Au Couchant

La bibliothèque libre.
 
Aller à : Navigation, rechercher
Au Couchant
Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveaux, Slatkine Reprints, 1971, III. 1876 (pp. 378-379).
◄  Désir Le Vœu  ►



ARMAND SILVESTRE

———


FANTAISIES CÉLESTES

I

AU COUCHANT


N’étant plus qu’un brouillard vermeil,
L’horizon dans la nuit recule :
Je voudrais, comme le soleil,
Mourir dans l’or d’un crépuscule !

Sentir l’universel émoi,
Suivre au loin ma trace blanchie
Et, d’une grande ombre, après moi,
Laisser la terre rafraîchie ;

Descendre seul dans mon tombeau,
Mais léguer mon âme à la nue
Pour y rallumer le flambeau,
De chaque étoile au ciel venue,


Emporter la vie et, pourtant,
La laisser rayonner encore ;
Donner au monde palpitant
Le gage sacré d’une aurore ;

Sûr de remonter le chemin.
Qu’a tracé ma course première,
Garder en moi mon lendemain
Fait de chaleur et de lumière !

Car l’âme des astres vermeils
Dans mes veines en feu circule
Et je veux, comme les soleils,
Renaître dans un crépuscule !



Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils