Beaulté mortelle icy en vain souspire

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Pernette du Guillet Rymes

Épitaphe de Pernette du Guillet

Autre - Beaulté mortelle icy en vain souspire[1]
Beaulté mortelle icy en vain souspire


Sommaire


[modifier] Transcription de l'édition originale


AULTRE


Beaulté mortelle icy en vain souspire,
Puis que la Mort le corps soubdain ravit.
Mais Vertu vive, & qui jamais n’empire,
Comme l’Esprit au Ciel, en Terre vit.

Si grand Esprit se sentant a malaise
D’estre en son corps estroictement enclos,
Comme un gros feu en estroicte fournaise,
Ne peut durer longuement en son clos.

Aussi afin que plus ne fust forclos
De la celeste, & eternelle envie,
Laissa son Nom avec immortel los
Vivre pour luy ceste caducque vie.


[modifier] Orthographe modernisée


AUTRE


Beauté mortelle ici en vain soupire,
Puisque la Mort le corps soudain ravit.
Mais Vertu vive, et qui jamais n’empire,
Comme l’Esprit au Ciel, en Terre vit.

Si grand Esprit se sentant à malaise
D’être en son corps étroitement enclos,
Comme un gros feu en étroite fournaise,
Ne peut durer longuement en son clos.

Aussi afin que plus ne fut forclos
De la céleste et éternelle envie,
Laissa son Nom avec immortel los
Vivre pour lui cette caduque vie.


[modifier] Note de l'édition Wikisource

  1. Ce poème, précédé de la mention "Autre", qui figure dans le recueil original dans la partie des épitaphes consacrées à Pernette du Guillet, immédiatement après celle attribuée à Maurice Scève, L'heureuse cendre aultresfois composee, pourrait donc également être de cet auteur.