« Ah ! Seigneur, Dieu des cœurs robustes, répondez »

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Société du Mercure de France, 1901 (2e éd.) (p. 170).
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LV




Ah ! Seigneur, Dieu des cœurs robustes, répondez !
Quel est ce temps de doute où l’homme joue aux dés
Ses croyances, l’amour et le rêve et la gloire ?
Il est tard ; que faut-il aimer, que faut-il croire ?
Vacillants et plaintifs comme un peuple de joncs,
Sous le ciel triste et nu nous vous interrogeons.
Notre âme sèche a soif d’une sève nouvelle.
Seigneur, que votre étoile à nos yeux se révèle !
Car déjà la nuit morne à l’horizon s’étend :
Voici que le soleil se couche et qu’on entend
Planer sur le sommeil de nations entières
Le grand vent solennel et noir des cimetières.

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