Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 1, Armoirie

La bibliothèque libre.

Français English

< Armoire
Index alphabétique - A
Aronde >
Index par tome


[modifier] ARMOIRIE

s. f. Lorsque les armées occidentales se précipitèrent en Orient, à la conquête du saint sépulcre, leur réunion formait un tel mélange de populations différentes par les habitudes et le langage, qu'il fallut bien adopter certains signes pour se faire reconnaître des siens lorsqu'on en venait aux prises avec l'ennemi. Les rois, connétables, capitaines et même les simples chevaliers qui avaient quelques hommes sous leur conduite, afin de pouvoir être distingués dans la mêlée au milieu d'alliés et d'ennemis dont le costume était à peu près uniforme, firent peindre sur leurs écus des signes de couleurs tranchées, de manière à être aperçus de loin. Aussi les armoiries les plus anciennes sont-elles les plus simples. Dès le XIe siècle déjà l'usage des tournois était fort répandu en Allemagne, et les combattants adoptaient des couleurs, des emblèmes, qu'ils portaient tant que duraient les joûtes; toutefois, à cette époque, les nobles joûteurs semblent changer de devises ou de signes et de couleurs à chaque tournoi. Mais lorsque leurs écus armoriés se furent montrés devant les infidèles, lorsque, revenus des champs de bataille de l'Orient, les chrétiens occidentaux rapportèrent avec eux ces armes peintes, ils durent les conserver autant comme un souvenir que comme une marque honorable de leurs hauts faits. De tout temps les hommes qui ont affronté des périls ont aimé conserver les témoins muets de leurs longues souffrances, de leurs efforts et de leurs succès. Les armes émaillées de couleurs variées, de figures singulières, portant la trace des combats, furent religieusement suspendues aux murailles des châteaux féodaux; c'était en face d'elles que les vieux seigneurs racontaient leurs aventures d'outre-mer à leurs enfants, et ceux-ci s'habituaient à considérer ces écus armoyés comme un bien de famille, une marque d'honneur et de gloire qui devait être conservée et transmise de génération en génération. C'est ainsi que les armoiries, prises d'abord pour se faire reconnaître pendant le combat, devinrent héréditaires comme le nom et les biens du chef de la famille. Qui ne se rappelle avoir vu, après les guerres de la Révolution et de l'Empire, un vieux fusil rouillé suspendu au manteau de la cheminée de chaque chaumière?

Les armoiries devenues héréditaires, il fallut les soumettre à de certaines lois fixes, puisqu'elles devenaient des titres de famille. Il fallut blasonner les armes, c'est-à-dire, les expliquer1. Ce ne fut toutefois que vers la fin du XIIe siècle que l'art héraldique posa ses premières règles2; pendant le XIIIe siècle il se développa, et se fixa pendant les XIVe et XVe siècles. Alors la science du blason était fort en honneur; c'était comme un langage réservé à la noblesse, dont elle était jalouse, et qu'elle tenait à maintenir dans sa pureté. Les armoiries avaient pendant le XIVe siècle pris une grande place dans la décoration, les étoffes, les vêtements; c'est alors que les seigneurs et les gens de leurs maisons portaient des costumes armoyés. Froissart, dans ses chroniques, ne fait pas paraître un noble de quelque importance sans faire suivre son nom du blason de ses armes. Les romans des XIIIe et XIVe siècles, les procès-verbaux de fêtes, de cérémonies, sont remplis de descriptions héraldiques. Nous ne pouvons dans cet article que donner un aperçu sommaire de cette science, bien qu'elle soit d'une grande utilité aux architectes qui s'occupent d'archéologie. Faute d'en connaître les premiers éléments, nous avons vu de notre temps commettre des bévues dont le moindre inconvénient est de prêter au ridicule. C'est une langue qu'il faut s'abstenir de parler si on ne la connaît bien. Louvan Geliot; dans son Indice armorial (1635), dit avec raison: «que la cognoissance des diverses espèces d'armoiries, et des parties dont elles sont composées, st tellement abstruse, et les termes si peu usitez dans les autres sujets d'escrire, ou de parler, qu'il faut plusieurs années pour sonder le fond de cet abyme, et une longue expérience pour pénétrer jusques au cœur et dans le centre de ce chaos.» Depuis cet auteur, le P. Menestrier particulièrement a rendu l'étude de cette science plus facile; c'est surtout à lui que nous empruntons le résumé que nous donnons ici.

Trois choses doivent entrer dans la composition des armoiries: les émaux, l'écu ou champ, et les figures. Les émaux comprennent: 1° les métaux qui sont: or, ou jaune; argent, ou blanc; 2° les couleurs qui sont: gueules, qui est rouge, azur, qui est bleu, sinople, qui est vert, pourpre, qui est violet tirant sur le rouge, sable, qui est noir; 3° les pannes ou fourrures, qui sont: hermine et vair, auxquelles on peut ajouter la contre-hermine et le contre-vair. Les émaux propres à l'hermine sont argent ou blanc pour le champ, et sable pour les mouchetures (1); le contraire pour la contre-hermine, c'est-à-dire, sable pour le fond, et argent ou blanc pour les mouchetures3. Le vair est toujours d'argent et d'azur, et se représente par les traits indiqués ici (2). Le contre-vair est aussi d'argent et d'azur; il diffère du vair en ce que, dans ce dernier, le métal est opposé à la couleur, tandis que dans le contre-vair le métal est opposé au métal, et la couleur à la couleur (3). Le vair en pal ou appointé se fait en opposant la pointe d'un vair à la base de l'autre (4).

Quelquefois l'hermine et le vair adoptent d'autres couleurs que celles qui leur sont propres; on dit alors herminé ou vairé de tel ou tel émail, par exemple: Beaufremont porte vairé d'or et de gueules (5). Une règle générale du blason est de ne mettre point couleur sur couleur à la réserve du pourpre, ni métal sur métal; autrement les armoiries seraient fausses, ou du moins à enquérir. On désigne par armes à enquérir celles qui sortent de la règle commune, qui sont données pour quelque acte remarquable; dans ce cas on peut mettre couleur sur couleur, métal sur métal. L'intention de celui qui prend de pareilles armes est de s'obliger à rendre compte du motif qui les lui a fait adopter.

Armoiries.couleur.et.disposition.png

L'écu ou champ est simple ou composé; dans le premier cas il n'a qu'un seul émail sans divisions, dans le second il peut avoir plusieurs émaux. Il est alors divisé ou parti. On compte quatre partitions principales, dont toutes les autres dérivent: Le parti, qui partage l'écu perpendiculairement en deux parties égales (6); le coupé (7); le tranché (8); le taillé (9). Le parti et le coupé forment l'écartelé (10), qui est de quatre, de six, de huit, de dix, de seize quartiers et plus encore quelquefois. Le tranché et le taillé donnent l'écartelé en sautoir (11). Les quatre partitions ensemble donnent le gironné (12). Quand le gironné est de huit pièces comme l'exemple (fig. 12), on l'appelle simplement gironné; mais quand il y a plus ou moins de girons, on en désigne le nombre: gironné de six, de dix, de douze, de quatorze pièces. Tiercé se dit de l'écu qui est divisé en trois parties égales de différents émaux conformément à chacune des partitions. Ainsi, le tiercé par le parti s'appelle tiercé en pal (13), X porte: tiercé en pal de sable, d'argent et d'azur; le tiercé par le coupé s'appelle tiercé en fasce (14), X porte: tiercé en fasce d'azur, d'or et de gueules; le tiercé en bande est donné par le tranché (15), X porte: tiercé en bande d'or, de gueules et d'azur; le tiercé en barre par le taillé (16), X porte: tiercé en barre d'azur, d'or et de gueules. Il y a en outre les tiercés qui ne se rapportent pas aux quatre premières partitions, mais qui se tracent d'après certaines figures héraldiques. Il y a le tiercé en chevron (17), X porte: tiercé en chevron d'argent, de gueules et de sable; le tiercé en pointe ou en mantel (18), X porte: tiercé en pointe ou en mantel d'azur, d'argent et de gueules; le tiercé en écusson (19), X porte: tiercé en écusson de gueules, d'argent et d'azur; le tiercé en pairle (20), X porte: tiercé en pairle d'argent, de sable et de gueules; le chappé (21), X porte: de gueules à trois pals d'argent chappé d'or; le chaussé (22), X porte: de gueules ou pal d'argent chaussé d'or; l'ambrassé à dextre et à sénestre (23), X porte: d'argent embrassé à sénestre de gueules; X porte: d'argent embrassé à dextre de gueules; le vétu (24), X porte: d'or vêtu d'azur; l'adextré (25), X porte: d'argent adextré d'azur; le sénestré (26) X porte: d'azur sénestré d'argent.

Armoiries.couleur.et.disposition.2.png

La position des figures qui sont placées sur l'écu doit être exactement déterminée, et pour le faire, il est nécessaire de connaître les différentes parties de l'écu (27). A est le centre de l'écu; B le chef; D le canton dextre du chef; E le canton sénestre du chef; F le flanc dextre; G le flanc sénestre; C la pointe; H le canton dextre de la pointe; I le canton sénestre. Quand une figure seule occupe le centre de l'écu, on ne spécifie pas sa situation. Si deux, trois ou plusieurs figures sont disposées dans le sens des lettres D B E, on les dit rangées en chef; si elles sont comme les lettres F A G, en fasce; si elles suivent l'ordre des lettres H C I, en pointe; disposées comme B A C, elles sont en pal; comme D A I, en bande; comme E A H, en barre. Trois figures sont généralement placées comme les lettres D E C: deux et une; lorsqu'elles sont placées comme les lettres H I B, on les dit mal ordonnées. Les figures posées comme D E H I se désignent: deux et deux. Cinq figures posées comme B A C F G, en croix; comme D E A H I, en sautoir; comme D E A C, en pairle. Les pièces rangées comme D B E G I C H F, en orle. Une figure placée en A, au milieu de plusieurs autres qui seraient différentes par leur forme, est en abîme. Quand un écu n'est chargé d'aucune figure on dit: X porte de tel métal ou de telle couleur. Les anciens comtes de Gournai portaient de sable plein. Si l'écu n'est chargé que d'une fourrure, on dit: X porte d'hermine (fig. I). S'il est chargé de figures, il faut examiner s'il est simple, c'est-à-dire, sans partitions, ou s'il est composé.

Zones.blason.png

S'il est simple, on énonce d'abord le champ, puis les figures principales et celles qui les accompagnent ou ne sont que secondaires, ensuite leur nombre, leur position et leurs émaux; le chef et la bordure se désignent en dernier lieu ainsi que leurs figures. Lorsque la pièce principale empiète sur le chef ou la bordure, le chef ou la bordure doit alors être désigné avant la pièce principale.

Armoirie.Vendome.ancien.png

Vendôme ancien (28) portait: d'argent au chef de gueules à un lion d'azur, armé, lampassé et couronné d'or brochant sur le tout. Si l'écu est composé, on commence par énoncer les divisions; s'il s'en trouve plus de quatre, on observe le nombre de lignes qui divisent, et l'on dit: Parti de tant, coupé de tant, ce qui donne tant de quartiers. Par exemple (29), dites: Parti d'un, coupé de deux, ce qui donne six quartiers; au premier de..., au second de..., au troisième, etc. (30). Parti de trois, coupé d'un, ce qui donne huit quartiers; au premier de..., au second de..., etc. (31). Parti de deux, coupé de trois, ce qui donne douze quartiers; au premier de... , au second de..., etc. On blasonne chaque quartier en détail, en commençant par ceux du chef, et en allant de la droite de l'écu à la gauche.

Armoirie.divisions.png

Les figures ou pièces ordinaires du blason sont de trois sortes: 1° les figures héraldiques ou propres; 2° les figures naturelles; 3° les figures artificielles. Les figures héraldiques se subdivisent en pièces honorables de premier et de second ordre. Les pièces honorables de premier ordre occupent habituellement dans leur largeur, lorsqu'elles sont seules, le tiers de l'écu; à l'exception du franc-quartier, du canton et du giron qui n'en occupent que la quatrième partie.

Armoirie.pieces.png

Ces pièces sont: le chef (32), la fasce (33), la champagne (34), le pal (35), la bande (36), la barre (37), la croix (38), le sautoir (39); le chevron (40), le franc-quartier (41), le canton (42) dextre ou sénestre, la pile (43) ou la pointe, le giron (44), la pairle (45), la bordure (46), l'orle (47), plus étroit que la bordure, le trescheur (48) ou essonier qui ne diffère de l'orle qu'en ce qu'il est plus étroit et fleuronné, l'écu en abîme (49), le gousset (50), rarement employé. Lorsque les pièces dont nous venons de parler se multiplient, ces répétitions se nomment rebattements. Harcourt porte: de gueules à deux fasces d'or (51).

Armoirie.pieces.2.png


Aragon (royaume) porte: d'or à quatre pals de gueules (52). Richelieu porte: d'argent à trois chevrons de gueules (53). Les pièces honorables, lorsqu'elles ne sont pas en nombre, doivent remplir, comme nous l'avons dit, le tiers de l'écu; mais il arrive parfois qu'elles ont une largeur moindre, le tiers de leur largeur ordinaire ou le neuvième de la hauteur ou de la largeur de l'écu, alors elles changent de nom. Le chef n'est plus que chef diminué, ou comble. le pal diminué se nomme vergette; la fasce diminuée, devise; la bande diminuée, cotice; la barre diminuée, traverse. La cotice et la traverse sont alésées lorsqu'elles ne touchent pas les bords de l'écu. Dans ce cas, la cotice est dite bâton péri en bande, et la traverse bâton péri en barre. La champagne diminuée se nomme plaine. Les fasces, les bandes et les barres très-minces et mises deux à deux sont des jumelles ou gemelles (54). Si elles sont disposées trois à trois, on les nomme tierces ou tierches (55). Les fasces alesées de trois pièces se disent hamade ou hamaide (56).

