Dictionnaire des Arts et des Sciences, de Thomas Corneille (1694, 1720, 1732)
[modifier] PREFACE 1694
LE Dictionnaire qui fut imprimé en Hollande en 1688. ayant fait voir le goust du Public pour la connoissance des termes des Arts, quelques Particuliers de l’Académie Françoise n’ont pû souffrir ce que publioient les partisans de l’Auteur, qu’avec quelque exactitude qu’elle fist le sien, il seroit tousjours moins recherché, parce qu’il ne contient que les mots de l’usage ordinaire de la langue, au lieu que l’autre est universel, & qu’outre ces mesmes mots, il explique fort au long les termes des Arts. Ainsi on commença à examiner ce Dictionnaire, & en cherchant le mot Barometre, on eut de la peine à le trouver, parce qu’on le cherchoit dans son ordre naturel aprés Barlong, & avant Baron, qui est l’endroit où il devroit estre. Cependant l’Auteur l’a placé aprés Barriere, & a écrit Barrometre, sans faire reflexion qu’il vient du Grec baros, Poids, qui n’a point un double r.
Cela ne donneroit pas sujet de conclure que la langue Grecque luy fust inconnuë, si lors qu’il explique Estiomene, terme de Medecine, il n’avoit dit que c’est un mot que l’on a pris de l’Arabe. Jamais terminaison ne fut moins Arabe. Estiomene est un mot Grec, esthiomenos participe passif d’esthiein, Manger, devorer.
Il a confondu de mesme la langue Espagnole & l’Italienne, en disant que Media noche est un terme venu depuis peu d’Italie. C’est un mot entierement Espagnol, & on dit Mezza notte en Italien. En parlant de Vare, sorte de mesure d’Espagne, il écrit Varre, & place ce mot aprés Varlope, sans songer qu’il vient du mot Espagnol Vara, Verge, baguette, qui s’écrit seulement avec une r.
On veut bien passer par dessus ces fautes ; mais il y en a quantité d’autres qui embarrassent beaucoup davantage. Voicy par exemple ce qu’il dit sur le mot Thonnine. Chair de Thon coupée & salée. La Thonnine la plus maigre est la meilleure. Dans les Jours caniculaires il fait dangereux d’en manger, à cause que les Thons sont alors picquez d’un certain aiguillon, comme une mouche, qui les rend si furieux, qu’il les fait quelquefois sauter dans les Vaisseaux. Personne n’a pû comprendre comment la Thonnine, qui est de la chair de Thon qu’on aura coupée & salée fort long-temps avant les Jours Caniculaires, peut devenir dangereuse à ceux qui en mangent pendant ces jours-là. Il a confondu ce que Matthiole a dit des Thons, & non pas de la Thonnine, que durant les Jours Caniculaires les Thons ont un certain aiguillon qui les agite, comme celuy des Taons tourmente les boeufs, ce qui les oblige quelquefois à se lancer hors de l’eau & à se jetter dans les Vaisseaux ; qu’alors ils sont venimeux, & qu’il seroit fort dangereux d’en manger. Cela n’a rien de commun avec
a ij
PREFACE
la Thonnine, qu’on peut manger en tout temps sans aucun peril.
Quelle méprise n’a-t-il point faite quand il a parlé du Tamarin, qui est un petit fruit aigrelet, ou une sorte de datte sauvage qui vient des Indes, & dont on se sert à divers usages dans la Medecine ? Voicy ce qu’il en a dit, en citant Dioscoride. Fruit à noyau que porte un arbre des Indes, semblable aux dattes. Il croist dans les eaux mortes. Il porte son fruit comme une fleur cotonnée. Il y en a de domestique & de sauvage. Le domestique porte son fruit comme une noix de galle. Dioscoride a dit tout cela, à l’exception de Fruit à noyau que porte un arbre des Indes, semblable aux dattes ; mais il l’a dit du Tamarisc qu’il dit estre un arbre vulgaire, & connu de tous, & non pas du Tamarin, dont il n’a parlé en aucune sorte. Tamarin & Tamarisc sont deux choses differentes, & l’Académie Françoise les a tres-bien distinguées dans son Dictionnaire, en disant que le Tamarin est une sorte de datte sauvage qui vient des Indes Orientales, & le Tamarisc une sorte de plante, ou de petit arbre, dont le fruit, le bois & l’écorce servent à divers usages dans la Medecine. Ainsi le Tamarin n’est ny comme une fleur cotonnée ny comme une noix de galle, ce qui ne convient qu’au fruit du Tamarisc, comme l’a marqué Dioscoride. Les Tamarins, que l’on appelle aussi Tamarindes, sont des fruits qui viennent sur de grands arbres branchus dans des gousses brunes & tannées, & puisque Dioscoride n’en a rien dit non plus que de la Casse & des Girofles, il y a grande apparence que de son temps, qui estoit celuy d’Antoine & de Cleopatre, dont on tient qu’il fut le Medecin, le commerce dans les Indes n’estoit pas commun.
