Vie de Napoléon/38

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Texte établi par Henri Martineau, Le Livre du divan (Napoléon. Tome Ip. 130-131).


CHAPITRE XXXVIII


Le roi et la reine firent à Napoléon le récit des outrages auxquels ils avaient été en butte. « Vous ne savez pas, disaient-ils, ce que c’est que d’avoir à se plaindre d’un fils. » Ils parlaient aussi du mépris que leur inspiraient les gardes du corps, ces lâches qui les avaient trahis.

Les négociateurs français firent comprendre facilement au prince de la Paix qu’il n’était plus question de continuer son règne en Espagne.

Dès la veille de l’arrivée du roi Charles IV, Napoléon avait fait appeler M. Escoïquiz et l’avait chargé de signifier au prince des Asturies que toute négociation avec lui était rompue et qu’à l’avenir, il ne traiterait plus qu’avec le roi d’Espagne.

Or il était maître absolu des volontés du roi d’Espagne par le prince de la Paix. Les Anglais ont beaucoup dit qu’il y eut de la violence, des conspirations ; la vérité est qu’il n’y eut ni comploteurs ni conspirateurs, mais seulement, comme à l’ordinaire, des imbéciles conduits et dupés par des fripons. Comme à l’ordinaire aussi, un souverain étranger provoqué de la manière la plus contraire au droit des gens, profita de tout cela.