Armoirie.hamade.png

Lorsque l'écu est couvert de pals, de fasces, de bandes, de chevrons, etc., en nombre égal, c'est-à-dire de façon à ce que l'on ne puisse dire tel émail est le champ, on blasonne ainsi: pallé, fascé, bandé, coticé, chevronné, etc., de tant de pièces et de tel émail. D'Amboise porte: pallé d'or et de gueules de six pièces (57).

Armoiries.exemples.png

Si le nombre des pallés excède celui de huit, on dit vergetté.

Si le nombre des fascés excède huit, on dit burellé, de tant de pièces; si le bandé excède celui de neuf, on dit coticé.

Si les pals, les fasces, les bandes, les chevrons sont opposés, c'est-à-dire si ces figures divisées par un trait se chevauchent de manière à ce que le métal soit opposé à la couleur, et vice versa, on dit alors contre-pallé, contre-fascé, contre-bandé, contre-chevronné.

Les pièces moins honorables, ou du second ordre, sont:

1° L'emmanché.

Il faut exprimer si l'emmanché est en pal, en bande ou en fasce.

X (58) porte: emmanché en fasce d'une pointe et deux demies de gueules sur argent.

2° Les points équipollés, qui sont toujours au nombre de neuf en échiquier.

Bussi (59) porte: cinq points d'or équipollés à quatre points d'azur.

3° L'échiquetté (60), ordinairement de cinq traits;

Quand il y en a moins, on doit le spécifier en blasonnant.

Le fretté (61), qui sont des bandes et des barres s'entrelaçant, au nombre de six.

Le treillisé (62), qui ne diffère du fretté que parce que les bandes et les barres sont clouées à leur rencontre; on exprime l'émail des clous.

Les losanges (63) et le losangé (64) quand l'écu est rempli de lozanges; de Craon porte: losangé d'or et de gueules.

Les fusées ou le fuselé, qui ne diffèrent des losanges ou du losangé que parce que les figures sont plus allongées; X (60) porte: d'argent à cinq fusées de sable mises en pal au chef de même.

Les mâcles, qui sont des losanges, ajourés de losanges plus petits; Rohan (66) porte: de gueules à neuf mâcles d'or.

Les rustes ou rustres; qui ne diffèrent des mâcles qu'en ce que l'ajour est circulaire; X (67) porte: de gueules à trois rustes d'argent, 2 et 1.

10° Les besants et les tourteaux; les premiers sont toujours de métal, les seconds de couleur; X (68) porte: d'azur à six besants d'argent, 3, 2 et 1. Les besants peuvent être posés jusqu'au nombre de huit et non plus.

Les besants-tourteaux, qui sont parti de métal et de couleur; X (69) porte: de gueules parti d'or à trois besants-tourteaux de l'un en l'autre.

11° Les billettes (70), qui sont de petits parallélogrammes posés debout. Les billettes peuvent être renversées, c'est-à-dire posées sur leur grand côté; mais on l'exprime. Elles sont quelquefois percées en carré ou en rond; on l'exprime également.

Toutes les pièces honorables du premier ordre ont divers attributs, ou subissent certaines modifications, dont voici la nomenclature:

Elles peuvent être abaissées; des Ursins (71) porte: bandé d'argent et de gueules de six pièces, au chef d'or, chargé d'une anguille ondoyante d'azur, abaissé sous un autre chef d'argent, chargé d'une rose de gueules; --accompagnées ou environnées, c'est lorsque autour d'une pièce principale, comme est la croix, la bande, le sautoir, etc. , il y a plusieurs autres pièces dans les cantons; X (72) porte: de sable à la croix d'argent, accompagnée de quatre billettes de même;--adextrées, qui se place au côté dextre de l'écu; X (73) porte: de sinople à trois trèfles d'argent adextrés d'une croix d'or;--aiguisées; X (74) porte: d'or

Armoiries.exemples.2.png


aux trois pals aiguisés d'azur;--alèsées; Xintrailles (75) porte: d'argent à la croix alesée de gueules;--bandées (fig. 71); barrées se dit dans le même sens que barré; bastillées se dit d'un chef, d'une fasce, d'une bande, crénelés vers la pointe de l'écu; X (76) porte: d'azur au chef d'argent, bastillé d'or, de trois pièces;--bordées; X (77) porte: d'azur à la bande d'or. bordée de gueules;--bourdonnées se dit communément d'une croix garnie, à l'extrémité de ses bras, de boutons semblables à des bourdons de pèlerins;--bretessées. X (78) porte: d'or à la fasce de gueules bretessées de deux pièces et deux demies;-- bretessées à doubles. X (79) porte: de gueules à la bande bretessées à double d'or; --contre-bretessées, X (80) porte: d'argent à la fasce bretessée et contre-bretessée de sable;--brochantes se dit des pièces qui passent sur d'autres; du Terrail (81) porte: d'azur au chef d'argent, chargé d'un lion issant de gueules, à la cotice d'or brochant sur le tout;--cablées se dit d'une croix faite de cordes ou de câbles tortillés;--cantonnées se dit lorsque, dans les quatre cantons qui restent entre les bras d'une croix, il y a des pièces posées dans le champ; --chargées se dit de toutes sortes de pièces sur lesquelles d'autres sont superposées: ainsi le chef, la fasce, le pal, la bande, les chevrons, les croix, les lions, les bordures, etc., peuvent être chargés de besants, de croissants, de roses, etc.; X porte: d'or à trois fasces de gueules, chargées chacune de cinq sautoirs d'argent;--chevronnées se dit d'un pal ou de toute autre pièce chargée de chevrons, et de tout l'écu s'il en est rempli; --cléchée. Toulouse (82) porte: de gueules à la croix cléchées, vidée et pommetée d'or;--componées, X (83) porte: d'azur à la bande componée d'or et de gueules de cinq pièces;--cousues se dit du chef quand il est de métal sur métal, ou de couleur sur couleur, comme aux armoiries de la ville de Paris (on se sert aussi de ce mot pour les fasces, bandes, chevrons, de couleur sur couleur, ou de métal sur métal);--cramponnées. l'évêché de Hamin en Allemagne (84) porte: d'azur à une potence cramponnée à sénestre, croisonnée et potencée à dextre d'or;--denchées, endenchées ou dentées, X (85) porte: de gueules à la bordure endenchée d'or; Cossé de Brissac (86) porte: de sable à trois fasces denchées d'or. Quand les dents sont tournées la pointe vers le sommet de l'écu, on l'exprime; diaprée, X (87) porte: d'azur à la fasce d'or diaprée de gueules; --échiquetées, X (88) porte: d'azur au franc quartier échiqueté d'argent et de gueules; --engrélées, c'est-à-dire, garnies de dents très-menues, X (89) porte: d'azur à la croix engrélée d'argent;--entées, Rochechouart (90) porte: fascé, enté, ondé d'argent et de gueules;--entrelacées se dit de trois croissants, de trois anneaux et autres figures analogues, posées les unes dans les autres; --faillies se dit des chevrons rompus; d'Oppède (91) porte: d'azur à deux chevrons faillis d'argent, le premier à dextre, le second à sénestre;--florencées se dit de la croix dont les bras se terminent par des fleurs de lis; --gringolées se dit des pièces telles que les croix, sautoirs, etc, terminées par des têtes de serpent; --haussées se dit lorsque des pièces telles que fasces, chevrons, etc., occupent dans l'écu une place plus élevée que celle qui leur est habituellement affectée;--mouvantes se dit des pièces qui semblent sortir du chef, des angles, des flancs ou de la pointe de l'écu;--ondées se dit des pièces, pals, fasces, chevrons, bordures, etc., découpées en ondes; --resarcelées, bordées d'un linéament d'un autre émail;--retraitées se dit des bandes, pals et fasces qui; de l'un de leurs, cotés, ne touchent pas au bord de l'écu;--vivrées, X (92) porte: d'or à la bande vivrée d'azur;--vidées se dit des pièces à jour, à travers lesquelles on voit le champ de l'écu.

Armoiries.avec.croix..png

Les croix affectent des formes particulières; on les dit pattées, d'Argentré (93) porte: d'argent à la croix pattée d'azur;--recercelées, X (94) porte: d'argent à la croix recercelée de sable;--recroisettées, X (95) porte: d'argent à la croix recroisettée de sable;--ancrées, X (951) porte: parti de gueules et d'argent à la croix ancrée de l'un en l'autre;--fichées, X (952) porte: d'argent aux trois croix fichées de sable, 2 et 1;-- bastonnées ou clavelées, X (953) porte: d'azur à une croix bastonnée d'or et d'argent, ou à quatre bastons, deux d'or et deux d'argent;--de Lorraine, X (954) porte: d'azur à la croix de Lorraine d'argent;--tréflées, X (955) porte: d'argent à la croix tréflée de gueules;--gringolées, c'est-à-dire dont les croisillons sont terminés par des têtes et coups de gringoles ou guivres, X (956) porte: d'argent à la croix de gueules gringolée de sable;--anillées ou nellées, c'est-à-dire dont les croisillons se terminent en fers de moulins, X (957) porte: d'or à la croix nellée de sable. Les croix écotées, c'est-à-dire composées de deux branches d'arbre dont les rameaux sont coupés, ondées, frettées, vairées, etc., enfin chargées des figures qui chargent les pièces honorables.

Armoiries.avec.croix.2.png

Les figures naturelles usitées dans le blason peuvent être divisées en cinq classes: 1° les figures humaines, 2° les animaux, 3° les plantes, 4° les astres et météores, 5° les éléments, c'est-à-dire l'eau, le feu, la terre. Les figures humaines sont ou de l'émail ordinaire du blason ou peintes en carnation, avec ou sans vêtements, de couleurs naturelles et ombrées. On dit: si ces figures sont vêtues et comment, couronnées, chevelées, ombrées, etc.; on indique leur attitude, leur geste, ce qu'elles portent et comment.

Les animaux les plus usités sont, parmi les quadrupèdes: le lion, le léopard, le loup, le taureau, le cerf, le bélier, le sanglier, l'ours, le cheval, l'écureuil, le chien, le chat, le lièvre, etc.; parmi les oiseaux: l'aigle, aiglettes, le corbeau, les merlettes, le cygne, les alérions, les canetes, etc.; parmi les poissons: le bar, le dauphin, le chabot, la truite, etc.; parmi les reptiles: le serpent, le crocodile, la tortue, le lézard; parmi les insectes: les mouches, abeilles, taons; parmi les animaux fantastiques ou allégoriques: la sirène, le dragon, les ampsystères ou serpents ailés, le griffon, la salamandre, la licorne, etc. Les animaux représentés sur les armoiries regardent ordinairement la droite de l'écu; s'ils regardent la gauche, on les dit contournés.

Les lions et les léopards sont les animaux les plus ordinairement employés, ils ont par-dessus tous les autres le privilège d'être héraldiques, c'est-à-dire, que leur forme et leur posture sont soumises à des règles fixes. Le lion est toujours figuré de profil: il est rampant, c'est-à-dire, élevé sur ses pattes de derrière, la patte dextre de devant élevée, et la patte sénestre de derrière en arrière; ou passant, autrement dit léopardé, s'il paraît marcher. Le léopard montre toujours son masque de face, sa posture habituelle est d'être passant; s'il rampe, on le dit lionné ou rampant.

Le lion et le léopard ont des termes accessoires qui leur sont communs; ils sont armés, lampassés, accolés, membrés, couronnés, adossés, affrontés, contournés, contrepassants, issants, naissants, mornés, diffamés, burellés, bandés, coupés, partis, fascés, échiquetés, d'hermine, de vair. Le lion armé se dit des ongles qui peuvent être d'un émail différent de celui du reste du corps; lampassé, de la langue; morné, lorsqu'il n'a ni langue, ni dents ni ongles; diffamé, lorsqu'il n'a pas de queue. Olivier de Clisson, connétable de France sous Charles VI, portait: de gueules au lion d'argent armé, lampassé et couronné d'or, etc.