On seroit trop long si on rapportoit les autres fautes qu’on a remarquées dans cet Ouvrage, comme de dire que la Zedoaire est une graine, quoy que ce soit une racine, ainsi que tous les Auteurs en conviennent. Tant de personnes s’en sont apperceuës, qu’on en parleroit inutilement. Les plaintes qui en ont esté faites, & quantité de matieres traittées imparfaitement, ayant fait connoistre l’avantage que le Public pourroit recevoir d’un Dictionnaire des Arts & des Sciences qui fust & plus ample & plus correct, on resolut de s’appliquer sans aucun relâche à ramasser tout ce qui en a esté écrit jusqu’icy de plus curieux, afin que ceux qui souhaiteroient cette sorte de supplément à l’Ouvrage de l’Académie, eussent sujet d’estre satisfaits. C’est dans cette veuë qu’on a travaillé, & l’on peut dire qu’il n’y a point de matiere que l’on n’ait pris soin d’étendre, en y ajoûtant une infinité d’articles nouveaux qu’on ne trouve point dans le Dictionnaire, pretendu Universel.
On n’a rien cité d’aucun Auteur, qu’on n’ait confulté l’original, & c’est dans la source que l’on a puisé tout ce qu’on a dit des Plantes dont Dioscoride & Matthiole ont écrit. On ne s’est pas contenté d’en faire la description, on a crû devoir marquer quel en est l’usage, afin que l’utilité se trouve jointe au plaisir de la lecture, ce qui ne se trouve pas dans l’autre Dictionnaire. Le mesme motif a fait qu’on s’est étendu sur la Medecine, & le sçavant Ettmuller en a fourny de longues remarques.
PREFACE
On s’est aussi attaché à donner comme un abregé de l’histoire naturelle des animaux, des oiseaux & des poissons, non seulement de ceux qui nous sont connus, mais encore de quantité d’autres que les Voyageurs ont veus dans les pays les plus éloignez.
Tous les Ordres, tant Religieux que militaires, sont icy decrits avec le temps de leur institution, & ce qui leur est ordonné par leurs Statuts. On a suivi la mesme methode pour tous les Heresiarques, afin de contenter ceux qui veulent sçavoir l’origine & le progrez des diverses heresies qui ont affligé l’Eglise. On n’a pas oublié les Dignitez & les Charges tant anciennes que modernes, & on en a fait connoistre les diverses dependances.
Comme la lecture des livres du vieux langage, est une lecture qui plaist à beaucoup de gens, on a expliqué un fort grand nombre de vieux mots, à quoy on a ajousté des exemples, ou du Roman de la Rose, ou des plus anciens Poëtes.
