« Hélas ! tout est sépulcre. On en sort, on y tombe »
Hélas ! tout est sépulcre. On en sort, on y tombe ;
La nuit est la muraille immense de la tombe.
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- Les astres, dont luit la clarté,
- Les astres, dont luit la clarté,
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Orion, Sirius, Mars, Jupiter, Mercure,
Sont les cailloux qu’on voit dans ta tranchée obscure,
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- Ô sombre fosse Éternité !
- Ô sombre fosse Éternité !
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Une nuit, un esprit me parla dans un rêve,
Et me dit : — Je suis aigle en un ciel où se lève
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- Un soleil qui t’est inconnu.
- Un soleil qui t’est inconnu.
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J’ai voulu soulever un coin du vaste voile ;
J’ai voulu voir de près ton ciel et ton étoile ;
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- Et c’est pourquoi je suis venu ;
- Et c’est pourquoi je suis venu ;
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Et, quand j’ai traversé les cieux grands et terribles,
Quand j’ai vu le monceau des ténèbres horribles
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- Et l’abîme énorme où l’œil fuit,
- Et l’abîme énorme où l’œil fuit,
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Je me suis demandé si cette ombre où l’on souffre
Pourrait jamais combler ce puits, et si ce gouffre
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- Pourrait contenir cette nuit !
- Pourrait contenir cette nuit !
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Et moi, l’aigle lointain, épouvanté, j’arrive ;
Et je crie, et je viens m’abattre sur ta rive,
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- Près de toi, songeur sans flambeau.
- Près de toi, songeur sans flambeau.
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Connais-tu ces frissons, cette horreur, ce vertige,
Toi, l’autre aigle de l’autre azur ? — Je suis, lui dis-je,
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- L’autre ver de l’autre tombeau.
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- Au dolmen de la Corbière, juin 1855.