Pendant les XIIIe, XIVe et XVe siècles, les animaux héraldiques étaient figurés d'après certaines formes de convention qu'il est nécessaire de bien connaître, car ce n'est pas sans raison qu'elles avaient été adoptées. Les différentes figures qui couvrent l'écu étant destinées le plus souvent à être vues de loin, il fallait que leur forme fût très-accentuée. Les artistes de ces époques l'avaient compris; si les membres des animaux ne sont pas bien détachés, si leur mouvement n'est pas exagéré, si leur physionomie n'est pas parfaitement distincte, à une certaine distance ces figures perdent leur caractère particulier, et ne présentent plus qu'une tache confuse. Depuis le XVIe siècle le dessin décoratif s'est amolli, et les figures héraldiques ont perdu ce caractère qui les faisait facilement reconnaître. On a voulu donner aux animaux une physionomie plus réelle, et comme l'art héraldique est un art purement de convention, cette tentative était contraire à son principe. Il est donc d'une grande importance de se pénétrer des formes traditionnelles données aux animaux comme à toutes les autres figures, lorsqu'il s'agit de peindre des armoiries. Bien que nous ne puissions dans ce résumé donner des exemples trop nombreux, nous essaierons cependant de réunir quelques types qui feront comprendre combien l'on s'est écarté, dans les derniers siècles, des formes qui n'avaient pas été adoptées sans cause, et combien il est utile de les connaître: car, dans tous les armoriaux imprimés depuis la Renaissance, ces types ont été chaque jour de plus en plus défigurés; c'est tout au plus si dans les derniers ouvrages qui traitent de cette matière on trouve quelques vestiges d'un dessin qui n'eut pas dû souffrir d'altération, puisque les armoiries sont des signes dont le principal mérite est de perpétuer une tradition. C'est surtout dans les monuments du XIVe siècle que nous chercherons ces types, car c'est pendant ce siècle que l'art héraldique adopta des figures dont les caractères bien tranchés furent reproduits sans modifications sensibles jusqu'au moment où les artistes, habitués à une imitation vulgaire de la nature, ne comprirent plus les lois fondamentales de la décoration appliquée aux monuments, aux meubles, aux armes, aux vêtements. Voici donc quelques-unes de ces figures:

Armoirie.lion.rampant.png

Nous commencerons par le lion rampant (96); A, couronné. Passant ou léopardé (97).

Armoirie.lion.leoparde.png

Issant (98).

Armoirie.lion.issant.png

Le léopard (99).

Armoirie.leopard.png

Le loup passant (100); ravissant, lorsqu'il est posé sur ses pattes de derrière.

Armoirie.loup.png

Le cerf (101).

Armoirie.cerf.png

Le sanglier (102).

Armoirie.sanglier.png

L'aigle éployée (103).

Armoirie.aigle.eployee.png

Au vol abaissé (103 bis).

Armoirie.aigle.abaisse.png

Les merlettes (104).

Armoirie.merlettes.png

Les alérions (105).

Armoirie.alerions.png

Le bar (106).

Armoirie.bar.png

Le dauphin (107).

Armoirie.dauphin.png

Le chabot (108).

Armoirie.chabot.png

La syrène (109).

Armoirie.syrene.png

Le dragon (110).

Armoirie.dragon.png

Le griffon (111).

Armoirie.griffon.png

Les plantes, arbres, fleurs, fruits sont souvent employés dans les armoiries. Si ce sont des arbres, on les désigne par leur nom. Nogaret porte: d'argent au noyer de sinople arraché, c'est-à-dire dont les racines sont visibles et se détachent sur le champ de l'écu.

Armoirie.arbre.png

Quelques arbres sont figurés d'une manière conventionnelle. Créqui (112) porte: d'or au créquier de gueules. On désigne par chicot des troncs d'arbre coupé, sans feuilles. Lorsque des feuilles sont posées sur le champ, on en indique le nombre et l'espèce.

Il en est de même pour les fruits. Les noisettes dans leur enveloppe sont dites, en blason, coquerelles. Les fleurs se désignent par le nombre de leurs feuilles, trèfle, quarte-feuilles, quinte-feuilles. Toutes sortes de fleurs sont employées dans les armoiries; cependant on ne rencontre guère avant le XVe siècle que les roses, le pavot, le trèfle, les quarte et quinte-feuilles et la fleur de lis4. En désignant l'espèce et le nombre des fleurs ou fruits dans l'écu, on doit également indiquer s'ils sont accompagnés de feuilles, on les dit alors feuillés; s'ils pendent à une branche, on les dit soutenus. Les fruits que l'on rencontre le plus souvent dans les anciennes armoiries sont: les pommes, les pommes de pin, les raisins, les glands, les coquerelles. Les quarte et quinte-feuilles sont percées par le milieu d'un trou rond, qui laisse voir le champ de l'écu. La rose se dit boutonnée lorsque son cœur n'est pas du même émail que la fleur. Parmi les astres, ceux qui sont le plus anciennement employés sont le soleil, les étoiles et le croissant; le soleil est toujours or. Quand il est de couleur, il prend le nom d'ombre de soleil. La position du croissant est d'être montant, c'est-à-dire que ses cornes sont tournées vers le chef de l'écu. Quand ses cornes regardent la pointe de l'écu, on le dit versé; tourné lorsqu'elles regardent le flanc dextre; contourné si elles regardent le flanc sénestre. On dit encore des croissants en nombre, et suivant leur position, qu'ils sont tournés en bande, adossés, appointés, affrontés, mal ordonnés. L'étoile est ordinairement de cinq pointes; s'il y en a davantage, il faut le spécifier en blasonnant. X porte: de gueules à trois étoiles de huit raies d'or, 2 et 1. L'arc-en-ciel se peint toujours au naturel, en fasce, légèrement cintré.

Les éléments, qui sont le feu, la terre et l'eau, se présentent sous diverses formes: le feu est flamme, flambeau allumé, brandons, charbons ardents; la terre est figurée sous forme de monts, roches, terrasses; l'eau sous forme d'ondes, de sources, de rivières.

Les figures artificielles qui entrent dans les armoiries sont: 1° les instruments de cérémonies sacrées ou profanes; 2° les vêtements ou ustensiles vulgaires; 3° les armes de guerre, de chasse; 4° les bâtiments, tours, villes, châteaux, ponts, portes, gallées, naves ou nefs (galères et navires), etc.; 5° les instruments des arts ou des métiers. Il est nécessaire, suivant la méthode ordinaire, de désigner ces différents objets par leurs noms en blasonnant, de marquer leur situation, leur nombre et les émaux des différents attributs qu'ils peuvent recevoir. Du Lis (113) porte: d'azur à une épée d'argent en pal la pointe en haut, surmontée d'une couronne et accostée de deux fleurs de lis de même.

Armoirie.et.objets.png

Parmi les armes le plus ordinairement figurées dans les anciennes armoiries, on distingue les épées, les badelaires (épées courtes, larges et recourbées), les flèches, les lances, les haches, les masses, les étriers. les éperons, les molettes d'éperons, les heaumes, les cors, les huchets, les épieux, les rets, etc.

Armoirie.et.chateau.png

Les châteaux sont quelquefois surmontés de tourelles, on les dit alors sommés de tant; on les dit maçonnés de... , lorsque les joints de pierre sont indiqués par un émail différent. Le royaume de Castille (114) porte: de gueules, au château sommé de trois tours d'or, maçonné, ajouré d'azur.

Les tours surmontées d'une tourelle se disent donjonnées. Si les tours n'ont point de donjons, mais seulement un couronnement crénelé, on doit dire crénelé de tant de pièces.

Ajouré se dit lorsque les portes ou fenêtres des tours ou châteaux sont d'un émail différent du bâtiment. Les mêmes termes s'appliquent aux autres bâtiments. Essoré se dit d'un bâtiment dont le toit est d'un autre émail.

Armoirie.Paris.png

Un navire est fretté, habillé, lorsqu'il est muni de tous ses agrès et voiles. Paris (115) porte: de gueules à la nef frettée, habillée d'argent flottant sur des ondes de même, au chef cousu de France ancien. Si le navire est sans mâts et sans voiles, on dit : navire arrêté. Quand les ancres sont peintes de différents émaux, on doit le spécifier. La trabe est la traverse, la stangue c'est la tige, les gumènes sont les câbles qui attachent l'ancre.

Nous n'entrerons pas dans de plus amples détails pour ce qui concerne les divers instruments ou bâtiments qui figurent dans les armoiries; nous renvoyons nos lecteurs aux traités spéciaux.

Brisure, en termes de blason, est un changement que l'on fait subir aux armoiries pour distinguer les branches d'une même famille. On ne brisait dans l'origine que par le changement de toutes les pièces, en conservant seulement les émaux. Ainsi les comtes de Vermandois, sortis de la maison de France, portaient: échiqueté d'or et d'azur, au chef de France. Plus tard on brisa en changeant les émaux et conservant les pièces. La branche aîné de Mailli porte: d'or à trois maillets de sinople; les Mailli de Bourgogne portent: de gueules à trois maillets d'or: d'autres branches portent: d'or aux maillets de sable, d'or à trois maillets d'azur. On brisa aussi en changeant la situation des pièces, ou en retranchant quelques-unes des pièces. Mais la manière de briser qui fut la plus ordinaire en France consistait à ajouter une pièce nouvelle aux armoiries pleines de la famille. Dès la fin du XIIIe siècle les princes du sang de la maison de France brisèrent de cette manière, et l'on choisit comme brisure des pièces qui n'altéraient pas le blason principal, tels que le lambel; Orléans porte: de France au lambel à trois pendants d'argent pour brisure;--la bordure, Anjou porte: de France à la bordure de gueules;--le bâton peri, Bourbon porte: de France au bâton peri en bande de gueules;--le canton, la molette d'éperon, le croissant, l'étoile, le besant, la coquille, la croisette, la tierce quarte ou quinte feuille. On brise encore en écartelant les armes de sa maison avec les armes d'une famille dans laquelle on a pris alliance.

Dans les exemples que nous avons donnés, nous avons choisi pour les écus la forme généralement adoptée pendant les XIIIe, XIVe et XVe siècles5, forme qui fut modifiée pendant les XVIe et XVIIe siècles; on leur donna alors un contour moins aigu et terminé souvent à la pointe en accolade.

Les femmes mariées portent des écus accolés; le premier écusson donne les armes de l'époux, et le second les leurs. Pour les écus des filles, on adopta, dès le XIVe siècle, la forme d'un losange.

Des figures accessoires accompagnent les écus armoyés. À dater de la fin du XIVe siècle, on voit fréquemment les écus soutenus par des supports et tenants, surmontés quelquefois de cimiers, timbres, et se détachant sur des lambrequins.

Le support est un arbre, auquel est suspendu l'écu; les tenants sont une ou deux figures d'hommes d'armes, chevaliers, couverts de leurs armures et de la cotte armoyée aux armes de l'écu. L'origine de cette manière d'accompagner l'écu se trouve dans les tombeaux des XIIIe et XIVe siècles. Dans l'église de l'abbaye de Maubuisson, devant l'autel de saint Michel, on voyait, à la fin du siècle dernier, le tombeau de Clarembaud de Vendel, sur lequel ce personnage était représenté vêtu d'une cotte de mailles avec son écu placé sur le corps, émanché de quatre pièces. Il existe encore dans les cryptes de l'église de Saint-Denis un assez grand nombre de statues de princes du sang royal, morts à la fin du XIIIe siècle ou au commencement du XIVe, qui sont représentés de la même manière, couchés sur leurs tombes. Nous citerons entre autres celle de Robert de France, comte de Clermont, seigneur de Bourbon (provenant des jacobins de Paris), ayant son écu pendu en bandoulière incliné du côté gauche, portant: de France (ancien) à la cotice de gueules; celle de Louis de Bourbon, petit-fils de saint Louis, de même; celle de Charles d'Alençon dont l'écu porte: de France (ancien) à la bordure de gueules chargée de seize besants de..., etc. (voy. Tombeau ). Dans les deniers d'or, Philippe de Valois est représenté assis sur un pliant, tenant son épée haute de la main droite et de la gauche s'appuyant sur l'écu de France. Dans les nobles à la rose et les nobles Henri d'Angleterre, ce prince est figuré debout dans un navire dont il sort à mi-corps, tenant en sa droite une épée haute et en sa gauche un écu écartelé de France et d'Angleterre. Dans les Angelots l'écu est attaché à une croix qui tient lieu de mât au vaisseau. Prenant la partie pour le tout, on donna bientôt à ces monnaies d'or le nom d'écus d'or.

Il est encore une façon de tenants, c'est celle qui consiste à faire porter l'écu par des mores, des sauvages, des sirènes, des animaux réels ou fabuleux. L'origine de cet usage se trouve dans les tournois. Les chevaliers faisaient porter leurs lances, heaumes et écus par des pages et valets déguisés en personnages étranges ou en animaux. Pour ouvrir le pas d'armes les tenants du tournoi faisaient attacher leurs écus à des arbres sur les grands chemins, ou en certains lieux assignés, afin que ceux qui voudraient combattre contre eux allassent toucher ces écus. Pour les garder on mettait des nains, des géants, des mores, des hommes déguisés en monstres ou en bêtes sauvages; un ou plusieurs hérauts d'armes prenaient les noms de ceux qui touchaient les écus des tenants. Au célèbre tournoi qui eut lieu en 1346, le premier de mai, à Chambéry, Amédée VI de Savoie fit attacher son écu à un arbre, et le fit garder par deux grands lions, qui depuis cette époque devinrent les tenants des armoiries de Savoie; ce prince choisit probablement ces animaux pour tenants, parce que le Chablais et la duché d'Aoste, ses deux principales seigneuries, avaient des lions pour armoiries. Les écus armoyés, timbres, cimiers et devises des chevaliers qui figurèrent à ce tournoi, restèrent déposés au nombre de vingt pendant trois siècles dans la grande église des pères de Saint-François à Chambéry; ce ne fut qu'en 1660 environ que les bons pères, en faisant badigeonner leur église, enlevèrent ce précieux monument.

