Aller au contenu

Page:Docquois - Le Poème sans nom, 1919.djvu/187

La bibliothèque libre.
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
181
LE POÈME SANS NOM.


CXLIX


Tu parus, je t’aimai. Ces mots sont absolus.
D’un fait certain ces mots sont l’expression franche ;
Et, mordieu ! je m’y tiens et rien je n’en retranche !
Tu parus, je t’aimai. Rien de moins, rien de plus.

Depuis ce fait, voici cinq ans bien révolus ;
Cinq ans ! Et, sache-le, maintenant que je penche
Sur ce papier plus jaune une tête plus blanche,
Je sais que je t’aimai parce que je te plus.

Tu vas te récrier derechef, et, sans doute,
Me traiter de menteur, j’en ai peur ; mais, écoute,
La chose m’apparaît claire comme le jour,

Et plus stricte, dirai-je encor, qu’un théorème ;
Et c’est qu’en les premiers moments de notre amour,
Oui, ce fut moi d’abord que j’aimai dans toi-même.