Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850 — M

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L Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850 (Mullié) N



Sommaire

[modifier] MACDONALD (ÉTIENNE-JACOUES-JOSEPH-ALEXANDRE)

duc de Tarente, naquit à Sancerfe, département du Cher, le 17 novembre 1765, d'une famille écossaise venue en France à la suite des Stuarls. Il entra, en 1783, comme lieutenant dans le régiment de Dillon; cadet dans le 87e infanterie en 1787. A Jemmapes, il fut fait colonel de l'ancien régiment de Picardie ; puis bientôt après général de brigade.

Ce fut lui qui, en 1795, ouvrit, sous Pichegru, la campagne contre la Hollande , en passant le Vahal sur la glace sous le feu des batteries hollandaises, et en s'emparant des vaisseaux ennemis à la tête de son infanterie. Ce fait militaire, sans exemple dans l'histoire, lui valut le grade de général de division.

Après avoir servi aux armées du Rhin et d'Italie, il fut nommé gouverneur de Rome et des États de l'église. En 1799, quand les Français évacuèrent Rome, il fit avec gloire la campagne contre les armées alliées. Il livra la bataille de la Trébia qui dura trois jours, battit une armée de 50,000 hommes avec 35,000, reçut plusieurs blessures et réussit à faire sa jonction avec le général Moreau. Il commandait à Versailles lors du 18 brumaire an VIII, et seconda puissamment Bonaparte. Après la bataille de Marengo et la campagne des Grisons. Macdonald fut envoyé en Danemark comme ministre plénipotentiaire jusqu'en 1803. A son retour, il reçut le titre de grand officier de la Légion-d'Honneur.

Disgracié lors de l'affaire de Moreau, qu'il défendit, ce ne fut qu'en 1809 qu'il reprit le commandement d'une division en Italie.

C'est à Wagram qu'il fut fait maréchal, après avoir enfoncé le centre de l'armée ennemie que protégeaient 200 pièces de canon.

A son retour à Paris, en 1810, il fut créé duc de Tarente, et alla prendre le commandement d'un corps d'armée en Espagne. En 1812 il commanda le 10° corps en Russie. En 1813 il prit part, d'une manière glorieuse, aux batailles de Lutzen, de Bautzen et de Leipzig. Là, il passa à la nage l'Elster, ou périt Ponia-, towski, et assista, le 30 octobre, à la bataille de Hanau. Pendant la campagnede 1814., il commanda l'aile gauche de l'armée, et assista à Fontainebleau à l'abdication de Napoléon, à laquelle il contribua beaucoup.

Le 4 juin 1814, le duc.de Tarente fut nommé membre de la Chambre des Pairs. .

Dans la nuit du 19 au 20 mars 1815, il partit de Paris avec Louis XVIII, et, après l'avoir accompagné jusqu'à Menin, il revint à Paris, refusa tout emploi de Napoléon, et fit son service dans la garde nationale comme simple grenadier.

Au retour des Bourbons, le duc de Tarente reçut la triste mission de licencier l'armée de la Loire. En 1812, il fut nommé grand chan-cellier de l'ordre de la Légion-d'Hon-neur, dignité qu'il conserva jusqu'en 1831.

Il est mort le 24 septembre 1840, dans son château de Courcelles, près de Gien (Loiret), âgé de 75 ans, laissant un fils âgé de 15 ans.

Les paroles prononcées par Napoléon à Sainte-Hélène ont une haute valeur, surtout lorsqu'elles concernent des hommes dont il pouvait avoir à se plaindre ; il a dit: «Macdonald avait Une'grande loyauté. »

[modifier] MACKAU (ANGE-RENE-ARMAND, baron de)

né à Paris en 1788, fut élevé dans la même institution que Jérôme Bonaparte , et s'embarqua sous ses ordres sur le vaisseau le Vétéran, en qualité de novice matelot. Au- retour de cette campagne dans l'Atlantique et la mer des Antilles, sa conduite et ses connaissances acquises lui valurent le grade d'aspirant.

Il fit ensuite une longue croisière sur la frégate FHortense commandée par M. Baudin qui, ayant été promu au grade de contre-amiral, s'attacha M. de Mackau et le garda près de lui jusqu'en 1810.1 A cette époque, M. de Mackau passa comme second sur le brick l'Abeille. A son retour d'une mission en Corse, l'Abeille rencontra l'Alacrity, brick de dimensions et de forces supérieures, et lui livra un des plus glorieux combats qui aient marqué le déclin de l'empire. Après avoir vu tous ses officiers mis hors de combat, quinze hommes de son équipage tués et vingt blessés, YAlacrity se rendit; elle fut traînée en triomphe à Bastia par son jeune vainqueur. Napoléon récompensa ce beau début par la croix d'honneur et le commandement du bâtiment capturé.

Après plusieurs autres combats glorieux . M. de Mackau fut nommé, en 1812, capitaine de frégate, il avait vingt-quatre ans.

Sous la Restauration, il sollicita et obtint des missions importantes à Bourbon, à Madagascar, etc., etc.; il donna de précieux renseignements sur cette dernière et intéressante possession. En 1819, il fut nommé capitaine de vaisseau et envoyé au Sénégal pour recueillir des lumières

utiles sur la double question de l'établissement et de la traite des noirs.

En 1821 , il obtint le commandement de la Clorinde, frégate de 58 canons, sur laquelle il parcourut l'Océan Pacifique, et alla étudier les nouveaux États de l'Amérique du Sud. Ce fut lui qui fut choisi pour aller faire accepter à Haïti l'ordonnance d'affranchissement du 17 avril 1825. Successivement appelé à la direction du personnel et au conseil d'amirauté au moment où se préparait l'expédition d'Alger, il y montra une fermeté de volonté et une puissance d'application dont le département de la marine a gardé le souvenir.

En 1831, M. de Mackau reprit la mer pour commander l'escadre des Dunes réunie au moment où la guerre entre la Belgique et la Hollande menaçait la politique européenne des plus graves complications. Cette escadre transporta la garnison d'Anvers de Dunkerque à Fles-singue. Rentré à Cherbourg, M. de Mackau fut nommé au commandement de la station des Antilles. C'était au moment de l'insulte dont le consul deFrance, M. Adolphe Barrot, venait d'être l'objet. Après avoir fait connaître au gouvernement delà Nouvelle-Grenade les réparations qu'exigeait le gouvernement français, et en avoir éprouvé un premier refus , M. de Mackau prépara ses moyens d'action en attendant les dernières instructions de Paris ; près d'une année s'écoula. Enfin les ordres reçus lui ayant accordé la plus grande latitude, il partit de la Martinique avec cinq bâtiments de la station et le consul outragé, arriva à l'imprcviste sous Carthagène, força la passe de Boca-Chica, et se plaça de manière à pouvoir prendre à revers les forts de la seule entrée de ce magnifique port, puis il renoua les négociations et obtint les plus complètes réparations.

Après avoir rendu à la marine d'autres services importants, l'amiral fut chargé d'aller inspecter nos établissements de pêche à Saint-Pierre et Mique-lon, et sur l'île de Terre-Neuve. Il était à peine de retour en France lorsque ia rupture avec les États-Unis devint imminente. 11 fallait prendre des mesures pour couvrir nos établissements et notre commerce aux Antilles et dans l'Atlantique : M. de Mackau fut nommé commandant en chef des forces navales aux Antilles et gouverneur de la Martinique ; mais la guerre , comme on sait, fut évitée. M. de Mackau, en quittant son gouvernement de la Martinique, emporta les regrets de tous. Sur la route, la frégate la Terpsichore, sur laquelle il se trouvait avec toute sa famille, fut assaillie par une horrible tempête, et resta plusieurs jours en perdition sur les côtes de l'Irlande. Dans ces graves circonstances, il prit le commandement supérieur de la frégate, et, secondé par le commandant, l'état-major et l'équipage, il parvint à conduire la Terpsichore dans le port de Cork en Irlande.

En 1843, M. de Mackau fut chargé du portefeuille de la marine qu'il conserva quelque temps, et où il rendit de véritables services.

[modifier] MACORS (FRANÇOIS-ANTOINE-JOSEPH-NICOLAS, baron)

général de division. Il y avait, dans le petit pays de Liège, une famille que l'on disait appartenir à la noblesse, et qui émigra en France (la cause en est ignorée) à la fin du xvue siècle ou au commencement du xvme. C'est de cette famille que naquit F.-A.-J.-N. Macors, à Benfelden (Bas-Rhin), le 7 décembre 1744.

Il s'engagea comme hussard dans le régiment de Nassau, le Ie' novembre 1759. Ayant quitté ce corps, onnesaitni pourquoi ni comment, il s'engagea une seconde fois en qualité de canonnier,

dans la brigade de Loyauté en 1760.

Nommé lieutenant en premier au régiment d'Auxonne-Artillerie en 1765, il devint sous-aide-major le 14 décembre 1767, aide-major en 1772, capitaine en second en 1778, capi laine'de canonniers le 17 octobre 1784, major du régiment d'artillerie des colonies le 1er novembre suivant; il reçut le grade de lieutenant-colonel et la croix de Saint-Louis le 12 du même mois. Il adopta les principes de la Révolution , et fut promu colonel du 4e régiment d'infanterie de la marine le 1er juillet 1792. Enfin, il servit dans la Vendée en 1793, y commanda l'artillerie dans la partie Est, y fut nommé général de brigade par les représentants du peuple Bourdon et Fontenay, et fut confirmé dans ce grade par arrêté du comité de salut public, le 21 ventôse an III. Général de division en l'an VIII, il eut, le 1er pluviôse, une inspection générale d'artillerie, puis le commandement de l'artillerie aux armées de Batavie et gallo-bataves, et enfin au camp de Saint-Omer le 15 fructidor an XI.

Nommé membre et commandant de la Légion-d'Honneur les 19 frimaire et 25 prairial an XII, l'Empereur le classa •parmi les électeurs du département de l'Ourthe, et Féloigna de l'armée en l'appelant au commandement de la place de Lille.

En 1814, il adhéra aux actes du Sénat; il fut mis à la retraite le 24 décembre de la même année.

Grand officier de la Légion-d'Honneur en 1815, et fait baron le 6 août 1817, le général Macors est mort le 13 juin 1825.

[modifier] MAGNAN (BERNARD-PIERRE)

né à Paris, le 7 décembre 1791.

M. Magnan débuta dans la carrière des armes comme soldat au 66e de ligne, le 29 décembre 1809. Il obtint ses premiers

MAG ( 2 grades dans le même régiment, et fut successivement sergent le 1er janvier 1810, sergent-major le 7 octobre suivant, sous-lieutenant le 20 juillet 1811, lieutenant le 8 février 1813, et capitaine 'le 6 septembre de la même année.

Passé dans les tirailleurs de la garde impériale (1er régiment), le 13 janvier 1814, il fut nommé capitaine adjudant-major au 6e régiment d'infanterie de la garde royale le 23 octobre 1815, et breveté chef de bataillon de la ligne le 6 septembre 1817. Le 8 août 1820 il passa comme chef de bataillon au 34e de ligne, lieutenant-colonel au 60e de ligne le 20 novembre 1822, colonel du 49e le 21 septembre 1827, et maréchal de camp le 31 décembre 1835.

Il fut promu au grade de générai de division le 20 octobre 1845.

M. le général Magnan commande depuis le 14 juillet 1849, la 4e division militaire (Strasbourg), et réunit à ce commandement celui des troupes stationnées dans la première subdivision (Bas-Rhin). Il avait été en mission en Belgique du 17 avril 1832 au 30 juin 1839, puis avait commandé pendant six ans le département du Nord.

M. Magnan a fait avec distinction les campagnes de 1810, 1811,1812 et 1813 en Espagne, en Portugal, celles de 1814 et 1815 en France et en Belgique; il fut blessé d'un coup de biscaïen au bas ventre, à Craonne, le 7 mars 1814. En 1823, il fit la campagne d'Espagne, celle d'Afrique en 1830, de Belgique en 1832, et de 1846 en Algérie.

Créé chevalier de la Légion-d'Honneur le 23juin 1813, officier le 20 mars 1820, et commandeur le 15 novembre 1835, il fut nommé grand officier le 23 juin 1849.

