La Cloche fêlée (Revue des Deux Mondes)

La bibliothèque libre.
 
Aller à : Navigation, rechercher
Revue des Deux Mondes, 1er juin 1855
Charles Baudelaire

LES FLEURS DU MAL
XI.
LA CLOCHE.

(Variante de La Cloche fêlée)


XI.

LA CLOCHE.


Il est amer et doux, pendant les nuits d’hiver,
D’écouter près du feu qui palpite et qui fume
Les souvenirs lointains lentement s’élever
Au bruit des carillons qui chantent dans la brume.

Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux
Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante,
Jette fidèlement son cri religieux,
Ainsi qu’un vieux soldat qui veille sous la tente !

Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu’en ses ennuis
Elle veut de ses chants peupler l’air froid des nuits,
Il arrive souvent que sa voix affaiblie

Ressemble aux râlemens d’un blessé qu’on oublie,
Auprès d’un lac de sang, sous un grand tas de morts,
Et qui meurt, sans bouger, dans d’immenses efforts.


XII.

L’ENNEMI.


Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillans soleils ;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils