’élevaient des échafauds dont la hauteur atteignait un premier étage. À côté de l’enceinte quatre estrades avaient été réservées pour le roi et ses sœurs, pour la reine-mère et pour les juges du camp, qui étaient le connétable et quatre maréchaux de France. Les toits des maisons étaient couverts de spectateurs. La foule entassée, se pressait tellement derrière les gardes, qu’il fallut plusieurs heures pour permettre à tous ceux qui remplissaient des rôles, de pénétrer dans l’espace réservé au tournoi. L’équipage des tenants était composé de cinq cents hommes, archers, hérauts, trompettes, estafiers, etc., plus, deux cents chevaux précédant un chariot d’armes, un rocher roulant chargé de musique et un char triomphal dans lequel étaient assises plusieurs divinités qui récitaient des pièces de poésie. Alors s’avancèrent les Chevaliers du Soleil, conduits par le prince de Conti sous le nom d’Aristée ; puis les Chevaliers du Lys, suivant le duc de Vendôme ; les deux Amadis, représentés par le comte d’Ayen et le baron d’Uxelles ; le Percée Français, sous les traits de Henri de Montmorency, fils du connétable ; le duc de Retz à la tête des Chevaliers de la Fidélité ; le duc de Longueville s’annonçant Chevalier du Phénix ; les quatre Vents, réduits à trois par suite de la mort du sieur de Baligny, tué en duel ; ensuite sous le nom et l’habit des Nymphes de Diane, apparurent quatre jeunes seigneurs qui furent depuis maréchaux de France ; le marquis de Rosny ; deux Chevaliers de l’Univers ; et enfin neuf illustres Romains. Tous ces acteurs, parmi lesquels figuraient les descendants des plus belles familles de France, portaient des costumes éblouissants de dorures et de diamants. Chaque groupe, à son entrée, faisait le tour de l’enceinte, puis se rangeait de côté, et chaque assaillant choisissait un des tenants pour courir après lui la quintaine et disputer le prix. On porte à quatre-vingt mille le nombre des spectateurs réunis dans la place Royale et dans ses abords. Deux mille personnes figuraient dans les diverses troupes et plus de mille chevaux caracolaient dans l’enceinte. On vit passer plus de vingt grandes machines sans compter les géants, les éléphants, les rhinocéros et un monstre marin. Quarante-sept assaillants, chevaliers de toute espèce, Vents, Nymphes et Romains, s’étaient mesurés avec les cinq tenants à qui briserait avec plus d’adresse une lance sur le poteau placé au bout de la lice. Des prix évalués à 400 pistoles avaient été remportés par les vainqueurs de chaque course. Le lendemain soir, un grand feu d’artifice éclaira le palais de la Fidélité. Le troisième jour fut destiné à la course de la bague. Après trois épreuves, cinq chevaliers se trouvèrent égaux, et la partie fut remise à une autre occasion. Le soir, comme on l’avait fait la veille, la cavalcade avec son bruyant attirail, parcourut la ville à la lueur de mille flambeaux qui mirent le feu à deux maisons. Ainsi finit la fête.

Sous le ministère de Richelieu, la place Royale reçut un nouvel embellissement. Le 27 novembre 1639, le cardinal fit poser solennellement au milieu de cette place la statue équestre de Louis XIII. Cette statue était en bronze, et sur le piédestal en marbre blanc on lisait cette inscription :

« À la glorieuse et immortelle mémoire du très grand et très invincible Louis-le-Juste, treizième du nom, roi de France et de Navarre, Armand, cardinal et duc de Richelieu, son premier ministre dans tous ses illustres et généreux desseins, comblé d’honneurs et de bienfaits par un si bon maître, lui a fait élever cette statue en témoignage de son zèle, de son obéissance et de sa fidélité. 1639. »

Cette statue était remarquable. Le cheval, ouvrage du célèbre Daniel Ricciarelli, disciple de Michel Ange, passait pour une œuvre merveilleusement belle.

La place Royale devint bientôt le rendez-vous de la noblesse et des plus jolies courtisanes. Là, demeurait la belle Marion-Delorme, et tout à côté se trouvait l’hôtel de Ninon de l’Enclos.

Arrêt du conseil (18 avril 1082.) — « Le roy ayant esté informé par les prévost des marchands et eschevins de sa bonne ville de Paris, que les propriétaires des maisons de la place Royalle, auroient proposé entre eux de faire un fonds pour faire entourer la dicte place d’une grille de fer avec des ornements au lieu des barrières de bois dont elle est présentement environnée, en contribuant à ceste effect certaine somme pour chacun pavillon de la dicte place, et qu’ils auroient ensuitte requis les dits prévost des marchands et eschevins de prendre la conduitte du d. ouvrage, etc… Sa Majesté estant en son conseil, a permis et permet aux dits prévost des marchands et eschevins, d’ordonner de la conduitte des dits ouvrages proposez pour l’embellissement de la dicte place Royale, etc., signé Boucherat, Colbert. » (Arch. du royaume, section administrative, registre E, no 1,812.)

On voyait sur cette grille, à deux de ses entrées, le portrait en médaillon de Louis XIV. Cette grille coûta 35,000 livres.

Arrêt du conseil (25 avril 1783.) — « Sur ce qui a été représenté au roy étant en son conseil par le prévôt des marchands et échevins de la ville de Paris, Sa Majesté a ordonné et ordonne qu’il sera planté une allée de deux rangs d’arbres dans l’intérieur des grilles de la place Royale, laquelle aura 18 pieds de largeur, laissant aux quatre entrées principales un intervalle de 12 toises pour découvrir la statue équestre de Louis XIII qui est au milieu. Fait au conseil d’état du roi, Sa Majesté y étant, tenu à Versailles le 25 avril 1783, signé Amelot. » (Arch. du royaume section domaniale, série 9, no 1,232.)

Mais l’ouragan révolutionnaire avait dispersé les nobles propriétaires des riches hôtels situés autour de cette place dont on allait bientôt effacer le nom.

Séance du 19 août 1792. — Huguenin, président. « Il est arrêté que la section dite ci-devant de la place Royale, sera nommée à l’avenir section des Fédérés, et que la place et la rue ci-devant royales seront nommées place et rue des Fédérés. » (Extrait des registres de la commune, tome 9, page 280.)

La place Royale avait encore à subir plusieurs métamorphoses patronymiques.

Convention nationale. — Séance du jeudi 4 juillet 1793. — « Les citoyens de la section de la place des Fédérés, au nombre de 866, ont entendu pendant deux jours la lecture de la déclaration des droits de l’homme et de l’acte constitutionnel, et les ont sanctionnés par appel nominal et à l’unanimité.

» Un citoyen de cette section demande à ce qu’elle soit autorisée à changer son nom de place des Fédérés en icelui de l’Indivisibilité. (On applaudit.) Cette proposition est décrétée. » (Moniteur du 6 juillet 1793.)

« Paris, le 26 fructidor an VIII de la république française une et indivisible. — Le ministre de l’intérieur au citoyen Frochot, préfet de la Seine.

» L’arrêté des consuls du 17 ventôse dernier porte : Article 1er, citoyen préfet, que le nom du département qui aura payé au 20 germinal la plus forte partie de ses contributions, sera donné à la principale place de Paris.

» Les consuls se sont fait rendre compte de l’état des contributions à cette époque : il en résulte que les trois départements les plus avancés sont ceux de l’Arriège, du Jura et des Vosges ; mais que ce dernier l’emporte, parce qu’il ne devait rien sur l’arriéré, qu’il avait payé plus de moitié sur la contribution foncière, et qu’enfin en six mois il a payé 13/20es d’une année de contributions.

» Je vous invite en conséquence à donner le nom de place des Vosges à la place connue ci-devant sous le nom de place Royale, la seule dont le nom puisse être changé. Vous voudrez bien donner de la publicité à cette décision, et veiller à ce que l’inscription soit placée pour le 1er vendémiaire. Je vous salue, etc… Signé Lucien Bonaparte.»

En vertu d’un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, la place Royale a repris sa première dénomination. — Une ordonnance royale du 14 février 1816 prescrivit le rétablissement de la statue équestre et en marbre de Louis XIII. — De nombreux embellissements exécutés depuis ont fait de la place Royale l’une des plus jolies promenades de Paris. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Royale-des-Tuileries (rue).

Commence à la place de la Concorde, nos 2 et 4 ; finit à la place de la Madeleine, nos 1 et 2. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 282 m.1er arrondissement : de 1 à 17, quartier des Champs-Élysées ; de 2 à 12, quartier des Tuileries ; le surplus dépend du quartier de la Place-Vendôme.

Cette rue a remplacé le cours ou rempart qui s’étendait jusqu’au jardin des Tuileries. Elle a été exécutée en vertu des lettres-patentes du 21 juin 1757, registrées en parlement le 6 juillet suivant. Le roi ordonna : « que les façades des constructions à élever dans la nouvelle rue seraient établies d’après une architecture uniforme. » À ces lettres-patentes était annexé un plan qui assignait à cette voie publique le nom de rue Royale. Les alignements furent tracés conformément à un arrêt du conseil du 14 novembre 1757. Des lettres-patentes du 30 octobre 1738 maintinrent les conditions relatives à la symétrie des façades, mais ces dispositions ne furent point exécutées en ce qui concernait la partie comprise entre les rues Saint-Honoré et du Faubourg-Saint-Honoré et la place de la Madeleine. La dénomination affectée à cette rue et qui avait pour but de rendre hommage à sa majesté Louis XV, fut confirmée par un arrêt du conseil du 11 mars 1768. Vers 1792, elle prit le nom de rue de la Révolution ; en 1795, celui de la Concorde. Enfin, en vertu d’un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, son premier nom lui a été rendu. Une ordonnance royale du 2 juin 1824 fixa la largeur de cette voie publique à 43 m., depuis les rues Saint-Honoré et du Faubourg-Saint-Honoré jusqu’à la place de la Madeleine. Le 2 septembre 1826, une autre ordonnance royale déclara d’utilité publique l’exécution immédiate de cet alignement qui a été réalisé de 1834 à 1838. Enfin, une ordonnance royale du 24 août 1833 a maintenu dans son état actuel la partie construite conformément aux lettres-patentes du 21 juin 1757. La moindre largeur de cette partie est de 22 m. 80 c., et sa plus grande de 29 m. — Les propriétés riveraines de la rue Royale ne sont pas soumises à retranchement. — Égout entre la rue Saint-Honoré et la place de la Madeleine. — Conduite d’eau depuis la place de la Concorde jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Royale-Saint-Antoine (rue).

Commence à la rue Saint-Antoine, nos 171 et 173 ; finit à la place Royale, nos 1 et 2 bis. Le dernier impair est 11 bis ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 112 m.8e arrondissement, quartier du Marais.

Dans les lettres-patentes de juillet 1605, relatives à la construction de la place Royale, Henri IV s’exprime ainsi : « Pour le plus grand ornement de la d. place nous avons désir faict les marchez pour faire bastir ung pavillon à noz despens, à l’entrée de la dicte place sur la rue que nous faisons percer pour y entrer par la rue Sainct-Anthoine. » — Cette voie publique reçut en 1792, la dénomination de rue des Vosges. Un arrêté préfectoral du 14 avril 1814, lui a rendu son premier nom. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour la rue Royale dont la largeur actuelle varie de 11 m. 80 c. à 14 m. 40 c. — Conduite d’eau depuis la place jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Royale-Saint-Martin (rue).

Commence à la place de l’Ancien-Marché-Saint-Martin, nos 15 et 18 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 202 et 208. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 192 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Celle voie publique dans la partie voisine de la rue Saint-Martin, est formée par l’ancienne cour du prieuré de Saint-Martin-des-Champs. Le surplus a été ouvert en 1765, sur une partie des terrains dépendant de ce prieuré. Elle a reçu la dénomination de rue Royale, en l’honneur du roi Louis XV, qui ordonna l’achèvement de cette rue et la construction du marché Saint-Martin (voyez place de l’Ancien-Marché-Saint-Martin). — Une décision ministérielle du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, et une ordonnance royale du 29 décembre 1824, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Maison no 1, retranch. 2 m. 40 c. ; de 3 à 15, ret. 90 c. à 1 m. 10 c. ; 17, alignée ; 19, 21, ret. 75 c. ; partie du no 23, ret. 90 c., surplus aligné ; de 25 à la fin, alignées ; 2, ret. 1 m. 90 c. ; de 4 à 24, ret. 90 c. à 1 m. 10 c. ; de 26 à 32, alignées ; maison portant sur la rue Saint-Martin le no 208, ret. 4 m. 50 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Ruelles (rue des Étroites-), voyez (petite rue d’AUSTERLITZ).

Rumford (rue de).

Commence à la rue Lavoisier ; finit à la rue de la Pépinière, nos 37 et 37 bis. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 138 m.1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette rue, ouverte en 1838 sur les terrains appartenant à M. Léon de Chazelles, ne fut autorisée qu’en vertu d’une ordonnance royale du 22 janvier 1840. Sa largeur est fixée à 15 m. Par décision royale en date du 29 avril, même année, elle a reçu la dénomination de rue de Rumford (voyez l’article de la rue Lavoisier). Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Benjamin Tompson, comte de Rumford, célèbre physicien, né dans l’état de New-Hampshire, vint en 1804 à Paris, où il épousa la veuve de Lavoisier. Rumford mourut le 21 août 1814.

Août 1844.

S.


Sabot (rue du).

Commence à la petite rue Taranne, nos 11 et 13 ; finit à la rue du Four-Saint-Germain, nos 68 et 70. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 74 m.10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Dès le XVe siècle, on voyait en cet endroit un clos appelé le Clos Copieuse, et depuis de l’Ermitage. Ce nom de Copieuse venait d’un propriétaire. Dans le terrier de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, de 1523, on lit : Maison rue du Four faisant le coin de la rue Copieusepend le sabot. — Une décision ministérielle du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839. Maison no 1, retranch. réduit 1 m. 50 c. ; 3, ret. réduit 2 m. 50 c. ; 5 et 7, alignées ; 2, ret. réduit 3 m. 60 c. ; 4, ret. réduit 3 m. 50 c. ; 6, ret. réduit 2 m. 90 c. ; 8, ret. 2 m. ; 10, ret. réduit 1 m. 80 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Saint (rue du Demi-).

Commence à la rue Chilpéric, nos 16 et 18 ; finit à la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 39 et 41. Pas de numéro. Sa longueur est de 41 m.4e arrondissement, quartier du Louvre.


En 1271, c’était la rue du Tronc de Bernard (Vicus qui dicitur Truncus Bernardi). En 1300 et 1313, on l’appelait par corruption Trou-Bernard. À la fin du XVe siècle elle prit le nom de rue du Demi-Saint, en raison d’une statue de saint à demi-mutilée, qu’on avait placée à son entrée pour interdire le passage aux chevaux. Cette rue ou plutôt cette ruelle est depuis 1832 fermée par une grille à ses deux extrémités. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette rue dont la largeur actuelle varie de 1 m. à 1 m. 40 c.

Sainte-Croix (rue).

Commence à la rue Saint-Nicolas, nos 42 et 44 ; finit à la rue Saint-Lazare, nos 105 et 107. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair 22. Sa longueur est de 167 m.1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Cette rue, autorisée et dénommée par lettres-patentes du 9 juin 1780, a été ouverte sur les terrains appartenant à M. de Sainte-Croix. La largeur assignée à ce percement fut fixée à 5 toises (voyez rue Joubert). — Une décision ministérielle du 22 prairial an V, signée Benezech, a porté la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés riveraines sont soumises à un léger redressement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Sainte-Marthe (rue).

Commence au passage Saint-Benoît ; finit à la rue Childebert, nos 10 et 13. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 38 m.10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Le cardinal de Bissy, abbé de Saint-Germain-des-Prés, la fit ouvrir en 1715, dans l’enclos de l’abbaye. — Une décision ministérielle du 21 août 1817, et une ordonnance royale du 29 avril 1839, ont fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. 74 c. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celle no 2, qui devra reculer de 70 c.

Denis de Sainte-Marthe, général des Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, naquit à Paris en 1650, et mourut en 1725. Ses principaux ouvrages sont l’Histoire de Grégoire le Grand et la Vie de Cassiodore.

Saintonge (rue de).

Commence à la rue de Bretagne, nos 16 et 18 ; finit au boulevart du Temple, nos 19 et 21. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 44. Sa longueur est de 277 m.6e arrondissement, quartier du Temple.

Ouverte en 1626 sur la culture du Temple, elle tire son nom d’une de nos anciennes provinces de France. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835. Maisons de 1 à 15, retranch. 1 m. 30 c. à 1 m. 50 c., ; 17, 19, ret. 90 c. à 1 m. 20 c. ; 19 bis, alignée ; 21, ret. 80 c. ; 23, alignée ; 25, ret. 80 c. ; 27, alignée ; 29, 31, ret. 80 c. à 1 m. 30 c. ; de 2 à 24., ret. 90 c. à 1 m. 5 c. ; 26, alignée ; de 30 à 34, ret. 1 m. à 1 m. 30 c. ; 36, ret. réduit 1 m. 15 c. ; de 38 à la fin, ret. 65 c. à 1 m. 5 c. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Saint-Sabin (impasse de).

Située dans la rue du même nom, entre les nos 10 et 14. Pas de numéro impair ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 297 m.8e arrondissement, quartier Popincourt.

Cette impasse est tracée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. La rue de Saint-Sabin dans laquelle elle est située lui a donné son nom. — Une décision ministérielle signée Quinette, rendue d’après un rapport du conseil des bâtiments civils, en date du 23 floréal an VII, fixa la largeur de cette impasse à 8 m. Cette dimension est portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1827. Une partie du côté gauche et presque toutes les constructions du côté opposé sont à l’alignement. Cette impasse qui n’est pas éclairée, a été prolongée sans autorisation en 1844, jusqu’à la rue Popincourt, entre les nos 9 et 11.

Saint-Sabin (rue de).

Commence aux rues Daval, no 25, et de la Roquette, no 17 ; finit à la rue du Chemin-Vert, nos 2 et 4. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 382 m.8e arrondissement, quartier Popincourt.

C’était anciennement le chemin de la Contrescarpe. Des lettres-patentes du mois de mai 1777 portent ce qui suit : « Art. 8e. La partie du chemin de la Contrescarpe, en l’étendue cottée 4 sur le plan, sera formée et alignée suivant les contours qui y sont désignés, en supprimant les coudes les plus défectueux. La dite rue aura 30 pieds de largeur ; elle sera nommée rue de Saint-Sabin, et débouchera rue de la Roquette, le long du jardin de l’Arquebuse. » — Une décision ministérielle du 3 prairial an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 6 mai 1827, ont fixé la largeur de la rue de Saint-Sabin à 10 m. Cette voie publique est coupée par le canal Saint-Martin. La propriété située après le no 3, celle no 7, et toutes les constructions du côté des numéros pairs sont alignées. — Conduite d’eau depuis la rue Daval jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz entre la rue du Chemin-Vert et le quai de Valmy (compe Lacarrière).

Charles-Pierre Angelesme de Saint-Sabin, écuyer, avocat au parlement, fut échevin de la ville de Paris depuis 1775 jusqu’à 1777.

Salembrière (impasse).

Située dans la rue Saint-Séverin, entre les nos 4 et 6. Pas de numéro. Sa longueur est de 41 m. 50 c.11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Cette impasse portait anciennement le nom de Saille en bien. (Saliens in bonum.) On la trouve ainsi indiquée dans un acte du cartulaire de Sorbonne, de l’année 1239, et dans plusieurs titres postérieurs. — Une décision ministérielle du 4 octobre 1817 a fixé la largeur de cette impasse à 6 m. Les constructions du côté gauche devront reculer de 2 m. 20 c. à 3 m. Celles du côté opposé sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 30 c. à 2 m. 80 c. Cette impasse est fermée par une grille.

Salle-au-Comte (rue).

Commence à la rue Saint-Magloire, no 3 bis ; finit à la rue aux Ours, nos 37 et 39. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 112 m.6e arrondissement, quartier des Lombards.

Ce n’était au commencement du XIVe siècle qu’une impasse aboutissant à une des portes de l’abbaye Saint-Magloire. Le cartulaire de cette église l’énonce, en 1312, « place ou voie qui n’a point de chief, qui vient de la rue où l’on cuit les hoës (oies), devant la maison du comte de Dampmartin. » — Le long de cette impasse, depuis la rue aux Ouës (nommée par altération aux Ours) jusqu’aux jardins de Saint-Magloire, se trouvait un hôtel qui appartenait à la fin du XIIIe siècle, au comte de Dammartin. Cette propriété passa depuis au chancelier de Marle qui fit bâtir la fontaine qui porte son nom. À peu près à cette même époque, c’est-à-dire au commencement du XVe siècle, cette impasse fut convertie en rue, et nommée rue au Comte de Dammartin, puis rue de la Salle du Comte et enfin Salle au Comte.

Le chancelier de Marle habitait en 1413 l’hôtel dont nous venons de parler. À cette époque, le chef de la justice, le chancelier, n’était pas regardé comme un simple ministre du roi, c’était alors le premier magistrat de la nation. Cette magistrature était élective, ainsi que le prouve le fait suivant. — Le roi Charles VI avait assemblé dans la chambre du conseil, pour l’élection d’un chancelier, le dauphin, les ducs de Berri, de Bourgogne, de Bavière et de Bar, plusieurs barons, des chevaliers et membres du parlement qui jurèrent sur l’Évangile et sur la vraie croix, de nommer celui qu’ils jugeraient le plus digne d’exercer cette importante magistrature. Arnaud de Corbie eut 18 voix ; Simon de Nanterre, président au parlement, 20 ; Henri de Marle, premier président, 44. La voix du roi n’était comptée que pour une. Henri de Marle fut élu le 9 août 1413. — Lors des troubles qui s’élevèrent, en 1418, entre les deux maisons de Bourgogne et d’Orléans, le chancelier prit parti pour le duc d’Orléans. Le duc de Bourgogne s’étant rendu maître de Paris, Henri de Marie fut arrêté, enfermé à la grande tour du palais, puis massacré avec son fils, le 12 juin 1418, par les partisans du duc de Bourgogne qui avaient brisé les portes de sa prison. La rue Salle-au-Comte ne rappelle plus d’autres souvenirs historiques. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, la moindre largeur de cette voie publique est portée à 10 m. — Maisons nos 1 et 3, retranch. 5 m. à 6 m. 20 c. ; 5, ret. 1 m. 50 c. environ ; 7, ret. 25 c. ; 9, ret. réduit 30 c. ; 11, pas de ret. ; 13, ret. réduit 30 c. ; 15, ret. 1 m. ; 4, ret. réduit 2 m. 10 c. ; 6, 8 ret. de 3 m. à 5 m. 50 c. ; surplus, ret. 5 m. 10 c. à 7 m. 10 c. — Conduite d’eau depuis la rue aux Ours jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Française.)

La rue Salle-au-Comte a été prolongée en 1843, sur l’emplacement de l’ancienne impasse Saint-Magloire, jusqu’à la rue de Rambuteau. Ce prolongement n’est point encore dénommé.

Salpêtrière (hôpital de la), voyez Vieillesse-Femmes (hospice de la).

Sandrié (impasse).

Située dans le passage de ce nom. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Elle n’est pas reconnue voie publique et doit son nom à M. Sandrié, propriétaire, qui la fit construire.

Sandrié (passage).

Commence à la rue Basse-du-Rempart, no 38 ; finit à la rue Neuve-des-Mathurins, no 29. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Ce passage a été formé en 1775. (Voyez l’article précédent.) — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Sanson (rue).

Commence à la rue de Bondy, nos 12 et 14 ; finit à la rue des Marais, no 5. Le dernier impair est 9 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 93 m.5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

« À la Muette, le 25 octobre 1782. — Louis, etc. À nos amés et féaux conseillers les gens tenant notre cour de parlement à Paris, salut. — La dame douairière de Fourcy, les sieurs Gilbert, de Caumartin, de la Porte, de Gaucourt, Sanson et autres particuliers habitants ou propriétaires de terrains en marais, situés au faubourg du Temple, nous ont fait exposer qu’il serait utile d’établir de nouvelles communications du rempart à l’hôpital Saint-Louis et hauteur du faubourg du Temple, auxquels points on ne parvient de ce côté que par la rue de Carême-Prenant, tellement étroite, que deux voitures ne peuvent s’y croiser, et qu’il serait convenable d’élargir ; que le debouché de la rue Saint-Nicolas dans la rue de Bondy, favoriserait l’ouverture de nouvelles rues pour lesquelles les exposants destineraient volontiers la portion nécessaire de leurs terrains et marais ; que l’une de ces rues serait établie et se poursuivrait jusques à la rue des Marais et au-delà, se diviserait ensuite en deux branches, dont l’une conduirait à la porte de l’hôpital Saint-Louis et l’autre au carrefour des rues du Faubourg-du-Temple et de la Fontaine-au-Roi, conformément à ce qui est figuré sur le plan qu’ils en ont fait dresser, et que ces nouveaux débouchés, en procurant des facilités pour la rentrée du peuple dans l’intérieur de la ville, après les promenades extérieures auxquelles il se livre les fêtes et dimanches, et en rendant la circulation moins tumultueuse, opéreraient en même temps le bien public et l’avantage des propriétaires, etc. Voulons et nous plaît ce qui suit : — Article 1er. Il sera établi une nouvelle rue à prendre du débouché de la rue Saint-Nicolas, sur la rue de Bondy, se dirigeant parallèlement à celle du Faubourg du Temple, à travers les jardins du sieur Sanson jusques à la rue des Marais et au-delà, dans les emplacements appartenant aux sieurs Gilbert, de Caumartin et consorts pour le fond, et à la dame présidente de Fourcy pour l’usufruit, jusqu’à 40 toises ou environ de distance de la rue de Carême-Prenant, auquel lieu ladite nouvelle rue se divisera en deux branches : l’une vers l’hôpital Saint-Louis, et l’autre vers le carrefour des rues du Faubourg-du-Temple et de la Fontaine-au-Roi, la première desquelles rues, depuis le rempart jusqu’à la rue des Marais, sera nommée rue Sanson, le surplus au-delà et jusqu’au lieu et carrefour où elle se divisera en deux branches, sera nommée rue Saint-Ange ; la branche du côté de l’hôpital Saint-Louis, rue de Gaucourt, et celle du carrefour de la Fontaine-au-Roi, rue Gilbert, lesquelles rues seront droites et alignées et leurs côtés parallèles. La largeur des dites rues sera fixée à 30 pieds, etc. — Art. 2e. La partie de surface en plus grande largeur au-delà de l’alignement de la d. rue Sanson, qui se trouve à son entrée du côté de la rue de Bondy, restera vague, pour faciliter le tournant des voitures à l’entrée de ladite rue et pour conserver à l’usage du public et des particuliers voisins les avantages du d. élargissement, etc. » (Extrait des lettres-patentes.) — Ces lettres-patentes, registrées au parlement le 5 septembre suivant, donnèrent lieu à un procès-verbal d’alignement, dressé par le bureau de la Ville, le 25 juin 1784. Toutefois, la rue Sanson fut seule ouverte. Environnée de marais, elle dut présenter des dangers sous le rapport de la circulation. L’administration, dans l’intérêt de la sûreté publique, la fit barrer à ses deux extrémités. — Une ordonnance royale du 17 octobre 1826 fixa à 20 m. la moindre largeur de la partie de la rue Sanson qui forme évasement depuis la rue de Bondy jusqu’à la rue Neuve-Saint-Nicolas, et maintint pour le surplus la largeur de 30 pieds. En 1841, lorsque l’administration voulut reprendre possession de cette rue, les riverains contestèrent les droits de la ville. Ces difficultés donnèrent lieu à une transaction qui fut confirmée par l’ordonnance suivante :

« Louis-Philippe, etc. — Vu la demande formée par le préfet de la Seine, à l’effet, 1o de rapporter l’ordonnance royale du 17 octobre 1826, qui a fixé les alignements de la rue Sanson et d’arrêter les nouveaux alignements de cette voie publique, de manière à en porter la largeur à 12 m., etc. Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : — Article 1er. Les alignements de la rue Sanson, dans la ville de Paris, sont arrêtés conformément au tracé des lignes noires, sur le plan ci-annexé et au procès-verbal des points de repère inscrit sur led. plan. — Art. 2e. La ville de Paris est autorisée à traiter avec les sieurs Sanson de Sansal, Claret de Fleurieu et Lucy, pour l’ouverture, l’élargissement et la propriété du sol de la rue Sanson, suivant le plan arrêté, le tout aux clauses et conditions exprimées dans la délibération du conseil municipal du 22 juillet 1842, et consenties par lesdits propriétaires, etc. Donné au palais de Neuilly, le 2 août 1843. Signé, Louis-Philippe. » Cette ordonnance a été exécutée en partie, et les constructions situées sur le côté droit, depuis la rue de Bondy jusque vis-à-vis de la rue Neuve-Saint-Nicolas, sont seules soumises à retranchement. — Égout entre les rues Neuve-Saint-Nicolas et des Marais. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Philippe-Robert Sanson, maître de la chambre aux deniers, est mort à Paris, le 1er mai 1807.

Santé (barrière de la).

Cette barrière, qui est sans décoration d’architecture, a pris son nom de la rue de la Santé. (Voir l’article Barrières.)

Santé (rue de la).

Commence aux rues des Bourguignons et du Champ-des-Capucins, no 33 ; finit au boulevart Saint-Jacques, no 4. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 678 m.12e arrondissement. La partie du côté des numéros impairs, comprise entre la rue de Lourcine et le boulevart Saint-Jacques, est du quartier Saint-Marcel ; le surplus dépend du quartier de l’Observatoire.

Elle a été ainsi appelée parce qu’elle conduisait à la maison de santé (ci-devant hôpital fondé par Anne d’Autriche). Cette voie publique se nommait originairement le chemin de Gentilly. — Une décision ministérielle en date du 6 pluviôse an XI, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de la rue de la Santé à 10 m. Cette largeur est portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838. Sur le côté gauche, le mur de clôture à l’angle du boulevart est aligné ; sur le côté opposé, le mur de clôture, à l’encoignure gauche de la rue Méchain, et la propriété située entre la rue Biron et le boulevart, sont à l’alignement.

Sarrazin (rue Pierre-).

Commence à la rue de la Harpe, nos 72 et 74 ; finit à la rue Hautefeuille, nos 21 et 23. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 97 m.11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Elle doit son nom à un bourgeois appelé Pierre Sarrazin, qui possédait au XIIIe siècle plusieurs maisons en cet endroit. Dans un compte de 1511, elle est appelée rue Jean-Sarrasin, mais depuis on l’a toujours indiquée sous le nom de rue Pierre-Sarrazin. — Une décision ministérielle du 23 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840. Les maisons nos 3 et 15 sont soumises à un faible redressement. Les autres constructions de ce côté sont alignées. Les propriétés du côté des numéros pairs devront reculer de 5 m. à 5 m. 40 c. — Conduite d’eau depuis la rue de la Harpe jusqu’à la borne-fontaine.

Sartine (rue).

Commence à la rue de Viarme, nos 27 et 29 ; finit à la rue Coquillière, nos 15 et 17. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 36 m.4e arrondissement, quartier de la Banque.

Cette rue ouverte en avril 1765, sur l’emplacement de l’hôtel de Soissons, avait été autorisée par lettres-patentes du 25 novembre 1762, registrées au parlement le 22 décembre suivant. Sa largeur fut fixée à 24 pieds, dimension qui a été maintenue par une décision ministérielle du 9 germinal an XIII, signée Champagny. (Voir l’article de la Halle au Blé.) Les constructions riveraines qui sont assujetties à une décoration symétrique sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Antoine-Raymond-Jean-Guilbert-Gabriel de Sartine, comte d’Alby, naquit à Barcelone, en 1729, d’une famille française. Il était conseiller au Châtelet en 1752, lieutenant-criminel en 1755, maître des requêtes en 1759. La grande capacité de ce magistrat le fit nommer lieutenant-général de police le 21 novembre de la même année. Il exerça cette importante fonction jusqu’au 24 août 1774. Dans ce poste difficile, Sartine sut se concilier l’estime et l’affection des Parisiens. Il améliora le service de la police et se montra excellent administrateur. Appelé au ministère de la marine au mois de septembre, il eut à conduire la guerre d’Amérique. Des discussions avec Necker le forcèrent d’abandonner le ministère en 1780. Au commencement de la révolution, Sartine quitta la France et se réfugia à Tarragone, où il mourut le 7 septembre 1801.

Saucède (passage).

Commence à la rue Bourg-l’Abbé, no 13 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 224 et 226. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Il a été bâti en 1825, par M. Saucède, sur l’emplacement de l’ancien passage de la Croix-Blanche.

Saulnier (passage).

Commence à la rue Richer, no 24 ; finit à la rue Bleue, no 25. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 16. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Ce passage, qui n’est point couvert, a été construit en 1787 par Rigoulot Saulnier. — Éclairage au gaz (compe Anglaise)

Saumon (passage du).

Commence à la rue Montorgueil, entre les nos 65 et 71 ; finit à la rue Montmartre, no 80. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Ce passage qui est indiqué sur le plan de Jaillot (1773), a été reconstruit entièrement de 1825 à 1830, par M. Rohault de Fleury, architecte. Il doit son nom à une enseigne.

Saunerie (rue de la).

Commence au quai de la Mégisserie, nos 2 et 4 ; finit à la rue Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 11 et 13. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 56 m.4e arrondissement, quartier du Louvre.

En 1256, on la désignait sous le nom de Saulnerie. Le poète Guillot, qui écrivait en 1300, en parle ainsi :

« La rue de la Saunerie
» Trouvai, et la Mesgueiscerie. »

Elle devait cette dénomination à la maison de la marchandise de sel qu’on voyait près de cette rue, à côté du grand Châtelet. Cette maison, nommée depuis le Grenier à sel, ne fut transférée dans la rue Saint-Germain-l’Auxerrois qu’en 1698. — Une décision ministérielle du 11 octobre 1806, signée Champagny, fixa la moindre largeur de la rue de la Saunerie à 7 m. Cette moindre largeur est portée à 12 m. 70 c., en vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838. Maison no 1, retranch. 8 m. 40 c. ; 3, alignée ; 5, ret. réduit 1 m. 80 c. ; 7, alignée ; 9, ret. réduit 70 c. ;11, redressement ; 2, 4, alignées ; 6, ret. réduit 40 c. ; 8, ret. 7 m. 60 c. à 8 m. 30 c. ; 10, ret. 8 m. 30 c. à 9 m. 10 c. — Portion d’égout du côté du quai. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Saussaies (rue des).

Commence à la place Beauveau et à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 84 et 86 ; finit aux rues de Surène, no 41, et de la Ville-l’Évêque, no 27. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 146 m.1er arrondissement, quartier du Roule.

C’était, dans l’origine, un chemin qu’on désigna au commencement du XVIIe siècle sous le nom des Carrières. Plus tard, on le nomma de la Couldraie, des Saussaies, en raison des coudriers, des saules qu’on voyait près de son emplacement. On ne construisit des maisons dans cette rue qu’au milieu du XVIIIe siècle. — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 novembre 1837, cette moindre largeur est portée à 10 m. — Propriétés de 1 à 13, retranch. 60 c. à 80 c. ; 15, ret réduit 1 m. 05 c. ; propriété à l’encoignure de la rue de la Ville-l’Évêque, ret. réduit 1 m. 30 c. ; de 2 à 10, alignées ; 12, ret. réduit 5 m. 80 c. ; 14, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 16, ret. réduit 30 c. ; 18, alignée. — Égout. — Conduite d’eau entre la rue de Surène et les deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Sauveur (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue de Damiette, nos 1 et 3 ; finit à la rue des Petits-Carreaux, nos 36 et 38. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 72 m.5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

En 1590, c’était la rue de la Corderie, en raison des cordiers qui l’habitaient alors. Elle prit ensuite d’un propriétaire qui y demeurait le nom de Pierre Boyer. En 1603, c’était la rue des Corderies aliàs la cour des Miracles. En 1622, on l’appelait rue Neuve-Saint-Sauveur, anciennement dite Boyer. On lui donna cette qualification de neuve, en raison de sa proximité de la rue Saint-Sauveur, et parce qu’on avait le projet d’ouvrir alors une nouvelle voie qui devait traverser la rue de Bourbon-Villeneuve, pour aboutir à la rue Saint-Sauveur. Ce projet ayant été abandonné, on donna à l’ancienne rue Boyer le nom de Neuve-Saint-Sauveur qui avait été destiné à la rue projetée. — Une décision ministérielle du 3 ventôse an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté des numéros impairs ne sont assujetties qu’à un faible redressement ; celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 10 c. à 1 m. 30 c. — Portion d’égout du côté de la rue des Petits-Carreaux.

Sauveur (rue Saint-).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 275 et 277 ; finit aux rues Montorgueil, no 112, et des Petits-Carreaux, no 2. Le dernier impair est 63 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 250 m.5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Elle existait dès 1285. Son nom lui vient de l’église Saint-Sauveur qu’on voyait autrefois dans la rue Saint-Denis. Cette église occupait l’emplacement sur lequel on a construit la maison qui porte aujourd’hui le no 277. — Une décision ministérielle du 19 pluviôse an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette largeur a été portée à 10 m. Maisons nos 1, 3, retranch. 2 m. 70 c. à 3 m. ; de 5 à 11, ret. 2 m. à 2 m. 20 c. ; 13, ret. 3 m. 10 c. ; 15, 17, ret. 2 m. 80 c. à 3 m. ; de 19 à 23, ret. 2 m. 50 c. à 2 m. 80 c. ; de 25 à la fin, ret. 2 m. à 2 m. 30 c. ; 2, 4, alignées ; de 6 à 24, ret. 2 m. 40 c. à 3 m. ; second no 24, ret. 1 m. 50 c. ; de 28 à la fin, ret. 2 m. 50 c. — Conduite d’eau entre les rues des Deux-Portes et les deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Française).

Savoie (rue de).

Commence à la rue Pavée, nos 6 et 8 ; finit à la rue des Grands-Augustins, nos 13 et 15. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 104 m.11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

L’hôtel d’Hercule, ainsi nommé parce qu’on y avait peint les travaux de ce demi-dieu, fut d’abord occupé par le comte de Sancerre et par Jean le Visle. Jean de la Driesche, président en la chambre des comptes, l’ayant acquis, le fit rebâtir, et peu de temps après le vendit à Louis Hallevin, seigneur de Pienne, chambellan du roi. Charles VII l’acheta, moyennant 10,000 livres, par contrat passé le 25 juin 1493. Sous le règne de Louis XII, cet hôtel était occupé par Guillaume de Poitiers, seigneur de Clérieu. Le chancelier Duprat l’habita ensuite. En 1573, il appartenait à Antoine Duprat, petit-fils du chancelier et seigneur de Nantouillet. Cette habitation était alors très vaste et s’étendait jusqu’à la seconde maison, en deçà de la rue Pavèe, et en profondeur, jusqu’aux jardins de l’abbé de Saint-Denis. — Sur une partie de l’emplacement de l’hôtel d’Hercule, l’hôtel de Savoie ou de Nemours fut construit. En 1671, cette dernière propriété fut abattue, et sur son emplacement on construisit la rue de Savoie, sur une largeur de 7 m. 90 c. ; dimension qui a été maintenue par une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal. Les propriétés riveraines sont alignées.

Savonnerie (rue de la).

Commence à la rue Saint-Jacques-la-Boucherie, nos 34 et 36 ; finit aux rues de la Heaumerie, no 1, et des Écrivains, no 7. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 73 m.6e arrondissement, quartier des Lombards.

Entièrement construite en 1260, elle porta dès l’année 1300 le nom de la Savonnerie. — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838. Maisons nos 1, 3, retranch. 4 m. 50 c. à 5 m. 50 c. ; 5, 7, ret. 3 m. 60 c. à 4 m. 50 c. ; 9, ret. réduit 3 m. 40 c. ; 11, ret. réduit 2 m. 90 c. ; 13, ret. réduit 2 m. 20 c. ; 15, ret. réduit 1 m. 70 c. ; maisons nos 17, 19 et 21 seront supprimées entièrement pour l’exécution d’un pan coupé à l’angle des rues de la Heaumerie et d’Avignon ; maison à l’encoignure de la rue Saint-Jacques-la-Boucherie, ret. 1 m. 60 c. ; 2, 4, ret. 1 m. 30 c. à 2 m. 20 c. ; 6, 8, ret. 2 m. 20 c. à 2 m. 70 c. ; 10, 12, ret. 2 m. 70 c. à 3 m. 80 c. ; de 14 à la fin, ret. 3 m. 80 c. à 4 m. 20 c. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Jacques-la-Boucherie jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Saxe (avenue de).

Commence à la place de Fontenoi, nos 3 bis et 5 ; finit à la rue de Sèvres, nos 114 et 116. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 684 m.10e arrondissement, quartier des Invalides.

Formée vers 1780, cette avenue a été cédée à la ville de Paris en vertu d’une loi du 19 mars 1838. (Voyez avenue de La Bourdonnaye.) — Sa largeur varie de 37 m. à 39 m. 50 c. — Conduite d’eau.

Maurice, comte de Saxe, fils naturel de Frédéric-Auguste Ier, électeur de Saxe, roi de Pologne, et de la comtesse de Kœnigsmarck, Suédoise, naquit à Dresde le 19 octobre 1696, et mourut en 1750. Successivement lieutenant-général, maréchal de France, et commandant-général des Pays-Bas, Maurice s’illustra à Malplaquet, à Tournay, à Ostende, à Fontenoi, etc… Ce guerrier, dont le nom avait retenti dans toute l’Europe, comparait en mourant sa vie à un rêve : « M. de Sénac, disait-il à son médecin, j’ai fait un beau songe. » — Maurice avait été élevé et mourut dans la religion luthérienne. « Il est bien fâcheux, disait-on à la cour, qu’on ne puisse réciter un de Profundis pour un homme qui a fait chanter tant de Te Deum. »

Saxe (impasse de).

Située dans l’avenue du même nom, no 11. Le dernier numéro est 11. Sa longueur est de 72 m.10e arrondissement, quartier des Invalides.

Cette impasse, qui n’est pas reconnue voie publique, a été construite au commencement de ce siècle. Sa largeur moyenne est de 4 m. 60 c..

Scipion (place).

Située entre les rues Scipion et du Fer-à-Moulin. Pas de numéro. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle a été formée sur l’emplacement de deux terrains acquis par l’Hôpital-Général les 5 septembre 1764 et 18 septembre 1781. Vers 1835, cette place a été plantée d’arbres. Le sol appartient aux hospices civils de Paris. (Voir pour l’étymologie l’article suivant.)

Scipion (rue).

Commence à la place Scipion et à la rue du Fer-à-Moulin ; finit à la rue des Francs-Bourgeois, nos 6 et 8. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 174 m.12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette voie publique, en partie construite dés 1540, portait le nom de rue de la Barre, en raison d’une barrière qu’on avait établie du côté de la rue des Francs-Bourgeois. — Une décision ministérielle du 8 ventôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Le nom qu’elle porte depuis 1806 lui vient de l’hôtel que Scipion Sardini, gentilhomme italien, y fit construire sous le règne de Henri III. Dès 1622, l’hôtel Scipion était converti en hôpital. — En vertu de l’édit du roi du 27 avril 1656, cet établissement fit partie des propriétés affectées à l’Hôpital-Général. Aujourd’hui les bâtiments sont occupés par la Boulangerie des hôpitaux et hospices civils de Paris. Conformément à une ordonnance royale du 24 avril 1837, la largeur de la rue Scipion est portée à 10 m. Propriétés de 1 à 9 inclus, retranch. 90 c. à 1 m. 70 c. ; 11, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 13, ret. réduit 3 m. 80 c. ; 2, ret. réduit 1 m. 50 c. ; 4, ret. réduit 2 m. 30 c. ; 6, ret. réduit 3 m. 90 c. ; 8, ret. 1 m. 30 c. ; 10, ret. réduit 2 m. 50 c.

Sébastien (impasse Saint-).

Située dans la rue du même nom, entre les nos 28 et 30. Une seule série de numéros dont le dernier est 26. Sa longueur est de 121 m.8e arrondissement, quartier Popincourt.

« Bureau de la ville, 18 juin 1779. — Sur la demande à nous faite par les différents propriétaires des maisons formant un cul-de-sac nouvellement construit dans la rue Neuve-Saint-Sébastien, qu’il nous plût dénommer le dit cul-de-sac ou permettre qu’il porte le nom de cul-de-sac Saint-Sébastien. — Nous ouï, et ce consentant le procureurs roi et de la ville, nous avons dénommé le dit cul-de-sac, cul-de-sac Saint-Sébastien. En conséquence, permettons aux dits propriétaires de l’inscrire ainsi à son entrée et autres endroits qu’ils aviseront. Signé Caumartin, Chauchat et Jollivet. » — Une décision ministérielle du 7 fructidor an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur est portée à 9 m. en vertu d’une ordonnance royale du 28 juin 1826. — L’impasse Saint-Sébastien forme équerre. — Propriétés entre la rue Saint-Sébastien et le no 2, retranch. 3 m. 30 c. ; de 2 à 10, alignées ; de 14 à 20 et partie du no 22, ret. 3 m. 60 c. surplus du no 22, 24 et 26, alignées.

Sébastien (rue Saint-).

Commence aux rues Saint-Pierre-Popincourt, no 2, et Amelot, no 68 ; finit à la rue Popincourt, nos 65 et 67. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 56. Sa longueur est de 455 m.8e arrondissement, quartier Popincourt.

Formée vers le milieu du XVIIe siècle, elle porta jusqu’en 1718 le nom de rue Saint-Étienne. À cette époque, on la désigna sous la dénomination de rue Neuve-Saint-Sébastien. On dit simplement aujourd’hui rue Saint-Sébastien. Elle doit ce nom à une enseigne. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés no 5 bis, partie des nos 11, 19, 21, 23, 25, 29 ; 16, 18, 18 bis, 20, 30, 32, de 38 à 46 et 54, sont alignées ; le surplus devra reculer de 25 c. à 70 c. — Portion d’égout du côté du quai de Jemmapes. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz entre la rue Saint-Pierre et le quai de Valmy (compe Lacarrière) ; surplus (compe de Belleville).

