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Voyage dans la Lune (Imagerie d’Épinal — Estampe 1891)

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PELLERIN & Cie,
imp.-édit.
VOYAGE DANS LA LUNE IMAGERIE D’ÉPINAL, No 416

M. de Lastredor, jeune savant, s’est mis dans la tête d’aller visiter la Lune ; grâce à son immense fortune et à sa science, il compte sur le succès. Il y a cependant 85,000 lieues à parcourir, rien que cela.

Après des calculs… incalculables ! il parvient à construire une machine munie d’un moteur d’une force ascensionnelle fabuleuse. Il part alors au moment propice et pense arriver dans 100 jours.

Notre héros s’est trompé de peu ; au bout de 99 jours 23h 45m il salue la « Lune promise » ; un quart d’heure pour faire un bout de toilette et il débarque.

Avant d’arriver, il a pu, grâce à des signaux (entre astronomes on se comprend) prévenir de son arrivée et de ses intentions pacifiques : aussi toutes les sommités savantes sont là, en grande tenue, et lui font une réception enthousiaste.

Les félicitations d’usage terminées, M. de Lastredor est conduit aux appartements qui lui sont réservés et contrairement à ce qui se passe sur terre, on le laisse tranquillement se reposer de son long voyage.

À son réveil, il constate qu’un nombreux personnel est mis à sa disposition : un page d’une exquise politesse lui présente une invitation du Roi de la Lune.

M. de Lastredor de s’y rendre ; en chemin il est émerveillé de l’accueil sympathique qui lui est fait par les habitants de la Lune, tous habillés élégamment en costumes moyen-âge.

Enfin, après avoir traversé des palais d’une richesse incomparable, l’intrépide savant est présenté au roi et à la reine qui le comblent de prévenances ; là-haut la royauté est donnée au plus méritant et au plus intelligent.

M. de Lastredor est invité à faire le récit de son voyage et de ses travaux, et il s’y prête avec tant de bonne grâce et de verve qu’il captive la cour et reçoit des applaudissements réitérés.

Puis le roi, savant distingué, lui pose des questions scientifiques ; M. de Lastredor dit au roi qu’il compte doter la France, son pays, de ses découvertes, mais après perfectionnement.

Le Roi estime fort notre beau pays, car il est venu incognito aux expositions de 1878 et 1889 ; ému en voyant combien le savant astronome aime sa patrie, il l’embrasse et lui confère les plus hautes dignités.

Notre héros obtient de suite l’accès des plus riches salons, et finalement se voit fiancé et peu après marié à une des nièces du roi, charmante personne aussi gracieuse qu’instruite qui promet d’aider son mari dans ses travaux.

M. de Lastredor habitera désormais la Lune, il a l’intention cependant de venir passer quelques jours à Paris pour faire part de ses découvertes à nos savants militaires ; et il espère que la France, grâce à la puissance dont il l’aura dotée en lui fournissant le moyen d’établir sa domination suprême sur les régions de l’air, arrivera à faire régner dans le monde la paix universelle dont le Lune a toujours joui.