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PRÉFACE



C
’est avec raison qu’après s’être longtemps livré uniquement à l’étude des langues, on a enfin abordé celle des divers parlers d’un même langage, des argots, des patois, du langage populaire, soit dans son vocabulaire, soit dans sa grammaire et sa stylistique, soit enfin dans son folk-lore. Cette discipline nouvelle, malgré ses immenses progrès, n’en est encore qu’à ses débuts, mais elle mérite d’être encouragée, car non seulement elle couronne les recherches de la linguistique, mais elle jette un coup d’œil profond sur la psychologie humaine la plus latente, celle de l’âme du peuple, non seulement dans ses traits essentiels et communs, mais avec toutes les modifications que les races, le sol, le milieu physique ou intellectuel lui ont fait subir. L’intérêt est plus grand encore lorsqu’il s’agit pour nous, non d’une simple province, mais d’une partie de la France, détachée de la mère patrie, à une époque déjà lointaine, par des circonstances fatales, mais que l’affection et un indestructible souvenir unissent encore à travers l’Atlantique : nous avons nommé le Canada.

Aussi l’ouvrage de M. Dionne, l’auteur estimé de plusieurs livres importants, dont l’un nous a déjà fourni l’excellente biographie très documentée de Samuel Champlain, le fondateur du Canada français, est-il bien venu et apparaît à son heure, en nous donnant un dictionnaire, aussi complet que possible, du parler populaire des Canadiens français, assez développé et illustré par de très nombreux exemples, pour intéresser, non seulement les Français du Canada, mais aussi leurs frères fidèles, les Français, savants ou non, de France ; car on ne retrouve pas seulement dans cette œuvre des éléments précieux pour la science du langage, mais aussi la remembrance de nos patois et de nos façons de concevoir et de dire, usités depuis longtemps en plusieurs de nos provinces, notamment dans la Bretagne et la Normandie, et au prononcé de certains de ces mots, nous sentons résonner en nous l’écho sympathique de ceux qui nous ont bercés nous-mêmes dans l’enfance, que nos paysans emploient toujours, et qui font qu’à travers les mers nous croyons retrouver le même clocher.

La méthode suivie par l’auteur est propre à nous éclairer ; car il ne se borne pas à une sèche nomenclature, mais il illustre presque tous les mots par des exemples, qui non seulement nous font comprendre, mais indiquent aussi la portée exacte et nous donnent la sensation de l’expression. Cela est nécessaire, surtout quand il s’agit d’un langage populaire, car souvent le mot n’y est pas employé d’une manière générale, mais seulement dans telle ou telle locution d’une façon indivisible, ou tout au moins, il ne possède que là une saveur complète. Puis, il en résulte un argument, la justification de ce que le mot est réellement usité, que toute création ou emploi subjectif est écarté, et que nous avons bien affaire au langage vivant et circulant.

Comme dans les parlers du même genre, le parler populaire canadien présente des caractéristiques qui ressortent de l’ouvrage publié, et dont nous allons esquisser les plus saillantes.

C’est d’abord et avant tout, le penchant du peuple à matérialiser, pour les rendre plus sensibles, les idées abstraites ou intellectuelles. Il le fait sans doute, et là est son défaut, parce qu’il s’élève difficilement ou ne peut se maintenir longtemps à certaines hauteurs de l’idée, auxquelles son éducation ne l’a pas préparé ; mais il le fait encore sous l’emprise d’un instinct tout autre : celui de sensibiliser ce qui est trop purement rationnel et cérébral, le cœur devant ainsi y trouver sa place, et non seulement le cœur lui-même, mais tout ce qui lui sert d’introducteur : l’ouïe, la vue surtout ; il ne suffit pas de désigner les objets, il faut les voir, les entendre, parfois les palper, mais surtout les voir. On sait que la langue française se compose de deux couches superposées, le fonds naturel, celui des mots d’origine populaire, formés spontanément, par usure d’abord, par nouvelle intégration ensuite, du latin, et celui des mots d’origine savante et artificielle, tirés à nouveau du latin par un emprunt postérieur volontaire. Le peuple ne comprend guère ces derniers, et comme il exprime ses idées sans leur secours, il faut qu’il se forme dans ce but un vocabulaire spécial. Il y parvient en employant des images, partout des images. Celles-ci doivent forcément être empruntées au monde matériel et visible. Elles ont un immense avantage, celui de donner au langage une naïveté, une fraîcheur qu’on chercherait vainement dans le parler plus élevé, et aussi une vivacité de couleurs, enfin une émotion constante et latente que le langage littéraire n’obtient par une autre voie que lorsqu’il monte à une très grande hauteur. Quelquefois, cependant, ces images peuvent trop descendre, et même simuler le dénigrement en abaissant les idées intellectuelles ; mais si cela se produit souvent dans nos argots, il est juste de dire que dans le canadien cela est beaucoup plus rare.

Les exemples de cette tendance que nous avons indiquée sont très nombreux. Ruse est un terme intellectuel, au lieu de dire les ruses, on dira donc les affûts, image empruntée à la chasse. Au lieu du mot commode, on emploiera une circonlocution cette fois, mais combien plus sensible et énergique : à main. Travailler beaucoup, c’est abattre de l’ouvrage. S’attacher fortement à quelqu’un, c’est s’achienneter. Subitement devient à coup, c’est-à-dire d’un seul coup. Loin, c’est à désamain, c’est-à-dire qui n’est plus à la portée de la main. Amadouer, chercher à concilier quelqu’un, c’est l’affiler, de même qu’on affile en promenant doucement sur la main, d’où cette expression : « pour le convaincre, il faut d’abord l’affiler ». Saisir, c’est agrafer ou agricher. Payer, c’est s’allonger, cela marque bien l’effort moral et parfois matériel que cause un paiement. Voici le mot amancher, tout matériel, il va signifier, avec le manche, bien des choses pour lesquelles nous avons des mots divers et abstraits : ajuster, arranger, habiller, même donner un coup, ou tromper. Adoucir a un sens moral, voici son image sensible et matérielle un peu abaissée : amollir. Battre, c’est aplatir ; cette fois on aperçoit l’homme battu dans la position que les coups lui ont donnée. Beaucoup était autrefois dans la langue latine une image ; maintenant cette image s’est plus affaiblie, le Canadien la ressuscite par à plein. De même, l’idée avec force se rend par d’aplomb. Au lieu de fournir les preuves, mots tous de raison, voici le mot amener ; amener les preuves, combien plus énergique, on les voit arriver. Injurier, c’est abîmer. Faire des propositions, c’est approcher. Se tirer d’embarras, c’est s’arracher. Le repos, c’est l’arrêt, matériel et visible : arrêtez de parler. Ce qui est simplement ennuyeux pour nous est assommant pour le peuple, on voit tomber alors sous le coup de l’ennui. Tout près, cela s’aperçoit sans doute déjà, mais à ras, cela se voit bien davantage, et c’est plus près encore, on rase l’objet. La dépense de travail, c’est une attelée, de même maîtriser quelqu’un, c’est l’atteler ; le voilà attaché comme un bœuf ou un cheval, on le voit ainsi, on ne le pense plus seulement. Une foule est une avalanche, on sent qu’elle se précipite de loin. Appuyer, c’est accoter. Même, lorsque le mot était déjà matériel, on l’abaisse encore pour avoir une image plus saisissante. S’accroupir devient s’accouver, tacher devient abîmer. C’est là sans doute, en tout pays, la source la plus abondante du parler populaire ; il en est de même au Canada, aussi insistons-nous sur ce point. L’idée intellectuelle se trouve partout immatérialisée, et si elle l’est déjà, elle descend encore. Dans tous les cas, c’est au moyen d’une image sensible que l’on s’exprime. Le glossaire de M. Dionne en fournit des exemples incessants. Citons encore les plus frappants. Crier fort, c’est beugler, de même que parler s’exprime par chanter. Une petite quantité, c’est un brin ; caduc signifie triste, et câiller c’est s’endormir ; en effet le sang alors se fige, pour ainsi dire, dans les veines. La bouche n’est plus qu’une boîte, le tableau qu’un cadre, et la montre qu’un cadran. Le bruit devient bien terrible, c’est un carnage. Un substantif, bœuf, se convertit en adjectif énergique, dans un effet bœuf. Outrager devient blasphémer, et être impatient, bouillir. La colère bleue est la plus terrible, plus, sans doute, que si elle n’était que rouge. Le diable apparaît bien plus réel, si on l’appelle bourreau. Conter des mensonges, c’est bourrer. Être insupportable devient visible par cette expression n’avoir pas de bout, de même que bête au bout, c’est être tout à fait bête. Quelquefois l’explication semble plus lointaine. Pourquoi une attaque de folie est-elle une branche de folie ? pourquoi fêter s’appelle-t-il brosser ? On comprend que s’approcher d’un objet qu’on cherche soit brûler, cela se dit aussi en France dans les petits jeux de salon. Le mobilier est bien un butin, surtout pour ceux qui ont économisé pour l’acheter pièce à pièce. Le casque signifie tête, toupet, l’image est bien naturelle. Le char semble très prétentieux, car le langage populaire n’élève pas ainsi les expressions, sans qu’il y ait ironie, cela s’applique à un wagon, à un train de chemin de fer, à un tramway. Au contraire, on abaisse lorsqu’on donne le nom de charretier au cocher, de charriement, à la course, de charrier, à aller trop vite, renvoyer, ou que la fenêtre devient un simple châssis, comme si elle avait perdu ses vitres. Le tapage est si fort qu’il devient un carillon, ce qui fait image pour les oreilles.

Certains mots prennent à la fois une foule de sens : caler, c’est enfoncer, devenir chauve, perdre de l’argent, tandis qu’en français, c’est céder, avoir peur.

Parfois c’est un sens étymologique qui se trouve restitué : casuel, c’est fragile, de même camper est jeter par terre. Chaud, c’est cher, c’est aussi un peu ivre. La double analogie est facile à saisir. Ce qui est trop cher brûle la main indigente qui veut y toucher. En passant ainsi du matériel à l’intellectuel, il s’opère souvent des déviations remarquables. Chétif a signifié d’abord en français captif, du latin captivus ; il a maintenant le sens de faible de corps ; en Canada, il passe au sens de méchant. De même, chavirer prend celui de devenir fou, car l’intelligence fait naufrage. Le circuit obtient le sens de pièce de terre qu’il ne possède pas en français. Comme interversion totale de la signification, citons : coquin, employé dans le sens de gentil, chouette dans celui d’amie : ma belle chouette. Le chien comparaît à son tour pour fournir des comparaisons vigoureuses, il devient l’adverbe beaucoup : un mal de chien, une faim de chien, bête en chien (très bête), avoir du chien dans le corps ; la pauvre bête ne se plaint pas d’être mise ainsi à contribution par l’argot. Le mot clair passe du physique au moral, lorsqu’il signifie libéré. Au plus tôt, c’est au plus coupant ; insinuer, c’est couler ; usé, c’est cotonné. Au lieu d’interdire sa porte, on la condamne. La jambe animée descend au rang de compas, simple instrument. La poitrine devient un simple coffre. La peau n’est rien de plus qu’une couenne. Claquer forme image pour rendre bien des idées diverses : courir, travailler vite, tromper, frapper ; en quantité, c’est à pleine clôture. Telle est la force de l’analogie et des images ; ce fut ici un puissant facteur.

Un autre mode de matérialisation très curieux consiste à employer des prépositions ou des conjonctions exprimant le lieu, pour remplacer des verbes de sens immatériel et provenant de la couche savante. En français on dit prévaloir, le patois canadien dira avoir le dessus ; il remplace excepté par la locution à part de ; celle-ci, en effet, tombe sous la vue. La proposition : l’enfant est à terre, devient l’enfant est à bas. Dans cet emploi, la préposition après est d’un grand usage ; au lieu de il me poursuit toujours, on dira : il est toujours après moi ; au lieu de escaladons le mur, montons après le mur. On dira encore : il est après travailler, il est après manger. L’adverbe arrière remplace le substantif retard, en vertu du même instinct : il a de l’arrière, au lieu de il a du retard. Parfois la particule n’est pas matérialisée, mais on la décompose en la rapprochant de sa signification primitive, on la retrempe, pour ainsi dire. Parce que signifiait bien par le motif que ; mais on en avait perdu l’analyse, en prononçant cette conjonction d’un trait ; le patois la redivise, inconsciemment sans doute, mais énergiquement, en disant à cause que, de même ; afin devient à seule fin, de même encore puisque devient d’abord que, d’abord que tu le veux. La préposition chez possède dans notre langue une certaine élégance, elle est moins naturelle, et le peuple dira aller au médecin, comme il dit à soir nous irons. La préposition de marque dans la langue une relation savante, celle du génitif, le patois la remplace par à, lequel a mieux conservé l’emploi local, il dira : le chapeau à Pierre.

Le besoin d’images a fait emprunter certains mots techniques de tel ou tel métier, notamment à la marine. Ne rien faire, c’est être à l’ancre ; le dommage de toutes sortes, c’est l’avarie ; on dit amarrer ses souliers, au lieu de les attacher ; s’habiller, c’est s’agréier ; les engins de pêche, les outils, l’attelage, enfin une personne désagréable, tout cela c’est des agrès.

Ce même instinct porte toujours à analyser les mots d’origine savante, à les morceler en plusieurs, ces derniers sensibles, et à se servir dans ce but de termes couramment employés. Nous en avons déjà des exemples en français dans les verbes aller, faire, etc., mais en patois ce sera plus fréquent. Nous disons, par exemple : il est vieux, il est très vieux ; pour tout cela le parler populaire canadien emploiera le mot âge, et dira il est en âge, il est à bout d’âge. Le mot cœur figurera à son tour. L’adjectif tout est trop abstrait. Au lieu de tout le jour, toute l’année, on dira à cœur de jour, à cœur d’année. Le mot air remplira à son tour un pareil rôle ; on dira être en air, pour être en verve ; avoir de l’air, pour se tromper ; perdre son air, pour perdre son aplomb. Le verbe faire entre dans les locutions suivantes, où il sert à résoudre et à disloquer un verbe unique abstrait. C’est ainsi que l’on dit faire son affaire, pour s’enrichir ; faire l’affaire à quelqu’un, pour le punir ; les affaires, pour les effets d’habillement. De même, le verbe aller : aller sur la soixantaine ; s’en aller, pour mourir ; se faire aller, pour se presser.

Au point de vue psychologique, les phénomènes que nous venons d’indiquer ont une grande importance. D’autres n’en possèdent pas une égale, mais ils ont cet effet de donner à un patois une sorte de goût de terroir, en variant soit les prépositions employées, soit les préfixes ou les suffixes qui dérivent des mots. L’oreille est un peu surprise d’abord et n’y sent qu’une faute ; mais ensuite elle découvre que le mot, dont le sens étymologique s’était émoussé, y trouve un nouveau ragoût. Citons seulement quelques exemples. Voici la préposition avec, usitée là où le français emploie par, de, dans, envers, de même, sans, et l’on dit : je vais partir avec les chars ; que faire avec cela ? je suis quitte avec lui ; il est resté coi, et moi avec ; partir avec pas le sou. Il en est de même des suffixes que le langage populaire substitue à ceux du langage commun et qui peuvent ne pas donner une expression plus vive, mais qui le modifient et le rajeunissent. C’est ainsi que l’on peut comparer abatis et abatages, abordage et abordade, accablement et accablation, acharnement et acharnation, admissible et admettable. De même, les préfixes sont substitués à d’autres, ou ajoutés, ou supprimés. On peut comparer dans ce sens : aconnaître, au lieu de connaître ; alentir, au lieu de ralentir ; amonter, au lieu de monter ; amorphose, au lieu de métamorphose ; avention, au lieu de invention. La nuance est indéfinissable, mais elle est certaine ; au lieu de mots prévus d’avance et indifférents, on a l’avantage de la surprise.

Mais un procédé qui doit fixer particulièrement notre attention, est un emploi de ce que Ronsard et du Belley appelaient le provignement et qu’ils essayaient de mettre en honneur.

On sait qu’en français, tous les verbes ne font pas souche d’adjectifs et de substantifs correspondants, ni à son tour, le substantif, de verbes ; sauf le cas des parasynthétiques assez nombreux, il faut, si l’on veut mettre dans la forme substantive un mot d’action, souvent recourir de nouveau à la source latine, qui donne un vocable éloigné du premier ; par exemple, le verbe boire ne produit pas boivable, ni même buvable, mais potable. Est-ce bien logique que des sens analogues emploient des mots tout à fait différents ? Lors de la Renaissance, on avait pensé que non, et qu’il valait mieux recourir au vieux fonds français et le faire provigner, comme l’on fait de la vigne, c’est-à-dire lui faire pousser des rejetons d’eux-mêmes. C’est ce que, sans système et par instinct, fait la langue populaire, notamment celle des Canadiens. C’est ainsi que d’accommoder, on fait accommodation ; de bande, s’abander (aller en bande), d’aller, allable (capable d’aller) et allant (bien disposé). Le mot annexe est savant, on créera plus simplement allonge. La coutume provigne le joli mot accoutumance. Se laisser surprendre par la nuit, longue et lourde périphrase, cède la place à ce mot pittoresque dans sa concision, s’annuiter. L’apparence devient l’apercevance. Pareil donne appareiller, dans le sens d’égaler et de comparer. L’idée sujet à appel, n’est plus périphrastique, on ne recule pas devant le mot appelable, pas plus que devant le mot arregardable, pour qui mérite d’être regardé. Le substantif argent donne l’adjectif argenté, dans le sens de riche ; c’est plus saisissant. Couvrir en ardoises, c’est ardoiser. Une grande quantité, c’est une battée. Un mot fort pittoresque, c’est l’adverbe chevalement, tiré de cheval, pour exprimer terriblement. Les exemples de ce procédé abondent, il est des plus heureux. Au verbe boire, en français, correspond le substantif ivrogne, la correspondance n’est pas tout à fait exacte. Grâce au procédé de provignement, le parler canadien est plus parfait, en créant buveron. Une autre expression très pittoresque, rentrant dans le même procédé, c’est celle de chatter pour aimer, dérivé de chat. À remarquer aussi chérant, dérivé de cher, et signifiant celui qui exige un prix trop élevé. L’aurore boréale est un clairon, dérivé de clair, et l’homme de cœur s’indique énergiquement par l’adjectif cœureux, que rien ne remplace chez nous, car courageux n’a pas la même signification exacte. Cabaner, de cabane, signifie habiller chaudement, et cornailler veut dire lutter comme le font les animaux à coups de cornes. On peut citer encore comme construits d’après le même plan : contenancer, pour appuyer ; consommages, pour déchets de viande ; comprenage, pour entente ; comprenouère, pour intelligence, et combien d’autres !

Noterons-nous qu’il existe bon nombre de mots archaïques qui ont disparu, ou presque, du français ? Non, car on le devine, les premiers colons du Canada les ont apportés de France, à une époque où il en existait encore des vestiges. On s’attend, en raison de la situation politique et de l’histoire, à rencontrer beaucoup d’anglicismes. Il y en a, en effet, et de fort reconnaissables, le texte les indique par une astérisque ; mais ils ont été à peine défigurés, ils ne sont pas fondus et gardent leur physionomie anglaise. L’auteur fait d’ailleurs observer avec raison que plusieurs d’entre eux ont eu une singulière odyssée. Ils étaient venus de France en Angleterre avec les Normands, de là ils furent importés en Amérique, puis prêtés par les Anglais d’outre-mer aux Canadiens ; on peut dire qu’ils ont fait retour, par exemple : bargain, marché ; bacon, lard. Mais tous ne sont pas dans ce cas. Il y a des mots bien saxons, ou ayant adopté un sens nouveau dans l’emploi anglais. On peut citer : aft, à l’arrière ; brain, le cerveau ; bar room, buvette ; average, la moyenne ; accomplissement, qualités ; apologie, excuse ; applicant, candidat ; appointement, rendez-vous ; appraiser, évaluer ; anticiper, prévoir ; bachelier, célibataire ; badloque, malechance ; acte, loi ; affecter, influencer, et beaucoup d’autres dont le glossaire donne une liste abondante, et dont le plus grand nombre a conservé la forme anglaise, notamment : beaver, castor ; bed, lit ; best, le meilleur ; better, parier ; black-hole (trou-noir), cachot ; brandy, cognac ; broker, courtier ; bun, brioche ; business, affaire ; cake, gâteau ; cash, argent comptant ; cheap, bon marché ; checker, enregistrer ; clairance, quittance ; clairer, débarrasser ; cleaner, nettoyer ; coat, habit.

Le point de vue phonétique offre à son tour ses particularités. Il faut remarquer la fréquence de la voyelle a, qu’on substitue presque normalement à l’e : a,  pour elle (a va aller), couvarte, vardir, avarse, airrhes, alan, alarte, amant, pour l’aimant, amelette, apothèque. Une des consonnes sur deux se supprime au milieu du mot abre pour arbre. Enfin, les consonnes modifiées : agurir pour ahurir, aiduille pour aiguille, amiquié pour amitié. Comme partout ailleurs à la campagne, le vocalisme est plus ouvert et le mot tend à s’abréger.

Telle est, dans son ensemble, la physionomie du parler populaire des Canadiens français, que nous présente M. Dionne dans son très intéressant ouvrage. Il faut ajouter à ces traits principaux ce fait général que parmi ces mots il en existe un grand nombre, soit qui ne servent plus dans la langue française actuelle, soit dont le sens a été détourné.

Dans la première catégorie on peut citer : achaler, pour importuner ; chouler, pour exciter les chiens ; catiché, pour efféminé ; copper, pour payer ; escousse, pour espace de temps ; esquinter, pour fatiguer. C’est là le fonds tout à fait propre et dialectal. Il est assez riche et, après le sémantiste, intéresse à son tour le linguiste. Quelques-uns de ces mots sont en usage sur le continent dans le parler populaire, d’autres sont tout à fait propres au Canadien. Nous ne pouvons nous empêcher de citer : baucher, courir vite, travailler vite ; bazir, disparaître ; de becco, de trop peu ; berlander, flâner ; bisquer, faire endêver, contrarier ; bretter, fureter ; bringue, fille nonchalante ; cabas, tapage ; cabochon, tête ; cani, moisi ; chalin, éclair de chaleur ; chaloir, se soucier (vieux français) ; charlander, ennuyer ; chiâler, pleurnicher ; chouenne, mensonge ; cotir, pourrir, dépérir ; couette, petite queue, touffe, etc.

Dans la seconde catégorie, voici chrétien, qui prend le sens d’homme (comparer le roumain crastians), ainsi que catholique dans le sens d’honnête ; chaud, pour ivre ; char, pour wagon ; caboche, pour bourgeon ; créature, pour femme ; espérer, pour attendre. Un mot a eu une singulière fortune : chenu, dérivé, croit-on, du latin canus, blanc ; il signifie en français excellent, fort, riche, et au contraire, en canadien, misérable.

On voit que l’étude du canadien-français apporte une contribution précieuse à celle des patois et des parlers populaires français. Il y a là une branche qui s’est détachée des autres et qui a ensuite évolué à part ; cependant on peut admirer la persistance chez elle des mots et des caractéristiques emportés de notre continent, et reconnaître encore à ce trait le Canadien fidèle à son origine.

Nous devons savoir gré à plus d’un titre au savant auteur de cet ouvrage d’avoir recueilli avec soin et un grand discernement, et d’avoir fixé désormais dans un véritable monument le vocabulaire du Canadien français.


Raoul de la Grasserie.



OUVRAGES MIS À PROFIT



Les ouvrages, dont suit la liste, sont les seuls que l’auteur de ce Lexique a consultés. Tous ne lui ont pas été profitables au même degré. Il va de soi que les glossaires canadiens préparés par Gingras, Manseau, l’abbé Caron, Dunn, Clapin et Rinfret, pour ne citer que les principaux, ont plus servi à l’auteur que les dictionnaires publiés en France. Le Bulletin du Parler-Français lui a été beaucoup plus utile que les glossaires de Borel, de Favre, de Moisy, de Jaubert et autres de provenance française, bien que ceux-ci aient été mis à contribution par l’auteur dans ses études comparatives.

Quoi qu’il en soit, l’auteur exprime toute sa reconnaissance aux auteurs de tous ces ouvrages de linguistique, quels qu’ils soient, et plus particulièrement à M. Clapin et aux lexicographes du Bulletin. Que ces messieurs, qui savent ce qu’il en coûte de labeurs pour mener un dictionnaire à bonne fin, ne soient pas trop sévères à son égard, et ne lui tiennent pas rigueur parce qu’il a puisé un peu largement dans leur fonds. Ils comprennent qu’il est bien difficile, sinon impossible, de faire un pareil ouvrage sans s’inspirer des devanciers. L’auteur, du reste, n’ambitionne rien de plus que d’apporter son humble contribution à l’œuvre si généreusement entreprise par la Société du Parler-Français, qui est d’épurer notre langage en le débarrassant des trop nombreuses scories qui le déparent ou le défigurent. Cette œuvre est possible, et elle se fera, sans aucun doute, pour peu que les hommes instruits la prennent à cœur, et donnent le bon exemple, en parlant correctement le français ; et ils le pourraient faire, s’ils voulaient s’en donner la peine.

On trouvera dans ce lexique un certain nombre de mots et d’expressions qui ont actuellement cours en France, tout aussi librement qu’en Canada. Ces mots sont généralement tirés du parler populaire et familier. On en retrouve quelques-uns dans Larousse, mais rarement dans le dictionnaire de l’Académie. Si l’auteur a tenu à les faire figurer dans son lexique, c’est dans le but de prouver que le langage du peuple canadien ne diffère que très peu du langage français.

Quant aux canadianismes et acadianismes proprement dits, on pourra facilement s’assurer qu’ils ont, pour la plupart, une origine française : normande, saintongeaise, angevine et percheronne. Ceci s’explique aisément, car n’oublions pas que nos ancêtres aussi, pour le plus grand nombre, sont originaires de la Normandie, de la Saintonge, de l’Anjou et du Perche. Donc, tel père, tel parler. Rien de plus naturel et de plus logique. Ce qui l’est moins, c’est l’intrusion des anglicismes et des mots anglais dans nos conversations. C’est à ceux-là que nous devons faire la guerre, une guerre à mort, sans trêve ni merci. Que nous adoptions quelques anglicismes, un tout petit nombre, parce que nous en avons absolument besoin, passe ! Mais soyons prudents, parce qu’il pourrait arriver un jour que notre langage populaire ne serait plus compréhensible, ni pour les Français ni pour les Anglais.

L’auteur manquerait gravement à son devoir s’il n’adressait pas ses plus sincères remerciements à M. Raoul de la Grasserie, qui a bienveillamment consenti à faire la préface de son Lexique. On verra, en la lisant, combien il a eu la main heureuse en s’adressant à l’éminent juge nantais. Qui, mieux que lui, même en France, eût pu débrouiller tous les mystères de notre parler, et en tirer des conclusions aussi nettes et aussi justes ? Tous les Canadiens français qui s’occupent de linguistique, sauront reconnaître et apprécier le mérite de son œuvre.




Borel. — Dictionnaire des termes du Vieux François ou Trésor des Recherches et Antiquités Gauloises et Françoises.
Buies. — Anglicismes et Canadianismes.
Bulletin du Parler-Français au Canada. De 1902 à 1908. [B. P. F.]
Caron. — Petit Vocabulaire à l’usage des Canadiens-Français.
Cassell. — New French-English and English-French Dictionary.
Clapin. — Dictionnaire Canadien-Français ou Lexique-Glossaire des mots, etc. [Cl.]
De Gaspé. — Mémoires.
De Gaspé. — Les Anciens Canadiens.
De la Grasserie. — Étude scientifique sur l’Argot et le Parler Populaire.
Dictionnaire des Barbarismes et des Solécismes les plus ordinaires en ce pays, avec le mot propre ou leur signification. Montréal, 1855.
Dionne (C.-E.).Les Oiseaux de la Province de Québec.
Dunn. — Glossaire Franco-Canadien et Vocabulaire de Locutions vicieuses usitées au Canada.
Édélestand et Duméril. — Dictionnaire du Patois Normand.
Faucher de Saint-Maurice. — Notes sur la Formation du Franco-Normand et de l’Anglo-Saxon.
Favre. — Glossaire du Poitou, de la Saintonge et de l’Aunis.
Favre. — Dictionnaire de la Prononciation Française.
Furetière. — Dictionnaire universel.
Gingras. — Manuel des expressions vicieuses les plus fréquentes.
Godefroy. — Lexique de l’Ancien Français.
Hatzfeld et Darmesteter. — Dictionnaire général de la Langue Française du commencement du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours.
Huguet. — Petit Glossaire des Classiques Français du XVIIe siècle.
Jaubert. — Glossaire du Centre de la France.
Joret. — Flore populaire de la Normandie.
Lacurne de Sainte-Pallaye. — Dictionnaire historique de l’Ancien Langage Français jusqu’à Louis XIV.
Larousse. — Grand Dictionnaire universel.
Larousse illustré. — Nouveau dictionnaire encyclopédique.
Lusignan. — Fautes à corriger.
Manseau. — Dictionnaire des Locutions vicieuses du Canada.
Martin. — Origine et explication de 200 Locutions et Proverbes.
Mélanges sur les langues, dialectes et patois. Paris, 1831.
Mémorial des Vicissitudes et des Progrès de la Langue Française en Canada.
Ménage. — Dictionnaire.
Moisy. — Dictionnaire du Patois Normand.
Moisy. — Dictionnaire comparatif anglo-normand.
Montpetit. — Les Poissons d’eau douce.
Provancher. — La Flore Canadienne.
Recueil des expressions vicieuses et des Anglicismes les plus fréquents.
Rinfret. — Dictionnaire de nos fautes contre la Langue Française.
Timmermans. — Dictionnaire étymologique. [Tim.]
Un Curé de Campagne. — Botanique médicale au presbytère.
Verrier et Onillon. — Glossaire Étymologique et Historique des Patois et des Parlers de l’Anjou.
LE PARLER POPULAIRE
DES CANADIENS-FRANÇAIS
A
A.
Elle. Ex. A va aller se promener chez ses parents.
Ce. Ex. À soir, nous irons au concert.
De. Ex. Voici le chapeau à Pierre.
E. Ex. Couvarte, vardir, alarte, avarse.
Chez. Ex. Aller au médecin, au prêtre.
Abajoue, n. f.
Bajoue, partie de la tête d’un animal qui s’étend depuis l’œil jusqu’à la mâchoire.
Abander, v. a.
— Réunir en groupe un certain nombre d’individus.
— Soulever une assemblée en l’ameutant contre soi.
Abander (s’), v. pron.
Se réunir en groupe, en bande. Ex. Ne t’abande pas avec ces mauvais garnements, c.-à-d., ne te mêle pas à eux, à leurs jeux.
Abandonner, v. a.
Cesser. Ex. J’ai abandonné de fumer.
À bas, loc.
À terre. Ex. L’enfant est à bas, il vient de tomber de sa chaise. Dans le vieux français on écrivait abas pour signifier en bas, ici-bas.

Abatages, n. m. pl.
Abatis, tête, cou, ailerons, pattes de volaille.
Abatteux d’ouvrage, loc.
Individu qui taille beaucoup de besogne en un temps donné. En Normandie on dit un homme d’abat, qui travaille vite et beaucoup.
Abattre, v. a.
Faire, exécuter. Ex. Voici un ouvrier qui abat beaucoup d’ouvrage dans une journée. Allusion à ceux qui abattent du bois.
À belle heure, loc. adv.
Tardivement, après l’heure voulue. Ex. Tu arrives à belle heure, toi ; pourquoi avoir tant retardé ?
Abîmer, v. a.
— Salir, tacher. Ex. Prenez garde d’abîmer mon habit. En Bretagne, abîmer comporte une signification identique.
— Injurier. Ex. Je me suis fait abîmer par ce gars-là.
Abîmer l’eau, faire eau. Ex. Ma chaloupe abîme l’eau.
Abîmer (s’), v. pron.
Se blesser. Ex. Il s’est abîmé les doigts en travaillant au jardin.
Able.
La plupart des terminaisons en able se prononcent comme si la lettre l n’existait pas. Ex. agréabe, aimabe, capabe.
Aboiteau, n. c.
Mot de provenance acadienne, qui signifie digue. Nous trouvons dans Littré, (vol. suppl.) « Aboteau, barrage, obstacle mis au cours de l’eau dans la Saintonge. Étymologie : a et bot qui signifie une digue, suivant le Glossaire aunisien. » La Saintonge, pays natal de Samuel Champlain, fondateur de Québec, a fourni à l’émigration française en Acadie un bon nombre de ses enfants. F. Godefroy, dans son Lexique de l’ancien français, cite le verbe aboiter qui signifiait tromper. Tromper la mer ou un fleuve au moyen d’une digue, ne serait pas après tout si mal ; de là, pourrait-on dire, un aboiteau. Le mot saintongeois est aboteau, petit batardeau fait pour retenir l’eau ; d’abotare de basse latinité. Du Cange lui donne un sens juridique : abotum, abotamentum.
À bonne heure, loc. adv.
De bonne heure. Ex. Viens donc aussi à bonne heure que tu pourras.
Abord, n. m.
— Grande réunion d’individus arrivant tous ensemble au même lieu.
— Moment, court espace de temps. Ex. Il commence à tonner, ce ne sera qu’un abord.
Abord (d’) que, loc.
Puisque : Ex. D’abord que tu le veux, je me rends.
Abordade, n. m.
Abordage.
Aborder, v. a.
— Approcher. Ex. Aborde ici que je te parle.
— Heurter par accident. Ex. Sa voiture a abordé la mienne au coin de la rue Couillard.
Abouler, v. n.
— Aboutir, finir. Ex. Aboule et finissons-en.
— Payer une dette. Ex. Je vais le presser tellement qu’il finira par abouler.
About, n. m.
— Extrémité d’un terrain confinant au terrain d’un autre, dans le sens de la longueur.
— Planche de labour à l’extrémité d’un champ.
Autrefois le mot habout signifiait fonds de terre abandonné à un créancier et désigné par ses tenants et aboutissants, dans la coutume de Lille.
Abouter, v. a.
— Joindre par le bout deux choses susceptibles d’être adaptées l’une à l’autre.
— Confiner. Ex. Ma terre aboute à celle de Mathieu.
— Faire un about.
— Disposer une planche de labour à l’extrémité d’un champ.
Aboutir, v. n.
— Finir. Ex. Aboutis donc, tu retardes mon ouvrage.
— Réussir. Ex. Cette affaire a abouti heureusement.
— Avoir le dessus, prévaloir. Ex. Son opinion n’aboutira pas plus aujourd’hui qu’autrefois.
À brasse-corps, loc. adv.
À bras-le-corps. Ex. Allons, les enfants, vous allez colleter, prenez-vous à brasse-corps.
Abre, âbre, n. m.
Arbre. Ce mot est d’origine normande : « Pour l’amour du buisson va la brebis à l’abre. » — Proverbe du XVe siècle, cité par Leroux de Lincy. (Prov. français, t. I, p. 97.)
Abrier, v. a.
— Abriter. Se dit surtout du fait de couvrir une personne couchée et qui veut se mettre à l’abri du froid ou de l’air. Dans le sens propre, abrier signifie se mettre à couvert sous un arbre. (Lac. de S. Pallaye.)
— Excuser. Ex. Ne cherche pas à l’abrier (ou l’abriller), il est certainement coupable.
Abrier (s’), v. pr.
S’envelopper, se couvrir, se mettre à l’abri.
Abriller, v. a.
V. Abrier.
Abriller (s’), v. pr.
V. S’abrier.
Abroué, n. m.
Abreuvoir, mare d’eau. Ex. Va mener le cheval à l’abroué.
* Abuser, v. a.
Injurier, dire des paroles dures. Ex. C’est un polisson qui m’a abusé. (Angl.)
* Abutment, (m. a.)
Culée, arc-boutant, but, borne, contre-fiche.
Acadien, enne, adj.
Nom donné à tout Français né dans les Provinces Maritimes, bien que l’ancienne Acadie ne comprît que la Nouvelle-Écosse actuelle. Il se rencontre encore un bon nombre de familles acadiennes dans la Province de Québec.
Acagnardi, part. pas.
Bourru et misanthrope.
Acagnardir (s’), v. pr.
Devenir paresseux, bourru, d’humeur acariâtre, misanthrope. L’Acad. dit s’acagnarder, se plaire dans la solitude.
À cause que, loc.
Parce que. Ex. Je suis allé me promener à cause qu’il faisait beau.
Accablation, n. f.
Accablement. Ex. Ces enfants sont insupportables, ils mettent tout à feu et à sang ; quelle accablation !
Accalmir (s’), v. pron.
Se calmer. Ex. Le temps commence à s’accalmir.
Accaparer (s’), v. a.
Accaparer. Ex. Il est défendu de s’accaparer le bien d’autrui.
Accent, n. m.
Action, ardeur, en parlant d’un cheval. Ex. Mon cheval a un bel accent.
Acceptance, n. f.
Acceptation.
Accommodation, n. f.
— Confort. Ce steamer manque d’accommodation.
Train d’accommodation, train spécial pour accommoder les voyageurs d’une région restreinte.
Billet d’accommodation, billet de complaisance, qui permet au voyageur de se promener gratuitement.
Accomparager, v. a.
Comparer.
* Accomplissements, n. m. pl. (Angl.)
Talents, qualités, connaissances en général.
Accord, n. m.
Réconciliation. Ex. Pourquoi vous chicaner, il faudra ensuite que vous fassiez l’accord.
Accordant, adj.
Conciliant, facile en affaires.
Accords, n. m. pl.
Accordailles, fiançailles.
Accoster, v. a.
S’approcher de quelqu’un pour lui parler. Ex. Quel ennuyeux, il accoste tout chacun sur la rue.
Accoter, v. n.
— Appuyer, soutenir. Ex. Cet homme jouit de hautes influences, il est bien accoté.
— Égaler. Ex. Cet individu a du talent, il est difficile à accoter.
Accoter une porte, la rendre stable au moyen d’un meuble, d’un morceau de bois, d’une pierre.
Accoter (s’), v. pr.
— S’appuyer sur un mur, un meuble, etc., de façon à se trouver à l’aise et à rester en place pendant un certain temps.
S’accoter l’estomac, bien manger.
Accotouer, n. c.
Dossier de chaise.
Accoupler, v. a.
Attacher, en parlant des wagons de chemins de fer.
Accoupleur, n. m.
Homme d’équipe.
Accoutumance, n. f.
— Habitude.
— Caprice, fantaisie. Ex. Ces enfants sont remplis d’accoutumances. Ce mot qui, d’après Vaugelas, était déjà vieilli au XVIIe siècle, est resté. Nous le trouvons dans Marot, La Fontaine, Montaigne, Amyot et La Rochefoucauld, de même que dans la dernière édition du Dictionnaire de l’Académie.
Accouver (s’), v. pron.
S’accroupir, comme la poule qui couve.
Accrapoutir, v. a.
— Écraser. Ex. Je vais t’accrapoutir comme une punaise.
— Accroupir. Ex. Regarde Pierre, il est tout accrapouti dans son banc.
Accreire, v. a.
— Accroire. Ex. Tu ne me feras pas accreire cela. Ce mot vient du roman. En berrichon, accreire ; en wallon, acreure ; en provençal, acreire.
S’en faire accreire, se donner de l’importance. Expression vieillie qui, d’après Hatzfeld, veut dire gagner du crédit, de l’autorité.
Accrochat, n. c.
Crochet ou patère qui sert à suspendre un chapeau, un habit, etc.
Accrocheter, v. a.
Accrocher.
Accrochoir, n. m.
Même sens qu’accrochat.
Accrochouer, n. m.
Accrochoir.
Accroupiller (s), v. pron.
S’accroupir. Ex. Accroupille-toi par terre.
Acculer, v. a.
Éculer. Ex. Ses souliers sont acculés.
Acculoire, n. f.
Avaloire, pièce du harnais qui, fixée au brancard, descend derrière les cuisses du cheval de timon, pour retenir la voiture dans une descente.
À celle fin que, loc.
Afin que. Ex. Je vais aller vous voir à celle fin que vous me rendiez mes livres.
Acertainer, v. a.
Certifier. Mot vieilli, et dont l’usage semble disparu ici.
Achalage, n. f.
Ennui, embarras.
Achalant, adj.
Fatigant. Ex. Il fait un temps achalant. — Un individu achalant.
Achaler, v. a.
— Blaguer, tromper. Ex. Cet homme s’est fait achaler dans cette affaire.
— Importuner. Ex. Va-t’en donc, tu m’achales.
— Exciter le feu. Ex. Cours donc achaler le poêle.
— Fatiguer, incommoder. Ex. Il fait un temps qui m’achale au point de me rendre malade.
Achalerie, n. f.
Ennui, fatigue.
Achargnement, n. m.
Acharnement.
Achargner, v. a.
Acharner.
Achargner (s’), v. pron.
S’acharner.
Acharnation, n. f.
Acharnement. Ex. Cet homme aime ses enfants, c’est une véritable acharnation qu’il a pour eux.
Acharnement, n. m.
Attachement. Ex. Ma mère avait beaucoup d’acharnement pour ses enfants.
Achesser, v. a.
Assécher. Ex. Mes habits sont mouillés, il faut les faire achesser au soleil.
Acheter, v. n.
Devenir père d’un enfant. Ex. Les cloches sonnent un baptême, sais-tu qui vient d’acheter ?
Achienneté, e, adj.
Expression acadienne pour marquer l’attachement ou mieux l’acharnement. Ex. Cet enfant est achienneté à sa mère.
Achiffe, n. f.
Affiche.
Achigan, n. m.
— Poisson que la science a rangé dans l’espèce des microptères Dolomiens. Ainsi appelé, parce qu’il est très commun dans la rivière Achigan.
Manger un achigan, ne pas faire de points au jeu de whist.
Achiquette, n. f.
— Se dit du bois que l’on corde sous forme d’échiquier, c.-à-d. en plusieurs carrés.
Plancher en achiquette, parquet posé par carrés.
À clair (tout), loc.
Distinctement. Ex. Je l’ai entendu tout à clair.
Acmoder, v. a.
Accommoder. Ex. Acmoder du poisson.
À cœur d’année, loc. adv.
Toute l’année. Ex. Il me faut endurer ce paresseux-là à cœur d’année.
À cœur de jour, loc. adv.
Toute la journée, du matin jusqu’au soir. Ex. Travailler à cœur de jour.
À cœur jeun, loc. adv.
À jeun. Ex. Le docteur me fait prendre ses bolus à cœur jeun.
À compte (en), loc. adv.
À compte. Ex. J’ai reçu dix piastres en à compte. On peut dire : J’ai reçu un acompte de dix piastres, ou dix piastres à compte.
Aconnaître, v. a.
Connaître. Ex. Pierre est revenu des États ; il a eu de la misère à se faire aconnaître.
Acouillau, acoyau, n. m.
Coyau, pièce de bois posée sur la base des chevrons et l’angle du mur, de manière à dépasser la saillie de l’entablement et à former l’avance de l’égoût du toit.
À coup, d’à coup, loc.
Subitement. Ex. Le vent s’est élevé d’à coup.
Acoustique, n. f.
Récepteur. Cylindre évasé qu’on appuie sur l’oreille pour téléphoner.
Acquéreuse, n. f.
Acquéreur. Ce féminin a été rejeté par l’Académie.
Acquêt, n. m.
Gain, profit, chance. Ex. Tu as autant d’acquêt de ne pas te mêler de cette affaire. Mot vieilli, mais français.
Acte, n. m.
Loi. Les Actes sont le journal où sont consignés des actes : les Actes du parlement anglais, les Actes des Apôtres. D’après le B. P. F., acte pour loi est très approprié.
* Acter, v. n.
Tenir un rôle de théâtre. Ex. Ce Monsieur acte à la perfection. (Angl.) Autrefois acter se disait pour dater les actes.
À désamain, loc.
Qui n’est pas à la main. Ex. J’irais bien me loger à Saint-Roch, mais c’est trop à désamain.
À dire le vrai, loc.
À vrai dire, pour parler franchement. Ex. À dire le vrai, c’est une grosse besogne que de faire un dictionnaire.
Admettable, adj.
Admissible.
Admission, n. f.
Aveu. Ex. Le prisonnier a fait l’admission de son crime.
Adon, n. m.
— Effet du hasard, de la chance. Ex. Quel adon ! Que je suis chanceux ! Adon voulait dire autrefois don, présent.
— Habileté, talent. Ex. C’est un homme qui a de l’adon pour faire de belles choses, des petits chefs-d’œuvre.
Adonner, v. a. et n.
— Être favorable. Ex. La marée adonne, allons à la pêche.
— Jouer une carte de même couleur. Ex. J’ai joué du cœur, adonne.
Adonner (s’), v. pron.
— Convenir. Ex. Cet individu t’adonne-t-il, toi ?
— Effet du hasard. Ex. Je m’adonnais à passer par chez vous, quand tu m’as appelé.
— S’accorder, marcher en harmonie. Ex. Ces deux cousins s’adonnent bien ensemble.
* Adresser, v. a.
Porter la parole devant une assemblée. (Angl.)
Adret, te, adj.
Adroit. Ex. Ce menuisier est adret, ce médecin est adret. S’entend non seulement de la dextérité du manœuvre, mais aussi du savoir et de l’intelligence.
Adroisse, n. f.
Adresse.
Affaire, n. f.
Faire son affaire, s’enrichir. Ex. Ce marchand fait son affaire.
Faire l’affaire à quelqu’un, le punir, le mettre à la raison. Ex. Si cet individu revient ici, je lui ferai son affaire.
Être d’affaire, être habile en affaires.
Avoir affaire à quelqu’un. Ex. Si tu ne me payes pas, tu auras affaire à moi.
Pas d’affaire, non, je ne veux pas.
Affaires, n. f. pl.
— Effets, lingerie. Ex. Déménage au plus tôt toutes tes affaires.
Faire ses affaires, aller à la garde-robe.
Affecté, e, adj.
Prétentieux, vaniteux.
* Affecter, v. a.
Influencer. Ex. Rien ne saurait affecter mon vote à la Chambre, ni promesses, ni menaces, etc. (Angl.)
Afficolant, adj.
Inutile, nuisible. (Expr. acadienne)
Afficots, affiquiots, n. m. pl.
Affiquet, ajustement de femme. Ex. Cette femme a mis tous ses afficots, c.-à-d. qu’elle affiche toutes ses parures, colliers, bracelets, épingles, etc.
Affidavid, n. m.
Affidavit, déclaration avec serment faite devant une autorité.
Affiler, v. a. et n.
— Tailler en pointe, aiguiser. Ex. Mon crayon est mal affilé.
— Amadouer. Ex. Pour le convaincre, il faut d’abord l’affiler.
— Se préparer. Ex. Affile-toi pour partir bientôt.
— Aligner, mettre à la file.
Affirmative (dans l’), loc. adv.
Affirmativement. Ex. Quelle réponse ferez-vous ? Je répondrai dans l’affirmative, cela vaudra beaucoup mieux.
Affligé, e, adj.
Malade. Ex. Une personne affligée des yeux, des oreilles.
Affrancher, v. a.
Hongrer, procédé qui vient de la Hongrie.
Affranchir, v. a.
— Châtrer, hongrer.
— Greffer.
— Civiliser les nations sauvages, les tirer de la barbarie.
Affranchisseur, n. m.
Châtreur de bestiaux.
Affronter, v. a.
— Tromper impudemment.
— Aborder de front, rencontrer face à face.
Affûtage, n. m.
Tir à l’affût.
Affûteur, n. m.
Tireur à l’affût.
Affûts, n. m. pl.
Ruses, dissimulation. Ex. Vos affûts me laissent absolument froid, je saurai m’y soustraire.
Afistoler, v. a.
Arranger, se parer, se mettre beau, rafistoler.
— Enjôler.
— Raccommoder.
— Remettre à neuf. Ex. Afistoler un vieil habit.
* Aft, (m. a.)
À l’arrière. (T. de marine.)
Agacer, v. a.
— Produire sur les dents une sensation désagréable provenant de la saveur aigre ou acide. Ex. L’alun agace les dents.
— Émousser une scie.
* Agate, (Angl.)
Parisienne ou sédanoise. 5½ points. (T. d’impr.)
Âge, n. f.
Âge, n. m. Ex. Nous sommes tous deux de la même âge.
Âge (à bout d’), loc.
Très vieux. Ex. Être rendu à bout d’âge.
Âge (être en), loc.
Avoir atteint la majorité, l’âge de vingt et un ans. Ex. Maintenant que tu es en âge, tu vas jeûner pendant le carême.
Âge (hors d’), loc.
Très vieux. Se dit surtout des animaux. Ex. Mon cheval blanc est hors d’âge, ménageons-le.
Agent, n. m.
Agent de station, chef de gare.
Agent de télégraphe, télégraphiste.
Agent des Terres de la Couronne, officier préposé à la vente des terres.
Agent des passagers, employé préposé au service des voyageurs.
Ageter, v. a.
Acheter.
Ageteur, euse, n. m. et adj.
Acheteur.
Agets, ajets, n. m. pl.
Les agets sont les douze jours qui commencent avec la Noël pour finir aux Rois ; la température de chacun d’eux sert de pronostic pour les douze mois de l’année qui va commencer. Ainsi Noël, c’est janvier, le 26 décembre, février, etc., etc.
M. Rivard signale, dans le B. P. F. (v. 2. p. 39-41), que le mot aget s’emploie différemment dans certaines parties de la province de Québec : présage, pronostic, dans la région de St-Hyacinthe ; êtres d’une maison, dans la région du Saguenay et dans le comté de Charlevoix ; comble de la mesure, dans le comté de Dorchester.
Aget veut dire habitude, manière d’être. On dit ajeu à Caen, et agi dans le patois de Provence.
Agever, v. a.
Achever. Ex. Cette femme est belle agevée.
Agir (en), loc.
En user. Ex. Il faudra que tu en agisses bien avec cet homme-là, c.-à-d. que tu t’en serves de manière à le satisfaire.
Agoïen, enne, n. m. et f.
Acadien. Ex. Ce doit être un Agoïen de Madawaska, il parle pas comme tout le monde.
Agoniser, v. a.
Accabler d’injures, agonir. Ex. C’est une mauvaise langue, il m’a agonisé de bêtises.
Agoucer, v. a.
Exciter, irriter. Ex. N’agouce pas le chien, il est malin. Agoucer paraît être une corruption d’agacer.
Agrafe, n. f.
Fermoir d’un livre, d’un porte-monnaie.
Agrafer, v. c.
— Saisir au passage et retenir. Ex. Cet importun m’a agrafé, c.-à-d., il m’a retenu en s’accrochant à mon bras.
— Orthographier. Ex. Un homme qui agrafe mal.
Agrains, n. m. pl.
Criblures, résidu de ce qui est passé au crible.
Agrayer, v. a.
Gréer, garnir un bâtiment, un mât, de voiles, poulies, cordages.
Agréient, n. m.
Ingrédient, ce qui entre dans la composition d’un médicament, d’une boisson.
Agrément, n. m.
Plaisir, joie. Ex. Nous avons eu beaucoup de plaisir, sans compter l’agrément. Vaugelas avait condamné ce mot qui, de son temps, s’écrivait agreement.
Agrès, n. m.
Engins de pêche.
— Outils.
— Personne désagréable.
— Attelage d’un cheval.
Agréyer, v. a.
V. Agrayer.
Agréyer (s’), v. pron.
S’habiller en vue d’une promenade.
Agréyer (se faire), loc.
Se faire donner des coups violents.
Agréiable, adj.
Agréable.
Agricher, v. a.
Saisir, mettre les crocs sur une proie quelconque.
Agripper, v. a.
Prendre avidement, accrocher. (Fr. fam.)
Agripper (s’), v. pron.
S’agriffer, s’attacher avec les griffes.
Agrouer (s’), v. pron.
S’accroupir.
Aguette (d’), loc.
En tapinois. Ex. Cette femme marche d’aguette. Le vieux français nous a laissé le mot agait, guet, veille, et aguaiter, guetter.
Aguettes (aux), loc.
Aux aguets. Ex. Notre servante est toujours aux aguettes pour renifler nos paroles.
Agurir, v. a.
Ahurir, ennuyer, troubler.
Agurissement, n. m.
Ahurissement.
Ahan, n. m.
Effort qui essouffle le travailleur, le bûcheur.
Aider à quelqu’un.
Aider quelqu’un, le secourir, l’assister. Aider à quelqu’un signifie contribuer à son travail.
Aiduille, n. f.
Aiguille. Ex. Une aiduille à laine.
Aiduillée, n. f.
Aiguillée. Ex. Une aiduillée de fil.
Aigle pêcheur, n. m.
Balbuzard (faucon) de la Caroline.
Aigrefin, n. m.
Être faible, de complexion délicate.
Aigrettes, n. f. pl.
Fétus du chanvre ou de lin.
Aiguillettes (en), loc.
En pièces. Ex. En voulant réparer un meuble, je l’ai mis en aiguillettes.
Aillère, n. f.
— Œillère, dent canine de la mâchoire supérieure.
— Œillère, visière.
Aillis, n. m.
Taillis, broussailles.
Aïol, n. m.
Aïeul.
Ain, n. m.
Haim, hameçon.
Air, n. f.
S’emploie souvent au féminin, mais à tort. Ex. L’air est fine ce matin, il fait un froid de loup. — Jouer une belle air de piano.
Air, n. m.
— Erre, allure, train, vitesse. Ex. Si tu veux sauter plus haut, prend plus d’air.
— Arrhes. Ex. Je lui ai donné une piastre d’air.
— Souffle. Ex. Impossible d’aller en chaloupe aujourd’hui, il n’y a pas un air de vent.
Être en air, être disposé, être en veine. Ex. Je suis en air de travailler ce matin.
Se donner des airs, affecter certaines prétentions.
Vivre de l’air du temps, vivre de rien ou de peu de chose.
Monter en l’air, monter haut.
Être en l’air, être très gai.
Avoir de l’air, se tromper. Ex. Quelle heure est-il ? Il est deux heures. T’en as de l’air ! il est quatre heures.
Donner un air d’aller, donner un élan.
Perdre son air, perdre son aplomb.
Faire de l’air, laisser passer l’air extérieur. Ex. Une croisée qui fait de l’air.
Prendre l’air, laisser passer l’air de l’intérieur à l’extérieur. Ex. Une pompe qui prend l’air.
Avoir de faux airs, ressembler vaguement. Ex. L’enfant a de faux airs de sa mère.
Airer, v. a.
Aérer, ventiler. Ex. Aire le salon comme il faut.
Airrhes, n. f. pl.
Arrhes, argent donné à l’avance pour assurer l’exécution d’un marché.
Airs, n. m. pl.
Êtres, aîtres. Ex. Je connais tous les airs de cette maison, c.-à-d. la disposition des diverses parties d’une maison.
Ajambée, n. f.
Enjambée.
Ajamber, v. a.
Enjamber.
Ajouter à quelqu’un.
Ex. Je lui ajoutai, pour j’ajoutai à ce que je lui ai dit.
Al, alle, pron. pers. f.
Elle, devant une voyelle ou une h muette. Ex. Alle est allée à la messe.
Alalime, adv. et adj.
— Unanimement. Ex. Notre candidat a été élu alalime.
— Unanime. Ex. Êtes-vous alalimes pour régler cette question ?
Alan, n. m.
Élan.
Alarte, adj. f.
Alerte.
* Alderman, al-deur-man, (m. a.)
Conseiller municipal.
Alener, v. a. et n.
— Anneler, mettre un anneau dans le groin d’un cochon.
— Agneler.
Alentir, v. a.
Ralentir. Molière a employé alentir.
Alentir (s’), v. pron.
Se ralentir.
Alentour, adv.
Autour. Ex. Qu’as-tu à rôder alentour de moi ? Il ne faut pas confondre autour avec alentour, dit la grammaire.
Alentours (dans les), loc.
Environ. Ex. Mon père a dans les alentours de cinquante ans.
Algonquin, n. m.
— Personne d’apparence bizarre, mal vêtue.
— Langage incompréhensible. Ex. Qu’est-ce que tu baragouines ? Parles-tu l’algonquin ?
Ali, e, adj.
Pâte mal cuite. Ex. Ce pain est mal cuit, il est ali.
À lieur de, loc. adv.
Au lieu de. Ex. Je lui ai recommandé d’aller aux vêpres, à lieur de cela, il est allé au Nickel.
Alimal, alimaux, n. m.
Animal, animaux.
Alise, n. f.
Bourdaine.
Alitré, e, adj.
Avivé, légèrement enflammé. Ex. Cet enfant a les joues alitrées.
* All aboard, al-a-bôrde, (m. a.)
En voiture ! En voiture !
Allable, adj.
Action d’aller. Ex. Les chemins sont dans un état terrible, ce n’est pas allable.
Allant, part. pr. du verbe aller.
Bien ou mal disposé à marcher. Ex. Mon cheval n’est pas allant, aujourd’hui.
Allant à dire, loc.
De nature à laisser croire ou entendre. Ex. Il s’est servi d’une expression allant à dire que j’avais faussé la vérité.
Allébore, n. m.
Ellébore.
Allège, adj.
Lège, à vide, non chargé. Ex. Ma voiture est allège, embarque tes valises.
Allégéance, n. f.
Allégeance.
Allégir, v. a.
Alléger. Ex. Depuis la dernière fois que je me suis pesé, j’ai allégi de dix livres.
Allégir (s’), v. pron.
— Diminuer son fardeau.
— Se soulager. Ex. Je lui ai dit ma façon de penser, cela m’a beaucoup allégi, car j’en avais gros sur le cœur.
Allégué, n. m.
Allégation. Employé substantivement, le mot allégué a rencontré beaucoup d’adversaires, parce qu’il n’est pas reconnu par l’Académie et qu’il ne se rencontre pas dans les dictionnaires, à l’exception de Littré. L’usage que nous en faisons en Canada a rendu ce mot presque indispensable, et allégué restera.
Allemagne, n. c.
École d’Allemagne, école normale.
Argent d’Allemagne. Ex. Cette cuiller est en argent d’Allemagne ; métal qui vient d’Allemagne.
Aller, v. n.
Ce mot s’emploie dans différentes acceptions :
— Ex. Aller sur la soixantaine, avoir dépassé cinquante-neuf ans.
Aller au prêtre, requérir ses services.
Aller le train de la blanche, très doucement.
Aller piamme-piamme, aller petit train.
Aller au contraire, contester, contredire.
Y aller, commencer. Ex. Allons-y, mon cher, l’ouvrage commande.
Aller de trian, de biais.
Aller (à), loc.
Où aller. Ex. J’ai encore deux places à aller.
Aller (s’en), v. pr.
— Arriver. Ex. Il s’en va midi.
— Être à l’article de la mort. Ex. Je t’assure que notre malade s’en va.
Aller (se faire), loc.
Expédier vite une affaire, un ouvrage quelconque. Ex. Si tu veux réussir, tu as besoin de te faire aller. Expression populaire employée, en France, pour signifier berner.
Aller d’venir, loc.
— En sens opposé. Ex. Mon mal part du cou et vient finir dans le bas du dos, frotte-moi avec du liniment aller d’venir.
— Course rapide. Ex. J’arrive du marché, je n’ai fait qu’aller d’venir.
* Alley, (m. a.)
Bille en verre de couleur, boulet.
* All fours, al fôrze (m. a.)
Impériale. (T. de jeu de cartes.)
Allonge, n. f.
Annexe, prolongement apporté à une maison. Ex. Ma maison fait face à la rue Hébert, mais j’ai fait construire une allonge sur la rue Laval.
Allonger (s’), v. pron.
— Payer. Ex. Il a bien fallu qu’il s’allongeât de cinquante piastres.
— Se coucher, s’étendre de tout son long. Ex. N’ayant pas de lit pour m’y coucher, je me suis allongé par terre.
Allouance, n. f.
— Concession. Ex. Tu me feras bien une petite allouance de cinq par cent.
— Réserve, espace de terrain réservé pour les chemins.
Allumé, adj.
Légèrement pris de vin. En France, la même expression s’emploie pour dire être abreuvé.
Allumer, v. n.
Se reposer. Ex. Pierre, entre donc allumer, nous allons rire. Le mot pipe est évidemment sous-entendu, mais comme la question peut être aussi bien adressée à un passant qui ne fume jamais, le sens de se reposer nous paraît le plus rationnel.
Allure, n. f.
— Démarche. Ex. Voici une personne de belle allure.
— Bon sens, entrain. Ex. Cette chanson n’a pas d’allure, cette danse a beaucoup d’allure.
Almenach, n. m.
Almanach.
Alorsse, adv.
Alors.
Alouette branle-queue, n. f.
Maubèche tachetée.
Alouette des prés, n. f.
Maubèche à poitrine cendrée.
Alouette pipi, n. f.
Farlouse de la Louisiane.
Alouette solitaire, n. f.
Chevalier solitaire.
Alphabette, n. f.
Alphabet, n. m.
Alsphate, n. m.
Asphalte.
Altérage, n. m.
Atterrage, rive glacée d’une rivière.
Altère, n. f.
Artère.
Alton (fil d’), n. m.
Fil de laiton. Autrefois laton ou leton se disait.
Alumelle, n. f.
— Lame d’un canif, d’un couteau.
— Surplis sans manche.
Aluminum, n. m.
Aluminium.
À maille et à corde, loc.
— À bout de ressources. Ex. Ce pauvre diable est rendu à maille et à corde. Clapin cite l’expression à mâts cordes parmi les canadianismes, pour signifier la même chose.
— Péniblement. Ex. Travailler à maille et à corde.
À main, loc.
Commode, à la main.
Amalgamation, n. f.
Fusion, union.
Amalgamer, v. a.
Unir, fondre ensemble. Ex. Ces deux compagnies de chemin de fer vont être amalgamées.
Amancher, v. a. et n.
— Ajuster, mettre en ordre. Ex. Cette femme est bien mal amanchée.
— Arranger. Ex. C’est une affaire qui a été mal amanchée.
— Tromper. Ex. Ce gars-là m’a amanché de la belle façon.
— Emmancher, mettre un manche.
— Donner, flanquer. Ex. Baptiste m’a amanché un coup de poing qui m’a fait voir trente-six chandelles.
— Aboucher. Ex. Amancher des tuyaux.
Amancher (s’), v. pr.
— S’habiller. Ex. Il fait un temps de chien, je ne sais vraiment comment m’amancher.
— Prendre ses mesures. Ex. Je vais m’amancher de telle façon qu’il n’aura pas le dernier mot.
— S’emmancher. Ex. Je te dis que ça s’amanche pas de même.
Amanchure, n. f.
— Manière dont une personne ou une chose sont terminées. Ex. Comme tu es mal habillé ! quelle amanchure !
— Affaire mal arrangée et incompréhensible.
— Ouvrage mal fait.
Amant, n. m.
Aimant. Ex. Voici de la pierre d’amant.
Amarinades, n. f. pl.
Marinades, conserves au vinaigre.
Amarinages, n. f. pl.
Marinades.
Amariner, v. a.
— Mettre des légumes en conserves.
— Semoncer. Ex. Je me suis fait amariner par mon père, qui était de mauvaise humeur.
Amarrer, v. a. et n.
— Attacher. Ex. Amarrer ses souliers.
— Arrêter. Ex. Il y a assez longtemps que nous travaillons, amarrons.
— Joindre les deux bouts. Ex. À force d’économie, j’ai fini par amarrer.
— Avoir égalité de votes. Ex. Nos deux candidats ont amarré, ils ont reçu chacun 2250 votes.
Dans le principe, amarrer signifiait préparer un navire pour la mer, et plus tard arranger, mettre en ordre.
Amassis, n. m.
Ramassis, amas.
À matin, loc.
Ce matin. Ex. Crois-tu qu’il fait beau, à matin.
Ambiber, v. a.
Imbiber.
Ambine, n. f.
Lien fait de branches flexibles qui relie les bâtons d’un traîneau.
Ambitieux, euse, adj.
Orgueilleux.
Ambition, n. f.
— Orgueil.
— Rivaliser. Ex. Ils sont tous deux à l’ambition, c’est à qui en fera le plus.
— Persévérer, être courageux. Ex. C’est un homme qui travaille d’ambition, aussi réussit-il.
Ambitionner (s’), v. pron.
S’entêter, s’efforcer plus que de raison. Ex. Plus je travaille, plus je m’ambitionne pour finir plus vite.
Amblette, n. f.
— Hart tordue pour lier les piquets de clôture.
— Carcan de bois qui sert à attacher les bêtes à cornes dans l’étable.
Ambre, n. m.
Amble.
Ambrer, v. n.
Ambler, aller l’amble.
Ambreur, n. m.
Ambleur, cheval qui va l’amble.
Âme en peine, n. f.
Individu qui promène son chagrin un peu partout.
Amelette, n. f.
Omelette.
Amen.
Jusqu’à amen, jusqu’à épuisement. Ex. Je lui ai chanté pouilles jusqu’à amen. Amen est un mot hébreu.
Amendement (en).
Comme amendement. Ex. Nous proposons en amendement à la motion, les mots qui suivent.
Amener, v. a.
Produire. Ex. Puisque tu prétends cela, amène tes preuves.
Américain, e, n. m. et f.
Citoyen, citoyenne des États-Unis.
Américanisation, n. f.
Acte légal qui rend quelqu’un citoyen de la république des États-Unis.
Américaniser, v. n.
Se faire naturaliser citoyen de la grande république des États-Unis.
Amérique, n. f.
Pour les Canadiens-Français en général, l’Amérique se confond avec les États-Unis. Partir pour l’Amérique, c’est traverser la ligne frontière entre le Canada et les É.-U.
Âmes (les), n. f. pl.
Les âmes détenues dans le purgatoire. Ex. Je promets, si je réussis, de faire dire une messe pour les âmes.
Âmes (les bonnes), n. f. pl.
Les âmes du purgatoire.
Amet, n. m.
Lumière, balise, point de repère, jalon.
Ameuiller, v. n.
— Se dit d’une vache très avancée dans sa gestation.
— Arriver au but, finir. Ex. Ameuille donc, termine ton ouvrage.
Ami, n. m.
Amis comme cochons, amis inséparables, par allusion au cochon de saint Antoine.
Il n’y a pas à dire mon bel ami, inutile d’hésiter.
Amiauler, v. a.
Amadouer.
Amicablement, adv.
Amiablement.
Amiqué, n. f.
Amitié.
Amlette, n. f.
Omelette. Ex. Manger des amlettes au lard.
Amollir (s’), v. pr.
S’adoucir. Ex. Le temps s’amollit, le froid achève.
Ammunition, n. f.
Munition de chasse ou de guerre.
Amont, adv.
— Contre. Ex. Ne grimpe pas amont la clôture.
— Parmi. Ex. Il était amont les autres gars.
— Au milieu. Ex. J’ai trouvé un nid d’oiseau amont le blé.
Amont (d’), loc.
Auprès de. Ex. Veux-tu bien t’ôter d’amont moi ?
Amonter (s’), v. pron.
Monter. Ex. Votre billet s’amonte à cinquante piastres.
Amorphosé, part. pas.
Métamorphosé, absorbé dans ses pensées au point d’être comme immobilisé. Ex. Remue-toi donc, es-tu amorphosé ?
Amouneter, v. a.
Admonester. Expression plutôt acadienne, signifiant calmer.
Amour, n. m.
Tomber en amour, devenir amoureux.
Être en amour, être amoureux.
Faire l’amour, faire la cour à une personne du sexe.
Pomme d’amour, pomme d’api.
Ampas, n. m.
Appât.
— Entraves. Liens fixés aux pieds d’un cheval pour gêner sa marche.
Lampas. Engorgement de la membrane qui tapisse le palais des jeunes chevaux.
Ampâter, v. a.
Amorcer, garnir d’une amorce.
Ampouille, n. f.
Ampoule.
Ampouler, v. a.
Produire des ampoules, des boursouflures.
Amusard, adj. et n.
Homme loquace, qui prend du plaisir à perdre son temps et à faire perdre le temps des autres, un musard.
Amusement, n. f.
Amusement, n. m. Ex. C’est une belle amusement.
Amuser (s’), v. a.
— S’arrêter en route. Ex. Amusons-nous point, le temps presse.
Amuser le temps, perdre le temps en niaiseries.
Amuseux, adj.
Amuseur, enjôleur.
— Musard, négligent.
Amusouère, n. m.
Amusoire, moyen d’amuser.
Anales, n. f. pl.
Annales. Ex. Je suis abonné aux Anales de la Bonne Sainte-Anne.
Anbandon, n. m.
Abandon.
Anbandonner, v. a.
Abandonner.
Ancanter, v. a.
Appuyer, donner une position plus stable et plus confortable. Ex. Ne bouge pas, nous allons t’ancanter avec des oreillers.
Ancanter (s’), v. pron.
Se donner une position plus ou moins déclive dans un lit ou un fauteuil.
Anchet, n. m.
— Appât.
— Ver de terre.
Ancre (à l’), loc.
Ne rien faire. Ex. Pierre a perdu sa place, le voilà de nouveau à l’ancre.
Ancre de perle, n. m.
Nacre de perle. Ex. Un chapelet en ancre de perle a été perdu dans cette église. Prière de le remettre au bedeau.
Ancrer, v. n.
S’asseoir pour longtemps.
Andille, n. f.
Anguille.
Andouille, n. f.
— Individu mou, sans ossature. Ex. Va travailler, espèce d’andouille.
Dépendeux d’andouilles, v. Dépendeux.
Âne, n. m.
Faire l’âne pour avoir de l’avoine, feindre d’ignorer une chose pour se la faire redire.
Agir de bonne foi comme un âne qui pète, avec la meilleure foi du monde.
Ange, n. m.
Papillon de nuit.
Ange cornu, n. m.
Individu, qui sous des apparences angéliques, mérite la défiance.
* Angel’s cake, endjèle kéke (m. a.)
Gâteau des anges.
Angelu, n. m.
Angelus.
Angencement, n. m.
Agencement.
Angencer, v. a.
Agencer.
Angenouiller (s’), v. pron.
S’agenouiller.
Anges (gâteau des), n. m.
Gâteau léger, très sucré, sous forme d’anneau.
Anglaise, n. f.
Jouer à l’anglaise (T. de jeu de balle). Frapper la balle d’une façon particulière et très élégante. Ex. Cet écolier a une belle anglaise.
Anglification, n. f.
Fait de devenir anglais. Ex. Il est souvent question au Canada de l’anglification de la race française.
Anglifier (s’), v. pron.
S’angliciser. Ex. Les Canadiens-français n’ont pas l’air décidés de s’anglifier de sitôt.
Anguille-brûle, n. f.
Cache-tampon. Jeu d’enfants où l’on cache un mouchoir roulé en tampon, que l’un des joueurs doit chercher et dont il frappe, lorsqu’il l’a trouvé, ceux qu’il peut atteindre.
Anguille de roche, n. f.
Ammodyte d’Amérique.
Animau, n. m.
Animal.
Anis sauvage, n. m.
Aralie à fleurs en grappe. Racine aussi grosse que le bras, recommandée comme ingrédient dans la petite bière d’épinette.
Anmorcer, v. a.
Amorcer.
Anmorphoser, v. a.
Métamorphoser. V. Amorphosé.
Anmouracher (s’), v. pron.
S’amouracher.
Anneau, n. m.
Rond, coulant. Ex. Passe-moi donc mon anneau de serviette.
Année de la grande noirceur.
Il y eut plusieurs noirceurs en Canada, mais la plus célèbre remonte à l’année 1785 (15 octobre). Ex. Un tel est venu au monde l’année de la grande noirceur.
Année du grand choléra.
Année 1832, qui vit mourir en quatre mois plus de 3500 personnes.
Année du grand dérangement.
Année 1755, qui a été témoin de la dispersion de nos frères de l’Acadie en terre étrangère.
Année du siège.
Année 1759. Nos ancêtres faisaient remonter à cette année-là une foule de choses et d’objets antiques.
Année fiscale, n. f.
Exercice financier qui embrasse une période de douze mois. Dans la Province de Québec, l’année fiscale commence le 1er jour de juillet.
Années (les bonnes), n. f. pl.
Dicton populaire, qui veut qu’autrefois les récoltes étaient plus abondantes que celles d’aujourd’hui. Alors c’était l’âge d’or, les bonnes années.
Annexion, n. f.
Incorporation des Canadiens au peuple de la république des États-Unis.
Annexionniste, n. m.
Partisan de l’annexion du Canada aux États-Unis.
Annoncer, v. n.
Bien paraître. Ex. Cet enfant annonce bien.
Annuiter (s’), v. pron.
Se laisser surprendre par la nuit. Expression déjà démodée en France au XVIIe siècle.
À noir, loc. adv.
Entièrement, complètement. Ex. Nous avons vendu nos gants à noir. J’ai clairé à noir toute cette marmaille.
Anouillère, adj.
Se dit d’une vache, lorsqu’elle continue de donner du lait sans avoir de veau. Dans la Vendée, on dit nolière. Nous disons aussi anoyère, ennayère.
Anpât, n. m.
Appât.
Anpâter, v. a.
Appâter.
Anpauvrir, v. a.
Appauvrir.
Anpauvrir (s’), v. pron.
S’appauvrir, perdre sa fortune ou sa santé.
Anse, n. m.
Anse, n. f.
Ansillon, n. m.
Espèce de col de cornue par où l’anguille fait son chemin pour aller s’emprisonner dans un coffre de bois.
Antéchrit, n. m.
Antéchrist.
* Anticipation, n. f. (Angl.)
Attente.
* Anticiper, v. a. (Angl.)
— Prévoir. Ex. J’anticipe des embarras sans nombre.
— Empiéter. Ex. N’anticipons pas sur nos revenus.
— Espérer. Ex. J’anticipe un grand succès dans cette affaire.
* Antimacassar, n. m. (Angl.)
Dossier ou voile de fauteuil.
Antiquités, n. f.
Antiquailles, vieux objets de plus ou moins de valeur.
Anvaler, v. a.
Avaler.
* Anxieux, adj. (Angl.)
Désireux. Ex. Je suis anxieux d’aller vous voir.
Aouène, n. f.
Avoine.
Août, n. m.
Nous entendons souvent dire a-oût pour oût. Faute de prononciation.
Aparcevance, n. f.
— Apparence. Ex. La récolte a une belle aparcevance.
— Action d’apercevoir. Ex. La première aparcevance que j’en ai eue, ce fut à l’Auditorium.
Aparcevoir, v. a.
Apercevoir.
Aparçu, n. m.
Aperçu.
Aparément, adv.
Apparemment.
Apart, n. m.
Réserve. Ex. Je ferai un apart de cinq piastres pour toi seulement.
À part de, loc. adv.
Excepté, à part. Ex. Personne ne viendra au lac, à part de Jean, de toi et de moi.
Apartement, adv.
Apertement, au juste. Ex. Je ne sais pas apartement s’il viendra.
Apçon, n. m.
Hameçon.
Apetisser, v. a.
Rapetisser.
À pic, loc.
Susceptible. Ex. Cette femme est à pic, il faut s’en défier.
Aplatir, v. a.
Battre, donner une très forte leçon.
Aplatir (s’), v. pron.
S’abaisser, s’humilier. Ex. S’aplatir devant les grands de la terre.
À plein, loc. adv.
Beaucoup. Ex. Y avait-il beaucoup de monde à l’assemblée ? Il y en avait à plein.
Aplomb, n. m.
— Avec force. Ex. Je lui ai porté un coup aplomb.
Perdre son aplomb, se laisser aller au découragement.
Prendre son aplomb, reprendre ses sens, sortir d’un état de faiblesse.
Aplomber (s’), v. pron.
— Se mettre d’aplomb. Ex. S’aplomber sur sa chaise.
— Prendre ses précautions.
À poil, loc.
À cru. Ex. Je suis allé à cheval, mais j’étais à poil.
Apola, n. f.
Ragoût d’alouettes. Mot sauvage.
Apologie, n. f.
Faire des apologies, faire excuse.
Apothèque, n. f.
Hypothèque.
Apothéquer, v. a.
Hypothéquer.
Apothicaire, n. m.
Pharmacien. Ex. C’est un compte d’apothicaire que vous m’avez fait, c.-à-d., un compte sur lequel il y aurait beaucoup à rabattre.
Appareiller, v. a. et n.
— Préparer, habiller. Ex. Marguerite, appareille le petit pour sortir.
— Égaler. Ex. Cet homme est difficile à appareiller.
— Dresser. Ex. Marie, appareille la table pour le dîner.
— Apparier. Ex. Appareiller une paire de bas, de gants.
— Comparer. Ex. Il n’y a pas moyen de mieux appareiller ce gros homme qu’à une barrique.
Appareiller (s’), v. pron.
Se préparer à partir. Ex. Ma femme, appareillons-nous pour le bal du Gouverneur.
Apparence (d’), loc.
Vraisemblablement, selon les apparences.
Apparence que, loc.
D’après l’apparence. Ex. Apparence qu’il va faire beau ; il va faire mauvais, apparence.
Appartement, n. m.
Pièce. Ex. J’ai une maison à louer ; il y a cinq appartements, je puis ne vous en louer qu’un seul.
Appelable, adj.
Sujet à appel, en terme de jurisprudence. Ce mot ne se trouve pas dans le Dictionnaire de l’Académie, ni dans plusieurs autres grands dictionnaires, cependant le B. P. F. dit qu’il est français (III, p. 30).
Appeler, v. a.
— Convoquer.
— Donner. Ex. Monsieur, Jean m’appelle des noms.
Appelle (qui s’), loc.
En règle, bien défini. Ex. Pierre a reçu une raclée qui s’appelle
Appétit, n. m.
Désir de posséder. Ex. Cet homme est prêt à tout sacrifier pour l’appétit de quelques piastres.
* Applicant, n. m.
Candidat, solliciteur. Ex. Il y a au moins vingt-cinq applicants à la charge de gardien de nuit. (Angl.)
* Application (faire), loc.
Faire une demande. Ex. Je vais faire application pour obtenir la place de messager. (Angl.)
Appliquant e, adj.
Qui exige beaucoup d’application.
* Appliquer, v. n.
Faire une demande d’emploi. (Angl.)
Appoint, n. c.
— L’heure favorable. Ex. Je suis las d’attendre ses appoints.
— Avantage. Ex. C’est un grand appoint que la réussite de cette affaire.
* Appointement, n. m.
— Rendez-vous. Ex. J’ai un appointement avec le ministre des terres pour deux heures. (Angl.)
— Nomination. Ex. J’ai reçu mon appointement à raison de cent piastres par mois.
— Commodité. Ex. Attendre les appointements de Pierre et de Jacques.
* Appointer, v. a. (Angl.)
— Nommer. Ex. Le docteur Isambart a été appointé coroner.
— Fixer un rendez-vous. Ex. Je lui ai appointé un jour et une heure pour une entrevue.
Apport, n. m.
Être à son apport, être à son compte.
* Appraiser, v. a.
Évaluer, estimer. (Angl.)
* Appraiseur, n. m.
Estimateur. (Angl.)
Approbation (en), loc.
À l’essai, sous condition. Ex. J’ai acheté un chapeau en approbation.
Approchants (dans les), loc. adv.
Approximativement. Ex. Cet animal pèse dans les approchants de trois cents livres.
Approche (faire l’), loc.
Sonder le cœur d’une jeune fille. Ex. Pierre a l’intention de se marier, il vient de faire l’approche de ma sœur Adèle.
Approcher, v. a.
Faire des propositions. Ex. Au sujet de ce que je t’ai communiqué, as-tu approché ton frère ?
Appropir, v. a.
Rendre propre.
* Appropriation, n. f.
Argent, crédit voté par les corporations ou les gouvernements. Ex. Nous serons payés à même les appropriations de l’année courante. (Angl.)
* Approprier, v. a.
Affecter à un certain usage. (Angl.)
Appui de chaise, n. m.
Tringle en bois fixée au mur pour le protéger contre le frottement des chaises.
Apré ! int.
Juron sans conséquence.
Après, prép.
— Poursuivre. Ex. Il est toujours après moi.
— À. Ex. On est après travailler.
— Le long de. Ex. Montons après le mur.
— Sur. Ex. Vous avez de la peinture après votre habit. Accotons-nous après la clôture.
— Par derrière. Ex. Ferme la porte après toi.
— Présence. Ex. Attends après moi.
— Occupation. Ex. Il est après manger.
Bossuet et Racine ont écrit : Je suis après à conclure. Pendant qu’on était après à me saigner.
Après vient-il de pressus, serré contre, ou du sanscrit parâ, en arrière, et param, ensuite ?
Après (d’), loc.
Selon. Ex. D’après moi, il fera beau demain.
Après (en), loc.
Ensuite. Ex. Ceux-là viendront bien en après.
Après (par), loc.
Ensuite, après. Expression française, mais bien vieillie.
Apse, n. m.
Asthme. Ex. Je souffre de l’apse depuis deux ans.
À pu près, loc. adv.
À peu près, environ.
À quat’pattissement, n. m.
Le fait d’être à quatre pattes devant les pouvoirs publics, a fait naître ce barbarisme qui n’a pas d’égal dans la langue, à l’exception peut-être du mot struggleforlifer dont les Canadiens-Français ne sont pas responsables.
Aquer, v. a.
Amorcer un hameçon.
Aquette, n. m.
— Hoquet.
— Acquet.
Aragan, n. m.
V. Ouragan.

Araignée, n. f.


Avoir une araignée au plafond, n’être pas sain d’esprit. Expression correspondante à la locution latine musca in cerebro citée par Du Cange.


— Saxifrage sarmenteux. Plante de serres ou d’appartements, cultivée dans un pot suspendu.


A ras, loc. adv.


Tout près. Ex. Mon verre est plein à ras le bord. — Coupe cette tige à ras terre. — J’ai coupé la queue de mon chien tout à ras je t’en prie.


Arbe, n. m. — Arbre.


Arboutant, n. m.


— Terrain qui aboutit à un autre.


— Propriétaire du terrain.


— Aboutissant d’une terre.


Arbre de vie, n. m.


Cèdre blanc, ou thuja d’Occident ; se trouve dans la région du lac Saint-Jean, et sert à la fabrication du bardeau.


Arcades, n. f. — Galeries de côté dans une église.


Arcajou, n. m.


Acajou. Ex. Tous mes meubles sont en bois d'arcajou.


Arce, n. f. — v. Arse.


Arche, n. f.


Arc de triomphe, Ex. C’est demain la procession du Saint-Sacrement ; on a construit deux arches sur la rue St-Jean.


Archette, n. f. — Archet.


Archibête, adj.


Très bête. Ex. Pierre est bête, mais Jean est archibête.


Archidiocèse, n. m.


— Diocèse à la tête duquel se trouve un archevêque.


— Province ecclésiastique sous la juridiction d’un archevêque.


Arcompter, v. a. — Recompter, compter de nouveau.


Arçon, n. m. — Garçon. Ex. Viens ici, mon petit arçon.


Ardille, n. f. — Argile. Au moyen âge on disait ardrille, arsille.


Ardilleux, n. m. et adj.


— Argileux. 
— Orgelet, petite tumeur inflammatoire qui se forme au bord des paupières, en forme de grain d’orge.


— Orgueilleux.


Ardoiser, v. a. — Couvrir en ardoise.


Arèche, n. f.


— Arête de poisson. Ex. J’étouffe, j’ai avalé une arèche.


— Pièce du parement d’un quai.


Aregnée, n. f. — Araignée.


A revoir, loc, — Au revoir.


Arganeau, n. m.


Organeau, anneau de fer où l’on attache un câble.


Argardable, adj. — Qui mérite d’être regardé.


Argardant, part. — Regardant.


Argarder, v. a. — Regarder.


Arganeau, n. m.


Organeau, anneau de fer où l’on attache un câble.


Argardable, adj. — Qui mérite d’être regardé.


Argardant, part. — Regardant.


Argarder, v. a. — Regarder.


Argent, n. m.


Jouer à l’argent, risquer de l’argent au jeu.


Argent de papier, papier monnaie.


Argent dur, monnaie d’argent.


Argent, n. f.


Argent, n. m. Ex. Est-ce de la bonne argent que vous avez là ?


Argent mignon, n. m. — Argent que l’on garde au coffre.


Argenté, adj.


Riche. Ex. C’est un homme à l’aise, je t’assure qu’il est argenté.


Argenteries, n. f. pl.


Argenterie. Ex. Je fais encan, et je vendrai toutes mes argenteries. Louise, frotte donc nos argenteries.


Argents, n. m. pl.


Argent, fonds, deniers. Ex. Il vit à même les argents du public.


Argot, n. m.


Ergot. Ex. Joseph est monté sur ses argots, il devient difficile de lui parler. Argot et ergot se disaient également bien au XVIe siècle.


— Ergot de seigle.


Argoté, adj. — Ergoté. Ex. Un coq bien argoté.

Arguer, v. n. — Argumenter, plaider.


Arias, arrias, n. m.


— Embarras, contrariété. Ex. Mes enfants me causent bien du arias.


— Attirail. Ex. Emporte tous tes arias avec toi.


— Tumulte. Ex. Entends-tu le tapage des enfants ? Quel arias épouvantable !


En France arias s’emploie bien dans le sens de tracas. Ex.

Que d’arias ! Le vieux français disait arie.


Aridelle, n. f. — Ridelle.


* Arlepape, n. m. (Angl.) — Hornpipe, danse écossaise.


* Arlepatte, n. m. (Angl.)


Autre corruption du mot anglais hornpipe, danse très en vogue autrefois parmi nos Canadiens.


Arlevée, n. f. — Relevée. Ex. J’ai travaillé toute l'arlevée.


Arlovée, n. f. — V. Arlevée.


Armanach, n. m. — Almanach.


Armette germain, adj.


Issu de germain. Corruption de maître germain, cousin germain.


Armière, n. f. — Ormière.


Armise, n. f. — Remise.


Armoire montante, n. f.


Monte-plats ou monte-charge hissant les plats de la cuisine à la salle à manger.


Armoniaque, n. f.


Ammoniaque. Ménage dit : « L’usage veut qu’on dise armoniac, les Italiens disent de même armoniaco. Richelet disait, en 1680, sel armoniac.  » (Observ. sur la langue française.)


Arouser, v. a. — Arroser.


Arousoir, n. m. — Arrosoir.


Arouter, v. a. — Routiner, former par la routine.


Arouter (s’), v. pr. — S’accoutumer, s’habituer.


Aroutiner, v. a. — Accoutumer, habituer.


Aroutiner (s’), v. pr.


S’habituer, prendre l’habitude de quelque chose.

Arpentage, n. m.


Levée des plans. Ex. Pierre va faire l'arpentage de ma terre.


Arpenteur, n. m.


Arpenteuse, chenille des phalènes dite géomètre. Ces chenilles dépourvues de pattes au milieu du corps, ne marchent qu’en se rapprochant les extrémités de manière à se recourber le corps en forme d’un U renversé.


Arrache-braquettes, n. m.


Petit instrument en fer servant à arracher les broquettes.


Arracher (en), loc.


Eprouver de grandes difficultés. Ex. Les nouveaux colons ont une grosse besogne à remplir, je te prie de croire qu’ils en arrachent.


Arracher (s’), v. pr.


Se tirer d’embarras. Ex. Il travaille tellement, qu’il finira

par s'arracher.


Arracher (se faire).


Se faire enlever de force. Ex. Je me suis fait arracher pour accepter son invitation.


Arracher (se m’).


Disputer la présence. Ex. On m’invite de droite et de

gauche, enfin on se m’arrache.


Arracheur de dents, n. m. — Menteur.


Arracheux bon-temps. — Roger Bon-Temps. V. ce mot.


Arrachis, n. m.


— Arbre arraché.


— Partie de forêt dont les arbres ont été dévastés par un ouragan.


— Branchages employés comme bois de chauffage par les fabricants de sucre d’érable.


Arrainement, n. m.


Mise en accusation, au terme de la cour criminelle. Vieux mot français introduit, comme bien d’autres, dans la procédure anglaise au temps de la conquête de l’Angleterre par les Normands. En le refrancisant, nous ne faisons que prendre notre bien, notre butin, comme disaient les Normands, et comme nous disons nous-mêmes. Le verbe araisinier, cité par Godefroy, est un ancien mot qui signifiait adresser la parole, accuser, assigner. C’est bien l’origine du mot anglais arraignment. On avait dans le même temps le mot araisnement, action d’adresser la parole.


Arrangeant, adj.


De composition facile. Ex. Un homme bien arrangeant.


Arrangement, n. m.


— Conciliation. Ex. C’est un homme d’arrangement.


Arrangement d’hiver, d’été, service d’hiver, d’été sur les voies ferrées.


Arranger, v. a.


— Réparer. Ex. Fais donc arranger ton habit.


— Mettre quelqu’un à sa place. Ex. Il s’est fait arranger de la belle façon.


Arranger (s’), v. pr.


— Se parer, s’habiller pour sortir. Ex. Arrange-toi de ton mieux pour aller à l’église.


— Se tirer d’embarras. Ex. Arrange-loi comme tu pourras, je n’y peux plus rien.


Arrangeur, n. m.


Ouvrier qui répare. Ex. Voilà l'arrangeur de parapluies qui passe, faisons-le entrer. Nous disons aussi, un arrangeur d’horloges, de montres.


Arraroute. — Arrow-root. (Angl. )


Arrestation, n. f.


Arrêt. Ex. Le juge a lancé un mandat d'arrestation.


Arrêt, n. m.


Repos, Ex. Cet homme n’a pas d'arrêt, il remue toujours.


Arrêter, v. n.


— Attendre. Ex. Arrête, je ne serai pas absent bien longtemps.


— Cesser. Ex. Arrête de me chanter pouilles.


Arricot, n. m. — Pruche. Expression acadienne.


Arriérages, n. m. pl.


Arrérages.

Arrière, n. m.


Retard. Ex. Ma montre prend de l’arrière. Ce locataire a de l'arrière sur son loyer.


Arrimer, v. a.


— Arranger, réparer. Ex. Arrime-moi donc le toupet, que j’aie l’air de quelque chose.


— Battre, malmener. Ex. Je me suis fait arrimer proprement.


— Habiller, accoutrer. Ex. Mon tailleur m’a arrimé de son mieux.


— Avancer, se hâter.


Arrimer (s’), v. pr.


— S’habiller. Ex. Arrimons-nous de notre mieux avant de partir. 


— Se placer, s’installer. Ex. Les sièges sont remplis, tâchons de nous arrimer autrement.


— Se mettre d’accord. Ex. Nos deux amis finiront par

s’arrimer, ils ont trop de bon sens.


Arisée, n. f.


Risée. V. ce mot. Le cheval qui se lance avec vitesse, poussé par son conducteur, prend alors une arisée. Risée se dit plutôt qu’arisée, mot cité par Clapin.


Arriver, v. n.


— Obtenir une belle position. Ex. Cet homme est enfin

arrivé à force de travail.


— Concorder. Ex. J’ai vérifié les deux comptes, mais ça

n’arrive pas.


Arriver avec quelqu’un. — L’égaler, lui tenir tête.


Arroser, v. a. — Arroser un marché, boire en le concluant.


Arroser (s’), v. pr. — S arroser la luette, le gosier, boire.


* Arrow-root, arorout. (m. a.)


Fécule comestible tirée des racines de la marante, du curcuma, etc. Mot usité en France.


Arse, n. f.


— Espace, place. Ex. Veux-tu me donner plus d'arse ? — II
n’y a pas d’arse à se mettre. — Faites de l'arse, là-bas.


Arsoir, adv. — Hier soir. Marot a écrit hersoir.


Artichoux, n. m. — Bardane.


Artifailles, n. f. pl. — Afficôts. V. ce mot.


Artisse, n. m. — Artiste.


Arupiaux, n. m. pl. — Erypiaux, oreillons.


Arvenlr, v. n. — Revenir.


As de pique, n. m.


— Propre à rien.


Etre planté quelque part comme un as de pique, se tenir

debout de manière à gêner son voisin.


A seule fin.


Afin. Ex. Je t’ai fait demander à seule fin que tu règles ton compte.


Asile, n. m.


Hospice d’aliénés. Ex. Cet homme est fou, mettez-le à l'asile. C’est un craqué, il est mûr pour l’asile.


Asparge, n. f. — Asperge.


Aspargès, n. m. — Aspergès.


Aspect, n. m.


Apparence. Ex. Les récoltes ont un bel aspect.


* Aspersions, n. f. pl.


Attaques malicieuses, diffamation. (Angl.)


Assaiye, n. m.


Essai. Ex. Nous allons te mettre à l'assaiye.


Assayer, v. a. — Essayer.


* Assaut, n. m. — Voie de faits. (Angl.)


Assavoir, v. et conj.


— Savoir. Ex. Je vous écris pour vous faire assavoir de mes nouvelles.


— Savoir. Ex. Ils étaient deux, assavoir Jacques et Jean. Molière s’est servi de ce mot dans son Tartufe :


"Le bal et la grand’bande, assavoir deux musettes."


Assemblée, n. f.


Faufilage. Ex. Fais donc une assemblée pour que je puisse terminer ma couture.


Assembler, v. a.


Faufiler, faire une fausse couture à longs points.

Assermentation, n. f.


— Prestation du serment.


— Action d’assermenter quelqu’un.


Assermenter, v. a.


Attester par serment. Ex. Son témoignage a-t-il été assermenté ?


Assesseur, n. m. — Estimateur officiel.


Asseyer, v. a. — Essayer.


Assez, adv.


— Tellement. Ex. Ai-je été assez bonasse que je l’ai cru

sur parole ?


— Assez bon. Ex. Michel est assez poète.


Assinabe, n. f.


Grosse pierre employée par les sauvages pour retenir au fond de l’eau un filet, une seine.


Assination, n. f.


Assignation. Ex. Nous allons jouer aux cartes, mais pas d'assination, s’il vous plaît.


Assiner, v. n.


Tricher au moyen de signes. Ex. Nous allons jouer au quatre-sept, mais il est défendu d'assiner.


Assir, v. a. — Asseoir. Ex. Tais-toi ou je vais t’assir.


Assir (s’). v. p.


S’asseoir. Ce mot est fort en vogue. Ronsard a dit : « Assi'sons-nous sur cette molle couche. »


Assistance, n. f.


Présence. Ex. Je suis allé à la conférence du juge Routhier, l’assistance de mille personnes rendues pour l’écouter, lui fait honneur.


Assistant, n. m.


— Adjoint. Ex. Je vais de ce pas chez l'assistant-commissaire des terres.


Assistant-bibliothécaire, sous-bibliothécaire.


Assister (s’) v. pr. — S’asseoir. Ex. Assistez-vous, monsieur.


Associé, n. m. — Compagnon, ami.


Associer avec, v. a.


S’associer avec.

Assommant, adj.


Accablant. Ex. Cet orateur donne des raisons assommantes.


Assommer, v. a.


Abattre l’esprit. Ex. La perte de sa fortune l’a assommé.


Assouer, v. a.


Actionner, intenter un procès. Expression acadienne.


Assumer, v. a. — Prendre charge. Ex. Il a assumé ma dette.


Astérique, n. m.


Astérisque, signe typographique en forme d’étoile* pour indiquer un renvoi, une lacune, etc.


Astheure, loc. adv.


A cette heure, maintenant, à l’heure présente. La Rochefoucauld, l’homme aux maximes, a écrit : Pour ne vous pas mentir, je me suis fort tourmenté qu’il serait bon d’être assuré asteure de ces affaires que d’attendre davantage (Lettres, 24.) La Boétie écrivait astheure. Montaigne a écrit asture.


Astination, n. f. — Obstination.


Astiner, v. n. — Obstiner. J'astine pas.


Astiner (s’) v. pr. S’opiniâtrer à vouloir faire une chose.


Atoca, n. m. — Cauneberge à gros fruits.


Atosset, n. m.


Nom sauvage d’un poisson que l’on trouve dans les eaux du lac Saint-Jean.


Atout, n. m.


Agréments, qualités extérieures, attraits. Ex. Voilà une femme qui a beaucoup d’atout. En Normandie, le mot adous signifie ornements, parures.


A tout de reste, loc. adv.


Quand même, de toutes ses forces. Ex. Il veut cela à tout de reste.


A toute, loc, adv. — Aussi bien que possible.


A toute éreinte, loc. adv.


De toutes ses forces. Ex. Travailler à toute éreinte.


Attache, n. f.


— Attachement, affection. Boileau et Racine se sont servi de ce mot pour exprimer la même idée. 
— Lien. Ex. Mets des attaches à ton chapeau.


Attaque, n. f. — Jouer à l'attaque. V. Tague.


Attaquer, v. a.


Meurtrir, dans un état voisin de la corruption. Ex. Cette pomme est attaquée, mets-la de côté.


Attation, n. f.


Attention. Ex. Je te dis que le feu d’artifice durant les fêtes de Champlain a été beau, attation !


Attelage, n. m.


Harnais. Ex. Mets l'attelage sur le dos du cheval.


Attelée, n. f.


Forte dépense de travail. Ex. Puisqu’il y a tant à faire, donnons une bonne attelée.


Atteler, v. a.


— Mettre le harnais au dos du cheval. Ex. Baptiste, attelle la grise sur le quat’roues ?


— Assujétir quelqu’un, le maîtriser. Ex. En voici un que j'attellerai au premier jour.


— Mettre dans une impasse, dans de mauvais draps.


Attelles (dans les), n. f. pl.


— Traîner une existence pénible. Ex. Il est dans les

attelles.


— Faire un grand effort. Ex. Il va falloir tirer dans les

attelles, la besogne est raide.


* Attendre pour quelqu’un.


Attendre après quelqu’un. (Angl.)


Attends bien (t’).


Tu me comprends.


Attifiaux, n. m. pl. — Attifets.


Attigner, v. n.


Forcer beaucoup.


Attikkameg, n. m.


Poisson blanc. Nom d’une ancienne tribu sauvage cantonnée sur la rivière Saint-Maurice.


Attirer, v. n.


Faire suppurer. Ex. Sur ton clou (furoncle), mets un cataplasme de graine de lin, ça attire bien.

Attisée, n. f.


Un bon feu. Ex. Il commence à faire froid, nous allons faire une petite attisée.


Attorney, n. m.


Procureur chargé de représenter une partie en justice. Vieux mot français atorné. L’atorné, à Compiègne, est un magistrat élu pour trois ans à la Saint-Jean-Baptiste.


Attraper, v. a.


— Atteindre : Ex. J’ai attrapé mon but.


— Déshonorer.


Au, art.


— Le. Ex. Nous partirons au premier de mai.


— De. Ex. Une salade au poulet.


— Du. Ex. Voici le livre au père Lemoine.


Aubarge, n. f. — Auberge.


Aubargiste, n. m, — Aubergiste.


Aubel, n. m.


Aubier. Aubel se disait jadis.


Aucun, adj. — Tout, n’importe quel.


Aucun temps (en), loc. adv.


En tout temps. Ex. Tu pourras venir en aucun temps.


Aucun autre, loc. adv. — Tout autre.



Audience, n. f. — Auditoire.


* Auditer, v. a. — Vérifier les comptes. (Angl.)


* Auditeur, n. m.


Celui qui vérifie, examine les comptes. (Angl.)


* Audition, n. f. — Vérification des comptes. (Angl.)


Auge, n. m. — Auge, n. f.


Augmentation, n. f. — Partie de paroisse nouvellement annexée. Ex. h’augmentation de Somerset.


Augurer, v. n. — Avoir belle ou mauvaise apparence. Ex. Cette affaire augure mal.


Auieu de, loc. adv. — Au lieu de.


Aujord’hui, adv. — Aujourd’hui.


Au jour d’aujourd’hui, loc. adv.


Aujourd’hui même. Ce mot se décompose en quatre autres, dont deux, jour et hui ont la même signification.

Aumône, n. f.


Aumône. Ex. Faire l'aumône aux pauvres qui passent.


Aunage, n. m.


— Aunaie, lieu planté d’aunes.


— Branche d’aune.


Auparavant, adv.


Avant. Nous devons nous habiller chaudement auparavant que de uous mettre en route.


Auparavant moi, loc. — Avant moi.


Au ras.


V. A ras. On peut dire au ras de l’eau, de manière à être de niveau avec la surface de l’eau.


Auripiaux, n. m. pl. — Oreillons.


Aussi… comme, loc. adv.


Aussi. . . que. Ex. Il est aussi instruit comme toi.


Autant comme, loc. adv.


Autant que. Ex. J’exigerai autant comme vous.


Autant comme autant, loc. adv.


Tant et plus. Ex. Je l’ai réprimandé autant comme autant, et rien n’y fait.


Autant (en) que, loc. adv.


Autant que, en tant que. Ex. En autant que je m’en souviens, c’est vrai.


Autant dire, loc.


Ou peut dire, pour ainsi dire. Ex. Autant dire que ma fortune est compromise.


Aute, adj.


Autre. Ex. C’est une aute paire de manches. On trouve aute dans l’ancien français.


Authentiquer, v. a. — Rendre authentique. Mot vieilli.


Aux environs, loc.


Près de. Ex. Il est aux environs de quatre heures.


Avachi, n. m. — Paresseux.


Avachir, v. n. — Rendre lâche, paresseux.


Avachir (s’), v. pr. — Devenir lâche.


Avalanche, n. f.

Troupe, ribambelle. Ex. Une avalanche d’enfants à instruire. — As-tu vu sortir les écoliers du séminaire ? Quelle avalanche ?


Avalange, n. f.


Avalanche.


'Avance (à 'I’), loc. adv.


D’avance, par anticipation. Ex. Je vais te payer à l'avance.


Avance (d’), adv.


— Vif, prompt à la besogne. Ex. Cet homme n’est pas d’avance.


— Des patates d'avance. V. Patates.


Avancé, n. m.


Allégation, assertion. Ex. Je vais répondre à tous ses avancés.


Avancer, v. a.


— Approcher. Ex. Avance donc cette chaise pour que je m’y asseoie.


— Commencer à se corrompre. Ex. Ce bifstek est pas mal avancé.


Avancer à quelqu’un.


Fournir des fonds. Ex. Avance-moi donc cinq piastres, j’en ai un grand besoin.


Avances, n. f.


— Racontars. Ex. Je n’ai que faire de tes avances, cela ne
prend pas.


— Arrhes. Si tu veux que je corrige tes épreuves, donne-moi des avances.


Avant, adv. et n.


— Profondément. Ex. Creuse avant, si tu veux trouver de l’or.


— Aller trop vite. Ex. Ma montre prend de l'avant.


Avant (venir de l’).


Briguer les suffrages. Ex. As-tu entendu dire que notre ami vient de l’avant pour les Communes.


Avant (en), loc.


— Briller. Ex. Cet élève est en avant de sa classe.


— Prévoir, savoir par avance. Ex. Un tel est en avant de son temps. 

Avant (par), loc.


Avant. Ex. Il est venu par avant moi.


Avant-z-hier, loc adv. — Avant-hier.


Avarde, adj. f.


Avare. Ex. Cette femme est avarde.


Avaricieux, euse, adj.


Avare qui lésine sur tout.


Avarie, n. f.


— Malheur, dommages. Ex. Si nous n’avons pas d'avarie, nous serons bientôt prêts à partir.


— Besoin imprévu. Ex. En tout cas d'avarie, emportons nos parapluies.


Avarse, n. f.


Averse. Ex. Il tombe une avarse à boire debout.


Avé, prép. — Avec. Ex. Viens avé moi.


Avec, prép.


— Par. Ex. Je vais partir avec les chars.


— De. Ex. Que faire avec cela ?


— Dans. Ex. Je n’ai rien à voir avec cela.


— Envers. Ex. Je suis quitte avec lui.


— De même. Ex. Il est resté coi, et moi avec.


Partir avec pas le sou, sans argent.


Aveindre, v. a.


Atteindre difficilement. Ex. Cet objet est très élevé, tout de même je vais essayer de l'aveindre.


Aveindu, p. p.


Aveint. Ex. Le docteur a eu de la misère à m’arracher une grosse dent malade, finalemeut il l’a aveindue.


Aveine, n. f. — Avoine.


Avenant, adj. part.


Advenant. Ex. Avenant le jour où tu voudras me voir, je serai là.


Avenante (à l’). loc. adv. — A l’avenant.


Avenir, v. n. — Convenir. Ex. Cet habit lui avient.


A venir jusqu’à, loc. adv.


Jusqu’à. Ex. Il s’est bien comporté à venir jusqu’au jour d’aujourd’hui.

Avention, n. f.


— A merveille. Ex. Cet orateur parle comme une avention.


— Dextérité. Ex. Voilà un enfant qui ira loin, il est plein d'aventions.


Aventionner, v. a.


Inventer. Ex. Cet ouvrier est très habile, il ne cesse pas d'aventionner quelque nouvelle machine.


Aventionner (s’), v. pr.


Se mettre dans l’idée. Ex. Aventionne-toi pas que tu puisses me blaguer, je connais tes trucs.


Avents (les), n. m. p.


L’Avent. Ex. Voilà les Avents qui arrivent, l’hiver va commencer. En France, on dit les avents des grands prédicateurs.


Aventurer (s’), v. pr.


Aller loin. Ex. J’arrive du lac à la Galette, je me suis même aventuré un peu plus loin.


Avérage, n. m.


Borne moyenne, vraie et admise. Ex. Ma terre m’a rapporté depuis trois ans trois cents minots de blé en avérage.


Averdingle, n. f.


— Avarie.


— Insulte, affront.


Avéré, adj.


Avéré, reconnu vrai. Ex. C’est un fait avéré que nous sommes en temps d’élection.


Avertisation, n. f. — Avertissement.


Aveuc, prép. — Avec.


Aviron, n. n.


Pagaie. L’aviron est une rame d’embarcation ; la pagaie se manie sans qu’on l’appuie à l’embarcation.


Avis, n. m. — M’est avis, je suis d’avis.


<nowiki>*</nowiki> Aviser, v. a.


— Conseiller. Ex. Je vous aviserais de ne pas présenter cette loi devant les Chambres. (Angl.)


— Regarder. Ex. Examine sérieusement ton affaire, avise-la, de près.


* Aviseur, n. m. — Conseiller. (Angl.)


Avisse, n. f. — Vis.


Avisser, v. a. — Visser.


Avocasser, v. a.


Défendre, appuyer une théorie.


Le mot avocasser était l’une des expressions favorites de Sir George-Etienne Cartier. Nous trouvons dans Godefroy le mot avocassage pour signifier l’art de plaider, la profession d’avocat, et avocacion, plaidoyer, office d’avocat. L’Académie a admis avocasserie, en 1877, et avocasser est français et signifie exercer obscurément la profession d’avocat.


Avoine, n. f.


Faire manger de l’avoine à quelqu’un, le fait d’un jeune homme qui courtise une jeune fille avec plus d’avantage que tout autre.


Avoir, v. aux.


S’emploie dans une foule de locutions assez typiques.


Avoir le bras long, faire sentir son influence très au loin.


Avoir du sable dans les yeux, s’endormir, c’est l’homme au sable qui passe.


Avoir du pain sur la planche, avoir de l’argent de côté.


Avoir du chien, être brave, courageux.


Avoir des mots, se disputer.


Avoir mal aux cheveux, avoir la migraine le lendemain d’une noce.


Avoir l’estomac dans les talons, avoir une grande faim.


Avoir les côtes sur le long, être paresseux.


N’avoir pas inventé la poudre, être imbécile.


N’avoir pas inventé les boutons à quatre trous, même sens.


