Utilisateur:Zyephyrus/Janvier 2015/Odyssée, juxta/2

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Titre : Chants V, VI, VII et VIII de l'Odyssée / Homère ; [expliquée littéralement, traduite et annotée par M. Sommer,...]

Auteur : Homère

Éditeur : L. Hachette et Cie (Paris)

Date d'édition : 1854

Contributeur : Sommer, Édouard (1822-1866). Éditeur scientifique. Traducteur

Type : monographie imprimée

Langue : Grec

Format : 1 vol. (247 p.) ; in-16

Format : application/pdf

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k62266999

Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Z-320 (310)

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30614737v

Description : Collection : Les Auteurs grecs expliqués d'après une méthode nouvelle par deux traductions françaises...

Provenance : bnf.fr Le texte affiché comporte un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance obtenu pour ce document est de 99 %.

LES AUTEURS GRECS EXPLIQUÉS D'APRÈS UNE MÉTHODE NOUVELLE PAR SEUL TRADUCTIONS FRANÇAISES L'UNE LITTÉRALE ET JUXTALINÉAIRE PRÉSENTANT LE MOT A MOT FRANÇAIS EN REGARD DES MOTS GRECS CORRESPONDANTS L'AUTRE CORRECTE ET PRÉCÉDÉE DU TEXTE GREC

avec des sommaires et des notes PAR UNE SOCIÉTÉ DE PROFESSEURS ET D'HELLÉNISTES

HOMERE L'ODYSSÉE EXPLIQUÉE LITTÉRALEMENT TRADUITE EN FRANÇAIS ET ANNOTÉE PAR M. SOMMER Agrégé des classes supérieures, docteur ès lettres

Chants V, VI, VII et VIII

PARIS

LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie RUE PIERRE - SARRAZIN, ND 14 ( Près de l'École de Médecine ) LES

AUTEURS GRECS

EXPLIQUÉS D'APRÈS UNE MÉTHODE NOUVELLE

PAR DEUX TRADUCTIONS FRANÇAISES Ces chants ont été expliqués littéralement, traduits en français et annotés par M. Sommer, agrégé des classes supérieures, docteur ès lettres.

i , \;/ LES

AUTEURS GRECS

EXPLIQUÉS D'APRÈS UNE METHODE NOUVELLE

PAR DEUX TRADUCTIONS FRANÇAISES L'UNE LITTÉRALE ET JUXTALINÉAIRE PRÉSENTANT LE MOT A MOT FRANÇAIS EN REGARD DES MOTS GRECS CORRESPONDANTS L'AUTRE CORRECTE ET PRÉCÉDÉE DU TEXTE GREC

avec des sommaires et des notes

PAR UNE SOCIÉTÉ DE PROFESSEURS ET D'HELLÉNISTES

HOMÈRE CHANTS V, VI, VII ET VIII DE L'ODYSSÉE

PARIS

LIBRAIRIE DE L. DACHETTE ET C" RUE PIER RES-SARRAZIN, N° 14 (Près de l'École de Médecine:

1854 AVIS RELATIF A LA TRADUCTION JCXTALlNÉAIRE.

On a réuni par des traits les mots français qui traduisent un seu mot grec.

On a imprimé en italiques les mots qu'il était nécessaire d'ajouter pour rendre intelligible la traduction littérale, et qui n'avaient pas eur équivalent dans le grec.

Enfin, les mots placés entre parenthèses, dans le français, doivent être considérés comme une seconde explication, plus intelligible que a version littérale.

ARGUMENT ANALYTIQUE DU CINQUIÈME CHANT DE L'ODYSSÉE.

Minerve s'efforce de nouveau d'attendrir les dieux sur le sort d'Ulysse et de Télémaque (1-20). Jupiter envoie Mercure dans l'île de Calypso pour lui ordonner de laisser partir Ulysse (21-42).

Mercure arrive chez Calypso ; description de la grotte habitée par la nymphe (43-74). Après un repas hospitalier, Mercure apprend à Calypso la volonté de Jupiler; douleur et plaintes de Calypso (75-147).

Elle va trouver Ulysse, lui annonce qu'il est libre de partir, et s'engage envers lui par un serment redoutable (148-191). Elle essaye en vain de le retenir en lui parlant des dangers qu'il va courir (192-227).

Ulysse, aidé par Calypso, construit un radeau en quatre jours (228261). Il quitte l'île et, au bout de dix-huit jours, approche de la terre des Phéaciens (262-281). Neptune le voit voguer paisiblement sur les flots et soulève contre lui une furieuse tempête (282-332). La déesse Leucothée prend pitié d'Ulysse, et l'engage à quitter son radeau pour se sauver à la nage; tandis qu'il hésite, une énorme vague brise le radeau (333-381). Minerve apaise la tempête; après avoir nagé pendant deux jours, Ulysse fait de vains efforts pour aborder dans l'île des Phéaciens (382-444). Il implore la pitié du dieu d'un fleuve, qui le laisse pénétrer dans son embouchure (445-464). II touche la terre enfin, mais mille inquiétudes l'assiègent; il gagne un bois voisin du fleuve, et se couche dans un lit de feuillage (465-193).

L'Aurore sortait de la couche du beau Tithon pour apporter la lumière aux immortels et aux hommes; les dieux s'assemblèrent, et Jupiter au tonnerre formidable, supérieur à tous en puissance, prit place au milieu d'eux. Minerve leur racontait les douleurs sans nombre d'Ulysse ; car le héros retenu dans les demeures de la nymphe était présent à sa mémoire et à son cœur.

« Jupiter, et vous tous , dieux immortels et bienheureux, que désormais nul des rois qui portent le sceptre ne soit bon, clément, doux et ami de la justice; mais qu'ils soient toujours sévères et qu'ils pratiquent l'iniquité, puisque personne ne se souvient d'Ulysse au milieu de ce peuple sur lequel il régnait comme un bon père. En HOMÈRE.

L'ODYSSÉE.

CHANT V.

Et l'Aurore s'élança hors de son lit d'auprès du magnifique Titlion, afin qu'elle apportât la lumière aux immortels et aux mortels ; et les dieux vinrent-s'asseoir à l'aset parmi eux donc [semblée; Jupiter qui frémit (tbnne)-haut, dont la force est la plus grande.

Et Minerve disait à eux les nombreuses souffrances d'Ulyss -, s'en étant souvenue; car étant dans les demeures de la nymphe [nerve) : il était-à-souci à elle (occupait Mi« Jupiter père, et vous autres dieux bienheureux existant toujours (immortels), qu'il n'y ait plus quelque roi portant-le-sceptre qui soit bienveillant, clément et doux, {justes, ni sachant dans son cœur des choses mais qu'un roi et soit toujours dm et fasse des choses injustes; tellement aucun des peuples (citoyens) ne se souvient du divin Ulysse, ces peuples auxquels il commandait, proie à de cruelles souffrances, il est captif dans une tle, dans le palais de la nymphe Calypso, qui le retient par force, et il ne peut retourner dans sa patrie. Il n'a ni vaisseau garni de rames, ni compagnons pour le conduire sur le large dos de la mer. Les prétendants veulent immoler son fils chéri, Télémaque, quand il reviendra dans sa patrie ; car il est allé chercher des nouvelles de son père dans la sainte Pylos et dans la divine Lacédémone. » Jupiter qui rassemble les nuées lui répondit: c Ma fille, quelle parole est sortie de ta bouche! N'as-tu pas décidé toi-même qu'Ulysse rentrerait dans Ithaque et punirait ses ennemis? Conduis Télémaque avec prudence, comme tu peux le faire, afin qu'il revienne sain et sauf dans sa patrie, et que les prétendants trompés s'en retournent sur leur vaisseau. » et pour lesquels il était comme un père doux.

Mais celui-ci est-gisant dans une île souffrant des douleurs violentes, dans le palais de la nymphe Calypso, qui retient lui par contrainte; et il ne pçut pas revenir dans sa terre patrie.

Car des vaisseaux garnis-de-rames ne sont pas à lui et (ni) des compagnons,

qui conduisent lui (pour le conduire) sur le large dos de la mer.

Maintenant d'autre-part ils (les prétendants) désirent tuer son fils bien-aimé, revenant à la maison ; or celui-ci est allé à-la-recherche-de nouvelles de son père dans Pylos très-sainte et dans la divine Lacédémone. »

Et Jupi ter qui-assemble-les-nuages répondant dit à elle : « 0 mon enfant, quelle parole a échappé à toi à la barrière de tes dents ! [même car certes n'as-tu pas médité toice projet, savoir qu'Ulysse étant revenu punira eux ?

Mais toi reconduis Télémaque savamment (prudemment) — car tu le peux — afin qu'il arrive tout à fait sain-et-sauf dans sa terre patrie, [seau et que les prétendants sur leur vaisretournent en arrière. » 11 dit, et s'adressant à Mercure, son fils aimé : * Mercure, toi qui fus toujours notre messager, va déclarer à la nymphe aux beaux cheveux notre résolution immuable sur le retour du courageux Ulysse ; qu'il parte sans être accompagné ni des dieux ni des hommes ; voguant sur un solide radeau, après avoir enduré bien des douleurs, il arrivera le vingtième jour dans la fertile Schérie, sur la terre des Phéaciens semblables aux dieux; ils l'honoreront dans leur cœur à l'égal J'un immortel, et le renverront sur un vaisseau dans sa chère patrie, comblé de plus d'airain, d'or et de vêtements qu'il n'en eût rapporté d'Ilion, s'il était revenu sans traverses avec sa part du butin. C'est ainsi que la destinée veut qu'il revoie ses amis, qu'il rentre dans sa haute demeure, dans son Ithaque chérie. » Il dit donc, et parla en face à Mercure son fils chéri: «Mercure, car tu es messager [constances, et de nouveau et dans les autres cirva dire à la nymphe aux-beaux-cheveux notre résolution vraie (arrêtée), le retour d'Ulysse au-cœur-courageux, afin qu'il revienne dans sa patrie, sous la conduite ni de dieux ni d'hommes mortels ; mais que celui-ci sur un radeau aux-nombreux-liens endurant des souffrances arrive le vingtième jour à Schérie aux-grosses-mottes, dans la terre des Phéaciens qui sont devenus [aux dieux ; ) voisins-des-dieux (presque égaux lesquels honoreront lui grandement dans leur cœur comme un dieu, et le reconduiront sur un vaisseau dans sa terre patrie chérie, lui ayant donné abondamment et de l'airain et de l'or et des vêtements, présents nombreux, aussi nombreux que jamais Ulysse n'en aurait emporté de Troie, s'il -était revenu sans-dommage, ayant obtenu-par-le-sort une part détachée du butin.

Car le lot (destin) est à lui ainsi et de voir ses amis [élevé et d'arriver dans sa demeure au-toitet dans sa terre patrie. » Il dit, et le messager des dieux, le meurtrier d'Argus, n'est point indocile. Il attache aussitôt à ses pieds de beaux brodequins d'ambroisie et d'or, qui le portent sur les eaux et sur la terre immense aussi vite que le souffle des vents. Puis il prend la baguette dont il se sert à son gré pour fermer les yeux des hommes ou pour les tirer du sommeil, et la tenant dans sa main, le puissant meurtrier d'Argus vole dans les airs. Il s'arrête sur les hauteurs de Piérie. et du sein des nues se précipite dans la mer; puis il s'élance sur les vagues, semblable à la mouette légère, lorsque poursuivant les poissons sur le sein immense de l'Océan elle plonge dans l'onde amère son aile épaisse: tel Mercure volait à la surface des (lots. Lorsqu'il fut arrivé à l'Ile lointaine, quittant la sombre mer pour la terre ferme, il se dirigea vers une vaste grotte qu'habitait la déesse aux beaux che- Il parla ainsi ; et le messager meurlrier-d'Argus ne désobéit pas.

Aussitôt ensuite il attacha sous ses pieds de belles sandales, d'-ambrôisie, d'-or, qui portaient lui et sur la plaine humide, et sur la terre immense, en-même-temps (aussi vite) que les souffles du vent.

Et il prit la baguette avec laquelle il caresse (feïme) les yeux [yeux, des hommes dont il veut fermer les et d'autre-part aussi éveille ceux qui dorment ; ayant celle-ci dans ses mains, lé puissant meurtrier-d' Argus volait.

Et s'étant posé-sur la Piérie, - de l'éther il tomba-dans la mer; puis il se hâta sur le flot, ressemblant à l'oiseau mouette, qui chassant les poissons dans le sein prodigieux (immense) de la mer infertile, - [salée: plonge ses ailes épaisses dans l'eauauquel semblable Mercure se-fit-porter sur des flots nombreux.

Mais lorsque donc il fut arrivé à Pile qui était au loin, alors étant sorti de la mer violette sur le continent, il alla, jusqu'à ce qu'il fut arrivé à une grande grotte, dans laquelle habitait la nymphe aux-beaux-cheveux ; et il trouva celle-ci veux ; il la trouva dans sa demeure. Un grand feu brûlait dans le foyer, et dans toute l'île se répandait le parfum des rameaux de cèdre et de thuia qui se consumaient. Calypso, chantant d'une voix mélo(lieuse, tissait de la toile avec une navette d'or. Autour de la grotte s'élevait un vert bosquet d'aunes, de peupliers et de cyprès odorants; des oiseaux aux% larges ailes y avaient établi leur nid ; c'étaient la chouette, l'épervier, la corneille marine au bec allongé, qui se plaît aux travaux de la mer. Sur les flancs de la grotte profonde, une vigne étendait ses ramealix vigoureux et ses grappes naissantes; quatre fontaines laissaient couler une onde pure, et de leurs sources voisines s'élançaient de côtés différents. Tout à l'entour, la nolle verdure des prairies s'émaillait d'acheet de violette. Si un dieu même Hait venu en ces lieux, un tel spectacle l'eût frappé d'admiration et pût réjoui son cœur. Le messager des dieux, le meurtrier d'Argus, qui était au dedans.

Un grand feu brûlait sur le foyer, [bien et l'odeur et- du cèdre qui-se-fendet du thuia se consumant se sentait au loin dans l'île ; el celle-ci au dedans chantant d'une belle voix, parcourant (travaillant à) une toile, la tissait avec une navette d'-or.

Et autour de la grotte un bois verdissant avait poussé, et l'aune et le peuplier et le cyprès odorant ; mais là aussi des oiseaux aux-ailes-qui-se-déploient nichaient, et des chouettes et des éperviers, et des corneilles marines à-la-langue-allongée, auxquelles les travaux de-la-mer sonWà-souci.

Et là-même , autour de la grotte creuse [étendue, une vigne pleine-de-vigueur s'était et avait fleuri en grappes; et quatre fontaines de suite (l'une à côté de l'autre) coulaient en une eau blanche, voisines l'une de l'autre, railleurs., tournées l'une d'un côté, l'autre Et autour verdoyaient de molles prairies de violette et d'ache ; là aussi un être quoique immortel s'étant avancé - ensuite aurait admiré ayant vu et aurait été réjoui dans son cœur.

Se tenant là [mirait.

le messager meurtrier-d'Argus ad- s'était arrêté et contemplait. Quand il eut tout admiré, il entra dans la grotte profonde; la divine Calypso le reconnut aussitôt, car les dieux immortels se connaissent toujours les uns les autres, si éloignées que soient leurs demeures. Mercure ne trouva point dans la grotte le magnanime Ulysse ; il pleurait, assis sur ce rivage où depuis si longtemps il rongeait son cœur dans les larmes, les soupirs et la tristesse, et promenait sur la mer inféconde ses yeux noyés de pleurs.

La divine Calypso interrogea Mercure après l'avoir fait asseoir sur un siège brillant et magnifique : « Mercure à la verge d'or, dieu cher et respecté, pourquoi es-tu venu près de moi ? car tu ne te diriges pas souvent vers cette demeure.

Dis ce que tu désires ; mon cœur m'engage à accomplir tes vœux; si je le puis toutefois et si cela est possible. Mais suis-moi, je veux t'offrir un repas hospitalier » A ces mots, la déesse approche une table qu'elle couvre d'am- Mais lorsqu'il eut admiré tout dans son cœur, aussitôt donc il alla dans la large grotte ; et Calypso, divine entre les déesses, l'ayant vu ne méconnut pas lui en face; car non plus les dieux immortels ne sont inconnus les uns aux autres, pas même si quelqu'un d'eux habite des demeures loin (éloignées;; et donc il ne trouva pas au dedans Ulysse au-grand-cœur, mais celui-ci pleurait assis sur le rivage, où auparavant déchirant son cœur de larmes et de sanglots et de douleurs, il regardait sur la mer infertile, versant des pleurs.

MaisCalypso,divine entre lesdéesses, interrogeait Mercure. [tant, l'ayant fait asseoir sur un siége brilmagnifique : « Pourquoi es-tu venu à moi, Mercure à-la-verge-d'or, et vénérable et ami ? [moins auparavant ( jusqu'à présent ) du tu ne viens-pas-fréquemment.

Dis ce que tu penses (veux) ; et le cœur pousse moi à l'accomplir, si du moins je puis l'accomplir, et si cela est ayant été accompli déjà.

Mais suis-moi plus avant, afin que je présente à toi les dons de-l'hospitalité. » La déesse ayant parlé donc ainsi plaça-auprès-de lui une table, broisie, et prépare le nectar vermeil. Le messager des dieux, le meurtrier d'Argus, apaise sa faim et sa soif; puis , lorsqu'il a contenté ses désirs, il répond en ces termes à la déesse: « Déesse, tu me demandes, à moi qui suis dieu comme toi, pourquoi je suis venu: je te parlerai sincèrement, puisque tu m'y invites.

C'est Jupiter qui m'a envoyé ici malgré moi ; car qui traverserait volontiers ces immenses espaces d'onde salée, loin des villes où les mortels offrent aux dieux des sacrifices et des hécatombes choisies ? Mais mil des immortels ne peut enfreindre ou rendre vaine la volonté de Jupiter qui porte l'égide. Il dit que dans ta demeure se trouve le plus infortuné de tous' les guerriers qui combattirent neuf ans autour de la ville de PriamJ et qui, la dixième année, repartirent après avoir saccagé Ilion; mais pendant le retour ils offensèrent Minerve, qui sou- l'ayant remplie (couverte) d'ambroiet mélangea le nectar rouge. [sie, Mais le messager meurtrier-d'Argus buvait et mangeait.

Mais après qu'il eut-soupé [riture, et eut satisfait son cœur par la nouraussi alors donc répondant avec des paroles il dit-à elle : CI Tu interroges moi étant venu, toi déesse, moi dieu ; mais moi j'exposerai à toi le discours sincèrement ; car tu m'y invités.

Jupiter a obligé moi ne le voulant pas à venir ici ; � or qui de-son-plein-gré traverserait tant d'eau salée inexprimable ( immense) ?

et il n'y a pas dans-le-voisinage quelque ville de mortels, qui font (offrent) aux dieux et des sacrifices et des hécatombes de-choix.

Mais assurément il n'est pas possible un autre dieu ni négliger ni rendre-vaine la pensée (volonté) de Jupiter qui-a-une-égide.

Il dit un homme.être-auprès-de toL, le plus malheureux des autres hommes, -

qui ont combattu neuf-ans autour de la cité de Priam, et ayant saccagé la ville la dixième année s'en sont allés dans leur demeure; mais dans leur retour ils ont offensé Minerve, leva contre eux des vents funestes et des vagues terribles. Tous les vaillants compagnons d'Ulysse ont péri; pour lui, le vent et le flot l'ont apporté.sur ces bords. Jupiter veut que tu le fasses partir au plus vite; car il ne doit pas mourir ici, loin des siens; mais la destinée veut qu'il revoie ses amis, qu'il rentre dans sa haute demeure, dans son Ithaque chérie. J1 Il dit, et Calypso, belle entre les déesses, frémit et lui adressa ces paroles ailées : « Vous êtes injustes, dieux, et jaloux plus que tous les autres, vous qui enviez aux déesses le bonheur de vivre ouvertement avec le mortel qu'elles ont choisi pour époux. Ainsi, quand l'Aurore aux doigts de roses eut enlevé Orion, les dieux bienheureux furent jaloux, jusqu'à ce que la chaste Diane au trône d'or, l'attaquant dans Ortygie, l'eut fait périr sous ses douces flèches. Ainsi, quand Cérès qui a soulevé-Contre eux et un vent funeste et de longs (énormes) flots.

Là ses autres braves compagnons périrent tous ; mais celui-ci donc et le vent le poussant [der) ici.

et le flot l'ont approché ( fait aborMaintenant il (Jupiter) a ordonné toi renvoyer lui (Ulysse) le plus tôt que possible; car le sort n'est pas à lui de périr ici loin de ses amis; mais le lot (destin) est encore à lui et de voir ses amis [élevé et d'arriver dans sa demeure au-toitet dans sa terre patrie. »

Il dit ainsi : et Calypso, divine entre les déesses, frémit, et ayant parlé elle dit-à lui ces mots ailés : « Vous êtes méchants, dieux , jaloux supérieurement aux autres , vous qui enviez à des déesses de reposer ouvertement auprès d'hommes, [ l'un d'eux si quelqu'une d'elles fera (a fait) de un cher époux.

Comme, lorsque l'Aurore aux-doigts-de-roses eut enlevé Orion, [le bonheur) vous dieux qui vivez facilemenl(dans vous enviâtes cette joie à elle, jusqu'à ce que la chaste Diane au-trône-d'or marchant-vers lui tua lui dans Ortygie de ses doucea flèches.

Et comme lorsque Cérès

à la blonde chevelure, cédant à son cœur, se fut donnée à Jasion et eut reposé entre ses jjras dans un champ labouré trois fois, Jupiter, qui n'ignora pas longtemps cette union, le frappa de sa foudre étincelante. Ainsi encore, dieux immortels, vous êtes jaloux de voir ce héros auprès de moi. Je l'ai sauvé lorsqu'il restait seul sur les débris de son navire, après que Jupiter, atteignant de sa foudre étincelante son rapide vaisseau, l'eut entr'ouvert au milieu du noir Océan. Tous les vaillants compagnons d'Ulysse avaient péri ; pour lui, le vent et le flot l'apportèrent sur ces bords. Je l'accueillis, je le nourris, je lui promis de le rendre immortel et à jamais exempt de vieillesse. Mais puisque nul des dieux ne peut enfreindre ou rendre vaine la volonté de Jupiter qui porte l'égide, qu'il parte, si le roi des immortels le lui ordonne, qu'il aille sur la mer inféconde ; quant à moi, je aux-beaux-cheveux, ayant cédé à son cœur, se fut unie à Jasion par la tendresse et par la couche dans un champ labouré-trois-fois, Jupiter non plus ne fut pas longtemps sans-connaissance de cette union, Jupiter qui tua lui l'ayant frappé<Je sa foudre éclatante.

Et comme de nouveau maintenant vous enviez à moi, dieux, un homme mortel être-auprès-de moi.

Moi j'ai sauvé lui [seau, monté seul sur la quille de son vaisaprès que Jupiter ayant fait-tourner à lui son vaisseau rapide avec sa foudre éclatante, l'eut fendu au milieu-de la mer noire.

Là ses autres braves compagnons périrent tous ; mais celui-ci donc et le vent le portant [ici.

et le flot l'ont-approché (fait aborder) Moi et j'accueillais-amicalement et je nourrissais lui, et je disais-souvent devoir l'établir (le rendre) immortel et exempt-de-vieillesse pendant tous les jours (à jamais).

Mais puisqu'il n'est pas possible un autre dieu ni négliger ni rendre vaine la pensée (volonté) de Jupiter qui-a-l'égide, qu'il s'en aille, si celui-là (Jupiter) presse et pousse lui v sur la mer infertile ; ne le renverrai pas. Je n'ai ni vaisseau garni de rames ni compagnons pour le conduire sur le large dos de la mer. Mais je lui donnerai de bienveillants çonseils et ne lui cacherai rien, afin qu'il retourne sain et sauf dans sa patrie. »

Le messager des dieux, le meurtrier d'Argus, lui répondit: « Laisse-le donc partir ainsi et redoute la colère de Jupiter, de peur que dans son indignation il ne vienne à sévir contre toi. »

A ces mots, le puissant meurtrier d'Argus s'éloigna; la nymphe divine, après avoir entendu le message de Jupiter, se rendit auprès du magnanime Ulysse. Elle le trouva assis sur le rivage; ses yeux ne tarissaient pas de larmes, et sa douce vie se consumait à soupirer après son retour., depuis que la nymphe ne plaisait plus à son cœur.

Forcé par la volonté de la déesse de passer la nuit dans la grotte profonde , il reposait malgré lui à côté d'elle ; le jour, assis sur les rochers du rivage, rongeant son cœur dans les larmes, les soupirs et mais moi-du-moins je ne renverrai Car des vaisseaux [pas lui.

garnis-de-rames ne sont pas à moi et (ni) des compagnons, qui conduisent lui (pour le conduire) sur le large dos de la mer..

Mais bienveillante

je donnerai-des-conseils à lui, et ne lui cacherai rien, [sauf afin qu'il arrive tout à fait sain-etdans sa terre patrie; Et le messager meurtrier-d'Argus dit-à elle de nouveau : « Renvoie-le maintenant ainsi, et prends-garde à la colère de Jupiter, de peur que dans-l'avenir [toi. » s'étant irrité il ne s'emporte contre Ayant parlé donc ainsi [alla ; le puissant meurtrier-d'Argus s'en et l'auguste nymphe alla vers Ulysse magnanime, après qu'elle eut entendu les messages (ordres) de Jupiter.

Et elle trouva donc celui-ci assis sur le rivage; et jamais ses deux-yeux ne se séchaient de larmes ; mais la douce vie se consumait à lui se lamentant sur son retour, [plus.

depuis que la nymphe ne lui plaisait Mais certes il dormait les nuits même par nécessité dans la grotte creuse ne le voulant pas auprès d'elle qui le voulait;.

mais s'asseyant pendant les jours sur les pierres et les rivages, déchirant son cœur de larmes la tristesse, il promenait sur la mer inféconde ses yeux noyés de pleurs. La belle Calypso s'approcha et lui dit : « Infortuné, cesse de gémir ici et de consumer ta vie, puisque je consens à te laisser partir. Allons, coupe des arbres élevés, construis avec l'airain un large radeau; recouvre-le d'un tillac, afin qu'il puisse te porter sur la sombre mer. Pour moi, j'y déposerai du pain, de l'eau, un vin rouge et doux au cœur, pour écarter de toi la faim ; je te donnerai des vêtements; je t'enverrai un vent favorable, afin que tu retournes sain et sauf dans ta patrie, s'il plaît ainsi aux dieux qui habitent le vaste ciel, et qui sont plus puissants que moi pour prévoir et pour accomplir. »

Elle dit; le -patient et divin Ulysse frémit et lui adressa ces paroles ailées : et de sanglots et de douleurs,

il regardait sur la mer infertile, versant des pleurs.

Et se tenant auprès Calypso divine entre les déesses dit-à lui « Infortuné, ne gémis plus ici à moi, [toi ; et que la vie ne se consume plus à car dès-à-présent.

tout à fait bienveillante je renverrai toi.

Mais va, ayant coupé de longs bois,' ajuste-toi avec de l'airain un large radeau ; puis fiche sur lui au haut des planches, afin qu'il porte toi reure).

sur la mer semblable-à-l'air (obsMais moi je mettrai-sur le radeau du pain et de l'eau et du vin rouge agréable-au-cœur, [toi ; qui écartent (pour écarter) la faim à et je te vêtirai de vêtements; et j'enverrai à toi un vent par derrière, afin que tu arrives tout à fait sain-etdans ta terre patrie, [sauf si les dieux du moins le veulent, les dieux qui ont (habitent) le vaste ciel, [que moi qui sont meilleurs (plus puissants) et pour prévoir et pour accomplir « Elle dit ainsi ; mais le divin Ulysse très-patient frissonna, et ayant parlé il dit-à elle ces mots ailés : < Sans doute, déesse, tu songes à quelque autre chose, mais non à mon départ, quand tu m'engages à traverser sur un radeau le gouffre immense d'une -mer terrible et pleine de périls, que ne peuvent franchir même les vaisseaux à.la course rapide, qui reçoivent avec joie le souffle envoyé de Jupiter. Je ne monterai pas malgré toi sur un radeau, à moins que tu ne consentes, déesse, à jurer par un serment redoutable que tu ne me prépares point quelque nouveau malheur. DIl dit; Calypso, belle entre les déesses, sourit, le caressa de la main, et lui adressa ces mots : « Certes, tu es bien rusé et tu n'ignores pas la prudence, puisque tu as songé à me parler ainsi. Je prends à témoin la terre et le vaste ciel qui la domine, et les flots du Styx, serment le plus saint et le plus terrible pour les dieux bienheureux, que je ne te prépare point quelque nouveau malheur. Mais je pense et je te conseillerai

« Toi assurément, déesse, [ceci, tu médites quelque autre chose en et non pas un renvoi (mon départ), toi qui invites moi à traverser sur un radeau le grand gouffre de la mer, et terrible et difficile; et pas même les vaisseaux égaux au-trajet-rapide ne traversent ce gouffre, [Jupiter, se réjouissant du vent favorable de Et je ne monterais pas sur un radeau contre-le-gré de toi, déesse, si tu n'endurais pas du moins de jurer à moi un grand serment, L même de ne pas devoir méditer contre moiquelque autre dommage funeste. »

Il dit ainsi mais Calypso, divine entre les déessourit, [ses, et caressa lui de la main, et dit une parole (parla), et prononça ces mots : « Certes assurément tu es sans doute rusé [droit); et sachant des choses non-futiles (atel donc tu as imaginé de prononcer le discours.

Que la Terre maintenant sache ceci, et le vaste Ciel qui est au-dessus, et l'eau coulante du Styx, ce qui est pour les dieux bienheureux le serment le plus grand et le plus terrible, [toi-même moi ne pas devoir méditer contre quelque antre dommage funeste.

Mais j'ai-dans-l'esprit ce que je me conseillerais à moi-même, si j'étais dans une pareille nécessité. Car mon âme est juste, et je n'ai point dans la poitrine un cœur de fer, mais un coeur compatissant. »

A ces mots, 1» belle Calypso marcha devant lui d'un pas rapide, et Ulysse-suivit les traces de la déesse. La nymphe et le héros arrivèrent dans la grotte profonde t Ulysse s'assit sur le siège que venait de quitter Mercure i Calypso mit devant lui des mets 4e toute sorte, les aliments et les breuvages dont se nourrissent les mortels.

Elle prit plaçe-elle-même en face du divin Ulysse; et ses servantes lui offrirent l'ambroisie et le nectar. Alors ils étendirent la main vers les plats servis devant eux. Quand ils eurent contenté leur faim et leur soif, Calyp#o, belle entre tudéems, prit la. parole i « Noble fils de Laerte, industrieux Ulysse, tu veux donc t'enretourner ainsi, sur-le-champ, dans ta demeure, dans ton Ithaque et je conseillerai ces choses, que je méditerais pour moi-même, lorsque la nécessité serait venue à moi autant.

Et en effet la pensée à moi est juste, et il n'y a pas à moi-môme1 dans ma poitrine un cœur de-fer, mais un cœur compatissant. JI Ayant parlé donc ainsi, Calypso divine entre les déesses précéda Ulysse promptement ; et celui-ci ensuite [la déesse.

marchait derrière (sur) les traces de Et la déesse et aussi l'homme arrivèrent à la. grotte creuse ; et donc celui-ci s'assit là sur le siège d'où Mercure s'était levé ; et la nymphe plaçait-auprès-de luï toute espèce de nourriture, pour manger et pourboire, choses telles que les hommes mortels en mangent. 1 Et elle-même s'assit faisant-face au divin Ulysse ; et des servantes mirent-auprès d'elle de l'ambroisie et du nectar.

Et ceux-ci jetaient les mains vers les mets préparés placés-devant eux.

Mais après qu'ils se furent rassasié.1du manger et du boire, [ses, Calypso donc, divine entre les déescommença à eux les discours : « Noble fils-de-Laerte, Ulysse très-industrieux, veux-tu donc t'en aller maintenant sur-le-champ ainsi - bien-aimée? Eh bien, sois heureux. Si ton cœur savait combien de maux il t'est réservé de souffrir encore avant de rentrer dans ta patrie, tu resterais ici près de moi, tu ne quitterais point cette demeure et tu serais immortel, quel que soit ton empressement de revoir cette épouse que tu regrettes tous les jours. Je me vante de ne lui être inférieure ni en beauté ni en stature, puisque les mortelles ne sauraient rivaliser avec les déesses de perfections et d'attraits. »

Le prudent Ulysse lui répondit : a Auguste déesse, ne sois point courroucée contre moi ; je n'ignore pas que la sage Pénélope est audessous de toi pour la beauté et pour la stature ; elle est mortelle, tandis que tu es immortelle et exempte de vieillesse. Mais pourtant dans ta demeure dans ta chère terre patrie 1 [reux) eh bien, toi, réjouis-toi (sois heumême cependant (malgré cela).

Si du moins tu savais dans ton esprit combien-de maux le sort est à toi d'accomplir (de souffrir), avant d'être arrivé à la terre patrie, restant ici en-ce-lieu-même avec moi [meure, tu garderais (habiterais) cette deet serais immortel, quoique désirant voir ton épouse, que tu souhaites toujours tous les jours..

Je me vante certes de ne pas être pire (moins belle) que celle-là du moins, ni par le corps, ni par la taille ; puisque en-nulle-façon il ne convient les mortelles le-disputer aux immortelles pour le corps et la forme (beauté). »

Mais Ulysse riche-en-inventions (ingénieux) répondant dit-à celle-ci : « Auguste déesse, ne t'irrite pas contre moi pour ceci ; aussi moi-même je sais tout à fait toutes ces choses, que la prudente Pénélope est plus chétive que toi par la forme et la grandeur à voir en face : car celle-ci est mortelle, mais toi tu es immortelle et exempte-de-vieillesse.

Mais même ainsi je veux ce que je veux, ce que je souhaite tous les jours, c'est de rentrer dans ma demeure et de voir le jour du retour. Si quelqu'un des dieux veut m'anéantir sur la noire mer, je m'y résignerai, car ma poitrine renferme un cœur patient ; j'ai déjà souffert bien des maux.

enduré bien des fatigues, sur les flots et dans les combats : ce sera autant d'ajouté à mes peines. »

Il dit ; le soleil disparut, et les ténèbres descendirent. Ils se retirèrent au fond de la grotte immense, et là, reposant l'un près de l'autre, ils goûtèrent les douceurs de l'amour.

Dès que parut la fille du matin, l'Aurore aux doigts de roses, Ulysse revêtit sa tuniqde et son manteau; la nymphe se couvrit d'une longue robe légère et gracieuse, tout éclatante de blancheur, entoura ses reins d'une magnifique ceinture d'or, mit un voile sur sa tête, et songea au départ du magnanime Ulysse. Elle lui donna une grande hache d'airain à deux tranchants, commode à la main, et 4. laquelle était solidement attaché un beau manche d'olivier; elle lui donna en- et je souhaite tous les jours et revenir dans ma demeure et voir le jour du-retour. [dieux Et si d'autre-part quelqu'un des me brise sur la mer noire, je l'endurerai, ayant dans ma poitrine un cœur qui-supporte-les-maux ; car déjà j'ai souffert des maux tout à fait nombreux et j'ai pâti en des maux nombreux sur les flots et dans la guerre ; que ceci aussj arrive après ces maux-là. Il Il parla ainsi ; et le soleil donc se coucha, et l'obscurité survint; et ces-deux-ci donc s'en étant, allés se rassasièrent d'amour [creuse, dans l'enfoncement de la grotte restant l'un auprès de l'autre.

