« J’aime l’araignée et j’aime l’ortie »
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« J’aime l’araignée et j’aime l’ortie »
Les Contemplations, Nelson, 19.. (pp. 192-193).
XXVII
J’aime l’araignée et j’aime l’ortie,
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- Parce qu’on les hait ;
- Parce qu’on les hait ;
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Et que rien n’exauce et que tout châtie
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- Leur morne souhait ;
- Leur morne souhait ;
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Parce qu’elles sont maudites, chétives,
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- Noirs êtres rampants ;
- Noirs êtres rampants ;
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Parce qu’elles sont les tristes captives
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- De leur guet-apens ;
- De leur guet-apens ;
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Parce qu’elles sont prises dans leur œuvre ;
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- Ô sort ! fatals nœuds !
- Ô sort ! fatals nœuds !
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Parce que l’ortie est une couleuvre,
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- L’araignée un gueux ;
- L’araignée un gueux ;
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Parce qu’elles ont l’ombre des abîmes,
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- Parce qu’on les fuit,
- Parce qu’on les fuit,
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Parce qu’elles sont toutes deux victimes
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- De la sombre nuit.
- De la sombre nuit.
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Passants, faites grâce à la plante obscure,
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- Au pauvre animal.
- Au pauvre animal.
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Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
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- Oh ! plaignez le mal !
- Oh ! plaignez le mal !
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Il n’est rien qui n’ait sa mélancolie ;
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- Tout veut un baiser.
- Tout veut un baiser.
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Dans leur fauve horreur, pour peu qu’on oublie
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- De les écraser,
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Pour peu qu’on leur jette un œil moins superbe,
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- Tout bas, loin du jour,
- Tout bas, loin du jour,
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La vilaine bête et la mauvaise herbe
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- Murmurent : Amour !
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- Juillet 1842.
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