N’avoir pas la langue dans sa poche, parler beaucoup.


Avons (j’), v. aux.


Nous avons, j’ai. Expression très en vogue chez les Acadiens.


Avous ? v. aux.


Avez-vous ? Dans la farce de Pathelin, nous lisons : Avous mal aux dents, maistre Pierre ?

Avri, n. s.
Avril.
Avril (poisson d’), loc.
Courir le poisson d’avril, c’est aller à la recherche d’une chose qui n’existe pas.
Ayau, n. m.
Noyau.
Ayère, n. f.
— Œillère, dent
— Œillère, visière.
Âzur, n. m.
Azur. Ex. Bleu comme l’âzur.



B
Babiche, n. f.
Lanière étroite de cuir, de peau d’anguille, etc. Ex. Fournir quelqu’un de cuir et de babiche.
Babicher, v. a.
— Corriger. Ex. Cet écolier s’est fait babicher sérieusement par son maître.
— Dire des paroles dures.
Babine, n. f.
Avoir la babine dépendue, pleurer.
Babines (ruine-), n. f.
Petit instrument de musique à bouche dont se servent les enfants pour s’amuser plutôt que pour en tirer des sons harmonieux. Il s’en trouve cependant qui parviennent à en tirer des airs connus.
Bâbord, n. m.
Courir de bord et bâbord, de bord à bâbord, aller d’un côté et de l’autre.
Babouin, e, n. et adj.
Enfant turbulent.
  • Baboune, n. f. (Angl.)

Personne munie de lèvres épaisses, avec toutes les apparences de l’idiotie. Du mot anglais baboon, babouin.

Bac, bacq, n. m.

Auge, petite cuvette. Son diminutif baquet est aussi français ; vient de l’allemand back, qui signifie toute espèce de vase.

  • Bachelier, n. m.

Garçon à marier. Ex. Il y aura à Québec, le 18 du mois courant, un grand bal donné par les bacheliers de cette ville. Traduction du mot anglais batchelor.

Bâcher, v. a.

Travailler sans soin. Ex. Cet ouvrier bâche tout ce qu’il entreprend.

Bâcheur, n. m. — Celui qui bâche de l’ouvrage.

Bachot, n. m. — Bateau de rebut.

  • Back-board, — bôrde, (m. a.)

Attelle avec dossière pour protéger la poitrine.

  • Back-door, — dore, (m. a.) — Porte de derrière.
  • Backgammon, — gammeune, (m. a.)

Trictrac, jeu qui se joue avec des dames et des dés, sur un tableau divisé en deux compartiments.

  • Back-store, n. m., (m. a.)

Arrière-magasin, arrière-boutique.

Bacon, — bék-onne, (n. m.)

Viande de porc fumée et salée. On disait autrefois en France baconer pour saler. Bacon n’est donc pas un mot emprunté à la langue anglaise. Notre manière de le prononcer lui donne l’apparence anglaise.

Bacul, n. m.

Barre de travers que l’on met en avant d’une charrue ou d’une voiture, qui forme une croupière aux bêtes de trait. Vient de baculus, bâton.

  • Badge, n. f., (m. a.) — Insigne.
  • Badloque, n. f. (Angl.)

Malchance, infortune. Ex. Je suis dans la badloque. De l’anglais bad luck.

  • Badloqué, e, adj. (Angl.)

Malchancheux. Ex. Il n’y a personne de plus badloqué que moi.

  • Bâdrage, n. m. (Angl.)

Ennui, tracas. De l’anglais bother, ennui.

  • Bâdrant, adj. (Angl.) — Ennuyeux, assommant.
  • Bâdrement, n. m. (Angl.) — Même sens que bâdrage.
  • Bâdrer, v. a. (Angl.)

Ennuyer. Ex. Ne viens pas me bâdrer.

  • Bâdrerie, n. f. (Angl.)

Même sens que bâdrement et bâdrage.

  • Bâdreux, euse, n. et adj. (Angl.)

Ennuyeux, importun. Ex. Il y a toujours quelque bâdreux qui vient me faire perdre mon temps.

Bafouiller, v. n.

Bredouiller, parler comme si on avait la bouche pleine.

Expression française, mais familière.

Backer, v. n. — V. Baquer.

Bâfrer, v. pron.

Manger goulûment et avec excès.

  • Bagage (chambre à), n. f.

Consigne. De l’anglais bagage-room.

  • Bagage (char à), n. m.

Fourgon. De l’anglais baggage-car.

  • Bagamenne, n. m.

Trictrac. Corruption de l’anglais backgammon.

Bagatelle, n. f.

Trou-madame. — Jeu qui consiste à faire passer de petites boules d’ivoire dans des arcades numérotées.

Bagne !

Onomatopée en parlant d’une affaire soudaine. Ex. Bagne ! il est tombé à plein ventre par terre.

Bagosse, n. m.

— Mauvais whiskey, préparé en cachette.

— Etoffe de poil de bœuf tissée sur de la laine.

— Chose commune en général. (B. P. F.)

Bagnère, n. f. — Bannière.

Bagou, n. m.

Verbiage, bavardage effronté. Ce mot n’est pas reconnu par l’Académie.

Bagoulard, n. m.

Bavard, un homme qui parle beaucoup pour ne dire que des sornettes. Ne se trouve pas dans le Dict. de l’Acad.

Bagouler, v. n.

Bavarder, parler à tort et à travers.

  • Bague d’engagement, n. f. — Anneau de fiançailles.

Baguette, n. f. et int.

— Interjection d’usage fréquent. Ex. Baguette ! que c’est beau !

— Jalon, (terme d’arpentage).

Baguetter, v. a.

Poser des baguettes. Oudin et Cotgrave donnent à baguetter le sens de frapper avec une baguette.

Baguettes de tambour, n. f. pl. — Jambes frêles.

Baille, n. f.

Petite cuve employée dans l’industrie du sucrier ou fabricant de sucre d’érable.

Bailler, v. a.

Donner. Ex. Baille-moi cette morue. Expression plutôt acadienne.

Bâille, n. m.

Bâillement. Ex. J’étais présent quand il est mort, j’ai vu son dernier bâille.

Bâiller, v. n.

Bayer. Ex. Il est là qui bâille aux corneilles.

Bâillette, n. f.

Bâillement. Ex. Tu t’endors, mon enfant, tu commences à faire des petites bâillettes.

Bailli, n. m.

Huissier. Ce mot était en vogue autrefois, et l’on prononçait bâilli.

Bain, n. m.

Baignoire. Ex. Va donc chercher le bain pour le nettoyer.

Baisage, n. m. — Action de se faire duper, tromper en affaires.

Baise-Ia-piastre, n. m.

Avare, mesquin. Ex. C’est un dur baise-la-piastre, il peut tondre sur un œuf.

Baiser, v. n.

— Duper, attraper. Ex. Il s’est fait baiser dans son affaire.

— Baiser les portes, sortir, être chassé de la classe, du collège.

Baissant, n. m.

Reflux, jusant. Ex. Nous irons nous baigner au commencement du baissant,

Baissière, n. f.

Enfoncement dans une terre labourée ; l’eau des pluies y est retenue.

Bal, n. m. — Faire le bal, faire beaucoup de tapage.

Bal à gueule, n. m.

Réunion où l’on danse sans musique, au son de la voix, seulement.

Bal à l’huile, n. m.

Réunion où il ne se fait d’autre dépense que l’huile qui sert à éclairer la salle.

Balader (se), v. p.

Marcher en affectant un certain air d’importance. Ex. Voici madame la Pompadour qui passe, se balade-t-elle un peu ?

Baladeuse, n. f.

Femme ou fille qui se balade à travers les rues.

Balai (petit), n. m.

Vergette. Les Montagnais de Tadoussac appelaient le Père jésuite La Brosse la Grande Vergette : le Père avait dû les inspirer lui-même à propos de cette appellation.

Balan, n. m.

— Hésiter, être en suspens. Ex. Je suis en balan si j’irai passer l’été à la campagne.

— Manque de solidité.

— Balancement. Ex. Le balan de la branche l’a fait tomber de l’arbre.

Balancille, n. f. — Balançoire.

Balanciller, v. n. — Se balancer.

Balancine, n. f.

— Balançoire, siège suspendu entre deux cordes et sur lequel on se balance.

— Bascule, longue pièce de bois mise en équilibre sur un point d’appui, et sur laquelle se balancent deux personnes placées aux deux bouts.

Balanciner, v. n. — Se balancer.

Balanner (se), v. pron.

Aller et venir pour se faire voir.

Balcon, n. m.

Berceau entouré de verdure. Espèce de tonnelle.

Balestron, n. m.

Perche qui sert à tendre la voile dans une embarcation.

Balet, balette, n. m.

— Branche de cèdre ou d’épinette dont on fait les balais.

— Aller au balette, aller couper des branches dans les bois pour en fabriquer des balais. Figurément, aller au diable. Ex. Va-t-en au balette, au plus vite.

— Fou comme balette, stupide.

— Cheveux taillés en balet, coupés en carré et un peu long sur la nuque.

Balier, v. a.

Balayer. Ex. Marie, balie la place, c’est-à-dire le parquet. Le Dict. de Trévoux dit : « II ne faut point se servir de ce mot. » Cependant il a toujours été employé, et il l’est encore à Amiens ainsi qu’au Canada.

Balieux, euse, n. et adj. — Balayeur, balayeuse.

Balise, n. f.

— Petit arbre tiré des forêts.

— Erables, sapins, épinettes qui servent à orner les chemins ou les rues à l’occasion de fêtes publiques.

— Petits arbres plantés dans la neige pour guider les voyageurs.

Baliser, v. a.

— Poser des balises le long des chemins et des rues pour une fête nationale, ou pour l’arrivée d’un évêque en tournée pastorale.

— Indiquer le chemin à suivre eu hiver au moyen de balises plantées dans la neige ou dans la glace.

Baliures, n. f. pl. — Balayures, ordures ramassées avec le balai.

  • Ballast, n. m. (m. a.)

— Sable ou pierre concassées qui servent à empierrer les chemins.

— Lest d’un navire.

  • Ballaster, v. a. (Angl.)

Poser des pierres concassées, du sable, du gravier sur les voies ferrées pour maintenir les traverses solides.

Balle, n. f. — Partir raide comme une balle, partir très vite.

Balleux, euse, adj.

Personne qui fréquente assidûment les bals.

Ballon, n. m. — Vaste jupon bouffant, crinoline.

  • Balloune, n. f. — Bulle de savon. Mot anglais, balloon.

Balusse, n. f.

Balustre, (n. m.) Ex. Allez vous agenouiller à la balusse. S’emploie souvent au féminin, bien que balustre soit masculin.

Balustre, n. f.

Balustrade, rangée de balustres unis par une tablette.

Bambocher, v. n.

Faire une vie de débauche, de ripaille. L’Académie ne connaît pas le verbe bambocher, mais bien bamboche, bambochade et bambocheur.

Bambocheur, n. et adj. — Qui bamboche.

Banc, n. m.

— Magistrature. Ex. L’avocat Désy a été appelé à monter sur le banc.

— Cour de justice. Ex. Le banc est au complet. Le petit banc.

— Gradin, tabouret, escabeau.

Banc de brume, n. m. — Brouillard.

Banc de neige, n. m.

Amoncellement de neige occasionné par le vent qui, soulevant la neige, la transporte comme de la poudre : d’où le mot poudrerie. V . ce mot.

Banc-Iit, n. m.

Meuble à double usage. Fermé le jour il sert de siège pour s’asseoir ; ouvert la nuit, on y couche comme dans un lit. Le mot anglais bed, d’usage fréquent, sert bien à distinguer le banc-lit de tout autre meuble.

Bandage, n. m.

Embatage, posage d’une bande de fer qui serre une roue pour la tenir en état.

Bande, n. f.

Corps de musique, de musiciens. Quelques-uns récriminent contre l’emploi du mot bande dans ce sens. Molière a dit : « la bande des musiciens. » Ce mot a dû être importé de France en Angleterre, comme l’a prétendu Blain de Saint-Aubin dans l’Opinion Publique. Le même ajoute que ce mot a été emprunté par les Français aux Italiens.

Il paraît certain que bande, dans le sens de corps de musique, est du bon français, mais, comme le mot a vieilli, il vaut peut-être mieux dire corps de musique, comme on dit aujourd’hui en France.

— Bandage herniaire.

— Avoir de la bande, se dit d’un bâtiment qui penche d’un côté.

— Prendre de la bande, même sens.

Bandelière, n. f. — Bandoulière.

Bander, v. a.

— Armer. Ex. Ton fusil est-il bandé, fais attention ?

— Raidir. Ex. Bande bien serrée la corde de ton arbalète.

  • Bandeur, n. m. (Angl.)

Moulinet ou bâton sur lequel on passe une corde pour la serrer en tordant. De l’anglais binder.

Bang ! int. — Coup. Pif ! Paf ! Pan ! V. Bagne.

  • Bank-note, nôte, (m. a.) Billet de banque.
  • Banne, n. f.

Bande. Ex. Il y aura de la banne, ce soir, sur. la terrasse Dufferin. De l’anglais band.

Banneau, n. m.

— Charrette garnie de planches dont on se sert pour transporter le charbon, les détritus de la rue et des caves. Diminutif de banne.

— Sellette carrée des harnais de travail.

Banque, n. f.

— Crête d’un fossé, d’un canal. Ne vient pas de l’anglais bank, quoique les deux mots comportent la même signification.

— Tire-lire des enfants.

Banqueroute, n. f.

— B. honnête, qui ne nuit pas à la réputation du failli.

— B, frauduleuse, punie par la loi.

Le mot banqueroute signifie faillite et, en France, ne comporte pas de divisions.

  • Banqueter, v. a.

Donner un banquet. Ex. Nous allons banqueter notre nouveau maire. (Angl.) Banqueter signifie prendre part à un banquet.

Banqueteur, n. m.

Celui qui aime à fréquenter les banquets. Ce mot était admis jadis.

Baptême, n. m.

— Voiture qui transporte à l’église ou qui en ramène le parrain, la marraine et l’enfant. Ex. As-tu vu passer le beau baptême ?

— Juron fréquent. Ex. Baptême, que tu m’embêtes !

Baptêmer, v. n.

— Baptiser.

— Blasphémer.

Baptêmeux, n. m. — Qui blasphème à tout propos.

Baptiser, v. a.

— Donner des sobriquets.

— Jeter de l’eau à la figure.

— Couper le lait avec de l’eau.

Baptiste, n. m.

Nom donné à tout Canadien-Français. Ex. Paie, Baptiste !

Baquer, v. a. et n.

— Reculer, céder, lâcher. Ex. Nous allons nous entendre pour tâcher d’arriver au pouvoir, mais ne baque pas.

— Aider. Ex. Je vais te baquer, si tu veux me prendre avec toi pour mener cette affaire à bonne fin.

Baquer n’est pas un anglicisme, comme on l’a écrit. On l’emploie encore dans l’arrondissement de Valognes (France) comme ici pour signifier plier, céder. Backer était français autrefois et signifiait reculer, céder. On a écrit que ce mot vient de l’islandais bagaz qui veut dire être empêché, être changé de position.

Baqueur, n. m.

— Celui qui aide quelqu’un dans une opération financière ou autre.

— Celui qui recule devant les difficultés.

  • Bar, n. f. (m. a.)

— Comptoir de restaurant, de buvette. Ex. Tu me rejoindras à la bar du Frontenac.

— Bar, n. m. En France, le mot bar est masculin et s’emploie dans le même sens qu’ici,

Baranguer, v. n.

Parler à tort et à travers. Expression très usitée autrefois dans la région de Montréal.

Barattée, n. f.

Contenu d’une baratte, avant ou après la confection du beurre. Ex. J’ai à faire une grosse barattée de beurre.

En France, une barattée désigne le liquide qui reste au fond de la baratte quand le beurre en a été extrait.

Barauder, v. a. et n.

— Aller et venir en tous sens. Ex. Les chemins sont glissants, la voiture baraude beaucoup.

— Fureter un peu partout, sans s’arrêter nulle part. Ex. Qu’est-ce que tu baraudes dans le grenier ?

— Remuer un objet massif sur son centre ou de côté, pour le changer de place.

— Flâner, se promener sans but arrêté. Ex. J’ai baraudé dans les rues toute l’après-midi.

Barauder (se), v. pr.

— Se promener sans but arrêté.

— Marcher en se dandinant.

Baraudeux, euse, n. — Baraudeur, euse, qui aime à flâner.

Barbe de Capucin, n. f.

Nigelle de Damas, appelée aussi Cheveux de Venus. Plante d’ornement.

Barbeau, n. m.

— Larve d’œstrides. Ex. Mon cheval est malade, il a des barbeaux.

— Barbeau de cuisine, le kokerlac, appelé caffard en France.

— Tache d’encre, pâté.

— Poisson dont se sert le pêcheur de morue.

Barbeau-volant, n. m

Hanneton.

Barbis, n. f.

Brebis. Ex. C’est la barbis du Bon-Dieu que celui-là.

Barbotte, n. f.

— Poisson, genre des silures, qui ne diffère de la barbue que par sa queue qui est carrée au lieu d’être fourchue.

— Tasse de lait dans laquelle on a mis tremper du pain.

Barbouiller, v. a.

Donner des nausées. Ex. Ce fricot me barbouille le cœur, chaque fois que j’en mange.

Barbouiller (se), v. pr.

Se gâter. Ex. Le temps se barbouille, nous aurons de la pluie bientôt.

Barbue, n. f.

Poisson de nos rivières, de la famille des Siluroïdes. Les savants l’appellent l’ctalarus nigricans.

Bardasser, v. n. — V. Berdasser.

Bardasserie, n. f. — V. Berdasserie.

Bardasseux, n. et adj. — V. Berdasseux.

Bardassier, n. et adj. — V. Berdassier.

Bardatter, v. a.

— Couvrir de bardeaux.

— Poser des bardeaux, (B. P. F.)

Bardeau, n. m.

— Casse de fonte, casseau ; réserve dans laquell e on dépose les caractères d’imprimerie inutiles à raison de leur multiplicité.

— Béret d’universitaire.

— II lui manque un bardeau, il a l’esprit faible.

Bardi-barda, loc. adv.

V. Berdi-barda.

Bardoiser, v. a. — Couvrir de bardeaux.

Bardoller, v. a.

Couvrir de bardeaux, dans le langage des Acadiens.

Barène, n. f.

Marelle, jeu consistant à sauter à cloche-pied dans un rectangle tracé sur le sol et partagé en diverses cases, en poussant d’une case dans l’autre une pierre, un palet.

Barer, v. a.

Donner. Ex. Veux-tu me barer quinze centins pour mon porte-monnaie ?

Bargagner, v. n. — Commercer, trafiquer.

Bargagneux, n. et adj. — Qui se livre à toute espèce de négoces.

Bargaine, n. m.

Marché. Ex. Je viens de faire un beau bargaine. Bargaigne, vieux mot français, signifiait commerce, marché. On trouve bargaïnne.

Bargainer, v. a. et n.

— Commercer, trafiquer, faire du bargaine en général.

— Echanger. Ex. Veux-tu bargainer ta montre avec la mienne ?

Bargou, n. m. — Gruau.

Barguigner, v. n.

— Hésiter, se décider difficilement. Ex. Il n’y a pas à barguigner, il faut que tu me remettes l’argent que je t’ai prêté.

— Marchander. Moi j’achète sans barguigner.

Bar-keeper, kîpeur, (m. a.) — Cabaretier.

Barlan, n. m.

Brelan. Ex. Jouons ce soir au barlan de pommes.

Barley, n. m.

Orge mondé ou perlé. Ex. Ce pain est fait de barley. Barley n’est pas la traduction anglaise d’orge perlé. C’est un mot français par lui-même ; on le trouve dans l’ancien langage français.

Barline, n. f. — V. Berline.

Barloque, n. f. — Breloque. Ex. Une vieille barloque.

Barlot, n. m. — V. Berlot.

Barlue, n. f. — Berlue.

Barnèche, n. f. — Barnache, oie marine, à bec court et menu.

Barniques, n. f. pl. — V. Berniques.

Barouche, n. f.

— Voiture de famille, participant à la fois du caractère du carrosse et de la malle-poste.

— Vieille voiture.

— Toute chose vieille, hors de service.

Barouette, n. f. — Brouette.

Barouettée, n. f. — Brouettée.

Barrabas à la Passion.

Etre connu comme Barrabas à la Passion, être connu de tout le monde. Dicton conservé par le patois normand.

  • Barrack, (m. a.) — Caserne.

Barre à tonnerre, n. f. — Paratonnerre.

Barre du cou, n. f.

Cou. Ex. Si tu ne te tiens pas tranquille, je vais te casser la barre du cou.

Barre du jour, n. f.

Point du jour. Allusion au pâle sillage qui paraît à l’hori zon, aux premiers feux de l’aurore.

Barreau, n. m.

Trictrac. Ex. Maintenant que nous sommes tannés de jouer aux dames, faisons une couple de parties de barreau.

Barreauter, v. a. — Poser des barreaux.

Barreautin, n. m.

Petit barreau, diminutif de barreau. Barreaux qui unissent la rampe aux degrés d’un escalier de bois.

  • Bar-room, (roum) (m. a.) — Buvette, estaminet.

Barres (jouer aux), loc.

Jeu de course pour enfants.

Barré, adj.

Tacheté, bigarré. Ex. Voilà une belle vache barrée. D’où le nom de barrette donné souvent aux vaches barrées.

  • Barrenn’se, Q. f. — V. Barène. Ex. Jouer à la barrenn’se.

Barrer, v. a.

Fermer à clef, au moyen d’une serrure ou d’un cadenas. Ex. Barre la porte, barre la valise, barre la commode, etc.

Barrettée, n. f.

Le contenu d’une barrette. Dans certaines églises de campagne, on faisait autrefois la collecte au moyen d’une barrette.

Barrique, n. f.

— Ivrogne invétéré, dont l’haleine rappelle l’odeur qui s’échappe d’une barrique vide de liqueur forte.

— Plein comme une barrique, ivre.

Barrure, n. f.

Carré où l’on attache les chevaux et les vaches dans les écuries.

Bas, n. m.

Pas, le seuil. Ex. Le bas de la porte est tout usé, il faudra y voir.

Bas-côté, n. m.

Appentis, petit bâtiment adossé contre un grand.

Bas-de-soie, n. m. — Sobriquet donné aux Irlandais.

Bas-percé, n. m. — Dépensier, qui n’a jamais le sou.

Bas (descendre en), loc.

— Aller dans un étage inférieur. Ex. Descends en bas me chercher mon chapeau.

— Aller dans le bas du fleuve. Ex. Vas-tu descendre en bas dans le courant de l’été ?

Bascule (donner la), loc.

Jeu d’enfants qui consiste à saisir la victime désignée d’avance et à lui frapper le dos sur un mur autant de fois qu’elle a d’années révolues. C’est une manière de célébrer les anniversaires de naissance parmi nos collégiens.

Basculer, v. a.

— Renverser un véhicule mobile sur son axe.

— Se faire rouler d’un côté ou d’un autre au milieu d’une foule remuante.

  • Baseball, n. m. bése-bâle, (m. a.)

Balle aux champs. Ex. Le jeu de baseball est très en vogue par le temps qui court.

  • Basement, n. m. bèsemènte, (m. a.)

Soubassement, sous-sol.

Basir, v. n. — Disparaître, être perdu.

  • Basse-carte, n. f.

Corruption de l’anglais post-card, carte-postale.

Bassine, n. f.

Urinal, vase à col relevé où les malades urinent.

Bassinée, n. f.

Contenu d’une bassine.

Bastinguer, v. a. — Battre.

Bastonais, n. m.

Bostonais, citoyen de la ville de Boston. Sous le régime français les Bastonais, c’est-à-dire les Anglais de la Nouvelle-Angleterre, étaient fort redoutés de nos Canadiens.

  • Bat, batte, n. m. (m. a.) — Crosse, battoir, bâton, maillet.

Bataclan, n. m.

Attirail, ameublement. Ex. Prends ton bataclan et quitte ma maison.

Bataclan, d’après Timmermans, voudrait dire moulin faisant claquer son traquet, dit batacle, d’où par métaphore, train, remue-ménage, branlebas.

  • Batch, n. f. (m. a.) — Fournée, tas.

Batèche. — Juron très répandu dans le peuple.

Bâtiments, n. m. pl.

Ecuries, granges. Ex. Cours vite aux bâtiments atteler la grise.

Bâtir, v. a.

Construire pour l’usage de quelqu’un. Ex. C’est l’entrepreneur Laroche qui va bâtir monsieur Larochelle.

Bâtir, v. n.

— Fortement charpenté. Ex. Cet homme est bien bâti, il doit être fort comme un cheval.

— Prendre de l’embonpoint. Ex. As-tu rencontré Henri, il commence à bâtir.

Bâtir (se), v. pron.

Construire une maison, une résidence. Ex. M. le curé va se bâtir pour se mettre chez lui quand il abandonnera sa cure.

Bâtisse, n. f.

Bâtiment, édifice. Ex. Les bâtisses du parlement viennent de passer au feu.

Bâtisse (jouer à la), loc.

Jeu de carte très en vogue chez les tout petits enfants. Ils se bâtissent en or, en argent, etc., etc.

Batiste, n. f.

Lustrine. La batiste est une toile très fine, d’un tissu très serré ; elle diffère de la lustrine, tissu de coton employé pour la doublure des vêtements.

Bat-le-diable, n. m.

Individu plein de ressources et dangereux de toute façon.

Bâton-bleu, n. m. — Connétable, suisse.

Bâton-de-crême, n. m. — Bâton de sucre.

Bâton (tour du), n. m.

Tour de bâton, profit illicite. D’après Borel, cette expression serait formée de bas et ton, parce que lorsqu’on veut faire un gain injuste on ne le dit qu’à voix basse (d’un bas ton) à l’oreille des personnes qu’on met dans ses intérêts.

Battable, adj.

Qui peut être surpassé en valeur, en qualité. Ex. Voici un gas qui n’est pas battable.

Batte-feu, n. m.

— Briquet.

— Individu remuant.

Batterie, n. f.

Partie d’une grange où l’on bat les grains, les céréales au moyen du fléau.

Batteur-de-faux, n. m.

Oiseau qui, à l’époque de la fenaison, fait entendre un chant comparable au son que retire le faucheur de sa faux en l’aiguisant.

Battée, n. f.

— Grande quantité. Ex. Y avait-il beaucoup de monde à l’assemblée ? Oui, il y en avait une battée.

— Chaudronnée. Ex. Je viens de terminer une battée de savon, de sucre.

— Airée, nombre de gerbes qui peuvent être battues d’une seule fois.

Batteux, n. m. — Machine pour battre le blé.

Battois, n. m.

Battoir, instrument avec lequel on bat le linge.

Battoué, n. m. — Battoir.

Battouète, n. m. — Battoir.

Battre, v. a.

— Remuer. Ex. Empêche donc la porte de battre au vent.

— Battre à plate couture, remporter une victoire complète.

— Battre la campagne, délirer, déraisonner : jeu de phrase pour battre la campane, carillonner.

— Battre le blé, égrener les épis en les frappant.

— Battre comme blé, battre sans se lasser.

— Battre quatre as, ne pouvoir être surpassé.

— Battre la comète, même sens.

— Le diable bat sa femme, le soleil luit à travers un ciel pluvieux.

Battre (se), v. pron.

— Se battre la gueule, se dit d’un individu qui discourt longuement et à tue-tête. On devrait dire se battre de gueule.

— Se battre les flancs, cherche à se donner du courage.

Battu, part. pas. de battre.

— Etre malade. Ex. Cet homme est battu du rhumatisme.

— Etre surpassé en qualité. Ex. Ici l’on vend des huîtres qui ne sont pas battues.

Batture, n. f.

— Rivage laissé à découvert à la marée basse. Ex. La batture aux loups-marins.

— Glace formée sur les rives du fleuve.

Bauche, n. f.

— Course très vive. Ex. Mon cheval a fait dix lieues d’une seule bauche.

— Travail rapide, dans un temps limité.

— Course entre hommes. Ex. Veux-tu tirer une bauche avec moi.

Baucher, v. n.

— Courir vite. Ex. Nos chevaux ont lutté de vitesse, je t’assure que ça bauchait.

— Travailler vite.

— Courir pour s’amuser. Ex. Veux-tu que nous bauchions tous deux ?

Baudet, n. m.

Lit de sangle. Ex. De mon temps, au collège, nous couchions sur des baudets.

Baume, n. m.

Pimprenelle, plante aromatique qui croît sur le bord des chemins.

Baume du Canada, n. m.

Baumier de Giléad ; c’est la gomme de sapin, dont on faisait autrefois une térébenthine en usage dans la peinture et le vernis.

Bavaloise, n. f.

Pont de culotte, dite à la bavaloise ou bavaroise. Ce mot indiquerait que la mode en a été empruntée à la Bavière. Bavaroise se dit également.

Bavardement, n. m. — Bavardage.

Bavassage, n. m. — Bavardage.

Bavassement, n. m.

— Bavardage. Ex. Encore une affaire qui va soulever des bavassements à n’en plus finir.

— Propos désobligeants.

Bavasser, v. n.

— Bavarder. Ex. Quel homme dangereux ? Il bavasse à la grande journée.

— Dénoncer, faire des rapports. Ex. Cet écolier passe son temps à bavasser au maître.

Bavasserie, n. f.

— Bavarderie.

— Rapport, dénonciation.

Bavasseux, euse, n. et adj.

— Bavard, qui aime à parler.

— Rapporteur.

Baver sur quelqu’un, loc.

— Dire du mal de quelqu’un.

Bavures, n. f. pl. — Bave, matières vomies.

  • Bay rhum, n. m., bé-rome, (m. a.)

Lotion alcoolique pour les cheveux.

  • Bay-window, (m. a.) — V. Bow-window.

Bazir, v. n. — Disparaître. Expression acadienne.

  • Beam, bîme, (m. a.) — Poutre.
  • Bean, bîne, (m. a.)

Haricot. Ex. Aimes-tu les beans, toi ? Oui, les beans au lard.

  • Beater, bîter, v. a. (Angl.) — Surpasser, l’emporter. V. Biter.

Béatis, n. m. pl.

Béatilles. Petits morceaux de viande, rejetés dans l’apprêt des mets, et dont tire parti une économie bien entendue.

Beauté (une), n. f.

— Beaucoup mieux. Ex. Pierre écrit une beauté mieux que Jean.

— Un grand nombre. Ex. Y avait-il beaucoup de monde au concert ? Il y en avait une beauté.

  • Beaver, n. m., biveur. (Angl.)

Chapeau de castor, haut de forme.

Bébelle, n. f.

— Jouets d’enfants. Ex. Voici le jour de l’an qui approche, nous allons visiter un magasin de bébelles.

— Histoires. Ex. Ne me fais pas de bêbelles.

Bébelleries, n. f. pl. — Jouets d’enfant.

Bec, n. m.

Gibier. Expression usitée par les chasseurs pour déplorer l’absence du gibier. Ex. Pas un bec aujourd’hui.

— Donner un bec, un baiser.

— Taire son bec, cesser de parler.

— Se rincer le bec, le gosier.

— Cela m’a passé devant le bec, cela m’a été refusé, j’ai manqué l’occasion.

— Un chapeau à bec, chapeau fermé.

— S’affiler le bec pour parler, se préparer à faire un discours.

— Faire le gros bec, montrer de la répugnance à faire une chose.

— Tomber le bec à l’eau, rater une affaire.

— Avoir du bec, de la jasette.

— Avoir le bec carré, avoir de la difficulté à parler, à raison du froid qui a raidi les muscles de la mâchoire.

Bec de corneille, n. m.

Petite moule comestible, de forme allongée, et dont la coquille ressemble au bec de la corneille, d’où son nom.

Becco (de), adv.

De trop peu, de moins qu’il ne faut. Ex. Voici un bas de becco, dépareillé. Locution très usitée dans le comté de Kamouraska ; vient du Perche. On entend dire souvent de bécotte, et beccotte, un bas bécotte.

Bec-fin, n. m.

Personne qui fait la grimace sur tous les mets qu’on lui sert.

Bec-sucré, n. m.

— Bouche mielleuse.

— Personne qui aime beaucoup le sucre.

Bèché, adj. — Eclos. Ex. Mes poulets sont tous bèchés.

Bécher, v. a. — Becqueter.

Bèchetée, n. f. — Le contenu d’une bèche.

Bêcher, v. n.

Tomber la tête la première. Ex. Prends garde de bêcher en courant trop vite.

  • Bécouite, n. m. (Angl.) — De l’anglais buckwheat, sarrasin.

Becquer, v. a. — Becqueter. Ex. Becque-moi, mon petit.

Bec-scie, n. m. — Harle d’Amérique.

  • Bed, n. m., (m. a.)

Banc-lit. Ex. Toi, tu coucheras ce soir dans le bed. V. Banc-lit.

Béda, n. m. — Cochon mâle. Expression acadienne.

Bédainer, v. n. — Bedonner, prendre du ventre.

Bedonner, v. n. — Prendre du ventre. Français familier.

Bédame, bindame.

Mais. Ex. Aimes-tu cela ? Bindame, ça dépend.

Bédâne, n. m.

Bec-d’âne, outil tranchant de charron, de menuisier, pour creuser des mortaises.

  • Bedder, v. a. (Angl.)

— Poser. Ex. Bedder une vitre.

— Asseoir, fixer. Ex. Bedder une pierre sur son lit de mortier. (B. P. F.)

Bedeau, n. m.

— Faire quelque chose en bedeau, travailler avec soin.

— Le trou du bedeau, la fosse dans un cimetière.

  • Bee, bi, n. m. (m. a.)

Corvée. Ex. Faisons un bee pour éplucher du blé d’Inde.

Béguer, v. a. — Bégayer.

Bégueux, n. m. etadj. — Bégayeux.

Beigne, n. m. — Beignet.

Beignet, adj. et n.

Benêt, homme peu intelligent. Ex. Les Beignets de Sainte-Rose. Sobriquet tombé en désuétude.

Belle (en), loc.

— Avoir en belle, avoir beau jeu, être situé favorablement pour faire une chose. Ex. Tu as en belle, sauve-toi.

— Prendre son en belle, saisir l’occasion favorable. Ex. Je saurai bien prendre mon en belle, quand l’occasion se pré sentera.

Nous disons encore attendre son en belle, pour signifier la même chose. M. Chauveau, dans les Notes qui suivent ses Légendes, écrit : « Embellie est un terme de marine, c’est un changement favorable dans le temps, dans l’atmosphère ; on profite d’une embellie pour mettre à la voile. De là peut-être l’avoir embelle ou avoir embelle. » Il est plus rationnel de croire que, dans, le cas présent, belle est substitué à beau, avoir belle pour av oir beau.

Belle (avoir) loc. — Avoir beau.

Belle (faire la), loc.

Enfant que l’on fait tenir debout avant qu’il ait appris à marcher. Se dit aussi d’un chien que l’on fait asseoir sur son train de derrière.

Belle (paru), loc.

Echappé belle. Ex. Je l’ai paru belle.

Belle-Angélique, n. f.

Plante aromatique cultivée dans nos jardins.

Belle heure, loc.

Longtemps. Ex. Il y a belle heure que je suis arrivé.

Belle heure (à), loc.

Heure indue. Ex. Tu arrives à belle heure, toi.

Béloné, n. m. — Gros saucisson.

Beluet, n. m. — Bluet.

Belzamine, n. f. — Balsamine.

Ben, adv.

Bien. Ex. Nous sommes ben ici, restons-y.

Bénane, n. f. — Banane.

Bénifice, n. m. — Bénéfice.

Béniquer, n. m. — Bénitier.

Bénissoué, n. m.

Goupillon. Ex. M. le curé nous a bénis avec son bénissoué.

Ber, bers, n. m.

Berceau. Quelques-uns ont cru que le mot ber était une corruption de l’anglais bar. Le Dr Devron a écrit dans les Comptes rendus de l’Athénée Louisianais (janvier I888), que ce mot est usité en Louisiane dans le sens de berceau, et il cite les Mémoires de la Mère Tranchepain, l’une des premières religieuses ursulines fixées à la Nouvelle-Orléans, pour faire voir qu’elle a été importée de France. Le docteur écrit ber et non pas bers. Cependant on trouve bers dans le Roman de la Rose pour signifier berceau.

Berçante, n. f. — Berceuse.

Berceau, n. m.

— Partie d’une charretée de foin, du fond de la charrette à la hauteur des ridelles.

— Tonnelle en verdure. Ex. Allons nous mettre à l’ombre dans le berceau, au fond du jardin.

Berceuse, n. f.

Chaise berceuse. Ex. La berceuse de ma grand’mère.

Berdas, n. m.

— Nettoyage, ménage de maison. Ex. As-tu fait ton berdas, ce matin ?

— Bruit, tapage. Ex. Quel berdas est ça ! j’ai la tête cassée.

— Série confuse. Ex. J’ai fait des berdas de rêves la nuit dernière

Le mot berdas, d’après M. de Gerville, veut dire bavardage. Il existait pendant les anciens États de Rennes une société où se réunissaient tous les nobles des deux sexes pour causer et parler politique, d’où est venu le mot berdasse,

Berdassement, n. m. — Bruit ennuyeux.

Berdasser, v. a. et n.

— Faire le ménage. Ex. J’ai une servante qui n’est bonne qu’à berdasser, elle ne sait pas faire la cuisine.

— Vaquer à des travaux de peu d’importance. Ex. Quand tu auras fini de berdasser, nous nous mettrons à l’ouvrage.

— Se faire secouer. Ex. J’arrive de Lorette, je me suis fait berdasser dans des chemins affreux.

— Inquiéter, tracasser. Ex. J’ai quelque chose qui me berdasse.

— Disputer. Ex. Si je peux lui mettre la main sur le corps, je vas le berdasser à mon goût.

— Faire du bruit. Ex. Achève donc de berdasser, tu me fatigues.

Berdasserie, n. f.

V. Berdassement.

Berdasseux, adj. et n.

V. Berdassier.

Berdassier, n. et adj.

— Celui qui fait plus de bruit que de besogne.

— Celui qui fait toute espèce de métiers.

— Celui qui se mêle des affaires des autres.

— Chicanier.

Berdi-Berda, n. m.

— Grand bruit. Ex. Quel berdi-berda ! On ne se comprend plus.

— Désordre. Ex. J’ai eu beau chercher dans ma valise, je ne trouve rien, c’est un berdi-berda où une chatte perdrait ses petits.

Berdouiller, v. a.

Bredouiller. Ex. Qu’est-ce que tu berdouilles là ?

Bergamaux, n. m. pl.

Lisières d’écorces de bouleau.

Berlan, n. m. — Brelan.

Berlander, v. n.

— Flâner, fainéanter. Ex. Qu’est-ce que tu berlandes là ?

— Dire des balivernes. Ex. Berlander du matin au soir.

— Hésiter. Ex. Il n’y a pas à berlander, il faut s’exécuter.

Berlandeux, n. et adj.

— Fainéant.

— Indécis.

Berline, n. f.

Voiture propre aux boulangers pour transporter leurs pains.

Berloque, n. f.

Breloque. S’entend ordinairement d’une montre de peu de valeur.

Berlot, n. m. — Voiture d’hiver plus légère que la carriole.

Berniques, n. f. pl. — Lunettes, bésicles.

Berouette, n. f. — Brouette.

Bérouettée, n. f. — Brouettée, la charge d’une brouette.

Bertelles, n. f. pl. — Bretelles.

Bésique, n. m.

Bésigue, jeu de cartes qui se joue à deux, trois ou quatre joueurs, avec deux, trois ou quatre jeux de trente-deux cartes.

Besoin (de), loc.

Besoin. Ex. Prête-moi ton canif, j’en ai de besoin.

Besoin (pour son), loc.

Pour son usage. Ex. C’est vrai que j’ai beaucoup de papier, mais j’en ai pour mon besoin seulement.

Besson, ne, n. et adj.

Jumeau, jumelle. Le Dict. de l’Académie dit que ce mot a vieilli, mais il s’emploie toujours, en France comme en Canada.

  • Best, adj. (m. a.)

Le meilleur. Ex. Nous sommes quatre bons joueurs, mais c’est toi, Louis, qui est le best.

Bestage, n. m. — Habitude de bester.

Bester, v. n.

Avoir beaucoup d’affection pour une personne du même sexe que soi. (B. P. F.)

Besteux, adj. — Qui a l’habitude de bester.

Bêtas, bêtasse, adj.

Bête, imbécile. Ex. Un gros bêtas.

Bêtassement, adv. — Bêtement.

Bête, n. f,

— Bête comme ses pieds, très bête.

— Bête à manger de l’herbe, très bête.

— Bête à coucher dehors, sot.

— Une bonne bête, un bonasse.

— Bête comme un chou, imbécile.

— Rester bête, éprouver une surprise qui donne un air bête.

— Faire la bête, simuler le manque d’intelligence.

Bêtement, adv.

Très, beaucoup. Ex. Je me suis coupé bêtement.

Bête puante, n. f.

Moufette. C’est l’enfant du diable mentionné par nos premiers missionnaires.

Bétille, n. f. — Béquille.

Bêtise, n. f.

— Sottise. Ex. Ne fais pas la bêtise d’aller sur l’eau par un temps pareil.

— Insulte. Ex. Il m’a chanté un tas de bêtises.

Bêtiser, v. n. — Dire des bêtises.

Bêtiseux, n. et adj.

Homme qui tient des propos plutôt malséants.

Bétôt, adv. — Bientôt. Ex. Tu viendras bétôt.

Bette, n. f.

Betterave. Ex. Des bettes à vache, des bettes rouges.

  • Better, v. a. (Angl.)

Parier, gager. Ex. Je bette avec toi cinq piastres contre une.

Beu, n. m.

Bœuf. Ex. Des souliers de beu. Ma foi de beu.

Beugler, v. n.

Chanter très fort. Ex. Nous avons un chantre à l’église qui chante bien, mais il beugle beaucoup trop.

Beurdas, n. m. — Berdas. V. ce mot.

Beurdasser, v. n. — Berdasser.

  • Beurneur, n. m. (Angl.) — Brûleur, bec de lampe.

Beurre de mai, n. m.

Beurre fabriqué en mai. Ce beurre aurait, dit-on, la propriété de guérir les plaies, les ulcères. En France, on prépare ce beurre avec du sel, on l’étend sur un morceau de toile qui prend alors le nom de toile de mai, et que l’on conserve toute l’année. La même coutume existe ici.

Beurrée, n. f.

Tranche de pain recouverte de beurre, de confitures, etc. Ex. Une beurrée de beurre (pléonasme), une beurrée de confitures (impropre).

Beurrer, v. a.

— Flatter. Ex. Tu n’as pas besoin de vouloir me beurrer, tu n’obtiendras rien de moi.

— Tacher. Ex. J’ai tout le visage beurré de sirop.

— Etendre sur un corps quelconque une substance grasse. Ex. Beurrer de la graisse ou du beurre sur du pain.

Beurrerie, n. f. — Fabrique de beurre.

Beurrette, n. f. — Petite beurrée.

Biais (sur le), loc. adv.

En biais, d’une manière oblique. Ex. Tu poseras cette étoffe sur le biais.

Bibelot, n. m.

Amas confus d’objets réunis ensemble. Ex. Quel tas de bibelots ? Débarasse-moi de cela au plus vite.

Bibelotage, n. m.

Action d’amasser des bibelots. Ex. Cesse donc de faire du bibelotage, tu t’encombres inutilement.

Bibite, n. f.

— Insectes et petits animaux de rang inférieur. Ex. Cette maison fourmille de bibites. Avoir des bibites dans les cheveux.

— Froid. Ex. J’ai la bibite aux doigts.

— Individu suspect. Ex. Je t’assure que c’est une vilaine bibite que ce garçon.

Biblothécaire, n. m. — Bibliothécaire.

Biblothèque, n. f. — Bibliothèque.

Bic en blanc (de), loc. adv. — De but en blanc.

Bicher, v. a. — Embrasser.

Bicler, v. a. — Regarder du coin de l’œil.

Bicleux, euse, n. — Qui bicle.

  • Bicouite, (Angl.) — De l’anglais buckwheat, sarrasin.

Bidette, n. m. — Flandrin.

Bien, adv. et n.

— Correct sous tous rapports. Ex. Tu connais Moïse, n’est-ce pas que c’est un homme bien ?

— Juste. Ex. L’horloge est-elle bien ?

Bière (petite), n. f.

Chose de peu de valeur. Ex. Ce gars ne vaut pas grand’-chose, en somme c’est de la. petite bière,

  • Bifsteck, n. m. (Angl.)

Bifteck. Tranche de bœuf grillée ou cuite à la poêle.

Biger, v. a. — Embrasser, baiser. (B. P. F.)

  • Bigne ! bagne !

Pif, paf ; onomotapée exprimant un bruit éclatant. Bang est anglais.

Bigre, n. m.

Bougre. Ex. Quel bigre d’enfant ! il mérite le fouet. Bigre ! c’est sérieux !

Bigrement, adv.

Bougrement, extrêmement. Ex. Cet homme est bigrement fort.

Bijouetter, v. a.

— Biseauter. Ex. Nous mettrons des vitres bijouettées à la porte.

— Bécheveter, mettre tête-bêche.

Bijouettre, v. a. — Bécheveter. (B. P. F.)

Bileux, euse, adj. — Bilieux.

Bill, n. m.

— Projet de loi. Ex. J’ai un bill à présenter à la chambre.

— Compte, note. Ex. Prépare ton bill, si tu veux être payé.

— Billet de banque. Ex. Un bill de cinquante piastres.

— Affiche, pancarte. Ex. Poster un bill,

— Menu, bill of fare.

— Connaissement, bill of lading.

— Acte d’accusation, true bill.

— Lettre de change, bill of exchange.

— Billet à vue, bill at sight.

Bille de billard, n. f. — Tête chauve.

Bille de bois, n. f. — Bûche de bois.

  • Biller, v. a. (Angl.)

Poser un bulletin d’expédition. Ex. Voulez-vous biller ma valise pour Cacouna ?

— Facturer. Ex. Biller des caisses de marchandises.

Billet promissoire, n. m. — Billet à terme.

Billotte, n. m.

— Billot.

— Bille, pièce de bois rond d’une longueur régulière, qui sert à hacher la viande.

— Etre prêt à mettre son cou sur le billotte, être sûr d’une chose au point de risquer sa tête.

Bin, adv. — Bien.

Biner, v. n.

Lâcher prise, renoncer à une affaire.

Bindame oui, bindame non.

Expression qui indique une grande hésitation à répondre à une question. Ex. As-tu fait cela ? Bindame oui, bindame non.

Binette, n. f.

Tête, visage. Ex. Quelle drôle de binette ? Binet était un perruquier célèbre au XVIIe siècle.

Binheureux, adj. — Bienheureux.

Bisc-en-coin (de), adv.

De travers, de biais. Ex. Ne me regarde pas de bise-en-coin.

En France on trouve bisacoin, bicacoin, en zigzag.

Biorque, n. m. — Couac. V. ce mot.

Birgitté, e, adj.

Brigitté. Ex. Un chapelet birgitté.

Biscotin, n. m. — Petit biscuit.

Biscuit de matelot, n. m. — Biscuit de mer.

Biscuit (faire le), loc.

Réduire à l’impuissance. Ex. Laisse-moi, je vais lui faire son biscuit en pas grand temps.

  • Bisdille, n. f.

Maldonne. Corruption du mot anglais misdeal. V. Misdille.

Bisque, n. f.

Farine de blé délayée avec de l’eau, et mangée cuite, forme un plat très peu appétissant. Il y a, en France, une bisque qui est un potage fait avec du coulis d’écrevisses.

Bisque en coin (de), loc. — D’un coin à l’autre.

Bisquer, v. a. — Faire endêver.

Bistringue, n. f.

Bastringue. Ex. Danser la bistringue.

  • Bit, n. f., (m. a.)

Morceau, peu. Ex. Tu veux du pain, tu n’en auras pas une bit.

  • Biter, v. a. (Angl.)

Surpasser. Ex. Hein, mon cher, cela te bite.

  • Bitters, — teursse, n. m., (m. a.)

Bitter. Ex. Je viens de prendre un bon bitters.

  • Black-ball, n. m., (m. a.)

Cirage en boule ou en boîte. Nous disons aussi black-bol.

  • Black and tan, annd-tanne, (m. a.)

Chien à peau noire et brune. Ex. Que voilà un beau petit black and tan !

Blackbouler, v. a.

— Rouler. Ex. Cet individu s’est fait blackbouler comme il méritait.

— Bloquer. Ex. Je me suis fait blackbouler à mon examen de terme par le docteur Sanguinet.

  • Black eye, aïe, (m. a.)

Œil poché. Ex. Tu as le tour des yeux noirs, as-tu reçu une black eye ?

  • Blackguard, blaggarde, (m. a.) — Polisson, voyou,
  • Black-hole, hôle, (m. a.)

Cachot. Ex. Coucher au black-hole.

Black-moon, moune, n. f., (m. a.)

A l’anglaise (T. de jeu de balle). Cet écolier a une belle black-moon.

Blague, n. f.

Bavardage de fanfaron. Ex. Ce que tu me dis là, ça sent la blague. L’origine semble venir du fait que la blague des fumeurs a souvent l’air d’une bourse bien garnie. Cependant elle ne renferme que du tabac.

Blaguer le service, loc.

— Ne pas s’occuper d’une affaire, bien qu’on s’en soit chargé.

— Fausser la vérité.

Blanc, n. m.

— Document qui renferme des phrases imprimées et des parties non imprimées qu’il faut remplir à la plume. Ex. Blanc de billet, blanc de chèque. (Angl.)

— Mettre du blanc, augmenter le nombre des interlignes, (terme d’imprimerie).

Blanc de cirusse, n. m. — Blanc de céruse.

Blanc d’Espagne, n. m. — Craie.

Blanc-mange, n. m. — Blanc-manger.

Blanchissoir, n. m.

Espèce de pinceau dont on se sert pour blanchir les murs des maisons et des granges avec de la chaux.

Blanchissoué, n. m. — Blanchissoir.

  • Blank, (m. a.) — Formule en blanc.

Blasphémer, v. a.

Outrager. Ex. Ce misérable m’a blasphémé.

Blé d’Inde, n. m.

— Maïs. Ex. Un épi de blé d’Inde.

— Réprimande sévère. Ex. Je lui ai fait manger un bon blé d’Inde.

— Affront, insulte.

Blémichon, n. m. — Petit garçon très pâle.

Bleu, n. m. et adj.

— Ecchymose.

— Indigo. Ex. Veux-tu passer ce linge au bleu.

— Partisan d’une fraction politique dite des bleus, des conservateurs.

— Flambé, coulé. Ex. Notre ancien maire est coulé, il est bleu connue la poule à Simon.

— Terrible. Ex. Jean a eu une colère bleue. Pierre a eu une peur bleue.

Bleuet, n. m. — Bluet.

Bleusir, v. a. — Bleuir, faire devenir bleu.

Bleuvir, v. a. — Bleuir.

  • Blind, blaïnn’de, (m. a.) — Abat-jour, persienne.

Blinder, v. n.

Protéger. Ex. Je suis blindé contre toutes les attaques qui pourraient m’être adressées.

  • Blizzard, n. m. (m. a.)

Forte tempête de vent et de neige.

Bloc, n. m.

— Pâté, îlot. Ex. Un Bloc de maisons.

— Glaçon. Ex. Un bloc de glace.

  • Blocade, n. f. (Angl.) — Action de bloquer.

Blond, adj.

Bai-clair. Ex. Mon cheval est d’un beau blond. As-tu rencontré le blond à François Laroute ?

Blonde, n. f.

Jeune fille courtisée. Ex. Ce soir je vais aller voir ma blonde. Ce mot s’emploie sans distinction de la couleur des cheveux ou de la peau de la jeune fille. Il existe une chanson où, après avoir fait le portrait d’une brune, l’amoureux ajoute qu’il en fera une blonde.

Blondet, adj. — Diminutif de blond.

Blondinet-, v. n. — Blondir.

  • Blood, n. m. (bleude), (m. a.)

Homme courageux, sur lequel on peut compter. Ex. Qu’est-ce que tu penses d’un tel ? Un tel, mais c’est un vrai blood.

Bloquer, v. a. et n.

— Enrayer. Ex. Nous étions à deux milles de la ville, lorsqu’une de nos roues a bloqué.

— Subir un échec. Ex. Imagine-toi donc que je viens de bloquer mon examen de baccalauréat.

— Arrêter par la neige. Ex. Un train bloqué.

— Se dit du fait de remplacer provisoirement une lettre pour éviter le parcourement. Nos imprimeurs se servent également du mot virer.

  • Blotting, n. m. (m. a.) — Papier buvard.
  • Bloumersses, n. m. pl. (Angl.) — Pantalons de femmes et d’enfants durant la saison d’hiver.

Blouse, n. f.

— Veston, pardessus.

— Réprimande.

  • Blue book, n. m. (blou bouc), (m. a.)

Livre bleu, qui contient les documents parlementaires. Le mot bleu vient de ce qu’en Angleterre, les livres qui contiennent les documents diplomatiques portent une couverture bleue.

  • Blue nose, (blou nôse), (m. a.)

Habitant des Provinces Maritimes d’origine anglaise ou écossaise.

Bluet, n. m.

Airelle du Canada. Fruit à confitures très commun dans la Province de Québec. La croquette et la pomme de terre sont deux variétés d’airelle. V. ces mots.

  • Bluff, n. m., bloff, (m. a.)

— Parole ou action propre à intimider ou à provoquer l’illusion.

— Poker. Ex. Jouons au bluff.

  • Bluffer, v. a. (Angl.) — Illusionner.
  • Bluffeur, n. m. (Angl.) — Qui bluffe.

Bob (passer au), loc.

Infliger une leçon sévère. Le mot anglais bob dans cette locution, signifie coup, tape.

  • Bodkin, (bode-kine), n. m., (m. a.)

Pointe. Outil dont se servent les imprimeurs pour la correction.

Bœuf, empl. adj.

Complet, parfait. Ex. Il a eu un succès bœuf.

Bœuf de garde, n. m.

Taureau. Expression acadienne.

Bœuf de soupe, n. m. — Bouilli.

Bogane, n. f. — Ruisseau, flaque d’eau.

Boile, n. f. — Cuveau pour laver le linge.

Bois, n. m.

Corps. Ex. C’est un monsieur qui porte bien son bois.

— De quel bois cet homme se chauffe-t-il ? Quelle espèce d’homme est-ce ?

Bois (aller au), loc.

Aller chercher du bois dans la forêt. Ex. Mon père est parti ce matin pour aller au bois, il reviendra rien qu’à, soir.

Bois barré, n. m. — Erable jaspé, appelé aussi bois noir.

Bois blanc, n. m.

Tilleul d’Amérique. Le bois blanc désigne d’une manière générale tous les bois à fibre blanche, comme le tremble, le peuplier, etc.

Bois-Brûlé, n. m.

Métis de sauvage et de blanc, habitant le Nord-Ouest du Canada.

Bois debout, n. m.

Terre boisée. Ex. Je viens d’acheter une terre en bois debout.

Bois de calumet, n. m. Cornouiller à feuilles arrondies. Les sauvages se servent de la tige pour faire des tuyaux de calumet, après en avoir enlevé la moelle.

Bois de Calvaire, n. m.

Bois précieux. Ex. Cet individu n’est certainement pas du bois de Calvaire, c’est-à-dire qu’il est loin d’être un homme de valeur.

Bois de corde, n. m.

Bois de chauffage. Ex. J’ai acheté tout mon bois de corde, j’en ai pour l’hiver. Autrefois, en France, pour mesurer le bois, on plantait quatre pieux en formant un carré de huit pieds de côté ; et comme les dimensions de cette mesure se prenaient avec une corde, on appela corde la quantité de bois qu’elle pouvait contenir, bois de corde, le bois de chauffage qui se débitait à la dite mesure. Telle est l’origine de l’expression bois de corde.

Bois de fer, n. m.

Bois très dur dont on se sert pour faire des essieux, des outils. On le rencontre au Cap Tourmente, près de Québec.

Bois de lune, n. m.

— Arbustes coupés la nuit, dans les bois autour de Québec, par des maraudeurs.

— Se chauffer avec du bois de lune, avec du bois volé durant la nuit.

Bois de Mai, n. m.

Aubépine commune, utilisée pour les haies. On l’appelle encore Epine blanche.

Bois de Malte, n. m.

Aulne blanche.

Bois de plomb, n. m.

Appelé aussi bois-cuir. Arbrisseau commun dans Nicolet.

Bois des Iles, n. m.

Bois de Campêche, employé pour teindre en rouge.

Bois d’orignal, n. m. — Viorne.

Bois de poêle, n. m. — Bois de chauffage.

Bois franc, n. m.

— Bois dur, y compris l’érable, l’orme, le merisier, le noyer, etc.

— Bois des arbres à feuilles caduques.

Bois francs, n. m. pl.

— Forêts de bois durs.

— Région appelée aussi Cantons de l’Est, où le bois franc est en abondance.

Bois mou, n. m.

— Bois blanc, tendre, léger, comme l’épinette, le sapin, etc.

— Bois des arbres à feuilles persistantes.

Boisage, n. m. — Boiserie.

Boisées, n. f. pl.

Arborescences qui se forment sur les vitres congelées à l’intérieur des habitations.

Boisson, n. f.

— Liqueur forte. Ex. C’est un ivrogne, il prend de la boisson à cœur de jour.

— Etre en boisson, être pris de boisson.

Boisson forte, n. f.

Boisson enivrante, qui n’est pas le vin, ni la bière, ni même les élixirs.

Boisure, n. f. — Boiserie.

Boitasser, v. n. — Boiter légèrement.

Boîte, n. f.

— Bouche. Ex. Veux-tu fermer ta boîte ?

— Banc des jurés. Ex. Les douze petits jurés étaient dans leur boîte.

— Banc des accusés.

— Banc des témoins.

— Etui. Ex. Boîte de pipe.

— Chenil. Ex. Boîte à chiens.

— Avertisseur. Ex. Boîte d’alarme.

— Panier. Ex. Boîte à ouvrage.

— Case. Ex. Boîte postale.

— Caisse. Ex. Boîte d’horloge.

Boiter tout bas, loc. — Boiter beaucoup.

Boiteux d’ermite, n. m.

Boiteux. Ex. « Où vas-tu, boiteux d’ermite ? » Souvenir de Giroflé Girofla.

Boitte, n. f. — V. Bouette.

Boitter, v. a.

Amorcer. Ex. Nous allons boitter nos hameçons.

Boiture, n. f.

— Boiterie, claudication d’un animal.

— Boitement, action de boiter.

Bol, n. f.

— Bol, n. m. Ex. Une bol à lait.

— Bol à thé, tasse à thé.

— Bol à lait, écuelle.

— Cuvette.

Bolée, n. f. — Contenu d’un bol.

  • Bôlt, bôlte, (m. a.) — Boulon, course.
  • Bôlter, v. a. (Angl.)

— Abandonner son poste. Ex. Mon député a bôlté sur la question Riel.

— Se hâter, courir, travailler vite.

  • Bôlteur, adj. (Angl.)

Député qui lâche ses amis politiques sur une question vitale. Ex. Ne me parlez pas de Sam MaClure, c’est un bôlteur

Bolus, n. f.

Pilule. E. Un docteur à bolus.

Bombarde, n. f. — Guimbarde.

Bombarder, v. a.

Faire une réputation. Ex. On l’a bombardé grand homme sans trop de raison.

Bombe, n. f.

— Bouilloire. Le corps de la bouilloire ressemble assez à une bombe, et le bec à celui d’un canard. Il est naturel qu’à Québec, ville militaire — que les bombes n’ont pas épargnée — on ait été frappé de la première ressemblance. Dans la région de Montréal, on dit canard pour bouilloire.

— Bonde d’un tonneau.

Bombée, n. f.

Le contenu d’une bombe. Ex. Une bombée d’eau bouillante.

  • Bôme, n. m. (Angl.)

Estacade flottante.

  • Bommer, v. n. (Angl.)

— Flâner. Ex. Cesse donc de bommer, tu perds ton temps.

— Faire la vie. Ex. Si tu continues à bommer, tu vas ruiner ta santé.

— Faire un usage immodéré de liqueurs fortes.

  • Bommeur, n. m. (Angl.)

— Flâneur.

— Viveur.

— Buveur de spiritueux.

Bon, adj. et n. m.

— Fort, robuste, vigoureux. Ex. C’est un bon homme.

— Avantages, réduction de prix. Ex. Si tu acceptes mon marché, je te ferai du bon.

Bon pour, loc.

Solvable. Ex. Jean me doit deux cents piastres, mais il est bon pour.

Bon (plus), adj. — Meilleur.

Bondance. — Interjection pour exprimer l’étonnement.

Bon-Dieu, n. m.

— Dieu, l’Etre Suprême.

— Papillon de nuit.

— La Brebis du Bon-Dieu, personne douce et patiente.

— Manger le Bon-Dieu, être très dévot.

— Rendu devant le Bon-Dieu, disparu. Ex. Dis-moi ce que tu as fait de ta belle canne à pommeau d’or. — Ne m’en parle pas, elle est rendue devant le Bon-Dieu.

Bonguienne. — Interjection pour exprimer la surprise.

Bonheurement, adv. — Par bonheur, heureusement.

Bonhomme, n. m.

— Vieillard, père de famille affligé de vieillesse. Ex. Voilà le bonhomme Latulippe qui passe, c’est un bon bonhomme.

— Bouillon-blanc.

— Petit bonhomme vit encore. Jeu de société. En prononçant ces mots, on se passe un petit morceau de papier enflammé, ou une allumette, et celui ou celle dans la main de qui le feu s’éteint, doit donner un gage. Ce même jeu a commencé par s’appeler souffler le charbon.

Bonhomme de chemin, n. m.

Tranquillement. Ex. Aller son petit bonhomme de chemin.

Bonjour, int. et n. m.

— Exclamation. Ex. Bonjour ! qu’il fait beau !

— Individu quelconque. Ex. Ces bonjours-là m’embêtent.

— Simple comme bonjour, de facile compréhension.

Bon sang. — Vraiment, en vérité. Ex. Bon sang de la vie.

Bon sens (sans), loc. adv.

Beaucoup. Ex. Il y a du poisson sans bon sens dans les trois petits lacs, nous en avons pris une cochonnerie.

Bonne, n. et adj.

— Employé elliptiquement pour bon, dans le but d’exprimer sa satisfaction. Ex. Comme de bonne.

— Petit bateau à fond plat.

— Bon. Ex. Cette fleur sent bonne.

Bonnefemme, n. f.

Vieille femme. Exprime l’idée de chef de famille plutôt sur l’âge.

  • Boomerang, n. m., (m. a.)

Sorte de fronde dont se servent les enfants pour tuer les oiseaux.

Bonnement, adv.

Au juste, précisément. Ex. Je ne sais pas bonnement si je t’ai informé de cela.

Bonnes (être dans ses), loc.

De bonne humeur. Rabelais a dit :

« Notre maistre est en ses bonnes, Nous ferons tantôt une bonne chière, Tout ira par escuelles. »

Bonnet, n. m.

— Avoir la tête pris du bonnet, être prompt à se mettre en colère.

— Triste comme un bonnet de nuit, bien triste.

— Jeter son bonnet par-dessus les moulins, ne plus garder de retenue.

— Bonnet blanc, blanc bonnet, la même chose.

Bonnet carré, n. m. — Barrette, bonnet de prêtre.

Bonneter, v. a.

Flatter. Ex. A quoi sert d’aller le bonneter, tu n’obtiendras rien de plus.

Bonnette, n. m. — Bonnet.

Bonté, n. f.

— Exclamation. Ex. Bonté, que voilà du bon thé !

— Bonté divine, même sens.

Bonté divine ! J’ai cassé ma terrine. Divine bonté ! Ma terrine est cassée.

Bonus, n. m.

Gratification offerte à des employés en sus de leur salaire. Ex. Penses-tu que nous aurons un bonus au jour de l’an.

  • Booby, boubé (m. a.)

Booby-price, prix accordé au jeu de euchre à celui qui arrive bon dernier. Booby veut dire nigaud.

Bord, n. m.

— Côté. Ex. Je vais me promener sur la rue, viens-tu de mon bord ?

— Bas-côté d’une maison.

— De part en part. Ex. J’ai traversé la rivière de bord en bord.

— Dans. Ex. Embarquons à bord du train.

— Ouvriers de bord, débardeurs.

Bord et bâbord, loc.

De tous côtés. Ex. Jean court de bord et bâbord.

Bordage, n m.

Bord d’une rivière en hiver, quand la glace forme comme une bordure.

Bordas, n. m. — V. Berdas.

Bordasser, v. n. — V. Berdasser.

Bordasserie, n. f. — V. Berdasserie.

Bordasseux, n. et adj. — V. Berdasseux.

Bordassier, n. et adj. — V. Berdassier.

Bordée, n. f.

— Chute. Ex. Nous allons avoir une grosse bordée de neige.

— Série. Ex. J’ai reçu une bordée de coups de canne.

Border, v. a. — Ourler.

Bordi-bordas, n. m. — V. Berdi-berdas.

Bordouiller, v. a. — Bredouiller.

Bordure, n. f.

Passementerie qui sert à border un vêtement.

Borgnesse, adj. — Femme borgne.

  • Borneur, n. m. (Angl).

Bec-de-lampe.

Boss, n. m.

Maître, bourgeois, patron, chef d’usine, directeur, propriétaire.

Bosse, n. f.

— Enivrement. Ex. Il s’est flanqué une bosse numéro un.

— Coup. Ex. Je lui ai flanqué des bosses â tout casser.

— Portefeuille.

Bosser, v. a.

— Bossuer. Ex. J’ai bossé mon castor en entrant dans le bateau.

— Conduire, diriger des travaux. (Angl).

Bosser, (se), v. pron.

Se bosseler. Ex. Mon chapeau s’est bossé en tombant.

Bossuse, n, f. et adj.

Bossue. Ex. Cette femme est bossuse. Se dit surtout dans la région de Montréal.

Botte, n. f.

Tomber en botte, arriver à la ruine, se briser, s’ébarouir. Ex. Tout tombe en botte chez nous depuis que j’en suis parti. La tinette de beurre menace de tomber en botte.

Botter, v. n.

— Accumuler de la neige ou de la boue aux pieds du cheval. Ex. Le cheval botte.

— Rogner des pièces de bois. (Angl.)

— Adhérer, coller à la chaussure. Ex. La neige botte.

Botteur, n. m. (Angl.) — Celui qui rogne des pièces de bois.

Bottes malouines, n. f. pl.

Bottes à l’écuyère. Souvenir de Saint-Malo.

Bottes sauvages, n. f. pl. — Bottes molles, sans semelles.

Boucan, n. m.

— Petite cabane où l’on fait boucaner la viande.

— Mauvais lieu.

— Morceau de bois placé en arrière du chaudron à sucre pour protéger le feu contre le vent.

Boucane, n. f.

— Fumée. Ex. La maison est remplie de boucane, c’est le tuyau qui a besoin d’être vidé.

— Vapeur d’eau. Ex. Vois-tu la boucune là-bas, c’est un bateau qui arrive d’Angleterre.

Boucane (être à la), loc.

Etre suspendu sous l’impulsion d’une personne assise à l’extrémité d’une balançoire spéciale tenue en équilibre sur un pivot et qui s’abaisse alternativement d’un côté en s’élevant de l’autre.

Boucaner, v. n.

Fumer. Ex. La cheminée boucane.

Boucanerie, n. f.

Etablissement où l’on expose des viandes ou des poissons pour les faire fumer.

Boucaneux, adj. — Brumeux.

Boucanière, n. f. — Boucan.

Boucaud, adj. — Bouscaud.

Boucharde, n. f.

— Outil d’acier à l’usage des tailleurs de pierre.

— Marteau dentelé et brételé, à l’usage des mêmes.

Bouché (être), loc.

Etre imbécile. Ex. Cet individu est bouché par les deux bouts.

Bouchefroutte, n. m.

Diable. Ex. As-tu rencontré Bouchefroutte ? Expression dont on se sert lorsqu’on s’adresse à une personne de mauvaise humeur.

Boucher, v. a.

— Réduire à quia par des paroles dures. Ex. Il a voulu m’insulter, mais je te l’ai bouché proprement.

— Faire taire, fermer la bouche. Ex. Si tu ne te tais pas, je vais te boucher.

Boucher un trou, loc.

Donner un acompte sur une dette.

Boucherie (faire), loc.

Tuer un bœuf ou un porc, l’épiler, l’ouvrir, le dépecer. Ex. Maintenant que les froids sont commencés, nous allons faire boucherie.

Bouche-trou, n. m.

Qui remplit une lacune. Ex. C’est un gas qui n’est bon qu’à servir de bouche-trou.

Bouchon (mettre un), loc.

Faire taire. Ex. Si tu ne te fermes pas le bec, je vais te mettre un bouchon.

Bouchonner, v. a.

Faire son ouvrage à moitié. Ex. Cet individu bouchomie tout ce qu’il fait.

Bouchure, n. f.

Clôture. Mot usité sur l’île du Prince.Edouard.

Boucle, n. f.

Nœud. Ex. Fais donc une boucle à ma cravate.

Boucler, v. n.

— Se dit de la mer montante lorsqu’elle entoure des rochers ou des îlots qu’on peut atteindre à pied sec, à marée basse. Ex. Voilà l’heure où la mer boucle.

— Conclure. Ex. Notre affaire n’est pas encore bouclée.

Boucoup, adv.

Beaucoup. Ex. J’ai boucoup à faire pour arriver à la fin de mon dictionnaire.

Bouctouches, n. f. pl.

Huîtres récoltées à Bouctouche, dans le Nouveau-Brunswick.

Boudin (faire du) loc.

Bouder. Ex. Mon petit, cesse donc de faire du boudin.

Boudinerie, n. f. — Viande hachée, boudin.

  • Boudlage, n. m. (Angl.)

Commission ou revenu extraordinaire que l’on obtient par des procédés illicites.

  • Boudle, n. m. (Angl.)

Pot-de-vin accordé à un personnage influent dans le but de faire réussir une affaire, d’obtenir un contrat.

  • Boudler, v. n. (Angl.) — Faire du boudlage.
  • Boudleur, n. m. (Angl.)

Entremetteur qui fait accorder un contrat moyennant un pot-de-vin fixé d’avance et qui ne doit pas apparaître au contrat.

Boudrier, n. m. — Baudrier.

Bouer (se,) v. pr. — Se crotter.

Bouette, n. f.

— Mélange de son et d’eau donné en pâture aux animaux de la ferme. Dans le Perche, cette expression ne s’applique qu’à la mangeaille des pourceaux. Le vrai sens de bouette est appât pour la pêche de la morue.

— Boue. Ex. Marcher dans la bouette.

— Neige fondante.

— Neige accumulée en masses molles à la surface des rivières.

Bouetter, v. a.

Donner un repas de bouette aux gros animaux.

Bouffée, n. f. — Accès. Ex. Pierre travaille par bouffées.

Bouffer de rire, loc.

Pouffer. Cependant, on dit bien bouffer de colère.

Bouffie, n. f.

— Bulle. Ex. Une bouffie de savon.

— Boursouflure. Ex. Il s’est brûlé, il a de grosses bouffies.

Bouffre, n. m. et interj.

Bougre. Ex. Quel bouffre d’enfant ! Si je te poigne, mon petit bouffre, tu te feras arranger.

Bouffrèse, n. f.

Bougresse. Ex. Oh ! la bouffrèse de femme, elle devient de plus en plus insupportable.

Boufiole, n. f.

— Ampoule, cloche, boursouflure.

— Bulle d’air ou de vapeur, sur les liquides en ébullition ou en fermentation. (B. P. F.)

Bouger (ne pas), loc.

Se détromper. Ex. Bouges pas, l’ami, vous êtes à côté de la coche.

Bougon, n. m.

— Bout d’homme.

— Pipe dont le tuyau est très court.

Bougonner, v. n.

Gronder entre ses dents. Mot français vieilli, qui, en patois normand, signifie travailler mal, chiffonner.

Bougonneux, n. et adj. — Qui bougonne à tout propos.

Bougrant, adj.

Ennuyeux, fâcheux. Ex. C’est-y pas bougrant que de se voir pris dans cette sale affaire !

Bougre-à-bougre (être), loc. — A couteaux-tirés. (B. P. F.)

Bougrement, adv.

Beaucoup, très. Ex. C’est bougrement ennuyeux que ce temps de pluie.

Bougrer, v. a.

— Jeter. Ex. Bougre-moi ça à l’eau.

— Donner. Ex. Je vais te bougrer une tape. Bougre-moi la paix. Bougre-moi patience.

Bougrer (se), v. pron.

Se moquer. Ex. Je me bougre pas mal de toi.

Bougrèse, n. f.

— Bougresse.

— Grand, fort, sérieux. Ex. J’ai une bougrèse d’envie de te flanquer une gnole.

Bougrine, n. f.

Vêtement de dessus sans forme particulière. Ex. Qu’est-ce que tu as de l’air, avec cette vieille bougrine sur le dos !

Bouille, 3e pers. s. ind. prés.

Bout. Ex. L’eau bouille à gros bouillons dans la bombe.

Bouillie, n. f.

— Bouillie pour les chats, travail inutile, peine sans profit.

— Bouillie sans sel, mets mal apprêté,

— Ramener la peau par-dessus la bouillie, donner des arguments qui ont été plusieurs fois répétés.

Bouillir, v. n.

Etre affecté par l’impatience. Ex. Pendant qu’il parlait je bouillais.

Bouilloire, n. f. — Chaudière à vapeur.

Bouillon blanc, n. m.

Molène commune dont les fleurs teignent en jaune.

Boujour, n. m. — Bonjour.

Boulâcrer, v. a.

Bousculer. Ex. Je n’ai pas envie de me faire boulâcrer plus longtemps.

— Exécuter un ouvrage sans soin.

— Bousiller.

Boulâcreux (euse), n. et adj.

Celui ou celle qui boulâcre.

Boulanger, v. a.

Presser avec la main ou avec les coudes. Ex. Se faire boulanger le dos, la poitrine au milieu d’une foule de personnes.

Boulant, adj.

Enneigé. Ex. I, es chemins sont boulants, aujourd’hui.

Boule, n. f.

— Tête. Ex. Perds-tu la boule ?

— Positton de fortune. Ex. Il a une belle boule en mains.

Boule-de-cire, n. f. — Symphorine à grappes.

Boule-de-neige, n. f.

— Viorne stérile.

— Faire houle-de-neige, profiter, s’accroître. Ex. Le peu d’argent que j’ai finira par faire boule-dè-neige.

Bouleau blanc, n. m. — Bouleau à papier.

Bouleau rouge, n. m. — Bouleau à feuilles de peuplier.

Bouler, v. a.

— Rouler en boule. Vient du mot débouler.

— Maltraiter.

  • Boulezaille, n. f. (Angl.)

Bonbon en forme d’œil de bœuf. De l’anglais bull’s eye.

Boulettes, n. f. pl.

Sottises. Ex. Cet écolier n’est bon qu’à faire des boulettes.

Boulin, n. m. — Tronçon d’arbre employé pour le clôturage.

Boulinant, adj. Synonyme de boulant, enneigé. Ex. Les chemins sont boulinants, la neige est très légère et très molle.

Boulotte, n. f.

Doigt de gant ou linge que l’on met à un doigt malade, appelé par les enfants catiche. Les Acadiens emploient encore le mot doyon pour signifier la même chose. — Voir ce mot.

  • Boume, n. m.

Valeur factice et exagérée. Ex. Nous allons être témoins d’un boume dans les chemins de fer, dans les banques. (Américanisme).

  • Boumer, v. n.

Donner une valeur factice et exagérée à des actions de compagnies industrielles et autres. (Amer.)

Bouque, n. f. — Boucle.

Bouquer, v. n. — Montrer de l’humeur.

Bouquet, n. m.

— Fleur, plante cultivée pour sa fleur. Ex. Je vais semer beaucoup de bouquets ce printemps.

— Tête d’arbre, de sapin ou d’épinetteplantée au faîte d’une maison dont la charpente vient d’être posée.

Bouquette (avoir, tenir le), loc.

L’emporter sur les autres par son adresse, sa beauté ou toute autre qualité. Ex. Ces trois sœurs sont très jolies filles, mais l’aînée tient le bouquette. Elles ont bien chanté toutes trois, hier soir, mais c’est mademoiselle Domisol qui a eu le bouquette.

Bouquineux, adj. — Bouquineur.

Boura, n. m. — Borax.

Bouragan, ti. m. — Bouracan.

Bourbassière, n. f. — Bourbier.

Bourdaine, n. f.

— Alise. Baie du bourdainier. Viorne nue.

— Courir la bourdaine, aller en bande, garçons et filles, cueillir des fruits.

Bourdainier, n. m. — Alisier.

Bourdalou, n. m. — Vase de nuit.

Bourdé, adj.

Gravé Ex. Mes bottines sont en cuir bourdé, c’est-a-dire à grains plus ou moins soulevés. Dans le vieux français, bourdé voulait dire embourbé.

Bourdignons, n. m. pl. V. Bourguignons.

Bourgeois, n. m.

— Caractères d’imprimerie de neuf points.

— Homme riche, censé vivre de ses rentes. Ex. Le voilà devenu un gros bourgeois, il est bien chanceux.

Bourgeoiserie, n. f.

Bourgeoisie.

Bourgeronner, v. n.

Bourgeonner, pousser des bourgeons. Ex. Un nez tout bourgeronné.

Bourgot, n. m.

— Porte-voix à coquille. On appelle burgau une grosse coquille dont ou tire une nacre grossière.

— Trompette droite, qui sert à donner des signaux. — Autrefois lorsque le service de la poste se faisait par des postillons qui parcouraient nos campagnes, ils étaient munis de bourgots de fer-blanc.

Bourgotter, v. n.

— Parler ou crier dans un porte-voix.

— Sonner de la trompette.

Bourguignons, n. m. pl.

— Mottes de terre durcies par la gelée.

— Morceaux de glace pris d’un pain.

Bourlette, n. f. — Ciboulette.

Bournichon, n. in. — Petit homme.

Bourrasse, n. f. — Bourrasque.

Bourrasser, v. a.

— Bousculer, brusquer. Ex. Cesse donc de bourrasser tes petites sœurs.

— Faire des reproches.

Bourrasseux, adj.

Homme d’une humeur difficile qui brusque tout le monde.

Bourreau, n. m.

— Diable. Ex. Que le bourreau t’emporte ! J’ai eu une peur du bourreau.

— Payer en bourreau, payer d’avance. Bon moyen, parait-il, pour être mal servi.

Bourreau d’ouvrage, n. m. — Homme qui travaille beaucoup.

Bourreau des arbres, n. m.

Célastre du Canada. Plante grimpante qui s’enroule si étroitement autour des arbres qu’elle les fait périr.

Bourrée, n. f.

— Travail forcé et rapide. Ex. Il va falloir donner une dure bourrée, si nous voulons finir d’entrer notre avoine !

— Réprimande, mercuriale. Ex. Je lui ai donné une bourrée dont il ne perdra pas le souvenir.

— Beaucoup, grande quantité. Ex. Une bourrée de coups, de monde.

— Accès. Ex. Pierre travaille bien, mais toujours par bourée.

Bourrelet de gomme, n. m.

Morceau de gomme durcie que l’on détache des épinettes et que les enfants mâchent avec plaisir.

Bourrer, v. a.

Conter des blagues. Ex. Je l’ai bourré dans les grands prix, il a paru croire tout ce que je lui ai dit.

Bourreur, n. m.

Ouvrier qui rembourre les sofas, les chaises.

Bourrichon, n. m.

Petit bonhomme. Ex. Sauve-toi, mon petit bourrichon. Vient de burrichon, roitelet, dans le patois du Mans et de l’Anjou.

Bourriers, n. m. pl.

Balayures, ordures. Ce mot vient de bourriers, pailles qui se mêlent dans le blé battu ; du latin burra, employé par Ausone pour signifier des riens. Par extension, ordures, mot usité en Bretagne.

Bourrique, n. f.

— Ignorant.

— Catholique comme une bourrique, catholique à gros grains.

Bourrolle, n. f.

Espèce de boîte à forme d’amphore sans anse, ouverte aux deux bouts, dont l’un, le petit, débouche dans un coffre où l’anguille va se prendre, et l’autre, le grand, est le récipient de l’anguille qui s’y introduit pour être rejetée dans le coffre par le courant. La bourrolle est fabriquée au moyen de petites harts bien entrelacées et très étroitement serrées les unes contre les autres.

Bourrure, n. f.

— Bourrage. Ex. La bourrure du harnais est finie, il va nous en falloir un autre.

— Rembourrement. Ex, C’est un bon homme pour travailler à la bourrure.

Bourse, n. f.

Crête-de-coq, dont les feuilles teignent en jaune.

Boursiller, v. n.

— Economiser. Ex. Pour arriver à joindre les deux bouts, il vous faudra boursiller plus que de raison.

Boursoufle, n. f.

Boursouflure. Ex. J’ai une grosse boursoufle sur le bras, c’est un bourdon qui m’a piqué.

Bouscailler, v. a. — Bousculer.

Bouscaner, v. a. — Bousculer.

Bouscaud, n. m.

— Lourdaud, homme gros, trapu. Ex. C’est un gros bouscaud.

— Butor, grossier.

— Bœuf ou vache sans cornes.

— Courtaud.

Bousculage, n. m. — Action de bousculer.

Bousiat, n. m. — Homme malpropre.

Bousillage, n. m.

Ouvrage mal fait. Ex. Quel bousillage !

Bousiller, v. a. et n.

— Remplir les interstices entre les pièces de bois des pans, avec de la bouse.

— Corriger, arranger, mettre en bon ordre.

— Travailler vite et mal.

Bouskey, n. m. — Whiskey marchand.

Boussole (perdre la), loc. — Devenir fou.

Bout, n. m.

Mot employé dans différentes acceptions, que les dictionnaires ne mentionnent pas toujours.

— Bout-ci bout-là, en désordre, pêle-mêle.

— Un bout de temps, un certain temps.

— Un petit bout de temps, un court espace de temps.

— Prendre quelqu’un par le bon bout, savoir arriver auprès de lui.

— Mettre les deux bouts ensemble, joindre les deux bouts, ne pas s’endetter.

— Tourner un objet bout pour bout, changer sa situation d’une façon opposée.

— Au bout la fin y sera, il faudra bien que cela finisse un jour.

— Au bout le bout, quand ce sera fini, on n’en parlera plus.

— C’est le bout du monde, c’est la fin.

— Cet enfant n’a pas de bout, il est insupportable et incorrigible, d’une façon inexprimable.

— Bête au bout, absolument bête.

— De bout en bout, d’un bout à l’autre.

— Etre rendu au bout, être épuisé.

— Il y a un bout à tout, toute chose a une fin.

Bout-de-canot n. m.

Chacun des deux rameurs qui se placent aux deux bouts d’un canot d’écorce pour le diriger.

Boute-feu, n. m.

Boute-en-train, celui qui met en gaieté tous ceux avec les quels il se trouve.

Bouteille, n. f.

— Burette. Ex. La bouteille à l’huile, au vinaigre.

— Flacon. Ex. La bouteille d’odeur, de parfum.

— Vin, liqueurs. Ex. Ce garçon caresse un peu trop la bouteille.

Bouteillée, n. f. — Le contenu d’une bouteille.

Bouteiller, v. a. — Mettre en bouteilles.

Bouteillerie, n. f.

Vieux mot français signifiant échansonnerie, ou mieux boutillerie, redevance en grains. Ex. Saint-Denis de la Bouteillerie, paroisse du comté de Kamouraska.

Boutique, n. f.

Maison mal tenue. Ex. Quelle sale boutique !

Bouton, n. m.

— Fruit de l’aigremoine qui s’attache à la laine des moutons en automne et s’enlève très difficilement.

— Petite inflammation commune aux serins à une certaine époque de l’année.

Bouton d’or, n. m.

Renoncule à fleurs jaunes dont nos campagnes regorgent.

Bouton, (dernier).

A bout de ressources. Ex. Pierre est rendu au dernier bouton, il est ruiné.

Boutte, n. m. — Bout.

  • Bow-window, n. m., (winn’do), (m. a.)

Fenêtre en saillie, en rotonde.

Boxer, v. a. — Emprisonner.

Boxon, n. m. — Mauvais lieu.

Boyard, boïard, n. m. — Civière à porter le bois, la pierre, etc.

Boyau, n. m.

— Avoir toujours un boyau de vide, avoir toujours faim.

— Les boyaux me crient, avoir des borborygmes.

— Avoir des boyaux de père, éprouver de la tendresse pour ses enfants.

  • Bracket, brakète, (m. a.)

Petite console, applique, étagère.

Braguet, breguet, brayet, n. m. — Caleçon de laine.

Braguette, n. f.

Fente de devant d’une culotte. En France, on appelle culottes à braguette celles qui n’ont pas de pont. En Bretagne, bragez a la même signification.

Brai, n. m. — Poix des cordonniers.

  • Braid, brêde, (m. a.) — Soutache, passementerie.
  • Braider, v. a. (Ang.) — Poser du braid.

Brâillade, n. f. — Action générale de brailler.

Brâillage, n. m. — Même sens que brâillade.

Braillard, e, adj.

— Qui braille, qui pleure. Ex. Un enfant braillard.

— Qui implore du patronage auprès des gouvernements.

Braillard de la Madeleine, loc.

Expression appliquée aux enfants qui pleurent à tout propos. Par allusion aux gémissements proférés dans les environs de la rivière Madeleine, suivant une légende populaire rapportée par l’abbé Ferland.

Brailler, v. n. — Pleurer.

  • Brain, bruine, (m. a.)

Cerveau. Ex. Celui-là, je l’ai sur le brain, il me fatigue.

  • Braker, brêquer. (Angl.)

— Serrer les freins dans un train de chemin de fer.

— Réprimer quelqu’un.

  • Brakes, brêques, (m. a.) — Freins.
  • Brakesman, bréke’s manne (m. a.) — Serre-frein.

Brancard, n. m.

— Morceau de sucre d’érable à forme carrée. Ex. Un brancard de sucre.

— Cartes qui restent sur le tapis après la donne aux joueurs. Ex. Qu’as-tu besoin de regarder dans le brancard ?

Branche, n. f.

— Division. Ex. Va |au département des terres, branche des arpentages.

— Attaque. Ex. Jean a eu une branche de folie ; Joseph a une branche de fièvre.

— Ami. Ex. Bonjour, ma vieille branche.

Branché, adj.

Diplômé, porteur de certificat. Ex. Un pilote branché.

Brancher (se), v. pr.

Brancher. Ex. Les petits oiseaux commencent à se brancher.

Branchu (canard), n. m.

Canard sauvage remarquable par la beauté de son plumage.

Brandiller, v. a.

Brandir. Ex. Ne brandille pas ainsi ce bâton.

Brandy, n. m., branndé.

— Cognac. Vieux mot français qui signifiait allumé, enflammé. « Et le feu soit si brandy. » (D’Argentré, Coutume de Bretagne, p. 1051).

— Danse. Ex. Nous allons danser un brandy.

Branle, n. m.

— Tapage. Ex. Mener un branle terrible.

— Ni foutre ni branle, absolument rien.

Branler, v. a. — Branler dans le manche, hésiter.

Branlette, n. f.

Oscillation de la tête. Ex. Ce vieillard commence à avoir la branlette.

Braque, n. m. — Imbécile. Ex. Il est fou comme braque.

Braquer, v. a. — Abandonner. Ex. Il m’a braqué là.

Braquer, (se) v. pr.

Se fixer. Ex. Il s’est braqué sur une chaise, et il s’y est installé.

Braquette, n. f.

— Broquette.

— Petite console, applique. (Angl.)

Braquetter, v. a. — Poser des broquettes.

Bras, n. m.

— Avoir le bras long, être influent.

— Par dessus bras, bras dessus bras dessous

— Bras d’escalier, rampe.

— Aimer gros comme le bras, aimer beaucoup.

— Frapper à bout de bras, du bout du bras.

Brasse, n. f.

— Travailler à la brasse, journée de brasse, corvée de bras.

Brasse-corps (à), loc. adv.

A bras le corps. Ex. Se prendre à brasse-corps pour lutter de force et d’agilité.

Brassée, n. f.

Ribambelle d’enfants. Ex. Voilà Victoire qui passe avec sa brassée.

Brasseur, n. m.

Phoque du Groënland qui entre dans le fleuve Saint-Laurent en hiver.

Brâssage, n. m.

Action de secouer, d’agiter quelque chose.

Brasse, n. f.

Main, au jeu de cartes. Ex. A qui la brâsse ?

Brassée, n. f.

Chaudronnée. Ex. Une brassée de savon, de sirop, de sucre.

Brâssement, n. m — Remuement, brassage.

Brâsser, v. a.

— Mêler. Ex. Allons, brasse les cartes.

— Disputer. Ex. Je viens de me faire brâsser de la belle façon. Je me suis fait brasser le corps.

Brasseur, adj. — Celui qui, aux cartes, tient la donne.

Braver, v. n.

Faire le brave. Ex. Il fait cela pour braver.

Braverie, n. f. — Bravade.

Braye, n. f.

— Broie ou macque. Instrument pour broyer le lin et le chanvre, composé de deux bois retenus par une de leurs extrémités, et s’enclavant l’une dans l’autre à la manière d’une mortaise.

— Femme qui marchande sans acheter. Ex. Voilà encore une braye qui vient nous ennuyer avec ses marchandages.

Brayer, v. a.

— Broyer. Ex. C’est aujourd’hui que nous allons brayer le lin.

— Aller d’un magasin â l’autre sans faire d’achat.

Brayeur, adj. — Celui qui braye.

  • Brécer, v. n. (Angl.)

Poser un bandage de fer sur la coque à l’intérieur d’un vaisseau.

Brèche, n. f.

— Dent perdue. Ex. Cet enfant a plusieurs brèches dans la bouche.

— Brèche-dent. Ex. Cette femme serait plus jolie, si elle n’était brèche.

Bréché, adj. — Ebréché. Ex. Mon couteau est tout brêché.

Bredasser, v. a. — V. Berdasser.

Bredasserie, n. f. — V. Berdasserie.

Bredassier, adj. — V. Berdassier.

Bref, n. m. Mandat, ordonnance, ordre. Ex. Bref’de sommation, bref d’exécution, bref d’arrestation.

Brégade, n. f. — Brigade.

Brelander, v. a. — Raconter les choses à sa façon.

Brelingant, n. m.

Mot cité par Lacurne de Sainte-Pallaye, que nous retrouvons en pleine vigueur dans le comté de Kamouraska. Employé par les mères de famille pour inviter leurs enfants à prendre des positions plus décentes.

Breloque, n. f. — Vieille montre.

Brenante, (à la), loc. — A la brune.

  • Bréque, n. m. (Angl.) — Frein.
  • Bréquer, v. a. (Angl.) — Serrer les freins.

Bretter, v. n.

— Fureter. Ex. Veux-tu me dire ce que tu brettes là ?

— Perdre son temps à des bagatelles.

— Faucher. (Expression acadienne). D’après Oudin, bretter signifiait jouer ou faire des armes.

Bretteux, adj.

— Qui furette.

— Qui perd son temps. Ex. Avance donc à quelque chose, espèce de bretteux ?

— Faucheur.

Breumasser, v. n. — Brumasser.

Breume, n. f. — Brume.

Breunante, n. f. — Brune.

Breune, n. f. — Brune.

Bréviaire, n. m. — Dire son bréviaire, lire son bréviaire.

  • Brevier, brevière, (m. a.)

Petit texte, 8 points (T. d’impr.)

  • Brick, (m. a.)

— Brave garçon. Ex. Toi, tu es un brick, donne-moi la main.

— Brick bâtard, toute espèce de voiture sans caractère particulier, démodée et vieillie.

Bricoles, n. f. pl.

— Bretelles de pantalons. En France, la bricole est une bande de cuir qui se met aux sabots au-dessus du cou-de-pied.

Brigade, n. f.

Troupe de gens réunis ensemble. Ex. Y avait-il beaucoup de personnes qui marchaient dans la procession ? — Oui, il y en avait une brigade.

  • Brigade du feu. n. f. — Corps des pompiers. (Angl.)

Brigand, n. m. — Enfant terrible.

Brimbale, n. f.

— Perche en bascule pour tirer l’eau du puits.

— Crémaillère.

Brimbalement, n. m. — Bruit, désordre.

Brin, n. m.

— Peu, petite quantité. Ex. Tu n’en auras pas un brin.

— Grain. Ex. Un brin de pluie.

— Bran. Ex. Du brin de scie.

Brindezingues, n. f. pl.

Pris de boisson. Ex. En voilà encore un qui est dans les brindezingues.

  • Brinn’che, n. f.

Bien-aimée, préférée. Ex. Celle-là est ma brinn’che.

Bringue, n. f.

— Fille nonchalante. Ex. C’est une grande bringue.

— Pièces. Ex. Mettre un objet en bringues.

Bringuer. — S’amuser, courir, gambader.

  • Briquade, n. f. (Angl.) — Briqueterie.
  • Briquaille, n. f. (Angl.) — Briqueterie.

Brique, n. f.

— Morceau taillé en carré. Ex. Une brique de lard, de la brique à couteaux.

— Brique rêfractaire, brique à feu. (Angl.)

— Aller à la brique, aller travailler dans les briqueteries. (Angl.)

Briqueler, v. a. — Briqueter.

  • Briqueleur, n. m. (Angl.)

Briqueteur, ouvrier et marchand.

  • Briquer, v. a. (Angl.)

Briqueter, paver, garnir de briques.

Briquerie, n. f.

Briqueterie. Briquerie se disait autrefois pour exprimer la même chose.

Brisable, adj. — Fragile.

Brise, n. f.

Partir tout d’une brise, partir à la course.

Brise-fer, n. m.

— Qui brise tout ce qu’il touche.

— Qui use beaucoup, usurier. Ex. Cet enfant ne peut rien conserver, c’est un brise-fer.

Brisse, n. f. — Brisque. Ex. Jouer à la brisse.

Broc, n. m. — Fourche en fer à quatre cornes.

Broche, n. f.

— Aiguille. Ex. Apporte-moi mes broches pour que j’achève de tricoter mes bas.

— Bois pour enfiler le poisson que l’on prend à la ligne.

— Fil de fer. Ex. Clôture en broche.

— Epingle. Ex. Broche à cheveux.

— Jeu de broches, cinq aiguilles.

Broche (faire de la), loc. — Faire l’amour.

Broche (travailler à la), loc. — Exécuter à la hâte.

Brocher, v. n. — Faire l’amour.

Brochet, n. m.

Bréchet. Ex. Il n’a pas épais de lard sur le brochet. Le bréchet est la partie saillante en avant du sternum des oiseaux.

Brochetée, n. f.

— Brochette. Ex. J’ai pris une belle brochetée de poissons.

— Fourchée, la quantité de foin ou de paille que l’on enlève avec un broc. Ex. Prends ila fourche et envoie-moi une brochetêe de foin.

— Grande quantité.

Brodure, n. f. — Broderie.

  • Brôker, n. m., brôkeur, (m. a.) — Courtier.

Bronches, n. f. pl.

Bronchite. Ex. Es-tu encore malade, moi j’ai les bronches.

Bronchique, adj.

Atteint de bronchite. Ex. Pierre est malade, je crois qu’il est bronchique.

Bronze, n. m.

Bronche. Ex. I/mis a une maladie de bronze.

Broque, n. m. — Tire-fiente, fourche à fumier.

Brosse, n. f.

— Fête. Ex. Notre ami vient de sortir d’une brosse qui s’appelle.

— Prendre une brosse, faire la fête.

Brosser, v. a.

— Fêter. Ex. Cesse donc de brosser.

— Brosser le chien, faire la fête.

— Battre.

Brosser (se), v. pron.

— Se battre.

— Se brosser le ventre, se passer de tout.

Brosseur, n. m.

Celui qui fait souvent des brosses, qui boit à intervalles assez réguliers beaucoup de liqueurs enivrantes, et qui recommence au moment où on le croirait corrigé de sa manie, un dipsomane enfin.

Brou, n. f.

— Ecume, mousse. Ex. P’tit Pierre vient de tomber de son mal, il a la brou à la bouche.

— Bave à la gueule des animaux.

— Savonnure. Ex. Voilà du savon qui fait une belle brou.

Brouasser, v. n. — Bruiner.

Brouch’ter, v. a. — Travailler à la hâte et sans précaution.

Brouch’teux, euse, n. et adj. — Qui brouch’te.

Brouch’te-brouch’te, adv.

Ex. Cet ouvrier travaille brouch’te-brouch’te, c’est-à-dire, il travaille sans soin et hâtivement.

Brouillasser. — Bruiner.

Brouille, n. m.

Brouille, n. f. Ex. Il va y avoir du brouille dans cette discussion.

Brouillon, adj.

Fougueux. Ex. J’ai un cheval qui est pas mal brouillon.

Brousse-poil (à), loc.

A rebrousse-poil. Ex. Ce gas-là n’est pas facile a mener, il faut toujours le prendre à brousse-poil.

Brouscailler, v. a. — Brusquer.

Brûlade, n. f. — Brûlement, action de brûler.

Brûlé, n. m.

Forêt, ou bois ou région rasée par le feu. Ex. La paroisse du Grand-Brûlé.

Brûle-gueule, n. m. — Pipe à tuyau très court.

Brûler, v. a.

— Dépasser. Ex. Il m’a brûlé le long de la route.

— S’approcher d’un objet caché que l’on cherche. Ex. Tu brûles, c’est-à-dire tu t’approches. (Terme de jeu.)

Brûlette, n. f.

Ciboulette, ail civette.

  • Brûleur, n. m. (Angl.) — Bec-de-lampe.

Brûlot, n. m.

Espèce de cousin qui brûle la peau en la touchant de son dard. Genre simule.

Brûlure, n. f.

Ex. Ce mets est excellent pour la brûlure, c’est-à-dire qu’il est absolument bon.

Brumasser, v. n. — Bruiner.

Brun, adj. et n. f.

— Bai brun. Ex. Un cheval brun.

— Brune. Ex. Se promener à la brun.

Brunante (à la), loc.

A la brune. Cette expression n’est pas française, mais pourrait l’être sans inconvénient. Faucher de St-Maurice en a fait le titre d’un de ses ouvrages.

Brusquailler, v. a. — Brusquer.

Brusse, adj. — Brusque.

Bubule, n. m. — Feu. (Langage enfantin.)

Bubusse, n. m.

Lait donné aux petits enfants. Ex. Prends ton bubusse, mon petit.

Buc en blanc (de), loc. — De but en blanc.

Bûchage, n. m.

— Débitage du bois en bûches.

— Coupe du bois, abattis.

Bûche, n. f.

Stupide. Ex. C’est une bûche, il ne comprend rien, il a la tête dure.

Bûcher, v. a.

Travailler fort. Ex. L’ouvrage est ardu, mais je vais bûcher assez fort que j’en viendrai bien à bout.

Bûcheux, n. et adj.

— Bûcheur, travailleur.

— Bûcheron.

  • Buck-board, n. m., beuke bôrde, (m. a.) — Barouche.
  • Buckwheat, n. m., beukouit, (m. a.) — Sarrasin, blé noir.
  • Buggy, n. m., beugghé, (m. a.) — Phaéton.
  • Bugle, bioug’l, (m. a.) — Cor de chasse.
  • Bull’s eye, n. f., (m. a.) — V. Boulezaille.
  • Bully, boullé, (m. a.) — Fier-à-bras. Ex. Un bully d’élection.
  • Bun, n. f., bonne, (m. a.) — Brioche.

Bureau, n. m.

— Commode.

— Etablissement public. Ex. Bureau de santé, bureau d’hygiène.

  • Business, biznesse, (m. a.)

Rond en affaires. Ex. J’aime à faire des affaires avec ce marchand, il est business.

  • Bus, beuce (m. a.)

Abréviation de omnibus, voiture publique qui transporte les voyageurs hors de là ville, et s’arrête en route au gré de chacun.

  • Bustle, n. m. beussl, (m. a.)

Tournure. Ex. Madame a mis sou bustle.

  • Busy body, bizzé bodé, (m. a.)

Officieux. Ex. Ce n’est qu’uu busy body.

Buteux, euse, adj. — Qui bute. Ex. Un cheval buteux.

Butin, n. m.

— Marchandises.

— Mobilier. Ex. Quand je déménagerai, je ne négligerai rien de mon butin.

— Linge et vêtements. Ex. Emporte tout le butin que tu as à te mettre sur le dos.

— Bonne personne. Ex. Cette fille-là, c’est du butin.

Butte (une), n. f.

Beaucoup, en quantité. Ex. Y avait-il beaucoup de monde à l’assemblée ? Oui, il y en avait une butte.

  • Buttercup, beutteurkeupe (m. a.) — Bouton d’or.

Butteux, euse, adj.

Couvert de buttes. Ex. l, e chemin est devenu butteux depuis les dernières gelées.

Button, n. m.

Petite colline. Ex. L, a paroisse du Button.

Buvable, adj.

Potable. Ex. Cette eau-là n’est pas buvable.

Buvasser, v. n. — Boire sans cesse.

Buvasserie, n. f. — Action de boire outre mesure.

Buvasseux, adj. — Qui est dans l’habitude de boire.

Buveron, n. m.

Biberon. Ex. Cet enfant de deux ans est encore au buveron.

— Ivrogne. Ex. Çà, c’est un bon buveron.

C
Ça, pron.
— Il. Ex. Ça gèle fort ce matin.
— Celui-ci, celui-là, cette personne. Ex. Ça parle sans savoir ce que ça dit. C’est ça qui est farceur.
— Cela, cette chose-là. Ex. Ça m’embête gros.
Ça y est-il ? Ça y est. En es-tu ? — Oui, c’est convenu.
Il a de ça, il a de la fortune.
Quoique ça, malgré cela.
* Cab, n. m. (m. a.)
Cabriolet de place, à deux ou quatre roues. Le véritable cab est conduit par un cocher qui a son siège en arrière. Quelqu’un faisait remarquer la forme extraordinaire de ce véhicule importé d’Angleterre en France. Un plaisant répondit : « C’est afin que de l’intérieur le supérieur ne puisse voir le postérieur de son inférieur placé à l’extérieur. »
Cabalable, adj.
Qui peut être cabalé. Ex. Il y a sept bleus dans cette paroisse qui ne sont pas cabalables.
Cabalage, n. m.
Cabale. Ex. Dans la paroisse de Beaumont, il n’y a pas de cabalage possible.
Cabale, n. f.
Propagande en vue d’une élection quelconque, politique, municipale, etc.
Cabaler, v. a. et n.
— Solliciter des votes en faveur d’un candidat briguant les

suffrages d’une communauté électorale. Ex. A force de cabaler, j’ai réussi à le faire voter pour mon candidat.

— Travailler à obtenir des suffrages, faire de la propagande d’une manière générale. Ex. J’ai tellement cabalé dans ma paroisse, que j’ai pu obtenir une majorité pour notre candidat.

Cabane, n. f.

Etal de bouclier, de fruitier, de regrattier.

Cabane à morue, n. f.

Petite construction en bois placée sur la glace des rivières où le pêcheur s’installe pour pêcher la petite morue.

Cabane à sucre, n. f.

Maisonnette érigée au milieu d’une sucrerie pour y fabriquer le sucre d’érable, tout en s’y mettant à l’abri. D’où l’expression tire de cabane, assez souvent employée par les amateurs.

Cabané, adj. — Enfoncé. Ex. Il a les yeux cabanes.

Cabaneau, n. m.

Petite armoire pratiquée dans un mur sous l’escalier de service ou sous le rebord d’une fenêtre, de manière à ce qu’on ne l’aperçoive même pas.

Cabaner, v. n.

Habiller chaudement. Ex. Aie le soin de te tenir la tête et le cou bien cabanés, car il fait une tempête.

S’arrêter en route pour se mettre à l’abri.

Cabaner (se), v. pron.

— S’installer chez soi. Ex. Je vais quitter mon bureau à quatre heures, et puis j’irai me cabaner chez moi jusqu’à demain matin.
— Devenir casanier. Ex. Plus je vieillis, plus je cherche à me cabaner.
— S’assombrir. Ex. I,e temps se cabane, nous allons avoir quelque orage.

Cabanes, n. f. pl. — Latrines.

Cabarouet, n. m.

— Haquet. Long camion qui sert à transporter les barils, les grosses caisses, le truck des Anglais. 
— Cabriolet. Petite voiture à deux roues, suspendue sur des baguettes de bois, ou sur des ressorts, et à un siège, ou encore une voiture à deux roues, avec quatre poteaux, comme nous en voyons sur nos marchés.

Cabas, n. m.

Bruit, fracas, tapage. Ex. Allons, les enfants, ne faites pas tant de cabas ? En France, ce mot veut dire tromperie ou s’applique à un meuble lourd et grossier. Dans l’Anjou, c’est un manteau.

Cabasser, v. n.

— Faire du cabas, du bruit.
— Fatiguer, abattre. Ex. Cette fille me paraît bien cabassée.
— Secouer fortement. Ex. Je me suis fait terriblement cabasser dans la voiture à Marois.

Cabinet, n. m.

Chambre à coucher, à la campagne. Ex. Monsieur, passez dans le cabinet du fond, c’est là votre chambre à coucher. Nous prononçons souvent cabinette.

Câblegramme, n. m. — Câblogramme.

Caboche, n. f.

— Capsule de certaines plantes. Ex. Une caboche de pavot.
— Tête. Ex Je me suis sonné la caboche en tombant.

Cabochon, n. m.

— Caboche, tête. Ex. Ce que je te dis là, forre-moi ça dans ton cabochon.
— Bosses, proéminences quelconques.
— Nœud de bois, loupe.
— Ouvrier maladroit.
— Imbécile.

Cabousse, n. f.

— Appartement ou pièce attenante à un édifice, servant de dépense.

Caca, n. m. et adj.

— Immondice de toute nature. Ex. Ne touche pas à cela, c’est du caca.
— Immangeable. Ex. Ne mets pas cela dans ta bouche, c’est caca. 
— Méchant. Ex. C’est caca ce que tu as fait là, mon petit.

Cacasser, v. n.

— Croasser.
— Caqueter, en parlant de la poule.
— Bavarder.

Cache, n. f.

Cachette, ou lieu secret connu seulement des trappeurs du Nord-Ouest. Dans ces caches, ils déposaient ce qu’ils possédaient de plus précieux.

Cache la Belle-Bergère.

Jeu de société qui consite à se passer de l’un à l’autre un bijou ou un objet que l’un des joueurs, placé au centre, doit saisir au passage. La personne prise en possession du bijou doit payer un gage.

Cache-mainettes, n. f.

Tablier muni de poches dans lesquelles les femmes peuvent introduire leurs mains tout entières.

Cache petit-pot.

Jeu d’enfant, où il est question de trouver un objet caché dans la main de l’un des joueurs réunis en cercle. Le chercheur est debout, au centre.

Cacher, v. a.

— Mettre des couvertures sur une personne couchée pour la mettre à l’abri du froid.
— Cacher les fautes de quelqu’un.

Cacheter, v. a.

Jeter des couvertures sur quelqu’un pour le protéger contre le froid.

Cachette, n. f.