Charles VI paraît être le premier des rois de France qui ait fait porter son écu et sa devise par des tenants. Juvénal des Ursins raconte que ce prince, allant à Senlis pour chasser, poursuivit un cerf qui avait au cou une chaîne de cuivre doré; il voulut que ce cerf fût pris aux lacs sans le tuer, ce qui fut exécuté, «et trouva-t-on qu'il avoit au col ladite chaîne où avoit écrit: Cæsar hoc mihi donavit. Et dès lors, le roy, de son mouvement, porta en devise le cerf volant couronné d'or au col, et partout où on mettoit ses armes, y avoit deux cerfs tenant ses armes d'un côté et de l'autre. 1380.» Depuis, Charles VII, Louis XI et Charles VIII, conservèrent les cerfs ailés comme tenants des armes royales. Louis XII et François Ier prirent pour tenants, le premier, des porcs-épics, le second, des salamandres, qui étaient les animaux de leurs devises. A partir du XVIe siècle, presque toutes les familles de la noblesse française adoptèrent des tenants pour leurs armoiries; mais cet usage n'avait rien de rigoureux, et on changeait souvent, suivant les circonstances, les supports ou tenants de ses armes. Telle famille, qui avait pour tenants de son écusson des sauvages ou des mores, le faisant peindre dans une chapelle, changeait ces figures profanes contre des anges. Les armes de Savoye, par exemple, dont nous avons parlé, étaient soutenues par un ange sur l'une des portes du couvent de Saint-François à Chambéry, avec cette devise: Crux fidelis inter omnes. Les armoiries des villes furent aussi, à partir du XVe siècle, représentées avec des supports: Bâle a pour support un dragon; Bordeaux deux béliers; Avignon deux gerfauts, avec cette devise: Unguibus et rostro. Souvent les supports furent donnés par le nom des familles; ainsi la maison des Ursins avait deux ours pour supports. Les supports sont parfois variés; les rois d'Angleterre ont pour supports de leurs armes, à droite, un léopard couronné armé et lampassé d'azur, à gauche, une licorne d'argent accolée d'une couronne et attachée à une chaîne d'or passant entre les deux pieds de devant et retournant sur le dos. Mais ces supports sont postérieurs à la réunion de l'Écosse au royaume d'Angleterre; avant cette époque, les supports des armes d'Angleterre étaient un lion et un dragon, ce dernier symbole à cause de l'ordre de la Jarretière dédié à saint Georges.

Pendant les tournois et avant l'entrée en lice, il était d'usage d'exposer les armoiries des combattants sur de riches tapis. Peut-être est-ce là l'origine des lambrequins sur lesquels, à partir du XVe siècle, on peignit les armoiries. Lorsqu'un tenant se présentait au pas d'armes, son écu ou sa targe était, dans certaines circonstances, suspendu dans un pavillon qu'il fallait ouvrir pour le faire toucher par ceux qui se faisaient inscrire pour jouter. «Le premier samedy du mois de may l'an 1450, le pavillon fut tendu, comme il estoit de coutume, et comme toujours se continua chacun samedy de l'an, durant l'emprise des susdicts. Si vint audict pavillon un jeune escuyer de Bourgogne, nommé Gérard de Rossillon, beau compaignon, haut et droit, et de belle taille; et s'adreça ledict escuyer à Charolois le héraut, luy requérant qu'il luy fist ouverture; car il vouloit toucher la targe blanche, en intention de combatre le chevalier entrepreneur de la hache, jusques à l'accomplissement de vingt-cinq coups. Ledict héraut luy fist ouverture, et ledict Gérard toucha: et de ce fut faict le rapport à messire Jacques de Lalain, qui prestement envoya devers luy pour prendre jour...6» On peut voir encore dans cet usage l'origine des lambrequins qui semblent découvrir l'écu. Il faut dire aussi que dès le XVe siècle les heaumes des chevaliers qui devaient jouter étaient armés d'un lambrequin en étoffe ou en cuir doré et peint, déchiqueté sur les bords; cette sorte de parure qui accompagne le timbre surmontant l'écu, et qui tombe des deux côtés, paraît être le principe de cet accessoire que l'on trouve joint aux armoiries pendant les XVe et XVIe siècles... «Le tymbre doibt estre sur une pièce de cuir boully, laquelle doibt estre bien faultrée d'ung doy d'espez, ou plus par dedans; et doibt contenir ladite pièce de cuir tout le sommet du heaulme, et sera couverte ladite pièce du lambequin, armoyé des armes de cellui qui le portera. Et sur ledit lambequin, au plus hault du sommet, sera assis ledit tymbre, et autour d'icellui aura ung tortis des couleurs que vouldra ledit tournoyeur, du gros du bras ou plus ou moins à son plaisir7.» Nous l'avons dit déjà au commencement de cet article, les chevaliers et princes qui se présentaient dans la lice pour jouter adoptaient des armes de fantaisie et ne paraissaient avec leurs armes héréditaires qu'exceptionnellement. On prenait trop au sérieux les armoiries de famille pour les livrer aux hasards de combats qui n'étaient qu'un jeu. Il est curieux de lire à ce sujet le passage des Mémoires d'Olivier de la Marche, fort expert en ces matières. D'autre part, dit-il8, se présenta Michau de Certaines sur un cheval couvert de ses armes: dont plusieurs gens s'émerveillèrent; et sembloit à plusieurs, que considéré que les armes d'un noble homme sont et doyvent estre l'émail et la noble marque de son ancienne noblesse, que nullement ne se doit mettre en danger d'estre trébuchée, renversée, abatue, ne foulée si bas qu'à terre, tant que le noble homme le peut détourner ou deffendre: car d'aventurer la riche monstre de ses armes, l'homme aventure plus que son honneur, pour ce que d'aventurer son honneur n'est despense que le sien, et ce où chacun a pouvoir; mais d'aventurer ses armes, c'est mis en avanture la parure de ses parens et de son lignage, et avanturé à petit prix ce où il ne peut avoir que la quantité de sa part; et en celle manière est mis à la mercy d'un cheval et d'une beste irraisonnable (qui peut estre portée à terre par une dure atteinte, ou choper à par soy ou mémarcher); ce que le plus preux et plus seur homme du monde ressongue bien, et doute de porter sur son dos en tel cas...»

La veille du tournoi les tournoyeurs étaient invités à faire déposer leurs armes, heaumes, timbres et bannières à l'hôtel des juges diseurs. Ces armes, déposées sous les portiques de la cour, étaient examinées par les juges pour en faire le département. «Item, et quant tous les heaulmes seront ainsi mis et ordonnez pour les départir, viendront toutes les dames et damoiselles et tous seigneurs, chevaliers et escuiers, en les visitant d'ung bout à autre, là présens les juges qui maineront troys ou quatre tours les dames pour bien veoir et visiter les timbres et y aura ung hérault ou poursuivant qui dira aux dames, selon l'endroit où elles seront, le nom de ceulx à qui sont les timbres, ad ce que s'il y en a nul qui ait des dames mesdit, et elles touchent son timbre, qu'il soit le lendemain pour recommandé. Touteffoiz nul ne doibt estre batu audit tournoy, se non par l'advis et ordonnance des juges, et le cas bien desbatu et attaint au vray, estre trouvé tel qu'il mérite pugnicion; et lors en ce cas doibt estre si bien batu le mesdisant, et que ses épaules s'en sentent très-bien, et par manière que une autreffois ne parle ou médie ainsi deshonnestement des dames, comme il a accoutumé9

Ces timbres, dont on surmonta les écussons armoyés, ne furent, comme les supports et tenants, que des accessoires variables pendant le cours du XVe siècle. Un noble qui avait jouté d'une façon brillante pendant la durée d'un tournoi, la tête couverte d'un heaume timbré de quelque emblème singulier, et sous le nom du chevalier de la licorne, du dragon, etc. , timbrait de ce heaume l'écu des armes de sa famille, pendant un certain temps, ou sa vie durant, si de nouvelles prouesses ne faisaient oublier les premières. Ce ne fut qu'à la fin du XVe siècle que l'on adopta pour les timbres, comme pour les couronnes, des formes qui indiquèrent le degré de noblesse ou les titres des nobles (voy. Timbre ). Ce n'est qu'au XVIIe siècle que les armes de France furent couvertes et enveloppées d'un pavillon ou tente, c'est-à-dire d'un baldaquin et de deux courtines, ce support ou enveloppe étant réservée depuis lors pour les empereurs et rois. Voici comment se blasonnaient ces armes: d'azur à trois fleurs de lis d'or, deux et une, l'écu environné des colliers des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit, timbré d'un casque entièrement ouvert, d'or; par dessus, la couronne fermée à l'impériale de huit rayons, hautement exhaussée d'une double fleur de lis d'or, qui est le cimier; pour tenants, deux anges vêtus de la cotte d'arme de France; le tout couvert du pavillon royal semé de France, doublé d'hermine, et pour devise: «Lilia non laborant, neque nent.» Sous Henri IV et Louis XIII, l'écu de Navarre était accolé à celui de France, et l'un des anges était vêtu de la cotte d'armes de Navarre. Jusqu'à Charles V, les fleurs de lis étaient sans nombre sur champ d'azur; ce fut ce prince qui réduisit leur nombre à trois en l'honneur de la Sainte-Trinité. Depuis le XVIIe siècle, les ducs et pairs enveloppèrent leurs armes du pavillon, mais à une seule courtine. L'origine de cette enveloppe est, comme nous l'avons vu plus haut, le pavillon dans lequel les tournoyeurs se retiraient avant ou après l'entrée en lice, et non point le manteau impérial, royal ou ducal; c'est donc un contre-sens de placer la couronne au-dessus du pavillon, le pavillon devrait au contraire recouvrir la couronne; et, en effet, dans les premières armes peintes avec le pavillon, la couronne est posée sur l'écu, et le pavillon enveloppe le tout. Cette erreur, que nous voyons se perpétuer, indique combien il est essentiel, en fait d'armoiries, de connaître les origines de toutes les parties principales ou accessoires qui les doivent composer.

Le clergé régulier et séculier, comme seigneur féodal, adopta des armes dès le XIIIe siècle; c'est-à-dire que les abbayes, les chapitres, les évêchés eurent leurs armes; ce qui n'empêcha pas les évêques de porter leurs armes héréditaires. Ceux-ci, pour distinguer leurs écussons de ceux des membres séculiers de leur famille, les surmontèrent du chapeau épiscopal ou de la mitre, alors que la noblesse ne posait aucun signe au-dessus de ses armes. Nous avons vu des clés de voûte, des peintures des XIIIe et XIVe siècles, où les écussons des évêques sont surmontés du chapeau ou de la mitre10. Le chapeau épiscopal et le chapeau de cardinal ont la même forme; seulement le premier est vert et n'a que dix glands aux cordons de chaque côté, posés 1, 2, 3 et 4; tandis que le second est rouge et les cordons terminés chacun par quinze glands, posés 1, 2, 3, 4 et 5.

Dès le XIIIe siècle la décoration peinte ou sculptée admit dans les édifices un grand nombre de figures héraldiques, et les armoiries exercèrent une influence sur les artistes jusqu'au commencement du XVIe siècle. La peinture monumentale n'emploie guère, pendant les XIIIe, XIVe et XVe siècles, que les émaux héraldiques; elle ne modèle pas ses ornements, mais, comme dans le blason, les couche à plat en les redessinant par un trait noir. Les harmonies de la peinture héraldique se retrouvent partout pendant ces époques. Nous développons ces observations dans le mot Peinture , auquel nous renvoyons nos lecteurs.

Un grand nombre de vitraux de l'époque de saint Louis ont pour bordure et même pour fonds des fleurs de lis, des tours de Castille. A Notre-Dame de Paris deux des portails de la façade présentaient dans leurs soubassements des fleurs de lis gravées en creux. Il en est de même au portail de l'église de Saint-Jean-des-Vignes à Soissons. Le trumeau central de la porte principale de l'église de Semur en Auxois, qui date de la première moitié du XIIIe siècle, est couvert des armes de Bourgogne et de fleurs de lis sculptées en relief. A Reims, à Chartres, les vitraux des cathédrales sont remplis de fleurs de lis. À la cathédrale de Troyes on rencontre dans les vitraux du XIVe siècle les armes des évêques, celles de Champagne. Les villes et les corporations mêmes prirent aussi des armoiries; les bonnes villes, celles qui s'étaient plus particulièrement associées aux efforts du pouvoir royal pour s'affranchir de la féodalité, eurent le droit de placer en chef les armes de France; telles étaient les armes de Paris, d'Amiens, de Narbonne, de Tours, de Saintes, de Lyon, de Béziers, de Toulouse, d'Uzès, de Castres, etc. Quelques villes mêmes portaient: de France, particulièrement dans le Languedoc. Les corporations prenaient pour armes généralement des figures tirées des métiers qu'elles exerçaient; il en était de même pour les bourgeois annoblis. En Picardie beaucoup d'armoiries des XVe et XVIe siècles sont des rébus ou armes parlantes, mais la plupart de ces armes appartenaient à des familles sorties de la classe industrielle et commerçante de cette province.

Ce fut à la fin du XIIIe siècle, sous Philippe le Hardi, que parurent les premières lettres de noblesse en faveur d'un orfèvre nommé Raoul (1270)11. Depuis lors les rois de France usèrent largement de leur prérogative; mais ils ne purent faire que l'ancienne noblesse d'extraction considérât ces nouveaux annoblis comme gentilhommes. Les armoiries de la nouvelle noblesse, composées non plus au camp, en face de l'ennemi, mais par quelque héraut dans le fond de son cabinet, n'ont pas cette originalité d'aspect, cette netteté et cette franchise dans la répartition des émaux et des figures que nous trouvons dans les armoiries de l'ancienne noblesse.

