Page:Éluard - Une leçon de morale, 1949.djvu/50

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Et j’ai la terre épaisse où la racine fonce
Où le jour sombre en avalanche vers mon cœur
Je vois d’en bas d’où le hibou connaît son ombre
Dans le noir de ma nuit qui divise le monde.

Au bien :

Être unis c’est le bout du monde
Le cœur de l’homme s’agrandit
Le bout du monde se rapproche

Le cœur des peuples bat plus fort
Le cœur des peuples bat la terre
Et la moisson sera parfaite

Notre travail est un défi
Jeté aux maîtres aux frontières
Nous voulons travailler pour nous

Nous prendrons jour malgré la nuit
Nous oublierons nos ennemis
La victoire est éblouissante

Nous avons pénétré le feu
Il faut qu’il nous soit la santé
Nous nous levons comme les blés

Et nous ensemençons l’amour.