Ségur (avenue de).

Commence à la place Vauban finit à l’avenue de Saxe. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 452 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Cette avenue, qui n’est pas reconnue voie publique, a été formée vers 1780. (Voyez avenue de La Bourdonnaye.) — Sa largeur actuelle varie de 38 m. à 41 m.

Philippe-Henri, marquis de Ségur, maréchal de France, né le 20 janvier 1724, appartenait à une famille illustre dans les armes. À la bataille de Raucoux, en 1746, le jeune de Ségur fut blessé d’un coup de feu à la poitrine. Colonel au combat de Laufeld (1747), une balle lui traversa le bras ; malgré sa blessure, il voulut rester à la tête de son régiment et l’on fut obligé, après la bataille, de lui faire l’amputation. À Varburg, de Ségur était lieutenant-général et sauvait un corps d’armée. Près de Minden, il fit au milieu de l’ennemi une retraite honorable, et ramena dix mille hommes que l’on croyait entièrement perdus. À Closter-Camp sa bravoure fut admirable : il reçut deux coups de baïonnette à la gorge et trois coups de sabre sur la tête. Nommé maréchal de France et ministre de la guerre en 1751, le marquis de Ségur mourut à Paris le 8 octobre 1801.

Seine (préfecture de la), voyez Hôtel-de-Ville.

Seine (rue de).

Commence au quai Malaquais, no 1 ; finit aux rues du Petit-Lion, no 18, et du Petit-Bourbon, no 2. Le dernier impair est 101 ; le dernier pair, 72. Sa longueur est de 678 m. — De 1 à 83 et de 2 à 60, 10e arrondissement, quartier de la Monnaie ; le surplus dépend du 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Partie comprise entre le quai Malaquais et la rue de Buci. — Ce n’était anciennement qu’un chemin nommé chemin du Pré-aux-Clercs, de la porte de Buci à la Seine, de la porte de Buci au Pré-aux-Clercs. Vers 1510, on la nomma rue de Seine. Cette voie publique ne fut pavée qu’en 1545. Sauval nous apprend qu’elle porta le nom de Dauphine, en raison de l’hôtel Dauphin qui avait été habité par Louis de Bourbon, dauphin d’Auvergne. — Une décision ministérielle du 23 germinal an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette rue à 12 m.

Partie comprise entre la rue de Buci et celles du Petit-Lion et du Petit-Bourbon. — Dès l’année 1662, on avait conçu le projet de prolonger la rue de Seine jusqu’à la rue de Tournon. Un avis du bureau de la Ville du 16 juillet de cette année nous en fournit la preuve. Dans les lettres-patentes du 22 avril 1769, il est dit : « Nous nous réservons d’ordonner par la suite une communication de la rue de Seine avec la rue de Tournon, qui se trouvent l’une et l’autre dans la même direction vers notre palais dit Luxembourg. » — Cette amélioration reçut un commencement d’exécution sous le consulat.

« Extrait des registres des délibérations des Consuls de la république. — Saint-Cloud le 17 vendémiaire an XI. — Les Consuls de la république, sur le rapport du ministre de l’intérieur, arrêtent ce qui suit : Article 1er. Les maisons qui existent sur l’alignement du prolongement de la rue de Tournon à la rue de Seine, et qui ont été condamnées par mesure de voirie, ainsi que les bâtiments qui se trouvent compris dans le plan adopté pour la formation d’une place demi-circulaire, en avant du portail de l’église paroissiale de Saint-Sulpice, seront achetés et démolis dans le cours de six mois, etc… — Art. 2e. À cet effet, la commune de Paris fournira annuellement, sur le produit de l’octroi, jusqu’à concurrence de 100,000 fr, etc. Le premier consul, signé Bonaparte. » Ce prolongement ne fut point alors exécuté.

« Au palais des Tuileries, le 21 février 1811 : — Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons… Article 31e. Le prolongement de la rue de Tournon et la formation de la place Saint-Sulpice seront achevés dans le cours de 1811. » — Ce percement fut terminé à la fin de cette année, mais seulement jusqu’à la rue des Boucheries. L’année suivante il atteignit la rue de Buci, et fut confondu avec la rue de Seine dont il prit la dénomination. — Une décision ministérielle du 28 février 1818 a fixé la moindre largeur de cette partie de rue à 12 m.

Propriété no 1, alignée ; 3, retranchement réduit 40 c. ; de 5 à 11, ret. 60 c. à 70 c. ; 13, alignée ; de 15 à 31, ret. 40 c. à 57 c. ; de 33 à 39, ret. 28 c. à 40 c. ; 41, alignée ; 43, 45, redress. ; 47, alignée ; 49, 51, ret. 20 c. à 43 c. ; 53, alignée ; de 55 à 59, redress. ; de 61 à 95, alignées ; 97, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 99, ret. réduit 2 m. ; 101, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 2, ret. réduit 4 m. 30 c. ; 4, ret. réduit 3 m. 70 c. ; 6, ret. réduit 2 m. 30 c. ; 8, ret. réduit 1 m. 80 c. ; de 10 à 14 bis, alignées ; de 16 à 36, ret. 3 m. 20 c. à 3 m. 80 c. ; de 38 à 44, seront supprimées pour la formation d’une place sur ce point ; 46, alignée ; de 48 à 52, ret. 3 m. 33 c. à 3 m. 60 c. ; de 54 à la fin, alignées. — Égout dans toute l’étendue. — Conduite d’eau : 1o entre le quai et la rue Mazarine ; 2o depuis la rue des Boucheries jusqu’à celle du Petit-Lion. — Éclairage au gaz (compe Française).

Dans la 2e partie de la rue de Seine ont été confondues : 1o la rue du Brave, qui communiquait de la rue des Quatre-Vents à celle du Petit-Lion. Son étymologie est inconnue ; 2o l’impasse des Quatre-Vents qui avait son entrée dans la rue du même nom. Elle aboutissait à la foire Saint-Germain.

Sentier (rue du).

Commence aux rues des Jeûneurs, no 2, et Saint-Roch, no 18 ; finit au boulevart Poissonnière, nos 7 et 9. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 177 m.3e arrondissement, quartier Montmartre.

Elle a remplacé dès le XVIIe siècle un sentier qui conduisait au rempart. Quelques plans la désignent sous le nom de rue du Chantier ; d’autres ne la distinguent point de la rue du Gros-Chenet, dont elle forme le prolongement. — Une décision ministérielle du 8 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826, cette largeur est portée à 10 m. Propriétés nos 1, 3, retranch. 40 c. environ ; pas de nos 5 et 7 ; partie du no 9, alignée ; surplus du no 9 et maison no 11, ret. 35 c. à 50 c. ; 13, ret. réduit 40 c. ; de 15 à la fin, alignées, sauf redress. ; 2, alignée, pas de no 4 ; de 6 la fin, ret. 1 m. 50 c. à 2 m. — Éclairage au gaz (compe Française).

Serpente (rue).

Commence à la rue de la Harpe, nos 38 et 40 ; finit à la rue Hautefeuille, nos 7 et 9. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 98 m.11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Cette voie publique, ouverte en 1179, prit le nom de rue Serpente, en raison des sinuosités qu’elle décrivait. Un acte du mois de juin 1263 l’appelle Vicus Tortuosus qui est ab oppositis Palatii Termarum. Le poète Guillot écrivait en 1300, rue de la Serpent. — Une décision ministérielle du 26 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les deux maisons situées après le no 13, sont à l’alignement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Harpe jusqu’à la borne-fontaine.

Le collége de Tours était situé dans cette rue au no 7. Il fut fondé en 1330, par Étienne de Bourgueil, archevêque de Tours, en faveur d’un principal et de six boursiers. Il a été réuni à l’Université en 1763. Les bâtiments qui contenaient en superficie 200 m. 74 c., devinrent propriétés nationales en 1790, et furent vendus le 21 août 1793.

Servandoni (rue).

Commence à la rue Palatine, no 5 ; finit à la rue de Vaugirard, nos 42 et 44. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 170 m.11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

La partie comprise entre la rue Palatine et celle du Canivet s’appelait au XVIIe siècle rue du Pied-de-Biche ; le surplus portait le nom de rue du Fer-à-Cheval. Vers 1710, ces deux parties étaient confondues sous la seule et même dénomination de rue du Fossoyeur, parce que le fossoyeur de la paroisse Saint-Sulpice y demeurait. — Une décision ministérielle du 7 fructidor an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En 1806, elle reçut le nom de rue Servandoni. — Une ordonnance royale du 3 septembre 1843 a porté sa moindre largeur à 10 m. Propriétés nos 1 et 3, alignées ; 5, retranch. réduit 1 m. 80 c. ; 7, ret. réduit 90 c. ; 11, ret. réduit 2 m. ; de 13 à 19, ret. réduit 2 m. 30 c. ; 21, ret. réduit 3 m. 20 c. ; 23, ret. 3 m. 40 c. ; 25, ret. réduit 3 m. ; 27, ret. réduit 2 m. 60 c. ; 29, ret. réduit 2 m.10 c. ; 31, ret. réduit 1 m. 50 c. ; 33, ret. réduit 1 m. ; 4, 6, ret. 2 m.10 c. à 2 m. 50 c. ; 8, ret. réduit 1 m. 90 c. ; 10, ret. réduit 1 m. 50 c. ; 12, ret. 1 m. 20 c. ; de 14 à 22, ret. 2 m. 20 c. à 2 m. 70 c. ; de 24 à 28, ret. 1 m. 90 c. à 2 m. 20 c. ; 30, ret. réduit 2 m. 40 c. ; 32, ret. réduit 2 m. 80 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Jean-Jérôme Servandoni, peintre et architecte, naquit à Florence en 1695. Étant venu se fixer en France, il fut reçu membre de l’académie. En 1732, Servandoni l’emporta sur tous ses rivaux pour l’exécution du portail Saint-Sulpice qui avait été mis au concours. Quelque temps après il fut nommé peintre décorateur du roi. Servandoni mourut à Paris, le 19 janvier 1766.

Séverin (église Saint-).

Située dans la rue du même nom. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Un voile mystérieux entoure le berceau de cet édifice. Quelques écrivains prétendent qu’il occupe la place d’une chapelle dédiée sous le nom de Saint-Clément ; d’autres savants font honneur de sa fondation à saint Séverin, abbé d’Agaune, que Clovis fit venir à Paris, dans l’espoir d’obtenir par l’intercession de ce pieux personnage la guérison d’une fièvre, qui le consumait depuis deux années. Ne pouvant mentionner ici toutes les discussions que l’ancienneté de cette église a soulevées, nous nous bornerons à rappeler l’opinion de Jaillot, qui nous parait très vraisemblable : « Sous le règne de Childebert, dit cet écrivain consciencieux, il y avait à Paris un saint solitaire, nommé Séverin, qui s’était retiré dans un endroit, près de la porte méridionale. Sa sainteté fut reconnue dès son vivant ; elle détermina même Saint-Cloud à se mettre sous sa discipline et à recevoir de lui l’habit monastique. Il est probable que la vénération que ses vertus avaient inspirée aux Parisiens les engagea à bâtir sous son nom un oratoire au lieu même qu’il avait habité, ou à donner son nom à celui qui pouvait y avoir été dès lors érigé. » — Une charte du roi Henri Ier, qui l’appelle Saint-Séverin le solitaire, semble confirmer l’opinion de Jaillot. Cette église, ainsi que les principaux édifices de la capitale, éprouva, dans le IXe siècle, toute la fureur des Normands. Avant cette époque, on avait levé le corps de saint Séverin, pour le transporter à la cathédrale qui conserva ces précieuses reliques. Cependant l’église dédiée au pieux solitaire ne fut pas complètement dévastée par les barbares, car nous la trouvons énoncée dans la charte du roi Henri Ier, parmi les édifices que ce monarque abandonne à l’église de Paris. Saint-Séverin fut rebâti, sans doute, après la mort du prêtre Girauld qui en avait la jouissance pendant sa vie. La population de ce quartier s’étant rapidement augmentée, l’église fut érigée en cure, et le titre d’archiprêtre conféré à celui qui la desservait. Ce titre attribuait au pasteur qui en était honoré, une sorte de prééminence sur toutes les cures de ce district. Le document le plus ancien qui mentionne la cure de Saint-Séverin, est une sentence arbitrale rendue en 1210 ; cette sentence fixe la juridiction spirituelle de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés et l’étendue de la paroisse Saint-Séverin. Cette église a été rebâtie à différentes époques. Dès l’an 1347, le pape Clément VI avait accordé des indulgences pour faciliter sa reconstruction. Elle fut agrandie en 1489, et le 12 mai de cette année, on posa la première pierre de l’aile droite et des chapelles qui sont derrière le sanctuaire. Saint-Séverin se révèle aux yeux de l’observateur par sa tour dont la flèche et les huit clochetons chargés de dentelures dominent les maisons d’alentour. C’est du haut de cette tour que la cloche sonnait autrefois le couvre-feu pour le quartier de l’Université. Le portail de cette église était presque sans ornements. Sur la pierre on lisait deux inscriptions gravées en caractères gothiques ou scolastiques ; la première était ainsi conçue :

» Bonnes gens qui par cy passez,
» Priez Dieu pour les trespassez !… »

Des lions de pierre avaient été sculptés de chaque côté du portail ; ils remplaçaient sans doute d’autres lions de pierre qui soutenaient autrefois le siège où l’archiprètre venait s’asseoir pour rendre la justice. Nous avons lu plusieurs sentences portant cette formule : Datum inter Leones. Les portes de l’église, étaient autrefois chargées de fers à cheval ; ils attestaient une des pratiques pieuses de nos aïeux. « Quand un chrétien, dit Charles Nodier, se disposait à partir pour un voyage lointain, il venait invoquer le noble chevalier saint Martin, dans sa chapelle particulière, faisait rougir la clef de la chapelle au feu des thuriféraires, en marquait les flancs de sa haquenée, et clouait le fer à cheval votif à la porte du saint édifice. » — L’intérieur de Saint-Séverin doit exciter la curiosité des artistes. Il présente un ensemble régulier, surtout remarquable par la belle ordonnance de l’abside éclairée par un double rang de croisées. Les chapiteaux des colonnes, les nervures des voûtes à leurs points de jonction et d’arrêt, sont surchargés de culs-de-lampe et de sculptures de toutes espèces. Ces ornements admirables par leur grâce ou leur originalité, se composent de plusieurs sujets dont l’entrain et la vivacité sont inimitables. Les colonnes de la galerie inférieure du chœur, qui semblent appartenir au XVe siècle, se recommandent par le fini et la légèreté de leur exécution. Aux bas-côtés de la nef, plusieurs colonnes au lieu de chapiteaux, sont surmontées de figures de religieux couchés et réunis par la tête ; ils tiennent des banderoles. D’autres personnages grotesques ou comiques sont sculptés sur les arêtes des nervures dans les voûtes. Des vitraux d’un magnifique travail décorent l’abside. Le chœur subit d’importants changements en 1683 : le maître-autel dont on voit les restes maintenant, a coûté 24,400 livres, et a été exécuté par le fameux sculpteur Baptiste Tubi, d’après les dessins de Charles Lebrun. — Saint-Séverin est une des premières églises de Paris qui ait possédé des orgues. Un nécrologe manuscrit nous offre le passage suivant : « L’an 1358, le lundi après l’Ascension, maistre Regnault de Douy, eschollier en théologie à Paris, et gouverneur des grandes escholles de la parouesse de Saint-Severin, donna à l’église unes bonnes orgues et bien ordenées. » — Le magnifique buffet que nous voyons aujourd’hui, date de 1747. — On lisait autrefois une inscription singulière, sous la porte du passage qui communiquait à la rue de la Parcheminerie, près du cimetière Saint-Séverin ; la voici :

« Passant, penses-tu passer par ce passage,
____» Où pensant j’ai passé ;
» Si tu n’y penses pas, passant, tu n’es pas sage,
» Car en n’y pensant pas, tu te verras passé. »

Deux autres vers étaient gravés sur la porte même du cimetière. Ils avaient été composés par le fameux imprimeur Vitré, alors marguillier de Saint-Séverin :

« Tous ces morts ont vécu ; toi qui vis, tu mourras !
» L’instant fatal approche, et tu n’y penses pas ! »

Une sorte de célébrité était attachée à ce cimetière. Au mois de janvier 1474, les médecins et chirurgiens de Paris représentèrent à Louis XI : « que plusieurs personnes de considération étaient travaillées par la pierre, colique, passion et mal de côté ; qu’il serait très utile d’examiner l’endroit où s’engendraient ces maladies, qu’on ne pouvait mieux s’éclairer qu’en opérant sur un homme vivant, et qu’ainsi ils demandaient qu’on leur livrât un franc-archer, qui venait d’être condamné à être pendu pour vol, et qui avait été souvent fort molesté des dits maux. Louis XI accéda à leur demande, et la première opération de la pierre se fit publiquement dans le cimetière de Saint-Séverin. Après qu’on eut examiné et travaillé, ajoute la chronique, on remit les entrailles de dans le corps du dit franc-archer, qui fut recousu, et par l’ordonnance du roi, très bien pansé, et tellement qu’en quinze jours il fut guéri et eut rémission de ses crimes sans dépens, et il lui fut donné de l’argent. » — Nous ne devons pas omettre, en parlant de Saint-Séverin, une particularité touchante. Lorsque les nouvelles accouchées venaient entendre à cette église leur messe de relevailles, on leur posait sur les épaules un manteau fourré pour les préserver du froid.

L’église Saint-Séverin ne fut pas épargnée pendant la révolution.

7 pluviôse an II (26 janvier 1794). — « Sur la demande de la régie des poudres et salpêtres, le département charge le citoyen Dupont son commissaire, de se transporter sur le champ à la ci-devant église Saint-Séverin, à l’effet de vérifier les objets qui existent dans cette église, et qui gênent les opérations que la régie des poudres doit y faire pour l’exploitation du salpêtre, livrer sur le champ au ministre de la guerre, tous les effets qui y sont contenus ; les faire transporter dans le bâtiment national le plus voisin, à l’exception de l’orgue qui sera conservé, et mettra la dite église à la disposition de la régie des poudres, l’autorisant à faire à cet effet toutes levées et réappositions de scellés nécessaires. Signé Houzeau, Damesme, Lachevardière, Momoro, Dupin et Luilier, agent national. » — Depuis 1802, l’église Saint-Séverin est la seconde succursale de la paroisse Saint-Sulpice. Lors de la formation de la rue d’Arcole, sur l’emplacement des rues Saint-Pierre-aux-Boeufs et du chevet Saint-Landry, la petite église Saint-Pierre-aux-Bœufs dut être abattue. On eut l’heureuse idée d’appliquer, de greffer son joli portail sur l’église Saint-Séverin, qui est aujourd’hui l’un des monuments les plus curieux de Paris. — Depuis 1841, on a exécuté, sous la direction de MM. Lassus et Gréterin, architectes, des travaux de réparations à la façade occidentale de cet édifice. La dépense s’est élevée à 77,000 fr.

Séverin (rue des Prêtres-Saint-).

Commence à la rue Saint-Séverin, no 7 ; finit à la rue de la Parcheminerie, nos 16 et 20. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 16. Sa longueur est de 79 m.11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

C’était en 1244, la ruelle devant ou près Saint-Séverin. En 1260 et 1264, les titres de Sorbonne la nomment Vicus strictus Sancti-Severini, les actes du même temps ruelle ou ruellette Saint-Séverin. En 1489, on l’appelait ruelle de l’Archi-Prêtre. Le curé de Saint-Séverin, archiprêtre-né de l’église de Paris, y demeurait alors. Vers 1508, on disait simplement, ruelle au Prêtre ; enfin elle fut désignée sous la dénomination de rue des Prêtres-Saint-Séverin, parce que les prêtres qui desservaient cette église vinrent l’habiter. — Deux décisions ministérielles des 8 nivôse an IX, et 15 messidor an XII, signées Chaptal, fixèrent la moindre largeur de cette voie publique à 6 m. Cette moindre largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 27 septembre 1837. Depuis cette époque elle a été considérablement élargie. L’église et les maisons nos 4,14 et 16, sont à l’alignement. Au milieu de cette rue on a établi un escalier qui empêche la circulation des voitures.

Séverin (rue Saint-).

Commence aux rues Saint-Jacques, no 2, et du Petit-Pont, no 24 ; finit aux rues de la Harpe, no 1, et de la Vieille-Bouclerie, no 23. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 117 m.11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Cette rue dont la construction remonte à une haute antiquité, doit son nom à l’église Saint-Séverin. Cette voie publique a été élargie en vertu d’un arrêt du conseil du 7 janvier 1678. — Une décision ministérielle 8 nivôse an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 3 mars 1825, ont fixé la largeur de cette rue à 10 m. Propriété no 3, alignée ; 7, retranch. réduit 1 m. 60 c. ; 9, ret. réduit 2 m. 30 c. ; 11, ret. réduit 2 m. 90 c. ; 13, ret. réduit 2 m. 50 c. ; 15, ret. réduit 90 c. ; 17, ret. réduit 2 m. 60 c. ; 2, ret. 3 m. 10 c. à 3 m. 60 c. ; 4, ret. 3 m. 20 c. à 3 m. 50 c. ; 6, ret. 3 m. 60 c. ; 8, ret. réduit 4 m. 20 c. ; 10, ret. réduit 4 m. 80 c. ; 12, ret. réduit 5 m. 20 c. ; 14, ret. réduit 4 m. 80 c. ; 16, ret. 3 m. 30 c. ; 18, ret. réduit 3 m. 40 c. ; 20, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 22, ret. réduit 1 m. 10 c. ; 24, ret. réduit 1 m. 40 c. ; 26, 28, ret. réduit 3 m. ; 30, ret. réduit 4 m. 50 c., — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Sèvres (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue de ce nom.

Cette barrière se compose d’un bâtiment orné sur ses quatre faces de porches formés chacun de trois arcades sur colonnes accouplées. Ce bâtiment est terminé par un petit étage en attique éclairé par des mezzanines. (Voir l’article Barrières.)

Sèvres (chemin de ronde de la barrière de).

Commence aux rue et barrière de Sèvres ; finit à la barrière des Paillassons. Pas de numéro. Sa longueur est de 463 m.10e arrondissement, quartier des Invalides.

(Voir l’article Chemins de ronde.)

Sèvres (rue de).

Commence aux rues du Cherche-Midi, no 2, et de Grenelle, no 1 ; finit aux chemins de ronde des barrières de Sèvres et de Vaugirard. Le dernier impair est 171 ; le dernier pair, 132. Sa longueur est de 1,571 m. — 10e arrondissement. Tous les impairs et les pairs de 2 à 104 sont du quartier Saint-Thomas-d’Aquin, le surplus dépend du quartier des Invalides.

On la trouve désignée, au XIIIe siècle, dans des titres de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, sous le nom de la Maladrerie, parce que l’hôpital ainsi appelé y était situé. En 1641, on la nommait rue de l’Hôpital-des-Petites-Maisons. Elle doit sa dénomination actuelle au village de Sèvres, auquel elle conduit. — Deux décisions ministérielles des 23 frimaire an IX et 15 messidor an XII, signées Chaptal, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : nos 11, 13 ; de 23 à 45, de 49 à 85, chapelle Saint-Vincent-de-Paul, partie du no 95, 97, 99, de 109 à 145 ; hôpital des Enfants-Malades, et de l’hôpital Necker à la fin ; 14, dépendances de l’Abbaye-aux-Bois, partie de l’hospice des Ménages ; de 28 à 50, de 54 à 76, 80, 84 ; de 92 à 104, dépendances des Jeunes-Aveugles, et de 116 à 126. — Égout : 1o entre la Petite-rue-du-Bac et la rue Saint-Maur ; 2o entre les rues des Brodeurs et Rousselet. — Conduite d’eau dans presque toute son étendue. — Éclairage au gaz (compe Française).

À l’angle de la rue du Cherche-Midi était situé le couvent des Prémontrés réformés. L’ordre des Prémontrés, fondé par saint Norbert, au XIIe siècle, avait à peu près perdu la bonne réputation que son ancienne discipline lui avait acquise, lorsque le père Daniel Picart, abbé de Sainte-Marie-aux-Bois, en Lorraine, conçut le dessein d’y introduire la réforme. Aidé par Gervais Lairuel, abbé de Saint-Paul-de-Verdun, il fit de nouveaux statuts, auxquels les papes donnèrent leur approbation. Alors une nouvelle congrégation se forma sous le titre de la Réforme de Saint-Norbert. Quoique confirmée par lettres-patentes de 1621, elle ne possédait point encore en 1660 d’établissement à Paris. Le chapitre général tenu cette même année à Saint-Paul-de-Verdun, résolut de créer une maison dont tous les couvents de l’ordre partageraient la dépense. Le père Paul Ferrier fut choisi pour faciliter l’exécution de ce projet. La reine Anne d’Autriche lui accorda sa protection, et ses libéralités permirent aux Prémontrés d’acheter en 1661, dans la rue de Sèvres, un grand terrain et une maison qu’on appelait les Tuileries. Ils obtinrent, en 1662, le consentement de l’abbé de Saint-Germain, et de nouvelles lettres-patentes, dans lesquelles le roi se déclare leur fondateur, et les qualifie de chanoines réguliers de la Réforme de l’étroite observance de l’ordre de Prémontré. La première pierre de l’église fut posée le 13 octobre 1662, par la reine-mère. Cet édifice devint bientôt trop petit, et fut rebâti en 1719, sur les dessins de Simonet, architecte. Supprimée en 1790, cette maison religieuse devint propriété nationale, et fut vendue le 1er prairial an V.

Au no 27 est la maison dite de l’Association des dames de Saint-Thomas-de-Villeneuve. Cette communauté fut fondée en 1659, par le père Ange Proust, augustin réformé de la province de Bourges et prieur du couvent de Lamballe. Cette fondation avait pour but de desservir les hôpitaux. L’utilité d’un tel établissement fut bientôt constatée. Louis XIV, auquel on en rendit compte, le confirma par lettres-patentes données en 1661. Cette bienfaisante institution répandit bientôt son heureuse influence dans toute la Bretagne. Paris possédait déjà plusieurs maisons de ce genre mais la misère, qui tend toujours à s’accroître dans les grandes villes, fit penser que les Filles-de-Saint-Thomas-de-Villeneuve pouvaient donner d’utiles secours aux malades. Le 16 août 1700, Jeanne de Sauvageot, dame de Villeneuve, acheta de Jacques-Joseph Guille une maison et un jardin situés dans la rue de Sèvres, et en passa déclaration au profit des Filles-de-Saint-Thomas. Cette communauté fut confirmée de nouveau par lettres-patentes du mois de juin 1726, et on lui permit alors d’acquérir jusqu’à 20,000 livres de rente. Ces religieuses étaient hospitalières et suivaient la règle de Saint-Augustin. Après la mort du père Ange, elles choisirent pour supérieur-général le curé de Saint-Sulpice. En 1793 on voulut assimiler leur maison à une communauté religieuse et s’emparer des biens qu’elle possédait. Quelques voix reconnaissantes protestèrent et obtinrent la conservation de cet établissement, uniquement consacré à l’éducation des pauvres et au soulagement des malades. Les pieuses dames de Saint-Thomas poursuivent encore aujourd’hui leur œuvre de charité.

Simon-le-Franc (rue).

Commence à la rue Sainte-Avoie, nos 25 et 27 ; finit aux rues du Poirier, no 16, et Beaubourg, no 2. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 147 m.7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Cette rue est très ancienne. Sauval parle d’un Simon Franque mort avant 1211. Ce qu’il y a de certain, dit Jaillot, c’est que suivant le cartulaire de saint Maur et saint Éloi, il y avait une rue de ce nom en 1237. Dès 1350, on disait rue Simon-le-Franc. — Une décision ministérielle du 13 vendémiaire an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, sa moindre largeur a été portée à 10 m. Propriété no 1, ret. réduit 30 c. ; 3, 5, ret. réduit 1 m. ; 7, 9, ret. réduit 1 m. 70 c. ; 11, ret. réduit 2 m. 20 c. ; de 13 à 17, ret. 2 m. 40 c. à 2 m. 80 c. ; de 19 à la fin, ret. 2 m. 60 c. à 3 m. ; 2, ret. réduit 4 m. 50 c. ; 4, ret. réduit 4 m. ; 6, 8, ret. réduit 3 m. ; 10, 12, ret. 2 m., 20 c. ; 14, alignée ; de 16 à 20, ret. 1 m. 58 c. à 2 m. 20 c. ; 22, ret. réduit 1 m. 70 c. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Singes (rue des).

Commence à la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, nos 10 et 12 ; finit à la rue des Blancs-Manteaux, nos 1 et 3. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 90 m.7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Cette voie publique, entièrement bordée de constructions en 1250, portait, en 1269, le nom de rue Pierre-d’Estampes. En 1300, Guillot l’appelle rue à Singes ; elle tenait ce nom d’une propriété dite la Maison aux Singes. — Une décision ministérielle du 4 floréal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 12 juillet 1837. Propriétés du côté des numéros impairs, retranchement 2 m. 50 c. à 3 m. 40 c. ; propriétés du côté opposé, retranch. 2 m. à 2 m. 60 c. — Conduite d’eau depuis la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Sœurs (impasse des).

Située dans la rue des Francs-Bourgeois-Saint-Marcel, entre les nos 4 et 6. Pas de numéro. Sa longueur est de 19 m. 50 c.12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette impasse, qui est indiquée sur le plan de Verniquet, doit son nom aux sœurs de charité qui vinrent s’y établir. Elle n’est pas reconnue voie publique. Sa largeur actuelle varie de 2 m. 10 c. à 3 m. 10 c.

Sœurs-Faubourg-Montmartre (cour des Deux-).

De la rue du Faubourg-Montmartre, no 44, à la rue Coquenard, no 7. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 16. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Formée à la fin du siècle dernier, on la nomma successivement impasse des Chiens et Coypel. Elle doit sa dénomination actuelle aux deux sœurs Deveau.

Sœurs-Faubourg-Saint-Antoine (cour des Deux-).

Située dans la rue de Charonne, no 24. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Cette cour fut bâtie en 1793. En 1800, les sœurs Lapille en firent l’acquisition et lui donnèrent le nom de cour des Deux-Sœurs.

Soleil-d’Or (passage du).

Commence à la rue de la Pépinière, no 10 ; finit à la rue Delaborde, no 1. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Ce passage, commencé en 1838, a été terminé en 1839. Il a pris sa dénomination d’un soleil doré placé à chaque porte.

Soly (rue).

Commence à la rue de la Jussienne, nos 5 et 7 ; finit à la rue des Vieux-Augustins, nos 32 et 34. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 78 m.3e arrondissement, quartier du Mail.

Cette rue, ouverte en 1548, doit son nom à sire Antoine Soly, échevin en 1549, sous la prévôté de maître Claude Guyot. — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 8 m. en vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828. Propriétés du côté des numéros impairs, retranch. 1 m. 60 c. à 2 m. ; de 2 à 12, ret. 3 m. à 3 m. 60 c. ; 14, 16, ret. 2 m. ; 18, ret. 3 m. 50 c. — Conduite d’eau depuis la rue de la Jussienne jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Sorbonne (église).

La Sorbonne, qui joua un si grand rôle dans notre histoire, ne devait être, dans l’esprit de son fondateur, qu’un modeste asile offert aux écoliers dont la pauvreté était reconnue. — Robert dit de Sorbon, parce qu’il était né à Sorbon, village près de Rhétel, fut le fondateur de ce collége, auquel il donna son nom. Cette fondation eut lieu au mois de février 1250. On lit dans la vie de saint Louis, par le confesseur de la reine Marguerite : « Le Benoict roy fit acheter mesons qui sont en deux rues assises à Paris, devant le palés des Thermes, esquelles il fit faire mesons bonnes et grandes, pour ce que écoliers étudiants à Paris demorassent là à toujours. » La fondation de ce collége fut confirmée par lettres du Saint-Siège, données par Alexandre IV, en 1259. Le but du fondateur avait été de rétablir au sein de l’Université l’ancienne école du Parvis, et de rendre à cette institution théologique toute l’illustration qui l’entourait au temps d’Abailard. L’Université, qui jalousait l’influence monacale, laissa aux membres de la Sorbonne autant de liberté et d’indépendance que leur profession pouvait en comporter. Les sorbonistes étaient divisés en sociétaires, sodales, et en simples hôtes, hospites. Le premier titre appartenait aux licenciés : plus tard il fut réservé aux docteurs. Le nombre des professeurs de la Sorbonne s’est élevé jusqu’à sept. Celui des auditeurs n’est pas connu, on sait seulement qu’il y en avait des quatre nations. Cette maison portait le nom de Congrégation des pauvres maîtres de la Sorbonne. Les sorbonistes conservèrent cette humble dénomination, jusqu’au moment où ils cessèrent de former un corps. La première dignité de cette congrégation était celle de proviseur. Son autorité était réglée par la communauté. Le prieur était le second dignitaire. Chargé de la police de la maison, il présidait les assemblées. Les bacheliers concouraient à son élection. Le soin de conserver les règles de l’institution était confié à quatre docteurs choisis parmi les plus âgés, on les appelait seniores. Les procureurs, procuratores, s’occupaient de la dépense et de la recette de la maison dont ils rendaient compte aux seniores. Il y avait en outre un bibliothécaire et des professeurs. Parmi ces derniers, on distinguait les lecteurs qui se chargeaient d’expliquer les textes d’enseignement ; les conférenciers qui présidaient aux discussions entre les clercs ; enfin les docteurs qui enseignaient en chaire la science théologique. — Cette bonne administration et l’excellence des études furent les causes de l’influence de la Sorbonne. Souvent elle dominait le peuple, les rois et les papes. Malheureusement sa puissance ne tourna pas toujours au profit de la France. Des noms flétrissants furent même donnés plusieurs fois à la Sorbonne ; ainsi, sous le règne de Charles VI, on l’appelait Sorbonne bourguignonne. En 1407, les ducs d’Orléans et de Bourgogne se disputaient le gouvernement de la France. Jean-sans-Peur se débarrassa de son antagoniste, en le faisant assassiner. Un docteur de la Sorbonne, Jean Petit, osa se charger de l’apologie de ce crime. Une assemblée fut convoquée à cet effet, le 8 mars 1408, à l’hôtel Saint-Paul. Le roi, le dauphin, les princes du sang et les notables y assistaient. L’assassin Jean-sans-Peur comparut, appuyé sur le bras du docteur Jean Petit. Le sorboniste raconta en chaire, et divisa l’éloge de l’assassinat en douze parties. Après avoir lâchement outragé la mémoire du duc d’Orléans, il soutint que la mort du tyran était une action vertueuse, plus méritoire dans un chevalier que dans un écuyer, et beaucoup plus admirable encore dans un prince que dans un chevalier. Pas une voix né s’éleva pour repousser l’affreuse doctrine de ce fanatique, et l’assemblée se sépara frappée de stupeur ! — Ce fut encore la Sorbonne qui pressa le plus vivement la mise en jugement de l’héroïque Jeanne d’Arc. En 1130, le duc de Bedfort adjugea la vierge de Vaucouleurs au docteur Jean Cauchon, sorboniste, qui la fit périr dans les flammes.

Les bâtiments et la chapelle Sorbonne tombaient en ruine, lorsque le cardinal de Richelieu se chargea de les faire reconstruire sur un plan beaucoup plus riche et plus vaste. Les bâtiments du collége furent commencés en 1629, et la chapelle en 1635. Le portail de l’église est de deux ordres, le premier, corinthien avec des colonnes engagées, et le second, composite, mais formé seulement par des pilastres qui répondent aux colonnes. Le portail, du côté de la cour, n’a qu’un seul ordre de dix colonnes isolées, élevé sur un perron d’environ dix marches, et couronné d’un fronton à l’imitation des anciens. Le dôme est accompagné comme celui du Val-de-Grâce de quatre campanilles et de statues. La coupole, peinte par Philippe de Champagne, est très bien conservée. Au milieu de la nef, on admire le tombeau en marbre du cardinal de Richelieu. C’est un des plus beaux ouvrages de Girardon. Le corps du ministre avait été déposé dans un caveau, au-dessous du mausolée. Le czar Pierre-le-Grand avait une si haute idée du génie de Richelieu, qu’à la vue de son tombeau il s’écria, transporté d’enthousiasme : « Oh grand homme ! si tu vivais, je te donnerais la moitié de mon empire pour apprendre de toi à gouverner l’autre. » — Pendant la révolution on voulut établir, dans l’église Sorbonne, un amphithéâtre pour les séances de l’école normale. Ce projet resta sans exécution. Le bâtiment fut endommagé, puis abandonné. Cette église après avoir été restaurée, a été rendue au culte le 10 juillet 1825. Choron, fondateur et chef de l’institution de musique religieuse, y conduisait ses élèves tous les dimanches. Depuis 1831, époque de la mort de Choron, les chants ont cessé. On dit cependant une messe, tous les jours, à huit heures du matin dans l’église Sorbonne. — Les bâtiments de l’ancien collége servent aujourd’hui aux facultés de l’écologie, des lettres et des sciences de l’académie.

Sorbonne (place).

Commence aux rues de Cluny, no 2, et Sorbonne, no 16 ; finit aux rues Neuve-de-Richelieu, no 1, et des Maçons. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 44 m.11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Elle a été construite en 1639. En 1793, on lui donna le nom de Chalier, fougueux révolutionnaire décapité à Lyon. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an XIII, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 35 m. 50 c. Les propriétés riveraines sont alignées, à l’exception de celle no 5 qui devra subir un faible retranchement.

Au no 3 se trouvait une des entrées du collége de Cluny. Il fut fondé en 1269 par Yves de Vergy, abbé de Cluny, pour les religieux de son ordre. La chapelle était d’une belle architecture. Ce collége, qui occupait l’espace circonscrit par le passage des Jacobins (aujourd’hui rue des Grés), les rues de Cluny, de la Harpe et la place Sorbonne, a été supprimé en 1790. Devenu propriété nationale, il fut aliéné le 24 fructidor an V. La chapelle servit longtemps d’atelier au peintre David. C’est là que furent exécutées les belles pages du sacre de Napoléon, de la distribution des aigles, et du Léonidas. Elle a été démolie en 1834.

Sorbonne (rue).

Commence à la rue des Mathurins, nos 5 et 9 ; finit à la place Sorbonne, no 2. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 193 m.11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Presqu’entièrement construite vers 1250, on la nommait alors rue des Portes ou des Deux-Portes. En l’année 1300, le poète Guillot l’appelle rue aux Hoirs-de-Sabonnes ; depuis, c’est la rue Sorbonne, en raison de sa proximité de la maison de Sorbonne. — Séance du jeudi soir (18 octobre 1792). « Vu la demande du procureur de la commune, tendant à ce que la rue de Sorbonne qui rappelle un corps aussi astucieux que dangereux, ennemi de la philosophie et de l’humanité, un corps enfin qui ne voulait voir que des docteurs là où l’on ne doit voir que des hommes, que cette rue porte désormais le nom de Catinat, nom d’un fameux guerrier, honnête homme né dans cette rue ; le conseil général arrête que cette rue portera désormais le nom de rue de Catinat ; qu’en conséquence le présent arrêté sera envoyé au procureur de la commune pour qu’il en suive l’exécution. » (Extrait des registres de la commune, tome 2, p. 171). — Une décision ministérielle en date du 23 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En 1802, elle a repris la dénomination de rue Sorbonne. Le mur de clôture situé sur le côté des numéros impairs, à l’encoignure de la rue des Mathurins, une partie des dépendances de la Sorbonne et la propriété no 14, sont à l’alignement.

Soufflot (rue).

Commence à la place du Panthéon ; finit à la rue Saint-Jacques, no 149. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 83 m.12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Le plan annexé aux lettres-patentes de 1757, relatives à la construction de l’église Sainte-Geneviève et à la formation de ses abords, ne fait pas mention de cette rue. Cependant elle a été exécutée quelques années après sur l’emplacement d’une partie du collége de Lisieux. (Voir pour l’historique de ce collége l’article de la rue Jean-de-Beauvais.) Jaillot indique cette voie publique, mais sans dénomination. Le plan de Verniquet la désigne sous le nom de rue du Panthéon français. Le 24 frimaire an XIII, le ministre de l’intérieur Champagny approuva le prolongement de cette voie publique jusqu’au jardin du Luxembourg. La largeur de ce percement était fixée à 12 m. En 1807, la rue qui fait l’objet du présent article portait le nom de rue Soufflot. — Conformément à une décision ministérielle du 13 juin de la même année, la largeur de cette voie publique est déterminée ainsi qu’il suit, savoir : à 37 m. 56 c. à son entrée par la place, et à 31 m. du côté de la rue Saint-Jacques. Les propriétés nos 1, 3, 3 bis et 10 ne sont pas soumises à retranchement. — Une ordonnance royale du 9 août 1826 porte : « Article 1er. Il sera ouvert dans notre bonne ville de Paris 1o une rue de 14 m. de largeur en prolongement de la rue Soufflot, dans l’axe de l’église Sainte-Geneviève, depuis la rue Saint-Jacques jusqu’au jardin du Luxembourg. La portion de ladite rue, comprise entre la rue d’Enfer et le Luxembourg, sera plantée d’arbres et fermée la nuit par une grille, etc… » — En vertu d’une loi du 2 juillet 1844, relative à l’amélioration des abords du Panthéon, le prolongement de la rue Soufflot doit être exécuté en quatre années, à partir de la promulgation de cette loi.

Jacques-Germain Soufflot, célèbre architecte, naquit à Irancy, près d’Auxerre, en 1714. Dès son enfance il manifesta un penchant si prononcé pour l’architecture, que son père, qui s’était d’abord opposé à sa vocation, le laissa bientôt libre de la suivre. Il lui donna les meilleurs maîtres, et l’envoya en Italie pour étudier les œuvres des grands artistes. — Après trois années de laborieuses études à Rome, Soufflot envoya à Lyon son esquisse pour le dôme de l’église des Chartreux. Ce projet avait été reconnu tellement supérieur à tous les autres, qu’il fut adopté par acclamations. La ville de Lyon chargea bientôt l’artiste, dont elle avait apprécié le mérite, de construire l’Hôtel du Change, la Salle de Spectacle et l’Hôtel-Dieu. Soufflot mit le sceau à sa réputation en élevant la basilique de Sainte-Geneviève, connue aujourd’hui sous le nom de Panthéon. Nommé intendant des bâtiments du roi, Soufflot mourut le 29 août 1781.

Sourdière (rue de la).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 306 et 308 ; finit à la rue de la Corderie, nos 1 et 3. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 256 m.2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Ce n’était au commencement du XVIIe siècle qu’une allée qui longeait le jardin de M. de la Faye, sieur de la Sourdière. En 1663, elle fut convertie en rue. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 9 m. en vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826. Propriétés de 1 à 9, retranch. 2 m. 80 c. à 3 m. 20 c. ; de 11 à 15, ret. 2 m. 30 c. à 2. m. 80 c. ; de 17 à la fin, ret. 1 m. 80 c. à 2 m. 30 c. ; de 2 à 8, redress. ; de 10 à la fin, alignées. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

La Fontaine a quelque temps habité la rue de la Sourdière. Aucun renseignement positif n’est venu jusqu’à présent signaler à l’hommage de ses concitoyens la demeure du grand fabuliste.

Sourdis (impasse).

Située dans la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, entre les nos 29 et 31. Pas de numéro. Sa longueur est de 11 m.4e arrondissement, quartier du Louvre.

C’était au XIIe siècle la rue Chardeporc. Elle aboutissait alors à la rue de l’Arbre-Sec. Elle forma deux impasses lors de la reconstruction du cloître Saint-Germain-l’Auxerrois. La première est connue aujourd’hui sous le nom d’impasse Courbaton (voir cet article). La seconde est l’impasse Sourdis. Elle tire son nom de l’hôtel ainsi appelé, qui appartenait, à la fin du XVIe siècle, à la marquise de Sourdis, tante de Gabrielle d’Estrées. On sait que la maîtresse de Henri IV mourut le 9 avril 1599, dans sa maison dite du Doyenné. Cet hôtel, situé devant le portail de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, communiquait à l’hôtel Sourdis par une porte qui ouvrait sur le cloître. — Il n’existe pas d’alignement arrêté pour l’impasse Sourdis dont la largeur actuelle est de 6 m. 80 c.

Sourdis (ruelle).

Commence à la rue d’Orléans, nos 3 et 5 ; finit à la rue d’Anjou, nos 19 et 21. Pas de numéro. Sa longueur est de 213 m.7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Cette ruelle, construite vers 1631, doit son nom à l’hôtel de Sourdis qui avait appartenu au cardinal de Retz, à ce prélat qui portait, pendant la guerre civile de la Fronde, un poignard en guise de bréviaire. Cette propriété, située dans la rue d’Orléans, no 9, appartenait avant la révolution à la maison de Cambis. Les bâtiments ont été entièrement reconstruits en 1840. Ils sont occupés aujourd’hui par les vastes ateliers de M. Denière, fondeur en bronze. — La ruelle Sourdis, qui forme équerre, est fermée à ses deux extrémités. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette ruelle dont la largeur actuelle est de 3 m.

Sourds-Muets (institution des).

Située dans la rue Saint-Jacques, no 254. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

1re Partie. — Hôpital Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Religieux de Saint-Magloire et Séminaire Saint-Magloire.