Cache-cache, jeu d’enfants, dans lequel tous les joueurs se cachent, à l’exception d’un seul, qui cherche à découvrir les cachettes des autres.

Cachette (à la), loc. adv.

En cachette. Ex. Lire des romans à la cachette du maître. Tu as fait cela à la cachette de moi.

Cadran, n. m.

Montre. Ex. Ton cadran est dérangé.

Cadre, n. m.

Tableau, dessin, gravure encadrés. Ex. Voici un beau cadre. Métonymie, le contenant employé au lieu du contenu. Se dit très souvent en France.

Caduc (la), n. f.

L’aqueduc. Ex. Va donc voir si la caduc marche.

Caduc, adj.

Triste, abattu. Ex. Cette femme est bien caduque depuis que son mari est mort.

Cafière, n. f.

Cafetière, vase qui sert à faire ou à verser le café.

Cage, n. f.

— Train de bois, composé de billots liés ensemble pour former un radeau.
— Planches ou madriers mis en pile et croisés à angles droits avec de nombreux interstices, pour être séchés au soleil. 

Cageage, n. m.

Tous les travaux particuliers à la mise en train des billots en flotte.

Cager, v. a.

— Former une cage avec des billots liés les uns aux autres pour en permettre le transport.
— Empiler des planches ou des madriers pour les faire sécher au grand air et au soleil.

Cageu, n. m.

Pièces de bois attachées les unes aux autres et mises en flotte pour être transportées d’un lieu à un autre. Ce mot peut venir de cajeutes, vieux mot français employé pour dési gner les lits de vaisseaux ; du hollandais kajuit.

Cageur, n. m. — Employé sur une cage.

Cagouette, n. m. — Gorge. V. Gagouette.

Cahot, n. m.

Ce mot, qui est français, s’emploie surtout pour marquer les inégalités qui se produisent dans nos chemins d’hiver par les amoncellements de neige. On le trouve dans la fameuse chanson :

…C’est la faute à Papineau Si nous avons des cahots.

Câille, adj.

Mélange de blanc et de noir. Ex. Marie, va tirer la grande vache caille. Thérèse a les yeux cailles.

Cailler, v. n.

Se laisser aller au sommeil. Ex. Mon petit Jean, tu t’endors, tu commences à câiller. Eu Anjou, caille se dit pour sommeil profond.

Câilles, n. f. pl.

Caillebottes, masse de lait caillé. Ex. Vivre aux cailles et aux patates.

Caillette, n. f.

Nom fréquemment donné aux vaches de couleur câille.

Cailloud’chouc, n. m. — Caoutchouc.

Caisser, v. a.

Encaisser, mettre en caisse. Ex. Caisser des livres.

Caisson, n. m.

Tête. Ex. Se faire sauter le caisson avec un pistolet.

  • Cake, kêke, (m. a.) — Gâteau. Ex. Un Johnny cake.

Calâbre, n. m. — Cadavre.

Calamel, n. m. — Calomel.

Calant, adj.

Qui cale, enfonce. Ex. Les chemins sont calants.

  • Calculer, v. n. (Angl.)

Présumer. Ex. Je calcule partir la semaine qui vient.

Calèche, n. f.

— Cabriolet à ressorts, à deux roues, suspendu sur deux bandes de cuir, à coffre gondolé, encore en usage à Québec.
— Diarrhée. Ex. Avoir la calèche.

Caléchée, n. f.

Calèche remplie de voyageurs, de promeneurs.

Calemberdaine, n. f. — Calembredaine.

Calenas, n. m. — Cadenas.

Calenderier, n. m. — Calendrier.

Caler, v. n. et a.

— Ruiner. Ex. Ce marchand est calé à tout jamais.
— Enfoncer. Ex. I,a terre est molle ici, ça cale. 
— Devenir chauve. Ex. Tu cales bien de bonne heure, toi, tu as la tête comme un genou.
— Perdre de l’argent. Ex. J’ai calé gros d’argent dans ma dernière spéculation.

En France, caler signifie avoir peur. Ex. Tu caleras quand il faudra te battre. Caler peut venir de cale, calotte Brantôme parle de la cale ecclésiastique, béguin ou coiffe de soie que les hommes portaient sous le chaperon (camail).

Calfetage, n. m. — Calfatage.

Calfeter, v. a. — Calfater.

Calfeteux, n. m. — Qui exerce le métier de calfat.

Caliberdas, Bruit, tapage. Ex. Mon Dieu ! quel caliberdas !

Caliborgne, adj. — Louche, borgne.

Califourchon, n. m. — Fourche des jambes.

Califournie, n. f. — Californie.

Calimaçon, n. m.

Colimaçon. Ex. Calimaçon borgne, montre-moi tes cornes.

Cali-Mailla, n. m.

Colin-Maillard. Ex. Courir le Cali-Mailla. Le Colin-Maillard cherche à saisir un joueur, et, lorsqu’il le tient, il doit deviner son nom. S’il nomme le joueur qu’il a pris, ce dernier devient Colin-Maillard.

Câlice, n. m. — Calice.

Câline, n. f.

Espèce de bonnet rond, noué sous le menton, dont nos Canadiennes se servaient beaucoup dans le temps passé. La mode semble en vouloir disparaître.

Calmir, v. n.

Faire le calme. Ex. La mer va calmir, ensuite nous partirons pour l’île aux Corneilles.

Calmir (se), v. pron.

Se calmer. Ex. Il finira par se calmir avec le temps.

Calotte, n. f.

— Ronce odorante, appelée aussi cap, casquette, capuchon, framboise.
— Casquette. Ex. Les écoliers du séminaire sont obligés de porter la calotte de drap bleu avec nervure blanche. 

Calumet, n. m.

— Toute pipe de bois, ou dont le tuyau est en bois ou en roseau.
— Homme de très petite taille.

Caluron, n. m.

Petite casquette qui ne recouvre que le sommet de la tête.

Câlus, n. m. — Cal, calus.

  • Calvette, n. f. (Angl.)

Ponceau. De l’anglais culvert.

Calvine, n. m.

Calville. Ex. Des pommes de Calvine. Calville est un petit village de Normandie, et la pomme Calville est particulière à la Normandie. Le nom a été apporté de France, mais la pomme nous est étrangère.

Camail, n. m.

Capeline particulière aux jeunes enfants et qu’ils portent durant l’été.

Cambuse, n. f. — Poêle rustique.

Camelotine, n. f.

Etoffe de laine très lustrée, en vogue autrefois.

Camomine, n. f.

Camomille. Ex. Une bonne tisane de camomine pour la migraine.

Camp, n. m.

— Habitation primitive élevée dans les bois pour y loger les bûcherons, les voyageurs. Il y a les camps temporaires et les camps permanents. Se prononce campe.
— Ficher le camp, se sauver, déserter.
— Sacrer le camp, même sens.

Camp-lit, n. m.

Lit de camp, préparé au moyen de branches d’arbres recouvertes de peaux de carriole.

Campe, n. m. — Camp.

Camper, v. n.

— S’installer dans un camp, près d’un lac ordinairement, pour faire la chasse ou la pêche.
— Jeter. Ex. Son cheval l’a campé par terre. 
— Appliquer. Ex. Je lui ai campé une bonne claque.

Canâiller, v. n. — Se livrer à la canaillerie.

Canaoua, n. m.

Sobriquet donné aux sauvages en général. Ex. Les Canaouas de Ristigouche.

Canaouiche, n. m,

Sobriquet donné aux sauvages. Ex. Bonjour, canaouiche !

Canard, n. m. — Bouilloire. V. Bombe.

Canard branchu, n. m. — Canard huppé.

Canard gris, n. m. — Canard pilet.

Canayen, enne, n. et adj.

Canadien, enne. Ex. Les Canayens sont pas des fous, partiront pas sans prendre un coup.

Cancanage, n. m.

Cancan, médisance que l’on colporte.

Cancanement, n. m. — Cancan.

Cancaner, v. n.

Bavarder, médire. Cancan est du français académique, mais pas cancaner.

Cancaneux, adj.

Cancanier, qui a l’habitude de faire des cancans.

  • Cancellation, n. f. (Angl.)
Action de canceller, de contremander, de résilier, d’annuler, de biffer.
  • Canceller, v. a. (Angl.)
— Contremander. Ex. Canceller une commande de livres.
— Résilier. Ex. Canceller un bail.
— Annuler. Ex. Canceller une loi.
— Biffer. Ex. Canceller une disposition de la loi.

Cancre, n. m.

Paresseux incorrigible. Se dit aussi bien d’un homme fait que d’un écolier.

Cancreté, n. f.

Le fait d’être cancre. Ex. C’est la cancreté même.

  • Candy, cann’dé, (m. a.)
Bonbon. Ex. Un enfant qui se nourrit de candy. 

Caneçon, n. m. — Caleçon, avec permutation entre / et n.

Cani, n. m.

Moisi. Ex. Cette viande a une forte odeur de cani ; voici du pain qui a goût de cani.

Canir, v. n. — Se gâter par l’humidité.

Canisse, n. f.

Canistre. Bidon de fer-blanc pour y mettre le pétrole et toutes les huiles, les vernis, etc.

Canissure, n. f. — Chancissure.

Canitude, n. f. Canicule. Ex. Nous resterons à la campagne durant les canitudes.

Canne, n. f.

— Cruche.
— Vivre la canne à la main, être assez riche pour pouvoir s’exempter de travailler.

Canne de roche, n. f. — Canard histrion.

Cannée, n. f. — Le contenu d’une canne, d’une cruche.

Cannelier, n. m. Instrument en bois à double montant, troué à intervalles égaux.

Cannelle, n. f. — Fuseau, bobine.

Canner, v. a. — Donner des coups de canne.

Cannevette, n. f. — Plateau à liqueurs.

  • Cannuck, kannogue, (m. a.)

Nom donné aux Canadiens-Français par les Anglais.

  • Canon, canonne, (m. a.)

Gros canon, 48 points. (Terme d’impr.)

Canon, n. m.

— Verre. Ex. Viens prendre un petit canon chez Lambert.
— Fessier.

Canonner, v. n. — Rejeter des gaz avec bruit.

Canot, n. m.

Sorte de chapeau de femme, appelé aussi chapeau de matelot. 

Canoterie, n. f.

Côte de la Canoterie, nom donné â une côte qui fait communiquer la partie basse de Québec avec la partie haute. Autrefois il fallait la descendre pour prendre les canots destinés à faire la traversée de la rivière Saint-Charles.

Cant, n. m.

Côté, la partie la plus étroite d’une pièce de bois, d’un bloc de pierre de taille. Ex. Mettre un bloc de pierre sur le cant, une maison bâtie en madriers sur le cant.

Canter, v. a.

— Pencher. Ex. Un mur qui cante. Le vieux français disait eschanteler pour exprimer la même idée.
— Mettre sur le côté. Ex. Canter un meuble pour pouvoir le passer par une porte étroite.

Canton, n. m. — Voisinage. Ex. Nous demeurons dans le canton.

— Township. Ex. Les Cantons de l’Est.
  • Canvasser, v. a. (Angl.) — Cabaler.

Caoutchouquer, v. a.

Couvrir de caoutchouc.

Cap, n. m.

— Capsule de fusil.
— Ronce.
— Casquette.
  • Cap, (night) naïte, (m. a.)

Consommation prise avant de se mettre au lit. Ex. Prenons un night-cap et allons nous coucher.

Capable, adj.

— Fort, musculeux. Ex. Si tu veux te battre, je t’assure que je suis aussi capable que toi.
— Instruit. Ex. Cet écolier a fini ses études, il est très

capable.

— Dans la possibilité. Ex. Je ne suis pas capable d’aller glisser.
  • Capacité (en sa), loc. (Angl.)

En sa qualité. Ex. Agir en sa capacité de président, de secrétaire.

Câpe, n. f.

— Câpre. Le fruit se met en conserves dans le vinaigre pour lui donner du piquant. 
— Cap. Ex. Chemin des Câpes, entre Saint-Joachim et la Baie Saint-Paul.

Capharnaüm, n. m.

Maison spacieuse habitée par plusieurs ménages, où l’ordre et la propreté font souvent défaut.

  • Capiâsser, v. a. (Angl.)

Signifier un capias, mandat d’arrestation d’une personne endettée qui manifeste son intention de quitter la province.

Capiche, n. f. — Coiffure de femme qui recouvre les épaules.

Capillaire, n. f.

La plus belle de nos fougères dont on fait un excellent sirop pour le rhume. Les botanistes l’appellent adiante pédalé.

Capine, n. f. — Capeline.

  • Capital politique. (Angl.)

Exploitation d’une question au point de vue et au profit d’un parti. Ex. Faire du capital politique en faveur des conservateurs.

Capot, n. m.

— Capote. Ex. Un capot d’écolier, un capot bleu, un capot d’habitant.
— Pardessus de fourrure. Ex. Un capot de poil, un capot de chat, d’astrakan, de seal, de castor piqué.

Capot (faire).

Rester capot. Faire capot veut dire faire toutes les levées, au jeu de cartes. Ici, c’est le contraire.

Capoter, v. a.

Mettre le capot sur le dos d’un autre.

Capoter (se), v. pron.

Mettre son capot. Même sens que s’encapoter.

Capuche, n. f.

— Bonnet de nuit à l’usage du sexe.
— Sage-femme.

Capuchon, n. m. — V. Calotte.

Capuchonner (se), v. pron. Mettre son capuchon.

Caque, n. m.

Caca. Ex. Faire son caque, dans le langage enfantin.

Caracolage, n. m. — Action de marcher en caracolant.

Caracoler, v. n.

Avoir une direction tortueuse. Ex. Un chemin qui caracole.

Caractère, n. m.

Lettre de recommandation. Ex. Voulez-vous me faire la charité, voici mon caractère, lisez-le.

Un caractère se disait autrefois de la manière d’écrire, et aussi pour les lettres ou figures que quelques-uns croyaient avoir une certaine vertu en conséquence d’un pacte fait avec le diable.

Caractère seul, loc.

Homme triste, fuyant la compagnie du monde.

Carafée, n. f.

Le contenu entier d’une carafe. Ex. Une carafée d’eau, de cognac.

Caraquettes, n. f. pl.

Huîtres pêchées à Caraquet, sur le littoral de l’Atlantique, dans le Nouveau-Brunswick.

Caravane, n. f.

Bande. Ex. Voyager en caravane, glisser en caravane.

Carcajou, n. m.

Glouton, petit animal de nos forêts, mentionné par LaHontan. On l’appelle encore le diable des bois, et les sauvages le connaissent sous le nom de quaquasut.

Carcan, n. m.

— Collier en bois que l’on met au cou des animaux de ferme pour les empêcher de sauter les clôtures.
— Décharné. Ex. Maigre comme un carcan.

Carcaner, v. a. — Mettre le carcan.

Carcasse, n. f. — Personne très maigre.

Carcul, n. m. — Calcul.

Carculer, v. a. — Calculer.

Cardures, n. f. pl.

Retirons, laine restée dans le peigne, après le peignage.

Carême, n. m. — Face de carême, figure très pâle.

Carillon, n. m.

Bruit, tapage. Ex. Quel carillon faites-vous là, mes petits enfants ?

Carisé, n. m.

Flanelle croisée très épaisse et très forte. Ex. Des caneçons de carisé.

Carnage, n. m.

— Bruit, fracas. Ex. Quel carnage est çà ? Cessez, les enfants, de vous chamailler.
— Dégât. Ex. Le tonnerre a fait du carnage cette nuit. 

Carnas, n. m. — Cadenas.

Carottage, n. m.

Action de carotter, de tromper, d’escroquer.

Carotte-à-Moreau, n. f.

Ciguë. Sa racine ressemble beaucoup à la carotte rouge. Poison violent.

Carotte, n. f.

Mensonge. Ex. Pousser une carotte.

Carotter, v. a.

Voler, obtenir’de l’argent sous de faux prétextes.

Carouge commandeur, n. m. — Etourneau à ailes rouges.

Carpe de France, n. f.

Cette carpe est nommée par les botanistes maxostôme doré, cousin germain de la carpe.

Carpiche, n. f.

Culbute. Ex. Il a pris une carpiche en descendant l’escalier de la petite rue Champlain, il a failli s’assommer.

Carrage, n. m.

Enjeu. Ex. Le carrage est défendu à ce jeu-là.

Carré, n. m.

Place publique. Ex. Le carré Viger, à Montréal. En Normandie on dit carreau, d’où l’expression jeter sur le carreau.

Carreau, n. m.

— Imposte, partie fixe ou non qui surmonte la partie mobile d’une porte, d’une croisée.
— Soupirail. Ex. Les rats entrent par le carreau de la cave.
— Carré, morceau carré. Ex. Un carreau de lard.

Carreautage, n. m.

Action de diviser une étoffe par carreaux.

Carreauté, adj.

Divisé en petits carreaux. Ex. Avez-vous de l’indienne carrcautêc noir et blanc ?

Carrette, n. f.

Cadre de bois sur lequel les pêcheurs enroulent les lignes destinées à tirer de l’eau le poisson après l’avoir harponné.

Carrer (se), v. pron.

Mettre un enjeu, au jeu de cartes, au brelan.

Carriole, n. f.

Traîneau d’hiver. Ex. Attèle la grise à la carriole ; n’oublie pas la peau de carriole.

Carriolée, n. f.

— Une carriole remplie de voyageurs.
— L’ensemble des personnes que contient une carriole.
  • Carte complimentaire, n. f. — Carte de faveur. (Angl.)
  • Carte-poste, n. f. — Carte postale. (Angl.)

Cartes (tirer aux), loc. — Tirer les cartes.

Carteron, n. m. — Carton. Ex. Une boîte en carteron,

Casarner, v. a. — Caserner.

Caserner, (se) v. pr.

Se renfermer chez soi. Ex. Quand vient l’hiver, j’ai tou jours envie de me caserner.

Casernier, n. et adj. — Casanier, qui aime à rester chez soi.

  • Cash, cache, (m. a.)
— Comptant. Ex. Moi, je paye cash.
— Caissier. Ex. J’ai affaire au cash.

Casque, n. m.

— Gros casque, homme important.
— Arranger le casque à quelqu’un, le morigéner.
— Avoir du casque, avoir du toupet.
— Lever le casque à quelqu’un, lui dire ses vérités.
— Se faire serrer le casque, se faire taper.
— En avoir plein son casque, être rendu au bout de sa patience.
— Cela, va lui prendre le casque, cela va le forcer sérieusement.
— Mauvais plaisant. Ex. T’es pas fou, le casque ! 

Casquette, n. f. — Ronce odorante. Voir Calotte.

Cassable, adj.

Qui peut être cassé. L’Académie ne reconnaît pas ce mot.

Cassage, n. m.

Ne se dit que des minerais. Ici, nous étendons ce mot à toute action de casser, verre, porcelaine, etc.

Casse, n. m.

Casque. Ex. Prends ton casse et va-t-en. V. Casque.

Casseau, n. m. — V. Cassot.

Casse-glace, n. m. — Brise-glace.

Casse-poitrine, n. m. — Boisson forte.

Casser, v. a.

— Fendre. Ex. Cours me casser un peu de bois pour allumer le poêle.
— Renverser. Ex. J’ai tiré au poignet avec Arthur, et je l’ai cassé.
— Avoir du succès à tout casser, beaucoup de succès.
— Se casser le nez sur la porte, se voir refuser la porte.
— Casser sa pipe, rater son affaire.

Casserille, n. m. — Quadrille.

Casserole, n. f.

Cendrier. Ex. Marie, vide donc la casserole du poêle.

Casserolée, n. f. — Le contenu d’une casserole.

Cassette, n. f.

Boîte de merceries à l’usage des colporteurs, des marchands ambulants. Ex. Tiens, tu sais bien que monsieur Damour, si riche aujourd’hui, a commencé par porter la cassette.

Cassis, n. m.

Cassis, Gladelle noire, Ex. De la gelée de cassis.

Cassot, n. m.

— Estomac. Ex. Avoir le cassot plein.
— Boîte en écorce de bouleau, dont se servent les fabricants de sucre d’érable pour mettre la tire. Ou l’utilise, en outre, pour la cueillette des petits fruits, des fraises, des framboises, etc. En France, le cassot est une caisse à compartiments où l’on trie les chiffons pour la fabrication

du papier.

— Soulever le cassot, morigéner.

Castille, n. m.

— Savon de Castille, savon importé de France.
— Hache de castille, hache d’acier. De l’anglais cast steel.

Castonade, n. f.

Cassonade. Ménage, dans ses observations sur la langue française, dit : « Le grand usage est castonade, et non pas cassonade qui est pourtant le véritable mot. De casson, cassonnade. Je dirais donc castonade, mais sans blesser cassonade. »

Castor, n. m.

— Ricin. Ex. Huile de castor. (Angl.) Castor Oil.
— Parti politico-religieux. Ex. Je te dis, moi, qu’il y a encore des castors.
— Chapeau de haute forme. Ex. Tu as l’air de quelque chose avec ton castor. 

Castor errant, n. m.

Castor isolé des siens que le chasseur capture facilement.

Castor (petit), n. m.

Petit insecte qui pullule sur les mares d’eau et qui passe pour très venimeux.

Castoriser (se), v. pron.

Avoir une tendance de plus en plus prononcée vers le castorisme.

Castorisme, n. m.

Parti des castors, qui a pris naissance en 1886, et dont le programme consistait dans l’application des principes ultramontains dans la vie publique comme dans la vie privée.

  • Cast steel, castile, (m. a.)

Acier fondu. Ex. Une faux en cast steel.

Casuel, adj.

— Volage. Ex. Cette personne est pas mal casuelle. (De Gaspé, Mémoires).
— Fragile. Ex. Cette verrerie est casuelle.
— Délicat, faible. Ex. Ma femme n’a pas grand santé, elle est casuelle. 

Catalogne, n. f.

— Crêpe au lard. (Taché, For. et Voy.). Ex. Marie, huche ton père pour venir manger des catalogues.
— Lisière de tapis fabriqué avec des bandes étroites de laine ou de coton au moyen d’une machine dite métier. 

Oudin dit qu’il y avait jadis des couvertures de laine blanche qui portaient ce nom, parce qu’elles venaient de Catalogne.

Cataplamme, n. m. — Cataplasme.

Cataplasse, n. m. — Cataplasme.

Catapleume, n. m.

Cataplasme. Le verbe cataplamer existait jadis et signifiait faire un cataplasme.

Cataplume, n. m. — Cataplasme.

Catchime, n. m. — Catéchisme.

Cateau, cataut, n. f.

Catherine. Ex. Joséphine est habillée comme Cateau, c’est- à-dire sans goût, quoique avec beaucoup de fanfreluches. Nous disons également : Elle est amanchée comme Cateau.

Catéchime, n. m. — Catéchisme.

Catéchisse, n. m. — Catéchisme.

Catéreux, adj. — Homme d’humeur inégale.

Caterre, n. ru. — Catarrhe. Ex. Je crois que j’ai le caterre,

Catherine-serrée, n. f.

Femme à l’étroit dans ses vêtements. Ex. Regarde Catherine-serrée qui passe.

Catherinette, n. f. — Mûrette ou ronce du Canada.

Catholique, adj.

Honnête, respectable. Ex. Ce n’est pas catholique ce que tu viens de faire.

Catiche, n. f.

Doigt de gant ou simplement un linge qui enveloppe un doigt malade. Diminutif de Cataut.

Catichette, n. f. — V. Mainette.

Catichonner, v. a.

Habiller sans goût. Ex. Cette mère catichonne ses enfants, est-elle ridicule ?

Catichonner (se), v. pron.

S’habiller sans goût. Ex. Une fille qui passe son temps à se catichonnner.

Catin, n. f.

— Poupée. Ex. Monsieur, avez-vous des cahns a vendre ?
— Sans doute. Passez par ici, la femme aux catins ? Diminutif de Catherine.
— Doigtier, fourreau eu forme de doigt de gant, dont on recouvre un doigt malade.

Catiner, v. a. Jouer à la poupée, fabriquer des poupées avec du vieux linge.

Catinette, n. m.

Petit garçon efféminé qui se plaît à catiner.

Catineux, n, et adj.

Petit garçon qui joue à la poupée avec ses sœurs. 

Catsup, catseupe, (m. a.)

Sauce de champignons, de tomates, etc.

Caucus, n. m.

Réunion intime des partisans d’un groupe de politiciens. (Américanisme.)

Cause (à), loc. conj.

Pourquoi. Ex. Tu me refuses d’aller là-bas, dis donc, à cause ?

Cause que (à), loc. conj.

Parce que Ex. J’ai fait cela à cause que j’ai voulu.

Cause que (d’à), loc. conj.

Pourquoi. Ex. D’à cause que tu m’en veux ?

Causer, v. n.

Causer à quelqu’un, causer avec quelqu’un. Ex. Nous lui causerons de notre affaire.

Causette, n f.

Courte conversation. Ex. Entre donc, l’ami, nous allons faire un bout de causette.

Caustique, n. m.

Carbonate de potasse, et en général toute substance caustique. Ex. Vous allez laver le plancher avec du caustique.

Caution, n. m.

Caution, n. f. Ex. Prête-moi donc cent piastres, j’ai un bon caution à te donner.

  • Cauxer, v. a. (Angl.)

Cajoler, enjôler. De l’anglais to coax, amadouer.

Cavalier, n. m.

Amoureux qui fait la cour à une jeune fille. Ex. En voilà une qui n’est pas chanceuse, elle a déjà eu trois cavaliers, et elle ne se marie pas plus vite que les autres.

Cavée, n. f.

Creux, fosse, vallée. On dit encore cavée en Normandie pour signifier une fosse.

Cav’reau, n. m.

— Caveau. On employait autrefois les mots cavearot et cavereau.
— Cave à légumes.
— Chapelle funéraire érigée dans un cimetière.

Cayen, ne, n. et adj.

Acadien. Ex. Les Cayens de la Gaspésie.

Cazagot, n. m.

Boîte en écorce où les femmes des sauvages déposent leur petit enfant pour le transporter sur leur dos au cours de leurs pérégrinations.

Cèdre blanc, n. m. — Thuya d’Occident.

Cèdre rouge, n. m. — Genévrier de Virginie.

Cédrière, n. f.

Forêt de cèdres. Ex. Nous allons couper du balaitte dans la cédrière.

Ceinture fléchée, n. m.

Ceinture longue et large, aux couleurs voyantes et variées, fabriquée autrefois par les sauvages seulement.

Ceinture, n. f.

Un chemin de fer de ceinture, un chemin de fer circulaire.

Ceinturer, v. a.

Entourer avec une corde. Ex. Ceinturer une valise.

Celle (la), pron.

Celle. Ex. C’est la celle que je connais.

Cellesse (la). — Celle.

Cémiquière, n. m. — Cimetière.

Cémitière, n. m. — Cimetière.

Cendrouillonne, n. f. — Servante malpropre.

Cenelle, n. f.

Fruit de l’aubépine. L’Académie a écrit senelle, mais en renvoyant à Cenelle qu’elle a omis de reproduire.

Cenellier, n. m. — Aubépine.

Cenille, n. f. — Chenille.

Cent, cenn’t, n. f., (m. a.)

Centin. Ex. Je n’ai pas la cent, je n’ai pas c’te cent.

Centin, n. m.

Traduction de l’anglais cent, centième partie de la piastre.

Centume, n. m. — Centuple. (B. P. F.)

Cerceau, n. m.

Petit berceau de fer et d’osier en forme de tonnelle qui em pêche les draps de lit de toucher à un membre malade.

Cercle, n. m.

Cerne. Ex. Es-tu malade, tu as un grand cercle autour des yeux. As-tu vu le cercle qu’il y a autour de la lune ?

Cercle de quart, n. m. — Cercle de baril, de tonneau.

Cérémonie (être de), loc.

Agir en qualité de parrain et de marraine dans un baptême. Ex. Pierre et sa femme sont de cérémonie chez les Beaufils.

Cérimonie, n. f.

Cérémonie. Ex. Pas de cérimonie, Monsieur, entrez.

Cérimonieux, adj. — Cérémonieux.

Cérimonitieux, euse, adj.

Très cérémonieux.

Cerise, n. f.

Verre de vin. Ex. Entrons chez Boisdon, nous allons prendre une cerise.

Cerise à grappes, n. f. — Cerise de Virginie.

Cerise à grappier, n. f. — Cerisier à grappes.

Cerise de France, n. f. — Cerise.

Cerner, v. a.

Culotter. Ex. Ta pipe est bien cernée.

Certifida, n. m.

Assa fœtida, résine antispasmodique et d’une odeur fétide, employée par les chasseurs comme appât.

Ceule, pron. — Celle.

Ceuses (les), pron.

Ceux. Ex. Les ceuses qui sont pour, levez la main.

Chacoter, v. a.

— Fatiguer l’esprit, donner à réfléchir. Ex. Cette affaire me chacote gros.
— Réprimander vertement.

Chacun (un). — Chacun. Ex. Qu’un chacun dorme son opinion l’un après l’autre.

Chadron, n. m.

— Chaudron.
— Echarde.

Chadronnée, n. f. — Chaudronnée.

Chadronnet, n. m. — Chardonneret.

Chagriner, (se) v. pron.

S’assombrir. Ex. Il fera mauvais tantôt, le temps se chagrine.

Chaîner, v. n.

S’enfuir rapidement. Ex. Nous avons été poursuivis par des voleurs, et nous avons pris la fuite, je t’assure que ça chagrine.

Chair de cuîr, n. f.

Partie molle d’un cuir tanné. Employée journellement pour arrêter les hémorrhagies externes.

Chaise, n. f.

— Chaire. Ex. M. le curé est monté dans sa chaise.
— Etre assis entre deux chaises, expression qui définit bien, la position d’un homme qui, pour avoir couru deux lièvres à la fois, n’en a saisi aucun.

Chaland, n. m. — Embarcation à fond plat.

Chalin, n. m. — Eclair de chaleur.

En Normandie, câliner veut dire faire des éclairs de chaleur. Cotgrave définit chaline un tonnerre peu bruyant au commencement du jour.

Chalit, n. m. — Bois de lit.

Challe, n. f. — Semonce. (Cl.)

Challer, v. a. — Semoncer, réprimander.

Chaloir, v. imp.

Se soucier. Ex. Il m’en chaut.

Chaloupée, n. f. — La charge d’une chaloupe.

Chaloupier. — Qui conduit une chaloupe.

Chamborder, v. a.

Border, entourer. Ex. J’ai fait chamborder mon hangar.

Chamaillerie, n. f.

Querelle, dispute, bataille.

Chambrai, n. m.

Cambrai, toile de lin, blanche, fine, qu’on fabriquait à Cambrai.

Chambranler, v. n.

Chanceler, aller d’un chambranle à l’autre. Ex. Pierre n’est pas ferme sur ses pieds, il chambranle.

— Branler, osciller. Ex. Un meuble qui chambranle quand on le remue.

Chambre, n. f.

— Salon. Ex. Passez, Monsieur, dans la chambre, dans la grande chambre.
— Avoir des chambres à louer, être un peu fou.

Chambre (grande), n. f. — Salon.

Chambré, adj.

Lamelle. Ex. La glace est chambrée. (B. P. F.)

Champlure, n. f.

Chantepleure, robinet quelconque.

Chançard, adj.

Chanceux, homme que la chance poursuit.

Chance, n. f.

Billet de loterie. Ex. Moi, j’ai six chances, j’ai acheté six billets.

— Coup de chance. V. Coup de chance.

Chancre, n. m.

— Cancer. Ex. Un chancre à la bouche.
— Manger comme un chancre, beaucoup. 

L’on disait autrefois boire en chancre, boire avec excès. (Du Tillet, Hist. de la fête des Foux.)

Chancreux, euse, adj.

Cancéreux. Ex. Une plaie chancreuse.

Chandelle, n. f.

— Avoir des chandelles au nez, avoir le nez morveux.
— Ne pas manger de chandelles, se tirer du grand. Ex. C’est un gas qui ne mange pas de chandelles, car la mèche l’écœure. 

Chandelles (en), loc.

— Glace à demi désagrégée sous l’action de la chaleur et de la pluie.
— Aiguilles de glace qui pendent des toits des maisons, à la façon des stalactites. (B. P. F.)

Chandonnet, n. m. — Chardonneret.

Change, n. m. et f.

— Monnaie d’une pièce. Ex. As-tu de la change pour une piastre ?
— Habits de rechange. Ex. Je n’ai plus de change, la laveuse ne m’a pas apporté mon linge.
— De la change, du change.

Change pour change, loc.

Troc pour troc. Ex. As-tu une montre à changer ? si tu veux, je changerai la mienne pour la tienne, change pour change.

Changeaillage, n. m. — Action d’échanger de menus objets.

Changeailler, v. a. — Echanger de menus objets.

Changer (se), v. pron.

Changer d’habits. Ex. C’est aujourd’hui dimanche, il faut se changer.

Changeur de chevaux, n. m.

Qui fait profession d’échanger des chevaux pour en tirer du profit.

Chanquier, n. m.

— Sentier, chemin très étroit formé dans les bois par un long usage. 
— Chantier.

Chanteau, n. m.

Patin. Ex. Le chanteau de ma chaise berceuse est usé.

Chanter, v. a.

— Imiter le chant. Ex. La poule qui chante le coq, c’est-à-dire, qui imite le chant du coq.
— Raconter. Ex. Qu’est-ce que tu me chantes là ?

Chanter le coq, loc.

Chanter victoire. Ex. Cesse de chanter le coq, je te ferai bientôt rabattre le caquet.

Chanteux, adj.

Chanteur. Ex. Louis est un beau chanteux.

Chantier, n. m.

— Exploitation d’une forêt.
— Quartier où se réunissent les travailleurs.
— Cabane.
— Sentier.

Chape, n. f.

— Châle.
— Semonce. Ex. Il s’est fait lever une chape en règle.

Chapeau, n. m.

Maladie de la peau sous forme de croûtes qui forment sur le crâne des enfants une espèce de chapeau.

Chapeau (passer le), loc.

Faire une collecte.

Chapelain, n. m.

Aumônier. Ex. M. le Chapelain des Ursulines.

Chap’lette, n. m.

— Rouler le chap’ lette, dire souvent son chapelet.
— Claque-chap’ lette. V. ce mot.

Chapelinat. n. m. — Aumônerie.

Chapelouse, n. f.

Chenille. En Normandie, carpeleuse et charpeleuse se disent. Du latin caro pilosa, chair velue.

Chapitre, n. m.

Réprimande. Ex. As-tu eu ton chapitre de Monsieur St-Cyr, moi, j’ai eu le mien. Corneille s’est servi de ce mot. Chapitrer est français.

Chaque, pron.

Chacun. Ex. Mes ouvriers nie coûtent deux piastres par jour chaque.

Chaqueune, pron. f. — Chacune.

Char, n. f. — Char, n. m. Ex. Voyager dans les petites chars.

Char, n. m.

— Voiture de chemins de fer, wagon. Ex. Embarquons dans les chars, changeons de char, les chars sont chargés de monde.
— Gare. Ex. Y a-t-il loin d’ici aux chars ?
— Train de chemin de fer. Ex. Tu connais Baptiste, ce n’est pas les chars. Dis-moi donc l’heure des chars. J’ai un cheval qui marche comme les chars. J’ai eu le malheur de manquer les chars.
— Tramway, char urbain. Ex. Les petits chars marchent-ils aujourd’hui ?
— Char à bagage, fourgon.
— Char à bois, à charbon.

Char de Vénus, n. m. — Aconit Napel.

Charabia, n. m.

Langage bizarre, incompréhensible. Ce mot, d’après Pierquin de Gembloux, vient de Skarakiad, ville d’Arabie, qui donna son nom aux Sarrasins. Charabia se trouve dans Larousse.

Charader, v. a.

Houspiller. (De Gaspé, Mémoires, p. 135.)

Charbon, n. m.

— Huile de charbon, pétrole.
— Charbon dur, houille maigre.
— Charbon mou, houille grasse.

Charbonner, v. a.

Charger un bateau ou un steamer de charbon.

Charbonnier, n. m.

Bâtiment qui transporte du charbon. Larousse cite char bonnier dans ce sens.

Charcher, v a.

Chercher. Ex. Qu’est-ce que tu charches là ?

Chardonnet, n. m.

Chardonneret. Marot dit chardonnet.

Chardron, n. m.

— Chardon.

— Un chardron, sec, une personne inabordable.

Chardronnet, n. m. — Chardonneret.

  • Charge, n. f. (Angl.)

— Plaidoirie, réquisitoire.

— Allocution du juge faisant le résumé de la cause.

— Etre à charge, être fatigant, ennuyeux.

Chargeage, n. m. — Action de charger.

Chargeant, adj. part.

Indigeste. Ex. J’ai dîné au dinde, c’est chargeant.

  • Charger, v. a. (Angl.)

— Haranguer, charger le jury.

— Mettre au débit. Ex. Vous chargerez ces deux piastres sur mon compte.

— Réclamer. Ex. Il m’a chargé dix piastres pour sa consulte.

Chargner, n, rn. — Charnier. V. ce mot.

Chargnère, n. f. — Charnière.

Chariot, n. m.

— Corbillard.

— Espèce de banquette roulante, à siège troué au centre, et où l’on place debout un enfant qui est à la veille de marcher.

Charlander, v.

— Ennuyer, importuner.

— Chalander se disait jadis.

Charlanter. — V. Charlander.

Charlimagne.

Corruption de Charly man, expression usitée pour engager les travailleurs qui doivent soulever un lourd fardeau, à faire un effort commun. Ex. Chante le charlimagne, ça va nous aider à mieux travailler.

Charlot, n m.

Diable. Ex. Mes mitaines sont raides comme la peau du v ieux Charlot.

Charme, n. m.

Se porter comme un charme, avoir une excellente santé. C’est charbe qui se disait jadis. Ex. Cet enfant profite comme une charbe (chanvre).

Charme (d’un), loc.

D’un tour de main. Ex. C’a été fait d’un charme.

Charnel, adj. — Consanguin. Ex. C’est mon oncle charnel.

Charnier, n. m.

— Caveau où l’on dépose les membres d’une même famille.

— Caveau à l’usage de tous les défunts durant l’hiver. Au printemps, les cercueils sont enterrés dans des fosses particulières.

Charnière, n. f. — Charnier.

Charpenquer, n. m. — Charpentier.

Charpente à tête.

Charpente grossière faite de bois rond ajusté aux angles au moyen de simples entailles.

Charpiller, v. a. — Mettre en charpie, écharpiller.

Charpir, v. a.

Déchirer, mettre en charpie. Ex. Charpir de la laine.

Chârrequer, n. m. — Charretier.

Charretier, n. m.

— Cocher de place.

— Conducteur de voiture en général, quelle que soit sa forme ou son usage.

Chârriable, adj.

Qui peut être charrié.

Vieux terme de coutumes, qui désignait un vassal obligé envers son seigneur à fournir des charrois.

Chârriement, n. m.

— Course. Ex. Ecoute, mon enfant, cesse tes chârriements d’un quai à l’autre.

— Action de transporter des objets, des meubles, d’un lieu à un autre.

Chârrier, v. a.

— Aller très vite. Ex. Ce charretier a un bon cheval, il nous a charriés jusqu’à Lorette en pas grand temps.

— Renvoyer, chasser. Ex. Veux-tu t’en aller, misérable ? chârrie d’ici.

— Avoir la diarrhée. Ex. J’ai pris une bonne dose d’huile de castor, c’est ça qui fait charrier.

Chârrieux, n m.

Charrieur, qui charrie. Ex. Un chârrieux d’eau, de bois, de neige, de charbon.

Chârroyable, Qui peut être charrié.

Chârroyage, n. m. — Charriage, action de charrier.

Chârrue, n. f.

— Chasse-neige.

— Mot souvent employé pour exprimer le mécontentement. Ex. Charrue ! il y a toujours quelque mauvaise affaire qui me tombe ainsi sur les bras.

  • Chartine, n. f. — De l’anglais shirting. V, ce mot.

Chasse-femme, n. f. — Sage-femme.

Chasse-galerie, n. f. — Danse des sorciers ou des loups-garous.

Chasse-paillasse !

Expression dont on se sert pour faire le vide autour de soi, quand on est entouré d’enfants.

  • Chasse-panne, n. f. — Marmite. De l’anglais saucepan.

Chassepareille, n. f.

Salsepareille. Ex. Du baume de chassepareille qui guérit de tous maux.

  • Chasse-pinte, (Angl.) — Casserole. De l’anglais saucepan.

Châssis, n. m.

— Fenêtre. Le châssis est l’encadrement, la fenêtre est l’ouverture pratiquée dans le mur pour obtenir de l’air et de la lumière.

— Encadrement de la charpente d’une maison, d’un hangar.

Châssis doubles, n. m. pl.

— Fenêtre extérieure, pour garantir du froid en hiver.

— Verres de besicles, et par extension, les besicles elles-mêmes.

Chat, n. m.

— Ami particulier.

— Pas un chat, personne. Ex. Y avait-il beaucoup de monde an comité d’archéologie ? A l’exception du prési dent et du secrétaire, il n’y avait pas un chat.

— Avoir un chat dans la gorge, être enrhumé.

Chat (capot de), n. m.

Pardessus en fourrures, confectionné avec des peaux de chat sauvage.

Chat sauvage, n. m. — Raton ordinaire.

Château, n. m.

— Chanteau. Ex. C’est à mon tour de donner le pain bénit, j’ai eu le château aujourd’hui !

— Patin de chaise berceuse.

Château branlant, n. m.

Meuble qui menace ruine. Ex. Mets-moi la hache dans ce château branlant, c’est bon pour le poêle.

Chatonner, v. n.

Marcher en titubant. Ex. Cet enfant commence à chatonner, c’est-à-dire marche comme les petits chats. Expression d’origine acadienne. Vieux mot français cité par Godefroy, qui signifiait, en son temps, marcher à quatre pattes comme un chat.

Chatouilleux, adj.

— Délicat. Ex. Je m’aperçois que lorsqu’on parle d’argent, tu deviens chatouilleux.

— Douteux. Ex. Cette affaire est chatouilleuse.

Chatte (jouer à la), loc.

Jouer au chat. V. Attaque, Tague, Taque.

Chatter, v. n.

— Aimer un confrère plus que tous les autres. Expression de collégien.

Dans le principe, chatter signifiait être friand, manger des friandises.

— Draguer avec une chatte ou grappin dépourvu d’oreilles.

Chatterie, n. f.

Action de chatter. Ex. Les chatteries sont expressément défendues dans tous nos collèges.

Chatteux, n. et adj.

Qui chatte. Ex. Je vous avertis dès le commencement de l’année que les chatteux passeront mal leur temps avec moi.

Chaud, adj.

— A moitié ivre. Ex. Tiens, voilà José qui est encore chaud.

— Cher. Voilà une affaire qui m’a coûté chaud.

— Vivement discuté. Ex. I, es élections provinciales auront lieu bientôt, je crois que ce sera chaud.

— Avoir chaud, avoir honte.

— N’être pas chaud pour quelqu’un ou quelque chose, n’être pas très bien disposé. Ex. Je ne suis pas chaud pour les nationalistes.

Chaudet, n. f. — Buveur un peu lancé.

Chaudière, n. f.

— Piano qui n’est pas d’accord.

— Seau. Ex. Va chercher la chaudière aux eaux sales.

— Vase de fer-blanc qui sert à puiser l’eau, à traire les vaches.

Chaudiérée, n. f. — Le contenu d’une chaudière.

Chaudronne, n. f.

Chaudron. Ex. Une chaudronne pour faire la soupe.

Chaudronnée, n. f. — Contenu d’une chaudronne.

Chaufaud, n. m.

— Plate-forme en forme d’échafaud construite sur le rivage de manière à favoriser l’accès des vaisseaux qui y déposent le poisson que les pêcheurs viennent de prendre.

— Chevalets où l’on dépose le poisson.

Chauffaille, n. f. — Action de chauffer très fort.

Chauffé, n. m.

Echauffé, odeur causée par une forte chaleur ou par la fermentation. Ex. Ça sent le chauffé.

Chauffer, v. a. et n.<

— Fermenter. Ex. La bière commence à chauffer dans le baril.

— Porter un haut de forme. Ex. Tu as mis ton tuyau, tu chauffes.

— Chauffer le four, boire des liqueurs fortes.

Chaufferie, n. f.

Chambre où l’on fait sécher le bois, le linge.

Chauguère, n. f. — Chaudière.

Chauguèrée, n. f. — Chaudiérée. V. ce mot.

Chaumer, v. a.

Chauler, passer le blé à l’eau de chaux avant de le semer ; ainsi des œufs. Ex. Des œufs chaumés.

Chausser, v. a.

Convenir. Ex. Si cela te chausse, tant pis.

Chaussette, n. f. — Pantoufle.

Chausson, n. m.

— Individu mal dégrossi, rustre, ignorant et mal vêtu.

— Chaussette, demi-bas.

Chautasse, adj. — A moitié ivre. (B. P. F.)

Chavirer, v. n. — Devenir fou, avoir la tête à l’envers.

Chayère, n. f. — Chaudière.

Chayérée, n. f. — Chaudiérée. V. ce mot.

Ch’, pr. pers. — Je. Ex. Ch’suis embêté.

  • Cheap, tshîpe, (m. a.)

A bon marché. Ex. C’est réellement cheap.

Chèche, adj.

Sec, sèche. Ex. Du linge chèche, une serviette chiche.

Chécher, v. a. et n.

Sécher. Ex. La lessive chèche, commence à chécher.

Chècheresse, n. f. — Sécheresse.

  • Check, (m. a.)

— Chèque. Ex. Un check de cent piastres.

— Bulletin de bagage. Ex. Mettre un check sur une valise.

— Etiquette. Ex. Poser un check sur une pièce de flanelle.

— Fausse rêne. Ex. Un check de bride.

— Frein. Ex. Mettre un check à quelqu’un.

— Poussée (au jeu). Donner un check à quelqu’un. (B. P. F.)

  • Checkage, (Angl.)

— Etiquetage. Ex. Cheekage d’un stock de marchandises.

— Enrênement. Ex. Cheekage d’un cheval.

— Pointage. Ex. Le cheekage d’un compte.

— Enregistrement. Ex. Le cheekage du bagage.

— Poussée (au jeu). Ex. Le cheekage n’est pas permis. — (B. P. F.)

  • Checker, (Angl.)

— Enregistrer. Ex. Checker du bagage.

— Etiqueter. Ex. Checker des marchandises.

— Enrêner. Ex. Checker un cheval.

— Arrêter, calmer. Ex. Checker quelqu’un.

— Vérifier. Ex. Checker un compte, une facture.

— Pointer. Ex. Checker une liste électorale.

— Surveiller. Ex. Checker quelqu’un.

— Pousser de l’épaule (au jeu). — (B. P. F.)

  • Checkeur, n. m. (Angl.)

— Celui, qui, le jour du scrutin, soit pour une élection municipale, soit pour une élection politique, se tient à la porte du bureau de votation (poll), pour pointer les noms des électeurs.

— Vérificateur. Ex. Un checkeur de listes électorales.

— Facteur de gare. Ex. Un checkeur des boîtes, valises, arrivées en gare.

Chèfre, n. m. — Chef.

Chèfrerie, n. f.

Fonction et privilèges propres au chef d’un parti.

Chemin, n. m.

— Ecartement que l’on donne aux dents d’une scie.

— Aller son petit bonhomme de chemin, faire son chemin loyalement.

— Ne pas y aller par quatre chemins, aller droit au but.

— Etre dans le chemin, dans la misère.

Chemin couvert, n. m.

Corridor qui va du presbytère ou de la sacristie à l’église.

Chemin (maître), n. m.

Chemin principal par où l’on transporte le bois, du camp à la jetée, dans nos chantiers.

Chemin de sortie. — Chemin qui communique au maître chemin.

Chemin du roi, n. m. — Grand chemin.

Chemin passant, n. m, — Chemin régulièrement suivi.

Chemine, n. f.

Chemin. Ex. Dans la concession où je reste, il n’y a ni chemin ni chemine, c’est-à-dire aucun chemin.

Chemise, n. f.

— Changer d’idées comme de chemise, changer souvent.

— Tenir plus à sa peau qu’à sa chemise, s’occuper plutôt de soi que des autres.

— Se promener en queue de chemise, en déshabillé.

Chemise de Notre-Dame.

Clochettes ou liseron des haies. Terme de botanique.

Chemise fine, n. f. — Chemise de toile ou de coton blanc.

Chenail, n. m.

Chenal. Ex. Le chenail du nord, du sud du neuve Saint-Laurent.

Chenâiller, v. n. — Courir, aller à la course.

Chenille à poil, — V. Chapelouse.

Chenilles, n. f. pl.

Maladie des vaches et des moutons. Larves d’œstrides.

Cheniquer, v. n.

Abandonner la partie par couardise. Ex. Veux-tu faire encore une partie ? Tu refuses, tu cheniques.

On a beaucoup ergoté sur l’origine de ce mot. Est-elle française, anglaise, allemande, hollandaise ? En hollandais, slikken, qui se rapproche un peu de cheniquer, veut dire avaler, et slock, goutte. D’après Timmermans, slikken signifierait sangloter, éprouver un spasme de la glotte. En allemand schnitt veut dire coupure, rognure, schnitzer, sculpteur, et aussi faute, bévue. L’étymologie anglaise semble plus rationnelle. Est-elle acceptable ? M. Rivard, dans le Bulletin du Parler Français (vol. I, p. 146), nous apporte le mot sneak, prononcé shneak par une certaine classe d’Irlandais. Comme ce verbe signifie s’en aller furtivement, se sauver, il donne assez bien l’idée de cheniquer. Mais on est en droit de se demander comment il se fait que le mot cheniqueux se rencontre aussi en France, puisque Timmermans le cite pour désigner un buveur d’alcool. Il faudrait donc s’en tenir à l’origine hollandaise.

Cheniqueux, n. m.

Qui chenique. En France, ce mot signifie buveur d’alcool.

Chenu, adj.

— Mesquin, de qualité inférieure. Ex. C’est chenu, cela ne vaut pas grand chose, c’est mesquin.

En France, chenu signifie tout le contraire, c’est bon comme le chêne, d’où chenu semble venir.

  • Chéper. (Angl.)

De l’anglais shape. Ex. Cet individu est curieusement chépê, a une drôle de mine.

Chérant, adj.

Qui exige un prix trop élevé de ses clients. Ex. M. le docteur, vous êtes un peu chérant.

Cherche. — C’est à savoir.

Cherchement, n. m.

Action de chercher.

Chercher, v. a.

— Chercher des midis à quatorze heures, avoir des idées impossibles.

— Chercher le soleil en plein midi, chercher une chose qui crève les yeux.

Chère-épice, n. m.

Marchand qui vend cher sa marchandise. Les épices venant de l’Inde coûtaient très cher autrefois.

Chérité, n. f.

Charité. Ex. Voulez-vous me faire la chérité pour l’amour du Bon-Dieu.

Chesse, adj. — Sec, sèche.

Chesser, v. a. et n. — Sécher.

Chesseresse, n. f.

Sécheresse. Ex. Si la chesseresse continue, tout va périr.

Chétiment, adv. — Chétivement.

Chétit, adj.

— Chétif. Ex. Un enfant chétit.

— Méchant. Ex. Sors d’ici, mon petit chétit.

— Malade. Ex. l’enfant de Baptiste est malade depuis huit jours, il est bien chétit.

Chétiver, v. n. — Devenir chétif, maladif.

  • Cheurtine, n. f. — De l’anglais shirting, V. ce mot.

Cheux, prép.

— Chez. Ex. Cheux nous.

— La famille, la paroisse, la maison. Les gens de cheux nous sont tous faits comme ça. Cheux nous sont tous malades de la grippe.

Cheval, n. m.

— Séchoir.

— Avoir une faim de cheval, une grosse faim.

— Cheval à cheval, manche à manche.

— Cheval fendu, cheval fondu, jeu où un certain nombre d’enfants étant courbés à la suite des uns des autres, leurs camarades sautent sur leur dos.

— Mes chevals, mes chevaux. Expression acadienne.

— Mon chevau, mon cheval. Expression acadienne.

— En Anjou, on dit aller à ch’vau, à dos d’chevau.

Cheval d’ivrogne, n. m.

Cheval endurant et de piteuse mine.

Cheval de quêteux, n. m.

Mauvaise rosse, qui s’arrête de lui-même à toutes les portes.

Chevalement, adv.

Terriblement. Ex. Il faut être chevalement bête pour avoir battu cet enfant.

Chevalet, n. m. — Chèvre ou ixe.

Chevaucher, v. n.

Se croiser. Ex. Les lunes chevauchent.

Chevêche, n. f. — Chouette du Canada.

Chevelure de noyés, n. f. — Algues marines.

Cheveu, n. m.

— Spiral. Ex. Le cheveu d’une montre.

— Tête. Ex. As-tu mal aux cheveux ? Expression qui s’applique à un individu qui, au lendemain d’une noce, se lève avec un gros mal de tête.

— Cela vient comme un cheveu sur la soupe, sans à propos. Avoir les cheveux fâchés, embroussaillés.

  • Chéver, v. a. (Angl.) — Prêter à des taux usuraires.
  • Chéveur, (Angl.)

Celui qui prête à usure.

Cheville, n. f.

— Individu que l’on place au milieu d’autres pour l’obliger à travailler.

— Un trou, une cheville ; autant de trous, autant de chevilles, avoir réponse à tout.

Cheviller, v. a.

Mettre. Ex. Cheville-toi cela dans le coco bien à serre.

Chèvre, n. f.

— Chevalet pour supporter une cloclie avant qu’elle soit placée dans un clocher.

— Chevalet pour supporter du linge mouillé.

Chevreuil, n. m. — Cerf d’Amérique.

Chevreux, n. m. — Chevreuil.

Cheyère, n. f. — Chaudière.

Cheyérée, n. f. — Le contenu d’une chaudière.

Chez (par), loc. — Chez. Ex. Passe-donc/ar chez nous.

Chez soi (un), loc.

Appartement ou domicile à soi. Ex. Un petit chez soi vaut mieux qu’un grand chez les autres.

Chiâler, v. n.

Pleurnicher. Ex. Cet enfant a chiâlé toute la nuit. Expression acadienne. Vient du normand quiauler pour chiauler, chiailler. Une quiaulée, en normand, est une ribambelle de petits pleureurs.

Chiâleux, adj.

Enfant qui est dans l’habitude de chiâler.

Chic, adj.

— Bien fait, remarquable, d’un bel effet. Ex. Voilà un homme chic. C’est chic.

Chicailler, v. a. — Déchiqueter. (B. P. F.)

Chicailler (se), v. pron. — Se chicaner.

Chicaneux, n. et adj. — Chicaneur.

Chicanier, n. et adj. — Chicaneur.

Chicher, v. n. — Etre mesquin.

Chicherie, n. f.

Mesquinerie. Ex. Cet individu est d’une chicherie sans nom.


Chiard, n. m.

Bœuf bouilli dans de l’eau avec des pommes de terre, oignons, sel, poivre, et le moins de beurre possible. Mets très connu des collégiens et pas toujours apprécié à sa valeur.

Chiarge, n. in. — Cierge.

Chiben, a. ni. — Topinambour. Mot usité chez les Acadiens.

Chicoter, v. a.

— Contester sur des puérilités.

— Donner à songer. Ex. Cette affaire me chicote.

Chicoteux, adj. — Ennuyeux, tracassier.

Chien, n. m.

— Avoir du chien, une tournure provoquante.

— Se regarder comme des chiens de faïence, comme des chiens en porcelaine de Chine, qui se regardent sans bouger.

— Manger à son chien de soûl, beaucoup.

— Mordu d’un chien ou d’une chienne, pas de différence.

— Une faim de chien, faim canine.

— Garder un chien de sa chienne, garder rancune.

— Un mal de chien, une grande peine.

— Etre accoutumé à faire qqch. comme un chien à aller nu-tête, avoir une longue habitude.

— Avoir du chien dans le corps, avoir le courage de faire les cent coups.


— Etre chien, être avare.

— C’est chien, c’est contrariant.

— Son chien est mort, il est ruiné.

— Il fait un temps de chien, mauvais temps.

—Il fait un temps à ne pas mettre les chiens dehors, très mauvais.

— Tourner en jeu de chien, tourner mal.

— En chien, beaucoup. Ex. Bête en chien.

— Les chiens en lèvent la queue, c’est ridicule au point que même les chiens s’en aperçoivent et expriment leur manière de voir. Et si le ridicule est poussé jusqu’à son comble, on ajoute : Et ils ne la rabattront plus.

Chien de France, n. m.

Avoir le nez froid comme un chien de France, très froid.

Chien de poche, n. m.

Enfant qui s’attache à ses parents et les suit partout, comme le chien qui suit son maître sans jamais se lasser.

Chien-fou, n. m.

Homme enragé, fâché et dangereux comme un chien enragé.

Chiendent, n. m.

— Froment rampant.

— Difficulté. Ex. Il y a du chiendent là-dedans.

Chienne, n. f.

— Habit long et d’usage journalier.

— Voiture formée de planches posées sur quatre roues.

— Siège dans les chantiers. (Taché, For. et Voy.)

— Avoir la chienne sur le dos, être paresseux.

— Promettre un chien de sa chienne, promettre de se venger.

— Une chienne d’habitude, une mauvaise habitude.

Chiennetée, n. f. — Chiennée.

Chienneter, v. n. — Chienner.

Chiette, n. f. — Lieux d’aisances.

Chiotte, n. f. — Latrines.

Chiffon, n. m.

Nom donné à une jeune fille. Ex. Mon petit chiffon.

Chigner, v. n.

— Echiner. Ex. Il y en a qui ne chignent pas à l’ouvrage.

— Pleurnicher. Ex. Des enfants qui chignent à tous propos.

Chigneux, adj. — Pleurnicheur.

Chignon, n. m.

— Quignon. Ex. Un chignon de pain.

— Tête, cerveau. Ex. Tâche de te fourrer cela dans le chignon.

Chignon du cou.

Derrière de la tête. Ex. Je l’ai pris par le chignon du cou et je l’ai couché par terre.

Chimaigre, n. m. — Maigre et chétif.

Chimères, n. f. pl. — Idées noires, chagrins, inquiétudes.

Chiper, v. a.

Voler avec adresse. Ex. Il m’a chipé mon canif.

Chipotée, n. f. — En abondance, en quantité.

Chipoter, v. n.

S’occuper à des riens, à des travaux de peu d’importance.

Chipoterie, n. f.

— Bagatelles, niaiseries.

— Objets confus, désordre.

Chipoteux, n. m.

Chipotier, qui travaille avec lenteur, qui chicane lorsqu’il marchande.

Chipouterie, n. f. — V. Chipoterie.

Chipoutis, n. m. — Chair à pâté.

Chique, n. f.

— Propos désagréable. Ex. Nous avons passé le temps à nous faire manger des chiques.

— Répartie offensante. Ex. Je lui ai envoyé une chique. Maladie sur les chevaux. Larves d’œstrides.

— Poser sa chique, se taire.

— Cela ne vaut pas une chique, ne vaut rien.

— Bout de chique, petit individu.

Chiquée, n. f.

Ce qui constitue une chique. Ex. As-tu une chiquée de tabac à me passer.

Chiquement, adv.

Admirablement. Ex. Cette robe est chiquement faite.

Chiquette, n. f.

Petite chique.

Chiqueux, n. m.

Qui est dans l’habitude de chiquer.

  • Chire, n. f. (Angl.)

— Embardée. Ex. Pierre n’est rien que bon à prendre des chires.

— Course de vaisseau, de voiture, d’animal ou d’un homme qui glisse sur la glace ou sur un terrain humide.

— Fuite. Ex. Mon voleur a eu peur, et il a pris une chire.

  • Chirer, v. n. (Angl.)

— Embarder. Ex. Notre vaisseau a chirê sur son ancre.

— Glisser hors de sa voie.

— Aller vite.

  • Chireux, n. et adj. (Angl.)

Qui va à droite ou à gauche, sans pouvoir marcher dans le droit chemin.

Chitit, adj. — Chétif.

Chiure, n. f.

Petite tache noire produite par des excréments. Ex. Des chiures de mouches.

Chlori de chaux, n. m.

Chlorure de chaux.

Chlorure de chaux, n. f.

Chlorure de chaux, n. m. Ex. Un bon désinfectant, c’est de la chlorure de chaux.

Choc, n. m.

Prise de bec. Kx. Nous avons eu un choc ensemble.

Chofa, n. m. — Sofa.

Choisi, adj.

De bonne qualité. Ex. Voici du beurre choisi.

Choisir, v. a.

— Choisir son monde, manifester des préférences pour certaines personnes.
— Choisir à la main, trier avec soin. Ex. Des œufs choisis à la main.

Choléra, n. m.

Diarrhée abondante. Ex. Le docteur m’a fait prendre un remède qui m’a donné le choléra.

Choléra du pays, n. m.

Choléra analogue au choléra asiatique, avec des symptômes beaucoup moins graves.

Chonge, n. m. — Songe.

Chonger, v. n. — Songer.

  • Chop, tshofie, (m. a.) — Côtelette.

Choquer la gueule, loc. — Offenser. Chose, n. m.

— Personne dont le nom ne revient pas. Ex. Ecoute-moi, Chose, ne fais pas cela ?
— Un pas grand chose, un homme dont on ne s’occupe guère.
— Prendre quéq’chose, prendre un verre de vin. 

Chose (rester tout), loc.

Interdit, interloqué. Ex. Quand je lui ai rappelé cette affaire d’argent, il est resté tout chose.

Chosier, n. m.

Jolie expression fort usitée autrefois, surtout dans le district de Montréal. « Il y a bien des choses dans un chosier » pour dire qu’il y a une multitude de choses qui existent et dont on ne se doute pas. Le chosier, c’est l’universitas rerum des Romains. Le mot est du vieux français, qui signifiait arbre qui Porte des choses, comme Madame de la Sablière disait du bon La Fontaine qu’il était un fablier.

Chou, n. m.

— Terme d’amitié, donné aux petits enfants. Ex. Mon chou ! viens ici, mon petit chou.
— Pomme de chou, v. ce mot.

Chouayen, n. m.

Bureaucrate, ami du gouvernement. Ainsi désignait-on de 1800 à 1837 les amis du pouvoir. Ce nom se trouve dans quelques chansons politiques du temps. En le reproduisant, les puristes modernes lui ont substitué le mot Chouan. C’est à tort. Chouayen n’est pas une altération de Chouan. Ce nom fut donné à une partie du faubourg Saint-Louis, en l’honneur du fort Chouagen ou Oswégo, pris par les Français sur les Anglais. Les pauvres gens qui l’habitaient alors, votaient pour le gouvernement.

Le nom Chouayen on Chouéyen est aujourd’hui donné à un certain nombre de cultivateurs de la Jeune-Lorette. On les appelle encore les Canons de Lorette.

Chouche, n. f. — Souche.

Chouenne, n. f. — Blague, mensonge vulgaire.

Chouenner, v. n. — Dire des blagues.

Chouenneux, adj. — Blagueur.

Chouette, n. f.

— Amie. Ex. Ma belle chouette.
— Digne d’admiration. Ex. Cela est chouette.

Chouler, v. a.

— Exciter. Ex. Ne va pas chouter le chien après moi. 
— Bafouer.

Chouqu’ser, v. a. — Pousser deux chiens à se battre.

Chousse, n. f. — Souche.

Choutiam, n. m. — Chou de Siam, chou-navet.

Choux gras (jeter ses), loc.

Jeter des choses qui peuvent encore être utiles. Ex. Ce n’ est pas lui qui jette ses choux gras, il est trop ménager.

Chréquien, n. m.

— Chrétien.
— Marcher sur le chréquien, marcher à peau nue. En France on dit marcher sur la chrétienté sur la chrétiennetê.

Chrétien, n. m.

— Homme en général. Ex. Il n’y a pas de chrétien capable de soulever cette pierre.
— Parler chrétien, parler français de manière à être compris.
  • Christmas, n. m. krissmeuss, (m. a.)

Noël. Ex. Que vas-tu me donner pour mon Christmas ?

Chuille, n. f. — Cheville.

Chuiller, v. a. — Cheviller.

Chuinée, n. f. — Cheminée.

  • Chum, n. m. tsheume, (m. a.)

Ami, camarade. Ex. Celui-ci est mon chum.

Chute de neige, n. f. — Tombée de neige.

Chuter, v. n. — Tomber, faire une chute.

Ci, adv.

Aujourd’hui. Ex. N’oublie pas de venir me voir entre ci et demain. Il y a encore un mois entre ci et Pâques.

Ciarge, n. m. — Cierge.

Cigailler, v. a.

— Rudoyer un cheval en tirant sur la rêne en tous sens. V. Zigailler.
— Couper maladroitement un objet.

Cigailleur, adj.

— Qui cigaille.
— Qui taquine, importune.

Cigale, n. f. — Cigare.

Cigane, n. f. — Cigare.

Cigâre, n. m. — Cigare.

Cigarette, n. m.

Cigarette, n. f. Ex. Veux-tu fumer un cigarette ?

Cigonner, v. a.

— Taquiner, scier. Ex. Achève de me cigonner ?
— Attiser le feu. Ex. Cigonne donc le poêle, on gèle. V. Zigonner.

Cileri, n. m. — Céleri.

Cimiquière, n. m. — Cimetière.

Cimitière, n. m. — Cimetière.

Cinglée, n. f.

Volée, coups de fouet.

Cinmiquière, n. m. — Cimetière.

Cinquante, adj.

Une foule. Ex. Il se fourre cinquante choses dans le chignon.

Cinq cents, n. m.

Diable. Ex. Il fait une tempête du cinq cent. J’ai un mal de dents du cinq cent. Il a une peur de moi du cinq cent. Il y a du cinq cent dans tout cela. Voilà un enfant qui fait ses cinq cents volontés.

Cintième, n. et adj.

Cinquième. Les vieux manuscrits ayant supprimé la lettre q, on a formé cintième comme on a fait septième, huitième.

Cintre, n. m.

About, planche de labour, ou sillon perpendiculaire aux autres au bout d’un champ. Vient de chintre, mot mentionné par Borel et par Lacurne de Sainte-Pallaye.

Cintrer, v. n.

Faire le cintre. D’après Jaubert, chaintrer c’est tirer une ligne avec le soc de la charrue.

  • Cipaille, n. m. (Angl.)

Ragoût composé de viande et de petits carrés de pâte. C’est le mot anglais sea-pie francisé.

  • Cipâre, n. m. (Angl.) — Cipaille. V. ce mot.

Circonstances (sous les), loc.

Dans les circonstances, dans le cas présent.

Circuit, n. m.

Pièce de terre. Ex. Aujourd’hui nous allons labourer le circuit.

Circulaire, n. m.

— Imperméable à l’usage des femmes.
— Ample manteau d’hiver, doublé en fourrure, et porté seulement par les femmes.

Circulation, n. f.

Tirage. Ex. Une gazette qui a une circulation considérable.

Circuler, v. a.

Faire circuler. Ex. Circuler un document pour y faire apposer des signatures.

Cire, n. f.

Chassie, petite sécrétion jaunâtre qui se concrète au bord des paupières, ou dans le coin des orbites. Ex. Mon enfant a les yeux pleins de cire tous le matins.

Cirer ses bottes, loc.

Se préparer à mourir en recevant l’extrême-onction. Tu peux cirer tes bottes, le docteur l’a dit.

Cireux, adj.

Chassieux. Ex. Mon enfant a toujours les yeux cireux.

Ciroter, v. n.

Devenir chassieux. Ex. Les yeux lui tirotent toujours.

Ciroteux, adj.

Chassieux. Ex. Avoir les yeux ciroteux.

Cirurgien, n. m.

Chirurgien.

Cisaillage, n. m.

Action de cisailler, de couper sans soin du linge, du papier.

Cisailler, v. a.

— Couper sans cérémonie avec des ciseaux. Ex. Cisailler du papier, de l’étoffe.
— Conduire un cheval en tirant d’un côté et de l’autre sur les rênes. Ex. Cisailler la gueule du cheval avec les cordeaux.
— Taquiner, ennuyer.
— Scier, irriter. Ex. Mon col de chemise me cis aille le cou.

Ciseau (crier), loc.

Dans le temps de le dire. Il est mort bien vite, il n’a pas eu le temps de crier ciseau. J’ai fait cela en criant ciseau.

Ciseau à dents, n. m.

Outil d’acier à l’usage des tailleurs de pierre. V. Boucharde.

Ciseau à fret, n. m.

Gros ciseau à deux biseaux, dont la lame qui est mousse, sert surtout à pratiquer l’ouverture des caisses et autres parties clouées.

Cité de temps, loc.

Intervalle de temps dont la durée est très longue ou peut être incalculable d’avance. Ex. Je l’ai attendu une cité de temps.

Citoyen, n. m.

Homme considéré pour son honnêteté, sa valeur morale et même pour sa fortune. Ex. Ça, c’est un citoyen.

Citronnelle, n. f.

Petite courge de forme bien arrondie qui se confit dans le sucre.

Citrouillère, n. f. — Compote de citrouille.

Civilien, n. m.

Civil, bourgeois. Ex. Je viens de rencontrer un officier habillé en civilien.

  • Clabord, n. m. (Angl.)
— Planche destinée au lambrissage extérieur des maisons,
par le système dit à clin.
— Lambris à clin.
— Clous à bardeaux.
  • Claborder, v. a. et n. (Angl.) — Lambrisser à clin.
  • Claim, cléme, (m. a.) — Titre.

Clair, adj.

— Libéré, libre. Ex. Il n’est pas clair de son affaire. Me voilà clair de la douane. Cette planche est claire de nœuds.
— Jour. Ex. Il commence à faire clair vers quatre heures.

Clair (tout à), loc.

Distinctement. Ex. Je l’ai entendu tout à clair.

  • Clairance, n. f. (Angl.)
— Congé. Ex. C’était un mauvais serviteur, je lui ai donné sa clairance.
— Décharge. Ex. Le procès de Lafleur est terminé, le juge lui a donné sa clairance.
— Quittance. Ex. Maintenant que tu es payé, donne-moi une clairance.
— Acquit. Ex. Mon vaisseau va partir demain, j’ai obtenu une clairance.
— Défrichement. Ex. Nous commençons à faire de la terre, il y a par-ci par-là de bonnes clairances. (B. P. F.)

Clairaud, adj.

— De nuance claire. Ex. Cette étoffe est clairaude.
— Clair. Ex. La soupe est clairaude.
— Clairsemé. Ex. Les oignons sont clairauds cette année.

Claircir, v. n.

— Devenir clair. Ex. Le temps commence à claircir.
— Rendre clair. Ex. Veux-tu claircir le poêle ?
  • Clairer, v. a. (Angl.)
— Débarraser. Ex. Clairez le chemin, la chambre, la place, la table.
— Absoudre, décharger. Ex. Le juge a claire le prisonnier.
— Congédier. Ex. Je viens de clairer ma servante.
— Déblayer. Ex. Le chemin était plein de bois mort, je l’ai fait clairer.
 — Faire un profit. Ex. Dans cette affaire j’ai claire cinquante pilastres.
— Acquitter. Ex. Louis me devait encore quelques piastres, je l’ai clairé.
— Se tirer d’affaire. Ex. La chose était pas mal compliquée, je m’en suis clairé assez bien.
— S’éclaircir. Ex. Le temps se claire.
— Franchir. Ex. J’ai clairé la barrière d’un saut.
— Sortir d un mauvais pas. (B. P. F.)
— Clairer la bâtisse, sortir, s’en aller.

Claireur, adj.

Celui qui déblaye les chemins et fait métier de clairer le bois afin de permettre aux bûcherons de travailler plus à l’aise,

Clairifler, v. a. — Clarifier.

Clairinette. n.f. — Clarinette.

Clairon, n. m.

— Aurore boréale.
— Eclaircie de beau temps entre deux orages. Ex. Il y a de beaux clairons dans le nord.
— Gomme à couleur très claire trouvée sur les écorces d épinette et recherchée. V. Bourlet.

Clairon du roi (le).

Jeu de société où l’on chante : II a passé par ici, le clairon du roi, Mesdames ; il passe, il est passé, le clairon du roi joli.

Clairté, n. f.

Clarté, lueur. Rabelais et Régnier ont écrit clairté.

Clajeux, n. m. — Iris versicolore.

  • Clam, (m. a.) — Mollusque.

Clanche, adj.

Affamé, qui a les flancs creux faute d’alimentation.

Clapet, n. m.

Petite hache pour abattre les jeunes arbres.

Clapotage, n. m.

— Agitation légère de l’eau, de la boue avec les mains ou les pieds.
— Commérage. Ex. Quel clapotage pour si peu de chose ?

Clapotement, n. m.

Mouvement de la vague agitée par le vent.

Clapoter, v. n.

— Agiter l’eau, la boue, marcher dans des flaques d’eau.
— Parler à tort et à travers. Ex. Qu’est-ce que tu clapotes encore ?
— Rapporter tout ce qui se passe sans rien définir.

Clapoteux, adj.

— Un indiscret bavard.
— Un homme de tous métiers.

Claque, n. f.

— Chaussure de caoutchouc qui se met pardessus la chaussure ordinaire pour se garantir de la boue, de l’humidité, du froid, de la neige.
— Soufflet. Ex. Je lui ai flanqué cinq ou six claques par la tête qu’il en a vu trente-six chandelles.

Claque-chapelet, n. m. — Bigot.

Claque-whiskey, n. m. — Ivrogne.

Claqué, e, adj.

Couvert partiellement en caoutchouc. Ex. Des chaussures claquées, chaussures d’hiver dont la semelle est en caoutchouc.

Claquer, v. a. et n.

— Courir.
— Travailler vite. Ex. Il a claqué son ouvrage en un rien de temps.
— Tromper. Ex. Je me suis fait claquer dans cette affaire-là.
— Coûter. Ex. Il en claquera, je ne réussis pas.
— Mettre des claques. Ex. Es-tu bien claqué ?
— Taper. Ex. Il m’a claqué par la tête, j’en ai vu des chandelles.
— Se faire claquer la gueule, parler beaucoup.
— Se faire claquer la langue, produire un clappement de langue.
— Claquer un somme, dormir.
— Claquer le coup, boire des liqueurs fortes.

Claqueux, adj. — Délicieux, de très bonne qualité.

Claret, n. m.

Clairet, vin de Bordeaux. Ex. Boire du claret à la place d’eau.

Clas, n. m. — Glas. En Saintonge et en Anjou, on dit clas.

Classe, n. f.

Qualité. Ex. Nous ne vendons que de l’étoffe de première classe.

Clavigraphe, n. m.

Dactylographe, machine à écrire. Ce mot, de création canadienne, n’a pas fait fortune. Cependant on s’en sert encore en Canada.

Clavigraphie, n. f. — Art du dactylographe.

  • Cleaner, v. a., cliner. (Angl.) — Nettoyer. V. Cliner.
  • Cleaneur, n. m. (Angl.) — Laveur de voitures.

Clef (à la), loc.

A soi. Ex. Il y a de l’argent à la clef, il fait donc bon de se mêler de cette affaire. En musique, la clef indique la note. J’ai quinze enfants à la clef.

Clencher, v. a. et n.

Agiter la clenche pour faire ouvrir une porte.

Clenchette de fusil, n. f — Détente de fusil.

Clerc avocat, n. m. — Etudiant en droit.

Clerc de poll, n. m. — Greffier du bureau de votation.

Clerc médecin, n. m. — Etudiant en médecine.

  • Cléricale (erreur), n. f. (Angl.)

Erreur de plume, faute de copiste. Traduction de l’anglais clerical error.

Cléricature, n. f.

Etude d’une profession. Ex. J’ai fait ma cléricature sous le docteur Lafrance.

Cliche, n. f.

Diarrhée. Vient du mot clichard, sobriquet donné aux habitants de Bayeux, parce que, suivant une vieille tradition, pour les punir d’avoir chassé saint Gerbold, leur évêque, Dieu les affligea de lienteries et d’hémorrhoïdes.

Clicher, v. n. — Avoir la diarrhée.

Clinclan, n. m. — Clinquant.

Clins d’z'yeux, n. m. pl. — Clins d’yeux.

Cliner, v. a.

— Cligner. Ex. Cette femme cline des yeux.
— Nettoyer. Ex. Cliner un poêle, un chaudron. De l’anglais to clean.

Clinquant, n. m. — Mica. .

  • Cliper, v. a. (Angl.)

Tondre, couper les cheveux tout près du crâne. Ex. Je viens de faire cliper mon cheval. Se faire cliper la tête.

  • Clipeur, n. m. (Angl.)
Tondeuse, instrument pour cliper.

Cliquart, n. m. — Qui appartient à une clique.

Clique, n. f.

— Bande d’individus. Ex. Ils étaient une grosse clique.
— Partisan d’une cause ou ami fidèle. Ex. La clique à Sénécal.

Cloche, n. f.

Filets de morve qui pendent au nez des enfants, et prennent tantôt la forme de chandelles, tantôt celle de cloches. V. Chandelle.

Cloche d’eau, n. f.

Phlyctène, ampoule formée par de la sérosité.

Cloche (grosse), n. f.

Le père de famille. Ex. Avant de décider cette affaire, nous allons consulter la grosse cloche.

Cloche à vache, n. f.

Clarine, sonnette qui pend au cou des animaux pour les empêcher de s’égarer quand ils paissent dans les bois.

Clocher, v. n.

— Se déranger. Ex. Sa santé et ses affaires clochent.
— Produire des phlyctènes sur la peau.

Cloque, n. f.

Pardessus d’hiver. Ce mot n’est pas un anglicisme, comme on le pourrait croire. Froissart s’en est servi. « Sur ton dos jette ta cloque. » C’était alors une espèce d’habillement arrondi comme une cloche, et qu’on appelait cloche ou cloque.

Clore, v. n.

Faire de la clôture. Ex. Tu vas emplir la charrette de pieux, de piquets, de harts, et nous irons clore l’arpent du sorouet.

Clos, n. m.

Lieu de pâturage. Ex. Pierre, va mettre les vaches au clos.

Clos à bois, n. m. — Chantier.

Close, n. f.

Clôture, fin d’une retraite, d’une neuvaine.

  • Closet, n. f., (m. a.)
— Latrines.
— Garde-robe, armoire. 
  • Closeter, v. a. (Angl.)

Enfermer dans un cabinet, prendre en particulier.

Clôturage, n. m. — Action de clôturer.

Clôture, n. f.

— Etre sur la clôture, être dans l’indécision sur le choix d’un parti.
— A pleine clôture, en quantité. Ex. Le blé est à pleine clôture.
— Sauter par-dessus la clôture, faire faux bond, manquer à un engagement.

Clôture d’embarras, n. f.

Clôture faite de branches d’arbres.

Clou, n. m.

— Petite quantité de boisson alcoolique que l’on ajoute à une eau gazeuse ou fermentée.
— Furoncle.

Clouer, v. a. — Clore. Ex. Clouer le bec d’un grand bavard.

Clouéson, n. m. — Cloison.

Clouésonner, v. a.

Diviser par des cloisons.

C’mandement, n. m. — Commandement.

C’mander, v. a.

Commander. Ex. Pourrais-tu m’aider à porter ce fardeau, sans te c’mander ?

C’mencement, n. m.

Commencement. Ex. Il y a un c’mencement partout.

C’mencer, v. a.

Commencer. Ex. C’mence, toi ? Non, c’mence, toi.

C’ment, adv. — Comment.

C’mode, adj.

Commode. Ex. En voilà un qui est pas c’mode à manœuvrer.

C’modité, n. f. — Commodité.

C’modités, n. f. pl. — Commodités. V. ce mot.

Co, n. m. — Coq. Ex. Allons voir battre les cos ?

  • Coat, côte, n. ta.., (m, a.)
— Habit, veston.
— Frock coat, redingote. 

Coben, adv.

Combien. Ex. Coben y avait-il de personnes à la conférence ? — Je sais pas coben.

Cobi, e, adj.

Bossue. Ex. Un chapeau cobi. En Anjou, cobi se dit d’un fruit meurtri.

Cocasser, v. n.

— Colporter des nouvelles fraîches.
— Tenir des propos cocasses.
— Chanter, après avoir pondu, en parlant de la poule. Ex. C’est la poule qui cocasse qui a pond.

Cocassier, n. m. — V. Coquassier.

Coche, n. f.

— Forte somme d’argent. Ex. Je viens de finir mon procès, j’ai dû payer une grosse coche à mon avocat.
— Cote. Ex. Tu es à côté de la coche.

Coche rendrait tout aussi bien l’idée que cote, si on s’en rapporte à l’origine de l’expression. On faisait des coches sur un morceau de bois fendu en deux dont chacun des intéressés gardait une moitié pour marquer la quantité de fournitures que l’on achetait chez le boulanger et le boucher.

— Faire une coche mal taillée, commettre une bourde.
— Faire une coche à la fortune de quelqu’un, la diminuer dans une certaine mesure.

Cochon, n. m.

— Homme vil, méprisable, ladre.
— Saigner le cochon, tirer de la liqueur d’un fût.

Cochons (petits), n. m. pl.

Sarracénie, nom donné par le Dr Sarrasin à cette plante de nos savanes, très recommandée contre la petite vérole. 

Cochonnaille, n. f.

Viande de cochon, charcuterie. Ex. Acheter de la cochonnaille au marché Montcalm.

Cochonnement, adv.

Malproprement. Ex. Travailler cochonnement.

Cochonner, v. a.

Mal travailler. Ex. Cet ouvrier cochonne tout ce qu’il touche.

Cochonnerie, n. f.

— Saleté. Ex. J’ai un tas de cochonneries dans les yeux.
— Grande quantité, surabondance. Ex. Penses-tu que nous aurons des prunes, cet automne ? — Nous en aurons une cochonnerie.
  • Cock-tail, téle, n. m. (m. a.)

Eau-de-vie, sucre, amers et eau qui, mélangés, forment un breuvage apéritif. Ex. Allons prendre un cock-tail chez Laforce.

Coco, n. m. et adj.

— Œuf. V. Coquaud.
— Estomac. Ex. S’en est-il fourré dans le coco, de cette bonne galette.
— Tête. Ex. Cet homme a le coco fêlé. J’ai une idée sur le coco qui me tarabuste.
— Chapeau de feutre dur.
— Nigaud. Ex. A-t-il air coco, celui-là.

Cocombe, n. m.

Concombre. Ex. Hé ! la mère, y a-t-il ben des cocombes c’t'année ? — Pour une année qu’il y a pas de cocombes, il y a des cocombes, mais pour une année qu’il y a des cocombes, il y a pas de cocombes.

Cocote, n. f.

— Bourgeon. Ex. Des cocotes de pin, d’épinette. J’ai une sœur qui fait des cadres avec des cocotes.
— Poule, dans le langage enfantin.

Cocotier, n. m.

Coquetier, petit ustensile dans lequel on place l’œuf que l’on mange à la coque.

  • C. O. D., (m. a.)

Cash on delivery, paiement contre livraison.

  • Code, n. m. (Angl.) — Berceau. V. Cot et Cote.

Co d’inde, n. m.

— Coq d’Inde. Ex. Pourquoi viens-tu rouge comme un co d’Inde ?
— Imbécile. Ex. Tu n’es qu’un gros co d’Inde.
  • Coercion, n. f. (Angl.) — Coercition.

Cœur, n. m.

— Dîner par cœur, se passer de dîner.
— Donner du cœur au ventre, du courage.
— Avoir le cœur où les poules ont l’œuf, ne pas avoir de cœur.
— Donner un coup de cœur, faire un effort sérieux.
— Avoir le cœur malade, avoir mal au cœur.
— Se dégraisser le cœur, se remettre l’estomac en changeant d’alimentation.
— Avoir le cœur sur la main, être très généreux, très hospitalier.
— Porter au cœur, éprouver une douleur qui affecte le système et porte à l’évanouissement. Ex. Je me suis coupé un doigt avec mon canif, ça m’a porté au cœur. En Anjou, porter au cœur signifie ravigoter.
— A cœur d’année. V. A cœur d’année.
— A cœur de jour. V. A cœur de jour.
— A cœur jeun. V. A cœur jeun.

Cœur de poule, n. m. — Personne très sensible à la douleur.

Cœur d’or, n. m.

Homme généreux, rempli de toutes les qualités imaginables.

Cœureux, adj.

— Un homme de cœur, affectueux.
— Généreux, ardent, vaillant.

En Anjou, on dit un vin cœureux pour un vin qui a du corps.

  • Coffer-dam, coffeur, n. m., (m. a.)

Batardeau, digue provisoire établie pour mettre à sec un endroit où l’on veut bâtir.

Coffre, n. m.

— Poitrine. Ex. Malgré mon âge, j’ai encore le coffre solide.
— Avoir de l’argent au coffre, avoir des économies.

Coffrer, v. n.

— Travailler. Ex. Ce bois est vert, il va coffrer.
— Etre étanche.

Cognement, n. m.

Action de cogner avec un outil, un objet quelconque.

Cogner, v. a. et n.

— Frapper. Ex. Va ouvrir la porte, ça cogne.
— Battre. Ex. Le cœur me cogne fort.
— Cogner des clous, des piquets, dormir assis, la tête oscillant de tous côtés.
— Il en cognera si je ne réussis pas, je réussirai à tout prix, quelque effort qu’il soit requis.

Coiffer, v. a.

— Etre né coiffé, avoir toutes les chances.
— Se faire coiffer, se faire dire ses vérités.

Coin, n. m. — Maigre comme un coin, très maigre.

Cointer, v. a. — Mettre un coin, coincer.

Coix, n. f. — Croix.

Col, n. m.

— Faux col. Ex. J’ai un col trop raide, il me gêne le cou.
— Manteau. Ex. Mets ton col pour sortir, il ne fait pas chaud.

Colas-fillette, n. m.

Homme efféminé, qui s’occupe des travaux propres aux petites filles.

  • Cold-cream, côld-crîme, n. m., (m. a.)

Onguent d’eau de rosé.

Coléreux, adj. — Toujours prêt à se fâcher. Français vieilli.

Colidor, n. m.

Corridor. Ex. Les colidors du séminaire.

Coli-Mailla, n. m. — Colin-Maillard. V. Cali-Mailla.

Colique, n. f.

— Aimer comme la colique de son ventre, aimer bien peu.
— Cela passera comme une colique, cela ne durera pas.

Colique cordée, n. f.

Obstruction de l’intestin par lui-même, d’après un préjugé populaire.

Collage, n. m.

— Mesurage du bois. (Angl.)
— Action de mettre au rebut du mauvais bois. (Angl.)
— Action de se coller au flanc des autres.

Collant, adj. part. — V. Colleux.

  • Collatéral, e, adj. (Angl.)

Supplémentaire. Ex. Nous leur donnerons une garantie collatérale.

Colle, n. f.

— Rebut. Ex. Du bois de colle. (Angl.)
— Blague. Ex. Faire de la colle à tout propos.
  • Collecter, v. a. (Angl.)

Percevoir, faire rentrer ses fonds, recueillir des aumônes. Ex. Je n’aime pas à me faire collecter trop souvent.

  • Collecteur, n. m. (Angl.)

Qui sollicite pour un autre le paiement d’une dette. Ex. Encore un collecteur ! Vous repasserez lundi prochain, et je vous dirai quand revenir, mon ami.

  • Collection, n. f. (Angl.)
— Perception, recouvrement de dettes. Ex. La collection ne va pas, l’argent est rare.

Collège, n. m.

Collége. Ex. Dans mon petit temps, nous écrivions collége avec un accent aigu. Tout change en ce monde, et souvent s’aggrave.

Coller, v. a. et n.

— Chercher à faire accroire une chose invraisemblable. Ex. Il m’en a collé une bonne.
— Mesurer. Ex. Coller des plançons (Angl.)
— Infliger. Ex. Ce misérable s’est fait coller deux jours de prison.
— Mettre de côté le mauvais bois, le bois de colle. (Angl.)
— Donner des marques d’amitié. Ex. J’ai deux petits garçons qui aiment ça, coller.

Coller (se), v. pr.

— Se fixer sur place et ne plus bouger. Ex. Pourquoi es-tu toujours à te coller sur cette chaise ?
— S’approcher de trop près, de manière à gêner le mouvement. Ex. Cesse donc de te coller amont moi, tu me fatigues.

Collerette, n. f.

Pèlerine. Ex. Je vais mettre ma collerette en fourrure.

Collet, n. m.

— Faux-col.
— En avoir dans le collet, avoir bu assez pour se mettre gaillard.
— En avoir plein son collet, avoir trop bu.
— Avoir le collet en roue, être guindé.

Colletailler, v. n.

Se colleter, lutter dans le but de déployer sa force et son adresse.

Colleteur, euse, n. m. et f.

Qui collette. En France ce mot s’applique à celui qui tend des collets, au braconnier.

  • Colleur, n. m. (Angl.)

Mesureur de bois. De l’anglais culler.

Colleux, n. et. adj. — Ennuyeux, qui ne lâche plus.

Collier, n. m.

— Prendre le collier de misère, se mettre au travail.
— Tirer dans le collier, faire un travail pénible.

Collouer, v. a. — Clouer.

Côlon, n. m.

Colon. Ex. Un côlon du lac Saint-Jean.

Colonie, n. f.

Attroupement, rassemblement. Ex. Le bonhomme Noël du magasin Paquet est arrivé, il fallait voir la colonie d’enfants qui le suivaient dans les rues.

Colombien (pain), n. m.

Petit pain de forme allongée dont la confection remonte à l’année 1893, lors du quatre-centième anniversaire delà découverte de l’Amérique par Christophe Colomb.

Coloué, n. m. — Couloir, passoire.

  • Coltâr, n. m. (Angl.)

Coaltar, goudron extrait de la houille. Ex. Du coltâr pour goudronner les toits.

  • Coltârer, v. a. (Angl.)

Couvrir de coltar. Ex. Coltârer les toits des maisons.

  • Colvette, n. f. (Angl.)

Ponceau, dallot. De l’anglais culvert.

Comarce, n. m. — Commerce.

Combat, n. m.

Borborygme, bruit produit par le déplacement des gaz intestinaux. Ex. La soupe aux pois m’occasionne bien des combats.

Combaturer, v. a. — Combattre. (B. P. F.)

Comben, adv. — Combien.

Combien, adv.

Comment. Ex. Combien est notre ami Pierre ?

Combien que, loc. adv.

Combien. Ex. Combien que ça coûte ? Combien que je te dois ?

  • Combine, n. m. et f. (Angl.)

Trust, cartel. Ex. Cette maison ne fait pas partie de la combine du pétrole.

  • Combiner (se), v. pron. — Exécuter en commun. (Angl.)

Comblance, n. f. — Surcroît.

Comble (un,) n. m.

Le comble du ridicule, de la bêtise, de la folie, et ainsi de suite. Ex. Pierre offre son ours aux électeurs du comté de Québec, c’est un comble. Louis vient d’être nommé sous-chef du département des terres, c’est un comble.

Comète, n. f.

Battre la comète, dépasser l’imagination. Ex. Ça bat la comète, cette histoire-là. Quelle comète ? On ne le dit pas. Toute espèce de comète sans doute.

Cométique, n. m.

Traîneau tiré par les chiens du Labrador.

Commandable, adj.

Qui peut être commandé. Ex. Ces ouvriers ne sont pas commandables.

Comme, conj. et adv.

— Que. Ex. Je joue aussi bien comme Louis.
— En qualité de. Ex. Mon père a été choisi comme candidat à l’élection prochaine.
— En même temps. Ex. Je suis arrivé comme lui, vers neuf heures. 

Comme çà, loc. expl.

Ex. Il m’a dit, comme ça, que rien ne presse de partir.Enlevons comme ça, et le sens reste le même.

Comme c’est que, loc. adv.

Comment, de quelle manière. Ex. Dis-moi donc comme c’est que tu t’y prends pour avoir d’aussi belles patates ?

Comme ci comme çà, loc.

— Ni bien ni mal. Ex. Comment te portes-tu ? — Comme ci
comme çà.
— De qualité difficile à définir. Ex. Comment trouves-tu
ce vin-là ? — Comme ci comme çà.

Comme de ben entendu, loc. — Comme cela est évident.

Comme de bonne, loc. adv.

Sans doute, assurément. Ex. Aimes-tu beaucoup le sucre d’érable ? Comme de bonne.

Comme de bonne raison, loc.

Assurément. Ex. Si tu veux m’en croire, nous allons nous payer une petite fête aux huitres. — Comme de bonne raison.

Comme de faite, loc. adv. — En réalité, en effet.

Comme de juste, loc. adv.

Sans aucun doute. Ex. Trouves-tu que c’est raisonnable de ne pas aller au bureau un jour de congé ? — Comme de juste.

Comme de raison, loc. adv.

Sans doute. Ex. As-tu vu Jacques Cartier aux Pageants ? Comme de raison.

Comme de plus belle, loc.

Sans relâche. Ex. Il mouille comme de plus belle.

Comme d’icitte à demain, loc. adv.

Locution pour exprimer une longueur de temps. Ex. Un discours long comme d’icitte à demain.

Comme dit la chanson, loc.

Quelle chanson ? Aucune en particulier. Ex. Un chien regarde bien un évêque, comme dit la chanson.

Comme dit l’anglais, loc.

Suivant l’expression consacrée par la langue anglaise. Ex. Comme on fait son lit on se couche, comme dit l’anglais, as you make your bed, so you must lie.

Comme je te pousse, loc.

Misérablement, péniblement. Ex. Ça marche comme je te pousse.

Comme manière de, loc. adv.

Une manière de. Ex. Il avait comme manière de chapeau sur la tête.

Comme on dit, loc.

Locution très souvent employée comme suit : Je dirai comme on dit, et puis on ajoute un proverbe quelconque, ou une sentence passée en proverbe : Ex. Je dirai comme on dit : chacun son métier, les vaches seront bien gardées, ou encore : II y a plus de mariés que de contents, etc.

Comme par charité, loc.

Sans soin ni égard. Ex. J’ai fait mes emplettes au magasin de la Dernière-Mode, et on m’a servi comme par charité.

Comme pour l’amour de Dieu, loc. — Comme par faveur.

Comme pour mourir, loc.

Avec instance. Ex. Je l’ai supplié comme pour mourir de me remettre mon argent.

Comme qui, loc.

— A peu près comme. Ex. C’est comme qui dirait une espèce de fou.
— Comme si l’on. Ex. C’est comme qui tirerait un fusil chargé à poudre pour tuer un lièvre.

Comme tout, loc. adv.

Beaucoup. Ex. Il est bête comme tout.

Comment, adv.

Combien. Ex. Comment avez-vous de crayons dans votre poche ? Comment voulez-vous pour ce piano ?

Comment-ce que, loc.

Comment. Ex. Comment-ce que vous faites pour n’être jamais malade ?

Comment que, adv.

Combien. Ex. Comment que ça coûte pour aller à Québec ?

Commerce, n. m.

— Désordre, tapage. Ex. Ces enfants mènent un commerce d’enfer. 
— Juron. Ex. Apré commerce !
— Troc. Ex. Un enfant qui fait des commerces avec ses petits camarades.

Commerceau, n. m.

Petit commerce.

Commercer, v. a.

Troquer, échanger pour autre chose. Ex. Un enfant qui commerce tous ses bibelots, ses crayons, ses plumes, etc.

Commérer, v. n.

— Faire des commérages. Ex. Cette personne passe tout son temps à commérer.
— Etre commère dans un baptême.

Commeune, adj. f.

Commune. Ex. L’argent est pas commeune par le temps qui court.

Commichon, n. m.

Commis inexpérimenté. Ex. Au magasin de Simon, il y a un tas de commichons qni vous servent comme par charité.

Commignon, n. f. — Communion.

Commissaire, n. m.

— Commissaire du havre, fonctionnaire chargé de l’administration du pilotage et des travaux des havres de villes.
— Commissaire des incendies, officier enquêteur sur les causes

des incendies.

— Commissaire d’écoles, fonctionnaire élu par les citoyens, qui voit au fonctionnement des écoles de sa municipalité.
— Commissaire de la Cour Supérieure, fonctionnaire de la dite Cour.
— Commissaire des petites causes, tribunal de juridiction inférieure.
— Commissaire pour l’érection des paroisses, fonctionnaire chargé de régler les affaires relatives à l’érection des paroisses, à la construction des églises, etc.
— Commissaire de l’Agriculture, des Travaux publics, de la Colonisation, des Terres de la Couronne, Ministre de l’Agriculture, des Travaux publics, de la Colonisation, des Terres de la Couronne. (B. P. F.) 

Commission, n. f.

— Course que l’on fait pour rendre service. Ex. Quand nous étions jeunes, en faisions-nous de ces commissions pour tout le monde ?
— Emplette.

Commission scolaire, n. f.

Corporation des commissaires ou des syndics d’écoles.

Commugnon, n. f. — Communion.

Communs, n. m. pl. — Latrines.

Commussion, n. f. — Commission.

Commussion scolaire, n. f. — Commission scolaire.

Compagnée, n. f.

— Compagnie, réunion de plusieurs personnes dans un salon. Ex. Bonjour, la compagnée.
— Epouse, fiancée. — Ex. Dansez, monsieur, avec votre compagnée.

Comparage, n. m. — Compérage.

Comparager, v. a. — Comparer.

Comparaison (sans), loc.

Sans vouloir exagérer. Ex. Tu as un beau chapeau, mais le mien est encore plus beau, sans comparaison.

Comparition, n. f. — Comparution.

Compas, n. m.

Jambes. Ex. Allonge le compas, nous avons une longue marche à faire.

Compâssieux, adj.

Compatissant. Ex. Cette femme est bien compâssieuse.

Compeau, n. m. — Pièce de terre.

Compérage, n. m.

— Fête de la famille à l’occasion d’un baptême.
— Le parrain, la marraine, le père et celle qui porte l’en
fant.

En France, le compérage est le lien spirituel du parrain et de la marraine, avec le père et la mère de l’enfant.

Compère-compagnon, n. m.

Compère et compagnon. Ex. En voilà deux qui sont compères-compagnons, un peu trop.

  • Compéter, v. n. ( Angl.) — Faire concurrence.
  • Compétiter, v. n. (Angl.) — Même sens que compéter.
  • Compétition, n. f. (Angl.)

Concurrence, rivalité dans les opérations commerciales.

  • Complétion n. f. (Angl.) — Accomplissement.
  • Complimentaire, adj. (Angl.)
 — Billet complimentaire, billet de faveur.
— A titre complimentaire, à titre de faveur.

Complimenteux, adj. — Complimenteur.

  • Compliments de la saison, n. m. pl.

Souhaits de Noël et du Jour de l’An. Ex. Je vous envoie ma carte avec les compliments de la saison. (Angl.)

Comportement, n. m.

Conduite. Ex. Cet écolier a un bon comportement. En France ce mot veut dire bonne santé.

Comportement du temps.

Manière d’être de la température. Ex. Nous irons peut-être pêcher demain, ça dépendra du comportement du temps.

Composition, n. f.

Alliage de métaux peu précieux. Ex. Cette cuiller n’est pas en argent, elle est en composition.

Compote (tomber en), loc.

— Perdre connaissance, tomber en syncope.
— Tomber en ruine.

Comprenable, adj.

Compréhensible. Comprenage, n. m. — Entente.

  • Comprendre, v. a.

Entendre dire. Ex, Je comprends que vous avez de l’ar gent à prêter. (Angl.) To understand.

Comprenette, n. f.

Compréhension. Ex. Mon enfant fait des progrès, il commence à avoir de la comprenette.

Comprenouère, n. f.

Intelligence, esprit. Ex. C’est un gars qui a de la comprenouère.

Comprenure, n. f.

Compréhension, intelligence. Ex. Avoir pas mal de comprenure.

Compris, prép.

Y compris. Ex. J’ai tout acheté, compris le piano.

Comptant (son), loc.

Son soûl. Ex. Rire son comptant.

Compte, n. m.

En avoir pour son compte, être à l’article de la mort, ou encore, avoir reçu des coups au point de ne pouvoir plus recommencer la bataille. Ex. Paul et Jacques se sont battus comme des chiens, mais Paul en a eu pour son compte.

— Faire le compte, suffire. Ex. Voici encore trois piastres et demie, ça fait-y le compte ?

Compter, v. n.

— Croire. Ex. Je compte que tu ne me feras pas defaut. 
— Sans compter que, en outre. Ex. Je dois aller au théâtre ce soir, sans compter que j’ai plusieurs personnes à voir.

Conçarter (se), v. pron. — Se concerter.

  • Concerne, n. f. (Angl.)

Etablissement, société de commerce. De l’anglais concern.

Concession, n f.

Partie de paroisse éloignée de l’église et du fleuve. Ex. As-tu déjà été dans les concessions de Saint-Pascal ?

Concourir, v. n.

Partager l’opinion, au barreau et dans les délibérations du Parlement. C’est du français légal. Cette expression pourrait être adoptée tout aussi bien qu’une foule d’expressions parlementaires anglaises que la presse française a, pour bien dire, stéréotypées et qui envahissent rapidement le dictionnaire de l’Académie. Ce mot, du reste, est d’origine latine et n’a rien d’anglo-saxon. Il existe dans la langue française dans plusieurs autres acceptions : converger vers un même point de l’espace ; contribuer avec d’autres à un même résultat ; être sur les rangs en même temps que d’autres pour prétendre à quelque chose, un prix, une nomination.

Condamner, v. n.

— Fermer. Ex. J’ai condamné ma maison pour l’été. 
— Déclarer hors de service. Ex. Cette maison a été condamnée par l’architecte. Ce pont a été condamné par l’ingénieur.

Condition, n. f.

Acheter sous condition, acheter à condition, sous réserve de pouvoir rendre au marchand.

Conducteur, n. m.

— Chef de train. Ex. Demande au conducteur si le train est en temps.
— Chef de tramway, celui qui perçoit les billets. 
— Chef du wagon-poste, conducteur de malles. 
— Maître de cérémonie, conducteur du deuil.

Conduire (se), v. pron.

Se rendre quelque part, se transporter d’un lieu à un autre, aller, marcher. Ex. Je suis capable de me conduire jusqu’au bout de la ville, bien qu’il n’y ait pas de lumière. Je vois pas bien clair, mais je suis capable de me conduire.

Conduisable, adj. — Qui peut être conduit.

Confi, adj. — Confit, e. Ex. Des prunes confies.

Confidentellement, adv. — Confidentiellement.

Confirmer, v. a.

Donner un soufflet. Ex, Je sais pas ce qui me retient de te confirmer.

Confiteur, n. m. — Courte-pointe, édredon.

Confiture, n. f.

Mettre quelque chose en confiture., en bouillie, en compote.

Conformité à (en), loc.

En conformité de. Ex. En conformité à la loi de juillet.

Confortable, n. m. — Courte-pointe, édredon.

Conforteur, n. m. (Angl.)

Courte-pointe, édredon. De l’anglais comfortcr.

Confusion, n. f.

— Convulsion. Ex. Mon enfant est tombé en confusion. 
— Grande quantité.

Confusionner, — Faire rougir, rendre confus.

Congit, n. m.

Condit, substance ou fruit confit dans du sucre cristallisé.

Congress, n. f, pl. (Angl.)

Chaussures, bottines dont l’entrée est demi élastique.

Conjoint, adj. (Angl.)

— Mixte. Ex. I,es deux orateurs de la Chambre président de droit le comité conjoint de la bibliothèque.
— Collectif. Ex. M. le curé a lu, dimanche, une lettre conjointe de nos évêques.
— Commun. Ex. L’action conjointe de nos législateurs.
— Réuni. Ex. L,es efforts conjoints de tous nos amis nous feront arriver au pouvoir. De l’anglais conjoint.

Conjointement, adv. — Egalement.

Conjonction, n. f.

Congestion. Ex. Il est mort d’une conjonction de poumons.

Connaissant, adj. part.

Savant. Ex. Mon enfant est pas mal connaissant, il sait lire, écrire et compter.

Connectable, n. m. — Connétable.

Connecter, v. a. et n. (Angl.)

— Raccorder des trains. Ex. L,e Pacifique connecte avec le chemin des Piles, un peu avant d’arriver aux Trois-Rivières. 
— Joindre, réunir les deux bouts d’un tuyau, d’un fil électrique.
  • Connestache, n. m. (Angl.)

Corn-starch, amidon de maïs.

Connétable, n. m.

— Commissaire de haute police, suisse, homme chargé de faire la police dans l’église.

Connexion, n. f. (Angl.)

— Raccordement entre deux trains.
— Action de réunir des tuyaux,
— Communication dans le service téléphonique. Ex. Voulez-vous me donner la connexion avec le numéro un- neuf- zéro- huit.

Consarver, v. a. — Conserver.

Conscience, n. f.

— En conscience, en vérité.
— Ma conscience ! Ma grande conscience ! Ma conscience du bon Dieu ! Appel à la conscience pour affirmer la vérité de ce que l’on dit.
— Estomac. Ex. J’ai tout mon dîner sur la conscience.

Conseiller-de-ville, n. m.

Échevin. Ex. Autrefois, y avait à Québec des échevins et des conseillers-de-ville ; aujourd’hui, il n’y a plus que des échevins, les conseillers-de-ville ont vécu.

Conseilleux, adj.

Qui donne des conseils. Ex. Grand conseilleux petit payeux.

Consent, adj. — Consentant.

Consentant, e, adj.

Qui agrée, consent. Ex. Consentez-vous à venir avec moi ? — Oui, je suis consentant.

En terme de jurisprudence consentant s’emploie. Ex. Les parties consentantes.

Consentir à quelqu’un, v. n.

Consentir. Ex. Je lui ai consenti un billet promissoire.

Conséquence (de), loc.

Important. Ex. C’est un homme de conséquence. Cette affaire est de conséquence.

Conséquent, adj.

Important. Ex. Cette affaire est conséquente.

Conserve (de), loc.

— En conserve. Ex. Des fruits de conserve.
— De réserve. Ex. Des légumes de conserve.

Considération (sous), loc.

En considération. Ex. Je vais mettre votre demande sous considération.

Consistance (sans), loc.

Inconséquent, manque de logique dans les idées. Ex. C’est un individu sans consistance.

Consistant, adj. — Conséquent. (Angl.)

Consister, v. n.

Cela ne consiste en rien, cela n’a aucune importance.

Consommage, n. m.

— Déchets de viande, graisse, soupe, que l’on fait bouillir ou consommer pour en fabriquer le savon dit du pays.
— Action de consommer les déchets de viande.

Consomptif, ive, n. m. f.

Phtisique, consomptif n’est pas français.

Consomption, n. f. et adj.

— Phtisie. On peut dire : la phtisie amène toujours la consomption, c’est-à-dire le dépérissement progressif.
— Phtisique. Ex. Mon cousin est consomption.
  • Conspiration, n. f.

Complicité. Ex. Il a été condamné à deux ans de péniten cier pour conspiration de faux. (Angl.)

  • Constable, n. m., (m. a.) — Connétable, officier de police.
  • Constituant, n. m.

Electeur, commettant. (Angl.)

Consulte, n. f.

Consultation. Ex. Le docteur L,alancette charge deux piastres pour une consulte.

Contable, adj.

Qui peut être raconté. Ex. Des histoires comme celle-là, ça n’est pas contable.

Conte, n. m.

A son conte, d’après ce qu’il raconte. Ex. A son conte, c’est Pierre qui est dans le tort.,

Conte, de conte, prép.

— Contre. Ex. Je suis fâché conte lui.
— Près de. Ex. Approche-toi de conte moi.
  • Contemplation, (en).