Et quand parut l'Aurore née-du-matin aux-doigls-de-roses, sur-le-champ Ulysse revêtit et un manteau et une tunique : et la nymphe elle-même revêtit une grande robe blanche, fine et gracieuse,

et elle jeta-autour-de ses reins une ceinture belle, d'-or ; et elle miUsur sa tête un voile ; et alors elle méditait le renvoi pour Ulysse magnanime.

Elle donna à lui une grande hache, bien adaptée dans les mains, - d'-airain, aiguisée de-l'un-ei-de-l'autre-côié ; mais dans (après) la hache même ,était un manche d'olivier très-beau, bien ajusté ; core une doloire bien polie ; puis elle le conduisit à l'extrémité de l'rie, où avaient poussé de grands arbres, aunes, peupliers et sapins voisins de la nue; desséchés depuis longtemps et brûlés par le soleil, ils étaient plus légers et pouvaient mieux surnager. Quand la belle Calypso lui eut montré l'endroit où avaient poussé ces grands arbres, elle retourna dans sa demeure.

Ulysse abattit des troncs, et son ouvrage avança rapidement. Il coupa en tout vingt arbres, qu'il façonna avec l'airain, puis il les polit avec art et les aligna au cordeau. Cependant Calypso, belle entre les déesses, lui apporta des tarières; il perça tous les troncs et les ajusta ensemble; puis il les assembla à l'aide de clous et de chevilles. Autant un constructeur habile étend la base d'un grand vaisseau de transport, autant Ulysse donna de largeur à son radeau. Il dressa des planches qu'il assujettit avec de nombreuses poutres.

.et elle lui donna ensuite une doloire bien-polie ; Lguida) et elle était-guide de la route (elle le jusqu'à l'extrémité de l'île, où de longs (hauts) arbres avaient poussé : et l'aune était là et le peuplier, et le sapin élevé-jusqu'au-ciel, arbres secs depuis-longtemps, tout-brûlés du soleil, • qui pourraient nager à lui légèrement. Ldroit Mais lorsqu'elle lui eut montré Y enoù de hauts arbres avaient poussé, Calypso, divine entre les déesses, - s'en alla vers sa demeure.

Mais celui-ci (Ulysse) coupait des bois ; [ tement.

et l'ouvrage s'achevait à lui prompOr il abattit vingt arbres en-tout,.

et donc les charpenta avec l'airain, et les polit savamment, et les rendit-droits au cordeau.

Et pendant-ce-temps Calypso, divine entre les déesses, lui apporta des tarières; et donc il les perça tous et les adapta les uns aux autres ; et il ajusta donc celui-ci (le radeau) avec des clous et des chevilles.

Ulysse se fit un radeau largé jusqu'à autant (aussi large), qu'un homme connaissant bien les constructions aura arrondi le sol (arrondit le fond) d'un large vaisseau de-charge.

Et ayant dressé un tillac, il le faisait (le travaillait), l'ayant ajusté à des poutres serrées; et il l'achevait puis il acheva de couvrir le radeau de longs ais. Il établit ensuite un mât et y adapta une antenne ; enfin il façonna un gouvernail pour se diriger. Il entoura aussi le gouvernail de toutes parts avec des claies d'osier, afin de le défendre contre les flots, et plaça dans le fond un lest considérable. Cependant Calypso, belle entre les déesses, lui apporta de la toile pour faire des voiles ; Ulysse les disposa ; puis il attacha les cordages, les câbles, les boulines, et à l'aide de leviers il lança son radeau dans la mer divine.

_J Le quatrième jour, tout était terminé; le cinquième, la déesse Calypso le laissa s'éloigner de l'île, après l'avoir baigné et revêtu d'habits parfumés. La nymphe déposa sur le radeau deux outres, l'une remplie d'un vin noir, l'autre plus grande et qui contenait de l'eau ; elle y mit des provisions enfermées dans un sac, et une grande abondance de mets délicieux; puis elle fit souffler un vent deux avec de longs ais.

Et il faisait dessus (sur le radeau) un mât et une antenne adaptée à lui (au mât); et en outre donc il fit un gouvernail, afin qu'il dirigeât le radeau. [ment Etilmunit lui (le gouvernail rentièrede claies. d' -osier, [flot; pour être un rempart du (contre le) et il versa-sur le radeau beaucoup-de bois pour le lester.

Et pendant-ce-temps Calypso, divine entre-les déesses, apporta des toiles pour faire des voiles ; et celui-ci fabriqua bien aussi celles-ci. [radeau.

Et en dedans il attacha dans lui (le et des cordages et des câbles et des boulines ; et il fit-descendre donc celui-ci (le radeau) avec des leviers dans la mer divine.

Le quatrième jour était, et toutes choses avaient été achevées à (par) lui ; et le cinquième jour donc la divine Calypso l'envoyait hors de l'île, et l'ayant revêtu de vêtements parfumés, et l'ayant baigné.

Et dedans la déesse mit à lui une outre l'une de vin noir, et une autre grande d'eau ; [sions et elle mit aussi dedans des providans un sac ; et dedans elle mit à lui [cœur; beaucoup-de mets agréables - au- et favorable. Le divin Ulysse tout joyeux déploya ses voiles au vent.

Assis au gouvernail, il dirigeait habilement son radeau, et le sommeil ne fermait point sa paupière , mais il contemplait les Pléiades, et le Bouvier au coucher tardif, et l'Ourse, que l'on appelle aussi le Chariot, l'Ourse qui tourne toujours sur elle-même, observe Orion, et seule ne se baigne point dans les flots de l'Océan. Calypso, belle entre les déesses, lui avait recommandé de naviguer en laissant toujours cette constellation à sa gauche. Il vogua sur les eaux pendant dix-sept jours; le dix-huitième jour il aperçut les montagnes ombreuses de la terre des Phéaciens et les points de l'île les plus rapprochés, et il lui sembla voir un bouclier sur la noire mer.

Mais le dieu puissant qui ébranle la terre, revenant d'Éthiopie, le découvrit dans le lointain du haut des montagnes des Solymes, et vit et elle envoya un vent et innocent (doux) et tiède.

Et joyeux

4e divin Ulysse déploya les voiles au vent.

Mais celui-ci étant assis dirigeait le radeau avec-art avec le gouvernail ; et le sommeil ne tombait pas sur les paupières à lui contemplant et les Pléiades et le Bouvier qui se couche tard, et l'Ourse, - [riot que les hommes appellent aussi Chade surnom, qui tourne toujours au-mênie-licu et observe Orion, et seule est exempte [dans l'Océan).

des bains de l'Océan (de se baigner Car en effet Calypso, divine entre les déesses, avait engagé lui à clieminer-sur-mer ayant celle-ci (l'Ourse) [che).

à la gauche de sa main (à main gauEt il navigua cheminant-sur-mer pendant sept et dix (dix-sept) jours, et le dix-huitième jour les montagnes ombragées de la terre des Phéaciens apparurent à lui, là où une partie de l'île était la plus proche à lui ; et elle ressemblait (paraissait) comme lorsqu'un bouclier paraît sur la mer semblable-à l'air(obscure).

Mais le dieu puissant qui-ébranle-la-terre, revenant de chez les-Éthiopiens, vit lui de loin depuis les montagnes des SoJYlDes; qu'il naviguait au milieu des flots; la colère s'alluma dans son cœur, et, secouant la tête, il dit en lui-même : « Eh quoi! les dieux ont changé de résolution au sujet d'Ulysse, tandis que j'étais chez les Éthiopiens; le voilà près de la terre des Phéaciens, où la destinée veut qu'il trouve le terme des maux qui fondent sur lui; mais je saurai encore lui faire endurer assez de souffrances. » Il dit et rassemble les nuées, saisit son trident, bouleverse la mer, déchaîne les souffles impétueux de tous les vents, et couvre à la fois de nuages-la terre et l'Océan ; la nuit tombe alors du ciel.

L'Eurus, le Notus, le Zéphyre violent, et Borée, enfant des airs, s'élancent à la fois et roulent d'énormes vagues. Ulysse sent Oéchir ses genoux et défaillir son cœur, -et, poussant des soupirs, il dit en son âme magnanime r car il apparut à lui naviguant-sur la mer ; [cœur, et celui-ci s'irrita davantage en-sonet ayant secoué la tête il dit à son cœur : « 0 grands-dieux, certes assurément déjà les dieux ont changé-leur-décision autrement au-sujet-d'Ulysse, [Éthiopiens; moi étant (tandis que j'étais) chez les et déjà il est près de la terre des Phéaciens, où le sort est à lui d'échapper au grand terme de la misère (à la qui vientsurlui; [grande misère) mais j'affirme devoir pourchasser lui encore suffisamment dans le malheur. » Ayant dit ainsi il rassembla les nuées, et troubla la mer, ayant pris son trident de ses mains ; et il souleva toutes les tempêtes de vents de-toute-sorte; et il couvrit de nuées la terre en-même-temps eL la mer; et la nuit s'était élancée (était tombée) du ciel.

Mais et l'Eurus fondîl-en-mêmc-temps et le Nolus , et le Zéphyre au-souffie-rigoureux et le Borée né-de-l'éther, roulant le grand flot.

Et alors les-geriôux ,.

et le cœur chéri d'Ulysse furent détendus (défaillirent), et ayant gémi donc il dit à son cœur magnanime :

« Infortuné, que vais-je devenir? Je crains bien que la déesse n'ait dit vrai, quand elle m'annonçait qu'il me restait encore bien des maux à souffrir sur la mer avant de rentrer dans ma patrie; et voilà que ses paroles s'accomplissent. Car Jupiter a enveloppé le ciel immense de nuages, il a bouleversé la mer, et tous ies vents déchaînent leurs tempêtes. Main tenant un affreux trépas m'est assuré. Oh! trois et quatre fois heureux les descendants de Danaüs qui ont péri dans les vastes Gliamps de Troie pour la gloire des Atrides! Que n'ai-je succombé moi-même, que n'ai-je trouvé la mort en ce jour où des milliers de Troyens lançaient contre moi leurs javelots de fer autour du cadavre du fils de Pélée 1 J'aurais du moinsobtenu des funérailles, et les Grecs auraient célébré mon nom; mais le destin exige que je périsse d'un trépas misérable. »

« Hélas moi malheureux, quoi donc pourrait arriver à moi au plus long (enfin)?

Je crains que assurément la déesse n'ait dit toutes choses vraies, elle qui a dit moi devoir remplir (subir) des souffrances sur la mer, avant d'arriver'dans ma terre patrie ; maintenant donc toutes ces choses s'accomplissent.

De telles nuées{j'en juge parles nuées Jupiter cauvre-tout-autour [dont) le large (vaste) ciel, et il a troublé la mer, [sorte et des tempêtes de vents de-toutefondent-sur moi.

Maintenant � - une perte terrible est en-sûreté (assurée) à moi.

Trois-fois-heureux et quatre-fois les Grecs qui ont péri alors dans la vasle Troie (Troade), [des.

apportant (faisant) plaisir aux AtriComme donc moi-du-moins je devais hiourir et suivre le destin (subir la mort) dans ce jour-là, quand de très-nombreux Troyens lancèrent-sur moi des javelots garnis-d'airain autour du fils-de-Péiée mort.

En ce jour j'aurais obtenu des funérailles et les Grecs auraient célébré la gloire de moi; mais maintenant il a été décrété-par-le-destin moi être pris (que je serais pris) par une mort misérable. » Comme il disait ainsi, une énorme vague s'élance avec fureur, fond sur lui d'en haut, et fait tournoyer le radeau. Ulysse est jeté au loin; ses mains abandonnent le gouvernail; l'ouragan terrible de tous les vents réunis brise son mât par le milieu. La voile et l'antenne sont précipitées au loin dans la mer. La vague tient longtemps Ulysse submergé, et il ne peut pas reparaître aussitôt, tant est grande la violence du flot. Il est appesanti par les vêtements que lui a donnés la divine Calypso. Enfin il s'élève au-dessus des lames, et rejette de sa bouche l'onde amère qui ruisselle de sa tête. Mais, quoique épuisé, il n'a pas oublié le radeau ; il s'élance à travers les flots et le saisit; puis il s'assied au milieu et échappe ainsi à la mort. Mais les vagues soulevées ballottaient l'esquif de tous côtés. De même que, pendant l'automne, Borée balaye à travers la plaine des broussailles qui se Une grande vague donc frappa d'en haut lui ayant parlé ainsi, [rible, une vague s'élançant-contre lui teret fit-tournoyer le radeau.

Et lui-même tomba loin du radeau ; et il lâcha le gouyernail des mains; et un ouragan terrible

jde vents mêlés

étant venu brisa à lui le mât par-le-milieu.

Mais la voile et l'antenne tombèrent-dans la mer au loin.

Et donc la vague mit lui sous-l'eau pendant un long temps, et il ne put pas [vite s'élever (sortir) de l'eau tout à fait sous l'élan (le choc) de la grande vague.

Car les vêtements, [lui, que la divine Calypso avait donnés à l'appesantissaient.

Mais il sortit donc tard, et cracha-hors-de sa bouche l'eau-salée amère, qui coulait à lui abondante de sa tête. [radeau, Mais pas même ainsi il n'oublia le quoique étant accablé, mais s'étant élancé dans les flots, il saisit lui ; et il s'assit au-milieu-de lui, évitant le terme de la mort.

Et le grand flot portait celui-là (le radeau) selon le cours des eaux ici et là. [tomne Et comme lorsque le Borée d'-auemporte des broussailles mêlent et s'accrochent entre elles, ainsi les vents poussent çà et là sur la mer le radeau d'Ulysse : tantôt le Notus l'abandonne au souffle de Borée, tantôt l'Eurus le laisse emporter à celui du Zéphyre.

La fille de Cadmus, la belle Ino, Leucothée, jadis simple mortelle, et qui maintenant dans les abîmes de la mer partage les honneurs des dieux, aperçut Ulysse. Elle eut pitié du héros qui errait et souffrait mille douleurs ; prenant la forme d'une mouette, elle s'élance en volant hors des eaux, vient se poser sur le radeau et fait entendre ces paroles : « Infortuné, d'où vient que Neptune,-le dieu qui ébranle la terre, a conçu contre toi tant de haine et te suscite tant de maux ? Mais il ne te fera pas périr, malgré son envie. Fais ce que je vais te dire, car tu ne me parais pas dépourvu de sagesse : dépouille ces vêtements et laisse les vents emporter ton radeau ; efforce-toi de revenir à la nage

à travers la plaine , et serrées [autres; elles se tiennent les unes après les ainsj les vents portaient celui-ci (le radeau) sur la mer ici et là; et tantôt le Notus le présentait au Borée pour l'emporter, � , et tantôt d'un-autre-côté l'Eurus le cédait au Zéphyre pour le pourchasser.

Mais la fille de Cadmus vit celui-ci (Ulysse),

Ino aux-beaux-talons, Leucothée, qui auparavant à la vérité était mortelle douée-de-voix, et maintenant partageait l'honneur des dieux dans les vastes-eaux de-la mer.

Celle-ci donc eut-pitié d'Ulysse errant,ayant{ souffrant) desdouleurs; et ressemblant à un plongeon, elle sortit du courant (de la mer) en-volant, et s'assit (se posa) sur le radeau aux-liens-nombreux, et dit ce discours : Il Infortuné, [terre pourquoi Neptune, qui-ébranle-Ias'est-il irrité contre toi étonnamment (violemment) ainsi, lorsque (puisque) il enfante à toi des maux nombreux?

Assurément il ne fera-pas-périr toi, quoique le désirant tout à fait.

Mais fais tout à fait ainsi, et tu parais à moi ne pas manquer-de-sens ; ayant dépouillé ces vêtements, laisse le radeau aux. vents vers la terre des Phéaciens, où le destin veut que tu échappes au malheur. Prends cette bandelette immortelle et attache-la autour de ta poitrine : tu n'auras à craindre ni les souffrances ni la mort.

Quand tes mains auront saisi le rivage, quitte-la, rejette-la dans la noire mer, loin du continent, puis éloigne-toi. »

La déesse parle ainsi et lui remet la bandelette ; puis elle se replonge dans la mer écumante, semblable à une mouette, et le flot noir la recouvre. Cependant le patient et divin Ulysse hésite ; il gémit et dit en son cœur magnanime : « Hélas! qui sait si celui des immortels qui m'engage à quitter mon radeau ne trame pas contre moi quelque ruse nouvelle ? Je ne lui obéirai pas sur-le-champ, car mes yeux ont reconnu qu'elle est trop loin encore, cette terre où il nie promet un refuge. Voici ce que je vais faire, pour être emporté par eux; mais nageant avec les mains aspire au retour (cherche à retourner) de (à) la terre des Phéaciens, où le destin est à toi d'échapper.

Mais prends, étends sous ta poitrine cette bandelette immortelle ; crainte lhe doit être à toi ni de souffrir quelque chose ni de périr., [ferme Mais lorsque tu auras touché la terrede tes mains, de nouveau l'ayant dépouillée aie soin de ïa. jeter dans la mer noire, loin de 4a terre-ferme, et toi-même de te détourner à l'écart. »

Ayant parlé donc ainsi la déesse donna la bandelette ; et elle-même de nouveau s'enfonça dans la mer houleuse, ressemblant à un plongeon ; et le flot noir couvrit elle.

Mais le divin Ulysse très-patient délibéra, et ayant gémi donc il dit à son cœur magnanime : « Hélas que je suis malheureux, pourvu que quelqu'un des immortels ne tisse (ne prépare) pas à mor de nouveau une embûche, lorsqu'il engage moi à sortir-de mon radeau.

Mais certes je n'obéirai pas encore, puisque moi j'ai vu de mes yeux cette terre être loin, où il a dit un refuge être-à moi.

Mais je ferai, tout à fait ainsi, puisque c'est le parti qui me semble le meilleur : tant que les poutres de mon radeau demeureront attachées ensemble, je resterai ici et endurera i mes maux avec patience ; si le flot vient à le briser, je me mettrai à la nage, car je ne puis rien voir de mieux. D Tandis que ces pensées s'agitaient dans son cœur, Neptune, qui ébranle la terre, souleva une vague immense, terrible et menaçante, haute comme une montagne; il en frappa le héros. De même qu'un vent impétueux disperse un monceau de feuilles sèches et les dissipe de mille côtés divers, ainsi la vague dispersa les planches du radeau.

Ulysse s'élança sur une poutre comme sur un coursier, et ôta les vêtements que lui avait donnés la divine Calypso. Il étendit la bandelette sous sa poitrine, se jeta dans les eaux la tête la première, puis et cela paraît à moi être le meilleur : tant que les bois serontréunis dans (par) les chevilles, jusque-là je resterai ici-même et endurerai souffrant (de souffrir) des douleurs ; mais après que déjà le flot aura disjoint à moi le radeau, je nagerai; puisqu'il nem'appartient pas [leur.» de prévoir quelque chose de meilTandis que celui-ci agitait ces pensées dans sun esprit et dans son cœur, de-son-côté Neptune qui-ébranle-la-terre souleva un flot grand, et terrible et difficile à résister, formant-un-toit (enflé); et il frappa Ulysse lui-même.

Et comme un vent violent dissipe un monceau de pailles sèches, qu'il a dispersées ailleurs et ailleurs (de côté et d'autre); ainsi il (Neptune) dispersa les longues poutres du radeau.

Mais Ulysse alla aru tour de (enfourcha) une poutre la poussant comme un cheval d^selle ; et il dépouilla les vêtements que la divine Calypso avait donnés à Et aussitôt il étendit le voile [lui.

sous sa poitrine ; et lui-même la-tête-en-avant tomba-dans la mer, ayant étendu les deux-mains, désirànt nager;

écarta les bras et se mit à nager; le dieu puissant qui ébranle la terre l'aperçut, et, secouant la tête, il dit en son cœur : CI Va, erre sur la mer après tant de souffrances, jusqu'à ce que tu puisses te mêler aux mortels enfants de Jupiter, tu ne te plaindras pas, je pense, de n'avoir pas enduré assez de maux. »

Il dit; et-fouette ses chevaux à la belle crinière ; bientôt il arrive à Aiguës, où s'élève son palais magnifique.

Cependant Minerve, fille de Jupiter, roule d'autres pensées : elle enchaîne le souffle des vents, et leur ordonne de suspendre et d'apaiser leur fureur; mais elle anime le rapide Borée et brise la colère des flots, jusqu'à ce que le noble Ulysse puisse se mêler aux Phéaciens amis de la - rame, après avoir échappé aux Parques et à la mort.

Durant deux jours et deux nuits, Ulysse erra sur les flots enflés, et souvent son cœur prévoyait le trépas. Mais quand l'Aurore à la belle chevelure amena le troisième jour, le venL cessa de soumer, et un et le dieu puissant qui-ébranle-lale vit, * [terre et ayant secoué la tête il dit à son cœur : Il Ainsi maintenant ayant souffert de nombreux maux erre sur la mer, jusqu'à ce que tu te mêles aux hommesnourrissons-de-Jupiler ; mais pas même ainsi je n'espère toi devoir te plaindre [trop peu). >■ au sujet du malheur (de souffrir Ayant parlé donc ainsi il fouetta ses chevaux à-la-belle-crinière, et arriva à Aiguës, où de superbes palais sont-à lui.

Mais Minerve,

fille de Jupiter, imagina autre chose : [fic) savoir elle enchaîna les voies (le soufdes autres vents, et ordonna tous cesser

et s'endormir; mais elle souleva le rapide Boréf, et brisa les flots, jusqu'à ce que celui-ci, le noble Ulysse,

ayant évité la mort et les Parque?, se mêlât aux Phéaciens amis-de-la-rame.

Là il errait deux nuits et deux jours sur le flot épais (gonflé); et souvent le cœur à lui regardait (prévoyait) la mort.

Mais lorsque donc l'Aurore aux-beaux-cheveux [jour, eut accompli (amené) le troisième aussi alors ensuite calme profond régna sur les eaux; Ulysse, soulevé par une vague énorme, porta au loin -ses regards et aperçut la terre près de lui.

Autant apporte de joie à des enfants le rétablissement d'un père qu'une longue maladie consumait au milieu de cruelles douleurs (une divinité ennemie s'était appesantie sur lui, mais les dieux le délivrent heureusement de ses maux), autant la vue de la terre et des forêts réjouit Ulysse. Il nageait, et ses pieds s'efforçaient de gagner le rivage; mais, lorsqu'il n'en était plus éloigné que de la distance où peut porter la voix, il entendit le bruit de la mer qui se brisait contre les rochers. Le flot irrité mugissait en s'élançant avec colère contre- le rivage, qui était tout couvert de l'écume salée. Il n'y avait là ni ports ni rades pour recevoir des vaisseaux, mais les bords de l'île avançaient dans la mer leurs roches et leurs écueils.

le vent cessa, et un calme sans-vents existait ; et celui-ci donc vii la terre près, ayant regardé-en-avant tout à fait d'une-manière-perçante, ayant été soulevé par une grande vaEt comme lorsque - [guc.

apparaît agréable à des enfants la vie d'un père, qui est-gisant dans la maladie souffrant de violentes douleurs, se consumant longtemps, car une divinité ennemie a fondu sur lui, mais les dieux donc ont délivré celui-ci de la souffrance d'une-manière-agréable; ainsi terre et forêt apparurent à Ulysse d'une-manière-agréable.

Et il nageait, [ferme se pressant de monter-sur la terreavec ses pieds ; mais lorsqu'il était éloigné d'autant que quelqu'un afait-entendre (peut ayant crié, [se faire entendre) aussi donc il entendit le bruit de la mer contre les rochers.

Car le grand flot mugissait, se lançant d'une-manière-térrible contre le sol sec de la terre-ferme; et tout était couvert de la rosée de la mer. [vaisseaux Car des ports pouvant-contenir des n'étaient pas, ni des rades, [là, mais des rivages faisan t-saillie étaient et des roches et des écueils ; et alors les genoux et le cœur chéri d'Ulysse Alors Ulysse sentit fléchir ses genoux et défaillir son coeur ; il gémit et dit en son âme magnanime : « Malheureux, quand Jupiter m'accorde de voir la terre que je n'espérais plus, quand j'ai traversé jusqu'au bout les abîmes de la mer, je ne trouve point de place où je puisse sortir des flots blanchissants : devant moi sont des roches aiguës, autour de moi gronde la vague impétueuse, et des écueils lisses s'étendent le long de la rive ; ici la mer .est profonde, et je ne puis me tenir sur mes jambes pour m'arracher- au malheur. Si je sors des eaux, peut-être une vague furieuse, m'emportant avec elle, va me lancer contre les rochers et rendre vains mes efforts; si je nage plus loin encore, pour essayer de découvrir quelque plage que le flot ne batte point avec tant de violence, ou quelque port, je crains que la tempête ne me remporte au milieu des mugissements terribles des eaux poisonneuses, ou qu'une divinité n'excite contre moi, du fond de la mer, un de ces monstres que l'auguste Amphitrite nourrit en si grand nombre ; car je sais combien le puissant Neptune est courroucé contre moi. » se détendirent (défaillirent), et ayant gémi donc il dit à son cœur magnanime : « Hélas, après que Jupiter m'a donné de voir la terre inespérée, [à bout) et que déjà j'ai achevé (je suis venu ayant fendu (de traverser) ce gouffre, une sortie au dehors de la mer blanne paraît pas quelque-part; [che car au dehors sont des écueils pointus, et toul-autour le flot impétueux gémit, et une roche lisse s'élève ; et la mer est profonde, et il n'est nullement possible de se tenir sur les deux pieds et d'éviter le malheur; de peur qu'une grande vague ayant emporté moi sortant de l'eàu neme jette contre la roche de-pierre, et que l'élan à moi ne soit vain.

Mais si je m'approche-en-nageant encore plus avant, [rai pourvoir si quelque-part je trouveet des rivages frappés-obliquement et des ports de mer, je crains que la tempête ayant entraîné moi de nouveau ne m'emporte dans la mer poissonneuse,

qui gémit pesamment (fortement); ou encore aussi qu'une divinité ne lance-contre moi de dedans la mer un grand cétacé, tel que l'illustre Amphitrite : en nourrit de nombreux ; car je sàis - [la-terre comme l'illustre dieu qui-ébranles'est irrité contre moi.

Tandis que ces pensées s'agitaient dans son cœur, une vague énorme le poussa vers l'âpre rivage. Sa chair eût été déchirée en lambeaux et ses os fracassés, si Minerve, la déesse aux yeux bleus, ne l'eût inspiré : il s'élança et saisit de ses deux mains une roche, où il resta cramponné en gémissant jusqu'à ce que la vague l'eût dépassé. Il échappa ainsi ; mais en revenant le flot le frappa de nouveau, et l'emporta bien loin sur la mer. Comme de nombreux cailloux s'attachent aux pieds du polype arraché de sa demeure, ainsi la peau de ses mains robustes fut arrachée par les rochers, et la vague énorme le recouvrit. Là, malgré le destin, le malheureux Ulysse aurait péri, si Minerve aux yeux bleus n'avait mis en lui la sagesse. Il se retira en deçà des flots qui viennent se briser contre le rivage, et nagea ainsi, les yeux fixés sur la terre, pour essayer de découvrir Tandis que celui-ci agitait ces pensées dans son-esprit et dans son cœur, pendant-ce-tcmps d'un-autre-côté une grande vague le portait vers le rivage âpre (rocailleux).

Là il aurait été déchiré à la. peau, et ses os auraient été fracassés, si Minerve, la déesse aux-yeux-bleus, n'avait mis ceci dans son esprit : or s'étant élancéil prit avec les deux mains la roche,

--à laquelle il se tint gémissant, jusqu'à ce que la grande vague eut passé.

Et ainsi à la vérité il évita celle-ci mais revenant s'élançant elle frappa lui de nouveau, et jeta lui loin dans la mer.

Et comme lorsque des cailloux serrés (nombreux) s'attachent aux articulations du polype tiré-hors de sa demeure ; ainsi la peau de celui-ci

fut enlevée-par-des-écorchures à ses mains hardies 'contre les roches ; et une grande vague couvrit lui.

Alors assurément l'infortuné Ulysse aurait péri malgré-le-destin, si Minerve aux-yeux bleus [pensée).

ne lui eût donné la sagesse (une sage Étant sorti-de la vague, telle qu'elles se jettent-avec-fracas sur la terre-ferme, il nageait en dehors, regardant vers la terre, [rait pour voir si quelque-part il trouve- quelque plage que.la vague ne battit point avec tant de violence, ou quelque port. Comme il arrivait en nageant à l'embouchure d'un beau fleuve qui lui parut l'endroit le plus favorable, car les rochers y étaient lisses et offraient un abri contre les vents, il reconnut les eaux d'un fleuve, et pria ainsi en son cœur : « Écoute, dieu puissant, qui que tu sois; j'approche de les ûots -tant désirés, fuyant loin delà mer les menaces de Neptune. Les dieux immortels eux-mêmes respectent le malheureux qui se présente errant, comme maintenant j'arrive dans ton sein et embrasse tes genoux après tant de fatigues. Aie pitié de moi, puissante divinité; je me fais gloire d'être ton suppliant. »

Il dit et aussitôt le dieu suspendit son cours, retint ses flots, fit régner le calme devant Ulysse, et le fit pénétrer sain et sauf dans l'embouchure du-fleuve. Le hérossentit faiblir ses genoux et ses bras robustes, car la mer avait dompté ses forces. Tout son corps était en- et des rivages frappés-obliquement et des ports de mer.

Mais lorsque donc il arriva en nageant à l'embou £ hure d'un fleuve au-beau-cours, là donc l'endroit parut à lui être le meilleur, [ses), lisse de roches (ayant des roches liset dans cet endroit était un abri du (contre le) vent ; et il reconnut un fleuve coulant, et il pria dans son cœur : « Écoute, prince (dieu puissant), qui que tu sois ; or je:viens à toi invoqué-par-beaucoup-de-prières, fuyant hors de la mer les menaces de Neptune.

Il est respectable même pour les dieux-immortels, quiconque des hommes est arrivé errant, comme aussi moi maintenant j'arrive et à ton courant et à tes genoux, ayant souffert beaucoup.

Mais aie-pitié, prince; et je me vante d'être (je me déclare) suppliant à toi (ton suppliant). »

Il dit ainsi ; et celui-ci (le dieu) aussitôt fit-cesser (arrêta) son courant, et retint son flot; et il fit à lui le calme au-devant, et il sauva lui [fleuve; en l'attirant dans l'embouchure du et celui-ci donc fléchit (sentit fléchir) ses deux genoux et ses mains robustes^ car son cœur chéri.

flé j l'onde amère coulait en abondance de sa bouche et de ses narines ; il resta étendu, tout épuisé, sans respiration et sans voix, et une fatigue terrible s'empara de lui. Quand il eut respiré et que la vie fut rentrée dans son cœur, il détacha de sa poitrine la bandelette de la déesse, et la jeta dans le fleuve qui mêlait ses eaux à la mer; les vagues l'emportèrent dans leur cours, et aussitôt Ino la reçut dans ses mains. Ulysse s'éloigna du fleuve, se coucha dans les roseaux, et embrassa la terre nourricière; puis il" gémit, et dit en son cœur magnanime : « Hélas! que faire? que vais-je devenir? Si je passe la nuit dans l'inquiétude auprès du fleuve, peut-être, faible comme je le suis, le froid funeste et l'abondante rosée achèveront de me faire rendre l'âme; car une brise glacée s'élève du fleuve avant l'aurore. Que je avait été dompté (épuisé) par la mer.

Et il était gonflé dans tout le corps ; et Veau de la mer coulait abondante et par sa bouche et par ses narines; et lui donc était étendu sans-souffle et sans-voix

étant-sans-force, ■ et une fatigue terrible arrivait à lui.

Mais lorsque donc il eut respiré et que la vie

se fut rassemblée dans son cœur, aussi alorsdonc il détacha de lui la bandelette de la déesse ; et il lâcha elle [la-mer ; dans le fleuve qui-se-versait-dansetle grand flot l'emportait en arrière selon le courant.

Et aussitôt donc Ino la reçut dans ses mains chéries ; et celui-ci s'étant retiré h ors d u fleuve se coucha sur le jonc (des joncs), et embrassa la terre fertile ; et donc ayant gémi il dit à son cœur magnanime : « Hélas, malheureux que je suis, que pourrais-je éprouver (quel sera quoi donc [mon sort), pourrait arriver à moi au plus long (enfin) ?

Si je passe-en-veillant une nuit inquiète sur le fleuve (auprès du fleuve), je crains que et la gelée malfaisante et la rosée abondante [moi ne domptent (n'achèvent) ensemble exhalant ma vie par-suite-de ma faiblesse; or une brise froide souffle du fleuvë avant l'aurore.

Mais si étant monté sur la colline monte sur la colline, que je pénètre dans ce bois épais, que je m'endorme au milieu de ces taillis touffus, si toutefois le froid et la fatigue me quittent et si un doux sommeil se répand sur moi, je crains de devenir la proie et la pâture des bêtes féroces. »

C'est ainsi qu'il délibérait, et ce dernier parti lui sembla le meilleur. Il se dirigea donc vers le bois, qu'il trouva auprès du fleuve, sur une hauteur; il se glissa entre deux arbrisseaux qui croissaient à la même place : l'un était un olivier, et l'autre un olivier sauvage. Là ne pénétrait jamais le souffle humide des vents; jamais le soleil radieux ne frappait cet abri de ses rayons ; jamais la pluie ne traversait ces ombrages, tant les deux arbustes étaient touffus et avaient entrelacé leurs rameaux. C'est là qu'Ulysse se blottit ; sans tarder, il amassa de ses mains un vaste lit de feuillage ; car il se trouvait là assez de feuilles pour couvrir deux ou trois hommes dans la saison d'hiver, même par un froid rigoureux. Cette vue réjouit le patient et divin et dans le bois très-ombreux je dors dans les broussailles épaisses, si toutefois le froid et la fatigue quittaient moi,

etqu'un doux sommeil vint-vers moi, je crains que je ne devienne pour les bêtes-féroces une proie et une rencontre, » Il parut donc à lui délibérant être meilleur ainsi : il marcha donc pou r aller vers le bois; et il trouva ce bois près de l'eau dans un lieu vu-de-tous-côtés (sur et il entra donc [une hauteur) ; sous deux arbrisseaux, , qui avaient poussé du même-lieu : l'un d'olivier-sauvage, l'autre d'olivier fertile.

Et certes ni la force des vents qui soufflent un souffle humide ne pénètre ces arbrisseaux, ni jamais le soleil brillant ne lesfrappait de ses rayons, ni la pluie ne les traversait de-part-en-part': tellement serrés (touffus) donc ils avaient poussé en-s'entrelaçant l'un avec l'autre ; sous lesquels Ulysse pénétra ; et aussitôt il amassa un lit large avec ses mains chéries ; car un tas de feuilles suffisamment abondant était là, autant qu'il en faudrait pour couou deux ou trois hommes [vrir dans la saison d'-hiver, si même elle sévissait fortement.

