À Leuconoë

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Charles GillLe Cap Éternité

TRADUCTIONS D’HORACE
À Leuconoë



 
(Ode XI, liv. I)



Leuconoë, ne cherche pas à deviner
Quelle fin les dieux ont bien pu nous destiner :
Le savoir ne ferait le bonheur de personne ;
N’interroge pas les calculs de Babylone.
Oh ! qu’il serait préférable de s’incliner,
Quoi qu’il arrive, soit que le ciel nous accorde
De revoir plusieurs fois les neiges de l’hiver,
Soit que celui qui maintenant brise la mer
Tyrrhénienne sur le môle qui la borde,
Ait été le dernier marqué par Jupiter.
Crois-moi, filtre tes vins ; que ton âme assagie
Mesure ses espoirs au cours bref de la vie !...
Tandis que nous parlions, le Temps jaloux a fui :
Sans croire au lendemain, saisis-toi d’aujourd’hui.


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