En perspective. Ex. J’ai plusieurs projets de loi en contemplation (Angl.)

  • Contempler, v. a. — Projeter. (Angl.)

Contenancer, v. a.

Appuyer, soutenir. Ex. Contenancer quelqu’un en l’encourageant de son mieux.

Content, e, adj.

Faire content, donner des signes de contentement en se frappant les deux mains. Ex. Fais ton content, mon petit. Langage maternel.

Conter, v. a. . .

— Dire à quelqu’un son fait. Ex. Je vais lui conter ça.
— Conter des contes, raconter des histoires, des légendes, etc.

Conter et raconter, loc.

Conter à plusieurs reprises. Ex. A quoi sert de conter et raconter toutes ces histoires-là ?

Conterbande, n. f. — Contrebande.

Conterbandier, n. m. — Contrebandier.

Conterbarrer, v. a. — V. Contrebarrer.

Conterbarrer (se), v. pron. — V. Contrebarrer (se).

Contecœur (à), loc.

A contrecœur. Ex. Travailler à contecœur.

Conterdiction, n. f.

Contradiction. Ex. Un tel, c’est la conterdiction en personne.

Conterdire, v. a.

Contredire. Ex. Conterdis-moi pas, c’est inutile.

Conterdit, n. m.

Contredit. Ex. Nous avons eu un petit conterdit ensemble.

Conterfaire, v. a. — Contrefaire.

Contestation d’élection, n. f.

Procès intenté en vue de faire invalider une élection.

Conteste, n. f.

— Protestation.
— Chicane, querelle.

Conteur de contes, n. m.

Individu qui, dans nos campagnes, fait une spécialité de raconter des histoires, légendes, etc, devant une assemblée quelquefois assez nombreuse.

Conteux, adj. — Conteur. Ex. Un conteux de menteries.

Contiendre (se), v. pron.

Contenir. Ex. J’ai pas été capable de me contiendre plus longtemps.

  • Contingents, n. m. pl. (Angl.)

Dépenses imprévues. Ex. Vous mettrez cette somme au chapitre des contingents.

Continu (un).

Sans interruption. Ex. Il a parlé un continu pendant deux heures.

Continuel (un), n. m.

Sans relâche. Ex. Il pleut un continuel.

  • Contracter, v. a. et n.

Entreprendre. Ex. Ces deux entrepreneurs vont contracter pour construire ma maison ; un autre a contracté ma grange. (Angl.)

  • Contracteur, n. m. (Angl.) — Entrepreneur.

Contrat, n. m. — Marché à forfait.

Contre, prép.

— Auprès de. Ex. Asseyez-vous contre moi.
— Ne pas aller contre, ne pas contredire.
— Il n’y a pas à aller contre, c’est sûr.
— Avoir contre son cœur, avoir à contre-cœur.

Contre (de), loc. adv.

Contre. Ex. Ne te monte pas de contre lui !

Contre-à-contre, loc. adv. — Côte à côte.

Contre-à-côte, loc. adv. — Côte à côte.

Contrebarrer, v. a.

Contrecarrer. Ex. Tu passes ton temps à me contrebarrer, à quoi bon, en vérité ?

Contrebarrer (se), v. pron. — Se contrecarrer, se contredire.

Contre bon sens, n. m.

Contresens. Ex. Tu vois bien que c’est un contre bon sens.

Contrebouter, v. a. — Contredire.

Contrée, n. f.

Petite étendue de terrain. Ex. Sur ma terre, il y a des mauvaises contrées où rien ne pousse.

Contrefait, e, adj.

Bouleversé. Ex. As-tu du chagrin, tu as la figure toute contrefaite.

Contre-porte, n. f.

Porte extérieure qui se ferme automatiquement.

Contretenir, v. a. — Retenir, empêcher d’agir.

Contretenir (se), v. pron. — Se retenir, se modérer, se réprimer.

Contrevention, n. f. — Contravention.

Contrôlable, adj. — Qui peut être contrôlé, assujetti.

  • Contrôle, n. m. (Angl.)
— Direction. Ex. Je vais bientôt prendre le contrôle du magasin.
— Dépendance. Ex. Ce département échappe au controle du gouvernement.
— Influence. Ex. M. X. exerce un fort contrôle sur la banque des ouvriers.
— Empire. Ex. Avoir du contrôle sur soi-même.
— Autorité. Ex. Je ne puis exercer aucun contrôle sur mon fils aîné.
— Sous contrôle, maîtrisé. Ex. L’incendie n’a pu être sous contrôle qu’après trois heures de dégât.
  • Contrôler, v. a.

Maîtriser, exercer de l’influence, de l’autorité, de l’empire, commander, gouverner, etc. (Angl. )

Controvarse, n. f.

— Controverse.
— Prêcher la controvarse, contredire sans à propos, pour le plaisir de la chose.

Convenir, v. a.

— Fixer. Ex. Convenir d’un jour pour se rencontrer. 

Convention, n. f.

Réunion. Ex. Les élèves de Rhétorique de 1888 auront une convention en 1908.

Conventum, n. m.

Réunion d’élèves sortis du collège. Ex. Le conventum des élèves de la rhétorique de 1878.

  • Conviction, n. f.

Condamnation, rapport de culpabilité. (Angl )

Conviendre, v. a. — Convenir.

Convint, part. pas.

Convenu. Ex. Nous sommes convints de nous réunir demain.

Convoiter, v. n. — Convoler.

Copérage, n. m. — Compérage, baptême.

Copère, n. ra. — Compère.

Copiage, n. m.

— Plagiat.
— Copie. Ex. J’ai beaucoup de copiage à faire.
— Imitation.

Copie, n. f.

Exemplaire. Ex. Je vous enverrai dix copies de mon dernier ouvrage.

Copier, v. a.

Plagier. Ex. Monsieur, Chose a copié son devoir sur celui de Machine.

Copieux, adj.

— Qui copie, copieur.
— Elève qui copie ses devoirs sur ceux de ses confrères, ou

dans les livres.

Coppe, n. f.

Sou. Ex. Je n’ ai pas c’te coppe. Ça ne vaut pas une coppe.

Copper, v. n.

Payer. E. Allons, l’ami, coppe au plus vite.

Coq, n. m.

— Faire un coq, ne pas faire la moitié des points, au jeu de whist.
— Faire son coq, faire le fanfaron. Ex. Tu n’as pas besoin de tant faire ton coq, tu n’es pas si drôle.

Coq d’Inde, n. m.

Homme stupide. Il existe en français deux mots seulement qui se terminent par la lettre q, cinq et coq. On prononçait autrefois co d’inde. Et la chanson de Bouffiers :

Or de ces nids, de ces coqs, de ces lacs, L’amour a formé Ni-co-las,

Coq (petit), n. m.

Jeune homme qui aide aux ouvriers. Ex. Par ici, petit coq, aide-moi à lever ce madrier.

Coq-I’œil, n. m. — Loucheur.

Coq-nigaud (en), adv. — Incognito. Voyager en coq-nigaud.

Coque, n. f. — Moule, moncle.

Coquecigrue, n. m.

Drôle de pistolet, un original. D’après l’Académie, ce mot signifierait baliverne.

Coq-en-pâte, n. m.

— Homme retiré dans son fromage.
— Lourdaud.

Coquassier, n. m.

Qui élève des coqs. En France, c’est un marchand de volailles.

Coquaud, n. m.

Oeuf de poule. Comme ce mot dérive de coque, il est préférable d’écrire coquaud et non coco.

Coquerelle, n. f.

— Blatte germanique.
— Homme aux cheveux roux.

En France, coquerelle est le nom donné aux noisettes dans leur capsule verte et réunies par trois.

Il y a un insecte assez semblable à la blatte qui se rencontre dans les Antilles et que les Anglais appellent cockroaches. C’est, peut-être, l’origine de notre coquerelle. Il ne serait pas surprenant de rencontrer ce mot dans les colonies ou dans quelque province française.

« Coquerelle, femme qui garde les chanoinesses de Remiremont depuis l’extrême-onction jusqu’à leur enterrement. » (Mémoires de la Houssaye, t. I., p. 9.)

Coquerico, n. m.

Cocorico. Onomatopée imitant le chant du coq,

  • Coquerie, n. f. (Angl.)

Cuisine. Vient de l’anglais cookery

Coqueron, n. m.

Petite armoire dérobée, destinée à recevoir toute espèce de vêtements et de chaussures.

Coquin, e, adj.

Gentil. Ex. Cet enfant est bien coquin.

Coquiner, v. n.

Manquer d’honnêteté. Ex. Coquine pas avec moi, je suis honnête.

Corbigeau, n, m.

Courlis de la baie d’Hudson. D’après Cotgrave, ce serait le cormoran.

Corde, n. f.

— Se mettre la corde au cou, trop s’engager.
— Filer sa corde, faire de mauvaises actions qui finalement
 mènent à la potence.
— Toucher la grosse corde, parler d’une chose qui doit faire
 du bruit, ou toucher vivement celui à qui on parle. (Fur.)

Corde à linge, n. f.

Corde tendue qui sert à suspendre le linge, cordeau.

Corde de pendu, n. f.

Corde qui porte chance. Ex. Toi, tu as toutes les chances, as-tu de la corde de pendu dans ta poche ?

Cordeau, n. m.

Guide. Ex. Tire donc sur le cordeau à ta droite, tu vois bien que le cheval marche à côté du chemin.

Cordé, adj.

— Filandreux. Ex. Des navets, des raves, des carottes cordés.
— Colique cordée. V. ce mot.

Cordée, n. f.

— Pile. Ex. Une cordée de bois.
— Cordeau. Ex. Une cordée de linge.

Cordelle (traîner à la), loc.

— Hâler un canot dans les rapides au moyen d’une corde.
— Amarre tirée par un cheval.

Corder, v. a. et n.

— Empiler, mesurer du bois à la corde.
— S’empiler, se corder. Ex. Voilà du bois qui corde mal.

Corderoi, n. m. — Velours de coton à côtes.

Cordeur, n. m. — Qui corde le bois.

Cordon, n. m.

— Mesure de bois, la quatrième partie d’une corde.
— Chemin de séparation au bout des terres.
— Tirer sur le cordon, être très économe.

Cordon de S. Antoine.

Eczéma à la surface du corps, tout autour de la taille, zona.

Corduroi, n. m. — V. Corderoi.

Corgnère, n. f. — Cornière.

Cornâiller, v. a. et n.

— Lutter vivement. Ex. Ca va cornâiller, la lutte va être chaude. 
— Donner des coups de cornes à droite et à gauche.
— Se donner des coups de cornes.

En Saintonge, cornâiller veut dire essayer ses cornes.

Cornâiller (se), v. pron.

— Lutter ensemble comme deux bêtes à cornes.
— Se donner des coups de cornes.
— S’obscurcir. Ex. Le temps se cornâille.

Cornas, n. m. — Cadenas.

Corne de çarf, n. f. — Ammoniaque.

Corne de seigle, n. f.

Ergot de seigle, production végétale parasitale sous forme d’éperon ou de corne sur les épis de quelques graminées, comme le blé et le seigle.

Corner, v. a. et n.

— Donner des coups de cornes. Ex. Cette vache a manqué me corner.
— Corner les oreilles, corner aux oreilles.

Cornet d’encre, n, m. — Encrier.

Cornetée d’encre, n. f.

Encrier plein d’encre.

Corniche, n. f.

— Tablette de cheminée.
— Avoir du pain sur la corniche, avoir des économies.

Cornichon, n. m.

— Niais, imbécile.
— Concombre d’Amérique.
— Ergot de seigle. V. Corne de seigle.

Cornière, n. f.

Coin, angle. Ex. Enlever une cornière d’un objet. Employé adjectivement, cornier, cornière, ce mot est français,

Coronel, n. m. — Colonel.

Corporal, n. m. — Caporal.

Corporation, n. f.

— Municipalité. Ex. Je m’en vas payer les taxes de la corporation. (Angl.)

— Mine, apparence. Ex. Pour un homme malade, tu as
une jolie corporation.

— Conseil de ville. Ex. Le gros Jean est employé à la corporation. (Angl.)

Corporé, adj. — Taillé, bien découplé.

Corporence, n. f.

— Corpulence.
— Taille. Ex. Cet homme est bien bâti, il a une bonne corporence.

Marot a employé corporence.

 Il mourut veau par desplaisance,
 Qui fut dommage à plus de neuf. 
 Car on dit (vu sa corporance) 
 Que c’eust été un maistre bœuf.

Corporent, adj. — Corpulent.

Corporeux, adj. — Corpulent.

Corps, n. m.

— Gilet. Ex. Voilà l’hiver, tu vas mettre tes corps de laine. Madame de Sévigné a écrit : II faut lui mettre un petit corps un peu dur qui lui tienne la taille.
— Cadavre. Ex. Le service funèbre va commencer bientôt,
 voici le corps qui passe.
— Corsage.

Côrps, n. m.

Corps. Ex. Avoir mal dans le côrps.

— Avoir le côrps dérangé, avoir la diarrhée.

Corps mort, n. m.

Arbre abattu par la tempête ou par suite de vétusté.

Correct, adj.

— Exact. Ex. Mon compte est-il correct ?
— Entendu. Ex. J’espère que tu viendras au comité d’archéologie ce soir. — C’est correct, j’irai.

Correctable, n. m. — Connétable.

Correspondre (se), v. pron. Se corrompre.

Correyer, v. a. — Corroyer.

Correyeur, n. m. Corroyeur.

Corrigeable, adj. — Corrigible.

Corroie, n. f.

Courroie. Ex. Des souliers à corroie.

Corson, n. m. — Cresson.

Corté, e, adj.

Bien habillé. Ex. Une fille cortée. V. Recorté.

Corton, n. m.

— Creton, rillon. Ex. Je n’ai jamais pu oublier nos cortons de collège, t’en souviens-tu, Philippe ?
— Croton. Ex. Huile de corton.

Corvée, n. f.

Travail fait en commun pour aider quelqu’un dans un moment d’infortune ou pour d’autres fins utiles et pressantes.

Cossade, n. f. — Busard des marais.

Côsse, n. f.

Cosse. Ex. Une côsse de pois, de fèves.

Cossin, n. m.

— Coussin.
— Homme impropre au travail.
  • Costarde, n. f. (Angl.) Flan. — De l’anglais custard.
  • Cot, n. m., (m. a.) — Berceau suspendu, petit lit d’enfant.
  • Cotation, n. f. (Angl,)

Cote, part que l’on doit payer d’une dépense, d’un impôt. Ex. Les cotations de la Bourse.

  • Cote, n. m., (m. a.)
— Berceau suspendu.
— Lit de camp.

Côte, n. f.

— Ne pas en avoir épais sur la côte, être d’une grande maigreur.
— Avoir les côtes sur le long, être paresseux. Etant donnée sa conformité physique plus qu’étrange, l’individu ainsi affligé n’est pas susceptible de se remuer rapidement. 

Côte du nord, n. f. — La rive nord du fleuve Saint-Laurent.

Côte du sud, n. f. — La rive sud du fleuve.

Côtelettes, n. f. pl. — Favoris.

Côtereux, adj. — Catarrheux.

Côteux, adj. — Région où il y a beaucoup de côtes.

Côteyer, v. a. — Côtoyer.

Cotil, n, m. — Coutil. Ex. Un sac en coutil.

Cotille, n. f. — Coquille.

Cotir, v. a. et n.

— Pourrir. Ex. Nous ne ferons rien de bon avec ce bois, il est trop coti.
— Dépérir. Ex. La maladie m’a coti.

En France, cotir se dit des fruits. Ex. La grêle a coti les pommes. Signifie aussi craquer, Ex. Fais cotir tes doigts.

Cotisations, n. f. pl.

Taxes municipales. Ex. Voici le temps de payer ses cotisations.

Cotiser, v. a.

Estimer la valeur d’une propriété foncière, en vue de la taxe municipale.

Cotiseur, n. m. — Estimateur.

Coton, n. m.

— Tige, trognon. Ex. Un coton de chou, de patates.
— Râpe. Ex. Un coton de blé d’Inde.
— Nervure. Ex. Un coton de tabac.
— Queue d’animal.
— Vieux cheval.
— Etre au coton, personne dont la santé va en diminuant, et au figuré, celle dont la réputation est compromise.
— Filer un mauvais coton, avoir du mal à se tirer d’affaire.

Cotonnage, n. m. — Cotonnade.

Coton jaune, n. m. — Coton écru.

Cotonner, v. n.

— Usé. Ex. Mon habit est cotonné.
— Avoir mauvaise apparence. Ex. Quelle mine as-tu, ce matin, tu me parais bien cotonné.

Cotonnier, n. m. — Asclépiade de Cornuti.

Côtoyeux, adj. — Montagneux.

  • Cottage, (m. a.) — Maison de campagne.

Cou blanc, n. m. — Pluvier à collier, semipalmé.

Couac, n. m.

— Fausse note.
— Homme aux longues jambes.
— Charlatan. (Angl.) quack.
— Oiseau de mer, dont la chair n’est guère mangeable.

Couchage, n. m. — Action de se coucher.

Couche, n. f.

— Avoir la couche épaisse, n’être pas dégrossi.
— Porter encore la couche, être trop jeune pour avoir autant de prétentions.
— En avoir une couche, sous-entendu de bêtise.

Coucher, v. a.

Envoyer coucher, envoyer promener. Ex. Veux-tu aller te coucher, tu m’ennuies gros.

Coucher (se), v. pron.

Prendre une position favorable au sommeil. Ex. Il y a des écoliers qui se couchent sur leurs pupitres, ce sont de beaux paresseux.

Coucher dehors, loc.

— Se dit des choses inanimées, qu’on a laissées dehors, qu’on ne met pas à l’abri. Ex. Cette voiture a couché dehors ; je n’ai pas rapporté ma pioche, elle a couché dehors.
— Etre bête à coucher dehors, à l’instar des animaux qui sont laissés sans abri durant la nuit.

Coucherie, n. f. — Hôtellerie.

Couchettée, n. f. — Couchette remplie d’enfants.

Cou-croche, n. m.

Nom vulgaire donné à certaines courges.

Coude, v. a. — Coudre. Ex. Un dé à coude.

Coude (lever le), loc. — Boire des spiritueux.

Coudon !

Ecoute donc. Ex. Coudon, m’as-tu bien compris ?

Coudre, n. m.

— Coudrier. 
— Coutre, fer tranchant de la charrue.

Coudre, v. a. — Coudre le bec, réduire au silence.

Coudrette, n. f. — Petit coudrier.

Coudu, part. pass. — Cousu.

Couëffe, n. f. — Coiffe.

Couenne, n. f.

— Gazon. Ex. La terre est prise en couenne.
— Peau. Ex. Un individu qui a la couenne épaisse. Se dit au figuré.
— Chauffer la couenne à quelqu’un, lui donner une forte réprimande.

Couanne et couenne se disent en Normandie pour gazon. En Anjou, une couenne est une fainéante.

Couenner, v. a.

Poser de la couenne, du gazon, sur le sol dénudé.

Couette, n. f.

— Touffe. Ex. Coupez-moi cette couette de cheveux.
— Petite queue.
— Se faire prendre la couette, se faire morigéner.
— Se faire couper la couette, subir un grand affront.

Autrefois l’on portait la couette dans la province de Québec.

Couetter, v. a.

Disposer sous forme de couettes. Ex. Avoir les cheveux couettés.

Couetteux, adj.

Qui se prend en couettes. Ex. Des cheveux couetteux.

Couillon, n. et adj.

Poltron, lâche. Ex. Tas de couillons que vous êtes !

Couillonnade, n. f. — Lâcheté, traîtrise.

Couillonnage, n. m. — Action de couillonner.

Couillonner, v. a. — Tromper, trahir.

Coulant, e, adj.

Glissant. Ex. Le trottoir est coulant après cette pluie de trois jours.

Coulée, n. f.

— Eau ou sève d’érable recueillie en un seul jour par les fabricants de sucre. 
— Ravin.
— Coulée de lessive, l’action de faire la lessive.

Couler, v. n. et a.

— Glisser sur un terrain gras ou humide. Ex. Mon pied a coulé, j’ai failli tomber.
— Ruiner. Ex. Ce marchand est coulé à tout jamais.
— Insinuer. Ex. Je lui ai coulé ça dans le tuyau de l’oreille.
— Se la couler douce, faire joyeuse vie.

Couler (faire), loc.

Mettre en marche la fabrication du sucre d’érable.

Couleuré, e, adj.

Coloré. Ex. Cet enfant est trop couleuré.

Couleurer, v. a. — Colorer, donner des couleurs.

Couleuve, n. f. — Couleuvre. Ex. Du raisin de couleuve.

Coulombage, n. m. — Colombage.

Coulouer, n. m. — Couloir.

Coup, n. m.

— Verre de liqueurs fortes. Ex. Cet homme ne se fait pas prier pour prendre un coup.
— Claquer le coup, boire plus souvent qu’à son tour.
— Faire les cent coups, faire tous les mauvais coups possibles.
— Avoir un coup, être légèrement ivre. Ex. Etais-tu ivre l’autre soir quand je t’ai rencontré ? Non, j’avais un coup.
— Avoir pris un coup de trop, avoir trop bu, au point de s’enivrer.
— Prendre un coup, trop boire. Ex. Vois Chose, il a encore
pris un coup, c’est plus fort que lui.
— De ce coup-là, de ce coup-ci, cette fois. Ex. De ce coup-là, il va se tuer.

Coup (du), loc.

A l’instant même. Ex. Du coup, te voilà pincé.

Coup (un), n. m.

Une fois. Ex. Un coup Noël arrivée, nous partirons.

Coup que (un), loc. conj.

Dès que. Ex. Un coup que tu auras fini tes histoires, tu auras la bonté de m’écouter.

Coup d’eau, n. m.

— Maladie survenant après avoir bu trop d’eau. Ex. Un cheval malade d’un coup d’eau.
— Masse d’eau arrivant à la fois à la suite de grandes pluies.

Coup de chance, loc. adv.

Heureusement. Ex. Coup de chance que tu sois venu me tirer de l’eau, car j’allais me noyer.

Coup de cochon, n. m. — Action lâche et déloyale.

Coup de fion, n. m.

Dernière main donnée à la toilette.

Coup de main, n. m. — Aide passagère.

Coup de marteau, n. m. — Grain de folie.

Coup de patte, n. m.

Critique acerbe. Ex. C’est un homme charitable, mais il n’ oublie pas son petit coup de patte de temps en temps.

Coup de poche, n. m. — Action vile.

Coup de torchon, n. m. — Bataille, rixe.

Coup d’or, n. m. — Excellente affaire.

Coup du midi, n. m.

Heure du midi. Ex. Tu viendras me prendre sur le coup du midi.

Coupable, adj.

Qui peut être coupé. Ex. Cette viande-là n’est pas coupable, elle est dure comme du cheval, ce doit être de la vache enragée.

Coupable (plaider). (Angl.)

Avouer sa culpabilité. Ex. Des quatre criminels qui ont comparu à la cour du banc du roi, deux ont plaidé coupable.

Coupâillage, n. m.

Découpage de linge, de papier. Ex. Veux-tu cesser tes coupâillages, vilain garnement.

Coupâiller, v. a.

— Couper en menus morceaux.
— Couper maladroitement et sans ordre.

Coupant, adj.

— Mordant.
— Habile en affaires. 

Coupant (au plus), loc. adv.

Au plus tôt. Ex. Va me chercher ma canne au plus coupant, file au plus coupant.

Coupâsser, v. a.

Faire des petits ouvrages en coupant sans trop de soin.

Coupe, n. f.

— Entaille faite au pied d’un arbre par le bûcheron.
— Tranchée de chemin de fer.
— Couple. Ex. Une coupe de jours.
— Etendue de bois coupé.

Coupe-feu, n. m.

Porte de fer qui enlève toute communication entre deux pièces.

Couper, v. a.

— Découper. Ex. Couper la viande.
— Rogner. Ex. Couper les gages d’un serviteur.
— Affranchir, hongrer.
— Clore. Ex. Il s’est fait couper le sifflet.
— Couper son eau, boire à petites gorgées.
— Couper la figure, se dit d’un vent très froid qui frappe la figure avec violence.
— Couper par, prendre un raccourci. Ex. Tu couperas par là, si tu veux arriver plus vite.

Couper (se), v. pron.

— Se contredire dans ses propres paroles. Ex. Vous venez de vous couper, mon ami, surveillez vos paroles,
— Crotter ses chaussures en marchant dans des immondices. Ex. Regarde à tes pieds, si tu ne veux pas te couper. 

Couple de jours, n. f.

Deux jours. Ex. Je vous reverrai dans une couple de jours.

Coupler, v. a. — Accoupler. Ex. Coupler des bas.

Couplet, n. m.

Partie du collier qui fixe le timon au harnais. Ex. Des cordes de couplets.

  • Couque, n. m. (Angl.) — Cuisinier. De l’anglais cook.
  • Couquerie, n. f.

Cuisine. Ex. Faire la couquerie. De l’anglais cookery.

Cour (homme de), n. m. — Qui a la surveillance des cours.

Courâillage, n. m. — Action de courâiller.

Courâiller, v. n.

— Courir de tous côtés.
— Mener une mauvaise vie.

Courâilleur, n. m. — Débauché.

Courâilleux, n. m.

— Mendiant de mauvaise mine.

— Homme débauché.

Courant, n. m.

— Coulant, tige frêle qui s’allonge en coulant sur le sol. — (Dict. Littré.)
— Plante grimpante en général. 

Courante, n. f. — Diarrhée, cours de ventre.

Coureur, n. m.

Espèce d’esturgeon à nez très aplati.

Coureur des bois, n. m.

— Chasseur, trappeur. 

Coureux, adj.

— Personne aux mœurs dissolues.
— Agile, qui peut courir vite.

Coureux de chemin, n. m.

— Chemineau.
— Individu qui vagabonde à droite et à gauche.

Couriace, adj. — Coriace.

Courir, v. a. et n.

— Pousser. Ex. Pourquoi cours-tu, ton cheval à pleine vitesse ?
— Faire la tournée. Ex. Nous allons courir les érables, cet après-midi.
— Courir à travers. Ex. C’est un garçon qui n’est bon qu’à courir les champs.
— Prendre part à un concours hippique. Ex. Vas-tu courir ton trotteur aux prochaines courses.
— Courir sur, s’avancer vers.
— Courir après ses cinquante ans, arriver à cet âge.

Courpion, n. m.

Croupion. Ex. J’ai mal au courpion.


Courriette, n. f.

Petit morceau en forme de lanière. Ex. Se faire enlever une courriette de peau par un clou.

Cours de banc. — Cours d’études suivi sans succès.

Course, n. f.

— Tirer une course, courir, lutter de vitesse.
— Faire une course sur une banque, demander un remboursement de ses fonds. 

Courson, n. m. — Cresson.

Court, adj.

Le court et le long, tous les détails. Ex. Je te raconterai le court et le long de cette affaire, par temps perdu.

Court (être de), loc.

Etre à court d’argent. Ex. Prête-moi donc cinq piastres.

— Impossible, je suis trop de court.
  • Court plaster, n. m. plasteur, (m. a.) — Taffetas gommé.

Courtes-pattes, n. m. pl.

Individu à jambes courtes. Ex. Voici un courtes-pattes qui s’en vient.

Courtin, n. m. — Veste à manches.

Courvalline, n. f.

Dépuratif composé de racines de patience, de salsepareille, de chiendent et de dent-de-lion, additionnées de sulfate de magnésie.

Courvée, n. f.

— Corvée, tâche pénible.
— Corvée, travail collectif.

Cousable, adj. — Qui peut être cousu.

Cotiserai (je), futur du verbe coudre. — Je coudrai.

Cousin, n. m.

Gâteau à forme particulière qui fait partie des pains bénits.

Coûtage, n. m. — Coût, frais.

Coûtageux, adj.

— Coûteux.
— Gênant.

Coûtance, n. f.

Gêne. Ex. Ce n’est pas la coûtance qui me fait agir ainsi.

Coûtant, adj. — Qui coûte à faire.

Coutchou, n. m. — Caoutchouc.

Coutchouc, n. m. — Caoutchouc.

Coûte qui coûte, loc — Coûte que coûte.

Couteau, n. m.

— Boisson alcoolique mise dans un verre d’eau gazeuse ou d’eau. Ex. Coupe ton eau avec un petit couteau.
— Homme retors.
— C’est un petit couteau, c’est un homme de peu de valeur.
— Etre à couteaux tirés, être ennemi.

Couteau à poisson, n. m. — Truelle.

Coûtément, n. m.

Prix d’une chose, dépense à faire. Ex. Tout cela, ce sont des coûtéments pour rien.

Coûter, v. n.

— Coûter les yeux de la tête, coûter très cher.
— Coûter chaud, même sens. Ex. Tu veux acheter du stock de la Caisse d’Economie, je t’avertis que ça va te coûter chaud,

Coute-pied, n. m.

Coup-de-pied. Ex. Si tu me donnes un coute-pied, je te le rendrai.

Couture, n. f.

— Tout ce qu’il faut pour coudre. Ex. Emporte ta couture avec toi.
— Rabattre les coutures, plaisanterie qui consiste à presser sur les coutures d’un habit neuf, pour en marquer l’étreune. Amusement de collégiens.

Couvarcle, n. m, — Couvercle.

Couvarte, n. f.

Couverte. Ex. Une couvarte de laine, une couvarte à cheval.

Couvarture, n. f. — Couverture.

Couvé, e, adj. — Couvi. Ex. Un œuf couvé.

Couvert, n. m.

— Couvercle. Ex. Un couvert de plat, de chaudron.
— Couverture. Ex. Un couvert de livre, de boîte, de maison. 
— Boîtier. Ex. Le couvert d’une montre. Ex. J’ai acheté une montre couverte, c’est-à-dire à double boîtier.
— Donner à couvert, loger.

Couverte, n. f. — Couverture. Ex. Une couverte de lit.

Couvre-pieds, n. m. — Courte-pointe, couverture de lit piquée.

Couyau, n. m.

Coyau, pièce de bois qui porte sur l’extrémité inférieure des chevrons, de manière à dépasser la saillie de l’entablement pour former l’avance de l’égout du toit.

Couyon, n. m. — V. Couillon.

Couyonnade, n. f. — V. Couillonnade.

Couyonner, v. a. — V. Couillonner.

Crabe, int. — Crabe de chien ! Crabe de diable ! Crabe !

Crac, n. m.

— Faire un crac, embrasser une personne en lui entourant le cou de ses bras. Expression qui s’applique plutôt aux jeunes enfants. Ex. Crac, minouche.
— Un instant. Ex. J’ai fait cela dans un crac.

Cracher, v. n.

— Payer bon gré mal gré. Ex. Je finirai par le faire cracher.

— C’est son pire tout craché, c’est son portrait ressemblant.

— Ne pas cracher dedans, ne pas dédaigner les liqueurs fortes.

— Cracher des trente sous, cracher un rhume.

— Cracher blanc, avoir soif.

— Cracher sur son prochain, le mépriser.

— Cracher la vérité, avouer, rendre le secret. 
— Ne pas cracher sur, ne pas dédaigner. Ex. Je ne crache pas sur les petits profits que j’ai faits à la bourse.

Crachoué, n. m, — Crachoir.

Crachouè, n. m. — Crachoir.

  • Cracknel, (m. a.)

Craquelin, biscuit au maïs, à bords dentelés et recourbés.

  • Crakers, n. m. pl., (m. a.)
— Biscuit.
— Craquelin. 
  • Crâde, n. f. (Angl.)

Multitude de personnes. De l’anglais crowd.

Crainte, n. f.

— Crainte de, crainte que, de crainte que. Ex. Dans son testament, il a tout donné à sa femme, crainte que ses enfants se chicanent.
— En crainte, craintivement. Ex. Il fait tout en crainte.

Craion, n. m. — Crayon.

Craire, v. a.

Croire. Ex. Jamais je vous crairai. V. Creire.

Crâlée, n. f. — Foule.

Cramaillère, n. f. — Crémaillère.

Crampe, n. m. — Crampon.

Cramper, v. a.

— Cramponner. Ex. Notre poêle est cassé, il faudra le faire cramper.
— Se faire cramper, tromper.
— Cramper des pantalons, leur donner le pli avec un fer à repasser.

Cramper (se), v. pron.

— Se cramponner, s’accrocher à quelqu’un. 

Crampon, n. m. — Grappin.

Cramponner (se), v. pron.

— Se dit d’un cheval qui se blesse avec les crampons de ses fers.
— Se donner une entorse.
— Se rétrécir, se contracter, se plisser. Ex. Une étoffe qui se cramponne.

Cran, n. m.

— Rocher stratifié ou à fleur de terre qui borde le rivage du fleuve Saint-Laurent. Ex. Courir d’un cran à l’autre, au risque de se casser le cou.
— Côté. Ex. Mettre son chapeau sur le cran de la tête.
  • Crank, (crangke) m. a.
Vif, gaillard, volage.

Cranque, n. f.

Crampe. Ex. J’ai des cranques dans le mollet.

Crapaud, n. m.

Avoir les mains comme des crapauds, avoir les mains enflées par le froid.

Crape, interj.

Juron. Ex. Crape de chien ! Crape chien !

Crapet, n. m.

— Enfant malin qu’on ne peut prendre plutôt par un bout que par l’autre.
— Crapet jaune, poisson moins répandu dans la Province de Québec que le crapet vert. Dans la région de Montréal on l’appelle crapet noir.

Crapin, n. m. — Crapaud, gamin.

Crapotte, n. m.

Crapaud. Ex. Faire un saut de crapotte.

Crapouille, n. f. — Crapule.

Crapoussin, n. m. — Homme de très petite taille, mal tourné.

Craquant, n. m. — V. Croquant.

Craque, n. m.

— Instrument dont se servent les blanchisseuses pour gaufrer la toile ou la dentelle.
— Bruit produit par des bottes en marchant. Ex. M. notre professeur a du craque dans ses bottes ! — Oui, mon enfant, mais j’aime mieux avoir du craque dans mes bottes que dans ma tête.

Craque, n. f.

— Crevasse. Ex. Une craque dans un mur.
— Fente. Ex. Cette planche a une craque.
— Dérangement du cerveau. Ex. Cet homme a une craque à la tête.

Craquer, v. a. et n.

— Crevasser. Ex. Les murs de la ville sont craqués partout.
— Fendre. Ex. Sur cent planches, il y en a au moins vingt qui sont craquées.
— Fendiller. Ex. Après cette grande sécheresse, la terre est toute craquée.
— Craqueler. Ex. Il fait tellement chaud dans le salon,
que nos peintures ont fini par craquer. 
— Tuyauter. Ex. Il faudra que ces dentelles soient craquées.
— Être craqué après quelqu’un, avoir une amitié particulière pour lui.

Craquignole, n. m. — V. Croquecignole.

Crasse, n. f.

Homme malhonnête. Ex. C’est une maudite crasse. Il m’a joué un tour de crasse.

Crasser, v. n. — Etre malhonnête en affaires.

Crasser (se), v. pron.

S’assombrir. Ex. Le temps se crasse.

Crasserie, n. f. — Canaillerie, coquinerie.

Crasseux, n. et adj. — Malhonnête en affaires.

Crassin, n. rn. — Crasse durcie.

Crassiner, v. n. — Bruiner.

Cravasse, n. f — Crevasse.

Cravasser, v. n. — Crevasser.

Cravasson, n. m. — V. Crevasson.

Crayon de mine.

Crayon de mine de plomb ou plombagine.

Crayon de plomb, n. m.

Crayon de plombagine ou de graphite.

Crayonner, v. a.

Ecrire en tous sens avec un crayon. Ex. Mon petit frère a crayonné mon devoir.

  • Crazy work, crézé weurke, (m. a.)

Ouvrage fait avec des retailles de drap, de soie.

Cré, adj.

Abréviation de sacré. Ex. Cré nom d’un chien ! cré mille noms ! Cré mille bombes ! Cré mâtin !

Créature, n. f.

Femme. Ex. Je vais me promener aux États, j’amène ma créature avec moi. Je me suis souvent demandé, disait M. Chauveau, si les sermons sur les dangers de s’attacher trop fortement aux créatures ne formaient pas l’origine de cette expression bien canadienne. M. Chauveau se trompait, car le mot créature pour femme se dit en Normandie.

Créchard, n. m.

Qui vit aux dépens du gouvernement ; celui-ci est la crèche.

Crèche, n. f.

Service civil en général. Tout fonctionnaire est censé manger à la crèche gouvernementale. Ex. Vivre à la crèche, manger à la crèche.

Crédit, n. m.

— Un bon crédit, un homme qui paie bien.
— Un mauvais crédit, celui qui paie mal. Ex. Ne lui avance rien, c’est un mauvais crédit.

Créiature, n. f.

Créature, femme en général. Ne se prend jamais en mauvaise part. Ex. C’est ma créiature, c’est-à-dire ma femme légitime.

Créié, interj. — Juron très populaire.

Creire, v. a.

Croire. Ex. C’est à creire que je vais consentir à te donner mon argent. J’te cré ! Cré-moé ou cré-moé pas, je te dis qu’il y a un revenant qui apparaît toutes les nuits au cimitière.

Crémage, n. m. — Action de crémer.

Cré mâtin, interj.

Bégaiement pour sacré !

Crémer, v. a.

Couvrir un gâteau de sucre.

Crèmerie, n. f.

Etablissement où l’on fabrique le beurre. Ex. Avez-vous du beurre de crèmerie à me vendre.

En France, la crèmerie est l’endroit où l’on vend le beurre.

  • Crémeur, n. m., (Angl).

Mouton de Perse. Ex. Un capot en crémeur.

Crémeuse, n. f.

Ecrémeuse. Ex. Du beurre de crémeuse.

Crémone, n. f.

Cravate de laine tricotée pour mettre autour du cou, en hiver. En France, la crémone est une espagnolette pour fermer les croisées.

Créon, n. m.

Crayon. Lacombe donne créon pour crayon.

Crêpe, n. f.

— Virer une crêpe, au jeu de brisque celui qui gagne cinq brisques s’empare du talon et le tourne à l’envers ; alors il a gagné la partie. Se dit encore de celui qui glisse et tombe de tout son long.

— Jouer à la crêpe, jouer à la brisque.

Crétique, n. f. — Critique.

Crétiquer, v. a. — Critiquer.

Créton, n. m.

Creton, rillon, peau croustillante qui reste dans la graisse quand on la fait fondre.

Creume, n. f. — Crème.

Creumer, v. n. — Crémer.

Creuve-faim, n. m. — Mendiant.

Creux, n. m. et adj.

— Sourd. Ex. Une voix creuse.
— Faire son creux, son trou.
— N’être pas dans le plus creux, n’être pas au bout de ses peines.
— Sonner le creux, sonner creux.
— Tousser creux, avoir une toux profonde.

Creuyabe, adj. — Croyable.

Crevasson, n. m. — Homme de peu de valeur.

Crève-faim, n. m. — Pauvre, mendiant.

Crevé, adj.

— Hernie.
— Fat. Ex. Un petit crevé.

Crever, v. a.

— Crever la faim, mourir de faim.
— Crever la soif mourir de soif.

Crever (se), v. pron.

Contracter une hernie.

Crever (se faire). Se faire mourir. Ex. Il se fait crever à force de travailler.

Crevure, n. f. — Hernie.

Crève-z-yeux, n. m.

— Asperge.
— Coléoptère.

Créyable, adj. — Croyable.

Créyance, n. f. — Croyance.

Créyant, adj. — Croyant.

Cri, n. m.

— Personne irascible. Ex. Cet enfant est méchant comme un cri.
— Criée. Ex. Tu feras le cri à la porte de l’église que j’ai perdu ma vache.

Cri (aller). — Aller quérir. Ex. Va cri mon chapeau.

Criage, n. m. — Criaillerie.

Criâillage, n. m. — Criaillerie.

Criâilleux, n. et adj. — Criailleur.

Cribe, n. m. — Crible.

Crible, n. m.

— Tarare, instrument qui sert à vanner le blé et à nettoyer

le grain.

— Brette, petit train de bois flotté.

Cric, n. m.

Enfant maussade. Ex. Etre méchant comme un cric.

Cric-crac, n. m. — Crécelle.

  • Cricket, crikète, (m. a.) — Jeu de balle à la crosse.

Crier, v. n.

— Gronder, gourmander.
— Annoncer à la criée.
— Faire une chose en criant Jack ou en criant ciseau, c’est-à-dire faire très vite.
— Crier comme un aveugle qui a perdu son bâton, crier à

pleins poumons.

Crieur, u. m — Audiencier.

Crieux, adj. — Criard.

Crignasse, n. f. — Chevelure épaisse et en désordre.

Crigne, n. f.

— Crinière. Ex. Tu prendras le cheval par la crigne et tu me l’amèneras. 
— Chevelure. Ex. Je l’ai pris par la crigne et je l’ai couché par terre.

Crignière, n. f. — Crinière.

Crin, n. m.

Avoir les oreilles dans le crin, être sur ses gardes.

Crincrin, n. m. — Violon.

Crion, n. m. — Crayon.

Crique, n. f.

— Dent d’enfant. Ex. Montre tes petites criques à maman.
— Petite rivière.
— Fissure dans un rocher.

Criquet, n. m.

— Enfant agité.
— Grillon domestique.

Crir, v. a. — Chercher, quérir.

Cristi, Juron.

Critiqueux, n. et adj. — Critiqueur.

Criyon, n. m. — Crayon.

Cro, cros, n. m.

— Vieille dent ébréchée.
— Barbe. Ex ; Je me laisse pousser les cros. En Normandie on se sert du mot barbacro pour désigner de grandes moustaches, barbe en forme de crochet.

Croche, adj.

— Faux. Ex. Cet homme a des idées croches.
— De travers. Ex. Il a l’esprit croche.
— Avec certitude. Ex. Je te l’ai fourré dedans un peu croche.

Crochet, n. m.

— Tire-bouton, crochet qui sert à boutonner des souliers, des gants.
— Tirer au crochet, se prendre d’un doigt, généralement le
médium, avec le doigt d’un autre pour lutter de force.

Crochir, v. a. — Courber, rendre croche.

Crochu, adj.

Bancroche. Ex. C’est un garçon bien mal planté, il est tout crochu.

  • Crocket, n. m. (Angl.)

Mail ; jeu qui consiste à pousser une boule avec le mail, ou petit maillet en bois, de forme cylindrique.

Croire (se) quelqu’un, loc.

Avoir confiance en soi.

Croisaillâge, n. m. — Croisement en tous sens.

Croisâiller, v. a. — Disposer en croix nombreuses.

Croisâiller (se), v. pr. — Se rencontrer de près sur la route.

Croisée, n. f.

Bois disposé en croix aux deux extrémités d’une cordée pour l’empêcher de débouler.

Croiser, v. n.

Etre assez bien pourvu de provisions, de blé, d’avoine, etc., pour pouvoir attendre jusqu’après la nouvelle récolte. Ex. J’ai encore beaucoup de blé, j’espère que je vais croiser facilement.

Croiser (se), v. pron.

Faire le signe de la croix. Se disait à Québec au commen cement du dix-neuvième siècle.

Croison, n. m. — Cloison.

Croisonner, v. a. — Cloisonner.

Croix, n. f.

Personne assommante, pas endurable. Ex. Encore ma croix qui arrive.

Croix de Saint- Louis,

— Plante qui croît à travers les blés.
— Ce n ’est pas de la croix de Saint-Louis, cet homme ne vaut pas grand’chose, il ne ressemble aucunement aux

chevaliers porteurs de cette croix. Sous le régime français, ce genre de décoration était très en vogue, même parmi les Canadiens.

Croquant, n. m.

Cartilage ou autres parties d’un animal qui résiste à la dent.

Croquecignole, n. m.

Croquignole, sorte de pâtisserie, ainsi nommée parce qu’elle imite assez la forme que prennent les doigts lorsqu’on veut donner une croquignole ou chiquenaude sur le nez.

Dans la région de Montréal, on dit beigne pour croquignole. Beigne est une corruption de beignet, qui est une tout autre espèce de pâtisserie. En France, la pâtisserie qui se rapproche le plus du croquignole, s’appelle casse-museau.

Croquée, n. f.

Dentée. Ex. Prendre une croquée amont un morceau de sucre.

Croquette, n. f. — Variété d’airelle (bluet).

Croqueurse, n. m. pl., (Angl.) — Crackers.

Croquignole, n. m. — V. Croquecignole.

Crossing, n. f., (m. a.)

Croisière. Ex. Prends garde à ton cheval quand on arrivera à la crossing, parce qu’il peut passer un train.

Crotte, n. f.

— Faire petite crotte, vivre péniblement.
— Avoir la crotte au nez, avoir des sécrétions nasales durcies.

Crotteux, adj.

Plein de crottes. Ex. Cet enfant a le nez crotteux.

Crotton, n. m.

Petit enfant chéri. Ex. Viens m’embrasser, mon cher crotton.

Croupion (à), loc. adv.

A croupetons, position d’une personne accroupie. Ex. Etre à croupion sur une chaise.

Croupis, v. n.

Demeurer longtemps dans un même endroit. Ex. Ne me laisse pas croupir là.

Crouston, n. m.

Croûton, l’extrémité du pain où il y a le plus de croûte.

Croûte, n. f.

— Neige durcie à la surface. Ex. Marcher sur la croûte.
— Ecorce des arbres. Ex. Se chauffer avec des croûtes.
— Casser une croûte, manger, faire un repas.
— Avoir bien des croûtes à manger avant d’arriver au succès, n’ être pas près d’arriver.

Croûtes, v. n. — Durcir. Ex. Un sol qui croûte.

Humide. Ex. Le temps est cru, nous allons avoir de la pluie.

Cruchetée, n. f. — Cruchée. Ex. Une cruchetée de lait.

Cruchon, n. m. — Imbécile.

Cruel, adj.

Enfant difficile à élever parce qu il pleure, et ne dort pas. Ex. Une mère de famille qui n’a que des enfants cruels.

C’te, adj.

Cet, cette. Ex. C’te demande ! c’t'enfant, c’t'armoire.

C’tella, adj. f. — Celle-là.

C’tici, adj. — Celui-ci.

C’tilà,

Celui-là. Molière à dit : Il faut tirer l’échelle après ceti-là.

Cuer, v. a. — Tuer, éteindre. Ex. Cuer le feu, la chandelle.

Cuiller à pot, n. m.

Grande cuiller pour servir la soupe.

Cuir à patente, n. m.

Cuir verni. Ex. Des bottes de cuir à patente,

Cuire, v. a. et n.

— Faire cuire le pain dans le four. Ex. Aujourd’hui, nous

allons cuire, il fait mauvais.

— Se faire surchauffer. Ex. Arrêtez de chauffer le poêle,

nous cuisons.

Cuisage, n. m. — Cuisson.

Cuisine, n. f.

Mets. Ex. Nous allons faire de la bonne cuisine.

Cuissière, n. f.

L’une des jambes du pantalon qui recouvre la cuisse.

Cuite, n. f. — Excès de boisson. Ex. Prendre une cuite.

Culasse, n. f.

Arrière-train. Ex. Je l’ai pris par la culasse, et l’ai jeté par terre.

Culot, n. m.

Partie du pantalon qui entoure les cuisses. Ex. Je l’ai saisi par le culot.

Culotte, n. f.
— Pantalon.
Porter la culotte, se dit d’une femme qui est la maîtresse de tout dans un ménage.
Culotteux, adj.
Qui culotte les pipes.
Culotton, n. m.
Enfant qui commence à porter des culottes.
Cumulard, n. m.
Fonctionnaire qui exerce simultanément plusieurs emplois.
Cure-pipe, n. m.
Petit instrument pour vider les pipes et les écurer.
* Currant, keurrante (m. a.)
Raisin de Corinthe.
* Cut, keute (m. a.)
Gravure, vignette.
Cuvette, n. f.
Petite cuve, cuveau.
Cuvotte, n. f.
Cuveau, baquet.
Cuyer, v. a.
Cueillir. Ex. Allons cuyer des prunes. Rabelais a dit cuillaite pour cueillette.
Cyprès, n. m.
Pin gris, pin de rocher.



D
D’abord que, loc. adv.
— Puisque. Ex. D’abord que tu veux bien m’écouter.
— Du moment que. Ex. D’abord que tu seras présent, nous serons plus à l’aise.
Dague, daye, n. f.
Emporte-pièce, outil dont la tranche, forme exactement le contour de la pièce à découper.
Daguer, dayer, v. a.
Découper avec la dague.
 


Dagueur, dayeur, n. m.

Ouvrier employé dans les manufactures de chaussures.

D’aguette, loc.

Avec précaution. Ex. Cette femme marche toujours d’aguette, sans faire de bruit ; en réalité elle craint d’éveiller la curiosité des autres.

Dalle, n. f.

— Evier.

— Chéneau, conduit de bois ou de métal, qui reçoit les eaux des toits pour les diriger vers le tuyau de descente (dalleau).

— Conduit alimentaire de la bouche à l’estomac. Ex. Allons nous rincer la dalle.

Dalleau, dallot, n. m.

— Conduit en ferblanc, en zinc, en tôle, en bois par où s’écoule l’eau des toits, et qui lui est arrivée par la dalle.

— Doigt de gant ou linge, qui sert à envelopper un doigt malade.

— Ivrogne, buveur.

Dalmatique, n. f.

Chemise. Ex. Ce soir, comme il fait chaud, je vais me mettre au lit en dalmatique.

Damage, n. m.

Dommage. Ex. Beau damage. Nous trouvons damage dans la chanson de Roland.

Damageable, adj. — Dommageable.

Damas, n. m.

Prunes de Damas, prunes violettes, de grosseur moyenne et très succulentes, récoltées sur la côte de Beaupré, et sur l’île d’Orléans.

Dame, n. f.

— Femme. Ex. Votre dame est bien, j’espère.

— Barrage, digue.

— Cage en bois servant de quai. Ex. A la baie Saint-Paul, il y a, en plein fleuve, une dame de difficile abord.

— Grosse dame, dame riche et de haut ton.

— Dame ! inter jection.

Damnation !

Juron assez fréquent, prononcé dans un moment de colère ou de douleur.

Damné, e, adj.

Mauvais. Ex. Voilà une damnée affaire qui me casse les bras.

  • Dampeur, n. m. (Angl.)

Clef de tuyau de poêle, registre de cheminée.

Dandeliner (se), v. pron. — Se dandiner.

  • Dandy, dann’dé, (m. a.) — Elégant.

Dangereux, euse, adj.

— Probable. Ex. C’est pas dangereux qu’il fasse mauvais.

— Imprudent, étourdi. Ex. Cet enfant est dangereux, il faut y faire attention.

Dangéreux, adj. — Dangereux.

Dans, prép.

— Sur. Ex. Grimpe dans l’arbre.

— Par. Ex. Je suis capable de payer cinq chelins dans le louis.

— A peu près. Ex. C’est un homme dans votre taille, dans votre âge.

— A. Ex. Aller au marché un panier dans le bras.

Dans (par), loc. prép.

Dans. Ex. Tu passeras par dans le chemin Gomin.

Dans la lune (être), loc.

Etre très distrait. Ex. A quoi pensez-vous donc, êtes-vous dans la lune ?

Dans le criminel, loc.

D’une façon exagérée. Ex. Vendre cher dans le criminel.

Dans le fil, loc.

Avec beaucoup d’habileté. Ex. Cet ouvrage a été fait dans le fil.

Dans le sac (être),

Régler, terminer. Ex. Notre affaire est dans le sac, tapons-là.

Dans les, loc. prép.

Environ. Ex. Cette maison m’a coûté dans les cinq mil le piastres.

Dans les à peu près, loc. prép.

A peu près. Ex. Il doit avoir quatre-vingts ou dans les à peu près.

Dans les environs, loc. prép.

A peu près. Ex. Ma maison vaut dans les environs de cinq mille piastres.

Dans les grands prix, loc. prép.

Autant qu’il y a moyen. Il s’est fait blaguer dans les grands prix.

Dans le temps de le dire, loc.

En le disant. Ex. J’ai appris ma leçon dans le temps de le dire.

Dans mon opinion, loc. prép.

D’après moi. Ex. Dans mon opinion, il mouillera avant que le soleil se couche.

Dans par, loc. prép.

Par. Ex. Si tu veux dire comme moi, nous partagerons dans par la moitié.

Dans un rien de temps, loc.

En moins de rien. Ex. J’ai fait mon ouvrage dans un rien de temps.

Danse, n. f.

Soirée où l’on danse. Ex. Vas-tu à la danse, ce soir, chez Boulé ?

Danse câllée, n, f.

Danse pendant laquelle quelqu’un appelle les figures. Ce quelqu’un est désigné sous le nom de câlleur. (Angl.)

Danse carrée, n. f. — Quadrille, lancier.

Danse ronde, u, f.

Danse en rond, cotillon.

Danse vive, n. f.

Valse, polka. Ex. Les danses vives sont tout simplement tolérées, elles ne sont pas permises.

Danser, v. n.

— Danser à la corde, sauter en faisant passer sous ses pieds une corde qu’on tourne.

— Danser plus vite que le violon, aller trop vite en besogne.

D’apparence, loc.

Selon les apparences. Ex. Il fera beau avant le coucner du soleil, d’apparence.

D’apparence que, loc. adv. — Apparemment.

D’arculons, loc adv. — A reculons.

De raculons, loc. adv. — A reculons.

De reculons, loc. adv. — A reculons.

Darder (se), v. pron.

Se jeter sur. Ex. Il s’est dardé sur Pierre pour le frapper.

Donne l’idée d’un dard lancé avec force et qui pénètre dans les chairs.

Dardeur, n. m. — Celui qui darde le poisson avec la nigogue.

xxx

Dargnier, adj. et n. Dernier né. Ex. Le| petit dargnier, chez nous, s’appelle Benjamin. Dernier. En dargnier, en dernier lieu. Ex. Quand même tu arriverais en dargnier, ça ne fait rien. Dargnièrement, adv. Dernièrement. Ex. J’ai appris cela tout dargnierement,

  • Darner, v. a. (Angl.)

Repriser, raccommoder, ravauder. De l’anglais to dam. Damier, adj. — Dernier. Ex. Le damier de la classe. Darrière, adv. Derrière. Ex. Passe par darrière la voiture. Moi, je n’ai pas de porte de darrière, je dis tout ce que je pense. Darte, n. f. — Dartre. Darteux, adj. — Dartreux.

  • Dash, dach, n. m., (m. a.)

— Trait, filet (terme d’imprimerie). — Em dash. — Trait de la largeur d’un m. Date (en) de, loc. A la date de. Ex. Je suis à peu près certain que Montréal a été fondé en date de 1642.

  • Date (up-to-), eupe-tou-déte, m. a.

De mode récente, dans les derniers goûts. Ex. Le magasin Morgan est upto-date.

D’avance, loc.

— Prompt, expéditif. Ex. J’emploie beaucoup d’ouvriers, sur le nombre il en est peu qui soient d’avance. Hâtif. Ex. J’ai récolté cent minots de patates d’avance.

D’avant, loc.

Auparavant. Ex. Viens me voir à Noël ? — Non, j’irai la semaine d’avant.

D’avant que, loc. adv. — Avant que.

Davantage, adv. Une plus grande quantité, plus. Ex. As-tu assez de pièces de dix cents ? — Non, j’en voudrais davantage.

  • Day-book, dé-bouc, (m. a.) — Brouillard, livre de commerce.

D’ci et là, loc. adv.

D’un côté et de l’autre. Ex. Il va d’ci et là sans trop savoir où.

D’dans, adv. et prép.

De. Ex. Débarque d’dans la voiture. Dans. Ex. Embarque d’dans les chars. — Dedans. Ex. Je me suis fait fourrer d’dans de la belle façon.

De, prép.

A. Ex. Je suis prêt de m’en aller.

A la place de. Ex. Si j’étais de toi, je m’en irais.

Un. Ex. Il ne pourra avoir de serviteur comme celui-là.

Au prix de. Ex. Il est bien différent de ce qu’il était autrefois.

Depuis. Ex. Il est malade de la semaine dernière.

— Dans. Ex. Pierre est bien-affligé des yeux.

  • Dead lock, dèd, (m. a.)

Arrêt forcé, impasse. Ex. Les affaires vont très mal, nous sommes en plein dead-lock.

Débâcle, n.f.

Diarrhée considérable après une forte constipation.

Débagagement, n. m. Déménagement. Ex. Les dêbagagements à Québec se font du i" au 3 mai.

Débagager, v. a.

— Déménager, enlever sou bagage pour le transporter ailleurs. Ex. Charretier, comment me chargez-vous pour rne débagager ?

— Déraisonner. Ex. L, e vieux commence à débagager. Cotgrave cite débagager pour serrer, mettre en paquets.

Débagoulard, n. m. — Bavard de bas étage.

Débagouler, v. n.

Bavarder, parler avec passion de choses fastidieuses.

Déballé (nouveau), n. m.

Nouvellement arrivé, comme si l’individu était venu enve loppé dans une toile d’emballage. Ex. Encore un nou veau déballé entré au département des terres de la couronne.

Déballer (se), v. pron. — Se décider à agir.

Débaptiser, v. a.

Changer de nom de baptême.

Débarbouiller, v. a. — Battre.

Débarbouiller (se), v. pron.

— Se tirer d’embarras. Ex. Débarbouille-toi comme tu pourras, moi je m’en lave les mains.

— S’éclaircir. Ex. Le temps se débarbouille vite.

Débarquement, n. m. — Débarcadère.

Débarquer, v. a.

Descendre d’un lieu élevé. Ex. Débarque de la voiture, nous sommes trop de monde. Oter. Ex. DêbarqueAt de là, ou je vais le débarquer. Descendre en général. Ex. Débarque de sur mes genoux. Cesser de s’appuyer. Ex. Débarque de sur moi, tu me gênes dans mes mouvements. Cesser d’occuper une position. Ex. Tu vas débarquer de ta place, si tu continues à te mal conduire.

Débarras, n. m.

— Clairière. Endroit où l’on relègue tout objet embarrassant.

— Diarrhée.

Débarrasser, v. a.

Abattre des arbres. Ex. Nous allons construire dans cette partie du bocage, il faudra commencer par débarrasser.

Débârrer, v. a.

Ouvrir une porte, un meuble fermé à clef. Ex. Voici mon trousseau de clefs, dêbârre tous les meubles et toutes les portes qui ont été fermés à clef avant notre départ.* Debater, débéteur, (m. a.) Orateur parlementaire, argumentateur. Débattement, n. m. — Palpitation, battement du cœur.

Débattre (se), v. pron.

Battre. Le cœur me débat comme s’il voulait me sortir du corps.

Débaucher, v. n.

Lancer, partir. Ex. Une fois débauché, il n’y a plus moyen de l’arrêter, celui-là.

  • Débenture, n. f. (Angl.)

Titre ou obligation émise par un gouvernement, une corpo ration municipale.

De besoin, loc.

Besoin. Ex. Voulez-vous acheter des livres ? — Merci, j’en ai pas de besoin. Débifter, v. n. Perdre sa bonne mine, son apparence de santé. Ex. Comme tu es dêbiffé ce matin, as-tu couché sur les ravalements ?

Débine, n. f.

— Misère, pauvreté, gêne. Ex. La débine me poursuit depuis quelque temps.

— Binette.

Débiner, v. a.

— Médire, dénigrer. Ex. Qu’as-tu à tant débiner sur le compte de ton prochain ?

— Perdre contenance. Débiscaillé, adj.

— Bouleversé de figure. D’où viens-tu, comme tu es débiscaillé, ce matin ?

Brisé, déformé. Ex. Un chapeau débiscaillé.

Débitage, n. m.

Action de dépecer.

Action de fendre le bois.

Débiter, v. a.

Dépecer. Ex. Es-tu bon pour débiter un bœuf ? Fendre. Ex. Débiter une corde de bois.

Débiteur, adj. — Dépeceur, fendeur de bois.

Débloquer, v. a.

Mettre un convoi de chemin de fer en état de s’avancer, après avoir enlevé la neige qui l’arrêtait. Ex. Enfin les chars, retenus à Saint-Charles depuis deux jours par une tempête de neige, sont débloqués.

Déboire, v. n. — Vomir.

Débord, n. m. — Diarrhée considérable.

Débordage, n. m. — Saillie.

Débordé, e, adj.

Un lit débordé, un lit dont les couvertures sont pendantes.

Débotter (se), v. pron. — Oter ses bottes.

Débouche, n. m. — Débouché.

Débouler, v. n. et a.

— Rouler de haut en bas. Ex. L’enfant vient de débouler l’escalier, il a dégringolé de tout son long. En France, ce mot veut dire s’enfuir au plus vite, courir comme une boule qu’on lance.

— Devenir mère, en parlant de la femme.

Débouliner, v. n. — Dégringoler.

Déboulis, n. m.

Avalanche de neige, provenant des toits ou des roches, qui culbutent du sommet ou du flanc d’un cap ou d’une montagne.

Eboulis. Ex. Un déboulis de pierres. — Eboulement, chute de ce qui s’éboule.

Débourgeonner, v. a.

Enlever les bourgeons de l’arbre.

Débourrer, v. a.

Vider la pipe du tabac qu’elle contient. Travailler à former l’intelligence.

Débourrer (se), v. pron.

Croître en intelligence. Ex. Notre petit Jean commence à se débourrer, la maîtresse d’école est conten te de lui.

Débouter, v. a.

, Doubler un. cap, en terme de marine. (Cl.)

Déboutonner, (se), v. pron.

Faire preuve de générosité dans une circonstance spéciale. Dire tout ce qu’on pense. Ex. Si je perds patience, je finirai un bon jour par me déboutonner.

Débrager (se), v. pron. — S’agiter, se démener.

Débraqueter, v. a. Enlever les broquettes. Ex. Débraqueter un tapis.

Débrayer, v. n. — Trop parler.

Débrette, n. f. — Gros repas, fête de famille.

Débricoler, v. a. — Enlever la bricole.

Débricoler (se), v. pron. — Oter ses bretelles.

Débringué, e, adj.

Qui a une tournure négligée, nonchalante.

Débris, n. m. pl.

Abatis. Ex. Un débris de veau.

Débriscaillé, adj. part. — Débiscaillé. V. ce mot.

Débrousser, v. a.

Enlever les branchages (brousse) des vigneaux.

Décacher, v. a. — —Enlever les couvertures d’un lit.

Décacher (se), v. pr. — Se désabrier. V. ce mot.

Décaler, v. n.

— Enlever l’écale d’une noix.

— Enlever le brou d’une noix, d’une noisette.

Décalotter, v. a.

Décoiffer, ôter le chapeau, le casque, la casquette.

Décalotter (se), v. pron. — Se décoiffer.

Décampe, n. f.

Allure, dégaine. Ex. En voici un qui a une curieuse décampe.

DécaniHer, v. n.

Déménager, déguerpir, fuir comme un chien ; du latin canis, chien.

Décanter, v. a.

Changer de position un objet mis sur le cant. V. Cant.

Décapoter, v. a.

Enlever le capot ou le pardessus.

Dépecer la baleine.

Décapoter (se), v. pron.

Oter soi-même son capot. Ex. Décapotez-vous, vous allez avoir trop chaud.

Décapuchonner, v. a. — Enlever le capuchon.

Décapuchonner (se), v. pron. — Oter son capuchon.

Décarcaner, v. a. — Oter le carcan.

Décarêmer (se), v. pron.

Faire un repas copieux après quelques jours de privations. Ex. Il y a assez longtemps que nous mangeons de la morue, décarêmons-nous avec du jambon.

Décarrer, v. a. Enlever à quelqu’un sa carre. (T. de jeu.)

Déceinturer, v. a. — Oter la ceinture, déceindre.

Déceinturer (se), v. pron.

Oter sa ceinture. Ex. Déceinturez-vous, afin que vous res piriez plus à l’aise.

De cela (à part), loc adv.

A part cela. Ex. A part de cela, qu’as-tu à me dire ?

De ce que, loc.

Comme, à quel point. Ex. Je ne suis pas capable de te dire de ce que mon père est fâché contre moi.

De delà, loc. adv.

De là. Ex. Ote-toi de delà que je m’y mette ?

Décerner, v. a. — Cerner, entourer de toutes parts.

Décesser, v. n. Cesser. Ex. Il ne décesse pas de m’ennuyer.

Déchafauder, v. a. — Enlever un échafaud.

Déchagriner, v. a. — Consoler.

Déchagriner (se), v. pr. — Se consoler.

Déchaîné, adj. part. Homme en furie. Ex. Cet homme est un véritable déchaîné, il est capable de tuer. De chance que, loc. adv. — Heureusement que.

Déchanger (se), v. pron. — Changer d’habit.

Décharge, n. f.

Ruisseau ou rivière dans laquelle se déversent les eaux d’un lac, d’un étang. Ex. La Grande Décharge du lac Saint— Jean, dans la rivière Saguenay.

Déchargeage, n. m. — Déchargement.

  • Décharger, v. a.

Congédier, retirer à quelqu’un sa charge. Ex. Je suis obligé de partir de Québec, mon patron vient de me décharger. (Angl.)

Décharger (se), v. pron.

Décharger sa bile. Ex. A la prochaine occasion, je me déchargerai sur lui.

Dèche, n. £.

Gêne, misère. Ex. De ce temps-ci, je suis dans la dèche, inutile de me parler de souscription.

Déchesser, v. a. — Dessécher.

Décheter, v. a. — Repousser, mépriser.

Décheviller, v. a. — Oter la cheville.

Déchicoter, v. a. — Déchiqueter.

Déchiffrer, v. a. Défricher.

Déchoquer (se), v. pron. Se défâcher. Ex. Tu te choques, tu n’auras plus qu’à te dêchoquer.

Décimale, n. f. Volée de coups. Ex. Si tu ne te tiens pas tranquille, je te donnerai une bonne décimale. Décirer, v. a. — Enlever la cire des oreilles, des yeux.

Decit et d’ià, loc — Ici et là.

Déclaquer (se), v. pron. Oter ses claques. Ex. Déclaque-toi, tu as fini tes sorties pour ce soir.

Déclarer faillite. — Se déclarer en faillite.

Déclaver, v. a.

Enlever l’anneau qui sert à enclaver un animal.

Déclencher, v. a. — Enlever la clenchette d’une porte.

Déclin, (en), loc. — A clin. Ex. Lambrisser en déclin.

Décloquer, v. a. — Enlever la cloque, le pardessus d’hiver. DES CANADIENS-FRANÇAIS 2ig.’ Décloquer (se), v. pron. — —Oter sa cloque.

Décolérer (se), v. pron. — Se défâcher.

Décoller, v. a. et n.

Congédier. Ex. Allons, fiche-moi la paix, sinon je te décolle d’ici. Décolle, ou je vais me fâcher ? Courir à une grande vitesse. Ex. Je viens de rencon trer un cheval à l’épouvante, je t’assure que ça décollait.

Décollouer, v. a. — Déclouer.

Décompte, n. m.

Revision. Ex. L’élection est finie, les candidats ont pres que le même nombre de votes, il va falloir faire le décompte.

Décompter, v. a. et n.

Compter les bulletins de vote après une élection. Perdre la raison. Condamné à mourir. Ex. Mon frère Thomas est bien malade, le docteur l’a décompté.

Déconçarter, v. a. — Déconcerter.

De conte, prép. — Contre, à côté de. Décoppé, adj. — Sans argent, sans la coppe.

Décorder, v. a. — Défaire une corde.

Décorer, v. n. — Enlever les cors au pied.

Décoter, v. a. et n.

— Faire en sorte que celui qui est accoté change de posi tion.

— Changer de position.

Découde, v. a. — Découdre.

Découdre (en), loc.

Grabuge. Ex. Il va en découdre, si je n’arrive pas à mon but, il y aura du train, du grabuge, on en entendra parler.

Découèffer, v. a. — Décoiffer, enlever son chapeau.

Découleurer, v. a. — Décolorer.

Découper, v. a. Trancher. Ex. Cette couleur bleuâtre découpe très bien sur le jaune.

Découserai, fut. de découdre. Découdrai. Ex. Il en décousera, si je n’arrive pas à temps. 2 2O LB PARIER POPULAIRE

Découvarte, n. f. — Découverte.

Découvert, n. m.

Abatis d’arbres. Chemin tracé à travers la forêt.

Découvrir, v. a. Découvrir saint Pierre pour couvrir saint Paul, dérober à l’un pour donner à l’autre.

Décrasser (se), v. pron.

Se mettre au beau, en parlant de la température. Ex. Le temps commence à se décrasser.

Décravater (se), v. pron. — Oter sa cravate.

Décrocher (se), v. pron.

Se décrocher la palette de Vestomac, se casser l’appendice xyphoïde ou la pointe du sternum. Avoir l’estomac décroché, avoir contracté une maladie des voies digestives qui ruine la constitution.

Décrocheter, v. a. — Décrocher.

Décroits, n. m. pl. — Ecroits.

Déculotter, v. a.

Donner une verte semonce. Tromper dans un marché.

Exposer en public les opinions d’un individu.

Dedans, adv.

Dans. Ex. Va dedans ma chambre. Donner dedans, tromper.

Etre dedans, se mettre dedans, être en perte. Ex. Il s’est mis dedans pour une forte somme. Se faire fourrer dedans, se faire blaguer. Ne pas cracher dedans, ne pas dédaigner le petit verre. — Mettre les animaux dedatis, les envoyer à l’étable.

Dedans (en) de, loc. adv.

En moins de. Ex. Son cheval fait son mille en dedans de trois minutes.

De dedans. — De. Ex. Sors de dedans le salon.

De de. — De. Ex. Je viens d’arriver de de chez lui.

De devant,

— D’avant. Ex. Le dimanche de devant Noël. DES CANADIEN SFRANÇAIS 221 — D’auparavant. Ex. Il est mort dans la semaine de devant.

Dédire (se), v. pron.

Perdre sa bonne mine. Ex. Cette femme, si élégante autrefois, s’est beaucoup dédit depuis un an. Ne pas arriver dans la mesure que l’on pouvait espérer. Ex. Les récoltes avaient belle apparence, mais le blé s’est beaucoup dédit.

De d’ia, loc. adv.

Delà. Ex. Ote-toi de d’là. De cet endroit. Ex. François dit qu’il est de la paroisse de Saint-Pierre, toi, es-tu de d’là ?

Dédoubler, v. a.

— Doubler. Ex. Dédoubler un cap, un coin de rue.

Dédoubler (se), v. pron. — Redoubler d’efforts

D’ein.

Dans un. Ex. J’ai fait mon ouvrage d’ein rien de temps.

D’eine.

— D’une. Ex. Nous avons fait dix lieues d’eine seule bourrée. — Dans une. Ex. Mets les patates d’eine poche.

Défâcher (se), v. pron.

Se remettre en bonne humeur après s’être fâché.

Défaçonner, v. a. — Faire perdre contenance.

Défaire, v. a.

— Ramener plus ou moins à l’état primitif. Ex. Défaire du beurre, l’agiter au point de lui donner la consistance de crème.

Défaire (se), v. pron.

— Oter ses habits extérieurs. Ex. Défaites-vous et venez prendre le dîner avec moi.

— S’agiter ferme, se donner beaucoup de mal.

Défaisable, adj.

Qui peut se défaire. Ex. Ce nœud-là n’est pas défaisable. Défaite, n. f. — Prétexte, excuse. Ex. Ça, c’est encore une défaite de ta part. ^222 LE PARLER POPULAIRE — Echiffes, vieux linge échiffé, cardé et tissé. (B. P. F.)

Défalcataire. (Aagl.) — Concussionnaire.

Défalcation. (Angl.) — Concussion.

Défaller (se), v. pron. — Se découvrir le cou.

Défarger, v. a. — Désentraver.

Défaut, n. m. — Faute. Ex. Tomber en défaut.

Défaut d’une côte, n. m.

Endroit où le chemin commence à s’élever ou à s’abaisser.

Défendre (se), v. pron.

Cesser de jouer. Ex. Je ne joue plus, je m’en défends, Se défendre de son corps et de son sang-, protester forte ment de son innocence.

Défendu, adj. Impossible. Ex. Je ne puis travailler plus de quatorze heu res par jour, cela m’est défendu, (Par qui ? on ne le dit pas.)

Déficile, adj. — Difficile.

Défiger (se), v. pron.

Prendre de l’aplomb, de la vigueur. Ex, Cet enfant com mence à se défiger, sa timidité s’en va peu à peu.

Défint, te, adj.

Défunt. Ex. Mon défint père qui est mort.

Défoncé, adj. part, et n. m.

— N’avoir plus de fonds en banque. Ex. Demande-moi pas d’argent, je suis défoncé. Manger comme un défoncé, manger avec excès.

Défoncer, v. a.

Enfoncer. Ex. Ne défonce pas la porte avec tes poings. Se défoncer. Ex. L, es chemins défoncent ce matin.

  • Défranchisation, (Angl.)

Condamnation d’un électeur à la perte de ses droits politi ques ou civils.

  • Défranchiser, v. a. (Angl.)

Enlever à un électeur ses droits politiques ou civils. —

Défrayer (se), v. pron. — Se divertir.

Défricher, v. a. — Déchiffrer. Défriper, v. a. Défaire les plis d’un vêtement chiffonné, d’un linge fripé.

Défroque, n. f.

Habits eu général. Ex. Ote ta défroque, et entre au salon.

Défroquer (se), v. pron.

Oter sa froc. Se dévêtir. Ex. Dêfroquez-vous, nous allons nous met tre à table.

Défunt, défunte, n. m. et f.

Le défunt, la défunte, se disent pour le père ou la mère défunts. Ex. Ce pauvre défunt, a-t-il souffert avant de mourir. Ce chapeau-là appartenait à la défunte.

Défuntisé, adj.

Décédé. Ex. Mon père et ma mère sont dêfuntisis de puis longtemps.

Détruit, disparu à tout jamais. Ex. Tu te souviens de mon beau chapeau de castor, tu sauras qu’il est défuntisé, le vent l’a emporté dans le fleuve.

Dégainde, n. f. — Dégaine. Ex. Une belle dêgainde. Dégaine, n. f. Attitude, façon de se tenir. Ex. Un tel a une drôle de dégaine.

Dégeancer v. a.

Détruire, désengeancer. Nous finirons pourtant par nous dégeancer des mouches.

Dégeler (se), v. pron.

Se dégourdir. Ex. L’enfant commence à se dégeler, il parle, il s’amuse comme les autres enfants.

Dégendrer, v. a.

Détruire. Ex. Tâche donc de dégendrer les punaises de ma couchette.

Dégêner, v. a. — Mettre à l’aise.

Dégêner (se), v. pron.

Prendre de l’aplomb, sortir de l’état de gêne. Ex. Dêgênez- vous, Monsieur, faites comme si vous étiez chez vous. Dégèrer, v. a. Digérer. Ex. Docteur, je dégire mal. Déglacer, v. a. — Enlever la glace, la froideur.

Déglacer (se), v. pron. — Se donner d e l’aplomb.

Degnier, n. m.

Denier. Ex. Le degnier de Saint-Pierre.

Dégniasier, v. a.

Déniaiser. Ex. D’où viens-tu, tu n’es pas encore dégniaisê ?

Dégniaiser (se), v. pron.

Acquérir de l’intelligence en vieillissant.

Dégobillage, n. m.

Verbiage. Ex. As-tu entendu le discours de cet orateur ? Quel dégobillage f

Dégobiller, v. n.

— Parler mal. Ex. C’est un bavard qui ne cesse de dégo biller sur mon compte.

Vomir abondamment, rejeter ce que l’on a gobé.

Dégoiser, v. n. — Parler mal avec force et volubilité.

Dégommer, v. a.

Dessoûler. Fatiguer, épuiser. — Travailler à donner à quelqu’un l’expérience qui lui man que due à son manque d’intelligence. (B. P. F.)

Dégonfler, v. a.

Percer à jour l’orgueil ou la vanité d’un individu.

Dégorger, v. a.

Forcer à payer une forte somme. Ex. Je lui ferai bien dé gorger les cinq mille piastres qu’il me doit.

Dégosiller, v. n.

Etouffer. Vieux mot français qui signifie égorger.

Dégoter, v. a.

Chasser, perdre sa place. Expression très ancienne, même en Canada. Elle est française, d’après le Courrier de Vaugelas. On la trouve dans la correspondance de Vol taire, dans lettré, mais non pas dans le Dictionnaire de l’Académie.

Dégoiser.

Dégouailler, v. n. — Déblatérer.

Dégoubiller, v. n. — Dégobiller.

Dégouquière, n. f. — Gouttière.

Dégourmer (se). — Jeter sa gourme.

Dégoût, n. m.

Avoir le dégoût, se dit d’une femme mariée incapable de prendre des aliments sans les vomir aussitôt.

Dégoûtation, n. f. — Qui cause du dégoût.

Dégoûté, adj.

Difficile. Ex. J’aime beaucoup les huîtres, les pâtés de foie gras aux truffes. — Tu n’es pas dégoûté !

Dégouttière, n. f.

Gouttière. Ex. Prends garde aux dégouttières, tu vas abî mer tes hardes.

Dégrader, v. a. et n.

Dépasser. Ex. Veux-tu te laisser dégrader f Sinon va plus vite. Etre arrêté sur la route. Ex. Je n’ai pu arriver à l’heure, j’ai été dégradé par la neige. Entraîner par le vent, les courants. (Se dit d’une cha loupe).

Dégrader (se), v. pron.

Tomber par morceaux. Ex. L, e mortier se dégrade d’après la maison.

Dégraisser, v. a.

Voler. Ex. Il s’est fait dégraisser de la belle façon par des voleurs.

Dégraisser (se), v. pron.

Se mettre au beau. Ex. Le temps se dégraisse.

Dégras, n. m.

Rebut. Ex. Jette-moi cela au dégras, ça ne vaut plus rien. Déchets. Dans l’ancien français, dégras signifiait j’aie, plaisir, bom bance.

Dégreyer, v. a.

— Dégarnir. Ex. Marie, dêgreye la table, le dîner est fini. — Enlever les habits. Ex. Dégreyer les enfants.

Dégreyer (se), v. pron.

— Se dévêtir. Ex. Dégreyez-vous, Monsieur, vous êtes le bienvenu chez moi.

— Se défaire^peu à peu de ses meubles. Ex. Pierre descend la côte, il se dêgrcye peii à peu de son ménage.

Dégriller, v. a. — Enlever le Mie sur la peau.

Dégrimoner, v. u. — Médire, déblatérer.

Dégrimoner (se), v. pron. Se défendre avec vivacité, se débattre vivement.

Dégripper (se), v. pron. — Guérir de la grippe. Ex. Enfin me voilà dégrippé, après quinze jours de maladie. — Se tirer d’affaires.

Dégroûler, v. n.

Dégringoler, descendre rapidement d’un arbre.

Déguarpir, v. a. et n. — Déguerpir.

Dégueuler, v. n.

Bavarder. Vomir à pleine bouche. Dégueuleur, n. m. — Bavard de bas étage.

Déhaler, v a.

Tirer d’embarras. Ex. Déhaler quelqu’un d’une mau vaise affaire. Tirer. Ex. Déhaler une jambe enfoncée dans la neige, dans la boue.

Déhaler (se), v. pron.

Se tirer d’embarras. Ex. Déhale-toi comme tu pourras.

Déhancher (se), v. pron.

Se donner un tour de reins.

Dehors, adv. — Marcher dehors, sortir. Ex. Azor, marche dehors. Dehors, adv.

Dehors. Ex. Toi, sors dehors au plus coupant.

Dehors (en) de, loc adv.

Hors de. Ex. Je travaille en dehors des heures de bu reau, afin de réparer le temps perdu. En sus de. Ex. Je travaille en dehors de mes heures de bureau, quoique je n’y sois pas obligé. En cachette. Ex. Moi, je ne fais rien en dehors de mon associé. DUS CANADIENS-FRANÇAIS 227 Déjà, adv.

D’ailleurs. Ex. Vous n’êtes pas déjà si drôle. Déjeter, v. a.

Rejeter, mépriser. Ex. Etre de jeté du public.

Déjener, d’jeûner, v. n. — Déjeuner.

Déjeun-ner, v. n. — Déjeuner. Déjeviller, v. a. — Oter la cheville, décheviller.

Déjointer, v. a. — Déjoindre. Ex. Déjointe tes doigts, ta pri ère est finie.

Déjointer (se), v. pron. Déjoindre, disloquer. Ex. Je me suis dé jointe le pouce en jouant.

Déjouquer, v. a. et n.

Faire sortir du juchoir, déjucher.

Déjuiller, v. a. — Enlever la cheville, décheviller.

Délabre (en), n. m. — Délabré, en ruine. Délacer, v. a. — Délacer.

Délibéré, adj.

Disposé, décidé à faire une chose. Débarrassé, libre de toute occupation. Ex. Quand tu seras délibéré, tu viendras me voir.

Délibérer, v. a. — Donner la liberté, libérer.

Délibérer (se), v. pron. — Se libérer. Délicatesses, n. f. pl. Friandises. Ex. N’abuse pas des délicatesses, tu vas te bri ser l’estomac.

Délicat, e, adj. Difficile à nourrir. Ex. Cette personne est bien délicate, elle ne mange de rien.

Délicatesse (en), loc. — Dans une position délicate. Ex. Je suis en délicatesse avec mon vieil ami.

Délécher (se), v. pron.

Se passer la langue sur les lèvres avec délectation, après avoir bu une liqueur excellente, ou après avoir mangé un bon mets.

Délier, v. a. — Délayer. Ex. Délier de la peinture. 228 LE PARLER POPULAIRE Déligner, v. a.

Ligner, désigner par un trait. Ex. Toi, Baptiste, tu vas dêligner la planche, c’est-à-dire marquer par un trait au crayon la partie qui doit être enlevée par la hache, la scie ou l’égohine.

Délivrer, v. a. (Angl.) — Délivrer un discours, prononcer.

Déloquer, v. a. (Angl).

Desserrer une forme. (Terme d’imprimerie.)

Délurer, v. a. — Déniaiser.

Délurer (se), v. pron. — Prendre de l’aplomb, de l’expérience.

Demage, d’mage, n. m. — Dommage.

Démailler, v. u.

Echapper des mailles d’un filet. Ex. Le poisson démaille souvent.

Démaller, v. a.

Ouvrir une malle. Ex. Démaller un sac de poste. Assortir les lettres dans un bureau de poste.

Démancher, v. a.

Luxer, disloquer. Ex. J’ai un bras démanché. Dénouer. Ex. Cette corde est difficile à démancher.

Démancher (se), v. pron.

Se mettre vigoureusement à l’ouvrage. Ex. Pierre s’est mis à la besogne avec ardeur, évidemment il se démanche. S’agaillardir. Se dévêtir. Ex. Démanchez-vous au plus vite, nous allons dîner. Se luxer un membre. Ex. Se démancher un bras, une jambe.

Démanchure, n. f. — Dislocation d’un os.

Demande, n. f.

Faire la grande demande, demander une fille en mariage.

Demande (belle), n. f.

Demande inutile. Ex. C te belle demande ! Libelle demande !

Demande (à), loc adv. — Au fur et à mesure. Ex. Si tu as besoin d’argent, tu en auras à demande, tant que tu en voudras, mais de mande-le. des canadip ; ns-f eançais 229 En abondance, au gré de la personne. Ex. Comme tu n’es pas économe, je t’enverrai de l’argent, mais seulement à demande. Demander, v. a. Demander des questions, poser. Ex. Ne nie demaude pas de questions, je ne te répondrai point. Demander après quelqu’un, s’informer de quelqu’un avec espoir de le rencontrer. Paire demander quelqu’un, le faire venir. Deviander pour une soirée, inviter. — Demander à ce que, demander que. Démangeaison, n. f. Grande envie. Ex. Avoir une grande démangeaison de parler. Démanger, v. n. Avoir une forte envie. Ex. La main me démange, j’ai envie de te frapper. La langue me démange, j’ai envie de parler. Démarcher, v. n. Marcher d’une façon inusitée, comme un enfant qui n’est pas sûr de ses jambes. Démarrer, v. a. et n. Défaire, détacher. Ex. Démarre mes souliers. Partir, s’en aller. Ex. Il ne démarre pas de là. Démêler, v. a. — Mélanger en délayant. Ex. Démêler de la fleur avec de l’eau. Mettre les cheveux en ordre au moyen d’un démêloir. Démêler (se), v. pron. Se peigner au moyen d’un démêloir. Se tirer d’embarras. Déméliorer, v. a. — Détériorer. Démélouer, n. m. — Démêloir. Démembrer (se), v. pron. S’agiter les bras d’une manière exagérée durant la marche. Démenabie, adj. Qui est susceptible d’être guidé. Ex. Cet homme n’est pas dêmenable. 230 LE PARLER POPULAIRE Déménager, v. a. Perdre la raison. Ex. Chez ce vieux-là, c’est la raison qui déménage. — Jeter à la porte. Ex. Tu ne paies pas ton loyer, déménage, et tout de suite. Démence (en), loc. En décrépitude, en ruines. Ex. Cette maison est en démence.

Déménuer, v. a. et n. — — Diminuer.

Déménution, n. f. — Diminution.

Demeurance, n. f. — Demeure.

Demeurant (le), n. m.

Le reste, ce qui reste.

Demeure (à), loc.

— Bien fait, solidement. Ex. Cet ouvrage est fait à de meure. — Tout à fait, absolument. Ex. Pierre est bête à demeure.

Demeure (en), loc.

En position. Ex. Je ne suis pas en demeure de faire cela. Bossuet a dit:Je n’étais pas en demeure de ce côté-là, pour en retard. Demiard, n. m. Mesure de liquides équivalant â une derni-chopine. En roman, il y a le mot demion qui y correspond.

Demi-lune, n. f. — Table demi-ronde.

Demi-voix (à), loc. — A mi-voix.

Demoiselle, n. f.

Libellule. Fille. Ex. Comment se porte votre demoiselle ? Grosse demoiselle, demoiselle du grand monde, de qualité. Demoiselle à la mode, même sens.

Démon, n. m.

— Génie. Ex. C’est un bon démon qui m’a soufflé cette idée. — Etre en démon, fâché, irrité.

Démonne, n. f. — Femme maligne.

Démontant, adj.

Décourageant. Ex. Il pleut toujours, c’est démontant. DES CANADIENS-FRANÇAIS 231 Démonter (se), v. pron. Se décourager. Ex. Inutile de se démonter pour si peu de chose.

  • Demurrage, (m. a.)

Surestarie. Nombre de jours en plus des estaries donnant droit à une indemnité pour le fréteur. Estarie est le laps de temps stipulé pour le déchargement d’un navire de commerce. Dénarfer, v. a. Anglaiser, enlever â un cheval les muscles abaisseurs de la queue, pour qu’elle se tienne dans une position horizontale. D’en face, loc. En face. Ex. Je viens de louer la maison den face. Dénicher, v. a. — Faire sortir du lit. Dénicheter, v. a. — Dénicher. Dénicheux, n. et adj. — Dénicheur. Denner, v. a. Donner. Ex. Denne-moi donc la main, denne-\vâ une place dans ta voiture. Dénouable, adj. — Qui peut être dénoué. D’en par, loc. prép. A partir de. Ex. D’en par ce jour, je cesse de te considérer comme mon ami. D’en par ici, loc. adv. Par ici, ici. Ex. Tournons d’en par ici. D’en par où, loc adv. Où. Ex. D’en par ou m’arrêterai-je de marcher ? D’en par là, loc. adv. Parla, là. Ex. Finissons-en d’en par là. Dent, n. f. Honnête jusque dans les dents, très honnête. Avoir la gale aux dents, avoir toujours faim. En France on dit n’avoir pas la gale aux dents pour signifier la même chose. Avoir une dent contre quelqu’un, avoir de la rancune. — Montrer les grosses dents, parler sévèrement. Dent de cheval, n. f. — Grain de maïs durci.

232 LE PARLER POPULAIRE

Dent de chien, n. f.

Dent censée devoir pousser chez les enfants qui se refusent de faire extraire leurs dents. Si Une dent tombe d’elle-même, le premier chien qui passe l’avalera, et alors la dent perdue sera remplacée par une dent de chien.

Dent de chien, n. f.

Dent censée devoir pousser chez les enfants qui se refusent de faire extraire leurs dents. Si une dent tombe d’elle-même, le premier chien qui passe l’avalera, et alors la dent perdue sera remplacée par une dent de chien.

Dent de l’œil, n. f. — Œillère.

Denté, e, adj.

Endenté. Ex. Une personne mal dentée, c’est pas beau.

Dentelé, part. pass.

Garni de dents. Ex. En voici un qui est bien dentelé, il a des dents plein la bouche.

Dentisse, n. m.

Dentiste. Ex. Le docteur Linguet est un bon dentisse, il vous arrache les dents en criant ciseau.

  • Dentisterie, (Angl.) — Art du dentiste.

Dénué, part. pass.

Dépourvu d’esprit. Ex. Jean n’est pas bête, je t’assure qu’il n’est pas dénué autant qu’on le dit.

Déouacher, v. a.

Débucher, faire sortir l’ours ou le castor de sa tannière.

Dépaler (se), v. pr.

Se mettre à l’œuvre avec beaucoup d’entrain. Ex. Enfin, il s’est dépalé, il travaille comme un nègre.

Ce mot doit se dire d’un navire entraîné hors de sa route par les vents ou les courants.

Dépareillé, adj. part.

— Qui n’a pas d’égal. Ex. J’ai un remède dépareillé pour la migraine.

— Déparié. Ex. Un bas dépareillé.

Déparler, v. n.

— Délirer, dire des choses insensées. Ex. Ce fiévreux déparle, c’est grave.

— Ecorcher les mots. Ex. Qu’as-tu à déparler ?

S’emploie en France pour dire d’un individu qu’il discontinue de parler.

Département, n. m.

— Comptoir. Ex. Le département des tailleurs.

— Rayon. Ex. Le département des modistes.

Dépasser, v. a.

Désenfiler. Ex. Mon fil est dépassé.

  • Dépêche des affaires, n. f.

Expédition. Ex. Nous allons avoir une session pour la dépêche des affaires. (Angl.)

Dépeindre, v. a.

Peindre, dessiner. Ex. C’est un bon peintre que Charles, il dépeint les oiseaux à merveille.

Dépeinturer, v. a. — Enlever la peinture.

Dépendeux d’andouilles, n. m.

Homme de très haute taille et dégingandé, niais.

Cette locution vient de ce que, chez les charcutiers, les andouilles sont ordinairement accrochées assez haut. Commune dans les environs de Montréal.

  • Dépendre sur quelqu’un, loc.

Compter sur. Ex. Puis-je dépendre sur toi pour ce montant-là ? (Angl).

Dépenillé, adj. — Dépenaillé, en loques.

Dépeniller, v. a. — Effilocher, échiffer.

Dépense, n. f.

Consommation. Ex. J’ai fait assez de beurre pour ma dépense de l’hiver.

Dépense (de), loc.

— Dépensier. Ex. J’ai un garçon de dépense, c’est un usurier.

— Coûteux. Ex. J’ai une servante de dépense, il y a du gaspille quelque part.

Dépenser, v. a.

Consommer, en parlant de la nourriture du bétail. Ex. Les chevaux dépensent beaucoup d’avoine durant l’hiver.

Dépester, v. a.

Débarrasser. Ex. Enfin, nous sommes dépestés des maringouins.

Dépigeonné, v. a. — Délivré d’un prétendu sort.

Depis, d’pis, prép.

Depuis. Ex. Depis quand es-tu marié ?

Dépitaillé (se), v. pron.

Se démener, se donner beaucoup de peine.

Dépiter, v. n.

Décider. Ex. Es-tu dépité enfin ? la besogne ne manque pas.

Dépiter (se), v. pron.

Se démener. Ex. Tu as beau te dépiter, tu as tort.

Déplacer (se), v. pron.

Fréquenter des personnes qui tiennent un rang inférieur.

Déplanter, v. a.

— Prendre la place. Ex. Antoine a réussi à me déplanter là où j’étais si bien installé.

— Tuer. Ex. J’ai tiré cet oiseau à une grande distance, je l’ai déplanté tout de même.

— Faire tomber, jeter par terre.

Déplet, e, adj.

— Vif, alerte.

— De belle taille.

Dépleumer, v. a. — Déplumer, ôter les plumes.

Déplomber, v. a.

— Faire perdre à une chose son aplomb.

— Déplanter.

— Surplomber.

— Gratter l’intérieur des tripes, pour la confection de la saucisse ou du boudin (B. P. F.)

Déplomber (se), v. pron.

Se donner la diarrhée. Ex. Si tu manges trop de tire, tu vas te déplomber.

Dépoitrailler (se), v. pron.

Se découvrir la poitrine, être mal habillé, sans tenue.

Déposer, v. a.

Déposer de l’argent à la caisse, à la banque. Ex Où déposes-tu ? Je dépose à la Banque Nationale.

Dépôt, n. m.

— Gare, station de chemin de fer. Ex. Y a-t-il bien loin pour aller au dépôt ?

— Endroit, chambre où l’on dépose les objets destinés aux élèves des couvents. Ex. Va aux Ursulines, tu jetteras ce paquet au dépôt.

Dépouillant (en), loc.

— En talus. Ex. Un terrain qui va en dépouillant, en pente.

— Obliquement. Ex. Ce chemin va en dépouillant, descend obliquement.

— Se dit d’une voiture qui glisse sur une pente.

— Se dit de tout objet qui frappe une surface sous un grand-angle d’incidence. (B. P. F.)

Dépouille, n. f.

— Vêtement. Ex. Emporte ta dépouille.

— Rage. Ex. Il fait une vraie dépouille de vent.

Dépourvu, adj. part.

Dépourvu d’esprit. Ex. Cet homme n’est pas très futé, ce pendant il n’est pas complètement dépourvu.

Déprendre (se), v. pron.

Se tirer d’affaire. Ex. Déprends-toi comme tu pourras, tu as des ressources.

De profundi.

De profundis. Ex. Nous allons dire un de profundi pour la défunte.

Depu, prép.

Depuis. Ex. Depu le temps que je te chante cela, ça ne sert à rien.

Député, n. m.

— Sous-chef, suppléant.

— Député-ministre, sous-chef de département.

— Député-shérif, shérif suppléant.

— Député-protonotaire, protonotaire suppléant.

— Député-régistrateur, régistrateur suppléant.

  • Déqualification, n. (Angl.)

Perte de ses droits politiques.

  • Déqualifier, v. a. (Angl.)

Faire perdre à quelqu’un ses droits politiques. Ex. Notre député vient d’être déqualifié pour sept ans.

De quand, adv.

Quand. Ex. De quand tu seras pour venir, tu m’écriras.

D’équerre, loc.

N’être pas d’équerre, être de mauvaise humeur.

De qui, loc. — Qui. Ex. De qui t’a parlé contre moi ?

De quoi, n. m.

— Moyens, ressources. C’est un individu qui a de quoi, on dit même qu’il est très riche.

— Cause, raison. Ex. Je vous remercie de votre cadeau.

— Il n’y a pas de quoi.

De quoi que.

— Qu’est-ce que ? Ex. De quoi qu’il est question ?

Dérail, n. m.

Substances grasses qui entourent le péritoine et les viscères abdominaux. Ex. Quand nous aurons fini d’enlever le dérail, nous ferons nos cortons.

Dérailement, n. m. — Déraillement.

Dérailer, v. n.

— Dérailler, sortir de la bonne voie. Ex. Les chars sont dérailés à Saint-Charles.

— Déraisonner. Ex. Ce pauvre enfant est mûr pour l’asile, il déraile à tous propos.

Dérailler, v. n.

— Enlever le gras du péritoine et des viscères de l’abdomen du gros bétail.

— Déraisonner, divaguer. Ex. C’est une espèce de fou que ce garçon-là, il déraille à tout instant.

Déralingué, adj.

En loques, en grand désordre. Ex. D’où viens-tu, petit coureux de chemins ? vois tes habits, ils sont déralingués. Terme de marine, qui signifie dégarnir de ralingues (une voile).

Dérangement, n. m.

— Maladie particulière au sexe.

— Dispersion des Acadiens en 1755, l’année du grand dérangement.

Déranger (se), v. pron.

— S’enivrer. Ex. Tu bois trop, mon cher, tu es presque constamment dérangé.

— Interrompre son travail. Ex. Ne vous dérangez pas, continuez votre ouvrage.

Déraper, v. a. et n.

— Se sauver à la hâte. Ex. Je réussirai bien à le faire déraper de là.

— Arracher, détacher l’ancre du fond, afin de permettre au navire de marcher.

Déraquer, v. a. — Sortir de l’ornière. (B. P. F.)

Dérélingué, e, adj. — V. Déralingué.

Dérêner, v. a.

Lâcher les rênes. Ex. Dérêne ton cheval, si tu veux qu’il reste tranquille.

Dergnier, adj. — Dernier.

Dérhumer (se), v. n. — Se désenrhumer.

De rien, loc.

Cela ne compte pas. Ex. Je te remercie de ton obligeance. — De rien.

Dernier des derniers (le), n. m.

Homme de la pire espèce. Ex. C’est un homme vil, voleur, menteur, ivrogne, enfin c’est le dernier des derniers.

Dérocher, v. a.

Enlever les pierres, les roches dans un champ.

Dérougir, v. n.

— Ne pas cesser de boire des liqueurs enivrantes.

— Etre toujours en colère.

Dérouiller (se), v. pron.

— Enlever du gosier les glaires qui le gênent.

— Reprendre l’ouvrage avec plus d’habileté ou d’adresse.

Dérouter, v. n.

— Faire perdre l’habitude. Ex. ça me déroute de changer mes heures de travail.

Dérouter (se), v. pron.

Se déshabituer. Ex. A force de faire de la paresse, tu finiras par te dérouter complètement de l’ouvrage.

  • Derrick, (m. a.).

— Grue, mât de charge.

— Martinet.

Derrière, n. m., prép. et adv.

— Le derrière de l’église, le bas de l’église.

— Se lever le derrière le premier, se lever de mauvaise humeur.

Des, art.

De. Ex. Ce sont là des braves gens.

Dés, art. — Des. Ex. Dés hommes, dés enfants.

Désabrier, v. a. — Oter les couvertures, découvrir.

Désabrier (se), v. pron. — Oter ses propres couvertures.

Désacclimater (se), v. pron.

— Se déshabituer à vivre dans un lieu où l’on se croyait acclimaté. Les Français qui viennent s’établir au Canada s’acclimatent très aisément, mais après douze ou quinze ans, ils paraissent se désacclimater.

Désaccrocher, v. a.

Décrocher. Mot cité par Cotgrave.

Désagraffer, v. a. — Dégrafer.

Désagréiable, adj. — Désagréable.

Désagriabe, adj. — Désagréable.

Désairer, adj.

Qui se perd à travers les pièces d’une maison dont on ignore les êtres. (B. P. F.)

Désamain, adj. — De difficile accès.

Désamain (à), loc. adv.

Qui n’est pas à portée de la main. Ex. Rapproche cette petite table près de mon pupitre; comme elle est maintenant, elle est trop à désamain,

Désamancher, v. a. — Démancher. V. ce mot.

Désamancher (se), v. pron. — Se tirer d’embarras.

Désâmer, v. a.

— Faire mourrir.

— Exténué, à bout de forces.

— Détruire, mettre en pièces. Ex. Désâmer un jouet. (B. P. F.)

Désancanter, v. a.

Relever quelqu’un d’une position oblique.

Désanmârer, v. a. — Démarrer.

De sans, loc.

Locution pour marquer l’oubli ou le manque d’une chose sur laquelle on a droit de compter. Ex. Je lui avais recommandé de m’apporter une boîte de marchandises de la ville, et il est revenu de sans.

Expression usitée en Normandie et citée par Moisy.

Désapareillé, adj. part.

— Déparié. Ex. Mes bas sont tous désapareillés.

— Qui n’a pas son égal. Ex. J’ai à mon service un serviteur désapareillé.

Désarber, v. a. — Redresser (une faux) (B. P. F.)

Désargenté, adj. p. — Etre à court d’argent.

Désarranger, v. a. — Déranger, changer de place.

Désarter, v. n.

— Défricher, abattre le bois dans les forêts.

— Déserter. Ex. Un écolier qui désarte du collège.

Désattacher, v. a. — Détacher.

Désatteler, v. a. et n.

— Dételer.

— Cesser tout travail (figur.)

Désavenant, adj. — Pas agréable, pas avenant.

Désavisser, v. a. — Dévisser.

Descendable, adj.

Qui peut être descendu. Ex. Cette valise est trop pesante, elle n’est pas descendable dans un escalier.

Descendre, v. a.

Aller en aval du fleuve Saint-Laurent. Ex. Descendre de Québec à Cacouna, de Cacouna à Matane.

Désembourber, v. a.

Tirer d’un tas de neige le cheval embourbé.

Désembourbé (se), v. pron.

Se tirer d’un embarras causé par un amoncellement de neige.

Désemmancher, v. a. — Enlever la manche d’un habit.

Désemmancher (se), v. pron.

Enlever ses habits extérieurs.

Désempailler, v. a. — Dépailler, dégarnir de sa paille.

Désempaqueter, v. a. — Dépaqueter.

Désempester, v. a.

Enlever les mauvaises odeurs. Ex. Désempester une chambre de malade.

Désempêtrer, v. a. — Dépêtrer, délivrer.

Désempigeonner, v. a. — Enlever un sort.

Désempiler, v. a. — Enlever les pièces de bois mises en pile.

Désencadrer, v. a. — Enlever le cadre d’un tableau.

Désencaisser, v. a. — Décaisser, tirer d’une caisse.

Désencanter, v. a. — Décanter. V. ce mot.

Désencapoter, v. a. — Oter son capot.

Désencapoter (se), v. a. — Se débarrasser de son capot.

Désencarcaner, v. a. — Oter le carcan.

Désencercler, v. a. — Décercler, ôter les cercles.

Désenclaquer (se), v. pron. — Oter ses claques.

Désencorner, v. a. — Décorner.

Désencrasser, v. a. — Décrasser. V. ce mot.

Désendetter (se), v. pron.

S’acquitter de ses dettes. Ex. Je me désendette un peu tous les ans.

Désendiabler, v. a. — Défâcher.

Désenfarger, v. a.

Désentraver, ôter les enfarges à un animal.

Désenfarger (se), v. pron.

Se débarrasser d’un embarras physique.

Désenfourner, v. a.

Défourner, tirer du four. Ex. Désenfourner une cuite de pain.

Désengager, v. a. — Dégager.

Désenganter, v. a. — Oter les gants.

Désenganter (se), v. pron. — Oter ses gants.

Désengendrer, v. a. — Détruire. V. Dégendrer.

Désengerber, v. a. — Défaire une gerbe.

Désengraisser, v. n. — Perdre sa graisse, maigrir.

Désengrener (se), v. pron.

Se débarrasser. Ex. Il se désengrene de ses mauvaises habitudes.

Désenlaidir (se), v. pron. — Devenir moins laid.

Désenneiger, v. a. — Enlever la neige.

Désenrager, v. a.

Remettre quelqu’un en son humeur naturelle.

Désenrouler, v. a. — Dérouler.

Désentasser, v. a. — Détasser.

Désenterrer, v. a. — Déterrer, exhumer.

Désentortiller, v. a. — Détortiller.

Désentourer, v. a. — Changer de milieu.

Désentourer (se), v. pr.

Faire le vide autour de soi.

Désenvelopper, v. a. — Développer.

Désergoter, v. a. — Enlever les ongles d’un porc. Déserrer, v. a. — Déserter.

Désert, n. m.

— Essarts, lieux défrichés.

— Vide. Ex. Faire le désert autour de soi.

Déserter, v. a. — Essarter, défricher.

Déserteux, adj. — Déserteur.

Déshabiller, v. a.

Dire à quelqu’un toutes ses vérités. Ex. Il s’est fait déshabiller, c’est-à-dire qu’il s’est fait dire ses vérités sans en oublier aucune, afin de mettre à nu tous les mauvais côrés de l’individu.

Déshabiller (se), v. pron.

Oter son paletot, son pardessus, son chapeau. Ex. Déshabillez-vous, Monsieur, nous allons faire la partie de cartes.

Désigner, v. a. — Dessiner.

Désoblier, v. a. — Oublier.

Désolé au, loc.

Désolé. Ex. Je suis au désolé de cette affaire épineuse, qui m’arrive comme un coup de tonnerre.

Désorceler, v. a. — Désensorceler.

Désordre, adj. — Sans ordre. Ex. Cette personne est désordre.

Désosser (se), v. pron.

Ouvrir une articulation. Ex. Se désosser le bras, la jambe.

Désoublier, v. a. — Oublier.

Désouler, v. a. — Tirer quelqu’un de l’état d’ivresse.


Désouler (se), v. pron. Revenir à son état normal après l’ivresse.

Despatcheur, n. m. (Angl.)

Expéditeur de train, sur les chemins de fer.

De spère, loc. (Angl.)

Chose dont on peut disposer. Ex. As-tu quelques piastres de spère ?

Dessarte, n. f. — Desserte.

Dessein (sans), loc. adv.

Sans plan arrêté. Le Dr J. —C. Taché a écrit dans sa Légende de Cadieux : « Sans dessein est la traduction d’une expression sauvage qui veut dire sans plan arrêté, sans souci, sans soin, sans but particulier, sans signification. » L’expression paraît assez dans le génie de la langue et dans le caractère du langage canadien, pour qu’elle s’explique sans recourir à une traduction du sauvage.

Dessoler, v. a. — Enlever les fondations d’une maison.

Dessour, prép. Par-dessous. Ex. L’enfant est caché dessour le lit.

Dessous, n. et prép.

— Dessous de plat, garde-nappe.

— Dessous la table, sous la table.

— Prendre quelqu’un par-dessous le bras, marcher bras dessus bras dessous.

Dessous (en), loc. adv.

— En aval. Ex. Rimouski est en-dessous de Québec.

— Hypocrite, sournois. Ex. Cette personne me fait l’effet d’être en dessous.

— Etre en dessous dans une affaire, y perdre de l’argent.

— Etre en dessous dans ses affaires, marcher vers la ruine complète.

— Aller en dessous, marcher vers la ruine.

Dessur, adv.

— Dessus. Ex. Ote-toi dessur moi.

— Sur. Ex. Grimpe dessur le cheval.

Dessus, n. m. et adv.

Sur. Ex. Monte dessus la chaise.

— Prendre le dessus, améliorer son sort matériellement et moralement.

— Dessus de fauteuil, voile de fauteuil.

— Dessus de plat, couvre-plat.

— Dessus d’oreiller, taie d’oreiller.

Dessus (en), loc. adv.

— En amont. Ex. Montréal est en dessus de Québec.

— En voie de prospérité, au-dessus de ses affaires. Ex. Ce marchand est en dessus dans ses affaires.

— Avoir l’avantage. Ex. J’ai changé mon cheval, j’ai en outre donné cinquante piastres de retour, tout de même je suis en dessus.

  • Destitution, n. f. (Angl.) — Misère, dénuement, privation.

Détail (au), loc

En détail. Ex. C’est un marchand qui vend au détail.

Détailleur, n. et adj.

Détaillant. Ex. Un marchand détailleur, qui vend en détail.

Détamer, v. a.

Perdre son étamine par un long usage. Ex. Nos casseroles sont toutes détamées.

Détarauder, v. a. — Enlever le taraud.

Détarder, v. n. — Retarder.