Ayant vu ce tas Ulysse; il se coucha au milieu des feuilles et en recouvrit tout son corps. De même qu'un homme, à l'extrémité d'un champ éloigné de tout voisinage, enfouit un tison dans la cendre noire, afin de conserver la semence du feu et de ne point aller ailleurs pour l'allumer, ainsi Ulysse se cacha dans les feuilles. Minerve versa le sommeil sur ses paupières, et lui ferma les yeux pour le délasser de ses cruelles fatigues.

le très-patient et divin Ulysse se réj ouit, et se coucha donc au milieu-du las, et répandit-sur-lui un-amas de feuillesEt comme lorsque quelqu'un, à qui ne sont pas

d'autres hommes voisins,

a caché un tison dansla cendrelioirc, à l'extrémité d'un champ, conservant la semence du feu, afin qu'il ne l'allume pas (n'ait pas à quelque-part ailleurs; [l'allumer ainsi Ulysse se couvrit de feuilles ; et Minerve donc versa à lui le sommeil sur les yeux, [ment afin qu'il reposât lui très-promptede sa fatigue pénible, ayant enveloppé ses paupières chéries.

NOTES SUR LE CINQUIÈME .CHANT DE L'ODYSSÉE.

Page 2 : 1. Ouxe -/.pàxo; èax\ jxéYKTXOV. De même dans Virgile, Enéide, X, v. 100 : Tum pater omnipotens, rerum cui summa polestas.

— 2. MYJXIÇ eTt, etc. Ce vers et les trois suivants se trouvent déjà dans le deuxième chant (230-234).

Page 4:1. ~, etc. Voy. ce vers et les trois suivants au quatrième chant (656-560).

— 2. '0 S' ~W't). ~Aaxe8a £ (xova 8ïav. Ces voyages de Télémaque; remplissent la fin du second chant de l'Odyssée, ainsi que le troisième et le quatrième chants tout entiers.

^— 3. Tr]v 8' àTOX[AEiëo(A £ voç, etc. Ces deux vers se trouvent déjà dans le premier chant (63 et 64).

Page 6 : 1. Au xe xà r' aXXa irep, et encore et dans les autres circonstances, c'est-à-dire aujourd'hui encore, comme autrefois.

- 2. Nù^/pif) êOix),oxà|ji.w, etc. Voy. chant 1, vers 86 et 87.

- 3. ~Ilofjui^ 0v/]xô)v àv0pw7Twv, sous la conduite d'hommes mortels, c'est-à-dire accompagné, aidé de rameurs qui conduisent son vaisseau.

— 4. ~ZxEpwiv- La plupart des commentateurs s'accordent à dire que l'île de Schérie, habitée par les Phéaciens, est la même que celle qui se nomma plus tard Corcyre, et que nous appelons Corfou.

D'autres en font un pays fabuleux, comme celui des Géants, des Lestrygons, des Pygmées ; comme chez nous le pays de Cocagne, et chez les Allemands la terre des Fainéants (Schlaraffenland); et il se pourrait bien que cette opinion fût la vraie.

— 5. Ilépi, accentué ainsi, est adverbe, et indique surabondance ou excès. 1 Page 8: 1. ~"ïito rcosaiv, etc. Voy. ce vers et les deux suivants dans le premier chant (96 à 98).

— 2. 'AvSpwv. ôi^ax' èyeipet est une tournure poétique, au lieu de la construction vulgaire : xwv (LÈ'i o(LfLcx"cx 6D:YEL, xoùç bà ~âyeCpEi.

— 3. ~Ilieptyiv, la Piérie, petite contrée entre la Macédoine et la Thessalie, non loin du mont Olympe.

- 4. Adtpw. C'est l'oiseau que nous appelons mauve ou mouette,' ou peut-être le goéland. On peut rapprocher de ce passage les vers suivants de Virgile, Énéide, IV, 252-:

ffic priinum paribus nUens Cyllenius alis Constitit; hinc toto se prscceps corpore ad undas Misit, avi simiijs, quae circuiri liltora, circum Piscosos scopulos, liumilis volat æquora jtixta.

— 5. Ti¡v vrjffov 'r't]ÀÓ!j' ~soOtyav. Dugas-Montbel : « L'île de Calypso se nomme Ogygie dans Homère. Dans l'antiquité, comme de nos jours, on a beaucoup discuté sur l'endroit où elle était située ; l'opinion la plus probable est celle de Pline, qui place çette île non loin du promontoire de Lacinium, aujourd'hui cap Colonne, à l'entrée du golfe de Tarente. Quelques auteurs ont pensé qu'Ulysse avait parcouru l'océan Atlantique, parce que Calypso est désignée comme fille d'Atlas, et aussi parce qu'Homère nomme l'Océan en quelques occasions. J'ai déjà fait observer que notre poëte ne présente que des idées confuses sur l'Océan, qui tantôt est la mer, et tantôt un fleuve. D'ailleurs, du temps d'Homère, les Grecs n'avaient point franchi le détroit de Gadès ; Ulysse ne sortit point de la Méditerranée.

Voici le récit sommaire de ses voyages : A son départ d'Ilion, il fit une invasion dans le pays des Ciconiens, peuple de la Thrace, au nord-ouest de Troie. Cette expédition terminée, il essuya une violente tempête, et, lorsqu'il voulut doubler le cap Malée, les vents du nord le poussèrent sur les rivages d'Afrique habités par les Lotophages. Il y séjourna peu de temps, et força bientôt les siens à se rembarquer. Il tint ensuite la route du nord, et vint en Sicile au pays des Cyclopes.

Après la terrible aventure du Cyclope, il tint encore la direction du nord, aborda dans l'île d'Éole, parcourut les côtes occidentales de l'Italie, visita l'île de Circé, les environs de Naples, puis revint au midi en traversant le détroit de Sicile. Lui seul étant échappé au naufrage, après son départ de l'île du Soleil, il fut jeté dans l'île de Calypso, à l'entrée du golfe de Tarente, et y séjourna plusieurs années.

Quand il quitta cette île pour arriver à Ithaque, une autre tempête le força d'aborder dans l'île de Schérie , aujourd'hui Corfou. Ce fut sa dernière station, et c'est de là qu'il fut reconduit dans sa patrie. »

Page 12 : ~El T £ T £ ),ea[j.Évov ècm, si cela a déjà été accompli, c'està-dire si cela est possible. Cette expression, qui se rencontre plus d'une fois dans Homère, est expliquée par le passage suivant de la Poétique d'Aristote.: Tà. (j.^v ovv }j.r) ^evo^eva outîw 7ti(jT £ uo(jLev elvai ~Suvaxa • ~ta ôèy £ vô[XEva qsavepèv ôti ôuvaxdc.

Page 14 : 1 ~'OïÇupawxTov àXXwv. Construction assez rare, qui se rencontre aussi dans la République de Platon : 'Pau-ra oïcrsi TWV àXXwv.

— 2. 'Afh¡vaÍ'lw àXaovTo. Tous les Grecs n'avaient pas offensé Minerve, et Ulysse. surtout était particulièrement cher à la déesse. Mais Mercure ne veut pas entrer dans les détails, ni prendre la peine de faire sa part à chacun. On sait que c'est Ajax qui attira sur les Grecs la colère de Minerve en outrageant la prophétesse Cassandre.

Page 16 : 1. ~'A À).' en ot, etc. Voy. vers 41 et 42.

— 2. ~'(lpÍwva. Orion, fils d'Hyriée, né à Hyrie, en Béolie; c'était un célèbre chasseur. L'Aurore s'éprit de lui et l'fnleva.

— 3. "PeTa ~Çtoovreç. Nous avons vu, chant IV, vers 5C5, ~pifo-tr, ~pio-nj. On dit de même en latin facile vivere pour beate vivere.

- 4. 'OpTvytr;, Ortygie, nom primitif de Délos.

- 5. ~']aaÍwvL. Le Crétois Jasion était, dit la Fable, fils de Jupiter et d'Électre; il rendit Cérès mère de Plutus.

Page 18 : 1. <PD.EO'l ne veut pas dire ici je l'aimai, mais je l'accueillis avec amitié, je ie reçus avec bonté. C'est ainsi que parle Didon dans l'Énéide, IV, 373 : Ejectum littore, egentem excepi.

Page 20 : 1. OÙXÉTI ~iivSave N0|IÇY]. Il n'aimait plus Calypso, après l'avoir chérie pour ses bienfaits.

— 2. "HliaTa S' iv fr~pYj'n, etc. Virgile, Énéide, V,.6l3:

At procul iu sola secrets Troades acta Ami^sum Anclvisen flebant, cunetæque profundum PoHtum adspectabant flentes.

Page 24 : 1. Xttçû TE fLW, etc. Nous avons déjà vu ce vers, chant IV, 610..

— 2. oç vôwp. Le serment par les eaux du Styx était sacré pour les dieux; Jupiter punissait avec une rigueur terrible ceux qui se parjuraient après avoir pris le SLyx à témoin de leur sincérité.

Page 26 : 1. ~_0'i 8' èn' ôveia0\ etc. Voy. chant I, vers 148.

Page 30 : 1. ~T),rjTROUAI, lv axifieuav/ ÉYWV TA).a7tev0éa 0UJJ.6V. Horace fait dire à peu .près de même à Ulysse (Satires, II, v, 20) : Fortem hoc animum tolerare jubebo; Et quondam majora tuli, -

Page 32 : 1. ~"ESaçoç v-léç , le sol d'un vaisseau, c'est-à-dire la carène. — ~Topvwaetai. Cet emploi du futur pour marquer que tel ou tel fait arrive habituellement n'est pas rare en grec ; mais on se sert aussi, et plus souvent peut-être, du présent, du parfait et de l'aoriste, parce qu'on peut se figurer le fait ou comme ayant lieu actuellement, ou comme ayant eu lien antérieurement. Pindare, Olympiques, vu, 1 : <l>viÀcxv «ç èi ~xiç. oMpvjo-ETKL vss~Kx Yot)iêp(p, comme un père offre au jeune fiancé une coupe.

— 2. "Ixflw;, Il faut entendre par ce mot les planches qui sont dressées pour former les côtés du vaisseau ; elles sont maintenues au dehors par des madriers ~(crra|jûve<7criv), et au-dedans, dans l'intervalle qui sépare les deux côtés du vaisseau, se. trouvent-les planches qui forment le pont ( ê7tr)Y-/.svi3e<jcriv).

Page 36 : 1. ~W A!J.[J.opoç ),o £ tpôv 'Q*eavoïo. Virgile, Géorgiques, T, 246, dit aussi :

Arolos Oceani inetuentes æquoretingi.

— 2. ~Eio-octo..,. 7rovTco. Bothe : Clypeo Ulysses comparavit Phaeaciampropter monies eminentes ex terra in modum umbonis, cui velut circumjacet clypeus, sicut planitise littoraque montibus circumjacent.

— 3. ~SoXufAwv, les Solymes, ancien peuple de la Lycie.

Page 38 : 1. '0 5' ~Ex^ato, etc. Virgile, Énéide, VII, 291 :

Stetit acri fixa dolore ; Turn quassaus caput bajc effundit pectove dicta. -

— 2. "Ciç ~eîitwv , etc. On peut comparer tout ce qui va suivre au récit de la tempête essuyée par la flotte troyenne dans le premier livre de l'Énéide. Virgile a emprunté à Homère les principaux passages de sa description et même du discours d'Ënée.

Page 40 : 1. Tpiçfj.dbc<xpeç Aavaoi, etc. Dugas-Montbel : « Plutarque raconte que, lors de la prise de Corinthe, Mummius, voulant connaître parmi les prisonniers quels étaient ceux qui étaient de condition libre, commanda à chacun d'eux d'écrire -un vers, et que l'un des plus illustres enfants de Corinthe écrivit le vers : ~Tpiçfmxapeç ~Aavaoi xai TExpaxi;, oï 't"ô't"' ôXovto. Plutarque ajoute que Mummius fut touché'jusqu'.aux larmes, et qu'il accorda la liberté à ce jeune homme ainsi qu'à tous les siens. »

— 2. Hepi ~UïAeiwvi 0<xv6vti. On trouve une description rapide de ce combat au XXIVe chant, vers 37-42.

Page 42 : 1. ~"EXaaEv pieya xV(LOt xcx't"' ccxgyk- Ces mots sont traduits littéralement par Virgile : Ingens a vertice pontus In puppim fèrit. La vague s'élève au-dessus du radeau, puis retombe et se brise sur le pont.

Page 44 : 1. Ino-, fille de Cadmus, roi de Thèbes, poursuivie par son époux. Athamas qui voulait la faire périr, se précipita dans la mer avec son fils Mélicerte, du haut du rocher Moluris, sur l'isthme de Corinthe. Elle fut reçue parmi les dieux de la mer, et prit le nom de Leucothée.

— 2. ~AOôrieffcra. AOôrjyç est une épithète qui se joint souvent aux mots Pporo;, avSpwitoç, ~àvrjp, parce que la parole est l'attribut distinctif de l'espèce humaine. On trouve fréquemment aussi ~[LÉDOTIZ; âv0pwuoi.

— 3. ~Aifj.VYK. Le sens primitif de Xîjivri, qui paraît venir de Xsîêu, est courant, eau qui coule. Ce n'est que plus tard que ~Xttiv-1 a pris la signification de lac.

Page M : 1. At-yaç. On croit qu'il est question de la ville d'Aigues, eu Achaïe ou en Eubée, où Neptune était particulièrement honoré ; cependant certains commentateurs pensent qu'il s'agit d'un rocher de la mer Égée, et se fondent sur le passage suivant de Pline l'Ancien (IV, xi) : Ægæo mari tiomen dedit scopulus inter Tenum et Chium vertus quam insula, ex nomine a specie capræ, quse ita Greecis appellatur, repente e medio mari exsiliens. Cernunt eum a dextra parte Andrum navigantes ab Achaia, dirum ac pestiferum.

Page 52 -: 1. 'Qç 8' rh' àv àffrcàtnoç , etc. Dugas-Montbel : Cette belle comparaison mérite surtout d'être remarquée, parce qu'elle est prise dans un ordre d'idées peu familier à notre poëte, qui emprunte ordinairement le sujet de ses comparaisons aux objets physiques, et non aux affections de l'âme. On n'en trouve aucune de ce genre dans Ylliade. Cette comparaison semble indiquer que les chants relatifs au retour d'Ulysse sont d'une époque plus récente que ceux qui composent l'Iliade.

— 2. 'PÓx6eL yàp, etc. Denys d'Halicarnasse cite ce vers comme un modèle d'harmonie imitative.

Page 54 : 1. A¡eO(XL ~nérpy, roche de pierre, c'est-à-dire roche toute de pierre, sur laquelle lie croissaient ni herbes ni plantes.

Page 58 : 1. Aeioç ~7tsTpàwv ne veut pas dire qu'il n'y avait pas de rochers sur cette partie du rivage , mais que les rochers qui s'y trouvaient étaient lisses, ne présentaient pas d'aspérités.

Page G2 : 1. Typàv ~àévrtov. Hésiode, Théogonie, 868: 'Ex Se Tuçwéoç ÉOr' cX.vÉ¡Lwv liévoç vypov ~àévxwv.

ARGUMENT ANALYTIQUE DU SIXIÈME CHANT DE L'ODYSSÉE.

Minerve apparaît dans un songe à Nausicaa, fille du roi des Phéaciens, et l'engage à aller laver ses vêtements au fleuve (1-47). Nausicaa demande l'agrément de son père, et l'obtient aussitôt (48-70).

Elle part avec ses suivantes, et, après avoir lavé les étoffes, joue à la paume sur les bords du fleuve (71-109). Les cris des jeunes filles réveillent Ulysse ; ses incertitudes ; il prend la résolution de se montrer (110-136). Les suivantes s'enfuient à sa vue; Nausicaa reste seule et écoute ses prières (137-185). Elle lui répond avec bonlé, le fait baigner dans le fleuve, et lui donne des vêtements et de la nourriture (186-250). Nausicaa engage Ulysse à suivre son chariot jusqu'à la ville, mais à s'arrêter à quelque distance des murs, afin de ne point prêter à la médisance ; qu'il se fasse ensuite enseigner la demeure d'Alcinoiis, et qu'il essaye d'éveiller la pitié de la reine (251-315).

Ulysse s'arrête près de la ville, dans un bois consacré à Minerve, et implore la protection de la déesse (316-331).

OMHPOY ~OATIIEIAI PATOAIA Z.

Ainsi dormait sous cet abri le divin et patient Ulysse, accablé de fatigue et de sommeil. Cependant Minerve se rendit dans la ville des Phéaciens. Jadis ce peupie habitait dans la vaste Hypérie, près des Cyclopes violents, qui le maltraitaient et le dominaient par la force. Le divin Nausithoüs leur fit abandonner ce séjour et les établit dans Schérie, loin du reste des mortels ; il entoura la ville d'un rempart, bâtit des maisons, éleva des temples aux dieux et fit le partage des terres. Mais déjà, dompté par la Parque, il était descendu dans la demeure de Pluton ; Alcinoüs, à qui les dieux avaient en- HOMÈRE.

L'ODYSSÉE.

CHANT VI.

Ainsi le très-patient et divin Ulysse dormait là, accablé de sommeil et de fatigue ; mais Minerve donc alla vers et le peuple et la ville des hommes Phéaciens ; lesquels auparavant jadis habitaient dans Hypérie vaste, près des Cyclopes, hommes arrogants, qui dévastaient eux, et étaient supérieurs par la force.

Les ayant fait-lever (sortir) de là Nausithous semblable-à-un-dieu les conduisit, et les fit-asseoir (les établit) dans Schérie, loin des hommes inventeurs ; et il poussa (fit courir) un mur autour de la ville, et construisit des maisons, et fit des temples de dieux , et partagea des champs.

Mais celui-ci était allé déjà chez Pluton, dompté par le destin; et Alcinoiis régnait alors, seigné la sagesse, régnait depuis ce moment. C'est vers son palais que se dirigea Minerve, la déesse aux yeux bleus , préparant le retour du magnanime Ulysse. Elle entra dans la chambre magnifique où reposait une jeune fille égale en taille et en beauté aux immortelles, Nausicaa, fille du magnanime Alcinoüs; deux servantes, à qui les Grâces avaient donné la beauté, se tenaient près de la porte superbe , dont les battants étaient fermés. La déesse glissa comme uu léger souffle vers le lit de la jeune fille, se tint au-dessus de sa tête, et pour lui parler emprunta les traits de la fille de l'illustre navigateur Dymas, du même âge que Nausicaa, dont elle était chérie; revétue de cette forme, Minerve aux yeux bleus prononça ces paroles : Il Nausicaa, que ta mère t'a enfantée indolente ! Tes brillants habits restent là négligés ; et pourtant le jour de l'hymen approche : alors il faudra te parer de belles robes et eu offrir à ceux qui te condui- sachant des pensées (ayant reçu la saLadéesseMinerve [gesse) des dieux.

aux-yeux-bleus alla vers la demeure de celui-ci, méditant le retour pour Ulysse magnanime.

Et elle se-mit-en-marche pour aller dans la chambre très-artistement-travaillée,

dans laquelle reposait une jeune-fille semblable aux immortelles par la taille et la forme (beauté), Nausicaa, fille du magnanime Alcinoiis ; et auprès étaient deux suivantes, ayant reçu la beauté des Grâces, des-ùeux-côtés des tteux-mootants; et la porte brillante [mée).

était appliquée-sur la chambre (ferMais celle-ci (Minerve) s'élança-vers le lit de la jeune-Iille comme un souffle de vent ; et elle se tint donc au-dessus de sa tête, et dit-à elle ce discours , ressemblant à la fille , de Dymas habite-navigateur, qui était du-même-âge qu'elle, et élait-chère à son coeur ; à laquelle s'étant rendue-semb'able Minerve aux-yeux-bleus dit-à elle : « Nausicaa, pourquoi donç la mère a-t-elle engendré loi si négligente 2 les vêtements brillants sont-gisants à toi non-soignés; et l'hymen est proche à Loi, l'hymen où il faut toi-même te revêtir de beaux vêtements, ront chez ton époux. C'est ainsi qu'une bonne renommée se répand parmi les hommes ; un père et une mère vénérée s'en réjouissent.

Allons, dès que paraîtra l'aurore, laver tous ces habits; je serai ta compagne et ton aide, afin que tu aies bientôt tout préparé; tu n'as plus longtemps à rester vierge. Déjà tu es recherchée par les plus nobles d'entre les Phéaciens, car tu es aussi parmi nous d'une glorieuse origine. Va, prie ton illustre père de t'apprêter avant l'aurore un chariot et des mules pour transporter tes ceintures, tes voiles et tes manteaux magnifiques. Il te sied bien mieux d'aller ainsi que de marcher, car les lavoirs sont loin de la ville. »

A ces mots, Minerve aux yeux bleus remonte vers l'Olympe, où l'on dit que se trouve la demeure éternellement inébranlable des dieux; ni les vents ne l'agitent, ni la pluie ne l'inonde, ni la neige et en fournir d'autres [époux.

à ceux qui conduiront toi chez ton Car assurément par-suite-de ces cho1une bonne renommée [ses se-répand-parnii les hommes, et le père et l'auguste mère se réjouissent. [ces habits Mais allons devant laver (pour laver) avec l'aurore paraissant; et moi je suivrai (j'irai) avec toi comme aide, afin que tu prépares ces obj ets très-promptèinent ; puisque tu ne seras plus longtemps vierge.

Car les principaux entre le peuple de tous les Phéaciens, [même, où une naissance noble est aussi à toirecherchent toi déjà.

Mais allons, engage ton père illustre à préparer avant l'aurore des mules et un chariot, qui conduise (pour conduire) et tes ceintures et tes voiles et tes manteaux brillants.

Et aussi il est beaucoup plus beau pour toi-même [(convenable) d'aller ainsi que sur tes pieds : car les lavoirs sont bien loin de la ville. »

Minerve aux-yeux-bleus ayant dit ainsi monta vers-l'Olympe, où l'on dit être [dieux ; la demeure toujours inébranlée des et elle n'est pas secouée par les vents, et jamais elle n'est mouillée par la pluie, et la neige n'en approche pas, ne s'y amoncelle, mais le pur éther s'y déploie sans nuage, et une blanche lumière la remplit : c'est là que chaque jour les dieux bienheureux se livrent à la joie, là que revint Minerve après qu'elle eut donné ses conseils à la jeune fille.

Au même moment l'Aurore au trône éclatant s'avance et éveille Nausicaa au beau voile , qui reste surprise de ce songe. Elle descend dans le palais pour le révéler à son père et à sa mère bien-aimés , qu'elle trouve dans leur demeure. Sa mère était assise auprès du foyer avec ses servantes, et ses mains filaient la pourpre; elle rencontra son père qui sortait pour se rendre dans le conseil des illustres rois* où l'avaient appelé les nobles Phéaciens. Elle s'avança vers lui, et lui adressa ces mots : « Père chéri, ne me feras-tu pas apprêter un chariot élevé, aux roues arrondies, pour transporter mes beaux habits et aller laver mais assurément une sérénité sans-nuages s'y déploie, et une clarté blanche (pure) s'y répand; dans cette demeure les dieux bienheureux se réjouissent tous les jours.

La déesse aux-yeux-bleus s'en alla là, après qu'elle eut conseillé ces choses à la jeune fille.

Et aussitôt vint l'Aurore au-beau-trône, qui éveilla elle Nausicaa au-beau-voile ; et aussitôt elle admira le songe.

Et elle marcha pour aller dans lademeure, pour quJelle le révélât à ses parents, à son père chéri et à sa mère ; et elle les trouva étant au dedans.

Celle-ci (la mère) était assise près du foyer, avec des femmes suivantes, tournant dans sa main des fils teints-de-la-pourpre-de-la-uuer ; et elle rencontra celui-là (le père) qui allait dehors vers les rois illustres à un conseil, où les nobles Phéaciens appelaient lui.

Et celle-ci (Nausicaa) se tenant tout à fait près dit-à son père cfiéri : « Père chéri-, ne préparerais-tu pas déjà à moi un chariot élevé, bien-arrondi, afin que je conduise vers le fleuve devant les laver (pour les laver) leurs souillures dans le fleuve? Il convient à toi-même, lorsque tu sièges dans le conseil des premiers des Phéaciens, de couvrir ton corps de vêtements éclatants de blancheur. Tu as cinq fils dans ton palais : deux ont des épouses ; les trois autres, encore célibataires, sont florissants de jeunesse ; lorsqu'ils vont à la danse, ils veulent toujours de frais habits : c'est moi qui suis chargée de tous ces soins. »

Elle dit-ainsi j car elle n'ose parler à son père du doux hymen ; mais il comprend toutes ses pensées et lui répond : « Je ne te refuse, mon enfant, ni mules ni aucune autre chose.

Va; mes serviteurs te prépareront un chariot élevé, aux roues arrondies, avec un fond solide. »

Il dit, et donne des ordres à ses serviteurs, qui s'empressent d'obéir. Ils préparent un chariot rapide qu'ils ont sorti du palais, et amènent des mules qu'ils placent sous le joug ; la jeune fille apporte de sa chambre ses robes magnifiques, et les dépose sur le chariot les vêtements magnifiques qui sont-gisanls à moi salis?

et aussi il convient à toi-même toi étant parmi les premiers conseiller des conseils (te mêler aux ayant sur ton. corps [délibérations) "des vêtements propres.

Et cinq fils chéris sont nés à toi dans le palais, les deux premiers étant mariés, et trois célibataires florissants ; et ceux-ci veulent toujours [lavés ayant des vêtements nouvellementaller à la danse : et tous ces objets sont-à-souci à mon esprit. »

Elle dit ainsi ; car elle rougissait de nommer à son père .chéri -l'hymen florissant ; mais il comprenait tout et il répondit par ce discours : « Mon enfant, [les.

je n'envie (ne réfuse) à toi ni des ni i, ni quelque autre chose.

Va ; d'ailleurs les serviteurs prépareront à toi un chariot élevé, bien-arrondi, adapté à (muni de) un plancher. »

Ayant dit ainsi il commanda aux serviteurs ; et ceux-ci obéirent.

Ceux-ci donc au dehors prépara" nt un chariot à-mules, aux-bclles-roues, et amenèrent-sous le joug des muïes et le; attelèrent sous le chariot; mais la jeune-fille portait hors de sa chambre des robes brillantes, bien poli ; sa mère remplit une corbeille de toutes sortes de mets doux au cœur, verse du via dans une outre de peau de chèvre, tandis que la jeune fille monte sur le chariot, et lui donne dans un vase d'or une huile limpide pour se parfumer avec ses suivantes. Nausicaa prend en main le fouet et les rênes brillantes ; elle frappe les mules «t les fait partir ; leur sabot résonne, et dans leur course ardente elles emportent les vêtements et la princesse; Nausicaa n'est pas seule, mais ses servantes l'accompagnent.

Lorsqu'elles furent arrivées près du fleuve aux flots limpides, où se trouvaient des lavoir§ qui' ne tarissaient jamais et où coulait en abondance une -eau assez claire pour purifier toutes les souillures des vêtements , elles détachèrent les mules du chariot, puis elles Iii laissèrent en liberté brouter sur les bords du fteuie rapide le gaMII délicieux. De lears mains elles sortirent les vêtements du chariot, et et déposa celles-ci sur le chariot bien-poli; et sa mère mit dans une corbeille des mets de-toute-sorte agréables-au-cœur, et elle y-mit des aliments, et elle y-versa du vin dans une outre de-peau-de-chèvre; et la jeune-fille monta-sur le chariot ; et elle donna de l'huile humide dans une fiole d'-or, afin qu'elle se lavât (s'en oignît) avec ses femmes suivantes.Et celle-ci prit le fouet et les rônes brillantes, et elle fouetta les mules pour les pousser ; [entendre) ; et un bruit des deux-mules fut (se fit et celles-ci se tendaient (s'élançaient) sans mesure (avec ardeur), et portaient les robes, et Nausicaa elle-même, non pas seule; aussi d'autres femmes, les suivantes allaient avec celle-ci.

Mais lorsque donc ceUes-ci furent arrivées au courant très-beau du fleuve, où en vérité étaient des lavoirs de-toute-l'année (ne manquant jaet où une eau belle [mais d'eau), coulait abondante, pour purifier les objets même fort salà £ Ïles dételèrent-d'abord [lis, les mules du char.

Et elles poussèrent,elles le-long-du fleuve tournoyant, [miel; pour brouter l'herbe douce-comme^ puis elles prirent de leurs mains les vêtements de dessus le chariot, les entassèrent dans les fosses où elles avaient apporté une onde noire, luttant entre elles d'activité. Quand elles les eurent lavés et qu'elles en eurent enlevé toutes les souillures, elles les étendirent sur le rivage de la mer, sur des cailloux nettoyés par la vague qui venait se briser contre la grève. Elles se baignèrent ensuite, se parfumèrent d'essence, et prirent leur repas sur les rives du fleure, tandis que les rayons du soleil séchaient les vêtements. Quand les suivantes et la princesse furent rassasiées, elles quittèrent leurs voiles et jouèrent à la paume; au milieu d'elles, Nausicaa aux bras blancs dirigeait le jeu. Ainsi Diane, qui se plaît à lancer les flèches, parcourt les hautes cimes du Taygèle ou de l'Érymanthe, heureuse de poursuivre les sangliers et les biches légères; les Nymphes, filles de Jupiter qui porte l'égide, partagent ses jeux, et le cœur de Latone est rempli de joie; car Diane élève sa tête et son front au-dessus de toutes ses compagnes, et se distingue sans peine parmi elles, quoique et apportèrent de l'eau noire; et elles les entassaient dans les irons rapidement, [mulation.

portant-au-dehors (montrant) de l'éMais après que et elles eurent lavé et elles eurent purifié toutes -les souillures, elles les étendirent de suite (en ligne] le-long-du rivage de la mer, à l'endroit où la mer lavait le plus les cailloux contre la terre-ferme.

Et celles-ci s'étant baignées, et s'étant ointes grassement d'huile, prirent ensuite leur repas près des bords du fleuve; et elles attendaient les vêtements être séchés par l'éclat (les rayons) du soleil.

Mais après que et les suivantes et elle-même se furent rassasiées de nourriture, celles-ci donc jouaient à la paume, ayant ôté leurs voiles ; et Nausicaa aux-bras-blancs commençait à elles le divertissement.

Et telle que Diane qui-aime-les-flèclies va (s'avance) sur une montagne, ou sur le Taygète très-haut ou sur rËrymanthe, se réjouissant de sangliers et de biches rapides ; et avec celle-ci les nymphes agrestes, filles de Jupiter qui-a-l'égide, jouent (chassent); et Latone se réjouit en son cœur; et celle-ci a la tête et le front au-dessus de toutes les nymphe:, toutes aient de la beauté : telle la jeune vierge brillait au milieu de ses suivantes.

Déjà elle allait s'en retourner vers la maison de son père, après avoir attelé les mules et plié les riches vêtements, quand Minerve, la déesse aux yeux bleus , forma de nouveaux projets afin qu'Ulysse s'éveillât, qu'il vît la jeune fille aux beaux yeux, et qu'elle le conduisit dans la ville des Phéaciens. La princesse jetait la paume à une de ses suivantes; la paume s'égare et va tomber dans le gouffre profond ; toutes les jeunes filles poussent un cri perçant. Le divin Ulysse s'éveille; il s'assied et se dit en son cœur : « Hélas! chez quels peuples suis-je arrivé? Sont-ils farouches, violents, injustes? ou bien sont-ils hospitaliers, et leur cœur craint-il les dieux? Des cris de jeunes filles sont arrivés jusqu'à moi ; sans doute ce sont les Nymphes qui habitent les hauts sommets des montagnes, les sources des fleuves et les vertes prairies. Ou bien suis-je dans et est facilement reconnue, mais toutes aussi sont belles : ainsi cette vierge non-domptée (sans époux) , brillait-parmi les suivantes.

Mais lorsque déjà donc [nouveau elle devait (allait) s'en retourner de dans sa demeure, ayant attelé les mules, et ayant plié les belles étoffes, alors de nouveau la déesse aux-yeux-bleus Minerve imagina autre chose, afin qu'Ulysse s'éveillât, et vît la jeune-fille aux-beaux-yeux, qui conduisît lui (pour qu'elle leçonà la ville - [duislt) des hommes Pbéaciens.

Ensuite la princesse jeta la paume vers une suivante ; elle manqua la suivante, [fond et jeta la paume dans le gouffre proet celles-ci crièrent jusqu'à (pendant) un long temps.

Mais le divin Ulysse s'éveilla; et s'asseyant il agitait ces pensées dans son esprit et dans son cœur : « Hélas! malheureux que je suis, dans la terre de quels mortels suis-je arrivé de nouveau?

ceux-ci donc sont-ils ou et violents et farouches, et non justes, ou amis-des-étrangers, [à eux ?

et un esprit craignant-les-dieux est-il car un cri féminin de jeunes-filles a enveloppé moi, [tent) un cri de nymphes , qui ont (habiles sommets élevés de montagnes, et les sources de fleuves, et des prairies verdoyantes.

le voisinage de mortels? Allons, je m'en assurerai, je le verrai de mes yeux. » Ainsi parla le divin Ulysse, et il sortit de dessous tes arbustes; de sa robuste main, il brisa dans le bois touffu un rameau couvert de feuilles, afin d'en couvrir son corps et de voiler sa nudité. Puis il s'avança, comme un lion nourri dans les montagnes et confiant en sa force, qui brave la pluie et le vent; les yeux étincelants, il fond sur les bœufs, sur les brebis, sur les biches sauvages ; la faim l'anime à pénétrer même dans les étables solides pour essayer de ravir une proie : tel Ulysse allait se présenter au milieu des jeunes filles à la belle chevelure, nu comme il était, car la nécessité s'était appesantie sur lui. Il leur apparut horrible, défiguré par l'onde amère; elles s'enfuirent de tous côtés sur les rives avancées ; seule la fille d'Alcinous resta, car Minerve avait mis l'assurance en son cœur et chassé Est-ce que donc je suis quelque part près d'hommes doués-de-voix? Mais allons, que moi-même je fasse-l'expérience et voie. »

Ayanf dit ainsi, le divin Ulysse sortait des arbrisseaux ; et il brisa un rameau de feuilles du bois touffu avec sa main épaisse (robuste), afin qu'il couvrît autour de (en enveloppant) son corps

ses parties-sexuelles d'homme.

Et il marcha pour aller, comme un lion nourris-sur-les-montagnes, confiant en sa fprce, qui va recevant-la-pluie et recevant-le-vent ; [més à lui ; et au dedans les deux-yeux sont allumais il marche-contre les bœufs ou les brebis, ou après les biches sauvages ; et le ventre (la faim) exhorte lui à aller même dans une maison épaisse (solide) devant faire-une-tentative sur les troupeaux; ainsi Ulysse devait (allait) se mêler à des jeunes-filles aux-beaux-chequoique étant nu ; [veux, car le besoin était venu à lui.

