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Le Messager Évangélique.

gnifie, en comparant És. XII, 4 ; XLIV, 5, « se récla­mer publiquement du nom de Dieu, » c’est-à-dire, soit prendre le nom d’enfants de Dieu par opposition aux enfants du monde, soit rendre un culte public à Jého­vah. Nos versions les plus modernes favorisent ce der­nier sens, en disant : « on commença d’invoquer le nom de l’Éternel. » Les autres, depuis Calvin à Osterwald, traduisent généralement : on commença d’appeler du nom de l’Éternel ; » ce que Calvin explique par cette note, où nous sommes, à bon droit, étonnes de voir fi­gurer l’Église : « Alors avant qu’on fit distinction des membres de l’Église d’avec ceux de la race de Caïn, les fidèles s’appelant enfants de Dieu, et se renommant de son nom. » Diodati traduit : « Alors on commença de nommer une partie des hommes du nom de l’Éternel. »

C’est ce mélange des deux races, des saints et des impies, qui a amené la corruption générale que Dieu ba­laya par le déluge.—Il en est toujours ainsi, conformé­ment au proverbe : « La corruption de ce qu’il y a de meil­leur est la pire des corruptions. » Quoi qu’on en dise : le chrétien, en se mêlant avec le monde, se mondanise ; il s’affaiblit en cédant aux influences mondaines, sans en exercer aucune. Il est et demeurera toujours vrai que les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. Ce commandement de Dieu subsiste et subsistera tant qu’il y aura ici-bas des fils de Dieu et des filles des hom­mes ou vice versa : « Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les infidèles… Sortez du milieu d’eux et vous en séparez, dit le Seigneur, et ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous recevrai ; et je vous serai pour père, et vous me serez pour fils et pour filles » (2 Cor. VI, 14, 17, 18). Nous ne devrions jamais oublier que, comme on l’a dit, « le chrétien ne peut agir sur le monde qu’à proportion qu’il s’en sépare, et qu’il sera toujours trompé par une marche contraire. »

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