Couchant (Lefébure)

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Couchant
Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveaux, Slatkine Reprints, 1971, I. 1866 (p. 218).

COUCHANT


Le soleil disparaît dans son rouge brasier,
Et le fleuve qui dort sous l’arche des nuages,
Semble un champ noir coupé par des reflets d’acier.
Vénus rit dans un fond sinistre de feuillages.

Les bruits, les pas, les voix s’éteignent. C’est la nuit.
Le crépuscule blanc pâlit sur l’eau moirée,
Et l’ombre couvre tout de sa grande marée ;
Comme un vaisseau dans l’eau je sombre dans l’ennui.

Oh ! quand on n’aime plus, est-ce vivre que vivre ?
Quand les ans sont passés où le printemps enivre,
Vaut-il pas mieux mourir et s’en aller dehors ?

Qu’en dis-tu, ciel drapé d’immobiles tentures ?
Qu’en dites-vous, bois noirs, champs tristes,fleurs obscures ?
Vous tous, en qui revit la poussière des morts ?

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