Les bâtiments de l’institution des Sourds-Muets, ayant été construits sur la plus grande partie de l’emplacement occupé autrefois par le séminaire Saint-Magloire, nous parlerons d’abord de cet ancien établissement. C’était dans l’origine un hôpital connu sous le nom de Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Il fut fondé par des religieux qui lui donnèrent leur nom. Cet ordre parait être le même que celui de ces moines nommés Pontifices ou faiseurs de ponts. Ce ne fut d’abord qu’une société qui prit naissance en Italie, au milieu du XIIe siècle, et dont tous les membres s’étaient voués à l’occupation pénible de faciliter aux pélerins le passage des rivières, en faisant eux-mêmes des bacs et des ponts pour cet usage. « Aussi, dit le P. Hélyot dont nous rappelons ici l’opinion, ces religieux portaient-ils, comme marque distinctive, un marteau brodé sur la manche gauche de leur habit. » Cet institut qui trouva de nombreux protecteurs, forma dans la suite une espèce de congrégation religieuse dont le chef-lieu fut le grand hôpital de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, situé dans le diocèse de Lucques, en Italie. Ces religieux avaient sans doute pris leur nom d’un endroit appelé Haut-Pas ou Maupas, situé sur la rivière d’Arno, où fut créé le premier établissement de leur ordre. Jaillot pense qu’ils vinrent se fixer à Paris à la fin du XIIe siècle. Ces hospitaliers ne pouvant rendre au pays qu’ils venaient d’adopter tous les services auxquels ils s’étaient obligés par leur institut, cherchèrent d’autres moyens d’être utiles. Ils élevèrent un hôpital où ils reçurent les pélerins des deux sexes et leur prodiguèrent tous les secours de l’humanité et de la religion. Malgré la suppression de cet ordre par Pie II, en 1459, et la réunion de ses revenus à celui de Notre-Dame-de-Bethléem, la considération dont il jouissait en France engagea les hauts dignitaires ecclésiastiques à demander leur conservation. Antoine Canu, qui en était commandeur en 1519, avait fait reconstruire l’hôpital et une partie de la chapelle. Au mois de juillet de cette année, elle fut dédiée sous l’invocation de Saint-Raphaël-Archange et de Saint-Jacques-le-Majeur. Les habitants des faubourgs Saint-Jacques et Saint-Michel se trouvant trop éloignés des églises Saint-Médard, Saint-Hippolyte et Saint-Benoît, leurs paroisses, désiraient depuis longtemps l’érection de la chapelle Saint-Jacques-du-Haut-Pas en succursale. L’official accéda à leur demande en 1566. L’hôpital se trouvait alors, à ce qu’il paraît, dans le domaine du roi ; on voit qu’en 1554 il fut destiné à recevoir les soldats blessés. Vers 1561, le roi en faisait acquitter les dettes. L’ordre de Saint-Jacques-du-Haut-Pas allait s’éteindre en France, lorsque Catherine de Médicis, en 1572, fit transférer à Saint-Jacques-du-Haut-Pas les religieux de Saint-Magloire. Cette translation qui ne s’opéra que difficilement, et contre le gré de ces moines, fit naître de nombreuses contestations, et amena un tel relâchement des principes constitutifs de cet ordre, que Pierre de Gondi, évêque de Paris et abbé de ce monastère, se crut obligé de recourir à l’autorité du parlement qui, par son arrêt du 13 février 1586, ordonna que cette abbaye serait réformée, et nomma deux commissaires à cet effet. La réforme eut d’abord quelque succès, mais le nombre des religieux diminua successivement, et à un tel point, que Henri de Gondi, cardinal de Retz, résolut d’y établir un séminaire, ainsi qu’il en avait déjà manifesté l’intention. Il obtint au mois de juillet 1618 des lettres-patentes qui autorisèrent la fondation de cet établissement. Le cardinal confia aux pères de l’Oratoire la direction du nouveau séminaire. On a vu sortir de cette école pendant près de deux siècles, des sujets les plus distingués ; plusieurs ont su obtenir et mériter les plus hautes dignités ecclésiastiques. Par une transaction passée le 7 mars 1620, les oratoriens convinrent de laisser les religieux de Saint-Magloire habiter leur ancienne maison, et d’accorder à chacun d’eux une pension de 414 livres, ainsi que la prébende de l’église Notre-Dame qu’on avait affectée à leur mense. Le dernier de ces religieux y mourut en 1669. Les bâtiments de l’ancien hôpital de Saint-Jacques-du-Haut-Pas avaient été en partie reconstruits par les oratoriens. L’église n’avait rien de remarquable. Le séminaire de Saint-Magloire, supprimé en 1790, devint propriété nationale. Une faible portion de ses bâtiments fut vendue les 2e jour complémentaire de l’an IV, et 24 germinal an VI. La presque totalité de cet établissement demeura dans les mains de l’État, qui affecta ces constructions aux Sourds-Muets.

2e Partie. Institution des Sourds-Muets.

Quelques essais avaient été tentés en Europe pour l’instruction de ces pauvres créatures. Pierre-Ponce et Jean Bonnet, en Espagne ; Wallis et Burnet, en Angleterre ; Emmanuel Ramirez de Cortone ; Pierre de Castro de Mantoue ; Conrad Amman, en Hollande ; Van Helmont, en Allemagne ; Pereire et Ernaud, en France, avaient instruit quelques sourds-muets isolément ; mais les travaux de ces premiers maîtres s’étaient arrêtés au bienfait d’une éducation individuelle, et n’avaient obtenu aucun de ces résultats que l’humanité proclame grands et utiles. En 1774, un homme sans protection, un prêtre sans bénéfice, s’efforçait de pénétrer dans l’âme du sourd-muet, de renverser la barrière que la privation d’un sens avait élevée entre lui et le reste des hommes. Il voulait créer à ces enfants une société où chacun pût apporter sa part d’intelligence à la ruche commune. Lui seul avait deviné toutes les ressources que le langage mimique pouvait offrir dans l’éducation des sourds-muets ; il s’empara de ce langage, l’étendit, le perfectionna, le construisit sur le modèle de nos langues conventionnelles, et le fit bientôt servir au développement intellectuel de ses élèves et à l’interprétation des mots. Une circonstance heureuse pour l’humanité révéla l’existence de l’abbé de l’Épée et de son intéressante école. Pendant son séjour à Paris, l’empereur Joseph II voulut assister aux leçons du vénérable ecclésiastique. Frappé d’admiration, il lui offrit une riche abbaye dans ses états. « Je suis déjà vieux, répondit de l’Épée, si votre majesté veut du bien aux sourds-muets, ce n’est pas sur ma tête déjà courbée vers la tombe qu’il faut le placer, c’est sur l’œuvre même. » L’empereur saisit la pensée de cet homme de bien, lui envoya l’abbé Storck qui, après avoir recueilli ses leçons, retourna en Allemagne fonder l’institution des Sourds-Muets de Vienne. Joseph II sut aussi faire partager ses sentiments d’admiration à la reine Marie-Antoinette, sa sœur, qui voulut voir l’abbé de l’Épée. Bientôt la foule se porta au modeste établissement des Sourds-Muets, et un arrêt du conseil du 21 novembre 1778 ordonna que cette école serait établie dans le couvent des Célestins. La constance de l’abbé de l’Épée devait supporter de nouvelles épreuves. Ce ne fut que sept ans après que le gouvernement s’occupa réellement de l’exécution de ce projet. En 1780, l’ambassadeur de Russie venait s’incliner devant l’abbé de l’Épée, le féliciter de la part de Catherine II, et lui offrir de riches présents. « Monsieur l’ambassadeur, répondit le pauvre prêtre, dites à sa majesté que je ne lui demande pour toute faveur que de m’envoyer un sourd-muet que j’instruirai. » — L’école de l’abbé de l’Épée fut transférée dans les bâtiments des Célestins en 1785. Alors cet établissement fut doté d’une gratification annuelle de 3,400 livres. L’abbé de l’Épée mourut à l’âge de 77 ans, en 1789, le 23 décembre, jour anniversaire de la naissance de Montyon. L’oraison funèbre de l’instituteur des Sourds-Muets fut prononcée le 23 février 1790, par l’abbé Fauchet, prédicateur ordinaire du roi, en présence d’une députation de l’assemblée nationale. L’école des Sourds-Muets à laquelle on affecta bientôt une dotation de 12,700 francs, fut transférée dans une partie des bâtiments du séminaire Saint-Magloire.

Loi du 26 ventôse an XI. — « Les bâtiments situés rue du Faubourg-Saint-Jacques, attenant le ci-devant séminaire Saint-Magloire, affecté à l’établissement des Sourds-Muets ; savoir : ceux sous les nos 346 (114), occupés par un corps-de-garde et le citoyen Adam ; et ceux sous les nos 358 (112) et 349 (113), habités par le citoyen Lepetit, marchand de charbon, sont et demeurent abandonnés à cet établissement pour les démolir et agrandir la porte d’entrée, à la charge par le dit établissement de supporter les indemnités auxquelles les locataires qui occupent les dits bâtiments pourraient avoir droit… » — Les nouveaux bâtiments de l’école des Sourds-Muets ont été construits en 1823, sur les plans de M. Peyre, architecte.

Spire (rue Saint-).

Commence à la rue des Filles-Dieu, nos 18 et 20 ; finit à la rue Sainte-Foy, nos 6 et 8. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 46 m.5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Les plans de la Grive et de Robert de Vaugondy, publiés, le premier en 1753, le second en 1760, ne donnent à cette rue aucune dénomination. Elle existait pourtant un siècle avant leur publication. En 1765, c’était la rue du Cimetière, en raison du cimetière Saint Sauveur qui y était situé. Elle prit plus tard, d’une enseigne, le nom de Saint-Spire, qui n’est qu’une altération de saint Exupère, premier évêque de Bayeux, au IVe siècle. — Une décision ministérielle, signée Laplace, et rendue sur le rapport du conseil des bâtiments civils du 28 brumaire an VI, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette largeur est portée à 8 m. Propriétés du côté des numéros impairs, alignées ; propriétés du côté opposé, retranch. 2 m. 80 c. — Éclairage au gaz (compe Française).

Stanislas (collége).

Situé dans la rue Notre-Dame-des-Champs, no 34. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Ce n’était autrefois qu’un établissement particulier, sous la direction de M. Liautard. En 1822, il fut érigé en collége. Le 13 février de la même année, Louis XVIII désirant montrer tout l’intérêt qu’il portait à cet établissement, voulut bien permettre qu’on lui donnât un de ses noms. Ce collége, dirigé par des ecclésiastiques, occupe les bâtiments de l’hôtel Terray. — La ville de Paris a fait l’acquisition du collége Stanislas en vertu d’une ordonnance royale du 15 juin 1825.

Stanislas (rue).

Commence à la rue Notre-Dame-des-Champs, nos 24 et 24 bis ; finit au boulevart du Mont-Parnasse, no 47. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 245 m.11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Une ordonnance royale du 1er mars 1826 porte ce qui suit : « Article 1er. Le sieur Terray est autorisé à ouvrir sur son terrain une rue de 12 m. de largeur, pour communiquer de la rue Notre-Dame-des-Champs jusqu’au boulevart Mont-Parnasse, à Paris. — Art. 2e. Cette autorisation est accordée à la charge par l’impétrant : 1o de border la nouvelle rue de trottoirs en pierre dure d’une largeur qui sera déterminée par l’administration ; 2o de supporter les frais du premier établissement du pavage et de l’éclairage ; 3o de supporter également les dépenses des travaux à faire pour l’écoulement souterrain ou à ciel ouvert des eaux pluviales et ménagères ; 4o de se soumettre aux lois et règlements sur la voirie de Paris, etc. » La rue fut immédiatement ouverte, mais sans dénomination. — Une décision ministérielle du 24 décembre 1834, signée Thiers, a donné à cette voie publique le nom de rue Stanislas, en raison de sa proximité du collége ainsi appelé.

Stockolm (rue de).

Commence aux rues d’Amsterdam et de Londres ; finit aux rues de Vienne et du Rocher. Pas encore de numéro. Sa longueur est de 377 m.1er arrondissement, quartier du Roule.

Une ordonnance royale du 24 juin 1831, porte ce qui suit : « Article 1er. M. Hagerman, madame veuve et les héritiers Mignon sont autorisés à ouvrir sur les terrains dont ils sont propriétaires dans le nouveau quartier de Tivoli, à Paris, une rue de 12 m. de largeur, conformément au plan ci-annexé ; ladite rue communiquant du carrefour de Tivoli à la rencontre des rues de Vienne, du Rocher et de la Bienfaisance ; — Art. 2e. L’autorisation accordée aux impétrants pour l’ouverture de cette rue leur est donnée à la charge par eux d’exécuter toutes les conditions stipulées dans la délibération du conseil municipal de Paris du 20 octobre 1830, etc. » — Cette délibération impose aux impétrants les conditions suivantes : 1o de livrer gratuitement le terrain nécessaire à la formation de la rue ; 2o de faire établir à leurs frais des trottoirs de 1 m. 72 c. de largeur ; 3o de supporter les premiers frais d’établissement de pavage et d’éclairage de ladite rue ; 4o de pourvoir, si la chose est reconnue possible par l’administration, au moyen d’aqueduc ou d’égout, à l’écoulement des eaux pluviales et ménagères ; 5o de diriger par des chaîneaux et des conduits les eaux pluviales sur la rue. » — Cette voie publique fut immédiatement ouverte, et reçut le nom de rue de Stockolm, en raison de sa situation dans le quartier d’Europe. Stockolm est la capitale de la Suède. — Conduite d’eau depuis la rue d’Amsterdam jusqu’à la borne-fontaine.

Stuart (rue Marie-).

Commence à la rue des Deux-Portes, nos 5 et 7 ; finit à la rue Montorgueil, nos 70 et 72. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 114 m.– — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Des titres de 1390 prouvent que cette rue était alors complètement bâtie. Des filles publiques qui l’habitaient, lui firent donner le nom de rue Tire-V… Dès 1419, cette dénomination obscène était changée, et la rue s’appelait Tire-Boudin. Au sujet du changement de son ancien nom en celui de Tire-Boudin, Saint-Foix raconte sans examen l’anecdote suivante : « Marie-Stuart, femme de François II, passant dans cette rue, en demanda le nom ; il n’était pas honnête à prononcer. On en changea la dernière syllabe, et ce changement a subsisté. » Celui qui a fourni ce petit conte à cet écrivain a manqué d’exactitude. Marie-Stuart, reine d’Écosse, fut mariée à François II en 1558 ; dès 1419, le censier de l’évêché indique cette rue sous le nom de Tire-Boudin ; elle porte la même dénomination dans le compte des confiscations pour les Anglais, en 1420 et 1121. — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m.

« Paris, le 25 juillet 1809. — Le ministre de l’intérieur par intérim, comte de l’empire, à M. le préfet de la Seine. Vous m’avez prévenu de la demande que forment les habitants de la rue Tire-Boudin, d’être autorisés à changer le nom de cette rue : j’accède très volontiers à leur demande ; mais il me semble que le nom de la rue du Grand-Cerf, qu’ils proposent de substituer à l’ancien, a quelque chose d’ignoble : ce nom de Grand-Cerf rappelle plutôt l’enseigne d’une auberge que le nom d’une rue. Je pense qu’il est plus convenable de lui donner le nom de la princesse à qui la rue Tire-Boudin dut son premier changement. Le nom de Marie-Stuart rappellera une anecdote citée dans tous les itinéraires de Paris. Ce changement devra s’effectuer, comme il est d’usage, aux frais des propriétaires des maisons qui bordent la rue. Signé, Fouché. » — Une ordonnance royale du 21 juin 1826 a fixé la largeur de la rue Marie-Stuart à 10 m. Maison no 1, retranch. 1 m. 55 c. ; 3, 5, alignées ; 7, ret. réduit 90 c. ; 9, ret. réduit 80 c. : 11, alignée ; 13, redress. ; 15, alignée ; 17, ret. 40 c. ; 19, ret. réduit 90 c. ; 21, ret. réduit 1 m. 30 c. ; 23, ret. réduit 1 m. 70 c. ; 2, ret. 2 m. ; de 4 à 10, ret. 2 m. 80 c. à 3 m. 30 c. ; 12, 14, ret. 3 m. 30 c. à 3 m. 80 c. ; 16, 18, ret. 3 m. 80 à 4 m. ; 20, ret. réduit 3 m. 70 c. ; 22, ret. réduit 3 m. 10 c. ; 24, ret. réduit 2 m. 70 c. ; 26, ret. réduit 2 m. 40 c. — Éclairage au gaz (compe Française).

Suffren (avenue de).

Commence au quai d’Orsay, no 73 ; finit à l’avenue Lowendal, no 4. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par le Champ-de-Mars ; le dernier pair est 16. Sa longueur est de 1,200 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Formée vers 1770, cette avenue a été cédée à la ville de Paris, en vertu d’une loi du 19 mars 1838. (Voyez avenue de La Bourdonnaye.) Sa largeur varie de 38 m. à 56 m. — Conduite d’eau entre la rue Dupleix et l’avenue Lowendal.

Pierre-André de Suffren, vice-amiral, bailli de l’ordre de Malte, naquit au château de Saint-Cannat, en Provence, le 13 juillet 1726, et mourut à Paris le 8 décembre 1788. Pour rendre hommage à la valeur de Suffren, les états de Provence avaient fait frapper une médaille à son effigie avec cette inscription qui résume ses glorieux exploits :

« LE CAP PROTÉGÉ, TRINQUEMALE PRIS,
» GONDELOUR DÉLIVRÉ, L’INDE DÉFENDUE,
» SIX COMBATS GLORIEUX.
» LES ÉTATS DE PROVENCE
» ONT DÉCERNÉ CETTE MÉDAILLE
» L’AN MDCCLXXXIV. »

Sully (rue de).

Commence à la rue de l’Orme ; finit au boulevart Morland et à la rue du Petit-Musc. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 248 m.9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Dès la fin du XVIIIe siècle, il était question de percer des rues dans l’enclos de l’Arsenal ; le document suivant nous en fournit la preuve :

« Louis, etc… Il sera incessamment et sans délai, à la diligence du procureur du roi et de la ville de Paris, fait un état des terrains, bâtiments et logements qui sont renfermés dans l’enclos de l’Arsenal, et de tous les terrains et bâtiments, et celui des fossés qui le bordent seront divisés par plusieurs rues de largeur suffisante, formées dans la direction la plus utile et la plus convenable, conformément aux plans qui nous seront présentés et qui seront par nous agréés, etc. Donné à Versailles au mois d’avril, l’an de grâce 1788, et de notre règne le 14e. » (Extrait de l’édit portant suppression de l’Arsenal de Paris, de son gouvernement et de sa juridiction.) — Ce projet n’eut point alors de suite. Le ministre de l’intérieur, Champagny, approuva, le 20 juin 1807, le projet d’une place à l’extrémité des quais Morland et des Célestins et le percement d’une rue de 12 m. de largeur qui, partant de celle place, devait aboutir au boulevart Bourdon.

« Au palais de Bayonne, le 16 juin 1808. — Napoléon, etc… Article 1er. Le préfet du département de la Seine est autorisé à traiter au nom de notre bonne ville de Paris, avec le sieur Carpentier, dans les formes prescrites par la loi du 16 septembre 1807, de l’acquisition d’une maison dont il est propriétaire à l’Arsenal, et dont la démolition devient nécessaire pour la formation de la nouvelle rue de Sully, etc… » — L’emplacement occupé par cette rue faisait anciennement partie de la cour du grand Arsenal. — Une ordonnance royale du 21 septembre 1841 a maintenu la largeur de 12 m., en modifiant toutefois les dispositions de l’alignement ministériel. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. Le numérotage de cette voie publique est irrégulier.

Maximilien de Béthune, duc de Sully, l’un des ministres dont la mémoire est restée chère à la France, naquit à Rosny le 15 décembre 1560, et mourut à Villebon le 21 décembre 1641.

Sulpice (église Saint-).

Située sur la place du même nom. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

L’époque de la fondation de Saint-Sulpice a donné lieu à de nombreuses discussions. Quelques écrivains en font remonter l’origine au commencement de la seconde race ; d’autres l’ont mise au rang des paroisses les plus modernes de Paris. Nous avons déjà constaté, dans le cours de cet ouvrage, l’ancienne habitude de bâtir des chapelles ou oratoires près des basiliques. Ainsi la chapelle Saint-Symphorien était située au midi et près de l’église Saint-Vincent, depuis Saint-Germain-des-Prés. — Une semblable chapelle, sous le nom de Saint-Pierre, existait au nord de cette basilique. Cet oratoire étant devenu trop petit pour la population qui s’augmentait chaque jour, on construisit une autre chapelle sous le vocable de Saint-Sulpice. Le premier acte qui la mentionne comme paroisse, est une sentence arbitrale du mois de janvier 1210. Au XVIe siècle, le faubourg Saint-Germain avait pris un tel développement, que Saint-Sulpice ne pouvait suffire au nombre toujours croissant de ses paroissiens.

Une nef fut ajoutée, sous le règne de François Ier, et six chapelles latérales en 1614. Ces additions ne donnèrent point encore à cette église les dimensions nécessaires. En 1643, il fut arrêté dans une assemblée de marguilliers qu’un nouvel édifice serait construit. Le 20 janvier 1646, Anne d’Autriche, régente du royaume, en posa la première pierre. La construction de cette église fut commencée sur les dessins de Christophe Gamart, qui fut bientôt remplacé par Louis Leveau. Ce dernier étant mort en 1670, la direction des travaux fut confiée à Daniel Gittard. Il acheva la chapelle de la Vierge, d’après le plan de son prédécesseur, construisit le chœur, les bas-côtés qui l’environnent, les deux croisées et le portail de gauche. Mais les dettes considérables contractées par la fabrique forcèrent, en 1678, d’interrompre tout à coup les travaux. En 1683, le curé et les marguilliers présentèrent au roi une requête pour demander des secours et la permission de réunir les paroissiens, pour aviser aux moyens de payer les dettes et d’achever les bâtiments de leur église. Les travaux ne purent être repris qu’en 1718, par les soins du curé de cette paroisse M. Languet de Gergy, qui déploya dans cette grande entreprise un zèle et une activité remarquables. Il ne possédait qu’une somme de 300 livres qu’il affecta à l’achat de quelques pierres, puis il annonça pompeusement la continuation des travaux. Son exemple, ses exhortations firent le reste. Il parvint à émouvoir ses nombreux et riches paroissiens. La piété de quelques uns, peut-être la vanité de plusieurs autres, surtout l’exemple si contagieux sur les hommes, lui ouvrirent toutes les bourses. Le roi ajouta, en 1721, le bénéfice d’une loterie. Ce monument fut d’abord continué sous la conduite de Gille-Marie Oppenord, directeur-général des bâtiments et jardins du duc d’Orléans. Cet architecte avait mis en usage ces ornements capricieux dont la profusion caractérise presque tous les ouvrages exécutés sous le règne de Louis XV. Les travaux de Saint-Sulpice se trouvèrent heureusement trop avancés pour qu’il en surchargeât davantage cet édifice.

Le portail, élevé sur les dessins de Servandoni, était presque terminé en 1745. Le 30 juin de cette année, l’église fut consacrée et dédiée sous l’invocation de la Sainte-Vierge, de Saint-Pierre et de Saint-Sulpice.

La beauté du portail, son caractère noble et imposant, l’harmonie qui règne dans toutes ses parties, attestent le goût et le génie de l’architecte. La longueur de ce portail est de 118 m. Il se compose de deux ordres, le dorique et l’ionique.

Aux deux extrémités, sont deux corps de bâtiments carrés qui servent de basé à deux tours ou campanilles qui ont 70 m. d’élévation, c’est-à-dire 3 m. de plus que les tours de l’église Notre-Dame.

Il paraît que Servandoni échoua dans la composition des tours. Elles étaient moins hautes qu’elles ne le sont aujourd’hui, et n’avaient qu’une ordonnance. Le curé et les marguilliers décidèrent qu’il fallait les reconstruire. Leur exécution fut confiée à un architecte médiocre, nommé Maclaurin, qui les éleva sur une double ordonnance ; la première était octogone et reposait sur un plan quadrangulaire, la seconde était de forme circulaire. Celle qui est située à l’angle méridional est de cet architecte.

En 1777, Chalgrin fut chargé de la reconstruction de ces deux tours, mais celle du nord a seule été rebâtie. Elle est composée de deux ordonnances : l’une sur un plan quadrangulaire et l’autre plus élevée sur un plan circulaire, quoique reposant sur un socle carré. Cette disposition est plus en harmonie avec l’architecture de la façade.

Entre les deux tours, Servandoni avait placé un fronton ; mais la foudre l’ayant dégradé en 1770, on le remplaça par une balustrade. Suivant l’opinion de plusieurs critiques, ces deux tours nuisent par leur aspect et leur isolement à l’effet général de l’édifice, et ressemblent assez aux jambages d’un meuble renversé.

À l’aplomb des tours sont deux chapelles : l’une est un baptistaire, et l’autre le sanctuaire du viatique. Elles sont ornées de statues allégoriques, sculptées par Boisot et Mouchi.

L’intérieur de Saint-Sulpice est d’un grand et noble effet. La longueur de l’édifice, depuis la première marche de la façade principale jusqu’à l’extrémité de la chapelle de la Vierge, est de 140 mètres. Sa hauteur, depuis le pavé jusqu’à la voûte, a 33 mètres. Les portes latérales offrent des niches extérieures où sont placées des statues de saints qui ont 3 mètres environ de proportion ; elles sont dues au ciseau de François Dumont.

Le chœur, entièrement construit sur les dessins de Gittard, est entouré de sept arcades dont les pieds droits sont ornés de pilastres corinthien ; cette ordonnance est aussi celle de la nef. En 1732 on posa solennellement la première pierre de l’autel principal.

La chapelle de la Vierge est remarquable entre toutes les autres par l’exécution de la statue et des groupes qui l’accompagnent, par son magnifique dôme et la manière ingénieuse dont il est éclairé.

Adroite, dans la chapelle de Saint-Maurice, sont des peintures à fresque exécutées par MM. Vinchon et de George.

On remarque également les bénitiers de cette église qui sont formés de deux coquilles dont la république de Venise fit présent à François Ier. On cite encore la chaire placée en 1789, comme une merveille de hardiesse et d’élégance, la tribune du buffet d’orgues qui est soutenue par des colonnes d’ordre composite. Ces orgues ont été fabriquées par Cliquot, célèbre facteur.

La ligne méridienne, établie au milieu de la croisée, est tracée sur le pavé avec les signes du zodiaque. À son extrémité septentrionale, elle se prolonge et s’élève sur un obélisque de 8 mètres de hauteur. Cette ligne méridienne fut établie en 1723, par Henri de Sully, pour fixer d’une manière certaine l’équinoxe du printemps et le dimanche de Pâques.

Cette église renfermait plusieurs monuments sépulcraux, parmi lesquels nous citons ceux de Barthélemy d’Herbelot, savant orientaliste, et de Jean Jouvenet, peintre.

En 1793, l’église Saint-Sulpice reçut le nom de Temple de la Victoire. Sous le Directoire Exécutif, les théophilanthropes y tinrent leurs séances, sous la présidence de La Réveillère-Lepaux, leur grand pontife. Le 15 brumaire an VIII (9 novembre 1799), on donna dans cet édifice un banquet au général Bonaparte ; enfin, en 1802, l’église Saint-Sulpice fut érigée en paroisse du 11e arrondissement. Elle a pour succursales Saint-Germain-des-Prés et Saint-Séverin.

Sulpice (place Saint-).

Située entre les rues Férou, du Pot-de-Fer, du Vieux-Colombier et du Petit-Bourbon. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 12. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette place a été formée sur une partie du terrain occupé par l’ancien séminaire Saint-Sulpice, dont nous allons rappeler l’origine. Jean-Jacques Ollier, abbé de Pébrac, avait établi, en 1611, un séminaire à Vaugirard. Nommé curé de Saint-Sulpice l’année suivante, il emmena avec lui ses associés, les logea dans son presbytère, et plaça dans une maison de la rue Guisarde quelques autres ecclésiastiques qui désiraient entrer dans cet établissement. Leurs exercices eurent lieu en commun ; mais le nombre des prosélytes devint si considérable, que le fondateur résolut d’en faire deux communautés distinctes. Au mois de mai 1645, il acheta une maison et un jardin situés dans la rue du Vieux-Colombier. Ce fut sur leur terrain que, du consentement de l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, on construisit les bâtiments nécessaires à ces deux communautés. Le premier de ces établissements fut autorisé cette même année par lettres-patentes, enregistrées au grand conseil le 6 septembre 1646, à la chambre des comptes le 30 décembre suivant, et au parlement le 2 décembre 1650. La chapelle fut bénite le 18 novembre de cette dernière année : elle était remarquable par les belles peintures dont Lebrun l’avait décorée. — Le petit séminaire était situé dans la rue Férou. Il porta dans le principe le nom de Saint-Joseph, et fut fondé en 1686, dans une maison de cette rue, que la construction du portail Saint-Sulpice força de démolir. On transféra le 10 juin de l’année suivante, cet établissement dans une autre propriété, achetée par le séminaire, dans le haut de la rue Férou. On avait réuni, en 1694, à ce petit séminaire, une autre communauté, connue sous le nom de Sainte-Aure. Les sulpiciens furent supprimés en 1792, et les bâtiments de leur communauté devinrent propriétés nationales.

Projets qui se rattachent à la formation et à l’alignement de la place Saint-Sulpice.

1o D’après un plan dressé par Servandoni, la largeur de cette place était fixée à 120 m. sur 208 m. de longueur, et les constructions à élever devaient avoir des façades symétriques. On a seulement construit, d’après cette disposition, les bâtiments situés à l’encoignure de la rue des Canettes. La première pierre en fut posée le 2 octobre 1754. 2o Un plan adopté par le ministre de l’intérieur, L. Bonaparte, le 26 thermidor an VIII, indiquait de nouvelles dispositions qui consistaient à réduire les dimensions de la place et à terminer le côté opposé à l’église par une portion circulaire. — Un arrêté des consuls du 16 vendémiaire an XI prescrivit l’exécution de ce plan dans le délai de six années. « Au palais de Saint-Cloud, le 25 juin 1806. — Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Article 1er. L’arrêté du gouvernement, du 16 vendémiaire an XI, portant adoption d’un plan y annexé pour la formation d’une place demi-circulaire en avant de l’église paroissiale de Saint-Sulpice de la ville de Paris, est rapporté. — Art. 2e. Il sera substitué au plan indiqué par l’article ci-dessus un nouveau plan donnant à la place une forme rectangulaire d’une exécution moins coûteuse, mais pourtant symétrique, et susceptible de s’allier avec les embellissements de l’art, etc. Signé, Napoléon. » Un plan fut approuvé par le ministre de l’intérieur Champagny, le 19 octobre 1806, en conformité de ce décret. 4o Un plan fut encore adopté par le ministre de l’intérieur, le 19 juillet 1808, qui maintint la forme rectangulaire, mais qui assigna une plus grande dimension à la place. 5o Une décision ministérielle du 20 décembre 1810 prescrivit les dispositions suivantes : 1o La place Saint-Sulpice sera portée jusqu’à la rue du Pot-de-Fer, et cette rue sera redressée et rendue parallèle au portail, par mesure de grande voirie, c’est-à-dire au fur et à mesure de la reconstruction des maisons ; 2o le système de décoration de la maison curiale construite au nord-est de cette place sera répété au sud-est, et la commune de Paris fera construire la nouvelle façade, sauf à revendre ensuite à son profit ces mêmes constructions avec le terrain ; 3o le surplus des bâtiments à construire au pourtour de la place Saint-Sulpice sera décoré à la volonté des propriétaires. — 6o Un décret du 24 février 1811 ordonna l’achèvement de cette place dans le courant de la même année. Les dispositions arrêtées en 1810 ont été confirmées par une décision ministérielle du 9 mai 1812. — Les constructions de 2 à 12 et celles qui dépendent du séminaire ne sont pas soumises à retranchement. — En 1838, la place Saint-Sulpice a été nivelée et plantée d’arbres. On construit en ce moment une fontaine monumentale d’après les dessins de M. Visconti, architecte. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Française).

Sulpice (séminaire Saint-).

Situé sur la place du même nom. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Nous avons dit à l’article précédent que les Sulpiciens furent supprimés en 1792. Rétablis en 1802, ils occupèrent la maison située à l’angle des rues de Vaugirard et du Pot-de-Fer, propriété qui appartenait autrefois aux Filles-de-l’Instruction-Chrétienne ou de la Très-Sainte-Vierge. « — Louis, etc… Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : Article 1er. Il est fait abandon au séminaire diocésain de Paris, pour l’agrandissement de ce séminaire, du terrain libre ayant appartenu au séminaire de Saint-Sulpice, y formant un triangle qui se prolonge le long de la place Saint-Sulpice, de la rue Férou à celle du Pot-de-Fer ; ledit terrain placé entre les murs de clôture de l’ancien Petit Séminaire et les limites de la place Saint-Sulpice, etc. Donné au château des Tuileries, le 11 avril de l’an de grâce 1816, et de notre règne le 21e. Signé, Louis. » En 1820, on a commencé à construire, sur les dessins de M. Godde, architecte, un nouveau séminaire qui a été terminé dans ces dernières années par l’établissement d’une grille en fer qui entoure la façade principale de l’édifice. L’état a acquis en 1835 trois maisons situées dans l’impasse Férou, portant les nos 3, 5 et 7, pour servir d’emplacement à la construction d’une chapelle affectée au séminaire.

Surêne (rue de).

Commence à la place et à la rue de la Madeleine ; finit aux rues des Saussaies, no 18, et de la Ville-l’Évêque, no 25. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 350 m.1er arrondissement : les propriétés nos 7, 9 et 11, sont du quartier de la Place-Vendôme ; toutes les autres propriétés dépendent du quartier du Roule.

Elle a été alignée à la fin du siècle dernier, sur un chemin qui conduisait à Surêne. — Une décision ministérielle du 23 germinal an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 27 septembre 1836, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Le numérotage de cette rue est irrégulier. Les propriétés nos 7 et 9 devront être supprimées en grande partie pour l’exécution de l’alignement du boulevart de Malesherbes. La propriété située entre les nos 13 et 21, la maison faisant l’encoignure droite de la rue d’Anjou, celle à la suite, les propriétés nos 27, 29, 33, 35, 37, 37 bis, 41, la maison située sur le côté droit à l’encoignure de la rue de la Madeleine, et celles nos 18 et 22, sont à l’alignement. — Égout entre la place et la rue d’Anjou. — Conduite d’eau entre cette rue et celle des Saussaies. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Août 1844.


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T.

Tabletterie (rue de la).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 47 et 51 ; finit à la rue des Lavandières, no 32, et à la place Sainte-Opportune, no 2. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 56 m.4e arrondissement, quartier des Marchés.

Guillot, vers 1300, l’appelle rue de la Tabletterie. Dans un censier de l’évêché de 1495, elle est indiquée sous la dénomination de la Tabletterie aliàs de la Cordouannerie ou Sainte-Opportune. — Une décision ministérielle du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 30 mai 1836. La même ordonnance a autorisé le préfet de la Seine à acquérir, soit de gré à gré, soit par voie d’expropriation pour cause d’utilité publique, les bâtiments situés sur le côté droit de la rue de la Tabletterie. Cette amélioration a été terminée en 1838. Maison no 1, retranch. réduit 3 m. 50 c. ; 3, ret. réduit 2 m. 40 c. ; 5, 7, ret. 1 m. 90 c. à 2 m. 15 c. ; 9, ret. réduit 2 m. 30 c. ; 11, ret. réduit 2 m. 90 c. ; de 13 à la fin, ret. 3 m. à 3 m. 50 c. ; propriété à l’encoignure de la rue Saint-Denis, doit avancer d’un côté et reculer de l’autre ; de 4 à la fin, alignées. — Égout entre la place et la rue des Lavandières. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Tacherie (rue de la).

Commence à la rue de la Coutellerie, nos 22 et 24 ; finit à la rue Jean-Pain-Mollet, nos 21 et 23. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 77 m.7e arrondissement, quartier des Arcis.

Dans les lettres de l’official de Paris, en 1261, elle est appelée la Juiverie-Saint-Bon. Il y avait alors dans cette rue une synagogue que Philippe-le-Bel, après l’expulsion des Juifs, donna en 1307 à un de ses valets nommé Pruvin. Dès l’année 1300 elle avait pris la dénomination de la Tacherie. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 6 m. Cette moindre largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 22 mai 1837. Propriétés du côté des numéros impairs, retranch. 4 m. à 7 m. 80 c. ; 2, ret. réduit 40 c. ; 4, ret. réduit 30 c. ; 6, ret. réduit 60 c. ; de 8 à la fin, alignées. — Conduite d’eau entre la rue Jean-Pain-Mollet et la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Taille-Pain (rue).

Commence à la rue du Cloître-Saint-Merri, nos 10 et 18 ; finit à la rue Brisemiche, nos 3 et 5. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 74 m.7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

On l’a souvent confondue avec la rue Brisemiche, ainsi que nous l’avons dit à l’article de cette voie publique. Sur un plan manuscrit de 1512, elle est nommée Baillehoë. On lui donna ensuite le nom de Taille-Pain, parce qu’on y faisait la distribution des pains de Chapitre qu’on avait l’habitude de donner aux chanoines de la collégiale de Saint-Merri. — Une décision ministérielle du 13 vendémiaire an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 8 m., en vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1836. La rue Taille-Pain qui forme équerre, est aujourd’hui fermée à ses deux extrémités. Propriétés du côté des numéros impairs, retranch. 2 m. 40 c. à 2 m. 80 c., à l’exception d’un bâtiment de 10 m. de face situé près de la rue Brisemiche, et qui est aligné ; propriétés du côté des numéros pairs, ret. 2 m. 50 c. à 3 m. 40 c.

Taitbout (rue).

Commence au boulevart des Italiens, nos 14 et 16 ; finit à la rue de Provence, nos 47 et 49. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 318 m.2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

« Louis, etc… Par arrêt aujourd’hui rendu en notre conseil d’état, nous y étant sur la requête de notre cher et bien amé Jacques-Louis-Guillaume Bouret de Vezelay, trésorier général de l’artillerie et du génie, etc., nous avons conformément à icelui par ces présentes signées de notre main, dit et ordonné, disons et ordonnons ce qui suit : Article 1er. Il sera ouvert aux frais du sieur Bouret de Vezelay, une rue de 30 pieds de largeur, dans le terrain par lui acquis à titre d’emphytéose, des religieux Mathurins, au quartier du Faubourg-Montmartre, la quelle aboutira d’un bout sur le rempart de la ville en face de la rue de Grammont, à travers un terrain dont le dit sieur Bouret de Vezelay est propriétaire, et par l’autre bout dans la rue de Provence, formant un coude dans le milieu ou environ de sa longueur, et au surplus alignée droite et les deux côtés parallèles. — Art. 2e. Voulons que la dite rue soit nommée rue Taitbout. — Donné à Compiègne le 13e jour d’août 1773, et de notre règne le 58e. Signé Louis. »

L’exécution de ces lettres-patentes rencontra une assez vive résistance de la part des trésoriers de France, en ce qui concernait le coude à former au milieu de la nouvelle rue. Ces lettres furent néanmoins registrées au parlement le 25 février 1775, et la rue Taitbout fut tracée et ouverte le 4 octobre de la même année, conformément aux dispositions arrêtées par le roi. Mais les trésoriers de France obligèrent M. Bouret de Vezelay à former une autre branche de rue qui, partant du coude de la rue Taitbout, devait aboutir au rempart. M. Bouret de Vezelay se soumit à cette condition, mais n’étant point propriétaire de tous les terrains que devait traverser le percement, il ne put établir qu’une impasse qui prit le nom d’impasse Taitbout, et qui plus tard, au moyen de son prolongement jusqu’au boulevart des Italiens, est devenue la rue du Helder (voyez cet article). — Une décision ministérielle du 10 prairial an XII, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 16 avril 1831, ont maintenu la largeur primitive de la rue Taitbout. — M. Taitbout était greffier du bureau de la Ville en 1775. — Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception d’une partie de la propriété no 1, qui devra reculer de 60 c. à 1 m. — Égout entre les rues du Helder et de Provence. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Tannerie (rue de la).

Commence à la place de l’Hôtel-de-Ville, nos 7 et 7 bis ; finit à la rue de la Planche-Mibray, nos 8 et 10. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 156 m.7e arrondissement, quartier des Arcis.

Dès l’année 1300, elle portait le nom de rue de la Tannerie, qu’elle tenait des tanneurs qui étaient venus l’habiter, en raison de sa proximité de la rivière. En 1348, selon Sauval, elle s’appelait ruelle de la Planche-aux-Teinturiers. Elle prit, dans la suite, le nom de l’Écorcherie, en raison des bouchers qui l’occupaient. Sa première désignation a prévalu. « Arrêt du conseil, 24 février 1673. — Le roy s’estant fait représenter en son conseil l’arrest rendu en iceluy le 28 octobre dernier, par lequel sa majesté auroit ordonné l’exécution de l’édit du 2 décembre 1577, et de l’arrest de la cour de parlement du 6e may 1623, rendu en conséquence pour la translation des tanneurs et tinturiers de la rue de la Tannerye, où ils sont à présent estably, en un autre lieu commode èz-environs de la d. ville, et qu’à cest effect, assemblée seroit faicte en l’Hostel de la d. ville des conseillers, quartiniers, et de tel nombre de notables bourgeois que les dits prevost des marchands et eschevins jugeroient à prospos de mander pour adviser aux moyens de pourvoir à la salubrité de la dite ville, et du lieu le plus proche èz-environs d’icelle où l’on pourroit placer les tanneurs, teinturiers et mégissiers, pour le procès-verbal faict et rapporté être par sa majesté ordonné ce qu’il appartiendroit ; et veu le procès-verbal de la d. assemblée du 7 février 1673, en laquelle les d. tanneurs et tinturiers qui sont logés dans la dite rue de la Tannerye, et ceux qui sont dans les autres quartiers de Paris sur le bord de la rivierre, seront tenus de se retirer dans un an du jour du présent arrest dans le quartier Saint-Marcel et Chalyot, aux maisons estant sur le bord de la rivierre, ou autres lieux qui seront par eux indiqués qui ne se trouveront point incommoder au publicq, nonobstant la quelle translation, les d. tanneurs et teinturiers qui se retireront de la dite rue de la Tannerye et autres du dedans de Paris conserveront tous leurs privilèges et exemptions de leurs mestiers, et en qualité de bourgeois de Paris, dont ils jouissent, à l’effect de quoy leur seront tous arrêts et lettres expédiés. Enjoignant sa majesté à tous ses officiers de les maintenir et garder en la jouissance des d. privilèges, et de favoriser en toutes choses la ditte translation, et aux dits prevost des marchands et eschevins de tenir la main à l’exécution du présent arrest qui sera exécuté nonobstant oppositions ou appellations quelconques et sans préjudice d’icelles, dont si aucunes interviennent, sa majesté s’est réservé et à son conseil la connaissance, icelle interdite à toutes ses autres cours et juges. Signé d’Aligre et Colbert. » (Archives du royaume, section administrative, série E, no 1,770.)

Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Cette moindre largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 22 mai 1837. Propriétés de 1 à 7, retranch. 3 m. 40 c. à 4 m. 30 c. ; de 9 à 17, ret. 2 m. 40 c. à 3 m. 30 c. ; de 19 à 27, ret. 1 m. 70 c. à 2 m. 40 c. ; de 29 à 35, seront supprimées presqu’entièrement, tant par l’alignement de la rue de la Tannerie que par celui de la rue des Teinturiers ; de 37 à la fin, ret. 4 m. 20 c. à 5 m. 30 c. ; de 2 à 18, alignées ; 20, ret. réduit 40 c. ; 22, ret. réduit 1 m. 10 c. ; 24, ret. réduit 1 m. 80 c. ; 26, ret. réduit 1 m. 70 c. ; 28, pas de retranch. ; 30, redress. ; 32, ret. réduit 80 c. ; de 34 à 40, ret. 1 m. 10 c. à 1 m. 90 c. ; 42, alignée. — Éclairage au gaz (compe Française).

Tannerie (rue de la Vieille-).

Commence aux rues de la Tuerie et de la Vieille-Lanterne ; finit à la rue de la Vieille-Place-aux-Veaux, nos 10 et 12. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 20 m.7e arrondissement, quartier des Arcis.

Cette rue existait dès le XIIe siècle. Des tanneurs qui vinrent l’habiter lui firent également donner le nom de la Tannerie. Sauval dit qu’elle s’est appelée rue des Crénaux. — Deux décisions ministérielles : l’une du 11 octobre 1806, signée Champagny ; l’autre du 21 juin 1817, ont fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions du côté gauche sont alignées ; celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 80 c. à 2 m.

Taranne (grande rue).

Commence à la rue Saint-Benoît, nos 36 et 38 ; finit à la rue des Saints-Pères, nos 53 et 57. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 172 m.10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Ouverte au milieu du XIVe siècle, elle était appelée indifféremment rue aux Vaches, rue de la Courtille, rue Forestier. En 1418, elle prit le nom de rue de Terrennes, en l’honneur de Simon de Terrennes, échevin en 1417, sous la prévôté de sire Guillaume Kiriasse. La dénomination actuelle de cette voie publique n’est qu’une altération. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette rue à 9 m. 50 c. En vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839, cette moindre largeur est portée à 12 m., et sa plus grande largeur à 23 m. Les maisons nos 1, 3, 5 et 7 sont seules soumises à retranchement, savoir : celle no 1, de 2 m. 50 c. à 3 m. 20 c. ; no 3, de 1 m. 80 c. à 2 m. 50 c. ; no 5, de 1 m. 30 c. à 1 m. 80 c. ; no 7, de 1 m. environ. — Portion d’égout du côté de la rue des Saints-Pères. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Taranne (petite rue).

Commence à la rue de l’Égout, nos 6 et 8 ; finit à la rue du Dragon, nos 15 et 17. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 119 m.10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Elle a été formée à la même époque que la grande rue du même nom. — Une décision ministérielle du 2 messidor an VIII signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 80 c. à 1 m. 30 c. — Conduite d’eau entre les rues du Sabot et du Dragon. — Éclairage au gaz (compe Française).

Teinturiers (rue des).

Commence à la rivière ; finit à la rue de la Vannerie, nos 31 et 35. Pas de numéro. Sa longueur est de 58 m.7e arrondissement, quartier des Arcis.

Elle était presqu’entièrement bordée de constructions sous le règne de Louis-le-Jeune. Tous les actes ne l’ont d’abord désignée que comme une ruelle allant de la Tannerie en la Vannerie. L’extrémité de cette rue s’est appelée de l’Archet, puis du Naret et des Trois-Bouteilles. Elle doit son nom actuel aux teinturiers qui vinrent l’habiter, en raison de sa proximité de la rivière. Un arrêt du conseil du 24 février 1673 ordonna aux teinturiers de quitter cette voie publique pour aller s’établir dans les quartiers Saint-Marcel et de Chaillot. — Une décision ministérielle du 17 brumaire an XII, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 26 juin 1837, cette largeur a été portée à 10 m. Cette rue n’a encore aujourd’hui dans une partie de son étendue qu’une largeur de 1 m. 20 c., et n’est point éclairée. Sur le côté droit, la maison faisant l’encoignure de la rue de la Vannerie est alignée ; les autres propriétés devront généralement subir un retranchement considérable. La partie de la rue des Teinturiers qui communique à la rivière est fermée par une grille.

Temple (boulevart du).

Commence aux rues des Filles-du-Calvaire, no 29, et des Fossés-du-Temple, no 1 ; finit aux rues du Temple, no 108 bis, et du Faubourg-du-Temple, no 2. Le dernier impair est 49 ; le dernier pair, 92. Sa longueur est de 527 m.6e arrondissement, quartier du Temple.

La formation de ce boulevart a été ordonnée par un arrêt du conseil du 7 juin 1656. Situé près de l’enclos du Temple, ce boulevart en a retenu la dénomination. La largeur de la chaussée est de 20 m. Les constructions qui bordent le côté gauche de cette voie publique sont établies à 2 m. de distance du centre des arbres de la contr’allée et ne devront subir aucun retranchement. Celles qui longent le côté opposé ont été élevées d’après un alignement en plusieurs lignes qui donnent à ce boulevart une largeur irrégulière. Les maisons nos 30, 32, 86, 88 et 92, sont seules soumises à retranchement. Une ordonnance royale du 17 août 1825 a consacré les dispositions qui précèdent. — Bassin d’égout. — Conduite d’eau entre la rue de Saintonge et le passage Vendôme. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Le boulevart du Temple rappelle de tristes souvenirs. Le 28 juillet 1835, le roi, entouré de ses fils, de ses maréchaux et de plusieurs ministres, passait la revue de la garde nationale. Le cortège arrivait devant le jardin Turc ; tout-à-coup le bruit d’une décharge se fait entendre. Un maréchal de France tombe mort, des officiers supérieurs, des femmes, des enfants sont frappés. Un hasard providentiel sauva le roi. La maison où Fieschi avait placé ses batteries meurtrières a été reconstruite en 1842 ; elle porte aujourd’hui le no 50.

Temple (chapelle du).

Située dans la rue du même nom, no 80. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Ce petit monument sert d’oratoire aux religieuses Bénédictines de l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement. Leur couvent a été fondé en 1814 par mademoiselle de Condé, dans l’ancien hôtel du grand prieur qui avait été restauré en 1812, pour loger le ministre des cultes. La chapelle a été construite en 1823, sa façade présente un portique formé de deux colonnes d’ordre ionique qui supportent un fronton triangulaire. On a mis sur la plinthe ces deux mots latins : Venite adoremus. L’ordre ionique règne également dans l’intérieur de cette chapelle. L’autel est décoré d’une sainte famille, d’un saint Louis et d’une sainte Clotilde, par Lafond. — La chapelle du Temple est le seul édifice qui nous rappelle l’ordre des Templiers dont nous allons retracer l’origine.

Fondé à Jérusalem, l’ordre des Templiers ne se composait que de six religieux et du grand-maître, lorsqu’ils quittèrent la Palestine pour venir faire des prosélytes en Europe. Ils se présentèrent en 1128, au concile de Troyes. Le pape Honoré II les accueillit avec une bienveillance extrême et confirma la fondation de l’ordre. Les chevaliers du Temple firent d’immenses progrès, et ne tardèrent pas à établir à Paris le siège de la puissance qu’ils exercèrent jusqu’à l’époque de leur suppression.

L’enclos du Temple était au XIIIe siècle d’une étendue si considérable qu’il renfermait tout l’espace compris entre le faubourg du Temple et la rue de la Verrerie, et occupait une partie du marais qu’on nommait aussi la Culture du Temple.

C’était au Temple que Philippe-Auguste et Philippe-le-Hardi déposaient leurs trésors. Les bâtiments habités par les chevaliers étaient aussi magnifiques que les résidences royales. Pendant le séjour qu’il fit à Paris en 1254, le roi d’Angleterre, Henri III, choisit le Temple pour sa demeure, de préférence à celle que saint Louis lui avait offerte dans son palais de la Cité.

Après l’extinction de l’ordre, en 1313, le manoir du Temple fut abandonné aux chevaliers de saint Jean de Jérusalem qui héritèrent de tous les biens des Templiers.

Le Temple devint ainsi le séjour des grands prieurs de l’ordre de Malte.

Philippe de Vendôme qui s’était distingué au siège de Candie, à la prise de Namur et dans le Piémont, fut en sa qualité de prince du sang et de chevalier de Malte, nommé grand prieur. La régence commençait alors, et Vendôme voulut surpasser dans son prieuré la licence de l’époque. Les soupers du Temple devinrent fameux et surpassèrent ceux du Palais-Royal, par le choix et l’esprit des convives. La Fare y brillait de tout l’éclat de sa gaité ; Chaulieu qui habitait dans l’enceinte du Temple une jolie maison, était le convive habituel du prieur ; le spirituel poète, presque octogénaire, y chantait encore l’amour et le vin. Mademoiselle de Launay venait y apporter ses réparties piquantes et un cœur sensible. Jean-Baptiste Rousseau fut admis à ces soupers, mais la manière dont il en parle fait croire qu’on ne le jugea pas digne d’une initiation complète, ou bien que l’ironie seule lui a dicté ce passage de son épître à Chaulieu :

____« Par tes vertus, par ton exemple,
» Ce que j’ai de vertu fut très bien cimenté,
____« Cher abbé, dans la pureté
____« Des innocents soupers du Temple. »

La pureté des soupers du grand prieur et de Chaulieu est une figure de rhétorique, dont Philippe de Vendôme a dû beaucoup rire. — À Philippe de Vendôme succéda le prince de Conti qui, en 1770, ouvrit la porte du Temple à Jean-Jacques Rousseau. Le philosophe de Genève, pauvre, poursuivi par des ennemis, obsédé par des fantômes que créait son imagination, vint cacher sous ces murs féodaux la célébrité qui suivait l’auteur d’Émile. Le prince eut l’insigne honneur de protéger l’écrivain.

Le Temple a été le dernier lieu d’asile ouvert aux criminels, aux prévenus politiques et aux débiteurs. Ce droit a subsisté jusqu’au commencement de la révolution. C’était pour le grand prieur la source d’un revenu très considérable, car tous les bâtiments de l’enclos étaient loués plus cher que les plus beaux hôtels de Paris. Les gardes du commerce, les agents d’affaires, les huissiers se mettaient continuellement aux aguets devant la porte. Le dimanche seulement on pouvait sortir de l’enceinte sans crainte d’être arrêté.

Ce fut dans le donjon du Temple que l’infortuné Louis XVI et sa famille furent conduits, le 14 août 1792, à une heure du matin, trois jours après que l’Assemblée nationale eût prononcé la déchéance du roi. Pendant que les augustes prisonniers gémissaient au Temple, l’orage éclatait au dehors. Un jour, une troupe de furieux, parmi lesquels on distinguait un homme portant au bout d’une pique la tête d’une femme, pénétra dans les jardins du Temple, en criant à la reine : « C’est la tête de la Zamballe que nous voulons te montrer. »

Louis XVI, dès le commencement de son procès, fut entièrement séparé des siens. Il fallut un décret de la Convention pour qu’il lui fût permis de faire à sa femme, à sa sœur et à ses enfants, un éternel adieu. Louis XVI sortit du Temple le 21 janvier 1793 pour monter sur l’échafaud. Quelques efforts désespérés furent tentés par des hommes généreux pour enlever les prisonniers du Temple ; mais les obstacles furent plus grands que le dévouement. On ne pouvait sauver que la reine ; mais elle refusa d’abandonner sa famille. Bientôt on lui enleva son fils, et le 16 octobre Marie Antoinette sortit du Temple pour aller au supplice.

Le 9 mai 1794, la sœur du roi, Madame Élisabeth, quitta le Temple pour aller à la Conciergerie. Fouquier la traduisit au tribunal révolutionnaire, avec vingt-quatre autres personnes accusées de contre-révolution. Tous les accusés furent condamnés à mort. Quand le sang des vingt-quatre fut épuisé, le bourreau s’empara rudement de Madame Élisabeth. Le fichu qui couvrait le sein de la jeune femme tomba : « Au nom de votre mère, monsieur, couvrez-moi ! » dit-elle avec émotion. Le bourreau obéit à sa voix ; alors la sainte de la révolution sourit, et mourut !

Ainsi de la famille royale il ne restait plus au donjon que deux jeunes enfants depuis longtemps séparés l’un de l’autre. Louis XVII avait été plus étroitement renfermé depuis les tentatives qui avaient été faites pour le sauver. Il fut enlevé à sa mère, puis livré à l’ignoble cordonnier Simon. Depuis ce moment l’existence du pauvre enfant ne fut plus qu’une lente agonie que la mort termina le 8 juin 1795. Sa sœur, la duchesse d’Angoulême, fut la seule qui sortit de cette prison funeste, après avoir été témoin pendant trois ans des souffrances de toute sa famille. Au mois de décembre 1795, elle quitta le Temple et fut échangée contre quatre commissaires de la Convention, prisonniers des Prussiens.

La tour du Temple fut habitée par d’autres personnages célèbres. — Sir William Sidney Smith, amiral anglais, fait prisonnier le 20 avril 1796, fut amené à Paris, puis enfermé au Temple, d’où ses amis l’enlevèrent le 10 mai 1798. — Toussaint Louverture, chef de l’insurrection de Saint-Domingue, entra au Temple le 7 août 1800. Il en sortit quelque temps après et fut conduit au fort de Joux, où il mourut en 1803.

Le général Pichegru, mis au Temple le 4 septembre 1797, fut le lendemain condamné à la déportation et partit immédiatement pour la Guyane. Arrêté une seconde fois à Paris, il fut de nouveau conduit au Temple ; il s’y étrangla avec sa cravate le 6 avril suivant. — Wright, capitaine de la marine anglaise, accusé d’avoir débarqué en 1803 et 1804 des Vendéens sur les côtes de France, fut arrêté et emprisonné au Temple, à la même époque que Pichegru. L’officier anglais se coupa la gorge avec un rasoir le 27 octobre 1805.

Moreau, Lajollais, Cadoudal, le marquis de Rivière, les frères Polignac, ont été également enfermés dans la tour du Temple, qui fut démolie vers 1811.

L’ordre de Malte avait été supprimé en 1790, et la vaste propriété du Temple qui lui appartenait fut séquestrée par la nation. Sur l’emplacement de cet immense terrain, on construisit en 1809 la halle au Vieux-Linge, la place de la Rotonde-du-Temple, les rues Caffarelli, Dupetit-Thouars, Dupuis, Perrée et de la Petite-Corderie.

Temple (place de la Rotonde-du-).

Commence à la rue de Beaujolais, nos 20 et 23 ; finit à la rue de la Petite-Corderie, no 4. Sa longueur est de 106 m.6e arrondissement, quartier du Temple.

Elle a été construite en 1809, sur une partie de l’enclos du Temple (voir l’article de la halle au Vieux-Linge). — Une décision ministérielle du 9 septembre 1809, signée Fouché, et une ordonnance royale du 31 mars 1835, ont déterminé pour cette place des alignements qui lui donnent la forme d’un carré long. Presque toutes les constructions sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Temple (rotonde du).

Située dans la place de ce nom. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Elle a été construite en 1781, par Pérard de Montreuil, sur une partie de l’enclos du Temple. Devenue propriété nationale, elle a été vendue par le domaine de l’État, le 21 frimaire an VI. Sa superficie est de 1,070 m.

Temple (rue des Fossés-du-).

Commence à la rue de Ménilmontant, no 1, et au boulevart du Temple ; finit à la rue du Faubourg-du-Temple, nos 2 et 4. Le dernier impair est 77 ; le dernier pair, 74. Sa longueur est de 631 m.6e arrondissement, quartier du Temple.

Cette rue est ainsi dénommée parce qu’elle a été ouverte sur les fossés du Temple qui bordaient le rempart. Depuis une vingtaine d’années seulement cette voie publique est bordée de constructions importantes. — Une décision ministérielle du 25 messidor an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette rue à 10 m. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celles ci-après : dépendances du théâtre des Folies-Dramatiques, nos 75, 77, encoignure de la rue du Faubourg-du-Temple, partie du no 6, 72 et 74. — Égout et conduite d’eau entre la rue Crussol et le théâtre de la Gaîté. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Temple (rue du).

Commence aux rues Michel-le-Comte, no 2, et des Vieilles-Haudriettes, no 14 ; finit aux boulevarts Saint-Martin, no 1, et du Temple, no 49. Le dernier impair est 139 ; le dernier pair, 108 bis. Sa longueur est de 812 m. — De 1 à 27, 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie ; de 29 à la fin, 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs ; de 2 à 78, 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété ; de 78 bis à la fin, quartier du Temple,

Elle doit son nom à la maison des Templiers qui existait déjà à la fin du XIIe siècle, et à laquelle elle conduisait. Dès 1235, on l’appelait rue de la Milice-du-Temple. En 1252, c’était la rue de la Chevalerie-du-Temple. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur a été portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 28 juin 1826. Propriétés de 1 à 17, retranch. 2 m. 50 c. à 2 m. 80 c. ; 19, alignée ; de 21 à 27, ret. 2 m. 40 c. à 2 m. 70 c. ; 29, alignée ; du second no 29 à 33, ret. 2 m. 30 c. à 2 m. 90 c. ; 35, ret. réduit 2 m. 10 c. ; 37, ret. réduit 1 m. 50 c. ; de 39 à 45, ret. 90 c. à 1 m. 60 c. ; de 47 à 61, ret. 1 m. 20 c. à 1 m. 60 c. ; 63, alignée ; de 65 à 69, ret. 1 m. 50 c. à 1 m. 70 c. ; 71, ret. 1 m. 80 c. ; 73, ret. réduit 2 m. 70 c. ; 75, 77, ret. 2 m. 70 c. à 3 m. 40 c. ; de 79 à la fin, alignées ; de 2 à 10, ret. 2 m. 40 c. à 3 m. ; 12, ret. réduit 2 m. ; de 14 à 18, ret. 1 m. 80 c. à 2 m. 10 c. ; 20, 22, alignées ; de 24 à 34, ret. 1 m. 90 c. à 2 m. ; 36, ret. réduit 1 m. 50 c. ; 38, ret. réduit 60 c. ; 40, ret. réduit 1 m. 10 c. ; de 42 à 46, ret. 1 m. 50 c. à 2 m. 20 c. ; 48, ret. réduit 2 m. 30 c. ; 50, ret. réduit 2 m. ; 52, ret. réduit 1 m. 70 c. ; 54, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 56, ret. réduit 1 m. 10 c. ; de 58 à 62, ret. 1 m. 30 c. à 2 m. 10 c. ; 64, alignée ; 66, 68, ret. 1 m. 90 c. à 2 m. 30 c. ; de 70 à 78, ret. 1 m. à 1 m. 80 c. ; de 78 bis à la fin, pas de ret. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Le couvent des Pères de Nazareth ou Religieux-Pénitents du tiers ordre de Saint-François était situé dans cette rue, au no 117. Dès l’année 1613, ces religieux s’étaient procuré un établissement dans le voisinage des filles de Sainte-Élisabeth, dont ils avaient la direction. Leur existence légale ne date néanmoins que du 2 février 1642. Le chancelier Séguier reçut alors le titre de fondateur de cette communauté. Ces pères avaient pris possession, en 1630, de la maison que venaient de quitter les filles de Sainte-Élisabeth, pour en occuper une nouvelle. Ils firent construire une église qui fut achevée en 1632, par la générosité d’une personne inconnue qui leur fit parvenir une somme de 5,000 livres. Supprimé en 1790, ce couvent devint propriété nationale et fut vendu le 21 nivôse an VII.

Temple (rue du Faubourg-du-).

Commence au boulevart du Temple, no 92, et à la rue de Bondy, no 2 ; finit aux chemins de ronde des barrières de Belleville et Ramponeau. Le dernier impair est 137 ; le dernier pair, 132. Sa longueur est de 1 010 m. — Les numéros impairs sont du 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin ; les numéros pairs, du 6e arrondissement, quartier du Temple.

Des actes qui proviennent des archives de Saint-Merri prouvent que le territoire sur lequel cette rue a été bâtie s’appelait au XIIe siècle le clos de Malevart. En 1175, ce territoire fut donné à titre d’échange au chapitre de Saint-Merri. On n’y voyait que de rares constructions au commencement du règne de Charles IX, et ce n’était à cette époque qu’un simple chemin. Ce ne fut que sous les règnes de Henri IV et de Louis XIII qu’il se couvrit d’habitations, et forma un des faubourgs de Paris. On donna à la principale rue qui le traversait le nom de la voie publique qu’elle prolonge. — Une décision ministérielle du 3 germinal an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de la rue du Faubourg-du-Temple à 12 m. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 15 à 27, mur de clôture no 29, 31, 33, 35, 39, 41 ; de 45 à 75, 85, 87, 95 de 127 à la fin ; 16, 30, 32, premier no 40 bis ; de 40 ter à 48, 56, 58 ; de 70 à 88, 94, 106, 112 et 130. Celles nos 13, 37, 43, de 77 à 83, et de 107 à 125, ne devront subir qu’un léger redressement. — Égout dans plusieurs parties. — Conduite d’eau entre le boulevart et la rue Saint-Maur. — Éclairage au gaz : entre le boulevart et le quai de Valmy (compe Lacarrière) ; le surplus (compe de Belleville).

Temple (rue Vieille-du-).

Commence à la rue Saint-Antoine, nos 15 et 17 ; finit aux rues de Normandie, no 1, et Saint-Louis, no 89. Le dernier impair est 147 ; le dernier pair, 144. Sa longueur est de 940 m. — De 1 à 35 et de 2 à 66, 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean ; de 37 à 145, même arrondissement, quartier du Mont-de-Piété ; de 68 à la fin, 8e arrondissement, quartier du Marais ; no 147, 6e arrondissement, quartier du Temple.

Cette rue était en partie construite en 1250. Vers l’an 1300, le poète Guillot la nomme rue du Temple. On la trouve successivement appelée rue de la Couture, Culture et Clôture du-Temple. Quelques plans l’ont désignée aussi sous les noms de rue de l’Égout, en raison de l’égout qui y passait ; de porte Barbette, Poterne-Barbette, Barbette et Vieille-Barbette, parce qu’elle aboutissait à l’hôtel et à la porte Barbette qu’on voyait près de la rue de Paradis. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de la rue Vieille-du-Temple à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 23 juin 1830, sa moindre largeur est portée à 14 m. Maisons no 1, retranch. réduit 5 m. ; 3, ret. réduit 4 m. 30 c. ; 5, ret. réduit 3 m. 30 c. ; 7, ret. réduit 2 m. 60 c. ; 9, 11, ret. 1 m. 90 c. à 2 m. 30 c. ; 13, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 15, ret. réduit 3 m. 60 c. ; de 19 à 45, ret. 4 m. à 4 m. 80 c. ; 47, 49, ret. 4 m. 50 c. à 5 m. 50 c. ; 51 et 53, ret. 5 m. 50 c. à 10 m. 60 c. ; 55, 57, ret. 5 m. 60 c. à 10 m. ; 59, ret. réduit 5 m. ; de 61 à 65, ret. 3 m. 40 c. à 4 m. 30 c. ; 67, 69, ret. 2 m. 70 c. à 3 m. 40 c. ; 71, 73, ret. 2 m. 70 c. à 2 m. 90 c. ; de 75 à 85, ret. 2 m. 90 c. à 3 m. 90 c. ; bâtiments de l’Imprimerie royale, ret. réduit 1 m. 70 c. ; de 93 à 99, ret. 40 c. à 80 c. ; 101, alignée ; de 103 à 107, redress. ; 109 et 111, alignées ; de 113 à 123, ret. 30 c. à 60 c. ; 125 et 127, alignées ; de 129 à 139, ret. 45 c. à 60 c. ; 141, ret. 40 c. ; 143, 145, redress. ; 147, alignée ; 2, ret. réduit 2 m. 40 c. ; 4, ret. réduit 4 m. 20 c. ; de 6 à 14, ret. 4 m. 05 c. à 5 m. ; 16, 20, alignées ; 22, ret. 2 m. 45 c. ; 26, ret. réduit 2 m. 10 c. ; 30, 32, ret. 1 m. 70 c. à 1 m. 90 c. ; 34, 36 et 38, alignées ; de 40 à 50, ret. 1 m. 68 c. à 2 m. 40 c. ; 52, ret. réduit 1 m. 40 c. ; 54, ret. réduit 70 c. ; 56, ret. réduit 60 c. ; 64, 66, 68, ret. 5 m. 30 c. ; 70, ret. réduit 5 m. ; de 72 à 78, ret. 3 m. 90 c. à 4 m. 80 c. ; 80, 82, ret. 3 m. 20 c. à 3 m. 90 c. ; de 84 à 100, ret. 3 m. 80 c. à 4 m. 80 c. ; 102, ret. réduit 4 m. ; 104, 106, ret. 2 m. 40 c. à 3 m. 10 c. ; de 108 à 120, ret. 1 m. 60 c. à 2 m. ; de 122 à 126, ret. 1 m. 20 c. à 1 m. 60 c. ; de 128 à 136, ret. 90 c. à 1 m. 20 c. ; de 138 à la fin, ret. 40 c. à 80 c. — Égout : 1o entre les rues Saint-Antoine et des Quatre-Fils ; 2o entre les rues du Perche et Saint-Louis. — Conduite d’eau dans plusieurs parties. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Au coin de cette rue et de celle des Blancs-Manteaux, devant la maison qui remplace l’ancien hôtel de Rieux, le 23 novembre 1407, vers huit heures du soir, le duc d’Orléans fut assassiné par Raoul d’Ocquetonville, gentilhomme Normand, suivi de dix-huit hommes armés. Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne, qui avait commandé ce meurtre, et qu’on accuse d’avoir porté le dernier coup à la victime, fut lui-même massacré le 10 septembre 1419, sur le pont de Moutereau.

Terres-Fortes (rue des).

Commence à la rue de la Contrescarpe ; finit à la rue Moreau, no 13. Le dernier impair est 15 ; pas encore de numéro pair. Sa longueur est de 296 m. — Les numéros impairs sont du 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal ; le côté opposé dépend du 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

C’était autrefois le chemin des Marais. Sa dénomination actuelle lui vient de la nature des terres sur lesquelles elle a été formée. — Une décision ministérielle du 16 ventôse an XII, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. Cette largeur est portée à 15 m. en vertu d’une ordonnance royale du 1er juin 1828. Propriétés de 1 a 7, alignées ; surplus aligné, sauf redressement. Sur le côté opposé, le bâtiment à l’encoignure de la rue Moreau devra reculer de 3 m. à 4 m. 45 c. ; les autres propriétés sont alignées, sauf redressement.

Tête (impasse de la Grosse-).

Située dans la rue Saint-Spire, entre les nos 2 et 4. Le dernier numéro est 8. Sa longueur est de 76 m.5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Ce nom, qu’elle porte depuis 1341, lui vient d’une enseigne de la Grosse-Tête. — Une décision ministérielle du 1er décembre 1808, signée Cretet, avait fixé à 6 m. la largeur de cette impasse. Elle a été portée à 8 m. en vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826. Les constructions du côté gauche devront reculer de 5 m. à 5 m. 50 c. ; celles du côté opposé sont soumises à un retranchement qui n’excède pas 70 c.

Thérèse (rue).

Commence à la rue Sainte-Anne, nos 35 et 37 ; finit à la rue Ventadour, nos 1 et 3. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 43 m.2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Cette rue a été ouverte en 1667, sur une largeur de 9 m. 74 c., lorsqu’on aplanit la butte des Moulins. Le nom qu’elle porte lui fut donné en l’honneur de Marie Thérèse, épouse de Louis XIV. Cette rue ne fut pourtant dénommée qu’après la mort de la reine. Jusqu’en 1692, elle était confondue avec la rue du Hasard. — Une décision ministérielle du 3 frimaire an X, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 4 octobre 1826, ont maintenu la largeur primitive. Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau entre les rues Sainte-Anne et des Moulins. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Thévenot (rue).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 295 et 297 ; finit à la rue des Petits-Carreaux, nos 20 et 22. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 275 m.5e arrondissement : les numéros impairs sont du quartier Montorgueil ; les numéros pairs, du quartier Bonne-Nouvelle.

C’était, en 1372, une impasse située dans la rue des Petits-Carreaux. Des titres de cette époque la désignent sous le nom de cul-de-sac des Cordiers, de la Corderie, qu’elle devait sans doute à des cordiers qui l’habitaient. En 1676, la partie de cette impasse qui formait une ligne droite fut prolongée jusqu’à la rue Saint-Denis. La seconde partie, qui obliquait à gauche de la rue des Petits-Carreaux, existe encore aujourd’hui sous le nom d’impasse de l’Étoile. La nouvelle rue prit le nom de Thévenot en raison d’André Thévenot, ancien contrôleur des rentes de l’Hôtel-de-Ville, qui y fit bâtir plusieurs maisons. Un des ancêtres du contrôleur, Jean Thévenot, fut échevin de la ville de Paris en 1608, sous la prévôté de maître Jean Sanguin. — Une décision ministérielle du 19 pluviôse an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826. Propriétés de 1 à 15 bis, retranch. 1 m. 60 c. à 2 m. 25 c. ; second no 15 bis, aligné ; de 17 à la fin, ret. 1 m. 80 c. à 2 m. 40 c. ; de 2 à 26, ret. 2 m. 30 c. à 2 m. 60 c. ; 28, ret. réduit 1 m. 60 c. ; 30, ret. 2 m. 30 c. — Portions d’égout du côté des rues Saint-Denis et des Petits-Carreaux. — Conduite d’eau entre la rue Saint-Denis et l’impasse de l’Étoile. — Éclairage au gaz (compe Française).

Thibault-aux-Dez (rue).

Commence à la rue Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 74 et 76 ; finit aux rues Boucher, no 16, et Bertin-Poirée, no 15. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 120 m.4e arrondissement, quartier du Louvre.

Elle était complètement bâtie en 1230. Selon l’abbé Lebœuf, cette voie publique tire sa dénomination de Thibault-Odet, trésorier d’Auxerre en 1242, qui possédait à cette époque plusieurs maisons dans cette rue ; cependant plusieurs titres du XIIIe siècle l’appellent rue Thibault-aux-Dez, sans doute parce qu’un nommé Thibault y tenait une taverne où l’on jouait aux dés. — Par décision ministérielle du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, la moindre largeur de cette voie publique fut fixée à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839, cette moindre largeur a été portée à 10 m. Maison no 1, retranch. 1 m. ; de 3 à 9, et partie du no 11, alignées ; surplus du no 11, ret. réduit 1 m. ; 15, ret. réduit 1 m. 10 c. ; 17, ret. 1 m. 60 c. ; 19, ret. réduit 2 m. 90 c. ; 21, ret. réduit 3 m. 70 c. ; de 2 à 6, ret. 5 m. ; 8, ret. réduit 5 m. 30 c. ; 10, ret. réduit 5 m. 10 c. ; 12, ret. réduit 3 m. 50 c. ; 14, ret. réduit 3 m. 80 c. ; 16, ret. réduit 2 m. 70 c. ; 18, ret. réduit 90 c. ; 20, ret. réduit 40 c. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Thierré (passage).

Commence à la rue de Charonne, no 23 ; finit à la rue de la Roquette, no 44 bis. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 24. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Il forme le prolongement du passage Sainte-Marie. Une issue existait depuis 1750 sur la rue de la Roquette. En 1837, M. Thierré fit l’acquisition de plusieurs maisons, changea la disposition de l’entrée qui est située dans la rue de la Roquette, et donna son nom à ce passage.

Thiroux (rue).

Commence à la rue Neuve-des-Mathurins, no 60 et 62 ; finit à la rue Saint-Nicolas, nos 45 et 47. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 123 m.1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Un arrêt du conseil d’état du roi, à la date du 12 septembre 1772, autorisa le percement de cette rue. Des lettres-patentes du 14 octobre de la même année portent ce qui suit : « Il sera ouvert aux frais du sieur Sandrier des Fossés, entrepreneur de nos bâtiments, une rue de 30 pieds de large, dans le terrain de 90 toises de face qu’il a acquis des Mathurins, sur la rue Neuve de ce nom, la quelle nouvelle rue portera le nom qui lui sera donné par les prévôt des marchands et échevins de notre bonne ville de Paris que nous commettons à cet effet, etc… » — Ces lettres-patentes furent registrées au parlement le 23 août 1773, et reçurent leur exécution au mois de décembre de la même année. — Une décision ministérielle du 22 prairial an V, signée Benezech, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés riveraines sont soumises à un léger redressement. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Nicolas. — Conduite d’eau entre la rue Neuve-des-Mathurins et la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Louis-Lazare Thiroux d’Arconville fut président de la première chambre des enquêtes depuis 1748 jusqu’en 1771.

Thomas (rue des Filles-Saint-).

Commence à la rue Notre-Dame-des-Victoires, no 15 ; finit à la rue de Richelieu, nos 66 et 68. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 238 m. — De 1 à 13, 3e arrondissement, quartier du Mail ; de 15 à la fin, et tous les numéros pairs, 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Percée vers 1650 sur un terrain dont une partie appartenait aux Religieux-Augustins, et l’autre aux Filles-Saint-Thomas, cette rue prit d’abord le nom de Saint-Augustin, en raison de sa situation le long du mur de clôture des Religieux-Augustins, dits Petits-Pères. La dénomination qu’elle porte aujourd’hui lui vient du couvent des Filles-Saint-Thomas, dont nous avons parlé à l’article du palais de la Bourse. — Une décision ministérielle du 21 prairial an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826, cette moindre largeur est portée à 10 m. Propriétés de 1 à 11, alignées ; 13, retranch. 1 m. ; de 15 à la fin, ret. 1 m. 30 c. à 1 m. 50 c. ; encoignure de la place, alignée ; 12, ret. réduit 30 c. ; 14, 16, alignées ; 18, ret. réduit 40 c. ; 20, redress. — Égout entre les rues Vivienne et de Richelieu. — Conduite d’eau entre les rues Notre-Dame-des-Victoires et Vivienne. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

En vertu d’une décision ministérielle du 21 juin 1844, la partie de cette voie publique comprise entre les rues Notre-Dame-des-Victoires et Vivienne doit prendre le nom de place de da Bourse.

Thomas-d’Aquin (église Saint-).

Située sur la place de ce nom. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Le général des Dominicains, Nicolas Rodolphi, vint à Paris au commencement du XVIIe siècle, dans le dessein de réformer les couvents de cet ordre. Il obtint l’autorisation de fonder une troisième maison de Jacobins sous le titre de Jacobins de l’ordre de Saint-Dominique en France. Le parlement, effrayé de l’accroissement des maisons religieuses à Paris, chercha à s’opposer au nouvel établissement, mais la volonté toute puissante du cardinal de Richelieu eut bientôt renversé cet obstacle, et le roi, par lettres-patentes du mois de juillet 1632, confirma cette fondation. Quatre Jacobins, tirés du couvent de la rue Saint-Honoré, vinrent habiter une petite maison du faubourg Saint-Germain. En 1682, ils augmentèrent leur modeste habitation d’un nouveau bâtiment du côté de la rue de l’Université. En 1740, plusieurs autres corps de logis avaient été élevés. L’église des Jacobins réformés, bâtie en 1682, est l’ouvrage de Pierre Bullet, l’un des meilleurs artistes de cette époque. Le couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale. Les bâtiments sont occupés par le Musée d’artillerie. En 1793, l’église prit le nom de temple de la Paix. Vers 1802, elle a été érigée en paroisse sous le vocable de Saint-Thomas-d’Aquin.

Thomas-d’Aquin (place Saint-).

Située devant l’église de ce nom. Un seul impair qui est 3 ; un seul pair, 6. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Formée en 1683, elle porta d’abord le nom de place des Jacobins. Sa dénomination actuelle lui vient de l’église Saint-Thomas-d’Aquin, dont nous avons parlé à l’article précédent. — En vertu d’une décision ministérielle du 13 thermidor an XII, signée Chaptal, cette place devait prendre la forme d’un carré. Cet alignement n’a pas été exécuté. — Une ordonnance royale du 29 avril 1839 a maintenu les constructions dans leur état actuel. — Éclairage au gaz (compe Française).

Thomas-d’Aquin (rue Saint-).

Commence à la place de ce nom ; finit à la rue Saint-Dominique, nos 38 et 40. Un seul impair qui est 1 ; pas de numéro pair. Sa longueur est de 35 m.10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Elle portait avant la révolution la dénomination de passage des Jacobins. Depuis 1802, on la nomme rue Saint-Thomas-d’Aquin, en raison de sa proximité de l’église ainsi appelée. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an XII, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 29 avril 1839, ont fixé la largeur de cette voie publique à 12 m. Le côté gauche est aligné. Les constructions du côté opposé devront reculer de 2 m. 60 c. à 3 m. 20 c. — Éclairage au gaz (compe Française).

Thomas-d’Enfer (rue Saint-).

Commence à la rue Saint-Hyacinthe, nos 26 et 28 ; finit à la rue d’Enfer, nos 7 et 9. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 151 m.11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Cette rue a été construite de 1550 à 1585, sur un clos de vignes appartenant aux Dominicains dits Jacobins. Son nom rappelle l’un des saints en grande vénération en France. — Une décision ministérielle du 13 vendémiaire an VIII, signée Quinette, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette dimension est portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 20 octobre 1831. Maison no 1, retranch. 80 c. ; 1 bis, alignée ; 3, 5, ret. 30 c. à 60 c. ; de 7 à 11, redress. ; 13, 15, ret. réduit 70 c. ; encoignure de la rue d’Enfer, alignée ; 12, alignée ; les autres constructions de ce côté, ret. 3 m. 20 c. à 3 m. 60 c.

Thomas-du-Louvre (rue Saint-).

Commence à la rue du Carrousel, nos 6 et 8 ; finit à la rue de Chartres, et à la place du Palais-Royal, no 233. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 152 m.1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Cette rue, construite vers 1230, tire son nom de l’église Saint-Thomas appelée depuis église Saint-Louis, qu’on voyait encore au commencement de notre siècle près de la galerie du Louvre. Cette voie publique, qu’on nomma aussi rue des Chanoines, a été en partie démolie pour faciliter le projet de réunion des palais du Louvre et des Tuileries. La rue Saint-Thomas-du-Louvre devant être supprimée entièrement pour l’exécution complète de ce projet, il n’existe point d’alignement arrêté pour cette voie publique, dont la largeur actuelle est de 6 m. environ. — Conduite d’eau. Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Église Saint-Thomas-du-Louvre. — Le meurtre de l’archevêque de Cantorbéry excita l’indignation de l’Europe chrétienne. Lorsqu’il fut canonisé, saint Thomas devint dans notre pays l’un des martyrs les plus vénérés. Cette ferveur des fidèles était encore alimentée par l’orgueil national qui animait le peuple français contre le roi d’Angleterre. On vit à la fin du XIIe siècle plusieurs églises s’élever sous l’invocation de saint Thomas. Robert, comte de Dreux, quatrième fils du roi Louis-le-Gros et frère de Louis VII, fut le fondateur de Saint-Thomas-du-Louvre, qu’il érigea en collégiale en y créant quatre canonicats. Ce prince étant mort en 1188, Robert, son fils, confirma ces fondations et les fit approuver par Philippe-Auguste, dont les lettres-patentes sont de l’année 1192. Ces titres, ainsi que plusieurs autres, nous apprennent qu’à cette époque les principaux revenus de cette collégiale consistaient dans les dimes de Torcy, de Cailly et de Brie-Comte-Robert. Elle jouissait également d’une rente de cent sols parisis, et possédait une vigne et un arpent de terre. On voit aussi dans ces actes, que Robert de Dreux avait donné des maisons en y affectant des revenus pour loger et nourrir de pauvres étudiants. L’église collégiale de Saint-Nicolas-du-Louvre remplaça depuis cet hôpital. Jean, duc de Bretagne, comte de Montfort et de Richemond, donna le 2 février 1428, au chapitre de Saint-Thomas, son hôtel de la Petite-Bretagne, situé derrière l’église, dans la rue de Matignon. En 1733, l’église qui était construite depuis plus de six cents ans tombait en ruine. Le roi, sur la demande du cardinal Fleury, accorda pour sa reconstruction 50,000 écus assignés sur la ferme des poudres, et payables en neuf années. Dès que le premier paiement eut été effectué, on se mit à l’œuvre. L’office divin fut célébré dans le bas de l’église, et l’on éleva une charpente qui sépara les prêtres de la partie qu’on était forcé d’abandonner. On jeta les fondements du nouvel édifice du côté des rues Saint-Thomas et du Doyenné. Le 15 septembre 1739, sur les onze heures du matin, au moment où l’on s’assemblait pour tenir le chapitre, le clocher voisin de la salle capitulaire tomba avec fracas, écrasa la voûte et ensevelit six chanoines sous ses ruines. Il fallut après ce tragique événement pourvoir à l’érection d’un nouveau chapitre. Les chanoines de Saint-Thomas et ceux de Saint-Nicolas ne formaient, dans l’origine, qu’un même chapitre. Ils furent réunis une seconde fois par un décret du 10 mars 1740. La nouvelle église prit le nom de Saint-Louis-du-Louvre. Les plans en avaient été dressés par un orfèvre nommé Thomas Germain. En 1744, la veille de la fête de saint Louis, elle fut solennellement dédiée à saint Louis, roi de France. En 1749, un troisième chapitre, celui de Saint-Maur-des-Fossés, fut joint aux deux premiers. Après avoir servi pendant la révolution au culte protestant, Saint-Louis-du-Louvre fut démoli. Le terrain qu’elle occupait doit être compris dans la place du Carrousel.

Église Saint-Nicolas-du-Louvre. — Robert de Dreux, en fondant l’église Saint-Thomas, avait également établi un hôpital et un collége. Le pape Innocent III y fit entrer, en 1209, quelques pauvres écoliers. Les donations des comtes de Dreux amenèrent bientôt une contestation entre le proviseur et les écoliers d’une part et les chanoines de l’autre. Les biens avaient été jusqu’alors communs entre eux, et l’église Saint-Thomas servait aux uns et aux autres. En 1212, un partage fut fait entre les chanoines et l’hôpital, et l’on convint que la rue Saint-Thomas servirait de limite. Le proviseur et les écoliers désirèrent, en outre, avoir une église particulière. Des lettres leur furent accordées en 1217, par le pape, dans lesquelles le souverain pontife les qualifie de Recteur et de Frères-de-l’Hôpital de Saint-Thomas-du-Louvre. Il leur donna, en outre, le droit d’avoir une chapelle et un cimetière. Cette chapelle, dédiée à saint Nicolas, fut bâtie entre l’église Saint-Thomas et le palais du Louvre. Après cette contestation qui divisa ces deux établissements, la nouvelle maison prit le nom d’Hôpital des pauvres écoliers de Saint-Nicolas-du-Louvre. À la fin du XIIIe siècle, cette maison fut composée d’un maître ou proviseur, d’un chapelain et de quinze boursiers. On y ajouta un second chapelain, puis en 1350 trois nouveaux boursiers furent adjoints aux anciens. Le 25 juillet 1541, Jean du Bellay, évêque de Paris, supprima proviseur et boursiers, et érigea ce collége en un chapitre composé d’un prévôt et de quinze chanoines qui furent réunis en 1740 à ceux de Saint-Louis-du-Louvre. L’église Saint-Nicolas, dès lors totalement abandonnée, fut démolie avant la révolution.

Hôtel de Rambouillet. — Il ne faut pas confondre cet hôtel de Rambouillet avec celui qui fut vendu en 1624, moyennant 30,000 écus, au cardinal de Richelieu qui le fit abattre, puis élever sur son emplacement les constructions du Palais-Royal. Le second hôtel de Rambouillet, situé dans la rue Saint-Thomas-du-Louvre, près de l’hôtel de Longueville, s’étendait jusqu’au jardin de l’hôpital des Quinze-Vingts. Cette propriété qui avait été connue successivement sous les noms d’hôtel d’O, de Noirmoutiers, de Pisani, prit celui de Rambouillet lorsque Charles d’Angennes, marquis de Rambouillet, qui avait épousé mademoiselle de Vivonne, fille du marquis de Pisani, vint s’y établir après la mort de son beau-père. Cet hôtel fut presqu’entièrement rebâti par le marquis de Rambouillet. L’esprit, les grâces, les connaissances variées de Catherine de Vivonne, son goût pour les sciences et les lettres attirèrent dans son hôtel, nommé depuis le Parnasse Français, les meilleurs poètes et la fleur de la noblesse de l’époque. La société de l’hôtel de Rambouillet ne fut pas exempte des défauts qui déparent presque toujours ces sortes de réunions ; elle donna dans le pédantisme et dans une affectation de langage un peu ridicule ; néanmoins, cette brillante compagnie sut réveiller en France le goût des lettres, et montra le chemin aux hommes célèbres qui illustrèrent le plus beau siècle de notre histoire. L’hôtel de Rambouillet passa ensuite dans la maison de Sainte-Maur-Montauzier par le mariage de Charles de Sainte-Maur, duc de Montauzier, avec la célèbre Julie d’Angennes, fille de la marquise. Il fut ensuite possédé par les ducs d’Uzès, dont l’un avait épousé la fille unique et seule héritière du duc de Montauzier et de Julie d’Angennes. Sur une partie de l’emplacement qu’occupait cet hôtel, ont été élevés les bâtiments du Vauxhall d’hiver. Cette salle de danse avait été construite en 1784 pour remplacer celle de la foire Saint-Germain. On en fit depuis le Vaudeville qui a été incendié.

Thorigny (rue de).

Commence à la rue de la Perle, no 2 ; finit aux rues des Coutures-Saint-Gervais, no 1, et Sainte-Anastase, no 11. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 86 m.8e arrondissement, quartier du Marais.

Pour achever l’entreprise commencée sous Henri IV, en 1603, il ne restait plus à bâtir sur le marais du Temple, en 1656, qu’une place de 2,000 m. environ de superficie dans la culture Saint-Gervais. Cette même année, les religieuses hospitalières de Sainte-Anastase, ayant acheté l’hôtel d’O pour s’y loger, vendirent, après en avoir obtenu l’agrément du roi, l’ancienne place à Aubert de Fontenay, intéressé dans les gabelles. Sur ce terrain ont été formées deux rues qui prirent, au commencement du XVIIIe siècle, les noms de Thorigny et de la Perle. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, fixa la moindre largeur de la rue de Thorigny à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, sa largeur a été portée à 10 m. Maison no 1, retranch. 2 m. 10 c. à 2 m. 50 c. ; 3, alignée ; 5, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 7, ret. réduit 80 c. ; 4, ret. réduit 2 m. 70 c. ; 6, 8, ret. 3 m. à 4 m. ; 10, 12, ret. 4 m. à 4 m. 50 c. ; 14, ret. réduit 3 m. 50 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Messire Jean-Baptiste-Claude Lambert de Thorigny fut président de la 1er chambre des requêtes du parlement de 1713 à 1727.

Tiquetonne (rue).

Commence à la rue Montorgueil, nos 41 et 43 ; finit à la rue Montmartre, nos 44 et 46. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 118 m.3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.

Complètement bâtie en 1320, cette rue s’appelait en 1372 rue Denys-le-Coffrier. Le nom de Tiquetonne lui vient par altération, de Rogier de Quiquetonne, riche boulanger qui y demeurait en 1339. — Une décision ministérielle du 25 ventôse an XIII, signée Champagny, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette largeur a été portée à 11 m., en vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828. Propriétés de 1 à 5, retranch. 3 m. 40 c. à 4 m. ; de 7 à la fin, ret. 4 m. à 4 m. 60 c. ; de 2 à 6, ret. 90 c. à 1 m. 60 c. ; 8, 10, alignées ; 12, 14, ret. 40 c. ; 16, 18, alignées ; 20, redress. ; 22, ret. réduit 40 c. ; 24, ret. réduit 60 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Tirechape (rue).

Commence à la rue Béthisy, nos 12 et 14 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 59 et 61. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 127 m.4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

Cette rue était bordée de constructions en 1233. Il est vraisemblable qu’elle doit son nom à l’importunité des Fripiers qui occupaient les petites boutiques de cette rue, et aux Juifs de la même profession qui tiraient les passants par leurs chapes (espèce de robes), pour les forcer à venir acheter chez eux. — Une décision ministérielle du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840. Propriétés de 1 à 15, retranch. 3 m. à 3 m. 40 c. ; 17, 19, 21, alignées ; 23, ret. réduit 3 m. 20 c. ; 25, ret. réduit 2 m. 60 c. ; 27, ret. réduit 1 m. 40 c. ; de 2 à 6, ret. 5 m. 50 c. à 6 m. ; 8, 10, alignées ; de 12 à 20, ret. 5 m. 10 c. à 5 m. 70 c. ; 22, ret. réduit 5 m. 80 c. ; 24. ret. réduit 6 m. 50 c. ; 26, 28, ret. 6 m. 80 c. à 9 m. 30 c. — Conduite d’eau entre la rue Béthisy et la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Tiron (rue).

Commence à la rue Saint-Antoine, nos 47 et 51 ; finit à la rue du Roi-de-Sicile, nos 35 et 37. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 77 m.7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Elle était bordée de constructions en 1250. Dès 1270, elle portait le nom de rue Tiron, qu’elle tenait d’une maison appartenant à l’abbé de Tiron. Cette propriété renfermait une prison qui figura dans l’histoire du massacre du 12 juin 1418. Plus de soixante Armagnacs y furent égorgés par les Bourguignons. À la tête des assassins se trouvaient les bouchers Goys, Saint-Yon et Caboche, dont les familles étaient renommées dans les annales de la Boucherie de Paris. — Une décision ministérielle du 8 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 16 août 1836. Propriété no 1, retranch. réduit 3 m. 50 c. ; 3, ret. réduit 2 m. 20 c. ; 5, ret. réduit 2 m. ; 7, ret. réduit 4 m. ; 2, redress. ; 4, ret. réduit 3 m. 20 c. ; 6, alignée ; 8, ret. réduit 3 m. ; encoignure de la rue du Roi-de-Sicile, ret. réduit 1 m. 70 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Tison (rue Jean-).

Commence à la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 38 et 40 ; finit à la rue Bailleul, nos 11 et 13. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 110 m.4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

Cette rue doit son nom à un des membres de la famille Tison, déjà connue à la fin du XIIe siècle ; Guillot appelle cette voie publique Jehan-Tison. — Une décision ministérielle du 23 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette rue à 6 m. Les maisons nos 7, 9, 17 et 19, sont alignées ; celles nos 11, 13 et 15, ne sont assujetties qu’à un léger redressement. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Tivoli (passage de).

Commence à la rue Saint-Lazare, no 110 ; finit à la rue de Londres, no 37. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 26. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Ce passage, bâti vers 1826 par plusieurs entrepreneurs, porta d’abord le nom de passage de Navarin. Lors de la faillite des constructeurs, cette dénomination fut remplacée par celle de passage Mandrin. En 1828, les nouveaux acquéreurs lui donnèrent le nom de Tivoli, en raison de sa proximité de cet établissement public.

Tivoli (rue de).

Commence à la rue de Clichy, nos 21 et 23 ; finit aux rues de Londres, no 38, et d’Amsterdam, no 2. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 211 m.1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette rue a été percée en 1826 sur les terrains appartenant à MM. Jonas Hagerman et Sylvain Mignon. L’ordonnance royale qui autorisa l’ouverture de cette rue est à la date du 2 février 1826. Cette voie publique a 12 m. de largeur. Sa proximité du jardin de Tivoli lui a fait donner le nom qu’elle porte. (Voyez rue d’Amsterdam). — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Tixéranderie (rue de la).

Commence aux rues Jean-Pain-Mollet, no 2, et Jean-de-l’Épine, no 22 ; finit aux rues Renaud-le-Fèvre, no 1, et du Pourtour. Le dernier impair est 85 ; le dernier pair, 92. Sa longueur est de 352 m. — De 1 à 29 et de 2 à 22, 7e arrondissement, quartier des Arcis ; de 31 à la fin, 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean ; surplus, 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Cette rue était entièrement bâtie sous le règne de Louis-le-Jeune. De la rue Jean-Pain-Mollet à celle du Mouton, c’était la rue de la Vieille-Oreille ; le reste de cette voie publique, ainsi que l’indique un contrat de décembre 1263, inséré dans le Trésor des Chartres, se nommait rue de la Tixéranderie. Elle devait cette dénomination à des tisserands qui étaient venus l’habiter. Un arrêt du conseil, à la date du 25 février 1674, ordonna l’élargissement d’une partie de cette rue. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixa la moindre largeur de la rue de la Tixéranderie à 8 m. Cette moindre largeur a été portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 26 décembre 1830. Les propriétés nos 7, l’encoignure gauche de la rue des Coquilles, 25, 47, et l’encoignure gauche de la rue de Lobau, sont alignées ; celles nos 9, 11, 21, 23 et 27, ne devront subir qu’un léger redressement. — Égout entre les rues des Coquilles et du Mouton. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Au deuxième étage d’une propriété qui a été démolie pour l’agrandissement de l’Hôtel-de-Ville, on voyait encore en 1837 deux petites chambres qui ont reçu quelquefois la visite du grand Turenne, de madame de Sévigné, et qui sans bruit se sont ouvertes plus souvent à Villarceaux, au peintre Mignard et à Ninon de l’Enclos. C’était l’appartement du poète Scarron.

Tonnellerie (rue de la).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 34 et 36 ; finit aux rues Pirouette, no 1, et des Piliers-aux-Potiers-d’Étain. Le dernier impair est 109 ; le dernier pair, 44. Sa longueur est de 313 m. — De 1 à 79, 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache ; de 81 à la fin, 5e arrondissement, quartier Montorgueil ; les numéros pairs sont du 4e arrondissement, quartier des Marchés.

C’était au XIIe siècle un chemin où l’on voyait çà et là de chétives habitations occupées par des Juifs. La rue était formée en 1202. Elle portait alors le nom de la Tonnellerie, en raison des marchands de futailles, de tonneaux, qui vinrent s’y établir. En 1547, c’était la rue des Toilières, des marchandes de toiles. Plusieurs titres du XVIIe siècle la désignent sous le nom de rue des Grands-Pilliers-des-Halles. Sa dénomination primitive a prévalu. — « Le 13 brumaire an VIII par les soins du citoyen Lenoir, conservateur du musée Français, il a été placé au-dessus de la troisième boutique à gauche, sous les piliers des halles, en entrant par la rue Saint-Honoré, un marbre blanc avec cette inscription :

C’est dans cette maison
qu’est né
en 1620,
Jean-Baptiste Poquelin de Molière.
(Extrait du Moniteur du 8 pluviôse an VIII.)

Cette inscription a été replacée sur la maison no 5, reconstruite en 1830. — Une décision ministérielle du 25 messidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m., dans la partie comprise entre la rue Saint-Honoré et la place de la Pointe-Sainte-Eustache, — « Ordonnance de police concernant les passages tous les piliers des halles, du 18 février 1811, approuvée par le ministre de l’intérieur le 2 mars suivant. — Article 1er. À partir de la rue Saint-Honoré jusqu’à la pointe Saint-Eustache, il sera laissé entre l’alignement des piliers de la Tonnellerie et celui de la façade du rez-de-chaussée des maisons construites sur ces piliers, un espace de trois mètres de largeur pour l’usage du public. — Art. 2e. Cet espace sera mesuré à compter du nu du mur de face du rez-de-chaussée, etc… — Art. 5e. Il est défendu, soit aux propriétaires et locataires des maisons et boutiques situées sous les piliers et sous leurs galeries, soit aux propriétaires, locataires, tenanciers et usagers des places situées entre les piliers, d’anticiper, sous quelque prétexte que ce soit, sur les espaces réservés au passage public, et d’obstruer ce passage de quelque manière que ce soit, sous les peines portées aux lois et règlements en cette partie. » — Les maisons de 1 à 9 ; de 12 à 18 et 24, sont alignées ; celles de 81 à 105 seront prochainement expropriées afin de compléter le percement de la rue de Rambuteau (voyez cet article). — Égout entre la rue Saint-Honoré et le passage des Prouvaires. — Conduite d’eau entre la place de la Pointe-Saint-Eustache et la rue Pirouette. — Éclairage au gaz depuis la rue Saint-Honoré jusqu’à la place de la Pointe-Saint-Eustache (compe Anglaise) ; surplus (compe Française).

Tour (rue de la), voyez Delatour (rue).

Touraine-au-Marais (rue de).

Commence à la rue du Perche, nos 8 et 10 ; finit à la rue de Poitou, nos 15 et 17. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair 10. Sa longueur est de 107 m.7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Formée sur la culture du Temple vers 1626, elle reçut le nom d’une de nos anciennes provinces de France. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 20 c. à 1 m. 40 c. — Conduite d’eau entre la rue de Poitou et la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Touraine-Saint-Germain (rue de).

Commence à la rue de l’École-de-Médecine, nos 23 et 25 ; finit à la rue Monsieur-le-Prince, nos 7 et 9. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 58 m.11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Elle fut ouverte à la fin du XVIIe siècle, sur le même alignement que la rue du Paon. On lui donna le nom de Touraine, en raison de l’hôtel de Tours situé dans la rue du Paon. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. 50 c. Toutes les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celle située sur le côté des numéros impairs à l’encoignure de la rue de l’École-de-Médecine. Cette propriété devra reculer de 80 c. environ.

Tour-d’Auvergne (rue de la).

Commence à la rue Rochechouart, nos 47 bis et 49 ; finit à la rue des Martyrs, nos 58 et 60. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 380 m.2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Ce n’était qu’un chemin avant 1762. Le plan de Verniquet est le premier qui l’indique sous le nom de la Tour-d’Auvergne. Elle dut cette dénomination à sa proximité de l’hôtel ainsi appelé. — Une décision ministérielle du 28 vendémiaire an X, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 16 novembre 1834, ont fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. On a procédé à la régularisation du numérotage de cette rue en vertu d’un arrêté préfectoral du 7 janvier 1840. Propriétés de 1 à 7, alignées ; 9, 11, retranch. 1 m. 40 c. ; 13, 15, alignées ; encoignure gauche de la rue Neuve-Coquenard, ret. réduit 80 c. ; 21, 23, alignées ; 25, ret. 60 c. ; 27, ret. 50 c. ; 29, ret. 40 c. ; 31, redress. ; 33, alignée ; de 35 à 39, redress. ; 41, et partie de 43, alignées, surplus ret. 30 c. ; de 2 à 14, alignées ; de 16 à 24, redress. ; second no 24, aligné ; 26, ret. 80 c. ; 30, 32, alignées ; de 34 à 38, ret. 1 m. 20 c. ; de 40 à la fin, alignées.

Tour-des-Dames (rue de la).

Commence à la rue de la Rochefoucauld ; finit à la rue Blanche, nos 12 et 14. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 161 m.2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Dès 1494, il est question d’un moulin aux Dames, situé en cet endroit. Sur le plan fait par les ordres de Turgot, une tour est figurée sur cet emplacement. — Une décision ministérielle du 26 brumaire au XI, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Ce n’est que depuis 1820 que cette rue s’est couverte d’habitations. Une ordonnance royale du 1er juillet 1834 a porté sa largeur à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées, sauf un mur de clôture dépendant du no 13 ; les propriétés du côté opposé devront reculer de 2 m. 20 c. — Conduite d’eau.

Tournelle (pont de la).

Situé entre le quai de la Tournelle et ceux de Béthune et d’Orléans.

Un acte de 1371, rapporté par Sauval, indique vers cet endroit de l’île un pont qui était désigné sous le nom de pont de Fust de l’Île-Notre-Dame. Il est dit : « que le pont de Fust d’entre l’île Notre-Dame et Saint-Bernard fut planchié en septembre 1370 ; qu’en 1369 on y avait fait une tournelle carrée qui fut étoupée l’année suivante. » — D’après les engagements pris par le sieur Marie, en 1614, le pont de la Tournelle fut établi sur la ligne du pont Marie. Emporté par les glaces en 1637, il fut rebâti en bois. En 1648, il était en fort mauvais état ; en 1651, une grande partie fut détruite par les eaux de la Seine ; ensuite on le reconstruisit en pierre. Divers arrêts ou ordonnances prouvent qu’il n’était point encore terminé en 1654. Il le fut en 1656, comme l’indique une inscription placée sous une de ses arches. Ce pont, bordé de trottoirs, se compose de six arches à plein cintre ; sa longueur entre les culées est de 116 m. 58 c., sa largeur entre les têtes, de 14 m. 75 c.

Tournelle (quai de la).

Commence à la rue des Fossés-Saint-Bernard, no 2 ; finit à la rue de Bièvre, no 1. Deux séries de numéros dont les derniers sont 53 et 11. Sa longueur est de 440 m.12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

1re Partie comprise entre la rue des Fossés-Saint-Bernard et celle de Pontoise. — Corrozet l’indique sous le nom de rue et port Saint-Bernard, qu’elle portait dès 1380.

« Bureau de la Ville, 23 juin 1554. — Et le d. jour nous sommes party lestement et sommes allez jusques au port Saint-Gervais, où nous avons changez de robbes et sommes mis en batteaux pour flotter, accompagnez des archers et trompettes, où sommes allez au port des Bernardins pour l’assiette de la première pierre, ordonnez par le roy estre faicte au d. port, où estant descendus aux fondemens faicts et préparés pour la d. assiette, le maistre des œuvres de la ville a présenté à nous, prevost des marchands, un tablier de cuir blanc qu’il lui a sainct, et baillé une truelle avecque du mortier de chaulz et sable pour asseoir la d. première pierre, et après avoir faict le seigne de la croix sur la première pierre et dict ces mots : au nom du Père, du Fils et du benoist Sainct-Esprit ; ce faict, sommes retirez ayant avecque la d. truelle mis et apposé des truellées de mortier au long de la d. première pierre, le d. maistre des œuvres a commencé à massonner. » (Registre H, no 1782, folio 340.)

Le 12 août 1650, il fut ordonné que ce quai serait pavé sur une largeur de 10 toises. En 1738, il fut dégagé et agrandi au moyen de la démolition de plusieurs maisons. Vers 1750, il prit le nom de quai de la Tournelle. Le plan de Jaillot ne lui donne aucune dénomination.

2e Partie comprise entre la rue de Pontoise et celle de Bièvre. Le plan de Verniquet l’indique sous le nom de quai des Miramiones, en raison du couvent dont nous donnerons ci-après l’historique. Jusqu’en 1835, on l’appela rue de la Tournelle. Conformément à un arrêté préfectoral du 3 septembre même année, cette voie publique a reçu le nom de quai de la Tournelle. — Une décision ministérielle du 29 thermidor an XI, signée Chaptal, a fixé l’alignement des deux parties du quai de la Tournelle. La propriété no 13 est alignée ; celles nos 9 et 53 ne devront subir qu’un léger redressement. — Égout entre les rues des Fossés-Saint-Bernard et de Pontoise. — Conduite d’eau dans la plus grande partie. — Éclairage au gaz (compte Parisienne).

La Tournelle, qui subsistait encore à la fin du siècle dernier, joignait la porte de l’enceinte de Philippe-Auguste. Elle défendait le passage de la rivière au moyen d’une chaîne qui correspondait à une autre tour élevée dans l’île Notre-Dame (Saint-Louis). Sous le règne de Henri II, la Tournelle tombait en ruine. Ce monarque ordonna, en 1554, qu’elle fût reconstruite. Vers 1632, Vincent-de-Paul, dont la charité était inépuisable, obtint du roi l’autorisation d’enfermer dans cet édifice les condamnés aux galères qui attendaient dans les cachots malsains de la Conciergerie leur translation aux bagnes. La Tournelle servit de prison jusqu’en 1790.

La porte Saint-Bernard, la première de l’enceinte méridionale de Philippe-Auguste, était adossée à la Tournelle dons nous venons de parler. Reconstruite en 1606, elle a été démolie vers 1787.

Couvent des Miramiones. En 1636, mademoiselle Blosset fonda une petite communauté séculière dont le principal but était de soulager et d’instruire les pauvres. Les membres de cette association prirent le titre de Filles de Sainte-Geneviève, et s’établirent dans la rue des Fossés-Saint-Victor, à l’angle de celle des Boulangers. Vers la même époque, madame veuve Beauharnais de Miramion forma une institution toute semblable. L’union de ces deux communautés fut conclue le 14 août 1665, et confirmée par lettres-patentes du mois de mai 1674. En 1691, les Filles de Sainte-Geneviève, qui portèrent plus généralement le nom de Miramiones, s’installèrent dans la rue de la Tournelle. Cette communauté a été supprimée en 1790. Les bâtiments situés au no 53 sont occupés aujourd’hui par la pharmacie centrale des hôpitaux et hospices civils.

Tournelles (rue des).

Commence à la rue Saint-Antoine, nos 205 et 209 ; finit au boulevart de Beaumarchais, nos 57 et 59. Le dernier impair est 53 ; le dernier pair, 84. Sa longueur est de 548 m.8e arrondissement, quartier du Marais.

1re Partie comprise entre les rues Saint-Antoine et Neuve-Saint-Gilles. — Cette voie publique portait en 1546 le nom de Jean Beausire ; quelques années après elle changea cette dénomination pour prendre celle des Tournelles, parce qu’elle longeait le palais des Tournelles. — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 8 juin 1834, ont fixé la moindre largeur de cette partie de rue à 10 m.

2e Partie comprise entre la rue Neuve-Saint-Gilles et le boulevart. Ouverte en 1637, on la nomma petite rue Neuve-Saint-Gilles, elle dut cette dénomination à la rue Neuve-Saint-Gilles (voyez cet article). — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette rue à 9 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 8 juin 1834. Conformément à un arrêté préfectoral du 15 juillet 1839, cette voie publique a reçu le nom de rue des Tournelles. Ce même arrêté a prescrit la régularisation du numérotage de cette partie de rue.

Les propriétés nos 13, 17, 25, 31, encoignure droite de la rue Neuve-Saint-Gilles, 45 bis, 47, 49, 53, encoignure du boulevart 2, maison entre les nos 14 et 16, 56 et depuis le no 82 jusqu’au boulevart, sont alignées. Les constructions ci-après ne doivent subir qu’un léger redressement : 19, 21, 23, mur de clôture de la caserne des Minimes ; 4, 6, 8, 10, 70, 72, 74, 76 et 78. — Égout entre les rues du Pas-de-la-Mule et Neuve-Saint-Gilles. — Conduite d’eau depuis la rue du Pas-de-la-Mule jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Le souvenir voluptueux d’un boudoir a rendu la rue des Tournelles plus célèbre que la tradition royale d’un palais. La belle Ninon de Lenclos, qui fut l’Aspasie de son époque, a longtemps habité une maison de cette rue. Elle y mourut le 17 octobre 1706, à l’âge de quatre-vingt-onze ans.

Tournon (rue de).

Commence aux rues du Petit-Lion, no 17 et du Petit-Bourbon, no 1 ; finit à la rue de Vaugirard, nos 22 bis et 24. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 233 m.11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

C’était anciennement la ruelle Saint-Sulpice, puis la ruelle du Champ-de-la-Foire. Elle fut convertie en rue en 1541. On lui donna à cette époque le nom de rue de Tournon. La construction de cette voie publique n’était pas achevée en 1580, ainsi que nous en trouvons la preuve dans quelques titres de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. Ces actes contiennent plusieurs ventes de terrains, à la charge par les acquéreurs d’élever des constructions pour border la rue de Tournon. — Un arrêté des consuls du 17 vendémiaire an XI ordonna le prolongement de cette voie publique jusqu’à la rue de Buci. (Voyez rue de Seine.) — Une décision ministérielle du 3 nivôse an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de la rue de Tournon à 13 m. 50 c., et sa plus grande à 26 m. 70 c. Une partie de la propriété no 11 et toutes les constructions du côté des numéros pairs sont alignées — Égout. — Éclairage au gaz (compe Française).

François de Tournon, né en 1489, fut l’un des principaux conseillers de François Ier. Successivement archevêque d’Embrun, d’Auch, de Bourges et de Lyon, cardinal en 1530, ambassadeur en Italie, en Espagne et en Angleterre, il mourut en 1562.

Au no 10 était un hôtel qui avait appartenu à l’infortuné maréchal d’Ancre. Louis XIII y demeura quelque temps. Les bâtiments furent ensuite affectés au logement des ambassadeurs. Cette propriété passa ensuite au duc de Nivernais. Devenue propriété nationale en 1790, cette maison fut vendue le 10 août 1819 par le domaine de l’État à la ville de Paris, moyennant 250,100 fr. C’est aujourd’hui une caserne affectée à la garde municipale.

Tourville (avenue de).

Commence à l’avenue de la Motte-Picquet, no 19 ; finit au boulevart des Invalides, no 2. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 601 m.10e arrondissement, quartier des Invalides.

La partie qui longe l’hôtel royal des Invalides fut tracée vers 1680 ; le surplus n’a été formé qu’en 1780. Cette avenue appartient à la ville de Paris, en vertu d’une loi du 19 mars 1838 (voyez avenue de la Bourdonnaye). Sa moindre largeur est de 35 m.

Anne-Hilarion-Cotentin de Tourville naquit au château de Tourville, diocèse de Coutances, en 1642. Il fut nommé chef d’escadre en 1677, et vice-amiral en 1690. Promu maréchal de France le 27 mars 1693, il mourut à Paris, le 28 mai 1701.

Toustain (rue).

Commence à la rue de Seine, nos 68 et 70 ; finit à la rue Félibien, nos 1 et 3. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 16 m.11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette rue a été ouverte en 1817, sur l’emplacement de l’ancienne foire Saint-Germain-des-Prés, en vertu d’une décision ministérielle du 12 novembre de la même année, qui a fixé sa largeur à 13 m. 50 c. Cette largeur a été maintenue par une ordonnance royale du 12 mai 1841. Les constructions riveraines sont alignées. — Égout.

Charles-François Toustain, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, dont on a voulu honorer le savoir en donnant son nom à cette voie publique, naquit en 1700, dans le diocèse de Séez. Il s’occupa surtout d’un ouvrage intitulé : la Nouvelle Diplomatique. Toustain mourut en 1754.

Tracy (rue de).

Commence à la rue du Ponceau, nos 20 et 22 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 370 et 372. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 120 m.6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

« Louis, etc… Voulons et nous plaît ce qui suit : Il sera ouvert une nouvelle rue à travers l’hôtel de Saint-Chaumont, et d’une maison étant au fond du jardin du d. hôtel, sur la rue du Pontceau, pour communiquer de la d. rue à celle de Saint-Denis, aux dépens du sieur comte de Tracy au quel les d. hôtel et maison appartiennent. La d. rue sera nommée rue de Tracy, et sa largeur sera fixée à 24 pieds seulement. Donné à Versailles le 8e jour du mois de novembre de l’an de grâce 1782, et de notre règne le 9e. Signé Louis. » — Ces lettres-patentes registrées au parlement le 16 février 1784, reçurent immédiatement leur exécution. — Une décision ministérielle du 17 prairial an VI, signée Letourneux, maintint la largeur fixée par les lettres-patentes. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826. Propriétés du côté des numéros impairs, alignées ; de 2 à 14, retranch. 3 m. 50 c. ; encoignure de la rue Saint-Denis, ret. 70 c. — Conduite d’eau entre la rue du Ponceau et la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Antoine-Louis-Claude Destutt, comte de Tracy, successivement député aux États-Généraux, sénateur, pair de France, membre de l’Académie, etc., naquit à Paris le 20 juillet 1754, et mourut dans cette ville le 10 mars 1836.

Traînée (rue).

Commence à la place de la Pointe-Sainte-Eustache, no 15, et à la rue Montmartre, no 1 ; finit aux rues du Four, no 44, et du Jour. Le dernier impair est 17 ; pas de numéro pair ; ce côté est bordé par l’église Saint-Eustache. Sa longueur est de 126 m.3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.

En 1300, c’était la ruelle au Curé, et dans le rôle de 1313, on lit la ruelle au Curé de Saint-Huystace. En 1476, on la nommait rue de la Barillerie. Les censiers de 1489 et 1530 l’indiquent ainsi : rue devant le petit Huis-Saint-Eustache. Un titre du 2 mars 1574 la désigne pour la première fois sous la dénomination de Traînée. « Serait-ce, dit Jaillot, sa figure longue et étroite qui lui aurait fait donner ce nom ? » — Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette voie publique dont la largeur actuelle varie de 6 m. à 10 m. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Transnonnain (rue).

Commence aux rues Grenier-Saint-Lazare, no 2, et Michel-le-Comte, no 36 ; finit à la rue au Maire, nos 31 et 33. Le dernier impair est 49 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 238 m. — De 1 à 23 et de 2 à 16, 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie ; surplus, 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Cette rue fut ouverte une des premières hors de l’enceinte de Philippe-Auguste. Son plus ancien nom est rue de Châlons, en raison de l’hôtel des évêques de Châlons, sur l’emplacement duquel on a bâti depuis le couvent des Carmélites, au coin de cette rue et de celle Chapon. La rue de Châlons, longtemps habitée par des filles publiques, prit le nom de Trousse-Nonnain, Trace-Put…, Tasse-Nonnain, enfin de Transnonnain. — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, fixa la moindre largeur de cette rue à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 14 janvier 1829, cette moindre largeur a été portée à 12 m. Propriétés de 1 à 5, retranch. 3 m. 20 c. ; 7, alignée ; de 9 à 15, ret. 3 m. 10 c. à 3 m. 30 c. ; 17, redress. ; de 19 à 35, ret. 2 m. 20 c. à 3 m. ; de 37 à 45, ret. 2 m. à 2 m. 50 c. ; 47, 49, ret. 2 m. 50 c. à 3 m. 20 c. ; de 2 à 10, ret. 2 m. 40 c. à 3 m. ; 12, ret. 1 m. 60 c. ; 14, ret. 2 m. 50 c. ; 16, alignée ; encoignure droite de la rue Chapon, ret. 2 m. 55 c. ; de 18 à 26, ret. 2 m. 90 c. à 3 m. 30 c. ; de 26 à la fin, ret. 3 m. 50 c. à 3 m. 90 c. — Égout entre les rues Michel-le-Comte et des Gravilliers. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

La propriété no 12 rappelle un triste évènement. Les 13 et 14 avril 1834, une émeute ensanglanta Paris. Cette maison passa à tort ou à raison pour servir de retraite aux insurgés. Les soldats la forcèrent et tuèrent à coup de baïonnettes tout ce qui s’y trouvait, sans distinction d’âge ni de sexe.

Travaux Publics (ministère des).

Situé dans la rue Saint-Dominique-Saint-Germain, no 58. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Les bureaux de ce ministère ont été établis dans les bâtiments de l’hôtel Molé, en vertu d’une ordonnance royale du 10 septembre 1839. Les principales attributions de ce ministère sont ainsi classées : routes, ponts, police du roulage, navigation et ports, usines, dessèchements des marais, chemins de fer, mines, bâtiments civils et monuments publics.

Traverse (rue).

Commence à la rue Plumet, nos 9 et 11 ; finit à la rue de Sèvres, nos 80 et 82. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 264 m.10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Sur le second plan de Bullet elle est appelée de Traverse ou de la Plume. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les propriétés no 5, 11, 13, 21 et 22 bis sont alignées. Les autres constructions devront reculer de 1 m. 10 c. environ.

Traversière (rue).

Commence au quai de la Rapée, nos 13 et 15 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, nos 108 et 110. Le dernier impair est 49 ; le dernier pair, 70. Sa longueur est de 883 m.8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Elle est ainsi appelée parce qu’elle traverse du quai de la Rapée à la rue du Faubourg-Saint-Antoine. La partie comprise entre le quai et la rue de Bercy porta, jusqu’en 1806, la dénomination de rue des Chantiers. — Une décision ministérielle du 3 nivôse an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 1er juin 1828, cette moindre largeur est portée à 11 m. Propriétés de 1 à 7, retranch. 40 c. à 1 m. 10 c. ; 7 bis, 9, 9 bis, 9 ter, alignées ; 11, 13, ret. 1 m. 40 c. à 2 m. 50 c. ; 15, 15 bis et 15 ter, alignées ; trois maisons à l’encoignure gauche de la rue de Charenton, ret. 2 m. 80 c. ; 17, 19, alignées ; de 21 à la fin, ret. 2 m. 80 c. à 3 m. 10 c. ; 2, alignée ; de 4 à 8, ret. 60 c. à 1 m. 30 c. ; de 10 à 18, alignées ; 18 bis, redress. ; 20, 22, alignées ; 24, 26, ret. 50 c. à 70 c. ; de 26 bis à 52, alignées ; de 54 à 58, redress. ; 60, alignée ; de 62 à 68, redress. ; 70, alignée. — Égout. — Conduite d’eau entre la rue du Faubourg-Saint-Antoine et les deux bornes-fontaines.

Traversine (rue).

Commence à la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, nos 41 et 43 ; finit à la rue d’Arras, no 8. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 244 m.12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Cette rue était presqu’entièrement bâtie vers l’année 1280. Le poète Guillot en parle ainsi en 1300 :

« Et puis la rue Traversainne,
» Qui siet en haut bien loin de Sainne. »

Elle fut ensuite nommée Traversière, puis Traversine. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les propriétés nos 3, 19, 21, 27, 29, 8, 10, le mur de clôture entre les nos 12 et 20, la maison no 38 et l’encoignure de la rue d’Arras, ne sont pas soumis à retranchement. — Conduite d’eau.

Treille (impasse de la).

Située dans la rue Chilpéric, entre les nos 12 et 14. Pas de numéro. Sa longueur est de 32 m.4e arrondissement, quartier du Louvre.

Au XVe siècle c’était la rue de la Treille. On la désigna ensuite sous le nom de ruelle du Puits-du-Chapitre. Elle fut convertie en impasse en 1697. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette voie publique.

Treille (passage de la).

Commence à la rue des Boucheries, no 49 ; finit à la rue Clément, no 4. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Ce passage fut vendu en 1489, à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. Dans plusieurs titres et sur plusieurs plans il est appelé porte Gueffière ou plutôt Greffière, en raison du greffier de l’abbaye, qui y demeurait. Ce passage a pris sa dernière dénomination d’une belle treille qui lui servit longtemps d’ornement.

Trévise (cité de).

Commence à la rue Richer, nos 8 et 10 ; finit à la rue Bleue, no 5. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 24. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Ouverte en 1840, par MM. Lebaudy, Panier et Mérintier, elle doit son nom à sa proximité de la rue de Trévise. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Trévise (rue de).

Commence à la rue Richer, nos 18 et 22 ; finit à la rue Bleue, nos 21 et 23. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 204 m.2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Une ordonnance royale du 14 décembre 1836 porte ce qui suit : « Article 1er. Les sieurs Borniche et Crapez sont autorisés à ouvrir une nouvelle rue sur les terrains dont ils sont propriétaires, entre la rue Bleue et la rue Richer à Paris. Les alignements de cette rue dont la largeur est fixée à 11 mètres, sont arrêtés suivant le tracé des lignes noires sur le plan ci-annexé. — Art. 2e. L’autorisation résultant pour les sieurs Borniche et Crapez de l’article qui précède, ne leur est accordée qu’à la charge par eux ou leurs ayant-cause, de se conformer en tous points aux clauses et conditions exprimées dans les délibérations du conseil municipal de la ville de Paris, des 8 avril et 17 juin 1836. » — La délibération du conseil municipal du 17 juin 1836 porte entr’autres conditions : que les maisons à construire ne devront pas avoir plus de seize mètres cinquante centimètres de hauteur. — Cette rue fut immédiatement percée. Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Édouard-Adolphe-Casimir-Joseph Mortier, duc de Trévise, né à Buvay (Nord), en 1768, créé maréchal d’empire le 8 avril 1804, périt le 28 juillet 1835, victime de la machine infernale de Fieschi.

Trinité (passages de la).

Commencent à la rue Greneta, no 38 ; finissent à la rue Saint-Denis, nos 268 et 280. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Ces passages servaient d’entrées à l’hôpital de la Trinité, dont nous rappelons ici l’origine. Presque tous les historiens ont fixé la fondation de cette maison à l’année 1202. Son existence est néanmoins antérieure à cette époque. Le cartulaire de Saint-Germain-l’Auxerrois renferme des lettres d’Eudes de Sully, évêque de Paris, dans lesquelles ce prélat déclare que, d’après son consentement, on avait bâti une chapelle dans la maison hospitalière de la Croix-de-la-Reine. Ces lettres qui sont à l’année 1202, et qui furent données pour terminer une contestation élevée entre cet hôpital et le chapitre de Saint-Germain, prouvent évidemment que la fondation de cet établissement était antérieure à cette contestation. Cette maison portait la dénomination d’hôpital de la Croix-de-la-Reine, en raison d’une croix ainsi appelée qu’on voyait au coin des rues Greneta et Saint-Denis. Jusqu’en 1210, cet hôpital fut administré par un chapelain. Des lettres de Pierre de Nemours, évêque de Paris, nous apprennent que Guillaume Escuacol et Jean Paâlée, son frère utérin, offrirent à Thomas, abbé d’Hermières, la direction de cette maison, à condition qu’il y mettrait au moins trois religieux de son ordre qui seraient chargés de donner l’hospitalité à des pèlerins, mais seulement à ceux qui traversaient Paris. Des actes de 1280 désignent cet établissement sous le nom de la Trinité-aux-Asniers. Vers la fin du XIVe siècle, ces religieux louèrent la plus grande salle de cet hôpital à des comédiens nommés les Confrères de la Passion. Le parlement ordonna le 14 janvier 1536, que les deux salles de la Trinité, dont la haute servait aux représentations des farces et jeux, seraient appliquées à l’hébergement de ceux qui étaient infectés de maladies vénériennes et contagieuses. Cet arrêt ne fut point exécuté. Ces malades furent placés à l’hôpital Saint-Eustache, en vertu d’un autre arrêt du 3 mars de la même année. Enfin, un troisième arrêt de janvier 1545, ordonna que les enfants mâles des pauvres, étant au-dessous de l’âge de sept ans, seroient ségrégés d’avec leurs pères et mères et mis à un lieu à part pour y être nourris, logés et enseignés en la religion chrétienne. On choisit pour cet établissement l’hôpital de la Trinité. Les administrateurs de cette maison étaient le curé de la paroisse Saint-Eustache et quatre bourgeois notables de la ville. Cet établissement était composé de trente-six filles et de cent garçons orphelins de père ou de mère. Les garçons donnaient en entrant 400 livres, les filles, 50. Cet argent leur était remis à leur sortie de la maison. Le frère et la sœur ne pouvaient être reçus que successivement. On leur apprenait à lire, à écrire, puis on leur donnait le métier pour lequel ils se sentaient le plus de dispositions. Grâce au zèle des administrateurs de cette maison, l’enclos devint bientôt un lieu privilégié. À la fin du XVIIIe siècle, des rues furent ouvertes et se peuplèrent d’ouvriers de diverses professions. Les artisans qui s’y établissaient gagnaient la maitrise. Cette qualité leur était accordée, à la charge par eux de montrer leur état aux enfants qui devenaient fils de maîtres. Les jeunes pensionnaires étaient connus sous le nom d’Enfants-Bleus, en raison de la couleur de leurs vêtements. Cet utile établissement fut supprimé au commencement de la révolution. L’église de la Trinité, dont le portail était l’ouvrage de François Dorbay, fut vendue le 20 novembre 1812, moyennant 63,600 francs, par l’administration des hospices. Elle a été abattue en 1817. Les propriétés formant cet enclos ont été aliénées par la même administration.

Triomphes (avenue des).

Commence à la place du Trône, no 5 ; finit au chemin de ronde de la barrière de Vincennes. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 157 m.8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Formée à la fin du XVIIe siècle, cette avenue est ainsi appelée parce qu’elle conduit à la place du Trône où l’on avait élevé un arc de triomphe en l’honneur de Louis XIV. — Une décision ministérielle du 23 pluviôse an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette avenue à 39 m. Les propriétés nos 1 et 3 devront reculer de 70 c. à 1 m. 70 c. ; le surplus de ce côté est aligné. Sur le côté des numéros pairs, la propriété formant l’encoignure de la place est soumise à un retranchement considérable ; un bâtiment de 8 m. 50 c. de longueur, près du chemin de ronde, devra reculer de 1 m. 20 c. ; le surplus est aligné.

Triperet (rue).

Commence à la rue de la Clé, nos 21 et 23 ; finit à la rue Gracieuse, nos 14 et 16. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 87 m.12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

C’était un chemin à la fin du XVIe siècle. Un propriétaire, nommé Jehan Triperet, possédait, en 1540, trois arpents de terre précisément à l’endroit sur lequel cette rue a été bâtie. Il est souvent question de la famille Triperet dans nos annales parisiennes. Hilaire Triperet, avocat au parlement, conseiller du roi et de la ville, fut échevin en 1747, sous la prévôté de messire Louis-Basile de Bernage. — Une décision ministérielle du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 7 janvier 1831. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 3 m. à 3 m. 30 c.

Triperie (rue de la).

Commence à la rue Saint-Jean ; finit à la rue Malar. Pas de numéro. Sa longueur est de 75 m.10e arrondissement, quartier des Invalides.

Tracée sur le plan de Jaillot, mais sans dénomination, cette rue doit son nom actuel à sa proximité d’une triperie. Elle s’étendait, il y a quelques années, jusqu’au quai d’Orsay. Une grande partie de cette communication a été supprimée pour l’établissement de l’Entrepôt du Gros-Caillou, affecté aujourd’hui au service militaire. Il n’existe point d’alignement arrêté pour cette rue, qui n’est même pas éclairée. — Conduite d’eau.

Trognon (rue).

Commence à la rue d’Avignon, nos 7 et 9 ; finit à la rue de la Heaumerie, nos 5 et 7. Pas de numéro. Sa longueur est de 22 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Elle se nommait autrefois rue Jean-le-Cointe et cour Pierre-la-Pie. En 1399, c’était la rue Jean-Fraillon. Son nom actuel n’est probablement qu’une altération. — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette largeur a été portée à 7 m. Les constructions du côté gauche, en entrant par la rue d’Avignon, sont alignées ; celles du côté opposé devront reculer de 4 m. 60 c. à 5 m. 20 c. — Conduite d’eau depuis la rue d’Avignon jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Tronchet (rue).

Commence à la place de la Madeleine, nos 23 et 28 ; finit à la rue Neuve-des-Mathurins, nos 67 et 69. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 267 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Un décret impérial date de Saint-Cloud, le 10 septembre 1808, porte : « Article 3e. II sera ouvert au fond de la place de la Madeleine jusqu’à la rue Neuve-des-Mathurins, et dans le prolongement de l’axe du Temple de la Gloire (église de la Madeleine), une rue égale en largeur à la rue de la Concorde (rue Royale). Signé Napoléon. » — Ce projet qui n’eut point alors de suite fut repris en 1824, et approuvé par une ordonnance royale du 2 juin de cette année, qui décida que cette voie publique serait appelée rue Tronchet. Les terrains qu’elle occupe provenaient de la maison conventuelle de Notre-Dame-de-Grâce dite de la Ville-l’Évêque. La largeur de cette rue est de 28 m. 60 c. Les propriétés riveraines sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

François-Denis Tronchet, né à Paris en 1726, devint avocat au parlement de cette ville. Il fut l’un des défenseurs de l’infortuné Louis XVI. Député au conseil des anciens, en 1800, nommé après le 18 brumaire premier président de la Cour de cassation, il fut charge de coopérer à la rédaction du Code civil. Tronchet mourut le 10 mars 1806.

Trône (place du).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine ; finit à l’avenue des Triomphes. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 18. — 8e arrondissement ; les numéros impairs sont du quartier du Faubourg-Saint-Antoine ; les numéros pairs, du quartier des Quinze-Vingts.

Cette place doit son nom à un trône élevé aux frais de la ville de Paris, et sur lequel Louis XIV et Marie-Thérèse d’Autriche se placèrent le 26 aout 1660, pour recevoir l’hommage et le serment de fidélité de leurs sujets. Sur cette même place, on résolut plus tard de construire un arc de triomphe qui devait surpasser en grandeur et en magnificence tous ceux des anciens. La première pierre en fut posée le 6 août 1670. Il fut élevé jusqu’à la hauteur des piédestaux des colonnes. Pour faire juger de l’effet de cette construction, on imagina de l’achever en plâtre. Louis XIV ayant pris peu d’intérêt à ce monument, les magistrats imitèrent l’indifférence du monarque. Après la mort du roi, le régent ordonna son entière destruction. Il fut démoli en 1716. Le dessin de cet arc de triomphe dû au talent du fameux architecte Perrault, était de la plus grande beauté. Ce monument avait coûté 513 735 livres. — La place qui est de forme circulaire, est ornée d’une belle plantation d’arbres. En 1793, on donna à cette voie publique le nom de place du Trône-Renversé. — Une décision ministérielle du 14 vendémiaire an V, signée Benezech, a déterminé l’alignement de cette place par une parallèle au centre de la dernière rangée d’arbres, et à 8 m. de distance. Les constructions no 3, et partie no 3 bis, sont seules soumises à retranchement.

Trou-à-Sable (rue du).

Commence à la rue des Quatre-Chemins ; finit à la rue de Reuilly et au chemin de ronde de la barrière de Picpus. Pas de numéro. Sa longueur est de 343 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Le plan de Verniquet l’indique comme un chemin sans dénomination. Son nom actuel lui vient d’un trou qui avait été pratiqué dans cette rue pour en extraire du sable. Plusieurs plans modernes l’appellent, par erreur, rue des Trois-Sabres. — De 1830 à 1834, la rue du Trou-à-Sable a été considérablement élargie et les propriétés riveraines sont presque toutes établies sur un alignement qui assigne à cette voie publique une moindre largeur de 13 m.

Trouvée (rue).

Commence à la rue de Charenton, nos 95 et 97 ; finit à la rue Cotte, no 1, et à la place du Marché-Beauveau, no 5. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 118 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Autorisée par lettres-patentes du 17 février 1777, registrées au parlement le 24 août de la même année, cette rue fut ouverte en décembre 1778, sur les dépendances de l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs, et sa largeur fixée à 30 pieds. Elle a été exécutée d’après cette dimension qui a été maintenue par une décision ministérielle du 17 brumaire an XII, signée Chaptal, et par une ordonnance royale du 30 juillet 1844. Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau.

La dénomination de rue Trouvée assignée à cette voie publique, lui vient probablement du voisinage de l’hospice des Enfants-Trouvés. (Voyez marché Beauveau.)

Truanderie (rue de la Grande-).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 163 et 165 ; finit à la rue Montorgueil, nos 18 et 20. Le dernier impair est 61, le dernier pair, 62. Sa longueur est de 213 m. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Cette rue était construite en 1250. Son emplacement faisait anciennement partie du petit fief de Thérouenne, dont la moitié environ fut cédée à Philippe-Auguste par Adam, archidiacre de Paris, puis évêque de Thérouenne. L’emplacement qui n’était pas nécessaire à la construction des halles resta à l’évêque et fut bientôt envahi par des marchands de toutes espèces qui firent construire à peu près en même temps, des voies publiques aux abords de ces marchés. Sauval pense que le nom de Truanderie dérive de truand et truander, qui signifiaient dans notre vieux langage, gueux, gueuser, mendier. Robert Cenal nomme la rue de la Grande-Truanderie Via Mendicatrix major, et la rue de la Petite-Truanderie Via Mendicatrix minor. Jaillot, qui a combattu l’opinion de ces deux écrivains, croit que le nom de Truanderie a pris racine des vieux mots tru, truage, qui signifient tribut, impôt, subside ; en effet, dans le carrefour qu’on désignait sous le nom de place Ariane, se trouvait un bureau où l’on percevait les droits sur les marchandises qui entraient de ce côté dans Paris. — Une décision ministérielle du 28 prairial an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de la rue de la Grande-Truanderie à 8 m. Les maisons nos 51, 16, l’encoignure gauche de la rue Saint-Jacques-l’Hôpital, et les propriétés nos 56, 58 et 62 sont alignées ; les constructions de 8 à 14 inclus ne devront subir qu’un léger redressement. — Conduite d’eau entre les rues Saint-Denis et Saint-Jacques-l’Hôpital. — Éclairage au gaz (compe Française).

Truanderie (rue de la Petite-).

Commence à la rue de Mondétour, nos 16 et 18 ; finit à la rue de la Grande-Truanderie, nos 13 et 15. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 52 m. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil

Construite à la même époque que la rue qui précède, elle a porté les noms de rue du Puits-d’Amour et de l’Ariane. — Une décision ministérielle du 28 prairial an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. 50 c. Propriétés du côté des numéros impairs, retranch. qui n’excède pas 70 c. ; constructions du côté opposé, ret. 6 m. à 6 m. 40 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

À la pointe du triangle que forment les rues de la Petite et de la Grande-Truanderie existait un puits célèbre dans les traditions du peuple parisien, et qu’on appelait le Puits-d’Amour. — Une jeune fille nommée Agnès Hellébic, dont le père tenait un rang à la cour de Philippe-Auguste, s’y était précipitée dans un accès de désespoir causé par l’infidélité de son amant. Trois cents ans après cette tragique aventure, un jeune homme que la froideur de sa maîtresse exaspérait, y chercha aussi la mort, mais sans parvenir à se la donner ; il tomba si heureusement qu’il ne se fit aucun mal ; par un bonheur plus grand encore cette démonstration toucha le cœur de la cruelle, qui le réconcilia promptement avec la vie en lui promettant sa main. L’amant, par reconnaissance, fit reconstruire le puits où l’on pouvait lire encore du temps de Sauval :

« L’amour m’a refait,
» En 1525, tout à fait. »

Le Puits-d’Amour était devenu une espèce d’autel où les amants allaient jurer de s’aimer toute la vie.

Trudaine (avenue).

Commence à la rue Rochechouart, no 71 ; finit à la rue des Martyrs, no 64. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 4 ; ce côté est presqu’entièrement bordé par l’abattoir Montmartre. Sa longueur est de 454 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Une décision ministérielle du 29 mai 1821 approuva la formation de cette avenue qui fut tracée quelque temps après. Une ordonnance royale du 23 août 1833 fixa définitivement la largeur de cette voie publique à 29 m. 75 c. Les constructions riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Charles Trudaine, conseiller d’état, fut élu prévôt des marchands le 16 août 1716. Il exerça cette importante magistrature jusqu’au 16 août 1720.

Trudon (rue).

Commence à la rue Boudreau, nos 1 et 2 ; finit à la rue Neuve-des-Mathurins, nos 43 et 45. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 77 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Cette rue a été ouverte en avril 1780, sur les terrains appartenant à MM. Charles-Marin Delahaye, fermier-général, et André Aubert, architecte. Les lettres patentes qui autorisent et dénomment ce percement sont à la date du 3 juillet 1779, et fixent à 30 pieds la largeur de la rue nouvelle (voyez rue Boudreau). — Une décision ministérielle du 26 brumaire an VI, signée Letourneux, a maintenu la largeur de 30 pieds. Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Jacques-François Trudon, écuyer, fut échevin de la ville de Paris de 1774 à 1776, sous la prévôté de Jean-Baptiste-François Delamichodière.

Tuerie (rue de la).

Commence aux rues Saint-Jérôme et de la Vieille-Tannerie ; finit à la place du Châtelet, nos 2 et 4. Pas de numéro. Sa longueur est de 26 m. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Au XIIIe siècle, c’était l’Escorcherie. En 1512, on l’appelait rue des Lessives. Elle doit son nom actuel à une tuerie, qui existait dans cette rue près de la grande boucherie. — Une décision ministérielle du 11 octobre 1806, signée Champagny, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Peu de temps après, elle fut alignée sur cette largeur qui a été maintenue par une ordonnance royale du 9 décembre 1838. Les propriétés riveraines sont alignées.

Tuileries (palais et jardin des).

1re Partie. — Origine du palais. — Constructions.

Plusieurs documents anciens nous prouvent que la tuile qu’on employait à Paris se fabriqua d’abord au bourg Saint-Germain-des-Prés, dans l’emplacement qui a longtemps conservé le nom de rue des Vieilles-Tuileries. (Cette voie publique est confondue aujourd’hui avec celle du Cherche-Midi.) On éleva dans la suite, de l’autre côté de la Seine, plusieurs fabriques de tuiles sur un terrain appelé au XIVe siècle la Sablonnière. En 1372, on comptait en cet endroit trois tuileries. Près de ces fabriques, et à côté des Quinze-Vingts, Pierre des Essarts et sa femme occupaient en 1342, une maison nommée l’hôtel des Tuileries, qu’ils cédèrent à cet hôpital avec un grand terrain qui dépendait de leur propriété. En 1416, Charles VI ordonna que toutes les tueries ou escorcheries seraient transportées hors des murs de la ville, « près ou environ des tuileries Sainct-Honoré, qui sont sur la dite rivière de Seine, outre les fossés du château du Louvre. » (Ordonnances du Louvre, tome 10, page 374.) — Nicolas Neuville de Villeroy, secrétaire des finances et audiencier de France, possédait en cet endroit, au commencement du XVIe siècle, une grande habitation avec cours et jardin clos de murs. Louise de Savoie, mère de François Ier, se trouvant incommodée du séjour de son palais des Tournelles, environné d’eaux stagnantes, résolut de changer d’air. Elle jeta les yeux sur la maison de M. de Neuville qu’elle vint habiter. La santé de Louise de Savoie ne tarda pas à se rétablir. Cette heureuse circonstance engagea François Ier à faire l’acquisition de cet hôtel. Le propriétaire reçut en dédommagement la terre de Chanteloup, près de Montlhéry. Le contrat d’échange porte la date du 12 février 1518. Louise de Savoie s’ennuya bientôt dans sa nouvelle habitation. Cette princesse en fit don à Jean Tiercelin, maître d’hôtel du dauphin, et à Julie du Trot son épouse. Les lettres qui constatent cette donation ont été enregistrées à la chambre des comptes le 23 septembre 1527.

Henri II, blessé dans un tournoi par le comte de Montgommeri, mourut à l’hôtel des Tournelles le 15 juillet 1559. À dater de cette mort, ce palais devint comme un lieu de malédiction, et fut abandonné par Catherine de Médicis. Charles IX, par lettres-patentes du 28 janvier 1563, en ordonna la démolition.

Vers cette époque, la veuve de Henri II fit l’acquisition de la maison des Tuileries, de plusieurs propriétés voisines et d’un grand terrain qui appartenait à l’hôpital des Quinze-Vingts. Les jardins furent environnés d’un mur à l’extrémité duquel on fit commencer les fortifications, du côté de la rivière, par un bastion dont le roi posa la première pierre, le 11 juillet 1566. La reine mère avait chargé Philibert Delorme de la construction de son nouveau palais. Catherine ne se contentait pas de protéger et d’encourager les arts, souvent encore elle traçait elle-même les plans des bâtiments et surveillait leur exécution. Dans la dédicace que Philibert Delorme fit à la reine-mère de son traité d’architecture, on lit ce qui suit : « Madame, je voy de jour en jour l’accroissement du grandissime plaisir que votre majesté prend à l’architecture, et comme de plus en plus votre bon esprit s’y manifeste et reluit, quand vous-même prenez la peine de portraire et esquicher les bâtiments qu’il vous plaît commander estre faits, sans y omettre les mesures des longueurs et largeurs, avec le département des logis qui véritablement ne sont vulgaires et petits, ains fort excellents et plus que admirables comme entre plusieurs est celuy du palays que vous faictes bâtir de neuf en Paris, près la porte neufve, et le Louvre maison du roy, le quel palays je conduis de votre grâce, suivant les dispositions, mesures et commandements qu’il vous plaît m’en faire, etc … »

La demeure que Catherine de Médicis fit élever consistait en un bâtiment avec un pavillon au centre et deux aux extrémités ; ces constructions étaient composées d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage. Le pavillon du milieu dans lequel fut pratiqué le grand escalier, était couvert d’une coupole. Par sa forme, ses dimensions et les détails de son architecture, cette coupole était beaucoup plus en harmonie avec les corps de bâtiments adjacents que la toiture actuelle. L’ensemble de la façade du côté du jardin, telle qu’elle fut exécutée par Philibert Delorme, se composait du pavillon central, de deux portiques couverts de terrasses et surmontés d’un étage en mansardes, et se terminait par deux corps de bâtiments percés de trois fenêtres à chaque étage et décorés de deux ordres d’architecture.

Tel était le château des Tuileries dont Catherine de Médicis fit son habitation ordinaire. Le roi occupait le Louvre. À cette époque, un astrologue prédit à la reine mère qu’elle mourrait près de Saint-Germain. On la vit aussitôt déserter tous les endroits et toutes les églises qui portaient ce nom. Elle n’alla plus à Saint-Germain-en-Laye ; son palais des Tuileries, se trouvant sur la paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois, elle le quitta, et en fit bâtir un autre près de l’église Saint-Eustache. « Lorsqu’on apprit, dit Saint-Foix, que c’était Laurent de Saint-Germain qui l’avait assistée à ses derniers moments, les gens infatués de l’astrologie, prétendirent que la prédiction s’était accomplie. »

Les troubles qui agitèrent la France sous le règne de Henri III ne permirent pas de continuer les constructions des Tuileries. Henri IV, devenu paisible possesseur d’un trône qu’on lui avait disputé si longtemps, crut sa gloire intéressée à faire terminer un monument qui avait déjà coûté des sommes considérables. On construisit d’abord, de chaque côté des bâtiments achevés par Delorme, et sur le même alignement, deux autres corps de logis avec deux grands pavillons, et l’on commença vers l’année 1600, la superbe galerie qui joint les Tuileries au Louvre du côté de la rivière.

Les deux nouveaux corps de logis et les deux grands pavillons ne furent achevés que sous le règne de Louis XIII, sur les dessins de l’architecte du Cerceau, qui changea la décoration primitive. On lui attribue également la construction des deux corps de bâtiment, d’ordonnance corinthienne ou composite qui font suite aux deux pavillons du milieu, ainsi que les deux grands pavillons d’angle qui terminent chaque côté de cette longue ligne de façade.

Cette réunion de bâtiments de styles si différents, devait produire ces défauts d’ensemble et de proportions qui choquent encore aujourd’hui les regards. Ainsi le pavillon du milieu qui prêtait de l’élégance à la façade du palais de Catherine de Médicis, parait écrasé par le développement actuel des constructions. L’œuvre entière du premier architecte des Tuileries se trouve rapetissée par les grands pavillons des extrémités, sous lesquelles s’affaissent également les deux pavillons intermédiaires, et plus encore les deux premiers corps de bâtiment ou galeries.

Cette irrégularité était encore plus apparente sous le règne de Louis XIV. En regardant ce palais, on pouvait y compter alors cinq espèces de dispositions et de décorations et cinq sortes de combles, sans presque aucun rapport extérieur, soit dans la distribution, soit dans le style, ou dans la conception.

Louis XIV choqué de ces disparates, voulut les dissimuler en mettant de l’accord entre ces cinq parties. Levau, architecte du roi, fut chargé de cette restauration. On lui adjoignit Dorbay, comme constructeur. Levau supprima d’abord l’escalier bâti par Philibert Delorme ; cet escalier, chef-d’œuvre de construction, occupait l’emplacement du vestibule actuel. Ensuite il changea la forme et la disposition du pavillon du milieu qui, dans le principe, était, comme nous l’avons dit, surmonté d’une coupole. Il ne conserva de l’ancienne décoration que le premier ordre à tambour de marbre ; deux ordonnances : la première corinthienne, la seconde composite, surmontées d’un fronton et d’un attique, remplacèrent une partie de la décoration qui provenait de l’architecte Delorme, et une espèce de toit quadrangulaire prit la place de la coupole. Les architectes respectèrent les deux galeries collatérales du pavillon du milieu avec les terrasses qui les surmontaient ; mais ils jugèrent convenable de changer la devanture du corps de bâtiment qui s’élève en retraite des terrasses. Aux mansardes et aux cartels, qui s’y suivaient alternativement, ils substituèrent le rang de croisées et de trumeaux ornés de gaines qui subsiste encore aujourd’hui avec un attique.

Les pavillons de chaque côté de ces deux galeries, qui sont à deux ordres de colonnes, ont été conservés en leur entier ; ces pavillons, dont les dessins sont attribués à Bullant, n’ont eu à subir d’autre changement que celui de l’attique actuel substitué aux mansardes. Leur décoration resta aussi la même, à l’exception pourtant de la sculpture qui orne le fût des colonnes. Les deux pavillons d’angle qui terminent la façade furent également respectés. La hauteur de leur premier étage est plus élevée que la façade ; la différence, qui est de 1 m. 50 c. environ, donne lieu de penser que, lorsqu’ils furent construits, on avait déjà le projet de réunir, du côté du sud, les deux palais du Louvre et des Tuileries par une galerie couverte. C’est probablement à cette différence des deux niveaux qu’il faut attribuer ces croisées montant à travers l’architrave et la frise, jusque sous la corniche, et qui produisent un effet si désagréable.

Les architectes chargés de restaurer un palais dont ils étaient forcés de respecter les constructions premières, ont eu à exécuter un travail ingrat, qu’on ne saurait juger avec sévérité. Cependant il faut le dire, la partie du milieu a seule été heureusement remaniée ; il y règne un accord de lignes assez bien entendu, et la variété des masses, des retraites et des saillies qu’on y découvre, semble y être moins l’effet d’un raccommodement fait après coup, que celui d’une combinaison originale.

2e Partie. — Jardin des Tuileries.

Le plus beau jardin public d’Athènes se nommait les Tuileries ou le Céramique. Moins grand dans l’origine qu’il ne l’est aujourd’hui, le jardin des Tuileries était séparé du château par une rue qui régnait le long de la façade, et aboutissait à peu près à l’endroit où se trouve aujourd’hui la porte d’entrée, du côté du Pont-Royal. Dans ce jardin, on voyait un étang, un bois, une volière, une orangerie, un écho, un petit théâtre et un labyrinthe. La volière, située vers le milieu du quai des Tuileries, était composée de plusieurs bâtiments. L’écho se trouvait à l’extrémité de la grande allée. La muraille qui l’entourait avait près de 4 m. de hauteur. Elle était masquée par des palissades. À peu de distance de cet écho du côté de la porte Saint-Honoré, se trouvait l’orangerie, et tout auprès s’élevait une espèce de ménagerie. Dans le bastion qui touchait à la porte de la Conférence, on avait conservé un grand terrain qui servait de garenne, et à l’extrémité de ce terrain, entre la porte et la volière se trouvait un chenil, que Louis XIII donna le 20 avril 1630 au valet de chambre Renard, à condition de défricher le terrain qui l’entourait, et d’y planter des fleurs précieuses par leur rareté. Renard, en homme adroit, tira parti de son privilège. Indépendamment des fleurs dont il orna son jardin, il réunit dans un joli pavillon qu’il fit bâtir, des meubles d’un excellent goût, et des tapisseries d’une grande richesse. Son caractère obligeant et spirituel lui attira plus tard la bienveillance du cardinal Mazarin, qui venait quelquefois lui faire des acquisitions et se reposer dans ce jardin, des fatigues du ministère. L’isolement du jardin Renard, ses divers agréments en firent un lieu de délices. Il devint le rendez vous des jeunes seigneurs et des plus jolies dames de la cour. Il y avait aussi au milieu de ce parterre, des bâtiments qui servaient à loger les artistes que le roi honorait de sa protection. Leur plus grande illustration fut d’avoir abrité Nicolas Poussin. On trouve dans une des lettres de ce peintre célèbre le passage suivant. Poussin annonce à un de ses protecteurs son arrivée à Paris, et ajoute « Je fus conduit le soir, par ordre du roi, dans l’appartement qui m’avoit été destiné ; c’est un petit palais, car il faut l’appeler ainsi. Il est situé au milieu du jardin des Tuileries. Il est composé de neuf pièces en trois étages, sans les appartements d’en bas, qui sont séparés. Ils consistent en une cuisine, la loge du portier, une écurie, une serre pour l’hiver et plusieurs autres petits endroits où l’on peut placer mille choses nécessaires. Il y a en outre un beau et grand jardin rempli d’arbres à fruits, avec une quantité de fleurs, d’herbes et de légumes ; trois petites fontaines, un puits, une belle cour dans laquelle il y à d’autres arbres fruitiers. J’ai des points de vue de tous côtés, et je crois que c’est un paradis pendant l’été … En entrant dans ce lieu, je trouvai le premier étage rangé et meublé noblement, avec toutes les provisions dont on a besoin, même jusqu’à du bois et un tonneau de bon vin vieux de deux ans ; j’ai été fort bien traité pendant trois jours, avec mes amis aux dépens du roi. » — Tel était encore le jardin des Tuileries à la mort du cardinal Mazarin. — Colbert, qui savait deviner toutes les grandes passions de Louis XIV, avait senti que ce jardin ne complétait pas assez dignement le séjour d’un grand roi. On abattit aussitôt le logement de mademoiselle de Guise, la volière et les bâtiments qui s’étendaient du côté de la rivière jusqu’à la barrière de la Conférence. Le jardin Renard fut compris dans le nouvel enclos, et sur cet emplacement Lenôtre exerça son génie créateur. — « C’est un chef-d’œuvre de bon goût, d’adresse et de génie, disent MM. Percier et Fontaine ; l’artiste, en disposant ce jardin, a su cacher avec beaucoup d’art, la limite des clôtures. » — Considérant ensuite la vaste étendue de la façade, Lenôtre sentit également qu’une ligne aussi longue de bâtiments avait besoin d’une esplanade qui lui fût proportionnée ; et qui en développât complètement toutes les parties. Il eut l’heureuse idée de ne commencer le couvert de ce jardin qu’à 226 m. de la façade. — Tout le sol de la partie découverte fut orné de parterres à compartiments entremêlés de massifs de gazon, dont les dessins nobles et élégants ont été conservés religieusement jusqu’à nos jours. Ces parterres ont été dessinés de manière qu’on a pu y placer trois bassins circulaires qui offrent une agréable variété. Ces trois bassins forment un triangle terminé par le plus grand d’entr’eux, qui se trouve ainsi au milieu de la grande avenue. En face des parterres, et dans l’alignement du grand avant-corps de bâtiments, est plantée une belle allée de marronniers de l’Inde, de 272 m. de longueur. Admirable du côté des Tuileries, ce bois offre peut-être un coup-d’œil plus ravissant encore en entrant par la place de la Concorde. Le jardin se complète heureusement par une partie découverte, entourée par le fer à cheval que forment les terrasses, et au milieu duquel est placé un vaste bassin d’où s’échappe une gerbe d’eau qui domine les arbres les plus élevés. À l’extrémité du fer à cheval qui termine le jardin, on voyait avant la révolution, un pont tournant d’un dessin ingénieux qui servait de communication à la place Louis XV. Ce pont avait été construit en 1716, par un religieux Augustin, nommé Nicolas Bourgeois. À ces perfections que l’empereur Napoléon appréciait hautement, d’autres ont été ajoutées par ses ordres. La terrasse des Feuillants, que les dépendances de l’ancien manège, des couvents des Feuillants, des Capucins et de l’Assomption bordaient dans presque toute sa longueur, a été entièrement dégagée par suite de l’ouverture de la rue de Rivoli. Cette terrasse des Feuillants, cet heureux complément du jardin des Tuileries, présente, de la grille qui est en face de la rue de Castiglione, une riche perspective. La place Vendôme, sa colonne de bronze, l’homme qui est dessus la belle rue de la Paix, et les boulevarts ; toutes ces richesses heureusement groupées font naître de grandes et profondes émotions. Mais du haut de la terrasse qui borde le côté oriental de la place de la Concorde, quel superbe coup-d’œil ! Cette large voie publique avec ses fontaines, ses candélabres étincelants de dorure ; puis ces deux palais jumeaux ; à gauche la Chambre des Députés ; devant soi, la belle avenue des Champs-Élysées ; puis l’Arc-de-Triomphe si rayonnant de gloire. Devant cet imposant panorama, on peut dire avec orgueil : l’art et la nature n’iront jamais plus loin !…

3e Partie. — Faits historiques.

Si l’on considère le palais des Tuileries dégagé de son brillant entourage, les évènements dont il fut le théâtre ont imprimé sur ses pierres une teinte lugubre qui attriste profondément l’écrivain qui n’a pour ainsi dire que des malheurs à rappeler. Ce fut au palais des Tuileries, quatre jours avant le massacre de la Saint-Barthélemi, que la reine Catherine de Médicis donna une fête dont nous empruntons les détails aux mémoires de l’état de France, sous Charles IX : — « Premièrement, en la dite salle, à main droite, il y avoit le Paradis, l’entrée du quel était défendue par trois chevaliers armés de toutes pièces, qui étoient Charles IX et ses frères. À main gauche, étoit l’Enfer dans le quel il y avoit un grand nombre de diables et de petits diablotaux, faisant infinies singeries et tintamarres, avec une grande roue tournante dans le dit enfer, toute environnée de clochettes. Le Paradis et l’Enfer étoient séparés par une rivière qui étoit entre deux, sur la quelle il y avoit une barque conduite par Caron, nautonier d’Enfer. À l’un des bouts de la salle, et derrière le Paradis, étoient les Champs-Élysées, à sçavoir, un jardin embelli de verdure et de toutes sortes de fleurs ; et le ciel empirée, qui étoit une grande roue avec les douze signes du zodiaque, les sept placettes, et une infinitude petites étoiles faites à jour, rendant une grande lueur et clarté par le moyen des lampes et flambeaux qui étoient artistement accomodés par derrière. Cette roue étoit dans un continuel mouvement, faisant aussi tourner ce jardin dans le quel étoient douze nimphes fort richement parées. Dans la salle se présentèrent plusieurs troupes de chevaliers errans (c’étoient des seigneurs de la religion qu’on avoit choisis exprès). Ils étoient armés de toutes pièces, vêtus de diverses livrées, et conduits par leurs princes (le roi de Navarre et le prince de Condé), tous les quels tâchant de gagner ce Paradis, pour ensuite aller quérir ces nimphes au jardin, en étoient empêchés par les trois chevaliers qui en avoient la garde ; les quels, l’un après l’autre, se présentoient à la lice, et ayant rompu la pique contre les dits assaillants, et donné le coup de coutelas, les renvoyoient vers l’Enfer où ils étoient trainés par des diables et diablotaux. Cette forme de combat dura jusqu’à ce que les chevaliers errans eussent été combattus et traînés un à un dans l’Enfer, le quel fut ensuite clos et fermé. À l’instant descendirent du ciel Mercure et Cupidon portés sur un coq. Ce Mercure étoit cet Étienne le Roi, chantre tant renommé, le quel étant à terre, se vint présenter aux trois chevaliers, et près un chant mélodieux, leur fit une harangue, et remonta ensuite au ciel sur son coq, toujours chantant. Alors les trois chevaliers se levèrent de leurs sièges, traversèrent le Paradis, allèrent aux Champs-Élysées quérir les douze nimphes, et les amenèrent au milieu de la salle où elles se mirent à danser un ballet fort diversifié et qui dura une grosse heure. Le ballet achevé, les chevaliers qui étoient dans l’Enfer furent délivrés et se mirent à combattre en foule et à rompre des piques. Ce combat fini, on mit le feu à des traînées de poudre qui étoient autour d’une fontaine dressée presqu’au milieu de la salle, d’où s’éleva un bruit et une fumée qui fit retirer chacun. Tel fut le divertissement de ce jour, d’où l’on peut conjecturer qu’elles étoient, parmi telles feintes, les pensées du roi et du conseil secret. »

Jusqu’à l’époque de la révolution, le château des Tuileries ne fut le théâtre d’aucun événement important. Louis XIV avait abandonné cette habitation pour aller résider à Saint-Germain, puis à Versailles. Ses successeurs l’imitèrent. On donnait des fêtes publiques dans le jardin des Tuileries. L’une d’elles fut attristée le 1er février 1783 par un malheur. Les physiciens Charles et Robert voulurent y faire une expérience aérostatique ; mais le second périt victime de son audace.

Louis XVI habitait Versailles, lorsque le peuple ameuté alla l’y chercher. Le roi vint occuper les Tuileries le 6 octobre 1789. — Au mois de février 1790, le jardin fut le théâtre d’une émeute dont le départ des tantes du roi servit de prétexte. — Au mois d’avril suivant, un autre rassemblement s’y forma pour empêcher Louis XVI d’aller à Saint-Cloud. — Le 20 juin 1792, le peuple envahit les Tuileries, sous prétexte de présenter lui-même des pétitions au roi ; cette désastreuse journée servit de prélude à la sanglante révolution du 10 août. Cette fois, la populace pénétra dans le palais, le fer et le feu à la main. Les défenseurs du roi furent impitoyablement égorgés, tout fut pillé, saccagé. Quelques membres du département voyant le désordre qui régnait dans le château, conseillèrent au roi de se retirer au sein de l’Assemblée. Louis XVI s’y rendit avec sa famille ; quelques heures après son arrivée, fut rendu ce décret célèbre : « Louis XVI est provisoirement suspendu de la royauté ; un plan d’éducation est ordonné pour le prince royale. Une Convention est convoquée. »

Sous la république, les Tuileries prirent le nom de Palais-National. Sur l’emplacement occupé par le théâtre, connu sous le nom de Salle des Machines, on construisit la salle de la Convention. On y entrait par un perron qui donnait sur la terrasse des Feuillants. Dans cette salle fut prononcée, le 20 janvier 1793, la sentence de la Convention qui condamnait à mort l’infortuné Louis XVI.

La fameuse fête de l’Être-Suprême eut lieu dans le jardin des Tuileries, le 9 juin 1794. Nous en rappelons les principales circonstances.

Conquérante aux Alpes, aux Pyrénées, menaçante dans les Pays-Bas, d’une grandeur héroïque sur mer, la république voulait se laver aux yeux de l’Europe du reproche d’impiété. Après avoir administré, égorgé, détruit avec un ensemble effrayant, elle cherchait à recomposer la société en l’appuyant sur deux grandes vérités, la morale et Dieu. La Convention avait fixé au 20 prairial an II, la fête de l’Être-Suprême. Robespierre avait été nommé président. Le soleil s’était levé dans toute sa splendeur, et son éclat semblait favoriser cette fête. On se rassemble à chaque section pour se rendre au jardin des Tuileries. Robespierre parait à la tête de la Convention. Le nouveau pontife tient à la main, comme tous les représentants, un bouquet de fleurs, de fruits et d’épis de blés. Son visage ordinairement impassible est rayonnant de joie. Arrivés sur un vaste amphithéâtre dressé devant le château et adossé au pavillon du milieu, les membres de la Convention prennent place. Alors Robespierre adresse au peuple ce premier discours : « Français républicains, il est enfin arrivé le jour fortuné que le peuple Français consacre à l’Être-Suprême. Jamais le monde qu’il a créé, ne lui offrit un spectacle aussi digne de ses regards. Il a vu régner sur la terre la tyrannie, le crime et l’imposture ; il voit dans ce moment une nation entière aux prises avec tous les oppresseurs du genre humain, suspendre le cours de ses travaux héroïques pour élever sa pensée et ses vœux vers le grand Être qui lui donne la mission de les entreprendre et le courage de les imiter. » — Une symphonie succède à ces paroles. Robespierre descend de l’amphithéâtre, et s’avance, une torche enflammée dans la main, vers le bassin du milieu. En cet endroit s’élevait un groupe de figures représentant l’Athéisme, la Discorde et l’Égoïsme. Robespierre y met le feu. Du milieu des cendres apparaît la statue de la Sagesse, mais on remarque que la déesse a été noircie par les flammes. La musique et les applaudissements de la foule accompagnent Robespierre à la tribune, où il prononce un nouveau discours qui se termine ainsi : « Français ! vous combattez des rois, vous êtes donc dignes d’honorer la Divinité. Être des êtres, auteur de la nature, l’esclave abruti, le vil suppôt du despotisme, l’aristocrate perfide et cruel t’outrage en t’invoquant. Mais les défenseurs de la liberté peuvent s’abandonner avec confiance dans ton sein paternel. Être des êtres, nous n’avons point à t’adresser d’injustes prières, tu connais les créatures sorties de tes mains, leurs besoins n’échappent pas plus à tes regards que leurs plus secrètes pensées ! La haine de la mauvaise foi et de la tyrannie brûle dans nos cœurs avec l’amour de la justice et de la Patrie ; notre sang coule pour la cause de l’humanité voilà notre prière, voilà nos sacrifices, voilà le culte que nous t’offrons ! » — Le cortège s’ébranle ensuite, on se met en marche pour se rendre au Champ-de-Mars. Robespierre affecte de devancer ses collègues. Quelques uns indignés, se rapprochent de sa personne, et lui prodiguent les sarcasmes les plus amers. L’un lui dit, en faisant allusion à la statue de la Sagesse, qui avait paru enfumée, que sa Sagesse est obscurcie ; l’autre fait entendre les noms de Tyran, de César, et s’écrie : qu’il est encore des Brutus !… Bourdon de l’Oise lui dit ces mots : « La Roche Tarpéienne est près du Capitole ! » — « Robespierre, dit Lecointre, j’aime la fête, mais toi je te déteste ! » — Le cortège est arrivé au Champ-de-Mars. Au milieu de cette vaste enceinte, s’élève une immense montagne. Au sommet on voit un arbre. La Convention vient s’asseoir sous ses rameaux. Des groupes d’enfants, de vieillards, et de femmes, entourent cette montagne. On chante un hymne composé par le représentant Chénier. Puis une symphonie se fait entendre ; enfin, à un signal donné, les adolescents tirent leurs épées et jurent dans les mains des vieillards, de défendre la patrie et de mourir pour elle. Les mères élèvent leurs enfants dans leurs bras, tous les assistants tendent leurs mains vers le ciel, et rendent hommage à l’Être-Suprême. Les roulements des tambours, les décharges d’artillerie, annoncent la fin de la cérémonie, et les spectateurs reprennent en bon ordre le chemin de leurs sections.

Le Conseil des Anciens remplaça la Convention aux Tuileries, tandis que celui des Cinq-Cents alla s’installer dans la Salle du Manège, jusqu’à l’époque du 18 fructidor, où le gouvernement l’appela près de lui au Luxembourg.

Napoléon, consul et empereur, habita les Tuileries. La famille des Bourbons y demeura également pendant la restauration. — Le 29 juillet 1830, vers midi, le peuple attaqua les Tuileries. Après un combat qui dura une heure et demie, les troupes royales battirent en retraite par la place de la Concorde et se dirigèrent vers Rambouillet. — Depuis 1831, la famille régnante occupe le palais des Tuileries.

Tuileries (quai des).

Commence au guichet du Musée et au quai du Louvre ; finit aux pont et place de la Concorde. Pas de numéro. Sa longueur est de 1 280 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Jusqu’en 1730, c’était un chemin étroit qui séparait les fossés des Tuileries de la rivière. À cette époque, on démolit la porte de la Conférence, ainsi nommée parce qu’elle avait été construite dans le temps des fameuses conférences qui amenèrent la paix des Pyrénées. Cette porte, située à l’extrémité du jardin des Tuileries, gênait la circulation. Par lettres-patentes du 8 octobre 1731, le roi ordonna la formation d’un nouveau chemin de largeur convenable, ce qui fut exécuté. — « 26 février 1806. — Napoléon, etc. Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Il sera construit un mur de quai dans le prolongement du port Saint-Nicolas. Les murs du quai, vis-à-vis le Louvre, seront réparés et élevés. » — La largeur du quai des Tuileries varie de 20 m. à 29 m. — Portion d’égout et de conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Turgot (rue).

Commence à la rue Rochechouart, nos 57 et 59 ; finit à l’avenue Trudaine. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 231 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Une décision ministérielle du 29 mai 1821 approuva l’ouverture de cette rue ; mais il ne fut point alors donné suite à ce projet. Par une ordonnance royale du 23 août 1833, ce percement fut définitivement arrêté sur une largeur de 13 m. En 1836, cette rue n’était point encore livrée à la circulation, attendu qu’il fallait acquérir plusieurs propriétés particulières. Ces acquisitions ayant été faites, elle fut entièrement exécutée à la fin de cette même année. Les propriétés riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Michel-Étienne Turgot, chevalier, marquis de Sousmons, seigneur de Saint-Germain-sur-Eaulne, Vatierville, etc., naquit à Paris le 9 juin 1690. Il était président en la deuxième chambre du palais, lorsqu’il fut nommé prévôt des marchands le 14 juillet 1729. Dans cette honorable fonction qu’il remplit jusqu’au 16 août 1740, Turgot déploya une rare capacité et un zèle remarquable. La ville de Paris lui doit de notables améliorations. Nommé conseiller d’état, puis président du grand conseil en 1741, Turgot mourut dans la retraite le 1er février 1751.

Août 1844.

U.


Ulm (rue d’).

Commence à la place du Panthéon ; finit à la rue des Ursulines, nos 1 et 2. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 369 m. — 12e arrondissement : de la place du Panthéon à la rue de la Vieille-Estrapade, quartier Saint-Jacques ; le surplus est du quartier de l’Observatoire.

Dès le 30 frimaire an XIV, le ministre de l’intérieur Champagny approuva le percement de cette rue sur une largeur de 12 m., depuis la place du Panthéon jusqu’au Champ-des-Capucins.

« Au quartier impérial de Varsovie, le 6 janvier 1807. — Napoléon, etc. Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Article 1er. La rue à ouvrir en prolongement du petit axe de la nouvelle église de Sainte-Geneviève jusqu’au Champ-des-Capucins, sera établie conformément au plan annexé au présent décret, et portera le nom de rue d’Ulm. — Article 2e. La somme de 192 000 francs, à laquelle ont été évalués par aperçu les terrains et bâtiments à acquérir pour l’entière formation de cette rue, sera acquittée par la ville de Paris, et comprise par moitié dans le budget de cette ville pour les années 1807 et 1808. — Art. 3e. Les acquisitions énoncées en l’art. 2e se feront à dire d’expert en la forme ordinaire, etc. Signé Napoléon. »

Ce décret n’a pas encore reçu son entière exécution ; la rue d’Ulm s’arrête à la rue des Ursulines. Pour la faire aboutir au Champ-des-Capucins, il faut traverser des terrains provenant du couvent des Feuillantines et des dépendances du Val-de-Grâce. Les propriétés riveraines sont alignées. Les terrains traversés par la rue d’Ulm, telle qu’elle existe aujourd’hui, proviennent en grande partie, des couvents de la Visitation-Sainte-Marie et des Ursulines.

Par devant Me Guillaume jeune, notaire à Paris, a été passé le 28 messidor an VI, entre le ministre des finances et le sieur Guyot, propriétaire de l’hôtel de Castries, un contrat d’échange des terrains restant de l’ancien couvent des Feuillantines, contre le dit hôtel de Castries.

Dans cet acte, ratifié le 5 thermidor an VI, l’obligation de livrer sans indemnité le terrain nécessaire au prolongement de la rue d’Ulm, a été imposée au sieur Guyot ou à ses ayants-cause.

La dénomination assignée à cette voie publique, rappelle la célèbre capitulation d’Ulm (17 octobre 1805).

Université (rue de l’).

Commence à la rue des Saints-Pères, nos 20 et 22 ; finit à l’avenue de La Bourdonnaye. Le dernier impair est 217 ; le dernier pair, 174 bis. Sa longueur est de 2 417 m. — 10e arrondissement : de 1 à 81 et de 2 à 114, quartier du Faubourg-Saint-Germain ; le surplus dépend du quartier des Invalides.

Jusqu’en 1838, la rue de l’Université était composée de deux parties distinctes ; la première, comprise entre les rues des Saints-Pères et d’Austerlitz, portait simplement le nom de rue de l’Université ; la deuxième partie allant de la rue d’Iéna à l’avenue de La Bourdonnaye, s’appelait rue de l’Université-au-Gros-Caillou, et avait un numérotage particulier. — Un arrêté préfectoral du 31 août de la même année a prescrit la réunion de ces deux parties sous la seule et même dénomination de rue de l’Université. D’après cette disposition, une seule série de numéros a été adoptée pour cette voie publique, dont nous traçons l’origine, en la divisant en deux parties.

1re Partie comprise entre les rues des Saints-Pères et d’Austerlilz. — Plusieurs plans lui donnent indifféremment les noms de rue de l’Université et de Sorbonne. Jaillot pense que cette double dénomination lui avait été assignée par le peuple, qui confondait assez ordinairement la Sorbonne avec l’Université. En 1529, ce n’était encore qu’un chemin nomme le chemin des Treilles, parce qu’il conduisait à l’île des Treilles, dite depuis île Maquerelle ou des Cygnes. L’Université ayant aliéné le Pré-aux-Clercs en 1639, on commença des constructions sur ce chemin, qui prit alors le nom de rue de l’Université. En 1650, la moitié seulement était bâtie. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, et une ordonnance royale du 7 mars 1827, ont fixé la moindre largeur de cette partie de rue à 10 m. 50 c. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Égout entre les rues de Beaune et de Poitiers. — Conduite d’eau dans presque toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Française).

2e Partie comprise entre la rue d’Iéna et l’avenue de La Bourdonnaye. — « Séance du 15 juillet 1793. — Sur le rapport des administrateurs du département des travaux publics, concernant l’alignement à donner au prolongement de la rue de l’Université, depuis l’Esplanade des Invalides jusqu’au champ de la Fédération. Le corps municipal, après avoir vu le plan présenté par les dits administrateurs, et avoir entendu le procureur de la commune, arrête que le côté gauche de la rue de l’Université sera prolongé en ligne droite jusqu’à la distance de 179 toises 2 pieds, de l’angle droit de la rue Saint-Jean où il formera un coude, et se dirigera également sur une ligne droite jusqu’à l’angle extérieur du mur du fossé qui borde le champ de la Fédération, et que le côté droit du d. prolongement de rue suivra la même direction, à 36 pieds du côté opposé carrément et parallèlement ; autorise en conséquence les administrateurs des travaux publics à donner des alignements conformément à cette direction. Signé Pache et Coulombeau. » (Registre du corps municipal, tome 40, page 6 670.) — Une décision ministérielle du 8 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé à 12 m. la largeur de cette partie, depuis l’Esplanade jusqu’à la rue de la Vierge. Pour le surplus, cette même largeur a été adoptée par le ministre de l’intérieur Champagny, le 10 avril 1806. Enfin, une décision ministérielle du 18 mars 1820, a maintenu cette largeur de 12 m. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de la propriété no 131, qui devra subir un faible retranchement. — Conduite d’eau entre les rues Nicolet et Saint-Jean. — Éclairage au gaz (compe Française).

Ursins (rue Basse-des-).

Commence à la rue du Chantre, no 1, et au quai Napoléon ; finit à la rue d’Arcole, nos 1 et 3. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 140 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

On lit dans un arrêt du 13 mars 1321, que cette rue faisait partie du port Saint-Landry, dont la dénomination lui était également affectée. Au XVIe siècle, c’était la rue Basse-du-Port-Saint-Landry. On l’a nommée aussi rue d’Enfer (via Inferior). Son nom actuel lui vient de sa proximité de l’hôtel des Ursins. — Une décision ministérielle à la date du 26 prairial an XI, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Lors de la formation du quai Napoléon, la partie de cette rue comprise entre celle d’Arcole et Glatigny a été supprimée. Les propriétés nos  7, 21, et celles du côté opposé, à l’exception de la maison portant sur le quai le no 11, ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau entre la rue de la Colombe et la borne-fontaine.

La rue Basse-des-Ursins nous rappelle une de nos plus grandes célébrités ; la maison qui porte aujourd’hui le no 9 a été habitée par Racine.

Ursins (rue du Milieu-des-).

Commence au quai Napoléon, nos  25 et 27 ; finit à la rue Haute-des-Ursins, nos  4 et 6. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 37 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

L’hôtel des Ursins, dont l’entrée principale se trouvait dans la rue Haute-des-Ursins, tombait en ruine au milieu du XVIe siècle. Il fut abattu en 1553, et l’on ouvrit l’année suivante, au milieu de son emplacement, une rue à laquelle on donna le nom de rue du Milieu-des-Ursins. — Une décision ministérielle du 26 prairial an XI, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m Les maisons du côté des numéros impairs sont soumises à un faible redressement ; celles du côté opposé sont alignées.

Ursins (rue Haute-des-).

Commence à la rue Saint-Landry, nos  6 et 8 ; finit à la rue Glatigny, nos  3 et 5. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 38 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

C’est sans aucun doute la voie publique que Guillot appelle en 1300, la rue de l’Ymage. Les registres du chapitre, dans un accord du 8 juin 1639 ; la désignent sous le nom de rue du Petit-Ymage-Saincte-Katherine. Elle doit sa dénomination actuelle à Jean-Juvénal des Ursins, qui remplit avec honneur, en 1389, la double fonction de prévot de Paris et de prévot des marchands. — Une décision ministérielle du 26 prairial an XI, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Propriété no 1, redress. ; 3 et 5, alignées ; 7, retranch. réduit 30 c. ; 2, 6 et 8, alignées ; 4, redress.

Ursulines (rue des).

Commence à la rue d’Ulm, nos  11 et 20 ; finit à la rue Saint-Jacques, nos  243 et 245. Le dernier impair est 11 bis ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 207 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

La plus grande partie de cette voie publique a été ouverte sur l’emplacement du couvent des religieuses Ursulines ; le surplus dépendait de l’impasse des Ursulines, qui occupait une étendue de 70 m. de longueur, et servait d’entrée aux bâtiments de cette communauté. — Une décision ministérielle du 30 frimaire an XIV, signée Champagny, avait fixé la largeur de cette rue à 10 m. Cette largeur a été maintenue par une autre décision ministérielle du 17 novembre 1818.

La communauté des religieuses Ursulines fut fondée par Madeleine Luillier, veuve du sieur de Sainte-Beuve, et fille de Jean Luillier, président de la chambre des comptes, qui contribua si puissamment à l’entrée de Henri IV à Paris. Madeleine Luillier attira d’Aix en Provence, deux religieuses Ursulines qui, en 1608, vinrent à Paris et furent logées à l’hôtel de Saint-André, faubourg Saint-Jacques. Elles s’occupaient, suivant leur institut, de l’instruction des jeunes filles. Ces Ursulines étaient encore séculières, lorsque leur fondatrice leur assura 2 000 livres de rente, à condition qu’elles prononceraient des vœux et garderaient la clôture. Cette dame obtint le 13 juin 1611, une bulle du pape qui confirma cette fondation. Elle fit alors l’acquisition de l’hôtel de Saint-André, le convertit en couvent, et fit venir des religieuses de Reims pour former les nouvelles Ursulines aux exercices monastiques. Le 22 juin 1620, Anne d’Autriche posa solennellement la première pierre de leur église, qui fut achevée en 1627. Cette communauté, supprimée en 1790, devint propriété nationale et fut vendue en sept lots le 11 ventôse an VI. Les portions de terrains qu’on avait exclues de la vente, servirent à former une partie de la rue d’Ulm et le prolongement de l’impasse des Ursulines.

Août 1844.


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V.

Val-de-Grâce (hôpital militaire du).

Situé dans la rue Saint-Jacques, entre les nos 275 et 279. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Vers le Xe siècle, un monastère dont les religieuses étaient soumises à la reforme de saint Benoit, avait été fondé au Val-Profond, près Bièvre-le-Châtel, à trois lieues de Paris. Anne de Bretagne, femme de Louis XII, ayant pris cet établissement sous sa protection, changea son nom en celui de Val-de-Grâce de Notre-Dame-de-la-Crèche.

Au commencement du XVIIe siècle, les religieuses résolurent de transférer leur abbaye dans la capitale. À cet effet, elles achetèrent, le 7 mai 1621, la propriété dite l’hôtel du Petit-Bourbon. La reine Anne d’Autriche remboursa le prix d’acquisition, et se déclara fondatrice du nouveau monastère. Les religieuses furent installées le 20 septembre 1621, dans cette maison qui fut bénite sous le titre de Val-de-Grâce de Notre-Dame-de-la-Crèche. Anne d’Autriche fit construire quelques bâtiments, et posa la première pierre du cloître le 3 juillet 1624. Cette reine avait fait vœu, si Dieu lui donnait un fils, de bâtir un temple magnifique. Après vingt-deux ans de stérilité, elle mit au jour un prince qui régna plus tard sous le nom de Louis XIV. Anne d’Autriche résolut alors de remplir l’engagement qu’elle avait contracté, en faisant reconstruire avec une somptuosité digne de sa reconnaissance, l’église et le couvent du Val-de-Grâce. Le 1er avril 1645, le jeune roi et sa mère posèrent la première pierre de l’église. Les travaux, suspendus pendant les troubles de la Minorité, furent repris en 1655 ; les bâtiments claustraux ont été termines en 1662 ; ceux de l’église, en 1665.

Ce vaste édifice est l’un des plus réguliers de la capitale. François Mansart fournit les dessins du monastère et de l’église, mais il ne conduisit ce dernier bâtiment qu’à la hauteur du rez-de-chaussée ; alors une intrigue de cour l’obligea d’abandonner la direction des travaux, qui fut confiée à Jacques Lemercier, puis à Pierre Lemuet, auquel on associa Gabriel Leduc. Mansart se vengea de cette injustice d’une manière aussi fine qu’ingénieuse ; il engagea le secrétaire d’état, Henri Duplessis de Guénégaud, à faire bâtir dans son château de Fresnes une chapelle, où il reproduisit en petit le magnifique projet qu’il avait conçu pour le Val-de-Grâce.

Le monument fondé par Anne d’Autriche, se compose de plusieurs corps de logis, de jardins et de l’église. On entre dans une vaste cour, limitée par le grand portail au milieu, et par deux ailes de bâtiments que termine de chaque côté un pavillon carré. Sur seize marches s’élève le grand portail de l’église ; son avant-corps forme un portique soutenu de huit colonnes corinthiennes. Un second ordre décoré de colonnes composites, s’unit au premier par de grands enroulements. Il est terminé, comme le premier ordre, par un fronton orné d’un bas-relief. L’intérieur de l’église est décoré de pilastres d’ordre corinthien à cannelures. Le dôme est, après ceux du Panthéon et des Invalides, le plus élevé de tous les édifices de Paris. Il a été peint à l’intérieur par Mignard. Cette vaste composition, exécutée à fresque, et qui représente le séjour des bienheureux, ne coûta que treize mois de travail à son auteur. — Anne d’Autriche avait accordé au monastère du Val-de-Grâce plusieurs privilèges importants, entr’autres ceux de porter les armoiries de France, et de recevoir les cœurs des princes et princesses de la famille royale. Ce couvent possédait aussi la singulière prérogative de réclamer la première chaussure de chaque fils ou fille des princes du sang. Cette communauté fut supprimée en 1790. Les bâtiments ont été convertis en magasin central des hôpitaux militaires. Nous lisons dans le registre 6, page 76, Administration centrale. — « Décret du 7 ventôse an XII, qui consacre les bâtiments du Val-de-Grâce à un hospice pour les enfants de la patrie et les couches des femmes indigentes. » — Sous l’empire, ils furent affectés à un hôpital militaire destiné à recevoir les malades de la garnison du département de la Seine. Cet établissement peut contenir 1,500 lits. Les vastes jardins du monastère ont été abandonnés aux convalescents. Par sa position élevée et éloignée du centre de Paris, cet hôpital est l’un des plus salubres de la capitale. — L’église du Val-de-Grâce avait été transformée en magasin d’habillements et d’effets pour les hôpitaux militaires. En 1818 et 1819, on y fit des réparations considérables. Le 16 avril 1826, elle a été rendue au culte.

Val-de-Grâce (rue du).

Commence à la rue Saint-Jacques, nos 300 et 304 ; finit à la rue de l’Est, nos 29 et 31. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 236 m.12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Cette voie publique a été ouverte en grande partie sur l’emplacement du couvent des Carmélites, dont nous allons rappeler ici l’origine.

Sous la domination romaine, on voyait sur la hauteur où commencent aujourd’hui les rues du Faubourg-Saint-Jacques et d’Enfer, un vaste terrain nommé le Champ des Sépultures. Sous la seconde race, une église, qui prit le titre de Notre-Dame-des-Champs ou des Vignes, fut bâtie en cet endroit. Plusieurs historiens ont pensé qu’elle remplaça un oratoire dédié à saint Michel. Quelques constructions furent bientôt établies autour de la nouvelle église. À la fin du XIe siècle, des seigneurs laïques étaient propriétaires de cet enclos, qu’ils donnèrent en 1084, au monastère de Marmoutiers. Plusieurs religieux de cette communauté vinrent prendre possession de l’église Notre-Dame-des-Champs, qui fut alors érigée en prieuré. Au commencement du XIVe siècle, la fondation du collége de Marmoutiers réduisit le nombre de ces religieux, dont la congrégation occupa cependant le prieuré de Notre-Dame-des-Champs jusqu’en 1604. Catherine d’Orléans, duchesse de Longueville, ayant résolu de fonder un couvent de Carmélites, sollicita et obtint du cardinal de Joyeuse, la propriété du vaste enclos de Notre-Dame-des-Champs. Cette pieuse princesse, après en avoir fait disposer les bâtiments, introduisit le 17 octobre 1604, six religieuses qui lui avaient été envoyées par le général des Carmes d’Espagne. — En 1676, cette maison reçut une pénitente d’un nom illustre : Louise-Françoise de La Beaume-Leblanc, duchesse de La Vallière, vint expier par les austérités les plus dures la faute d’avoir aimé Louis XIV. Elle changea son titre brillant contre le nom de sœur Louise de la Miséricorde. L’altière Montespan, autre victime de l’inconstance du grand roi, vint aussi se réfugier aux Carmélites. La sœur Louise ne cessa de prodiguer à sa rivale, les soins les plus touchants. — L’église des Carmélites était richement ornée. On y voyait plusieurs tableaux des grands maîtres. Cette communauté fut supprimée en 1790. Les bâtiments et terrains qui contenaient une superficie de 17,548 m 22 c., devinrent propriétés nationales et furent vendus le 8 thermidor an V, à la charge par l’acquéreur de fournir le terrain nécessaire au percement de plusieurs rues, entr’autres d’une voie publique destinée à communiquer de la rue d’Enfer à la rue Saint-Jacques.