Au commencement de son règne, Louis XV renchérit encore sur ses prédécesseurs en instituant la Noblesse militaire12. Les considérants qui précèdent cet édit indiquent encore des ménagements envers la noblesse de race, et les tendances de la monarchie, désormais maîtresse de la féodalité. «Les grands exemples de zèle et de courage que la Noblesse de notre Roïaume a donné pendant le cours de la dernière guerre, disent ces considérants, ont été si dignement suivis par ceux qui n'avaient pas les mêmes avantages du côté de la naissance, que nous ne perdrons jamais le souvenir de la généreuse émulation avec laquelle nous les avons vus combattre et vaincre nos ennemis: nous leur avons déjà donné des témoignages authentiques de notre satisfaction, par les grades, les honneurs et les autres récompenses que nous leur avons accordés; mais nous avons considéré que ces grâces, personnelles à ceux qui les ont obtenues, s'éteindront un jour avec eux, et rien ne nous a paru plus digne de la bonté du Souverain que de faire passer jusqu'à la postérité les distinctions qu'ils ont si justement acquises par leurs services. La Noblesse la plus ancienne de nos États, qui doit sa première origine à la gloire des armes, verra sans doute avec plaisir que nous regardons la communication de ses Privilèges comme le prix le plus flatteur que puissent obtenir ceux qui ont marché sur ses traces pendant la guerre. Déjà annoblis par leurs actions, ils ont le mérite de la Noblesse, s'ils n'en ont pas encore le titre; et nous nous portons d'autant plus volontiers à le leur accorder, que nous suppléerons par ce moyen à ce qui pouvait manquer à la perfection des lois précédentes, en établissant dans notre Roïaume une Noblesse Militaire qui puisse s'acquérir de droit par les armes, sans lettres particulières d'annoblissement. Le Roi Henry IV avait eu le même objet dans l'article XXV de l'édit sur les tailles, qu'il donna en 1600...»

L'institution des ordres militaires avait créé au XIIe siècle des confréries assez puissantes pour alarmer les rois de la chrétienté. C'était la féodalité, non plus rivale et disséminée, mais organisée, armée et pouvant dicter les plus dures conditions aux souverains. Le pouvoir monarchique, après avoir brisé le faisceau, voulut le relier autour de lui et s'en faire un rempart; il institua pendant les XVe et XVIe siècles les ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit, pendant le XVIIe l'ordre de Saint-Louis, et plus tard encore Louis XV établit l'ordre du Mérite-Militaire peu de temps après la promulgation de l'édit dont nous avons cité un extrait. Ces institutions effaçaient les derniers écussons armoyés. Désormais la noblesse devait se reconnaître par un signe général, non plus par des signes individuels. La monarchie tendait à mettre sur le même rang, à couvrir du même manteau, toute noblesse, qu'elle fût ancienne ou nouvelle, et la nuit du 4 août 1789 vit briser, par l'assemblée constituante, des écussons qui, voilés par le pouvoir royal, n'étaient pour la foule que le signe de privilèges injustes, non plus le souvenir et la marque d'immenses services rendus à la patrie. L'écusson royal de Louis XIV avait couvert tous ceux de la noblesse française; au jour du danger il se trouva seul; il fut brisé; cela devait être.




1 : Blasonner vient du mot allemand blasen (sonner du cor): «C'était autrefois la «coutume de ceux qui se présentaient pour entrer en lice dans les tournois, de «notifier ainsi leur arrivée; ensuite les hérauts sonnaient de la trompette, blasonnaient «les armes des chevaliers, les décrivaient à haute voix, et se répandaient «quelquefois en éloges au sujet de ces guerriers.» (Nouv. Méth. du blason, ou l'art hérald. du P. Ménestrier, mise dans un meill. ordre, etc., par M. L***. In-8°, Lyon, 1770.)

2 : «Louis le Jeune est le premier de nos rois qui soit représenté avec des fleurs «de lys à la main et sur sa couronne. Lorsqu'il fit couronner son fils, il voulut que «la dalmatique et les bottines du jeune prince fussent de couleur d'azur et semées de «fleurs de lys d'or.» (Ibid.)

3 : Il est entendu que, conformément à la méthode employée depuis le XVIIe siècle pour faire reconnaître par la gravure les émaux des armoiries, nous exprimons l'argent par l'absence de toute hachure, l'or par un pointillé, l'azur par des hachures horizontales, gueules par des hachures verticales, le sinople par des hachures diagonales de droite à gauche (de l'écu), le pourpre par des lignes diagonales de gauche à droite, le sable par du noir sans travail, bien que dans la gravure en taille-douce ou l'intaille, on l'indique par des hachures horizontales et verticales croisées.

4 : Voyez le mot Fleur de Lys.

5 : Il ne paraît pas que des règles fixes aient été adoptées pendant les XIIIe et XVIe siècles pour la forme ou la proportion à donner aux écus, ils sont plus ou moins longs par rapport à leur largeur ou plus ou moins carrés; il en existe au XIIIe siècle (dans les peintures de l'église des Jacobins d'Agen, par exemple) qui sont terminés à la pointe en demi-cercle.

6 : Mémoire d'Olivier de la Marche. liv. I, chap, XXI.

7 : Traicté le la forme et devis d'ung tournoy. Les mants du livre des tournois par le roi Réné. Bib. imp. (Voir celui n°8351).

8 : Liv. I, char. XXI.

9 : Traicté de la forme et dev. d'ung tournoy, Bib. imp. man. 8351; et les Œuvres chois. du roi Réné, par M. le comte de Quatrebarbes. Angers, 1835.

10 : A Vézelay, XIIIe siècle; dans la cathédrale de Carcassonne, XIVe siècle, etc.

11 : Le présid. Hénault, Abrégé chron. de l'Histoire de France.

12 : Édit du mois de novembre 1750.


[edit] COAT OF ARMS

When the Western armies precipitated in the East, with the conquest of Holy Sepulchre, their meeting formed such a mixture of different populations by the practices and the language, that it was well necessary to adopt certain signs made to recognize his people when coming from abroad to the battlefield with the enemy. The kings, constables, captains and even the simple knights who had some men under their control, in order to be able to be distinguished in the fray from enemies, whose costume was very similar, painted their shields ("écus") with bands of colors, so as to be identified from afar. Also, the oldest coat of arms are the simplest. As of 11th century, already the sport of the tournaments was extremely widespread in Germany, and the combatants adopted colors and emblems which they carried for as long as the contest; however, at that time, the noble jousters seemed to change currencies or signs and colors with each tournament. But when the shields with the coat of arms ("écus armoriés") had been tested in battle with the infidels, when, returned from the battle fields of the East, the Western Christians brought back with them these painted weapons, they had to preserve them as a memento of the event, as an honorable mark of their high deeds. From time immemorial, the men who faced dangers liked to preserve the dumb witnesses of their long sufferings, their efforts and their successes. The enamelled weapons of varied colors, of singular figures, carrying the trace of their engagements, were religiously suspended on the walls of the feudal castles; it was opposite them that the old lords told their adventures overseas to their children, who were accustomed to regard these shields as a family estate, a mark of honor and glory which was to be preserved and transmitted from generation to generation. Thus the coat of arms, painted initially to be recognized during combat, became hereditary like the name and the goods of the head of the household. Who doesn't remember seeing, after the wars of the [French] Revolution and the Empire, an old rusted rifle suspended on the mantelpiece of each thatched cottage?

When the coat of arms became hereditary, they had to be subjected to certain fixed laws, since they became titles of family. They had blasonner the weapons, i.e., to be explained 1. It was however only towards the end of the 12th century that the heraldry posed its first rules 2; during the 13th century it developed, and was fixed during the 16th and 15th centuries. Then the science of the blazon was strong in honor; it was like a language reserved for the nobility, of which it was jealous, and which it made a point of maintaining in its purity. The coat of arms had, during the 16th century, taken a great place in decoration, the fabrics, clothing; at this point in time the lords and people of their houses carried armoyés costumes. Froissart, in its chronicles, does not make appear noble of some importance without making follow its name of the blazon of its weapons. The novels of the 13th and 16th centuries, the official reports of festivals, of ceremonies, are filled with heraldic descriptions. We can in this article only give one summary outline of this science, although it is of a great utility to the architects who occupy themselves of archaeology. Fault of knowing the first elements of them, we saw our time to make blunders whose least disadvantage is to lend to the ridiculous one. It is a language which it should be abstained from speaking if it well is not known. Louvan Geliot; in its Index armorial (1635), known as with reason: "that the cognoissance of the" various species of coat of arms, and of the parts of which they are made up, "is so abtruse, and the terms if little usitez in the other subjects" of escrire, or speaking, that it takes several years to probe the bottom "of this abyme, and a long experiment to penetrate jusques in the heart" and in the center of this chaos." Since this author, the P. Menestrier particularly returned the study of this easier science; it is especially with him which we borrow the summary that we give here.

Three things must be used in the composition of the coat of arms: enamels, the shield or field, and figures. The enamels include: 1. metals which are: gold (“’’or’’”), or yellow; silver (“’’argent’’”), or white 2. the colors which are: “’’gueules’’”, which is red, azure, which is blue, “’’sinople’’”, which is green, “crimson”, which is deep-red purple, “’’sable’’”, which is black; 3. breakdowns or furs, which are: ermine and squirrel fur, to which one can add the counter-ermine (“’’erminés’’”) and the counter-vair. The enamels suitable for the ermine are silver or white for the field, and black for the mouchetures (1); opposite for the counterermine, i.e., black for the bottom, and silver or white for mouchetures 3. Squirrel fur is always of silver and blue, and is represented by the features indicated here (2). The counter-vair is also of silver and blue; it differs from squirrel fur in what, in the latter, metal is opposed to the color, while in the counter-vair metal is opposed to metal, and the color with the color (3). Squirrel fur from the “stake” or salaried is done by opposing the point of one squirrel fur to the base of the other (4).

Sometimes the ermine and squirrel fur adopt other colors that those which are clean for them; one says then ermine or vair of such or such enamel, for example: “Beaufremont” is called vair of silver and reds (5). A general rule of the blazon is not to put color on color at the reserve of the crimson, nor metal on metal; otherwise the coat of arms would be false, or at least to ‘’enquérir’’. One indicates by weapons to ‘’enquérir’’ those which leave the common rule, which is given for some remarkable act; in this case one can put color on color, metal on metal. The intention of that which takes similar weapons is to oblige to account for the reason which made him adopt them.

Armoiries.couleur.et.disposition.png

The shield or field is simple or made up; in the first case it has one enamel without divisions, in the second it can have several enamels. It then is divided or left. Four principal partitions are counted, from of which all the others derive: The party, which perpendicularly shares the shield in two equal parts (6); the half-compartment (7); the distinct one (8); cut (9). The party and the half-compartment form quartered (10), which is four, of six, eight, ten, sixteen districts and more still sometimes. Sliced and cut give quartered in saltire (11). The four partitions together give gironné (12). When gironné is of eight parts like the example (fig. 12), it simply is called gironné; but when there are more or less bosoms, one indicates the number of it: gironné of six, ten, twelve, fourteen parts. Tiercé is a shield which is divided into three equal parts of various enamels in accordance with each partition. Thus, tiercé by the party is called tiercé out of stake (13), X is called: tiercé out of stake of black, silver and azure; tiercé by the half-compartment is called tiercé in fasce (14), X is called: tiercé in fasce of azure, silver and reds; tiercé in band is given by the distinct one (15), X is called: tiercé in band of silver, reds and azure; tiercé bars some by cut (16), X is called: tiercé out of bar of azure, silver and reds. It moreover ploughed for the third time there which is not referred to the first four partitions, but which are traced according to certain heraldic figures. There is tiercé out of rafter (17), X is called: tiercé out of rafter of silver, reds and black; tiercé at a peak or mantel (18), X is called: tiercé at a peak or mantel of azure, silver and reds; tiercé in escutcheon (19), X is called: tiercé in escutcheon of reds, silver and azure; tiercé in pairle (20), X is called: tiercé in pairle of silver, black and reds; chappé (21), X is called: reds with three chappé silver silver stakes; fitted (22), X is called: fitted silver silver reds or stake; ambrassé with dextral and sinistral (23), X is called: of silver embraced with sinistral of reds; X is called: of silver embraced with dextral of reds; the vétu (24), X is called: of silver vêtu of azure; adextré (25), X is called: of adextré silver of azure; sénestré (26) X is called: of sénestré silver azure.

Armoiries.couleur.et.disposition.2.png

The position of the figures which are placed on the shield must be determined exactly, and to do it, it is necessary to know the various parts of the shield (27). A is the center of the shield; B the chief; D the dextral canton of the chief; E the sinistral canton of the chief; F the dextral side; G the sinistral side; C the point; H the dextral canton of the point; I the sinistral canton. When a figure alone occupies the center of the shield, his situation is not specified. If two, three or several figures are laid out in the direction of the letters D B E, they are said lines as a chief; if they are like the letters F A G, in fasce; if they follow the order of the letters H C I, at a peak; laid out like B A C, they are out of stake; like D A I, in band; like E A H, out of bar. Three figures are generally placed like the letters D E C: two and one; when they are placed like the letters H I B, they are said badly ordered. The figures posed as D E H I are indicated: two and two. Five figures posed like B A C F G, in cross; like D E A H I, in saltire; like D E A C, in pairle. Parts arranged like D B E G I C H F, in orle. A figure placed in A, in the medium of several others which would be different by their form, is in abyss. When one shield is not in charge of any figure one says: X is called of such metal or such color. The former counts de Gournai carried of full black. If the shield is charged only with one fur, one says: X is called “ermine” (fig. I). If it is in charge of figures, it is necessary to examine whether it is simple, i.e., without partitions, or if it is made up.