Et il apparut à elles horrible, maltraité (souillé) par l'eau salée ; et elles s'enfuirent-avec-épouvante l'une d'un côté et l'autre ailleurs sur les rives faisant-saillie ; mais seule la fille d'Alciiioüs restait; car Minerve mit l'assurance la crainte de ses membres. Elle se contint, et s'arrêta en face d'Ulysse; le héros hésitait s'il embrasserait en suppliant les genoux de la fille aux beaux yeux, ou si, restant loin d'elle, il la prierait par de douces paroles de lui enseigner la ville et de lui donner des vêtements. Il délibère, et le parti le plus sage lui paraît être de faire entendre de loin de douces prières , car il craint d'irriter le cœur de la jeune fille en embrassant ses genoux. Il lui adresse donc sans tarder ce discours adroit et flatteur : « Je suis à tes genoux, ô reine, qui que tu sois, déesse ou mortelle. Si tu es une des divinités qui habitent le vaste ciel, c'est à Diane, à la fille du grand Jupiter, que je te compare pour la beauté, la taille et la majesté ; si tu es l'une des mortelles qui ont leur demeure sur la terre, trois fois heureux ton père et ta mère vénérée, trois fois heureux tes frères; sans doute leur cœur est chaque jour dans le cœur à elle, et ôta la crainte de ses membres.

Et elle resta-deboût en face se retenant de fuir; mais Ulysse délibéra, si ou il supplierait la jeune-fille aux-beaux-yeux l'ayant prise par les genoux , ou ainsi en-se-tenant-loin il la supplierait par des paroles caressantes, [ville pour voir si elle lui indiquerait la et lui donnerait des vêtements. Le meilleur parut'être à lui donc songeant ainsi de supplier en-se-tenant-loin par des paroles caressantes, de peur que la jeune-fille ne s'irritât en son cœur contre lui ayant pris ses genoux.

Aussitôt il dit un discours caressant et adroit : « Je conjure toi, princesse ; ta es certes quelque déesse ou quelque mortelle.

Si tu es quelque déesse, [ciel, une de ceux qui occupent le vaste moi-du-moins je compare toi de très-près et en ferme (beauté) et en grandeur et en prestance à Diane, fille du Jupiter grand ; mais si tu es quelqu'une des (d'entre les) mortels, qui habitent sur la terre, trois-fois-heureux sont à toi le père et l'auguste mère, et trois-fois-heureux les frères ; le cœur assurément toujours inondé d'une douce joie, quand ils voient une fille telle que toi se mêler aux danses; mais heureux surtout et par-dessus tous les autres celui qui te méritera par le plus riche présent et t'emmènera dans sa demeure. Jamais encore mes yeux n'ont rien aperçu de semblable chez les mortels, ni parmi les hommes, ni entre les femmes; je te regarde, et je me sens pénétré d'admiration. J'ai vu jadis à Délos, près de l'autel d'Apollon, un jeune rejeton de palmier s'élevant dans les airs; car j'ai visité aussi cette île r et un peuple nombreux me suivit dans ce voyage qui devait être pour moi la soiirce de tant de maux. A la vue de ce rameau, mon cœur fut frappé d'une longue surprise, car jamais une tige pareille n'est sortie du sein de la terre: c'est ainsi, jeune fille, que je t'admire, que je demeure surpris à ta vue, que je n'ose embrasser tes genoux; et pourtant un terrible malheur m'accable. Hier seulement, après vingt jours, j'ai échappé à la noire mer; pendant tout ce temps, le flot et est réchauffé fortement à'eux de contentements à-cause-de-toi, * eux voyant (quand ils voient) toi qui es un tel rejeton entrant-dans la danse.

Et celui-là de nouveau sera excessivement le plus heureux dans son cœur supérieurement aux autres, [noces qui l'ayant emporté en présents-deaura emmené toi dans sa maison.

Car je n'ai pasvu encore de mes yeux une telle personne mortelle, ni homme ni femme ; l'admiration tient (saisit) moi te voyant.

Telle assurément j'ai vu un jour à Délos auprès de l'autel d'Apollon une jeune pousse de palmier montant (croissant) — car je suis allé aussi là, et un peuple nombreux suivit moi dans ce voyage, par lequel donc de funestes -chagrins devaient être à moi — et de môme aussi ayant vu celle-là, je fus stupéfait longtemps dans mon cœur, puisque jamais un tel rameau n'a monté de la terre : ainsi, femme, et j'admire toi, et je suis stupéfait, et je crains étrangement (fortement) de toucher tes genoux; mais une douleur pénible est venue à moi.

Hier le vingtième jour j'ai échappé à la noire mer j la rapide tempête m'avaient emporté ; je quittais l'île d'Ogygie ; Li destinée m'a jeté stu- cesboris, peut-être pour y souffrir de nouvelles douleurs. Non, je ne crois pas que mon infortune doive cesser désormais ; les dieux me réservent encore bien des épreuves. Du moins, ô reine, aie pitié de moi ; après avoir enduré tant de maux, c'est à toi que je m'adresse la première ; je ne connais aucun des mortels qui habitent cette terre et cette ville. Enseigne-moi la cité, et dennemoi un lambeau pour me couvrir, si tu as apporté ici quelque éttffe pour envelopper tes vêtements. Que les dieux t'accordent tout ce que ton cœur désire : qu'ils te donnent un époux, une maison et la douce concorde; car rien n'est si beau ni si désirable que de voir régner la bonne harmonie entre l'homme et la femme qui gouvernent leur maison : elle fait le désespoir de leurs envieux, la joie de leurs unis; mais eux-mêmes en recueillent les premiers fruits. » et jusque-là toujours le flot portait moi, et les tempêtes rapides, depuis l'lie d'Ogygte ; et maintenant une divinité a jeté moi ici, afin que encore peut-être je souffre le mal aussi ici. [souffrir; -Car je ne crois pas devoir cesser de mais les dieux accompliront encore cte nombreuses choses: auparavant.

Mais, princesse, aie pitié; car ayant enduré des mauxnombrcux - je suis venu vers toi la première ; et je ne connais aucun des autres hommes, qui occupent cette ville et cette terre.

Mais indique-moi la ville, et donne-moi un lambeau pour jeter-autour-de-moi, si peut-être venant ici tu avais quelque enveloppe d'étoffes.

Mais que les dieux donnent à toi autant-de biens que tu en désires dans ton cœur : qu'ils t'accordent et un époux et une maison et la concorde bonne; car il n'est pas chose plus précieuse et meilleure que celle-ci, que lorsqu'un homme et une femme tiennent (administrent) une maison étant-d'accord de pensées; source de peines nombreuses.

pour les malveillants, et sujets-de-joie pour les bienveillants ; mais eux-mêmes [plus. »

s'en sont apeteos (s'en ressentent) le Nausicaa aux beaux bras lui répondit: « Étranger, tu ne ressembles pas à un homme de basse naissance ou de peu d'esprit ; mais le roi de l'Olympe , Jupiter, distribue lui-même le bonheur aux mortels, aux bons et aux méchants, à chacun suivant sa volonté; tel est le sort qu'il t'a fait, tu dois le supporter avec résignation. Mais puisque tu es arrivé dans cette ville et dans ce pays , tu ne manqueras ni de vêtements ni d'aucune autre chose, mais tu recevras tout ce qui est dû au malheureux qui s'est présenté en suppliant. Je t'enseignerai la ville, et je te dirai le nom de ce peuple. Les Phéaciens habitent cette île et cette cité; pour moi, je suis la fille du magnanime Alcinoüs, qui tient en ses mains la puissance et l'empire des Phéaciens. » Elle dit, et donne des ordres à ses suivantes à la belle chevelure : « Arrêtez, mes compagnes, où fuyez-vous à l'aspect de cet homme?

Pensez-vous donc que ce soit un ennemi ? Il n'est, il ne sera jamais jpèJBây ùTJwt^véoùv ;

-Et Nausicaa aux-bras-blancs dit à lui à-son-tour en réponse : « Étranger,

puisque tu ressembles à un homme ni de-basse-naissance ni sans-esprit — mais Jupiier olympien lui-même distribue le bonheur aux hommes, aux bons et aux méchants, à chacun comme il veut ; et assurément il a donné à toi ces choses-ci (ces souffrances), et il faut toi absolument les supporter — mais maintenant, puisque tu es venu et dans notre ville et dans notre terre, tu ne manqueras donc ni de vêtement ni de quelque autre des choses, desquelles il convient le suppliant malheureux qui s'est présenté ne pas manquer.

Et je montrerai à toi Ja ville, et je dirai à toi le nom des peuples.

Les Phéaciens occupent cette ville et cette terre; et moi je suis la fille du magnanime Alcinoüs, '- duquel d'autre-part dépend et la puissance et la force des Phéaciens.» Elle dit donc, et donna-des-ordres à ses suivantes aux-beaux-cheveux : « Arrêtez-vous à moi, suivantes; où fuyez-vous, ayant vu un homme?

est-ce que vous ne pensez pas peutlui être quelqu'un rêtre des hommes ennemis?

Cet homme,

-« gyss-ÉE 1-,

5 un mortel qui Tienne apporter la guerre dans le pays des Phéacieus ; car notre peuple est aimé des dieux. Nous habitons à l'extrémité du monde, au sein de la mer orageuse, et nul peuple n'a de commerce avec nous. Un malheureux, errant, est arrivé sur ces bords ; il faut prendre soin de lui ; car tous les étrangers et les pauvres sont envoyés de Jupiter: le plus léger don leur est cher. Offrez, mes compagnes, offrez à l'étranger la nourriture et le breuvage; baignez-le dans le lleme, en un lieu qui soit à l'abri du vent. »

Elle dit; les jeunes filles s'arrêtèrent et s'exhortèrent entre elles; elles firent asseoir Ulysse à l'abri, comme l'avait ordonné Nausicaa, la fille du magnanime Alcinous ; elles déposèrent auprès de lui un manteau et une tunique pour le vêtir; elles lui présentèrent dans un vase d'or une huile limpide » et l'engagèrent à se baigner dans le courant du fleuve. Le divin Ulysse dit alors aux suivantes: qui viendrait dans la terre des hommes Phéaciens, apportant l'hostilité, n'est pas mortel vivant, et ne saurait même naître : car les Phéaciens sont très-chers aux immortels.

Et nous habitons à l'écart, sur la mer très-agitée, placés-à-l'extrémité du mondet et pas un autre des mortels ne se mêle à nous. Mais celui-ci est un malheureux qui vient ici errant, qu'il faut maintenant soigaer ; car tous et les étrangers et les pauvres sont (viennent) de-la-part-de Jupiter; mais le deu est et pelU et agréable pour eux.

Mais, suivantes, donnez à l'étranger et de la nourriture et de la poisson,; et baignez-le dans le fleuve, où est un abri du (contre le) vent. » Elle dit ainsi ; majs celles-ci et s'arrêtèrent et s'exhortèrent les unes les autres ; ej. ellçs firent-asseoir donc Ulysse dans un abri, comme avait ordonné Nausicaa, fille du magnanime Alcino&s ; et donc elles mirent auprès de lui et un-manteau et une tunique pour vêtements; [quide et elles lui donnèrent de l'huile lidans tine riglç d'-or., et elles engagèrent donc lui à se baigner dans le courant d u fleuve Donc alors le divin Ulysse

dit aux suivantes :

« Jeunes filles , tenez-vous un peu à l'écart, tandis que j'ôterai l'écume qui couvre mes épaules et que je me parfumerai de cette essence; car voilà bien longtemps que l'huile n'a coulé sur mon corps.

Je ne me baignerai point devant vous; j'aurais honte de me montrer nu au milieu de jeunes filles à la belle chevelure. »

II dit ; elles s'éloignèrent, et répétèrent ses paroles à Nausicaa. Cependant le divin Ulysse baignait son corps dans le fleuve ; il lavait les souillures qui couvraient son dos et ses larges épaules; il exprimait de ses cheveux l'écume de la mer inféconde. Quand il se fut baigné et parfumé, qu'il se fut couvert ensuite des vêtements que lui avait donnés la jeune vierge , Minerve , fille de Jupiter, le fit paraître plus grand et plus majestueux ; elle déroula sur ses épaules les boucles de ses cheveux , semblables à la fleur de l'hyacinthe. De même qu'un

« Suivantes, tenez-vous ainsi loin, tandis que moi-même j'enlèverai-par-le-bain de mes deux-épaules la crasse de l'eau-salée, et je m'oindrai tout-autour d'huile; car assurément depuis-longtemps l'onction d'huile est loin de (manque à) mon corps.

Mais moi-du-moins je ne me baignerais pas en face de vous; car j'ai-honte de me-metlre-nu, étant venu-au-milieu-de jeunes-filles aux- beaux-cheveux. » Il dit ainsi ; et celles-ci allèrent à l'écart, et le dirent donc à la jeune-fille (NauMais le divin Ulysse [sicaa).

en puisant au fleuve lavait son corps de la crasse d'eau-salée, qui couvrait à lui son dos et ses larges épaules ; et il essuyait de sa tête l'écume de la mer infertile.

M ais. après qu'H eut baigné toutes les parties de son corps et les eut ointes grassement, et se fut revêtu des vêtements, que la vierge [époux, non-domptée (non soumise à un avait donnés à lui, Minerve, née de Jupiter, établit (fit) lui plus grand et plus gros à voir ; et elle fit-descendre de sa tête des cheveux frisés, pareils à la fleur de-l'hyacinthe.

habile ouvrier, à qui Vulcain et Pallas ont enseigné tous les secrets de l'art, et qui accomplit de magnifiques ouvrages-, fait couler l'or autour de l'argent, ainsi Minerve répandit la grâce sur la tête et sur les épaules du héros. Il alla s'asseoir à l'écart sur le bord de la mer, resplendissant de beautéet de charmes ; la jeune fille le contemplait, et elle dit à ses suivantes à la belle chevelure : « Écoutez, jeunes filles aux bras blancs, ce que je vais vous dire : ce n'est point contre le gré des immortels qui habitent l'Olympe que cet homme est venu chez les Phéaciens pareils à des dieux. Tout à l'heure, il me paraissait être sans beauté, et voici qu'il ressembla aux immortels qui habitent le vaste ciel. Plût aux dieux qu'un tel hères reçût le nom de mon. époux , qu'il habitât cette île, qu'il eonsenttt à demeurer en ces Lieux ! Mais allons, jeunes filles, offrez à l'étranger la nourriture et le breuvage. » Elle dit; les suivantes s'empressèrent d'obéir, et placèrent devant Ulysse la nourriture et le breuvage. Le patient et divin Ulysse Et comme lorsqu'un homme habile, que Vulcain et Pallas Athéné ont instruit en arts de-toute-sorte , et qui accomplit des ouvrages gracieux, verse l'or autour de l'argent: ainsi donc elle versa la grâce à lui et sur la tête et sur les épaules.

Il s'assit ensuite, étant allé à l'écart vers le bord de la mer, [ces; resplendissant de beauté et de grâet la jeune-fille le contemplait ; donc alors elle dit aux suivantes aux-beaux-cheveux : « Écoutez-moi, suivantes aux-bras-blancs, afin que je dise quelque chose ce n'est pas contre-le-gré de tous les qui occupent l'Olympe, [dieux que cet homme-ci se mêle aux Phéaciens pareils-à-des-dieux.

Car auparavant assurément il paraissait à moi être laid, et maintenant il ressemble aux dieux qui occupent le vaste ciel.

Si seulement un tel homme était appelé époux à moi, habitant ici, et qu'il plût à lui de rester ici-même.

Mais, suivantes, donnez à l'étranger et nourriture et boisson. a Elle parla ainsi; [elle - et celles-cî donc écoutèrent tout à fait et obéirent ; et donc elles mirent-auprès d'Ulysse et nourriture et boisson.

Or le divin Ulysse très-patient buvait et mangeait avidement ; mangea et but avidement, car depuis longtemps il n'avait pris aucune nourriture.

Cependant Nausicaa aux bras blancs formait d'autres pensées; elle plia les vêlements, les déposa sur le beau chariot, attela les mules aux pieds solides, et monta sur la voiture. Puis elle encouragea Ulysse, et lui adressa ces paroles : « Lève-toi, étranger, et viens à la ville , afin que je te conduise à la demeure de mon père plein de prudence , où je te promets que tu verras les plus nobles d'entre les Phéaciens. Voici ce que tu dois faire, car tu ne me parais point dépourvu de sagesse : tant que nous traverserons les champs et les travaux des laboureurs, marche d'un pas rapide avec mes suivantes, derrière les mules et le chariot, par la route que je te montrerai, jusqu'à ce que ncus approchions de la ville qu'entoure un rempart élevé; des deux côtés s'étend un beau port dont l'entrée est étroite; cependant on y fait pénétrer les vaisseaux battus des vagues, et tous les navigateurs y trouvent un abri.

car il était depuis-longtemps n'ayant-pas-mangé de nourriture.

Mais Nausicaa aux-bras-blancs imagina autre chose : ayant plié donc les vêtements , elle les mit sur le beau chariot, et attela les mules au-sabot-robuste ; et elle monta elle-même sur le chaEt elle exhorta Ulysse, [riof.

et dit une parole (parla), et prononça ces mots : « Lève-toi donc maintenant, étranger, pour aller à la vil!e , afin que je conduise toi à la demeure de mon père expérimenté , [ras) où je pense toi devoir voir (que tu vertous ceux qui sont les meilleurs de tous les Phéaciens.

Mais il faut faire tout à fait ainsi ; et tu parais à moi ne pas manquer-de-sens : tant que nous ironspar les champs et les cultures des hommes , pendant-ce-temps tu dois marcher rapidement avec les suivantes derrière les mules et le char; et moi je serai-guide-de la route.

- Mais ne marche plus vite quand nous serons montés à la ville, autour de laquelle est un rempart élevé, et un beau port se trouve de-l'un-ct-l'autre-côté de la ville, et une entrée étroite; mais les vaisseaux ballottés [route ; ont été tirés hors de l'eau par cette car un hangar est à tous et à chacun.

Là, autour du temple magnifique de Neptune, s'étend une place construite en pierres de taille sur des fondements solides. Là on prépare tous les agrès des noirs navires, les câbles, les cordages, et on aiguise les rames. Car les Phéaciens ne manient point l'arc et le carquois, ils façonnent des mâts, des rames et des vaisseaux polis sur lesquels ils traversent joyeusement la blanche mer. Je redoute les méchants propos, je ne veux pas qu'on médise de moi par derrière , car il est beaucoup d'insolents parmi ce peuple. Si un homme de basse origine venait à nous rencontrer, il pourrait dire: « Quel « est cet étranger si grand et si beau qui suit Nausicaa? Où l'a-t-elle « trouvé? Ce sera sans doute son époux. Peut-être est-ce un homme « des pays lointains qui s'est égaré loin de son navire et qu'elle a « recuéilli, car nous, n'avons pas de voisins ; peut-être est-ce un < dieu descendu du ciel pour répondre à ses vœux et à ses prières, « et elle le retiendra toujours auprès d'elle. Elle a bien fait d'aller 4 chercher ailleurs l'époux qu'elle a trouvé ; n'en doutons pas, elle « méprise tous ces- prétendants, les plus nobles entre le peuple des Et là aussi est la place-publique à eux autour du beau temple-de-Neptune , ajustée (bâtie) avec des pierres charenfoncées-profondément. triées Et là ils s'occupent des agrès des vaisseaux noirs, des cordages et des câbles, et ils aiguisent des rames.

Car ni l'arc ni le carquois n'est-à-souci aux Phéaciens, [seaux mais les mâts et les rames des vaiset les vaisseaux égaux des deux côtés, desquels étant-fiers ils traversent la blanche mer.

J'évite Les propos amers de ceux-ci, de peur que quelqu'un ne me blâme par derrière; car des gens fort insolents sont dans le peuple. [ble Et peut-être quelqu'un plus miséranousayant rencontrés dirait ainsi : « Eh quel est cet étranger « et beau et grand « qui suit Nausicaa?

« et où a-t-elle trouvé lui? [même.

a il sera sans doute époux à elle« Ou peut-être elle a-recueilli « quelqu'un des hommes lointains « s'étant égaré loin de son vaisseau ; « car nuls ne sont près d'ici; « ou quelque dieu bien-souhaité « est venu à elle ayant prié, « étant descendu du ciel, « et elle aura (gardera) lui « tous les jours (toujours).

« Hlle a mieux fait, « si bien qu'elle même cherchant « elle a trouvé un époux d'ailleurs ; CI car assurément elle dédaigne « ces Phéaciens-ci du moins

« Phéaciens. » Voilà ce qu'ils diront, voilà les reproches qui me seront adressés. Je blâmerais moi-même celle qui agirait ainsi, et qui, sans le consentement de son père et de sa mère chéris, s'ils vivaient encore, se mêlerait à la société des hommes avant d'avoir célébré publiquement son hymen. Étranger, écoute donc mes paroles, afin d'obtenir au plus vite que mon père te reconduise dans ta patrie. Tu trouveras près du chemin un superbe bois de peupliers consacré à Minerve; il est arrosé par une fontaine et entouré d'une prairie ; c'est là que se trouvent le domaine de mon père et ses vergers en fleurs; ils ne sont éloignés de la ville que de la distance où la voix peut se faire entendre. Repose-toi dans ce bois jusqu'à ce que nous soyons arrivées à la ville et entrées dans le palais de mon père. Quand tu croiras que nous avons regagné notre demeure, dirige-toi vers la cité des Phéaciens et demande le palais de mon père, Il dans le peuple, "qui recherchent elle « et nombreux et nobles. )

Ils diront ainsi, et ces outrages arriveraient à moi.

Et d'ailleurs je blâme une autre, qui du moins ferait de telles choses, qui se mêlerait à des hommes, sans-le-gré de son père et de sa mère existant, [chéris avantquedu moins un hymen public être.(soit) arrivé.

Étranger, eh bien toi comprends ainsi la parole de moi, - afin qu'au plus tôt tu obtiennes de mon père la conduite et le retour.

Tu trouveras un magnifique bois-sacré de Minerve près de la route, bois de peupliers ; et dedans coule une fontaine, et autour est une prairie ; et là est la terre-séparée (le bien) et le verger fleuri de mon père, autant à-distance-de la ville, [du; que quelqu'un ayant crié est entent'étant assis reste là quelque temps, [la \ille jusqu'à ce que nous soyons allées à et soyons arrivées aux demeures de mon père.

Mais lorsque tu espéreras (croiras) nous être arrivées aux demeures, aussi alors tu devras aller dans la ville des Phéaciens et demander la demeure de mon père, - le magnanime Alcinoüs.

te magnanime Alcinous. Il est facile de le reconnaître, et un petit enfant pourrait t'y conduire; car les demeures des autres PMaciens ne sont en rien semblables à celle du héros Alcinoüs. Dès que lu auras pénétré dans la cour, traverse rapidement le palais, jusqu'à ce que tu arrives auprès de ma mère; elle est assise devant le foyer, à la lueur du feu, appuyée contre une colonne, et ses mains filent une pourpre admirable ; ses servantes sont assises derrière elle.

C'est là que se trouve le siège de mon père, adossé au foyer; assis sur ce siège, il boit le vin comme un immortel. Ne t'arrête pas auprès de lui, mais embrasse les genoux de notre mère, afin que tu voies bientêt asec joie le jour du retour, quand même tu serais d'une contrée lointaine. Si des pensées amies s'élèvent pour toLdans son eœur, tu peux espérer de revoir ceux qui te sont chers, de rentrer dans ta belle demeure, dans la terre de ta patrie. * Elle dit, et de son fouet brillant elle frappe les milles, qui, s'éloi- Et elle est facilement reconftaissable, et un enfant tout-jeune y conduirait ; car des demeures de Phéaciens n'ont pas été bâties [ci, ressemblant en quelque chose à celletelle qu'est la maison du héros Alcinoüs.

Mais quand la maison et la cour auront caché (reçu) toi, tu devras traverser fortvite le palais, jusqu'à ce que tu sois arrivé à ma mère ; or celle-ci est assise au foyer à l'éclat du feu, tournant dans sa main des fils teints-de-la- pourpre-de-la-mer, chose-admirable à voir, appuyée à une colonne ; [derrière.

et les servantes sont assises à elle par Et là le siége de mon père est appuyé à l'éclat du feu (au foyer), sur lequel celui-ci assis boit-du-vin comme un immortel.

Ayant dépassé celui-ci tu devras jeter (étendre) les mains vers les genoux de notre mère, afin que te réjouissant tu voies promptement le jour tlu-retour, si même tu es tout à fait de loin.

Si celle-ci du moins pense pour toi des choses amies dans son cœur, ensuite (dès lors) espoir est à toi et de voir tes amis - - [bâtie et d'arriver dans ta demeure bienet dans ta terre patrie. »

Ayant parlé donc ainsi elle-fouetta les mules de son fouet brillant (magnifique) ; gnant aussitôt des eaux du fleuve, s'élancent et volent avec rapidité.

Nausicaa retient les rênes, pour qu'Ulysse et les servantes puissent la suivre à pied, et de son fouet excite les mules avec art. Le soleil se coucha, et ils arrivèrent au bois magnifique consacré à Minerve; le divin Ulysse s'y arrêta, et adressa sur-le-champ ses vœux à la fille du grand Jupiter: « Écoute-moi, fille de Jupiter qui porle l'égide, vierge indomptable; exauce-moi en ce jour, puisque tu ne m'entendais point quand j'étais accablé et poursuivi par l'illustre dieu qui ébranle la terre. Fais que les Phéaciens m'accueillent avec blenveillauce- c l pitié. »

Il prie ainsi, et Pallas l'entend; mais elle ne se montre pas encore à lui, car elle redoute le frère de son père ; et ce dieu conserva son violent courroux contre le divin Ulysse jusqu'au jour où il rentra dans sa patrie.

et celles-ci quittèrent promptement le courant du fleuve ; et celles-ci couraient bien, et enjambaient bien avec les pieds.

Mais elle (Nausicaa) tenait-les-rênes fort attentivement,

afin que et les suivantes et Ulysse suivissent ensemble allant-à-pied ; et elle lançait-sur les mu les son fouet avec intelligence (art), Et le soleil se coucha, et ceux-ci arrivèrent au magnifique bois sacré de Mmenc, où donc le divin Ulysse s'assit, Aussitôt ensuite il pria la fille du grand Jupiter: « Écoute-moi, Indomptable, enfant de Jupiter qui-a- une-égide; maintenant donc entends-moi, puisque auparavant tu n'as jamais moi brisé, [écouté quand l'illustre dieu qui-ébranle-la terre brisait moi. [j'arrive' Donne (accorde) moi arriver (que chez les Phéaciens agréable et inspirant-la-pitié. » Il dit ainsi en priant ; et Pallas Athéné entendit lui ; et elle nese montrait pas encore à lui paraissant-en-face ; car elle craignaitle frère-de-son-père; et celui-ci était courroucé violemment contre Ulysse pareil-à-un-dieu, avant que lui arriver (qu'Ulysse ardans sa terre. [rhât) NOTES SUR LE SIXIÈME CHANT DE L'ODYSSEE.

Page 72:1. TTrepeiip. La plupart des commentateurs pensent qu'il est question de la ville de Sicile qui fut appelée depuis Camarina.

On sait que les Cyclopes habitaient en Sicile, dans le voisinage du mont Etna.

- 2. ~Navo-iOooç. Il était fils de Neptune. Voy. chant VII, vers 5663.

- 3. 'ÀXtpYiGTaeov. Cette expression ne s'applique pas aux Cyclopes; c'est, comme ~[/.épouse, une épithète générale que le poëte donne non pas à telle ou telle espèce d'hommes, mais à tous les hommes.

— 4. XII' 6 ILÈV, etc. Nous avons déjà vu ce vers, chant III, 410.

- Page 76 : 1. Ot Y.É ~a' oymvtocc. Ces mots désignent à la fois l'époux lui-même et le paranymphe, ou jeune garçon choisi pour conduire la nouvelle mariée dans la maison de son époux. Suivant quelques commentateurs, il est question de l'époux seul, et si Homère emploie le pluriel, c'est que sa pensée se porte sur les nombreux prétendants qui aspirent à la main de Nausicaa.

Page 78 : 1. Mw et NavctXKxv forment une sorte de pléonasme.

De même, chant l, vers 194 : -

— 2. ~'HXaxara orpaxpwa-a. Dugas Monlbel : « Les commentateurs observent que filer était l'occupation distinctive des reines, et qu'au quatrième chant une des suivantes d'Hélène porte la quenouille de cette princesse. Ce devait être aussi l'occupation des femmes de nos anciens rois;.de là cette expression, que le royaume de France ne peut tomber en quenouille. » Page 80 : 1. 'ïmp-ceçti-Q désigne le coffre du chariot, qui s'appalait ainsi, suivant Eustathe, parce qu'il était placé au-dessus de l'essieu ~(ÛTuépTepoç, de ùrap).

Page 82 : 1. '1\.nOCt est une sorte de pléonasme ; Nausicaa est ac-

compagnée, non pas par les autres suivantes, ce qui n'aurait pas de sens, puisqu'il n'est question que de celles-là, mais par d'autres femmes, qui sont des suivantes. De même, chant I, vers 132 :

Il s'agit là de Télémaque et de Minerve, et ni l'un ni l'autre ne prétendait à la main de Pénélope.

— 2. 'Eççopeov ~(xéXccv üowp. Les jeunes filles remplissent de l'eau du fleuve les lavoirs ou plutôt les bassins où elles vont plonger le linge. D'autres entendent : Elles portèrent le linge dans l'eau noire du fleuye.

Page 84 : ~1. ■MoX7r?jç signifie ici jeu, divertissement, bien que son sens le plus ordinaire soit chant. C'est ainsi qu'on lit plusieurs fois dans Homère : Kuvûv [jiX7n]0pa ~yzvéaQm, devenir le jouet, la proie des chiens.

— 2. Oïrj 8' ~"Apreyuç, etc. Virgile, Énéide, L 498 :

Qualis in Eurolæ ripis ant per juga CynthI Exercet Diana choros, quarn mille secutæ Hine atqne hinc glomerantur Qreades; ilia pharetram Fert humero, gradiensque deas supereminet omncs; Latonæ taciluin pertentant gaudia pectus.

— 3. ~TY$Y £ tovI le Taygète, montagne de Laconie, terminée par Ie cap Ténare ; c'est aujourd'liui le mont Maina. — ~'Epu(iav8ov, l'ltrymanthe; montagne d'Arcadie, sur les confins de l'Arcadre et de 1T5fide, aujourd'hui le mont Xiria.

Page 92 : 1. AEU(7G-6VTWV, génitif absolu. Le poëte change de tournure; un prosateur aurait mis de preference ~Xsucraouai, se rapportant à ff<piau — 0aXo; et ~&t;oixveu<7av ne s'accordent pas selon la syntaxe, mais selon l'idée, puisque, dans la pensée du poëte, 0aXo?, quoique neutre, désigne Nausicaa. Euripide dit de même dans ses Bacchantes, 1169 : Ti52' ~lp'/oç. xoa0av6v0' ópw.

~— 2. £ E'6a? (JL' exei EUopd&ma. Yoy. chant III, vers 123.

— 3. ~Ar|)ip. Dugas Montbel : « C'est ici la seule fois, soit dans I'lliadey soit dans VOdyssee, qu'il est question de Délos, qui jouit autrefois d'une si grande célébrité par ses brillantes députàtions, nommées théories. Ce n'est aujourd'hui qu'une ilc pauvre, à peine habitée, qui, sous le nom de Dili, n'est plus connue que de quelques curieux qui vont visiter des ruines presque entièrement effacées. »

Page 94 : 1. MdXiffxa os t' exXvov auToi. Celte phrase a été Men diversement traduite; les uns entendent, comme nous l'avons fait: Ce sont eux-mêmes surtout qui ressentent les effets de cette concorde. a D'autres : a Ils deviennent eux-mêmes célèbres. » D'autres : « Ils s'entendent eux-nrêmes louer, c'est-à-dire ils ont une bonne rcnommée. D II est assez probable que le passage est altéré.

Page 96 : 1. Kaxw. II est question ici de la bassesse de l'origine, et non pas de la lâcheté, comme le démontre fort bien le savant Bothe dans son commentaire.

Page 98 : 1. TIpòç ÅLÓÇ. La religion des anciens metlait les pauvrcs et les étrangers sous la protection de Jupiter. Le meurtre d'un hóte n'était pas considéré seuIement comme un crime, mais aussi comme fin sacrilége.

— 2. ~'OXi'yY] se rapporte à celui qui donne, et cptÀ"!J à celui qui reçoit.

- 3. ~Aouffa-re. Dans l'antiquité homérique, c'étaient toujours les servantes, quelquefois même les épouses et les filles des héros , qui lavaient les Strangers.

Page 100 : 1. Tov jxev ~'A0r)vaiY], etc. Yirgile, Énéide, 1,588 :

Restitit Æneas, claraque in luce refulsit, Os humerosque Deo similisj namqne ipsa decoram Cacsariein nalo genitrix lumenque juveutae Purpureum et lælos oculis afflaral Ìlonores.

Quale manus ad<lunt ebnri decus, aut ubi flavo Argentuin Pariusye lapis circumdatur auro.

Page 102: t. ~KaXXei <ttiXgwv. Homère dit de même dans l'Iliade, chant III, vers 390, en parlant de Paris: KotUet TE a-rtMwv xal ~Efyaaiv.

Page 104 : 1. 'AUa ~WXÀ', etc. Nous avons vu le même vers au chant Y, 342.

— 2. "Epya. Chez les anciens poëtes, comme Homère et Hésiodc, ?PYa s'emploie très-fréquemment pour parler des travaux des agriculteurs, et même, dans un sens plus large encore, des terres cultivées.

Page 106 : 1. ~'PuxoTcriv XaEffut, des pierres charriées, des pierres qu'il faut transporter sur des chariots, tant elles sont grosses, c'cstà- dire des pierres de taille.

— 2. KCY.XW'tEPOÇ. Voy. Ia note 1 de la page 96. II n'est pas besoiu de donner ici le sens de mechanjt à l'adjectif )t(Xxóç. Les homines d'une condition inférieure sont presque toujours portés à médire des puissanls, Page 108 : 1. "Oaaov. ~porja-a:. Voyez chant V, vers 400.

Page 110 : 1. ~KE)tvÐwat, t'auront caché, c'est-à-dire t'auront reçu.

— 2. ~'HixetEpric se rapporte à Nausicaa elle-même et aux autres enfants d'Alcinous.

ARGUMENT ANALYTIQUE DU SEPTIÈME CHANT DE L'ODYSSÉE.

Minerve se présente à Ulysse sous les traits d'une jeune fille, le conduit à la demeure d'Alcinoiis, et lui apprend quels hôtes il va trouver dans le palais (1-77). Ulysse s'arrête quelque temps pour admirer la magnificence du palais et des jardins (78-132). II entre, et va se jeter aux pieds de la reine Arété (133-152). Sur l'invitation du vieillard Ëchénéus, le roi Alcinotis offre à Ulysse le repas de l'hospitalité (153-185). Alcinoiis promet à Ulysse de le faire reconduire dans sa patrie ; prières et remerciments d'Ulysse (186-225). Arété demande à Ulysse qui lui a donne les vGtements qu'il porte ; Ulysse raconte en peu de mots son naufrage et sa rencontre avec Nausicaa (226-297). Aprfcs avoir blâmé sa fille de ce qu'elle n'a pas amené elle-même l'étranger au palais, Alcinoiis offre à Ulysse de devenir son gendre, et lui promet de nouveau de le faire reconduire le lendemain (298-333). On dresse un lit à Ulysse sous le vestibule; Alcinous et Arété vont reposer dans leur appartement (334-347).

Ainsi priait dans ce bois je divin et patient Ulysse, tandis que les mules vigoureuses emportaient la jeune vierge vers la ville. Elle arriva au palais magnifique de son pfcrc, et s'arrêla sous le portique; ses frères, semblables à des immortels, s'empressfcrent autour d'elle; ils dételèrent les mules du chariot et portèrent les vêtements dans la maison. Nausicaa se dirigea vers sa chambre, où une vieille femme d'Apirée lui allumait du feu ; c'était la servante Euryméduse, que-jadis les vaisseaux balancés sur les flots avaient amenée d' A pirée; on l'avait choisie comme une récompense digne d'Alcinoüs, qui régnait sur tousles Phéaciens et que le peuple écoutait comme un dieu ; ce I-IOMÈRE.

LODYSSEE.

CHANT VII.

Ainsi priait là le très-patient et divin Ulysse; et la vigueur des deux-mules portait la jeune-fille vers la viJIe.

Et lorsque done celle-ci fut arrivée aux très-glorieuses demeures de son père, [bule ; elle les arrêta donc dans le vestiet ses frères, semblables à des immortels, se tenaicnt autour d'elle : lesquels donc détachaient les mules de dessous le chariot, etportaientau dedans les vêtements, Et elle-même alia dans sa chambre ; et une vieilIe-femme d'-Apirée, la servante Eurymëdnse, que jadis des vaisseaux bailouts amenèrcnt d'Apiréc, allumait à elle du feu ; [tage or ils avaient soustrait elle au parcomme présent pour Alcinoüs, parce qu'il commandait à tous les Ph^aciens, et que Ie peuple l'écoutait comme un dieu ; laquelle nourrit daus le palais fut elle qni éleya dans le palaisNausicaa aux bras blancs. Elle alluma le feu et prépaTa ensuite le repas du soir.

Cependaut Ulysse se levait pour se rendre å la ville; Minerve, Ie Toeur occupé de pensées amies, répand autour de lui un épais nuage, afin que ceux des magnanimes Phéaciens qui viendraient à le rencontrer ne lui adressent nulle parole amfere et ne lui demandent pas qui il est. II allait pénétrer dans la délicieuse cité, lorsque MinerTe aux yeux bleus se présenta à lui, sous la forme d'une jeune fHle qui portait une urne; elle s'arrêta devant lui, et le divin Ulysse Pinterrogea: « Mon enfant, ne pourrais-tu pas me conduire vers la demeure du héros AJcinoiis, qui eommande à ce peuple ? Je suis un malheureux 6trangert et j'arrive ici d'une terre lointaine; je ne connais aucun des mortels qui habitent cette ville et ces campagnes. D La déesse aux yeux bleus, Minerve, lui répondit : « Vénérable Nausicaa aux-bras-blancs.

Celle-ci allumait le feu à elle, et apprêtait le repas-du-soir au dedans.

Et alors Ulysse se leva pour aller .i la ville; niais Minerve, ayant-des-pensées amies pour Ulysse, [dant, versait autour de tui un nuage abonde peur que quelqu'un - des Phéaciens magnanimes

l'ayant rencontré et ne le railiat par des paroles et ne lui-demandât qui il était.

Mais lorsque déjà donc il dtait-sur-le-point d'entrer dans la ville aimable, là la déesse Minerve aux-yeux-bleus vint-à-la-rencontre-de lui, ressemblant à une jeune-fille viergc ayant une urne; et elle s'arrêta devant lui; et le divin Ulysse l'interrogea: a 0 mon enfant, ne pourrais-tu pas conduire moi à la demeure de l'homme qui commande parmi ces hommes-ci, d'Alcinous 1 Et en effet moi je suis arrivé ici étrangerayant-souffert-des-6preuves, de loin d'uue terre lointainc ; pour cela je ne connais aucun des hommes qui habitent-cette ville et ces cultures (champs). a Et la dgesse Minerve aux-yeux-bleus

étranger, je t'indiquerai cette demeure comme tu Ie désires, car elle est voisine de celle de mon noble père. Mais marche en silence, je te montrerai lechemin; ne regarde, n'interroge personne. Les habitants de ce pays n'accueillent pas volontiers les étrangers, et ne reçoivcnt pas avec bienveillance ceux qui viennent d'une autre terre. Confiants en leurs rapides vaisseaux, ils traversent l'ablme immense, tavorisés par le dieu qui ébranle la terre, et leurs navires sont aussi prompts que l'aile de l'oiseau et que la pensée. » Ayant ainsi parlé, Minerve le précéda d'un pas rapide, et il s'avança sur les traces de la déesse. Les Phéaciens, ces glorieux navigateurs, ne le virent pas tandis qu'il traversait la ville au milieu d'eux. Minerve à la belle chevelure, redoutable déesse, ne le pcrmettait point; car, le cœur occupé de pensées amies, elle avait répandu autour de dit-à -celui-ci à-son-tour : « En effet je montrerai à toi, étranger mon père (vénérable), la maison que tu invites moi à te moncar Altinous habite à moi [trer; près de mon père irréprochable.

Mais marche en silence ainsi ; et moi je te guiderai dans la route; etne regarde pas et n'interroge pas quelqu'un des hommes.

Car ceux-ci ne reçoivent pas beaucoup les homines étrangers, et ne traitent-pas-en-ami -

en l'accueillant-affectueusement

celui qui a pu venir d'ailleurs.

Cenx-ci se fumt à des vaisseaux rapides et prompts traYersent le grand gouffre, - puisquele dieu qui-dbranle-la-terre a donné cela & eux ;

desqucls les vaisseaux sont rapide.s comme l'aile des oiseaux ou comme la pensée. »

Ayant parlé donc ainsi Pallas Minerve marcha-la-ptemiere avec- rapidity; et hii ensuite marcTiait après (sur) les traces de la déesse.

Et donc les Phéacienscélèbres-navigateurs ne virent pas lui s'a*ancaut dans la ville à tcavers cux; car Minerve aux-beaux-cheyeux déesse terrible (puissante) , ne le permettait pas, elle qui donc versait-sur lui une obscurity divine, ayant-des-pensées amies dans un cœur.

lui un image divin. Ulysse admirait les ports, les vaisscaux magnifiques, les places où s'assemblaient les héros, leurs hautes murailles garnies de palissades, spectacle prodigieux. Quand ils furent arrivés à la demeure superbe du roi, la déesse aux yeux bleus, Minerve, lui adressa la parole : « Vénérable étranger, yoici la demeure que tu m'as priée de t'indiquer; tu y trouveras les rojs, enfauts de Jupiter, assis à un feslin; entre, et que tou cœur soit sans crainte; car l'hommc intrépide réussit mieux dans tous ses desseins, lors même qu'il vient d'une terre étrangère. Tu chercheras d'abord la reine dans Ie palais; son nom est Arété; elle est issue des mêmes parents qui out cngendrS le roi Alcinoüs. Jadis Nausithous reçut le jour de Neptune qui ébranle la terre et de Péribée, la plus accomplie des mortelles et la plus jeune des filles du magnanime Eurymédon, qui régnait autrefois sur les Mais Uljsse admirait les ports et les vaisseaux égaux , et les places des heros eux-mêmes et les longues murailles, hautes, adaptées à des (munies de) palissades, prodige à voir.

Mais lorsque déjà ils furerit arrives aux demeures très-glorieuses du roi, alors la déesse aux-yeux-bleus Minerve commença les propos à (entre) eux : « Stranger mon père, celle-ci donc est à toi la demeure, que tu invites moi à t'indiquer; et tu trouveras les rois nourrissons-de-Jupiter mangeant le repas ; mais toi va au dedans et ne crains pas quelque chose dans ton coeur; car l'homme qui-a-de-l'assurance est meilleur (réussit mieux) dans tous les travaux, [ailleurs.

si même il est venu de quelque-part D'abord tu trouveras (aborderas) la reine dans le palais; et le nom donné-comme-nom à elle est Arété , et elle est née des mêmes parents qui ont engendré le roi Alcinous.

D'abord Neptune qui-ébranle-Ia- terre- a eugendré Nausithoüs , et (qu'il a eu de) Péribée, la meilleure dos femmes en forme fille la pins jeune [(beautd), du magnanime Eurymédon ; lequel (Eurymédon) jadis régnait fiers Géauts; mais Eurymddon anéantit ce peuple impie, et il pint lui-même. Neptune s'unit à Péribée, qui mit au monde k maguanime Nausithoüs, roi des Phéaciens; Nausithoiis engendra Rhexénor et Alcinous. Apollon à l'are d'argent frappa Rhexdnor dans son palais, alors que jeune époux il n'avait point encore de fils; il ne laissa qu'une fille, Arété, Alcinous la prit pour compagne, et il I'honora comme n'est honorée sur la terre nulle autre des femmes qui gouverneat une maison sous les lois dlun époux. Elle est entourée de respect et d'amour par ses enfants bieo-aimés, par Alcinous lui-même et par nos citoyens, qui la regardent comme une déesse et la saluent df leurs voeux quand, elle se proii&iie dans la ville. Elle n'est point dépourvne de sagesse, et sa bonté apaise les querelles qui s'élèvent sur les Géants superbes ; mais celui-ci perdit- ce peuple injuste, et il pdrit lui-même.

Neptune donc s'unit à celle-ci et engendra un fils-, le magnanime Nausithoüs, quicommandait chez les Phëaciens; et Nausithous engendra et Rhexénor et Alcinoüs.

Apollon à-l'arc-d'argent frappa l'un, étant sans-garçon , jeune-dpoux dans son palais, ayant laissé une seule fille Arété : et Alcinoiis Ht celle-ci son épouse, et honora elle, comme aucune autre n'est honorfie sur la terre, par mi les femmes lesquelles-toutes femmes mamtenant du moinsont une maison sous des (soumises à des) époux.

Ainsi celle-ci et a été honorée grandement dans le cœur - et est encore honorée et de-ses enfants cñéris et d'Alcinoűs lui-même et des peuples, qui donc regardant elle comme une déesse, l'accueillent par des paroles amies, quand elle va dans la ville.

Et assurément elle-même du moins ne manque pas en quelque chose d'un esprit bon (sage); et elle délie (concilie) les querelles Ateux pour lesquels elle pense bien même étant hommes. - entre les hommes, Si son cœur est bienveiilant pour toi, tu penx espérer fterevoir tes amis, de renlrer dansla haute demeure et sur le sol de ta patrie.» A ces mots, Minerve aux yeux blcus s'éloigna vers la mer inféconde et quitta la délicieuse Schérie; elle se rendit à Marathon et dans Athènes aux larges rues, et entra dans le temple solide bdti par Érechthée, Ulysse s'avança vers Ie magnifique palais d'Alcinofls, et debout il roulait mille pcnsdes dans son coeur avant de franChir le seuil d'airain. Le palais éievë du magnanime Alcinouar brillalt d'un éclat pareil à celui dusoleilou de la lune. De tous cOtés, depuis le seuil jusqu'au fond de la demeure, s'étendaient des murs d'airain, couronnés d'un métål d'azur; des portes d'or ferniaienti l'intérieur Ie solide palais; des montants d'argent se dressaient surle seuil d'airain; le linteau était aussi d'argent, et 1'anneau d'or. De cbaque cðté se Si celle-lk du moins a-des-pensees amies pour toi dans son cœur, ensuite (dès lors) espoir est à Loi et de voir tes amis et de retourner dans ta demeure au-toit-élevé et dans ta terre patrie. p Ayant parlé donc ainsi Minerve aux-yeux bleus s'en alla sur la mer fnteconde ; et elle quiLta l'aimable Schérie ; et elle alia dans Marathon et dans Athènes aux-larges-rues, et entra dans la demeure solidc d'Érechlhée.

Mais Ulysse alla vers les demeures glorieuses d'Alcinous; [^ees ct le ræur agitait beaucoup-de peua lui se tenant-debout, avant d'être arrivé au seuil d'-aiiain.

Car un éclat comme celui du solcil ou de la lune était dans la demeure au-toit-élevé du magnanime Alcinoüs.

Car des murs d'--airahi avaient été conduits ici et la [lais; depuis le seuil jusqu'au fond du paet autour etait un couronnement de mélal-bleu; et des portes d'-or fermaient en dedans la demeure solide; et des nionlants d'-argent se tenaient-debout sur le seuil d'-airain, et le linteau au-dessus était d'-argent, et l'anneau etait d'-or.

tenaient des chiens d'or et d'argent, sortis des mains habiles de Vulcain pour garder la maison du magnanime Alcinoüs; ils étaient immortels et à jamais exempts de vieillesse. An dedans, et de tous côtés, depuis le seuil jusqu'au fond, des siéges dtaient adossas, à la muraille: on avait étendu des tapis fins et tissds avec art, oimage des femmes. C'est là que les chefs des Phéaciens prenaient place pour manger et pour boire; car leu rs banquets étaient sans fin. De jeunes garçons en or, debout sur des socles habilement construits, tenaient dans leurs mains des flambeaux allumés et éclairaient pendant lanuit les convives réunis dans le palais. Cinquante servantes 6taient occupées, les unes à hroyer sous la meule le blond froment, les autres à ourdir la toile et à agiter les luseaux, toutcs assises et semblables aux feuilles du peuplier élancé; on eût dit que des étoffes qu'elies tissaient coulait une huile linipide. Autant les Pbéaeiens sont plus Et de-run-et-l'autre-c6t6 glaient des chiens d'-or et d'-argent, que Vulcain avait fabriqués d'un esprit habile, pour garder la demeure du magnanime Alcinoüs, étant immortels et excmpts-de-vieillesse pendant tous les jours (à jamais).

Et au dedans des siéges [raille avaient été appuyés autour de la muici et Id, depuis le seuil jusqu'au fond sans-discontinuer; là au dedans des voiles (tapis) légers et bien-tissés avaient été jetés (étendus), ouvrages de femmes.

- Et là siégeaient les chefs des Phéaciens, buvant et mangeant; (lement.

car ils avaient des repas perpétuelEt donc de jeunes-garçons d'-or se tenaient sur des socles bien-conayant entre les mains [struits, des flambeaux allumés, Eclair ant les convives pendant les nuits dans les demeures.

Et pour 1 ui (Alcinous) dans la demeure c'nquante femmes servantes,

les unes broient sur la meulele froment blond, les autres tissent des toiles ettournent dans leurs mains des fits, assises, et telles que sont lesfeuilles du long peuplier; et une huile humide coule des toiles bien-tissues.

adroits que les autres hommes à pousser sur la mer le rapide navire, autant leurs femmes excellent à ourdir la toile; car Miuerve leur a donne l'habilelé dans les travaux et les sages pensées, En dehors de la cour, et près de la porte, se trouvait un grand jardin de quatre arpents, entouré d'une haie. Là croissaient de hauts arbres au veit feuillage, poiriers, grenadiers, pommiers aux fruits magnifiques, figuiers délicieux et verdoyants oliviers. Jamais les fruits ne périsseut on ne manquent, ni l'hiver, ni l'été; mais, durant toute l'année, le souffle du Zéphyr fait naitre les uns et murir tes autres. La poire vieillit près de la poire, la pomme près de la pomme, le raisin près du raisin, la figue ptès de la figue. On y avait planté une vigne féconde: icl le terrain uni est séché par les rayons du soleil; là on Autant que les Phéaciens [hommes sont habiles au-dessus de tous les à pousser sur la mer un vaisseau rapide, ainsi d'autre-part les femmes sont habiles à fabriquer de la toile; car Minerve a donne à elles supérieude savoir [rement et les travaux très-beaux et les pensées bonnes (sages). Et en dehors de la cour auprès des portes [pents; est un grand jardin de-quatrc-aret une barrière a été conduite tout-autour des-deux-côtés.

Et là avaient poussé de longs (hauts) arbres fleurissants, poiriers et grenadiers et pommiers aux-fruits-brillants, et figuiers doux et oliviers fleurissants.

Desquels le fruit jamais ne périt ni ne manque en hiver ni en été, mais est durant-toute-l'ann^e; mais tout à fait toujours le Zéphyr soufflant fait-pousser les uns, et en fait-mûrir d'autres.

La poire mûrit au-dessus de la poire, et la pomme au-dessus de la pomme, d'autre-part la grappe au-dessus de la grappe, et la figue au-dessus de la figue.

Et là une vigne aux-fruits-nombreux a été plantée à lui; de taquelle à la vérité un sdchoir dans un.endroit uni

est essuyé par le soleil, vendange les grappes, là on foule le raisin; sur le devant, de jeunes rejetons se couvrent de fleurs, tandis que plus loin les grappes commencent à noircir. Dans le fond s'élendent des plates-bandes qui donnent toute l'année des produits varies. Deux fontaines jaillissent: l'une arrose tout le jardin, l'autre dirige ses eaux , en passant sous le seuil de la cour, vers le palais élevé, où vienncnt puiser les habitants. Tels étaient les superbes présents des dieux dans la demeure d'Alcinoiis.

Le patient et divin Ulysse s'était arrêté et contemplait. Quand il eut tout adinirl en son cœur, il franchii rapidement Ie seuil et entra dans le palais. II y trouva les chefs et les princes des Phéaciens faisant avec leurs coupes des libations au sage meurtrier d'Argus; car c'était à lui qu'ils offraient les derniers hoinmages, lorsqu'ils songeaient à goûter le sommeil. Mais Ie divin Ulysse traversa Ie palais , enveloppé de l'épais nuage que Minerve avait répandu autour de lui, et donc Us vendangent d'autres grapet en foulent d'autres; [pes, et sur-le-devant sont des gràppes vertes, jetant-au-deliors leur fleur,et d'aulres commencent-i-noircir.

Et là des carrés de-toute-sorte arrangés (cultivés) [rangée, ont poussé le-long-de la dernifcre fleurissant perpétuellement; * et au dedans sont deux fontaines, dont l'une se répand dans tout le jardin, et l'autre de-l'autre-c6t(§ [cour envoie ses eaux sous le seuil de la vers la demeure élevée, d'ou les citoyens puisaienl-de-1'eau.

Donc de tels présents magnifiques des dieux étaient dans la demeure d'Alcinous.

Se tenant là le trfes-patient et divin Ulysse contemplait. [choses Mais quand il eut contemplé toutes dans son cœur, il alla promptement par-dessus (en franchissant) le seuil au dedans de la demeure.

Et il trouva les conducteurs et chefs des Phéaciens faisant-des-libations avec des coupes au clairvoyant meurtrier-d'Argus, auquel le dernier ils faisaient-des-libatrons, quand ils se souvenaient de leur lit.

Mais le très-patient et divin Ulysse alla à travers la demeure, ayant le nuage abondant (épais) [lui, que Minerve avait répandu-autour-de jusqu'à ce qu'il fut arrivd auprès d'Arété et du roi Aicinoüs; puis ii embrassa de ses mains les genoux de la reine. Alors le nuage dhiu sNHoigna de lui. Tous les coirvivcs qui etaientdans le palais restèrenl muets à sa vue et le regarderent avec admiration, tandis qu'il faisait entendre cette prière : « Arété, fille du divin Rhexénor, j'arrive après mille souffrances a tes genoux, près de ton époux et de ces convives. Puissent les dieux leur donner une heureuse existence! Puissent-ils transmeltru å leurs enfants leurs richesses, leurs palais et les lionneurs que lc peuple leur a ddcernds! Pour moi, hâtez mon départ, afiu que je rentre au plus tôt dans ma patrie; car voilà bien longtemps que je souffre loin de mes amis. 11 11 dit, et s'assit près du feu, dans les cendres du foyer; mais tous les Phéaciens gardaientle silence. Enfin le vieux héros Échénéus prit la parole; c'était le plus âgé d'entre tous les Ph £ aciens, et le pre- jusqu'à ce qu'il arriva eet à Arété et au roi Alcinoüs.

Et Ulysse done jeta les mains autour des genoux d' Arété.

Et alors ùéjà donc le nuage divin se répandit de nouveau loin de lui.

Et ceux-ci, ayant vu un homme, - devinfent muets dans la demeure; et regardant ils admiraient; mais Ulysse suppliait ; « Arété, iille de Rhexénor pareil-à-un-dieu, ayant souffert beaucoup, je suis venu et à ton mari

et à tes genoux, et à ces convives-ci; [ner auxquels les dieux puissent-ils donde vivre heureusement, et chacun d'eux puisse-t-il transmettre à ses enfants ses biens dans son palais et l'honneur que le peuple lui a donne.

Mais préparez à moi la conduite pour arriver promptement dans ma puisque depuis-longtemps [patrie, je souffre des maux loin.de mes amis.» Ayant dit donc ainsi il s'assit sur le foyer, dans les cendres, auprès du feu; et ceux-ci done tous furent en-se-taisant dans le silence.

Mais tard enfin le vieux héros Éehénéus, [sance qui done était plusancien-par-la-naisque les hommes Phéaciens et l'emportait par les discours, sachant des choses et ancienues mier par son éloquence et par son ancienne expérience; il parla ainsi d'un cceur bienveillant: « Alcinoüs, il n'est pas honorable pour toi, il ne convient point qu'uu étranger reste assis dans les cendres de ton foyer; tous ceux qui sont ici se coutiennent et attendent que tu parIes. Allons, fais relever l'étranger, et place-le sur un siége aux clous d'argent; puis ordonne à tes hérauts de nous verser du vin, afin que nous fassions des libations à Jupiter, au roi de la fOlldre, au compagnon des augustes suppliants. Que ton intendante serve à l'étranger les mets qu'elle tient en reserve. » Quand le divin Alcinoiis eut entendu ces mots, il prit la main du sage et rusé Ulysse, le fit lever du foyer et le fit asseoir sur un sidge magnffique, à la place de son fils, le brave Laodamas, qui se teuait auprès de lui, et qu'il chérissait entre tous ses enfants. Une servante vint répandre l'eau d'une belle'aiguière d'or sur un bassin d'argent et nambreuses,

prit-la-parole; lequel dtant-bienveillant pour eux harangua et dit : - u Alcinoiis, ceci à la vdritS n'est pas plus beau et ne Gonvient pas à toi, un étranger être assis par-terre sur le foyer dans les ceudres; mais ceux-ci se contiennent attendant ton discours.

Mais allons déjà l'ayant fait-lever fais-asseoir l'étranger sur un stege aux-clous-d'argent; et toi ordonne aux hérauts de mélanger le vin, afin que aussi nous fassrons-libation à Jupiter qui-aime-la-foudre, qui accompagne ensemble (marchant les suppliants vénérables; [avec eux) et que nntendante donne à l'étranger un repas des mets qui sont au dedans. » Mais après que la sainte yjgueur d' Alcinoüs eut entendu ceci, ayant pris par la main Ulysse prudent, aux-conseils-variés.

51 le fit-lever du foyer et le fit-asseoir sur un siége brillant, ayant fait-lever son fils, Laodamas ami-de-la-bravoure, qui était assis auprès de lui, - et il aimait lui le plusr Et une servante versa en l'apportant de l'eau-pour-ablution d'une aiguière belle, d'-or, au-dessus d'un bassin d'-argeut, pour se laver; pour faire les ablutions; puis elle plaça devant Ulysse une table polie. L'intendante vénérable apporta Ie pain et le déposa sur la table avec des mets nombreux, servant tous ceux qu'elle avait en réserve.

Le divin et patient Ulysse buvait et mangeait, quand Alcinous dit au héraut : aPontonoùs, mélange le cratère, et verse le via à tous ceux qui se trouvent dans le palais, afin que nous fassions des libations à Jupiter, au roi de la foudre, au compagnon des augustes suppliants. »

II dit; Pontonous mélangea Ie vin doux comme miel, et le distribua ã tous les couvives dans des coupes. Quand les libations furent termindcs et qu'ils eurqnt bu selon leur désir, Alcinous prit la parole et dit:

« Ecolltez, conducteurs et chefs des Phéaciens, afin que je dise ce que m'inspire mon cœur. Ma in tenant que le repas est terminé, allez dormir chacun dans volre demeure ; demain, des l'aurore, nous ras- et elle étendit (plaça) auprès .une table polie.Et une intendante vénérable plãça-auprès-de lui du pain en l'apportant, ayant mis-sur la table des mets nombreux, le gratiflant [gardés).

des mets qui étaient-Ià (qu'on avail Mais le trfcs-paticnt et divin Ulysse buvait et mangeait; et alors la vigueur d'Alcinoiis dit au lidraut : « Pqntonoüs, ayant mélangé un cratère, distribue du vin-pur à taus dans le palais, afin que aussi nous fassions-libation à Jupiter qui-aime-la-foudre, qui accompagne ensemble (marche les suppliants vénérables. » [avec) II dit ainsi ; et Pontonoüs mélangeait un vin doux-comme-miel; ct il distribua donc à tous offrant dans des coupes, [libations Mais après que et ils eurentfait-deset ils eurent bu aulant que leur coeur voulait, alors Alcinoiis harangua et dit-à eux : « Écoutez, conducteurs et chefs des Phéaciens, afin que je dise les choses que mon cœur dans ma poitrine invite mol d dire.Maintenant ayant fait-le-repas allez-vous-coucher étant allés dans votre demeure; mais dès l'aurore semblerons les vieillards eu plus grand nombre, nous ferons fête à l'étranger dans le palais, et mous offrirons aux dieux de beaux sacrifices ; puis nous nous occuperons du tlépart, alin que, conduit par nous, sans peine et sans fatigue , l'étranger rentre promptement et avec joie dans sa patrie, quand même il habiterait bien loin de ces lieux; nous veillerons à ce qu'il n'éprouve aucun malheur, aucune souffrance avant d'avoir touchy sa terre natale; là, il subira la destinée que le sort et les Parques altières ont filée pour lui, quand sa mère lui donna le jour. Si c'est un immortel descendu du ciel, sans douteles dieux ont formé qnelque nouveau dessein. Jusqu'i ce jour, ils se manifestent à nous quand nous leur immolons de riches hécatombes, et ils viennent.prendre place à la table où nous sommes assis.

ayant appelé de plus nombreux vieillards nous traiterons - hospitalicfrenient dans le palais [I'élranger et ferons aux dieux de beaux sacrifices; et ensuite aussi nous ferons-mention au-sujet-de la conduile, afin que l'étranger, sans peine et sans ennui, sous notre conduite arrive promptement se réjouissant dans sa terre patrie, si mfime il est tout k fait de loin; et qu'il n'dprouve pas quelque malet quelque dommage [heur dans-l'intervalle du moins, avant que lui être (qu'il soit) entré dans sa terre; mais lå ensuite il subira les choses que le Destin et les Filandiferes (Parqucs) pesantes ont filées de leur fil à lui naissant, lorsque sa mère enfanta lui.

Mais si c'est quelqu'un des immortels du moins qui est descendu du ciel, ensuite assurément les dieux machinent quelque autre chose en ceci.

Car toujours dans le temps d'auparavant du moins les dieux apparaissent manifestes à nous, quand nous faisons (immolons) des hécatombes magnifiques; et assis ils festinent auprès de nous, Id où nous festinons aussi.

Et si donc quelque voyageur Que si même un voyagejir solitaire vient å les rencontrer, ils ne se cachent point à lui; car nous leur tenons de près, comme les Cyclopes et la race sauvage des Géants. D Le sage Ulysse lui rdpondit: a Aleinoüs, forme d'autres pensées; je ne ressemble ni par les trails, ni par la taille, aux dieux qui habitent le vaste Olympe, mais bien aux bumbles mortels; et si quelques-uns sont connus de vous pour avoir plus soufferl que tous les aulres, je puis m'égaler à eux en infortune. Certes je pourrais vous racontcr bien des malheurs que j'ai endurés, tous par la volonté des dieux. Mais laissez-moi acliever mon repas, nialgrg mon affliction. U n'est rien de plus importun que cet odieux es!omac, qui force l'homme le plus miserable, celui qui porte Ie deuil dans son coeur, à s'occuper de lui. Moi aussi, j'ai le deuil dans l'âme; et pour- même allant seul s'est présellté, Us ne se cachent pas; [rents) à eux, puisque nous sommes de près (pacomme et les Cyclopes et les peuplades sauvages des Géants. w Et Ulysse plein-de-prudence répondant dit-à lui : a Alcinoüs, - que quelque autre chose soit-i-souci à toi à (dans) ton esprit; [semblable) car je ne ressemble pas (ne suis pas aux immortels qui ont (habitent) le vaste cie), ni de corps ni de taille, mais aux hommes mortels; [sez eeux des hommes que vous connaisportant (endurant) le plus la misene, je pourrais m'égaler à eux en souffrances.

Et aussi encore je pourrais vous raconter des maux même davantage, tous ceux que du moins donc j'ai endures tous-ensemble par la volonté des dieux.

Mais laissez-moi souper, quoique étant affligé.

Car il n'existe pas une autre chose plus importune outre (que) l'estomac odieux, qui ordonne par néeessité I'homme se souvenir de lui, ,

même tout à fait étant affligS et ayant Ie deuil dans l'âme ; ainsi aussi moi j'ai le deuil dans l'âme [toujours; mats celui-ci (l'eslomae) tout à fait tant il m'excite sans relSche à manger et à boire; il me fait oublier tout ce que j'ai soulTert , et me contraint de Ie rassasier. Pour vous, hâtez vos préparatifs des que paraitra l'aurore, afin qu'après tant de maux vous fassiez rentrer un infortuné dans sa patrie; ah! que la vie m'abandonne quand j'aurai revu mes domaines, mes serviteurs.

ma haute et vaste demeure. »

II dit: tous l'approuvent et s'exhortent à reconduire l'étranger qui vient de parler si noblement. Quand les libations furent terminées et qu'ils eurent bu selon leur désir, chacun se retira dans sa maison pour dormir. Le divin llysse resta dans Ie palais; près de lui étaient assis Arété et Alcinous semblable à un dieu ; Ies servantes enlevaient les restes du festin ; Arété auxbras blancs prit la première la parole, car elle avait reconnu le manteau et la tunique, ces beaux vétements m'ordonne de manger et de boire; - et il fait-oublier a moi tous les maux que j'ai soufferts, et m'excite à le remplir.

Mais vous songep a vous hâter avec l'aurore paraissant, [patrie afin que vous fassiez-entrer dans ma moi J'infbrtund, quoique ayant souffert des maux nombreux : et que la vie quitte moi ayant vu mes biens et mes seniteurs et ma demeure grande et au-toít-élevé. » II dit ajnsi; et ceux-ci donc tous approuvaient et exhortaient

à reconduire l'étranger,

après qu'il avait parlé selon la convenance. [libations Mais après que et ils eurent fait-deset ils eurent bu autant que leur coeur voulait, ceux-ci ayaiit-envie-de-dormir allèrent dans leur maison chacun.

Mais le divin Ulysse était laissg dans le palais, et auprès de lui et Arété et Alcinoüs pareil-à-un-dieu étaient assis ; - - et des servantes enlevaient les ustensiles du repas ; et Arété aux-bras-blancs commença à eux les ðiscours; car elle reconnut et le manteau et la tunique, - ayant vu les vêtements beaux que done elle-même avait faits qu'elle-même avait faits avec ses servantes. Elle adressa donc à Ulysse ces paroles ailées : CI Stranger, je t'inlerrogerai la première : qui es-tu et d'où vienstu? qui t'a donné ces vGteinents? Ne nous disais-tu pas; que tu étais arrivé ici après avoir erré sur la mer? » Le sage Ulysse lui répondit : a II serait diffieile, 6 reine, de te faire Ie récit fidfcle de mes souffrances, car les dieux du ciel m'en ont accablé; mais je répondrai å ce que tu me demandes.

II est une île, loin d'ici, au sein de la mer, Ogygie, qu'habite une déesse redoutable, la fille d'Atlas, l'astucieuse Calypso à la belle chevelure, loin de tout commerce avec les hommes et avec les dieux. Pour moi, infortuné, une divinité me conduisit seul à son foyer, après que Jupiter, frappant de sa foudre 6tincelante mon rapide vaisseau, l'eut entc'ouvert au milieu du noir Oeéan. Tous mes braves compagnons avaient péri ; saisissant entre mes bras la carfene de mon navire ballotté par les Dots, la vague me porta ainsi pendant avec les "femmes servantes ; et ayant parlé elle dit-4 lui ces paroles aitees : a Stranger, moi-même j'interrogerai toi d'abord : - [mes es-tu ?

qui et d'où (de quel pays) des hornqui a donn6 à toi ces vGtements ?

ne dis-tu donc pas être arrivé ici errant sur la mer 1 » Et Ulysse pkin-de-prudence répondant dit-à elle : nil est difficile, reine, de raconter d'un-bout--å-l'autre mes souffrances, puisque les dieux du-ciel en ont donné à moi de nombreuses ; mais je dirai à toi ceci, [moi.

sur quoi tu interroges et questionnes Une certaine He est située au loin sur la mer, Ogygie, où habite la fille d'Atlas, - l'artificieuse Calypso, [table; ft-la-belle-chevelure, déesse redouet aucun ni des dieux ni des hommes mortels ne s'unit à elle.

Mais un dieu conduisit à-son-foyer moi l'infortuné seul, après que Jupiter ayant fait-tourner à moi mon vaisl'eut entr'ouvert [seau rapide de sa foudre étincelante au milieu-de la mer noire.

Là mes autres braves compagnons périrent tous; mais moi ayant pris dans-mes-bras la carène de mon vaisseau ballotté lieuf jours ; dans les tdufebres de la dixième nuit, les dieux me peUisfcrent vers l'lle d'Ogygie, qu'habite Calypso à la JMIIQ chevekire, déesse redoutable; elle m'accueillit, me combla de soins amis, me nourrit, et me promit plus d'une fois de me rendre immortel et à jamais exempt de vieillesse : mais elle ne persuadait point mon coeur dans mapoitrine. Je restai là sept ans entiers, mouillant sans cesse de mes larmes les divius .vêtements que m'avait doings Calypso. DéJt une huitieme année commençait pour moi, quand elle m'encouragea à partir, soit qu'elle en eût reçu l'ordre de Jupiter, soit que son coeur eût changé. Elle me congédia sur un splide radeau , me donna en abondance le pain et le-vin ùélicieux, me couvrit d'étotfes divines, al fit souffler un vent doux et favorable. Je voguai dix-sept jours sur la mer, et le dix-hnitième appaffurent à mes yeux les mantagnes oni- je fus porté pendant-neuf-jours; mais à la dixième nuit noire les dieux firent-approcher moi vers l'ile d'Ogygie, où habite Calypso a-la-belle-chevelure, - déesse redoutable; laquelle ayant recueilli moi et me traitait-amiealement avec-zèle et me nourrissait, et disait-fréquemment devoir me rendre immortel et exempt-de-yieillesse pendant tous les jours (à jamais); mais jamais elle ne persuadait mon cceur dans ma poi trine.

Là à la vérité je restai sept-ans constamment (entiers), et tpujours je mouillais de larmes les vfitements divins que Calypso avait donnés à moi.