Détargetter, v. a. — Soulever la targette.

Détasser, v. a.

Mettre plus d’espace. Ex. Détasser le foin, les gerbes.

Détasser (se), v. pr.

Faire de l’espace. Ex. Détassons-nous, si nous voulons être plus à l’aise dans nos mouvements.

  • Détectif, n. m. (Angl.)

Agent de police secrète habillé en civil. En anglais, détective.

Dételer, v. a.

— Abandonner son ouvrage. Ex. Dételons, il commence à faire noir.

— S’enfuir, décamper.

— Mourir. Ex. Ce pauvre malade a enfin fini par dételer.

— Faire banqueroute. Ex. Si les affaires continuent à mal aller, je détellerai.

Dételer (se), v. pron.

— Se dévêtir, se dégarnir d’habits. — Se mettre à l’ouvrage résolument et travailler ferme.

Détendre, v. a.

— Enlever du linge tendu à une corde. Ex. Détendre des serviettes, des chemises.

— Défaire une pêche à anguilles, à poisson en général.

Déterrer, v. a.

Tirer de la neige. Ex. Déterre la pelle qui est quelque part dans le banc de neige.

Déteurdre, v. a. — Détordre. Ex. Déteurdre une corde.

Déteurdre (se), v. pron.

Se tordre. Ex. Il s’est déteurd les reins, le corps.

Déteurse, n. f. — Entorse.

Détiédir, v. n. — Refroidir, rendre tiède.

Détieindre, v. a. — Détenir.

Détorse, n. f.

Entorse. Ex. Je me suis donné une détorse en débarquant de voiture.

Détour, n. m.

Tour, moment. Ex. A quelque bon détour, j’irai vous faire une visite.

Détraqué, n. et adj.

Fou, névrosé. Ex. C’est un détraqué de la pire espèce.

Détraquer, v. n.

Avoir l’esprit dérangé. Ex. Il est de plus en plus évident que ce vieux-là détraque.

Détraquer (se), v. pron.

Se démantibuler. Ex. Mes meubles vieillissent, plusieurs se détraquent.

Détremper, v. a.

Délayer. Ex. Allons, Justine, détrempe de la farine pour nous faire des crêpes.

Détruiraient, n. m. — Détriment.

Détruire (se), v. pr. — Se suicider, s’ôter la vie.

Dette, n. f.

Créance. Ex. Une dette privilégiée.

Deuce, adj.

Deux. Ex. Comptons nos piastres ensemble : une, deuce, froisse.

Deuel, n. m. — Duel.

Deuil (en), loc.

— Avoir les ongles en deuil, non écurés.

Deux, adj.

— Se fendre, se mettre en deux, faire un grand effort, probablement moindre que lorsque l’on se fend en quatre.

— Marcher en deux, marcher en prenant une position très courbée.

Dévaler, v. n. — Descendre. Expression acadienue.

Dévaliser, v. a.

Enlever le contenu. Ex. Des voleurs ont, la nuit dernière, dévalisé les troncs de l’église de Limoilou.

Devant, n. adv. et prép.

— Auparavant.

— Avant. Ex. Devant mon mariage. Devant de consentir à cet arrangement.

— Vent devant, vent contraire.

— J’ai un peu d’argent devant moi, en ma possession.

— S’en aller les pieds devant, mourir.

— Prendre le devant, prendre les devants.

Devant de chemise, n. m. — Plastron.

Devant que de, loc.

Avant de. Ex. Devant que de venir, tu m’avertiras.

Devantière, n. f.

— Tablier de femme.

— Devant d’un édifice.

Devanture, n. f.

— Devant, partie antérieure d’une personne ou d’une chose. Ex. Mon enfant, tu as sali ta devanture. La devanture d’une maison.

— Propriété de grève qui confine à la terre d’un cultivateur. Ex. Veux-tu me louer ta devanture, pour y tendre une pêche ?

Dévargondé, adj. part. — Dévergondé.

Dévelouteré, adj. part.

Ex. Avoir les boyaux dévelouterés, avoir la muqueuse intestinale enflammée, rugueuse.

D’venir, v. n.

— Venir. Ex. D’où ce que tu d’viens, petit coureux de chemins ?

— Arriver justement. Ex. As-tu été faire ma commission ?

— Oui, j’en d’viens.

Devers, prép.

Vers. Ex. J’irai vous voir devers la Toussaint.

Déviander, v. a. — Enlever la viande d’un os.

Dévider, v. a.

— Dévider son peloton, son chapelet, dévider toute la série des choses qu’on a à dire.

Dévidoir, n. m.

Homme loquace, qui parle avec une grande volubilité. Ex. Cet orateur parle comme une machine, c’est un véritable dévidoir.

Dévidois, n. m. — Dévidoir.

Dévidoué, n. m. — Dévidoir.

Devinade, n. f. — Devise, énigme, charade.

Devinaille, n. f. — Devise.

Devine, n. f. — Devise.

Devinette, n. f. — Enigme.

Dévirage, n. m.

— Détour d’un chemin.

— Action d’aller et revenir dans une direction opposée.

Dévirer, v. a.

— Détourner. Ex. Il ne dévire pas les yeux de dessus son livre de messe.

— Changer de direction. Ex. Nous dévirerons au coin de la rue du Trésor.

— Mettre sens dessus dessous. Ex. Dévirer une pierre, une pièce de bois.

— Revenir sur ses pas. Quand tu seras rendu au parlement, tu. dévireras, et tu me rencontreras ici même.

— Retourner. Ex. Dévire tes poches à l’envers.

— Renverser. Ex, Nous nous sommes pris à brasse-corps, et je l’ai déviré en deux temps et trois mouvements.

Dévirer (se), v. pron.

— Se retourner. Ex. Dévire-toi d’abord, pour voir si ton habit te fait bien.

— Se renverser en luttant.

Déviron, n. m. — Détour.

Dévisager, v. a.

— Envisager. Ex. Qu’as-tu à me dévisager de pareille façon ?

— Répugner. Ex. Cet individu me dévisage, j’en ai peur.

Dévisager (se), v. pron. — Se battre.

Devoir (en), loc.

— De service. Ex. Je suis en devoir ce matin, je ne pourrai pas m’absenter.

— En faction. Ex. Je suis en devoir comme sentinelle à laporte Saint-I/Oîiis.

— En train de. Ex. Je suis en devoir de travailler à mon dictionnaire.

Dévoration, n. f.

— Désir. Ex. Quelle est tout d’un coup cette dévoration d’aller te promener ?

— Démangeaison. Ex. Qu’est-ce que j’ai sur la tête depuis deux jours ? c’est une vraie dévoration.

Dévorer, v. a.

— Dire des paroles dures. Ex. Prends garde de me dévorer, avec ta manière de dire les choses.

— Démanger. Ex. J’ai une puce qui me dévore le dos.

Dévorer (se), v. pron.

Se briser l’épiderme avec les ongles. Ex. J’ai une puce entre les deux épaules, je me dévore à force de me gratter.

Dévôtieux, adj.

Qui inspire la dévotion. Ex. Crois-tu que la chapelle du Sacré-Cœur est dévôtieuse !

De vrai, loc. adv.

Tout de bon. Ex. Dis-tu ça pour de vrai ?

  • Déwasher. (Angl.) — Enlever les rondelles (washer).

D’heure (être), loc.

Le temps est arrivé.

Dia, int.

Cri pour faire aller les chevaux à gauche. En Bretagne, c’est pour les faire aller à droite. Dia, mot grec, signifie à travers, de côté.

Nous prononçons guia.

Diablant, adj.

Contrariant, embêtant. Ex. C’est bien diablant, il faut que je paie les dettes de mon frère.

Diable, n. m.

— Petit véhicule basculant sur deux roues, qui sert à charger et décharger des bagages, des marchandises. Ceux qui le traînent, tirent évidemment le diable par la queue, et comme ce métier n’a jamais dû être bien lucratif, peut-être est-ce lui qui a donné lieu à la locution tirer le diable par la queue, c’est-à-dire être dans un état voisin de la misère.

— Etre en diable, être furieux.

— Parler au diable, être dangereux.

— Se vendre au diable, se tirer aux cheveux.

— Aller au diable au vert, s’en aller très loin. En France, on dit aller au diable Vauvert.

— Avoir le diable au corps, être malin, rusé.

— C’est le diable à faire, c’est une chose bien difficile à faire.

— Que le diable t’emporte, va-t-en.

— Le diable s’en mêle, tout conspire contre mon affaire.

— Il y a du diable là-dedans, il y a du mystérieux et du mauvais.

— Le diable et ses morts. Ex. Il n’y avait pas de monde le diable et ses morts, c’est-à-dire pas beaucoup de personnes.

— Faire le diable à quatre, faire beaucoup de bruit.

— Envoyer au diable, à tous les diables, congédier vivement.

— Le diable bat sa femme, il pleut et il fait soleil en même temps.

— Le diable est aux vaches, il y a du malheur ou du dommage, l’affaire ne va pas bien.

— Le diable n’est pas pire, le diable n’agit pas autrement.

— Méchant comme sept fois le diable, impossible d’être plus méchant.

— Loger le diable dans sa bourse, être dans la misère.

— Que le diable m’ampue (m’ampute), que le diable m’emporte.

— Pas diable, pas extraordinaire. Ex. Du vin qui n’est pas diable.

Diable (bon), n. m.

Une assez bonne personne. Ex. C’est un bon diable, ne lui faisons pas de mal.

Diable d’homme, n. m. — Homme rusé, subtil.

Diable incarné, n. m.

Méchant. Ex. C’est le diable incarné que cet animal-là.

Diable (mauvais), — Très méchant homme.

Diable (pauvre), n. m.

Misérable. Ex. Lâche-le, ce pauvre diable.

Diable (petit), n. m. — Enfant espiègle.

Diable (un), loc adv.

En quantité. Ex. Il y a, cette année, des pommes un diable.

Diable (que le), loc.

Beaucoup. Ex. Ce monsieur mange que le diable.

Diablement, adv.

Beaucoup. Ex. Louis est diablement embêté.

Diâbler, v. a.

Endiabler. Ex. Ne me fais pas diâbler de la sorte.

  • Diamond, daïa-meunde, (m. a.)

Diamant, 3 points. (T. d’imp.)

  • Dickey, di-kê, (in. a.) — Chemisette, plastron.

Dicter, v. a.

Rédiger. Ex. Moi je ne suis pas capable de dicter une lettre comme il faut.

Différence, n. f.

Différend. Ex. Si tu veux, nous allons partager la différence d’en par la moitié.

Différencer, v. a.— Différencier.

  • Difficultés (en), loc.

— Dans une grande gêne. Ex. Notre fournisseur est en difficultés depuis ce matin.

— De l’anglais to be in difficulties, être gêné en affaires.

Difformer, v. a.

Déformer. Ex. Tu as difformé ton chapeau.

Digérable, adj. — Facile à digérer.

Digession, n. f. — Digestion.

Dimanche, n. m.

Faire ses beaux dimanches de quelque chose, c’est-à-dire conserver soigneusement quelque chose pour s’en servir dans les circonstances solennelles.

Diminuer, v. n.

S’en aller vers la tombe. Ex. Notre malade diminue vite.

Dinde, n. m.

— Personne peu intelligente. Ex. Les dindes de la Malbaie. Sobriquet qui n’a plus sa raison d’être.

— Dinde, n. f. Ex. A Noël, nous mangerons un beau gros dinde. Le mot dinde, pris au masculin, semble vouloir aujourd’hui. L’Académie réglera le litige.

Dindon, n. m.

Homme borné. Ex. C’est un gros dindon.

Dindonne, n. f.

Femme d’une intelligence bien médiocre. Ex. C’est une grosse dindonne.

Dîner avec, loc.

Manger. Ex. J’ai dîné avec un homard, aujourd’hui vendredi.

Dîner par cœur. — Se passer de dîner.

Dint, n. f. — Dent.

Dire, v. a.

— Plaire. Ex. J’ai voulu envoyer Pierre aux Pageants, mais ça ne le lui disait pas.

— Ecouter. Ex. Dis donc, qu’est-ce que tu me veux ?

— Cela ne me dit rien, cela ne me tente pas.

— Si le cœur vous en dit, si cela vous plaît.

— Je ne te dis que cela, le reste serait superflu.

— Dire du contraire, contredire.

— Il n’y a pas à dire, malgré tout.

Dire (pour), loc.

— Pour ainsi dire. Ex. As-tu pris de l’argent dans mon porte-monnaie ?

— Presque pas, pour dire.

— Pour parler. Ex. Ce que je te dis, c’est rien que pour dire.

  • Directoire, (Angl.) — Almanach des adresses.
  • Directory, teuré, (m. a.) — Almanach des adresses.

Disable, adj.

Qui peut être dit sans blesser la morale. Ex. Il m’a raconté des choses qui ne sont pas disables.

  • Discarter, v. n. (Angl.) — Ecarter. De l’anglais to discard…

Discompte, n. m.

Escompte. Le mot discompte est français, mais vieilli.

Discompter, v. a. — Escompter.

Disconnecter, v. a. — Enlever la connection.

Discrétionnaire, adj.

Loisible. Ex. Il sera discrétionnaire au directeur de faire comme il l’entendra.

  • Discrimination (sans), loc. (Angl.)

A la légère. Ex. C’est agir sans discrimination que de jouer à la Bourse avec l’argent de ses clients.

Dis donc !

Interpellation pour attirer l’attention. Ex. Dis donc, qu’est— ce que tu me chantes-là ?

Diseur, n. et adj.

Raconteur. Ex. C’est un beau diseur que ce Français qui a donné une lecture à l’Institut-Canadien.

Disez, 2e pers. pl. indic. prés, de dire.

Dites. Ex. Qu’est-ce que vous disez-là. ?

  • Disgrâce, n. f.

Honte. Ex. C’est une véritable disgrâce que la conduite de ce garçon. (Angl.)

  • Disgracieux, adj. — Honteux. (Angl.)

Disputer, v. n.

Gronder, réprimander. Ex. Ce vieux passe tout son temps à disputer, il gronde toute la journée belle et longue.

Disputer (se), v. pron.

Se quereller, se chicaner. Ex. Crois-tu en bonne vérité que je vas me disputer avec toi pour une blague comme celle-là ?

Disputeux, euse, adj.

Chicanier, grondeur. Ex. Vieux disputeux que vous êtes, allez-vous serrer ?

Disqualification, n. f. ― V. Déqualification.

Disqualifier, v. a. ― V. Déqualifier.

  • Dissatisfaction, n. f. (Angl.) ― Dissentiment.

Dissiper (se), v. pron. ― S’amuser.

Dittel, adv.

Même chose, le ditto des Anglais. Il paraît assez probable que ce mot dittel, dans le langage acadien, est le mot ditto transformé par les Acadien dans leurs différentes migrations.

Divorce, n. m.

— Chicane. Ex. As-tu entendu les chiens hier au soir ? C’était un divorce en règle. — En colère. Ex. Je suis en divorce ce matin, j’ai passé une triste nuit.

Dix, n. m.

Jeu. Variété de whist, où il importe surtout de sauver le dix d’atout, lequel compte dix points. La partie est de 21 points.

  • D’jammer, v. a. (Angl.)

Arrêter par suite de resserrement ou de pression. Ex. Les billots sont d’jammés, la roue de cette voiture est d’jammée. De l’anglais to jam.

D’jaque, n. m. et adj.

Individu à taille élancée. Ex. Voici un grand d’jaque. Vient tout probablement du mot Jack ; peut-être aussi de jaque, juste-au-corps autrefois très porté.

D’mi-carême, n. f.

Mi-carême. Ex. Dans quinze jours, ce sera la d’mi-carême.

Document, n. m.

Personne qui fait montre de connaissances inattendues et même étonnantes pour son âge et sa position. Ex. Sais-tu que ce gas-là, c’est un document ?

Dodicher, v. a.

— Bercer un enfant dans ses bras. — Flatter. Ex. Je n’ai pas besoin d’être dodiché pour faire ce que je dois faire, je suis trop vieux maintenant.

Dodiner (se), v. pron. ― Se dandiner, se balancer.

Doigt, n. m.

— Ne pas faire œuvre de ses dix doigts, ne pas travailler du tout. — Se faire cogner sur les doigts, réprimander. — Mettre le doigt dessus, faire connaître clairement. — Montrer du doigt, marque d’infamie. — Etre unis comme les doigts de la main, grands amis. — Ne pas mettre son doigt au feu, avancer une chose. — Se mordre les doigts, regretter une action. — Se mordre les quatre doigts et le pouce, être très en colère.

Doigte, n. m. ― Doigt. Ex. J’ai mal au petit doigte.

Doler, v. a.

Dégrossir un morceau de bois avec une hache ou un couteau.

Doleur, n. m.

Celui qui dégrossit les troncs d’arbres avec une hache.

Dolures, n. f. pl.

Tout ce qui est enlevé par un instrument tranchant en dolant du bois, menus copeaux.

  • Dollar, (m. a.) ― Piastre.

Dommage (beau), loc.

Certainement, sans aucun doute, pourquoi pas ? Ex. Penses-tu que les fêtes du tricentenaire produiront un bon effet à l’étranger ? ― Beau dommage !

  • Dompleines, n. f. pl. (Angl.)

Pâtisserie faite de pommes entourées de pâte et cuite au bain-marie.

Don, adv.

Donc. Ex. Donne-lui don une claque pour moi, je te la rendrai.

Donaison, n. f.

Donation. Ex. Va chercher le notaire Chambalon, je veux faire une donaison.

Dondaine, n. f. ― Grosse fille ou femme.

Dondine, n. f.

Femme ou fille qui a de l’embonpoint. Ex. Un grosse dondine.

Donner, v. a.

— Prendre. Ex. Il est temps que j’aille donner ma leçon de musique. — Faire. Ex. C’est un pauvre diable, donne-lui la charité. — Abonder. Ex. Le poisson donne beaucoup cette année.

Donner (se), v. pron.

— Faire la donation de ses biens. Ex. Je commence à être vieux, je vais me donner à l’aîné de mes garçons. — Se vendre à très bas prix. Ex. Les fraises se donnent, au marché. — Etre contagieux. Ex. Prends garde d’attraper la picote, car ça se donne. — Se procurer. Ex. C’est un mesquin, il n’est seulement pas capable de se donner un chapeau qui a du bon sens.

Doré, n. m.

Poisson très recherché pour la délicatesse de sa chair. Dans le monde des savants, on l’appelle sauger. Doré est féminin.

Dor et en avant, adv. ― Dorénavant.

Dormants, n. m. pl.

Pièces de bois qui servent d’appui et auxquelles sont fixés les rails de chemin de fer, les traverses.

Dormette, n. f.

Somme. Ex. Fais une petite dormette, mon enfant.

Dormeux, euse. adj.

Dormeur. Ex. Moi, je ne suis pas un gros dormeux.

Dormeur (faire le). ― Faire semblant de dormir.

Dormir, v. n. ― Dormir un somme, faire un somme.

Dos, n. m.

— Epine dorsale du dos, épine dorsale. — Etre renvoyé dos à dos, comme on était auparavant. — Dans le dos ! Non, ce n’est pas cela.

  • Dotche, n. f. (Angl.)

— Ecart. Ex. Une pelote (balle) qui fait une dotche. — Fugue contraire à la règle. Ex. Un écolier qui fait une spécialité de la dotche.

  • Dotcher, v. n. (Angl.)

— Rebondir de travers. Ex. Cette pelote dotche trop, prenons-en une autre. — Prendre des libertés avec le règlement. Ex. Il y a parmi les élèves un certain nombre qui aiment à dotcher, c’est mal. — User de ruses pour s’échapper.

  • Dotcheur, n. m. et adj. (Angl.) ― Elève qui dotche.

Douaine, n. f. ― Douane.

Double, n. m.

— Autant. Ex. Je vais te prêter cent piastres, tu m’en remettras deux fois le double dans deux ans, c’est-à-dire deux cents piastres et non quatre cents, comme le mot double semble l’indiquer. — Epaisseur. Ex. Le docteur a recommandé de mettre sur sa blessure une serviette pliée en quatre doubles.

Double (en), loc.

Courbé en deux. Ex. Marcher en double, quand on a la colique.

Double-châssis ; n. m.

Châssis extérieur pour la saison d’hiver seulement.

Double (lit), n. m. ― Grand lit large.

  • Double sole, sôle, (m. a.)

Double semelle. Ex. Porter des bottes à double sole.

Douce, adj. f.

Se la couler douce, vivre sans travailler.

Douceur (en), loc. adv.

Lentement et avec précaution. Ex. Vas-y en douceur avec cet homme-là.

Douceurs, n. f. pl.

Mets très délicats. Ex. Ce malade ne peut se nourrir que de douceurs.

Doucine, n. f.

Cuir à rasoir. Ex. Prête-moi ta doucine, que je repasse mon rasoir. En bon français, la doucine est un rabot de menuisier servant à faire des moulures concaves par le haut et convexes par le bas.

Douille, n. f.

Sorte de chandeliers accrochés au mur.

Douleureux, adj. ― Douloureux.

Doutable, adj. ― Douteux.

Doutance, n. f.

Doute, soupçon. Ex. J’ai une forte doutance de cette affaire-là.

Doute, n. f. s.

Doute, m. s. Ex. Je n’ai pas la moindre doute.

Doute (en), loc.

Demi-intention. Ex. Je suis en doute si je ferai vendre ma maison.

Doux, adj.

Vendre dans les prix doux, vendre à bon marché.

Douzaine, adj. ― La douzaine du boulanger, treize pains.

Doyon, n. m. ― Doigt de gant. V. Catiche, catin.

D’partir, v. n.

Venir de partir. Ex. As-tu été à ton bureau ce matin ? ― Mais oui, j’en d’pars.

  • Drab, (m. a.) ― Gris brun. Ex. Une robe drab.
  • Draft, drafte, (m. a.) ― Traite, devis, dessin.

Drague, n. f.

Mélange de déchets de cuisine, de lait et d’eau, donné comme mangeaille aux porcs.

Draguer, v. a. ― Donner de la drague.

Dragueur, n. m.

Cage de bois préparé pour la descente des rivières.

Drap de pilote, n. m.

Gros drap épais dont on confectionne les paletots d’hiver.

Drave, n. f.

Dérive. Descente d’un train ou cage de bois dans nos rivières, lorsque les eaux sont grosses.

Draver, v. n. ― Faire la drave.

Draveur, n. m. ― Celui qui fait la drave.

  • Drawback, (m. a.)

Mécompte, inconvénient, désavantage. Ex. Dans toutes ces choses-là, il y a toujours un drawback.

  • Dredge, (m. a.) ― Dragueur.

Drégaille, n. m.

Butin, effets. Ex. Cette famille est partie avec tout son drégaille. En Anjou, on dit drigal pour saint frusquin.

Drégaye, n. m.

— V. Drégaille.

Drès, prép. ― Dès. Ex. Je partirai drès demain.

Dressir, v. a. ― Dresser.

Drette, adj.

Droit. Ex. Il est là planté drette comme un as de pique.

Drette (à), loc. adv.

A droit. Ex. Passe à drette.

Drette (tout), loc.

Tout droit. Ex. Le train est passé tout drette sans s’arrêter.

Drettier, ère, adj.

Droitier, opposé à gaucher. Ex. Une personne drettière.

Drigail, n. m. ― V. Drégaille.

  • Drill, n. m. et f., (m. a.)

— Coutil. Ex. Achète deux verges de drill pour doubler les manches de ton habit. — Foret, mèche. — Exercice militaire. Ex. Mon garçon est parti pour la drill.

Drille, n. m. ― Bon compagnon.

  • Driller, v. a. et n. (Angl.)

— Faire l’exercice militaire. Ex. Nous allons driller, ce soir, au manège. — Commander sévèrement. Ex. Je me suis fait driller par mon père. — Forer, percer la pierre. — Dresser, former. Ex. Nous avons un maître qui sait driller ses élèves.

  • Drill shed, (m. a.)

Manège. Ex. Il y aura, ce soir, une grande soirée musicale au drill shed.

  • Drink, n. m., (m. a.)

Boisson. Vient du vieux mot français drinc.

Driver, v. n.

Aller en tous sens sur un chemin glacé. Ex. Prenons garde de verser, la voiture drive terriblement.

Drogue, n. f.

— Donner de la drogue aux bêtes des forêts. — Faire prendre un remède.

Droguet, n. m.

Etoffe fabriquée à la campagne. Adrien Chabot écrivait, en 1886, dans la Revue des Deux-Mondes : « Droguet, sorte de tissu fabriqué par les tisserands des campagnes, avec la laine des bergers et le chanvre des jardins. » Exactement comme ici, mais en substituant la laine des moutons à la laine des bergers.

Drôle, adj.

— Intéressant. Ex. Cet homme n’est pas drôle. — C’est un rien de drôle, sa conduite est blâmable. — C’est pas drôle, la situation est bien triste. — Un drôle de pistolet, un homme singulier.

Drôle, drôlesse, n.

— Expressions employées par les Acadiens pour désigner le cavalier et sa blonde. — Petit garçon. Ex. As-tu vu passer mon petit drôle ?

Drôle (faire), loc.

Eprouver une sensation curieuse et inaccoutumée. Ex. Depuis que j’ai pris ce remède, ça me fait drôle dans le corps.

Drôleté, n. f. ― Drôlerie.

  • Dross, v. a. ― Donner une dégelée, rosser.

Dru, adv.

Rapidement, avec vitesse. ― Ex. Votre cheval file dru, cocher.

D’sour, prép. ― Dessous.

D’sur, prép. ― Dessus.

Dû, part. passé de devoir.

Devoir arriver. Ex. Le train est dû à dix heures.

  • Dude, doude, (m. a.)

Homme élégant, fashionable, synonyme de petit crevé, en France.

  • Dull, dol, (m. a.)

— Sombre. Ex. Le temps est dull. — Calme. Ex. Le commerce est dull.

  • Dumb-bell, domm-bel, (m. a.) ― Haltère.
  • Dumpling, domm – pling, (m. a.) ― Chausson, pâtisserie. V. Dompleines.

D’un sens, loc.

Sous certains rapports. Ex. J’ai manqué mon voyage d’Europe, d’un sens je n’en suis pas trop fâché.

Dur, n. et adj.

— Foie d’un animal. Ex. Nous allons manger du dur de forçure.

— Difficile. Ex. Les temps sont durs.

— Etre dur à son corps, ne pas regarder à ses peines.

— Un dur à cuire, énergique.

— Dur à la détente, parcimonieux.

— Dur de gueule, cheval difficile à contrôler par les rênes.

— Entendre dur, être presque sourd.

— Dormir dur, profondément.

— Coucher sur le dur, sur la dure.

— Taper dur, taper fort.

— Manger dur, manger beaucoup.

— Le vent souffle dur, violemment.

— Etre dur à son mal, être peu sensible à la douleur.

Durante, prép. ― Durant. Ex. Sa vie durante.

Durceur, n. f. ― Dureté. Durcir, v. n.

Devenir sourd. Ex. Les oreilles lui durcissent, il devient sourd.

Durçon, n. m. ― Homme sévère, qui tape fort.

  • Duster, dosseteur, (m. a.) ― Cache-poussière.


E
Eau, n. f.
Faire l’eau, faire eau. Ex. Notre chaloupe fait l’eau, vite gagnons terre.
Faire de l’eau, faire eau. Ex. Le toit de ma maison fait de l’eau.
Aller faire de l’eau, aller puiser de l’eau dans un tonneau, une barrique, pour abreuver le bétail.
Être tout en eau, avoir très chaud.
S’en aller à l’eau, courir à la ruine.
Tomber de l’eau, uriner.
Eau d’endormitoire, n. f.
Opium, ou tout médicament qui a l’effet de produire le sommeil.
Eau de piaume, n. f.
Opium.
Eau d’érable, n. f.
Sève de l’érable recueillie au printemps, que l’on fait bouillir pour fabriquer le sucre du pays ou d’érable.
Eau de vaisselle, n. f.
Tourner en eau de vaisselle, tourner à rien.
Eau salée, n. f.
Campagnes le long du fleuve Saint-Laurent où l’eau est salée. Ex. Nous irons passer l’été à l’eau salée.
Eau (place d’), n. f.
Station balnéaire. Ex. Cacouna et Malbaie sont deux places d’eau toujours populaires.
Eaux, n. f pl.
Urines. Ex. Être gêné de ses eaux.

Ebaroui, e, adj.

— Cuve, tonneau, tinette dont les douves, contractées par la chaleur, laissent filtrer les liquides. Ex. La tinette au beurre est ébarouie.

— Courbaturé par un coup ou une chute.

Ebasourdir, v. a. — Abasourdir, étourdir par le bruit. Ex. Ebasourdi par un fort coup de canon.

— Consterné. Ex. La nouvelle de cette mort m’a ébasourdi.

Ebergiver, v. a. (Cl). ― Héberger.

Ebouillanter, v. a.

— Infuser, échauder. Ex. Marie, ébouillante le thé.

— Arroser par une évacuation d’urine. Ex. Ce bougre d’enfant m’a encore ébouillantée.

— Nettoyer un baril avec de l’eau bouillante.

— Brûler avec un liquide bouillant.

Eboulis, n. m.

Eboulement. Ex. Il y a eu, cette nuit, un éboulis d’une partie du cap Diamant.

Ebourifflant, e, adj.

Ebouriffant, extraordinaire, incroyable. Ex. Une nouvelle ébourifflante.

Ebouriffler, v. a.

Ebouriffer. Ex. Tu as les cheveux ébourifflés, tu as l’air d’un sarpida.

Ebraillé, e, adj. ― Déboutonné. Ex. Avoir la gorge ébraillée.

Ebrassement, n. m. (Cl.) ― Embrassement.

Ebrèché, adj.

Brèche dans un ratelier. Ex. Cet enfant a la bouche ébrèchée.

Ebrècher (s’), v. pron.

Se faire rouler. Ex. Cette affaire est trop difficile à régler pour lui, il va certainement s’ébrècher.

Ebriter, v. a. ― Ebruiter.

Ebruter, v. a. ― Ebruiter.

Ecale, n. f.

— Coquille. Ex. Cet œuf a l’écale bien tendre, il doit être frais pondu.

— Ecaille. Ex. Va jeter les êcales d’huîtres dans la cour.

Ecaler, v. a. — Ecosser. Ex. Ecaler des pois, des fèves.

Ecarde, n. f. — Carde, brosse garnie de pointes métalliques.

Ecardée, n. f.

Cardée, quantité de textile qu’on prend à la fois entre deux cardes.

Ecarder, v. a.

— Carder, peigner, démêler la laine avec des cardes.
— Battre, frapper à la tête, au sens figuré.
De Gaspé a écrit êcardit pour êcarda.

Ecardeur, euse, n. m. et f.

Cardeur, une personne qui carde. Ex. Une êcardeuse de matelas.

Ecartade, n. f. — Incartade, folie, extravagance.

Ecartant, e, adj. Endroit où l’on s’écarte facilement. Ex. Montréal n’est pas une ville aussi écartante que Québec.

Ecarter, v. a.

Egarer, perdre. Ex. J’ai écarté mon parapluie.

Ecarter (s’), v. pron.

— S’égarer, se perdre dans une forêt, dans une ville.
— Se fourvoyer. Ex. Pierre vieillit, il lui arrive parfois de

s’écarter.

Ecartiller, v. a.

Ecarquiller, écarter. Ex. Cesse donc à.’ecartiller les
jambes.
Ouvrir grand. Ex. Ecartille donc les yeux, si tu veux
bien voir.

Ecartillement et ecartiller étaient autrefois en usage, en France.

Ecartiller (s1), v. pron.


S’ouvrir, s’écarter. Ex. S’écartiller les yeux, les jambes, les bras.

Echaffourée, n. f.

Echauffourée, esclandre. Le véritable sens du mot est une réunion où l’on se dispute beaucoup, sans grands résul t ats.
DES CANADIENS-FRANÇAIS 263

Echalote, n. f.

Partir en baie d’échalote, partir à la course.
Passer en baie déchalote, passer rapidement.

Echange, n. f. Echange, n. m. Ex. J’ai fait là une bonne échange.

Echangeage, n. m. — Essangeage, action d’essanger.

Echanger, v. a.

Essanger, passer à l’eau du linge sale avant de le mettre à la lessive.

Echantillon, n. m. — Echantillon.

Echantion, n. m. — Echantillon.

Echappe, n. f.

Echarde, petit fragment d’un corps quelconque qui est
entré dans la chair.
Déversoir, endroit par où s’épanche l’excédent de l’eau
d’un marais, d’un étang.

Echappée, n. f. Moment d’abandon. Ex. Cet écolier a fait un mauvais coup, mais ce n’est qu’une échappée.

Echapper, v. a.

— Laisser échapper. Ex. Il a échappé le cheval en le menant
à l’écurie.
— Laisser tomber. Ex. J’ai échappé mon chapeau au vent.

Echardronner, v. a. Echardonner, arracher les chardons d’un jardin, d’un champ.

Echarogner, v. a.

— Briser à la surface. Ex. Le pain est tout êcharognê.
— Couper mal. Ex. Echarogner un rosbif, la barbe, les
cheveux.

Echarognure, n. f. — Déchirure, écorchure.

Echarpe, n. f. — Echarde. V. Echappe.

Echarpe (en), loc. adv.

— Qui dépérit. Ex. Cet enfant est en echarpe.
En pièces, en loques. Ex. J’ai mis mon habit en êckarpe.

Echarpiller, v. a.

Echarper, mettre en charpie. Ex. Echarpiller de la laine.
Maltraiter. 

Echarpir, v, a.

Echarper. Ex. Aujourd’hui, nous allons echarpir ce qui

nous reste de laiue.

Battre. Ex. Cet enfant est si incommode, que j’ai envie
de l’echarpir.

Echauder, v. a. et n.

Attraper. Ex. Je me suis fait echauder de la belle façon.
Infuser. Ex. Marie, tu êchauderas du thé pour le souper.
Brûler au soleil. Ex. Le blé a êchaudé depuis la dernière

pluie.

Echauffaison, n. f.

Pleurésie grave provenant d’un refroidissement, du chaud et du frette ; le chaud-refroidi dans le langage berrichon et angevin. 

Echauffé, e, adj.

Avoir la peau irritée par une légère inflammation, dans les aisselles, dans les plis du cou. Ex. Un enfant échauffé au cou, dans l’aîne.

Echelle, n. f. Echelette. Ex. Nous allons commencer nos foins, prépare la charrette et n’oublie pas les échelles.

Echeniller, v. a.

Critiquer à outrance un ouvrage, un livre.

Echerpiller, v. a.

Echarpiller, echarper, mettre en charpie. D’après Borel, ce mot aurait signifié voler sur le grand chemin.

Echevinat, n. m. — Echevinage, fonction d’échevin.

Echiffe, n. f.

Chiffe, mauvaise étoffe que l’on met au rebut, bouts de
laine hors d’usage.
Chiffons, eu général, vieux morceaux de toile et de coton
qui entrent dans la fabrication du papier de luxe.

Echiffer, v. a.

— Effiler, défaire un tissu fil à fil. Ex. Echiffer une étoffe.
— Echarper. Ex. Echiffer de la laine, du crin.

Echiffoir, n. m.

Peigne dont se servent les cardeurs pour ec hiffer.

Echigné, e, n. et adj.

Personne malingre, souffreteuse. Ex. Ho ! la grande êchi- gnêe, là-bas, tu te meurs !

Echigner (s’)- v. pron. Travailler au delà de ses forces. Ex. Il faut s’échigner pour faire certains ouvrages.

Echiquette (à Y), loc.

Mesquinement. Ex. Payer ses comptes à Vêchiquetie.

Echiquette (en), loc. En échiquier. Ex. Corder le bois en echiquette, faire un plancher en echiquette. V. Achiquette.

Echo, adj. — Sonore. Ex. Le temps est écho aujourd’hui.

Echouer (s1 ) » v. pron.

Atterrir, en parlant des loups-marins qui viennent au
rivage.
Prendre pied. Ex. Comment se fait-il que tu es venu

V échouer chez nous ?

Echoueries, n. f.

Roches que la mer ne recouvre pas, et où les loups-marins

viennent se reposer. Echousser, v. a.

Enlever les souches qui sont restées dans un terrain après qu’on a abattu les aibres.

Eci, écitte, adv. Ici. Ex. Passe par êcitte. — Par écitte nous sommes tous

rouges. Eclater, v. n.
Fondre en larmes. Ex. Quand il apprit la mort de sa mère, il éclata. Eclater, pris absolument, veut dire éclater de rire. 

Eclater (s’). v- pron. — Eclater. Ex. Il s’est éclaté de rire.

Eclipe, n. f. — Eclipse.

Eclôre, v. n. et a. — Eclore.

Ecluse, n. f. Lâcher l’écluse, ne vouloir plus se taire.

Ecocher, v. a.

Détacher les débris de la partie ligneuse du chanvre ou du lin. 

Le vieux mot êcocher signifiait écraser. Ecochoir, n. m.

Instrument dont on se sert pour broyer le lin, le chanvre. Ecochoué, n. m. — Instrument qui sert à écocher. Ecœuranterie, n. f.

Ecœurement. Ex. Quelle écœuranierie que ce cirque ? École (montrer, faire 1’), loc.

Enseigner. Ex. Nous avons une bonne maîtresse, elle

montre bien l’école-

Mettre un enfant aux écoles, l’envoyer à l’école primaire

aux petites écoles. Ecolleter, v. a. — Décolleter. Ex. Une robe êcolletêe. Ecolleter (s’) » v. Pron. — Se décolleter. Econome, n. et adj.

— Econome. Ex. L’économe du séminaire.
— Ménager. Un homme économe.

Ecopeau, n. m. Copeau. Ex. Ramasser des êcopeaux pour allumer le poêle. Ecore, n. f. et adj.

— Accore, berge. Ex. Nous pécherons à la rivière en nous

tenant sur Y êcore. Monet cite le mot escore pour signifier

une côte à pic, taillée à plomb.
— Incliné. Ex. L.es bords de cette rivière sont écores. Ecorner, v. a.
— Blesser. Ex. En voilà toujours bien un à ! écorné.
— Donner des coups en général.

Ecornifler, v. a. Espionner. Ex. Qu’est-ce que tu viens ecornifler ici ? Il n’y a rien pour toi. En France se dit pour voler, rafler à droite et à gauche. Ecornifleux, se, adj.

Ecornifleur, qui fait métier d’espion.
Fureteur.
Ecosse, n. f. — Cosse.

Ecôsser, v. a. — Ecosser. Ecossois, n. et adj. — Ecossais. Ecot, n. m. — Parti. Ex. Un êcot de tire.

DES CANADIENS-FRANÇAIS 267

Ecourté, e, adj.

Trop court. Ex. Une robe écourtêe.
Etre affublé d’un habit trop court. Ex. Une personne

écourtêe.

Ecourtiché, e, adj. Porter un habit trop court. Ex. Une petite fille êcourtichêe.

Ecourtiller, v. a. — Ecourter. Ex. Avoir une mine êcourtillêe.

Ecoute, n. f. Filer grande écoute, aller un train d’enfer.

Ecouter dire, loc.

Ecouter patiemment. Ex. Il m’a parlé pendant une
grosse heure, et je l’ai écouté dire tout le temps sans dire
un mot.
Entendre dire. Ex. Je l’ai écouté dire des choses insen
sées.

Ecouter (s’). v- Pron-

Soigner sa santé, en se croyant plus malade qu’on ne l’est. Ex. Tu t écoutes trop, tu n’est pas aussi malade que tu penses.

Ecquêt, n. m. Acquêt. Ex. Tu as plus d Acquêt d’aller te coucher, il est. tard.

Ecrabouiller, v. a. Ecraser, mettre en bouillie. Forme du vieux français escra- bouiller, acrabiller.

Ecrapoutir, v. a.

Faire succomber dans la lutte. Ex. S’est-il fait ecrapoutir,

ce vilain menteur ? Il a enfin trouvé son maître.

Aplatir et déformer un corps par un choc violent ou une

pression. Ex. J’ai reçu un coup de poing qui m’a êcra-

pouti le nez.

En Anjou, ecrapoutir comporte la même signification.

Ecrapoutir (s’), v. pron.

S’écraser par terre en prenant le moins d’espace possible.
S’effacer devant quelqu’un au point de faire disparaître
sa personnalité.
Se déformer. 

Ecriancher (s*), v. pron. — V. Egriancher.

Ecrire, v. a. Ecrire tme bonne main, avoir une belle écriture.

Ecrit, n. m.

Un papier, un assignation comme témoin, comme juré. Ecrit (mot d’). n - m -

Courte lettre. Ex. Je vous adresse un petit mot d’écrit pour vous faire assavoir as. mes nouvelles, qui sont bonnes, Dieu marci.

Ecrivain, n. m. — Copiste.

Ecrivisse, n. f. — Ecrevisse.

Ecro, n. m. Ecrou de vis. Autrefois êcro se disait.

Ecroît, n. m. Croît, augmentation’ d’un troupeau par la naissance de petits.

Ecruelles, n. f. pl. — Ecrouelles, scrofules.

Ecu, n. m.

Tu as perdu ton êcu, cours après ta piastre, tu as manqué
ton coup, eh bien ! reprends-toi et fais mieux.
Voilà bien le restant des écus, il ne manquait plus que cela.
Furetière, Scarron et Molière ont employé cette expression.

Ecuelles, n. f. — Ecrouelles.

Ecui, n. m. — Etui.

Ecuisser, v. a. Enlever les cuisses d’un animal. Ecuisser est français, et signifie faire éclater le tronc d’un arbre en l’abattant

Ecuisser (s’), v. pron. Se briser les cuisses en tombant. Ex. J’ai rasé m’ecuisser en tombant.

Ecume, n. f. Blanc d’écume, couvert d’écume. Ex. Un cheval blanc d’écume.

Ecumer, v. n.

Se fâcher noir. FYx. y écume rien qu’à penser à cette sale affaire.

Ecumoire, n. f.

Avoir la figure comme une écumoire, avoir la figure marquée par des pustules varioliques.

Ecurer (s’). v - Pron-S’éclaircir, Ex. I,e temps commence à s’écurer.

Ecureu, n. m.

Ecureuil. Ex. Ma foi à’écureu !

Ecureuil volant, n. m. — Polatouche du Canada.

Ecuyer, n. m.

Ce mot était usité dans le pays avant que nous l’eussions traduit de l’anglais. Cugnet et Berthelot, avocats, portaient le titre d’écuyer avant la cession du Canada à l’Angleterre par la France. Cugnet le prend dans son livre, un des premiers imprimés à Québec. Il est vrai que c’était sous le régime anglais. Nous lisons sur le Traité des Hypothèques de Basnage « Henry Basnage, Ecuyer, Avocat au Parlement de Normandie ». Les raisons que l’on donne pour abandonner ce titre, n’ont rien à faire avec la grammaire et l’étymologie. Elles s’adressent au bon goût seulement ; du reste, comme pour le mot Orateur. La question se trouve réglée par la dernière édition lu Dictionnaire de l’Académie. Dans les Registres du Conseil Souverain, plusieurs de ses membres et des parties qui comparaissaient devant lui, sont qualifiés d’écuyers. Le titre n’est donc pas de provenance anglaise. Au contraire, il est très probable que ce sont les Anglais qui l’ont emprunté aux Normands.

Eduquer, v. a. Instruire. Ex. Mon enfant est bien êduquê.

Efface, n. f.

Gomme élastique qui sert à enlever les marques du crayon ou de l’encre.

Effaçoir, n. m. — Gomme élastique.

Effalé, e, adj. — Qui a la gorge découverte, la f aile à l’air.

Effardocher, v. a.

Enlever les fardoches, les broussailles, les jeunes poussesd.es arbres vivants ou morts, essarter.

Effet, o. ni.

Faire effet, produire de l’effet. Ex. Tu me diras si
remèdes ont fait effet.
Faire de Veffet, produire de l’impression.
En effet de, en fait de. Ex. Ce que je préfère en effet de

sucreries, c’est le chocolat.

Si c’est un- effet de votre bonté, si vous avez la bonté.

Effet que (à 1’), loc - Prép-

— Clause statuant telle ou telle chose.
— A savoir, c’est-à-dire.

Effette (en), loc. adv. — En effet.

Effeuiller, v. a.

Feuilleter, tourner les feuillets.

Effieller (s’) v. pron. Se rendre malade. Ex. Cet enfant s’est effieliê en jouant, (comme si le fiel était en cause).

Effilandre, n. f.

Filandre, fibrille qui se rencontre dans une viande coriace.

Effilandrer, v. a. Enlever les filandres.

Effleurer, v, a. Affleurer. Ex. Vois là-bas cette roche qui effleure l’eau.

Effrayable, adj. Effroyable. Ex. Il fait une tempête effrayable.

Effrayamment, adv. — Effroyablement.

Effrayant, adj. part. C’est beau, effrayant, c’est extraordinairement beau, telle ment beau que je suis stupéfié.

Effuser, v. a. Infuser. Ex. Effusez le thé, Marie, et assurez-vous que l’eau bouille à gros bouillons.

Egail, n. m.

Rosée. Mot employé par les Acadiens pour désigner la rosée du matin qui se dépose en gouttelettes sur les feuilles. Egail est cité par Monet dans le même sens. 

Egaler, v. a. Enlever les gales qui se forment sur une plaie, un ulcère.

Egard de (en), loc. adv.

Par rapport à. Ex. En égard de ce que vous m’avez dit, j’y repenserai.

Egarouiller, v. a.

Egaré, troublé. Ex. Il a les yeux égarouillés, comme s’il devenait fou.

Egermer, v. a.

Enlever le germe des pommes de terre. Egoïsse, adj.

Egoïste. Ex. M’en parle pas, c’est un êgoïsse.

Egousiller (s’), v. pron.

S’égosiller. Ex. Voilà un quart d’heure que je m’égousille

à t’appeler.

Egousser, v. a. — Ecosser. Ex. Egousser des pois, des fèves.

Egoutté, e, adj. Lait égoutté, fromage égoutté, lait caillé dont on laisse égout- ter le petit lait.

Egraffigner, v. a. Egratigner. Ex. Il a le visage tout êgraffignê, couvert de blessures occasionnées par des égratignures. Dans l’ancien français, ce mot signifiait écrire mal.

Egraffignure, n. f. — Egratignure.

Egrandir, v. n. — Agrandir.

Egrandissement, n. m. — Agrandissement.

Egrémiller, v. a.

Egrener. Ex. Egrémiller des épis.
Endetter. Ex. Egrémiller du pain.

Egrener (s’), v. pron. Se disperser, s’en aller les uns après les autres.

Egriancher (s’)> v- pron.

Faire un grand effort, se briser le corps en lui donnant des positions forcées. Ex. Si tu continues à forcer comme cela, tu vas P egriancher. 

Eguenillé, e, adj. — Déguenillé.

Ehancher, v. a. — Déhancher, déséquilibrer les hanches.

Ehancher (s’), v. pr. Se déhancher, se luxer l’articulation de la cuisse.

Eil, n. m. — Œil. Ex. J’ai manqué me crever un eil.

Eiiî, eine, art. et. adj. num. Un une. Ex. Ein bon homme, eine bonne personne, il y en avait rien qa’eine de morte.

Eïoù, adv. — Veux-tu nie dire eïou ce que tu vas ?

Ejambée, n. f. — Enjambée.

Ejamber, v. a. — Enjamber.

Ejârer (s1), v. pron. S’écarter les jambes violemment, de façon à tomber par terre.

Ex. Il s’est êjârê en patinant.

Ejeveau, n. m. — Echeveau. Ex. Un éjeveau de laine, de soie.

Elagne, n. m. Instant. Ex. Attends-moi un êlagne. Expression aca- dienne.

Elaise, n. f. — Planche ajustée à une autre pour l’élargir.

Elaite, n. f. — Laite de poisson.

Elaiter, v. a. Débarrasser le beurre du petit lait. Ex. Marie, cours êlai- tcr le beurre, il nous en faut pour déjeuner.

Elan, n. m.

Moment, instant. Ex. Attends-moi un petit élan.T Cette expression cadre bien avec V êlagne des Acadiens.

Electrique, n. m.

Tramway mû par l’électricité. Ex. Nous prendrons Vélec trique au bas de la côte du Palais.

Elément, n. m. Manière. Ex. C’est son élément de parler mal du prochain. Français, mais familier.

Eléphant, n. m. et f. — Personne très grosse et très lourde.

Elévateur, n. m. Ascenseur. Ex. Prenons Vélévateur pour nous rendre à la haute-ville. Elévateur n’est pas un anglicisme ; se dit d’un appareil pour soulever les poids, les denrées, les navires.

Elèves, n. m. pl.

Veaux, gorets, poulets, canards. Ex. Il faut que j’aille donner de la nourriture à mes élèves.
m. — Elixir. lig’ e, n. m. et f.

personne grande et fluette. Ex. C’est un grand êlinguê. TJne élingue est une corde pour soulever les fardeaux.

adj. — Qui peut être élu. n. m.
Expression acadienne. Borel cite le mot êloese pour éclair. Vient du latin elucere, éclairer.

, n. f. — Inondation. Elonder, v. a. — Inonder. Ex. I^e ruisseau est élondê. Elonger. v. a. — Porter. Ex. Elonger un coup de pied. Elonger (s1 ), v. pron.

— S’étendre de tout son long. Ex. Il s’est élongê sur la
glace en patinant. . — S’étirer, s’allonger en étendant ses membres. Ex. S’é-

loTiger dans son lit. Elure, v. a. — Elire. Emsgination, n. f. — Imagination. Etnaginer, v. a. — Imaginer. Emanation, n. f. Umission. Ex. L,’émanation d’un bref. Emaner, v. a. H,artcer, émettre. Ex. Emaner un bref, un mandat. Embabouiner (s’) » v. pron. S’envelopper la figure avec soin, de manière à ne laisser voir

que le bout du nez. E m bâclage, n. m.

Embarras, obstacle. D’après Oudin, embâcle se disait jadis. Smbâdage se dit encore d’un accoutrement singulier. Embâcler, v. a. Se faire prendre dans une mauvaise affaire. Ex. Nous "voilà bien embâcles, avec cette affaire sur les bras. Embâcler (s’) » v- pron. S’embarrasser. Ex. Je me suis embâcle dans une affaire qui

naenace de me ruiner. Embarcation, n. f.
-Affaire. Ex. J’ai acheté des actions de la Compagnie 18 

minière de la Baie de Chaleur, c’est une bien triste embarcation que j’ai faite. Embardée, n. f.

Emballement. Ex. En voilà un qui n’est bon qu’à
prendre des embardées.
Ecart brusque. Ex. Notre carriole prend des embardées,

pourvu que nous ne versions pas.

Embarder, v. a. — Faire des écarts brusques. Embarder (s’), v. prou.
Se laisser emporter trop loin dans une affaire.
Se mettre de travers, en parlant d’un canot.

Embardeux, se, adj. — Qui s’emballe facilement. Embargo, n. m. Embarras. Ex. S’il continue à mal se conduire, je lui créerai des embargo de façon à ce qu’il se corrige. Embarlificoter, v. a. — V. Emberlificoter. Embarlificoter (s’), v. pron. — V. Emberlificoter (s’). Embarquement, n. m. — Embarcadère. Embarquer, v. a. et n.

Mettre, déposer. Ex. Embarque-moi ces deux piastres
dans ton porte-monnaie.
Entrer, faire entrer. Ex. Embarque dans mes bras, dans

le tramway.

Sauter. Ex. Embarque sur le dos du cheval.
Embarqtier sur le dos de quelqu’un, l’ennuyer par des dis
cours, des plaintes, des doléances interminables. Ex.

Quand celui-là m’embarque sur le dos, il ne débarque plus. Embarras (clôture d’), n. f. Clôture grossière faite avec des branchages et du bois de

rebut. Embârrer, v. a.

Mettre sous clef ou sous verrou. P<x. Embârre pas la porte

sur moi. Embârrer (s’), v. pron.

Fermer la porte sur soi avec une clef, un verrou, une barre. Embas (en), En bas. Ex. Le thermomètre marque six en embas de zéro.

Emberlicoter (s’), v. prou.

S’embarrasser. V. le mot suivant.

Emberlificoter, v. a.

Embarrasser, empêtrer. Ex. Je Y emberlificoterai au pre
mier jour, s’il cherche encore à me blaguer.
Enjôler. Ex. Il m’a conté un tas d’histoires, tellement
qu’il a fini par rn* emberlificoter, et je lui ai prêté cinq pias
tres. I^e vieux français disait embiirdicoqucr. I^a langue
a conservé le mot emberlificoter dans le style familier,
et l’on trouve en patois emberlander, emberliner et ember-
lofer, toujours pour exprimer la même idée.

Emberlificoter (s’), v. prou. S’empêtrer. Ex. S’emberlificoter les jambes dans les bran ches. Sy emberlificoter dans son discours.

Emberné, adj. — Dans l’embarras de mauvaises affaires. Embêter, v. a.

Aveugler quelqu’un en affaires. Ex. Il l’a embêté propre ment.

Embiber, v. a. — Imbiber.

Embich’ter, v. a.

Avaler vite. Ex. J’ai embtch’té ce verre de vin avec un

grand plaisir.

Mettre, déposer. Ex. Embich 7e-moi ce cinq piastres dans

ton porte-monnaie.

Embobiner, v. a. Vêtir chaudement. Ex. Cette femme est bien embobinée.

Embobiner (s’), v. pron. S’envelopper avec soin pour se garantir du froid.

Emboîter, v. a. — Mettre en boîte.

Embotter (s’), v. pron. — Mettre ses bottes.

Embouchage, n. f. Embouchure. Ex. Le jeune Dumais joue bien de la flûte, il a une belle embauchage.

Embouffetage, n. m. — Action d’embouffeter.

Embouffeter, v. a.

Travailler les planches de manière à ce qu’elles puissent être assemblées au moyen de rainures et de languettes. 

Embouifeteur, n. m. — Qui embouffette.

Embourber, v. a.

Engager dans la neige. Ex. Mon cheval est embourbé,

detelons-le.

Engager dans un travail de longue haleine et rempli de
difficultés.

Embourber (s’), v. pron.

S’engager dans un banc de neige.
Se livrer à des travaux multiples dont on 11e peut pré
voir l’issue.

Embourrer, v. a. Envelopper. Ex. Embourre-vaoi ce paquet de linge ?

Embouveter, v. a. — V. Embouffeter.

Embrassement, n. m.

Embrasement, action d’élargir de dehors en dedans la baie
d’une porte pour donner du jeu aux battants. 

Embrelicotage, n. m. — Confusion, brouillamini.

Embrelicoter, v. a. — Embrouiller.

Embreunir, v. pron. S’embrunir, se couvrir. Ex. I,e temps sembreunit.

Embrocher, v. a. Mettre du poisson en broche, pour former une brochetée. V. Broche et Brochetée.

Embrouille, n. f. Embarras, confusion. Imbroglio des Italiens.

Eméché, adj. Pris de vin. Ex. Mon garçon, tu commences à être pas mal êmêchê.

Emécher, v. a. — Moucher. Ex. Emêcher la chandelle.

Emérillon, n. m. — Epervier brun, ou faucon des marais.

Erniocher, v. a. — Emietter.

Emitation, n. f. Imitation. Ex. Ces meubles ne sont pas en chêne solide, mais en emitation.

Emite, n. f. Limite. Ex. Il y a des émîtes à tout. Il fait beau sans êmites.

Emiter, v. a. — Imiter.

Emmaigrir, v. a. et n. — Amaigrir.

Emmalicer, v. a. — Rendre malin.

Emmaler, v. a. — Mettre dans une malle.

Emmancher, v. a.

Ktre pris dans une mauvaise affaire. Ex. S’est-il fait

emmancher un peu ?

Habiller, vêtir. Ex. Ne va pas sortir emmanché comme
cela.

Emmanchure, n. f.

Affaire mal conduite. Ex. ije suis pris dans une triste

emmanchure.

Manière dont un outil est emmanché.
— Habit mal fait. Ex. Quelle emmanchure as-tu sur le dos ?

Emméliorer, v. a. — Améliorer.

Emmenable, adj. Qui peut être emmené. Ex. Habillé comme tu es, mon petit, tu n’es pas emmenable.

Emménager, v. a. Mettre aux bons endroits les collets, les trappes destinées à prendre les animaux à fourrures. (Terme de vénerie.)

Emmener, v. a. Amener. Ex. Cet hiver, il neige tous les jours que le Bon Dieu emmène.

Emmerdement, n. m. — Ennui profond.

Emmerder, v. a. — Tromper grossièrement.

Emmerder (s’), v. pron. — S’ennuyer beaucoup.

Emmiâler, v. a. Tromper comme un chat, chercher â séduire par des avis doucereux, leurrer.

Emmitainer, v. a. — Mettre des mitaines.

Emmitainer s’, v. pron. — Se mettre des mitaines.

Emmitoner (s’), v. pron. — Mettre ses mitons. V. Miton.

Emmouracher (s1), v. pron. — S’amouracher.

Emmurailler, v. a. Emmurer, enfermer entre des murailles.

Emouchettes, n. f. pl. — Mouchettes,

Emoustillé, ée, adj. part. Agité, remuant. Ex. Cet enfant est passablement êmous- tillê, il faudra le calmer.

Emouver, v. a. — Emouvoir.

Emouver (s’), v. pron. — S’émouvoir.

Emoyer (s’), v. pron. S’enquérir, s’informer. Expression acadienne.

Empaffé, e, adj. — Enivré.

Empaffer (s’), v. pron. Se bourrer de nourriture ou se gorger de vin.

Empaillure, n. m. Empaillage, action d’empailler. Ex. L,empaillure d’une chaise.

Empanner (s’), v. pron. — S’en faire accroire.

Emparer (s’), v. pron. S’empresser. Ex. Je me suis emparé de lui faire savoir ma façon de penser. (Cl.)

Empas, n. m. pl. Gonflement inflammatoire du palais des chevaux.

Empâter, v. a, — V. Ampâter.

  • Emphase, n. f.

Conviction, énergie. Ex. Parle-t-il avec emphase cet ora teur là ? (Angl.)

  • Emphatiquement, adv.

Catégoriquement. Ex. Je nie cela emphatiquement. (Angl.)

Empiétation, n. f. — Empiétement.

Empifter, v. a. — Empiffrer. V. Empaffer.

Empigeonner, v. a.

Etre sous l’influence d’un être supérieur. Ex. Je ne sais ce qui se passe, mais depuis quelque temps je ne puis rien faire de bien, mes animaux meurent les uns après les autres, je crois vraiment que je suis empigeonné. 

Empilage, n. m. — Empilement, action de mettre en pile.

Empille, n. f. Empile, ligne, fil qui s’ajoute au bout des ligues latérales. (Terme de pêcheur. )

Emplâte, n. f. — E mplâtre.

Emplâtre, n. m. et f.

— Personne gauche et un peu niaise. Ex. Quel eviplâtrc

que j’ai là à mon service.

— Emplâtre, n. m. Ex. Une bonne emplâtre de moutarde.

Emplayer, v. a.

Employer. Ex. Moi f employé cinquante mains.

Emplette (faire), loc.

Devenir père d’un nouvel enfant. Ex. Me dirais-tu qui ce qui vient de faire emplette ? Entends-tu les cloches qui sonnent le baptême ? Empleyer, v. a — Employer. 

Emplir, v. a.

— Ne pas tarir en racontars. Ex. Ne viens pas m’emplir

comme tu as déjà fait.

Emplois, n. m. — Empois.

Empocher, v. a.

Blouser. (Terme de billard).
Mettre en poche, en sac. Ex. Empocher des patates,
des carottes, des navets.

Empocheter, v. a. Empocher, mettre dans sa poche. Ex. Empocheter des mar bres.

Empoélure, n. f. Substance charbonneuse qui se dépose à la surface extérieure des chaudrons exposés au feu.

Empoisonner, v. a. Sentir mauvais. Ex. Sauve-toi, mon petit salaud, tu em poisonnes tout le monde.

  • Emporter, v. a.
Adopter. Ex. Cette motion sera-1- elle adoptée ? Empor
tée, carried. (Angl.)
Enflammer. Ex. Cet enfant a toute une joue emportée.
Emporter le morceau, réussir d’emblée.

Emprêter, v. a. Emprunter.

Empunaisé, e, adj. part. Infesté de punaises.

.280 I » En, adv.,

Passer en belette, filer dm-
Marcher en bedeau, ^archer avec ordre.

—Passer en souris,

— Voir tout en soleil, avoir des éblomssements.
Enalguillettes.-V. Aiguillettes.

En approbation.-V. Approbation. En arracher. V. Arracher. Enarvement, n. m. — lînervement. Enarver, v. a. — Enerver. En bas de, loc. adv. Au-dessous. Ex. Le thermomètre marque 50 en bas de zéro. Emu, e, adj. part.

Sous l’effet des spiritueux. Ex. Je commence à être légè rement ému, je m’en aperçois. Encabaner (s’), v. pron.
— Se réfugier dans sa cabane, dans sa maison, pour y

séjourner.

— Se couvrir la figure d’une manière presque complète.

Encache, n. f. — Enveloppe de lettres.

Encadrage, n. m. — Encadrement. Encager, v. a. — Mettre en prison. Encalifourchonner, v. a. — Mettre à califourchon. Encalifourchonner (s’). v- Pron-

Se mettre à califourchon. Encalmé, e, adj. — Vaisseau pris dans une accalmie. Encan, n. m.

Par encan, à l’encan. Ex. Fais-tu vendre ton ménage

par encan ? Oui, par encan.

Faire encan, vendre à l’encan.

Encanter, v. a. — Vendre à l’encan. V. Ancanter. Encanteur, n. m. Conimissaire-priseur. Ex. I,e meilleur encanteur de Qué bec, c’est M. Maxime. Encapoter, v. a. Mettre un capot sur le dos d’un autre. Ex. Je vais Venca poter, afin de ménager ton rhumatisme.

Encapoter (s’), v. pron. S’habiller soi-même pour sortir. Ex. Encapote-toi comnx il faut, car il fait une tempête.

Encarcaner, v. a.

— Mettre un animal au carcan.
Réduire une personne à l’impuissance. Ex. Si tu ne te retires tout de suite, je vais t’encarcaner. 

Encaver, v. a.

Faire une entaille dans le bois.
Enfoncer un objet dans un autre ou dans le sol.

Encenser, v. a. Remuer la tête de haut en bas. Se dit du cheval.

Enchâsser, v. a. — Encenser.

Enchensoir, n. m. — Encensoir.

Enchiforné, adj. — Enchifrené.

En ci, loc. D’ici à. Ex. Nous avons le temps de nous voir en ci et le jour de l’An.

Enclaquer (s’), v. prou. — Mettre ses claques.

Enclaver, v. a. — Anneler.

Enclope, n. f. Abot, entrave au pied d’un cheval.

Enclos, n. m. Fourrière. Ex. Mettre un cheval à Y enclos.

Encombrance, n. f. — Encombrement, embarras.

Encombrer, v. a.

Mettre plus que la mesure. Ex. Tu vas me donner un minot d’avoine, mais tu mettras la mesure encombrée, et je te paierai en êqtdpollent.

Encontre (à I’). — Aller à rencontre, aller au contraire.

Encornailler (s1), v. pron. Encorner. Ex. La noire et la grise passent leur temps à. s* encornailler.

Encorner, v. a. Frapper avec les cornes, sans blesser. Ex. Je me suis fait encorner par une vache, elle ne m’a pas fait mal.

Encre de perle, n. f. — Nacre de perle. V. Ancre.

Encrotté, e, adj. _ Rempli de crottes. Ex. Avoir le nez encrotté.

Encrucher, v. a. -Mettre en cruche.

En deci, loc. adv. _ D’ici à. Ex. Je te paierai en deci Noël.

Endécis, adj.-Indécis.

En dedans de, loc adv. En moins de. Ex. Mon cheval fait son mille en dedans de trois minutes.

Endéhorer, v. a. …

Sortir. Ex. Endéhore-moï la porte au plus vite, ou je vais me fâcher.

Endémené, ée, adj. Espiègle, turbulent, évaporé. Ex. Cet enfant est endê- mené. Expression très en vogue autrefois en France. (Lac. de S. P.)

En démon, loc. — Furieux.

En dessous, loc. adv. Hypocrite, sournois. Ex. Cette fille me paraît en dessous.

Endéver, v. a. Impatienter. Ex. Je l’ai fait endêver de mon mieux. Du français diable, de l’italien diavolo, de l’anglais devil.

En devoir, loc. — V. Devoir.

En diable, loc. — Eu furie.

Endormable, adj. Qui peut être endormi. Ex. Des eufants qui ne sont pas endormables.

Endormir (s’), v. pron.

— Se rebuter, se lasser. Ex. C’est un paresseux, il s’en dort sur son ouvrage. 

Endormitoire, n. f.

Sommeil. Ex. Tu ne dors pas, prends de l’eau à ? endormi toire. Vers dix heures, Y endormitoire me prend, et je me flanque au lit.

Endos, n. m.

Endosse, trouble, peine, ennui. Ex. C’est toujours le pau vre qui a l’endos.

Endreit, n. m.

Endroit.
Pays natal. Ex. Nous sommes tous les deux du même endreit.

Endreitte (à ! ’)> loc. Côté par lequel une chose doit être regardée. Ex. Regarde à Vendrette plutôt qu’à l’envers. En France on dit à Vendrette pour envers, vis-à-vis.

Endurer, v. a.

Tolérer. Ex. Je l’endure, celui-là, mais ça force.
Avoir besoin. Ex. Il fait froid, /endurerais bien un
manteau pesant.

Endurer (s’), v. pron. Supporter la douleur. Ex. J’ai un si gros mal de tête, que je ne suis plus capable de m’endurer. En échiquette. — V. Echiquette.

Enfaîter, v. a. Emplir jusqu’au faîte. Ex. Nos foins sont terminés, la grange est en/aîtée.

Enfaller, v. a. Se dit des volailles qui n’ont pas pu digérer les aliments contenus dans leur falle (jabot)

Enfaller (s’), v. pron. — S’engouer. Enfance, n. f. Sénilité. Ex. Ce vieillard est en enfance, c’est certain, il a des paroles écartées.

Enfant de chienne, n. m. Expression grossière à l’adresse d’une personne tarée.

Enfant du diable, n. m. — Bête puante, putois.

Enfarges, n. f. pl.

Entraves mises aux chevaux ou aux bœufs pour les empê cher de sauter les clôtures. 

Enfarger, v. a.

— Mettre les enfarges à un cheval.
— Réduire quelqu’un â l’impuissance.

Enfarger (s’)> v- pron.

— Se fourrer dedans. 
— S’empêtrer. Ex. Ce charretier s’est enfargê les jambes dans ses cordeaux.

En fête, loc. — Sous l’influence des liqueurs fortes.

En fifre, loc. — De très mauvaise humeur.

Enfifreouâper, v. a. Berner outre mesure. Ex. Je l’ai e ? ifi/reouâpê de la belle façon, il ne s’est aperçu de rien.

Enfifreouâpeur, n. m. — Qui fait l’action de tromper.

Enfilée, n. f. — Enfilade.

Enfiler, v. a.

Accompagner.
Enfiler des perles, flâner, s’amuser. D’après Oudin, enfi
ler des perles se disait autrefois pour être un grand discou
reur.

Enfiler (s’), v. pron.

Manger. Ex. Je me suis enfilé une tranche de rosbif sai gnant.

Enfioler, v. a. — Avaler avec rapidité.

Enflammable, adj. — Inflammable.

Enflammation, n. f. — Inflammation.

Enflammatoire, adj.

Inflammatoire. Ex. Je souffre d’un rhumatisme enflamma toire.

Enfle, n. f. — Enflure. Ex. Ce garçon a une enfle au visage. Enflé, e, n. m. et f. Enflé, adj. Individu bouffi d’orgueil. Ex. Un grot enflé. Enfoncer, v. a.

Réfuter, réduire à quia. Ex. Monsieur Ladue a enfoncé

son adversaire sur tous les hustings.

Perdre son argent. Ex. Il s’est fait enfoncer dans sa
récente spéculation à la Bourse.

Enfouir (s’), v. pron. — S’enfuir. Enfourner, v. a.

Avaler. Ex. Enfourne-moi ça dans dans ton gosier.

Enfrédir, v. n. — Refroidir.

Enfrédir (s*), v. pron. — Se refroidir. Ex. Le temps s’enfrédit.

Enfroidir, v. n. — Refroidir.

DES CANADIENS-FRANÇAIS 285

Enfroidir (s’), v. pron. — Se refroidir.

En fusil, loc. — D’une humeur massacrante.

Engagé, e, adj.

Serviteur, domestique. Ex. J’ai deux filles engagées à mon service.

Engagement, n. m.

Fiançailles. Ex. Mademoiselle, voici votre bague d’en
gagement.
Rendez-vous. Ex. J’ai un engagement avec le rédacteur

de Y Action Sociale pour dix heures.

  • Engager, v. a.
Se fiancer. Ex. Pierre et I/ucette se marieront aux jours
gras, voilà déjà plus d’un an qu’ils sont engagés. (Angl.)
Occupé. Ex. Hello ! voulez-vous me mettre en commu
nication avec le numéro 1828 ? — La ligne est engagée.

(Angl.)

Engager, ère, adj. Domestique. Ex. J’ai une bonne fille engagere que je paie dix piastres par mois.

Enganter, v. a. — Mettre des gants.

Enganter (s’), v. pron. Mettre soi-même ses gants.

Engearber, v. a. — Engerber.

Engencement, n. m. — Agencement.

Engenouiller (s*), v. pron. — S’agenouiller.

Engin, n. m. — Locomotive.

  • English, Inn-glishe, (m. a.)
— Saint-Augustin, 14 points. (T. d’impr.)
— Double english, palestine, 28 points.

Engouer (s’). v- pron. S’étouffer en mangeant. Borel écrit : Engouer, se suffoquer en mangeant.

En grand.

Servir la messe en grand, remplir les fonctions de thuri
féraire ou de cérémoniaire.
D’une façon extraordinaire. Ex. En voilà un qui s’est
fait blaguer en grand. 
286 LE PARLER POPULAIRE

Engrandir, v. a. — Agrandir.

Engrener, v. a. S’enraciner. Ex. Il ne faut pas laisser engrener le mal avant qu’il soit trop tard.

Engrener (s’), v. pron.

Accoutumer. Ex. Je suis tellement engrené dans cette
affaire, que je me crois indispensable à ceux qui l’ont

entreprise.

Persister. Ex. Pourquoi s1 engrener dans cette mauvaise
habitude de trop boire de vin ?

En gribouille. — Eu difficulté, en chicane.

Enguenillé, e, adj — Déguenillé.

Engueulade, n. f. — Action d’engueuler.

Engueuleraient, n. m. — Action d’engueuler.

Engueuleur, n. m. Celui qui engueule, qui dit de grossières injures aux autres.

Engueuler, v. a. — Dire de grosses injures.

Enguiabler, v. a. — Endiabler.

Enhuiler, v. a. — Oindre d’huile.

En j’haut, prép. — En haut. Enjôleux, euse, n. et adj. — Enjôleur.

En l’air, loc.

Evaporé. Ex. Une jeune fille en l’air.
Dans un endroit élevé. Ex. Monter en l’air, sauter en
l’air, grimper en l’air.
— Gai, joyeux. Ex. Comme tu es en /’az>aujourd’hui,sur
quelle herbe as-tu pilé ?


Enlargir, v. a. — Elargir.

Enlever (s’), v. pron. — S’en aller.

Enlourdir, v. n. — Alourdir.

En mains, loc. — En caisse.

Enmialer, v. a. — V. Amiauler. Enmoyenné, e, adj. En moyen. Ex. Quand je serai plus enmoyenné, je te paierai.

Enneiger, v. a.

Couvrir de neige. Ex. Si tu veux conserver tes viandes durant l’hiver, mets-les dans un baril et enneig e-les.
DES CANADIENS-FRANÇAIS 287

Enneiger (s’), v. pron.

Etre couvert de neige. Ex. Il fait une tempête épouvanta ble, me voilà tout enneigé. 

Ennicher, v. a. — Mettre dans une niche.

En nuit. — Durant la nuit.

Ennuyant, adj. Ennuyeux. Ex. Dieu, que c’est ennuyant !

Ennuyer (s’) de quelqu’un. Eprouver de l’ennui de son absence.

Ennuyeux (être), loc.

S’ennuyer d’habitude. Ex. Je suis incapable de m’absenter de chez moi pour plus d’une semaine, je suis trop ennuyeux. 

Enondation, n. f. — Inondation.

Enonder, v. a. — Inonder.

  • En opération, loc.

En vigueur. Ex. Cette loi sera mise en opération, aussitôt qu’elle aura été sanctionnée par le lieutenant-gouverneur. (Angl.)

En outre, loc. adv. Outre. Ex. Qu’est-ce que tu veux en outre de ce que je

t’ai déjà donné ? En par (d’), loc. adv.
Dès le moment même. Ex. C’est fini d’en par là,
A partir de. Ex. D’en par aujourd’hui, je ne reconnaî

trai plus tes dettes.


En petit, loc. Servir la messe en petit, remplir les fonction d’acolythe.

En plein. — Beaucoup.

Enque, n. f. — Encre.

En quelque part, loc. adv. Quelque part. Ex. Il est allé en quelque part.

Enrager, v. n. Etre tourmenté d’un désir violent. Ex. J’enrage d’aller me promener aux États.

En rapport avec, loc. Au sujet de. Ex. M. l’avocat est venu à Québec, en rap port avec l’affaire de la banque de St-Pierre.

288 1.B PARLER POPULAIRE


Enrefreidir (s’), v. pron. Se refroidir. Ex. Le temps s’est enrefreidi depuis le matin.

Enrefroidir (s’,) v. pron. — Se refroidir.

Enregistrer, v. a.

Recommander. Ex. Je viens de recevoir une lettre
pleine d’argent, heureusement qu’elle était enregistrée.

(Angl.)

Enregistrer, porter sur un registre.


Enrelaidir (s’), v. p. S’enlaidir. Ex. Mademoiselle Larivière s’e ? irelaidit tous les jours.

En relation avec, loc. — En rapport avec.

Enretourner (s’), v. pron, Retourner. Ex. Nous nous enretournerons chez nous demain matin.

Enrevenir (s’,) v. pron. Revenir. Ex. Je suis enrevenu avec mon petit bonheur.

Enrhumé, e, adj. — Enroué. Ex. Il a le parlé enrhumé.

Enroser, v. a. — Arroser. Oudin et Cotgrave citent enroser.

Enrouillé, e, adj. — Enrhumé.

Enroutiner, v. a. — V. Aroutiner.

Enroutiner (s’), v. pron. — V. S’aroutiner.

Enseigner, v. a. Donner une prescription. Ex. I^e docteur m’a enseigné un bon remède pour le rhumatisme.

Ensemble (se mettre), loc. Se dit d’un homme et d’une femme qui se marient. Breton et sa femme se sont mariés, Se sont mis ensemble, c’est pour faire des paniers.

Ensembler, v. a. — Assembler.

En snette, loc. — En boisson depuis plusieurs jours.

En sorcier, loc. — En furie.

  • En style, staïle (Angl.)
Bien habillé, bien mis.
Bien disposé, en joie.

Ensumencer, v. a. — Ensemencer.

DES CANADIENS-FRANÇAIS 289

Entaille, n. f.

Incision faite à l’érable pour permettre à la sève de s’écouler. 

Entailler, v. a.

Faire une incision à l’écorce de l’érable pour permettre à

la sève de s’écouler.

Fabriquer du sucre d’érable. Ex. Entaillez--vous, ce
printemps ? — Sans doute, je vais commencer demain.

Entarder (s1), v. pron. — S’attarder. En temps, loc.

— A l’heure fixée d’avance. Ex. Le train est-il en temps ?
A temps. Ex. Tu tâcheras d’arriver en temps.

Entendement, n. m.

Ouïe. Ex. Il est un peu dur A’entendement.
— Entente. Ex. Il n’y a pas d’entendement possible avec

un être comme ça.

Entendre, v. a.

Entendre dur, avoir l’oreille dure.
Etre sourd d’une oreille et ne pas entendre de l’autre, être

complètement sourd.

Ne pas entendre de cette oreille-là, ne pas l’entendre de
cette façon.

Enterfaite, n. f. — Entrefaite.

Enterprenant, adj. — Entreprenant.

Enterprendre, v. a. — Entreprendre.

Enterprise, n. f. — Entreprise.

Enterrable, adj. — Qui peut être enterré.

Enterrement, n. m. Ereintement. Ex. Ce beau parleur n’a pas été heureux ; son adversaire lui a servi un enterrement de première classe, tout en le couvrant de fleurs.

Enterrer, v. a. Couvrir. Ex. Va voir dans la cour si ton traîneau n’est pas enterré dans la neige.

— Fêter. Ex. Nous allons, ce soir, enterrer le mardi gras.

Enterrer (s’). v- pron.

Etre surchargé. Ex. Je suis enterré dans l’ouvrage depuis un mois. 19

2 go LE PAKLËR POPULAIRE

  • Entertainement, (m. a.) — Divertissement. Entertiendre, v. a. — Entretenir. Entêter, v. a.

Causer des maux de tête. Ex. Ce parfum-là entête. Enteur, prép. Entre. Ex. Tu passeras enteur deux. Enteurse, n. f. Entorse. Ex. Je me suis fait une enteurse à la jambe. Entièrement, adv. — Entièrement. Entôlage, n. m. — Action d’entôler. Entôler, v. a. Poser de la tôle. Ex. Entôler un poêle. Entome, n. f. Entame. Ex. JOentome d’un pain. Rabelais a écrit en-tomme. Entomer, v. a. — Entamer. Entonne, n. f. — Entonnoir. Entonnoir, n. m. Buveur. Ex. Quel entonnoir que cet ivrogne ! Entonnoué, n. m. — Entonnoir. Entortiller, v. a. — Circonvenir, tromper. Entortiller (s*), v. pron.

Se vêtir chaudement. Entour, adv.

Autour. Ex. Je l’ai toujours entour de moi. En tous les jours, loc. En habit de semaine. Ex. Je suis dans mon en tous les jours, je n’irai pas à l’église comme cela. Entrage, n. f- Ouverture donnée à un hameçon pour former la courbe voulue.

En train (se mettre), loc. — S’enivrer. Entre ci, adv.

D’ici à Ex. Entre ci Pâques, il y a quarante jours. Entre-cloison, n. f.

Cloison en bois lattée, et préparée pour recevoir le crépi. Entre-deux, n. m.

Séparation entre deux stalles (barrures) d’écurie.

DES CANADIENS-FRANÇAIS 291

Entregarder (s’). v- pron. Se regarder réciproquement. Ex. Ils s’entregardent comme deux chiens de faïence.

Entregeler, v. a. A moitié gelé. Ex. De la viande entregelée.

Entre-manger (s’), v. pron. Se dire des injures mutuellement. Ex. A quoi bon vous entremanger tous deux ? accordez-vous.

Entrée, n. f.

Vestibule. Ex. Essuyez vos pieds dans Ventrée.
Inscription. Ex. Tu auras la précaution de faire cette

entrée dans le journal.

Entremi, adv. A travers. Ex. Le pommes ne sont pas bien grosses, cette année, mais il y en a de fameuses entremi.

Entremordre (s’), v. pron. Médire l’un de l’autre. Ex. S’entremordre entre voisins, ce n’est pas édifiant.

Entre-plancher, n. m. Entrevous, intervalle entre deux solives dans un plancher. Ex. Vous mettrez du mortier dans Y entre-plancher.

Entreprendre, v. a.

User jusqu’à la corde. Ex. Mon propriétaire ne fait
pas de trop bonnes affaires, je crois qu’il en a grand d’en
trepris.
Réduire, mettre à la raison. Ex. Si tu veux dire comme
moi, nous allons Y entreprendre, celui-là.

Entrequien, n. m. Entretien. Ex. Une maison à ! entrequien.

Entrequien (dur d’). loc. Difficile à soigner. Ex. Mon cheval est dur d’entrequien.

Entrer, v. n.

— Enregistrer, inscrire. Ex. Veuille donc entrer ce compte
au grand-livre.
— Faire entrer. Ex. Entre le cheval dans l’écurie.

Entrer-sortir, v. n.

Entrer et sortir. Ex. Il n’a fait <\u ! entrer-sortir.

2g2 LE PARLER POPULAIRE

Entresembler (s’), v, pron. Se ressembler. Ex. Ils s’entresemblent comme deux gouttes

d’eau. 
  • Entretenir, v. a.
— Recevoir. Ex. Nous avons passe deux jours chez lui,

il nous a entretenus princièrement. (Angl.)

Concevoir. Ex. Y entretiens des doutes sur son compte.

(Angl.)

Entretint, part, passé. Entretenu. Ex. J’ai entretint mon homme pendant une grosse heure.

Entreverdir, v. n. Commencer à verdoyer. Ex. Les arbres entreverdissent à vue d’ceil.

Envaler, v. a. Avaler. Ex. Envale-moi. ça, mon vieux, ça va te guérir.

Enutile, ad j. — Inutile.

Envaliser, v. a. — Emballer, empaqueter.

Envarié, e, adj. — Avarié.

Envelime, adj. En furie. Ex. Ne me parle pas ce matin, je suis envelime.

Envelimer, v. a.

Envenimer. Vieux français. Un ancien proverbe disait : Paroles rapportées Sont envelimées.

Envelimure, n. f.

Plaie ou coupure infectée par le contact d’un insecte veni meux.

Envers (à 1’). loc - adv-

— Bouleversé. Ex. Qu’as-tu ? tu me parais tout à l’envers.
— Tourner son capot à l’envers, changer de parti politique.

En veux-tu en v’ià, loc.

En grande abondance. Ex. Des noisettes, cette année, il y en a en veux-tu en v ’là.

Envieux, n. m. Envie, petite pellicule qui se détache de la peau autour des ongles. Ex. J’ai un envieux au pouce. Envieux se dit en France, mais au féminin : une envieux.

En v’lime, loc. — V. Envelime.

Environs (aux), loc. Environ. Ex. J’ai aux environs de quinze piastres dans ma poche.

Environs (dans les), loc. A peu près, environ. Ex. Il y a bien dans les environs de deux lieues pour aller au saut Montmorency.

Envoi, n. m.

Facture. (Angl.)
Note.

Envoirai (j’), futur du verbe envoyer. J’enverrai. Ancienne forme française. Nous disons aussi j’envoirais au conditionnel.

Envolée, n. f. Elan. Ex. J’ai pris mon envolée et j’ai sauté par-dessus la clôture.

Envoyable, adj. Qui est à envoyer. Ex. Ce paquet n’est pas envoyable, arran gé comme il est là.

Envoyer, v. a.

// s’est fait envoyer cela, compter avec des expressions
dures.
Ça, c’est envoyé, c’est bien dit.
Envoyer faire foute, chasser.
Envoyer sous le fotir, chasser.
Envoyer à la gomme, chasser.
Envoyer le torchon, dire des mots durs.
Envoyer au diable, envoyer au sucre, envoyer au sacre,
envoyer paître, toutes expressions qui signifient â peu
près la même idée : celle de chasser quelqu’un de sa pré

sence.

Envoyer (s’), v. pron. Se mettre à l’œuvre avec une grande vigueur.

Envrâler, v. a.

Aller de droite et de gauche dans le but de voir ou de faire

PAKI.EK POPULAIRE
294 LR

—pr-jt Ou’as-tu à vouloir ainsi envrâler des recherches. x ^^m*~

tout le quartier. r de tout ce qui se présente.
— Faire table rase, s ei"^

Envrâleux se, n et ad> ^ ^ ^.^

— Qui rôde ci et la ave-.,. .,,
r., Aa f-out ce qui lui tombe sous la main.
— Qui s’empare de toxu. v. H
Envriller, v. a. — Vriller.
Epailler, v. a. — Disperser.

Epailler (s’), v. pron. — Se disperser. Epais, se, adj.

En quantité. Ex. A force de dépenser son argent, a la

fin il ne lui en restera pas épais.

Chargée, en parlant de la langue. Ex. Avoir la langue

épaisse.

Saint-Epais, individu lourd, grossier.
Ne pas en avoir épais sur le brochet, être très maigre.
Etre épais dans le plus mince, être très lourd d’esprit.

Epanouir (s’), v. pron. Fromage qui prend la consistance de la crème. Ex. Un fromage raffiné qui ^ ’épanouit. Epargne, n. f. — Surtout de table. Eparpailler, v. a. Eparpiller, répandre sans ordre. Ex. Le foin est éparj>aillé dans la grange. Eparpillage, 11. m.

Eparpillement, action d’éparpiller. Epatant, adj. — Etonnant. Ex. Ce ^a^-là est épatant. Epaté, e, adj.

Abasourdi, dans un grand étonnement. Ex. Je suis allé voir les pageants, et j ’ ai été épaté. Epatement, n. m. — Action d’épater. Epater, v. a. — Etonner.

Epater (s1), v. pron. S’étonner.
EpatrouiUant, adj. — Kpatant, étonnant. Epatrouiller, v. a. — Ktonner outre mesure. Epaule, n. f.
— Avoir les épaules larges, pouvoir endurer beaucoup. DES CANADIENS-FRANÇAIS
— - En avoir par-dessus les épaules, ne pouvoir endurer davan tage.

Epée, n. f. — Brave comme Vêpêe du roi, très brave Epées, n. f. pl.

Ridelles placées en avant et à l’arrière d’une charrette pour permettre une plus grosse charge de foin ou de gerbes.

Epelan, n. m. — Eperlan.

Epergne, n. f. — Surtout.

Epervier des pigeons, n. m. — Faucon des pigeons.

Epeurer, v. a.

Effrayer. Ex. Epetire-moi point, je suis trop nerveux. « On

peut être épeuré sans être effrayé ». — - (Jaubert.) Epiceries, n. f. pl.

Epicerie. Ex. Où achètes-tu tes épiceries ? — Chez l’épicier du coin.

Epine, n. f. — Aubépine. Ex. Une haie d’épines. Epine du dos, n. f. — Epine dorsale.

Epine dorsale du dos. — Epine dorsale.

Epinette (petite), n. f. — Epinette blanche.

Epinette rouge, n. f. — Mélèse d’Amérique.

Epingle de bois, n. f.

Petit instrument en bois, avec ouverture dans le sens de la longueur, qui sert à tenir en place le linge suspendu sur une corde pour le faire sécher. 

Epinglette, n. f. — Broche, épingle.

Epingue, n. f.

Epingle.
Jouer aux êpingues, jouer à la poussette.

Epître, n. f. Chanter une êpître, faire des remontrances.

Eplucher, v. a. Peler. Ex. Marie, épluche les patates pour le dîner, tu éplu cheras aussi un peu de blé d’Inde et des pommes.

Epluchette, n. f. Réunion de parents et d’amis où on enlève au blé d’Inde en épi ses feuilles.

Eplucheux, euse, n. m. et f. — Eplucheur.

^ LE PARLER POPULAIRE

290 lure, Pelure- Ex. Des êplures de patates, d’oignons.

Epoiler, v. a.

Enlever le poil.
Battre, rosser.

Epoitrailler (s’), v. pron. Laisser sa poitrine découverte.

Bpoïtriner (s*), v. pron.

__ ge forcer les poumons à crier. Ex. Je me suis éfioitrinê à force de crier après lui.
Menacé de phtisie.

Epaumoner (s’), v. pron. S’époumoner, crier à pleins poumons

Eponge, n. f. Buveur invétéré. Ex. C’est une vraie éponge, il boit depuis des années et ne dêrougit point.

Epongeage, n. f. — Action d’éponger.

Eponger, v. a.

Enlever avec un linge humide le lustre des draps, afin d’évi ter les taches que la pluie y ferait sans cette précaution. 

Epouffer (s’), v. pron. Pouffer. Ex. En entendant cette drôle d’histoire, il s’est épouffé de rire.

Bpoussetoir, n. m. — Epoussette.

Epoussettouer, n. m. — Epoussette.

Epoussièrer, v. a. — Epousseter.

Epouvante, n. f.

Grande hâte. Ex. Il fait tout à Y épouvante, ça devient
fatigant.
Allure vertigineuse. Ex. Mon cheval a pris Vépouvante,

nous avons manqué nous tuer.

Equarri, e, adj. Bien planté. Ex. Voici un gas qui est bien êquarri.

Equarrïture, n. f. Stature, carrure. Ex. Le garçon de mon frère a une belle équarriturc.

Eqlierre, 11. f. — Tiré à l’êquerre, bien tiré.

CANADIENS-FRANÇAIS 297

Equeuter, v. a. Enlever la queue. Ex. Equeuter des pommes, des cerises.

Equilatéral, adj. Indifférent. Ex. Cela m’est pas mal équilatéral.

Equilibre (sur 1’), loc.

Indécis. Ex. Je suis sur l’équilibre pour pouvoir dire si je

partirai.

Equiôlé, e, adj. — Etiolé.

Equipage, n. f. Dégât. Ex. Les enfants ont étendu toutes leurs bébdles au beau milieu de la place, c’est pas qu’une petite équipage. Molière a employé ce mot pour désigner costume, et La Fontaine pour metibles.

Equiper, v. a.

Salir. Ex. Comme je passais au coin, je me suis étendu
tout de mon long, et j’ai équipé mes pantalons.
Dans une situation pénible. Ex. En voilà un qui eu a
grand d’équipé.
Malade, blessé. Ex. Je me suis fait mal à la main eu
tombant, regarde comme j’ai le pouce équipé.

Equiper (s1), v. pron.

Se salir. Ex. S’équiper les pieds en marchant dans la
boue.
Se blesser. Ex. Je me suis équipé la jambe sur une
pierre.

Equipet, n. f.

Petit compartiment dans un grand coffre, où l’on dépose les menus objets. Probablement du mot éclipequc, qui, en France, veut aussi dire tiroir latéral d’un coffre. 

Equipollent (en), loc. adv. A F equipollent, équivalant. Ex. Tu me donneras ce que tu voudras, mais en equipollent de ce que je t’ai donné.

Erable bâtarde, n. f. — Erable à épis. Erable sirop (d’), n. m. Sirop fabriqué avec l’eau ou la sève extraite de l’érable.

Erablière, n. f. — Forêt d’érables.

grailler, v. a. — Ecorcher légèrement, effleurer la peau.

298 LE PARLER POPULAIRE

Erailler (s’). v- pron. — S’érafler.

Erbière, n. f. Estomac des ruminants. Ex. Je lui arraché Verbiire. L,a- curne de Sainte-Pallaye cite ce mot.

Ereinte (à toute), loc.

De toutes ses forces. Ex. Je l’ai poursuivi à toute êreinie, et je n’ai pu l’attraper.

Èrer, v. n. Errer. Bx. Si tu laisses "èrer tes animaux, tu seras pour suivi par la municipalité.

Erésipèle, n. m. — Erysipèle.

Eridelle, n. f. Ridelle. Ex. Mets les éridelles à la charrette à foin.

Erien, adv. — Rien. Ex. Je travaille presque pour erien.

Erifler, v. a. — Effleurer la peau.

Eriflure, n. f. — Erafiure, légère écorchure.

Eripiaux, n. m. pl. — Oreillons.

Erlevée, n. f. — Relevée, l’après-midi.

Erocher, v. a. Enlever les roches, les pierres d’un champ.

Eronce, n. f. — Ronce.

Eronde, n. f. Aronde. Ex. Ma maison de campagne est bâtie à queue d’érànde.

Erre, n. f. — Arrhe. Ex. Donner une piastre d’erre. V. Air. Erusser, v. a.

— Détacher les feuilles d’une plante en faisant glisser dans la main, de bas en haut, la tige qui les porte. 1/origine de ce mot vient du fait qu’on cueillait les feuilles du lierre (êru~) au moyen de ce procédé.
— User. Ex. Tu as êrussê tes culottes au genoux.

Erysipère, n. m. — Erysipèle.

Escabeau, n. m.

Tabouret, petit meuble qu’on met sous ses pieds.
Echelle double, échelle de peintre, de tapissier, de libraire.

Escafignon, n. m.

Cafignon, chausson. Ex. Quelle odeur abominable ! ça sent

DES CANADIENS-FRANÇAIS 299,,

Yescafignon. Rabelais s’est servi de la même expression, pour dire la même chose.

Escalier, n. f. Escalier, n. m. Ex. Crois-tu, quelle belle escalier.

Escandale, n. m. — Scandale.

Escandaleux.se, adj. — Scandaleux.

Escapulaire, n. m. — Scapulaire.

Escarres, n. m. pl. Etalage. Ex. Madame fait ses escâres.

Escarrer (s’). v- pron. Affecter de grands airs. Ex. Madame Pépin ne s’escarre : pas qu’un peu, elle fait sa grande dame.

Escarreux, se, adj. Personne affectée, vaniteuse.

Esclande, n. f. — Esclandre.

Esclipe, n. f. — Eclipse.

Esclopé, e, adj. Eclopé. Ex. Ils se sont battus et vergés à coups de poing,, et ils sont revenus pas mal esclopés.

Escogriffe, n. m. Homme mal bâti et de haute taille. Vient d’escroc et de gripon. (Oudin et Cotg.)

Escouer, v. a.

— Secouer. Ex. Escoue mon pardessus, il est couvert de
neige.
— Corriger, battre.

Escouer (s’), v. pron.

Se donner du mal. Ex. Ce garçon arrivera, il s’escoue

gros.

S’agiter brusquement pour se débarrasser d’une chose.
Ex. Va f escouer, ton habit est plein de poussière.
Sortir, s’en aller au grand air. Ex. Cours f escouer, tu
sens mauvais.

Escousse, n. f. Espace de temps. Ex. Je t’ai attendu une bonne escousse. Se disait autrefois pour mouvement, action, course qui sert à mieux sauter. (Mad. de Sévigné.) 300 LE PARLER POPULAIRE

Escousses (par), loc. adv. Par intervalles, à diverses reprises. Ex. Docteur, j’ai des douleurs à l’estomac, mais seulement par escousses.

Escrofuleux.se, adj. — Scrofuleux. Escrupuleux.se, adj. — Scrupuleux, se. Escuse, n. f. Excuse. Ex. Je vous demande escuse. Escuser, v. a. Excuser. Ex. Escusez, Monsieur, si je vous coupe la parole. Espace, n. f.

Espace, n. m.
Intervalle.

Espèce de.•.

Locution pour exprimer toute espèce d’injures. Ex. Espèce d’imbécile ! Espèce de bon à rien ! Espèce de traîneux ! Tout simplement Espèce.

Espérer, v. a. et n.

Attendre. Ex. Espérez-moi, je serai à vous dans cinq
minutes.
Aimer à croire. Ex. J’espère bien que vous ne me trom- I
perez point. ;
  • Espérette, n. f.

Spiritueux. Ex. Allons prendre un verre d’espérette. (Angl)

spirit. ’ |

Espication, n. f. — Explication.

Espiègue, n. m. et f. — Espiègle.

Espionneux, se, adj. — Espion.

Esplicable, adj. j

Explicable. Ex. Une pareille conduite n’est pas esplicable. I

Esplication, n. f. — Explication. j

Espliquer, v. a. — Expliquer. j

Esprès, adv. — Exprès. ’

Espress, n. m. — Express.,

Esprit d’épinette. !
Finesse risquée. Ex. Cet homme, qui en a pourtant pas j
trop à vendre, se mêle de vouloir faire de l’esprit, mais l

c’est de l’esprit d’êpinette. \ I

DES CANADIENS-FRANÇAIS 301

Esqueiette, n. m.

Squelette. Ex. Etre maigre comme un esquelette.

Esquis, e, adj. — Exquis, se.

Essaye, n. m.

Essai. Ex. J’ai pris cet homme-là à Vessaye.

Esseau, n. m.

Ouverture ménagée dans une digue, pour laisser couler l’excès de l’eau.

Esseil, n. m. — V. Essaye.

Esseu, n. m. — Essieu.

Essiver, v. a. — Lessiver.

Essue-mains, n. m. — Essuie-mains.

Essuer, v. a. Essuyer. Ex. Essue la table avant de mettre la nappe.

Essuifer, v. a. — Enlever le suif.

Estampille, n. f.

Timbre-poste. L’estampille est un timbre employé pour at tester l’authenticité, la provenance ou la propriété d’un livre, d’un brevet. 

Estampiller, v. a.

Poser un timbre-poste sur une enveloppe de lettre.

Estampille, n. f. — Estampille.

Estâtue, n. f.

Statue. Ex. Pourquoi restes-tu là planté comme une estâ tue ?

Est-ce pas ? — N’est-ce pas ?

Estèque, n. m.

Fin. Ex. Nous avons fini de construire cette maison,
mettons-y le bouquet, ce sera Y estèque.
Dernière levée, au jeu de cartes. Ex. J’ai fait Y estèque.
Plan, action. Ex. Ne fais pas â’esteques pour te casser
le cou.

Estèqueux, euse, adj. — Personne ingénieuse.

Estime, n. f.

Estimation. Ex. Dans mon estime, je crois qu’il va mou rir aujourd’hui.

  • Estimebotte, n. m. (Angl.) — Steamboat.
3<D2 LE PARLER POPULAIRE
Estimer, v. a.

Croire, juger. Ex. y estime que cela peut bien valoir une piastre.

  • Estimés, n. m. pl. État estimatif des dépenses. Ex. Les estimésseront soumis

à la Chambre, demain. (Angl.)

Estomac, n. m.

Poitrine. Ex. Etre pris de V estomac ; cacher quelque
chose dans son estomac.
Avoir Pestomac ouvert, avoir une mauvaise digestion.
— Avoir V estomac dans les talons, avoir une grande faim.

Estra, n. m. — Extra. Ex. Je paierai tous les estras.

Estradinaire, adj. — Extraordinaire.

Estravagance, n. f. — Extravagance.

Estravagant, e, adj. — Extravagant, e.

Estravaguer, v. n. — Extravaguer.

Estrémité, n. f. Extrémité. Ex. Notre malade est à V estrémité.

Estremeonction, n. f. — Extrême onction.

Estropié, adj. Hernie. Ex. Je me suis estropié en voulant lever le poids d’un quintal.

Estropier (s1), v. pron. Se blesser. Ex. Je me suis estropié au doigt.

Estropique, adj. et n. — Hydropique.

Etabli, n. f. — Etabli, n. m.

Etage, n. m.

Phase. Ex. Nous ne sommes encore qu’au premier étage

de la procédure. (Angl. )

Etage, n. f. Ex. Monte à la seconde étage,

Etain, n. f. — Etain, n. m. Ex. Une cuiller à’étainfine.

Etaler, v. a.

Laisser porter. Ex. Nous ne sommes pas beaucoup habil lés contre le froid, n’importe, étalons. 

Etamper, v. a.

— Dire à quelqu’un son fait. Ex. Je l’ai êtampê de la belle
façon. 
— Frapper, battre.

Etamper (s’), v. prou.

S’étendre de tout son long. Ex. Il est tombé dans une mare de boue, il ^ ’est étampé comme il faut.

Etamperche, n. f. — V. Etemperche.

Etancher, v. a.

Sécher. Ex. Etanche ton papier avec du papier buvard.

Etang, n. m.

Pièce d’eau artificielle. Ex. Nous avons jeté des poissons vivants dans notre étang.

Etanies, n. f. pl.

Litanies. Ex. Maintenant, mes enfants, nous allons dire les étantes, c’est-à-dire les litanies de la sainte Vierge.

Etarnité, n. f. — Eternité.

Etarnuer, v. n. — Eternuer.

États, n. m. pl.

États-Unis. Ex. Je pars pour les États, je m’en vas travailler dans les /aciéries.

Etau, n. m. — Etal.

Etaye, n. m. — Etai, appui, support.

Eté des sauvages.

Intervalle de doux temps vers la fin de l’automne, qui laisse croire que l’été va renaître. Nos sauvages profitent de ce temps pour faire leurs chasses et leurs pêches en vue de l’hiver qui va s’ouvrir.

Eteil, n. m. — V. Etaye.

Eteindu, e, adj. part.

Eteint. Ex. As-tu êteindu la chandelle ?

Etemperche, n. f. — Tendoir, écoperche.

Etenderie, n. f.

Etendage, assemblage de cordes tendues sur lesquelles on
étend des choses qu’on veut faire sécher.
Assemblage de choses étendues sur les meubles ou sur le
plancher.

Etendre, v. a.

Etendre le linge. Ex. Aujourd’hui, il fait beau, nous allons étendre.

Eternité de temps, n. f.

Long intervalle. Ex. Crois-tu que je vais t’attendre une

éternité de temps ?

Etiré, e, adj. part.

— Abattu, fatigué. Ex. Qu’as-tu donc, ce matin, tu es

tout étiré ?

— Tiré, allongé. Ex. Avoir la figure étirée.

Etoc, n. m. — Etau.

Etoffe du pays, n. i-

Etoffe fabriquée chez les cultivateurs avec la laine de

leurs moutons.

Whiskey blanc. Ex. Entrons prendre un coup & étoffe

du pays.

Etoile à grand’ queue, n. f. — Comète.

Etou, adv. — Aussi. Ex. Moê étou, toê êtou.

Etouffer, v. a. — La dévotion

Vétouffe pas, il n’est pas dévot.

Etoupe de France, n. f.

Etoupe très soyeuse employée par les rebouteurs dans les cas de fracture.

Et pis, loc.

Et puis. Ex. Tu iras au bureau de poste, et pis à l’église.

Etrange, adj.

Etranger. Ex. Quel est celui-là qui passe ? — C’est un étrange, ben sûr.

Etranger, v. a. — Etrangler, vendre cher.

Etre bien, loc. — V. Bien.

Etre bon, loc.

Bien disposé. Ex. Peux-tu m’aider à scier une corde de bois ? — Je suis bon.

Etre bon pour, loc. — V. Bon pour.

Etre en cherche, loc.

Etre à la recherche. Ex. Je suis en cherche d’un bon domes tique.

Etre pour, loc.

Etre sur le point de. Ex. Je suis pour me marier la se maine prochaine.

Etreit, e, adj. — Etroit, étroite.

Etreitement, adv. — Etroitement. 

Etriper, v. a.

Tuer de coups. Ex. J’ai manqué me faire êtriper.

Etriqué, e, adj.

Vêtu. Ex. Cet homme est bien mal étriqué. On peut dire êtriquer un habit, êtriquer un discours. Etrivant, e, adj. part. Contrariant. Ex. Que c’est etrivant de se voir condamné

à entendre de pareils discours ! Etrivard, n. et adj — Qui aime à étriver. 

Etrivation, n. f. — Action d’étriver.

Etriver, v. a.

Gouailler, taquiner.

Ce mot semble venir de l’islandais strid, qui signifie guerre, attaque, ou mieux de l’anglais to strive, disputer, gourmander.

Etriver (s’), v. prou. — Se plaisanter mutuellement.

Etriveux, se, n. et adj.

Qui est dans l’habitude d’étriver. E cetera, loc. Et cetera. Jeu de mots très involontaire chez celui qui le

commet.

Eturgeon, n. m. — Esturgeon.1 Eu,

U. Se prononce le plus souvent u. Tradition du vieux français. On dit bien : j’eus, tu eus, il eut, gageure, avec la son u. Tout ce qui parle bien en France, écrivait Théodore de Bèze, au XVIe siècle, prononce hureux.

  • Euchre, you-keur, (m. a.)
Jeu de cartes où le valet d’atout joue un grand rôle. Eune, adj. f. — Une. Ex. Je vous souhaite eune bonne année.
  • Evaluateur, n. m. — Estimateur. (Angl.)

Evangile, n. f.

Evangile, n. m. Ex. Partir de l’église avant la dernière évangile.

Eveiller, n. m.

Réveiller. Ex. Demain, tu m1’éveilleras à six heures. Eventaire, n. m. — Inv entaire.

Eventé, e, adj.

Evaporé, léger. Ex. Une personne éventée.
Goût particulier que prend le lard avancé. Ex. Du porc

frais qui a pris le goût Revente.

Eventer, v. a. — Pousser. Ex. Eventer les cris.

Eventilateur, n. m. — Ventilateur.

Eventiler, v. a. — Ventiler, renouveler l’air dans un lieu clos.

Eventouffle, n. f. — Ventouse.

Eventouse, n. f. — Ventouse.

Eviander, v. a. — Enlever la viande sur un os.

Exactitude, n. f.

Ce mot n’est pas encore reconnu par l’Académie. On l’a vu naître avec peine, et se conserver malgré tous les efforts contraires des puristes. Au XVIIIe siècle, on a mis ea circulation, pour en finir, les mots exactetê et exactesse. Us ont tous deux disparu. Exactitude est resté, et restera, parce que la langue en a besoin et ne peut le remplacer.

Exarcer, v. a. — Exercer.

Excès (d’j, adv.

A l’excès. Ex. Y avait-il bien du monde à l’assemblée d’hier soir ? — Non, il n’y en avait pas d’excès.

Excitement, n. m. — Excitation.

Exciter (s’), v. pron.

Perdre son sang-froid. Ex. Ne vous excitez pas, l’ami, prenez vos sens.

Excrimer (s1), v. pron. S’escrimer, se remuer en tous sens.

Excuse, n. f.

Demander excuse, demander pardon.
Faire excuse, s’excuser. Ex. Faites excuse, monsieur,
ce n’est pas cela que j’ai voulu dire.

Excusez ! v. a.

Pris à l’impératif et sans régime, par voie d’exclamation ironique. Ex. Quelle belle toilette, excusez ! excusez du peu !

Exemple, m. f. Exemple, n. m. Ex. Une belle exemple à suivre.

Exemple (par) ! loc.

Exclamation pour exprimer l’étonnement, comme si on
disait : je vous en prie, vous m’étonnez. Ex. Qu’est-ce

que tu me racontes là, par exemple !

En retour. Ex. Je vais te donner cent piastres pour le
loyer de ta maison, ma\spar exemple, tu en feras réparer
tout l’intérieur.

Exercer, v. a. — Répéter. Ex. Exercer un drame.

— Entraîner. Ex. Exercer un cheval.

Exhibit, n. m. — Document.

Exhibition, n. f.

Exposition. Ex. Vas-tu à Vexhibition du comté de Québec ?

Exil, n. m. — Pénitencier. Ex. Partir pour l’exil.

Exiler, v. a.

Condamner au pénitencier. Ex. Un tel va être exilé pour sa vie.

Existence (en), loc.

Qui existe. Ex. C’est le meilleur remède en existence.

  • Exposé financier. — État budgétaire. (Angl.) Exprès, adv.

C’est fait exprès, c’est comme un fait exprès, c’est une action accomplie expressément dans un but particulier.

Exprès (faire un).

Aller expressément. Ex. J’ai dû faire un exprès pour faire votre commission.

Exprès (par), loc.

Avec intention. Ex. Monsieur, je ne l’ai pas fait par exprès.

  • Express, n. f., (m. a.)
— Petite voiture à l’usage des enfants, pour simuler les

grosses voitures dont se servent les épiciers, les bouchers pour distribuer leurs provisions aux chalands.

Voiture de déménagement, voiture de factage, camion.

Extra, n. m.

Supplément. Ex. Extra de journal.
Excellent. Ex. Ce vin est extra.

Compte additionnel. Ex. Ce qui me coûte le plus cher dans cette maison que je viens de faire construire, ce sont les extras.

Extradinaire, adj.
Extraordinaire.
Extrait d’âge, n. m.
Acte de naissance, baptistaire.
Extra superfin.
Supérieur. Ex. Nous vendons de la fleur extra superfine pour faire de bons gâteaux.