Zones.blason.png

If it is simple, one states initially the field, then the principal figures and those which only accompany them or are secondary, then their number, their position and their enamels; the chief and the edge are indicated lastly like their figures. When the principal part encroaches on the chief or the edge, the chief or the edge must then be indicated before the principal part.

Armoirie.Vendome.ancien.png

Old Vendôme (28) carried: of silver to the chief of reds to a lion of azure, armed, lampassé and crowned of silver stitching on the whole. If the shield is composed, one starts by stating divisions; if it is some more than four, one observes the number of lines which divide, and one says: “Left of, crossed by so-and-so much, which gives so many districts [areas]”. For example (29), known as: Started from one, crossed from two, which gives six districts; with the first of..., the second of..., the third, etc. (30). Started from three, crossed of one, which gives eight districts; with the first of..., the second of..., etc. (31). Started from two, crossed from three, which gives twelve districts; with the first of..., the second of..., etc One blasonne each district in detail, while starting with those of the chief, and while going from the right-hand side of the shield to the left.

Armoirie.divisions.png

The figures or ordinary parts of the blazon are of three kinds: 1. heraldic or clean figures; 2. natural figures; 3. artificial figures. The heraldic figures are subdivided in honourable parts of first and second order. The honourable parts of first order usually occupy in their width, when they are alone, one the third of the shield; except for the frank-quartier, canton and bosom which occupy only the fourth part of it.

Armoirie.pieces.png

These parts are: the chief (32), the fasce (33), the champagne (34), the stake (35), the band (36), the bar (37), the cross (38), the saltire (39); the rafter (40), the frank-quartier (41), the dextral or sinistral canton (42), the pile (43) or point it, the bosom (44), the pairle (45), the edge (46), the orle (47), narrower than the edge, the treschor (48) or essonier who differs from the orle only in what it narrower and is blossomed, the shield damages some (49), the bracket (50), seldom employed. When the parts from which we come to speak multiply, these repetitions name rebattements. Harcourt is called: “reds with two silver fasces” (51).

Armoirie.pieces.2.png


Aragon (kingdom) is called: of silver with four stakes of reds (52). Richelieu is called: of silver with three rafters of reds (53). The honourable parts, when they are not numbers some, must fill, as we said, one the third of the shield; but it happens sometimes that they have a less width, the third of their ordinary width or the ninth height or width of the shield, then they change name. The chief is nothing any more an but decreased chief, or roof. the decreased stake names small cane; the decreased fasce, currency; the decreased band, cotice; the decreased bar, crosses. The cotice and the cross-piece are reamed when they do not touch the edges of the shield. In this case, the cotice is known as stick perished in band, and stick perished out of bar crosses it. The champagne decreased is named flat. The fasces, the bands and the bars very-thin and put two to two are binoculars or gemelles (54). If they are laid out three to three, they are named third or thirds (55). The alesées fasces of these parts say hamade or hamaide (56).

Armoirie.hamade.png

When the shield is covered with stakes, fasces, bands, rafters, etc, in an equal number, i.e. so that one cannot say such enamel is the field, one blasonne as follows: pallé, fascé, bandaged, coticé, raftered, etc, of so many parts and such enamel. D' Amboise is called: pallé of silver and reds of six parts (57).

Armoiries.exemples.png
  • If the number of pallés exceeds that of eight, one says vergetté.
  • If the number of fascés exceeds eight, one says burellé, of so many parts; if bandaged that of nine exceeds, one says coticé.
  • If the stakes, the fasces, the bands, the rafters are opposed, i.e. if these figures divided by a feature overlap so that metal is opposed to the color, and vice versa, one says then against-pallé, against-fascé, against-bandaged, against-senior.
  • The less honourable parts, or of the second order, are:
  1. fixed. It is necessary to express if fixed is out of stake, band or fasce. X (58) is called: fixed in fasce of a point and two half of reds on silver.
  2. the équipollés points, which are always nine in chess-board. Bussi (59) is called: five points of silver équipollés at four points of azure.
  3. échiquetté (60), usually of five features; When there is less, one must specify it while blasonnant.
  4. the hooped one (61), which is bands and bars interlacing itself, six.
  5. treillized (62), which differs from hooped only because the bands and the bars are nailed with their meeting; enamel of the nails is expressed.
  6. rhombuses (63) and losangé (64) when the shield is filled with lozanges; of Craon is called: losange of silver and reds.
  7. the rockets or tapered, which differ from the rhombuses or losange only because the figures are lengthened; X (60) is called: of silver with five black rockets put out of stake to the of the same chief.
  8. the mâcles, which are rhombuses, openwork of smaller rhombuses; Rohan (66) is called: reds with nine silver mâcles.
  9. rustes or louts; who differ from the mâcles only in what the opening is circular; X (67) is called: reds with three silver rustes, 2 and 1.
  10. besants and oil cakes; the first are always of metal, the seconds of color; X (68) is called: of azure with six silver besants, 3, 2 and 1. The besants can be posed until the number of eight and either. The besants-oil cakes, which started from metal and color; X (69) is called: reds started from silver with three besants-oil cakes of the one in the other.
  11. the billets (70), which are small parallelograms posed upright. The billets can be reversed, i.e. posed on their large side; but it is expressed. They are sometimes bored in square or round; it is also expressed.

All the first order honourable parts have various attributes, or undergo certain modifications, of the following nomenclature: They can be lowered; of Ursins (71) is called: bandaged silver and reds of six parts, with the chief of silver, charged of an eel ondoyante of azure, lowered under another chief of silver, charged of a pink of reds; -- accompanied or surrounded, it is when around a principal part, as is the cross, the band, the saltire, etc,il has there several other parts in the cantons; X (72) is called: of black to the silver cross, accompanied by four billets of même; -- adextrées, which is placed at the dextral side of the shield; X (73) is called: of green with three adextrés silver clover of a cross of or; -- sharpened; X (74) is called: of silver

Armoiries.exemples.2.png


with the three sharpened stakes of azur; -- alèsées; Xintrailles (75) is called: of silver to the alesée cross of red (“’’gueules’’”); -- bandaged (fig. 71); barred it is called in the same direction as barred; bastillées it is called of a chief, a fasce, of a band, notched towards the point of the shield; X (76) is called: of azure to the chief of silver, bastillé of silver, three pièces; -- broadsides; X (77) is called: of azure to the silver band bordered of red; -- bourdonnées is said commonly furnished cross, at the end of its arms, buttons similar to bumblebees of pilgrims; - - bretessées. X (78) is called: of silver to the fasce of reds bretessées of two parts and two half; - - bretessées with doubles. X (79) is called: reds with the band bretessées with silver double; -- against-bretessées, X (80) is called: of silver to the bretessée fasce and against-bretessée sable; -- stitching says parts which pass on others; of Terrail

(81) is called: of azure to the chief of silver, charged with an issuant lion of reds, with the silver cotice stitching on the tout; -- cablées it is called of a made cross of cords or twisted cables; - - confined it is called when, in the four cantons which remain between the arms of a cross, there are parts posed in the field; -- charged it is called of all kinds of parts on which others are superimposed: thus the chief, the fasce, the stake, the band, the rafters, the crosses, the lions, the edges, etc, can be charged with besants, crescents, pinks, etc; X is called: of silver with three fasces of reds, charged each one with five saltires of argent; -- raftered it is called of a stake or any other part charged with rafters, and all the shield if it is filled by it; -- cléchée. Toulouse (82) is called: reds with the cléchées, emptied and pommetée cross of or; -- componées, X (83) is called: of azure to the componée band of silver and reds of five pièces; -- bent it is called of the chief when it is of metal on metal, or of color on color, as with the coat of arms of the town of Paris (one is also useful oneself of this word for the fasces, bands, rafters, of color on color, or metal on metal); - - studded. évêché of Hamin in Germany (84) is called: of azure to an bracket studded with sinistral, croisonnée and potencée with dextral of or; -- denchées, endenchées or toothed, X (85) is called: reds with the endenchée silver edge; Cossé de Brissac (86) is called: of black with three fasces denchées of silver. When the teeth are turned the point towards the top of the shield, it is expressed; variegated, X (87) is called: of azure to the fasce of silver variegated of reds; -- chequered, X (88) is called: of azure to the frank chequered district of silver and reds; -- engrélées, i.e., furnished with very-small teeth, X (89) is called: of azure to the engrélée cross of argent; -- entées, Rochechouart (90) is called: fascé, enté, ondé of silver and red; -- interlaced it is called of three crescents, three rings and other similar figures, posed the ones in the others; -- failed called broken rafters; of Oppède (91) is called: of azure with two failed silver rafters, the first with dextral, the second with sénestre; --florencées with a cross whose arms end in flowers of lily; -- gringolées are parts, such as the crosses, saltires, etc, finished by heads of snake; -- raised it is called when parts such as fasces, rafters, etc, occupy in the shield a place higher than that which is usually affected for them; - - moving are parts which seem to leave the chief, the angles, the sides or the point of the shield; - - heavy showers are parts, stakes, fasces, rafters, edges, etc, cut out in waves; -- resarcelées, bordered of a feature of another enamel; - - reprocessed are bands, stakes and fasces which; one of their, dimensioned, do not touch at the edge of the shield; - - vivrées, X (92) is called: of silver to the vivrée band of azure; - - emptied are up to date parts, through which one sees the field of the shield.

Armoiries.avec.croix..png

The crosses affect particular forms; they are said pattées, of Argentré (93) is called: of silver to the pattée cross of azure; - - recercelées, X (94) is called: of silver to the recercelée black cross; - - recroisettées, X (95) is called: of silver to the recroisettée black cross; - - anchored, X (95 1) is called: party of reds and silver to the cross moline of the one in the other; - - card-indexed, X (95 2) is called: of silver to the three driven black crosses, 2 and 1; - - bastonnées or clavelées, X (95 3) is called: of azure to a bastonnée cross of silver and silver, or with four let us bastons, two of silver and two of silver; -- from Lorraine, X (95 4) is called: of azure to the cross of Lorraine of silver; - - tréflées, X (95 5) is called: of silver to the tréflée cross of reds; - - gringolées, i.e. whose pilot wheels are finished by heads and blows of gringoles or guivres, X (95 6) is called: of silver to the cross of reds gringolée of black; - - anillées or nellées, i.e. whose pilot wheels finish out of irons of mills, X (95 7) is called: of silver to the nellée black cross. Écotées crosses, i.e. made up of two branches of tree whose branches are cut, heavy showers, hooped, vair, etc, finally in charge of the figures which charge the honourable parts.

Armoiries.avec.croix.2.png

The used natural figures in the blazon can be divided into five classes: 1. human figures, 2. animals, 3. plants, 4. stars and meteors, 5. elements, i.e. water, fire, ground. The human figures or of ordinary enamel of the blazon or are painted in complexion, with or without clothing, of natural and ombrées colors. One says: if these figures are vêtues and how, crowned, chevelées, ombrées, etc; one indicates their attitude, their gesture, which they carry and how.

The most used animals are, among the quadrupeds: the lion, the leopard, the wolf, the bull, the stag, the ram, the wild boar, the bear, the horse, the squirrel, the dog, the cat, the hare, etc; among the birds: the eagle, eaglets, the corbel, the merlettes, the swan, let us alérions them, the canetes, etc; among fish: the bar, the dolphin, the chub, the trout, etc; among the reptiles: the snake, the crocodile, the tortoise, the lizard; among the insects: flies, bees, horseflies; among the fantastic or allegorical animals: the winged siren, dragon, ampsystères or snakes, the griffon, the salamander, the unicorn, etc. The animals represented on the coat of arms usually look at the line of the shield; if they look at the left, they are said circumvented.

The lions and the leopards are the animals most usually employed, they have over all the others the privilége to be heraldic, i.e., that their form and their posture are subjected to fixed rules. The lion is always illustrated of profile: it is crawling, i.e., high on its legs of behind, the dextral leg of front raised, and the sinistral leg of behind behind; or passing, in other words léopardé, if it appears to go. The leopard always shows its mask of face, its usual posture is to be busy; if it crawls, it is said lionné or crawling.

The lion and the leopard have additional terms which are common for them; they are armed, lampassés, joined, are membrés, crowned, leaned, faced, circumvented, contrepassants, issuant, being born, mornés, defamed, burellés, bandaged, crossed, left, fascés, chequered, of ermine, squirrel fur. The armed lion are nails which can be of an enamel different from that of the remainder of the body; lampassé, of the language; morné, when it has neither language, neither teeth nor nails; defamed, when it does not have a tail. Olivier de Clisson, constable of France under Charles VI, carried: reds with the silver lion armed, lampassé and crowned of silver, etc.