Mais lorsque done la huitième année survenant arriva pour moi, aussi alors donc m'excitant elle engagea moi à m'en retourner, par-suite-d'uu message de Jupiter, ou peut-être aussi l'esprit d'elle avait changé.

Et elle me renvoya sur un radeau aux-liens-Dombreux; et elle me donna beaucoup-de choses, du pain et un vin agréable; et elle me revêtit - - de vêtements divins; et elle envoya un vent et inoffensif et paisible. [jours Et pendant sepl et dix (dix-sept) je naviguai voguant-sul'-la-mer, et le dix-huitièrne bragées de votre terre; mon coeur s'en réjouit; hélas ! je devais encore endurer bien des maux que fit fondre sur moi Neptune qui ébranle la terre. II excita des vents impétueux, me ferma ma route et souleva la mer immense; je poussais de profonds gémissements, et le flot ne me permit plus de naviguer sur mon radeau, Bientôt la tempfite Ie dispersa; je fendis à la nage le vaste abime, jusqu'à ce que le vent et la mer me conduisirent près de ces bords. La vague m'eût brisé contre le rivage au sortir des eaux, elle m'eut lancé contre ces roches énormes et cette plage affreuse ; je m'éloígnaí et nageai de nouveau jusqu'à l'einbouchure d'un fleuve, où je crus trouver un endroit favorable, sans roches aiguës, à l'abri du vent.

Je tombai sur le mage en recueillant mes forces ; la divine nuit survint ; je sortis du fleuve formé par les pluies, je m'éloignai et me couchai parmi des arbrisseaux: je me couvris de feuilles, et un dieu

ÒpECX ~a%loevxa vifLETEpYis Ya'yll?

~etpavri" ~Yj'tOp Sè cptÀQV yrj0r)<7E (.LOt, 8uc(xopw' ri yap Ip-eXXov ETI luveffEff0ai 6'i'Cvi 710XX?), 't"Ì]v IIOFFET&atov £ vo<?ix0(ov ~liztapai (xoi* 5( ~iqpoppjffas jxot ave(Aou<; ~xaxES^ae XEXEVOOC-, ~6PIVE 6E OaXaaaav aOsacpaxav* ovòÈ xV(.Lcx sia ti ~ffTEvaxovca aSiva ~(pspsaQai ITCI (TJ(E8XYI<;.

~"EirsiTa (IEV OfeXXa 8IE<TXE8O<7E TYJV - ~avxap SywyE VTIXOIASVQI; ~SiETptayov T&SE Xat-rjia, ðcppcx ~avEjxo; TE cpEpcov xat tiSwp ~insXaffdE (J.E {((Aexepv) yavv). -

~* £ v0a xvl-'-cx piriaaxo XE 6711 XSPFFOU fie ~ex6aivovTa, paXov 7tpÒç (lE-ydiX-flat itETp-^?

xal x^pw axEpTi/i' 4XXa cX.va)(lX.aaå.(.Llwoc;.

vlixov TOXXIV, Sto; ~iurjXQov Èç Ttoxajiov, tri 011 ~)(WPOÇ - lewraxo (JLOI apiato<;, A_EtOÇ nsxpawv XOK ETCI xr/Jmxe, avep-oio Y]V.

~'ESeTteaov SE 0U[AY)YEPEA)Vvvl- 8s api6pt)(7iYi i7tr|Xvi0ev lyw i*6ac &7tav £ \j0E7i:ota(jio'io SllfCETEOq ~xaxfiSpaOov sv 6oqj.voiaiv versa sur moi un profond sommeil. Li, le cceur rongé de dauleur, caché sous ces feiutles, je dormis toute la nuit, jusqu'à l'aurtre, jasqu'au milieu du jour; et déjà le soleil se baissait quand le doix sonjmeil me quitta. J'aperçus les servantes de ta fille qui jouaient sur le rivage; elle-même était au milieu d'ellcs, semblable à une déesse.

Je l'implorai; elle ne manqua point de cette sagesse qu'on n'ose tspérer dans un Age si tendre; car la jeunesse est insensée. Elle me donna en abondance le pain et le vin noir, me baigna dans le ICUTC, m'offrit ces vêtements. Je te raconte tout cela, malgrf ma tristesse, et je dis la vérité. »

Aloinous répondit : c Étranger, ma fille n'a point senti tant ce qui était coBTenable, psisqu'elle ne t'a pas amené dans notre et j'amassai des feuilles autour de et un dieu i.moi j me versa un sommeil immense, Là dans les feuilles, afiligd en mon cteur chéti, je dormis toute-la-nuit et jusqu'à l'aurore et jusqu'au milieu-du jour; et le soleil penchait-vers-son-déclin et le doux sommeil quitta moi.

Et je vis les suivantes de ta flIle jouant sur le rivage r et elle-même était parmi elles ressemblant aux déesses.

Je suppliai elle; et ,celle-ci ne manqua pas - d'une pensée bonne, comme tu ne pourrais pas espdrer quelqu'un plus jeunes'étant reneoudevoir faire; [tré car toujours les personnes plus jeunes manquent-de-prudence.i Celle-ci donna à moi du pain suffisamment et du vin noir, et me baigna dans le tleuve, et donna à moi ces vêtements.

J'ai raconté à toi ces choses selon la y6ril6', quoique étant affiigé. » Et Alcinoiis à-son-tour répondlt à lui et dit : « Étranger, assurément ma fille [fallait) n'a pas conçu convenable (comme il ceci du moins, qu'elle n'a pas conduit toi dans nolre demeure demeure avec ses suivantes, toi qui l'avais implorée la premifere. » Le sage Ulysse reprit r a Htfros, ne blSrne point pour cela ta noble fille; clle m'avait engagd à la suivre avec sesfemines; mais je ne l'ai point voulu, je craignais qu'en me voyant ton cæur ne se rempllt de colère; car nous autres habitants de la terre nous sommes une race ombrageuse. »

Alcinoiis répliqna : a Étranger, ma poiirine n'enferme point un coeur qui s'irrite ainsi sans motif; mais en tout je préfère la justice.

0 Jupiter, Minerve et Apollon) si seulement, tel que tu es, pensant comme je pense moi-même, tu voulais demeurer ici, t'unir a ma Jille et recevoir le nom de mon gendre, je te donnerais un palais et des domaines, pourvu qu'il te plût de rester parmi nous; car nul t des Ph^aciensne te reliendra malgré toi, et puisse Jupiter ne per- j avec les femmes suivantes"; car toi donc tu avais supplte

elle la premiere. » Et Ulysse plein-de-prudencerépondant dit à lui :

.« Hdros,

ne reprends pas à moi pour cela la jeune-fille írréprochable; car elle a invité moi àsuivreaveciesservantes; mais moi je ne voulus pas, ayant craint et usant-de-réserve, de peurqueaussile cceur ne s'irritât à toi ayant vu; - car nous autres races d'hommes sur la terre nous sommes ombrageux. 11 Et Alcinous à-son-tour répondit å lui et dit : « Étranger, un tel coeur chcri n'est pas à moi dans ma poitrine pour me courroucer en vain; mais toutes les choses justes sont meilleures timesyeux.

Car si seulement, ô iet Jupiter père (auguste) et Minerve et Apollon, étant tel que tu es, et pensant ces choses que je pense, tu voulais et avoir ma fille et être appelé mon gendre, restaut ici, moi d'autre-part aussi [biens, je te donnerais une maison et des situ restais le voulanttoutefoisj car aucun des Phéaciens ne reliendra toi ne-voulant-pas; que cela ne soit pas agréable à Jupiter père (auguste).

Qiettre rien de tel! Demain done, sache-le bien, est le jour que je fixe pour ton départ. Tandis que tu reposeras, dompté par le sommeil, nos matelots fendront la mer paisible jusqu'à ce que tu sois arrive dans. ta patrie, dans ta demeure, partout ou 11 te plaira d'aller, fût-ee même bien au delà de l'Eubde; ils disent pourtant que cette contrée est fort éloignée, ceux de nos citoyens quL l'ont vue jadis, quand ils conduisirent le blond Rliadamauthe qui allait visiter Tityus, fils de la Terre. Ils gagnèrent l'Eubée, accomplirent le trajet sans fatigue dans la même journée, et revinrent dans leurs foyers.

Tu yerraB toi-mème corabien mes vaisseaux sont excellents et nos jeunes matelots habiles à soulever la mer avec leurs rames. P Jl dit; le divin et patient Ulysse se réjouit et prononça cette prière : Et moi j'indique la coaduite pour ce moment-ci, afin que tu le saches bien, c'est-a-dire pour demain.

Et pendant-ce-temps toi å la vérité dompté par le sommeil tu seras cOllché; - et ceux-ci frapperont de leursrames la mer-calme, jusqu'i ce que tu sois arrivé dans ta patrie et dans ta demeure, et s'il est agréable à toi quelque-part ailleurs., si même cela est tout à fait beaucoop plus loin que l'Eub^e; laquelle pourtant ils disent être très-loin, ceux qui ont vu elle d'entre nos citoyens, lorsqu'ils conduisaient le blond Rhadamanthe devant (allant) visiter Tityus, fils de-la-Terre; et ceux-ci allfcrent là, et accomplirent la route sans fatigue dans le même jour - et l'achevèrent [arnere.

dt&nt revenus dans leur demem'e en Mais tu verras aussi toi-même dans ton esprit [lents com:bien mes vaisseaux sont excelet mes jeunes-gens sont excellents pour souleverla mer avec la rame." 11 dit ainsi ; et le trfes-patient et divin Ulysse se réJouit; et priant donc il parla

et il dit une parole et il prononça :

« Auguste Jupiter, puisse Alcinoiis remplir toutes ses promesscs!

Sa gloire serait impérissable sur la terre féconde, et je rentrerais dans ma patrie. a C'est ainsi qu'ils discouraient ensemble. Cependant Arété aux bras blancs ordonna aux servantes de dresser un lit sous Ie porlique, d'y placer de belles couvertures de pourpre, et d'étendre par-dessus des tapis et des manteaux moelleux pour se couvrir. Elles soflirent du palais, portant dans leurs mains des flambeaux, Bientöt, lorsqu'elles eurent préparé la couche moelleuse, elles vinrent avertir Ulysse par ces paroles : « Lève-loi et va dormir, étranger; ton lit est prfit. » Elles dirent, et le héros se réjouit de goûter le sommeil. Ainsi le divin et patient Ulysse dormait dans un lit magnifique, sous le portique sonore. Alcinous alia reposer dans t'intérieur de la haute demeure, et la reine se pIaça près de lui sur le lit qu'elle avait préparé.

« Jupiter père (auguste), si seulement Alcinoiis achevait toutes les choses qu'il a dites, la gloire de celui-ci serait impérissable se répandant sur la terre fertile, et moi j'arriverais dans ma patrie. » - Ainsi ceux-ci disaient de telles choses l'un àl'aulre.

Mais Arété aux-bras-blancs ordonna aux servantes de placer un lit sous le portique et de jeter-dessus

de belles couvertures de-pourpre et d'étendre par-dessusdes tapis et de niettre-dessus -des manteaux frisks (moelleux) pour se revfitir par-dessus.

Et celles-ci allèrent hors du palais, ayant unllambeau dans les mains.

Mais après que se hâtant elles eurent ëtcndu un lit épais, elles exh or taient Ulyssepar cesmots se tenant-auprès de lui : [coueher, a Lève-toi allant (pour aller) - teô étranger; car un lit a été fait à toi. a Elles dirent ainsi; et il parut à lui agréable de dormir.

Ainsi le très-patient et divin Ulysse dormait là, sur un lit sculpté, sous le poptique retentissant.

Et Alcinoiis donc se coucha, au fond de la demeure élevée ; et auprès de lui la femme reine prépara son lit et sa eoucbe.

NOTES SUR LE SEPTIÈME CHANT DE L'ODYSSÉE.

Page 118 : 1. ~sA7vetpai;v), d'Apira ou d'Apiros, et non pas d'Epire, comme plusieurs commentateurs l'ont entendu; Homère n'écrit jamais le mot ~fjueipoc par un alpha. II est vrai qu'on ignore compl^tement ce que c'est qu'Apirée ou Apiros.

— 2. "Hyayov. Elle faisait sans doute partie d'un lot de femmes esclaves acheté par les navigateurs phéaciens.

Page 120 : 1. ~HoXXyiv rjepa yj-vt, etc. Virgile, Énéide, I, 415:

At Venus obscuro gradientes aere sepsit, Et analto nebulæ circum dea fudit amiclu , Gernere ne quis eos, neu. quis contingere posset, Molirive moram, autvenieadi poscere causas.

Page 122 : 1. "Qç àpa, etc. Voy. chant II, vers 29 et 30.

Page 12.6 : 1. "QXece Xa6v. Ce vers présente quelque obscurité, et il est probable.qu'un autre vers qui l'expliquait a disparu. Il est évident qu'Eurymédon ne détruisit pas lui-même son peuple; mais il périt sans doute avec les Géants, soit dans la grande lutte des fils de la Terre contre Jupiter, soit dans une guerre contre quelque autre peuple.

— 2. ~Aù-r/j, elle-même, c'est-à-dire dans les affaires qui la concernent elle-même.

Page 128 : 1. Mapaôûva. La bourgade de Marathon, célèbre surtout par la défaite des Perses, était environ à dix milles d'Athènes, c'est-à-dire à près de quinze kilomètres.

— 2. 'EpFZ"o; C;Ó¡¡.ov, Il n'est pas question sans doute clu palais d'Éreehthée, mais d'un temple bâti par ce roi à Minerve.

— 3. (lQçn: Y4 ~7)eXi'ou, etc. Voy. chant IV, \ers 45 et 46.

Page-130: 1. KovpGt, de jeunes garçons, c'est-à-dire des statues de jeunes garçons.

— 2. Oiti, TE. tttYEtPOtO, semblables aux feuilles du haut peuplier.

Il ne peut pas y avoir de doute sur le sens de ces mots : Homère com- pare les mains actives des servantes aux feuilles toujours agitées du peuplier.

- 3. K<XLç.OcrÉWV. EIzLov. Ce vers est fort difficile à expliquer.

Homère veut-il dire que le tissu élait tellement serré que l'huile coulait dessus sans pouvoir le traverser, ou tellement souple qu'on l'eût dit imbibé d'huile, ou tellement brillant qu'il était aussi blanc que l'huile? Toutes ces difficultés seraient aplanies si l'on pouvait adopter l'ingénieuse conjecture de Bothe, qui propose àiroXtiitETai : l'huile limpide a moins d'éclat que les étoffes tissues par leurs mains.

Page 132 : 1. ~"ExTOdOsy 8' aùXrjç. Cette description des jardins d'Alcinoüs était justement célèbre dans l'antiquité. Virgile y fait allusion dans un endroit de ses Géorgiques (II, 87) : Pomaque, et Alcinoi silvæ.

Page 134 : 1. 'lr¡aLv. Sous-ent. üowp, De même, chant XI, vers 238:

Page 136 : 1. or S' ~âvetp, etc. M. Eichhof : « Nous avons déjà remarqué la différence totale que la réunion des circonstances devait amener entre la réception d'Énée à la cour de Didon et celle d'Ulysse au palais d'Alcinous. Ces deux situations ont chacune leur genre de beauté; mais si la pompeuse entrevue de Virgile flatte l'imagination par l'éclat des images, la scène antique et patriarcale du poëte grec fait sur le cœur une impression plus profonde. »

Page 138 ~:1. 'kpov p.É'IOç 'AÀX,LVÓOIO. C'est ainsi que nous avons vu au chant II, vers 409: ~'Ie:pY¡ ïç Tï^eiJ.àxoio. Virgile dit de même : Vis humana , l'homme ; et Lucrèce :- Fida canum vis, le chien fidèle.

— 2. ~Xépviëa ô' &p.q¡Í'ltoÀo;, etc. Voy. chant I, vers 136 à 140.

Page 140 : 1. ~Nwpidev. ôeitàeaciv. Voy. chant III, vers 340.

Page 142 : 1. "AÀÀo TI, autre chose que ce qu'ils faisaient précédemment, puisqu'ils se montraient à nous sous leur véritable forme.

— 2. Aisl ycip, etc. Catulle, Epithalame de Thétis et de Pelée :

Pracsentes namque ante doinos inviserc castas Heroura etsese mortali oslendere cælu Cœlicolæ, nondum sprela pielate, solebant.

Sed postquain tellus scelere est iinbuta nefnndo, Justitiamque oranes cupida de mente fugarunt, Omnia fanda, nefanda, malo perinixta furore, Justificam nobis meotem avertere deorum.

Quare nec tales dignanlur visere ccelus, Nec se contingi patiuntar luinine claro,

Page 146 : 1. Ot ~tJ.È:v. ëxaaToç. Voy. chant I, vers 424.

Page 148 : 1. 'AP'YIXÀÉOV, etc. Virgile, Énéide, II, 3 :

lnfandum, regina, jubes renovare dolorem.

— 2. Otov. Voy. chant V, vers 131-133.

Page 150: 1. Oôpov ÕÉ, etc. Voy. chant V, vers 268, et 277-278.

Page 156 : 1. Ta. TE ~cPpovÉwv & r' £ YA)7TEP, pensant comme je pense moi-même, partageant tes vues (au sujet de ton mariage avec ma iille Nausicaa).

Page 158 : 1. "OTe ~£ av0ôv 'Pa8à[/.av0vv Yjyov. On ignore à quel événement mythologique Homère fait allusion dans ce passage.

Page 160 : 1. XXxîvooç ~8'<ïpa. Voy. chant III, vers 402 et 403.

ARGUMENT ANALYTIQUE DU HUITIÈME CHANT DE L'ODYSSÉE.

Alcidous tient conseil avec les principaux des Phéaciens; on décide de reconduire Ulysse dans sa pairie (1-45). Les Phéaciens se réunissent pour un banquet dans le palais d'Alcinoüs; Démodocus chante la querelle d'Ulysse et d'Achille (46-96). Après le repas, on se rend sur la place publique, où les jeunes gens exécutent des jeux variés (97-130). Euryale invite Ulysse à prendre part aux jeux, et, sur son refus, lui adresse des paroles outrageantes (131-164). Ulysse répond avec colère, lance un disque beaucoup plus loin que les autres Phéaciens, et provoque ceux qui voudront se mesurer avec lui (165-233).

Alcinoiis intervient, et, sur son invitation, de jeunes garçons exécutent des danses (234-265). Démodocus chante les, amours de Mars et de Vénus et la vengeance de Vulcain (266-369). Deux jeunes Phéaciens s'exercent à lancer le ballon; Ulysse admire leur adresse (370-384). Ulysse reçoit des présents des principaux Phéaciens; Euryale l'apaise en lui offrant une épée magnifique (385-422). Alcinoûsfail préparer un bain à Ulysse avant le repas du soir; la reine dispose dans un coffre tous les présents offerts à l'étranger (423-468).

Ulysse rend honneur au chanteur Démodocus, et le prie de faire entendre l'histoire du cheval de bois (469-498). Tandis que Démodocus chante, Ulysse ne peut contenir son émotion (499-531). Alcinoùs l'entend gémir, et lui demande le récit de ses aventures (532-586).

Quand parut la fille du malin, l'Aurore aux doigts de roses, le divin et robuste Alcinoüs sortit de sa couche ; le noble destructeur des villes, Ulysse, se leva aussi, et Alcinoûs le mena vers l'assemblée des Phéaciens, qui se tenait auprès des vaisseaux. Ils prirent place l'un auprès de l'autre sur des sièges de pierre polie ; Minerve, occupée du retour du magnanime Ulysse, parcourait toute la ville, et, prenant les traits d'un héraut du prudent Alcinoüs, elle s'approchait de chaque citoyen et lui adressait ces mots : « Allons, chefs et conducteurs des Phéaciens, rendez-vous à l'as- HOMÈRE.

L'ODYSSÉE.

CHANT VIII.

Et quand parut l'Aurore qui-naît-le-matin aux-doigts-de-roses, la sainte vigueur d'Alcinoiis se leva donc de sa couche; et le noble Ulysse destructeur-de-villes se leva donc aussi.

Et la sainte vigueur d'Alcinoiis guida ceux-ci vers l'assemblée des Phéaciens, qui avait été préparée à eux auprès des vaisseaux.

Et étant arrivés ils s'assirent auprès l'un de l'autre sur des pierres polies; et Pallas Athéné s'avançait par la ville, ressemblant au héraut du prudent Alcinoüs, méditant le retour pour le magnanime Ulysse; et donc se-tenant-auprès elle disait ce discours à chaque homme : « Çà ici, conducteurs et chefs des Phéaciens, semblée pour apprendre quel est cet étranger nouvellement arrivé dans la demeure du prudent Alcinoùs après avoir erré .sur la mer, et et dont le corps est semblable à celui des immortels. »

C'est ainsi qu'elle excitait la curiosité et l'intérêt de tout le peuple.

Bientôt tous les sièges de l'assemblée sont remplis de citoyens; tous contemplent avec admiration le prudent fils de Laërte. Minerve avait répandu sur sa tête et sur ses épaules une grâce divine, et le "faisait paraître plus grand et plus fort, afin qu'il fût chéri de tous les Phéaciens, et que, redoutable et respecté, il sortît vainqueur de toutes les luttes dans lesquelles ils éprouveraient sa vigueur. Quand ils furent tous réunis, Alcinoùs prit la parole au milieu d'eux : « Écoutez, chefs et conducteurs des Phéaciens, afin que je dise ce que mon cœur m'inspire. Cet étranger que je ne connais point il faut aller à l'assemblée, afin que vous entendiez-parler de l'étranger, qui est arrivé nouvellement [nous, dans la demeure du prudent Alciayant erré sur la mer, semblable aux immortels par son corps. »

Ayant parlé ainsi elle excita la vigueur et le cœtfr de chacun.

Etle lieu-de-l'assemblée et les sièges se remplirent promptement de mortels se réunissant; et beaucoup donc ayant vu admirèrent le prudent fils de Laerte.

Et Minerve donc versa à lui une grâce divine et sur la tête et sur les épaules ; et elle établit (fil) lui plus haut (grand) et plus gros à voir, afin qu'il devint ami à tous les Phéaciens, et imposant et vénérable, et qu'il accomplît les luttes nombreuses, par lesquelles les Phéaciens éprouvèrent Ulysse.

Mais après que donc ils se furent rassemblés et furent réunis, Alcinous alors parla et dit à eux : « Écoutez, conducteurs et chefs des Phéaciens, afin que je dise les choses que le cœur dans la poitrine invite moi à dire. - est arrivé errant dans ma demeure, venant des contrées du levant ou de celles du couchant; il nous presse, il nous supplie de consentir à le reconduire dans sa patrie. Eh bien, selon notre coutume, préparons son départ ; jamais l'hôte qui entre sous mon toit ne reste longtemps ici à gémir après son retour. Allons, lançons sur la mer divine un noir vaisseau qui n'ait pas navigué encore; choisissons parmi le peuple cinquante-deux jeunes garçons, lès plus habiles de tous. Hâtez-vous d'attacher les rames sur les bancs du navire, puis aller dans -on palais préparer promptement le repas; je veux vous traiter tous. C'est aux jeunes gens que j'adresse mes ordres; quant à vous, rois qui portez le sceptre, venez dans ma demeure, afin que Mm y reeeviom l'étranger comme un ami. Que personne ne refuse.

Cet étranger-ci, je ne sais qui il est, errant est arrivé dans ma demeure, [levant, venant soit de chez les hommes dusoit de chet ceux du-couchant ; et il presse et prie [de le reconduire).

la conduite être fixée" ( qu'on décide Eh bien nous comme précédemment pressons cette conduite.

Car non plus nul autre, qui soit arrivé dans mes demeures, ne reste longtemps ici se lamentant à-cause-de la conduite.

Mais allons, tirons dans la mer divine un vaisseau noir naviguant-pour-la-prcmière-fois ; et que deux jeunes-garçons et cinquante avec eux soient choisis dans le peuple, tous-ceux-qui auparavant sont (ont été reconnus) les meilleurs.

Et tous ayant attaché bien les rames sur les bancs sortez ; mais ensuite occupez-vous [ment), d'un repas rapide (préparé prompteétant venus dans notre demeure; et moi je fournirai bien ce qu'il faut à tous. J'enjoins à la vérité ces choses aux jeunes-garçons; mais vous les autres, rois portant-le-sceptre, venez vers ma belle demeure, [l'étranger afin que noustraitions-amicalement Appelez le divin chanteur Démodocus ; car le dieu lui a donné un ai l sublime pour nous charmer tous, lorsque son cœur l'invite à faire entendre ses chants. »

Il dit, et ouvre la marche; les rois ornés du sceptre suivent ses pas, et le héraut va chercher le divin chanteur. Cinquante deux jeunes garçons, choisis d'après l'ordre d'Alcinoüs, se rendent au bord de la mer inféconde. Quand ils sont arrivés sur le rivage, ils lancent le vaisseau sur les flots profonds, placent dans le navire noir le mal et les voiles, disposent les rames chacune à sa place avec ses courroies de cuir, et déploient les blanches voiles. Ils mouillent le vaisseau dans un endroit profond, puis ils se dirigent vers la vaste demeure du pru- dans le palais ; et que quelqu'un ne refuse pas ; et appelez le chanteur divin, Démodocus; car le dieu donc [ment, a donné à lui le chant supérieurepour réjouir les hommes, quand son cœur l'excite à chanter. » Ayant parlé donc-ainsi il marcha-en-tête ; et les rois portant-le-sceptre suivirent en-même-temps ; et un héraut alla-vers le chantre divin.

Mais deux jeunes-garçons et cinquante avec eux ayant été choisis allèrent, comme il l'avait ordonné, vers le rivage de la mer infertile.

Mais lorsque donc ils furent arrivés au vaisseau et à la mer, ceux-ci à la vérité tirèrent le vaisseau noir dans la profondeur de la mer; et ils mirent et un mât et des voiles dans le vaisseau noir, - et ils ajustèrent des rames dans des courroies de-cuir, toutes choses selon la convenance ; et ils déployèrent les voiles blanches..

Et ils mouillèrent celui-ci (le vaisseau) [fond) prorondément (en un endroit prodans l'espace humide;- mais ensuite ils se-mirent-en-marche donc pour aller dans la grande demeure du prudent Alcinoüs, dent Alcinoûs. Bientôt le portique, les cours et les salles du palais sont remplis de convives; jeunes gens et vieillards se réunissent en foule.

Alcinoûs immole en leur honneur douze brebis, huit porcs aux dents éclatantes de blancheur, et deux bœufs au pas lent. On les dépouille; on prépare, on dresse un agréable festin.

Le héraut s'avança; il amenait l'aimable chanteur chéri de la Muse, qui lui avait donné et le bien et le mal : elle l'avait privé de la lumière, mais lui avait accordé une voix délicieuse. Pontonoùs plaça pour lui, au milieu des convives, un siége aux clous d'argent, qu'il appuya contre une haute colonne; il suspendit à une cheville au-dessus de sa tête la lyre harmonieuse, et lui montra comment il pourrait la prendre avec sa main ; puis il mit devant lui une corbeille, une table magnifique et une coupe de vin, afin qu'il pût boire quand son cœur en aurait le désir. Alors les convives étendirent la main vers les plats servis devant eux.

Et les portiques donc et les cours et les salles [blant; se remplirent d'hommes se rassemet donc de nombreux étaient jeunes et vieux. Et Alcinoüs immola pour eux douze brebis, et huit porcs aux-dents-blanches, et deux bœufs aux-pieds-de-travers ; lesquels ils écorchèrent, et ils soignèrent et apprêtèrent un repas agréable.

Et le héraut vint auprès d'eux, amenant l'aimable chanteur, que la Muse aima supérieurement, et à qui elle donna et le bien et le mal : elle le priva de ses yeux, mais lui donna le doux chant.

Et Pontonoüs donc plaça pour celui-ci un siège aux-clous-d'argent au milieu des convives, [haute ; l'ayant appuyé contre une colonne et le héraut suspendit à une cheville la lyre harmonieuse, [teur) , au-dessus de la tête de lui (du chanet lui montra à la prendre de ses mains; et il plaça-auprès-de lui une corbeille et une belle table, et auprès une coupe de vin, pour boire (pour que le chanteur bût) quand son cœur l'y inviterait.

Et ceux-ci (les convives) jetaient leurs mains vers les mets préparés

placés-devant eux.

Quand ils eurent apaisé la faim et la soif, la Muse inspira au chanteur de redire la gloire des héros de ce chant dont la renommée s'élevait alors jusqu'au vaste ciel : c'était la dispute d'Ulysse et d'Achille, fils de Pélée, qui se querellèrent jadis avec des paroles amères dans le splendide festin des dieux; le cœur du roi des hommes, Agamemnon, se réjouissait de voir la discorde parmi les premiers des Achéens. Apollon le lui avait prédit jadis dans la divine Pytho, lorsqu'il franchit le seuil de pierre pour consulter l'oracle.

Alors commençait à se dérouler, par la volonté du grand Jupiter, cette longue suite de maux réservés aux Grecs et aux Troyens.

Tels étaient les récits de l'illustre chanteur ; mais Ulysse, saisissant de ses mains puissantes son manteau de pourpre, le faisait retomber

sur sa tête et voilait son beau visage; car il avait honte que les Phéaciens vissent les larmes rouler sous ses paupières. Quand le divin Démodocus cessait de chanter, il essuyait ses pleurs, rejetait son Mais quand ils eurent enlevé (chassé) le désir du boire et du manger, la Muse donc excita le chanteur à chanter les gloires des héros de ce chant, duquel alors donc la gloire allait au large ciel : - la querelle d'Ulysse et d'Achille fils-de-Pèlée, comme jadis ils se disputèrent dans le festin exquis des dieux avec des paroles violentes ; et le roi des hommes Agamemnon se réjouissait dans son esprit, tandis que les meilleurs (premiers) des Achéens se querellaient.

Car Phébus Apollon prophétisant avait prédit ainsi à lui dans Pytho divine, lorsqu'il franchit le seuil de-pierre devant consulter-l'oracle ; car alors donc le commencement du fléau se déroulait et contre les Troyens et contre les Grecs par les conseils du grand Jupiter.

Donc le chanteur très-illustre chantait ces événements; mais Ulysse ayant pris de ses mains robustes son grand manteau de-pourpre le tira sur sa tête, et couvrit son beau visage ; car versant des larmes sous ses sotircils [ciens.

il avait-honte des (devant les) PhéaOr quand le chanteur divin avait cessé chantant (de chanter), ayant essuyé ses larmes manteau sur ses épaules, et, prenant une large coupe, offrait des libations aux dieux. Mais lorsqu'il recommençait, et que les chefs des Phéaciens l'engageaient à reprendre ces chants et ces récits dont ils étaient charmés, Ulysse se couvrait de nouveau la tête et sanglotait. De tous les convives, nul ne vit couler ses larmes; Alcinoûs seul s'en aperçut, car il était assis auprès de lui, et il entendait ses profonds soupirs. Aussitôt il dit aux Phéaciens amis de la rame : c Écoutez, chefs et conducteurs des Phéaciens ; déjà nos cœurs sont rassasiés du festin et de la lyre, compagne des banquets délicieux ; sortons maintenant, essayons-nous à toutes sortes de jeux, afin que l'étranger, de retour dans sa patrie, puisse dire à ses amis combien nous l'emportons sur tous les autres hommes dans les exercices du pugilat, de la lutte, du saut et de la course. »

Il dit et s'avance le premier; tous les autres le suivent. Le héraut il retirait de sa tête le manteau et ayant pris une coupe double il faisait-des-libations aux dieux.

Mais lorsqu'il commençait de nouveau, et que les meilleurs (premiers) des Phéaciens l'excitaient à chanter, car ils étaient charmés de ses vers, de nouveau ayant voilé sa tête Ulysse gémissait.

Là versant des larmes [les autres, il échappait à (n'était pas vu de) tous et Alcinous seul remarqua et vit lui, étant assis près de lui; et il l'entendit gémissant pesamment (profondément).

Et aussitôt il dit aux Phéaciens aniis-de-la-rame : « Écoutez, conducteurs et chefs des Phéaciens ; déjà nous nous sommes rassasiés en notre cœur d'un festin égal et de la lyre, qui est compagne du festin exquis; mais maintenant sortons et essayons toutes les luttes, afin que l'étranger étant retourné dans sa demeure dise à ses amis [d'autres combien nous sommes-supérieurs à et au pugilat et à la lutte et aux sauts et aux pieds (à la course. ) » Ayant parlé donc ainsi il marcha-en-tête; et ceux-ci suivirent ensemble.

suspend à la cheville la lyre harmonieuse, prend Démodocus par la main, le mène hors du palais, et le conduit par la même route qu'avaient prise les plus illustres des Phéaciens pour admirer les jeux. Ils se rendirent à l'assemblée, suivis d'une multitude innombrable, et une foule de jeunes garçons pleins de valeur se présentèrent. Ceux qui se levèrent d'abord furent Acronée, Ocyale, Élatrée, Nautée, Prymnée, Anchiale, Ëretmée, Pontée, Prorée, Thoon, Anabésiuée, Amphiale, fils de Polynée issu de Tectonis, puis Euryale, pareil à l'homicide Mars, et Naubolide, le plus gracieux et le plus beau de tous les Phéaciens après l'irréprochable Laodamas ; enfin les trois fils du noble Alcinoüs, Laodamas, Halius et Clytonée semblable à un dieu. Ils Et le héraut suspendit à une cheviller la lyre harmonieuse, et prit la main de Démodocus et le fit-sortir du palais ; et il précédait celui-ci par le même chemin, par lequel étaient allés les autres, les meilleurs (premiers) des Phéaciens, [luttes.

devant admirer (pour admirer) les Et ils se-mirent-en-marche pour aller à la place publique, et une foule nombreuse suivit en-même-temps, d'innombrables spectateurs ; et des jeunes-gens et nombreux et braves se levaient.

Et Acronée se leva et Ocyale et Élalrée, et Naulée et Prymnée et Anchiale et Éretmée, et Pontée et Prorée, Thoon et Anabésinée, et Amphiale, fils de Polynée issu-de-Tectonis ; et Euryale aussi se mit debout, pareil à Mars fléau-des-mortels, et Naubolide, qui était le meilleur (le premier} et pour la forme (beauté) et pour le corps (la stature) de tous les Phéaciens après l'irréprochable Laodamas ; et les trois fils de l'irréprochable Alcinoiis se levèrent, et Laodamas et Halius et Clytonée égal-à-un-dieu; luttèrent d'abord à la course. Depuis la borne s'étendait une longue carrière ; ils s'élancèrent tous ensemble d'un vol rapide, soulevant la poussière à travers la plaine. L'irréprochable Clytonée était bien supérieur à tous les autres à la course : il devança ses rivaux et les laissa derrière lui de toute la longueur du sillon que trace dans un champ un attelage de mules. Ils s'essayèrent ensuite à la lutte terrible, et Euryale triompha des plus habiles. Amphiale fut vainqueur à l'exercice du saut; Êlatrée se montra le plus adroit à lancer le disque; Laodamas, le noble fils d'Aleinoüs, eut les honneurs du pugilat. Lorsqu'ils eurent égayé leur cœur par ces jeux, Laodamas, fils d'Alcinoüs, leur dit: « Allons, mes amis, demandons à l'étranger s'il est instruit dans quelqu'un de nos exercices; il n'a point une apparence méprisable, mais ses cuisses, ses jambes, ses mains et son cou robuste décèlent ceux-ci donc firent-épreuve d'abord avec les pieds.