Charles X l'avait créé chevalier de Saint-Louis le 1" novembre 1825, et, en 1823, il avait reçu le cordon de Saint-Ferdinand d'Espagne (2e classe).

[modifier] MAGON (CHARLES-RENE)

contre-amiral, naquit à Paris le 12 novembre 1763. Nommé aspirant de marine en septembre 1777, il n'avait pas atteint sa quatorzième année.

En 1778, il était embarqué sur le vaisseau la Bretagne, comme garde de la marine. Le 27 juillet, il prenait part au combat d'Ouessant, et il s'y conduisait bien. Il passa sur le Solitaire en 1780, avec le grade d'enseigne, et, du 17 avril au 19 mai, trois combats eurent lieu entre l'escadre du comte de Guichen, dont il faisait partie, et celle de l'amiral Rodney.

L'année suivante, embarqué sur le Ca-ton, il se mesurait encore trois fois avec l'ennemi, les 28,29 avril et 5 septembre.

Le 17 avril 1782, le Caton se trouva de nouveau aux prises avec les Anglais ; mais, moins heureux cette fois, il tomba en leur pouvoir. Magon rentra en France après cinq mois de captivité, et fut envoyé dans les mers des Indes sur la frégate la Surveillante; cette campagne dura quinze mois.

Il fut nommé lieutenant de vaisseau le 1er mai 1786, et chargé au mois de novembre suivant du commandement de la frégate l'Amphitrùe, et alla reprendre aux Anglais l'île de Diégo-Garcia. A son retour, il passa successivement comme second sur les frégates la Driadeetle Pandour, avec lesquelles il navigua encore dix-huit mois dans les mers de l'Inde et de la Chine.

En 1791, il fut chargé d'aller porter aux établissements français dans l'Inde la nouvelle des grands événements accomplis en son absence et d'y faire arborer le drapeau tricolore. Il commandait alors la frégate la Minerve; il la quitta, eR 1792, pour passer sur la Cybèle, avec laquelle il fit dans l'Inde une nouvelle campagne d'un an. Ce fut lui qui, malgré la présence d'une escadre anglaise, parvint à informer le gouvernement de Pondichéry du commencement des hostilités entre la France et l'Angleterre.

Étranger jusqu'alors aux commotions politiques de la métropole, il en reçut le contre-coup en l'an II, à l'Ile-de-France, où il était en relâche avec sa frégate. La Société populaire le fit arrêter et le traduisit'en jugement. Son innocence ayant été reconnue, la faveur revint aussi rapidement qu'était arrivée la disgrâce; nommé commandant de l'artillerie volante, il fut attaché au gouverneur de la colonie comme aide-de-camp maritime. Le contre-amiral Sercey, qui arrivait d'Europe en l'an IV, apportait à Magon sa nomination de capitaine de vaisseau, en date du Î2 pluviôse an III. Dans ce moment, il était à la tête de toutes les forces navales de l'Inde ; il remit ce commandement au contre-amiral qui le fit reconnaître comme commandant en second. Le 23 fructidor, la division française eut, avec les vaisseaux anglais l'Arrogant et le Victorieux, un engagement auquel Magon prit une part glorieuse ; il commandait alors la Prudente.

Après diverses autres missions dans les iners de l'Inde, il reçut l'ordre d'escorter en Europe deux vaisseaux de la compagnie des Philippines, richement chargés. Le consul d'Espagne lui offrit, au nom de la compagnie, une magnifique armure, en reconnaissance des services qu'il avait rendus. Cependant, son pays le traitait moins favorablement. A son arrivée à Paris, il apprit sa destitution; on l'avait, en son absence, accusé de participation au renvoi des agents Baco et Burnel, embarqués de vive force par les ordres de l'assemblée coloniale de l'Ile-de-France. L'amiral Bruix obtint sa réintégration, et quelques mois après, il fut élevé au grade de chef de division. Employé d'abord à Paris à la réorganisation de la marine, puis à l'inspection

des ports, il fut rendu, en l'an IX, au service actif, premièrement à bord du vaisseau l'Océan, ensuite à bord du Mont-Blanc, qui faisait partie de l'armée navale ' destinée , sous les ordres de l'amiral Villaret, à l'expédition de Saint-Domingue.

Chargé, avec quatre vaisseaux et deux frégates, de réduire le fort Dauphin, Magon s'en empara avec tant de rapidité et de succès, que le général en chef Le-clerc lui conféra immédiatement le grade de contre-amiral. «Cette nomination, disait l'amiral Villuret dans son rapport, lui a été décernée par le vœu unanime de l'armée, et je ne doute pas que le gou-nement ne la confirme : » elle le fut, en effet, au mois de ventôse an X.

En l'an XII, l'amiral Bruix appela Magon à Boulogne , et lui confia le commandement de l'aile droite de la flottille. Les 19 frimaire et 25 prairial de la même année, il avait été nommé membre et commandeur de la Légion-d'Honneur.

L'année suivante, il alla avec sa division, composée des vaisseaux l'Algésiras et l'Achille, et de la frégate la Didon, rallier aux Antilles l'armée navale aux ordres de l'amiral Villeneuve.

Le 29 vendémiaire an XIII, il était avec lui à Trafalgar. Son pavillon flottait sur l'Algésiras; il commandait la 2edivision du corps de réserve sous les ordres de l'amiral Gravina. Engagé avec le vaisseau anglais le Tonnant, de 80 canons, Magon fut tout d'abord grièvement blessé au bras et à la cuisse. Cependant, ilconti-nuait à faire bravement son devoir. Un biscaïen le' frappa à la tête et le tua. C'était son douzième combat : il était âgé de 42 ans.

[modifier] MAISON (NICOLAS-JOSEPH)

maréchal de France, né à Épinay, le 19 décembre 1770, s'enrôla comme volontaire le 22 juillet 1792, fut capitaine dix jours après, et se signala à la bataille de Jetnmapes.

Dénoncé et destitué en 1793, il se justifia, fit la campagne de 1794 à l'armée du Nord et se trouva à la bataille de Fleurus.

Attaché ensuite, jusqu'en 1797, à la division Bernadotte, Maison devint chef de bataillon et déploya partout la même valeur.

Nommé en 1799 adjudant-général et premier aide-de-camp deBernadotte, alors ministre de la guerre, il fut chargé d'une mission à l'armée du Rhin, et sabra près de Manheim les hussards de Szecklers qui inquiétaient la cavalerie française. En 1800, il fut blessé presque mortellement au village de Schout (Hollande) en repoussant un corps d'Anglo-Russes.

En 1805, il rejoignit le 1er corps de la grande armée et cueillit sa part des lauriers d'Austerlitz. Général debrigade en 1806, il fit la campagne de Prusse et assista à la bataille d'Iéna. Peu après, ce fut Maison qui traversa le premier la Saale pour culbuter le prince de Wurtemberg et pénétra ensuite dans Lu-beck.

En 1807, il fut nommé chef de l'état-major général du 1er corps et fit la campagne que termina la paix de Tilsitt.

L'année suivante, il passa en Espagne et se distingua à la bataille d'Espinosa. A l'attaque de Madrid, il eut le pied droit fracassé par une balle, ce qui l'obligea de rentrer en France. En 1809, lors du débarquement des Anglais en Hollande, il était à Anvers avec le prince de Ponte-Corvo. Puis, après l'évacuation de l'île de Walkeren, il commanda successivement à Berg-op-Zoom, à Rotterdam et au camp d'Utrecht. Lors delà guerre de Russie, sa belle conduite dans plusieurs affaires le fit nommer général de division. Dans la retraite, il déploya autant de zèle que d'habileté.

En 1813, Maison, à la tête du 5e corps, battit les Prussiens à Mockern et prit la

ville de Halle. Ce fut lui qui, le jour même de la bataille de Lutzen, marcha sur Leipzig, s'en empara et empêcha l'ennemi de détruire les ponts del'Elster. A Bautzen , avec deux régiments, il repoussa les charges combinées de six colonnes de cavalerie et les mit en déroute. Il fut blessé à la bataille de Wa-chau et à celle de Leipzig. En janvier 1814, il commandait le 1er corps chargé de couvrir la Belgique. Il défendit quelque temps, malgré une grande infériorité numérique, les approches d'Anvers. Son intention était de se porter sur la capitale, à marches forcées; et déjà il s'était dirigé sur Valenciennes pour attaquer les Saxons, lorsqu'il apprit à Quié-vrain l'abdication de l'Empereur. Il conclut alors un armistice et gagna Lille, d'où il envoya son adhésion au nouveau gouvernement.

Louis XVIII le nomma chevalier de Saint-Louis, Pair de France et grand cordon de la Légion-d'Honneur.

Au 20 mars 1815, Maison qui venait d'être nommé gouverneur de Paris, crut devoir accompagner Louis XVIII en Belgique.

A la seconde Restauration, il prit le commandement de la Indivision; passa en 1816 à la 8e, ce qui n'était nullement une disgrâce. L'Empereur l'avait fait baron et comte, les Bourbons le firent marquis en 1816, et Charles X lui confia en 1828 le commandement de l'expédition de la Morée. A son retour, il reçut le bâton de maréchal. Mais toutes ces faveurs n'altérèrent pas le caractère vraiment indépendant, du maréchal Maison. - En 1830, il accepta de Louis-Philippe la mission de se rendre avec MM. Odilon Barrot et de Schonen auprès des princes déchus pour les décider à quitter la France.

Nommé ministre des affaires étrangères le 4 novembre, il fut bientôt nommé à l'ambassade de Vienne, puis à celle de Saint-Pétersbourg en 1833.

En 1835, il se chargea du portefeuille de la guerre, le garda un peu plus d'une année et mourut à Paris le 13 février 1840.

a Ses manœuvres autour de Lille, dans la crise de 1814, avaient attiré mon attention, et l'avaient gravé dans mon esprit. »

{Jugement de Napoléon sur Maison.)

[modifier] MAISONFORT (MAXIMILIEN, DUBOIS DESCOURS, marquis de )

fils du marquis de Maisonfort, ministre de France en Toscane, ancien intendant général, député du Nord, naquit en 4792. Louis XVIII l'avait fait nommer chevalier de Malte en 1807. Entré au service de Russie en 1808 et envoyé comme sous - officier guide en Moldavie, il y gagna tous ses grades contre les Turcs, jusqu'en 1812. Il s'était distingué à la bataille deRissovatet àSchoumla. Après l'affaire de Kalipétri, il reçut l'ordre de Sainte-Anne, une épée d'honneur en or à Silistri, le ruban de Saint-Wladimir à la prise de Lowtcha dans le Balkan.

Il fut peu après employé au cabinet topographique de l'Empereur, puis attaché à l'ambassade de Stockholm, et il suivit Bernadotte en Allemagne et en Da-nemarck. Nommé chevalier de Saint-Louis en février 1814, il quitta le service de Russie comme major le 30 mai, et entra comme sous-lieutenant (lieutenant-colonel) aux Gardes du corps, compagnie de Gramont.

En 1822, il fut décoré de la Légion-d'Honneur, puis attaché au maréchal de Bellune qui le chargea de plusieurs missions importantes.

Nommé lieutenant des Gardes du Corps et colonel le 6 août 1823, il fut fait officier de la Légion-d'Honneur en 1827, aide-major avec rang de maréchal de camp en juin 1829, Eu 1830, il fit partie

du cadre de réserve de l'état-major général.

Rerais en disponibilité en 1838, il commanda le département des Hautes-Alpes (7e division militaire) et fut nommé dans la même année au commandement de la 2' brigade d'infanterie de la division active des Pyrénées-Orientales.

[modifier] MALET (CHARLES-FRANçois)

né à Dôle, le 28 juin 1754, d'une famille noble de Franche-Comté. Entré fort jeune dans la lre compagnie des Mousquetaires, il revint dans sa famille après le licenciement de la maison du roi. S'étant prononcé en faveur des idées nouvelles, il commanda le 1er bataillon que son département envoya aux frontières; sa valeur et ses talents militaires le firent promptement élever au grade de général de brigade. Championnet et Masséna le citent honorablement dans plusieurs rapports. En 1805, il participa aux succès de Masséna qui le nomma gouverneur de Pavie.

Malet s'était montré hostile à Bonaparte dès le Consulat ; on dit, qu'en l'an IX, commandant le camp de Dijon, il avait projeté d'arrêter le premier Consul à son passage dans cette ville ; mais les opinions hautement professées par Malet, son caractère sombré et indépendant expliquent assez la disgrâce dans laquelle il tomba. Distrait de l'armée active, envoyé à Bordeaux pour commander le département, il vote contre le Consulat à vie. On le relègue aux Sables d'Olonne, là il fait éclater une opposition encore plus vive; en vain, essaie-t-on de le gagner en lui envoyant le titre de commandeur de la Légion-d'Honneur : il répond à M. de Lacépède, grand chancelier de l'Ordre :

« Citoyen, j'ai reçu la lettre par laquelle vous m'annoncez la marque de ;onliance que m'a donnée le grand Conseil de la Légion-d'Honneur. C'est un encouragement à me rendre de plus en plus digne d'une association fondée sur l'amour de la patrie et de la liberté. »

Quelque temps après, Napoléon se fait proclamer Empereur. Voici la lettre de félicitations que lui adressa Malet :

« Citoyen premier Consul, nous réunissons nos vœux à ceux des Français qui désirent voir leur patrie heureuse et libre. Si un empire héréditaire est le seul refuge contre les factions, soyez empereur, mais employez toute l'autorité que votre suprême magistrature vous donne pour que cette nouvelle forme de gouvernement soit constituée de manière à nous préserver de l'incapacité ou de la tyrannie de vos successeurs, et qu'en cédant une portion si précieuse de notre liberté, nous n'encourions pas un jour de la part de nos enfants, le reproche d'avoir sacrifié la leur. »

En même temps, il écrit au général de division Gobert :

« J'ai pensé que, lorsqu'on était forcé par des circonstances impérieuses de donner une telle adhésion, il fallait y mettre de la dignité et ne pas trop ressembler aux grenouilles qui demandent un roi. »

Et il envoie sa démission.

On a dit aussi que Malet appartenait à la société des Philadelphes; il est au moins certain qu'il ourdit une. conspiration en 1808, pendant que l'Empereur était en Espagne. Trahi par un de ses [ complices, il fut arrêté et 55 personnes i avec lui ; mais au lieu de lui infliger la ' peine capitale, on se contenta de le retenir dans une prison d'État ; et bientôt ■ cette captivité fut adoucie au point de n'être plus qu'une détention dans une maison de santé à la barrière du Trône.

Cette détention durait depuis quatre ans lorsque cet esprit sombre, entreprenant, conçut, dans l'ennui de sa prison, le hardi projet de tenter une révolution à lui seul, sans autre moyen qu'un cri funèbre dont il devait faire retentir tout Paris. Ce cri, c'était: VEmpereur est mort.

Le grand éloignement de Napoléon, son expédition aventureuse au fond de la Russie, l'irrégularité et l'interruption fréquente des courriers avaient préparé les esprits. De graves inquiétudes circulaient dans Paris, et le conspirateur avait calculé toutes les chances qu'un premier moment de stupeur pourrait donner à qui saurait oser.

Au mois d'octobre 4812, le régiment de la Garde de Paris et quelques cohortes de la Garde nationale mobilisée formaient la garnison de la capitale. Le régiment de la Garde de Paris avait la même destination que l'ancien guet de cette ville, un service sédentaire; il se composait en grande partie de jeunes soldats enrôlés avant l'âge pour éviter la conscription et presque tous mariés. C'était une espèce de gendarmerie à pied. Dans la campagne de Prusse, on avait cependant dirigé ce régiment sur Dantzig. Il redoutait une seconde campagne, et la promesse de la paix générale devait le séduire. Elle devait plaire également à la dixième cohorte formée d'hommes échappés aux précédents tirages, et qu'une mesure récente avait arrachés à leurs foyers, lorsqu'ils se croyaient définitivement libérés. Les cohortes étaient commandées par de vieux officiers républicains, réformés à cause de leurs opinions, au commencement de l'Empire, et rappelés plus tard faute d'autres.

Que ferait-on, se dit Malet, si l'on apprenait tout à coup que Napoléon est mort à 600 lieues de sa capitale? point de Conseil de régence, rien n'a été prévu; le Sénat s'assemblerait aussitôt. Je le rassemblerai ; le Sénat ferait une proclamation, je la.rédigerai et la ferai adopter. »

Sautant à pieds joints sur les confidences, sur les associations, sur les délibérations, les hésitations et les lenteur, qui sont l'écueil ordinaire des conspirations, il avait pourvu à lui seul aux préliminaires de l'action. Toute la conspiration élait dans sa tête; ce qu'un Comité de conjurés aurait tenté de faire; il le suppose fait, ce que des intelligences dans les principaux corps de l'État auraient pu lui procurer, il le suppose obtenu. Les décrets qu'il aurait fallu arracher au Sénat, il les a dans son portefeuille. En vertu de ces décrets, le gouvernement impérial est aboli ; un gouvernement provisoire le remplace. Le général Malet, chargé du commandement militaire de Paris, se chargera des mesures d'exécution.

Ce gouvernement provisoire sera composé de MM. Mathieu de Montmorency, Alexis de Noailles, général Moreau, vice président, Carnot, président, maréchal Augereau , Bigonnet, ex - législateur, comte Frochot, préfet de la Seine, Florent Guyot, ex-législateur, Destutt de Tracy, général Malet, vice-amiral Tru-guet, Volney, sénateur, Garrat, sénateur.

Malet avait préparé des instructions pour tous les hommes qui devaient être ses complices sans le savoir. Ce travail préparatoire fut'immense, puisqu'il fallait remettre à chaque acteur un peu important, outre ses instructions particulières, des copies de sénatus-consulte et des proclamations. Dès qu'un rôle était complètement préparé , la dépêche était close, cachetée, numérotée et portée chez un prêtre espagnol qui demeurait rue Saint-Gilles, près la caserne de la 10e légion.

Dans la nuit du 22 au 23 octobre, échappant aux faibles consignes sous lesquelles il était détenu, Malet risque l'aventure. Cette nuit doit suffire pour lui procurer tout ce qui lui manquait encore : complices, troupes, argent et autorité.

Revêtu de son uniforme de générai de brigade, il se présente d'abord à la prison de la force, et, par de faux ordres, en fait sortir les généraux Lahorie et Guidai ; il leur annonce que l'Empereur est mort le 7 octobre devant Moscou, que le Sénat a pris des mesures et qu'il faut marcher. Lahorie et Guidai le suivent.

Ils se transportent devant une caserne ; la troupe était plongée dans le plus profond sommeil. Malet parle en maître, fait battre le tambour, et réveille chefs et soldats avec sa nouvelle fatale, Y Empereur est mort. Tenant à la main les prétendus décrets du Sénat, il ordonne qu'on prenne les armes. Le soldat ne raisonne pas, il obéit; diverses colonnes sont aussitôt mises en mouvement, et le plan s'exécute.

Un détachement commandé par Lahorie se dirige sur l'hôtel du duc de Ro-vigo, ministre de la police, en surprend l'entrée, enlève le ministre et le conduit à la prison de la Force; un autre détachement s'empare du préfet de police et le met également en lieu de sûreté ; une troisième colonne marche sur l'Hôtel— de-Ville, et la troupe prend position sur la place de Grève, tandis que ses commandants se font remettre la clef du tocsin Saint-Jean, appellent le préfet Frochot, et font préparer, par ses soins, la salle que le gouvernement provisoire doit venir occuper.

Le jour commençait à poindre, et déjà la nouvelle de la nuit avait produit son effet. Tout Paris s'était réveillé consterné. La mort de l'Empereur n'a pas trouvé un incrédule; chacun se renferme dans sa maison ; ce n'est qu'à la dérobée qu'on ose jeter un coup d'œil inquiet sur le parti révolutionnaire qui s'empare de la ville. Encore une heure de succès et l'action du gouvernement allait être paralysée dans ses principaux ressorts. Mais ce qu'un homme obscur a fait à force d'audace, un homme obscur va le déjouer avec un peu de bon sens et beau-coupd'énergie.

Malet n'avait rien eu de plus pressé que d"aller s'installer au quartier général de la place Vendôme, qui lui offrait toutes les facilités désirables pour jouer .son rôle de commandant; D'un coup de pistolet, il avait cru se débarrasser du général Hullin ; il allait disposer des officiers d'état-major, des bureaux, des cachets, et ses ordres, portés désormais par des ordonnances, ne pouvaient plus manquer d'être reconnus dans toutes les casernes; mais un officier de la police militaire qui se trouvait là, lé chef de bataillon Laborde a reconnu dans le nouveau général du Sénat l'ancien prisonnier Malet ; il ne veut rien croire de ce qu'un tel homme annonce, se jette sur lui, le désarme et le fait rentrer en prison.

Dès ce moment la conspiration est arrêtée. C'est un corps dont le cœur a cessé de battre. Les troupes, honteuses du rôle qu'on leur a fait jouer, se laissent facilement ramener dans leurs casernes, et l'ordre est aussitôt rétabli.

Tel est l'exposé de cette tentative hardie, incroyable, qui faillit renverser un magnifique échafaudage de gloire et de puissance. Le plan de Malet était habilement combiné, il avait trouvé le côté faible du gouvernement impérial, et si bien calculé les conséquences de l'obéissance passive, que le prisonnier, à peine libre, remplace l'Empereur. Dans cette déroute du pouvoir, le nom du roi de Rome ne fut pas même prononcé ; chacun ne songea plus qu'à soi. Au bruit de la mort de l'Empereur, le talisman s'était brisé; Malet a révélé un secret fatal, celui de la faiblesse de la nouvelle dynastie.

Les généraux Malet, Guidai et Laho-rie, traduits le 29 octobre 1812 devant un conseil de guerre, furent fusillés le

30 dans la plaine de Grenelle. Plusieurs malheureux officiers que les chefs avaient entraînés furent condamnés avec eux. L'Empereur déplora cette rigueur et la promptitude avec laquelle on l'avait, exercée. C'est une fusillade, c'est du sang, s'écria-t-il à la nouvelle du jugement, •quelle impression cela va faire en Francel Ce fut à la hauteur de Mikalewka, et le 6 novembre, qu'une estafette, la première qu'on eût reçue depuis dix jours, vint appor.ter la nouvelle de cette étrange conspiration. A peine arrivé à Paris, Napoléon fit venir i'Archichancelier, et dès qu'il l'aperçut, il courut à lui l'oeil enflammé de colère : « Ah ! vous voilà, lui dit-il d'une voix tonnante; qui vous a permis de faire fusiller mes officiers? Pourquoi m'avez-vous privé du plus beau droit du souverain, celui de faire grâce ; vous êtes bien coupable ! »

« La célèbre affaire de Malet était, en petit, mon retour de l'île d'Elbe, ma caricature. Cette extravagancene fut, au-fond , qu'une véritable mystification : c'était un prisonnier d'État, homme obscur qui s^échappe pour emprisonner à son tour le préfet, le ministre de la police, ces gardiens de cachots, ces flaireurs de conspirations, lesquels se laissent moutonnement garrotter. C'est un préfet de Paris, le répondant né de son département, très-dévoué d'ailleurs, mais qui se prête, sans la moindre opposition,aux arrangements de réunion d'un nouveau gouvernement qui n'existe pas. Ce sont des ministres nommés par les conspirateurs, occupés de bonne foi à ordonner leur costume, et faisant leur tournée de visites, quand ceux qui les avaient nommés étaient déjà renlrésdans les cachots ; c'est.enfin toute une capitale, apprenant au réveil l'espèce de débauche politique de la nuit, sans en avoir éprouvé le moindre inconvénient. Une telle extravagance ne pouvait avoir absolument aucun résultat. La chose eût-elle en tout réussi, elle serait tombée d'elle-même quelques heures après; et les conspirateurs victorieux n'eussent eu d'autre embarras que . de trouver à se cacher au sein du succès.» ( Napoléon à Sainte-Hélène. )

[modifier] MANDEVILLE (EUGENE-AUGUSTE-DAVID, de)

né à Avesnes, le 11 juin 1780 , fut appelé sous les drapeaux, à 17 ans, par la réquisition.

Quoiqu'il eût fait de bonnes études à l'ancien collège militaire de Tyron, il ' n'était que simple haut-le-pied dans les charrois de l'armée d'Italie, lorsque le général Grouchy, chargé de l'organisation militaire de l'armée piémontaise, lui conféra le grade de sous-lieutenant à l'état-major.

Plus tard, aide-de-camp des généraux Bellavène et Clarke, il fit avec distinction les campagnes de Prusse et de Pologne, et se fit remarquer principalement le 5 juin 1807, au combat de Gutt-stadt. Dans cette affaire, le 59e de ligne, dont il commandait alors une compagnie, dut à la fermeté de son chef la conservation d'un grand nombre d'hommes dispersés par une fausse marche, et qu'il réunit dans un poste où il se défendit tout le jour, quoique atteint d'un coup de feu 'à l'épaule.

Créé légionnaire à cette occasion, M. de Mandeville servit en Espagne en 1808 et 1809, et fut nommé dans le cours de la campagne de 1813, colonel du 149e de ligne.

Officier de la Légion-d'Honneur et général de brigade au 5e corps, après les revers de Leipzig, il tomba au pouvoir de l'ennemi et ne rentra en France qu'en septembre 1814.

Pendant les Cent-Jours, Napoléon lui confia le commandement des gardes nationales de l'arrondissement de Saverne, avec lesquelles il coopéra à la défense du cours du Rhin. Envoyé sous la Restauration dans le département des Vosges, le général de Mandeville y resta employé jusqu'en 1829.

Admis à la retraite en 1831, il s'était retiré à Saverne où il a terminé sa carrière le 28 janvier 1850.

[modifier] MANHÉS (CHARLES-ANTOINE, comte)

né le 4 novembre 1777, d'un procureur au présidial d'Aurillac (Cantal). Il fit un commencement d'études au collège de cette ville. Envoyé à l'École du Mans avant l'âge de quinze ans, sa première arme fut l'artillerie. Nommé sous-lieutenant en avril 1795, au 3e bataillon du Cantal, devenu 26e de ligne, il fit les campagnes de l'an III et de l'an IV à l'armée de Rhin-et-Moselle, sousPichegruet Hatri, et celle des ans V, VI et VII, sous Kellermann, Scherer, Bonaparte et Jou-bert. Il assista au siège de Luxembourg et se conduisit bravement à la bataille de Novi, où il fut grièvement blessé.

Nommé lieutenant le '24 décembre 1799, il fit en Italie les campagnes de l'an VIII et de l'an IX, sous Champion-net, Moreau, Masséna et Berthier.

Le 2 janvier 1802 (an X), le général Milhaud, son oncle, le prit comme aide-de-camp ; il le suivit pendant les campagnes de 1802 à 1806. Il se trouva à la bataille d'Austerlhz, et y eut un cheval tué sous lui. Napoléon l'avait décoré en janvier 1805.

Nommé capitaine en juin 1806 et chef d'escadron en avril 1807, il devint aide-de-camp du grand duc de Berg (Murât) et le suivit en Espagne en 1808. M. Man-hès fut chargé de conduire le prince de la Paix en France, à travers mille périls, mais sous bonne escorte. Lorsque Murât fut désigné par Napoléon pour occuper le trône de Naples, M. Manhès le suivit dans son royaume et ne tarda pas à en recevoir des marques d'une faveur peu commune. Chevalier de l'ordre des Deux-Siciles, il fut nommé colonel et maintenu dans ses fonctions d'aide-de-camp du roi. Le 4 septembre 1809 il reçut sa nomination de général de brigade, et celle de Commandeur de l'ordre. royal des Deux-Siciles le 19 août 1810.

Le roi Joachim ayant résolu de détruire le brigandage dans la Calabre, le général Manhès reçut une mission spéciale à cet effet et débuta par des mesures tellement terribles qu'au premier abord on les crut seulement dictées pour jeter l'épouvante, mais les faits ne tardèrent pas à parler, et de grandes cruautés furent commises, qui ramenèrent la sécurité de ce pays en étouffant le brigandage, mais qui donnèrent à Manhès une réputation de violence et de dureté. Il reçut de nouvelles récompenses à la suite de sa mission qui dura six mois ; Joachim le fit lieutenant-général (25 mars 1811), lui donna une dotation dans la Calabre avec le titre de comte ,wpuis lui confia le commandement des 2e, Ac et 5° divisions territoriales avec pleins pouvoirs de haute police, puis enfin premier inspecteur général de gendarmerie (février 1812).

En 1813, Joachim voulut se défaire des Carbonari et chargea encore Manhès de cette mission de colère, et ce général s'en acquitta avec la même inflexibilité. Pour prix de ce service il fut nommé grand dignitaire de l'ordre des Deux-Siciles.

En 181 i. lorsque Joachim eut signé un traité avec l'Autriche, un décret du grand juge renvoyait dans leur patrie tous les Français au service du roi de Naples. Le général Manhès refusa d'obéir. Le 17 mars 181S, Joachim déclara la guerre à l'Autriche, et M. Manhès fut chargé d'un commandement. Après l'affaire de Tolentino (3 mai), qui coûta la couronne à Murât, la reine fit partir de Naples sa sœur Pauline, le cardinal Fesch

et sa mère madame Letizia. Manhèsn'at-tendit pas l'issue des événements; il fit fréter un bâtiment et s'embarqua, le 19 mai, avec papiers et pavillon anglais. Il arriva à Marseille où commandait Brune; le 14 octobre il se rendit à Paris d'où on le renvoya à Aurillac. Ses offres de service aux Bourbons furent agréés; il fut maintenu au service et fut. nommé, en 1827, inspecteur général de gendarmerie. Il était à Paris pendant les trois journées de 1830. Conservé sur les cadres de disponibilité, il espéra longtemps un emploi qu'on lui refusa toujours.

Au mois de mai 1837, il fit un voyage à Naples et reçut de la cour le plus brillant accueil. Il revint chargé des cadeaux du roi Ferdinand pour la reine Marie Amélie.

Le général Manhès fut laissé sur le cadre de la retraite ; il avait été nommé précédemment commandeur de la Lé-gion-d'Honneur.

[modifier] MARANSIN (JEAN-PIERRE, baron)

naquit le 20 mars à Lourdes (Hautes-Pyrénées).

Volontaire le 13 février 1792 dans le 1" bataillon de son département, élu capitaine le même jour, il fit les campagnes de 1792 à l'an II à l'armée des Pyrénées-Occidentales.

Le 3 septembre 1793, à la tête de cinq compagnies qu'il commandait, il repoussa l'attaque du régiment d'Africa, dirigée contre le camp d'Aynhoua. Il s'empara des hauteurs de Laudibart, du village d'Urdach, des magasins et de la fonderie de canons que l'ennemi y avait établis.

Le 22 messidor an II, à la tête du 1er bataillon des Hautes-Pyrénées, il attaque le camp des émigrés dits de la légion de Saint-Simon, près de Berdaritz, prend, après le combat le plus opiniâtre, la caisse militaire de la légion, et en fait la remise au général Digonnet. Assailli, pendant l'action, par un nombre considérable d'émigrés, il en tua deux de sa main et dispersa'les autres à coups de sabre.

Le 26 vendémiaire an III, lors de l'invasion de la vallée de Roncevaux par le général Moncey, il attaqua, avec 1,200 hommes, et prit de vive force, le château d'Irati, enleva le chantier de cette ville, brûla les magasins de la mâture royale -, et causa à l'ennemi une perte de 4 millions.

Passé avec son bataillon dans la demi-brigade des Landes , le Ie" germinal suivant, il se rendit à l'armée de l'Ouest où il fit la campagne de la fin de cette année à l'an IV.

Au mois de vendémiaire an IV, avec cinq compagnies de grenadiers, il défendit un convoi de grains attaqué par 4,000 Vendéens commandés par Cha-rette ; il parvint à les disperser et amena le convoi à Léger, au moment où le général Raoul le croyait tombé entre les mains de l'ennemi.

Employé, en l'an VI, à l'armée d'Angleterre, et en l'an VII à celle du Danube, il soutint, le 4 floréal de cette dernière année, avec sa compagnie et quelques fuyards qu'il avait ralliés, les charges d'une nombreuse cavalerie autrichienne, sauva les débris de la division Ferino, qui avait été mise en désordre ; et reprit six pièces de canon. Cette action lui valut le grade de chef de bataillon le 26 prairial suivant.

Il fit les campagnes des ans VIII et IX à l'armée du Rhin.

Le 11 floréal an VIII, à la tête de son bataillon, il passa le premier le Rhin et s'empara de la ville de Schaffhausen, malgré la supériorité numérique de l'ennemi.

Le 20 du même mois, attaqué à Mem-mingen, et enveloppé par une division ennemie sous les ordres du général Kray, Maransin soutint un combat de deux

heures contre des forces dix fois plus nombreuses. Il se fit jour àla baïonnette, et ramena son bataillon en renversant tout ce qui s'opposait à son passage. Quoique blessé d'un coup de feu qui lui traversait la cuisse, il continua de combattre et contribua puissamment au succès de la journée. Rentré en France après la cessation des hostilités, il fut employé sur les côtes de l'Océan pendant les ans XI et XII.

Major du 31e léger, le. 30 frimaire an XII, membre de la Légion-d'Honneur le 4 germinal, et promu colonel de la lr0 légion du Midi le 27 janvier 1807, il fit partie du corps d'observation de la Gironde, devenu armée de Portugal, sous les ordres de Junot.

A la bataille de Vimeiro, au moment où l'armée était obligée d'opérer un mouvement rétrograde, il se porta en avant, f àla tête de ses troupes, et protégea la retraite de l'armée. Général de brigade le 8 novembre 1808, il fit partie du 8e corps de l'armée d'Espagne.

Baron de l'Empire le 15 août 1809, il ajouta encore à sa brillante réputation dans les combats livrés le 20 juillet 1810 au col de Muladar, dans la Sierra-Mo-rena.

Mis à la disposition du maréchal duc d'Elchingen, le 1er mars, pour être employé au 6e corps, il passa au 5% sous les ordres du duc de Trévise, le 10 avril suivant.

Le 1er janvier 1811, la division dont il faisait partie se mit en mouvement pour se porter sur Badajoz, dont le siège avait été résolu. Parti de Fuente di Cantos le 8, à la poursuite de Ballesteros, qui s'était établi à Frégenal, il se trouva, le 25, au combat de Los Castillejos, en Andalousie, où l'ennemi, après un combat de deux heures, se vit obligé de battre en retraite. Le régiment de Léon tenait encore, lorsque le général Maransin ordonna une charge à la baïonnette, qu'il conduisit lui-même. Le régiment espagnol, enfoncé et mis en déroule complète, entraîna avec lui le corps entier de Bal-lesteros, qui éprouva dans cette action des pertes immenses.

Celui-ci, poursuivi toute la nuit par le général Maransin, à la tête des 28e léger et 103° de ligne, se rejeta sur la rive gauche de la Guadiana, et ne put rallier ses troupes que derrière ce fleuve. Maransin arriva, le 2 février, au camp sous Badajoz.

Le 16 mai de la même année, il commandait une brigade de la division Girard, et se distingua à la bataille d'Albu-hera, ou il fut grièvement blessé.

Officier de la Légion-d'Honneur, le 20 du même mois , il resta à Séville pour y soigner sa blessure.

Appelé le 10 septembre suivant, au commandement de la 2e division de réserve de l'armée du Midi, il fit partie de la colonne envoyée dans les Alpuxarras contre la division insurgée du comte de Montejo, qui fut battue et dispersée. Il poussa ensuite jusqu'à Almeiria, reconnut la côte jusqu'à Malaga, et devint gouverneur de cette province.

Ballesteros s'étant avancé sur Malaga avec 5,800hommes d'infanterie, et 1,000 cavaliers, Maransin sortit de cette place à la tête de 1,800 hommes; il parvint, après un combat de quatre heures, à forcer les Espagnols à battre en retraite, laissant le champ de bataille couvert de morts et de blessés; Maransin reçut dans cette journée un coup de feu à travers le corps.

Maransin fut attaché, le 6 avril 1813, à la division de cavalerie légère du général Soult, et alla occuper Tolède et II-lescas.

Général de division le 30 mai, il demeura à la suite du quartier général et se trouva, le 21 juin, à la bataille de Vit-il.

toria. De cinq heures du matin à trois heures de l'après-midi, il lutta avec la plus grande énergie ; mais , accablé par le nombre toujours croissant des ennemis , il se retira et rejoignit le gros de l'armée avec son artillerie.

Le 6 juillet suivant, les armées an Nord, du Centre et du Midi, formèrent l'armée dite d'Espagne , sous les ordres du maréchal duc de Dalmatie, et, le 16 du même mois. Maransin prit le commandement de la 6e division d'infanterie , faisant partie du centre de cette armée. Le 25, au col de Maïa, il culbuta le corps du général Hill, lui enleva cinq pièces de canon, et lui prit 700 hommes.

Il occupa avec ses troupes les camps d'Ainhoa et de Vérfi jusqu'au 5 septembre, époque à laquelle le général en chef le plaça à la têle de la 5e division d'infanterie, qui se trouvait à l'aile gauche.

Il combattit vaillamment aux affaires des 9, 10, 11, 12 et 13 décembre sur la Nive , et reçut un coup de feu à l'aine gauche, à la dernière de ces cinq journées.

Le 27 février 1814, il se trouva à la bataille d'Orthez, où il repoussa l'attaque du général anglais Alten.

Le 10 avril, à la bataille de Toulouse, il formait l'aile gauche de l'armée, avec sa division et celle du général Darricau. Attaqué à sept heures du matin, près de l'embranchement du canal, il fit bonne contenance, et ne put être débusqué de ses positions malgré les efforts réitérés de l'ennemi.

Chevalier de SaintrLouis le 24 août, mis en non-activité le 1" septembre, et créé commandeur de la Légion-d'Honneur le 15 décembre de la même année, le roi l'employa dans la 2e subdivision de la 10e division militaire le 15 janvier 1815.

Le 10 mai suivant, l'Empereur lui confia le commandement de la 7° division de réserve des gardes nationales de l'armée des Alpes. C'est à la tête de ces troupes qu'il seconda les opérations militaires du général duc d'Albuféra.

Commandant provisoire de la d9c division militaire (Lyon), le 2 août, mis en non-activité le 26 octobre, et dénoncé au ministre de la police, il subit à ïarbes un emprisonnement préventif de quatre mois.

Compris comme disponible dans le cadre de l'état-major général de l'armée le 30 décembre 1818, et mis à la retraite le 1°' décembre 1825, il mourut à Paris le lo mai 1828.

Son nom est inscrit sur l'arc de triom-.phe de l'Étoile, côté Ouest.

[modifier] MARCEAU (FRANÇOIS-SEVERIN DES GRAVIERS)

né à Chartres en 1769, fut destiné au barreau; mais sa vocation l'emportant, il s'engagea à 16 ans dans l'infanterie. Congédié en 1789, il devint en •1791 commandant du bataillon de volontaires du département d'Eure-et-Loir. Il servit avec distinction, sous LaFayette, en 1792, etfut arrêté à l'armée de l'Ouest comme complice de Westermann, par ordre du représentant Bourbotte. Mis en liberté peu de temps après, il eut l'occa-' sion de sauver la vie à ce même Bourbotte, à la bataille de Saumur. Cette conduite généreuse lui valut le grade de général de brigade. Bientôt après, désigné seul capable par Kléber, il fut nommé, à 22 ans, commandant en chef des deux armées de l'Ouest. Les 12 et 13 décembre 1793, il gagna la sanglante bataille du Mans, où périrent 10^000 républicains et 20,000 Vendéens* Accusé d'avoir sauvé un jeune royaliste, il fut de nouveau mis en accusation, défendu et justifié par Bourbotte.

Général de division à l'armée de Sam-bre-et-Meuse, Marceau commandait l'aile droite à la bataille de Fleuras, où il eut

deux chevaux tués sous lui. On le vit combattre à pied à la tête de ses bataillons et achever le succès de cette brillante journée.

Forcé de lever le blocus de Mayence qu'il commandait en 1796, il fut chargé de couvrir la retraite de l'armée. Il repoussa l'archiduc Charles qui avait battu Jourdan; mais le 19 août, tandis que pour donner le temps à l'armée de passer le défilé d'AHenkirchen, il arrêtait la marche du corps ennemi, commandé par le général Hotze, il reçut d'un chasseur tyrolien un coup mortel dans la forêt d'Hochsteinball, et fut laissé entre les mains de l'ennemi. L'archiduc Charles fit en vain prodiguer au jeune général tous les secours de l'art, Marceau succomba, et sa mort fut encore un nouveau triomphe. Il fut inhumé dans le camp retranché de Coblentz au bruit de l'artillerie des deux armées. Kléber dessina lui-même le monument funèbre qui fut élevé à la mémoire de son émule et de son ami, vis-à-vis Ehrenbreitstein. Une inscription gravée sur la pyramide invitait « les amis et les ennemis du brave à respecter son tombeau. »

Un magistrat de Coblentz, prononçant l'oraison funèbre du général ennemi, dit ces paroles : « Au sein de la guerre, il soulagea les peuples, préserva les propriétés et protégea le commerce et l'industrie des provinces conquises. »

Lord Byron écrivit des. vers sur son tombeau. Quand le gouvernement prussien fit construire les nombreuses forteresses qui défendent aujourd'hui cette position, on voulut élever des batteries à la place même où s'élevait la pyramide; mais on obéit à l'inscription : la pyramide fut respectée, et on descendit le monument dans-le milieu de la plaine, au-dessous du nouveau fort.

L'un des deux, grands bas-reliefs de l'arc de l'Étoile, du côté de Paris, représente les Honneurs rendus au général Marceau. Ce bas-relief est de M. Lemïaire.

[modifier] MARCEL (ETIENNE)

né à Gien (Loiret) le 31 janvier 1792. Après avoir terminé ses études scolaires, il entra fort jeune encore dans les bureaux de la préfecture d'Orléans, et fut nommé, le 27 août 1809, capitaine dans les Gardes nationales du Loiret. Il fut envoyé à l'armée du Nord, et bientôt après, Ie' mars 1810, il passa dans la garde, avec le grade de lieutenant au 7e régiment de voltigeurs, dédoublé quelques mois plus tard pour former le 116e régiment de ligne.

M. Marcel fit les campagnes d'Espagne de 1810,1811,1812,1813 et celle du midi de la France en 1814. Il se distingua en 1811 à la bataille de Sagonte, où iï fut grièvement blessé, et à la suite de laquelle il fut nommé lieutenant aide-major '.

Promu au grade de capitaine adjudant-major le 26 juillet 1813, M'. Marcel passa à la suite de nos désastres avec le même grade dans le 92e d'infanterie de ligne, et fut, après le second retour des Bourbons, compris au nombre des officiers licenciés.

En 1816, il reprit du service en qualité de capitaine de la légion départementale du Loiret, devenue plus tard 48* d'infanterie de ligne, fut créé chef de bataillon le 11 juin 1823, et envoyé quelques mois plus tard a la Guadeloupe, d'où il ne revint qu'à la fin dé 1827.

En 1830, M. Marcel fit la campagne d'Afrique où il est resté pendant trois ans. Il fut nommé lieutenant-colonel au 15* d'infanterie de ligne, le 27 janvier 1831, et plus tard (3f décembre 1835), colonel dii 41e; mais il ne prit point le' commandement de ce' régiment, une disposition du ministre de la guerre l'ayant, quelques jours plus tard (16 janvier 1836).

maintenu au 15" avec son nouveau grade.

M. Marcel" a été proposé plusieurs fois pour la croix d'honneur sous l'Empiré. Cette décoration ne lui fut accordée que le 27 janvier 1815. Il a été créé officier de cet ordre le 17 mai 1832. Il avait obtenu en outre, sous la Restauration (25 octobre 1826), la croix de chevalier de Saint-Louis. Promu au grade de général' de brigade le 22 octobre 184S, il reçut ensuite le commandement de la 3e subdivision de la 16e division militaire.

[modifier] MARCHAND (JEAN-GABRIEL, comte)

né à Lalbenc (Isère) le 11 décembre 1765. Avocat à Grenoble en 1789. Il commandait en 1791 une compagnie d'éclaireurs du 46 bataillon de l'Isère, se distingua dans la campagne de Savoie, assista au siège de Toulon, fut attaché comme adjoint à l'état-major du général Cervoni et se lia à cette époque avec Joubért. En novembre 1795, à Loàno, le colonel Lannes et le capitaine Marchand attaquèrent, avec 200 grenadiers, une redoute armée de six pièces de canon et défendue par 1,200 grenadiers hongrois, et la.p'ri-rent en un instant. Ces deux bravés tournèrent aussitôt les six pièces d'é canon contre l'armée ennemie et procùrèrenf la victoire aux Français. Le' capitaine Marchand fut complimenté par Scheref et nommé chef de bataillon.

En juin 1796, le commandant Marchand, à la têïe dé'300 carabiniers* du' 3e'léger, surprit un camp de'8 à 10,00C Autrichiens, fit poser les armés à tous' les postes et ramena 40Ôr prisonniers au général Joubert. Le 29 juillet, il attaqua 3,000 Autrichiens qui prenaient à découvert le flanc de Joubert et reçût une" balle dans la poitrine.

Fait prisonnier le 14 juin 1797, il fiit nommé colonel et'écbangé sur-lé-chàmp.

M. Marchand fut quelque temps commandant de' la place de Rome en 1798 et destitué'; niais'Joubert, avant de partir pour l'Italie, le prit pour aide-de-camp.

Le premier Consul ayant nommé Marchand général de brigade, lui confia d'abord le commandement de l'Isère, puis l'envoya commander au camp de Boulogne une brigade de la division Dupont, qui s'illustra en 1805.

Nommé général de division le 24 décembre 1805, il assista à la bataille d'Iéna et à la prise de Magdebourg.

Le 4 juin 1807, 80,000 Russes ayant attaqué les!2,000 braves commandés par Ney, le général Marchand, qui était sous ses ordres, se signala en protégeant le passage du pont de Deppen.

A Friedland, la division Marchand se dirigea l'arme au bras sur le clocher de cette ville, sans être arrêtée par le feu épouvantable de l'artillerie et parvint à occuper Friedland.

En 1807, M. Marchand fut décoré du grand Aigle, passa en Espagne où il fit quatre campagnes. Il se signala principalement au passage du Tage le 8 août 1809, au combat de Torrès le 29 novembre, au combat de Fuentès-Onoro, le 3 mai 1811.

Il commanda une division en Russie, fut souvent nommé dans les bulletins officiels, surtout aux journées de Valen-tino et de la Moskowa.

En 1815, il commandait la 7" division militaire, y rendit de grands services et reprit Chambéry sur les Autrichiens.

Appelé au commandement de la 1" subdivision de la 7e division à Grenoble, il chercha sérieusement à s'opposer au succès du 20 mars. Tous ses efforts s'é-tant trouvés inutiles, le général Marchand se retira au fort Barreau.

Au retour du roi, il reprit son commandement, fut néanmoins accusé d'avoir livré Grenoble sans défense à Napoléon; destitué le 4 janvier 1816 et traduit à Besançon devant un conseil de guerre, il fut acquitté après six mois de débats.

Mis en disponibilité en 4818, puis en retraite.

Le général Marchand est grand-croix de la Légion-d'Honneur, chevalier de Saint-Louis, grand-croix du Mérite militaire de Wurtemberg et de l'ordre de Saint-Louis de 1" classe de Hesse Darm-stadt.

[modifier] MARCOGNET (PIERRE-LOUIS-BINET, baron de)

né à Croix-Chapeau (Charente-Inférieure), le 14 novembre 1765.

Cadet au régiment de Bourbonnais, le 13 mars 1781, sous-lieutenant au même régiment au mois de juillet, il fit les campagnes de 1781,1782 et 1783 en Amérique, sous Rochambeau.

Lieutenant en 1787 , et capitaine en 1792, il servit à l'armée du Rhin.

Le 14 septembre 1793, il se fit remarquer à la reprise du camp de Buden-thal, sur la Loutre , et reçut un coup de feu à la cuisse droite ; il se signala de nouveau en novembre. à Detwiller, sur la Soar, eu avant de Saverne.

Passé, le 7 fructidor an III, à la 10° demi-brigade d'infanterie légère, il prit une part glorieuse à l'affaire de Malche, le 21 messidor an IV ; le lendemain il fut nommé chef de bataillon provisoire, et se trouva aux batailles de Neresheim et de Geisenfeld.

Marcognet donna de nouveau son sang à la patrie à la reprise des lignes de Weissembourg, à l'affaire de Filigen, à la bataille de Biberach et au siège de Kehl, où il reçut un coup de feu au bras droit, et fut nommé par le général Piche-gru, en l'an VII, chef de bataillon titulaire à la 95e demi-brigade d'infanterie.

Promu adjudant-général chef de brigade provisoire le 26 floréal, Marcognet fut confirmé dans ce grade au 108" régiment d'infanterie le 18 prairial an VIII, et fit la campagne de l'an IX, toujours à l'armée du Rhin; il combattit vaillamment à la bataille de Hohenlinden.

L'inspecteur général Grenier disait de Marcognet, dans une note donnée en l'an X : « Officier très-méritant sous tous les rapports, digne du commandement qui lui est confié; » et l'inspecteur général Tilly : « Officier très-distingué, plein de zèle et- d'activité , méritant sous tous ies rapports, et très-digne du commandement qui lui est confié. Les connaissances de cet officier le rendent susceptible d'avancement. »

Général de brigade le 11 fructidor an XI, il "fit partie, pendant les deux années suivantes, du camp de Montreuil.

Nommé membre de la Légion-d'Hon-neur le 19 frimaire an XIII, l'Empereur lui donna la croix de l'Ordre le 25 prairial suivant, et l'appela au commandement d'une brigade de la 3e division du 6e corps de la grande armée, avec laquelle il fit les campagnes de 1806 à 1807. °

Créé baron en 1808, il passa en Espagne sous les ordres du maréchal Ney.

Marcognet se distingua dans plusieurs rencontres, notamment les 18 et 19juin, sous les murs d'Oviédo. Il continua à servir en Espagne dans les années 1809, 1810, et jusqu'au 6 août 1811, époque à laquelle l'Empereur le nomma général de division.

Le 6 février 1812, il prit le commandement de la 14° division militaire. Le 30 mai 1813, il fit partie du corps d'observation de l'Adige.

En 1814, le gouvernement le mit en non-activité. Le 8 juillet, le Roi le nomma chevalier de Saint-Louis, et grand officier de la Légion-d'Honneur le 27 décembre.

Le 6 avril 1815, il commanda la 3'division au V corps d'observation, et obtint sa retraite le 9 septembre suivant.

Admis dans le cadre de réserve le 7 février 1831, il fut définitivement retraité le 1" mai 1832.

[modifier] MARESCOT (ARMAND-SAMUEL, marquis de)

né à Tours en 1758, fut élevé à La Flèche, puis à l'École militaire de Paris, entra ensuite dans le corps royal du génie, et qui était déjà capitaine de cette arme en 1792. Il servit en cette qualité à l'armée du Nord, contribua à mettre Lille en état de défense ; il se distingua pendant la durée du siège mémorable que soutint alors cette place. L'armée française s'étant ensuite portée en Belgique, le capitaine Marescot y suivit le général Champmorin en qualité d'aide-de-camp, et assista au siège d'Anvers où il servit comme officier de son arme. La perte de la bataille de Nerwinde le ramena avec l'armée sur la frontière du Nord. Il refusa d'imiter Dumouriez dans sa défection, rentra dans Lille, et parmi les travaux de défense qu'il y fit alors exécuter, on cite la ligne de la Deuie et du canal de Lille à Douai, et un camp retranché sous la première de ces places, pour un corps de 15 à 18,000 hommes. Dénoncé ensuite par le club des Jacobins, il fut appelé à Paris; mais bientôt justifié, il fut envoyé au siège de Toulon avec le grade de chef" de bataillon. Il y connut Bonaparte et eut avec lui, après la prise de cette ville,une vive altercation.

En 1794 il mit Maubeuge en état de défense et fut chargé de la direction du siège de Charleroi. Le 26 juin il contribua au gain de la bataille de Fleurus, et sa belle conduite lui mérita bientôt le titre de colonel et de général de brigade. En 1794 il s'empara de Maëstricht et fut nommé général de division. Porté sur la liste des émigrés, il en fut rayé par Car-not et envoyé à l'armée des Pyrénées-Orientales, où il fit démolir les fortifications de Fontarabie et fut nommé commandant des pays conquis. Parti ensuite pour l'Allemagne, il défendit avec beau-, coup de talent Landau et le fort de Kehl.

Au 18 brumaire il commandait en .chef le génie à Mayence. Premier inspecteur du génie en d800, il accompagna Bonaparte en Italie. Après la victoire de Marengo il présida le Comité des fortifications, puis il fit avec distinction la campagne d'Allemagne en 1805 et as-'sista à la bataille d'Austerlitz.

En 1808 il inspecta les places des Pyrénées et celles de la Péninsule occupées par les troupes françaises. Il suivit le général Dupont en Espagne et se trouva à l'affaire de Baylen. Quoique échangé à la capitulation, il fut arrêté et destitué à son retour en France, subit une détention de trois ans, et fut ensuite exilé à Tours. Le 8 avril 1814 le gouvernement provisoire le réintégra dans son grade de premier inspecteur général du génie. Le comte d'Artois le nomma ensuite commissaire du roi dans la 20e division militaire, et Louis XVIII le rétablit dans tous ses grades et dignités. Pendant les Cent-Jours il accepta les fonctions d'inspecteur dans l'Argone et dans les Vosges, fut mis à la retraite sous la seconde Restauration, et néanmoins entra à la Chambre des pairs le S mars 1819. Il reprit plus tard le titre de marquis et mourut à Vendôme le 25 décembre 1832.

On a de lui plusieurs ouvrages sur les travaux de son arme.

[modifier] MAREY-MONGE (GUILLAUME-STANISLAS)

est le petit-fils de l'illustre Monge, fondateur de l'École polytechnique, ministre de la marine et président du Sénat II naquit à Nuits le 17 mars 1796. Il entra en 1814 à l'École polytechnique et prit part avec elle à la défense de Paris en 1.815.

En 1817 les élèves licenciés furent admis à passer des examens à la suite desquels M. Stanislas Marey fut nommé élève sous-lieutenant de l'École d'artillerie et du génie, en sortit le 19 janvier

1820, le premier de sa promotion, nommé lieutenant en second dans le 3' d'artillerie à cheval, il était capitaine adjudant-major en 1826 et adjudant-major au 2° régiment.

Jusqu'en 1830 il s'occupa de diverses recherches relatives à son arme, et se fit connaître avantageusement par des mémoires qui fixèrent l'attention du Comité d'artillerie.

En 1830, attaché à l'état-major du général Lahitte, il prit part à toutes les actions de cette première campagne.

Le 21 octobre il fut chargé d'organiser les corps indigènes (chasseurs algériens) et fut nommé à cet effet chef d'escadron ; il prit part à la première expédition de Médéah sous les ordres du maréchal Clauzel, et à la seconde dirigée par le général Berthezène. Le 1" juillet 1831, chef d'escadron, Marey se distingua particulièrement au combat d'Ouara et y fut blessé; il fut décoré le 14 septembre. En 1832 les chasseurs algériens furent versés dans le 1er régiment des chasseurs d'Afrique. Dans ce nouveau corps, Marey prit part à un grand nombre d'affaires, et son nom se trouve cité deux fois à l'ordre du jour de l'armée. Il se fit surtout remarquer au combat de Boufa-rich, sous le général de Fondous, qui le proposa pour le grade de lieutenant-colonel ; ce grade lui fut conféré le 17 septembre 1834, et on le chargea de l'orgar nisation des spahis réguliers d'Alger, des spahis auxiliaires et du commandement général de toutes les tribus arabes des environs d'Alger avec le titre d'agha.

Le lieutenant-colonel Marey exerça les fonctions critiques et accidentées d'Alger sous les gouverneurs généraux, le comte d'Erlon, le maréchal Clauzel et le comte Damrémont; du jO novembre 1834 au 22 avril 1837, il obtint alors sa démission et fut nommé colonel des spahis réguliers. Comme chef de corps il se couvrit de gloire en cent occasions, reçut la croix d'officier le 9 août 1835.

Le colonel Marey, de retour en France en mars 4839, fut envoyé au camp des troupes piémontaises, près de Turin, et fut placé à la tête du 1er régiment de cuirassiers. Il avait passé neuf années en Afrique.

Nommé après peu de temps général de brigade, il fut promu le 12 juin 1848 au grade de général de division et de commandeur de la Légion-d'Honneur.

Il commande aujourd'hui la 13e division militaire (Clermont-Ferrand), qui comprend dix départements, et réunit à ce commandement celui des troupes de la Ve subdivision (Puy-de-Dôme).

[modifier] MARGARON (PIERRE, baron)

né à Lyon (Rhône) le 4e' mai 1765, débuta dans la carrière des armes par le grade de capitaine provisoire dans une compagnie franche qui fut incorporée dans la Légion des Ardennes Je 15 août 1792.

Nommé second chef de bataillon le 10 décembre suivant, et premier du grade dans cette légion le 10 avril 1793, il en prit le commandement le 14 du même mois.

Adjudant-général en l'an TII à l'armée du Nord, il passa en l'an IV à l'armée de Sambre-et- Meuse. Le 3 nivôse an VII, devenu chef de brigade du premier régiment de cavalerie, depuis 1er cuirassiers, il fut blessé d'une balle à la bataille de Novi, et, quelques jours après, à la bataille de Fossano, il eut la jambe droite cassée en remplissant une mission du général en chef Championnet. En l'an IX, par suite d'un contre-ordre de Brune, alors général en chef de l'armée d'Italie, Margaron, qui n'avait avec lui que 200 chevaux et deux pièces d'artillerie, se trouva presque enveloppé par un corps de cavalerie légère ennemie sorti du camp retranché de Vérone ;

toutefois,,il effectua deux charges vigoureuses, reprit le village de San-Mas-sino , y soutint deux attaques du corps qu'il venait de traverser, le repoussa et s'empara de 100 chevaux.

Nommé général de brigade en l'an XI, membre et commandant de la Légion-d'Honneur, les 19 frimaire et 25 prairial an XII, il avait alors un commandement dans la-division de cavalerie du camp de Saint-Omer, qui, sous les ordres du maréchal Soult, forma le 4e corps de la grande armée, avec lequel il fit la campagne de l'an XIV et combattit à Aus-terlitz.

Blessé de deux coups de feu pendant cette mémorable campagne, il revint en France, et, mis d'abord en disponibilité le 11 avril 1806, il reçut ensuite l'ordre , le 28 juillet, de rejoindre le quartier général de la grande armée, qu'il quitta de nouveau en 1807 pour se rendre au corps d'observation de la Gironde, et de là à l'armée de Portugal que commandait Junot.

Apprenant qu'un corps de 20,000 insurgés s'avançait des rives de Mondego sur Lisbonne, Junot envoya à sa rencontre le général Margaron, qui le battit à Leira , lui tua 8 à 900 hommes, prit tous ses drapeaux et s'empara de Tho-mar. Faisant ensuite sa jonction avec le général- Loison, il déploya la valeur la plus brillante à la bataille d'Évora, en enfonçant le centre de la ligne portugaise, à la tête du 86e régiment, et en se [rendant maître de trois pièces de canon.

« Dans cette affaire, écrivait Loison à Junot, les généraux Solignac et Margaron se sont conduits comme ils l'avaient fait dans les campagnes précédentes, c'est-à-dire avec talent, sang-froid, intrépidité, et ont encore ajouté à leurs anciens titres. »

Chargé, pendant le siège d'Evora, de l'attaque dirigée du côté de Beja, de Montemor et de l'Aqueduc, Margaron balaya devant lui tout ce qui s'opposait à son mouvement sur les portes de la ville; n'ayant pu les enfoncer, il fit démolir la muraille à droite et à gauche, sous le feu le plus terrible, et, la brèche pratiquée, lui, le chef d'escadron Sim-mer, et le capitaine Auguste de Fortin, se précipitèrent dans la place, qui ne se rendit qu'après la résistance la plus opiniâtre.

Il se signala d'une manière non moins éclatante, le 20 août de la même année , à la bataille de Vimeira , laquelle décida de l'occupation du Portugal.

Rentré en France, il fut investi du commandement des dépôts de cavalerie établis dans les départements des Deux-Sèvres et de la Charente-Inférieure.

Créé baron de l'Empire, il retourna en Espagne, attaché au 2e corps, en 1809, et revint en France par congé vers la fin de la même année.

Le 6 septembre 1810, il prit le commandement du département de la Haute-Loire, et le garda jusqu'au 22 juillet 1812.

Envoyé à la grande armée , il fut nommé général de division en 1813 , et adhéra en 1814 aux actes du Sénat.

Fait chevalier de Saint-Louis et inspecteur général de la gendarmerie, il accepta une inspection générale pendant les Cent-Jours et fut mis en non-activité le 22 octobre 1815.

Nommé de nouveau, le 14 août 1816, inspecteur général de la gendarmerie, etreplacé en disponibilité le3 juillet 1821, il mourut à Paris le 16 décembre 1824.

Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté Nord.

[modifier] MARION (CHARLES-STANISLAS, baron)

né le 7 mai 1738 à Charmes (Vosges), entra au service le 1"' décembre 1776 dans le régiment du Roi-Infanterie, ca-

poral en 1780, il reçut son congé de grâce en 1789. Le jour même où il recevait son congé il fut incorporé dans la garde nationale de Charmes, où il fut nommé caporal, sergent et capitaine dans la même journée. Il y servit jusqu'au 23 août 1791, époque à laquelle il passa comme capitaine dans le 4° bataillon des Vosges, incorporé plus tard dans la 21e demi-brigade bis d'infanterie légère, et fit, avec ce corps, les campagnes de 1792, 1793, ans II, III et IV, à l'armée du Rhin, et fut blessé d'un coup de sabre au bras droit, le 30 mars 1793, au combat de Rheinturckeim.

Il devint chef de bataillon en l'an IV, lors de l'amalgame du 4e bataillon des Vosges dans la 21e demi-brigade bis d'infanterie légère.

Prisonnier de guerre à Manhebn le Ie'frimaire suivant, il fut rendu à la liberté au mois de prairial de la même année.

Maintenu en l'an V, dans son grade de chef de bataillon lors de l'incorporation de la 21e légère bis, dans la 21e de même arme, il fit, à l'armée d'Italie, les guerres des ans V, VI, Vil, VIII et IX, et passa, Te 11 floréal an V, chef de bataillon à la suite de la 93e demi-brigade d'infanterie de ligne, par ordre du général en chef Bonaparte.

Il se trouva, le 6 germinal an VII, à la bataille qui eut lieu devant Vérorie, sur la hauteur entre Bussolengo et la Co-rone.

Chargé par le général Delmas d'enlever trois redoutes défendues par 1,300 hommes et une nombreuse artillerie , il s'empara des deux premières avant le lever du soleil. Il se porta ensuite à la troisième, mais l'ennemi était sur ses gardes et avait fait ses dispositions de défense. La victoire fut longtemps disputée. Trois fois les braves grenadiers français et leur intrépide chef reviennent à la charge, trois fois ils sont repoussés. Enfin, une quatrième charge est exécutée , la redoute tombe au pouvoir des Français. Cette action sanglante, dans laquelle nous eûmes 11 officiers sur 24, et 200 grenadiers hors de combat, coûta à l'ennemi un grand nombre de tués et blessés, 1,000 prisonniers, toute son artillerie et deux.drapeaux.

Vers le soir de la même journée, et à la hauteur du pont de l'Adige, avec 100 hommes seulement, il fit mettre bas les armes à une colonne de 700 Autrichiens, qui se dirigeait sur ce point.

Le 20 floréal suivant, au combat de San-Giuliano, Marion eut un cheval tué sous lui ; le 23, lors de la retraite de 7 à 8,000 Russes qui avaient passé le Pô, sous Valence, il rallia ses troupes qui s'étaient battues "toute la journée en tirailleurs , et marcha en colonne serrée contre les Russes, qu'il poursuivit avec tant d'acharnement et de célérité jusqu'au Pô , près de Bassignano, qu'il les força de se jeter dans la rivière, ou plus de 1,500 se noyèrent en la traversant. Deux pièces de canon et tous leurs bagages tombèrent au pouvoir des Français.

Le 1er messidor, à la bataille de la Trébia, où il commandait la 93° en l'absence du chef, il se trouva cerné de toutes parts en soutenant la retraite de la division à laquelle il appartenait. Sa position était critique et ne lui laissait d'autre alternative que de mettre bas les armes ou de se frayer un passage de vive force ; prenant aussitôt son parti, il ordonne la charge. L'attaque fut vive, la résistance opiniâtre; il y eut de part et d'autre beaucoup de tués et de blessés; mais il parvint à se frayer un chemin à travers des bataillons ennemis et à rejoindre le gros de l'armée.

Deux jours après cette glorieuse retraite, la division dont la 93' faisait par-

tie dut opérer un mouvement. Pendant cinq heures, le commandant Marion, ' séparé de l'armée, demeura avec un seul bataillon en présence de l'ennemi. Le succès couronna son audace; il contint l'ennemi sur tous les points, et exécuta sa retraite avec tant de bonheur qu'il parvint non-seulement à tirer le bataillon du mauvais pas ou il était engagé, mais encore à faire essuyer à l'ennemi une grande perte : 300 Russes restèrent sur le champ de bataille.

A la bataille de Novi, le général en chef le nomma chef de brigade de la 93e sur le champ de bataille. Confirmé dans son grade par arrêté du premier Consul du 12 frimaire an VIII, il fut fait prisonnier au fort de Savone le 26 du même mois.

Rentré en France après la paix, il fit partie, en l'an X, du corps d'observation de la Gironde, et alla tenir garnison à Périgueux pendant l'an XI.

Passé comme colonel au 24' régiment d'infanterie légère en l'an XII, il fut nommé membre de la Légion-d'Honneur le 19 frimaire, devint officier le 25 prairial suivant, et fut employé au camp de Saint-Omer pendant les ans XII-et XIII.

Général de brigade, le 2 fructidor de cette dernière année, il fut créé baron de l'Empire le 23 mars 1808,'et appelé au commandement du département des" Pyrénées-Orientales le 28 juin suivant.

Il fit la campagne d'Allemagne avec la division Saint-Hilaire au 2e corps de la grande armée, fut employé au camp de Boulogne; fut nommé commandant de la Légion-d'Honneur le 2 septembre 1812, et périt glorieusement, de la mort des braves, le 7 du même mois sur Je champ de bataille de la Moskowa.

Son nom est inscrit sur le côté Est de l'arc de triomphe de l'Étoile.

[modifier] MARM0NT (AUGUSTE-FREDERIC-LOUIS VTESSE de)

duc de Ragusp, ex-maréchal de France, né à Chatillon-sur-Seine, le 20 juillet 1774; sous-lieutenant d'infanterie à 15.ans, sous-lieutenant d'artillerie en 4792, capitaine à l'armée de Mayence, commandant l'artillerie de l'avant-garde Desaix; aide-de-camp du général Bonaparte , il eut un sabre d'honneur à Lodi; chef de brigade en l'an V, commandant de la 4* demi-brigade En Egypte, ramené en France par le général en chef, il fut nommé conseiller d'État après le 18 brumaire auquel il concourut, et quelques mois après il fut promu au commandement en chef de l'artillerie de l'armée de réserve qui traversa le mont Saint-Bernard. 11 déploya les ressources les plus ingénieuses pour transporter le matériel au delà des cimes du mont.

Général de division après la campagne de Marengo , premier inspecteur général d'artillerie, en janvier 1801, commandant les troupes de l'armée de Hollande, en 1806, commandant de la Dalmatie, il en chassa les Russes; créé duc de Raguse et gouverneur général des provinces Illyriennes. Maréchal d'empire sur le champ de bataille de Znaïm, il succéda en 1811 à Masséna dans le commandement de l'armée de Portugal et s'y montra faible, irrésolu, inactif; le 22 juillet 1812, il perdit la funeste bataille des Arapyles, fut grièvement blessé et céda le commandement à Clause], qui sauva l'armée.

« La conduite du duc de Raguse dans les plaines de Salamanque mérite le blâme le plus sévère, et offre un exem- • pie mémorable des funestes conséquences que peut entraîner la confiance présomptueuse d'un général d'armée. L'am-~ bition du duc de Raguse était de combattre seul lord Wellington, il n'attendit pas l'armée du centre, et une partie de j'armée du Nord qui s'avançait pour le

soutenir. L'Empereur, irrité des pertes de J'armée de Portugal, ordonna au ministre de la guerre de poser des questions à Marmont, qui répondit en effet au duc de Feltre. Néanmoins, soit que l'Empereur ne fût pas complètement convaincu de la gravité des torts reprochés au maréchal, soit qu'il fût porté ;i l'indulgence envers celui qu'il considérait comme sou enfant, il lui confia au mois d'avril 1813 le commandement du 6e corps de la grande armée, fort do 12,000 combattants. »

Il rétablit sa réputation militaire à Luf-zen, à Bâutzen,. à Wurschen, puis ;i Dresde et à Leipzig, la compromit dû nouveau en janvier 1814, en se retirai1.! devant Saken, presque sans coup férir; se distingua à Brienne, àChamp-Auberî. à Vauchamp, à Ëlogeg , à Soissons.

Le 30 mars, il se trouvait sous les murs de Paris, partout on se défendai! encore avec succès; tôt ou tard, sans doute, il aurait fallu céder au nombre; mais à la vue de quelques obus qui tombaient sur Paris, il cessa tout effort de résistance. Il oublia l'ordre qu'avait diclù l'Empereur, de s'ensevelir au besoin sous les ruines de la capitale; et sans s'inquiéter si son collègue Mortier tenait ou non tête à l'ennemi, il usa de l'autorisation que Joseph lui avait envoyée: il expédia son aide-de-camp au généralissime des troupes alliées, obtint un armistice de deux heures, puis traita de l'évacuation de Paris, et alla s'établir à Essonne avec son corps d'armée.

En confiant au duc de Raguse le commandement d'Essonne et de Corbeil, Napoléon en avait senti toute l'importance : a C'est là que s'adresseront toutes les intrigues, toutes les trahisons de Paris, il faut que j'aie à ce poste un homme comme Marmont, mon enfant, élevé dans ma tente. »

Le 2 avril, le bruit s'étant répandu que Napoléon, à la tête de 170 mille hommes, allait marcher sur Paris, les Souverains alliés, effrayés, résolurent d'évacuer la capitale. Mais l'ordre de ce mouvement ne fut pas expédié, parce que Marmont conclut avec les ennemis de la France un traité en vertu duquel les troupes qu'il commandait devaient quitter Essonne et se retirer par Versailles hors du théâtre des hostilités. Cette action de Marmont consomma la ruine de l'Empire.

Napoléon, en apprenant cette défection, refusa d'abord d'y ajouter foi, et parut livré aux idées les plus sombres lorsque le doute devint impossible; puis il s'écria : «Un fait pareil de Marmont! un homme avec lequel j'ai partagé mon pain... que j'ai lire de l'obscurité!... l'ingrat! il sera plus malheureux que moi. — Sans la trahison de Raguse, ajouta-t-il, les alliés étaient perdus. J'étais maître de leurs derrières et de toutes leurs ressources de guerre,pas un seul neseseraitéchappé; eux aussi, ils auraient eu leur 20' bulletin. »

A la Restauration, le duc de Raguse fut nommé capitaine des Gardes du corps, il alla à Gand, en 1813, comme chef de la maison militaire de Louis XVIII. Néanmoins il passa les Cent-Jours aux eaux d'Aix-la-Chapelle. A la seconde Restauration il fut l'un des majors généraux de la Garde royale; on le créa Pair de France.

En 1817, on l'envoya à Lyon en mission expéditionnaire. En 1825, il alla en qualité d'ambassadeur extraordinaire assister au couronnement de l'empereur Nicolas. 11 s'était occupé quelque temps de la fabrication du sucre de betteraves et y avait compromis sa fortune. , En 1830, il fut nommé le 28 juillet, commandant de la lr0 division militaire; mais les services qu'il rendit alors à Charles X furent à peu près négatifs, et si le prince l'eût emporté , Marmont

n'eût probablement pas .conservé son crédit. La révolution terminée, il se retira à Vienne, puis commença un long voyage en Hongrie, en Transylvanie, en Russie, à Constantinople, dans l'Asie-Mineure, la Syrie et l'Egypte; il visita ensuite Rome, Naples et la Sicile. Il a publié la relation de ces voyages, le premier en quatre volumes in-8", et le second, en Sicile, en un volume in-8°. Ces deux ouvrages sont l'œuvre d'un observateur habile et instruit; aussi sont-ils fort estimés.

A cette esquisse nous ajouterons les citations suivantes :

— Quoique fort occupé de l'organisation de l'armée d'Egypte, Bonaparte songea à la fortune du jeune officier qu'il aimait, il alla trouver le célèbre banquier, M. Perrégaux.

— « Je viens, lui dit-il, vous demander la main de votre fille.

— Si c'est pour vous, général, oui ; pour tout autre, non.

— Je suis marié, ainsi ce ne peut être pour moi. Je vous la demande pour un de mes aides-de-camp, jeune colonel que j'aime comme mon enfant, et qui est digne de toute mon affection.

Et il plaida avec tant de chaleur la cause du jeune Marmont, qu'il parvint à décider M. Perrégaux.

— Mais, dit ce dernier, il faudrait qu'il apportât au moins le déjeuner.

— De combien serait le dîner?

— D'un million.

— Il l'apportera. »

Il l'apporta ; le général quoiqu'il ne possédât que 110,000 francs, quoiqu'il eût à pourvoir aux besoins de sa mère, de ses quatre frères et de ses sœurs, le général donna 300,000 francs, et le mariage se fit.

« Marmont était le neveu, dit l'Empereur, d'un de mes camarades de Rrienne et au régiment de La Fère, qui me le recommanda en partant pour l'émigration; cette circonstance m'avait mis dans le cas de lui servir d'oncle et de père, ce quô j'avais réellement accompli; j'y pris un véritable intérêt, et j'avais de bonne heure fait sa fortune. Son père était chevalier de Saint-Louis, propriétaire de forges en Bourgogne, et jouissait d'une fortune considérable, o

(Mémorial de Las Cazes.)

« Jamais défection n'avait été plus avouée, ni plus funeste; elle se trouve dans le Moniteur, et de sa propre main ; elle a été la cause immédiate de nos malheurs, le tombeau de notre puissance, le nuage de notre gloire Et pourtant, disait

Napoléon avec une espèce de ressouvenir d'affection, je le répète, parce que je le pense, ses sentiments vaudront mieux que sa conduite; et lui-même ne semble-t-il pas penser ainsi ? Les papiers nous disent qu'en sollicitant vainement pour Lavalette, il répond avec effusion aux difficultés du monarque en lui disant : « Mais sire, moi, je vous ai donné plus que la vie. »

« D'autres nous ont livrés aussi, ajoutait Napoléon, et d'une manière bien autrement vilaine ; mais leur acte du moins n'est pas consacré par des preuves officielles. »

« La vanité avait perdu Marmont : la postérité flétrira sa vie; pourtant son cœur vaudra mieux que sa mémoire.» (Mémorial de Las Cazes.)

La dernière entrevue de Marmont avec la famille royale présente un incident curieux :

Le 29 juillet, au moment où le duc de Raguse est venu rendre compte à Charles X du résultat de la lutte, M. le duc d'Angoulême était à cheval à la tête de quelques troupes. A peine écouta-t-il le récit du maréchal, etlui dit avec hauteur:. « Savez-vous à qui vous parlez ? — Au dauphin, répliqua le duc de Raguse. —

Le roi m'a nommé généralissime, repartit le prince. — Je l'ignorais, repartit le maréchal, mais je n'en suis pas surpris. — Eh bien! ajouta le dauphin, je vous déclare en cette qualité que l'échec qu'on vient d'essuyer n'est dû qu'à vous et que vous êtes un traître ! vous nous avez traités comme Vautre. — A ces mots, le maréchal répondit fièrement : Prince, sans les traîtres, vous n'eussiez jamais régné. » Le dauphin se tourna alors vers un garde du corps et lui ordonna de recevoir l'épée du maréchal. Le prince la prit ensuite et, en cherchant à la briser de ses deux mains sur le pommeau de la selle de son cheval, il se blessa et ensanglanta ses mains. Enfin, il ordonna au duc de Raguse d'aller tenir les arrêts; le maréchal se retira.

«Bientôt Charles X fut informé des détails de cette singulière altercation, et il blâma entièrement la conduite brutale de son fils; mais ne voulant pas lui donner tort aux yeux de la cour, il restreignit la durée des arrêts à quatre heures. Après ce temps écoulé, l'heure du dîner arriva, le couvert du duc de Raguse était mis, mais il ne crut pas devoir paraître à table. »

Le duc de Ragnse quitta la France pour ne plus la revoir, en même temps queCharlesX s'embarquait à Cherbourg, chassé par une révolution qui n'était elle-même que la suite d'une émeute de journalistes.

[modifier] MARTIN (PIERRE, comte)

vice-amiral, né à Louisbourg (Canada), le 29 janvier 1752.

Le Canada était alors une colonie française. Les parents de Martin, qui étaient allés y chercher la fortune, l'envoyèrent, à peine âgé de douze ans, dans la mère patrie pour y faire ses études. Le goût de la mer le prit pendant la traversée, et il resta, en qualité de pilotin, à bord de là flûte le Saint-Esprit, où il s'était embarqué comme passager.

Neuf années de navigation et d'études avaient développé ses dispositions pour l'hydrographie et pour le pilotage, et,en 1775, il comptait comme second pilote sur la frégate la Terpsichore. Ce fut là qu'il perdit l'œil gauche. Il passa, en 1778, maître-pilote sur le Magnifique.

Pendant huit ans que dura la guerre maritime, Martin fit constamment un service actif; il prit part aux combats d'Ouessant, de la Grenade, de la Dominique, et fut blessé à cette dernière affaire. Il était à l'armée du marquis de Vaudreuil sur la frégate la Cérès sur la Vigilante, pendant la campagne des côtes de France, sur la flûte la Désirée, pendant celle des Antilles, toujours en qualité de premier pilote.

Lorsque, en 1786, il fut demandé par le marquis de Boufflers, gouverneur du Sénégal, pour commander cette station, il était lieutenant de vaisseau. Les cartes hydrographiques qu'il dressa alors lui valurent la croix de Saint-Louis.

Le mouvement politique de 1789 devait donner à son avancement une impulsion puissante. Les anciens officiers, qui tous appartenaient à la noblesse, avaient été dispersés par la fuite ou par la destitution, et les sujets manquaient aux emplois. Lieutenant en 1792, il fut chargé du commandement d'une division avec laquelle il croisa dans l'Océan et sur les côtes de France, et capitaine de vaisseau à la fin de là même année, il commanda F America. •

En 1793, élevé au grade de contre-amiral, il commandait une des divisions de l'armée navale réunie à Brest, et en l'an II celle de la Méditerranée.

Sa mission était de protéger les opérations de l'armée d'Italie ; il eut pour lui le talent et la fortune. Son escadre de sept vaisseaux rencontra, dans la rivière de Gênes, les forces combinées de

l'Angleterre et de l'Espagne, qui se composaient de trente et un vaisseaux ; il fut assez habile pour se retiter intact dans le golfe Juan, et pour forcer, après cinq mois de résistance , l'armée combinée à l'abandonner dans cette position.

De retour à Toulon, Martin en sortit de nouveau,le 13 ventôse an III, avec quinze vaisseaux et 5,000 hommes de troupes. Il devait tenter un débarquement en Corse, dont les Anglais protégeaient le siège avec une armée navale. Le 17, il était en vue des côtes de la Corse, la prise du Berwich, vaisseau de 74 canons, signala son arrivée. Le 23, contrairement^ au but de sa mission, il se prépara à combattre l'escadre anglaise, bien supérieure à la sienne. Il cédait sans doute à la nécessité, car plusieurs de ses bâtiments avaient reçu des avaries considérables, et trois d'entre eux ne l'avaient pas encore rallié. Le combat dura deux jours sans engagement général. Le Ça-Ira et le Censeur restèrent au pouvoir des ennemis après une honorable résistance. Letourneur de la Manche, qui fit le rapport de ce combat au Comité de salut public, s'exprimait en ces termes : « Le général Martin s'est conduit dans cette affaire avec une intelligence digne d'éloges. La loi lui ordonnait de passer sur une frégate au moment du combat, j'ai -dû l'y suivre ; le désir de pouvoir donner -des ordres plus précis nous a souvent mis à portée du canon de l'ennemi ; mais les circonstances l'exigeaient, et j'ai été le premier à l'engager à mettre de côté toute considération personnelle. »

Il rentra à Toulon avec onze vaisseaux. Le Mercure, démâté, avait été obligé de relâcher, et le Sans-Culotte, vaisseau à trois ponts, s'était séparé de l'armée sans cause connue.

Le 16 messidor de la même année, l'amiral Martin appareillait de nouveau de Toulon à la tête de dix-sept vaisseaux ; il rencontra bientôt la flotte anglaise, forte de vingt-trois vaisseaux, et il chercha à se réfugier au mouillage du golfe Juan. Bientôt la variété des vents l'obligea à changer de direction ; il gagna le golfe de Fréjus. Au milieu de ces évolutions, l'Alcide, qu'il avait lancé contre un vaisseau anglais, prit feu et sauta en l'air avec une explosion terrible. L'amiral Martin rentra à Toulon sans avoir éprouvé d'autres pertes.

"Vice-amiral en l'an IV, il fut nommé commandant d'armes à Rochefort en l'an VI ; c'est en cette qualité qu'il donna les instructions pour transporter à la Guiane les députés proscrits le 18 fructidor.

Lors de l'institution des préfectures maritimes, il occupa celle de Rochefort. Membre de la Légion-d'Honneur le 19 frimaire an XII, il devint grand officier le 25 prairial de la même année, et comte de l'Empire en 1808.

Remplacé dans sa préfecture en 1810, Martin fut mis à la retraite en 1815, il avait alors 63 ans. Il est mort le 1" novembre 1820.

[modifier] MARULAZ, ou plutôt MAROLA (JACOB-FRAKÇOIS, baron)

né le 6 novembre 1769, à Leiskamm, ancien diocèse de Spire; enfant de troupe dans' le 3* régiment de hussards le 16 septembre 1778, il devint hussards audit régiment le 1" novembre 1784.

Brigadier-fourrier le 1" janvier 1791, il fut fait niaréchal-des-logis le 25 juin 1792, et passa comme lieutenant le 1" octobre suivant dans le corps des éclai-reurs, devenu 8e régiment de hussards.

Il fit là campagne de 1792 à l'armée du Nord, celle de 1793 et partie de l'an H, dans'la-Vendée, celles des ans II et III à l'armée du Nord, et enfin celles des ans IV, V et VI aux armées du Rhin et d'Helvétie.

Nommé capitaine le 1" mars 1793, au mois d'août, il fit mettre bas les armes

aux insurgés vendéens renfermés dans Pontorson, et au mois de septembre, il pénétra de vive force dans Laval, força les Vendéens à l'évacuer et reçut un coup de biscaïen à la hanche gauche. En vendémiaire an II, à l'affaire d'Angers, il contribua puissamment à la défaite des Chouans et en fit un grand carnage. Quelques jours plus tard, à Blin, après avoir pass