During the XIII E, 16th and 15th centuries, the heraldic animals were illustrated according to certain forms of convention which it is necessary to know well, because it is not without reason that they had been adopted. The various figures which cover the shield being generally intended to be seen by far, it was necessary that their form very-was accentuated. The artists of these times had included/understood it; if the members of the animals are not well detached, if their movement is not exaggerated, if their aspect is not perfectly distinct, at a certain distance these figures lose their particular character, and present nothing any more but one confused spot. Since the XVI E century the decorative drawing was softened, and the heraldic figures lost this character which easily made them recognize. One wanted to give to the animals a more real aspect, and as the heraldry is an art purely of convention, this attempt was contrary with its principle. It is thus of great importance to penetrate itself of the traditional forms given to the animals as with all the other figures, when it is a question of painting coat of arms. Although we cannot in this summary give too many examples, we will however try to join together some types which will make include how much one deviated, in the last centuries, of the forms which had not been adopted without cause, and how much it is useful to know them: because, in all the armoriaux ones printed since the Rebirth, these types were each day increasingly disfigured; it is at most if in the last works which treat EC matter one finds some vestiges of a drawing which had not had to suffer from deterioration, since the coat of arms are signs whose principal merit is to perpetuate a tradition. It is especially in the monuments of the 16th century that we will seek these types, because it is during this century that the heraldry adopted figures whose quite distinct characters were reproduced without modifications sensitive until the moment when the artists, accustomed to a vulgar imitation of nature, did not include any more the fundamental laws of the decoration applied to the monuments, the pieces of furniture, with the weapons, with clothing. Here thus some of these figures:

Armoirie.lion.rampant.png

We will start with the crawling lion (96); With, crowned. Passer by or léopardé (97).

Armoirie.lion.leoparde.png

Issant (98).

Armoirie.lion.issant.png

The leopard (99).

Armoirie.leopard.png

The wolf passing (100); charming, when it is posed on its hind legs.

Armoirie.loup.png

The stag (101).

Armoirie.cerf.png

The wild boar (102).

Armoirie.sanglier.png

The éployée eagle (103).

Armoirie.aigle.eployee.png

With the lowered flight (103 bis).

Armoirie.aigle.abaisse.png

Les merlettes (104).

Armoirie.merlettes.png

Les alérions (105).

Armoirie.alerions.png

The bar (106).

Armoirie.bar.png

The dolphin (107).

Armoirie.dauphin.png

Le chabot (108).

Armoirie.chabot.png

La syrène (109).

Armoirie.syrene.png

The dragon (110).

Armoirie.dragon.png

The griffon (111).

Armoirie.griffon.png

The plants, trees, flowers, fruits are often employed in the coat of arms. If they are trees, one indicates them by their name. Nogaret is called: from silver to the torn off green walnut tree, i.e. of which the roots are visible and are detached at once from the shield.

Armoirie.arbre.png

Some trees are illustrated in a conventional way. Créqui (112) is called: of silver to the créquier of reds. One indicates by chicot tree trunks cut, without sheets. When sheets are posed at once, one indicates the number and the species of it.

It is the same for the fruits. The hazel nuts in their envelope are said, in blazon, coquerelles. The flowers are indicated by the number of their sheets, clover, quad-sheets, cinquefoils. All kinds of flowers are employed in the coat of arms; however one hardly meets before the 15th century that the pinks, the poppy, the clover, the quad and cinquefoils and the flower of lily 4. By indicating the species and the number of the flowers or fruits in the shield, one must also indicate if they are accompanied by sheets, one says them then broken into leaf; if they hang with a branch, one them known as constant. The fruits which one generally meets in the old coat of arms are: apples, pine cones, grapes, nipples, the coquerelles ones. The quad and cinquefoils are bored by the medium of a round hole, which lets see the field of the shield. The pink it is called buttoned when its heart is not same enamel as the flower. Among the stars, those which are in the past employed are the sun, the stars and the crescent; the sun is always silver. When it is of color, it takes the name of sun shade. The position of the crescent is to be rising, i.e. its horns are turned towards the chief of the shield. When its horns look at the point of the shield, one it known as versed; turned when they look at the dextral side; circumvented if they look at the sinistral side. One still says crescents in a number, and according to their position, which they are turned in band, are leaned, sharpened, faced, badly ordered. The star is usually of five points; if there is more, it should be specified while blasonnant. X is called: reds with three stars of eight silver lines, 2 and 1. The rainbow is always painted with the naturalness, in fasce, slightly curved.

The elements, which are fire, the ground and water, are presented in various forms: fire is flame, lit torch, burning torches, coals; the ground is illustrated in the form of mounts, rocks, terraces; water in the form of waves, of sources, rivers.

The artificial figures which enter the coat of arms are: 1. instruments of crowned or profane ceremonies; 2. vulgar clothing or ustensils; 3. weapons of war, hunting; 4. buildings, turns, cities, castles, bridges, doors, gallées, naves or naves (galères and ships), etc; 5. instruments of arts or the trades. It is necessary, according to the ordinary method, to indicate these various objects by their names while blasonnant, to mark their situation, their number and enamels of the various attributes which they can receive. Lily (113) is called: of azure to a silver sword out of stake the point in top, surmounted by a crown and accosted of two flowers of of the same lily.

Armoirie.et.objets.png

Among the weapons most usually illustrated in the old coat of arms, one distinguishes the swords, the badelaires (short, broad and bent swords), the arrows, the lances, the axes, the masses, the clamps. spurs, serrated rollers of spurs, heaumes, horns, huchets, spears, snares, etc.

Armoirie.et.chateau.png

The castles are sometimes surmounted turrets, one says them then summoned of so much; they are said built…, when the stone joints are indicated by a different enamel. The kingdom of Castille (114) is called: reds, with the summoned of three turns of silver, built, openwork castle of azure. The surmounted towers of a turret are called donjonnées. If the turns do not have keeps, but only one notched crowning, one must say crenelated of so many parts.

Openwork is used when the doors or windows of the turns or castles are of an enamel different from the building. The same terms apply to the other buildings. Dried it is called of a building whose roof is of another enamel.

Armoirie.Paris.png

A ship hooped, is equipped, when it is provided with all its tackles and veils. Paris (115) is called: reds with the hooped nave, equipped with floating silver on of the same waves, with the bent chief of France old. If the ship is without masts and veils, one says: stopped ship. When the anchors are painted various enamels, one must specify it. The trabe is the cross-piece, the stangue it is the stem, the gumenes are the cables which attach the anchor.

We will not go into further details concerning the various instruments or buildings which appear in the coat of arms; we return our readers to the special treaties.

Crack, in terms of blazon, is a change which one subjects the coat of arms to distinguish the branches from the same family. One broke in the origin only by the change of all the parts, by preserving only enamels. Thus the counts de Vermandois, left the house of France, carried: chequered of silver and azure, with the chief of France. Later one broke by changing enamels and preserving the parts. The branch elder of Mailli is called: of silver with three green mallets; Mailli of Burgundy carry: reds with three silver mallets: other branches carry: of silver to the mallets of black, silver with three mallets of azure. One also broke by changing the situation of the parts, or by cutting off some from the parts. But the manner of breaking which was most ordinary in France consisted in adding a new part to the coat of arms full with the family. As of the end of the 13th century the princes of the blood of the house of France broke this manner, and one chooses as crack of the parts which did not deteriorate the principal blazon, such as the lambel; Orleans is called: from France to the lambel with three hanging of silver for crack; - - the edge, Anjou is called: from France to the edge of reds; - - the stick peri, Bourbon is called: from France to the stick peri in band of reds; - - the canton, the serrated roller of spur, the crescent, the star, it besant, the shell, the small cross, the third quad or fifth breaks into leaf. One still breaks by quartering the weapons of his house with the weapons of a family in whom one took alliance.

In the examples which we gave, we chose for the shields the form generally adopted during the XIII E, 16th and 15th centuries 5,form who was modified during the XVI E and XVII E centuries; one then gave them a contour less acute and often finished with the point in accodance.

The married women carry shields coupled; the first escutcheon gives the weapons of the husband, and the second theirs. For the shields of the girls, one adopted, as of the 16th century, the form of a rhombus.

Additional figures accompany the armoyés shields. From the end of the 16th century, one frequently sees the shields supported by supports and holding, overcome sometimes cimiers, stamps, and being detached on lambrequins.

The support is a tree, to which the shield is suspended; holding are one or two figures of men-at-arms, knights, forks and spoons of their armours and the coat armoyée with the weapons of the shield. The origin in this manner of accompanying the shield is in the tombs of the 13th and 16th centuries. In the church of the abbey of Maubuisson, in front of the furnace bridge of Michel saint, one saw, at the end of last century, the tomb of Clarembaud de Vendel, on which this character was represented vêtu of a coat of mail with his shield placed on the body, émanché of four parts. There still exists in the crypts of the church of Saint-Denis a rather great number of statues of princes of royal blood, died at the end of the 13th century or the beginning of the XIV E, which are represented same manner, slept on their tombs. We will quote inter alia that of Robert de France, count de Clermont, lord of Bourbon (coming from the Jacobins of Paris), having his shield hung in shoulder-belt tilted on the left side, bearing: from France (old) to the cotice of reds; that of Louis de Bourbon, grandson of Louis saint, in the same way; that of Charles d' Alençon of which the shield is called: from France (old) to the edge of reds charged with sixteen besants of..., etc (see: TOMB). In the silver sums of silver, Philippe de Valois is represented sitting on a folding stool, holding his high sword of the right hand and the left being based on the shield of France. In the noble ones in the noble pink and the Henri of England, this prince is illustrated upright in a ship which it leaves to half-length, holding in his right-hand side a high sword and his left one shield quartered of France and England. In the Cherubs the shield is attached to a cross which holds place of mast with the vessel. Taking the part for the whole, one gave soon to these silver currencies the name of shields of silver.

It is still a way of holding, it is that which consists in making carry the shield by mores, savages, sirens, real or fabulous animals. The origin of this use is in the tournaments. The knights made carry their lances, heaumes and shields by pages and servants disguised as strange characters or animals. To open the step of weapons holding them of the tournament made attach their shields to trees on main road, or in certain assigned places, so that those which would like to fight against them were going to touch these shields. To keep them one put dwarves, giants, mores, men disguised in monsters or wild beasts; one or more heralds took the names of those which touched the shields of holding. With the famous tournament which took place in 1346, the first from May, in Chambéry, Amédée VI of Savoy made attach its shield to a tree, and made it keep by two large lions, which since this time became holding them of the coat of arms of Savoy; this prince chooses probablemeut these animals for holding, because Chablais and the duchy of Aoste, its two principal seigniories, had lions for coat of arms. The armoyés shields, stamps, cimiers and currencies of the knights who appeared in this tournament, remained deposited twenty during three centuries in the large church of the fathers of Saint-François in Chambéry; it was only in approximately 1660 that the good fathers, while making whitewash their church, removed this invaluable monument.

Charles VI appears to be the first of kings de France which made carry its shield and its currency by holding. Juvénal of Ursins tells that this prince, energy with Senlis to drive out, continued a stag which had with the neck a gilded copper chain; it wanted that this stag was taken with the lakes without killing it, which was carried out, "and found one that it avoit with the collar the aforementioned chain where avoit" written: Cæsar hoc mihi donavit. And consequently, the roy, of its movement, "carried in currency the crowned silver kite to the collar, and everywhere where one" mettoit his weapons, y avoit two stags holding its weapons on a side and "the other. 1380." Since, Charles VII, Louis XI and Charles VIII, preserved the winged stags as holding of the royal weapons. Louis XII and François I er took for holding, the first, of the pigs-épics, the second, of the salamanders, which were the animals of their currencies. From the XVI E century, almost all the families of the French nobility adopted holding for their coat of arms; but this use did not have anything rigorous, and one often changed, according to the circumstances, the supports or holding of his weapons. Such family, which had for holding of her escutcheon of the savages or the mores, making it paint in a vault, changed these profane figures against angels. The weapons of Savoye, for example, about which we spoke, were supported by an angel on one of the doors of the convent of Saint-François in Chambéry, with this currency: The crux fidelis inter omnes. The coat of arms of the cities were also, starting from the 15th century, represented with supports: Basle has as a support a dragon; Bordeaux two rams; Avignon two gerfauts, with this currency: Unguibus and rostro. Often the supports were given by the name of the families; thus the house of Ursins had two bears for supports. The supports are sometimes varied; the kings of England have as supports of their weapons, on the right, a leopard crowned armed and lampassé with azure, on the left, a silver unicorn coupled of a crown and attached to a silver chain passing between the two feet of front and turning over on the back. But these supports are posterior with the meeting of Scotland to the kingdom of England; before this time, the supports of the weapons of England were a lion and a dragon, this last symbol because about the Jumper dedicated to George saint.