Quand on a parlé de mots qui appartiennent à l’Anatomie, comme Coeur, Cerveau, & autres semblables, ou qu’il a esté question de quelques termes qui ont leur principale signification dans l’usage commun de la Langue, comme Buisson, Noyau, Ouye, on s’est servi des definitions de l’Académie sans y ajouster aucun exemple, pour en donner une premiere notion ; & afin de faire connoistre qu’elles sont tirées du Dictionnaire de l’Académie, aux sentimens de laquelle on s’attache entierement, on les a fait imprimer en caractere Italique avec ces lettres Capitales, Acad. Fr. Outre quantité de livres qu’on a leus exprés avec grande attention sur les diverses matieres dont ce Dictionnaire est composé, on s’est servi des lumieres de plusieurs Académiciens, & des plus habiles dans chaque art. On a suivi pour les termes de Chymie un petit Dictionnaire manuscrit de feu Monsieur Perrault, Docteur en medecine de la Faculté de Paris, & l’un des plus grands ornemens de l’Académie des Sciences. L’excellent ouvrage de Monsieur Felibien sur l’Architecture, la Sculpture & la Peinture, a esté aussi d’un fort grand secours, quand il a fallu parler des termes qui dépendent de ces Arts. Enfin on n’a épargné ny soins ny peines pour ne laisser rien à souhaiter au lecteur de ce qu’il pourroit apprendre dans tous les autres Dictionnaires, & mesme dans les plus anciens, dont on a conservé les termes, parce que le langage que l’on parloit du temps de Nicot n’est pas encore aujourd’huy sans grace.
Cependant on ne peut se défendre d’avouër que quelque application que l’on ait euë dans ce grand travail, il est impossible qu’on ne soit tombé dans quelques fautes, soit pour n’avoir pas assez bien compris les termes de certains Arts, soit pour n’en avoir pas donné des idées assez nettes, & qui puissent empescher qu’on ne tombe dans l’erreur, soit mesme parce que les Auteurs qu’on a suivis ont pû se tromper eux-mêmes. Comme il n’y a que le Public qui sçache tout bien parfaitement, c’est au Public à donner les corrections & les augmenta-
PREFACE
tions qu’il jugera à propos qu’on fasse. On asseure que toutes celles qu’on voudra bien envoyer au Sieur Coignard seront receuës avec beaucoup de reconnoissance, & qu’on se fera une gloire de faire connoistre qu’on en aura profité, si on fait une seconde édition de ce Dictionnaire.
DICTIONNAIRE
[modifier] A
[modifier] ABADA s. m.
Animal farouche du pays de Benguela, dans la basse Ethiopie. Il est gros comme un poulain de deux ans. Sa queuë est semblable à celle d’un boeuf, quoiqu’elle ne soit pas si longue, & il a du crin comme un cheval, auquel il ressemble par la teste, l’ayant toutefois plus plate & plus courte. Son poil est plus épais & plus rude ; ses pieds sont fendus comme ceux du cerf, mais beaucoup plus gros. Il a deux cornes, l’une sur le front, l’autre sur la nuque. Celle du front est unie, longue de trois, ou de quatre pieds, épaisse vers la racine comme la jambe d’un homme, pointuë par le bout, & droite quand l’Abada est encore fort jeune ; mais à mesure qu’il croist, elle se recourbe en devant comme les défenses d’un Elephant. On dit que cet Animal la plonge dans l’eau de temps en temps pour en chasser le venin qui pourroit y estre. La corne qu’il a sur la nuque est plus courte & plus plate que celle du front. La couleur en est noire ou d’un brun enfoncé, & la limure blanche. Quoique l’Abada coure fort legerement, il ne sçauroit toûjours éviter les traits des Negres qui le poursuivent pour avoir sa corne, qu’on estime un tres-bon preservatif. Il y a de ces cornes qui agissent avec plus d’efficace les unes que les autres, selon l’âge qu’ont ces animaux quand on les tuë. On fait un cataplasme de leurs os, reduits en poudre & meslez avec de l’eau, & on l’applique sur les parties où l’on sent quelque douleur. Ce remede attire au dehors les impuretez qui causoient le mal, & quand le corps en est tout à fait purgé, ce mesme onguent referme les ouvertures qu’il a faites.===
[modifier] ABADIR.
Nom que les Mythologistes donnent à une pierre qu’on presenta à Saturne enveloppée dans des linges, & qu’il avala croyant manger un fils dont sa femme Ops venoit d’accoucher. Il ne vouloit point élever d’enfans, à cause qu’il avoit sceu du Destin que l’un d’entr’eux le déthroneroit. Lactance Firmien dit que la pierre Abadir étoit le Dieu Terminus. Hesichius est du mesme sentiment, & Pausanias rapporte qu’on la gardoit à Delphes dans le Temple d’Apollon. Selon Papias le mot Abadir a autrefois signifié Dieu.
