Ivresse douce

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Ivresse douce
Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveaux, Slatkine Reprints, 1971, I. 1866 (p. 211).
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IVRESSE DOUCE


Échanson, couronne mon verre
De fleurs aux aromes divers.
Boire en silence est trop sévère ;
Prends ta lyre et dis-moi des vers.

Vertige et cadence ! J’adore
Les parfums dans la coupe d’or.
Lorsque résonne ta mandore,
Un rêve plus moelleux m’endort.

En ce monde tout est futile,
Quoi que l’on dise de subtil,
Hors la coupe d’or qui scintille,
Le tendre accord, le frais pistil.

Verse tout cela sans mesure,
Que de m’enivrer je sois sûr,
Et qu’au moins, par une embrasure,
Mon âme monte vers l’azur.




SONGE D’OPIUM


Je suis étendu dans la boue,
Incapable de faire un pas ;
Il viendrait la plus lourde roue
Que je ne me bougerais pas.

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