Le percement, décrit plus au long dans l’acte de vente, fut commencé quelques années après. — Par une décision du 18 brumaire an XIV, le ministre Champagny fixa la largeur de la rue nouvelle à 10 m. Cependant elle ne débouchait pas encore en 1811 dans la rue Saint-Jacques, attendu que les dépendances du couvent des Carmélites ne s’étendaient pas jusqu’à cette voie publique ; il fallait traverser une propriété particulière. Par un décret daté de Saint-Cloud, le 14 août 1811, Napoléon ordonna que la maison appartenant aux héritiers Langlois serait acquise pour cause d’utilité publique. Le décret reçut son exécution, la propriété fut démolie. Cependant cet emplacement ne donne pas à la rue du Val-de-Grâce la largeur fixée par le ministre. — La partie de la rue du Val-de-Grâce comprise entre les rues de l’Est et d’Enfer, a été percée sur des terrains dépendant des Chartreux. Elle est exécutée sur une largeur de 10 m. — Les constructions riveraines de la rue du Val-de-Grâce sont alignées, à l’exception de celles qui sont situées sur le côté droit, à l’encoignure de la rue Saint-Jacques ; ces constructions devront reculer de 2 m. à 3 m. — Égout entre les rues Saint-Jacques et d’Enfer.

Valence (rue).

Commence à la rue Mouffetard, no 182 ; finit à la rue Pascal, nos 17 et 21. Le dernier impair est 11 ; pas de numéro pair. Sa longueur est de 121 m.12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Une ordonnance royale du 15 janvier 1844 porte ce qui suit : « Article 1er. Les alignements du passage Valence, pour le convertir en une rue de 12 m. de largeur, sont arrêtés tels qu’ils sont tracés en lignes noires sur le plan ci-annexé. — Art. 2e. Est déclaré d’utilité publique, l’élargissement de l’ancien passage Valence sur les immeubles riverains du côté droit. » — Cette ordonnance recevra très prochainement son exécution. — Le passage avait été formé sur les terrains appartenant à MM. Marcellot et Salleron.

Valère (église Sainte-).

Située dans la rue de Bourgogne, no 8 bis. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

En 1704, une communauté de Filles-Pénitentes acheta un vaste terrain dans la rue de Grenelle-Saint-Germain, à l’angle de l’Esplanade des Invalides, et y fit construire des bâtiments, et une chapelle qui fut placée sous l’invocation de Sainte-Valère.

« Bureau de la ville. — 26 août 1718. — Veu l’arrest de la chambre du 8 août 1718, par lequel avant de procéder à l’enregistrement des lettres-patentes obtenues par la supérieure des Filles-Pénitentes de la communauté de Sainte-Valère établie en cette ville dans la rue de Grenelle, quartier de Saint-Germain-des-Prez, données à Paris au mois de septembre 1717, la chambre ordonne qu’il sera informé par M. Hennin, conseiller-maître, de la commodité ou incommodité du d. établissement, etc… Veu les dites lettres-patentes par lesquelles sa majesté a agréé, confirmé et autorisé l’établissement des d. impétrantes en cette ville pour y vivre, par elles et celles qui leur succéderont selon les mêmes règles et discipline que par le passé, sous l’autorité, juridiction et entière dépendance du sieur cardinal de Noailles et de ses successeurs archevesques de Paris ou de leurs grands vicaires, etc… Notre avis est sous le bon plaisir de la chambre, que l’établissement des Filles-Pénitentes de la communauté de Sainte-Valère étant d’une grande utilité, à cause que cette communauté est une retraite volontaire aux filles que la grâce a retirées du désordre pour y vivre dans la piété, sans être à charge au public ny à l’État, les d. lettres-patentes peuvent être enregistrées etc… Signé Trudaine, Rosnel et Ballin. »

Cette communauté religieuse, supprimée en 1790, devint propriété nationale. Les bâtiments furent vendus les 3 et 28 floréal an III. La chapelle devint, en 1802, la troisième succursale de Saint-Thomas-d’Aquin. Elle fut démolie en 1837. À cette époque, le culte de Sainte-Valère a été transféré dans une propriété particulière de la rue de Bourgogne. Les constructions n’offrent rien de remarquable.

Valhubert (place).

Située entre les quais d’Austerlitz et Saint-Bernard. Pas de numéro. — 12e arrondissement, quartiers Saint-Marcel et du Jardin-du-Roi.

« Au palais des Tuileries, le 14 février 1806. — Napoléon, etc… Il sera formé une place terminée en arc de cercle, d’un rayon de 99 m., à partir du parement extérieur de la culée, entre le pont et le Jardin des Plantes. La clôture actuelle du Jardin et les deux pavillons seront rétablis sur la ligne de cette place. Cette placé sera nommée place du général Valhubert, en mémoire du général de ce nom, tué à Austerlitz. Signé Napoléon. » — Ce décret fut immédiatement exécuté. — Bassin d’égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Valmy (quai de).

Commence au boulevart de Beaumarchais et à la place de la Bastille ; finit à la rue du Chemin-de-Pantin et à la barrière de Pantin. Le dernier impair est 205 ; pas de numéro pair ; ce côté est bordé par le canal Saint-Martin. Sa longueur est de 3,171 m. — De 1 à 7, 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine ; de 9 à 59, 8e arrondissement, quartier Popincourt ; de 61 à 107, 6e arrondissement, quartier du Temple ; de 109 à la fin, 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Formé lors de la construction du canal Saint-Martin, il reçut, en 1824, la dénomination de quai Louis XVIII, qu’il quitta en 1830, pour prendre celle de quai de Valmy, en mémoire de la célèbre journée du 20 septembre 1792, où Dumouriez battit les Prussiens commandés par le duc de Brunswick. — L’alignement de ce quai est déterminé ainsi qu’il suit : Depuis la place de la Bastille jusqu’à la rue de la Butte-Chaumont, par une parallèle à l’axe du canal et à 30 m. de distance ; depuis la rue de la Butte-Chaumont jusqu’à la fin, la distance à observer entre les constructions et l’axe doit varier de 51 m. 85 c. à 52 m. 14 c. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 1 à 55 inclus, de 63 à 67 inclus, de 71 à la fin. (Voyez canal Saint-Martin.) — Égout et conduite d’eau dans une grande partie. — Éclairage au gaz depuis le boulevart de Beaumarchais jusqu’à la rue du Faubourg-du-Temple (compe Lacarrière).

Valois-du-Roule (rue de).

Commence aux rues de Chartres, no 2, et de Courcelles, no 58 ; finit à la rue du Rocher, no 37. Le dernier impair est 15 ; le parc de Monceau longe une grande partie de ce côté ; le dernier pair, 40. Sa longueur est de 822 m.1er arrondissement, quartier du Roule.

Formée vers 1776, elle doit son nom au duc de Valois, fils du duc d’Orléans, né en 1773. Un arrêté pris par l’administration centrale du département de la Seine, à la date du 12 thermidor an VI, porte ce qui suit : « La rue de Valois sise à Monceau, prendra le nom de rue Cisalpine. » — Cette dénomination, avait pour but de rappeler la fondation de la république cisalpine. — Une décision ministérielle du 11 ventôse an XI, signée Chaptal, fixa la largeur de la rue Cisalpine à 10 m. En vertu d’un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, cette voie publique a repris sa première dénomination. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement, à l’exception de celles qui sont situées sur le côté des numéros impairs près de la rue du Rocher, et des propriétés nos 26 et 28. — Égout depuis la rue du Rocher jusqu’à celle de Miroménil. — Conduite d’eau : 1o entre ces deux rues ; 2o entre celles de Messine et de Courcelles.

Valois-Palais-Royal (rue de).

Commence à la rue Saint-Honoré et à la place du Palais-Royal ; finit à la rue de Beaujolais, nos 1 et 2. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 48. Sa longueur est de 377 m.. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Elle a été ouverte en 1784, sur une partie de l’emplacement du jardin du Palais-Royal. Elle fut exécutée sur une moindre largeur de 8 m. 50 c., et reçut le nom de passage de Valois, en l’honneur du duc de Valois, fils du duc d’Orléans. Par un arrêté en date du 2 thermidor an VI, le conseil général du département de la Seine décida qu’elle prendrait la dénomination de rue du Lycée. Cet établissement, connu aujourd’hui sous le nom d’Athénée, est situé au no 2. En vertu d’un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, la rue qui nous occupe, reprit son premier nom. — Une ordonnance royale du 22 août 1840, a maintenu la moindre largeur de 8 m. 50 c. Les propriétés riveraines sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Valois-Saint-Honoré (rue de).

Commence à la rue de Montpensier, nos 1 et 2 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 247 et 249. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 80 m.1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Cette rue a été ouverte sur l’emplacement de l’hôpital royal des Quinze-Vingts, en vertu des lettres-patentes du 16 décembre 1779, registrées au parlement le 31 du même mois. Elle reçut le nom de Valois (voyez l’article précédent). Sa largeur fut fixée à 7 m. Par arrêté de l’administration centrale du département des la Seine, en date du 12 thermidor an VI, elle prit la dénomination de rue Batave, en mémoire de la fondation de la république Batave (la Hollande). — Une décision ministérielle du 3 messidor an IX, signée Chaptal, a maintenu la largeur primitive. En 1814, elle a repris le nom de rue de Valois (voyez rue de Beaujolais-Saint-Honoré). — Conduite d’eau entre les rues des Quinze-Vingts et de Montpensier. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Val Sainte-Catherine (rue du).

Commence à la rue Saint-Antoine, nos 127 et 129 ; finit aux rues Neuve-Sainte-Catherine, no 1, et de l’Écharpe, no 1. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 217 m.8e arrondissement, quartier du Marais.

Des titres de 1505 constatent l’existence de cette voie publique sous le nom de rue de l’Égout-Sainte-Catherine. Les comtes d’Angoulême y possédaient alors un hôtel. François 1er étant parvenu à la couronne, le réunit au palais des Tournelles.

« Louis, etc… Sur ce qui nous a été représenté par les prévôt des marchands et échevins de notre bonne ville de Paris, que la rue Saint-Louis, l’une des plus belles de la capitale, manque de communication directe dans la rue Saint-Antoine, parce que le canal voûté qui passe dessous, a son embouchure dans la rue de l’Égout, et que le ponceau qui subsiste dans cette même rue occupe une grande partie de sa largeur dont le surplus est garni de marches, en telle sorte que les chevaux ne peuvent y passer et que les gens de pied risquent de tomber et de se blesser, ce qui est fréquemment arrivé… Que la dite rue de l’Égout dont la largeur n’est que de quinze à seize pieds au plus, est destinée à former suite et communication à la rue Saint-Louis qui a 46 pieds, etc… À ces causes, etc… Article 1er. La d. rue de l’Égout-Saint-Paul sera élargie de 8 pieds dans toute son étendue, de manière qu’elle ait par la suite 24 pieds de large, etc… Signé Louis. (Extrait des lettres-patentes du 14 mai 1777). — Cette amélioration fut exécutée peu de temps après. — Une décision ministérielle du 3 ventôse an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette rue à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 10 mars 1836, cette dimension a été portée à 13 m. Conformément à une décision ministérielle du 17 août 1839, cette voie publique a pris le nom de rue du Val-Sainte-Catherine, qui rappelle l’ancien établissement religieux dont nous avons parlé à l’article du marché Sainte-Catherine. — Propriété no 1, retranch. 2 m. 60 c. à 2 m. 85 c. ; 3, alignée ; du second no 3 à 15, alignées ; 17, ret. réduit 80 c. ; 19, ret. réduit 40 c. ; 21, 23, alignées ; constructions depuis la rue Saint-Antoine jusqu’au no 2, ret. réduit 5 m. 20 c. ; 2, ret. 3 m. ; de 4 à la fin, ret. 4 m. à 5 m. 10 c. — Égout. — Conduite d’eau entre la rue Jarente et la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Vanneau (rue).

Commence à la rue de Varenne, nos 25 et 27 ; finit à la rue de Babylone, nos 20 et 22. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 358 m.10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

En 1826, M. Rougevin, architecte, était propriétaire des hôtels de Montebello et de Chimay. Il conçut le projet d’ouvrir sur leur emplacement, une rue de 12 m. de largeur. Une ordonnance royale du 19 juin 1826 porte ce qui suit : « Article 1er. Le sieur Rougevin est autorisé à ouvrir sur les terrains qui lui appartiennent entre les rues de Varenne et de Babylone, à Paris, une nouvelle rue de douze mètres de largeur conformément au plan no 2, ci-joint. — Art. 2e. Cette autorisation est accordée à la charge par l’impétrant : 1o de fournir sans indemnité le terrain nécessaire à la nouvelle rue ; 2o de supporter les frais du premier établissement de pavage et d’éclairage ; 3o d’établir de chaque côté de la rue des trottoirs en pierre dure dont les dimensions seront déterminées par l’administration, etc. » — Ce percement fut immédiatement exécuté et reçut la dénomination de rue Mademoiselle, en raison de sa proximité de l’hôtel de Mademoiselle Louise-Eugénie, princesse Adélaïde d’Orléans. Cette propriété, située rue de Varenne, no 23, avait appartenu à M. de Matignon et au prince de Monaco. — En vertu d’une décision ministérielle du 6 octobre 1830, cette voie publique a pris le nom de rue Vanneau, en mémoire du jeune élève de l’école Polytechnique, tué le 29 juillet précédent, en commandant l’attaque de la caserne de Babylone occupée par les Suisses. Les propriétés riveraines sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau.

Vannerie (rue de la).

Commence à la place de l’Hôtel-de-Ville, no 17, et la rue Jean-de-l’Épine, no 1 ; finit aux rues de la Planche-Mibray, no 18, et des Arcis, no 2. Le dernier impair est 49 ; le dernier pair, 50. Sa longueur est de 146 m.7e arrondissement, quartier des Arcis.

Cette rue était complètement bâtie vers 1150. Dans un acte de transaction passé entre un nommé Saint-Germain et le prieur de Saint-ÉIoi (novembre 1162), elle est appelée Vanneria. Elle porte le même nom dans l’accord de Philippe-le-Hardi, avec le chapitre Saint-Merri, en 1273. Guillot et le rôle de taxe de 1313, l’appellent la Vannerie. — Une décision ministérielle du 21 mai 1817, avait fixé la largeur de cette voie publique à 12 m. En vertu d’une ordonnance royale du 26 juin 1837, la largeur de 12 m. a été maintenue pour la partie comprise entre la place de l’Hôtel-de-Ville et la rue de la Coutellerie ; mais le surplus a été porté à 18 m. 50 c. de largeur. Propriétés de 1 à 5, retranch. 70 c. à 1 m. ; 7, 9, ret. réduit 50 c. ; de 11 à 15, ret. 30 c. ; 17, 19, alignées ; 21, ret. 30 c. ; 23, ret. réduit 50 c. ; 25, ret. réduit 80 c. ; 27, 29, ret. 1 m. à 1 m. 30 c. 31, redress. ; 35, doit être supprimée pour l’exécution de l’alignement de la rue des Teinturiers ; 37, ret. réduit 2 m. 20 c. ; 39, ret. réduit 1 m. ; de 41 à la fin, ret. 7 m. à 8 m. 70 c. ; de 4 à 24, ret. 6 m. à 7 m. 20 c. ; de 26 à 32, ret. 4 m. 70 c. à 5 m. 80 c. ; 34, 36 et 38, seront supprimées pour la formation d’un grand pan coupé à l’encoignure de la rue de la Coutellerie ; 40, ret. réduit 2 m. 20 c. ; 42, ret. réduit 1 m. 80 c. ; 44, ret. réduit 2 m. 30 c. ; de 46 à la fin, ret. 2 m. 60 c. à 3 m. — Conduite d’eau entre la rue de la Planche-Mibray et la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Vannes (rue).

Commence aux rues des Deux-Écus, no 12, et du Four, no 19 ; finit à la rue de Viarme, nos 6 et 8. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 35 m.4e arrondissement, quartier de la Banque.

Elle a été ouverte en avril 1765, sur l’emplacement de l’hôtel de Soissons, en vertu des lettres-patentes du 25 novembre 1762, registrées au parlement le 22 décembre suivant. — La largeur de cette voie publique fut fixée à 24 pieds. Cette largeur a été maintenue par une décision ministérielle du 9 germinal an XIII, signée Champagny. Sa dénomination rappelle M. de Vannes, avocat et procureur du roi et de la ville en 1765 (voyez halle au Blé). Les propriétés riveraines qui sont assujetties à une décoration symétrique sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Varenne (rue de).

Commence à la rue du Bac, nos 88 et 90 ; finit au boulevart des Invalides, no 9. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 663 m.10e arrondissement : tous les numéros impairs, et les pairs de 2 à 32, sont du quartier Saint-Thomas-d’Aquin ; de 31 à la fin, quartier des Invalides.

Cette rue a été ouverte au commencement du XVIIe siècle. Un plan de 1651 l’appelle rue de la Varenne. Elle tire probablement son nom d’une garenne (par corruption Varenne), qui se trouvait en cet endroit avant que l’on construisît cette partie du Faubourg-Saint-Germain. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an V, signée Benezech, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’une ordonnance royale du 7 mars 1827, cette largeur est portée à 10 m. 30 c. Propriétés de 1 à 21, alignées ; 23, redress. ; 25, retranch. 40 c. ; 27, alignée ; de 29 à 33, ret. 70 c. à 90 c. ; les deux encoignures de la rue Barbet-de-Jouy, alignées ; propriété à la suite, ret. réduit 60 c. ; de 37 à la fin, alignées (le numérotage du côté des numéros pairs est irrégulier) ; de 2 à 10, alignées ; seconds nos 4, 6, ret. 1 m. 20 c. à 1 m. 40 c. ; partie du no 8, ret. 1 m. 50 c., surplus aligné ; de 10 à 20, ret. 1 m. 30 c. à 1 m. 50 c. ; encoignure gauche de la rue Hillerin-Bertin, alignée ; 22, ret. réduit 90 c. ; 24, ret. 70 c. ; 26, 28, ret. 40 c. à 70 c. ; 30, ret. 30 c. ; 32, redress. de 34 à la fin, alignées. — Portion d’égout du côté du boulevart des Invalides. — Conduite d’eau depuis la rue Billerin-Bertin jusqu’au boulevart. — Éclairage au gaz (compe Française).

Varenne Halle-Au-Blé (rue de), voyez de Varenne.

Variétés (théâtre des).

Situé boulevart Montmartre, no 5. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Cette salle, l’une des plus commodes et des plus jolies de la capitale, a été construite en 1807, sur les dessins de Célerier, architecte. L’inauguration eut lieu le 25 juin de la même année. Brunet et Tiercelin furent les directeurs de cette entreprise qui, fort goûtée du public, n’a point cessé d’être brillante. On y joue des vaudevilles et des comédies. Potier, Vernet et Odry ont contribué puissamment à la fortune de ce théâtre (voyez théâtre du Palais-Royal). — Prix des places en 1844 : Avant-scène des 1res, de galerie et du rez-de-chaussée, 6 fr. ; stalles d’orchestre, de balcon et loges de galerie, 5 fr. ; orchestre, 1re galerie, loges de face du 2me rang, 4 fr. ; loges de côté du 2me rang, 2 fr. 50 c. ; stalles de pourtour, 2 fr. 50 c. ; parterre et 2me galerie, 2 fr. ; loges du 3me rang, 1 fr. 50 c. ; 1er amphithéâtre, 1 fr. ; 2me amphithéâtre, 50 c.

Vauban (place de).

Située dans l’avenue de Tourville, derrière l’hôtel royal des Invalides. Le dernier numéro est 3. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Elle a été tracée vers 1780. Sa forme est demi-circulaire. Cette place, dans la partie traversée par l’avenue de Tourville, et dans la largeur de cette avenue seulement, a été cédée à la ville de Paris, en vertu d’une loi du 19 mars 1838. (Voyez avenue de la Bourdonnaye).

Sébastien Le Prestre, seigneur de Vauban, né en 1633, à Saint-Léger en Bourgogne, embrassa la carrière des armes à l’âge de 17 ans. Ses talents et son génie extraordinaire pour les fortifications, le firent remarquer au siège de Sainte-Ménéhould. Vauban avait servi jusqu’alors sous le prince de Condé, qui commandait les armées espagnoles. Fait prisonnier dans un combat, le cardinal Mazarin sut l’attirer au service du roi de France. Promu maréchal en 1703, Vauban mourut le 13 mars 1707. Cet habile ingénieur a fortifié 300 places anciennes, construit 33 forteresses, s’est trouvé à 140 actions, et a dirigé 53 sièges.

Vaucanson (passage).

Commence à la rue de Charonne, nos 47 et 49 ; finit à la rue de la Roquette, entre les nos 72 et 76. Pas de numéro. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

En 1627, c’était une ruelle qui avait été formée sur des terrains provenant des religieuses de l’abbaye Saint-Antoine, et dépendant du terroir de Basfroi, au lieu dit l’eau qui dort.

En 1789, c’était l’impasse de la Roquette. — Une décision ministérielle du 1er avril 1808, signée Cretet, fixa la largeur de cette impasse à 7 m. Les 7 janvier, 10 mars et 7 avril 1840, le domaine de l’État vendit l’hôtel Vaucanson, et réserva sur les dépendances de cette propriété un passage de 8 m. de largeur en prolongement de l’impasse de la Roquette avec laquelle ce passage forme aujourd’hui une seule et même communication.

L’hôtel Vaucanson, bâti au milieu du XVIIe siècle, par le sieur Nourry, appartenait en 1711 à M. Gaspard de Colnis, comte de Mortagne. Le 29 octobre 1746, madame la comtesse de Montboissier céda la jouissance à vie de cette propriété, à Jacques Vaucanson. Il prit alors le nom du célèbre mécanicien. Par acte du 18 mai 1784, le roi fit l’acquisition de cet hôtel qui devint propriété nationale en 1790.

Vaucanson (rue).

Commence aux rues Conté et de Breteuil, no 11 ; finit à la rue du Vertbois, nos 17 et 21. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 152 m.6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Ce percement, autorisé par une décision ministérielle du 9 octobre 1816, fut effectué en 1817, sur une largeur de 10 m. Il reçut la dénomination de rue Vaucanson, en vertu d’une autorisation du ministre de l’intérieur en date du 27 septembre 1817. — Une ordonnance royale du 14 janvier 1829, a maintenu la largeur de 10 m. En vertu de cette même ordonnance, la rue Vaucanson doit être prolongée jusqu’à la rue Royale, sur une largeur de 12 m. (voyez marché Saint-Martin). Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Jacques de Vaucanson, célèbre mécanicien, naquit à Grenoble, le 24 février 1709 et mourut le 21 novembre 1783, dans l’hôtel de la rue de Charonne qui portait son nom.

Vaudeville (théâtre du).

Situé sur la place de la Bourse. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

En 1791, deux auteurs estimés, MM. Piis et Barré, qui avaient enrichi le répertoire de la comédie italienne, s’associèrent un auteur nommé Rozières, pour la fondation d’un spectacle ayant pour titre : théâtre du Vaudeville. Ils obtinrent de la municipalité l’autorisation nécessaire et choisirent l’emplacement occupé par le Wauxhall d’hiver, situé dans la rue de Chartres-Saint-Honoré. En moins de deux mois, M. Lenoir, architecte, y construisit une salle dont l’inauguration eut lieu le 12 janvier 1792. Le talent des auteurs et des artistes qui ont été dirigés pendant plusieurs années par Désaugiers, valut bientôt à ce spectacle la faveur du public. Il était en pleine voie de prospérité, lorsqu’un incendie, qui éclata dans la nuit du 16 au 17 juillet 1838, détruisit entièrement la salle de la rue de Chartres. Les acteurs trouvèrent d’abord un refuge dans les différents théâtres de la capitale ; puis s’installèrent provisoirement le 16 janvier 1839, au Gymnase-Musical (boulevart Bonne-Nouvelle), qu’ils quittèrent pour venir occuper, le 18 mai 1840, le théâtre situé sur la place de la Bourse. Cette dernière salle, construite par M. Debret, architecte, avait été inaugurée le 1er mars 1827, sous le titre de théâtre des Nouveautés. L’entreprise ne fut pas heureuse, et dura cinq années seulement. Fermée le 15 février 1832, la salle fut occupée au mois de septembre suivant par les acteurs de l’Opéra-Comique, dont les représentations eurent lieu jusqu’en 1840. — Prix des places en 1844 : Avant-scène du rez-de-chaussée et de la galerie, 6 fr. ; stalles d’orchestre, de balcon, loges de la galerie et avant-scène des 1res loges, 5 fr. ; loges fermées du rez-de-chaussée de face, 5 fr. ; 1res loges et avant-scène des 2mes, 4 fr. 50 c. ; stalles de la galerie et baignoires de côté, 4 fr. ; 2mes loges, 3 fr. 50 c. ; balcon, 3 fr. ; 2me balcon, 2 fr. ; parterre, 2 fr. ; 2me galerie, 1 fr.

Vaugirard (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue de ce nom.

Cette barrière qui consiste en deux bâtiments carrés, doit son nom au village de Vaugirard. Ce hameau fut appelé jusqu’au milieu du XIIIe siècle, Valboitron ou Vauboitron, et prit à cette époque la dénomination de Vaugirard, qui signifie vallée de Girard, en raison de Girard de Moret, abbé de Saint-Germain-des-Prés, qui y fit bâtir une maison pour les religieux convalescents de son abbaye. (Voyez l’article Barrières.)

Vaugirard (chemin de ronde de la barrière de).

Commence aux rue et barrière de Vaugirard ; finit aux rue et barrière de Sèvres. Pas de numéro. Sa longueur est de 262 m.10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

(Voyez l’article Chemins de ronde.)

Vaugirard (rue de).

Commence aux rues des Francs-Bourgeois, no 2, et Monsieur-le-Prince, no 36 ; finit aux chemins de ronde des barrières des Fourneaux et de Vaugirard. Le dernier impair est 139 ; le dernier pair, 158. Sa longueur est de 2,143 m. Les numéros impairs, et les pairs, de 24 à 86, 11e arrondissement, quartier du Luxembourg ; de 2 à 22, même arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine ; de 88 à la fin, 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Ce n’était qu’un chemin au commencement du XVIe siècle. Vers 1550, on commençait à y bâtir et à lui donner le nom de rue de Vaugirard qu’elle tirait du village où elle aboutissait. La moindre largeur de la partie de cette voie publique, comprise entre la rue Monsieur-le-Prince et le boulevart, fut fixée à 12 m. par une décision ministérielle du 3 nivôse an X, signée Chaptal. En vertu d’une ordonnance royale du 24 août 1836, cette moindre largeur est réduite à 11 m. 50 c. Conformément à un arrête préfectoral du 20 décembre 1839, on a procédé à la régularisation de plusieurs numéros des maisons situées dans cette partie de rue.

La largeur de la deuxième partie comprise entre le boulevart et la barrière a été fixée à 15 m. par une décision ministérielle du 3 germinal an IX, signée Chaptal. Jusqu’en 1834, un numérotage particulier avait été donné à cette partie de rue. En vertu d’un arrêté préfectoral du 12 août de cette année, les numéros ont dû continuer la série de la première partie.

Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : dépendances du Luxembourg depuis le no 17 jusqu’à l’hôtel du grand-chancelier, propriétés de 31 à 41 bis, de 45 à 59 bis, 75, de 83 à 89, 93, de 95 à 103, 107, partie du no 111, 121, mur de clôture en face de l’impasse de l’Enfant-Jésus, partie du no 131, 135, 137, 139 ; partie du no 4, de 6 à 16, 20, 22, propriété entre les nos 36 et 42, 62, encoignure gauche de la rue Madame, 86, propriété entre les nos 98 et 100, second no 100, de 102 à 130, 136, et de 150 à 156. — Les maisons de 1 à 7, 43, 61, second no 89 et 91, ne devront subir qu’un léger redressement. — Égout dans une grande partie. — Conduite d’eau depuis la rue Molière jusqu’aux deux bornes-fontaines situées au-delà de la rue des Fourneaux. — Éclairage au gaz (compe Française).

En vertu d’une loi du 2 juillet 1844, la rue de Vaugirard doit être élargie dans la partie comprise entre l’hôtel de M. le Chancelier et la grille d’entrée du jardin du Luxembourg, au-delà de la rue du Pot-de-Fer. Comme conséquence de cet élargissement, l’alignement de la rue de Vaugirard, depuis la rue de Tournon jusqu’à celle du Pot-de-Fer, subira d’importantes modifications. Le projet sera prochainement approuvé par ordonnance royale.

Sur la maison no 11 de la rue de Vaugirard, on lit l’inscription suivante : « Henri-Louis Lekain est mort dans cette maison, le 8 février 1778. »

Au no 23 était situé le couvent des religieuses du Calvaire. Le fameux père Joseph, capucin, qui avait institué une congrégation de bénédictines sous l’invocation de Notre-Dame du Calvaire, cherchait depuis longtemps à établir à Paris un couvent de cet ordre. La reine Marie de Médicis favorisa cette fondation, et donna aux filles du Calvaire une maison dans l’enceinte même du palais qu’elle venait de faire bâtir (le Luxembourg). Se trouvant trop à l’étroit, ces religieuses achetèrent, en 1622, une maison dans la rue de Vaugirard, où elles s’installèrent quelque temps après. Leur église fut élevée aux frais de la reine. Supprimé en 1790, ce couvent devint propriété nationale. Une faible partie de cet immeuble fut vendue les 2 décembre 1790 et 28 juillet 1791. L’église qui subsiste encore servit de magasin. Les autres bâtiments, après avoir été longtemps affectés à une caserne, furent, en 1834, changés en prison pour les accusés politiques renvoyés devant la Cour des Pairs. En 1836, on a percé sur une partie du cloître, une nouvelle entrée au jardin du Luxembourg. Toutes ces constructions seront prochainement démolies pour faciliter l’élargissement de la rue de Vaugirard.

Au no 70, on voyait le couvent des Carmes. La réforme que sainte Thérèse avait introduite dans l’ordre des Carmes, en 1568, s’était répandue d’Espagne en Italie. Le pape Paul V, connaissant la piété de ces religieux, engagea Henri IV à les recevoir à Paris. Les pères Denis et de Vaillac étaient porteurs d’un bref daté du 20 avril 1610. La nouvelle de l’assassinat du roi qu’ils apprirent en chemin ne les arrêta point, et ils arrivèrent à Paris au mois de juin. Des lettres-patentes leur furent accordées en mars 1611, et le 22 mai de la même année les Carmes déchaussés prirent possession d’une maison sise rue de Vaugirard, qui leur fut donnée par Nicolas Vivian, maître-d’hôtel du roi. Cette propriété devint bientôt trop petite, il fallut la reconstruire. Marie de Médicis posa, le 20 juillet 1613, la première pierre de la nouvelle église qui ne fut achevée qu’en 1620. Les Carmes, par des acquisitions successives, formèrent de vastes jardins qu’il cultivaient avec le plus grand soin. Ils possédaient également autour de leur cloître un grand emplacement sur lequel ils avaient fait bâtir, vers le milieu du siècle dernier, plusieurs beaux hôtels qui donnaient dans les rues du Regard et Cassette. Ces propriétés, dont ils tiraient de bons revenus, avaient rendu leur couvent l’un des plus riches de l’ordre. « Il faut leur rendre justice, dit plaisamment Saint-Foix, les richesses ne les enorgueillissent pas ; ils continuent toujours d’envoyer des frères quêteurs dans les maisons. » — Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale. Ce fut là que commencèrent les massacres du 2 septembre 1792. — Les bâtiments qui composaient l’ancienne maison religieuse furent vendus par l’État, le 21 thermidor an V. Le couvent des Carmes a été racheté en partie vers 1808, par une société de dames pieuses. Depuis 1820, il est habité par des religieuses Carmélites, sous la direction de madame de Soyecourt.

Vavin (rue).

Commence à la rue de l’Ouest, nos 24 et 26 ; finit à la rue Notre-Dame-des-Champs, nos 27 bis et 31. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 148 m.11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Une ordonnance royale du 8 décembre 1831 porte ce qui suit : « Article 1er. Le sieur Vavin, propriétaire à Paris, est autorisé à convertir en une rue de dix mètres de largeur, le passage à lui appartenant qui conduit de la rue Notre-Dame-des-Champs à la rue de l’Ouest. L’ouverture de cette nouvelle rue n’est autorisée qu’à la charge par le sieur Vavin, ou ses représentants, de remplir toutes les conditions stipulées dans la délibération du conseil municipal de Paris, du 8 septembre 1831. » — Cette délibération impose les conditions suivantes : « 1o de donner à cette voie publique une largeur de 10 m. et de faire les deux côtés parallèles et en ligne droite ; 2o de ne pas élever les constructions au-delà de quinze mètres, y compris attique et mansarde, sauf les corps de logis simples ou doubles des encoignures communes avec les rues de l’Ouest et Notre-Dame-des-Champs, qui pourront être élevés à 18 m. ; 3o de faire les premiers frais de pavage et éclairage de la nouvelle rue ; 4o de pourvoir à l’écoulement souterrain ou à ciel ouvert des eaux pluviales et ménagères ; 5o et enfin de livrer gratuitement le terrain nécessaire à la formation de la d. rue. Il est en outre entendu, que dans le cas où les propriétaires voudraient établir des trottoirs, il ne leur serait alloué aucune prime par l’administration. » Les propriétés riveraines sont alignées.

Veaux (halle aux).

Située entre la place aux Veaux et les rues de Poissy et de Pontoise. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Avant l’année 1646, le marché aux Veaux était établi sur un emplacement situé à l’encoignure des rues de la Planche-Mibray et de la Vieille-Place-aux-Veaux. Par arrêt du 8 février 1646, il fut transféré sur le quai des Ormes — Lettres-patentes, août 1772. « Louis, etc… L’établissement et le maintien du bon ordre pour le service de la police et du public dans les halles et marchés de notre bonne ville de Paris, méritent d’autant plus d’attention de notre part que c’est un des moyens d’y procurer l’abondance et l’égalité dans le prix des denrées. C’est dans cette vue que nous avons réglé la situation de ces marchés et l’ordre qui y serait observé ; mais le marché aux Veaux est un de ceux auxquels il n’a pas encore été pourvu, et nous avons reconnu qu’il est d’autant plus essentiel de lui procurer un autre emplacement que celui où il se tient actuellement est trop étroit, que le passage très intéressant pour le service des ports est intercepté par la quantité de voitures qui y apportent les Veaux, ce qui occasionne des accidents fréquents ; que ce marché exigeant un emplacement à proximité de la rivière et du centre de Paris, il n’y en a pas de vacant qui puisse y convenir davantage que le clos des Bernardins, et étant informé que ce terrain vient d’être vendu aux sieurs Regnaudet de Ronzières, Damien, architecte, Lenoir le Romain, architecte, et Benoît de Sainte-Paule, par acte passé devant Paulmier et son confrère, notaires à Paris, le 30 mai dernier, en conséquence de la délibération prise par les officiers et religieux composant le collége de Saint-Bernard, dûment assemblés le 11 du d. mois de mai, sous le bon plaisir du sieur abbé général de l’ordre de Cîteaux, aux offres faites par les d. sieurs de Ronzières, Damien, Lenoir et de Sainte-Paule, d’en employer partie à construire des bâtiments, ce qui nous donnerait une augmentation de revenu et ferait rentrer dans le commerce un bien possédé par des gens de mainmorte, et d’établir sur le surplus de ce terrain le marché aux Veaux, de former des issues pour y parvenir, d’y construire une halle couverte, où les veaux seraient à l’abri des injures du temps et où ils pourraient être mis en liberté dans les compartiments amovibles ; enfin d’y construire des étables pour y retirer ceux des bestiaux qui resteraient d’un marchè à l’autre ; mais comme les dépenses que les d. acquéreurs seraient obligés de faire pour cet établissement leur deviendraient à charge et seraient en pure perte pour eux, si le marché était déplacé par la suite, nous avons jugé convenable d’autoriser la vente qui leur a été faite du d. enclos, d’y fixer irrévocablement le marché aux Veaux, de les autoriser à y faire les constructions qui seront nécessaires, et de leur procurer un produit proportionné à la dépense en les chargeant de tout le service qui a rapport à ce marché. Considérant d’ailleurs que ce service sera beaucoup mieux fait, et qu’il sera beaucoup plus aisé d’y veiller que lorsqu’il se faisait par une multitude de gagne-deniers, qui journellement exigeaient des marchands forains des droits arbitraires, ce qui n’aura plus lieu, les droits de place étant réunis en un seul droit. À ces causes et autres à ce nous mouvans, de l’avis de notre conseil qui a vu l’acte de vente et le plan du dit clos, ensemble celui de la halle qui doit y être construite, le tout y attaché sous le contr’scel de notre chancellerie, etc… Nous avons agréé, approuvé et autorisé la vente qui a été faite de l’enclos des Bernardins aux sieurs Regnaudet de Ronzières, Damien, Lenoir et Benoît de Sainte-Paule, par acte passé devant Paulmier et son confrère, notaires à Paris, le 30 mai dernier. Ordonnons qu’à l’avenir le marché aux Veaux sera tenu dans le d. enclos des Bernardins, sur le quel il sera percé des issues et disposé des rues suivant l’alignement qui sera donné à cet effet, etc… Ordonnons en outre qu’il sera construit sur le d. terrain une halle couverte et des étables dans le lieu jugé suffisamment grand et convenable à cet effet par le dit lieutenant de police ; que le service qui a rapport à ce marché sera fait par les d. sieurs de Ronzières, Damien, Lenoir et de Sainte-Paule, ou gens par eux préposés exclusivement à tous autres, moyennant le prix qui sera fixé par le d. sieur lieutenant de police pour leur servir de dédommagement, loyer et salaire pour l’emplacement et construction du d. marché, etc… Données à Compiègne au mois d’août, l’an de grâce 1772, et de notre règne le 57e. Signé Louis. » (Extrait des lettres-patentes). — « Registrées ce consentant le procureur général du roi, pour jouir par les impétrans de leur effet et contenu, et être exécutées selon leur forme et teneur, etc. Autorise les impétrans à percevoir un droit de douze sols pour chacun veau qui sera amené au d. marché, et ce pour tous les objets détaillés dans l’avis du lieutenant-général de police, et cinq sols pour le logement et nourriture de chacun des veaux qui restera d’un jour de marché à l’autre ; le tout sans préjudice du droit de juridiction appartenant aux prévôt des marchands et échevins de la ville de Paris, en ce qui peut être de leur connaissance et compétence, sur la rivière et ports de cette ville, suivant l’arrêt de ce jour. À Paris, en parlement, le 30 juin 1773. Signé Vandive. »

Par acte passé devant maîtres Mony et son collègue, notaires à Paris, le 18 juillet 1773, les sieurs Lenoir, de Sainte-Paule, etc., cédèrent leur privilège au sieur de Cintry. Les travaux de construction de la halle furent entrepris immédiatement sous la direction de l’architecte Lenoir dit le Romain. Cet artiste les termina promptement, et la halle fut ouverte le 28 mars 1774.

En 1784, un sieur Happey était possesseur du privilège de la halle. Louis XVI voulant retirer ce privilège des mains d’un particulier, ordonna par lettres-patentes du 17 décembre de la même année, qu’il serait réuni à son domaine et exploité à son profit. Le sieur Happey fut indemnisé de la perte de son privilège. — En vertu du décret impérial du 26 mars 1806, la ville perçoit les droits de place dans la halle aux Veaux qui sert aussi à la vente des vieilles ferrailles. — Les bâtiments occupent une superficie de 2,300 m.

Veaux (place de la Halle-aux-).

Commence à la rue de Poissy ; finit à la rue de Pontoise. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 4 bis. Sa longueur est de 64 m.12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

On appelle ainsi les deux communications qui longent les grands côtés de la halle aux Veaux. Elles ont été formées en 1774. — Une décision ministérielle du 29 thermidor an XI, signée Chaptal, a fixé leur largeur à 12 m. Les propriétés riveraines sont alignées.

Veaux (rue de la Vieille-Place-aux-).

Commence à la rue de la Joaillerie et à la place du Châtelet, no 6 ; finit à la rue de la Planche-Mibray, nos 7 et 9. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair 28. Sa longueur est de 109 m.7e arrondissement, quartier des Arcis.

Elle doit son nom à l’ancienne halle aux Veaux. Au XIVe siècle, c’était la place aux Sainctyons. Elle devait cette dénomination à une riche famille de bouchers. Au XVe siècle, c’était la rue aux Veaux, de la Tannerie, de la place aux Veaux. On a ajouté à sa dernière dénomination l’épithète de Vieille, lorsqu’on a transféré le marché sur le quai des Ormes, en vertu d’un arrêt du 8 février 1646. La rue de la Vieille-Place-aux-Veaux aboutissait autrefois, par un retour d’équerre, dans la rue Saint-Jacques-la-Boucherie. Ce débouché a été supprimé lors de la formation de la place du Châtelet. — Une décision ministérielle du 11 octobre 1806, signée Champagny, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 6 m. Cette rue est numérotée à contre-sens. La propriété à l’encoignure de la rue de la Joaillerie, les maisons nos 13, 15, 17, 19, 6, celle qui forme l’encoignure droite de la rue de la Vieille-Tannerie, et celles nos 18 bis et 20, sont alignées. — Conduite d’eau depuis la place du Châtelet jusqu’à la borne-fontaine.

Vellefaux (rue Claude-).

Commence à la rue de la Chopinette ; finit à la rue Grange-aux-Belles, no 54. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 253 m.5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Ouverte sur les terrains appartenant à MM. Davaux, Bart, Callou et Loyre, en vertu d’une ordonnance royale du 8 juin 1825, cette rue porte le nom de Claude Vellefaux, juré du roi Henri IV, ès-œuvres de maçonnerie, voyer de Saint-Germain-des-Prés, qui suivit la construction de l’hôpital Saint-Louis, dont les dessins ont été fournis par Claude Chastillon. — La largeur de cette voie publique est de 12 m. Les constructions riveraines sont alignées (voyez rue Chastillon).

Vendôme (passage).

Commence à la rue Vendôme, nos 6 et 6 bis ; finit au boulevart du Temple, no 39. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Ce passage a été construit en 1825, sur les terrains appartenant à M. le général Dariule, et provenant de l’ancien établissement des Filles-du-Sauveur. Cette communauté fut fondée à Paris, en 1701, par M. Raveau, prêtre de Saint-Jean-en-Grève, pour les filles repentantes. En 1704, elles s’installèrent dans la rue Vendôme, et firent construire une chapelle sous le vocable du Sauveur. Autorisée par lettres-patentes du mois d’août 1727, cette communauté, qui contenait en superficie 943 m. 31 c., fut supprimée en 1790, et vendue par le domaine de l’État le 16 brumaire an IV.

Vendôme (place).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 354 et 356 ; finit aux rues Neuve-des-Capucines, no 1, et Neuve-des-Petits-Champs, no 103. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 26. Les numéros impairs sont du 1er arrondissement, quartier de la place Vendôme ; les numéros pairs dépendent du 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Arrêt du conseil, 2 mai 1686. — « Le roy ayant esté informé de la facilité qu’il y auroit de faire une belle et grande place en la ville de Paris, dans l’espace qu’occupe l’hostel de Vandosme, laquelle place seroit d’un grand ornement à la d. ville, et d’une grande commodité pour la communication des rues qui en sont voisines avec la rue Saint-Honnoré ; sa majesté auroit donné ses ordres au sieur marquis de Louvois, conseiller en ses conseils, secrétaire d’estat et des commandemens de sa majesté, et surintendant-général de ses bâtiments, arts et manufactures du royaume, d’acquérir en son nom le d. hostel de Vandosme, et de faire ensuitte construire dans le fond d’ycelui un couvent pour les religieuses Capucines, aprez la construction duquel celuy où elles sont présentement logées, et qui est voisin du d. hostel de Vandosme, pust estre abattu, et la place qu’occupe présentement le d. couvent estre employée, tant à l’augmentation de celle qu’elle veut bien donner pour l’embellissement et décoration de la d. ville de Paris, que pour la construction des maisons qui environneront la d. place, et sa majesté ayant considéré que si ceux qui achepteront des places aux environs de la d. grande place, pour y construire des maisons, estoient obligez d’édifier le mur d’architecture et des fassades qui doibvent faire l’ornement de la d. place, suivant et conformément aux dessins et devis qu’elle en a faict dresser, cela les constituerait en une despense considérable, ou si l’on laissoit la liberté de les faire construire à leur fantaisie, ils le feroyent bastir peu solidement, et mesme inégallement par les différens goust et sentimens des propriétaires qui acqueyereroient les d. places ; sa majesté, pour remédier à ces inconvéniens, auroit résolu d’en supporter la despense, et pour cette fin auroit donné ordre au surintendant-général de ses bastimens de prendre soin de faire construire de ses deniers le d. mur d’architecture avec la solidité et les ornemens requis à un ouvrage qui doit estre aussy considérable que celuy là ; et sa majesté ayant aussi considéré qu’il pourroit rester quelque scrupule aux particuliers qui acqueyereroient les places provenantes du d. hostel de Vandosme et du d. couvent des Capucines, qui ne feroyent point partye de l’espace de la d. grande place, ny de celle des rues qui y aboutiront, non plus que de celle où sera construit le d. nouveau couvent des Capucines, que la possession des d. places ne leur seroit pas asseurée pour toujours à eux et à leurs hoirs, et qu’aussy ceux qui auroient acquis des places sur le fonds où est présentement basty le d. couvent des religieuses Capucines, craindroient un jour d’en estre recherchez et inquiétiez pour raison du huictième denier ; sa majesté voulant lever tout subjet de doubte et de difficultez à cest esgard, et mettre ceux qui achepteroient les d. places hors d’estat de rien appréhender à n’advenir pour la seureté de leur acquisition, veust mesme que toutes les d. places n’ont point esté et ne peuvent jamais estre censées faire partye du domaine de sa majesté, n’y ayant pu estre unies, attendu le peu de temps que l’acquisition en a esté faicte au nom de sa majesté, et que d’ailleurs le décret que l’on poursuit n’en a pas encore esté expédié. Sa majesté, estant en son conseil, a déclaré et déclare que son intention n’est pas que les héritages susdits, faisant partye de la place où estoit cy devant le d. hostel de Vandosme, et de celle où est à présent le d. couvent des Capucines, lesquels seront vendus aux particuliers qui voudront les acquérir, puissent estre jamais censez et réputtez de son domaine, n’y qu’à l’occasion de l’acquisition qui en a esté faite en son nom, par le surintendant et ordonnateur général de ses bastimens, l’on puisse prétendre qu’ils y doibvent retourner ny y estre jamais réunis, etc. Veult sa majesté qu’en vertu des mesmes contrats, arrests du conseil et susdittes quittances, ils deviennent propriétaires incommutables de la partye du mur de face, sur la place qui leur aura esté vendue, et qu’ils en jouissent eux, leurs hoirs et ayans cause, tout ainsy que si elles avoient esté basties par leurs soins et de leurs deniers, à la charge touttesfois de bien et duement entretenir le d. mur de face, de la manière dont il sera construit, sans y rien changer ni adjouter qui en puisse altérer la cymétrie, ni estre veu de la d. grande place, etc. » (Extrait de l’arrêt du conseil du 2 mai 1686. Archives du royaume, section administrative, série E, no 1834.)

