En frappant à une porte
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En frappant à une porte
Les Contemplations, Nelson, 19.. (p. 436).
XXIV
EN FRAPPANT À UNE PORTE
J’ai perdu mon père et ma mère,
Mon premier né, bien jeune, hélas !
Et pour moi la nature entière
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- Sonne le glas.
- Sonne le glas.
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Je dormais entre mes deux frères ;
Enfants, nous étions trois oiseaux ;
Hélas ! le sort change en deux bières
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- Leurs deux berceaux.
- Leurs deux berceaux.
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Je t’ai perdue, ô fille chère,
Toi qui remplis, ô mon orgueil,
Tout mon destin de la lumière
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- De ton cercueil !
- De ton cercueil !
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J’ai su monter, j’ai su descendre.
J’ai vu l’aube et l’ombre en mes cieux.
J’ai connu la pourpre, et la cendre
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- Qui me va mieux.
- Qui me va mieux.
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J’ai connu les ardeurs profondes,
J’ai connu les sombres amours ;
J’ai vu fuir les ailes, les ondes,
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- Les vents, les jours.
- Les vents, les jours.
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J’ai sur ma tête des orfraies ;
J’ai sur tous mes travaux l’affront,
Aux pieds la poudre, au cœur des plaies,
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- L’épine au front.
- L’épine au front.
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J’ai des pleurs à mon œil qui pense,
Des trous à ma robe en lambeau ;
Je n’ai rien à la conscience :
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- Ouvre, tombeau.
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- Marine-Terrace, 4 septembre 1855.
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