Et la carrière s'étendait loin à eux depuis la borne ; et ceux-ci tous à-la-fois [plaine volaient rapidement à travers la soulevant-la-poussière.

Mais l'irréprochable Clytonée était beaucoup le meilleur de ceux-ci pour courir ; et aussi grand qu'est l'espace de deux-mules (labouré par deux dans un champ , [mules) autant il arriva devançant les autres citoyens, et ceux-ci restèrent-en-arrière.

Puis ils essayèrent la lutte pénible; et dans celle-ci à-son-tour Euryale vainquit tous les meilleurs (plus haEt Amphiale [biles).

fut le plus excellent de tous au saut; et à-son-tour Élatrée fut de beaucoup le meilleur de tous au disque ; et au pugilat Laodamas à-son-tour l'emporta, noble fils d'Alcinoùs.

Mais après que tous se furent réjouis en leur cœur par les luttes, Laodamas donc, fils d'Alcinoüs, dit parmi eux : « Çà , mes amis, demandons à l'étranger si et il sait et il a appris quelque lutte ; il n'est pas de-mauvaise-mine pour la taille du moins et pour les cuisses et les jambes une force puissante. 11 ne manque point de vigueur, mais il a été brisé par bien des souffrances; car j'ose dire qu'il n'y a rien de plus terrible que la mer pour abattre l'homme même le plus fort. »

Euryale lui répondit: « Laodamas, tu viens de parler avec sagesse; va donc toi-même inviter l'étranger et adresse-lui la parole. »

A peine le noble fils d'Alcinoüs a-t-il entendu ces mots, qu'il s'avance au milieu de l'assemblée et dit à Ulysse : « Allons, vénérable étranger, essaye-toi aussi dans nos luttes, s'il en est que tu connaisses, car tu parais instruit dans les jeux. JI n'est pas de plus grande gloire pour l'homme durant sa vie que les œuvres de ses pieds et de ses mains. Viens, essaye, et bannis la tristesse de ton cœur; ton et .les deux mains dans-la-partie-supérieure et le cott robusté et la grande vigueur; et il ne manque pas en quelque chose de vigueur-juvénile, mais a. été brisé par de nombreux maux.

Car moi-du-ifloins j'affirme [chose ne pas être (qu'il n'est pas) une autre plus funeste que la mer pour abattre aussi un homme, quand même il serait tout à fait fort. » v Et Euryale à-son-tour �

répondit à celui-ci et dit, « Laodamas, tu as dit cette parole tout à fait selon la convenance. Toi-même maintenant étantallé invite-le et dis-lui la parole. » Mais après que le noble fils d'Alcinoûs eut entendu ceci,.

il s'arrêta donc s'étant avancé au milieu et dit-à Ulysse : .- < Çà allons aussi toi, étranger mon père (vénérable), essaye les luttes, [qu'une ; si peut-être tu en as appris quelmais il est-vràisemblable toi connaître les luttes.

Car il n'est pas une plus grande gloire d'un (pour un) homme tant qu'il est (existe), que ce qu'il accomplira et par .ses pieds et par ses mains.

Mais allons, essaye, et dissipe lès chagrins de ton coeur ; et le voyage départ ne se fera plus longtemps attendre, mais déjà le vaisseau a été lancé à la mer et tes compagnons sont prêts. »

Le prudent Ulysse lui répondit : » Laodamas, pourquoi me railler en m'invitant à vos jeux ? Mon âme est plus occupée de ses chagrins que de plaisirs, car j'ai enduré jusqu'à ce jour bien des maux et des fatigues; et maintenant je suis assis dans votre assemblée, soupirant après le retour et implorant le roi et tout le peuple. » Euryale, l'outrageant en face, lui répondit : « En effet, étranger, tu ne ressembles guère à l'homme instruit dans les jeux variés qui exercent les mortels, mais à l'homme assis sur les bancs d'un navire, à un chef de nautonniers occupés de négoce, qui tient note de la cargaison et veille sur la marchandise et sur le gain dû à la rapine ; non, tu n'as pft l'air d'un athlète. »

Le prudent Ulysse le regarda avec colère et lui dit : « Étranger, ne sera plus éloigné pour toi longmais déjà et un vaisseau [temps, a été tiré à la mer pour toi, et des compagnons sont prêts. »

Et l'ingénieux Ulysse répondant dit-à celui-ci : « Laodamas, [choses pourquoi engagez-vous moi à ces me raillant?

les chagrins sont à moi dans l'esprit encore plus que les luttes, à moi qui auparavant ai souffert des maux tout à fait nombreux et ai accompli-avec-fatigue des travaux nombreux ; et maintenant souhaitant le retour je suis assis dans votre assemblée suppliant et ie roi et tout le peuple. »

Et Euryale à-son-tour répondit à celui-ci et ^'outragea en face : « Étranger, [toi c'est qu'en effet je ne,compare pas à un homme instruit des luttes, telles qu'elles se sont nombreuses parmi les hommes; mais à cet homme, qui, [fréquente) en-même-temps fréquentant (qu'il un vaisseau

aux-nombreux-bancs-de-rameurs, chef de nautonniers, qui sont des commerçants, [gaison serait et gardant-mémoire de la caret surveillant des marchandises et des gains acquis-par-rapine; et tu ne ressembles pas à un athlète. D Et donc l'ingénieux Ulysse l'ayant regardé en dessous dit-à lui : ton langage est peu convenable; tu parais être dépourvu de sens.

C'est ainsi que les dieux n'accordent pas tous les dons à tous les mortels, beauté, sagesse, éloquence. L'un est de chétive apparence, mais un dieu embellit son visage par le charme de la parole; les yeux s'attachent sur lui avec plaisir ; il parle sans se troubler avec une douce modestie, et brille au milieu des assemblées; quand il s'avance à travers la ville, on le contemple comme un dieu. Un autre , pour la beauté, est semblable aux immortels; mais la grâce n'est pas répandue sur ses discours. Ta beauté est resplendissante, un dieu même n'y voudrait rien changer; mais ton esprit est grossier. Par tes paroles inconvenantes, tu as soulevé la colère dans ma poitrine; non, je ne suis point inhabile aux combats, comme tu le prétends, et je pense même avoir figuré aux premiers rangs, tant que j'ai pu être fier de ma jemnesse et de mon bras. Mais maintenant je suis acca-

Œ Étranger, tu n'as pas dit une belle parole; tu ressembles à un homme insensé.

Ainsi les dieux" ne donnent pas à tous les hommes les dons aimables, ni la beauté ni donc la sagesse ni l'éloquence.Car un autre homme est inférieur par la forme (la beauté), mais un dieu orne sa figure par les paroles (l'éloquence) ; et les autres regardent vers lui se réjouissant (avec plaisir) ; et celui-ci parle sans-trouble [miel, avec une modestie douce-commeet se distingue parmi les hommes assemblés; et ils regardent comme un dieu lui marchant par la ville.

Et un autre à-son-tour est semblable aux immortels en forme (beauté) ; mais la grâce n'est pas répandue-autour des paroles à (de) lui.

Ainsi une beauté très-brillanle est aussi à toi, et pas même un dieu ne la façonnerait autrement; mais tu es frivole d'esprit.

Tu as soulevé à moi le cœur dans ma poitrine chérie , ayant parlé non selon la convenance ; et je ne suis pas ignorant des luttes, comme tu le dis, mais je crois être (avoir été) parmi les premiers, tant que je me suis fié et à ma jeuet à mes mains. [nesse blé par le malheur et les souffrances; car j'ai enduré bien des peines en traversant les combats des guerriers et les flots courroucés. Cependant, bien que j'aie souffert tant de maux, je m'essayerai dans vos luttes ; car ton discours m'a mordu le cœur, tes paroles m'ont animé. »

Il dit, et, s'élançant sans quitter son manteau, il saisit un disque plus grand, plus épais et beaucoup plus pesant que ceux dont les Phéaciens s'étaient servi entre eux. Il le fait tourner et le lance de sa main robuste. La pierre gronde, et les Phéaciens aux longues rames, les illustres navigateurs se baissent d'effroi vers la terre , au moment où le disque part; il s'échappe vivement de la main d'Ulysse et vole au delà de toules les marques; Minerve, qui avait pris les traits d'un mortel, place un signe et s'écrie : « Étranger, un aveugle même reconnaîtrait ta marque en tâtonnant ; car elle n'est point perdue dans la fonle, mais se trouve bien au Mais maintenant je suis possédé par le malheur.et les douleurs; car j'ai enduré de nombreux maux, traversant et les guerres d'hommes et les flots terribles.

Mais même ainsi ayant souffert de nombreux maux j'essayerai les luttes ; car ion langage est mordant-le-cœur; et ayant parlé tu as excité moi. »

Il dit donc et s'étant élancé avec son manteau même il prit un disque plus grand et plus épais, [sant non pas un peu (beaucoup) plus peque celui avec lequel les Phéaciens lançaient-lé-disque les uns au milieu des autres.

Ayant fait-tourner donc celui-ci il le lança de sa main robuste ; et la pierre gronda ; et les Phéaciens aux-longues-rames, hommes illustres-navigateurs, s'accroupirent contre terre, par-suite-du jet de la pierre; et celle-ci vola-au-delà de toutes les marques, courant rapidement hors de la main d'Ulysse et Minerve, ressemblant à un homme par le corps, mit des marques; et elle prononça une parole et dit : « Même un aveugle distinguerait la marque à (de) toi,, étranger, en tâtant; car elle n'est pas mêlée à la foule des marques, mais est de beaucoup la première delà des autres. Sois tranquille pour ce combat ; aucun des Phéaciens ne pourra l'atteindrejui la dépasser. »

Elle dit, et le patient et divin Ulysse se réjouit, heureux de trouver dans l'assemblée un compagnon bienveillant. Alors il parla aux Phéaciens avec plus d'assurance : « Atteignez maintenant ce but, jeunes gens; bientôt, j'espère, je pourrai lancer un autre disque aussi loin, et même plus loin encore.

Que celui de vous qui se sent excité par son courage s'avance et s'essaye avec moi, puisque vous m'avez tant irrité, soit au pugilat, soit & la lutte, soit à la course; car je ne refuse aucune épreuve. De tous les Phéaciens je n'excepte que le seul Laodamas ; il est mon hôte, et qui voudrait combattre l'homme qui le reçoit en ami ? C'est un insensé et un homme de rien, celui qui, chez un peuple étranger, se pose dans les jeux comme le rival de son hôte : il anéantit lui-même toutes ses et toi aie-confiance pour cette lutte-ci du moins : aucun des Phéaciens n'arrivera à ce disque-ci ni ne lancera-au -delà. « Elle dit ainsi ; et le très-patient et divin Ulysse se réjouit, étant-content parce qu'il voyait dans l'assemblée un compagnon bienveillant.

Et alors plus légèrement (hardiment) il dit-au-milieu des Phéaciens : « Jeunes-gens, arrivez maintenant à ce disque ; mais bientôt plus tard je pense devoir en envoyer un autre ou aussi-loin ou encore plus loin.

Mais celui des auyes que son cœur et son esprit y invite, çà allons, qu'il essaye, [ment, puisque vous avez irrité moi forteou au pugilat ou à la lutte - ou même aux pieds (à la course), je ne refuse rien,

quique cesoilde tous les Phéaciens, excepté du moins Laodamas lui-même.

Car celui-ci est pour moi un hôte ; or qui voudrait combatrre [ment?

un homme qui ^'accueille-amicale^ cet homme du moins assurément est insensé et de-nulle-valeur, qui proposerait une rivalité de luttes à son hôte, chez un peuple étranger; ressources. Quant aux autres, je n'en refuse et n'en dédaigne aucun ; mais je veux essayer et me mesurer devant ce peuple. Certes, je ne suis point inhabile dans les luttes diverses où s'exercent les hommes.

Je sais manier comme il faut l'arc poli ; le premier je frapperais un homme en lançant une flèche dans la foule des ennemis, quand même de nombreux compagnons seraient à côté de moi l'arc à la main. Philoctète seul l'emportait sur moi avec son arc, chez le peuple troyen, quand nous autres Grecs nous lancions nos flèches; mais j'ose dire que je suis bien supérieur à tous les hommes qui mangent le blé de la terre. Je n'oserais le disputer aux mortels des aiciens âges, ni à Hercule, ni à Euryte d'OEchalie, qui luttaient avec l'arc contre les dieux eux-mêmes; aussi le grand Euryte mourut soudain et n'atteignit pas à la vieillesse dans son palais : Apolton irrité le car il mutile (détruit) tous les avantages de lui-même.

Mais je ne refuse ni ne dédaigne aucun toutefois des autres, mais je veux les connaître et les éprouver en face. [bile) Car je ne suis point mauvais (inliaen tous points (du tout) dans tous les combats qui sont parmi les hommes.

Je sais bien manier un arc bien-poli ; le premier j'aurais frappé un hominr, ayant lance-la-flèche dans une foule d'hommes ennemis, même si des compagnons tout à fait nombreux se tenaient auprès de moi et lançaient-des-flèches sur les hommes (ennemis.) Or Philoctèlc seul surpassait moi avec l'arc, chez le peuple des Troyens, lorsque nous autres Achéens nous lancions-des-flèches ; mais j'affirme moi être (que je suis) beaucoup supérieur aux autres, à tous les mortels qui sont maintenant sur la terre mangeant du pain. [le-dispulcr Mais je ne voudrai (prétendrai) pas aux hommes précédents (anciens), ni à Hercule, ni à Euryte d'-OEchalie, qui donc le-disputaient même aux immortels au-sujet-des arcs ; c'est-pourquoi donc aussi le grand Euryte mourut soudain, et n'arriva pas à la vieillesse tua, parce qu'il le provoquait au combat de l'arc. Je lance le javelot plus loin qu'un autre n'envoie sa flèche. A la course seule je crains que quelqu'un des Phéaciens ne me devance, car j'ai été cruellement dompté par de nombreuses vagues; je n'ai pas toujours été sur un navire avec une nourriture abondante, et mes membres sont épuisés. »

II dit, et tous gardèrent un profond silence; Alcinoüs seul lui répondit : s Étranger, ton langage ne nous déplaît point; tu veux faire voir la valeur qui est en toi, irrité. de ce que cet homme est venu t'injurier au milieu de l'assemblée; nul ici ne médira de ton courage, pour peu qu'il sache parler sensément et avec justice. Mais all«ns , écoule-moi à présent, aQn qu'un jour, quand tu seras à table dans dans son palais : car Apollon s'étant irrité le tua, parce qu'il provoquait lui à lancer-des-flèches.

Et je lance avec le javelot aussi loin que quelque autre ne lancerait pas avec la flèche.

Je crains pour les pieds seuls que quelqu'un des Phéaciens ne devance moi ; car j'ai été dompté trop indignement dans des flots nombreux ; -car des vivres L moi n'ont pas été continuels (toujours) à sur un vaisseau ; - c'est-pourquoi les membres .chdris ont été détendus (affaiblis) à moi. r, Il dit ainsi ; et ceux-ci donc tous furent en-se-taisant dans le silence; mais seul Alcinous répondant dit-à lui : « Étranger, puisque tu racontes parmi nous ces choses non désagréables, mais que tu veux montrer ta (la) valeur, qui accompagne toi (est en toi), irrité parce que cet homme se-tenant-auprès-de toi dans l'asa injurié toi, [semblée comme aucun mortel, qui saurait dans son esprit dire des choses convenables, ne blâmerait ta valeur, eh bien allons, [moi, maintenant comprends la parole de afin que aussi tu dises ton palais, auprès de ton épouse et de tes enfants, te ressouvenant de notre vertu, tu dises à un autre des héros quels soins Jupiter nous impose sans cesse depuis le temps de nos pères. Nous ne sommes habiles ni au pugilat ni à la lutte; mais nos pieds-sont agiles à la course, et nous excellons à conduire les vaisseaux; nous aimons sans nous en lasser les festins, la lyre, les danses, les parures nouvelles, les bains chauds et les douceurs de l'amour. Allons, vous qui êtes les meilleurs danseurs parmi les Phéaciens, commencez vos -jeux, afin que l'étranger, de retour dans sa demeure, dise à ses amis combien nous l'emportons sur les autres hommes dans la navigation, à la course, dans les danses et par le chant. Que l'un de vous s'empresse d'appeter à Démodocus la lyre harmonieuse qui se trouve sans doute dans ma demeure, »

à un autre des héros, lorsque dans ton palais tu prendras-Je-repas -auprès et de ton épouse et de tes enfants, te souvenant de notre valeur, quels travaux Jupiter impose aussi à nous continuellement depuis nos pères.

Car nous ne. sommes pas [bles combattants-au-pugilat irréprochani lutteurs irréprochables, mais nous courons rapidement avec nos pieds [vaisseaux; et nous sommes excellents par nos et toujours et le festin est agréable à nous et la cithare et les chœurs-de-danse, et les vêtements de-rechange et les bains chauds et les couches (plaisirs de l'amour).

Mais allons, danseurs des Phéaciens, vous tous qui êtes les meilleurs, prenez-vos-ébats, afin que l'étranger, étant retourné dans sa demeure, dise à ses amis [très combien nous l'emportons sur d'aupar la navigation et les pieds (la course) et la danse et le chant.

Et que quelqu'un étant allé sur-le-champ apporte à Démodocus la lyre harmonieuse, qui se trouve quelque-part - dans nos demeures. 11 Ainsi parla le divin Alciuoüs; un héraut s'élance et va chercher la lyre recourbée dans le palais du roi. Alors se lèvent neuf arbitres choisis parmi le peuple, qui "disposent tout pour les jeux; ils aplanissent le sol et élargissent l'arène magnifique. Le héraut revient, Il apporte à Démodocus la lyre Iiarmonieuse. Le chanteur s'avance au milieu de l'assemblée; autour de lui se tiennent de jeunesgarçons habiles à la danse ; ils frappent de leurs pieds l'arène divine ; Ulysse contemple leurs mouvements rapides, et son cœur est rempli d'admiration. Démodocus, s'accompagnant de sa lyre, commença un chant magnifique sur les amours de Mars et de Vénus à la belle couronne; il dit comment pour la première fois ils s'unirent en secret dans le palais de Vulcain. Mars avait fait de nombreux présents, et il souilla le lit et la couche du puissant Vulcain; mais bientôt le Soleil, qui les avait vus tous deux goûtant les plaisirs de l'amour, vint en instruire Alcinoiis semblable-à-un-dieu

dit ainsi ; et un héraut se leva, devant apporter de la demeure-du roi la lyre creuse. Et neuf présidents publics et.choisis se levèrent tous, lesquels dans les jeux [chose ; disposaient - comme-il- faut chaque et ils aplanirent le terrain-de-la-danse, et élargirent la belle arène.

Et le héraut vint auprès (s'approcha), apportant -à Démodocus la lyre harmonieuse ; et celui-là ensuite vint au milieu ; et de jeunes-garçons de-la-première-jeunesse, habiles à la danse, se tenaient autour ; et ils frappaient de leurs pieds le divin terrain-de-la-danse ; mais Ulysse [des pieds, contemplait les mouvements-rapides et admirait dans son cœurr Mais celui-ci (Démodocus) jouant-de-la-lyre

commença à chanter un beau chant sur l'amour de Mars et de Vénus à-la-belle-couronne : comment d'abord 1 ils s'unirent en-cachette dans les demeures de Yulcain 5 - et Mars donna de nombreux préet souilla le lit et la couche [sents, du roi Vulcain ;

mais aussitôt le Soleil, qui avait vu eux s'unissant par l'amour, ce dieu. Dès que Vulcain eut appris cette nouvelle douloureuse à son cœur, il courut à sa forge, roulant dans son âme de sombres pensées, mit sur le billot une large enclume, et forgea des liens indestructibles, indissolubles, que rien ne devait ébranler. Dès qu'il eut fabriqué le piège, irrité contre Mars, il se rendit dans la. chambre où se trouvait sa couche chérie, disposa les liens de toute part autour des pieds de son lit, et en laissa retomber d'autres en grand nombre des lambris ; ils étaient minces comme les fils de l'araignée, et l'œil même des dieux bienheureux n'aurait pu les découvrir, tant ils étaient arrangés avec art. Quand il eut dressé le piège tout autour de la couche, il feignit de se rendre à Lemnos, dans cette ville magnifique, la plus chère à son cœur entre les cités de la terre entière. Mars aux rênes d'or faisait bonne garde; dès qu'il eut vu l'industrieux vint à lui (Vulcain) comme messager.

Et donc dès que Vulcain

eut entendu le récit afiligean t-pour-son-cœur, il se-mit-en-marche donc pour aller à sa forge, [prit roulant-profondément dans son csde mauvais desseins; et il mit une grande enclume sur le billot, - - et frappa (forgea) des liens impossibles-à-rompre, impossibles-à-dénouer, afin qu'ils restassent là d'une-manière-stable.

Mais quand il eut fabriqué le piège, courroucé contre Mars, il se-mit-en-marche donc pour aller dans la chambre, où se trouvait à lui le lit ehéri; et il répandit donc des liens en cercle partout autour des pieds du lit; et de nombreux liens aussi étaient versés d'en haut du plafond, comme de minces fils-d'araignée, que nul ne pourrait même voir, pas même des dieux bienheureux; car ils avaient été fabriqués supérieurement trompeurs.

Mais après qu'il eut répandu tout le piège - autour du lit, il feignit d'allér à Lemnos, ville bien-bâtie, [chère qui est à lui de beaucoup la plus de toutes les terres.

Et Mars aux-rênes-d'or n'eut (ne fit) pas une garde-aveugle, Vulcain s'éloigner, il se dirigea vers le palais de l'illustre dieu, brûlant de recevoir les caresses de Cylhérée à la belle couronne. Elle revenait de visiter son père, le puissant fils de Saturne; elle était assise quand Mars entra dans sa demeure, lui prit la main et lui adressa ces mots : « Viens, ma bien-aimée, reposer près de moi sur cette couche; Vulcain n'èst plus en ces lieux, il est parti pour se rendre à Lemnos chez les Sintiens à la langue barbare. »

Il dit, et ce repos parut plein de charme à la déesse. Bientôt ils s'endormirent sur la couche ; autour d'eux se répandirent les liens forgés avec tant d'art par l'industrieux Vulcain; ils ne pouvaient ni se mouvoir, ni soulever leurs membres, et alors ils reconnureqt qu'il n'était pas possible d'échapper au piège, L'illustre boiteux s'approcha dès qu'il eut vu Vulcain l'illustre-artisan étant allé loin (s'étant éloigné), mais il se-mit-en-marche pour aller vers la demeure de Vulcain très-illustre, désirant l'amour de Cylhérée à-la-belle-couronne.

Et celle-ci arrivant récemment d'auprès de son père le très-puissant fils-de-Saturne s'asseyait donc ; [demeure, et celui-ci (Mars) vint au-dedans de la et s'attacha donc à la main à elle et prononça une parole et dit : « Çà, chérie, tournons-nous (allons) vers le lit nous étant couchés.

Car Vulcain n'est plus séjournant-dans-ce-pays, mais il est parti sans-doute déjà pour Lemnos vers les Sintiens au-langage-barbare. »

Il dit ainsi ; et il parut agréable à celle-ci de se coucher.

Et ceux-ci étant allés vers le lit s'endormirent; -

et les liens faits-avec-art de l'ingénieux Vulcain se répandirent autour d'eux; et il n'était pas possible de bouger ni de lever quelqu'un des membres.

Et alors donc ils reconnurent que des moyens-de-fuir n'étaient plus.

Et l'illustre boiteux vint auprès d'eux, d'eux, car il était revenu sur ses pas avant d'avoir atteint la terre de Lemnos. Le Soleil veillait pour lui et lui avait porté la nouvelle. Il revint donc dans son palais le cœur rongé de chagrin; il s'arrêta dans le vestibule, et une sauvage colère s'empara de lui; il fit entendre une voix terrible, et cria à tous les dieux : « Jupiter, mon père, et vous tous, dieux immortels et bienheureux, accourez, afin de voir des actions intolérables et dignes de vos risées.

Parce que je suis boiteux, la fille de Jupiter, Vénus, me méprise, et elle aime le farouche Mars, parce qu'il est beau et bien fait, tandis que moi je suis estropié. Cependant la cause en est à mes parents seuls, qui auraient dû ne pas me donner le jour. Voyez comme ils reposent tous les deux sur ma couche, rassasiés d'amour; pour moi, ce spectacle me remplit de douleur. Je crois cependant que malgré toute leur tendresse ils ne désireront plus dormir ainsi, même pour un moment; bientôt ils ne voudront plus goûter le repos, mais ce

étant revenu de nouveau, avant d'être arrivé à la terre de car le Soleil [Lemnos ; avait (faisait) le guet pour lui et lui dit le récit (la chose).

Et il se-mit-en-marche pour aller vers sa demeure , affligé en son cœur chéri ; et il se tint dans le vestibule, etune colère sauvage s'empara de lui; et il cria d'une-manière-terrible et fut entendu de tous les dieux : « Jupiter père et autres dieux bienheureux existant toujours, venez afin que vous voyiez des actions dignes-de-risée et non tolérables : comment Vénus fille de Jupiter déshonore toujours moi qui suis boiteux, et aime Mars pernicieux, parce que celui-ci est et beau et ayant-bon-pied, mais que moi je suis né infirme; or un autre n'en est pas cause à moi, mais mes deux parents en sont cause, lesquels ne devaient pas m'engenMais vous verrez [drer.

où ceux-ci dorment dans l'amour, étant allés vers ma couche-; et moi les voyant je suis affligé.

Je ne crois pas eux devoir aller-se-coucher encore ainsi pour-peu-de-temps même, quoique s'aimant fortement ; tous-deux bientôt ne voudront pas dormir ; mais le piège et le lien piège et ces liens .les retiendront, jusqu'à ce que le père de Vénus m'ait rendu tous les présents que je lui ai faits pour obtenir cette épouse impudique ; car sa fille est belle , màis ne connaît pas de frein. »

Il dit, et les dieux se rassemblèrent dans le palais aux fondements d'airain ; on vit arriver Neptune qui enveloppe la terre, et Mercure, le sage inventeur, et le puissant Apollon qui lance au loin les traits: Par pudeur, les déesses.restèrent dans leurs demeures. Les dieux, dispensateurs de tous les biens, se tenaient dans le vestibule, et un rire inextinguible s'éleva parmi les bienheureux immortels, lorsqu'ils virent les artifices de l'industrieux Vulcain. Chacun disait à son voisin : a Les mauvaises actions ne réussissent jamais; le lent atteint le rapide; ainsi Vulcain, qui est lent, a pris Mars, le plus rapide des dieux qui habitent l'Olympe ; le boiteux l'a emporté par ses artifices; Mars doit le pris de,l'adultère. 1 retiendra eux, jusqu'à ce que le père rendra (ait rendu) à moi tout à fait tous les présents-de-noce, que j'ai fournis à lui pour la jeune-fille impudente; parce que à lui était une fille belle, mais non maîtresse-de-ses-passions.» Il dit ainsi ; et les dieux se rassemblèrent vers la demeure aux-bases-d'airain ; Neptune qui embrasse-la-terre vint ; Mercure très-utile vint; et le roi Apollon qui-lance-au-loin-les-traitsvint.

Mais les déesses femelles restèrent par pudeur chacune dans sa demeure.

Et les dieux, dispensateurs de biens, se tinrent dans le vestibule ; et donc un rire inextinguible s'éleva-parmi les dieux bienheureux, contemplant les artifices de l'ingénieux Vulcain.

Et chacun ayant vu disait ainsi à un autre son voisin : « Les mauvaises actions ne réussissent pas ; mais assurément le lent trouve (atteint) le rapide; comme aussi maintenant Vulcain qui est lent a pris Mars, - [dieux qui est cependant le plus rapide des qui ont (habilent) l'Olympe, Vulcain qui est boiteux, le prenant par ses artifices;

c'est-pourquoi aussi il doit l'amende-de-l'adultère-flagrant. » C'est ainsi qu'ils parlaient entre eux ; mais le puissant Apollon, fils de Jupiter, dit à Mercure : « Mercure, fils de Jupiter, messager des dieux, dispensateur des biens, voudrais-tu, pressé dans ces liens solides, dormir sur cette couche auprès de la blonde Vénus ? »

Le messager des dieux, le meurtrier d'Argus, lui répondit: « Je le voudrais, puissant Apollon qui lances au loin les traits. Quand je serais enveloppé de liens trois fois aussi nombreux, quand tous les - dieux et toutes les déesses devraient en être témoins, je consentirais à reposer près de la blonde Vénus. »

Il dit, et un rire s'éleva parmi les dieux immortels. Mais Neptune ne riait point; il ne cessait de supplier l'industrieux Vulcain de délivrer Mars, et il lui adressait ces paroles ailées : « Délivre-le; je te promets qu'il payera ce qui est juste, comme tu l'ordonnes, en présence des dieux immortels. D L'illustre boiteux lui répondit : « Ne me presse point ainsi, Nep- Ainsi ceux-ci [autres.

disaient de telles choses les uns aux Mais le roi Apollon, fils de Jupiter, dit-à Mercure : « Mercure, fils de Jupiter, messager, dispensateur de biens, est-ce que donc tu voudrais étant pressé dans des liens puissants dormir dans le lit auprès de Vénus d'-or (blonde)? »

Et-ensuite le messager meurtrier-d'Argus répondit à celui-ci : « Si seulement en effet ceci arrivait, roi Apollon qui-lances-au-loin !

Que des liens immenses trois-fois aussi-grands tinssent moi tout-autour, et que vous dieux et toutes les déesses vous me vissiez ; mais que moi je dormisse près de Vénus d'-or (blonde). » Il dit ainsi ; et un rire s'éleva parmi les dieux immortels.

Mais le rire ne tenait pas Neptune , mais il suppliait toujours Vulcain artisan-illustre, afin qu'il déliât Mars; et ayant parlé il dit-à lui ces paroles ailées : « Délie-le; et moi je promets à toi lui-même devoir payer, comme tu l'ordonnes,

toutes choses justes parmi les dieux immortels. »

Et l'illustre boiteux dit-à lui à-son-tour : - tune qui enveloppes la terre ; c'est une méchante caution que de répondre pour des méchants. Comment pourrai-je te contraindre parmi les dieux immortels, si Mars s'en va, échappant à la fois à sa dette et à ses liens ? »

Neptune qui ébranle la terre lui répondit : « Vulcain , si Mars s'enfuit et renie sa dette, c'est moi qui te payerai. »

L'illustre boiteux repartit: « Il n'est ni juste ni convenable de refuser ta parole. »

A ces mots, le robuste Vulcain les délivre de leurs liens. Dès qu'ils furent affranchis de cette chaîne puissante, ils s'élancèrent aussitôt: Mars se rendit en Thrace; Vénus, amie des ris, courut à Cypre dans la ville dePaphos; là un bois et un autel parfumé lui sont consacrés; les Grâces la baignèrent, l'arrosèrent d'une huile divine réservée aux n N'engage pas moi à ces choses, Neptune qui-embrasses-la-terre ; aussi les cautions de misérables du moins sont assurément misérables pour servir-de-caution. - [toi Comment lierais-je (contraindrais-je) parmi les dieux immortels, * si Mars s'en allait, ayant évité la dette et le lien? »

Et Neptune qui-ébranle-la-terre dit-à lui à-son-tour : « Vulcain, si-toutefois en effet Mars ayant évité la dette s'en allait fuyant, moi-même je payerai à toi ces choses, Il Et l'illustre boiteuxrépondit à celui-ci ensuite : « Il n'est pas possible et il ne convient pas de refuser ta parole. »

Ayant dit ainsi la vigueur de Vulcain les relâcha des liens.

Et après que ceux-ci eurent été délivrés du lien, quoique étant puissant (solide), s'étant élancés aussitôt, l'un alla en Thrace ,- et donc Vénus qui-aime-les-ris se rendit à Cypre, dans Paphos, et là sont à elle un bois-sacré et un autel parfumé ; et là les Grâces baignèrent elle et Joignirent d'une huile divine telle que les huiles qui courent-sur (parfument) les dieux qui existent toujours ; dieux immortels, puis elles la couvrirent de vêtements délicieux et admirables à voir.

Ainsi chantait l'illustre Démodoclls; Ulysse et les Phéaciens aux longues rames, célèbres navigateurs, l'écoutaient avec ravissement.

Alcinoüs invita Halius et Laodamas à danser seuls, puisque nul ne pouvait rivaliser avec eux. Ils prirent en main un beau ballon de pourpre , que l'adroit Polybe avait fait pour eux : l'un, courbé en arrière, le lançait vers les sombres nuées; l'autre, bondissant en l'air, le recevait sans peine avant de toucher le sol de ses pieds.

Quand ils se furent exercés à envoyer le ballon vers le ciel, ils dansèrent sur la terre féconde en faisant mille tours variés; les autres jeunes garçons, qui se tenaient parmi les spectateurs, applaudissaient, et un grand bruit s'élevait dans l'assemblée. Alors le divin Ulysse dit à Alcinous : It Puissant Alcinoüs, le plus illustre entre ces peuples, tu m'avais et elles la-revêtirent de vêtements agréables, ûhose-meryeilleuse à voir.

Donc le chanteur très-illustre chantait ces aventures; mais Ulysse les entendant était réjoui dans son esprit et aussi les autres Phéaciens aux-longues-rames, hommes illustres-navigateurs.

Mais Alcinoiis ordonna Halius et Laodamas danser isolément (seuls), puisque nul ne le-disputait à eux.

Et après que donc ceux-ci eurent pris dans leurs mains un beau ballon, de-pourpre, que l'ingénieux Polyhe avait fait à eux, l'un jetait ce ballon.

vers les nuées ombreuses, s'étant courbé en arrière ; [terre et l'autre s'étant élevé en haut de le recevait facilement, avant d'être arrivé au sol avec ses pieds.

Mais après qu'ils curent essayé avec le ballon lancé en iigne droite, ils dansèrent donc ensuite sur la terre très-nourricière, alternant fréquemment ; et les autres jeunes-garçons applaudissaient, se tenant dans l'arène, et un grand bruit s'élevait.

Et alors donc le divin Ulysse dit-à Aleinoiïs :« Puissant Alcinoiis, distingué entre tous ces peuples, et tu avais menacé (promis) annoncé d'excellents danseurs , et ta promesse est accomplie; en les regardant je suis pénétré d'admiration. » Il dit; le divin Alcinous se réjouit, et s'adressant aussitôt aux Phéaciens amis de la rame : « Écoutez, dit-il, conducteurs et chefs des Phéaciens ; cet étranger me paraît être un homme plein de sens. Allons, offrons-lui, comme il convient, un présent hospitalier. Douze rois illustres commandent à ce peuple, et moi-même je suis le treizième; que chacun d'eux apporte une robe éclatante de blancheur, une tunique et un talent d'or précieux ; réunissons sans tarder ces présents, afin que l'étranger, les tenant dans ses mains, vienne s'asseoir au festin d'un cœur joyeux.

Qu'Euryale lui-même l'apaise par des paroles et par un présent, puisqu'il lui a fait entendre un langage peu convenable. »

Il dit ; tous l'approuvèrent et donnèrent des ordres; chacun d'eux tes danseurs être excellents, et donc ces promesses ont été faites accomplies; l'admiration tient moi regardant. »

Il dit ainsi ; et la sainte vigueur d'Alcinoiis se réjouit; et aussitôt il dit aux Phéaciens àmis-de-]a-ramc : « Écoutez, conducteurs et chefs des Phéaciens : l'étranger paraît à moi fortement être sensé.

Mais allons donnons-lui un présent-d'liospitalité, comme il est convenable.

Car douze rois très-illustres commandent comme chefs dans le peuple, et moi-même je suis le treizième : chacun de ceux-ci apportez-lui un manteau bien-lavé et une tunique et un talent d'or précieux ; et aussitôt réunis (Lous ensemble) apportons tous ces présents, afin que l'étranger les ayant dans ses mains aille vers le repas se réjouissant dans son cœur.

Et qu'Euryale lui-même, apaise lui (l'étranger) par des paroles et par un présent, [pas parlé) puisqu'il n'a pas dit la parole (n'a selon la convenance. »

Il dit ainsi-

et ceux-ci donc tous approuvèrent et donnèrent-des-ordres : et ils envoyèrent donc • envoya un héraut pour apporter les présents. Euryale, de son côté, répondit au roi : « Puissant Alcinoûs, le plus illustre entre ces peuples, j'apaiserai l'étranger, comme tu m'y invites; je lui donnerai une épée toute d'airain, dont la poignée est d'argent, et qu'enferme un fourreau d'ivoire nouvellement travaillé; ce présent aura du prix à ses yeux. »

En disant ces mots, il dépose dans les mains d'Ulysse l'épée aux clous d'argent, et lui adresse ces paroles ailées : « Réjouis-toi, vénérable étranger; si j'ai prononcé quelque parole offensante, que les vents se hâtent de l'emporter. Puissent les dieux te donner de revoir ton épouse et de rentrer dans ta patrie, car voilà bien longtemps que tu souffres loin de tes amis. » Le sage Ulysse lui répondit : « Réjouis-toi aussi, mon ami, et que chacun un héraut pour apporter les présents.

Et Euryale à-son-tour répondit à celui-ci et dit : « Puissant Alcinoüs, distingué entre tous ces peuples, assurément moi j'apaiserai l'étranger, comme tu l'ordonnes; je donnerai à lui cette épée toute-d'airain, à laquelle est une poignée d'-argent, et un fourreau d'ivoire nouvellement-coupé a été tourné-tout-autour (renveet elle sera pour lui [loppe ; valant un grand prix. »

Ayant dit ainsi il mit dans les mains d'Ulysse l'épée à-clous-d'argent, et ayant parlé il dit-à lui ces paroles ailées : CI Réjouis-toi, ô étranger mon père ; et si quelque parole pénible a été prononcéé, eh bien que les vents l'ayant saisie emportent elle.

Mais que les dieux donnent à toi et de voir ton épouse

et d'arriver dans ta patrie, puisque depuis-longtemps tu souffres des maux loin de tes amis. ,,Et le très-ingénieux Ulysse répondant dit à lui : « Aussi toi, ami, réjouis-toi fortement, «t que les dieux domient à toi - des choses heureuses, les dieux te donnent le bonheur! Puisses-tu ne jamais regretter cette épée que tu me donnes en m'apaisant par tes paroles! »

Il dit, et suspendit à son épaule l'épée aux clous d'argent Le soleil se couchait, et les présents magnifiques étaient arrivés; les illustres hérauts les portèrent dans la demeure d'Alcinoûs ; les enfants de l'irréprochable Alcinoüs reçurent ces dons superbes et les déposèrent auprès de leur vénérable mère. Cependant le divin Alcinoûs précédait les convives, qui entrèrent dans le palais et prirent place sur des siéges élevés. Alors Alcinoûs dit à Arété : - Femme, apporte ici un coffre précieux, le plus beau de tous, et déposes-y une robe éclatante de blancheur et une tuniqae. Mettez sur le feu un vase d'airain et faites chauffer de l'eau, afin qu'après s'être baigné et avoir vu ranger avec ordre tous les présents que les nobles Phéaciens ont apportés ici, l'étranger se réjouisse de prendre et qu'en quelque chose le regret de cette épée du moins, que donc tu as donnée à moi, m'ayant apaisé par tes paroles, ne soit pas à toi dans-la-suite. »

Il dit donc, [épaules et mit autour de (suspendit à) ses l'épée à-clous-d'argent.

Et le soleil se coucha, et les présents magnifiques étaient-auprès-de lui ; et les hérauts illustres portèrent ces présents - dans la demeure d'Alcinoüs ; et donc les enfants de l'irréprochable Alcinoiis les ayant reçus [rable placèrent près de leur mère vénéles présents très-beaux.

Et la sainte vigueur d'Alcinous guidait ceux-là (les convives) ; et étant venus ils s'assirent sur des sièges élevés.

Et donc alors la vigueur d'Aleinoüs dit-à Arété : « Çà; femme, apporte un coffre très-brillant, celui qui est le meilleur (le plus et mets dedans lui [beau) ; un manteau bien-lavé et une tunique.

Et échauffez pour lui (l'étranger) de l'airain (un vase d'airain) par le feu, et faites-chauffer de l'eau, afin que et s'étant baigné et ayant vu bien posés (arrangés) tous les présents que les Phéaciens irréprochables ont apportés à lui ici, il soit charmé et par le repas part au repas et d'entendre un chant mélodieux. Pour moi, je lui donnerai cette belle coupe d'or, afin que, se souvenant de moi chaque jour, il fasse des libations dans son palais à Jupiter et aux autres dieux. »

Il dit; Arété commanda à ses servantes de mettre promptemcnt sur le feu un grand trépied. Elles placèrent sur la flamme ardente le trépied destiné pour le bain, y versèrent de l'eau et'apportèrent du bois qu'elles allumèrent au-dessous. La flamme enveloppait les flancs du trépied, et l'eau s'échauffait. Cependant Arété alla chercher dans son appartement un coffre de toute beauté, où elle déposa les riches présents , les étoffes et l'or que les Phéaciens avaient donnés à l'étranger; elle y mit aussi le manteau et la belle tunique, et adressa à Ulysse ces paroles ailées : « Examine toi-même le couvercle, et hâte-toi de le fermer avec un lien, afin qu'on ne te dérobe rien pendant la route , et en entendant la mélodie du chant.

Et je donnerai à lui cette coupe mienne très-belle, d'-or, afin que se souvenant de moi tous les jours il fasse-libation dans son palais et à Jupiter et aux autres dieux. »

Il di t ainsi ; et Arété dit à ses servantes de placer sur le feu un grand trépied le plus promptement que possible.

Et celles-ci placèrent sur le feu ardent [bain, un trépied pour-chauffer-l'eau-duet versèrent dedans de l'eau, et ayant pris du bois l'allumaient par-dessous.

Le feu entourait le ventre du trépied, et l'eau s'échauffait.

Et pendant-ce-temps donc Arété apporta de sa chambre pour l'étranger un coffre très-beau, et mit dedans les beaux présents, les étoffes et l'or, que les Phéaciens avaient donnés à lui; et elle mit dans lui (le coffre)un manteau et une belle tunique, et ayant parlé elle dit-à lui ces paroles ailées : « Toi-même maintenant vois le couvercle, et mets promptement un lien, de peur que quelqu'un ne trompe toi en route, quand tu dormiras d'un doux sommeil, voguant sur le noir vaisseau. »

Dès que le patient et divin Ulysse eut entendu ces mots, il ajusta le couvercle et s'empressa de le fermer avec un nœud compliqué que lui avait enseigné jadis l'ingénieuse Circé. Bientôt l'intendante vint l'inviter à entrer dans le bain, et il se réjouit dans son cœur en voyant une onde tiède, car ces soins ne lui avaient pas été prodigués depuis qu'il avait quitté la demeure de Calypso à la belle chevelure; mais, tant qu'il était resté auprès d'elle, il avait été soigné comme un dieu. Après que les servantes l'eurent baigné et parfumé d'essences, elles le revêtirent d'un beau manteau et d'une tunique, et le héros, sortant du bain, s'avança vers les convives. Nausicaa, qui avait reçu des dieux la beauté, se tenait debout auprès de la porte solide; quand tu dormiras de nouveau un doux sommeil, allant (faisant route) sur un vaisseau noir. » Mais après que le divin Ulysse très-patient eut entendu ceci, aussitôt il adapta le couvercle, et mit promptement un lien varié (compliqué), qu'avait enseigné à lui jadis Circé auguste par l'esprit (l'art).

Et aussitôt donc l'intendante invita lui à se baigner, étant entré dans une cuve ; et celui-ci donc vit agréablement de cœur un bain chaud, [rivait pas souvent) car il n'était-pas-fréquent (il ne lui arétant (d'être) soigné certes, depuis qu'il avait quitté la demeure de Calypso aux-beaux-cheveux ; mais pendant-ce-temps le soin du moins était continuel à lui comme à un dieu.

Mais après donc que les servantes eurent baigné lui et l'eurent oint d'huile, et eurent jeté autour de lui un beau manteau et une tunique, étant sorti donc de la cuve [vin; il alla vers les hommes buveurs-deet Nausicaa qui avait reçu la beauté des dieux se-tint-debout donc près du jambage de porte de l'appartement fait (construit) solidement ; elle contemplait Ulysse avec admiration, et lui adressa ces paroles ailées : « Je te salue, étranger; quand tu seras dans ta patrie, souvienstoi de moi, car c'est à moi la première que tu as dû ton salut. »

Le prudent Ulysse lui répondit: «Nausicaa, fille du magnanime AJcinoüs, puisse l'époux de Junon, Jupiter à la foudre retentissante , m'accorder de rentrer dans mes foyers et de voir le jour du retour! Là, je t'adresserai des voeux chaque jour comme à une divinité ; car c'est toi qui m'as sauvé, jeune fille. »

Il dit, et alla s'asseoir sur un siège auprès du roi Alcinoûs. Déjà les serviteurs distribuaient les parts et mélangeaient le vin. Un héraut s'avança r conduisant l'aimable chanteur, Démodocus, honoré des peuples; il le fit asseoir au milieu des convives et l'appuya contre une haute colonne. Alors le prudent Ulysse dit au héraut, après avoir et elle admirait Ulysse

le voyant devant ses yeux, et ayant parlé elle dit-à lui ces paroles ailées ; « Réjouis-toi (salut), étranger., afin que aussi un jour étant dans ta terre patrie tu te souviennes de moi, parce que tu dois à moi la première le prix-de-fa-vie-sauvée. » Et le très-ingénieux Ulysse répondant dit-à celle-ci : « Nausicaa,

fille du magnanime Alcinoüs, que Jupiter,

l'époux très-retentissant de Junon, établisse maintenant ainsi, moi et arriver dans ma demeure et voir le jour du-retoun pour-quoi aussi là je ferais-des-vœux à toi comme à une déesse toujours tous lesjours; car tu as fait-vivre (sauvé) moi, jeune-fille. » Il dit donc, et alla-s'asseoir sur un siége auprès du roi Alcinous. [parts Mais ceux-ci déjà et distribuaient les et mélangeaient le vin.

Et un héraut vint auprès (s'avança) amenant le chanteur aimable, Démodocus, honoré des peuples ; 4t donc il fit-asseoir lui au milieu des convives, l'ayant appuyé contre une colonne haute.

Et alors le très-ingénieux Ulysse dit au héraut, coupé sur le dos d'un porc aux dents blanches, dont il restait encore la plus grande partie, une trànche revêtue d'une graisse abondante : c Prends, héraut, et porte cette viande à Démodocus, afin qu'il en mange ; je veux lui faire amitié malgré mon chagrin. Les chanteurs doivent obtenir honneur et respect de tous les hommes qui vivent sur cette terre; car c'est la Muse qui leur a enseigné les chants, et elle aime la race des chanteurs. »

Il dit; le héraut porte la viande et la dépose entre les mains du vénérable Démodocus, qui la reçoit et se réjouit en son cœur. Les convives étendirent la main vers les plats servis devant eux. Quand ls eurent apaisé la faim et la soif, le prudent Ulysse dit à Démodocus : « Démodocus, tu es de tous les hommes celui que j'honoreleplus ; tu as été instruit ou par la Muse, fille de Jupiter, ou par Apollon.

ayant coupé une partie du dos d'un porc aux dents-blanches, - et une partie plus considérable - était laissée (restait), — et une graisse florissante (abondante) était tout-autour : « Héraut, tiens donc, donne cette viande à Démodocus, afin qu'il mange, eL je saluerai lui, quoique étant affligé.

Car les chanteurs

sont obtenant-une-part d'honneur et de respect chez tous les hommes qui-sont-sur-la-terre, parce que donc la Muse a enseigné à eux les chants; et elle a aimé (aime) la race des chanteurs. » Il dit donc ainsi ; et le héraut portant la viande la mit dans les mains au héros Démodocus ; et celui-ci la reçut, et il se réjouissait en son cœur.

Et ceux-ci jetèrent les mains vers les mets préparés placés-devant eux. [désir Mais après qu'ils eurent banni le du boire et du manger, donc alors Ulysse plein-de-prudence dit-à Démodocus : « Démodocus, je vénère assurément toi supérieurement à tous les mortels ; ou la Muse, fille de Jupiter, a instruit toi, ou Apollon t'a instruit.

Car tu chantes Tu chantes admirablement le destin des Grecs, leurs exploits, leurs souffrances, leurs fatigues; il semble que tu y aies assisté toi-mêmeou que tu en aies entendu le récit. Mais allons, aborde un autre sujet, et chante-nous ce cheval de bois, ce piège trompeur, que construisit Épéus avec l'aide de Minerve, et que le divin Ulysse introduisit dans la citadelle, après l'avoir rempli de héros qui saccagèrent Ilion. Si tu nous redis avec vérité cette histoire, je proclamerai sur-le-champ devant tous les hommes qu'un dieu bienveillant t'a accordé pour le - chant un génie divin. »

Il dit, et Démodocus, inspiré par un dieu, commença son chaiit; il raconta d'abord comment une partie des Grecs s'était éloignée sur ses solides navires, après avoir mis le feu aux tentes, tandis que d'autres, autour du glorieux Ulysse, se trouvaient déjà sur la place publique, au milieu de Troie, cachés dans les flancs tlu cheval, que grandement selon la convenance le destin des Achéens, toutes les choses que les Acliéens et ont faites et ont souffertes et toutes celles qu'ils ont accompliescomme ou toi-même [avec-fatigue, y assistant peut-être ou l'ayant entendu d'un autre.

Mais allons déjà passe à un autre et chante l'arrangement [sujçt, du cheval de-bois, qu'Épéus fabriqua avec l'aide de Minerve, lequel piège le divin Ulysse mena (introduisit) un jour dans la citadelle, l'ayant rempli d'hommes, qui ravagèrent [lion.

Si donc [choses tu as raconté (racontes) à moi ces selon la convenance, aussitôt moi je déclarerai à tous les hommes qu'assurément un dieu bienveillant a accordé à toi un chant divin. »

Il dit ainsi ; et celui-ci mû (inspiré) par un dieu commença, et fit-voir (fit entendre) son chant, ayant pris de là, comment les Argiens, les uns s'éloignaient-en-voguant, étant montés [ches, sur leurs navires aux-bonnes-planayant jeté du feu dans les lentes ; et tes autres déjà autour d'Ulysse très-illustre étaient assis dans la place publique cachés par le cheval; [des Troyens, car les Troyens eux-mêmes les Troyens eux-mêmes avaient traîné dans la citadelle. Il était là, et les Troyens, assis autour de lui, poursuivaient une délibération confuse. Trois avis les partageaient, ou d'ouvrir avec le fer cruel les cavités du cheval, ou de le traîner jusqu'au sommet et de le précipiter sur des rochers, ou de le laisser debout comme une immense offrande destinée à apaiser les dieux. Le destin voulait que cette dernière résolution s'accomplît, car le sort d'Ilion était de périr quand ses murs auraient reçu l'énorme cheval de bois qui renfermait tous les chefs des Argiens, apportant aux Troyens }e carnage et la mort.

Il chantait encore comment les fils des Achéens, se précipitant hors du cheval et quittant ses flancs perfides, ravagèrent la cité. Il chantait les héros pillant de tous côtés la superbe Ilion, tandis qu'Ulysse, semblable à Mars, se dirigeait avec le divin Ménélas vers le palais avaient traîné lui (le cheval) dans la citadelle.

Ainsi celui-là était-debout ; mais ceux-ci disaient beaucoup-de paroles indécises, assis autour de lui ; et la décision plaisait à eux de-trois-façons, ou de fendre le bois creux avec l'airain (le fer) cruel, ou de le jeter en bas des rochers l'ayant traîné au sommet de la citadelle, ou de le laisser pour être une grande offrande capable-de-charmer (apaiser) les par lequel avis donc [dieux ; aussi ensuite les affaires devaient se terminer.

Car le destin était eux périr, après que la ville aurait enveloppé (reçu) le grand cheval de-bois, où tous les plus braves des Argiens étaient assis, apportant aux Troyens le meurtre et la mort.

Et il chantait comment les fils des Achéens saccagèrent la ville, se répandant-hors du cheval, ayant quitté l'embuscade creuse.

Et il chantait un guerrier d'un côté et un autre d'un-autre-côté piller la ville escarpée ; mais Ulysse, comme (semblable à) Mars, être allé vers les demeures de Déiphobe avec Ménélas égal-à-un-dieu.

de Déiphobe. Là Ulysse osait soutenir un combat terrible, mais il demeurait vainqueur, grâce à la magnanime Minerve.

Tels étaient les récits de l'illustre chanteur ; mais Ulysse s'affligeait, et les larmes qui coulaient de ses paupières mouillaient ses joues. De même qu'une femme pleure en embrassant son époux chéri, tombé devant la ville, sous les yeux des citoyens, pour écarter de sa patrie et de ses enfants un sort cruel; elle l'a vu mourant et palpitant, elle se jette sur son corps et pousse des cris perçants. Cependant les ennemis frappent de leur lance le dos et les épaules des citoyens, et leur apportent l'esclavage, la fatigue et la misère; pour elle, ses joues se flétrissent dans un sombre désespoir. Ainsi Ulysse laissait échapper de ses yeux de tristes larmes. Nul des convives ne vit couler ses pleurs; Alcinoûs seul s'en aperçut, car il était assis auprès de lui et il entendait ses profonds soupirs. Aussitôt il dit aux Phéaciens amis de la rame : H disait Ulysse là donc ayant osé un combat très-terrible avoir vaincu aussi ensuite, grâce-à la magnanime Minerve.

Le chanteur très-illustre chantait donc ces choses; mais Ulysse se consumait, et sous ses paupières une larme mouillait ses joues.

Et comme une femme s'étant jetée-sur le corps pleure un époux chéri, qui est tombé en avant de sa ville et de ses citoyens, écartant de la cité et de ses enfants le jour cruel (la mort) ; celle-ci ayant vu lui mourant et palpitant, [sur) lui s'étant répandue autour de (jetée gémit d'une-voix-perçante ; et ceux-ci (les ennemis) par derrière frappant de leurs piques [toyens), le dos et aussi les épaules (des cileur amènent l'esclavage pour avoir et fatigue et chagrin ; et les joues de celle-ci dépérissent par une douleur très-digne-de-pitié ; ainsi Ulysse versait sous ses sourcils une larme digne-de-pitié.

Là versant des larmes [les autres, il échappait à (n'était pas vu de) tous et Alcinous seul remarqua et vit lui, étant assis près de lui ; et il l'entendit gémissant pesamment (profondément).

Et aussitôt il-dit aux Phéaciens amis-de-la-rame :

« Écoutez, conducteurs et chefs des Phéaciens; que Démodocus fasse taire'sa lyre harmonieuse; car ses chants ne réjouissent pas tous les cœurs. Depuis que nous mangeons et que le divin chanteur s'est levé, l'étranger n'a pas encore cessé de gémir tristement ; sans doute la douleur a enveloppé son âme. Qu'il se taise donc , afin que tous, hôtes et étranger, nous goûtions également la joie; il vaut mieux qu'il en soit ainsi. Nous avons tout préparé pour le vénérable étranger, le départ et les présents que nous lui offrons d'un cœur ami. L'étranger, le suppliant, est un frère pour l'homme qui n'est pas entièrement dépourvu de sagesse. Quant à toi, n'use point de pensées trompeuses, ne me cache rien de ce que je vais te demander; il est plus convenable de tout me dire. Fais-moi connaître le nom que te donnaient là-bas ta mère, ton père et ceux qui habitent la ville et les champs de ta patrie. Nul parmi les hommes, qu'il soit de

« Écoutez, conducteurs et chefs des Phéaciens ; et que Démodocus désormais retienne la lyre harmonieuse ; car il chante ces événements en ne faisant-pas-plaisir à tous.

Depuis que et nous soupons et le chanteur divin a pris-son-essor, depuis ce moment l'étranger n'a pas encore cessé un gémissement lamentable; assurément sans-doute la douleur a enveloppé lui dans son esprit.

Mais allons, que celui-ci retienne sa lyre, afin que tous nous soyons réjouis également, hôtes et étranger ; [ainsi.

puisque cela est beaucoup plus beau Car ces choses ont été préparées pour l'étranger vénérable, la conduite et les présents amis que nous donnons à lui l'accueillant-amicalement..

Et l'étranger et le suppliant est à-la-place-de (comme) un frère pour l'homme qui touche (a part) à un esprit-sensé même petitement. [toi C'est-pourquoi maintenant non plus ne cache pas par des pensées rusées ce que j'aurai demandé à toi ; mais il est plus beau toi le dire (que tu le dises)..

Dis le nom, duquel et la mère et le père appelaient toi là-bas, et les autres, qui habitent dans ta ville et qui habitent-tout-autonr.

noble ou de vile race, n'est sans nom au moment de sa naissance j mais les parents en donnent toujours un à l'enfant qu'ils viennent de mettre au jour. Dis-moi aussi quel est ton pays, ton peuple, ta ville, afin que nos vaisseaux intelligents t'y conduisent. Les navires phéaciens.

n'ont point de pilotes ni de gouvernail comme les autres vaisseaux; mais ils connaissent les pensées et les désirs des hommes; ils connaissent encore les villes et les grasses campagnes de tous les mortels ; ils traversent rapidement le gouffre de la mer, enveloppés dans l'air et les nuages , et jamais ils ne craignent d'éprouver quelque dommage ou de périr. Cependant, jadis j'ai entendu dire à mon père Nausithoiis que Neptune est irrité contre nous, parce que, à l'abri du danger, nous servons de guides à tous les hommes. Il ajoutait que ce dieu ferait périr sur la sombre mer un de nos solides vaisseaux reve- Car aucun absolument des hommes

n'est sans-nom, ni vil ni noble, après que d'abord il est né; mais les parents imposent un nom à tous, après qu'ils les ont enfantés.

Mais dis-moi et ta terre et ton peuple et ta ville, afin que nos vaisseaux atteignant ce but par l'esprit conduisent toi là.

Car des pilotes ne sont pas aux Phéaciens, [nails, et en rien ne sont à eux les gouverque les autres vaisseaux ont ; mais ces vaisseaux eux-mêmes savent les pensées et les sentiments des hommes, et savent (connaissent) les villes et les grasses campagnes de tous les hommes, et ils traversent très-rapidement le gouffre de la mer, voilés par l'air et la nuée ; et jamais la crainte n'est à eux ni d'être endommagés en quelque ni de périr. [chose Mais moi un jour j'ai entendu ceci ainsi de mon père Nausithous l'ayanl dit, lequel disait Neptune être irrité contre nous, parce que nous sommes conducteurs exempts-de-dommage de tous les hommes. [jour Il disait Neptune devoir perdre un un vaisseau bien-travaillé des hommes Phéaciens nant d'un voyage , et qu'il couvrirait notre ville d'une immensemontagne. Ainsi parlait le vieillard ; que le dieu accomplisse ces paroles ou qu'elles demeurent sans effeL, selon qu'il plaira à son cœur. Mais allons, raconte-moi sincèrement où tu as erré, dans quelles contrées tu as abordé ; décris-moi les peuples et leurs villes florissantes : étaientils cruels, farouches, injustes, ou bien hospitaliers, et leur âme craignait-elle les dieux? Dis-moi pourquoi tu pleures et tu gémis au fond de ton cœur en écoutant les destins des Argiens fils de Danaiis et ceux d'Ilion. Ce sont les dieux qui les ont préparés, et qui ont décidé la perte de tant de héros, pour fournir une matière aux chants des hommes à venir. As-tu perdu devant Ilion quelque parent, un gendre ou un beau-père plein de courage? ce sont pour nous les plus chers des hommes après notre sang et notre propre race ; revenant d'une conduite [cure), sur la mer semblable-à-l'air (obset devoir recouvrir la ville à nous d'une grande montagne.

Ainsi parlait le vieillard ; mais que le dieu ou accomplisse ces événements, ou qu'ils soient non-accomplis, comme cela a été agréable au cœur à (de) lui.

Mais allons dis ceci à moi et raconte-moi sincèrement, et où tu as erré et dans quelles contrées d'hommes tu es allé ; raconte-moi et eux-mêmes et leurs villes bien habitées; ou (et) combien sont farouches et sauvages et non justes ; et ceux qui sont amis-des-étrangers, et si une âme craignant-les-dieux est à eux.

Et dis-moi sur quoi tu pleures et tu gémis au dedans en ton cœur, entendant le destin des Argiens, des descendants-deet d'Ilion. [Danaüs Mais les dieux ont préparé ce destin, et ont décrété la perte pour des hommes, afin qu'un chant soit aussi pour les mprtels futurs.

Est-ce que aussi quelque parent a péri à toi devant Ilion, étant un brave gendre ou un brave beau-père, parents qui sont le plus précieux, après et le sang et la race de nous-mêmes?

ou peut-être ou bien était-ce un brave et charmant compagnon? car il n'est pas moins qu'un frère, l'ami rempli de prudence. » aussi quelque homme compagnon sachant des choses agréables, brave ?

puisque celui qui étant compagnon sait des choses sensées n'est pas en quelque chose inférieur à un frère. » NOTES

SUR LE HUITIÈME CHANT DE L'ODYSSÉE.

Page 168 : 1. El; ~ayop^v iévai. L'infinitif est employé ici avec le même sens qu'un impératif, comme cela se présente si souvent dans Homère. Nous avons vu, chant VI, vers 258 : 'AXXà fJ.a.À' w8' Èpôuv, qui équivaut à iUÀèt fJ.(D! (M' ~iptat, chant V, vers 342.

- 2. ~KaTiyEuE "/teœaXri, wjjioiç, équivaut à itMÉXEUEV EtÇ xe<paXï|v, eïç WfJ.ouç.

— 3. ~Aù-ràp ènei, etc. Voy. chant II, vers 9.

— 4. ~KéxXvTe, etc. Ces deux vers se trouvent déjà au chant VII, 186, 187.

Page )70 : 1. 'EPVcrcrO¡J.EV, pour le subjonctif èpOffffoùjjiev.

Page 172 : 1. AÙTàp btEÍ, etc. Les vers 50-55 se trouvent déjà au IVe chant, 779-785.

Page 174 : 1. 'OyealjiCov Vàv ~cXfJ.EpcrE. Dugas Montbel : « Les scho.

liastes cherchent à expliquer ici pourquoi le poëte, après avoir dit que la muse aimait Démodocus, ajoute qu'elle le priva de la vue, et, selon leur coutume, ils répondent par une foule de subtilités. Quelques-uns ont pensé qu'Homère avait voulu se peindre lui-même dans Démodocus aveugle. Cette cécité d'Homère n'a, je crois, d'autre autorité que l'auteur de la vie anonyme de notre poëte; mais cette vie, comme tout ce qu'on a écrit sur Homère, est un tissu de fables auxquelles il n'est permis d'ajouter aucun crédit. <• — 2. Ot 8' in' ôveia8', etc. Pour ces deux vers, voyez chant I, 148 et 150.

Page 176 : 1. 'AvSpwv oïjxviç. Ces deux génitifs dépendent l'un de l'autre; Démodocus redit la gloire, les exploits des héros de ce chant, dont la renommée s'élevait alors jusqu'au ciel.

— 2. NCtxoç. ~'AXtÀ'ijoç. L'oracle avait répondu, dit-on, à Aga- memnon qu'il prendrait Troie quand la discorde se serait mise entre les premiers des Grecs. Après la mort d'Hector, pendant un festin, une querelle s'éleva entre Achille et Ulysse, l'un vantant la bra- voure, l'autre exaltant la prudence. Agamemnon se réjouit de cette dispute comme d'un présage qui lui annonçait sa prochaine victoire.

Page 180 : 1. ~AXpÓVEW;. Il faut remarquer que presque tous les noms des jeunes Phéaciens qui se présentent pour lutter dans les jeux rappellent l'art de la navigation, que ce peuple cultivait tout particulièrement : ainsi A cronée, celui qui est à la pointe d'un navire; Naubolide, celui qui lance un vaisseau; Anchiale, qui habite près de la mer, etc.

Page 182: 1. "Ocro-ov t' èv veietc. Ce passage présente une ellipse assez forte ; cependant on est assez généralement d'accord sur le sens.

Homère veut dire que Clytonée devance ses rivaux autant qu'un attelage de mules de labour devance uu attelage de bœufs. Le second terme de la comparaison n'est qu'indiqué par le poëte; mais on lit dans l'Iliade, chant X, vers 351 :

— 2. ~Tirex7tpo0éwv Xaouç. Mattbiæ, § 426, cite plusieurs exemples de verbes qui sont ainsi construits avec l'accusatif, bien que ce cas ne soit pas gouverné par les prépositions qui entrent dans leur composition, comme èiMrXeîv, è$éç>ys.aQa.i, ~èxëaivetv.

Page 184 : 1. "H6ï)ç ne désigne pas précisément la jeunesse, car Ulysse n'est plus jeune, mais cette vigueur juvénile qui se trouve encore chez certains vieillards.

— 2. Où gv yàp ~(jleïÇov. Pindare, Pythiques, X, 35 :

Page 186 : 1. ~Mvij(.Lwv. 11 n'est pas question ici d'un teneur de livres, puisqu'il paraît établi que du temps d'Homère on ignorait encore l'écriture, mais d'un homme qui était chargé de fixer dans sa mémoire tous les détails qui intéressaient les opérations commerciales des navigateurs. Cet homme, ordinairement le patron du vaisseau, était une espèce de registre vivant.

Page 188 : 1. CKStwç où ~TuxvTsaffi, etc. Claudien, sur le premier consulat de Stilicon, vers 25 :

Nunquam sincera bonorum Sors ulli coucessa viro. Quem vullns honorat, Dedecorant morcs.

Page 19D : 1. A0t<3 q¡cXPEt, avec son manteau même, sans se débarrasser de son manteau, comme faisaient d'ordinaire ceux qui s'apprêlaient à lancer le disque.

Page 200 : 1. ~'Ajjup' "Apeo; qpiXoTYiToc. On trouve le même récit dans Ovide, Métamorphoses, IV, 171-189, mais il est bien moins développé que dans Homère. Quelques critiques ont mis en doute l'authenticité de cet épisode; sans nier qu'il ne soit d'une très-haute antiquité, ils prétendent que c'est sans doute un fragment d'un hymne postérieur à Homère, transporté dans YOdyssde par quelque rhapsode. Leurs raisons tirées de quelques détails mythologiques qui n'étaient pas admis, disent-ils, du temps d'Homère, et de quelques formes grammaticales qui ne se retrouvent nulle part ailleurs ni dans Ylliade ni dans rOdyssée, ne sont pas parfaitement concluantes.

Knight fait une objection plus sérieuse, quand il fait remarquer que Démodocus n'avait pas été amené dans l'assemblée pour chanter, mais pour marquer la mesure aux danseurs en jouant de la lyre.

D'un autre cöté, Bothe, dont l'autorité est loin de manquer de poids, n'a pas le moindre doute sur l'authenticité de l'histoire des amours de Mars et de Vénus. Nous n'avons pas la prétention de décider.

— 2 Asxo; xal ~Eùvf)v est une redondance poélique. On lit de même dans Juvénal : Alienum leetum Concutere atque sacri Genium contemnere fulcri.

Page 204 : 1. ~Itv-cta?, les Sintiens; c'était le nom des habitants de l'ile de Lemnos.

Page 208 : 1. "EeSva. Ce mot s'entend ordinairement des présents que le fiancé faisait à sa future épouse; on voit qu'il est question ci de présents faits aux parents de la jeune fille pour obtenir sa main.

Page 212 : 1. 'E; ~lliXcpov. Virgile, Énéide, I, 419:

Ipsa Paphum sublimis abit, sedesque revisit Lacla suas, ubi templum illi centumque Sabaio Ture calent aræ, sertisque recentibus halant.

Page 218 : 1. ~TSXapavros. Les anciens connaissaient l'ivoire, mais les gldphants leur restèrent inconnus jusqu'à l'époque de l'expédition d'Alexandre Ie Grand dans l'Inde.

Page 222 : 1. 'AoiSvj? ~ü[J.vov. On pense que ce vers est altéré, et qu'il faudrait lire ~aoiSris 01[J.ov, ce qui est bien probable. C'est ainsi qu'on trouve dans l'hymne à Mercure, vers 450 :

Page 224 : 1. Dugas Montbel: « Souvent BEO'(.LÓÇ en grec a la signification de nceud, et le fameux nceud de Gordius, qu'Alexandre traneha d'un coup de son épée, est toujours nommé BEO'fJ.ÓC; par Plu- tarque. Comme on voit par ce passage, avant l'invention des serrures les anciens se servaient de liens noués avec art pour fermer les coffres qui contenaient des objets précieux; ce qui pourtant, comme l'observe Eustathe, était moins sûr qu'une clef. "Selon ce mfime auteur, et aussi selon le scholiaste ambrosien , ce furent les Lacédémoniens qui inventèrent les clefs. II est assez extraordinaire qu'une telle invention ait eu lieu chez un peuple où toutes les richesses étaient en commun. Quoi qu'il en soit, le nceud d'Ulysse dont il est fait mention ici était passé en proverbe pour exprimer une chose scellée avec soin. »

— 2. ~Ilapa CTTa0[i.ov Tsyeoi;. II n'élait pas permis à une jeune fille d'entrer dans l'appartement des hommes.

Page 228 : 1. Ol õ' etc' ~6ve £ <x0', etc. Nous avons déjà vu ces deux vers au IV" chant, vers 67 et 68, et ailleurs.

Page 232 : 1. ~Ar)I<p66oio. Après la mort de Paris, Hélène avalt épousé Déiphobe, qui était aussi fils dc Priam.

Page 234 : 1. wEve' ~aXXov; fJ.Év, etc. Voy. les vers 93-97.

Page 236 : 1. KELet, là-bas, c'est-à-dire dans ta patrie.

4iUX' &ye (Aoi, etc. Voy. chant I, vers 169.