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Page:Maeterlinck - Pelléas et Mélisande, 1907.djvu/89

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LE MÉDECIN, s’approchant du lit et tâtant le corps.

Elles ont raison…

Un long silence.
ARKËL.

Je n’ai rien vu. — Êtes-vous sûr ?…

LE MÉDECIN.

Oui, oui.

ARKËL.

Je n’ai rien entendu… Si vite, si vite… Tout à coup… Elle s’en va sans rien dire…

GOLAUD, sanglotant.

Oh ! oh ! oh !…

ARKËL.

Ne restez pas ici, Golaud… Il lui faut le silence, maintenant… Venez, venez… C’est terrible, mais ce n’est pas votre faute… C’était un petit être si tranquille, si timide et si silencieux… C’était un pauvre petit être mystérieux, comme tout le monde… Elle est là, comme si elle était la grande sœur de son enfant… — Venez ; il ne faut pas que l’enfant reste ici dans cette chambre… Il faut qu’il vive, maintenant, à sa place… C’est au tour de la pauvre petite…

Ils sortent en silence.




FIN.