Page:Mouhot - Voyage dans les royaumes de Siam, de Cambodge, de Laos et autres parties centrales de l'Indo-Chine, éd. Lanoye, 1868.djvu/92

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qu’il agissait en harmonie avec l’esprit de ses ancêtres en assurant à ses sujets une liberté de religion complète. Dans ce but, il fit recueillir des renseignements sur les travaux des missionnaires catholiques, afin de protéger les indigènes convertis au christianisme contre les exactions des fonctionnaires païens. À dater de cette époque, les relations d’amitié avec la France et l’Europe n’ont pas discontinué et sont devenues de plus en plus intimes. Ces résultats déjà acquis et ces bonnes intentions devront rendre l’histoire indulgente pour les faiblesses du caractère de Phra-Somdeteh, et pour son impuissance à cautériser les plaies séculaires de son pays.

Les limites du Siam ont beaucoup varié à diverses époques de son histoire ; et aujourd’hui même, à l’exception de la frontière occidentale, les autres lignes de démarcation ne sauraient être tracées d’une manière bien exacte, la plupart des frontières étant occupées par des tribus plus ou moins indépendantes. Toutefois, ces limites, en y faisant entrer la péninsule malaise, s’étendent aujourd’hui du quatrième au vingtième degré de latitude nord, et du quatre-vingt-douzième au centième méridien. D’après cette évaluation, la longueur des États siamois atteindrait à peu près quatre cent cinquante lieues ; sa largeur varierait, depuis quelques kilomètres jusqu’à cent soixante-dix lieues.