F
Face, n. f.
Fendre la face à quelqu’un, lui déplaire beaucoup.
Face de peau de nanne, figure désagréable.
Face de carême, figure blême et maladive.
Se marier en face de cheval, contracter un mariage en dehors de toutes lois civiles et religieuses.
Se marier en face de l’Église, contracter un mariage suivant les règles de l’Église.
Fâche, n. f.
Fâcherie, brouille. Ex. Allons, les enfants, pas de fâche entre vous.
Fâchette, n. f.
Fâcherie. Ex. Fais donc une petite fâchette, ma chère.
Façon, n. f.
— Politesse, usage du monde. Ex. Cet homme a une grande façon, il a de la façon comme pas un.
— Cérémonie. Ex. Ne faites pas de façon, acceptez sans cérémonie, c’est de grand cœur.

— Chaudronnée. Ex. Une façon de savon, une façon de sucre.

Façonneux, euse, adj. — Cérémonieux.

  • Facterie, n. f. (Angl.)

Manufacture, fabrique. Ex. Travailler dans une facterie d’allumettes.

Usine.

— Ateliers en général.

Fadir, v. n.

Affadir, rendre défaillant. Ex. Le cœur me fadil, rien qu’à l’idée de prendre de l’huile de castor,

Faffigner, v. n. — V. Faffiner.

Faffiner, v. n.

Hésiter, tergiverser. Ex. Fais ce que je te dis, ne fafâne pas.

Faffinerie, n. f. — Hésitation, tergiversation.

Faffineux, euse, adj. — Qui faffine.

Fagot, n. m.

Carte qui ne compte pas pour faire un point, parce qu’elle se trouve seule au lieu d’être accouplée à deux autres similaires, au jeu dit du quatre-sept. Ex. Nous avons six points et deux fagots.

Fagulté, n. f.

Faculté. Ex. La fagulté de droit, de médecine, des arts.

Faible, adj. — En faiblesse. Ex. Tomber faible.

Faignander, v. n. — Fainéanter.

Faigniant, e, adj. — — Fainéant, paresseux.

Faignantise, n. f. — Fainéantise, paresse.

Faillance, n. f. Défaillance. Ex. Il est tombé en faillance. Ce mot se disait jadis.

Faillette, n. f.

Faiblesse, moment de découragement. Ex. Avoir une petite faillette., Intervalle de relâche, de répit. Ex. Le capelan remonte le fleuve, la morue va cesser de mordre, alors nous aurons une fai llette.

Ex. Cette affaire est faillie. Expression acadiemie.

Falllot, fayot, n. m., Haricot, fève. Mot français, employé surtout par les Acadiens.

Faim, n. m. — Avoir une faim de loup, de chien, une vieille faim, une faim d’enragé, avoir beaucoup faim. — Avoir faim dans le ventre, même sens.

Fainéander, v. u. — Ne rien faire.

Faintise, n. f. — Fainéantise.

  • Fair, (tu. a.)

— Correct. Ex. C’est pas fair ce que tu dis là. — Raisonnable. Ex. Pourquoi m’injurier sans raison ? c’est pas fair.

  • Fair play, fêr plê, n. m., (m. a.)

Franc jeu. Ex. Je lui ai donné fair play. Faire, v. a. Proposer un prix dans une vente. Ex. Sais-tu qu’il m’a fait sa maison, six mille piastres. Suffire. Ex. Je te donnerai deux piastres, ça va-t-y faire f Cultiver. Ex. J’ai un jardin qui est long & faire. Donner les cartes. Ex. A qui & faire ? Habiller. Ex. Je t’assure que cet habit te fait bien. Simuler. Ex. ~Nefais donc pas l’innocent, la bête. Embrasser une carrière. Ex. Faire un médecin, faire un avocat, faire un prêtre. Ex. Mon garçon est faire un prêtre. Faire soleil, faire du soleil.

Faire son homme, faire l’important.

Faire une fin, se marier.

Faire le gros dos, faire l’homme important.

Faire de la terre, défricher.

Faire son pouvoir, faire son possible.

Faire de la toile, tomber en syncope.

Faire ni une ni deux, aller vite en besogne.

Faire ses choux gras, se plaire.

Faire la pluie et le beau temps, tout régler.

Ne pas faire un pli, ne pas soulever d’obstacles.

Faire des choux et des raves, disposer d’une chose comme bon nous semble.

Faire du sang de punaise, faire du mauvais sang.

Faire danser l’anse du panier, faire des profits illicites.

Envoyer faire foute, envoyer au large.

Cela ne fera pas, cela n’est pas acceptable.

— Faire les demandes et les réponses, s’emparer de la converation, et 11e rien omettre de ce que l’on sait.

Faire la grande demande, demander une jeune fille en mariage.

Faire laid, avoir mauvaise mine.

Faire du fia-fla, parler d’une manière prétentieuse, arrogante.

Faire « Au nom du Père », se signer.

Faire les cent coups, mener mauvaise vie.

Faire la vie, mener joyeuse vie.

— Se faire vieux, paraître vieux.

Faire sa religion, pratiquer sa religion.

Faire la neuvaine, suivre les exercices de la neuvaine.

— Une chose ni faite ni à faire, une chose très mal faite, qui n’a ni rime, ni sens.

  • Faiseur, n. m.

Prometteur. Ex. Nous avons ensemble un billet promissoire, tu n’oublieras pas que c’est toi qui en es le faiseur. (Angl.)

Faiseux, n. m. — Faiseur. Ex. Un faiseux d’embarras.

Fait, n. m.

Vérités. Ex. Dire à quelqu’un son fait. Cela est dû au fait que, cela est dû à ce que. ( Angl.) — Comme défait, en effet.

Faite, n. m.

Fait. Ex. Comme de faite, par le faite, sur \t faite. Je l’ai pris sur le faite. :

Falbana, falbéna, n. m. Falbala, garniture dans la robe des femmes.

Falle, n. f., Jabot. Ex. La falle de l’oie, du pigeon. Avoir la falle basse, avoir une grosse faim. Avoir la falle à l’air, avoir la gorge découverte.

Fameuse n. f. —Pomme fameuse, dite remette du Canada.

Fameusement, adv. — Extrêmement. Pas académique.

Fameux, euse, adj. — Fameux.

Fanal, n. m. — Lanterne, lanterne sourde. Individu très élancé. Ex. Où vas-tu, grand fanal f de ce train-là. Attendre quelqu’un avec une brique et un fanal, l’attendre de pied ferme, pour lui donner une raclée.

Fanau, n. m. — Fanal.

Fanfarluche, n. f. Fanfreluche, colifichets propres aux femmes.

Fanil, n. m. — Fenil, grenier à foin.

Fantasse, adj. — Fantasque. Faraud, e, adj. et n. — Personne bien mise. Ex. Comme tu es faraud, aujourd’hui, pour mi jour de semaine ! — Celui qui courtise une jeune fille. Ex. Mademoiselle a un faraud. Comme celui qui courtise une jeune fille ne doit se présenter devant elle qu’avec une mise soignée, on lui a appliqué le qualificatif faraud pour le désigner. Dans le Jura, un faraud est un jeune homme de classe inférieure qui se pare comme les banquiers et les nobles ou qui singe leur ton. Le mot s’y écrit farot. En Bourgogne, c’est faro. Larousse écrit faraud, recherché dans sa mise.

Farauder, v. n. — Faire le faraud.

Farbala, n. m. — Falbala.

Farbena, n. m. — Falbala.

Farce, n. f. — Plaisanterie. Ex. Entendre la farce.

Farcin, n. m. Saloperie, crasse. Ex. C’est un salaud, il est couvert de farcin

Farcineux, euse, adj. — Qui fait des farces peu drôles.

Farda, n. m. — Fardeau.

Fardaine, n. f. — Fredaine.

Fardassement, n. m. — Frelassement.

Fardasser, v. n. — V. Farlasser.

Fardé, e, adj. — Hardé. Ex. Un œnï fardé.

Fardoches, n. f. pl. — Ecrues ou bois de croissance récente.

  • Fare (bi ! l of), fêre, (m. a.)

Menu. Ex. Garçon, apportez-moi le bill offare.

Farine, n. f. Farine de diable tourne toujours en son, le bien mal acquis ne profite à personne.

Farinier, n. m. Farinière. Le farinier est celui qui fait moudre le blé ou fait le commerce de farine.

Farlassement, n. m, — Froissement de la soie.

Farlasser, v. a. Faire un bruit de papier froissé. Ex. Cette femme porte beaucoup de soie, ça fartasse.

Farme, n. f. — Ferme. Ex. Les farmes du Séminaire. Ferluquet, n. m.

Freluquet. Jeune homme léger et sans mérite.

  • Faro, n. m. (m. a.) — Pharaon. (Jeu de cartes.)

Farouche, adj. Peureux, craintif, ombrageux. Ex, Mon cheval est farouche, tu ne pourras pas le prendre dans le clos.

Faroucher, v. a. — Effaroucher.

Fars, n. m. Farce, herbes hachées pour les préparations culinaires.

Fascine, n. f. Branchage ou harts entrelacées qui servent à tendre les pêches, et forment une barrière au poisson. On en fabrique aussi des claies qui sont utilisables pendant plusieurs années.

Fatiquant, e, adj. — Fatigant.

Fatique, n. f. — Fatigue.

Fatiquer, v. a. — Fatiguer.

Faubourg, n. m. Village, endroit où les maisons sont groupées près de l’église paroissiale.

Fauchable, adj. Qui peut être fauché. Ex. Ce foin n’est pas fauchable.

Fauchaille, n. f. — Fauchage.

Faucher, v. a. Faucher dans le champ du voisin, s’emparer du bien des autres,

Faucheux, adj. — Faucheur.

Faucille, n. f. Une bonne faucille, un homme habile à manier la faucille, comme on dit une bonne fourchette, pour désigner un homme qui mange beaucoup.

Faufilage, n. m. Faufilure, couture provisoire, à points espacés.

Fauloir, v. imp. Falloir. Ex. Il faulait bien se décider à faire quelque chose.

  • Fausse arrestation. (Angl.) — Arrestation illégale.

Fausse-couche, n. f. Personne mal bâtie et de très petite taille.

Fausse-porte, n. f. — Contre-porte.

Fautif, adj. Coupable. Ex. Tous ces enfants sont fautifs, la pénitence sera générale.

Faut-y ! Exclamation qui exprime l’étonnement, l’horreur, la pitié, le regret. Ex. Faut-y que je sois malheureux ! Y en avait-il de ce monde aux pageants, faut-y voir ?

Fégond, e, adj. — Fécond.

Feignant, adj, — Fainéant. V. Faigniant.

Feillard, n. m. — Feuillard de fer.

Fêle, n. f. — Fêlure.

Feluette, adj. — Fluet. Ex. Une enfant feluette pour sou âge,

Femme (bonne), n. f. Femme âgée. « Parmi les femmes, la qualité de bonne ne s’acquiert ordinairement que par la perte de la qualité de belle, et, parmi les hommes, depuis qu’on est bonhomme, on ne— doit plus guère prétendre à la bonne mine. » (Costar, Apolog.)

Femme (la), n. f. Ma femme. Ex. Qu’est-ce que t’en penses, la femme f

Fendable, adj. Qui peut être fendu. Ex. Voilà du bois qui n’est pas fendable.

Fendre, v. n. — Se fendre. Ex. Cet arbre a fendu.

Fendre (se), v. pron. Dépenser contre son habitude. Ex. Fends-toi d’une piastre, — allons, sois généreux pour une fois.

Fenêtre, n. f. Jeter son argent par les portes et par les fenêtres, dissiper son bien follement.

Fénil, n. m. — —Fanil.

Fénîr, v. n. — Finir. Ex. Je ne sais point quand cela fénira.

Fer, n. m. Cet homme ne vaut pas les quatre fers d’un chien, il ne vaut rien. Une main de fer, un homme qui brise tout ce qu’il touche. Avoir trop de fer au feu, entreprendre plus qu’où est capable d’exécuter.

Ferblanquier, n. m. — Ferblantier.

Ferblanterie, n. f. Objets en fer-blanc. Ex. Acheter de la ferblanterie pour monter son ménage.

Ferdaine, n. f. — Fredaine.

Ferdassement, n. m. — V. Farlassement.

Ferdasser, v. n. — V. Farlasser,

Ferdoche, n. f. — V. Fardoche.

Fergâiller, v. a. — Fourgonner, exciter le feu dans un poêle avec le fourgon. — Fouiller, fureter.

Fermer (se), v. pron. Se taire. Ex. Veux-tu te fermer, oui ou non ? bavard que tu es.

Ferrée, n. f. — Bêche.

Ferrée (bière), a. f— Bière dans laquelle on introduit une barre de fer rougie au feu pour la tiédir.

Ferreur, n. m. — Maréchal-ferrant.

  • Ferry, ferré, (m. a.) Bateau traversier. Ex. Il faut prendre le ferry pour traverser le fleuve de Québec à Lévis.

Fertiller, v. n. — Frétiller. V. Fortiller.

Fertilleux, euse, adj. — V. Fortilleux.

Fertillon, n. m. — V. Fortillou.

Fesser, v. a. — Mordre à l’hameçon. Ex. Le poisson ne fesse pas aujourd’hui. — Frapper, battre. Ex. Mon maître de classe m’a fessé dans les mains. Fesser dans le dos, fesser sur la tête.

Fesser dessus (se), loc. Prendre son parti. Ex. Tu peux te fesser dessus, tu n’obtiendras rien.

Fêtailler, v. u. Faire la fête de temps à autre. Ex. Il n’y a pas à compter sur celui-là, c’est un homme qui fêtaille.

Fêtailleux, n. m. — Qui fêtaille.

Fête, n. m. — Etre en fête, se mettre en fête, être ivre, s’enivrer. — Faire une fête, se griser.

Fêtes (Jes), n. f. pl. L’intervalle qui s’écoule entre Noël et les Rois. Ex. Vous descendrez nous voir aux Fêtes, Fêter, v. n. — Faire un abus des liqueurs fortes.

Fêteux, n. m. Homme qui est dans l’habitude de fêter.

Feton, n. m. Cheville qui retient les traits du collier aux limons de la charrette.

Feu, n. m. — Sonner le feu, sonner l’alarme. Passer au feu, incendier, avoir un nouveau-né. Jeter son feu, décharger sa colère. Mettre le jeu aux êtoupes, allumer la chicane. Station du feu, poste des pompiers. Assurance contre le feu, contre l’incendie. Brigade du feu, corps des pompiers. Aller au feu, être témoin d’un incendie.

Feu chalain, n. m. — Eclair de chaleur.

Feu des dents, n. m. Eczéma qui se produit autour delà bouche et du nez, à l’époque de la dentition, chez les scrofuleux.

Feu des Roussi. Flamme bleuâtre qui s’élève parfois au sein de la mer, à mi-distance entre Caraquet (N. B.) et Paspébiac, sur la rive de la Baie de Chaleur. D’après une tradition, ces feux marqueraient l’endroit ou périt une barge conduite par de hardis marins du nom de Roussi.

Feu sauvage, n. m. Variété d’eczéma au bord des lèvres. En France on dit feu volage.

Feuble, adj. — Faible.

Feublement, adv. — Faiblement.

Feublesse, n. f. — Faiblesse.

Feuillard, n. m. — Fer feuillard.

Feuille de chou, n. f. — Gazette éphémère et insignifiante.

Feuiller, v. a. — Feuilleter.

Feuilloter, v. a. — Feuilleter.

Feuvrier, n. m. — Février.

Fève, n. f. Haricot. Ce que nous appelons gourgane est la vraie fève. En France, la gourgane est une fève de marais.

Fève rameuse, n. f. — Haricot commun.

Fève (tirer la). Tirer le gâteau des Rois. Celle à qui la fève échoit, est pro clamée reine.

Fève d’odeur, n. f. Coumarou, employé pour aromatiser le tabac à priser.

Fève en côsse, o. f— Haricot vert.

Févérier, n. m. — Février.

Fiable, adj. Digne de croyance. Ex. Cet homme n’est ^zs fiable, défions— nous !

Fiacre ! interj. Marque l’étonnement, l’admiration. Ex. Fiacre, quel beau temps !

Fiarté, n. f. — Fierté.

Fiat, n. in. Foi, confiance. Ex. C’est un homme qui n’a pas de paro le, il n’y a pas de fiât à faire sur lui. Nous prononçons fiate. Dans le cas présent, on joue sur le passage de l’O raison dominicale, fiât voluntas tua : il n’y a pas de fiât dans son Pater.

Fichant, adj. — Très contrariant. Ex. C’est-y pas fichant !

Fiche (aller se faire), loc. Envoyer promener. Ex. Va te faire fiche, tu m’ennuies.

Ficher, v. a. Mettre. Ex. Ne. fiche plus les pieds ici. Ficher le camp, décamper, déguerpir. Ficher la paix, donner la tranquillité. Aller ficher les pieds ailleurs, s’en aller. Ficher le feu, mettre le feu.

Ficher (se), v. pron. Laisser entrer, mettre. Ex. Il s’est fiché cette idée dans le coco. Se moquer de. Ex. Je me fiche de toi comme de ma première chemise.

Fichtre, inter j. Juron, amalgame as. fiche et de foutre, pour exprimer l’étonnement, l’admiration, la douleur. Fichtre n’a rien de grossier, quoiqu’en dise, Btmn dans son Glossaire.

Fichu, n. m. et adj. — Cravate portée par les hommes. Ex. Mets : ton <fichu, mon i vieux, , pour..aU « r. à la —.messe.

Perdu. Ex. J’ai laissé mes gants dans les chars, ils sont bien fichus. Coulé, ruiné. Ex. Pierre est fichu pour le reste de ses jours, car il y a trop longtemps qu’il abuse du public. Mourant. Ex. Jean est fichu, le docteur me l’a dit. Etre mal fichu, être mal vêtu, être dans une situation critique.

Fichument, adv. Beaucoup. Ex. Ces poires sont fichument bonnes.

Fictivement, adv. — Effectivement, réellement.

Fiel, n. m. — Se ronger le fiel, ronger son frein.

Fielleux, euse, adj. — Rancunier.

Fier, ère, adj. Heureux, content. Ex. Que je suis fier d’aller me promener à la campagne ! Vaniteux. Ex. Que cette femme est fière ! elle est toujours habillée comme une reine.

Fier-à-bras, n. m. Individu toujours prêt à faire le coup de poing, surtout en temps d’élection. Ex. A l’assemblée politique de dimanche, à la halle du marché Jacques-Cartier, il y avait une gagne de fiers-à-bras soudoyés par les partisans de M. X.

Fiéraud, fiérot, adj. — Fier, vaniteux.

Fiéret, ète, adj. Fier. Diminutif. Cotgrave et Oudin citent fiéret. Fierpet, te, n. m. et f. Personne toujours bien mise. Ex. C’est un fierpet, une ficrpette.

Fièvre, n. f. Inflammation. Ex. J’ai la fièvre dans ce doigt-là, je souffre d’un panaris. Peur. Ex. Rien qu’à y penser d’avance, j’en ai \& fièvre. Sentir la fièvre, se dit d’un malade retenu au lit par une fièvre quelconque.

Fièvres typhoïdes, n. f. pl. Fièvre typhoïde. Ex. I, e docteur a déclaré que mon frère avait les fièvres typhoïdes.

Fifille, n. f. — Fille.

Fifollet, 11. m. — Feu-follet.

Fifre, n. m. Diable. Ex. Je l’ai envoyé au fifre, ce misérable qui m’ennuyait.

Fifre (en), n. m. D’une humeur terrible. Ex. Je suis en fifre depuis deux jours, tu sais pourquoi.

Figer, v. n. Cesser de remuer, devenir immobilisé comme de l’eau cou-gelée ou du suif figé. Ex. Nous sommes restés figés sur nos chaises, à la vue de ce spectacle étrange.

Fignoler, v. n. Faire le fin. Arranger avec beaucoup de soin.

Fignoleux, euse, adj. Un élégant, le coq du village.

Fignon, ne, adj. — Pimpant, personne qui fignole.

Figuration, n. f. Idée, conception. Ex. J’ai comme une figuration que vous réussirez à l’avenir.

Figure, n. f. Feuillure, entaille dans laquelle les portes et les fenêtres sont encadrées pour fermer juste. Au jeu de cartes, le roi, la dame et le valet. Ex. Joue une figure, n’importe laquelle.

Fil, n. m. Fait dans le fil, très bien fait. De fil en aiguille, peu à peu, de propos en propos. — Finesses cousues de fil blanc, finesses qui ne sont pas drôles et faciles à découvrir.

Filasse, n. f. — Cheveux trop clairs. — Filasses de tire, filaments ténus formés par la tire.

  • File, n. f. (Angl.) Liasse, dossier, série de journaux. Ex. Apportez-moi la file de la Vigie et celle des journaux du Conseil législatif.

File (de), loc. adv. D’affilée, de suite. Ex. J’ai marché deux heures défile. _ A la file. Ex. Vous ferez attention de marcher défile durant la procession.

Filée, n. f. Rangée de personnes ou de choses disposées à la file. Ex. As-tu vu le triomphe des bleus, y en avait-il une filée de voitures ?

Filer, v. a. Produire. Ex. Filer un rapport, un plaidoyer, une opposition. (Angl.). — Marcher vite. Ex. File dehors, tu m’embêtes ! — JFiler un mauvais coton, passer un mauvais quart-d’heure. Jnler doux, baisser le ton. — Tenir en langueur. Ex. Rien ne presse, au contraire, il faut que nous fassions filer cette affaire aussi longtemps qu’il y aura moyen. — JFiler sa corde, se conduire de manière à arriver sûrement à la potence.

Fille, n. f. Servante. Grande fille, jeune fille parvenue à l’âge de puberté. Fille d’enfant, bonne. Fille générale, servante bonne à tout faire. Aller voir les filles, fréquenter la société des jeunes filles avec des intentions matrimoniales.

Filleu, n. m. — Filleul.

Fillol, e, n. m. et f. Filleul, e. Autrefois on disait filole. Molière a dit fillol, après Brantôme.

Filoseille, n. f. — Filoselle.

Filou, adj. — Trompeur et flagorneur.

Fin (à sa), — Fini, achevé. Ex. Cet homme est bête à sa fin.

Fin (au), loc. Très bien. Ex. J’ai réussi au fin. Il travaille au fin.

Fin (tout), loc. Absolument. Ex. J’étais tout fin seul quand il est venu.

Fin (faire le), loc. Dissimuler, ne pas procéder franchement. Ex. Ne/ « wpas le fin avec moi, je connais ces histoires-là.

Fin (un pas), n. m. Un homme inhabile et peu sensé.

Fin cœur, loc. — Milieu. Ex. Le fi ? i cœur de l’hiver, de l’été.

Fin des fins (à la), loc. — Finalement.

Fin finale. — Fin définitive.

Fin fond (le). Le tréfonds. Ex. Je verrai le fin fond de cette affaire, ou il en dêcousera.

Financer, v. n. Arranger son affaire de façon à payer tous ses billets ou à les renouveler à échéance. Ex. C’est une grosse journée de billets, il va falloir financer pour arriver juste.

Finasser, v. n. — User de subterfuges. — (Familier.)

Finasserie, n. f. — Finesse cousue de fil blanc.

Finasseux, euse, adj. Individu qui a recours à des subterfuges pour tromper son monde.

Finement, adv. D’une manière claire et distincte. Ex. Jacques ne voit et n’entend pas finement.

Fine mouche (une). — Un homme rusé, très fin.

Finfin, n. m. Fin, pris en mauvaise part. Ex. C’est un beau finfin, il mourra jeune.

Finfoin, n. m. — Sainfoin, herbe fourragère.

Fini, part. pass. Très, complètement. Ex. Cette femme est belle finie.

Finiment, adv. — Parfaitement, très bien fini.

Finir, v. n. /’en ai fini avec vous, je ne veux pas avoir de rapports avec vous.

Finisseux, euse, adj. — Qui donne le dernier fini à un ouvrage.

Finition, n. f. Fin, terme. Ex. Il doit y avoir une finition à. ces histoires-là.

  • Finnan haddie, finnann addê (m. a.) — Morue fumée.

Fiole, n. f. Sécrétion nasale. Ex. Cet enfant a des fioles au nez.

Fion, n. m. — Fini. Ex. Donner le fion à un ouvrage. — Chic. Ex. Cette demoiselle a du fion. Homme agité, remuant. Ex. C’est un vrai fion que ce gaillard-là. Traits de plume que le calligraphe ajoute aux lettres majuscules. Dessins. Ex. Ce patineur fait toute espèce de fions avec ses patins, il va même jusqu’à écrire son nom sur la glace. Notes d’agrément. Ex. Nous avons un curé nouveau qui chante très bien, il fait de beaux fions. Le mot fion ne se trouve pas dans le Dict. de l’Académie.

Fionner, v. n. Ecrire en agrémentant ses lettres de beaucoup de fions. Chanter en intercalant des notes d’agrément. Patiner en tous sens. — Jouer du violon, de la flûte, en faisant des fions.

Fionner (se), v. pron. Se vêtir richement. Ex. Je pars pour le bal, je vais me fionner.

Fionneux, euse, adj. Celui qui fionne en chantant, en jouant du violon, de la flûte, en patinant, en écrivant.

Fioper, v. n. Faire un certain bruit avec sa bouche lorsqu’on mange avec un grand appétit.

Fisque, adj. — Fixe.

Fisquer, v. a. — Fixer.

Fissure, n. f. Apparence. Ex. Je viens de tomber du toit du hangar, et je n’ai pas attrappé une fissure de mal.

Fiston, n. m. Fils. Ex. Ecoute, mon fiston, ne va pas au théâtre, tu es bien trop jeune.

Fixer, v. a. Regarder eu face, avec attention. Ex. Fixe-moi pas comme Ça.

  • Fixtures, fixtieure, (m. a.) Comptoir, rayons, meubles, aménagement.

Flac ! Interjection pour imiter le bruit d’un corps tombant dans l’eau ou tout liquide.

Flacotage, n. m. — Action de flacoter, de clapoter.

Flacoter, v. n. Clapoter. Ex. L’eau entre dans mes bottes, c’est beau de voir ça, aussi les pieds me Jîacotent. Flotter. Ex. Comme tu es maigre, tu flacotes dans tes hardes.

Flacoteux, euse, adj. — Qui flacote, clapote.

Flagoter, v. n. — V. Flacoter.

Flague douce, n. f. Sans caractère. Ex. Pour te dire ce que je pense de cet homme, ce n’est ni plus ni moins c^x’-oxïç. flague douce.

Flairer, v. a. Flairer de la douceur, manger du sirop. Acadianisme.

Flamaçon, n. m. — Franc-maçon.

Flambaison, n. f. — Flambée, feu clair de menus bois.

Flambant neuf, loc. Battant neuf, absolument neuf. Ex. J’ai mis ce matin un habillement flambant neuf.

Flambe, n. f. — Flamme. Rabelais a écrit flambe.

Flambé, e, part. pass. Perdu. Ex. Mon chapeau est flambé, on me l’a changé pour un autre. Ruiné. Ex. La banque du Peuple a fermé ses portes, je suis flambé.

Flamber, v. a. Lancer des éclairs. Ex. Les yeux lui flambent. Flamber quelqu’un des yeux, dévisager quelqu’un d’un • regard passionné, ou rendu flamboyant par la colère. Flamber le poisson, le fumer.

Flamber (se), v. pron. Se flamber la cervelle, se brûler la cervelle, se tuer avec un pistolet.

Flamboter, v. n. Faire la pêche de nuit, dans un canot qui porte un flambeau d’écorce ou de bois résineux à son avant. (Cl.)

Flamme, n. f. Flegmt, crachat, pituite. Ex. Ce malade tousse beaucoup, il renvoie souvent des flammes.

Flamme, n. f. — Flamme.

Flanc, n. m. — Un flanc —mou, sans énergie, qui a de la misère à se remuer. — Se battre les flancs, se remuer, s’agiter.

Flancher, v. n. Céder, fléchir. Ex. Ne flanche pas, ou nous sommes perdus.

Flancheux, n. m. — Poltron.

Flanc-maçon, n. m. — Franc-maçon.

Flancon, n. m. — Flacon. Ex. Un flancon de gin, de brandy.

Flandrin, n. m. Individu de taille élancée, peu alerte, et le plus souvent paresseux.

Flanquer, v. a. Donner. Ex. Je lui ai flanqué une maîtresse tape. Envoyer. Ex. Je 1 :’ai flanqué à la porte de mon bureau. Mettre. Ex. Flanque-moi ça là ? laisser. Ex. Je Vax flanqué là sans cérémonie.

Flanquette (à la bonne). A la bonne franquette, sans cérémonie.

Flaquer, v. n. Voltiger en ondoyant. Ex. Ses pantalons sont bien trop larges, ils lui flaquent sur les jambes. Bruit produit par l’eau comprimée et remuée. Ex. ~L,’eau flaqzce dans mes bottes.

Flaquet, te, adj. Qui flotte dans ses vêtements. Ex. Ne va pas te montrer flaquette comme tu es ?

Flâse, n. f. (Angl.) — Soie plate. De l’anglais floss.

Flâser, v. a. (Angl.) — Coudre avec de \a_Mse.

Flask, flassqtie, (m. a.) Gourde, flacon. Ex. Un flask de brandy.

  • Flasque, n. m. (Angl.) — Gourde en verre.

Flasque, adj. Estomac vide. Ex. Je suis flasgue, je n’ai pas mangé depuis douze heures.

Fiasse, adj. — Flasque.

  • Fiat, flatte, (m. a.) — Bateau plat, bachot.

Flau, n. m. — Fléau à battre le grain. Ex. Battre au flau.

Flaubage, "• m — Action de battre.

Flauber, v. a. Battre, rosser. Ex. Ce misérable s’est fait flauber en grand. Voler, soustraire. Ex. Je me suis fait flauber mon parapluie. En Anjou, on dit flauper pour battre.

Flaubeur, n. m. — Celui qui fiaube.

Flèche, n. f. Se dit pour l’arc lui-même qui sert à lancer la flèche. Ex. La corde de ma flèche est trop tendue. Passer flèche, sans obstacle. Ex. J’ai passé flèche mon examen de terme. Envoyer une chose flèche, envoyer directement, comme avec une flèche.

Fléchée (ceinture). Ceinture fabriquée avec des fils de diverses couleurs. D’origine indienne.

Flème, n. f. — Phlegme. V. Flamme.

Fleume, n. f. — V. Flamme.

  • Fleur, n. f. (Angl.)

Farine. Ex. J’aurais besoin de dix livres de fleur pour les Fêtes. On peut dire de la fleur de farine.

Fleur de la Passion, n. f. — Passiflore bleue.

Flinn’cher, v. n. (Angl.) — V. Flancher.

Flinn’cheux, (Angl.) — V. Flancheux.

Flique, n. f. Bande de lard. Ex. Mets les fliques dans le chaudron pour faire de l’huile. — Sécrétion nasale. Ex. Mon enfant, tu as toujours la flique au nez.

Flôbage, n. m. — V. Flaubage.

Flôber, v. a. — V. Flauber.

Flôbeur, euse, adj. — V. Flaubeur.

Flomentation, n. f.

Fomentation, application d’un médicament chaud sur une partie du corps, pour l’adoucir.

Flomenter, v. a. Fomenter, appliquer un médicament chaud pour fortifier, adoucir.

Flon-flon, n. m. — Fla-fla, étalage, ostentation.

Flottan, n. m. — Flétan, gros poisson propre aux mers froides.

Flotter, v. a. — Conduire une cage de bois sur les rivières.

Flotteur, n. m. — Celui qui dirige la cage ou le cageu.

Flouer, v. a.

— Voler. Ex. Il m ! & floué pour une grosse somme. Flouer est probablement une contraction de filouter. le mot est français, mais il est peu usité en France.

  • Flouque, (Angl.) Coup inattendu. (Terme de billard). De l’anglaisy ? « &.
  • FIoux, n. m. (Angl.) Coup de hasard. Ex. Il est parvenu à réussir à 3a suite d’un floux.
  • Flush, fleuche, (m. a.)

— Bien pourvu d’argent.

— Prodigue, généreux. Ex. Comme tu es flush, maintenant !


Flûte, n. f. — Grive des bois, appelée flûte parce que son chant tient un peu de la flûte.

— Jambes. Ex Prépare tes flûtes pour partir.

Flûter, v. n. — Avoir la diarrhée. Flûteux, euse, adj.

— Qui a la diarrhée chronique.

Flûtiste, qui joue de la flûte.

Foi, n. f.

Ma foi du Bo ? i-Dieu ! en vérité. Ma foi de piquette ! Ma foi ! Ma grand ? foi de Dieu, même sens.

Foies, n. f. pl. Poumons. Ex. Docteur, je crois que je suis pris des foies je tousse à cœur de nuit et de jour.

Foin, n. m.

Avoir du foin dans ses boites, être dans une excellente posi tion de fortune.

Foin de caribou, n. m. Mousse qui croît dans les savanes, aussi les jeunes pousses d’arbustes et d’arbrisseaux.

Foin d’odeur, n. m. Houque boréale, genre de grarniuées voisin des avoines.

Foins (les,) n. m. pl. Epoque de la fenaison. Travailler aux foins, faire la fenaison.

Foirer, v. n.

Se briser, s’écraser. Ex. Cet œuf, en se cassant, m’a foire dans la main. Renoncer à une affaire après avoir donné à croire qu’on la transigerait.

Foireux, euse, adj. — Qui change d’idée sans raison valable.

Fois, n. f. Moment. Ex. Il y a des fois que je suis plus frileux que d’autres. La fois des grandes fois, dans une circonstance exception nelle, connue de tout le monde. Quelquefois. Ex. Vas-tu souvent à l’auditorium ? — Des fois.

Folâtreux, euse, adj. — Qui aitne à badiner.

Fo ! le-avoine, n. f.

Riz du Canada. Nom donné autrefois à une tribu outaouaise. DES 329

Foncé, n. et adj. Habit d’une couleur foncée. Ex. Moi, j’ai l’habitude de porter du foncé. Homme qui possède des fonds. Ex. Tu peux lui vendre ta terre, c’est un homme bien foncé.

Foncer, v. a. Mettre un fond à une chaise, à un plat de ferblanc, à une chaudière en tôle.

Foncière, n. f. Fond. Ex. l^z. foncière d’un pantalon. (De Gaspé, Mém.)

Fonctionner, v. n. — Soulager la nature.

Fonçure, n. f. Fond. Ex. La fonçure d’un traîneau, d’une carriole, d’un chapeau, d’une culotte. Culotte. Ex. Je l’ai pris par la fonçure et je l’ai fait pirouetter sur lui-même.’ Fond, n. m. — Avoir le fond noir, être très méchant.

Fond de Penouil, n. m. Fin malheureuse d’une entreprise. Ex. Laisse faire, mon vieux, avec le temps tu finiras comme les autres par arriver un jour dans le Fond de Penouil. Langage des pê cheurs de Gaspé qui entre eux se confient leurs contretemps. Penouil veut dire péninsule.

Fondé, e, adj. — Riche fondé, très riche.

Fondement, n. m. — Rectum.

Fondeux de cuillers, n. m. Ouvrier en l’art de fondre le plomb pour fabriquer des cuillers, qui parcourait jadis les campagnes en y exerçant son métier.

Fondre, v. a. Perdre contenance. Ex. Il fond devant moi.

Fondu, part. pas. de fondre. Dissipé, perdu. Ex. L’argent que tu avais à la banque est— il fondu f

Fontaine, n. f. Puits. Ex. Va chercher de l’eau â la fontaine. Plume-fontaine. V. ce mot.

Fontange, n. f. Nœud de ruban que les femmes mettent sur le devant de la tête pour attacher la coiffure.

Foolscap, foule, (m. a.) Papier écolier, papier ministre.

Football, foute bail, (m. a.) Ballon en caoutchouc qui se gonfle et se dégonfle à volonté. Jouer au football, ballon au pied.

Forban, n. m. et f. — Personne très évaporée.

Forbu, e, adj. — Fourbu.

Forçaille (au), loc adv. Au forçaille, au grand forçaille, je le ferai, quoi qu’il en soit, malgré l’effort qu’il faudra déployer, je me mettrai à l’œuvre.

Forçant, e, adj. verb. Pénible, très fatigant. Ex. Cet ouvrage est trop forçant pour toi.

Forçaye, n. m. — V. Forçaille.

Force, n. f. — Vigueur. Ex. Cette loi entrera en force aussitôt après la session. (Angl.) Fort. Ex. Nous sommes dans la force de la chaleur.

Forcer, v. a. Plier. Ex. J’ai forcé la clef en voulant ouvrir la porte. Gâter. Ex. J’ai forcé la serrure avec une mauvaise clef. Mettre en abondance. Ex. Il faudra forcer sur le beurre si tu veux faire un bon gâteau. Jouer une carte plus forte que celle qu’il y a sur le tapis, ou encore lorsqu’on joue d’une couleur dont l’un des autres joueurs n’a pas, afin de l’obliger à couper. Ça force, ce n’est pas brillant. Ex. As-tu une bonne santé de ce temps-ci ? — Plus ou moins, ça force. Ça ne force pas, ce n’est pas abondant. Ex. Ta récolte de légumes est-elle bonne ? — Ça ne force pas ?

Forcer (se), v. pron. Attraper un effort, un tour de reins. S’efforcer. Ex. J’ai beau me forcer, j’aboutis point.

Se luxer. Ex. Je me suis forcé la jambe.

Forçure, n. f.

Fresssure, foie de veau, de mouton. Ex. Acheter du dur de forçure sur le marché.

  • Foreman, n. m., (m. a.)

Prote, dans un atelier d’imprimerie. Contre-maître, dans un atelier ou un chantier. Chef, dans une boutique, dans un jury. Inspecteur, surveillant des travaux.

Forestier, n. m.

Homme de chantier, chasseur, coureur des bois. M. le Dr J.-C. Taché s’est servi de ce mot pour intituler un de ses ouvrages:Forestiers et Voyageurs. En France, ce mot s’emploie pour désigner celui qui a un emploi dans l’administration forestière.

Forgeon, n. m. — Forgeron.

Forger, v. a. Forger dans sa tête, ruminer longuement une affaire.

  • Forget me not, forghett, (m. a.)

Myosotis, souvenez-vous-de-moi.

Formage, n. m. — Fromage.

Formance, n. f.

Forme, apparence. Ex. Il n’a pas formance d’homme.

Forme, n. f. Cahier, en terme d’imprimerie. L, a forme est le châssis de fer où sont rangées les pages composées typographiquement.

Fort, n. m.

Village. L,’origine de ce mot vient de ce qu’autrefois il’ y avait dans certaines paroisses plus exposées que les autres aux attaques des sauvages, un petit fort que l’on élevait en plein village, là où la population était plus dense. Liqueur forte. Ex. Prenez-vous du fort quelque fois ?

Rance. Ex. Du beurre qui a goût de fort.

Fort, e, adj.

Habile. Ex. Il y en a qui sont forts sur le violon, d’au332 LE PARLER POPULAIRE très sur le piano, moi, mon fort c’est de rire du monde. Friand. Ex.’Es-tv. fort sur le sel ? Un fort temps, une tempête. Envoyer fort, travailler ferme. Parler fort, parler d’autorité. Fort-à-bras, n. m. — Fier-à-bras. V. ce mot. FortiHer, v. a. Remuer. Ex. Ne fortifie pas tant des jainbes. Fortilleux, euse, adj. — Qui fortille. Fortillon, n. m. — Enfant qui est sans cesse en mouvement. Fortuné, e, adj. Riche. L’Académie a admis fortuné pour signifier être heureux. Riche et heureux sont deux expressions qui ne vont pas toujours de pair. Fosse, n. f. Etang ou pièce d’eau dormante. Fosse à part, fosse particulière dans un cimetière. Fossé, n. m. — Fossé. Ex. L, a rue des Fosses. Fossette, n. m. Fossé. Ex. Ma vache est tombée dans le fossette. Fosseyer, v. a. — Fossoyer. Fosseyeur, n. et adj. — Fossoyeur. Fou, n. m. Avoir du fou, être un peu fou. Un fou de V asile, fou interné dans un asile d’aliénés. Fou à lier, fou furieux. Fou à mettre aux loges, à interner dans un asile d’aliénés. Fou de rire. Fou rire. Ex. J’ai été pris d’un vrai fou de rire en aperce vant sa binette. Fouailler, v. a. — Expédier promptement la besogne. Ex. J’ai vite ter miné mon ouvrage, mais ça fouaillait dur. — Frapper, fouetter. Fouaillon, n. m. Individu qui ne porte que des loques, et plus ou moins vicieux. DES 333

Foudre, e, adj. — Versé. Ex. Nos blés sont foudres.

Foué, n. f. Foi, croyance. Fois, expression de quantité. Fouer, v. a. Donner, accorder. Ex. Foue-moi la paix, la patience.

Fouer (se), v. pron. — Se moquer. Ex, Je me foue du monde.

Fouiller (se), v. pron. Chercher inutilement une échappatoire. Ex. Tu peux te fouiller, tu n’auras pas ce que tu demandes.

Fouiilouse, n. f. Poche, escarcelle. Ex. Va chercher mes ciseaux dans le sac aux fotdllouses. D’après Lacurne de Sainte-Pallaye, fouii louse veut dire poche, escarcelle.

Fouine, n. f. Fureteur et malin. Ex. Défie-toi de cet homme, c’est une fouine.

Fouiner, v. n.

Se sauver comme une fouine au premier signe de danger.

Fouler, v. a.

Aplanir. Ex. Va passer le rouleau dans l’avenue, et foule le chemin. Maltraiter. Foulé de monde. Ex. Je suis allé au théâtre, c’était foulé. — Foulé d’ouvrage, accablé de besogne.

Foulon, n. m. — Fouloire. Foulons, n. m. pl. Suite de petites anses entre Québec et Sillery, qui servaient jadis de refuge aux radeaux de bois descendus des rivières.

Foulure, n. f. Phlegmon du tissu cellulaire qui se loge le plus souvent dans la main. V. Fourchette.

Four, n. m. — Envoyer sous le four, envoyer promener. — Avoir la clef du four sur la figure, avoir des taches noires sur la figure. 334 LE PARLER POPULAIRE Chauffer le jour, boire des spiritueux. Faire un four, subir un échec. Fourche, n. f. Soigner au bout de la fourche, sans précaution. Branche. Ex. La rivière Saint-Charles a des fourches.

Fourchemise, n. f. Fausse chemise, plastron. Fourcher, v. n. — La langue m’a fourché, j’ai dit un mot pour un autre. Français familier.

Fourchetée, n. f. Fourchée. Quantité de paille ou de foin qu’on enlève avec une fourche.

Fourchette, n. f. La fourchette du père Adam, les doigts. Maladie inflammatoire des doigts de la main. — Une bonne fourchette, un homme de grand appétit.

Fourchon, n. m. Enfourchure. Entre-deux des jambes d’un pantalon.

Fourgâiller, v. a. Fouiller, fureter. Ex. Fourgâiller dans un coffre, un tiroir. Agiter, remuer. Ex. Fourgâiller le feu dans un poêle, fourgâiller des bûches de bois. Fourgoter, v. a. Fureter, déplacer les objets sans soin et sans nécessité.

Fournaise, n. f. Calorifère à eau, à air, à vapeur. Ex. Une fournaise à air chaud, une fournaise à vapeur..

Fourneau, n. m. — Gros fumeur.

Fournée, n. f. Réserver à quelqu’un un pain de sa fournée, lui réserver une surprise désagréable. Perdre un pain de sa fournée, être dans la tristesse, paraî tre embêté.

^Fournil, n. m. — Cave à légumes.

Fourniment, n. m. — Fourniture, provisions.

DES 335

Fournir, v. a. — Arriver. Ex. J’ai tellement d’ouvrage que je ne fournis point. Jouer une carte de même couleur. Ex. Joue une carte et fournis. V. Adonner. Aller assez vite. Ex. Je ne puis te fotirnir à ramasser des pommes.

Fourniture, n. f. — Avoir de la fourniture, fournir, aux cartes.

Fourreau, n. m. — Etui.

Fourrer, v. a. Donner. Ex. Je lui ai fourré un bon coup de pied. Fourrer dedans, tromper. Fourrer son nez partout, se mêler d’une affaire qui ne nous regarde pas. Fourrer (se), v. pron. Se fourrer dedans, se tromper. Se fourrer le doigt dans Vœil jusqu’au coude, se tromper grossièrement.

Fourrole, n. f. — Coiffure d’homme, ou tuque de laine bleue.

Foutant, adj. verb. Cest-y pas foutant ! expression pour marquer l’ennui, l’em bêtement.

Foutée (une), n. f. Beaucoup. Ex. Il y avait une foutêe plus de monde que tu penses.

Fouter, v. a. Donner. Ex. Foute-vao\ la paix. Jeter. Ex. Foute ce gasAk dehors.

Fouler le camp, se sauver.

Fouter (se), v. pron. Se moquer. Ex. Je vas. foute du monde. — S’entredonner. Ex. Ils se sont foutes chacun une bonne claque.

Foutre, n. m.

Envoyer faire foutre, congédier. Ni foutre ni branle, personne. Un fean Foutre. V. Jean Foutre.

236 LE PAKLER POPULAIRE

Foutu, e, adj. et v. a.

Fini, ruiné. Ex. Cet homme est foutu. Donner. Ex. Il m’a foutu un coup de poing sur le nez. Ignorant. Ex. Un foutu notaire.

Foutument, adv. Extrêmement. Ex. Cet individu est foutument bête.

Fouyer, n. m. Foyer, dalle scellée devant la cheminée pour isoler le feu du parquet.

Fraîche, n. f. — Frais. Ex. Sortir pour prendre la. fraîche.

Fraîcheur, n. f. Chaud et froid. Ex. Attraper des fraîcheurs aux pieds.

Frais, îche, adj. et adv.

Se mettre en frais, se disposer. Ex. Il faut se mettre en frais de partir demain. Etre en frais, être en train. Ex. Quand j’ai reçu votre lettre, j’étais en frais de vous écrire. — Nouvellement. Ex. Des œuis frais pondus.

  • Fralic, frali, n. m. (Angl.)

Banquet, festin, fête de famille. Ex. Nous allons avoir des noces chez les Lapierre, et nous sommes invités à un grand fralic. Désordre, tapage dans une réunion. Ex. Au pique- nique d’hier, on s’est amusé, il y a eu un gros frali. Franc-foin, n. m. — Agrostis commun.

Framacie, n. f. — Pharmacie.

Framacien, n. m. — Pharmacien.

Franc, che, adj. Un cheval franc, franc du collier. Bois franc, bois dur. — Franc comme l’êpêe du roi, loyal.

Français (souliers).

Souliers à boucles importés de France sous le régime français. Ce soulier ne se fabrique plus ici, mais le mot est resté pour distinguer le soulier de la botte sauvage.

Française, n. f. Au jeu de balle, frapper la pelote ou balle au bout du bras, c’est frapper à la française. Ex. Cet écolier a une bonne française.

Francheté, n. f. — Franchise.

  • Franchise, n. f. (Angl.) — Immunité, liberté politique.

Franchitude, n. f. — Franchise.

Franger, v. a. — Effranger. Ex. Sa robe est toute frangée du bas Frappe-d’abord, n. rn. Hanneton qui pique en se posant sur la peau. Frapper, v. a. Frapper un coup, faire un effort. — Ne pas frapper coup, ne pas travailler.

Frasil, n. m.

Menus morceaux de glace qui se rencontrent à la surface des rivières, l’automne et le printemps. Ge mot’semble tirer son origine de fraisil, menues parcelles de charbon qui restent sur la place où le bois a été carbonisé. En France, on dit phasil pour de la braise. Frayant, e, adj. Effrayant. Ex. Il fait mauvais aujourd’hui, frayant.

Fredasser, v. n. — Froufrouter.

Frédir, v. a. et n. — Froidir.

Fredoche, n. f. — V. Fardoche.

  • Freezeur, fri, n. m. (Angl..) — Glacière.

Frégade, n. f. — Frégate.

Freidir, v. a. et n. — Froidir. Freite, n. m. et adj. — V. Fret. Frelasser, v. n. Faire entendre un bruit semblable à des feuilles sèches que l’on remue. Ex. Cette femme a une robe de soie qui frétasse beaucoup. Frémille, n. f. — Fourmi. Frémillement, n. m. — Fourmillement. Frémfller, v. n. — Fourmiller. Frémillière, n. f. — Fourmilière, nid de fourmis. Frêne blanc, n. m. — Frêne d’Amérique. 22

Frêne gras, n. m. — Frêne à feuilles de sureau.

Frêne rouge, n. m. — Frêne pubescent.

Frênière, n. f. Frênaie, terrain planté de frênes.

Fréquentation, n. m. Action de fréquenter une jeune fille en vue du mariage.

Fréquenter, v. a. — Courtiser une jeune fille.

Frérot, n. m.

Doubles cousins, ou enfants des deux frères mariés aux deux sœurs. lettré dit:« Frérot, diminutif de frère, familier. Dans le Glossaire du Nord de la France, fréreux, cousins germains, ou enfants de deux frères. » Dans l’ancien français nous trouvons frêreus, cousin fréreux, cousin germain, etfréreur, avec la même signification. — En Auvergne, on ditfrarot. « La frarot et lai seurottese ressounent bien », c’est-à-dire, se ressemblent.

Fret, n. m.

Colis, marchandises, fret, cargaison. Convoi de marchandises. Ex. Voyager par le fret. Char à marchandises. Agent de fret, commissionnaire de transport.

Fret, te, adj. — —Froid. Ex. J’ai fret aux mains.

Fri (ma). — Ma foi.

Fricasser (se), v. pron.

Se laver les mains comme Fonce-Pilate. Ex. Qu’il dise ce qu’il voudra, je m’en fricasse. D’après l’Académie, fri—’casser signifie, figurement et populairement, dissiper son bien en débauches et en bonne chère.

Friche, n. m. Friche, n. f., terre neuve ou vierge. Ex. Cette année, nous allons semer du grain dans le friche.

Frichnou, n. m. Fricot qui donne une odeur plus ou moins nauséuse. Ex. Qu’ça sent le frichnou !

Fricot, n. m.

— Mets particuliers aux cuisinières canadiennes, et dont le mot fricot, pris généralement, couvre la variété.

Festin, dîner où sont conviés les parents et amis à l’oc casion d’une fête de famille, d’une noce, etc. Confusion, désordre, pêle-mêle. En France, fricot signifie bombance; c’est le plat qui résulte de l’action de fricoter. Fricotage, n. m. Action de préparer les mets pour un repas ordinaire ou de gala. Fricoter, v. n. Préparer des ragoûts, etc. Tenir des propos oiseux. Ex. Qu’est-ce que tu fricotes encore, avec tes discours qui n’ont ni queue ni tête ?

Fricoteux, euse, n. m.

— Qui prépare les fricots.

Qui perd son temps à tenir des discours frivoles. Frigousse, n. f. Ragoût de viande, de pommes de terre. Tout plat mal apprêté. Friler, v. n. — Grelotter.

  • Frille, n. m. (Angl.)

— Petit collet tuyauté ou craqué porté par les petits garçons.

— Morceau de fer-blanc arrondi et craqué qui entoure le tuyau de poêle à l’endroit même où il communique avec la cheminée.

  • Frilling, n. m., (m. a.) — Fraise, ornement d’un jabot.

Frimasser, v. n. Se couvrir de frimas. Ex. Ce matin, les arbres sont tous frimasses.

Frine (ma). — Ma foi. Juron déguisé.

Fringaleux, euse, adj. — Sujet à avoir la fringale.

Fringue, n. f.

Joie. Ex. As-tu vu l’ami Gaspard ? je te dis qu’il est en fringue, ce matin.

Crise, excès. Ex. J’ai eu une dure fringue de mal de dents, depuis deux jours.

Fripe, n. f.

Tomber sur la fripe de quelqu’un, lui donner des coups ou lui dire de gross es vérités.

Fripé, adj. verb. Avoir triste mine. Ex. Comme te voilà fripé, as-tu fait une fête ?

Fripouille, n. f.

Gredin, homme sans valeur ni considération.

Frique, n. f. — Plaine de sable.

Friser, v. n. — Rejaillir, eu parlant des liquides.

Frisette, n. f.

Papillotte, chiffon de papier autour duquel on enroule les cheveux pour les tenir frisés.

Frisonner, v. a. Poser des frisons sur la jupe ou sur le corsage d’une robe de femme.

Frisons, n. m. pl.

Moutons, écume blanche qui se forme à la crête des va gues quand l’eau de la mer est très agitée. Bandes d’étoffes de laine, de coton ou de soie plissées et qui servent à garnir les bas de robes de femmes.

Frisson, n. m.

Enfant émoustillé. Ex. Un petit frisson.

Frissonneux, euse, adj. Pris de frisson. Ex. Je suis frissonneux ce matin.

Frit, n. m. — Fruit. Fritage, n. m. — Fruitage.

Fritier, n. et adj. — Fruitier.

Frivolent, e, adj.

— Coquet. Ex. Une femme frivolente.

— Vif et sec. Ex. Un vent frivolent.

Frivolité, n. f. — Sorte de dentelle, broderie.

Froc, n. f.

Vêtement de dessous, en laine ou en coton. Ex. Mets ta. froc si tu ne veux pas prendre le rhume. Blouse avec ceinture à la taille.

— Frockcoat, redingote, appelée aussi Prince Albert.

Froid, n. m.

— Jeter un froid, produire une impression qui glace les es prits.

Prendre froid, avoir froid.

Un froid noir, temps obscur et très froid.

Prendre du chaud et du froid, contracter une inflammation.

N’avoir pas froid {frette) aux yeux, avoir un certain toupet, n’être pas engourdi.

Froidir, v. n. — Ne pas froidir en place, remuer sans cesse.

Frôler (se), v. pron.

Se coller au flanc des autres sans invitation.

Frôleux, euse, adj. — Personne qui se frôle.

  • Frolic, n. m. (Angl.) V. Fralic.

Fromage, n. m. — Tête en fromage, fromage de cochon.

Fromage raffiné, n. m.

Petit fromage à la crème, que les seuls cultivateurs de l’île d’Orléans savent bien fabriquer.

Fromage, e, adj.

Têtefromagêe, fromage de cochon. Fromage n’est pas français. Fromagier, n. m. — Fromager, qui fabrique le fromage. Fromentation, n. f. — Fermentation. Fromenter, v. n. — Fermenter. Fronde, n. f. Furoncle. Ex. J’ai le cou couvert de frondes. Fronder, v. a. — Lancer avec la fronde ou avec la main. Front, n. m. Avoir un front de bœuf, être audacieux à l’excès. Fronteau, n. m. limite extrême d’une pièce de terre, prise sur sa plus grande longueur. Frontière, n. f.. Frontail ou frontal, partie de la têtière du cheval qui passe en avant de la tête et au-dessus des yeux. Frotter, v. a. Cirer. Ex. Garçon, frotte mes bottes. Nettoyer. Ex. Marguerite, frotte le poêle, il est très malpropre.

Frotteur, n. m. — Cireur de bottes. Frou-frou, n. m. — Perso nne agitée.

Fruit, adj. — Vieux. Ex. Un code civil trop/rwz/. Fruitage, n. m.

Fruits. Ex. Courir Itsfruitages.

Fruits, en général. Ex. Il ne fait pas bon manger du fruilage quand il fait bien chaud.

Fruster, v. n. — Fouiller partout, fureter.

Frusteux, euse, adj. — Qui fouille partout. Frutage, n. m. Fruitage. Ex. Il y a beaucoup de frutages cette année. Fugère, n. f. — Fougère.

  • Full dress, foule, (m. a.)

Grande tenue, bien habillé. Ex. Je suis en full dress ce matin.

  • Full speed, spîde, (m. a.)

A toutes jambes, à bride abattue. Ex. Un train qui va full speed.

  • Full steam, stîme, (m. a.) — A toute vapeur.

Fumelle, n. f. — Femelle. Froissart a écrit fumelle. Fumer, v. u. Se reposer en causant. Ex. Entre donc fumer un peu, nous allons jaser. Faire preuve d’ignorance dans un examen oral. Ex. Un écolier qui fume en classe, quand son maître lui fait réciter ses leçons. Fumeux, adj. Fumeur. Ex. Un gros fumeux. Ecolier qui ne sait pas ses leçons.

  • Fun, fonne, (m. a.)

— Divertissement, amusement. Ex. C’est une personnede fun. Faire un voyage de fun. Prendre un parti âefun. Funérailles, n. f. pl. Objets divers. Ex. Va chercher la boîte aux funérailles, j’en ai besoin pour avoir des clous et des vis. Fur et à mesure (à), loc. adv. Au fur et à mesure. Ex. Vous viendrez à fur et à mesure que votre nom sera appelé. Fureteux, euse, adj. — Fureteur.

Furir, v. n. — Entrer en fureur.

Furnonche, n. f. Espèce de confiture faite avec du sirop et un peu de farine, auxquels on ajoute du raisin.

  • Fuse, fiouse, (m. a.)

Mèche. Coupe-circuit.

Fuseau, n. m. Bobine. Ex. Donne-moi donc mon fuseau de fil.

Fusée, n. f. Etre au bout de sa fusée, ne savoir plus que faire, que dire.

Fusil, n. m. — Estomac, ventre. Ex. Fourre-toi ce verre de vin dans le fusil. Fusil sans plaque, un bon à rien. Partir comme un fusil sans plaque, subitement. "

Fusil à air, n. m. — Fusil à vent.

Fusil (en), loc. — En diable, irrité. Ex. Personne n’a su ses leçons, notre maître était en fusil. — Avoir les yeux en fusil, avoir l’air très fâché.

Futaille, n. f. Ivrogne invétéré. Ex. Sors d’ici, vieille futaille.


G
Ga, Gas, n. m.
Gars, petit garçon. S’applique aussi aux personnes d’un certain âge. Ex. Tu es un beau gas, toi ; pourquoi n’es-tu pas venu me chercher pour aller au club ?
Gaban, n. m.
Mauvais sujet, vagabond.
Gabander, v. n.
Vagabonder, errer. Ex. Au sortir de la classe, ne gabande pas par les rues.
Gabandeux, euse, adj.
Qui gabande.
Gabare, n. m.
Maison, machine quelconque mal construite et d’apparence grossière. Ex. Est-ce une boîte que tu as voulu faire ? Quel gabare ? Un gabare de maison, un gabare de voiture.
Gabarot, n. m.
Un bon à rien, querelleur et dissipé. Ex. En voilà un beau gabarot.
Gabion, n. m.
Petite cabane où s’installe le chasseur en attendant le gibier près d’une mare.
Gabionner, v. a.
Envelopper quelqu’un de vêtements chauds, de fourrures.
Gabionner (se), v. pron.
— S’emmitoufler. Ex. Gabionnons-nous comme il faut, car il fait un froid noir.
— Se cacher aux regards du gibier en s’installant dans un gabion.

Gabotter, v. n.

— Aller et venir sans trop savoir où s’arrêter.

Perche, gabotter veut dire se balancer en dansant. . … -, ^

Exécuter des ouvrages sans importance. f’^ "’""
Gabotteux, euse, adj. — Qui gabotte. | ; :

Gâcher, v. a. — Travailler grossièrement. £ :: Gâcheux, euse, adj. | £-,

Qui gâche, travaille grossièrement. ’ '^
Gâteux, personne à l’intelligence affaiblie.

Gâchillage, n. m. Gâchage, action de gâcher.

Gâchiller, v. a. (Cl.) Gâcher. Ex. Il a gâchillê cette besogne. Se dit dans le centre de la France.

Gadelle, n. f.

Groseille à grappes. Nous avons la gadelle rouge, la gadelle noire et la gadelle sauvage.
— Avoir les yeux à la gadelle, faire les yeux en coulisse.

Gadelle noire, n. f. — Cassis.

Gadelle sauvage, n. f. Groseille sauvage dont le fruit est rouge et recouvert d’un léger duvet.

Gadellier, n. m. — Groseillier à grappes.

Gadousier, n. m. — V. Galousier.

Gaffe, n. f. Maladresse. Ex. Faire une gaffe. Français populaire et familier, dit Larousse.

Gaffer, v. a.

Saisir avec la gueule. Se dit d’un chien qui saisit rapi
dement l’aliment qu’on lui jette.
Empoigner. Ex. Je l’ai gaffé par le bras et l’ai sorti de
l’eau. Gaffer, en France, se dit pour manger en glouton,

comme un chien.

Gaffer (se), v. pron.

Se prendre à bras-le-corps. Ex. Ils se sont gaffés tous
les deux pour se colletailler.
S’emporter outre mesure.
346

LE PARLER POLULAIRE Gaffeux, euse, adj.

Qui saisit avec sa gueule ou avec ses mains. Gafre, adj. — Glouton, safre. Gage, n. m. — Anneau de fiançailles. Gage que, loc.

Employé adverbialement par une sorte d’ellipse de : je gage que. Ex. Gage que tu n’es pas capable de te lever à cinq heures du matin. Gager, v. a.

Mettre au doigt d’une jeune fille l’anneau des fiançailles. Gages, n. f. pl. Gages, n. m. pl. Ex. I^es servantes exigent de grosses

gages, par le temps qui court. Gagnage, n. m. — Gain, salaire.

  • Gagne, n. f. (Angl.) — V. Gang.
Gagne, n. m.

Gain, salaire. Ex. Tout ouvrier a droit à son gagne. Gagné (vieux), loc. Economies. Ex. Je n’ai plus rien à faire, je suis obligé de vivre sur le vieux gagné. Qâgne-pain, n. m. — V. Gangne-pain. Gagner, v. a.

Convaincre. Ex. Il hésitait à me suivre, j’ai fini par le

gagner.

Aller, s’en aller, fuir. Ex. Gagne le bois, je t’y rencon

trerai. Gagne la porte, ou je t’assomme.

— Gagner de l’avance, prendre le devant.
Gagouette, n. m.

Gorge. Ex. Je lui ai serré le gagouette, au point que jJai

cru qu’il allait étouffer. Gaillard, adj. et n. m.
Qui a une légère pointe de vin. Ex. Nous avons pris
quelque chose ensemble, et nous étions tous gaillards.
Botte sans semelle, appelée soulier de beu (bœuf.)
  • Qaiters, guêteurses, n. f. pl., (m. a.)
Chaussures montantes, à boutons ou à élastiques.

Galafre, adj. — Gourmand. Ex. Un enfant galafr e.

DES CANADIENS-FRANÇAIS 347
Galafrée (à la), loc. A la dérobée, sans faim, pour le plaisir de satisfaire une
gourmandise exagérée. Galancine, n. f. — Balançoire.
Qalanter, v. a. — Galantiser, faire le galant, courtiser. Galantise, n. f. Galanterie, politesse. Ex. Ce jeune homme est plein de

galantises pour tout le monde. Qu’il est donc poli ! Galapiat, n. m. Rustre, homme sans valeur. Dans le Berry, on dit galapiat pour mauvais sujet. Dans l’Anjou, c’est un vagabond, un chemineau. Gale, n. f.

Croûte, squame formée à la surface des plaies. Ex. Je
ne sais pas ce que ça veut dire, j’ai le dos couvert de

gales,

Se carrer comme un pou sur une gale, être heureux dans
sa position.
— Avoir la gale aux dents. "V. Dent,
Galendard, n. m. — Godendard.

Galer, v. n. Couvrir de gales. Ex. Ton bobo est mieux, il commence à galer.

Galère, n. f. — Grande varlope à l’usage des menuisiers. Galerie, n. f.
Sorte de balcon qui fait le tour d’une maison, ou seulement longe sa façade. Ex. Allons nous promener sur la galerie. Galetas, n. m.
Mauvais lit, paillasse dure.
Grenier à foin.
En France, le-galetas est un logement misérable ou un loge ment sous les combles. Galette, n. f.
— Crêpe. Ex. As-tu jamais mangé des galettes de sarrasin
à la station de London ? ça ne se bat pas.
— Terre humide ou neige amoncelée sous forme de galette,

Galfétagê, n. m. — Calfatage, action de calfater.

3 48 I,E PARLER POPULAIRE

Galféter, v. a.

Calfater, calfeutrer, garnir d’étoupe. de goudron, les fentes de la coque d’un vaisseau, ou les interstices entre les madriers ou les pièces de bois dans la construction des maisons.

Oalféteur, n. m. — Calfateur, calfat.

Galibardi, n. m. — Garibaldi. V. ce mot.

Galimafrée (à la), loc. Manger à la galimafrée, prendre une bouchée à la dérobée. En France la galimafrée est un ragoût copieux de toutes sortes de viandes.

Galipote, n. f. Prétentaine. Ex. Courir la galipote, rôder à droite et à gauche sans but arrêté.

Galoche, n. f.

Jouer à la galoche, zufoot bail.

  • Galogne. — Corruption de l’anglais £z> along. V. Gologne.

Galon, n. m.

Roulette, qui sert à prendre les mesures de superficie et qui s’enroule dans un boîtier circulaire en bois ou en cuir. On l’appelle galon, de mesure. Galop, n. m. — Donner un galop, semoncer. 

Galoper, v. n. — Courir les chemins.

Galopeux, euse, adj. — Individu qui court les chemins.

Galottsier, n. m. — Méchant garnement.

Galureau, n. m. — Godelureau, désœuvré, vaurien.

Galvauder, v. a. et n.

Flâner. Ex. Pierre passe son temps à galvauder ici etlà.
Tripoter. Ex. Qu’est-ce que tu galvaudes dans la com
mode ?
Ennuyer, incommoder. Ex. J’ai une puce qui me gal
vaude.

Galvauderie, n. f. — Action de galvauder.

Galvaudeux, euse, adj.

Celui qui furette partout et met le désordre.
Celui qui parcourt les chemins avec toutes les allures

d’un voleur.

DES CANADIENS-FRANÇAIS 349

Oamache, n. in. Raide comme les culottes à Gamache, vêtement raidi par la gelée ou par la boue séchée.

Gambler, bleur, (m. a.) — Joueur.

Qame, ghème, (m. a.)

Brave. Ex. Cet homme-là est bien smart, c’est nngame.


Généreux. Ex. Es-tu assez game pour payer la voiture ?

  • Gamer, ghêmer, v. a. (Angl.)
Empoigner avec adresse en jouant.

Gamme, n. f.

Chanter une gamme, admonester, dire de rudes vérités.

Ganache, n. f. Personne peu intelligente. Ex. Une vieille ganache.

Gandolle (en), loc.

En mauvais ordre. Ex. Mes vêtements s’en vont en gandolle. Gandoler, en Normandie, signifie balancer, remuer ; le provençal gancillar signifie chanceler.

  • Gang, ganngne, (m. a.)

Bande, troupe, clique, escouade. Ex. I,a gang du clos, une gang de voleurs, xmç. gang d’écoliers.

Gangne, n. m. — Gagne. V. ce mot.

Gangne-pain, n. m. Gagne-pain. Ex. baisse lui au moins sa hache, c’est son seul gangne-pain.

Gangner, v. a. Gagner. Ex. Quand tu seras capable àegangner ton tabac, tu fumeras.

Ganif, n. m. Canif. Ménage dit : « II faut écrire et prononcer gannif et non pas cannif. » Ce mot doit venir de knife, couteau.

  • Gangway, ganng’oué, (m. a.)

Passavant, passerelle. Ex. Embarquez, Monsieur, nous allons enlever le gangway.

Ganse, n. f. Tirant. Ex. Je viens d’arracher une ganse à mes bottes.

Gants de la Vierge, n. m. pl. Ancolie du Canada.

350 LE PARLER POPULAIRE

Garanti, n. m. Garant. Ex. Mets un châle, ce sera un garanti contre le froid. Garcette, n. f.

Cordes ou lanières de cuir dont on se sert pour corriger les enfants.vicieux. Ex. Manger de la garcette n’est pas agréable.

Garçon (vieux), n. m. — V. Vieux garçon. Garde, n. f. Se donner de garde., se garder. Ex. Je me donnerai bien de garde de sortir sans votre permission. Garde-chien, n. m. — Suisse. Garde-robe, n. m. Garde-robe, n. f. Ex. J’ai un beau garde-robe en acajou. Garde-soleil, n. m.

Parasol, ombrelle.
Store, rideau ou toile placée dans une fenêtre pour tami
ser ou obscurcir les rayons du soleil.

Garde-vase, n. m. Bande de cuir fixée en avant d’une voiture pour garantir de la boue.

Garde-z-yeux, n. m. — Cuillère.* Garden party, (m. a)
Fête mondaine donnée dans un jardin, dans un parc. Garder, v. a.
— Veiller et prier. Ex. Garder un mort.
— Regarder. Ex. Garde ce que tu fais là.

Garder, v. a. — Regarder. Ex. Gârde-vaoï pas, misérable ! Gardeux, euse, adj. Gardien, gardienne, qui prend soin de la maison, quand toute la fumille s’absente.

Gargancua, n. m. — Gargantua, gros mangeur. Gargaton, n. m. — Gorge. Gargote, n. f.

Cuisine. Ex. Nous irons au lac à la Galette, et c’est moi qui se charge de la gargote.

En France, une gargote est un lieu où l’on mange malpro prement.

DES CANADIENS-FRANÇAIS 351

Gargoter, v. u.

— Faire un bruit semblable à celui qui se produit lorsqu’on

se gargarise. Ex. Ça me gargote dans la gorge.

— Faire de la cuisine plus ou moins grossière.

Gargoton, n. m. Gosier. Ex. Me voilà incapable de parler, j’ai le gargoton au vif.

Gargouche, n. f. Gros pain de sucre d’érable. Ex. Hacher du sucre amont la gargouche. Gargousser, v. n. — Gargouiller.

Garguienne, n. f.

Fille d’honneur.
Gardienne.

Garibaldi, n. m. — Corsage de laine.

Garni, n. m.

Pierres concassées destinées à remplir les vides d’une
maçonnerie.
Morceau de toile ou de coton plié en plusieurs doubles et
piqué qui fait partie de la lingerie particulière au sexe.

Gamouille, n. f. — Grenouille.

Garocher, v. a. — I^ancer des roches, des pierres.

Garocher (se), v. pron. S’envoyer des pierres. Ex. Des enfants qui se garochent.

Garouage, n. m.

Vagabondage, flânerie. Ex. Mon mari est parti en garoua ge, cherche où. Ce mot vient probablement de l’expres sion courir le loup-garou. En France, aller en garouage, c’est se dissiper, courir la prétentaine. — Ici, l’expression ne veut rien dire de plus que flâner, courir d’une maison à l’autre.

Garuage, n. m. — V. Garouage.

Gars, n. m. — Garçon. V. Ga.

Gaspareau, n. m. — Alose tyran.

Gaspillard, e, adj. — Gaspilleux, euse.

Gaspille, n. m.

Gaspillage. Eu Normandie, jeter à la gaspille veut dire jeter des dragées ou des sous à une troupe d’enfants qui se battent pour les ramasser.

„… »« f« e adj. — Gaspilleur. Qaspilleux, euse, j r 0a Qu’iSgûtee’tout ce qu’il touche. Ex. Tu n’es qu’un gâte- sauce, ne te mêle de rien. Cas, n. m. — Gars. V. Ga.

Gaton, n. m.

Bâtonnet qui sert à assujettir les ménoires au traîneau. Dans le Perche, gaton signifie bâton ; le gaton s’emploie pour serrer la corde qui tient la charge d’une voiture. En Normandie, on dit gâton.

Gaudrler, n. m. Baudrier. lîx. Des semelles de bottes en bon gaudrier. Gaudriole, n. f. Mélange de son et d’eau pour l’alimentation du bétail.

En France," la gaudriole est une p aisanterie un peu libre. Oaupe, n. f. — Femme sans ordre. (De Gaspé, Mémoires.’) Gavache, n. m. — Lâche. Gavagner, v. a.
Détériorer. Ex. Mes vêtements sont pas mal gavagnés.
Troubler. Ex. J’ai une idée qui megavagne.

Eu France, ce mot signifie gaspiller, gâter.

Gazelier, n. m. (Angl.) — Lustre â gaz, candélabre.
Gazette, n. f. — Personne bavarde.
Gazetter, v. a. (Angl.)

Publier un avis, une annonce dans la Gazette Officielle. Gazon, n. m. Bloc de neige durcie. Ex. Nous allons faire une cabane de neige, coupe des gazons à force. Geangar, n. m. Hangar. Ex. Va porter le harnois dans le geangar. Oearbe, n. f. Gerbe de blé. Ex. La fête de la grosse gearbe semble être

disparue de nos coutumes religieuses. Gearce, n. f. — Gerce, crevasse. Geargaude, n. f. — y. Gergaude.
D1ÏS CANADIENS-FRANÇAIS 353

Geargeau, n. m.

Gesse, légumineuse cultivée comme fourrage et même com me aliment.

Gearmain, e, adj. — Germain. Ex. Mon cousin gearmain.

Gégnièvre, n. f. — Genièvre.

Geigneux, euse, adj. — Geignard, plaignard.

Geint, n. m.

Plainte, lamentation. Ex. Avant de mourir, il a envoyé un %eint.

Gelasser, v. n. — Geler légèrement.

Gelaudé, e, adj. — Un peu gelé.

Geler, v. n.

Couvrir de givre. Ex. I,es vitres sont gelées.
Etre timide à l’excès. Ex. Un enfant^//.
S’éloigner de l’objet cherché. Ex. Tu gèles, c’est-à-dire,
tu t’éloignes de l’objet caché et qu’il s’agit de trouver.

(Terme de jeu.)

Gendarme, n. m.

Virago. Ex. Quel gendarme que cette femme !

Gêner, v. a. Etre gêné de ses eaux, souffrir d’une rétention d’urine.

Génie, n. m.

Se prend dans un sens tout différent du sens véritable. Nous disons : c’est un petit génie, c’est-à-dire un homme de peu d’esprit. Ex. Je ne suis pas un grand esprit, mais je ne suis pas non plus un petit génie. Il faut connaître nos cultivateurs pour bien comprendre le vrai sens de cette phrase.

Geniève, n. m. — Genièvre.

Gens, n. f. pl.

Personnes de la même famille. Ex. Allons, nos gens,

préparez-vous à partir pour la messe.

Personnes de la même paroisse. Ex. I<es gens àepar
chez nous sont pas aussi bêtes qu ’on croit.
Les bonnes gens, les maîtres d’une maison, les chefs de la

famille. Ex. Je m’en vais consulter les bonnes gens, et je

vous donnerai une réponse, oui ou non.

23

3 54 LE PARLER POPULAIRE
Les gens des noces, les invités à une noce.
Les gens de nos gens, les amis de nos amis.
Gentilhomme, n. m.
Homme droit, honorable, bien élevé, de bonne compagnie. Gentilhommerie, n. f. — Qualité de gentilhomme. Gentillesse, n. f. — Droiture, loyauté.* Gentleman, n. m., (m. a.)
Gentilhomme, un galant homme. Georges, n. f. pl.

Orges. Ex. I,a semaine qui vient, nous ferons nos georges. Gérémium, n. m. — Géranium. Gergaude, n. f. Fillette qui aime à folâtrer avec les petits garçons de son

âge, une garçonnière. Gergauder, v. n. — Faire la gergaude. Gergauderie, n. f. — Action de gergauder. Germage, n. m. — Action de germer. Germe, n. m. Bourbillon. Ex. Aussitôt que ton clou (fronde) sera mûr,

tu feras sortir le germe. Germine, adj. f. Germaine. Ex, Celle-là, c’est ma cousine germine.* Gerrymander, n. m., (m. a.)

Redistribution de la carte des districts électoraux de manière à ne pas nuire au parti qui en est l’auteur. Ce nom vient de Gerry, gouverneur du Massachusetts, qui, le premier, s’avisa d’avoir secours à ce procédé pour favoriser le parti démocratique. Gester, v. n.
Faire des gestes, afficher des prétentions ridicules. Gestes, n. m. pl.
Cérémonies. Ex. Allons donc, ne fais pas tant de gestes,

tu as pourtant envie d’aller te promener.

Grimaces, contorsions. Ex. Ménage tes gestes, tu te
brises la figure.
Prétentions ridicules.

Qesteux, euse, adj. — Personne affectée, maniérée.

DES CANADIENS-FRANÇAIS 355

Gevaux, n. m. pl. — Chevaux. Ex. Une course àtgevaux.

Giant, n. m. Géant. Ex. Conte-moi le conte où il y a des giants.

Gibbar, n. m. — Cétacé très gros, appelé orque épaulard.

Gibelotte, n. f. — Toute sorte de ragoûts de volaille.

Gibier, n. m.

Enfant difficile, dur à cuir, espiègle. Ex. Quel gibier

que ce garçon !

Gibier d’eau douce, même sens.
— Gibier de malheur, homme de malchance.

Giboire, n. f. Chasser à la giboire, au moyen d’un piège ou lacet suspendu au bout d’une perche.

Giffe, n. f.

Coup avec la main ouverte sur la joue. Ex. Donner, rece voir une giffe.

Giffer, v. a. — Souffleter, donner une giffe.

Gifler, v. a.

Voler, dérober. Ex. Il m’a giflé ma plume-fontaine.
Donner une gifle.

Gigailler, v. n. — S’agiter, se remuer beaucoup.

Gigier, n. m.

— Gésier.
— Poumons. Ex. Cet orateur peut parler trois heures en

plein air sans se fatiguer, il faut qu’il ait un bon gigier, c’est-à-dire, de bons poumons, une forte poitrine.

Gignoler, v. n.

Ne pas être sûr de ses jambes. Ex. Cet homme gignole,

il a les jambes molles.

Se disloquer. Ex. I^a patte de la table gignole, elle me

nace de tomber.

Gigotage, n. m. Action de gigoter. Ex. Cesse donc tes gigotages.

Gigotement, n. m. — V. Gigotage. Gigoter, v. n.

Se remuer, se donner beaucoup de mal pour arriver au suc cès.
356 LK PARLES POPULAIRE

Gigoteux, euse, adj. — Qui gigote beaucoup.

Gigue, n. f. Faire danser une gigue, battre, rosser d’importance.

Gigues, n. f. pl. Jambes grêles. Ex. Cache tes grandes gigues, mon petit gas, tu vas te geler.

Gilet, 11. m. Veste ou veston. Ex. Mets ton gilet, mon vieux, il fait encore trop froid pour sortir en veste. Eu France, le gilet correspond à ce que nous appelons la veste.

Gingen, n. m. — Gingembre.

Gingeolent, e, adj. — Gai, folâtre.

  • Ginger bread, djinn djeur brede, (m. a.)
Pain d’épice.

Gingue (en), loc.

Gaieté. Ex. Comme tu es en gingue, ce matin, tu vas
nous faire passer une triste journée.
Vif d’allure. Notre poulain est terriblement en gingue

depuis que nous le mettons au clos.

Ginguer, v. n. Courir en sautant. Ex. Mes enfants, vous pouvez aller dans la cour, et gingtiez-y tant que vous voudrez. Dans le Per che, ginguer c’est jouer en montrant son adresse ou sa force.

  • Ginnerabette. (Angl.)

Caoutchouc. Ex. J’ai une grosse pelote en ginnerabette pour jouer à la palette. Ce mot est une corruption de Indiafi rubbcr, caoutchouc.

Giole, n. f.

Trébuchet.
Geôle, prison.

Giolier, n. m. — Geôlier.

Girafe, n. f. Femme au cou long et élancé.

Glacé (être). Avoir froid par tout le corps. Ex. J’arrive du froid, je suis glacé d’un bout à l’autre.

DES CANADIBNSFRANÇAIS 357

Glaine, n. f. Graine. Ex. Allons aiyer des glaines sur la montagne à Coton. Glaine serait synonyme de petit fruit sauvage.

Qlainer, v. a. — Glaner. Autrefois glainer se disait.

Glainure. n. f. — Glanure.

Glajeul, n. m. — Glaïeul. V. Clajeul.

Glandes, n. f. pl.

Ganglions hypertrophiés. Ex. Mon enfant a la gorge cou verte de glandes. 

Glas, n. m.

Sonneries glas, sonnerie glas funèbre. Kx. Nous avons une servante qui casse toutes nos assiettes, elle ne sonne pas les glas chaque fois qu’il lui arrive de ces sortes d’accidents. (Figur.)

Glissée, n. f.

Piste formée par le passage des animaux des grands bois. Ex. Une glissée de loutres, une glissée de visons.

Glissette, n. f. — Glissade.

Glissoire, n. f.

Auge de forte dimension par où l’on fait glisser les cribes d’un cageu.

Globe, n. m. — Cheminée. Ex, Un globe de lampe.

Gloire, n. f.

Partir pour la gloire, être sur le chemin de l’ivresse.

Glouglouter, v. n.

Imiter le bruit d’un liquide qui s’échappe d’une bouteille.

Gnasse, n. m. et f.

Niais. Ex. C’est un gnasse. En Normandie, gniot, et dans le Berry, gniogniot, ont le même sens.

Gniangnian, n. m. — Homme sans énergie, lambin.

Gniasse, n. m. et f. — V. Gnasse.

Gniochon, n. m. — Homme peu intelligent.

Gniole, n. f.

Taloche. Ex. Si tu ne t’arrêtes pas, je vais te flanquer une bonne gniole. En Normandie, gniole signifie niaiserie.

Gnognote, n. f.

— Bagatelle, chose de peu de valeur.
358 LE PARLER POPULAIRE
— Mensonge.

Gnochon, n. m. — V. Gniochon.

Qnole, n. f. — V. Gniole.

Go, n. m. Gosier. Ex. Fourre-toi ce bonbon dans le go, gourmand que tu es.

  • Go ahead, go êhedde, (m. a.)
Etre entreprenant. Ex. J’ai un enfant qui a an go ahead.
Aller de l’avant. Ex. Fouette ton cheval un peu, char
retier, go ahead.
  • Go along, go élonng, (m. a.)

Avance, poursuis ta route. V. Galogne et Gologne.

Gobe, n. f.

Coup de vin. Ex. Nous allons prendre une gobe.
Grosse bouchée.
Gobe d’imprimeur.

Dans l’ancien français gobe voulait dire vaniteux, vain, délicat.

Gobette, n. f.

Histoire pour rir-e, chose que l’on fait gober aux gens. Ex. Nous en avons dit des gobettes, c’est-à-dire, nous nous sommes amusés à conter des histoires en l’air. Expression fort en vogue autrefois dans les campagnes autour de Montréal. 

Goce, n. f. Entaille dans le bois faite avec un couteau.

Gocer, v. a.

Travailler le bois avec un couteau. Ex. Dans les collèges, les élèves aiment beaucoup à gocer leurs pupitres, ils gocenf aussi pendant les récréations, les arbres, des bouts de bois. 

Goceur, n. m. — Celui qui goce.

Godd, n. m. — Pingouin commun.

  • Goddem, n. m. (Angl.)
Sobriquet donné aux Anglais, à cause du juron qui leur est propre.
  • Goddémer, v. a. (Angl.)

Jurer en langue anglaise, Ex, Cesse donc de goddémer.

DBS CANADIBNSFRANÇAIS 359

Godendard, n. m.

— Grande scie qui sert à tronçonner ou à fendre le bois dans
le sens de sa longueur.
— Homme très ennuyeux. Depuis que l’on dit : c’est une scie, pour une homme ennuyeux, on a trouvé pour qualifier un homme très ennuyeux l’expression : c’est un godendard. Ce n’est pas du vieux langage canadien, c’est un néologisme populaire greffé sur une importation française. Dans le Perche on dit godendardes. En Normandie, le godenda est une scie de maçon.

Godille, n. f. — Aviron servant à godiller.

Godiller, v. n. Faire avancer une embarcation à l’aide d’une godille.

Godron, n. m. — Goudron.

Godronner, v. a. — Goudronner.

Goglu, n. m.

— Oiseau appelé Ricebird par les anglais. Appartient au
genre Dalichonyx. Il siffle admirablement.
— Mauvais plaisant, hâbleur.

Goinfre, n. m. Goinfre, n. f. — Ex. Quel mangeur terrible, c’est un vrai goinfre !

Goitte, n. f. Goitre, n. f. — Ex. As-tu remarqué comme j’ai la gorge enflée, je crois que j’ai une goitte.

  • Gologne.

Corruption de l’anglais^ along, va-t-en, poursuis ton che min. Ex. Gologne sauve-toi au plus vite. Il n’y a pas as gologne, c’est-à-dire ce n’est pas tout ci, tout ça, je reste où je suis.

Gomme, n. f.

— Aller à la gomme, s’en aller loin. Ex. Va à la gomme,

tu m’achales.

— Envoyer à la gomme, envoyer promener.

Gomme arabique, n. f. Mucilage. Ex. Prête-moi ta gomme arabique pour coller du pa pier.

360 LE PAKUOR POPULAIRE

Oommé, e, adj. Pris de boisson. Ex. As*tu rencontré Sem, il est encore gommé, ce soir.

Gommeux, euse, adj. Boueux, vaseux, gluant. Ex. Les chemins sont gommeux dans les concessions de Saint-Pancrace.

Oonce, n. m. Faire le gonce, pleurnicher pour obtenir quelque faveur. Kx. Ne fais pas le gonce comme cela, tu m’ennuies à la fin.

Gonfle, n. m. Gonflement, action de ce qui est gonflé. Gonze, m. m. — V. Gonce.

Gordiche, n. m. — Petit goujon.

Gordon, n. m. — Goujon.

Gorec, n. in. — Goret. Goret (petit), — Goret.

Gorge (grosse), n. f. — Goître.

Gorgerette, n. f. — Bride.

Gorgette, n. f.

Bride, attache de chapeau de femme.
Sous gorge, dans l’attelage des chevaux.

Gorgoter, v. n. — V. Gargoter.

Gargoton, n. m. — Gosier.

Goriot, n. m. — Grelot. Ex. Desgorlots de patates.

Gorlotter, v. n. — Grelotter.

Gornaille, n. f. — Gens de peu de valeur.

Gorton, n. m. — Creton.

Gosse, n. m. — Jeune garçon.

Gosser, v. a. — V. Gocer.

Gouaiche (à la), loc.

A gogo, à satiété. De Gaspé a écrit à gouêche dans ses Mé moires (p. 417).

Gouâiller, v. a. — Railler, plaisanter.

Gouâillerie, n. f. — Raillerie.

Gouailleur, adj. et n. — Qui gouaille.

Goudille, n. f.

— Godille, aviron placé à l’arrière d’un canot et auquel on imprime des mouvements qui imitent ceux d’une hélice.
— Goudrelle. V. ce mot.

Qoudiller, v. n.

Godiller, faire avancer une embarcation en se servant de la godille.

Goudrelle, n. f.

Chalumeau fixé aux érables qui permet de recueillir la sève des érables en vue de la fabrication du sucre.

Goudrier, n. m. — Baudrier.

Qoudrille, n. f. — Goudrelle. V. ce mot.

Qoudriole, n. f. — Gaudriole. V. ce mot.

Gouffre, n. et adj.

Gros mangeur. Ex. C’est un gouffre, il mange comme
quatre.
Obtus, émoussé. Ex. Le taillant de ce couteau est

gouffre.

Gouine, n. f. — Femme de réputation perdue.

Goujon, n. m. Mot piquant, sarcasme, lardon. Ex. Faire avaler un goujon.

Goule, n. f. Bouche. Ex. Ferme ta goule. Corruption de gueule, gula.

Goulée, n. f. Le contenu de la bouche remplie de solide et de liquide. Ex. Il me vient des goulées de bile quand je digère mal.

Gouleron, n. m. — Goulot. Ex. Legouleron d’une bouteille.

Gouliaffre, adj. — Glouton. Gouliat, n. m. — Glouton.

Goulon, n. m. — Goulot.

Gourde, n. f. Calebasse commune, dont il y a plusieurs variétés, suivant la forme.

Gourgane, n. f.

— Fève.
Bajoue de porc fumé.

Gourgousser, v. n.

Glousser. Ex. Nos poules gourgoussent fort.
Grogner, murmurer tout bas.
362 LE PARLER POPULAIRE

Qournaille, n. f.

Gournable, cheville de bois dur employée dans la construc tion des navires. Ex. A l’assemblée politique d’hier soir, les chauds partisans de X étaient armés de goumaitles. 

Qoût, n. m. — Faire passer le goût du pain, tuer.

  • Goûter, v. a.

Avoir le goût. Ex. Cette viande goûte le rance. (Angl.)

Gouterelle, n. f. — Goudrelle.

Goutte, n. f.

Spiritueux. Ex. C’en est un qui aime la goutte.

Grâce (en), loc.

Par grâce. Ex. En grâce, laisse-moi tranquille.

Gracieusement, adv. — Suffisamment, grassement.

Gracuit, adj. — Gratuit.

Graduer, v. n.

Prendre ses degrés. Ex. Mademoiselle vient de graduer aux Ursulines.

Graffigner, v. a.

Egratiguer. Vieux français qui vient du breton graffina, ou du provençal graffinar. Rabelais a dit : « II leur mor-doit les aureilles ; ils lui graphinoient le nez. »

Graffignure, n. f. — Egratignure.

Graillon, n. m.

Odeur de graisse brûlée.
Cuisinière malpropre et peu entendue.

Grain, n. m.

Cheminée d’un fusil sur laqxielle on place la capsule.
Goutte. Ex. I,a pluie tombe à gros grains.
Serrer le grain, marcher les jambes serrées l’une contre
l’autre, et au figuré, se tenir sur la réserve en faisant bien

attention.

Fourrer son grain partout, fourrer son nez là où on n’a
pas d’affaire.

Grain d’orge, n. m. — Orgelet.

Graine, n. f.

Menue monnaie.
Mauvaise graijie, mauv ais sujet.
Pas la graine, pas du tout.
N’avoir plus une graine de quelque chose, n’avoirplusrien..
Ex. Veux-tu me vendre un minot de pois ? — Non, je n’en

ai plus une graine.

Monter à graine, rester vieille fille.
— Avoir de la graine dans la tête, être pouilleux.

Grainer, v. n.

Donner du fruit. Ex. I^es pois negraineni pas, cette année.

Graissages, n. m. pl.

Substances grasses. Ex. Ramasse tous nos graissages pour le savon.

Graisse, n. f.

— Saindoux.
Graisse de mort. Ex. I<es cierges sont-ils faits avec de
la graisse de mort ?
Tache de graisse, personne qui semble vissée sur sa chaise
et ne part plus.
— Crever dans sa graisse, être très gras.

Graisser, v. a.

Donner de l’argent à quelqu’un pour l’amadouer. Ex..

Je l’ai graissé comme il faut avant de partir, maintenant

je suis sûr de lui.
Graisser ses bottes, se préparer à partir ou à mourir.
— Graisser la patte, donner un pot-de-vin.

Graissou, adj. — Graisseux.

Grâler, v. a. — Griller. Ex. Notre café est il bien grâlêf

Grand, e, adj.

Bon. Ex. J’achète toujours à grand marché.
Beaucoup. Ex. Cet habitant a grand de terre.
En avoir grand d’entrepris, être bien à plaindre.
Se tirer du grand, avoir de fortes prétentions.
Dans les grands prix, d’une façon complète. Ex. Il
s’est fait blaguer dans les grands prix.

Grand (en), loc.

Beaucoup. Ex. Cet individu est bête en grand.

Grand’biche, n. f.

Jeune fille élancée.

Grandement, adv.

Bien logé, confortablement. Ex. Nous sommes grandement dans notre maison neuve.

Grandet, ette, adj.

Grandelet. Ex. Notre fille commence à être grandette.

Grand’hache, n. f.

Bûcheron qui dégrossit les arbres de nos forêts.

Granmaire, n. f. — Grammaire.

Grand’père, n. m.

Pâte bouillie découpée en morceaux roulés ou carrés, qui s’apprête avec du sirop.

Grande-grande-mère, n. f.

Mère de l’aïeul ou de l’aïeule.

Grand-grand-père, n. m. — Père de l’aïeul ou de l’aïeule.

Granulé, n. m. — Sucre granulé.

Grappe, e, adj.

Bien fourni de grappes. Ex. J’ai, dans mon champ, de l’avoine qui est bien grappêe.

Grappigner, v. a. — Agripper.

Grappin, n. m.

— Crampons. Ex. L,es chemins sont couverts de glace,

mettons nos grappins.

Main. Ex, Mettre le grappin sur quelqu’un.

Qraquia, n. m.

Bardane.
Enfant intelligent.

Gras, se, adj.

Gras à lard, très gras.
Eaux grasses, eau de vaisselle.
Gras à fendre avec Vongle, très gras.
Gras à pleine peau, très gras.

Gras-cuit, adj.

Mal cuit. Ex. Du pain gras-cuit, c’est-à-dire, gluant et graisseux en apparence.

Gras-de-jambe, n. m.

Chose profitable. Ex. Cette affaire va m’apporter un beau gras-de-jambe.

DES CANADIENS-FRANÇAIS 365 

Grati, n. m.

Gratis. Ex. Aujourd’hui j’ai travaillé pour du grati.

Gratigner, v. a.

Egratigner. Ce mot était usité autrefois. — (Du Bellay, Palsgrave.)

Gratignure, n. f. — Egratignure.

Gratte, n. f.

Dégelée. Ex. J’ai attrappé une gratte en règle.
Petite houe, binette. Ex. Va chercher la gratte pour

renchausser les patates.

Instrument qui sert à gratter les chemins d’hiver en enle
vant un excès de neige.

Grattelle, n. f.

Maladie de la peau qui occasionne une vive démangeaison.

Gratter, v. n.

Lésiner. Ex. A force de gratter, il s’est enrichi.
Chercher. Ex. Qu’est-ce que tu grattes ici ?
Gratter quelqu’un où ça lui démange, toucher au point
souhaité, flatter la passion dominante.
— Gratter à la bonne place, même sens.

Gratter (se), v. pron.

Renoncer. Ex. Tu peux te gratter, tu n’obtiendras pas ce que tu désires.

Gratte-pieds, n. m.

Décrottoir, lame de fer ou boîte garnie de brosses à l’entrée d’un appartement ou d’une maison, pour ôter la boue des chaussures. 

Gratteux, euse, adj.

Mesquin, qui ménage ou gratte sur tout.
Gratteur.

Grattures, n. f. pl.

Mucosités intestinales. Ex. Des grattures de tripes, de boyaux.

Grave, n. f.

Etablissement de pêche à la morue. Ce mot signifiait d’abord une certaine étendue de terre près du rivage, préparée pour faire sécher la morue ; ce nom a été ensuite donné à l’établissement tout entier. 

Gravé, n. m.

Chemin macadamisé. Ex. De Québec à Sainte-Anne, c’est du gravé tout le temps. Graver, v. a. Macadamiser. Ex. La compagnie des chemins à barrières est obligée de graver nos chemins autour de la ville. Gravois, n. m.

Pierres concassées avec lesquelles on recouvre les routes. <jravouiller, v. a.
— Gratter. Ex. I,e dentiste m’a gravouillé une dent avec
ses outils.
— Chercher. Ex. Qu’est-ce que tu gravouilles là ?
Gréau, n. m. — Gruau.
Grébiche, n. f. — Femme acariâtre. Gtedin, e, adj. — Avare, ladre. Grediner, v. n. — Résiner sur tout.
  • Oreen, grîne, (m. a.)

Inexpérimenté. Ex. C’est un green que ce garçon, il au rait besoin d’être déniaisé.

  • Green-back, (m. a.)
Billet de banque américain émis au cours de la guerre de sécession. C’est la couleur verte (green) à son verso (back), qui l’a fait ainsi nommer.
  • Green goods, (m. a.)

Greenback contrefait. Gréier, v. a. — V. Gréyer. Grêle, n. f. Personne méchante. Ex. Cette femme-là, c’est la grêle. Grêlon, n. m. Misérable, mal vêtu. Ex. Ce quêteux a-t-il 1’air grêlon un

peu ? Grelot, n. m.
— Langue. Ex. Retiens ton grelot, achève de faire sonner

ton grelot, on n’entend que ton grelot.

— Fruit de la pomme de terre. Ex. Des grelots de patates.
Grêlou, n. m. — V. Grêlon.

Greluchon, n. m. — Enfant à mine grêle.

Grèmeleux, euse, adj.

Grumeleux. Ex. Cette poire est gremeleuse. Grément, n. m.

Ajustement. Ex. Voilà une personne qui a un drôle de

griment.

Habillement. Ex. Quand tu viendras chez nous, tu
pourras mettre, ton grêment de tous les jours.
Ensemble de choses qui constituent un tout complet.
Ex. Si nous allons à l’île, tu emporteras ton grément de
pêche et de chasse.

Grémiller, v. a.

Emietter, réduire en petits grains comme du grémil. Qrémilleux, euse.
Grumeaux qui se posent à la surface des liquides. Qrémillons, n. m. pl. — Grumeaux de glace. Qrémir, v. a.

Ecraser, réduire à rien. Ex. Si tu ne te tais point, je vais te grêmir. Grenaille, n. f. Menue monnaie. Ex. T’aurais pas de la grenaille de reste ? Grenier à foin, n. m. — Fenil. Grenouilles, n. f. pl.

Grenouillettes, tumeur qui se forme sous la langue par la dilatation du canal de Wharton ou conduit excréteur de la glande sous-maxillaire.

Greton, n. m. — Creton. (De Gaspé, Mémoires, p. 167.) Gréviste, n. m. — Celui qui se met en grève. Greyer, v. a.

Habiller. Ex. Ma femme, greye le petit pour aller chez
le beau-père.
Meubler. Ex. Si je fais un peu d’argent, je vais greyer

ma maison.

Disposer, mettre en ordre. Ex. Marie, greye la table
pour le dîner.

Greyer (se), v. pron.

S’habiller. Ex. Gréyons-nous pour aller à la messe.
S’approvisionner, se donner du luxe. Ex. Je vais me
368 LE PARLER POPULAIRE

grêycr comme il faut et mieux qu’auparavant, pourvu que je trouve à vendre mes vieux meubles.

Gribouille, n. f.

Chicane. Ex. Nos deux voisins sont en gribouille.

Griche-dents, n. m. — Grince-dents.

Griche-poil, n. m. — Enfant malin, difficile.

Griche-poil (à), loc.

A rebrousse-poil. Ex. Il y a des gens qu’il faut toujours reprendre à griche-poil.

Gricher, v. a.

Grincer. Ex. Cet enfant a des vers, ’ûgriche des dents. Gricheux, euse, adj. — Qui grince des dents.

Grichoux, n. m.

Diable.
Personne incommode, d’une humeur acariâtre. Ex.
C’est un vieux grichoux.

Grichu, e, adj. — De mauvaise humeur, grincheux.

Grignard, n. m. — Grognon, pleurnicheur.

Grigne, n. f. — Croûte de pain.

Grigner, v. n. — Grincer, serrer les dents.

Grignier, n. m.

Grenier. Ex. Le grignier est plein de souris.

Griguenaude, n. f.

Griuguenaude, petite ordure qui s’attache aux émonctoires, par malpropreté.

Grillade, n. f.

Morceau de peau. Ex. Je me suis fait enlever une grillade sur la jambe.

Griller, v. a.

— Hâler, brunir le teint. Ex. J’ai les mains et le cou

grillés.

— Fumer la cigarette. Ex. Es-tu bon pour en griller une ?

Grimaceux, euse, adj. — Qui fait des grimaces.

Grimoner, v. a. — Gronder, murmurer.

Grimpigner, v. a.

Grimper, gravir, en s’aidant des mains et des pieds.

Grincher, v. n. — Grincer. Ex. Grincher des dents.

Orîïichu, e, adj. — Grincheux.
QriOgalet, n. m. — Petit homme maigre et chétif.
se - adJ- Misérable, sans le sou.

Ladre, mesquin.

p Avoir la grippe. Ex. Me voilà grippé pour au moins huit jours.

Gripper, v. n. — Grimper.

aripper(se), v. pron.

Monter. Ex. Je vais me gripper sur cet arbre-là.
Se ratatiner, en parlant d’une étoffe.

Orippette, n. m.

IDiable. Ex. Si tu ne cesses pas de faire du bruit, je vais envoyer chercher le grippette.

Grises, n. f. pl. — En voir de grises, subir des malheurs.

Grive, n. f. — Soûl comme une grive, en état d’ébriété.

Qrocerie, n. f. (Angl.) — Epicerie.
Oroceries, n. f. pl. (Angl.) — Articles d’épicerie.
Groceur, n. m. (Angl.) — Epicier.
Qrogneux, euse, adj.

Qui grogne à tout propos. Ex. Ne t’occupe pas de cevieux g-rogneux.

Groiselle, n. f. — Groseille. Champlain a écrit groiselle.

Oroïsellier, n. m. — Groseillier épineux.

Grôler, v. a. — Griller. V. Grâler.

Gros, se, adj.

Beaucoup. Ex. Il y a gros de charbon dans ma cave.
Riche. Ex. Ce monsieur est bien riche, il en a gros.
Gros casque, homme important.
Gros comme pire et mère, gros enfant.

Groseillier sauvage, n. m. — Groseillier ronce de chien.

Qrosse-tête, n. f.

Grande capeline fourrée portée autrefois par nos grand’- mères pour affronter les rigueurs de l’hiver.

Qrot, adj. m. s.

Gros. Ex. Voilà un grot homme, un grot ar bre. 24

Grouillant, e, part

— Couvert, infesté. Ex. Cet enfant est tout grouillant de

poux.

— Vivant. Ex. J’ai cinq enfants tous grouillants.

Grouiller, v. u. Remuer. Ex. Ne grouille pas d’ici, je vais revenir bientôt.

Group, n. m. — Croup.

Gru, n. m.

Farine d’avoine détrempée dans l’eau pour la mangeaille des animaux de ferme.

Grucher, v. n. — Monter. Expr. acadienne.

Grue, n. f. — Héron blanc.

Guénif, n. m. — V. Gannif.

Guenille, n. f.

Butin, attirail de ménage, saint frusquin. Ex. Prends
tes guenilles et fiche ton camp au plus vite.
Homme sans caractère, mou.

Guénilloux, n. m. — Qui porte des guenilles, loqueteux.

Guère (pas), loc. — Très peu, pas beaucoup.

Guerlotter, v. a. — Grelotter.

Guernier, n. m. — Grenier.

Guernouille, n. f. — Grenouille.

Guernu, adj. — Grenu.

Guérouage, a. m. — Garouage. V. ce mot.

Guesse.

Prendre le bord de guesse, se sauver bien loin, de manière à ne pas être retrouvé, assez loin qu’on ne devine pas l’en droit oà l’on court se réfugier. Ex. Notre voleur âjris le bord de guesse.

  • Guesser, v. a. (Angl.)

Gager. Ex. Je guesse que tu vas perdre tout ton argent à la Bourse.

Guetter (se), v. pron. — Se tenir sur ses gardes.

Gueulard, n. m.

Qui parle haut et souvent.
Ramas de gens soudoyés pour faire du tapage dans les
assemblées pol itiques.

Gueule, ti. f.

— Bouche.

. Ma belle gueule ! Expression très familière employée en manière de compliment à l’égard d’une jolie personne.

Se battre la gueule, faire de vains efferts de parole.
Avoir bien de la gueule, parler beaucoup et très fort.

Gueule de fer-blanc, n. f. — Bavard intarissable.

Gueule noire, n. f.

Fruits du myrtille, lesquels noircissent la bouche.

Gueulée, n. f. — Goulée. V. ce mot.

Gueuler, v. n. — Parler haut et fort, crier.

Gueurdin, e, adj. — Gredin.

Gueurlot, n. m. — Grelot.

Gueurlotter, v. n. — Grelotter.

Gueurnasse, n. f. — Grenasse, petite bourrasque en mer.

Gueurnouille, n. f. — Grenouille.

Gueurton, n. m. — Creton.

Gueuserie, n. f. — Bagatelle.

Guevale, n. f. — Cavale.

Guia, int. — Dia. V. ce mot.

Guiâblant, adj. — Diablant. V. ce mot.

Guiâble, n. m.

Diable. Ex. Va chez le guiâble ! Que le guiâble te charrie ! V. Diable.

Guiâblement, adv. — Excessivement.

Guiâbler, v. — Diabler. V. ce mot.

Guiâblesse, n. f. — Diablesse, femme méchante.

Guiâblotin, n. m. — Enfant vif et espiègle.

Guiârrhée, n. f. — Diarrhée.

Guibou, n. m. — Hibou.

Guiamant, n. m.

Diamant, Ex. Un guiamant pour couper la vitre.

Guichet, n. m. — Vasistas.

Guieu, n. m. — Dieu. Ex. Je dois à Guieu et à ses saints.

Guignolée, n. f.

Autrefois, dans notre pays, la guignolée se disait de ceux qui se réunissaient durant la nuit du 31 décembre pour aller souhaiter la bonne année aux parents et aux amis. Aujourd’hui, ce sont les agents de commerce qui, dans la nuit de Noël, font, de maison en maison, une collecte pour les pauvres de la ville.

Guignoleux, n. m.
Les hommes qui courent la guignolée.
Guillaume, n. m.
Guingamp, étoffe fine et lustrée fabriquée à Guingamp, en France.
Guillaume trop mince.
Delirium tremens.
Guinque, loc. adv.
Rien que. Ex. Comment te trouves-tu, là-bas ? — Je suis guinque bien.
Guipée, n. f.
Corde de violon entourée de fil métallique.
* Gum-drop, gomme (m. a.)
Bonbon composé de guimauve et de sucre.



H
Habeçon, n. m.
Hameçon.
Habiller, v. a.
Couvrir d’invectives. Ex. En voilà un qui s’est fait habiller de la plus belle façon du monde.
Habiller (s’), v. pron.
Endosser ses habits extérieurs, comme un paletot, un par-dessus d’hiver. Ex. Il fait un froid de loup, habillons-nous chaudement pour sortir. Se déshabiller, dans notre parler, est l’antonyme de s’habiller, dans l’acception présente.
Habit à queue, n. m.
Frac, habit de soirée, de cérémonie, ou simplement habit.

Habitant, n. m.

Cultivateur vivant à la campagne. Cette appellation remonte aux premiers temps de la colonie. Du temps de Cham-plain, il y avait deux espèces d’immigrants : les véritables, les sérieux, et les oiseaux de passage. On les distinguait en nommant les premiers, les habitants, et les seconds, les hivernants, c’est-à-dire qu’ils ne faisaient qu’hiverner dans la Nouvelle-France, avec l’intention de s’en retourner dans l’Ancienne, à la première occasion favorable. Les habitants sont restés attachés au sol, et les hivernants sont disparus les uns après les autres sans laisser de traces bien profondes. Faire Vhabitant, ne pas faire Vhabitant, sont des expres sions assez communément employées pour dire : être mes quin en affaires, ou ne pas l’être. Un gros habitant, un habitant riche. Un petit habitant, un habitant plus ou moins pauvre. Un habitant à l’aise, qui vit dans l’aisance. Habitant dos blanc, terme de mépris d’usage assez fré quent chez les jeunes gens.

Hache, n. f.

— Grand’hache. V. ce mot.

— Avoir un coup de hache, être un peu fou.

Hache (à la), loc.

— Dénué de tout, réduit à n’avoir qu’une hache pour gagner son pain. Ex. J’ai tout dépensé mon bien, je suis reudu à la hache.

— Grossièrement. Ex. Un ouvrage fait à la hache.

  • Haddock, n. m., (m. a.)