« Lettres-patentes, 7 avril 1699. — Louis, etc… Notre ville de Paris augmentant tous les jours par le nombre de ses habitans et de ses édifices, nous avions, pour son embellissement, et pour faciliter la communication des rues Neuves-Saint-Honnoré et des Petits-Champs, et autres adjacentes, résolu de faire une belle grande place au quartier de la rue Saint-Honnoré, et, pour l’exécution de ce dessein, nous avions donné nos ordres pour acquérir en nostre nom l’hostel de Vandosme avec ses appartenances et dépendances, places et autres és-environs, dont le contrat a été passé le 4 juillet 1685, nous avions, par arrest de notre conseil du 2 mai 1686, déclaré nos intentions sur la destination de cette acquisition, et parce que cette place ne pouvait se former régulièrement sur l’emplacement de cet hôtel, nous avions résolu de nous servir, pour ce dessein, de l’emplacement du couvent des religieuses Capucines, dites de la Passion, lors établies vers la rue Saint-Honnoré, et de transférer ce couvent sur les derrières de cet hôtel, où nous l’avons depuis fait construire et parachever à nos despens, au moyen de quoi elles nous ont, par acte capitulaire du 19 avril 1698, fait l’abandon et délaissement de l’emplacement de leur ancien couvent et dépendances. Nous avons en mesme temps fait commencer la construction des murs de face qui doivent former la d. place, suivant le plan que nous en avons arrêté ; mais depuis nous avons trouvé que ces murs de face, quoyque convenables, par leur élévation et leur architecture, à la grandeur de la place, estoient incommodes et impraticables pour les particuliers qui auroient voulu y faire construire des maisons, ce qui jusqu’à présent a empêché la perfection de cet ouvrage, et nous auroit déterminé à prendre d’autres mesures et à former un nouveau dessin, dont néanmoins nous aurions résolu de surseoir à l’exécution. Sur quoi les prevost des marchands et eschevins désirant nous donner des marques de leur zèle pour l’exécution de nos projets, et procurer aux habitants du d. quartier et des rues Neuves-Saint-Honnoré et des Petits-Champs, et autres adjacentes, la commodité qu’ils recevront de cette place, nous auroient offert et proposé de se charger de la construction de cette dite place, rue Saint-Honnoré, suivant le d. nouveau plan, d’acquérir l’emplacement nécessaire pour la construction de la d. place, si nous voulions bien délaisser et abandonner aux d. prevost des marchands et eschevins, l’emplacement restant du d. hôtel de Vandosme et de l’ancien couvent des Capucines, places et ès-environs, avec les édifices qui ont été commencez sur le d. emplacement pour former la d. place en l’état qu’elle est. À ces causes, après avoir fait examiner en nostre conseil le contrat de vente à nous fait du d. hôtel de Vandosme et dépendances, et l’arrest de notre conseil du 2 mai 1686, et lettres-patentes sur iceluy, le plan de la place commencée au quartier des rues Neuves-Saint-Honnoré et des Petits-Champs, le plan levé par nos ordres de la nouvelle place, ensemble les offres et propositions des d. prevost des marchands, et eschevins, et, désirant les traitter favorablement, nous avons par ces présentes, et de l’avis de notre conseil, dit, déclaré et ordonné, disons, déclarons et ordonnons, voulons et nous plaît qu’il soit incessamment passé contrat de délaissement à perpétuité aux d. prevost des marchands et eschevins, de la totalité du fonds et de la superficie de l’emplacement restant de l’hostel de Vandosme et de l’ancien couvent des Capucines, appartenances et dépendances, places et ès environs d’iceux, le tout marqué sur le d. plan, avec les bâtiments et édifices qui ont esté construits pour former la place en l’état qu’elle est, suivant l’ancien dessin ; pour, par les d. prevost des marchands et eschevins, en faire et disposer comme ils aviseront ; voulons, attendu l’objet de destination, qu’ils soyent exempts de tous droits généralement quelconques ; voulons et ordonnons que les d. prevost des marchands et eschevins soyent tenus, suivant leurs offres, de faire construire incessamment, sur les emplacements par nous à eux délaissez, et dont il sera passé contrat, les édifices nécessaires pour former la nouvelle place que nous avons résolu, avec les rues d’entrée et issue, le tout suivant le plan et élévation levés par nos ordres ; à l’effet de quoy les dits prevost des marchands et eschevins feront démolir, tant en fondation que superficie, les bâtiments que nous aurions commencés de faire construire pour, les matériaux et démolitions en provenant, être employés à la confection du nouveau dessin. Voulons aussi que les d. prevost des marchands et eschevins soient tenus de faire le premier pavé de la d. rue et des places environnantes. Voulons que les deniers qui proviendront des ventes et aliénations ou délaissemens qui pourront être faits, soient employés au perfectionnement de la nouvelle place, aux ornemens et décorations d’icelle et dépendances. Voulons et ordonnons qu’il soit par le sieur Mansart, à présent surintendant de nos bastimens, ou telles personnes qu’il avisera sous ses ordres, tenu la main à ce que les édifices qui doivent composer la façade de la dite nouvelle place, soient construits solidement, et en conformité des plans par nous arrêtez, etc. Données à Versailles, le 7e jour d’avril, l’an de grâce 1699, et de notre règne le 56e. Signé Louis. » (Extrait des lettres-patentes, archives du royaume, bureau de la ville, registre H, no 1837, fo 234.)

Ces lettres-patentes ayant été registrées en parlement le 29 du même mois, les travaux de construction furent alors repris avec vigueur sous la direction de Jules Hardouin Mansart. Le 16 août de la même année, la statue de Louis XIV fut inaugurée en grande cérémonie au milieu de cette place. Cette statue, fondue d’un seul jet, en 1692, par Balthasar Keller, d’après Girardon, était d’une dimension colossale. Le grand roi, représenté à cheval, vêtu à l’antique, avait la tête couverte d’une immense perruque. Plusieurs écrivains de cette époque affirment que vingt hommes, assis sur deux rangs autour d’une table, auraient pu se tenir à l’aise dans le ventre du cheval. — La place, alors nommée place des Conquêtes, n’était pas encore terminée. Deux arrêts du conseil, des 5 juin 1700 et 3 mai 1701, prescrivirent son achèvement. Ces arrêts reçurent peu de temps après leur exécution. Cette large voie publique forme un octogone ayant quatre grandes faces et quatre petites. Son architecture est parfaitement régulière et présente une décoration d’ordre corinthien. Entre chaque face s’avance un corps de logis surmonté d’un fronton dans le tympan duquel sont sculptées les armes de France au milieu d’ornements divers. La symétrie des bâtiments bordant les deux entrées de cette place est altérée depuis une trentaine d’années par la construction de plusieurs boutiques ; l’administration actuelle s’imposera sans doute le devoir de faire respecter cette magnifique architecture.

De 1764 à 1771, la foire Saint-Ovide avait lieu sur la place Vendôme. Le corps de ce saint avait été donné dès 1665 aux religieuses Capucines. La foire Saint-Ovide, transférée en 1771 sur la place Louis XV, fut supprimée vers 1784.

Le 16 août 1792, la statue équestre de Louis XIV fut détruite, et la place reçut le nom de place des Piques. Néanmoins, l’habitude lui conserva, même alors, la dénomination de place Vendôme qu’elle a reprise officiellement à l’avènement de Napoléon. — La bataille d’Austerlitz venait de terminer cette merveilleuse campagne de deux mois, qui fut comptée à tous les militaires pour deux années de service. L’empereur voulut récompenser dignement la grande armée en érigeant, avec le bronze de 1,200 canons enlevés aux Autrichiens et aux Russes, une colonne qui serait dédiée à la gloire de nos soldats. Ce monument fut commencé le 25 août 1806, et terminé le 5 août 1810, sous la direction de M. Denon et de MM. Lepère et Gondoin, architectes. La hauteur totale de la colonne est de 44 m. Depuis sa base, construite sur l’emplacement du piédestal de la statue de Louis XIV, elle est bâtie en pierres de taille, recouvertes de plaques de bronze séparées par un cordon sur lequel on a inscrit l’action représentée dans le tableau au-dessus. Sur les quatre façades du piédestal sont reproduites des armes de guerre et des costumes militaires. Ces ornements sont soutenus à chaque angle par un aigle en bronze pesant 250 kilogrammes. Le tour de la colonne représente les brillants faits d’armes de la campagne de 1805, depuis le départ du camp de Boulogne jusqu’à la bataille d’Austerlitz. Dans l’intérieur du monument on a pratiqué un escalier à vis dont l’entrée est placée à l’une des faces du piédestal, vis-à-vis du jardin des Tuileries. Cet escalier en spirale conduit à une galerie. Sur la colonne était placée la statue de Napoléon, exécutée par Chaudet, membre de l’Institut. L’empereur portait le sceptre et le diadème. En 1814, les Russes voulurent renverser ce monument ; malgré leurs efforts, le bronze de la colonne resta immobile, et la statue de l’empereur fut seule abattue. Fondue quelque temps après, elle servit à la statue de Henri IV, rétablie sur le terre-plein du Pont-Neuf.

Le poids total des bronzes de la colonne de la place Vendôme, d’après les renseignements fournis par M. Lepère, est de 251,367 kilogrammes.

La fonte, exécutée par MM. Launay et Gonon, a coûté 
 164,837 f.
Frais de pesée 
 450 f.
Ciselure par M. Raymond 
 267,219 f.

Frais de modèle, savoir :

À M. Chaudet, pour la statue 
 13,000 f.
À trente-trois autres statuaires, pour les bas-reliefs 
 199,000 f.
À M. Gelée, pour la sculpture d’ornements 
 39,115 f.
Dessins de composition générale des bas-reliefs, par M. Bergeret 
 11,400 f.
Les travaux de construction, maçonnerie, serrurerie, charpenterie, plomberie, etc., se sont élevés à 
 601,979 f.
Les architectes ont reçu pour honoraires 
 50,000 f.
Si l’on ajoute à cette somme la valeur effective du bronze, 251,367 kilogrammes, à raison de 2 f. 50 c. par kilo 
 628,417 f.

Le total est de 
 1,975,417 f.

Quelque temps après la révolution de Juillet, le nouveau gouvernement voulut rendre à la colonne la statue de son fondateur. Une ordonnance royale du 8 avril 1831 en prescrivit le rétablissement. Le 29 juillet 1833, elle fut replacée sur ce monument. L’empereur est représenté avec les insignes militaires si connus du peuple et de l’armée. Cette statue, exécutée par M. Emile Seurre, a occasionné une dépense de 60,000 francs, compris fourniture de bronze, frais de pose, etc. Le nouveau soubassement de la colonne est en granit de Corse. Il a été placé en 1835, et a coûté 76,000 francs.

Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Vendôme (rue).

Commence à la rue Charlot, nos 43 et 45 ; finit à la rue du Temple, nos 106 et 108. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 285 m.6e arrondissement, quartier du Temple.

Un arrêt du conseil du 23 novembre 1694 ordonna l’ouverture de cette rue, suivant une direction qui a été modifiée par un autre arrêt du 22 décembre 1696. Ce percement, dont la largeur était fixée à 6 toises, fut immédiatement exécuté sur des terrains provenant du prieuré du Temple. — Une décision ministérielle du 23 brumaire an VIII, signée Quinette, et une ordonnance royale du 16 mai 1833, ont maintenu la largeur primitive. Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Philippe de Vendôme, grand-prieur de France, né en 1655, se signala d’abord sous le duc de Beaufort, lors de l’expédition de Candie. En 1672, il suivit Louis XIV à la conquête de la Hollande. Nommé lieutenant-général en 1693, il eut en 1695 le commandement de la Provence. Dans la guerre de la Succession, Vendôme fut envoyé en Italie où il prit plusieurs places sur les Impériaux. Il se démit du grand prieuré en 1719, et mourut à Paris le 24 janvier 1727.

Venise (impasse de).

Située dans la rue Quincampoix, entre les nos 21 et 23. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4 bis. Sa longueur est de 42 m.6e arrondissement, quartier des Lombards.

De 1200 à 1250, c’était la rue de Bierre. En 1315, la rue de Bière par devers Saint-Josse. En 1350, la rue de Bierne, de Bièvre et de Bièvre-sans-Chef. En 1600, on l’appelait rue Verte. En 1616, 1650, rue de Bièvre dite cul-de-sac de la rue Quncampoix. En 1750, cul-de-sac de Venise, en raison de sa proximité de la rue de ce nom. De 1793 à 1806, on lui donna la dénomination de cul-de-sac Batave parce que la maison, depuis cour Batave, en était voisine. En 1806, elle prit le nom d’impasse de Venise. — Une décision ministérielle du 21 prairial an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette impasse à 7 m. Une autre décision ministérielle du 30 novembre 1822, signée Corbière, porte que l’impasse de Venise sera transformée en une rue de 10 m. de largeur au moyen de son prolongement jusqu’à la rue Saint-Denis. Ces dispositions ont été sanctionnées par une ordonnance royale du 29 avril 1839, qui n’a point encore reçu son exécution. — Propriété no 1, retranch. 5 m. 50 c. à 6 m. 20 c. ; 3, alignée ; encoignure du passage, ret. 5 m. 80 c. ; encoignure de la rue Quincampoix, ret. 1 m. 50 c. ; 2, 4 et 4 bis, alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Venise (passage de).

Commence à l’impasse de Venise ; finit à la cour Batave. Pas de numéro. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Il a été construit à la fin du XVIIIe siècle, sur une partie du jardin des Filles de Saint-Magloire. (Voir pour l’étymologie, l’article suivant.)

Venise (rue de).

Commence à la rue Saint-Martin, nos 73 et 75 ; finit à la rue Quincampoix, nos 26 et 28. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 52 m.6e arrondissement, quartier des Lombards.

Guillot l’appelle rue Sendebours-la-Tréfillière. Des plans de 1300 et 1313 la désignent sous le nom de Hendebourc-la-Trefélière. Cependant ce n’est pas sa dénomination véritable. Nous devons plutôt nous en rapporter aux titres de Saint-Merri qui la nomment, depuis 1250, rue Érembourg ou Hérambourg-la-Trefélière. Elle a gardé ce nom jusqu’au XIVe siècle ; à cette époque, elle prit celui de rue Bertaut-qui-Dort, en raison d’un particulier qui y possédait une maison. Au XVIe siècle, une enseigne de l’Écu-de Venise, lui fit donner la dénomination qu’elle porte encore aujourd’hui. — Une décision ministérielle du 21 prairial an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Une autre décision ministérielle du 30 novembre 1822, signée Corbière, et une ordonnance royale du 29 avril 1839, ont porté cette largeur à 10 m. Propriétés du côté des numéros impairs, retranch. 5 m. 20 c. à 5 m. 80 c. ; no 2, ret. 2 m. 30 c. ; 4, 6, alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

La rue de Venise fut, sous la régence du duc d’Orléans, le théâtre d’un assassinat. Antoine-Joseph, comte de Horne, capitaine réformé, Laurent de Mille, aussi capitaine réformé, prétendu chevalier, et un nommé de l’Estang, résolurent d’assassiner un riche agioteur, pour se saisir de son portefeuille. À cet effet, ils se rendirent rue Quincampoix, et, sous le prétexte de lui négocier pour cent mille francs d’actions, ils le conduisirent dans la rue de Venise et le poignardèrent. La victime, en se débattant, cria au secours ; un garçon de cabaret entendit le bruit, ouvrit la porte : voyant un homme baigné dans son sang, il eut la présence d’esprit de fermer d’abord cette porte à deux tours, et de crier ensuite au meurtre. Les assassins cherchèrent à fuir. De l’Estang, qui faisait le guet dans l’escalier, se sauva aux premiers cris, courut à l’hôtel de la rue de Tournon, où il demeurait, prit ses effets les plus précieux et parvint à s’échapper. De Mille traversa en courant toute la foule de la rue Quincampoix, mais, vivement poursuivi, il fut arrêté aux halles. Le comte de Horne chercha à se laisser glisser de la fenêtre dans la rue. On s’en saisit également. Le comte et son complice furent roués vifs en place de Grève.

Ventadour (rue).

Commence à la rue Thérèse, nos 11 et 8 ; finit à la rue Neuve-des-Petits-Champs, nos 57 et 59. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 79 m.2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Ouverte en 1640, sur une largeur de 7 m. 79 c., cette voie publique a porté successivement les noms de rue Saint-Victor et de rue de Lionne. Sa dénomination actuelle lui vient de madame de Ventadour, gouvernante du roi Louis XV. — Une décision ministérielle du 3 frimaire an X, signée Chaptal, maintint la largeur primitive. Cette largeur est portée à 9 m. 74 c., en vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826. Les propriétés du côté des numéros impairs sont alignées ; celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 95 c. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Vents (impasse des Quatre-).

Située dans la rue de Seine, entre les nos 91 et 93. Pas de numéro. Sa longueur est de 11 m.11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

C’est la partie qui reste de l’ancienne impasse des Quatre-Vents, supprimée presqu’entièrement lors du prolongement de la rue de Seine. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette impasse, dont la largeur actuelle est de 6 m.

Vents (rue des Quatre-).

Commence à la rue de Condé, no 2, et au carrefour de l’Odéon, no 16 ; finit à la rue de Seine, nos 95 et 97. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 92 m.11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Anciennement ce n’était qu’une ruelle descendant à la foire Saint Germain. Au commencement du XVe siècle, elle prit le nom de rue Combault, parce que Pierre Combault, chanoine de Romorantin, y demeurait. Sa dénomination actuelle lui vient d’une enseigne. — Une décision ministérielle du 6 fructidor an XIII, signée Champagny, et une ordonnance royale du 12 mai 1841, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Propriétés nos 1, 3, 5, alignées ; 7, retranch. 35 c. ; 9, ret. 30 c. ; 11, 13, redress. ; de 15 à la fin, alignées ; de 2 à 8, ret. 1 m. 20 c. à 1 m. 70 c. ; 10, ret. 30 c. ; 12, ret. 1 m. ; 14, alignée ; 16, 18, ret. 60 c. à 90 c. ; 20, doit être supprimée par l’alignement de la rue du Cœur-Volant ; partie du no 22, ret. 50 c. ; surplus, aligné. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Verdelet (rue).

Commence à la rue Jean-Jacques-Rousseau, no 11 ; finit aux rues Coq-Héron et de la Jussienne, no 2. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par les bâtiments de l’Administration des Postes ; le dernier pair est 10. Sa longueur est de 77 m.3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.

En 1295, ce n’était qu’une ruelle étroite et puante hors des murs de l’enceinte de Philippe-Auguste. Elle se nommait alors rue Merderet. En 1311, on la trouve sous le nom de Breneuse, c’est-à-dire rue malpropre. Plus tard, par altération, elle fut appelée rue Verderet, puis Verdelet. — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. Les maisons nos 6 et 8 ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Jussienne jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Verderet (rue).

Commence à la rue de la Grande-Truanderie, nos 42 et 44 ; finit à la rue Mauconseil, nos 17 et 19. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 89 m.5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Des actes de 1290, 1330, 1352 et 1406, l’indiquent seras les noms de Merderiau, Merderai, Merderel et Merderet. Cette rue étroite et sale, était un véritable dépôt d’immondices. Au XVIIe siècle, c’était la rue Verdelet. Depuis 1806, on la nomme rue Verderet. — Une décision ministérielle du 28 pluviôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur est portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838. Propriétés du côté des numéros impairs, retranch. 5 m. à 5 m. 30 c. ; 10 et 12, alignées ; surplus, ret. 1 m. 90 c. — Conduite d’eau depuis la rue Mauconseil jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Française).

Verneuil (rue de).

Commence à la rue des Saints-Pères, nos 10 et 12 ; finit à la rue de Poitiers, no 5. Le dernier impair est 51 ; le dernier pair, 58. Sa longueur est de 486 m.10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Ouverte en 1640, sur le grand Pré-aux-Clercs, elle dut son nom à Henri de Bourbon, duc de Verneuil, abbé de Saint-Germain-des-Prés, fils de Henri IV et de la marquise de Verneuil. Ce percement fut exécuté sur une largeur de 23 pieds. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an V, signée Benezech, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 7 mars 1827. Les constructions du côté des numéros impairs devront reculer de 2 m. 60 c. environ ; les numéros de 4 à 12 et de 44 à 54 redress. ; le surplus est aligné. — Conduite d’eau entre les rues Sainte-Marie et de Poitiers. — Éclairage au gaz (compe Française)

Véro-Dodat (passage).

Commence à la rue de Grenelle, no 29 ; finit aux rues Croix-des-Petits-Champs, no 12, et du Bouloi, no 2. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Ce passage, formé en 1826, porte le nom des propriétaires qui l’ont fait construire.

Verrerie (rue de la).

Commence à la place du Marché-Saint-Jean, no 39, et à la rue Bourtibourg, no 1 ; finit aux rues des Arcis, no 64, et Saint-Martin, no 2. Le dernier impair est 101 ; le dernier pair, 78. Sa longueur est de 452 m.7e arrondissement : de 1 à 41, et de 2 à 42, quartier du Marché-Saint-Jean ; de 43 à la fin, quartier des Arcis ; de 44 à la fin, quartier Sainte-Avoie.

Elle tire son nom d’une verrerie qui existait en 1185 dans cette rue. La partie de cette voie publique qui avoisine Saint-Merri portait, en 1380, le nom de cette église. Deux arrêts du conseil des 20 novembre 1671 et 20 février 1672, ordonnèrent l’élargissement de cette voie publique : « Sa majesté (portent ces arrêts) désirant procurer la décoration de sa bonne ville de Paris, et la commodité pour le passage dans les rues d’icelle, principalement en celle de la Verrie, qui est le passage ordinaire pour aller de son chasteau du Louvre en celuy de Vincennes, et le chemin par lequel se font les entrées des ambassadeurs des princes étrangers. » — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, cette moindre largeur a été portée à 12 m. Propriété no 1, alignée ; 3, retranch. réduit 1 m. ; 5, redress. ; 7, ret. réduit 90 c. ; 9, ret. réduit 2 m. ; 11, 13, ret. 2 m. 80 c. à 3 m. 80 c. ; 15, alignée ; 19, ret. réduit 2 m. 50 c. ; de 21 à 29, ret. 3 m. 20 c. à 3 m. 50 c. ; 33, ret. 2 m. 20 c. ; de 35 à 49, ret. 2 m. 40 c. à 2 m. 70 c. ; 51, ret. 2 m. ; 53, 55, ret. 3 m. 30 c. ; 61, 63, ret. 1 m. 50 c. à 2 m. 10 c. ; 65, ret. réduit 2 m. 10 c. ; 67, ret. réduit 3 m. 10 c. ; de 69 à 73, ret. 3 m. 15 c. ; 75, ret. 2 m. 60 c. ; de 77 à 83, ret. 2 m. 20 c. à 2 m. 80 c. ; 85, ret. réduit 3 m. ; 87, ret. réduit 4 m. ; 89, ret. réduit 5 m. 30 c. ; 91, ret. réduit 5 m. 70 c. ; de 93 à la fin, ret. 5 m. 90 c. à 6 m. 60 c. ; 2, ret. réduit 3 m. 50 c. ; de 4 à 8, ret. 4 m. 90 c. à 5 m. 50 c. ; 10, ret. réduit 4 m. 30 c. ; 12, ret. réduit 4 m. ; 14, ret. réduit 2 m. 70 c. ; de 16 à 26, ret. 1 m. 50 c. à 2 m. 40 c. ; de 28 à 38, ret. 1 m. 40 c. à 2 m. 50 c. ; 40, alignée ; 42, ret. 2 m. 25 c. ; 46 et 48, alignées ; de 50 à 56, ret. 2 m. 80 c. ; 58, alignée ; 60, ret. 1 m. 70 c. ; 62, 64, 66, alignées ; 68, ret. 2 m. 80 c. ; 70 et 72, ret. 2 m. à 2 m. 60 c. ; 74, ret. réduit 1 m. ; partie du no 76, ret. 70 c. ; surplus, aligné. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Versailles (impasse de).

Située dans la rue Traversine, entre les nos 42 et 44. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 21 m. 50 c.12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Il est fait mention de cette impasse vers le XVIe siècle, sous le nom de cul-de-sac de la rue Traversine. Elle doit le nom qu’elle porte aujourd’hui à sa situation en face de la rue de Versailles. — Une ordonnance royale du 9 janvier 1828, a fixé la largeur de cette impasse à 9 m. Les constructions riveraines devront reculer de 70 c.

Versailles (rue de).

Commence à la rue Saint-Victor, nos 97 et 99 ; finit à la rue Traversine, nos 23 et 25. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 80 m.12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Cette rue, qui existait dès le XIIe siècle, devait son nom à un propriétaire nommé Pierre de Versailles. Le poète Guillot en parle ainsi :

« Jusqu’à la rue Saint-Victor
» Ne trouvai ne porc, ne butor,
» Mes femmes qui autre conseille :
» Puis truis la rue de Verseille. »

Cette dénomination de Verseille, au lieu de Versailles, n’a été employée par le poète que pour satisfaire aux exigences de la rime. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 9 m., en vertu d’une ordonnance royale du 9 janvier 1828. Propriétés de 1 à 9, retranch. 2 m. 40 c. à 3 m. ; 11, alignée ; de 15 à la fin, ret. 2 m. 20 c. à 2 m. 65 c. ; encoignure de la rue Saint-Victor, ret. réduit 1 m. 10 c. ; 2, ret. réduit 40 c. ; partie du no 4, alignée ; surplus, redress. ; 8, redress. ; 10, ret. réduit 30 c. ; 12, ret. réduit 50 c. ; 14, ret. réduit 80 c. ; 16, 18, ret. 90 c. à 1 m. 20 c.

Versailles (rue du Chemin-de-).

Commence à la rue des Vignes, nos 9 et 11 ; finit au chemin de ronde de la barrière de Neuilly. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 601 m.1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Sur un plan levé en 1732, par Jubert de Basseville, elle est indiquée sous le nom de chemin de Versailles. Elle dépendait alors de la terre et seigneurie de Chaillot. Sa direction vers la route de Versailles lui a fait donner sans doute cette dénomination. — Une ordonnance royale du 6 avril 1832 a fixé la largeur de cette voie publique à 13 m. Les propriétés nos 5, 9, les deux encoignures de la rue Pauquet-de-Villejust, 15, 17, les constructions situées sur le côté droit, depuis la rue des Vignes et dans une étendue de 77 m., et la propriété no 12, sont alignées.

Vertbois (rue du).

Commence aux rues de la Croix et du Pont-aux-Biches, no 1 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 240 et 242. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 40. Sa longueur est de 251 m.6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

On ne la distinguait point anciennement de la rue Neuve-Saint-Laurent, dont elle fait la continuation. Dans le censier de Saint-Martin on lit, à l’année 1546 : rue Neuve-Saint-Laurent dite du Vertbois. Elle doit sans doute ce dernier nom aux arbres qui environnaient l’enclos du prieuré Saint-Martin-des-Champs, sur une partie duquel cette voie publique a été ouverte. — Une décision ministérielle en date du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette rue à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 14 janvier 1829, cette dimension a été portée à 10 m. Propriété no 1, retranch. 1 m. 80 c. ; 3, alignée ; 5 et encoignure droite de la rue Montgolfier, ret. 1 m. 80 c. ; propriété à la suite, redress. ; 13, 15, ret. 2 m. ; 17, ret. 1 m. 50 c. ; de 21 à 37, ret. 2 m. ; 39, alignée ; 41, 43, ret. 1 m. 30 c. à 1 m. 90 c. ; 45, 47, ret. réduit 80 c. ; de 2 à 8, ret. 1 m. 60 c. à 1 m. 90 c. ; 8 bis, 10, alignées ; 12, 14, ret. 1 m. 60 c. ; 16, alignée ; de 18 à 34 ; ret. 1 m. 60 c. à 1 m. 90 c. ; 36, ret. réduit 2 m. 70 c. ; 38, ret. réduit 3 m. 40 c. 40, ret. réduit 4 m. 10 c. — Conduite d’eau entre les rues Vaucanson et Saint-Martin. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Verte (Grande rue).

Commence à la rue de la Ville-l’Évêque, nos 43 et 45 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 118 et 120. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 374 m.1er arrondissement, quartier du Roule.

En 1690, c’était le chemin des Marais. En 1734, on n’y voyait point encore de constructions. En 1750, on la nommait rue du Chemin-Vert. En 1775, c’était la rue Verte. Le nom de Grande rue Verte, qu’elle tire de son ancienne situation, lui a été donné aussi pour la distinguer de la petite rue dont nous parlerons à l’article suivant. — Une décision ministérielle du 1er messidor an XII, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Un arrêté préfectoral du 26 juillet 1834 a prescrit la régularisation du numérotage de la Grande rue Verte. En vertu d’une ordonnance royale du 27 septembre 1836, sa largeur est portée à 12 m. Propriété no 1, redress. ; 5, retranch. 50 c. ; de 7 à 19, alignées ; 21 ret. réduit 3 m. 55 c. ; 23, ret. 2 m. 10 c. ; 25, alignée ; 27, ret. 2 m. 10 c. ; de 29 à la fin, ret. 2 m. 50 c. à 3 m. 50 c. ; de 2 à 14, ret. 1 m. 60 c. ; 16, ret. réduit 90 c. ; 18, ret. réduit 30 c. ; 22, alignée ; 24, ret. réduit 35 c. ; 26, ret. réduit 40 c. ; 28, ret. réduit 60 c. ; 30, alignée ; 32, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 34, ret. réduit 1 m. 40 c. ; 36, ret. réduit 1 m. 80 c. ; 38, alignée. — Portion d’égout du côté de la rue de la Ville-l’Évêque. — Conduite d’eau entre la rue de Miroménil et la Petite rue Verte. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Verte (Petite rue).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 108 et 110 ; finit à la Grande rue Verte, nos 27 et 29. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 94 m.1er arrondissement, quartier du Roule.

Elle a été ouverte en 1784, sur une largeur de 7 m. 79 c. (Voir pour l’étymologie, l’article précédent.) — Une décision ministérielle du 1er messidor an XII, signée Chaptal, maintint cette largeur qui a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 27 septembre 1836. Les constructions du côté des numéros impairs devront reculer de 2 m. 40 c. ; celles du côté opposé sont à l’alignement. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Vertus (barrière des).

Située à l’extrémité de la rue de Château-Landon.

Cette barrière, qui tire son nom du village d’Aubervilliers ou Notre-Dame des Vertus, est ornée d’un bâtiment avec deux péristyles et un fronton. (Voyez l’article Barrières.)

Vertus (chemin de ronde de la barrière des).

Commence à la rue de Château-Landon et à la barrière des Vertus ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Denis et à la barrière Saint-Denis. Pas de numéro. Sa longueur est de 388 m.5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

(Voyez l’article Chemins de ronde.)

Vertus (rue des).

Commence à la rue des Gravilliers, nos 16 et 18 ; finit à la rue Phelipeaux, nos 21 et 23. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 36. Sa longueur est de 171 m.6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Jaillot la trouve indiquée pour la première fois, en 1546, dans un papier-censier de Saint-Martin-des-Champs. Son nom des Vertus pourrait bien venir de son ancienne situation hors des murs de l’enceinte de Philippe-Auguste, et de sa direction vers Aubervilliers, nommé à cette époque plus fréquemment Notre-Dame des Vertus. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 14  janvier 1829. Propriété à l’encoignure de la rue des Gravilliers, retranch. réduit 3 m. 50 c. ; de 1 à 15, ret. 3 m. 20 c. à 4 m. ; 17, ret. 2 m. 20 c. ; surplus, ret. 3 m. à 3 m. 40 c. ; 2, ret. réduit 2 m. 20 c. ; de 4 à 8, ret. 2 m. 10 c. à 2 m. 60 c. ; de 10 à 22, ret. 2 m. 60 c. à 3 m. ; 24, ret. 2 m. ; de 26 à la fin, ret. 3 m. à 3 m. 40 c. — Conduite d’eau entre la rue Phelipeaux et la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Veuves (allée des).

Commence aux rues Bizet, no 2, et Jean-Goujon, no 20 ; finit au rond-point des Champs-Élysées, nos 3 et 5. Le dernier impair est 103 ; le dernier pair, 66. Sa longueur est de 631 m.1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Cette allée a été plantée en 1770. Autrefois peu fréquentée, elle offrait une promenade paisible aux veuves qui demeuraient dans les environs. On ne voyait aucune construction importante dans cette allée en 1790. Les terrains bornés à l’ouest par le chemin longeant le grand égout (emplacement représenté aujourd’hui par la rue Marbeuf), à l’est par le côté gauche de l’allée des Veuves au nord par le rond-point des Champs-Élysées, et au midi par le quai Billy, appartenaient, avant la révolution, aux Dames de la Visitation Sainte-Marie. Leur couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale. Tout l’emplacement dont nous avons indiqué les limites, et qu’on appelait marais des Gourdes, fut vendu par l’État les 17 et 19 juillet, 4, 8, 22, 24, 27 août et 1er septembre 1792. — La largeur de l’allée des Veuves varie de 38 m. à 39 m. — Une décision ministérielle du 14 vendémiaire an XI, signée Chaptal, a déterminé l’alignement de cette voie publique. Les propriétés riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — Égout entre les rues Jean Goujon et Bayard. — Conduite d’eau depuis cette rue jusqu’au rond-point des Champs-Élysées. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Viarme (rue de).

Commence à la rue Devarenne, nos 1 et 2 ; finit à la rue Oblin, nos 1 et 2. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 245 m.4e arrondissement, quartier de la Banque.

Autorisée par lettres-patentes du 25 novembre 1762, registrées en parlement le 22 décembre suivant, cette rue, qui est circulaire, a été ouverte en avril 1765, sur l’emplacement de l’hôtel de Soissons. (Voyez halle au Blé.) — Sa largeur fut fixée à 39 pieds. Cette largeur a été maintenue par une décision ministérielle du 9 germinal an XIII, signée Champagny. Les propriétés riveraines qui sont assujetties à une décoration symétrique sont alignées. — Conduite d’eau dans la plus grande partie. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Messire Jean-Baptiste-Élie Camus de Pontcarré, chevalier, seigneur de Viarme, Sengy, Belloy et autres lieux, conseiller d’état, fut élu prévôt des marchands de la ville de Paris le 16 août 1758. Il cessa d’occuper cette importante fonction le 16 août 1761.

Victoire (rue de la).

Commence à la rue du Faubourg-Montmartre, nos 51 et 53 ; finit à la rue de la Chaussée-d’Antin, nos 62 et 64. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 61. Sa longueur est de 630 m.2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Vers 1680, c’était la ruellette aux marais des Porcherons. En 1734, la ruelle des Postes. Plus tard elle prit le nom de rue Chantereine.

« Séance du 8 nivôse an VI. — L’administration centrale du Département considérant qu’il est de son devoir de faire disparaître tous les signes de royauté qui peuvent encore se trouver dans son arrondissement. Voulant aussi consacrer le triomphe des armées françaises par un de ces monuments qui rappèlent la simplicité des mœurs antiques. Ouï le commissaire du Pouvoir Exécutif, arrête que la rue Chantereine prendra le nom de rue de la Victoire. » (Registre 18, page 86.) — Une décision ministérielle en date du 3 ventôse an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En 1816, elle reprit le nom de rue Chantereine.

« Paris, le 25 novembre 1833. Monsieur le préfet. J’ai pris connaissance de la lettre du 21 octobre dernier, par laquelle vous proposez de rendre à la rue Chantereine le nom de rue de la Victoire, qu’elle reçut de l’autorité municipale, à l’époque où Napoléon, général en chef de l’armée d’Italie, vint habiter l’hôtel qu’il possédait dans cette rue, lorsqu’il apporta au Directoire le traité de Campo-Formio. Cette dénomination, qu’elle a conservée jusqu’en 1816, était un hommage rendu à la mémoire d’un grand homme, et je ne puis qu’applaudir à la proposition que vous avez faite de la rétablir. Recevez, etc… Le ministre du commerce et des travaux publics ; signé A. Thiers. » — Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de la maison no 39, et de la propriété située sur le côté des numéros pairs, à l’encoignure de la rue de la Chaussée-d’Antin. — Portion d’égout. — Conduite d’eau dans plusieurs parties. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

L’hôtel que possédait autrefois le général Bonaparte se trouve aujourd’hui compris dans le magnifique établissement connu sous le nom de Néothermes, et portant le no 48.

Victoires (place des).

Située à l’extrémité de la rue Croix-des-Petits-Champs. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 12. — Les nos 1, 2 et 4, sont du 4e arrondissement, quartier de la Banque ; le surplus dépend du 3e arrondissement, quartier du Mail.

La place des Victoires n’a pas eu l’honneur de connaître, comme sa sœur aînée, la place Royale, les beaux cavaliers, les grandes dames du siècle de Louis XIII.

Elle n’a point, comme la place de la Concorde, cette courtisane de tous les régimes, de candélabres étincelants de dorures, de fontaines aux panaches élégants ; des palais, des jardins, un fleuve, pour limites. Mais aussi on lui a épargné peut-être en faveur de sa glorieuse dénomination, les horribles spectacles de la Terreur.

On ne peut lui reprocher, comme à la place du Châtelet, d’avoir prêté ses dalles pour la vente du mobilier de l’artisan, ni d’avoir été, comme la place de Grève, la très humble servante du bourreau.

La place des Victoires est fille d’un noble gentilhomme, et son histoire rappelle de glorieux souvenirs. François, vicomte d’Aubusson, duc de la Feuillade, pair et maréchal de France, plein d’enthousiasme pour le génie de Louis XIV, voulut laisser à la postérité un monument durable de sa reconnaissance et de son admiration pour le grand roi. Il fit d’abord sculpter la figure en marbre de Louis XIV qu’il se proposa de placer dans un endroit très apparent. En 1684, le duc de la Feuillade acheta l’hôtel de la Ferté Sénectère qu’il fit entièrement démolir pour construire sur son terrain une place publique. Le prévôt des marchands voulant participer à cette œuvre de gratitude, en demanda l’autorisation à sa majesté.

Arrêt du Conseil. — « Le roi ayant consenti qu’il soit fait une place dans la maison du duc de la Feuillade qui sera appelée place des Victoires, pour y mettre la figure de sa majesté, que ledit sieur duc de la Feuillade a pris soin de faire faire à ses propres frais et dépens, et que les prevost des marchands et échevins de sa bonne ville de Paris qui ont désiré fournir ladite place, donnent audit sieur de la Feuillade partie des maisons qu’ils ont acquis et eschangé, de ce qu’il convient prendre de celle dudit sieur duc de la Feuillade pour former ladite place des Victoires. Sa majesté estant en son conseil, a permis et permet auxdits prevost des marchands et échevins de Paris, de contracter avec ledit sieur duc de la Feuillade pour l’eschange à faire de la partie de sa maison et jardin qui sera par lui abandonnée pour former ladite place des Victoires, contre les places et maisons que les prevost des marchands et échevins luy fourniront pour son indemnité ; et pour l’exécution du contrat qui sera passé entre eux, toutes lettres nécessaires seront expédiées. Fait au conseil d’état du roy, sa majesté y étant, tenu à Versailles le dix-neuvième jour de décembre mil six cent quatre-vingt-cinq. Signé Colbert. » (Archives du royaume section administrative série Q, 1170.)

Un architecte, nommé Predot, fut chargé de la construction des hôtels qui devaient entourer la place.

Les bâtiments n’étaient point encore achevés, lorsque le 18 mars 1686, le duc de la Feuillade fit célébrer l’inauguration de la statue de Louis XIV. Le roi, couronné par la Victoire, était revêtu des ornements de son sacre. Le monarque foulait aux pieds un cerbère, symbole de la triple alliance ; derrière la statue du roi s’élevait, sur un globe, une Victoire ailée posant une couronne de lauriers sur la tête de Louis XIV. Ce groupe, entièrement doré, avait été exécuté par Martin-Van-Den-Bogaer, connu sous le nom de Desjardins.

Aux quatre angles du piédestal on voyait quatre figures colossales d’esclaves enchaînés, dans l’attitude de l’humiliation, de la douleur ou de l’indignation. Ces figures, en bronze, étaient remarquables par la vérité de leur expression.

Quatre fanaux éclairaient, pendant la nuit, le groupe de Louis XIV. Dans l’acte de donation et substitution consenti par le duc de la Feuillade, il est parlé plusieurs fois de ces fanaux qui étaient d’une grande dimension.

Chacun d’eux se composait d’un soubassement orné de trois colonnes doriques en marbre, entre lesquelles étaient suspendus, par des guirlandes en feuilles de chêne et de laurier, plusieurs médaillons de bronze décorés d’inscriptions et de bas-reliefs.

Le duc de la Feuillade paya cher son dévouement et son enthousiasme pour son roi. Presque tous les écrivains qui se sont occupés de ce gentilhomme lui ont prodigué les épithètes les plus injurieuses. Du vivant même du noble duc, un mauvais plaisant afficha sur le piédestal du monument ce distique gascon :

La Feuillade, sandis, jé crois qué tu mé bernes,
Dé placer lé soleil entré quatré lanternes.

L’auteur faisait ici allusion au soleil que Louis XIV avait pris pour emblème.

Le duc de Saint-Simon, ce beau phraseur, si glorieux de sa noblesse poursuivit également le duc de la Feuillade de ses sarcasmes. « Si Louis XIV eût laissé faire, M. de la Feuillade aurait adoré son roi comme un dieu ! » dit le caustique chroniqueur qui n’avait jamais adoré que sa personne.

À l’entendre, ne dirait-on pas que le duc de la Feuillade n’avait jamais quitté l’œil-de-boeuf. Il est bon de rappeler ici l’histoire de ce courtisan, qui comptait parmi ses aïeux Ebon d’Aubusson, l’ami de Pépin-le-Bref, père de Charlemagne et Pierre d’Aubusson, grand-maître de l’ordre de Jérusalem, qui vécut en héros et mourut comme un saint. — À seize ans, notre courtisan débute dans la carrière militaire, à la bataille de Rhétel où il reçoit trois blessures. Un an après, à l’attaque des lignes d’Arras, il entre le premier dans les retranchements des Espagnols, commandés par le grand Condé. Six mois plus tard, il est blessé d’un coup de sabre à la tête et fait prisonnier au siège de Landrécies. La Feuillade ne s’arrête pas en si beau chemin ; à la bataille de Saint-Gothard, il commande les Français en l’absence de Coligny. On le retrouve ensuite aux sièges de Bergues, de Furnes et de Courtrai. La paix est signée. Il peut prendre du repos, mais il a résolu de se montrer courtisan toute sa vie. Il part avec trois cents soldats levés à ses frais, pour aller secourir Candie ; puis de retour en France, il fait la campagne de Hollande, suit le roi en Franche-Comté, prend Salins, emporte, l’épée à la main, le fort Saint-Étienne, l’ancienne citadelle de Besançon, et entre encore le premier dans Dôle, dont la prise complète les conquêtes de Louis XIV.

Arrêtons-nous à la moitié de la gloire de la Feuillade et demandons à Dieu qu’il nous fasse la grâce de nous envoyer souvent de pareils courtisans.

Nous sommes arrivés à l’époque de la décadence du monument élevé par le duc de la Feuillade ; en 1790, la municipalité parisienne fit enlever les quatre esclaves de bronze qu’on déposa d’abord dans la cour du Louvre. Ils décorent aujourd’hui la façade de l’hôtel royal des Invalides.

La place des Victoires éprouva le contre-coup de la chute de la royauté.

Séance du 12 août 1792. — « Le Conseil général de la commune arrête, le substitut du procureur de la commune entendu : que la place des Victoires se nommera désormais la place de la Victoire Nationale, et qu’il y sera érigé une pyramide sur laquelle seront gravés les noms des généreux citoyens morts pour la liberté dans la journée du 10 août, etc… »

Au commencement de septembre la statue du grand roi fut abattue.

La pyramide en bois substituée au monument du duc de la Feuillade ne dura pas longtemps ; Bonaparte en fit cadeau à un corps-de-garde ; les soldats se chauffèrent tranquillement avec les débris du monument républicain.

« Arrêté du 9 vendémiaire an XI. — Les consuls de la république, sur le rapport du ministre de l’intérieur, arrêtent ce qui suit : Article 1er. Une statue colossale sera érigée sur la place des Victoires, à la mémoire du général Desaix, mort à la bataille de Marengo. Art. 2e. Sur le piédestal seront placés des »bas-reliefs relatifs à la conquête de la Haute-Égypte et à la bataille d’Héliopolis, gagnée par ce général. Art. 3e. L’exécution de cette statue sera confiée au citoyen Dejoux, sculpteur etc… »

Le général républicain, représenté dans un appareil trop simple, souleva les réclamations des pères de famille, qui n’osaient traverser la place avec leurs femmes et leurs filles. Pour faire taire les scrupules de la foule, on couvrit le monument d’une charpente. En 1815, la statue de Desaix fut déportée dans ce musée qui depuis trente ans était devenu le Botany-Bay de la gloire.

Une ordonnance royale du 14 février 1816 prescrivit le rétablissement de la statue de Louis XIV sur la place des Victoires.

Cette statue équestre a été exécutée en bronze par M. Bosio ; le piédestal, en marbre blanc, est de M. Alavoine, architecte.