Épître 90

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VoltaireÉpître 90

à monsieur le président Hénault,
sur son ballet du temple des Chimères,


votre amusement lyrique
m’a paru du meilleur ton.
Si Linus fit la musique,
les vers sont d’Anacréon.
L’Anacréon de la Grèce
vaut-il celui de Paris ?
Il chanta la double ivresse
de Silène et de Cypris ;
mais fit-il avec sagesse
l’histoire de son pays ?
Après des travaux austères,
dans vos doux délassements
vous célébrez les chimères.
Elles sont de tous les temps ;
elles nous sont nécessaires.
Nous sommes de vieux enfants ;
nos erreurs sont nos lisières,
et les vanités légères
nous bercent en cheveux blancs.
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