Aiglefin, morue de Saint-Pierre. D’aucuns disent haddeck.

Haguissable, adj. — Haïssable. V. ce mot.

Haguir, v. a. — Haïr. Ex. Je Vhaguis, toi, comme la peste.

Ha ! Ha !

Interjection qui ne s’emploie que dans un sens négatif, comme suit : Ex. Ce docteur n’est pas un docteur ha ! ha ! Mon frère est seigneur, mais ce n’est pas un seigneur ha ! ha ! il saigne les cochons.

Haïr, v. a.

Nous disons : je te haïs, tu le haïs, il m’haït, pour je te liais tu le hais, il me hait. Dans le vieux français, on prononçait haine et haineux.

Haïssable, adj.

Incommode, insupportable. Ex. Sors d’ici, petit haïssable que tu es, tu me fais damner.

Halener, v. n. — Haleter, être essoufflé.

Haler, v. a. et n.

Tirer à soi un objet quelconque. Ex. Ha/e-moi d’ici, j’ai un pied pris dans le trottoir. Tirer fort. Ex. I, a charrette est très chargée, ça haie, c’est-à-dire le cheval est obligé de tirer fort pour avancer dans sa marche. Les uns prononcent haler et les autres hâler. (Terme de marine.)

Halitre, n. f. — Gerçure causée par le froid ou le frottement.

Halitré, e, adj.

— Gercé par le froid. Ex. J’ai les mains halitrêes.

— Enflammé par le frottement. Ex. Cet enfant a les cuisses halitrées.

Ce mot est usité en Normandie.

  • Hall, halle, n. f., (m. a.)

— Salle publique. — City hall, hôtel-de-ville. — — Market hall, halle. ~ Music hall, salle de musique.

  • Halloo, hallou, (m. a.)

Holà ! holà ho ! Cri d’appel téléphonique.

Halloter, v. n. — N’avoir plus que le souffle.

Hangarage, n. m.

Action de mettre dans un hangar. Ex. J’ai un lot de mar chandises à mettre en hangarage. — II vous faudra payer pour Y hangarage de vos meubles.

Hangarer, v. a. — Mettre dans un hangar.

  • Hansard, n. m., (m. a.)

Rapport des délibérations de la Chambre des Co mmunes du Dominion. Ce nom provient à’un homme Hatisard, auteur de ce système de rapporter Verbatim les discours des députés à la Chambre.

Haquet, n. m.

Hoquet.

Traîneau ou sleigh dont se servent les sucriers en le poussant à bras.

Harage, n. m. Race. Ex. C’est un cheval de bon garage. Vient du mot haras, établissement où l’on garde des chevaux.

Harbage, n. f. — Herbage.

Harbe, a. f.

Herbe. Ex. Cette soupe est douce comme de l’harbe.

Harbière, n. f. — Erbière. V. ce mot.

Hardé, e, adj.

Œuf sans coquille. Ex. Un œuf hardé. Du Cange écrit : « Les œufs hardelés n’ont pas de coquille ; ils sont pondus par des coqs et on les met dans du fumier de cheval, il en sort des serpents dont l’huile est excellente pour composer des philtres et transmuer les métaux. » Les coqs du Canada n’en sont pas encore rendus là. Cotgrave dit œuf hardrê.

Mardes faites, n. f. pl. Confection. Ex. M. Lépine tient un beau magasin de hardes faites.

Hardi ! Int. — Courage !

  • Hard up, oj>, (m. a.)

A bout de ressources. Ex. Je n’ai pas le sout je suis hard up pas rieu qu’un peu.

  • Hardware, wère, n. m., (m. a.)

Quincaillier. Ex. Va me chercher du clou chez le hard ware.

Harer, v. a.

— Frapper avec une hart.

— Attacher avec une hart.

Harguesse, n. f. — Hardiesse.

Harias, n. m. — V. Arias.

"icoV bois débuches. Expression plutôt acadienne. f n f — Ridelles. Haridelle, » • r"

  • r’. or(jinairement par ceux qui conduisent un cheval pour 1 faire arrêter ou reculer. Cette expression viendrait-11 d’arrière f Elle pourrait peut-être provenir d’une nterjection hippique qui aurait un sens tout contraire. On lit dans Ibères, Ibirie, par Adolphe Garrigan (p. 110), ouvrage dans lequel l’auteur prétend identifier les Basques d’Afrique avec les Basques descendants des Ibères : « Un autre terme usité chez nos paysans de montagnes (Arrière), harri pour presser la marche trop lente d’une bête de somme, est aussi l’expression dont se servent les Berbères. » I^e nom de l’Arriège lui-même donne à penser.

Harnais, n. m. Embarras, attirail. Ex. Y a-t-il moyen de travailler avec un harnais d’enfants comme j’en ai un sur le dos ? Harnie. n. f. — Hernie. Harnois, n. m. — Harnais. Harpie, n. f. Femme acariâtre et bavarde. Une voix d’harpie, une voix criarde. Hârrier, 11— rn. Hallier, réunion de buissons serrés et touffus. Harse, n. f. — Herse. Harser, v. a. — Herser. Hart rouge, n. f. — Cornouiller blanc. Hasard ( !’), n. m. — Le hasard. Haur, adj. Sale, malpropre. Se dit des chemins en mauvais ordre. Hausses, n. f. pl. Demi-guêtres d’un soulier de caribou ou mocassin. Haut, e, adj. adv. et n. m. Hautain. Ex. C’est un fat, il est haut. Appartement qui n’est pas au rez-de-chaussée. Porter— hazit, être fier. DES CANADIENS-FRANÇAIS 377

En avoir haut, être écœuré. Ex. Ce garçon m’embête
avec ses exigences, j’en ai haut.
Avoir des hauts et des bas, éprouver des succès et des
revers.

Haut du jour, n. m. — Temps où le soleil est le plus ardent.

Haute, n. f. — Haute société. Ex. Appartenir à la haute.

Hauteur, n. f-

— Opulence. Ex. Ce garçon est d’une hauteur qui le rend
inabordable.
— Hauteur des terres, ligne de séparation des eaux.
Héguissable, adj. — Haïssable.

Hémorrhagie de sang, n. f. — Hémorrhagie.

Hémorrhuites, ti. f. pl. — Hétnorrhoïdes.

Herbailles, n. f. pl. — Herbes de rebut, sarclures.

Herbe (à I’), loc. Au pré, au champ. Ex. Va mettre les vaches à l’herbe.

Herbe à barnèche, n. f.

Herbe marine recueillie sur nos grèves ; séchée, elle est uti lisée pour faire des matelas. 

Herbe à chat, n. f. — Chataire commune.

Herbe à cochon, n. f. — Renouée des oiseaux, traînasse.

Herbe à dinde, n. f. — Herbe à mille feuilles, achillée.

Herbe à la clef, n. f. — Chimaphile en ombelle.

Herbe à la puce, n. f. — Sumac vénéneux.

Herbe aux écrouelles, n. f. — Scrofulaire aquatique.

Herbe aux oies, n. f. — Potentille ansériue.

Herbe aux teigneux, n. f. — Rapace, bardane cotonneuse.

Herbe aux verrues, n. f. — Eclaire, chélidoine commune.

Herbe aux vers, n. f.

Tanaisie, aussi appelée herbe de S. Marc.

Herbe de la Trinité, n. f. — Hépatique des jardins.

Herbe du diable, n. f. — Stramoine.

Herbe Saint-Jean, n. f. Millepertuis perforé, armoise commune.

Herbe sainte, n. f.

Absinthe.
Aurone des jardins. 

Héridelle, n. f. — Ridelle.

Hérisson, n. m. — Homme taré, vil, lâche.

Hérondelle, a. f. — Hirondelle.

Hersoir, adv. Hier au soir. Ex. Etes-vous venu chez moi, hersoir ?

Heure, n. m. Heure, n. f. Ex. Vous viendrez à un heure de l’après-midi.

Heure (à belle), loc. — V. A belle heure.

Heure (à bonne), loc. De bonne heure. Ex. Viens à bonne heure, s’il y a moyen.

Heure (à la bonne), interj. — Tant mieux.

Heure (à I’), loc

A l’heure convenue ou fixée par un règlement. Ex. Il y a des fonctionnaires civils qui n’arrivent jamais à l’heure. 

Heure d’horloge (une). — Une heure.

Heure de temps (une). — Une heure.

Heure des poules, loc. De très bonne heure. Ex. Se lever à Vheure des poules.

Heure des vaches, n. f. Sur le soir, à l’heure où, à la campagne, les cultivateurs traient les vaches.

Heure de soleil (une), n. f. Une heure après le lever ou avant le coucher du soleil.

Hibou blanc, n. m. Grande chouette blanche des régions- boréales, le harfang.

Higner, v. n. Crier par intervalles, à la manière des enfants gâtés.

Himeur, n. f. — Humeur.

  • Hint, hinnt, n. m., (m. a.)

Demi-mot, aperçu. Ex. Je vais lui donner un hint avant de commencer.

Hirondelle des cheminées, n. f. Martinet des cheminées.

Hirondelle bleue, n. f. — Hirondelle pourpre.

Hirondelle à ventre blanc, n. f. — Hirondelle bicolore.

Hirondelle des rochers, n. f. — Hirondelle à front blanc.

Hirondelle rousse, n. f. — Hirondelle des granges.

Histoire de, loc. conj. Pour, afin, dans le but. Ex. Je lui ai tordu le bout du nez, histoire de rire.

Histoires, n. f. Blagues, mensonges. Ex. Lâche-moi avec tes histoires qui n’ont ni queue ni tête.

Hivernement, n. m.

Hivernage. Ex. Nous allons mettre notre bateau en hiver nement dans le bassin Louise.

Hiverner, v. a. et. n.

Garder à l’abri durant l’hiver. Ex. Combien vas-tu

hiverner d’animaux, cette année ?

Passer l’hiver. Ex. J’ai juste assez de patates pour

hiverner.

Etre à l’abri des coups. Ex. J’ai un maître dur, il me
reproche toutes sortes de choses, je ne suis pas hiverné.
  • Hives, haïves, (m. a.)

Varicelle pustuleuse. Ex. Mon enfant a des hives sur tout le corps.

  • Hockey, (m. a.)

Jeu de balle à la crosse dont les règles rappellent celles du f001-bail.


Homarderie, n. f.

Etablissement où l’on prépare le homard pour le mettre en. conserves.
  • Home (at), n. m., (m. a.)

Réception chez soi. Ex. Madame de la Gorgechaude donnera un at home jeudi soir.

Homme, n. m.

Mari. Ex. Tiens, voici mon homme qui arrive de la chasse,
Faire son homme, tirer du grand, avoir de la prétention.
Ex. Ne fais pas tant ton homme, tu n’es, au fond, qu’un
poltron.
— Cest mon homme, voilà’celui qui va me tirer d’embarras.

Homme à la neige, n. m.

Celui qui enlève la neige accumulée sur les trottoirs et dans l es cours.

Homme au bois, n. m. — Scieur de bois.

Homme au lait, n. m.

Laitier ou celui qui fait la distribution du lait chez ses clients

Homme au pain, n. m.

Celui qui distribue le pain à domicile.

Homme de cage, n. m.

Homme qui travaille à la mise en flotte des billots et qui conduit les cages de bois sur nos rivières.

Homme de cour, n. m.

Homme qui prend soin des cours, des écuries, etc.

Homme de paille, n. m.

Homme sans valeur, qui ne compte pas, un mannequin.

Honneur, n. m.

Ma foi d’honneur ! ma parole cT honneur ! juron sur l’hon

neur.

Etre dans les honneurs, servir de parrain et de marraine
au baptême d’un enfant.

Honte, n. f.

Timidité. Ex. Tu vas jouer ton petit morceau de piano, tu n’as pas besoin d’avoir honte.

Honteux, adj.

Timide, intimidé. Ex. Je suis honteux devant le monde.

  • Horehound, hôraounde, (m. a.) — Marrube blanc.

Horlogier, n. m. — Horloger.

  • Hornepipe, païpe, (m. a.)
Danse écossaise.

Hors d’âge, loc.

Très vieux. Ex. Dans mon troupeau d’animaux, il y en a trois qui sont hors d’âge.
Horse-radish, diche, (m. a.) — Raifort, rave à cheval.

Hose, hôse, n. f., (m. a.)

Boyau, tuyau d’arrosage. Ex. Emporte ma hose, que j’ar rose la rue.

Hôtel, n. m. Auberge, estaminet. Ex. Courir les hôtels pour s’enivrer.

Hôtelier, n. in. Celui qui tient un hôtel, une auberge, un débit de boissons. Hoter, v. n. Voter. De Gaspé donne ce mot dans ses Mémoires.

Houananiche, n. m. Saumon particulier au lac Saint-Jean et au labrador.

Houille, e, adj.

Ecœuré. Ex. J’ai mangé beaucoup de fruits, je commence à être houille. Autrefois, il y avait ohié : un homme ohiê de son corps, homo corporeaffeclo, maleaffectus. (Rob. Est.) 

Houiner, v. n. Hennir. Se dit d’un cheval vicieux qui hennit de colère.

Houmelon, n. m. — Houblon.

Houpe ! interj. Expression pour marquer un bond que l’on fait soi-même ou que l’on fait fait faire à un autre.

Huart, n. m. — Plongeur à collier.

Huche, n. f. Profiter comme pâte à la huche, se dit d’un enfant qui croît très vite en proportion de sa santé.

Hucher, v. a.

— Appeler de loin. Expression très usitée chez les Aca-

diens. Ex. Monte sur le haricot pour hucher ton père.

L’expression est commune à la Baie de Chaleur et à la

Baie Saint-Paul. Ce mot vient de huchet, cornet qui sert à appeler les chiens à la chasse.

— Frapper à la porte.

Hue ! interj, Cri des charretiers pour engager les chevaux à aller à droite. Ex. Charretier, tirez à hue.

Huiler, v. a.

— Donner l’extrême-onction.
— Amadouer quelqu’un en lui donnant de l’argent, en lui

graissant la patte.

Huissier, n. m. Huissier de la Verge Noire, huissier à verge noire. Autre fois, l’on disait à Québec, huissier à la baguette noire.. A Québec, on dit l’huissier, mais à Montréal il fut un temps ou l’on disait le huissier, même à la cour. Alexandre Dumas prononçait avec affectation les-huissiers en aspirant Y h. Et quand on lui demandait sa raison, il répon dait fièrement : Je ne veux avoir aucune espèce de liaison avec ces gens-là ! fiuitre, n, f.

Imbécile.
Crachat épais et copieux.
  • Humbug, heummbeughe, n. m., (m. a.)

Hâblerie, charlatanerie. Ex. C’est un faiseur de humbug. (Humeur, n. f.

Etre en humeur, être bien disposé.
Avoir des humeurs, des moments de mauvaise humeur.
Avoir Vhumeur à Venvers, être de mauvaise humeur.
Huppé, e, adj.
Bien habillé.
Jaseur du cèdre.
Humucreté, n. f. — Humidité.

Hureusement, adv. — Heureusement.

Hureux, euse, adj. — Heureux, euse.

Hurleau, hurlot, n. m. — Individu d’un caractère difficile.

Hussier, n. m.’ — Huissier.

•* Husting, heustigne, n. m., (m. a.)

Estrade pour haranguer les assemblées en plein air. Ex. Monte sur le husting, descends du husting, un orateur de husting.

  • Hydrant, n. m., (m. a.) — Bouche d’incendie.

Hyme, n. f. — Hymne.

Hynpothèque, n. f. — Hypothèque.

Hynpothéquer, v. a. — Hypothéquer.

Hynpothiquer, v. a. — Hypothéquer.


I
I.
S’emploie très souvent pour il, ils, il y a, il y avait. Ex. I viendra, I viendront.
I avait beaucoup de monde.
I passe son temps à faire fâcher les autres.
* Iceberg, aïce-beurghe, n. m. (m. a.)
Banc de glace, glace flottante.
* Ice-cream, crîme (m. a.)
Glace, crème glacée. Ex. Allons manger de l’ice-cream chez mon oncle William.
Ici, adv.
Ci. Ex. Ce village ici, cette église ici.
Ici dedans, loc. adv.
Ici. Ex. Veux-tu venir ici dedans ?
Icite, adv.
Ici. Ex. Je t’attendrai icite. — Je demeure tout proche d’icite. — Veux-tu venir icite ?
Idée, n. f.
— Goût, penchant. Ex. J’ai pas d’idée pour l’étude de la médecine.
— Intelligence. Ex. C’est un garçon qui a perdu l’idée, il ne se rappelle de rien.
— Pressentiment. Ex. C’est pas mon idée que tu réussisses.
Avoir l’idée, supposer, s’imaginer. Ex. J’ai idée qu’il fera son chemin, qu’il fera méchant temps dans une demi-heure.
Passer par l’idée, être oublié. Ex. C’est une chose qui m’a passé par l’idée, je ne m’en rappelle plus.
N’avoir pas ses idées à soi, être un peu fou.
Avoir dans son idée, être décidé.

384 LE PARLER POPULAIRE Iée, pron. — I/Ui. Ex. Jiée promis d’aller le voir.

lien que, loc. adv. Rien que. Ex. Je suis ien que ben ou je suis.

Ieu, part. pass. du verbe être. Eu. Ex. Il a ieu raison, j’ai ieu tort. Ignolée, n. f. — V. Guignolée.

Ignoleux, euse, adj. — V. Guignoleux.

Ignorer, v. a. Ne pas sembler reconnaître. Ex. J’ai rencontré Madame Chose sur la rue Buade, elle m’a ignorée. — Laisser de côté. Ex. As-tu été invité au bal des méde cins ? moi, on m’a ignoré. H, pron. pers. Ils. Ex. // ont dit ci, il ont dit ça.

Ilet, n. m. — Ilôt, très petite île.

Image, n. f. Récompense. Ex. Mériter d’avoir une image parce qu’on ne parle pas au cours d’une conversation plutôt bruyante.

Imbaisable, adj. — Qui ne peut être attrapé en affaires. Ex. Il y a des ha bitants qui sont rudes en affaires, ils sont imbaisables. — Impossible. Ex. Une histoire imbaisable.

Imbarrable, adj. Qui ne peut être barré, fermé à clef. Ex. Une valise imbarrable.

  • Imbitable, adj. (Angl.)

Personne ou chose dont les qualités ne sauraient être surpas sées. Ex. Nos pommes fameuses, cette année, sontimbi— tables.

lmbranlable, adj. Qui ne peut être remué. Ferme dans ses opinions.

Imbûchable, adj. — Qui ne peut être bûché.

Imite, n. f.

limite. Ex. Il y a toujours bien des imites à se faire bla guer comme cela. Je l’aime sans imite.

Itniteur, n. m. — Peintre qui fait des ouvrages d’imitation.

DES CANADIENS-FRANÇAIS 385

Immortelle, n. f. Graphale polycéphale. Plante à fleur variable, très com mune dans nos jardins.

Imparfait, e, adj. Incommode. Ex. Est-il imparfait, cet enfant ?

Impassable, adj. Qu’on ne peut passer, ni franchir sans de grands inconvé nients. Ex. Des chemins impassables.

Impayable, adj. Etonnant. Ex. Cet homme est impayable avec ses histoires drôles.

Impeacher, v. (Angl.) — Mettre en accusation.

Impeachment, (m. a.) — Mise en accusation.

Imperméable, n. m.

Manteau en tissu imperméable pour se protéger contre la pluie.

Impitéyable, adj. — Impitoyable.

Impliable, adj. — Qui ne peut être ployé,

Imposer (en). Inspirer du respect. Ex. C’est un homme qui m’en a tou jours imposé beaucoup. D’après I^arousse, en imposer veut dire tromper, en faire accroire. Imposition, n. f. Charge. Ex. Ils sont venus chez moi dix de la campagne, durant les fêtes du Tricentenaire, c’est une véritable impo sition.

Impossible, adj. Rempli de défauts. Ex. C’est un être impossible. Bizarre, ridicule. Ex. Cette femme a un chapeau im possible.

Impôt, n. m. Abcès interne en pleine efflorescence.

Impothèque, n. f. — Hypothèque.

Impothèquer, v. a. — Hypothéquer.

Impothîquer, v. a. — Hypothéquer.

Impourrissable, adj. Qualité de ce qui ne peut pas pourrir. 25 386 PARLER POPULAIRI Impraticable, adj. Homme dont le commerce est très difficile. Ex. C’est un être impraticable.

Imputable, adj. Une somme imputable au revenu, au budget, sur le revenu, sur le budget. In, pronom. Ba, Ex. Allons-nous-w, donnez-nous-in. Xjn, Ex. In homme fort.

Inattention, n. f. Attention. Ex. Ce n’est rien, ce sont des fautes d’inat tention ; on peut ûirepar inattention.

Incarculable, adj. — Incalculable.

Incendiât, n. m. Fait d’un incendie. Ex. Cet homme s’est rendu coupable d’incendiât.

Incendie, n. f. Incendie, n. m. Ex. Ça été une grosse incendie que celle du faubourg Saint-Jean, en 1881.

Inc’modant, e, adj. Incommodant.

Inc’mode, adj. Incommode.

Incomprénable, adj. Incompréhensible. Ex. Cette affaire est incomprénable.

Inconsistant, e, n. et adj. Inconséquent. Ex. C’est un inconsistant, il se contredit et dans sa conduite et dans ses discours.

Incontrôlable, adj. Indomptable. Ex. Ce cheval est incontrôlable. Impossible à arrêter, à maîtriser. Ex. L’incendie d’hier au soir a été incontrôlable.

  • Incorporation, n. f.

Action d’incorporer, de donner une vie civile. (Angl.)

  • Incorporer, v. a.

Eriger en corps politique. Ex. L’Action Sociale vient de se faire incorporer par la Chambre provinciale. (Angl.) DIC3 CANADIENS-FRANÇAIS 387

Incorrigeable, adj. Incorrigible. Ex. Cet enfant est incorrigeable. Un devoir incorrigeable.

Incoupable, adj. Qui ne peut être coupé. Ex. Du rosbif incoupable.

Incousable, adj. Qui ne saurait être cousu. Ex. Une étoffe incousable.

Incréyable, adj. — Incroyable.

Indécis (être sur P), loc.

Etre indécis. Ex. Je suis sur l’indécis pour savoir si j’irai à confesse oui ou non.

Indécrassable, adj. — Qui ne peut être nettoyé facilement.

Indéfaisable, adj.

Qui ne peut être défait. Ex. Voici un nœud qui est indê- faisable.

Indenture, n. f.

Acte passé entre l’officier d’élection et la personne élue, en présence de plusieurs électeurs, sous leurs seings et sceaux respectifs, dont une expédition est remise à chaque partie et l’autre annexée au writ d’élection pour être transmise au greffier de la Couronne eu chancellerie. Autrefois on disait endenture. L’usage de couper en forme de dents les obligations sous seing privé, les fit appeler endentures.

  • Indictement, n. m. (Angl.) — Acte d’accusation.

Indifférent, e, adj.

Ordinaire, médiocre. Ex. Cette jeune fille n’est pas indif férente. Ces poires ne sont pas indifférentes.

Indigérable, adj. — Indigestible.

Indigesse, adj. — Indigeste.

Indigession, n. f. — Indigestion.

Indigne, n. m. et f.

Mauvais garnement. Ex. Sauve-toi, mon petit indigne.

Indisable, adj. — Qui ne peut être dit, inénarrable.

Indivisable, adj. — Indivisible.

Indormable, adj. — Qu’on ne peut endormir.

Inducation, n. f. — Education.

Induquer, v. a. — Eduquer, instruire.

Indulgencier, v. a.

Bénir un chapelet, en y attachant les indulgences accordées par l’Église catholique.

Inendurable, adj.

Qui ne saurait être enduré. Ex. Des enfants inendurables. Infatiquable, adj. — Infatigable.

Infect, e, adj.

Détestable. Ex. Ces propos-là sont infects.

Infecter, v. n.

Affecter de grands airs. Ex. Cette personne porte de belles toilettes, mais elle a un drôle de parler, elle infecte.

ïnfendable, adj.

Difficile ou même impossible à fendre. Ex. Une bûche de bois injendable.

Inférieur, adj. — Indifférent. Ex. Cela m’est bien inférieur.

Infliger, v. a. Donner. Ex. Je lui ai infligé un coup de poing terrible.

Infliger (s’). v— Pron-

Se faire, se donner. Ex. Je me suis infligé une blessure en tombant sur une pierre.

  • Informalité, n. f. (Angl.)

Manque de forme. Ex. 1/action a été renvoyée par suite d’une informante.

  • Informeur, n. m. (Angl.) — Dénonciateur.

Infoucable, adj. — Maussade.

Infraction, n. f.

Faute. Ex. C’est une infraction à la langue française.

Ingant, e, adj. — Ingambe, alerte, dispos.

Ingardable, adj. — Qui ne peut être gardé.

Ingeance, n. f. — Engeance.

lngen, n. m. — Engin. Ingénieur, n. m.

Mécanicien. Ex. Dans toute locomotive, il y a le chauf feur et l’ingénieur.

Ingénument, adv.

Absolument, sans restriction. Ex. J’ai perdu toute ma récolte ingénument.

Ingérer, v. a. Gérer. Ex. Dans notre affaire, c’est le secrétaire qui va tout ingérer. Ingérer (s’), v. pron. S’occuper. Ex. Va trouver le premier commis, c’est lui qui s’1 ingère de tout. Faire en sorte, prendre les mo3*ens. Ex. Ingérez-vous donc de savoir quelle espèce d’homme est celui-là ? Ingot, n. m. Cornet d’écorce de bouleau dans lequel on verse le sucre d’érable au moment où il doit devenir solide. Ingréient, n. m. Ingrédient. Ex. I, e docteur m’a donné une fiole de remè des dans laquelle il a mis toute espèce A’ingréients. Inguienne, n. f. Indienne. Ex. Je viens d’acheter cinq verges & inguienne à meubles pour couvrir mon sofa de salon. Injurier, v. a. Gâter. Ex. Injurier son pantalon avec de l’encre. (nlabourable, adj. — Qui ne peut être labouré. Inlevable, adj. — Qui ne peut être soulevé facilement. Inlisable, adj. — Illisible. Inlogeable, adj. — Où l’on ne peut pas loger. (nmâchable, adj. — Qu’on ne peut mâcher. Inmaginable, adj. — Imaginable. lnmangeable, adj. — Immangeable. Inmanœuvrable, adj. — Qu’on ne peut faire fonctionner. Inmanquable, adj. — Immanquable. Inmanquabiement, adv. — Immanquablement. Inmarchable, adj. Où l’on marche péniblement. Ex. Des chemins inmatdia bles. Inmariable, adj. — Qu’on ne peut marier. Inmarquable, adj. — Qui ne peut être marqué. lnmastiquable, adj. — Qui ne peut être mastiqué. Inmédiatement, adv. — Immédiatement. Inmêlable, adj. — Qui ne peut être mêlé.

Inmenable, adj. Difficile à conduire. Ex. Mon cheval est inmenable.

Inmesurable, adj. — Qui ne peut être mesuré.

Inmettable, adj. Qui n’est pas mettable. Ex. Cet habit est inmettable.

intnontable, adj. Difficile à monter. Ex. Une côte inmontable.

Inmense, adj. — Immense.

Inmensément, adv. — Immensément.

Inmontrable, adj. — Qu’on ne peut montrer.

Inmouchable, adj. — Qui est difficile à moucher.

Inmourable, adj.

Qui a la vie très dure. Ex. Ce vieillard a sept vies, il est inmourable.

Innayable, adj. — Qui ne peut être noyé.

Inné.

Il en. Ex. Penses-tu qu’il a de l’argent à prêter ? — fnn’a èen sûr.

Inniable, adj. — Qui ne peut être nié.

Innommable, adj. — Qui ne peut être nommé.

Inôtable, adj. — Qui ne peut être facilement enlevé.

Inquemode, adj. — Incommode.

Inquemoder, v. a. — Incommoder.

Inquemodité, n. f. — Incommodité.

Inquiétudes, n. f. pl.

Picotements nerveux de la peau. Ex. J’ai des inquiétudes dans les jambes.

Inquilibre, n. m.

Equilibre. Ex. Peut-être que j’irai à la pêche, peut-être que je n’irai pas, je suis encore sur Yinquilibre.

Inrachetable, adj. — Qui ne peut être racheté.

Inraccommodable, adj. — Qui ne saurait être raccommodé.

Inracontable, adj. — Qu’on ne peut raconter.

Inraisonnable, adj. — Irraisonnable.

Inrassaisiable, adj. — Insatiable.

Inréalisable, adj. — Irréalisable.

Inrebutable, adj. — Qui ne peut être r ebuté.

Inréconciliable, adj. — Irréconciliable.

Inrecevabie, adj. — Non recevable.

Inrécîtable, adj. — Qui ne peut être raconté.

Inréconciliable, adj. — Irréconcialiable.

Inreconnaissable, adj. — Pas reconnaissable.

Inrecousable, adj. — adj. — Qui ne peut être cousu.

Inrecouvrable, adj. — Qui ne peut être recouvert.

Inregardable, adj. — Qui ne peut être regardé sans répugnauce.

Inrémédiable, adj. — Irrémédiable.

Inréfutable, adj. — Qui n’est pas refutable.

Inremuable, adj. — Qui ne peut être remué, changé de place.

Inréparable, adj.

Irréparable. Ex. Tes bottes sont inrêparables, mon petit ami, va t’en acheter un autre paire.

Irrépréhensible, adj. — Irrépréhensible.

Inreprenable, adj.

Auquel on ne peut faire aucun reproche. Ex. Des agents inreprenables. Qui ne peut être uni après avoir été brisé. Ex. Une fracture de la cuisse inreprenable.

Inréprochable, adj.

Irréprochable. Ex. Tâche, mou enfant, d’avoir une con duite inréprochable.

Inrésistible, adj. — Irrésistible.

Inrespirable, adj. — Irrespirable.

Inresponsable, adj.

Qui n’est pas responsable.

Inrévocable, adj. — Irrévocable.

Insécrable, adj.

Exécrable. Ex. Quel tas d’enfants insécrables !

Insensible, adj.

Quia perdu connaissance. Ex. Nous l’avons relevé, il était encore insensible.

Insentiel, adj. Essentiel. Ex. TJinseniiel pour nous, c’est d’arriver à l’heure juste.

Insertion, n. f. — Entre-deux.

Inservable, adj.

Iiiserviable, insupportable. Ex. Des enfants inservables.

Insinifiant, adj. — Insignifiant.

Insolenter, v. a.

Dire des insolences.

Insoudable, adj,

Qui ne peut être soudé.

Insouffrable, adj. — Insupportable.

Insoulable, adj.

Qui ne peut être enivré facilement, à raison d’une longue habitude de boire.

  • Installeraient, n. m. (Angl.)

Versement. Ex. Il nous faudra payer par installments.

Installation.

Instant que (de 1’). loc. conj.

Du moment que, alors que. Ex. De Vinstant que tu m’as dit cela, j’ai compris toute l’affaire.

Instruiment, n. m. — Instrument.

Intenable, adj.

Qui n’est pas tenable. Ex. Une situation intenable.

  • Intention.

Esprit. Ex. Dans Y intention de la loi, il faudrait se sou mettre à ne rien demander de plus. (Angl.)

Interboliser, v. a.

Interdire. Ex. Après l’avoir entendu, je suis resté interbolisê. Ennuyer. Ex. Ne viens pas va’interboliser de sitôt. Déranger, distraire de ses occupations. Ex. Laisse-moi travailler, tu m’interèolises.

Intérieur, n. m.

For intérieur. Ex. J’ai dans mon intérieur qu’il vaut mieux payer cette réclamation.

  • Interview, iou, n. f.. (m. a).

Conférence avec un personnage. Ex. Le rédacteur de l’Evénement a eu une interview avec le Ministre des pos tes. (Néol.) Interviewer, (Néol.) Avoir une conférence avec un personnage pour l’interroger sur sa vie, ses actes, ses idées, etc.

Intirable, adj.

Qu’on ne peut tirer à soi.

Qu’on ne peut traire. Ex. Une vache intirable.

Intouchable, adj. — Qui ne peut être touché.

Intraduisable, adj. — Intraduisible.

Intrigant, adj.

Homme habile, qui a du savoir-faire. Ex. C’est un intrigant, il réussira.

  • Introduire, v. a.

Soumettre. Ex. Introduire un projet de loi à la Chambre. (Angl.)

Introduisable, adj. — Qui peut être introduit.

Invectiver, v. a.

Invectiver, v. n. Ex. Il m’a invectivéde bêtises.

Inventer, v. a.

N’avoir pas inventé la poudre, les boutons à quatre trous, les pelures d’oignon, ce qui fait pouf, être très naïf.

Inventionner, v. a. — Inventer, imaginer.

Inventionner (s’), v— pron. — S’aviser.

  • Investir, v. a.

Placer, faire un placement. Ex. Investir ses capitaux. (Angl.)

  • Investissement. — Placement. (Angl.)

Invictimer, v. a. Invectiver. Ex. Il m’a inviclimê en paroles.

Invitant, adj. — Qui aime à inviter.

Invitimer, v. a. — Invectiver.

In vocable, adj. — Que l’on peut invoquer.

loù, adv. — Où. Ex. Ioîi vas-tu, de ce train-là ?

Ioùs que, loc. adv.

Où est-ce que. Ex. Ioùs que tu restes, maintenant ?

Irerions, cond. prés, du verbe aller. — Irions.

Iroquois, n. m.

— Parler iroquois, parler en termes baroques.

  • Isse, n. f. (Angl.) — Levure de bière. De l’anglais yeast.
Itanies, n. f. pl.
Litanies.
Item, n. m.
Chose qui mérite considération. Ex. Je te l’avouerai franchement, il te faudra payer quatre cents piastres de frais à l’avocat, c’est un item.
Itou, adv.
Aussi. Ex. Moi itou.



J
Jacassage, n. m.
Jacasserie, bavardage de personnes qui jacassent entre elles.
Jacasse, n. m. et f.
Homme ou femme qui bavarde. En France, ne s’emploie que pour les femmes.
Jacasser, v. a.
Bavarder. En pur français, ce mot ne s’emploie que pour la pie. Nous disons familièrement et par analogie d’une personne bavarde qu’elle jacasse comme une pie. Ce mot semble venir de l’islandais jagg, qui signifie jargon, ou de l’italien gazza, pie.
* Jack, n. m., (m. a.)
Jack of all trades and master of none, propre à tout et bon à rien.
* Jackass, (m. a.)
Bête, imbécile.
* Jack-in-the-box, (m. a.)
Boîte à surprise.
Jaconette, n. m.
Jaconas, étoffe de coton fin, intermédiaire entre la mousseline et la percale.
Jacoter, v. n.
Bavarder.


Jalouserie, n. f.

Jalousie, ombrage que nous donne celui qui jouit d’un avantage que nous désirons pour nous-mêmes.

Treillis de bois, contrevent formé de planchettes parallè les qu’on place derrière une fenêtre.

Jamaïque, n. f.

Rhum de la Jamaïque. Ex. Veux-tu prendre un coup de bonne Jamaïque.

Jamais, adv.

— Jamais de la vie, jamais. — Jamais, au grand jamais, jamais. — Jamais de ma vie ni de mes jours, même sens.

Jambage, n. m.

Jambage de roues, montant d’une-roue. Droit de jambage, droit de se mêler d’une affaire. Ex » Nous sommes en conciliabule secret, tu peux t’en aller, , car tu n’as pas le droit de jambage.

Jambe, n. f.

— S’en.aller rien que sur une jambe, partir après avoir pris un unique verre de vin ou de spiritueux. — Jambe de botte, tige de botte. — Un beau gras de jambe, une bonne aubaine.

Jambette, n. f.

Croc-en-jambe. Ex. Je lui ai donné une jambette, et l’ai couché par terre du coup.

En Normandie, le mot gambet s’emploie pour croc-en-jambe. On disait en vieux français jambet.

  • Jammer, djammer. (Angl.)

Serrer, presser, fouler. Se dit bien des pièces de bois pres sées les unes contre les autres dans une rivière et formant une digue. Jangar, n. m. — Hangar.

Jappe, n. m. Jappement. Ex. L, e chien de Chose a un jappe terrible. En provençal, jap est employé pour aboiement, cri.

Japper, v. n. Japper après quelqu’un, appeler quelqu’un à grand cris.

Jaquette, n. f.

Chemise de nuit pour hommes, femmes et enfants. I, a jaquette en France —est un vêtement extérieur tant pour hommes que pour femmes et enfants.

Jardes, Q. f. pl. — Hardes.

Jardinages, n. in. pl. Jardinage, n. s. Ex. J’ai fini mes jardinages, je vais m’occuper de ma terre. Jardin potager. Ex. Viens voir mon jardinage, il est magnifique, cette année.

Jardinier, n. m.

Terme de dénigrement autrefois employé par les trappeurs et les coureurs de bois pour désigner le colon, le défricheur. (Cl.) Jargaude, n. f. Petite fille un tant soit peu légère, aimant le jeu et le plai sir. V. Cergaude.

Jargauder, v. n. Agir en jargaude. V. Gcrgauder.

Jargeau, n. m. Vesce à quatre graines.

Jargonnage, n. m. — Baragouinage.

Jargonner, v. n. Parler de manière à ne pas être compris, baragouiner.

Jargonneux, adj.

Qui baragouine, parle d’une manière inintelligible, prononce mal ses mots.

Jarnicoton, n. m.

Intelligence. Ex. Cet individu n’a pas de jarnicoton.

Jarnigoine, n. m.

Esprit, intelligence. S’emploie dans le même sens que jarnicoton, et plus souvent. Ex. Ne pas avoir de jarni goine, manquer de jarnigoine.

Jareng, n. m. — Hareng.

Jarrets noirs, n. m. pl.

Habitants de la Beauce canadienne, les Beaucerons. — Sobri quet.

Jâs, n. m.

Jars. Nos habitants disent aussi un jâs d’oie, pour désigner le mâle de l’oie domestique.

Jase, n. f.

Causerie. Ex. Hé ! l’ami, entre donc faire la jase.

Jasant, e, adj.

Qui aime à causer. Ex. C’est un homme bien jasant, nous avons du plaisir à le rencontrer.

Jasement, n. m.

Jaserie. Ex. Ce sont des jasements à n’en plus finir.

Jaser, v. u.

Médire. Ex. Jaser sur le compte de quelqu’un. Causer. Ex. Nous avons du temps à nous, jasons.

Jasette, n. f.

Causette. Ex. Si nous faisions une petite jasette.

Jaseux, euse, adj.

Jaseur, causeur. Ex. C’est un beau jaseux, il m’amuse.

Jaspiller, v. n. — Parler à tort et à travers en murmurant.

Jaspiner, v. n. — Bavarder. Forme extensive de jaser.

Jaunasse, adj.

Jaunâtre, qui tire sur le jaune. Ex. Avoir les cheveux jaimasses.

Jaune, adj,

Rance. Ex. Voilà du saindoux qui a goût de jaune.

Jaunir, v. n. — Rancir. Ex. Du lard qui jaunit.

Jaun’zir, v. a. — Jaunir. Expression acadienne.

Javasse, n. f. — Babil. Ex. En a-t-il de \ajavasse, ce bambin ?

Javasser, v. n. Bavarder, parler avec excès de choses frivoles.

Javasserie, n. f. — Choses insignifiantes, dites ou écrites.

Javelier, n. m. — Machine qui sert à javeler le blé.

Javelle, n. f Réunion de choses qui peuvent être juxtaposées les unes aux autres. Ex. Une javelle de poissons.

Je, pron. .Nous. Ex. y avons réussi à merveille, /’allô ns commencer notre ouvrage.

  • Jean, djêne, (in. a.) — Coutil satiné.

Jean Poutre, n. m.

Mauvais drôle. Ex. Tu n’es qu’un Jea ? i Foutre.

Jean l’évêque.

Faire son petit Jean l’évêque, faire l’important.

Jenne, adj. Jeune. Ex. Un jenne homme. Lesjemies. T’es ben trop jenne pour m’en montrer. Jennesse, n. f. — Jeunesse. Ex. Voilà une belle jeunesse.

Jeofflu, e, adj. Joufflu, e. Ex. Un gros jeofflu.

Jergon, n. m. — Jargon.

Jergonner, v. a. — Jargonner.

  • Jersey, djeursê, n. m., (m. a.)

Veste de laine qui se moule sur le buste.

Jet à brebis, n. m. — Bergerie. Expr. acadienne.

Jet à gorets, n. m. — Porcherie. Acad.

Jet à poules, n. m. — Poulailler. Acad.

Jetée, n. f. Endroit du bord d’une rivière où s’amassent les pièces de bois amenées des chantiers, pour être ensuite jetées à l’eau toutes ensemble lors de la fonte des glaces. (Cl.)

Jeteux de sorts, n. m. — Sorcier.

Jeu, n. m. Etre en jeu, enjoué. Etre vieux jeu, en retard sur le progrès moderne. Tourner en jeu de chien, tourner mal.

Jeu d’eau, n. m. — Jet d’eau.

Jeudi, n. m.

La semaine des trois jeudis, trois jours après jamais, époque qui n’arrive jamais.

Jeun (à), loc. Sobre. Ex. Cet homme n’est pas souvent à jeun, mais quand il l’est, on peut en tirer quelque chose de bon.

Jeun ( à cœur), îoc.

A jeun. Ex. Xe docteur m’a dit de prendre son remède à cœur jeun*

Jeune, adj.

— Faire la jeune, une femme âgée qui fait la mignarde.

Etre trop jeune, manquer d’expérience.

Jeûner, v. n.

Faire jeûner quelqu’un, le priver d’une chose. Ex. Tu ne remets pas nos livres au temps dit, eh ! bien, tu n’en auras plus, tu vas jeûner un bon bout de temps.

Jeunesse, n. f.

— Jeune homme ou jeune fille. Ex. Voilà une belle jeu nesse qui s’en vient.

— Petite jeunesse, enfance. Ex. Du temps de ma petite jeunesse.

  • Jib, djibe, n. m., (m. a.)

Foc, voile triangulaire qui se place à l’avant, le long d’un cordage.

Jignaque, n. m. — Idiot, timbré.

Jin, djinne, n. m., (m. a.) Gingham (guingan), coton croisé.

Jingoe, (m. a.)

Homme qui fait plus de bruit que de besogne. By Jingoe ! interjection qui exprime la surprise.

  • Job, n. f. et m. (Angl.)

Entreprise véreuse. Ex. Monter un job. Tâche. Ex. J’ai une dure job sur les bras. Travaux d’impression, ouvrage de ville. Petits ouvrages faits à forfait ou â la pièce. Travail, ouvrage. Ex. Je viens d’entreprendre une bonne job. Affaire. Ex. C’est une bonne job. Entreprise. Ex. Entreprendre une job.

Jobbage, (Angl.) — Action de travailler à la job.

Jobbeur, (Angl.)

Entrepreneur. Agioteur. Intrigant politique. Revendeur.

Jobard, n. m. — Niais qui se laisse facile ment duper.

Joculot, n. m.

Dernier garçon de la famille chez les Acachens de Paspebiac.

  • Joindre, v. a.

Devenir membre. Ex. Messieurs X et Z vont joindre notre syndicat. (Angl.)

Jographie, n. f. — Géographie.

Joint, n. in. Trouver le joint, la meilleure manière de prendre une affaire.

  • Joker, djokcur, (m. a.)

La plus forte carte au jeu de euchre.

Joli, adj. Singulier. Ex. Te voilà ; un joli garçon, toi ! Mais d’où viens-tu ?

Jonction, n. f. Au séminaire de Québec, c’est la participation, à certaines fêtes de l’année, à une table commune, des prêtres et des élèves du grand séminaire. Point d’intersection d’une voie ferrée avec la voie publi que.

Jongler, v. n. Rêver, songer creux. Ex. Qu’as-tu donc à jongler ? Penser, réfléchir. Ex. Que penses-tu de notre affaire ? Es-tu décidé ? — J’y ai déjà beaucoup jonglé.

Jonglerie, n. f.

— Sorcellerie chez les sauvages. Méditation profonde.

Jongleur, n. m.

Sorcier sauvage.

Songeur.

Jonte, n. f. — Honte.

Jonteux, euse, adj.

Honteux, euse.

Jornée, n. f. Journée. Ex. J’ai travaillé toute la jornée belle et longue. Expression acadienne.

Jotte, n. f. Joue, grosse joue. Ex. Un enfant qui a de grosse s jottes.

Jouai, n. m. — Cheval.

Joue, n. m. Juchoir, perchoir. Pièce de bois eu forme d’arc, dont on se sert à la campa gne pour porter deux seaux à la fois.

Jouer, v. n. Jouer quelqu’un, le tromper. Jouer à Vargent, jouer de l’argent. Jouer du violon, déraisonner. Jouer de rarchet, même sens. Jouer des tours, s’amuser aux dépens de quelqu’un,

Jouer un tour de crasse, tromper en affaire. — Jouer le tout pour le tout, jouer son vatout. Jouer des coudes, reculer les autres pour s’avancer. Ne plus jouer, se retirer d’une affaire. — Jouer des jambes, s’enfuir.

Jouir, v. n.

— Maîtriser. Ex. Cet enfant est bien difficile à élever, on ne peut pas en jouir.

— Posséder. Ex. Jouir d’une mauvaise santé.

Jouque, n. m. — V. Joue.

Jouquer, v. a. — Jucher.

Jouquoir, n. m. — Juchoir.

Jouquoué, n. m. — Juchoir.

Jour, n. m. — Jour pour jour-, à la même date que l’année précédente. Ex. Il y aura un an demain, jour pour jour, que je suis entré au parlement. — Au jour d’aujotird’kui. V. Aujourd’hui. — Jour du ciel, jour de Dieu, jour de la vie, jamais de la vie. Au petit jour, de grand matin. Le haut du jour, le matin. Long comme un jour sans pain, fort long.

Journalier, ère, adj,

Irrégulier. Ex. Cet ouvrier est un peu journalier, son ouvrage s’en ressent. 26

  • Journalistique, adj. (Angl.)

Article de journal. Carrière du journalisme.

Journée, « n. f. Aller en journée, aller travailler a la journée. S’amuser toute la journée, belle et longue, s’en donner à cœur joie.

Interjection. Ex. Journée ! qu’il fait froid.

Jousent, 3e p. pl. indic. prés. du verbe jouer. Jouent. Ex. Les enfants jousent tous ensemble.

Jours (être en tous les), loc. Porter des vêtements dont on fait un usage journalier. Ex. Crois-tu que je vas aller à la messe en tous les jours comme je suis là ?

Jubé, n. m. Galerie qui longe les murs latéraux de nos églises.

Juc, n. m. — V. Joue.

Judas, n. m. — Qui crache dans le visage d’un autre.

Juge à paix, n. m. — Juge de paix.

Juge en chef, n. m. Président d’un tribunal, d’une cour de justice. Jugement, n. m. — Confesser jugement, reconnaître un jugement. — Jugement renversé, réformé.

Jugeotte, n. f. Jugement. Ex. Tu connais Salomon, il n’a pas une grosse jugeotte.

Jugerie, n. f. Place de juge. Ex. Cet avocat arrivera sûrement à une jugerie.

Juif, ve, adj. — Avare.

Juiffé, e, adv. Qui renferme un vice caché. Ex. Une marchandise juiffée

Juille, n. f. — Cheville.

Juiller, v. a. — Cheviller. Jument, n. f. — Couteau à ressort à grosses lames.

  • Jumper. (Angl.) — Sauter.

Jun, n. m. — Juin.

Junior, adj. Fils, cadet. Kx. On a célébré, ce matin, le mariage de François L, ebon, junior, fils de François Lebon, senior.

Jupe, 11. f. Se mettre sous la jupe de sa femme, se dérober en affaires, en substituant le nom de sa femme au sien propre. Porter la jupe, jouer le second rôle dans le ménage, en parlant du mari.

Juque, n. m. — V. Joue.

Juquer, v. a. — Jucher.

Juquoir, n. m. — Juchoir.

Jura, n. m. — Juré. Ex. Un grand jura, un petit jura.

Jury, n. m.

— Grand jury, jury d’accusation.

— Petit jury, jury de jugement.

Jusse, adj. — Juste.

Juste, adj. — Raison. Ex. Comme de juste.

Juste et carré, loc.

Très juste. Ex. Ce que vous dites est parfait, c’est juste et carré.

Jûter, v. n.

laisser couler du jus. Ex. Ma pipe jûte. Français, mais familier.

Juyette, n. m. — Juillet.

J’val, n. m. — Cheval.

J’valet, n. m. — Chevalet. J’veu, n. m. — Cheveu. Ex. Fendre les j’veux en quatre.

J’ville, n. f. — Cheville.

J’viller, v. a. — Cheviller.


K
Kaïac, n. m.
Gaïac. Ex. Une toupie en kaïac.
Kakawi, n. m.
Canard à longue queue.
* Ketsup, ketsop, n. m., (m. a.)
Catsup.
* Kicker, v. a. (Angl.)
Tromper, tirer à côté.
* Kickeur, n. m. (Angl.)
Qui kicke.
* Kid, (m. a.)
Chevreau. Ex. Des gants de kid.
* Kiss, (m. a.)
— Baiser. Ex. Donne-moi un kiss, mon petit.
— Gâteau sucré et soufflé.
— Contre, choc en double de deux billes qui reviennent par contre-coup l’une sur l’autre. (T. de billard.)
* Knickerbockers.
Guêtres qui emprisonnent toute la jambe.



L
La, art. f. s.
Article féminin employé pour désigner une femme mariée ou une fille de condition inférieure, pour remplacer Madame et Mademoiselle. Ex. La Brindamour, pour la femme de Brindamour ; la Rose, pour Rose. Quelquefois le nom propre lui-même est féminisé. Ex. La Bouchère, la femme Boucher ; la Gagnonne, la femme Gagnon.

  • Label, Ubbel, 11. m., (m. a.)

Etiquette, écriteau. Ex. Mettre un label sur une fiole de remèdes. Laboureux, n. m, — Laboureur. Lac, n. f- Petite quantité de liquide répandue sur le parquet. Ex. Un /#< : d’eau, un lac de café, de thé. Laçage, n. m. — Laçage. La celle, pron. déni. — Celle. Lacer, v. a. — Lacer. Ex. Lace mes bottines. Lacet, n. m. — Lacet. Lâche (de), loc. D’arrêt, de repos. Ex. Avec cet ouvrier il n’y a pas de lâche. Lâcher, v. a. Relâcher, cesser. Ex. Il y a bien huit jours que la pluie ne lâche pas. Abandonner. Ex. Le rhumatisme ne me lâche pas. Se dit des choses fâcheuses seulement. Lâcher (se), v. pron. Se mettre à l’ouvrage avec ardeur. Ex. Lâche-toi, c’est le temps ou jamais d’arriver à faire quelque chose. Lading, lé-digne, (m. a.) — Bill of lading, connaissement. Lady’s finger, n. m., lêdese-fingheur, (m. a.) Doigt de dame, biscuit à la cuiller. Lager, n. m., lagheur, (m. a.) Bière douce. Ex. Le lager est moins pesant que la bière ordinaire. Laidir, v. n. — Enlaidir. Lainu, adj. — Laineux. Laisser, v. a. Quitter. Ex. Je vais laisser Québec pour un mois. Partir de. Ex. Le train laisse Lévis à six heures précises. Se laisser aller, se négliger, se décourager. Se laisser faire, souffrir patiemment. Se laisser mourir, mourir. Laisser en arrière, négliger.

Lait (au), loc.

Au régime du lait. Kx. L, e docteur m’a mis au lait.

Lait de beurre (petit), n. m.

Babeurre, lait qui reste dans la baratte quand le beurre est pris.

Laitte, n. m. et adj. Lait. Ex. Un vaisseau de laitle. Laid, laide. Ex. Cette personne est laitte à faire peur au diable.

Lait veriou, n. m. Lait que donnent les vaches les premiers jours après la déli vrance.

Laize, n. f. Catalogne. (Voir ce mot.) La laize est la largeur d’une étoffe entre deux lisières. Cotgrave a dit : « A la grande laize, c’est à la grande mesure.)) Nous disons indifféremment laize et catalogue.

Lambine, n. f. — V. Ambine.

Lambineux, n. et adj. — Lambin.

Lamblette, n. f. — V. Amblette.

Lambre, n. m. — V. Ambre.

Lambrer, v. n. — Aller l’amble.

Lambreur, euse, adj. — Qui va l’amble.

Lambreux, adj. — V. Ambreur.

Lambriche, n. f. Morceau d’étoffe en lambeaux. (Cl.)

Lancé, e, adj. Homme légèrement ivre. Ex. En voilà un qui est pas mal lancé, quand s’arrêtera-1 il ?

Lancement, n. m. Elancement, douleur lancinante. Ex. Mou panaris me cause des lancements insupportables.

Lancer (se), v. pron. Faire un grand effort. Ex. Tu vas subir ton examen, tâche de te lancer.

Lancette, n. f. Aiguillon de guêpe, de bourdon, d’abeille, de mar ingouin.

Langages, n. m. pl.

Etre pris dans les langages, faire parler mal de soi parles autres.

Langue, n. f.

Tirer la langue, être dans la misère, attendre vainement. N’avoir pas la langue daiis sa poche, parler avec facilité. Faire la langiie à çue/çu’un, le mettre au courant d’une affaire pour lui permettre de parler avec connaissance de cause. — Avaler sa langue, se taire, ne pas parler.

Languette, n. f.

Marcher sur la la ? iguette, marcher sans osciller. Ex. J’ai pris quelque chose, je l’avoue, mais je suis encore capa ble de marcher sur la languette.

Langueur, n. f.

Longueur. Ex. Traîner une affaire en langueur.

Lapin, n. m. Bougre. Ex. C’est un rude lapin que ce garçon-là.

Laqueulle, pron. Laquelle. Ex. Laqueulle de vous deux s’appelle Françoise ?

Lard, n. m.

Cochon gras. Ex. J’ai trois gros lards à vendre. Faire du lard, ne rien faire, paresser. Maigre de lard, partie maigre du porc.

Lardon, n. m.

Sarcasme, propos ironique. Ex. Manger des lardons, avaler un bon lardon.

La rebours (à), loc. adv. Au rebours. Ex. Ne parle donc pas à la rebours du bon sens.

Largir, v. n. — S’élargir. Ex. Il largit des épaules.

Largue, n. f. Arrêt. Ex. L’ouvrage nous commande, il n’y a jamais de largue pour nous.

Larguer, v. a. — Lâcher. Ex. Veux-tu me larguer le bras ?

Larme, n. f. Petit verre. Ex. En prends-tu ? — Sans doute, mais seule ment une larme.

Laudalun, n. m. — Laudanum.

Lasard, n. m. — Le hasard.

  • Lastine, n. m., (Angl.)

De l’anglais lasiing, étoffe légère de laine.

Lastique, n. m. — Elastique.

Latineux, adj. Qui cite beaucoup de latin. Ex. Notre nouveau curé est un bon latineux. Latineur se disait autrefois dans le même sens.

Latteur, n. m. Qui pose des lattes.

Laudunum, n. m. — Laudanum.

  • Laundry, laun dré, (m. a.)

Buanderie. Ex. Avez-vous du savon de la laundry ? On dit beaucoup landri pour laundry.

Lavage, n. m.

Blanchissage. Ex. Je paie deux piastres par semaine pour mon lavage. Renvoi d’ffice. Ex. Le gouvernement est décidé à faire un lavage général.

— Perte de sa mise de fonds à la Bourse.

Lavasse, n. f.

Thé ou café très faible, sans goût appréciable, tout breuvage insipide.

Lave-mains, n. m. — Lavabo.

Lavement, n. m. — Personne ennuyeuse.

Laver, v. a.

Laver son linge sale en famille, ne pas révéler aux étrangers ce qui la divise.

Se faire laver, en terme de bourse, être forcé de vendre à perte ses actions.

Lavier, n. m.

Evier. Lavier se dit dans le patois de Laugres et de Reims.

Laver (se), v. pron. — Se confesser.

  • Lawn, (m. a.)

Linon. Lawn-tennis, jeu très popu laire.

Lé, art. Le. Ex. Va m’acheter un dictionnaire anglais chez neau, et apporte-/* ? tout de suite.

  • Leader, lîd’eur, (m. a.) •

Chef de parti. Ex. M. Bordeaux est le leader des bleus à Ottawa.

Le celui, pron. dém. — Celui.

  • Lecture, n. f. (Angl.)

Conférence. Ex. M. Grand a donné une jolie lecture, hier soir, à l’Académie des Muses. Délibération. Ex. Ce bill est rendu à sa deuxième lecture.

Lecturer, v. n. (Angl.) — Faire une conférence.

Lectureur, n. m. (Angl.) — Conférencier.

Ledger, ledfeur, n. m., (m. a.)

Grand livre. Ex. Inscris-moi cela au ledger.

Légal, e, adj.

Profession légale, profession d’avocat, carrière du barreau.

Légearte, adj. f.

Légère. Ex. Voilà une chaise qui est légearte comme une plume.

  • Leghorn, (m. a.)

Paille d’Italie. Ex. Je viens de m’acheter un chapeau de Leghorn.

  • Législater, v. n. (Angl.) — Légiférer.

Lentine, n. f. — Lentille.

Lenvers, n. m.

Envers. Ex. Je t’assure que c’est le lenvers de l’étoffe.

Lequeul, pron. — Lequel. Ex. Lequeul prends-tu ?

Les ceuses, pron. — Ceux-là, celles-là.

Lés, art. pl. — Les. Ex. Ces gens-là, je les aime point.

Lessie, n. m. — Lessive.

Lessiver, v. a.

Monder. Ex. Lessiver du blé d’Inde.

Létanie, n. f.

Litanie. Ex. Avec celui-là c’est toujours la même létanie qui revient.


Lettre, " f.,.

lettre de rebllt-

Bureau des lettres mortes, bureau des lettres de rebut. La lettre en est grosse, facile à comprendre.

Leune, n. î.

Lune. Ex. Il fait un beau clair de leune, ce soir.

Leux, adj. poss.

Leur. Ex. Vous leux direz que je suis bien. jjUXi Jlx. A leux deux, ils doivent être capables de m’aider à me sortir d’embarras.

Leux leurs, pron.

Les leurs. Ex. Ces chevaux-là ne nous appartiennent pas, ce sont à nos deux voisins, je t’assure que ce sont leux leurs.

Levabie, adj. — Qui peut être soulevé.

Levage, n. m.

Action de lever. Ex. Le levage d’une maison par corvée.

Levain, n. m. f

Venin. Ex. Prends garde, le crapaud va nous jeter son j levain. V

Levé, n. m. —^ Levée, n. f., main qu’on a levée au jeu de cartes. Ex. J’ai fait un levé.

Levée, n. f. — Rebord. Ex. Marche sur la levée du fossé. !

Lever, n. m. Réception. Ex. Le gouverneur donne ce soir un grand lever.

Lever, v. a.

Nettoyer. Ex. La corporation a donné l’ordre de lever les rues et les trottoirs.

Mettre la charpente. Ex. Aujourd’hui je levé ma nouvelle maison.

Lever le chemin, y passer le premier en temps de neige.

Lever le camp, s’en aller.

Lever le cotide, boire.

Lever une chappe, disputer.

Lever une prairie, la labourer pour la première fois.

— Lever la peau d’un animal, l’écorcher.

Levier, n. m. — Evier.

Lèze, n, f. — V. Laize.

Liane, n. f. — Bourdaine.

Libarau, n. m. — Libéral. Ex. Je suis libarau, moi !

Libèche, n. f. — Bande de cuir, lisière de drap.

Libéra, n. m.

Chanter le libéra, considérer une chose comme perdue. Ex.. J’ai perdu mon parapluie dans les chars, je peux bien chanter son libéra.

Libéral, e, adj.

Avantageux. Ex. Vendre à des conditions libérales.

Libéraliser (se), v. pron. — Devenir libéral.


Libérau, adj. Libéral. Ex. De quelle politique es-tu ? — Moi, je suis un ; libérau.

Libore, n. f. — Hellébore.

Licencié, e, adj.

Autorisé à vendre. Ex. Licencié pour la vente des boissons fortes.

Lichade, n. f. — Embrassade un peu longue. Liche-coquin, n. m. — Bâton destiner à frapper les voleurs.

Liche-cul, n. m. — Flatteur de bas étage.

Liche-frite, n. f.

Lèchefrite. Lichefrite est cité par Cotgrave.

Licheplats, n. m.

Qui nettoie bien net les bourses aussi bien que les plats, Ex. On dit que les avocats sont des licheplats, mais c’est autant pour la rime que pour la frime.

Licber, v. a.

Flatter. Ex. Licher quelqu’un pour eu obtenir une faveur. Lisser. Ex. Tu as les cheveux lichés. — Licher un verre, boire.

Licher (se), v. pron.

— Se licher les quatre doigts et le pouce, s’en retourner avec un désappointement général.

— Aller se licher, s’en aller saus avoir obtenu ce qu’on espérait avoir. Ex. Tu voudrais bien avoir ma montre, tu peux aller te licher, tu ne l’auras pas.

Licherie, n. f. — Flatterie.

Lichette, n. f.

Petite quantité, valeur d’une petite langue. Ex. Donne— moi une lichette de pain. Licheux, euse, adj. — Flatteur, servile. Lieu de (en), loc. prép. En position. Ex. Il est en lieu de faire du mal aux autres. Au lieu. Ex. En lieu de dire la vérité, il m’a conté un tas de mensonges. Lieur de (au), loc. prép. Au lieu de. Ex. Il est allé se promener au lieur de tra- travailler. Lieux, n. m. pl. — Lieux d’aisance, latrines. Lièvre, n. m. — Peureux.

  • Life préserver, laïfe-preseurveur, (va. a.)

Ceinture de sauvetage. Ligne, n. f. Voie ferrée. Ex. Il y a trois cents ouvriers qui travail lent sur la ligne du Pacifique. Branche de commerce ou d’industrie. Ex. La meilleure ligne à prendre, c’est celle des fourrures. — Frontière. Ex. Traverser les lignes, passer les lignes. Lignée, n. f. — File. Ex. Une lignée d’arbres. Ligner, v. a. Donner de la ligne à un poisson. Lignette, n. f. Filet fait de lignettes, ficelle ou crin, pour prendre les oiseaux de neige au printemps. Ligneu, n. ta. Ligneul, fil enduit de brai, à l’usage des cordonniers. Lime (à la), adj. et adv. — V. A la lime.

  • Lime-juice, laime-djiouce, n. m., (m. a.)

Jus de citron, eau de cédrat.

Limer, v, n.

Pleurer à demi, sans larmes, pour témoigner du méconten tement. Ex. Achève de limer, mon petit, c’est ennuyant à la fin. Limer s’entend pour pleurer, dans l’arrondissement de Pont-1’Evêque, en France. Peut être une corruption de himer ou gimer, gémir, pleurer.

Liméro, n. in. — Numéro.

Limeux, euse, adj. — Enfant qui lime, qui pleurniche.

Limité, e, adj. — Une société limitée, anonyme.

Linceuil, n. m. — linceul.

Lindi, n. m. — Lundi. Ex. Qui a fait lindi a fait mardi.

Lingot, n. m. — Somme d’argent considérable.

Lino, n. m. — Linon, batiste très fine.

Lippe, n. f. — Pendre la lippe, venir tout prêt de pleurer.

Lis d’eau, n. m. — Nymphéa odorante.

Lisable, adj.

Lisible. Ex. Il nous arrive parfois des livres, parole d’hon neur, qui ne sont pas lisables. Lisse, n. f. Rail de chemin de fer. Bande de fer fixée au-dessous des membres d’un traîneau ou des carrioles d’hiver.

Lisser, v. a.

Poser des lisses à un traîneau, à une carriole.

Lite, n. m. — Lit.

Livre, n. m.

Lire dans les gros livres, être savant.

  • Lobby, (m. a.)

Antichambre, couloir, salle d’attente, foyer.

Local, e, adj.

Provincial. Ex. La Chambre locale siège en ce moment. Te présentes-tu pour le local ?

Loche, n. f. — Lote maculée.

  • Lockjaw, dja, n. m., (m. a.) — Tétanos.

Locre, n. m.

Ocre. Ex. Tu mettras du locre dans la chaux pour lui donner de la couleur.

  • Lofer, v. a. (Angl.)

Vagabonder. Ex. En voici deux qui perdent leur temps à lofer. Paresser. Ex. Travaille au lieu de lofer. — Vivre aux dépens des autres. Ex. Il y en a qui passent leur temps à lofer des coups ici et là.

  • Lôfeur, n. m. (Angl.)

Qui flâne, ne travaille pas. Qui vit aux dépens d’autrui. — Qui court les rues, vagabonde.

Logeable, adj.

I, ieu ou meuble propre à recevoir avec facilité divers objets, à les loger. Ex. Cette armoire est bien logeable.

Logement, n. m.

Espace. Ex. Il y a pas mal de logement dans ma nouvelle maison.

Loger, v. a.

Construire. Ex. Je vais loger une maison dans le cou rant de l’été. Contenir. Ex. Cet hôtel loge trois cents personnes. — Déposer. Ex. Je logerai ma plainte à midi. Loges, n. f. pl. Asiles d’aliénés. Ex. Pitre L, arive est allé aux loges, c’est un fou vrai.

Loi, n. f.

— Faire des lois, faire la loi, vouloir imposer ses volontés.

— Il y a. toujours ben de la loi, il faut que cela finisse, ça n’a pas le sens commun.

Lolo, n. m. — Lait. Long, ue, adj.

Iyent. Ex. Qu’il est long dans son travail, cet ouvrier- là 1. Au long de, le long de. Ex. Marchons au long de la rivière. A son long, tout de son long. Ex. Il se couche par terre à son long.

Longée, n. f. — Une certaine longueur.

Longitude, n. f.

Langueur. Ex. Mon enfant est malade depuis six mois, je crois qu’il est en longitude.

Longtemps, adv. — Avant longtemps, sous peu.

Longuebiche, n. f. Une chose plutôt longue et étroite. Ex. Veux-tu du pain ? — Oui, donne moi-z-en une bonne longuebiche.

Longuette, n. f. — V. Longuebiche, libèche.

  • Loose, /ou’se, adj. (m. a.)

Ample. Ex. J’ai un habit qui est loose.

  • Loquer, v. a. (Angl.) — Serrer une forme. (T. d’impr.)

Loquet, n. m.

Médaillon. Ex. Un loquet en or. Hoquet. Ex. Avoir loquet.

Lorgnon, n. m.

Pince-nez, binocle qu’un ressort fait tenir sur le nez.

Lot, n. m.

Lopin de terre. Ex. J’ai un lot dans le cimetière Belmont.

Loucher, v. n.

Faire loucher, tirer l’œil. Ex. Quand je lui ai montré mon rouleau de piastres, ça l’a fait loucher.

Loucheux, euse, n. — Loucheur.

Louise, n. f. — Œillet parfait. Appelé aussi bouquet parfait.

  • Loups, n. m.

— Les loups de la Baie Saint-Paul. Sobriquet.

— Voir le loup, voir des choses extraordinaires, indescriptibles, le diable.

— Ce n’est pas le loup, ce n’est rien de bien extraordinaire.

  • Lourne, n. f. —, Huard.
  • Loup-marin, n. m. — Phoque commun.
  • Loupe, n. f. — Kyste, tumeur arrondie.
  • Loyaliste, n. m. (Angl.)

Personne attachée au gouvernement de son pays. Ex. Les loyalistes américains ont été bien accueillis par le gouvernement du Canada.

  • Loyer (à), loc.

Locataire. Ex. Je suis à loyer sur la rue Champlain.

  • Luck, leuke, n. f., (m. a.)

Chance. Ex. C’est pour la luck. Good luck, bonne chance.

  • Lucky, leukê, adj., (m. a.) — Heureux, chanceux.
  • Luette, n. f.

Se mouiller la luette, prendre un liquide plutôt alcoolique. Lui, adj.

  • Le même. Ex. Ce n’est plus lui, depuis qu’il a été malade.
  • Lumière, n. f.

Perdre lumière, perdre connaissance. Un bâtiment de lumière, un phare.

  • Lunch, n. m., (m. a.)

Collation, second déjeûner. Ex. Où vas-tu prendre ton lunch f

  • Luncher, v. n. (Angl.) — Prendre le lunch.
  • L’un portant l’autre, loc.

En moyenne. Ex. J’ai vendu au marché quatre porcs, ils pesaient bien deux cents livres, l’un portant l’autre.

  • Lune, n. f.

Être dans la lune, être distrait. Voir la lune en plein jour, attraper un horion. Face de lune, figure ronde, joufflue.

  • Lunette d’opéra, n. f.

Jumelles, lunettes de spectacle, lorgnettes.

  • Lurette (belle), loc.

Longtemps. Ex. Il y a belle lurette que j’ai fini ma besogne. L’expression est usitée en France, mais familièrement. Lurette signifie en rouchi une chose sans durée, sans consistance.

  • Lyre, n. f. Chanson ennuyeuse, langage répété. Ex. C’est toujours la même lyre qu’on entend, avec celui-là.
  • Lyreux, euse, adj. Qui se perd en paroles pour arriver à ses fins.


M
Mabre, n. m.
Marbre. Au XVIIe siècle, on prononçait mabre.
Macadem, n. m.
Macadam, système d’empierrement des chemins, d’après le nom de l’inventeur MacAdam.
Macadémiser, v. a.
Macadamiser.
Macardi, n. m.
Mercredi.
Machabée, n. m.
Oiseau de mer très commun dans le bas du fleuve. Espèce de couac.
Mâche, n. f.
Mâchement, action de mâcher.
Mâche (en), loc.
En appétit. Ex. Je t’avouerai ingénument que je ne suis pas en mâche, ce soir.
* Mâche-mâlo, n. m.
Corruption de l’anglais marsh-mallow, guimauve.
Mâchée, n. f.
Morceau de gomme. V. Bourrelet.
Macher, v. a.
Meurtrir. Ex. Des fruits machés, la peau de la main machée.
Mâcher, v. a.
— Dire crûment une chose. Ex. Je ne lui mâcherai pas ma manière de voir.
— Réfléchir. Ex. Il est quelquefois plus prudent de mâcher ses mots avant de parler.
— Mâchouiller. Ex. Mâcher de la gomme.

Mâcheuse de gomme, n. f. — Femme commune et indolente.

Machin, n. m.

Objet dont on ne trouve pas tout de suite le nom propre. Ex. Quel est ce machin-Vk ?

Machine, n. m.

Nom familier donné à toute personne dont on a oublié le nom. Ex. Dis donc, Machine, qu’est-ce que tu fais là ?

Machinerie, n. f.

Machine d’un bateau, steamer.
Intrigue, conspiration, ensemble de mauvais desseins.

Mâchouiller, v. a.

Mâchiller, mâcher lentement et sans broyer. Ex. Mâchouiller du tabac, de la gomme.

Mâchouilleur, euse, adj. — Qui mâchouille constamment.

Machure, n. f.

— Meurtrissure, contusion. Ex. Des machures sur une
jambe, sur le dessus du pied.
— Tache causée sur un fruit par le froissement.
  • Mackintosh, makinntoche, n. m., (m. a.)

Imperméable. Ex. Mets ton mackintosh, il pleut à Dieu miséricorde.

Maçonne, n. f. Maçonnerie. Ex. Voilà de la maçonne bien faite.

Madame, n. f. Dame. Ex. Regarde donc la belle madame qui passe.

Mâfflu, e, n. et adj. — Qui a les joues pleines, rebondies.

Maganer, v. a.

Tourmenter, causer du chagrin. Ex. Ne magane pas
ta vieille tante, bien qu’elle soit bien déplaisante.
Briser, détériorer. Ex. Les écoliers sont heureux quand
ils ont maganê leurs livres de classe.

Magasin, n. m. Magasin de. seconde main, magasin de revendeur.

Magasinage, n. m. — Action de magasiner, de faire des achats.

Magasiner, v. n.

Courir d’un magasin à l’autre pour y faire ses achats. Ex. Il n’y a rien qui m’ennuie plus que de magasiner.
DES CANADIENS-FRANÇAIS 419

Magasineux, euse, adj. — Homme ou femme qui magasine.

  • Magazine, ». f., (m. a.) — Périodique.

Magies, n. f. pl. — Tours de magicien. Ex. Faire des ma gies.

Magniable, adj. — Maniable.

Magnier, v. a. Manier. Kx. Il faut que tu magnes cela avec tes mains.

Magnieux, euse, adj. Manieur, euse, qui manie. Ex. Un magnieux d’argent.

Magnière, n. f.

Manière. Ex. Pourquoi faire tant de magnïères f
Espèce, genre. Ex. C’est une magnière d’homme qui

est pas mal dur à cuire.

Magniser, v. a.

Magnétiser. Ex. T’es-tu fait magniser, l’autre jour ?

Magré, prép. — Malgré. Ex. Il est venu magré moi.

  • Mahogany, mâgnê, (m. a.)

Acajou, bois d’acajou. Ex. Un set de chambre à coucher en mahogany. Nous entendons ce mot prononcé mâgnê, magné, mangné. Mai, conj. Mais. Ex. Mai que tu viennes chez nous, tu me le feras assavoir.

Maigrechine, n. m. et f. Maigre échine, personne maigre, chétive, échinée. Ex. Un petit maigrechine.

Maigre d’eau (à), loc. Petite quantité d’eau. Ex. Pêcher à maigre d’eau.

Maigrichon, ne, n. m. et f. Enfant très maigre. Ex. Holà ! petit maigrichon, viens manger ta soupe. Maigrion, ne, n. m. et f. — Maigrelet, un peu trop maigre.

Maigue, adj. — Maigre. Ex. Maigue comme un cent de clous.

Maille et à corde (à), loc. — V. A maille et à corde.

Maillé, n. m. Jeune esturgeon appelé maille dans la région de Montréal. On l’appelle ailleurs escargot.

420 LR PARLER POPULAIRE

Mailler, v. n. Se prendre dans les mailles d’un filet. Ex. Le poisson maille bien.

Mailloche, n. f. Tête, crâne. Ex. Si tu ne cesses de crier, mon gas, je vais te cogner la mailloche. Main, n. f.

Ouvrier. Ex. J’emploie cent mains dans ma manufac
ture. (Angl.)
Etre mal à main, n’être pas obligeant.
Etre à viain, dans le voisinage.
De main à main, sans passer par un intermédiaire.
Avoir la main dure, ne pouvoir travailler sans tout briser.
En un vire-main, en un instant.
Mains de beurre, mains qui ne savent rien retenir.
Passer sa main, passer son tour de jouer à un autre.
Acheter argent à la main, acheter comptant.
A main, commode.
Avoir en mains, tenir en magasin.
Se laver les mains d’une chose, comme Ponce-Pilate, décla
rer qu’on n’y a pas participé.
Mettre les clefs à la main, livrer à son propriétaire une
maison de construction récente.
Etre à sa main, être placé de manière à agir librement,
aisément de sa main droite, si l’on est drétier, de sa main
gauche, si l’on est gaucher.
Tenir quelqu’un dans sa main, avoir beaucoup d’autorité

sur lui.

Se payer de ses mains, par ses mains.
Ecrire une bonne main, avoir une bonne écriture.
Mettre sa main au feu, être sûr d’une affaire. Ex. Si tu

joues à la Bourse, tu vas certainement perdre ton argent,

j’en mettrais ma main au feu.
Avoir la main, avoir le droit de distribuer les cartes.
Acte fait par main de notaire, acte notarié.
Par sous-main, en sous-main.
Rester dans les mains, tomber en ruine, se démantibuler. Ex. Ne touche pas à ce vieux meuble, car il va te rester

dans les mains.

Main chaude, n. f.

Jouer à la main chaude. Jeu d’enfants qui consiste à frapper dans la main d’un joueur qui se cache les yeux, et qui les ouvre pour découvrir celui qui l’a frappé.

Main morte, n. f.

Main molle. Ex. Main morte, main morte, tape le sot. Amusement d’enfants.

Mainette, n. f. et m.

Petite main d’enfant.
Homme efféminé qui s’occupe de travaux particuliers
aux femmes, qui coud, tricote, etc.

Mainquain, n. m.

Partie du fléau que l’on tient dans la main. Dans le Perche on dit maintain, et en Normandie maintint.

Mainquien, n. m.

Maintien. Ex. Tâche donc de t’asseoir comme il faut sur une chaise, tu as là un joli mainquien !

Maintint, part. pass.

Maintenu. Ex. Il s’est maintint solide sur ses jambes.

Mainuit, n. m.

Minuit. Ex. Nous partirons bientôt pour la messe de mainuit.

Mairerie, n. f.

Mairie. Cotgrave cite mairerie pour désigner l’office et les fonctions de maire.

Mairesse, n. f.

Femme du maire. Dans le vieux français, mairesse se disait pour maîtresse de maison.

Maison, n. f.

La maison du Bon Dieu, V église.
La fille de la maison, la fille qui est à marier. Ex. Si tu
ne te comportes pas mieux, tu n’auras pas la fille de la
maison.
— Maison de sucre, petite maison en sucre d’érable fabriquée
par les sucriers à l’intention de s enfants.

Mais que, loc. adv. lorsque, quand, après que. Ex. Mais que tu viennes, nous irons glisser sur les Buttes à Nepveu. Vaugelas rejetait cette locution. Maître, n. m. Monsieur. Ex. As-tu rencontré maître Pierre Latulippe ?

Maître canot, n. m.

Canot principal dans une expédition de canotiers.* Maître de poste, n. m.

Directeur de la poste. (Angl.) post-master.

Majescule, n. f. et adj. — Majuscule.

Major, n. m. Jeu de cartes, dans lequel le roi d’atout joue un\grand rôle. Il y a le grand et le petit major.

Mal, n. et adj.

Avoir du mal, être un peu avarié.
Etre mal avec quelqu ’un, en brouille.
Tomber d’un mal, être frappé d’épilepsie.

Mal (beau), n. m.

Maladie des organes abdominaux chez la femme.

Mal (pas), loc. Assez, passablement. Ex. Il y avait pas mal de monde au concert. Je suis pas mal embêté.

Malachigàn, n. m. Poisson doué d’une voix puissante ; d’où ses noms de thun- der pumper, grondin, tambour des lacs. Ou attribue à ses os d’oreilles des propriétés curatives pour la maladie dont le nom commence par la lettre censée gravée sur ces os. Maladret, te, adj. — Maladroit.

Maladrettement, adv. — Maladroitement. Maladroisse, n. f. — Maladresse.

Malaucœureux, euse, adj. Sujet aux nausées sans cause appréciable.

Malcommode, adj.

Incommode. Ex. Quel enfant malcommode !
D’humeur acariâtre. Ex. Un vieux -Malcommode.

J DES CANADIENS-FRANÇAIS

Malcompris, n. m.

Malentendu. Ex. Il doit y avoir du malcompris entre vous deux.

Mâle (un), n. m. — Un homme. Ex. Un beau mâle.

Malému, e, adj. — D’une humeur maussade.

Malendurant, adj.

Hargneux, prompt à se révolter, difficile à vivre. Ex. En voilà un qui est malendurant, on n’est seulement pas^capa- ble de lui parler. 

Malengueulé, e, adj.

— Mal embouché, qui parle pour dire des choses désobli

geantes ou malhonnêtes.

— Monongahéla. Ex. L,a bataille de la Malengueulé.

Mâlenquerre, adj. — Mâle entier, cheval étalon.

Malentente, n. f. — Malentendu.

Malentrain, loc. adv.

Légèrement souffrant. Ex. Je ne sais pas ce que j’ai ce matin, je suis malentrain.

Malfaicteur, n. m. — Malfaiteur.

Malgré que, loc. adv.

Quoique. Ex. J’irai vous voir, malgré qu’il fasse mauvais. Malgré que ne se dit que dans l’expression malgré qu’il en ait, quoique ce soit de mauvais gré.

Malheur, n. m.

Faire un malheur, se proposer de commettre une action cri minelle, sans pouvoir préciser. Ex. Si vous ne me laissez pas tranquille, loferai ïm malheur.

Malhureux, euse, adj. — Malheureux.

Malhureusement, adv. — Malheureusement.

Malicerie, n. f. — Malice. Ex. Faire des maliceries.

Malin, adj.

Difficile à faire. Ex. Sauter cette clôture-là, ce n’est pas malin.

Maline, adj. f. — Maligne.

Malle, n. f.

Courrier. Ex. Attends que j’aie dépouillé ma malle.
Poste. Ex. Tu vas aller à la malle chercher mes lettres. 
— La malle anglaise, le courrier d’Europe ou le train même qui transporte ce courrier des ports maritimes d’Europe ou d’Amérique.
  • Maller, v. a. (Angl.) — Jeter une lettre à la poste.

Malmol, n. f.

Espèce de linon partageant l’apparence du linon et de la mousseline commune.

Malobligeant, e, adj. — Désobligeant.

Maloulnes (bottes,) n. f. pl. — Bottes à l’écuyère.

Malpèques, n. f. pl.

Huîtres pêchées à Malpec, sur la côte de l’Ile du Prince- Edouard.

Malvat, n. m. — Mauvais sujet.

Malvenu, e, part. pass. Mal reçu, mal accueilli. Ex. Sûrement si vous allez à cette assemblée, vous serez malvenus.

Marne, n. f.

Madame. Ex. Ecoutez, Marne Chose, voulez-vous me ficher la paix ?

Mameselle, n. f. — Mademoiselle.

  • Manager, maned/mr,n,m,, (m.a.) — Gérant, chef, directeur.

Manche, n. m.

Etre gros manche avec quelqu’un, en très bon termes.
Avoir quelqu’îin dans sa manche, pouvoir compter sur lui,
ou l’avoir en son pouvoir.
Se mettre du côté du manche, du côté le plus fort.
— C’est une autre paire de manches, c’est bien différent.

Manche (gros,) n. m. — Homme important.

Manche (petit,) n. m. — Homme qui ne compte guère.

Manche de chemise, n. f.

Bras de chemise. Ex. Se mettre en manche de chemise pour travailler.

Manche de pipe, n. m. — Tuyau de pipe.

Manche de plume, n. m. — Porte-plume.

Manchon, n. m.

Alanche. Ex. Le manchon de la charrue. Dans le vieux français on rencontre machon , esmanchon.

Manchonnier, n. m.

Fourreur. Manchonnier vient du fait que le fourreur fabrique des manchons ; mais il fabrique aussi d’autres choses.

Manchotte, adj.

N’être pas manchotte, ne pas manquer d’esprit, au con traire.

Mandat-poste, n. m. — Mandat de poste.

Mande, n. f. — Menthe.

  • Manéger, v. a. (Angl.) Conduire ; administrer. Ex. Manège cette affaire du mieux

que tu pourras.

Mangeaille, n. f.

Action de manger. Ex. Avec ces enfants on n’entend par ler que de mangeaille. 

Mangeard, n. m.

Dépensier, prodigue.
Fort mangeur.

Mange-chrétien, n. m. Usurier. Ex. Ces juifs-là sont tous des mange-chrétiens.

Manger, v. a.

Faire tomber. Ex. I<a chaleur va manger le vent.
Recevoir. Ex. Manger des coups.
Dépenser. Ex. Manger son bien.
Médire, calomnier. Ex. Manger le prochain, manger du
prêtre, du jésuite.
Surcharger de taxes. Ex. Manger le peuple.
Prendre. Ex. Ma ? iger une âame. (Terme de jeu.)
Détruire. Ex. Un fruit mangé des vers.
Manger à même, plonger sa cuiller ou sa fourchette sans
se servir d’assiette.
Manger le Bon-Dieu, être très dévot
Matiger de la misère, être pauvre.
Manger des pissenlits par la racine, être mort.
Manger de la vache etiragée, rouler dans la misère.
Manger à tous les râteliers, de tous côtés.
Manger quelqu’un. Ex. Je ne vous mangerai pas, c’est-
à-dire, je ne suis pas aussi mauvais que vous pensez. A26

Manger (se), v. prou.

Se manger l’un Vautre, se ruiner.
Se manger le sang ; s’impatienter, s’inquiéter outre mesure.

Manger-aux-mouches. Arrêter en chemin. Bx. Laisser son cheval manger-aux- mouches.

Mangeur de maringouins, n. m. Engoulevent d’Amérique.

Mangeux, euse, n. m. et f. Mangeur, euse. Ex. Louis est un gros mangeux.

  • Mangler, (Angl..) Calandrer. V. Mingler. Manière de (comme), loc. Comme une espèce de. Ex. Il avait comme manière de

chapeau sur la tête.

Manière (d’une), loc.

D’une certaine façon. Ex. D’une manière, il peut avoir raison, mais pas de l’autre. Manière que (de), loc. En sorte que. Ex. Je lui ai donné toutes mes raisons, de manière qu’il m’a paru comprendre.

Manière comment que (la),

Comment, la façon dont. Ex. Pourrais-tu me dire la ma nière comment que tu t’y prends pour avoir de si beaux animaux ?

Manière de (en), loc.

Comme, pour ainsi dire. Ex. Il est venu me dire en manière de compliment…

Manifacture, n. f.

Manufacture. Cotgrave dit que manifacture et manufacture sont synonymes.

Manifactureur, n, m. — Manufacturier.

Manifacturier, n. m. — Manufacturier.

Manificat, n. m. Magnificat. Ex. Pourvu que nous arrivions au Manificat.

Manifique, adj. — Magnifique.

Manigance, n. f.

Manœuvre secrète, mystérieuse. Français, mais familier.

Manigancer, v. a.

Tramer dans l’ombre.
Agir. Ex. Tu maniganceras cette affaire comme je te
l’ai dit.

Manitou, n. m.

Divinité protectrice des Indiens, l’Etre suprême, le Grand Esprit.

Manivelle, n. f.

Charriotmû au moyen d’une bielle sur les voies ferrées, à l’usage des hommes de section (manœuvres). Hand-car des Anglais. 

Manivolle, n. f. Poussière très ténue provenant de la mouture des grains.

Manne, n. f.

Mouche qui abonde à la surface des rivières et dont les pois sons font ample nourriture. 

Manquable, adj. Probable. Ex. Manquable qu’il va venir comme il nous- l’a promis.

Manquablement, adv. Probablement. Ex. Il viendra manquablement sur le soir,. à la brimante.

Manque, n. f. Faute. Ex. Vous avez fait cela, c’est une manque sérieuse..

Manque (ben,) loc.

Beaucoup. Ex. Y avait-il du monde sur la terrasse hier soir ? — II y en avait ben manque.

Manqué, e, part. pass.

Très fatigué, épuisé. Ex. J’ai fait le tour du Cap-Rouge

à pied, aussi je suis manqué, ce soir.

Sans valeur. N’achète pas ce cheval, il est manqué.

Expression acadieune.

  • Manquer, v. a.
Faire défaut. Ex. Vous n’étiez pas chez l’orateur, hier
soir, on vous a manqué. (Angl.)
Etre dans la misère, manquer de tout. Ex. Depuis que

j’ai été placé, je ne crains plus de manquer.

  • Manslaughter, manslâteur, n. m., (m. a.)

Homicide involontaire.

Mantelet, n. m.

Costume d’intérieur fait sans trop de luxe et beaucoup porté par les femmes, à la campagne. Ex. Ma femme portait le grément complet, la jupe et le mantelet. Ou prononce plutôt mantelette. 

Manthe, n. f. — Menthe.

Mappe, n. f. — Carte géographique.

Maquière, n. f. — Matière. V. ce mot.

Maquièrer, v. n. — V. Matièrer.

Maquièreux, euse, adj. — Qui sécrète du pus. V. Matièreux

Mâr, n. m. — Mars. Ex. Notre-Dame de mâr.

Marabout, n. et adj. Homme d’une humeur insupportable. Ex. Quel marabout est ça ! Quelle humeur marabout !

Marander (se), v. pron. Se pavaner. Ex. En voilà une qui se marande un peu fort.

Marâtre, n. m. et f. Brutal pour les hommes et les animaux.

Marbe, n. m. — Marbre. Marbre, n. m. — Bille. Ex. Jouons aux marbres.

Marcassin, n. m.

Petit cochon. En France, ce mot s’applique au petit du sanglier.

Marchable, adj. Où l’on peut marcher. Ex. Passons par un chemin plus marchable. Marchage, n. m. — Action de marchâiller.

Marchâiller, v. n. — Marcher péniblement.

Marchance, n. f. — Malchance.

Marchanceux, euse, adj. — Malchanceux, euse., n. m.

Marchand en gros, de gros.
Marchand en détail, détailleur.
Marchand de hardes faites,de confections.
Petit marchand, c olporteur.
Marchand de seconde main, revendeur.

Marchandises sèches, n. f. pl.

Plusieurs sont sous l’impression que marchandises sèches est la traduction de l’anglais dry goods. Nous trouvons mar chandises sèches dans les Registres du Conseil Souverain. Donc l’expression était usitée dans la colonie avant l’arrivée des Anglais à Québec. On veut lui substituer nouveautés. Or, ce mot ne peut guère s’appliquer qu’à des articles de mode, et ne rend pas bien l’idée des marchandises sèches. A mon avis, mercerie vaudrait mieux. 1/expression marchandises sèches prête le flanc à des bizar reries de langage assez originales. N’a-t-on pas vu des annonces conçues dans la forme suivante : Grande vente de marchandises sèches mouillées !…

Marchant (mal), loc.

Chemin raboteux, vaseux, ou rempli de neige. Ex. Le chemin est mal marchant, aujourd’hui.

Marche, n. f.

Promenade. Ex. Allons faire une marche, vers le monu
ment des Braves.
Course. Ex. D’ici au Saut Montmorency, c’est une
bonne marche. I

Marché, n. m.

Mettre le marché en mains, déclarer ne pouvoir faire une
chose.
Grand marché, bon marché. Ex. I*es œufs se vendent

grand marché.

Marchedon, n. m.

— Botte sauvage. V. ce mot.
— Cheval.

Marcher, v. n.

Circuler. Ex. I^es tramways ne marchent pas, ce matin,
il n’y a pas assez de pression.
Suivre les exercices. Ex. J’ai deux enfants qui vont

marcher au catéchisme, ce printemps.

Fonctionner. Ex. J’ai un employé dans mon bureau
qui marche tout de travers. LE PARLER POPULAIRE
ge sauver. Ex. Marche à la maison, petit imparfait.
Se gâter, pourrir. Ex. Voici du fromage qui marche

tout seul.

Marcher mal, le chemin est mauvais. Ex. Ça marche
mal.
Marcher avec quelqu’un, être d’acord, aller au même but.
Marcher Sîtr le chréquien. V. Chréquien.
Marcher sur, approcher de. Ex. Je marche sur la soi
xantaine.

Marchette, n. f.

Pédale pour faire mouvoir la roue d’un rouet à filer.
Gros tuyau d’orgue ou basse d’un instrument, que l’on
fait sonner à l’aide d’une touche que l’on baisse avec le

pied.

Marci, n. f.

Merci. Ex. Marci ben des fois, marci mille fois !

Marcou, n. m.

Matou. Nos anciens, dit Lacurne, faisaient des noms d’ani maux de noms de saints. Marcou viendrait de Marc, comme matou de Mathieu. 

Mardi gras, n. m.

Homme masqué. Ex. Avez-vous reçu des mardis gras

chez vous, hier soir ?

Enterrer le mardi gras, donner une soirée à l’occasion du

mardi gras.

Mardiîlier, n. m. — Marguillier.

Mare, n. f. — Mare.

Marécager (se), v. pron. Se gâter. Ex. Le temps commence à se marécager.

Marêche, n. f. Requin du Saint-Laurent.

Marée, n. f. Le contenu d’une mare, une flaque d’eau, d’urine, etc. Ex. Un petit enfant qui fait des marées.

Mârence, n. f. — Marelle.

Marène, n. f. — Marelle. V. Barrène.

Margau, n. m. — Fou de Bassan.

DES CANADIENS-FRANÇAIS 43 !

Marge, n. i.

Spéculation rendue plus facile par le paiement incomplet des actions achetées. Ex. Spéculer sur marge.

Marginer, v. n. — Spéculer sur marge. Margot, n. m. Baie jaunâtre que l’on cueille dans les savanes. Appelée mûre de savane dans le comté de Kamouraska.

Margouilles, n. f. pl. Margouillis, impasse, position embarrassante. Ce mot était

très usité à Montréal, il y a cinquante ans. 

Margoulette, n. f.

Mâchoire, bouche, bas du visage. Ex. Je lui ai cassé la margoulette. Le mot est français et populaire en France, et signifie la

même chose qu’en Canada. 

Marguerite, n. f. — Pâquerette vivace.

Marguerite jaune, n. f.

Renoncule acre. Peste de nos campagnes. 

Marguillage, n. m. — Qui ressort de la charge de marguil-

lier. 

Marguillière, n. f. Femme du marguillier. Ex. Voici madame la marguillière. Maréal, Mariai. — Montréal. Marier, v. a. Se marier avec. Ex. Je gage que Joseph va marier la petite Lafleur.

Marie Quat’Poches, n. f. — Femme mal vêtue. 

Marie Souillon, n. f. — Femme malpropre.

Marie Torchon, n. f. — Femme laide et malpropre. Marieux, euse, adj. Homme qui a des dispositions pour le mariage. Ex. Ce garçon-là n’est pas un grand marieux. MariHier, n. m. — Marguillier. Marinades, n. f. pl.

Conserves au vinaigre, oignons, choux-fleurs, concombres. Marine, n. f.
— Inflammation des tissus de la main. Ex. Doct eur, j’ai été à l’eau salée, regardez ma main, je crois que j’ai la

marine.

Marinos, n. m. Mérinos, étoffe de laine. Ex. Une robe de mérinos.

Marinquin, n. m. — Maroquin. Marionnette, n. f. — Aurore boréale.

  • Market, markèle, (m. a.)
— Train du marché. Ex. Ce soir nous prendrons le market

pour la Rivière-du-IyOup.

— Marché.

Marie, n. m. — Merle.

Marleau, marlot, n. va. Hypocrite et trompeur. Ex. Cet individu-là, c’est un marleau.

Marmette, n. £. Guillemot ordinaire, appelé en anglais murre, à cause de son cri.

Marmotte (croquer), loc prov. Croquer le marmot, attendre longtemps en vain.

Marmousin, n. m. — Marmouset, petit garçon.

Marque, n. f.

Croix. Ex. Vous ne savez pas signer, faites votre mar
que ici.
Faire sa marque, faire son chemin dans le monde, fournir

une belle carrière.

Marquer, v. n.

Avoir bonne ou mauvaise apparence. Ex. Un homme
qui marque mal.
Informer. Ex. Dans ta lettre, tu lui marqueras que je
suis toujours en bonne santé.
Graver. Ex. On voit bien qu’il a eu la picote, il est
resté marqué.
— Prendre note. Ex. Marque bien ce que je te dis.

Marques, n. f. pl., Marques de coups. Ex. Tu vas porter longtemps de mes marques.

Marron, n. m. — Marmiton de collège.

  • Marsh-mallow, marche mâlo, n. m., (m. a.) — Guimauve.

Marsouin, n. m. Les Marsouins de l’Ile-aux-Coudres. Sobriquet. Martagon, n. m. — L,is des prairies.

Martello (tour), n. f.

Tour d’observation, de vigie. Ex. A Québec, il y a plu sieurs tours Martello.

Martrière, n. f. — Piège pour prendre les martres.

Marveille, n. f. Merveille. Ex. Je me porte à marveille, et toi ?

Marveilleux, euse, adj. — Merveilleux.

Mascouabina, n. m.

Sorbier à fruits rouges en grappes. Origine sauvage. Si gnifie grain que les ours aime ? it à manger. Nous disons souvent mascoubina, mascou, mascoua. 

Maskinongé, n. m.

Espèce de brochet que l’on pêche dans nos rivières. 

Maskoutin, n. m.

Sobriquet donné aux habitants de Saint-Hyacinthe. Vient du mot Yamaska, rivière qui traverse la ville. 

Massacre, n. m.

Diable. Ex. Va au massacre.
Massacre des innocents, rejet en bloc de tous les projets de
loi qui n’ont pas encore été adoptés à une date fixée

d’avance.

Masse (en), loc.

— Beaucoup, en quantité. Ex. Il pleut en masse, il y avait
du monde en masse.
— Pas des masses, peu, guère.
Masser, v. a. — Frapper.

Massif, ive, adj. Pesant, lourd. Ex. Un enfant massif, un livre massif. Mastas, n. m. — Enfant gras et gros. Mastic, n. m. Une face de mastic, figure replète et d’un jaune pâle. Masticot, n. m. — Homme de police, sergent de ville.* Mat, matte, (m. a.) — Natte, paillasson. 28

Matador, Q. m. — Homme prétentieux et batailleur.

Matagon, n. m. — Quatre-temps, rouget.

Mâtaine, n. f. — Mâtine, luronne.

Matamore, n. m. — Brave à trois poils.

Matapan, n. m.

Homme fort, gros et bouffi. En Normandie, on dit mastapan.

  • Match, (m. a.)
Lutte, joute. Ex. Une match de crosse, de hockey.
Mariage. Ex. Pierre et Louise vont faire un match à
mon goût.
Concours. Ex. Un match d’animaux dans une exposition.
Allumette. Ex. Donne-moi donc une match pour allu
mer tna pipe.
  • Matcher, (Angl.)
Tenir tête. Ex. Celui-là, je trouverai moyen de le mat
cher.
Assortir. Ex. Matcher des couleurs, des chevaux.
Se marier. Ex. Jean et Pauline s’aiment, matchons-hs

. ensemble.

Apparier. Ex. Matcher des étoffes de couleur.
— Se mesurer. Ex. Si tu veux, nous allons nous matcher

ensemble.

Matelas, n. m. — Quenouille.

Mater (se), v. pron.

Se cabrer. Ex. Mon cheval se mate à tout propos.
S’irriter. Ex. Ne vous matez pas, l’ami, nous allons nous
entendre.

Matéreaux, n. m. pl. Matériaux. Ex. As-tu tous tes matéreaux de pêche ?

Mathieusalé, n. propre.

Mathusalem, patriarche aïeul de Noé. Ex. Vieux comme Mathieusalé, Maqueusalé.

M’a-t-i ? — Est-ce que je vais ? Ex. M’a-t-i m’en aller ?

Matière,- n. f.

Pus. Ex. Le docteur Aloès m’a lancé un abcès, il en est sorti beaucoup de matière.

J

DE S CANADIENS-FRANÇAIS 435

Matièrer, v. n. Qui donne du pus. Ex. J’ai une plaie qui matière toujours.

Matièreux, euse, adj. Qui fournit du pus. Ex. Un ulcère matùreux.

Matillon, n. m. — Maquillon.

Matin (à), loc. Ce matin. Ex. Comment êtes-vous, à matin ? Est-ce du lait d’à matin ?

Matin (du).

Ce matin. Ex. J’ai un enfant né du matin.
Un de ces quatre matins, un de ces jours. Ex. Nous
irons vous voir un de ces quatre matins.

Matin (petit). Point du jour. Ex. Tu viendras me prendre au petit matin.

Mâtin ! Interjection pour exprimer le dépit, l’étonnement. Ex. Mâtin, que c’est beau !

Matinée, n. f. — Corsage.

Matou de grève, n. m. Rôdeur de nuit qui cherche à dérober le poisson pris dans les pêches.

Mâts-cordes (à). — V. A maille et à corde.

  • Matte, n. m. (Angl.)

Paillasson, natte placée à la porte des appartements pour qu’on s’y essuie les pieds.

Maturité (à), n. f. Echéance. Ex. Votre billet viendra à maturité dans quinze jours, voyez-y.

Maucœureux, euse, adj.

V. Malaucœureux. Cotgrave dit que ce mot signifie lâche.

Maudissements, n. m. pl.

Jurons. Ex. Ce sont des maudissements à n’en plus finir.

Maudit (du).

— Terrible. Ex. J’ai eu une peur du maudit.
— Diable. Ex. Il y a du maudit là-dedans.

Maudisseux, n. m.

Qui maudit â tout propos.

436 LB PARLER POPULAIRE
Mauditement, adv. — Terriblement. Maussade, adj.

Déplaisant. Ex. Cet homme est bien maussade. Mauvais, e, n. m. et f. Méchant. Ex. C’est un mauvais, une mauvaise. Mauvaisement, adv. — Méchamment. Mauvaiseté, n. f. — Méchanceté, malice. Mauve, n. f. — Mouette. (Terme de vénerie.) Maxime, n. f. — Vaccine. Ex. Une bonne picote maxime. Maximer, v. a. Vacciner. Ex. Je vais faire maximer tous mes enfants. Mâzette ! Interjection pour marquer l’étonnement, l’admiration. Ex. Mâzette ! ce n’est pas le premier venu que ce gas-Vk ! * Mean, mine, (m. a.)

Bas, vil, mesquin, avare, sans valeur. Mécanique, n. f. — Mécanicien. Mécardi, n. m. — Mercredi. Méchant, e, adj.

Mauvais, en mauvais ordre. Ex. I^es chemins sont mé chants, le temps est méchant, le pain est méchant. Mèche, n. f.

Coup de vin. Ex. Rentrons prendre une mèche chez
Boissec.
Long espace de temps. Ex. Il en a pour une mèche

avant d’avoir fini son livre. Mécredi, mécrédi, n. m. Mercredi. Autrefois mecredi se disait. Vaugelas préférait mecredi à mercredi. Thomas Corneille était favorable aux deux, mais il disait que mecredi était plus doux. Médeciner, v. a. — Faire prendre des remèdes. Médeciner (se), v. pron. — Se soigner soi-même. Médi, n. m.

Midi.
Su l’médi, vers midi.
— Su Vcoup du médi, à l’heure du midi.
  • Meeting, mîtigne, (m. a.) — Assemblée, réunion.
DES CANADIENS-FRANÇAIS 437

Mégard, n. m.

Mégarde. Ex. J’ai punie tromper, mais c’était par mégard.

Méguiocre, adj. — Médiocre.

  • Meilleur, adj. Au meilleur de ma connaissance, si je me rappelle bien. (Angl.)

Meincredi, n. m. — Mercredi.

Meinnuit, n. m. — Minuit. Ex. La messe de meinnuit.

Mékerdi, n. m. — Mercredi.

Mêlâillage, n. m. — Action de mêler.

Mélâiller, v. a. — Mêler. Ex. Mon fil est tout mêlâillê.

Mélanges, n. m. pl. — Bonbons assortis.

Mêle (en), loc.

Au milieu. Expression acadienne. Ex. Il y avait dans le chemin trois femmes ; celle qui était au milieu était vieille. Elles sont vieilles en mêle, dit le conducteur, c’ est- à-dire celle du milieu est vieille. Expression très ancienne qui doit venir de in medio.

Mêlis-mêlo, n. m. — Confusion, désordre.

Membre, n. m.

Patin. Ex. Un membre de carriole, de traîneau.
Député, représentant du peuple. Ex. Nous avons un
bon membre à la Chambre, mais il ne parle pas souvent.

Membrer, v. a.

Poser des patins à un traîneau, à une carriole.

Même (de), loc. adv.

De semblable. Ex. Nos enfants sont tous gros et gras,
mais le petit dernier bat tous les autres, on n’en voit pas
souvent de même.
Ni bien ni mal. Ex. Comment est ta femme ? — Elle est

de même.

— De cette façon. Ex. Mens donc pas de même.

Même (du).

La même chose. Ex. C’est toujours du même et du pareil. En Anjou ou dit du pareil au même.

Même chose (la). Tout de même. Ex. Je ne suis pas invité à la conférence du Père Antoine, j’irai la même chose.

Mémère, n. f. — Grand’mère.

Menable, adj. Qui peut être mené, conduit. Ex. Un être comme cela, je te dis que ce n’est pas menable. Ménage, n. m. Mobilier. Ex. J’ai acheté mon ménage chez Vallière.

Ménagement, n. m. Economie. Ex. Dans cette maison, on n’entend parler que de ménagement. Menasse, n. f. — Mélasse.

Menchonge, o. ni. — Mensonge. Mener, v. a.

Se promener. Ex. Veux-tu aller mener, mon petit ?
Mener quelqu ’un par le bout du nez, le dominer.
Mener la vie, vivre avec luxe.
Mener du bruit, faire du tapage.
Ne pas mener grand bruit, être tranquille et silencieux.
Mener le sorcier, faire beaucoup de bruit.
Mener le diable, même sens.
Mener sur l’air. — V. Mettre.
Conduire un cheval. Ex. Sais-tu mener ?

Ménoire, n. f.

Timon. A Québec on dit timon, à Montréal, travail.
Mémoire. Ex. Manquer de ménoire.

Menon, n. m. — Melon.

Menoque, n. f. Manoque, petite botte de tabac en feuilles.

Menotte, n. f.

— Demi-gant de femme qui ne couvre pas l’extrémité des.

doigts.

— Petite main d’enfant.

Menterie, n. f. Mensonge. Français familier. Ex. Vlà Chose, il a le corps plein de menteries, écoute-le.

Menteux, euse, adj. Menteur. Ex. Faut-il être menteux pour dire cela ?

Mentir, v. a. — Mentir, v. n. Ex. Tu mens cela, l’ami.

DES CANADIENS-FRANÇAIS 439

Ménuit, n. m. Minuit. Ex. Tu viendras sur le coup de ménuit.

Menuserie, n. f. — Menuiserie.

, n. m. — Menuisier.

Menutés n. f. pl. — Petites choses, bagatelles.

  • Mépris de coût, (Angl.)

Injure au tribunal. Ex. Condamné à huit jours de prison pour mépris de cour.

Méquier, n. m. Métier. Ex. Travailler au méquier, avoir un bon mêquier, un corps de méquier.

Mer, n. f.

Fleuve Saint-I,aurent, dans sa partie la plus large, là sur tout où l’eau est toujours salée et donne une assez juste idée d’une mer. 

Mercier, v. a. Remercier. Ex. Mercie-\e. de t’avoir donné de belles étrenues.

Mère, n. f. — Femme. Ex. Holà ! la mère, veille au petit.

Mère moutonne, n. f. — Brebis.

Mère oie, n. f. — Oie.

Mère ourse, n. f. — Ourse.

Mère rangearde, n. f. Petite fille qui fait la pluie et le beau temps chez sespareuts.

Merise (petite), n. f. Cerise du Canada.

Merisier blanc, n. m. — Bouleau élancé.

Merisier rouge, n. m. — Bouleau merisier.

  • Mérite, n. m.

Plaider au mérite, entrer dans le vif de la plaidoirie, plaider au fond. (Angl.)

Merle, n. m. — Grive erratique.

Merle chat, n. m. — Grive de la Californie.

  • Merry Christmas, mère, (m. a.) — Joyeux Noël !

Mes, adj. — Mes Ex. Mes frères, mes sœurs.

Mesquinage, n. m.

Mesquinerie. Mesquinage se disait jadis pour service, se mettre en mesquinage.

Mesquiner, v. n. Etre chiche. Ex. C’est un vieux bonhomme qui mesquine sur tout.

Mesquineux, euse, n. et adj. I,adre, sordide. Ex. Le bonhomme Richard est un vieux mesquineux.

Messe, n. f.

Tourner en basse messe, arriver à peu près à rien. Allusion au fait qu’il arrive quelquefois, à la campagne, qu’une grand’messe, pour des raisons exceptionnelles, se termine en basse messe.

Messieurs, n. m. pl.