[modifier] ABAISER. v. a.
Vieux mot. Appaiser.
Pallas qui la noise abaisa.
[modifier] ABAISSE. s. f.
Terme de Patissier. Paste dont on fait le dessous d’une piece de patisserie.
[modifier] ABALOURDIR. v. a.
Vieux mot. Abrutir, estourdir, rendre stupide.
[modifier] ABANDONNER. v. a.
On dit en termes de Fauconnerie, Abandonner un oiseau, pour dire, Le mettre libre en campagne.
On le dit aussi d’un oiseau qu’on laisse aller quand on veut s’en défaire entierement.
[modifier] ABAQUE. s. m.
Terme d’Architecture. On appelle ainsi la table quarrée, qui fait le couronnement du chapiteau des colonnes, & qui dans celles de l’ordre Corinthien, represente cette espece de tuile quarrée, qui couvre la corbeille ou le panier qu’on feint environné de feuïlles. Il signifie aussi un bufet sur lequel on arrange les vases dans un festin. Ce mot vient du Grec abax ou abakion.
[modifier] ABASSI. s. m.
Sorte de monnoye qui a cours en Orient, & qui vaut environ deux réales d’Espagne.
[modifier] ABATEIS. s. m.
Vieux mot. Forest.
[modifier] ABAT-JOUR. s. m.
Sorte de fenestre embrasée de haut en bas, par laquelle on reçoit un jour d’enhaut, qui éclaire les lieux bas, tels que sont les offices sous terre, & d’autres endroits où l’on ne peut recevoir le jour par des croisées faites à l’ordinaire.
On appelle aussi Abat-jours Certaines fenestres de Marchands, qui par un faux jour qu’ils font venir dans leurs magazins, font paroistre sur leurs étofes un lustre qu’elles n’ont pas.
[modifier] ABALOURDIR. v. a.
Vieux mot. Abrutir, estourdir, rendre stupide.
[modifier] ABAZÉE. s.f.
Certaine feste des Payens qu’on pretend que Denis, fils de Caprio Roy d’Asie, ait instituée. Ce nom, qui veut dire Taciturre, luy fut donné à cause que pour satisfaire à la Religion, il falloit la celebrer dans le silence, & y paroistre melancolique. On appelle aussi cette feste Sabazie.
[modifier] ABBAISSER. v. a.
Terme de Fauconnerie. On dit Abbaisser l’oiseau, pour dire, Retrancher à un oiseau qui devient trop gras, quelque chose du past qu’on a accoûtumé de lui donner, afin de le mettre en estat de bien voler.
On dit en termes de Jardinage, Abbaisser une branche, pour dire, La couper proche du tronc.
[modifier] ABBAISSÉ, ée. adj.
On dit en termes de Blason, Vol Abbaissé, en parlant du vol des Aigles, & en general du vol des oiseaux, lorsque le bout de leurs ailes, au lieu de tendre vers les angles ou le chef de l’écu, descend vers la pointe, ou que les ailes sont pliées.
On dit aussi, Pal abbaissé, Chevron abbaissé, Bande abbaissée, lorsque la pointe finit au coeur ou au dessous de l’écu sans monter plus haut.
On dit encore dans le Blason, qu’Une piece est abbaissée, lorsqu’elle est au dessous de la situation où elle doit estre, comme le chef ou la fasce. Le chef qui a accoûtumé d’occuper le tiers de l’écu le plus haut, peut estre abbaissé sous un autre chef de Concession, de Patronage, de Religion, &c. & la fasce peut estre abbaissée de mesme quand on la place plus bas que le tiers du milieu de l’écu, qui est sa situation ordinaire.===
[modifier] ABBAISSEUR. adj.
Les Medecins appellent Muscle abbaisseur, le second muscle des yeux qui les fait mouvoir en bas.
[modifier] ABBAT-VENT. s. m.
Charpente que l’on couvre ordinairement d’ardoise, & que l’on met dans les ouvertures des clochers, afin d’abbatre le vent, & de renvoyer le son des cloches en bas, qui sans cela se dissiperoit en l’air.
[modifier] ABBATANT. s. m.
Terme de Marchand de drap. Maniere de dessus de table qu’on éleve au fond d’une boutique & à chaque bout des magazins, & qui s’éleve ou s’abbat selon le jour que l’on veut donner au lieu où l’on vend la marchandise.
[modifier] ABBATÉE. s. f.
Terme de Marine. On s’en sert en parlant du mouvement d’un Vaisseau en pane, qui arrive de luy-mesme jusqu’à un certain point, aprés quoy il revient au vent.
[modifier] ABBATIS. s. m.
Il signifie generalement plusieurs choses abbatuës ou demolies, & on dit en ce sens, Abbatis d’arbres, abbatis de maisons.
Abbatis. Signifie en termes de chasse les petits chemins que les jeunes loups ont accoûtumé de faire, lorsqu’en allant souvent aux lieux où ils sont nourris, ils abbatent l’herbe. Salnove dans sa Venerie Royale dit que quand la louve & le loup chassent ensemble, ils font un plus grand abbatis de bestiaux : ainsi il entend par Abbatis, les bestes tuées par les vieux loups. On dit aussi qu’Un Chasseur a fait un-grand abbatis de gibier, pour dire, qu’il en a tué beaucoup.
Les Bouchers appellent Abbatis les cuirs, graisses, tripes & autres menuës choses des bestes qu’ils ont tuées. C’est environ dans le mesme sens qu’on dit, Faire des potages d’abbatis d’agneau, de poulet d’inde, &c. pour dire, Les faire avec des issuës, des bouts d’ailes, des foyes, &c. ===Abbatis signifie encore les pierres que ceux qui travaillent aux carrieres détachent & font tomber.
[modifier] ABBATRE. v. a.
On dit parmi les Bouchers, Abbatre le cuir d’un boeuf ou d’une autre beste, pour dire, Luy oster, luy enlever le cuir avec un couteau.
Abbatre. Terme de Marine. Deriver. On dit qu’Un Vaisseau abbat, quand la force des courans ou des marées l’écarte de sa vraye route.
On dit aussi d’un Pilote, qu’Il abbat son Vaisseau d’un quart de rumb, lorsque pour changer sa course, il gouverne sur un autre rumb que celuy de sa route.
On dit, Faire abbatre un Vaisseau, pour dire, Le faire obéïr au vent lorsqu’il est sur ses voiles, ou qu’il presente trop le devant au lieu d’où vient le vent. Le Vaisseau abbat, c’est-à-dire, Le Vaisseau obéït au vent pour arriver.
On dit aussi, Le Vaisseau abbat, pour dire que L’ancre a quitté le fond, & que le Vaisseau arrive au vent.
On dit encore Abbatre un Vaisseau, pour dire, Le mettre sur le costé lorsqu’il y a quelque chose à faire à la carene ou à quelqu’autre endroit qu’il faut mettre hors de l’eau pour y travailler.
[modifier] ABBATURES. s. f. p.
Terme de Venerie qu’on employe pour signifier les foulures d’un cerf ; c’est-à-dire, le menu bois, la fougere & les broussailles que le cerf qui passe abbat du bas de son ventre. On connoist par où le cerf a passé en voyant ses abbatures.
[modifier] ABBEC. s. m.
Viande, ou autre appast que les Pescheurs attachent à l’hameçon pour attirer les poissons. Il est vieux.
[modifier] ABBECHER. v. a.
Donner la bechée à un oiseau qui ne peut encore manger de luy-mesme.
On dit aussi en termes de Fauconnerie, Abbecher l’oiseau, pour dire, Le mettre en appetit en luy donnant une partie du past ordinaire, afin de le faire voler un peu aprés.
[modifier] ABBÉE. s. f.
Ce mot n’est en usage que dans quelques Provinces, & signifie l’Ouverture par où l’on fait couler l’eau d’un ruisseau ou d’une riviere, pour faire moudre un moulin, & que l’on ferme pour la détourner quand il n’est plus necessaire que la rouë tourne.
[modifier] ABDOMEN. s. m.
Ce mot est Latin, & les Medecins s’en servent pour signifier la partie interieure du bas ventre, qui est depuis les cuisses jusqu’au diaphragme.