Chanson d’automne (La Muse au cabaret)
Laisserai-je passer l’automne,
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- Sans le chanter ?
- Sans le chanter ?
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Non, non. Je n’y puis résister ;
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- Croyez-moi, c’est la bonne
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- Saison.
- Saison.
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- Croyez-moi, c’est la bonne
Allons-y de notre chanson.
Que d’aucuns chantent sur leur lyre
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- Ce qu’ils voudront,
- Ce qu’ils voudront,
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Et qu’ils convoitent pour leur front
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- Les lauriers d’un Shakespeare…
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- Ma foi,
- Ma foi,
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- Les lauriers d’un Shakespeare…
C’est leur affaire. Quant à moi,
Qui me fiche autant de la gloire
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- Que d’un corset
- Que d’un corset
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Vide, et suis né, comme l’on sait,
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- Uniquement pour boire,
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- Je bois !
- Je bois !
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- Uniquement pour boire,
Que si j’ose élever la voix
Dans le tumulte de la Vie,
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- Ce n’est que pour
- Ce n’est que pour
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Célébrer le Vin et l’Amour,
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- Et l’amour de ma mie,
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- Ô gué !
- Ô gué !
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- Et l’amour de ma mie,
Encor suis-je bien fatigué !
Que d’autres chantent sur leur lyre
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- Le doux Printemps,
- Le doux Printemps,
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C’est gentil quand on a vingt ans ;
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- Ce serait du délire
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- À moi,
- À moi,
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- Ce serait du délire
De m’emballer à son endroit.
Sans remonter au Moyen Âge,
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- Ne vais-je pas
- Ne vais-je pas
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Toucher… encore quelques pas —
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- À l’hiver de mon âge ?…
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- Hélas !
- Hélas !
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- À l’hiver de mon âge ?…
Ce que c’est de nous, Babylas !
Un coq, chaque matin, me guette
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- « Fini, l’été !
- « Fini, l’été !
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Dit-il. — C’est temps, en vérité,
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- De fermer ta brayette,
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- Ponchon !
- Ponchon !
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- De fermer ta brayette,
Ouvre ta cave, mon cochon !
« Tes dents, vrais haricots malades,
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- Fichent le camp,
- Fichent le camp,
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Au moindre vent qui souffle, ou quand
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- Tu manges des panades ;
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- Et ton
- Et ton
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- Tu manges des panades ;
Crâne est plus chauve qu’un toton. »
Las ! je cassais des clous, naguère,
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- Avec mes dents.
- Avec mes dents.
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J’avais des cheveux abondants
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- À ne savoir qu’en faire,
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- Jadis !
- Jadis !
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- À ne savoir qu’en faire,
Il ne m’en reste plus que dix !
C’est pourquoi, je vous le répète,
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- Je bois du vin,
- Je bois du vin,
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Car il me semble en avoir vingt,
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- Dès que je suis pompette.
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- Et quoi
- Et quoi
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- Dès que je suis pompette.
Nous sauve, si ce n’est la foi !
Vive donc le superbe automne,
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- Rouge et doré !
- Rouge et doré !
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Le vin magnifique et sacré,
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- Qui chante dans la tonne,
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- Le vin…
- Le vin…
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- Qui chante dans la tonne,
Je ne dis pas l’eau… mais le Vin !