Les Messieurs du Séminaire, les prêtres du Séminaire de
Québec. Ex. Cette après-midi, à cinq heures, il y aura

un salut solennel à la chapelle des Messieurs du Séminaire.

Les Messieurs de Saint-Sulpice, les prêtres de la Société
des Sulpiciens.
Le fort des Messieurs (Montréal).
Extrait des Messieurs, ouvrage de loi publié à Londres
en 1772, intitulé : An Abstract of those Parts of the Cus-
tom of the Viscounty and provotship of Paris, etc. Cette

compilation fut faite par F.-J. Cugnet, Deschenaux, Pres-

sard, Jacrau, et plusieurs autres Messieurs.

Messire, n. m. — Monsieur l’abbé.

  • Mesure, n. f. — Projet de loi. (Angl.)

Mesure que (à la), loc. A mesure que, au fur et à mesure.


Mesurement, n. m. — Mesurage, action de mesurer.

Mesure, n. f, — Mesure.

Met, n. m. Pétrin, huche où l’on fait la pâte. Dans le patois de Berry,

ce mot signifie huche au pain. Rabelais l’a employé

dans son Gargantua : « Et croissoit comme pâte dans le met. » Dans le Jura on écrit maid, de l’italien madia. Cotgrave écr it maye.

DKS CANADIENS-FKANÇAIS 44 !

Métail, n. m. — Métal.

  • Meter, miieur, n. m., (m. a.) — Mesureur, compteur.

Métier, n. m.

— Faire du métier, travailler pour l’argent, et non pour

l’art.

— Faire un métier d’enfer, faire un travail pénible.
Faire trente-six métiers, essayer de faire de tout.

Métif, n. m. — Métis. Ex. Les Métifs du Nord-Ouest.

Métiver, v. n. — Moissonner, couper le grain. Acadianisme.

Métraisse, n. f. Prononciation renversée de maîtresse. Ex. Une métraisse d’école.

  • Mètre, n. m. — Compteur. (Angl.)

Mettre, v. a.

Mettre dedans, tromper.
Mettre la puce à Voreille, avertir.
Mettre de Peau daus son vin, se modérer.
Mettre dans son sac, recevoir des injures.
Mettre dans de beaux draps, dans l’embarras.
Mettre les pieds dans les plats, faire une sottise.
Mettre les mains à la pâte, travailler soi-même.
Mettre tous ses œufs dans le même panier, ne pas diviser
ses risques.
Mettre sur les dents, fatiguer.
Mettre dans sa poche, empocher un affront.
Mettre de Vargent, en dépenser.
Mettre une chose à ne pouvoir s’en servir, la rendre inuti
lisable.
Mettre sur Pair, chanter justement et correctement d’après
la musique. Ex. Si vous avez un tant soit peu d’oreille

vous pourrez facilement mettre sur l’air la chanson Vive

la Canadienne !
— Mettre tout dehors, employer le vert et le sec.

Meubelier, n. m. — Meublier, ébéniste.

Meublerie, n. f, — Ameublement.

Meublir, v. a. — Ameublir.

Meurir, v. a. et n. — Mûrir.

Mézamain (à), loc. adv. — Chose qui n’est pas à la main.

Mézelle, n. f. — Mademoiselle.

Miâlement, n. m. — Miaulement.

Miâler, v. n.

Miauler. Ex. Entendez-vous le chat qui miâle f

Miâleux, adj. — Miauleur.

Micament, n. m. — Médicament.

Mi-carême, n. f.

Homme masqué. Ex. Les mi-carêmes vont passer ce soir, préparons-nous à les recevoir. Autrefois, en France, il y avait les carême-prenants, c’est-à-dire ceux qui couraient en masque, mal habillés, dans les rues, pendant les jours gras.

Michetanflûte. — Mistanflûte. V. ce mot.

Micmac, n. m.

Sortilège, maléfice, sort. Ex. Il y a du micmac là-de
dans. Cotgrave cite ce mot pour signifier intrigue.
langage incompréhensible. Ex. Parles-tu micmac, que
je ne te comprends pas ?
— Menus objets mêlés pêle-mêle. Ex. Un tas de micmacs.

Micouanne, n. f.

Grande cuiller. Mot sauvage. C’est la mouvette des Nor mands.

Micouannée, n. f. — Le contenu delà micotianne.

Micouenne, n. f. — V. Micouanne.

Micouennée, n. f. — Micouannée.

Miette, n. f.

Petite quantité. Ex. Veux-tu un verre de vin ? Oui,
j’en prendrai une petite miette seulement.
Pas la miette, pas du tout. Ex. As-tu quelques sous à
me prêter ? — J’en ai pas la miette.
— Un peu. Ex. Il a une miellé de bon sens.

Mietton, n. m.

Mélange de pain et de lait donné aux enfants. On dit aussi miton.

Mieux (de), loc.

De plus. Ex. Pour en finir, je mettrai dix piastres de mieux,

DBS CANADIENS-FRANÇAIS 443,

Mignonnette, n. f. — Réséda odorant

Mil, n. m. — Fléole, graminée fourragère.

  • Milage, n. m. (Angl.)

Allocation pour frais de voyage. De l’anglais mileage.

Mille gueux, n. m. Individu suspect. Ex. Mon mille gueux, si je te poigne l

Milleur, adj. — Meilleur.

Mimacament, n. m. — Médicament.

Mi-mal (à), loc. — A demi-mal.

Mimiographe, n. m.

Machine à imprimer le manuscrit en le reproduisant à plu sieurs copies.

Mi-mot (à), loc. — A demi-mot.

Mince, adj.

En avoir épais dans le plus mince, être peu intelligent.

  • Mince-pie,paie, (m. a.)

Pâté de fruits et de viandes hachés.

Mincir, u. a. — Amincir.

Mincredi, n. m. — Mercredi.

  • Mind (never), mdinde, (m. a.) — N’importe, ça ne fait
rien.

Mine, n. m. — Chat. Ex. Donne à manger au petit mine.

Mine, n. f.

Avoir mal à la mine, avoir une triste apparence.

Miner, v. n.

Paraître. Ex. Cette femme mine mal.
S’enfoncer. Ex. Un terrain qui mine.

Minette, n. f. — Petite chatte. Ex. Donne ta patte, minette.

Mingle, n. m. Grand châssis en bois pour faire sécher les rideaux.

  • Mingler, v. a. (Angl.)
Calandrer, faire passer à la machine pour lisser et lustrer les étoffes, glacer les papiers. Ex. Je ne porte pas d’autres cols que des cols minglés.
  • Minion, n. m. (m. a.)

Mignonne, 7 points. (Terme d’imprimerie.)

Meinkerdi, n. m. — Mercredi.

Minoter, v. n.

Prendre de meilleures proportions. Ex. Ça commence à minoter.

Minou, n. m. — Chat. V. Mine.

Minouche, n. f.

Caresse. Ex. Fais crac, minouche. V. Crac.

Mlnoucher, v. a. — Caresser, chercher à amadouer.

Minoucherie, n. f. — Minauderie.

Minoucheux, euse, adj. — Minaudier.

Meinpriser, v. a. — Mépriser.

Mirobolant, adj.

Etonnant, prodigieux. Ex. Une nouvelle mirobolante. Miret, n. m. Passement, tissu plat et étroit de fil de soie dont on orne des

meubles, des habits. 

Miroué, n. m. — Miroir. Miséricorde.

Mot employé pour exprimer la douleur, la contrariété. Ex. Il pleut à Dieu miséricorde. Miséricorde, que le temps est mauvais !
  • Mlssedile. (Angl.) — Maldone.

Mise, n. f.

Fouet. Ex. Cocher, donne de la mise, nous sommes pres sés.

Misérable, n. m.

Petit verre qui contient la 32° partie d’un litre. 

Misère, n. m.

Difficulté. Ex. En avons-nous eu de la misère pour finir

notre ouvrage ?

Faire des misères à quelqu’un, le tourmenter.
Misère d’un nom ! juron exprimant la douleur. Ex. Je
me suis fait mal, misère d’un nom !

Misette, n. f. — Herbe des prairies, pâturage. Acadianisme.

  • Mistake, misstêke, (m. a.) — Erreur, faute. V. Mistèque.
Mistanflûte !
Employé comme interjection, pour exprimer la surprise. En France, l’expression à la mistanflûte s’appli que à une

chose faite d’une façon extravagante. Vient de miston, compagnon dont on fait peu de cas ; sa vue suffit pour rebuter quelqu’un et lui fait dire zute ! flûte ! (Thn.)

  • Mistèque. (Angl.)

Erreur. Ex. Il n’y a pas de mistèque là-dedans.

Misti, n. m.

Le valet de trèfle. Misti est l’abrégé de mistigri, jeu de carte.

  • Mitaine, n. f.
— Office religieux dans les églises protestantes. Ex. As-
tu déjà été à la mitaine ? (Angl.)
— Église protestante.

Mi tan, n. m.

Milieu. Vieuxniot français que l’onretrace dans Brantôme :

« Le boufon qui vint, cela dit : Et moi je voudrais être au beau mitan. »

Mitasse, n. f.

Guêtre en peau ornée de rassade ou de poil d’orignal teint

en diverses couleurs. 

Mité, adj.

Rongé par les mites. Ex. Des fourrures mitées,

Miton, n. m.

— Onguent miton mitaine, qui ne fait ni bien ni mal.
— Chaussure d’hiver en laine ou en feutre pour protéger

contre le froid. Se met pardessus la chaussure ordinaire.

  • Mob, (m. a.) — Populace.

Mocassin, n. m. Soulier de peau de caribou, d’orignal ou de chevreuil, la meilleure chaussure pour chausser la raquette.

Moche, n. f. — Petit pain de beurre.

Modeuse, n. f. — Modiste.

Modisse, n. f. — Modiste.

Mogniac, n. m. — V. Moniac.

Mognon, n. m. Moignon. Ce qui reste d’un membre amputé.

Mohair, n. m. — Poil de chèvre angora.

  • Moi pour un, loc.

Quant à moi personnellement. (Angl.)

Moindrement (le), loc.

Un tant soit peu. Ex. Cet homme se tairait, s il avait le moindrement de bon sens.

Hatzfeld dit que le moindrement signifie le moins du monde, de la moindre manière. Ex. Je n’y suis pas le moindre ment intéressé

Moine, n. m.

Petit insecte employé pour la pêche des chevesnes. On

l’appelle aussi mouche des haies.

Toupie d’Allemagne, toupie creuse et percée d’un côté,

qui fait du bruit et même de la musique en tournant.

Moins (à), loc adv.

De moins. Ex. C’est pas cher, tu l’auras pour une piastre, niais pas un sou à moins. Moî-z-en. — M’en. Ex. Donne moi-z-en donc un morceau.

Moisir, v. n.

Rester longtemps. Ex. Je vais aller au Kent avec toi, mais nous u’y moisirons pas. Français, mais familier. Moitié, n. f.

Femme. Ex. C’est ta femme ? — Oui, c’est ma tendre

moitié. Frs. fain.

Moitié de ligne, gens qui perçoivent la moitié des profits

des pêcheurs ou maîtres de grave. MoHette, n. m. Mollet. Ex. J’ai des crampes dans le mollette.

Mollettement, adv. — Très mollement.

MoUlère, n. f.

Terrain détrempé recouvert d’un gazon trompeur ; lieu marécageux et mou où l’on peut s’embourber. Cotgrave emploie ce mot pour fondrière, marais. 

Moment que (du), loc. conj. Alors que, dès lors que. Ex. Du moment que tu me le dis, je le crois dur comme fer.

Mon mien.

Le mien. Ex. Je te dis que ce livre-là, c’est mon mien.

Mondaine, adj. f. — Mondée. Ex. De l’orge mondaine.

  • Monardeur, n. m.

Mandat de poste. Corruption de l’anglais moncy-order.

Monde, n. m.

Public. Ex. Cette soirée est-elle pour le monde ?
Gens. Ex. Voilà du bon monde.
Son monde, les membres de la famille. Ex. Vous invi
terez tout notre monde à la fête.
Un monde fou, beaucoup de personnes.
Un monde de choses, beaucoup de choses.
Comme du monde. Ex. Je ne souffre pas comme du
monde, c’est-à-dire je souffre beaucoup.
N’être pas du monde. Ex. Ce n’est pas du monde que cet
animal-là, c’est un diable.
Soulever mer et monde, remuer ciel et terre.
Mettre quelqu’un au monde, le faire connaître, le pousser
dans le chemin de la notoriété.
En monde. Ex. Il n’est pas bête en monde, très-bêle.
Dans le monde, en vérité. Ex. Je vous demande, dans
le monde, s’il n’est pas surprenant que telle chose soit
arrivée.

Monde (grand), n. m. — Les grandes personnes.

Monde (petit), n. m.

Les enfants.
Les petites gens, la classe moyenne.
  • Money order, monê ordeur, (m. a.) — Mandat de poste.

Moniac, n. m.

Oiseau du genre canard qui se tient dans le golfe Saint Lau rent et sur les côtes du Labrador. 

Monsieur, n. m.

Un vrai monsieur, un gentilhomme.
Ce n’est pas monsieur ce que tu fais là, ce n’est pas le fait
d’un gentilhomme d’agir ainsi.
Faire son monsieur, affecter des airs de gentilhomme.
— Le monsieur de la maison, le maître.

Monstresse, n. f. — Monstre femelle.

Montaigne, n. f. — Montagne.

Monté, adj. Un peu étourdi par les vapeurs de l’alcool.

Montée, n. f.

— Canot de montée, canot employé par les voyageurs, trap
peurs, gens de chantiers pour remonter le cours des

rivières.

Police montée, gendarmerie à cheval.

Monter, v. a.

Monter une scie, mystifier.
Monter sur ses ergots, être fier.
Monter à graine, vieillir sans se marier.
Monter une gamme, gronder.
Monter sa maison, la meubler.
— Monter sur ses grands chevaux, se fâcher, se montrer
sévère afin de faire reconnaître son autorité.

Monter (se), v. pron.

Prendre feu. Ex. Ne te monte pas contre moi, tu n’as
pas raison.
Se monter le coup, s’illusionner.
— Monter. Ex. A combien se monte ma note d’hôtel ?

Montrance, n. f. — Apparence.

Montrial, n. m. — Montréal.

Montréaliste, n. m. et f.

Montréalais ou Montréaliste, citoyen de Montréal. lequel vaut mieux ? M. Chauveau a écrit dans son Charles Gué- rin ; « On devrait peut-être dire Montréalais ; mais Mon tréaliste est le terme usité dans le pays. Québecquois a été reçn de tout temps et va très bien aux Iroquois et avec Canadois que l’on trouve dans les vieilles narrations. » On ne dit plus maintenant que Montréalais.

Montrer, v. a. et n.

— Paraître. Ex. Cette personne montre bien. (Angl.)
— Montrer l’école, enseigner. Ex. J’ai une fille qui montre
l’école aux Bois-Francs.
Mop, n. f., (m. a.) — - Balai à laver.
Mopper, v. a. (Angl.)

Battre, frapper.

Moquer (se), v. pron.

Rester indifférent. Ex. De celui-là je me moque comme de l’an quarante.

Moqueux, euse, adj. — - Moqueur, euse.

Moquié, n. f. — Moitié. V. ce mot.

Morceau, n. m. Pièce de vaisselle. As-tu vu le set de vaisselle chez Thomas ? Il y a là deux beaux morceaux.

Morciller, v. a. Couper en menus morceaux. Ex. Morciller du bois, du pain.

Mordée, n. f. Bouchée. Ex. Passe-moi ta pomme, que je prenne une petite mordée.

Mordre, v. n. Prendre. Ex. Ça ue mord pas, inutile de vouloir me conter des blagues.

Mordre (se), v. pr.

Se mordre les quatre doigts et le pouce, se repentir.
Se mordre le derrière de la tête, même sens.

Mordu, part. pass.

Féru d’amour. Ex. Je crois que cette jeune fille lui est tombée dans le goût, car il me paraît mordu.

Mordure, n. f. — Morsure.

Moréal, Morial, n. m. — Montréal.

Moréginer, v. a. — Morigéner.

Moret, n. m. Saleté accumulée dans les plis des aines, derrière les oreilles.

Morfondre (se), v. pron. S’efforcer de faire quelque chose. Ex. Je me morfonds à l’ouvrage. Pourquoi se morfondre quand on a du temps devant soi ?

Morfondu, e, adj.

Fourbu, épuisé, à bout de force. Ex. Mou cheval est morfondu, il a trop forcé.

Morguienne ! — Interjection pour exprimer l’étonnement.

Morgueux ! — Morgue ! jur on. 29

Moriginer, v. a. — Morigéner.

Morné !

Juron commun. Ex. Cré morné/ acre monté ! sacré morné ! Doit venir de mort-né.

Mornifle, n. f.

Soufflet appliqué sur le nez. Corruption du mot mournifflt employé dans le Jura. Vient de mour, muffle, et de nif- fie, nez.

  • Morning coat, (m. a.)

Jaquette.

Morpion, n. m.

Enfant plein de défauts et surtout importun. Ex. Mon
petit morpion, sors d’ici, car je vais t’écraser comme un
ver.
Gros pou de corps.

Ce mot est dans Rabelais.

Mort, part. pass. et n.

Lourd. Ex. Le temps est mort, nous allons avoir de la
pluie.
Eteint. Ex. La chandelle est morte.
Ruine. Ex. Faire ces sortes de gâteaux, c’est la mort au
beurre.
Se dit d’une personne très lente. Ex. Avance donc, la

mort, remue-toi.

Faire un mort, faire jouer un absent.
Travailler à mort, travailler au point de compromettre
gravement sa santé.
— Corps mort, arbre tombé ou coupé qui pourrit sur place.
— Faire le mort, ne plus rien dire, ne plus agir.


Mort (à), loc. adv.

— En graude abondance.
— Pour en mourir. Ex. Travailler à mort.

Mortalité, n. f.

Mort, défunt. Ex. Il y a de la mortalité chez nous.

Morte-charge (à), loc.

Maîtresse charge. Ex. Ma voiture est chargée à mor te- charge.

Mortel, le, adj.

— Passionné. Ex. Ce gasAk est mortel pour prendre de la
boisson.
— Terrible. Ex. Je lui ai donné un mortel coup de poing.

Mortelle, n. f.

Immortelle, fleur dont l’involucre ne change pas avec le temps.

Morte-paye, n. f.

Saison où la paye se fait mal.
Personne qui paie mal ses dettes.
  • Mortgage, (m. a.) — Hypothèque.

Mortir, v. a. — Amortir. Ex. Mortir les coups.

Mortoise, n. f. — Mortaise. Mortoise se disait jadis.

Mortoiser, v. a. — Mortaiser.

Mortrir, v. a. — Meurtrir. Ex. J’ai les doigts mortris.

Mortrissure, n. f.

Meurtrissure, contusion avec tache livide.

Morts, n. m. pl. Chapelle des morts, chapelle où se fait la levée du corps.

Morue, n. f.

Habit à queue de morue, ou simplement queue de morue,

habit de cérémonie.

Interjection pour marquer la souffrance. Ex. Crêmorue !

que je me suis fait mal !

Morue (petite), n. f.

Appelée loche dans le bas du fleuve, petit poisson aux Trois- Rivières, tom-cod aux États-Unis.

Morvaillon, n. m. — Petit garçon morveux.

Morvasson, n. m.

Petit garçon incapable de se défendre ou de faire acte de valeur.

Morver, v. n.

Laisser échapper sa morve. Ex. Avoir un nez qui morve toujours.

Morveux, n. m. — Jeune enfant.

Morviat, n. m. — Humeur visqueuse qui sort des narines.

Morvice ! — Juron annonçant un commencement de colère.

Mot, n. m.

Avoir des mots avec quelqu’un, se disputer.
Dire des gros mois, réprimander avec sévérité.
Dire le fin mot, donner la raison.
Prendre quelqu’un au mot, accepter ses dires ou le marché
qu’il propose.
— Fourrer son mot, donner son avis.

Mote, n. m. — Mot. Ex. Il a dit mole.

  • Moteur. (Angl.) — Proposant.

Motivé, n. m. — Motif. Ex. Le motivé d’un jugement.

  • Motorman, (m. a.) — Mécanicien.

Mottant, e, adj.

Prendre en motte, eu boule. Ex. La neige est moitante.

Motte, n. f.

Boule de neige. Ex. Les enfants s’amusent beaucoup durant l’hiver en s’jenvoyant des mottes.

Motter (se), v. pron. — S’envoyer des boules de neige.

Motto, n. m.

Papillote, bonbon enveloppé d’un papier frisé.
Devise.

Motton, n. m.

Toute substance susceptible de se prendre eu boule, en motte, gruau, farine, laine, neige.

Mottonné, n. m.

Moutonné, tissu de coton à surface frisée.

Mottonneux, euse, adj.

Moutonneux. Qui se prend en boule.

Mou, n. m.

Poumon, par opposition au foie que l’on appelle dur.

Mouche, n. f.

Prendre la mouche, se piquer pour rien.
Mouche de la viande.
Punaise.
Bourdon.

Mouche à feu, n. f.

Luciole, ver luisant ailé et phosphorescent.

Mouche à miel, n. f. — Bourdon.

Mouche à patates, n. f. — Punaise à patates. Mouche à vers, n. f.
Espèce de mouche voisine de la mouche ordinaire.
Personne qui parle très bas et d’une manière incompré
hensible.

Mouche de mai, n. f. — Hanneton employé pour la pêche.

Moucher, v. a.

Pêcher au moyen de mouches.
Souffleter.
Corriger, remettre à sa place.
— Moucher le sang, moucher du sang.

Moucher (se), v. pron.

Ne pas se moucher avec des quartiers de terrine, avec des
pelures a"oignon, se tirer du grand.
Ne pas se moucher du pied, ne pas se priver, se donner
des compliments.
— Donner le temps au curé de se moucher, demander du délai.

Mouchoué, n. m. — Mouchoir.

Mouchouet, n. m. — Mouchoir.

Mouchouette, n. m. — Mouchoir.

Moucle, n. f.

Moule, mollusque comestible à coquille de forme oblongue.

Moudre, v. a. — Moudre un air, jouer de l’orgue de Barbarie.

Moue, pron. pers. — Moi. Ex. C’est pas moue qui ferai cela.

Mouelle, n. f. Moelle. Ex. I,a mouelle d’un os, de la mouelle de bœuf.

Mouette, n. f. — Goéland.

Mouillasser, v. imp. — Pleuvoir légèrement.

Mouiller, v. n. et a.

— Pleuvoir. Ex. Il mouille à siaux depuis le matin.
— Inaugurer une bonne affaire, un achat. Ex. Tu as

acheté un beau castor, allons le mouiller tout de suite.

Mouiller (se), v. pron.

— Sonffrir d’une incontinence d’urine.
— Etre trempé par la pluie.

Moulange, n. f. — Meule de moulin.

M »ule-à-plomb, n. m. — Personne criblée de vérole.

Moulé, e, adj.

Bien fait, bien arrangé. Ex. Tu m’as fait un bel habit, c’est moulé. Moulée, n. f.

Son pour les porcs.
Mouture.
Moulée de scie, n. f. — Sciure de bois. Moulée de vers, n. f.
Bois pulvérisé par des vers rongeurs. Les mères de famille l’utilisent comme poudre asséchante et même curative dans l’intertrigo. 

Mouler, v. a.

Mouler son écriture, s’appliquer à bien écrire, calligraphier avec succès.

Moulin, n. m.

Etre dans le moulin, faire partie d’une combinaison, d’une association plutôt éphémère.

Moulin à battre, n. m.

Batteuse, machine pour égrener les céréales, par l’effet de chocs répétés.

Moulin à beurre, n. m.

Baratte, vaisseau de bois dans lequel on bat la crème pour en extraire le beurre.

Moulin à coudre, n. m.

Machine à coudre, qui remplace le travail manuel de la cou ture. 

Moulin à écarde, n. m.

Carderie, établissement où l’on carde la laine.

Moulin à paroles, n. m.

Grand parleur, grand discoureur.

Moulin à scie, n. m. Scierie, usine, où plusieurs scies mécaniques débitent le bois.

Moulin de Chine, n. m.

Personne qui n’arrête pas de parler, comme le moulin de Chine ou de I,achine, qui marche toujours.
Personne qui fait beaucoup d’ouvrage dans un temps donné. Ex. Donne-moi le temps de finir mon ouvrage ; j’ai beau travailler, tu n’es jamais content, je ne suis pas le moulin de Chine.

Moulinant, e, adj. — Qui mouline, se crevasse.

Mouliner, v. n.

Terre qui se crevasse durant la sécheresse. En Normandie, mouliner veut dire tourner sur soi-même, pirouetter.

Moulure de scie, n. f. — Sciure.

Mouman, n. f. — Maman.

Mouque, n. f. — Moucle.

Mourant, adj. — Ennuyeux. Ex. Il fait un temps mourant.

Mouron, onne, n. m. et f.

Peureux. Ex. Tu ne veux pas colleter avec ton petit cou sin, tu es un mouron.

En Normandie, c’est un terme d’injure. Mouron est le nom donné à la salamandre, petit animal inoffeusif, mais que l’on croit venimeux. I,a répulsion qu’il inspire a fait appliquer son nom à tout individu répugnant.

Mourue, n. f. — Morue.

Mouscaille, n. f.

Objet sans valeur et malpropre. Ce mot signifie boue.

Mouscaillon, n. m. — Enfant méprisable et peu estimé.

Mousseline, n. f. — Fumier.

Moussu, adj. — Mousseux.

Moustache, e, adj. — Moucheté.

Moutarde, n. f. — Sénevé des champs.

Moute ! moute ! — Cri d’appel aux moutons.

Mouton, n. m.

Homme très doux et sans caractère.
Les Moutons des Eboulements. Sobriquet.

Mouton de garde, n. m. — Bélier. Acadianisme.

Moutonne, n. f.

— Femme sans énergie et d’un tempérament très doux.
— Mère moutonne. V. Mère.

Moutonner (se), v. pron.

Devenir floconneux. Ex. ~L,e ciel se moutonne, c’est-à-dire, se couvre de gros nuages, de cumulus.

Moutonneux, adj.

Qui se couvre de nuages d’aspect floconneux. Se dit du

ciel seulement.

Mouvant, n. m. — Biens meubles.

Mouve, n. f. — Mauve.

Mouvée, n. f.

Troupeau. Ex. Une mouvée de marsouins.

  • Mouver, v. a. (Angl.)

Déménager. Ex. As-tu engagé le charretier pour mouver f

  • Mouver (se), v. pron. — Se hâter. (Angl.)

Mouvette, n. f. Palette de bois pour brasser le sirop, le savon.

Moyac, n. m. — Eider. V. Mogniac, moniac.

Moyen, n. m.

Ressources pécuniaires. Ex, Un homme de moyens.
Avoir les moyens de faire u ? ie chose, être en état de la
faire.
— Il y a moyen, c’est possible.

Moyennement, adv.

Médiocrement. Ex. Il est moyenneme ? it instruit.

Moyenner, v. n.

Arriver à un arrangement. Ex. Il n’y a pas moyen de moyenner avec mon homme.

Moyette, n. f. — Petite meule de gerbes.

Mucre, adj.

Humide. Ex. I,e temps est mucre. Ce mot doit venir de mucidus, comme acre â’acidus, car on disait en vieux français ramucrir pour rendre moite.

  • Muffin, moffi-ne, (m. a.) — Espèce de brioche.

Mule, n. f. — Meule. Ex. Une mule de foin.

Muleron, n. m. — Meulon.

Mulon, n. m. — Meulon, petite meule de foin fané.

Mulotter, v. n. — Aller lentement au travail.

Munier, n. m. — Meunier.

Mûr, e, adj.

Usé jusqu’à la corde, en parlant d’un habit.

Mûre, n. f. — Ronce.

Muscade, n. f.
Un melon muscade, un melon ressemblant à une muscade par sa forme et sa couleur.
Muser, v. n.
S’attarder, perdre son temps.
Musiau, n. m.
— Museau. Ex. Prendre un chien par le musiau.
— Visage. Ex. Viens ici que je te frotte le musiau.
Musique, n. f.
Entendre la musique, comprendre une affaire.
Musique à bouche, harmonica. V. Ruine-babines.
* Mutton chop, meut’n tshope (m. a.)
Côtelette de mouton.



N
Nagane, n. f.
Filet dans lequel les mères indiennes déposent leurs jeunes enfants pour les transporter d’un lieu à un autre.
Nâge, n. f.
Nage. Ex. Je suis tout en nâge, se jeter à la nâge.
Nager, v. n.
Ramer, pagayer. Ex. Prends la rame et nage un peu.
Nâger, v. n.
Nager.
Nageur, n. m.
Rameur.
Nâgeur, n. et adj.
Nageur.
Naim, n. m.
Corruption de haim, hameçon.
Naissance, n. f.
Essence. Ex. Prends donc un peu de naissance de pimpermane pour ta colique, c’est souverain.
Naître, v. a.
Insinuer, prétexter. Ex. Il a fait naître qu’il s’ennuyait trop pour rester au collège.


Nanane, n. m. — Nanan, bonbon en général.

Nanne, n. f. — Chèvre.

Naque, n. m. — Nacre de perle.

Narcisse, n. f.

Narcisse (fleur), n. m. Ex. Des narcisses blanches.

Narrées, n. f. pl.

Contes, récits. Ex. Finis tes narrées, tu m’ennuies.

Narl, n. m. — Nerf. Narveux, adj. — Nerveux.

Nasonner, v. n.

Nasiller, parler avec le nez bouché, ou comme s’il l’était. Parler un langage difficile à saisir.

Nasonneux, euse, n. et adj. Qui nasille, qui parle du nez. Qui se fait comprendre difficilement.

Nation, n. f.

— Engeance. Ex. Quelle nation détestable que les coque relles !

— Espèce de jurement. Ex. Nation ! qu’il fait chaud !

National, n. et adj. — Partisan du nationalisme.

Nationalisme, n. m.

Préférence donnée à ce qui est propre à un parti formé pour sauvegarder les intérêts de la nation canadienne-française. Ex. Le nationalisme de Mercier.

Nationaliste, n. m.

Qui appartient au parti dit des Nationalistes, de récente for mation dans la Province de Québec.

Nations, n. f. pl.

Sauvages en général. Ex. I^es cinq Nations ou tribus iroquoises.

Naveau, n. m.

— Navet.

— Ecolier nouvellement entré au collège. Ex. Il y a beau

coup de naveaux, cette année, nous allons les faire endiâ- bler.

Navelure, n, f.

Nervure sur la couture d’un habit, d’une robe.

Navrer, v. n.

Avoir la respiration gênée par un liquide qui provoque un. commencement de suffocation. Ex. Tu vois bien que le petit est navré, cogne-lui dans le dos pour le faire revenir.

Nayau, n. m. — Noyau.

Nayer, v. a. — Noyer. Rabelais a dit nayer.

Nayer (se), v. pron.

Se noyer. Ex. Prends garde de te nayer, tu ne sais pas-nager.

Nécessaire, n. m. — Nécessaire de voyage, réticule.

Nécessités, n. f. pl.

Besoins naturels.

Latrines.

Nègre, n. m.

Un plan de nègre, un plan qui n’a ni queue ni tête, irréali sable.

Neiche, n. f. Neiche de fenêtre, allège, petit mur d’appui sous la baie- d’une fenêtre.

Neige, n. f.

Homme à la neige, charretier qui enlève la neige des rues, , des trottoirs et des cours.

Premières neiges, commencement de l’hiver.

Battre les neiges, marcher â travers une forte couche de neige.

Les neiges, le temps des neiges.

— La neige tombe à pelletées, avec une grande abondance.

Neigeasser, v. n. Neiger modérément.

Né-natif, adj. Originaire. Ex. Je suis né-natif de la paroisse de Saint— Denis de la Bouteillerie.

Nèr, n. m. — Nerf. Kx. Un nir de bœuf.

Nerfé, adj. Avoir du nerf. Ex. Cet homme est résistable, il est surtout bien nerfé.

  • Net, n. f., (m. a.) — R ésille.

Net (à), loc. adv. En entier. Ex. Se faire couper un doigt à net par une scie ronde.

Net comme torchette, loc.

Très propre. Ex. J’ai fini de manger ma soupe, regarde mon assiette, elle est nette comme torchette, c’est-à-dire, comme si elle avait été essuyée ; Nettéyer, v. a. — Nettoyer.

Nettoyer, v. a.

Ruiner. Ex. Monsieur Ruel s’est fait nettoyer à la Bourse. Dévaliser. Ex. Les voleurs ont nettoyé les troncs de l’église, la nuit dernière. — Condamner.

Neu, adj.

— Neuf. Ex. Si tu es sage, mon Chariot, je te donnerai un beau petit rien tout neu entre deux plats. — Tout flambant neu, tout neuf.

Neune, adj. Nulle. Ex. Toi, tu n’es bien neune part.

Neuvaine, n. f.

Veine. Ex. Si cela continue, nous allons avoir une neuvaine de beau temps.

Néyau, n. m. — Noyau.

Néyé, n. m. — Noyé.

Néyer, v. a. — Noyer.

Nez, n. m. Museau. Ex. Un nez de chien. Se piquer le nez, prendre un coup de trop. Le bout du nez lui tremble, il a menti. Nez en trompette, nez en l’air. Avoir du nez, avoir du flair. Se casser le nez, avoir une déception.

Avoir quelqu’un dans le nez, éprouver de l’aversion pour lui. Ce n’est pas pour ton nez, ce n’est pas pour toi. A vue de nez, au jugé. Ex. Mesurer à vue de nez.

Niaiseux, euse, adj. — Qui s’amuse à des riens.

Nie, n. m. Nid. Ex. Un nie de poule. Nie est le radical de nichée, nicher.

Nie à procès, n. m. — Affaire embrouillée.

Nie à rats, n. m. Maison abandonnée où les rats semblent avoir élu domicile.

Nicher, v. n. I, oger. Ex. Où niches-tu par le temps qui court ?

Nichetée, n. f. Nichée. Ex. Une nichetée de merles, une nichetée d’œufs.

Nichoué, n. m. — Nichoir.

Nichouè, n. m. — Nichoir.

Niger, v. n. — Nager. Acadianisme.

  • Night cap, natte, n. m., (m. a.) — V. Cap. Nigog, n. f.

Dard pour saisir l’anguille dans la vase des grèves.

Niolle, n. f. — V. Gniolle.

Nippe, n. f. Consommation. Ex. J’ai pris une bonne nippe, me voilà tout réconforté. Ce mot est resté chez les Anglais : « Will you take a nip f » Nippe vient probablement de kneipe, nom des restaurants fréquentés par les étudiants en Allemagne. C’est la partie prise pour le tout.

Nipper (se), v. pron. Habillé. Ex. Aujourd’hui c’est la fête du travail, je me suis nippê de mon mieux.

Niqse, adv. Pas du tout, non pas. Ex. Il a voulu me blaguer, mais niqse ! En Anjou, on dit nisco ! pour exprimer la même idée.

Nique, n. m. Nid. Ex. Un nique de guêpes, un nique d’hirondelles.

Nique, e, adj. — Niqueté. Nivelasser, v. n. — Faire un ouvrage de longue haleine.

Niveleux, euse, adj.

Difficile, long à faire. Ex. L’ouvrage que je viens d’entreprendre est niveleux.

En Normandie, niveler veut dire perdre son temps à des riens, et niveleries, minuties, bagatelles.

Ni vu ni connu, loc.

Inutile de rechercher l’objet ou la personne disparus. Ex. As-tu vu passer cet homme qui porte une grande barbe, avec un gros porte-manteau sur le dos ? — Non, ni vu ni connu. No, n. m. Entrailles d’une morue. Nous trouvons dans Godefroy : « No, les entrailles, le foie et la langue d’vine morue. »

  • No bill, (m. a.) — Déclaration de non lieu. Noce, n. f.

Faire des noces, faire un mariage. Ex. Est-ce vrai que nous allons faire des noces f

Noceux, adj. — Noceur, qui aime à faire la fête. Noir, adj. Couvert, rempli. Ex. As-tu vu défiler la procession, les rues étaient noires de monde. Noir (à), loc. adv. — Complètement. Ex. Nous avons vidé la maison à noir. — En nombre complet. Ex. L, es électeurs des Remparts ont voté à noir pour Malo. Noir à souliers, n. m. Cirage. Nous disons également noir à chaussures. Noirceur, n. f. Obscurité. Ex. Nous allons arriver à la noirceur. 1/ année de la grande noirceur. Noircir, v. a. — Devenir obscur. Ex. Le temps commence à noircir de bonne heure. — Cirer. Ex. Faire noircir ses chaussures. Noiret, te, adj. — Un peu noir. Noiron, n. et adj. — Noiraud. Ex. Un petit noiron d’enfant. Noisettier, n. m. — Coudrier.

Noix blanche, n. f. — Caryer tomenteux.

Nom, n. m.

— Sobriquet. Ex. Donner des noms, appeler des noms.

DES CANADIENS-FRANÇAIS 463

Aussi vrai que je m’appelle par mon nom, affirmation solennelle. Nom de nom / Nom d’un nom ! Nom d’un chien ! Nom d’une pipe ! Nom d’un petit bonhomme ! Nom de Dieu ! Cré mille noms, jurements d’un caractère bénin.

Nombre, n. m.

Pour la plupart, pour le grand nombre. Ex. Il y avait là nombre d’individus suspects.

  • Nombrer, v. a. (Angl.)

Etre au nombre de. Ex. Les Canadiens-Français doivent no ? nbrer aujourd’hui trois millions d’âmes.

Nombril, n. m. Ne pas avoir le nombril sec, être trop jeune pour réussir en quelque chose.

Nommable, adj. — Qui peut être désigné par son nom.

Nonpareil, n. m. — Nonpareille, 6 points. (T. d’impr.)

Non sens, n. ta.

Absurdité. Ex. Tout ce que cet orateur vient de dire est un non sens.

Noque, adj. Semble venir de nouque, impair. Ex. Pique ou noque, comme si l’on disait pair ou impair. Voir Pique.

Nordet, n. m. — Nord-est. Autrefois on écrivait nordeth.

Normaux, n. m. pl. — Elèves de l’École normale.

Norouet, n. m. — Nord-ouest.

Nortureau, n. m. — Cochon de lait. En France, on dit nourturiau et notù- reau, avec la même signification. — Enfant espiègle. Ex. Sauve-toi, mon petit nortureau.

Nos deux (à), loc.

Nous deux. Ex. Nous allons faire cela à nos deux.

Nose (blue), blou, (m. a.) — V. Blue.

Note, adj. poss. — Notre.

Notice, n. f., (m. a.) — Avis.

Notifier, v. a. (Angl.)

Avertir. Ex. Vous me notifierez par lettre, quand le temps sera venu.

Notre, adj. pass.

Nôtre. Ex. Tu as un joli cheval, mais le notre est encore plus beau.

Notre-Dame de mars.

1/ Annonciation de la Sainte Vierge. Ex. Vous me paierez à la Notre-Dame de mars.

Nourolle, n. f.

Brioche. En anglais new roll, petit pain frais. En Picardie, on dit norolle, et dans la Haute-Normandie, nourolle comme ici.

Nourreture, n. f. — Nourriture. Nourrir, v. n. — Allaiter. Nous (par chez), loc.

Dans notre localité. Ex. Si vous venez par chez nous, vous irez visiter notre église. Chez nous, à domicile. Ex. Quand vous passerez par chez nous, arrêtez donc me voir. Noyer (se), v. pron. Boire avidement. Ex. Ne te noie pas dans le lait, on t’en gardera. Se ruiner de fortune. Ex. Ce marchand fait de mau vaises affaires, il est évident qu’il se noie.

Noyer dur, n. m. — Caryer amer.

Noyer tendre, n. m. — Noyer cendré.

Nuage, n. m. Tour de cou en laine tricotée pour se protéger en hiver contre le froid et les tempêtes de neige.

Nu bas. Marcher nu-bas, marcher sans chaussures.

Nu-pattes. Nu-pieds. Ex. Prenez garde de vous montrer nu-pattes devant le monde.

Nuisance, n. f.

Dommage, préjudice. Vieux mot français, repris aux Anglais, qui l’avaient retenu des Normands.

Nuisant, n. m. Envieux, pellicule qui se détache à la base de l’ongle.

Nuit (en), loc.
De nuit. Ex. J’ai été obligé de voyager en nuit.
Nuit (à la), loc.
Durant la nuit. Ex. Nous arriverons à la nuit noire.
Nuit (grand).
Durant la nuit. Ex. Il faisait grand nuit quand nous sommes arrivés.
Nuit (la).
Durant la nuit. Ex. Aller se promener la nuit.
Nuite, n. f.
Nuit. Autrefois nuite se disait, et s’écrivait ainsi.
Numéro, n. m.
Individu avec qui il faut compter.
Numéro un.
De premier ordre. Ex. J’ai un tailleur qui m’habille numéro un.
* Nun’s veiling, nonne’s, (m. a.)
Voile, étoffe analogue à celle dont se font les voiles des religieuses. Ex. Une robe de voile, acheter du voile.
Nunne part.
Nulle part.
* Nurse, neurse (m. a.)
Bonne d’enfant, garde-malade, infirmière.
* Nursery, neurseré (m. a.)
Chambre des enfants.



O
Oâ.
Oi. Ex. Moâ, toâ, soâ. Les Acadiens et les habitants de la Baie Saint-Paul prononcent ainsi.
Obéir, v. n.
Plier, céder. Ex. Un plancher qui obéit sous les pieds.
Obituaire, n. m.
Annonce d’un décès avec biographie. Obituaire se dit du

du registre renfermant les noms des morts, le jour de la sépul ture, la fondation des obits, etc.

Objecter, v. n.

Refuser, s’opposer. Ex. J’objecte à ce que tu ailles au théâtre.

Objecter (s’). v — pron. S’opposer, se prononcer contre. Ex. Je m’objecte à ce que tu viens de dire.

Obli, n. m. et f. Oubli, action d’oublier. Oublie, pain à cacheter.

Oblier, v. a. — Oublier.

Obsarvâtion, n. f. — Observation.

Obsarver, v. a. — Observer.

Obstination, n. f. — Dispute, discussion à n’eu plus finir.

Obstiné, e, adj. — Têtu, discutant sur tout.

Obstiner, v. n. — Soutenir quelque chose avec obstination. Ex. Il m’a obstiné qu’il faisait beau hier. — Nier, refuser de croire. Ex. Je te dis que c’est la pure vérité ! Obstine pas.

Obstineux, euse, adj. Qui obstine sur tout, pour le plaisir de la discussion.

Obtiendre, v. a. — Obtenir.

Obtint, part, passé. — Obtenu.

Occasion, n. f.

Circonstance. Ex. Je pense que cela pourra te servir dans d’autres occasions. Motif, sujet. Ex. Pour quelle occasion lui as-tu parlé comme ça ? Commission. Ex. Envoyer un paquet par une bonne occasion.

Occasionner, v. a.

Induire, pousser. Ex. Je ne voudrais pas foccasionner à faire une si grosse dépense.

Occupation, n. f.

Inquiétude. Ex. J’ai beaucoup d’occupation de ce temps-ci.

Occupant, adj. verb.

Inquiétant. Ex. Il y a des affaires qui sont bien occupantes.

Occuper, v. a.

Inquiéter. Ex. Je suis occupé du résultat de cette affaire d’héritage.

Occuper (s’), v. pron.

S’iuquiéter, se tourmenter. Ex. Je t’assure que nous réus sirons, ne t’occupe pas.

Ocrer, v. a. — Peinturer avec de l’ocre.

Octroyer, v. a.

Voter une somme d’argent, accorder en général.

Odeur, n. f.

Senteur. Ex. Des pois d’odeur.

Œil, n. m.

Avoir l’œil, surveiller. Ouvrir l’œil, faire attention. Ne pas fermer l’œil, ne pas dormir. — Taper de l’œil, s’endormir. Tirer l’œil, attirer la curiosité. Faire de l’œil, regarder avec amour. Tomber dans V œil, plaire. Ne dormir que d’un œil, veiller. Se fourrer le doigt dans l’œil, s’illusionner. Risquer un œil, ne pas trop risquer. Avoir le compas dans l’œil, juger juste. Avoir un œil à Paris et l’autre à Versailles, loucher. Avoir les yeux plus grands que Vespace, manger sans faim. — Faire les yeux en coulisse, les yeux doux.

Œillet d’Inde, n. m. — Tacète étalé et dressé.

Œu, n. m. Œuf. Ex. Je prendrai un œu pour mon déjeûner.

(Euf de coq, n. m.

QSuf de poule. Œuf sans jaune, bien conformé du reste, avec ses cordons en spirale aux extrémités.

Offartoire, n. m — Offertoire.

Offense, n. f.

— Enfance. Ex. Ce bon vieux est en offense.

Faute. Ex. Excusez, monsieur, je ne vous voyais pas, — Pas & offense. — Délit, contravention à la loi. (Angl..)

Office, n. m.

Place. Ex. Pierre est entré en office depuis huit jours. Etude. Ex. Voffice du notaire. Cabinet de travail. Ex. Voffice d’un avocat. Bureau. Ex. ~U office d’un médecin.

Officier, n. m.

Directeur. Ex. Les officiers de la Banque de Québec sont MM… Officier-rapporteur, président d’élection.

Sous-officier-rapporteur, président du scrutin.

Oie sauvage, n. f. — Oie du nord, oie blanche.

Oignon, n. m.

Grosse montre. Oignon à patate, oignon très fortjet de moyenne grosseur.

Une affaire arrangée aux petits oignons, avec beaucoup de soin. Ne pas se moucher avec des pelures d’oignon, se tirer du grand. — Espèce de callosité douloureuse qui vient aux pieds.

Oignonnet, n. m. Petit oignon. On trouve oignonner dans les vieux diction naires.

Oir, v. a.’— Voir.

Oise, n. f. — Oie femelle.

Oiseau, n. m. Etre aux oiseaux, être confortable, avoir bonne santé, jouir de la vie. Oiseau à mouche, n. m. — Oiseau-mouche.

Oiseau blanc, n. m. — Bruant, excellent à manger.

Oiseau bleu, n. m. — Pinson indigo.

Oiseau bleu et roux, n. m. — Rouge-gorge bleu.

Oiseau de misère, n. m. — Oiseau blanc.

Oiseau de neige, n. m. — Oiseau blanc.

Oiseau de nuit, n. m. — Rôdeur de nuit. DES CANADIENS-FRANÇAIS 46g Oiseau de tempête, n. m. — Pétrel et puffin.

Oiseau gris, n. m. — Pinson à couronne rousse.

Oiseau moqueur, n. m. — Grive polyglotte.

Oiseau mouche, n. m. — Colibri à gorge rubis.

Oiseau rouge, n. m. — Pinson pourpré.

Oka, n. m. Fromage fabriqué à Oka par les RR. PP. Trappistes de l’Ordre de Citeaux.

Olivette, n. f. — Godet.

Ombrageux, euse, adj. — Ombreux. Ex. Ce petit bois est très ombrageux.

Omelette, n. f. Faire une omelette, renverser un panier d’œofs ou d’autres objets qui se cassent en tombant.

On, pron. Nous. Ex. Si tu veux m’en croire, mon ami, on va rester ici, on est bien. Oncle Sam, n. m. — Iye peuple des États-Unis.

Ondain, n. m. Andain, rangée de foin, de trèfle, coupée avec la faux et disposée en ligne.

Ongue, n. m. Ongle. Ex. Avoir de l’esprit jusqu’au bout des ongues.

Onguent, n. m. Dans les petits pots sont les bons onguents, une personne petite, une chose de faible dimension peut avoir d’excellentes qualités.

Onguenfcdu pauvre homme. — Onguent de rosé.

Onguenter, v. a. Appliquer de l’onguent sur une plaie, un ulcère.

Onque, n. m. — Oncle.

Opérateur, n. m. — Télégraphiste.

Opération (en), loc.

En vigueur, en force. Ex. La loi’des mines va entrer en opération le premier jour de juillet.

Opération (sous I’), loc. — En vertu, durant l’exercice.

Opignion, n. f. — Opinion. 470 le parler populaire ; Opinion (dans I’) » loc — De l’avis. Ex. L, e discours de M. Bois est absolument dans Vopinion de la majorité des députés. Opinion (être d’)> loc. D’avis. Ex. Je suis d’opinion qu’il vaut mieux ne rien dire dans le moment. Opposer, v. a. Combattre, faire de l’opposition. Ex. Pierre va opposer Paul aux prochaines élections. Empêcher. Ex. Je l’opposerai bien de faire la lutte contre mon ami. Opposition, n. f. Concurrence. Ex. Il y a quatre épiciers collés l’un sur l’autre, Vopposition va être rude. Opulent, e, n. et adj. Fat, orgueilleux, prétentieux. Ex. Nous avons un échevin qui s’en fait accroire, c’est un opulent. Or, n. rn. — Or de poignée de porte., cuivre. Orage, n. f. Orage, n. m. Ex. Nous allons avoir une grosse orage, le temps est noir, effrayant. Orateur, n. m. Président de nos Chambres basses et hautes. Le Dict. de l’Ac. dit au mot Orateur : « En Angleterre, l’Orateur, le Président de la Chambre des Communes. » Nous ne devons donc avoir aucun scrupule à employer ce terme que nos pères, avec beaucoup de bon sens, ont adopté pour traduire le mot speaker, qui n’a pas le même sens que président, et désigne une fonction toute spéciale, celle de parler au chef de l’État pour la Chambre. Mirabeau était deux fois Orateur lorsqu’il dit à M. de Dreux— Brézé : « Nous sommes ici par la volonté du peuple, et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes. » Orde, n. f. — Ordre. Ex. Un cochon de la grande ordc. Ordilleux, n. m. et adj. — Orgelet. — Orgueilleux.

Ordinaire, n. f.

— Ordinaire, n. m. Ex. J’ai une cuisinière qui fait de la bonne ordinaire. — Habitude. Ex. J’ai ordinaire de faire cela.

Ordo, n. m. Liste des élèves des classes du Séminaire de Québec, dressée par le professeur d’après le rang que chacun d’eux occupe à la fin d’un semestre. Ex. Etre le premier sur Vordo, lire Y ordo devant toute une classe.

  • Ordonner, v. a.

— Donner l’ordre, commander. Ex. J’ai ordonné un habit chez le tailleur. (Angl.) — Faire l’atout. (T. de jeu).

Ordre, n. m.

Commande. Ex. Je viens de donner mon ordre pour mes épiceries. (Angl.) Poursuite. Ex. J’ai reçu un ordre de mon tailleur, à qui je dois vingt piastres. Commandement. Ex. J’ai reçu ordre de me tenir prêt à partir. — État. Ex. Mes effets sont en ordre, en bon ordre.

Ordre (être d’), loc. Avoir de l’ordre. Ex. Cette femme n’est pas è ? ordre, sa maison est très mal tenue. Ordre-en-conseil, n. m. Décret, arrêté. Ex. J’ai été nommé bibliothécaire par un ordre-en-conseil du 29 septembre 1892.

Ordres du jour, n. m. pl. Ordre du jour. Ex. Va consulter les ordres dti jour, afin de voir si notre bill va être appelé.

Oreille, n. f. Versoir. Ex. Une oreille de charrue. Avoir l’oreille de quelqu’un, être dans son intimité.

En avoir par dessus les oreilles, être très ennuyé d’une affaire. Entrer par une oreille et sortir par l’autre, ne pas demeu rer en la mémoire. 472 i, e parler pop ulaire ; Avoir les oreilles dans le crin, être sur ses gardes. Avoir les oreilles molles, être paresseux. Ne pas entendre de cette oreille-là, ne pas vouloir com prendre. Oreille d’ours, n. f. — Primevère. Oreilles de casque, n. f. pl. — Garde-oreilles. Oreiller, n. m. Coussin. Ex. Un oreiller de voiture, de sofa.

Oreillette, n. f. — Oreiller. Oreries, n. f. pl.

Ors. Ex. Pour cette occasion, Madame la présidente a sorti toutes ses oreries. Orfèvre, n. m. Horloger. Ex. Faire réparer une montre chez un bon orfèvre. Orgriée, n. f. Araignée. Ex. Des toiles dorgnêe. Orgueil, n. m. Monter en orgueil, pousser trop haut. Se dit des plantes. Orgueilleux, n. m. Orgelet. Autrefois on disait orgueuil (Cotgr.) et orgueillir, se couvrir d’orgelets, de furoncles. Orguilleux, n. m. Orgueilleux. Orgelet.

Orier, n. m. — Oreiller.

Originer, v. n. Tirer origine. Ex. Ce mot origine du sauvage.

Orillier, n. m. — Oreiller.

Oripiaux, — V. Auripiaux.

Orme blanc, a. m. — Orme d’Amérique.

Orme rouge, n. m. — Orme roux.

Ormière, n. f.

Lieu planté d’ormes. Ex. Allons à la Jeune Lorette, nous passerons par l’Ormière,

Ormoire, n. f. Armoire. On disait ormoire autrefois (Oudin).

Orogane, n. f. Organe. Ex. Un orateur qui porte une belle orogane, Ouragan, V. ce mot.

Orteil, n. f. Orteil, n. m. Ex. J’ai un cor sur la grosse orteil.

Ortolan, n. m. Alouette de Virginie, alouette ordinaire.

Oryplaux, n. m. pl. Oreillons, inflammation de la glande parotide située près des oreilles. Os, n. m. Cliquette. Ex. Jouer aux os. Etre aux os, très maigre.

Os gras, n. m. — Exostose.

Osé, adj. Effronté, audacieux. Ex. Il faut être osé pour venir me raconter de pareilles histoires.

Oseille, n. f. La faire à l’oseille, essayer d’en faire accroire. Ex. Tu me la fais à Y oseille, mais l’histoire est trop forte (acide) pour que je la gobe.

Os mignon, n. m. Coccyx, petit os qui termine la colonne vertébrale, à l’extré mité du sacrum. Ossailles, n. m. pl. — Très petits os de rebut.

Ostination, n. f. — Obstination.

Ostiné, e, part. pass. — V. Obstiné.

Ostiner, v. a. — Contredire, contrarier.

Ostiner(s’), v. pron. — S’obstiner.

Ostineux, euse, adj. — V. Obstineux.

Ouac, n. m.

Cri de surprise ou de douleur. Ex. Je me suis fait écraser la main dans la porte, je te dis que j’ai lâché un ouac !

Ouananiche, n. m. Saumon du lac Saint-Jean et de ses tributaires.

Ouaouaron, n. m. — Gros crapaud.

Oubliable, adj. — Qui peut être oublié.

Oublie, n. f. — Pain à cacheter.

Oubligation, n. f. — Obligation.

Oubliger, v. a. — Obliger. Où ce que, loc. Où. Ex. Peux-tu nie dire oh ce que tu vas ?

Ouette, n. f. — Ouate. Ouetter, n. m.

Ouater. Voter. Ex. Moi j’ai ouettê pour le docteur Blauchet.

Ouiche, n. f. — Cabane de sauvages.

Ouida ! Oui I — Exclamation exprimant l’incrédulité.

Ouïe, n. £. — Cou, gorge. Ex. Se faire serrer les ouïes.

Ouigouam, n. m. — Cabane de sauvage. Wigwam.

Ouille, e, adj. — V. Houille.

Où que, loc. — Où. Ex. Oh que tu vas, mon cher ?

Our, n. m. — Ours. Ex. As-tu peur des our ?

Ouragan, n. m. Panier d’écorces de bouleau solidement liées, pour l’usage des cuisinières.

Ourdissoir, n. m. Instrument qui sert à ourdir les pièces de toile.

Ours, n. m. — Travailler comme un ours, travailler ferme.

Ourson, n. m. — Homme qui fuit la société.

Outarde, n. f. — Bernache du Canada.

Outre de cela (en), loc.

Outre cela. Ex. Qu’est-ce que tu as à me dire en outre de cela ?

Ouvarte, part. pass. f. — Ouverte.

Ouvarture, n. f. — Ouverture.

Ouvrage, n. f. Ouvrage, n. m. Ex. C’est un peintre qui fait de la belle ouvrage.

Ouvrir, v. a. Entrer. Ex. Quelqu’un frappe à la porte. Ouvrez !

Ouvrier, n. m.

Menuisier.

Ouvrable. Ex. Demain est un jo

* Overalls, âls (m. a.)
Pantalon de travail, salopette.
* Overcoat, côte (m. a.)
Pardessus.
* Overshoes, choûze (m. a.)
Claques, galoches.
* Oyer and terminer, (m. a.)
Audition de jugement.



P
Pacager, v. a.
S’installer chez les autres. Ex. Quand le petit Philippe vient chez nous, il ne part plus, comme s’il venait y pacager.
Pacan, n. m.
Paresseux, lourd, grossier. Ce mot semble dérivé de paganus, villageois romain, d’où a été tiré païen. Les pagani s’étaient faits chrétiens plus lentement que les gens des villes. De paganus vient peut-être aussi le mot pékin dont se servent les troupiers français pour parler des bons gars. On connaît la réponse de M. de Talleyrand à un militaire à qui il avait demandé ce que voulait dire ce mot de pékin. « Nous appelons pékin tous ceux qui ne sont pas militaires. » « C’est comme nous, aurait dit Talleyrand, nous appelons militaires tous ceux qui ne sont pas civils. » On trouve dans Godefroy le mot pacant, homme du pays.
Pacaner, v. n.
Parler ou agir grossièrement, comme un pacan. Ex. Voilà un individu qui pacane sans bon sens.
Pacotille, n. f.
— Ensemble de menus objets que l’on peut emporter avec soi.


Groupe de petits enfants conduits par leur mère de porte en porte, Ensemble de marchandises offertes en vente par un col porteur.

  • Pad, (m. a.)

Bloc-notes, paquet de feuillets faciles à détacher, sur lesquels on prend des notes.

Pad-away, éwé, (m. a.) — Jeu de la mère Garuche.

Paddy, (m. a.)

Irlandais. Ex. C’est un Paddy from Cork. Sobriquet.

  • Padlock, (m. a.) — Cadenas.

Paf !

Interjection qui représente le bruit d’un corps qui tombe, d’un coup. Ex. Ça la.it j>if, paf, pouf !

Pagée, n. f. Travée. Ex. Pagée de clôture. Quelqu’un demandait à un nommé Page quel était son nom. « Je m’appelle Page, dit-il. — Oh ! alors vous êtes de la noblesse et vous avez droit à la particule. — Comment cela, dit l’autre étonné. — Vous ne savez donc pas qu’ici, au Canada, nous n’avons que des Pagêes de clôture ! »

Pagnier, n. m. — Panier. Ex. Unpagnier percé.

Pagniérée, n. f.

I, e contenu d’un panier. Ex. Une pagniérée de tomates.

Pagote, n. f.

Pagode, manche étroite jusqu’au coude, large vers le poi gnet.

Paillasse, n. f. — Paillasse à spring, sommier. — Traîne-paillasse, homme qui porte des guenilles. Chasse-paillasse. V. ce mot.

Paillassée, n. f. — I<e contenu d’une paillasse.

Paille, n. f,

Prendre un repas qui n’est Pas de paille, un repas soigné.

Tirer à la courte-pâille, tirer au moyen de pailles de lon gueur inégale. Avoir le derrière sur la paille, être dans la m isère.

Paille « en-queue, n. m. — Canard Pilet.

Pain, n. m. . — Demander son pain, mendier. Avoir du pain de cuit, être rentier. Perdre un pain de sa fournée, avoir une déception. Se prendre en pain, en une masse. S’ôter le pain de la bouche, se priver pour d’autres. Avoir du pain sur la planche, avoir de quoi vivre, du bien acquis, sans être obligé de travailler. Passer en pain bénit, aller d’une maison à l’autre, s’y faire héberger pendant des jours et des semaines. Se dit des mendiants à la campagne. — Grossier comme un pain d’orge, très grossier. Pain à chanter, n. m. — Pain à cacheter.

Pain de boulanger, n. m. Pain acheté chez les fournisseurs ou chez le boulanger.

Pain de couleuvre, n. m. Actée rouge, très beau fruit par l’apparence, Jquia empoi sonné beaucoup d’enfants.

Pain de ménage, n. m. Pain fabriqué à la maison avec le blé récolté par le cultiva teur.

Pain de perdrix, n. m. Baie rouge dont les perdrix sont très friandes.

Pain de sucre, n. in.

Morceau de sucre de forme carrée, fabriqué avec la sève de nos érables, et dont le poids varie de deux à dix livres. Ex. Je ne voudrais pas aller à ce concert pour un pain de sucre.

Pain » de-suif, n. m. — Homme lourd de corps et d’intelligence.

Pair, n. m. — Pis. JSx. L, epair d’une vache. — Député qui s’entend avec un autre député pour ne point voter sur une question. Ex. Il va falloir trouver quatre pairs pour le reste de la session, (Angl.)

Paire, n. f. Une paire de pantalons, un pantalon. 478, LE PARLER POPULAIRE

  • Pairer, v. n. (Angl.)

Expression pour désigner que deux députés, de partis oppo-sés, |se sont entendus pour ne point voter sur une question ou durant un certain espace de temps.

Paître, v. n. — Envoyer paître, envoyer promener.

Paix, n. f. — Ficher la paix, laisser en paix.

Patenter, v. a.

Hisser un objet au moyen d’un palan, palanguer. On dit palanquer en Anjou.

Palette, n. f. Tablette. Ex. Une palette de chocolat. Visière. Ex. Une palette de casque. Garde-vue. Ex. I, e docteur me recommande de me servir d’une palette pour me protéger les yeux contre la lumière. Cosse. Ex. Des fèves eu palette. La palette d’un poêle, la partie saillante du fourneau. La palette du genou, la rotule. La palette de Vépaule, l’omoplate. — Se /aire prendre la palette, se faire tancer d’importance.

Pallot, te, adj. — Qui a une démarche pesante et très lente.

Pampadour, n. f. Pompadour. Ex. Elle est fière comme la Pampadour.

Pamphlet, n. m. Brochure. Ex, M. le curé de Saint-Samuel vient d’écrire un pamphlet sur le modernisme.

Panage, n. m. Panache. Ex. Un panage de caribou, d’orignal.

Panagérique, n. m. — Panégyrique.

Pancarte, n. f. Tableau des élèves d’une classe, dressé d’après le succès obtenu à un concours. Ex. Cette semaine, je suis le premier de ma classe, et c’est moi qui vais porter la pan carte chez M. le Directeur.

Pandore, n. m. — Pandour, homme brutal, pillard.

  • Panel, (m. a.) — Tableau du jury.

Paniérée, n. f. — L, e contenu d’un panier. Littré dtQpannerée.

Panneau, n. m.

— Partie mobile d’une table, abattant. Rallonge est le mot pour la partie détachée qui s’ajoute au besoin. — Bavaloise. V. ce mot.

Panse, n. f. Avoir les yeux plus grands que la panse, prendre d’un plat plus qu’on en peut manger.

Panser (se), v. pron. — Manger beaucoup.

Pantalons, n. m. pl.

— Pantalon, n. m. s. Ex. Tailleur, faites-moi des pantalons pour samedi soir.

— Culottes qui descendent jusqu’au genou seulement.

Pantomine, n. f. — Pantomime.

Pantoute. Pas du tout. Autrefois on disait pas en tout, d’oùpas en toute, et pantoute\

Pantry, panntrê, (m. a.) — Garde-manger, office, dépense.

Paper (blotting), (m. a.) — V. Blotting.

Papier, n. m. — Papier sablé, papier de verre.

Pâques, n. f.

Faire des pâques de renard, faire ses pâques après le temps défini par l’Église,

Pâques bis. Le dimanche de la Passion, quinze jours avant Pâques.

Paquet, n. m. Plier son paquet, s’en aller, fuir. Faire son paquet, être moribond. Avoir son paquet, être ivre. Recevoir son paquet, être congédié. Porter des paquets, dénoncer les autres. Lâcher le paquet, abandonner. — Soulever le paquet, apostropher vivement. — Faire des paquets sur tout le monde, médire.

Paqueter, v. a. — Serrer, presser. V. D’jammer.

Par, prép.

Pour. Ex. Mes actions à la banque me rapportent cinq par cent.

Du côté de. Ex. Je vais par là-bas. Au milieu. Ex. Cet enfant jette tout par les places et par les fenêtres.

Par ailleurs, prép. Ailleurs. Ex. Tu peux t’en aller par ailleurs.

Par après, prép. Après, ensuite. Ex. Vous viendrez tous les uns par après les autres.

Par contre, loc. Au contraire. Ex. J’ai fait cent piastres dans une affaire, mais, par contre, j’en ai perdu deux cents dans une autre,

Par devant. — Devant. Ex. Il est passé par devant moi.

Par exemple, loc. A mon sens. Ex. Il fait beau, mais, par exemple, ça ne durera pas. V. Exemple.

Par exprès, loc. Exprès. Ex, Pardonnez-moi, car je ne l’ai pas fait par exprès.

Par ici, loc. Ici. Ex. Par ici il n’y a pas d’hommes de profession.

Par places, loc, Par-ci par-là. Ex. L, es pois ont bien germé, mais il en manque par places.

Paradis, n. m. Paradis des Anglais, paradis à part. Paradis des oies, qui n’existe pas.

Ne pas porter une chose en paradis, payer avant sa mort.

Paragon, n. m. Gros romain, 72 points. ~ Double paragon, trismégiste, 144 points.

Paragraphe, n. m. — Alinéa, en terme d’imprimerie.

Paraître, v. n.

— Echapper. Ex. Je l’ai paru belle. — Bien paraître. Ex. Mettre tout en œuvre pour paraître dans le monde. Paralatif, n. m. — Préparatif.

Paralésie, a. f. — Paralysie. DES CANADIENS-FRANÇAIS 481 Paralétique, n. m. et f. — Paralytique.

Paramment, adv. — Apparemment.

Paraneige, n. m. Construction en bois pour prévenir l’amoncellement de la neige sur les voies ferrées.

Parapel, n. m. Trottoir. Champlain emploie le mot parapel pour parapet, muraille.

Parapuie, n. m. — Parapluie.

Parasol, n. m. — Champignon.

Parc, n. m.. — Porcherie. Ex. L, e parc (.par) aux cochons. — Enclos où le gibier semble se donner rendez-vous.

Parcevance, n. f. — Apercevance.

Parchaude, n. f. — Perchaude.

Parche, n. f. — Perche.

Parcher, v. n.. Sangler une charretée de foin avec une corde. Ex, I, a charrette est pleine de foin, parchons.

Parcourement, n. m.

Terme d’imprimeur pour exprimer le fait qu’il lui faut déranger plusieurs lignes s’il se trouve en face d’épreuves remplies de corrections.

Par-dessus, n. m. pl. Chaussures à semelles en caoutchouc, portées en hiver.

Pardonner, v. a. Demander pardon. Ex. Pardonnez, Monsieur, est-ce que je vous ai fait mal ?

Pardre, v. a. — Perdre.

Pardrix, n. f. — Perdrix.

Pardu, e, n. m. et f.

— Perdu, égaré. Ex. Je sais pas ce qu’il a, mais il crie comme un pardu.

Paré, e, adj.

Prêt. Ex. Etes-vous prêt à partir ? — Oui, je suis paré. A l’abri d’un danger. Ex. J’ai été bien malade, me voilà paré m aintenant.

Pareil, le, adj. et adv.

Semblable. Ex. Voilà deux enfants qui s’entressemblent, ils sont presque pareils. Pareillement. Ex. Bien qu’il fasse une tempête, nous partirons pareil.

Parent, n. m. Etre parent avec quelqu’un, être parent de quelqu’un.

Parer belle (la). — L’échapper belle.

Parfait, e, adj. Parfaitement. Ex Un parfait honnête homme, un homme parfaitement honnête.

Parfait (au), loc. Parfaitement. Ex. Cette blouse est faite au parfait.

Parlas, n. m. — Prélart.

Parlant, e, adj. Affable, de commerce agréable. Ex. Crois-tu que ce garçon est parlant ?

Parle, n. f. — Perle.

Parlement, n. m. Assemblée où il se prononce beaucoup de discours. Ex. Viens-tu à Beauport, nous allons avoir un beau parlement. En France, ou dit d’un bavard qu’il est un parlement sans vacance.

Parlementaire, adj. — Les bâtisses parlementaires, les édifices du parlement, le palais législatif.

Parler, v. n. Entendre parler, entendre dire. Parler français, parler librement. Parler à tâtons, sans science. Parler du bout de la langue, zézayer. Trouver à qui parler, trouver son maître. C’est bien parler à vous, vous dites bien. — Ça parle tout seul, c’est évident.

Parler (se), v. pron. Discuter ensemble. Ex. Pourquoi t’emportes-tu si vite ? attends, nous allons nous parler. DES CANADIENS-FRANÇAIS 483

Parlette, n. f. Babillage. Ex. Cet homme a une grosse parlette. Cotgrave cite parolette, petite parole.

Parlotte, n. f. — V. Parlette.

Parmettre, v. a. — Permettre. Parmi, prép. Employé quelquefois en sous-entendant son régime. Ex. Ces pommes sont mauvaises, il y en a cependant de bonnes parmi.

Paroisse, n. f. — Église de la paroisse de N.-D. de Québec. Ex. Moi, je me suis marié en 1824, à la paroisse. — N’être pas de la paroisse, être étranger.

Paroissien, n. m. Individu quelconque. Ex. En voilà un drôle de paroissien !

Parole, n. f. Perdre la parole, ne pas vouloir se résoudre quand on de mande quelque chose. La parole n’en pue point, il faut moins s’attacher aux mots qu’à ce qu’ils expriment. Parole écartée, insensée,

Paroles en l’air, paroles pour ne rien dire.

Paroles, n. f. pl. Débat, discussion. Ex. Avoir des paroles ensemble.

Parolette, n. f. — Parlette.

Paroli, n. m. — Conversation. Ex. Cet homme a du paroli. — Flot de paroles. Ex. Quel paroli est cela ! on ne peut se comprendre.

Parpailler, v. a. — Eparpiller.

Parrainer, v. n. — Etre parrain.

Par rapport que, loc. conj. Par la raison que. Ex. Mon imprimeur n’avance pas vite en besogne, par rapport çu’ila. trop d’ouvrage sur le métier.

Par-sour, prép. Par-dessous. Ex. Les rats passent par-sour le solage de la maison.

Par-sur, prép. — Par-dessus. Ex. Passe par-sur la clôture.

Part, n. f. Parti. Ex. Si tu as le front de l’attaquer, je vais pren dre sa part. Action de banque. Ex. J’ai cent parts à la banque Nationale. En quelque part, quelque part. A part de lui, à part lui.

A part de cela, à part cela. Faire des à part, partager en gardant des parts pour d’autres.

Partable, adj. Action de partir. Ex. Il fait un temps à ne pas mettre les chiens dehors, ce n’est pas partable.

Partenaire, n. m.

— Celui ou celle avec qui l’on fait vis-à-vis à d’autres dan seurs. Associé dans le commerce. (Angl.)

Parti, n. m. et part. pass.

Partie, Ex. Un parti de plaisir. — Pris de boisson. Ex. Celui-là est encore parti ; quel ivrogne !

Particulier, ère, adj.

Minutieux, soigneux. Ex. Je le connais, il est trop particulier pour accepter un tel cadeau.

Partir, v. u. et a.

Commanditer. Ex. Partir un jeune homme dans le com merce. (Angl.) Fonder. Ex. Si tu veux m’en croire, nous allons partir un journal, nous l’appellerons « IYe Québecquois ». (Angl). Ouvrir. Ex. Partir un magasin. Partir pour la gloire, faire la fête. Se faire, partir, se faire enlever. Ex. —Il s’est fait partir un ongle du doigt.

Partir (en), v. 11.

Venir de faire quelque chose. Ex. As-tu fini ton ouvrage ? y en pars.

Partisannerie, n. f.

Esprit de parti. Ex. Moi, je vote sans partisannerie.

  • Partner, neur, (m. a.) — Partenaire, associé.

Parvint, part. pass. — Parvenu.

Pas, n. m.

Faire le pas, entrer dans les ordres majeurs, en parlant d’un séminariste.

Pas de rien. Grosse affaire.. Ex. Ce que tu dis là, ce n’&st pas de rien.

Pas fin (un). Un homme peu sensé. Ex. Veux-tu que je te le dise carré ment ? tu es un pas fin.

Pasfinerie, n. f. Simplicité. Ex. Cesse donc tes pasfineries, mauvais drôle.

Pas grand’chose (un), loc. Un homme de peu de valeur.

Pas guère, loc. — Guère, peu.

Pas mal, loc. — Eu assez grande quantité. Ex. Y a-t-il beaucoup de cerises dans le jardin ? — II y en a pas mal.

Pas que (pour), loc. Pour que., ne., pas. Ex. Je t’ai raconté cela eu secret, pour pas que ça soit connu.

Pas rien. — Rien.

  • Pass, (m. a.)

Billet gratuit. Ex. Voyager avec une pass sur le chemin de fer.

Pas un (comme), loc. Mieux que qui que ce soit. Ex. Je suis capable de faire cet ouvrage comme pas un.

Passable, adj. Praticable. Ex. Ives chemins sont bien passables cet automne. P

assablement, adv. Eu nombre assez considérable. Ex. Il y avait passablement d’invités à la soirée des I^atour.

Passage, n. m. — Adoption. Ex. Le passage de la loi. Vestibule. Ex. Accroche ton chape au dans le passage. Peausserie, préparation des peaux. Passager, n. m. Passant. Ex. Ce chemin est très passager. Voyageur en chemin de fer, en bateau, en tramway. Train de voyageurs. — Maison où on loge les cultivateurs de passage. Ex. As- tu mis ton cheval chez Bolduc le passager ? Passe, n. f. État, situation. Ex. Il nous a mis dans une belle passe ! Permis de circulation sur les voies ferrées, les bateaux, les tramways. Ex. Je voyage à —bon marché, j’ai des passes tant que je veux. Passe-fleur, n. f. — Lychnide coquelourde. Passe-galon, n. m. — Passe-lacet. Passe*partout, n. m. — Scie à chantourner. Passe petit passe gros. I, ocution pour dire qu’une chose est faite sans aucun soin. Passe-pierre, n. f. — Pierre-ponce. Passe-port, n. m. Passe-passe. Ex. Jouer des tours de passe-port. Passé, part. pass. Passé, et au delà. lïx. Ma maison a quarante pieds passés. Passée, n. f. Intervalle de courte durée. Ex. L, e bonhomme est enragé, mais ce ne sera qu’une passée. Passer, v. a. Adopter. Ex. Les députés vont en chambre pour passer des lois. Faire. Ex. Ne passe pas de remarques sur son compte. Souscrire. Ex. Tu me dois cent piastres, passe-moi ton billet. Mourir. Ex. Notre malade est passé hier soir. Morigéner. Ex. Tu vas te faire passer par le directeur. Passer au/eu, incendier. Passer chemin, avancer. Passer par les fHàihs, avoir affaire. DES CANADIENS-FRANÇAIS Passer par-dessus une chose, la considérer légèrement. Il faut en passer par là ou par la fenêtre, se soumettre. Nous avons passé par là, nous avons fait l’expérience. // faut que le médecin ou le prêtre y passe, il faut le secours du médecin ou du prêtre. // veut passer pour quelque chose de bon, se faire une bonne réputation. — Passer en belette, fuir rapidement. Passer en souris, s’évader furtivement. Passer au bob, se faire tancer d’importance. Il passe une heure, il est une heure passée. En faire passer, tromper un confident peu défiant. Passer bien ou mal dans le monde, passer pour honnête ou malhonnête. Passer la porte, sortir. Ex. Passe la porte, mon petit in solent, je te chasse de la classe. — Passer en pain bénit. V. Pain.

Passer et rapasser. Passer et repasser. Ex. En voilà un qui cherche quelque chose depuis une heure, il ne fait que passer et rapasser. Passion, n. f. Pension. Ex. Une bonne maison de passion.

Passionner, v. a. — Pensionner.

Pas vrai ? — — N’est ce pas vrai ?

Pataclan, n. m. — V. Bataclan.

Patacle, n. f. — Mauvaise montre. V. Patate.

Patafioler, v. a. Que le diable tepatafiole ! t’emporte. Le verbe ne s’emploie pas dans d’autres sens.

Pataplouf, patapouf, n. m. — Homme gros et lourd, un pataud et un bouffi. — Se dit aussi d’un enfant. Ex. Un gros patapouf’.

Pataque, n. f. : — Patate.

Patarafe, n. f. Semonce par écrit. Ex. Je vais lui envoyer une patarafe dont il se souviendra longtemps. — Balafre, tache à la figure.

Patate, n. f. Mauvaise montre. Ex. Combien demandes-tu pour ta patate ? Pomme de terre. Cependant le mot patate semble admis. C’est la morelle tubéreuse. Patate d’avance, qui, semée plus à bonne heure, mûrit beaucoup plus tôt. Patate de quarante jours, patate qui prend quarante jours pour sa production, depuis la semaille jusqu’à la récolte. Etre dans les patates, dans l’erreur, faute de compréhen sion.

Patati, patata ! Onomatopée employée pour rendre des bavardages, des bruits qui s’entrecroisent. (I, ar.)

Pataud, n. m. Lourdaud. Il n’y a pas qu’un chien qui s’appelle Pataud, il y a plu sieurs manières de désigner une chose ou une personne.

Pâte, n. f.

Trop de mains à la pâte, ça la gâte, les entremetteurs sont souvent de trop. Une bonne pâte d’homme, un homme d’un bon caractère.

  • Patente, n. f. (Angl.)

Brevet d’inventeur. Cuir à patente, cuir verni.

Bureau des patentes, des brevets. Patenté, e, adj. Breveté. (Angl.) — En règle. Ex. Je t’assure que tu as fait là une bêtise patentée.

  • Patenter, v. a. (Angl.)

Prendre un brevet. Ex. As-tu fait patenter ta dernière invention ? Adresse-toi au bureau des patentes. Pâté, n. m. Enfant gros et gras. Caractères d’imprimerie mêlés. Tache d’encre sur une feuille écrite. DES CANADIENS-FRANÇAIS 489 Patience, n. f. Jeu de patience, jeu du solitaire. Plante à racine antiscorbutique, très commune. Patïnade, n. f. — Action de patiner. Patiner, v. a. — Manier malproprement. Patiner (se), v. pron. Se dépêcher, se hâter. Ex. Nous avons besoin de nous patiner si nous voulons terminer notre ouvrage pour la fin du mois. Patinoir, n. m. Pavillon des patineurs, eu France. Le mot patinoir pour rait être accepté par tout le monde. Pâtir, v. n. Pâtisser. Ex. J’ai une bonne cuisinière, elle sait pâtit. Patirat, n. m. Souffre-douleur. Ex. C’est un vrai patirat. Patliache, n. m. — Patriarche. Patoche, n. m. Grosse main. Pied d’enfaut. Patriotage, n. m. — Faux patriotisme. Patronage, n. m. Pratique d’un chaland, clientèle. Ex. J’ouvre un magasin, vous me donnerez votre patronage. Patronniser, v. a. — Patronner, recommander, appuyer. Patte, n. f. Pied. Ex. Les pattes de la table. Un ragoût de pattes de cochon. Main. Ex. Ote tes pattes dessus ton visage. Aller à pattes, marcher à pied. Coup de patte, coup de langue. Patte de poêle, Irlandais. Patte d’oie, ride. Homme à pattes, homéopathe. Marcher à quatre pattes, s’aplatir. Marcher sur une patte, à cloche-pied. — Pattes de mouche, écriture maigre et peu lisible. 49’O LE PARLER POPULAIRE Patte, e, adj. Pattu, qui a des plumes sur les pattes. Ex. Un pigeon patte. Pattots, n. m. pl. — Petits pieds. Pau mon, n. m. — Poumon. Paumonique, n. et adj. — Pulmonique. Pau p’tit. Pauvre petit. Ex. Pau p’tit enfant, que tu es à plaindre ! | Paupiller, v. n. — Agiter les pupilles.

? Pauve, n. et adj. — Pauvre.

Pauverté, n. f. — Pauvreté. Pavé, n. m. — Gratter le pavé, être dans la misère. Paver, v. a. — Joncher. Ex. Les rues sont pavées de fleurs. Pavillon, n. m. — Couche. Expression acadienue.* Pawnbroker, pân’-brôkeur, (m. a.) — Prêteur sur gages. Payant, e, part. prés. Qui donne de bons profits. Ex. Une spéculation payante, un commerce payant. Paye, n. f. Jour où se payent les salaires. Ex. C’est demain qu’on fait \&paye. Dur de paye, mauvais payeur. Une bonne paye, un homme qui paie bien. — Une mauvaise paye, qui paye mal. Payer, v. a. Rendre. Ex. Je te paierai ta visite au premier jour. (Angl.) Adresser. Ex. Payer un compliment. Réjouir. Ex. Il fait beau ! — Oui, ça paye, un temps comme ça. Rapporter du profit. Ex. Voilà une spéculation qui va payer. Payer pour, être puni. Ex. Tu veux absolument te conduire mal, je t’avertis en ami que tu paieras potir. Payer (se), v. pron. S’offrir. Ex. Je viens de faire un peu d’argent, je vais me payer "un thapëau neuf. DBS CANADIENS-FRANÇAIS 491 Payeux, n. m. Payeur. Ex. Crédit est mort, les mauvais payeux l’ont tué. Pay-list, (m. a.) — Bordereau de salaire. Pay-mastér, pêmasteur, (m. a.) — Payeur, agent comptable. Pays, n. m.

Les pays d’en haut, région occidentale du Canada, jus qu’au lac Huron. Les vieux pays, l’Europe.

Pea-nut, pi-note, (m. a.) — Pistache de terre. Pearl, peurle, (m. a.) — Perle, 5 points (T. d’impr.) Peau, n. f.

Une peau, un homme qui n’a plus que la peau et les os. Faire peau neuve, changer de conduite, d’opinions ou de vêtements. Traîner sa peau, flâner. Etre dans la peau d’un autre, à sa place. Ne savoir que faire de sa peau, paresser. Avoir la peau dure, être insensible à tout. Etre plus attaché à sa peau qu’à sa chemise, soigner ses propres intérêts plutôt que ceux des autres. A fleur de peau, sur l’épiderme. Avoir de la peau de reste, être très maigre. Sauver sa peau, se tirer d’embarras. Traîner quelqu’un en peau de chien, l’amener à agir malgré lui. Pécane, n. f. Amande oblongue. Au XVIIe siècle, nos ancêtres avaient la pacane. Pécaud, n. m. Cheval usé. Pingre. ; Pécio, n. m. — Petit ours rusé, difficile à saisir. Pêche, n. f. Bordigue, enceinte de claies sur le bord du fleuve pour pren dre du poïsson. Ex. Une "pêche à anguilles. Pêcher, v. a. \ — Pêcher dans le site, saisir à ; là dérobée. 492 LE PARLER POPULAIRE — Pêcher dans le las, saisir à peu près. Pêches, ii. f. pl. — Filets, sennes. Pêcheux, n. m. — Pêcheur. Peddler, v. a. — Vendre à domicile. (Angl.) Peddleur, n. m. (Angl.) — Colporteur. Pedigree, pedigri, (m. a.) — Généalogie. Peigne, n. m. Pingre. Ex. Tu as affaire à un beau peigne, je t’en sou haite ! Peigne-cul, n. m. — Paresseux, usurier. Peigner, v a. Battre, maltraiter. Ex. Je l’ai peigne avec soin. Mal peigne, homme de mauvaise mine. Peigner du lin, du chanvre, Sérancer. Peigner (se), v. pron. — Se battre. Peine, n. f. Cri en peine, appel au secours. Peinture, n. f.

Fait en peinture, très bien fait, comme si tout ouvrage de peinture était parfait. Peinture à Peau, aquarelle.

Peinture à V huile, toile. Peinturer, v. a. — Peindre. Pèlerinage, n. m. — Pèlerinage. Pelle, n. f. Donner la pelle, vouer un amoureux à un échec. Recevoir la pelle, amoureux éconduit par sa blonde. Pelle-à-feu, n. f. — Sage-femme. Pelote, n. f. — Boule. Ex. Une pelote de neige. Peloter, v. a. Se prendre en boule, Ex. La neige pelote bien, les enfants vont s’amuser à faire des bonhommes de neige, des cabanes, etc. Peloter (se), v. pron. — S’envoyer des pelotes de neige. Pelotonner, v. a. — Pelotonner un peloton de laine, pléonasme. Pendants, n. m. pl. Pendants d’oreilles de dame, fuchsia écarlate. DES CANADIENS-FRANÇAIS 493 Pendard, d. m. Homme dangereux, qui cependant n’a pas mérité la corde. Ex. Mon petit fie ? idard, tu te feras pincer à quelque détour. Pend’oreilles, n. m. pl. — Pendants d’oreilles. Pendriloque, n. f. — Pendeloque. Pendrioche, n. f. État de ce qui pend. Loques qui pendent d’un vêtement, d’un rideau usés. Echafaud. Ex. Je serais bien surpris si ce criminel va pouvoir se sauver de la pendrioche. Pénican, n. m. — Pélican, ancien instrument de dentiste. Penille, n. f. Lisières de laine ou de coton qui entrent dans la confection des catalogues. Pénitentiaire, n. m. — Pénitencier, maison pénitentiaire. Penouil. — V. Fond de Penouil. Penoute. — Nom donné à un paysan naïf. Penser, v. n. — Venir sur le point. Ex. J’ai pensé mourir. Pension, n. f. — Maison de pension privée. Pensoire, n. f. — Compréhension, jugement. Pente, n. f. Ornière particulière aux chemins encombrés par la neige. Pépelier, péplier, n. m. — Peuplier. Pépère, n. m. — Grand’père. Pepi. — V. Pipi. Pépite, n. m. — Pupitre. Peppermint, minute, (m. a.) — Tablette de menthe poivrée. Pèque, n. f. — Visière de casquette. Percentage, n. m. (Angl.) Pourcentage, commission, remise, taux d’intérêt. Percer (se), v. pron. Creuser une fosse dans la vase, d’environ trois à quatre pieds de profondeur, où le chasseur se blottit pour surprendre le gibier méfiant, comme l’outarde et l’oie sauvage. (De Gaspé, Anciens Canadiens.^) Percet, n. m. — Camarine à fruits noirs.. 494 LE PARLER POPULAIRE Perchaude, n. f. Perche jaune, d’où perchaude par corruption. Perche, n. f. Personne fluette et très grande. Pieu qui entre dans une clôture. Tendre la perche, venir en aide. Aller à la perche, conduire un canot avec une perche. C’est bon q7ie la perche en lève, c’est très bon, succulent. Perche de ligne, n. f. — Ligne à pêcher. Perdition, n. f. Avoir des yeux à la perdition de son âme, avoir des yeux extraordiuairement beaux. Perdre, v. a. et n. Avoir une hémorrhagie, chez la femme. Perdre une motion, la voir rejeter. Perdre son nom, périr, disparaître. Ex. Tu tiens à ta pipe, serre-la, si tu ne veux pas qn’elle perde son nom. — Perdre la carte, la boule, perdre la tête. Perdre (se), v. pron. Périr. Ex. Un steamer vient de sombrer, cinq matelots se sont perdus. Perdrix blanche, n. f. Lagopède des saules et lagopède des rochers. Perdrix de bois francs, n. f. Gelinotte fraisée. Aussi appelée perdrix de montagne. Perdrix de savane, n. f. — Tétras du Canada. Père, n. m. — Homme d’un âge assez avancé. Ex. Ecoutez, le Père. Dutil, vous avez bien soixante ans, asteure f Pérentoine, n. m. Péritoine. Ex. Une enflammation du pérentoine. Perfection, n. f. Ouvrage fait à la perfection, eu perfection, suivant l’Acadé mie. Péri, n. m. — Péril. Ex. J’irai an péri de ma vie. Péritieux, euse, adj. — Périlleux.* Périwinkle ; pêriouinnkl, (m. a.) — Bigorneau. DES CANADIENS-FRANÇAIS 495 Perlasse, n. f. — Potasse pure. Perlasserie, n. f. — Etablissement où l’on fabrique la perlasse. Perlât, n m. — Prélart. Perle, n. f. Enfiler des perles, flâner. La perle de la famille, celui ou celle qui semble avoir le plus de qualités. Perroquet de mer, n. m. Macareux arctique et macareux à gros bec. Personne (grande), n. f. — Personne d’un certain âge. Personnelle, adj. — Intime. Ex. C’est mon ami personnel. Persouhaiter, v. a. Assurer. Ex. Je vojispersouhaite que c’est la pure vérité. Perte, n. f. — Hémorrhagie chez la femme. Pesant, e, adj. et n. m. I, ourd. Ex. Le temps est pesant, nous allons avoir de la pluie. Malaise durant le sommeil, particulier aux personnes qui dorment conchées sur le dos. Borel se"sert du mot pesart. — Acheter pesant, acheter beaucoup. Pesas, n. m. pl. — Tiges sèches de pois. Pesée, n. f. — Machine pour peser le foin, les animaux. Peser, v. a. Hisser. Ex. Pèse la voile, voilà le bon vent qui arrive. Peser son pesant d’or, avoir une grande valeur. Peser le poids, avoir de l’importance. Pétaque, n. f. — Patate. Pétard, n. m. Claquet, digitale pourprée, dont les enfants s’amusent à faire claquer les fleurs. Pétasser, v. n. Fêler. Ex. Cette assiette est pétassée à trois places. Petau, n. m. — Pied d’enfant. Pet-en-gueule. — Exercice gymnastique. Péter, v. n. — Fêler, fendre. Ex. Nous avons un poêle qui pète par tout. 496 LB P ARIER POPULAIRE Eclater. Ex. Cet œuf m’a pété dans la main. Avoir fini de péter, mourir. Que le diable mepète un singe ! juron. Pet su’l’trèfle, n. m. — Personne susceptible à l’excès. Péter sur le trèfle. Viser à la délicatesse par des manières doucereuses et affectées. L, e trèfle est un végétal inférieur, à cause de sa petite tige. Il faut peu de vent et de secousse pour l’abattre. En France, on dit grêler sur le persil, pour exercer une auto rité contre des gens faibles et dans les affaires sans importance. Péteux, euse, n. m. et f. — Lâche, timide. Pétillard, n. m. et f. Pétillant, homme qui brille par son esprit, et dont le regard est pétillant. Petit, e, adj.. Les petits, écolj^rs du séminaire qui sont dans les basses classes. Au petit jour, au point du jour. Au petit matin, de grand matin. — Faire son petit, se faire petit, humble. Peti-peta. — A petits pas. Ex. Aller peti-peta. Petite*santé, n. f. Personne maladive. Ex. Ma femme, je t’assure, c’est une petite-santé. Petitement, adv. A l’étroit. Ex. Nous sommes petitement dans cette maison. Petits pains, n. m. pl. — Calcéolaire très visqueux. Peton, n. m. — Pied d’enfant. « Mon peton », a dit Rabelais. Pétot, n. m. pl. — Petits pieds. Petun, n. m. — Tabac brésilien. Pétuner, v. n. — Fumer. Peu, n. m. — Excusez du peu, ne vous gênez pas. — Un petit peu, très peu. Ex. Je prendrai un petit peu d’eau. —’"-si DES CANADIENS-FRANÇAIS 497 Peupelier, n. m. — Peuplier. Peuplier argenté, n. m. — Peuplier blanc. Peuplier de Lombardie, n. m. — Peuplier pyramidal. Peuplier liard, n. m. — Peuplier à grandes dents. Peur, n. f. Partir en peur, s’échapper. Ex. Mon cheval est parti en peur. Avoir peur à, redouter. Y ai peur à mon cheval, il est vicieux. Donner la peur, effrayer. Ex. I, e tonnerre me donne toujours la. peur. — Une peur bleue, une forte peur. Peur, n. f. — Peur. Peureux, euse, adj. — Poltron. Philippina. Philippine. « Vous cassez une amande, elle est double : vous offrez une moitié à votre voisine de table. Le lendemain, à la première rencontre, elle ne manque pas]de vous dire : Bonjour, Philippine. Vons êtes pris, vous avez perdu, vous devez un gage » — (Rozan.) Phramacien, n. m. — Pharmacien. Physonomie, n. £. Physionomie. Ex. Eti voilà une qui a une bellepkysonomie dans le visage. Pi, adv. — Puis. Piaillard, n. m. — Piailleur. Piailler, n. m. — Crier continuellement. Piailleur, euse, n. m. et f. — Qui piaille. Piam-piam, loc. Doucement. De l’italien piano. Ex. Aller piam-piam.* Piano cottage, (m. a.) — Piano droit. Pianoter, v. n. Jouer du piano sans soin et sans talent, plutôt pour s’amuser. Pianoteux, euse, n. m. et f. — Qui pianote. Pian-pian, loc. V. Piam-Piam. Remy Belleau a dit : « Mais il me faut par ler pian-pian. » 32 498 LE PARLER POPULAIRE Piasser, v. n. Se dit du cri des petits poulets et des moineaux. Piastre, n. f. Avoir les yeux grands comme des piastres françaises, ne pas vouloir dormir. Chercke ta piastre, ton êcu est perdu. V. lîcu Un baise-la-piastre, avare. — Cheval de quatre piastres, de valeur médiocre. Piaule, n. f. — Bouffée de vent. Piautne, n. m. — Pivoine. Pic, n. m. Outil dont se servent les déblayeurs de trottoirs quand ils enlèvent la glace, et aussi les ouvriers qui font des tranchées dans le sol pour les fins de l’aqueduc, du gaz, etc. Pic (à), loc. adv. — ^ Escarpé. Ex. Une côte à pic. D’abord difficile. Ex. Une femme à pic.

  • Pica, (m. a.)

Cicéron, 12 points. Smallpica, philosophie, 11 points. Double small pica, petit paragon, 22 points Five Unes pica, double canon, 60 points. Eight Unes pica, triple canon, 96 points. Picâillon, n. m. Argent. Ex. Il en a, des picaillons. Picâillon était une monnaie savoyarde valant un demi— liard. Picasser, v. a. Marqueter, tacheter. Ex. Il est picassê comme un œuf de dinde. Picasse, n. f. — Vieux cheval usé. Piccolo, n. m. — Petite flûte. Pichegrue, n. f. Personne d’humeur acariâtre. Ex. Une vieille pichegrue. Pichenoque, n. f. Pichenette, chiquenaude. Nous disons aussi pichenolle, pichenelle et pichenotte. DES CANA DIBNS-FRANÇAIS 49g Pichou, n. m. — Petite personne habillée d’une façon bizarre. Pickle, pikl, (m. a.) — Marinade, conserves au vinaigre. Pickpocket, pokette, (m. a.) — Filou, coupeur de bourses. Picocher, v. a.

Becqueter, piquer avec le bec. Picoter, piquer légèrement et à plusieurs reprises. Picosser, v. a. — Becqueter. Picot, n. m. Maladie éruptive de la peau qui occasionne une forte démangeaison. Point. Ex. J’ai acheté une indienne couverte de petits picots. Picote, n. f. Variole, petite vérole. Godefroy donne picote pour petite vérole. Ce mot nous vient de France. Un de ses principaux attributs est de bien dépeindre les effets de cette terrible maladie. Picote volante. Varicelle ou variolette, petite vérole volante qui a quelque ressemblance avec la variole. Picotin, n. m. Patronage gouvernemental accordé à un individu dans la mesure des services rendus. Picoté, n. m. Qui a la picote. Ex. L, e cimetière des picotés. Ce mot se trouve dans l’Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec, publiée en 1671 (p. 408). Picouille, n. f. — Animal décharné. Picra, n. m. Aloès. Ex. Si vous voulez vous purger, prenez une bonne dose de picra. Picuite, n. f. — Pituite. Pie, n. f. — Geai du Canada.

  • Pie, pâle, (m. a.)

Pâté. Mutton pie, pâté au mouton. Oysterpie, pâté aux huîtres. c ; oo le parler popula ire ; — Sea pie. — V. Cipaille. Pièce, n. f. — Etre pris de ses pièces, être très intéressé. Pied, u ni. .£>£ Mf comme ses pieds, pataud. Avoir les pieds attachés, avoir pieds et poings liés. Mettre les pieds dans les plats, agir inconsidérément. Avoir bon pied bon œil, ne ressentir l’effet de l’âge ni dans les pieds ni dans la vue. Prendre tout au pied de la lettre, juger du sens d’après une mesure uniforme. Avoir les quatre pieds blancs, n’être pas coupable. OU que tu mets les pieds ? De quoi te mêles-tu ? Ne pas se moucher du pied, trancher du grand

Prendre des pieds, s’imposer chez les autres. Lever le pied, se sauver après avoir fait un mauvais coup. Pied (à), loc. Etre à pied, se trouver dans une mauvaise position par la faute d’un autre. Ex. Tu as engagé ce domestique, je t’assure que tu vas être à pied. Pied d’alouette, n. m. — Dauphinelle. Pied-de-roi, n. m Mesure de douze pouces à vingt-quatre pouces qui se replie sur elle-même. Roi se disait autrefois pour signifier règle, mesure. Pied-de-veau, n. m. — Calla d’Ethiopie. Pied-de-vent, n. m. Nuage étroit et très allongé. Effet du soleil qui se produit par un temps nuageux, lorsque l’astre est peu élevé au-dessus de l’horizon, ses rayons paraissant alors s’y rattacher. Signe de vent. Pierre à chaux, n. f. — Pierre calcaire. Pierre à faux, n. f. — Pierre pour aiguiser les faux. Pierre à feu, n. f. — Silex. Pierre à moulanges, n. f. — Pierre meulière. Pierre à tonnerre, n. f. — Pyrite de fer. Pierre bleue, n. f. — Indigo. Pierre d’épongé, n. f. — Pierre-ponce. DES CANADIENS-FRANÇAIS 501 Pierre de rang, n. f. Pierre calcaire extraite des carrières de Beauport, du Châ- teau-Richer. Pierre de sable, n. f. — Grès. Pierroter, v. a. — Empierrer, macadamiser. Piéter, v. a. Bien habiller. Ex. Nous allons te piéter, mon enfant, pour aller à l’église. Piéter (se), v. pron. — Se tenir sur ses gardes. Ex. Si tu veux réussir, tu as besoin de te piéter. — S’habiller avec luxe. Piétonner, v. n. — Piétiner. Pigatoire, n. m. — Purgatoire. Pigeon, n. m. — Jaloux. Pigeon de mer, n. m. — Guillemot noir.* Pigeon-hole, pidjonne-hùle, (m. a.) Trou-madame, bagatelle. Pigeonne, n. f. Maléfice, tour. Ex. Je te dis que c’est une pigeonne que ce vieux mendiant lui a donnée. Femelle du pigeon. — Femme jalouse. Piger, v. a. Prendre une carte dans le jeu. Ex. J’ai pigé l’as de pique. Pignoche, n. f. — Chiquenaude. — Morceau de sucre du pays ayant la forme d’un cornet. Pignoche veut dire cheville, en France. Pignocher, v. a. — Donner une dégelée. Pignonner, v. a. — Mettre le pignon. Pignouf, n. m. — Rustre, grossier, mal élevé, etc. Pigras, pigrat, n. m. Dégât. Ex. Qui a renversé le crachoir sur notre beau tapis ? — En voilà un pigras ! Dans le Perche, ce mot est pris dans le sens de bourbier. PigrasSer, v. n. — Patauger dans la boue. 5O2 le PARLER POPULAIRE Piguerie, n. f. — Porcherie. Pilasse, n. f. — Traces d’un pied humide ou boueux. Pilasser, v. a. — Piétiner sur place. Pile, n. f. Pilier. Ex. ~L, zspiles du pont Dorchester. Pileau, n. m. — Tas. Piler, v. a. et n. — Ecraser avec le pied. Ex. Piler sur les pieds de son voisin. Mettre en pile. Ex. Piler du bois, des madriers. Pilot, n. m. Pilote. Conducteur. V. le mot suivant.


Pilot de bœuf, n. m.

Conducteur. En Normandie, on se sert des mots cacheux et cabreux pour exprimer la même idée.

Pilote, n. m. — Pilote branché, pilote Lamaneur. — Drap de pilote, gros drap pour la confection des pale tots. Piloter, v. a. Fouler avec ses pieds. Ex. Il a dû venir quelqu’un dans la cour, la neige est toute pilotée. Conduire, servir de cicérone. Ex. Pilotez-moi donc à tra vers la ville, je suis toujours écarté. Pilune, 11. f. — Pilule. Pimbina, n. m. — Viorne obier. Pimpermanne, n. f. — Peppermint. (Angl). Pimpermenne, n. f. — Peppermint. (Angl). Pin, pinne, (ni. a-) — Epingle. Pin blanc, n. m. — Peuplier du Canada. Pin gris-cyprès, n. m. — Pin des rochers. Pin jaune, n. m. — Pin doux. Pin résineux, n. m. — Pin rouge. Pince, n. f. ÏDoigts. Ex. Je vais te serrer la pince. Pinces de canot, les deux extrémités du canot. r DES CANADIENS-FRANÇAIS 503 Pinceau, n. m. Barbiche. Ex. Champlain, fondateur de Québec, portait le pinceau, tout comme beaucoup de Canadiens. Pincée, n. f. — Femme maniérée. Ex. Une pincée. Pincer, v. a. Se faire pincer, se faire prendre à la suite d’une mauvaise affaire. Pincette, n. f. Etre d’une humeur à prendre avec des pincettes, être de très mauvaise humeur. Pincette (à la), loc. S’embrasser à la pincette, en se pinçant légèrement les joues.* Plnch, (m. a.) Pincée, prise de tabac. Ex. Prends donc une petite pinch. Pintocher, v. a. — Bambocher, boire des liqueurs spiritueuses. Pintocheux, euse, n. m. et f. — Qui pintoche. Pinule, n. f. — Pilule. Pioche, n. f. Houe, béchoir. Tête de pioche, tête dure, peu. intelligente. Piocher, v. a. Piaffer. Ex. Mon cheval pioche quand il veut s’en aller. — Prendre des cartes au talon. Ex. Fais attention ! c’est ton tour de jouer, pioche donc. Piôles, n. f. pl. Heures favorables à la pêche, le matin, au lever du soleil, le midi, et le soir au soleil couchant. (De Gaspé, Mémoires’). Pioneer, v. n. — Dormir. Piou-piou, n. m. — Grive de Wilson. Pipée, n. f. I, e contenu d’une pipe. Ex. Donne-moi donc une pipée de tabac ? : Pipet, n. m. — Qui fume sans cesse. Pipi, n. m. Urine, pisse. Ex. Fais pipi, riion enfant, pour faire plaisir . à ta grand’mère. ; PIpite, n. m. — Pupitre . ; 504 LE PARLER POPULAIRE Pique, n. f. Chicane, altercation. Ëx. Je viens d’avoir une pique avec lui. As de pique, personne qui ne bouge pas de l’endroit où elle s’est placée d’elle-même. Pique-bois, n. m. — Pivert. Pique ou noque. Jeu enfantin au moyen d’épingles. Pique est la pointe, et noque la tête. I/un des joueurs cache une épingle entre le pouce et l’index, de façon à ce que la tête ou la pointe soit à l’extrémité des phalanges. V. Noque. Piqué, n. m. Garniture de lit confectionnée avec plusieurs doubles de coton cousus et piqués, qui servent à garantir les matelas contre les accidents nocturnes particuliers aux enfants. Piquée, n. f. — Entrure du soc de la charrue dans le sol. Pique-ni, n. m. — Pique-nique. Pique-niquer, v. n. — Assister à un pique-nique. Piquer, v. a. Pousser des pointes acérées. Piquer au plus court, marcher sans prendre de voies détournées, en finir, passer à travers.

N’être pas piqué des vers, être soigné. Piquer (se), v. pron. S’irriter. Ex. L, ui, il se pique pour rien. Se piquer le nez, s’enivrer. Piquet, piquette, n. m, Pieu. Planter le piquette, s’arrêter, s’installer. — Planter des piquets, dormir assis, par exemple pendant les sermons à l’église. — Ma foi de piquette, juron commun. Piqueur, n. m. Bûcheron qui dégrossit les abatis dans un chantier. Pire, adj. — Pis. Ex. Tant pire pour toi. Notre malade va de pire en pire. DES CANADIENS-FRANÇAIS 505 — Mauvais. Ex. C’est bien plus pire que tu pensais. Pire aller (au), loc. adv. Au pis aller, en supposant les choses au plus mal. Pire (du), loc. Etre du pire, être très méchant. Pirgatoire, n. m. — Purgatoire. Piroli, n. m. Pilori. Se disait ici du temps où les voleurs étaient con damnés à subir ce châtiment. Pirouche, n. f. Oie. En France, on trouve le mot piron, pirotte, pour désigner l’oie femelle. Pirouette, n. f. — Planter la pirouette, pirouetter. Pirouys, n. m. Appelé aussi chevalier. Pirouys est l’imitation du cri de ce gibier bien connu. Pis, conj. — Puis. Pissat, n. m. Urine de toute nature. En France, ne se dit que des ani maux. Pisse, n. f. — Piste. Pisse-vinaigre, n. m. — Homme atrabilaire. Pissenlit, n. f. Aller manger des pissenlits par la racine, mourir. Pisser, v. a. Dégoutter. Ex. Mes habits pissent l’eau. Cheniquer. V. ce mot. Pisser dans ses culottes, faiblir. Pisser dans le violon, manquer de courage, se retirer de la lutte. — Pisser fin, filer doux. Pisseux, n. m. — Poltron, lâche. Pissou (petit), n. m. Sizerin à tête rouge. Voyage au printemps avec les oiseau blancs. Enfant qui urine dans ses pantalons. Pistolette, n. m. — Un drôle de pistolette, un singulier homme. 506 LE PARLER POPULAIKB Pistrine, n. f. — Mauvaise boisson.

  • Pit, pitte, (m. a.) — Paradis des théâtres français.

Pitéyable, adj. — Pitoyable. Pitié, n. m. — Piqué. Piton, n. m. — Monnaie de carte très en vogue autrefois dans la région du Saguenay parmi les bûcherons. — La Banque à Piton, une banque imaginaire. Pituche. — Le fond de Pituche. V. Penouil. Pitrau, n. m. — Jeu de carte. Pivart, n. m. — Pivert, pic doré, poule de bois. Pivelé, e, adj. Tacheté, moucheté, marqué de taches de rousseurs. Ex. Tu as la face pivelêe comme un œuf de dinde. Placage, n. m. Armoire fixe dans l’encoignure d’une pièce. Placard, n. m. — Flaque d’eau ou d’un liquide quelconque renversé sur une table ou sur le parquet. Ex. Un placard d’eau, de graisse. Placarder, v. a. Couvrir de placards, de taches. Ex. Un tapis placardé d’huile, de peinture. Produire des marques sous l’effet d’un coup. Ex. Pla carder la figure avec le poing. Place, n. f. Parquet, plancher. Ex. Balte la place, Marioche. Endroit. Ex. I^e lac Saint-Joseph est une belle place pour passer l’été. L, es gens de la place sont pas mal chê- rants. Place d’eau, station balnéaire.

Tout jeter par les places et les fenêtres, tout mettre en désordre. Par places, par endroits.

En place, en service. Placotage, n. va. Racontars ridicules. DES CANADIENS-FRANÇAIS 507 Action de placoter, de piétiner dans l’eau ou dans la boue. Action de s’immiscer dans certaines affaires sans obtenir de résultat. Placoter, v. n. Parler à tort et à travers. Piét