During the tournaments and before the entry in string, it was of use to expose the coat of arms of the combatants on rich person carpet. Perhaps this is there the origin of the lambrequins on which, starting from the 15th century, one painted the coat of arms. When one holding was presented at the step of weapons, its shield or its targe, in certain circumstances, was suspended in a house which had to be opened to make it touch by those which were made register for jouter. "the first samedy of the month of may the year 1450, the house was tended, like it estoit habit, and as always continued each one samedy of the year, during the influence of the susdicts. If came audict house a young person escuyer from Burgundy, named Gerard de Rossillon, beautiful compaignon, high and right, and of beautiful size; and adreça ledict escuyer in Charolois the herald, luy applicant that it luy fist opening; because it vouloit to touch the white targe, in intention of combatre the knight contractor of the axe, jusques with the achievement of twenty-five blows. Ledict herald luy fist opening, and ledict Gerard touched: and the EC was faict the report/ratio with lord Jacques de Lalain, who nimbly sent towards luy to take day... 6 "One can still see in this use the origin of the lambrequins which seem to discover the shield. It is necessary to also say that as of the 15th century the heaumes of the knights who owed jouter were armed with a gilded and painted leather or fabric lambrequin, shredded on the edges; this kind of ornament which accompanies the stamp surmounting the shield, and which falls on the two sides, appears to be the principle of this accessory which one finds joint with the coat of arms during the 15th and XVI E centuries... "the tymbre doibt estre on a leather boully part, which doibt estre well faultrée of ung doy of espez, or more by inside; and doibt to contain the aforementioned leather part all the top of the heaulme, and will be covered the aforementioned part of the lambequin, armoyé of the weapons of cellui which will carry it. And on the aforementioned lambequin, with the more hault of the top, will have sat the aforementioned tymbre, and around icellui will have ung torsel of the colors which the aforementioned tournoyor will vouldra, of large arm or more or less with its pleasure 7." We already said it at the beginning of this article, the knights and princes who presented themselves in the string for jouter adopted weapons of imagination and appeared with their hereditary weapons only exceptionally. One took too much with serious the coat of arms of family to deliver them to the chances combat which were only one play. It is curious to read on this subject the passage of the Memories of Olivier of Walk, strong expert in these matters. In addition, he says 8,presented Michau of Some on a covered horse of his weapons: whose several people were filled with wonder; and sembloit with several, that considered that the weapons of a noble man are and doyvent estre the enamel and the noble mark of its old nobility, that by no means does not have itself to endanger stumbled estre, reversed, abatue, pressed so low only with ground, as long as the noble man can divert it or deffendre: because to venture the rich person monster of his weapons, the man ventures more than his honor, for what to venture its honor only it his is despense, and this where each one has to be able; but to venture its weapons, it is put in avanture the ornament of its parens and its chalk-lining, and avanturé at small price this where it can have only the quantity of its share; and in that manner is put at the mercy of a horse and an irrational beste (which can estre carried to ground by a hard attack, or choper at by soy or mémarcher); what more the valiant knight and more sor society man ressongue well, and doubts to carry on its back in such case... "

The day before of the tournament the tournoyeurs were invited to make deposit their weapons, heaumes, stamps and banners with the hotel of the judges tellers. These weapons, deposited under the gantries of the court, were examined by the judges to make the department of it. "Item, and as all the heaulmes will be thus put and order to separate them, will come all the injuries and damoiselles and all lords, knights and escuiers, by visiting them of ung end to other, there présens the judges who will maineront troys or four turns the injuries for veoir well and visiting the stamps and will have there ung hérault or prosshieldtor which will say to the injuries, according to the place where they will be, the name of ceulx with which are the stamps, AD what if there is of it no one which has injuries mesdit, and they touch its stamp, which it is the following day for recommended. Null Touteffoiz doibt estre batu to that the tournoy, not by the advis and schedules judges, and the case well desbatu and attaint with the vray, estre found such as it deserves pugnicion; and at the time in this case doibt estre so well batu mesdisant it, and that its shoulders smell très-bien it, and by manner that a autreffois does not speak or médie thus deshonnestement about the injuries, like it has accustomed 9."

These stamps, which one surmounted the armoyés escutcheons, were not, like the supports and holding, which variable accessories during the course of the 15th century. Noble which had jouté in a brilliant way during the duration of a tournament, the covered head of a heaume stamped some singular emblem, and under the name of knight of the unicorn, of the dragon, etc, stamped of this heaume the shield of the weapons of its family, during a certain time, or its life during, if new prowesses did not make forget the first. It was only at the end of the 15th century that one adopted for the stamps, as for the crowns, of the forms which indicated the degree of nobility or the titles of noble (see: LAMBREQUIN, STAMP). It is only to the XVII E century that the weapons of France were covered and wrapped of a house or tries, i.e. of a baldachin and two curtains, this support or wraps being since then reserved for the emperors and kings. Here how these weapons were blasonnaient: of azure with three flowers of lily of silver, two and one, the shield surrounded of the collars of the orders of the Michaelmas and the Holy Spirit, stamped of an entirely opened helmet, silver; over, the crown closed with imperial of eight rays, highly raised of a double flower of silver lily, which is the cimier; for holding, two angels vêtus of the coat of arms of France; the covered whole of the royal house sown of France, doubled ermine, and for currency: "Lilia not laborant, neque nent." Under Henri IV and Louis XIII, the shield of Navarre was coupled with that of France, and one of the angels was vêtu coat of arms of Navarre. To Charles V, the flowers of lily were without a number on field of azure; it was this prince who reduced their number to three in the honor of the Holy Trinity. Since the XVII E century, the dukes and pars wrapped their weapons of the house, but with only one curtain. The origin of this envelope is, as we saw higher, the house in which the tournoyeurs withdrew themselves before or after the entry in string, and not not the imperial, royal or ducal coat; it is thus a misconception to place the crown above the house, the house should on the contrary cover the crown; and, indeed, in the first weapons painted with the house, the crown is posed on the shield, and the house wraps the whole. This error, that we see remaining, indicates how much it is essential, in fact of coat of arms, to know the origins of all the principal parts or accessories which must compose them.

The regular clergy and sshieldlar, like feudal lord, adopted weapons as of the 13th century; i.e. the abbeys, the chapters, évêchés had their weapons; what did not prevent the bishops from carrying their hereditary weapons. Those, to distinguish their escutcheons from those of the sshieldlar members of their family, surmounted them episcopal hat or mitre, whereas the nobility did not pose any sign above its weapons. We saw keystones, paintings of the 13th and 16th centuries, where the escutcheons of the bishops are surmounted hat or mitre 10. The episcopal hat and the cardinal's hat have the same form; only first is green and has only ten nipples with the cords on each side, posed 1, 2, 3 and 4; while second is red and the finished cords each one by fifteen nipples, posed 1, 2, 3, 4 and 5.

As of the 13th century painted or carved decoration admitted in the buildings a great number of heraldic figures, and the coat of arms exerted an influence on the artists until the beginning of the XVI E century. Monumental painting hardly employs, during the XIII E, 16th and 15th centuries, that the heraldic enamels; it does not model its ornaments, but, as in the blazon, the layer flat by redrawing them by a black feature. The harmonies of heraldic painting are found everywhere during these times. We develop these observations in the word PAINTING, to which we return our readers.

A great number of stained glasses of the time of Louis saint have for edge and even as funds of the flowers of lily, of the turns of Castille. In Our-injury of Paris two of the gates of the frontage presented in their bases of the flowers of lily engraved in hollow. It is the same with the gate for the church for Saint-Jean-des-Vignes with Soissons. The central pier of the principal door of the church of Semur in Auxois, which dates from first half of the 13th century, is covered with the weapons of Burgundy and flowers of lily carved in relief. In Rheims, in Chartres, the stained glasses of the cathedrals are filled with flowers of lily To the cathedral of Troyes one meets in the stained glasses of the 16th century the weapons of the bishops, those of Champagne. The same cities and corporations took also coat of arms; the good cities, those which were more particularly associated with the efforts of the royal capacity to be freed from feudality, had the right to place as a chief the weapons of France; such were the weapons of Paris, of Amiens, of Narbonne, Turns, Holy, of Lyon, of Béziers, of Toulouse, of Uzès, of Castrate, etc. Some same cities carried: from France, particularly in Languedoc. The corporations generally took for weapons figures drawn from the trades which they exerted; it was the same for the middle-class men annoblis. In Picardy much of coat of arms of the 15th and XVI E centuries are rebuses or speaking weapons, but the majority of these weapons belonged to families left the industrial and commercial class of this province.

It was at the end of the 13th century, under Philippe the Bold one, whom the first letters of nobility in favour of a orfévre named appeared Raoul (1270) 11. Since then the kings of France used largely of their prerogative; but they could not make that the former nobility of extraction regarded these new annoblis as gentilhommes. The coat of arms of the new nobility, either made up with the camp, opposite the enemy, but by some herald in the content of his cabinet, do not have this originality of aspect, this clearness and this frankness in the distribution from enamels and the figures which we find in the coat of arms of the former nobility.

At the beginning of his reign, Louis XV still increases on his predecessors by instituting the military Nobility 12. Considering which precedes the this edict still indicate cares towards the nobility of race, and the tendencies of monarchy, from now on main of feudality. "the great examples of zeal and courage that the Nobility of our Roïaume gave during the course of the last war, say these considering, were followed so with dignity by those which did not have the same advantages on the side of the birth, that we will never lose the memory of the generous emulation with which saw we them fighting and overcoming our enemies: we already gave them authentic testimonys of our satisfaction, by the ranks, the honors and the other rewards that we granted to them; but we considered that these thanks, personal to those which obtained them, will die out one day with them, and nothing appeared more worthy to us of the kindness of the Sovereign than to make pass until the distinctions than they so precisely acquired by their services. The oldest Nobility of our States, which owes its first origin with the glory of the weapons, will undoubtedly see with pleasure that we look at the communication of its Privileges as the most flattering price which those can obtain which went on its traces during the war. Already annoblis by their actions, they have the merit of the Nobility, if they do not have yet the title of it; and we all the more readily go to theirs to grant, which we will compensate by this means for what could miss with the perfection preceding laws, by establishing in our Roïaume a Military Nobility which can be acquired of right by the weapons, without particular letters of annoblissement. The King Henry IV had had the same object in article XXV of the edict on the sizes, that it gave in 1600... "

The institution of the military orders had created to the 12th century of the enough powerful brotherhoods to alarm the kings of Christendom. It was feudality, either rival and disseminated, but organized, armed and being able to dictate the hardest conditions with the sovereigns. The monarchical capacity, after having broken the beam, wanted to connect it around him and to be made a rampart of it; it instituted during the 15th and XVI E centuries the orders of the Michaelmas and the Holy Spirit, during the XVII E the order of Saint-Louis, and later still Louis XV establishes the order of the Deserve-Soldier little time after the promulgation of the edict of which we quoted an extract. These institutions erased the last armoyés escutcheons. From now on the nobility was to be recognized by a general sign, either by individual signs. Monarchy tended to put on the same row, to cover same coat, any nobility, which it was old or new, and the night of August 4, 1789 saw breaking, by the constituent assembly, of the escutcheons which, veiled by the royal capacity, were for crowd only the unjust sign of priviléges, either the memory and the mark of immense services rendered to the fatherland. The royal escutcheon of Louis XIV had covered all those of the French nobility; at the day of the danger it was only; it was broken; that was to be.




1 : Blasonner vient du mot allemand blasen (sonner du cor): «C'était autrefois la «coutume de ceux qui se présentaient pour entrer en lice dans les tournois, de «notifier ainsi leur arrivée; ensuite les hérauts sonnaient de la trompette, blasonnaient «les armes des chevaliers, les décrivaient à haute voix, et se répandaient «quelquefois en éloges au sujet de ces guerriers.» (Nouv. Méth. du blason, ou l'art hérald. du P. Ménestrier, mise dans un meill. ordre, etc., par M. L***. In-8°, Lyon, 1770.)

2 : «Louis le Jeune est le premier de nos rois qui soit représenté avec des fleurs «de lys à la main et sur sa couronne. Lorsqu'il fit couronner son fils, il voulut que «la dalmatique et les bottines du jeune prince fussent de couleur d'azur et semées de «fleurs de lys d'or.» (Ibid.)

3 : Il est entendu que, conformément à la méthode employée depuis le XVIIe siècle pour faire reconnaître par la gravure les émaux des armoiries, nous exprimons l'argent par l'absence de toute hachure, l'or par un pointillé, l'azur par des hachures horizontales, red par des hachures verticales, le green par des hachures diagonales de droite à gauche (de l'écu), le pourpre par des lignes diagonales de gauche à droite, le sable par du noir sans travail, bien que dans la gravure en taille-douce ou l'intaille, on l'indique par des hachures horizontales et verlicales croisées.

4 : Voyez le mot FLEUR DE LIS.

5 : Il ne paraît pas que des règles fixes aient été adoptées pendant les XIIIe et XVIe siècles pour la forme ou la proportion à donner aux écus, ils sont plus ou moins longs par rapport à leur largeur ou plus ou moins carrés; il en existe au XIIIe siècle (dans les peintures de l'église des Jacobins d'Agen, par exemple) qui sont terminés à la pointe en demi-cercle.

6 : Mémoire d'Olivier de la Marche. liv. I, chap, XXI.

7 : Traicté le la forme et devis d'ung tournoy. Les mants du livre des tournois par le roi Réné. Bib. imp. {Voir celui n°8351).

8 : Liv. I, char. XXI.

9 : Traicté de la forme et dev. d'ung tournoy, Bib. imp. man. 8351; et les Œuvres chois. du roi Réné, par M. le comte de Qnatrebarbes. Angers, 1835.

10 : A Vézelay, XIIIe siècle; dans la cathédrale de Carcassonne, XIVe siècle, etc.

11 : Le présid. Hénault, Abrégé chron. de l'Histoire de France.

12 : Édit du mois de novembre 1750.

[edit] Source text

Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 1, Armoirie

[edit] See also

Coat of arms at Wikipedia

Autres langues